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Concerts de Sexion d’Assaut : un an de prison avec sursis retenu contre Daniel Zaïdani

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Daniel Zaïdani perdra son siège de conseiller départemental de Mayotte s’il ne fait pas appel de la décision de justice dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a tranché, ce mardi 30 avril. L’ex-président du conseil départemental de Mayotte, Daniel Zaïdani, est condamné à un an de prison avec sursis dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut en 2012. La peine est assortie d’une privation des droits civils et civiques pendant trois ans et de 25.000 euros d’amende. Il peut perdre ses fonctions de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il ne fait pas appel dans les dix jours.

Le sourire affiché aux côtés de Marine Le Pen, il y a une quinzaine de jours, est désormais crispé. Ce mardi matin, Daniel Zaïdani, ex-président du conseil départemental de Mayotte, a été condamné à un an de prison avec sursis. L’exécution provisoire n’a pas été retenue par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, l’élu garde donc son mandat de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il fait appel dans les dix jours suivant sa condamnation. La justice lui reprochait de détournements de fonds publics et des contournements des marchés publics en 2012 et 2013, quand il était à la tête du tout jeune département français (de 2011 à 2015). Il y a d’abord cette série de concerts du groupe de rap Sexion d’Assaut à Madagascar, Comores et Mayotte. L’organisation se fait de manière opaque, sur des deniers publics. « Il fallait organiser une tournée, on s’est assuré qu’ils puissent venir à Mayotte », s’est défendu le Pamandzien, lors de son procès, le mardi 19 mars. A l’époque, une subvention signée avec le producteur des rappeurs, assurait le cachet des trois représentations à hauteur de 45.000 euros. Une autre a servi à financer les billets d’avion. Alain Kamal Martial (voir encadré), alors directeur du service culturel départemental, a imputé l’opération à Daniel Zaïdani, qui est parti à Madagascar à l’époque pour assister au festival à Diego-Suarez.

Deuxième fait qui a suscité l’intérêt des juges, l’organisation d’un foutari au domicile du chef de la collectivité, le 12 août 2012, avec l’argent du contribuable (5.000 euros). Si pendant le ramadan, il était de coutume que le Département organise un repas de rupture du jeûne, il se fait généralement de manière publique avec les représentants des autorités locales. Là, les 200 invités, si certains étaient des notables locaux, avaient le point commun d’être des soutiens de l’élu mahorais. En outre, Catherine Vannier, la présidente du tribunal correctionnel, avait relevé que Saïd Omar Oili, ex-président du conseil général et rival politique de Daniel Zaïdani, avait organisé aussi ce type d’événement chez lui, mais à ses frais. Pour la localisation de la cérémonie, le mis en cause avait souligné que « la seule habitation [du conseil général] disponible était celle à Kani-Kéli ». « C’était beaucoup plus excentré, la grande majorité des personnes se trouvent à Mamoudzou et en Petite-Terre. »  Cassandre Morvan, la substitute du procureur de la République, y a vu plutôt une fête financée sur des fonds publics qui n’était rien d’autre qu’un achat de voix électorales. « Ces personnes ont bien été régalées aux frais du conseil départemental », a noté la magistrate.

Un an de prison avec sursis était requis

L’achat de deux véhicules du CD était également visé dans la prévention. Sans passation de marché public, pourtant obligatoire lorsque le montant de l’achat dépasse les 15.000 euros, les deux SUV [pour Sport utility vehicule, en anglais] ont été acquis au sein de la concession Peugeot mahoraise. « Des élus se sont étonnés de ces acquisitions compte-tenu des difficultés du Département », avait souligné la juge Catherine Vannier. Choisis par Alhamid Aboubacar (voir encadré), les deux véhicules ont coûté 39.100 euros pour l’un et 31.600 euros pour l’autre. Outre le fait d’avoir confié l’achat à un collaborateur plutôt que le service « logistique et moyens », il est reproché à l’élu une utilisation non prévue des véhicules. En effet, l’enquête de la section de recherche de la gendarmerie a permis d’établir que des élus utilisaient le parc automobile à des fins privés. Daniel Zaïdani aurait même sollicité à plusieurs reprises un des chauffeurs pour aller chercher sa femme et ses enfants. Tenant compte de l’ancienneté des faits, la substitute du procureur a requis un an d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de l’ancien président de la collectivité mahoraise. Elle a demandé aussi qu’il soit privé de ses droits civils et civiques pendant cinq ans et interdit d’exercer toute fonction publique pendant la même durée, ainsi qu’une amende de 40.000 euros.

Le tribunal a suivi le Parquet pour la peine de prison avec sursis. En revanche, la durée de la privation des droits civils et civiques est réduite à trois ans et l’amende à 25.000 euros.

Les deux présumés complices relaxés

Aux côtés de Daniel Zaïdani, Alain Kamal Martial Henry et Alhamid Aboubacar étaient jugés pour complicité, respectivement pour les concerts de Sexion d’Assaut et l’achat des véhicules. L’ex-directeur du service culturel départemental, aujourd’hui représentant du Département de Mayotte au Mozambique, est relaxé. C’est la même chose pour Alhamid Aboubacar, l’ancien collaborateur qui avait supervisé l’achat des deux véhicules.

L’eau non-conforme à Mamoudzou, à Koungou et en Petite-Terre

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L’Agence régionale de santé (ARS) alerte, ce jeudi matin, sur deux non-conformités relevées sur le réseau d’eau potable. « Des analyses reçues ce jour font état, après examen par le laboratoire départemental de Mayotte, de deux non-conformités de la qualité de l’eau. Ces résultats imposent de prendre des mesures de précaution en urgence pour garantir la potabilité de l’eau consommée par la population », prévient l’agence.

Plusieurs secteurs sont touchés. Il y a d’abord l’ensemble de Petite-Terre, soient les villages de Dzaoudzi, Labattoir et Pamandzi. Dans les communes de Koungou et Mamoudzou, une partie des villages sont concernés. Koungou, Majicavo 1 et 2, Hauts-Vallons pour la première (Longoni, Trévani et Kangani ne sont pas sur le même réseau). Pour Mamoudzou, il s’agit de Kawéni, M’tsapéré, Ambassadeur, Doujani et Passamaïnty (quartier de Ngnambo Titi uniquement). Mamoudzou village, Cavani, ainsi que le sud de Mamoudzou (Tsoundzou 1 et 2, Vahibé et une large partie de Passamaïnty) sont sur des réseaux où aucune non-conformité n’a été relevée.

Bouillir l’eau

Comme à chaque fois maintenant, l’ARS « demande à l’ensemble de la population de ces secteurs de faire systématiquement bouillir l’eau avant de la boire, faire à manger ou se brosser les dents. L’ébullition permet de stériliser l’eau et d’éliminer ainsi toutes les bactéries présentes. Cette eau peut être stockée dans un récipient dédié, conservée à l’abri de la chaleur et peut être utilisée pendant 48 heures ». L’agence indique que « des nouveaux contrôles seront effectués dans les tous prochains jours afin de suivre l’évolution de la situation ». Elle promet une communication des résultats.

Il s’agit de la deuxième situation de ce genre sur l’île, ces dernières semaines. Le 6 septembre, les villages d’Acoua, Sohoa, Chiconi, Coconi, Ongojou, Sada, Ouangani, Poroani et Miréréni (commune de Chirongui) ont fait l’objet d’une alerte pour des bactéries coliformes retrouvées dans l’eau. La situation était revenue à la normale, le dimanche 10 septembre.

Le maire de Tsingoni condamné à douze mois de prison avec sursis

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Bacar Mohammed, ici lors de la visite du ministre de la Santé François Braun en novembre 2022, a été condamné par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour prise illégale d’intérêts.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a rendu, ce mardi matin, sa décision concernant deux faits reprochés à Bacar Mohamed. Il a été condamné à douze mois de prison avec sursis, 15.000 d’euros d’amende et une peine d’inéligibilité de trois ans avec exécution provisoire pour prise illégale d’intérêts. Il a été relaxé pour atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics.

Au cours de l’audience du 28 mars, le président départemental du parti Les Républicains a dû s’expliquer à la fois sur des contrats passés avec des entrepreneurs locaux qui ne respectaient pas les règles des marchés publics et la vente de terrains à des proches, notamment sa fille, à des prix très avantageux (trois euros le mètre carré). Ce dernier point, qui constitue une prise d’illégale d’intérêts, a fait l’objet d’une délibération du conseil municipal, le 16 mai 2020.  Le terrain nu de 1.160 m2 situé entre la bibliothèque de Mroalé et la route départementale a été vendu à quatre acheteurs. Le prix fixé à trois euros par mètre carré donne un total de 3.480 euros. Dénonçant une cabale politique d’une élue d’opposition, le maire avait justifié ce tarif préférentiel en rappelant qu’il était appliqué à Tsingoni depuis la régularisation foncière de propriétaires déjà installés. Mais ici, il s’agissait d’acquisition et non de régularisation. Le conseil municipal, devant le tollé généré, a fait annuler en février 2022 la délibération.

« Le maire décidait seul »

Pour les marchés, c’est la chambre régionale des comptes (CRC), qui se penche régulièrement sur les finances des collectivités, qui avait décelé un problème. En effet, plusieurs marchés ont été découpés selon la technique du « saucissonnage ». C’est-à dire que les prestations étaient séparées les unes des autres pour que le montant total n’atteigne pas les plafonds nécessitant une procédure plus stricte de mise en concurrence. Par exemple, la rénovation de l’école de la mosquée du vendredi de Tsingoni en 2016 a fait l’objet de deux factures distinctes (58.000 euros pour l’extérieur, 66.700 euros pour l’intérieur). Mises ensemble (124.700 euros), elles dépassaient le plafond de 90.000 qui nécessite de passer par le bulletin officiel des marchés publics et des annonces légales. Pareil pour des travaux réalisés sur les différents terrains de football de la commune. La société chargée des travaux a établi un montant pour chaque site. Autre problème et non des moindres, s’il y a eu une mise en concurrence pour ces marchés, il n’y en a plus aucune trace à la mairie. La CRC a été incapable de trouver les devis. Le maire avait affirmé, le 28 mars, qu’il y avait des problèmes d’archivage à la mairie, mais que des progrès avaient été faits depuis. Il s’était également pris à son ancien adjoint, le jugeant responsable des irrégularités.  Pourtant, l’une des employés communaux avait chargé le maire, au cours des auditions, en affirmant que le maire « décidait seul ».

Pour prise illégale d’intérêts, celui qui est maire de Tsingoni depuis 2014 et actuel candidat aux élections sénatoriales a été condamné à douze mois de prison avec sursis, une peine d’inéligibilité de trois ans et 15.000 euros d’amende. La vice-procureure, Delphine Moncuit, avait demandé une peine d’inégibilité de cinq ans avec exécution provisoire, ainsi que vingt-quatre mois de prison avec un sursis simple et 7.000 euros d’amende.

Deux entrepreneurs mahorais, le gérant d’une entreprise de peinture à Tsingoni et un spécialiste de l’équipement sportif du nord de Mayotte, ont été également condamnés pour avoir profité des marchés irréguliers.

Bacar Mohamed réagit à sa condamnation

Le désormais ex-maire de Tsingoni a pris acte de la décision du tribunal. Il la trouve « sévère eu égard aux griefs qui [lui] sont reprochés ». « Je fais remarquer qu’on ne me reproche ni un enrichissement personnel ni une rétrocommission quelconque », poursuit-il. Sans évoquer la prise d’illégale d’intérêts (la vente de terrains à sa fille), il dit « continuer toujours à nier avec vigueur » le délit de favoritisme. 

Sur la suite, « il appartient maintenant à mon successeur de maintenir l’unité que j’ai mise en place depuis 2014 au sein de la majorité municipale actuelle, et ce jusqu’à la fin de la mandature en cours ». Même s’il peut toujours faire appel (cela ne suspend pas la décision), il remercie sa majorité, les agents municipaux et les habitants de sa commune de leur confiance. 

« De toute évidence, face à ce procès purement politique, je ne me laisserai pas facilement abattre et me réserve le droit, en concertation avec mon avocat, de faire appel pour laver mon honneur », prévient-il.

La barge « Chatouilleuse » va entrer en scène

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1- « Chatouilleuse » (à droite) s’installe aux côtés de sa grande sœur, « Karihani ».

Présente dans le lagon depuis la semaine dernière, « Chatouilleuse », dernière-née du chantier naval de l’océan Indien (CNOI) de l’île Maurice, va bientôt accueillir ses premiers passagers. Ce mardi matin, une présentation au travers d’une conférence de presse a eu lieu sur ce nouvel amphidrome qui permettra d’embarquer 392 passagers entre Grande-Terre et Petite-Terre.

Ce mardi matin, en gare maritime de Mamoudzou, la barge « Chatouilleuse » a été présentée par les agents, les capitaines et par le directeur Moussa Kassim, du service des transports maritimes (STM) du Département en présence de Ben Issa Ousséni, président du conseil départemental, d’Ali Omar, vice-président, et de Soihirat El Hadad, conseillère départementale de Pamandzi. L’objectif de cette visite était de révéler officiellement la nouvelle barge, qui va rapidement rejoindre ses grandes sœurs.

« Chatouilleuse », mais aussi « Imane » sa sœur jumelle, ont pour avantage de pouvoir embarquer deux rangées complètes de camions, ce qui n’était pas le cas sur les anciens amphidromes tel que le Georges Nahouda. La capacité de chargement est donc passée à six camions et 24 véhicules. Ces deux barges, pourront embarquer chacune 400 passagers au total, en comptant les huit membres d’équipage. « Chatouilleuse » est plus petite que ses aînées, avec 39,50 mètres, contre 60 mètres, « pour mieux entrer dans la cale sèche au STM en Petite-Terre et ainsi, évitant les remorquages jusqu’à Maurice », explique Ali Omar, vice-président du Département, chargé des transports. La question que l’on peut se poser, c’est d’où vient le choix de ce nom, la Chatouilleuse ? Pour le vice-président, « c’est un symbole fort », qui caractérise l’attachement du Département « à la mémoire et aux grandes figures de Mayotte ».

Vers une transition écologique

Ce nouvel amphidrome participe à la modernisation de la flotte du STM, dans l’objectif « d’innover et d’installer des moteurs moins polluants », affirme Ali Omar. C’est donc dans une volonté de s’inscrire dans une démarche de transition écologique qu’a été réalisée l’acquisition de ce nouveau navire. Une stratégie également nécessaire pour l’obtention de fonds européen de développement régional (Feder), qui finance 83 % des 14,5 millions d’euros investis pour l’acquisition des deux nouveaux amphidromes, « Chatouilleuse » et « Imane ». Cette démarche se traduit principalement par l’évolution de la motorisation, adoptant le diesel électrique, qui permet ainsi que la rendre plus silencieuse et plus rapide que ses sœurs.

« La rigueur de contrôle sera renforcée »

Autre point innovant à découvrir sur cet amphidrome, la diffusion de messages de sécurité sur les écrans, se lançant automatiquement au démarrage de la barge. Également dans une dimension écologique, depuis le 1er avril, les tickets papiers ont disparu pour laisser place à une carte magnétique. En corrélation avec ce changement, « la rigueur de contrôle sera renforcée grâce à l’automatisation », prévient Ali Omar. Une surveillance accrue pour permettre « d’augmenter les recettes d’exploitation, car nous assurons seuls les charges et investissements de ces services », admet-il.

D’ici quelques jours, les passagers pourront faire la traversée à bord de la nouvelle barge. Selon le vice-président en charge des transports, sa mise en service est prévue « le plus rapidement possible ». Dès que toutes les conditions seront réunies, elle sera mise en service au niveau du quai Ballou, afin de remplacer alternativement le « Maoré Mawa » et le « Saffari ».

Des navettes maritimes et des quais rénovés

Le projet de navettes maritimes verra le jour à l’horizon 2026. Les gares maritimes devraient être implantées à Iloni et Longoni, « notre avant-projet sur les gares maritimes est en cours de finalisation avec les services de l’État » a réaffirmé le troisième vice-président du Département. D’après lui, les autorisations réglementaires seront obtenues « d’ici un an et demi », puis suivront les travaux. Simultanément, l’appel d’offres sera lancé pour un futur opérateur, qui devra « investir dans une flotte de navettes adaptées à notre lagon et aux contraintes de nombre de passagers », rappelle Ali Omar. En sus de ce projet, le Département continue d’étudier la mise en place d’un service de transport maritime de fret, en provenance de Longoni « pour désengorger le trafic des poids-lourds », notamment sur les traversées de Koungou et Kawéni. En complément, en coordination avec les services de l’État, il prépare aussi les chantiers de réparation des quais Issoufali et Ballou. Ces travaux auront lieu au cours du second semestre 2023.

Phénomène sismo-volcanique à Mayotte : Préparation sur-mesure d’une campagne explosive

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Le Bureau de recherches géologiques et minières est sur le point de réaliser une campagne de mesures dans le but de récolter des donnes nécessaires pour localiser plus précisément le phénomène sismo-volcanique. Mais avant de procéder à des tirs de charges explosives enfouies, l’établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer l’imagerie, les ressources et les risques du sol et du sous-sol doit installer tout le matériel en un temps record. Entretien avec Jean-Michel Baltassat, ingénieur géophysicien au BRGM et responsable des opérations en terre pour cette campagne.

Flash Infos : Vous venez d’enfouir l’un des 72 géophones dans le cadre d’une campagne de mesures intitulée REFMAORE sur une ligne traversant Mayotte d’Ouest en Est. En quoi consiste-t-elle ?

Jean-Michel Baltassat : Ces géophones sont des capteurs que nous mettons en place tous les 350 mètres le long d’un profil de 30 kilomètres à terre qui s’étend depuis M’Tsamboro jusqu’à la plage de Moya, pour réaliser un échantillonnage spatial régulier. Ils vont nous servir à enregistrer les zones sismiques que nous allons générer par 10 tirs de charges explosives – mises à feu au fond de forages de 25 mètres de profondeur de manière à ce que le maximum d’énergie parte dans le terrain et qu’il n’y ait pas de danger à la surface – réalisés sur la même ligne du vendredi 9 au jeudi 15 octobre. Cette ligne de mesure est également prolongée en mer sur 70 kilomètres par 10 capteurs, micro-OBS, posés au fond de l’eau par les équipes de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) depuis le Marion Dufresne.

FI : Quelles sont les particularités de ces géophones ? Quelles données supplémentaires vont-ils pouvoir nous apporter en plus de ce que nous savons déjà à l’heure actuelle ?

J-M. B. : Ce ne sont pas les géophones en particulier, mais l’ensemble de la configuration de la manipulation qui va engendrer des ondes. Nous allons faire ce que nous appelons de la sismique active par opposition à la sismique passive, qui se contente d’enregistrer les ondes générées naturellement, notamment par les séismes. Avec ce dispositif qui est bien calibré au niveau géométrique, nous allons pouvoir déterminer avec précision les vitesses sismiques en profondeur. La distribution de ces dernières, aussi bien en terre qu’en mer, va nous permettre à mieux connaître la structure de Mayotte et à mieux positionner, par la suite, les séismes qu’ils ne le sont aujourd’hui. La bonne localisation des séismes va aider à mieux comprendre les phénomènes auxquels le territoire est soumis mais également à mieux les surveiller. Mais le traitement et la valorisation de ces données vont prendre du temps… Nous n’aurons pas les résultats avant 2021 !

FI : Une fois que vous aurez réalisé ces tirs et que vous aurez récupéré ces données, qui sont censées apporter une plus-value non négligeable dans la compréhension du phénomène sismo-volcanique que subit Mayotte depuis 2018, ce type d’opération sera-t-il amené à se reproduire à l’avenir ?

J-M. B. : Nos collègues de l’Ifremer, de l’Ipgp (Institut de physique du globe de Paris) et nous-mêmes avons des propositions de compléments d’investigations, qui ne seraient plus sur un seul profil mais plus répartis spatialement, latéralement, pour avoir une vision globale en 3 dimensions de l’espace des phénomènes sur Mayotte. Présenté au financement l’année dernière, ce projet n’a pas été retenu en première analyse. Mais il est amené à être de nouveau présenté dans les prochaines années dans le but de soumettre une enquête moins profonde mais beaucoup plus détaillée pour mieux connaître la zone sismo-volcanique.

 

Maîtriser la consommation d’énergie : un enjeu crucial pour Mayotte… et nos factures !

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Le comité Maitrise de la demande en énergie, qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, lance une nouvelle campagne de communication. Objectif : inciter particuliers et entreprises à opter pour des constructions et des équipements plus performants. Avec en ligne de mire, la baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la facture énergétique.

Vous les avez peut-être aperçues dans le coin du rétro…ou bien êtes passé sans un regard. Depuis quelques jours, de grandes affiches “Oui aux offres Hodari” ont été placardées ici et là sur les routes de Mayotte : une femme y fait cramer son aile de poulet au mur, visiblement harassée par une châleur étouffante, une autre y sirote son café sous le regard envieux de ses amies. Le message vous échappe ? C’est que la marque “Hodari”, une série d’offres lancée en partenariat avec plusieurs entreprises locales par le comité Maîtrise de la demande en énergie (MDE), peine encore à se faire connaître. Son objectif, pourtant, est crucial pour Mayotte : réduire la facture énergétique du département, où 95% de l’électricité consommée provient encore de centrales alimentées au gazoil – contre seulement 5% d’énergies renouvelables.

Alors le comité, créé en 2019 et qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, entend bien changer la donne. Mais “le meilleur moyen de diminuer les émissions de carbone ainsi que sa facture énergétique est encore de ne pas consommer”, rappelle Claude Hartmann, le nouveau directeur général d’EDM. La société d’électricité organisait donc une conférence de presse ce lundi, en présence des autres acteurs du comité, pour lancer officiellement cette nouvelle campagne de communication. Celle-ci s’adresse à tous les clients de Mayotte, entreprises comme particuliers, qui souhaitent diminuer leur consommation d’énergie. Le but : favoriser l’accès à des produits éco-efficaces et matériaux non énergivores à travers des primes incitatives. Isolation du bâtiment, climatisation plus performante, ou encore chauffe-eau solaires… La promesse Hodari vante jusqu’à 30% d’économies sur la facture d’électricité ! Un coup de pouce non négligeable quand on sait que la consommation annuelle par foyer s’élève à 5.000KWh. Soit une facture de près de 650 euros par an, tout de même.

Déjà 5GWh d’électricité économisés

Le plus gros poste de consommation ? La climatisation, bien sûr ! À titre d’exemple, vous pouvez donc, grâce aux offres Hodari, remplacer votre vieux climatiseur énergivore pour un appareil de classe A+++ et bénéficier d’une prime de 500 à 900 euros, en fonction de sa puissance. Le comité MDE propose aussi des actions “non standard”, un volet consacré aux projets d’envergure, et qui vise à améliorer l’efficacité énergétique d’un bâti, d’une industrie ou d’une collectivité en passant par un bouquet de travaux. La municipalité de Koungou, via la mise en place de luminaires d’éclairage public solaire autonomes, le distributeur alimentaire Distrimax pour sa chambre froide, le promoteur immobilier CBO pour un ensemble de trois bâtiments au centre de Kawéni ou encore un particulier qui a construit sa maison avec de fortes ambitions sur sa performance énergétique en ont ainsi bénéficié. Pour toutes ses actions, en 2019, le comité estime à 5 GWh d’électricité économisés, soit l’équivalent de 1.000 foyers mahorais, pour un investissement de 2,8 millions d’euros. Et à l’horizon 2023, le MDE entend bien atteindre les 25 GWh d’économies annuelles.

Créer de nouveaux marchés

Certes, passer au tout écolo représente toutefois un investissement de taille. “Mais il y a une notion de coût global à plus long terme à faire comprendre, d’où l’importance de mener un travail de sensibilisation”, déroule Yann Le Bigot, ingénieur à l’Ademe. Outre des campagnes sur les offres MDE, le comité finance aussi des actions de terrain menées par l’Espace Info Énergie, qui intervient en milieu scolaire, organise des tournées dans les villages ou les entreprises, et fait le relais entre particuliers et constructeurs afin de faire comprendre les avantages des équipements performants.

L’autre risque pour le comité : voir les commerçants augmenter leur prix, ce qui annihilerait de facto l’effet des primes. L’ensemble des acteurs présents assure avoir conscience de cette possibilité. “Mais nous constatons aussi l’arrivée de nouveaux acteurs sur ces marchés, qui se développent justement grâce à ce type d’offres, ce qui permet de créer la concurrence et de maintenir les prix”, analyse Yann Le Bigot. En effet, via son réseau de partenaire, l’offre Hodari entend aussi encourager les filières locales. Comme par exemple, la brique de terre compressée, un matériau utilisé par le passé et qui trouve une nouvelle jeunesse depuis que la filière a été relancée cette année, en lien avec la Chambre des métiers et de l’artisanat. “Aujourd’hui, nous avons huit partenaires. C’est une très bonne chose, car il s’agit là d’un matériau noble, avec un pouvoir d’isolant non énergivore”, salue Christian Freu, responsable pôle transition énergétique et innovation chez EDM.

Augmenter la part des énergies renouvelables

De belles avancées, donc. Mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt. Avec la croissance démographique record que connaît le département, et une croissance de la consommation d’énergie moyenne de 5% par an, le passage à une production d’électricité issue d’énergies renouvelables est une priorité pour Mayotte. “Nous pouvons techniquement monter à 30% de photovoltaïque dans le mix énergétique, et le réseau est prêt à le supporter”, souligne Claude Hartmann. D’autant plus que les systèmes pour stocker cette énergie – et ainsi la mettre à profit pour les pics de consommation qui surviennent généralement à la nuit tombée – existent. Les nouveaux appels d’offre dans le cadre de la prochaine Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) devront aller dans ce sens.

26ème édition du festival de l’image sous-marine à Mayotte en hommage à Jack Pass

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La 26ème édition du festival de l’image sous-marine a un peu de retard cette année, mais elle aura bien lieu du 7 au 10 octobre. Elle aura une ambiance quelque peu particulière puisque pour la première fois depuis sa création, son fondateur Jack Pass n’y participera pas.

Le père fondateur du festival de l’image sous-marine nous a quittés au mois d’août dernier, mais l’évènement n’est pas prêt de disparaître. L’agence de communication Angalia qui a aidé le défunt à l’organiser ces 4 dernières années, a entièrement pris les rênes cette année suite à sa disparition. Jack Pass a tout de même aidé à l’élaboration de cette nouvelle édition de son vivant, en début d’année. L’apparition du virus a également joué les troubles fêtes et a chamboulé le cours des évènements. Le festival qui a habituellement lieu au mois de mai, se déroulera finalement en octobre. Toutefois, il ne perd pas son sens premier. Les concours sont maintenus, et il existe trois catégories : celui du film, de la photo et du dessin. Les lauréats du concours du film et de la photo ne sont pas encore connus. Le jury n’a pas pu délibérer à cause de la crise sanitaire. Seuls ceux du concours de dessins ont été désignés. Il s’agit de 20 enfants qui gagnent une séance de plongée. Le festival débutera mercredi 7 octobre par un hommage à Jack Pass avec la diffusion du film La flèche et l’épée d’Éric Keyser, qui parle entre autre de celui qui est aussi à l’origine de la mythique course de pneus.

Au total 19 films seront projetés, 78 photos seront exposées ainsi que 103 dessins d’écoliers. « C’est une programmation ambitieuse parce que trouver des films de 52 minutes, ce n’est pas simple. Mais on a un festival qui est complet et on est fiers quand on sait le temps qui nous a été imparti et la complexité du départ de Jack et la covid », souligne Laurent Mounier, gérant de l’agence Angalia. Les organisateurs ont tout de même dû revoir leurs ambitions à la baisse puisque le nombre de visiteurs à été réduit de moitié. En temps normal, les séances peuvent accueillir jusqu’à 250 personnes. À cause des restrictions sanitaires, leurs nombres seront limités à 130.

L’évolution du festival sans Jack Pass

« Notre philosophie est de maintenir tout ce qui a été fait par Jack Pass et on le développe. » Le gérant de l’agence Angalia est clair, il est hors de question de modifier l’essence même du festival. Mais les nouveaux organisateurs voient grand. Ils ont trois objectifs bien définis. « On veut poursuivre le travail de sensibilisation auprès des scolaires en donnant accès aux films gracieusement aux écoles qui le demandent pendant la période du festival », explique Laurent Maunier. À l’exemple de La Réunion qui a mis en place ce système depuis deux ans. Cela permet d’augmenter considérablement le nombre de vues. Mais leur ambition va bien au-delà, puisque le festival de l’image sous-marine de Mayotte veut s’exporter sur le territoire national. « L’idée est de participer au festival de La Réunion et celui d’Hyères. On va travailler ensemble pour mutualiser des images, des expériences, et faire diffuser les conférences sur l’ensemble des festivals », précise Laurent Maunier.

Enfin, les organisateurs veulent favoriser les productions mahoraises. Pour cette édition, seulement 5 films ont été produits localement. Le vouloir est une chose mais le concrétiser en est une autre. Pour le moment, l’agence Angalia ne sait pas de quelle manière elle procèdera pour que les habitants aient envie de filmer ou de prendre en photo le lagon du 101ème département.

Octobre Rose : une matinée de sensibilisation et de dépistage au Département-Région

Octobre Rose : une matinée de sensibilisation et de dépistage au Département-Région

Dans le cadre d’Octobre Rose, le Département-Région de Mayotte organise, jeudi 22 octobre, de 8h à 13h, une matinée de prévention et de dépistage du cancer du sein à destination de ses agents. Deux camions de la Protection maternelle et infantile (PMI) seront mobilisés pour proposer des consultations individuelles et des palpations mammaires réalisées par des sages-femmes. Trois stands d’information et de sensibilisation seront également installés au préau de la collectivité, avec la participation du Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC), de Nariké Msada et d’Endo Mayotte. L’événement se déroulera au préau et dans le jardin du Département-Région, à Mamoudzou.

Jeux des îles 2027 : le staff des sélections mahoraises de basket-ball se met au travail

Jeux des îles 2027 : le staff des sélections mahoraises de basket-ball se met au travail

La préparation des Jeux des îles de l’océan Indien 2027 s’accélère pour les sélections féminine et masculine de basket-ball de Mayotte. Martial Domergue, manager général, et les entraîneurs Christian Devos et Faiz Subra sont arrivés sur le territoire dimanche 18 octobre pour entamer une mission de préparation. Après un appel à candidatures et des entretiens, cinq entraîneurs ont été retenus pour constituer le staff technique : Christian Devos, Xavier Rassamani (Vautours), Antoumani (TCO), Daka Winston (entraîneur adjoint à Kawéni) et Faiz Subra (entraîneur des U18 à Avignon). Leur travail consiste désormais à définir les orientations de jeu et à observer les joueurs et joueuses sur le terrain afin d’établir une première présélection pour les Jeux de 2027.

Après un cancer, la reprise du travail

Après un cancer, la reprise du travail

La première édition mahoraise de « Reconversion & Rémission » s’est tenue mercredi 21 octobre, à la technopole de Dembéni, dans le cadre d’Octobre rose. Organisée par le think tank Au-delà de la Résilience France Outre-Mer, avec Transitions Pro Mayotte et le soutien du Département-Région, cette journée était consacrée au retour et au maintien dans l’emploi des personnes touchées par un cancer. Plus de vingt institutions et organisations professionnelles étaient associées à cette initiative, notamment France Travail, la Mission locale, la DEETS et la MDPH. Au programme : des échanges sur les difficultés d’accès aux droits, la formation, le handicap et la reconversion professionnelle après la maladie. Les contributions recueillies doivent alimenter une cartographie des dispositifs d’accompagnement disponibles à Mayotte ainsi qu’un Livre blanc, dont la restitution est prévue en 2027. L’événement était organisé simultanément à Paris, en Guadeloupe et en Martinique, avec une participation du Togo.

Second hôpital à Combani : le CHM lance un appel d’offres pour vérifier la pollution des sols et des bâtiments

Second hôpital à Combani : le CHM lance un appel d’offres pour vérifier la pollution des sols et des bâtiments
* image d'illustration générée par ia

Le projet de construction du second site du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) à Combani franchit une nouvelle étape préparatoire. Dans un avis d’appel d’offres publié le 19 octobre 2026, le CHM recherche des entreprises pour réaliser des diagnostics de pollution des sols et des bâtiments sur le site prévu pour accueillir le futur hôpital. L’objectif est de mieux connaître l’état du terrain avant la réalisation du futur établissement, dont l’ouverture est actuellement envisagée à l’horizon 2036, selon le CHM.

Le marché est divisé en deux lots : le premier concerne l’analyse de la pollution des sols, tandis que le second porte sur le diagnostic des bâtiments. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 20 novembre 2026 à 14 heures pour déposer leurs offres. Selon l’avis de marché, le projet doit être financé intégralement par des fonds de l’État.

Cette consultation s’inscrit dans une série d’études préparatoires au futur chantier. Début octobre, le CHM avait également publié un appel d’offres pour des levés topographiques, destinés à caractériser précisément le terrain. Des études géotechniques font elles aussi l’objet d’une consultation, dont la date limite de remise des offres est fixée au 21 octobre.

Ce futur établissement doit renforcer l’offre de soins sur l’île, alors que le CHM dispose actuellement de 573 lits et places répartis sur cinq sites. À ce stade, ces marchés concernent des études et des diagnostics préparatoires : ils ne signifient pas que les travaux de construction du second hôpital ont commencé.

Fibre optique à Mayotte : Orange sommé de suspendre son déploiement par l’Autorité de la concurrence

Fibre optique à Mayotte : Orange sommé de suspendre son déploiement par l’Autorité de la concurrence

L’Autorité de la concurrence a ordonné, ce mercredi 21 octobre, à Orange de suspendre la poursuite de son déploiement de la fibre optique à Mayotte. Elle estime que la stratégie de l’opérateur, qui a entrepris de raccorder cinq communes sur ses fonds propres, menace l’équilibre financier du projet de couverture de l’ensemble du territoire porté par Mayotte THD. Orange conteste cette décision et annonce son intention de faire appel.

Saisie par les sociétés Réunicable et Mayotte THD, ainsi que par le Département-Région, l’Autorité de la concurrence a prononcé, mercredi 21 octobre, des mesures conservatoires à l’encontre d’Orange. Elle considère que les pratiques de l’opérateur sont « susceptibles de constituer un abus de position dominante » et portent une « atteinte grave et immédiate » au secteur, aux entreprises plaignantes et aux consommateurs mahorais.

Au coeur du différend, deux projets de déploiement concurrents. Le 14 janvier 2025, le Département-Région avait signé une délégation de service public (DSP) avec Réunicable, dont la filiale Mayotte THD est chargée de déployer et d’exploiter un réseau de fibre optique couvrant les 17 communes de l’île. Orange, qui avait également participé à l’appel d’offres, a toutefois décidé, deux mois plus tard, de lancer son propre réseau dans cinq communes parmi les plus peuplées et les plus rentables du territoire.

Cette décision intervient après le passage du cyclone Chido, qui avait détruit les trois quarts des infrastructures aériennes du réseau cuivre en décembre 2024. Plutôt que de reconstruire intégralement ce réseau, destiné à disparaître d’ici 2030, Orange a choisi de le remplacer par la fibre dans ces cinq communes, avec un objectif de 27 771 prises raccordables à l’horizon 2030.

Un projet de couverture de toute l’île fragilisé

Pour l’Autorité de la concurrence, cette initiative, engagée sans concertation préalable avec le Département-Région et Mayotte THD, compromet l’équilibre économique de la délégation de service public. Selon les estimations de Mayotte THD, les cinq communes ciblées par Orange représentent près de 70 % des recettes attendues du réseau public. Ces revenus devaient notamment permettre de financer les infrastructures dans les communes moins densément peuplées, où le déploiement est plus coûteux et moins rentable.

La coexistence des deux projets a également entraîné le gel de l’instruction de la demande de financement public par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Celle-ci considère que le déploiement de deux réseaux sur les mêmes zones va à l’encontre des objectifs du Plan France Très Haut Débit. L’engagement financier de l’État se retrouve ainsi compromis, alors que le Département n’a pas les moyens de prendre en charge le surcoût.

Les conséquences pourraient être importantes pour les habitants. L’Autorité souligne que les douze communes non concernées par le projet d’Orange, qui représentent environ 42 % de la population et des entreprises de Mayotte, risquent de rester durablement privées d’accès à la fibre optique. Une situation qui accentuerait les inégalités d’accès au très haut débit sur le territoire.

Orange contraint de revoir son déploiement

Face à ces risques, l’Autorité de la concurrence impose à Orange de suspendre son projet de déploiement ainsi que ses démarches commerciales auprès des autres opérateurs en dehors des zones où son réseau est déjà déployé.

L’entreprise devra également transmettre à l’Arcep et au Département-Région un état des lieux des infrastructures déjà installées, ainsi qu’un rapport sur l’état du réseau cuivre. Elle devra, par ailleurs, garantir à Mayotte THD l’accès aux infrastructures de génie civil qu’elle contrôle, lorsque cela est nécessaire à la réalisation du réseau public.

Ces mesures restent provisoires, dans l’attente d’une décision sur le fond du dossier. Orange pourra en demander la révision, notamment en cas de retard anormal du réseau public, d’accord de déploiement commun couvrant l’ensemble de Mayotte ou de modification de la délégation de service public tenant compte des infrastructures déjà installées.

Orange annonce son intention de faire appel

Ce mercredi, Orange dénonce dans un communiqué une décision « infondée du point de vue du droit » et qui, selon l’opérateur, « porte atteinte à la liberté d’entreprendre sur le territoire ». Le groupe annonce qu’il va engager les procédures nécessaires pour faire appel.

L’entreprise affirme avoir déployé, sur ses fonds propres et sans subvention publique, plus de 15 000 prises raccordables, permettant à plusieurs milliers de particuliers et d’entreprises d’accéder à la fibre. Elle met également en garde contre les conséquences de l’arrêt du déploiement sur la sous-traitance locale, qui emploie des Mahorais.

Contrairement aux conclusions de l’Autorité sur l’absence de concertation préalable, Orange assure avoir toujours recherché le dialogue avec les autres parties prenantes et la complémentarité avec le réseau public, sans avoir obtenu de réponse favorable à ses propositions.

Fibre optique : chronologie d’un bras de fer

Le conflit remonte au printemps 2025. Après l’attribution de la délégation de service public à Réunicable, Orange entreprend de déployer son propre réseau dans cinq communes. Dès avril 2025, le président du Département, Ben Issa Ousseni, alerte le gouvernement sur les conséquences de cette initiative pour le projet public.

Les alertes se multiplient. Le groupe Océinde, maison mère de Réunicable, saisit l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) le 17 avril 2025. Dans un courrier du 12 juin, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, reproche à Orange une initiative s’apparentant à un « passage en force ». En octobre, le sénateur Saïd Omar Oili interpelle à son tour le gouvernement. Le 8 janvier 2026, la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, lui répond que le déploiement d’un réseau privé par Orange est conforme au droit et appelle les opérateurs au dialogue.

Parallèlement, Réunicable et Mayotte THD saisissent l’Autorité de la concurrence en novembre 2025, avant d’être rejoints par le Département-Région en mars 2026. Le 10 mars, Le Monde révèle un arbitrage de Matignon favorable à la poursuite du déploiement d’Orange. Une décision dénoncée par Océinde dans une tribune publiée le 24 mars.

La contestation gagne ensuite la rue. En avril, plusieurs associations organisent un sit-in devant les locaux d’Orange à Kawéni. Le 26 mai 2026, l’Assemblée de Mayotte adopte à l’unanimité une motion pour défendre le réseau public et réclamer la signature de la convention de financement de 55 millions d’euros promise par l’État. Une demande restée sans résultat à ce stade : cinq mois plus tard, l’Autorité de la concurrence constate que le versement de la subvention demeure gelé en raison du risque de double déploiement. Sa décision du 21 octobre, imposant à Orange de suspendre son projet, marque toutefois une première avancée pour la collectivité et Mayotte THD.

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« Écoutez Mayotte » : les jeunes prennent la parole et interpellent les adultes

« Écoutez Mayotte » : les jeunes prennent la parole et interpellent les adultes
Antoine Guillot, de la compagnie Caravelle, a appris aux jeunes les bases du fonctionnement d’un plateau radiophonique

Papiers, insécurité, violences, tabous familiaux… À travers un podcast itinérant, des jeunes Mahorais ont exprimé les difficultés qui les empêchent de construire leur avenir. Vendredi 16 octobre, au pôle d’excellence de Coconi, ils ont confronté leurs témoignages aux réactions de professionnels du secteur social et de la santé.

« Écoutez Mayotte » : le titre du podcast résume l’ambition du projet mené par les associations Haki za Wanatsa et les Céméa. Durant une semaine, des jeunes de plusieurs villages, notamment Hagnoundrou, Tsararano, Mroalé et Combani, ont appris les techniques de la radio avec Antoine Guillot, de la compagnie Caravelle, pour s’exprimer librement sur les sujets qui les préoccupent. Lors du dernier atelier, vendredi, ils ont identifié trois « murs » qui se dressent devant eux : les papiers, l’insécurité et le poids des traditions.

Sans papiers, quel avenir ?

Premier obstacle évoqué : l’impossibilité pour certains jeunes de poursuivre leurs études ou de travailler faute de titre de séjour. À quoi bon obtenir un diplôme si aucune perspective ne s’ouvre ensuite ? Les démarches administratives, les difficultés à obtenir un rendez-vous ou les documents nécessaires à une régularisation alimentent leur découragement. Certains finissent par traîner dans les rues, exposés à l’influence des « dakous » (les délinquants).

Sur les causes de la délinquance, les avis divergent. Pour Ismahane, certains recherchent avant tout « l’argent facile », préférant voler plutôt que travailler. Natacha y voit surtout les conséquences de l’absence de papiers : ces jeunes « veulent ce que les autres ont ». Hadidja, quant à elle, propose de leur offrir des occupations, des formations et des perspectives pour éviter qu’ils ne basculent dans la violence. Les participants rappellent aussi qu’ils sont souvent les premières victimes de l’insécurité et hésitent à porter plainte par peur des représailles. En effet, selon une enquête menée par l’INSEE en 2020, les jeunes hommes de moins de 25 ans sont les premières victimes des vols avec violences ou menaces. Les jeunes hommes et femmes sont également les premières victimes des caillassages puisque les bus scolaires sont régulièrement pris pour cible.

« On ne peut pas critiquer les parents, sinon ça finit en karaté »

Autre mur, plus intime : les non-dits familiaux. Dans une société où consulter un psychologue reste parfois assimilé à « être fou », les jeunes regrettent de ne pas pouvoir confier leurs difficultés à leurs propres parents. « Parler à un psy permet de libérer des choses qu’on a dans le cœur », estime Asma. Mais contester les habitudes familiales peut avoir un prix : « On ne peut pas critiquer les parents, sinon ça va finir en karaté et l’enfant va finir dehors », lance un participant.

La question est particulièrement sensible lorsqu’il s’agit de violences sexuelles ou intrafamiliales. Les jeunes dénoncent le silence imposé au nom de l’honneur familial, la peur de ne pas être crus et les représailles possibles. Ils veulent rompre avec ces pratiques et se considèrent comme les « pionniers » d’une génération décidée à faire évoluer les mentalités. Leur demande est simple : pouvoir parler sans être jugés.

Un dialogue entre deux générations

Face à eux, des représentants du Département, de diverses associations sociales et des professionnels de santé ont reconnu l’importance de cette prise de parole. Mohamed Moindjié, directeur adjoint au pôle santé, solidarité et action sociale du Département, a souligné la profondeur des mutations de la société mahoraise. Autrefois, l’éducation des enfants relevait de toute la communauté. Mais avec la croissance démographique et l’évolution des modes de vie, ce fonctionnement n’est plus adapté. « On a loupé quelque chose dans la transmission des valeurs aux enfants », reconnaît-il, évoquant le fossé qui sépare désormais les générations. « Quand je parle de mon histoire, mes enfants ont l’impression que je vis dans « un autre monde » et j’ai la même impression quand ce sont eux qui me parlent de leur vie », développe-t-il.

Leïla, éducatrice en pédopsychiatrie, observe que les parents eux-mêmes s’interrogent sur leurs relations avec leurs enfants. « Ils sont souvent perdus et ne savent plus comment élever leurs enfants », affirme-t-elle. Quant aux problèmes de papiers, les professionnels reconnaissent leurs limites : les associations peuvent accompagner les jeunes, mais ne disposent pas des moyens de résoudre leurs difficultés administratives. « On n’a pas le bras assez long pour les aider avec la préfecture », résume une éducatrice avec un brin d’humour qui n’en reflète pas moins une réalité bien concrète.

Mohamed Moindjié rappelle toutefois que les situations sont diverses et que certains dispositifs d’accompagnement à la régularisation administrative des jeunes bacheliers qui ont obtenu la mention « très bien » existent, même s’ils restent insuffisamment développés. Une réponse qui ne dissipe pas les inquiétudes des participants. « On a peur que les grandes personnes nous trahissent », confient les jeunes, qui ont repris brièvement la parole à la suite de l’intervention des adultes. Collectivement, ils ont lancé cet appel : « On aimerait bien que vous alliez davantage vers nous. On vous attend dans nos villages ! ».

Si aucune solution immédiate n’a émergé de cette rencontre, le dialogue s’est engagé. Les six épisodes d’« Écoutez Mayotte » doivent être diffusés sur PodCloud et une chaîne Youtube spécialement dédiée à ce podcast, et à ceux qui seront créés par les jeunes ensuite, sera très prochainement créée par Antoine Guillot. Le matériel acquis pour le projet et les apprentissages réalisés au cours de cette semaine, permettront en effet aux jeunes de poursuivre cette expérience radiophonique.

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Corps inanimé découvert à Labattoir : l’inhumation prévue vendredi

Corps inanimé découvert à Labattoir : l’inhumation prévue vendredi

En attente de pouvoir récupérer la dépouille conservée à la morgue de Mamoudzou depuis plusieurs semaines, la famille du conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir Omar Ali annonce l’inhumation de leur fils, Dhoiffir Assani, à Labattoir, demain, vendredi 23 octobre 2026. Le procureur de la République aurait confirmé à l’élu, mercredi, qu’il pourrait enfin disposer du corps de son fils afin de procéder à son enterrement, sous réserve d’un accord avec la municipalité de Dzaoudzi-Labattoir sur les démarches administratives réglementaires.

La dépouille de Dhoiffir Assani, découverte le 24 septembre 2026 dans un caniveau à Labattoir, au lieu-dit Mangamagari, pourrait ainsi bénéficier d’une sépulture et de funérailles dignes ce vendredi. Cette information a été communiquée mercredi 21 octobre 2026 par plusieurs membres de sa famille, à la suite d’un échange jugé « très constructif » avec le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Mamoudzou.

Quelques éléments d’information auraient été communiqués au père biologique du défunt présumé, Dhoiffir Assani, l’actuel conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir, Omar Ali. Ce dernier a lui-même évoqué la possibilité d’une mise en terre vendredi, sous réserve d’un accord sur ce point avec Freddy Novou, l’actuel maire de la commune.

Cependant, le mystère demeure entier quant aux circonstances et aux causes exactes du décès de ce jeune homme d’une trentaine d’années, originaire des deux communes de Petite-Terre.

« Une enquête est actuellement diligentée par les services compétents. Elle s’annonce assez complexe, et le parquet n’exclut pas de communiquer prochainement sur la base d’éléments partiels », a indiqué Omar Ali à la rédaction de Flash Infos, mercredi matin.

En début de semaine, la famille de Dhoiffir Assani s’inquiétait encore de ne pas pouvoir récupérer sa dépouille afin d’organiser des obsèques conformes à la tradition musulmane, religion de ses deux parents.

Cet échange avec le parquet de Mayotte faisait suite à un courrier adressé la veille par le conseiller départemental Omar Ali, le deuxième en l’espace de plusieurs semaines. Dans cette lettre, il demandait aux autorités judiciaires l’autorisation de récupérer la dépouille découverte dans un caniveau de Labattoir, sous réserve qu’il soit effectivement confirmé qu’il s’agissait de celle de son fils.

Dans les heures qui ont suivi cette macabre découverte, l’élu avait été invité par les enquêteurs de la gendarmerie nationale à fournir un échantillon de son ADN afin de le comparer à celui prélevé sur le corps retrouvé sans vie.

L’état physique de la dépouille au moment de sa découverte n’aurait pas permis une identification formelle. Selon ses proches, Dhoiffir Assani avait disparu depuis le 7 septembre 2026.

L’élu et ses proches s’étaient plaints de ne disposer d’aucune information précise sur l’enquête en cours, pas même d’une confirmation de la concordance entre son ADN et celui de la dépouille, qui avait fait l’objet d’une autopsie le 29 septembre 2026, pratiquée par un médecin légiste venu de La Réunion.

Il veut connaître la vérité sur les circonstances exactes du décès de son fils pour pouvoir lui rendre hommage dignement

La situation reste particulièrement éprouvante pour le père et la mère de Dhoiffir Assani. À l’issue de l’échange de mercredi matin avec le procureur de la République, la famille a compris que les éléments communiqués permettaient de considérer que le corps découvert le 24 septembre était bien celui de leur fils. Cette perspective aurait ainsi mis un terme à plusieurs semaines d’angoisse.

L’inquiétude de la famille s’était encore accentuée après que le parquet eut demandé la prolongation de la conservation du corps à la morgue de Mamoudzou, pour les besoins d’investigations complémentaires.

« Pour nous, le plus dur a été de ne disposer d’aucune information durant tout ce temps sur la certitude de l’identité du corps, sur ce qu’étaient devenues les analyses complémentaires et sur les conclusions qui en avaient été tirées, dans la mesure où la loi nous permettait d’y avoir accès. Nous ne savions pas non plus si le corps allait nous être restitué un jour ni quelles démarches nous devions effectuer pour pouvoir le mettre en terre », a confié Omar Ali à Flash Infos.

La mère de Dhoiffir Assani résidant en métropole, il incombe au conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir de prendre en charge l’ensemble des démarches administratives préalables à l’inhumation de son fils.

« Outre le fait que cette situation a été très douloureuse pour toute ma famille, je souhaite avant tout connaître la vérité sur ce qui est arrivé à mon fils. Cela me permettra de lui rendre hommage dignement », a précisé Omar Ali.

Les frais liés à l’autopsie, à la conservation du corps pour les besoins de l’enquête et à son transfert au cimetière devraient être pris en charge conjointement par l’État et la commune de Dzaoudzi-Labattoir, conformément aux dispositions légales applicables, la dépouille ayant été retrouvée dans un espace relevant de la gestion communale.

Ainsi, Dhoiffir Assani pourrait reposer en paix dans sa dernière demeure dès demain, vendredi, si aucune contrainte liée aux procédures administratives ne vient empêcher son inhumation. Une éventualité que sa famille, déjà très éprouvée, espère vivement éviter.

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« Voir les autres agir pendant que nous sommes dans le silence » : trois lycéennes face à une mobilisation en suspens à Mayotte

« Voir les autres agir pendant que nous sommes dans le silence » : trois lycéennes face à une mobilisation en suspens à Mayotte
"La jeunesse dorée contre l’État", proclame la banderole brandie par les lycéens devant le lycée Younoussa-Bamana, à Mamoudzou, le 9 octobre, dernier jour avant les vacances scolaires.

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Alors que les vacances scolaires touchent à leur fin, trois lycéennes du lycée Younoussa-Bamana, à Mamoudzou, suivent à distance la poursuite du mouvement lycéen dans l’Hexagone. Entre fierté de voir la mobilisation s’étendre, frustration face au manque de réponses à leurs revendications et sentiment d’invisibilité de Mayotte dans les débats nationaux, elles s’interrogent sur l’avenir du mouvement et sa reprise à la rentrée.

Douze jours après le début des vacances scolaires à Mayotte, alors que le mouvement lycéen s’inscrit désormais dans une mobilisation plus large dans l’Hexagone, où des centaines de milliers de personnes ont manifesté samedi 17 octobre, sur fond d’affrontements avec les forces de l’ordre, de pillages et de dégradations, comment les lycéens mahorais, mobilisés dès les premières manifestations, perçoivent-ils cette évolution ? Comptent-ils reprendre la mobilisation à la rentrée ?

Avant les vacances, le rectorat de Mayotte avait annoncé, mardi 6 octobre, la mise en place d’une plateforme nationale pour recueillir les revendications des lycéens. La rectrice présentait alors cette démarche comme “une première étape”, avant un travail avec les établissements et les partenaires concernés pour identifier les réponses possibles à court et à long terme. Les représentants des élèves ont également été informés de la consultation nationale lancée sur la plateforme Agora, accessible jusqu’au vendredi 23 octobre 2026.

Ces réponses n’ont toutefois pas suffi à apaiser la mobilisation. Le vendredi 9 octobre, dernier jour avant les vacances, entre 100 et 200 lycéens du lycée Younoussa-Bamana, à Mamoudzou, se sont réunis devant l’établissement, une banderole “La jeunesse dorée contre l’État” à la main. Si la mobilisation avait perdu en intensité au fil des jours, les prises de parole témoignaient encore d’une certaine vitalité.

Ce mercredi 21 octobre, à cinq jours de la rentrée, Zamila, 17 ans, porte-parole de la mobilisation lycéenne, Chafika et Shayna, toutes deux âgées de 16 ans et scolarisées en terminale, livrent leur regard sur l’évolution du mouvement et ses perspectives à Mayotte.

« Voir les autres agir pendant que nous sommes dans le silence » : trois lycéennes face à une mobilisation en suspens à Mayotte
Zamila, porte-parole de la mobilisation lycéenne, le 6 octobre. Elle n’exclut pas une reprise du mouvement si
l’administration n’apporte pas de réponses concrètes aux revendications des élèves.

Flash Infos : Comment suivez-vous les manifestations dans l’Hexagone pendant les vacances ? Est-ce que les images vous inquiètent, vous motivent ou finissent par vous fatiguer ?

Zamila : “Je suis les manifestations principalement sur TikTok. Je ne parlerais pas d’angoisse, mais plutôt de fierté quand je vois ces images. Une fierté qui vient atténuer la déception face à l’inaction sur notre territoire. Voir les autres agir pour leurs droits, pendant que nous sommes dans le silence…”.

Chafika : “Je suis également le mouvement à travers les réseaux sociaux. Le voir continuer me motive à persister dans ma démarche de défense de nos revendications. Mais cela reste frustrant de voir que les difficultés que nous rencontrons à Mayotte semblent souvent passer au second plan”.

Shayna : “Je préfère suivre les mouvements via les réseaux sociaux ou sur les comptes officiels des médias car je ne fais plus confiance à la télévision. Suivre le mouvement, pour être honnête, me procure un réel plaisir, en dehors des petits commerces pillés, qui, eux, me déchirent le cœur. Au début du mouvement, j’y voyais une plus grande légitimité à Mayotte et ça me motivait de voir que ce mouvement se répandait de plus en plus. Aujourd’hui, je perds espoir petit à petit et je finis par accepter qu’on nous obligera peut-être toujours à accepter cette situation”.

F.I : Pendant les vacances, continuez-vous à échanger entre vous et à vous organiser pour envisager la suite du mouvement à Mayotte ?

Zamila : “Les discussions se sont poursuivies pendant les vacances, notamment pour organiser une manifestation le samedi 17 octobre, mais celle-ci n’a finalement pas abouti. Il n’y a eu personne au rendez-vous, hormis quelques membres de l’organisation. Une nouvelle déception”.

Chafika : “Nous continuons à échanger sur les réseaux sociaux, même si chacun est aussi occupé de son côté. Malheureusement nous n’étions pas nombreux samedi, ce manque de participation s’explique en partie par le fait que chacun comptait sur les autres pour venir. Finalement, nous nous sommes retrouvés à moins d’une dizaine d’élèves”.

Shayna  : “Il y a encore des échanges, des propositions d’idées pour se faire entendre plus loin. On essaye notamment de contacter des médias nationaux, mais si ce n’est pas eux qui nous contactent, malheureusement, il est dur de pouvoir communiquer. Malheureusement, samedi dernier, nous n’étions pas nombreux : 8 élèves et 10 professeurs. J’ai pensé à questionner mes camarades sur la raison de leur absence et leurs réponses étaient communes : “ça ne sert à rien”, “j’ai la flemme de perdre mon temps”, “ça ne marchera pas”, “de toute façon, on est habitués”. Ça m’a déçue de tout le monde et m’a déchiré le cœur, bien que je comprenne”.

F.I : Les manifestations dans l’Hexagone ont été marquées par des affrontements, des dégradations, des pillages. Que pensez-vous de ces violences ? Risquent-elles de masquer vos revendications ou vous semblent-elles parfois nécessaires pour être entendues ? 

Zamila : “Les revendications sont masquées par les violences à cause des angles sur lesquels certains médias décident de cadrer leurs sujets. Mais ces violences restent nécessaires pour être vus et entendus, et ce depuis la nuit des temps. Nos droits actuels ont été acquis par des gens qui ont pris le risque d’agir dans l’illégalité. Nous ne pensons pas que de simples dialogues pacifiques vont nous permettre, à notre tour, d’obtenir les nôtres. Nous aurions voulu emprunter un autre chemin, mais nous avons malheureusement l’impression que c’est le seul qui puisse nous permettre d’obtenir quelque chose”.

Chafika : “Je ne prétends pas excuser les violences, mais parfois elles peuvent sembler être le seul moyen d’attirer l’attention. Paradoxalement, elles finissent par devenir le centre des débats, alors que les revendications devraient rester au cœur des discussions”.

Shayna : “Les violences ce n’est qu’une réponse face au ras-le-bol. De plus, remarquez qu’il n’y en a jamais avant l’intervention abusive des forces de l’ordre. Même dans notre lycée, ça finissait mal uniquement quand ils étaient présents, armés de la tête aux pieds, avec des gaz, pour soi-disant nous montrer qu’ils sont prêts à intervenir quand notre seule position face à eux c’est de tendre les bras pour montrer nos pancartes. Dans tous les cas, c’est une colère légitime qui sert à nous faire entendre. De nombreux lycées n’ont eu aucune écoute avant cela. Dans l’Hexagone ils ont dû se sentir dénigrés par le fait qu’en 3 jours de manifestations qui ont un peu débordé dans notre lycée à Mayotte, la rectrice a accepté de recevoir les 33 établissements, dont 11 lycées, en visioconférence. En ayant vu ça, pour moi, les violences ne sont plus nécessaires, elles sont obligatoires dans la limite du raisonnable : pas de pillages de petits commerces, pas d’armes parmi les manifestants, rien qui puisse être désavantageux physiquement pour les manifestants”.

F.I : Emmanuel Macron a pris la parole suite au 17 octobre, que retenez-vous de son intervention ? Avez-vous le sentiment que vos revendications ont été entendues ?

Zamila : “Les paroles du président sont absurdes. Il tourne autour du pot, sans proposer de solution concrète ni donner de direction. Nos revendications sont mises à l’écart. De notre point de vue, son discours était presque inutile”.

Chafika : “Concernant les propos du président, je les ai trouvés franchement presque inutiles. En réalité, il n’a à aucun moment répondu aux revendications des manifestants. Il s’est surtout concentré sur les dégradations. Je trouve donc que ses déclarations n’ont fait qu’accentuer la colère des manifestants”.

Shayna : “Il n’est même pas nécessaire d’en parler. Il n’y a rien à dire, si ce n’est des critiques face à une situation que son gouvernement a causée. C’est affligeant de voir qu’il n’a même pas songé à parler des territoires d’outre-mer, des différentes revendications et de tout le reste qu’il est préférable de ne pas citer puisqu’il n’a parlé de rien. On ne peut pas provoquer une guerre contre son propre peuple en tant que président et remettre la faute au peuple lui-même quand il contre-attaque”.

F.I : Mayotte et les autres territoires ultramarins vous semblent-ils absents des débats nationaux ? Comment vivez-vous ce manque de visibilité ?

Zamila : “Cette absence nous inquiète et nous déçoit, car nous sommes bien plus légitimes à manifester que certains et pourtant, nous ne le faisons pas. Nous avons subi une grande invisibilité médiatique au début, mais c’est en forçant les choses que nous avons réussi à nous faire entendre au niveau national et international. Nous nous attendions à ce que cela continue sur cette lancée, mais ce relâchement, le 17, a réduit nos efforts à néant”.

Chafika : “Oui, l’invisibilisation des Outre-mer, et particulièrement de Mayotte, m’inquiète. Nous sommes aussi concernés par les difficultés rencontrées à l’échelle nationale, mais nous devons également faire face à des problèmes propres à notre territoire, tels que l’accès à l’eau, le coût de la vie, les difficultés d’accès aux soins et l’insécurité. Le fait que Mayotte soit si peu présente dans les discussions nous inquiète, car nos difficultés ne s’arrêtent pas aux portes du lycée, elles vont bien au-delà. Et cette situation devient de plus en plus difficile à supporter”.

Shayna : “L’absence de Mayotte et des autres DROM dans les débats, en plus de m’inquiéter, me met dans une colère inexplicable. Nous sommes de plus en plus oubliés, pourtant la situation empire. Laisser une partie de la population se dire “c’est pas grave, on est habitués” quand la situation ne ressemble plus à la France, c’est une des plus grandes hontes. J’ai honte aujourd’hui. Honte de ne plus savoir si je suis réellement considérée pour eux comme française. Honte que la France sur laquelle je vis ne puisse pas nous donner ne serait-ce que le minimum pour vivre comme de vrais Français. Comment l’Hexagone et les territoires d’outre-mer ne se rejoignent-ils pas de manière égale dans leurs revendications ? Si c’est une seule France, pourquoi les DROM portent-ils des revendications humiliantes : demander de l’eau dans une France qui soi-disant prône l’égalité, demander des prix convenables quand l’inflation ne cesse d’augmenter, des conditions d’étude convenables quand dans certains lycées il n’y a pas de toilettes et que les tables sont gonflées à cause de l’eau depuis Chido. C’est une honte… et finalement, pas pour nous, mais pour la France”.

F.I : Après cette mobilisation et alors que les vacances touchent à leur fin, comptez-vous reprendre le mouvement à la rentrée ?

Zamila : “En tant que porte-parole des manifestations lycéennes, je reste fière de ce que nous avons pu accomplir, puisque, à nous seuls, nous avons mis suffisamment de pression pour être entendus. Nous aurions pu frapper plus fort si nous avions eu le soutien total de nos parents et de nos professeurs. Mais, quoi qu’il en soit, notre détermination est là. Nous laissons un peu de temps à l’administration pour voir si elle va réellement agir sur certaines questions d’ici à la fin de l’année. Si ce n’est pas le cas, nous reviendrons”.

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Les Influencers Awards débarquent pour la première fois à Mayotte

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Le concours Influencers Awards, qui récompense les influenceurs et les créateurs de contenus qui se démarquent sur les réseaux sociaux, sera organisé pour la première fois à Mayotte cette année. Le concours est déjà lancé et le grand gagnant de sa catégorie remportera un trophée lors de la cérémonie qui aura lieu le 5 décembre puis ira rejoindre l’Influencers Awards Océan Indien.

Les Influencer Awards sont des cérémonies de remise de prix qui récompensent les influenceurs et créateurs de contenu pour leur travail, leur créativité et leur impact sur les réseaux sociaux. Ces événements mettent en avant les personnalités qui se démarquent dans différents domaines, comme la mode, la beauté, le lifestyle ou encore le divertissement. Ils permettent de valoriser leur talent, leur communauté et leur influence auprès du public et des marques.

Les Influencers Awards à Mayotte

Au total, 20 influenceurs Mahorais ont été sélectionnés pour participer au concours. Répartis dans différentes catégories, ils tenteront chacun de remporter un trophée. Les gagnants auront ensuite l’occasion de rejoindre la compétition des Influencers Awards de l’océan Indien, qui se tiendra à l’île Maurice.

Chaque année, une nouvelle île est intégrée à l’édition des Influencers Awards de l’océan Indien. Après La Réunion et Madagascar, c’est au tour de Mayotte d’être sélectionné cette année. Pour intégrer cette compétition régionale, une île doit d’abord organiser une sélection locale, sous la forme d’un gala ou d’un challenge sur son territoire. Un processus que connaît bien Aimée Diagne Gaya agence, est à l’origine de cette initiative à Mayotte : « Pour pouvoir intégrer une île à l’édition des Influencers Awards de l’océan Indien, il faut qu’il y ait une sélection, avec un gala ou un challenge sur le territoire. J’ai déjà travaillé avec La Réunion et l’île Maurice. Je me suis battue auprès de l’organisme mondial des Influencers Awards, Wiba,  pour que nous puissions représenter la zone océan Indien », explique-t-elle.

L’organisme WIBA lui a finalement donné son accord pour organiser cette cérémonie à Mayotte. Mais obtenir cette autorisation n’a pas été simple :  « Il faut savoir que cela m’a pris deux ans pour obtenir l’agrément. Pour eux, Mayotte ne compte que 300 000 habitants, c’est un petit territoire. Le potentiel des créateurs de contenu n’est pas forcément très reconnu », ajoute-t-elle. Pour convaincre l’organisme, Aimée Dianne Gayar a dû passer devant quatre commissions avant d’obtenir le précieux agrément. Cette première édition mahoraise rassemble ainsi 20 créateurs de contenu, sélectionnés dans différentes catégories.

Cette première édition présente une particularité : certains créateurs de contenu vivent hors de Mayotte, notamment en métropole ou à La Réunion. Une situation qui complexifie la sélection, le WIBA exigeant normalement une présence de plus de six mois sur le territoire.

Près de 20 talents ont été repérés. Cinq catégories seront récompensées lors d’un gala : humour, lifestyle, mode et beauté, potentiel créateur et service créateur. Les lauréats pourront représenter Mayotte aux Influencers Awards de l’océan Indien, prévus en septembre 2027 à l’île Maurice. Les 20 influenceurs Mahorais ont pu été sélectionnés grâce à N&A influence qui est le contact local sur l’organisation Mahoraise.

Un jury sera également chargé d’évaluer les contenus des participants afin de désigner les gagnants. En parallèle, le public pourra voter à partir du 23 novembre. Les influenceurs mahorais ont donc jusqu’au 5 décembre, date de la cérémonie, pour convaincre le jury et mobiliser leur communauté.

L’Université de Mayotte ouvre les portes des études à l’étranger

L’Université de Mayotte ouvre les portes des études à l’étranger

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L’Université de Mayotte dispose désormais de 17 accords universitaires permettant à ses étudiants de poursuivre une partie de leurs études à l’étranger. Ces possibilités de mobilité sont mises à l’honneur à l’occasion des Erasmus Days, organisés ce mercredi 21 octobre sur le campus de Dembéni.

Placée sous le thème « Erasmus au service des savoirs et des talents de demain de Mayotte », cette journée a permis de présenter les opportunités offertes par le programme Erasmus+ aux étudiants et aux personnels universitaires. La formation, l’enseignement et la coopération internationale ont été au cœur des échanges. Un stand d’information, une table ronde et la projection du documentaire Les enfants d’Erasmus ont notamment rythmé l’événement.

Une mobilité qui se prépare

Partir étudier à l’étranger nécessite un accompagnement. L’Université de Mayotte prévoit ainsi un dispositif destiné aussi bien aux étudiants qui partent qu’à ceux qu’elle accueille. Titulaire de la charte Erasmus pour l’enseignement supérieur 2021-2027, l’établissement fait de ces échanges un levier de réussite universitaire et d’ouverture à l’international.

Au-delà de l’expérience académique, la mobilité permet aux étudiants de découvrir de nouvelles cultures, de gagner en autonomie et de nouer des liens avec des jeunes venus d’horizons différents. Les Erasmus Days sont l’occasion de présenter ces possibilités et de partager des témoignages d’étudiants ayant franchi le pas.

À Pérouse, Yasra recommande l’expérience

Actuellement en troisième année de droit à Pérouse, en Italie, Yasra effectue une mobilité Erasmus. La jeune étudiante met en avant la facilité d’accès au dispositif et l’accompagnement dont elle a bénéficié dès son arrivée. « Dès l’arrivée à l’aéroport, on m’a aidée », raconte-t-elle. Entre les cours, les sorties et les rencontres avec d’autres étudiants Erasmus, elle profite pleinement de son séjour. Une expérience qu’elle recommande sans hésiter : « Je recommande », affirme-t-elle. Son retour à Mayotte est prévu à la mi-janvier. Mais Yasra envisage déjà de repartir à l’étranger, peut-être cette fois pour découvrir un autre pays.

Farianti M’Dallah condamnée à 4 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer

Farianti M’Dallah condamnée à 4 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer

La conseillère départementale Farianti M’Dallah a été condamnée, mardi 20 octobre, par le tribunal correctionnel de Mamoudzou à 4 000 euros d’amende, dont 2 000 euros avec sursis, et à cinq ans d’interdiction de gérer une société commerciale. Le cogérant de son épicerie de Vahibé a écopé des mêmes peines. Les deux prévenus étaient poursuivis pour travail dissimulé, abus de biens sociaux et faux et usage de faux. L’enquête avait notamment révélé l’emploi d’un étranger en situation irrégulière, ainsi que le versement de recettes commerciales sur le compte personnel de l’élue. Si aucune peine d’inéligibilité n’a été prononcée, le tribunal a refusé de dispenser les prévenus de l’inscription de leur condamnation au bulletin n° 2 du casier judiciaire. Une décision qui pourrait avoir des conséquences sur le mandat de Farianti M’Dallah à l’Assemblée de Mayotte, une fois le jugement définitif. Son avocat envisage un appel.

Protection sociale : 17 réunions d’information pour les agriculteurs

Protection sociale : 17 réunions d’information pour les agriculteurs

Du 2 au 26 novembre, la Mutualité sociale agricole (MSA) d’Armorique/Mayotte organise 17 réunions d’information à travers l’île. Ces rencontres permettront aux agriculteurs mahorais de s’informer sur leurs droits en matière de protection sociale et de faire le point sur leur situation personnelle. La première réunion se tiendra le lundi 2 novembre, de 14h à 16h, à la salle communale de Longoni, suivie de permanences à Hamjago, Bandraboua, Mtsangamouji et Combani au cours de la même semaine. D’autres rendez-vous sont notamment prévus à Mamoudzou, Dembéni, Sada, Acoua et Labattoir. Le calendrier complet, avec les horaires et les lieux des rencontres, est disponible sur le site mayotte.msa.fr

Saison cyclonique : Agueda ouvre une saison précoce, sans menace pour Mayotte

Saison cyclonique : Agueda ouvre une saison précoce, sans menace pour Mayotte

La saison cyclonique 2026-2027 est lancée dans le sud-ouest de l’océan Indien. La première tempête tropicale de la saison, baptisée Agueda, s’est formée hier mardi 20 octobre à proximité des Seychelles. Le système s’est rapidement organisé, avec un renforcement de son activité pluvio-orageuse, avant d’atteindre le stade de tempête tropicale. Il devrait se déplacer lentement vers le sud-ouest au cours des prochains jours. Aucune influence d’Agueda n’est attendue sur Mayotte et La Réunion dans les cinq jours suivant le bulletin publié mardi matin par Météo-France.

Cette première tempête apparaît particulièrement tôt dans la saison : selon le communiqué de Météo-France, sa formation intervient plus de trois semaines avant la date médiane habituelle d’apparition du premier système baptisé. Agueda pourrait toutefois encore provoquer des conditions perturbées sur certaines îles des Seychelles dans les prochains jours.

La saison à venir se déroulera dans un contexte marqué par le développement attendu d’El Niño, un phénomène climatique lié au réchauffement des eaux de surface du Pacifique équatorial. Selon Météo-France, ses effets dans le sud-ouest de l’océan Indien dépendent aussi d’autres facteurs, notamment le dipôle de l’océan Indien. À Mayotte comme à La Réunion, les épisodes El Niño sont généralement associés à des températures supérieures aux normales et à des cumuls de précipitations saisonnières excédentaires en moyenne. Ces tendances ne permettent toutefois pas de prévoir précisément les pluies à l’échelle locale ni leur répartition au cours de la saison.

El Niño influence également l’activité cyclonique, mais ne permet pas, à lui seul, de déterminer si Mayotte sera ou non touchée par un cyclone. La trajectoire et l’intensité de chaque système devront donc être suivies au fil des bulletins météorologiques.

Novembre Vert : la CADEMA appelle les entreprises à soutenir les actions pour l’environnement

Novembre Vert : la CADEMA appelle les entreprises à soutenir les actions pour l’environnement

La Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) lance un appel au sponsoring et au mécénat pour la quatrième édition de Novembre Vert, organisée du 1er au 30 novembre 2026 avec les villes de Mamoudzou et de Dembéni. L’objectif est de mobiliser les entreprises, les commerçants et les acteurs économiques autour de la propreté, du réemploi et de la préservation de l’environnement.

Plusieurs rendez-vous sont prévus au cours du mois, dont la marche verte “Tama ya Mésso”, le dimanche 8 novembre, entre Passamainty et la place de la République, avec près de 2.000 participants attendus. Des donneries – lieu où l’on dépose des objets réparables pour qu’ils soient réutilisés par d’autres personnes – auront lieu le 14 novembre à Mamoudzou et à Dembéni, suivies de deux journées consacrées à la propreté les 20 et 21 novembre. La Journée des Partenaires du Territoire se tiendra, elle, le 28 novembre au parc Mpweka Dinga, à Passamainty. Des réunions publiques dans les 13 villages, des actions de sensibilisation dans les écoles et des opérations de nettoyage du littoral compléteront le programme.

Le budget prévisionnel de cette édition s’élève à 110 589 euros. Les entreprises peuvent contribuer financièrement, fournir du matériel, mettre à disposition des véhicules ou des engins, proposer des prestations ou mobiliser leurs salariés lors des opérations de terrain. Les partenaires verront leur engagement valorisé, notamment lors de la Journée des Partenaires du Territoire.

Les acteurs économiques intéressés peuvent contacter la CADEMA aux adresses communication@cadema.yt ou novembrevert@cadema.yt. Le programme est à retrouver sur le site de la CADEMA.

La SIM projette 4 400 logements et 1,2 milliard d’euros d’investissements sur dix ans

La SIM projette 4 400 logements et 1,2 milliard d’euros d’investissements sur dix ans
Inauguration de la résidence Les Palmiers à Coconi, mardi 20 octobre, en présence de Ben Issa Ousseni, président de l’Assemblée de Mayotte, Issoufi Madi, maire de Ouangani, Zaounaki Saindou, présidente du conseil d’administration de la SIM, Clément Lecuivre, président du directoire de CDC Habitat, et Ahmed Ali Mondroha, directeur général de la SIM.

À l’occasion de l’inauguration de la résidence Les Palmiers de Coconi, la Société immobilière de Mayotte (SIM) et son actionnaire majoritaire CDC Habitat ont présenté leurs ambitions pour les dix prochaines années : 4 400 logements identifiés et 1,2 milliard d’euros d’investissements projetés. Plusieurs conventions ont également été signées avec des communes pour accompagner la construction de nouveaux logements et de locaux d’activités.

Sur le site d’un ancien lotissement de Coconi, trois maisons individuelles ont laissé place à une résidence de 45 logements. Inaugurée ce mardi 20 octobre, la résidence Les Palmiers représente un investissement de 10 millions d’euros. Elle comprend 22 logements locatifs très sociaux, 18 logements sociaux et cinq logements libres, ainsi que 45 places de stationnement.

Lancé en 2021, le projet a connu plusieurs difficultés, entre hausse des coûts de construction, défaillances d’entreprises et dégâts provoqués par le cyclone Chido.

Mais cette opération ne constitue que la première étape d’une transformation plus importante. Sur cet ancien lotissement de la SIM, construit en 1989, deux autres programmes sont en cours de réalisation : Les Flamboyants, avec 46 logements, et Les Avocatiers, avec 70 logements. À terme, le quartier comptera 161 logements, plus de 2 200 m² de locaux d’activités, des commerces, un groupe scolaire de neuf classes et des espaces de loisirs, dont un city stade et un mini-jardin botanique.

Ce renouvellement urbain s’inscrit dans le développement plus large de Coconi-Ouangani, où une zone d’aménagement concerté (ZAC) portée par l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM) doit notamment accueillir de nouveaux logements, des équipements publics et un campus universitaire.

Plus de 1 600 logements actuellement en chantier

Au-delà de Coconi, la SIM entend accélérer sa production à l’échelle de Mayotte. Elle compte actuellement 1 631 logements en chantier, représentant 460 millions d’euros d’investissements. Pour la période 2026-2036, le bailleur a identifié 4 400 logements, correspondant à un investissement prévisionnel de 1,2 milliard d’euros.

Au 30 septembre 2026, la SIM gérait 3 386 logements sur le territoire. Depuis le début de l’année, 48 logements neufs ont été livrés et 228 autres mis en chantier. Le bailleur vise, d’ici fin décembre, un total de 264 logements livrés et 420 mises en chantier sur l’année.

En parallèle, les travaux de remise en état du patrimoine endommagé par le cyclone Chido se poursuivent. Sur les 1 672 logements concernés, tous ont fait l’objet d’un lancement de travaux et 80 % avaient été livrés au 30 septembre. La SIM prévoit d’achever l’ensemble des réhabilitations d’ici la fin de l’année. Le coût global du cyclone pour le bailleur étant évalué à 72 millions d’euros, dont 53 millions de travaux.

La SIM projette 4 400 logements et 1,2 milliard d’euros d’investissements sur dix ans
Visite d’un appartement témoin de la résidence Les Palmiers, qui compte 45 logements.

Ces ambitions restent tributaires des financements publics. Sur les 24 millions d’euros de la ligne budgétaire unique (LBU) fléchés vers les projets de la SIM en 2026, seuls six millions avaient fait l’objet d’agréments signés au moment du bilan. Les 18 millions restants étaient encore en cours d’instruction.

Plus largement, Clément Lecuivre, président du directoire de CDC Habitat, a alerté sur le risque d’une réduction des financements de l’État dans un contexte budgétaire contraint. « Nous devons continuer à démontrer que ces moyens sont indispensables », a-t-il souligné.

De nouvelles conventions avec les communes

L’inauguration a également été l’occasion de formaliser plusieurs partenariats avec les collectivités. Des conventions ont été signées avec Mamoudzou et Ouangani, avec des objectifs annoncés de 500 logements et 5 000 m² de bureaux et commerces à l’horizon 2030. Un autre accord avec Kani-Kéli prévoit la réalisation de 150 logements et 1 500 m² de bureaux sur la même période.

En contrepartie, les communes s’engagent à faciliter les démarches d’urbanisme, à accompagner les demandes de permis de construire et à travailler avec la SIM sur la sécurité et le cadre de vie des futures résidences. Une convention avec Dembéni devait également être signée, mais cette signature a été reportée en raison de l’absence du maire.

La SIM projette 4 400 logements et 1,2 milliard d’euros d’investissements sur dix ans
La résidence Les Palmiers de Coconi inaugurée en présence des représentants de la SIM, de CDC Habitat et des collectivités locales.

Pour Issoufi Madi, maire de Ouangani, ces programmes répondent à des besoins particulièrement importants. L’élu a rappelé que l’habitat de fortune représentait, selon lui, plus de 40 % des logements de sa commune. Il a également insisté sur la nécessité de diversifier l’offre, tant pour les ménages modestes que pour les jeunes actifs et les personnes âgées.

Le président du Département-Région, Ben Issa Ousseni, a pour sa part encouragé la SIM à aller plus loin. Tout en saluant les opérations engagées, il a rappelé l’ampleur des besoins en logements et souhaité voir le parc du bailleur doubler au cours des dix prochaines années. « Nous devons sortir ces familles qui sont dans des quartiers insalubres et leur proposer des logements dignes », a-t-il insisté.

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Rapprocher les Mahorais des métiers de la mer, le pari du premier FOSSEMM

Rapprocher les Mahorais des métiers de la mer, le pari du premier FOSSEMM

Du 26 au 28 octobre, le Forum social et solidaire de l’économie de la mer à Mayotte (FOSSEMM) réunira les acteurs de l’économie bleue à la Technopole de Dembéni. L’objectif, faire découvrir les métiers et les débouchés du secteur, notamment aux jeunes et aux personnes éloignées de l’emploi.

À quelques jours du lancement de la Semaine de l’innovation, le directeur général de Mlezi Maoré, Hugues Makengo, et le directeur de l’Agence de développement et d’innovation de Mayotte (ADIM), Mamadou Konaté, ont présenté le nouveau Forum social et solidaire de l’économie de la mer à Mayotte (FOSSEMM), ainsi que le concours Innov’Action 976.

Du 26 au 28 octobre, à la Technopole de Dembéni, le FOSSEMM réunira les acteurs de l’économie bleue autour de conférences, de tables rondes, d’un village des métiers et d’ateliers découverte. L’objectif est de faire de la mer un levier d’innovation et de développement pour Mayotte, tout en sensibilisant la jeunesse aux débouchés professionnels qu’elle représente.

Le concours Innov’Action 976 prendra le relais du 28 au 30 octobre pour faire émerger des projets innovants, notamment autour de la biodiversité, thème retenu cette année.

“Nous tournons le dos à la mer”

Mayotte est entourée par le lagon et dispose d’une vaste zone économique exclusive, mais les activités liées à la mer restent encore peu connues d’une partie de la population. “Nous sommes sur une île entourée de mer. Et nous tournons le dos à la mer”, constate Hugues Makengo. Avec ce forum, le directeur général de Mlezi Maore veut faire connaître les débouchés professionnels de l’économie bleue, y compris auprès du public accompagné dans les différentes structures de l’association.

“Ce que nous recherchons au final, c’est de montrer qu’il y a des débouchés, même pour les bénéficiaires souvent les moins diplômés, les plus éloignés de l’emploi”, explique-t-il. Si les conférences doivent aborder des sujets scientifiques et stratégiques, l’enjeu est aussi de montrer que les métiers de la mer sont accessibles à ces différents niveaux de qualification.

La pêche traditionnelle constitue l’un des premiers secteurs cités par Hugues Makengo. Il souhaite notamment mieux accompagner les Mama Shingo, qui produisent du sel à Bandrélé, et les pêcheuses pratiquant le djarifa. Formation, certification, équipements adaptés et création de coopératives pourraient contribuer à consolider ces activités traditionnelles et à en faire des débouchés durables pour les jeunes.

D’autres perspectives existent dans la transformation du poisson, la mécanique et la réparation navales, les activités nautiques, le tourisme ou l’hôtellerie. “Il faut accompagner le jeune selon ses envies, mais aussi selon l’offre territoriale”, souligne le directeur de Mlezi Maoré, qui souhaite notamment développer des partenariats entre l’école de la deuxième chance de l’association et les professionnels du tourisme.

Le village des métiers permettra aux jeunes de rencontrer des exposants et de se renseigner directement sur les formations et les emplois. Les conférences et tables rondes seront également l’occasion d’échanger avec des spécialistes, tandis qu’un stand de la Marine nationale sera consacré au recrutement. Hugues Makengo rappelle que celle-ci propose des carrières à différents niveaux de qualification, même sans baccalauréat, pour les candidats de nationalité française.

De l’innovation aux projets concrets

Pour Mamadou Konaté, la Semaine de l’innovation doit sensibiliser l’ensemble des acteurs du territoire, des entreprises aux étudiants, en passant par les citoyens, les administrations et les collectivités. L’économie de la mer occupe une place particulière dans cette démarche, mais l’innovation ne se limite pas aux nouvelles technologies ou à l’intelligence artificielle.

“A Mayotte on a une réalité qui fait qu’on doit plus se tourner sur l’innovation incrémentale”, explique le directeur de l’ADIM. Il s’agit aussi d’améliorer un produit, une pratique ou un processus existant, même modestement, dès lors que cela répond à un besoin local. “Ce petit pas peut carrément complètement changer la vie du citoyen”, insiste-t-il.

L’ADIM accompagne déjà des porteurs de projets, notamment dans la valorisation des déchets ou le développement de la pêche. Le concours Innov’Action 976 doit permettre d’identifier de nouvelles initiatives et de les aider à franchir une première étape. Les porteurs de projets sélectionnés pourront bénéficier d’un accompagnement technique et financier, ainsi que de formations, d’études de marché, d’un appui marketing et de mises en relation avec des partenaires. Une dotation de 10.000 euros par porteur de projet a également été évoquée lors de la présentation.

Tous les projets ne deviendront pas nécessairement des entreprises pérennes, reconnaît Mamadou Konaté. Mais l’accompagnement peut aussi permettre à un porteur de projet d’acquérir des compétences utiles pour la suite. “La réussite d’un projet peut venir de n’importe qui, à partir du moment où, effectivement, on se donne la chance”, estime-t-il.

Au-delà de l’accompagnement des initiatives locales, l’ADIM espère aussi attirer des investisseurs nationaux et internationaux en mettant en avant les possibilités de développement du territoire. La maintenance des bateaux, par exemple, pourrait devenir une filière si un investisseur décidait de s’associer à des acteurs locaux pour développer les compétences et les activités sur place.

Un rendez-vous appelé à se poursuivre

Les organisateurs souhaitent inscrire le FOSSEMM dans la durée. Le forum doit revenir tous les deux ans, tandis qu’un Club FOSSEMM doit permettre de poursuivre les échanges entre les éditions et de préparer les suivantes. Un journal consacré aux questions maritimes, Mayotte Océan, doit également paraître chaque année.

Pour cette première édition, plusieurs participants venus des Caraïbes sont attendus afin de partager leur expérience, notamment sur les initiatives destinées à rapprocher les jeunes des métiers de la mer. Pour Hugues Makengo, il s’agit de faire de ce rendez-vous un point de départ : “Il faut que derrière ces forums, il y ait du concret pour monsieur tout le monde”.

Faire de l’aisance aquatique une priorité du territoire

L’apprentissage de la natation reste un défi sur le territoire, où les infrastructures adaptées font défaut. Le forum entend justement mettre en lumière les difficultés d’accès à cet environnement et la nécessité d’une mobilisation durable des pouvoirs publics pour prévenir les noyades.

Pour porter cette sensibilisation, la nageuse martiniquaise Coralie Balmy, championne olympique en nage libre, a été choisie comme marraine du FOSSEMM. Elle sensibilisera, tout au long des trois jours, à l’aisance aquatique et au savoir-nager pour tous. À l’issue du forum, elle prévoit également quinze jours de formation pour renforcer les compétences des encadrants d’activités nautiques et accompagner une dizaine d’éducateurs dans l’encadrement des activités en mer.

Pour Hugues Makengo, directeur général de Mlezi Maoré, cette initiative doit amorcer un travail de plus longue haleine. “Il ne suffira pas des quinze jours qu’elle va passer après le FOSSEMM pour arriver à résoudre le problème. Non, il faut au contraire aller dans une campagne quinquennale, voire même plus”, estime-t-il. L’objectif est de faire de l’aisance aquatique une priorité à Mayotte dès 2027, en associant les collectivités, les associations et les autres acteurs concernés.

Au-delà de la formation, le responsable insiste sur la nécessité de reconnaître les difficultés du territoire et de mobiliser des moyens humains et matériels. “Nous avons une faille”, reconnaît-il. Il ne s’agit pas de former des plongeurs, mais de permettre à chacun d’être à l’aise dans l’eau et de rejoindre la terre ferme sans prendre de risques excessifs. Des associations déjà engagées sur ces questions, sont notamment appelées à prendre le relais pour inscrire cette démarche dans la durée.

Si Mlezi Maoré assure “ne vouloir prendre la place de personne” sur ces enjeux, l’association à le mérite à travers ce forum d’impulser une dynamique collective et en réunissant les acteurs dans l’intérêt du territoire.

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Petite-Terre et Saint-Paul : des jeunes réunis autour d’un échange interculturel

Petite-Terre et Saint-Paul : des jeunes réunis autour d’un échange interculturel

Du 19 au 23 octobre 2026, la Direction de la politique de la ville et de la cohésion sociale de la Communauté de communes de Petite-Terre accueille une vingtaine de jeunes, accompagnés de leurs encadrants, issus du Programme de réussite éducative (PRE) de Saint-Paul, de La Réunion. Organisé dans le cadre du PRE, ce séjour éducatif partagé réunira les jeunes de Saint-Paul et ceux de Petite-Terre autour d’un programme commun, favorisant les échanges, le partage d’expériences et la découverte mutuelle entre les deux territoires.

L’objectif de ce séjour est de permettre aux jeunes de Saint-Paul de découvrir la Petite-Terre et, plus largement, le territoire de Mayotte. Cette rencontre sera également l’occasion pour les jeunes de Petite-Terre de faire connaissance avec les jeunes de Saint-Paul (La Réunion), afin de favoriser les échanges autour de leurs modes de vie, de leurs traditions et de leurs cultures. Une première édition qui entend renforcer les liens entre les jeunes des deux territoires. Soffie Said Hassani nous en dira davantage sur ce projet inédit à Petite-Terre.

Flash Infos : Du 19 au 23 octobre 2026, Petite-Terre accueille des jeunes de Saint-Paul, de La Réunion, dans le cadre d’un projet de coopération éducative entre les deux territoires. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette initiative ? 

Soffie Said Hassani : Ce projet a été co-construit avec le Programme de réussite éducative (PRE) de la ville de Saint-Paul, de La Réunion. Ce dispositif a pour mission d’accompagner les jeunes rencontrant différentes difficultés, qu’elles soient d’ordre scolaire, familial, liées à leur environnement, à la santé ou encore à un accès limité aux loisirs et à la culture. Ce projet est né de la volonté des jeunes de pouvoir échanger avec d’autres jeunes de la région de l’océan Indien. L’idée a d’abord été travaillée par les animateurs et les responsables du PRE de Saint-Paul, avant qu’ils ne prennent contact avec nos services afin de construire ensemble cette initiative et de la concrétiser.

Il s’agit d’un séjour éducatif axé sur les échanges interculturels et régionaux, qui rassemble une quarantaine de participants, dont une vingtaine de jeunes de Saint-Paul et une quinzaine de jeunes accompagnés par la Communauté de communes de Petite-Terre. Le séjour se poursuit jusqu’au 23 octobre et propose plusieurs activités permettant aux jeunes de découvrir le territoire mahorais.

Au programme de cette journée : la découverte du lac Dziani, suivie, dans l’après-midi, d’une sortie à la plage de Moya pour observer la faune et la flore locales et sensibiliser les participants à la préservation de ce patrimoine naturel emblématique de Petite-Terre. D’autres activités sont également prévues, notamment autour du Bigfoot et de la pétanque, ainsi qu’un barbecue pour leur faire découvrir notre richesse culinaire.

Le programme se poursuivra demain avec une sortie en bateau réunissant l’ensemble des jeunes et leurs encadrants. L’objectif sera de leur faire découvrir les richesses du lagon de Mayotte, notamment sa biodiversité et sa faune marine. Cette excursion revêt une importance particulière, car une grande partie des jeunes participants, qu’ils viennent de Mayotte ou de La Réunion, n’a pas souvent l’occasion de prendre la mer. Cette sortie représente donc une véritable opportunité de vivre une nouvelle expérience, de découvrir leur environnement maritime et de mieux connaître les richesses naturelles de la région.

Jeudi, les jeunes se rendront à Mamoudzou pour découvrir le centre-ville, avant de poursuivre leur visite à la pointe Mahabou, un site emblématique de la capitale mahoraise. Ils termineront ensuite la journée au Faré, dans un cadre propice aux échanges et à la convivialité. Enfin, vendredi marquera la fin de ce séjour éducatif, avec un temps de bilan consacré aux activités réalisées et aux expériences partagées tout au long de cette semaine.

F.I : Si je comprends bien, l’objectif est avant tout de permettre aux jeunes de sortir de leur zone de confort, de découvrir une autre culture et de s’ouvrir à de nouvelles expériences, notamment en découvrant la culture mahoraise. Mais cette coopération a-t-elle vocation à se poursuivre dans les deux sens ? Les jeunes de Petite-Terre auront-ils, à leur tour, l’occasion de se rendre à Saint-Paul ?

S.S.H :  Oui, ça, c’est l’objectif de ce projet. L’objectif, c’est que, par la suite, on puisse avoir une collaboration sur le long terme entre nos deux collectivités, c’est-à-dire la communauté de communes et la ville de Saint-Paul, pour continuer sur des échanges interculturels avec les jeunes.

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À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois

À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois

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En pleine crise du coût de la vie dans l’Hexagone, l’Insee Mayotte publie une étude sur les salaires du secteur privé sur l’île. On y apprend qu’un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros nets par mois. Un niveau bien inférieur à celui observé à La Réunion et dans l’Hexagone.

Combien gagne réellement un salarié à Mayotte ? Pour le savoir, il faut regarder le salaire médian, et pas seulement le salaire moyen. En 2024, le salaire moyen dans le privé atteint 2 160 euros nets par mois à Mayotte, pour un temps plein. Mais le salaire médian est bien plus bas : 1 700 euros.

La médiane correspond au salaire qui partage les salariés en deux groupes égaux. La moitié gagne moins que ce montant, l’autre moitié gagne davantage. Contrairement à la moyenne, elle est moins influencée par les salaires très élevés de certains travailleurs, notamment les cadres. À Mayotte, cela signifie qu’un salarié du privé sur deux gagne au maximum 1 700 euros nets par mois, à temps plein. Le salaire moyen, lui, est supérieur de 460 euros. Cette différence montre que les rémunérations les plus élevées tirent la moyenne vers le haut, alors qu’une grande partie des salariés gagne moins.

À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois
À Mayotte, malgré des cadres mieux payés qu’en France de province, la moitié des salariés du privé gagne moins de 1 700 euros nets par mois, dans un contexte marqué par un Smic plus bas, des emplois moins qualifiés et davantage de petites entreprises.

Des salaires plus faibles qu’à La Réunion et dans l’Hexagone

La comparaison avec les territoires voisins montre l’ampleur de l’écart. À La Réunion, le salaire médian atteint 1 890 euros nets par mois. C’est 190 euros de plus qu’à Mayotte, soit 2 280 euros supplémentaires sur une année. Dans la France de province, c’est-à-dire dans l’Hexagone hors Île-de-France, le salaire médian atteint 2 120 euros nets par mois. L’écart avec Mayotte s’élève donc à 420 euros chaque mois, soit 5 040 euros sur un an. Autrement dit, la moitié des salariés du privé à Mayotte gagne moins de 1 700 euros nets par mois, contre 1 890 euros à La Réunion et 2 120 euros en France de province.

Moins de cadres et plus de petites entreprises

Le niveau du salaire minimum contribue à expliquer ces écarts. À Mayotte, le Smic reste inférieur à celui appliqué dans le reste de la France. En novembre 2024, 27 % des salariés mahorais en équivalent temps plein percevaient un salaire inférieur au Smic national, selon l’Insee et le périmètre retenu dans l’étude. Les salariés les moins bien payés sont particulièrement concernés. Les 10 % qui gagnent le moins touchent au maximum 1 210 euros nets par mois à Mayotte, contre 1 490 euros en France de province. Cela représente un écart de 19 %.

Les salaires plus faibles s’expliquent aussi par la situation de l’emploi sur l’île. Les postes qualifiés sont moins nombreux. En 2024, les cadres représentent 9 % des salariés du privé à Mayotte, contre 18 % en France de province. Pourtant, les cadres mahorais gagnent en moyenne davantage que ceux de province. Leur salaire atteint 4 670 euros nets par mois, contre 4 070 euros dans l’Hexagone hors Île-de-France. Ils sont toutefois trop peu nombreux pour faire remonter fortement le salaire moyen de l’ensemble des travailleurs. Les salariés mahorais sont aussi plus jeunes : 57 % ont moins de 40 ans, contre 48 % en France de province. Or, les salaires augmentent souvent avec l’expérience.

La taille des entreprises joue également un rôle. À Mayotte, 53 % des salariés du privé travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés, contre 43 % en France de province. Or, les grandes entreprises paient généralement mieux leurs salariés.

Un alignement des salaires prévu d’ici à 2031

Le Smic mahorais doit progressivement rejoindre le niveau national d’ici à décembre 2031. Cette évolution s’inscrit dans le calendrier de convergence sociale prévu pour le territoire. Le nombre d’emplois qualifiés, la situation des entreprises et les grilles de rémunération auront aussi leur importance. Le défi reste donc important : permettre aux salariés de mieux gagner leur vie et réduire l’écart avec les autres territoires français.

Un bras de fer qui s’annonce sur le site des Badamiers et ailleurs à Mayotte

Un bras de fer qui s’annonce sur le site des Badamiers et ailleurs à Mayotte
À l’instar de l’EPFAM, dont il a repris les missions, l’EPRDM présente à des investisseurs potentiels comme acquis un foncier situé aux Badamiers dont la maîtrise juridique serait loin d’être établie.

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L’incapacité de l’État à affecter véritablement à Mayotte les quatre milliards d’euros promis par la loi de refondation adoptée en juillet 2025, à la suite du cyclone Chido, pourrait se transformer en un véritable Trafalgar judiciaire pour la commune de Dzaoudzi-Labattoir, l’intercommunalité de Petite-Terre et l’Établissement public de refondation de Mayotte (EPRDM). Face à l’épée de Damoclès que représente la menace d’expropriation pesant sur les propriétaires de terrains convoités, notamment aux Badamiers par Électricité de Mayotte (EDM), les ayants droit des terres visées ont entrepris d’organiser la riposte devant les juridictions compétentes, avec le soutien d’un collectif de juristes locaux et nationaux et d’une nouvelle association à vocation territoriale, baptisée « Foncier 976 », actuellement en cours de constitution. Si l’expropriation s’avère inévitable, ils entendent vendre leurs terrains à leur juste valeur.

Pris dans l’engrenage de procédures expéditives engagées autrefois par l’EPFAM, puis, plus récemment, par l’EPRDM, de nombreux propriétaires fonciers mahorais ont décidé de réagir face à des mesures qu’ils jugent exceptionnelles et derrière lesquelles ils soupçonnent des desseins inavoués de la part de l’État, devenu, pour la circonstance, le faire-valoir des collectivités locales.

Le sujet est extrêmement sensible sur l’île depuis la tentative, plusieurs fois reportée, de Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, de faire adopter par tous les moyens son fameux article 19, devenu l’article 21 dans une version remaniée de la loi de juillet 2025 consacrée à la refondation et à la reconstruction de l’archipel meurtri par le cyclone Chido. Désavoué par le Parlement français sur cet artifice juridique et réglementaire, l’État persisterait, selon les propriétaires concernés, à ne pas s’avouer vaincu et ne manquerait aucune occasion de chercher un moyen de déposséder certains propriétaires fonciers locaux.

Outre la raréfaction des financements pourtant censés soutenir cette refondation de Mayotte, certains projets avancés par l’EPRDM pour justifier ses visées sur ces terres relèveraient parfois, osons le dire, de la pure « tartuferie ». Même un enfant de huit ans serait capable de comprendre qu’il ne s’agirait, en réalité, que d’une manœuvre spéculative au détriment des Mahoraises et des Mahorais.

Par définition, ces « fumeux projets » seraient censés avoir été commandés, à l’origine, par des collectivités locales, communes ou intercommunalités, particulièrement réticentes à l’idée d’assumer devant leurs électeurs la responsabilité de ces expropriations.

Il est vrai que certains maires ont vu leur pouvoir fondre comme neige au soleil lors des dernières élections municipales, au début de l’année, emportant avec eux leurs espoirs de longévité à la tête de ce qu’ils considéraient comme des baronnies éternelles.

Un bras de fer qui s’annonce sur le site des Badamiers et ailleurs à Mayotte
La question de la dépossession foncière des Mahorais prend une dimension hautement politique, au risque de faire les choux gras de la gauche populiste nationale.

« L’effet Chido est passé par là et a nettoyé les écuries d’Augias. En plus de manquer de courage et de capacité à négocier des compromis profitables avec les propriétaires légitimes de ces terrains, certains élus prétendent s’affranchir des lois. Or, jusqu’à preuve du contraire, Mayotte fait bien partie de la France, et nul ne peut faire ce qu’il veut. Heureusement qu’il existe des tribunaux permettant aux victimes de ces manœuvres de demander réparation ou de faire arrêter ces expropriations scandaleuses », déclare une militante associative ouvertement opposée à ces opérations, qu’elle considère comme des projets virtuels vendus clés en main et présentés à la population par certains élus locaux comme des solutions miraculeuses.

Ils promettent de s’opposer par tous les moyens aux manœuvres visant à les spolier gratuitement de leurs terres ancestrales

La militante en question confie à la rédaction de Flash Infos avoir adhéré au parti de gauche La France insoumise (LFI), qu’elle considère comme l’unique rempart contre ce qu’elle qualifie de féroce appétit foncier de l’État dans le 101e département français.

Elle reproche essentiellement aux élus de ces collectivités locales de manquer d’ambition réelle et de vision à long terme en matière de développement durable et d’aménagement du territoire.

« C’est principalement pour cette raison qu’ils sont incapables d’aller à la rencontre de leurs populations, de s’asseoir autour d’une table pour leur expliquer leurs projets et les défendre. Il est important que les pouvoirs publics comprennent une bonne fois pour toutes que les Mahorais n’ont pas coutume de s’opposer aux actions de développement et d’aménagement de leur île. En revanche, ils s’opposent et s’opposeront farouchement à toute manœuvre visant à les déposséder de leurs terres à vil prix, pour ensuite les voir revendues à des promoteurs immobiliers et à d’autres investisseurs venus d’ailleurs, parfois à vingt fois leur coût initial.»

« C’est notamment ce que l’EPRDM tenterait de faire aux Badamiers, à Labattoir, dans la zone intercommunale de la Vigie et ailleurs en Grande-Terre », s’insurge Fatima Abdallah, qui a choisi de ne plus mâcher ses mots.

Elle prévient les nouveaux élus de Petite-Terre que son groupe de « révoltés contre les abus de l’administration à Mayotte » n’entend plus se laisser faire face à l’EPRDM et à l’intercommunalité de Petite-Terre.

À ses yeux, ce qui s’annonce juteux et profitable à Jacques et François doit pouvoir l’être tout autant à Hamada et Mahamoud. En d’autres termes, si l’EPRDM et les communes peuvent faire des affaires avec des groupes financiers et des sociétés immobilières, les Mahoraises et les Mahorais doivent eux aussi pouvoir défendre leurs propres intérêts, tout en respectant le cadre général de l’aménagement du territoire ainsi que les usages commerciaux ou résidentiels définis dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) des communes.

Ces documents d’urbanisme suscitent également la colère de plusieurs propriétaires, qui dénoncent leur redéfinition au cours de la précédente mandature. Selon eux, certaines modifications auraient exclu de la zone d’aménagement des personnes considérées comme proches des équipes municipales au pouvoir, au détriment d’autres propriétaires.

« Les experts et les techniciens dépêchés à plusieurs reprises sur le site des Badamiers pour nous vendre la spoliation de nos terres sont les premiers à vouloir tirer profit de la situation. On nous prend nos terres à un prix quasiment symbolique, au motif qu’elles seraient officiellement encore agricoles. C’est totalement faux puisque la zone des Badamiers est truffée d’habitations et abrite même des installations industrielles et énergétiques, comme les stocks de carburant de la société Total, la centrale électrique d’EDM, les installations militaires de la Légion étrangère ou encore le futur lycée des métiers de la mer.»

« En vérité, on cherche à nous faire passer pour plus idiots que nous ne le sommes. À un moment donné, il faut savoir dire stop, y compris à l’État et aux communes, qui sont eux aussi tenus de respecter les lois et les règlements. »

Elle reproche à l’EPRDM d’avoir repris à son compte le discours de certains élus sortants de Dzaoudzi-Labattoir, en avançant des projets qu’elle juge largement hypothétiques et dont la concrétisation lui paraît très improbable.

La militante associative réitère sa conviction : avec la complicité de certains élus locaux, l’État placerait les Mahorais dans une situation les contraignant à brader leur héritage ancestral, avant de le livrer à des spéculateurs financiers.

Ils se disent prêts à vendre leurs terrains à EDM, à condition que le prix au mètre carré soit établi sur la base de la valeur actuelle du site occupé par le producteur d’énergie et des terrains voisins

Pour enrayer cette spirale qu’ils jugent désastreuse, les propriétaires concernés s’organisent autour d’une nouvelle association locale, baptisée « Foncier 976 », actuellement en cours de constitution.

Elle se donne notamment pour objectif de lutter contre ce qu’elle considère comme une spoliation des Mahorais de leurs terres, au moyen d’arguments qu’elle juge fallacieux. Elle entend également mobiliser des financeurs et des opérateurs disposés à acquérir les parcelles à leur juste valeur, en vue de les aménager puis de les céder à des porteurs de projets concrets, conformes aux orientations affichées par la commune et l’intercommunalité de Petite-Terre.

Autant dire que cette initiative pourrait constituer un sérieux pavé dans la mare affairiste de l’EPRDM, qui présenterait à des investisseurs potentiels, notamment taïwanais, comme acquis un foncier dont la maîtrise juridique serait, selon ses détracteurs, loin d’être établie.

Un collectif de juristes et d’avocats n’exclut pas d’entrer dans la danse, avec la perspective d’un éventuel appui métropolitain, afin d’aider les propriétaires fonciers mahorais à ne pas se faire léser par l’État et les collectivités locales.

En face, la résistance s’organise donc. Au cœur de cette agitation figure le projet d’extension de la centrale électrique d’EDM aux Badamiers, qui nécessiterait la mobilisation de terrains que le producteur d’énergie souhaiterait acquérir à un prix jugé dérisoire au mètre carré, avant d’en tirer, à terme, le maximum de bénéfices.

S’appuyant sur une jurisprudence qui serait appliquée depuis plusieurs années par les tribunaux de l’île, les propriétaires du foncier convoité par EDM entendent obtenir un prix équitable, calculé notamment à partir de la valeur au mètre carré des installations actuelles de la centrale.

Dans un courrier adressé au nouveau maire de Dzaoudzi-Labattoir, Freddy Novou, ils expriment clairement leur refus de se retrouver les dindons de la farce. Ils précisent toutefois qu’ils ne s’opposent nullement au principe du développement de leur commune.

Ils réclament une indemnisation équitable pour leurs terrains et, à défaut d’accord, n’excluent pas de multiplier les recours devant les juridictions compétentes afin de contester les procédures d’expropriation engagées ou envisagées par l’EPRDM.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
La première édition de « Mayotte Recrute » s’est déroulée en 2024

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La deuxième édition du salon Mayotte Recrute, axé cette fois-ci sur la reconstruction post-Chido, se tiendra les vendredi 23 et samedi 24 octobre au lycée des Lumières, à Kawéni. Alors que les entreprises mahoraises prévoient plus de 8 000 recrutements cette année, elles peinent à trouver certains profils qualifiés. En cause notamment : des formations parfois déconnectées des besoins du marché local et des difficultés à attirer les professionnels expérimentés.

À Mayotte, les entreprises recrutent, mais les candidats ne correspondent pas toujours aux postes proposés. Selon l’enquête 2026 de France Travail, 8 120 recrutements sont prévus cette année, dont 56,8 % jugés difficiles, contre 43,8 % au niveau national. « Il y a des pénuries dans tous les secteurs, mais sur des métiers bien particuliers », explique Namoure Zidini, président de l’association Mayotte Recrute, organisatrice du salon. Les besoins vont des personnes dotées d’un CAP jusqu’aux ingénieurs hautement qualifiés, avec une demande particulièrement forte pour les professionnels spécialisés et expérimentés.

Des filières saturées, d’autres en manque de candidats

Dans le secrétariat, l’assistanat de direction ou la communication, les candidats sont nombreux. En revanche, les entreprises peinent à trouver des responsables des ressources humaines, des contrôleurs de gestion ou des comptables expérimentés. Même constat dans le BTP, où manquent notamment géotechniciens et chefs de chantier, dans la santé, qui recherche des kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens, ou encore dans le secteur social, en quête d’éducateurs spécialisés expérimentés et d’auxiliaires de puériculture.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
Si en 2024 il y avait environ 100 offres d’emploi pour 30 exposants, cette édition 2026 proposera près de 200 offres pour 40 exposants

Pour Namoure Zidini, le problème vient en partie de l’offre de formation. Certains organismes continuent de former massivement aux mêmes métiers, déjà saturés, tandis que d’autres spécialités restent peu proposées. « Il faudrait mieux cibler les besoins », estime-t-il. L’organisateur regrette d’ailleurs que les centres de formation ne soient pas davantage représentés au salon : ils seront une dizaine parmi les 40 exposants attendus, alors qu’il aurait souhaité une répartition plus équilibrée entre recruteurs et organismes de formation. Le développement des masters à l’université de Mayotte pourrait néanmoins contribuer à mieux répondre aux besoins locaux, grâce à une spécialisation plus grande des étudiants.

Des employeurs qui peinent aussi à organiser leurs recrutements

Mais les difficultés ne viennent pas uniquement des candidats. Selon Namoure Zidini, les entreprises mahoraises disposent souvent de services de ressources humaines trop réduits pour traiter efficacement les candidatures. Certaines passent ainsi entre les mailles du filet. Les employeurs privilégient également les personnes ayant déjà des attaches à Mayotte, afin de limiter le temps d’adaptation à la vie sur le territoire.

À l’inverse, attirer les diplômés mahorais partis poursuivre leurs études reste compliqué. « Plus les qualifications sont élevées, plus les attentes en matière de qualité de vie augmentent », observe le président de l’association. Les problèmes d’eau, l’insécurité et les possibilités de télétravail depuis l’Hexagone ou La Réunion peuvent ainsi dissuader certains profils de revenir.

Un salon tourné vers la reconstruction et les métiers d’avenir

Placée sous le thème « Mayotte Recrute pour sa reconstruction », cette deuxième édition réunira une quarantaine d’exposants issus du BTP, de la santé, du commerce, des services publics et de la formation. L’objectif est de rapprocher directement employeurs et candidats, mais aussi de mieux orienter les jeunes vers les métiers qui recrutent réellement.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
Ce salon est l’occasion de mettre en contact candidats et entreprises, mais aussi de mieux cibler les besoins en termes d’emplois sur le territoire

Au programme : dix conférences, des ateliers CV, des rencontres avec les recruteurs et deux formules originales de job dating. La première permet de se présenter sans CV ni diplôme ; la seconde inverse les rôles, les candidats présentant leurs compétences devant les entreprises. Une conférence consacrée aux emplois liés à la reconstruction se tiendra vendredi après-midi, tandis qu’une table ronde abordera samedi le retour des Mahorais diplômés installés hors du territoire.

Comme en 2024, le salon sera également accessible en ligne, dès le mercredi 21 octobre, afin de toucher notamment la diaspora. La première édition avait attiré plus de 900 participants, dont près de 400 à distance. Si les organisateurs n’ont pas pu mesurer précisément le nombre de recrutements effectivement réalisés, les retours des entreprises ont été encourageants, plusieurs ayant pu constituer un vivier de candidats.

Cette année, l’association espère accueillir entre 1 000 et 1 500 participants. L’entrée est gratuite, avec inscription sur salon.mayotterecrute.fr ou directement sur place. Rendez-vous les 23 et 24 octobre, de 8 h 30 à 16 h 30, dans les gymnases du lycée des Lumières à Kawéni.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes