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ETPC lance son premier « Mwendro Wa ETPC »

ETPC lance son premier « Mwendro Wa ETPC »

Les amateurs de sport et de plein air ont rendez-vous le dimanche 14 juin 2026 à Koungou pour la première édition de « Mwendro Wa ETPC », un événement sportif et convivial organisé par ETPC Mayotte en partenariat avec l’Athletic Club des Jeunes de Koungou (ACJK).

Installée à l’entrée de la carrière de Koungou, cette manifestation vise à rassembler les habitants autour des valeurs du sport, du partage et du vivre-ensemble. À travers cette initiative, ETPC Mayotte entend renforcer son ancrage local et poursuivre le dialogue avec les riverains en soutenant des actions fédératrices au bénéfice du territoire.

Au programme : une marche populaire de 5 kilomètres autour de la carrière avec une traversée des quartiers de Koungou, un trail de 8 kilomètres destiné aux plus sportifs, ainsi que plusieurs animations culturelles et de découverte pour petits et grands. L’objectif est d’offrir une journée placée sous le signe de la convivialité, de la découverte et de l’activité physique.

Les inscriptions sont ouvertes sur la plateforme HelloAsso. Les organisateurs invitent dès à présent les participants à réserver leur place pour cette première édition qui ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable du calendrier sportif local.

ETPC Mayotte et l’ACJK remercient l’ensemble de leurs partenaires institutionnels, associatifs et privés pour leur soutien et leur engagement en faveur du développement du sport et de la cohésion sociale à Mayotte.

Labattoir : une comédie musicale originale sur la paix et le vivre-ensemble

Labattoir : une comédie musicale originale sur la paix et le vivre-ensemble

Les élèves du collège de Labattoir présenteront, vendredi 5 juin 2026, la comédie musicale « Amani et la paix retrouvée », à la Halle aux sports de l’établissement, de 15h à 17h. Écrite et composée par Malo de Framond, cette création originale en quatre actes mêle théâtre, chant et jeu scénique. Inspiré de l’univers Disney, le spectacle raconte l’histoire d’Amani, jeune fille mystérieuse dotée d’un pouvoir de paix, dans un récit ancré dans la réalité mahoraise. Porté par des élèves sélectionnés sur audition, le projet aborde avec sensibilité les enjeux du vivre-ensemble à Mayotte.

Chiner, vendre et faire de la place : le vide-greniers de Mamoudzou revient le 5 juillet

Chiner, vendre et faire de la place : le vide-greniers de Mamoudzou revient le 5 juillet

La Ville de Mamoudzou lance les inscriptions pour la deuxième édition de son vide-greniers. Les particuliers ont jusqu’au 30 juin pour réserver leur emplacement sur le remblai de M’tsapéré.

Après une première édition qui avait attiré de nombreux habitants, le vide-greniers de Mamoudzou fera son retour le dimanche 5 juillet prochain. Organisé par la municipalité sur le remblai de M’tsapéré, face à la mosquée du vendredi, l’événement entend une nouvelle fois réunir vendeurs occasionnels et chineurs dans une ambiance familiale.

Ouvert exclusivement aux particuliers, ce rendez-vous permettra aux habitants de se débarrasser des objets qui dorment dans leurs maisons tout en leur offrant une seconde vie. Vêtements, jouets, livres, objets de décoration ou encore petits équipements du quotidien pourront ainsi trouver de nouveaux propriétaires.

Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation pour de nombreuses familles mahoraises, ce type de manifestation séduit de plus en plus. Les vide-greniers constituent à la fois une opportunité de réaliser des économies et une façon de consommer autrement en privilégiant le réemploi.

Les personnes souhaitant exposer peuvent dès à présent retirer leur dossier d’inscription auprès de la direction Attractivité et Études statistiques, à la mairie annexe de M’tsapéré, ou le télécharger directement sur le site internet de la Ville de Mamoudzou.

Les dossiers devront être retournés avant le 30 juin. La municipalité prévient toutefois que les inscriptions seront clôturées dès que le nombre maximal d’exposants sera atteint.

Chaque emplacement de 6 m² est proposé au tarif de 15 euros.

Avec cette deuxième édition, la Ville de Mamoudzou confirme sa volonté d’inscrire le vide-greniers dans le calendrier des animations locales. Au-delà des transactions, l’événement favorise également les échanges entre habitants et participe à l’animation du chef-lieu.

À quelques semaines de l’événement, les organisateurs espèrent attirer un large public, aussi bien parmi les exposants que les visiteurs venus dénicher la bonne affaire ou simplement profiter d’une journée conviviale au bord du lagon.

Vingt mois de prison après des violences intrafamiliales

Vingt mois de prison après des violences intrafamiliales

Jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Mamoudzou, un homme de 28 ans devait répondre de violences intrafamiliales, de menaces de mort, de dégradations et d’actes de cruauté sur des animaux. Le parquet a requis 26 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.

À la barre, le prévenu comparaissait pour une série de faits survenus dans le quartier de Cavani : violences sur sa mère, violences et menaces à l’encontre de son frère, destruction de biens, mais aussi actes de cruauté ayant entraîné la mort d’un chien et de trois poules.

Dès l’ouverture des débats, la présidente rappelle au prévenu qu’il n’est pas un inconnu du tribunal. « On s’est vu la semaine dernière dans cette salle pour des actes de violence », relève-t-elle. L’homme comparaît cette fois avec plusieurs mentions de récidive légale, notamment pour des faits de violences et de dégradations.

Selon le compte rendu d’infraction dressé par le commissariat de Mamoudzou, les policiers ont été appelés en fin de matinée après le signalement d’un homme disant avoir été violenté par son grand frère. La famille vit sous le même toit : la mère, une petite fille de 11 ans, son frère et le prévenu, récemment sorti de prison. D’après les déclarations recueillies, celui-ci consommerait de l’alcool et des stupéfiants, avec un comportement « complètement fou » lorsqu’il est sous emprise.

Le frère raconte que dans la matinée, le prévenu aurait frappé leur mère, notamment par des gifles, avant de s’en prendre à lui avec un bâton et un caillou. Il aurait également pris sa carte d’identité et son téléphone portable. La scène aurait ensuite basculé dans une violence extrême : le chien du jeune frère, un doberman, aurait été étranglé avec une corde, frappé avec un bâton, une pierre et une machette. Les photos versées à la procédure, évoquées à l’audience, semblent avoir marqué les débats. « Personne n’a envie de voir les photos », glisse la présidente dans la salle.

Selon le frère, le prévenu se serait ensuite dirigé vers ses poules, qu’il savait importantes pour lui, et les aurait tuées « de la même façon ». Il aurait également proféré des menaces de mort : « Il faut que je te tue, je vais te tuer. » Le frère dit avoir finalement porté plainte parce que « les traces étaient trop importantes cette fois-ci ». Il affirme aussi ne plus aller à l’école afin de surveiller la maison, par crainte que son grand frère ne s’en prenne à leur mère en son absence.

Face aux accusations, le prévenu nie en bloc. Il explique s’être réveillé après avoir regardé un match et bu de l’alcool. Il dit avoir appris qu’on racontait qu’il avait été arrêté pour un vol de bananes, ce qui l’aurait humilié. « Ça fait honte », dit-il. À l’entendre, il aurait voulu comprendre pourquoi son frère lui « mettait le mauvais œil ». Il affirme être rentré dans la cour pour se brosser les dents, puis avoir entendu sa mère parler de cette histoire.

La présidente l’interroge alors sur la disproportion entre ce possible ragot et les faits reprochés : tuer le chien, tuer les poules, menacer sa famille, détruire des affaires. Le prévenu répond qu’il n’a « jamais tué son chien ». La juge insiste : « Tout le monde vous a vu. Votre mère raconte, votre frère raconte, votre petit frère aussi. »

La mère s’est ensuite approchée de la barre pour être entendue. Elle commence par rappeler le lien filial : « C’est moi qui l’ai porté, qui l’ai mis au monde. J’ai sept enfants ici. C’est moi seule qui me suis occupée de lui. » Mais elle confirme les violences et les actes de cruauté. « C’est vrai qu’il a tué le chien et les poules. J’étais sur place », déclare-t-elle.

La mère dit avoir peur de son fils. « Il me menace, me lance des cailloux. Je ne sais pas pourquoi il dit que je le hais. Si aujourd’hui il fait ça, demain il risque de tuer. » Elle évoque une situation familiale très précaire : expulsée de l’habitation depuis cette altercation, l’eau à aller chercher à la rivière, une vie quotidienne « dure ». À la fin de son témoignage, elle se retourne vers son fils, assis sur le banc des prévenus, et lui dit : « Désolée. »

Pour le parquet, les éléments du dossier sont suffisamment graves et concordants. Il décrit un passage à l’acte dans un « état de coup de folie », tout en insistant sur le contexte judiciaire du prévenu. Récemment, une peine de travail d’intérêt général avait été prononcée dans une logique de réinsertion. « Dix jours après, on le retrouve violentant sa famille », relève le ministère public.

Le casier judiciaire du prévenu pèse également dans les réquisitions : condamnations pour vol, révocation de TIG, évasion en semi-liberté, dégradation, recel, port d’arme, et une condamnation récente pour violation de domicile. Le parquet dit partager l’inquiétude de la mère sur le risque de représailles et requiert 26 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.

En défense, Me Cooper conteste la solidité du dossier. Selon elle, la procédure est « très insatisfaisante sur le plan probatoire ». Elle estime que les photos du chien ne suffisent pas à établir que son client l’a tué, ni qu’il a violenté sa mère et son frère. L’avocate insiste sur le contexte familial tendu depuis le retour du prévenu de prison. Elle avance que certains membres de la famille n’avaient peut-être « pas très envie qu’il soit au domicile ».

La défense pointe aussi des contradictions dans les déclarations. Sur les violences contre la mère, le frère parle d’une gifle et d’un coup de caillou ayant provoqué une plaie importante à la lèvre, tandis que la mère aurait évoqué une pierre qu’elle aurait esquivée. L’avocate soutient que les photographies ne montrent pas de blessure importante. Elle demande donc la relaxe pour ces faits.

Concernant le frère, Me Cooper relève que la mère a déclaré que celui-ci avait fui, alors que le frère dit avoir assisté à la scène de cruauté envers les animaux. Elle estime que la seule concordance porte sur le fait que le prévenu l’aurait tenu à distance avec un bâton. Elle souligne encore l’absence, dans la procédure, du téléphone portable détruit ou des vêtements brûlés.

Avant que l’affaire ne soit mise en délibéré, le prévenu maintient sa position : « Ce qu’il a raconté là, c’est des mensonges. »

S’il est relaxé sur les menaces de mort et la destruction du téléphone portable, l’homme est condamné pour le reste à vingt mois de prison avec maintien en détention.

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L’économie mahoraise résiste

L'économie mahoraise résiste
Au premier trimestre 2026, Mayotte se distingue des autres territoires ultramarins avec seulement 11 défaillances d'entreprises recensées sur un an, soit une baisse de 76,6 %, alors que les procédures collectives continuent d'augmenter dans l'ensemble des Outre-mer (+9,8 %).

Alors que les défaillances d’entreprises continuent de progresser dans la plupart des territoires ultramarins, Mayotte se distingue par une nette amélioration de la situation économique. Selon les dernières données publiées par l’IEDOM et l’IEOM pour le premier trimestre 2026, le nombre d’entreprises mahoraises placées en redressement ou en liquidation judiciaire a fortement diminué sur un an.

Entre avril 2025 et mars 2026, seulement 11 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective à Mayotte, contre 47 un an plus tôt. Cette baisse spectaculaire de 76,6 % contraste fortement avec la tendance observée dans l’ensemble des Outre-mer, où les défaillances continuent d’augmenter de 9,8 %.

Une situation à relativiser

Si ces chiffres constituent un signal encourageant pour l’économie mahoraise, ils doivent toutefois être interprétés avec prudence. Le faible nombre de procédures enregistrées sur le territoire rend les variations statistiques particulièrement sensibles. Quelques dossiers supplémentaires ou en moins peuvent ainsi entraîner des évolutions importantes en pourcentage.

Néanmoins, cette baisse intervient dans un contexte où plusieurs territoires ultramarins continuent de faire face à des difficultés persistantes. La Guadeloupe enregistre une hausse de 19,1 % des défaillances, la Martinique de 8,8 % et la Guyane connaît même une envolée de plus de 200 % sur un an.

Des secteurs sous pression dans les Outre-mer

À l’échelle ultramarine, les secteurs de la construction, du commerce et des services aux entreprises demeurent les plus exposés. La construction, notamment, concentre une part importante des procédures collectives enregistrées depuis plusieurs mois.

Les activités liées au commerce et à la réparation automobile continuent également de souffrir, tout comme les entreprises de conseil et les services à la personne.

Dans ce contexte, la situation mahoraise apparaît relativement favorable, même si les acteurs économiques locaux restent confrontés à de nombreux défis : hausse des coûts d’exploitation, difficultés d’approvisionnement, pression démographique, besoins importants en infrastructures et accès parfois limité aux financements.

Un indicateur à suivre de près

Les défaillances d’entreprises constituent un indicateur clé de la santé économique d’un territoire. Elles regroupent les procédures de redressement et de liquidation judiciaire engagées lorsqu’une entreprise n’est plus en mesure de faire face à ses dettes.

La baisse observée à Mayotte pourrait traduire une meilleure résistance du tissu économique local après plusieurs années marquées par les crises successives. Toutefois, les spécialistes soulignent qu’il est encore trop tôt pour parler d’un retournement durable de tendance.

Les prochains trimestres permettront de confirmer si cette amélioration se poursuit ou si elle résulte d’un phénomène ponctuel. Dans un environnement économique toujours incertain, la vigilance reste de mise pour les entreprises mahoraises comme pour les acteurs publics chargés d’accompagner leur développement.

Alors que les défaillances continuent d’augmenter dans la plupart des territoires ultramarins, Mayotte envoie malgré tout un signal positif : celui d’un tissu entrepreneurial qui semble, pour l’heure, mieux résister aux difficultés économiques que ses voisins de l’océan Indien et des Caraïbes.

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Assemblée nationale : la France doit assumer Mayotte devant le monde

Assemblée nationale : la France doit assumer Mayotte devant le monde
Pour la députée Anchya Bamana, la France doit assumer Mayotte aux yeux des Comores et du monde. Elle refuse tout idée d'installation de camp de migrants illégaux sur le territoire.

Remontée contre le gouvernement Le Cornu dans sa façon à gérer les dossiers urgents de Mayotte, Anchya Bamana a quitté l’île jeudi soir, après plusieurs jours passés sur le terrain en compagnie d’autres députés membres de la délégation outre-mer de l’Assemblée nationale. L’annulation de plusieurs visites ministérielles dans l’archipel ce mois juin, a appelé de sa part une cascade de critiques.

Une mission de la délégation des outre-mer à l’Assemblée nationale a séjourné cette semaine à Mayotte. Cette délégation qui comprend des députés ultramarins et hexagonaux avait pour objectif de constater directement sur le terrain la réalité de l’île une année et demie après le passage du cyclone Chido. « Entre ce que disent les fonctionnaires de l’État sur ce territoire et la réalité du terrain, il y a un monde« , affirme Anchya Bamana la députée RN de la 2 nde circonscription legislative de Mayotte qui participe à cette mission. « Notre rôle est de venir constater la réalité sur le terrain afin que nous puissions contrôler l’action du gouvernement sur le territoire« , a-t-elle fait remarquer.

Ce déplacement de parlementaires à Mayotte était axé sur la thématique du développement économique en Outre-mer et s’agissant particulièrement du 101ème département français, elle fait suite à de très nombreux auditions sur place durant lesquelles l’ensemble des acteurs entendus se sont accordés sur le fait que ce développement économique ne pourrait se matérialiser tant des bases essentielles ne seront pas posées, à savoir, la lutte contre l’insécurité, la pénurie d’eau qui pénalise l’activité des entreprises, celle de l’éducation nationale et la vie simplement des Mahorais qui est mise à mal par ces manquements.

« Tant que ces conditions ne seront pas réunies, il ne sera pas possible d’avoir un développement économique harmonieux sur notre île, et pour moi cette mission est une occasion d’avoir des témoins afin que la parole des parlementaires de cette île ne soit mis en doute à l’Assemblée nationale comme c’est parfois le cas lorsque nous défendons certains sujets. L’union faisant la force, le fait d’avoir d’autres députés, dont certains ultramarins, qui se déplacent jusqu’ici constitue un atout dans la défense des intérêts de Mayotte à Paris« , a rajouté Anchya Bamana.

Celle-ci n’a pas manqué de commenter le report sine die de plusieurs visites ministérielles programmées dans le courant de ce mois de juin 2026, notamment du Premier ministre Sébastien Le cornu, du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, ainsi que de leurs collègues de la santé et de l’Education nationale.

La lecture que la députée mahoraise fait de ces annulations de visite est que « depuis Chido la réalité de notre territoire est connue de tous à Paris et comme ce gouvernement n’a pas la volonté de faire ce que nous lui demandons, le démantèlement en urgence de ce camp de la honte, l’accélération des procédures des dispositifs d’asile, faire jouer la solidarité nationale et le renvoie chez eux de tous les déboutés de l’asile par la coopération diplomatique. Le Centre Hospitalier de Mayotte n’est pas calibré pour recevoir toute la misère du monde et ce n’est pas du racisme que de dire la vérité. Mayotte est confrontée à une immigration illégale de grande ampleur et l’État ne déploie pas les moyens pour y faire face. Devant la risque que fait peser le virus Ébola, nous continuons à demander la fermeture des frontières maritimes car ne pas le faire équivaudrait à un abandon du territoire « . Pour elle, si tous ces ministres tergiversent pour ne pas se rendre sur l’île c’est qu’ils n’ont pas la volonté d’apporter les mesures que leur demandent les habitants de Mayotte.

A l’instar de sa collègue Estelle Youssouffa qui a indiqué mardi 2 mai 2026 au ministre des Affaires Étrangères, Jean-Noël Barrot, que les Mahorais ne lâcheront rien face au exigences comoriennes dans le cadre des JIOI (Jeux des Îles de l’Ocean Indien), Anchya Bamana prévient le gouvernement à son tour, «  ils ont de toute façon le couteau sous la gorge car nous ne lâcherons pas« , au préfet de Mayotte qu’elle a reçu cette semaine et avec lequel elle aurait un entretien cordial, elle lui aurait tenu ce qu’elle considère comme un langage de vérité, « nous ne lâcherons pas sur l’immigration clandestine de masse, aucun maire de l’île ne délivrera un terrain pour accueillir un camp officiel du gouvernement français« . La députée rend le gouvernement responsable de cette situation devenue non maîtrisable.

Elle a évoqué le refus des membres du gouvernement Le Cornu, il y a deux semaines à l’Assemblée nationale, de déployer les moyens de la marine française en mer dans le canal de Mozambique et à la frontière avec Anjouan pour limiter les entrées massives de migrants illégaux à Mayotte. « Comme ils n’ont pas voulu le faire, ils se retrouvent pris dans leur propre piège, et nous ici nous demandons la fermeture de ces frontières, que la France prenne ses responsabilités pour protéger ce territoire« .

A l’approche de la réunion des ministres des pays membres de la Commission de l’Océan Indien prévue pour se tenir à Moroni lundi prochain 8 juin 2026, au cours de laquelle la France prendra officiellement la présidence tournante de cette institution régionale, Anchya Bamana s’est voulue très clair sur le sujet de l’intégration de Mayotte dans cette entité : « c’est une affaire franco-française, on ne viendra pas me dire que la cinquième puissance militaire du monde n’a pas les moyens de faire fléchir nos voisins comoriens sans pour autant générer trop de problèmes« .

Pour Anchya Bamana la France doit avoir la volonté politique d’assumer Mayotte et être ferme à l’égard des Comores et du reste du monde. Une position qu’elle aurait déjà signifié par courrier à Jean-Noël Barrot à la suite d’une récente mission sur la diplomatie ultramarine au sein de la nation tenue par la délégation des Outre-mer de l’Assemblée nationale. Sa conclusion personne de ce dossier de Mayotte.

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Kwassas : Le parquet réclame la fermeté, la défense plaide l’individualisation

Kwassas : Le parquet réclame la fermeté, la défense plaide l’individualisation

Au tribunal judiciaire de Mamoudzou, trois hommes étaient jugés ce jeudi 4 juin en comparution immédiate pour aide à l’entrée irrégulière. Au fil des dossiers, un dialogue s’est installé entre le procureur Dupont, qui défend une réponse ferme face à l’immigration clandestine, et Me Cooper, qui appelle les juges à ne pas renoncer à l’individualisation des peines.

Trois hommes, trois kwassas, trois traversées vers Mayotte. À la barre du tribunal judiciaire de Mamoudzou, les dossiers se suivent et semblent parfois se répéter : des embarcations venues des Comores, des passagers transportés sans permis, sans matériel de sécurité, et des pilotes attirés par la promesse de quelques centaines d’euros.

Mais derrière cette succession d’affaires, un autre débat s’est dessiné. Celui d’une justice prise entre deux exigences : répondre à un phénomène massif, l’immigration clandestine par voie maritime, et juger chaque prévenu pour ce qu’il est, ce qu’il a fait, et la place qu’il occupe réellement dans ces traversées.

Dans la première affaire, le prévenu, 26 ans, est poursuivi pour avoir participé au pilotage d’une barque blanche et bleue de six mètres, repérée le 1er juin vers 8 heures à proximité de l’îlot Mtsamboro. À bord se trouvent onze personnes, neuf hommes et deux femmes, ainsi qu’un pilote. L’embarcation est dépourvue de matériel de sécurité.

L’homme affirme n’avoir tenu la barre que temporairement. Selon ses déclarations, le pilote principal aurait sauté à l’eau et nagé en apercevant les gendarmes. Lui devait percevoir 250 euros pour la traversée. Pêcheur, payé environ 40 euros par jour, il dit avoir accepté en raison de sa situation familiale : une femme qui vient d’accoucher, un enfant, un petit frère et une petite sœur à charge.

« J’ai mal agi, je présente mes excuses et je ne recommencerai plus », déclare-t-il devant le tribunal. « Vu les problèmes qu’il y a aux Comores, j’étais seul pour subvenir aux besoins de mon petit frère, ma petite sœur et mon enfant. Je présente mes excuses aux Mahorais, aux Français. »

Le procureur Dupont requiert six mois d’emprisonnement avec maintien en détention et trois ans d’interdiction du territoire français. Pour le ministère public, ces traversées ne peuvent être réduites à des trajectoires individuelles de misère. Elles alimentent un système qui met en danger des vies humaines et pèse lourdement sur la société mahoraise.

Face à lui, Me Cooper place le débat sur le terrain des principes. « Vous êtes censés individualiser la peine, c’est ce que le législateur demande », plaide l’avocate devant la juge. Elle décrit son client comme un primo-délinquant, pêcheur, « proie facile pour les réseaux ». Selon elle, le prévenu savait qu’il risquait la prison, mais avait entendu parler de peines bien moins longues. Il fait partie, insiste-t-elle, des plus précaires du kwassa, ceux qui prennent la mer sans être les véritables organisateurs.

« Je veux vous rappeler que vous n’êtes pas obligés de suivre cette systématisation des peines », lance Me Cooper au tribunal.

La deuxième affaire reprend ce même échange, mais avec d’autres faits. À bord de la barque de sept mètres équipée de deux moteurs se trouvent quatre chèvres et quatre moutons. Le prévenu n’a pas d’antécédent. Lui aussi se présente comme pêcheur. Il devait toucher 1 000 euros pour l’aller-retour, tandis que chaque passager aurait versé 300 euros.

À la barre, il raconte une histoire familiale marquée par la mort de sa mère lorsqu’il avait 13 ans. Depuis, dit-il, son père ne s’occupe plus de lui ni des siens. « C’est moi qui essaye de subvenir aux besoins comme je peux. On m’a proposé ça et je me suis dit que peut-être j’allais avoir de l’argent, mais je ne m’attendais pas à me retrouver devant vous. »

Il présente lui aussi ses excuses. « Si vous me retrouvez chez moi, vous pourrez me donner les peines que vous souhaitez, mais je ne ferai plus ça », promet-il.

Le procureur Dupont dit entendre les arguments de la défense sur la politique pénale menée à Mayotte. Mais il rappelle qu’il représente la société, et donc une population mahoraise pour laquelle l’immigration clandestine est « un véritable fléau ». Même lorsqu’un kwassa transporte des chèvres, du tabac ou d’autres marchandises, insiste le parquet, il transporte avant tout des êtres humains, parfois des femmes et des enfants.

Il requiert à nouveau six mois d’emprisonnement avec maintien en détention, trois ans d’interdiction du territoire français et la confiscation du matériel. « Ces 1 000 euros participent aussi à l’économie souterraine », souligne-t-il.

Me Cooper répond en interrogeant l’efficacité de cette fermeté répétée. L’avocate ne conteste pas l’existence d’une politique pénale, ni la nécessité de sanctionner. Mais elle demande au tribunal de regarder ce que cette réponse produit réellement. « On est plus sévères, mais ça n’a pas freiné quoi que ce soit », plaide-t-elle. La politique pénale s’est renforcée ces dernières années. Pour les primo-délinquants, les peines sont passées de six mois avec sursis à six mois ferme. Pour les récidivistes, la référence est désormais de 15 mois, et peut atteindre 30 mois en cas de double récidive.

Selon l’avocate, la justice se retrouve souvent face aux plus vulnérables : les jeunes recrutés pour faire la traversée, ceux qui tiennent la barre, ceux qui se font arrêter. Les réseaux, eux, restent largement hors de portée. « On s’en prend là aux plus précaires », résume-t-elle. Pour Me Cooper, la pression de la population et la gravité du phénomène ne doivent pas effacer l’obligation d’individualiser les peines.

La troisième affaire donne au débat une tonalité différente. Le prévenu, né en 2004 à Anjouan, reconnaît avoir piloté une embarcation transportant six personnes : trois hommes, deux femmes et un enfant.

Cette fois, le prévenu ne se présente pas comme un simple exécutant occasionnel. Il reconnaît – « dans une grande naïveté » selon la juge – avoir déjà effectué « à peu près dix fois » des entrées et sorties, même si c’est la première fois qu’il est interpellé. Il admet aussi que le kwassa lui appartient, tout comme le moteur. Pêcheur, il explique avoir acheté l’embarcation grâce à son travail.

À la barre, le tribunal lui rappelle que la loi prévoit jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour ces faits. Lui pensait risquer « six mois comme ça ». Une formule qui en dit long sur la manière dont une peine récurrente finit par circuler comme une sorte de tarif connu à l’avance.

Pour le procureur Dupont, cette banalisation ne peut justement pas conduire à l’indulgence. « Il n’y a pas de solution miracle », admet-il en substance. Mais faut-il pour autant ne rien faire contre l’immigration clandestine ? Le ministère public insiste sur le danger concret : chaque jour, des kwassas transportent des femmes, des enfants, des personnes vulnérables, dans des conditions extrêmes. C’est là, selon lui, que la justice pénale doit être ferme.

Il requiert les mêmes sanctions : six mois d’emprisonnement, mandat de dépôt, trois ans d’interdiction du territoire français et confiscation du matériel.

Me Cooper, cette fois, s’appuie sur la franchise du prévenu. Il ne nie pas les traversées précédentes. Il reconnaît que la barque lui appartient. Il assume davantage que les autres. Mais pour l’avocate, cette affaire montre aussi les limites de la connaissance des réseaux : celui qui comparaît n’est pas forcément l’organisateur d’un système structuré, mais celui qui prend la mer, transporte, s’expose et met aussi sa propre vie en danger.

« À aucun moment, moi ou mes confrères n’avons dit qu’il ne faut rien faire », plaide-t-elle. L’infraction est caractérisée, la loi pénale doit s’appliquer. Mais le quantum de la peine, rappelle-t-elle, reste à l’appréciation des juges. « Tout n’est pas gravé dans le marbre. »

Au terme de ces trois dossiers, le tribunal se retrouve face à une même ligne de fracture. Pour le procureur Dupont, la répétition des traversées, leur dangerosité et leurs conséquences pour Mayotte justifient une réponse ferme et lisible. Pour Me Cooper, cette fermeté ne doit pas devenir une mécanique qui écrase les différences entre un primo-délinquant précaire, un jeune recruté pour une traversée et un pilote plus habitué.

Dans cette salle d’audience, les kwassas ne sont donc pas seulement des embarcations interceptées. Ils deviennent le lieu d’un débat judiciaire plus profond : comment répondre à un phénomène collectif sans oublier que la justice pénale, elle, juge toujours des individus.

Les trois pilotes ont été condamnés à la même peine : douze mois de prison avec sursis simple, trois ans d’interdiction de territoire français et confiscation des scellés.

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Université de Mayotte : une ancienne stagiaire de master MEEF dénonce des titularisations « A la tête du client »

Université de Mayotte : une ancienne stagiaire de master MEEF dénonce des titularisations « A la tête du client »

M.B, ancienne étudiante de master MEEF, injustement licenciée en décembre 2025 suite à une erreur de calcul sur sa moyenne générale, souhaite témoigner de « graves irrégularités » au sein de la formation des enseignants du premier degré à Mayotte, aboutissant selon elle à des titularisations « à la tête du client » et non en fonction du niveau réel des stagiaires.

Les témoignages dénonçant les irrégularités au sein de l’Université de Mayotte se multiplient. Harcèlement, pression psychologique et même usage de faux documents, tous les moyens sont visiblement bons pour la direction de l’Université, d’après plusieurs sources concordantes, pour évincer certains aspirants enseignants du premier degré à Mayotte sur des critères très éloignés de leur véritable compétence pédagogique. Tout ceci n’a pas encore été prouvé par la Justice, mais plusieurs plaintes en ce sens ont été déposées au tribunal administratif et même au pénal. M.B, l’une des plaignantes, ancienne stagiaire de master MEEF, a accepté de nous raconter son histoire.

Tout avait pourtant bien commencé pour elle. Admise au concours de professeur des Ecoles en 2022, elle effectue sa première année de master MEEF sans difficulté. C’est toutefois au cours de la deuxième année que les choses se compliquent. Affectée en binôme lors d’un stage dans une école du nord de l’île, elle est rapidement choquée par le niveau très insuffisant de sa binôme : « Les affichages dans la classe étaient bourrées de fautes d’orthographe et les élèves recopiaient donc ces erreurs dans leurs cahiers », explique-t-elle. « En outre, ces derniers m’ont rapporté des faits de violence physique pour « maintenir la discipline » », poursuit-elle. Croyant agir dans l’intérêt des élèves, elle signale ces faits à ses formateurs. « A partir de là je suis devenue en quelque sorte « la bête à abattre » », déclare-t-elle.

Pression psychologique et documents « trafiqués »

Après ce « malheureux » signalement, les formateurs lui ont en quelque sorte « mené la vie dure » alors même qu’elle faisant partie des meilleurs éléments de sa promotion l’année passée. «On m’a infligé 12 visites de classes alors que seulement 4 sont normalement prévues, j’ai été obligée de suivre des « cours de soutien » en visio une à deux fois par semaine, parfois le week-end, souvent tard le soir et on m’envoyait des mails me sommant de modifier mon travail à 23h ou minuit pour le lendemain matin, ce qui fait que je me réveillais complètement paniquée toutes les nuits », raconte l’ancienne stagiaire. A tout ceci sont venues s’ajouter des notes en dessous de la moyenne dont elle n’a jamais obtenu la moindre explication, malgré ses demandes répétées.

Devant le refus de l’Université de lui montrer les rapports expliquant ses notes, elle finit par saisir la CADA et découvre alors avec stupeur, en analysant les métadonnées des documents, que ces derniers ont été modifiés en sa défaveur par un membre de la Direction, bien après la date officielle de l’évaluation. C’est à ce moment-là qu’elle a décidé de porter plainte pour « faux et usage de faux » auprès du tribunal administratif. En parallèle, elle a été la cible de propos psychologiquement violents tels que « vous êtes condescendante, jamais je ne vous titularisai » ou encore « votre déontologie n’est pas compatible avec celle d’une professeure des Ecoles », phrases parfois assenées avec des « coups de poing » sur la table. Des méthodes qui se rapprochent davantage de l’intimidation que de conseils pédagogiques légitimement prodigués à une aspirante enseignante. Elle a donc décidé de porter également plainte au pénal pour «harcèlement ».

La « descente aux enfers » de M.B a connu son point d’orgue lors du calcul de sa moyenne générale pour l’obtention de son diplôme. Une erreur sur l’application d’un coefficient l’a fait passer en-dessous de la moyenne alors qu’elle aurait été au-dessus avec le bon coefficient. Certes, M.B n’était pas la seule envers qui cette erreur a été commise, mais cela été néanmoins la seule pour qui cette erreur de coefficient a réellement conditionné l’obtention de son diplôme la faisant passer de 9,75 à 10,05 de moyenne générale. Malgré plusieurs signalements de cette erreur auprès de la direction, sa moyenne n’a jamais été recalculée et elle a donc été radiée de la formation en décembre 2025 pour « non- obtention du diplôme ». « On m’a volé mon diplôme », résume-t-elle avec amertume.

M.B souhaite que « justice soit faite »

Suite à ces années éprouvantes, M.B a décidé de quitter Mayotte alors même que son mari et elle avaient décidé de s’y installer sur le long terme. « C’était un véritable choix de vie, j’ai adoré l’île et j’ai été extrêmement déçue et choquée par les pratiques qui y ont cours », explique-t-elle. « Même si pour moi c’est trop tard aujourd’hui, je souhaite néanmoins que l’Université me délivre mon diplôme acquis de droit et j’espère que ce témoignage permettra de dénoncer les pratiques au sein de l’Université de Mayotte où la titularisation des enseignants du premier degré semble moins relever de leur véritable niveau que de leur capacité à « plaire ou non » à la direction », conclut M.B qui a, depuis, réussi à rebondir professionnellement dans l’hexagone, toujours dans l’enseignement qui est sa passion.

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Diplomatie régionale : quand Estelle Youssouffa sème la pagaille aux Comores

Diplomatie régionale : quand Estelle Youssouffa sème la pagaille aux Comores
Estelle Youssouffa demande davantage de fermeté au Quai d'Orsay afin d'obtenir l'intégration de Mayotte à la COI.

Elle demande au chef de la diplomatie française davantage de fermeté à l’égard de l’État comorien, qu’elle n’hésite pas à qualifier de « voyou » et de « parasite ». La députée mahoraise souhaite que la présidence française de la COI soit l’occasion d’imposer Mayotte au sein de cette institution « financée par les Français », y compris ceux de Mayotte.

La députée (LIOT) de la 1re circonscription législative de Mayotte a encore réussi à secouer les eaux troubles de la diplomatie franco-comorienne cette semaine. Dans une intervention au ton musclé dont elle est coutumière, « Poutou Mgowa » (piment oiseau, surnom que lui donnent ses partisans) n’a pas simplement animé l’hémicycle de l’Assemblée nationale française dans le cadre des questions au gouvernement ; elle est également parvenue à enflammer les médias comoriens en ligne, qu’ils soient basés dans l’archipel ou à l’étranger.

L’événement était attendu par toute la presse régionale, la France devant assurer, à compter du 8 juin 2026, la présidence tournante de la Commission de l’océan Indien (COI), organisation créée à son initiative et dont elle assure une part très importante du financement. Jusqu’à ce jour, Paris est représentée dans cette organisation par son seul territoire ultramarin de La Réunion, alors qu’elle dispose également de Mayotte, restée en marge en raison du veto comorien.

Azali Assoumani, l’actuel occupant de Beit-Salam (le complexe présidentiel à Moroni), tout comme ses prédécesseurs, s’arc-boute à refuser l’intégration du second département français de l’océan Indien, sur la base de revendications territoriales quinquagénaires dans une impasse diplomatique.

Dans son intervention, Estelle Youssouffa, qui s’adressait directement à Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a estimé que « Paris s’incline scandaleusement face aux Comores » dans le dossier de l’intégration de Mayotte à la COI. Elle évoque l’Union des Comores en des termes aussi crus que peu conventionnels, n’hésitant pas à la qualifier d’« État parasite et voyou » qui pratiquerait « le chantage migratoire et organiserait le trafic humain en se gavant de l’aide publique française ».

Une fois de plus, Estelle Youssouffa n’a pas manqué « d’amabilités » peu diplomatiques à l’égard du pouvoir de Moroni, assénant au passage d’autres critiques contre la diplomatie française qu’elle accuse de pratiquer depuis des décennies un « à-plat-ventrisme » et une « soumission face aux délires de Moroni », « alors même que nos impôts, les impôts des Français de Mayotte, contribuent aux centaines de millions d’euros qui financent cette organisation dont Mayotte est exclue ».

En réponse à la députée mahoraise, Jean-Noël Barrot a déclaré : « Oui, l’intégration de Mayotte dans la Commission de l’océan Indien sera une priorité. La ministre déléguée, Éléonore Caroit, se rendra à Moroni pour le rappeler dans la continuité du sommet d’avril 2025. »

« Mayotte n’acceptera pas une nouvelle humiliation avec l’aval de notre gouvernement » 

Le chef de la diplomatie française a expliqué le fonctionnement de la COI, qui impose l’accord unanime de ses membres pour intégrer Mayotte.

« Nous ne décidons pas à leur place et c’est la raison pour laquelle, pour obtenir cet accord et atteindre cet objectif, nous déployons un dialogue exigeant et une diplomatie pragmatique », a-t-il indiqué.

Pour étayer ses déclarations, Jean-Noël Barrot a rappelé à Estelle Youssouffa les avancées obtenues par Paris ces dernières années afin d’insérer le département-région dans son environnement régional « au sens large », notamment avec le Kenya et le Mozambique.

Une fois cette réponse apportée, la députée s’est engouffrée dans une nouvelle brèche : l’utilisation de la Marseillaise et du drapeau tricolore pour les athlètes mahorais lors des Jeux des îles de l’océan Indien.

« Mayotte n’acceptera pas une nouvelle humiliation avec l’aval de notre gouvernement », a-t-elle prévenu.

Il n’a fallu que très peu de temps à la vox populi comorienne pour réagir vivement sur les réseaux sociaux et dans certains médias en ligne, exigeant de leur président une réponse à la hauteur de ce qu’ils considèrent comme des insultes proférées à leur encontre par Estelle Youssouffa.

Mais Azali Assoumani a-t-il réellement les moyens de le faire, tant ce que la parlementaire mahoraise affirme avec ses propres mots semble se vérifier régulièrement sur le terrain, aussi bien sur le sol comorien que sur les mers du globe, entre flottes fantômes russes et iraniennes battant pavillon de l’Union des Comores et navires de narcotrafiquants internationaux ?

Une chose est sûre : le message d’Estelle Youssouffa a été reçu cinq sur cinq à Moroni, qui a accueilli hier, mercredi 3 juin 2026, le secrétaire général de la COI, venu préparer la réunion des ministres des États membres de l’organisation, convoquée pour le 8 juin dans la capitale comorienne.

La Commission de l’océan Indien (COI) a été créée en 1984 sous impulsion française, sur le modèle de l’Union européenne. Elle regroupe Madagascar, les Seychelles, Maurice, les Comores et la France.

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Mayotte : les raisons profondes d’une vie toujours plus chère

Mayotte : les raisons profondes d'une vie toujours plus chère

Alimentation, matériaux de construction, équipements ménagers ou produits d’hygiène : à Mayotte, les prix restent durablement plus élevés qu’en métropole. Malgré les dispositifs de contrôle et les revendications régulières contre la vie chère, plusieurs facteurs structurels continuent d’alimenter cette situation. Transport maritime, dépendance aux importations et manque de concurrence expliquent en grande partie les écarts observés.

Pour de nombreux Mahorais, la vie chère est devenue une réalité quotidienne. Dans les supermarchés comme sur les marchés locaux, les consommateurs constatent des prix souvent supérieurs à ceux pratiqués dans l’Hexagone. Selon l’Insee, le niveau général des prix à Mayotte est supérieur d’environ 10 % à celui de la métropole, tandis que certains produits alimentaires affichent des écarts dépassant les 30 %.

Derrière ces différences se cachent des contraintes économiques propres à ce territoire ultramarin de l’océan Indien.

Une île dépendante de la mer

Premier élément d’explication : l’éloignement géographique. Située à plus de 8 000 kilomètres de la métropole, Mayotte dépend presque entièrement du transport maritime pour son approvisionnement.

La majorité des marchandises consommées sur l’île arrive par conteneurs. Chaque produit importé supporte ainsi une succession de coûts : transport international, frais portuaires, stockage, manutention puis distribution vers les points de vente.

Contrairement à des territoires plus vastes, les volumes importés à Mayotte restent relativement faibles. Les compagnies maritimes ne bénéficient donc pas des mêmes économies d’échelle que sur des marchés plus importants. Résultat : le coût du fret est répercuté sur le prix final payé par le consommateur.

La crise mondiale du transport maritime observée après la pandémie de Covid-19 a illustré cette vulnérabilité. La hausse des tarifs de transport a immédiatement affecté les prix de nombreux produits importés, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Une économie fortement dépendante des importations

Au-delà du transport, Mayotte importe l’essentiel de ce qu’elle consomme. Les productions locales demeurent limitées et ne permettent pas de couvrir les besoins de la population.

Produits alimentaires, électroménager, véhicules, matériaux de construction ou produits pharmaceutiques proviennent majoritairement de l’extérieur. Les chiffres de l’Institut

d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) illustrent cette dépendance : les importations dépassent largement les exportations chaque année, traduisant un déséquilibre structurel du commerce extérieur mahorais.

Cette situation expose directement l’île aux fluctuations des marchés internationaux. Une hausse du prix du pétrole, des matières premières ou des coûts logistiques mondiaux se répercute rapidement sur les prix pratiqués localement.

« Mayotte subit les variations des marchés mondiaux sans disposer d’une production locale suffisante pour amortir les chocs », résument plusieurs analyses économiques publiées par l’IEDOM.

La question sensible des marges

Autre sujet régulièrement évoqué : les marges pratiquées par certains acteurs de la distribution.

Les associations de consommateurs dénoncent depuis plusieurs années une concentration économique importante. Le nombre limité d’importateurs et de distributeurs réduit mécaniquement l’intensité de la concurrence. Dans certains secteurs, quelques opérateurs seulement assurent l’approvisionnement du territoire.

Les professionnels du commerce rappellent toutefois que leurs coûts d’exploitation sont élevés. Entre les frais logistiques, le stockage, les risques de rupture d’approvisionnement et la taille réduite du marché, les charges restent importantes comparativement aux volumes vendus.

Cette réalité n’empêche pas les débats sur la transparence des prix. C’est notamment le rôle de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR), chargé d’analyser l’évolution des coûts et de formuler des recommandations pour améliorer le pouvoir d’achat des habitants.

Pourquoi les prix sont-ils souvent plus élevés qu’à La Réunion ?

La comparaison avec La Réunion revient régulièrement dans les discussions. Pourtant, les deux territoires ne disposent pas des mêmes atouts économiques.

Avec près de 900 000 habitants, La Réunion représente un marché beaucoup plus important que Mayotte. Son port est également plus développé et son tissu économique davantage diversifié. Certains secteurs agricoles et agroalimentaires locaux permettent de réduire la dépendance aux importations.

Cette différence de taille favorise les économies d’échelle et attire davantage d’acteurs économiques, renforçant ainsi la concurrence entre distributeurs.

À Mayotte, la croissance démographique rapide accroît les besoins de consommation mais ne suffit pas encore à compenser les handicaps liés à l’insularité et à la faiblesse des infrastructures.

Un défi majeur pour les années à venir

Pour les économistes, la vie chère à Mayotte résulte d’un ensemble de facteurs structurels profondément ancrés. Améliorer les infrastructures portuaires, développer certaines productions locales et renforcer la concurrence figurent parmi les pistes régulièrement avancées.

En attendant, la hausse du coût de la vie demeure l’une des principales préoccupations des habitants. Dans un territoire où les revenus restent globalement inférieurs à ceux de l’Hexagone, chaque augmentation de prix pèse directement sur le budget des ménages et nourrit un débat qui reste, année après année, au coeur de l’actualité mahoraise.

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À Kaweni, « Nastaliq du souffle » fait dialoguer arts aériens et musiques de l’océan Indien

À Kaweni, « Nastaliq du souffle » fait dialoguer arts aériens et musiques de l’océan Indien

L’association culturelle Hippocampus propose, le 19 juin prochain à Kaweni, une création artistique originale mêlant tissu aérien, musique live et projection. Intitulé « Nastaliq du souffle », le spectacle réunit des artistes de Maurice et des Comores autour d’une réflexion poétique sur les circulations culturelles de l’océan Indien.

Le gymnase du collège K1 de Kawéni accueillera, jeudi 19 juin à 19 heures, une proposition artistique peu commune à Mayotte. Portée par l’association culturelle Hippocampus, en partenariat avec l’association Mayomnisport, la performance « Nastaliq du souffle » associe arts du cirque, création musicale en direct et projection visuelle dans une forme intimiste qui place le corps, la voix et le souffle au centre de l’expérience.

Inspirée de l’écriture nastaliq, une calligraphie persane caractérisée par ses lignes courbes et suspendues, l’oeuvre entend transposer dans l’espace les mouvements d’une écriture en suspension. Sur scène, le tissu aérien devient un support d’expression où le corps dessine des trajectoires semblables à des signes flottants, tandis que la musique prolonge ce mouvement dans une même respiration.

À travers cette création, les artistes explorent les liens qui unissent différentes cultures de l’océan Indien. Entre traditions musicales comoriennes, influences soufies, héritages africains et méditerranéens, la performance met en lumière des circulations culturelles anciennes qui continuent de nourrir les pratiques artistiques contemporaines.

La dimension internationale du projet repose notamment sur la rencontre entre deux artistes issues des îles voisines. La Mauricienne Shaheen Saliahmohamed assure la performance aérienne. Son travail, à la croisée des arts visuels, de la performance et des pratiques artisanales, s’intéresse aux questions de mémoire, de transmission et d’identité diasporique. Dans « Nastaliq du souffle », son corps suspendu devient un véritable outil d’écriture dans l’espace.

À ses côtés, la musicienne et compositrice comorienne Nawal Mlanao interprète un répertoire original à la voix, accompagnée du gambusi, du daf et du hang drum. Son univers musical puise dans les traditions de l’archipel des Comores tout en s’ouvrant à d’autres influences de la région. Les sonorités acoustiques créent ainsi un paysage sonore propice à l’écoute et à la contemplation.

Pour l’association Hippocampus, active à Mayotte depuis 2010 et soutenue depuis plusieurs années par les Affaires culturelles de la Préfecture de Mayotte ainsi que par la Fondation de France, cette création s’inscrit dans une démarche de valorisation des échanges culturels au sein de l’océan Indien. Le spectacle revendique également une approche sensible et poétique, donnant une place centrale à des formes artistiques parfois considérées comme marginales ou trop éloignées des standards culturels dominants.

La soirée débutera par une représentation proposée par l’association Mayomnisport.

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De Mayotte à La Réunion : les acteurs locaux mettent le cap sur « VEEZIT », l’événement phare du tourisme de l’océan Indien

De Mayotte à La Réunion : les acteurs locaux mettent le cap sur « VEEZIT », l'événement phare du tourisme de l’océan Indien

L’Agence d’attractivité et de développement touristique de Mayotte (AaDTM) et les offices de tourisme du territoire participent au salon VEEZIT de l’océan Indien, qui se tient du 5 au 7 juin à Saint-Denis de La Réunion. Véritable vitrine du tourisme et des loisirs dans la zone océan Indien, cet événement représente une opportunité pour Mayotte de se positionner parmi les prochaines destinations de vacances prisées de la région. Plus de 10 000 visiteurs y sont attendus.

Cette année, l’AaDTM sera accompagnée des cinq offices de tourisme de l’île : la CADEMA, l’Office de tourisme de Petite-Terre, la 3CO ainsi que les offices de tourisme du Nord et du Sud. Cette mobilisation collective illustre la volonté des acteurs locaux de promouvoir une offre touristique harmonisée afin de renforcer l’attractivité du territoire à l’échelle régionale.

Il s’agit d’un rendez-vous incontournable où le public pourra découvrir ou redécouvrir l’île au lagon. Si Mayotte s’impose progressivement dans le paysage touristique régional, elle demeure une destination pleine de surprises, avec des richesses parfois insoupçonnées. Les visiteurs pourront ainsi explorer des facettes inédites de l’île, encore peu connues sur le marché réunionnais.

L’agence espère également mettre en lumière la filière touristique mahoraise et contribuer à l’amélioration de la qualité de l’accueil sur le territoire. L’objectif est de promouvoir une vision durable du tourisme à Mayotte et de démontrer tout le potentiel de la destination.

Cette participation vise aussi à favoriser les échanges économiques, à renforcer les liens entre La Réunion et Mayotte et à dynamiser les flux touristiques au sein de l’espace indianocéanique.

Le salon VEEZIT : un avant-goût de l’évasion

Madagascar, Mayotte, les Seychelles, la Thaïlande ou encore Rodrigues, invitée d’honneur de cette édition, seront tous au rendez-vous.

Pour rappel, plus de 150 professionnels du secteur seront présents, parmi lesquels des agences de voyages, des hôteliers, des transporteurs et des offices de tourisme. L’événement proposera également une activité ludique : une chasse au trésor, avec à la clé des billets d’avion et des nuits d’hôtel à gagner.

Les visiteurs pourront découvrir un grand marché artisanal mettant à l’honneur le savoir-faire et les créations 100 % faites main. Ils auront également la possibilité de se restaurer dans le Food Court, un espace regroupant plusieurs enseignes de restauration ainsi qu’un espace barista.

Enfin, un programme de conférences et de tables rondes permettra d’analyser les tendances qui façonnent le tourisme de demain, notamment l’impact de l’intelligence artificielle sur le secteur.

Le salon VEEZIT battra son plein à la NORDEV, à Saint-Denis, du vendredi au dimanche, de 9 h à 18 h. L’entrée est fixée à 3 € pour les adultes et demeure gratuite pour les enfants de moins de 12 ans.

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Comores : deux sociétés étrangères condamnées dans l’affaire de « Ponzi »

Comores : deux sociétés étrangères condamnées dans l’affaire de « Ponzi »

Le jugement rendu en première instance fin mai a condamné solidairement trois entreprises, dont Huawei Technologies, basée à Maurice, à verser 500 millions de francs comoriens à une vingtaine de personnes qui avaient investi des sommes considérables dans l’espoir de percevoir des intérêts en retour.

Deux ans après son dernier jugement au pénal, l’affaire dite de « Ponzi », révélée en avril 2023, se retrouve à nouveau devant le tribunal de première instance de Moroni, statuant en matière civile et en premier ressort. Celui-ci a rendu, le 26 mai, une décision condamnant Nazra Said Hassani, qui avait organisé une vaste opération d’escroquerie, à rembourser ses anciens clients. Mais cette fois-ci, elle n’est pas seule.

À l’issue d’une série d’audiences ouvertes depuis septembre 2024, la justice a également ordonné à deux entreprises étrangères, dont Huawei Technologies, basée à Maurice, de payer solidairement les sommes investies par vingt clients à l’origine de cette action judiciaire, selon une décision consultée par Flash Infos. Ces derniers sont en majorité des employés de la société nationale Comores Telecom.

La décision a ainsi accordé aux requérants la somme de 500 millions de francs comoriens (environ 1 million d’euros). Ce montant inclut également les intérêts promis.

L’affaire Nazra avait tenu le pays en haleine après l’arrestation de cette femme à Madagascar, en compagnie de son mari et de leur fils. Elle a ensuite été condamnée, le 25 décembre 2023, par le tribunal correctionnel à une peine de trois ans de prison ferme pour avoir organisé une opération s’apparentant à une pyramide de Ponzi, au point d’être surnommée la « Madoff comorienne ». Elle a depuis purgé sa peine.

Lors de son procès devant le tribunal correctionnel, au terme duquel douze autres coaccusés avaient été relaxés, il a été révélé que Nazra utilisait sa société personnelle dénommée Halfastyles, spécialisée dans l’habillement et les tenues vestimentaires. Pendant quatre années d’activité, de 2019 à 2023, le préjudice s’élevait à plus de 4 millions d’euros.

Des intérêts alléchants

Pour amadouer ses victimes, elle promettait des intérêts d’au moins 10 % et se serait servie de ses partenariats avec Huawei Technologies Mauritius et Green Building Engineering Co. Ltd SA, condamnées avec elle le 26 mai, pour attirer davantage de clients.

D’après Maître Hadji Chaabani, l’un des trois avocats des victimes, ses clients signaient des contrats avec Nazra Said Hassani, gérante de Halfastyles et Halfate Imports, afin de placer leurs capitaux.

« Dans les contrats signés entre la société de Nazra et les clients ayant placé de l’argent, nous avons constaté des traces de virements et de transactions au profit de l’entreprise Huawei, basée à Maurice, pour le dédouanement de matériels et de marchandises. La contrepartie reposait sur le remboursement des capitaux assortis d’intérêts », a indiqué l’avocat, engagé notamment par Yaticki Mahamoud Djazila.

Le jugement révèle également que, parmi les vingt et une personnes réclamant la restitution de leurs fonds, certaines ont investi individuellement jusqu’à 100 millions de francs comoriens. Un cadre de Comores Telecom a, par exemple, investi 89 millions de francs comoriens, soit environ 180 937 euros, avec des intérêts attendus de 52 858 euros. Mais ni le capital ni les intérêts ne leur seront finalement versés.

Pour appuyer leurs demandes, les requérants ont expliqué que Nazra, cogérante de Green Building Engineering Co. Ltd SA (CRGB) et par ailleurs salariée du partenaire local de Huawei à Moroni, les avait convaincus en affirmant que l’entreprise chinoise rencontrait des difficultés pour dédouaner ses marchandises et qu’elle avait besoin de monnaie locale.

« Ils expliquent que, compte tenu de ces fonctions et de l’espérance qu’elle a fait naître en eux, les investisseurs lui ont remis des montants conséquents, d’autant plus que Nazra leur faisait miroiter un retour sur investissement pouvant atteindre 50 % du montant injecté sur une période de quinze à trente jours », peut-on lire dans le jugement.

À noter qu’après l’éclatement de cette affaire en avril 2023, Huawei s’était défendue de toute implication, allant jusqu’à accuser Nazra de « faux et usage de faux ».

Ils s’auto-accusent ?

Dans leurs conclusions remises au tribunal de première instance, les avocats de Huawei et de Green Building Engineering Co. Ltd SA (CRGB), société active dans le concassage et la construction, avaient demandé le rejet des requêtes des vingt plaignants, dont douze femmes, en soutenant qu’aucun contrat ne les liait ni aux requérants ni à Nazra Said Hassani.

Contacté, le conseil de la société CRGB a indiqué ne pas avoir encore pris connaissance du jugement.

L’avocat de Nazra Said Hassani, Maître Idrisse Mze Mogne, a pour sa part soulevé plusieurs vices de procédure.

« Ils n’ont pas signifié l’assignation à Nazra, mais l’ont déposée dans mon cabinet, oubliant que l’intéressée dispose d’un domicile. Je ne l’ai défendue que dans le cadre de la procédure pénale », a-t-il déclaré, se disant étonné que des personnes relaxées engagent aujourd’hui une procédure civile.

« Ils étaient mis en examen dans cette affaire au même titre que Nazra avant d’être relaxés, ce qui signifie qu’ils n’ont commis aucune infraction. Aujourd’hui, ils introduisent une action civile pour obtenir réparation. Ils vont donc s’auto-accuser. C’est tout de même étrange », estime Maître Idrisse, qui annonce que sa cliente envisage à son tour de porter l’affaire devant la justice pénale.

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Une élue départementale renvoyée devant la justice

Une élue départementale renvoyée devant la justice

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire. Après son placement en garde à vue mardi, la conseillère départementale Farianti M’Dallah a reçu une convocation devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou. Elle y comparaîtra le 20 octobre prochain aux côtés du co-gérant de son commerce, dans le cadre d’une procédure portant sur plusieurs infractions présumées liées à la gestion de leur entreprise.

Selon les informations communiquées par le parquet, les deux prévenus devront répondre de faits de travail dissimulé, d’abus de biens sociaux ainsi que de faux et usage de faux en écriture privée. Les investigations menées par les services de police auraient notamment mis en évidence l’emploi d’un ressortissant étranger en situation irrégulière au sein de l’établissement concerné.

Les poursuites engagées dépassent toutefois la seule question de l’emploi illégal. La justice reproche également aux dirigeants de l’entreprise d’avoir utilisé des ressources de la société d’une manière contraire à ses intérêts, ce qui pourrait constituer un abus de biens sociaux. Cette infraction vise généralement des actes réalisés au profit personnel des responsables ou au bénéfice d’une autre structure, au détriment de l’entreprise elle-même.

Le dossier comporte également un volet relatif à la falsification présumée de documents. L’infraction de faux et usage de faux en écriture privée concerne la création, l’altération ou l’utilisation d’un document destiné à faire valoir un droit ou à établir un fait de manière frauduleuse. Contrairement au faux en écriture publique, qui touche notamment les actes administratifs ou judiciaires officiels, les faits reprochés dans cette affaire relèvent de documents privés.

L’audience du 20 octobre devra permettre au tribunal d’examiner l’ensemble des éléments recueillis au cours de l’enquête et de déterminer les responsabilités de chacun. En attendant cette échéance, la conseillère départementale, également cheffe d’entreprise, demeure présumée innocente des faits qui lui sont reprochés.

Hygiène : fermeture administrative de la boulangerie-pâtisserie Super Kagna à Bandrélé

Hygiène : fermeture administrative de la boulangerie-pâtisserie Super Kagna à Bandrélé

La boulangerie-pâtisserie Super Kagna, située au 670 boulevard Moida Saïd à Bandrélé, fait l’objet d’une fermeture administrative immédiate pour des raisons sanitaires. Cette décision fait suite à une inspection ayant révélé plusieurs anomalies majeures et moyennes nécessitant des corrections urgentes.

L’établissement ne pourra rouvrir qu’après vérification sur place, par les agents de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte, de la mise en conformité complète des mesures correctives exigées.

Le non-respect de cet arrêté expose l’exploitant à des sanctions pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le niveau d’hygiène de l’établissement, classé « À corriger de manière urgente », sera publié sur le site Alim’Confiance.

Les lauréats des Olympiades scientifiques 2026 mis à l’honneur

Les lauréats des Olympiades scientifiques 2026 mis à l’honneur

L’académie de Mayotte organisera, ce mercredi 3 juin 2026 à partir de 13h30 au lycée des Lumières à Mamoudzou, la cérémonie académique de remise des prix des Olympiades scientifiques 2026.

L’événement distinguera les élèves lauréats des Olympiades de mathématiques. Cette édition revêtira également une dimension élargie avec la mise à l’honneur des élèves récompensés dans les Olympiades de Géosciences et de Biologie.

Cette cérémonie sera l’occasion de saluer l’engagement des élèves, de leurs enseignants ainsi que des partenaires mobilisés pour promouvoir les sciences, la culture scientifique et l’excellence scolaire à Mayotte.

Les Archives départementales mettent à l’honneur le patrimoine et le mrenge pour la Semaine internationale des archives

Les Archives départementales mettent à l’honneur le patrimoine et le mrenge pour la Semaine internationale des archives

Les Archives départementales de Mayotte participent à la Semaine internationale des archives, célébrée autour du 9 juin, avec une programmation riche et ouverte à tous, du 9 au 14 juin 2026, à l’hémicycle Younoussa Bamana.

Pour cette cinquième édition, deux journées seront dédiées aux professionnels des services publics. Un séminaire stratégique se tiendra le mardi 9 juin à destination des directeurs du Département-Région, consacré aux enjeux de l’archivage public. Le mercredi 10 juin au matin, une rencontre professionnelle réunira archivistes, référents archives des collectivités, agents du Département-Région et de l’État, de 8h30 à 12h30.

Du 12 au 14 juin, le grand public est invité à découvrir une exposition inédite consacrée au mrenge, art martial traditionnel mahorais aujourd’hui menacé d’oubli, ainsi qu’une sélection de documents patrimoniaux autour du thème « justice : droits, mémoire et avenirs ». Présentée de 8h30 à 16h00, l’exposition est en entrée libre, avec accueil des scolaires et associations sur réservation.

À travers cette programmation, les Archives départementales de Mayotte réaffirment leur engagement en faveur de la préservation et de la valorisation du patrimoine documentaire de l’île.

Le conseil d’Etat fustige la lenteur de la justice administrative à Mayotte

Le conseil d’Etat fustige la lenteur de la justice administrative à Mayotte

La plus haute juridiction administrative a rendu jeudi 28 mai une impressionnante série de 24 décisions condamnant l’Etat à raison des lenteurs avec lesquelles est rendue la justice à Mayotte. Analyse.

La lenteur des procédures juridictionnelles, devant les juridictions judiciaires ou administratives, est un fléau qui suscite le mécontentement des Français et nourrit une véritable défiance à l’égard des institutions républicaines. Obtenir un jugement des années après la survenance d’un litige constitue pour les justiciables une profonde injustice que le droit a tenté d’atténuer, en exigeant que les procès se déroulent dans un « délai raisonnable », selon les termes de l’article 6 § 1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le droit d’obtenir un jugement et son corollaire, le droit d’obtenir l’exécution de ce jugement, dans un délai raisonnable font désormais partie des droits fondamentaux du justiciable et sont à ce titre une garantie fondamentale de bonne justice. « Justice delayed is justice denied », rappelle en effet un adage anglais (« justice différée est justice refusée »).

Or, si cette exigence s’impose au service public de la justice, quelle que soit la matière, civile, pénale ou administrative, les lenteurs n’ont pas disparu et elles ont souvent pour origine l’insuffisance des moyens humains et matériels alloués à ce service public, l’encombrement des juridictions, ou l’avancement insuffisamment rapide du procès. Ce fonctionnement défectueux du service public de la justice est susceptible d’engager la responsabilité de l’Etat, indépendamment de toute faute.

C’est ce qu’a rappelé le conseil d’Etat à l’occasion d’une série de vingt-quatre arrêts rendus le jeudi 28 février. Il est assez rare qu’il y ait le même jour autant de décisions à propos des dysfonctionnements d’une seule juridiction, en l’occurrence le tribunal administratif de Mayotte. Les principes rappelés par les juges du Palais-Royal, qui fustigent les délais de ces procédures administratives à Mayotte, n’en ont que plus d’importance.

Ces vingt-six décisions contiennent toutes deux considérants de principe, rédigés en termes similaires. Ainsi le conseil d’Etat commence-t-il par rappeler : « Il résulte des principes généraux qui gouvernent le fonctionnement des juridictions administratives que les justiciables ont droit à ce que leurs requêtes soient jugées dans un délai raisonnable. Si la méconnaissance de cette obligation est sans incidence sur la validité de la décision juridictionnelle prise à l’issue de la procédure, les justiciables doivent néanmoins pouvoir en faire assurer le respect. Ainsi, lorsque la méconnaissance du droit à un délai raisonnable de jugement leur a causé un préjudice, ils peuvent obtenir la réparation de l’ensemble des dommages, tant matériels que moraux, directs et certains, ainsi causés par le fonctionnement défectueux du service public de la justice. Le caractère raisonnable du délai de jugement d’une affaire doit s’apprécier de manière à la fois globale, compte tenu, notamment, de l’exercice des voies de recours, particulières à chaque instance, et concrète, en prenant en compte sa complexité, les conditions de déroulement de la procédure et, en particulier, le comportement des parties tout au long de celle-ci, mais aussi, dans la mesure où la juridiction saisie a connaissance de tels éléments, l’intérêt qu’il peut y avoir, pour l’une ou l’autre, compte tenu de sa situation particulière, des circonstances propres au litige et, le cas échéant, de sa nature même, à ce qu’il soit tranché rapidement. Lorsque la durée globale de jugement n’a pas dépassé le délai raisonnable, la responsabilité de l’Etat est néanmoins susceptible d’être engagée si la durée de l’une des instances a, par elle-même, revêtu une durée excessive. » (considérant 2 des 24 décisions)

C’est là un rappel que l’exigence du délai raisonnable, qualifiée de « principe général » gouvernant le fonctionnement des juridictions administratives, s’apprécie dans chaque affaire de manière concrète (« in concreto », disent les juristes), au regard d’un certain nombre de critères (complexité du litige, diligences des parties, office du juge dans le déroulement de l’instance), et de manière globale, en considération de la durée de l’ensemble de la procédure. Avec la précision que, si la durée globale du procès peut être considérée comme raisonnable, l’une des instances de celui-ci peut voir sa durée excessive qualifiée de déraisonnable, portant donc atteinte à un droit fondamental du justiciable et engageant de ce fait la responsabilité de l’Etat.

Puis, poursuivent les juges de la 4e chambre du conseil par un second considérant de principe commun à toutes les décisions : « Il résulte également des principes généraux qui gouvernent le fonctionnement des juridictions administratives que, si la responsabilité de l’Etat est susceptible d’être engagée en raison du fonctionnement défectueux du service public de la justice, un délai excessif dans l’exécution d’une décision juridictionnelle engage, en principe, la responsabilité de la personne à qui incombait cette exécution. Lorsque la carence de cette personne donne lieu à une procédure juridictionnelle d’exécution, celle-ci doit être jugée dans un délai raisonnable, une durée de jugement excessive étant susceptible d’engager la responsabilité de l’Etat en raison du fonctionnement défectueux du service public de la justice. La durée globale de jugement, en vertu des principes rappelés au point précédent, est à prendre en compte jusqu’à l’exécution complète de ce jugement. » (considérant 3 des 24 décisions)

Là encore, ce rappel est le bienvenu : la durée du procès ayant permis d’obtenir une décision définitive n’est pas seule à devoir être prise en compte pour juger du respect de ce délai raisonnable. Il faut aussi envisager la durée nécessaire à l’exécution du jugement, tant il est vrai qu’une décision de justice inexécutée équivaut à un déni de justice. Comme l’avait énoncé la Cour européenne des droits de l’homme dans l’un de ses grands arrêts, dans l’affaire Hornsby contre Grèce du 19 mars 1997, « ce droit [au recours juridictionnel] serait illusoire si l’ordre juridique interne d’un Etat contractant permettait qu’une décision judiciaire définitive et obligatoire reste inopérante au détriment d’une partie ». A ce titre, les procédures d’exécution sont elles aussi soumises aux exigences du procès équitable et doivent répondre à l’exigence de célérité de la justice.

Les vingt-quatre affaires soumises au conseil d’Etat étaient similaires. Des professeurs de l’enseignement secondaire public avaient en mai, juin et juillet 2019 demandé au tribunal administratif de Mayotte d’annuler pour excès de pouvoir des décisions implicites par lesquelles le vice-recteur de Mayotte avait rejeté leur demande de versement d’un complément de l’indemnité de remboursement partiel de loyer au titre d’une affectation dans l’île, complétée par des demandes d’injonction faite à l’Etat de leur verser la somme à ce titre et de réparation du préjudice subi du fait de cette décision implicite du vice-recteur. Dans des ordonnances rendues les 29 janvier (9 décisions), 3 février (7), 19 février (1), 8 mars (2), 12 mars (1), 26 mars (2), et 1er avril 2021 (2), le président du tribunal administratif de Mayotte avait rejeté ces requêtes. Le conseil d’Etat a par la suite, le 23 septembre 2022, annulé les décisions du président du tribunal administratif de Mayotte et renvoyé l’affaire devant ce tribunal. Laquelle juridiction a enfin, le 30 décembre 2025, annulé les décisions implicites du vice-recteur de l’académie de Mayotte et condamné l’Etat à verser aux requérants diverses sommes à titre de complément de l’indemnité de remboursement partiel de loyer. Dans l’intervalle, les requérants avaient en février ou mars 2023, c’est-à-dire après les premières décisions de 2022 du conseil d’Etat, sollicité du juge des référés du tribunal administratif de Mayotte le versement d’une provision sur le fondement de l’article R 541-1 du code de justice administrative, prévoyant l’allocation par le juge de l’urgence d’une telle provision « lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable ». Par des décisions d’octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Mayotte avait rejeté ces demandes. Saisie d’un appel, le juge administratif des référés de la cour administrative d’appel de Bordeaux avait annulé ces ordonnances, par une série de décisions de février 2024, avant de procéder à la liquidation provisoire de l’astreinte prononcée, par une autre série de décisions rendues en septembre et octobre 2024, mais en refusant une nouvelle demande de liquidation en septembre 2025 ou, à la même date, une demande d’exécution des premières ordonnances rendues – à l’exception de deux décisions du 21 janvier 2026 ayant admis la liquidation provisoire de l’astreinte (arrêts n° 510466 et n° 510559).

Les justiciables ont en conséquence saisi en décembre 2025 le conseil d’Etat afin de faire condamner l’Etat à raison de la durée excessive des procédures engagées devant la juridiction administrative mahoraise dans le cadre des litiges les opposant au recteur de l’académie de Mayotte.

Durée déraisonnable de la procédure administrative

Par ces vingt-quatre décisions du 28 mai 2026, la haute juridiction administrative accorde une satisfaction partielle aux requérants et condamne l’Etat pour manquement à l’exigence du délai raisonnable de la procédure. Le conseil d’Etat estime que le « délai global de jugement », variant selon les affaires de 6 ans, 3 mois et 27 jours (arrêt n° 510538) à 6 ans, 10 mois et 10 jours (arrêt n° 510532) pour la procédure au fond, « n’apparaît pas excessif », ce qui ne manquera pas de laisser le citoyen-justiciable quelque peu perplexe devant une telle lenteur procédurale, de nature à porter atteinte à la crédibilité et à la fiabilité de la justice.

De même le conseil d’Etat ne considère-t-il pas que la durée globale des procédures de référé-provision, qui a pu aller d’un an et 17 jours (arrêt n° 510492) à 2 ans, 10 mois et 21 jours (arrêts n° 510466 et n° 510559), la moyenne de la durée pour les 24 affaires s’élevant à un peu plus de 1 an et 11 mois, ait pu excéder un délai raisonnable, ce qui laisse là encore songeur. L’allocation en référé d’une provision, dans l’attente d’une solution du litige au fond, est un moyen de protéger le justiciable bénéficiaire d’une obligation qui n’est pas sérieusement contestable. Or cet instrument garantissant une protection juridictionnelle provisoire perd tout son sens, et même sa raison d’être, si la durée pour l’obtention d’une décision provisionnelle est inutilement long, tant pour la fixation du montant de la provision que pour sa bonne exécution de la décision à laquelle contribue l’astreinte. La nature du litige, tout comme son enjeu particulier pour les justiciables, aurait pu conduire à une solution différente, de manière que fût garantie le droit à l’obtention d’une décision provisoire dans un délai raisonnable, nécessairement bref s’agissant d’une procédure d’urgence.

En revanche, les magistrats du Palais Royal considèrent, dans les vingt-quatre décisions, que la durée de l’instance devant le tribunal administratif de Mayotte, après renvoi du conseil d’Etat, de « 3 ans, 3 mois et 7 jours » a été largement excessive, ce alors que « le litige en cause ne présentait pas de difficulté particulière, eu égard notamment au motif d’annulation de l’ordonnance (…) du président de la 2e chambre du tribunal administratif de Mayotte retenu par le conseil d’Etat », selon la formule retenue dans les vingt-six arrêts. En conséquence, les requérants étaient fondés « à soutenir que (leur) droit à ce que (leur) cause soit entendue dans un délai raisonnable a été méconnu » et, en conséquence, « demander, pour ce motif, la réparation du préjudice (…) subi de ce fait ». Une manière de pointer la défaillance de la juridiction administrative, pour le temps qu’elle a mis à apporter une solution à ces différentes affaires après le renvoi par le conseil d’Etat : la simplicité du litige, après les décisions de septembre 2022 de la haute juridiction administrative, ne justifiait pas une telle lenteur au détriment des justiciables. Le délai était au demeurant sans commune mesure avec celui d’ordinaire observé devant la juridiction mahoraise, la moyenne de la durée pour obtenir un jugement ayant été de 6 mois et 14 jours en 2025, selon le rapport 2026 de la juridiction. Circonstance aggravante, si l’on ose dire, le tribunal administratif n’a rendu l’ensemble ses décisions au fond que le 30 décembre 2025, soit peu de temps – trois semaines – après que les requérants eurent à nouveau saisi la justice, le 9 décembre, aux fins de faire reconnaître la responsabilité de l’Etat pour son défaut de célérité à faire trancher les litiges. Du reste, le ministère de la Justice, défendeur à ces instances en responsabilité, ne contestait pas la longueur excessive des procédures devant la juridiction mahoraise, ce qui rendait la condamnation de l’Etat inéluctable.

S’agissant enfin du préjudice subi par les demandeurs du fait de la lenteur de la justice, la haute juridiction administrative estime le préjudice moral subi par les requérants à la hauteur de 1.000 euros, alors que dans chacune des affaires était sollicitée l’allocation de la somme de 15.000 euros à titre de dommages-intérêts. Le conseil d’Etat veut bien reconnaître – rarement – le manquement de l’Etat dans la protection juridictionnelle due aux justiciables mais il l’indemnise chichement.

Si les magistrats administratifs de Mayotte font du mieux qu’ils peuvent avec peu de moyens et dans des conditions difficiles (voir encadré), cette affaire met une fois de plus la lumière sur les manquements de la justice sur le territoire mahorais. Il faut espérer que les moyens alloués à celle-ci seront sérieusement augmentés, pas seulement pour la nouvelle cité judiciaire espérée depuis plusieurs années et se faisant toujours attendre. D’ici là, il n’est pas exclu que ces décisions donnent quelque idée à des justiciables mahorais, ou à leurs avocats, pour pointer à nouveau ces lenteurs qui sont, pour le citoyen, de plus en plus difficiles à supporter, et ne font qu’ajouter à la défaillance générale, aggravée par Chido, de la plupart des services publics à Mayotte.

La justice mahoraise à la peine

Au-delà des affaires tranchées, c’est le fonctionnement de la justice administrative à Mayotte qui est sévèrement pointé du doigt. Si la situation de la juridiction mahoraise n’est pas isolée, les lenteurs de la justice administrative, mais aussi civile ou pénale, étant régulièrement critiquées partout dans l’hexagone et les territoires ultramarins, elle n’en demeure pas moins problématique. Nul ne peut contester que la justice administrative cumule à Mayotte bien des handicaps.

Insuffisance de moyens humains et financiers, tout d’abord. En visite dans l’île au mois de février 2026, le ministre de la justice et Garde des sceaux Gérald Darmanin a bien annoncé des renforts mais il s’agissait essentiellement des magistrats de l’ordre judiciaire, puisque le Tribunal judiciaire de Mamoudzou est en sous-effectif, seuls 16 magistrats sur les 20 que devraient compter le tribunal étant présents dans un territoire où la moyenne du nombre de juges par habitant demeure bien inférieure à la moyenne nationale, les greffiers étant également en nombre insuffisant. De fait, selon l’annonce faite par la chancellerie le 12 mai dernier, six postes sont offerts à Mayotte aux nouveaux auditeurs de justice de la promotion 2024, trois de juge, un de juge d’application des peines, et deux de substitut du procureur de la République. De son côté, la justice administrative souffre du même défaut de moyens humains : « elle fonctionne avec des effectifs réduits », n’avait pas caché le nouveau président des tribunaux administratifs de La Réunion et Mayotte, Jean-Michel Laso, lors d’une conférence de presse le 8 mars dernier (voir notre édition du 9 mars).

Conséquences du cyclone Chido, ensuite. Le bâtiment du tribunal administratif, situé dans les Hauts du Jardin du Collège, à Mamoudzou, a été sévèrement endommagé par le passage du cyclone Chido, si bien que l’activité s’en trouve compliquée. Les magistrats et greffiers travaillent toujours dans des espaces provisoires. Quant à la nouvelle cité judiciaire, promise depuis plus de quatre ans par l’ancien Garde des sceaux Eric Dupont-Moretti, elle est toujours à l’état de projet, alors que le tribunal judiciaire a lui aussi été fortement frappé par Chido, 40 % des bâtiments restant hors service.

Submersion contentieuse, enfin. Avec une immigration incontrôlée et des arrivées incessantes de kwassa, l’activité de la juridiction s’en ressent. Selon les années, le tribunal administratif consacre parfois plus de 90 % de son activité au droit des étrangers. Ainsi, au cours de l’année 2022, 5.918 requêtes contre les seules décisions d’éloignement du territoire d’étrangers en situation irrégulière (OQTF) étaient examinés, pour un total de 6.460 requêtes portées devant le tribunal administratif, soit 91% de l’activité totale de la juridiction. Un record en France, où le contentieux des étrangers représente en moyenne 43 % de l’activité des tribunaux administratifs. A quoi s’ajoutent des recours dilatoires formés par certains avocats, comme on l’a vu pendant l’opération Wuambushu, durant laquelle des avocats-justiciers, n’hésitant pas à insulter les juges (l’ancien président du tribunal administratif a été traité par trois d’entre eux de « fasciste » pour avoir simplement appliqué les lois de la République), des associations et un syndicat de magistrats, et des ONG ont mené une véritable guérilla juridictionnelle que le responsable d’un collectif de citoyens a pu, non sans raison, qualifier de « djihad juridique » en faveur des étrangers en situation irrégulière sur l’île ou occupant dans la plus totale illégalité le domaine public ou des terrains privés. Ce qui a conduit des parlementaires, en 2024, à envisager des pistes pour diminuer un tel contentieux. Par exemple, en cessant d’accorder des subventions publiques à des associations et ONG dont la seule activité est de contester les décisions des autorités administratives, l’Etat n’ayant pas à financer ceux qui participent à entretenir l’immigration clandestine. Une des voies sans doute à suivre.

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Saïd Kambi souhaite déposer une plainte collective contre la SMAE

Saïd Kambi souhaite déposer une plainte collective contre la SMAE

Saïd Kambi, agent du Département et ancienne « figure de proue » du mouvement social de 2024 contre l’insécurité, a décidé cette fois-ci de s’attaquer à la crise de l’eau. Il a annoncé hier matin sur le plateau de Mayotte la Première qu’il souhaitait déposer une plainte collective contre la Société Mahoraise des Eaux (SMAE).  

« La SMAE pratique depuis des années une forme de « délinquance économique » : elle ne remplit pas sa mission de service publique d’accès à l’eau potable pour l’ensemble des Mahorais, n’a pas entretenu le réseau de distribution de l’eau sur le territoire et ne respecte même pas le calendrier des tours d’eau. Cela suffit, l’Etat doit agir ! », affirme avec force Saïd Kambi.

Cet agent du département est bien connu à Mayotte pour avoir exercé diverses fonctions politiques, mais surtout pour avoir soutenu de nombreuses « causes » sur l’île, la dernière en date étant sa participation active au mouvement social de 2024 aux côtés du Collectif des Citoyens 2018. Cette fois-ci, il s’attaque au problème de la crise de l’eau avec, dans sa ligne de mire, la SMAE, responsable, pour lui, de la majorité des aspects du problème. Saïd Kambi estime en effet que ce n’est pas « la sècheresse » qui a provoqué cette crise, mais bien le mauvais entretien et dimensionnement du réseau d’eau sur l’île.

Il accuse en outre la SMAE de vouloir « se faire de l’argent sur le dos des Mahorais ». « La SMAE ne garantit jamais le jour exact de réouverture du réseau, donc les Mahorais font davantage de stock, ce qui engendre des factures d’eau colossales », explique-t-il. L’ancien binôme de la députée Estelle Youssouffa a donc décidé de réunir le plus possible de particuliers et d’entreprises afin de déposer une plainte collective auprès du tribunal administratif de Mayotte. Il affirme avoir d’ores et déjà réuni une centaine de personnes et que ce chiffre ne fait qu’augmenter au fil des jours. « L’idéal serait qu’un tiers des clients de la SMAE nous rejoignent », déclare-t-il, tout en reconnaissant que cela serait « dans un monde idéal ». Quoiqu’il en soit, il se donne jusqu’à la rentrée de septembre 2026 pour « réunir un maximum de gens et d’éléments à charge contre la SMAE » avant de déposer sa plainte .

Une démarche déjà entreprise par d’autres collectifs

La démarche de Saïd Kambi n’est pas nouvelle puisque d’autres collectifs avaient déjà déposé plainte contre la SMAE depuis le début de la crise de l’eau. On se souvient notamment du collectif « Mayotte a soif » en 2023, porté par Racha Mousdikoudine, dont la plainte collective n’avait pas abouti, à notre connaissance, à des sanctions judiciaires contre la SMAE. Mais cela ne décourage nullement l’ancienne figure de proue du mouvement de blocage de l’île de 2024, qui estime « qu’il faut continuer à se battre jusqu’à ce les Mahorais obtiennent gain de cause ». Il a d’ailleurs affirmé être en train de se rapprocher des différents collectifs luttant contre le manque d’eau à Mayotte afin que les Mahorais puissent « parler d’une seule voix » et « obtenir enfin justice » contre la SMAE.

Il espère que cette plainte aboutisse à un procès au terme duquel la SMAE se verrait retirer sa Délégation de Service Publique comme cela a été le cas pour la société MCG récemment avec le port de Longoni. « La SMAE as suffisamment exploité les Mahorais comme ça,  il est temps que l’État « sonne la fin de la récréation » », conclut-il avec ironie.

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Les Audacieuses de l’Adie à la conquête de Mamoudzou

Les Audacieuses de l’Adie à la conquête de Mamoudzou

L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) poursuit ses actions phares en faveur du développement économique en soutenant l’entrepreneuriat féminin. Ce mercredi 3 juin, au cœur du chef-lieu de Mamoudzou, la structure a organisé son événement « Les Audacieuses », un salon mettant à l’honneur les femmes entrepreneures qu’elle accompagne au quotidien.

Sur la place de la République, c’est une véritable fête de l’entrepreneuriat féminin qui bat son plein. Dès l’entrée du salon, le stand de l’Adie accueille les visiteurs et répond à toutes leurs questions. Aujourd’hui, de nombreux secteurs d’activité sont représentés : prêt-à-porter, artisanat ou encore produits cosmétiques. Les adhérentes y vendent leurs créations, les exposent et échangent avec le public.

Chamsia Ben Ahamada, conseillère experte à l’Adie, explique : « C’est avant tout un événement destiné à mettre en lumière les femmes entrepreneures, et plus particulièrement les clientes que nous avons financées. Il s’agit principalement de clientes récemment accompagnées. Parmi nos partenaires, nous retrouvons France Travail, Oudjerebou, la CCI ou encore l’ACFAV. »

Elle poursuit : « Tout au long de la journée, les stands sont présentés au public, mais nous proposons également une table ronde autour de trois thématiques : la femme, l’accompagnement et le financement. Un défilé de mode est également prévu, avec des créations commercialisées par nos clientes. »

À l’entrée du marché, le stand d’Hippocampe Nature attire l’attention. Cette savonnerie artisanale propose des produits sans colorants ni additifs. Pour sa fondatrice, Kalathoumi Hamada Madi, il est primordial de valoriser les produits naturels et les plantes médicinales, comme le moringa. Elle souligne la capacité de l’Adie à s’adapter aux besoins de son activité : « L’Adie est la structure qui nous a permis d’avancer et d’acheter nos matières premières. Grâce au crédit, elle nous donne un véritable coup de pouce. »

Un peu plus loin, Hifsah Anziz-Arhys Malide, fondatrice de Nyora Ndjéma, présente sa boutique spécialisée dans la parfumerie, les cosmétiques, les produits pour la maison ainsi que les infusions bien-être. Elle explique pourquoi il est important pour elle d’être présente aujourd’hui : « L’Adie est l’une des premières structures à m’avoir accompagnée et soutenue depuis 2021. C’est aussi important pour moi d’encourager les porteurs de projet qui n’osent pas se lancer. Il faut oser. Même si d’autres développent le même type de projet, chaque initiative reste différente. Nous pouvons toujours apporter notre propre valeur ajoutée et notre touche personnelle. »

Elle évoque également l’affluence du public : « Les gens sont très curieux. Ils viennent nombreux pour découvrir ce qui se passe. Pour avoir participé à de nombreux marchés, je sais qu’il y aura davantage de monde en début d’après-midi. »

Moudhiya Ahmed, quant à elle, est accompagnée par l’Adie depuis 2025. Elle commercialise des vêtements pour petits et grands. Elle s’est lancée dans l’entrepreneuriat après le passage du cyclone Chido, un événement qui l’a fortement marquée. Malgré les difficultés rencontrées, elle fait preuve de résilience : « Cela ne m’a pas découragée. Les affaires marchent bien aujourd’hui sur le salon », conclut-elle.

Les actions de l’Adie se poursuivront jusqu’au 5 juin.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes