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La culture pour lutter contre la violence des jeunes à Mayotte

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Forces de propositions dans le domaine culturel, socioculturel et socioéducatif, les centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Ceméa) de Mayotte veulent reconquérir l’espace laissé vide dans la prise en charge et l’encadrement de la jeunesse sur l’île. À la lumière des récentes assises sur la parentalité dont les actes viennent d’être publiés, ils veulent offrir une nouvelle alternative contre la délinquance juvénile sur notre territoire. Archimède Saïd, l’un de ses fondateurs, dresse un bilan de trente années d’activité en faveur de la citoyenneté.

Flash Infos : Qu’est-ce qui vous a poussé à créer les Ceméa au début de l’année 1992 ?

Archimède Saïd : Il faut savoir qu’avant la création des Ceméa sur ce territoire en mars 1992, il y avait dans notre île une pratique foisonnante d’activités culturelles, socioculturelles et socioéducatives. Toutefois, il était évident pour beaucoup d’acteurs parmi nous et pour des responsables d’organisations locales que tout cela manquait de coordination et d’harmonisation. Il était donc nécessaire que nous nous dotions d’un outil fédérateur capable de nous permettre de devenir une force de propositions. Et c’est comme cela que nous avons choisi de créer les centres à Mayotte pour en faire un outil de développement au service de la population et nous permettre dans le même temps de former les cadres de nos différentes associations dans diverses structures réunionnaises, afin qu’elles puissent, principalement, conduire des actions de qualité à organiser sur le territoire.

FI : Il en a résulté pas mal de choses en matière de formations qualifiantes, entre autres les brevets d’animateurs (Bafa), quel bilan exhaustif pourrait-on dresser ?

A. S. : Il est très intéressant de noter au passage qu’en 1992, les formateurs de passages dans nos structures étaient payés par l’administration à l’issue de leurs prestations. Aujourd’hui, c’est le phénomène inverse qui se produit. Non seulement ils paient eux-mêmes leurs déplacements à Mayotte, mais en plus, ils revendiquent davantage de possibilités de former nos jeunes dans les domaines de l’animation et socioculturel. Nos formations étant ouvertes aux personnes âgées de 17 à 99 ans, cela ouvre véritablement à la citoyenneté, permet un grand brassage entre les jeunes et les adultes. De sorte que ce qui manque aux jeunes dans leurs foyers, ou les notions que les parents n’ont pas réussi à leur inculquer à la maison, ils le retrouvent dans nos espaces de formation via les groupes d’adultes, de pères ou de mères, qui ne sont pas leurs propres parents. C’est très important pour nous car nous assistons aujourd’hui à un phénomène inattendu : des parents viennent négocier pour inscrire leurs enfants à nos formations et proposent de payer plus lorsqu’ils apprennent que nous sommes contraints de respecter des quotas de quarante admissions. En comparaison de nos débuts, pour nous, c’est tout simplement magique ! À l’époque, les parents nous opposaient un refus catégorique à payer pour permettre à leurs enfants de venir participer à des jeux.

FI : En un mot, les actions des Ceméa ont-elles modifié la perception du jeu dans les mentalités locales ?

A. S. : Oui, tout à fait ! À présent, les parents comprennent que jouer est un tremplin qui permet une ouverture d’esprit de leurs enfants, la confrontation entre les jeunes est purement intellectuelle, ils ne ressentent pas le besoin de s’opposer physiquement à coup de bâtons ou de pierres pour se comprendre. Nos actions développent tout ce qui est sociocognitif chez ces jeunes-là et pas que. Je donnerai l’exemple d’un ancien élu local, pratiquant religieux, qui s’est longtemps opposé aux actions des Ceméa à Mayotte et associations similaires au motif qu’elles regroupaient aux mêmes endroits des personnes de sexe différent. Quelques années plus tard, nous avons retrouvé cette personne qui est venue inscrire sa propre femme pour une formation avec des hommes, avec les autres personnes. Cela illustre parfaitement le mouvement qui s’opère dans l’esprit de notre population par rapport aux activités de nos associations.

FI : Malgré un fort développement de vos actions, des aspects essentiels de notre culture se perdent progressivement, c’est le cas des contes qui instauraient jadis un lien fort entre les petits-enfants et leurs grands-parents.

A. S. : Je partage parfaitement ce point de vue, il y a un phénomène d’érosion dans la mise en place, l’accompagnement et le portage des activités culturelles. Contrairement à l’époque de feu Colo Mangara, aujourd’hui, il y a de moins en moins d’adultes et d’anciens qui suivent ces associations. Dans nos villages et quartiers, il y a très peu de conteurs, très peu de vieux conteurs, très peu de grand-mères qui se soucient de cette activité complémentaire dans l’éducation de leurs petits-enfants. Le défaut vient des parents qui ont encore tendance à croire que c’est l’école qui peut tout faire, qu’il suffit d’y amener les enfants pour que l’institution s’en occupe, qu’elle va les former et qu’ils seront moins bêtes que nous, leurs parents. Il y a des associations et des jeunes qui pratiquent l’activité de conteur, mais les portages ne sont pas suffisants. Nous constatons de plus en plus en plus de formations d’animateurs, le nombre de professionnels et de bénévoles croît, mais nous n’avons pas assez de structures qui portent de manière objective le sens des actions.

FI : Comment expliquez-vous que les choses aillent si mal chez nos jeunes alors même que les collectivités locales multiplient les moyens et les personnels dédiés ?

A. S. : Je prendrai l’exemple des mairies où nous avons maintenant des animateurs au sein d’une très large partie d’entre elles, sauf que leurs employeurs et leurs responsables ne pensent pas qu’ils doivent organiser le rythme de leurs activités. À tel point que ces animateurs ne sont à leurs postes que de 8h à 14h au moment où les enfants sont en cours et les adolescents en formation. C’est-à-dire qu’ils débauchent lorsque les jeunes ont besoin d’eux pour les encadrer et les occuper. La nature ayant horreur du vide, nos enfants se retrouvent dans la rue, livrés à eux-mêmes, ils s’autogèrent et ne pratiquent aucune activité. Résultat des courses : des actes de violence et de vandalisme dans certaines localités. Je pense que pour que ces jeunes réussissent ces activités complémentaires de l’école, nous avons besoin de ces acteurs au moment où les parents ne sont pas avec leurs enfants, et que ces derniers ne sont pas à l’école. C’est là où nous gagnerons quelque chose de positif sur le terrain. Ils ne trouveront personne qui leur proposera d’aller casser des véhicules ou des bâtiments, mais plutôt un encadrement pour des activités utiles au développement de projets personnels. La violence de nos jeunes provient du fait qu’ils ne pensent pas à leur avenir et à la nécessité de le préparer. Pour eux, le futur proche, c’est maintenant, c’est aujourd’hui, mais ils ne pensent pas à l’avenir à proprement parler. Ils ne le penseront qu’avec les éducateurs et les animateurs qui seront à côté d’eux.

FI : En se basant justement sur le capital constitué par vos actions passées, qu’envisagez-vous pour inverser la tendance et peser positivement au profit de l’avenir de Mayotte ?

A. S. : Je reste convaincu qu’il y a d’énormes possibilités pour transformer positivement l’avenir de Mayotte. Il y a un bel avenir pour nos actions, pour la population, et c’est même pour cette raison que les Ceméa entendent jouer à nouveau leur carte de force de propositions vis-à-vis de leurs partenaires institutionnels. Nous allons nous rapprocher encore une fois des différents responsables pour constituer un vrai noyau dur dans le but de pouvoir porter des actions, de leur donner du sens et ne pas juste sortir des propositions sur propositions ou des actions qui n’aboutissent pas ou ne se réalisent pas totalement. Les centres ont beaucoup d’idées en faveur de Mayotte, envisagent beaucoup de projets, mais ils veulent se lancer dans des actions qui seront portées par des hommes et des femmes de bonne volonté. Donc, retrouvons-nous et donnons du sens à la façon de les porter, de les suivre, d’associer les intéressés, la population dans son ensemble, les jeunes en particulier, les élus de nos différentes collectivités pour que cela fonctionne dans l’avenir.

Les jeunes conseillers départementaux reçus au Département

Ce vendredi 12 août, journée internationale de la jeunesse, ont été accueillis les jeunes conseillers départementaux de Mayotte au conseil départemental, par les services en présence du président de la ligue de l’enseignement, Bacar Achiraf. L’ordre du jour portait sur la présentation de l’institution, les élus, les missions départementales et régionales ainsi que ses services.

L’équipe leur a présenté la délibération du 7 juin dernier, relative à la signature d’une convention de partenariat entre le conseil départemental, le rectorat et la ligue de l’enseignement. Celle-ci fait référence à l’article 55 de la loi « égalité et citoyenneté » qui inscrit la possibilité pour les collectivités territoriales, de créer un conseil de jeunes pour les moins de 30 ans.

L’objet de la convention est de permettre aux 26 jeunes représentants élus de découvrir et d’être acteur du processus démocratique, de comprendre le fonctionnement du conseil départemental et plus largement des institutions de la République, d’être sensibilisés aux notions de démocratie et d’intérêt général, de représenter l’ensemble des collégiens, de s’exprimer, de débattre, de défendre des idées et de faire des propositions au conseil départemental de Mayotte, mais aussi de participer à la réalisation des projets d’intérêt pour Mayotte. Cette rencontre d’échange riche en découverte a été clôturée par une visite et présentation des lieux.

Dix sapeurs-pompiers partent en renfort en métropole

Ce lundi 15 août, Marie Grogeorge, sous-préfète, directrice de cabinet du préfet, était présente à l’aéroport de Dzaoudzi aux côtés du colonel Olivier Neis, directeur du service départemental d’incendie et de secours, et d’Abdoul Kamardine, président du conseil d’administration du SDIS 976, pour le départ de dix sapeurs-pompiers professionnels de l’île aux parfums. Ils partent en renfort de leurs collègues métropolitains et européens pour lutter contre les incendies en cours. Ils seront rejoints par dix autres soldats du feu de La Réunion.

Six jours d’Olympiades à Koungou

Depuis ce lundi 15 août, la ville de Koungou organise ses Olympiades. Pendant six jours, des équipes de 48 jeunes âgés de 16 ans à 19 ans s’affrontent à travers plusieurs compétitions. Les épreuves ont lieu dans différents espaces de la commune, comme le collège de Majicavo Lamir, le terrain de foot de Kangani, le terrain de foot Longoni, le collège de Koungou, la plage de Trévani.

Chaque compétition s’articule autour d’une valeur telle que la persévérance, la solidarité ou encore la résilience. À l’issue du 5ème jour, les trois équipes qui auront réussi à cumuler le plus de points se qualifieront pour la grande finale du dernier jour de la compétition.

Cette semaine, qui se veut avant tout amusante et éducative, est l’occasion pour la ville de Koungou de sensibiliser les jeunes sur l’impact des activités physiques sur notre corps et notre esprit. Les jeux collectifs peuvent les aider à développer leur intelligence interpersonnelle et ainsi faire d’eux des personnes responsables, avec un très fort sens de l’empathie pour ainsi vivre en harmonie avec les autres.

La commune de Bandrélé subventionnée à hauteur de 182.000 euros pour équiper ses écoles de wifi

La commune de Bandrélé vient de bénéficier d’une subvention de 182.000 euros pour équiper toutes ses écoles de Wifi, de vidéoprojecteurs, de photocopieuses couleurs ainsi que d’ordinateurs et tablettes numériques pour faciliter et renforcer l’apprentissage numérique de ses élèves.

En effet, ce plan vise à faire face aux défis sociaux et économique induits par la crise du Covid-19. Il comporte un important volet dédié à la transformation numérique de l’enseignement, notamment pour contribuer à porter la généralisation du numérique éducatif, et ainsi assurer la continuité pédagogique et administrative.

L’appel à projets pour un socle numérique dans les écoles élémentaires vise à réduire les inégalités scolaires et lutter contre les fractures numériques. Son ambition est d’appuyer la transformation numérique des écoles en favorisant la constitution de projets fondés sur trois volets essentiels : l’équipement des écoles d’un socle numérique de base en termes de matériels et de réseaux informatiques, les services et ressources numériques, et l’accompagnement à la prise en main des matériels, des services et des ressources numériques.

Coopération régionale, aménagement sportif, personnes âgées : les rapports adoptés par le Département

Une commission permanente a eu lieu dans la matinée du 11 août au sein de la salle de cinéma Alpa-Joe sous l’égide du président Ben Issa Ousséni. L’ordre du jour a porté sur 36 rapports ordinaires et 13 rapports complémentaires, tous adoptés.

Avant la CP, les élus ont reçu une délégation venue de Tanzanie pour nouer des relations de partenariat et de coopération structurelle et pérenne. D’où l’adoption du rapport de la commission sports, culture et jeunesse relatif à la venue de deux représentants du ministère de l’information, de la culture, des arts et des sports de la République de Tanzanie. Cela s’inscrit dans le cadre d’une mission d’expertise et d’échanges, mais aussi en vue de la préparation du déplacement du président du conseil départemental de Mayotte en Tanzanie pour la signature des conventions cadres et thématiques.

D’autres rapports phares ont aussi suscité l’attention des élus : le rapport relatif au soutien financier du Département au projet de réalisation des travaux d’aménagement et de couverture du plateau sportif de l’AJP (association des jeunes de Pamandzi). Le coût de cette opération est estimé à 871.520 euros, dont 697.216 euros d’apport du conseil départemental à la demande de la commune de Petite-Terre

Il y a également le rapport relatif à l’attribution d’une subvention pour l’accompagnement et restructuration de la politique du vieillissement et du handicap : au regard de la politique de priorité des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et pour une meilleure autonomie de ce public, la collectivité lance un appel à projets 2022 de 127.000 euros concernant les acteurs œuvrant dans les champs du vieillissement et du handicap à Mayotte.

La prochaine séance aura lieu dans l’amphithéâtre départemental Younoussa Bamana vers le mois d’octobre (la date reste à déterminer). Par ailleurs, une nouvelle directrice générale des services arrive sur le territoire le 23 août prochain et sera en poste dès le lendemain.

 

Décès de Faïd Souhaïli : Adieu cher collègue

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Journaliste pendant près de dix ans au sein de la Somapresse (Société mahoraise de presse), Faïd Souhaïli est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Il laisse derrière lui l’image d’un grand professionnel, qui aura marqué les esprits de ses différents employeurs et des habitants de Mayotte.

À la télévision, à la radio, sur Internet ou les réseaux sociaux, les hommages pleuvent après le décès de Faïd Souhaïli, 42 ans, survenu la nuit de samedi à dimanche. Du président du conseil départemental de Mayotte, Ben Issa Ousséni, qui, « sous le choc, salue une grande figure du journalisme mahorais et une personnalité talentueuse », au président du comité régional olympique et sportif (CROS) de Mayotte, Madi Vita pour qui « son œuvre pour la promotion et la valorisation du mouvement sportif mahorais, ces 17 dernières années, restera à jamais gravé dans nos mémoires », en passant par son employeur Hakim Ali Saïd, directeur de Mayotte La 1ère selon qui « même dans les moments où les résultats sportifs n’étaient pas les meilleurs, il savait écrire l’espoir et l’espérance qu’il y a dans cette belle jeunesse de Mayotte », son ancien employeur Laurent Canavate, directeur de la Somapresse qui  « perd un bon journaliste, un ami et un ancien collègue », ou encore l’écrivain Nassur Attoumani qui « propose qu’on rajoute son nom à celui de l’évènement dont il est à l’origine, c’est-à-dire, les trophées du sportif de l’année, cela serait ainsi une façon de lui rendre hommage chaque année ».

À l’initiative des Sportifs de l’année

Faïd Souhaïli entame sa carrière mahoraise de journaliste à la Somapresse en 2005. Il y occupe successivement les postes de journaliste rédacteur, rédacteur en chef des sports et rédacteur en chef du Mayotte Hebdo, avant de quitter le journal en 2014 et de tenter l’expérience de la création d’entreprises, toujours dans son domaine de prédilection. Aux côtés de deux autres journalistes et ex-collègues, il crée le 101 Mag.

Il intègre parallèlement l’équipe des journalistes de Mayotte La 1ère en tant que pigiste. Sa polyvalence et surtout son talent sont récompensés en février 2022, avec une titularisation au sein du groupe France Télévisions. Au cours de sa carrière, Faïd Souhaïli, passionné de sport, couvre principalement l’actualité sportive locale. Il est à l’initiative du magazine Mayotte Hebdo Sport et de l’élection le Sportif de l’année, tous deux créés en 2009 par la Somapresse.

Bouleversée par l’annonce de cette nouvelle, l’équipe de la Somapresse (Flash Infos et Mayotte Hebdo) partage sa douleur et présente ses sincères condoléances à la famille Souhaïli et tous ceux qui l’entourent.

Pour le Sénat, le système de soins de l’île aux parfums est « en hypertension »

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(de gauche à droite) Les sénateurs Dominique Théophile, Jean-Hugues Fichet, Catherine Laroche et Laurence Cohen ont visité Mayotte, du 1er au 4 mars 2022. Leur venue s’est faite à la demande du parlementaire mahorais Thani Mohamed Soilihi (à droite).

La visite de quatre sénateurs français, début mars à Mayotte, a débouché sur l’élaboration d’un rapport sur l’offre de soins à Mayotte, publié le 27 juillet. Celui-ci pointe les nombreux retards en comparaison avec la métropole et recommande « de soutenir une structuration de l’offre de soins ».

À la date du 27 juillet, un rapport intitulé « Mayotte : un système de soins en hypertension » a été déposé au Sénat. Les quatre auteurs dressent un constat sans concessions sur les problèmes de santé que connaît l’île.

Sur quelle base s’appuie la publication du rapport du Sénat ?

La commission des affaires sociales du Sénat a envoyé quatre de ses membres visiter les structures de santé de Mayotte, du 1er au 4 mars. Une mission réalisée notamment à la demande du sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi (La République en marche). Catherine Deroche (Les Républicains), Laurence Cohen (Parti communiste), Jean-Luc Fichet (Parti socialiste) et Dominique Théophile (La République en marche) ont ainsi pu voir le centre hospitalier, l’agence régionale de santé, l’hôpital de Petite-Terre, des dispensaires, des pharmacies et des centres de dépistage. C’est à partir de leurs observations et d’études qu’ils ont pu écrire ce rapport.

À quoi servira cet écrit ?

Il s’agit d’un rapport d’information, il ne débouchera pas sur une loi. Cependant, il sera pris en compte dans l’élaboration de nouveaux textes ou de nouveaux amendements. Cinq recommandations sont d’ores et déjà notées, la première est de « soutenir la structuration de l’offre de soins à Mayotte et la montée en capacité du centre hospitalier de Mayotte et des structures de santé par un plan à horizon 2035 » (lire ci-dessous).

Est-il critique sur la situation ?

De nombreux problèmes ont retenu l’attention des sénateurs. Les chiffres d’une enquête Insee datant de 2021 figurent ainsi en bonne place. Il est rappelé que le taux de mortalité infantile est de 9.6 pour 1.000, contre 3.8 en métropole. « La malnutrition touche encore 10% des enfants de 4 à 10 ans », s’inquiète la délégation. L’obésité concernait, elle, 26% de la population en 2019.

« Territoire confronté à une extrême pauvreté, Mayotte connaît toujours des maladies infectieuses peu présentes au niveau national, comme l’hépatite A ou a vu des résurgences de choléra ou d’épidémies de fièvres typhoïdes », indique le rapport.

Au-delà des chiffres, quels problèmes sont soulevés ?

L’accès à l’eau est bien évidemment un enjeu majeur sur le plan sanitaire sur l’île. L’Insee estime à 29% la part des ménages sans eau courante. Le coût des soins pouvant également être un frein pour une partie de la population, « 45% des habitants de plus de 15 ans déclarent avoir dû renoncer à des soins en 2019 », pointait l’Insee en 2019.

Au niveau des infrastructures ou du personnel, le manque de lits (1.56 lit pour 1.000 habitants, contre 3.6 en métropole) au centre hospitalier, des services en sous-effectif, une maternité surchargée (qui pourrait dépasser les 12.000 naissances cette année) ou une médecine de ville « balbutiante » (390 professionnels libéraux exerçaient à Mayotte en 2021) n’ont pas échappé aux parlementaires.

L’évacuation récurrente de patients vers La Réunion est-elle une solution efficace ?

« La forte dépendance à La Réunion », dixit les sénateurs, se traduit en chiffre par un nombre de transferts qui atteint 1.452 en 2021, alors qu’ils étaient 500 en 2010 par exemple. Plusieurs cas nécessitent une évacuation sanitaire, dont « les tumeurs, les pathologies de l’appareil cardio-respiratoire, celles de l’appareil génito-urinaire, la natalité et la périnatalité pour des grosses pathologiques ou avec une analyse chromosomique nécessaire ».

La moitié des transferts se font de manière médicalisée. Pour le reste, les patients voyagent seuls (un tiers), voire accompagnés par un membre de leur famille ou de l’aide sociale.

Des points positifs se dégagent-ils ?

La création d’une agence régionale de santé propre à Mayotte, objet d’une visite, est l’un des points positifs retenus. « La structuration d’une nouvelle agence régionale de santé, qui n’avait rien de facile dans un temps réduit et face à une situation locale complexe et de nombreux défis de développement, semble une expérience réussie et saluée au niveau local », estiment les sénateurs.

L’installation d’une centaine de bornes sur le territoire, les investissements (192 millions d’euros promis par l’État) sur l’actuel hôpital et la future construction du second site à Combani sont aussi salués.

 

Cinq recommandations données par les sénateurs

Outre la structuration de l’offre de soins comme évoquée ci-dessus, le Sénat préconise de réaliser « les adaptations législatives et réglementaires pour mieux faire correspondre le droit applicable aux réalités du territoire ». La quatrième va dans le même sens et porte sur « la réalisation des engagements relatifs aux droits à l’assurance maladie ».

En troisième, il est demandé « d’assurer rapidement une capacité de recours programmés aux soins primaires et garantir dans les prochaines années une capacité de soins programmés en chirurgie ». Sur l’équipement, qui fait figure de dernière recommandation, la délégation sénatoriale encourage la multiplication des bornes fontaines sur le territoire afin d’y « assurer des points d’accès gratuit à l’eau potable ».

La réponse d’Éric Dupond-Moretti à Ambdilwahedou Soumaïla… Six mois plus tard

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Le 1er février dernier, le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, sollicitait une audience d’urgence au ministre de la Justice à la suite de violences chroniques. Six mois plus tard, le 2 août, Éric Dupond-Moretti lui a répondu par courrier dans lequel il revient principalement sur sa série d’annonces faite à l’occasion de son déplacement sur l’île aux parfums au mois de mars. Du neuf avec du vieux.

Six mois ! C’est le temps qu’aura pris le Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, pour se décider à envoyer une réponse écrite au maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla. Pour bien comprendre, il faut remonter au 1er février dernier et à une lettre rédigée par le premier magistrat dans laquelle il demande « une audience dans les plus brefs délais afin de me permettre de vous présenter plus complétement la situation et d’évoquer ensemble les réponses judiciaires circonstanciées qui permettraient aux Mahorais de ne pas se sentir abandonnés par la République ». Une revendication intervenue à la suite d’une série d’affrontements proférés en début d’année, marquée par le décès de deux individus à Kawéni et de Cavani en moins d’une semaine, mais aussi par l’hospitalisation de quelque 15 policiers et gendarmes.

Malheureusement, le courrier ministériel, tant attendu, n’offre à sa lecture aucun motif d’espoir. Ou tout du moins, rien de bien nouveau par rapport aux annonces faites lors du déplacement express du ministre de la Justice dans le 101ème département les 11 et 12 mars. Sans grande surprise, Éric Dupond-Moretti affirme être « attentif » et insiste sur la « préoccupation majeure du gouvernement » face à la situation de Mayotte… « La démographie, la forte pression migratoire et les fragilités sociales renforcées par la crise sanitaire sont, en effet, propices à la commission d’infractions violentes et au développement de troubles graves à l’ordre public que vous décrivez. » Un constat qui remonte au temps de Mathusalem pour ceux qui vivent au quotidien sur l’île aux parfums !

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De vieilles promesses

Plus concrètement, celui que l’on surnomme Acquittator dans le milieu judiciaire et médiatique se défend avec son projet de justice de proximité déployé à la suite de sa circulaire du 15 décembre 2020. « Le parquet de Mamoudzou a recruté trois délégués du procureur [pour un total de quatre] entre 2020 et 2021 afin de renforcer ses actions », livre-t-il. Autre cheval de bataille important à ses yeux : la dénonciation des infractions subies notamment en matière de violences intrafamiliales ainsi que les violences graves aux personnes. Sur ces deux derniers aspects, aucun chiffre ne vient compléter ses propos.

En effet, Éric Dupond-Moretti préfère s’attarder sur le code de la justice pénale des mineurs qui a pour ambition d’offrir une réponse pénale ferme susceptible de répondre à l’impératif d’encadrement de certains mineurs très fragilisés. En ce sens, le Garde des Sceaux promet que « les services de prise en charge éducative des mineurs de la protection judiciaire de la jeunesse, auprès du tribunal et au sein du quartier des mineurs de l’établissement pénitentiaire de Majicavo, ainsi que les différents établissements et services de placement et d’accompagnement éducatif du secteur public et associatif habilité seront renforcés ». Par quels moyens ? Via l’ouverture d’une troisième unité éducative de milieu ouverte en Petite-Terre, l’accroissement de la capacité de l’unité éducative d’hébergement diversifiée et la création d’un lieu de vie et d’accueil de six places et d’un service d’investigation éducative de 150 places.

D’un point de vue plus structurant, le ministre de la Justice n’hésite pas à rappeler le lancement d’un projet de nouvelle cité judiciaire sur le site de la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement situé à Kawéni, ainsi que son accord de principe à la construction d’un deuxième établissement pénitentiaire sur l’île. Et en bon défenseur de l’autorité de l’État, Éric Dupond-Moretti affiche un ton plus sévère au moment d’évoquer « les violences commises à l’encontre des forces de l’ordre ou les atteintes portées aux personnes investies d’un mandat électif ou chargées d’une mission de service public ». À ses yeux, de tels actes « nécessitent une réponse pénale à la hauteur de cet enjeu avec la mise en œuvre d’une politique pénale empreinte de volontarisme, de fermeté et de célérité ».

Suffisant pour convaincre Ambdilwahedou Soumaïla ? Peut-être. Mais quid des habitants ? Dont une partie d’entre eux « se terre et ne sort plus de chez elle » tandis qu’une autre « s’arme et prépare une riposte »… Car oui, le lien de confiance entre la population et la communauté judiciaire reste perméable dans le 101ème département. La suite au prochain courrier !

Bangani veut faire connaître Mayotte aux quatre coins du monde

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(de gauche à droite) Nourdine Djoimoi, Nadia Ali, Farid Abdou, Marc Doméon et Anrif Baco. Absents de la photo : Mendy Tamadani, Anbdou-Roiouf Subira, Danyl Mari, Chamine Mlanao et Volna Housseni.

Créée en 2020, Bangani est une association de production audiovisuelle mahoraise composée de dix jeunes locaux âgés de 21 à 25 ans. Un objectif commun les unit : celui de mettre en valeur à travers différentes actions tout le patrimoine de l’île aux parfums (culture, art, sport, entrepreneuriat, etc.). Ce projet informatif et de partage a pour but de faire rayonner Mayotte aux quatre coins du monde.

Encore peu connu hors des frontières de l’océan Indien, le 101ème département est souvent pointé du doigt pour ses actes de violences qui font de l’ombre à la richesse qu’il peut avoir. Conscients des différents atouts que possède le territoire mahorais, dix jeunes étudiants de l’association Bangani décident de mettre tout en œuvre pour faire connaître tout le patrimoine de Mayotte. « Nous essayons de promouvoir tous les domaines, que ce soit culturel, artistique et ça dans le monde entier. Nous ciblons des personnalités importantes qui se trouvent par exemple aux États-Unis ou en Allemagne dans un format d’interview et nous allons leur parler de la culture mahoraise », déclare Marc Doméon, co-président de la structure.

Ce projet de partage est né pendant la crise sanitaire. Comme beaucoup, les réseaux sociaux ont été une échappatoire et une façon de se retrouver avec les autres. « Lors du confinement, nous avons créé un concept sur les réseaux sociaux qui consistait à faire passer des artistes dans les lives. Et au fur et à mesure, ça a pris beaucoup d’ampleur », poursuit le co-président. Au-delà de ça, ils ont commencé à entamer des débats sur l’île de Mayotte, ce qui a été l’élément déclencheur de cet engagement informatif, puisqu’ils se sont très vite rendu compte que cela intéressait pas mal de monde.

« La cuisine, un endroit où nous retrouvons tout »

« Nous souhaitons sensibiliser tout type de public », souligne l’un des créateurs du média. Après réflexion, les dix étudiants ont remarqué qu’aucun journal local cherchait à parler lagon à l’international. « Je pense que Bangani pourrait faire ça. Nous avons un membre de l’équipe qui parle parfaitement anglais et qui pourra traduire. C’est un avantage pour nous », dit-il. Le projet de l’association va permettre d’aider, d’instruire et d’informer les jeunes comme les adultes sur le patrimoine de l’île de Mayotte, en utilisant un mot qui se réfère à la cuisine en shimaroé. « Un endroit où nous retrouvons tout. Nous en avons mis du temps à trouver ce nom puisqu’au début, nous avions pensé à laboratoire, mais ça ne nous convenait pas. Chez Bangani, nous mettons tout en avant : les entrepreneurs, l’art, les sportif, les artistes… La cuisine représente vraiment notre image de marque », raconte Marc Doméon.

Avec ses comparses, il a pour ambition de faire de Bangani ce grand média culturel mahorais qui permettrait de faire découvrir l’île au plus grand nombre.

Élection départementale partielle : un scrutin les 25 septembre et 2 octobre

Les électeurs du canton Sada-Chirongui savent désormais quand ils iront aux urnes. La préfecture de Mayotte a annoncé que le premier tour est prévu le dimanche 25 septembre et le second le 2 octobre. Celui-ci doit permettre l’élection de deux nouveaux conseillers départementaux, après que celle de Mansour Kamardine et Tahamida Ibrahim en 2021 ait été annulée par le tribunal administratif, puis confirmée par le Conseil d’Etat le 19 juillet. En effet, le score étriqué du second tour et un doute soulevé sur des bulletins ont conduit à l’invalidation.

Pour le premier tour du nouveau scrutin, les candidats sont invités à se faire connaître auprès de la préfecture de Mayotte du lundi 22 au mardi 30 août, de 8h à 16h. Les imprimés de déclaration de candidature ainsi que le guide du mandataire sont en ligne sur le site des services de l’État : www.mayotte.gouv.fr/Politiques-publiques/Citoyennete-ElectionsCollectivites-Territoriales/Election-departementale-partielle.

À Mamoudzou, des conflits minent le sud depuis quelques jours

Au sud de Mamoudzou, plusieurs affrontements ont eu lieu ces derniers jours. Le week-end dernier, les policiers ont notamment été appelés à Passamaïnty et Tsoundzou 1. « Les fonctionnaires de police se sont interposés et ont procédé à l’interpellation de deux mineurs », confirme la police de Mamoudzou. La rixe proviendrait de « rivalités connues ». Mardi soir, c’est un autre conflit qui a provoqué des incidents à Tsoundzou 2. Cette fois-ci, il s’agirait davantage de différents internes au village.

Le quatrième escadron de gendarmerie est remplacé

Depuis le mois de juin, les effectifs de la gendarmerie mobile à Mayotte ont augmenté. Alors que trois escadrons assurent d’habitude des missions de sécurisation et de lutte contre l’immigration clandestine, un quatrième avait été envoyé en juin suite aux rixes répétées dans les villages de Koungou et Majicavo. Un jeune de 18 ans avait été notamment tué par arme blanche le 6 juin et plusieurs gendarmes avaient été blessés au cours des affrontements avec les bandes. Ces renforts provisoires avaient pour but de « restaurer l’ordre républicain » selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et l’éphémère ministre de l’Outre-mer, Yaël Braun-Pivet.

Après presque deux mois sur l’île, l’escadron de Dugny composé de 72 gendarmes laisse sa place à un autre de Mayenne. Il est intégré dans le groupement tactique de gendarmerie mobile IV/2 Limoges, commandé par le colonel Laurent Audoin. Ce mercredi 10 août, les militaires ont été accueillis à Pamandzi par le général Olivier Capelle, commandant la gendarmerie de Mayotte, et Marie Grosgeorge, directrice de cabinet du préfet de Mayotte, qui leur ont exposé les enjeux de leur mission dans le département.

Cédric Kari-Herkner devient sous-préfet chargé de mission à Mayotte

Conseiller d’administration de l’Intérieur et de l’Outre-mer, Cédric Kari-Herkner « est nommé sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de Mayotte », par décret du président de la République, ce mercredi 10 août. Il s’agit de son premier poste en tant que sous-préfet. Il était dernièrement directeur de cabinet du préfet de l’Ariège.

Sa venue à Mayotte n’est pas sa première expérience en Outre-mer pour ce diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. En effet, il a été chef des services du cabinet du préfet administrateur supérieur des îles Wallis et Futuna, dans l’océan Pacifique. Il remplace Jérôme Millet qui a demandé à mettre fin à ses fonctions à la préfecture de Mayotte selon un décret du mois de mai.

Une première formation dédiée aux animateurs et coordinateurs du réseau EEDD 976

Les membres du réseau d’éducation à l’environnement et au développement durable de Mayotte ont mis en avant un besoin de réunir les animateurs/éducateurs nature du territoire pour une montée en compétence. Il est ainsi proposé une semaine de séminaire en pension complète. Gratuite, la formation se déroulera du 17 au 21 octobre au gîte du Mont Combani.

La problématique principale est de savoir comment convaincre un public en situation de précarité à la préservation de l’environnement. Pour cela, divers ateliers seront organisés ainsi que des temps de travaux collectifs. Des temps d’échanges et de réflexion seront également prévus. Sachant que les places sont limitées, les inscriptions se font sur le site Internet du réseau EEDD www.reseaueedd976.com.

Ouverture des inscriptions au diplôme universitaire compétences complémentaires en communication digitale et multimédia

Le centre universitaire de formation et de recherche met en place une nouvelle formule pour préparer les étudiants aux métiers du numérique et des nouvelles technologies. À la rentrée 2022, un nouveau diplôme universitaire (DU) compétences complémentaires en communication digitale et multimédia accueillera sa première promotion. Élaborée dans l’objectif d’étendre les compétences numériques des étudiants et de faciliter leur insertion professionnelle, la formation répond à un réel besoin du territoire de monter en compétences les professionnels aux usages du numérique.

La formation vise à transmettre un tronc commun de compétences transversales et indispensables axées sur la production audio-visuelle et le multimédia, le webdesign et l’informatique. D’une durée d’un an et réparti en différents modules, le programme de formation s’adresse aux étudiants en formation classique, mais également aux demandeurs d’emploi et aux professionnels dans le cadre de la formation continue.

Afin de répondre aux problématiques actuelles de continuité pédagogique, les cours seront également dispensés en présentiel et en distanciel. À l’issue de cette formation orientée projet, les étudiants seront capables de réaliser un site vitrine, de développer une stratégie de marque le tout avec créativité grâce aux outils de publication assistée par ordinateur (PAO). Les diplômés pourront acquérir différentes compétences utiles aux fonctions de webmaster, de rédacteur web, d’infographiste, de vidéaste institutionnel, de community manager, etc.

Pour candidater, il faut envoyer d’ici le 15 septembre à bruno.girard@univ-mayotte.fr un curriculum vitae et une lettre de motivation. Des réalisations ou des créations peuvent être annexées au dossier.

L’eau coupée sur une partie de Koungou, ce vendredi matin

La société mahoraise des eaux (SMAE) annonce que des travaux réalisés sur le réseau d’eau potable à Koungou entraîneront une interruption de l’alimentation, ce vendredi 12 août, de 8h à 11h30. Les quartiers ou rues concernés sont Koropa Piscine, quartier bas Hamachaka, zone commerciale, tous les quartiers du bas de Majicavo 2, la rue Barakani et le lotissement Majikoro.

La SMAE conseille de « veiller à la fermeture de tous les robinets de l’habitation et de laisser couler l’eau durant les premières minutes tout doucement, de laisser couler l’eau ensuite jusqu’à ce qu’elle soit claire (en la récupérant dans un récipient pour un usage autre qu’alimentaire) et faire bouillir l’eau pour des usages alimentaires (boissons, cuisine) dans la première demi-journée suivant la remise en eau ».

« À Mayotte, on bloque systématiquement les projets innovants » : le constat amer d’Alain Kamal Martial

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Suite au blocage de la mairie de Mamoudzou par le collectif des citoyens la semaine dernière, l’écrivain Alain Kamal Martial a établi ce triste constat : dès qu’un projet innovant est lancé à Mayotte, il est systématiquement entravé par une poignée de personnes qui s’amusent à réveiller de vieilles peurs qui n’ont plus lieu d’être. Pour lui, cette histoire de jumelage entre Mamoudzou et deux villes des Comores (Mutsamudu et Tsidjé) n’est qu’une triste illustration de plus de cette mentalité « d’un autre âge qui entrave le développement de l’île ». Explications.

« Les actions de blocage comme celle réalisée par le collectif des citoyens de Mamoudzou à la mairie ne sont plus possibles ! Comment voulez-vous que Mayotte puisse appréhender son avenir sans connaître son entourage ? », s’insurge Alain Kamal Martial qui soutient vivement pour sa part ce projet de jumelage avec les villes comoriennes de Mutsamudu et Tsidjé. Il regrette d’ailleurs son annulation récente par le gouvernement comorien. « Le collectif des citoyens n’a rien compris : ce projet de jumelage ne comportait aucun risque de retour de Mayotte dans le giron comorien. Il impliquait au contraire par, son essence même, une reconnaissance de l’île en tant que territoire français ! », explique l’écrivain et directeur de la bibliothèque de Cavani qui se désole de voir « des personnes qui ne maîtrisent pas les problématiques réelles de Mayotte bloquer toute tentative de projets innovant pour prôner un repli sur soi délétère pour l’île et ses habitants ».

Le collectif des citoyens mène un combat « d’un autre âge »

« Nos grands dirigeants d’autrefois comme Younoussa Bamana ou Marcel Henry ont tout donné pour faire de Mayotte un département français. Ce combat est gagné depuis 2011. En 2014, l’île est devenue une région ultrapériphérique européenne (RUP). Il n’y plus de retour en arrière possible dans le giron comorien. Le collectif des citoyens entretient de vieilles peurs qui n’ont plus lieu d’être ! Il est temps de passer à autre chose et de trouver une nouvelle vision pour l’avenir de Mayotte ! », affirme l’écrivain qui déplore l’absence d’évolution de la mentalité mahoraise, restée bloquée sur des problèmes qu’il juge obsolètes.

Pire encore, il estime que ce collectif « manipule les vieilles dames en leur affirmant à chaque fois que la France risque de retourner dans le giron comorien alors que c’est complètement faux ». « Le combat des chatouilleuses d’autrefois a été remporté, il faut maintenant arrêter de ressasser les vieilles peurs du passé et se tourner vers l’avenir et l’intégration de notre île au sein de la région océan Indien », clame-t-il haut et fort, au risque de ne pas se faire que des amis au sein de la population mahoraise. Un risque qu’il assume pleinement : « J’ai déjà été victime de calomnies en tout genre sur les réseaux sociaux, surtout lorsque j’ai proposé un projet d’ouverture de Mayotte sur l’Afrique de l’Est, mais à un moment donné il faut bien que quelqu’un dise les choses. » L’écrivain constate d’ailleurs amèrement que la toile sert d’outil de manipulation des masses pour empêcher Mayotte d’évoluer.

À qui « profite le crime » ?

Pour le directeur de la bibliothèque, cette mentalité de repli sur soi et de destruction systématique des projets innovants prendrait sa source dans des conflits et des luttes d’ambition purement personnelles. « À Mayotte, certaines personnes sans aucune vision pour l’avenir de l’île bloquent les porteurs de projets innovants par peur d’être larguées et de perdre leur petit pouvoir », déclare-t-il. Par ailleurs, il estime que le 101ème département est « bloqué dans des schémas mentaux datant des années 70 » et qu’il est temps « de soutenir ceux qui ont une vraie vision ». Pour Alain Kamal Martial, le maire de Mamoudzou en fait partie et son projet de jumelage avec deux villes des Comores s’inscrivait dans une ambition plus générale de faire du chef-lieu une « ville-monde ». « Actuellement, on ne parle que d’immigration clandestine et de délinquance dans les médias. Certes, ce sont des problèmes majeurs, mais il ne faut pas oublier tous les autres sujets ! », ajoute-il.

Par ailleurs, il condamne les stratégies de blocage des routes régulièrement mises en œuvre par le collectif des citoyens, qui entravent le développement de l’île. « Nous devons arrêter d’aller pleurnicher constamment à Paris. La France nous a donné tous les outils pour nous prendre en main, à nous de savoir les utiliser ! », conclut-il, en précisant « qu’il appartient à Mayotte d’apprendre à s’imposer par elle-même dans la région océan Indien en tant que département français ».

La grève des employés de Somiva rentre dans son cinquième jour

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Les négociations restent compliquées chez le garagiste de Kawéni. 90% des salariés sont en grève depuis lundi. Ils ont même créé un bouchon sur la route nationale, jeudi matin, en faisant une marche. Ils réclament une augmentation de salaires en fonction de l’inflation, un treizième mois pour tous et une prime de transport de cinq euros par jour.

Peu de monde travaille dans l’atelier de Somiva, cette semaine. Le garage, qui dépend de Renault et qui se situe dans le centre de Kawéni, tourne au ralenti depuis lundi. En cause, une grève d’une bonne partie des 77 salariés, à la suite d’une première réunion de NAO (négociation annuelle obligatoire) en juillet qui n’a pas abouti. Direction et syndicats n’ont, en effet, pas réussi à s’entendre sur différents points. Les plus importants concernent une augmentation des salaires de 10% pour prendre en compte l’inflation récente, un treizième mois sans conditions et une prime de transport de cinq euros par jour. Comme la deuxième réunion, le vendredi 5 août, n’a rien donné non plus, 90% des salariés ont entamé un mouvement social.

Pourtant, ils disent être ouverts aux négociations. L’augmentation des salaires a été ramenée à 8% dans leurs demandes et plusieurs doléances concernant le manque de véhicules de fonction ou un protocole de passage aux 35 heures ont été abandonnées par exemple. Sur la prime de transport aussi, ils se disent prêts à réétudier leurs exigences. « C’est honteux que la Somiva laisse nos revendications à zéro. Tous les salariés sont payés au Smic », défend Asmaoul Combo, déléguée CFDT.

Côté direction, on rappelle que « quatre augmentations de salaire ont eu lieu au cours des douze derniers mois » et que l’entreprise subissant une baisse importante de son chiffre d’affaires en raison de l’envolée des coûts des matières premières et du transport, elle peut difficilement faire de nouveaux efforts. Une nouvelle réunion organisée ce jeudi, après une marche organisée à Kawéni en début de matinée, « n’a pas donné satisfaction », considère la syndicaliste.

Les salariés fatigués « des objectifs trop élevés »

Point de crispation des négociations, le treizième mois existe déjà à la Somiva. Seulement, il est conditionné au rendement des salariés. Ainsi, un employé peut toucher un demi-mois de salaire, un treizième mois, voire un quatorzième. Un système mis en place en 2017 qui ne convient plus aux grévistes, à la grande surprise de la direction qui le pensait bien ancré dans l’entreprise. Selon ses détracteurs, les objectifs seraient « trop élevés », des services étant parfois exclus de toute prime. En carrosserie par exemple, aucun salarié n’a réussi atteindre les objectifs fixés l’an dernier par la direction. Surtout, la politique de rendement serait « dure humainement » à moyen et long termes.  « C’est comme une voiture. Si vous ne mettez pas la bonne huile, vous allez finir par user le turbo », image l’un des garagistes.

Du côté de la direction, on souhaite que le dispositif reste en l’état. « C’est un levier de motivation », estime Maxime Gandolfi, le directeur des ressources humaines. Il rappelle qu’en 2021, les salariés n’ayant pas atteint leurs objectifs ont quand même obtenu un demi-mois de salaire en plus. Reconnaissant que les carrossiers n’ont pas eu de treizième mois en 2021, il explique que les paliers peuvent être revus pour créer un équilibre entre les services. Selon lui, ce système « coûte même plus cher à l’entreprise qu’un treizième mois donné à tout le monde ».

Les salariés entament un cinquième jour de grève, ce vendredi, mais une nouvelle réunion entre les deux parties pourrait avoir lieu dans la journée.

La carte Namine, la carte qui peut changer la vie des étudiants mahorais

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Créée en octobre 2013, l’association des étudiants du centre universitaire de Mayotte change de nom pour devenir l’association des étudiants et des jeunes de Mayotte en septembre 2021. Après différents constats sur la vie étudiante des Mahorais, la structure décide de mettre en place la carte Namine propre au territoire dans le but de lutter contre la précarité étudiante en visant un panel de jeunes mahorais en activité âgés de 17 à 25 ans. Said Mohamadi, directeur de la structure, nous explique le lancement de cette carte qui pourra changer leur quotidien.

Constituée d’une dizaine de salariés, l’association des étudiants et des jeunes de Mayotte fait un constat frappant sur les avantages qu’accorde la seule université du 101ème département à ses étudiants. « Au centre universitaire de formation et de recherche de Dembéni, la seule carte mise à disposition des étudiants leur permet uniquement d’emprunter des livres à la bibliothèque », affirme Said Mohamadi, le directeur et fondateur de la structure.

En plus de l’accompagnement, elle œuvre au quotidien pour l’amélioration des conditions d’apprentissage. « Nos agents ont remarqué qu’il n’y avait ni action sociale ni prévention santé ni animation et promotion de la vie étudiante », souligne Said Mohamadi. Une situation qui ne laisse pas de marbre les membres de l’association qui ont pris conscience du manque considérable d’avantages pour les étudiants mahorais. Pour mettre en place ces manquements et répondre à ces besoins, l’AEJM décide de se restructurer et de se convertir en menant des actions professionnelles.

Des réductions et des avantages sur leurs achats

Parmi celles-ci, l’association des étudiants et des jeunes de Mayotte souhaite mettre en place la carte Namine. Son objectif ? Lutter contre la précarité étudiante et soutenir le pouvoir d’achat des jeunes mahorais. Elle est à destination d’un public âgé de 17 à 25 ans et/ou en formation professionnelle d’une durée supérieure à six mois. « Le but est de leur permettre d’avoir des réductions et des avantages sur leurs achats mais pas que. Cela va nous assurer une base de données importante pour les informer de ce dont ils peuvent bénéficier », déclare Said Mohamadi.

Pour la fin septembre, ce sont près de 7.500 jeunes qui seront concernés par ce dispositif. Dans cette démarche, l’AEJM a fait le choix de travailler avec différents partenaires économiques qui pourrait intéresser les étudiants : « Nous ciblons des boutiques de vêtements, des bibliothèques, des cinémas… Ils nous demanderont sûrement ce qu’ils auront en échange, mais nous avons prévu de relayer gratuitement leurs communications sur les différents réseaux sociaux de la carte Namine, mais également par SMS. »

« On souhaite faire quelque chose de spécifique à chez nous »

L’association des étudiants et des jeunes de Mayotte est actuellement en phase d’expérimentation et souhaite d’ici sous peu pouvoir collaborer avec des établissements bancaires. « Nous nous donnons jusqu’en 2024 pour savoir quelles banques seraient les mieux adaptées pour nous », affirme Said Mohamadi. Actuellement en contact avec trois d’entre elles sur le territoire, le directeur de l’association espère que cela aboutira dans la mesure où « elles adhèrent complètement à la proposition à l’heure actuelle ». Soucieuse de la vie étudiante et des jeunes mahorais qui s’accrochent à leurs études, l’AEJM met tout en œuvre pour leur apporter un confort dont certains peinent à bénéficier. « Nous souhaitons faire quelque chose de spécifique à chez nous », conclut Said Mohamadi. De quoi permettre à la jeunesse mahoraise d’envisager l’avenir en rose.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes