À Mamoudzou, une jeune femme condamnée après des violences avec une barre de fer et des coups contre des policiers

Elle apparaît menue à la barre, en combishort, les ongles vernis de vert. Née en 2004 à Kinshasa, arrivée à Mayotte depuis un an et demi, une jeune femme a été jugée ce lundi 8 juin devant le a judiciaire de Mamoudzou pour des violences commises quelques jours plus tôt, le 4 juin.

Ce matin-là, vers 8h30, une patrouille intervient après le signalement d’une jeune femme très agitée, accusée de s’en prendre à des passants. Une mère et sa fille auraient été frappées. À la barre, la prévenue reconnaît avoir pris deux barres de fer, mais affirme avoir voulu se défendre. « Une maman m’a prise en photo, ça m’a énervée. J’ai pris deux barres de fer et je les ai poussées avec », explique-t-elle. « J’étais toute seule et je voyais beaucoup de monde autour de moi. »

L’interpellation dégénère ensuite. Selon la procédure, elle crache, se débat, mord à plusieurs reprises les policiers à la main et au poignet, puis donne un coup de pied dans l’abdomen d’une agente. Deux fonctionnaires ont déposé plainte. La jeune femme reconnaît les faits, tout en répétant qu’elle s’est sentie agressée : « Je l’ai mordu car il me faisait mal. »

Le dossier révèle une situation personnelle très fragile. Arrivée à Mayotte depuis un an et demi, elle dit dormir dans la rue, près du camp militaire des Badamiers. « Je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de famille. Ici, je suis toute seule », répète-t-elle. L’expertise psychiatrique ne retient pas d’altération du discernement ni de dangerosité, mais évoque un parcours marqué par des traumatismes.

Pour le procureur, la réaction reste disproportionnée : « On la prend en photo, donc sa réponse, c’est de prendre une barre de fer et de donner des coups. » Il requiert huit mois de prison avec sursis probatoire, obligation de soins, stage de citoyenneté, indemnisation des parties civiles et interdiction de détenir une arme.

La défense plaide l’indulgence, décrivant une jeune femme isolée, partie seule du Congo, « arrivée à bout de nerfs » après un parcours migratoire violent. Elle demande la relaxe pour les violences initiales, estimant que la mère et sa fille ne sont ni clairement identifiées ni entendues, et insiste sur la nécessité de préserver ses chances de réinsertion.

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