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Concerts de Sexion d’Assaut : un an de prison avec sursis retenu contre Daniel Zaïdani

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Daniel Zaïdani perdra son siège de conseiller départemental de Mayotte s’il ne fait pas appel de la décision de justice dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a tranché, ce mardi 30 avril. L’ex-président du conseil départemental de Mayotte, Daniel Zaïdani, est condamné à un an de prison avec sursis dans l’affaire des concerts de Sexion d’Assaut en 2012. La peine est assortie d’une privation des droits civils et civiques pendant trois ans et de 25.000 euros d’amende. Il peut perdre ses fonctions de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il ne fait pas appel dans les dix jours.

Le sourire affiché aux côtés de Marine Le Pen, il y a une quinzaine de jours, est désormais crispé. Ce mardi matin, Daniel Zaïdani, ex-président du conseil départemental de Mayotte, a été condamné à un an de prison avec sursis. L’exécution provisoire n’a pas été retenue par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, l’élu garde donc son mandat de conseiller départemental du canton de Pamandzi s’il fait appel dans les dix jours suivant sa condamnation. La justice lui reprochait de détournements de fonds publics et des contournements des marchés publics en 2012 et 2013, quand il était à la tête du tout jeune département français (de 2011 à 2015). Il y a d’abord cette série de concerts du groupe de rap Sexion d’Assaut à Madagascar, Comores et Mayotte. L’organisation se fait de manière opaque, sur des deniers publics. « Il fallait organiser une tournée, on s’est assuré qu’ils puissent venir à Mayotte », s’est défendu le Pamandzien, lors de son procès, le mardi 19 mars. A l’époque, une subvention signée avec le producteur des rappeurs, assurait le cachet des trois représentations à hauteur de 45.000 euros. Une autre a servi à financer les billets d’avion. Alain Kamal Martial (voir encadré), alors directeur du service culturel départemental, a imputé l’opération à Daniel Zaïdani, qui est parti à Madagascar à l’époque pour assister au festival à Diego-Suarez.

Deuxième fait qui a suscité l’intérêt des juges, l’organisation d’un foutari au domicile du chef de la collectivité, le 12 août 2012, avec l’argent du contribuable (5.000 euros). Si pendant le ramadan, il était de coutume que le Département organise un repas de rupture du jeûne, il se fait généralement de manière publique avec les représentants des autorités locales. Là, les 200 invités, si certains étaient des notables locaux, avaient le point commun d’être des soutiens de l’élu mahorais. En outre, Catherine Vannier, la présidente du tribunal correctionnel, avait relevé que Saïd Omar Oili, ex-président du conseil général et rival politique de Daniel Zaïdani, avait organisé aussi ce type d’événement chez lui, mais à ses frais. Pour la localisation de la cérémonie, le mis en cause avait souligné que « la seule habitation [du conseil général] disponible était celle à Kani-Kéli ». « C’était beaucoup plus excentré, la grande majorité des personnes se trouvent à Mamoudzou et en Petite-Terre. »  Cassandre Morvan, la substitute du procureur de la République, y a vu plutôt une fête financée sur des fonds publics qui n’était rien d’autre qu’un achat de voix électorales. « Ces personnes ont bien été régalées aux frais du conseil départemental », a noté la magistrate.

Un an de prison avec sursis était requis

L’achat de deux véhicules du CD était également visé dans la prévention. Sans passation de marché public, pourtant obligatoire lorsque le montant de l’achat dépasse les 15.000 euros, les deux SUV [pour Sport utility vehicule, en anglais] ont été acquis au sein de la concession Peugeot mahoraise. « Des élus se sont étonnés de ces acquisitions compte-tenu des difficultés du Département », avait souligné la juge Catherine Vannier. Choisis par Alhamid Aboubacar (voir encadré), les deux véhicules ont coûté 39.100 euros pour l’un et 31.600 euros pour l’autre. Outre le fait d’avoir confié l’achat à un collaborateur plutôt que le service « logistique et moyens », il est reproché à l’élu une utilisation non prévue des véhicules. En effet, l’enquête de la section de recherche de la gendarmerie a permis d’établir que des élus utilisaient le parc automobile à des fins privés. Daniel Zaïdani aurait même sollicité à plusieurs reprises un des chauffeurs pour aller chercher sa femme et ses enfants. Tenant compte de l’ancienneté des faits, la substitute du procureur a requis un an d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de l’ancien président de la collectivité mahoraise. Elle a demandé aussi qu’il soit privé de ses droits civils et civiques pendant cinq ans et interdit d’exercer toute fonction publique pendant la même durée, ainsi qu’une amende de 40.000 euros.

Le tribunal a suivi le Parquet pour la peine de prison avec sursis. En revanche, la durée de la privation des droits civils et civiques est réduite à trois ans et l’amende à 25.000 euros.

Les deux présumés complices relaxés

Aux côtés de Daniel Zaïdani, Alain Kamal Martial Henry et Alhamid Aboubacar étaient jugés pour complicité, respectivement pour les concerts de Sexion d’Assaut et l’achat des véhicules. L’ex-directeur du service culturel départemental, aujourd’hui représentant du Département de Mayotte au Mozambique, est relaxé. C’est la même chose pour Alhamid Aboubacar, l’ancien collaborateur qui avait supervisé l’achat des deux véhicules.

L’eau non-conforme à Mamoudzou, à Koungou et en Petite-Terre

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L’Agence régionale de santé (ARS) alerte, ce jeudi matin, sur deux non-conformités relevées sur le réseau d’eau potable. « Des analyses reçues ce jour font état, après examen par le laboratoire départemental de Mayotte, de deux non-conformités de la qualité de l’eau. Ces résultats imposent de prendre des mesures de précaution en urgence pour garantir la potabilité de l’eau consommée par la population », prévient l’agence.

Plusieurs secteurs sont touchés. Il y a d’abord l’ensemble de Petite-Terre, soient les villages de Dzaoudzi, Labattoir et Pamandzi. Dans les communes de Koungou et Mamoudzou, une partie des villages sont concernés. Koungou, Majicavo 1 et 2, Hauts-Vallons pour la première (Longoni, Trévani et Kangani ne sont pas sur le même réseau). Pour Mamoudzou, il s’agit de Kawéni, M’tsapéré, Ambassadeur, Doujani et Passamaïnty (quartier de Ngnambo Titi uniquement). Mamoudzou village, Cavani, ainsi que le sud de Mamoudzou (Tsoundzou 1 et 2, Vahibé et une large partie de Passamaïnty) sont sur des réseaux où aucune non-conformité n’a été relevée.

Bouillir l’eau

Comme à chaque fois maintenant, l’ARS « demande à l’ensemble de la population de ces secteurs de faire systématiquement bouillir l’eau avant de la boire, faire à manger ou se brosser les dents. L’ébullition permet de stériliser l’eau et d’éliminer ainsi toutes les bactéries présentes. Cette eau peut être stockée dans un récipient dédié, conservée à l’abri de la chaleur et peut être utilisée pendant 48 heures ». L’agence indique que « des nouveaux contrôles seront effectués dans les tous prochains jours afin de suivre l’évolution de la situation ». Elle promet une communication des résultats.

Il s’agit de la deuxième situation de ce genre sur l’île, ces dernières semaines. Le 6 septembre, les villages d’Acoua, Sohoa, Chiconi, Coconi, Ongojou, Sada, Ouangani, Poroani et Miréréni (commune de Chirongui) ont fait l’objet d’une alerte pour des bactéries coliformes retrouvées dans l’eau. La situation était revenue à la normale, le dimanche 10 septembre.

Le maire de Tsingoni condamné à douze mois de prison avec sursis

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Bacar Mohammed, ici lors de la visite du ministre de la Santé François Braun en novembre 2022, a été condamné par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour prise illégale d’intérêts.

Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a rendu, ce mardi matin, sa décision concernant deux faits reprochés à Bacar Mohamed. Il a été condamné à douze mois de prison avec sursis, 15.000 d’euros d’amende et une peine d’inéligibilité de trois ans avec exécution provisoire pour prise illégale d’intérêts. Il a été relaxé pour atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics.

Au cours de l’audience du 28 mars, le président départemental du parti Les Républicains a dû s’expliquer à la fois sur des contrats passés avec des entrepreneurs locaux qui ne respectaient pas les règles des marchés publics et la vente de terrains à des proches, notamment sa fille, à des prix très avantageux (trois euros le mètre carré). Ce dernier point, qui constitue une prise d’illégale d’intérêts, a fait l’objet d’une délibération du conseil municipal, le 16 mai 2020.  Le terrain nu de 1.160 m2 situé entre la bibliothèque de Mroalé et la route départementale a été vendu à quatre acheteurs. Le prix fixé à trois euros par mètre carré donne un total de 3.480 euros. Dénonçant une cabale politique d’une élue d’opposition, le maire avait justifié ce tarif préférentiel en rappelant qu’il était appliqué à Tsingoni depuis la régularisation foncière de propriétaires déjà installés. Mais ici, il s’agissait d’acquisition et non de régularisation. Le conseil municipal, devant le tollé généré, a fait annuler en février 2022 la délibération.

« Le maire décidait seul »

Pour les marchés, c’est la chambre régionale des comptes (CRC), qui se penche régulièrement sur les finances des collectivités, qui avait décelé un problème. En effet, plusieurs marchés ont été découpés selon la technique du « saucissonnage ». C’est-à dire que les prestations étaient séparées les unes des autres pour que le montant total n’atteigne pas les plafonds nécessitant une procédure plus stricte de mise en concurrence. Par exemple, la rénovation de l’école de la mosquée du vendredi de Tsingoni en 2016 a fait l’objet de deux factures distinctes (58.000 euros pour l’extérieur, 66.700 euros pour l’intérieur). Mises ensemble (124.700 euros), elles dépassaient le plafond de 90.000 qui nécessite de passer par le bulletin officiel des marchés publics et des annonces légales. Pareil pour des travaux réalisés sur les différents terrains de football de la commune. La société chargée des travaux a établi un montant pour chaque site. Autre problème et non des moindres, s’il y a eu une mise en concurrence pour ces marchés, il n’y en a plus aucune trace à la mairie. La CRC a été incapable de trouver les devis. Le maire avait affirmé, le 28 mars, qu’il y avait des problèmes d’archivage à la mairie, mais que des progrès avaient été faits depuis. Il s’était également pris à son ancien adjoint, le jugeant responsable des irrégularités.  Pourtant, l’une des employés communaux avait chargé le maire, au cours des auditions, en affirmant que le maire « décidait seul ».

Pour prise illégale d’intérêts, celui qui est maire de Tsingoni depuis 2014 et actuel candidat aux élections sénatoriales a été condamné à douze mois de prison avec sursis, une peine d’inéligibilité de trois ans et 15.000 euros d’amende. La vice-procureure, Delphine Moncuit, avait demandé une peine d’inégibilité de cinq ans avec exécution provisoire, ainsi que vingt-quatre mois de prison avec un sursis simple et 7.000 euros d’amende.

Deux entrepreneurs mahorais, le gérant d’une entreprise de peinture à Tsingoni et un spécialiste de l’équipement sportif du nord de Mayotte, ont été également condamnés pour avoir profité des marchés irréguliers.

Bacar Mohamed réagit à sa condamnation

Le désormais ex-maire de Tsingoni a pris acte de la décision du tribunal. Il la trouve « sévère eu égard aux griefs qui [lui] sont reprochés ». « Je fais remarquer qu’on ne me reproche ni un enrichissement personnel ni une rétrocommission quelconque », poursuit-il. Sans évoquer la prise d’illégale d’intérêts (la vente de terrains à sa fille), il dit « continuer toujours à nier avec vigueur » le délit de favoritisme. 

Sur la suite, « il appartient maintenant à mon successeur de maintenir l’unité que j’ai mise en place depuis 2014 au sein de la majorité municipale actuelle, et ce jusqu’à la fin de la mandature en cours ». Même s’il peut toujours faire appel (cela ne suspend pas la décision), il remercie sa majorité, les agents municipaux et les habitants de sa commune de leur confiance. 

« De toute évidence, face à ce procès purement politique, je ne me laisserai pas facilement abattre et me réserve le droit, en concertation avec mon avocat, de faire appel pour laver mon honneur », prévient-il.

La barge « Chatouilleuse » va entrer en scène

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1- « Chatouilleuse » (à droite) s’installe aux côtés de sa grande sœur, « Karihani ».

Présente dans le lagon depuis la semaine dernière, « Chatouilleuse », dernière-née du chantier naval de l’océan Indien (CNOI) de l’île Maurice, va bientôt accueillir ses premiers passagers. Ce mardi matin, une présentation au travers d’une conférence de presse a eu lieu sur ce nouvel amphidrome qui permettra d’embarquer 392 passagers entre Grande-Terre et Petite-Terre.

Ce mardi matin, en gare maritime de Mamoudzou, la barge « Chatouilleuse » a été présentée par les agents, les capitaines et par le directeur Moussa Kassim, du service des transports maritimes (STM) du Département en présence de Ben Issa Ousséni, président du conseil départemental, d’Ali Omar, vice-président, et de Soihirat El Hadad, conseillère départementale de Pamandzi. L’objectif de cette visite était de révéler officiellement la nouvelle barge, qui va rapidement rejoindre ses grandes sœurs.

« Chatouilleuse », mais aussi « Imane » sa sœur jumelle, ont pour avantage de pouvoir embarquer deux rangées complètes de camions, ce qui n’était pas le cas sur les anciens amphidromes tel que le Georges Nahouda. La capacité de chargement est donc passée à six camions et 24 véhicules. Ces deux barges, pourront embarquer chacune 400 passagers au total, en comptant les huit membres d’équipage. « Chatouilleuse » est plus petite que ses aînées, avec 39,50 mètres, contre 60 mètres, « pour mieux entrer dans la cale sèche au STM en Petite-Terre et ainsi, évitant les remorquages jusqu’à Maurice », explique Ali Omar, vice-président du Département, chargé des transports. La question que l’on peut se poser, c’est d’où vient le choix de ce nom, la Chatouilleuse ? Pour le vice-président, « c’est un symbole fort », qui caractérise l’attachement du Département « à la mémoire et aux grandes figures de Mayotte ».

Vers une transition écologique

Ce nouvel amphidrome participe à la modernisation de la flotte du STM, dans l’objectif « d’innover et d’installer des moteurs moins polluants », affirme Ali Omar. C’est donc dans une volonté de s’inscrire dans une démarche de transition écologique qu’a été réalisée l’acquisition de ce nouveau navire. Une stratégie également nécessaire pour l’obtention de fonds européen de développement régional (Feder), qui finance 83 % des 14,5 millions d’euros investis pour l’acquisition des deux nouveaux amphidromes, « Chatouilleuse » et « Imane ». Cette démarche se traduit principalement par l’évolution de la motorisation, adoptant le diesel électrique, qui permet ainsi que la rendre plus silencieuse et plus rapide que ses sœurs.

« La rigueur de contrôle sera renforcée »

Autre point innovant à découvrir sur cet amphidrome, la diffusion de messages de sécurité sur les écrans, se lançant automatiquement au démarrage de la barge. Également dans une dimension écologique, depuis le 1er avril, les tickets papiers ont disparu pour laisser place à une carte magnétique. En corrélation avec ce changement, « la rigueur de contrôle sera renforcée grâce à l’automatisation », prévient Ali Omar. Une surveillance accrue pour permettre « d’augmenter les recettes d’exploitation, car nous assurons seuls les charges et investissements de ces services », admet-il.

D’ici quelques jours, les passagers pourront faire la traversée à bord de la nouvelle barge. Selon le vice-président en charge des transports, sa mise en service est prévue « le plus rapidement possible ». Dès que toutes les conditions seront réunies, elle sera mise en service au niveau du quai Ballou, afin de remplacer alternativement le « Maoré Mawa » et le « Saffari ».

Des navettes maritimes et des quais rénovés

Le projet de navettes maritimes verra le jour à l’horizon 2026. Les gares maritimes devraient être implantées à Iloni et Longoni, « notre avant-projet sur les gares maritimes est en cours de finalisation avec les services de l’État » a réaffirmé le troisième vice-président du Département. D’après lui, les autorisations réglementaires seront obtenues « d’ici un an et demi », puis suivront les travaux. Simultanément, l’appel d’offres sera lancé pour un futur opérateur, qui devra « investir dans une flotte de navettes adaptées à notre lagon et aux contraintes de nombre de passagers », rappelle Ali Omar. En sus de ce projet, le Département continue d’étudier la mise en place d’un service de transport maritime de fret, en provenance de Longoni « pour désengorger le trafic des poids-lourds », notamment sur les traversées de Koungou et Kawéni. En complément, en coordination avec les services de l’État, il prépare aussi les chantiers de réparation des quais Issoufali et Ballou. Ces travaux auront lieu au cours du second semestre 2023.

Phénomène sismo-volcanique à Mayotte : Préparation sur-mesure d’une campagne explosive

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Le Bureau de recherches géologiques et minières est sur le point de réaliser une campagne de mesures dans le but de récolter des donnes nécessaires pour localiser plus précisément le phénomène sismo-volcanique. Mais avant de procéder à des tirs de charges explosives enfouies, l’établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer l’imagerie, les ressources et les risques du sol et du sous-sol doit installer tout le matériel en un temps record. Entretien avec Jean-Michel Baltassat, ingénieur géophysicien au BRGM et responsable des opérations en terre pour cette campagne.

Flash Infos : Vous venez d’enfouir l’un des 72 géophones dans le cadre d’une campagne de mesures intitulée REFMAORE sur une ligne traversant Mayotte d’Ouest en Est. En quoi consiste-t-elle ?

Jean-Michel Baltassat : Ces géophones sont des capteurs que nous mettons en place tous les 350 mètres le long d’un profil de 30 kilomètres à terre qui s’étend depuis M’Tsamboro jusqu’à la plage de Moya, pour réaliser un échantillonnage spatial régulier. Ils vont nous servir à enregistrer les zones sismiques que nous allons générer par 10 tirs de charges explosives – mises à feu au fond de forages de 25 mètres de profondeur de manière à ce que le maximum d’énergie parte dans le terrain et qu’il n’y ait pas de danger à la surface – réalisés sur la même ligne du vendredi 9 au jeudi 15 octobre. Cette ligne de mesure est également prolongée en mer sur 70 kilomètres par 10 capteurs, micro-OBS, posés au fond de l’eau par les équipes de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) depuis le Marion Dufresne.

FI : Quelles sont les particularités de ces géophones ? Quelles données supplémentaires vont-ils pouvoir nous apporter en plus de ce que nous savons déjà à l’heure actuelle ?

J-M. B. : Ce ne sont pas les géophones en particulier, mais l’ensemble de la configuration de la manipulation qui va engendrer des ondes. Nous allons faire ce que nous appelons de la sismique active par opposition à la sismique passive, qui se contente d’enregistrer les ondes générées naturellement, notamment par les séismes. Avec ce dispositif qui est bien calibré au niveau géométrique, nous allons pouvoir déterminer avec précision les vitesses sismiques en profondeur. La distribution de ces dernières, aussi bien en terre qu’en mer, va nous permettre à mieux connaître la structure de Mayotte et à mieux positionner, par la suite, les séismes qu’ils ne le sont aujourd’hui. La bonne localisation des séismes va aider à mieux comprendre les phénomènes auxquels le territoire est soumis mais également à mieux les surveiller. Mais le traitement et la valorisation de ces données vont prendre du temps… Nous n’aurons pas les résultats avant 2021 !

FI : Une fois que vous aurez réalisé ces tirs et que vous aurez récupéré ces données, qui sont censées apporter une plus-value non négligeable dans la compréhension du phénomène sismo-volcanique que subit Mayotte depuis 2018, ce type d’opération sera-t-il amené à se reproduire à l’avenir ?

J-M. B. : Nos collègues de l’Ifremer, de l’Ipgp (Institut de physique du globe de Paris) et nous-mêmes avons des propositions de compléments d’investigations, qui ne seraient plus sur un seul profil mais plus répartis spatialement, latéralement, pour avoir une vision globale en 3 dimensions de l’espace des phénomènes sur Mayotte. Présenté au financement l’année dernière, ce projet n’a pas été retenu en première analyse. Mais il est amené à être de nouveau présenté dans les prochaines années dans le but de soumettre une enquête moins profonde mais beaucoup plus détaillée pour mieux connaître la zone sismo-volcanique.

 

Maîtriser la consommation d’énergie : un enjeu crucial pour Mayotte… et nos factures !

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Le comité Maitrise de la demande en énergie, qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, lance une nouvelle campagne de communication. Objectif : inciter particuliers et entreprises à opter pour des constructions et des équipements plus performants. Avec en ligne de mire, la baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la facture énergétique.

Vous les avez peut-être aperçues dans le coin du rétro…ou bien êtes passé sans un regard. Depuis quelques jours, de grandes affiches “Oui aux offres Hodari” ont été placardées ici et là sur les routes de Mayotte : une femme y fait cramer son aile de poulet au mur, visiblement harassée par une châleur étouffante, une autre y sirote son café sous le regard envieux de ses amies. Le message vous échappe ? C’est que la marque “Hodari”, une série d’offres lancée en partenariat avec plusieurs entreprises locales par le comité Maîtrise de la demande en énergie (MDE), peine encore à se faire connaître. Son objectif, pourtant, est crucial pour Mayotte : réduire la facture énergétique du département, où 95% de l’électricité consommée provient encore de centrales alimentées au gazoil – contre seulement 5% d’énergies renouvelables.

Alors le comité, créé en 2019 et qui regroupe EDM, le conseil départemental, l’Ademe et la Deal, entend bien changer la donne. Mais “le meilleur moyen de diminuer les émissions de carbone ainsi que sa facture énergétique est encore de ne pas consommer”, rappelle Claude Hartmann, le nouveau directeur général d’EDM. La société d’électricité organisait donc une conférence de presse ce lundi, en présence des autres acteurs du comité, pour lancer officiellement cette nouvelle campagne de communication. Celle-ci s’adresse à tous les clients de Mayotte, entreprises comme particuliers, qui souhaitent diminuer leur consommation d’énergie. Le but : favoriser l’accès à des produits éco-efficaces et matériaux non énergivores à travers des primes incitatives. Isolation du bâtiment, climatisation plus performante, ou encore chauffe-eau solaires… La promesse Hodari vante jusqu’à 30% d’économies sur la facture d’électricité ! Un coup de pouce non négligeable quand on sait que la consommation annuelle par foyer s’élève à 5.000KWh. Soit une facture de près de 650 euros par an, tout de même.

Déjà 5GWh d’électricité économisés

Le plus gros poste de consommation ? La climatisation, bien sûr ! À titre d’exemple, vous pouvez donc, grâce aux offres Hodari, remplacer votre vieux climatiseur énergivore pour un appareil de classe A+++ et bénéficier d’une prime de 500 à 900 euros, en fonction de sa puissance. Le comité MDE propose aussi des actions “non standard”, un volet consacré aux projets d’envergure, et qui vise à améliorer l’efficacité énergétique d’un bâti, d’une industrie ou d’une collectivité en passant par un bouquet de travaux. La municipalité de Koungou, via la mise en place de luminaires d’éclairage public solaire autonomes, le distributeur alimentaire Distrimax pour sa chambre froide, le promoteur immobilier CBO pour un ensemble de trois bâtiments au centre de Kawéni ou encore un particulier qui a construit sa maison avec de fortes ambitions sur sa performance énergétique en ont ainsi bénéficié. Pour toutes ses actions, en 2019, le comité estime à 5 GWh d’électricité économisés, soit l’équivalent de 1.000 foyers mahorais, pour un investissement de 2,8 millions d’euros. Et à l’horizon 2023, le MDE entend bien atteindre les 25 GWh d’économies annuelles.

Créer de nouveaux marchés

Certes, passer au tout écolo représente toutefois un investissement de taille. “Mais il y a une notion de coût global à plus long terme à faire comprendre, d’où l’importance de mener un travail de sensibilisation”, déroule Yann Le Bigot, ingénieur à l’Ademe. Outre des campagnes sur les offres MDE, le comité finance aussi des actions de terrain menées par l’Espace Info Énergie, qui intervient en milieu scolaire, organise des tournées dans les villages ou les entreprises, et fait le relais entre particuliers et constructeurs afin de faire comprendre les avantages des équipements performants.

L’autre risque pour le comité : voir les commerçants augmenter leur prix, ce qui annihilerait de facto l’effet des primes. L’ensemble des acteurs présents assure avoir conscience de cette possibilité. “Mais nous constatons aussi l’arrivée de nouveaux acteurs sur ces marchés, qui se développent justement grâce à ce type d’offres, ce qui permet de créer la concurrence et de maintenir les prix”, analyse Yann Le Bigot. En effet, via son réseau de partenaire, l’offre Hodari entend aussi encourager les filières locales. Comme par exemple, la brique de terre compressée, un matériau utilisé par le passé et qui trouve une nouvelle jeunesse depuis que la filière a été relancée cette année, en lien avec la Chambre des métiers et de l’artisanat. “Aujourd’hui, nous avons huit partenaires. C’est une très bonne chose, car il s’agit là d’un matériau noble, avec un pouvoir d’isolant non énergivore”, salue Christian Freu, responsable pôle transition énergétique et innovation chez EDM.

Augmenter la part des énergies renouvelables

De belles avancées, donc. Mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt. Avec la croissance démographique record que connaît le département, et une croissance de la consommation d’énergie moyenne de 5% par an, le passage à une production d’électricité issue d’énergies renouvelables est une priorité pour Mayotte. “Nous pouvons techniquement monter à 30% de photovoltaïque dans le mix énergétique, et le réseau est prêt à le supporter”, souligne Claude Hartmann. D’autant plus que les systèmes pour stocker cette énergie – et ainsi la mettre à profit pour les pics de consommation qui surviennent généralement à la nuit tombée – existent. Les nouveaux appels d’offre dans le cadre de la prochaine Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) devront aller dans ce sens.

26ème édition du festival de l’image sous-marine à Mayotte en hommage à Jack Pass

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La 26ème édition du festival de l’image sous-marine a un peu de retard cette année, mais elle aura bien lieu du 7 au 10 octobre. Elle aura une ambiance quelque peu particulière puisque pour la première fois depuis sa création, son fondateur Jack Pass n’y participera pas.

Le père fondateur du festival de l’image sous-marine nous a quittés au mois d’août dernier, mais l’évènement n’est pas prêt de disparaître. L’agence de communication Angalia qui a aidé le défunt à l’organiser ces 4 dernières années, a entièrement pris les rênes cette année suite à sa disparition. Jack Pass a tout de même aidé à l’élaboration de cette nouvelle édition de son vivant, en début d’année. L’apparition du virus a également joué les troubles fêtes et a chamboulé le cours des évènements. Le festival qui a habituellement lieu au mois de mai, se déroulera finalement en octobre. Toutefois, il ne perd pas son sens premier. Les concours sont maintenus, et il existe trois catégories : celui du film, de la photo et du dessin. Les lauréats du concours du film et de la photo ne sont pas encore connus. Le jury n’a pas pu délibérer à cause de la crise sanitaire. Seuls ceux du concours de dessins ont été désignés. Il s’agit de 20 enfants qui gagnent une séance de plongée. Le festival débutera mercredi 7 octobre par un hommage à Jack Pass avec la diffusion du film La flèche et l’épée d’Éric Keyser, qui parle entre autre de celui qui est aussi à l’origine de la mythique course de pneus.

Au total 19 films seront projetés, 78 photos seront exposées ainsi que 103 dessins d’écoliers. « C’est une programmation ambitieuse parce que trouver des films de 52 minutes, ce n’est pas simple. Mais on a un festival qui est complet et on est fiers quand on sait le temps qui nous a été imparti et la complexité du départ de Jack et la covid », souligne Laurent Mounier, gérant de l’agence Angalia. Les organisateurs ont tout de même dû revoir leurs ambitions à la baisse puisque le nombre de visiteurs à été réduit de moitié. En temps normal, les séances peuvent accueillir jusqu’à 250 personnes. À cause des restrictions sanitaires, leurs nombres seront limités à 130.

L’évolution du festival sans Jack Pass

« Notre philosophie est de maintenir tout ce qui a été fait par Jack Pass et on le développe. » Le gérant de l’agence Angalia est clair, il est hors de question de modifier l’essence même du festival. Mais les nouveaux organisateurs voient grand. Ils ont trois objectifs bien définis. « On veut poursuivre le travail de sensibilisation auprès des scolaires en donnant accès aux films gracieusement aux écoles qui le demandent pendant la période du festival », explique Laurent Maunier. À l’exemple de La Réunion qui a mis en place ce système depuis deux ans. Cela permet d’augmenter considérablement le nombre de vues. Mais leur ambition va bien au-delà, puisque le festival de l’image sous-marine de Mayotte veut s’exporter sur le territoire national. « L’idée est de participer au festival de La Réunion et celui d’Hyères. On va travailler ensemble pour mutualiser des images, des expériences, et faire diffuser les conférences sur l’ensemble des festivals », précise Laurent Maunier.

Enfin, les organisateurs veulent favoriser les productions mahoraises. Pour cette édition, seulement 5 films ont été produits localement. Le vouloir est une chose mais le concrétiser en est une autre. Pour le moment, l’agence Angalia ne sait pas de quelle manière elle procèdera pour que les habitants aient envie de filmer ou de prendre en photo le lagon du 101ème département.

Estelle a préféré claquer la porte

Estelle a préféré claquer la porte
© radiofrance.fr

C’est directement sur les réseaux sociaux que la députée de la première circonscription de Mayotte (nord), Estelle Youssouffa a informé ses partisans de sa démission de la Commission d’enquête sur l’audiovisuelle public dont les travaux se poursuivent actuellement. Une décision qu’elle justifie par « la tonalité, l’orientation et la tension » prises par les travaux de cette commission présidée par Jérémie Patrier-Leitus. Elle qualifie les auditions de « spectacles qui déshonorent l’Assemblée nationale ». Cet avis exprimé par la députée de Mayotte est très largement partagé par la sphère médiatique française qui n’a de cesse de se gausser des conditions dans lesquelles se déroulent ces auditions qui mettent en scène de vedettes du petit écran parmi lesquels les célèbres animateurs Nagui et Patrick Bertrand, pour ne citer qu’eux. Une partie des journalistes français se félicitent en revanche des détails croustillants qui émergent de ces auditions et dont ils n’auraient jamais eu vent dans d’autres circonstances.

Démolition de points de collecte à partir du 6 avril

Démolition de points de collecte à partir du 6 avril
* image d'illustration générée par ia

La CADEMA lance, lundi 6 avril 2026 à 8h00, la démolition de deux points de collecte enterrés situés rue Océane, dans le quartier des Hauts-Vallons. Devenus vétustes et à l’origine de nombreux dysfonctionnements, ces équipements contribuaient à des dépôts sauvages et à des nuisances pour les riverains.

Cette opération s’inscrit dans une réorganisation plus large du dispositif de collecte des déchets. Une concertation est en cours avec les habitants afin de mettre en place des solutions mieux adaptées, comme de nouveaux points de collecte ou des bacs individuels.

Les riverains ont été informés des travaux et des éventuelles perturbations. La CADEMA appelle à la compréhension de tous durant cette intervention.

Le Gouvernement lance l’appel à projets pour la Journée nationale de la résilience 2026

Le Gouvernement lance l’appel à projets pour la Journée nationale de la résilience 2026

Le Gouvernement lance un appel à projets pour la Journée nationale de la résilience 2026. Cette journée se déroulera le mardi 13 octobre 2026 et marquera sa cinquième édition. Des actions pourront être organisées tout au long de l’année afin de mieux préparer la population face aux risques et aux catastrophes.

Les collectivités, les associations, les écoles et les entreprises sont invitées à participer en proposant des projets. Ces projets doivent porter sur la connaissance des risques naturels et technologiques, la préparation à une catastrophe et le renforcement de la résilience collective.

Plusieurs dates sont à retenir. Le 10 septembre 2026 correspond à la date limite pour déposer les projets souhaitant participer aux trophées de la résilience. Le 1er octobre 2026 est la date limite pour les demandes de soutien financier. Enfin, le 10 décembre 2026 marque la date limite pour obtenir la labellisation « JNR 2026 ».

Cet appel à projets permet de valoriser les initiatives et de sensibiliser la population aux enjeux liés aux risques.

Transports aériens : le député Jiovanny William chargé d’enquêter sur la flambée des tarifs en outre-mer

Transports aériens : le député Jiovanny William chargé d’enquêter sur la flambée des tarifs en outre-mer

Le gouvernement lance une mission sur le coût des billets d’avion entre l’Hexagone et les territoires ultramarins. Le député Jiovanny William a été chargé par le Premier ministre, à la demande de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, d’analyser la formation des prix et d’identifier d’éventuelles pratiques abusives ou discriminatoires.

« Le prix des billets d’avion constitue l’un des exemples les plus révélateurs de la vie chère en outre-mer », a souligné la ministre, appelant à « mieux comprendre les mécanismes de prix » pour « apporter des réponses concrètes à nos compatriotes ultramarins. »

Selon les données de l’aviation civile, les tarifs ont fortement augmenté ces dernières années, avec une hausse de 19 % en 2023 et de plus de 30 % entre 2019 et 2023 dans les Antilles. La mission devra formuler des recommandations pour améliorer l’accès au transport aérien et garantir l’égalité entre les citoyens.

Un premier point d’étape est attendu fin avril 2026, avant la remise du rapport final prévue fin juin.

Carte de barge : les trajets non utilisés expirent fin avril

Carte de barge : les trajets non utilisés expirent fin avril

Le Département-Région de Mayotte, via la Direction des transports maritimes (DTM), appelle les usagers à effectuer le transfert de leurs crédits de passage avant le 27 avril 2026.
Les voyageurs disposant encore de crédits sur leurs anciennes cartes de transport doivent se rendre à la régie située à la gare maritime de Mamoudzou afin de basculer leur solde vers leur nouvelle carte.
Au-delà de cette échéance, la DTM prévient qu’aucun transfert ne pourra être garanti, et que les crédits seront définitivement perdus.
Les autorités invitent donc les personnes concernées à entreprendre cette démarche rapidement et à se rapprocher des services compétents pour toute information complémentaire.

Vie chère : Paris ouvre enfin le dossier explosif des billets d’avion

Vie chère : Paris ouvre enfin le dossier explosif des billets d’avion
Le gouvernement de Sébastien Lecornu s’intéresse de près aux mécanismes de formation des prix des billets d’avion entre les Outre-mer et la métropole.

Sans équivalent dans le monde pour des distances comparables, le coût des billets d’avion entre les Outre-mer français et l’Hexagone a retenu l’attention du gouvernement de Sébastien Lecornu. Celui-ci s’intéresse aux mécanismes de formation des prix et a mandaté, à cet effet, un député martiniquais, qui aura la délicate mission de mener une étude approfondie sur le sujet. Ses conclusions sont attendues pour le 30 juin 2026.

Les mécanismes de formation des prix des billets d’avion entre la métropole et les Outre-mer ne tarderont pas à passer sous la loupe d’un parlementaire antillais. Le député martiniquais Jiovanny William s’est vu confier cette mission cette semaine par le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, sur recommandation de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou.

Cette annonce a, pour l’instant, reçu un accueil mitigé chez les populations ultramarines, habituées aux effets d’annonce venus de Paris, souvent sans lendemain lorsqu’il s’agit de lutter contre les causes profondes de la vie chère dans les territoires français répartis à travers les océans.

Quoi qu’il en soit, cette décision gouvernementale apparaît comme le signe d’une entrée précoce dans la campagne des élections présidentielles de l’année prochaine, tant ce sujet cristallise les tensions liées aux différences de traitement entre les citoyens de l’Hexagone et ceux des territoires ultramarins. Il s’agit d’un thème récurrent, mais surtout d’une question sensible, qui mobilise les ressortissants des départements et régions d’outre-mer (DROM) à l’approche de ce scrutin national majeur. D’ailleurs, l’échéance de 2027 s’annonce particulièrement incertaine et animée.

Le gouvernement Lecornu constate (enfin) que les tarifs aériens sur les liaisons entre la métropole et les Outre-mer connaissent une hausse constante, voire vertigineuse entre 2019 et 2023 : près de 19 % en 2019 et 30 % en 2023 pour le seul segment métropole–Antilles. « Un coup de massue pour les familles ultramarines », admet le gouvernement. Des familles qui n’ont souvent d’autre choix que de se rendre dans l’Hexagone pour des raisons familiales, médicales ou professionnelles.

Comme l’a formulé Naïma Moutchou, ce qui intéresse particulièrement les autorités dans cette affaire — et justifie la feuille de route confiée au député martiniquais — est de comprendre « les mécanismes de formation des prix ». Le parlementaire devra analyser en profondeur plusieurs éléments, notamment le yield management, les ventes additionnelles et la transparence des grilles tarifaires, afin de déterminer l’existence éventuelle de pratiques abusives ou discriminatoires.

Reconnaissant le rôle prépondérant du coût des billets d’avion entre les Outre-mer et l’Hexagone, la ministre attend des réponses précises de cette mission. L’enjeu principal réside dans les propositions qui seront formulées pour « garantir un accès équitable au transport aérien et prévenir toute atteinte à l’égalité entre les citoyens ».

Ce rapport, commandé par le gouvernement Lecornu, est attendu pour le 30 juin 2026. Il sera précédé d’un point d’étape fixé au 30 avril. Ses conclusions seront particulièrement scrutées par les usagers mahorais, qui paient parmi les billets les plus chers de l’Union européenne au regard des distances parcourues entre les territoires ultramarins et la métropole.

En toile de fond, cette étude laisse entrevoir une volonté des autorités de mieux réguler le secteur du transport aérien, afin de répondre aux attentes des populations ultramarines par un encadrement plus strict des pratiques tarifaires.

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Une joie de très courte durée chez les chauffeurs de taxi en Petite-terre

Une joie de très courte durée chez les chauffeurs de taxi en Petite-terre

Des lendemains déchantants pour les 150 conducteurs de taxi de Petite-Terre : l’enveloppe d’aide de 800 000 euros, votée mercredi dernier par le Département-Région, s’avérerait être un traquenard politique. Pour en bénéficier, la profession devra remplir des conditions qui, aujourd’hui, lui semblent impossibles à satisfaire. Elle est par ailleurs convaincue qu’il s’agit d’une mesure d’apaisement destinée à faire accepter la mise en place d’un service de transport en commun taillé sur mesure pour deux sociétés locales de bus, qui pourrait à terme signer sa disparition.

Les chauffeurs de taxi de Petite-Terre crient à l’arnaque contre le Département-Région de Mayotte. Ils s’estiment trompés par l’exécutif territorial après l’annonce, jeudi dernier, de l’octroi d’une enveloppe de 800 000 euros censée compenser les pertes subies l’année dernière lors des travaux d’aménagement des quais Issoufali et Ballou.

S’ils savent gré au conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir, Ali Omar, d’avoir tenté de les soutenir dans ce dossier, ils n’hésitent pas pour autant à accuser la collectivité d’avoir voulu se jouer d’eux. Les intéressés estiment en effet que cette aide constitue, à leurs yeux, la compensation d’une disparition annoncée.

Après une euphorie de courte durée, les conducteurs de taxi de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi dénoncent les conditions d’attribution de cette aide. Premier grief : l’obligation d’être à jour de ses cotisations sociales et fiscales.

« Combien d’entre nous peuvent remplir ces conditions alors que nous avons tous été mis à genoux par le cyclone Chido ? Quel acteur économique du territoire n’a pas été touché par cet événement climatique ? Ils font semblant de ne pas le savoir », s’emporte Ali, hier jeudi en fin de journée, devant ses clients descendus de la barge.

« Les citoyens ont parfaitement raison de s’interroger sur la rationalité de ces élus qui nous gouvernent », ajoute-t-il, évoquant également des termes juridiques qu’il juge illégaux dans la délibération, notamment l’obligation d’adhérer à un syndicat spécifique.

Aux yeux des chauffeurs de taxi de Petite-Terre, le Département a déjà failli à ses engagements en 2023, lors de l’attribution d’une aide de 1,5 million d’euros dont ils disent n’avoir que très peu bénéficié.

Des lignes identiques à celles des taxis

« Ils ont utilisé le même stratagème : seuls 500 000 euros ont finalement bénéficié à une poignée de collègues. La pilule a été difficile à avaler, et les voilà qui recommencent. Qu’ils sachent que nous ne sommes pas dupes : ils ont programmé la mort pure et simple de notre activité. Nous sommes 150 licenciés sur Petite-Terre. Qui va subvenir aux besoins de nos familles ? », s’interroge-t-il.

Après une trentaine de minutes, notre interlocuteur retrouve son calme. Entouré de plusieurs collègues acquiesçant à ses propos, il affirme que cette enveloppe de 800 000 euros vise en réalité à faire accepter un marché de 400 000 euros attribué à deux transporteurs de bus : Carla Baltius et Abdallah Djaha Salim.

Il s’interroge notamment sur la présence de la société Carla Transports en Petite-Terre, alors qu’elle opérait jusqu’ici en Grande-Terre, principalement dans le nord et dans le transport scolaire. « Encore une magouille de plus de la part de nos élus », lance un autre chauffeur présent sur les lieux.

Selon eux, les lignes prévues pour ces deux sociétés de bus sont identiques à celles actuellement exploitées par les taxis, avec les mêmes trajets et les mêmes arrêts. Ils dénoncent également un protocole d’expérimentation signé entre le Département-Région et ces sociétés pour une durée de quatre mois, pour un montant de 40 000 euros.

« Là où nos élus nous prennent pour des naïfs, c’est que cette expérimentation semble destinée à être pérennisée. Il est question de sous-traitance, mais avec des véhicules de moins de cinq ans, ce qui nous paraît irréaliste. Sinon, pourquoi ne pas avoir directement lancé un appel à l’ensemble des 150 taxis, comme cela a été fait en Grande-Terre avec une trentaine de collègues regroupés en coopérative ? », questionne-t-il.

Sa colère se cristallise également autour de l’appel d’offres attribué aux sociétés « Carla Baltius Transports » et « Salim Transports », qu’il affirme être en préparation depuis plusieurs années. De quoi nourrir, selon lui, de sérieux doutes quant à la sincérité des élus départementaux dans ce dossier.

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École primaire de M’roalé : une matinée bleue pour sensibiliser à l’autisme

École primaire de M’roalé : une matinée bleue pour sensibiliser à l’autisme

À l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, l’école primaire de M’roale s’est mobilisée autour d’une action collective mêlant solidarité et inclusion. Dès 8 heures, les élèves, vêtus de bleu – couleur associée à l’autisme – ont parcouru le village munis d’une banderole sur laquelle on pouvait lire « tous ensemble ». Tous portaient également des masques réalisés en début de semaine. Sur leur passage, de nombreux parents étaient présents dans la rue pour les regarder défiler avec fierté.

De retour dans la cour de récréation, la mobilisation s’est poursuivie avec un lâché de ballons et un chant repris en chœur par les enfants : « T’en fais pas, tu es comme tout le monde. Près de toi jamais j’aurai honte. Tu es toi et c’est ce qui compte. Regarde toi comme tu es beau. » Un message fort sur le regard à porter sur la différence.

Pour le directeur de l’établissement, Hafidhou Insa, cette initiative prend tout son sens dans la mission de l’école : « On se doit de pouvoir accompagner nos élèves et d’être solidaires par rapport à leur handicap. » L’école accueille en effet une unité d’enseignement en élémentaire autisme (UEEA), mise en place en octobre 2021, qui compte aujourd’hui sept élèves. Encadrés par une équipe composée notamment d’éducateurs spécialisés, d’enseignants, de psychomotriciens et d’AESH, ces enfants bénéficient d’un accompagnement adapté tout en participant pleinement à la vie de l’établissement.

L’inclusion se vit au quotidien à M’roale. Des temps de cours sont partagés entre les élèves de l’UEEA et les autres classes, notamment en arts visuels, en sport ou encore en danse. Alayna, élève de CP, résume avec spontanéité l’esprit de cette journée : « On fait ça pour encourager les enfants autistes. C’est trop bien ! » Au fil de l’année, ces moments communs donnent lieu à des projets collectifs, comme une danse présentée lors de la fête de fin d’année, où tous les élèves montent sur scène ensemble.

Avec quatre dispositifs UEEA sur l’ensemble de Mayotte, ces initiatives témoignent d’une volonté de faire évoluer le regard sur le handicap dès le plus jeune âge. À M’roale, cette matinée bleue aura surtout rappelé que l’école est un lieu où l’on apprend autant à lire et à écrire… qu’à vivre ensemble.

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Pamandzi rappelée à l’ordre par la chambre des comptes

Pamandzi rappelée à l’ordre par la chambre des comptes

La chambre régionale des comptes de Mayotte dresse un constat critique de la gestion de la commune de Pamandzi dans un audit flash rendu public le 2 avril 2026. Saisie en l’absence de bilan présenté par la collectivité, elle souligne que « cette obligation n’ayant pas été respectée, la chambre a décidé de procéder à un audit ciblé afin d’évaluer directement les mesures effectivement mises en œuvre ».

Le résultat est sans appel : « sur les dix formulées en 2023, seules deux ont été pleinement appliquées, tandis que six ne l’ont été que partiellement et deux n’ont fait l’objet d’aucun début d’exécution ».

Au-delà de ce bilan global, le rapport met en évidence des dysfonctionnements persistants, notamment dans le champ scolaire. La commune ne tient toujours pas à jour la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire, ce qui empêche d’évaluer précisément les besoins éducatifs. Elle peine également à structurer certains services essentiels : la restauration scolaire reste incomplète et les équipements existants ne sont pas pleinement exploités.

Dans le même temps, la fréquentation du périscolaire progresse fortement, sans que l’organisation suive pleinement. Les effectifs augmentent, mais la collectivité rencontre des difficultés à professionnaliser ses agents et à optimiser son fonctionnement.

Sur le plan financier, la situation s’est améliorée après plusieurs années de déséquilibre. La commune est parvenue à retrouver l’équilibre budgétaire, mais celui-ci demeure fragile. La chambre souligne que les progrès réalisés doivent être consolidés, notamment en matière de fiabilité de l’information financière et de pilotage budgétaire.

L’audit met ainsi en lumière des avancées, « notamment en matière budgétaire, mais aussi des fragilités persistantes dans la gestion de la compétence scolaire et dans le pilotage financier ».

Face à ces constats, la juridiction formule plusieurs recommandations visant à renforcer l’organisation des services et la gestion financière. Elle demande à la commune de dresser chaque année la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire, de mieux encadrer les inscriptions en mentionnant la possibilité d’attestations sur l’honneur, mais aussi de professionnaliser les agents affectés au scolaire et de formaliser le temps de travail des animateurs. Elle insiste également sur la nécessité d’améliorer la sincérité des prévisions budgétaires, de fiabiliser les comptes en procédant correctement aux rattachements de charges et de produits, et de fournir une information financière plus complète aux élus. Le maire s’est engagé à les mettre en œuvre d’ici fin 2026, avec l’obligation cette fois d’en rendre compte.

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Carburants à Mayotte : flambée des prix mais des assurances sur l’approvisionnement

Carburants à Mayotte : flambée des prix mais des assurances sur l’approvisionnement

À Mayotte, ce 1er avril marque une hausse significative des prix des carburants, conséquence directe des tensions persistantes au Moyen-Orient. Une situation qui pèse sur le portefeuille des automobilistes, mais que le directeur de TotalEnergies à Mayotte tente de relativiser en appelant au calme, notamment sur les risques de pénurie.

Dans le détail, les tarifs à la pompe connaissent une augmentation notable : le gazole grimpe de 46 centimes par litre, le super sans plomb de 29 centimes, tandis que le gazole marin enregistre une hausse de 35 centimes. Une évolution attendue depuis plusieurs jours, et qui s’inscrit dans une dynamique internationale. Damien Roques, directeur général de TotalEnergies Mayotte, souligne l’ampleur du phénomène : les prix des essences ont bondi de 40 % en un mois, tandis que le coût du diesel a tout simplement doublé sur la même période.

Ces hausses, répercutées à l’échelle nationale, touchent également l’île, fortement dépendante des importations. Pourtant, au-delà de la flambée des prix, la question de l’approvisionnement reste au cœur des préoccupations locales. Sur ce point, le dirigeant se veut rassurant.

Selon lui, un ravitaillement effectué le 28 février a permis de couvrir les besoins du début du mois de mars.

Ils bravent l’interdiction de vendre du poisson

Ils bravent l’interdiction de vendre du poisson

Frappés d’une interdiction de l’Union Européenne de pêcher et de vendre le produit de cette pêche aux consommateurs mahorais, les pêcheurs comoriens de Four-à-chaux à Labattoir, ont repris timidement leur commerce depuis quelques jours. Si leur dispositif demeure allégé, ils ne proposent pas un poisson de qualité, avec des espèces recherchées provenant de la haute mer (et non du lagon), sans doute du banc de la Zélée. Une situation qui déplait hautement aux responsables de la corporation qui dénoncent une attitude irresponsable qui pourrait davantage compliquer un relationnel difficile et fragiles avec les services de l’Etat à Mayotte. Au centre de cette colère, la reprise illégale de la pêche aux espèces protégées en cette période de l’année comme les poulpes. Des responsables corporatistes qui n’exclut de demander le concours de la police municipale de Dzaoudzi-Labattoir pour faire respecter l’interdiction de pêcher et de vendre le produit pêché dan l’attente d’un arrangement à trouver avec les différentes autorités compétentes.

Bandrélé : une marche nocturne ouverte à tous vendredi 10 avril

Bandrélé : une marche nocturne ouverte à tous vendredi 10 avril

La commune de Bandrélé organise, ce vendredi 10 avril à 19h, une marche nocturne baptisée « Bandrélé by Night ». Le départ est prévu depuis le parking du collège de Bandrélé pour un parcours de 6 kilomètres.

Accessible à tous, l’événement se veut convivial et entièrement gratuit. Les participants sont invités à venir nombreux pour partager ce moment sportif dans une ambiance nocturne. Cette marche entend promouvoir l’activité physique et renforcer le lien social au sein de la commune.

Mamoudzou lance son appel à projets 2026 pour les quartiers prioritaires

Mamoudzou lance son appel à projets 2026 pour les quartiers prioritaires

La Ville de Mamoudzou, en partenariat avec l’État, a annoncé le lancement de son appel à projets pour la programmation du contrat de ville 2026. Destiné aux associations, organismes publics et acteurs locaux, ce dispositif vise à soutenir des initiatives en faveur des habitants des quartiers prioritaires.

Les projets attendus devront répondre à plusieurs enjeux majeurs, parmi lesquels la lutte contre l’insalubrité, la réussite éducative, la prévention de la délinquance, l’accès à l’emploi ou encore le soutien aux personnes en situation de handicap. Des priorités transversales, comme l’égalité femmes-hommes, la jeunesse et la lutte contre les discriminations, sont également mises en avant.

Les candidatures doivent être déposées via la plateforme Dauphin, avec une date limite fixée au 13 avril 2026 à midi. L’objectif : financer des actions concrètes et structurantes pour améliorer durablement les conditions de vie sur l’ensemble du territoire communal, désormais entièrement classé en quartier prioritaire.

Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase

Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Le rectorat de Mayotte a financé le gymnase Jack Passe à hauteur de 20 millions d’euros.

À l’occasion de la 10e édition de la Semaine olympique et paralympique (SOP), le rectorat de Mayotte met à l’honneur l’engagement à travers une série d’actions éducatives et sportives sur le territoire. Point d’orgue de cette mobilisation : l’inauguration du gymnase Jack Passe à Mamoudzou, ce mercredi 1er avril 2026, sur le site de Kaweni.

Le mercredi 1er avril 2026, le gymnase Jack Passe de Kaweni a été inauguré à Mayotte. La cérémonie a eu lieu de 9h à 10h. Elle a réuni Valérie Debuchy, rectrice de l’académie, Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou, et Patrick Loval, proviseur du Lycée des Lumières, ainsi que les autorités académiques, les élus et les partenaires institutionnels. Le gymnase a été financé à hauteur de 20 millions d’euros par l’Éducation nationale.

Le bâtiment a été construit en briques de terre compressée, un matériau naturel. Il est entièrement ventilé naturellement et comprend deux plateaux sportifs, un dojo, une salle polyvalente, une salle de tennis de table et une structure d’escalade. L’édifice dispose également de différents vestiaires pour accueillir les sportifs.

Pendant la cérémonie, plusieurs activités pédagogiques ont été proposées. Des élèves en situation de handicap ont participé à des activités sportives adaptées. D’autres élèves du Lycée des Lumières ont montré le rôle de l’éducation physique dans l’apprentissage et le développement des compétences sociales et citoyennes. La rectrice a animé une partie du jeu du béret, un jeu favorisant l’esprit d’équipe et le fair-play.

Cet événement a marqué la volonté du rectorat de Mayotte de développer le sport scolaire et de promouvoir l’inclusion. Le gymnase Jack Passe devient un lieu central pour l’éducation physique et sportive, l’engagement citoyen et l’épanouissement de tous les élèves sur l’île.

Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Le site a été inauguré par Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou, Patrick Loval, proviseur du Lycée des Lumières, et Valérie Debuchy, rectrice de l’Académie de Mayotte.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
L’édifice est construit en briques de terre compressée, un matériau naturel, et le site est entièrement ventilé naturellement.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Débuté en 2020, le projet se concrétise enfin avec l’ouverture du gymnase.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
L’édifice flambant neuf dispose de différents vestiaires pour accueillir les sportifs.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Une salle de combat est mise à disposition.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Un mur d’escalade fait également partie du site, qui pourra accueillir les élèves du college de K1, K2 et du Lycée des Lumières.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Le site dispose d’un système de récupération des eaux pluviales et est alimenté par des panneaux photovoltaïques.

Transferts d’argent : des agences vidées de leur clientèle habituelle

Transferts d’argent : des agences vidées de leur clientèle habituelle

L’effervescence qui faisait l’apanage des agences de transfert de fonds à Mayotte a cessé d’être, y compris durant les heures de pointe, entre 10 heures et 15 heures. Ces lieux sont privés d’une partie très importante de leurs usagers, largement constituée de ressortissants étrangers en situation irrégulière sur le territoire. À défaut de disposer d’un passeport d’un pays membre de l’Union européenne, ils n’ont plus le droit de présenter des numéraires à envoyer dans leur pays d’origine. Des peines très sévères sont prévues contre tout contrevenant.

À Mayotte, les tenanciers d’agences de transfert d’argent font grise mine depuis quelques semaines. Ils dénoncent tous une nouvelle réglementation applicable dans le département, qui interdit à toute personne détentrice d’un passeport étranger, non délivré par un pays membre de l’Union européenne, d’effectuer un transfert d’argent vers un pays tiers à partir de numéraire.

L’article L 561-10-5, en vigueur depuis le 13 août 2025 [création LOI n°2025-797 du 11 août 2025 – Art.17 (V)], dispose : « À Mayotte, avant de procéder à une opération de transmission de fonds mentionnée au 6° du II de l’article L.314-1 à partir d’un versement d’espèces, les personnes énumérées aux 1° à 1° quater de l’article L 561-2 vérifient, à titre de mesure de vigilance complémentaire, la régularité du séjour de leur client, s’il n’est pas ressortissant d’un État membre de l’Union européenne. Cette vérification s’effectue par la présentation de l’original de tout document de séjour. L’absence de justification de la régularité du séjour dans les conditions prévues au premier alinéa du présent article fait obstacle à l’opération de transmission de fonds.« 

En langage simplifié, la loi interdit aux agences RIA, Global Transfert, Western Union, Orange Monnaie et MoneyGram, qui pullulent dans tout Mayotte, d’effectuer des opérations de transmission d’argent vers les Comores, Madagascar et d’autres pays africains, points de départ des migrants illégaux qui continuent à affluer dans le 101ᵉ département français.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe à fragmentation au sein des diasporas comoriennes et malgaches, qui constituent la première clientèle de ces agences de transfert d’argent.

« Les parlementaires mahorais ont choisi de tuer notre activité professionnelle pour masquer leur incapacité à s’entendre avec l’État pour arrêter l’arrivée massive de migrants illégaux sur le sol mahorais. Lorsque cette mesure nous a été signifiée, nous nous sommes renseignés et avons appris que les députées Estelle Youssouffa et Anchya Bamana ainsi que le sénateur Thani Mohamed Soilihi avaient inspiré ce texte de loi« , confie, désespéré, un employé de l’une de ces agences. « Il a fallu juste trois jours pour que nous perdions les trois quarts de notre clientèle », a-t-il précisé.

C’est donc une clientèle dépitée qui rebrousse chemin aussitôt qu’elle est informée de cette mesure. Il y a ceux et celles qui se montrent compréhensifs, et les autres qui ne manquent pas d’amabilités incendiaires à l’égard des autorités de leur pays d’accueil. Ils cherchent à comprendre l’utilité réelle d’une telle mesure, qu’ils vivent comme une punition collective.

Chacun y va de son explication ou de ragots colportés ici et là sur la symbolique de cette nouvelle réglementation, considérée comme une mesure de rétorsion à l’endroit de l’Union des Comores après le dernier épisode de refus d’admettre sur son sol ses ressortissants refoulés de Mayotte par la police aux frontières.

Parmi les plus téméraires, certains déclarent qu’un « système D » ne tardera pas à se mettre en place pour contourner cette interdiction. Les plus résignés rappellent les peines encourues : jusqu’à 10 ans d’interdiction de séjour sur le territoire français pour l’étranger et 6 mois d’emprisonnement assortis de 7 500 euros d’amende pour le ressortissant français qui l’aurait aidé à outrepasser la nouvelle loi.

Du côté des usagers français, on salue la démarche des autorités françaises, bien que jugée tardive, en « pansement sur une jambe de bois« .

D’aucuns considèrent en effet que cette mesure ne sera décourageante que pour un temps limité face à l’appel d’air que constitue déjà Mayotte pour les ressortissants de ces pays voisins, venus dans le département pour gagner de l’argent au noir en vue d’entretenir leurs familles restées dans leurs pays respectifs.

« L’être humain est une machine très têtue lorsqu’il s’agit de braver les interdits. Il ne fait aucun doute que les personnes concernées vont très vite trouver un palliatif à cette affaire« , admet une dame d’une soixantaine d’années croisée dans l’une de ces agences de transfert de fonds.

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Mayotte face aux violences faites aux femmes : un comité local pour coordonner la réponse

Mayotte face aux violences faites aux femmes : un comité local pour coordonner la réponse

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la lutte contre les violences faites aux femmes à Mayotte. Réunis à l’hémicycle de Bamana ce mercredi matin, représentants de l’État, du département, acteurs judiciaires, économiques, éducatifs, professionnels de santé et associations ont officialisé la mise en place du Comité local d’aide aux victimes (CLAV).

Selon le délégué du préfet, « le déploiement de ce CLAV dédié aux violences faites aux femmes permettra une gouvernance renforcée des outils et la mise en œuvre d’une stratégie départementale de lutte contre les violences ». Une première pour le département.

Les chiffres de la police nationale et de la gendarmerie présentés lors de la réunion illustrent l’ampleur du phénomène. À Mayotte, en 2025, les violences intrafamiliales totalisent 859 victimes, tandis que les violences sexuelles concernent 472 victimes. Entre 2020 et 2025, ces phénomènes ont fortement progressé, avec une augmentation de plus de 120 % pour les violences intrafamiliales et de 100 % pour les violences sexuelles.

Une disparité notable est également soulignée : 9 % des femmes à Mayotte déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles, contre 5 % dans l’Hexagone.

Face à cette situation, les autorités reconnaissent la nécessité d’une réponse mieux organisée. Les parcours des victimes impliquent une multitude d’intervenants — forces de l’ordre, justice, hôpital, système éducatif, travailleurs sociaux et associations — sans toujours garantir une continuité efficace. Les présentations ont mis en lumière la complexité des démarches, depuis le repérage des situations jusqu’à la prise en charge médicale, psychologique et judiciaire.

C’est précisément pour répondre à ces difficultés que le CLAV a été créé. Placé sous l’autorité du préfet et du procureur de la République, il a vocation à devenir l’instance centrale de pilotage. Chaque année, il devra établir un état des lieux des dispositifs existants, évaluer leur efficacité et proposer des améliorations. Il s’appuiera à la fois sur une structure de pilotage dédiée aux violences intrafamiliales et sur un réseau d’acteurs locaux chargé de favoriser la circulation de l’information et la coordination des actions.

Malgré les avancées, les échanges ont mis en évidence plusieurs insuffisances très concrètes. Le manque de places d’hébergement d’urgence reste un enjeu majeur, avec une perte de 20 places depuis Chido, faisant passer la capacité de 93 à 73 places. L’adaptation des dispositifs technologiques d’alerte pose également question. Le bracelet anti-rapprochement apparaît difficilement applicable dans le contexte mahorais, notamment en raison de la configuration du territoire avec une seule route principale, qui expose les victimes et les auteurs à des croisements fréquents et donc à des déclenchements répétés du dispositif. Le téléphone grave danger, expérimenté en 2023, a quant à lui souffert d’un manque d’information, certains appareils ayant été utilisés à d’autres fins.

D’autres limites structurelles ont été soulevées. Les maisons des femmes, dispositifs pourtant structurants dans l’accompagnement global des victimes, sont absentes du territoire, même si un projet est à l’étude. Par ailleurs, deux tiers des intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie n’ont pas été renouvelés, faute de financement, alors même que leur efficacité a été largement reconnue. L’aide universelle d’urgence de la caisse d’assurance maladie reste, elle, trop peu connue des bénéficiaires potentiels.

Des difficultés persistent également dans le parcours judiciaire. La prise de plainte à l’hôpital, peine à être mise en œuvre, faute de salle adaptée de type « salle Mélanie » et en l’absence de convention en vigueur depuis 2020.

Au-delà du diagnostic, cette rencontre a permis de poser les bases d’une stratégie locale plus ambitieuse. L’amélioration de la connaissance mutuelle entre acteurs, le renforcement des coopérations entre les secteurs politique, économique, judiciaire, sanitaire et social ainsi que le développement d’outils communs apparaissent comme des leviers essentiels pour garantir une prise en charge plus cohérente et plus efficace.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des engagements pris au niveau national, notamment à l’issue du Grenelle des violences conjugales lancé en 2019. À Mayotte, où les écarts avec l’Hexagone restent marqués et les dispositifs encore fragiles, la création du CLAV vise précisément à décliner ces orientations au contexte local.

Avec le CLAV, les acteurs espèrent désormais passer d’une logique de dispositifs juxtaposés à une véritable stratégie coordonnée, capable de répondre plus efficacement à l’urgence des situations.

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Représentation patronale à Mayotte : c’est la nuit des longs couteaux

Représentation patronale à Mayotte : c’est la nuit des longs couteaux

En passe de prendre forme, le Groupement Patronal de Mayotte (nouvelle version) va devoir coexister durablement avec un MEDEF Mayotte (nouvelle formule), imaginé pour constituer une véritable concurrence. Un trio de direction entièrement local, revu et corrigé, avec une femme à sa tête, Yasmine Dhoiffir, et deux hommes en soutien. Pour le reste, tout n’est que figuratif : en ligne de mire, le captage des fonds dédiés à l’hypothétique refondation de Mayotte, qui ne doivent en aucun cas rester sur le territoire, du moins pour l’essentiel.

Dissous officiellement à la mi-janvier dernier, le MEDEF Mayotte renaît finalement de ses cendres depuis hier, mercredi 1er avril 2026. Il a été reconstitué par la grâce du MEDEF national, qui a retenu une jeune cheffe d’entreprise mahoraise, Yasmine Dhoiffir (Uni Service), après audition de trois prétendants au poste de président de sa structure locale. Celle-ci fonctionnera avec un bureau composé de trois individus (dont deux hommes) : du sang neuf donc, pour faire table rase du passé.

Par les temps qui courent, il ne fait pas bon vouloir gouverner le monde économique mahorais : c’est la nuit des longs couteaux. Le plus affûté pourra mettre hors-jeu l’adversaire d’en face, et les amis du déjeuner peuvent devenir les pires ennemis au souper, à la nuit tombée. Une loge maçonnique ici, une autre par-là, et tout cesse de fonctionner correctement. Mayotte se retrouve propulsée dans un monde surréaliste où tout se mélange : le réel et le fantasmagorique, le sérieux et le volatile, le solide et le voluptueux.

« À croire que les dieux nous sont tombés sur la tête », pour reprendre une expression maintes fois usitée mais qui sied parfaitement à la situation du territoire, « la terre des plus résilients de France et de l’Union européenne », mais aussi « le royaume des monopoles », aussi répréhensibles soient-ils.

À l’insu du commun des mortels, une guerre sans merci se livre sur les 374 kilomètres carrés que représente l’archipel de Mayotte, et les alcôves quittent l’obscurité pour rejoindre la lumière du jour. Parenthèse fermée : l’économie a besoin de réalité, surtout après le passage du dévastateur cyclone Chido. De nouvelles bases doivent être posées pour relever les défis qui se présentent à la société mahoraise, toutes tendances confondues.

D’un côté, les constructifs, les téméraires, les audacieux de l’innovation et de la refondation intelligente ; de l’autre, les partisans du statu quo, des habitudes anciennes qui ne mènent nulle part. « Le monde est ainsi fait, il n’y a rien à redire » !

Mais au-delà de ce monde parallèle, il y a la société mahoraise, qui évolue selon d’autres paramètres, avec d’autres objectifs, aussi imprécis que ceux de toute autre composante de la nation française, mais aussi déterminée à façonner l’issue de ce bras de fer en qualité d’arbitre du changement.

Laissons de côté ce langage fleuri : la réalité du moment nous ramène à la lutte fratricide qui se joue en coulisses entre le MEDEF, qui cherche à se reconstituer pour reprendre la main sur son ancien pré carré, et le Groupement Patronal de Mayotte (nouvelle version), qui tente de survivre à son éviction décidée depuis Paris, sur fond d’instigations occultes venues de Mayotte.

« Zaffaires cabri ne regardent pas mouton »

Difficile équation pour le non-averti dans ce patchwork d’intérêts divergents, illisibles pour le citoyen ordinaire. Mais qu’à cela ne tienne : il convient d’aller de l’avant, vaille que vaille, pourvu que Mayotte retrouve son âme au bout de cette course effrénée vers une domination réelle ou d’apparat.

Après Chido — pour le moment — rien de pire ne peut arriver à ce territoire, parmi les plus meurtris de l’Union européenne. Par la volonté du MEDEF national, le label est appelé à connaître une nouvelle ère dès ce mercredi matin (1er avril 2026). Une nouvelle équipe se met en place, avec à sa tête une femme et deux hommes, tous natifs de Mayotte.

Les apparences comptent, après le pugilat du mois de janvier dernier, qui n’a convaincu personne sur le territoire. Pour le Mahorais ordinaire, il ne s’agissait que d’une affaire de gros sous entre acteurs issus des mêmes milieux, aux visées hégémoniques identiques, bien loin des réalités quotidiennes. En somme, rien de vraiment méchant, si ce n’est pour celles et ceux qui se prennent très au sérieux dans cette affaire.

« Zaffaires cabri ne regardent pas mouton », dit-on dans les ruelles et sur les places publiques. Savamment dosé, c’est tout un système qui se met en place pour freiner l’émancipation et la sortie des sentiers battus de l’entrepreneuriat local, entre coopération régionale décentralisée et volonté persistante de mainmise nationale sur l’économie de Mayotte.

Pour faire court, les hypothétiques fonds de la reconstruction post-Chido ne doivent en aucun cas profiter exclusivement aux acteurs du territoire, et surtout pas dans leur grande majorité. Pour cela, certains sont prêts à semer le chaos dans l’archipel, quoi qu’il en coûte.

Attention donc aux ricochets des balles perdues dans la lutte fratricide qui s’annonce, et qui mettra assurément aux prises des « autochtones ». Alors, « malheur à celui qui n’a pas compris », comme le disait dans les années 80 le générique de la série culte américaine Dallas.

Car en réalité, c’est un feuilleton du même type qui se joue aujourd’hui à Mayotte, dans l’après-Chido. Le plus fort écrase le plus faible au vu et au su de tous : telle semble être la nouvelle norme.

Subsiste néanmoins un problème majeur : les électrons libres, très nombreux sur le territoire, qui s’affranchissent de cet ordre économique établi, sans en tirer le moindre bénéfice. Le développement économique de Mayotte risque d’être fortement impacté par les tensions entre acteurs locaux et expatriés venus temporairement, parfois en « desperados », en attendant des jours meilleurs ailleurs.

En attendant, l’île risque de se retrouver divisée en deux : d’un côté, un MEDEF Mayotte reconstitué de bric et de broc ; de l’autre, l’ancien MEDEF devenu Groupement Patronal de Mayotte (nouvelle version), qui tente tant bien que mal de survivre à son naufrage de la mi-janvier.

Autrement dit, c’est bien une nuit des longs couteaux qui s’installe dans le paysage économique local, où la fin justifie les moyens, quitte à sacrifier la fraternité séculaire.

Dans ce contexte, des enjeux majeurs — comme l’application de la LODEOM sociale renforcée — risquent d’être relégués au second plan, sacrifiés sur l’autel du dieu euro. Une entité représentative du patronat reste pourtant indispensable pour engager un dialogue social structuré et impulser une dynamique partenariale capable de déboucher sur les avancées attendues.

Mayotte entre enfin dans le droit commun sur ce plan. Mais il ne faut pas se leurrer : il y aura toujours une société d’en bas et une société d’en haut dans le monde des affaires.

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Crise de l’eau : pour réclamer de l’eau, un habitant d’Hamjago se douche à la SMAE

Crise de l'eau : pour réclamer de l’eau, un habitant d’Hamjago se douche à la SMAE
La douche diffusée sur Facebook, la vidéo comptabilise plus de 100 000 vues. (Credit : Chad Youyou Facebook)

Le 1er avril, Chadhouli Youssouf s’est rendu à la SMAE, où il a improvisé une douche pour protester contre les coupures d’eau à Hamjago, dénonçant une situation difficile pour les habitants privés d’eau.

Ceci n’est pas un poisson d’avril. Dans la matinée du jeudi 1er avril, au sein des locaux de la Société mahoraise des eaux (SMAE), Chadhouli Youssouf éducateur sportif a improvisé une douche ainsi qu’un lavage des dents au sein des locaux de la SMAE. Une protestation en réaction à une coupure intempestive survenue au sein du village de Hamjago, dans le nord de Mayotte.

Une image qui prête à sourire, même si le manque d’eau se répète inlassablement sur l’île, notamment en Petite-Terre, où les habitants de Pamandzi-Est ont été démunis d’eau pendant 5 jours. En cause, une casse au niveau de la conduite d’une jonction d’eau, d’après un communiqué fourni mardi 31 mars.

À Hamjago, où est originaire Chadhouli Youssouf, c’est le raccordement d’une nouvelle canalisation, achevé tardivement, qui a pu priver d’eau ses habitants. L’éducateur sportif en a donc décidé autrement, manifestant son mécontentement, badigeonnant son corps de gel douche devant le guichet de la SMAE : « en 2026, nous n’avons pas d’eau ? », plaidant pour des proches alités en besoin d’eau. Il sera évacué des locaux manu militari par les services de police dépêchés sur place. L’éducateur sportif promet néanmoins de revenir à chaque interruption de plus de 48 h. Hasard ou coïncidence, la situation a été dans l’après-midi dans ce village du nord l’île.

Pesticides dans l’atmosphère : une cartographie inédite dévoile leur omniprésence

Pesticides dans l’atmosphère : une cartographie inédite dévoile leur omniprésence

La présence des pesticides ne se limite pas aux sols et aux eaux : ils sont également détectés dans l’air, comme le révèle la nouvelle plateforme PhytAtmo Dataviz lancée par Atmo France. Accessible au grand public, cet outil de datavisualisation compile, pour la première fois à l’échelle nationale, des données issues de mesures réalisées sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les outre-mer comme Mayotte. Basée sur les relevés de 2022 et 2023, la plateforme sera enrichie dès le premier semestre 2026 avec les données de 2024, puis actualisée chaque année.

Les premiers résultats confirment la présence diffuse de pesticides dans l’atmosphère. En 2023, sur 72 substances actives recherchées, environ un tiers a été détecté et une sur huit quantifiée, avec des concentrations variables selon les zones et les périodes. Parmi elles, certaines molécules bien connues comme le glyphosate apparaissent à des niveaux très faibles. D’autres, pourtant interdites depuis longtemps, persistent dans l’environnement : c’est notamment le cas du lindane, encore retrouvé dans une majorité des prélèvements.

Ces données ne constituent pas une évaluation des risques sanitaires, en l’absence de seuils réglementaires pour ces substances dans l’air. Elles visent avant tout à améliorer la connaissance de l’exposition des populations. Grâce à des outils de visualisation et des indicateurs de comparaison, la plateforme permet de situer les niveaux mesurés dans le temps et dans l’espace.

Destinée à la fois aux décideurs, aux professionnels agricoles et aux citoyens, PhytAtmo Dataviz se veut un outil d’information et d’aide à la décision. Elle marque une étape importante vers un suivi plus transparent et régulier de cette pollution invisible, notamment dans des territoires où les données étaient jusqu’ici peu accessibles.

Une matinée stratégique pour booster les entrepreneurs locaux

Une matinée stratégique pour booster les entrepreneurs locaux

Face aux nombreux défis rencontrés par les porteurs de projets à Mayotte — accès limité au financement, manque d’accompagnement et difficultés de structuration — une matinée dédiée entend apporter des solutions concrètes. L’événement réunira les acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial ultramarin pour favoriser les échanges et débloquer des opportunités.

Introduite par le président de la FEDOM, Hervé Mariton, la rencontre rassemblera la Direction générale des Outre-mer, le GIP Europe (sous réserve) ainsi que trois entrepreneurs mahorais venus partager leurs expériences et les solutions qu’ils ont mises en œuvre.

Au programme : interventions, retours de terrain et échanges avec le public pour proposer des réponses adaptées aux besoins des participants. L’objectif est clair : renforcer les connexions, améliorer l’accès aux dispositifs d’accompagnement et stimuler l’investissement dans des secteurs clés comme le BTP, le tourisme, le numérique et l’économie sociale et solidaire.

Portée par la Délégation de Mayotte à Paris, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à structurer l’écosystème économique local et à valoriser les talents du territoire.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes