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Un ralentissement économique confirmé au 2ème trimestre 2026

Un ralentissement économique confirmé au 2ème trimestre 2026
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Au 2ᵉ trimestre 2026, le ralentissement économique s’accentue à Mayotte : l’indicateur du climat des affaires recule de 5,1 points à 101,3, reflétant l’attentisme des chefs d’entreprise face aux délais de paiement, aux trésoreries dégradées et aux difficultés d’approvisionnement. L’inflation atteint 2%, portée par l’énergie (+16,4%) et les transports (+3,7%), tandis que la consommation des ménages se normalise après les pics post-Chido. Les importations battent un nouveau record (325 M€, +11,8% en un an), mais en volume elles baissent de 10,8%, signe d’une forte pression des prix. Le chômage repart à la hausse : +9% au trimestre pour les demandeurs d’emploi de catégorie A, +17,2% sur un an, surtout chez les moins de 25 ans. Le BTP se fragilise avec une chute brutale de l’activité et des carnets de commandes en recul ; le commerce reste en repli mais se stabilise ; les services fléchissent tout en conservant des fondamentaux solides. Dans la zone océan Indien, les banques centrales de Maurice et Madagascar resserrent leur politique monétaire face à une inflation élevée, tandis que l’Afrique du Sud, les Seychelles et les Comores affichent des trajectoires contrastées. Au niveau mondial, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les prix élevés de l’énergie (90–100 $/baril) pèsent sur la croissance, malgré la résilience des États-Unis et un rebond modeste en zone euro.

Les collectivités face au changement climatique et aux risques naturels

Les collectivités face au changement climatique et aux risques naturels

Une conférence-débat intitulée « Changement climatique et risques naturels : les collectivités au cœur de l’adaptation des territoires » se tiendra le mercredi 16 septembre 2026, de 11 h à 15 h, au PER de Coconi. Organisée par la délégation mahoraise du CNFPT, en partenariat avec l’Université de Mayotte et l’AFPCNT, elle réunit Météo-France, le BRGM, la DEALM, Amani, le CAUE, les Naturalistes de Mayotte et la Croix-Rouge française – PIROI. Face à des aléas qui impactent territoires, habitants et services publics, l’adaptation des structures locales devient prioritaire. À Mayotte, particulièrement exposée, il s’agit de renforcer une culture commune du risque et d’aider les acteurs à intégrer ces enjeux dans leurs politiques, leur aménagement et leurs pratiques. La rencontre croisera expertises scientifiques et besoins du terrain autour des projections climatiques, de la crise sismo-volcanique et de la mémoire des risques, pour faire émerger des réponses concrètes. Public : élus, DGS et cadres territoriaux.

À Mayotte, les acteurs économiques veulent agir plus tôt face aux difficultés des entreprises

À Mayotte, les acteurs économiques veulent agir plus tôt face aux difficultés des entreprises
La charte de confiance arrive à Mayotte pour prévenir les difficultés des entreprises

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Les acteurs économiques de Mayotte veulent renforcer la prévention des difficultés des entreprises. Réunis ce mercredi 9 septembre au siège de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM), les principaux acteurs de l’accompagnement des entreprises ont présenté la déclinaison locale de la « Charte de confiance pour renforcer l’anticipation, l’accompagnement et la prévention des difficultés des entreprises ».

Lancée au niveau national le 10 février 2026 sous l’égide de la Médiation nationale du crédit aux entreprises, cette charte repose sur un principe : intervenir dès les premiers signes de fragilité, plutôt que d’attendre que la situation devienne critique.

À Mayotte, la rencontre a réuni des représentants de l’État, de l’IEDOM, de la Direction régionale des finances publiques, de l’Urssaf, des experts-comptables, mais aussi des acteurs du financement, de l’assurance-crédit et du recouvrement.

Aller davantage vers les entreprises

Pour le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, l’enjeu est désormais de transformer cette démarche collective en actions concrètes. Il défend notamment l’idée d’un « congrès des entreprises », qui permettrait de réunir régulièrement les différents acteurs et de mieux faire remonter les difficultés du terrain.

« On développe déjà beaucoup d’informations, mais est-ce que ça fonctionne ? Il y a des entreprises qui n’arrivent pas à s’en sortir. Il faut qu’on trouve, de manière assez répétée, des solutions. » Le préfet insiste également sur la nécessité de mieux prendre en compte la réalité des chefs d’entreprise. « Un chef d’entreprise a la tête dans son entreprise, il n’a pas la tête avec les formulaires. C’est au chef d’entreprise de nous rappeler leur réalité ! »

Cette volonté d’aller vers les entrepreneurs constitue justement l’un des piliers de la charte. Florence Mar Picart, directrice de l’IEDOM-IEOM Mayotte, rappelle que cette initiative est le fruit d’une démarche collective réunissant acteurs publics, privés et associatifs. « L’idée de cette charte est d’aller vers les entreprises. Une charte inédite qui a été lancée en début d’année 2026, fruit d’une démarche collective sans précédent. »

L’objectif est de sensibiliser, informer et outiller les dirigeants afin qu’ils puissent identifier les premiers signes d’alerte et connaître les dispositifs disponibles.

Olivier André, directeur régional des Finances publiques, plaide lui aussi pour l’installation d’une véritable « culture de formation ». L’objectif est de mieux expliquer aux entreprises les dispositifs existants et de favoriser une action préventive. La DRFiP peut notamment proposer des plans de règlement des dettes et intervenir au sein du Codefi, présidé par le préfet.

Emploi et travail illégal, autres points de vigilance

Les échanges ont également porté sur les difficultés liées à l’emploi et à la situation administrative des salariés étrangers. Sur le travail irrégulier, Frédéric Poisot rappelle le cadre légal. « Les entreprises ne peuvent travailler avec des étrangers en situation irrégulière. Ceux qui sont entrés de manière illégale n’ont aucun avenir. »

Le préfet distingue cependant cette situation de celle des salariés régulièrement admis à Mayotte et confrontés à des délais dans le renouvellement de leur titre de séjour. « Ceux qui ont obtenu un titre de séjour pour venir travailler à Mayotte, l’État se doit de pouvoir, en temps et en heure, renouveler leur titre. Le but n’est pas de les mettre en difficulté, eux et leur entreprise. »

Il souhaite ainsi mettre en place un dialogue renforcé avec les services de l’accueil des étrangers afin de traiter les situations les plus urgentes. « L’idée est d’avoir un tunnel de discussion avec la direction de l’accueil des étrangers pour que, sur les situations les plus aiguës, on ne mette ni l’entreprise ni la personne qui travaille dans la difficulté. »

Une nouvelle réunion réunissant l’ensemble des entreprises est envisagée au début du mois de janvier. L’ambition est désormais de passer de l’information à une véritable culture de la prévention.

Résilience face aux changements climatiques : un trait d’union scientifique entre Mayotte et ses voisins

Résilience face aux changements climatiques : un trait d’union scientifique entre Mayotte et ses voisins
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La ville de Mamoudzou veut impulser une dynamique régionale dans le cadre de ce qu’elle appelle « une diplomatie de ville ». Il ne s’agit ni d’un mot creux ni d’une dynamique politicienne vide de sens. La ville chef-lieu de Mayotte porte un projet visant à améliorer la compréhension des littoraux de l’océan Indien afin de mieux les protéger face aux changements climatiques.

Chido restera, à n’en pas douter, un marqueur définitif de la vie sur le territoire. Après deux années d’atermoiements au sujet de la reconstruction de l’île, de promesses non tenues de la part de l’État et de passes d’armes entre le gouvernement de Sébastien Lecornu et les différentes collectivités locales, l’heure est désormais au retroussement des manches. Le message du Premier ministre, le mois dernier, en direction des habitants de l’île semble avoir été reçu cinq sur cinq : il appartient à présent aux Mahoraises et aux Mahorais de reconstruire leur île, car personne d’autre n’a vocation à le faire.

Pour la commune de Mamoudzou, la refondation de Mayotte passe également par la sauvegarde de sa nature et la préservation de son écosystème marin. La ville chef-lieu du 101e département français ambitionne ainsi de porter un enjeu écologique majeur pour l’ensemble des États insulaires limitrophes : comprendre l’évolution des littoraux afin de mieux les protéger face aux changements climatiques.

Mamoudzou entend tirer les leçons du cyclone Chido, qui a rappelé à quel point le littoral est vulnérable. Pour ce faire, le premier magistrat, Ambdoulwahedou Soumaïla, a conçu le projet LITOR-OI, visant à conjuguer réflexion et actions concrètes grâce au croisement des expériences et des connaissances scientifiques entre les deux départements français de Mayotte et de La Réunion, ainsi qu’avec le Mozambique.

La perception des habitants est placée au centre de cette action. « Le projet prévoit notamment le suivi du trait de côte, 200 enquêtes auprès des habitants, des formations, la mobilisation des scolaires et des communautés, ainsi que la plantation de 7 500 plants de mangrove au Mozambique. »

Le maire de Mamoudzou explique que l’objectif est également d’identifier « des solutions innovantes et transférables entre nos territoires ». Un budget conséquent de 200 000 euros est consacré à la réalisation de ce projet, dont 140 000 euros financés par le Quai d’Orsay, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Ce projet n’a d’autre objectif que « d’observer et comprendre nos littoraux pour mieux agir, tout en faisant de la coopération régionale un outil concret de résilience face aux changements climatiques », précise le président de l’Association des maires de Mayotte et de la CADEMA.

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Dotations et recensement de la population : cette année encore, ils réfutent les chiffres servis par l’INSEE

Dotations et recensement de la population : cette année encore, ils réfutent les chiffres servis par l’INSEE

Au dernier recensement, clos en janvier 2026, l’INSEE a arrêté la population de Mayotte à 323 153 habitants, contre 256 518 en 2017, soit un écart supposé de seulement 66 635 habitants en neuf ans. Une hérésie qui ne bluffe personne sur le territoire et qui prend même « des allures d’une plaisanterie de mauvais goût » pour certains élus mahorais. Malgré le respect de circonstance dû à cette honorable institution, la suspicion demeure plus que jamais. Les communes réfutent catégoriquement les chiffres publiés et demandent un second recomptage.

Alors, où se situe la faille qui sème le doute dans l’esprit des 17 maires de Mayotte, des cinq intercommunalités et du Département-Région ? Certains n’hésitent pas à franchir le « Rubicon » et à parler d’une « arnaque intentionnelle »…

Il est vrai qu’il y a matière à s’interroger, car s’il y a un sujet qui fait consensus chez les maires de Mayotte, c’est bien celui du recensement de la population, qui détermine les dotations qui leur sont allouées chaque année par l’État. Un sujet source de polémiques sur l’île depuis plusieurs années, eu égard à la pression démographique que subit le territoire, soumis à des flux migratoires inégalés.

En effet, si tout un chacun s’accorde sur l’ampleur de ce phénomène d’une année sur l’autre, une incompréhension surgit systématiquement à l’issue de chaque opération de recensement. Les élus locaux soutiennent toujours que le compte n’y est pas, car les chiffres de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) leur paraissent en décalage complet vis-à-vis des mouvements de population constatés au quotidien sur le terrain.

« C’est un truc d’ouf, pour reprendre le langage des adolescents actuels », signale un adjoint au maire de Mamoudzou, en marge de la conférence de presse d’Amboulwahedou Soumaïla, le 1er septembre 2026. « Pour nous autres élus, ces chiffres ont chaque fois le goût amer d’une mauvaise surprise, car ils s’avèrent systématiquement en deçà des réalités du territoire », se plaît-il à souligner.

Il est vrai qu’à l’issue de chaque opération de recensement de la population locale, les communes sont partagées entre une confiance à conserver à l’égard d’un instrument étatique qui a largement prouvé sa raison d’être dans le fonctionnement des institutions et un doute profond, consécutif à l’écart vertigineux entre la masse des individus constatés dans les rues et les villages et celle des personnes finalement recensées dans les faits.

Un mystère qu’il convient absolument de résoudre dans les années à venir, tant il prête à confusion sur le territoire comme dans l’Hexagone, si l’on s’en tient aux déclarations régulières des membres du gouvernement ou des leaders des différentes formations politiques prétendant à gouverner le pays.

Ce qui est certain, c’est qu’une fois de plus, « l’Association des maires de Mayotte conteste les résultats du recensement 2025/2026 et demande à l’INSEE le réexamen des chiffres de population du département et des 17 communes ».

Dans leur carnet de doléances à l’adresse des futurs candidats à la présidence de la République française, les élus mahorais n’ont pas froid aux yeux. À l’unanimité, ils constatent que « ce résultat est en retrait par rapport à ce qu’ils observent sur le terrain », alors même que les 17 communes ont toutes pris part à ce qu’elles qualifient d’« opération exhaustive ».

Une réalité du territoire difficilement conciliable avec les chiffres fournis par l’INSEE

Les communes mahoraises font valoir quatre anomalies dans ces opérations de recensement 2025/2026.

Elles évoquent d’abord « une contradiction interne aux données de l’INSEE », qu’elles justifient par le fait que « l’institut estimait la population à environ 329 000 habitants au 1er janvier 2025 », alors même que le décompte de 2026, soit un an plus tard, fait état de 323 153 personnes.

Autrement dit, « un repli de 5 800 personnes qu’aucun événement connu n’explique », font valoir les maires de l’île.

Allez comprendre vraiment ce qui se passe dans les ordinateurs de l’INSEE, car, de l’autre côté, le ministère de l’Intérieur affiche ostensiblement des chiffres colossaux de reconduites aux frontières de migrants illégaux pour vanter les prouesses des forces de police et de gendarmerie engagées dans la lutte contre l’immigration clandestine à Mayotte.

Des chiffres qui tranchent complètement avec les ratios servis aux médias par le ministère de l’Intérieur, faisant état, tous les ans, de records battus dans l’archipel, trois fois supérieurs à la moyenne nationale.

Les élus mahorais, comme leurs administrés, aimeraient savoir où se situe la maldonne. Une incohérence démographique qui les conduit à s’interroger sur les chiffres de l’état civil entre 2017 et 2025, lesquels font état de 87 940 naissances pour 8 370 décès, soit un solde de +79 570 personnes, alors que la population ne progresserait que de 66 635 personnes.

« Par construction, cela suppose un solde négatif de près de 13 000 personnes sur ladite période », une hypothèse que les 17 maires considèrent comme « difficilement conciliable avec la réalité du territoire ».

Chiffres à l’appui, les maires de Mayotte émettent de sérieux doutes et parlent d’une « hétérogénéité communale inexpliquée ». Ils expliquent que les conditions de collecte étaient dégradées et ont produit une cartographie insuffisamment actualisée.

Pour faire court, les 17 maires mahorais font état d’une période de collecte courte, placée en fin d’année, de refus liés au climat en raison des opérations de décasage, ainsi que de logements occupés, pourtant classés comme « vacants ».

L’Association des maires de Mayotte, qui n’entend pas se laisser avoir dans cette affaire, est en train d’affûter son argumentaire avant d’adresser officiellement sa contestation aux instances compétentes.

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Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre

Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre
Selon une étude de trafic de la DEAL, réalisée en 2016 puis actualisée en 2021, plus de 4.500 véhicules franchissaient chaque jour le pont de Dzoumogné.

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Des milliers d’automobilistes continuent chaque jour de subir les embouteillages à Dzoumogné, alors qu’une déviation devait être mise en service fin 2024. De nouveaux travaux visibles cette semaine pourraient toutefois marquer une nouvelle étape pour un projet attendu depuis plus de dix ans.

Loin de Kawéni et des travaux qui, depuis le mois de juillet, provoquent d’importants embouteillages et perturbent les déplacements de centaines d’usagers, un autre secteur de Mayotte vit depuis plusieurs décennies au rythme des ralentissements, des files d’attente interminables et des minutes perdues dès les premières heures de la matinée jusqu’à tard dans la soirée.

À l’origine de cette situation, un ouvrage vieillissant qui, malgré plusieurs interventions au fil des années, n’est plus adapté à l’évolution du trafic : le pont de Dzoumogné, situé sur la commune de Bandraboua. Point de passage incontournable entre le nord de Mayotte et le reste de l’île, il impose une circulation alternée par feux tricolores, faute de permettre le croisement des véhicules.

Si des solutions sont régulièrement annoncées, aucune n’a encore permis de mettre un terme aux longues files d’attente que subissent les milliers d’automobilistes empruntant cet axe.

Des heures perdues, chaque année

Selon une étude de trafic réalisée par la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL), en 2016 et actualisée en 2021, plus de 4.500 véhicules franchissent chaque jour ce pont.

Le fonctionnement est immuable : chaque sens de circulation est immobilisé 2 minutes et 45 secondes, le temps de laisser passer les véhicules venant en sens inverse. Sur une journée complète, cela signifie que chaque feu reste au rouge 12 heures sur 24.

Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre
À raison d’un aller-retour quotidien, l’attente aux feux peut représenter près de 17 heures perdues chaque année pour un automobiliste, hors heures de pointe.

Pour un automobiliste effectuant un aller-retour quotidien, notamment pour se rendre au travail, cette attente représente en moyenne près de 17 heures perdues par an devant ces feux. À l’échelle de l’ensemble des usagers, ce sont plus de 100 heures d’attente cumulées chaque jour qui s’évaporent sur cet unique point de passage.

Ces estimations reposent sur une circulation fluide, où chaque véhicule franchit le pont dès le premier feu orange clignotant. Aux heures de pointe, la réalité est souvent tout autre : les files s’étirent sur plusieurs centaines de mètres et de nombreux automobilistes doivent patienter pendant deux, voire plusieurs cycles de feux avant de pouvoir traverser, allongeant sensiblement le temps d’attente.

Au-delà de la gêne quotidienne, ces minutes perdues ont aussi un coût, plus discret mais bien réel. Retards au travail, consommation supplémentaire de carburant, hausse des coûts de transport, baisse de productivité… autant de conséquences qui pèsent sur les usagers comme sur l’économie locale.

Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre
Chaque feu reste au rouge pendant 2 minutes et 45 secondes, soit jusqu’à près de trois minutes d’attente avant de pouvoir franchir le pont.

À l’approche du pont, beaucoup accélèrent pour être certains de franchir le feu

“ Le matin, on est constamment en retard au travail ”, témoigne ce mardi 8 septembre, Hidaya, habitante de Bandraboua qui emprunte chaque jour le pont pour rejoindre son travail à Trévani. “ La file de voitures s’étend parfois jusqu’à Bandraboua tellement c’est long ! ”, ajoute-t-elle, après avoir traversé le pont à pied, en tenant son jeune garçon par la main. Le taxi qui les a déposés à Dzoumogné en fin de matinée est resté du côté de la station-service pour ne pas être obligé à faire demi-tour dans le village et se confronter aux feux-rouges.

Juste à côté d’elle, la vitre mi-ouverte, les mains sur le volant, Imane* fixe le feu rouge du regard, dans l’attente qu’il passe à l’orange clignotant, signe qu’elle peut avancer. La jeune femme habite à Dzoumogné et vient d’obtenir son permis de conduire. Le passage de ce pont fait partie de son quotidien. “ Il y a des embouteillages, c’est compliqué ”, lance-t-elle, élevant la voix pour se faire entendre au milieu du trafic. “ Il arrive que des personnes s’embrouillent à cause du pont, ils se prennent la tête pour savoir qui à le droit de passer ou non ”.

Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre
Datant des années 1940, le pont Bailey de Dzoumogné a été doublé en 2022 par un viaduc métallique provisoire après avoir été fragilisé par un incendie.

Le feu passe à l’orange clignotant. Imane s’élance, mais hésite une fraction de seconde. Derrière elle, les klaxons retentissent immédiatement. Personne ne veut risquer de manquer ce cycle et attendre près de trois minutes supplémentaires.

Quelques minutes d’observation suffisent pour comprendre la pression que subissent les automobilistes. À l’approche du pont, beaucoup accélèrent pour être certains de franchir le feu avant qu’il ne repasse au rouge. D’autres prennent davantage de risques et s’engagent malgré l’interdiction. Dans cette zone bordée de commerces et très fréquentée par les piétons, ces comportements nourrissent les craintes des riverains.

“ J’espère vraiment qu’un nouveau pont sera construit. Mais il n’y a pas eu de changements depuis des années, je n’y crois plus trop ”, confie Hidaya. 

Un mélange d’espoir et de résignation qui semble gagner une partie des habitants. Certains, comme Imane, ignorent même que des projets de nouveau pont et de déviation existent, tant leur concrétisation paraît lointaine.

Des solutions connues depuis plus de dix ans

Pourtant, les solutions ne datent pas d’hier. Le projet de déviation de Dzoumogné remonte à 2010 avec les premières études portées par l’État, à travers la DEAL.

En 2021, l’investissement était évalué à 11,5 millions d’euros. Un an plus tard, le coût annoncé du projet atteignait 17 millions d’euros.

L’objectif est de créer un véritable contournement du village, reliant les entrées sud-est et nord-est de Dzoumogné grâce à une nouvelle portion de RN1, un nouveau franchissement de la rivière Mro Oua Maré et deux giratoires. À terme, le trafic de transit n’aurait ainsi plus à traverser le centre du village, tandis que l’actuelle route retrouverait une vocation davantage locale.

Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre
Une femme traverse le pont à pied le mardi 8 septembre 2026.

Mais le dossier prend un tournant au mois de juillet 2022, lorsque le pont est volontairement incendié dans un contexte de fortes tensions à Dzoumogné. Fragilisé, l’ouvrage est immédiatement interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes, compliquant notamment le transport scolaire, l’approvisionnement des communes du nord et les déplacements des poids lourds.

Pour répondre à l’urgence, l’État fait installer un viaduc métallique démontable à une voie, mis en service en octobre 2022. Une solution présentée comme provisoire, destinée à maintenir la circulation dans l’attente du projet définitif.

Le 26 août 2022, dans les colonnes de Mayotte Hebdo, la préfecture présentait justement ce calendrier. Les travaux de la déviation devaient débuter dès le mois de septembre avec la réalisation du giratoire sud. Le contournement était alors annoncé pour la fin de l’année 2024, avant la construction d’un nouveau pont en remplacement de l’ouvrage existant.

Les travaux de la déviation enfin lancés ?

L’échéance est depuis largement dépassée. Le giratoire sud a bien été réalisé et est aujourd’hui opérationnel, mais la déviation n’est toujours pas ouverte à la circulation. Les automobilistes continuent d’emprunter le viaduc métallique provisoire.

Ce mardi, de nouveaux travaux étaient toutefois visibles au niveau du giratoire sud. Un important remblais de terre, long et large de plusieurs mètres, a été aménagé en direction de la rivière Mro Oua Maré. Selon une personne présente sur place, ces travaux seraient liés à la future route de contournement.

Pont de Dzoumogné : la déviation se fait toujours attendre
De nouveaux travaux sont visibles au niveau du giratoire sud, où un important remblai de terre a été aménagé en direction de la future déviation.

 

Reste à savoir si ces travaux marquent effectivement le début d’une nouvelle étape du projet et, surtout, quel calendrier est aujourd’hui retenu pour son achèvement. Sollicitées par Mayotte Hebdo sur l’état du chantier et la nature des travaux en cours, ni la DEAL ni la préfecture n’ont répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article. Du côté de la Ville de Bandraboua, le maire Abdoul-Lihariti Antoissi assure également ne pas avoir de nouvelles concernant l’avancée du projet.

En attendant, les habitants du nord devront continuer à se lever tôt pour éviter les bouchons de Dzoumogné, faute de déviation.

Réunion Télécom s’offre une vitrine en plein centre-ville de Mamoudzou

Réunion Télécom s’offre une vitrine en plein centre-ville de Mamoudzou
L’inauguration des nouveaux locaux a eu lieu ce mercredi 9 septembre en présence des maires de Mamoudzou et de Pamandzi

Présente à Mayotte depuis 2008, l’entreprise Réunion Télécom, spécialisée dans le conseil et les solutions d’encaissement pour les professionnels, a inauguré ce mercredi ses nouveaux locaux dans le centre-ville de Mamoudzou. Après Chido, l’entreprise a décidé de gagner en visibilité et de se rapprocher davantage des commerçants mahorais.

Créée il y a 36 ans à La Réunion, Réunion Télécom a commencé à développer son activité à Mayotte en 2008 avant de s’installer aux Hauts-Vallon en 2015. Mais ses locaux, situés au 4ème étage d’un immeuble, ne lui permettaient pas d’avoir de showroom ni d’accueillir facilement le public. Après le passage du cyclone Chido, l’entreprise a donc décidé de communiquer davantage sur son activité et surtout d’avoir, selon les mots de son directeur Sari Sampiero, “pignon sur rue”. C’est désormais chose faite avec l’ouverture de ses nouveaux locaux dans le centre-ville de Mamoudzou, boulevard Mawana Madi, juste à côté de la bijouterie Khodidas, en contrebas de l’hôtel Caribou.

Mais que fait exactement Réunion Télécom ? Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, pas de téléphonie ! L’entreprise conseille et équipe les professionnels en solutions d’encaissement, avec des logiciels et du matériel de caisse adaptés aux besoins de chaque activité. De la petite épicerie au snack, en passant par les restaurants, les magasins de vêtements ou de bijoux, les professionnels de santé et jusqu’aux grandes enseignes telles que Sodifram, les besoins ne sont évidemment pas les mêmes.

Seules les pharmacies, dont les systèmes sont plus complexes et spécifiques, ne font pas partie de sa clientèle. “A l’origine l’entreprise a racheté sa licence à une société qui installait des téléphones dans les voitures. Comme nous faisions aussi des fax, il nous avait semblé logique à l’époque de conserver ce nom, qui peut paraître aujourd’hui un peu anachronique”, explique Sari Sampiero. Après 36 ans d’existence et une marque actuellement bien connue, il paraît compliqué aujourd’hui de modifier ce nom, d’autant plus que les priorités réelles se situent ailleurs. A Mayotte notamment, il s’agit surtout d’accompagner les professionnels et de poursuivre le développement de l’activité.

Location, maintenance et accompagnement des commerçants

Réunion Télécom propose également des terminaux de paiement électronique (TPE) en location. Une solution que l’entreprise estime plus intéressante que les petits terminaux de type SumUp puisque, lorsque le chiffre d’affaires des entreprises dépasse les 3 000 euros mensuels, les frais de ces derniers se révèlent très coûteux. L’intérêt du système de location proposé par Réunion Télécom réside principalement dans le suivi du matériel. En cas de panne, l’entreprise peut ainsi intervenir directement pour réparer ou remplacer les équipements, là où un commerçant ayant acheté seul son matériel doit également se débrouiller seul lorsque celui-ci tombe en panne. L’entreprise dispose d’ailleurs également de locaux à Pamandzi, davantage consacrés à la partie technique.

Au-delà du matériel, Réunion Télécom souhaite surtout renforcer son accompagnement des entrepreneurs mahorais dans un contexte post-Chido déjà difficile, auquel s’ajoutent des réglementations françaises de plus en plus complexes à appliquer. L’entreprise conseille ainsi ses clients afin que leurs solutions d’encaissement restent conformes aux différentes règles en vigueur. “Notre objectif est d’accompagner au mieux les entreprises mahoraises afin qu’elles puissent travailler dans le respect de la règlementation et les services que nous proposons à Mayotte sont désormais exactement les mêmes que ceux que nous proposons à La Réunion”, conclut le directeur.

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Fatima, gravir le Kilimandjaro pour reprendre sa vie en main

Fatima, gravir le Kilimandjaro pour reprendre sa vie en main

Tricoire Fatima, dite Mandjilou, est une femme de cinquante ans qui vit depuis de nombreuses années avec le lupus, une maladie chronique dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux tissus sains de l’organisme. Pendant de longues années, Fatima a dû vivre avec la maladie, avec ses douleurs et les incertitudes qui rythment son quotidien. Mais aujourd’hui, elle ne veut plus que le lupus dicte sa vie ou définisse la femme qu’elle est.

Fatima aspire désormais à reprendre le pouvoir sur son existence, à retrouver sa liberté et à redevenir pleinement maîtresse de sa propre vie. Elle souhaite reprendre possession de sa vie, retrouver son autonomie et redevenir actrice de son histoire. Son combat n’est pas seulement contre la maladie, il est aussi pour sa liberté et sa dignité. C’est dans cet esprit qu’elle a choisi de gravir le Kilimandjaro. Bien plus qu’un défi physique, cette ascension représente pour elle un acte de dépassement et d’affirmation de soi.

Flash infos :  quel a été l’élément déclencheur, le déclic qui vous a donné envie de relever ce défi et de partir à l’ascension du Kilimandjaro ?

Tricoire Fatima : Il faut savoir que j’ai été diagnostiquée d’un lupus, il y a quelques années. Depuis près d’une dizaine d’années, je me battais contre cette maladie, simplement pour retrouver la force de vivre, de me relever et d’avancer. Pendant longtemps, j’ai eu le sentiment que la vie et la maladie m’imposaient leurs propres épreuves. Je les subissais, une après l’autre. Et puis, un jour, je me suis dit : c’est moi qui vais choisir mon épreuve. C’est moi qui vais choisir mon défi. Mon défi, ce serait de gravir le Kilimandjaro. Je ne voulais plus subir. Je voulais dépasser, repousser mes propres limites et reprendre le contrôle de ma vie afin de redevenir actrice de mon histoire.

F.I. : Pourquoi le Kilimandjaro et non une autre montagne ?

T.F. : Le kilimandjaro représentait finalement bien plus qu’un sommet à atteindre. C’était pour moi une façon de célébrer la vie, de renouer avec mon corps et de retrouver confiance en mes capacités. Je voulais aussi montrer qu’après la maladie, il y a encore tellement de possibilités. On peut continuer à rêver, à se fixer des défis et à accomplir des choses que l’on croyait autrefois inaccessibles.

F.I. : Quelles sont justement les principales épreuves que le lupus vous a imposées au fil de ces années ?

T.F. : Ce que la maladie m’a imposé comme épreuve a été extrêmement difficile. Je ne pouvais plus marcher. J’avais d’importants problèmes de mobilité et je suis restée très souvent alitée. Les douleurs aux articulations étaient constantes : les genoux, les chevilles, les hanches, les poignets ; mon corps ne me permettait plus de faire les gestes les plus simples du quotidien. Il y a même eu des moments où j’ai dû être portée par ma famille, par mon mari, par mes enfants, simplement pour aller aux toilettes et faires mes besoins. On perd toute dignité pendant ces périodes-là.

F.I. : Après toutes ces années où la maladie vous avait empêchée de marcher et vous avait rendue dépendante des autres, qu’avez-vous ressenti au moment où vous vous êtes retrouvée au sommet du Kilimandjaro ?

T.F. : Pour tout vous dire, pendant toute mon ascension, j’avais le sentiment de vivre une expérience hors du commun. Quelque chose de grand, de profondément différent de mon quotidien. Et ce sentiment m’a accompagnée du premier au dernier jour. Mais je n’ai aucun souvenir de la dernière heure, celle qui m’a menée jusqu’au sommet du Kilimandjaro.

F.I. : Qu’est-ce qui, selon vous, explique cette absence de souvenir de la dernière heure ?   

T.F. : il y avait de la fatigue, il y avait aussi le manque d’oxygène qui a joué. J’ai fait un accident qui s’appelle un AIT, qui signifie accident ischémique transitoire, souvent appelé mini-AVC. C’est-à-dire que le cerveau n’était pas assez oxygéné, donc je suis resté longtemps sans souvenir de mon ascension, si ce n’est en voyant mes photos ou des vidéos attestant que je l’ai fait. Il y a quelques flashs que je perçois. Alors, je ne sais pas si c’est parce que j’ai travaillé mon mémoire en regardant les photos et les vidéos, mais je n’ai pas trop de souvenirs. Mais, à la descente, une fois que mon cerveau a été oxygéné, ça a été, pour moi, une fierté, un goût de dépassement de soi. Cette fierté me poursuivra pendant très longtemps, parce que personne ne m’attendait à faire un défi pareil, à commencer par ma famille. Et puis, dans la société dans laquelle j’évolue, on me voit souvent, toujours, perchée sur des talons hauts.

F.I. : Après avoir relevé le défi du Kilimandjaro,  y a-t-il d’autres défis que tu aimerais accomplir à l’avenir ?

T.F. : Alors oui, des défis, on en a toujours. C’est vrai que, dès le lendemain de mon retour sur la terre ferme, si on peut dire, des journalistes m’ont demandé si je serais prête à repartir pour un défi pareil. Sur le moment, j’ai répondu non. Mais aujourd’hui, je vous avoue que, lorsqu’on a goûté à une aventure comme celle-là, on devient accro. Alors je pense que mon prochain défi sera encore une aventure de ce genre, dans un milieu hostile, où il faut se dépasser et sortir de sa zone de confort. J’aimerais beaucoup partir à l’assaut du mont Toubkal, au Maroc. Et puis, j’aimerais bien faire le tour des montagnes de La Réunion. J’aime beaucoup dire que chacun a sa montagne. Je développe mon entreprise. J’ai plein de choses qui me font sentir que je suis bien vivante.

F.I. : Vous m’avez dit que vous étiez en coloc à Mayotte. Est-ce que vous avez eu l’occasion de partager cette expérience du Kilimandjaro avec les personnes qui vous écoutaient ? 

T.F. : Je suis arrivée il y a quinze jours et, depuis mon retour, on m’arrête partout pour me dire : « bravoo pour ce que vous avez fait » ; « Vous êtes une source d’inspiration. » Et je vois à quel point mon île est fière de voir que des personnes qui vivent avec des pathologies lourdes peuvent aussi se lancer de tels défis, même à mon âge. Parce que je ne suis plus toute jeune. Je vais bientôt avoir 51 ans, à la fin de l’année. Je veux montrer que c’est possible d’oser faire ce dont on a envie. Il n y a pas d’âge pour réaliser ses rêves.  Alors oui, ça fascine les gens lorsqu’ils m’interpellent et me disent : « mais en plus, vous souffrez d’une maladie et vous avez 50 ans, c’est impressionnant. » Et moi, je leur réponds simplement que la maladie et l’âge ne doivent pas forcément nous empêcher d’oser. Tant qu’on en a l’envie et la détermination, il faut continuer à croire que certaines choses sont possibles.

F.I. : Au-delà des félicitations que vous recevez dans la rue, est-ce que cette aventure vous a aussi donné envie de raconter votre histoire et de transmettre un message d’espoir aux personnes qui, comme vous, vivent avec la maladie ?

T.F. : J’étais à Mayotte dans le cadre d’une formation pour le Département. Et pendant toute la formation, que ce soit pendant les pauses ou les déjeuners, je prenais quelques minutes pour raconter mon histoire et partager mon expérience. Ça me touche profondément. Et je voudrais vraiment remercier tous les mahorais, parce que j’ai reçu énormément de messages, notamment avant même que Mayotte la 1ère diffuse le reportage. Je n’avais d’ailleurs pas vu tout ce qui s’était passé, parce que c’était justement le jour où je commençais mon ascension. À mon retour, j’ai découvert tous ces messages et je me suis dit, j’ai vraiment eu le sentiment que toute mon île me portait. C’était impressionnant et ça fait chaud au cœur de recevoir autant de messages de mes compatriotes, mais aussi de personnes malades qui vivent la même maladie que moi, ici à Mayotte.

À toutes ces personnes, je vous souhaite, un jour, d’aller gravir le mont Choungui, et pourquoi pas, d’aller encore plus haut. Mais surtout, il faut comprendre que chaque défi est différent. Pour une personne malade, se lever de son lit, sortir de chez soi, aller marcher sur une place, c’est déjà un défi. Il ne faut pas minimiser ces petites victoires. L’important, c’est de continuer à avancer, à son rythme.

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Les Dimanches de la Baie s’installent deux fois par mois à Chiconi

Les Dimanches de la Baie s’installent deux fois par mois à Chiconi

Les Dimanches de la Baie font leur retour à Chiconi avec une nouvelle formule. À partir de septembre, la commune annonce désormais deux rendez-vous par mois pour faire vivre la baie et mettre à l’honneur la culture et le patrimoine mahorais.

Le premier rendez-vous est fixé au dimanche 13 septembre, de 13 h 30 à 18 h 30, sur la place Amboirou, au niveau de la rocade Bamana. Spectacles, animations, activités pour petits et grands et gastronomie mahoraise seront au programme de cet après-midi placé sous le signe de la convivialité.

Les visiteurs pourront notamment découvrir plusieurs spécialités traditionnelles, parmi lesquelles le filiki mouhogou, le bred moringa coco, la banane au coco, le bancora, le makarara ou encore des biscuits traditionnels.

Avec cette nouvelle formule, la Ville de Chiconi entend proposer deux occasions par mois de se retrouver autour de la baie et de valoriser les savoir-faire et les traditions locales.

Mayotte au rendez-vous africain de l’éducation aux médias

Mayotte au rendez-vous africain de l’éducation aux médias

Du 8 au 10 octobre 2026, Mayotte sera représentée à Douala, au Cameroun, à l’occasion de la première édition du Salon africain de l’éducation aux médias et à l’information. La journaliste, experte en éducation aux médias et à l’information et fondatrice de L’Effet Pelapelaka, Abby Said Adinani, y portera la voix du territoire et partagera l’expérience mahoraise face aux enjeux contemporains de l’information.

Placée sous le thème « Médias, citoyenneté numérique et démocratie, l’éducation aux médias et à l’information sur tous les fronts », cette rencontre réunira des professionnels des médias, des acteurs associatifs et des représentants du monde éducatif autour des vulnérabilités informationnelles des jeunes, de leur inclusion sociale et du développement de l’esprit critique.

À Mayotte, où plus d’un habitant sur trois est encore scolarisé, l’éducation aux médias constitue un enjeu majeur. La participation d’Abby Said Adinani doit permettre de faire connaître les initiatives menées sur le territoire, mais aussi de favoriser de nouvelles coopérations avec des acteurs africains engagés dans l’éducation aux médias et la citoyenneté numérique.

Organisé à Douala du 8 au 10 octobre, le Salon africain de l’éducation aux médias et à l’information se tiendra en amont de la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information.

Lycée du Nord : Anchya Bamana demande une intervention urgente

Lycée du Nord : Anchya Bamana demande une intervention urgente

Dans un courrier adressé au ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, la députée de la 2ème circonscription de Mayotte Anchya Bamana a demandé d’intervenir “en urgence” pour mettre fin à la grève au lycée polyvalent de la Cité du Nord, à Mtsangadoua.

Dans un courrier, elle alerte sur la surpopulation de l’établissement, qui accueille selon les représentants de la communauté éducative environ 2.300 élèves pour 1.500 places. Le mouvement social, lancé le 31 août dernier, dénonce notamment le manque de salles, des effectifs élevés et des problèmes de sécurité.

La députée réclame cinq classes et salles modulaires supplémentaires, des renforts en personnels et des travaux de sécurisation. Elle juge insuffisantes les premières propositions du rectorat.

Anchya Bamana soutient également la création d’un pôle d’excellence au lycée, avec notamment une classe préparatoire MPSI, et demande des investissements à plus long terme pour l’extension et la modernisation de l’établissement.

“Nos enfants doivent prendre le chemin de l’école !”, a-t-elle déclaré, appelant l’Etat à mettre les moyens “à la hauteur” des difficultés scolaires de Mayotte.

Les navettes maritimes nord-sud refont surface

Les navettes maritimes nord-sud refont surface
* image d'illustration générée par ia

Les maires de Mayotte demandent la priorisation absolue de la mobilité sur le territoire dans le prochain contrat de convergence, afin de sortir de l’impasse actuelle générée par la congestion sur les routes de l’île. Pour eux, il n’y a d’autre solution que de mettre en place des navettes maritimes entre le nord et Mamoudzou, ainsi qu’entre Illoni et Mamoudzou, avec des pontons dédiés et un renouvellement de la flotte d’amphidromes. Ils évaluent les conséquences de la situation actuelle en termes de nombreuses heures de travail perdues, de retards pour les scolaires, de consultations médicales manquées et de consommation de carburant, qui pèse sur les ménages mahorais.

Sous l’intitulé « Le quotidien d’abord », le manifeste des maires de Mayotte, destiné aux différents candidats à l’élection présidentielle de l’année prochaine, s’avère être un ensemble de propositions réalistes face à des problématiques récurrentes sur le territoire. Pour éviter de se faire balader par les prétendants à l’Élysée avec des catalogues de projets irréalisables, les maires mahorais se sont donné le temps de travailler chaque thématique abordée, en dressant un constat de la situation, en évaluant le coût pour la société mahoraise de sa non-réalisation, en précisant les attentes particulières et en définissant les engagements des communes pour formaliser chacun de ces projets.

Dans le secteur important et crucial des transports, l’Association des maires de Mayotte préconise le recours aux moyens de transport maritime pour décongestionner les routes de l’île. Il est vrai que ce problème ne cesse de s’amplifier dans l’archipel, au point de rendre la vie impossible à des milliers d’hommes et de femmes qui souffrent chaque jour des embouteillages sur les routes, entre le sud et l’agglomération de Mamoudzou, ou inversement, entre la moitié nord de Mayotte et la ville chef-lieu.

« La congestion routière est, avec l’eau, le premier motif de plainte de nos administrés. Des milliers de Mahorais quittent leur domicile avant 4 heures du matin pour rejoindre Mamoudzou », peut-on lire dans le manifeste des maires. Celui-ci constate le progrès indéniable que constitue le lancement du réseau interurbain « M’Safara », le 22 mai 2026, tout en regrettant que les autobus soient contraints de partager la même chaussée que les voitures particulières. Résultat : un allongement considérable de la durée des trajets, les 30 minutes initialement annoncées se transformant en 80 minutes dans la réalité.

Les maires mahorais font également allusion aux différents projets de contournement routier restés sans lendemain, malgré des décennies de procédures engagées. Pour les élus communaux, la solution idéale à la congestion routière sur l’île réside dans les voies maritimes : « L’infrastructure est déjà là, gratuite, sans expropriation ni terrassement. Deux lignes ont déjà été étudiées : Longoni-Mamoudzou pour le nord et Illoni-Mamoudzou pour le sud, avec des navettes de 100 à 150 places et des pontons dimensionnés en conséquence. »

Ils soulignent qu’une enveloppe de 2 millions d’euros a d’ores et déjà été consacrée à des études de faisabilité, mais que « le projet reste suspendu à l’achèvement des pontons et souffre d’une gouvernance éclatée entre le Département-Région et l’intercommunalité (CADEMA), chacun conduisant son propre projet. Pendant ce temps, les amphidromes assurant la liaison Grande-Terre/Petite-Terre connaissent des immobilisations récurrentes, faute d’une flotte suffisante et d’une maintenance sécurisée ».

Les maires évaluent les conséquences de cette situation en termes de nombreuses heures de travail perdues, de retards pour les scolaires, de consultations médicales manquées et de consommation de carburant, qui pèse sur les ménages mahorais. Autres conséquences relevées : la dissuasion ou les arbitrages absurdes en matière d’implantation d’activités, le renoncement à un emploi selon qu’il soit situé d’un côté ou de l’autre des deux îles principales de l’archipel, sans parler du facteur d’insécurité généré à la nuit tombée, au détriment des flux circulant dans des endroits non éclairés.

Pour sortir de l’impasse actuelle, les maires de Mayotte demandent la priorisation absolue de la mobilité sur le territoire dans le prochain contrat de convergence, ainsi qu’un financement dédié aux pontons et à la flotte, avec des crédits de l’État, des financements européens et de la Banque des Territoires. Ils préconisent également l’unification de la maîtrise d’ouvrage au sein d’un syndicat mixte de transports réunissant le Département-Région, les communes et les intercommunalités, doté d’une ingénierie financée par l’État pendant sa période d’amorçage, ainsi que la sécurisation et le renouvellement de la flotte d’amphidromes. Une tarification sociale unique, applicable aux barges, aux navettes maritimes et aux bus, est également préconisée.

En contrepartie de toutes ces mesures, les communes et intercommunalités s’engagent « à réserver et sécuriser le foncier littoral nécessaire aux pontons et aux parcs-relais, [et à] adapter leurs documents d’urbanisme ». Ce n’est pas tout : elles organiseraient également le rabattement des lignes de bus communales et scolaires vers les embarcadères.

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Capeb : des locaux syndicaux à nouveau opérationnels

Capeb : des locaux syndicaux à nouveau opérationnels

La CAPEB fait savoir qu’elle achève les travaux de remise en état engagés dans ses locaux de la rue de la Préfecture. Propriété du Département de Mayotte et mis à disposition des artisans mahorais du bâtiment, le siège de cette organisation avait été rudement mis à mal par le cyclone Chido en décembre 2024. Faute de moyens financiers, sa rénovation a pris du temps, ne dépendant que de la bonne volonté et des cotisations des artisans locaux.

Une réunion de bureau a été convoquée en urgence hier matin afin de remettre les pendules à l’heure. Madi Fahar, président du Syndicat patronal des artisans du bâtiment à Mayotte (CAPEB), était de très mauvaise humeur hier, mardi 8 septembre 2026, et a tenu à le faire savoir aux membres de son bureau. La source de sa colère : « des informations non conformes à la réalité qu’un agent de son syndicat aurait communiquées à des médias de la place, informations qui se seraient avérées complètement fausses ».

Selon les explications fournies au siège de la CAPEB, les locaux syndicaux auraient été mis hors service par le cyclone Chido il y a près de deux ans. La toiture du bâtiment, tout comme la clôture, n’aurait pas résisté à la force des vents le 24 décembre 2024. Le personnel avait alors été placé en chômage technique pendant un certain temps, le temps de parer au plus urgent.

« Nos 45 adhérents, à cette époque, n’ignoraient pas cette situation, étant eux-mêmes très impactés dans leurs vies personnelles et professionnelles. Nous avons alors fait appel à la CAPEB nationale, qui nous a octroyé une aide d’urgence de 70 000 euros, dont ont bénéficié ces 45 artisans, à raison de 1 500 euros par personne », confie Madi Fahar.

Pour remettre ses locaux en état, le Syndicat patronal des artisans du bâtiment ne pouvait compter que sur l’engagement bénévole de ses membres et sur les cotisations qu’ils ont par la suite consenties pour acquérir les matériaux nécessaires aux travaux de réfection.

« Pour ne rien cacher, nos locaux, en piteux état, ont été investis par des migrants illégaux que nous avons eu des difficultés à faire partir et qui avaient laissé les lieux dans une situation déplorable », ajoute le président de la CAPEB Mayotte, qui fait part de son amertume à la suite de ce qu’il a lu dans les colonnes d’une édition locale en début de semaine.

Absente des bureaux depuis quelques semaines, la personne présumée à l’origine de ces fuites n’aurait pas repris contact avec les responsables du syndicat. Ceux-ci avaient pourtant choisi de profiter de l’absence du personnel pour faire réaliser des travaux dans le bâtiment. Ceux-ci ont notamment conduit à la pose d’une grille de protection assortie de fils barbelés pour davantage de sécurité, ainsi qu’à l’installation de nouvelles portes, généreusement fournies par un artisan menuisier.

« Cette personne est revenue reprendre son travail en début de semaine sans informer qui que ce soit. Devant le portail clos, elle a choisi d’ameuter les journalistes pour se plaindre d’un blocage d’accès. Elle a essayé de rallier à son action quelques artisans. C’est à mon étonnement total que j’ai reçu un appel de la rédaction de Mayotte La 1ère pour une éventuelle réaction de ma part. »

Selon ses dires, Madi Fahar aurait demandé à son interlocutrice si elle était certaine de la véracité des informations dont elle faisait état au cours de leur conversation. Tout compte fait, il se serait avéré qu’aucun incident n’avait eu lieu devant le siège de la CAPEB, ce qui conduit son président à dénoncer une diffusion malveillante d’informations infondées. Un avis partagé par les autres membres du bureau syndical, qui déplorent l’attitude de leur employée.

« Hélas, le mal est fait et cela décourage quelques-uns parmi nous. Mais nous devons nous concentrer sur le plus important et aller de l’avant. L’essentiel reste la reconstruction de Mayotte après le cyclone », a renchéri l’un des artisans présents, qui a pris part à la réunion de crise d’hier matin.

Ces derniers tiennent à faire savoir au public que leur siège syndical est à nouveau opérationnel, bien qu’il reste encore quelques petits travaux complémentaires à achever.

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Au lycée du Nord, la visite de la rectrice ne met pas fin à la crise

Au lycée du Nord, la visite de la rectrice ne met pas fin à la crise
“Que chacun retrouve sa place dans l’institution que je représente”, a insisté la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy (à gauche), au sujet du format des discussions.

Malgré les engagements annoncés par le rectorat et la visite de la rectrice ce mardi 8 septembre, le blocage du lycée du Nord d’Acoua se poursuit. Personnels et parents d’élèves estiment que les réponses apportées ne sont pas à la hauteur des difficultés rencontrées et sollicitent désormais l’intervention des parlementaires.

Comme chaque matin depuis le début du mouvement, le 31 août dernier, personnels, enseignants, représentants syndicaux et parents d’élèves se mobilisent devant le lycée polyvalent du Nord, à M’tsangadoua.

Au cœur de leur colère, l’arrivée de 125 élèves supplémentaires en seconde cette année, sans moyens supplémentaires pour les accueillir. Dans un lycée déjà confronté au manque de salles et de personnels, aux infrastructures vieillissantes et à un plateau technique toujours inutilisable, le collectif réclame des classes de 25 élèves maximum et 16 salles modulaires. Il demande également 14 assistants d’éducation supplémentaires à 75 %, deux infirmières et neuf agents d’entretien, ainsi que la remise en fonctionnement du plateau logistique et la création d’une cantine scolaire.

Ce mardi 8 septembre, la matinée prend une tournure particulière avec la venue de la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy, accompagnée de plusieurs membres de son cabinet.

Une visite qui s’enlise d’entrée de jeu sur le format des échanges

Alors que plusieurs représentants sont reçus à l’intérieur de l’établissement, les autres manifestants patientent devant les grilles. Au fil des allers-retours, les informations commencent à circuler : le rectorat souhaite organiser les échanges en plusieurs temps, d’abord avec une délégation d’enseignants, puis avec les représentants des parents d’élèves. Une réunion “plénière” aurait également été proposée.

Mais ces propositions suscitent rapidement des débats au sein du collectif. Certains souhaitent accepter ce format pour engager les discussions, d’autres refusent de dissocier les différentes composantes du mouvement. “Elle prend tout le monde ou elle ne prend personne”, résume un représentant.

Peu après 10 heures, après plus de deux heures d’attente, la rectrice, accompagnée de plusieurs membres de son cabinet, rejoint finalement les manifestants sur le parking, à l’entrée de l’établissement. Face aux enseignants, aux représentants syndicaux et aux parents d’élèves, elle défend les annonces formulées la veille dans un courrier adressé à la communauté éducative.

“Je ne suis ni sourde, ni aveugle. Les problèmes du lycée, je les connais”, affirme-t-elle d’emblée.La rectrice rappelle que le rectorat a pris acte des difficultés rencontrées par l’établissement, dont les effectifs atteignent désormais près de 2 300 élèves. Elle assure que cette hausse résulte d’une augmentation des orientations vers la voie générale et technologique.

Pour répondre à cette pression démographique, le rectorat annonce la livraison de quatre salles de classe supplémentaires, dont deux dédiées aux travaux pratiques, d’ici à la fin du mois d’octobre. S’y ajoutent un projet d’extension permettant la création de cinq à dix salles supplémentaires ainsi que l’ouverture du futur lycée de M’Tsangamouji à l’horizon 2031.  “L’entreprise chargée d’installer les salles modulaires est présente ce matin”, assure-t-elle.

Valérie Debuchy défend également le format des échanges proposé par le rectorat. “J’ai demandé à rencontrer les enseignants. Depuis une heure quinze que je suis dans cette salle, j’attends de pouvoir rencontrer leurs représentants”, explique-t-elle dans un climat tendu.

“J’ai proposé un format qui respecte les institutions. Les parents élus sont vos représentants”, insiste-t-elle en réponse aux parents qui souhaitent prendre part aux discussions.

Des réponses jugées insuffisantes, des parents qui se sentent ignorés

Après l’intervention de Valérie Debuchy, Zacharia Sall, professeur de lettres modernes au lycée, estime que les réponses apportées restent largement insuffisantes.

L’enseignant rappelle que le collectif demande cinq salles modulaires dans l’immédiat et estime que seize salles seraient nécessaires pour absorber durablement les effectifs. Les besoins concernent également les moyens humains. “Pour l’encadrement des élèves, ils n’ont rien proposé”, regrette-t-il, évoquant le besoin d’une dizaine d’assistants d’éducation et de plusieurs agents d’entretien supplémentaires.

Autre point de crispation, le plateau technique de la filière bac professionnel Logistique, toujours inutilisable après le cyclone Chido. “Aujourd’hui, on certifie des lycéens qui n’ont jamais touché de machines”, déplore l’enseignant. Il rappelle que la formation prévoit des heures de pratique obligatoires et alerte sur les conséquences de cette situation pour les élèves, qui peuvent être amenés à rejoindre les entreprises sans être suffisamment préparés à manipuler les équipements.

Parmi les parents d’élèves, le sentiment d’être ignorés domine également. “On n’est pas dupes. Il faut arrêter de mépriser les parents. Le Nord est méprisé, il n’est pas respecté”, lance une parent d’élève désemparée. Sous les applaudissements, elle appelle l’État à passer des annonces aux actes. “Qu’ils mettent les travaux en marche. Chaque année, on nous manipule avec des mots, mais rien n’est fait. On préfère qu’il n’y ait pas cours plutôt que de laisser les choses comme ça !”.

Les parlementaires appelés à intervenir

À l’issue de cette journée, les représentants des personnels et des parents d’élèves ont adressé un courrier aux parlementaires de Mayotte. Ils y dénoncent un courrier rectoral qui se limiterait à des “mesures de surface” et reprochent à la rectrice d’avoir privilégié des échanges séparés avec les différentes composantes de la mobilisation plutôt qu’une réunion commune. Ils demandent désormais une médiation de l’État et des réponses qu’ils jugent “authentiques, proportionnées et durables”.

La veille, la députée de la deuxième circonscription, Anchya Bamana, avait elle aussi sollicité le ministre de l’Éducation nationale pour une intervention “en urgence”.

À l’issue de cette nouvelle journée de mobilisation, aucune issue ne semblait se dessiner. Si le rectorat affiche sa volonté de poursuivre le dialogue, personnels et parents d’élèves assurent qu’ils ne lèveront pas le blocage tant qu’ils n’auront pas obtenu des engagements à la hauteur des besoins du lycée. Le bras de fer se poursuit donc, laissant 2 300 élèves sans cours.

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L’élection municipale de Mamoudzou contestée devant le tribunal administratif

L’élection municipale de Mamoudzou contestée devant le tribunal administratif
Treize griefs ont été examinés lors de l’audience consacrée au recours contre l’élection municipale de Mamoudzou.

Le tribunal administratif de Mayotte a examiné, ce mardi 8 septembre, le recours déposé par Ahamada Haribou contre les résultats des élections municipales de Mamoudzou, organisées le 15 mars 2026. Le candidat conteste la réélection dès le premier tour du maire sortant, Ambdilwahedou Soumaïla, arrivé en tête avec 60,9 % des suffrages.

Le rapporteur public préconise le rejet du recours

Présent à l’audience, Ambdilwahedou Soumaïla a assisté aux débats alors que son avocat, retenu à La Réunion, n’a pas pu être présent. La partie adverse était représentée par Maître Laurent, avocate d’Ahamada Haribou. Selon ses conclusions, aucune des irrégularités soulevées par le requérant, qu’elles soient examinées séparément ou dans leur ensemble, ne serait suffisamment importante pour avoir pu modifier l’issue du scrutin.

Le rapporteur public a notamment rappelé l’écart important séparant Ambdilwahedou Soumaïla de ses adversaires. Avec 60,9 % des suffrages dès le premier tour, le maire sortant disposait d’une avance qui, selon le rapporteur, demeurerait suffisante même en retirant les voix faisant l’objet de contestations.

Les griefs portant sur la présence d’agents armés dans certains bureaux de vote ont également été examinés. Pour le rapporteur public, les éléments versés au dossier ne permettent pas d’établir que cette présence aurait joué un rôle actif dans une tentative d’influencer les électeurs ou le déroulement du scrutin.

Les anomalies signalées concernant certains bulletins de vote n’auraient pas davantage, selon lui, eu une incidence suffisamment importante pour remettre en cause les résultats. Le rapporteur public a donc conclu au rejet du recours et au maintien de l’élection d’Ambdilwahedou Soumaïla.

L’avocate d’Ahamada Haribou dénonce un ensemble de pratiques

À l’inverse, Maître Laurent a défendu devant le tribunal les 13 griefs soulevés par Ahamada Haribou. Pour l’avocate, ces éléments doivent être appréciés non seulement séparément, mais également au regard de leur accumulation.

À l’audience, elle résume sa position : « C’est la corruption électorale, malheureusement. » La question de la présence de policiers armés dans les bureaux de vote a notamment été soulevée. L’avocate a insisté sur le caractère, selon elle, inédit d’une telle situation : « Des armes dans les bureaux de vote, ça ne s’est jamais vu. Le code électoral, l’article L.66, l’interdit. »

Les procurations constituent un autre volet du recours. Maître Laurent a évoqué le cas de 39 agents ayant, selon elle, établi des procurations entre Paris et Mayotte. Elle a également fait état d’environ 31 agents concernés entre Bordeaux et Mayotte.

L’avocate a par ailleurs contesté plusieurs éléments liés aux bulletins de vote et à leur impression, évoquant notamment des bandes jaunes sur certaines enveloppes ainsi que des versions en noir et blanc qu’elle considère comme non conformes. « Nous avons saisi la commission sur 13 griefs », a-t-elle rappelé, avant de mettre en cause les conditions de transmission et d’impression de certains documents électoraux.

La défense a également évoqué des pratiques financières et sociales qu’elle estime susceptibles d’avoir participé à des manœuvres électorales. Elle a notamment cité le passage de titres-restaurant de 50 euros versés en deux fois à 100 euros versés en une seule fois par le CCAS de la commune. Pour Maître Laurent, l’ensemble de ces éléments doit être considéré comme un tout. L’enjeu, selon elle, est précisément de déterminer si l’accumulation de plusieurs irrégularités peut avoir affecté la sincérité du scrutin, même lorsqu’aucune d’entre elles, prise isolément, ne suffirait à justifier une annulation.

Une décision attendue la semaine prochaine

À travers ce recours, Ahamada Haribou demande au tribunal de tirer les conséquences des irrégularités qu’il estime avoir constatées lors de la campagne et du scrutin. La défense espère également que cette affaire puisse contribuer à fixer une jurisprudence applicable aux futures élections à Mayotte. « Elle respectera les lois de la République », a notamment déclaré Maître Laurent à l’audience.

Le tribunal administratif doit désormais délibérer. Sa décision est attendue dans une semaine.En cas de rejet du recours, l’élection d’Ambdilwahedou Soumaïla sera confirmée. Si, à l’inverse, le tribunal estime que les irrégularités constatées ont affecté la sincérité du scrutin et justifient son annulation, une nouvelle élection municipale pourrait être organisée à Mamoudzou.

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Comores : sept personnes inculpées pour l’incendie de l’aérogare de Mohéli

Comores : sept personnes inculpées pour l’incendie de l’aérogare de Mohéli

Après plusieurs jours de garde à vue, les suspects se sont vu notifier les charges d’association de malfaiteurs et d’incendie volontaire, des chefs d’accusation dont les peines encourues peuvent en cas de culpabilité avérée, aller jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Les faits remontent au 21 août 2026. Mais les enquêtes avaient été menées en secret. Excepté quelques posts faits sur les réseaux sociaux, le jour d’après, l’affaire avait bizarrement disparu du débat. Pourtant, les personnes incriminées puis inculpées ce lundi pour l’incendie présumé d’une partie de l’aérogare de Mohéli, risquent de prendre des lourdes peines en cas de condamnation. Selon les informations communiquées par le parquet de l’île, au total, 7 prévenus sont soupçonnés d’avoir mis le feu à l’aérogare. Toutefois, seuls 4 suspects sont pour l’instant, placés en détention provisoire à la maison d’arrêt de Badjo, tandis que trois sont sous le coup d’un contrôle judiciaire. Les trois autres, ont bénéficié d’une relaxe, d’après toujours le parquet de Moheli qui a répondu aux questions des journalistes.

Les autorités judiciaires ont précisé que l’affaire en cours  n’inclut pas la voiture incendiée du député Iftahou Halidi mais se base uniquement sur l’incendie et les tracts répandus dans la capitale de l’île. Ceux-ci appelaient au respect des accords de Fomboni que certains estiment aujourd’hui, dépouillés de leur substance. Signés en 2001, pour permettre aux îles de renouer avec la stabilité politique et institutionnelle, lesdits accords avaient prévu une présidence tournante non renouvelable de 4 ans. Sous Ahmed Abdallah Sambi (2006_2011), le mandat est d’abord passé à 5 ans. Puis Azali Assoumani a poursuivi les modifications en supprimant les postes de vice-présidents et rajoutant un second mandat pour chaque île.

Accords de Fomboni

Arrivé au pouvoir en 2016 au nom de l’île de la Grande Comore, l’ex-putschiste a changé la constitution, privant ainsi à Anjouan de son quinquennat de 2021. Parmi le corollaire de ce chamboulement, le tour a également échappé à Moheli qui devait présider les destinées de l’archipel en 2026. Ainsi, avec les modifications apportées à la loi fondamentale en juillet 2018, les accords de Fomboni ne sont qu’une coquille vide, dénoncent de nombreux mouvements politiques, dont certains sont très actifs à Moheli, comme le M17. Certains observateurs pensent que ses leaders seraient dans le viseur des autorités après ces actes d’incendie et de tracts. Notons que les jeunes inculpés la trentaine pour la plupart, sont visés par les chefs d’accusation d’incendie volontaire et d’association de malfaiteurs. Des faits réprimés lourdement par le code pénal comorien promulgué en 2021.

 » Toute association formée, quelle que soit la durée et le nombre de ses membres, toute entente, dans le but de préparer ou commettre un attentat contre les personnes ou les propriétés, constitue un crime contre la paix publique« , dispose l’article 190, lequel ajoute que « quiconque, avec connaissance, se sera affilié à une association formée ou aura participé à une entente établie dans le but spécifié à l’alinéa ci-dessus, sera puni de sept à 20 ans de réclusion criminelle« .  Pour l’incendie volontaire, la loi prévoit jusqu’à la réclusion criminelle pour toute personne « qui aura volontairement mis le feu à des édifices, navires bateaux, magasins, chantiers quand ils sont habités ou servent à l’habitation, et généralement à un lieu habité ou servant à l’habitation, qu’ils appartiennent ou n’appartiennent pas à l’auteur du crime« .

Pour rappel, ce n’est pas la première fois que l’aéroport de Moheli est visé par des actes similaires. Dans la nuit du 17 octobre 2025, des pneus avaient été incendiés sur la piste. L’enquête conduira à l’arrestation d’au moins deux réparateurs de pneus très connus, qui finalement ont été relâchés après la fin des investigations.  Pour l’incendie du 21 août, près de 14 personnes originaires de différentes villes, notamment Fomboni et Djoeizi, où est natif l’ex-président Ikililou Dhoinine, avaient été arrêtées avant que les forces de l’ordre ne relâchent progressivement ceux qu’elles jugent innocents.

Groupe WhatsApp

La plupart de tous ces jeunes arrêtés étaient membres d’un groupe WhatsApp, dont les échanges tournaient autour de l’avenir de Moheli considérée souvent comme l’île abandonnée par les autoroutes centrales, notamment en matière de développement économique. Selon nos informations, le groupe crée en janvier 2026, rassemblait 100 personnes.  » Il a été créé pour mobiliser les jeunes afin de songer à certaines initiatives qui freinent le développement de l’île. La question de la construction de l’aéroport, du port, ou encore du dépôt d’hydrocarbure étaient au menu des discussions« , a glissé une source bien renseignée. D’ailleurs sur les réseaux sociaux de l’un des quatre personnes placées en détention provisoire, on y retrouve de textes de conscientisation sur le même sujet.  » Depuis trop longtemps, notre île traverse une situation difficile. Le coût de la vie augmente, les petites activités disparaissent peu à peu et de nombreuses familles ont de plus en plus du mal à répondre à leurs besoins essentiels. Comment une île aussi riche humainement peut-elle vivre dans autant de difficultés. Un peuple uni et conscient peut changer son destin[….]« , écrivait le 15 mai sur Facebook, Youssouf Ben Aboubacar, aujourd’hui en détention. Dans son post, le jeune avait pris le soin de souligner que sa démarche n’était guidée par aucun intérêt politique. Trois mois plus tard, il semble en payer les frais de ses prises de position, selon certains moheliens qui qualifie cette affaire de « politique ». Déjà, le délai de la garde à vue fixé à 24h, renouvelable une seule fois aurait été dépassé largement pour la majorité des prévenus.

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Sada : des parents d’élèves appellent au boycott de la participation aux collations scolaires

Sada : des parents d’élèves appellent au boycott de la participation aux collations scolaires
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À Sada, des parents d’élèves demandent à la Caisse des écoles et à la municipalité de s’expliquer sur la qualité des collations distribuées dans les établissements scolaires. Dans un message diffusé dimanche, ils déplorent ne toujours avoir reçu aucune réponse malgré “plusieurs demandes” et “plusieurs relances”.

Les parents rappellent avoir accepté l’an dernier une hausse de leur participation financière, dans l’objectif d’améliorer la qualité des produits proposés aux enfants. Selon eux, cet effort n’aurait toutefois pas produit les résultats attendus. Ils affirment que certains prestataires auraient livré des collations très réduites, parfois composées d’un seul produit jugé de qualité médiocre, alors que trois produits équilibrés étaient prévus dans les prestations.

Le collectif met également en cause les délais de paiement des factures aux prestataires, qui auraient contribué, selon lui, aux difficultés rencontrées.

Face à cette situation, il appelle les parents des élèves des écoles maternelles et élémentaires de la commune à ne plus régler leur participation à la collation scolaire “tant que nous n’aurons pas de réponse”. Les parents réclament ainsi des explications sur l’utilisation de leur contribution et sur les prestations effectivement fournies aux enfants.

Kani-Bé : les parents d’élèves bloquent l’école pour dénoncer les conditions d’accueil

Kani-Bé : les parents d’élèves bloquent l’école pour dénoncer les conditions d’accueil

L’école primaire de Kani-Bé, à Kani-Kéli, n’a pas ouvert ses portes ce lundi matin. Des parents d’élèves ont bloqué l’accès à l’établissement pour demander des réponses sur les effectifs dans les classes et la restauration scolaire. Selon eux, certaines classes, qui accueillaient entre 22 et 25 élèves l’an dernier, dépassent désormais la trentaine.

Les parents contestent notamment l’arrivée d’élèves issus d’autres villages, qu’ils estiment responsable d’une partie de cette hausse des effectifs. La question des repas servis aux enfants alimente également leur mécontentement. Ils dénoncent la distribution de repas froids alors qu’ils paient pour bénéficier d’un repas chaud. Une mère affirme également que des aliments moisis ou périmés auraient été retrouvés dans les repas l’année dernière.

La commune aurait annoncé que les repas pourraient être réchauffés directement dans l’école, mais cette mesure n’aurait toujours pas été mise en place. Face à cette situation, les parents se sont rendus à la mairie ce lundi pour réclamer des explications. Ils demandent désormais des mesures concrètes avant d’envisager la réouverture de l’établissement.

Bac pro logistique à Mayotte, la grève du lycée du Nord pointe un « plateau » en panne

Bac pro logistique à Mayotte, la grève du lycée du Nord pointe un « plateau » en panne

À Mayotte, la grève illimitée entame sa deuxième semaine au lycée du Nord (M’tsangadoua, Acoua), où enseignants, parents et collectifs dénoncent des moyens insuffisants face à une rentrée sous forte pression démographique. Au cœur des tensions : la filière bac pro logistique, créée en 2021, qui n’aurait jamais pu dispenser un enseignement complet faute de « plateau logistique » opérationnel, pourtant obligatoire depuis la réforme 2025 (50% de pratique). Selon un communiqué du 7 septembre signé par l’intersyndicale, le groupe « La voix des sans‑voix » et des parents, le hangar et les palettiers, détruits par le cyclone Chido, n’ont pas été remplacés, privant les élèves de formations pratiques (chariots catégories 1, 3 et 5) et, pour beaucoup, de la certification CACES, clé pour l’emploi autour du port de Longoni. Les signataires appellent la rectrice à prioriser la remise en état de cet équipement plutôt que de se concentrer uniquement sur la limitation des effectifs en seconde générale.

La CC Sud et le Département évoquent plusieurs projets d’aménagement

La CC Sud et le Département évoquent plusieurs projets d’aménagement

Selon une publication diffusée sur le compte Facebook de la Communauté de communes du Sud de Mayotte (CC Sud), une réunion de travail s’est tenue entre la collectivité et le Conseil départemental. Le président de la CC Sud, Wirdani Djae, a échangé avec le président du Département, Ben Issa Ousseni, accompagné de son directeur de cabinet et de Saindou Attoumani, élu chargé de l’aménagement et du foncier.

D’après la CC Sud, plusieurs projets concernant le territoire du Sud ont été abordés, notamment les mobilités maritime et terrestre, le complexe sportif de Chirongui, l’aménagement du front de mer de M’Bouanatsa à Bouéni, ainsi que les problématiques liées aux ravines et au littoral de Mronabéja.

Le projet de ponton de Kani-Kéli et le Pôle d’échanges multimodal de Bandrélé figuraient également parmi les sujets évoqués. La réunion aurait aussi porté sur la poursuite de projets d’infrastructures déjà engagés.

Dans sa publication, la CC Sud indique souhaiter renforcer la coopération avec le Département et parvenir à des engagements et une programmation partagée. Aucun calendrier précis de réalisation des différents projets n’est toutefois détaillé dans cette communication.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes