“Images en mutation“ : l’association Zangoma revient avec une nouvelle exposition

Dans le cadre de son événement “Les artistes s’exposent”, l’Association Zangoma, en partenariat avec la Ville de Mamoudzou, prépare une présentation d’œuvres ingénieuses intitulée “Images en mutation.” Cette année, le thème est consacré à la réflexion sur l’intelligence artificielle dans les arts et les pratiques audiovisuelles. L’inauguration officielle est prévue pour le 16 juin au hall d’exposition de la direction de l’excellence culturelle de la ville de Mamoudzou, de 15h à 17h. L’exposition sera disponible jusqu’au 27 juin, entre 8h et 17h.

Chaque jour, des milliards d’images sont produites, partagées, transformées et oubliées. Elles traversent les écrans, franchissent les frontières, modifient notre perception du monde et redessinent notre rapport au réel. L’image n’est plus seulement un témoignage ou une représentation : elle est devenue un territoire mouvant où se croisent mémoire, information, fiction, algorithmes et intelligence artificielle.” Voici comment la ville de Mamoudzou et l’association Zangoma présentent un projet artistique, contemporain et high-tech.

Depuis 2010, les artistes exposent avec l’association Zangoma et, depuis quelques années, elle est en partenariat avec la Ville de Mamoudzou. Si l’exposition devait être complète le 10 juin, elle a été retardée par des contraintes d’agencement. Le public peut quand même s’y rendre avant le 16 juin en découvrant les premières œuvres exposées.

Cette édition 2026 réunit divers artistes venus transmettre leurs idées. Pour la peinture : Baba Mbaye, Boaz, Béatrice Edouard, Juliette Botolava, Yasmine Youssouf Thany, dite Yazz, et Elyane Houdjatte. En ce qui concerne les photographes, on retrouve des œuvres de David Lemor, Isma Kidza, Kamardine Mohamed Rabion, dit Sonomoha, Jean-Louis Saiz et Boina, dit Mystikafro. Balthazar et Nora Godeau, dite Chankaleor, s’occupent de l’installation et de l’expression numérique. Sans oublier Papa Jan pour la peinture et le street art, et Saïd Sola pour la présentation. Le collège de Passamainty sera également de la fête avec des œuvres en peinture, poésie et atelier de fils tendus, témoignant de la créativité indispensable de la jeunesse.

Images en mutation, quand l’IA s’impose dans les arts graphiques

Denis Balthazar, président de l’association Zangoma et artiste, nous rappelle les objectifs de cette initiative : “Images en mutation va permettre aux gens de se rendre compte des mutations énormes qui ont été faites depuis la photographie et même avant. Sur la pratique artistique aujourd’hui, l’IA vient bouleverser tout ça, comme Internet l’a fait à son époque. Aujourd’hui, on souhaite questionner les artistes sur leur position et leurs avis, eux qui puisent leur inspiration dans l’actualité du monde.

Il évoque également l’alliance de différents arts visuels et insiste sur l’impact de l’IA : “À l’époque, quand la photographie est arrivée, elle n’avait pas enlevé la notoriété du portrait peint, elle s’est juste invitée à côté. Chacun vivait en cohabitation. Alors que l’IA, elle est tellement permissive qu’on a du mal à la positionner comme telle. La photo et la peinture ont gardé leur autonomie, alors que l’IA tend à lier tout ça, elle est capable de tout faire.

Il rappelle aussi l’inéluctable surconsommation de la technologie à Mayotte : l’île n’échappe pas à cette évidence universelle : “Que ce soit dans les demeures aristocratiques ou sur le flanc de Kawéni, les gens sont connectés.” L’exposition mettra aussi en avant une conférence vidéo faite par un des artistes. Elle démontrera comment l’image voyage à travers les esprits et y reste. Il ajoute d’ailleurs : “On a toujours eu cette envie de protéger les choses, c’est pour cela qu’on fait des photos de famille ou des selfies.

L’art, à la croisée de la jeunesse, du vivre-ensemble et de l’évasion

En attendant le vernissage, la ville de Mamoudzou accueille déjà des classes d’élèves venues découvrir l’exposition. À partir de la grande section, ils sont aptes à être sensibilisés. Toutes les écoles de l’île sont invitées, mais tout dépend de leur capacité de transport. Des ateliers sont aussi prévus. Monsieur Balthazar rappelle le rôle important qu’ils jouent dans la société artistique : “On travaille beaucoup avec la jeunesse. Les classes d’élèves sont les regardeurs de demain, les futurs acheteurs. C’est une manière de leur montrer la réalité des œuvres, ailleurs que sur des livres. Ils vont pouvoir ressentir leurs textures, voir leurs manières d’être posées et passer du temps avec des artistes”.

À ses yeux, il est important de les éduquer très tôt sur la manière de regarder les images, car à l’ère des réseaux sociaux, beaucoup de gens ne regardent plus réellement les images, mais les font défiler rapidement. Charfati Hanafi, animatrice en chef de l’exposition, rappelle aussi que la perception d’une œuvre d’art est subjective et différente en fonction des individus, ce qui en fait une richesse. Elle constate des analyses aussi innocentes que pertinentes de la part des enfants. Ouvert à tous, le projet espère également créer des liens intergénérationnels, offrir aux visiteurs une pause dans leur quotidien, émouvoir la population mahoraise et permettre aux artistes de se faire connaître. Dans un monde ultra-connecté, cette exposition mahoraise “permet d’aborder l’art au même titre qu’à Paris ou à Tokyo”.

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