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Les avocats de Mayotte reprennent les assises, mais maintiennent la grève contre la CRPC criminelle

Les avocats de Mayotte reprennent les assises, mais maintiennent la grève contre la CRPC criminelle

Réunis en assemblée générale ce lundi 11 mai, les avocats du barreau de Mayotte ont décidé d’alléger leur mouvement contre le projet de loi SURE. Ils reprennent les audiences devant la cour d’assises dès cette session de mai, mais continuent de boycotter les CRPC. Une décision motivée par les intérêts des justiciables, mais aussi par les négociations engagées entre les instances nationales de la profession et le gouvernement.

Après plusieurs semaines de mobilisation contre le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, dit projet de loi SURE, les avocats de Mayotte changent de stratégie. Réunis ce lundi 11 mai en assemblée générale, ils ont voté à l’unanimité des présents une modification des modalités de la grève.

Désormais, le mouvement sera concentré sur les CRPC. Les comparutions immédiates, déjà réintégrées précédemment, se tiennent à nouveau. Les avocats reprendront également les audiences devant la cour d’assises lors de la session du mois de mai.

Cette décision s’inscrit dans une baisse d’intensité du mouvement, mais pas dans un abandon des revendications. « On a pris la tendance au niveau national, ce qui se passe également à Saint-Denis et à Saint-Pierre », explique Me Yanis Souhaili, bâtonnier de Mayotte.

Le barreau entend aussi tenir compte des discussions engagées au niveau national entre les représentants de la profession et le gouvernement. « Nos instances nous ont demandé de les laisser négocier avec le gouvernement. Ils sont en train de le faire, on aura un retour d’ici début juin. C’est pour ça qu’on aura éventuellement de nouvelles modalités », précise le bâtonnier.

Pour les avocats mahorais, la reprise des assises répond aussi à la nécessité de préserver les intérêts des justiciables engagés dans des procès criminels, où les enjeux judiciaires sont particulièrement lourds. Après avoir boycotté une première session pour marquer leur opposition au texte, ils considèrent que ce mode d’action ne peut pas être prolongé pour la session de mai. « On a montré qu’on était capable de boycotter, mais les enjeux pour nos clients sont trop importants », souligne Me Souhaili.

Le bâtonnier assure que cette reprise n’est pas liée aux amendements assouplissant le projet de loi. « Les amendements, il faut qu’ils soient votés à l’Assemblée nationale. Pour le moment, on ne sait pas si ça va passer ou pas », rappelle-t-il. Le texte, adopté par le Sénat le 14 avril 2026, a été transmis à l’Assemblée nationale, où il doit encore être examiné.

Le texte vise notamment à répondre à l’engorgement des juridictions criminelles en créant une procédure simplifiée de « jugement des crimes reconnus », parfois présentée comme un « plaider-coupable criminel ».

Le Conseil national des barreaux dénonce une réforme qui ferait passer la justice criminelle d’une logique de procès, fondée sur le débat, l’oralité et la recherche de la vérité, à une logique de gestion des flux. L’institution estime que le texte fragilise des garanties essentielles du procès pénal, notamment les droits de la défense, le contradictoire et la place des victimes. « On estime que les gens qui sont poursuivis pour des faits aussi importants doivent être jugés devant la cour d’assises », affirme Me Souhaili.

À Mayotte, la grève se poursuit donc sous une forme resserrée. Les avocats n’excluent pas de nouvelles actions ponctuelles dans les prochaines semaines. Pour l’heure, aucune « action coup de poing » n’a encore été arrêtée. Le barreau attend aussi les retours des négociations nationales, annoncés pour début juin.

D’ici là, les avocats mahorais reprennent le chemin de la cour d’assises, tout en maintenant la pression sur les CRPC. « D’ici le mois de juin, la situation peut évoluer. Mais en tout cas, la session du mois de mai, on va la faire », conclut le bâtonnier.

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« La priorité de l’État, c’est un camp de migrants » : le Collectif des Citoyens 2018 interpelle le nouveau préfet

« La priorité de l'État, c'est un camp de migrants » : le Collectif des Citoyens 2018 interpelle le nouveau préfet

Banderoles et chants traditionnels devant la préfecture ce lundi 11 mai. Le Collectif des Citoyens 2018, emmené par sa présidente Safina Soula, accueille le nouveau préfet Frédéric Poisot par un message clair : l’île n’a pas les moyens d’accueillir une zone d’attente pour migrants alors qu’elle peine encore à se relever du cyclone Chido.

Le collectif de citoyens 2018 s’est rassemblé devant la préfecture ce lundi 11 mai, banderoles et chants traditionnels sont de sortie. Le mouvement se veut pacifique, avec une intention claire : interpeller le nouveau préfet dès sa prise de fonction.

Le collectif veut discuter avec le gouvernement et le nouveau préfet. Cependant la présidente dénonce « un dialogue de sourds qui n’a que trop duré ». Elle déplore les agissements du gouvernement, qu’elle juge « pas efficace ». Elle rappelle les situations vues précédemment à Cavani et à Tsoundzou, où les camps, après démantèlement, sont reconstruits ou déplacés, « toutes les solutions ne sont que provisoires, on veut des solutions permanentes ».

Safina Soula, présidente du collectif, explique lutter contre la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière, prévue dans le cadre du programme Rideau de Fer. L’opposition s’axe sur l’argument du foncier, les ressources foncières de l’île sont limitées, le cyclone Chido impose encore aujourd’hui réparation et reconstruction à travers l’île. Le collectif refuse que la priorité soit donnée à une infrastructure d’accueil pour migrants plutôt qu’à des équipements pour les Mahorais. « La priorité de l’Etat c’est un camp de migrant à Tsoundzou plutôt que reconstruire l’île et [financer] des projets pour l’avenir de Mayotte »

Safina Soula, critique aussi le programme Rideau de Fer « les drones, les radars, on ne les voit pas ». Le collectif demande des moyens efficaces et durables : « on veut un vrai plan pour contrecarrer l’immigration, des bâtiments de guerre pour [surveiller les côtes et] empêcher l’immigration »

Pour rappel, le programme Rideau de Fer, ou Uhura wa Shaba, du 21 avril 2025, présenté par Emmanuel Macron, lutte contre l’immigration irrégulière. Il comprend le renforcement des contrôles aux frontières maritimes, le renforcement du Groupe d’Action Opérationnel (GAO) et la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière distincte du CRA (Centre de Rétention Administrative). C’est la continuité du projet de février 2024, le rideau de fer maritime, qui prévoyait l’augmentation des effectifs et la présence de drones et de radars.

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Vieillir dans la dignité et la citoyenneté à Mayotte

Vieillir dans la dignité et la citoyenneté à Mayotte

Vieillir est une chance que j’espère avoir moi aussi. Vieillir est le meilleur moyen d’éloigner encore un peu plus loin la mort, surtout si nous arrivons à travailler d’une part, les questions d’isolement et de souffrance des seniors et d’autre part, de construction d’un 101ème département français bienveillant et inclusif envers ses fragilités et toutes ses tranches d’âges.

La vieillesse en est une. Cette dernière est le reflet de la société dans laquelle on vit. En Afrique, on dit que le vieux est une bibliothèque. Et quand « Un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brule ». Dans d’autres sociétés notamment, occidentales, quand un senior est incapable de servir la société en tant que telle, il est logé dans une maison de retraite, ou un EHPAD (Etablissement hospitalier d’accueil de personnes âgées dépendantes). Et à Mayotte, jadis, considérée comme garante de la tradition, détentrice de l’espace traditionnel (crèche, école coranique…), médiatrice, masseuse, conteuse et matrone, la personne âgée est désormais disqualifiée, bannie de l’espace public et cachée dans des petites pièces dans les foyers familiaux. Tout observateur objectif découvrant l’archipel de Mayotte, ne manque pas d’être frappé par ce manque de personnes âgées dans l’espace public et dans les consultations aux dispensaires par exemple. On les aperçoit lors des élections dans les bureaux de vote, dans les cérémonies funéraires. Ainsi, de nombreuses personnes âgées mahoraises sont désormais exilées à Majunga où à la Réunion.

Qu’est-ce qu’être vieux ?

L’âge chronologique est-il un bon moyen de mesure du vieillissement ? La vieillesse commence-t-elle à 60, 62, 64 ans … ? Dans les sociétés occidentales, l’âge chronologique est souvent utilisé pour mesurer le vieillissement. Alors qu’à Mayotte, jusqu’en 1976, date à laquelle l’île est reprise en administration directe par la France, les déclarations de naissances n’étaient pas obligatoires ou n’étaient pas ressenties comme telles.

Cette absence de déclaration ne pouvait être compensée par les registres de la PMI, créés beaucoup plus tard en 1980 ou par les registres scolaires. Ainsi, de nombreux papiers portent la mention ″Né vers″ suivi de la seule indication de l’année. Cependant, aujourd’hui, à Mayotte, selon l’INSEE, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent environ (4,3%) de la population de l’île. Et on compte à peu près 600 séniors qui atteignent un grand âge, c’est-à-dire qui ont au moins 85 ans.  Grâce à des avancés en termes de santé publique, de baisse de mortalité infantile, de progrès médicaux et de prises en charge des grandes maladies, Mayotte dénombrera encore plus de personnes âgées dans les prochaines années. On peut tout simplement dire que les aînés de 2050 sont déjà parmi nous et seront encore plus nombreux. Cette situation augure des défis nouveaux dans ce 101ème département français peuplé en quasi-totalité des personnes de confession musulmane, dans la prise en charge de la personne âgée dépendante, ou dans la gestion de la fin de vie. Le socle civilisationnel commun à la diversité culturelle de ce territoire qui est ici l’Islam, parviendra-t-il à imposer à travers la parole de Dieu, une prise en charge de la personne âgée et le respect du vivre ensemble intergénérationnel.

Jadis, respectées et actives dans la société mahoraise

Autrefois, la prise en charge des personnes âgées était une responsabilité inhérente à la famille traditionnelle mahoraise, vivant dans le même enclos familial. Cette famille était considérée dans l’architecture sociale comme une unité fondamentale de production, de consommation et d’organisation notamment des cérémonies de naissances, mariages, des fêtes, de circoncisions, de gestion funéraire etc…Il en va ainsi pour les devoirs de solidarité à participer aux actions et d’obligation de cotiser pour le fonctionnement.  Les personnes âgées faisaient partie intégrante de cette cellule familiale.

L’expérience qu’elles avaient acquise tout au long de leur vie et leur enracinement dans la religion, la tradition, le folklore et la culture, les amenaient à occuper des rôles importants horizontalement et verticalement dans le village ou quartier (Imam, fundi d’école coranique, chef du village) et dans les cérémonies qui avaient lieu à l’occasion des cérémonies. Elle était un espace traditionnel d’éducation sexuelle, mais aussi servant de crèche, Elle était médiatrice, masseuse et conteuse. Et leurs avis pesaient lourd dans le processus de décision. Les liens familiaux restaient relativement forts et constituaient une sorte de régime de sécurité sociale grâce auquel les jeunes, les veuves, les personnes âgées et les infirmes se trouvaient tous pris en charge. 

Aujourd’hui, les personnes âgées semblent être disqualifiées

La question aujourd’hui posée à la société mahoraise est précisément de savoir comment le développement rapide qu’elle connaît depuis qu’elle est reprise sous administration directe de la France en 1976 et dont elle sollicite l’accélération par sa récente départementalisation en 2011, a-t-il disqualifié la personne âgée de Mayotte par rapport à son rôle ci-dessus rappelé.

De la réponse à cette question dépendra l’avenir de la place des personnes âgées pour mener une existence active et utile. Longtemps organisée autour du primat de la communauté sur l’individu, de la valorisation de la solidarité, de la hiérarchie sociale et de l’imprégnation de toute la vie civile par les principes religieux. La société mahoraise est désormais petit à petit gangrénée par le matérialisme sans principes, l’individualisme sans foi ni lo et le consumérisme. Dans ce contexte, la structure familiale tend à devenir de plus en plus nucléaire.

Les valeurs qui jusque-là maintenaient des individus de tous âges dans des liens familiaux très étroits ont été déstabilisées. Les familles se retrouvent parfois éloignées par les contraintes professionnelles entre Mayotte, la Réunion ou la France hexagonale. L’individualisme gagne de plus en plus du terrain. La prise en compte des questions du vieillissement ne semble pas être une priorité pour des nombreuses familles mais également pour de nombreuses autorités politiques et publiques. L’isolement des anciens s’installe petit à petit.

Cette situation a transformé ces seniors mahorais, qui jusque-là se sentaient utiles, respectés et autonomes en problème pour les familles ou pour les collectivités. Par ailleurs, les nouvelles technologies de communication sont de plus en plus présentes mais ne favorisent pas toujours les relations, disent les personnes âgées. Malgré qu’elles permettent le contact indirect, elles ne favorisent pas toujours les relations, le lien. On peut tout penser, mettre de la vidéo surveillance dans les maisons des personnes âgées, des « pendentifs ou bracelets reliés électroniquement à des boîtiers de téléassistance permettant d’envoyer un signal de détresse à un Centre de Télésurveillance » pour les personnes atteintes d’Alzheimer et maladies apparentées, mais vieillir et même vivre dignement suppose d’avoir une relation avec autrui et non pas un approvisionnement relationnel assuré par la machine.

Il faut donner une chance à nos séniors de mener une existence active et utile

C’est donc sur ce fond d’évolution des valeurs qu’il faut envisager la vie de nos personnes âgées à Mayotte. Et c’est parce que cette situation change rapidement qu’il est impérieux de réfléchir sur nos futurs aînés.   Si l’on ne change pas de cap, on risque de se trouver aux prises avec des populations qui deviennent plus passifs et plus désenchantés alors que s’exacerbe la tension entre les générations. Aussi, ne faudrait-il pas consentir un effort plus grand pour revenir sur les conditions d’une véritable participation des personnes âgées en tant qu’actrices et non pas seulement à titre de bénéficiaires oubliées et, en reconnaissant que les personnes âgées peuvent fournir une masse de connaissances, d’expérience et de compétences à l’effort commun. Une approche de santé communautaire dans une démarche de co-construction, peut-être une piste de réflexion pour un accompagnement plus inclusif des personnes âgées à Mayotte.

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Comores : une grève contre les hausses des prix des carburants paralyse le pays

Comores : une grève contre les hausses des prix des carburants paralyse le pays

Au lendemain du discours du président Azali Assoumani, annonçant une augmentation des prix des produits pétroliers sans donner de détails, le syndicat des transporteurs de la Grande Comore avait averti qu’il ne serait pas en mesure d’acheter ce carburant, optant pour une grève soutenue par les commerçants.  

C’est la première réaction d’envergure venant des automobilistes depuis l’annonce de la hausse des prix des carburants, actée samedi par la signature de plusieurs arrêtés cosignés par les ministres des finances, de l’économie et celui de l’énergie. Quelques heures après la publication de la décision, les représentants des cellules du syndicat des transports ont déclaré à l’unanimité ne pas être en mesure de s’approvisionner en carburant avec les nouveaux tarifs. L’État a augmenté à hauteur de 46% le prix du litre du gazole à la pompe, tandis que celui de l’essence a grimpé à 1000fc (2 euros) le litre, soit 33%.

Le pétrole lui a connu une hausse de 28.5%. Des ajustements qui passent mal au sein de l’opinion, notamment les transporteurs qui observent depuis ce lundi 11 mai, une grève d’une durée illimitée, respectée aussi bien à Anjouan qu’à Mohéli.  » Comme nous l’avions annoncé il y a quelques jours, nous ne pourrons pas acheter le carburant à ce prix-là. Ainsi, en commun accord avec les cellules de Mohéli et Anjouan ici présentes, nous garderons nos voitures chez nous jusqu’à ce que le gouvernement trouve une solution« , avait alerté, samedi, le porte-parole des cellules du syndicat des transporteurs au niveau de la Grande Comore, Ali Djae.

Sans surprise, le mouvement de grève a été largement suivi aussi bien dans la capitale que dans les périphéries où les rues étaient presque désertes. Hier durant notre reportage nous menant vers la capitale depuis Hambu région située au sud-ouest de l’île, on pouvait parcourir les localités sans encombrement. L’absence de taxis et bus qui assurent le transport en commun était surtout remarquable, signe que les chauffeurs sont solidaires. Selon nos informations, les autorités ont invité le syndicat des transporteurs dans des négociations mais celui-ci a refusé, à en croire Elarif Djoumoi, secrétaire général de la cellule de Hamahame. Ce dernier fait partie des trois personnes désignées pour accompagner les représentants du syndicat dans toute discussion avec l’État.

Amende de 500 euros

Certes à Moroni aucun véhicule de transport ne circulait, mais la ville ne semblait morte pour autant. Vers 8h du matin, certains véhicules faisaient la queue devant les station-services du sud de la capitale pendant que les voitures des particuliers roulaient calmement. En revanche, les embouteillages avaient disparu.  » Dimanche quand je voulais regagner Moroni, j’ai dû faire 4 escales d’une localité à une autre. Aucun bus ne sortait. Au nord, il a été annoncé que le chauffeur qui ne respecterait pas la grève écoperait d’une amende de 500 euros« , a témoigné Ali Kari, chauffeur du journal Al-watwan. Employée du ministère de l’Environnement, Mariama ne s’est pas dérangée.  » J’ai dû confier mes trois enfants à leur oncle qui était à Foumbouni, chef-lieu du sud. Il rentrait à Moroni et les a emmenés. Ils devront rester à Moroni pour ne pas rater les cours, le temps que la grève cesse« , a-t-elle fait savoir, à Flash Infos. Preuve que la grève prend de l’ampleur, les pécheurs et les cellules des camionneurs du port de Moroni sont rentrés dans le mouvement.  » Nous ne pouvons pas tenir car si le transport d’un colis vers le nord de l’île coûtait 200 euros, qui pourra payer encore plus cher. Nous appelons les autorités à revoir leurs prix« , a plaidé un chauffeur de camion dans une vidéo publiée sur Facebook.

Jusqu’à 11h, les gares de Moroni étaient encore désertes, mais pas seulement à cause des transporteurs. Les commerçants ont eux aussi emboité le pas. Cette décision a été prise avant-hier, à l’issue d’une réunion organisée dans un hôtel de la place. Et ce lundi, beaucoup de magasins avaient fermé, comme nous l’avons constaté dans le quartier de Magoudjou. Toutefois, dans les deux grands marchés, l’ambiance était au rendez-vous. Les vendeurs étaient là, travaillaient comme si de rien n’était. Notons qu’après l’annonce de la hausse des prix des carburants, le gouvernement a dévoilé une série de mesure censées aider la population.

Mesures d’accompagnement

Parmi celles-ci, on y retrouve un abattement de 40% sur les droits des douanes pour éviter une explosion des prix des produits de base. Le secrétariat général du gouvernement a également indiqué que l’État réduit les voyages officiels (mais Azali a quand même fait le déplacement au Kenya pour l’Africa Forward). Mais ces annonces sont déjà décriées. Dans un communiqué publié ce lundi, le conseil du patronat comorien a déploré la hausse des prix des carburants.  » Nous reconnaissons que cette décision, bien que prévisible au regard du contexte international, n’en demeure pas moins douloureuse pour l’ensemble du tissu économique comorien. Pour autant, on tient à souligner avec clarté que cette hausse aura des répercussions significatives et durables sur l’activité du secteur privé comorien. Les coûts d’exploitation vont mécaniquement augmenter dans tous les secteurs sans exception : du petit commerce à l’industrie. Les entreprises, en particulier les PME et les TPE qui constituent l’ossature de notre économie, verront leurs marges se réduire, leur trésorerie se fragiliser et leur compétitivité s’éroder« , liste le conseil du patronat qui a émis des recommandations comme le rallongement de la durée d’application de l’abattement de 40% de trois (3) à six (6) mois, pour permettre une meilleure absorption des chocs par les opérateurs et les ménages. Il faut savoir que l’augmentation des prix des carburants va fortement impacter le quotidien du Comorien. Déjà les vendeurs d’eau, principaux pourvoyeurs de la ressource douce aux habitants de la capitale ont prévenu que le prix du bidon ne restera pas inchangé. Comme quoi l’effet domino n’est pas une chimère.

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Le Vautour de Labattoir renverse la reine réunionnaise et entre dans l’histoire

Le Vautour de Labattoir renverse la reine réunionnaise et entre dans l’histoire
* Photo d'illustration

Le basket mahorais vient de vivre l’un des plus grands exploits de son histoire. Ce samedi 9 mai, au gymnase de Pamandzi, le Vautour club de Labattoir a créé la sensation en battant La Tamponnaise sur le score de 79 à 72 lors de la finale de la zone océan Indien. Une victoire historique face à une équipe réunionnaise qui dominait la compétition depuis plusieurs années.

Portées par un public acquis à leur cause, les joueuses mahoraises ont livré un match intense et plein de caractère. Contrairement aux précédentes finales où La Tamponnaise imposait rapidement son rythme, les Vertes ont tenu tête dès les premières minutes. Accrocheuses et solidaires, elles sont restées au contact tout au long de la première période avant de revenir à égalité juste avant la pause (41-41), faisant naître l’espoir dans les tribunes.

Au retour des vestiaires, le Vautour club a changé de dimension. L’ancienne professionnelle Arzhélenn Chavoutier a pris les commandes de la rencontre avec une prestation exceptionnelle : tirs à trois points, interceptions décisives et actions spectaculaires ont permis aux Mahoraises de prendre l’avantage. Dans la raquette, le duo Martine Barba et Houlfate Mahouchiza a également réalisé un énorme travail, dominant un secteur où les équipes mahoraises souffraient souvent face aux Réunionnaises.

Malgré une tentative de retour de La Tamponnaise dans les dernières minutes, les joueuses de Labattoir ont fait preuve d’une grande maîtrise mentale. Solidaires en défense et précieuses au rebond, notamment sur les lancers francs ratés, elles ont conservé leur avance jusqu’au buzzer final.

Avec ce succès historique, le Vautour club de Labattoir décroche le premier titre régional de son histoire et représentera désormais la zone océan Indien lors du prochain tour en métropole. Une consécration pour le basket féminin mahorais et une victoire qui restera gravée dans les mémoires sportives de Mayotte.

Première escale du paquebot de croisière MS Vista ce lundi à Mayotte

Première escale du paquebot de croisière MS Vista ce lundi à Mayotte

Le paquebot MS Vista, de la compagnie américaine Oceania Cruises, fera escale à Mayotte lundi 11 mai 2026, de 8h à 16h. Annoncée par l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte et le Club Croisière, cette venue marque la première escale mahoraise de ce navire positionné sur le segment premium.

Confirmée il y a seulement quelques semaines, l’escale fait suite à une modification d’itinéraire liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient. Le MS Vista transportera 763 croisiéristes et 742 membres d’équipage. Les passagers sont majoritairement américains, canadiens et australiens. Le navire restera au mouillage, avec une arrivée des premiers visiteurs prévue vers 8h30 au ponton d’urgence de Mamoudzou.

Un dispositif d’accueil sera déployé par l’AaDTM sur le parvis de l’agence, avec l’appui du Club Croisière, des étudiants en BTS Tourisme du LPO de Kawéni, de Baobab Tour, de la coopérative Taxi Vanille et d’artisans locaux. Les visiteurs seront orientés vers les circuits touristiques habituels, notamment les plages du Sud, Coconi, Mamoudzou et Petite-Terre.

Cette escale est l’avant-dernière de la saison croisière à Mayotte, avant un dernier bateau attendu le 1er juin.

Des travaux de réhabilitation prévus dans la ville de Mamoudzou

Des travaux de réhabilitation prévus dans la ville de Mamoudzou

La ville de Mamoudzou annonce des travaux de réaménagement d’infrastructures fragilisées par le passage du cyclone. L’Hôtel de Ville est concerné par ces travaux jusqu’au 30 octobre 2026. Pendant cette période, l’accès au public sera restreint et certains services seront répartis dans d’autres bâtiments municipaux ou en télétravail. La continuité du service public reste une priorité majeure, ainsi la ville invite la population et tout acteur public ou privé à communiquer par courriel ou téléphone. Chacune des visites à l’Hôtel de Ville (hors état civil) doit faire l’objet d’un rendez-vous confirmé par les services de la ville. L’usager sera accueilli directement au rez-de-chaussée par son interlocuteur, puais raccompagné à l’issue du rendez-vous. Exceptionnellement, ce lundi 11 mai 2026, l’accès au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville sera condamné. Seuls les services de l’état civil assureront l’accueil du public au rez-de-chaussée bas (rez-de-jardin).

Mayotte face à une recrudescence du paludisme depuis le début de l’année

Mayotte face à une recrudescence du paludisme depuis le début de l’année

Trente-deux cas de paludisme ont été recensés la semaine dernière à Mayotte, un niveau jamais atteint depuis janvier. La majorité des suspicions de contamination locale se concentre à Chirongui, où les autorités sanitaires enquêtent sur un possible foyer de transmission.

Le paludisme regagne du terrain à Mayotte. Alors que l’île était parvenue à interrompre la transmission locale pendant plusieurs années, la maladie transmise par les moustiques fait l’objet d’une vigilance renforcée. Dans son dernier bulletin épidémiologique, publié le 7 mai, Santé publique France signale 32 nouveaux cas en une semaine, soit le niveau hebdomadaire le plus élevé enregistré depuis le début de l’année 2026.

Parmi ces nouveaux cas, seuls quatre sont pour l’heure classés comme importés, en raison d’un voyage récent. Dix-sept sont en revanche suspectés d’avoir été contractés localement, tandis que douze autres restent en cours d’investigation.

Depuis janvier, 128 cas de paludisme ont été déclarés à Mayotte. La majorité demeure importée, avec 89 cas, mais 27 sont désormais suspectés d’être acquis localement. Vingt-neuf malades ont dû être hospitalisés depuis le début de l’année, dont trois en réanimation.

Chirongui au cœur des inquiétudes

L’attention des autorités sanitaires se porte surtout sur Chirongui. Sur les 32 cas déclarés la semaine dernière, 20 ont été recensés dans cette commune. Parmi eux, 17 sont suspectés d’être des contaminations locales. Depuis le début de l’année, Chirongui concentre 19 des 27 cas suspectés d’acquisition locale à Mayotte.

Bandrélé, voisine de Chirongui, a également enregistré cinq cas suspectés d’être acquis localement ces dernières semaines. Pour Santé publique France, cette concentration géographique suggère l’existence d’un foyer potentiel de transmission autochtone, même si les investigations doivent encore préciser l’origine exacte des contaminations.

La vigilance est d’autant plus forte que Mayotte avait connu en 2025 ses premiers cas autochtones depuis juillet 2020, après cinq années sans transmission locale identifiée. La présence de moustiques vecteurs sur le territoire, combinée à l’augmentation des cas importés dans la région, maintient un risque permanent de réintroduction.

Le chikungunya ralentit, mais reste très présent

Après plusieurs semaines de progression, le nombre de cas de contamination au Chikungunya confirmés baisse nettement : 58 cas ont été recensés en semaine 18, contre 102 la semaine précédente. Cette diminution de 43 % doit toutefois être interprétée avec prudence, les données n’étant pas encore consolidées.

Depuis le début de l’année, 1 214 cas confirmés biologiquement ont déjà été enregistrés à Mayotte, un niveau très proche du total de 2025, qui s’élevait à 1 266 cas. Trente-deux hospitalisations ont été recensées, dont trois admissions en réanimation.

La baisse apparaît également dans les signalements au SAMU, passés de 17 à 7 en une semaine. Le taux de positivité poursuit aussi son recul, à 22,2 % en semaine 18, contre des niveaux de 30 à 40 % observés entre février et avril.

Deux nouveaux cas de mpox

Enfin, deux nouveaux cas de mpox ont été signalés la semaine dernière, portant à 18 le nombre total de cas enregistrés depuis janvier. L’un est importé de Madagascar, après un séjour à Nosy Be, l’autre est un cas autochtone lié au premier.

Santé publique France met en avant un risque accru d’importation lié aux déplacements entre Mayotte et Madagascar, notamment avec Nosy Be. Les autorités appellent les voyageurs à éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant une éruption cutanée et à consulter rapidement en cas de symptômes.

La leptospirose toujours à un niveau élevé

La leptospirose continue, elle aussi, de peser sur la situation sanitaire mahoraise. Depuis janvier, 132 cas ont été recensés, dont 22 ont nécessité une hospitalisation et cinq une admission en réanimation. Les autorités rappellent que la maladie, transmise par contact avec de l’eau ou des sols souillés par l’urine d’animaux infectés, touche particulièrement les personnes exposées lors d’activités agricoles ou en milieu humide.

Le mois d’avril concentre à lui seul la moitié des cas enregistrés depuis le début de l’année, avec 66 signalements. Cette hausse intervient dans une période habituellement favorable à la maladie, après les épisodes de fortes pluies.

Dans ce contexte, les recommandations restent les mêmes : se protéger des piqûres de moustiques, consulter sans délai en cas de fièvre, s’isoler en cas de symptômes évocateurs de mpox et porter des protections adaptées lors d’activités exposant à des eaux ou sols contaminés. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est désormais de contenir rapidement les foyers identifiés, avant qu’une transmission locale durable ne s’installe.

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Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Partager une vision claire et ambitieuse pour Mayotte à l’horizon 2028, poser les bases d’une démarche collective structurée, échanger autour des enjeux majeurs du territoire et amorcer l’organisation d’un futur travail en commun. Tel était l’objectif du document de travail (socle de réflexion) préalablement transmis à toutes les personnes invitées à la première réunion constitutive du groupe de travail sur la refondation de Mayotte post-Chido.

« Ensemble refondons Mayotte » est le nom d’un groupe de réflexion autour de questions diverses et variées liées à la reconstruction du territoire, mis à mal par le cyclone Chido en décembre 2024. Il a vu le jour mardi 5 mai 2026, en fin de journée, dans les locaux du restaurant l’Orient Express à Kawéni, sous l’impulsion de Djoumoi Ramia, président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

« Il s’est passé quelque chose d’intéressant ce mardi. Nous nous sommes retrouvés à l’Orient Express, dans un cadre très ouvert, entre différents représentants de la société civile, chefs d’entreprise, salariés et personnels des services publics, pour nous accorder sur le fait que nous ne pouvons plus rester les bras croisés et accepter la situation de Mayotte telle qu’elle se présente aujourd’hui », explique Djoumoi Ramia, qui souligne également que les difficultés rencontrées par tous ne sont pas nouvelles et ne datent pas toutes de l’épisode Chido.

« Je me rends compte d’une chose : nous sommes tous là à nous plaindre de cette situation, mais nous sommes très peu à émettre des propositions ou à agir », fait-il remarquer, en insistant sur le caractère collectif — et non personnel — de ce projet naissant.

Toutes les personnes ayant participé à cette rencontre partagent le constat selon lequel Mayotte se trouve actuellement dans une situation délicate, qu’elle recule et qu’elle dispose de très peu de perspectives d’évolution, ce qui inquiète énormément de monde. Elles appellent les forces vives de l’archipel à devenir actrices de la vie économique, sociale et culturelle de cette île où elles travaillent et résident avec leurs familles.

« Il suffit de prendre son courage et son temps pour se regrouper et réfléchir à des solutions qui ne sont pas impossibles à trouver afin d’améliorer le quotidien de la population mahoraise », observe une autre participante à cette rencontre, qui s’est félicitée de la présence de personnes de grande qualité à cette réunion constitutive du groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte ».

Cesser la critique permanente pour devenir une force de propositions

Un inconvénient majeur est toutefois à noter : ces personnes sont déjà très occupées par leur quotidien et leur travail, et il ne sera guère aisé pour elles de se consacrer à d’autres activités.

Pour Djoumoi Ramia, le point le plus positif de cette première rencontre demeure la prise de conscience qui a conduit ces personnes à faire l’effort d’être non seulement présentes, mais également très constructives dans les échanges. Selon lui, l’idée de départ n’était pas tant le nombre de participants que leur volonté d’agir pour Mayotte et son avenir.

« Nous ne pouvions continuer à rester inactifs ou à critiquer des personnalités politiques locales sans formuler de propositions pour sortir de l’impasse actuelle. Il était donc grand temps de s’asseoir autour d’une table pour discuter, échanger, avancer des idées et voir comment ce collectif pourrait se constituer afin de faire face aux échéances qui nous attendent », a poursuivi le président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

De l’avis général des participants à cette réunion, l’île rencontrera de très grosses difficultés dans sa quête de rattrapage du retard accumulé. Certains ont pris l’image d’un sportif contraint de courir un marathon à la vitesse d’un 100 mètres, soit un parcours extrêmement long et éprouvant.

Pour y parvenir, toutes les Mahoraises et tous les Mahorais devront se retrousser les manches et se mettre au travail, sans exception.

« Ensemble refondons Mayotte » s’est fixé comme priorité l’organisation régulière de séances de travail autour de projets susceptibles d’être portés par la Région, avec des compétences, un véritable programme et un véritable projet politique porté par des personnes issues de la société civile. Le groupe souhaite également faire émerger des propositions concrètes venant du terrain, qui pourraient être défendues, le moment venu, par une candidate ou un candidat désigné démocratiquement par le collectif.

Il s’agit là d’un postulat qui balaie d’un revers de main l’idée souvent avancée par une partie de la classe politique locale selon laquelle l’électorat mahorais ne voterait pas pour des projets, mais uniquement pour des personnes.

« J’ai envie de dire à celles et ceux qui colportent cette idée qu’ils doivent cesser de prendre les Mahoraises et les Mahorais pour des idiots. La plupart d’entre eux ont des enfants et construisent des projets de vie pour eux. Par conséquent, il est impensable qu’ils puissent voter sans tenir compte d’un projet, à moins qu’ils considèrent qu’aucun candidat ne leur présente quelque chose de valable à leurs yeux », note Djoumoi Ramia.

Une chose est sûre : le groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte » est désormais sur pied et ses portes restent ouvertes à toutes les personnes désireuses d’œuvrer réellement en faveur de l’avenir du territoire, loin de toute démagogie politicienne.

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Pénurie d’eau à Mayotte : la députée Anchya Bamana sonne l’alarme et réclame un décret d’urgence

Pénurie d’eau à Mayotte : la députée Anchya Bamana sonne l’alarme et réclame un décret d’urgence.

La députée Anchya Bamana interpelle le gouvernement après la réunion du CRSE du 6 mai, qui a acté un déficit hydrique de 10 % sur l’ensemble de l’île. Elle réclame l’activation du plan ORSEC et un décret autorisant l’importation massive d’eau embouteillée, alors qu’un plan de maîtrise et un renforcement des tours d’eau est prévu.

Anchya Bamana, députée de Mayotte, alerte le gouvernement de l’aggravation de la pénurie d’eau subie par l’île. À l’issue de la réunion du CRSE tenue ce mercredi 6 mai, un état des lieux de la situation en eau potable a été fait, avec comme conclusion, un plan de maîtrise et un renforcement des tours d’eau.

Elle rappelle que le prix d’une bouteille d’eau à Mayotte est d’1 euro contre 30 centimes en métropole alors qu’un tiers de la population mahoraise est au chômage et que le revenu médian disponible par personne est de 260€ par mois, selon l’INSEE. L’eau est devenu une source de trafic à Mayotte : « aussitôt livrées en supermarché, les bouteilles sont rachetées par des vendeurs à la sauvette et des petites épiceries de proximité, qui doublent le prix ». La ressource subit un lourd poids démographique dans la région : « l’immigration illégale continue à déverser des milliers de personnes en plus tous les mois sur le territoire ».

Pour pallier à ce stress hydrique, la députée propose d’appliquer le plan ORSEC eau potable, dispositif de gestion de crise lié à l’eau. Elle propose également la prise d’un décret d’urgence visant à autoriser exceptionnellement Mayotte à importer massivement de l’eau embouteillée des pays voisins (Kenya, Madagascar,…) : « afin de diminuer drastiquement le prix de l’eau dans les magasins ».

« Ce déficit ne peut pas être compensé par d’autres moyens ou ressources disponibles », d’après le communiqué de presse du CRSE

Le Comité de suivi de la ressource en eau (CRSE) s’est réuni ce mercredi 6 mai pour dresser l’état des lieux de la saison des pluies et de la situation des ressources en eau destinées à l’alimentation en eau potable. Les précipitations de cette saison des pluies étaient proches de la normale, mais la saison enregistre un déficit global de 10 %, les ressources ne sont pas entièrement rechargées. À Dzoumogné, le déficit est de 20 %, la retenue collinaire n’a atteint que 70 % de sa capacité de stockage, soit un déficit de 500 000m³ d’eau.

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Monoparentalité : quand les fragilités sociales des Outre-mer deviennent une urgence nationale

Monoparentalité : quand les fragilités sociales des Outre-mer deviennent une urgence nationale

Parce que certaines réalités sociales ne peuvent plus rester dans les angles morts du débat public, élus, experts, responsables institutionnels et acteurs associatifs se sont réunis le 7 mai à l’Assemblée Nationale autour d’un colloque consacré à la monoparentalité, à l’emploi, au logement et aux transitions professionnelles.

Une rencontre portée par le Think Tank « Au-delà de la Résilience – France Outre-mer », en lien avec la Délégation aux Outre-mer à l’assemblée Nationale et plusieurs parlementaires engagés sur ces sujets de société devenus structurants pour l’avenir des territoires ultramarins comme pour la cohésion nationale.

Le colloque s’est ouvert sous l’impulsion du député Christian Baptiste, parrain de l’événement et président du groupe parlementaire d’amitié France-Bénin, qui a rappelé la nécessité de mieux prendre en compte les réalités humaines et territoriales dans la construction des politiques publiques. À ses côtés, plusieurs responsables institutionnels et parlementaires ont participé à cette ouverture, parmi lesquels la représentante du député Davy Rimane, la députée Béatrice Bellay et la sénatrice Solanges Nadille.

La ministre Aurore Bergé est également intervenue en distanciel afin de souligner les enjeux liés à l’égalité, à la protection des familles et à l’effectivité des dispositifs publics, dans un contexte où les situations de vulnérabilité sociale appellent des réponses plus coordonnées et davantage ancrées dans les réalités du terrain.

Au fil des échanges, les intervenants ont mis en lumière des problématiques souvent abordées de manière fragmentée : précarité des familles monoparentales, accès au logement, insertion professionnelle, articulation entre vie familiale et emploi, accès aux droits ou encore persistance des inégalités économiques dans les Outre-mer.

La présence de Mayotte dans cette réflexion a permis d’apporter un éclairage particulièrement révélateur des tensions auxquelles sont confrontées certaines politiques publiques. L’intervention de Faridy ATTOUMANE, délégué de Mayotte à Paris a rappelé que les réalités mahoraises ne peuvent être réduites à une lecture uniquement sociale ou conjoncturelle. Elles interrogent plus largement notre capacité collective à répondre durablement aux enjeux liés à la pression démographique, à l’habitat informel, à l’accès à l’eau, à l’éducation et à l’accès effectif aux droits.

Loin d’une approche compassionnelle, les échanges ont mis en évidence la nécessité d’une lecture systémique des fragilités sociales et territoriales. Derrière la question de la monoparentalité se dessinent en réalité des enjeux beaucoup plus larges : cohésion sociale, continuité républicaine, égalité territoriale et capacité des institutions à atteindre concrètement les publics les plus éloignés des dispositifs existants.

Cette rencontre aura également souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs publics, associatifs et économiques, afin d’éviter que certaines problématiques demeurent durablement invisibles ou insuffisamment prises en compte dans le débat national.

Au-delà des constats, ce colloque aura surtout posé une exigence collective : ne plus traiter les vulnérabilités sociales comme des sujets périphériques, mais comme des questions centrales pour l’avenir des territoires et de la cohésion nationale.

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Archéologie : Les traces oubliées de Mayotte à l’époque médiévale

Archéologie : Les traces oubliées de Mayotte à l’époque médiévale
Une conférence à Mayotte retrace l’archéologie médiévale et la menace sur les sites Photo : DAC de Mayotte.

Le 6 mai 2026 à l’Université de Mayotte, Stéphanre Pradine a présenté ses recherches sur l’archéologie médiévale de l’île, issues de fouilles menées depuis plus de dix ans et publiées dans Mayotte au temps des califes. Il a rappelé que « nous avons des sites en passe d’être détruits » et la nécessité de poursuivre les recherches.

« Nous avons des sites en passe d’être détruits. » Le 6 mai 2026, dans l’auditorium de l’Université de Mayotte, Stéphane Pradine a présenté une conférence consacrée à l’archéologie médiévale de l’île. Cette intervention s’appuie sur plus d’une décennie de fouilles et reprend les principaux éléments de l’ouvrage Mayotte au temps des califes (IXe-XIIe siècle). Archéologie de l’océan Indien à Ironi Bé, commune de Dembeni, publié sous sa direction.

Au cours de cette présentation, il est revenu sur l’origine même de ce travail scientifique : « publier les fouilles réalisées à Dembeni durant cinq ans, soutenues par la DRAC et l’assemblée de Mayotte et de La Réunion ». Il a précisé l’objectif de cet ouvrage, en soulignant sa dimension à la fois scientifique et historique : « Introduire Mayotte dans la période ancienne. J’ai constaté que les Mahorais ne connaissaient pas leur propre histoire. C’est un livre scientifique, un livre d’histoire pour analyser et présenter l’histoire de Mayotte avec le monde musulman. » Il a également insisté sur l’ambition centrale de ses recherches, qui est de situer Mayotte au sein de l’histoire de la civilisation musulmane, en montrant son intégration ancienne dans les réseaux culturels, religieux et commerciaux de l’océan Indien.

Le chercheur est également revenu sur l’inscription de Mayotte dans l’espace swahili. Il a rappelé que le mot « swahili » trouve son origine dans le terme arabe sawāhil, pluriel de sāhil, qui signifie « rivage » ou « côte ». Il a précisé que ce terme renvoie aux populations vivant le long des côtes de l’Afrique orientale et qu’il désigne avant tout une culture maritime façonnée par les échanges. Selon lui, « le swahili n’est pas une ethnie, c’est une culture », marquée par le métissage entre populations africaines, arabes, persanes et indiennes.

A Dembeni, un site archéologique d’une qualité exceptionnelle

Une place importante de la conférence a été consacrée au site de Dembeni, présenté comme central dans cette démarche. Stéphane Pradine a insisté sur son caractère remarquable : « C’est un site exceptionnel », rappelant également : « Je fouille depuis 25 ans, et c’est un site rare. » Les campagnes de fouilles menées entre 2002 et 2016 ont permis de mettre au jour un ensemble de vestiges particulièrement riche, comprenant des céramiques abbassides des IXe et Xe siècles, des poteries à décor lustré, des céramiques chinoises, ainsi que du cristal de roche d’une grande pureté.

« On a des objets que l’on retrouve dans les grands musées », a-t-il précisé, soulignant la qualité du mobilier archéologique découvert. La présence de céramiques importées et de matériaux précieux témoigne de connexions anciennes avec les grands réseaux commerciaux de l’océan Indien. Le cristal de roche, probablement issu de Madagascar, a également été évoqué : « Le cristal malgache est parmi les plus purs », a-t-il indiqué, en rappelant son importance dans les échanges du monde islamique.

L’organisation même du site, avec ses structures d’habitat, ses empierrements et ses zones de dépôts, contribue à en faire un ensemble cohérent et particulièrement bien conservé. L’ensemble de ces éléments confère à Dembeni une valeur scientifique majeure pour la compréhension de l’histoire ancienne de Mayotte et de son insertion dans les dynamiques régionales.

En conclusion, la conférence a rappelé l’enjeu central qui motive ces recherches. « Si on ne fait pas ces fouilles, dans dix ans, une partie de l’histoire aura disparu »

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Les marcheurs de « Halo Rando » ont terminé leur tour de Mayotte ce vendredi

Les marcheurs de « Halo Rando » ont terminé leur tour de Mayotte ce vendredi
Cette 2ème édition a compté une trentaine de personne*

Après 8 jours d’une marche tout autour de Mayotte qui a commencé le 1er mai dernier, la trentaine de marcheurs de la 2ème édition de « Halo Rando » ont achevé leur aventure sur la place de la République ce vendredi 8 mai. Entre émerveillement et épuisement, les participants ne sont pas près d’oublier cette expérience hors du commun !

« Cette randonnée de 8 jours nous a permis d’aller dans des endroits de l’île où l’on ne va jamais et donc de découvrir des paysages qu’on n’imaginait pas, avec des rivières et des cascades ! », s’émerveille Katia, 54 ans, l’une des courageuses participantes à avoir effectué le tour dans son intégralité. C’était d’ailleurs le cas des trois quarts des participants et la majorité de ceux qui ont dû écourter, y ont été contraints par d’autres obligations, rarement par épuisement. « C’était quand même difficile, car le nombre de kilomètres par jour était conséquent, avec beaucoup de dénivelé parfois et la chaleur ne facilitait pas les choses », précise toutefois Katia, pourtant randonneuse aguerrie, comme la majorité de ceux qui ont participé à l’aventure.

Car, si ce tour de l’île était une occasion de découvrir les merveilles cachées de Mayotte, c’était aussi et surtout une performance sportive. « L’objectif est le dépassement de soi », affirme d’ailleurs Saïd, l’organisateur, surnommé avec humour « El Dictator » au sein de l’équipe.

Les quelques personnes qui n’avaient pas de pratiques sportives régulière ont davantage souffert. C’était notamment le cas d’Alice, 26 ans, qui, au bout de 3 jours de randonnée, a affirmé être arrivée « en PLS » chez elle et « avoir eu besoin de 24h pour récupérer ». « Je crois bien que c’était la première fois que je marchais autant dans ma vie ! », raconte-elle. « C’était vraiment dur ! Saïd m’avait pourtant prévenue, mais je n’avais pas anticipé l’ampleur de la difficulté », développe la jeune femme, qui précise toutefois avoir été aidée par l’énergie du groupe. Ce côté « effet de groupe » est d’ailleurs l’un des éléments qui a particulièrement marqué les participants. « C’est une aventure humaine que je conseille à tout le monde », affirme par exemple Séverine, originaire de Petite-Terre, à qui Halo Rando a permis de découvrir des paysages de son île qu’elle n’avait jamais vu auparavant.

Une redécouverte de l’île après Chido

« J’ai commencé à marcher en 2020 pendant le confinement », explique Saïd, originaire de M’roalé dans la commune de Tsingoni.  « J’y ai pris goût et j’ai proposé ensuite des randonnées à l’intérieur de mon cercle familial avant de les ouvrir au grand public », développe-t-il. L’idée d’un tour de l’île a germé dans son esprit dès 2022 et il a alors monté un petit groupe de marcheur avec lequel il a effectué des reconnaissances de terrain. « On ne connaissait que les axes principaux, la « partie verte » nous était totalement inconnue. Cela nous a donc permis de découvrir la faune et la fleur de notre île », détaille-t-il. La première édition de « Halo Rando » devait se tenir en décembre 2024, mais Chido a évidemment bouleversé le calendrier et, le cyclone ayant complètement modifié le paysage, il a fallu recréer tout le parcours. « Tous les sentiers avaient disparu, on ne savait plus où on allait. On fonctionnait à l’azimut en se repérant à l’aide des cartes et du GPS. On a dû recréer des passages à la machette, ce qui fait que certains parcours qui nous prennent 5h aujourd’hui nous avaient pris 11h à l’époque », ajoute encore « El Dictator », qui avoue néanmoins avoir eu « quelques moments de doute » lors de la première édition de mai 2025. « Le jour de l’ascension du Mont Benara, la nuit venue on était encore en pleine forêt, sans réussir à retrouver notre chemin. Mais bon, vous voyez finalement, on est vivant ! », raconte-il avec humour.

Saïd affirme également que la randonnée est une activité qui rentre de plus en plus dans les mœurs des Mahorais. « Entre 2020 et 2023, j’ai organisé des randonnées tous les week-ends et on était à chaque fois une cinquantaine de marcheurs », affirme-t-il. Malgré une mutation professionnelle qui le mènera bientôt en Guadeloupe, ce féru de randonnées compte poursuivre l’évènement l’année prochaine pour une 3ème édition, en déléguant davantage l’organisation aux autres membres de l’association. L’aventure n’est donc pas près de prendre fin pour Halo Rando !

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S2O tacle Retailleau : il se sent agressé par le projet de loi de Retailleau

S2O tacle Retailleau : il se sent agressé par le projet de loi de Retailleau

Une chose est sûre : Saïd Omar Oili votera contre le projet de loi porté par Bruno Retailleau, qu’il juge « antimusulman ». Prenant l’exemple de son propre territoire, où coexistent paisiblement depuis 200 ans une majorité de musulmans et une minorité chrétienne, le sénateur de Mayotte déclare se sentir agressé par le contenu de ce texte.

Il n’a pas mâché ses mots face à son collègue sénateur et président du parti Les Républicains, prétendant, avec une dizaine d’autres candidats, à la succession d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Saïd Omar Oili était vent debout, mercredi après-midi, dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, lors de la séance hebdomadaire des questions au gouvernement.

Son mécontentement n’était pas dirigé contre les membres du gouvernement de Sébastien Lecornu, mais plutôt contre l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, aujourd’hui candidat à la présidence de la République française en 2027.

Objet de sa colère, librement exprimée devant les parlementaires et largement relayée par les médias ultramarins ainsi que sur les réseaux sociaux : une proposition de loi portée par Bruno Retailleau, qu’il juge de nature à amplifier un sentiment antimusulman en France.

À travers un témoignage livré devant ses pairs, l’ancien maire de Dzaoudzi-Labattoir a rappelé au président du parti LR que le département de Mayotte, qu’il représente au Parlement, est composé à 95 % de citoyens français de confession musulmane qui n’ont jamais eu de différend avec la minorité chrétienne locale, laquelle compte une église et une chapelle. (Il s’agit ici des chrétiens catholiques, le sénateur ayant sans doute volontairement choisi de ne pas mentionner les protestants et autres communautés chrétiennes présentes sur l’île.)

« Dans mon archipel de l’océan Indien, on trouve plus de 200 mosquées pour une église et une chapelle. La coexistence entre une religion minoritaire chrétienne et une population très majoritairement musulmane ne pose aucun problème. Je n’ai jamais entendu parler, ni même évoquer, de tensions entre les pratiquants de ces deux religions. »

Sous le regard attentif d’un Bruno Retailleau qui buvait ses paroles, S2O a indiqué ne pas comprendre le sens de cette proposition de loi qui, selon lui, « amplifie le sentiment antimusulman porté par des forces politiques dont on connaît très bien les racines ».

À l’adresse de Bruno Retailleau, Saïd Omar Oili a déclaré se sentir agressé par le texte présenté, ne faisant pas mystère de son intention de voter contre.

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Comores : « Coupez ces cheveux que ne je saurais voir »

Comores : "Coupez ces cheveux que ne je saurais voir"

Des policiers du commissariat central de Moroni ont coupé de force les chevelures qui dépassent des jeunes qu’ils rencontraient dans les rues de la capitale, suscitant une vague d’indignation bien que le ministre de l’éducation ait publiquement apporté son soutien à ces agissements sous prétexte de préservation de l’identité comorienne.

Alors que les Comoriens étaient préoccupés par la hausse des prix des carburants, annoncée, le lundi 4 mai par le chef de l’État, voilà qu’un autre sujet de société s’invite dans le débat public, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Depuis jeudi, des vidéos publiées sur Facebook dans lesquelles on y voit des policiers munis de ciseaux encercler et raser les crânes des jeunes aux cheveux longs au vu et au su des passants continuent encore de susciter la controverse.

L’opération déjà organisée en août 2025 s’est déroulée dans les rues de la capitale, Moroni. Le pire, il se trouve que certaines victimes avaient couvert leurs têtes par des chapeaux ou bonnets. Le bloggeur qui diffusait en direct a tendu le micro à l’un des agents de la force publique pour en savoir un peu plus, mais ce dernier sera dissuadé de s’exprimer par ses collègues l’invitant à poursuivre le chemin. Dans la foulée, nombreux sont les citoyens qui ont dénoncé les agissements des agents de police.  » Préserver l’identité, la religion et les valeurs d’un peuple est important. Aucun pays ne peut avancer en oubliant ses racines, sa culture et ses principes. Mais quand certains comportements apparaissent chez la jeunesse, il faut aussi se demander pourquoi cela arrive. Derrière chaque dérive, il y a souvent un manque de dialogue, d’éducation, d’encadrement ou un échec quelque part dans la transmission des valeurs« , a réagi un internaute. Jusqu’ici, ni la police qui pourtant dispose d’une page Facebook alimentée régulièrement ces temps-ci, ni le ministère de l’Intérieur n’ont communiqué.

Identité  

Seul le ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Bacar Mvoulana, toujours prompt à réagir sur tous les débats de Facebook a apporté son soutien à la police.  » Depuis quelques heures, beaucoup critiquent la police nationale après la diffusion d’une vidéo montrant des jeunes contraints de couper leurs tresses dans les rues de Moroni. Chacun est libre d’avoir son opinion, mais il faut aussi regarder cette situation avec responsabilité et honnêteté. Les Comores ne sont pas un pays sans identité. Nous sommes une nation musulmane, attachée à des valeurs religieuses, coutumières et culturelles qui ont toujours façonné notre société. Ces valeurs méritent respect et préservation, surtout à une époque où beaucoup de comportements extérieurs cherchent à s’imposer à notre jeunesse« , a-t-il posté sur sa page personnelle, jeudi. Le ministre soutient que le rasage des crânes dans les rues sert à défendre les mœurs et coutumes.  » Défendre nos mœurs et notre culture ne signifie pas être contre les jeunes ni contre la modernité. Bien au contraire. Notre jeunesse doit évoluer, réussir et s’ouvrir au monde, mais sans oublier qui elle est et d’où elle vient. Aujourd’hui, certains parlent uniquement de liberté individuelle, mais toute liberté a aussi des limites lorsqu’il s’agit du respect des principes d’une société, de sa religion et de ses traditions. La police nationale a aussi pour mission de préserver l’ordre social et les repères de notre pays« , a-t-il poursuivi tout en reconnaissant qu’un travail de sensibilisation était nécessaire.

Base légale, humiliation

Mais déjà la question de la base légale de l’opération est sujette à interrogations. Des juristes dénoncent ces agissements prévus nulle part, selon eux.   » Ce sont des mesures qui n’ont aucune base légale, c’est un abus de pouvoir des hommes en tenue mais rien absolument rien ne prévoit le rasage des cheveux longs sinon les hommes religieux seraient tous des « Zidanes ». Il s’agit également d’une violation grave de l’intégrité physique de l’humain donc une violation grave d’un des piliers des droits de l’homme« , a condamné, l’avocat Maitre Djamal el-dine Bacar, contacté par Flash Infos. Le juriste a ajouté que  » le faire en public le rend encore grave à cause de l’humiliation. Ces gens-là, certains étaient en pleurs pendant que les policiers se filmaient entre de rire en commentant ces abus. Ce que la police a fait est condamnable venant d’une institution qui devait faire respecter la loi et honte aux autorités politiques qui cautionnent ces abus« . Souvent connue pour son silence dans les cas de violation flagrante des droits humains, la commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) est même cette fois-ci montée au créneau. « La Commission rappelle que les forces de sécurité, notamment la Police Nationale, jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’ordre public et de la sécurité des personnes et des biens. Toutefois, l’exercice de cette mission doit, en toutes circonstances, respecter les principes de légalité, de la proportionnalité et du respect de la dignité humaine« , rappelle-t-elle dans son communiqué publié vendredi.  La Cndhl invite ainsi les autorités compétentes, notamment les responsables de la Police nationale, à veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux dans toutes les opérations de terrain.

Les artistes comme Abdallah Chihabidine, ont aussi dénoncé l’opération de la police.  » Dans un état de droit, nul doit etre humilié, violenté ou puni arbitrairement. La mission des forces de l’ordre est de protéger les citoyens. La loi ne donne à personne le droit d’humilier un individu ou d’exercer des violences gratuites« , a rappelé, l’ancien directeur du célèbre studio 1. Le Docteur en sociologie Mistoihi Abdillahi, interpelle ceux qui citent l’islam pour justifier les rasages dans les rues de Moroni. « Je ne suis pas islamologue, mais j’ai visité plusieurs pays musulmans et prié avec beaucoup d’hommes aux cheveux longs. Et je ne cesserai de le répéter, plus on s’intéresse aux choses inutiles, plus choses importantes nous échapperont« , a-t-il conclu.

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“Le Rendez vous chez Cousin” fermé administrativement

“Le Rendez vous chez Cousin” fermé administrativement

Le préfet de Mayotte a ordonné la fermeture de l’établissement “Le Rendez-vous chez Cousin”, situé en face du centre commercial Baobab à Mamoudzou, après une inspection sanitaire menée le 24 avril 2026. Selon l’arrêté du 28 avril 2026, les non-conformités relevées portent sur des règles essentielles d’hygiène alimentaire et sont susceptibles de présenter un risque imminent pour la santé publique.

La réouverture est conditionnée à la mise en œuvre de mesures correctives, constatées par les services de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Le niveau d’hygiène de l’établissement est “à corriger de manière urgente”.

L’État ordonne l’évacuation et la destruction de constructions illégales sur la descente de Moya

L’État ordonne l’évacuation et la destruction de constructions illégales sur la descente de Moya

Le préfet de Mayotte a signé, le 5 mai 2026, un arrêté ordonnant l’évacuation puis la destruction de constructions bâties illicitement sur la descente de Moya, dans le secteur de la Vigie, pour des raisons de sécurité et de salubrité publiques. Selon les forces de l’ordre, « la délinquance dans ce secteur est prégnante ». Le quartier est par ailleurs répertorié comme « quartier de reconquête républicaine ».

Le rapport d’insalubrité établi par l’Agence régionale de santé fait état de 76 locaux concernés, présentant tous des risques pour leurs occupants : absence d’assainissement, accès limité à l’eau potable, branchements électriques dangereux, constructions fragiles, humidité, accumulation de déchets ou encore présence possible de nuisibles.

L’arrêté prévoit une évacuation dans un délai maximal de 23 jours. Les occupants devront être informés de la date exacte de l’opération une semaine à l’avance.

Sept familles ont accepté des propositions de relogement. La préfecture s’appuie une nouvelle fois sur la loi du 11 août pour la refondation de Mayotte afin de justifier l’absence de proposition pour l’ensemble des ménages concernés.

Selon les attestations de la DEETS, ce décasage concerne au moins 193 personnes présentes sur le site au moment de l’enquête sociale. Au 5 mai, seules 19 places d’hébergement étaient mobilisables.

Groupement patronal de Mayotte (GPM) : une volonté de continuité plus que de rupture

Groupement patronal de Mayotte (GPM) : une volonté de continuité plus que de rupture

« Représentation et influence, formation et décryptage, réseau et opportunités », mais aussi « accompagnement de terrain » : tels étaient les thèmes des échanges qui ont réuni, mardi matin, une quarantaine de représentants d’entreprises locales au siège du nouveau Groupement patronal de Mayotte (GPM), situé au centre Maharajah à Kawéni.

Une cinquantaine d’entreprises mahoraises avaient répondu présentes à l’invitation lancée par Fahardine Mohamed, actuel président du nouveau Groupement patronal de Mayotte. Plus que jamais déterminé à œuvrer pour l’avenir de l’entrepreneuriat local malgré la perte récente du label MEDEF, il poursuit le travail engagé depuis janvier 2026 auprès des entrepreneurs mahorais, toutes catégories confondues.

Son objectif est de fédérer l’entrepreneuriat local autour d’un véritable projet de refondation de l’économie mahoraise, ouvert à tous les acteurs économiques installés sur l’île. Si ce nouvel organisme, né sur les cendres de l’ancien MEDEF Mayotte, souffre encore d’un manque de représentativité auprès de certaines instances paritaires en raison de la perte du label dont il bénéficiait jusqu’au 15 janvier dernier, ses rangs continuent néanmoins de grossir au fil des semaines. De nouveaux adhérents rejoignent régulièrement le groupement, convaincus de l’utilité de son action sur le territoire.

« La coexistence de notre groupement avec d’autres organisations patronales sur un même territoire n’a rien d’antinomique. Dans l’Hexagone, on compte trois groupements patronaux. D’autant plus que le GPM concentre ici, à Mayotte, le plus grand nombre de secteurs professionnels. Nous ne reviendrons pas sur les péripéties ayant conduit à notre éviction du MEDEF. Le plus important, à nos yeux, est de continuer à œuvrer et à rassembler autour des enjeux économiques de ce territoire, qui ne pourront se concrétiser sans la contribution de ceux qui y vivent et y travaillent pour améliorer les choses », a déclaré Fahardine Mohamed devant ses pairs.

Si la barre symbolique des 100 entreprises adhérentes n’a pas encore été franchie, elle apparaît néanmoins atteignable à court terme. Plus de 80 entreprises ont déjà choisi de rejoindre volontairement le GPM, pour des raisons qui leur sont propres. Toutes partagent la volonté de construire une dynamique représentative d’une économie mahoraise à visage humain, davantage en phase avec les réalités du territoire, ainsi que le désir de faire évoluer le cadre économique dans le sens de l’intérêt collectif.

Dans cette optique, petites, moyennes et grandes entreprises de l’île se retrouvent désormais une fois par mois lors de matinales d’écoute, d’échanges et de partage d’expériences organisées dans les locaux du GPM à Kawéni. Ces rencontres abordent différentes thématiques liées à leurs activités professionnelles.

« Ce groupement s’inscrit dans une perspective de continuité et non de rupture. Il a été fondé il y a quarante ans par des acteurs économiques impliqués comme Ida Nel, Gamil Kakal ou encore Gérard Rudolf, premier employeur de l’île, à qui nous rendons hommage ce matin après son décès il y a deux jours. Le GPM se veut un acteur structurant et durable de l’économie de ce territoire », a rappelé le président du groupement à son auditoire.

Afin d’être plus accessible à ses adhérents actuels et futurs, le groupement a décidé de multiplier ses commissions de travail thématiques, en prévision des mandats qu’ils seront amenés à exercer et des sièges qu’ils pourraient occuper à moyen terme au sein de différentes instances. Une manière également de favoriser les mises en relation entre adhérents, notamment avec les nouveaux arrivants, et de créer une véritable chaîne d’entraide et de partenariats potentiels.

Après les interventions officielles, la rencontre s’est poursuivie autour d’un café, permettant aux adhérents présents d’échanger leurs expériences et leurs points de vue sur les difficultés auxquelles ils sont actuellement confrontés dans la reprise des activités après le passage du cyclone Chido.

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Futur aéroport : à Bandraboua une charte agricole signée autour du projet d’aéroport

Futur aéroport : à Bandraboua une charte agricole signée autour du projet d’aéroport
Le futur aéroport, estimé à 1 milliard d’euros avec des études attendues d’ici la fin de l’année, pourrait mobiliser 300 à 400 hectares de terres agricoles.

Autour du projet de futur aéroport, une charte agricole a été signée à Bandraboua. Les agriculteurs, associés aux échanges, expriment toutefois de fortes inquiétudes sur le foncier, les 300 à 400 hectares envisagés et les compensations encore floues.

La signature de la charte d’engagement du comité agricole s’est tenue sur l’exploitation de M. Fouad Ali, à Bandraboua, en présence des représentants du monde agricole, des services de l’État et des acteurs liés au projet de futur aéroport. Cette séquence intervient dans un calendrier particulier, à quelques jours du départ du préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, qui sera remplacé par Frédéric Poisot le 18 mai.

Sur place, au cœur d’une exploitation représentative du tissu agricole local, cette signature s’inscrit dans un contexte à la fois de reprise et d’incertitude. Le secteur agricole sort progressivement d’une période difficile après le passage du cyclone Chido, qui avait fortement perturbé les cultures et les élevages. Depuis plusieurs mois, les exploitants ont relancé la production, avec un retour progressif des produits locaux sur les marchés. En parallèle, le projet de futur aéroport avance. Il est piloté par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’administration française en charge de la régulation et du développement du transport aérien. Les études d’impact et de faisabilité sont toujours en cours, avec une finalisation annoncée pour la fin de l’année.

Une signature dans un contexte de vigilance

François-Xavier Bieuville, a rappelé le rôle du secteur dans cette phase de reconstruction : « Je pense que le monde agricole est une des forces de Mayotte. J’en veux pour preuve la capacité de Mayotte d’avoir retroussé les manches et de s’être mis au travail, ainsi qu’avoir produit ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire nourrir la population. » Il a également souligné les efforts engagés après la crise : « Après Chido, nous avons eu une reprise de la production après 6 à 8 mois. Évidemment, nous avons accompagné avec la DAAF cette reprise. Nous avons aidé plus de 8 000 agriculteurs et éleveurs et on a versé au titre d’aide 22 millions d’euros. Aujourd’hui, cette agriculture se retrouve sur les marchés, les étals. » Concernant la charte, il a précisé : « Cette charte, c’est une charte que nous signons avec la DGAC, chef de ce grand projet. On ne fera pas cet aéroport sans l’agriculture. Pour faire cette plateforme, il faut des compensations. » Il a évoqué « l’accompagnement du jardin mahorais », « des investissements d’avenir dans le domaine de l’eau » et « permettre la production sous serre ».

Du côté des agriculteurs, la prudence domine. Saïd Anthoumani, représentant du monde agricole mahorais, a insisté : « D’avoir associé le monde agricole sur cette réflexion foncière, agricole, c’est notre outil principal. Nous ne sommes pas contre le projet d’aéroport. Nous sommes maintenant associés. Il faut qu’on soit vigilant. Aujourd’hui, on va avoir un aéroport à 300 hectares. Il ne faut pas un hectare de plus. » Il a ajouté : « vous avez compris nos revendications et nos craintes sont inscrites au sein de cette charte. » Le président de l’Association interprofessionnelle de Mayotte a, lui aussi, mis en avant les enjeux : « Il ne faut quand même pas oublier qu’on a besoin de manger avant de voyager. Il faut être conscient que l’impact sera important pour l’agriculture, 400 hectares. C’est important de le réduire. » Il précise : « Nous sommes probablement à 10 % de production que l’on perd. On sera vigilants. »

Des points concrets encore attendus

Ahmad Abdou Madi, représentant du Groupement de défense sanitaire animal de Mayotte, a exprimé des interrogations précises : « Le chiffre de 1 milliard, sur quelle base les chiffres ont été conçus ? Les études d’impact ne sont pas encore prêtes. (…) On ne veut pas qu’on ne pourra pas tenir ses engagements. » Du côté des professionnels, l’attention se porte désormais sur des éléments concrets : la surface réellement mobilisée, annoncée entre 300 et 400 hectares, les modalités de compensation pour chaque parcelle concernée et les résultats attendus des études en cours d’ici la fin de l’année. Plusieurs représentants indiquent attendre des données détaillées et vérifiables avant de se prononcer davantage, estimant que ces éléments conditionneront la suite de leur positionnement.

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Mayotte connectée : le pari du numérique pour tous

Mayotte connectée : le pari du numérique pour tous

À la médiathèque de Passamainty, la Cité des métiers a organisé, mercredi, un atelier numérique ouvert à tous. Entre initiations à l’IA, cybersécurité et programmation, l’événement a mis en lumière les efforts menés sur l’île pour réduire la fracture numérique.

L’atelier numérique organisé par la Cité des métiers s’est tenu ce mercredi 6 mai à la médiathèque de Passamainty. Le mot d’ordre de la journée : le numérique pour tous. Lors de leurs discours, le secrétaire général adjoint de la préfecture, Christophe Le Droumaguet-Paris, Nadjayedine Sidi, conseiller départemental, l’élue chargée du numérique, Fardat Durand, et Simon Chiarisoli, directeur du programme Orange Mayotte, ont mis l’accent sur les enjeux du numérique.

Le secrétaire général adjoint a entamé son discours en rappelant qu’une partie de la population mahoraise n’a accès ni à Internet ni au monde digital. Il a poursuivi en soulignant l’importance des Orange Digital Centers (ODC) mis en place à travers l’île. L’objectif est de donner de l’autonomie à une population déconnectée.

Un avis partagé par Nadjayedine Sidi, qui souligne l’importance d’un tel espace pour le partage et l’apprentissage des savoirs numériques : « Tous les habitants de Mayotte doivent avoir accès au numérique, peu importe leur situation. »

Fardat Durand va plus loin : « Le numérique ouvre des portes et permet à tout le monde de trouver sa place », avant de préciser l’importance de l’apprentissage de l’IA : « Il faut démystifier l’IA. On ne doit pas la subir ; elle doit être comprise et maîtrisée. »

Simon Chiarisoli a, quant à lui, dressé un bilan de la situation du numérique à Mayotte : depuis plus de six mois, 2 000 jeunes ont été formés à l’utilisation des outils numériques grâce aux ODC. Il a également annoncé la création de « vacances numériques », un stage destiné aux jeunes pendant les vacances scolaires. Ils pourront y apprendre à utiliser les outils numériques grâce aux ateliers proposés, dont un nouveau module consacré à l’utilisation de l’IA générative.

Une journée d’apprentissage

Pour cette occasion, la médiathèque de Passamainty a présenté les différents modules des ODC. Deux spécialistes d’Orange sont venus présenter l’IA et transmettre les bases de son utilisation, notamment la rédaction de prompts et les possibilités offertes par les différentes intelligences artificielles. Ils ont également évoqué les risques qu’elles engendrent, comme les fake news, les fausses images indétectables ou encore le vol de données personnelles.

Un atelier était dédié à la sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux et d’Internet en général. À l’aide de mises en situation que les participants devaient classer dans différentes catégories de risques, les animateurs ont abordé le harcèlement en ligne et le fonctionnement des algorithmes des plateformes.

Dans une autre salle du bâtiment, une imprimante 3D était mise à disposition des enfants. À l’aide d’un logiciel, ils concevaient un objet simple (porte-clés, jeton) avant de lancer l’impression.

Un atelier, sous la forme de « Questions pour un champion », mettait les participants face à des situations du quotidien numérique. Parmi quatre propositions, chacun devait choisir l’attitude la plus adaptée. Les jeunes ont ainsi pu analyser des situations courantes liées au numérique et apprendre à y réagir. Les questions portaient principalement sur la cybersécurité et le bien-être en ligne.

À l’extérieur, un atelier initiait les participants à la programmation : à l’aide d’une souris robot et d’un morceau de fromage disposés sur un parcours modulable, chacun devait analyser le terrain afin de prévoir la trajectoire de la souris et lui indiquer le chemin à suivre.

Un second atelier présentait enfin les possibilités offertes par la robotique, avec des robots contrôlables à distance via une tablette.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes