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Coup de théâtre : Raos avait devancé la décision du tribunal administratif en publiant un nouvel arrêté municipal vendredi dernier

Coup de théâtre : Raos avait devancé la décision du tribunal administratif en publiant un nouvel arrêté municipal vendredi dernier

Si le tribunal administratif a annulé ce lundi l’arrêté municipal de Raos, maire de Koungou, concernant l’interdiction de circulation des camions de plus de 19 tonnes dans sa commune de 5h à 20h, personne, ou presque, ne savait que Raos en avait en réalité publié un 2ème vendredi dernier, qui annulait et remplaçait le premier. L’interdiction est donc maintenue mais “seulement” de 5h à 14h30 à présent.

Les entreprises du Groupement Patronal de Mayotte (GPM) attendaient avec impatience le verdict du tribunal administratif de Mayotte dans l’espoir que celui-ci annule l’arrêté municipal publié par Raos, maire de Koungou, concernant l’interdiction de la circulation des camions de plus de 19 tonnes dans sa commune. Leur espoir a été comblé car le tribunal administratif a bien annulé cet arrêté, mais ce n’était que pour apprendre dans le courant de l’après-midi que ce dernier n’était plus qu’un “arrêté fantôme” puisqu’il avait été annulé et remplacé par un autre ce vendredi 28 août.

Ce deuxième arrêté “annule et remplace” celui du 10 août dernier, rendant toute la procédure judiciaire menée par la FMTPC (Fédération Mahoraise des Travaux Publics et de la Construction), et attentivement suivie par les autres membres du GPM, “nulle et non avenue”. Si le deuxième arrêté a réduit la tranche horaire de l’interdiction de circulation (de 5h à 14h30 au lieu de 5h à 20h comme initialement), les entreprises sont quasi toujours autant gênées car les livraisons se font en général le matin.

C’est un véritable “coup de théâtre” pour les entreprises car personne n’était au courant de l’existence de ce deuxième arrêté, qui n’a été découvert que ce lundi après-midi alors que les entreprises se félicitaient déjà de leur “victoire” au tribunal administratif. Atterré, Fahardine Mohamed, le président du GPM, déclare que Raos “joue avec la vie économique de l’île”. “C’est scandaleux de publier un arrêté municipal à la dernière minute sans prévenir personne et sans prendre en compte les entreprises de Mayotte, au moment même où la situation dramatique de l’île devrait appeler tout le monde à travailler ensemble dans le “kogno moja””, déclare-t-il.

“L’Etat n’avait qu’à développer le réseau routier de Mayotte” selon Raos

Contacté par téléphone, le maire de Koungou se défend de vouloir défier l’État ou d’être “contre les entreprises mahoraise”. Il maintient que cet arrêté a pour seul et unique but “d’assurer la sécurité des enfants et, plus généralement, de l’ensemble des habitants de Koungou puisque l’absence de feux rouge dans sa commune rend la circulation des poids lourds de plus de 19 tonnes dangereuse en journée”. “Moi je travaille pour assurer le bonheur de mes administrés, les entreprises n’ont qu’à s’organiser pour changer d’itinéraire ou modifier leurs horaires de livraisons.

Par ailleurs, l’État avait depuis 1977 pour créer un réseau routier digne de ce nom à Mayotte, je ne suis pas responsable de son inaction sur le territoire”, explique-t-il tranquillement. Il se défend également d’avoir mis en place “une stratégie” pour anticiper la décision du tribunal administrative concernant son premier arrêté. “Pas du tout, le premier arrêté du 10 aout était une manière d’informer officiellement le préfet de ma décision. Il m’a répondu par courrier et j’ai publié un deuxième arrêté en tenant compte de ses observations. J’ai donc réduit la tranche horaire de l’interdiction”, affirme-t-il sans sembler remarquer le “curieux hasard de timing” qui rend la décision du tribunal administratif de ce lundi “nulle et non avenue” car concernant désormais “un arrêté municipal fantôme”.

Fahardine Mohamed alerte la population sur les répercussions de cette décision

Fahardine Mohamed est très inquiet pour l’avenir économique de Mayotte. A la question de savoir si certains membres du GPM vont à nouveau attaquer ce deuxième arrêté, il répond : “Moi mon problème c’est demain ! Si les entreprises décident de ne pas respecter cet arrêté, que va-t-il se passer ? Seront-elles arrêtées par la police municipale comme de vulgaires délinquants ?”, s’interroge-t-il. “N’avons-nous pas assez de problème à Mayotte pour plonger en plus dans une forme de psychose administrative ?”. Pour lui, cet arrêté va forcément augmenter le cout de la vie à Mayotte. “Si les camions doivent faire un immense détour pour effectuer leurs livraisons, les entreprises vont automatiquement répercuter cette perte sur les prix des produits”, explique-t-il.

D’autant plus que cet arrêté n’est pas le seul facteur qui risque d’augmenter prochainement le coût de la vie à Mayotte. Une réforme douanière appelée “mécanisme d’ajustement du carbone aux frontière” va en effet bientôt entrer en vigueur. Elle prévoit de taxer à 76 euros par tonne les marchandises qui ne proviennent pas de l’Union Européenne. “D’un côté on nous encourage à développer les importations depuis la région océan Indien et, de l’autre, on nous taxe si les marchandises importées ne proviennent pas de l’Union Européenne”, s’indigne-t-il. S’il reconnaît que cette réforme a son utilité pour les pays de l’UE située dans “l’Europe géographique”, il s’indigne de constater qu’aucune exception n’a été prévue pour les outre-mer. “Nous avons déjà discuté de ce sujet avec la SGAR, mais apparemment rien n’a été prévu pour les outre-mer”, précise-t-il. La vie, déjà chère à Mayotte, va donc encore augmenter et les répercussions de cet arrêté de Raos vont encore l’augmenter, rendant les perspectives assez sinistres pour les habitants de Mayotte. Fahardine Mohamed se dit toutefois prêt à “discuter avec le maire de Koungou pour trouver un terrain d’entente”.

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Comores : six praticiens traditionnels condamnés par la justice

Comores : six praticiens traditionnels condamnés par la justice

Le tribunal qui se focalisait sur le caractère illégal de ces centres a également interdit à ces personnes d’exercer avant l’obtention d’un agrément.  

C’est une première manche remportée par les autorités sanitaires du pays. Après la fermeture des centres et cliniques de médecine traditionnelle, un autre pas été franchi avec la condamnation des personnes exerçant ce métier. L’audience devant le tribunal de flagrant délit s’est tenue mardi dernier, mais le jugement a été rendu hier, lundi dans la matinée. Le juge a prononcé une peine de 6 mois de prison avec sursis contre les six personnes mises en examen, parmi lesquelles des guérisseurs spirituels.

Sur cette liste de prévenus, deux sont de nationalité étrangère, à savoir un béninois et nigérien. Le délibéré mentionne également une levée du mandat de dépôt des tous les détenus ainsi qu’une amende de 100 000 francs soit près de 200 euros.  » Le tribunal les ont déclarés coupable des faits d’exercice illégale de la médecine traditionnelle et ne peuvent pas exercer le métier de médecine traditionnelle jusqu’à l’obtention de l’agrément« , a indiqué le verdict qui initialement aurait dû être rendu vendredi.

Le jugement a aussi ordonné à l’agence nationale des médicaments et des évacuations sanitaires (Anamev) de confisquer tous les produits saisis par l’inspection générale de la santé. Le parquet avait requis des peines d’amende et une expulsion pour les étrangers.  Depuis le 18 août, des équipes du mandatées par le ministère de la santé mènent des descentes dans des cliniques et centres pratiquant la médecine traditionnelle.

Hygiène, sécurité

En deux jours, neuf établissements avaient été fermés dont 6 à Moroni et trois en dehors de la capitale. Cela fait suite à une enquête menée sur le terrain par l’inspection générale de la santé. Après avoir saisi son collègue de la justice, le ministre de la santé a signé un arrêté ordonnant la fermeture administrative et immédiate des structures traditionnelles, dont certaines avaient ouvert des antennes à travers la Grande Comore. « Cette mesure de fermeture est motivée par les infractions et manquements graves constatés aux normes d’hygiène, de sécurité et de réglementation sanitaire en vigueur« , notait l’article 3 de l’arrêté informant au public que « l’accès aux locaux des dites structures est interdit à toute personne, au public et au personnel, à compter de la notification du présent arrêté, sauf pour les besoins de l’enquête ou de la mise en conformité« .

Au lendemain du lancement de cette opération, l’inspecteur général de la santé, Mohamed Ridhoine a dénoncé le danger sanitaire que représentait ces structures, qui prétendaient guérir presque n’importe quelle maladie.  » On ne sait toujours pas de quoi sont composés ces médicaments naturels, alors que certains seraient à l’origine des maladies rénales selon les informations communiquées par le centre d’hémodialyses de l’hôpital El-maarouf« , alertait le médecin et non sans rappeler que l’exercice de toute profession liée à la médecine est encadré par le code de la santé. Ce texte dispose dans son article 197 que l’exercice d’une profession médicale est soumis à l’autorisation préalable du Ministre chargé de la Santé.

Une autorisation

 » Cette autorisation n’est accordée ou refusée qu’après l’étude du dossier par l’Inspection générale de la Santé et la direction nationale de la Santé. Les locaux et les équipements doivent également faire l’objet d’une inspection menée par des médecins et inspecteurs techniques puis l’ordre national des médecins donne un avis motivé« , complète l’article 198 du code de la santé dont la violation était au cœur du procès du mardi.  Dans sa défense, Maitre Nasser Daoudou, qui défendait Zuhaira Bakary Abdallah, la seule femme assignée, a reconnu que l’article 287 du code de la santé publique précise effectivement que nul ne peut exercer la médecine traditionnelle ou vendre des remèdes traditionnels sans être agréé par le ministère de la Santé et inscrit sur une liste nationale d’aptitude.

 » Mais ce code a été promulgué en juillet 2020 et prévoit l’intervention du ministre chargé de la Santé pour déterminer les critères permettant la reconnaissance des personnes concernées. Or, à ma connaissance, jusqu’à aujourd’hui, ces conditions n’ont jamais été clairement établies et aucune véritable procédure d’agrément n’a été mise en place« , relève, l’avocat qui a rapporté des incohérences dans l’accusation.  » Si l’État considère aujourd’hui que ces activités doivent être réglementées et que certains praticiens doivent cesser leur activité faute de documents, la première responsabilité incombe à l’administration. Il faut d’abord créer les conditions permettant aux citoyens de se mettre en conformité avec la loi« , a-t-il martelé, regrettant que l’on fasse supporter aux citoyens les conséquences d’une « carence administrative qui ne dépend pas d’eux« 

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Plus de 1 000 jeunes Mahorais donnent le coup d’envoi de l’Orange Cup 2026

Plus de 1 000 jeunes Mahorais donnent le coup d’envoi de l’Orange Cup 2026
Photo ©megazap.fr

Le football, le fair-play et l’éducation au numérique étaient au rendez-vous samedi 29 août au stade de Kavani. Orange a officiellement lancé l’édition 2026 de l’Orange Cup à Mayotte, un challenge qui réunit cette année près de 86 équipes U9 et U10, soit environ 1 032 jeunes footballeuses et footballeurs venus participer à une aventure sportive et éducative.

Organisée en partenariat avec la Ligue Mahoraise de Football, avec le soutien d’Air Austral, cette nouvelle édition entend aller au-delà de la simple compétition. Sur les terrains comme en dehors, les jeunes sont invités à développer les valeurs de respect, de fair-play et de solidarité, tout en étant sensibilisés aux usages responsables du numérique.

L’Orange Cup s’inscrit notamment dans les actions du Programme Éducatif Fédéral de la Fédération Française de Football, soutenues par Orange. Des ateliers sont ainsi proposés aux jeunes participants autour de problématiques qui occupent une place croissante dans leur quotidien : les bons usages du numérique, la gestion du temps d’écran ou encore la prévention du cyberharcèlement. Une manière de profiter de la pratique sportive pour transmettre également des messages de prévention et d’éducation.

La Ligue Mahoraise de Football joue un rôle central dans le déploiement de cette compétition sur le territoire. Grâce à son réseau de clubs et à sa connaissance du football local, elle contribue à faire de l’Orange Cup un rendez-vous ancré dans la réalité sportive mahoraise. La mobilisation de près de 1 032 enfants témoigne une nouvelle fois de l’engouement suscité par le football auprès des jeunes du territoire.

Le lancement au stade de Kavani marque ainsi le début d’un parcours qui mènera les équipes participantes vers les différentes phases de la compétition. Les meilleures formations tenteront de décrocher le titre de champion de l’Orange Cup 2026 à Mayotte, au terme d’un challenge où les performances sportives ne seront pas les seuls critères valorisés.

Autre temps fort de cette édition : le partenariat avec Air Austral. La compagnie aérienne, partenaire historique de l’Orange Cup à Mayotte, permettra aux champions de poursuivre leur aventure au-delà de l’île. À l’issue de la compétition, les vainqueurs auront en effet l’opportunité de s’envoler pour Paris et de prolonger leur expérience en France hexagonale.

Une récompense qui vient couronner un parcours dans lequel le fair-play, l’engagement et la participation aux actions de sensibilisation occupent une place aussi importante que les résultats sur le terrain.

Pour André Martin, directeur général d’Orange Réunion Mayotte, cette mobilisation illustre la volonté de faire du sport un véritable outil d’accompagnement de la jeunesse. « L’Orange Cup est devenue un rendez-vous qui permet de réunir deux engagements auxquels nous sommes particulièrement attachés : accompagner la jeunesse à travers le sport et l’aider à mieux comprendre les usages du numérique qui font partie de son quotidien », souligne-t-il.

Avec cette édition 2026, l’Orange Cup confirme ainsi son ambition : faire du football un espace de compétition, mais aussi de transmission et d’apprentissage. À Kavani, plus d’un millier de jeunes Mahorais ont donné le coup d’envoi d’une aventure qui mêlera pendant plusieurs semaines passion du ballon rond, valeurs sportives et sensibilisation à un numérique plus responsable.

Les prix baissent de 0,4 % à Mayotte en juillet avance l’Insee

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Les prix à la consommation ont reculé de 0,4 % en juillet à Mayotte, après une hausse de 0,4 % en juin, selon les chiffres de l’Insee publiés fin août. Cette baisse s’explique principalement par le recul des prix de l’énergie (-4,5 %), notamment des produits pétroliers (-6,7 %). Le litre de gazole a ainsi diminué de 29 centimes, tandis que le supercarburant a baissé de 7 centimes. À l’inverse, le prix de la bouteille de gaz a augmenté de 50 centimes.

Sur un an, entre juillet 2025 et juillet 2026, les prix restent toutefois en hausse de 1,6 % à Mayotte. L’inflation ralentit nettement, après +2 % en juin et +2,6 % en mai. Elle devient également inférieure à celle observée en France, où les prix augmentent de 2,1 % sur un an.

Tous les grands postes de consommation restent en hausse sur un an à Mayotte. L’énergie enregistre la progression la plus importante (+10,4 %), malgré son recul en juillet. Les prix de l’alimentation augmentent de 1,7 %, avec notamment une hausse de 3,1 % pour les produits frais. Les produits manufacturés progressent de 0,6 %, tandis que les services augmentent légèrement de 0,2 %. Le tabac est en hausse de 2,8 %.

L’alimentation représente 26 % de la consommation des ménages mahorais, contre 8 % pour l’énergie, 30 % pour les produits manufacturés et 34 % pour les services. Malgré le ralentissement de l’inflation, les prix restent donc particulièrement élevés sur plusieurs postes importants du budget des ménages.

Les défaillances d’entreprises progressent plus vite dans les Outre-mer

Les défaillances d’entreprises progressent plus vite dans les Outre-mer
* image d'illustration générée par ia

Les défaillances d’entreprises continuent de progresser à un rythme bien plus soutenu dans les Outre-mer qu’en France entière. Entre juillet 2025 et juin 2026, 3.040 redressements et liquidations judiciaires ont été enregistrés dans les territoires ultramarins, soit une hausse de 14,9 % sur un an, contre 5,1 % au niveau national, selon les dernières données de l’IEDOM et de l’IEOM.

Cette progression concerne presque tous les secteurs d’activité. Le transport et l’entreposage enregistrent notamment une hausse de 47,2 %, tandis que le commerce et la réparation automobile progressent de 24,1 %. L’enseignement, la santé, l’action sociale et les services aux ménages figurent également parmi les principaux secteurs contribuant à cette hausse.

À Mayotte, les chiffres font pourtant apparaître une évolution inverse, avec 15 défaillances recensées sur les douze derniers mois, contre 36 un an auparavant, soit une baisse de 58,3 %. Une diminution qui doit toutefois être interprétée avec prudence. Depuis le 1er janvier 2026, le tribunal de commerce ne siège plus en raison de l’absence de juges consulaires, entraînant un retard dans le traitement des procédures de redressement et de liquidation judiciaire.

La baisse enregistrée à Mayotte ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une amélioration de la situation économique des entreprises du territoire.

Emma Saïd Issouf couronnée Miss Mayotte 2026

Emma Saïd Issouf couronnée Miss Mayotte 2026

La candidate numéro 4 a décroché la couronne. Samedi soir, à Pamandzi, Emma Saïd Issouf, 24 ans, a été élue Miss Mayotte 2026 au terme d’une soirée riche en émotions. Elle succède ainsi à Kamilla Hervian et aura désormais la mission de représenter l’île au parfum lors de la prochaine élection de Miss France, prévue en décembre.

Elles étaient sept candidates à prétendre à la couronne. Durant toute la soirée, chacune a tenté de se distinguer par son élégance, sa personnalité et sa capacité à porter les couleurs de Mayotte. Entre sourires, moments de stress et encouragements du public, les candidates ont livré une prestation qui a tenu les spectateurs en haleine.

Mais c’est finalement Emma Saïd Issouf, la candidate numéro 4, qui a su convaincre à la fois le jury et le public. À 24 ans, la nouvelle Miss Mayotte devient l’ambassadrice de l’île et devra désormais porter sa voix, sa culture et ses valeurs à l’échelle nationale.

« Je ne m’y attendais tout simplement pas »

Quelques minutes après son sacre, l’émotion était encore palpable chez la nouvelle reine de beauté. Entourée de ses proches, venus l’encourager tout au long de la soirée, Emma Saïd Issouf savoure une victoire qu’elle n’osait pas forcément imaginer.

« Ce soir, je suis très émue. J’ai eu toute ma famille, mes proches. Ça m’a tout simplement donné le courage d’avancer et d’arriver jusque-là, et je ne m’y attendais tout simplement pas », confie-t-elle, encore émue.

La jeune femme mesure également la valeur de cette victoire face aux six autres candidates. « On vient dans une aventure comme celle-ci pour gagner, mais on sait aussi qu’il y a énormément de candidates qui sont tout autant capables que moi. Donc je suis juste contente », ajoute-t-elle.

Pour Emma Saïd Issouf, cette soirée représentait également un défi personnel. Quelques heures avant de monter sur scène, elle confiait redouter particulièrement l’épreuve du discours et la prise de parole devant le public. Une peur qu’elle est finalement parvenue à surmonter.

« Mon plus gros stress, c’est de parler devant un public. Mais aujourd’hui, j’ai vaincu cette peur et j’en suis fière. Je ne peux qu’être fière de moi. C’est mon plus grand combat. »

Une famille mobilisée derrière sa nouvelle Miss

Dans la salle, impossible de manquer le soutien de la famille d’Emma. Pancartes à la main, ses proches ont donné de la voix à chacune de ses apparitions sur scène, au rythme des mbiwi. Une présence qui a visiblement joué un rôle important dans cette aventure.

Sa sœur, Camila Ibtissam Mohamed, partage la joie de cette victoire et assure que la famille restera mobilisée pour la suite.

« Je suis très contente que ma sœur ait gagné. Il y a déjà des informations qui disent qu’elle ne le méritait pas, mais on ne les écoute pas. Tout ce qui nous importe, c’est sa victoire. Pour la suite, on va la soutenir comme d’habitude. »

La famille entend ainsi accompagner Emma dans cette nouvelle étape, alors que la préparation pour l’élection de Miss France se profile déjà.

Le public salue une édition mieux organisée

Au-delà du sacre d’Emma Saïd Issouf, cette édition 2026 a également été saluée par plusieurs spectateurs pour la qualité de son organisation. Après plusieurs années marquées par des difficultés logistiques, certains ont apprécié les progrès réalisés cette année.

Pour Nazra Bamana, l’évolution est nette : « Les années précédentes, il y avait beaucoup de couacs, beaucoup de choses qui n’allaient pas au niveau de l’organisation. Cette année, les horaires ont été respectés, et même dans l’ensemble de l’organisation. J’entendais dans le public, tout le monde disait que cette année, c’était très bien. »

La spectatrice se réjouit également de voir les candidates prendre la parole sur des sujets de société. « Je suis très contente de voir que Mayotte continue à évoluer, avec des femmes très sublimes qui savent bien parler. Ce n’est pas facile pour elles, mais elles représentent Mayotte et elles ont abordé des sujets importants, notamment les violences faites aux femmes », souligne-t-elle.

Un constat partagé par Faina, qui estime que les candidates ont été mieux préparées et que l’organisation a progressé par rapport aux éditions précédentes : « Franchement, on sent que ça a été bien organisé. Les candidates ont été bien entraînées. Même s’il y a eu quelques couacs à certains moments, je trouve que c’est quand même bien mieux que les années d’avant. »

« L’année prochaine, il faudra faire encore plus »

Du côté de l’organisation, la déléguée régionale Zalia Saïd Salim accueille cette réussite avec satisfaction, tout en affichant déjà ses ambitions pour la prochaine édition.

Après plusieurs semaines de préparation, elle estime que le travail collectif a porté ses fruits, sans pour autant considérer que tout est acquis.

« Ce n’est pas fini. L’année prochaine, il faudra faire encore plus. J’ai remercié tout le monde d’avoir été là et de nous avoir soutenus. Sans eux, ça n’aurait pas été une telle réussite. Je ne vais pas dire que c’est parfait, mais on a fait ce qu’on a pu et on a pris ce flambeau avec fierté. »

La soirée de Pamandzi s’achève donc sur une note de fierté et d’émotion. Pour Emma Saïd Issouf, l’aventure ne fait toutefois que commencer. Couronnée Miss Mayotte 2026, elle devra désormais se préparer à une nouvelle scène, celle de l’élection de Miss France, où elle portera en décembre les couleurs, la culture et les ambitions de Mayotte.

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A Kawéni, parents et enfants toujours dans l’attente de retrouver leurs écoles maternelles T6 et T9

A Kawéni, parents et enfants toujours dans l’attente de retrouver leurs écoles maternelles T6 et T9
L’école élémentaire Mchindra qui accueille depuis plus d’un an et demi une partie des enfants des écoles maternelles voisines T6 et T9.

À Kawéni, les élèves des écoles maternelles T6 et T9, endommagées depuis le cyclone Chido, ont une nouvelle fois effectué leur rentrée scolaire au sein des écoles élémentaires voisines, T17 et Mchindra. Une situation qui perdure, avec des conséquences qui pèsent sur le quotidien des enfants et qui inquiètent les familles.

Ce qui devait être provisoire s’installe dans la durée pour les enfants, les parents et les enseignants des écoles maternelles T6 et T9 de Kawéni.

Fortement endommagées par le cyclone Chido, le 14 décembre 2024, les deux écoles n’ont toujours pas pu rouvrir leurs portes, plus d’un an et demi plus tard.

Un temps d’enseignement réduit

Pour les enfants, les rentrées scolaires se succèdent dans les établissements voisins, T17 et Mchindra, conçus pour accueillir des élèves de l’élémentaire, du CP au CM2. Afin de pouvoir garantir du temps scolaire à tous, les enfants y sont accueillis en demi-journée, une semaine le matin, l’autre l’après-midi.

Mais cette organisation réduit considérablement le temps d’enseignement. Les petites et moyennes sections ne bénéficient que de 2 h 30 de cours par jour, tandis que les grandes sections disposent de cinq heures. Rentrée après rentrée, cette situation pèse sur les enfants et les familles, toujours contraints d’adapter leur quotidien.

Ce vendredi 28 août, derrière les grilles des écoles maternelles T6 et T9, les dégâts sont encore bien visibles. Si les toitures des bâtiments semblent, à première vue, en bon état, les travaux à mener restent nombreux. Lavabos détruits ou manquants, débris jonchant le sol, herbes folles et graffitis témoignent de l’état des lieux. Mais surtout, les cours des deux établissements ont des airs de terrains vagues.

Bloquer l’école : “la solution pour se faire entendre ?”

Une inertie apparente qui alerte vivement les parents d’élèves. S’ils ont jusqu’à présent accepté cette solution d’urgence afin de permettre à leurs enfants d’être scolarisés, ils s’interrogent désormais sur l’avancée des travaux et sur la date de réouverture des écoles sinistrées.

“Nous avons échangé avec la mairie à propos de la situation des écoles et nous n’avons pas eu pour le moment de réponses sur une date de réouverture”, indique une parent d’élève déléguée. “Nous avons compris que la Ville ne disposait pas de moyens, mais avant les vacances on nous avait indiqué que l’argent avait été débloqué avec la préfecture. Maintenant quand est-ce que les travaux vont démarrer ?”, demande-t-elle. “Deux ans d’attente c’est plus que prévu”.

Face à cette situation, l’idée de bloquer l’école Mchindra “pour se faire entendre” n’est pas exclue par les parents d’élèves. “Peut-être que c’est la solution pour se faire entendre ?”, questionne-t-elle, précisant qu’une réunion entre parents d’élèves délégués est prévue prochainement pour décider de l’action à mener.

“J’ai dû refuser un contrat de travail pour pouvoir m’organiser”

En attendant, sa fille de 4 ans est scolarisée à l’école Mchindra en moyenne-section, à hauteur de 2 h 30 par jour. Cette semaine elle a été à l’école le matin de 9 h 30 à 12 h, la semaine prochaine ce sera l’après-midi de 12 h 30 à 14 h 50.

“Cette organisation est très difficile et nous nous mettons sur le fait accompli à chaque fois. C’est à nous de nous adapter. J’ai dû refuser un contrat de travail pour pouvoir m’organiser, m’occuper de mes enfants et les chercher à l’école et en plus avec les embouteillages à Kawéni c’est l’horreur”, déplore toujours la déléguée des parents d’élèves.

En plus de cette organisation, les écoles T17 et Mchindra ne disposent pas de mobiliers adéquats pour les enfants de maternelle. Les parents ne comprennent pas pourquoi, sachant que la situation dure, rien n’a été aménagé pour leurs enfants.

Des travaux “en cours”, une date de réouverture prochainement annoncée

Du côté de la Ville de Mamoudzou, le maire Ambdilwahedou Soumaïla évoquait, le jour de la rentrée, des difficultés de financement qui ralentissent les chantiers. Sur les 12 millions d’euros prévus pour la reconstruction des écoles après le cyclone Chido, seuls 2 millions ont été versés à ce jour, tandis que les entreprises doivent être payées. À cela s’ajoutent des retards liés à des dégradations répétées, comme récemment à l’école élémentaire Abdourahamane Soilihi, à Cavani Sud, victime de vandalisme, ou encore à Vahibé 2.

Les écoles maternelles T6 et T9 n’échappent pas à ces difficultés. La Ville assure toutefois que les travaux sont en cours depuis la notification des subventions, alors que les entreprises attendent toujours le versement des avances. “Les travaux sur les clôtures sont terminés à 100 %, ainsi que les travaux sur la charpente et la couverture”, précise-t-elle. “Il ne reste plus que les travaux d’électricité et quelques travaux de plomberie liés aux dégradations et vols récents”. La municipalité indique enfin “qu’une date de réouverture sera annoncée au rectorat prochainement”.

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Lecornu n’a convaincu aucun citoyen de Mayotte

Lecornu n’a convaincu aucun citoyen de Mayotte

Sa visite inattendue n’aura servi à rien auprès des Mahoraises et des Mahorais. Ni son mea culpa de mercredi après-midi, ni son changement de « donne » du lendemain, jeudi 27 août 2026, n’auront servi à quelque chose. Entre le gouvernement français actuel et les citoyens vivant à Mayotte, le divorce est définitivement consommé. Verdict aux présidentielles du début de l’année 2028.

Trois jours après son passage dans notre archipel, le Premier ministre Sébastien Lecornu, accompagné de sa cohorte de six ministres, continue de susciter des réactions au sein de la population, en particulier dans les mondes économique et politique.

Il est à retenir que son déplacement de deux jours à Mayotte, mercredi 26 et jeudi 27 août 2026, continue d’interroger les différentes composantes de la société locale, tant sur la pertinence du calendrier choisi — à peine sept mois avant la fin de son gouvernement et de la présidence d’Emmanuel Macron — que sur le contenu de ses déclarations et des actions qu’il prétend mettre en place pour corriger le tir dans l’impossible démarrage de la refondation de Mayotte post-Chido.

De l’avis général, exception faite du président du Conseil départemental et de certaines personnalités politiques estampillées LR, ce premier voyage de Sébastien Lecornu dans le 101e département français, en sa qualité de chef du gouvernement, est vécu comme un immense fiasco politique dont il aurait bien pu se passer, dès lors qu’il n’est pas candidat à la succession d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Il a surpris tout le monde par sa soudaineté et son manque criant de contenu digeste.

« Ce n’est même pas du réchauffé, c’est du sauve-qui-peut pour des gens qui n’ont absolument rien fait pour Mayotte en dix ans de mandature macronienne, sauf pour améliorer le bien-être des étrangers à Mayotte, illégaux y compris, et sur tous les points. Le citoyen français de Mayotte n’a eu droit qu’au mépris et à la moquerie de l’État. Le pire a été le sort réservé à nos élus locaux, en premier lieu les maires fraîchement élus. Ce Premier ministre n’a sans doute pas compris que le Mahorais a cessé d’être un benêt depuis l’épisode Chido, qu’il peut, s’il est poussé dans ses retranchements, faire preuve d’une surprenante réaction », fait valoir Saffoudine Bacar Achirafi, artisan dans le bâtiment, installé dans la commune de Dzoumogné.

« Les Mahoraises et les Mahorais se seraient bien passés d’une telle récréation de très mauvais goût ! Visiblement, nos têtes pensantes à Paris ont du mal à admettre que le Mahorais ordinaire est moins idiot qu’elles ne l’imaginent et, spécifiquement, à l’opposé total de ses élus déconnectés des réalités locales et des enjeux capitaux de leurs électeurs. Chido marque la fin d’une ère et nous, la population, le ferons savoir à tous ces ministres par les bulletins que nous mettrons dans les urnes au début de l’année prochaine. Nous leur promettons un vrai coup de balai et une retraite anticipée en guise de solde de tous comptes politiques », assène-t-il sans détour.

Assis sur le fronton du Comité de tourisme, face aux barges qui relient la Grande-Terre à Petite-Terre, Sayfoudine Bacar Achiranfi nous fixe de son regard profond, qui en dit long sur la colère qu’il essaie de contenir bon an mal an.

Une tactique électoraliste qui ne fonctionne plus et qui pourrait avoir des conséquences pour les régionales de 2028

Il explique que son mécontentement n’est pas spécialement dirigé vers « ces ministres métropolitains venus se racheter une vertu politique perdue en quelques mois d’exercice du pouvoir », mais plutôt contre les élus mahorais, municipaux, intercommunaux et départementaux qui, selon lui, se seraient illustrés par un manque « affligeant de courage et une absence totale de courage politique ».

« Ce n’est pas un, mais 200 cartons rouges que nous devons leur attribuer dans un an, lorsqu’il faudra renouveler l’Assemblée de Mayotte. Nos élus sont de très mauvaise foi, à l’image des élus de l’Hexagone. Par conséquent, nous allons devoir agir de concert avec les Gilets jaunes et nous rappeler au bon souvenir de ces derniers gouvernants de la Maison France ! »

Ce qu’explique Sayfoudine Bacar Achirafi, c’est que « les Mahorais ne sont pas dupes sur les enjeux en cours. La droite classique qui nous gouverne au Département ne sera jamais un rempart contre les méfaits du gouvernement Lecornu. Ben Issa Ousséni et son parti, le LR, sont de mèche avec ses ministres qui nous méprisent et qui n’ont aucune considération pour le Mahorais ordinaire. Cela fait quinze ans que ça dure, depuis l’avènement de Soibahaddine Ibrahim Ramadani au pouvoir. C’est un sujet tabou à Mayotte, mais ceux-là mêmes nous ont maintes fois rabâché que les Mahorais sont Français. Donc, nous sommes légitimement en droit d’exprimer nos opinions contraires à celles des tenants du pouvoir actuellement ».

En vérité, ce qu’il faut retenir, au premier plan de cette visite à Mayotte de Sébastien Lecornu et de ses six ministres, c’est qu’elle n’est en rien surprenante dans le contexte électoral français du moment et que les annonces diverses et variées qu’il a pu faire ici et là, entre un déjeuner de méli-mélo de légumes mahorais et de mousse au chocolat, n’engagent que lui et lui seul !

Pas même le préfet Frédéric Poisot, son délégué sur place, qui subit des directives qui n’ont ni queue ni tête.

« On se croirait du temps de Christophe Colomb et d’autres célèbres navigateurs partis à la découverte du monde. Mayotte avance au rythme des marées et des saisons, et les Mahorais sont pitoyables dans leurs postures attentistes d’un messie et d’un renouveau républicain qui ne viendra JAMAIS », ajoute Sayfoudine Bacar Achirafi.

« Mayotte est définitivement sacrifiée sur l’autel des ambitions politiques des grandes formations nationales. Nous passerons derrière La Réunion parce que tel est le choix de la métropole et il ne se passera rien de plus ! Le président du Département-Région continuera à signer ce que Paris lui demande pour sauver sa propre peau et chaque Mahorais trouvera cela normal. Sauf que c’est tout sauf normal », estime-t-il.

La visite de Sébastien Lecornu à Mayotte, en milieu de semaine dernière, a vraiment été vécue par les Mahorais comme une insulte suprême en raison de la gestion catastrophique de l’épisode du cyclone Chido.

Pis, sa communion avec les 16 maires — Raos étant absent au titre de la commune de Koungou — fut si exécrable qu’il a fini par hypothéquer définitivement la carrière politique des maires et présidents d’intercommunalités présents au lycée professionnel de Kawéni pour déguster le « méli-mélo de légumes à la sauce vanille » et « la mousse au chocolat », par lesquels Sébastien Lecornu les a invités à se dépouiller, par écrit, de tous leurs pouvoirs électifs au profit du préfet, délégué du gouvernement à Mayotte, sans même qu’ils aient à consulter leurs électeurs.

Tel est le concept de la démocratie élective selon Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, à seulement six mois de la fin d’un mandat présidentiel en France.

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13 feux de végétation ce week-end à Mayotte, plusieurs dizaines d’hectares réduits en cendres

13 feux de végétation ce week-end à Mayotte, plusieurs dizaines d’hectares réduits en cendres

Entre vendredi et dimanche, 13 feux de végétation se sont déclarés sur le territoire de Mayotte dont les plus impressionnants ont eu lieu entre Barakani et Chiconi et à Boueni. Ce dimanche soir, seuls 2 feux ne sont pas complètement éteints et doivent encore être “surveillés”.

Ce week-end des 29 et 30 août a vu une grande partie du territoire de Mayotte en proie aux flammes et les pompiers n’ont eu aucun répit. Un premier incendie s’est déclaré vendredi 28 août à 13h30 à Barakani. Malgré l’intervention des pompiers et le largage massif d’eau par un hélicoptère bombardier, des vents défavorables ont propagé l’incendie jusqu’à Chiconi. Le feu a été “fixé” à 22h ce samedi (c’est-à-dire qu’il ne présentait plus de risque de propagation), mais le vent l’a de nouveau “réveillé” à 1h dans la nuit de samedi à dimanche. 59 soldats du feu, 9 véhicules, un HBE (Hélicoptère Bombardier d’Eau) et un drone ont été nécessaire pour de nouveau “fixer” l’incendie.

Mais il n’est toujours pas encore éteint à l’heure où nous écrivons ces lignes (dimanche 20h). “Le foyer est situé dans un endroit creux, difficile d’accès et l’hélicoptère a été obligé de se désengager à 18h”, explique Bacar Costa, le chargé de communication du SDIS. En tout, 25 hectares ont été réduits en cendre entre Barakani et Chiconi. Si aucun dégât humain n’est heureusement à déplorer, un garage de Chiconi n’a pas pu échapper aux flammes et a été entièrement brûlé.

D’autant que ce n’est pas le seul incendie auquel a eu à faire face le SDIS ce week-end. Quand le feu de Barakani s’est déclaré à 13h30 ce vendredi, un autre a commencé à 14h à Boueni. Si ce dernier était “plus modeste”, il a quand même brûlé 5 hectares de terre dans la commune. Il a pu être totalement éteint samedi soir, mais l’incendie a ensuite repris le lendemain à M’Bouanatsa, toujours dans la commune de Boueni.

Il a finalement pu être maîtrisé le dimanche midi. Si les incendies de Barakani et de Boueni ont été les plus vastes et impressionnants, ils n’ont malheureusement pas été les seuls puisque les pompiers de Mayotte ont dû faire face à 13 feux de végétations en tout sur l’ensemble du week-end. Ce lundi 31 août, la RN2 reste donc fermée, il faut passer par Kahani pour se rendre dans le centre et l’ouest de l’île.

Les maires de Ouangani, Sada et Chiconi ont apporté leur soutien au SDIS, notamment en sécurisant le périmètre via leur police municipale. Car, non contents de devoir faire face aux flammes, les soldats du SDIS étaient également menacés par des bandes de jeunes délinquants, venues “profiter” du chaos général pour en “rajouter une couche”. Ce dimanche matin, le préfet Frédéric Poisot s’est également déplacé à Barakani afin d’apporter son “soutien moral” aux pompiers. Pourquoi autant d’incendie ce week-end ? A Boueni, le coupable a été très clairement identifié : les cultures sur brûlis. A Barakani, ce n’est pas encore clairement établi, mais les pompiers ont de fortes présomptions allant dans le même sens.

Les cultures sur brûlis post-Chido menacent de réduire Mayotte en cendres

Si les cultures sur brulis ont toujours été un fléau pour Mayotte, elles le sont encore davantage en cette période post-Chido. “Ce week-end, nos “camarades” ont commencé leur culture sur brûlis. Or, avec tous les arbres morts restant de Chido ainsi que les vents qui soufflent en ce moment, ajouté à cela la forte densité de bambous entre Barakani et Chiconi, végétation qui brûle facilement, cela peut expliquer le drame de ce week-end”, explique Bacar Costa. Entre Barakani et Boueni, ce sont 30 hectares de terres réduites en cendre et nous n’avons pas les chiffres des 11 autres incendies, plus modestes, mais qui ont quand même généré des dégâts importants.

La préfecture prévoit de monter une grande campagne de communication afin de prévenir la population sur cette pratique illégale, qui détruit la végétation et pourrait désormais menacer également la vie des habitants de l’île si les agriculteurs “vivriers” ne prennent pas conscience que désormais, dans l’état dans lequel Chido nous a laissé l’île, la dangerosité de cette pratique s’est nettement accrue. Si les personnes qui la pratiquent sont, pour beaucoup d’entre eux, dans une logique de “survie immédiate”, il se pourrait bien que leur absence de vision à long terme finisse par être fatale à l’île et, là, c’est l’ensemble de la population de Mayotte qui risque d’en pâtir.

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“La toile pour la paix” de Mayotte rejoindra bientôt l’UNESCO

“La toile pour la paix” de Mayotte rejoindra bientôt l’UNESCO
Au micro, Mohamed Naoioui, le coordinateur du projet au niveau local

Le Rotary Club de Mayotte a présenté ce samedi 29 août une peinture collective réalisée par 3 jeunes Mahorais en situation de handicap, guidés par 2 artistes-peintre de l’association Zangoma. Cette “toile pour la paix”, réalisée de la même manière dans tous les pays où le Rotary Club est implanté, fera prochainement l’objet d’une grande exposition dans les locaux de l’Unesco à Paris.

“La toile de la paix pour l’inclusion du handicap” est un projet de Barbara Colombi, artiste et Rotarienne au sein du Rotay club Montargis-Gâtinais en France métropolitaine. L’idée est de demander à des artistes locaux de travailler avec des enfants en situation de handicap pour réaliser une peinture sur le thème de la paix. Le projet étant international et réalisé en partenariat avec le Rotary club international, tous les pays ou régions du monde où ce club est implanté ont été conviés à y participer. L’ensemble des toiles sera ensuite exposé au siège de l’UNESCO à Paris lors du “Rotary Day” de 2027.

Le Rotary club de Mayotte n’a reçu la demande de candidature que très tardivement, en mai dernier. Mais, ne se laissant pas démonter par le délai très court qu’il leur restait, Mohamed Naoioui, “Past-assistant de Gouverneur” et actuellement “Officier de District chargé de la formation pour Mayotte et les Comores”, s’est dit “On peut le faire !”. Il s’est donc rapidement mis en contact avec l’APAJH Mayotte (Association pour Adultes et Jeunes Handicapés) ainsi qu’avec l’association Zangoma, vivier d’artistes-peintre locaux, afin de mettre le projet sur pieds. “Il ne fallait surtout pas qu’on dise encore que Mayotte ne participe jamais aux projets internationaux !”, a précisé avec fierté Mohamed Naoioui. “Aussitôt dit, aussitôt fait”, grâce à la vélocité et la motivation des deux associations sollicitées, 3 jeunes handicapés se sont mis au travail avec 2 artistes locaux et la “toile pour la paix” mahoraise a pu voir le jour.

Une présentation de l’œuvre à l’hôtel Sakouli

La présentation de l’œuvre s’est déroulée ce samedi 29 août à l’hôtel Sakouli, en présence des membres du Rotary club, des artistes et, bien sûr, des 3 jeunes en situation de handicap, véritables “vedettes” de l’évènement. Karim, 21 ans, Daniel, 24 ans et Assoufina, encore mineure, ont affirmé avoir trouvé l’expérience “super, surtout parce qu’on a travaillé tous ensemble”. A part Daniel, qui peignait déjà, c’était une première expérience picturale pour les 2 autres et Karim nous a également confié que “ça lui faisait plaisir de mettre son île en valeur”. En 2 semaines de travail, les artistes de Zangoma Béatrice Edouard et Juliette Botolava, ont réussi à faire produire aux 3 jeunes une œuvre aux qualités esthétiques surprenantes pour des personnes qui n’avaient jamais touché à un pinceau pour la majorité d’entre eux.

Un travail préalable autour de la définition des notions de paix, ce que cela évoquait pour eux, mais aussi des couleurs et des symboles a permis aux jeunes gens de réussir à s’exprimer picturalement. “C’est eux qui ont trouvé les idées, nous ne les avons aidés que pour l’assemblage”, a expliqué Julliette Botolava, qui a tenu à préciser que les artistes “avaient davantage appris de ces jeunes que l’inverse”. Béatrice Edouard a quant à elle été extrêmement émue par ce travail, “touchée au cœur d’avoir pu contribuer à permettre à des jeunes en situation de handicap de créer dans la joie et sans crainte”.

Puisque la “Toile pour la paix” doit s’envoler vers d’autres cieux, le Rotary club de Mayotte a exprimé le souhait de mener à bien un deuxième projet de ce genre afin qu’une deuxième “toile pour la paix” soit exposée à Mayotte. Un projet de sponsoring avec des entreprises locales est également prévu afin que les artistes puissent, cette fois-ci, être rémunérés pour leur travail.

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Ahmed Mohamed livre sa lecture de l’histoire et de la géographie de Mayotte

Ahmed Mohamed livre sa lecture de l’histoire et de la géographie de Mayotte
Vingt millions d’années d’histoire, des migrations, un sultanat et un choix politique majeur : Ahmed Mohamed remonte le fil des événements qui ont construit Mayotte.

De la naissance volcanique de l’archipel aux transformations politiques et urbaines contemporaines, Mayotte a connu une histoire faite de migrations, de rencontres et de ruptures. Dans Mayotte au fil des temps : éléments de géographie et d’histoire, son premier ouvrage, Ahmed Mohamed propose au grand public une lecture de l’évolution géographique et historique de son île natale.

Installé à Dzaoudzi-Labattoir, l’auteur est docteur en géographie de l’aménagement. Il a obtenu son doctorat à Bordeaux II en 1991, après avoir notamment travaillé pendant plusieurs années sur l’évolution des agglomérations moyennes dans la région Aquitaine, un travail qui avait donné lieu à un ouvrage de 600 pages. Il a ensuite consacré quinze années à l’enseignement à Mayotte.

Un livre né du temps et de l’expérience

Son approche est nourrie par son expérience personnelle. Né en 1962, Ahmed Mohamed a été témoin de plusieurs épisodes de l’histoire récente de l’archipel. « Je suis de 62, donc il y a des choses que j’ai vues », confie-t-il.

L’ouvrage commence par la formation géologique de l’île. « Il y a 20 millions d’années, on a donné naissance à un volcan sur l’archipel », rappelle l’auteur.

Cette histoire volcanique permet de comprendre une partie des paysages actuels de Mayotte et de la situer dans l’ensemble des Comores. « Le lac Dziani ne fonctionne plus alors que le Karthala est encore actif », souligne-t-il, en comparant les différentes évolutions volcaniques de l’archipel.

Une île au carrefour des peuples

Située dans le canal du Mozambique, Mayotte a également été façonnée par les migrations et les échanges maritimes. L’auteur évoque notamment les déplacements venus de Madagascar. « Les Malgaches, côté ouest, il y a la barrière de corail. Donc ils sont passés par l’ouest », explique-t-il.

La navigation constitue également un élément important de cette histoire. « La particularité de Mayotte réside dans sa localisation favorable à la route des Indes surtout avant l’apparition du canal de Suez », précise Ahmed Mohamed, qui rappelle les liens anciens entre les îles de l’archipel et les différentes populations ayant circulé dans l’océan Indien.

Du sultanat au choix de rester française

L’histoire politique de Mayotte connaît un premier tournant majeur en 1841. « Jusqu’en 1841, c’est le sultanat. Et le dernier sultan a demandé l’aide à la France. La France a acheté l’île », résume l’auteur.

Plus d’un siècle plus tard, l’année 1975 constitue un nouveau moment décisif. Alors que les Comores accèdent à l’indépendance, Mayotte choisit de rester française. Une trajectoire qui conduira progressivement à la départementalisation.

Ahmed Mohamed se souvient également de cette période mouvementée. « J’ai moi-même vécu la tentative d’Ali Soilihi ancien président des Comores. Je l’ai vu avec quelques soldats à Pamandzi, même si j’étais jeune », raconte-t-il.

De Dzaoudzi à Mamoudzou

L’évolution de Mayotte se lit aussi dans l’organisation de son territoire. Longtemps, Dzaoudzi a occupé une place centrale, mais les contraintes géographiques de Petite-Terre ont favorisé le développement de Mamoudzou. « Dzaoudzi est petit, sans possibilité d’élargir le territoire, et donc Mamoudzou », explique Ahmed Mohamed. À travers son ouvrage, Ahmed Mohamed entend avant tout transmettre cette histoire. Pour lui, c’est d’ailleurs la période contemporaine qui suscite le plus d’intérêt. « Pour le grand public, la période la plus intéressante est la période la plus récente », estime-t-il. Avec Mayotte au fil des temps, l’auteur propose ainsi de remonter le cours de l’histoire pour mieux comprendre le territoire d’aujourd’hui et les transformations qui ont façonné Mayotte.

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Les agents de l’ARS Mayotte entament une grève illimitée

Les agents de l’ARS Mayotte entament une grève illimitée

Les syndicats CFDT et CGT de l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte annoncent une grève illimitée à compter de ce jeudi 27 août dans un communiqué officiel.

L’intersyndicale dénonce notamment une gestion budgétaire qu’ils jugent “hasardeuse” et une gestion des ressources humaines “partisane”, qui auraient dégradé les conditions de travail depuis 2025.

Parmi leurs principales revendications, les syndicats demandent le départ du secrétaire général de l’ARS, dont ils estiment que la relation avec les agents est devenue irréparable. Ils dénoncent également un climat social marqué, selon eux, par “le mépris, l’intimidation” et “la maltraitance institutionnelle”, et réclament un dialogue social plus apaisé.

La CFDT et la CGT demandent aussi une égalité de traitement entre les agents, notamment concernant les contrats, les rémunérations, les opportunités professionnelles et les conditions de travail. Elles pointent par ailleurs un gel des postes, une surcharge de travail, un manque de moyens et des conditions de sécurité insuffisantes, et réclament davantage de moyens humains pour permettre à l’ARS d’assurer ses missions.

Enfin, l’intersyndicale demande une revalorisation du taux d’indexation, estimant que l’attractivité de l’agence et le coût de la vie à Mayotte doivent être davantage pris en compte. Les syndicats affirment avoir multiplié les alertes depuis fin 2024, sans obtenir de réponses jugées satisfaisantes de la direction. Ils se disent toutefois prêts à poursuivre les discussions et à faire évoluer leurs revendications au cours du mouvement.

Femmes et Sport rassemble autour d’un brunch solidaire

Femmes et Sport rassemble autour d’un brunch solidaire

Le Collectif Femmes et Sport donne rendez-vous au public le dimanche 13 septembre 2026 pour un brunch solidaire placé sous le signe de la convivialité et de la solidarité.

Organisé sur le thème champêtre, l’événement se déroulera de 10h à 13h au Domaine. Au programme : un brunch gourmand, un moment de partage, ainsi qu’une projection en avant-première de « Oupissi presque parfait » et une vidéo retraçant le voyage du collectif en 2025.

Cette rencontre vise notamment à soutenir le projet du Collectif Femmes et Sport, qui prépare son deuxième voyage sportif en Tanzanie. Les fonds récoltés contribueront ainsi à accompagner cette nouvelle aventure.

L’accès est proposé au tarif de 35 euros. Les places étant limitées, les réservations sont ouvertes jusqu’au 9 septembre. Pour réserver, il est possible de contacter le 06 39 68 22 87 ou le 06 39 39 16 78.

Seul, entre amis ou en famille, le public est invité à participer à cette matinée placée sous le signe du partage et de la solidarité.

Le Grand Majimbini revient pour une 4ème édition à Mamoudzou ce week-end

Le Grand Majimbini revient pour une 4ème édition à Mamoudzou ce week-end

L’association UNAGNA, avec le soutien de la Ville de Mamoudzou, donne rendez-vous aux amateurs de sport et de marche le dimanche 30 août 2026 pour la 4ᵉ édition du Grand Majimbini. Le départ sera donné depuis la Place Makango, à M’Tsapéré Maevantana.

Après avoir réuni plus de 3.000 personnes lors de sa précédente édition, l’événement entend une nouvelle fois rassembler les Mahorais autour du sport et de la convivialité. Cette année, les organisateurs ont choisi le thème « Marchons pour le bien vivre ensemble », avec l’ambition de promouvoir la solidarité, les échanges entre générations et les bienfaits d’une activité physique régulière.

Trois formats sont prévus pour permettre au plus grand nombre de participer : un trail de 16 km, une marche de 9 km et une marche santé de 5 km. Les différents itinéraires permettront également aux participants de profiter des paysages naturels de l’île.

Les rendez-vous sont fixés dès 6h00 sur la Place Makango. Le trail prendra son départ à 7h00, tandis que les deux marches s’élanceront à 7h30.

Une enquête pour renforcer la résilience des économies insulaires de l’océan Indien

Une enquête pour renforcer la résilience des économies insulaires de l’océan Indien

La CCI Mayotte invite les acteurs économiques de son réseau à participer à une enquête menée dans le cadre d’une étude portée par Cap Business Océan Indien, avec l’appui du cabinet EY.

Cette démarche vise à mieux cerner les vulnérabilités des économies insulaires du sud-ouest de l’océan Indien, tout en identifiant les secteurs économiques prioritaires et les opportunités de coopération régionale.

L’étude s’articule autour de trois axes : établir un diagnostic régional des vulnérabilités, repérer les secteurs exposés mais porteurs de potentiel de transformation, et analyser les perspectives de coopération économique entre les territoires de la région.

Ouverte jusqu’au 31 août 2026, l’enquête pourra être prolongée d’une semaine si nécessaire. Les contributions recueillies doivent permettre de faire émerger des propositions concrètes en faveur d’un modèle économique régional plus résilient, inclusif et durable.

La CCI Mayotte encourage ainsi les entreprises et acteurs économiques à participer à l’enquête et à la relayer au sein de leurs réseaux.

Ce qui est nouveau, ce qui est confirmé dans les annonces du gouvernement en déplacement à Mayotte

Ce qui est nouveau, ce qui est confirmé dans les annonces du gouvernement en déplacement à Mayotte

Immigration, eau, école, santé, grands projets ou reconstruction : au terme de deux jours de déplacement à Mayotte, Sébastien Lecornu et cinq des six ministres qui l’accompagnaient ont dressé jeudi soir, à l’aéroport de Dzaoudzi, les mesures retenues par le gouvernement. Toutes ne sont pas nouvelles. Plusieurs projets déjà annoncés ont surtout été assortis de nouveaux calendriers, tandis que le gouvernement a dévoilé quelques mesures supplémentaires, notamment sur la lutte contre l’immigration clandestine, l’eau, l’accompagnement des communes et le soutien aux entreprises. Le Premier ministre l’a lui-même reconnu : il ne s’agissait pas de faire « d’énièmes promesses », mais de faire avancer celles déjà prises.

Immigration : de nouveaux moyens et une opération « Kingia 2 »

Sur la lutte contre l’immigration clandestine, le gouvernement veut d’abord utiliser davantage la diplomatie et l’aide au développement. Un système de « bonus-malus » doit conditionner une partie des aides accordées aux pays d’origine à des résultats « concrets et chiffrés » en matière migratoire. Le dispositif doit commencer à s’appliquer dès 2026, puis être renforcé en 2027. L’aide humanitaire directement destinée aux populations ne serait pas concernée.

En mer, le dispositif de surveillance doit également monter en puissance. Le gouvernement annonce le renouvellement des quatre radars autour de Mayotte, un poste avancé permanent à M’tsamboro associant militaires et gendarmes, des drones de longue endurance, des drones légers embarqués sur les intercepteurs et l’expérimentation de ballons captifs pour surveiller les approches de l’île.

Une partie du renforcement était toutefois déjà engagée. Des radars légers et deux caméras longue portée ont déjà été installés, tandis que la surveillance aérienne a été portée de deux à trois appareils. Du côté des interceptions en mer, l’objectif est désormais d’atteindre dix intercepteurs à la fin de l’année, contre quatre en 2017.

À terre, le groupe d’appui opérationnel de la police aux frontières doit recevoir 25 agents supplémentaires d’ici la fin de l’année. Une deuxième opération « Kingia », après celle menée au printemps, est aussi programmée à l’automne dans un objectif de lutte contre l’immigration clandestine, la délinquance et l’économie informelle.

Interrogé en ce sens, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a également précisé la ligne du gouvernement sur le camp de Tsoundzou. L’objectif affiché reste son démantèlement, non par un déplacement vers un autre site, mais par la reconduite des occupants déboutés de leur demande d’asile. Aucune échéance n’a toutefois été fixée. « Le calendrier, c’est tous les jours que nous y travaillons », a affirmé le ministre. Paris mise notamment sur l’accord de réadmission signé avec le Rwanda en juin et sur des nouvelles discussions en cours à Paris avec la République démocratique du Congo pour faciliter la délivrance des laissez-passer consulaires.

École une accélération des constructions engagées

Sur l’école, il s’agit davantage d’accélérer des projets déjà programmés que de lancer un nouveau plan. Dans le premier degré, 93 opérations représentent au total 738 salles de classe. Parmi elles, 89 sont déjà en cours et 219 doivent être créées pendant l’année scolaire 2026-2027. Le gouvernement promet 308 classes supplémentaires disponibles à la rentrée 2027, contre 52 créées entre 2019 et 2024.

Dans le secondaire, l’objectif reste la création de 3.600 places dans les collèges et 6.400 dans les lycées d’ici 2030, soit l’ouverture annoncée d’un à trois établissements par an. Pour gagner du temps, l’État veut proposer des modèles de bâtiments reproductibles et permettre aux communes de confier davantage la maîtrise d’ouvrage à l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM).

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a aussi remis en avant le développement des formations sur le territoire. Après l’ouverture de l’internat d’excellence de Kawéni, il promet de poursuivre l’ouverture de BTS et de classes préparatoires. L’ouverture du lycée des métiers du bâtiment de Longoni dès 2027 et un lycée des métiers de la mer est annoncé « d’ici cinq ans maximum ».

Santé : l’hôpital de Combani confirmé, de nouvelles formations annoncées

En matière de santé, les deux grands projets hospitaliers ne sont pas nouveaux. Les 407 millions d’euros destinés à l’extension du CHM et au deuxième hôpital ont déjà été inscrits dans la loi du 11 août 2025. Le gouvernement a en revanche donné un nouveau calendrier : le projet de Combani doit être définitivement validé début 2027, pour une ouverture annoncée en 2030. Avec l’extension du site de Mamoudzou, la capacité hospitalière doit augmenter de 60 %.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a aussi évoqué des centres médicaux de proximité devant obtenir le label France Santé en 2027 et plusieurs mesures consacrées à la formation des futurs soignants mahorais : développement d’options santé au lycée, augmentation du nombre de places en première année de médecine, plus de 90 places en formation infirmière cette année et projet d’une école de sages-femmes en 2027 ou 2028.

Sur le risque Ebola, la ministre de la santé à affirmé que 2.300 soignants ont été formés à la prise en charge d’un éventuel cas. Mayotte doit en outre pouvoir participer à une étude internationale sur les traitements.

Eau : de nouvelles mesures d’urgence en attente des grands projets en cours

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le dit elle-même : une partie des mesures structurantes présentées jeudi sont des mesures « réaffirmées ». C’est le cas du plan Eau Mayotte, doté de 730 millions d’euros sur la période 2025-2031, de la future usine de dessalement d’Ironi Bé, de la troisième retenue collinaire ou encore des nouvelles campagnes de forage. L’usine doit apporter 10.000 m³ supplémentaires par jour et sa mise en service est désormais annoncée au plus tard début 2028.

Après l’installation ou la réparation de 90 cuves dans les écoles, un programme de 8 millions d’euros doit permettre, à partir du 1er janvier 2027, d’équiper 13.000 foyers vulnérables en capacités de stockage d’eau potable. L’État veut aussi accélérer la lutte contre les fuites, qui représenteraient environ un quart de l’eau produite, avec l’appui du RSMA pour former du personnel et intervenir sur les premières réparations. De nouveaux forages doivent également être réalisés dès cet automne, dans le cadre des sixième et septième campagnes déjà engagées.

Le gouvernement laisse par ailleurs ouverte une mesure beaucoup plus lourde : la reprise temporaire par l’État de la compétence eau. Sébastien Lecornu s’est dit prêt à l’accepter pendant « quatre, cinq, six ans » si les collectivités locales en font elles-mêmes la demande, afin que l’État porte directement les investissements avant de leur restituer la compétence.

Sur le prix de l’eau en bouteille, le gouvernement annonce que le plafonnement « sera rétabli ». Des réquisitions d’eau pourraient également être décidées si la situation se dégrade, mais « on n’en est pas là aujourd’hui », a précisé la ministre.

La méthanisation des déchets ou le recours à la géothermie pour alimenter à terme une unité de dessalement ont également été évoqués, mais à ce stade seulement comme des pistes de travail et non comme des projets arrêtés.

Aéroport et port : rendre les projets « irréversibles »

Sur les grands équipements, Sébastien Lecornu n’a pas annoncé de nouveau projet mais veut rendre ceux déjà promis « irréversibles » avant la présidentielle.

Le futur aéroport de Bouyouni, évalué à 1,2 milliard d’euros et annoncé pour une ouverture au plus tard en 2036, avait déjà été confirmé en décembre dernier. Le nouveau jalon est administratif : le Premier ministre s’engage à signer la déclaration d’utilité publique foncière avant la fin de l’année 2026. Les procédures préparatoires aux premiers travaux sont déjà engagées.

Même logique pour Longoni. La fin de la délégation de service public le 31 août et la reprise du port par le Département le 1er septembre découlent de la procédure judiciaire en cours. Le gouvernement réaffirme en revanche sa volonté d’en faire un port d’État. Une mission et un audit doivent désormais trancher entre deux voies : la création d’une société portuaire par décret ou celle d’un grand port maritime, qui nécessiterait une loi.

Reconstruction : davantage d’ingénierie plutôt que de nouveaux crédits

Sur la reconstruction post-Chido, le gouvernement estime que le principal problème n’est plus l’argent disponible mais la capacité à lancer les chantiers. Il réaffirme que les crédits non engagés en 2026 pourront être reportés en 2027. Des renforts sont annoncés au sein des services de l’État, avec une plateforme d’ingénierie territoriale, un nouveau sous-préfet chargé de l’accompagnement des communes et un relèvement du taux d’avance versé aux collectivités de 30 % à 60 %.

Sébastien Lecornu veut aussi abandonner une approche trop générale de la reconstruction. Après trois heures d’échanges avec les élus, il a estimé qu’il fallait presque « 17 petits plans », un pour chacune des communes, afin de traiter leurs difficultés projet par projet.

Entreprises : un an de plus pour le CICE

C’est l’une des principales annonces économiques de la visite. Le dispositif de CICE, qui devait s’arrêter à la fin de l’année, doit être prolongé d’un an à Mayotte, parallèlement aux exonérations prévues par la LODEOM. Plus de 3.000 entreprises pourraient en bénéficier, pour un coût estimé à 40 millions d’euros. Mayotte deviendrait ainsi le seul territoire ultramarin à cumuler les deux dispositifs. Cette mesure reste toutefois suspendue à l’adoption du prochain budget.

Un comité tous les mois et un nouveau rendez-vous début 2027

Au-delà des annonces sectorielles, le gouvernement veut surtout modifier le suivi. Un comité interministériel consacré à Mayotte doit désormais se réunir chaque mois sous la présidence du directeur de cabinet du Premier ministre ou de Sébastien Lecornu lui-même. Les 17 maires, les présidents d’intercommunalité et le président du Département doivent ensuite être reçus à Matignon en novembre, en marge du Congrès des maires. Le Premier ministre promet enfin de revenir à Mayotte au début de l’année 2027.

La visite aura donc moins débouché sur un nouveau « plan Mayotte » que sur un mélange de mesures inédites, de financements prolongés, de calendriers précisés et de promesses anciennes remises sur les rails. Le gouvernement assume ce choix : les crédits et les projets existent déjà pour une bonne partie d’entre eux. Reste désormais à transformer les annonces en chantiers, ce que le nouvel outil de suivi mensuel est précisément censé mesurer.

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Les manifestants expulsés de force place de la République à l’arrivée de Sébastien Lecornu

Les manifestants expulsés de force place de la République à l’arrivée de Sébastien Lecornu
Gendarmes et manifestants en sont venus aux mains à plusieurs reprises.

Réunis place de la République à l’appel de l’intersyndicale, plusieurs dizaines de manifestants ont été expulsés par les forces de l’ordre quelques minutes avant l’arrivée du Premier ministre et de la délégation ministérielle à Mamoudzou.

Portés, traînés de force sur le sol, en quelques minutes, la place de la République est vidée de ses manifestants par les forces de l’ordre, ce mercredi 26 aoû à 15h. Le message est clair : rien ne doit venir perturber l’arrivée du Premier ministre et de la délégation ministérielle, ainsi que son défilé place Zakia Madi.

Parqués entre le bâtiment de l’Office de tourisme et le marché couvert, encadrés par un cordon d’une quinzaine de gendarmes et plusieurs voitures, les dizaines de manifestants, réunis à la suite de l’appel de l’intersyndicale, mettent plusieurs minutes à se remettre du choc de cette expulsion manu militari, disproportionnée.

“Il y a plus de gendarmes aujourd’hui que pour protéger nos rues”

En quelques minutes, la manifestation se transforme en un face-à-face tendu, violent à plusieurs reprises. La colère, le mépris, l’impuissance ne cessent de grandir dans les rangs des manifestants, faisant oublier à certains leurs revendications premières : augmentation du taux d’indexation, alignement des droits sociaux, surcharge des établissements scolaires, mais aussi dénonciation d’une pauvreté grandissante chez les élèves.

“Il y a plus de gendarmes aujourd’hui que pour protéger nos rues !”, lance une manifestante. “Le but est de nous cacher, de montrer que tout va bien à Mayotte”, ironise un autre.

“On demande de la considération et de l’écoute, mais même faire semblant, ils ne veulent plus le faire”, insiste une participante, pointant du doigt les ministres en visite et déplorant l’absence totale de rencontre.

Les manifestants repoussés loin de la place de la République

En quelques instants, d’autres gendarmes s’ajoutent au cordon sécuritaire, dont plusieurs avec des boucliers, faisant monter la pression. Un petit groupe de manifestants tente alors une percée le long du mur, aussitôt neutralisée par des gendarmes galvanisés. Certains, trop engagés, reçoivent l’ordre de se calmer par leur supérieur. “Doucement, ils sont gentils”, glisse l’un d’entre eux, un sourire sur le visage.

Mais la tension persiste. Les forces de l’ordre poussent de plus en plus loin le groupe tandis que, sur le port, le premier bateau de la délégation ministérielle arrive. Drapeaux en l’air et mains autour de la bouche pour faire entendre leur voix, les manifestants huent et sifflent les ministres, dont certains détournent le regard en leur direction.

La manifestation finit par être totalement annihilée au moment où Sébastien Lecornu arrive sur le ponton d’urgence.

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Fin de la visite de Sébastien Lecornu à Mayotte : des élus condamnés à se dépouiller de leurs compétences au profit de l’État

Fin de la visite de Sébastien Lecornu à Mayotte : des élus condamnés à se dépouiller de leurs compétences au profit de l’État

La messe est dite — au sujet de l’avenir du développement durable de Mayotte — et c’est le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a officié en guise de prélat. Les élus mahorais se sont fait avoir comme des « bébés » et n’ont rien vu arriver, le président du Département-Région en tête de file. Les citoyens ont finalement eu raison de se montrer très sceptiques et résignés quant aux véritables raisons qui ont conduit le chef du gouvernement à se rendre sur l’archipel cette semaine.

« Votez, votez si cela vous arrange, honorables citoyens de Mayotte, mais, au final, l’État reprend la main sur votre destinée parce que vos élus sont incompétents… » Ce n’est pas le slogan d’une campagne électorale, mais ces mots pourraient bien l’être si l’on voulait résumer, très brièvement, l’essence du déplacement du chef du gouvernement français dans le 101e département.

Une manière d’achever avec panache la politique distillée pendant dix ans — deux mandatures successives — par Emmanuel Macron auprès des communes de la nation. Cette interprétation n’est pas le fruit d’une imagination débordante, d’un esprit complotiste ou d’un citoyen déconnecté des réalités locales, mais plutôt la leçon à tirer à l’issue de la visite de 48 heures effectuée par Sébastien Lecornu, accompagné de six ministres importants de son gouvernement.

Il est venu expliquer aux représentants élus du peuple mahorais que, s’ils veulent voir reconstruire leur île, dévastée par le cyclone Chido il y a un an et demi, ils vont devoir renoncer à certaines de leurs prérogatives au profit des services de l’État, quand bien même ceux-ci ne seraient pas nécessairement plus compétents que ceux des collectivités locales.

Pour faire bonne figure, le Premier ministre prend soin de leur préciser que cette reprise en main de l’avenir de Mayotte n’est pas « une obligation », mais une simple suggestion destinée aux élus désireux de voir aboutir les opérations programmées dans le cadre de la refondation post-Chido.

Des élus mahorais qui n’ont pas donné l’impression, mercredi soir 26 août 2026, d’avoir véritablement capté le message codé du gouvernement. D’où une nécessaire séquence de clarification, jeudi à la mi-journée, au lycée hôtelier de Kawéni.

Autour d’un excellent repas concocté par de jeunes apprentis mahorais, composé notamment d’un méli-mélo de légumes à la vanille et d’une mousse au chocolat, le message est probablement mieux passé et a été reçu cinq sur cinq.

Les citoyens qui ont eu la chance de suivre cette séquence de la visite ministérielle à la télévision publique ont probablement compris le sens de la colère que les deux députées, Anchya Bamana et Estelle Youssouffa, n’ont pas réussi à contenir très longtemps à l’issue du passage de Sébastien Lecornu au conseil départemental, mercredi soir.

Elles ont toutes les deux raison de considérer que le chef du gouvernement a, une fois de plus, infantilisés les élus mahorais sur toute la ligne. Sébastien Lecornu leur a indiqué qu’il n’était pas venu revoir à la hausse les crédits alloués à la reconstruction, mais, en revanche, qu’il souhaitait revoir la stratégie initialement arrêtée, notamment au travers de la loi de juillet 2025.

Ils paient leur obstination à ne pas vouloir travailler de concert pour l’avenir des Mahorais

Aux 17 maires de l’île et aux cinq présidents d’intercommunalités qu’il a reçus hier, séparément des conseillers départementaux, Sébastien Lecornu a ressorti une nouvelle fois le joker gouvernemental du « manque d’ingénierie sur le territoire pour piloter certains projets ».

Des projets que l’État se propose de réaliser seul, au moyen de ses services, si les collectivités locales daignent lui transférer leurs compétences en la matière.

Le non-initié doit comprendre : « Circulez, il n’y a rien à voir. L’État manque de confiance à l’égard de vos élus démocratiquement choisis. S’ils veulent des réalisations après Chido, je pourrais les financer, à la seule condition que je les réalise moi-même ! »

Et, bien entendu, à l’instar du Département, qui va jusqu’à lui refourguer son port de commerce, les communes n’auront d’autre choix que de lâcher prise sur leurs ambitions de développement. Autrement, elles n’obtiendront jamais les crédits dont elles ont besoin pour les réaliser.

La leçon à retenir de cette journée d’hier, jeudi 27 août 2026, c’est que Sébastien Lecornu et ses six ministres sont venus annoncer aux Mahorais la fin de la décentralisation et la reprise des compétences les plus importantes jadis dévolues aux collectivités de l’île.

Les élus mahorais paient ainsi leur incapacité à peser face au gouvernement en parlant d’une même voix et à définir des politiques publiques bénéfiques à l’ensemble du territoire. En dehors de ce fait, tout le reste n’est qu’un écran de fumée.

Malgré des certitudes servies sur un plateau d’argent, le gouvernement ne pourra pas faire grand-chose pour Mayotte, en réalité. Sébastien Lecornu ne le cache d’ailleurs pas, évoquant « l’absence de majorité à l’Assemblée nationale pour voter des textes, un manque de temps et d’argent ».

Encore plus infantilisant, les 17 maires et les cinq présidents d’intercommunalités mahorais se sont vu proposer une nouvelle méthodologie de travail avec le chef du gouvernement : traiter chacun de leurs dossiers de façon informelle, « dans un format sans filtre et sans agendas politiques ».

L’ambiance globale portait sur le financement des projets de reconstruction, notamment des écoles, le réajustement des dotations financières en intégrant les chiffres issus du dernier recensement de la population et le domaine de la sécurité.

En somme, « rien de nouveau à l’Ouest ». Ils devront, en outre, fournir les chiffres concrets des chantiers de reconstruction engagés au titre de l’année scolaire 2026-2027.

La nature des projets déterminera le sens à donner à la refondation de Mayotte sous supervision de l’État. En un mot : qui paie décidera de ce qui sera fait !

Inutile, donc, pour nos élus de se lancer dans une surenchère de projets : Matignon a déjà décidé pour eux. Celui qui ne sera pas d’accord avec cette règle imposée n’aura qu’à se débrouiller tout seul.

Tous les autres sujets, aussi importants soient-ils pour les habitants de l’archipel, passent au second plan : l’eau, la santé, la lutte contre l’immigration clandestine, le développement économique, etc.

Lequel de nos maires — et présidents d’intercommunalités — osera s’écarter de ce chemin balisé par le Premier ministre Sébastien Lecornu ?

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Lutte contre l’immigration clandestine : Sébastien Lecornu annonce drones, radars et bonus-malus sur l’aide au développement

Lutte contre l'immigration clandestine : Sébastien Lecornu annonce drones, radars et bonus-malus sur l'aide au développement
Pour le premier ministre Sébastien Lecornu il s'agit d'assumer une “militarisation plus importante” de la protection de la souveraineté de Mayotte.

Le Premier ministre annonce un renforcement du dispositif de lutte contre l’immigration clandestine, avec plus de moyens de surveillance maritime et militaire. Il veut aussi conditionner une partie de l’aide au développement aux résultats obtenus par les pays de départ en matière de coopération migratoire.

Au premier jour de sa visite à Mayotte, mercredi 26 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert la réunion plénière de l’état-major de la lutte contre l’immigration clandestine à la base navale de Dzaoudzi.

Entouré de plusieurs ministres, il a présenté une série de mesures destinées à adapter le dispositif de l’État à l’évolution des flux migratoires, tout en annonçant un renforcement des moyens militaires et une nouvelle doctrine en matière de coopération avec les pays de départ.

En ouverture de son intervention, Sébastien Lecornu a salué l’action des forces de l’ordre et des armées, mettant en avant les quelque 16 000 reconduites à la frontière réalisées au premier semestre 2026. Il a toutefois estimé que les réseaux de passeurs s’adaptent et que l’État doit désormais “se réinventer” face à l’évolution des filières migratoires, notamment avec l’arrivée de migrants en provenance des pays de la région des Grands Lacs, en plus des Comores.

4 radars supplémentaires, des drones, un poste avancé permanent à M’tsamboro

La principale annonce concerne un renforcement de la surveillance maritime et de la protection des approches de Mayotte. Le gouvernement prévoit le renouvellement des quatre radars afin de supprimer les zones d’ombre autour de l’archipel, l’installation d’un poste avancé permanent à M’tsamboro associant le 5e Régiment étranger, la base navale et la gendarmerie, ainsi que le déploiement permanent d’un radar et de moyens d’observation optronique sur l’îlot.

Le dispositif sera complété par l’arrivée de drones de longue endurance pour surveiller les approches maritimes, de drones légers embarqués sur les intercepteurs et par l’expérimentation de ballons captifs destinés à assurer une surveillance permanente en altitude. La flotte d’intercepteurs passera de neuf unités en 2026 à treize en 2028, tandis que le groupement d’appui opérationnel devrait être renforcé de 25 agents supplémentaires.

Pour le Premier ministre, il s’agit d’assumer une “militarisation plus importante” de la protection de la souveraineté de Mayotte, tout en maintenant les missions de sécurité intérieure assurées par les forces de police et de gendarmerie.

Des aides conditionnées aux résultats en matière de coopération migratoire

Sur le plan diplomatique, Sébastien Lecornu a également annoncé un changement dans la politique française d’aide publique au développement (APD). Désormais, une partie de cette aide sera conditionnée aux résultats obtenus par les pays de départ en matière de coopération migratoire.

Les critères porteront notamment sur la lutte contre les filières de passeurs, la coopération avec les services de renseignement, la délivrance des laissez-passer consulaires et la reprise de leurs ressortissants en situation irrégulière. L’aide humanitaire directe aux populations ne sera pas concernée par ce mécanisme.

Selon les précisions apportées par le gouvernement, les pays concernés sont les Comores ainsi que plusieurs États de la région des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est (Burundi, Tanzanie, République démocratique du Congo, Rwanda, Somalie et Kenya).

En 2024, l’aide publique au développement accordée à ces sept pays représentait près de 300 millions d’euros, soit plus de 1,8 milliard d’euros entre 2019 et 2024. Le gouvernement estime que les résultats obtenus en matière de coopération migratoire demeurent insuffisants et souhaite intégrer ce nouveau critère dès l’exécution budgétaire 2026, avec une application plus structurée à partir de 2027.

Le Premier ministre a enfin indiqué que ces annonces s’inscrivaient dans une stratégie menée “à droit constant”, sans modification législative immédiate, avec l’objectif d’appliquer pleinement les dispositifs existants et de renforcer la coordination entre les ministères concernés.

Bonus-malus : Estelle Youssouffa réclame l’application de l’accord de 2019.

La députée de Mayotte Estelle Youssouffa se montre très critique vis-à-vis de la principale annonce du Premier ministre sur le bonus-malus appliqué à l’aide au développement. Selon elle, cette mesure ne constitue pas une nouveauté : les accords conclus entre la France et les Comores en 2019 prévoient déjà des engagements réciproques en matière de coopération au développement et de lutte contre l’immigration clandestine.

“Il n’y a pas besoin de réfléchir, il n’y a qu’à appliquer l’accord”, affirme-t-elle, rappelant que “les Comores ne recevront de l’aide que si elles luttent contre l’immigration clandestine”. Une disposition qui, selon elle, n’a “jamais” donné lieu à la moindre sanction financière.

De son côté, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères indique que les 150 millions d’euros prévus dans le cadre de cet accord ont été entièrement octroyés en décembre 2025, les décaissements devant toutefois s’étaler jusqu’en 2027.

La parlementaire estime par ailleurs que “99 % de l’immigration à Mayotte” provient des Comores et reproche au gouvernement de mettre davantage l’accent sur les flux en provenance des pays africains que sur “l’éléphant dans la pièce”, à savoir “ce pays voisin qui revendique Mayotte et déstabilise le département avec de l’immigration clandestine”.

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« Je ne suis pas un photographe de carte postale » : David Lemor projeté à Visa pour l’image

« Je ne suis pas un photographe de carte postale » : David Lemor projeté à Visa pour l’image
Photographe indépendant depuis une vingtaine d’années, David Lemor développe un travail mêlant documentaire, photojournalisme et photographie d’auteur, principalement à La Réunion et à Mayotte. Migrations, précarité, jeunesse, urbanisation et identité figurent parmi les thèmes récurrents de son travail.

Depuis trois ans, David Lemor photographie le quotidien des migrants africains à Mayotte, de Cavani au camp de Tsoundzou 2. Son travail en noir et blanc, intitulé Îledorado, sera projeté le 31 août au Campo Santo de Perpignan, lors de la 38e édition de Visa pour l’Image. Une sélection que le photographe voit surtout comme l’occasion de « parler de Mayotte à l’extérieur de Mayotte ». Dans cette série au long cours, il dit avoir voulu rester loin du spectaculaire et montrer les histoires humaines qui se cachent derrière le mot « migrant ». Entretien.

Flash Infos : Comment avez-vous accueilli la sélection de votre travail à Visa pour l’Image ? Est-ce un aboutissement ?

David Lemor : Ça faisait un long moment que j’étais sur ce travail et je me suis dit : s’il y a bien un endroit où on pourrait éventuellement parler de ça, c’est là-bas. J’ai tenté le coup et ça a marché. Mais non, je ne vois pas ça comme un aboutissement. Moi, ce qui m’intéresse dans tout ça, c’est de pouvoir parler de Mayotte. Ce qui me fait plaisir, c’est de savoir qu’on va parler de Mayotte à l’extérieur de Mayotte, et surtout dans un festival de photojournalisme international.

Je me dis que je n’ai pas passé trois ou quatre ans à faire ces photos pour rien. Ce sera peut-être utile ou pas, je ne sais pas quel impact ça peut avoir. Mais juste l’idée que ça sorte de Mayotte, c’est déjà une première chose et j’en suis bien heureux.

Pour ma carrière, je ne suis pas sûr que ça change grand-chose. Je reste pauvre et à l’affût du premier boulot qui traîne ! Ce n’est vraiment pas pour ça que je le fais.

Et puis je me suis fait pas mal de relations avec les migrants. J’ai quelques amis maintenant qui sont impatients de savoir ce que ça va donner. La difficulté, c’est qu’ils attendent parfois quelque chose derrière. Ils ont une idée un peu surfaite des journalistes : ils pensent qu’on va montrer ça et que, tout à coup, la France va dire : « Mais c’est scandaleux, vite, changeons ce problème immédiatement. » Je passe mon temps à leur dire que je ne sais pas où ça va finir tout ça.

F.I. : Pourquoi avoir choisi de travailler spécifiquement sur l’immigration africaine plutôt que sur l’immigration comorienne ?

D.L. : Quand je suis arrivé à Mayotte, il y a une dizaine d’années, je me suis d’abord intéressé à l’immigration clandestine comorienne. Je venais de La Réunion et j’ai été choqué par l’ampleur du phénomène. Puis, au fil des commandes, je me suis retrouvé à Solidarité Mayotte et j’ai découvert cette immigration venue d’Afrique continentale, que je connaissais finalement assez peu.

Ça m’a interpellé. Je me suis dit : c’est quand même autre chose que de faire Comores-Mayotte. Quel parcours faut-il faire pour en arriver là ? Leurs conditions de vie, le fait qu’on ne traite pas de la même façon un clandestin et un réfugié, tout ça m’a intéressé.

Le véritable point de départ, ça a été Cavani. Quand je les ai vus vivre dans la rue, je me suis dit : ce n’est pas possible qu’on en arrive là. J’ai voulu continuer à les suivre, essayer de comprendre pourquoi ils en étaient là et ce qui allait leur arriver. Au départ, il n’y avait pas de projet précis. C’était une curiosité de photographe. Puis, à force de côtoyer ces personnes et de retourner dans les camps, j’ai accumulé de plus en plus de photos. Ça s’est fait comme ça.

F.I. : Vous travaillez essentiellement en noir et blanc sur cette série. Pourquoi ?

D.L. : Le noir et blanc apporte quelque chose de plus intimiste.On est moins dans le spectaculaire. Avec la couleur, on a parfois tendance à être distrait du sujet ou du fond. Pour moi, le noir et blanc donne davantage l’impression qu’il n’y a pas de distance, qu’on est au plus près du sujet. Il apporte aussi un esthétisme presque cinématographique, une ambiance.

C’était également une manière de m’éloigner du travail photojournalistique que j’ai pu faire à Mayotte pour des commandes. Quand je travaille en couleur sur une actualité, je ne photographie pas de la même façon. Pour moi, le noir et blanc symbolise aussi un temps plus conséquent passé sur le terrain. Ce n’est pas : on entre dans un camp, on fait quatre photos et on repart. C’est un documentaire photographique au long cours, avec une approche plus personnelle.

F.I. : En trois ans, qu’avez-vous vu changer dans les camps et plus largement dans la migration ?

D.L. : J’ai surtout vu les choses se dégrader. Quand j’ai commencé à Cavani et que j’ai vu les gens dans la rue, je pensais déjà que c’était un point de non-retour. Puis il y a eu Chido, Tsoundzou 2 et les déplacements successifs.

On donne parfois l’impression de gérer le problème, mais les gens sont déplacés de quelques kilomètres, installés sous des tentes, puis sommés de repartir ailleurs. On repousse le problème à chaque fois. Ce que je vois, c’est une situation qui stagne et une hostilité qui grandit.

Ce qui est intéressant aussi, c’est d’entendre le regard des migrants eux-mêmes. Beaucoup ne comprennent pas la réaction des Mahorais parce qu’ils ne connaissent pas forcément le contexte local ni ce que la population vit depuis des années avec la pression migratoire. Il y a une incompréhension des deux côtés. 

F.I. : À force de revenir dans le camp, votre façon de photographier a-t-elle changé ?

David Lemor : J’ai surtout créé davantage de liens. Aujourd’hui, quand je retourne dans le camp, je connais les lieux et je suis accueilli avec beaucoup de gentillesse. Les gens savent pourquoi je suis là.

Et puis le camp lui-même a évolué. C’est devenu une sorte de village. Les personnes savent qu’elles ne vont pas partir le lendemain, alors elles essayent d’avoir un minimum de confort. Il y a des avenues, une petite boulangerie, une salle de cinéma entre guillemets, avec de grandes télés et des canapés, un petit endroit pour faire de la muscu… Tu vois que les gens ont compris qu’ils allaient être là encore un petit moment.

Ce ne sont pas des personnes assises à côté de leur sac à dos en se disant : « Bon alors, je m’en vais quand ? » Tu sens qu’elles sont en train de s’installer. Et c’est peut-être aussi ça qui choque à Mayotte : se dire qu’ils ne sont pas seulement en transit, qu’ils vont encore être là longtemps.

Ce qui m’intéresse, c’est de voir ce que ces gens font au quotidien pour tenir le coup. Quels sont leurs espoirs ? Pourquoi tu restes là ? Pourquoi tu es prêt à supporter ça ?

Je me suis toujours dit qu’il fallait quand même fuir quelque chose de très grave pour accepter une vie comme celle-là. Je ne saurais sûrement jamais ce que c’est que de quitter son pays et de vivre ça. Je suis toujours assez surpris de voir la résilience des gens.

F.I. : Y a-t-il une personne qui vous a particulièrement marqué ?

D.L. : Oui, Alfred. C’est un Burundais que je connais depuis environ deux ans et qui est devenu un ami proche. Il a été l’une des premières personnes à m’accueillir à Tsoundzou 2. C’est lui qui m’a présenté beaucoup de monde.

Il a passé près de vingt ans de sa vie dans des camps, après avoir quitté le Burundi puis vécu au Rwanda avant de rejoindre Mayotte. Il m’a raconté avoir vu ses parents être tués. Aujourd’hui, il a quitté le camp et vit avec sa femme et ses deux enfants dans un logement temporaire. Je continue à le photographier.

Son histoire n’est pas forcément « plus choquante » que celle des autres. C’est justement ce qui m’intéresse : derrière le mot migrant, il y a des histoires singulières et des gens qui souffrent. Mon objectif, c’est de rendre tout cela un peu plus humain et de montrer ce que représente ce parcours avant de finir sous un arbre, dans un camp à Mayotte.

F.I. : Sur un sujet aussi sensible à Mayotte, avez-vous déjà été empêché de photographier ou pris à partie ?

D.L. : Avec les forces de l’ordre, je n’ai jamais vraiment eu de problème. Elles se demandaient parfois ce que je faisais là, mais ça s’est toujours plutôt bien passé.

Avec certains habitants ou collectifs, en revanche, cela m’est arrivé plusieurs fois. Après Chido, notamment devant le lycée Bamana, j’avais voulu rentrer dans le lycée et les personnes présentes sont vite parties dans des discours agressifs et très hostiles en me voyant photographier. À Cavani aussi, lors du départ en bus de migrants vers la métropole, je me suis retrouvé seul devant le stade après le départ des policiers. Les migrants restaient derrière les grilles, parce qu’on leur avait expliqué qu’il était dangereux de sortir : un groupe d’habitants les attendait à l’extérieur. Comme ils n’avaient réussi à s’en prendre à personne, certains se sont retournés contre moi. J’ai eu droit à toutes les insultes possibles et imaginables.

Ce sont aussi des situations qui permettent de mesurer l’hostilité qui est de plus en plus forte. Mais je n’ai pas voulu faire une série focalisée là-dessus. Je ne cherche pas à prendre parti. Je veux montrer une situation, à ma manière. Et pour le faire, il fallait du temps.

F.I. : Ne craignez-vous pas qu’en montrant ces photographies en métropole, vous réduisiez encore Mayotte à l’immigration ?

D.L. : Non, ce n’est pas vraiment une question que je me pose. J’ai vécu dix ans à Mayotte et l’immigration fait partie du quotidien. Aujourd’hui, on ne peut quasiment plus avoir une conversation ici sans que le sujet arrive à un moment ou à un autre.

On le voit aussi avec les responsables politiques qui viennent à Mayotte. À l’approche de la présidentielle, le défilé a commencé et, quand tu lis leurs interviews après leur passage sur l’île, la première chose dont ils parlent, c’est l’immigration et la sécurité. Ils sont obligés d’en parler parce que c’est ce qu’attend une grande partie des Mahorais.

Pour moi, l’immigration est donc forcément l’un des sujets qui résument Mayotte aujourd’hui. Je suis aussi le premier à dire que l’île étouffe, que l’immigration engendre beaucoup de difficultés dans le quotidien et qu’à un moment donné, il va bien falloir qu’il se passe quelque chose.

Bien sûr qu’il y a d’autres choses à montrer de Mayotte, et certains le font très bien. Mais moi, je ne suis pas un photographe de carte postale. Quand je pense à Mayotte, les trois sujets qui me viennent en premier, ce sont l’immigration, la sécurité et la jeunesse. Je ne cherche pas à dire que Mayotte se résume uniquement à ça, mais je ne peux pas non plus faire comme si cette réalité n’existait pas.

F.I. : Quel regard aimeriez-vous que le public de Visa pour l’Image porte sur vos photographies ?

D.L. : J’aimerais surtout qu’il n’oublie jamais l’aspect humain de ces choses-là. J’espère que les images toucheront les gens et qu’elles feront comprendre que cette situation à Mayotte ne peut pas durer.

Je ne veux pas tomber dans le misérabilisme ni dans le spectaculaire. Je n’ai pas cherché à faire des photographies où tout paraît affreux. C’est de la photographie humaniste : le sujet, ce sont les gens.

Après, la difficulté, c’est que quelqu’un qui ne connaît pas Mayotte ne connaît pas forcément son histoire ni ce que représente une telle situation pour un territoire aussi petit. Je ne sais pas ce que ces images changeront. Peut-être rien. Mais si elles permettent au moins de regarder autrement ces personnes et de faire parler de Mayotte à l’extérieur, ce sera déjà quelque chose.

F.I. : Après trois ans, considérez-vous « Îledorado » comme un travail achevé ou comptez-vous continuer à documenter ces parcours à Mayotte ?

D.L. : Je pense que je vais continuer. Je suis moins souvent à Mayotte aujourd’hui, donc c’est forcément plus compliqué. Mais j’aimerais peut-être désormais me concentrer davantage sur quelques parcours individuels.

Je pense notamment à Alfred, pour voir comment sa situation évolue, et éventuellement suivre certaines personnes si elles réussissent un jour à quitter Mayotte. Donc non, pour moi, ce travail n’est pas terminé.

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