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Miss Mayotte 2026 : les Mahorais veulent une élection à la hauteur

Miss Mayotte 2026 : les Mahorais veulent une élection à la hauteur

À la veille de l’élection Miss Mayotte 2026, les attentes sont nombreuses. Les spectateurs espèrent notamment que la valorisation de la culture mahoraise sera au cœur de la cérémonie. La mise en beauté des candidates devra être à la hauteur de l’événement, avec un but précis : éviter de reproduire les erreurs des années précédentes.

Chaque année, l’élection de Miss Mayotte suscite son lot de mécontentements. Pour certains spectateurs, la décoration manque de représentativité et les différents tableaux ne mettent pas suffisamment en valeur la culture mahoraise. Au fil des éditions, les critiques se répètent. Cette année encore, les attentes sont nombreuses : des tenues à la fois élégantes et modernes, mais qui restent ancrées dans l’identité de l’île. “Je voudrais voir des tenues qui respectent aussi la culture mahoraise, avec des références aux tissus locaux. Une Miss incarne la fierté mahoraise”, martèle Bobane Abasse.

Les Mahorais sont exigeants, tout simplement parce que l’élection est scrutée de près par la délégation Miss France, dont ils sont membres au sein du jury et participent au choix de celle qui représentera le territoire à l’échelle nationale. Pour beaucoup, l’élection doit être à l’image de ses habitants. Les Mahorais et Mahoraises forment une population riche par sa diversité culturelle, ses traditions et son identité.

Miss Mayotte est la vitrine du territoire. L’île au parfum est remplie de talents, une île qui vibre à travers les chants des tambours, les débats, les mbiwi et ses danses traditionnelles qui laissent sans voix. Donc, nombreux sont ceux qui s’impatientent pour ce samedi.

Depuis le lancement de la campagne, le vendredi 10 juillet, il n’y a pas de répit. Chaque détail est inspecté avec attention et suivi à la lettre. De la qualité des portraits au maquillage, en passant par les tenues, rien n’est laissé au hasard. L’objectif est de viser l’excellence.

Des spectateurs qui ne cachent pas leur déception

De nombreux Mahorais s’interrogent désormais sur l’intérêt de suivre encore l’élection. La déception se fait clairement sentir dans la voix de Bobane Abasse : “Miss Mayotte ne m’intéresse plus vraiment cette année. J’ai été tellement déçu.”

La plupart nourrissent l’espoir que cette élection se déroulera différemment. Pendant longtemps, le Comité Miss Mayotte a été dirigé par des femmes et des hommes blancs. Aujourd’hui, c’est une femme mahoraise qui est à la tête, ce qui suscite beaucoup d’attentes : “On attend énormément d’elle, j’espère que l’éloquence et tout le reste seront au rendez-vous”, témoigne Soihihati Kamardine. D’ailleurs, sa candidate favorite est la numéro 4. “J’apprécie sa personnalité, dans laquelle je me reconnais beaucoup, mais j’aime surtout la cause qu’elle défend, qui est la lutte contre les violences faites aux femmes.”

La question que la population se pose est : pourquoi ne voit-on plus l’ambassadrice de Mayotte une fois son aventure à Miss France terminée ? Une interrogation qui revient régulièrement dans les esprits. C’est notamment le cas de Bobane Abasse, qui alerte sur le manque de suivi des candidates après leur élection : “Tous les ans, il y a de nouveaux présidents. Lorsqu’une Miss est élue, on ne la suit pas. Pourtant, Miss Mayotte doit être une ambassadrice, capable de porter des messages importants dans les médias, les écoles, mais aussi auprès des associations. Le comité a perdu cet aspect-là. On élit une Miss Mayotte, mais après Miss France, on n’a plus de nouvelles. Alors, si cette année, la nouvelle présidente arrive à faire évoluer les choses au sein du comité, je serai moi-même choqué,” déclare-t-il.

L’élection se tiendra ce samedi 29 août à l’hôtel Ibis, en Petite-Terre. Les votes sont désormais ouverts depuis hier.

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Les utilisateurs de la 2G appelés à anticiper la transition à Mayotte

Les utilisateurs de la 2G appelés à anticiper la transition à Mayotte

Le réseau 2G doit être progressivement abandonné à Mayotte à compter du 30 novembre 2026. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des réseaux mobiles et concerne les opérateurs ainsi que les équipements encore dépendants de cette technologie. SFR Mayotte annonce, de son côté, la mise en place de solutions destinées à accompagner ses clients concernés.

Déployée à partir des années 1990 et 2000, la deuxième génération de téléphonie mobile, ou 2G, a longtemps constitué l’une des principales infrastructures de communication mobile. Elle a notamment permis la généralisation des appels et des SMS avant l’essor de l’Internet mobile.

Avec l’évolution des usages, la place de la 2G s’est toutefois progressivement réduite au profit de technologies plus récentes, notamment la 4G et la 5G. Ces dernières sont davantage adaptées à la consommation de données et aux usages liés aux applications et aux services connectés.

La fin de la 2G doit également permettre de réaffecter certaines ressources radio à des technologies plus récentes. L’objectif annoncé est notamment d’augmenter les capacités et l’efficacité des réseaux mobiles.

Des conséquences pour les appareils uniquement compatibles 2G

Pour les utilisateurs, la principale conséquence concernera les téléphones et équipements qui ne prennent en charge que la 2G.

Après l’arrêt effectif du réseau, ces appareils ne pourront plus se connecter au réseau mobile. Ils ne permettront donc plus d’effectuer d’appels, d’envoyer de SMS ou d’accéder aux services mobiles nécessitant une connexion au réseau.

Les personnes équipées d’un téléphone exclusivement compatible 2G devront ainsi prévoir son remplacement par un modèle prenant en charge au minimum la 4G.

Des équipements parfois moins visibles sont également concernés

La transition ne concerne pas uniquement les téléphones portables. Certains équipements techniques peuvent encore utiliser la 2G pour communiquer avec leur opérateur ou transmettre des informations à distance.

Parmi les dispositifs susceptibles d’être concernés figurent notamment les systèmes d’alarme, certains terminaux de paiement, les dispositifs de téléassistance ainsi que différents objets connectés ou équipements professionnels.

Dans ces situations, le remplacement d’un téléphone ne suffit pas nécessairement. Il est recommandé aux utilisateurs et aux professionnels concernés de vérifier auprès du fournisseur ou du prestataire de leur équipement la technologie utilisée et les éventuelles adaptations nécessaires.

SFR Mayotte annonce des solutions de renouvellement

Dans un communiqué publié le 27 août 2026, SFR Mayotte indique vouloir accompagner ses clients dans cette transition.

L’opérateur précise que les clients disposant encore d’un téléphone uniquement compatible 2G peuvent bénéficier de solutions de renouvellement leur permettant d’acquérir un appareil compatible 4G ou 5G à tarif préférentiel. Les équipes commerciales de SFR Mayotte doivent également pouvoir les orienter vers les modèles correspondant à leurs besoins.

Les conditions précises de ces offres et les appareils concernés devront être vérifiés directement auprès de l’opérateur.

Une échéance à anticiper

Avec une échéance fixée au 30 novembre 2026, les utilisateurs encore dépendants de la 2G disposent d’une période pour identifier les équipements concernés et prévoir leur remplacement ou leur mise à niveau.

Cette anticipation est particulièrement importante pour les dispositifs qui assurent des fonctions spécifiques, comme les alarmes, la téléassistance ou certains équipements professionnels. Leur éventuelle migration vers une technologie plus récente peut nécessiter l’intervention du fournisseur ou d’un prestataire.

La fin de la 2G marque ainsi une nouvelle étape dans la modernisation des réseaux mobiles à Mayotte. Si la majorité des usages actuels reposent déjà sur des technologies plus récentes, la transition devra surtout être anticipée par les utilisateurs et les équipements qui dépendent encore de cette ancienne génération de réseau.

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“Aucun ministre n’a parlé aux Mahorais”, les acteurs locaux déçus de ne pas avoir échangé avec la délégation gouvernementale

“Aucun ministre n’a parlé aux Mahorais”, les acteurs locaux déçus de ne pas avoir échangé avec la délégation gouvernementale
Safina Soula à la sortie de la réunion avec les conseillers du Premier ministre, devant la préfecture le 27 août 2026.

En marge de la visite officielle, loin des caméras, le cabinet du Premier ministre, Sébastien Lecornu a mené des rencontres avec les “acteurs mahorais”. Mais l’absence du ministre dans les échanges a tué l’initiative dans l’œuf.

Un important dispositif de sécurité mobilisant les forces de l’ordre quadrille Mamoudzou ce jeudi 27 août au matin, à l’occasion de la seconde journée de la visite officielle du Premier ministre Sébastien Lecornu, accompagné de son cabinet et de sa délégation ministérielle.

Du lycée Bamana au Centre Hospitalier de Mayotte (CHM), en passant par le commissariat de police, la préfecture et Kawéni, les étapes de cette visite se succèdent à un rythme soutenu. Une cadence qui se lit jusque dans les incessants allers-retours des gendarmes, gyrophares allumés, contraints de se frayer un chemin à vive allure d’un point à un autre afin de sécuriser les différents axes empruntés par la délégation.

Une “succession de rendez-vous”

Tandis que le Premier ministre entame la visite du projet de renouvellement urbain de Kawéni, son cabinet fait savoir qu’il mène, hors caméras, “une succession de rendez-vous”, en commençant par l’intersyndicale, dont les manifestants avaient été malmenés la veille, mais aussi avec le Syndicat général des travailleurs des ports, la Fédération nationale des ports et docks CGT, le Groupement patronal de Mayotte (GPM), le syndicat Alliance, les organisations syndicales du Centre hospitalier de Mayotte (FO, CFDT, CFE-CGC), l’association Femmes leaders et le Collectif citoyen de Mayotte 2018.

Des échanges qui, selon le cabinet, permettent d’aborder “certains sujets portés par les acteurs mahorais” : la revalorisation salariale, la convergence sociale, l’ajustement de la sur-rémunération, les retraites, le démantèlement des camps de migrants, l’accès à l’eau et le développement du grand port.

“Des audiences qui s’inscrivent dans la volonté du Premier ministre de bâtir, avec l’ensemble des forces vives du territoire, les décisions concrètes attendues pour accélérer la refondation de Mayotte”, relève le cabinet.

Les ministres absents des discussions

Mais à la sortie de la rencontre entre les conseillers et le Collectif citoyen de Mayotte, à la préfecture, le constat est tout autre pour Safina Soula, qui s’attendait à rencontrer le Premier ministre ou l’un des ministres présents, en personne.

“On ne va pas discuter uniquement avec des conseillers”, lance la présidente du collectif, désabusée, sur le parvis de la préfecture.

“Aucun ministre ne nous a rencontré. Aucun n’a parlé au mahorais”, déplore-t-elle.

“Je n’attendais pas à ce qu’ils me donnent des réponses, je sais qu’ils n’en ont pas, pour les six mois qui restent, mais c’est le respect du dialogue qui n’a pas été respecté et l’absence de dialogue, c’est parce qu’ils n’assument pas leur bilan”. 

“Tant qu’ils ne discutent pas avec la population cela va échouer”

“Tant qu’ils ne vont pas s’asseoir et travailler avec nous, tant qu’ils ne discutent pas avec la population qui connaît le territoire, cela va échouer, même les opérations comme Kingia, parce qu’ils ne maîtrisent pas le territoire”.

Interrogée sur les annonces du Premier ministre, notamment sur le renforcement de la lutte contre l’immigration clandestine, Safina Soula fulmine. “Je ne voulais absolument pas qu’on nous parle de radars, de reconduites à la frontière, car on les reconduit mais le soir ils sont de nouveau là”, juge-t-elle.

“Entre le « Rideau de fer » annoncé en 2024 par Gérald Darmanin et désormais la volonté d’utiliser la haute technologie, l’IA, ils peuvent encore rêver, mais nous, on ne rêve pas, on est dans la réalité !”.

“À un moment donné, il faut quand même écouter la population qui souffre. Le Mahorais de base, c’est nous. C’est nous qui manifestons, qui alertons l’État à chaque fois qu’il y a des manquements. Nous ne sommes pas des élus, nous sommes le peuple”.

Les organisations syndicales quittent la réunion dans la précipitation

Quant à la grogne qui monte dans les rangs des syndicats et des collectifs citoyens face à ce manque de considération, Safina Soula rappelle que leurs banderoles sont toujours affichées, à la vue de tous. “Nous n’avons pas encore été satisfaits des mesures car il n’y en a aucune qui a été mise en place. Je défendrai mon île jusqu’au bout”.

Les représentants des syndicats ont eux aussi quitté précipitamment la réunion avec les conseillers du Premier ministre, en raison de l’absence de ce dernier ou de l’un de ses ministres dans les discussions.

“Le reste des échanges n’a pas plus de valeur. Grosse déception. Qu’espérer pour les 6 mois restants ?”, se questionne l’un d’eux.

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Visite de Sébastien Lecornu : Mayotte, territoire d’urgence ou tribune politique ?

Visite de Sébastien Lecornu : Mayotte, territoire d’urgence ou tribune politique ?

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Officiellement, Sébastien Lecornu est venu à Mayotte parler reconstruction, immigration, eau, écoles et grands équipements. Mais quelques jours après le déplacement d’Édouard Philippe, candidat déclaré à l’Élysée, le Premier ministre a aussi manifestement voulu reprendre la main. Face aux élus mahorais, les urgences locales se sont ainsi mêlées aux débats nationaux. En dénonçant ceux qui « racontent » à des « fins électorales » et en précisant que son gouvernement n’était « candidat à rien », il a envoyé un message qui dépassait largement les murs de l’hémicycle Younoussa Bamana, au grand dam de la députée de la première circonscription de Mayotte, Estelle Youssouffa.

Au départ, les demandes adressées à Sébastien Lecornu n’avaient pourtant rien de parisien. Face au Premier ministre, mercredi 26 août à l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousseni a égrené les urgences du territoire : sécurité, immigration, eau, écoles, port de Longoni, aéroport ou encore fonds européens. Un an après l’adoption de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte, le président du Département-Région a surtout demandé que les promesses soient désormais accompagnées de « décisions irréversibles », de « financements sanctuarisés » et de « calendriers ».

Sur le fond, Mayotte était bien au centre de la réponse. Pas d’« énième plan », promet Sébastien Lecornu, ni de nouvelle grande loi sur l’immigration. Le Premier ministre reconnaît que la reconstruction prend « beaucoup trop de temps » et veut revoir la méthode.

Renforcement de l’équipe préfectorale, davantage d’ingénierie mise à disposition des collectivités, retour des maires au centre de la gouvernance de la reconstruction, publication mensuelle de l’avancement des crédits et des chantiers, réunion de pilotage à Matignon : le chef du gouvernement veut désormais imposer un suivi beaucoup plus serré des engagements pris pour Mayotte.

Sur l’aéroport, il promet de signer avant la fin de l’année 2026 la déclaration d’utilité publique foncière. Sur le port de Longoni, il demande désormais aux élus mahorais de trancher entre société portuaire et grand port maritime. Sur l’eau aussi, l’État se dit prêt à prendre davantage de responsabilités.

Un « démagogue » sans nom

Mais Sébastien Lecornu n’a pas résisté à l’envie de répondre à ceux qui étaient passés avant lui. Au moment de dresser le bilan de ce qui avait réellement avancé depuis Chido, le Premier ministre a visé « certains démagogues » qui, selon lui, raconteraient le contraire « à des fins électorales ».

Aucun nom. Il n’était probablement pas nécessaire d’en prononcer un.

Quelques jours auparavant, Édouard Philippe avait choisi Mayotte pour dévoiler une partie de son programme présidentiel sur l’immigration. Le candidat Horizons avait notamment proposé de suspendre temporairement les demandes d’asile et le regroupement familial dans le département, mais aussi de créer un centre de retour en Afrique de l’Est.

Le sous-entendu devient encore plus clair à la fin du discours. « Nous ne sommes candidats à rien si ce n’est au fait que la parole de l’État soit tenue », insiste Sébastien Lecornu, avant de revendiquer une action menée « sans démagogie ». Une drôle de manière de ne pas parler de la présidentielle.

À mesure que la campagne de 2027 s’installe, Mayotte devient un terrain privilégié pour afficher sa fermeté sur l’immigration. Les candidats viennent y exposer leurs solutions ; le gouvernement, lui, vient défendre son bilan et démontrer qu’il peut agir sans attendre la prochaine élection. Les difficultés du territoire deviennent, au passage, des arguments dans un affrontement politique qui le dépasse.

Le gouvernement contre-attaque sur l’immigration

Sur l’immigration clandestine, Sébastien Lecornu refuse justement de promettre une nouvelle loi. Il assure pouvoir « faire beaucoup mieux » avec le droit existant et annonce une « militarisation plus forte » des moyens de lutte contre les arrivées clandestines.

Drones longue portée, ballons de surveillance, renseignement, intelligence artificielle : l’objectif affiché est de mieux détecter et empêcher les départs vers Mayotte.

À cela doit s’ajouter un système de bonus-malus sur l’aide au développement. Les pays coopérant avec la France pour limiter les départs seraient davantage soutenus ; ceux refusant de le faire pourraient au contraire être financièrement sanctionnés.

Autrement dit, là où Édouard Philippe promet de nouvelles mesures s’il accède à l’Élysée, Sébastien Lecornu veut montrer que l’État dispose déjà de leviers pour agir.

Estelle Youssouffa dénonce « de la pure com’ »

Les discours terminés, la presse est invitée à quitter l’hémicycle. Estelle Youssouffa en sort peu après, furieuse. La députée de la première circonscription dénonce ce qu’elle considère comme du mépris à l’égard des élus et parlementaires de Mayotte.

Une fois les micros coupés, raconte-t-elle, ces derniers ont été invités à se lever pour aller échanger de manière informelle avec les membres du gouvernement. « La presse est sortie, il a éteint son micro, il s’est levé. J’ai jamais vu ça », s’indigne-t-elle. « Vous pensez que des élus locaux qui sont assis dans une assemblée locale avec des micros, un protocole […] on leur dit “levez-vous, allez parler” ? […] On n’est pas chez mémère, là. »

Estelle Youssouffa dénonce « de la pure com’ »

Elle pointe aussi plusieurs absences, à commencer par celles du ministre de l’Intérieur et de la ministre des Armées, alors en Petite-Terre. « On vient nous présenter les mesures, on est les premiers concernés. Le minimum, c’est d’être présent », « Là, c’est de la pure communication. C’est scandaleux de faire ça. Ils pissent sur les élus de Mayotte. » tranche-t-elle.

Elle regrette également l’absence du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, alors que Sébastien Lecornu vient d’annoncer un système de bonus-malus sur l’aide au développement accordée aux pays d’origine. « Le Premier ministre nous parle de politique étrangère, c’est pas son domaine », critique-t-elle.

Mais c’est surtout sur le camp de Tsoundzou que la députée attendait une réponse. Quelques minutes plus tôt, Ben Issa Ousseni en avait demandé le démantèlement. « Édouard Philippe a mis les pieds dans le plat », lance-t-elle, en référence à la proposition de l’ancien Premier ministre de délocaliser en Afrique une partie de la prise en charge des migrants.

Pour Estelle Youssouffa, cette piste devrait au moins être examinée par l’exécutif. « On a dit : voilà, là il y a une solution concrète, qu’est-ce que vous voulez faire ? Le Premier ministre et le président de la République ne veulent pas en entendre parler. » Elle dit également avoir interpellé Laurent Nuñez sur les possibilités offertes par le pacte européen sur la migration et l’asile : « Le pacte immigration européen, c’est pas mon sujet. Bah si, c’est totalement ton sujet en fait, bonhomme. »

La députée raille aussi la volonté de Sébastien Lecornu de revenir à Mayotte pour suivre lui-même l’avancement des dossiers. « Monsieur Lecornu ne peut que piloter lui-même personnellement, sinon rien ne se passe », ironise-t-elle. Avant d’enfoncer le clou : « Que font les services de la préfecture à Mayotte ? À quoi on paye tous ces fonctionnaires s’il faut que le Premier ministre vienne lui-même inspecter la virgule dans un dossier ? »

Alors que Sébastien Lecornu avait lui-même évoqué les incertitudes budgétaires et l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, Estelle Youssouffa s’agace enfin de l’entendre annoncer déjà son retour. « Il se permet ici de faire comme si on était des babouins, on n’avait pas la télé, on savait pas lire ni écrire, qu’on savait pas qu’il y avait un risque de censure, ni de budget. Il nous prend pour qui ? », s’emporte-t-elle.

Parler à Mayotte, parler depuis Mayotte

Moins d’une heure après son discours devant les élus, Sébastien Lecornu retrouvait au Mermoz une sélection de journalistes nationaux pour leur dévoiler en avant-première une annonce prévue pour le lendemain. Avec cette consigne transmise en amont par son service communication : « Je compte sur vous pour être discret auprès des locaux. »

Toute l’ambiguïté de la visite tient peut-être dans cette séquence. Le Premier ministre est incontestablement venu parler de Mayotte. Il a répondu à des dossiers précis, annoncé des arbitrages, reconnu des retards et promis un suivi plus rapproché. Après des années de déplacements ministériels régulièrement accusés de se résumer à des annonces sans lendemain, Sébastien Lecornu est aussi venu accompagné de plusieurs ministres et avec la volonté affichée de remettre de l’ordre dans le suivi de la reconstruction.

Mais il est également venu parler depuis Mayotte.

Quelques jours après Édouard Philippe, et alors même qu’il voulait se distinguer des candidats en campagne, Sébastien Lecornu a choisi de leur répondre. Immigration, fermeté, efficacité de l’État, « démagogie », présidentielle : le débat national s’est invité au milieu des urgences mahoraises.

C’est peut-être le signe d’un basculement. Mayotte n’est plus seulement un territoire où l’État vient rendre des comptes sur l’eau, l’immigration ou la reconstruction. À moins d’un an de la présidentielle, l’île devient aussi l’un des décors de la bataille nationale.

Reste à savoir si Mayotte y gagnera des réponses, ou seulement davantage de tribunes.

Quatre ans de prison pour le pilote d’un kwassa après la mort de deux passagers

Quatre ans de prison pour le pilote d’un kwassa après la mort de deux passagers

Le pilote d’un kwassa impliqué dans un chavirement qui avait coûté la vie à deux personnes en juillet 2025 a été condamné, ce mardi 25 août, par le tribunal correctionnel de Mayotte. Il écope de quatre ans de prison ferme, de 1.000 euros d’amende et d’une interdiction du territoire français.

Le drame s’était produit dans la nuit du 14 au 15 juillet 2025. Vers 4h30, au large de la côte ouest de Mayotte, un kwassa en provenance d’Anjouan avec 19 personnes à bord avait été repéré par la police aux frontières. L’embarcation avait refusé d’obtempérer avant d’entrer en collision avec un intercepteur. Le choc avait provoqué son chavirement : 17 passagers avaient pu être secourus, mais deux personnes étaient décédées. Les autorités avaient alors ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident.

Plus d’un an après les faits, le pilote était jugé notamment pour homicide involontaire, blessures involontaires et aide au séjour irrégulier. Son avocat, Me Soumetui Andjilani, a plaidé la relaxe, estimant que la responsabilité des deux décès incombait aux policiers ayant procédé à l’interception. Le tribunal n’a pas retenu cette argumentation et l’a condamné à quatre ans d’emprisonnement ferme.

De faux profils usurpent l’identité du maire de Mamoudzou sur les réseaux sociaux

De faux profils usurpent l’identité du maire de Mamoudzou sur les réseaux sociaux

La Ville de Mamoudzou alerte sur la circulation de plusieurs faux profils sur Facebook et TikTok usurpant l’identité du maire ou affirmant agir en son nom. Ces comptes peuvent notamment servir à réclamer frauduleusement des paiements, des documents ou des informations personnelles.

La mairie rappelle qu’aucune démarche administrative ni demande de documents ne passe par la page personnelle du maire ou par une messagerie privée sur les réseaux sociaux. Les démarches doivent uniquement être effectuées auprès des services municipaux, sur le site officiel ou aux guichets administratifs compétents.

Les habitants sont appelés à ne jamais transmettre leurs données personnelles ou bancaires par messagerie privée et à signaler les comptes suspects aux plateformes. En cas de préjudice, la Ville recommande de déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

Hôtel de Ville de Mamoudzou : accès interdit au public pendant les travaux

Hôtel de Ville de Mamoudzou : accès interdit au public pendant les travaux

La Ville de Mamoudzou lance d’importants travaux de réhabilitation de ses infrastructures endommagées ou fragilisées par le passage du cyclone Chido. L’Hôtel de Ville figure parmi les bâtiments concernés par cette opération de remise en état.

Durant toute la période du chantier, l’accès au bâtiment est strictement interdit au public afin de garantir la sécurité des usagers et le bon déroulement des travaux. Seuls les agents municipaux, sur présentation de leur badge professionnel, ainsi que les entreprises intervenant sur le chantier sont autorisés à y accéder.

La municipalité assure toutefois que la continuité du service public reste une priorité. Pour éviter les déplacements inutiles et permettre aux administrés de continuer à effectuer leurs démarches ou à obtenir des informations, elle les invite à privilégier les échanges par téléphone ou par courriel avec les services municipaux.

La Ville appelle ainsi les habitants, mais aussi les partenaires publics et privés, à respecter les restrictions d’accès mises en place pendant cette phase de réhabilitation, le temps que l’Hôtel de Ville puisse retrouver des conditions d’accueil normales.

Une matinée dédiée aux tout-petits à la bibliothèque départementale

Une matinée dédiée aux tout-petits à la bibliothèque départementale

La Direction de la Culture et de la Lecture Publique organise une animation gratuite destinée aux enfants de 0 à 3 ans, le samedi 29 août, de 9h30 à 12h, à la bibliothèque départementale de Mayotte.

La matinée proposera des livres adaptés aux tout-petits, des jeux d’éveil et des marionnettes, dans le cadre d’un moment de découverte et de partage entre les enfants et leurs accompagnants.

Un 10 kilomètres entre Pamandzi et Labattoir samedi

Un 10 kilomètres entre Pamandzi et Labattoir samedi

Le 10 KM ZÉ RUN revient à Petite-Terre le samedi 29 août 2026. Cette course à pied de 10 kilomètres prendra son départ à 16h30 au stade de Pamandzi, pour une arrivée prévue au stade de Labattoir. Organisée en fin d’après-midi, l’épreuve propose un parcours reliant les deux communes de Petite-Terre. Elle s’adresse aussi bien aux coureurs venus se mesurer au chronomètre qu’à ceux qui souhaitent simplement participer à un rendez-vous sportif. Les inscriptions sont ouvertes sur Sport Pro.

Sébastien Lecornu à Mayotte : Mayotte veut des preuves, pas de nouvelles promesses

Sébastien Lecornu à Mayotte : Mayotte veut des preuves, pas de nouvelles promesses

À quelques jours de sa venue à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi de s’adresser directement aux maires. Dans une longue lettre, il reconnaît sans détour la lenteur de la reconstruction et du développement du territoire. Mais derrière les annonces et les promesses de milliards d’euros, son courrier met surtout en lumière une question qui embarrasse l’État : pourquoi les crédits annoncés depuis des mois ne se transforment-ils toujours pas suffisamment en réalisations concrètes ?

Le constat dressé par le Premier ministre est particulièrement sévère. Près de 4 milliards d’euros d’investissements sont programmés jusqu’en 2031 dans le cadre de la loi de programmation du 11 août 2025. Pour 2026, 674 millions d’euros sont inscrits au budget pour la refondation de Mayotte. Pourtant, selon Sébastien Lecornu, seuls 54 millions d’euros, soit 11,7 % des crédits votés et délégués, ont effectivement été dépensés.

Un chiffre qui risque de retenir davantage l’attention des Mahorais que les milliards promis sur le papier. Car un an et demi après le passage du cyclone Chido, la population continue de vivre avec les conséquences de la catastrophe : difficultés d’accès à l’eau, écoles dégradées, infrastructures insuffisantes, problèmes d’accès aux soins, logement en tension et équipements publics dont la livraison se fait attendre.

Le Premier ministre reconnaît l’impatience mahoraise

Dans son courrier, Sébastien Lecornu ne cherche pas à minimiser cette situation. Il admet que « la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents » et reconnaît que les résultats ne sont « pas encore suffisamment visibles dans la vie quotidienne » des habitants.

Cette reconnaissance est importante. Car depuis plusieurs années, Mayotte croule sous les annonces gouvernementales, les plans d’urgence, les lois, les stratégies de développement et les promesses d’investissements. Mais sur le terrain, le sentiment dominant reste celui d’un territoire oublié.

L’eau demeure un problème récurrent. Les infrastructures scolaires restent insuffisantes. Le système de santé est sous pression. Le logement manque. Les routes et les équipements publics nécessitent des investissements massifs. Dans ces conditions, annoncer plusieurs milliards d’euros ne suffit plus à convaincre une population qui veut avant tout voir des chantiers démarrer et des équipements ouvrir.

Une responsabilité que l’État ne peut pas entièrement transférer

Sébastien Lecornu pointe plusieurs causes aux retards : procédures administratives trop longues, problèmes fonciers, manque d’ingénierie, responsabilités dispersées, délais de paiement ou encore organisation insuffisamment opérationnelle de certains services.

Ces difficultés sont réelles et connues depuis longtemps. Mais elles soulèvent une interrogation : pourquoi a-t-il fallu attendre 2026 pour s’attaquer à des blocages qui paralysent depuis des années le développement de Mayotte ?

Le Premier ministre reconnaît d’ailleurs que les communes ne peuvent pas être laissées seules face à cette complexité. L’État, écrit-il, doit prendre « toute sa part » dans la résolution des difficultés.

Cette phrase mérite d’être retenue. Car si les collectivités locales doivent porter une partie des projets, l’État conserve une responsabilité majeure dans la mobilisation des services déconcentrés, la sécurisation foncière, l’ingénierie administrative et le déblocage des financements.

Il serait donc trop facile de faire porter aux seuls élus locaux la responsabilité d’une sous-consommation aussi importante des crédits.

Le précédent de Chido impose désormais des résultats

Le cyclone Chido a détruit ou fragilisé une partie considérable des infrastructures de Mayotte. Dix-huit mois plus tard, l’urgence n’est plus seulement de réparer les dégâts : il s’agit de reconstruire un territoire capable de répondre à l’explosion démographique, aux besoins sociaux et aux enjeux économiques.

C’est précisément là que le discours gouvernemental devra être confronté à la réalité.

Le Premier ministre assure que les grands projets sont « définitifs et irréversibles ». Deuxième hôpital, extension du CHM, nouvel aéroport, deuxième établissement pénitentiaire, usine de dessalement, troisième retenue collinaire : la liste est impressionnante.

Mais là encore, les Mahorais sont en droit de demander autre chose que des assurances.

Quand les travaux commenceront-ils réellement ? Quand les premiers bâtiments seront-ils livrés ? Quels seront les calendriers précis ? Quels montants seront engagés cette année ? Qui sera responsable de chaque opération ?

C’est à ces questions que le déplacement du Premier ministre devrait permettre de répondre.

Sébastien Lecornu affirme ne pas vouloir venir présenter « un énième plan supplémentaire ». Il promet une méthode fondée sur le suivi des projets, avec un responsable et une échéance pour chaque difficulté identifiée.

Il annonce également un comité de suivi interministériel mensuel, placé sous l’autorité de Matignon, ainsi que la publication régulière d’indicateurs sur les résultats et l’engagement des crédits.

Cette promesse constitue sans doute l’un des éléments les plus intéressants de son courrier. Pour une fois, le gouvernement annonce vouloir être jugé sur des indicateurs et non uniquement sur des annonces.

Reste à savoir si cette nouvelle méthode permettra réellement d’accélérer les dossiers.

Car Mayotte a déjà connu de nombreux dispositifs de suivi, de nombreux comités et de nombreuses réunions. Ce qui manque aujourd’hui, ce ne sont pas nécessairement les structures de concertation. Ce sont les réalisations visibles.

Le calendrier politique ajoute une pression supplémentaire

La venue du Premier ministre intervient également à un moment stratégique. Les arbitrages budgétaires pour 2027 approchent et Sébastien Lecornu reconnaît lui-même que les échanges avec les élus doivent éclairer les décisions qu’il prendra dans les prochains jours.

Les élus mahorais ont donc une occasion de mettre le gouvernement face à ses engagements. La question ne devrait pas être seulement : combien l’État va-t-il encore promettre ?

Elle devrait être : combien a déjà été engagé, combien a déjà été dépensé et pourquoi le reste ne l’est-il pas ?

Cette distinction entre crédits annoncés, crédits votés, crédits délégués, crédits engagés et crédits effectivement dépensés est essentielle. Car un milliard d’euros inscrit dans une loi ne construit ni une école, ni un hôpital, ni une route. Ce sont les crédits effectivement engagés puis consommés qui produisent des résultats.

« Mayotte n’a plus besoin de promesses »

La phrase la plus forte du courrier du Premier ministre est peut-être aussi la plus simple : « Mayotte n’a plus besoin d’une accumulation de promesses. Elle a besoin de preuves.»

Difficile de lui donner tort. Depuis des décennies, les Mahorais entendent parler de rattrapage, de convergence, de développement, de grands projets et de moyens exceptionnels. Pourtant, les écarts avec l’Hexagone restent considérables dans de nombreux domaines.

La venue de Sébastien Lecornu sera donc scrutée avec une exigence particulière. Les élus ne pourront pas se contenter d’applaudir de nouvelles annonces. Ils devront demander des dates, des montants, des maîtres d’ouvrage et des échéances.

Le gouvernement, de son côté, devra accepter d’être jugé sur les résultats qu’il annonce lui-même.

Car le véritable test de cette visite n’est pas le contenu des discours prononcés . Il sera visible dans les mois qui suivront : dans les écoles qui ouvrent, les canalisations qui fonctionnent, les logements qui sortent de terre, les routes qui sont aménagées, les équipements de santé qui sont livrés et les grands projets qui passent enfin du papier au chantier.

Sébastien Lecornu promet de revenir à Mayotte au début de 2027 pour mesurer les avancées. Ce rendez-vous sera donc déjà un premier compte à rebours.

Le temps des annonces semble toucher à sa limite. Il reste désormais à démontrer que les milliards promis peuvent réellement devenir une réalité mahoraise.

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Sébastien Lecornu demande aux élus locaux d’assurer la refondation de leur île

Sébastien Lecornu demande aux élus locaux d'assurer la refondation de leur île
Photo © 20minutes.fr

Lutte contre l’immigration clandestine, refondation post-Chido, reconstruction des écoles ou encore la santé et l’eau, autant de sujets prioritaires pour Mayotte que le Premier ministre Sébastien Lecornu est venu aborder avec les dirigeants mahorais. Une visite de 48 heures dans l’archipel qui laisse sceptique plus d’un, tant dans la classe politique qu’au sein de la société civile. Mayotte désespère de voir la refondation tant promise prendre enfin forme.

Le chef du gouvernement est bien arrivé dans l’archipel ce mercredi comme annoncé depuis quelques jours. Il s’agit de son premier déplacement sur le territoire en qualité de Premier ministre. Un déplacement plus politique que technique qui intervient à peine 5 jours après celui de l’un de ses prédécesseurs à Matignon, Edouard Philippe. Ce dernier a fait le buzz sur les médias nationaux et les réseaux sociaux en fin de semaine dernière en raison de ces prises de position sur la gestion de l’immigration clandestine à Mayotte qui atteint des sommets inégalés et pose des défis colossaux au territoire.

Contre toute attente, ce dernier qui est en campagne électorale pour la présidentielle de 2027, a assujetti la refondation de l’île entièrement détruite par le cyclone Chido en décembre 2024, à une maîtrise absolue des flux migratoires déclenchant moultes polémiques avec son challenger de l’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon.

En conséquence, Sébastien Lecornu s’est trouvé dans l’obligation d’entamer ce voyage de 48 heures sur le territoire car la thématique de l’immigration clandestine non maîtrisée à Mayotte est un sujet de portée nationale et européen, un sujet qui passionne et fractionne la société française dans son ensemble. Sébastien Lecornu qui se défend de toute intention électorale n’ignore cependant pas qu’il ne peut éviter de concentrer sur sa personne (et celui de son gouvernement) une cascade de critiques sur l’abandon de l’île par les gouvernements français successifs depuis l’ère François Hollande. Pas plus qu’il ne peut esquiver sa responsabilité première dans la gestion calamiteuse des conséquences catastrophiques du cyclone Chido sur le territoire.

Sébastien Lecornu sollicite l’aide des élus mahorais pour reconstruire l’île dévasté par Chido en décembre 2024

Rien n’ayant été véritablement mis en route pour reconstruire Mayotte depuis bientôt 2 ans, le Premier ministre a choisi de ne pas laisser le champ libre à ses détracteurs. Avant que ces derniers ne dressent un réquisitoire sans appel à son encontre, il a opté en faveur d’un mea culpa sous forme d’un courrier adressé aux élus locaux. Une tentative désespérée de déballonner la grogne populaire qui ne cesse de prendre dans l’opinion publique à Mayotte. À huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu admet que la refondation tant attendue par les Mahoraises et les Mahoraises peine à prendre forme. Un retard considérable par rapport aux prévisions de la loi de juillet 2025 consacrant la reconstruction, à l’identique, du territoire que le Premier ministre justifie par le vote tardif du budget national par le Parlement et la lourdeur des procédures administratives.

S’il n’y a pas encore les 4 milliards d’euros promis à Mayotte dans le cadre de cette loi, l’hôte actuel de Matignon se veut néanmoins rassurant vis-à-vis de ces interlocuteurs mahorais. Il indique que 674 millions d’euros sont prêts à l’emploi et qu’il vient identifier avec les les élus locaux les urgences, en examinant dossier sur dossier. Se sachant sur le grill par rapport à cette refondation qui se fait désirer, Sébastien Lecornu change de tactique et tend la main aux élus Mahorais. Il demande leur soutien, leur participation même à cette reconstruction de l’île alors même que l’Etat a tout mis en œuvre depuis 2025 pour garder la main sur le programme.

Aujourd’hui il tient enfin un langage de vérité aux élus de l’île en leur avouant une évidence : ils doivent être les acteurs de la refondation de Mayotte. Et même si cela peut lui être reproché comme étant une manœuvre politicienne à l’approche d’échéances électorales capitales, le Premier ministre a remis au premier plan la question migratoire essentielle aux habitants de l’archipel. Plus qu’un sujet sensible dans sa dimension globale, l’immigration clandestine massive dans laquelle se noie le territoire est instrumentalisée par les principaux candidats à l’élection présidentielle.

Un déplacement à haut risque politique pour le chef du gouvernement

Et Sébastien Lecornu sait très bien qu’il ne peut faire l’impasse dessus. De même que la construction des grandes infrastructures de développement du territoire qu’il remet sur la table malgré le scepticisme de la population et des parlementaires. Il jure par tous ‘les dieux de l’Olympe », que tous ces sujets sont sécurisés en termes de financement au travers de la loi de juillet 2025 et qu’il ne saurait en être autrement. Ce premier voyage à Mayotte de Sébastien Lecornu en qualité de Premier ministre (initialement annoncé pour juin dernier avant d’être reporté sine die) n’est pas dénué de risques sur un plan strictement politique. En effet, la mouvance « macronienne » joue gros localement sur l’ensemble des enjeux abordés par le Premier ministre au cours de ce déplacement. Outre la lutte contre l’immigration clandestine et la refondation post-Chido, la reconstruction des écoles, la remise à niveau du système de santé (avec l’extension du CHM de Mamoudzou et la construction du deuxième hôpital), sont autant d’autres niches préoccupantes pour la population mahoraise, sans oublier la question du manque chronique d’eau. Les élus locaux, qu’il rencontrera à différents moments de sa visite de deux jours, ne manqueront pas de lui réclamer, encore et encore, des crédits pour réaliser les chantiers de la refondation.

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Les entreprises tirent la sonnette d’alarme : « Avant de parler de demain, sauvons l’économie d’aujourd’hui »

Les entreprises tirent la sonnette d’alarme : « Avant de parler de demain, sauvons l’économie d’aujourd’hui »

Avec la venue du Premier ministre à Mayotte, le Groupement patronal de Mayotte (GPM) veut placer l’exécutif face à une urgence moins spectaculaire que les grands chantiers annoncés, mais autrement plus immédiate : la survie des entreprises mahoraises fragilisées par les retards de paiement des administrations et des collectivités locales. Pour le patronat, la reconstruction de l’île ne pourra pas se faire si les entreprises qui en sont les chevilles ouvrières sont progressivement asphyxiées par des trésoreries exsangues.

Le message adressé au gouvernement est sans ambiguïté : Mayotte a besoin d’une stratégie pour les prochaines années, mais elle doit surtout prendre des décisions dès maintenant. Car derrière les annonces de milliards d’euros d’investissements, les promesses de reconstruction et les grands projets structurants, une réalité beaucoup plus préoccupante se joue dans les entreprises : des factures en attente de règlement, parfois depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

À l’occasion de la rencontre économique organisée à Mayotte avec Édouard Philippe, ancien premier ministre et candidat à l’élection présidentielle, le GPM a relayé les inquiétudes des chefs d’entreprise. Ce dernier a indiqué avoir sensibilisé le gouvernement sur plusieurs de ces dossiers. Avec la venue du Premier ministre, le patronat mahorais entend désormais passer un message direct : il ne suffit plus d’annoncer la reconstruction, il faut permettre aux entreprises de survivre pour pouvoir la réaliser.

Des entreprises qui travaillent… mais qui attendent leur argent

Depuis le passage du cyclone Chido, les entreprises mahoraises ont pourtant largement répondu présentes. Elles ont rouvert leurs portes, réparé leurs locaux, maintenu leurs salariés, continué à travailler malgré les dégâts, répondu aux commandes publiques et privées et participé à la remise en état des infrastructures de l’île.

Mais cette capacité de résilience a ses limites. Une entreprise peut tenir quelques semaines, quelques mois. Elle ne peut pas indéfiniment fonctionner sans être payée pour les prestations qu’elle a réalisées. C’est précisément ce que dénonce le GPM. Des entreprises ayant exécuté des marchés ou réalisé des prestations pour des administrations et des collectivités attendent toujours le règlement de leurs factures. Dans certaines situations, les délais dépasseraient plusieurs années.

Pour une grande entreprise disposant d’importantes réserves financières, un tel retard peut parfois être absorbé temporairement. Pour une petite ou moyenne entreprise, la situation peut rapidement devenir critique. Car pendant que l’administration tarde à régler une facture, l’entreprise, elle, ne peut pas suspendre ses propres obligations.

Elle doit continuer à payer ses salariés à la fin du mois, régler ses fournisseurs, ses sous-traitants, ses cotisations sociales, ses assurances, ses loyers, ses charges courantes et ses échéances bancaires. Le décalage de trésorerie créé par un impayé public peut ainsi rapidement provoquer une réaction en chaîne. Une entreprise non payée peut finir par ne plus pouvoir payer à son tour. Et c’est alors toute une chaîne économique qui se retrouve fragilisée.

Quand l’argent public en retard met les entreprises en difficulté

Le problème dépasse donc largement la seule relation entre une collectivité et l’entreprise qui attend son règlement. Lorsqu’une collectivité locale tarde à payer un prestataire, ce dernier peut être contraint de différer le paiement de son fournisseur. Le fournisseur peut ensuite rencontrer des difficultés pour régler son propre sous-traitant. Et ainsi de suite. Le GPM considère cette situation comme particulièrement préoccupante dans un territoire où les entreprises disposent de capacités financières souvent limitées et où les coûts d’exploitation sont déjà élevés.

Le patronat estime qu’il existe une contradiction difficilement acceptable : demander aux entreprises d’investir dans la reconstruction, de recruter, de conserver leurs salariés et de répondre aux futurs marchés publics tout en les laissant attendre pendant des mois le paiement de prestations déjà réalisées.

« Une entreprise ne peut pas être créancière de la puissance publique pendant des mois et être sommée, dans le même temps, d’honorer toutes ses propres échéances à date », résume en substance le GPM.

Le constat est d’autant plus sensible que la commande publique est présentée comme l’un des principaux moteurs de la reconstruction de Mayotte. Si les entreprises chargées d’exécuter cette commande ne disposent pas d’une trésorerie suffisante, le risque est de voir apparaître des faillites, des licenciements ou des retraits de certaines entreprises des marchés.

Le paradoxe serait alors considérable : des milliards d’euros pourraient être annoncés pour reconstruire Mayotte tandis que certaines entreprises locales, censées participer à cette reconstruction, disparaîtraient faute d’avoir été payées à temps.

Le GPM réclame un traitement d’urgence des factures en souffrance

Pour sortir de cette situation, le Groupement patronal de Mayotte demande à travers un communiqué envoyé à la presse « un traitement exceptionnel et immédiat des factures publiques en attente ».

Le patronat souhaite notamment un recensement précis des sommes dues, un suivi des dossiers, des interlocuteurs clairement identifiés et surtout des calendriers de règlement connus des entreprises. L’objectif est simple : redonner de la visibilité aux dirigeants.

Car une entreprise peut accepter un délai si celui-ci est clairement établi. Elle peut négocier avec sa banque, adapter ses dépenses, discuter avec ses fournisseurs et organiser sa trésorerie. En revanche, l’incertitude est particulièrement destructrice.

Ne pas savoir quand une facture sera payée empêche le chef d’entreprise de prévoir ses investissements, ses recrutements et même parfois ses dépenses courantes.

Le GPM insiste donc sur une idée centrale : la commande publique ne peut pas être considérée comme un moteur de la reconstruction si elle contribue simultanément à étouffer les entreprises qui la mettent en œuvre. Le contexte économique rend cette question encore plus urgente. Les entreprises mahoraises ont déjà dû absorber les conséquences du cyclone Chido, avec des locaux détruits ou endommagés, des équipements à remplacer, des stocks perdus et une activité perturbée.

À cela s’ajoutent les difficultés structurelles du territoire : coût du fret, insularité, vie chère, accès au financement, difficultés de recrutement, manque d’infrastructures et faiblesse relative du marché local. Dans ce contexte, chaque euro immobilisé pendant plusieurs mois dans une facture impayée pèse lourdement sur la trésorerie d’une entreprise. La reconstruction aurait pourtant dû constituer une occasion historique de relancer durablement le tissu économique local.

Mais le GPM craint que les entreprises mahoraises ne soient progressivement marginalisées si elles ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour suivre le rythme des grands chantiers.

Les grands groupes nationaux et internationaux disposent de capacités financières que les PME locales n’ont pas toujours. Une entreprise qui doit attendre douze mois pour récupérer plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros peut être beaucoup plus vulnérable qu’un groupe capable de mobiliser des réserves importantes ou des lignes de crédit conséquentes.

La reconstruction ne doit pas se faire sans les entreprises mahoraises

C’est l’une des principales inquiétudes exprimées par le patronat. Mayotte connaît ses priorités : l’eau, la santé, l’éducation, les routes, les transports maritimes, le logement, la piste longue, le deuxième site hospitalier ou encore la troisième retenue collinaire.

Mais pour le GPM, une annonce ne constitue pas un marché et un projet annoncé ne constitue pas encore une activité économique. Les entreprises ont besoin de connaître les financements disponibles, les calendriers, les procédures et les dates de lancement effectif des opérations. « Une entreprise n’investit pas, ne recrute pas et ne s’endette pas sur la base d’une annonce », rappelle le patronat.

Cette question de visibilité est fondamentale. Une entreprise qui sait qu’un chantier débutera dans six mois peut recruter, investir dans du matériel, former ses salariés et rechercher des financements. Une entreprise confrontée à des annonces sans calendrier concret reste dans l’attente. Et cette attente coûte cher.

La LODEOM également dans le viseur

Le GPM demande parallèlement que la compétitivité des entreprises mahoraises soit réexaminée. À l’approche du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, le patronat estime que les effets de la LODEOM doivent être évalués à l’aune de la situation spécifique de Mayotte. Le GPM souhaite notamment que soit étudiée, si nécessaire, une évolution des mécanismes d’exonération et un rapprochement avec les dispositifs plus favorables applicables en Guyane.

Pour les représentants des entreprises, la convergence sociale ne peut pas se limiter à une convergence des charges. Elle doit également prendre en compte les infrastructures, les services publics, la productivité, les coûts logistiques et les conditions réelles dans lesquelles les entreprises doivent travailler. Autrement dit, demander aux entreprises mahoraises de supporter des charges comparables à celles des autres territoires français sans leur offrir les mêmes conditions de production risque de réduire leur compétitivité. Le patronat appelle également à la prudence concernant le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, le MACF.

Mayotte supporte déjà des coûts importants liés à son insularité, au transport maritime, au fret et à la manutention. Dans ces conditions, l’application de nouvelles contraintes ou de nouveaux surcoûts sur certaines marchandises importées de pays tiers pourrait peser davantage sur les entreprises et, in fine, sur le coût de la reconstruction.

Le GPM réclame donc une évaluation spécifique de l’impact du mécanisme sur Mayotte ainsi qu’un examen des adaptations possibles compte tenu des caractéristiques géographiques et économiques du territoire.

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Un Mahorais sacré champion du monde d’athlétisme en Corée du Sud

Un Mahorais sacré champion du monde d’athlétisme en Corée du Sud

Le voilà arrivé au sommet de son art, sur la première marche du podium mondial dans sa discipline, le javelot ! Soultoini Ali a porté haut les couleurs de Mayotte dans la nuit de dimanche à lundi, en remportant le titre de champion du monde Masters d’athlétisme à Daegu, en Corée du Sud. Sur place, le public exulte et les félicitations affluent de toutes parts. Certaines délégations ne cachent pas leur regret qu’un titre aussi prestigieux revienne à un athlète venu d’un territoire du bout du monde, une île encore méconnue de nombreuses nations sportives.

L’athlète mahorais s’est imposé face à quelque 11 000 sportifs issus de 106 pays. Une performance qui force le respect.

« Je l’ai fait. Je ne sais pas trop comment j’ai fait pour y arriver, mais j’ai prouvé à la jeunesse mahoraise que cela était possible ! » Ce sont les premiers mots prononcés par l’athlète, aux environs de 3 heures du matin ce lundi, au micro de Flash Infos, à peine son exploit réalisé.

Lui qui est d’un naturel très réservé, presque timide, Soultoini Ali n’a cette fois-ci pas caché sa joie débordante. Malgré les innombrables difficultés qu’il a dû surmonter pour préparer les différentes compétitions auxquelles il a participé ces derniers mois, tant à l’échelle nationale qu’européenne, il a réussi à transformer son rêve en réalité.

Le sportif, devenu une véritable figure emblématique pour les Mahorais, s’est imposé grâce à un jet de 57,94 mètres, devançant largement ses deux principaux challengers, un Letton et un Allemand, auteurs respectivement de 56,12 mètres et 53,83 mètres. Une prouesse qu’il doit à son acharnement au travail et à son abnégation sans faille.

« On ne devient pas champion du monde par hasard, c’est le fruit d’un énorme travail. Le mec a derrière lui un historique, un palmarès qui parle », plaide un internaute sur les réseaux sociaux, dès que la nouvelle a été rendue publique et est devenue virale sur Facebook.

Évidemment, cette personne n’a pas tort. Soultoini Ali détient un palmarès exceptionnel, d’autant plus remarquable pour un athlète contraint de s’entraîner dans des conditions difficiles sur un territoire où la politique de développement du sport reste, selon de nombreux observateurs, largement insuffisante.

Les critiques portent notamment sur l’absence d’une véritable politique publique permettant d’accompagner les sportifs de haut niveau dans leur préparation et leur épanouissement. Certains dénoncent une tendance à privilégier les infrastructures et les événements ponctuels plutôt qu’un accompagnement durable des athlètes.

Soultoini Ali mérite mille fois la reconnaissance de son île natale et de résidence, mais également celle de toute la nation française.

Un manque flagrant de volonté politique en faveur du développement sportif dénoncé par le public

Ce titre de champion du monde, il vient de le conquérir face à 11 000 athlètes issus de 106 pays.

« Ce n’est pas tous les jours qu’un territoire détient un titre mondial grâce à la performance de l’un de ses citoyens. Je comprends aisément que des sportifs suédois, lettons, norvégiens, américains, chinois ou taïwanais puissent lui envier sa nouvelle posture », confie un ancien footballeur de l’équipe des Cols bleus de Labattoir.

L’athlète de Passi-Kéli a été dix fois champion de France dans trois catégories différentes au sein de sa discipline. Son palmarès compte également trois médailles de bronze, sept titres de vice-champion de France, une médaille de bronze aux Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) en 2003, une autre en 2007 à Madagascar, une médaille d’argent en 2015, ainsi qu’une médaille d’or aux JIOI en 2019 à Madagascar et une autre à l’île Maurice en 2023.

Il a également été vice-champion du monde en 2024 en Suède, avant de décrocher, ce week-end à Daegu, le titre de champion du monde.

Cette liste d’exploits ne tient évidemment pas compte des différents meetings et compétitions de moindre importance qu’il a remportés au niveau local, régional ou national.

« Il a un courage de fer, cet homme. Une abnégation et des valeurs à transmettre aux jeunes générations. Il est un exemple à suivre pour eux, que malheureusement nos personnalités politiques ne retiennent toujours pas et ne retiendront sans doute jamais. Ils attendent qu’il aille les voir, peut-être mendier une subvention, alors que c’est à eux de l’appeler et de demander à le rencontrer », observe Mahamoud Soumaïla Ibrahim, un habitant de Cavani, voisin du complexe sportif du même nom.

À l’instar de centaines d’internautes depuis la nuit de dimanche, il fustige la classe politique mahoraise pour son « manque flagrant de volonté » à contribuer réellement au développement du sport de haut niveau dans l’île.

« Pour un territoire aussi pauvre que le nôtre, il n’y a pas mieux que les disciplines sportives pour réussir à rayonner à travers le monde. Par vanité, certains élus s’offrent même le luxe de faire construire deux ou trois gymnases dans leur village ou leur canton. Malheureusement, ils ne seront sans doute jamais entretenus et tomberont en décrépitude, dans une totale absence de politique de développement permettant de faire émerger des pépites comme Soultoini Ali. Dans cette île, nous aimons cultiver l’esprit de la médiocrité et nous réussissons à nous donner bonne conscience par-dessus le marché. »

Cette personne ne saurait mieux dire, tant ses propos font écho à une réalité souvent dénoncée sur le terrain. Les communes, les intercommunalités, le Département-Région ou encore les services de l’État placeraient ainsi, selon ces critiques, la charrue avant les bœufs.

Aucun élu mahorais n’a daigné passer un coup de fil à l’heureux champion du monde

Ces différentes institutions se sont agitées de toutes parts il y a deux ans pour, soi-disant, se battre afin d’accueillir les Jeux des Îles de l’océan Indien à Mayotte en 2027. Quelques-unes se sont même lancées dans des travaux pharaoniques dont l’avenir reste incertain.

Il a fallu que l’organisation de cette compétition régionale soit attribuée aux Comores pour que cet engouement retombe dans l’oubli, comme des momies égyptiennes.

« Où en sommes-nous dans la préparation de nos futures championnes et de nos futurs champions ? Nulle part ? Des millions d’euros sortis des poches des contribuables français de Mayotte ont été engloutis dans les ambitions démesurées de nos hommes politiques, alors en campagne électorale, pour déboucher, une fois de plus, sur des échecs patents », interroge Abdoul-Hamid Charif, rencontré vendredi en début d’après-midi à la gare maritime de Mamoudzou.

Pour lui, un athlète du niveau de Soultoini Ali n’a pas à quémander un rendez-vous auprès d’un responsable politique. C’est à ces derniers de s’approcher de lui et d’aller à sa rencontre.

« Lorsqu’un événement aussi important que cette finale mondiale d’athlétisme en Corée du Sud se produit, on ne tergiverse pas dans une assemblée élective locale, car il en va de la réputation et de l’honneur de Mayotte à l’international. On met les moyens nécessaires immédiatement et on régularise plus tard, quitte à ce que les chamailleries politiciennes retrouvent droit de cité dans les débats. »

Sur ce point, Abdoul-Hamid Charif n’est pas le seul à exprimer son ras-le-bol. Des centaines d’autres Mahorais n’ont pas manqué de fustiger l’absence des élus locaux, tant concernant Soultoini Ali que d’autres sportifs locaux de haut niveau.

Le voyage de Soultoini Ali était connu depuis le mois de février 2026. Il a fallu attendre que des entrepreneurs locaux mettent la main à la poche et que des particuliers lancent une cagnotte en ligne pour que le champion du monde Masters de javelot puisse financer son déplacement à Daegu.

Assadillah Abdouroihamane, jeune maire fraîchement élu de la commune de Kani-Kéli, a été le seul à avoir fait délibérer son conseil municipal, début juillet, en faveur d’une aide exceptionnelle destinée à Soultoini Ali.

Aucun responsable mahorais n’aurait, selon les témoignages recueillis, daigné passer un coup de fil pour féliciter celui qui est désormais présenté comme un exemple à suivre pour tous les jeunes Mahorais, alors qu’à lui seul il parvient à mobiliser des foules entières autour de causes importantes sur l’île.

« Une culture du sport nous fait défaut sur ce territoire. Comment prétendre accueillir ici les Jeux des Îles de l’océan Indien lorsqu’on est incapable de réagir positivement face à ce genre d’aubaine ? Soultoini Ali va revenir à Mayotte et sera accueilli en grande pompe par des foules d’anonymes. Ce n’est qu’après que l’on verra les politiques tenter de récupérer opportunément son exploit. C’est vraiment une honte collective pour toutes les collectivités locales. »

Prioriser la construction d’un centre d’entraînement multidisciplinaire plutôt que des gymnases et des stades pharaoniques

Notre interlocuteur, qui a visiblement gros sur le cœur, explique qu’une compétition de cette envergure impose à ses participants une longue préparation en amont : stages, rencontres, meetings, entraînements, suivi, alimentation et équipements.

Il estime que la priorité devrait être d’équiper l’île d’un centre d’entraînement destiné aux sportifs de haut niveau, à l’image du complexe sportif d’Alarobia, à Antananarivo, plutôt que de se disperser dans la construction de stades et de gymnases pharaoniques.

Les athlètes se plaignent régulièrement d’être contraints de privilégier le volume de travail au détriment de la qualité. Ils s’entraînent dans la boue ou la poussière alors qu’ils devraient pouvoir évoluer dans des conditions proches de celles des compétitions internationales. Ils ne disposent même pas toujours d’une salle de musculation dédiée.

Dimanche soir, Soultoini Ali a fait rayonner Mayotte à travers toute la planète depuis Daegu, en Corée du Sud. Mais certainement pas grâce aux institutions mahoraises.

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Soultoini Ali : beaucoup de travail en amont de cette victoire mondiale

Soultoini Ali : beaucoup de travail en amont de cette victoire mondiale

Soultoini Ali entre dans l’histoire du sport en devenant le premier enfant de Mayotte à décrocher un titre de champion du monde au javelot, dimanche à Daegu, en Corée du Sud. Un sacre qu’il veut partager avec les milliers d’anonymes qui ont contribué à sa réussite et renforcé sa détermination à atteindre un objectif qu’il s’était fixé dès la saison 2024.

Flash Infos : Comment s’est déroulée ta compétition dimanche soir ?

Soultoini Ali : La compétition s’est bien déroulée. Elle a démarré très, très tôt, à 8 h 10, heure de Corée, soit à 2 heures du matin à Mayotte. Il fallait anticiper les échauffements deux heures avant, ce qui nous a obligés à nous réveiller à 5 heures du matin. Il fallait ensuite compter quinze minutes de trajet en taxi pour arriver au stade et démarrer un échauffement fonctionnel, sans engins, autrement dit footing, assouplissements et étirements, pour attendre 7 h 15, le moment d’aller dans la chambre d’appel.

Tous les engagés, au nombre de 19, étaient convoqués. À partir de là, ils vérifient tout : les dossards, les pointes, afin de pouvoir confirmer la présence de chacun. Une fois cette procédure terminée, nous avons été dirigés vers l’aire de concours, 30 minutes avant le début de l’épreuve, pour pouvoir nous échauffer avec le javelot.

Vu que c’était le championnat du monde, il y avait un protocole très strict. Chaque athlète lançait son javelot à son tour, sur la base du positionnement qui lui avait été attribué. Nous avions droit à trois essais d’échauffement, ce qui a été un grand étonnement pour moi puisque, d’habitude, l’échauffement est plutôt libre dans les grandes compétitions. Je n’ai pas trop eu le choix : ce règlement était imposé à tous et, d’entrée de jeu, il me fallait confirmer que j’étais bien présent.

Mon premier jet a été de 57 mètres. J’ai ensuite progressé au fur et à mesure, avec 56 mètres, puis 52, 53, etc.

F.I. : Vous voilà sacré champion du monde du javelot à Daegu. Pouvez-vous nous livrer vos premières impressions ?

S.A. : En tant que Mahorais, je suis très content d’être arrivé à ce stade. Il ne faut pas perdre de vue le fait qu’il s’agit d’un championnat du monde, et rien d’autre ! À titre d’exemple, je me référerai aux médailles que j’ai obtenues à Saint-Brieuc et à Épinal, lors des championnats de France. Ici, ce qui change, c’est le titre mondial que cela confère.

Alors forcément, il faut se rendre compte qu’un Mahorais, représentant l’équipe de France, est devenu champion du monde de javelot. Après toutes ces années de galère que j’ai traversées et que j’ai réussi à dépasser, c’est forcément une fierté pour moi.

J’ai réussi à démontrer à la jeune génération que lorsqu’on a envie et qu’on persévère, on peut y arriver, même si ce n’est pas du tout facile, notamment en termes de préparation et d’entraînement. Très peu de gens comprennent les allers-retours que cela impose, à l’exception des personnes qui m’entourent.

J’avais un objectif et j’ai tout fait pour y arriver. Je ne suis pas devenu champion du monde par le fruit du hasard, mais grâce au travail et à la persévérance. Bien entendu, il faut y ajouter l’aide de tout un chacun, surtout quand on vient d’une île éloignée comme Mayotte, où tout est compliqué.

Mon exploit démontre que le chemin est ouvert à tous les jeunes ambitieux. Il appartient à nos élus, à nos encadrants et à nos entrepreneurs de contribuer et d’aider avant qu’un athlète devienne champion, et non d’attendre qu’il le soit avant de se manifester.

À Mayotte, beaucoup de jeunes ont un potentiel indéniable et peuvent y arriver, mais ils sont limités financièrement faute d’aides. Pour avancer, un athlète doit faire ses preuves. Et comment peut-il le faire s’il n’est pas aidé sur plusieurs années ? Il ne peut pas produire de bons résultats tout de suite.

F.I. : Comment vous sentez-vous en tant que premier Mahorais à atteindre un tel sommet de consécration ?

S.A. : Ce sacre s’accompagne de deux médailles nationales. Au début de la saison, je m’étais fixé trois objectifs : réussir trois championnats, le championnat national à Saint-Brieuc en mars, le Masters à Épinal pour le côté estival et, enfin, le championnat du monde à Daegu.

Vous voyez, j’ai évoqué cela depuis le début de l’année, mais en vérité, cela a démarré durant la saison 2024, lorsque je me suis fixé cet objectif. Cela veut dire qu’il y a eu beaucoup de travail en arrière-plan. Et le fait d’avoir pu concrétiser ces trois objectifs, c’est franchement donné à tout le monde de pouvoir obtenir une médaille d’or cet hiver, une autre cet été et le Graal au championnat du monde.

Si, à Mayotte, les gens n’ont toujours pas compris, c’est qu’ils ne comprendront plus jamais ! Il y a du travail et des sacrifices à consentir derrière tout cela. Il y a des jours de fatigue, des semaines de doute et de stress, avec la question de savoir comment je vais faire pour pouvoir me déplacer, en sachant qu’à un moment donné, le corps a besoin de se ravitailler en vitamines, de repas équilibrés, de récupération, de soins chez le kiné, etc.

Ce sont là des choses que les gens ne voient pas. Ils se contentent d’observer l’aboutissement et les médailles. Ce soir, je suis évidemment très fier de moi. Je suis content pour toutes ces personnes qui m’ont apporté leur soutien afin que j’y arrive. Je ne les remercierai jamais assez d’avoir cru en moi et de m’avoir aidé.

Il y a ceux qui en ont eu conscience et qui ont pu le faire, d’autres qui auraient bien voulu le faire mais qui, hélas, n’ont pas pu. À tous, je leur suis reconnaissant.

Maintenant, la balle est dans le camp des décideurs officiels.

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À Mtsahara, stocker l’eau plus longtemps sans mettre sa santé en danger

À Mtsahara, stocker l’eau plus longtemps sans mettre sa santé en danger
Zalia Moirabou, technicienne de l’intervention sociale et familiale à la Croix-Rouge, sensibilise les habitants sur la gestion et l’hygiène de l’eau, à Mtsahara.

Alors que les tours d’eau se renforcent et que les coupures s’éternisent, la population doit constituer des réserves d’eau qu’il faut conserver de plus en plus longtemps. Un stockage prolongé qui peut favoriser les problèmes sanitaires et alourdir les contraintes. À Mtsahara, la Croix-Rouge est allée à la rencontre des habitants pour les sensibiliser aux bons gestes, alors que la responsabilité de préserver la qualité de l’eau repose presque exclusivement sur eux.

“Hodi, hodi !”, lance Zalia Moirabou, vêtue d’un tee-shirt rouge vif siglé du logo de la Croix-Rouge, dans une ruelle du village de Mtsahara, aux alentours de 10 h, ce mardi 25 août. Accompagnée de plusieurs coéquipiers, reconnaissables à leurs gilets orange aux couleurs de l’association, la technicienne de l’intervention sociale et familiale avance de maison en maison, d’un pas déterminé.

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l’eau potable, la Croix-Rouge a investi la place publique du village, en bord de plage. Des stands d’information y ont été installés et des jeux ouverts à tous sont proposés pour sensibiliser le plus grand nombre à la gestion et à l’hygiène de l’eau, mais aussi aux enjeux de santé, alors Zalia Moirabou n’hésite pas à jeter un coup d’œil derrière les rideaux des maisons pour tenter d’interpeller le plus d’habitants possible.

La veille, les membres de l’association étaient à Hamjago, ce jeudi 27 août, ils se rendront à Chembenyoumba. Trois rendez-vous qui prennent une importance particulière dans un contexte de crise sévère de l’eau.

Depuis juillet, les tours d’eau ont été renforcés sur l’ensemble du territoire et dans ces villages du Nord les casses sur le réseau sont nombreuses, contraignant les habitants à stocker davantage d’eau et, bien souvent, à se débrouiller seuls pour disposer de réserves suffisantes.

Des risques sanitaires qui s’accroissent avec la durée de stockage

Une situation qui n’est pas sans conséquences. Eau conservée trop longtemps, cuves et récipients mal entretenus, recours à des ressources potentiellement souillées, notamment dans la rivière ou dans un grand réservoir situé à l’arrière de la commune : les habitants sont exposés à différents problèmes sanitaires. La recherche et la collecte de l’eau peuvent aussi s’avérer périlleuses, avec des déplacements pouvant entraîner chutes ou coupures. Quant à l’eau stockée, elle peut devenir un terrain propice à la prolifération des moustiques, vecteurs potentiels du chikungunya.

“Notre but est de leur montrer qu’il existe des gestes pour préserver la ressource en eau et ainsi sa santé. On leur montre comment stocker l’eau à la maison et préserver sa potabilité”, explique Nafissat Ahamadi, elle aussi technicienne au sein de l’association. “Lorsqu’on stock de l’eau, celle-ci n’est plus potable après 48 h, il faut la faire bouillir à nouveau. Mais vu que les coupures sont plus longues, l’eau reste plus longtemps stockée et cela augmente les risques”, continue-t-elle.

“Les familles les plus vulnérables ne vont pas utiliser le gaz pour faire bouillir l’eau alors que c’est leur seule source de lumière”, ajoute Zalia Moirabou, relevant les choix de plus en plus difficiles auxquels elles sont confrontées dans leur utilisation de l’eau.

“Elle est perdue depuis le renforcement des tours d’eau”

A Mtsahara, comme dans de nombreux villages, les habitants ne font plus confiance au planning de la Société Mahoraise des Eaux (SMAE). “Au lieu que l’eau revienne à 10 h, elle est de retour à 14 h”, déplore une habitante de Mtsahara, la trentaine, qui a souhaité garder son anonymat. “J’aide ma mère à faire les réserves et stocker l’eau car elle ne s’en sort pas toute seule. Elle est perdue depuis le renforcement des tours d’eau. Parfois quand l’eau finit par arriver et que je suis au travail je ne peux pas remplir les bassines, avec le risque de perdre l’eau. C’est toute une organisation”.

“On essaye de ne pas laisser l’eau dans les récipients trop longtemps, et on ne remplit pas trop afin de pouvoir tout nettoyer proprement”, conclut-t-elle. Des réflexes qui rassurent les membres de la Croix-Rouge.

La responsabilité repose toujours sur les usagers

Néanmoins, malgré une population plus avertie, “la responsabilité repose toujours sur les épaules des usagers”, remarque Kelly Chevalier-Nkouka, cheffe du service EHA de la Croix-Rouge.

“Si certains acquis sont là, l’augmentation des coupures pèse sur les foyers, il faut faire bouillir l’eau, puis pouvoir la faire refroidir, cela demande du temps, il faut la stocker plus longtemps, et surtout s’assurer de ne pas tomber malade. Je pense aux femmes enceintes par exemple”.

“Depuis la création du service en 2018 la situation ne va pas en s’améliorant. De plus en plus de personnes demandent l’installation de points d’eau collectifs, d’actions de sensibilisation”.

Absence de bornes-fontaines monétiques

Si la Croix-Rouge organise cet événement chaque année, c’est la première fois que le dispositif se déplace dans ces villages du Nord. Ces trois rencontres sont l’occasion pour l’association et ses différents services de connaître les besoins de la population et engager les actions nécessaires.

“On sait qu’il y a encore des quartiers, des maisons, où les gens utilisent des puits ou des sources d’eau non conventionnelles comme les rivières. Quand on a soif, on va boire quoi qu’il arrive”, continue Kelly Chevalier-Nkouka. “C’est une zone du territoire qui ne dispose pas du tout de bornes-fontaines monétiques. On cherche donc à savoir si la population en a besoin et, le cas échéant, la Croix-Rouge pourra transmettre une demande d’installation aux autorités”.

Reste à faire en sorte qu’une fois la borne installée, les habitants puissent accéder effectivement à l’eau en se munissant des cartes magnétiques à récupérer uniquement à Kawéni.

Lui n’a plus espoir de voir les choses s’améliorer. Assis à l’ombre, des béquilles en main, Said Saindou, habite sur les hauteurs de Mtsahara, et bien qu’il dispose d’un robinet, l’eau ne parvient pas jusqu’à son habitation, faute de pression. “Quand l’eau est là et que les habitants du village s’en servent en contrebas, elle n’arrive pas jusqu’à chez moi”, regrette-t-il.

“Je n’ai qu’une solution c’est d’attendre la nuit quand les gens dorment, je dois rester éveillé pour faire mes stocks”, ajoute-t-il. “Les factures, par contre, continuent d’arriver”.

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Le Rassemblement national 976 accuse Édouard Philippe de reprendre ses idées

Le Rassemblement national 976 accuse Édouard Philippe de reprendre ses idées
Le Rassemblement national 976 dénonce la visite d’Édouard Philippe à Mayotte et l’accuse de reprendre, à l’approche de 2027, des propositions longtemps portées par Marine Le Pen.

La visite d’Édouard Philippe à Mayotte déclenche une offensive du RN 976. Dans un communiqué, son délégué départemental, Saidali Boina Hamissi, accuse l’ancien premier ministre de faire campagne en reprenant des propositions jusque-là portées par le Rassemblement national.

« Il est venu endormir les Mahorais en leur promettant mondes et merveilles », écrit Saidali Boina Hamissi. Dans son communiqué, le délégué départemental du Rassemblement national 976 s’en prend frontalement à la visite d’Édouard Philippe, qu’il inscrit dans la perspective de la présidentielle de 2027.

Le responsable local du RN reproche d’abord à l’ancien premier ministre de ne pas avoir mis les pieds à Mayotte lorsqu’il occupait Matignon. Il conteste donc sa légitimité à revenir aujourd’hui avec des propositions sur les sujets les plus sensibles de l’île : immigration, demandes d’asile, droit du sol, eau et sécurité.

Du rejet des propositions de Marine Le Pen à leur reprise supposée

L’argument central du communiqué porte sur le changement de position qu’aurait opéré Édouard Philippe. Saidali Boina Hamissi affirme que les mesures aujourd’hui avancées à Mayotte étaient déjà défendues par Marine Le Pen en 2018, et rappelle que l’ancien premier ministre les avait alors rejetées en qualifiant la candidate du RN de « démagogue ».

Le délégué départemental accuse ainsi Édouard Philippe de « retourner sa veste » pour des « considérations électoralistes ». Le RN 976 pousse l’attaque jusqu’à lui conseiller de « prendre sa carte d’adhésion au RN », estimant qu’il n’aurait « rien à proposer aux Mahorais » en dehors d’un programme emprunté au mouvement.

Une mise en cause directe du bilan à Matignon

Le communiqué revient ensuite sur les années passées par Édouard Philippe à la tête du gouvernement. Pour le RN 976, les difficultés aujourd’hui mises en avant dans son discours ne sont pas nouvelles. « Les problèmes de l’immigration, de l’eau, de l’école, de la vie chère et surtout de l’insécurité », écrit Saidali Boina Hamissi, n’auraient pas trouvé de solution durant son passage à Matignon.

Le parti insiste sur un élément politique précis : Édouard Philippe disposait alors d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une manière, pour le RN, de retourner contre l’ancien premier ministre les responsabilités qu’il revendique aujourd’hui dans la recherche de solutions pour Mayotte.

L’accueil de Sada devient lui aussi un sujet politique

Le RN 976 cible enfin l’accueil reçu par Édouard Philippe à Sada. Le mouvement appelle les Mahorais à la « vigilance » et estime que l’enthousiasme suscité par sa venue ne doit pas masquer ce qu’il considère comme l’absence de réponses nouvelles.

Pour 2027, Saidali Boina Hamissi appelle les électeurs mahorais à « envoyer un signal fort à la France hexagonale » afin que Mayotte soit enfin « considérée comme un département à part entière ».

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Comores : le ministère des transports dévoile le bateau Massiwa

Comores : le ministère des transports dévoile le bateau Massiwa
Photo © ComoresInfos

Ce navire d’une capacité de 272 places et dont la mise en service est prévue pour  l’été 2027 notamment, pendant les jeux des îles de l’océan Indien, est financé par la France, dans le cadre du projet de développement du transport maritime Inter-îles aux Comores, qui s’achèvera en décembre prochain.

Le gouvernement comorien à travers le ministère des transports aérien et maritime a dévoilé, ce mardi 25 août l’évolution du projet de développement du transport maritime Inter-îles aux Comores (Ptmic). En présence du représentant du directeur général de l’agence française de développement (Afd) à Moroni, principal bailleur,  la ministre des transports, Yasmine Hassane Alfeine a présenté à la presse, ce projet lancé en 2022 et financé par la France via l’Afd à hauteur de 15 500 000 euros. Fruit des engagements pris à Paris lors de la conférence des bailleurs organisée en décembre 2019, ce projet tourne autour de trois principales composantes dont une consacrée à l’acquisition d’un navire, qui se trouve dejà en chantier voilà maintenant six mois.

Dénommé « Massiwa » qui signifie île, ce bateau, dont la mise en service est prévue pour  l’été de l’année prochaine est doté d’une capacité de 272 places.  » C’est l’une des traductions concrètes de la vision du Président de la république, Azali Assoumani, en faveur de la continuité territoriale, de la mobilité des populations et du développement de l’archipel. À travers le projet de développement du transport Maritime Inter-iles aux Comores, cette ambition franchit aujourd’hui une étape majeure avec l’acquisition du massiwa futur navire destiné à assurer une liaison maritime régulière entre les îles« , a déclaré, la ministre. 

Jeux des îles en ligne de mire

Saluant la solidité de ce partenariat avec la France, qui finance l’intégralité du projet, de l’ingénierie jusqu’aux  travaux portuaires, en passant par le démarrage de l’exploitation, la ministre des transports maritimes a indiqué que le premier jalon concret posé reste ce bateau. « Avec une longueur de 26 m, ce navire accueillera ses passagers dans un confort inédit avec une capacité de fret réfrigérée qui ouvrira de nouveaux débouchés à nos filières agricoles et halieutiques. Il devra démontrer notre capacité à assurer une mobilité inter moderne au service d’un évènement majeur comme les jeux des îles de l’Océan indien, prévus en août 2027« , a poursuivi Mme Yasmine qui a mentionné dans sa déclaration une initiative similaire déjà opérationnelle avec la compagnie Yameela qui a inauguré la semaine dernière sa liaison maritime Moroni-Fomboni après celle reliant Mutsamudu.

Si des infrastructures indispensables comme la piscine olympique et le gymnase sont dans un état très avancé, le village des jeux lui inquiète, notamment à cause des retards que le chantier accuse. Mais dans un entretien accordé à nos confrères du « Quotidien de la Réunion« , le président du comité le président du Comité régional olympique et sportif (Cros), Johan Guillou a confirmé la tenue des jeux aux Comores. Dans un premier temps, le futur bateau reliera Moroni à Mutsamudu, à raison de trois allers-retours hebdomadaires portés à six selon la fréquentation. Puis, après achèvement des travaux du port de Boïngoma, la ligne desservira également Fomboni, sur l’île de Moheli offrant pour la première fois une desserte régulière des trois îles par un service de transport public de passagers.

Gestion déléguée

Possédant une longueur de 26 mètres pour un tirant d’eau de 1,70 mètre, et doté d’une vitesse de 17 nœuds en charge et de deux moteurs Baudouin de 1 320 ch, le Massiwa sera un monocoque en aluminium compartimenté en six volumes étanches, conçu selon la réglementation française applicable à la navigation en 3ᵉ catégorie. Il disposera selon une fiche technique du ministère des transports de quatre salons, bar, tablettes individuelles, écrans d’information entre autres. « Propriété de l’Union des Comores, le bateau sera en revanche exploité dans le cadre d’une délégation de service public, avec un ancrage local fort à travers une société de droit comorien et la création d’emplois pour les équipages et personnels à terre. Il sera mis à la disposition d’un exploitant professionnel dans le cadre d’une délégation de service public « , complète un communiqué de presse du ministère qui annonce que deux marchés de travaux seront lancés d’ici la fin du mois d’août 2026 pour moderniser les infrastructures des ports de Moroni et Mutsamudu.

Ces chantiers consistent à procéder à des dragages, à installer des pontons flottants, à réhabiliter des ouvrages d’accostage. Selon un document presse de l’Afd, le projet de développement du transport maritime Inter-îles aux Comores (Ptmic) couvre une période de 4 ans. « Ce projet structuré en deux concours vise en premier lieu à créer une liaison de transport maritime inter-îles. Cette dernière devrait permettre de renforcer la continuité territoriale et la cohésion nationale en permettant aux Comoriens de se déplacer plus régulièrement et dans des conditions plus sûres, et de soutenir le développement économique du pays en stimulant le marché interne à travers les échanges de productions agricoles locales« , détaille, l’Afd qui a apporté son concours dans ce projet dans le but d’accompagner la montée en compétence de la société comorienne de navigation maritime (Soconam ) afin de renforcer ses capacités en matière de gestion.

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Municipales à Mamoudzou : le recours contre l’élection d’Ambdilwahedou Soumaïla examiné le 8 septembre

Municipales à Mamoudzou : le recours contre l’élection d’Ambdilwahedou Soumaïla examiné le 8 septembre

Le recours contestant les résultats des élections municipales et communautaires de Mamoudzou sera examiné mardi 8 septembre par le tribunal administratif de Mayotte. L’affaire vise le scrutin du 15 mars dernier, remporté dès le premier tour par le maire sortant Ambdilwahedou Soumaïla.

Ce dernier avait largement été réélu avec 7.254 voix, soit 60,90 % des suffrages exprimés, contre 2.543 voix et 21,35 % pour Ahamada Haribou. Sa liste avait obtenu 42 des 49 sièges du conseil municipal et 19 des 21 sièges communautaires.

Soultoini Ali sacré champion du monde Masters du javelot à Daegu

Soultoini Ali sacré champion du monde Masters du javelot à Daegu

Deux ans après sa médaille d’argent mondiale, Soultoini Ali a cette fois décroché l’or. Le lanceur de javelot mahorais a été sacré champion du monde Masters, ce lundi 24 août à Daegu, en Corée du Sud, grâce à un jet à 57,94 mètres. La compétition, organisée par World Masters Athletics, se déroule du 22 août au 3 septembre.

Engagé dans la catégorie M45, Soultoini Ali a devancé ses principaux concurrents, crédités de 56,12 mètres et 53,83 mètres. Une nouvelle médaille mondiale après l’argent obtenu en 2024 à Göteborg, en Suède, où le Mahorais avait lancé à 60,04 mètres. Soultoini Ali avait déjà remporté les Championnats de France Masters de lancers longs à Saint-Brieuc en février, puis le titre national Masters à Épinal en juin.

Pour parvenir jusqu’en Corée du Sud, l’athlète avait dû lancer une cagnotte Leetchi afin de financer son déplacement, avec l’appui de donateurs et de partenaires locaux. Il vise désormais les prochains Championnats du monde Masters en salle, programmés du 18 au 26 mars 2027 à Gainesville, en Floride, puis les Championnats d’Europe Masters, du 11 au 22 août à Jyväskylä, en Finlande. Deux échéances pour lesquelles la question du financement se posera de nouveau.

La Nuit du Handball réunit plus de 1 000 spectateurs à M’tsangamouji

La Nuit du Handball réunit plus de 1 000 spectateurs à M’tsangamouji

La troisième édition de la Nuit du Handball de Mayotte s’est achevée dimanche 23 août à 7h30, après 24 heures de compétition à M’tsangamouji. Selon les organisateurs, plus de 1 000 spectateurs et 200 joueurs ont participé à l’événement, répartis entre les catégories jeunes et seniors.

Au total, 84 matchs ont été disputés, avec une règle imposant au moins cinq joueuses par équipe. Chez les jeunes, Les Héros de Combani ont remporté le tournoi face à Tchanga Handball. Dans la catégorie senior, le HC Labattoir s’est imposé face à Tsimkoura.

La manifestation a également mobilisé une trentaine de bénévoles et dix stands de restauration installés aux abords du gymnase. Les organisateurs indiquent vouloir poursuivre le développement de l’événement et, à terme, accueillir des équipes régionales et nationales.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes