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La CCPT, les maires de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir et l’EPRDM coordonnent les projets de Petite-Terre

La CCPT, les maires de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir et l’EPRDM coordonnent les projets de Petite-Terre

Le président de la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT), les maires de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir, accompagnés de leurs directions générales et cabinets, ont participé à une nouvelle réunion de travail avec les équipes de l’Établissement Public de Reconstruction et de Développement de Mayotte (EPRDM), dirigées par son directeur général Benoît Gars.

Cette rencontre a permis de faire le point sur plusieurs projets structurants de Petite-Terre et sur l’évolution des missions de l’établissement, désormais chargé non seulement du foncier, de l’aménagement et du développement agricole, mais aussi de la reconstruction, de la réalisation d’équipements publics et de l’appui aux collectivités locales.

Les échanges ont également contribué à identifier les besoins des communes afin d’alimenter les réflexions de l’EPRDM dans le cadre de l’élaboration de son futur projet stratégique 2027-2031, destiné à accompagner le développement du territoire.

La CAGNM renforce la prévention avec le Village MILDECA

La CAGNM renforce la prévention avec le Village MILDECA

La Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM) organise le Village MILDECA le 22 juin 2026, de 8h à 14h, à son siège. Ouvert à tous, l’événement proposera des stands d’information, des ateliers de sensibilisation et une table ronde sur les addictions.

Cette matinée réunira partenaires institutionnels et associatifs afin d’informer le public sur les risques liés aux conduites addictives, de valoriser les actions menées sur le territoire et de renforcer la mobilisation en faveur de la prévention.

Les visiteurs pourront échanger avec les acteurs engagés dans ce domaine et découvrir les dispositifs d’accompagnement existants.

« Ce n’est pas ma faute, je fais face à une décision de justice » : le Département-Région acte la reprise du port de Longoni

« Ce n'est pas ma faute, je fais face à une décision de justice » : le Département-Région acte la reprise du port de Longoni
Les élus du Département-Région ont validé la création d'un EPIC qui assurera la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026.

Réunis ce mardi 17 juin dans l’hémicycle Younoussa Bamana, les élus du Département-Région de Mayotte ont approuvé, à une large majorité, la création d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui assurera la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026. Cette structure transitoire prendra le relais de l’actuel délégataire, dans l’attente de la création du futur Grand Port maritime de Mayotte.

Une décision attendue, mais qui intervient dans un contexte particulièrement tendu. Dans la salle, de nombreux dockers avaient fait le déplacement pour assister aux débats, témoignant à la fois des inquiétudes et des espoirs suscités par ce changement de gouvernance.

Le 2 juin dernier, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé le jugement rendu en juin 2025 par le tribunal administratif de Mamoudzou, ordonnant la résiliation du contrat de Mayotte Channel Gateway (MCG), société appartenant à Ida Nel. L’entreprise exploitait le port depuis 2013 dans le cadre d’une délégation de service public qui devait initialement courir jusqu’en octobre 2028.

La justice reproche à la société d’avoir facturé aux usagers des tarifs « dépourvus de toute base légale », en s’appuyant sur un arrêté tarifaire jugé « dépourvu de toute authenticité ». Cette décision contraint désormais le Département à reprendre la gestion de cette infrastructure stratégique.

Face aux critiques formulées durant la séance, le président du Conseil départemental, Ben Issa Ousseni, a tenu à rappeler le contexte judiciaire de cette transition.

« Ce n’est pas ma faute, je fais face à une décision de justice », a-t-il déclaré devant les élus.

L’opposition dénonce un manque d’anticipation

Les débats se sont ouverts sur les observations des élus de l’opposition. Hélène Polozec a dénoncé un manque d’anticipation de l’exécutif départemental et s’est inquiétée du coût financier de cette reprise en gestion directe. Selon elle, la création de l’EPIC pourrait représenter une dépense comprise entre 4 et 8 millions d’euros pour la collectivité.

Des critiques rejetées par Ben Issa Ousseni, qui a rappelé que les interrogations sur le manque de transparence dans la gestion du port avaient déjà été soulevées par son prédécesseur, Soibahadine Ibrahim Ramadani.

Le président du Département a également insisté sur la bonne santé financière de l’infrastructure, rappelant que le port de Longoni demeure excédentaire. Sa priorité, a-t-il assuré, est désormais de garantir la continuité du service et de préserver les emplois.

« Ma préoccupation aujourd’hui, ce sont les 58 salariés et que l’approvisionnement de Mayotte puisse être stabilisé », a-t-il déclaré.

Des marchandises bloquées au port

Alors que les élus débattaient dans l’hémicycle, la situation se tendait également sur le terrain. Selon une information révélée par nos confrères du Journal de Mayotte, les entrées et sorties de marchandises étaient bloquées au port de Longoni depuis la matinée.

Ce mouvement est intervenu en marge de l’assemblée plénière consacrée à l’avenir de la gestion portuaire. Malgré ces tensions, les salariés présents ont favorablement accueilli la création de l’EPIC.

Le secrétaire du CSE et représentant des salariés a dénoncé plusieurs dysfonctionnements observés ces dernières années.

« Nous avons constaté des manquements dans la gestion du port. Le délégataire investit le strict minimum, laissant à son successeur une situation difficile », a-t-il déclaré.

Pour les salariés, cette nouvelle gouvernance représente l’occasion d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire du port de Longoni.

À moins de trois mois de la reprise effective de l’exploitation, les défis restent nombreux : assurer la continuité des activités, sécuriser les emplois, garantir l’approvisionnement de l’île et préparer la transformation vers le futur Grand Port maritime de Mayotte. Dans les rangs des dockers comme parmi plusieurs élus, beaucoup veulent croire à la réussite de cette transition.

« Nous, les jeunes Mahorais, sommes prêts à relever le défi », résume un salarié du port.

RE-MAA apporte son soutien aux salariés

Dans un communiqué diffusé en urgence, le collectif Résistance Réunion Mayotte en Action (RE-MAA) a réaffirmé son soutien aux salariés du port de Longoni et à leurs organisations syndicales. Il appelle l’État et le Département-Région de Mayotte à respecter leurs engagements en faveur de la création d’un EPIC, étape préalable à la mise en place du futur Grand Port maritime.
Le collectif estime que cette évolution est indispensable pour sécuriser les emplois et accompagner le développement économique de Mayotte. RE-MAA se dit également « incompris » face à certaines prises de position récentes et rappelle que la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé, le 2 juin 2026, la résiliation anticipée de la délégation de service public confiée à l’actuel gestionnaire du port.

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À Bouéni, 191 procurations pourraient faire annuler les municipales

À Bouéni, 191 procurations pourraient faire annuler les municipales

Saisi par le maire sortant Assani Saindou, battu de 43 voix au second tour, le tribunal administratif de Mayotte examinait ce mercredi une protestation électorale visant les municipales de Bouéni. Le rapporteur public a conclu à l’annulation des opérations électorales, en raison de nombreuses procurations jugées irrégulières, mais pas à l’inéligibilité du maire élu Ousseni Mirhane.

À Bouéni, les municipales pourraient se rejouer. Trois mois après un second tour remporté sur le fil par Ousseni Mirhane, le tribunal administratif de Mayotte s’est penché, ce mercredi 17 juin, sur le recours déposé par Assani Saindou, maire sortant et tête de liste de l’Union pour le développement de la commune de Bouéni. En face, la liste Bouéni de demain l’avait emporté avec seulement 43 voix d’avance. Un faible écart, dans une commune où la participation a été particulièrement élevée. Et un écart qui rend décisive la question des procurations.

Le dossier intervient dans un contexte politique particulier dans la commune. L’ancien maire avait été condamné en décembre 2024 par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, une décision confirmée en appel en mai 2025, avec une peine d’inéligibilité. Assani Saindou lui avait alors succédé avant de repartir en campagne pour les municipales de 2026.

Ce mercredi, le débat s’est concentré sur 242 procurations contestées par les requérants. Le rapporteur public n’en a pas retenu la totalité. Mais il a tout de même estimé que 191 d’entre elles étaient susceptibles d’avoir altéré la sincérité du scrutin.

Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler qu’une procuration peut être préparée en ligne, mais qu’elle doit ensuite être validée. L’électeur doit se présenter physiquement devant une autorité habilitée par le tribunal judiciaire. Or, c’est précisément cette habilitation qui pose ici problème.

Selon le rapporteur public, les défendeurs n’ont pas produit les décisions de désignation par un juge du tribunal judiciaire permettant d’établir que les agents ayant validé les procurations étaient bien autorisés à le faire.

Le premier cas examiné a été celui d’un fonctionnaire de police de Mamoudzou, colistier d’Ousseni Mirhane. Faute de production de son habilitation par le juge du tribunal judiciaire, les procurations qu’il a validées peuvent, selon le rapporteur public, être regardées comme irrégulières. Mais d’autres éléments viennent renforcer le trouble. Une grande partie des procurations enregistrées à la direction territoriale de la police nationale pour des électeurs de Bouéni aurait été validée par lui en seulement trois jours. Sur cette période, il n’aurait en revanche validé aucune procuration pour une autre commune. Plusieurs électeurs concernés résidaient en outre hors de Mayotte, en métropole, à La Réunion ou à l’étranger, ce qui interroge sur leur présentation physique devant l’agent. Au total, le rapporteur public propose de retenir 116 procurations irrégulières pour ce seul fonctionnaire.

Ces faits avaient déjà alerté les services de l’État. Par un courrier du 13 mars, le préfet de Mayotte avait signalé au procureur de la République des faits susceptibles de constituer des infractions pénales. À l’audience, il a été rappelé que quatre personnes, dont le policier concerné, doivent comparaître le 30 juin devant le tribunal correctionnel pour des faits présumés de faux et usage de faux.

Des procurations validées en Haute-Marne

Un deuxième bloc de procurations a lui aussi retenu l’attention : celles validées à Landres, en Haute-Marne, par un gendarme. Là encore, le rapporteur public s’appuie d’abord sur l’absence de justification de l’habilitation par un juge du tribunal judiciaire. Mais le contexte ajoute au doute. Les électeurs concernés résident pour la plupart en métropole, à La Réunion, aux Antilles et à Maurice.

« la circonstance que, malgré leur lieu de résidence, les électeurs se sont prétendument présentés dans une toute petite commune de Haute-Marne, qui n’est pas particulièrement connue pour y abriter une forte communauté d’origine mahoraise, introduit un doute suffisant » selon le rapporteur public. Après avoir écarté les procurations non utilisées au second tour ou remplacées entre les deux tours, il propose d’en retenir 56 comme irrégulières.

Un troisième ensemble concerne 19 procurations validées par un autre fonctionnaire de police à Mamoudzou. Là encore, l’absence d’habilitation produite fonde l’irrégularité. L’absence d’adresses clairement renseignées vient renforcer les interrogations.

Au total, le rapporteur public arrive donc à 191 procurations irrégulières. Dans un scrutin joué à 43 voix, le calcul est implacable. Selon lui, ces votes doivent être retranchés du résultat de la liste arrivée en tête, ce qui prive la liste d’Ousseni Mirhane de sa majorité et justifie l’annulation des opérations électorales.

Les requérants soulevaient aussi des irrégularités sur les listes d’émargement, ces documents que les électeurs ou leurs mandataires signent au moment du vote. Ils dénonçaient 34 signatures suspectes. Le rapporteur public n’en a retenu que cinq : une croix apposée à la place d’une signature, ainsi que plusieurs différences de signatures entre les deux tours. Ces cinq voix ne changent pas l’équilibre du dossier, mais elles s’ajoutent aux procurations contestées.

« Pas de manœuvres frauduleuses à grande échelle »

Le rapporteur public n’a toutefois pas suivi les requérants sur la demande d’inéligibilité visant Ousseni Mirhane et l’un de ses colistiers. « Malgré le nombre conséquent des irrégularités que nous avons mentionnées, il ne résulte pas de l’instruction que celles-ci procéderaient de l’organisation de manœuvres frauduleuses à grande échelle », a-t-il estimé. Il a donc conclu à l’annulation des élections municipales et communautaires de Bouéni, mais au rejet de la demande d’inéligibilité.

À la barre, Assani Saindou a dénoncé un « événement sans précédent » dans la commune. « Si je me suis présenté auprès des autorités, ce n’est pas par intérêt personnel, mais pour la démocratie », a-t-il déclaré, estimant que Mayotte ne pouvait plus fonctionner « comme si on était dans une république bananière ». Selon lui, les procurations contestées relèvent d’une « machine » organisée pour produire des votes irréguliers. Il a demandé l’annulation du scrutin et l’inéligibilité d’Ousseni Mirhane, qu’il estime responsable en tant que tête de liste.

Du côté de la défense, il a été répondu que les procurations visées par les suspicions du préfet n’auraient pas été utilisées au second tour. Les représentants de la liste élue ont annoncé vouloir produire rapidement une note en délibéré pour répondre aux conclusions du rapporteur public. Le président du tribunal a rappelé que la décision devait intervenir dans des délais très courts. Le jugement devrait être notifié dès la fin de la semaine prochaine.

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Élection présidentielle de 2027 : la bataille pour l’Élysée démarre en trombe

Élection présidentielle de 2027 : la bataille pour l'Élysée démarre en trombe

Du beau monde se met en ordre de bataille pour tenter de reconquérir les terres politiques mahoraises, acquises lors des deux dernières élections présidentielles par Marine Le Pen.

« Ce n’est pas moi qui vais aller leur dire : « Vous n’êtes pas Français. » Certainement pas », affirme Jean-Luc Mélenchon, interrogé hier par un média d’Outre-mer à Paris sur ses intentions à l’égard de Mayotte et des Mahorais s’il venait à s’installer à l’Élysée.

Les grandes manœuvres ont commencé, et de manière sérieuse, en vue de l’élection présidentielle française de l’année prochaine. Sans doute en raison du demi-million d’habitants annoncé pour l’archipel de Mayotte par François Bayrou, alors Premier ministre d’Emmanuel Macron, les différents candidats ont commencé à courtiser les élus mahorais afin d’obtenir leurs parrainages.

La collecte de ce précieux sésame, sans lequel aucune candidature n’est possible, a d’ailleurs déjà débuté : timidement pour certains, à un rythme soutenu pour d’autres.

Pour Bruno Retailleau, candidat déclaré des Républicains, qui s’est offert un court séjour sur l’île lors des élections municipales de mars dernier, la tâche ne devrait pas être particulièrement difficile, compte tenu de la razzia réalisée par son camp lors de ce scrutin.

Pour Marine Le Pen — davantage que pour Jordan Bardella —, surnommée « Tata Mariame » par ses fidèles locaux, l’exercice ne devrait pas non plus être très laborieux. Elle dispose déjà d’une assise électorale non négligeable, qui s’est vérifiée par le passé et qui pourrait encore se renforcer avec l’appartenance de la députée Anchya Bamana au Rassemblement national.

Les candidats issus de la droite hors LR ne devraient pas pouvoir en dire autant, leur représentativité sur le territoire étant quasi inexistante. Les sympathies individuelles ne peuvent en effet être systématiquement répercutées au niveau des élus susceptibles de leur accorder un parrainage.

Un courant en progression, incarné par le maire de Chiconi et président de la 3CO, se réclame néanmoins d’Édouard Philippe, autre ancien occupant de Matignon durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Il ne serait donc pas surprenant qu’il parvienne à transformer cette proximité politique en un petit contingent de signatures.

La question se pose également pour Renaissance, le camp macroniste, qui n’a guère brillé par sa bienveillance à l’égard de Mayotte et de ses habitants. Le fiasco de l’après-Chido jouera-t-il contre lui ? La réponse viendra assez rapidement.

Les communistes et les écologistes ne devraient pas, sauf surprise, bénéficier de la bienveillance des formations politiques locales, compte tenu de leurs positions, perçues comme radicalement opposées au maintien de Mayotte au sein de la République française.

« C’est probablement pour cette raison que l’on voit se multiplier, ces derniers temps, sur les réseaux sociaux, des vidéos de parlementaires de gauche qui déversent allègrement leur rejet de Mayotte et leur attachement à l’Union des Comores. Seulement, cela s’arrête là ! Ils ne franchissent pas le pas en se faisant naturaliser comoriens ni en quittant la France pour s’installer dans cet État voyou et parasite, comme dirait la députée Estelle Youssouffa », remarque une ancienne élue centriste, très récemment reconvertie au « mélenchonisme » dans le 101ᵉ département français.

Nécessité de distinguer le positionnement de Mélenchon sur Mayotte de celui de ses alliés d’extrême gauche

Elle est plus que convaincue que la prochaine élection présidentielle se jouera entre les deux extrêmes, avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen comme principaux protagonistes.

« Les autres ne compteront pas. Il va falloir se résoudre à choisir l’un de ces deux camps si l’on veut que la voix de Mayotte soit entendue par les prochains gouvernants à Paris », martèle-t-elle.

Selon elle, un important travail de terrain est actuellement mené à Mayotte afin d’opérer un basculement politique en faveur de La France insoumise, à travers la personnalité de son leader et l’appareil politique qu’il incarne.

« Nous avons compris que les idées défendues par Jean-Luc Mélenchon sont aujourd’hui très proches des attentes des Mahorais, même si beaucoup continuent de se méfier de La France insoumise en tant que parti. D’autres personnalités de l’extrême gauche affichent clairement leur hostilité à l’égard de Mayotte, ce qui entretient un amalgame avec Jean-Luc Mélenchon, qui, au contraire, défend notre île », précise-t-elle.

C’est dans ce contexte que s’explique la récente sortie médiatique du leader de La France insoumise sur un média ultramarin, au cours de laquelle il a multiplié les déclarations en direction de l’île aux parfums et de ses habitants.

Interrogé sur ce qu’il ferait de Mayotte en cas de victoire à l’élection présidentielle, il s’est gardé de reprendre le discours traditionnel d’une partie de la gauche française, souvent accusée d’agiter le spectre d’un rattachement de Mayotte aux Comores.

« Il y a eu un vote et une histoire. Mayotte restera française jusqu’à ce qu’elle demande autre chose. Si les Comores étaient si avenantes envers Mayotte, elles se soucieraient d’abord d’en être aimées, peut-être même d’être désirées. Ce n’est pas le cas. Que voulez-vous que je dise ? C’est la même chose pour la Corse. Vous m’imaginez arriver et dire aux gens : « Allez zou, partez aux Comores », simplement parce que la situation est inconfortable pour la France à l’ONU ? Ce ne serait pas sérieux. »

Puis il ajoute : « Ce n’est pas moi qui vais aller leur dire : « Vous n’êtes pas Français. » Certainement pas. »

Si une telle prise de position ne devait pas produire d’effet électoral à Mayotte, c’est que ses soutiens et ses communicants auraient véritablement manqué une occasion politique majeure.

Fin stratège, Jean-Luc Mélenchon s’est empressé de nuancer son propos :

« Évidemment, il faudra traiter avec l’ensemble de la région. Vous savez, les Mahorais, hommes comme femmes, doivent être pris au sérieux. L’indépendance a été refusée en 1975 grâce à une mobilisation féminine exceptionnelle, celle des célèbres Chatouilleuses, dont la méthode de lutte est unique au monde. »

Force est de reconnaître qu’il a bien appris son histoire, ce qui demeure relativement rare chez les responsables politiques nationaux lorsqu’ils évoquent Mayotte.

Aux dernières nouvelles, le camp de Dominique de Villepin n’est pas non plus en reste. Depuis Paris, une ancienne ministre de l’Outre-mer, chiraquienne de la première heure, aurait décidé de sortir de sa retraite politique afin de participer à la campagne de l’ancien Premier ministre. Elle aurait déjà contacté plusieurs maires et conseillers départementaux afin de les convaincre d’accorder leur parrainage à l’ancien secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac.

Une chose est sûre : la France est bel et bien entrée en campagne pour la succession d’Emmanuel Macron. Mayotte aussi.

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« Nastaliq du souffle » : un duo surprenant entre le tissu aérien de Shaheen et la voix de Nawal

« Nastaliq du souffle » : un duo surprenant entre le tissu aérien de Shaheen et la voix de Nawal

L’association Hippocampus a programmé ce vendredi 19 juin un spectacle peu commun : un duo entre la chanteuse comorienne Nawal et l’artiste mauricienne circassienne Shaheen Saliahmohamed. Les 2 artistes illustreront, chacune avec leur art respectif, le « nastaliq », une calligraphie persane très ancienne aux longues courbes aériennes et suspendues.

Le spectacle « Nastaliq du souffle » est le fruit de la rencontre, il y a 4 ans, entre la chanteuse comorienne Nawal et l’artiste circassienne pluridisciplinaire mauricienne Shaheen Saliahmohamed, au cours du Festival des arts contemporains des Comores (FAC) à Moroni.

« Shaheen a écouté mon spectacle autour des lettres abrahamiques et cela l’a intéressée car elle avait elle-même le projet de monter un travail autour du nastaliq, une calligraphie persane très ancienne », raconte Nawal au cours de la conférence de presse sur le spectacle qui s’est déroulée mercredi au bar-restaurant le 5/5. Shaheen Saliahmohamed n’y était malheureusement pas présente, car pas encore arrivée à Mayotte, mais Nawal nous a confié qu’en tant que mauricienne d’origine indienne, elle s’intéressait beaucoup à la musique soufie qui est l’une des inspirations majeures de la chanteuse Nawal, elle-même descendante d’un maître spirituel soufi.

Cette rencontre a donc inspiré à l’artiste mauricienne un spectacle de tissu aérien auquel Nawal a accepté de collaborer en tant que chanteuse et instrumentiste. « Nous avons choisi quelques-uns des « 99 noms d’Allah » présents dans le coran et Shaheen dessine les lettres avec son corps de manière à incarner la calligraphie nastaliq », explique la chanteuse. Que le spectateur se rassure cependant : ce spectacle n’a rien de « religieux » en soi, les 2 artistes ont simplement puisé dans la spiritualité issue de leurs racines afin de créer un spectacle à vocation essentiellement artistique. Avec ses longues courbes aérienne et suspendue, où les lettres semblent flotter et se relier comme un souffle, le nastaliq se prête particulièrement bien à une interprétation corporelle dansée dans les airs via le tissu aérien, que la voix et les instruments de Nawal viennent prolonger par le souffle.

Une première partie assurée par Omnisport

La première partie du spectacle sera assurée par l’association Omnisport, grâce à l’aide de laquelle ce spectacle a pu se faire à Mayotte. Parmi les nombreuses activités sportives que propose l’association tous les soirs au gymnase du collège K1 de Kaweni, figurent en effet les arts du cirque et en particulier le tissu aérien. Mais ce sont d’autres arts circassiens, cerceaux et acrobaties, que mes membres de l’association proposeront au public ce vendredi soir afin de « varier les plaisirs » du public au cours de cette soirée qui durera environ 1h au total.

A noter que, si le spectacle coûte 10 euros pour les adultes, il est gratuit pour les moins de 18 ans afin de l’ouvrir aux jeunes de Kaweni qui n’ont pas forcément les moyens de s’offrir l’entrée d’un spectacle. La chanteuse Nawal, qui séjourne actuellement quelques temps à Mayotte, donnera également un concert solo le samedi soir au bar-restaurant Le Kalys à Pamandzi.

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Apprentis d’Auteuil : une grève reconductible pour sauver une quarantaine d’emplois

Apprentis d'Auteuil : une grève reconductible pour sauver une quarantaine d'emplois

À Kawéni, les salariés des Apprentis d’Auteuil se sont rassemblés ce mercredi 17 juin pour dénoncer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui menace une quarantaine de postes. Les grévistes dénoncent un dialogue rompu avec la direction et interpellent l’État ainsi que le Conseil départemental.

Les salariés des Apprentis d’Auteuil Mayotte ont entamé, ce mercredi 17 juin, une grève reconductible à l’appel de Force Ouvrière. Après une première mobilisation début mai, ils se sont de nouveau réunis, pancartes à la main, à Kawéni. En cause : la suppression de deux dispositifs d’insertion et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) susceptible d’entraîner la suppression d’une quarantaine de postes.

Au cœur du conflit figure la fermeture de deux dispositifs de l’association : les formations linguistiques et civiques, financées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), ainsi que le programme Oumeya, dédié à l’insertion professionnelle des jeunes.

« Il y a des licenciements dus à une mauvaise gestion. Sinon, il n’y aurait pas de problème de trésorerie », affirme Abdoul-Wassion Arkadine, secrétaire départemental de l’Union départementale Force Ouvrière.

Dhinouraini Imkane, référent de parcours et conseiller en insertion professionnelle aux Apprentis d’Auteuil, explique : « On pensait qu’ils trouveraient une solution. Ils nous ont proposé un plan de départ volontaire, que nous avons refusé. Aujourd’hui, ils prévoient un plan de sauvegarde de l’emploi, qui se traduit par nos licenciements. »

Le salarié dit ne pas comprendre les justifications avancées par la direction. « Je suis en colère. Ils parlent de licenciement économique, mais lorsqu’on leur demande des preuves de leur déficit budgétaire, ils ne nous les fournissent pas. Dans le même temps, ils annoncent un nouveau dispositif, sans donner davantage d’informations. » Il réclame des explications et un dialogue plus transparent avec la direction.

De son côté, la direction des Apprentis d’Auteuil Mayotte affirme subir la situation. « Cette décision est liée à la baisse des financements publics », explique le directeur, Franck Saint-Martin. Selon lui, plusieurs appels à projets ont été déposés et sont actuellement en attente de validation par les services de l’État et les élus du Conseil départemental. L’objectif est d’obtenir de nouveaux financements afin de recréer des postes, reclasser les salariés concernés et, à terme, relancer l’activité du centre de formation continue.

Pour Force Ouvrière, les responsabilités dépassent toutefois le seul cadre de l’association. Le syndicat interpelle la préfecture, en raison des financements de l’État et de l’Union européenne, et appelle également le Conseil départemental à intervenir afin de préserver l’activité et les emplois.

Abdoul-Wassion Arkadine insiste sur les conséquences sociales que pourraient entraîner ces licenciements à Mayotte et rappelle la mission des équipes auprès des jeunes. « Si les Apprentis d’Auteuil ne peuvent plus faire leur travail, les jeunes continueront d’être livrés à eux-mêmes. »

La grève étant reconductible, Force Ouvrière prévient que d’autres actions, pour l’heure tenues secrètes, pourraient être menées dans les prochains jours. « Pour le moment, nous sommes mobilisés de manière pacifique, conclut le responsable syndical. Mais il va falloir que l’État et le Conseil départemental prennent leurs responsabilités. »

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« Bac en poche, avenir bloqué » : le cri d’une lycéenne malgache et de plus de 200 jeunes à Mayotte

À seulement 19 ans, cette lycéenne devrait être en train de préparer sereinement sa rentrée dans l’enseignement supérieur. Comme des centaines de lycéens de Mayotte, elle a travaillé avec détermination pour décrocher son baccalauréat au lycée de Chirongui. Pourtant, aujourd’hui, son avenir est suspendu à une formalité administrative devenue un véritable obstacle : l’obtention de ses papiers.

Derrière son sourire discret se cache une profonde inquiétude. La jeune femme dénonce une situation qu’elle juge injuste et inhumaine.

« Nous avons fait tous les efforts demandés. Nous avons étudié, passé nos examens, obtenu notre bac. Mais aujourd’hui, on nous ferme les portes de l’université parce que nous n’avons pas les documents administratifs nécessaires », confie-t-elle avec émotion.

Depuis plusieurs semaines, la fermeture des services préfectoraux et les difficultés d’accès aux démarches administratives plongent de nombreux jeunes dans l’incertitude. Selon plusieurs témoignages recueillis, plus de 200 bacheliers étrangers seraient actuellement confrontés à cette situation à Mayotte. Admis dans des formations supérieures ou en attente d’inscription, ils se retrouvent bloqués, faute de pouvoir régulariser leur dossier dans les délais.

Pour Elinah, cette situation est d’autant plus difficile à accepter qu’elle remet en cause des années de sacrifices.

« À l’école, on nous dit de travailler, d’avoir de bonnes notes et d’obtenir notre bac pour construire notre avenir. Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon diplôme ne sert à rien. C’est comme si j’avais obtenu un bac dans le vide. »

La jeune bachelière ne cache pas son incompréhension face au manque de considération dont elle estime être victime. Elle déplore également le manque d’humanité dans le traitement réservé à ces étudiants.

« Nous ne demandons pas des privilèges. Nous voulons simplement pouvoir poursuivre nos études comme les autres jeunes de notre âge. Nous avons les mêmes rêves et les mêmes ambitions. »

À travers son témoignage, c’est toute une génération qui exprime son désarroi. Certains rêvaient de devenir infirmiers, enseignants, ingénieurs ou travailleurs sociaux. D’autres avaient déjà reçu une réponse favorable sur Parcoursup ou obtenu une place dans une formation. Aujourd’hui, beaucoup craignent de voir ces opportunités leur échapper.

Les conséquences vont bien au-delà de la seule rentrée universitaire. Sans documents administratifs, ces jeunes risquent de ne pas pouvoir s’inscrire dans un établissement, bénéficier d’une aide financière, accéder à un logement étudiant ou même voyager pour rejoindre leur lieu de formation.

« Sans papiers, il n’y a plus de rêves », résume Elinah

Une phrase simple, mais lourde de sens, qui traduit le sentiment d’abandon partagé par de nombreux étudiants. Derrière chaque dossier bloqué se cache un parcours, une famille, des années d’efforts et l’espoir d’une vie meilleure.

Face à cette situation, les jeunes concernés appellent les autorités à agir rapidement. Ils demandent la mise en place de mesures exceptionnelles leur permettant de poursuivre leurs études en attendant la régularisation de leur situation administrative.

À quelques mois de la rentrée universitaire, l’inquiétude ne cesse de grandir. Pour Elinah Vaviniriko et plus de 200 autres jeunes de Mayotte, l’enjeu dépasse largement la question des papiers. Il s’agit de leur avenir, de leur droit à l’éducation et de leur possibilité de construire un véritable projet de vie.

Alors que la République fait de l’égalité des chances un principe fondamental, ces bacheliers espèrent que leur appel sera entendu. Car derrière chaque diplôme obtenu se trouve un rêve qui ne demande qu’à devenir réalité.

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Port de Longoni : la bataille de l’après-DSP est lancée

Port de Longoni : la bataille de l’après-DSP est lancée
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La fin de la délégation de service public du port de Longoni en septembre 2026 a été définitivement confirmée par la Cour d’appel de Bordeaux. Alors que l’avenir de la gestion de cette infrastructure stratégique pour Mayotte suscite de nombreuses interrogations, une demande de transparence a été adressée au ministre des Transports. Dans un courrier daté du 10 juin, le sénateur Saïd Omar Oili réclame la communication du rapport de la mission inter-inspections chargée d’étudier les perspectives de développement et les modalités futures de gestion du port. Les conclusions de ce document sont attendues par les élus, les acteurs économiques et la société civile afin d’éclairer les choix à venir pour l’avenir de la principale porte d’entrée maritime du territoire.

Un légionnaire décoré pour avoir sauvé des migrantes en mer

Un légionnaire décoré pour avoir sauvé des migrantes en mer
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Le caporal Elliot Rezk, du 5e régiment étranger, a reçu la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement après une intervention de sauvetage en mer dans la nuit du 22 au 23 avril. Engagé aux côtés des forces de l’ordre lors de l’approche d’un kwassa transportant des migrants vers Mayotte, le militaire s’est jeté à l’eau pour secourir une femme tombée à la mer et trop éloignée pour être atteinte depuis l’embarcation de secours. Il a ensuite contribué au sauvetage de trois autres naufragées. Les victimes ont été prises en charge et évacuées vers le Centre hospitalier de Mayotte. Cette distinction récompense un acte au cours duquel le caporal a effectivement mis sa vie en danger.

Séminaire de direction du SDIS de Mayotte définir les orientations stratégiques de l’établissement

Séminaire de direction du SDIS de Mayotte définir les orientations stratégiques de l’établissement

Ce lundi 15 juin 2026, la direction du SDIS de Mayotte s’est réunie au Jardin Maoré, à N’Gouja, dans le cadre de son séminaire annuel de direction. Ce rendez-vous stratégique était placé sous la présidence du colonel Patrick CLERC, directeur départemental et chef de corps, en présence de l’ensemble des chefs de groupement et des cadres de l’établissement.

Cette journée de travail a permis de présenter les rapports d’activité 2025, de partager les perspectives pour 2026 et les années à venir, ainsi que d’échanger sur les principaux enjeux administratifs et opérationnels auxquels le SDIS de Mayotte est confronté.

Plusieurs thématiques prioritaires ont été abordées afin de renforcer la coordination entre les services, améliorer le pilotage des activités et anticiper les évolutions nécessaires pour répondre aux besoins de la population mahoraise.

À l’issue des échanges, le colonel Patrick CLERC a salué la qualité des travaux menés collectivement. Ce séminaire a permis de dégager les axes prioritaires qui guideront l’action du SDIS de Mayotte dans les mois à venir.

Forum de la Mobilité 2026 ensemble vers l’avenir

Forum de la Mobilité 2026 ensemble vers l’avenir

C’est parti pour le Forum de la Mobilité 2026 organisé par l’association Émanciper Mayotte ! Sous le slogan « Seul on va vite, ensemble on va loin », cet événement met en avant la coopération et l’accompagnement vers la réussite.

Du 3 au 31 juillet, de 08h à 12h, l’association et ses partenaires institutionnels et associatifs seront présents près de chez vous pour informer, orienter et accompagner les publics dans leurs démarches d’insertion et de mobilité.

Rejoignez-nous pour cet événement incontournable et construisons ensemble votre avenir !
Inscription : https://forms.gle/TRGEYE6AffAtrFVE

Municipales à M’tsamboro : le rapporteur public demande l’annulation du scrutin

Municipales à M’tsamboro : le rapporteur public demande l’annulation du scrutin
Maître Asskani Moussa, avocat du maire actuel de M'tsamboro, Chafion Nourdine

Battu de douze voix en mars, l’ancien maire Laïthidine Ben Saïd conteste les opérations électorales. À l’audience, ce mardi 16 juin, le rapporteur public a estimé que plusieurs irrégularités avaient altéré la sincérité du scrutin. Le tribunal rendra sa décision dans une semaine.

Les électeurs de M’tsamboro devront-ils retourner aux urnes ? C’est en tout cas ce qu’a demandé, ce mardi 16 juin, le rapporteur public devant le tribunal administratif de Mayotte, saisi d’un recours contre les élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026.

À l’issue du second tour, la liste « Face aux défis : bâtissons dans l’unité », conduite par Chafion Nourdine, avait été proclamée gagnante avec 1.751 voix, soit 36,45 % des suffrages exprimés. La liste « Union pour l’avenir 2026 », menée par le maire sortant Laïthidine Ben Saïd, était arrivée juste derrière, avec 1.739 voix, soit 36,20 %. Douze voix seulement séparaient donc les deux listes.

Le candidat arrivé second avait saisi le tribunal le 26 mars pour lui demander de déclarer sa liste victorieuse ou, à défaut, d’annuler les opérations électorales.

Ce mardi le débat s’est d’abord noué autour de la recevabilité du recours. La défense faisait valoir que Laïthidine Ben Saïd ne pouvait plus contester l’élection, puisqu’il avait démissionné de son mandat de conseiller municipal après le scrutin. Une argumentation qui, selon le rapporteur public, « ne manque pas de surprendre ». Il a rappelé que cette démission ne changeait rien puisque tout électeur et tout éligible peut contester des élections.

Le cœur du dossier porte surtout sur deux séries d’irrégularités. La première concerne le bureau de vote n°78, à Hamjago plage. Le procès-verbal dressé le soir du dépouillement, mentionne six enveloppes de plus dans l’urne que de signatures sur la liste d’émargement. Autrement dit, six votes ne correspondent à aucune signature d’électeur. Pour le rapporteur public, ces enveloppes surnuméraires doivent être assimilées à un « bourrage d’urnes » et doivent être retranchées du résultat de la liste arrivée en tête.

La défense a tenté d’expliquer cet écart par des oublis de signature. « Il faut bien connaître Mayotte et ses particularités », a plaidé Me Asskani Moussa, avocat de Chafion Nourdine. Selon lui, dans des bureaux de vote très fréquentés, certains électeurs peuvent voter puis repartir sans signer. Il soutient également que les six enveloppes litigieuses auraient déjà été écartées lors du dépouillement.

Le rapporteur public n’a pas suivi cette analyse. Selon lui, les neuf bulletins retranchés dans ce bureau correspondent à cinq bulletins blancs et quatre bulletins nuls, et non aux six enveloppes surnuméraires. Il a donc proposé de les retirer du score de la liste de Chafion Nourdine, comme le fait habituellement le juge administratif.

La seconde série d’irrégularités concerne les signatures d’électeurs. Le requérant pointait 24 cas où les signatures lui semblaient différentes entre les deux tours. Après examen, le rapporteur public en a retenu huit comme présentant une dissemblance manifeste. Là encore, ces suffrages doivent, selon lui, être regardés comme irréguliers.

La défense a contesté cette appréciation, en invoquant notamment l’âge avancé de certains électeurs, la première expérience de vote pour de jeunes inscrits ou encore la pratique de l’écriture arabe chez une partie de la population. Autant d’éléments qui, selon Me Asskani Moussa, peuvent expliquer des signatures différentes d’un tour à l’autre sans qu’il y ait fraude.

Au total, le rapporteur public a toutefois retenu quatorze suffrages irréguliers : six enveloppes surnuméraires et huit signatures manifestement différentes. Un nombre supérieur à l’écart officiel de douze voix entre les deux listes. Dans ces conditions, il a estimé que la sincérité du scrutin avait été altérée.

Il n’a toutefois pas proposé de proclamer la liste de Laïthidine Ben Saïd victorieuse. Puisqu’il est impossible de savoir à quelle liste étaient destinés les suffrages litigieux, le rapporteur public a conclu à l’annulation totale des élections municipales et communautaires de la commune. « Les électeurs de M’tsamboro devront donc passer de nouveau aux urnes selon notre analyse », a-t-il indiqué à l’audience.

La défense a, elle, contesté jusqu’à l’écart de voix retenu. Selon Me Asskani Moussa, le procès-verbal central ferait apparaître 1.732 voix pour Laïthidine Ben Saïd, et non 1.739 comme l’a publié le ministère de l’Intérieur. Cela porterait l’écart réel à 19 voix. Un point qui, selon lui, permettrait à la liste arrivée en tête de conserver sa victoire, même en cas de retranchement de plusieurs suffrages.

La décision du tribunal administratif est désormais attendue dans une semaine. Les conclusions du rapporteur public ne lient pas les juges, mais elles donnent une indication importante sur l’analyse juridique du dossier. Si elles étaient suivies, les électeurs de M’tsamboro seraient appelés à revoter.

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Avenir du port de Longoni : un feuilleton qui n’en est pas à son dernier épisode

Avenir du port de Longoni : un feuilleton qui n'en est pas à son dernier épisode

Dans quel désordre Mayotte s’est-elle fourrée en cherchant à modifier le statut du port de Longoni ? Une fois encore, la cohérence ne semble guère être le maître mot de cette affaire, au regard de la réactivité de certains acteurs de cette série à l’eau de rose version Département-Région de Mayotte. Jamais, semble-t-il, les intérêts particuliers n’auront autant pris le pas sur les intérêts collectifs et supérieurs des habitants du territoire.

Il était encore question du port de Mayotte, ce mardi 16 juin 2026. Cette fois-ci, le débat s’est déplacé hors du territoire, à Paris, où le sénateur Saïd Omar Oili a réagi par voie de communiqué de presse au sujet de l’avenir de cette infrastructure stratégique. Il souligne que le port fait actuellement l’objet d’un vif débat dans l’île à la suite de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bordeaux, qui a confirmé l’interruption de la délégation de service public (DSP).

Le parlementaire a indiqué avoir saisi le ministre des Transports, Philippe Tabarot, le 10 juin dernier, afin de lui faire part de son inquiétude quant à la situation actuelle du port de Longoni, dans la perspective de la fin annoncée de la DSP précédemment attribuée à Mayotte Channel Gateway, dirigée par Ida Nel.

Une inquiétude que le sénateur mahorais justifie par les conséquences potentiellement désastreuses pour les consommateurs locaux qui pourraient résulter d’un dysfonctionnement du port de Longoni.

« Vous connaissez très bien le caractère stratégique des infrastructures portuaires pour un territoire, a fortiori insulaire. Mayotte ne peut pas se permettre, après la catastrophe provoquée par Chido, de subir une crise d’approvisionnement dans les prochains mois si la question de la gestion du port de Longoni n’est pas anticipée. »

Dans un entretien téléphonique accordé à la rédaction de Flash Info, le sénateur juge improbable, dans les conditions actuelles, une reprise sereine de cet outil vital pour l’économie de l’île par le Département-Région. Il estime nécessaire et raisonnable de prolonger temporairement la DSP de Mayotte Channel Gateway, le temps de disposer du rapport inter-inspections réalisé fin 2025 et censé éclairer les décideurs locaux sur les perspectives d’avenir du port.

« J’ai moi-même été auditionné par cette mission le 25 novembre 2025 et je suis toujours dans l’attente du rapport qu’elle a produit », précise-t-il.

Selon les déclarations de Saïd Omar Oili, ce rapport aurait pourtant été transmis au ministre Philippe Tabarot. Le sénateur s’appuie pour cela sur une réponse écrite reçue de Mme Anne Beneteau, responsable de ladite mission inter-inspections.

Par ailleurs, certaines sources bien informées affirment que ce document serait déjà à la disposition du préfet ainsi que du président du Département-Région de Mayotte, sans que ceux-ci n’en aient publiquement fait état jusqu’à présent.

Une chose est sûre : le dossier du port de Longoni n’a pas fini d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique. D’autant plus qu’un syndicat présenté comme proche de la présidence du Département-Région agite la menace d’une grève de 24 heures reconductible à compter du 17 juin 2026.

Ce n’est pas tout. Une rédaction de presse locale rapportait également, hier, qu’un membre du conseil portuaire évoquerait une possible irrégularité dans la tenue de la réunion de lundi. Selon lui, celle-ci pourrait être considérée comme ayant revêtu un caractère public en raison de l’intrusion momentanée, dans l’hémicycle Younoussa-Bamana, d’une délégation de femmes leaders opposées à la transformation de Longoni en grand port maritime d’État.

Dans un tel contexte, nul doute que le dossier du port de Longoni continue d’illustrer le climat de confusion politique qui règne actuellement à Mayotte.

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EDM prépare l’extension de la centrale de Longoni pour répondre à la hausse de la demande

EDM prépare l’extension de la centrale de Longoni pour répondre à la hausse de la demande

Face à une croissance continue de la consommation d’électricité à Mayotte, estimée entre 3 et 5 % par an, EDM porte un projet d’extension de la centrale de production de Longoni. L’objectif affiché est de renforcer la capacité de production afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique du territoire dans les années à venir.

Cette évolution de la demande s’explique par la dynamique démographique de l’île, l’urbanisation ainsi que le développement de nouveaux projets économiques et industriels. Pour anticiper ces besoins, EDM indique s’appuyer sur des analyses prospectives intégrant notamment les tendances démographiques, l’évolution du PIB et les perspectives de développement du territoire.

Un projet pour sécuriser l’alimentation électrique de Mayotte

Le projet soumis à consultation prévoit l’installation d’un à trois nouveaux moteurs de production, pour une puissance thermique cumulée d’environ 126 MWth, soit près de 54 MW électriques. Ces équipements fonctionneraient principalement au bioliquide, avec une possibilité de démarrage au diesel.

L’opération comprend également l’installation de trois transformateurs, l’extension des capacités de stockage de combustible enterré, la création de nouveaux locaux techniques et d’un bâtiment administratif, ainsi que l’agrandissement du magasin de pièces de rechange.

Selon EDM, cette extension doit permettre de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité sur un territoire en forte croissance, tout en limitant les risques de tension sur le réseau.

L’opérateur met également en avant le rôle de ce projet dans l’accompagnement de la transition énergétique à Mayotte. Les nouveaux équipements devraient offrir une plus grande flexibilité pour mieux intégrer les énergies renouvelables intermittentes, notamment le photovoltaïque, dont le développement se poursuit sur l’île.

Le projet s’inscrit dans le cadre d’une consultation publique ouverte depuis le 8 juin 2026 et jusqu’au 9 septembre 2026, conformément à la réglementation environnementale. Durant cette période, le public peut consulter le dossier, formuler des observations et contribuer au débat via un registre en ligne ou lors des permanences prévues.

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Parcoursup : un passage obligé pour les étudiants de Mayotte

Parcoursup : un passage obligé pour les étudiants de Mayotte

À Mayotte, des milliers de lycéens et d’étudiants en réorientation utilisent chaque année Parcoursup pour accéder à l’enseignement supérieur. Entre contraintes géographiques, mobilité vers la métropole et manque d’informations, la plateforme représente à la fois une opportunité et un défi pour les jeunes du département.

Comme partout en France, les élèves de terminale de Mayotte doivent passer par Parcoursup pour candidater aux formations de l’enseignement supérieur. Cette plateforme nationale, mise en place en 2018, centralise les demandes d’admission dans les universités, les BTS, les BUT, les classes préparatoires et de nombreuses écoles spécialisées.

Pour les jeunes Mahorais, l’enjeu est particulièrement important. Le territoire dispose d’une offre de formation limitée par rapport à la métropole. Chaque année, de nombreux bacheliers sont ainsi amenés à poursuivre leurs études hors du département, principalement à La Réunion ou en France hexagonale.

Une étape décisive pour l’avenir

La procédure Parcoursup débute généralement en janvier avec l’ouverture des inscriptions. Les candidats peuvent formuler plusieurs voeux et constituer leur dossier en ligne. Notes scolaires, appréciations des enseignants, projets de formation motivés et activités extrascolaires sont examinés par les établissements.

À Mayotte, cette période est souvent source de stress pour les familles. « Le choix de l’orientation est une décision importante, d’autant plus lorsque l’étudiant doit quitter son île pour poursuivre ses études », explique un conseiller d’orientation du territoire.

Les candidats doivent également prendre en compte les coûts liés à la mobilité : transport aérien, logement, alimentation et frais de vie quotidienne. Ces éléments influencent parfois les choix formulés sur la plateforme.

Le défi de la mobilité étudiante

L’un des principaux enjeux pour les étudiants mahorais reste l’éloignement géographique. Si le Centre Universitaire de Formation et de Recherche (CUFR) de Mayotte propose plusieurs cursus, l’offre demeure insuffisante pour répondre à l’ensemble des projets d’études.

Médecine, ingénierie, grandes écoles ou certaines formations techniques nécessitent souvent un départ vers d’autres académies. Cette mobilité représente une opportunité d’accès à des formations diversifiées mais implique également une adaptation culturelle, sociale et financière.

Pour accompagner les étudiants, plusieurs dispositifs d’aide existent. Les collectivités, les services de l’État et certaines associations proposent des informations sur les bourses, les logements étudiants et les démarches administratives nécessaires à une installation hors du territoire.

Un besoin d’accompagnement renforcé

Malgré les efforts des établissements scolaires, de nombreux élèves rencontrent encore des difficultés dans la compréhension du fonctionnement de Parcoursup. Les délais, les réponses des formations et les listes d’attente peuvent paraître complexes pour les candidats et leurs familles.

Les lycées de Mayotte organisent régulièrement des réunions d’information afin d’aider les élèves à construire leur projet d’orientation. Les professeurs principaux et les psychologues de l’Éducation nationale jouent également un rôle essentiel dans l’accompagnement des candidats.

Selon plusieurs acteurs de l’éducation, l’accès à une information claire et précoce permettrait de réduire les inégalités et d’améliorer les chances de réussite des jeunes Mahorais dans l’enseignement supérieur.

Des perspectives pour la jeunesse mahoraise

Au-delà des contraintes, Parcoursup constitue une porte d’entrée vers de nombreuses opportunités académiques et professionnelles. Chaque année, des centaines d’étudiants de Mayotte intègrent des universités, des écoles ou des formations spécialisées partout en France.

Pour les responsables éducatifs, l’objectif est désormais de renforcer l’accompagnement à l’orientation tout en développant l’offre de formation sur le territoire. Une évolution qui pourrait permettre à davantage de jeunes de poursuivre leurs études sans nécessairement quitter leur département.

Dans un contexte de forte croissance démographique et de besoins croissants en qualification, l’accès à l’enseignement supérieur apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur pour l’avenir de la jeunesse mahoraise. Parcoursup demeure ainsi une étape incontournable dans la construction de leurs parcours professionnels et personnels.

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Des actions pour faire avancer l’économie de Mayotte

Des actions pour faire avancer l’économie de Mayotte

Des clubs pour animer, interagir, débattre et dialoguer autour de sujets et de secteurs d’activité divers et variés. Le Groupement Patronal de Mayotte poursuit sa structuration et son implantation dans le tissu économique du territoire.

Le Groupement Patronal de Mayotte (GPM) poursuit sa structuration. Hier matin, mardi 16 juin 2026, il avait convié ses adhérents à une réunion stratégique destinée à repenser, renforcer et dynamiser les différents clubs développés en son sein, dans l’optique d’une organisation plus efficace, collaborative et impactante.

Ces clubs, qui constituent le cœur du nouveau dispositif opérationnel du groupement à l’échelle de tout le territoire, se veulent désormais plus actifs, plus visibles et plus influents, au service de l’ensemble des adhérents du GPM et, plus globalement, de Mayotte.

Animée par Fahardine Mohamed, président du GPM, cette réunion a regroupé, dans les locaux de la structure patronale, une quinzaine d’entrepreneurs adhérents, dont certains sont intervenus à distance par visioconférence. Au programme figuraient plusieurs thématiques : l’identification de référents clairs et engagés, la construction de plans d’action concrets et leur suivi, l’organisation de réunions d’échanges régulières, la mise en place d’événements fédérateurs et impactants, le travail collectif sur des dossiers clés ainsi que les moyens de renforcer l’action du GPM afin d’obtenir davantage d’influence et de résultats.

Fahardine Mohamed s’est félicité de la mise en place de ces clubs constitués autour de différentes thématiques et secteurs d’activité.

« Ce qui est bien, c’est que leurs membres partagent ensemble des connaissances dans les domaines qui les animent et au sein desquels ils sont des acteurs très impliqués. Ils vivent au quotidien les difficultés évoquées et partagent des visions communes sur la manière de les résoudre », a-t-il déclaré aux journalistes ayant assisté à ces échanges.

Les débats ont notamment porté sur des secteurs d’activité variés tels que le port de Longoni, le bâtiment, le commerce ou encore la coopération économique dans le canal du Mozambique. Ces échanges ont été enrichis par de fortes contributions individuelles et des expériences concrètes. Ils ont également permis à certains adhérents du GPM d’adopter, pour la première fois, des positions clairement exprimées sur certains sujets grâce à une interaction plus vivante et à l’identification de projets coconstruits autour des valeurs portées par le groupement.

« La rencontre de ce matin est de loin l’une des plus enrichissantes que nous ayons vécues, notamment si l’on se réfère au vaste thème de la coopération régionale, qui a été abordé par trois participants à l’AfricAward de Nairobi », a souligné l’une des participantes.

« Le président du GPM ne peut, à lui seul, répondre à toutes les attentes des adhérents ou du public. Il est donc important que d’autres experts puissent intervenir et animer des réunions ainsi que des échanges avec l’ensemble des acteurs qui travaillent déjà, ou sont appelés à travailler, avec l’étranger. À charge pour ces adhérents de faire remonter les résultats de leurs travaux auprès des référents officiels ou du conseil d’administration, en particulier sur des thématiques qui méritent d’être vulgarisées auprès des médias », fait remarquer une cheffe d’entreprise très engagée dans le secteur du tourisme dans le nord de Mayotte.

De l’avis de ses propres adhérents, le GPM gagne progressivement du terrain dans le paysage économique du territoire et s’impose comme un interlocuteur fiable auprès de certaines institutions qui se montraient, au départ, plutôt réservées quant à sa redynamisation.

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Dès le 1er juillet, les parents mahorais bénéficieront d’un nouveau congé de naissance supplémentaire

Dès le 1er juillet, les parents mahorais bénéficieront d’un nouveau congé de naissance supplémentaire

Initié par la loi de financement de la sécurité sociale, ce congé supplémentaire d’un ou deux mois s’ajoute aux congés de naissance déjà mis en place. Celui-ci permettra de renforcer l’accompagnement parental durant les premiers mois de l’enfant tout en étant indemnisé, et également de préparer la reprise d’un emploi dans de meilleures conditions. Le dispositif est ouvert à tous les parents, quel que soit le statut familial.

L’aide concerne les parents d’enfants nés à partir du 1er janvier 2026, ceux dont la naissance reste encore à venir, ainsi que les parents adoptifs dès l’arrivée de l’enfant au foyer. Les enfants nés fin 2025, dont la naissance était initialement prévue en 2026, sont également pris en compte dans le dispositif. La mesure s’applique aux salariés, à certains travailleurs indépendants et aux demandeurs d’emploi.

Concernant les conditions, le congé doit être pris dans les neuf mois suivant la naissance ou l’adoption, en une ou deux périodes. Entre les deux parents, il peut être pris de manière simultanée ou alternée, avec également la possibilité de le partager. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, la procédure pourra être effectuée jusqu’au 31 mars 2027. Pour bénéficier de cette démarche, les salariés devront prévenir leur employeur au moins un mois à l’avance, voire quinze jours en fonction des spécificités de chaque cas.

L’employeur transmettra ensuite les informations requises à la Caisse de sécurité sociale de Mayotte. Dès lors que les conditions sont remplies, le congé « ne peut ni être refusé ni reporté ». Les travailleurs indépendants et certains autres publics devront effectuer une demande en ligne via un téléservice, avec des pièces justificatives à transmettre.

Les personnes en recherche d’emploi seront tenues d’en informer France Travail, leurs allocations étant temporairement interrompues pendant cette période. Cette nouvelle mesure constitue un soutien concret pour les familles, notamment à Mayotte, qui se distingue comme la plus grande maternité de France avec 9 000 naissances recensées en 2025.

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« Image en mutation » : l’exposition Zangoma explore le rapport des artistes avec l’Intelligence Artificielle

« Image en mutation » : l’exposition Zangoma explore le rapport des artistes avec l’Intelligence Artificielle
« Je publie donc je suis » : une sculpture originale de Denis Balthazar réalisée à partir d’un mannequin de vitrine

Le vernissage de l’exposition de l’association Zangoma, qui met à l’honneur annuellement les artistes plasticiens et photographes de Mayotte, s’est déroulée ce mardi après-midi à 15h30. Cette année, le président de l’association et artiste plasticien Denis Balthazar invitait les artistes mahorais à s’interroger sur les mutations de l’image dans notre monde contemporain.

« Chaque jour, des milliards d’images sont produites, partagées, transformées et oubliées. Elles traversent les écrans, franchissent les frontières, modifient notre perception du monde et modifient notre rapport au réel », affirme Denis Balthazar, artiste plasticien et président de l’association Zangoma. C’est à partir de ce constat qu’il a eu l’idée de demander cette année aux artistes mahorais de travailler sur le thème « image en mutation » pour l’exposition de l’association.

« La démocratisation de l’intelligence artificielle oblige les artistes à réfléchir à leur rapport aux images : l’IA suscite enthousiasme ou résistance chez les artistes, mais ce qui est sûr, c’est qu’il va falloir trouver un moyen de travailler avec, sans dénaturer son propre travail. Personnellement, je ne pense pas que l’IA puisse venir complètement remplacer le travail humain, mais elle peut devenir un outil intéressant », a-t-il déclaré lors de son discours d’introduction au vernissage de ce mardi après-midi.

Une douzaine d’artistes mahorais ont donc produit des œuvres autour de cette thématique. Certains ont joué le jeu de l’IA quand d’autres ont illustré les mutations possibles de l’image à travers des techniques plus traditionnelles comme le collage, l’utilisation de techniques mixtes ou encore la vidéo. Certains encore ont mixé les images humaines aux images IA afin de créer des œuvres hybrides. Au début du vernissage, le public a été invité à écouter un extrait d’une conférence de l’artiste sadois Sola dans laquelle il livrait ses propres réflexions sur ces questions.

Une exposition visible jusqu’au 27 juin place de l’ancien marché à Mamoudzou

La MJC de Kaweni, lieu traditionnel de l’exposition annuelle de Zangoma, étant encore en travaux suite à Chido, l’association a investi les locaux de la Direction Culturelle de la marie de Mamoudzou, située place de l’ancien marché, juste à côté d’Air Austral. Le public est invité à venir y regarder les œuvres jusqu’au 27 juin. Dans une volonté de partage intergénérationnel et de motivation de la jeunesse mahoraise, Denis Balthazar a également exposé des œuvres de collégiens et même celles d’une petite fille aux côtés des œuvres des artistes de l’association.

Les arts visuels se développent donc d’année en année sur l’île au lagon et de plus en plus d’artistes s’exposent grâce au soutien de l’association Zangoma. Cette dernière est également la créatrice et organisatrice du « Festival des arts contemporains des Comores » (FAC) qui se déroule tous les 2 ans à Moroni. Le FAC 2026 demande aux artistes de s’inspirer des travaux de l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop afin de réaliser leurs œuvres.

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Mahorais Jazz : l’avant-première au collège de Kwalé avant l’édition 2026

Mahorais Jazz : l’avant-première au collège de Kwalé avant l'édition 2026

Vingt ans après sa création, le Festival Mahorais Jazz poursuit son pari : marier le jazz aux sensibilités de l’île. L’association a dévoilé ce mardi 16 juin son documentaire 2025 aux élèves de Kwalé dans l’attente de l’édition 2026 placée sous le signe de la jeunesse.

L’association Austral organisation à l’origine du Festival Mahorais Jazz a présenté en avant-première le documentaire de l’édition 2025 aux élèves du collège de Kwalé ce mardi 16 juin. La chargée de communication du festival réagit à la sortie de l’amphithéâtre : « Très belle surprise, on avait de l’appréhension mais les élèves ont été très réceptifs. Quelques élèves présents dans la salle étaient bénévoles au festival, on est comme à la maison ».

« Cette production est comme un saut vers l’inconnu, nous ne savions pas ce que ça donnerait. Nous sommes encore plus fiers si ça permet de faire découvrir des artistes ». Régulièrement, ces films sont offerts en remerciement aux participants et aux partenaires. Ils contribuent aussi à enrichir la mémoire et les archives. Chaque année, l’association apporte une création artistique supplémentaire au festival. Derrière cette démarche, l’association veut promouvoir les rencontres culturelles : d’artistes, de localités et de sensibilités différentes. Le documentaire suit l’édition 2025, avec notamment le retour de Boul des îles, grand nom de la musique comorienne, qui a fait son retour après quarante ans d’absence. D’après la communication du festival, toutes les communautés s’étaient réunies pour le redécouvrir.

« Avec ce festival, on fabrique de la joie avec le plus grand nombre, ce sont des instants magiques dont Mayotte a besoin. C’est notre façon de montrer que la culture offre les meilleures opportunités pour réunir les gens ».

En 2005 démarre le Festival Mahoré Jazz : pour l’association, c’est le style musical manquant à Mayotte. « On n’a pas voulu apporter le jazz dans la rue, mais plutôt participer à diversifier le paysage culturel, initier et proposer au public de découvrir le jazz. » Mais très vite, l’association a fait le choix de le marier avec d’autres sensibilités plus familières : « L’idée, c’était le jazz, avec une part d’autre chose. Avec les racines du jazz, on va explorer des mélanges pour découvrir un jazz qui sera le nôtre ».

Le festival s’organise autour d’artistes de l’île ou de la région, en fonction des disponibilités et des moyens. Il faut pouvoir accueillir les artistes, tenir la durée des répétitions et des travaux de production et de composition. L’association compose avec ses partenaires historiques, mais le budget reste limité. « Par principe de réalisme, on est principalement dictés par nos moyens matériels et financiers ».

L’association fonctionne grâce à son réseau de partenaires, source de son financement, mais surtout grâce à son réseau d’amis. La chargée de communication déclare : « Quand on regarde en arrière, on voit que la compagnie grossit, on a plein de partenaires et d’amis. C’est une fierté d’avoir fait ces rencontres. On fait de notre mieux pour mettre tout le monde à l’aise, et les artistes qui viennent à Mayotte savent qui nous sommes. Ils entrent dans la logique de notre concept : concevoir, partager. Ils nous acceptent comme nous sommes et on va vers eux comme on est ».

Mahoré Jazz souhaite aussi intégrer et impliquer la jeunesse, mélanger les générations et cultiver les rencontres pour laisser place à l’expression de la diversité. C’est pour cela que, tous les ans, la jeunesse clôture le festival. L’association travaille avec les établissements scolaires de l’île et leurs élèves. Ils participent au contenu artistique du festival, supervisés par leurs professeurs, souvent avec des danses ou des chants traditionnels. « C’est toujours sympa et vivant, on accueille des jeunes de Tzoundzou, c’est une vraie vie de famille, de la conception jusqu’au jour J ».

L’édition 2026 du Festival Mahorais Jazz aura lieu début octobre, avec pour thème : « In Collège ». Cette fois, la création principale du festival viendra des jeunes.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes