Le climat politique reste particulièrement tendu au sein de la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM). Réunis au siège intercommunal de Bouyouni pour désigner les représentants appelés à siéger au Syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (SIDEVAM) ainsi qu’à L’Eau de Mayotte (LEMA), les élus communautaires ont assisté à une nouvelle scène de rupture politique sur fond de désaccords autour de la représentation des communes.
La séance, présidée par le premier vice-président Ahmed Darouechi en l’absence de la présidente Roukia Kassidi, hors du territoire, avait pourtant débuté dans des conditions normales, le quorum ayant été atteint dès l’ouverture du conseil.
Mais au moment d’aborder les modalités de désignation des représentants communautaires, les échanges se sont rapidement tendus. Ahmed Darouechi a proposé une élection des conseillers communautaires par binôme, déclenchant immédiatement des réactions dans l’assemblée.
L’élu faisait notamment référence à la répartition des sièges au sein de la CAGNM. Selon les données actuellement utilisées au sein de l’intercommunalité, Koungou dispose de 20 sièges sur 40 au conseil communautaire, contre 12 pour Bandraboua, 5 pour Mtsamboro et 3 pour Acoua. Une répartition régulièrement source de tensions entre les communes membres. Dans un climat devenu particulièrement électrique, le maire de Bandraboua poursuit : « Vous siégez actuellement sur ma commune. Alors je vais mettre fin au contrat de bail dès aujourd’hui. »
Ahmed Darouechi par ailleurs maire de Acoua a tenté d’apaiser les tensions en rappelant, selon lui, la vocation collective de l’intercommunalité : « Nous sommes là pour travailler pour l’intercommunalité. Après, qu’on soit représenté ou qu’on estime ne pas l’être, moi je suis là pour Koungou, Bandraboua, Acoua et Mtsamboro. S’il y a un projet à défendre pour une commune, je le ferai. Je suis là pour défendre l’intérêt de l’interco. Il faut avoir une vision globale de l’intercommunalité. »
Une gouvernance intercommunale sous pression
À l’issue de cet échange particulièrement tendu, le maire de Bandraboua a quitté la salle avant le vote, boycottant le scrutin.
Présent dans l’assistance lors de la séance, le maire de Koungou “Raos” a tenu à répondre aux accusations formulées contre la gouvernance de l’intercommunalité : « J’ai été choqué par les propos de mon collègue et ami, le maire de Bandraboua, qui m’accuse de dictature dans la gestion de l’intercommunalité du Nord. Je rappelle que je ne suis pas à l’origine des statuts adoptés lors de la création de la communauté d’agglomération. De 2008 à 2026, j’étais dans l’opposition. »
Créée en 2015, la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte regroupe les communes de Koungou, Bandraboua, Mtsamboro et Acoua. Elle exerce plusieurs compétences majeures dans le nord du territoire, notamment en matière de développement économique, d’aménagement, d’assainissement et de gestion des déchets.
L’ancien président de l’agglomération avait perdu son mandat de maire de Koungou à la suite de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour favoritisme et détournement de fonds publics.
Maradona a indiqué lui, vouloir soumettre au prochain conseil municipal, prévu le 12 mai, une délibération visant à engager le retrait de sa commune de la CAGNM. Il affirme également vouloir saisir les services préfectoraux afin de les informer officiellement de cette démarche. L’édile a par ailleurs annoncé qu’il notifiera la résiliation du bail des locaux actuellement occupés par l’intercommunalité sur le territoire communal par courrier recommandé avec accusé de réception adressé aux services concernés.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.




































