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Concerts de Sexion d’Assaut : un an de prison avec sursis retenu contre Daniel Zaïdani

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Daniel Zaïdani perdra son siège de conseiller départemental de Mayotte s’il ne fait pas appel de la décision de justice dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a tranché, ce mardi 30 avril. L’ex-président du conseil départemental de Mayotte, Daniel Zaïdani, est condamné à un an de prison avec sursis dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut en 2012. La peine est assortie d’une privation des droits civils et civiques pendant trois ans et de 25.000 euros d’amende. Il peut perdre ses fonctions de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il ne fait pas appel dans les dix jours.

Le sourire affiché aux côtés de Marine Le Pen, il y a une quinzaine de jours, est désormais crispé. Ce mardi matin, Daniel Zaïdani, ex-président du conseil départemental de Mayotte, a été condamné à un an de prison avec sursis. L’exécution provisoire n’a pas été retenue par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, l’élu garde donc son mandat de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il fait appel dans les dix jours suivant sa condamnation. La justice lui reprochait de détournements de fonds publics et des contournements des marchés publics en 2012 et 2013, quand il était à la tête du tout jeune département français (de 2011 à 2015). Il y a d’abord cette série de concerts du groupe de rap Sexion d’Assaut à Madagascar, Comores et Mayotte. L’organisation se fait de manière opaque, sur des deniers publics. « Il fallait organiser une tournée, on s’est assuré qu’ils puissent venir à Mayotte », s’est défendu le Pamandzien, lors de son procès, le mardi 19 mars. A l’époque, une subvention signée avec le producteur des rappeurs, assurait le cachet des trois représentations à hauteur de 45.000 euros. Une autre a servi à financer les billets d’avion. Alain Kamal Martial (voir encadré), alors directeur du service culturel départemental, a imputé l’opération à Daniel Zaïdani, qui est parti à Madagascar à l’époque pour assister au festival à Diego-Suarez.

Deuxième fait qui a suscité l’intérêt des juges, l’organisation d’un foutari au domicile du chef de la collectivité, le 12 août 2012, avec l’argent du contribuable (5.000 euros). Si pendant le ramadan, il était de coutume que le Département organise un repas de rupture du jeûne, il se fait généralement de manière publique avec les représentants des autorités locales. Là, les 200 invités, si certains étaient des notables locaux, avaient le point commun d’être des soutiens de l’élu mahorais. En outre, Catherine Vannier, la présidente du tribunal correctionnel, avait relevé que Saïd Omar Oili, ex-président du conseil général et rival politique de Daniel Zaïdani, avait organisé aussi ce type d’événement chez lui, mais à ses frais. Pour la localisation de la cérémonie, le mis en cause avait souligné que « la seule habitation [du conseil général] disponible était celle à Kani-Kéli ». « C’était beaucoup plus excentré, la grande majorité des personnes se trouvent à Mamoudzou et en Petite-Terre. »  Cassandre Morvan, la substitute du procureur de la République, y a vu plutôt une fête financée sur des fonds publics qui n’était rien d’autre qu’un achat de voix électorales. « Ces personnes ont bien été régalées aux frais du conseil départemental », a noté la magistrate.

Un an de prison avec sursis était requis

L’achat de deux véhicules du CD était également visé dans la prévention. Sans passation de marché public, pourtant obligatoire lorsque le montant de l’achat dépasse les 15.000 euros, les deux SUV [pour Sport utility vehicule, en anglais] ont été acquis au sein de la concession Peugeot mahoraise. « Des élus se sont étonnés de ces acquisitions compte-tenu des difficultés du Département », avait souligné la juge Catherine Vannier. Choisis par Alhamid Aboubacar (voir encadré), les deux véhicules ont coûté 39.100 euros pour l’un et 31.600 euros pour l’autre. Outre le fait d’avoir confié l’achat à un collaborateur plutôt que le service « logistique et moyens », il est reproché à l’élu une utilisation non prévue des véhicules. En effet, l’enquête de la section de recherche de la gendarmerie a permis d’établir que des élus utilisaient le parc automobile à des fins privés. Daniel Zaïdani aurait même sollicité à plusieurs reprises un des chauffeurs pour aller chercher sa femme et ses enfants. Tenant compte de l’ancienneté des faits, la substitute du procureur a requis un an d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de l’ancien président de la collectivité mahoraise. Elle a demandé aussi qu’il soit privé de ses droits civils et civiques pendant cinq ans et interdit d’exercer toute fonction publique pendant la même durée, ainsi qu’une amende de 40.000 euros.

Le tribunal a suivi le Parquet pour la peine de prison avec sursis. En revanche, la durée de la privation des droits civils et civiques est réduite à trois ans et l’amende à 25.000 euros.

Les deux présumés complices relaxés

Aux côtés de Daniel Zaïdani, Alain Kamal Martial Henry et Alhamid Aboubacar étaient jugés pour complicité, respectivement pour les concerts de Sexion d’Assaut et l’achat des véhicules. L’ex-directeur du service culturel départemental, aujourd’hui représentant du Département de Mayotte au Mozambique, est relaxé. C’est la même chose pour Alhamid Aboubacar, l’ancien collaborateur qui avait supervisé l’achat des deux véhicules.

L’eau non-conforme à Mamoudzou, à Koungou et en Petite-Terre

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L’Agence régionale de santé (ARS) alerte, ce jeudi matin, sur deux non-conformités relevées sur le réseau d’eau potable. « Des analyses reçues ce jour font état, après examen par le laboratoire départemental de Mayotte, de deux non-conformités de la qualité de l’eau. Ces résultats imposent de prendre des mesures de précaution en urgence pour garantir la potabilité de l’eau consommée par la population », prévient l’agence.

Plusieurs secteurs sont touchés. Il y a d’abord l’ensemble de Petite-Terre, soient les villages de Dzaoudzi, Labattoir et Pamandzi. Dans les communes de Koungou et Mamoudzou, une partie des villages sont concernés. Koungou, Majicavo 1 et 2, Hauts-Vallons pour la première (Longoni, Trévani et Kangani ne sont pas sur le même réseau). Pour Mamoudzou, il s’agit de Kawéni, M’tsapéré, Ambassadeur, Doujani et Passamaïnty (quartier de Ngnambo Titi uniquement). Mamoudzou village, Cavani, ainsi que le sud de Mamoudzou (Tsoundzou 1 et 2, Vahibé et une large partie de Passamaïnty) sont sur des réseaux où aucune non-conformité n’a été relevée.

Bouillir l’eau

Comme à chaque fois maintenant, l’ARS « demande à l’ensemble de la population de ces secteurs de faire systématiquement bouillir l’eau avant de la boire, faire à manger ou se brosser les dents. L’ébullition permet de stériliser l’eau et d’éliminer ainsi toutes les bactéries présentes. Cette eau peut être stockée dans un récipient dédié, conservée à l’abri de la chaleur et peut être utilisée pendant 48 heures ». L’agence indique que « des nouveaux contrôles seront effectués dans les tous prochains jours afin de suivre l’évolution de la situation ». Elle promet une communication des résultats.

Il s’agit de la deuxième situation de ce genre sur l’île, ces dernières semaines. Le 6 septembre, les villages d’Acoua, Sohoa, Chiconi, Coconi, Ongojou, Sada, Ouangani, Poroani et Miréréni (commune de Chirongui) ont fait l’objet d’une alerte pour des bactéries coliformes retrouvées dans l’eau. La situation était revenue à la normale, le dimanche 10 septembre.

Le maire de Tsingoni condamné à douze mois de prison avec sursis

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Bacar Mohammed, ici lors de la visite du ministre de la Santé François Braun en novembre 2022, a été condamné par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour prise illégale d’intérêts.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a rendu, ce mardi matin, sa décision concernant deux faits reprochés à Bacar Mohamed. Il a été condamné à douze mois de prison avec sursis, 15.000 d’euros d’amende et une peine d’inéligibilité de trois ans avec exécution provisoire pour prise illégale d’intérêts. Il a été relaxé pour atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics.

Au cours de l’audience du 28 mars, le président départemental du parti Les Républicains a dû s’expliquer à la fois sur des contrats passés avec des entrepreneurs locaux qui ne respectaient pas les règles des marchés publics et la vente de terrains à des proches, notamment sa fille, à des prix très avantageux (trois euros le mètre carré). Ce dernier point, qui constitue une prise d’illégale d’intérêts, a fait l’objet d’une délibération du conseil municipal, le 16 mai 2020.  Le terrain nu de 1.160 m2 situé entre la bibliothèque de Mroalé et la route départementale a été vendu à quatre acheteurs. Le prix fixé à trois euros par mètre carré donne un total de 3.480 euros. Dénonçant une cabale politique d’une élue d’opposition, le maire avait justifié ce tarif préférentiel en rappelant qu’il était appliqué à Tsingoni depuis la régularisation foncière de propriétaires déjà installés. Mais ici, il s’agissait d’acquisition et non de régularisation. Le conseil municipal, devant le tollé généré, a fait annuler en février 2022 la délibération.

« Le maire décidait seul »

Pour les marchés, c’est la chambre régionale des comptes (CRC), qui se penche régulièrement sur les finances des collectivités, qui avait décelé un problème. En effet, plusieurs marchés ont été découpés selon la technique du « saucissonnage ». C’est-à dire que les prestations étaient séparées les unes des autres pour que le montant total n’atteigne pas les plafonds nécessitant une procédure plus stricte de mise en concurrence. Par exemple, la rénovation de l’école de la mosquée du vendredi de Tsingoni en 2016 a fait l’objet de deux factures distinctes (58.000 euros pour l’extérieur, 66.700 euros pour l’intérieur). Mises ensemble (124.700 euros), elles dépassaient le plafond de 90.000 qui nécessite de passer par le bulletin officiel des marchés publics et des annonces légales. Pareil pour des travaux réalisés sur les différents terrains de football de la commune. La société chargée des travaux a établi un montant pour chaque site. Autre problème et non des moindres, s’il y a eu une mise en concurrence pour ces marchés, il n’y en a plus aucune trace à la mairie. La CRC a été incapable de trouver les devis. Le maire avait affirmé, le 28 mars, qu’il y avait des problèmes d’archivage à la mairie, mais que des progrès avaient été faits depuis. Il s’était également pris à son ancien adjoint, le jugeant responsable des irrégularités.  Pourtant, l’une des employés communaux avait chargé le maire, au cours des auditions, en affirmant que le maire « décidait seul ».

Pour prise illégale d’intérêts, celui qui est maire de Tsingoni depuis 2014 et actuel candidat aux élections sénatoriales a été condamné à douze mois de prison avec sursis, une peine d’inéligibilité de trois ans et 15.000 euros d’amende. La vice-procureure, Delphine Moncuit, avait demandé une peine d’inégibilité de cinq ans avec exécution provisoire, ainsi que vingt-quatre mois de prison avec un sursis simple et 7.000 euros d’amende.

Deux entrepreneurs mahorais, le gérant d’une entreprise de peinture à Tsingoni et un spécialiste de l’équipement sportif du nord de Mayotte, ont été également condamnés pour avoir profité des marchés irréguliers.

Bacar Mohamed réagit à sa condamnation

Le désormais ex-maire de Tsingoni a pris acte de la décision du tribunal. Il la trouve « sévère eu égard aux griefs qui [lui] sont reprochés ». « Je fais remarquer qu’on ne me reproche ni un enrichissement personnel ni une rétrocommission quelconque », poursuit-il. Sans évoquer la prise d’illégale d’intérêts (la vente de terrains à sa fille), il dit « continuer toujours à nier avec vigueur » le délit de favoritisme. 

Sur la suite, « il appartient maintenant à mon successeur de maintenir l’unité que j’ai mise en place depuis 2014 au sein de la majorité municipale actuelle, et ce jusqu’à la fin de la mandature en cours ». Même s’il peut toujours faire appel (cela ne suspend pas la décision), il remercie sa majorité, les agents municipaux et les habitants de sa commune de leur confiance. 

« De toute évidence, face à ce procès purement politique, je ne me laisserai pas facilement abattre et me réserve le droit, en concertation avec mon avocat, de faire appel pour laver mon honneur », prévient-il.

La barge « Chatouilleuse » va entrer en scène

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1- « Chatouilleuse » (à droite) s’installe aux côtés de sa grande sœur, « Karihani ».

Présente dans le lagon depuis la semaine dernière, « Chatouilleuse », dernière-née du chantier naval de l’océan Indien (CNOI) de l’île Maurice, va bientôt accueillir ses premiers passagers. Ce mardi matin, une présentation au travers d’une conférence de presse a eu lieu sur ce nouvel amphidrome qui permettra d’embarquer 392 passagers entre Grande-Terre et Petite-Terre.

Ce mardi matin, en gare maritime de Mamoudzou, la barge « Chatouilleuse » a été présentée par les agents, les capitaines et par le directeur Moussa Kassim, du service des transports maritimes (STM) du Département en présence de Ben Issa Ousséni, président du conseil départemental, d’Ali Omar, vice-président, et de Soihirat El Hadad, conseillère départementale de Pamandzi. L’objectif de cette visite était de révéler officiellement la nouvelle barge, qui va rapidement rejoindre ses grandes sœurs.

« Chatouilleuse », mais aussi « Imane » sa sœur jumelle, ont pour avantage de pouvoir embarquer deux rangées complètes de camions, ce qui n’était pas le cas sur les anciens amphidromes tel que le Georges Nahouda. La capacité de chargement est donc passée à six camions et 24 véhicules. Ces deux barges, pourront embarquer chacune 400 passagers au total, en comptant les huit membres d’équipage. « Chatouilleuse » est plus petite que ses aînées, avec 39,50 mètres, contre 60 mètres, « pour mieux entrer dans la cale sèche au STM en Petite-Terre et ainsi, évitant les remorquages jusqu’à Maurice », explique Ali Omar, vice-président du Département, chargé des transports. La question que l’on peut se poser, c’est d’où vient le choix de ce nom, la Chatouilleuse ? Pour le vice-président, « c’est un symbole fort », qui caractérise l’attachement du Département « à la mémoire et aux grandes figures de Mayotte ».

Vers une transition écologique

Ce nouvel amphidrome participe à la modernisation de la flotte du STM, dans l’objectif « d’innover et d’installer des moteurs moins polluants », affirme Ali Omar. C’est donc dans une volonté de s’inscrire dans une démarche de transition écologique qu’a été réalisée l’acquisition de ce nouveau navire. Une stratégie également nécessaire pour l’obtention de fonds européen de développement régional (Feder), qui finance 83 % des 14,5 millions d’euros investis pour l’acquisition des deux nouveaux amphidromes, « Chatouilleuse » et « Imane ». Cette démarche se traduit principalement par l’évolution de la motorisation, adoptant le diesel électrique, qui permet ainsi que la rendre plus silencieuse et plus rapide que ses sœurs.

« La rigueur de contrôle sera renforcée »

Autre point innovant à découvrir sur cet amphidrome, la diffusion de messages de sécurité sur les écrans, se lançant automatiquement au démarrage de la barge. Également dans une dimension écologique, depuis le 1er avril, les tickets papiers ont disparu pour laisser place à une carte magnétique. En corrélation avec ce changement, « la rigueur de contrôle sera renforcée grâce à l’automatisation », prévient Ali Omar. Une surveillance accrue pour permettre « d’augmenter les recettes d’exploitation, car nous assurons seuls les charges et investissements de ces services », admet-il.

D’ici quelques jours, les passagers pourront faire la traversée à bord de la nouvelle barge. Selon le vice-président en charge des transports, sa mise en service est prévue « le plus rapidement possible ». Dès que toutes les conditions seront réunies, elle sera mise en service au niveau du quai Ballou, afin de remplacer alternativement le « Maoré Mawa » et le « Saffari ».

Des navettes maritimes et des quais rénovés

Le projet de navettes maritimes verra le jour à l’horizon 2026. Les gares maritimes devraient être implantées à Iloni et Longoni, « notre avant-projet sur les gares maritimes est en cours de finalisation avec les services de l’État » a réaffirmé le troisième vice-président du Département. D’après lui, les autorisations réglementaires seront obtenues « d’ici un an et demi », puis suivront les travaux. Simultanément, l’appel d’offres sera lancé pour un futur opérateur, qui devra « investir dans une flotte de navettes adaptées à notre lagon et aux contraintes de nombre de passagers », rappelle Ali Omar. En sus de ce projet, le Département continue d’étudier la mise en place d’un service de transport maritime de fret, en provenance de Longoni « pour désengorger le trafic des poids-lourds », notamment sur les traversées de Koungou et Kawéni. En complément, en coordination avec les services de l’État, il prépare aussi les chantiers de réparation des quais Issoufali et Ballou. Ces travaux auront lieu au cours du second semestre 2023.

Phénomène sismo-volcanique à Mayotte : Préparation sur-mesure d’une campagne explosive

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Le Bureau de recherches géologiques et minières est sur le point de réaliser une campagne de mesures dans le but de récolter des donnes nécessaires pour localiser plus précisément le phénomène sismo-volcanique. Mais avant de procéder à des tirs de charges explosives enfouies, l’établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer l’imagerie, les ressources et les risques du sol et du sous-sol doit installer tout le matériel en un temps record. Entretien avec Jean-Michel Baltassat, ingénieur géophysicien au BRGM et responsable des opérations en terre pour cette campagne.

Flash Infos : Vous venez d’enfouir l’un des 72 géophones dans le cadre d’une campagne de mesures intitulée REFMAORE sur une ligne traversant Mayotte d’Ouest en Est. En quoi consiste-t-elle ?

Jean-Michel Baltassat : Ces géophones sont des capteurs que nous mettons en place tous les 350 mètres le long d’un profil de 30 kilomètres à terre qui s’étend depuis M’Tsamboro jusqu’à la plage de Moya, pour réaliser un échantillonnage spatial régulier. Ils vont nous servir à enregistrer les zones sismiques que nous allons générer par 10 tirs de charges explosives – mises à feu au fond de forages de 25 mètres de profondeur de manière à ce que le maximum d’énergie parte dans le terrain et qu’il n’y ait pas de danger à la surface – réalisés sur la même ligne du vendredi 9 au jeudi 15 octobre. Cette ligne de mesure est également prolongée en mer sur 70 kilomètres par 10 capteurs, micro-OBS, posés au fond de l’eau par les équipes de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) depuis le Marion Dufresne.

FI : Quelles sont les particularités de ces géophones ? Quelles données supplémentaires vont-ils pouvoir nous apporter en plus de ce que nous savons déjà à l’heure actuelle ?

J-M. B. : Ce ne sont pas les géophones en particulier, mais l’ensemble de la configuration de la manipulation qui va engendrer des ondes. Nous allons faire ce que nous appelons de la sismique active par opposition à la sismique passive, qui se contente d’enregistrer les ondes générées naturellement, notamment par les séismes. Avec ce dispositif qui est bien calibré au niveau géométrique, nous allons pouvoir déterminer avec précision les vitesses sismiques en profondeur. La distribution de ces dernières, aussi bien en terre qu’en mer, va nous permettre à mieux connaître la structure de Mayotte et à mieux positionner, par la suite, les séismes qu’ils ne le sont aujourd’hui. La bonne localisation des séismes va aider à mieux comprendre les phénomènes auxquels le territoire est soumis mais également à mieux les surveiller. Mais le traitement et la valorisation de ces données vont prendre du temps… Nous n’aurons pas les résultats avant 2021 !

FI : Une fois que vous aurez réalisé ces tirs et que vous aurez récupéré ces données, qui sont censées apporter une plus-value non négligeable dans la compréhension du phénomène sismo-volcanique que subit Mayotte depuis 2018, ce type d’opération sera-t-il amené à se reproduire à l’avenir ?

J-M. B. : Nos collègues de l’Ifremer, de l’Ipgp (Institut de physique du globe de Paris) et nous-mêmes avons des propositions de compléments d’investigations, qui ne seraient plus sur un seul profil mais plus répartis spatialement, latéralement, pour avoir une vision globale en 3 dimensions de l’espace des phénomènes sur Mayotte. Présenté au financement l’année dernière, ce projet n’a pas été retenu en première analyse. Mais il est amené à être de nouveau présenté dans les prochaines années dans le but de soumettre une enquête moins profonde mais beaucoup plus détaillée pour mieux connaître la zone sismo-volcanique.

 

Maîtriser la consommation d’énergie : un enjeu crucial pour Mayotte… et nos factures !

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Le comité Maitrise de la demande en énergie, qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, lance une nouvelle campagne de communication. Objectif : inciter particuliers et entreprises à opter pour des constructions et des équipements plus performants. Avec en ligne de mire, la baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la facture énergétique.

Vous les avez peut-être aperçues dans le coin du rétro…ou bien êtes passé sans un regard. Depuis quelques jours, de grandes affiches “Oui aux offres Hodari” ont été placardées ici et là sur les routes de Mayotte : une femme y fait cramer son aile de poulet au mur, visiblement harassée par une châleur étouffante, une autre y sirote son café sous le regard envieux de ses amies. Le message vous échappe ? C’est que la marque “Hodari”, une série d’offres lancée en partenariat avec plusieurs entreprises locales par le comité Maîtrise de la demande en énergie (MDE), peine encore à se faire connaître. Son objectif, pourtant, est crucial pour Mayotte : réduire la facture énergétique du département, où 95% de l’électricité consommée provient encore de centrales alimentées au gazoil – contre seulement 5% d’énergies renouvelables.

Alors le comité, créé en 2019 et qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, entend bien changer la donne. Mais “le meilleur moyen de diminuer les émissions de carbone ainsi que sa facture énergétique est encore de ne pas consommer”, rappelle Claude Hartmann, le nouveau directeur général d’EDM. La société d’électricité organisait donc une conférence de presse ce lundi, en présence des autres acteurs du comité, pour lancer officiellement cette nouvelle campagne de communication. Celle-ci s’adresse à tous les clients de Mayotte, entreprises comme particuliers, qui souhaitent diminuer leur consommation d’énergie. Le but : favoriser l’accès à des produits éco-efficaces et matériaux non énergivores à travers des primes incitatives. Isolation du bâtiment, climatisation plus performante, ou encore chauffe-eau solaires… La promesse Hodari vante jusqu’à 30% d’économies sur la facture d’électricité ! Un coup de pouce non négligeable quand on sait que la consommation annuelle par foyer s’élève à 5.000KWh. Soit une facture de près de 650 euros par an, tout de même.

Déjà 5GWh d’électricité économisés

Le plus gros poste de consommation ? La climatisation, bien sûr ! À titre d’exemple, vous pouvez donc, grâce aux offres Hodari, remplacer votre vieux climatiseur énergivore pour un appareil de classe A+++ et bénéficier d’une prime de 500 à 900 euros, en fonction de sa puissance. Le comité MDE propose aussi des actions “non standard”, un volet consacré aux projets d’envergure, et qui vise à améliorer l’efficacité énergétique d’un bâti, d’une industrie ou d’une collectivité en passant par un bouquet de travaux. La municipalité de Koungou, via la mise en place de luminaires d’éclairage public solaire autonomes, le distributeur alimentaire Distrimax pour sa chambre froide, le promoteur immobilier CBO pour un ensemble de trois bâtiments au centre de Kawéni ou encore un particulier qui a construit sa maison avec de fortes ambitions sur sa performance énergétique en ont ainsi bénéficié. Pour toutes ses actions, en 2019, le comité estime à 5 GWh d’électricité économisés, soit l’équivalent de 1.000 foyers mahorais, pour un investissement de 2,8 millions d’euros. Et à l’horizon 2023, le MDE entend bien atteindre les 25 GWh d’économies annuelles.

Créer de nouveaux marchés

Certes, passer au tout écolo représente toutefois un investissement de taille. “Mais il y a une notion de coût global à plus long terme à faire comprendre, d’où l’importance de mener un travail de sensibilisation”, déroule Yann Le Bigot, ingénieur à l’Ademe. Outre des campagnes sur les offres MDE, le comité finance aussi des actions de terrain menées par l’Espace Info Énergie, qui intervient en milieu scolaire, organise des tournées dans les villages ou les entreprises, et fait le relais entre particuliers et constructeurs afin de faire comprendre les avantages des équipements performants.

L’autre risque pour le comité : voir les commerçants augmenter leur prix, ce qui annihilerait de facto l’effet des primes. L’ensemble des acteurs présents assure avoir conscience de cette possibilité. “Mais nous constatons aussi l’arrivée de nouveaux acteurs sur ces marchés, qui se développent justement grâce à ce type d’offres, ce qui permet de créer la concurrence et de maintenir les prix”, analyse Yann Le Bigot. En effet, via son réseau de partenaire, l’offre Hodari entend aussi encourager les filières locales. Comme par exemple, la brique de terre compressée, un matériau utilisé par le passé et qui trouve une nouvelle jeunesse depuis que la filière a été relancée cette année, en lien avec la Chambre des métiers et de l’artisanat. “Aujourd’hui, nous avons huit partenaires. C’est une très bonne chose, car il s’agit là d’un matériau noble, avec un pouvoir d’isolant non énergivore”, salue Christian Freu, responsable pôle transition énergétique et innovation chez EDM.

Augmenter la part des énergies renouvelables

De belles avancées, donc. Mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt. Avec la croissance démographique record que connaît le département, et une croissance de la consommation d’énergie moyenne de 5% par an, le passage à une production d’électricité issue d’énergies renouvelables est une priorité pour Mayotte. “Nous pouvons techniquement monter à 30% de photovoltaïque dans le mix énergétique, et le réseau est prêt à le supporter”, souligne Claude Hartmann. D’autant plus que les systèmes pour stocker cette énergie – et ainsi la mettre à profit pour les pics de consommation qui surviennent généralement à la nuit tombée – existent. Les nouveaux appels d’offre dans le cadre de la prochaine Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) devront aller dans ce sens.

26ème édition du festival de l’image sous-marine à Mayotte en hommage à Jack Pass

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La 26ème édition du festival de l’image sous-marine a un peu de retard cette année, mais elle aura bien lieu du 7 au 10 octobre. Elle aura une ambiance quelque peu particulière puisque pour la première fois depuis sa création, son fondateur Jack Pass n’y participera pas.

Le père fondateur du festival de l’image sous-marine nous a quittés au mois d’août dernier, mais l’évènement n’est pas prêt de disparaître. L’agence de communication Angalia qui a aidé le défunt à l’organiser ces 4 dernières années, a entièrement pris les rênes cette année suite à sa disparition. Jack Pass a tout de même aidé à l’élaboration de cette nouvelle édition de son vivant, en début d’année. L’apparition du virus a également joué les troubles fêtes et a chamboulé le cours des évènements. Le festival qui a habituellement lieu au mois de mai, se déroulera finalement en octobre. Toutefois, il ne perd pas son sens premier. Les concours sont maintenus, et il existe trois catégories : celui du film, de la photo et du dessin. Les lauréats du concours du film et de la photo ne sont pas encore connus. Le jury n’a pas pu délibérer à cause de la crise sanitaire. Seuls ceux du concours de dessins ont été désignés. Il s’agit de 20 enfants qui gagnent une séance de plongée. Le festival débutera mercredi 7 octobre par un hommage à Jack Pass avec la diffusion du film La flèche et l’épée d’Éric Keyser, qui parle entre autre de celui qui est aussi à l’origine de la mythique course de pneus.

Au total 19 films seront projetés, 78 photos seront exposées ainsi que 103 dessins d’écoliers. « C’est une programmation ambitieuse parce que trouver des films de 52 minutes, ce n’est pas simple. Mais on a un festival qui est complet et on est fiers quand on sait le temps qui nous a été imparti et la complexité du départ de Jack et la covid », souligne Laurent Mounier, gérant de l’agence Angalia. Les organisateurs ont tout de même dû revoir leurs ambitions à la baisse puisque le nombre de visiteurs à été réduit de moitié. En temps normal, les séances peuvent accueillir jusqu’à 250 personnes. À cause des restrictions sanitaires, leurs nombres seront limités à 130.

L’évolution du festival sans Jack Pass

« Notre philosophie est de maintenir tout ce qui a été fait par Jack Pass et on le développe. » Le gérant de l’agence Angalia est clair, il est hors de question de modifier l’essence même du festival. Mais les nouveaux organisateurs voient grand. Ils ont trois objectifs bien définis. « On veut poursuivre le travail de sensibilisation auprès des scolaires en donnant accès aux films gracieusement aux écoles qui le demandent pendant la période du festival », explique Laurent Maunier. À l’exemple de La Réunion qui a mis en place ce système depuis deux ans. Cela permet d’augmenter considérablement le nombre de vues. Mais leur ambition va bien au-delà, puisque le festival de l’image sous-marine de Mayotte veut s’exporter sur le territoire national. « L’idée est de participer au festival de La Réunion et celui d’Hyères. On va travailler ensemble pour mutualiser des images, des expériences, et faire diffuser les conférences sur l’ensemble des festivals », précise Laurent Maunier.

Enfin, les organisateurs veulent favoriser les productions mahoraises. Pour cette édition, seulement 5 films ont été produits localement. Le vouloir est une chose mais le concrétiser en est une autre. Pour le moment, l’agence Angalia ne sait pas de quelle manière elle procèdera pour que les habitants aient envie de filmer ou de prendre en photo le lagon du 101ème département.

Le maire de Bandraboua claque la porte de la CAGNM

Le maire de Bandraboua claque la porte de la CAGNM
Conseil communautaire tendu à la CAGNM à Bouyouni sur les désignations au SIDEVAM et à LEMA marqué par des tensions et le départ du maire de Bandraboua.

Le climat politique reste particulièrement tendu au sein de la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM). Réunis au siège intercommunal de Bouyouni pour désigner les représentants appelés à siéger au Syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (SIDEVAM) ainsi qu’à L’Eau de Mayotte (LEMA), les élus communautaires ont assisté à une nouvelle scène de rupture politique sur fond de désaccords autour de la représentation des communes.

La séance, présidée par le premier vice-président Ahmed Darouechi en l’absence de la présidente Roukia Kassidi, hors du territoire, avait pourtant débuté dans des conditions normales, le quorum ayant été atteint dès l’ouverture du conseil.

Mais au moment d’aborder les modalités de désignation des représentants communautaires, les échanges se sont rapidement tendus. Ahmed Darouechi a proposé une élection des conseillers communautaires par binôme, déclenchant immédiatement des réactions dans l’assemblée.

« On peut élire, mais c’est toujours pareil », le maire de Bandraboua, Abdou-Lihariti Antoissi, dit « Maradona », dénonce ce qu’il considère comme un manque d’équilibre au sein de la gouvernance communautaire. : « Nous sommes en démocratie, alors je peux m’exprimer. Nous vivons sous la dictature de la commune de Koungou. Je demande davantage d’équité », a-t-il déclaré.

L’élu faisait notamment référence à la répartition des sièges au sein de la CAGNM. Selon les données actuellement utilisées au sein de l’intercommunalité, Koungou dispose de 20 sièges sur 40 au conseil communautaire, contre 12 pour Bandraboua, 5 pour Mtsamboro et 3 pour Acoua. Une répartition régulièrement source de tensions entre les communes membres. Dans un climat devenu particulièrement électrique, le maire de Bandraboua poursuit : « Vous siégez actuellement sur ma commune. Alors je vais mettre fin au contrat de bail dès aujourd’hui. »

Ahmed Darouechi par ailleurs maire de Acoua a tenté d’apaiser les tensions en rappelant, selon lui, la vocation collective de l’intercommunalité : « Nous sommes là pour travailler pour l’intercommunalité. Après, qu’on soit représenté ou qu’on estime ne pas l’être, moi je suis là pour Koungou, Bandraboua, Acoua et Mtsamboro. S’il y a un projet à défendre pour une commune, je le ferai. Je suis là pour défendre l’intérêt de l’interco. Il faut avoir une vision globale de l’intercommunalité. »

Une gouvernance intercommunale sous pression

À l’issue de cet échange particulièrement tendu, le maire de Bandraboua a quitté la salle avant le vote, boycottant le scrutin.

Présent dans l’assistance lors de la séance, le maire de Koungou “Raos” a tenu à répondre aux accusations formulées contre la gouvernance de l’intercommunalité : « J’ai été choqué par les propos de mon collègue et ami, le maire de Bandraboua, qui m’accuse de dictature dans la gestion de l’intercommunalité du Nord. Je rappelle que je ne suis pas à l’origine des statuts adoptés lors de la création de la communauté d’agglomération. De 2008 à 2026, j’étais dans l’opposition. »

Créée en 2015, la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte regroupe les communes de Koungou, Bandraboua, Mtsamboro et Acoua. Elle exerce plusieurs compétences majeures dans le nord du territoire, notamment en matière de développement économique, d’aménagement, d’assainissement et de gestion des déchets.

L’ancien président de l’agglomération avait perdu son mandat de maire de Koungou à la suite de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour favoritisme et détournement de fonds publics.

Maradona a indiqué lui, vouloir soumettre au prochain conseil municipal, prévu le 12 mai, une délibération visant à engager le retrait de sa commune de la CAGNM. Il affirme également vouloir saisir les services préfectoraux afin de les informer officiellement de cette démarche. L’édile a par ailleurs annoncé qu’il notifiera la résiliation du bail des locaux actuellement occupés par l’intercommunalité sur le territoire communal par courrier recommandé avec accusé de réception adressé aux services concernés.

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Mayotte doit revoir sa trajectoire en matière de coopération économique

Mayotte doit revoir sa trajectoire en matière de coopération économique
Le " kogno moja " ne doit pas être une simple expression politique : il doit se traduire concrètement par un soutien réel aux opérateurs économiques mahorais.

Des officiels mahorais et des opérateurs économiques de tous horizons ont fait le déplacement dans la capitale kenyane en fin de semaine pour participer au sommet économique « Africa Forward », emboîtant le pas au chef de l’État Emmanuel Macron. Une partie de la planète s’est donné rendez-vous à Nairobi ce lundi pour deux jours. Mais quel bénéfice réel pour notre territoire à l’occasion de cette première participation à un événement de cette ampleur ? Certains opérateurs économiques, qui se sont abstenus d’effectuer ce déplacement, estiment que la charrue est placée devant les bœufs et que la copie du Département-Région est entièrement à revoir.

Avec son président Emmanuel Macron en tête, la France part à la conquête de nouvelles parts de marché en Afrique de l’Est, sur l’autre rive du canal du Mozambique, au Kenya, l’un des pays voisins de Mayotte. La bourde de la fin d’année 2025 à l’île Maurice ne s’est pas reproduite cette fois-ci : Ben Issa Ousséni, président du Conseil départemental de Mayotte, n’est pas le seul officiel de notre archipel à avoir été mis à l’honneur lors de ce grand rendez-vous international.

D’autres figures connues du territoire sont également de la partie dans cette grand-messe de l’économie régionale et mondiale et pavoisent à qui mieux mieux sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir. S’il est à noter une délégation mahoraise un peu plus élargie et pas seulement composée d’élus, il n’en demeure pas moins qu’une fausse note vient ternir le tableau : tout ce beau monde ne s’est pas rendu en rangs serrés à Nairobi, la capitale kenyane, hôte du sommet économique « Africa Forward », qui a démarré hier matin (lundi 11 mai 2026) pour 48 heures.

Bien sûr, les photos officielles constituent un moyen indéniable pour nos élus de tous bords politiques de donner l’image d’une unité de façade sous le pompeux slogan du « kogno moja », mais les Mahorais ne sont pas dupes et savent qu’il n’en est rien, du moins pour l’instant. Une fois de plus, chacun tentera de tirer la couverture à lui et de s’attribuer des mérites qui ne sont pas les siens.

« Le Département-Région est égal à lui-même, incapable de prendre les devants pour assurer un véritable leadership. Certes, le président est visible, mais cela s’arrête là. Une éminente conseillère départementale de Petite-Terre, qui a longtemps œuvré sur les questions de rapprochement de Mayotte avec les pays africains du bassin du canal du Mozambique, est aussi de la partie, mais au titre d’une association : l’ADIM, à laquelle le Département a confié le destin des Mahorais dans leur insertion régionale. Cette structure continue de vendre du vent sans avoir à rendre le moindre compte aux élus régionaux, pas même un mini-rapport de ses activités à Madagascar et ailleurs, alors qu’elle ne cesse de dépenser l’argent du contribuable local », soulève un opérateur économique de la place, qui n’hésite pas à dénoncer haut et fort cette façon de faire devenue, selon lui, une marque de fabrique du cinquième département d’Outre-mer français.

Ne pas s’étonner de figurer sur le radeau de la Méduse

Pour avoir déjà eu l’opportunité de participer à « ces déplacements coûteux qui ne produisent rien » — selon sa propre formule —, notamment le dernier en date qui s’est déroulé à Moroni, capitale de l’Union des Comores, il y a à peine quelques jours, cet opérateur n’arrive pas à s’expliquer comment une telle gabegie peut être possible sans que le donneur d’ordre ne fixe des objectifs politiques, économiques ou matériels chiffrés à atteindre.

« C’est exactement comme les Jeux des îles de l’océan Indien qui coûtent cinq millions d’euros à une population qui manque de tout, sans rien lui rapporter d’autre que le ridicule », déplore-t-il.

Des mots d’une grande lourdeur qu’il soupèse longuement avant de les prononcer, tant son mécontentement est profond. À l’entendre, ce qui l’agace au plus haut point n’est pas la participation de notre île à ce genre d’événements, mais plutôt l’absence d’une véritable politique clairement définie et affichée, conduisant à un manque de préparation et à un déplacement désordonné des acteurs mahorais, qu’ils soient issus du monde politique, économique ou associatif.

Il estime que l’accumulation de tous ces manquements illustre la manière dont le territoire est gouverné depuis de nombreuses années, ainsi que le désamour qui s’installe entre la population et les différents responsables, tous échelons confondus.

« Après cela, nous nous étonnons d’être assimilés aux rescapés du radeau de la Méduse », interroge-t-il.

Pour illustrer sa colère, il prend l’exemple d’un groupe d’agriculteurs mahorais partis à Nairobi en fin de semaine à la recherche d’opportunités, notamment de foncier agricole à louer afin de produire massivement des denrées alimentaires destinées exclusivement au marché mahorais.

Selon lui, cette manière de procéder, qui reflète entièrement la politique menée par le Département de Mayotte depuis 2011, n’est rien d’autre qu’une impasse qui finira par dégoûter les Mahorais de la coopération régionale.

« Nous mettons la charrue devant les bœufs et c’est le Département-Région qui joue le rôle du mauvais bouvier. Après les accords paraphés par Thani Mohamed Soilihi — alors ministre français de la Francophonie et des Partenariats internationaux — avec les dirigeants kenyans, il aurait fallu asseoir autour d’une table les différentes instances de l’île intéressées par ce dossier, déterminer une politique à suivre et tracer une feuille de route avec des services chargés d’accompagner le processus à chaque étape, capables de lancer des signaux d’alerte en cas d’écueil. »

Le système est à corriger du côté de Mayotte

Notre interlocuteur estime en effet que le petit entrepreneur mahorais qui s’engage dans la voie de la coopération régionale n’est pas suffisamment informé des difficultés du parcours, notamment celles liées à la législation française et européenne en vigueur.

« On va le laisser produire ses 100 hectares de bananes à ses frais et à la sueur de son front et, lorsqu’il cherchera à faire entrer sa production sur son propre territoire, une cascade de tracasseries administratives et réglementaires lui sera opposée aux portes d’entrée d’un marché local qui relève pourtant de l’espace européen ! »

Il pointe du doigt un manque de cohérence de la part des institutions locales, source, selon lui, des échecs déjà rencontrés avec Madagascar.

L’opérateur économique explique qu’en réalité, l’intérêt des pays voisins n’est pas de bloquer les entrepreneurs mahorais sur leur sol puisque, en contrepartie, ils attendent de la France et de l’Union européenne un accès au marché mahorais — donc français et européen — pour leurs propres produits.

Mais faute d’organisation et de coordination entre les autorités de Mayotte, cette aventure pourrait se solder par un fiasco pour les agriculteurs et commerçants désireux de saisir ces opportunités économiques africaines.

« Madagascar est un cas typique qui illustre ce que je veux mettre en évidence ici. Les Mahorais se font balader depuis presque trente ans sur l’importation de viande bovine, celle-là même qui arrive pourtant sur le marché de Rungis et dans d’autres places commerciales européennes. Tant que le Département-Région ne déploiera pas sur place des services destinés à faciliter les démarches administratives d’importation sur son territoire, ces commerçants auront beau se débattre, ils n’y parviendront jamais. Pendant ce temps, la viande bovine en provenance du Mercosur continuera d’inonder le marché mahorais. Il en est de même pour le poisson comme pour les produits agricoles. »

Au-delà de ce cas de figure, les voix sont nombreuses sur le territoire pour dénoncer la manière dont cette coopération économique régionale est mise en place à Mayotte, sans véritable volonté politique d’atteindre ce que la Région Réunion a su instaurer en faveur des opérateurs économiques et des consommateurs réunionnais.

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Le tribunal de Mamoudzou durcit sa politique pénale contre les passeurs

Le tribunal de Mamoudzou durcit sa politique pénale contre les passeurs

Trois pilotes de kwassa ont été condamnés, ce lundi 11 mai, en comparution immédiate par le tribunal judiciaire de Mamoudzou. Interceptés à la fin de la semaine dernière au large de Mayotte, ils transportaient des passagers en situation irrégulière. À l’audience, le parquet a clairement affiché sa volonté de renforcer encore la réponse pénale contre les récidivistes.

La ligne se durcit face aux passeurs. Lundi 11 mai, trois pilotes de kwassa ont été jugés en comparution immédiate pour des traversées clandestines entre les Comores et Mayotte. Tous ont reconnu les faits. Tous ont été condamnés à de la prison ferme, avec maintien en détention.

Le premier dossier concerne un jeune homme né en 2006 aux Comores, intercepté dans la nuit du 8 mai, à 17 nautiques de Bouéni. Il pilotait sans permis un kwassa transportant 24 personnes, dont sept femmes et deux enfants, ainsi qu’une chèvre et trois moutons. À bord, aucun équipement de sécurité : pas de GPS, pas de gilets de sauvetage, pas de fusée de détresse.

Déjà condamné en novembre 2024 pour des faits similaires, il se trouvait en état de récidive légale. À la barre, il explique avoir agi pour des raisons financières. Mécanicien aux Comores, il gagnerait 200 euros par mois et devait en percevoir 400 pour piloter l’embarcation.

Mais pour le parquet, ces explications ne suffisent plus. Le procureur rappelle que la politique pénale s’est déjà renforcée ces dernières années. Pour les primo-délinquants, les peines sont passées de six mois avec sursis à six mois ferme. Pour les récidivistes, la référence est désormais de 15 mois, et peut atteindre 30 mois en cas de double récidive.

« Ça ne suffit pas pour que les passeurs comprennent que le risque est important », estime le ministère public. Il annonce qu’une réflexion devra être menée dans les prochaines semaines sur un nouveau rehaussement des peines visant les récidivistes.

Sans attendre, le parquet requiert 20 mois d’emprisonnement, le maintien en détention, une interdiction définitive du territoire français et la confiscation des scellés. Des réquisitions suivies par le tribunal.

Le ministère public s’interroge aussi sur le délai entre deux condamnations. Dans le second dossier, le précédent passage devant le tribunal remontait à quelques mois seulement. « Je me demande s’il ne faudrait pas ajouter un critère d’ancienneté de la précédente condamnation », avance le procureur. Selon lui, lorsque « l’avertissement judiciaire » et l’emprisonnement sont encore récents, cela « colore davantage la situation en termes de récidive ».

Le pilote visé, né en 2005, a été arrêté le 8 mai à 00h05, à 17 nautiques de N’Gouja. À bord du kwassa : 21 personnes, dont cinq femmes et trois enfants, ainsi que trois moutons et trois chèvres. Déjà condamné en octobre 2025 pour des faits similaires, il avait alors effectué trois mois de prison. Il indique qu’il devait percevoir 200 euros au retour pour le trajet. Le parquet requiert 25 mois d’emprisonnement. Le tribunal le condamne finalement comme le premier à 20 mois de prison ferme, avec maintien en détention, interdiction définitive du territoire français et confiscation des scellés.

Le dernier pilote, également né en 2006 aux Comores, avait été intercepté le 7 mai au large de N’Gouja. Il transportait 23 personnes, dont huit femmes et cinq enfants ainsi que cinquante cartouches de cigarettes. Il affirme qu’il devait percevoir 500 euros au retour et qu’il s’agissait de sa première traversée. Le tribunal le condamne à six mois d’emprisonnement avec maintien en détention, trois ans d’interdiction du territoire français et confiscation des scellés.

Face à cette sévérité, Me Andjilani a tenté de déplacer le débat en rappelant la précarité aux Comores, les sommes relativement faibles promises aux pilotes et les risques qu’ils prennent eux-mêmes lors des traversées. Selon lui, « la peine doit faire sens », mais le message ne passe pas. « 20 mois, 30 mois, ça ne change rien à la vie de ce monsieur, c’est pire aux Comores », plaide-t-il.

Dans le dossier du pilote primo-délinquant, Me Andjilani appelle le tribunal à sortir du réflexe de l’emprisonnement ferme. « Innovez, madame la présidente, donnez-lui un sursis simple. Peut-être que la solution n’est pas la sévérité, mais la confiance », lance-t-il. Une demande restée sans effet.

L’avocat a également critiqué le recours aux procédures rapides, notamment la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il y voit une logique de « contrat d’adhésion » : soit le prévenu accepte la peine proposée, soit il risque plus lourd à l’audience. Pour lui, cette mécanique permet « d’écouler les stocks », mais fait perdre à la procédure son sens de négociation. Une remarque qui résonne avec la grève menée actuellement par les avocats contre le projet de loi « Sûreté », notamment contesté pour l’extension envisagée de la CRPC au criminel.

Le parquet assume pourtant une logique de dissuasion. Pour le ministère public, les peines doivent devenir suffisamment lourdes pour faire comprendre aux passeurs que le risque judiciaire est majeur. À Mamoudzou, les dossiers de kwassa se succèdent, mais le ton change : la fermeté à l’égard de la récidive est désormais au cœur de la réponse pénale.

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Mayotte : commémorer l’abolition de l’esclavage pendant que des Français vivent sans eau

Mayotte : commémorer l’abolition de l’esclavage pendant que des Français vivent sans eau

Le 10 mai, la République célèbre la mémoire de l’abolition de l’esclavage. Mais à Mayotte, en 2026, des Français vivent encore sans accès normal à l’eau. Cette contradiction est insupportable.

Le 10 mai 2026, la République a commémoré la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date renvoie à l’adoption définitive, le 10 mai 2001, de la loi Taubira, promulguée le 21 mai 2001, qui a reconnu la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.

Vingt-cinq ans plus tard, au Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a célébré cette mémoire devant de nombreuses personnalités politiques, associatives et diplomatiques. La République a parlé de liberté, d’égalité, de dignité humaine. Elle a rappelé ce qu’elle doit aux femmes et aux hommes qui ont combattu l’esclavage.

Mais pendant que les discours solennels étaient prononcés à Paris, une question me brûlait les lèvres : où est la dignité quand des Français de Mayotte n’ont toujours pas d’eau pour vivre ?

Mayotte est un département français. Les Mahorais sont des citoyens français. Et pourtant, depuis des mois, des familles vivent au rythme des coupures d’eau, des restrictions, des calendriers de distribution, des bidons, de l’angoisse sanitaire et de l’humiliation quotidienne.

Aucun Français de l’Hexagone n’accepterait de vivre ainsi. Aucun gouvernement ne proposerait aux habitants de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille ou Nantes comme seule perspective de “mieux gérer” des coupures d’eau prolongées. Aucun territoire de France métropolitaine ne serait laissé durablement dans une telle précarité hydrique.

Mais à Mayotte, on demande aux habitants de s’habituer. On leur demande d’attendre. On leur demande de comprendre. On leur demande de subir encore et encore…

Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido a frappé notre île avec une violence historique. Il a ravagé des quartiers entiers, détruit des logements, fragilisé les infrastructures, aggravé les difficultés d’accès à l’eau et plongé notre territoire dans une crise durable. Cette catastrophe aurait dû provoquer un sursaut national massif, durable, total.

Elle aurait dû conduire à un plan d’urgence digne de ce nom pour reconstruire, sécuriser et garantir l’accès à l’eau potable. Au lieu de cela, que propose-t-on encore trop souvent aux Mahorais ? Des coupures. Des restrictions. Des demi-solutions. Des bricolages administratifs. Des promesses repoussées.

Je le dis avec colère : l’eau n’est pas un confort. L’eau n’est pas une option. L’eau n’est pas une faveur que l’État accorde à Mayotte quand il en a le temps. L’eau est un droit fondamental.

Comment peut-on parler d’abolition de l’esclavage, de dignité humaine, de mémoire nationale et de réparation historique, tout en acceptant qu’un département français vive dans une situation que personne n’oserait imposer ailleurs en France ?

La République ne peut pas avoir deux visages : un visage solennel dans les salons du Sénat, et un visage indifférent face aux Mahorais privés d’eau.

Ce 10 mai devrait nous rappeler une chose simple : la liberté n’est pas seulement un mot gravé dans les discours. Elle suppose des conditions matérielles d’existence. Elle suppose la sécurité, la santé, l’accès aux services publics, l’eau potable, l’école, l’hôpital, les routes, les infrastructures. Elle suppose que chaque citoyen français, qu’il vive à Paris, à Mamoudzou, à Dembéni, à Sada, à Koungou ou à Dzaoudzi, soit traité avec la même considération.

Le combat contre l’esclavage fut un combat pour la dignité. Le combat de Mayotte aujourd’hui est aussi un combat pour la dignité.

Je refuse que Mayotte soit seulement évoquée quand il y a un cyclone, une crise migratoire, une émeute, une pénurie ou une catastrophe. Je refuse que notre île soit considérée en marge de la République. Je refuse que l’on demande aux Mahorais de patienter encore, de comprendre encore, de subir encore et encore…

Les habitants de Mayotte ne demandent pas un privilège. Ils demandent l’égalité. Ils demandent de l’eau. Ils demandent que la République soit enfin présente autrement que dans les cérémonies, les discours et les communiqués.

Le 10 mai, la France a commémoré l’abolition de l’esclavage. Très bien. Mais que cette mémoire oblige. Qu’elle oblige l’État à regarder Mayotte en face. Qu’elle oblige le gouvernement à cesser les promesses et à garantir enfin l’essentiel.

Car une République qui célèbre la dignité humaine mais laisse ses citoyens sans eau trahit ses propres principes.

Mayotte n’a pas besoin de compassion. Mayotte a besoin de respect, d’égalité et d’eau.

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Les avocats de Mayotte reprennent les assises, mais maintiennent la grève contre la CRPC criminelle

Les avocats de Mayotte reprennent les assises, mais maintiennent la grève contre la CRPC criminelle

Réunis en assemblée générale ce lundi 11 mai, les avocats du barreau de Mayotte ont décidé d’alléger leur mouvement contre le projet de loi SURE. Ils reprennent les audiences devant la cour d’assises dès cette session de mai, mais continuent de boycotter les CRPC. Une décision motivée par les intérêts des justiciables, mais aussi par les négociations engagées entre les instances nationales de la profession et le gouvernement.

Après plusieurs semaines de mobilisation contre le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, dit projet de loi SURE, les avocats de Mayotte changent de stratégie. Réunis ce lundi 11 mai en assemblée générale, ils ont voté à l’unanimité des présents une modification des modalités de la grève.

Désormais, le mouvement sera concentré sur les CRPC. Les comparutions immédiates, déjà réintégrées précédemment, se tiennent à nouveau. Les avocats reprendront également les audiences devant la cour d’assises lors de la session du mois de mai.

Cette décision s’inscrit dans une baisse d’intensité du mouvement, mais pas dans un abandon des revendications. « On a pris la tendance au niveau national, ce qui se passe également à Saint-Denis et à Saint-Pierre », explique Me Yanis Souhaili, bâtonnier de Mayotte.

Le barreau entend aussi tenir compte des discussions engagées au niveau national entre les représentants de la profession et le gouvernement. « Nos instances nous ont demandé de les laisser négocier avec le gouvernement. Ils sont en train de le faire, on aura un retour d’ici début juin. C’est pour ça qu’on aura éventuellement de nouvelles modalités », précise le bâtonnier.

Pour les avocats mahorais, la reprise des assises répond aussi à la nécessité de préserver les intérêts des justiciables engagés dans des procès criminels, où les enjeux judiciaires sont particulièrement lourds. Après avoir boycotté une première session pour marquer leur opposition au texte, ils considèrent que ce mode d’action ne peut pas être prolongé pour la session de mai. « On a montré qu’on était capable de boycotter, mais les enjeux pour nos clients sont trop importants », souligne Me Souhaili.

Le bâtonnier assure que cette reprise n’est pas liée aux amendements assouplissant le projet de loi. « Les amendements, il faut qu’ils soient votés à l’Assemblée nationale. Pour le moment, on ne sait pas si ça va passer ou pas », rappelle-t-il. Le texte, adopté par le Sénat le 14 avril 2026, a été transmis à l’Assemblée nationale, où il doit encore être examiné.

Le texte vise notamment à répondre à l’engorgement des juridictions criminelles en créant une procédure simplifiée de « jugement des crimes reconnus », parfois présentée comme un « plaider-coupable criminel ».

Le Conseil national des barreaux dénonce une réforme qui ferait passer la justice criminelle d’une logique de procès, fondée sur le débat, l’oralité et la recherche de la vérité, à une logique de gestion des flux. L’institution estime que le texte fragilise des garanties essentielles du procès pénal, notamment les droits de la défense, le contradictoire et la place des victimes. « On estime que les gens qui sont poursuivis pour des faits aussi importants doivent être jugés devant la cour d’assises », affirme Me Souhaili.

À Mayotte, la grève se poursuit donc sous une forme resserrée. Les avocats n’excluent pas de nouvelles actions ponctuelles dans les prochaines semaines. Pour l’heure, aucune « action coup de poing » n’a encore été arrêtée. Le barreau attend aussi les retours des négociations nationales, annoncés pour début juin.

D’ici là, les avocats mahorais reprennent le chemin de la cour d’assises, tout en maintenant la pression sur les CRPC. « D’ici le mois de juin, la situation peut évoluer. Mais en tout cas, la session du mois de mai, on va la faire », conclut le bâtonnier.

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« La priorité de l’État, c’est un camp de migrants » : le Collectif des Citoyens 2018 interpelle le nouveau préfet

« La priorité de l'État, c'est un camp de migrants » : le Collectif des Citoyens 2018 interpelle le nouveau préfet

Banderoles et chants traditionnels devant la préfecture ce lundi 11 mai. Le Collectif des Citoyens 2018, emmené par sa présidente Safina Soula, accueille le nouveau préfet Frédéric Poisot par un message clair : l’île n’a pas les moyens d’accueillir une zone d’attente pour migrants alors qu’elle peine encore à se relever du cyclone Chido.

Le collectif de citoyens 2018 s’est rassemblé devant la préfecture ce lundi 11 mai, banderoles et chants traditionnels sont de sortie. Le mouvement se veut pacifique, avec une intention claire : interpeller le nouveau préfet dès sa prise de fonction.

Le collectif veut discuter avec le gouvernement et le nouveau préfet. Cependant la présidente dénonce « un dialogue de sourds qui n’a que trop duré ». Elle déplore les agissements du gouvernement, qu’elle juge « pas efficace ». Elle rappelle les situations vues précédemment à Cavani et à Tsoundzou, où les camps, après démantèlement, sont reconstruits ou déplacés, « toutes les solutions ne sont que provisoires, on veut des solutions permanentes ».

Safina Soula, présidente du collectif, explique lutter contre la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière, prévue dans le cadre du programme Rideau de Fer. L’opposition s’axe sur l’argument du foncier, les ressources foncières de l’île sont limitées, le cyclone Chido impose encore aujourd’hui réparation et reconstruction à travers l’île. Le collectif refuse que la priorité soit donnée à une infrastructure d’accueil pour migrants plutôt qu’à des équipements pour les Mahorais. « La priorité de l’Etat c’est un camp de migrant à Tsoundzou plutôt que reconstruire l’île et [financer] des projets pour l’avenir de Mayotte »

Safina Soula, critique aussi le programme Rideau de Fer « les drones, les radars, on ne les voit pas ». Le collectif demande des moyens efficaces et durables : « on veut un vrai plan pour contrecarrer l’immigration, des bâtiments de guerre pour [surveiller les côtes et] empêcher l’immigration »

Pour rappel, le programme Rideau de Fer, ou Uhura wa Shaba, du 21 avril 2025, présenté par Emmanuel Macron, lutte contre l’immigration irrégulière. Il comprend le renforcement des contrôles aux frontières maritimes, le renforcement du Groupe d’Action Opérationnel (GAO) et la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière distincte du CRA (Centre de Rétention Administrative). C’est la continuité du projet de février 2024, le rideau de fer maritime, qui prévoyait l’augmentation des effectifs et la présence de drones et de radars.

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Vieillir dans la dignité et la citoyenneté à Mayotte

Vieillir dans la dignité et la citoyenneté à Mayotte

Vieillir est une chance que j’espère avoir moi aussi. Vieillir est le meilleur moyen d’éloigner encore un peu plus loin la mort, surtout si nous arrivons à travailler d’une part, les questions d’isolement et de souffrance des seniors et d’autre part, de construction d’un 101ème département français bienveillant et inclusif envers ses fragilités et toutes ses tranches d’âges.

La vieillesse en est une. Cette dernière est le reflet de la société dans laquelle on vit. En Afrique, on dit que le vieux est une bibliothèque. Et quand « Un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brule ». Dans d’autres sociétés notamment, occidentales, quand un senior est incapable de servir la société en tant que telle, il est logé dans une maison de retraite, ou un EHPAD (Etablissement hospitalier d’accueil de personnes âgées dépendantes). Et à Mayotte, jadis, considérée comme garante de la tradition, détentrice de l’espace traditionnel (crèche, école coranique…), médiatrice, masseuse, conteuse et matrone, la personne âgée est désormais disqualifiée, bannie de l’espace public et cachée dans des petites pièces dans les foyers familiaux. Tout observateur objectif découvrant l’archipel de Mayotte, ne manque pas d’être frappé par ce manque de personnes âgées dans l’espace public et dans les consultations aux dispensaires par exemple. On les aperçoit lors des élections dans les bureaux de vote, dans les cérémonies funéraires. Ainsi, de nombreuses personnes âgées mahoraises sont désormais exilées à Majunga où à la Réunion.

Qu’est-ce qu’être vieux ?

L’âge chronologique est-il un bon moyen de mesure du vieillissement ? La vieillesse commence-t-elle à 60, 62, 64 ans … ? Dans les sociétés occidentales, l’âge chronologique est souvent utilisé pour mesurer le vieillissement. Alors qu’à Mayotte, jusqu’en 1976, date à laquelle l’île est reprise en administration directe par la France, les déclarations de naissances n’étaient pas obligatoires ou n’étaient pas ressenties comme telles.

Cette absence de déclaration ne pouvait être compensée par les registres de la PMI, créés beaucoup plus tard en 1980 ou par les registres scolaires. Ainsi, de nombreux papiers portent la mention ″Né vers″ suivi de la seule indication de l’année. Cependant, aujourd’hui, à Mayotte, selon l’INSEE, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent environ (4,3%) de la population de l’île. Et on compte à peu près 600 séniors qui atteignent un grand âge, c’est-à-dire qui ont au moins 85 ans.  Grâce à des avancés en termes de santé publique, de baisse de mortalité infantile, de progrès médicaux et de prises en charge des grandes maladies, Mayotte dénombrera encore plus de personnes âgées dans les prochaines années. On peut tout simplement dire que les aînés de 2050 sont déjà parmi nous et seront encore plus nombreux. Cette situation augure des défis nouveaux dans ce 101ème département français peuplé en quasi-totalité des personnes de confession musulmane, dans la prise en charge de la personne âgée dépendante, ou dans la gestion de la fin de vie. Le socle civilisationnel commun à la diversité culturelle de ce territoire qui est ici l’Islam, parviendra-t-il à imposer à travers la parole de Dieu, une prise en charge de la personne âgée et le respect du vivre ensemble intergénérationnel.

Jadis, respectées et actives dans la société mahoraise

Autrefois, la prise en charge des personnes âgées était une responsabilité inhérente à la famille traditionnelle mahoraise, vivant dans le même enclos familial. Cette famille était considérée dans l’architecture sociale comme une unité fondamentale de production, de consommation et d’organisation notamment des cérémonies de naissances, mariages, des fêtes, de circoncisions, de gestion funéraire etc…Il en va ainsi pour les devoirs de solidarité à participer aux actions et d’obligation de cotiser pour le fonctionnement.  Les personnes âgées faisaient partie intégrante de cette cellule familiale.

L’expérience qu’elles avaient acquise tout au long de leur vie et leur enracinement dans la religion, la tradition, le folklore et la culture, les amenaient à occuper des rôles importants horizontalement et verticalement dans le village ou quartier (Imam, fundi d’école coranique, chef du village) et dans les cérémonies qui avaient lieu à l’occasion des cérémonies. Elle était un espace traditionnel d’éducation sexuelle, mais aussi servant de crèche, Elle était médiatrice, masseuse et conteuse. Et leurs avis pesaient lourd dans le processus de décision. Les liens familiaux restaient relativement forts et constituaient une sorte de régime de sécurité sociale grâce auquel les jeunes, les veuves, les personnes âgées et les infirmes se trouvaient tous pris en charge. 

Aujourd’hui, les personnes âgées semblent être disqualifiées

La question aujourd’hui posée à la société mahoraise est précisément de savoir comment le développement rapide qu’elle connaît depuis qu’elle est reprise sous administration directe de la France en 1976 et dont elle sollicite l’accélération par sa récente départementalisation en 2011, a-t-il disqualifié la personne âgée de Mayotte par rapport à son rôle ci-dessus rappelé.

De la réponse à cette question dépendra l’avenir de la place des personnes âgées pour mener une existence active et utile. Longtemps organisée autour du primat de la communauté sur l’individu, de la valorisation de la solidarité, de la hiérarchie sociale et de l’imprégnation de toute la vie civile par les principes religieux. La société mahoraise est désormais petit à petit gangrénée par le matérialisme sans principes, l’individualisme sans foi ni lo et le consumérisme. Dans ce contexte, la structure familiale tend à devenir de plus en plus nucléaire.

Les valeurs qui jusque-là maintenaient des individus de tous âges dans des liens familiaux très étroits ont été déstabilisées. Les familles se retrouvent parfois éloignées par les contraintes professionnelles entre Mayotte, la Réunion ou la France hexagonale. L’individualisme gagne de plus en plus du terrain. La prise en compte des questions du vieillissement ne semble pas être une priorité pour des nombreuses familles mais également pour de nombreuses autorités politiques et publiques. L’isolement des anciens s’installe petit à petit.

Cette situation a transformé ces seniors mahorais, qui jusque-là se sentaient utiles, respectés et autonomes en problème pour les familles ou pour les collectivités. Par ailleurs, les nouvelles technologies de communication sont de plus en plus présentes mais ne favorisent pas toujours les relations, disent les personnes âgées. Malgré qu’elles permettent le contact indirect, elles ne favorisent pas toujours les relations, le lien. On peut tout penser, mettre de la vidéo surveillance dans les maisons des personnes âgées, des « pendentifs ou bracelets reliés électroniquement à des boîtiers de téléassistance permettant d’envoyer un signal de détresse à un Centre de Télésurveillance » pour les personnes atteintes d’Alzheimer et maladies apparentées, mais vieillir et même vivre dignement suppose d’avoir une relation avec autrui et non pas un approvisionnement relationnel assuré par la machine.

Il faut donner une chance à nos séniors de mener une existence active et utile

C’est donc sur ce fond d’évolution des valeurs qu’il faut envisager la vie de nos personnes âgées à Mayotte. Et c’est parce que cette situation change rapidement qu’il est impérieux de réfléchir sur nos futurs aînés.   Si l’on ne change pas de cap, on risque de se trouver aux prises avec des populations qui deviennent plus passifs et plus désenchantés alors que s’exacerbe la tension entre les générations. Aussi, ne faudrait-il pas consentir un effort plus grand pour revenir sur les conditions d’une véritable participation des personnes âgées en tant qu’actrices et non pas seulement à titre de bénéficiaires oubliées et, en reconnaissant que les personnes âgées peuvent fournir une masse de connaissances, d’expérience et de compétences à l’effort commun. Une approche de santé communautaire dans une démarche de co-construction, peut-être une piste de réflexion pour un accompagnement plus inclusif des personnes âgées à Mayotte.

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Comores : une grève contre les hausses des prix des carburants paralyse le pays

Comores : une grève contre les hausses des prix des carburants paralyse le pays

Au lendemain du discours du président Azali Assoumani, annonçant une augmentation des prix des produits pétroliers sans donner de détails, le syndicat des transporteurs de la Grande Comore avait averti qu’il ne serait pas en mesure d’acheter ce carburant, optant pour une grève soutenue par les commerçants.  

C’est la première réaction d’envergure venant des automobilistes depuis l’annonce de la hausse des prix des carburants, actée samedi par la signature de plusieurs arrêtés cosignés par les ministres des finances, de l’économie et celui de l’énergie. Quelques heures après la publication de la décision, les représentants des cellules du syndicat des transports ont déclaré à l’unanimité ne pas être en mesure de s’approvisionner en carburant avec les nouveaux tarifs. L’État a augmenté à hauteur de 46% le prix du litre du gazole à la pompe, tandis que celui de l’essence a grimpé à 1000fc (2 euros) le litre, soit 33%.

Le pétrole lui a connu une hausse de 28.5%. Des ajustements qui passent mal au sein de l’opinion, notamment les transporteurs qui observent depuis ce lundi 11 mai, une grève d’une durée illimitée, respectée aussi bien à Anjouan qu’à Mohéli.  » Comme nous l’avions annoncé il y a quelques jours, nous ne pourrons pas acheter le carburant à ce prix-là. Ainsi, en commun accord avec les cellules de Mohéli et Anjouan ici présentes, nous garderons nos voitures chez nous jusqu’à ce que le gouvernement trouve une solution« , avait alerté, samedi, le porte-parole des cellules du syndicat des transporteurs au niveau de la Grande Comore, Ali Djae.

Sans surprise, le mouvement de grève a été largement suivi aussi bien dans la capitale que dans les périphéries où les rues étaient presque désertes. Hier durant notre reportage nous menant vers la capitale depuis Hambu région située au sud-ouest de l’île, on pouvait parcourir les localités sans encombrement. L’absence de taxis et bus qui assurent le transport en commun était surtout remarquable, signe que les chauffeurs sont solidaires. Selon nos informations, les autorités ont invité le syndicat des transporteurs dans des négociations mais celui-ci a refusé, à en croire Elarif Djoumoi, secrétaire général de la cellule de Hamahame. Ce dernier fait partie des trois personnes désignées pour accompagner les représentants du syndicat dans toute discussion avec l’État.

Amende de 500 euros

Certes à Moroni aucun véhicule de transport ne circulait, mais la ville ne semblait morte pour autant. Vers 8h du matin, certains véhicules faisaient la queue devant les station-services du sud de la capitale pendant que les voitures des particuliers roulaient calmement. En revanche, les embouteillages avaient disparu.  » Dimanche quand je voulais regagner Moroni, j’ai dû faire 4 escales d’une localité à une autre. Aucun bus ne sortait. Au nord, il a été annoncé que le chauffeur qui ne respecterait pas la grève écoperait d’une amende de 500 euros« , a témoigné Ali Kari, chauffeur du journal Al-watwan. Employée du ministère de l’Environnement, Mariama ne s’est pas dérangée.  » J’ai dû confier mes trois enfants à leur oncle qui était à Foumbouni, chef-lieu du sud. Il rentrait à Moroni et les a emmenés. Ils devront rester à Moroni pour ne pas rater les cours, le temps que la grève cesse« , a-t-elle fait savoir, à Flash Infos. Preuve que la grève prend de l’ampleur, les pécheurs et les cellules des camionneurs du port de Moroni sont rentrés dans le mouvement.  » Nous ne pouvons pas tenir car si le transport d’un colis vers le nord de l’île coûtait 200 euros, qui pourra payer encore plus cher. Nous appelons les autorités à revoir leurs prix« , a plaidé un chauffeur de camion dans une vidéo publiée sur Facebook.

Jusqu’à 11h, les gares de Moroni étaient encore désertes, mais pas seulement à cause des transporteurs. Les commerçants ont eux aussi emboité le pas. Cette décision a été prise avant-hier, à l’issue d’une réunion organisée dans un hôtel de la place. Et ce lundi, beaucoup de magasins avaient fermé, comme nous l’avons constaté dans le quartier de Magoudjou. Toutefois, dans les deux grands marchés, l’ambiance était au rendez-vous. Les vendeurs étaient là, travaillaient comme si de rien n’était. Notons qu’après l’annonce de la hausse des prix des carburants, le gouvernement a dévoilé une série de mesure censées aider la population.

Mesures d’accompagnement

Parmi celles-ci, on y retrouve un abattement de 40% sur les droits des douanes pour éviter une explosion des prix des produits de base. Le secrétariat général du gouvernement a également indiqué que l’État réduit les voyages officiels (mais Azali a quand même fait le déplacement au Kenya pour l’Africa Forward). Mais ces annonces sont déjà décriées. Dans un communiqué publié ce lundi, le conseil du patronat comorien a déploré la hausse des prix des carburants.  » Nous reconnaissons que cette décision, bien que prévisible au regard du contexte international, n’en demeure pas moins douloureuse pour l’ensemble du tissu économique comorien. Pour autant, on tient à souligner avec clarté que cette hausse aura des répercussions significatives et durables sur l’activité du secteur privé comorien. Les coûts d’exploitation vont mécaniquement augmenter dans tous les secteurs sans exception : du petit commerce à l’industrie. Les entreprises, en particulier les PME et les TPE qui constituent l’ossature de notre économie, verront leurs marges se réduire, leur trésorerie se fragiliser et leur compétitivité s’éroder« , liste le conseil du patronat qui a émis des recommandations comme le rallongement de la durée d’application de l’abattement de 40% de trois (3) à six (6) mois, pour permettre une meilleure absorption des chocs par les opérateurs et les ménages. Il faut savoir que l’augmentation des prix des carburants va fortement impacter le quotidien du Comorien. Déjà les vendeurs d’eau, principaux pourvoyeurs de la ressource douce aux habitants de la capitale ont prévenu que le prix du bidon ne restera pas inchangé. Comme quoi l’effet domino n’est pas une chimère.

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Le Vautour de Labattoir renverse la reine réunionnaise et entre dans l’histoire

Le Vautour de Labattoir renverse la reine réunionnaise et entre dans l’histoire
* Photo d'illustration

Le basket mahorais vient de vivre l’un des plus grands exploits de son histoire. Ce samedi 9 mai, au gymnase de Pamandzi, le Vautour club de Labattoir a créé la sensation en battant La Tamponnaise sur le score de 79 à 72 lors de la finale de la zone océan Indien. Une victoire historique face à une équipe réunionnaise qui dominait la compétition depuis plusieurs années.

Portées par un public acquis à leur cause, les joueuses mahoraises ont livré un match intense et plein de caractère. Contrairement aux précédentes finales où La Tamponnaise imposait rapidement son rythme, les Vertes ont tenu tête dès les premières minutes. Accrocheuses et solidaires, elles sont restées au contact tout au long de la première période avant de revenir à égalité juste avant la pause (41-41), faisant naître l’espoir dans les tribunes.

Au retour des vestiaires, le Vautour club a changé de dimension. L’ancienne professionnelle Arzhélenn Chavoutier a pris les commandes de la rencontre avec une prestation exceptionnelle : tirs à trois points, interceptions décisives et actions spectaculaires ont permis aux Mahoraises de prendre l’avantage. Dans la raquette, le duo Martine Barba et Houlfate Mahouchiza a également réalisé un énorme travail, dominant un secteur où les équipes mahoraises souffraient souvent face aux Réunionnaises.

Malgré une tentative de retour de La Tamponnaise dans les dernières minutes, les joueuses de Labattoir ont fait preuve d’une grande maîtrise mentale. Solidaires en défense et précieuses au rebond, notamment sur les lancers francs ratés, elles ont conservé leur avance jusqu’au buzzer final.

Avec ce succès historique, le Vautour club de Labattoir décroche le premier titre régional de son histoire et représentera désormais la zone océan Indien lors du prochain tour en métropole. Une consécration pour le basket féminin mahorais et une victoire qui restera gravée dans les mémoires sportives de Mayotte.

Première escale du paquebot de croisière MS Vista ce lundi à Mayotte

Première escale du paquebot de croisière MS Vista ce lundi à Mayotte

Le paquebot MS Vista, de la compagnie américaine Oceania Cruises, fera escale à Mayotte lundi 11 mai 2026, de 8h à 16h. Annoncée par l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte et le Club Croisière, cette venue marque la première escale mahoraise de ce navire positionné sur le segment premium.

Confirmée il y a seulement quelques semaines, l’escale fait suite à une modification d’itinéraire liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient. Le MS Vista transportera 763 croisiéristes et 742 membres d’équipage. Les passagers sont majoritairement américains, canadiens et australiens. Le navire restera au mouillage, avec une arrivée des premiers visiteurs prévue vers 8h30 au ponton d’urgence de Mamoudzou.

Un dispositif d’accueil sera déployé par l’AaDTM sur le parvis de l’agence, avec l’appui du Club Croisière, des étudiants en BTS Tourisme du LPO de Kawéni, de Baobab Tour, de la coopérative Taxi Vanille et d’artisans locaux. Les visiteurs seront orientés vers les circuits touristiques habituels, notamment les plages du Sud, Coconi, Mamoudzou et Petite-Terre.

Cette escale est l’avant-dernière de la saison croisière à Mayotte, avant un dernier bateau attendu le 1er juin.

Des travaux de réhabilitation prévus dans la ville de Mamoudzou

Des travaux de réhabilitation prévus dans la ville de Mamoudzou

La ville de Mamoudzou annonce des travaux de réaménagement d’infrastructures fragilisées par le passage du cyclone. L’Hôtel de Ville est concerné par ces travaux jusqu’au 30 octobre 2026. Pendant cette période, l’accès au public sera restreint et certains services seront répartis dans d’autres bâtiments municipaux ou en télétravail. La continuité du service public reste une priorité majeure, ainsi la ville invite la population et tout acteur public ou privé à communiquer par courriel ou téléphone. Chacune des visites à l’Hôtel de Ville (hors état civil) doit faire l’objet d’un rendez-vous confirmé par les services de la ville. L’usager sera accueilli directement au rez-de-chaussée par son interlocuteur, puais raccompagné à l’issue du rendez-vous. Exceptionnellement, ce lundi 11 mai 2026, l’accès au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville sera condamné. Seuls les services de l’état civil assureront l’accueil du public au rez-de-chaussée bas (rez-de-jardin).

Mayotte face à une recrudescence du paludisme depuis le début de l’année

Mayotte face à une recrudescence du paludisme depuis le début de l’année

Trente-deux cas de paludisme ont été recensés la semaine dernière à Mayotte, un niveau jamais atteint depuis janvier. La majorité des suspicions de contamination locale se concentre à Chirongui, où les autorités sanitaires enquêtent sur un possible foyer de transmission.

Le paludisme regagne du terrain à Mayotte. Alors que l’île était parvenue à interrompre la transmission locale pendant plusieurs années, la maladie transmise par les moustiques fait l’objet d’une vigilance renforcée. Dans son dernier bulletin épidémiologique, publié le 7 mai, Santé publique France signale 32 nouveaux cas en une semaine, soit le niveau hebdomadaire le plus élevé enregistré depuis le début de l’année 2026.

Parmi ces nouveaux cas, seuls quatre sont pour l’heure classés comme importés, en raison d’un voyage récent. Dix-sept sont en revanche suspectés d’avoir été contractés localement, tandis que douze autres restent en cours d’investigation.

Depuis janvier, 128 cas de paludisme ont été déclarés à Mayotte. La majorité demeure importée, avec 89 cas, mais 27 sont désormais suspectés d’être acquis localement. Vingt-neuf malades ont dû être hospitalisés depuis le début de l’année, dont trois en réanimation.

Chirongui au cœur des inquiétudes

L’attention des autorités sanitaires se porte surtout sur Chirongui. Sur les 32 cas déclarés la semaine dernière, 20 ont été recensés dans cette commune. Parmi eux, 17 sont suspectés d’être des contaminations locales. Depuis le début de l’année, Chirongui concentre 19 des 27 cas suspectés d’acquisition locale à Mayotte.

Bandrélé, voisine de Chirongui, a également enregistré cinq cas suspectés d’être acquis localement ces dernières semaines. Pour Santé publique France, cette concentration géographique suggère l’existence d’un foyer potentiel de transmission autochtone, même si les investigations doivent encore préciser l’origine exacte des contaminations.

La vigilance est d’autant plus forte que Mayotte avait connu en 2025 ses premiers cas autochtones depuis juillet 2020, après cinq années sans transmission locale identifiée. La présence de moustiques vecteurs sur le territoire, combinée à l’augmentation des cas importés dans la région, maintient un risque permanent de réintroduction.

Le chikungunya ralentit, mais reste très présent

Après plusieurs semaines de progression, le nombre de cas de contamination au Chikungunya confirmés baisse nettement : 58 cas ont été recensés en semaine 18, contre 102 la semaine précédente. Cette diminution de 43 % doit toutefois être interprétée avec prudence, les données n’étant pas encore consolidées.

Depuis le début de l’année, 1 214 cas confirmés biologiquement ont déjà été enregistrés à Mayotte, un niveau très proche du total de 2025, qui s’élevait à 1 266 cas. Trente-deux hospitalisations ont été recensées, dont trois admissions en réanimation.

La baisse apparaît également dans les signalements au SAMU, passés de 17 à 7 en une semaine. Le taux de positivité poursuit aussi son recul, à 22,2 % en semaine 18, contre des niveaux de 30 à 40 % observés entre février et avril.

Deux nouveaux cas de mpox

Enfin, deux nouveaux cas de mpox ont été signalés la semaine dernière, portant à 18 le nombre total de cas enregistrés depuis janvier. L’un est importé de Madagascar, après un séjour à Nosy Be, l’autre est un cas autochtone lié au premier.

Santé publique France met en avant un risque accru d’importation lié aux déplacements entre Mayotte et Madagascar, notamment avec Nosy Be. Les autorités appellent les voyageurs à éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant une éruption cutanée et à consulter rapidement en cas de symptômes.

La leptospirose toujours à un niveau élevé

La leptospirose continue, elle aussi, de peser sur la situation sanitaire mahoraise. Depuis janvier, 132 cas ont été recensés, dont 22 ont nécessité une hospitalisation et cinq une admission en réanimation. Les autorités rappellent que la maladie, transmise par contact avec de l’eau ou des sols souillés par l’urine d’animaux infectés, touche particulièrement les personnes exposées lors d’activités agricoles ou en milieu humide.

Le mois d’avril concentre à lui seul la moitié des cas enregistrés depuis le début de l’année, avec 66 signalements. Cette hausse intervient dans une période habituellement favorable à la maladie, après les épisodes de fortes pluies.

Dans ce contexte, les recommandations restent les mêmes : se protéger des piqûres de moustiques, consulter sans délai en cas de fièvre, s’isoler en cas de symptômes évocateurs de mpox et porter des protections adaptées lors d’activités exposant à des eaux ou sols contaminés. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est désormais de contenir rapidement les foyers identifiés, avant qu’une transmission locale durable ne s’installe.

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Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Partager une vision claire et ambitieuse pour Mayotte à l’horizon 2028, poser les bases d’une démarche collective structurée, échanger autour des enjeux majeurs du territoire et amorcer l’organisation d’un futur travail en commun. Tel était l’objectif du document de travail (socle de réflexion) préalablement transmis à toutes les personnes invitées à la première réunion constitutive du groupe de travail sur la refondation de Mayotte post-Chido.

« Ensemble refondons Mayotte » est le nom d’un groupe de réflexion autour de questions diverses et variées liées à la reconstruction du territoire, mis à mal par le cyclone Chido en décembre 2024. Il a vu le jour mardi 5 mai 2026, en fin de journée, dans les locaux du restaurant l’Orient Express à Kawéni, sous l’impulsion de Djoumoi Ramia, président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

« Il s’est passé quelque chose d’intéressant ce mardi. Nous nous sommes retrouvés à l’Orient Express, dans un cadre très ouvert, entre différents représentants de la société civile, chefs d’entreprise, salariés et personnels des services publics, pour nous accorder sur le fait que nous ne pouvons plus rester les bras croisés et accepter la situation de Mayotte telle qu’elle se présente aujourd’hui », explique Djoumoi Ramia, qui souligne également que les difficultés rencontrées par tous ne sont pas nouvelles et ne datent pas toutes de l’épisode Chido.

« Je me rends compte d’une chose : nous sommes tous là à nous plaindre de cette situation, mais nous sommes très peu à émettre des propositions ou à agir », fait-il remarquer, en insistant sur le caractère collectif — et non personnel — de ce projet naissant.

Toutes les personnes ayant participé à cette rencontre partagent le constat selon lequel Mayotte se trouve actuellement dans une situation délicate, qu’elle recule et qu’elle dispose de très peu de perspectives d’évolution, ce qui inquiète énormément de monde. Elles appellent les forces vives de l’archipel à devenir actrices de la vie économique, sociale et culturelle de cette île où elles travaillent et résident avec leurs familles.

« Il suffit de prendre son courage et son temps pour se regrouper et réfléchir à des solutions qui ne sont pas impossibles à trouver afin d’améliorer le quotidien de la population mahoraise », observe une autre participante à cette rencontre, qui s’est félicitée de la présence de personnes de grande qualité à cette réunion constitutive du groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte ».

Cesser la critique permanente pour devenir une force de propositions

Un inconvénient majeur est toutefois à noter : ces personnes sont déjà très occupées par leur quotidien et leur travail, et il ne sera guère aisé pour elles de se consacrer à d’autres activités.

Pour Djoumoi Ramia, le point le plus positif de cette première rencontre demeure la prise de conscience qui a conduit ces personnes à faire l’effort d’être non seulement présentes, mais également très constructives dans les échanges. Selon lui, l’idée de départ n’était pas tant le nombre de participants que leur volonté d’agir pour Mayotte et son avenir.

« Nous ne pouvions continuer à rester inactifs ou à critiquer des personnalités politiques locales sans formuler de propositions pour sortir de l’impasse actuelle. Il était donc grand temps de s’asseoir autour d’une table pour discuter, échanger, avancer des idées et voir comment ce collectif pourrait se constituer afin de faire face aux échéances qui nous attendent », a poursuivi le président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

De l’avis général des participants à cette réunion, l’île rencontrera de très grosses difficultés dans sa quête de rattrapage du retard accumulé. Certains ont pris l’image d’un sportif contraint de courir un marathon à la vitesse d’un 100 mètres, soit un parcours extrêmement long et éprouvant.

Pour y parvenir, toutes les Mahoraises et tous les Mahorais devront se retrousser les manches et se mettre au travail, sans exception.

« Ensemble refondons Mayotte » s’est fixé comme priorité l’organisation régulière de séances de travail autour de projets susceptibles d’être portés par la Région, avec des compétences, un véritable programme et un véritable projet politique porté par des personnes issues de la société civile. Le groupe souhaite également faire émerger des propositions concrètes venant du terrain, qui pourraient être défendues, le moment venu, par une candidate ou un candidat désigné démocratiquement par le collectif.

Il s’agit là d’un postulat qui balaie d’un revers de main l’idée souvent avancée par une partie de la classe politique locale selon laquelle l’électorat mahorais ne voterait pas pour des projets, mais uniquement pour des personnes.

« J’ai envie de dire à celles et ceux qui colportent cette idée qu’ils doivent cesser de prendre les Mahoraises et les Mahorais pour des idiots. La plupart d’entre eux ont des enfants et construisent des projets de vie pour eux. Par conséquent, il est impensable qu’ils puissent voter sans tenir compte d’un projet, à moins qu’ils considèrent qu’aucun candidat ne leur présente quelque chose de valable à leurs yeux », note Djoumoi Ramia.

Une chose est sûre : le groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte » est désormais sur pied et ses portes restent ouvertes à toutes les personnes désireuses d’œuvrer réellement en faveur de l’avenir du territoire, loin de toute démagogie politicienne.

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Pénurie d’eau à Mayotte : la députée Anchya Bamana sonne l’alarme et réclame un décret d’urgence

Pénurie d’eau à Mayotte : la députée Anchya Bamana sonne l’alarme et réclame un décret d’urgence.

La députée Anchya Bamana interpelle le gouvernement après la réunion du CRSE du 6 mai, qui a acté un déficit hydrique de 10 % sur l’ensemble de l’île. Elle réclame l’activation du plan ORSEC et un décret autorisant l’importation massive d’eau embouteillée, alors qu’un plan de maîtrise et un renforcement des tours d’eau est prévu.

Anchya Bamana, députée de Mayotte, alerte le gouvernement de l’aggravation de la pénurie d’eau subie par l’île. À l’issue de la réunion du CRSE tenue ce mercredi 6 mai, un état des lieux de la situation en eau potable a été fait, avec comme conclusion, un plan de maîtrise et un renforcement des tours d’eau.

Elle rappelle que le prix d’une bouteille d’eau à Mayotte est d’1 euro contre 30 centimes en métropole alors qu’un tiers de la population mahoraise est au chômage et que le revenu médian disponible par personne est de 260€ par mois, selon l’INSEE. L’eau est devenu une source de trafic à Mayotte : « aussitôt livrées en supermarché, les bouteilles sont rachetées par des vendeurs à la sauvette et des petites épiceries de proximité, qui doublent le prix ». La ressource subit un lourd poids démographique dans la région : « l’immigration illégale continue à déverser des milliers de personnes en plus tous les mois sur le territoire ».

Pour pallier à ce stress hydrique, la députée propose d’appliquer le plan ORSEC eau potable, dispositif de gestion de crise lié à l’eau. Elle propose également la prise d’un décret d’urgence visant à autoriser exceptionnellement Mayotte à importer massivement de l’eau embouteillée des pays voisins (Kenya, Madagascar,…) : « afin de diminuer drastiquement le prix de l’eau dans les magasins ».

« Ce déficit ne peut pas être compensé par d’autres moyens ou ressources disponibles », d’après le communiqué de presse du CRSE

Le Comité de suivi de la ressource en eau (CRSE) s’est réuni ce mercredi 6 mai pour dresser l’état des lieux de la saison des pluies et de la situation des ressources en eau destinées à l’alimentation en eau potable. Les précipitations de cette saison des pluies étaient proches de la normale, mais la saison enregistre un déficit global de 10 %, les ressources ne sont pas entièrement rechargées. À Dzoumogné, le déficit est de 20 %, la retenue collinaire n’a atteint que 70 % de sa capacité de stockage, soit un déficit de 500 000m³ d’eau.

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Monoparentalité : quand les fragilités sociales des Outre-mer deviennent une urgence nationale

Monoparentalité : quand les fragilités sociales des Outre-mer deviennent une urgence nationale

Parce que certaines réalités sociales ne peuvent plus rester dans les angles morts du débat public, élus, experts, responsables institutionnels et acteurs associatifs se sont réunis le 7 mai à l’Assemblée Nationale autour d’un colloque consacré à la monoparentalité, à l’emploi, au logement et aux transitions professionnelles.

Une rencontre portée par le Think Tank « Au-delà de la Résilience – France Outre-mer », en lien avec la Délégation aux Outre-mer à l’assemblée Nationale et plusieurs parlementaires engagés sur ces sujets de société devenus structurants pour l’avenir des territoires ultramarins comme pour la cohésion nationale.

Le colloque s’est ouvert sous l’impulsion du député Christian Baptiste, parrain de l’événement et président du groupe parlementaire d’amitié France-Bénin, qui a rappelé la nécessité de mieux prendre en compte les réalités humaines et territoriales dans la construction des politiques publiques. À ses côtés, plusieurs responsables institutionnels et parlementaires ont participé à cette ouverture, parmi lesquels la représentante du député Davy Rimane, la députée Béatrice Bellay et la sénatrice Solanges Nadille.

La ministre Aurore Bergé est également intervenue en distanciel afin de souligner les enjeux liés à l’égalité, à la protection des familles et à l’effectivité des dispositifs publics, dans un contexte où les situations de vulnérabilité sociale appellent des réponses plus coordonnées et davantage ancrées dans les réalités du terrain.

Au fil des échanges, les intervenants ont mis en lumière des problématiques souvent abordées de manière fragmentée : précarité des familles monoparentales, accès au logement, insertion professionnelle, articulation entre vie familiale et emploi, accès aux droits ou encore persistance des inégalités économiques dans les Outre-mer.

La présence de Mayotte dans cette réflexion a permis d’apporter un éclairage particulièrement révélateur des tensions auxquelles sont confrontées certaines politiques publiques. L’intervention de Faridy ATTOUMANE, délégué de Mayotte à Paris a rappelé que les réalités mahoraises ne peuvent être réduites à une lecture uniquement sociale ou conjoncturelle. Elles interrogent plus largement notre capacité collective à répondre durablement aux enjeux liés à la pression démographique, à l’habitat informel, à l’accès à l’eau, à l’éducation et à l’accès effectif aux droits.

Loin d’une approche compassionnelle, les échanges ont mis en évidence la nécessité d’une lecture systémique des fragilités sociales et territoriales. Derrière la question de la monoparentalité se dessinent en réalité des enjeux beaucoup plus larges : cohésion sociale, continuité républicaine, égalité territoriale et capacité des institutions à atteindre concrètement les publics les plus éloignés des dispositifs existants.

Cette rencontre aura également souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs publics, associatifs et économiques, afin d’éviter que certaines problématiques demeurent durablement invisibles ou insuffisamment prises en compte dans le débat national.

Au-delà des constats, ce colloque aura surtout posé une exigence collective : ne plus traiter les vulnérabilités sociales comme des sujets périphériques, mais comme des questions centrales pour l’avenir des territoires et de la cohésion nationale.

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Archéologie : Les traces oubliées de Mayotte à l’époque médiévale

Archéologie : Les traces oubliées de Mayotte à l’époque médiévale
Une conférence à Mayotte retrace l’archéologie médiévale et la menace sur les sites Photo : DAC de Mayotte.

Le 6 mai 2026 à l’Université de Mayotte, Stéphanre Pradine a présenté ses recherches sur l’archéologie médiévale de l’île, issues de fouilles menées depuis plus de dix ans et publiées dans Mayotte au temps des califes. Il a rappelé que « nous avons des sites en passe d’être détruits » et la nécessité de poursuivre les recherches.

« Nous avons des sites en passe d’être détruits. » Le 6 mai 2026, dans l’auditorium de l’Université de Mayotte, Stéphane Pradine a présenté une conférence consacrée à l’archéologie médiévale de l’île. Cette intervention s’appuie sur plus d’une décennie de fouilles et reprend les principaux éléments de l’ouvrage Mayotte au temps des califes (IXe-XIIe siècle). Archéologie de l’océan Indien à Ironi Bé, commune de Dembeni, publié sous sa direction.

Au cours de cette présentation, il est revenu sur l’origine même de ce travail scientifique : « publier les fouilles réalisées à Dembeni durant cinq ans, soutenues par la DRAC et l’assemblée de Mayotte et de La Réunion ». Il a précisé l’objectif de cet ouvrage, en soulignant sa dimension à la fois scientifique et historique : « Introduire Mayotte dans la période ancienne. J’ai constaté que les Mahorais ne connaissaient pas leur propre histoire. C’est un livre scientifique, un livre d’histoire pour analyser et présenter l’histoire de Mayotte avec le monde musulman. » Il a également insisté sur l’ambition centrale de ses recherches, qui est de situer Mayotte au sein de l’histoire de la civilisation musulmane, en montrant son intégration ancienne dans les réseaux culturels, religieux et commerciaux de l’océan Indien.

Le chercheur est également revenu sur l’inscription de Mayotte dans l’espace swahili. Il a rappelé que le mot « swahili » trouve son origine dans le terme arabe sawāhil, pluriel de sāhil, qui signifie « rivage » ou « côte ». Il a précisé que ce terme renvoie aux populations vivant le long des côtes de l’Afrique orientale et qu’il désigne avant tout une culture maritime façonnée par les échanges. Selon lui, « le swahili n’est pas une ethnie, c’est une culture », marquée par le métissage entre populations africaines, arabes, persanes et indiennes.

A Dembeni, un site archéologique d’une qualité exceptionnelle

Une place importante de la conférence a été consacrée au site de Dembeni, présenté comme central dans cette démarche. Stéphane Pradine a insisté sur son caractère remarquable : « C’est un site exceptionnel », rappelant également : « Je fouille depuis 25 ans, et c’est un site rare. » Les campagnes de fouilles menées entre 2002 et 2016 ont permis de mettre au jour un ensemble de vestiges particulièrement riche, comprenant des céramiques abbassides des IXe et Xe siècles, des poteries à décor lustré, des céramiques chinoises, ainsi que du cristal de roche d’une grande pureté.

« On a des objets que l’on retrouve dans les grands musées », a-t-il précisé, soulignant la qualité du mobilier archéologique découvert. La présence de céramiques importées et de matériaux précieux témoigne de connexions anciennes avec les grands réseaux commerciaux de l’océan Indien. Le cristal de roche, probablement issu de Madagascar, a également été évoqué : « Le cristal malgache est parmi les plus purs », a-t-il indiqué, en rappelant son importance dans les échanges du monde islamique.

L’organisation même du site, avec ses structures d’habitat, ses empierrements et ses zones de dépôts, contribue à en faire un ensemble cohérent et particulièrement bien conservé. L’ensemble de ces éléments confère à Dembeni une valeur scientifique majeure pour la compréhension de l’histoire ancienne de Mayotte et de son insertion dans les dynamiques régionales.

En conclusion, la conférence a rappelé l’enjeu central qui motive ces recherches. « Si on ne fait pas ces fouilles, dans dix ans, une partie de l’histoire aura disparu »

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Les marcheurs de « Halo Rando » ont terminé leur tour de Mayotte ce vendredi

Les marcheurs de « Halo Rando » ont terminé leur tour de Mayotte ce vendredi
Cette 2ème édition a compté une trentaine de personne*

Après 8 jours d’une marche tout autour de Mayotte qui a commencé le 1er mai dernier, la trentaine de marcheurs de la 2ème édition de « Halo Rando » ont achevé leur aventure sur la place de la République ce vendredi 8 mai. Entre émerveillement et épuisement, les participants ne sont pas près d’oublier cette expérience hors du commun !

« Cette randonnée de 8 jours nous a permis d’aller dans des endroits de l’île où l’on ne va jamais et donc de découvrir des paysages qu’on n’imaginait pas, avec des rivières et des cascades ! », s’émerveille Katia, 54 ans, l’une des courageuses participantes à avoir effectué le tour dans son intégralité. C’était d’ailleurs le cas des trois quarts des participants et la majorité de ceux qui ont dû écourter, y ont été contraints par d’autres obligations, rarement par épuisement. « C’était quand même difficile, car le nombre de kilomètres par jour était conséquent, avec beaucoup de dénivelé parfois et la chaleur ne facilitait pas les choses », précise toutefois Katia, pourtant randonneuse aguerrie, comme la majorité de ceux qui ont participé à l’aventure.

Car, si ce tour de l’île était une occasion de découvrir les merveilles cachées de Mayotte, c’était aussi et surtout une performance sportive. « L’objectif est le dépassement de soi », affirme d’ailleurs Saïd, l’organisateur, surnommé avec humour « El Dictator » au sein de l’équipe.

Les quelques personnes qui n’avaient pas de pratiques sportives régulière ont davantage souffert. C’était notamment le cas d’Alice, 26 ans, qui, au bout de 3 jours de randonnée, a affirmé être arrivée « en PLS » chez elle et « avoir eu besoin de 24h pour récupérer ». « Je crois bien que c’était la première fois que je marchais autant dans ma vie ! », raconte-elle. « C’était vraiment dur ! Saïd m’avait pourtant prévenue, mais je n’avais pas anticipé l’ampleur de la difficulté », développe la jeune femme, qui précise toutefois avoir été aidée par l’énergie du groupe. Ce côté « effet de groupe » est d’ailleurs l’un des éléments qui a particulièrement marqué les participants. « C’est une aventure humaine que je conseille à tout le monde », affirme par exemple Séverine, originaire de Petite-Terre, à qui Halo Rando a permis de découvrir des paysages de son île qu’elle n’avait jamais vu auparavant.

Une redécouverte de l’île après Chido

« J’ai commencé à marcher en 2020 pendant le confinement », explique Saïd, originaire de M’roalé dans la commune de Tsingoni.  « J’y ai pris goût et j’ai proposé ensuite des randonnées à l’intérieur de mon cercle familial avant de les ouvrir au grand public », développe-t-il. L’idée d’un tour de l’île a germé dans son esprit dès 2022 et il a alors monté un petit groupe de marcheur avec lequel il a effectué des reconnaissances de terrain. « On ne connaissait que les axes principaux, la « partie verte » nous était totalement inconnue. Cela nous a donc permis de découvrir la faune et la fleur de notre île », détaille-t-il. La première édition de « Halo Rando » devait se tenir en décembre 2024, mais Chido a évidemment bouleversé le calendrier et, le cyclone ayant complètement modifié le paysage, il a fallu recréer tout le parcours. « Tous les sentiers avaient disparu, on ne savait plus où on allait. On fonctionnait à l’azimut en se repérant à l’aide des cartes et du GPS. On a dû recréer des passages à la machette, ce qui fait que certains parcours qui nous prennent 5h aujourd’hui nous avaient pris 11h à l’époque », ajoute encore « El Dictator », qui avoue néanmoins avoir eu « quelques moments de doute » lors de la première édition de mai 2025. « Le jour de l’ascension du Mont Benara, la nuit venue on était encore en pleine forêt, sans réussir à retrouver notre chemin. Mais bon, vous voyez finalement, on est vivant ! », raconte-il avec humour.

Saïd affirme également que la randonnée est une activité qui rentre de plus en plus dans les mœurs des Mahorais. « Entre 2020 et 2023, j’ai organisé des randonnées tous les week-ends et on était à chaque fois une cinquantaine de marcheurs », affirme-t-il. Malgré une mutation professionnelle qui le mènera bientôt en Guadeloupe, ce féru de randonnées compte poursuivre l’évènement l’année prochaine pour une 3ème édition, en déléguant davantage l’organisation aux autres membres de l’association. L’aventure n’est donc pas près de prendre fin pour Halo Rando !

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S2O tacle Retailleau : il se sent agressé par le projet de loi de Retailleau

S2O tacle Retailleau : il se sent agressé par le projet de loi de Retailleau

Une chose est sûre : Saïd Omar Oili votera contre le projet de loi porté par Bruno Retailleau, qu’il juge « antimusulman ». Prenant l’exemple de son propre territoire, où coexistent paisiblement depuis 200 ans une majorité de musulmans et une minorité chrétienne, le sénateur de Mayotte déclare se sentir agressé par le contenu de ce texte.

Il n’a pas mâché ses mots face à son collègue sénateur et président du parti Les Républicains, prétendant, avec une dizaine d’autres candidats, à la succession d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Saïd Omar Oili était vent debout, mercredi après-midi, dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, lors de la séance hebdomadaire des questions au gouvernement.

Son mécontentement n’était pas dirigé contre les membres du gouvernement de Sébastien Lecornu, mais plutôt contre l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, aujourd’hui candidat à la présidence de la République française en 2027.

Objet de sa colère, librement exprimée devant les parlementaires et largement relayée par les médias ultramarins ainsi que sur les réseaux sociaux : une proposition de loi portée par Bruno Retailleau, qu’il juge de nature à amplifier un sentiment antimusulman en France.

À travers un témoignage livré devant ses pairs, l’ancien maire de Dzaoudzi-Labattoir a rappelé au président du parti LR que le département de Mayotte, qu’il représente au Parlement, est composé à 95 % de citoyens français de confession musulmane qui n’ont jamais eu de différend avec la minorité chrétienne locale, laquelle compte une église et une chapelle. (Il s’agit ici des chrétiens catholiques, le sénateur ayant sans doute volontairement choisi de ne pas mentionner les protestants et autres communautés chrétiennes présentes sur l’île.)

« Dans mon archipel de l’océan Indien, on trouve plus de 200 mosquées pour une église et une chapelle. La coexistence entre une religion minoritaire chrétienne et une population très majoritairement musulmane ne pose aucun problème. Je n’ai jamais entendu parler, ni même évoquer, de tensions entre les pratiquants de ces deux religions. »

Sous le regard attentif d’un Bruno Retailleau qui buvait ses paroles, S2O a indiqué ne pas comprendre le sens de cette proposition de loi qui, selon lui, « amplifie le sentiment antimusulman porté par des forces politiques dont on connaît très bien les racines ».

À l’adresse de Bruno Retailleau, Saïd Omar Oili a déclaré se sentir agressé par le texte présenté, ne faisant pas mystère de son intention de voter contre.

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Comores : « Coupez ces cheveux que ne je saurais voir »

Comores : "Coupez ces cheveux que ne je saurais voir"

Des policiers du commissariat central de Moroni ont coupé de force les chevelures qui dépassent des jeunes qu’ils rencontraient dans les rues de la capitale, suscitant une vague d’indignation bien que le ministre de l’éducation ait publiquement apporté son soutien à ces agissements sous prétexte de préservation de l’identité comorienne.

Alors que les Comoriens étaient préoccupés par la hausse des prix des carburants, annoncée, le lundi 4 mai par le chef de l’État, voilà qu’un autre sujet de société s’invite dans le débat public, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Depuis jeudi, des vidéos publiées sur Facebook dans lesquelles on y voit des policiers munis de ciseaux encercler et raser les crânes des jeunes aux cheveux longs au vu et au su des passants continuent encore de susciter la controverse.

L’opération déjà organisée en août 2025 s’est déroulée dans les rues de la capitale, Moroni. Le pire, il se trouve que certaines victimes avaient couvert leurs têtes par des chapeaux ou bonnets. Le bloggeur qui diffusait en direct a tendu le micro à l’un des agents de la force publique pour en savoir un peu plus, mais ce dernier sera dissuadé de s’exprimer par ses collègues l’invitant à poursuivre le chemin. Dans la foulée, nombreux sont les citoyens qui ont dénoncé les agissements des agents de police.  » Préserver l’identité, la religion et les valeurs d’un peuple est important. Aucun pays ne peut avancer en oubliant ses racines, sa culture et ses principes. Mais quand certains comportements apparaissent chez la jeunesse, il faut aussi se demander pourquoi cela arrive. Derrière chaque dérive, il y a souvent un manque de dialogue, d’éducation, d’encadrement ou un échec quelque part dans la transmission des valeurs« , a réagi un internaute. Jusqu’ici, ni la police qui pourtant dispose d’une page Facebook alimentée régulièrement ces temps-ci, ni le ministère de l’Intérieur n’ont communiqué.

Identité  

Seul le ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Bacar Mvoulana, toujours prompt à réagir sur tous les débats de Facebook a apporté son soutien à la police.  » Depuis quelques heures, beaucoup critiquent la police nationale après la diffusion d’une vidéo montrant des jeunes contraints de couper leurs tresses dans les rues de Moroni. Chacun est libre d’avoir son opinion, mais il faut aussi regarder cette situation avec responsabilité et honnêteté. Les Comores ne sont pas un pays sans identité. Nous sommes une nation musulmane, attachée à des valeurs religieuses, coutumières et culturelles qui ont toujours façonné notre société. Ces valeurs méritent respect et préservation, surtout à une époque où beaucoup de comportements extérieurs cherchent à s’imposer à notre jeunesse« , a-t-il posté sur sa page personnelle, jeudi. Le ministre soutient que le rasage des crânes dans les rues sert à défendre les mœurs et coutumes.  » Défendre nos mœurs et notre culture ne signifie pas être contre les jeunes ni contre la modernité. Bien au contraire. Notre jeunesse doit évoluer, réussir et s’ouvrir au monde, mais sans oublier qui elle est et d’où elle vient. Aujourd’hui, certains parlent uniquement de liberté individuelle, mais toute liberté a aussi des limites lorsqu’il s’agit du respect des principes d’une société, de sa religion et de ses traditions. La police nationale a aussi pour mission de préserver l’ordre social et les repères de notre pays« , a-t-il poursuivi tout en reconnaissant qu’un travail de sensibilisation était nécessaire.

Base légale, humiliation

Mais déjà la question de la base légale de l’opération est sujette à interrogations. Des juristes dénoncent ces agissements prévus nulle part, selon eux.   » Ce sont des mesures qui n’ont aucune base légale, c’est un abus de pouvoir des hommes en tenue mais rien absolument rien ne prévoit le rasage des cheveux longs sinon les hommes religieux seraient tous des « Zidanes ». Il s’agit également d’une violation grave de l’intégrité physique de l’humain donc une violation grave d’un des piliers des droits de l’homme« , a condamné, l’avocat Maitre Djamal el-dine Bacar, contacté par Flash Infos. Le juriste a ajouté que  » le faire en public le rend encore grave à cause de l’humiliation. Ces gens-là, certains étaient en pleurs pendant que les policiers se filmaient entre de rire en commentant ces abus. Ce que la police a fait est condamnable venant d’une institution qui devait faire respecter la loi et honte aux autorités politiques qui cautionnent ces abus« . Souvent connue pour son silence dans les cas de violation flagrante des droits humains, la commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) est même cette fois-ci montée au créneau. « La Commission rappelle que les forces de sécurité, notamment la Police Nationale, jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’ordre public et de la sécurité des personnes et des biens. Toutefois, l’exercice de cette mission doit, en toutes circonstances, respecter les principes de légalité, de la proportionnalité et du respect de la dignité humaine« , rappelle-t-elle dans son communiqué publié vendredi.  La Cndhl invite ainsi les autorités compétentes, notamment les responsables de la Police nationale, à veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux dans toutes les opérations de terrain.

Les artistes comme Abdallah Chihabidine, ont aussi dénoncé l’opération de la police.  » Dans un état de droit, nul doit etre humilié, violenté ou puni arbitrairement. La mission des forces de l’ordre est de protéger les citoyens. La loi ne donne à personne le droit d’humilier un individu ou d’exercer des violences gratuites« , a rappelé, l’ancien directeur du célèbre studio 1. Le Docteur en sociologie Mistoihi Abdillahi, interpelle ceux qui citent l’islam pour justifier les rasages dans les rues de Moroni. « Je ne suis pas islamologue, mais j’ai visité plusieurs pays musulmans et prié avec beaucoup d’hommes aux cheveux longs. Et je ne cesserai de le répéter, plus on s’intéresse aux choses inutiles, plus choses importantes nous échapperont« , a-t-il conclu.

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“Le Rendez vous chez Cousin” fermé administrativement

“Le Rendez vous chez Cousin” fermé administrativement

Le préfet de Mayotte a ordonné la fermeture de l’établissement “Le Rendez-vous chez Cousin”, situé en face du centre commercial Baobab à Mamoudzou, après une inspection sanitaire menée le 24 avril 2026. Selon l’arrêté du 28 avril 2026, les non-conformités relevées portent sur des règles essentielles d’hygiène alimentaire et sont susceptibles de présenter un risque imminent pour la santé publique.

La réouverture est conditionnée à la mise en œuvre de mesures correctives, constatées par les services de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Le niveau d’hygiène de l’établissement est “à corriger de manière urgente”.

Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Mardi 12 mai 2026
Mardi 12 mai 2026

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes