« L’école fonctionne mais s’adapter à une limite » dénonce un enseignant à Hamouro

À Bandrélé, des enseignants de l’école d’Hamouro dénoncent des conditions dégradées : manque d’eau, sanitaires insuffisants et bâtiments vétustes. Une vingtaine d’entre eux se sont mobilisés, oragnisé par la CGT Éduc’action.

« Maîtresse, j’ai peur d’aller aux toilettes ». Cette phrase est rapportée par une enseignante de Doujani. Depuis trois jours, un mouvement de grève des enseignants touche Mayotte, notamment dans le premier degré. Au premier jour du mouvement, près d’un tiers d’entre eux (33 %) étaient grévistes. Ce jeudi 23 avril, une vingtaine d’enseignants se sont mobilisés devant l’école maternelle et primaire d’Hamouro, à Bandrélé, un cas « emblématique » de la situation sur l’île selon le syndicat CGT Éduc’action, organisateur du mouvement.

À Hamouro, les infrastructures sont particulièrement mises en cause : bâtiments dégradés, seulement deux toilettes pour environ 200 élèves. « L’école fonctionne parce que les enseignants s’adaptent, mais s’adaptent à une limite », témoigne Manolo, enseignant au sein de cette école.

« Être sur le chemin de l’eau » parmi les principales revendications.

Faute d’accès suffisant à l’eau, des packs sont utilisés et une cuve supplémentaire a été installée. « L’eau stagnante est stockée, tous les professeurs ont attrapé le chikungunya dans cette école, à des moments différents », affirme Manolo. Une fosse septique pleine a également été signalée, notamment en saison des pluies.

L’enseignant explique que les enfants dépendent directement de l’accès à l’eau. « Dans cette école, nous ne sommes pas sur le chemin de l’eau », précise-t-il. Arrivé à Mayotte il y a deux ans et non syndiqué auparavant, il dit aujourd’hui vouloir obtenir de meilleures conditions pour l’ensemble de l’équipe éducative.

Aux abords de l’école, des barbelés sont visibles, parfois escaladés par des enfants pour accéder à un terrain de jeu. Une visite de l’établissement était prévue lors de cette mobilisation, mais elle n’a finalement pas eu lieu, sous la surveillance de la police municipale et de la gendarmerie présentes sur place.

La mobilisation s’est poursuivie devant l’établissement, rejointe par des parents et des élèves. Certains habitants dénoncent une situation inchangée depuis des années : « J’habite ici depuis 2014 et rien n’a changé », confie une riveraine. « On est en France pourtant ! », poursuit-elle.

Les enseignants espèrent désormais des réponses de la nouvelle équipe municipale de Bandrélé et appellent à une meilleure prise en compte de la situation lors des conseils d’école, organisés tous les trois mois. Sollicitée, la municipalité n’a pas donné suite aux questions.

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