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La Communauté de communes du Sud examine plusieurs dossiers de gestion en réunion de l’exécutif

La Communauté de communes du Sud examine plusieurs dossiers de gestion en réunion de l’exécutif

L’exécutif communautaire de la Communauté de communes du Sud s’est réuni ce matin afin d’examiner plusieurs dossiers relatifs à l’administration générale, aux finances et au fonctionnement de l’intercommunalité.

Présidée par le premier vice-président, Wirdani DJAE, la séance a permis l’examen de différents points inscrits à l’ordre du jour et leur validation par les membres de l’exécutif communautaire.

Les échanges ont porté sur la gestion interne et le suivi des dossiers de l’établissement public de coopération intercommunale. Selon les informations communiquées, les décisions ont été adoptées au cours de cette réunion de travail.

Course de pneus : les inscriptions à la 42ème édition ouvertes jusqu’au 18 juin

Course de pneus : les inscriptions à la 42ème édition ouvertes jusqu’au 18 juin

La 42ème édition de la Course de pneus ouvre les inscriptions jusqu’au 18 juin. Le départ sera donné à la MJC de Mtsapéré, les coureurs rejoindront la place de l’ancien marché, soit un parcours de 1,8 km. Cette édition a pour thème « 100 % Tous en sport ! » : les participants sont invités à s’habiller dans la tenue de leur sport préféré. Chaque équipe est composée de cinq coureurs âgés d’au moins 16 ans, dont un chef d’équipe, et concourt dans l’une des catégories proposées : gros pneus, femmes, hommes, mixtes ou mama. Les inscriptions peuvent être réalisées en ligne ou dans plusieurs points relais de l’île. Le tirage au sort des équipes participantes est prévu le 19 juin entre 10h00 et 11h00 dans l’émission de radio « J’aime Mayotte ».

Comores : la question de Mayotte s’invite au Conseil des ministres de la COI

Comores : la question de Mayotte s’invite au Conseil des ministres de la COI

La ministre déléguée chargée de la Francophonie, Éléonore Caroit, arrivée à Moroni dimanche, a clairement plaidé pour la non-exclusion de Mayotte, dont l’intégration au sein de la Commission de l’océan Indien (COI) se heurte au blocage des autorités comoriennes, qui s’appuient sur les résolutions des Nations unies.

La Commission de l’océan Indien souffle ses 40 bougies cette année. À cette occasion, l’organisation régionale organise une série d’événements qui s’étaleront jusqu’au 20 juin prochain. Moroni abritait ce lundi le traditionnel Conseil des ministres, qui a vu la participation des délégations des cinq pays membres.

La France, membre de la COI, a dépêché sa ministre déléguée chargée de la Francophonie, Éléonore Caroit, pour la représenter. Arrivée dimanche, la déléguée chargée des Partenariats internationaux a pris part hier aux travaux du Conseil, qui se sont tenus au Palais du peuple.

Si, au sujet de Mayotte, le secrétaire général de la COI, le Malgache Ibrahim Norbert Richard, a assuré dans une interview accordée à Al-Watwan que le secrétariat ne faisait pas « d’ingérence », la ministre Éléonore Caroit ne s’est, en revanche, pas privée de titiller Moroni.

Dans son discours, la vice-présidente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a rappelé que, pour affronter tous les défis, il était important de ne laisser aucun territoire de côté.

« C’est la seule position réaliste si l’on veut répondre efficacement à nos problèmes régionaux. Une crise majeure sévit non loin d’ici : l’épidémie d’Ebola dans la région des Grands Lacs. Et les maladies ne connaissent pas de frontières. Allons-nous volontairement laisser une brèche dans notre défense ? », a déclaré la ministre chargée des Français de l’étranger à propos de Mayotte.

Elle a poursuivi en des termes particulièrement explicites sur les ambitions de Paris concernant cette question :

« C’est pourquoi nous souhaitons assurer, de manière pragmatique et en tant que voisins et partenaires, l’intégration de Mayotte à notre instance. Ce sera l’une des priorités de la présidence française, comme l’a indiqué le ministre des Affaires étrangères il y a quelques jours. »

Des propos qui ont suscité une réplique immédiate du ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Mbaé.

« Ce 40e Conseil des ministres de l’océan Indien revêt une importance toute particulière. Il constitue non seulement un temps institutionnel majeur pour notre région, mais il marque également les 40 ans d’adhésion des Comores à la COI, dans ses frontières dûment reconnues par le droit international : la Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte », a sèchement répondu le chef de la diplomatie comorienne avant de poursuivre.

Archipel de quatre îles

« Madame la ministre, il ne saurait être question d’intégrer Mayotte à la COI, car Mayotte est comorienne conformément aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies qui ont permis à notre archipel de devenir un pays indépendant composé de quatre îles », a ajouté Mohamed Mbaé sous les ovations de l’assistance.

Cette passe d’armes intervient après une interpellation musclée de la députée mahoraise Estelle Youssouffa (LIOT), qui a dénoncé, le 2 juin, à l’Assemblée nationale française, l’exclusion de Mayotte de la COI en raison du veto de l’Union des Comores, qui ne reconnaît pas « une Mayotte française ».

L’élue de la première circonscription de Mayotte s’en était prise au Quai d’Orsay qui, selon elle, pratiquerait « depuis des décennies l’à-plat-ventrisme et la soumission face au délire des Comores. Paris s’incline scandaleusement face à Moroni », avait-elle lancé.

En réponse, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lui a rappelé que le fonctionnement de la COI exige que toute intégration obtienne « l’accord de l’ensemble des membres » et que, pour atteindre cet objectif, « nous déployons un dialogue exigeant et une diplomatie pragmatique ».

Le 25 avril 2025, lors du sommet annuel de la Commission de l’océan Indien organisé à Madagascar, le sujet s’était déjà invité dans les débats. Le président français Emmanuel Macron avait publiquement plaidé pour l’intégration de Mayotte. Une déclaration qualifiée de provocation par son homologue comorien, Azali Assoumani, qui avait réaffirmé que « l’ADN de la COI est le respect du droit international ».

Présidence de la France

La France occupe depuis hier la présidence du Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien. Aura-t-elle les moyens de faire bouger les lignes ?

Le Conseil des ministres constitue l’instance décisionnelle de la COI. Cette année, près de quinze thématiques figuraient à l’ordre du jour.

« Les dossiers soumis à ce Conseil sur la sécurité maritime, la surveillance des pêches, la santé, la réduction des risques, la connectivité ou encore la sécurité maritime témoignent de l’ambition et de la diversité de notre coopération régionale », a souligné le secrétaire général de la COI.

Il a également ajouté deux priorités : la réduction de l’impact des chocs exogènes et le renforcement de la coopération économique et commerciale.

« Pour nos États insulaires, particulièrement affectés par les chocs exogènes, il est urgent que nous nous accordions sur des mécanismes communs d’atténuation de leurs impacts. Le second point concerne la sécurité, car sans elle et sans stabilité, il ne peut y avoir ni progrès économique ni progrès social », a énuméré le chef de la diplomatie comorienne.

C’est donc autour de ces différents sujets que le Conseil devra adopter ses résolutions, qui seront publiées sur le site de l’institution.

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Gestion des déchets post-Chido : un rapport destiné aux parlementaires qui se fait désirer

Gestion des déchets post-Chido : un rapport destiné aux parlementaires qui se fait désirer

Le sénateur Saïd Omar Oili continue de réclamer aux services de l’État un rapport sur le calendrier des investissements liés à la gestion des déchets post-cyclone Chido. Il dénonce l’impact sur la biodiversité de l’île que représentent les montagnes de déchets qui prolifèrent partout sur le territoire.

Sur les quatre parlementaires mahorais qui siègent à Paris, à l’Assemblée nationale et au Sénat, trois se montrent particulièrement actifs en ce premier semestre 2026. Chacun dans un style différent, ils ne cessent de rappeler au gouvernement Le Cornu ses obligations à l’égard des populations de Mayotte.

Face à la gestion calamiteuse de l’après-Chido, le sénateur Saïd Omar Oili a clairement choisi sa posture : défendre les Mahorais face à ce qu’il considère comme des injustices et un traitement inacceptable de la part des gouvernements Bayrou et Le Cornu. Son style consiste à ne rien cacher aux administrés, quitte à se mettre le système à dos.

« Quand ça ne va pas, je le dirai, car j’estime que les Mahorais ont le droit de connaître le sort qui leur est réservé au milieu d’une montagne de promesses qui ne se matérialisent jamais », confiait-il à Flash Info lors d’un entretien accordé en début d’année.

Et il en a effectivement fait sa marque de fabrique. Il ne perd plus aucune occasion de monter au créneau, des commissions parlementaires à ses interventions au Sénat lors des questions hebdomadaires au gouvernement, pour remettre en lumière les incohérences de l’action gouvernementale sur le territoire de Mayotte.

Outre les promesses non tenues dans le cadre de la reconstruction post-Chido, un autre sujet majeur est au centre de ses préoccupations : la gestion des déchets et ses conséquences sur l’environnement, devenue un véritable casse-tête pour l’ensemble des collectivités locales mahoraises.

Le sénateur multiplie les saisines auprès des autorités compétentes, en particulier du ministre chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefebvre, ainsi que de sa collègue chargée des Outre-mer, Naïma Moutchou, qu’il n’hésite pas à interpeller lors d’auditions dans les commissions spécialisées.

Saïd Omar Oili demande des réponses précises à ses interrogations concernant l’augmentation vertigineuse des déchets sur le sol mahorais.

« Je vais vous reposer ma question, que vous connaissez bien, Monsieur le Ministre. Depuis le passage du cyclone Chido à Mayotte, des milliers de tonnes de déchets restent amoncelées dans des décharges à ciel ouvert, menaçant la santé de la population ainsi que la biodiversité de l’île. Une délégation sénatoriale est venue à Mayotte et a constaté l’ampleur du désastre. »

Le parlementaire mahorais a rappelé au ministre que la prise en charge du traitement de ces déchets figure parmi les objectifs de la loi du 11 août 2025 sur la refondation de Mayotte, adoptée à une très large majorité par les sénateurs.

« Il est inadmissible que, sur un territoire français, sept mois après une telle catastrophe, des tonnes de déchets soient encore présentes partout sur l’île », a-t-il renchéri devant le ministre, soulignant qu’elles alimentent le sentiment d’abandon ressenti par une grande partie de la population vis-à-vis des administrations de l’État.

Pour le sénateur de Mayotte, le non-respect des dispositions prévues par la loi du 11 août 2025 ne fait qu’accentuer ce sentiment d’abandon.

Au cœur de son intervention figure un rapport prévu par la loi et destiné aux parlementaires. Ce document doit préciser le calendrier des investissements nécessaires au traitement des déchets. Or, selon Saïd Omar Oili, le ministère tarde toujours à le transmettre malgré ses nombreuses sollicitations.

Le sénateur indique qu’un entretien qui devait lui être accordé au mois de mars par la ministre de la Transition écologique, Mme Barbu, a finalement été annulé. Il lui a donc adressé un courrier de relance dès le 13 avril 2026.

« À ce jour, je n’ai toujours pas été destinataire de ce rapport. Votre cabinet a-t-il, ou non, reçu ce document destiné aux parlementaires ? », a interrogé Saïd Omar Oili.

Dans la foulée, il a demandé à Mathieu Lefebvre d’apporter davantage de précisions sur une autre problématique : « Le projet de loi ne concerne pas les autres outre-mer. Or, lorsque je prends l’exemple de Mayotte, nous n’avons pas d’eau potable en quantité suffisante et nous dépendons largement de l’eau en bouteille. Résultat : nous avons des déchets plastiques partout sur l’île. »

Le sénateur a ainsi demandé au ministre quelles réponses concrètes l’État entend apporter à cette réalité. Dans le prolongement de cette réflexion, il a plaidé pour une application différenciée des lois selon les territoires, estimant que leurs réalités sont différentes malgré le caractère indivisible de la Nation.

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Le Prix PREV 2025 : une distinction prestigieuse pour l’association Haki Za Wanatsa

Le Prix PREV 2025 : une distinction prestigieuse pour l’association Haki Za Wanatsa

L’association mahoraise a été désignée lauréate du Prix PREV 2025 grâce à son projet CPS Mayotte : Santé mentale et jeunesse. Ce prix national est décerné par le Forum Français pour la Sécurité Urbaine. Il récompense des actions de prévention menées par des collectivités territoriales, des institutions publiques ou de la société civile. Cette année, l’édition mettait à l’honneur la santé mentale et a rassemblé une vingtaine de candidatures.

Si la santé mentale demeure encore un sujet tabou sur le territoire, l’association Haki Za Wanatsa s’efforce de rendre visible ce combat depuis 2018. Ce n’est pas la première fois qu’elle est distinguée pour ses actions, mais cette année, elle remporte bel et bien celui-ci.

C’est à Quimper, les 26 et 27 mai derniers, dans le cadre des Assises de la sécurité des territoires, que le prix lui a été remis, en amont d’une conférence consacrée à la santé mentale et à l’accompagnement des situations complexes. Le projet séduit le jury en s’imposant brillamment comme un ensemble d’actions coordonnées au service du bien-être. Il inclut le développement des compétences psychosociales, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, une cellule de soutien psychologique, des outils numériques ainsi que des projets collectifs et artistiques impliquant les jeunes.

Sur ses réseaux sociaux, la structure a réagi : « Recevoir un prix national est un honneur. Voir des jeunes s’engager, prendre la parole et devenir acteurs et actrices de leur territoire est notre plus belle récompense. » Elle a également rappelé précisément les raisons qui, selon le jury, ont contribué à cette victoire : « Il y’a eu une véritable stratégie territoriale s’appuyant sur des recommandations internationales en matière de développement des compétences psychosociales, ainsi que la capacité du projet à s’inscrire dans la durée, à lutter contre la stigmatisation de la souffrance psychique, à inspirer d’autres territoires, notamment en matière d’inclusion des jeunes, et à valoriser l’Outre-mer. » L’association accompagne depuis de nombreuses années des jeunes en pleine construction personnelle.

Cet engagement se reflète pleinement dans ce projet, conçu pour répondre à leurs besoins et favoriser leur épanouissement. Des ateliers de développement des compétences psychosociales sont organisés dans les écoles et les structures partenaires. L’enjeu est d’aider les jeunes à mieux comprendre leurs émotions, à prendre confiance en eux et à améliorer leurs relations sociales.

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Immigration irrégulière à Mayotte : « Pour nous, la coupe est pleine à ras bord ! »

Immigration irrégulière à Mayotte : « Pour nous, la coupe est pleine à ras bord ! »

Le premier kwassa de la saison a chaviré dans le lagon sans faire de victimes, et une question posée par un citoyen : « L’immigration clandestine sera-t-elle le sujet de désamour entre les têtes d’affiche de l’élection présidentielle de 2027 et une écrasante majorité de l’électorat mahorais ? » Il y a de fortes chances que la réponse à cette question penche davantage vers l’affirmative que vers la négative. Dans tous les cas, le sujet occupe incontestablement le premier rang des préoccupations du public sur l’île, quelle que soit l’orientation idéologique de chacun.

À l’heure où les appareils de soutien et de propagande des différents candidats déclarés à cette compétition se mettent progressivement en place sur le territoire, la question de l’immigration non maîtrisée (ou non maîtrisable) s’avère être une source majeure de préoccupation. L’on s’interroge sur le discours à tenir le moment venu pour faire avaler la pilule amère aux électeurs mahorais, sans pour autant donner le sentiment de vouloir esquiver une problématique devenue beaucoup trop importante pour échapper aux radars de l’opinion publique.

Les états-majors des formations politiques traditionnelles en ont conscience, bien qu’ils craignent tous d’être positionnés et jugés sur le même registre, sans pouvoir bénéficier d’une quelconque circonstance atténuante.

« Il faut dire qu’ici, sur l’île, tout ce beau monde est passé maître dans l’art du gros mensonge dilué dans le temps, avec ce sentiment particulier d’un recommencement sans fin. Sauf que les mandats électifs en France ne sont jamais éternels et que le temps de vérité finit toujours par revenir au moment des élections ! »

Cette observation, qui vaut son pesant d’or, est de Moumini Ahamada Boina, électeur dans une commune du nord de l’île, une zone très exposée, selon lui, aux réalités de l’immigration clandestine de masse qui frappe Mayotte.

« Tout est fichu pour nous, et je serais bien curieux de voir comment le clan des macronistes locaux va argumenter pour chercher à se sortir de cette mauvaise passe auprès de l’opinion publique locale », poursuit-il avec un sourire narquois, accompagné d’un ton malicieux qui en dit long sur le fond véritable de sa pensée.

« Quitte à être taxé à nouveau de marcher à contre-courant de l’histoire »

« Que Dieu nous vienne en aide, car nous pensions avoir traversé les épreuves les plus extrêmes avec le cyclone Chido et là, force est de constater que non : il y a pire que Chido sur notre trajectoire future. Il y a l’abandon criminel de tout un peuple par son propre gouvernement. »

Sur le coup, ce qualificatif employé par Moumini Ahamada Boina a produit l’effet d’un coup de massue. Mais, avec le recul, il est permis de se demander s’il a vraiment tort dans cette opinion personnelle fortement exprimée.

Invité par nos soins à expliciter cette position, le citoyen du nord de Mayotte ne se dégonfle nullement et donne de la consistance à son propos à l’endroit des hommes et des femmes politiques du territoire.

« Nous les avons tous vus à la télévision se bousculer et se disputer une bonne place autour du chef de l’État lors de son premier déplacement à Mayotte, sur la rocade de Mamoudzou. Combien de promesses mensongères n’ont-ils pas relayées auprès de la population durant tout un mandat avant de commencer à éclaircir les rangs au cours de ce second quinquennat finissant ? Et ils auraient sans doute continué à nous abreuver de toutes sortes d’inepties s’il n’y avait pas eu Chido », fait-il remarquer.

Un grand soupir rempli d’amertume ponctue son affirmation avant qu’il ne poursuive son raisonnement. Il estime qu’une longue période de vaches maigres s’annonce pour Mayotte et prend pour justification le fossé qui ne cesse de se creuser entre les décideurs politiques, parisiens comme locaux, et une population qui s’est résignée depuis février 2025 à ne plus rien attendre de ces autorités.

« Nous avons compris qu’à Paris, on n’a rien à faire de nos soucis. Quelle que soit la couleur politique, ils se retrouvent tous dans cette posture, d’une façon ou d’une autre. Tout le reste n’est que du cinéma ! »

En somme, il place dans le même panier tous les partis politiques nationaux, de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par la droite et la gauche traditionnelles ainsi que leurs diverses périphéries.

« Il ne faut pas se leurrer. Le désordre qui s’installe dans cette île n’est rien d’autre que le prolongement du cafouillage qui prévaut dans l’Hexagone. L’immigration, qui plombe tout et handicape sérieusement l’avenir de notre île, illustre parfaitement le déni de réalité qui caractérise les plus hautes sphères de l’État, actuellement et sans doute encore davantage à l’avenir. »

Conscient de laisser son auditoire sur sa faim, Moumini Ahamada Boina explique comment il suit les actualités locales et nationales avec assiduité. Il s’offre même une analyse fine des sujets épineux du moment qui ont conduit différentes missions parlementaires et équipes gouvernementales à se rendre sur l’archipel au cours des derniers mois : insécurité, manque d’eau, refondation, reconstruction, relance économique, convergence sociale et rattrapage avec l’Hexagone.

« Mais tout cela, ce ne sont que des balivernes ! Les kwassas continuent de décharger en masse leurs cargaisons de déshérités et de victimes de la mondialisation sur nos rivages. Ce matin encore, la mauvaise saison nous a rappelé le cycle des embarcations qui chavirent, laissant dans leur sillage les victimes macabres d’une traite humaine sans fin. »

Il explique alors que les Mahorais en ont plus qu’assez de cette sinistrose ambiante et estime qu’ils le manifesteront de façon cinglante dans les urnes lors de l’élection présidentielle de 2027, « quitte à être taxés, une fois encore, de ramer à contre-courant de l’histoire et de la marche du monde politique et politicien ».

Une position pour le moins très tranchée, mais qui a le mérite d’avoir été exprimée.

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À Bandrélé, un vol de nuit ravive la peur d’une famille déjà éprouvée

À Bandrélé, un vol de nuit ravive la peur d’une famille déjà éprouvée
* image d'illustration générée par ia

Il était environ minuit, à Bandrélé, ce vendredi 6 juin, lorsque le bruit de la porte a réveillé le propriétaire des lieux. « J’ai entendu grincer la porte. J’ai pensé que c’était mon épouse », raconte-t-il à la barre du tribunal correctionnel de Mamoudzou. Mais ce n’était pas elle. Un homme venait d’entrer dans la maison, en pleine nuit, alors que sa femme s’y trouvait avec leur bébé.

Le prévenu, né en 2000 à Bandrélé, reconnaît les faits. Il admet avoir volé de l’argent, environ 200 euros. « J’ai pas compté, mais j’ai beaucoup dépensé dans la soirée. Je suis allé à une fête et j’ai beaucoup dépensé sur place », explique-t-il. Les gendarmes sont saisis vers 2h30 du matin. Déjà identifié comme suspect, l’homme est retrouvé adossé à un véhicule et interpellé.

La victime affirme que le prévenu était déjà venu chez lui à plusieurs reprises. Une première fois, il aurait tenté de voler un ordinateur avant de le reposer. Une autre fois, il serait entré pour prendre du poulet dans le réfrigérateur. Le prévenu ne nie pas. « Je connais bien cette maison. J’ai déjà volé du poulet. J’ai remarqué que le propriétaire laisse souvent la porte ouverte », reconnaît-il.

La maison est aussi une école coranique. Le propriétaire laisse parfois ouvert pour les enfants. Le prévenu dit le comprendre, tout en admettant avoir profité de cette confiance. « Je le considérais comme mon oncle. Depuis Chido, il y avait vraiment besoin de nourriture », avance-t-il. Le président du tribunal l’interroge alors sur cette contradiction : s’il l’aime bien, pourquoi le voler ? « J’ai pris une mauvaise habitude. Au lieu d’aller lui demander, je rentrais chez lui », répond le jeune homme.

Cette fois, affirme-t-il, la porte était fermée. Il dit avoir réussi à l’ouvrir « en jouant avec ». Son intention, assure-t-il, n’était pas de s’en prendre aux occupants. « Mon but, c’était de prendre son scooter et partir de Bandrélé », explique-t-il. « Je l’ai vue allongée avec un bébé, je ne l’ai pas approchée », ajoute-t-il au sujet de l’épouse de la victime.

Mais pour la famille, le traumatisme est profond. À la barre, le propriétaire décrit une scène qui l’a marqué durablement : sa femme surprise dans une position d’extrême vulnérabilité, son bébé près d’elle, et sa sacoche ouverte. « Jusqu’à maintenant, personne dans la maison n’ose dormir, aller dans la chambre, aux toilettes », dit-il. Il affirme aussi que le voisinage se plaint de faits similaires et regrette l’absence de témoignages à l’audience. « Je m’attendais à voir plein de gens venir témoigner. Tout le monde se plaint », lance-t-il.

La partie civile insiste sur le sentiment d’insécurité provoqué par cette intrusion nocturne. Son avocat décrit un homme « très intelligent », qui comprend ce qu’il fait. Il demande le remboursement du préjudice matériel, évalué à 185 euros, ainsi qu’une indemnisation morale de 2.500 euros par personne.

Face au tribunal, le prévenu tente de mettre des mots sur son parcours. Sans domicile stable, il dit dormir parfois chez sa mère, parfois dans la voiture de son frère. Il évoque une habitude ancienne du vol. « Je pense que je suis cleptomane. Depuis tout petit, je vole des objets, même à ma mère », affirme-t-il. Puis il revient sur des faits plus anciens : « Ça a commencé à la maison, je prenais des bouteilles de gaz. Au lieu d’aller faire les courses, je prends des bouteilles de gaz pour les vendre. Mon frère, à chaque fois, il me frappait pour ça et je le comprends très bien. »

Son casier judiciaire comporte déjà plusieurs antécédents, dont deux condamnations pour violences conjugales sur la même personne, une évasion après un placement sous bracelet électronique, ou encore le vol de la voiture de son oncle, partie ensuite vers Mamoudzou pour faire du taxi. À la barre, lui parle surtout d’« immaturité ». Il se dit « complètement paumé ».

Pour le ministère public, l’intrusion dans un domicile reste un fait grave. « Se réveiller chez soi et s’apercevoir qu’il y a quelqu’un, c’est traumatisant. C’est une violation de son intimité qui reste », souligne la procureur. Elle dit aussi avoir entendu, dans les explications du prévenu, « presque un appel à l’aide ». Pour ne pas casser toute volonté d’insertion, elle requiert 14 mois d’emprisonnement, dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec renvoi devant le juge de l’application des peines pour la partie ferme. Elle demande également une obligation de soins psychologiques, de travail, d’indemnisation des parties civiles et de paiement des sommes dues au Trésor public.

La défense, elle, appelle à ne pas confondre cette affaire avec les dossiers d’agression plus violents que connaît régulièrement le tribunal. « Il est venu pour dérober, pas pour agresser. C’est une grosse différence », plaide l’avocat. Selon lui, le côté « cleptomane » évoqué par son client relève moins d’une pathologie que d’une habitude prise dans la précarité. « C’est une solution de facilité qu’il a prise et qui est devenue une sorte d’habitude », résume-t-il.

Reste cette question, au cœur du dossier : comment sanctionner un vol commis dans l’intimité d’un foyer, sans ignorer le désarroi d’un prévenu qui semble, lui aussi, demander de l’aide ?

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À Mamoudzou, une jeune femme condamnée après des violences avec une barre de fer et des coups contre des policiers

À Mamoudzou, une jeune femme condamnée après des violences avec une barre de fer et des coups contre des policiers
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Elle apparaît menue à la barre, en combishort, les ongles vernis de vert. Née en 2004 à Kinshasa, arrivée à Mayotte depuis un an et demi, une jeune femme a été jugée ce lundi 8 juin devant le a judiciaire de Mamoudzou pour des violences commises quelques jours plus tôt, le 4 juin.

Ce matin-là, vers 8h30, une patrouille intervient après le signalement d’une jeune femme très agitée, accusée de s’en prendre à des passants. Une mère et sa fille auraient été frappées. À la barre, la prévenue reconnaît avoir pris deux barres de fer, mais affirme avoir voulu se défendre. « Une maman m’a prise en photo, ça m’a énervée. J’ai pris deux barres de fer et je les ai poussées avec », explique-t-elle. « J’étais toute seule et je voyais beaucoup de monde autour de moi. »

L’interpellation dégénère ensuite. Selon la procédure, elle crache, se débat, mord à plusieurs reprises les policiers à la main et au poignet, puis donne un coup de pied dans l’abdomen d’une agente. Deux fonctionnaires ont déposé plainte. La jeune femme reconnaît les faits, tout en répétant qu’elle s’est sentie agressée : « Je l’ai mordu car il me faisait mal. »

Le dossier révèle une situation personnelle très fragile. Arrivée à Mayotte depuis un an et demi, elle dit dormir dans la rue, près du camp militaire des Badamiers. « Je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de famille. Ici, je suis toute seule », répète-t-elle. L’expertise psychiatrique ne retient pas d’altération du discernement ni de dangerosité, mais évoque un parcours marqué par des traumatismes.

Pour le procureur, la réaction reste disproportionnée : « On la prend en photo, donc sa réponse, c’est de prendre une barre de fer et de donner des coups. » Il requiert huit mois de prison avec sursis probatoire, obligation de soins, stage de citoyenneté, indemnisation des parties civiles et interdiction de détenir une arme.

La défense plaide l’indulgence, décrivant une jeune femme isolée, partie seule du Congo, « arrivée à bout de nerfs » après un parcours migratoire violent. Elle demande la relaxe pour les violences initiales, estimant que la mère et sa fille ne sont ni clairement identifiées ni entendues, et insiste sur la nécessité de préserver ses chances de réinsertion.

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Le préfet de Mayotte réunit les maires

Le préfet de Mayotte réunit les maires
Lors de la réunion, les représentants de la police nationale et de la gendarmerie ont présenté leurs actions sur le territoire ainsi que les dispositifs d’appui aux communes.

Réunis le 4 juin à l’initiative du préfet de Mayotte, les 17 maires de l’île et les cinq présidents d’intercommunalité ont échangé sur plusieurs dossiers jugés prioritaires. Sécurité, gestion des ressources en eau et reconstruction du territoire ont été au cœur de cette première réunion de travail entre l’État et les collectivités locales.

Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a réuni le 4 juin les 17 maires de l’île ainsi que les cinq présidents d’établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Cette rencontre de travail a permis d’aborder plusieurs dossiers concernant les collectivités locales, notamment la sécurité, la gestion des ressources en eau et la reconstruction du territoire.

Les échanges se sont déroulés en présence des services de l’État, de représentants de la police nationale et de la gendarmerie, ainsi que de la vice-présidente des Eaux de Mayotte (LEMA).

Sécurité et gestion de l’eau au programme des échanges

Une première partie de la réunion a été consacrée aux questions de sécurité civile et de prévention de la délinquance. Les participants ont évoqué plusieurs dispositifs relevant des compétences des communes, parmi lesquels les Plans communaux de sauvegarde (PCS), les lieux refuges, les réserves communales de sécurité civile et les sirènes d’alerte.

Les échanges ont également porté sur les relations entre les communes, les forces de sécurité intérieure et les services de l’État. La tenue des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), les dispositifs de vidéoprotection ainsi que le rôle des polices municipales ont notamment été abordés. La police nationale et la gendarmerie ont présenté leurs actions sur le territoire.

Le préfet a également évoqué de futurs dispositifs destinés à lutter contre la délinquance et l’immigration clandestine, sans en préciser le contenu.

La question des ressources en eau a constitué un autre sujet de discussion. Les participants ont échangé sur la situation de l’approvisionnement et sur les conséquences attendues du renforcement des tours d’eau dans les prochains mois. Il a été annoncé que l’État participerait au financement de cuves de stockage supplémentaires destinées aux écoles. Les services de l’État doivent également apporter un accompagnement technique pour leur installation et leur mise en service.

Financements et reconstruction du territoire

Les enjeux liés à la reconstruction et au développement du territoire ont également été abordés. Les services de l’État ont présenté les dispositifs de financement mobilisables par les collectivités et les acteurs locaux pour la réalisation de projets sur le territoire.

Selon les informations communiquées lors de cette réunion, des rencontres régulières doivent être organisées entre les services de l’État, les maires et les présidents d’intercommunalité afin d’assurer le suivi des projets et des demandes de financement.

Cette réunion a rassemblé l’ensemble des maires de Mayotte et les représentants des cinq intercommunalités autour de plusieurs dossiers touchant au fonctionnement des communes et aux projets de développement du territoire.

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Passages piétons à Mayotte : quand traverser devient un parcours à risque

Passages piétons à Mayotte : quand traverser devient un parcours à risque

Alors que les passages piétons sont conçus pour garantir la sécurité des usagers les plus vulnérables, leur respect demeure un défi à Mayotte. Chaque jour, de nombreux piétons prennent des risques pour traverser des routes où certains conducteurs ignorent encore les règles élémentaires du Code de la route. Une situation qui soulève des questions sur la sécurité routière et la responsabilité collective.

Aux abords des écoles, des marchés ou des centres administratifs, les passages piétons devraient constituer des espaces de protection. Pourtant, sur plusieurs axes routiers de Mayotte, il n’est pas rare de voir des véhicules poursuivre leur route sans ralentir lorsqu’un piéton s’apprête à traverser. Certains automobilistes ne marquent pas l’arrêt, tandis que des deux-roues effectuent parfois des dépassements dangereux à proximité des passages protégés.

Cette réalité est dénoncée par de nombreux habitants qui évoquent un manque de civisme et une méconnaissance des règles de priorité. Les personnes âgées, les enfants et les personnes à mobilité réduite sont les premières victimes de ces comportements à risque.

Le Code de la route est pourtant clair

La réglementation impose au conducteur de céder le passage à un piéton engagé sur un passage protégé ou manifestant clairement son intention de traverser. Cette obligation ne relève pas d’une simple courtoisie mais d’une règle fondamentale de sécurité routière.

Le non-respect de cette priorité peut entraîner des sanctions, mais surtout des conséquences dramatiques en cas d’accident. À faible ou à grande vitesse, un choc entre un véhicule et un piéton expose ce dernier à des blessures graves, voire mortelles.

Des infrastructures parfois insuffisantes

Au-delà du comportement des conducteurs, plusieurs secteurs de Mayotte souffrent également d’un manque d’aménagements adaptés. Certains passages piétons sont peu visibles, mal entretenus ou insuffisamment éclairés, ce qui réduit leur efficacité, notamment de nuit ou en période de fortes pluies.

L’augmentation constante du trafic routier accentue également les difficultés de circulation et la cohabitation entre automobilistes, deux-roues et piétons. Dans certains quartiers, les habitants sont contraints de traverser des axes très fréquentés sans véritable dispositif de sécurisation.

Un enjeu de sensibilisation et de responsabilité

Les spécialistes de la sécurité routière rappellent que la prévention reste le meilleur moyen de réduire les accidents. Des campagnes de sensibilisation auprès des conducteurs, des actions éducatives dans les établissements scolaires et un renforcement des contrôles pourraient contribuer à faire évoluer les comportements.

La sécurité des piétons dépend également de chacun. Les automobilistes doivent adapter leur vitesse et anticiper la présence de personnes souhaitant traverser. De leur côté, les piétons sont invités à utiliser les passages aménagés et à s’assurer que les véhicules les ont bien identifiés avant de s’engager.

Vers une culture du respect de la route

Au-delà des sanctions prévues par la loi, le respect des passages piétons constitue avant tout une question de civisme et de partage de l’espace public. Dans un territoire où la circulation est en constante évolution, développer une véritable culture de la sécurité routière apparaît comme une nécessité.

Préserver la vie des usagers les plus vulnérables ne dépend pas uniquement des infrastructures ou des forces de l’ordre, mais aussi de la responsabilité quotidienne de chaque conducteur. À Mayotte, faire du passage piéton un espace réellement sécurisé représente un défi majeur pour construire une mobilité plus sûre et plus respectueuse de tous.

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Lagon de Mayotte : l’État et la Fondation Aga Khan signent un accord de 8,5 millions d’euros

Lagon de Mayotte : l'État et la Fondation Aga Khan signent un accord de 8,5 millions d'euros

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a signé ce lundi 8 juin à Paris un premier protocole d’accord avec la Fondation Aga Khan. Doté de 8,5 millions d’euros, il doit financer les premiers chantiers de restauration du lagon de Mayotte, fragilisé par le cyclone Chido.

Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a signé ce lundi 8 juin un premier protocole d’accord entre le gouvernement et la Fondation Aga Khan. Ce programme d’investissement de 8,5 millions d’euros est destiné à financer les premiers projets de restauration du lagon de Mayotte, endommagé par le cyclone Chido.

La signature s’est tenue à l’Hôtel de Montmorin, à Paris, en présence de Christophe Lecourtier, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), de Shamir Samdjee, représentant de la Fondation Aga Khan en France, de Matt Reed, directeur de la Fondation Aga Khan, ainsi que du prince Aly Muhammad Aga Khan, frère du prince Rahim Aga Khan V.

Les fonds financeront la restauration des mangroves, l’amélioration de la qualité des eaux littorales, le développement d’une pêche durable et l’adaptation des pratiques agroécologiques. D’après le ministère, « l’objectif est de renforcer la résilience du territoire face aux défis environnementaux et de restaurer durablement la richesse exceptionnelle de sa biodiversité ».

Il s’agit du premier protocole opérationnel mettant en œuvre la déclaration d’intention signée le 11 juillet 2025, à l’occasion de la rencontre entre le président Emmanuel Macron et l’Aga Khan V, le prince Rahim al-Hussaini. Cette déclaration portait sur le soutien à la reconstruction et au développement durable de Mayotte autour de quatre priorités : la protection et la restauration des écosystèmes côtiers ; la promotion de solutions face à la crise climatique ; le développement d’opportunités dans les économies bleue et verte ; et la réduction de la pression sur les zones côtières grâce à un meilleur accès à l’eau potable, à l’énergie et aux services de gestion des déchets, ainsi qu’à l’amélioration des pratiques agricoles.

L’accord prévoyait la mobilisation conjointe de 100 millions d’euros pour financer des actions à Mayotte, au Kenya, à Madagascar, au Mozambique et en Tanzanie. Les 8,5 millions d’euros annoncés constituent ainsi la première étape de ce programme régional couvrant l’océan Indien et l’Afrique de l’Est.

L’initiative s’inscrit également dans le prolongement de la candidature de la double barrière de corail de Mayotte au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO, déposée en juin 2025. Son inscription ne constituerait qu’une première étape vers celle de l’ensemble du lagon, qui forme le plus vaste parc naturel marin de France.

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Ambdilwahedou Soumaïla élu président de l’Association des maires de Mayotte

Ambdilwahedou Soumaïla élu président de l’Association des maires de Mayotte
Avec 12 voix contre 8, Ambdilwahedou Soumaïla a remporté une élection disputée face au maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos.

Élu à la tête de l’Association des maires de Mayotte (AMM) le 6 juin 2026, Ambdilwahedou Soumaïla entend placer son mandat sous le signe du rassemblement. Le maire de Mamoudzou appelle à unir les forces politiques, économiques et associatives du territoire afin de relever ensemble les défis du développement et de l’amélioration du cadre de vie des Mahorais.

Le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla (LR), a été élu ce samedi 6 juin 2026 à la présidence de l’Association des maires de Mayotte (AMM). Réunis au Centre de gestion de Mayotte à Mamoudzou, les 20 grands électeurs, composés des 17 maires de l’île et des trois présidents d’intercommunalités, lui ont accordé leur confiance par 12 voix contre 8 face au maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos.

À l’issue de son élection, le nouveau président a tenu à remercier les élus qui l’ont soutenu. « Je veux leur dire un grand merci pour cette confiance. En 37 ans d’existence de l’association, ils ont fait le choix de me confier cette responsabilité. Je leur en suis profondément reconnaissant », a-t-il déclaré.

Pour Ambdilwahedou Soumaïla, cette fonction doit avant tout être placée sous le signe du rassemblement. « C’est un rôle de rassemblement. J’ai toujours parlé d’unir les forces de ce territoire pour construire un idéal mahorais. Nous ne pourrons pas atteindre cet idéal si nous ne sommes pas unis », a-t-il affirmé.

Le nouveau président souhaite fédérer l’ensemble des acteurs du territoire autour des grands enjeux de développement de Mayotte. « Il faut réunir toutes les forces vives de ce territoire : les élus, les parlementaires, le monde économique, les associations et l’ensemble des partenaires. Nous poursuivons tous un objectif commun : la convergence sociale, l’aménagement du territoire et l’amélioration du cadre de vie des Mahorais. »

Face aux nombreux défis auxquels les communes sont confrontées, notamment dans le contexte de reconstruction et de résilience après le cyclone Chido, Ambdilwahedou Soumaïla a appelé à une mobilisation collective. « Il faut que nous le fassions ensemble », a-t-il insisté.

Dans les prochaines semaines, l’Association des maires de Mayotte devra mettre en place sa nouvelle organisation interne. Plusieurs commissions thématiques seront constituées, tout comme le bureau exécutif. Les statuts et le règlement intérieur devront également être finalisés afin de permettre à l’association de fonctionner efficacement.

Le nouveau président a enfin rappelé sa conception de la fonction : « Le président de l’association n’est pas là pour être le simple relais des autres. Il doit porter la voix des collectivités mahoraises avec responsabilité et détermination. »

Déjà président de la Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (Cadema) ,  Secrétaire National des Républicains en charge des Outre-mer et maire de Mamoudzou dès le premier tour lors des dernières élections municipales, Ambdilwahedou Soumaïla renforce ainsi sa position parmi les principales figures politiques de Mayotte. À la tête de l’AMM, il aura désormais la mission de défendre les intérêts des communes mahoraises auprès de l’État et de porter les grands dossiers du territoire.

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Rachadi Saindou et Salime M’déré rejugés en appel : le parquet demande la confirmation des condamnations

Rachadi Saindou et Salime M’déré rejugés en appel : le parquet demande la confirmation des condamnations

Un emploi soupçonné d’être fictif et obtenu par arrangement, des marchés publics présumés fractionnés, une voiture de fonction litigieuse : l’ancien président de la Cadema, Rachadi Saindou, l’ex-premier vice-président du Département de Mayotte, Salime M’déré, et la société May Environnement étaient rejugés en appel, vendredi 5 juin, à Mamoudzou. Le délibéré sera rendu le 1er octobre.

L’affaire, née de plusieurs dénonciations – dont une de l’association Anticor – adressées au parquet en 2022, mêle soupçons de prise illégale d’intérêts, favoritisme, détournement de fonds publics et recel. Pour le parquet général, elle est « emblématique » de la politique pénale menée sur l’île en matière de probité. « Mayotte, dont on sait qu’il est le département le plus pauvre de France, qui a tant besoin d’équipements, de structures, ne mérite pas que des deniers soient détournés au profit d’intérêts privés », a insisté l’avocate générale, Françoise Toillon, avant de lancer : « Cette manière de dire : je suis élu et responsable de rien, eh bien si. C’est le moment d’assumer ses responsabilités. »

Le premier volet du dossier concerne le recrutement de Salime M’déré. Pour le parquet, l’ancien premier vice-président du Département aurait bénéficié d’un emploi à la Cadema en raison de sa proximité avec Rachadi Saindou. Plus de 39 000 euros de rémunération, pour un travail que l’accusation considère comme fictif.

À l’audience, les magistrats ont cherché des traces concrètes : des missions, des courriels, des rendez-vous, des productions. Or dès son arrivée, Salime M’déré aurait demandé à télétravailler cinq jours par semaine. « Le télétravail, c’est du travail aussi », a répondu son avocat.

L’enquête évoque également 549 mails reçus sur sa messagerie professionnelle, pour seulement 11 ouverts et 6 réponses. « À supposer que ce soit vrai, il a quand même travaillé, c’est pas zéro. » a rétorqué l’avocat du prévenu. Ce dernier explique avoir manqué de moyens matériels et obtenu son ordinateur plusieurs mois après sa prise de poste mais pour l’accusation, ces chiffres résument le soupçon d’un emploi de complaisance. Pour la défense, ils disent surtout une administration désorganisée, un poste mal défini et des moyens insuffisants.

Rachadi Saindou, lui, assure ne pas avoir imposé ce recrutement. Il aurait orienté M. M’déré vers son DGS lorsque ce dernier se serait présenté pour demander du travail. Il reconnaît avoir signé le contrat, mais affirme que le dossier avait été instruit par ses services. « Je ne me suis jamais immiscé dans l’administration », a-t-il soutenu. Le président de la cour l’a toutefois rappelé à la portée de sa signature : un élu ne peut pas se présenter comme une simple chambre d’enregistrement. Signer, c’est engager sa responsabilité.

Le second volet, plus technique, touche aux marchés publics attribués à May Environnement. La société, créée avec un capital de 1 000 euros, est apparue à l’audience comme une structure pour le moins fragile au regard des marchés obtenus. L’avocate générale s’est étonnée qu’une société portée par un ex-militaire et une esthéticienne, sans expérience évidente dans le curage ou les travaux publics, puisse se voir confier des opérations de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La question des liens personnels a occupé une place centrale. Les prévenus ont minimisé leur proximité, tout en reconnaissant évoluer dans la même famille politique. La défense a toutefois contesté la formulation du jugement de première instance, qui évoquait une appartenance commune aux parti Les Républicains : selon elle, leurs parcours relèvent plutôt d’une même filiation politique, passée par le RPR, l’UMP, Agir puis LR, sans que Salime M’déré ait été élu sous l’étiquette LR à Bouéni. Une nuance qui n’a pas totalement dissipé les interrogations de la cour, sur un territoire où, comme l’a résumé l’un des prévenus, « tout le monde se connaît ».

Autour de May Environnement, les liens sont apparus plus sensibles encore. Le chef d’entreprise et Rachadi Saindou évoluent dans la même équipe de football. S’y ajoutent des liens familiaux indirects. Autant d’éléments qui, pour l’accusation, rendent difficilement audible la version d’une simple relation distante ou fortuite. « 145 appels téléphoniques en deux ans, et vous dites que vous ne vous connaissiez pas ? » s’est étonné le président.

Le parquet soupçonne May Environnement d’avoir bénéficié de marchés fractionnés afin d’éviter les règles de mise en concurrence. Le dossier de Kawéni illustre, selon le parquet, le mécanisme du « saucissonnage ». La Cadema a d’abord signé un marché de 85 800 euros pour curer une partie de la rivière, mais les travaux ne permettaient pas d’aller jusqu’à la mangrove. Un second marché, de 58 800 euros, a donc suivi. Pour l’avocate générale, il ne s’agissait pas de deux besoins distincts mais d’un seul chantier de 144 600 euros, découpé artificiellement en deux. À Tsararano, le parquet relève le même soupçon : la rénovation des caniveaux aurait été découpée en quatre contrats, alors qu’elle relevait selon lui d’une seule opération dépassant les 100 000 euros et nécessitant donc une procédure plus contraignante.

La défense conteste toute intention frauduleuse. Me Thierry Gangate, avocat de Rachadi Saindou, a plaidé la désorganisation de la Cadema, une jeune intercommunalité manquant de cadres, de procédures internes et de moyens. « C’était le bordel », a-t-il résumé. Un argument renforcé par la loi du 22 décembre 2025, qui impose désormais de démontrer que la prise illégale d’intérêts a été commise « en connaissance de cause ». Autrement dit, il ne suffirait pas de reprocher à l’ancien président d’avoir signé les dossiers : il faudrait établir qu’il savait favoriser un intérêt privé.

Par la suite, la défense a choisi une ligne offensive : renvoyer la responsabilité vers une autre figure politique : Roukia Lahadji, ancienne maire de Chirongui. D’après les avocats, celle qui a instruit le dossier aurait été à la manœuvre. Une société liée à son entourage serait même intervenue en sous-traitance. Ils soutiennent que des flux financiers auraient existé entre May Environnement et Roukia Lahadji.

Autrement dit, l’ancien président de la Cadema n’aurait été ni l’architecte ni l’organisateur du fractionnement reproché, mais le signataire final d’une chaîne administrative défaillante. Le parquet, lui, estime qu’il ne pouvait ignorer les avantages accordés à une société aussi proche de son environnement personnel.

Le troisième volet concerne l’achat du véhicule de fonction de la présidence de la Cadema : un Toyota Highlander, d’une valeur de 56 180 euros. Pour le parquet, ce marché pose deux problèmes. D’abord, son montant aurait été divisé en tranches pour contourner les règles de la commande publique. Ensuite, le cahier des charges aurait été rédigé de manière trop précise : couleur grise, sièges en cuir, toit panoramique, caractéristiques proches d’un modèle déterminé pour favoriser un fournisseur.

La défense, elle, relève une contradiction dans ce raisonnement. Si la collectivité avait voulu échapper aux règles de la commande publique, pourquoi aurait-elle organisé une mise en concurrence avec un cahier des charges détaillé ?

Rachadi Saindou affirme avoir uniquement demandé un véhicule robuste. « Il me fallait une voiture costaud pour traverser les barrages et qui respecte la transition écologique », a-t-il expliqué. Mais certains critères ont retenu l’attention, notamment le toit panoramique. Pour l’accusation, difficile de voir en quoi cet équipement répondait à un impératif de sécurité ou de résistance aux caillassages. La défense répond que l’acheteur public peut définir librement ses besoins, dès lors que plusieurs véhicules disponibles à Mayotte pouvaient correspondre au cahier des charges.

Avant le fond, les avocats avaient tenté d’obtenir l’annulation d’une partie de la procédure. Ils ont dénoncé un défaut d’impartialité des enquêteurs, rappelant que Rachadi Saindou avait été gendarme réserviste et que l’enquête avait été confiée à des gendarmes de son unité. La défense a aussi évoqué un enquêteur « tout sauf impartial », qui aurait écrit à l’employeur de l’épouse de Rachadi Saindou pour suggérer des suites administratives.

L’avocate générale a demandé le rejet de ces nullités. Elle a toutefois reconnu qu’une audition avait été irrégulièrement conduite sous le statut de témoin, privant le mis en cause de certains droits. Ce procès-verbal avait déjà été annulé en première instance.

Devant la cour d’appel de Mamoudzou, le ministère public a demandé la confirmation des condamnations prononcées en première instance.

Rachadi Saindou, ancien président de la Cadema (communauté d’agglomération Mamoudzou-Dembéni), avait été condamné en juin 2024 à deux ans de prison dont un an avec sursis, sous bracelet électronique pour la partie ferme, 50 000 euros d’amende, quatre ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et deux ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique avec sursis. Relaxé pour corruption, il avait été reconnu coupable de prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et favoritisme. Il avait alors perdu son mandat.

Salime M’déré, ex-premier vice-président du Département de Mayotte, qui a bénéficié du contrat de travail soupçonné d’être fictif au sein de la Cadema, avait écopé d’un an de prison dont six mois avec sursis, également aménagé en détention à domicile, de 25 000 euros d’amende, de deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et de deux ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique avec sursis. Il avait été reconnu coupable de recel de prise illégale d’intérêts et de recel de détournement de fonds publics.

La société May Environnement avait elle été condamnée pour recel de favoritisme à 10 000 euros d’amende, trois ans d’interdiction de marchés publics et à la confiscation de son camion.

Dans une plaidoirie très politique, Me Thierry Gangate a élargi le débat à la place de Mayotte dans la République. « La loi pénale doit être la même partout sur le territoire, la loi sociale aussi », a-t-il lancé, dénonçant ce qu’il considère comme une sévérité particulière envers les élus mahorais. Pour la défense, Rachadi Saindou est devenu le symbole d’une exigence pénale appliquée avec dureté dans un territoire où les collectivités fonctionnent souvent avec des moyens limités.

La cour devra désormais arbitrer entre deux récits. Pour le ministère public, celui d’un élu qui aurait utilisé ses fonctions pour favoriser des proches, des alliés ou des intérêts privés. Pour la défense, celui d’un responsable politique pris dans les défaillances d’une administration locale désorganisée, à qui l’on reproche aujourd’hui d’avoir signé des dossiers construits par d’autres.

Le délibéré sera rendu le 1er octobre.

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Basket Santé : un programme sportif et ludique avec Fuz’Ellipse

Basket Santé : un programme sportif et ludique avec Fuz’Ellipse

Titulaire du label « Basket Santé », le club Fuz’Ellipse a poursuivi, ce samedi 6 juin, son initiative dédiée au bien-être physique, mental et social à travers la pratique du basket-ball loisir. Tout au long du mois de juin, le club propose un programme de séances adaptées à tous les publics : jeunes, seniors, débutants, joueurs confirmés et personnes en situation de handicap. Cette pratique inclusive favorise l’activité physique, l’épanouissement personnel et le vivre-ensemble.

Ce matin-là, à 8 h, le terrain de basket de Cavani est baigné de soleil. Il accueille une dizaine de participants, parmi lesquels des mères de famille et leurs enfants. Un horaire pensé pour concilier les disponibilités des familles avec des conditions d’entraînement et météorologiques favorables.

L’activité est ouverte à tous, de 9 à 90 ans, sous réserve de la présentation d’un certificat médical. Après quelques consignes de l’encadrante, la séance débute. Elle dure 45 minutes. Les pratiquants commencent par un échauffement, étape essentielle de l’activité. S’ensuivent ensuite trois ateliers de trois minutes chacun, avec rotation des groupes. Ils comprennent des tirs au panier en position assise sur un banc, des exercices de dribble sur de courtes distances, ainsi que des ateliers de coordination et de renforcement du haut du corps.

Pour rappel, cette activité a pour objectif de lutter contre la sédentarité, qui désigne un état d’éveil ou un mode de vie caractérisé par une très faible dépense énergétique. Les encadrants veillent particulièrement à la posture et à la gestion de la respiration de chacun.

Mélodye Leclere, bénévole, joueuse et arbitre au sein du club Fuz’Ellipse, est responsable de cette animation. Elle nous en dit davantage : « Le public est amené à fournir un effort intermittent. Nous lui apprenons à mettre en pratique des gestes simples du quotidien dans une dynamique de bien-être, grâce aux fondamentaux du basket-ball. »

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale rappelle qu’en 2023, le taux d’obésité à Mayotte s’élevait à 47 %. Mélodye le confirme et souligne l’importance de cette action : « Les chiffres de l’obésité explosent sur le territoire. Pour le bien de tous, il faut répondre à cette problématique. Nous voulons accompagner les citoyens et leur proposer une activité physique accessible. Le basket est un sport populaire, particulièrement à Mayotte. C’est aussi l’occasion de faire découvrir qu’il existe différentes formes de pratique favorisant l’inclusion. »

Entre effort, rires et cohésion, les activités se poursuivent. Les encadrants se montrent attentifs et encourageants, les parents écoutent avec intérêt et les enfants débordent d’énergie.

Une participante nous fait part de son expérience : « Nous n’avons pas le temps de faire du sport tous les jours, alors nous profitons du week-end pour venir nous défouler un peu, et surtout parce que c’est bon pour la santé. Je suis venue avec mes deux fils. Je sais que les gestes effectués ici seront reproduits à la maison, par exemple la manière de s’accroupir ou de ramasser des objets. Les enfants m’en reparleront sûrement avec insistance ! »

La séance se termine par un jeu de passe à dix particulièrement dynamique.

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Handicap : une mobilisation historique à Mayotte pour préparer l’avenir

Handicap : une mobilisation historique à Mayotte pour préparer l'avenir
* image d'illustration générée par ia

Le Département-Région de Mayotte a organisé ce vendredi 5 juin 2026 la première Conférence territoriale du handicap, un rendez-vous inédit qui marque une étape décisive dans la construction d’une politique publique plus ambitieuse, plus inclusive et davantage adaptée aux réalités du territoire mahorais.

Réunie à l’Hémicycle Younoussa Bamana, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation de la Conférence nationale du handicap (CNH) 2026, présidée par le Président de la République. Elle a rassemblé l’ensemble des acteurs engagés dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap : représentants de l’État, collectivités territoriales, Agence Régionale de Santé, Maison Départementale des Personnes Handicapées, Rectorat, partenaires institutionnels, professionnels du secteur médico-social, associations, aidants, familles et personnes concernées.

Un moment de dialogue et de co-construction au service du territoire

Face aux défis spécifiques auxquels est confrontée Mayotte, cette conférence a permis d’ouvrir un espace de réflexion collective afin d’identifier les besoins prioritaires du territoire et de construire des réponses adaptées aux réalités locales.

L’objectif est clair : faire émerger des propositions concrètes et opérationnelles susceptibles d’améliorer durablement le parcours de vie des personnes en situation de handicap, tout en contribuant aux orientations nationales qui seront définies lors de la Conférence nationale du handicap 2026.

Au cours de cette matinée de concertation, les participants ont partagé un état des lieux territorial des politiques du handicap, des dispositifs existants et des besoins encore insuffisamment couverts. Les échanges ont également permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les familles, les professionnels et les personnes concernées dans leur quotidien.

Une mobilisation collective autour de trois enjeux majeurs

Les travaux se sont articulés autour de trois grandes thématiques qui constituent aujourd’hui les principaux défis du territoire : L’enfance et l’inclusion scolaire.

Les échanges ont porté sur le repérage précoce des troubles, l’accès au diagnostic, l’accompagnement des enfants et de leurs familles ainsi que le renforcement des dispositifs favorisant l’inclusion scolaire. Les acteurs ont souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les secteurs sanitaire, médico-social et éducatif afin de garantir un accompagnement plus efficace dès le plus jeune âge.

L’insertion et l’autonomie

L’accès à la formation, à l’emploi et à l’autonomie constitue un enjeu essentiel pour les personnes en situation de handicap à Mayotte. Les partenaires institutionnels et associatifs ont partagé leurs expériences et formulé des propositions visant à renforcer l’insertion professionnelle, développer les parcours adaptés et favoriser l’accès aux droits.

Les débats ont également mis en évidence la nécessité de renforcer l’accessibilité, la participation citoyenne, les activités sportives et culturelles ainsi que les dispositifs favorisant l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap.

Des défis considérables pour un territoire jeune et en pleine évolution

Avec une population particulièrement jeune et des besoins en constante augmentation, Mayotte doit faire face à des enjeux majeurs en matière d’accès aux soins spécialisés, de développement de l’offre médico-sociale, d’accompagnement des personnes en situation de handicap et de soutien aux aidants.

Conscient de ces défis, le Département-Région de Mayotte poursuit son engagement en faveur d’une société plus inclusive. Cette dynamique s’appuie notamment sur la convention signée le 19 février 2025 entre le Département-Région de Mayotte, l’État et l’Agence Régionale de Santé, mobilisant 70 millions d’euros sur la période 2024-2030 pour renforcer l’offre médico-sociale à destination des personnes en situation de handicap et des personnes âgées.

Construire le service public de l’autonomie de demain

Cette conférence a également permis de présenter les perspectives de création du futur Service Public Départemental de l’Autonomie (SPDA) ainsi que de la Maison Départementale de l’Autonomie.

Ces dispositifs ont vocation à simplifier les démarches administratives, renforcer la coordination entre les acteurs du territoire et améliorer l’accompagnement des usagers et de leurs familles grâce à un accès plus lisible, plus fluide et plus efficace aux services publics.

Trois priorités territoriales pour porter la voix de Mayotte au niveau national

À l’issue des échanges, plusieurs constats partagés et propositions prioritaires ont émergé. Ils serviront de base à l’élaboration des trois priorités territoriales qui seront transmises au

Gouvernement dans le cadre des travaux préparatoires de la Conférence nationale du handicap 2026.

À travers cette démarche participative, Mayotte affirme sa volonté de placer les personnes en situation de handicap au coeur de l’action publique et de construire, avec l’ensemble des acteurs concernés, une société plus inclusive, plus accessible et plus solidaire.

La Conférence territoriale du handicap constitue la contribution officielle de Mayotte à la préparation de la Conférence nationale du handicap 2026. Elle vise à associer l’ensemble des acteurs du territoire à la définition des priorités locales afin de faire remonter les besoins spécifiques de Mayotte au niveau national.

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Mesdames et messieurs les élus, il y a urgence !

Mesdames et messieurs les élus, il y a urgence !

On croit souvent à Mayotte que la vie politique va d’une élection à l’autre, d’un mandat à un autre, et que les intervalles constituent une sorte de trêve en attendant le prochain scrutin, le prochain affrontement… Or il n’y a jamais de trêve en politique. Il faudrait surtout envisager cet intervalle comme un temps de réalisation des projets.

Depuis le 15 mars dernier, les Mahorais ont successivement élu leurs dix-sept maires, leurs présidents des quatre communautés des communes ainsi que ceux du LEMA et du SIDEVAM.  Ces différentes étapes étant désormais franchies, et passés les félicitations d’usage et les déceptions compréhensibles, l’heure est désormais à l’immense chantier qui s’ouvre devant nous.


Voici quinze ans exactement, Mayotte devenait le 101ième département français. Quinze ans plus tard, il est évident que les promesses faites à la population mahoraise n’ont pas été tenues. Chacun se rappelle les milliards de crédits qui étaient promis et qui allaient se déverser sur Mayotte pour assurer enfin le décollage du développement. Malgré les assurances plusieurs fois réitérées par les différents gouvernements ces dernières années et surtout après le passage cataclysmique du cyclone CHIDO, le 14 décembre 2024, qui a eu d’importantes répercussions sur la vie quotidienne des habitants de Mayotte et qui a généré au contraire une dégradation continuelle du quotidien des Mahorais, le dossier de la reconstruction de Mayotte est toujours au point mort. Il ne s’agit dans ce propos d’évoquer uniquement des reliefs des dégradations des bâtiments post CHIDO, il s’agit ici de la forte dégradation de la vie sociale et économique des Mahorais. La population souffre !

Les problèmes s’accumulent.

Aujourd’hui, l’actualité est là pour nous rappeler toutes les difficultés que subissent les Mahorais. L’activité n’a jamais été aussi modeste, les entreprises souffrent et tous les grands projets de désenclavement aérien (piste longue) et terrestre (voies des communications) impatiemment attendues par tous les Mahorais sont en sommeil. Le billet d’avion Mayotte – Paris est toujours aussi cher. Les pénuries d’eau potable sont récurrentes depuis 2017. L’agriculture qui tenait une place centrale dans la société mahoraise[1], a perdu de son importance malgré une demande croissante. Par ailleurs, l’évolution de la société mahoraise a fait apparaître une modification des comportements alimentaires, préjudiciables à la santé qui sont, comme en métropole difficiles à contrecarrer. Les maladies cardio-réno-métaboliques, dites de « civilisation » se développent : diabète, hypertension artérielle, obésité, insuffisance rénale, cancers voire pathologies mentales. Et le coût élevé des produits (légumes, fruits…) voire les ruptures d’approvisionnement rendent encore plus compliquée la promotion d’une alimentation équilibrée. La gestion des déchets solides et liquides est particulièrement défaillante ou inexistante. La politique de salubrité publique est un échec. La population souffre de son exposition à des risques sanitaires majeurs. L’espace collectif est négligé par l’individu. L’attractivité de l’île en est particulièrement amoindrie ce qui nuit à son développement, notamment pour ce qui concerne l’activité touristique.

Une autre observation, non moins préoccupante, concerne la dégradation de la protection sanitaire à Mayotte. Il ne s’agit pas d’affoler les populations, mais il faut demeurer attentif à la réapparition récente de plusieurs signes d’endémo-épidémies que l’on croyait éradiquées : paludisme avec 197 cas confirmés de paludisme enregistrés sur le territoire depuis le début de l’année 2026, dont 71 cas suspectés d’être acquis localement, 109 cas importés et 17 cas de statut indéterminé selon Santé Publique France. Le chikungunya avec 1 311 cas confirmés en ce début d’année, dépasse le nombre total de cas recensés lors de l’épisode de 2025, qui s’élevait à 1 266 cas. Le Choléra, avec 37 cas, d’après un bilan des autorités sanitaires de Mayotte communiqué à l’AFP le 03 mai 2024, a déclenché la venue du Ministre de la santé à Mayotte les 9 et 10 mai 2026[2] .

Cette situation est liée, me semble-t-il aux conditions désastreuses d’hygiène où vit à Mayotte, une grande partie de la population et dont certaines personnes sont issues d’une immigration étrangère et irrégulière, en dépit de l’irritation de la population.

Très logiquement depuis 2011, Mayotte est marquée par une augmentation de la violence jusqu’à parfois l’homicide, par des tensions sociales et des grèves dans des nombreux secteurs, par la cherté de la vie (2011), par des récurrentes crises : d’eau depuis 2017, mouvement social contre l’insécurité et l’immigration clandestine (2018, 2023) et les drames de l’immigration clandestine en terre française, liés aux naufrages des kwassa-kwassa, présentant le lagon de Mayotte comme l’un des plus grands cimetières de la région. Ce dernier point qui est loin d’être rare, est mal documenté. Nous ne disposons toujours pas de chiffres formels.

En résumé, depuis 2011, Mayotte est surtout marquée par cette grande déception de la population dans l’extension des droits sociaux individuels. Pendant ce temps, l’économie mahoraise est toujours la proie de certains aventuriers et le réceptacle de l’immigration clandestine, devenue un décor désormais permanent. La déception de la population est à la mesure des promesses faites et non tenues. Cela ne peut pas durer longtemps !

Conclusion

Plutôt que de lancer des actions et des orientations qui heurtent profondément la majorité des Mahorais et accentuent en particulier les discriminations sociales ou s’aventurer dans un projet de construction d’un camp de réfugiés à Mayotte et rendre l’île encore plus attractive à l’immigration irrégulière, on devrait apporter aux Mahorais quelques avancées sociales de base, comme par exemple,  un alignement de leurs droits sociaux sur ceux des autres français, généraliser à Mayotte, une plus grande diversité de modes d’accueil de la petite enfance, dont  les crèches, ouvrir des cantines ou des lieux de restauration intégrés ou en proximité de leurs lieux de travail, ce qui libéreraient les femmes de tâches domestiques astreignantes et leur permettraient de travailler dans une plus grande sérénité. La liste des progrès sociaux de base à mettre en place ou à développer rapidement pour réduire les inégalités sociales entre Mayotte et l’Hexagone ne se limite pas ces quelques exemples énumérés pour étayer cet article. Il en faut bien d’autres…

Enfin, il faudrait aujourd’hui à la nouvelle génération d’élus fraîchement entrée en fonction, au-delà de leurs sensibilités politiques, orienter principalement leurs actions politiques vers la satisfaction des besoins et des attentes des Mahorais. Toute autre démarche ne serait qu’illusion et parfois source de désespérances dangereuses.

Il est urgent d’agir réellement pour Mayotte et les Mahorais !

[1] Contrat de projet 2007-2011, p12

[2][2] https://www.ouest-france.fr/sante/maladies/37-cas-de-cholera-desormais-detectes-a-mayotte-cinq-questions-sur-cette-maladie-018bf302-085c-11ef-82e4-0c4a28978b68

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Aéroport de Mayotte : avis de turbulences dans les airs

Aéroport de Mayotte : avis de turbulences dans les airs

Le trafic aérien à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi pourrait être fortement perturbé à partir de ce week-end si la société EDEIS ne parvient pas à trouver un accord avec son personnel d’ici là. Réuni en intersyndicale le samedi 6 juin 2026, l’ensemble des salariés de la plateforme aéroportuaire, tous services confondus, a décidé de déposer un préavis de grève. Celui-ci a été officiellement transmis à la direction dans les premières heures de la journée du dimanche 7 juin.

À peine la haute saison a-t-elle débuté qu’une menace de grève illimitée plane déjà sur l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026, l’ensemble des organisations syndicales représentatives du personnel (FO, CFDT, SNEP-CFTC et SNSP-PAT) a annoncé son intention d’engager un mouvement social dans un délai de cinq jours si aucun accord n’est trouvé avec la direction d’EDEIS-GISM Mayotte Airport Security, gestionnaire de la plateforme.

Dans un courrier rendu public au cours de la nuit, les représentants du personnel et les organisations syndicales signataires informent de leur décision d’engager un mouvement collectif afin d’obtenir des réponses satisfaisantes à plusieurs revendications.

En premier lieu, ils réclament un renforcement des moyens humains et matériels afin de « garantir des conditions de travail adaptées et un fonctionnement optimal des services ».

Ils demandent également à la direction d’investir davantage dans les infrastructures et de les moderniser, seule solution selon eux pour « assurer aux voyageurs comme aux salariés un niveau de service digne d’un aéroport international ».

Trois autres revendications complètent leur plateforme :

  • une revalorisation générale des salaires de 10 % pour l’ensemble des services ;
  • le développement de la promotion interne ;
  • le renforcement de la formation professionnelle et l’accès à des postes à responsabilité.

Enfin, l’intersyndicale réclame la mise en place d’une prime exceptionnelle annuelle de 4 000 euros. Selon les syndicats, cette mesure constituerait une reconnaissance de l’engagement des salariés ainsi que des contraintes opérationnelles auxquelles ils sont quotidiennement confrontés dans le fonctionnement de l’aéroport.

Les représentants du personnel justifient ce recours à la grève par l’absence de réponses concrètes à de nombreuses démarches entreprises depuis plusieurs mois auprès de la direction d’EDEIS.

L’intersyndicale précise que le mouvement social durera aussi longtemps que nécessaire tant qu’elle n’aura pas obtenu satisfaction sur l’ensemble de ses cinq revendications.

Autre élément important : « L’ouverture de discussions ou de négociations ne suspendra pas automatiquement le mouvement de grève. Celui-ci demeurera soumis à l’appréciation de l’intersyndicale et des salariés mobilisés », préviennent les syndicats.

Ces derniers estiment avoir respecté l’ensemble des dispositions légales et réglementaires applicables au droit de grève dans les activités relevant du transport aérien.

Ils assurent enfin que ce mouvement n’a d’autre objectif que la défense des intérêts professionnels, économiques et sociaux des agents de l’aéroport.

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Mamoudzou : les élèves de l’École de musique brillent sur scène entre tradition et modernité

Mamoudzou : les élèves de l’École de musique brillent sur scène entre tradition et modernité

Concours de machévé, démonstrations de danse traditionnelle et concerts de piano et de basse : l’École de musique de Mamoudzou a organisé une journée dédiée à la valorisation de ses élèves. Une initiative qui met en avant les jeunes talents tout en préservant le patrimoine culturel mahorais.

Mamoudzou célèbre les talents de demain

À Mamoudzou, la musique et la culture étaient à l’honneur. L’École de musique a ouvert ses portes au public pour une journée consacrée à ses élèves, leur offrant l’occasion de démontrer le fruit de leur apprentissage devant leurs familles, leurs enseignants et de nombreux spectateurs. Entre tradition et musique contemporaine, l’événement a illustré la diversité des enseignements proposés par l’établissement.

Cette manifestation avait un double objectif : valoriser le travail des jeunes artistes et transmettre les richesses du patrimoine culturel de Mayotte aux nouvelles générations.

Un concours de machévé pour ouvrir les festivités

La journée a débuté par un concours de machévé, un accessoire sonore porté aux pieds des danseurs et utilisé pour accompagner le chakachaa, une danse traditionnelle emblématique de Mayotte. À chaque mouvement, les machévé produisent un rythme qui participe pleinement à la performance artistique.

Les candidats se sont succédé devant le jury et le public dans une ambiance à la fois festive et studieuse. Chacun devait démontrer sa maîtrise technique ainsi que sa capacité à respecter les codes de cette tradition culturelle.

Le jury, composé de personnes expérimentées, a évalué les prestations selon plusieurs critères. Une attention particulière a été portée au serrage des machévé, élément essentiel pour obtenir une sonorité harmonieuse et garantir la qualité de l’exécution. La précision des mouvements, la coordination et l’expression artistique faisaient également partie des critères de notation.

Au-delà de la compétition, ce concours constitue un véritable outil de transmission. Il permet aux jeunes de découvrir et de préserver une pratique culturelle qui fait partie de l’identité mahoraise.

Les élèves musiciens sous les applaudissements

Après cette première séquence consacrée aux traditions, la scène a laissé place aux élèves musiciens. Les apprentis pianistes ont offert au public un concert mêlant émotion et maîtrise technique. Les morceaux interprétés ont témoigné des progrès réalisés au fil de leur formation et de leur investissement quotidien.

Malgré le trac, les jeunes artistes ont su captiver l’auditoire. Chaque prestation a été saluée par de chaleureux applaudissements, récompensant des mois de travail et de répétition.

La basse a également trouvé sa place dans cette représentation. Les élèves de cette discipline ont démontré l’importance de cet instrument dans l’accompagnement musical, apportant profondeur et rythme aux différentes interprétations.

Mettre les élèves en lumière

L’événement a aussi été l’occasion de mettre en valeur les élèves à travers des moments de reconnaissance, notamment avec une séance photo, symbole de leur engagement et de leur progression. Pour l’École de musique de Mamoudzou, il est essentiel de donner confiance aux jeunes en leur offrant une scène où ils peuvent exprimer leur talent devant un public.

Cette journée illustre le rôle de l’établissement dans la formation artistique, mais aussi dans la préservation du patrimoine culturel local. En associant traditions mahoraises et enseignement musical, l’école contribue à former des jeunes ouverts à la diversité artistique tout en restant attachés à leurs racines.

Une mission de transmission

À travers cette initiative, l’École de musique de Mamoudzou rappelle que la musique est bien plus qu’un apprentissage technique : elle est un vecteur de partage, d’identité et de cohésion sociale. En mettant ses élèves au premier plan, l’établissement valorise leurs efforts et encourage l’émergence des talents de demain, tout en faisant vivre les traditions qui constituent la richesse culturelle de Mayotte.

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Comores : le baccalauréat interdit aux moins de 17 ans

Comores : le baccalauréat interdit aux moins de 17 ans

Citant une loi révisée en 2021, le ministère de l’éducation s’est englué dans une polémique en déterrant une mesure qui prive aux enfants de moins de 10 ans toute participation au concours d’entrée en sixième.

Au cours de ces trois dernières années, les candidats benjamins qui décrochent le baccalauréat sont toujours âgés entre 14 et 15 ans. Mais cela pourrait ne pas être possible désormais depuis que le ministère de l’éducation a annoncé que passer l’examen d’entrée en sixième était interdit aux enfants de moins de 10 ans.

Depuis une semaine cette information circule. Mais ce 5 juin, un responsable du ministère a levé toute ambiguïté. Dans un entretien accordé à plusieurs médias, dont Al-watwan, le secrétaire général du ministère, Saïd Soulé a confirmé l’application de cette mesure, qui selon lui existe depuis 5 ans. Ce dernier a cité la loi sur l’orientation de l’éducation en vigueur pour appuyer son propos. En effet, ce texte amendé en 2021 dispose dans son article 7 que tout enfant âgé de 3 à 5 ans a droit à une éducation préélémentaire aux besoins fondamentaux de l’éducation, et du développement psychomoteur, complété par l’éducation familiale et sociale lui permettant d’acquérir les instruments fondamentaux de la connaissance ainsi que des capacités d’auto apprentissage.

« Donc, cela veut dire qu’un enfant qui a respecté le cursus ne peut avoir moins de 10 ans une fois à la classe de CM2. Sinon expliquez-moi comment un élève inscrit à l’école à 3 ans puisse passer l’entrée en sixième à 8 ans« , s’interroge, le secrétaire général du ministère de l’Éducation. Aux Comores, le niveau préélémentaire assuré exclusivement par le secteur privé est composé de trois classes, petite, moyenne et grande section. Soit donc trois ans obligatoires. A cela vont s’ajouter les 7 ans du collège et du lycée.

En déterrant cette règle, le ministre envoie un message à l’endroit des élèves comoriens: les bacheliers doivent avoir au moins 17 ans. Une partie de l’opinion parle d’un recul, à un moment où avoir le bac à 14 ans ou 15 ans se généralise. En 2023, le benjamin national avait décroché son baccalauréat à la série D, à l’âge de 13 ans et huit mois. L’année dernière, à la Grande Comore, deux bacheliers étaient âgés de moins de 15 ans.

Maturité et aspects psychologiques

Pour le secrétaire général, Saïd Soulé, cette règle vise à limiter un laisser-aller qui prend de l’ampleur. « Certains affirment qu’il y a des élèves doués méritant de sauter des classes. Mais sur quelles bases, se permettent-ils de les qualifier de génies. Car le ministère n’a jamais reçu les notes d’un élève pour une validation d’acquis. Le problème, dès qu’on essaie de mettre de l’ordre, d’appliquer la loi, il y a toujours des polémiques« , déplore le numéro 2 du ministère de l’éducation nationale qui a avancé d’autres raisons pour justifier l’obligation de maintenir l’âge de 10 ans pour l’entrée en sixième. « Il y a des aspects psychologiques à tenir en compte. Un enfant de 15 ans manque de maturité et ne dispose pas de capacités d’adaptation à l’université. Parfois des chancelleries comme la France leur refusent les visas à cause de l’âge.

Des parents sont obligés de partir avec leurs enfants de bas âges à l’étranger. Ce sont tous des enjeux qu’on ne peut ignorer« , note le responsable éducatif qui appelle à un accompagnement. Peine perdue visiblement puisque depuis la révélation de cette mesure, nombreuses voix s’élèvent pour la dénoncer. « Les responsabilités sont partagées. D’abord par les parents qui ont inscrit ces enfants avant l’âge requis. Les écoles aussi auraient dû respecter des textes. Quant au ministère, le minimum est de recaler les dossiers dès le début au lieu d’attendre jusqu’à la veille des examens pour annoncer leur exclusion« , a déploré, Ali Bacar, un ancien directeur d’une école privée de Moroni qui pointe du doigt une pointe du doigt une, sensibilisation tardive. « Cette mesure présente des avantages et des inconvénients. Interdire aux moins de 9 ans permet de respecter le rythme de développement de l’enfant, dont certains peuvent manquer de maturité. Elle réduit aussi la pression scolaire car les parents et les enseignants seront moins tentés à accélérer les scolarités des enfants. Enfin, la règle du ministère favorise harmonisation des âges dans les classes et une meilleure consolidation des acquis fondamentaux« , soutient, en revanche un directeur d’une école privée de la capitale qui a opté pour l’anonymat.

Démotivation des élèves précoces

Toutefois, reconnait-il, la mesure n’est pas sans conséquences. « Les élèves précoces seront les plus touchés avec un risque de démotivation. Il y a des enfants performants qui pourraient être pénalisés malgré leurs capacités pédagogiques. Les familles ne sont pas en reste. Dans certaines régions, la réussite scolaire est très valorisée, cette mesure a de fortes chances d’être perçue comme une injustice« , alerte notre enseignant qui confirme que son établissement suit au moins deux enfants âgés de 9 ans qui sont en classe de 6ème. « Par rapport à ce débat, la question centrale est de savoir si l’examen d’entrée en sixième doit dépendre principalement de l’âge de l’enfant ou de ses compétences et de sa maturité. Un système prévoyant des dérogations pour les élèves exceptionnellement doués pourrait constituer un compromis« , croit-il savoir.

Maintenant la question qui se pose est : que vont-devenir ces enfants recalés ? A Moroni, au moins trois établissements privés seraient concernés par ces cas. A l’école franco-arabe, la direction pourrait se voir priver de ses meilleurs espoirs à cause de l’âge. « Ma sœur est abattue quand on lui a annoncé cette terrible nouvelle. Son enfant fait partie des meilleurs de la classe qui ont décroché le sixième blanc, une sorte d’examen test que les écoles organisent à moins de deux mois du concours national« , s’est confiée Fatima, dont les neveux âgés de moins de 10 ans pourraient manquer l’entrée en sixième qui débute le 14 juillet prochain.

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Tsararano : quatre adolescents poursuivis après les violences de jeudi matin

Tsararano : quatre adolescents poursuivis après les violences de jeudi matin
* image d'illustration générée par ia

Quatre mineurs ont été présentés ce jeudi devant le juge des enfants, après les violences survenues dans la matinée à Tsararano, dans la commune de Dembéni. Trois d’entre eux sont âgés de plus de 16 ans, le quatrième a moins de 16 ans.

Tous ont été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement devant le tribunal pour enfants.

Jeudi matin, plusieurs incidents avaient mobilisé les gendarmes et les secours dans le secteur. Des violences ont notamment éclaté au lycée de Tsararano, entraînant le confinement de l’établissement puis l’évacuation progressive des élèves sous encadrement des militaires.

Au total, huit jeunes avaient été interpellés lors des opérations de sécurisation. Un élève avait également été évacué vers le centre hospitalier de Mamoudzou après avoir été blessé par un coup de tournevis dans le dos. Trois autres élèves avaient été pris en charge après des malaises.

Des automobilistes avaient aussi été visés par des jets de projectiles près du rond-point de Tsararano, où plusieurs véhicules avaient été endommagés. Selon la gendarmerie, des groupes adverses s’étaient ensuite retranchés sur les hauteurs du village, avant d’être contenus par les forces de l’ordre.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes