Barbecues, tournois sportifs, soirées, animations associatives et événements culturels rythment les vacances à Mayotte. Mais derrière ces rassemblements se pose une question moins visible : que deviennent les déchets une fois le public parti ? Entre responsabilité des organisateurs, intervention des collectivités et comportements des participants, la gestion des déchets liés aux manifestations reste un enjeu pour le territoire.
Pendant les vacances scolaires, les manifestations se multiplient dans les communes de Mayotte. Tournois de football et de futsal, événements associatifs, concerts, barbecues ou encore animations destinées aux jeunes attirent parfois plusieurs centaines de personnes.
À la fin de ces rassemblements, bouteilles en plastique, canettes, emballages alimentaires, cartons et gobelets peuvent s’accumuler sur les lieux. La fête terminée, reste alors une question : qui nettoie ?
La réponse dépend notamment du lieu et de l’organisateur de la manifestation. Certaines associations prévoient une équipe chargée du nettoyage, tandis que les collectivités peuvent intervenir lorsque l’événement se déroule sur l’espace public. Mais la gestion des déchets ne se limite pas au simple ramassage.
Le tri, encore difficile à généraliser
À Mayotte, la question du tri et de la valorisation des déchets constitue un enjeu important. Le Plan régional de prévention et de gestion des déchets, adopté en 2024, prévoit notamment de réduire la production de déchets, d’améliorer leur collecte et de développer le tri et le recyclage.
Sur le terrain, les dispositifs peuvent toutefois être différents d’un événement à l’autre. La présence de poubelles, de bacs de tri ou de points de collecte dépend des moyens disponibles et de l’organisation prévue en amont.
Certains événements commencent néanmoins à intégrer davantage les questions environnementales. Le Salon du Tourisme et des Loisirs de Mayotte 2026 annonce par exemple une démarche fondée sur les 5R , avec notamment la réduction du plastique à usage unique, des points de tri et du compostage.
Une démarche qui montre qu’un événement peut aussi devenir un lieu de sensibilisation du public.
Qui doit payer et qui doit nettoyer ?
Derrière la question environnementale se cache également une question financière. Organiser une manifestation nécessite de prévoir la sécurité, les installations, la sonorisation, mais aussi le nettoyage.
Pour les associations disposant de budgets limités, ces dépenses supplémentaires peuvent représenter une difficulté. Pourtant, laisser les déchets sans prise en charge peut également avoir des conséquences pour les communes, qui doivent alors mobiliser leurs services.
Le sujet pose donc une question de responsabilité : le nettoyage doit-il être entièrement pris en charge par la collectivité ou les organisateurs doivent-ils prévoir un dispositif spécifique ?
La réponse peut également dépendre de la taille de l’événement et de la convention passée avec la commune.
Les habitudes du public en question
Le comportement des participants joue également un rôle central.
Même lorsque des poubelles sont installées à proximité, certains déchets peuvent être abandonnés au sol. Une bouteille ou un emballage laissé après un événement peut sembler anodin à l’échelle d’une personne. Mais lorsque plusieurs centaines de participants font de même, les volumes deviennent rapidement importants.
Le défi est donc aussi celui de la sensibilisation. Organisateurs, associations et collectivités peuvent rappeler les consignes avant et pendant les manifestations, mais le respect de ces règles dépend finalement des participants.
Une question qui dépasse les événements
La problématique des déchets ne commence évidemment pas avec les vacances. Elle concerne quotidiennement les communes mahoraises.
Le Syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (SIDEVAM 976) assure une partie importante de la gestion des déchets sur son territoire. Les collectivités développent également différents dispositifs de collecte et de déchèteries. En Petite-Terre, des opérations de déchèteries mobiles ont notamment été organisées pour faciliter l’évacuation des encombrants, déchets verts, équipements électriques ou encore ferrailles.
Les manifestations estivales constituent donc un révélateur supplémentaire des difficultés auxquelles le territoire est confronté.
Faire de la fête un événement plus propre
Pour limiter les déchets, plusieurs solutions sont possibles : installer davantage de points de collecte, prévoir des poubelles de tri, limiter les produits à usage unique, privilégier les contenants réutilisables ou encore organiser une équipe de nettoyage immédiatement après la manifestation.
Mais la responsabilité ne peut pas reposer sur un seul acteur.
Les organisateurs doivent anticiper la production de déchets dès la préparation de l’événement. Les collectivités peuvent accompagner les associations en mettant à disposition des équipements adaptés. Et les participants restent les premiers concernés par le respect des lieux.
À Mayotte, où la gestion des déchets fait déjà l’objet d’un plan régional visant à améliorer la collecte et le recyclage, chaque manifestation peut ainsi devenir un petit laboratoire de bonnes pratiques.
Car une fête réussie ne se mesure pas seulement au nombre de participants ou à l’ambiance. Elle se mesure aussi à l’état du lieu une fois les derniers invités partis.


































