Son arrivée à Mayotte n’est pas passée inaperçue. Laurent Simonin succède à Jean-Marie Cavier à la tête de la direction territoriale de la police nationale, après avoir passé une grande partie de sa carrière en région parisienne, à des postes à haute responsabilité. Mayotte était comme une évidence pour celui qui a une carrière remplie de moments marquants.
Il attendait cette nomination depuis longtemps, il l’a enfin obtenue ! Laurent Simonin a quitté la ville de Dreux pour ce petit bout de France, perdu dans l’océan Indien. “C’est la troisième fois que j’essaye de venir ici”, annonce le nouveau directeur territorial de la police nationale à Mayotte. Et si le 101ème département lui tenait tant à cœur, c’est parce qu’il représente un “challenge professionnel” pour celui qui a passé pratiquement toute sa carrière à Paris et en région parisienne. Des années en plein cœur de la capitale durant lesquelles il a tout vu, ou presque, et surtout occupé des postes stratégiques comme celui de responsable de l’ordre public dans la ville Lumière et dans le département de Seine-Saint-Denis.
Au cours de sa vie professionnelle déjà bien remplie, il s’est notamment occupé des manifestations revendicatives et des voyages des chefs d’État français et étrangers. Mais parmi tous ces souvenirs, un évènement l’a particulièrement marqué… “Lors des attentats du 13 novembre au Stade de France, j’étais en charge des lieux”, se rappelle-t-il. Sur l’île aux parfums, Laurent Simonin compte bien se servir de son expérience dans des villes connues pour le trafic important de stupéfiants pour lutter contre ce fléau. “Les techniques d’enquête que nous pouvons mettre en place peuvent être adaptées ici, parce que c’est une criminalité organisée au même titre que les réseaux de passeurs qui existent pour faire entrer à Mayotte les personnes en situation irrégulière”, explique-t-il.
Améliorer la communication des unités et conquérir les territoires difficiles
Dès sa prise de fonction lundi dernier, Laurent Simonin a tenu à connaître immédiatement ses équipes et leurs méthodes de travail. Parti en mission avec elles, de nuit comme de jour, il se dit agréablement surpris. “Les fonctionnaires sont extrêmement motivés. J’ai été bluffé par le niveau d’implication des adjoints de sécurité. Ceux que j’ai pu voir en métropole n’étaient pas aussi impliqués et n’avaient pas tout le savoir-faire que j’ai pu voir ici”, souligne-t-il. Le nouveau directeur territorial de la police nationale souhaite tout naturellement maintenir ce niveau d’exigence et améliorer les échanges d’informations entre les unités. “L’idée c’est que tout le monde soit au courant des faits de délinquance, que l’on arrive à avoir une bonne communication des personnes qui sont recherchées”, précise-t-il.
S’il sait d’emblée qu’il ne fera pas de grandes révolutions au sein de la DTPN, Laurent Simonin, aspire particulièrement à « regagner » les territoires devenus compliqués. “Nous allons essayer d’avoir une occupation assez méthodique. En général, quand nous avons des difficultés dans un secteur, nous y retournons le lendemain, le surlendemain…” Sans trop en dévoiler pour garder un coup d’avance sur les malfrats.
Les attentes des syndicats face à la limitation de ses compétences
Autre priorité depuis son débarquement dans le 101ème département ? Rencontrer les syndicats, qui espèrent le voir à la hauteur de son prédécesseur, Jean-Marie Cavier. “Nous voulons qu’il soit capable de s’inscrire dans la dynamique mahoraise avec les Mahorais”, indique Bacar Attoumani, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale 976. Cela passe notamment par le recrutement de policiers mahorais pour “une meilleure représentativité de la population dans la police, dans toutes les catégories”, ajoute le syndicaliste. Requête à laquelle le directeur territorial de la police nationale n’a pas de réponse satisfaisante à donner pour l’instant. “Je suis quelqu’un de très pragmatique et j’utiliserai tous les leviers pour essayer d’avoir une stabilisation des effectifs, voire une augmentation. Mais la décision ne me revient pas”, confie-t-il.
Du côté d’Alternative Police, le délégué départemental demande plus de moyens. “Nous avons eu des arrivées d’effectifs, de véhicules, du renouvellement de matériel. Nous espérons que Monsieur Simonin continuera dans la lancée de Monsieur Cavier,”, indique Aldric Jamey. Et là encore, Laurent Simonin prend des pincettes car“ce sont des arbitrages nationaux, je ne suis pas la personne qui décide in fine”, avertit-il. Une chose est sûre, tous s’accordent à dire que la protection des policiers est primordiale. Ils doivent maintenant mettre en place une stratégie commune pour l’assurer.
50 postes de service civique à pourvoir dans la police nationale
Le ministère de l’Intérieur a annoncé la semaine dernière son nouveau “Plan 10.000 jeunes”, s’engageant à les accompagner dans leurs études et leur insertion dans la vie professionnelle. Ce programme est destiné à la population en difficulté à la suite des confinements. “Il propose des stages et des offres d’emplois aidés pour les jeunes, essentiellement étudiants ou en difficultés économiques et sociales”, précise Thierry Lizola, brigadier en charge du bureau partenariat et prévention à Mayotte. Sur le territoire, cela se concrétisera par 50 postes de service civique en police nationale, 30 stagiaires en classe de troisième et 60 pour le lycée. Il s’agira de stages de découverte qui permettront aux jeunes de se familiariser avec les différents métiers de la police nationale. Les jeunes intéressés peuvent envoyer leur candidature à l’adresse e-mail suivante : plan10000@mayotte.pref.gouv.fr
Mais il ne faut pas traîner, les places sont très convoitées : huit contrats ont déjà été attribués à l’arrivée du nouveau directeur territorial de la police nationale. Et si les jeunes sont aussi motivés pour intégrer ce service civique c’est parce qu’il leur ouvre les portes du monde du travail. “Certains sont dans une démarche de demande d’emploi, d’autres ont intégré les entreprises de sécurité et puis quelques-uns sont dans la police nationale. Nous avons deux gardiens de la paix et cinq adjoints de sécurité et deux attendent leur incorporation dans une école de police. 25% des jeunes ont trouvé un emploi à temps plein”, énumère Thierry Lizola. La grande majorité des autres ont repris leurs études. Au-delà de l’insertion professionnelle, le service civique leur apprend à être des citoyens en leur rappelant leurs droits et devoirs. Leur mission est d’une grande aide pour la police nationale puisque ces jeunes sont souvent aux abords des établissements scolaires dans le but d’assurer l’ordre public. “Leur présence a beaucoup apaisé les choses, pas forcément sur les actes les plus graves, mais elle tempère les ardeurs du socle bas de la délinquance”, insiste Laurent Simonin.




































































“Nous souhaitons faire cette grosse opération, car nous sentons une demande pour ouvrir les centres le samedi, pour les gens qui ne peuvent pas se rendre disponibles la semaine”, explique Dominique Voynet, la directrice de l’agence régionale de santé (ARS), qui organisait une conférence de presse ce jeudi. “Nous allons proposer cela pour les plus de 40 ans voire toute personne se présentant et qui a plus de 18 ans”, précise-t-elle. À noter que pour les candidats ayant déjà contracté le coronavirus, un délai de trois mois est préconisé avant l’injection, et une seule piqûre suffit. Par ailleurs, s’il est demandé pour des questions pratiques de se présenter muni de sa carte vitale, “la vaccination n’est en aucun cas réservée aux assurés”. “L’immunité collective ne dépend pas de si la personne a des papiers ou non”, insiste l’ancienne ministre.
Or l’enjeu de la vaccination reste de taille à Mayotte, alors que le ramadan approche et que La Réunion connaît une nouvelle flambée épidémique. L’ARS envisage de rapatrier certains patients mahorais, pour libérer des lits sur l’île Bourbon. Un geste de solidarité, alors que de notre côté de l’océan Indien, les remous de la seconde vague continuent à s’estomper. Le taux d’incidence est repassé sous le seuil d’alerte, avec 94,8 cas pour 100.000 habitants, de même que le taux de positivité des tests, avec 7,5%, ce qui confirme cette tendance épidémique favorable (sans cet indicateur, l’analyse pourrait être biaisée, car la baisse du taux d’incidence pourrait aussi simplement s’expliquer par la baisse du nombre de tests effectués). La crise passée, l’ARS va par ailleurs lancer une étude de séroprévalence pour déterminer la progression de l’immunité collective à Mayotte.

