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La réponse d’Éric Dupond-Moretti à Ambdilwahedou Soumaïla… Six mois plus tard

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Le 1er février dernier, le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, sollicitait une audience d’urgence au ministre de la Justice à la suite de violences chroniques. Six mois plus tard, le 2 août, Éric Dupond-Moretti lui a répondu par courrier dans lequel il revient principalement sur sa série d’annonces faite à l’occasion de son déplacement sur l’île aux parfums au mois de mars. Du neuf avec du vieux.

Six mois ! C’est le temps qu’aura pris le Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, pour se décider à envoyer une réponse écrite au maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla. Pour bien comprendre, il faut remonter au 1er février dernier et à une lettre rédigée par le premier magistrat dans laquelle il demande « une audience dans les plus brefs délais afin de me permettre de vous présenter plus complétement la situation et d’évoquer ensemble les réponses judiciaires circonstanciées qui permettraient aux Mahorais de ne pas se sentir abandonnés par la République ». Une revendication intervenue à la suite d’une série d’affrontements proférés en début d’année, marquée par le décès de deux individus à Kawéni et de Cavani en moins d’une semaine, mais aussi par l’hospitalisation de quelque 15 policiers et gendarmes.

Malheureusement, le courrier ministériel, tant attendu, n’offre à sa lecture aucun motif d’espoir. Ou tout du moins, rien de bien nouveau par rapport aux annonces faites lors du déplacement express du ministre de la Justice dans le 101ème département les 11 et 12 mars. Sans grande surprise, Éric Dupond-Moretti affirme être « attentif » et insiste sur la « préoccupation majeure du gouvernement » face à la situation de Mayotte… « La démographie, la forte pression migratoire et les fragilités sociales renforcées par la crise sanitaire sont, en effet, propices à la commission d’infractions violentes et au développement de troubles graves à l’ordre public que vous décrivez. » Un constat qui remonte au temps de Mathusalem pour ceux qui vivent au quotidien sur l’île aux parfums !

Eric-dupond-moretti

De vieilles promesses

Plus concrètement, celui que l’on surnomme Acquittator dans le milieu judiciaire et médiatique se défend avec son projet de justice de proximité déployé à la suite de sa circulaire du 15 décembre 2020. « Le parquet de Mamoudzou a recruté trois délégués du procureur [pour un total de quatre] entre 2020 et 2021 afin de renforcer ses actions », livre-t-il. Autre cheval de bataille important à ses yeux : la dénonciation des infractions subies notamment en matière de violences intrafamiliales ainsi que les violences graves aux personnes. Sur ces deux derniers aspects, aucun chiffre ne vient compléter ses propos.

En effet, Éric Dupond-Moretti préfère s’attarder sur le code de la justice pénale des mineurs qui a pour ambition d’offrir une réponse pénale ferme susceptible de répondre à l’impératif d’encadrement de certains mineurs très fragilisés. En ce sens, le Garde des Sceaux promet que « les services de prise en charge éducative des mineurs de la protection judiciaire de la jeunesse, auprès du tribunal et au sein du quartier des mineurs de l’établissement pénitentiaire de Majicavo, ainsi que les différents établissements et services de placement et d’accompagnement éducatif du secteur public et associatif habilité seront renforcés ». Par quels moyens ? Via l’ouverture d’une troisième unité éducative de milieu ouverte en Petite-Terre, l’accroissement de la capacité de l’unité éducative d’hébergement diversifiée et la création d’un lieu de vie et d’accueil de six places et d’un service d’investigation éducative de 150 places.

D’un point de vue plus structurant, le ministre de la Justice n’hésite pas à rappeler le lancement d’un projet de nouvelle cité judiciaire sur le site de la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement situé à Kawéni, ainsi que son accord de principe à la construction d’un deuxième établissement pénitentiaire sur l’île. Et en bon défenseur de l’autorité de l’État, Éric Dupond-Moretti affiche un ton plus sévère au moment d’évoquer « les violences commises à l’encontre des forces de l’ordre ou les atteintes portées aux personnes investies d’un mandat électif ou chargées d’une mission de service public ». À ses yeux, de tels actes « nécessitent une réponse pénale à la hauteur de cet enjeu avec la mise en œuvre d’une politique pénale empreinte de volontarisme, de fermeté et de célérité ».

Suffisant pour convaincre Ambdilwahedou Soumaïla ? Peut-être. Mais quid des habitants ? Dont une partie d’entre eux « se terre et ne sort plus de chez elle » tandis qu’une autre « s’arme et prépare une riposte »… Car oui, le lien de confiance entre la population et la communauté judiciaire reste perméable dans le 101ème département. La suite au prochain courrier !

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