Océan Indien : accélérer l’intégration économique régionale

Réunis début mars à La Réunion et à Maurice, puis début avril à Madagascar, chercheurs, acteurs économiques et représentants institutionnels de l’océan Indien occidental ont engagé un travail commun pour renforcer les échanges entre les îles de la région.

Ces rencontres, organisées dans le sillage d’une étude conduite entre septembre 2025 et janvier 2026 par le cabinet EY avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), doivent déboucher sur un plan d’action régional.

Aujourd’hui, les échanges commerciaux entre La Réunion, Mayotte, Maurice et Madagascar représentent moins de 3 % du commerce total. Un niveau particulièrement faible, qui tend même à diminuer ces dernières années. Leur part est ainsi passée de 2,69 % en 2015 à 2,31 % en 2024, selon l’étude.

Conséquence directe : des territoires fortement dépendants des importations en provenance d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Une dépendance qui pèse sur les coûts logistiques et fragilise la sécurité alimentaire, notamment en cas de crise internationale ou de perturbations des chaînes d’approvisionnement.

« La recherche nous permet d’une part d’imaginer et de tester des solutions concrètes face aux problématiques rencontrées par les acteurs des filières. Dans un second temps, et de par la manière dont nous travaillons, nous créons et nous renforçons des réseaux de coopération entre différents acteurs, à différents niveaux des chaînes de valeur, incluant les acteurs publics et privés » a indiqué Jean-Marc Bouvet, directeur régional du Cirad à Madagascar.

Le développement des filières agricoles apparaît comme un levier central. La région dispose d’atouts considérables, en particulier Madagascar, souvent présenté comme le « grenier » potentiel de la zone. Mais ce potentiel reste contraint : accès au foncier difficile, érosion des sols, manque d’infrastructures d’irrigation, pression des ravageurs et effets du changement climatique.

Le cas du riz illustre ces défis. Culture essentielle dans la région, elle se heurte aujourd’hui à la saturation des zones traditionnelles de production. Les recherches en cours visent à développer des variétés adaptées à de nouveaux espaces, plus exigeants mais porteurs de croissance.

À Madagascar, les exploitations familiales assurent près de 75 % de la production alimentaire. Leur renforcement est donc crucial pour améliorer la productivité, stabiliser les revenus et favoriser l’intégration dans les marchés régionaux.

Au-delà de la production, l’enjeu porte sur toute la chaîne de valeur : transformation, logistique, distribution. Les secteurs du numérique, de l’intelligence artificielle ou encore de l’économie circulaire sont également identifiés comme des moteurs potentiels de coopération.

L’objectif est de créer des synergies régionales capables de réduire les coûts, d’améliorer la compétitivité et de sécuriser les approvisionnements.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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