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Les 17 maires mettent l’État face à ses contradictions

Les 17 maires mettent l'État face à ses contradictions

A destination des différents candidats à l’élection présidentielle d’avril 2027, les 17 maires de Mayotte adressent un manifeste qui repose sur trois critères : le quotidien, la faisabilité et la responsabilité partagée. Ce document d’une vingtaine de pages intitulé « Le quotidien d’abord », répertorie quatorze chantiers qui pourraient (selon ses rédacteurs) changer, tout de suite, la vie des Mahorais », a été adopté par le bureau de l’Association des Maires de Mayotte le 24 août 2026 et remis à chacun des prétendants à la présidence de la République française, ainsi qu’aux différentes formations politiques qui les soutiennent dans leurs déplacements sur l’archipel de Mayotte.

« Mayotte vient d’ouvrir, avec la venue d’Edouard Philippe, la longue séquence qui conduira notre pays à l’élection présidentielle de 2027. D’autres viendront après lui. Nous les recevrons tous avec la même exigence et la même courtoisie républicaine, parce que nous croyons que le débat national se grandit lorsqu’il commence par les territoires où la République est le plus mise à l’épreuve ».  C’est en ces termes que le maire de Mamoudzou (et Président de l’AMM) introduit son propos dans ce manifeste à l’attention des différents candidats à la succession d’Emanuel Macron à l’Elysée. Sans doute, faisant allusion aux déclarations à l’emporte-pièce d’Edouard Philippe lors de son passage dans l’île il y a de cela 3 semaines, Amboulwahedou Soumaïla rappelle aux futurs visiteurs éphémères dans l’archipel qu’aussi importants que sont pour la population les sujets de la piste longue, d’un second hôpital, la route de contournement de Mamoudzou ou encore la construction d’un nouvel établissement pénitencier, ne constituent plus l’essentiel pour les habitants du territoire car ils « ne modifieront en rien la vie quotidienne d’une famille avant 15 ans ». Ouf, voilà que c’est enfin sorti de la bouche d’un élu local qui ose expliquer que ce sont-là des projets qui engagent plusieurs générations.

Une fois n’est pas coutume, le conformisme ambiant caractéristique de l’attitude de la nouvelle génération d’élus aux commandes de Mayotte devant les représentants des hautes sphères de l’Etat vole en éclat dans ce document. D’aucuns pourraient même clamer haut et fort que c’est du jamais vu depuis 20 ans sur le territoire. Par la voix de leur président en exercice, les 17 maires de l’île sortent du bois et déclarent aux différents candidats à ce futur scrutin présidentiel, « Nous vous écrivons un jour de rentrée scolaire, c’est la date que nous avons choisi parce qu’elle dit tout » !

Dans un réalisme inattendu de mémoire de Mahorais, la Président de l’Association des Maires de Mayotte rajoute : « ce matin, dans nos 17 communes, des dizaines de milliers d’enfants ont repris le chemin de l’école – cerise sur le gâteau – et 15 000 autres ne l’ont pas pris parce qu’ils attendent une affectation, parfois depuis un an, parfois quatre ». Autant dire l’autre versant de la vie quotidienne à Mayotte que Sébastien Leconrnu et sa cohorte de 6 ministres ont choisi de ne pas voire en se cantonnant dans une visite hyper encadré dans la seule commune de Mamoudzou capitale en dehors du très militarisé Rocher de Dzaoudzi.

Pas des mendiants mais des élus responsables auxquels il manque les moyens d’assumer pleinement leurs charges quotidiennes

L’amnésie collective (dont ils semblent être sujets lorsqu’ils font face aux officiels de l’Etat de passage dans l’île) semble avoir complètement disparue, probablement du fait de l’absence de visiteurs de 48 heures, les maires osent enfin faire état des groupes scolaires détruits par le cyclone Chido fonctionnant par rotations deux à trois heures par jour (inacceptable ailleurs sur le territoire national) faute de crédits effectifs  (et non promis), non versés et surtout pas notifiés parce que jamais arrivés dans les caisses du trésor public dans le département. « C’est de cet écart-là, entre ce qui est annoncé et ce qui parvient réellement aux habitants que ce manifeste veut vous entretenir ». Par la voix du premier d’entre eux, Amboulwahedou Soumaïla, les 17 maires mahorais interpellent tous les candidats à la présidentielle de 2027 sur une réalité : « ce que vivent nos concitoyens relève de l’immédiat » !

Dans ce manifeste, les élus locaux égrainent tous les détails négatifs du patchwork mahorais que les préfets successifs en fonction sur l’île s’emploient à cacher à nos gouvernants lors de leurs visites touristiques à grands frais dans le 101 ème département français, « une mère de famille qui se lève à 4 heures le matin pour être à l’heure au travail, un enfant qui contourne une meute de chiens errants pour aller à l’école lorsqu’il en a une, une famille privée d’eau  au robinet 36 heures sur 72 heures, et qui achète au prix fort, des packs qu’aucun dispositif durable n’encadre, un quartier sans éclairage publica la nuit où il n’y a aucune vie sociale à partir de 18 heures, etc … ».

Amboulwahedou Soumaïla appui très fort là où ça fait mal aux délégués du gouvernant sure le territoire et aux occupants successifs de l’Hôtel Matignon ; il parle de réalités ne relevant ni de la fatalité, ni de l’immigration et encore moins de projets pharaoniques (comme l’aéroport de Bouyouni si cher à Ben Issa Ousséni) qui relèvent de politiques ordinaires, acquises partout ailleurs sur le reste du territoire national Quelle lucidité exceptionnellement assumée chez des élus mahorais du moment !

« C’est précisément cela qui nourrit chez les Mahorais un sentiment d’abandon que nous ne pouvons plus laisser prospérer sans réponse. Et c’est sur ce terreau que prospèrent aussi celles et ceux qui contestent l’appartenance de Mayotte à la République : rien ne sert mieux leur cause que le sentiment, chez nos habitants, d’être français en droit et oubliés en fait ».  Au-delà des sujets qu’il contient en détails, des thématiques développées de long en large, ce manifeste se refuse à être un carnet de doléances élaborés par des élus « demandeurs ».  Les 17 maires se présentent comme des responsables exécutifs locaux qui n’ont pas les moyens d’exercer quotidiennement les charges qui leur incombent.

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Les leçons de la visite de Lecornu à Mayotte : « c’est le pansement qui a pris l’eau et qui pique plus fortement ! »

Les leçons de la visite de Lecornu à Mayotte : « c’est le pansement qui a pris l’eau et qui pique plus fortement ! »
Djoumoi Ramia demande aux élus du territoire de fixer un cap pour le développement économique de Mayotte.

Président de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte, Djoumoi Ramia livre son opinion après le passage éclair à Mayotte de Sébastien Lecornu et de six de ses principaux ministres, les 26 et 27 septembre 2026. Sébastien Lecornu a eu, selon lui, les mots justes envers les élus : c’est à eux qu’il appartient de développer leur territoire et non au gouvernement. Un cap est nécessaire pour atteindre des objectifs précis. Il invite ainsi les élus locaux à prendre conscience de leurs responsabilités et à les assumer.

« Sur un plan strictement institutionnel, le passage du chef du gouvernement à Mayotte est une bonne chose. Il a fait une visite sur le territoire, c’est bien ! » Djoumoi Ramia ne fait pas mystère du fait qu’il n’attendait rien de Sébastien Lecornu au sujet de l’économie de l’archipel, étant donné que les différentes mesures prises en faveur de Mayotte sur le plan législatif sont déjà connues du public.

« Si l’on parle de refondation économique du territoire, le Premier ministre a raison d’affirmer que la responsabilité incombe aux responsables locaux. Mais cela, on ne le comprend toujours pas sur le territoire, malheureusement. J’espère qu’un jour on prendra la mesure de la chose et qu’on arrivera à accepter que nous avons des responsabilités à assumer, d’abord au titre d’élus locaux à Mayotte. »

Le président de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte explique cette affirmation par le fait que le territoire cherche aujourd’hui à créer une économie à travers la refondation post-Chido, alors que les difficultés de l’archipel sont antérieures à cet événement climatique, aussi désastreux ait-il été.

« Je comptabilise 26 années de présence à Mayotte, où j’accompagne des entreprises dans le cadre de ma profession. Par conséquent, je suis bien placé pour savoir que les problèmes auxquels nous nous référons ne datent pas de janvier 2025 », souligne Djoumoi Ramia.

Selon lui, réussir à faire avancer le 101e département français impose de fixer à ce territoire un cap à atteindre. Plus explicite, il ajoute qu’il faut se donner les moyens de répondre à la question : quel projet pour Mayotte ? Quel projet économique réel souhaite-t-on donner à cette île ?

« Ce n’est pas juste crier qu’on a des cartons remplis de projets, car ce n’est pas le nombre de projets qui fera avancer le territoire. Il nous importe de savoir ce que nous voulons donner à nos gamins dans 20 ans, comment ils vont évoluer sur ce territoire. Si nous sommes incapables d’apporter une réponse à cette question aujourd’hui, il ne sert à rien d’évoquer des infrastructures comme l’aéroport, de transformer Longoni en un grand port maritime et j’en passe… »

Les élus locaux doivent prendre le temps de réfléchir, de s’orienter et de se faire accompagner par des personnes au fait du dossier

Le président de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte explique que, pour tous ces sujets, il faut en amont arriver avec une idée claire. C’est dans cette optique qu’il donne raison à Sébastien Lecornu lorsqu’il demande aux élus mahorais d’assumer leurs responsabilités.

« Qu’est-ce que Mayotte va pouvoir apporter en termes de création de valeur dans 10 ou 15 ans ? » interroge-t-il.

Djoumoi Ramia insiste sur le fait que c’est exactement de cela dont il est question lorsqu’on parle d’économie, et non d’attendre simplement que le chef du gouvernement et ses ministres viennent sur le territoire pour leur demander de verser de l’argent, comme le font les élus actuels.

« Je ne sais pas s’ils entendent ce message-là ? Nous ne sommes pas là juste pour dire que nous voulons de l’argent, car l’État va nous répondre qu’il a commencé à le faire, notamment dans l’économie. Non seulement nous avons eu des miettes, mais il nous a été donné en plus des dispositifs nationaux. Je rappelle que le régime général unique, qui doit être réformé, et la LODEOM sociale sont des dispositifs parmi les plus importants de tous les territoires ultramarins. Mayotte est l’un de ces territoires et c’est à nous de nous accaparer ces outils, qui doivent générer globalement entre 120 et 150 millions d’euros », martèle le président de l’Ordre des experts-comptables sur l’île.

Pour lui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’argent injecté dans l’économie du territoire. Si les acteurs locaux ne comprennent pas cela, ils doivent prendre le temps de réfléchir, de s’orienter et de se faire accompagner par des personnes maîtrisant ces dossiers afin de les aider.

Djoumoi Ramia se veut on ne peut plus clair : tant que les décideurs mahorais ne se seront pas fixé un cap et n’auront pas décidé quels secteurs de l’économie locale ils veulent rendre vertueux, rien ne décollera !

« En admettant, par exemple, que ce soit l’aquaculture ou l’agriculture, et qu’on y ait mis les moyens conséquents, y compris en termes d’infrastructures, Mayotte continuera à se plaindre en permanence, ce qui est désolant au final. Attendre qu’un Premier ministre vienne pour lui demander de développer notre territoire, c’est la dernière des choses à laquelle je m’attendais. »

Il rappelle que, depuis deux ans, il tient le même discours : « Le territoire de Mayotte ne peut se développer que par les Mahorais eux-mêmes et pour les Mahorais. Et pour cela, il faut aimer son pays. »

Il enfonce le clou dans la plaie béante : « Ce n’est pas en faisant des augmentations de tarifs de 30 % par-ci et par-là, en augmentant les taxes foncières de 70 % de manière précipitée et sans concertation préalable qu’on réussira. Au contraire, ce type de décisions va nous mettre dans des difficultés plus importantes dans les mois à venir. »

Plus que des pansements sur des jambes de bois, Djoumoi Ramia estime que ces mesurettes constituent en réalité des pansements qui ont pris l’eau et qui ne tarderont pas à se détacher de la plaie. Cela fera plus mal et piquera davantage.

Il confie être conscient que les élus actuels font leur maximum pour se sortir de cette situation dramatique. Sa recommandation, en l’espèce, est que s’ils se rendent compte de leur impuissance à inverser la tendance, ils doivent simplement se poser les bonnes questions, écouter et s’orienter vers les bonnes personnes, les institutions et le monde économique mahorais.

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Collations scolaires : la Caisse des écoles de Mamoudzou vise une reprise après les vacances d’octobre

Collations scolaires : la Caisse des écoles de Mamoudzou vise une reprise après les vacances d'octobre
Le directeur de la Caisse des écoles, Daroussi Ahamadi, assure une reprise du service au plus tard fin octobre.

Privés de collations depuis la rentrée, des milliers d’élèves de Mamoudzou pourraient retrouver ce service après les vacances d’octobre. Ce lundi 7 septembre, la Caisse des écoles a détaillé les raisons de cette interruption, présenté un nouveau mode de financement et annoncé une compensation pour les familles ayant déjà réglé leur cotisation.

Cinq jours après avoir annoncé, le mercredi 2 septembre, le report de la distribution des collations scolaires dans les écoles de Mamoudzou, la Caisse des écoles a tenu une conférence de presse afin d’expliquer les raisons de cette interruption.

La semaine dernière, l’une des entreprises chargées de la livraison des collations scolaires faisait état de plusieurs mois de factures impayées ayant conduit à la suspension des livraisons, tandis que les parents s’inquiétaient pour l’alimentation de leurs enfants et le devenir des cotisations déjà versées.

Le directeur de la Caisse des écoles, Daroussi Ahamadi, a notamment reconnu des difficultés de trésorerie et présenté les solutions envisagées pour permettre une reprise du service.

Une avance de 87.000 euros qui bloque 1,28 million de financements

Pour expliquer cette situation, le président de la Caisse des écoles de Mamoudzou est revenu sur le fonctionnement de la convention PARS (Prestation d’aide à la restauration scolaire), qui encadre le financement des collations scolaires. Ce dispositif prévoit que la Caisse des écoles règle dans un premier temps les factures des prestataires avant d’être remboursée par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM), après transmission des justificatifs de paiement.

Selon la Caisse des écoles, c’est ce mécanisme qui s’est retrouvé bloqué. Confrontée à des difficultés de trésorerie, qu’elle attribue notamment aux conséquences du cyclone Chido, la commune n’était plus en mesure d’avancer le paiement d’une facture de 87.018 euros, pourtant indispensable pour débloquer un versement de 1,285 million d’euros de la CSSM correspondant aux prestations réalisées entre février et juin 2026.

Autrement dit, faute de pouvoir régler ces 87.018 euros, la Caisse des écoles ne pouvait pas percevoir les 1,285 million d’euros prévus par la convention PARS. Un cercle vicieux qui a conduit à l’accumulation des impayés et à la suspension des livraisons.

“Nous avons accumulé près de sept mois d’arriérés”, a reconnu Daroussi Ahamadi. Il a également indiqué que la commune avait dû faire face à plus de 60 millions d’euros de dépenses pour reconstruire les écoles et les bâtiments publics endommagés après le cyclone, dans l’attente des financements annoncés par l’État.

Le règlement de la facture permettant de débloquer les financements est intervenu en fin de semaine dernière, assure la Caisse des écoles. Le dossier a été validé ce lundi et transmis aux services financiers de la CSSM. La Caisse des écoles espère maintenant percevoir les 1,285 million d’euros dans un délai d’une à deux semaines afin de pouvoir régler les entreprises chargées des collations scolaires.

Une reprise visée après les vacances d’octobre

Une fois les financements perçus, la priorité sera de régler les prestataires afin qu’ils puissent reprendre les livraisons.

Aucune date n’a toutefois été arrêtée. La Caisse des écoles se donne pour objectif une reprise après les vacances d’octobre, soit le 26 octobre, tout en précisant que celle-ci pourrait intervenir plus tôt si les fonds sont versés dans les délais annoncés.

L’établissement public indique vouloir reprendre le service “dans des conditions convenables”, avec des collations répondant aux exigences de qualité et de quantité.

La CSSM versera désormais directement les prestataires

Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, la Caisse des écoles et la CSSM prévoient de modifier le fonctionnement de la convention PARS.

Une convention tripartite devrait être signée entre la CSSM, la Caisse des écoles et les entreprises prestataires. Une fois les factures validées, la CSSM versera directement les sommes dues aux entreprises, sans transiter par la trésorerie de la Caisse des écoles. En 2026, la Ville de Mamoudzou compte 2 prestataires des collations et un prestataire pour la restauration scolaire au groupe scolaire de Doujani.

Selon Daroussi Ahamadi, ce nouveau dispositif permettra de réduire durablement les délais de paiement et de sécuriser la continuité du service.

Des colis alimentaires pour compenser les collations perdues

La Caisse des écoles a également annoncé un dispositif de compensation pour les familles ayant déjà payé la redevance annuelle. Inspiré de celui mis en place durant la crise sanitaire liée au Covid-19, il prendra la forme de colis alimentaires dont le contenu sera calculé en fonction du nombre de jours de collations non distribuées. Les parents concernés seront invités à venir les récupérer dans les établissements scolaires.

Cette compensation concernera uniquement les enfants dont les familles se sont acquittées de la cotisation. À ce jour, environ 4.000 élèves sont inscrits au dispositif, contre près de 9.000 bénéficiaires habituellement dans les quarante groupes scolaires de Mamoudzou. Malgré la suspension des livraisons, les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 31 décembre. Le montant de la cotisation est fixé à 65,60 euros par enfant.

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Le bicentenaire de la photographie : Mayotte révèle ses talents

Le bicentenaire de la photographie : Mayotte révèle ses talents
Bertrand Fanonnel, co-organisateur et fondateur de la société EIGH entouré de quatre photographes autour d’une table ronde, discutant de la photo.

Le bicentenaire de la photographie s’est invité à l’Atelier du Kalyz ce samedi pour célébrer les 200 ans de cet art. Pour cette première édition, l’objectif était de rassembler les photographes de Mayotte, venus de tous horizons et de sensibilités différents, autour d’un moment de partage. Organisé en partenariat avec la société EIGHT, l’événement avait pour thème le street art et, plus largement, la rue. Sept photographes ont ainsi été conviés à présenter une de leurs photographies et à partager leur regard et leur histoire autour de celle-ci.

Une belle occasion de mettre en lumière la photographie à Mayotte, mais surtout de valoriser les nombreux talents de l’île. Le bicentenaire de la photographie, célébré à travers le monde, s’inscrit ainsi comme une belle opportunité de mettre en avant les photographes mahorais et leurs univers.

Cette célébration se poursuivra jusqu’en septembre 2027 à travers une programmation riche et variée : « pendant une année, on aura une thématique par mois qui donnera lieu à des événements, mais aussi à des offres en lien avec ce thème. Par exemple, des plats et des boissons concoctés par notre chef seront associés à la thématique du mois. Ces thèmes reprendront assez souvent des journées mondiales. On aura notamment la journée internationale des droits des femmes en mars, avec une thématique consacrée à la femme mahoraise », précise Jane Weber, chargée de développement commercial et marketing et co-organisatrice de l’événement.

La préparation de cet événement de grande ampleur aura duré trois à quatre semaines. Pour cette première édition, le thème choisi était celui du street art, et plus largement de la rue. Une manière de faire vivre et de raconter Mayotte, en mettant en lumière l’île au parfum, où chaque lieu semble porter en lui une histoire : « Des visages, des silhouettes, des routes. Ce qui m’a frappée, c’est qu’à partir d’un détail anodin, d’une grille ou d’un éclairage, les images racontent une histoire et invitent l’observateur, le public, à comprendre le moment et à le vivre comme s’il était le photographe », ajoute Jane Weber, chargée de développement commercial et marketing et co-organisatrice de l’événement.

Les sept photographes conviés ont également eu l’opportunité de présenter leurs œuvres, mais surtout d’échanger autour de leur passion et de leur regard sur la photographie lors d’une table ronde. Un moment de partage qui a permis au public de découvrir des univers différents et de mieux comprendre les histoires qui se cachent derrière chaque image.

Peut-on vivre de sa passion ?

La photographie est une passion accessible à tous, mais qui peut rapidement représenter un investissement important, notamment lorsqu’il s’agit de s’équiper avec du matériel haut de gamme. À Mayotte, ils sont nombreux à partager cet amour de la photographie et, plus précisément, de l’image. Une passion qui se révèle notamment sur les réseaux sociaux, où de nombreux talents mahorais exposent leur travail et leur regard sur l’île.

Parmi eux, Thierry KABUGOYI, jeune photographe qui s’est lancé dans l’aventure dès son plus jeune âge. C’est son père, lui-même photographe, qui lui a transmis cette passion et lui a donné le goût de l’image.

Membres des photographes conviés à l’événement, Thierry met particulièrement en avant les couchers de soleil, qu’il immortalise aussi bien au bord de la mer et dans les rues de Mayotte. Un véritable passionné de paysages : « parce qu’en soi, je suis passionné, un amoureux des couchers de soleil » déclarent-il avec enthousiasme.

Cela fait désormais cinq ans que Thiery KABUGOYI vit de la photographie. Une activité qui lui permet de faire de sa passion son métier, mais dont il reconnaît les difficultés au quotidien. Selon lui, la satisfaction reste difficile à atteindre, car « l’homme n’est jamais satisfait ».

Pour parvenir à vivre pleinement de son activité, le jeune photographe nourrit aujourd’hui de nouveaux projets, notamment celui de transmettre son savoir à travers des formations en photographie : « j’ai un grand projet qui est de commencer à donner des formations en photographie, parce que je vois vraiment que, sur l’île, peu de gens parlent de photographie. Aujourd’hui, tout se passe sur les réseaux sociaux. Et pour être plus présent sur les réseaux, il faut passer par la photographie et la vidéographie », souligne-t-il.

De l’autre côté de la pièce, Léo VIGNAl est, lui aussi, présent pour participer au bicentenaire de la photographie et y exposer quelques unes de ses photos.

Photographe depuis maintenant quatre ans, il s’est installé à Mayotte il y a cinq mois. Il exerce aujourd’hui comme journaliste photographe pour le Journal de Mayotte, tout en travaillant avec l’agence de presse SIPA.

Les photographies exposées par Léo VIGNAL témoignent des moments qui l’ont particulièrement marqué à son arrivée sur l’île. Des clichés réalisés, pour la plupart, au cours de son premier mois à Mayotte, alors qu’il découvrait encore le territoire  : « les photos qui sont exposées, les miennes, ce sont principalement des photos que j’ai faites en arrivant à Mayotte, quasiment le premier mois. C’est vraiment lorsque je découvrais l’île. Ce sont des photos que j’ai prises avec beaucoup d’insouciance, mais aussi de naïveté. Les premières choses qui m’ont sauté aux yeux, ce sont surtout les enfants qui jouent dans la rue », raconte Léo VIGNAL.

D’ailleurs, c’est lors d’un voyage au Maroc, plus précisément à Casablanca, que Léo VIGNAL a commencé à pratiquer la photographie. Une première expérience qui lui a permis de poser son regard sur un environnement qu’il découvrait : « je découvrais aussi la ville. J’ai toujours eu plus de facilité à photographier ce que je ne connaissais pas. Une manière de découvrir aussi de nouveaux endroits et de m’aventurer », explique-t-il.

Pourquoi avoir choisi Mayotte pour célébrer le bicentenaire de la photographie ?

D’après Bertrand FANONNEL, le principal co-organisateur de l’événement, l’idée était avant tout de mettre en lumière une forme d’injustice vécue au quotidien par de nombreux photographes de l’île. À travers ce bicentenaire, l’objectif était de faire connaître ces talents locaux et de démontrer qu’il existe, à Mayotte, des photographes capables de porter un regard singulier sur le territoire.

Une manière également d’encourager les institutions et les entreprises à faire davantage appel aux photographes mahorais plutôt qu’à des photographes venus de l’extérieur, qui ne connaissent pas nécessairement le territoire et ses réalités : « l’idée, c’était de montrer, qu’à Mayotte, on a des regards, des gens talentueux, qui ont de vrais regards sur Mayotte. Parce que je ne supporte pas, en tant que professionnel à Mayotte, de voir des institutions, des sociétés faire appel à des photographes extérieurs, parce qu’elles ont cette impression que sur l’île, il n’y a pas de photographes. Et ce soir, on le prouve », affirment Bertrand FANONNEL et le fondateur de la société EIGHT

Pour cette première soirée consacrée au bicentenaire de la photographie, le choix s’est porté sur le thème de la rue. Un thème qui permettait de mettre en avant le regard des photographes mahorais et leur savoir-faire : « il y avait cette motivation de montrer qu’ont un savoir-faire », explique Bertrand FANONNEL, co-organisateur de l’événement.

Le message principal est d’encourager les jeunes générations à se lancer et à venir aux bicentenaires afin de montrer un autre regard de Mayotte : « On a des professionnels, des amateurs, des passionnés, on a plein de gens différents. La porte n’est pas fermée, elle est ouverte. Ça soit des femmes, des jeunes, ils sont les bienvenues. » Ajoute Ismakidza photographe et parrain de l’organisation du bicentenaire de la photographie à Mayotte.

Le message porté par cette initiative est également de donner envie aux jeunes générations de se lancer dans la photographie et de participer aux prochaines rencontres du bicentenaire. L’objectif est notamment de permettre à chacun de partager son regard sur Mayotte et de montrer une autre facette du territoire à travers l’image : « on a des professionnels, des amateurs, des passionnés, on a plein de gens différents. La porte n’est pas fermée, elle est ouverte. Que ce soit des femmes ou des jeunes, ils sont les bienvenus. » ajoute Ismakidza, photographe et parrain de l’organisation du bicentenaire de la photographie à Mayotte.

Parmi les photographes ayant exposé leurs photos lors de cette première édition, Ismakidza souhaite lui aussi mettre en lumière les instants du quotidien mahorais. Pour lui, la photographie permet de conserver et de partager ces moments de vie qui racontent l’identité du territoire : « À Mayotte, on a plein de moments de vie qu’on doit partager », souligne-t-il.

Le bicentenaire de la photographie à Mayotte se veut ouvert à tous, sans distinction d’âge ou d’origine. À travers cette initiative, l’objectif est de mettre en lumière les artistes et photographes mahorais, tout en offrant un autre regard de l’île. Une découverte qui se poursuivra jusqu’en septembre 2027.

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Il ne croit pas un mot des promesses de Sébastien Lecornu

Il ne croit pas un mot des promesses de Sébastien Lecornu
Bourahima Ali Ousséni (Président de la CPME) estime qu’il incombe aux présidents de l’Assemblée de Mayotte et de l’association des maires d’impulser un débat général sur l’émergence d’un nouveau projet de société à Mayotte avant la présidentielle de 2027.

Un Premier ministre (précédemment ministre des Outre-mer plusieurs fois) qui ferait en 6 mois ce qu’il n’a guère souhaité réaliser au profit de Mayotte au cours des deux mandatures d’Emanuel Macron, Bourahima Ali Ousséni n’y croit pas. Le Président du groupement « Les entrepreneurs de Mayotte » fait une lecture différente de celle de certains élus locaux quelques jours après le passage à Mayotte de Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement français. Il plaide en faveur d’un nouveau projet de société que devrait, selon lui, porter le Président de l’Assemblée de Mayotte et son collègue de l’Association des Maires de Mayotte.

Bourahima Ali Ousséni, Président des Entrepreneurs de Mayotte (nouvelle appellation de la CPME) constate que la refondation de Mayotte post-Chido est un échec patent, et que son démarrage n’est constitué que d’un verbiage officiel creux.  Un démarrage raté qu’il attribue à un manque d’entente de tous les acteurs locaux, premiers concernés dans cette affaire. A ses yeux, le gouvernement Lecornu n’a fait que ce qu’il voulait, comme il le voulait, et depuis Paris. « Je reste sur ma faim et je ne suis pas rassuré parce qu’à plusieurs reprises, nous avons fait des propositions, notamment lorsqu’il a fallu voter la loi sur la refondation de Mayotte à l’été 2025. Le monde économique a largement contribué à enrichir le débat, y compris pour la mise en place de la LODEOM et le maintien du CICE, en demandant des adaptations spécifiques à l’économie locale. Un an et demi après le passage du cyclone Chido, force est de constater aujourd’hui que nous n’avons pas été écoutés et que nous avions raison ».

A l’image de centaines de milliers d’habitants de l’archipel de Mayotte et des médias (locaux, nationaux et internationaux), il constate que le territoire est à terre à tous les niveaux et que les entreprises se trouvent surendettées, les défaillances se cumulant jour après jour. « Toutes ces annonces faites par le Premier ministre, nous n’y croyons pas trop étant donné que nous sommes à la fin de la mandature d’Emannuel Macron et que ce gouvernement ne va pas tarder à rendre son tablier et quitter ses fonctions. Nous restons donc réellement sur notre faim car l’avenir de l’île est incertain », relève avec amertume l’entrepreneur mahorais. Il fait part de sa profonde inquiétude en se basant sur une réalité simple : cette situation catastrophique va se répercuter sur le quotidien des habitants à travers une forte augmentation du coût des denrées alimentaires, des matériaux de construction, du prix du transport terrestre et aérien malgré le saupoudrage ici et là de quelques aides d’Etat largement insuffisantes pour préserver l’économie ou permettre d’impulser une nouvelle dynamie de développement.

« Pour avoir une certitude sur ce que je dis, il suffit d’aller jeter un coup d’œil sur certains sites officiels pour constater qu’il y a très très peu de marchés qui sortent s’agissant de la reconstruction de Mayotte, la rénovation ou la réparation des dégâts causés par le cyclone Chido. La raison est simple, les fonds ne sont pas là, pas plus pour les collectivités locales que pour les entreprises privées, petites ou grandes ».

L’absence de toute déclaration du Premier ministre au sujet de la résorption des millions d’euros de factures impayées post-Chido dans les communes inquiète les entrepreneurs mahorais

Bourahima Ali Ousséni rejette en bloc les affirmations de Sébastien Lecornu faisant état de fonds présents à Mayotte mais non utilisés par les élus locaux. Son explication est que la prétendue présence de ces fonds se limite au papier et qu’en vérité, les crédits de paiement ne sont pas réels. « L’argent sonnante et trébuchante n’est pas dans les comptes bancaires des collectivités locales mahoraises et ceux de la préfecture de Mayotte. Dès lors, rien ne peut se faire concrètement et il faut arrêter des dire des mensonges à la population ». Le Président des « Entrepreneurs de Mayotte » persiste et signe, les propos tenus par Sébastien Leconrnu la semaine dernière à Mayotte n’engage que l’intéressé, « ce sont des déclarations qui ne permettent pas de lancer les travaux de reconstruction de l’archipel dévasté par le cyclone Chido ou d’aider les entreprises à se relever et se maintenir à flot ».

Pour Bourahima Ali Ousséni, si le gouvernement Lecornu était on ne plus sérieux dans ses engagements vis-à-vis des Mahorais, son geste le plus significatif aurait été d’apporter, avant la fin de son gouvernement, une solution aux millions de factures impayées en souffrance actuellement dans les collectivités locales et qui mettent en péril la survie des entreprises locales. « Nous n’avons eu aucune annonce, aucune déclaration en ce sens, ce qui nous inquiète très fortement ».

La crainte avancée par certains observateurs de la société mahoraise au sujet d’un probable soulèvement populaire de protestation sociale contre la cherté de la vie sur le territoire n’est pas du goût de l’entrepreneur Bourahima Ali Ousséni. Il considère que se lancer dans ce genre d’aventure à l’heure actuelle serait une grande erreur pour les Mahorais. « A ce stade, je suis contre toute manifestation, contre tous blocages, je pense que tout est connu, tout a été dit, il faudrait que les Mahorais travaillent collectivement sur un nouveau projet de société, tout en attendant de pieds fermes les différents candidats à l’élection présidentielle de 2027 ». Le président des « Entrepreneurs de Mayotte » encourage ses compatriotes à voter massivement pour la ou les candidats qu’ils estimeront les mieux à l’écoute de leurs préoccupations et difficultés quotidiennes. Pour ce qui concerne le nécessaire nouveau projet de société, Bourahima Ali Ousséni, botte en touche et renvoie la balle dans les mains du Président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousséni et du Président de l’Association des Maires de Mayotte, Ambdilwahedou Soumaïla, qu’il désigne comme étant les deux vrais patrons du territoire à l’heure actuelle.

« C’est à eux deux qu’incombent cette responsabilité. Ils ont les moyens humains et financiers ainsi que les locaux adéquats pour organiser ces débats et ateliers pouvant permettre de sortir Mayotte de sa léthargie actuelle pour un meilleur avenir ». Il réfute toute possibilité que le monde économique local puisse être à la source de cette démarche, considérant que telle n’est pas sa vocation pour n’avoir pas été élu par la population de l’île à cette fin. En revanche, il fait valoir une disposition de la sphère économique mahoraise à apporter sa très large contribution dans un tel débat en vue de faire aboutir cet ambitieux projet collectif.

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Le voile islamique face au kishali à Mayotte

Le voile islamique face au kishali à Mayotte
La proposition de Marine Le Pen sur le port du voile islamique dans l’espace public interroge la distinction entre pratiques religieuses et traditions vestimentaires, notamment autour du kishali.

À Mayotte, Marine Le Pen propose de supprimer le voile islamique dans l’espace public. Une mesure qui ne concernerait pas le kishali, vêtement traditionnel mahorais. Selon un rapport du Sénat, 95 % de la population mahoraise est musulmane.

Pour Frantz Thile, responsable pédagogique du diplôme universitaire «Valeurs de la République et Religions », la question du kishali illustre cette difficulté. La manière dont une femme porte ce vêtement peut notamment renvoyer à son identité mahoraise.

« Lorsqu’une femme le porte attaché, elle revendique son identité mahoraise », explique-t-il. Le kishali peut ainsi être associé à un élément culturel, y compris dans la manière dont il est porté par les jeunes femmes. « C’est une façon de l’attacher », précise-t-il.

Le kishali est traditionnellement le châle qui complète le salouva, tenue emblématique des femmes mahoraises, porté lors des grandes occasions, le vendredi, ou au quotidien par de nombreuses femmes mariées.

« Je suis une petite-fille des Chatouilleuses : celles qui ont mouillé leur salouva pour que Mayotte soit française. Je parle bien de “salouva”. Et de mes souvenirs, je n’ai jamais vu Zéna Mderé, Zaïna Méresse ou Laza Mzé porter de voile islamique. Alors ce débat n’a pas de place à Mayotte», affirme la député Anchya Bamana députée du Rassemblement national.

Une laïcité qui évolue

Cette distinction renvoie également à la manière dont la laïcité s’applique à Mayotte. Pour Frantz Thile, le rapport entre religion et République a évolué depuis la départementalisation du territoire, en 2011.

La question se pose notamment dans le cadre scolaire, où la laïcité doit s’appliquer tout en tenant compte des réalités du territoire. Le professeur observe par ailleurs « une forme d’entrisme » religieux.

« Ce débat n’a pas de place à Mayotte »

Pour la députée, le voile dont parle Marine Le Pen ne doit pas être confondu avec la tenue traditionnelle mahoraise. « Marine Le Pen sait que Mayotte est une terre où l’islam est la religion : oui l’islam, et non l’islamisme », insiste-t-elle.

L’ancienne mairesse de la commune de Sada considère que les priorités des Mahorais se situent ailleurs. Elle cite notamment l’accès à l’eau, les conditions de scolarisation, la restauration scolaire, le système de santé, l’assainissement et la question du foncier. Elle défend également le renforcement des moyens de lutte contre les arrivées de kwassas dans le canal du Mozambique.

Reste la question des conséquences d’une éventuelle interdiction. Pour Frantz Thile, une telle mesure pourrait directement toucher une partie de la jeunesse mahoraise : « On aurait des jeunes impactés, c’est sûr. »

Le professeur insiste sur la nécessité de préserver un équilibre autour du kishali. « Il est important de rester sur ce compromis sur la façon de porter le kishali. S’il n’y a pas de compromis, je pense qu’il y aurait une dérive. Ceci serait vécu comme une attaque. »

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La MDPH ouvre une nouvelle antenne en Petite-Terre

La MDPH ouvre une nouvelle antenne en Petite-Terre
Madi Moussa Velou président délégué de la MDPH et 7e VP de l’assemblée de Mayotte, Ségolène Meunier directrice de la MDPH, Zaïtoune Bamana directrice adjointe de la MDPH.

La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Mayotte a organisé, ce lundi, une conférence de presse à l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux locaux, désormais implantés en Petite-Terre. Cette nouvelle antenne constitue une avancée pour les personnes en situation de handicap résidant sur la Petite-Terre. Jusqu’à présent, elles étaient contraintes de se rendre en Grande-Terre pour s’informer sur leurs droits et accéder aux différentes aides. Cette implantation devrait faciliter leurs démarches et améliorer leur accès aux services de la MDPH.

“ Cette ouverture marque un tournant majeur dans la prise en charge des personnes en situation de handicap de Petite-Terre”, salue Madi Moussa VELOU, président délégué de la MDPH et 7ème vice-président du Conseil départemental de Mayotte.

Longtemps discuté, ce projet est désormais une réalité et vient répondre à une difficulté très concrète : celle de la distance et des déplacements. “ Jusqu’à présent, ces contraintes constituaient un véritable frein à l’accès aux droits et aux dispositifs d’aide pour les personnes en situation de handicap vivant en Petite-Terre”, souligne-t-il.

Cette nouvelle antenne s’engage également à aller à la rencontre des habitants et à se déplacer au plus près de leurs besoins. Avant la concrétisation de ce projet, une permanence avait été mise en place pendant trois ans afin d’expérimenter le dispositif et d’évaluer la pertinence d’une présence de la MDPH en Petite-Terre : “ Cette expérimentation nous a confirmé la nécessité d’une présence plus régulière ”, ajoute le président délégué de la MDPH.

Aujourd’hui, sur les 1200 personnes identifiées par la MDPH en Petite-Terre, 867 bénéficient actuellement de droits et d’un accompagnement. Parmi ces bénéficiaires, 51,5% ont moins de 20 ans, tandis que 40,4% sont âgés de 20 à 59 ans. Les personnes de plus de 60 ans représentent, quant à elles, 8,1 des bénéficiaires.

Mais ces chiffres ne représentent pas pleinement la réalité du terrain : “ Ces chiffres sont bien en dessous de la réalité. C’est la raison pour laquelle notre stratégie est d’aller vers vous, afin de vous éviter de prendre la barge pour venir à Mamoudzou. Cette stratégie nous donne raison et je reste convaincu qu’avec le temps, cela se confirmera dans les données”, justifie le président délégué de la MDPH.

Des temps d’échange seront organisés afin de garantir la présence et l’implication des usagers. Cette démarche reposera notamment sur des partenariats avec la Maison France Services, le Pôle d’accompagnement global de l’Assemblée de Mayotte, les Centres communaux d’action sociale (CCAS) de Petite-Terre, l’antenne de CAF, le rectorat, France Travail, les établissements médico-sociaux ainsi que les associations du territoire.

Le but est de renforcer l’organisation entre les différents acteurs et de faciliter l’accès aux droits et aux dispositifs d’accompagnement pour les personnes en situation de handicap.

Qu’en est-il du fonctionnement ?

Chaque bureau pourra être occupé par la Maison France Services, en fonction de ses besoins, notamment pour accueillir et accompagner les personnes en situation de handicap en parcours d’insertion : “ ils ont leur bureau au premier étage. Pour des questions d’accessibilité, nous avons donc choisi de leur mettre à disposition un bureau au rez-de-chaussée afin qu’ils puissent accueillir leur public leur public à mobilité réduite. ” explique t-elle.

Un bureau sera aussi dédié à l’accompagnement général. Il sera encadré par un assistant social et un agent de l’Assemblée de Mayotte, chargés d’apporter un accompagnement plus général aux usagers dans leurs différentes démarches relevant des compétences du Département : “ On travaille de manière à ce que, lorsque l’usager arrive sur le site, il puisse repartir avec une réponse, que ce soit au niveau de la MDPH, de la Maison France Services ou de nos collègues de l’Assemblée de Mayotte”, déclare-t-elle.

Quelles sont les missions de la MDPH ?

La MDPH traite en moyenne une trentaine de dossiers chaque semaine sur l’ensemble de ses sites. Sur une année, environ 1500 dossiers sont présentés en commission, notamment devant la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) : “ Nous avons constaté une très forte augmentation de l’activité en 2025, avec plus de 2000 dossiers traités par la MDPH et la CDAPH”, explique Ségolène Meunier, directrice de la MDPH.

Parmi les dispositifs proposés, la MDPH délivre notamment des cartes mobilité inclusion ainsi que la prestation de compensation du handicap ( PCH), qui peut permettre de financer différentes aides, notamment à domicile : “ pour les adultes, la MDPH va notamment examiner les questions liées à l’insertion professionnelle. En Petite-Terre, 265 personnes sont actuellement reconnues comme travailleurs handicapés. Nous pouvons également délivrer des notifications d’orientation vers des structures médico-sociales. C’est le cas de 21 personnes actuellement orientées vers un ESAT. Pour les enfants, nous sommes davantage centrés sur les questions liées à la scolarité”, explique la directrice de la MDPH.

Combien a coûté le projet ?

Les travaux ont débuté en mai 2026 : “ Les travaux nous ont coûté à peu près 80 000 euros, auxquels s’ajoutent environ 10 000 euros en équipements. Depuis le début de l’année, on a pu avoir l’espace et commencer les travaux d’aménagement pour pouvoir s’installer aujourd’hui ”, précise Zaïtouni BAMANA directrice adjointe de la MDPH de Petite-Terre.

La MDPH, sera ouverte cinq jours sur cinq, du lundi au vendredi, aux mêmes horaires (8h-15h30) que les autres sites, à Dembéni et à Mamoudzou. Exceptionnellement, les vendredis seront réservés aux rendez-vous : “ le vendredi est dédié aux rayons de service, au traitement des dossiers ; donc l’accueil se fera uniquement sur rendez-vous” confirme la directrice adjointe.

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Deux Trophées des champions pour lancer la saison de basket

Deux Trophées des champions pour lancer la saison de basket

Le basket mahorais a repris de la plus belle des manières ! Samedi 5 septembre, le plateau de Cavani accueillait les Trophées des champions, avec deux rencontres entre les champions de la saison précédente et les vainqueurs de la Coupe de Mayotte.

Chez les femmes, les basketteuses de Labattoir se sont imposées face au Basket Club de M’tsapéré, 70 à 51. Du côté des hommes, l’Étoile Bleue de Kawéni a remporté le trophée face au même adversaire, au terme d’un match beaucoup plus serré et aux multiples rebondissements, 86-80.

La rencontre masculine a tenu le public en haleine jusqu’au bout. Les joueurs de Kawéni ont finalement fait la différence dans les dernières minutes pour décrocher ce premier trophée de la saison. Pour l’Étoile Bleue, ce trophée est le cinquième titre de champion de Mayotte remporté par le club.

Port de Longoni : les discussions ouvrent la voie à une reprise

Port de Longoni : les discussions ouvrent la voie à une reprise
* image d'illustration générée par ia

Une rencontre organisée vendredi 4 septembre entre le Département-Région, l’Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM) et le manutentionnaire Manu-Port a permis, selon la collectivité, d’avancer vers une reprise normale de l’activité au port de Longoni. Les échanges font suite aux difficultés rencontrées depuis la prise en main du port par l’EPPCM, le 1er septembre.

Dans un communiqué, le Département-Région affirme que “les conditions sont ainsi réunies, à ce stade”, pour permettre aux commerçants et aux acteurs économiques de reprendre normalement leurs opérations d’approvisionnement. La collectivité et l’EPPCM indiquent toutefois rester mobilisés, alors que les discussions se poursuivent pour accompagner la reprise de l’activité “dans les meilleures conditions”.

Royal Air annonce une desserte de Mayotte à partir du 15 décembre

Royal Air annonce une desserte de Mayotte à partir du 15 décembre

La compagnie aérienne comorienne Royal Air affirme qu’elle desservira Mayotte à compter du 15 décembre 2026. Créée en 2024, elle poursuit ainsi le développement de son réseau régional, déjà tourné vers les différentes îles des Comores, Madagascar et la Tanzanie.

« Mayotte, on arrive ! », a annoncé la compagnie sur ses réseaux sociaux. Royal Air ne précise toutefois pas encore quelles lignes seront ouvertes vers Dzaoudzi, ni la fréquence des rotations, les horaires ou les tarifs proposés.

Reste également à confirmer que l’ensemble des autorisations nécessaires pour opérer à Mayotte auront été obtenues d’ici au lancement annoncé. Si cette arrivée se concrétise, elle ajouterait un nouvel opérateur sur les liaisons aériennes entre Mayotte et l’archipel des Comores.

Deux concours de la fonction publique territoriale ouverts à Mayotte pour 2027

Deux concours de la fonction publique territoriale ouverts à Mayotte pour 2027

Le Centre de gestion de Mayotte a ouvert les inscriptions pour deux concours de la session 2027 : infirmier en soins généraux et psychologue de classe normale.

Les candidats ont jusqu’au 30 septembre 2026 pour s’inscrire, tandis que les dossiers pourront être déposés jusqu’au 8 octobre. Les inscriptions sont désormais entièrement dématérialisées et doivent être effectuées sur la plateforme nationale Concours-Territorial.

Le Centre de gestion invite les candidats à vérifier au préalable les conditions d’accès et les modalités d’organisation des épreuves. Le calendrier complet des concours est également disponible sur le site du CDG de Mayotte.

Port de Longoni : quand le Département-Région joue l’apprenti sorcier contre la population mahoraise

Port de Longoni : quand le Département-Région joue l’apprenti sorcier contre la population mahoraise

Plus de 1710 conteneurs en souffrance au port de Longoni vendredi matin. « Les entreprises ne vont jamais accepter de faire faillite pour une situation qu’elles n’ont pas généré », prévient Ibrahima Ali Ousséni le président des « Les Entrepreneurs Mayotte ». Présent à Longoni vendredi matin, il explique que le département joue à l’apprenti sorcier avec le port. Il prévient que « la population va souffrir car s’il faut facturer le carton de mabawa à 60 euros, ce sera fait et tant pis pour le citoyen qui ne sera plus en capaciter de l’acheter. Le département gouverne sans vision et sans projet, il essai des formules pour voir si cela fonctionne ou pas ». Pendant que le chaos s’installe au port Ben Issa Ousséni se pavanait au Québec puis au 07, rue Oudinot à Paris chez Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer.

Revenu sous le giron du département de Mayotte qui l’a placé le 01 septembre 2026 sous la gestion d’une entité publique dénommée « Etablissement Public du Port de Commerce de Mayotte », le port de Longoni a été au centre des préoccupations de tous les Mahorais tout au long de la semaine écoulée. Et pour cause, ce qui s’y passe n’augure rien de bon pour la poche des citoyens de l’île déjà confronté à une inflation record depuis plusieurs années et que les conséquences du cyclone Chido en décembre 2024 sont venues accentuer. Un flot d’informations diffusées par certains opérateurs sur place indique une flambée inexorable des prix à la consommation au cours des jours et semaines à venir. Le scénario du pire que redoutait la population lorsqu’il a été acquis que la gestion de ce port revenait dans les mains du département.

Dans la matinée du 19 août dernière, le conseil d’administration de cet établissement s’était réuni au siège du Département-Région à Mamoudzou (pour la troisième fois depuis sa création) et une conférence de presse avait suivi par la suite. A cette occasion, la présidente de cet EPPCM, Zamimou Ahamadi et sa vice-présidente, Mariame Saïd Kalam, avaient alors assuré à la presse locale que tout était sur les bons rails, que la passation entre l’ancien délégataire et le nouvel établissement public se ferait comme une lettre à la poste et n’occasionnerait aucune gêne pour le consommateur mahorais. Bien que plutôt très rassurant, ce discours avait plutôt laissé sceptique tout un chacun, à juste titre, la situation au port étant plus compliquée qu’elle n’y paraissait.

La justice ayant tranché pour la fin anticipée de la DSP jadis confiée à Mayotte Channel Gateway (MCG), les choses étaient ainsi faites et il fallait conjuguer l’avenir du port, mais également celui des Mahoraises et des Mahorais dans le flou artistique d’une navigation à vue annonciatrice de lendemains déchantant. Si le Département-Région sous la gouverne de Ben Issa Ousséni est familière d’une telle situation, il n’en est pas de même pour l’ensemble des habitants de Mayotte qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts depuis 2025. Force est de constater en effet que sur place à Longoni, l’avenir immédiat aurait des relents de Far West et s’annonce désastreuse pour les citoyens à faibles revenus.

Vive l’EPIC, plus de 1710 conteneurs en attente de traitement vendredi à 11 heures au port de Longoni.

Non seulement le Président du Département-Région de Mayotte n’a pas réussi à bouter Ida Nel (la patronne du groupe MCG) hors du périmètre du port comme il s’est gargarisé de la faire des semaines durant auparavant, mais il s’en trouve plus que jamais dépendant à travers sa deuxième société « Manu port ». La semaine qui vient de s’écouler a été tout simplement « bordélique » et le mot n’est pas assez fort pour décrire le chaos qui y a régné. Le moins que l’on ait pu constater c’est qu’il a eu indéniablement de la précipitation du côté du Département-Région entre création d’une EPIC et un d’un EPPCM et que crier que l’on peut faire ne vaut nullement une capacité véritable de réaliser. Au stade où nous en sommes ce dimanche matin, un focus s’impose pour ne pas égarer les lecteurs de Flash Infos et le plus généralement le public.

Cette affaire du port de Longoni a été déclenchée par des intérêts très privés et partisans qui ne se soucient guère des habitants de cette île. Des opérateurs économiques membres de l’Union Maritime de Mayotte, qui se sont vu augmenter le prix du loyer de leurs entreprises sur le périmètre du port de Logoni qui sont passé de 2 euros mensuels à 30 euros. Des privilégiés qui se sont engraissés sur la bête des années durant au détriment de certains de leurs concurrents qui s’acquittent de 20 euros mensuels dans la zone industrielle voisine du port et d’autres pour des montants plus conséquents encore en ville dans l’agglomération de Koungou-Mamoudzou. Un rapide calcul et l’on s’aperçoit que toute cette plaisanterie aura privé le Département d’une coquette recette de plus de 20 millions d’euros approximativement.

Là où le bât blesse, c’est que feuilleton du port de Longoni a pris sa source sur un problème d’augmentation de tarifs par la MCG qui n’aurait pas été préalablement validé par le délégataire alors qu’il s’agit d’une tarification encadrée. Seulement voilà, c’est ce même délégataire qui a recalculé les coûts des prestations avant le 01 septembre 2026, se contentant de recourir à la même grille que la MCG en tripatouillant simplement quelques chiffres à la hausse. La présidente de l’EPIC, Zamimou Ahamadi, s’apercevait soudainement que la gestion d’un port entrainait des coûts de fonctionnement ! Enfin, « mieux vaut tard que jamais », dit un adage. Toujours est-il que « vendredi 4 septembre 2026 à 11 heures, 1710 conteneurs se trouvaient bloqués dans le port de Longoni », une situation attestée le président du groupement « Les Entreprises de Mayotte », Bourahima Ali Ousséni.

Celui a indiqué à Flash Info que, « nous avons reçu une communication des compagnies maritimes par courriel qu’elles vont nous facturer les sur-estames. Cette précision signifie clairement que c’est aux Mahorais et aux importateurs de supporter les sur-estames de ces 1710 conteneurs, sachant qu’il va y en avoir d’autres puisque des bateaux sont là en attente au mouillage pour venir dépoter ». L’entrepreneur ne mache pas ses mots et indexe directement les dirigeants du Département-Région qui se sont emmurés dans un refus absolu d’entendre les voix qui les appelaient à la raison à propos des délais trop courts et l’impréparation face au défi de la reprise de la gestion du port de Logoni à dater du 01 septembre 2026.

Ben Issa Ousséni, Zamimou Ahamadai et Mariame Saïd Kalam jouent aux apprentis sorciers avec la population de Mayotte depuis le 01 septembre 2026

Outre ce courriel des compagnies maritimes, d’autres éléments viennent se rajouter à ce cocktail pour le moins explosif pour la poche du consommateur mahorais, le pilote (opérateur indispensable pour guider les bateaux jusqu’à leur arrimage à quai) a décidé de faire exploser les coûts de ces prestations, des sources sur place ont indiqué à Flash Infos que celles-ci ont dépassé les 100% d’augmentation au seul motif que c’est l’EPIC qui commande la destinée du port de Longoni désormais. Mais il y a pire encore en termes d’indicateur de la souffrance quotidienne que Ben Issa Ousséni, Zamimou Ahamadi, Mariame Said Kalam et les services de l’Etat (qui sont leurs partenaires dans cette opération) réserve aux citoyens de l’île, les tarifs des prestations (autrefois encadré sous la DSP confiée à la MCG) ne sont désormais soumis à aucun contrôle de la part de Ben Issa Ousséni et compagnie.

Chacun peut pratiquer le prix qu’il veut et tant pis pour le consommateur mahorais en bout chaîne, le Département-Région le condamne à mourir de faim s’il ne dispose pas des moyens nécessaires pour payer le carton de mabawa ou le sac de riz au prix qui sera imposé par les commerçants une leurs marchandises sorties du port. « On nage en plein délire », observe Hafsoiti Abdillah, une commerçante de Majicavo-Dubaï venu s’enquérir du sort réservé à son conteneur supposé être déparqué quelque part dans le port de Longoni. Le Président des « Entrepreneurs de Mayotte » fustige le comportement de Ben Issa Ousséni dans ce dossier, allant jusqu’à qualifier les tenants de l’EPIC « d’apprentis sorciers qui jouent avec la vie de la population de cette île en faisant des tests et des formules pour vérifier si cela fonctionne ou pas » !

Bourahima Ali Ousséni tire la sonnette d’alarme sur un risque évident, si ce chaos causé par Zamimou Ahamadi, Mariame Saïd Kalam, Ben Issa Ousséni et les services de l’Etat à Mayotte qui leur apportent un soutien non négligeable dans ce désordre ambiant, « les compagnies maritimes vont reconsidérer la desserte de Mayotte, avec le risque de faire transiter nos conteneurs à Maurice, La réunion ou ailleurs, les pénuries vont s’amonceler et la population va souffrir énormément car tout ce qui est rare est cher. Les entreprises mahoraises n’accepteront jamais de faire faillite alors qu’elles n’ont pas été la source des décisions désastreuses de Département-Région ». Bourahima Ali Ousséni prévient, Mayotte va suivre le même chemin que certains pays du tiers-monde, celui qui aura la poche suffisamment pleine pour payer le prix des denrées alimentaires dans le commerce va manger, « les plus vulnérables vont devoir crever la bouche ouverte ».

Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement qui est venu valider ce concept les 26 et 27 septembre 2026, ne sera pas à Mayotte pour constater la tragédie planifiée et exécuté par Ben Issa Ousséni et son entourage politique. Que faire la justice en pareille situation de mise en danger volontaire de la vie d’autrui ? Aucune autorité ne pourra prétendre le moment venu qu’il ignorait ce qui allait arriver ! Le communiqué de presse publié dans la nuit de vendredi à samedi par le Département-Région annonçant un compromis avec Manu port pour un retour à la normal au port ce lundi matin n’y fera rien ! La population mahoraise dans son ensemble a parfaitement compris à quelle sauce elle va être consommée par le système avec la bénédiction assumée de Ben Issa Ousséni.

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« On se sent démunis » : à Barakani, les habitants entre colère et inquiétude face aux incendies

« On se sent démunis » : à Barakani, les habitants entre colère et inquiétude face aux incendies
Deux jeunes hommes observent, impuissants, les flammes prendre de l’ampleur alors que les pompiers ne sont pas encore sur place.

Après avoir ravagé 25 hectares entre Barakani et Chiconi la semaine dernière, une reprise de feu a touché la vallée, vendredi 4 septembre. Face aux incendies à répétition, les habitants expriment leur inquiétude et leur colère, tout en s’interrogeant sur l’origine des feux et les moyens déployés pour les combattre.

En proie aux flammes, les chaumes de bambou éclatent les uns après les autres, tels des pétards. Leurs détonations, soudaines et aléatoires, résonnent dans toute la vallée de la rivière Mro Wa Coconi, qui serpente de Coconi jusqu’à la baie de Chiconi. Attisé par le vent, le feu gagne rapidement du terrain. En quelques minutes, des bambouseraies entières s’embrasent, tandis que les feuillages des arbres passent du vert au jaune, puis se consument jusqu’à noircir.

Alertés par ce vacarme, plusieurs habitants de Barakani se rassemblent sur les hauteurs, au bord de la route nationale 2, ce vendredi 4 septembre, aux alentours de 13 h 20, pour observer, impuissants, la progression du feu. La semaine précédente déjà, les flammes avaient ravagé la vallée, détruisant 25 hectares entre Barakani et Chiconi et mobilisant les sapeurs-pompiers durant trois jours.

En contrebas de la route, les stigmates de l’incendie sont partout. Des carcasses de voitures calcinées, des bambous éclatés et des arbres noircis s’étendent à perte de vue, parsemant la forêt de larges taches jaunes et noires. Le garage qui se dressait en bordure de route a lui aussi été réduit à l’état de ruines.

“C’est quelqu’un qui fait exprès de mettre le feu c’est sûr”

Si les flammes n’ont jamais atteint le village, cette reprise de feu questionne autant qu’elle inquiète les habitants, moins pour le danger immédiat que pour l’avenir du territoire.

“On ne comprend pas pourquoi il y a des feux qui s’allument à certains endroits. Est-ce que c’est à cause d’un mégot de cigarette ? Un agriculteur qui cultivait ?”, s’interroge une habitante, qui filme les flammes avec son téléphone. “Les dégâts sont énormes. Le vent, mais aussi le soleil, font que le feu part très vite, que les bambous soient secs ou non. On se sent démunis”.

“Il ne faut pas que les flammes atteignent le collège de Ouangani, il faut protéger la ville”, avertit la jeune femme, alors que la fumée obstrue progressivement le ciel. “C’est très compliqué pour les pompiers d’intervenir, car le terrain en pente est inaccessible”, ajoute-t-elle, désemparée.

“C’est quelqu’un qui fait exprès de mettre le feu, c’est sûr. Ils ont mis trois jours à l’éteindre et là, ça reprend. Ça m’inquiète tout ça”, lance Abdé, un jeune du village, avant de s’approcher de l’incendie avec son scooter électrique, rapidement rejoint par plusieurs dizaines de jeunes.

Une enquête en cours pour déterminer l’origine des incendies

Rapidement prévenu, le maire de Ouangani, Issoufi Madi, arrive à son tour sur place. Au téléphone, il donne des informations au village voisin de Chiconi. La route est rapidement bouclée dans les deux sens. 

“La priorité est de faire en sorte que le feu ne traverse pas la route en direction du village”, appuie le maire, en ramassant un morceau de bois brûlé sur la route.

“C’est la première fois que je vois un feu de cette ampleur ici. Si l’hélicoptère bombardier d’eau n’était pas intervenu la semaine dernière pour aider les pompiers, je ne sais pas comment on aurait fait”.

Questionné sur l’origine du feu, qui interroge les habitants, le maire assure attendre les résultats de l’enquête en cours. “C’est une situation tendue et il faut de la vigilance”, insiste-t-il. “Les brûlis sont interdits, il faut le répéter, et une campagne de sensibilisation va être menée. Il faut aussi rappeler à la population que depuis le cyclone Chido, il y a beaucoup de branches au sol, qui peuvent servir de combustible”.

Vers 13 h 45, les pompiers arrivent finalement sur place. Au contact du brasier, l’eau se transforme instantanément en vapeur, dans un long chuintement.

Lorsque leurs réserves d’eau s’épuisent, les camions de pompiers se rendent jusqu’au collège de Ouangani pour remplir leurs citernes. À chacun de leurs passages dans le village, les habitants lèvent les yeux. Assis sous les farés, faisant leurs courses ou partageant un repas, tous scrutent les véhicules.

Un sentiment d’injustice et de colère face aux flammes

Réunis autour d’une table, dans un restaurant du village, plusieurs habitants, tous ont souhaité garder leur anonymat, échangent sur le sinistre. Les langues se délient, les hypothèses circulent et tous partagent ce sentiment d’injustice face aux flammes.

“Jamais un incendie n’a duré aussi longtemps”, assure l’un d’entre eux qui privilégie la thèse de l’incendie criminel, une hypothèse partagée par beaucoup d’autres.

“Au-delà du fautif, ce qui est inquiétant c’est les moyens qui sont mis pour lutter contre les feux”, intervient un autre, questionnant les moyens engagés par l’État à Mayotte en comparaison avec d’autres territoires et surtout l’utilité de l’hélicoptère bombardier d’eau qu’il voit passer au-dessus de chez lui. “Il est loué pour quatre mois pour près d’environ 400.000 euros, mais il ne ramène pas assez d’eau dans sa nacelle !”.

“Tant qu’il n’y a pas un mort, ils ne vont pas se bouger”, estime-t-il, faisant le lien avec la réponse apportée par l’État après le cyclone Chido, qu’il juge “insuffisante”.

“On blâme la culture sur brûlis, mais le Mahorais doit faire avec ses moyens pour se nourrir, car le coût de la vie est trop cher. Quand tu plantes pour te nourrir, tu n’as pas le souhait de tout détruire. Mais il faut taper sur le Mahorais”, continue-t-il, pointant du doigt les “leçons” des associations environnementales.

Tous partagent néanmoins l’urgence de protéger l’environnement dans lequel ils ont grandi. “Moins il y a d’arbres, moins il y a d’eau dans la rivière alors qu’on souffre déjà du manque d’eau. Si les feux continuent dans deux ans, tout va être à sec, c’est une évidence”. 

À quelques mètres de là, des dizaines d’élèves quittent le collège de Ouangani dans le calme. Le feu a franchi la route nationale et l’établissement a été évacué à titre préventif.

Vers 15h, la pluie commence à tomber. Une aubaine pour les sapeurs-pompiers, qui finissent par maîtriser l’incendie. Les flammes s’éteignent, mais pas les inquiétudes des habitants. Il faudra plus qu’une averse pour effacer les traces du feu et apaiser la colère.

 

« Il faut que la préfecture sorte du silence »

Face à la multiplication des incendies à Mayotte, les Naturalistes de Mayotte renouvellent leur demande d’interdire les brûlis pendant la saison sèche. L’association affirme avoir alerté le préfet dès le 22 juin sur la nécessité de prendre un arrêté en ce sens.

En juillet, alors que la préfecture présentait de nouveaux moyens de lutte contre les incendies, les Naturalistes avaient publié un premier communiqué intitulé “Anticiper les incendies : interdire les brûlis”. L’association indiquait alors avoir appris qu’un arrêté d’interdiction était en préparation.Depuis, toujours rien.

Après les 13 départs de feu recensés le week-end dernier, dont celui de Barakani, et une trentaine d’hectares concernés, les Naturalistes ont renouvelé leur appel dans un communiqué publié le 31 août : “il faut interdire les brûlis”.

Ils demandent un arrêté d’interdiction totale des feux de végétation jusqu’en décembre, accompagné d’une campagne d’information, d’un renforcement des contrôles et des sanctions, ainsi que de tables rondes avec les différents acteurs pour présenter les enjeux et les alternatives aux brûlis.

“Il faut que la préfecture sorte du silence et ne prenne pas prétexte de la réserve électorale dans quelques semaines pour ne rien faire”, insiste Michel Charpentier, président de l’association, qui redoute une nouvelle catastrophe après les quelque 300 hectares partis en fumée l’an dernier.

Questionnée sur la possibilité d’un arrêté d’interdiction et sur les mesures envisagées pour prévenir les incendies, la préfecture n’a pas répondu au moment de la publication.

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Routes à Mayotte : État, Département, communes… qui est responsable de quoi ?

Routes à Mayotte : État, Département, communes… qui est responsable de quoi ?

Nids-de-poule, végétation qui déborde sur la chaussée, trottoirs dégradés, travaux de réseaux mal repris… Sur les réseaux sociaux, les mêmes reproches reviennent régulièrement, adressés tantôt à la mairie, tantôt au Département ou à la DEALM, sans que l’on sache toujours à qui revient réellement la responsabilité. Or celle-ci dépend à la fois du statut de la route et, dans certains cas, de sa localisation en ou hors agglomération. Jean-Michel Lehay, directeur des routes du Département-Région, détaille ce partage des compétences, alors que les routes nationales devraient à terme être transférées à la collectivité.

À Mayotte, comme sur l’ensemble du territoire national le réseau se divise en trois grandes catégories : les routes nationales, les routes départementales et les voies communales. Chacune relevant d’un gestionnaire différent.

L’île compte aujourd’hui environ 90 kilomètres de routes nationales : la RN1 entre Mtsamboro et Mamoudzou, la RN2 de Mamoudzou à Sada, la RN3 entre Tsararano et Tsimkoura et la RN4 entre le quai Issoufali et l’aéroport. À cela s’ajoutent environ 144 kilomètres de routes départementales.

Les routes nationales bientôt transférées au Département-Région ?

Cette coexistence entre réseau national et départemental pourrait cependant ne plus durer très longtemps. Les routes nationales ont été transférées aux régions dans la plupart des territoires ultramarins. À Mayotte, le changement de statut institutionnel en Département-Région en début d’année ouvre désormais la voie à un transfert similaire.

Jean-Michel Lehay évoque un horizon d’« un an à deux ans », sans qu’un calendrier définitif soit arrêté. Le Département-Région se dit prêt à reprendre ces routes, mais les discussions portent encore sur les moyens qui accompagneront ce changement.

Car la collectivité ne veut pas récupérer un réseau nécessitant d’importants investissements sans compensation suffisante. « Il n’y a pas de raison que ce soit le Département-Région qui paye les manquements de l’État en investissement sur les routes nationales », résume le directeur des routes. La négociation porte à la fois sur l’état des infrastructures, leur remise aux normes les moyens financiers et le devenir des personnels chargés de leur entretien.

En attendant, les routes nationales restent sous la responsabilité de l’État, via la DEALM, qui en assure l’entretien et l’exploitation. Hors agglomération, elle est également responsable des accotements ; en agglomération, ceux-ci relèvent des communes.

Sur les départementales, le Département assure les travaux d’ampleur, la DEALM l’entretien et l’exploitation

Pour les routes départementales, l’organisation est un peu plus complexe. Le Département en est le gestionnaire. Sa direction des routes, créée en septembre 2023, prend en charge les travaux d’amélioration du réseau et la création de nouvelles voies.

Pour l’entretien, la répartition varie selon que l’on se trouve ou non en agglomération. Hors agglomération, le Département est responsable de la chaussée et de ses dépendances, des ouvrages d’art, des équipements de sécurité et de la signalisation. En agglomération, il conserve notamment l’entretien de la chaussée, tandis que les trottoirs, les plantations, l’éclairage public ou encore certains équipements liés à la circulation relèvent de la commune. Cette répartition est encadrée par le règlement de voirie départemental, validé en mars 2023 par l’Assemblée de Mayotte.

Dans les faits, l’entretien et de l’exploitation quotidienne du réseau départemental est toujours réalisée par les agents de la DEALM dans le cadre d’une convention avec la collectivité. Ils interviennent notamment après les accidents, pour certains petits travaux, le traitement des nids-de-poule ou encore le fauchage. Le Département finance une partie du matériel et peut également faire appel à des entreprises privées lorsque les moyens de la DEALM ne suffisent pas.

Sur une voie communale, c’est à la mairie d’intervenir

Pour les voies communales, la règle est plus simple : elles relèvent de la commune. Chaussée, accotements, murs de soutènement et autres dépendances sont donc à sa charge, sauf lorsqu’une voie a été transférée à une intercommunalité.

« Comme c’est du domaine public communal, on ne peut pas et on n’a pas le droit d’intervenir sur leur domaine », insiste Jean-Michel Lehay. Autrement dit, un nid-de-poule situé dans une rue communale ne relève ni du Département ni de la DEALM.

Cette distinction explique une partie des incompréhensions régulièrement observées sur les réseaux sociaux. Une route très fréquentée peut parfaitement être communale et, inversement, une route traversant le centre d’un village peut demeurer nationale ou départementale.

Eau, assainissement, fibre : les concessionnaires doivent remettre la route en état

Autre source régulière de mécontentement : les routes ouvertes pour poser une canalisation d’eau, un réseau d’assainissement, de l’électricité ou de la fibre.

Les entreprises privilégient généralement le domaine public, continu le long des routes, plutôt que de devoir négocier avec une multitude de propriétaires privés. En contrepartie, ils versent une redevance pour l’occuper.

Sur une départementale, les concessionnaires doivent obtenir une permission avant d’intervenir et respecter les règles fixées pour remettre ensuite la chaussée en état. Deux fois par an, des réunions de coordination permettent aussi de croiser les calendriers de travaux et d’éviter, autant que possible, qu’une route fraîchement rénovée soit rouverte quelques semaines plus tard.

Le règlement de voirie protège les revêtements récents. Une tranchée est en principe interdite sur une chaussée refaite depuis moins de trois ans, sauf urgence, dérogation ou travaux de branchements. Si une intervention a tout de même lieu, le concessionnaire doit reprendre toute la largeur de la voie. Entre trois et cinq ans, la réfection porte, selon Jean-Michel Lehay, sur la demi-chaussée concernée. « Je ne veux pas de trous dans mes routes », résume-t-il.

Sur les voies communales, l’encadrement est plus inégal. Les communes doivent elles aussi se doter d’un règlement de voirie conforme à celui du Département. Seules Pamandzi, Mamoudzou et Koungou en disposeraient actuellement, tandis que les autres gèrent encore les interventions au cas par cas. « Il n’y a que le règlement de voirie qui peut imposer des règles aux concessionnaires », souligne-t-il.

Une confusion héritée de l’ancienne organisation

Si la répartition paraît complexe, c’est aussi parce qu’elle a beaucoup évolué. Pendant longtemps, la DEALM intervenait très largement sur le réseau routier mahorais. La création récente d’une véritable direction des routes au Département a changé la donne sans que cette nouvelle organisation soit forcément connue du grand public.

« Dans l’esprit des gens, s’il y a un problème de route, c’est la faute de la DEALM. Alors dans certains cas c’est vrai, mais dans d’autres non », constate Jean-Michel Lehay.

Une situation que le futur transfert des nationales pourrait à terme simplifier : le Département-Région deviendrait alors gestionnaire de l’essentiel du grand réseau routier de Mayotte. Restera toujours, cependant, la frontière avec les voies communales et le partage des compétences en agglomération. Autrement dit, avant de savoir qui doit intervenir, encore faut-il donc identifier la route concernée et savoir à qui elle appartient.

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Sentiers oubliés, enjeux actuels : la randonnée mahoraise en quête de cadre

Sentiers oubliés, enjeux actuels : la randonnée mahoraise en quête de cadre
Lors de la conférence sur la réglementation des milieux naturels au 2ᵉ Salon de la Randonnée et du Trail de Mayotte, acteurs institutionnels, associatifs et pratiquants ont appelé à une gouvernance partagée pour sécuriser et valoriser les sentiers de l’île.

Alors que la deuxième édition du Salon de la Randonnée et du Trail se tient du 4 au 6 septembre 2026 au Pôle d’Excellence Rurale de Coconi, une question s’impose : comment concilier essor des sports de nature, protection des milieux et sécurité des pratiquants dans un territoire

Un territoire sous pression, des sentiers à sécuriser

À Mayotte, la randonnée bute sur des freins structurels : absence de PDIPR (Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée), manque de conventions de passage avec les propriétaires fonciers, sentiers peu ou pas balisés, entretien irrégulier et risques accrus par l’érosion et l’insécurité. Le cyclone Chido (décembre 2024) a aggravé la situation en détruisant ou rendant inaccessibles de nombreux itinéraires, freinant le développement des activités de pleine nature.

Dans ce contexte, la multiplication des groupes et associations qui emmènent du public sur des sites non identifiés ni aménagés devient problématique. « Aujourd’hui, des groupes de personnes et d’association amènent du public sur ces sites et là ça devient dangereux. On ne peut pas amener des personnes sur des sites qui ne sont pas sécurisés, identifiés, qui ne sont pas aménagés », alerte Ackeem Ahmed, directeur de l’Office de Tourisme de la 3CO.

« Il faut une volonté politique »

Pour Ackeem Ahmed, la clé est politique. « Il y a plusieurs parties prenantes sur la table : les politiques, l’ONF, les conservatoires, les acteurs qui pratiquent ainsi que les associations sportives », observe-t-il, pointant la complexité d’une coordination à l’échelle d’un territoire majoritairement rural. Selon lui, la maîtrise foncière, la formation, l’aménagement et la sécurisation des itinéraires exigent une stratégie claire impliquant maires, intercommunalités, département et région.

« Pour y arriver il faut une volonté politique, parce que tout Mayotte est en milieu rural. Il va falloir protéger la population. Le maire est responsable sur son territoire, tout comme les intercos, le département, la région : tous devront s’interroger pour savoir ce qu’il va être tracé comme stratégie de développement », insiste-t-il. Derrière ces mots, l’enjeu est de passer d’usages coutumiers du milieu à une offre structurée, lisible et sûre.

Les sentiers racontent une histoire plus ancienne que le trail

Si la randonnée peut apparaître comme une pratique récente, les sentiers mahorais portent une mémoire plus longue. « Lorsque nous parlons aujourd’hui de randonnée, nous avons parfois l’impression qu’il s’agit d’une pratique récente. Pourtant, les sentiers racontent une histoire beaucoup plus ancienne », rappelle Ibrahim Mcolo, guide, concepteur et acteur de la valorisation du patrimoine.

Dès 1998, à l’initiative du comité de tourisme de Mayotte et sous l’impulsion de M. Attoumani Harouna, naît le premier GR de l’île : un itinéraire de 165 kilomètres. Entre 2001 et 2004, l’entretien est assuré conjointement par le Conseil général et l’Office national des forêts (ONF), qui interviennent sur le balisage et le nettoyage. Mais les réorganisations administratives récentes ont complexifié la gestion des dossiers, tandis que s’accumulent au fil des ans les difficultés : absence d’entretien, disparition progressive du balisage, manque d’encadrement.

« Si nous voulons développer un tourisme durable à Mayotte, commençons par prendre soin de ces chemins qui racontent notre ville », ajoute-t-il, reliant directement la qualité de l’offre de randonnée à la valorisation du patrimoine naturel et culturel mahorais.

Un salon pour fédérer et structurer l’offre

Organisé par l’Office de Tourisme du Centre-Ouest (3CO), le Salon de la Randonnée et du Trail vise précisément à rassembler institutions, collectivités, associations, professionnels du tourisme, acteurs du sport et pratiquants pour structurer une offre durable, sécurisée et attractive. Au-delà de la promotion de la randonnée pédestre et du trail, l’événement engage une dynamique collective sur l’entretien et le nettoyage des sentiers, le balisage, les aménagements nécessaires, la sécurisation des itinéraires, ainsi que la gouvernance et la valorisation de ce patrimoine naturel exceptionnel.

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Le Département-Région de Mayotte renforce ses partenariats avec le Québec

Le Département-Région de Mayotte renforce ses partenariats avec le Québec

Le Président du Département-Région de Mayotte, Ben Issa Ousséni, a signé le 29 août 2026 au Québec des conventions avec quatre Cégeps partenaires. Depuis 2022, 65 jeunes Mahorais ont bénéficié de ce programme de mobilité vers le Canada. « Un jeune qui part se former à l’étranger n’est pas un jeune que Mayotte perd », a déclaré Ben Issa Ousséni. Le Département-Région souhaite élargir cette coopération aux universités canadiennes dans six domaines prioritaires : santé, ingénierie, environnement, numérique, recherche et innovation, afin de former des compétences répondant aux besoins stratégiques du territoire.

Les coûts de construction et de travaux publics repartent fortement à la hausse

Les coûts de construction et de travaux publics repartent fortement à la hausse

Les prix dans le secteur de la construction et des travaux publics continuent de progresser à Mayotte. Selon les derniers indices publiés par l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM), les coûts liés au bâtiment ont augmenté de 7,6 % sur un an en juin 2026, tandis que ceux des travaux publics ont bondi de 14,8 % sur la même période.

Ces deux indices permettent notamment de suivre l’évolution des coûts dans le secteur et servent à réviser les prix des marchés. L’indice BTM 01 concerne les opérations de rénovation et de construction de bâtiments, tandis que l’indice TPM 01 est utilisé pour la révision des prix des marchés de travaux publics.

Cette hausse intervient après une période de relative stabilité en 2025. L’indice du bâtiment n’avait progressé que de 0,9 % sur un an en juin 2025, et celui des travaux publics de 0,2 %.

Ces évolutions interviennent alors que les besoins de reconstruction restent importants à Mayotte, après le passage du cyclone Chido en décembre 2024.

Les créations d’entreprises bondissent de 51 % en 2025

Les créations d’entreprises bondissent de 51 % en 2025
* image d'illustration générée par ia

2 301 entreprises ont été créées à Mayotte en 2025, selon l’Insee, soit 781 de plus qu’en 2024 (+51,5 %). L’institut souligne toutefois que ces données restent fragiles à Mayotte, en raison d’une couverture incomplète des unités légales dans le répertoire Sirene.

La hausse concerne principalement les activités de commerce, transports, hébergement et restauration, qui représentent 55,9 % des créations. Les autres services comptent pour 23,7 % et la construction pour 11,3 %. Les entreprises individuelles représentent, elles, 70,4 % des nouvelles créations.

Après une baisse de 13 % en 2024, cette forte progression pourrait notamment s’expliquer par le rebond de l’activité lié à la reconstruction après le cyclone Chido. Reste désormais à voir si cette dynamique se poursuit dans les prochaines années et si les entreprises créées parviennent à s’inscrire dans la durée.

Le Trophée des Champions lance la saison de basket samedi à Cavani

Le Trophée des Champions lance la saison de basket samedi à Cavani

Le basket mahorais fait sa rentrée ce samedi 5 septembre avec le Trophée des Champions, organisé au Plateau de Cavani. Cette première grande affiche de la saison réunira les vainqueurs du championnat et de la Coupe de Mayotte de la saison précédente.

Deux rencontres sont au programme. Chez les dames, le Vautour Club de Labattoir affrontera le Basket Club M’Tsapéré à 14h30. La journée se poursuivra avec la rencontre masculine entre l’Étoile Bleue de Kawéni et le Basket Club M’Tsapéré, à 16h45. Deux trophées seront ainsi décernés à l’issue de ces confrontations.

Le rendez-vous est présenté comme le premier grand événement de la saison, avant la reprise des compétitions de basket. La billetterie est fixée à 5 euros pour les gradins hauts, 10 euros pour les gradins bas et 15 euros pour une place en courtside. L’entrée est gratuite pour les enfants de moins de 6 ans.

La saison passée, le Magic Basket de Passamainty s’était imposé chez les dames face à Fuz’Ellipse de Cavani (66-58), tandis que l’Étoile Bleue de Kawéni avait remporté le trophée masculin face au Vautour Club de Labattoir (70-67).

Stade et gymnase de Cavani : dix ans d’attente et des chantiers sans fin

Stade et gymnase de Cavani : dix ans d'attente et des chantiers sans fin
Selon le Département-Région, la tribune du stade est en phase de second œuvre et de finitions.

Depuis près de dix ans, la réhabilitation du stade de Cavani s’enlise, tandis que le gymnase voisin reste hors d’usage malgré des travaux annoncés depuis plusieurs années. Entre retards, procédures et manque d’informations pour les clubs, l’avenir des deux équipements sportifs reste dans le flou. Le Département-Région assure pourtant que les chantiers sont bien en cours.

De part et d’autre du boulevard Marcel-Henry, à Cavani, le temps semble s’être arrêté. D’un côté, les abords du stade et de sa tribune sont progressivement gagnés par les herbes et les arbustes, qui poussent au milieu d’une piste d’athlétisme parsemée de cicatrices et de traces d’usure. Les clôtures éventrées laissent passer les animaux — chiens, chèvres — mais aussi les habitants du quartier, venus chercher un peu d’ombre. De l’autre, le gymnase et son imposante façade couverte de graffitis ressemblent à une carcasse de navire échouée.

Deux histoires différentes, un même constat

Sous ces airs de décrépitude, les deux équipements ne connaissent pourtant pas le même sort. Le stade continue d’accueillir chaque jour clubs et sportifs, malgré un état de dégradation avancé, alors que le gymnase est aujourd’hui complètement inutilisable. Pour autant le constat est le même : de part et d’autre du boulevard, l’avenir de ces deux infrastructures reste flou.

Le stade est engagé dans une réhabilitation depuis 2016, année où la première pierre a été posée pour un chantier annoncé sur 18 mois. Mais les travaux prennent rapidement du retard et, au fil des années, le projet s’enlise. En 2023, le stade est en partie occupé par un camp de migrants, qui sera démantelé au printemps 2024, sans pour autant débloquer le chantier.

En 2026, alors que le stade est toujours utilisé dans des conditions dégradées, de nouvelles procédures sont engagées pour reprendre les travaux. Une première consultation pour la réhabilitation des aires sportives est finalement abandonnée après une décision du tribunal administratif, avant qu’une nouvelle procédure ne soit relancée dans la foulée. En juin, le Département annonçait notamment de nouvelles interventions sur la pelouse synthétique, la piste d’athlétisme et l’éclairage, avec une remise en service désormais espérée début 2027, moment où le stade sera “remis à la population”.

Le gymnase, lui, traîne une histoire plus ancienne et plus lourde. Construit en 1995, il faisait déjà l’objet de dégradations importantes en 2018, après plusieurs années sans véritable rénovation. Mais son histoire est aussi marquée par un accident mortel survenu le 17 mai 2014. Alors que deux électriciens intervenaient sur l’éclairage, leur échafaudage s’était renversé et l’un des ouvriers était décédé des suites de ses blessures.

Dix ans après les faits, le Département a été jugé pour homicide involontaire et condamné en 2024 à 50.000 euros d’amende pour des manquements aux règles de sécurité. Entre-temps, des programmes de rénovation avaient été annoncés en 2019-2020, puis un nouveau projet de réhabilitation avait été retenu en 2023. Le cyclone Chido est encore venu endommager la toiture et les travaux ont repris fin 2025. Mais aujourd’hui, le gymnase est toujours hors d’usage.

Les clubs attendent des travaux concrets et des informations

Pour les clubs qui utilisent le stade de football, dont l’US Kavani, mais aussi les jeunes de la Section d’Excellence Sportive de la Ligue mahoraise de football, il faut continuer à composer avec des conditions d’entraînement dégradées. Après dix années de chantier, la rénovation ressemble à une course sans fin, tandis que la perspective de pouvoir enfin profiter d’un stade véritablement rénové semble toujours s’éloigner.

“Évidement, on a hâte que les travaux finissent, on galère, surtout qu’on ne peut pas s’entraîner en nocturne, en raison de l’absence de lumière. On s’adapte comme on peut”, souligne le président de l’US Kavani, Hassani Kambi Ousseni, devenu un habitué des prises de parole sur ce qui se passe autour du stade, bien au-delà des seuls résultats de son équipe.

“Le souci c’est que le stade est ouvert à tout le monde, et que les gens rentrent de tous les côtés. L’après-midi ça devient impossible de s’entraîner”, remarque Jacky Canosi, directeur de la Section d’Excellence Sportive de Cavani, ancien footballeur professionnel devenu entraîneur puis recruteur, notamment pour le Racing Club de Strasbourg. “Le matériel, les buts ça se casse, lorsque tout cela n’est pas surveillé. Même des morceaux de pelouse sont récupérés, et il y a des trous”.

“C’est dommage car cela pourrait être un super site pour le sport à Mayotte, avec le gymnase à côté et le terrain synthétique plus haut”, ajoute-t-il, lui aussi sans nouvelles sur l’avancée des travaux.

Du côté du gymnase, le président du club de basket de Cavani, Fuz’Ellipse, Ianis Toumbou Dani, déplore l’état de l’équipement et le manque d’informations. “Le gymnase est en chantier depuis 2012 et nous n’avons aucune nouvelle concernant les soi-disant travaux en cours. Le Conseil départemental ne nous a tenu au courant de rien”. 

Les travaux “en cours” sur les deux équipements selon le Département-Région

Interrogé à propos de l’avancée des travaux du stade et de la réhabilitation du gymnase, le Département-Région, par le biais de Hamada Nachirina, chargé du suivi des travaux, indique que “le stade est en cours de travaux au niveau de la tribune. On est en phase de second œuvre et finitions. Une consultation est par ailleurs en cours pour les travaux concernant la piste, l’éclairage et la reprise du terrain de jeu”.

Pour le gymnase, il assure que “le gros œuvre est réalisé à 90 %, tout comme la charpente et la couverture, tandis que les autres travaux sont encore en cours”.

Un constat que semble confirmer une personne travaillant sur place, rencontrée ce jeudi en fin de matinée. “Entre huit et neuf entreprises interviennent actuellement, notamment pour les travaux de maçonnerie, de métallerie, les portes, la peinture et le carrelage. Certains travaux devraient être terminés la semaine prochaine”, précise-t-il.

“La pose du sol souple doit ensuite intervenir, tandis que dès la semaine prochaine les échafaudages vont être installés pour repeindre la façade”. Le chantier aurait toutefois pris du retard en raison de difficultés d’approvisionnement en matériel, certains équipements mettant du temps à arriver. 

À l’origine, la réhabilitation du stade avait été chiffrée à 10,4 millions d’euros, contre 1,5 million pour celle du gymnase. Des montants qui, au regard des années de retard, des procédures successives et de la dégradation continue des deux équipements, risquent encore de s’alourdir.

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