« Représentation et influence, formation et décryptage, réseau et opportunités », mais aussi « accompagnement de terrain » : tels étaient les thèmes des échanges qui ont réuni, mardi matin, une quarantaine de représentants d’entreprises locales au siège du nouveau Groupement patronal de Mayotte (GPM), situé au centre Maharajah à Kawéni.
Une cinquantaine d’entreprises mahoraises avaient répondu présentes à l’invitation lancée par Fahardine Mohamed, actuel président du nouveau Groupement patronal de Mayotte. Plus que jamais déterminé à œuvrer pour l’avenir de l’entrepreneuriat local malgré la perte récente du label MEDEF, il poursuit le travail engagé depuis janvier 2026 auprès des entrepreneurs mahorais, toutes catégories confondues.
Son objectif est de fédérer l’entrepreneuriat local autour d’un véritable projet de refondation de l’économie mahoraise, ouvert à tous les acteurs économiques installés sur l’île. Si ce nouvel organisme, né sur les cendres de l’ancien MEDEF Mayotte, souffre encore d’un manque de représentativité auprès de certaines instances paritaires en raison de la perte du label dont il bénéficiait jusqu’au 15 janvier dernier, ses rangs continuent néanmoins de grossir au fil des semaines. De nouveaux adhérents rejoignent régulièrement le groupement, convaincus de l’utilité de son action sur le territoire.
« La coexistence de notre groupement avec d’autres organisations patronales sur un même territoire n’a rien d’antinomique. Dans l’Hexagone, on compte trois groupements patronaux. D’autant plus que le GPM concentre ici, à Mayotte, le plus grand nombre de secteurs professionnels. Nous ne reviendrons pas sur les péripéties ayant conduit à notre éviction du MEDEF. Le plus important, à nos yeux, est de continuer à œuvrer et à rassembler autour des enjeux économiques de ce territoire, qui ne pourront se concrétiser sans la contribution de ceux qui y vivent et y travaillent pour améliorer les choses », a déclaré Fahardine Mohamed devant ses pairs.
Si la barre symbolique des 100 entreprises adhérentes n’a pas encore été franchie, elle apparaît néanmoins atteignable à court terme. Plus de 80 entreprises ont déjà choisi de rejoindre volontairement le GPM, pour des raisons qui leur sont propres. Toutes partagent la volonté de construire une dynamique représentative d’une économie mahoraise à visage humain, davantage en phase avec les réalités du territoire, ainsi que le désir de faire évoluer le cadre économique dans le sens de l’intérêt collectif.
Dans cette optique, petites, moyennes et grandes entreprises de l’île se retrouvent désormais une fois par mois lors de matinales d’écoute, d’échanges et de partage d’expériences organisées dans les locaux du GPM à Kawéni. Ces rencontres abordent différentes thématiques liées à leurs activités professionnelles.
« Ce groupement s’inscrit dans une perspective de continuité et non de rupture. Il a été fondé il y a quarante ans par des acteurs économiques impliqués comme Ida Nel, Gamil Kakal ou encore Gérard Rudolf, premier employeur de l’île, à qui nous rendons hommage ce matin après son décès il y a deux jours. Le GPM se veut un acteur structurant et durable de l’économie de ce territoire », a rappelé le président du groupement à son auditoire.
Afin d’être plus accessible à ses adhérents actuels et futurs, le groupement a décidé de multiplier ses commissions de travail thématiques, en prévision des mandats qu’ils seront amenés à exercer et des sièges qu’ils pourraient occuper à moyen terme au sein de différentes instances. Une manière également de favoriser les mises en relation entre adhérents, notamment avec les nouveaux arrivants, et de créer une véritable chaîne d’entraide et de partenariats potentiels.
Après les interventions officielles, la rencontre s’est poursuivie autour d’un café, permettant aux adhérents présents d’échanger leurs expériences et leurs points de vue sur les difficultés auxquelles ils sont actuellement confrontés dans la reprise des activités après le passage du cyclone Chido.
Journaliste politique & économique




































