Ce mercredi 22 avril, dans la salle B du tribunal de Mamoudzou, un fonctionnaire de police a été condamné pour des faits de violences volontaires survenus en juin dernier, dans le cadre d’un conflit familial autour d’un terrain.
À la barre, le prévenu, vêtu d’un polo noir, pantalon bleu et chaussures noires, a reconnu avoir porté un coup de barre de fer à une femme. « Oui, je reconnais avoir donné un coup de barre à madame », a-t-il déclaré, évoquant un conflit ancien et une perte de contrôle : « Le conflit durait depuis un moment, je n’ai pas réfléchi. »
Le policier a tenté d’expliquer son geste par une situation tendue liée à une parcelle disputée entre membres d’une même famille. « J’ai supplié, en tant que beau-frère, d’arrêter», a-t-il assuré. Selon lui, la confrontation aurait dégénéré : « Je suis arrivé énervé… ils se sont acharnés sur moi. J’ai reculé, j’ai été touché. Je n’avais pas le choix. »
Il a également insisté sur un sentiment d’insécurité : « En tant que policier, on est H24 en danger. » Le jour des faits, il reconnaît être en possession de son arme de service.
Une tenue et une arme au cœur des débats
À l’audience, la présidente du tribunal a relevé que le prévenu portait, au moment des faits, un pantalon et un tee-shirt assimilables à une tenue de policier. Un point jugé problématique dans un contexte privé, pouvant entretenir une confusion auprès des témoins.
La question du port de l’arme a également été largement discutée. S’il avait le droit de la détenir, le tribunal a souligné que son port et son éventuelle exposition dans un conflit familial n’étaient pas appropriés, en particulier « au vu de tous ».
Autre élément évoqué : le policier était en arrêt maladie le jour des faits, pour burn-out, ce qui a interrogé sur sa présence sur les lieux et sur son état au moment de l’altercation.
Une version contestée par l’accusation
La diffusion d’une vidéo, examinée par le tribunal, montre une victime non armée au moment des faits. Pour le procureur, les images sont claires : « Je vois un homme déterminé, avec une barre, face à une dame qui n’est pas armée. Pour le commun des citoyens, c’est dangereux, ça peut tuer. » Le ministère public a insisté sur le manque de proportionnalité : « L’arme de service n’était pas proportionnée », rappelant également les obligations liées à la fonction : « Il a prêté serment. » Le procureur avait requis une interdiction de port d’arme de cinq ans.
Une défense axée sur le parcours et le contexte
Déjà placé sous contrôle judiciaire depuis novembre 2025, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes, le prévenu a présenté ses excuses à la cour et à la famille.
La défense a mis en avant ses 23 années de service sans incident : « Il n’a jamais eu de comportement immodéré de violence », plaidant un contexte de tensions et une perte de contrôle ponctuelle. Son avocat a également alerté sur les conséquences professionnelles d’une condamnation trop lourde. Le prévenu a conclu : « Je demande juste ma liberté de travailler. »
Une condamnation prononcée
Le tribunal a reconnu le policier coupable de violences volontaires. Il a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont une partie avec sursis, ainsi qu’à un stage de citoyenneté.
Une interdiction de port d’arme de deux ans a été prononcée, inférieure aux réquisitions du parquet.
Des dommages et intérêts ont été accordés aux victimes. Le tribunal a retenu un « faisceau d’indices important », estimant que « les faits sont caractérisés » et que le comportement du prévenu était « imprudent ». Le policier ne s’est pas présenté lors du délibéré pour entendre le verdict.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.




































