Des indicateurs socio-économiques à Mayotte positifs pendant dix ans

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Les poissonneries mahoraises ont le bec dans l’eau

À Mayotte, la préfecture a autorisé le maintien des activités de pêche. Une bonne nouvelle pour le secteur, qui se retrouve maintenant confronté à un problème de stockages des produits frais. Les poissonneries et les coopératives sont aujourd’hui les premières à faire les frais du manque de structures adaptées. 

Mayotte 2021 n’est certainement pas la même que Mayotte 2011. La population a nettement augmenté, une partie s’est enrichie tandis qu’une autre s’est appauvrie. Les infrastructures se sont développées, mais malgré tous ces changements, le 101ème département de France cumule un large retard qui lui vaut la triste réputation de département le plus pauvre de France.

Le nombre d’habitants à Mayotte a toujours été au cœur du débat public, avant même la départementalisation. En 2017, l’Institut national de la statistique et des études économiques a recensé 256.000 habitants sur l’île. Un comptage sous-évalué selon une majeure partie de la population, qui n’a jamais cessé de rabâcher le nombre de 400.000… « Nous ne pouvons pas combattre la croyance populaire. Cette polémique va rester en l’état. Mais il n’y a jamais eu d’éléments techniques pour contester le chiffre officiel”, relate Jamel Mekkaoui, ancien chef de l’Insee à Mayotte.

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Depuis cette même année, le nombre d’habitants a augmenté, mais n’a jamais atteint le chiffre fantaisiste prôné par certains. Quatre ans plus tard, le territoire compte 289.000 administrés. “C’est une estimation fiable. Les autres chiffres sont des fakes news ! Actuellement, nous sommes en train de faire le recensement et les agents sont des Mahorais qui vont partout et même dans les bangas. S’il y a des gens qui se cachent dans les bois parce qu’ils ont peur, nous pouvons en rater une poignée mais pas 150.000”, martèle Bertrand Aumand, l’actuel responsable du service régional. Pour rappel, en 2012, la population était estimée à 212.600 âmes, ce qui représente une hausse de 3,8% par an.

 

Les inégalités se sont accentuées

 

En 2011, selon l’Insee, le PIB par habitant était de 7.222 euros, contre 9.251 euros en 2018. Le pouvoir d’achat individuel a augmenté en moyenne de plus de 3,5% durant cette période. Pour une simple et bonne raison : la création d’une multitude d’entreprises, synonyme de production de richesses. Si l’Institut n’a pas encore actualisé ces chiffres, la crise de 2018 et le Covid-19 ont de fortes chances d’impacter le monde économique. “Les nouveaux résultats risquent d’infléchir, mais c’est pareil en métropole et même en Europe », prévient Bertrand Aumand. Et pourraient ainsi rebattre les cartes du seuil de pauvreté, passé de 84% à 77% entre 2012 et 2017. “J’aurais tendance à dire que le taux de pauvreté monétaire ne devrait pas chuter, il pourrait peut-être même légèrement augmenter”, nuance le chef du service régional de l’Insee à Mayotte.

Au-delà des chiffres, son prédécesseur a observé un changement de mode de vie selon la classe sociale durant ses sept années à Mayotte. “Une partie de la population s’est enrichie, nous l’avons vu dans les budgets des familles. Cela s’est concrétisé par l’achat de voitures neuves. Quand je suis arrivé à Mayotte il y en avait très peu. Aujourd’hui, il y a un parc automobile de qualité”, rapporte Jamel Mekkaoui. Tandis que certains se sont enrichis, d’autres se sont appauvris. Pour preuve, les logements en tôles ont augmenté de 1% de 2012 à 2017, tandis que, sur la même période, le nombre de foyers n’ayant pas accès à l’eau courante n’a que très légèrement régressé (30% contre 29% cinq ans plus tard).

 

Bon en avant pour les infrastructures

 

Mayotte est loin du compte. Elle est très loin des normes métropolitaines et même des autres territoires ultramarins, qui sont également en retard par rapport à la métropole”, souligne Jamel Mekkaoui. Malgré cela, difficile de nier le développement rapide du territoire. L’aéroport de Mayotte en est le parfait exemple : son standing actuel est à des années lumières des dernières décennies. Quant aux routes, elles étaient tout bonnement impraticables sans l’aide de gros 4×4. “Lorsque je suis arrivé en 2013, nous devions passer à côté des bosses et des trous pour rouler”, se remémore, un brin nostalgique, Jamel Mekkaoui. Même son de cloche pour Internet, avec un haut débit inexistant avant la date fatidique de la départementalisation.

Partie tout en bas de l’échelle, l’île aux parfums poursuit son bonhomme de chemin et peut envisager à son rythme un avenir prometteur. “Mayotte est un département depuis seulement 10 ans, il faut être patient. Quand nous regardons en arrière dans l’histoire, les autres départements se sont développés lentement”, tempère Bertrand Aumand. Rendez-vous dans 10 ans pour voir si les projets en cours auront tenu leurs promesses.

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