La loi Hulot, imposant à la France un moratoire sur la recherche et l’exploitation des énergies fossiles, est plus que jamais décriée par les responsables politiques ultramarins de tous bords. Vécue comme une injustice empêchant les peuples autochtones d’assurer un jour, par eux-mêmes, le financement de leur développement économique grâce à l’exploitation des ressources de leur sous-sol, cette loi a fait l’objet d’une attaque en règle de la part de la députée mahoraise Anchya Bamana.
Les parlementaires d’Outre-mer ne décolèrent toujours pas après le large rejet, par leurs collègues de l’Hexagone, du projet de loi consacré à la reprise des recherches et de l’exploitation des énergies fossiles, dont la Guyane et Mayotte sont présumées receler d’importants gisements. Le rejet de ce texte ravive d’anciennes blessures dans les régions ultramarines de la Caraïbe et provoque le réveil de « vieux démons » de l’émancipation vis-à-vis de la Nation. Ces sentiments demeurent fortement ancrés dans une partie de la population antillo-guyanaise, au point que certains parlementaires n’hésitent plus à appeler leurs concitoyens à la désobéissance civile.
Du côté austral de l’océan Indien, c’est un silence presque sidéral qui frappe la classe politique mahoraise, hormis quelques sorties médiatiques d’opposants à la majorité en place au sein de l’Assemblée de Mayotte. À croire que la perspective de ne plus avoir à quémander éternellement des subsides à Paris — qui préfère les dilapider dans des programmes de codéveloppement régional aux résultats incertains plutôt que de les affecter au bien-être des Français de ces territoires — ne les intéresse guère.
En effet, tout au long de ces débats qui ont enflammé les hémicycles du Sénat et de l’Assemblée nationale, les parlementaires mahorais n’ont pas donné le sentiment d’être animés d’une énergie aussi intense que celle de leurs collègues des Antilles-Guyane.
Après l’expression indignée de Saïd Omar Oili lors du passage du texte au Sénat, il faut retenir celle, plus récente mais tout aussi remarquée, d’Anchya Bamana, députée (RN) de la deuxième circonscription de Mayotte. Très ironique à l’égard du gouvernement Lecornu II lorsque celui-ci défend son projet de loi sur le développement économique des territoires ultramarins, elle n’hésite pas à établir un parallèle avec Mayotte, observant que, sur le territoire, « la population manque d’eau potable pour vivre », sous-entendant que ce problème est encore plus préoccupant que les écarts de développement avec l’Hexagone, « sans que cela ne pose aucun problème moral au gouvernement ».
Pour la parlementaire mahoraise, « la loi Hulot fait des citoyens ultramarins des Français de seconde zone, condamnés à dépendre des importations énergétiques. Dans un monde de compétition féroce, où tous nos voisins multiplient les études en tous sens — je pense notamment au canal du Mozambique —, il est inacceptable que nous ne puissions pas compter sur nos ressources naturelles afin de construire notre propre développement. »
Dans une posture pleinement assumée, Anchya Bamana estime que « la France ne peut continuer à ignorer ce qu’elle possède, à laisser d’autres en publier l’inventaire et à débattre de l’exploitation d’un sous-sol qu’elle n’a même pas elle-même évalué. Nous devons pouvoir cartographier ces ressources naturelles et nous devons pouvoir, un jour, les exploiter. »
Elle se montre catégorique face à ce qu’elle considère comme la volonté « d’écologistes dogmatiques de nous imposer leur vision décroissante de notre propre développement », faisant bien entendu référence à Nicolas Hulot, qui a réussi à imposer à la France un moratoire de plusieurs décennies sur la recherche et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, notamment dans les territoires ultramarins.
Journaliste politique & économique


































