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Concerts de Sexion d’Assaut : un an de prison avec sursis retenu contre Daniel Zaïdani

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Daniel Zaïdani perdra son siège de conseiller départemental de Mayotte s’il ne fait pas appel de la décision de justice dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a tranché, ce mardi 30 avril. L’ex-président du conseil départemental de Mayotte, Daniel Zaïdani, est condamné à un an de prison avec sursis dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut en 2012. La peine est assortie d’une privation des droits civils et civiques pendant trois ans et de 25.000 euros d’amende. Il peut perdre ses fonctions de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il ne fait pas appel dans les dix jours.

Le sourire affiché aux côtés de Marine Le Pen, il y a une quinzaine de jours, est désormais crispé. Ce mardi matin, Daniel Zaïdani, ex-président du conseil départemental de Mayotte, a été condamné à un an de prison avec sursis. L’exécution provisoire n’a pas été retenue par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, l’élu garde donc son mandat de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il fait appel dans les dix jours suivant sa condamnation. La justice lui reprochait de détournements de fonds publics et des contournements des marchés publics en 2012 et 2013, quand il était à la tête du tout jeune département français (de 2011 à 2015). Il y a d’abord cette série de concerts du groupe de rap Sexion d’Assaut à Madagascar, Comores et Mayotte. L’organisation se fait de manière opaque, sur des deniers publics. « Il fallait organiser une tournée, on s’est assuré qu’ils puissent venir à Mayotte », s’est défendu le Pamandzien, lors de son procès, le mardi 19 mars. A l’époque, une subvention signée avec le producteur des rappeurs, assurait le cachet des trois représentations à hauteur de 45.000 euros. Une autre a servi à financer les billets d’avion. Alain Kamal Martial (voir encadré), alors directeur du service culturel départemental, a imputé l’opération à Daniel Zaïdani, qui est parti à Madagascar à l’époque pour assister au festival à Diego-Suarez.

Deuxième fait qui a suscité l’intérêt des juges, l’organisation d’un foutari au domicile du chef de la collectivité, le 12 août 2012, avec l’argent du contribuable (5.000 euros). Si pendant le ramadan, il était de coutume que le Département organise un repas de rupture du jeûne, il se fait généralement de manière publique avec les représentants des autorités locales. Là, les 200 invités, si certains étaient des notables locaux, avaient le point commun d’être des soutiens de l’élu mahorais. En outre, Catherine Vannier, la présidente du tribunal correctionnel, avait relevé que Saïd Omar Oili, ex-président du conseil général et rival politique de Daniel Zaïdani, avait organisé aussi ce type d’événement chez lui, mais à ses frais. Pour la localisation de la cérémonie, le mis en cause avait souligné que « la seule habitation [du conseil général] disponible était celle à Kani-Kéli ». « C’était beaucoup plus excentré, la grande majorité des personnes se trouvent à Mamoudzou et en Petite-Terre. »  Cassandre Morvan, la substitute du procureur de la République, y a vu plutôt une fête financée sur des fonds publics qui n’était rien d’autre qu’un achat de voix électorales. « Ces personnes ont bien été régalées aux frais du conseil départemental », a noté la magistrate.

Un an de prison avec sursis était requis

L’achat de deux véhicules du CD était également visé dans la prévention. Sans passation de marché public, pourtant obligatoire lorsque le montant de l’achat dépasse les 15.000 euros, les deux SUV [pour Sport utility vehicule, en anglais] ont été acquis au sein de la concession Peugeot mahoraise. « Des élus se sont étonnés de ces acquisitions compte-tenu des difficultés du Département », avait souligné la juge Catherine Vannier. Choisis par Alhamid Aboubacar (voir encadré), les deux véhicules ont coûté 39.100 euros pour l’un et 31.600 euros pour l’autre. Outre le fait d’avoir confié l’achat à un collaborateur plutôt que le service « logistique et moyens », il est reproché à l’élu une utilisation non prévue des véhicules. En effet, l’enquête de la section de recherche de la gendarmerie a permis d’établir que des élus utilisaient le parc automobile à des fins privés. Daniel Zaïdani aurait même sollicité à plusieurs reprises un des chauffeurs pour aller chercher sa femme et ses enfants. Tenant compte de l’ancienneté des faits, la substitute du procureur a requis un an d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de l’ancien président de la collectivité mahoraise. Elle a demandé aussi qu’il soit privé de ses droits civils et civiques pendant cinq ans et interdit d’exercer toute fonction publique pendant la même durée, ainsi qu’une amende de 40.000 euros.

Le tribunal a suivi le Parquet pour la peine de prison avec sursis. En revanche, la durée de la privation des droits civils et civiques est réduite à trois ans et l’amende à 25.000 euros.

Les deux présumés complices relaxés

Aux côtés de Daniel Zaïdani, Alain Kamal Martial Henry et Alhamid Aboubacar étaient jugés pour complicité, respectivement pour les concerts de Sexion d’Assaut et l’achat des véhicules. L’ex-directeur du service culturel départemental, aujourd’hui représentant du Département de Mayotte au Mozambique, est relaxé. C’est la même chose pour Alhamid Aboubacar, l’ancien collaborateur qui avait supervisé l’achat des deux véhicules.

L’eau non-conforme à Mamoudzou, à Koungou et en Petite-Terre

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L’Agence régionale de santé (ARS) alerte, ce jeudi matin, sur deux non-conformités relevées sur le réseau d’eau potable. « Des analyses reçues ce jour font état, après examen par le laboratoire départemental de Mayotte, de deux non-conformités de la qualité de l’eau. Ces résultats imposent de prendre des mesures de précaution en urgence pour garantir la potabilité de l’eau consommée par la population », prévient l’agence.

Plusieurs secteurs sont touchés. Il y a d’abord l’ensemble de Petite-Terre, soient les villages de Dzaoudzi, Labattoir et Pamandzi. Dans les communes de Koungou et Mamoudzou, une partie des villages sont concernés. Koungou, Majicavo 1 et 2, Hauts-Vallons pour la première (Longoni, Trévani et Kangani ne sont pas sur le même réseau). Pour Mamoudzou, il s’agit de Kawéni, M’tsapéré, Ambassadeur, Doujani et Passamaïnty (quartier de Ngnambo Titi uniquement). Mamoudzou village, Cavani, ainsi que le sud de Mamoudzou (Tsoundzou 1 et 2, Vahibé et une large partie de Passamaïnty) sont sur des réseaux où aucune non-conformité n’a été relevée.

Bouillir l’eau

Comme à chaque fois maintenant, l’ARS « demande à l’ensemble de la population de ces secteurs de faire systématiquement bouillir l’eau avant de la boire, faire à manger ou se brosser les dents. L’ébullition permet de stériliser l’eau et d’éliminer ainsi toutes les bactéries présentes. Cette eau peut être stockée dans un récipient dédié, conservée à l’abri de la chaleur et peut être utilisée pendant 48 heures ». L’agence indique que « des nouveaux contrôles seront effectués dans les tous prochains jours afin de suivre l’évolution de la situation ». Elle promet une communication des résultats.

Il s’agit de la deuxième situation de ce genre sur l’île, ces dernières semaines. Le 6 septembre, les villages d’Acoua, Sohoa, Chiconi, Coconi, Ongojou, Sada, Ouangani, Poroani et Miréréni (commune de Chirongui) ont fait l’objet d’une alerte pour des bactéries coliformes retrouvées dans l’eau. La situation était revenue à la normale, le dimanche 10 septembre.

Le maire de Tsingoni condamné à douze mois de prison avec sursis

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Bacar Mohammed, ici lors de la visite du ministre de la Santé François Braun en novembre 2022, a été condamné par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour prise illégale d’intérêts.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a rendu, ce mardi matin, sa décision concernant deux faits reprochés à Bacar Mohamed. Il a été condamné à douze mois de prison avec sursis, 15.000 d’euros d’amende et une peine d’inéligibilité de trois ans avec exécution provisoire pour prise illégale d’intérêts. Il a été relaxé pour atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics.

Au cours de l’audience du 28 mars, le président départemental du parti Les Républicains a dû s’expliquer à la fois sur des contrats passés avec des entrepreneurs locaux qui ne respectaient pas les règles des marchés publics et la vente de terrains à des proches, notamment sa fille, à des prix très avantageux (trois euros le mètre carré). Ce dernier point, qui constitue une prise d’illégale d’intérêts, a fait l’objet d’une délibération du conseil municipal, le 16 mai 2020.  Le terrain nu de 1.160 m2 situé entre la bibliothèque de Mroalé et la route départementale a été vendu à quatre acheteurs. Le prix fixé à trois euros par mètre carré donne un total de 3.480 euros. Dénonçant une cabale politique d’une élue d’opposition, le maire avait justifié ce tarif préférentiel en rappelant qu’il était appliqué à Tsingoni depuis la régularisation foncière de propriétaires déjà installés. Mais ici, il s’agissait d’acquisition et non de régularisation. Le conseil municipal, devant le tollé généré, a fait annuler en février 2022 la délibération.

« Le maire décidait seul »

Pour les marchés, c’est la chambre régionale des comptes (CRC), qui se penche régulièrement sur les finances des collectivités, qui avait décelé un problème. En effet, plusieurs marchés ont été découpés selon la technique du « saucissonnage ». C’est-à dire que les prestations étaient séparées les unes des autres pour que le montant total n’atteigne pas les plafonds nécessitant une procédure plus stricte de mise en concurrence. Par exemple, la rénovation de l’école de la mosquée du vendredi de Tsingoni en 2016 a fait l’objet de deux factures distinctes (58.000 euros pour l’extérieur, 66.700 euros pour l’intérieur). Mises ensemble (124.700 euros), elles dépassaient le plafond de 90.000 qui nécessite de passer par le bulletin officiel des marchés publics et des annonces légales. Pareil pour des travaux réalisés sur les différents terrains de football de la commune. La société chargée des travaux a établi un montant pour chaque site. Autre problème et non des moindres, s’il y a eu une mise en concurrence pour ces marchés, il n’y en a plus aucune trace à la mairie. La CRC a été incapable de trouver les devis. Le maire avait affirmé, le 28 mars, qu’il y avait des problèmes d’archivage à la mairie, mais que des progrès avaient été faits depuis. Il s’était également pris à son ancien adjoint, le jugeant responsable des irrégularités.  Pourtant, l’une des employés communaux avait chargé le maire, au cours des auditions, en affirmant que le maire « décidait seul ».

Pour prise illégale d’intérêts, celui qui est maire de Tsingoni depuis 2014 et actuel candidat aux élections sénatoriales a été condamné à douze mois de prison avec sursis, une peine d’inéligibilité de trois ans et 15.000 euros d’amende. La vice-procureure, Delphine Moncuit, avait demandé une peine d’inégibilité de cinq ans avec exécution provisoire, ainsi que vingt-quatre mois de prison avec un sursis simple et 7.000 euros d’amende.

Deux entrepreneurs mahorais, le gérant d’une entreprise de peinture à Tsingoni et un spécialiste de l’équipement sportif du nord de Mayotte, ont été également condamnés pour avoir profité des marchés irréguliers.

Bacar Mohamed réagit à sa condamnation

Le désormais ex-maire de Tsingoni a pris acte de la décision du tribunal. Il la trouve « sévère eu égard aux griefs qui [lui] sont reprochés ». « Je fais remarquer qu’on ne me reproche ni un enrichissement personnel ni une rétrocommission quelconque », poursuit-il. Sans évoquer la prise d’illégale d’intérêts (la vente de terrains à sa fille), il dit « continuer toujours à nier avec vigueur » le délit de favoritisme. 

Sur la suite, « il appartient maintenant à mon successeur de maintenir l’unité que j’ai mise en place depuis 2014 au sein de la majorité municipale actuelle, et ce jusqu’à la fin de la mandature en cours ». Même s’il peut toujours faire appel (cela ne suspend pas la décision), il remercie sa majorité, les agents municipaux et les habitants de sa commune de leur confiance. 

« De toute évidence, face à ce procès purement politique, je ne me laisserai pas facilement abattre et me réserve le droit, en concertation avec mon avocat, de faire appel pour laver mon honneur », prévient-il.

La barge « Chatouilleuse » va entrer en scène

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1- « Chatouilleuse » (à droite) s’installe aux côtés de sa grande sœur, « Karihani ».

Présente dans le lagon depuis la semaine dernière, « Chatouilleuse », dernière-née du chantier naval de l’océan Indien (CNOI) de l’île Maurice, va bientôt accueillir ses premiers passagers. Ce mardi matin, une présentation au travers d’une conférence de presse a eu lieu sur ce nouvel amphidrome qui permettra d’embarquer 392 passagers entre Grande-Terre et Petite-Terre.

Ce mardi matin, en gare maritime de Mamoudzou, la barge « Chatouilleuse » a été présentée par les agents, les capitaines et par le directeur Moussa Kassim, du service des transports maritimes (STM) du Département en présence de Ben Issa Ousséni, président du conseil départemental, d’Ali Omar, vice-président, et de Soihirat El Hadad, conseillère départementale de Pamandzi. L’objectif de cette visite était de révéler officiellement la nouvelle barge, qui va rapidement rejoindre ses grandes sœurs.

« Chatouilleuse », mais aussi « Imane » sa sœur jumelle, ont pour avantage de pouvoir embarquer deux rangées complètes de camions, ce qui n’était pas le cas sur les anciens amphidromes tel que le Georges Nahouda. La capacité de chargement est donc passée à six camions et 24 véhicules. Ces deux barges, pourront embarquer chacune 400 passagers au total, en comptant les huit membres d’équipage. « Chatouilleuse » est plus petite que ses aînées, avec 39,50 mètres, contre 60 mètres, « pour mieux entrer dans la cale sèche au STM en Petite-Terre et ainsi, évitant les remorquages jusqu’à Maurice », explique Ali Omar, vice-président du Département, chargé des transports. La question que l’on peut se poser, c’est d’où vient le choix de ce nom, la Chatouilleuse ? Pour le vice-président, « c’est un symbole fort », qui caractérise l’attachement du Département « à la mémoire et aux grandes figures de Mayotte ».

Vers une transition écologique

Ce nouvel amphidrome participe à la modernisation de la flotte du STM, dans l’objectif « d’innover et d’installer des moteurs moins polluants », affirme Ali Omar. C’est donc dans une volonté de s’inscrire dans une démarche de transition écologique qu’a été réalisée l’acquisition de ce nouveau navire. Une stratégie également nécessaire pour l’obtention de fonds européen de développement régional (Feder), qui finance 83 % des 14,5 millions d’euros investis pour l’acquisition des deux nouveaux amphidromes, « Chatouilleuse » et « Imane ». Cette démarche se traduit principalement par l’évolution de la motorisation, adoptant le diesel électrique, qui permet ainsi que la rendre plus silencieuse et plus rapide que ses sœurs.

« La rigueur de contrôle sera renforcée »

Autre point innovant à découvrir sur cet amphidrome, la diffusion de messages de sécurité sur les écrans, se lançant automatiquement au démarrage de la barge. Également dans une dimension écologique, depuis le 1er avril, les tickets papiers ont disparu pour laisser place à une carte magnétique. En corrélation avec ce changement, « la rigueur de contrôle sera renforcée grâce à l’automatisation », prévient Ali Omar. Une surveillance accrue pour permettre « d’augmenter les recettes d’exploitation, car nous assurons seuls les charges et investissements de ces services », admet-il.

D’ici quelques jours, les passagers pourront faire la traversée à bord de la nouvelle barge. Selon le vice-président en charge des transports, sa mise en service est prévue « le plus rapidement possible ». Dès que toutes les conditions seront réunies, elle sera mise en service au niveau du quai Ballou, afin de remplacer alternativement le « Maoré Mawa » et le « Saffari ».

Des navettes maritimes et des quais rénovés

Le projet de navettes maritimes verra le jour à l’horizon 2026. Les gares maritimes devraient être implantées à Iloni et Longoni, « notre avant-projet sur les gares maritimes est en cours de finalisation avec les services de l’État » a réaffirmé le troisième vice-président du Département. D’après lui, les autorisations réglementaires seront obtenues « d’ici un an et demi », puis suivront les travaux. Simultanément, l’appel d’offres sera lancé pour un futur opérateur, qui devra « investir dans une flotte de navettes adaptées à notre lagon et aux contraintes de nombre de passagers », rappelle Ali Omar. En sus de ce projet, le Département continue d’étudier la mise en place d’un service de transport maritime de fret, en provenance de Longoni « pour désengorger le trafic des poids-lourds », notamment sur les traversées de Koungou et Kawéni. En complément, en coordination avec les services de l’État, il prépare aussi les chantiers de réparation des quais Issoufali et Ballou. Ces travaux auront lieu au cours du second semestre 2023.

Phénomène sismo-volcanique à Mayotte : Préparation sur-mesure d’une campagne explosive

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Le Bureau de recherches géologiques et minières est sur le point de réaliser une campagne de mesures dans le but de récolter des donnes nécessaires pour localiser plus précisément le phénomène sismo-volcanique. Mais avant de procéder à des tirs de charges explosives enfouies, l’établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer l’imagerie, les ressources et les risques du sol et du sous-sol doit installer tout le matériel en un temps record. Entretien avec Jean-Michel Baltassat, ingénieur géophysicien au BRGM et responsable des opérations en terre pour cette campagne.

Flash Infos : Vous venez d’enfouir l’un des 72 géophones dans le cadre d’une campagne de mesures intitulée REFMAORE sur une ligne traversant Mayotte d’Ouest en Est. En quoi consiste-t-elle ?

Jean-Michel Baltassat : Ces géophones sont des capteurs que nous mettons en place tous les 350 mètres le long d’un profil de 30 kilomètres à terre qui s’étend depuis M’Tsamboro jusqu’à la plage de Moya, pour réaliser un échantillonnage spatial régulier. Ils vont nous servir à enregistrer les zones sismiques que nous allons générer par 10 tirs de charges explosives – mises à feu au fond de forages de 25 mètres de profondeur de manière à ce que le maximum d’énergie parte dans le terrain et qu’il n’y ait pas de danger à la surface – réalisés sur la même ligne du vendredi 9 au jeudi 15 octobre. Cette ligne de mesure est également prolongée en mer sur 70 kilomètres par 10 capteurs, micro-OBS, posés au fond de l’eau par les équipes de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) depuis le Marion Dufresne.

FI : Quelles sont les particularités de ces géophones ? Quelles données supplémentaires vont-ils pouvoir nous apporter en plus de ce que nous savons déjà à l’heure actuelle ?

J-M. B. : Ce ne sont pas les géophones en particulier, mais l’ensemble de la configuration de la manipulation qui va engendrer des ondes. Nous allons faire ce que nous appelons de la sismique active par opposition à la sismique passive, qui se contente d’enregistrer les ondes générées naturellement, notamment par les séismes. Avec ce dispositif qui est bien calibré au niveau géométrique, nous allons pouvoir déterminer avec précision les vitesses sismiques en profondeur. La distribution de ces dernières, aussi bien en terre qu’en mer, va nous permettre à mieux connaître la structure de Mayotte et à mieux positionner, par la suite, les séismes qu’ils ne le sont aujourd’hui. La bonne localisation des séismes va aider à mieux comprendre les phénomènes auxquels le territoire est soumis mais également à mieux les surveiller. Mais le traitement et la valorisation de ces données vont prendre du temps… Nous n’aurons pas les résultats avant 2021 !

FI : Une fois que vous aurez réalisé ces tirs et que vous aurez récupéré ces données, qui sont censées apporter une plus-value non négligeable dans la compréhension du phénomène sismo-volcanique que subit Mayotte depuis 2018, ce type d’opération sera-t-il amené à se reproduire à l’avenir ?

J-M. B. : Nos collègues de l’Ifremer, de l’Ipgp (Institut de physique du globe de Paris) et nous-mêmes avons des propositions de compléments d’investigations, qui ne seraient plus sur un seul profil mais plus répartis spatialement, latéralement, pour avoir une vision globale en 3 dimensions de l’espace des phénomènes sur Mayotte. Présenté au financement l’année dernière, ce projet n’a pas été retenu en première analyse. Mais il est amené à être de nouveau présenté dans les prochaines années dans le but de soumettre une enquête moins profonde mais beaucoup plus détaillée pour mieux connaître la zone sismo-volcanique.

 

Maîtriser la consommation d’énergie : un enjeu crucial pour Mayotte… et nos factures !

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Le comité Maitrise de la demande en énergie, qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, lance une nouvelle campagne de communication. Objectif : inciter particuliers et entreprises à opter pour des constructions et des équipements plus performants. Avec en ligne de mire, la baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la facture énergétique.

Vous les avez peut-être aperçues dans le coin du rétro…ou bien êtes passé sans un regard. Depuis quelques jours, de grandes affiches “Oui aux offres Hodari” ont été placardées ici et là sur les routes de Mayotte : une femme y fait cramer son aile de poulet au mur, visiblement harassée par une châleur étouffante, une autre y sirote son café sous le regard envieux de ses amies. Le message vous échappe ? C’est que la marque “Hodari”, une série d’offres lancée en partenariat avec plusieurs entreprises locales par le comité Maîtrise de la demande en énergie (MDE), peine encore à se faire connaître. Son objectif, pourtant, est crucial pour Mayotte : réduire la facture énergétique du département, où 95% de l’électricité consommée provient encore de centrales alimentées au gazoil – contre seulement 5% d’énergies renouvelables.

Alors le comité, créé en 2019 et qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, entend bien changer la donne. Mais “le meilleur moyen de diminuer les émissions de carbone ainsi que sa facture énergétique est encore de ne pas consommer”, rappelle Claude Hartmann, le nouveau directeur général d’EDM. La société d’électricité organisait donc une conférence de presse ce lundi, en présence des autres acteurs du comité, pour lancer officiellement cette nouvelle campagne de communication. Celle-ci s’adresse à tous les clients de Mayotte, entreprises comme particuliers, qui souhaitent diminuer leur consommation d’énergie. Le but : favoriser l’accès à des produits éco-efficaces et matériaux non énergivores à travers des primes incitatives. Isolation du bâtiment, climatisation plus performante, ou encore chauffe-eau solaires… La promesse Hodari vante jusqu’à 30% d’économies sur la facture d’électricité ! Un coup de pouce non négligeable quand on sait que la consommation annuelle par foyer s’élève à 5.000KWh. Soit une facture de près de 650 euros par an, tout de même.

Déjà 5GWh d’électricité économisés

Le plus gros poste de consommation ? La climatisation, bien sûr ! À titre d’exemple, vous pouvez donc, grâce aux offres Hodari, remplacer votre vieux climatiseur énergivore pour un appareil de classe A+++ et bénéficier d’une prime de 500 à 900 euros, en fonction de sa puissance. Le comité MDE propose aussi des actions “non standard”, un volet consacré aux projets d’envergure, et qui vise à améliorer l’efficacité énergétique d’un bâti, d’une industrie ou d’une collectivité en passant par un bouquet de travaux. La municipalité de Koungou, via la mise en place de luminaires d’éclairage public solaire autonomes, le distributeur alimentaire Distrimax pour sa chambre froide, le promoteur immobilier CBO pour un ensemble de trois bâtiments au centre de Kawéni ou encore un particulier qui a construit sa maison avec de fortes ambitions sur sa performance énergétique en ont ainsi bénéficié. Pour toutes ses actions, en 2019, le comité estime à 5 GWh d’électricité économisés, soit l’équivalent de 1.000 foyers mahorais, pour un investissement de 2,8 millions d’euros. Et à l’horizon 2023, le MDE entend bien atteindre les 25 GWh d’économies annuelles.

Créer de nouveaux marchés

Certes, passer au tout écolo représente toutefois un investissement de taille. “Mais il y a une notion de coût global à plus long terme à faire comprendre, d’où l’importance de mener un travail de sensibilisation”, déroule Yann Le Bigot, ingénieur à l’Ademe. Outre des campagnes sur les offres MDE, le comité finance aussi des actions de terrain menées par l’Espace Info Énergie, qui intervient en milieu scolaire, organise des tournées dans les villages ou les entreprises, et fait le relais entre particuliers et constructeurs afin de faire comprendre les avantages des équipements performants.

L’autre risque pour le comité : voir les commerçants augmenter leur prix, ce qui annihilerait de facto l’effet des primes. L’ensemble des acteurs présents assure avoir conscience de cette possibilité. “Mais nous constatons aussi l’arrivée de nouveaux acteurs sur ces marchés, qui se développent justement grâce à ce type d’offres, ce qui permet de créer la concurrence et de maintenir les prix”, analyse Yann Le Bigot. En effet, via son réseau de partenaire, l’offre Hodari entend aussi encourager les filières locales. Comme par exemple, la brique de terre compressée, un matériau utilisé par le passé et qui trouve une nouvelle jeunesse depuis que la filière a été relancée cette année, en lien avec la Chambre des métiers et de l’artisanat. “Aujourd’hui, nous avons huit partenaires. C’est une très bonne chose, car il s’agit là d’un matériau noble, avec un pouvoir d’isolant non énergivore”, salue Christian Freu, responsable pôle transition énergétique et innovation chez EDM.

Augmenter la part des énergies renouvelables

De belles avancées, donc. Mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt. Avec la croissance démographique record que connaît le département, et une croissance de la consommation d’énergie moyenne de 5% par an, le passage à une production d’électricité issue d’énergies renouvelables est une priorité pour Mayotte. “Nous pouvons techniquement monter à 30% de photovoltaïque dans le mix énergétique, et le réseau est prêt à le supporter”, souligne Claude Hartmann. D’autant plus que les systèmes pour stocker cette énergie – et ainsi la mettre à profit pour les pics de consommation qui surviennent généralement à la nuit tombée – existent. Les nouveaux appels d’offre dans le cadre de la prochaine Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) devront aller dans ce sens.

26ème édition du festival de l’image sous-marine à Mayotte en hommage à Jack Pass

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La 26ème édition du festival de l’image sous-marine a un peu de retard cette année, mais elle aura bien lieu du 7 au 10 octobre. Elle aura une ambiance quelque peu particulière puisque pour la première fois depuis sa création, son fondateur Jack Pass n’y participera pas.

Le père fondateur du festival de l’image sous-marine nous a quittés au mois d’août dernier, mais l’évènement n’est pas prêt de disparaître. L’agence de communication Angalia qui a aidé le défunt à l’organiser ces 4 dernières années, a entièrement pris les rênes cette année suite à sa disparition. Jack Pass a tout de même aidé à l’élaboration de cette nouvelle édition de son vivant, en début d’année. L’apparition du virus a également joué les troubles fêtes et a chamboulé le cours des évènements. Le festival qui a habituellement lieu au mois de mai, se déroulera finalement en octobre. Toutefois, il ne perd pas son sens premier. Les concours sont maintenus, et il existe trois catégories : celui du film, de la photo et du dessin. Les lauréats du concours du film et de la photo ne sont pas encore connus. Le jury n’a pas pu délibérer à cause de la crise sanitaire. Seuls ceux du concours de dessins ont été désignés. Il s’agit de 20 enfants qui gagnent une séance de plongée. Le festival débutera mercredi 7 octobre par un hommage à Jack Pass avec la diffusion du film La flèche et l’épée d’Éric Keyser, qui parle entre autre de celui qui est aussi à l’origine de la mythique course de pneus.

Au total 19 films seront projetés, 78 photos seront exposées ainsi que 103 dessins d’écoliers. « C’est une programmation ambitieuse parce que trouver des films de 52 minutes, ce n’est pas simple. Mais on a un festival qui est complet et on est fiers quand on sait le temps qui nous a été imparti et la complexité du départ de Jack et la covid », souligne Laurent Mounier, gérant de l’agence Angalia. Les organisateurs ont tout de même dû revoir leurs ambitions à la baisse puisque le nombre de visiteurs à été réduit de moitié. En temps normal, les séances peuvent accueillir jusqu’à 250 personnes. À cause des restrictions sanitaires, leurs nombres seront limités à 130.

L’évolution du festival sans Jack Pass

« Notre philosophie est de maintenir tout ce qui a été fait par Jack Pass et on le développe. » Le gérant de l’agence Angalia est clair, il est hors de question de modifier l’essence même du festival. Mais les nouveaux organisateurs voient grand. Ils ont trois objectifs bien définis. « On veut poursuivre le travail de sensibilisation auprès des scolaires en donnant accès aux films gracieusement aux écoles qui le demandent pendant la période du festival », explique Laurent Maunier. À l’exemple de La Réunion qui a mis en place ce système depuis deux ans. Cela permet d’augmenter considérablement le nombre de vues. Mais leur ambition va bien au-delà, puisque le festival de l’image sous-marine de Mayotte veut s’exporter sur le territoire national. « L’idée est de participer au festival de La Réunion et celui d’Hyères. On va travailler ensemble pour mutualiser des images, des expériences, et faire diffuser les conférences sur l’ensemble des festivals », précise Laurent Maunier.

Enfin, les organisateurs veulent favoriser les productions mahoraises. Pour cette édition, seulement 5 films ont été produits localement. Le vouloir est une chose mais le concrétiser en est une autre. Pour le moment, l’agence Angalia ne sait pas de quelle manière elle procèdera pour que les habitants aient envie de filmer ou de prendre en photo le lagon du 101ème département.

Gymnastique acrobatique : la Mahoraise Maëcha Duguin-Sandi va représenter la France aux Mondiaux

Gymnastique acrobatique : la Mahoraise Maëcha Duguin-Sandi va représenter la France aux Mondiaux

À seulement 14 ans, Maëcha Duguin-Sandi s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa jeune carrière sportive. Originaire de Bandrélé, la jeune Mahoraise représentera prochainement la France lors des championnats du monde de gymnastique acrobatique, organisés à Pesaro, en Italie, à partir du 17 septembre.

La sportive a décroché cette sélection après avoir terminé troisième des championnats de France de gymnastique acrobatique en juin. Licenciée au club réunionnais de la Rivière Saint-Louis, elle évolue en duo avec Sameera Boucher. Ensemble, les deux gymnastes vont désormais se mesurer au niveau international.

Avant de rejoindre l’Italie, Maëcha Duguin-Sandi intégrera l’équipe de France à la fin du mois d’août. Elle participera ensuite à un tournoi international en Pologne, une première expérience qui lui permettra de se préparer aux Mondiaux.

Pour la jeune sportive, cette sélection est l’aboutissement d’un parcours commencé très tôt. Fille de circassiens, elle a découvert la gymnastique dès l’âge de trois ans et s’entraîne aujourd’hui à un rythme soutenu. Durant ses vacances, plusieurs heures quotidiennes sont consacrées à la préparation physique et technique afin d’aborder au mieux cette première grande échéance internationale.

Cette participation aux championnats du monde constitue une nouvelle reconnaissance pour la jeune Mahoraise, dont les performances témoignent de la progression de la gymnastique acrobatique dans la région. Ses proches comptent également faire le déplacement pour l’accompagner dans cette aventure qui pourrait marquer un tournant dans sa carrière sportive.

Mlezi Maore a accompagné près de 10.000 bénéficiaires en 2025

Mlezi Maore a accompagné près de 10.000 bénéficiaires en 2025

Mlezi Maore a accompagné 9.867 bénéficiaires en 2025, tout en orientant 13.811 personnes et en menant des actions de sensibilisation auprès de 27.024 publics, selon son rapport d’activité publié début août. L’association, qui compte 699 professionnels, souligne avoir maintenu ses missions malgré les destructions et les relocalisations de services auxquelles elle a dû faire face au cours de l’année.

Ce bilan accompagne la présentation de son Projet stratégique associatif 2026-2031. Celui-ci prévoit notamment de renforcer la qualité des accompagnements, l’ancrage territorial et l’innovation sociale. Membre du Groupe SOS depuis 2009, Mlezi Maore intervient notamment dans la protection de l’enfance, le handicap, l’insertion, l’hébergement et le logement à Mayotte.

Des ateliers artistiques autour du cyclone Chido à Chiconi

Des ateliers artistiques autour du cyclone Chido à Chiconi

Le projet Mila Zema propose deux matinées d’ateliers artistiques et créatifs, les 11 et 12 août, à Chiconi. Ouvertes à tous à partir de 12 ans, les activités auront pour thème le cyclone Chido et permettront aux participants de s’exprimer à travers cinq disciplines : écriture, chant, percussion, peinture et musique assistée par ordinateur (MAO).

Les ateliers se dérouleront de 9h30 à 12h à Magaza Vanille, à Chiconi. Les places étant limitées, les inscriptions sont ouvertes auprès des organisateurs à l’adresse relais@villedechiconi.fr ou au 06 39 69 64 51.

Anchya Bamana demande à Stéphanie Rist de venir prendre le pouls de Mayotte sur place

Anchya Bamana demande à Stéphanie Rist de venir prendre le pouls de Mayotte sur place
Anchya Bamana réclame instamment la venue sur place de Stéphanie Rist afin que la ministre puisse prendre la mesure de la situation sanitaire

Information réelle ou supposée sur l’explosion inattendue de certaines maladies jadis éradiquées dans le département de Mayotte, la députée (RN) Anchya Bamana monte au créneau ces derniers jours et demande des comptes à Stéphanie Rist, la ministre française de la Santé. La parlementaire tire à boulets rouges sur l’ARS Mayotte et, plus globalement, sur l’État par extension. Elle invite la ministre à se rendre de toute urgence sur le territoire afin de se rendre compte de l’ampleur d’une situation qu’elle considère comme hors de contrôle.

Cinq patients hospitalisés en moins d’une semaine et deux admis en réanimation, 302 cas de paludisme enregistrés à Mayotte depuis le début de l’année, dont 215 cas importés du territoire comorien voisin et 66 cas acquis localement : le dernier bulletin de Santé publique France fait sortir de ses gonds la députée mahoraise (RN) Anchya Bamana, qui saisit la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

Dans un courrier en date du 5 août, la parlementaire fait état d’une dégradation de la situation sanitaire dans le 101e département français, allant jusqu’à la qualifier d’incontrôlable. « Notre département est confronté simultanément à la recrudescence du paludisme, à la circulation locale du Mpox, à la persistance de l’hépatite A et à une progression inquiétante des syndromes gastro-intestinaux », fait-elle valoir dans sa missive.

Un constat qui la conduit à tirer à boulets rouges sur l’Agence régionale de santé (ARS), qu’elle accuse de n’apporter qu’une réponse insuffisante face à la gravité de la situation. Pour la députée, « ces chiffres démontrent que les importations répétées du parasite ont favorisé la réinstallation de chaînes de transmission à Mayotte, alors que le paludisme y avait pratiquement disparu ».

Au demeurant, Anchya Bamana n’est pas la seule élue à dresser ce constat. Le sénateur Saïd Omar Oili a déjà sonné maintes et maintes fois l’alarme à ce propos. Quasiment tous les responsables politiques mahorais dénoncent à l’unisson une situation qu’ils considèrent comme prévisible, notamment en raison d’une immigration clandestine massive, et réclament que Mayotte soit impérativement préservée des risques sanitaires associés.

Une doléance qui, selon eux, reste jusqu’ici lettre morte de la part du gouvernement Lecornu, jugé insuffisamment réactif lorsqu’il s’agit de Mayotte, quel que soit le sujet mis sur la table.

Sans parti pris ni démagogie politique, les Mahorais, toutes catégories confondues, dénoncent également ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de l’ARS à prendre à sa juste mesure un état sanitaire global de Mayotte, qui serait en nette régression depuis plusieurs années. Une situation que certains mettent notamment en perspective avec les différentes périodes de gestion du système de santé mahorais.

Sans doute la proximité de plusieurs échéances électorales explique-t-elle aussi ce haussement de ton d’une classe politique locale trop souvent accusée par une partie de la population de laxisme, de lâcheté, voire de coupable silence, pour ne pas dire de connivence, avec un État central parisien qui, selon ses détracteurs, se préoccuperait davantage de ses relations bilatérales avec les pays voisins de Mayotte que de ses propres sujets et contribuables. 

Des comptes demandés à l’État

Elle n’a pas fini de demander des comptes à l’ARS Mayotte et aux autres services de l’État sur la gestion sanitaire de l’archipel.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, il est concevable que le temps des « longs couteaux » prenne le dessus sur la raison et la « prétendue légendaire résilience des Mahorais ». La gestion des conséquences du cyclone Chido ne manquera pas, le moment venu, de s’inviter dans le débat politique des scrutins à venir, en guise d’arbitre du changement.

« Où sont les distributions massives de moustiquaires imprégnées ? Où sont les opérations systématiques de destruction des gîtes larvaires ? Où sont les campagnes d’information répétées dans les villages, les établissements scolaires, les quartiers précaires et les médias locaux ? Où sont les moyens supplémentaires consacrés au dépistage et au traitement rapide des personnes contaminées ? »

Anchya Bamana précise à Stéphanie Rist que des questions du même genre peuvent lui être adressées s’agissant d’autres pathologies présentes sur le sol mahorais, telles que le chikungunya ou la dengue. La parlementaire interroge ainsi la ministre de la Santé sur les politiques de prévention et de dépistage engagées par le gouvernement Lecornu sur le territoire, notamment au sujet des maladies hydriques.

Elle demande où en sont les campagnes de sensibilisation, de prévention et de vaccination destinées au plus grand nombre, en premier lieu aux publics les plus exposés à ces différentes maladies.

Une cascade de questions ponctue ainsi le contenu de sa saisine de la ministre de la Santé. Anchya Bamana rappelle au demeurant que Mayotte est une partie intégrante de la République française et que, par conséquent, « ses habitants ne peuvent plus être invités à supporter les coupures d’eau, l’effondrement de l’offre de soins et le retour de maladies graves pendant que l’État observe la situation à distance ».

La députée justifie ainsi sa volonté de rompre le silence et son refus de voir se multiplier les mesures jugées insuffisantes pour calmer la population. Elle réclame instamment la venue sur place de Stéphanie Rist afin que la ministre puisse prendre la mesure de la situation sanitaire.

Anchya Bamana, qui a prévu de passer une bonne partie de ses vacances d’été sur le territoire à l’écoute des doléances de ses administrés, n’en a donc pas fini avec le système local de santé. Elle entend continuer à interpeller les autorités et à demander des comptes sur la gestion sanitaire de Mayotte dans les prochaines semaines.

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Entretien avec Twalal Harouna Abassi : une nouvelle fournée d’étudiants mahorais pour le Canada

Entretien avec Twalal Harouna Abassi : une nouvelle fournée d’étudiants mahorais pour le Canada
Séance explicative à destination des candidats à un enseignement universitaire au Canada (*image améliorée par ia)

Ils sont 14 jeunes Mahorais prêts à s’envoler cet automne pour le Canada, où ils pourront démarrer un cursus universitaire dans différentes villes du Québec, autrement appelé le « Canada français ». Ils ont passé les différents tests de sélection réalisés sur place par Twalal Harouna Abassi, à l’origine de ce programme éducatif ouvert aux natifs du territoire. Un programme devenu une réalité qui s’inscrit dans la durée grâce au soutien financier du Département-Région de Mayotte et de la Communauté de communes du Sud.

Flash Info : Combien de jeunes étudiants mahorais espérez-vous accueillir cette année au Canada ?

Twalal Harouna Abassi : Je retourne au Canada par le vol de ce dimanche. Cette année, j’ai avec moi 14 étudiants qui ont déjà suivi le processus de sélection. Ils effectueront leur rentrée universitaire cet automne dans différentes villes du Québec.

F.I. : Comment se déroule la sélection localement ?

T.H.A. : Ce que nous essayons vraiment de faire, c’est de mettre le jeune et sa famille au cœur d’un dispositif qui les implique tous dès le début. Pour être direct, je dirais que dès que nous détectons un intérêt particulier chez un jeune, nous organisons un premier échange avec sa famille afin de vulgariser et d’expliquer notre dispositif. L’objectif est de susciter au maximum leur intérêt et celui de la famille.

Nous mettons également à leur disposition des liens numériques vers les établissements susceptibles de les accueillir, afin qu’ils puissent explorer les différents programmes d’enseignement proposés. Ce n’est qu’au terme de ce parcours que les parents nous adressent une lettre de motivation, laquelle ouvre la voie à un entretien. Une fois cet entretien terminé, nous sommes en mesure de déterminer si l’étudiant concerné est suffisamment mûr et s’il est en mesure d’intégrer notre dispositif.

F.I. : Êtes-vous en contact avec le Département de Mayotte ? Avez-vous obtenu un quelconque soutien de sa part ?

T.H.A. : Oui, nous sommes en relation avec le Département de Mayotte. Il soutient et finance notre dispositif. Notre association Mayotte-Québec est conventionnée pour déployer ce dispositif sur l’ensemble du territoire afin de répondre aux besoins de l’île. Un financement annuel de 85 000 euros nous est accordé. Le Département se tient régulièrement informé de l’évolution de chaque étudiant, ce qui nous permet d’améliorer le dispositif dans son déploiement sur les deux territoires.

F.I. : En est-il de même avec le Rectorat de Mayotte ? Comment apprécie-t-il votre initiative ?

T.H.A. : À notre grand regret, nous n’avons aucun contact avec le Rectorat de Mayotte. En dehors du Département-Région de Mayotte, il y a la Communauté de communes du Sud qui nous accompagne depuis le début de cette aventure.

Nous nous efforçons d’utiliser nos rares ressources pour travailler dans l’intérêt supérieur des étudiants mahorais. J’ignore quelle appréciation le Rectorat porte sur ce dispositif. Au démarrage, nous avons essayé d’instaurer une relation afin d’accéder directement aux lycéens, futurs bacheliers. Malheureusement, cela n’a pas abouti et le premier bilan que nous leur avons présenté n’a donné lieu à aucune manifestation d’intérêt.

F.I. : Et comment cela se passe-t-il avec les autorités canadiennes ?

T.H.A. : Le Canada est une terre d’immigration par excellence, en particulier pour les étudiants. En ce qui concerne les étapes à franchir pour l’obtention d’un visa, nous nous débrouillons seuls. L’itinéraire que nous suivons ne fait l’objet d’aucun blocage particulier, tant au niveau provincial que fédéral.

F.I. : Est-ce que tous les candidats mahorais à des études au Canada arrivent à suivre le rythme ou y a-t-il des ratés ?

T.H.A. : Aussi surprenant que cela puisse paraître, la grande majorité de nos étudiants arrivent à suivre la cadence. Mais ce serait vous mentir que de dire que nous enregistrons un taux de réussite de 100 %. Sur un total de 60 jeunes accompagnés depuis le début de ce programme, nous comptabilisons six abandons.

Cela n’est pas dû à un problème de niveau, mais plutôt à des difficultés d’adaptation aux conditions de vie et à l’environnement du territoire. Ce qui importe, c’est que les autres étudiants arrivent à bien s’en sortir. Pour preuve, nous avons eu la joie de compter nos premiers diplômés cette année et ils ont tous opté pour une poursuite de leur cursus universitaire.

F.I. : Tout cela fait une petite communauté à gérer. Comment arrivez-vous à gérer cela au quotidien ?

T.H.A. : Pour que cela fonctionne bien, nous essayons de mettre en place des outils de communication, notamment au moyen de certaines applications numériques qui nous permettent d’entretenir des canaux de discussion dans chaque ville, aussi bien sur des thématiques générales que sur des sujets spécifiques.

Ainsi, nous arrivons à prendre le pouls des conditions de vie de nos étudiants, aussi bien les débutants que ceux qui sont là depuis plus longtemps. Pour le moment, je dirais que c’est une formule qui fonctionne plutôt bien, même si certains aspects mériteraient amplement d’être améliorés.

Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un dispositif encore très jeune et fragile. Notre management est plutôt efficace et nous parvenons à apporter des réponses à chaque sollicitation de nos étudiants, aussi bien sur le sol mahorais que sur le sol canadien.

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Les champions veulent transmettre leur expérience aux jeunes talents

Les champions veulent transmettre leur expérience aux jeunes talents

Créée officiellement en janvier 2026, l’Académie Mahoraise des Talents Sportifs (AMTS) réunit plusieurs générations de sportifs mahorais de haut niveau. Leur ambition : accompagner les jeunes dans un parcours où la performance sportive ne suffit pas toujours. Départ vers l’Hexagone, études, logement, financement, blessures ou préparation de l’après-carrière, l’association veut mettre l’expérience des anciens au service de ceux qui rêvent à leur tour de haut niveau.

À Mayotte, le sport ne manque pas de talents. Mais entre la détection d’un jeune prometteur et une carrière au plus haut niveau, le chemin peut être long et semé d’obstacles. Pour progresser, de nombreux sportifs doivent quitter l’île, parfois très jeunes. Une fois loin de leur famille et de leur environnement habituel, ils doivent poursuivre leur entraînement tout en construisant leur parcours scolaire, professionnel et personnel.

C’est précisément sur cette période, souvent moins visible que les compétitions et les médailles, que souhaite intervenir l’Académie Mahoraise des Talents Sportifs (AMTS). Créée officiellement en janvier 2026, à la suite de son assemblée générale constitutive du 30 décembre 2025 à Kaweni, l’association est présidée par Fahdedine Madi Ali, ancien international français et multiple champion de France au lancer du javelot. Son objectif est d’améliorer l’accompagnement des sportifs mahorais dans toutes les dimensions de leur parcours.

Un parcours qui ne s’arrête pas au terrain

Pour l’AMTS, devenir sportif de haut niveau ne consiste pas uniquement à enchaîner les entraînements et les compétitions. Pour les jeunes Mahorais qui quittent le territoire, le départ constitue souvent une étape importante.

À plusieurs milliers de kilomètres de leur famille, ils doivent trouver un club, un logement et parfois une formation. Ils doivent également gérer leurs déplacements, financer leur projet sportif, poursuivre leurs études, faire face aux blessures et aux périodes de doute. Les éventuels échecs font également partie de ce parcours.

Autant de situations auxquelles les anciens sportifs de haut niveau de l’AMTS ont eux-mêmes été confrontés. L’association souhaite donc faire de cette expérience un outil de transmission. L’idée est de permettre aux jeunes de bénéficier des conseils de ceux qui connaissent déjà les exigences d’une carrière sportive.

L’accompagnement envisagé doit notamment passer par le mentorat, le partage d’expérience, l’orientation et la mise en réseau. L’association souhaite également maintenir un lien avec les familles et aider les jeunes à construire leur « double projet », c’est-à-dire à mener de front leur carrière sportive et leur parcours scolaire ou professionnel.

Une équipe composée de sportifs expérimentés

L’AMTS s’appuie sur plusieurs générations de sportifs mahorais. Parmi les membres cités figurent Dawiya Abdou, Raphaël Mohamed, Jeanine Assani-Issouf, Habab Abdou Moktar, Kadri Moendadze, Nasrane Bacar, Zoubert Combo, Jeanne Bébé Onzaya Boinaidi, Djassim Ahamada et Fahdedine Madi Ali. Fayzat Djoumoi et Austin Rasolonjatovo ont également rejoint l’aventure.

Leurs profils sont différents. Certains sont olympiens, d’autres internationaux ou champions de France. Certains sont encore en activité, tandis que d’autres ont déjà connu la fin de leur carrière sportive. Cette diversité constitue l’un des fondements du projet.

L’objectif n’est pas seulement de transmettre des techniques sportives. Il s’agit aussi de partager une expérience humaine : celle d’un sportif qui doit apprendre à gérer les changements, l’éloignement, les exigences de la compétition et les choix qui peuvent influencer son avenir.

L’AMTS souhaite par ailleurs continuer à élargir son réseau. L’association indique avoir vocation à accueillir d’autres sportifs mahorais désireux de transmettre leur expérience à la génération suivante.

Un audit pour identifier les besoins

Avant de mettre en place des réponses concrètes, l’Académie veut d’abord comprendre les réalités vécues par les sportifs mahorais. Un audit est actuellement en cours.

La démarche doit permettre de recueillir les expériences des sportifs, d’identifier leurs besoins et leurs difficultés, mais également de faire le point sur les accompagnements et les ressources dont ils disposent déjà. L’association souhaite ainsi éviter de proposer des dispositifs qui feraient doublon avec ceux existants.

Cette étape doit servir de base à la construction des futures actions de l’AMTS. L’association affirme vouloir partir des réalités rencontrées par les sportifs afin de proposer des réponses adaptées.

Cette approche constitue également une manière de mieux cerner les difficultés spécifiques liées à l’éloignement géographique de Mayotte. Lorsqu’un jeune sportif quitte l’île pour poursuivre sa carrière, son projet dépasse en effet le cadre strictement sportif. Il faut pouvoir assurer la continuité de ses études, son hébergement, ses déplacements et son accompagnement humain.

S’inspirer des autres territoires ultramarins

Pour développer son action, l’AMTS souhaite également regarder ce qui existe dans les autres territoires ultramarins. Des échanges et des coopérations sont envisagés avec La Réunion, les Antilles et plus largement avec les autres Outre-mer.

L’objectif est de partager les bonnes pratiques et de créer de nouvelles passerelles pour les sportifs mahorais. L’association souhaite également travailler avec les différents acteurs qui interviennent déjà dans les parcours sportifs : mouvement sportif, collectivités, services de l’État et autres structures.

L’AMTS insiste sur une volonté de complémentarité. Elle ne souhaite pas remplacer les clubs, les fédérations, les institutions ou les dispositifs existants, mais intervenir en complément, en fonction des besoins du sportif.

Le défi de l’après-carrière

L’un des autres axes annoncés concerne l’avenir des sportifs une fois leur carrière terminée. Une carrière sportive peut être courte et les performances ne garantissent pas nécessairement une insertion professionnelle durable.

L’AMTS souhaite donc intégrer la préparation de l’après-carrière dans son accompagnement. Pour les jeunes sportifs, cela signifie réfléchir à leur avenir au-delà des résultats et des compétitions.

Cette question rejoint celle du double projet. Continuer ses études ou acquérir une formation tout en poursuivant une carrière sportive peut représenter une difficulté supplémentaire, mais aussi une sécurité pour l’avenir.

À travers son réseau d’anciens sportifs, l’association entend justement partager des expériences et aider les nouvelles générations à mieux anticiper ces différentes étapes.

Fédérer autour des talents mahorais

Pour concrétiser ses ambitions, l’AMTS souhaite mobiliser un réseau plus large. Entreprises, collectivités, institutions, fondations, mécènes et partenaires du territoire sont appelés à participer à cette dynamique.

L’association estime que chacun peut contribuer, à son niveau, à sécuriser le parcours d’un jeune sportif ou à lui permettre de saisir une opportunité. Cette mobilisation doit notamment permettre de renforcer les passerelles entre le monde sportif et les autres acteurs susceptibles d’accompagner les jeunes.

Pour Fahdedine Madi Ali, cette transmission constitue le coeur du projet. Les membres de l’AMTS ont eux-mêmes connu les départs, les sacrifices, les réussites mais également les périodes de doute. Leur ambition est désormais de faire profiter les jeunes générations de ce vécu.

L’Académie Mahoraise des Talents Sportifs en est encore à ses débuts. Son audit doit permettre de mieux définir les besoins et les futures actions. Mais son lancement traduit déjà

une volonté : faire du parcours des champions mahorais une ressource pour ceux qui souhaitent leur succéder.

Car pour l’AMTS, la réussite sportive ne commence pas sur un podium. Elle commence bien avant, avec un jeune qui nourrit une ambition, une famille qui l’accompagne et un environnement capable de lui permettre de poursuivre son projet. L’enjeu affiché par l’association est désormais de faire en sorte que l’éloignement de Mayotte ne devienne pas, à lui seul, un obstacle à la réalisation de cette ambition.

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Peut-on encore devenir propriétaire à Mayotte avec un salaire moyen ?

Peut-on encore devenir propriétaire avec un salaire moyen ?
* image d'illustration générée par ia

Entre le prix des logements, le coût des terrains, les frais de construction et les conditions d’accès au crédit, devenir propriétaire reste un projet difficile pour de nombreux ménages mahorais. Si des dispositifs existent pour faciliter l’accession sociale, le niveau de revenus et l’apport disponible restent déterminants.

Devenir propriétaire reste un objectif important pour de nombreux ménages. Mais à Mayotte, l’achat d’un logement représente un investissement particulièrement lourd au regard des revenus d’une partie de la population. Le prix du bien n’est pourtant qu’une partie de l’équation. Il faut également pouvoir financer les frais d’acquisition, disposer d’un apport, obtenir un crédit bancaire et, pour ceux qui construisent, ajouter le prix du terrain et celui des travaux.

Des prix qui pèsent lourd dans le budget

Selon les estimations de Figaro Immobilier mises à jour en août 2026, le prix médian de l’immobilier à Mayotte atteint environ 3 518 euros le mètre carré. Pour les maisons, le prix médian est estimé à 3 819 euros le mètre carré, en hausse de 7 % sur un an.

À titre d’exemple, une maison de 80 m² au prix médian représenterait environ 305 500 euros, avant même de prendre en compte les frais liés à l’achat, les éventuels travaux ou les autres dépenses liées au projet.

Ces chiffres restent des estimations de marché et ne signifient pas que tous les logements se négocient à ce niveau. Les prix varient fortement selon la commune, l’état du logement, son emplacement et ses caractéristiques. Certaines annonces disponibles actuellement montrent d’ailleurs des écarts importants, notamment pour les terrains.

Le salaire ne suffit pas toujours

Le véritable obstacle se situe dans le rapport entre le prix du logement et les revenus du ménage. À Mayotte, les niveaux de vie sont particulièrement faibles. L’Insee indique que le niveau de vie médian des habitants y reste très inférieur à celui observé au niveau national et que la pauvreté concerne une part considérable de la population.

Il faut toutefois éviter de confondre niveau de vie médian et salaire moyen. Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. Le premier tient compte des revenus du ménage et de sa composition, tandis que le second concerne la rémunération du travail.

Cette distinction est importante lorsqu’il s’agit de mesurer la capacité réelle d’un ménage à acheter un logement.

Un crédit sur vingt ou vingt-cinq ans

Pour financer un achat, les ménages se tournent généralement vers le crédit immobilier. Or les taux restent un élément déterminant du coût total du projet.

En juin 2026, le taux fixe moyen affiché par le courtier Cafpi atteignait environ 3,37 % sur vingt ans et 3,48 % sur vingt-cinq ans, hors particularités propres à chaque dossier.

Prenons un exemple simplifié : pour un emprunt de 250 000 euros sur vingt-cinq ans à 3,48 %, la mensualité hors assurance serait d’environ 1 250 euros. À cela peuvent s’ajouter l’assurance emprunteur, les frais de garantie, les frais de dossier et les frais d’acquisition.

La banque ne regarde donc pas uniquement le prix du logement. Elle examine également les revenus, les charges, la stabilité professionnelle, l’épargne et la capacité du ménage à supporter les mensualités.

Le problème de l’apport

Même lorsqu’un ménage dispose de revenus réguliers, il peut rencontrer un autre obstacle : l’apport personnel.  Les frais d’acquisition, les éventuels travaux et une partie du financement doivent parfois être anticipés. Pour une famille qui dispose de peu d’épargne, réunir plusieurs milliers d’euros avant même de commencer son projet peut devenir compliqué.

Cette situation peut notamment concerner les jeunes actifs qui commencent leur carrière et n’ont pas encore eu le temps de constituer une épargne importante.

Construire plutôt qu’acheter ?

À Mayotte, certains ménages peuvent envisager une autre solution : acheter un terrain puis construire leur maison. Mais là encore, le coût du terrain constitue une première dépense importante. Les annonces actuellement disponibles montrent des prix très variables selon les secteurs. Un terrain constructible de plus de 1 700 m² est par exemple proposé à 550 000 euros à Koungou, tandis qu’une autre annonce affiche un terrain beaucoup plus vaste à Sada à 56 000 euros. Ces annonces ne constituent pas une moyenne du marché, mais illustrent l’écart considérable entre les biens. À l’achat du terrain s’ajoutent ensuite les frais de construction : matériaux, main-d’oeuvre, raccordements, études et éventuels surcoûts.

Pour certains ménages, construire progressivement peut néanmoins permettre d’adapter le projet à leurs capacités financières.

Des dispositifs existent

L’accession à la propriété n’est toutefois pas réservée aux ménages les plus aisés. Plusieurs dispositifs peuvent accompagner les foyers sous certaines conditions.

À Mayotte, l’Agence nationale pour l’information sur le logement recense notamment une aide à l’accession très sociale destinée aux ménages à faibles revenus pour financer l’acquisition et la construction de Logements évolutifs sociaux (LES).

D’autres mécanismes d’accession sociale existent également au niveau national, notamment le prêt social location-accession (PSLA), sous réserve de respecter les conditions de ressources et de prix applicables.

Ces dispositifs peuvent donc réduire le coût d’entrée pour certains ménages, mais ils ne répondent pas à toutes les situations.

Alors, propriétaire ou locataire ?

À Mayotte, le rêve de devenir propriétaire reste donc bien présent, mais il demande souvent un équilibre fragile entre revenus, apport personnel, prix du logement et capacité d’emprunt.

Pour un ménage disposant d’un revenu confortable et d’une épargne suffisante, le projet peut rester réalisable. Pour un salarié seul avec des revenus modestes, l’équation devient beaucoup plus difficile, notamment dans les secteurs où les prix immobiliers sont élevés.

La question n’est finalement pas seulement de savoir si les Mahorais peuvent encore devenir propriétaires. Elle est de savoir quel revenu il faut aujourd’hui pour acheter un logement, dans quelle commune et avec quel apport.

C’est précisément cette question que les chiffres locaux devront permettre de mesurer. Car derrière les prix affichés dans les annonces se trouve une réalité plus concrète : pour une partie des ménages, accéder à la propriété signifie désormais s’endetter sur plusieurs décennies, disposer d’une épargne préalable ou bénéficier d’un dispositif d’aide.

À Mayotte, l’accession à la propriété reste donc possible. Mais pour de nombreux ménages, elle est devenue un projet qui nécessite de réunir plusieurs conditions financières avant même de pouvoir franchir la porte d’une banque.

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Maladies infectieuses : Anchya Bamana réclame une campagne de prévention renforcée

Maladies infectieuses : Anchya Bamana réclame une campagne de prévention renforcée

Face à la recrudescence de plusieurs maladies infectieuses à Mayotte, la députée Anchya Bamana demande aux autorités sanitaires de renforcer rapidement les actions de prévention. Dans un courrier daté du 4 août, adressé au préfet Frédéric Poisot et au directeur général de l’Agence régionale de santé de Mayotte, Étienne Billot, elle appelle notamment au lancement d’une campagne de sensibilisation à l’échelle du territoire.

Paludisme, Mpox, hépatite A ou encore gastro-entérites : la parlementaire énumère plusieurs maladies dont elle estime que la progression doit conduire à « une vigilance accrue et une mobilisation renforcée des autorités sanitaires ». Elle considère que la situation de Mayotte, « particulièrement exposée aux risques infectieux », nécessite de renforcer l’information de la population.

La députée insiste notamment sur le Mpox, une maladie sexuellement transmissible qui, écrit-elle, intervient dans un territoire déjà exposé à la propagation du VIH. Elle demande ainsi à l’ARS d’engager, avec les communes et les associations, « une campagne de prévention de grande ampleur » sur l’ensemble de Mayotte. L’objectif serait de rappeler les modes de transmission des différentes maladies, les gestes de prévention et les moyens d’en limiter la propagation.

Anchya Bamana souhaite également que le conseil d’administration de l’ARS soit réuni « dans les meilleurs délais » afin d’établir un état des lieux de la situation sanitaire et d’examiner les mesures pouvant être renforcées. Une réunion avec les maires des 17 communes est aussi demandée pour mieux coordonner les actions de prévention.

Une circulation infectieuse en hausse

Publié trois jours après ce courrier, le bulletin de Santé publique France du 7 août vient documenter une partie de ces inquiétudes. Au 2 août, 309 cas de paludisme avaient été enregistrés depuis le début de l’année, soit le nombre le plus élevé observé à Mayotte depuis 2010. Parmi eux, 218 étaient des cas importés, majoritairement en provenance des Comores, et 68 avaient été acquis localement. Douze cas restaient de statut indéterminé et onze étaient encore en cours d’investigation.

La situation marque une rupture après plusieurs années de très faible transmission locale. Aucun cas acquis à Mayotte n’avait été enregistré entre juillet 2020 et février 2025. Cinq avaient ensuite été identifiés à l’été 2025. En 2026, l’incidence des contaminations locales a été multipliée par dix par rapport à l’année précédente. Santé publique France estime que leur proportion fait craindre une reprise de la transmission autochtone.

La maladie a également conduit à de nombreuses prises en charge hospitalières : 84 patients ont été hospitalisés depuis le début de l’année, dont huit présentant une forme grave nécessitant une admission en réanimation. Pour la seule semaine du 27 juillet au 2 août, sept nouveaux cas ont été déclarés, dont deux acquis localement.

Le Mpox reste lui aussi sous surveillance. Santé publique France recensait 45 cas depuis le début de l’année, dont 25 autochtones, 19 importés et un indéterminé. L’agence relève une transmission locale persistante depuis la fin du mois de juin. Sur les dix cas enregistrés depuis cette période, six avaient été acquis à Mayotte.

Le dernier bulletin met enfin en lumière les limites actuelles de la surveillance en médecine de ville. Le réseau des médecins sentinelles, notamment chargé de détecter les épisodes de gastro-entérite aiguë, est en cours de relance après avoir été temporairement suspendu. Huit des 41 médecins généralistes libéraux de Mayotte y participent aujourd’hui, répartis entre Mamoudzou, Tsingoni, Chirongui, Bouéni, Bandrélé et Koungou. Le recrutement doit se poursuivre afin d’améliorer la couverture du territoire et de permettre une détection plus précoce des phénomènes sanitaires émergents.

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Comores : candidat depuis les années 1990, un sexagénaire devient le doyen des bacheliers

Comores : candidat depuis les années 1990, un sexagénaire devient le doyen des bacheliers

Âgé aujourd’hui de près de 50 ans selon les documents biométriques recueillis auprès de l’Office national des examens et concours, Ahamed Saidou, ancien militaire, aurait commencé à passer le baccalauréat vers 1992, d’après plusieurs connaissances.

Cette année, les données du baccalauréat publiées mardi indiquent un taux de réussite de 25,03 % à Anjouan, de 46,31 % à Mohéli et de 37,48 % en Grande Comore. Dans cette dernière île, ce chiffre représente 2 259 candidats qui ont décroché leur ticket pour l’université.

Mais un nom a très vite attiré l’attention. Parmi les bacheliers de la session 2025, le record en matière de longévité est détenu par un certain Ahamed Saidou. Natif de Dzahadjou Hambou, une localité située au sud de la Grande Comore, ce sexagénaire a été déclaré admis dès le premier tour dans la série A4, avec la mention « passable ».

Il était inscrit dans un sous-centre situé loin de la capitale, Moroni. Officiellement considéré comme le doyen de cette session, l’intéressé est un personnage atypique à plusieurs égards.

D’abord par son parcours. Selon les informations figurant sur la pièce d’identité fournie à l’Office national des examens et concours (ONEC), Ahamed Saidou serait né le 31 décembre 1976, au sein d’une famille de six enfants. Mais ses proches affirment qu’il ne s’agit pas de sa véritable date de naissance. Il serait en réalité né vers 1964 et serait aujourd’hui âgé de 62 ans, dont plus de la moitié passée dans les sous-centres d’examen à la recherche du baccalauréat.

Un combat qui aurait duré plus de 34 ans, si l’on en croit les différents témoignages. Pendant toutes ces années, il a vu passer ses amis, sa promotion et même ses neveux, dont certains sont nés après sa première tentative.

« Quand nous passions le baccalauréat en 1995, il avait déjà échoué à deux reprises avant notre arrivée en terminale. Ce qui signifie qu’il a commencé au moins en 1992 », se souvient un ancien camarade de classe d’Ahamed, également appelé Moichili par ses proches.

Bonheur

Depuis, ce dernier n’a jamais abandonné la bataille, même si, pour des raisons professionnelles, il a dû manquer quelques sessions, qui se compteraient sur les doigts d’une main.

« Le matin de la délibération des résultats, il m’a appelé pour me donner son numéro afin que je vérifie s’il avait réussi ou pas. Depuis qu’il passe le baccalauréat, c’est la première fois qu’il me demandait d’être sur le coup. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, j’ai senti le soulagement, ce bonheur à l’autre bout du fil », se remémore Amerdine Mohamed, un neveu d’Ahamed Saidou qui a décroché son bac en 2013.

« Un tonton qui réussit après toutes ces années, ça fait plaisir. J’ai fait la fête ce soir-là. Quand je lui ai annoncé, il n’a pas cru sur le coup et a dû m’appeler à deux reprises pour avoir le cœur net. De mon côté, avant d’appeler qui que ce soit, j’ai vérifié six fois les listes. Les membres de la famille qui avaient vu mes publications sur les réseaux sociaux n’y croyaient pas non plus », poursuit Amerdine, contacté par Flash Infos ce lundi.

Ce chef de projet en responsabilité sociétale des entreprises chez Yas Comores n’a pas pu s’empêcher de saluer la persévérance de son oncle.

Assurance

Au-delà de son âge avancé et de ses difficultés scolaires, Ahamed fut surtout un élève courageux.

« Il a commencé avec la série C avant de changer des années plus tard. Il a également sillonné les sous-centres d’examen de l’île de la Grande Comore. Cela prouve que ce diplôme lui tenait à cœur », glisse un universitaire, natif de Dzahadjou Hambou, la localité d’origine du doyen des bacheliers, qui n’a pas souhaité s’exprimer dans les médias.

Autre trait caractéristique du sexagénaire, qui est également passé par l’armée : son refus de toute aide de la part des autres candidats et l’assurance qu’il affichait.

« En 2001, je me suis retrouvé dans la même classe que lui. Pour moi, je devais lui filer un coup de main, car il se faisait trop vieux après des années de tentatives. Ce jour-là, on composait l’épreuve de philosophie. Mais après plus de 30 minutes, tonton me montre sa copie, les six pages déjà remplies, y compris son intercalaire. Je suis resté bouche bée, car je savais qu’en si peu de temps, il n’avait pas pu traiter un sujet aussi complexe. Sans surprise, il a encore échoué cette année-là », confie Mohamed, ancien enseignant de français au lycée de Moroni, qui estime qu’Ahamed n’était pas particulièrement doué, mais refusait de le reconnaître.

« Un jour, Ahamed est venu me demander de corriger un sujet d’histoire-géographie. Il avait une préférence pour les commentaires, contrairement à la dissertation. Mais quand il m’a remis sa copie, je me suis rendu compte qu’il ne comprenait rien, en réalité. Cela a dû constituer un obstacle pendant ces trois décennies », raconte Ibrahim, enseignant d’histoire et bachelier de la session 1997.

Une question se pose désormais : que fera Ahamed ? À 62 ans, après avoir décroché son baccalauréat au terme de plus de trois décennies de tentatives, ira-t-il à l’université ?

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Transport maritime : les accès réaménagés pendant trois semaines

Transport maritime : les accès réaménagés pendant trois semaines
* image d'illustration générée par ia

Les usagers des barges devront composer avec un nouveau plan de circulation à partir de ce lundi 10 août à Mamoudzou. Des travaux menés en amont de la gare maritime vont entraîner la fermeture temporaire des deux voies habituellement utilisées pour les files d’attente des véhicules souhaitant embarquer sur les amphidromes.

Selon le réseau de transport du Département-Région de Mayotte, M’safara, ces deux voies seront fermées pour une durée prévisionnelle de trois semaines. Elles doivent faire l’objet de travaux de réaménagement afin d’améliorer les conditions d’accès à la gare maritime.

Durant cette période, l’accès aux barges sera déplacé de quelques mètres et s’effectuera provisoirement par le parking du marché de Mamoudzou. La voie habituellement réservée aux taxis sera également décalée temporairement afin de permettre la réalisation du chantier.

Ces modifications interviennent en pleine période de vacances scolaires, généralement privilégiée pour réaliser des travaux susceptibles de perturber la circulation. Les automobilistes sont donc invités à anticiper ces changements et à suivre la signalisation ainsi que les consignes mises en place aux abords de la gare maritime.

Le dispositif est présenté comme temporaire, le temps de réaliser les travaux sur les deux voies d’accès. Une fois le chantier terminé, la circulation et les files d’attente devraient retrouver leur organisation habituelle.

Paludisme : trois patients hospitalisés, les cas acquis localement se poursuivent à Mayotte

Paludisme : trois patients hospitalisés, les cas acquis localement se poursuivent à Mayotte

Le paludisme continue de circuler à Mayotte, malgré la saison sèche. Selon les dernières données de Santé publique France, sept nouveaux cas ont été confirmés entre le 27 juillet et le 2 août. Parmi eux, deux ont été acquis localement, trois sont importés des Comores et deux restent en cours d’investigation.

La circulation locale du parasite, transmise par les moustiques, inquiète les autorités sanitaires alors que Mayotte avait connu une recrudescence de cas ces dernières années, principalement liés à des importations depuis les pays voisins.

Depuis le début de l’année, 84 personnes atteintes de paludisme ont été hospitalisées sur le territoire, dont huit en réanimation. Au cours de la dernière semaine, trois patients ont également dû être hospitalisés, deux en unité d’hospitalisation de courte durée et un en service de médecine. Les principaux symptômes du paludisme sont notamment la fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires.

Kawéni : quatre cases en tôles détruites par un incendie, une personne légèrement blessée

Kawéni : quatre cases en tôles détruites par un incendie, une personne légèrement blessée

Un incendie s’est déclaré ce dimanche 9 août, vers midi, dans le quartier informel de Disma, à Kawéni. D’abord alertés pour un simple feu de détritus à proximité de la rue Massakini, les sapeurs-pompiers ont finalement découvert que les flammes avaient gagné plusieurs habitations en tôles.

Au total, quatre cases ont été touchées par le sinistre, qui s’est étendu sur une superficie d’environ 80 m². Face au risque de propagation, notamment vers la végétation et les entreprises ainsi que les installations modulaires situées à proximité, d’importants moyens ont été mobilisés. Neuf véhicules et près d’une trentaine de soldats du feu ont été engagés pour maîtriser l’incendie.

L’intervention des pompiers a permis de contenir les flammes et d’éviter qu’elles ne se propagent davantage dans cette zone particulièrement exposée. Une personne a toutefois été légèrement blessée au cours de l’incendie. Prise en charge par les secours, elle se trouvait en urgence relative.

Dans l’après-midi, les sapeurs-pompiers étaient toujours présents sur les lieux afin de procéder à la surveillance du secteur et prévenir tout risque de reprise du feu. Les circonstances précises du départ de l’incendie restent, pour l’heure, à déterminer.

24H de Bandrani : un défi sportif pour tous dans le Grand Nord

24H de Bandrani : un défi sportif pour tous dans le Grand Nord

Les 24H de Bandrani se préparent à investir le Grand Nord de Mayotte les 12 et 13 septembre 2026. Organisé par l’association Challenge Mayotte Tour, l’événement se veut populaire et accessible aussi bien aux marcheurs qu’aux coureurs, débutants comme sportifs confirmés.

Les participants évolueront sur une boucle de 8 kilomètres reliant Bandrani à la retenue collinaire de Dzoumogné, avec la possibilité d’alterner marche et course et d’enchaîner les tours selon leurs objectifs. Trois formats sont proposés : 6 heures, 12 heures ou 24 heures.

Pour marquer l’accomplissement des participants, un maillot collector Finisher sera remis à chaque personne allant au bout de son défi, quelle que soit sa vitesse ou la distance parcourue.

Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au dimanche 6 septembre 2026, dans la limite des places disponibles. Lien d’inscription en ligne : https://www.sportpro.re/courses/02137-24h-de-bandrani/.

À Mayotte, le préfet concentre les pouvoirs jusqu’en 2030

À Mayotte, le préfet concentre les pouvoirs jusqu'en 2030

Le décret publié le 6 août marque un tournant dans la gouvernance du 101ème département . Jusqu’en 2030, le préfet ne dirigera plus seulement les services déconcentrés de l’État : son autorité s’étend désormais à une vingtaine d’établissements publics qui relevaient jusqu’ici directement de leurs ministères de tutelle. Une réforme présentée comme un outil pour accélérer la reconstruction, mais qui pose la question de l’équilibre des pouvoirs sur le territoire.

L’État change de mode de fonctionnement. Depuis le jeudi 6 août, le préfet dispose d’un périmètre d’intervention considérablement élargi. Un décret publié au Journal officiel lui confie, jusqu’au 31 décembre 2030, la direction de l’ensemble des services de l’État présents sur le territoire, mais également celle de nombreux établissements publics dont les responsables ne dépendaient pas directement de la préfecture.

Cette évolution constitue l’un des changements administratifs les plus importants intervenus sur le département depuis le passage du cyclone Chido, en décembre 2024. Elle intervient dans le cadre de la politique de reconstruction du territoire et de la volonté affichée par l’État de disposer d’une chaîne de commandement plus lisible et plus efficace.

Mais derrière cette promesse d’efficacité se dessine également une concentration inédite des pouvoirs entre les mains du représentant de l’État.

Jusqu’ici, le préfet exerçait principalement son autorité sur les services déconcentrés de l’État : sécurité, administration territoriale, environnement, économie, équipements ou encore certaines politiques sociales.

Désormais, son périmètre s’étend à une vingtaine d’organismes publics disposant d’une compétence territoriale sur le territoire. Parmi eux figurent notamment France Travail, l’Agence régionale de santé, Météo-France, l’Office français de la biodiversité, l’Office de l’eau, l’Agence française de développement, l’Agence de la transition écologique ou encore l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Ces organismes conservent leurs missions propres et leurs compétences techniques. Mais leur action locale devra désormais s’inscrire dans une coordination placée sous l’autorité du préfet.

La portée du décret dépasse donc une simple réorganisation administrative. Il modifie la manière dont les différentes politiques publiques peuvent être conduites sur le territoire.

Le préfet devient ainsi le principal point de convergence des décisions de l’État à Mayotte. Une situation qui rapproche son rôle de celui d’un véritable coordinateur général du territoire.

Pour le gouvernement, cette nouvelle organisation répond à une situation exceptionnelle.

Le cyclone Chido a profondément bouleversé Mayotte. Infrastructures détruites, logements endommagés, réseaux fragilisés, équipements publics à reconstruire, déchets à évacuer et besoins sociaux considérables : le chantier est immense.

Face à cette situation, l’État souhaite éviter la dispersion des décisions entre différents services et administrations. La concentration de la coordination auprès du préfet doit permettre de réduire les délais, de faciliter les arbitrages et d’éviter que plusieurs administrations poursuivent des orientations différentes. La logique est simple : dans un territoire confronté à une situation exceptionnelle, l’État veut disposer d’un commandement plus direct.

Cette organisation doit notamment permettre de mieux articuler les politiques de logement, de santé, d’environnement, d’emploi, d’aménagement et de reconstruction. Mais cette centralisation soulève une autre question : jusqu’où peut aller la coordination sans devenir une tutelle ?

Des administrations aux missions parfois contradictoires

C’est précisément sur ce terrain que les inquiétudes apparaissent. Les établissements concernés par le décret n’ont pas tous les mêmes missions ni les mêmes priorités. France Travail agit sur l’emploi et l’insertion. L’ARS intervient sur la santé publique. L’OFB et le Parc naturel marin sont chargés de la protection de l’environnement. Le Conservatoire du littoral poursuit une politique de préservation des espaces naturels.

Leurs objectifs peuvent parfois entrer en tension avec les priorités traditionnellement portées par la préfecture, notamment en matière de sécurité, d’immigration, d’aménagement ou de développement économique. La question qui se pose désormais est donc celle de l’arbitrage.

Lorsque deux politiques publiques défendent des intérêts différents, la décision finale risque davantage de remonter vers la préfecture. La nouvelle organisation renforce ainsi mécaniquement le poids du représentant de l’État dans les choix opérés à Mayotte.

Cette évolution pourrait être particulièrement visible dans les dossiers où les enjeux environnementaux, sanitaires, sociaux et sécuritaires se croisent.

L’exemple de l’eau et de la santé publique

La gestion de l’eau illustre déjà les difficultés que peut provoquer la confrontation entre différentes priorités de l’action publique.

À Mayotte, l’accès à l’eau constitue un enjeu majeur de santé publique. Les épisodes de pénurie ont montré les conséquences sanitaires et sociales d’un accès insuffisant à cette ressource. Dans certains quartiers précaires, les autorités sanitaires ont défendu la nécessité de permettre un accès à l’eau afin de limiter les risques sanitaires et épidémiques.

Mais la question migratoire vient régulièrement s’ajouter à celle de la santé publique. Pour la préfecture, certaines mesures destinées aux populations vivant dans les quartiers informels peuvent également être perçues comme susceptibles de favoriser leur installation.

Avec la nouvelle organisation administrative, ce type de dossier pourrait désormais être davantage soumis à une logique d’arbitrage préfectoral. La question n’est donc pas uniquement institutionnelle. Elle concerne directement la manière dont les politiques publiques seront définies et hiérarchisées sur le terrain. Le même problème apparaît dans les grands projets d’aménagement.

Le projet de dessalement de l’eau de mer à Ironi Bé constitue l’un des dossiers emblématiques de cette confrontation entre impératifs.

D’un côté, Mayotte doit sécuriser durablement son alimentation en eau potable. De l’autre, les autorités environnementales doivent mesurer les conséquences d’un équipement industriel majeur sur les milieux naturels.

L’Office français de la biodiversité, le Parc naturel marin ou encore le Conservatoire du littoral disposent précisément de compétences destinées à évaluer ces impacts.

Le nouveau système place désormais ces acteurs dans une relation plus étroite avec la préfecture. La crainte exprimée par certains responsables administratifs est de voir les impératifs de sécurité, d’urgence et de développement prendre progressivement le dessus sur les exigences environnementales.

Le débat dépasse donc largement la question du fonctionnement des administrations. Il touche aux choix de société et au modèle de développement que Mayotte souhaite adopter dans les prochaines années. La nouveauté du décret doit également être replacée dans le contexte institutionnel mahorais.

Le préfet dispose déjà de prérogatives importantes dans le département. La situation particulière de Mayotte, marquée par une forte pression migratoire, une délinquance importante, des difficultés sociales, une crise du logement et d’importants besoins en infrastructures a progressivement renforcé la place de l’État.

La loi de programmation pour la refondation de Mayotte, adoptée en août 2025, a encore élargi certaines possibilités d’intervention du représentant de l’État, notamment dans les domaines de l’aménagement et de la lutte contre l’habitat informel. Le décret du 6 août vient donc ajouter une nouvelle pièce à cet édifice.

Le préfet ne se contente plus de coordonner les services de l’État relevant traditionnellement de son autorité. Il devient également le principal interlocuteur territorial d’organismes qui répondaient auparavant directement à leurs administrations centrales. La transformation est considérable. L’autre particularité du dispositif tient à sa durée.

La mesure n’est pas limitée à quelques mois, le temps de répondre à l’urgence consécutive au cyclone. Elle doit rester en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2030. Cette temporalité donne à la réforme une portée beaucoup plus importante.

Elle permet à l’État de disposer pendant plusieurs années d’une organisation fortement centralisée, alors même que la reconstruction de Mayotte doit s’inscrire dans un calendrier long.

L’objectif affiché est de permettre à l’État de piloter efficacement cette transformation du territoire. Mais cette durée pose aussi la question de l’après-reconstruction.

Une fois les infrastructures réparées et les grands chantiers engagés, cette concentration des pouvoirs aura-t-elle encore la même justification ?

Le risque, pour certains observateurs, est qu’une organisation pensée comme exceptionnelle finisse par s’installer durablement dans les pratiques administratives.

Une contradiction autour de l’établissement chargé de reconstruire Mayotte

Une autre particularité interpelle : l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte, créé précisément pour accompagner la reconstruction du territoire, ne relève pas de la même manière de cette nouvelle tutelle.

L’existence de cet établissement constitue une forme de paradoxe dans le nouveau paysage administratif. L’État souhaite renforcer l’autorité du préfet afin de mieux coordonner les politiques publiques, alors même que l’organisme spécifiquement créé pour conduire la reconstruction conserve une certaine autonomie.

Cette situation pourrait à terme poser des problèmes de coordination supplémentaires.

Entre la préfecture, les collectivités, les établissements publics et l’organisme dédié à la reconstruction, la question sera de savoir qui fixe réellement les priorités et qui arbitre lorsque plusieurs projets se chevauchent. Au-delà des questions juridiques et institutionnelles, la nouvelle organisation suscite des interrogations chez certains agents publics. Le risque redouté est celui d’une perte progressive d’autonomie.

Les établissements publics disposent traditionnellement d’une capacité d’initiative liée à leur expertise. Leur fonctionnement repose sur des missions définies au niveau national, adaptées ensuite aux réalités locales. Une tutelle préfectorale renforcée pourrait modifier cet équilibre.

Les responsables locaux pourraient être amenés à davantage consulter la préfecture avant de prendre certaines décisions importantes, notamment lorsqu’elles ont des conséquences financières, politiques ou médiatiques.

Cette évolution pourrait également modifier les relations entre les administrations et les élus locaux, les associations, les acteurs économiques ou encore les médias.

Le préfet deviendrait alors non seulement le représentant de l’État, mais aussi le passage obligé d’une part croissante de l’action publique à Mayotte.

Cette concentration intervient également dans un territoire où les rapports entre l’État et les collectivités sont déjà particulièrement sensibles.

Le conseil départemental, les communes et les intercommunalités doivent composer avec une administration préfectorale très présente. Les grands projets nécessitent souvent l’intervention de plusieurs niveaux de décision.

Le renforcement du préfet pourrait donc modifier davantage les rapports de force institutionnels.

Pour les collectivités, la question sera notamment de savoir si cette nouvelle organisation permettra d’accélérer les projets ou si elle ajoutera au contraire un niveau d’arbitrage supplémentaire. Tout dépendra de la manière dont le dispositif sera appliqué.

Un préfet qui utilise ces pouvoirs pour fluidifier les procédures et résoudre rapidement les blocages pourrait effectivement devenir un accélérateur de la reconstruction.

À l’inverse, une centralisation excessive pourrait transformer la coordination en contrôle permanent et ralentir les initiatives locales.

Un modèle inédit pour Mayotte

Avec ce décret, Mayotte entre ainsi dans une nouvelle phase de son histoire administrative.

Le territoire devient, pour plusieurs années, un laboratoire d’une organisation de l’État plus centralisée. La justification repose sur l’urgence de la reconstruction et sur les difficultés particulières auxquelles le département est confronté.

Mais cette situation exceptionnelle doit également être observée à l’aune des principes de responsabilité, d’autonomie administrative et de pluralité des politiques publiques.

Car derrière la question technique de la chaîne de commandement se trouve un enjeu beaucoup plus large : qui décide réellement des grandes orientations de Mayotte ?

Depuis le 6 août, la réponse est devenue plus claire. Une part beaucoup plus importante de ces décisions remonte désormais vers la préfecture.

Reste à savoir si cette concentration permettra réellement de reconstruire plus vite et mieux, ou si elle contribuera à installer durablement un mode de gouvernance où le représentant de l’État occupe une place prépondérante dans presque tous les secteurs de la vie publique.

Le débat sur la reconstruction pourrait donc rapidement devenir un débat sur le pouvoir. Et sur la manière dont l’État entend gouverner le territoire jusqu’en 2030.

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CSSM : les salariés grévistes ont repris le travail ce jeudi

CSSM : les salariés grévistes ont repris le travail ce jeudi
Les Femmes Leaders et l’association des élus avaient pris parti pour les grévistes, donnant une proportion plus importante à ce mouvement social

La grève à la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM) a pris fin mercredi soir et les salariés ont repris le chemin du travail ce jeudi matin après avoir obtenu certains engagements auprès de la direction.

Après plusieurs jours de négociations entre la direction de la CSSM et les organisations syndicales, un protocole d’accord a enfin été trouvé. Le travail a donc repris ce jeudi 6 août après presque 2 semaines de grève. La direction n’a pas souhaité communiquer pour le moment car des pourparlers sont actuellement en cours au niveau national afin justement de répondre aux engagements figurant dans le protocole de fin de conflit. Oulfate Youssouf, la responsable de la communication de la CSSM, nous a déclaré par téléphone que la directrice s’exprimerait peut-être la semaine prochaine au sujet de cet évènement.

Des réactions “partagées” au sein des grévistes

Du côté des salariés, si certains sont “très contents” de l’issue de la grève, d’autres, comme Souniati, la responsable de la CAF, sont un peu plus prudents. “Je sais que beaucoup de nos revendications, comme la question des salaires ou des retraites, ne sont pas du ressort de la direction locale, mais doivent se régler au niveau national. Des engagements ont été pris pour entamer des négociations, mais à mon avis ça tournera court comme d’habitude. Ils sont toujours prêts à promettre “monts et merveilles” pour se sortir de ce genre de conflit, mais la plupart du temps, on ne voit rien venir ensuite. Mais je suis peut-être trop pessimiste”, déclare-t-elle.

Un dialogue social restauré

En revanche, ce conflit a montré à la nouvelle directrice Myriam Harley, arrivée en décembre 2025 à la tête de la structure, la nécessité d’assouplir le dialogue avec ses salariés et les organisations syndicales. “De ce côté-là on est satisfaits. La directrice a reconnu le fait qu’elle n’avait pas suffisamment pris en compte le contexte mahorais et s’est engagée à s’adapter et à être plus à l’écoute, ce qu’on a pu constater dès la reprise du travail ce jeudi matin. La journée a débuté par une réunion pour revenir sur la grève et chacun a pu exprimer son ressenti “à chaud”, affirme la responsable de la CAF.

Si les engagements pris sur les salaires et les retraites ne trouveront peut-être pas d’écho favorable au national, surtout étant donné la situation économique actuelle de l’État français, ce mouvement social aura donc au moins permis d’instaurer un dialogue social plus serein au sein de la CSSM.

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Maeva Toumbou Dani portera bientôt tout Mayotte sur sa tête

Maeva Toumbou Dani portera bientôt tout Mayotte sur sa tête

À quelques mois de son départ pour Porto Rico, Maeva Toumbou Dani a découvert ce samedi 8 août un symbole fort de son aventure internationale : le diadème qui l’accompagnera au concours Miss Univers en novembre prochain. Entièrement réalisé à Sada par la famille Farsi Saïd, le bijou entend faire rayonner l’identité et le savoir-faire mahorais bien au-delà des frontières de l’île.

Pour représenter Mayotte à l’un des concours de beauté les plus suivis au monde, Maeva Toumbou Dani ne partira pas les mains vides. Sur sa tête, elle portera une pièce unique, imaginée et façonnée à Sada par une famille de bijoutiers profondément attachée à son savoir-faire. Le diadème de la candidate mahoraise a été dévoilé ce samedi, en présence de la reine de beauté, qui a pu découvrir de près le travail réalisé spécialement pour elle.

Ancienne première dauphine de Miss Mayotte, Maeva Toumbou Dani a été choisie pour représenter l’île aux parfums lors de la prochaine édition de Miss Univers, qui se déroulera à Porto Rico au mois de novembre 2026. Une participation qui constitue déjà une belle vitrine pour Mayotte, mais qui prend une dimension supplémentaire avec la volonté de mettre en avant la culture et l’artisanat locaux.

Un bijou imaginé pour raconter Mayotte

Derrière ce diadème se trouve la famille Farsi Saïd, installée à Sada et spécialisée dans la bijouterie. Pendant près d’un mois, ses membres ont travaillé à la conception et à la réalisation de cette pièce destinée à accompagner Maeva Toumbou Dani sur la scène internationale.

Le choix des motifs n’a rien d’anodin. Réalisé en argent pur, le diadème associe notamment le motif ouhandza et la fleur d’ylang-ylang, deux éléments qui renvoient directement à l’identité mahoraise. L’objectif était de créer un bijou qui puisse être immédiatement associé à l’île et à son patrimoine.

Pour Fazim Farsi Saïd, qui a participé à la réalisation de la pièce, il était essentiel de donner au diadème une véritable identité mahoraise. Plutôt que de reproduire une couronne classique, la famille a voulu s’appuyer sur des références traditionnelles pour faire de ce bijou un véritable ambassadeur de Mayotte.

Le travail réalisé à Sada prend ainsi une dimension particulière. Au-delà de l’esthétique, le diadème représente des heures de conception, de fabrication et de finition. Chaque détail doit trouver sa place afin de parvenir à un équilibre entre élégance, symboles traditionnels et exigences d’un concours international.

« Tout Mayotte sur ma tête »

En découvrant le résultat, Maeva Toumbou Dani n’a pas caché son émotion. Pour la candidate mahoraise, ce diadème représente bien davantage qu’un simple accessoire destiné à compléter sa tenue.

Elle mesure notamment la portée du travail réalisé par la famille Farsi Saïd et la responsabilité qui sera la sienne lorsqu’elle le portera à Porto Rico. À travers cette création, c’est une partie de Mayotte qu’elle souhaite emmener avec elle sur la scène internationale.

Le symbole est d’autant plus fort que le bijou a été fabriqué localement. De Sada à Porto Rico, le parcours de cette création résume à lui seul l’ambition du projet : faire connaître le savoir-faire mahorais et l’identité culturelle de l’île auprès d’un public international.

Pour la famille Farsi Saïd, cette réalisation constitue également une aventure particulière. Concevoir le diadème d’une candidate appelée à représenter Mayotte dans un concours mondial représente une reconnaissance du travail accompli au sein de l’atelier familial. Le projet permet surtout de démontrer que l’artisanat mahorais peut lui aussi trouver sa place sur une scène internationale.

De Sada à Porto Rico

Le diadème va désormais entamer une nouvelle étape de son histoire. Après avoir été pensé et fabriqué à Sada, il accompagnera Maeva Toumbou Dani lors de son aventure à Porto Rico en novembre prochain.

Pour la candidate mahoraise, l’enjeu sera alors de porter fièrement les couleurs de son territoire face aux candidates venues du monde entier. Le diadème constituera l’un des éléments visibles de cette identité qu’elle souhaite défendre durant le concours.

À travers cette création, c’est donc une chaîne de savoir-faire qui se met en lumière : celui d’une famille de bijoutiers de Sada, celui des traditions et des symboles mahorais, mais aussi celui d’une jeune femme appelée à devenir, le temps d’un concours, l’une des ambassadrices de l’île sur la scène internationale.

Le rendez-vous est désormais fixé à novembre 2026. À Porto Rico, lorsque Maeva Toumbou Dani apparaîtra avec ce diadème sur la tête, les regards ne se porteront pas uniquement sur une candidate à Miss Univers. Ils pourront aussi découvrir, à travers une pièce façonnée à Sada, un peu de l’histoire, de la culture et du savoir-faire de Mayotte.

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Après les fêtes et tournois, que deviennent les déchets produits par les événements à Mayotte ?

Après les fêtes et tournois, que deviennent les déchets produits par les événements à Mayotte ?

Barbecues, tournois sportifs, soirées, animations associatives et événements culturels rythment les vacances à Mayotte. Mais derrière ces rassemblements se pose une question moins visible : que deviennent les déchets une fois le public parti ? Entre responsabilité des organisateurs, intervention des collectivités et comportements des participants, la gestion des déchets liés aux manifestations reste un enjeu pour le territoire.

Pendant les vacances scolaires, les manifestations se multiplient dans les communes de Mayotte. Tournois de football et de futsal, événements associatifs, concerts, barbecues ou encore animations destinées aux jeunes attirent parfois plusieurs centaines de personnes.

À la fin de ces rassemblements, bouteilles en plastique, canettes, emballages alimentaires, cartons et gobelets peuvent s’accumuler sur les lieux. La fête terminée, reste alors une question : qui nettoie ?

La réponse dépend notamment du lieu et de l’organisateur de la manifestation. Certaines associations prévoient une équipe chargée du nettoyage, tandis que les collectivités peuvent intervenir lorsque l’événement se déroule sur l’espace public. Mais la gestion des déchets ne se limite pas au simple ramassage.

Le tri, encore difficile à généraliser

À Mayotte, la question du tri et de la valorisation des déchets constitue un enjeu important. Le Plan régional de prévention et de gestion des déchets, adopté en 2024, prévoit notamment de réduire la production de déchets, d’améliorer leur collecte et de développer le tri et le recyclage.

Sur le terrain, les dispositifs peuvent toutefois être différents d’un événement à l’autre. La présence de poubelles, de bacs de tri ou de points de collecte dépend des moyens disponibles et de l’organisation prévue en amont.

Certains événements commencent néanmoins à intégrer davantage les questions environnementales. Le Salon du Tourisme et des Loisirs de Mayotte 2026 annonce par exemple une démarche fondée sur les 5R , avec notamment la réduction du plastique à usage unique, des points de tri et du compostage.

Une démarche qui montre qu’un événement peut aussi devenir un lieu de sensibilisation du public.

Qui doit payer et qui doit nettoyer ?

Derrière la question environnementale se cache également une question financière. Organiser une manifestation nécessite de prévoir la sécurité, les installations, la sonorisation, mais aussi le nettoyage.

Pour les associations disposant de budgets limités, ces dépenses supplémentaires peuvent représenter une difficulté. Pourtant, laisser les déchets sans prise en charge peut également avoir des conséquences pour les communes, qui doivent alors mobiliser leurs services.

Le sujet pose donc une question de responsabilité : le nettoyage doit-il être entièrement pris en charge par la collectivité ou les organisateurs doivent-ils prévoir un dispositif spécifique ?

La réponse peut également dépendre de la taille de l’événement et de la convention passée avec la commune.

Les habitudes du public en question

Le comportement des participants joue également un rôle central.

Même lorsque des poubelles sont installées à proximité, certains déchets peuvent être abandonnés au sol. Une bouteille ou un emballage laissé après un événement peut sembler anodin à l’échelle d’une personne. Mais lorsque plusieurs centaines de participants font de même, les volumes deviennent rapidement importants.

Le défi est donc aussi celui de la sensibilisation. Organisateurs, associations et collectivités peuvent rappeler les consignes avant et pendant les manifestations, mais le respect de ces règles dépend finalement des participants.

Une question qui dépasse les événements

La problématique des déchets ne commence évidemment pas avec les vacances. Elle concerne quotidiennement les communes mahoraises.

Le Syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (SIDEVAM 976) assure une partie importante de la gestion des déchets sur son territoire. Les collectivités développent également différents dispositifs de collecte et de déchèteries. En Petite-Terre, des opérations de déchèteries mobiles ont notamment été organisées pour faciliter l’évacuation des encombrants, déchets verts, équipements électriques ou encore ferrailles.

Les manifestations estivales constituent donc un révélateur supplémentaire des difficultés auxquelles le territoire est confronté.

Faire de la fête un événement plus propre

Pour limiter les déchets, plusieurs solutions sont possibles : installer davantage de points de collecte, prévoir des poubelles de tri, limiter les produits à usage unique, privilégier les contenants réutilisables ou encore organiser une équipe de nettoyage immédiatement après la manifestation.

Mais la responsabilité ne peut pas reposer sur un seul acteur.

Les organisateurs doivent anticiper la production de déchets dès la préparation de l’événement. Les collectivités peuvent accompagner les associations en mettant à disposition des équipements adaptés. Et les participants restent les premiers concernés par le respect des lieux.

À Mayotte, où la gestion des déchets fait déjà l’objet d’un plan régional visant à améliorer la collecte et le recyclage, chaque manifestation peut ainsi devenir un petit laboratoire de bonnes pratiques.

Car une fête réussie ne se mesure pas seulement au nombre de participants ou à l’ambiance. Elle se mesure aussi à l’état du lieu une fois les derniers invités partis.

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Sômarôho 2026 : treize ans après sa création, le festival veut désormais jouer dans la cour des grands

Sômarôho 2026 : treize ans après sa création, le festival veut désormais jouer dans la cour des grands

La 13e édition du Festival Sômarôho s’est achevée dimanche ce dimanche à Nosy Be après 3 jours marqués par une mobilisation populaire exceptionnelle. Entre affluence record, carnaval haut en couleur, artistes internationaux et présence inédite d’un membre du gouvernement, le rendez-vous culturel confirme son ancrage dans la vie de l’île. Mais cette édition ouvre surtout une nouvelle page : celle d’un festival qui ne veut plus reposer sur quelques organisateurs, mais devenir un véritable projet collectif et un moteur du développement de Nosy Be.

Le Festival Sômarôho n’est plus simplement un événement inscrit au calendrier culturel. Treize ans après sa création, il s’est transformé en véritable institution populaire. L’édition 2026, qui s’est achevée hier, en a une nouvelle fois apporté la démonstration, avec une affluence considérable dans les rues de Hell-Ville et sur les différents sites accueillant les festivités.

Dès les premières heures de la journée, l’île donnait déjà le sentiment de se préparer à accueillir une véritable marée humaine. À Ankify, sur la Grande Terre, les premiers signes de cette mobilisation apparaissaient bien avant le lever du soleil. Dès trois heures du matin, une longue file de véhicules s’était formée dans l’attente des traversées vers Nosy Be.

Voitures particulières, taxis, minibus et même camions se succédaient dans une atmosphère particulièrement animée. Face à l’affluence, les équipes chargées des embarquements ont dû anticiper les formalités afin de fluidifier au maximum le passage des voyageurs. Les pièces d’identité étaient récupérées avant même l’ouverture des guichets, tandis que les vedettes rapides multipliaient les rotations entre Ankify et Nosy Be.

Une mobilisation qui témoigne de la place prise par Sômarôho dans la région Diana. Pour de nombreux festivaliers, participer au rendez-vous annuel est devenu une véritable tradition. Le festival attire désormais bien au-delà de Hell-Ville et rassemble habitants de Nosy Be, visiteurs venus de la Grande Terre et publics attirés par la programmation artistique.

Hell-Ville transformée par le festival

Une fois arrivés sur l’île, les festivaliers ont découvert une Hell-Ville métamorphosée. Les rues étaient particulièrement fréquentées et les principaux axes de circulation, notamment entre Bazary Be et Antranomanohina, ont rapidement été saturés.

L’ambiance était déjà largement installée dès la mi-journée. Plusieurs heures avant le passage du carnaval, les habitants avaient pris position le long des avenues pour ne rien manquer du spectacle. Familles, jeunes, groupes d’amis et visiteurs se mêlaient aux participants dans une atmosphère de fête.

Cette concentration exceptionnelle de population a également nécessité un important dispositif de sécurité. Les forces de l’ordre ont été mobilisées pour sécuriser le parcours du défilé, encadrer les mouvements de foule et assurer la régulation de la circulation.

Le carnaval constituait l’un des temps forts de cette édition. Plus d’une trentaine d’associations et de groupes culturels ont pris part au défilé, transformant les rues de Hell-Ville en une immense scène à ciel ouvert.

Costumes, danses, musiques traditionnelles et créations originales ont permis aux différents quartiers de Nosy Be de mettre en avant leur identité. Le public, nombreux tout au long du parcours, a accompagné le cortège par des applaudissements et une forte participation.

Le défilé s’est finalement achevé au stade d’Ambodivoanio, où s’est déroulée la cérémonie officielle.

Une cérémonie officielle sous le signe de la reconnaissance

Le stade affichait alors une affluence exceptionnelle. Les autorités civiles et militaires, les élus, les représentants de l’État ainsi que les partenaires du festival étaient réunis pour marquer officiellement le lancement de cette nouvelle édition.

Mais au-delà des discours institutionnels, un nom dominait largement les conversations : celui de Shenseea.

La chanteuse jamaïcaine constituait l’une des grandes attractions de cette édition 2026. Accueillie comme une véritable vedette à son arrivée à l’aéroport quelques jours auparavant, elle était particulièrement attendue par le public.

Sa présence a donné une dimension internationale supplémentaire au festival. Programmée pour participer au bal d’ouverture puis à un grand concert à Ambodivoanio, l’artiste jamaïcaine a contribué à renforcer l’attractivité d’un événement qui cherche désormais à dépasser les frontières de Madagascar.

Pour Sômarôho, l’enjeu est aussi là : réussir à associer la richesse de la culture locale à une programmation capable d’attirer des artistes et des publics venus de l’extérieur.

Une première depuis la création du festival

Cette 13e édition restera également particulière par la présence officielle du ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa.

Selon les organisateurs, jamais depuis la création de Sômarôho, il y a treize ans, un ministre n’avait participé officiellement à l’événement. Sa venue constitue donc un signal politique et institutionnel important pour les responsables du festival.

Le gouvernement semble ainsi vouloir reconnaître le rôle que peuvent jouer les grands événements culturels dans la dynamique économique et touristique des territoires.

Le ministre a notamment insisté sur la culture comme outil de développement, mais aussi comme moyen de renforcer le rayonnement international de Madagascar. Une orientation qui pourrait donner au Festival Sômarôho une nouvelle dimension dans les prochaines années.

Plusieurs annonces ont d’ailleurs marqué son intervention. Parmi elles figure la volonté de proposer l’élévation de Joël Isoufaly Andriamahazo, plus connu sous le nom de Wawa, au grade de commandeur de l’Ordre national.

Une distinction qui viendrait saluer plusieurs décennies d’engagement artistique et culturel du chanteur, mais aussi son rôle dans la création et la pérennisation du festival.

Le ministre a également évoqué la possibilité d’inscrire un soutien financier au Festival Sômarôho dans le prochain budget. Une perspective particulièrement importante pour un événement dont l’organisation nécessite désormais des moyens considérables compte tenu de son ampleur.

Autre piste évoquée : une éventuelle participation officielle du président de la Refondation de la République à la prochaine édition.

Wawa veut désormais passer le relais

Derrière les festivités et les grands concerts, cette édition 2026 aura surtout été marquée par une réflexion sur l’avenir du festival.

Pendant treize ans, Sômarôho a largement reposé sur l’engagement de Wawa et de son entourage. Mais le succès grandissant de l’événement impose désormais de réfléchir à une organisation capable de répondre à des ambitions plus importantes.

Le chanteur a lui-même posé les bases de cette nouvelle étape. Le festival, selon lui, ne peut plus être considéré comme la propriété d’un artiste ou d’un groupe. Il doit désormais devenir celui de toute une population.

Le thème choisi pour cette 13e édition, « Sômarôho nintsika jiaby », qui signifie « Sômarôho pour tous », résume cette volonté.

L’idée est claire : faire évoluer le festival d’un événement porté essentiellement par une personnalité vers un projet collectif impliquant les habitants, les acteurs économiques, les associations, les artistes, les collectivités et les pouvoirs publics.

Cette évolution apparaît presque comme une nécessité tant le festival a pris de l’ampleur.

Car Sômarôho ne se limite désormais plus à la musique et aux spectacles. Son impact dépasse largement le secteur culturel.

Pendant plusieurs jours, l’activité économique de Nosy Be bénéficie directement de l’arrivée des festivaliers. Hôtels, restaurants, commerces, transports maritimes, taxis, vendeurs ambulants et autres acteurs liés au tourisme profitent de cette concentration exceptionnelle de visiteurs.

L’affluence observée à Ankify illustre elle-même l’importance de ces retombées. Les traversées vers Nosy Be connaissent une activité particulièrement soutenue, tandis que l’ensemble de la chaîne touristique est sollicitée.

Dans une île dont l’économie repose largement sur le tourisme, un événement capable d’attirer plusieurs milliers de personnes constitue donc un levier particulièrement important.

Sômarôho participe également à la promotion de Nosy Be comme destination touristique et culturelle. L’image de l’île ne repose plus uniquement sur ses plages, ses paysages et ses infrastructures touristiques. Elle s’enrichit désormais d’une identité culturelle portée par un événement reconnu dans le pays.

De la tradition locale à l’ambition internationale

Treize ans après sa création, le Festival Sômarôho se trouve ainsi à un tournant.

Son succès populaire n’est plus à démontrer. L’affluence de cette 13e édition confirme que le rendez-vous est profondément inscrit dans les habitudes des habitants de Nosy Be et de la région Diana.

Mais ce succès pose aussi de nouveaux défis.

Comment gérer une affluence toujours plus importante ? Comment améliorer les infrastructures d’accueil et de transport ? Comment renforcer la sécurité ? Comment assurer un financement durable ? Comment mieux répartir les retombées économiques ? Et surtout, comment faire en sorte que le festival puisse grandir sans perdre son identité ?

Ces questions seront probablement au cœur des prochaines éditions.

L’arrivée d’artistes internationaux comme Shenseea montre déjà que Sômarôho souhaite franchir une nouvelle étape. La présence d’un membre du gouvernement et les perspectives de soutien financier de l’État pourraient également contribuer à professionnaliser davantage l’organisation.

Mais l’ambition internationale ne devra pas se faire au détriment de l’ADN du festival. C’est précisément son enracinement local, sa capacité à mobiliser les quartiers et les associations de Nosy Be et à mettre en avant les cultures de l’île qui constituent aujourd’hui sa principale force.

Un patrimoine vivant de Nosy Be

Au fil des années, Sômarôho est donc devenu bien plus qu’une succession de concerts et de spectacles.

Le festival est désormais un espace de rencontre entre générations, entre cultures et entre territoires. Il offre une vitrine aux artistes et associations locales tout en permettant au public malgache de découvrir des artistes venus de l’étranger.

Il participe aussi à la transmission culturelle en donnant une place importante aux danses, aux musiques et aux traditions locales.

Cette dimension explique sans doute une partie de son succès. Dans les rues de Hell-Ville, pendant le carnaval comme autour des scènes, le public ne vient pas uniquement assister à un spectacle. Il participe à un événement qui fait désormais partie de l’identité collective de l’île.

La 13e édition aura ainsi confirmé une réalité : Sômarôho appartient désormais à Nosy Be.

Le message porté cette année par Wawa prend alors tout son sens. Après avoir contribué pendant treize ans à faire grandir le festival, son fondateur souhaite désormais voir la population, les acteurs économiques et les institutions prendre davantage leur part dans son avenir.

Le passage d’un festival porté par quelques-uns à un projet collectif pourrait bien constituer la prochaine grande étape de Sômarôho.

Et si l’affluence observée cette année constitue un indicateur, le rendez-vous a encore de belles années devant lui. Devenu un moteur culturel, touristique et économique de Nosy Be, Sômarôho semble désormais vouloir franchir un nouveau cap : passer du statut de grand festival malgache à celui de rendez-vous culturel capable de rayonner à l’échelle de l’océan Indien et au-delà.

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Comores : l’État condamné pour dérives arbitraires par la commission africaine des droits de l’homme

Comores : l’État condamné pour dérives arbitraires par la commission africaine des droits de l’homme

Dans sa décision, l’instance africaine a dénoncé l’illégalité de la cour de sûreté de l’État, qui depuis le retour du régime d’Azali au pouvoir en 2016, juge principalement des opposants avec des condamnations qui ne peuvent faire l’objet d’un recours.

Mercredi, Maitre Moudjahidi Abdoulbastoi a salué une décision historique quand il a annoncé la condamnation de l’État comorien par la commission africaine des droits de l’hommes et des peuples (Cadhp). Cette instance créée en 1987, dont les résolutions n’ont pas une force contraignante est basée à Arusha, en Tanzanie et se réunit quatre fois par an. En 2019, un groupe d’avocats comoriens l’a saisie pour dénoncer des abus commis sur des citoyens comoriens, notamment des opposants de l’actuel chef de l’État, Azali Assoumani.

Le règlement de la commission autorise des « dénonciateurs autorisés« , un mécanisme qui permet à des juristes ou à des acteurs de la société civile de saisir la commission pour dénoncer des violations de la Charte commises à l’encontre de victimes. Les faits contextuels couvrent la période de 2018_2020. A l’époque, le climat politique était tendu et marqué par des arrestations en série d’opposants qui étaient contre la révision constitutionnelle, actée le 30 juillet 2018.

La plupart seront condamnés à des lourdes peines par la cour de sûreté de l’État. Mais devant la cour, beaucoup ont dénoncé des violations de leurs droits. C’est qui a motivé ce collectif d’avocats comoriens à se tourner vers la commission africaine des droits de l’homme et des peuples dont la décision rendue en novembre n’a été communiquée aux différentes parties en début de semaine.

 Dérives, parti Juwa

 » L’Histoire retiendra que pour la toute première fois, l’État comorien a été officiellement condamné par la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples. Adoptée lors de sa 77° session ordinaire, cette décision historique vient sanctionner les dérives arbitraires et les atteintes répétées aux libertés fondamentales commises par les Comores lors de la série de procès qui ont eu lieu entre 2018-2020 devant la Cour de Sûretés de l’État« , indique l’avocat Moudjahidi Abdoulbastoi, mentionnant au passage le procès à l’origine de leur saisine.

Il a cité entre autres l’affaire du gendarme Ali Radjabou, dont la main avait été sectionnée dans un quartier de Moroni, le jour du referendum ayant permis à Azali Assoumani de bénéficier de deux manants successifs alors qu’il était censé quitter le pouvoir en 2021, en cédant la place à un enfant issu de l’île d’Anjouan. Après la commission de cet acte odieux, le pouvoir a immédiatement accusé Juwa, le parti de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi de faire partie des commanditaires. Plusieurs de ses cadres seront par la suite arrêtés et condamnés, dont le secrétaire général, Ahmed Hassane El-barwane, qui écopera de 7 ans de prison avant d’être gracié le 29 mai 2019. Mais les conditions de détention des prévenus ont été décriées comme vient de le pointer la commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Selon toujours Maitre Abdoulbastoi Moudjahidi, la décision de la cour africaine a révélé l’ampleur des violations des droits humains.

« Au paragraphe 91, la Cadhp affirme le droit inviolable d’être assisté par un avocat dès les premiers instants de l’arrestation et pendant toute la détention. Constatant que les victimes ont subi une garde à vue abusive de 6 à 7 jours sans conseil ni juge, elle conclut à une détention arbitraire violant l’article 6 de la Charte Africaine« , révèle l’avocat. La commission a par ailleurs pointé l’illégalité de la Cour de Sûreté de l’État, dont l’absence de recours viole le principe du double degré de juridiction. La décision dans son paragraphe, 110 met en demeure l’État comorien de modifier son code de procédure pénale afin de garantir le droit à l’avocat dès l’interpellation, d’indemniser enfin intégralement les victimes et de soumettre un rapport sous 180 jours. Aux Comores, un citoyen arrêté ne peut voir son avocat, ni se faire assister par celui-ci avant une inculpation. Ce qui parfois ouvre la voie à des longs dépassements de la durée des gardes-à-vue, alors que la loi prévoit 24h renouvelables une seule fois.

Supprimer la cour de sureté de l’État

Certes la décision n’est pas contraignante mais les dénonciateurs et la société civile peuvent soumettre un contre-rapport (shadow report) pour contredire l’inaction éventuelle du gouvernement puisque la Commission impose à l’État de soumettre un rapport d’étape sous 6 mois.  » Les parlementaires et la société civile comorienne peuvent s’emparer de ces constats pour déposer des projets de loi visant à abroger la loi sur la Cour de Sûreté de l’État et modifier le Code de procédure pénale. L’activation des mécanismes de l’Examen Périodique Universel (EPU) des Nations Unies et les dialogues politiques avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux peuvent également jouer un rôle« , a énuméré, l’avocat Moudjahidi, contacté par Flash Infos.

Ce défenseur des droits humains a expliqué que leur démarche a été motivée par le verrouillage des juridictions nationales et par l’urgence de défendre l’État de droit face à l’application de procédures d’exception bafouant les garanties élémentaires de la défense.  » Lorsque les voies de recours internes sont inefficaces ou que les lois d’exception bloquent toute possibilité de débat équitable, notamment par l’absence de droit d’appel, l’accès aux instances continentales devient l’ultime rempart pour faire prévaloir le droit et la justice« , se justifie-t-il ajoutant que la décision de la commission a une autorité juridique et politique internationale considérable.  » En ratifiant la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (article 1), l’Union des Comores s’est engagée à respecter et à mettre en œuvre les décisions et recommandations de la Commission. Ces décisions servent de baromètre pour les partenaires internationaux, les bailleurs de fonds et les institutions financières (UA, UE, ONU), pour qui le respect des droits humains et de l’État de droit conditionne souvent les coopérations et appuis budgétaires« , prévient Maitre Moudjahidi Abdoulbastoi. Le gouvernement n’a pas encore commenté ce dossier.

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Fin de la grève à la CSSM, les services reprennent normalement

Fin de la grève à la CSSM, les services reprennent normalement

La Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM) a annoncé la reprise normale de l’ensemble de ses activités à compter de ce jeudi 6 août, à la suite de la signature, mercredi, d’un accord de suspension de la grève entre la direction et les organisations syndicales. Les accueils physiques, les plateformes téléphoniques et tous les services sont de nouveau opérationnels. La CSSM indique que ses équipes sont mobilisées pour résorber les dossiers en attente et invite les usagers à privilégier les démarches en ligne et la prise de rendez-vous. Le mouvement social, entamé le 27 juillet, avait été déclenché notamment pour dénoncer un licenciement jugé abusif et porter plusieurs revendications portant sur les effectifs, l’indexation salariale et les droits à la retraite.

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