Grève à la CSSM : Les agents élargissent leurs revendications

Une partie des agents de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM) tiennent un piquet de grève devant le centre Kinga depuis lundi dernier. S’ils ont déjà obtenu la semaine dernière la réintégration de leur collègue “licencié abusivement”, ils ne comptent pas s’arrêter là et espère obtenir une amélioration significative de leurs conditions de travail auprès de la direction.

Si l’arrivée de la nouvelle directrice de la CSSM, Myriam Harley, en décembre dernier, avait déjà sonné le début de la “grogne” des agents, jugeant ses méthodes managerielles par trop “musclées”, c’est le licenciement de l’un d’entre eux qui a “mis le feu aux poudres”. “Ça bouillonnait depuis un moment, mais ce licenciement abusif a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase”, explique Souniati, responsable de la CAF.

C’était un licenciement abusif, on l’a accusé d’avoir une double activité, de gérer une entreprise en plus de son travail à la CSSM, mais ce n’était pas justifié ! On l’a accusé d’être “gérant de fait” c’est à dire un gérant qui n’apparait pas dans les statuts de l’entreprise, mais ça n’a jamais été démontré !”, surenchérit-elle.  Grâce à leur mobilisation, ce licenciement a été annulé et l’agent sera prochainement réintégré à son poste. Les grévistes ont donc eu gain de cause sur ce point.

Mais, comme dans beaucoup de mouvements sociaux, de ce “déclencheur initial” a découlé beaucoup d’autres revendications latentes depuis des années dans la structure. Les agents grévistes de la CSSM affirment vouloir “une amélioration de leurs conditions de travail” via notamment une augmentation des effectifs, une revalorisation de leurs salaires à la hauteur de ceux de leurs confrères de La Réunion, avec une indexation à 53%, ainsi qu’une “reprise du dialogue social rompu depuis l’arrivée de la nouvelle directrice Myriam Harley”. Engagée explicitement pour “redresser la situation au sein de la CSSM”, ses méthodes n’ont pas l’heur de plaire au personnel, comme souvent dans ce genre de situation.

On n’arrive pas à se comprendre ni même tout simplement à “se poser” pour aborder les sujets”, explique Souniati. La question des retraites pour les salariés qui ont travaillé en dehors de Mayotte, problème loin d’être nouveau pour les agents du secteur public sur l’île, a également été “remise sur le tapis”, tout comme l’externalisation de certains services de la CSSM. “Ils externalisent les services au lieu d’embaucher du personnel à Mayotte et de nous donner davantage de moyens pour que nous puissions faire notre travail dans de bonne conditions”, déplorent les grévistes.

Des négociations complexes qui se poursuivront ce mardi

Malgré une première victoire la semaine dernière avec l’annulation du licenciement de leur collègue, les grévistes “ne lâchent rien” et ne comptent pas arrêter leur grève tant que l’ensemble de leurs revendications n’auront pas obtenu gain de cause. Les négociations avec la direction ont repris ce lundi et n’ont toujours pas eu de conclusion en fin d’après-midi. Elles se poursuivront donc ce mardi, en même temps que le piquet de grève que les agents mettent un point d’honneur à poursuivre tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction. Les Femmes Leaders ainsi que l’association des anciens élus de Mayotte sont venues leur apporter leur soutien.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS
nora-godeau
Journaliste

Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.

Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Mardi 4 août 2026
Mardi 4 août 2026

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une