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Comores : les chances d’évacuation de Sambi volent en éclats

Comores : les chances d’évacuation de Sambi volent en éclats

La contre-expertise médicale engagée par le parquet général exclut, pour l’instant, toute évacuation vers un pays tiers et suggère que de nouveaux examens soient réalisés par des médecins étrangers afin de lever toute méfiance.

La nouvelle est tombée ce mardi. Dans une déclaration très attendue, le procureur général près la Cour d’appel de Moroni a fait le point sur l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, au cœur de l’actualité depuis un mois.

On peut dire que son annonce n’a pas plu aux proches et sympathisants de l’ex-chef de l’État puisque ce dernier ne va pas pouvoir partir à l’étranger pour se soigner, malgré un état de santé jugé « inquiétant ». Depuis le mois de mai, la santé chancelante de l’ancien dirigeant de 68 ans alimente les débats. Face à la multiplication des informations alarmantes, le parquet général et le ministère de la Justice avaient rendu visite à Sambi.

Puis s’en est suivie la constitution d’une équipe médicale, au sein de laquelle figurait le médecin personnel de l’ex-président comorien, qui a entamé, il y a deux semaines, sa neuvième année de détention. Les conclusions rendues par cette équipe ont ensuite fait l’objet d’une contre-expertise engagée par les autorités judiciaires avant toute décision sur la suite à donner.

Ce travail a été réalisé par l’actuel chef du service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital El-Maarouf, le docteur Saïd Moussa. Assis aux côtés du procureur général, le médecin a assuré qu’en aucun cas le rapport n’indiquait que le patient se trouvait dans un état d’urgence nécessitant une prise en charge à l’extérieur du pays.

D’après nos informations, le groupe de cinq médecins, composé de cardiologues, de médecins légistes et de généralistes, avait émis un certain nombre de recommandations.

« Si un avis suggérait que l’ancien chef de l’État, Sambi, nécessitait une évacuation, le parquet aurait donné son avis favorable. D’ailleurs, depuis que je suis là, aucune demande de consultation médicale n’a été déposée dans mon bureau. La seule fois où il voulait voir son dentiste, je l’ai autorisé », a déclaré le chef du parquet, Ahamada Hamidou.

Risque cardiovasculaire

Notons que les résultats des derniers examens médicaux de l’ancien dirigeant comorien ont révélé un risque cardiovasculaire élevé. Celui-ci présente une dyspnée d’effort ainsi qu’une asthénie intense.

« Nous recommandons, après examen clinique, des examens complémentaires, dont un ajustement de son traitement, ainsi que la réalisation d’une coronarographie diagnostique et thérapeutique non disponible aux Comores », peut-on lire dans le rapport qui circule sur les réseaux sociaux.

Mais là encore, l’avis du médecin chargé de la contre-expertise n’a pas été bien accueilli par les auteurs dudit rapport, rendu le 6 juin dernier. Le point de friction porte sur la réalisation de la coronarographie.

À en croire le Dr Saïd Moussa, rien ne justifie pour l’heure cet examen, dont le but est de vérifier si les artères coronaires sont obstruées ou non.

« Il permet surtout de procéder à une thérapie. Mais il existe une alternative. Nous allons y recourir puisque l’état de santé de Sambi n’est pas critique et que les équipements nécessaires sont disponibles. Pour la suite, on verra. Je ne vois pas l’intérêt de s’opposer au traitement d’un patient lorsque les circonstances l’exigeront », rassure le médecin anesthésiste, qui assure s’être appuyé sur le dossier médical de l’ex-président avant de livrer son expertise, laquelle ne fait visiblement pas l’unanimité.

Les proches de Sambi persistent à affirmer que son état est grave et qu’une évacuation s’impose. Face à cette méfiance, il est prévu de dépêcher au moins un médecin étranger afin de réaliser les mêmes investigations aux Comores avec les équipements disponibles sur place.

En revanche, aucun détail sur cette mission médicale n’a été donné par le parquet général hier.

Des privilèges

Ce dernier s’est contenté d’énumérer les privilèges dont bénéficierait Sambi, principal opposant au président Azali Assoumani.

L’homme au turban vit dans sa résidence de Vwadju, transformée en prison annexe par les autorités depuis mai 2018. Le procureur général assure que le prisonnier le plus célèbre des Comores jouit de plusieurs avantages, notamment d’un cuisinier personnel.

« Il dispose d’une salle de sport et d’espaces verts. Sa voiture personnelle est là et son médecin personnel est constamment avec lui. Mais que l’on sache que ces largesses ne sont en aucun cas un signe de faiblesse », a prévenu le magistrat, qui a déploré la fuite des conclusions du rapport médical.

La publication d’une partie de ce document a valu au directeur de publication du quotidien La Gazette des Comores des poursuites judiciaires. El-Had Saïd Omar et son secrétaire de rédaction, Toufé Maecha, sont placés sous contrôle judiciaire pour la publication d’articles liés à l’état de santé de M. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

La fille aînée de ce dernier a lancé un cri du cœur ce lundi. Dans un communiqué daté du 15 juin, le parti Comred a appelé les autorités à appliquer l’article 20 de la Constitution, qui protège l’intégrité physique et morale des personnes contre toute forme de traitement dégradant.

Dans une publication Facebook faite hier après la conférence, le fils de Sambi a écrit : « A hifa na wagnou moufou », ce qui signifie : « S’il meurt, vous aussi le serez. »

Une menace voilée adressée au régime ?

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M’zouazia : la colère des parents face à la surpopulation scolaire

M'zouazia : la colère des parents face à la surpopulation scolaire
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Les parents d’élèves de l’école primaire de M’zouazia se sont mobilisés ce lundi 15 juin devant l’inspection académique pour dénoncer les conditions d’accueil des enfants. En cause : l’intégration d’une classe de grande section de maternelle dans un établissement déjà confronté à la surpopulation. Les manifestants réclament davantage d’animateurs ainsi qu’un renforcement de la sécurité aux abords de l’école. Ils estiment que les jeunes élèves, transférés faute de place à la maternelle, évoluent dans un environnement inadapté. Un projet d’extension de l’école maternelle aurait été proposé, mais aucune réponse n’a encore été apportée par les autorités compétentes.

Frédéric Leglastin nommé à la tête des chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte

Frédéric Leglastin nommé à la tête des chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte

Par décret du 11 juin 2026 signé par le Président de la République et le Premier ministre, sur proposition de la première présidente de la Cour des comptes, Mme Amélie de Montchalin, Frédéric Leglastin a été nommé président des chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte, à compter du 6 juillet 2026.

Diplômé de Sciences Po Rennes et de l’École nationale de la santé publique, aujourd’hui EHESP, en filière directeur d’hôpital, Frédéric Leglastin a débuté sa carrière dans le secteur hospitalier. Il a notamment exercé comme directeur adjoint des finances et du système d’information au centre hospitalier de Laon, puis au centre hospitalier Le Corbusier de Firminy.

Il rejoint les juridictions financières en 2011 en qualité de premier conseiller, d’abord à la chambre régionale des comptes de Bretagne, avant de poursuivre son parcours à celle des Hauts-de-France à partir de 2017. Depuis janvier 2021, il occupait les fonctions de président de section à la chambre régionale des comptes de Corse.

À ce nouveau poste, Frédéric Leglastin succède à Nicolas Péhau, appelé à d’autres fonctions au sein de la chambre régionale des comptes Grand Est.

Forum de la cybersécurité de l’océan Indien les 17 et 18 juin à La Réunion

Forum de la cybersécurité de l’océan Indien les 17 et 18 juin à La Réunion

L’Observatoire de la Cybersécurité de l’Océan Indien (OCOI) organise le Forum de la Cybersécurité de l’Océan Indien (FCOI 2026) les 17 et 18 juin 2026 à EPITECH La Réunion, à Saint-André. L’événement réunit une trentaine d’intervenants issus de La Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte, des Seychelles et des Comores.

Le forum propose des conférences et ateliers professionnels, des actions de sensibilisation pour le grand public, des activités pour enfants (CyberMarmay), une CyberZone Escape Game, un job dating ainsi que la finale de la CyberCup OI. Les conférences seront diffusées en direct sur LinkedIn et YouTube.

L’entrée est gratuite sur inscription obligatoire via www.fcoi.re. Selon l’OCOI, cet événement vise à sensibiliser aux enjeux de cybersécurité et à réunir les acteurs du numérique de l’océan Indien autour d’un programme commun.

Le CHM présente son service de médecine délocalisé de Dzoumogné

Le CHM présente son service de médecine délocalisé de Dzoumogné

Dans une note de presse datée du 15 juin 2026, le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) met en avant son service de médecine délocalisé de Dzoumogné, dans le nord de Mayotte. Lancé au quatrième trimestre 2025, ce service de 20 lits d’hospitalisation de médecine adulte a ouvert ses portes à la mi-mars.

Le projet s’inscrit dans le cadre du Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) 2025-2030 conclu entre le CHM et l’Agence Régionale de Santé. Selon l’établissement, il vise à renforcer l’équité d’accès aux soins, à améliorer la prise en charge des patients en fluidifiant les parcours de soins et à contribuer au développement d’une offre de consultations spécialisées de proximité.

Le CHM souligne également que cette réalisation est le fruit d’une coopération entre l’État, l’Agence Régionale de Santé de Mayotte, les élus du territoire, les professionnels de santé ainsi que les équipes médicales, soignantes, techniques et administratives de l’hôpital.

L’ouverture du service de Dzoumogné est présentée comme une première étape dans le développement d’une offre de santé territoriale à Mayotte, avec la perspective d’un renforcement progressif de l’expertise médicale de proximité et des consultations spécialisées avancées sur le site.

Conseil portuaire de Mayotte : un vote qui laisse le public pantois

Conseil portuaire de Mayotte : un vote qui laisse le public pantois

Issue inattendue à l’occasion du conseil portuaire de Mayotte, qui s’est tenu hier lundi dans l’hémicycle de l’Assemblée de Mayotte. Une nette majorité de voix, soit 12 sur 18, s’est prononcée contre le projet de création d’un EPIC chargé de gérer le port de Longoni à partir du mois de septembre 2026. Quelle lecture faut-il faire de ce vote ? La balle revient désormais dans le camp des élus départementaux.

À l’origine d’une grande brouille entre Ben Issa Ousséni, président de l’Assemblée de Mayotte, et son deuxième vice-président chargé des transports, Ali Omar, le port de Longoni n’a pas fini de faire couler de l’encre dans l’île. Le débat oppose les partisans du statu quo à ceux qui souhaitent son transfert entre les mains de l’État, lequel a émis le vœu de le transformer en « grand port maritime ».

Le jugement rendu récemment en appel par la cour administrative d’appel de Bordeaux, au détriment de la société Mayotte Channel Gateway d’Ida Nel, délégataire sortante d’une DSP du Département de Mayotte, n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le feu dans un débat qui ne cesse de diviser l’opinion publique sur le territoire. Entre responsables politiques et acteurs économiques, chacun tente de faire valoir son point de vue dans ce dossier, parfois même à rebours des véritables enjeux poursuivis par les différents protagonistes de ce feuilleton juridico-économique.

Force est de constater que certains opposants déclarés d’Ida Nel s’emportent dans leurs déclarations sans avoir véritablement saisi les implications de ce qu’ils appellent un « grand port maritime d’État ». De là à penser qu’ils pourraient connaître un douloureux réveil lorsque la réalité les rattrapera, il n’y a qu’un pas.

Quoi qu’il en soit, les communiqués de presse se succèdent, alimentant un débat public parfois stérile et souvent éloigné des intérêts réels du consommateur mahorais. Certains, dans les couloirs de l’Hôtel du Département-Région, se veulent plus consensuels. Ils expliquent que l’EPIC, ce « fameux machin » devenu très à la mode dans l’archipel depuis le passage du cyclone Chido en 2024, ne devrait pas être une source de confrontation entre élus, puisqu’il ne constituerait qu’un outil transitoire destiné à éviter le chaos en septembre prochain, lorsque Ida Nel devra remettre les clés du port de Longoni à Ben Issa Ousséni, lequel devra à son tour les transmettre au nouveau préfet de Mayotte.

C’est dans ce contexte agité que s’est tenu, hier lundi 15 juin 2026 à Mamoudzou, dans l’hémicycle Younoussa Bamana, le fameux conseil portuaire au centre du différend opposant Ali Omar et Ben Issa Ousséni.

« Trois points étaient inscrits à l’ordre du jour, dont le premier portait sur la création de l’EPIC chargé de la gestion du port de Longoni », a indiqué à ses collègues conseillers départementaux le vice-président du Département en charge des transports.

Il précise dans sa communication qu’à l’issue des débats, le vote du conseil portuaire s’est soldé par 12 voix contre — dont celles des représentants de l’Union maritime de Mayotte, à l’origine de la fin de la DSP —, 4 voix pour et 2 abstentions.

Selon cette même communication d’Ali Omar, « les échanges ont fait émerger de nombreuses interrogations. Plusieurs questions sont restées sans réponses claires, y compris de la part des conseils juridiques présents. Par ailleurs, les membres du conseil portuaire n’ont pas reçu les versions finales des documents intégrant les amendements issus des séances de travail des élus, ce qui a suscité de nombreuses réserves ».

L’affaire devrait désormais revenir devant l’Assemblée de Mayotte dans les prochains jours, selon des sources proches du dossier. Toujours est-il que le conseil portuaire du lundi 15 juin 2026 ne s’est finalement penché que sur ce premier point de l’ordre du jour, les deux autres ayant été renvoyés à une réunion ultérieure.

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Meurtre à Poroani en 2022 : onze hommes jugés aux assises des mineurs

Meurtre à Poroani en 2022 : onze hommes jugés aux assises des mineurs
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Initialement prévu au mois d’avril, le procès avait été renvoyé en raison de la grève des avocats. Il s’est finalement ouvert ce lundi 15 juin devant la cour d’assises des mineurs de Mayotte. Jusqu’au mardi 23 juin, onze hommes comparaissent pour meurtre et tentative de meurtre, après la mort d’un jeune homme et les graves blessures infligées à deux autres, le 15 mars 2022, à Poroani, dans la commune de Chirongui. Deux des accusés étaient mineurs au moment des faits. Quatre sont détenus, les sept autres comparaissent sous contrôle judiciaire.

Dès la matinée, la cour a écarté le huis clos. Le procès se tiendra donc publiquement. « On va passer six jours à étudier ce qu’il s’est passé, qui a fait quoi », a rappelé la présidente, après l’exposé des faits.

En visioconférence, le directeur d’enquête a retracé le fil de cette soirée de mars 2022. Selon ses explications, plusieurs jeunes venus de Doujani seraient montés à Miréréni « pour en découdre » avec des jeunes de la commune. Tandis qu’ils prennent la fuite en direction du bord de mer, trois d’entre eux auraient demandé de l’aide à un automobiliste. Le conducteur les auraient finalement emmenés à Poroani, où ils auraient été « accueillis » par des habitants.

C’est là, selon l’enquête, que la soirée bascule. Les trois jeunes auraient été arrêtés, ligotés, puis conduits sur un chemin non loin de la mangrove. Le gendarme décrit des violences particulièrement graves : coups de barre de fer, de poing, de pied, usage d’un parpaing. Les victimes auraient aussi été sommées de faire une dernière prière, la chahada.

Le plus âgé aurait ensuite été détaché, tiré jusqu’au bord de la mangrove, puis de nouveau frappé. Les enquêteurs évoquent une intention de le noyer. Les deux autres auraient, selon cette même version, également dû subir le même sort, avant que l’arrivée des gendarmes ne mette fin aux violences. Sur place, les militaires découvrent deux jeunes « groggy ». Un troisième est retrouvé plus loin, inconscient et grièvement blessé. Évacué le lendemain vers La Réunion, il décédera à son arrivée.

L’affaire a donné lieu à plusieurs vagues d’interpellations. Lors des premières gardes à vue, les mis en cause auraient globalement minimisé leur implication. Un seul aurait livré un récit plus détaillé. Le directeur d’enquête a aussi évoqué le rôle d’un Qashqai blanc. Il aurait été utilisé pour faire identifier les trois jeunes, afin de s’assurer qu’il s’agissait bien de ceux qui étaient recherchés. Le conducteur du véhicule, ancien policier adjoint, n’est cependant pas présenté comme ayant pris part aux coups.

L’alerte avait été donnée par un habitant, qui avait appelé la gendarmerie en indiquant que des personnes étaient « en train de se faire tuer » à Poroani. Selon l’enquêteur, cet homme aurait ensuite rencontré des difficultés avec une partie de la population et aurait dû quitter la commune.

Au cœur des débats apparaît ainsi la question d’une forme de justice parallèle. Interrogé sur les réactions collectives à Poroani, le gendarme a expliqué que, lors de certains événements, des habitants avaient la réputation d’organiser leur propre surveillance et de rendre « leur propre jugement » contre ceux qui venaient semer le trouble.

Les propos attribués au maire de Chirongui, sorti de la mairie ce soir-là, ont également été rapportés. Selon la traduction citée à l’audience, il aurait déclaré en kibushi que les « frères de Poroani » avaient bien agi en intervenant rapidement et en administrant « le médicament », autrement dit la punition, aux auteurs des faits. L’élu conteste avoir tenu ces propos et met en cause une mauvaise traduction.

“Comment, pour une histoire idiote de 20 euros, on en arrive à un mort et deux blessés ?”

Dans l’après-midi, la cour a entendu une femme présentée comme étant au cœur du différend initial. Robe rouge, voile rose, elle s’est avancée à la barre avant de se retourner vers les accusés. À la demande de la présidente, elle a désigné plusieurs hommes qu’elle dit connaître parmi ceux assis derrière elle.

Son témoignage ramène l’audience à ce qui aurait précédé l’engrenage. Elle raconte d’abord une agression sexuelle dont elle dit avoir été victime quelques jours avant les faits. « Quand il est arrivé devant moi, il a touché mon sexe. Il m’a tirée, j’ai dit tu m’as fait mal. Il m’a menacée, il m’a dit : qu’est-ce que tu vas faire ? J’ai crié. Des gens sont venus », a-t-elle relaté. Elle dit ensuite être allée raconter les faits à la mère du jeune homme concerné, avant de se rendre à l’hôpital puis à la gendarmerie. La mère serait venue présenter ses excuses.

Mais une autre histoire, plus dérisoire en apparence, est aussi revenue dans les débats : celle d’un téléphone prêté, dans la coque duquel se trouvaient 20 euros. L’argent aurait disparu. Une dispute aurait éclaté. Là encore, selon la témoin, la mère du jeune homme aurait fini par rembourser les 20 euros et présenter des excuses.

Trois jours plus tard, le 15 mars, la situation dégénère. Siti Rachadi raconte avoir entendu du bruit près de chez elle après l’agression à Miréréni. Des personnes l’auraient accusée d’avoir « envoyé les délinquants ».

La présidente a résumé l’un des enjeux du procès en une phrase : « Je veux comprendre comment, pour une histoire idiote de 20 euros, on en arrive à un mort et deux blessés. »

Les débats doivent désormais permettre de déterminer le rôle précis de chacun des onze accusés dans cette nuit de violences, entre accusations de vengeance collective, responsabilités individuelles et climat de tensions entre villages.

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Développement économique des Outre-mer : quand Anchya Bamana tance l’écologie de Nicolas Hulot

Développement économique des Outre-mer : quand Anchya Bamana tance l’écologie de Nicolas Hulot

La loi Hulot, imposant à la France un moratoire sur la recherche et l’exploitation des énergies fossiles, est plus que jamais décriée par les responsables politiques ultramarins de tous bords. Vécue comme une injustice empêchant les peuples autochtones d’assurer un jour, par eux-mêmes, le financement de leur développement économique grâce à l’exploitation des ressources de leur sous-sol, cette loi a fait l’objet d’une attaque en règle de la part de la députée mahoraise Anchya Bamana.

Les parlementaires d’Outre-mer ne décolèrent toujours pas après le large rejet, par leurs collègues de l’Hexagone, du projet de loi consacré à la reprise des recherches et de l’exploitation des énergies fossiles, dont la Guyane et Mayotte sont présumées receler d’importants gisements. Le rejet de ce texte ravive d’anciennes blessures dans les régions ultramarines de la Caraïbe et provoque le réveil de « vieux démons » de l’émancipation vis-à-vis de la Nation. Ces sentiments demeurent fortement ancrés dans une partie de la population antillo-guyanaise, au point que certains parlementaires n’hésitent plus à appeler leurs concitoyens à la désobéissance civile.

Du côté austral de l’océan Indien, c’est un silence presque sidéral qui frappe la classe politique mahoraise, hormis quelques sorties médiatiques d’opposants à la majorité en place au sein de l’Assemblée de Mayotte. À croire que la perspective de ne plus avoir à quémander éternellement des subsides à Paris — qui préfère les dilapider dans des programmes de codéveloppement régional aux résultats incertains plutôt que de les affecter au bien-être des Français de ces territoires — ne les intéresse guère.

En effet, tout au long de ces débats qui ont enflammé les hémicycles du Sénat et de l’Assemblée nationale, les parlementaires mahorais n’ont pas donné le sentiment d’être animés d’une énergie aussi intense que celle de leurs collègues des Antilles-Guyane.

Après l’expression indignée de Saïd Omar Oili lors du passage du texte au Sénat, il faut retenir celle, plus récente mais tout aussi remarquée, d’Anchya Bamana, députée (RN) de la deuxième circonscription de Mayotte. Très ironique à l’égard du gouvernement Lecornu II lorsque celui-ci défend son projet de loi sur le développement économique des territoires ultramarins, elle n’hésite pas à établir un parallèle avec Mayotte, observant que, sur le territoire, « la population manque d’eau potable pour vivre », sous-entendant que ce problème est encore plus préoccupant que les écarts de développement avec l’Hexagone, « sans que cela ne pose aucun problème moral au gouvernement ».

Pour la parlementaire mahoraise, « la loi Hulot fait des citoyens ultramarins des Français de seconde zone, condamnés à dépendre des importations énergétiques. Dans un monde de compétition féroce, où tous nos voisins multiplient les études en tous sens — je pense notamment au canal du Mozambique —, il est inacceptable que nous ne puissions pas compter sur nos ressources naturelles afin de construire notre propre développement. »

Dans une posture pleinement assumée, Anchya Bamana estime que « la France ne peut continuer à ignorer ce qu’elle possède, à laisser d’autres en publier l’inventaire et à débattre de l’exploitation d’un sous-sol qu’elle n’a même pas elle-même évalué. Nous devons pouvoir cartographier ces ressources naturelles et nous devons pouvoir, un jour, les exploiter. »

Elle se montre catégorique face à ce qu’elle considère comme la volonté « d’écologistes dogmatiques de nous imposer leur vision décroissante de notre propre développement », faisant bien entendu référence à Nicolas Hulot, qui a réussi à imposer à la France un moratoire de plusieurs décennies sur la recherche et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, notamment dans les territoires ultramarins.

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Le nouveau DTPN William Lliso s’attaque avec enthousiasme aux défis du territoire mahorais

Le nouveau DTPN William Lliso s’attaque avec enthousiasme aux défis du territoire mahorais

Le nouveau directeur territorial de la Police nationale, William Lliso, a pris ses fonctions le 22 avril 2026. Après avoir passé deux ans en Martinique en tant que directeur adjoint de la Police nationale, il a choisi le territoire de Mayotte pour se confronter aux défis particuliers du 101e département français. Il a accepté de nous parler de ses projets lors d’une interview.

Flash Info : Vous avez été muté à Mayotte en avril dernier. Était-ce un choix de votre part de venir travailler sur ce territoire réputé « difficile » ?

William Lliso : Absolument, c’est moi qui ai demandé Mayotte. Nous étions six sur la « short list » et j’ai eu la chance d’être choisi, certainement en partie parce que j’avais déjà une expérience en Martinique en tant que directeur adjoint. J’ai également une certaine expérience dans le domaine de l’ordre public. Depuis que mes enfants sont grands, j’ai voulu travailler outre-mer afin de me confronter à d’autres types de territoires. Je suis conscient que Mayotte est un territoire réputé « difficile », mais cela constitue aussi un défi auquel j’ai eu envie de me confronter.

F.I. : Comment comptez-vous lutter contre la délinquance et l’insécurité qui font rage à Mayotte ?

W.L. : Je sais que le territoire doit faire face à une violence urbaine régulière et que les jeunes ont pris la mauvaise habitude de s’attaquer fréquemment aux forces de l’ordre et aux habitants. Dire que je vais « éradiquer l’insécurité sur le territoire » serait évidemment utopique, mais j’espère pouvoir mieux l’appréhender. Ayant beaucoup voyagé, aussi bien en Afrique qu’en Amérique du Sud ou encore dans les pays du Golfe, j’ai une certaine facilité à comprendre des réalités culturelles très variées.

Pour moi, l’insécurité doit être combattue de manière globale en impliquant les différents acteurs du territoire. Les élus, bien sûr, mais aussi les citoyens ordinaires, qui ont un rôle important à jouer, même si beaucoup n’en sont pas conscients. Il est anormal que des personnes assistent à des scènes de délinquance tout en continuant à vaquer à leurs occupations comme si de rien n’était. La lutte contre l’insécurité doit être l’affaire de tous.

Je soutiens le procureur qui souhaite renforcer les poursuites contre les parents de mineurs délinquants avec, comme sanction, une dégradation, voire une annulation, de leur titre de séjour. Je souhaite aussi que la police collabore avec les grandes figures sociétales du territoire, comme les cadis, par exemple.

Dans mon département d’origine, les Landes, il existait aussi des conflits inter-villages, mais je suis choqué de constater qu’ici certains jeunes ont une véritable volonté de tuer. Nous ne parviendrons à apaiser cette violence qu’en mettant en place une collaboration active entre les forces de l’ordre et les grandes figures mahoraises de la régulation sociale. Trouver davantage d’occupations pour les jeunes serait également salutaire.

F.I. : Lors de l’opération Kingia, beaucoup de citoyens ont eu l’impression que la police se préoccupait davantage d’effectuer des contrôles routiers que de lutter contre la délinquance. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

W.L. : Kingia est une opération « coup de poing » consistant à venir « remettre de la normalité » dans tous les domaines à Mayotte. Il s’agit d’une prise en charge globale. Ce n’est pas parce que nous contrôlons les usagers de la route que nous ne luttons pas également activement contre la délinquance. À l’inverse, d’autres citoyens m’ont fait part de leur satisfaction de voir enfin contrôlés et sanctionnés les automobilistes circulant dans des véhicules dangereux et sans assurance.

F.I. : Où en est la lutte contre les bandes qui a commencé il y a quelques années sur le territoire ?

W.L. : Ce travail se poursuit, mais c’est un travail de longue haleine car, chaque fois qu’un chef de bande est arrêté, un autre prend sa place. Tant qu’il n’y aura pas davantage de modèles positifs pour la jeunesse, cela continuera. Je crois beaucoup en l’exemplarité. En mettant en avant des jeunes qui réussissent, nous parviendrons peu à peu à changer les mentalités.

Personnellement, je privilégie l’action judiciaire envers les mineurs délinquants plutôt que l’interpellation en flagrant délit. C’est évidemment plus long, mais ces opérations marquent davantage les esprits, notamment grâce aux interventions du RAID. Je souhaite également développer l’usage des caméras-piétons, qui incitent les policiers à se comporter de manière exemplaire lors des interpellations, car je n’encourage pas les attitudes de « cow-boy » chez les policiers.

F.I. : Estimez-vous que les effectifs actuels de la Police nationale soient suffisants à Mayotte ?

W.L. : L’État a fait beaucoup d’efforts en matière de ressources humaines à Mayotte et, en l’état actuel des choses, nous n’avons pas à nous plaindre. Les fonctionnaires de police sont au nombre de 800 et, cette année, 70 postes étaient ouverts à la mutation ainsi que 20 postes de policiers spécialisés dans le domaine nautique. Nous avons reçu 260 candidatures, ce qui nous a permis de réaliser un recrutement de qualité.

À compétences égales, nous essayons de faire venir le plus possible de policiers mahorais sur le territoire, mais il ne faut pas qu’ils soient trop jeunes car ils ont besoin d’acquérir de l’expérience dans l’Hexagone avant de revenir sur leur territoire d’origine.

Beaucoup d’officiers de police sont venus après Chido et sont restés parce qu’ils ont apprécié le territoire. Ce sont des personnes courageuses et résilientes. Il y a également eu un engagement très fort des policiers mahorais après le cyclone.

F.I. : Allez-vous poursuivre l’opération « Tranquillité Vacances » cette année ?

W.L. : Tout à fait. Lorsque les gens quittent leur domicile pour une longue période durant les grandes vacances, ils peuvent le signaler au commissariat. Nous effectuons alors des rondes régulières autour de ces maisons afin de prévenir les cambriolages.

F.I. : Comment expliquez-vous qu’autant de kwassas continuent à réussir à accoster à Mayotte malgré l’action de la Police aux frontières ?

W.L. : La PAF dispose actuellement de cinq intercepteurs et nous en attendons deux supplémentaires d’ici à la fin de l’année. Mais, à mon sens, il faudrait élargir les opérations en haute mer pour davantage d’efficacité. Une collaboration avec la Marine nationale a d’ailleurs commencé dans le cadre des « opérations Requin ».

Si l’on coule les boutres depuis lesquels les kwassas embarquent leurs passagers, cela aura davantage d’impact, car le prix d’un boutre n’est pas celui d’un kwassa. Nous souhaitons aussi nous concentrer davantage sur ceux qui organisent ce trafic.

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Bac de philosophie à Mayotte : les conditions sont-elles réellement réunies pour les candidats ?

Bac de philosophie à Mayotte : les conditions sont-elles réellement réunies pour les candidats ?

À Mayotte, les élèves passent l’épreuve de philosophie dans un contexte particulier. Entre les difficultés de transport, l’insécurité, les infrastructures parfois insuffisantes et les conditions matérielles d’apprentissage, une question se pose : tous les candidats disposent-ils des mêmes chances pour réussir cette première épreuve du baccalauréat ?

Une épreuve symbolique dans un contexte difficile

Comme partout en France, le baccalauréat de philosophie marque le début des examens pour les lycéens de Mayotte. Pendant quatre heures, les candidats doivent faire preuve de réflexion, d’analyse et de maîtrise de l’écriture. Pourtant, avant même de s’installer devant leur copie, beaucoup d’entre eux doivent déjà surmonter de nombreux obstacles du quotidien.

À Mayotte, les difficultés sociales et les problèmes d’organisation peuvent avoir un impact direct sur la préparation des élèves. Si les enseignants s’efforcent de les accompagner jusqu’au dernier moment, certains estiment que les conditions ne sont pas toujours réunies pour aborder sereinement cette épreuve décisive.

La question de la violence et de l’insécurité

Ces dernières années, les épisodes de violences urbaines et les tensions dans certains quartiers ont perturbé la vie scolaire. Des établissements ont parfois dû adapter leur fonctionnement, voire suspendre les cours lors de certaines périodes.

Pour les élèves, cette situation génère du stress supplémentaire. « Il est difficile de se concentrer sur les révisions quand on ne sait pas si les transports fonctionneront ou si l’on pourra rejoindre son lycée sans difficulté », confie un candidat au baccalauréat.

Les équipes éducatives rappellent néanmoins que des dispositifs sont mis en place pour assurer le bon déroulement des examens et garantir la sécurité des centres d’épreuve.

Des moyens de transport qui compliquent le parcours

Le transport reste l’une des principales préoccupations des lycéens mahorais. Beaucoup parcourent de longues distances chaque jour et dépendent des bus scolaires ou des transports collectifs, dont les retards ou les perturbations peuvent provoquer de l’anxiété.

Le jour du baccalauréat, arriver en retard représente une crainte importante. Certains élèves préfèrent partir très tôt de chez eux afin d’éviter tout imprévu, quitte à patienter plusieurs heures avant le début de l’examen.

Cette réalité soulève une question d’égalité : tous les candidats bénéficient-ils des mêmes conditions d’accès à leur centre d’examen ?

Des aménagements encore attendus

Les infrastructures scolaires se sont développées ces dernières années, mais les besoins restent importants face à la croissance démographique de Mayotte. Salles de classe, équipements pédagogiques, accès au numérique ou encore espaces de travail constituent autant de défis pour les établissements.

Les enseignants soulignent que la réussite scolaire ne dépend pas uniquement des efforts des élèves, mais également des moyens mis à leur disposition tout au long de l’année. Des conditions d’apprentissage stables et adaptées favorisent une meilleure préparation aux examens.

Comment les élèves appréhendent-ils cette épreuve ?

Malgré ces difficultés, de nombreux candidats abordent le bac de philosophie avec détermination. Certains reconnaissent que la matière leur fait peur en raison de son caractère abstrait et des exigences de la dissertation ou de l’explication de texte.

D’autres y voient au contraire une occasion de défendre leurs idées et de démontrer leurs capacités de réflexion. Les dernières révisions, les conseils des professeurs et les entraînements réalisés durant l’année permettent à beaucoup de gagner en confiance.

« On sait que ce sera difficile, mais on veut montrer que les élèves de Mayotte sont capables de réussir malgré les obstacles », explique une lycéenne.

Une question d’égalité des chances

Au-delà de l’épreuve de philosophie, la situation interroge sur les conditions de réussite des jeunes à Mayotte. La violence, les difficultés de transport et les besoins en infrastructures peuvent constituer des freins à une préparation sereine du baccalauréat.

Si les élèves font preuve de résilience et de motivation, beaucoup estiment que des améliorations restent nécessaires afin que chacun puisse composer dans des conditions comparables à celles des autres académies. Car réussir le baccalauréat ne dépend pas seulement des connaissances acquises, mais aussi de l’environnement dans lequel les candidats étudient et passent leurs examens.

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Inclusion financière : Mayotte au plus bas des classements

Inclusion financière : Mayotte au plus bas des classements

Le dernier baromètre de l’IEDOM, arrêté à fin mai 2026, place une nouvelle fois Mayotte tout en bas des classements ultramarins pour le surendettement, les incidents bancaires et le droit au compte. Des chiffres flatteurs en apparence, qui traduisent surtout la faible bancarisation de l’île.

L’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) vient de publier son baromètre mensuel de l’inclusion financière, arrêté à fin mai 2026. Le document suit trois indicateurs de la fragilité financière des ménages : les dépôts de dossiers de surendettement, les inscriptions au Fichier central des chèques (FCC) et les désignations au titre du droit au compte bancaire. Sur les trois indicateurs suivis, Mayotte affiche les niveaux les plus faibles de l’outre-mer.

En mai 2026, un seul dossier de surendettement a été déposé sur l’ensemble du territoire, soit 0,05 dépôt de dossier pour 10 000 habitants. Dans les départements et collectivités d’outre-mer (DCOM), le ratio s’établit à 1,97, contre 2,07 en métropole. Rapporté à l’ensemble de l’outre-mer, le département ne représente pratiquement aucun des dossiers déposés, là où La Réunion en concentre 53 %.

Le Fichier central des chèques (FCC), qui recense les incidents de paiement, les chèques sans provision et les retraits de carte bancaire, a enregistré 62 nouvelles inscriptions en mai, soit 3,35 pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’en métropole (6,72 pour 10 000 habitants) et près de cinq fois moins que la moyenne ultramarine (16,12 pour 10 000 habitants).

Le droit au compte, qui permet à la Banque de France de désigner d’office un établissement tenu d’ouvrir un compte à une personne qui s’en est vu refuser l’accès, n’a donné lieu qu’à deux désignations, soit 0,11 pour 10 000 habitants.

Sur douze mois glissants, les inscriptions au FCC reculent de 31,2 % et les désignations au titre du droit au compte de 21,8 %. Les retraits de carte bancaire diminuent de 5,8 %, signe d’un possible basculement des usages du chèque vers la carte.

Si le cyclone Chido a désorganisé l’île, la part de cette baisse qui lui est imputable reste à établir.

Pour l’IEDOM, ce repli général traduit une amélioration progressive de la situation financière des ménages mahorais. Pourtant, Mayotte demeure le département le plus pauvre de France : selon l’INSEE, 77 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté national, soit cinq fois plus qu’en métropole.

Les trois dispositifs mesurés par le baromètre supposent toutefois d’être déjà intégré au système bancaire. Or, Mayotte affiche le plus faible taux de bancarisation de tout l’outre-mer, autour de 68 %, contre 240 % à La Réunion et 370 % dans l’Hexagone, selon l’IEDOM. Moins de sept habitants sur dix possèdent un compte bancaire.

Ces chiffres faibles ne signifient donc pas l’absence de difficultés financières, mais plutôt qu’une partie de la population reste hors du champ que ces indicateurs sont censés mesurer. Cette sous-bancarisation tient à plusieurs facteurs. La jeunesse de la population, d’abord : la moitié des habitants a moins de 18 ans et ne dispose donc pas de compte bancaire. Une part importante de la population est également en situation irrégulière et n’a pas accès aux services bancaires. Enfin, selon l’INSEE, l’économie demeure « encore très informelle ».

Interrogé lors d’un précédent baromètre, l’IEDOM reconnaissait que la situation mahoraise s’explique par « une moindre importance accordée à la bancarisation, ce qui relativise en partie ces critères ». Concrètement, les trois indicateurs — surendettement, incidents de paiement et droit au compte — ne mesurent pas la fragilité financière des Mahorais dans l’absolu, mais seulement celle des Mahorais déjà intégrés au système bancaire.

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Journées européennes de l’archéologie : le public remonte le temps à Dzaoudzi

Journées européennes de l’archéologie : le public remonte le temps à Dzaoudzi

À l’occasion des Journées européennes de l’archéologie, célébrées il y a quelques jours, le musée de Mayotte a invité le public à vivre une série d’expériences immersives et de découvertes. Ces activités, destinées aussi bien aux scolaires qu’au grand public, ont permis de sensibiliser les participants aux méthodes et aux enjeux de l’archéologie à Mayotte.

Entre histoire, découverte et partage, les Journées européennes de l’archéologie ont offert au public une occasion privilégiée d’explorer les trésors enfouis du patrimoine local. Une première partie du programme s’est notamment déroulée du 10 au 12 juin au collège Bouéni M’titi de Labattoir, avec des ateliers et des animations.

En quête de savoir, les élèves se sont transformés en aventuriers fascinés par les découvertes scientifiques. Ils ont visité le musée en compagnie d’une archéologue afin de mieux appréhender les méthodes et les problématiques fondamentales de cette discipline. Ils ont également eu l’occasion d’animer eux-mêmes des ateliers pour leurs camarades.

Yatoucha Soulaïmana, chargée d’enquête et de collecte au musée de Mayotte (MuMa), a rappelé qu’il était essentiel que les élèves puissent transmettre les connaissances acquises sur l’histoire du peuplement de l’île et devenir de véritables acteurs de la valorisation et de la préservation du patrimoine matériel et immatériel.

Un week-end d’activités s’est ensuite ouvert au grand public, notamment le dimanche 14 juin, dans le parc de la résidence des Gouverneurs à Dzaoudzi. Au programme : découverte d’artefacts archéologiques, puzzle des civilisations de Mayotte, initiation aux fouilles funéraires et présentation des rites anciens.

Un rendez-vous bien ancré dans le calendrier culturel national

Créées en 2010 par le ministère de la Culture et pilotées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), les Journées européennes de l’archéologie invitent le public à découvrir et à explorer le passé, des périodes les plus anciennes aux époques les plus contemporaines. Pour l’occasion, plus d’un millier de manifestations sont organisées sur l’ensemble du territoire national.

Des chantiers de fouilles aux musées, en passant par les laboratoires de recherche, les acteurs de l’archéologie se mobilisent afin de partager leurs connaissances, leur expertise, leurs métiers et leurs découvertes avec tous les publics.

En 2026, les Journées européennes de l’archéologie ont bénéficié du soutien de l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité. À plusieurs milliers de kilomètres de l’Hexagone, Mayotte, riche d’un patrimoine historique et culturel exceptionnel, entend elle aussi susciter la curiosité et l’émerveillement. À travers ses vestiges, ses traditions et les recherches menées sur son territoire, l’île espère continuer à fasciner petits et grands en mettant en lumière une histoire à la fois singulière, incontournable et parfois méconnue.

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Des parents d’élèves mobilisés devant le collège de M’Tsangamouji pour réclamer plus de transparence

Des parents d’élèves mobilisés devant le collège de M’Tsangamouji pour réclamer plus de transparence
Confronté à un déficit de plus de 57 000 euros, le collège de M’Tsangamouji a dû adapter certaines dépenses. Une situation qui alimente les interrogations des parents d’élèves mobilisés devant l’établissement.

Depuis plusieurs jours, un collectif de parents d’élèves se mobilise devant le collège de M’Tsangamouji. Réunis devant l’établissement, les manifestants ont déployé plusieurs banderoles afin d’interpeller les autorités sur la situation financière du collège.

Parmi les slogans affichés sur les pancartes, on peut lire : « Manque de transparence = rupture de confiance ». Les parents assurent mener une action pacifique. « Nous sommes ici de manière pacifique », déclare Oitini Mambadi, membre du collectif des parents d’élèves de M’Tsangamouji. « Il n’y a aucun dialogue entre nous et le rectorat », regrette-t-il.

À l’origine de cette mobilisation, la découverte d’un déficit de plus de 57 000 euros à l’issue de l’exercice budgétaire 2025. Selon les informations communiquées par le rectorat, cette situation financière est connue depuis plusieurs mois. Une partie des difficultés serait liée à une facture d’eau particulièrement élevée, conséquence de fuites non répertoriées au sein de l’établissement.

« Nous avons reçu un point de situation faisant état d’un déficit d’environ 50 000 euros. C’est ce qui nous a mobilisés », explique un parent d’élève. « Nous avons envoyé plusieurs courriels, mais nous ne nous sentons ni écoutés ni entendus. Cette manifestation vise simplement à réclamer davantage de transparence. »

Les parents dénoncent également l’absence de réponses claires à leurs sollicitations. « Silence radio », résume l’un d’eux. Une rencontre a bien eu lieu avec les services concernés, mais les échanges n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes.

Des conséquences déjà visibles pour les élèves

Cette situation financière commence déjà à avoir des répercussions sur la vie de l’établissement. Certaines activités sportives et sorties scolaires ont été restreintes. Des difficultés ponctuelles concernant le transport ou encore la restauration scolaire ont également été évoquées par les familles, même si la direction assure que tout est mis en œuvre pour maintenir les services essentiels.

Du côté du rectorat, il est rappelé que les établissements publics locaux d’enseignement disposent d’une autonomie de gestion et sont dotés d’un agent comptable. Chaque année, ils reçoivent une dotation de l’État et doivent gérer leur budget en conséquence.

Face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises. Une enveloppe de 100 000 euros a notamment été débloquée afin d’aider l’établissement à faire face à ses difficultés. Une partie des dépenses a également été absorbée par le fonds de roulement du collège. Au total, près de 250 000 euros de factures seraient concernées, dont une partie est couverte par des subventions existantes.

Le rectorat souligne que le collège doit désormais renforcer le suivi de ses consommations, notamment en relevant régulièrement son compteur d’eau afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise. En attendant, les familles réclament davantage de communication sur la gestion financière du collège et sur les conséquences concrètes de ce déficit pour les élèves. « Ce sont nos enfants qui vivent cette situation au quotidien », rappelle le collectif.

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« Images en mutation » : les artistes s’exposent à Mamoudzou

« Images en mutation » : les artistes s’exposent à Mamoudzou

La Direction de l’excellence culturelle de la Ville de Mamoudzou accueille, jusqu’au 27 juin, la nouvelle édition de l’exposition « Les Artistes s’exposent », organisée en partenariat avec l’association Zangoma. Cette année, le rendez-vous culturel explore le thème « Images en mutation », autour de la création, de l’identité et de la transformation à l’ère du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Peintures, photographies, installations numériques, street art et expressions hybrides sont proposés par une quinzaine d’artistes de Mayotte et de l’océan Indien. Le collège de Passamainty participe également avec des œuvres en peinture, poésie et fils tendus. L’exposition est accessible gratuitement de 8h à 17h, à la Direction de l’excellence culturelle, 7 place Zakia Madi. Un vernissage est prévu mardi 16 juin, de 15h à 17h.

Un Job Dating pour favoriser l’emploi à Dembéni

Un Job Dating pour favoriser l’emploi à Dembéni

La Ville de Dembéni, en partenariat avec l’agence d’intérim Placidom, organise un Job Dating le 18 juin 2026 à la Maison France Services de Tsararano. Ouvert à tous les profils et secteurs d’activité, cet événement permettra aux demandeurs d’emploi de rencontrer les équipes de Placidom lors d’entretiens individuels et de découvrir les opportunités de missions et d’emploi disponibles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat entre la commune et Placidom pour accompagner les habitants dans leur insertion professionnelle et faciliter leur accès à l’emploi. Les participants sont invités à se munir de leur CV.

Une première étape de concertation pour l’extension de la centrale de Longoni

Une première étape de concertation pour l’extension de la centrale de Longoni

La réunion publique d’ouverture du projet d’extension de la centrale électrique de Longoni s’est tenue le 12 juin à l’IFPR de Longoni. Organisée en présence d’EDM, de la commission d’enquête et de plusieurs acteurs du territoire, cette rencontre a permis de présenter les enjeux du projet et les mesures prévues pour limiter ses impacts environnementaux.

Face à la hausse continue des besoins en électricité à Mayotte, cette extension vise à renforcer la sécurité de l’alimentation électrique et à accompagner le développement du territoire. Les participants ont pu échanger sur les besoins énergétiques futurs, la continuité du service et les perspectives de transition énergétique.

La concertation se poursuit dans le cadre de la consultation publique et des permanences organisées à la mairie annexe de Koungou, où chacun pourra consulter le dossier et formuler ses observations.

Championnat d’athlétisme : Soultoini Ali, champion de France Masters du javelot

Championnat d’athlétisme : Soultoini Ali, champion de France Masters du javelot
Il fait la fierté de notre île malgré le dédain d'un Département-Region, qui se vente d'avoir dégagé 800 millions d'euros d'excédents budgétaire en 2025 pour n'avoir strictement rien fait.

Une fois de plus, il fait la fierté des siens et de Mayotte tout entière ! Soultoini Ali, l’athlète originaire du sud de l’île, dans la commune de Kani-Kéli, a remporté son pari samedi à Épinal, en métropole. Il est devenu champion de France Masters du javelot, décrochant ainsi le 11e titre de sa carrière sportive, commencée tardivement à l’âge de 15 ans.

Désormais, il tourne son regard vers l’Open de France, avant de participer aux Championnats du monde en août prochain, sous les cieux sud-coréens, dans la ville de Daegu. Un grand respect pour le « maestro ».

Sacré champion de France Masters 2026 samedi à Épinal, dans les Vosges, Soultoini Ali, surnommé « Blackgold Kenny », s’est offert un magnifique cadeau d’anniversaire ce week-end en réalisant une nouvelle performance dans sa longue carrière d’athlète. Il a en effet remporté le concours du javelot avec un lancer à 45 mètres lors des championnats de France de sa catégorie.

Pour l’un des doyens des sportifs mahorais évoluant actuellement hors du territoire, ce 11e titre représente une consécration majeure. L’enfant de Passi-Kéli, dans la commune de Kani-Kéli, considère même cette victoire comme la plus grande de sa carrière sportive, entamée en catégorie Junior à l’âge de 19 ans.

Au fil des années, il a gravi tous les échelons, passant successivement des catégories Espoir, Senior puis aujourd’hui Masters.

« Dans la Fédération française d’athlétisme, comme dans beaucoup d’autres fédérations, toutes les catégories d’âge sont prises en compte. De Minime à Cadet, puis Junior, chacune dispose de son championnat de France. J’ai eu la chance d’y participer à partir de la catégorie Junior, ayant commencé l’athlétisme relativement tard à Mayotte, à l’âge de 15 ans, alors qu’ailleurs beaucoup débutent dès 5, 6 ou 7 ans. Malgré cela, j’ai décroché mon premier titre de champion de France à 19 ans », souligne Soultoini Ali.

L’athlète ne cache pas sa fierté d’avoir remporté des titres dans toutes les catégories par lesquelles il est passé. Une fierté également pour Mayotte, son île natale, qui continue pourtant de souffrir du manque d’infrastructures adaptées à la préparation de ses champions et de ses futurs talents.

« J’ai voulu montrer que malgré ce handicap important, il était possible de faire quelque chose pour contribuer au rayonnement national et international de cette île. Cette victoire constitue pour moi à la fois un accomplissement et une continuité. L’histoire du sport mahorais ne s’écrira que grâce aux sportifs mahorais. Dans mon domaine, l’athlétisme, et plus particulièrement le javelot, j’aimerais que nos jeunes et les générations futures sachent qu’une histoire s’est construite au fil du temps, et que Soultoini Ali, comme d’autres, fait partie des archives vivantes de cette discipline sur le territoire.

Malgré toutes les difficultés rencontrées, l’absence criante d’infrastructures et les obstacles du quotidien, des athlètes continuent de représenter dignement et fièrement Mayotte lors des compétitions nationales et internationales. »

Mais comment Soultoini Ali a-t-il réussi à réaliser cet exploit alors que les conditions, notamment financières, étaient loin d’être réunies ? Dans quel état d’esprit a-t-il abordé la préparation de cette compétition ?

« Quand on vise l’excellence, on ne représente plus seulement Mayotte, mais la France tout entière »

Le champion explique disposer du calendrier sportif local, régional, national et international dès le 1er septembre de chaque année. C’est sur cette base qu’il fixe ses objectifs, organise sa préparation et s’entraîne depuis Mayotte.

Cette organisation le conduit régulièrement à effectuer des déplacements à Madagascar, à La Réunion et parfois dans l’Hexagone afin de compléter sa préparation.

« Lorsqu’on vise l’excellence, par exemple un championnat de France, on est conscient que l’on ne représente pas uniquement son territoire, mais la nation tout entière. Même si je viens de Mayotte, j’ai l’obligation morale de me préparer dans des conditions aussi proches que possible de celles de mes concurrents. Un championnat exige une préparation rigoureuse ; on ne s’y présente pas comme un simple touriste.

Je m’oblige donc à être au meilleur de ma forme et de mes capacités. Cela implique des heures et des heures d’entraînement, des moments difficiles, parfois marqués par le doute, les ajustements et de nombreux sacrifices. Il n’est pas toujours facile de concilier tout cela avec la vie professionnelle et familiale », explique Soultoini Ali.

À ces contraintes s’ajoutent parfois des difficultés purement techniques. Prenant l’exemple d’un terrain de football ou de rugby, il rappelle que les pratiquants de ces disciplines sont naturellement prioritaires dans l’utilisation de ces infrastructures. Spécialiste du javelot, il doit donc constamment s’adapter, profitant de la moindre disponibilité pour s’entraîner.

Malgré ces obstacles, il s’efforce de respecter les objectifs qu’il s’est fixés.

Cette victoire était-elle prévisible ? « En tant que sportif, lorsqu’on participe à un championnat, on a forcément l’ambition de le gagner. Cependant, rien n’est jamais acquis. C’est pourquoi il faut rester concentré sur l’objectif que l’on s’est fixé et tout mettre en œuvre pour l’atteindre », répond le nouveau champion de France Masters du javelot.

Selon lui, une compétition ne se gagne jamais sur le papier, même lorsqu’on figure parmi les favoris.

« Le jour J, tout est remis à zéro. Une blessure pendant l’échauffement, des conditions météorologiques défavorables, le retour d’anciennes douleurs, la pression ou le stress peuvent tout remettre en question. Rien n’est gagné d’avance tant que l’épreuve n’est pas terminée. Tout se joue le jour de la compétition. »

Il convient toutefois de rappeler que Soultoini Ali arrivait à Épinal avec un titre à défendre. Même considéré comme le favori, il n’a jamais sous-estimé ses adversaires, conscients que chacun nourrit l’ambition de s’emparer du titre.

Aujourd’hui, le cœur léger et l’esprit serein, le champion de France Masters du javelot peut désormais se consacrer pleinement à la préparation de ses prochaines échéances : l’Open de France, puis les Championnats du monde qui se dérouleront en août prochain dans la ville sud-coréenne de Daegu.

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Mayotte s’installe au coeur de la vitrine mondiale de l’innovation

Mayotte s’installe au coeur de la vitrine mondiale de l’innovation

Du 17 au 20 juin 2026, pour la première fois de son histoire, Mayotte disposera d’un stand officiel au salon VivaTech à Paris. Portée par l’ADIM, cette délégation de trois startups mahoraises incarne un nouveau regard sur le territoire, non plus un département en crise, mais un territoire qui innove.

Mayotte disposera d’un stand officiel au salon Vivatech du 17 au 20 juin 2026 à Paris. Portée par l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM) : « cette présence marque la reconnaissance internationale d’un territoire longtemps perçu sous le seul prisme de la crise, et l’émergence d’une scène entrepreneuriale locale résolument tournée vers l’avenir », selon l’agence.

Dans les allées de Paris Expo Porte de Versailles, des deals à plusieurs milliards d’euros sont conclus. Le salon est classé dans le top 5 mondial des salons de tech. Chaque année depuis 2016, Vivatech accueille plus de 165 000 visiteurs sur quatre jours, des investisseurs, des dirigeants de grands groupes, des représentants gouvernementaux et des journalistes spécialisés viennent de plusieurs dizaines de pays. 2 500 startups exposantes espèrent décrocher un contrat, une levée de fonds ou des partenariats stratégiques.

C’est une première absolue pour Mayotte dans un contexte médiatique où le territoire est connu pour ses crises sanitaires, sécuritaires ou migratoires. C’est une image dont l’île a du mal à se défaire. Et l’ADIM, en amenant Mayotte à VivaTech, veut montrer que malgré les difficultés du territoire, l’île cultive une innovation frugale, pragmatique et ancrée dans le réel. Pour donner vie à cette ambition, l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte a lancé un appel à candidatures auprès des entreprises du territoire. Trois dossiers ont été retenus selon les critères de maturité du produit, de potentiel auprès des investisseurs, d’ancrage territorial et de capacité à se présenter dans un contexte international.

El-Farouk Adinani lance SIREL976 en 2020. Six ans plus tard, l’offre repose sur trois applications actives : GariCo, Eh’Co Mayotte et Mayotte GO, le produit qu’il démontre à VivaTech. Ce guide touristique immersif combine cartographie interactive, immersion 3D/360° et parcours GPS. Derrière ces applications, l’entreprise fonctionne grâce à son infrastructure d’agents IA propriétaire, conçue pour être réplicable et exportable. SIREL976 a déjà des opérations en Côte d’Ivoire et au Canada.

Farrah Hafidou fonde IDEPHI. Sa plateforme « Mayotte Résiliente 2030 » déploie des agents IA spécialisés dans la prédiction climatique, l’analyse de documents techniques, l’optimisation logistique et la supervision IoT des équipements de chantier. Leur objectif affiché : réduire de -50 % les retards et de-35 % les surcoûts sur les projets BTP en zones contraintes. En décembre 2025, IDEPHI obtient un COPIL France 2030 qui leur ouvre la voie vers 40 clients sur Mayotte dès 2026.

Mouhamadi Abdullatif crée MAOREDEV en août 2021. Son produit phare, LivaBox, orchestre les équipements de commerce connecté en mode offline-first, opérationnel 24h/24, 7j/7. L’entreprise garantit la robustesse même sans connexion stable. L’écosystème s’élargit avec LivaSoft (gestion des commerçants), LivaPay (paiement intégré) et une distribution de terminaux Android.

Les trois startups sélectionnées visent toutes l’Afrique et l’Océan Indien. SIREL976 opère déjà en Côte d’Ivoire et au Canada. MAOREDEV cible l’Afrique francophone comme débouché prioritaire. IDEPHI, de son côté, cible les zones tropicales insulaires. Mayotte occupe la position géographique de porte d’entrée entre la France et l’Afrique subsaharienne francophone, l’une des zones de croissance les plus dynamiques du monde mais freinée par des déficits structurels. Mayotte a comme force, de produire des solutions pensées pour des contextes où l’infrastructure n’est pas prise pour acquise. C’est précisément ce que cherchent les investisseurs présents à VivaTech. Les fonds spécialisés sur les marchés africains et émergents valorisent les produits testés en conditions réelles.

La délégation de l’ADIM sera à Paris du 16 au 20 juin, avec un programme construit autour de rendez-vous stratégiques. Dès le mardi 16, avant l’ouverture officielle du salon, un déjeuner de délégation est prévu à Station F, l’incubateur d’entreprise parisien, suivi d’un « DemoDay » à Orange Gardens, le campus d’innovation du groupe Orange à Châtillon.

Le mercredi 17 juin marque l’ouverture officielle de VivaTech. La délégation mahoraise sera sur son stand, Hall 2H.50, pour une journée orientée vers les équipes d’Orange : Orange Fab (l’accélérateur du groupe), Orange Ventures (son bras d’investissement) et Orange 5G Lab.

Le jeudi 18 juin, la délégation a rendez-vous avec la Bpifrance, la banque publique d’investissement qui cofinance une large part de l’innovation française et mahoraise.

L’événement French Tech Connect Outre-mer & Océan Indien rassemblera les acteurs de l’innovation dans les territoires ultramarins et la région. Ces deux rendez-vous touchent directement aux possibilités de financement et de structuration pour les startups mahoraises.

Le vendredi 19 juin est dédié aux investisseurs et partenaires, avant de clore le salon le samedi 20 juin avec un programme d’animations et de conférences pour le grand public.

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Eau, insécurité et salubrité : le Codim place les urgences du Sud au coeur du débat

Eau, insécurité et salubrité : le Codim place les urgences du Sud au coeur du débat

Réunis à l’initiative du CODIM, les élus du Sud ont dressé un constat alarmant des difficultés rencontrées par la population. Pénurie d’eau, insécurité, gestion des déchets et propagation du paludisme figurent parmi les priorités évoquées. Au-delà des constats, les responsables locaux appellent désormais à des actions concrètes et à une mobilisation collective.

L’accès à l’eau, la sécurité des habitants et la salubrité publique. Voilà les trois grands défis qui ont dominé les échanges organisés par le CODIM, réunissant les élus des communes du Sud. Au fil des interventions, un même sentiment s’est imposé : celui d’une population qui ne veut plus entendre de promesses mais attend des résultats rapides face à des difficultés qui affectent son quotidien.

L’eau, une urgence devenue structurelle

Pour les participants, la question de l’eau reste le dossier le plus préoccupant. La croissance démographique, l’augmentation du nombre de logements et les besoins des activités économiques exercent une pression toujours plus forte sur les infrastructures existantes.

Plusieurs élus ont souligné que, malgré les nombreuses annonces faites ces dernières années, les habitants continuent de subir des coupures et des difficultés d’approvisionnement. Une situation qui freine également le développement du territoire.

Afin d’apporter des réponses, plusieurs pistes ont été avancées. La maire de Bandrélé a notamment évoqué les forages comme une solution parmi d’autres, tout en plaidant pour une multiplication des forages dans le Sud. Les élus souhaitent aussi obtenir du syndicat des eaux une amélioration des conditions de gestion et de distribution.

La problématique concerne également les entreprises réalisant des travaux ainsi que les services de secours, certains intervenants rappelant que le manque d’eau peut compliquer les interventions des camions de pompiers.

Une insécurité qui alimente le sentiment d’abandon

Autre sujet majeur des discussions : l’insécurité. Les élus ont relayé le mécontentement d’une partie de la population qui estime que les réponses apportées par les autorités restent insuffisantes.

Face à cette situation, plusieurs propositions ont émergé. Elles portent sur le renforcement de la police municipale, le développement de la vidéoprotection et la création de dispositifs de proximité permettant de mieux connaître les quartiers et leurs problématiques.

Les participants ont également insisté sur la nécessité pour les élus de travailler davantage avec les habitants afin d’identifier les zones sensibles et les points de rassemblement de la délinquance. Pour eux, les collectivités locales doivent prendre des initiatives lorsque les réponses institutionnelles tardent à venir.

Déchets et paludisme : un enjeu de santé publique

La question de la propreté a occupé une place importante dans les débats. L’accumulation des déchets est dénoncée par plusieurs élus, qui estiment que le SIDEVAM ne peut pas, à lui seul, assurer efficacement cette mission. Ils demandent un engagement plus fort de l’intercommunalité afin de mettre en oeuvre un véritable plan d’action.

Mais au-delà de l’aspect environnemental, le problème est aujourd’hui sanitaire. À Hamouro, la forte propagation du paludisme inquiète particulièrement les responsables locaux. Le manque d’hygiène et la présence de nombreux déchets favorisent la prolifération des moustiques, aggravant les risques pour la population.

C’est dans ce contexte qu’une mobilisation est prévue le 17 juin. Cette opération de nettoyage vise à lutter contre les conditions favorisant la propagation du paludisme tout en sensibilisant les habitants à l’importance de la salubrité publique. Pour les organisateurs, améliorer la propreté du territoire constitue aussi une mesure de prévention sanitaire.

Les élus réclament des résultats

Les discussions ont enfin abordé la question de la jeunesse et de l’emploi. Les participants souhaitent développer davantage de partenariats avec les entreprises et les associations afin de créer des opportunités professionnelles. Des propositions concernant les internats et la sécurisation des transports scolaires ont également été évoquées.

Au terme de cette rencontre organisée par le CODIM, un message commun se dégage : les défis du Sud sont connus depuis longtemps, mais les élus estiment que le temps des diagnostics est désormais révolu. Ils appellent l’État, l’intercommunalité et les communes à agir de manière coordonnée pour apporter des réponses concrètes aux attentes de la population. Eau, sécurité, salubrité et développement local apparaissent ainsi comme les piliers d’une stratégie jugée indispensable pour l’avenir du territoire.

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“Images en mutation“ : l’association Zangoma revient avec une nouvelle exposition

“Images en mutation“ : l’association Zangoma revient avec une nouvelle exposition

Dans le cadre de son événement “Les artistes s’exposent”, l’Association Zangoma, en partenariat avec la Ville de Mamoudzou, prépare une présentation d’œuvres ingénieuses intitulée “Images en mutation.” Cette année, le thème est consacré à la réflexion sur l’intelligence artificielle dans les arts et les pratiques audiovisuelles. L’inauguration officielle est prévue pour le 16 juin au hall d’exposition de la direction de l’excellence culturelle de la ville de Mamoudzou, de 15h à 17h. L’exposition sera disponible jusqu’au 27 juin, entre 8h et 17h.

Chaque jour, des milliards d’images sont produites, partagées, transformées et oubliées. Elles traversent les écrans, franchissent les frontières, modifient notre perception du monde et redessinent notre rapport au réel. L’image n’est plus seulement un témoignage ou une représentation : elle est devenue un territoire mouvant où se croisent mémoire, information, fiction, algorithmes et intelligence artificielle.” Voici comment la ville de Mamoudzou et l’association Zangoma présentent un projet artistique, contemporain et high-tech.

Depuis 2010, les artistes exposent avec l’association Zangoma et, depuis quelques années, elle est en partenariat avec la Ville de Mamoudzou. Si l’exposition devait être complète le 10 juin, elle a été retardée par des contraintes d’agencement. Le public peut quand même s’y rendre avant le 16 juin en découvrant les premières œuvres exposées.

Cette édition 2026 réunit divers artistes venus transmettre leurs idées. Pour la peinture : Baba Mbaye, Boaz, Béatrice Edouard, Juliette Botolava, Yasmine Youssouf Thany, dite Yazz, et Elyane Houdjatte. En ce qui concerne les photographes, on retrouve des œuvres de David Lemor, Isma Kidza, Kamardine Mohamed Rabion, dit Sonomoha, Jean-Louis Saiz et Boina, dit Mystikafro. Balthazar et Nora Godeau, dite Chankaleor, s’occupent de l’installation et de l’expression numérique. Sans oublier Papa Jan pour la peinture et le street art, et Saïd Sola pour la présentation. Le collège de Passamainty sera également de la fête avec des œuvres en peinture, poésie et atelier de fils tendus, témoignant de la créativité indispensable de la jeunesse.

Images en mutation, quand l’IA s’impose dans les arts graphiques

Denis Balthazar, président de l’association Zangoma et artiste, nous rappelle les objectifs de cette initiative : “Images en mutation va permettre aux gens de se rendre compte des mutations énormes qui ont été faites depuis la photographie et même avant. Sur la pratique artistique aujourd’hui, l’IA vient bouleverser tout ça, comme Internet l’a fait à son époque. Aujourd’hui, on souhaite questionner les artistes sur leur position et leurs avis, eux qui puisent leur inspiration dans l’actualité du monde.

Il évoque également l’alliance de différents arts visuels et insiste sur l’impact de l’IA : “À l’époque, quand la photographie est arrivée, elle n’avait pas enlevé la notoriété du portrait peint, elle s’est juste invitée à côté. Chacun vivait en cohabitation. Alors que l’IA, elle est tellement permissive qu’on a du mal à la positionner comme telle. La photo et la peinture ont gardé leur autonomie, alors que l’IA tend à lier tout ça, elle est capable de tout faire.

Il rappelle aussi l’inéluctable surconsommation de la technologie à Mayotte : l’île n’échappe pas à cette évidence universelle : “Que ce soit dans les demeures aristocratiques ou sur le flanc de Kawéni, les gens sont connectés.” L’exposition mettra aussi en avant une conférence vidéo faite par un des artistes. Elle démontrera comment l’image voyage à travers les esprits et y reste. Il ajoute d’ailleurs : “On a toujours eu cette envie de protéger les choses, c’est pour cela qu’on fait des photos de famille ou des selfies.

L’art, à la croisée de la jeunesse, du vivre-ensemble et de l’évasion

En attendant le vernissage, la ville de Mamoudzou accueille déjà des classes d’élèves venues découvrir l’exposition. À partir de la grande section, ils sont aptes à être sensibilisés. Toutes les écoles de l’île sont invitées, mais tout dépend de leur capacité de transport. Des ateliers sont aussi prévus. Monsieur Balthazar rappelle le rôle important qu’ils jouent dans la société artistique : “On travaille beaucoup avec la jeunesse. Les classes d’élèves sont les regardeurs de demain, les futurs acheteurs. C’est une manière de leur montrer la réalité des œuvres, ailleurs que sur des livres. Ils vont pouvoir ressentir leurs textures, voir leurs manières d’être posées et passer du temps avec des artistes”.

À ses yeux, il est important de les éduquer très tôt sur la manière de regarder les images, car à l’ère des réseaux sociaux, beaucoup de gens ne regardent plus réellement les images, mais les font défiler rapidement. Charfati Hanafi, animatrice en chef de l’exposition, rappelle aussi que la perception d’une œuvre d’art est subjective et différente en fonction des individus, ce qui en fait une richesse. Elle constate des analyses aussi innocentes que pertinentes de la part des enfants. Ouvert à tous, le projet espère également créer des liens intergénérationnels, offrir aux visiteurs une pause dans leur quotidien, émouvoir la population mahoraise et permettre aux artistes de se faire connaître. Dans un monde ultra-connecté, cette exposition mahoraise “permet d’aborder l’art au même titre qu’à Paris ou à Tokyo”.

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