D’autres figures connues du territoire sont également de la partie dans cette grand-messe de l’économie régionale et mondiale et pavoisent à qui mieux mieux sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir. S’il est à noter une délégation mahoraise un peu plus élargie et pas seulement composée d’élus, il n’en demeure pas moins qu’une fausse note vient ternir le tableau : tout ce beau monde ne s’est pas rendu en rangs serrés à Nairobi, la capitale kenyane, hôte du sommet économique « Africa Forward », qui a démarré hier matin (lundi 11 mai 2026) pour 48 heures.
Bien sûr, les photos officielles constituent un moyen indéniable pour nos élus de tous bords politiques de donner l’image d’une unité de façade sous le pompeux slogan du « kogno moja », mais les Mahorais ne sont pas dupes et savent qu’il n’en est rien, du moins pour l’instant. Une fois de plus, chacun tentera de tirer la couverture à lui et de s’attribuer des mérites qui ne sont pas les siens.
« Le Département-Région est égal à lui-même, incapable de prendre les devants pour assurer un véritable leadership. Certes, le président est visible, mais cela s’arrête là. Une éminente conseillère départementale de Petite-Terre, qui a longtemps œuvré sur les questions de rapprochement de Mayotte avec les pays africains du bassin du canal du Mozambique, est aussi de la partie, mais au titre d’une association : l’ADIM, à laquelle le Département a confié le destin des Mahorais dans leur insertion régionale. Cette structure continue de vendre du vent sans avoir à rendre le moindre compte aux élus régionaux, pas même un mini-rapport de ses activités à Madagascar et ailleurs, alors qu’elle ne cesse de dépenser l’argent du contribuable local », soulève un opérateur économique de la place, qui n’hésite pas à dénoncer haut et fort cette façon de faire devenue, selon lui, une marque de fabrique du cinquième département d’Outre-mer français.
Ne pas s’étonner de figurer sur le radeau de la Méduse
Pour avoir déjà eu l’opportunité de participer à « ces déplacements coûteux qui ne produisent rien » — selon sa propre formule —, notamment le dernier en date qui s’est déroulé à Moroni, capitale de l’Union des Comores, il y a à peine quelques jours, cet opérateur n’arrive pas à s’expliquer comment une telle gabegie peut être possible sans que le donneur d’ordre ne fixe des objectifs politiques, économiques ou matériels chiffrés à atteindre.
« C’est exactement comme les Jeux des îles de l’océan Indien qui coûtent cinq millions d’euros à une population qui manque de tout, sans rien lui rapporter d’autre que le ridicule », déplore-t-il.
Des mots d’une grande lourdeur qu’il soupèse longuement avant de les prononcer, tant son mécontentement est profond. À l’entendre, ce qui l’agace au plus haut point n’est pas la participation de notre île à ce genre d’événements, mais plutôt l’absence d’une véritable politique clairement définie et affichée, conduisant à un manque de préparation et à un déplacement désordonné des acteurs mahorais, qu’ils soient issus du monde politique, économique ou associatif.
Il estime que l’accumulation de tous ces manquements illustre la manière dont le territoire est gouverné depuis de nombreuses années, ainsi que le désamour qui s’installe entre la population et les différents responsables, tous échelons confondus.
« Après cela, nous nous étonnons d’être assimilés aux rescapés du radeau de la Méduse », interroge-t-il.
Pour illustrer sa colère, il prend l’exemple d’un groupe d’agriculteurs mahorais partis à Nairobi en fin de semaine à la recherche d’opportunités, notamment de foncier agricole à louer afin de produire massivement des denrées alimentaires destinées exclusivement au marché mahorais.
Selon lui, cette manière de procéder, qui reflète entièrement la politique menée par le Département de Mayotte depuis 2011, n’est rien d’autre qu’une impasse qui finira par dégoûter les Mahorais de la coopération régionale.
« Nous mettons la charrue devant les bœufs et c’est le Département-Région qui joue le rôle du mauvais bouvier. Après les accords paraphés par Thani Mohamed Soilihi — alors ministre français de la Francophonie et des Partenariats internationaux — avec les dirigeants kenyans, il aurait fallu asseoir autour d’une table les différentes instances de l’île intéressées par ce dossier, déterminer une politique à suivre et tracer une feuille de route avec des services chargés d’accompagner le processus à chaque étape, capables de lancer des signaux d’alerte en cas d’écueil. »
Le système est à corriger du côté de Mayotte
Notre interlocuteur estime en effet que le petit entrepreneur mahorais qui s’engage dans la voie de la coopération régionale n’est pas suffisamment informé des difficultés du parcours, notamment celles liées à la législation française et européenne en vigueur.
« On va le laisser produire ses 100 hectares de bananes à ses frais et à la sueur de son front et, lorsqu’il cherchera à faire entrer sa production sur son propre territoire, une cascade de tracasseries administratives et réglementaires lui sera opposée aux portes d’entrée d’un marché local qui relève pourtant de l’espace européen ! »
Il pointe du doigt un manque de cohérence de la part des institutions locales, source, selon lui, des échecs déjà rencontrés avec Madagascar.
L’opérateur économique explique qu’en réalité, l’intérêt des pays voisins n’est pas de bloquer les entrepreneurs mahorais sur leur sol puisque, en contrepartie, ils attendent de la France et de l’Union européenne un accès au marché mahorais — donc français et européen — pour leurs propres produits.
Mais faute d’organisation et de coordination entre les autorités de Mayotte, cette aventure pourrait se solder par un fiasco pour les agriculteurs et commerçants désireux de saisir ces opportunités économiques africaines.
« Madagascar est un cas typique qui illustre ce que je veux mettre en évidence ici. Les Mahorais se font balader depuis presque trente ans sur l’importation de viande bovine, celle-là même qui arrive pourtant sur le marché de Rungis et dans d’autres places commerciales européennes. Tant que le Département-Région ne déploiera pas sur place des services destinés à faciliter les démarches administratives d’importation sur son territoire, ces commerçants auront beau se débattre, ils n’y parviendront jamais. Pendant ce temps, la viande bovine en provenance du Mercosur continuera d’inonder le marché mahorais. Il en est de même pour le poisson comme pour les produits agricoles. »
Au-delà de ce cas de figure, les voix sont nombreuses sur le territoire pour dénoncer la manière dont cette coopération économique régionale est mise en place à Mayotte, sans véritable volonté politique d’atteindre ce que la Région Réunion a su instaurer en faveur des opérateurs économiques et des consommateurs réunionnais.
D’autres figures connues du territoire sont également de la partie dans cette grand-messe de l’économie régionale et mondiale et pavoisent à qui mieux mieux sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir. S’il est à noter une délégation mahoraise un peu plus élargie et pas seulement composée d’élus, il n’en demeure pas moins qu’une fausse note vient ternir le tableau : tout ce beau monde ne s’est pas rendu en rangs serrés à Nairobi, la capitale kenyane, hôte du sommet économique « Africa Forward », qui a démarré hier matin (lundi 11 mai 2026) pour 48 heures.
Bien sûr, les photos officielles constituent un moyen indéniable pour nos élus de tous bords politiques de donner l’image d’une unité de façade sous le pompeux slogan du « kogno moja », mais les Mahorais ne sont pas dupes et savent qu’il n’en est rien, du moins pour l’instant. Une fois de plus, chacun tentera de tirer la couverture à lui et de s’attribuer des mérites qui ne sont pas les siens.
« Le Département-Région est égal à lui-même, incapable de prendre les devants pour assurer un véritable leadership. Certes, le président est visible, mais cela s’arrête là. Une éminente conseillère départementale de Petite-Terre, qui a longtemps œuvré sur les questions de rapprochement de Mayotte avec les pays africains du bassin du canal du Mozambique, est aussi de la partie, mais au titre d’une association : l’ADIM, à laquelle le Département a confié le destin des Mahorais dans leur insertion régionale. Cette structure continue de vendre du vent sans avoir à rendre le moindre compte aux élus régionaux, pas même un mini-rapport de ses activités à Madagascar et ailleurs, alors qu’elle ne cesse de dépenser l’argent du contribuable local », soulève un opérateur économique de la place, qui n’hésite pas à dénoncer haut et fort cette façon de faire devenue, selon lui, une marque de fabrique du cinquième département d’Outre-mer français.
Ne pas s’étonner de figurer sur le radeau de la Méduse
Pour avoir déjà eu l’opportunité de participer à « ces déplacements coûteux qui ne produisent rien » — selon sa propre formule —, notamment le dernier en date qui s’est déroulé à Moroni, capitale de l’Union des Comores, il y a à peine quelques jours, cet opérateur n’arrive pas à s’expliquer comment une telle gabegie peut être possible sans que le donneur d’ordre ne fixe des objectifs politiques, économiques ou matériels chiffrés à atteindre.
« C’est exactement comme les Jeux des îles de l’océan Indien qui coûtent cinq millions d’euros à une population qui manque de tout, sans rien lui rapporter d’autre que le ridicule », déplore-t-il.
Des mots d’une grande lourdeur qu’il soupèse longuement avant de les prononcer, tant son mécontentement est profond. À l’entendre, ce qui l’agace au plus haut point n’est pas la participation de notre île à ce genre d’événements, mais plutôt l’absence d’une véritable politique clairement définie et affichée, conduisant à un manque de préparation et à un déplacement désordonné des acteurs mahorais, qu’ils soient issus du monde politique, économique ou associatif.
Il estime que l’accumulation de tous ces manquements illustre la manière dont le territoire est gouverné depuis de nombreuses années, ainsi que le désamour qui s’installe entre la population et les différents responsables, tous échelons confondus.
« Après cela, nous nous étonnons d’être assimilés aux rescapés du radeau de la Méduse », interroge-t-il.
Pour illustrer sa colère, il prend l’exemple d’un groupe d’agriculteurs mahorais partis à Nairobi en fin de semaine à la recherche d’opportunités, notamment de foncier agricole à louer afin de produire massivement des denrées alimentaires destinées exclusivement au marché mahorais.
Selon lui, cette manière de procéder, qui reflète entièrement la politique menée par le Département de Mayotte depuis 2011, n’est rien d’autre qu’une impasse qui finira par dégoûter les Mahorais de la coopération régionale.
« Nous mettons la charrue devant les bœufs et c’est le Département-Région qui joue le rôle du mauvais bouvier. Après les accords paraphés par Thani Mohamed Soilihi — alors ministre français de la Francophonie et des Partenariats internationaux — avec les dirigeants kenyans, il aurait fallu asseoir autour d’une table les différentes instances de l’île intéressées par ce dossier, déterminer une politique à suivre et tracer une feuille de route avec des services chargés d’accompagner le processus à chaque étape, capables de lancer des signaux d’alerte en cas d’écueil. »
Le système est à corriger du côté de Mayotte
Notre interlocuteur estime en effet que le petit entrepreneur mahorais qui s’engage dans la voie de la coopération régionale n’est pas suffisamment informé des difficultés du parcours, notamment celles liées à la législation française et européenne en vigueur.
« On va le laisser produire ses 100 hectares de bananes à ses frais et à la sueur de son front et, lorsqu’il cherchera à faire entrer sa production sur son propre territoire, une cascade de tracasseries administratives et réglementaires lui sera opposée aux portes d’entrée d’un marché local qui relève pourtant de l’espace européen ! »
Il pointe du doigt un manque de cohérence de la part des institutions locales, source, selon lui, des échecs déjà rencontrés avec Madagascar.
L’opérateur économique explique qu’en réalité, l’intérêt des pays voisins n’est pas de bloquer les entrepreneurs mahorais sur leur sol puisque, en contrepartie, ils attendent de la France et de l’Union européenne un accès au marché mahorais — donc français et européen — pour leurs propres produits.
Mais faute d’organisation et de coordination entre les autorités de Mayotte, cette aventure pourrait se solder par un fiasco pour les agriculteurs et commerçants désireux de saisir ces opportunités économiques africaines.
« Madagascar est un cas typique qui illustre ce que je veux mettre en évidence ici. Les Mahorais se font balader depuis presque trente ans sur l’importation de viande bovine, celle-là même qui arrive pourtant sur le marché de Rungis et dans d’autres places commerciales européennes. Tant que le Département-Région ne déploiera pas sur place des services destinés à faciliter les démarches administratives d’importation sur son territoire, ces commerçants auront beau se débattre, ils n’y parviendront jamais. Pendant ce temps, la viande bovine en provenance du Mercosur continuera d’inonder le marché mahorais. Il en est de même pour le poisson comme pour les produits agricoles. »
Au-delà de ce cas de figure, les voix sont nombreuses sur le territoire pour dénoncer la manière dont cette coopération économique régionale est mise en place à Mayotte, sans véritable volonté politique d’atteindre ce que la Région Réunion a su instaurer en faveur des opérateurs économiques et des consommateurs réunionnais.