Le tribunal administratif de Mayotte rejette le recours de Sea Shepherd France contre le projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé, à Dembéni. Dans sa décision, rendue le 22 juillet, la justice ne se prononce pourtant pas sur les critiques environnementales formulées par l’association. Le recours est rejeté pour une simple question de procédure.
Le litige concerne l’arrêté signé par le préfet le 3 juillet 2025, qui a autorisé le syndicat Les Eaux de Mayotte (LEMA) à construire cette usine de dessalement. L’installation doit produire jusqu’à 10 000 m³ d’eau potable par jour pour répondre aux difficultés d’approvisionnement que connaît régulièrement Mayotte. Le projet prévoit également des canalisations en mer pour le pompage et le rejet de l’eau, ainsi qu’une passerelle traversant une partie de la mangrove.
Sea Shepherd dénonce des risques pour l’environnement
Dans son recours, Sea Shepherd France estime que le projet n’a pas été autorisé dans de bonnes conditions. L’association reproche notamment à l’État de ne pas avoir recueilli tous les avis nécessaires avant de délivrer l’autorisation. Elle estime aussi que certains documents importants n’ont pas été rendus publics pendant l’enquête, empêchant, selon elle, une information complète de la population.
Sur le fond, Sea Shepherd s’inquiète des conséquences de l’usine sur le milieu marin. L’association juge que les effets sur les espèces protégées et la biodiversité ont été sous-estimés. Elle invoque plusieurs textes de protection de l’environnement, dont le principe de précaution, et demande l’annulation de l’autorisation. Elle souhaite également que l’État étudie une autre solution pour produire de l’eau potable.
Une erreur de procédure change l’issue du dossier
Mais le tribunal n’examine aucun de ces arguments. Les juges constatent que Sea Shepherd n’a pas respecté une formalité obligatoire. La loi impose en effet à toute personne qui conteste une autorisation environnementale de notifier son recours, dans les quinze jours, au préfet ainsi qu’au bénéficiaire de l’autorisation. Dans cette affaire, il s’agit du syndicat Les Eaux de Mayotte. Comme l’association n’a pas apporté la preuve qu’elle a bien effectué cette démarche, son recours est déclaré irrecevable. Les magistrats ne se prononcent donc pas sur les questions environnementales soulevées dans le dossier.
Les autres demandes de Sea Shepherd, notamment celle visant à obliger l’État à rechercher une autre solution pour répondre aux besoins en eau, sont également rejetées. Le tribunal refuse enfin d’accorder les frais de justice réclamés par les différentes parties.
Une décision qui ne tranche pas le débat
Cette décision ne signifie pas que le tribunal considère le projet sans impact pour l’environnement. Elle montre simplement que le recours n’a pas pu être examiné parce qu’une règle de procédure n’a pas été respectée. Les critiques formulées par Sea Shepherd sur les effets de l’usine de dessalement sur la biodiversité marine, les espèces protégées ou la mangrove restent donc sans réponse dans cette décision.
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