Trente-deux cas de paludisme ont été recensés la semaine dernière à Mayotte, un niveau jamais atteint depuis janvier. La majorité des suspicions de contamination locale se concentre à Chirongui, où les autorités sanitaires enquêtent sur un possible foyer de transmission.
Le paludisme regagne du terrain à Mayotte. Alors que l’île était parvenue à interrompre la transmission locale pendant plusieurs années, la maladie transmise par les moustiques fait l’objet d’une vigilance renforcée. Dans son dernier bulletin épidémiologique, publié le 7 mai, Santé publique France signale 32 nouveaux cas en une semaine, soit le niveau hebdomadaire le plus élevé enregistré depuis le début de l’année 2026.
Parmi ces nouveaux cas, seuls quatre sont pour l’heure classés comme importés, en raison d’un voyage récent. Dix-sept sont en revanche suspectés d’avoir été contractés localement, tandis que douze autres restent en cours d’investigation.
Depuis janvier, 128 cas de paludisme ont été déclarés à Mayotte. La majorité demeure importée, avec 89 cas, mais 27 sont désormais suspectés d’être acquis localement. Vingt-neuf malades ont dû être hospitalisés depuis le début de l’année, dont trois en réanimation.
Chirongui au cœur des inquiétudes
L’attention des autorités sanitaires se porte surtout sur Chirongui. Sur les 32 cas déclarés la semaine dernière, 20 ont été recensés dans cette commune. Parmi eux, 17 sont suspectés d’être des contaminations locales. Depuis le début de l’année, Chirongui concentre 19 des 27 cas suspectés d’acquisition locale à Mayotte.
Bandrélé, voisine de Chirongui, a également enregistré cinq cas suspectés d’être acquis localement ces dernières semaines. Pour Santé publique France, cette concentration géographique suggère l’existence d’un foyer potentiel de transmission autochtone, même si les investigations doivent encore préciser l’origine exacte des contaminations.
La vigilance est d’autant plus forte que Mayotte avait connu en 2025 ses premiers cas autochtones depuis juillet 2020, après cinq années sans transmission locale identifiée. La présence de moustiques vecteurs sur le territoire, combinée à l’augmentation des cas importés dans la région, maintient un risque permanent de réintroduction.
Le chikungunya ralentit, mais reste très présent
Après plusieurs semaines de progression, le nombre de cas de contamination au Chikungunya confirmés baisse nettement : 58 cas ont été recensés en semaine 18, contre 102 la semaine précédente. Cette diminution de 43 % doit toutefois être interprétée avec prudence, les données n’étant pas encore consolidées.
Depuis le début de l’année, 1 214 cas confirmés biologiquement ont déjà été enregistrés à Mayotte, un niveau très proche du total de 2025, qui s’élevait à 1 266 cas. Trente-deux hospitalisations ont été recensées, dont trois admissions en réanimation.
La baisse apparaît également dans les signalements au SAMU, passés de 17 à 7 en une semaine. Le taux de positivité poursuit aussi son recul, à 22,2 % en semaine 18, contre des niveaux de 30 à 40 % observés entre février et avril.
Deux nouveaux cas de mpox
Enfin, deux nouveaux cas de mpox ont été signalés la semaine dernière, portant à 18 le nombre total de cas enregistrés depuis janvier. L’un est importé de Madagascar, après un séjour à Nosy Be, l’autre est un cas autochtone lié au premier.
Santé publique France met en avant un risque accru d’importation lié aux déplacements entre Mayotte et Madagascar, notamment avec Nosy Be. Les autorités appellent les voyageurs à éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant une éruption cutanée et à consulter rapidement en cas de symptômes.
La leptospirose toujours à un niveau élevé
La leptospirose continue, elle aussi, de peser sur la situation sanitaire mahoraise. Depuis janvier, 132 cas ont été recensés, dont 22 ont nécessité une hospitalisation et cinq une admission en réanimation. Les autorités rappellent que la maladie, transmise par contact avec de l’eau ou des sols souillés par l’urine d’animaux infectés, touche particulièrement les personnes exposées lors d’activités agricoles ou en milieu humide.
Le mois d’avril concentre à lui seul la moitié des cas enregistrés depuis le début de l’année, avec 66 signalements. Cette hausse intervient dans une période habituellement favorable à la maladie, après les épisodes de fortes pluies.
Dans ce contexte, les recommandations restent les mêmes : se protéger des piqûres de moustiques, consulter sans délai en cas de fièvre, s’isoler en cas de symptômes évocateurs de mpox et porter des protections adaptées lors d’activités exposant à des eaux ou sols contaminés. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est désormais de contenir rapidement les foyers identifiés, avant qu’une transmission locale durable ne s’installe.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































