Les sapeurs-pompiers sont engagés sur plusieurs feux de végétation à Hajangoua, Tsimkoura et Mronabéja. À Mayotte, la culture sur brûlis est à l’origine de la majorité des incendies, malgré les campagnes de prévention. Les secours doivent également faire face à un relief difficile d’accès et à un réseau de points d’eau insuffisant pour lutter efficacement contre les flammes.
Alors que plusieurs régions de l’Hexagone sont confrontées à une saison des feux particulièrement intense, avec des milliers d’hectares déjà partis en fumée, Mayotte fait face à une réalité différente. Les surfaces touchées y sont bien plus limitées, mais la fréquence des départs de feu, souvent d’origine humaine, constitue un défi récurrent pour les services de secours et menace un patrimoine naturel particulièrement fragile.
À Hajangoua, un incendie est en cours depuis lundi. Environ cinq hectares de végétation ont déjà été détruits par les flammes, qui progressent désormais en direction de la réserve forestière, faisant craindre une extension du sinistre à une zone naturelle sensible.
La situation est également préoccupante à Tsimkoura, où deux foyers distincts sont actifs. Le premier remonte vers la crête, tandis que le second se propage en direction des habitations. Les équipes de secours sont déployées sur place afin de contenir les flammes et protéger les riverains.
Un autre départ de feu a été signalé à Mronabéja. Selon les premiers éléments, il serait lié à une pratique de culture sur brûlis, régulièrement mise en cause dans les incendies de végétation à Mayotte. Malgré les campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les acteurs du monde agricole, cette méthode de défrichement par le feu continue de provoquer de nombreux sinistres.
Une pratique toujours à l’origine de la majorité des incendies
Si les incendies observés à Mayotte restent sans commune mesure avec ceux qui frappent actuellement l’Hexagone, où plus de 2 000 hectares ont récemment été ravagés dans la forêt de Fontainebleau, la situation locale demeure préoccupante. La culture sur brûlis serait à l’origine de près de 90 % des départs de feu recensés sur l’île en 2025. L’an dernier, près de 300 hectares de végétation avaient ainsi été détruits.
Malgré les mises en garde répétées des autorités, cette pratique ancestrale de défrichement reste largement utilisée pour préparer les parcelles agricoles. En période sèche, le moindre manque de maîtrise peut rapidement transformer un feu de nettoyage en incendie de végétation.
Des interventions compliquées par le relief et le manque d’eau
Les interventions des pompiers mahorais sont rendues particulièrement complexes par les spécificités du territoire. L’absence de moyens aériens limite les possibilités d’attaque des feux situés sur les reliefs les plus escarpés, où les équipes doivent intervenir à pied.
À cette difficulté s’ajoute un accès à l’eau souvent insuffisant. Dans plusieurs villages, les bouches d’incendie sont trop rares ou trop éloignées des zones d’intervention, obligeant les secours à effectuer de longs ravitaillements. Des contraintes qui allongent les délais d’intervention et compliquent la maîtrise rapide des incendies, notamment lorsque plusieurs foyers sont actifs simultanément.
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