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« À Mayotte, on bloque systématiquement les projets innovants » : le constat amer d’Alain Kamal Martial

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Suite au blocage de la mairie de Mamoudzou par le collectif des citoyens la semaine dernière, l’écrivain Alain Kamal Martial a établi ce triste constat : dès qu’un projet innovant est lancé à Mayotte, il est systématiquement entravé par une poignée de personnes qui s’amusent à réveiller de vieilles peurs qui n’ont plus lieu d’être. Pour lui, cette histoire de jumelage entre Mamoudzou et deux villes des Comores (Mutsamudu et Tsidjé) n’est qu’une triste illustration de plus de cette mentalité « d’un autre âge qui entrave le développement de l’île ». Explications.

« Les actions de blocage comme celle réalisée par le collectif des citoyens de Mamoudzou à la mairie ne sont plus possibles ! Comment voulez-vous que Mayotte puisse appréhender son avenir sans connaître son entourage ? », s’insurge Alain Kamal Martial qui soutient vivement pour sa part ce projet de jumelage avec les villes comoriennes de Mutsamudu et Tsidjé. Il regrette d’ailleurs son annulation récente par le gouvernement comorien. « Le collectif des citoyens n’a rien compris : ce projet de jumelage ne comportait aucun risque de retour de Mayotte dans le giron comorien. Il impliquait au contraire par, son essence même, une reconnaissance de l’île en tant que territoire français ! », explique l’écrivain et directeur de la bibliothèque de Cavani qui se désole de voir « des personnes qui ne maîtrisent pas les problématiques réelles de Mayotte bloquer toute tentative de projets innovant pour prôner un repli sur soi délétère pour l’île et ses habitants ».

Le collectif des citoyens mène un combat « d’un autre âge »

« Nos grands dirigeants d’autrefois comme Younoussa Bamana ou Marcel Henry ont tout donné pour faire de Mayotte un département français. Ce combat est gagné depuis 2011. En 2014, l’île est devenue une région ultrapériphérique européenne (RUP). Il n’y plus de retour en arrière possible dans le giron comorien. Le collectif des citoyens entretient de vieilles peurs qui n’ont plus lieu d’être ! Il est temps de passer à autre chose et de trouver une nouvelle vision pour l’avenir de Mayotte ! », affirme l’écrivain qui déplore l’absence d’évolution de la mentalité mahoraise, restée bloquée sur des problèmes qu’il juge obsolètes.

Pire encore, il estime que ce collectif « manipule les vieilles dames en leur affirmant à chaque fois que la France risque de retourner dans le giron comorien alors que c’est complètement faux ». « Le combat des chatouilleuses d’autrefois a été remporté, il faut maintenant arrêter de ressasser les vieilles peurs du passé et se tourner vers l’avenir et l’intégration de notre île au sein de la région océan Indien », clame-t-il haut et fort, au risque de ne pas se faire que des amis au sein de la population mahoraise. Un risque qu’il assume pleinement : « J’ai déjà été victime de calomnies en tout genre sur les réseaux sociaux, surtout lorsque j’ai proposé un projet d’ouverture de Mayotte sur l’Afrique de l’Est, mais à un moment donné il faut bien que quelqu’un dise les choses. » L’écrivain constate d’ailleurs amèrement que la toile sert d’outil de manipulation des masses pour empêcher Mayotte d’évoluer.

À qui « profite le crime » ?

Pour le directeur de la bibliothèque, cette mentalité de repli sur soi et de destruction systématique des projets innovants prendrait sa source dans des conflits et des luttes d’ambition purement personnelles. « À Mayotte, certaines personnes sans aucune vision pour l’avenir de l’île bloquent les porteurs de projets innovants par peur d’être larguées et de perdre leur petit pouvoir », déclare-t-il. Par ailleurs, il estime que le 101ème département est « bloqué dans des schémas mentaux datant des années 70 » et qu’il est temps « de soutenir ceux qui ont une vraie vision ». Pour Alain Kamal Martial, le maire de Mamoudzou en fait partie et son projet de jumelage avec deux villes des Comores s’inscrivait dans une ambition plus générale de faire du chef-lieu une « ville-monde ». « Actuellement, on ne parle que d’immigration clandestine et de délinquance dans les médias. Certes, ce sont des problèmes majeurs, mais il ne faut pas oublier tous les autres sujets ! », ajoute-il.

Par ailleurs, il condamne les stratégies de blocage des routes régulièrement mises en œuvre par le collectif des citoyens, qui entravent le développement de l’île. « Nous devons arrêter d’aller pleurnicher constamment à Paris. La France nous a donné tous les outils pour nous prendre en main, à nous de savoir les utiliser ! », conclut-il, en précisant « qu’il appartient à Mayotte d’apprendre à s’imposer par elle-même dans la région océan Indien en tant que département français ».

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