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Grève à l’aéroport de Pamandzi : aucune perturbation significative pour le moment

Grève à l’aéroport de Pamandzi : aucune perturbation significative pour le moment

Une partie du personnel gréviste de l’aéroport de Mayotte a été réquisitionnée dans la journée de dimanche afin d’éviter tout dysfonctionnement de la plateforme aéroportuaire, tandis que d’autres agents manifestaient dans une ambiance bon enfant devant les bâtiments de l’aérogare. Le mouvement social, qui n’en est qu’à ses débuts, n’impacte pas encore le trafic aérien régional et national. De son côté, EDEIS ne semble pas disposée à céder sur les revendications portées par l’intersyndicale.

Des gendarmes sillonnant la Petite-Terre pour remettre des ordres de réquisition à une partie du personnel gréviste de l’aéroport de Pamandzi, du personnel affecté à la sûreté aéroportuaire que la société EDEIS a fait venir du département voisin de La Réunion à un coût supérieur au montant global des revendications formulées par son personnel local : c’est tout un dispositif qui a été mis en place pour tenter de contenir un mouvement de grève jugé légitime par les syndicats.

Du jamais-vu jusque-là. Certains observateurs n’hésitent pas à dénoncer des méthodes qu’ils estiment incompatibles avec l’esprit du dialogue social. Pendant ce temps, une question demeure : lequel de l’intersyndicale ou d’EDEIS cédera le premier ?

Le conflit social à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi, annoncé publiquement dès le 8 juin dernier, est effectivement entré dans sa phase active depuis le samedi 13 juin 2026 à 10 heures. À l’exception des agents de la société Issoufali SARL et de ses différentes filiales, l’ensemble des autres personnels participant à l’exploitation de la plateforme aéroportuaire, notamment ceux d’EDEIS et de Mayotte Airport Sécurité, suivent le mouvement de grève initié par Force ouvrière (FO), la CFDT, le SNEP-CFTC-PAT, le SNEPS et la CFTC Prévention Sécurité.

Selon une source syndicale, le bras de fer ne fait que commencer. La direction est notamment accusée de « botter en touche » et de ne pas respecter l’esprit du dialogue social.

« Elle refuse d’engager de véritables négociations. De toute façon, notre entreprise est coutumière de ce genre d’attitude. Cela l’arrange de confondre une simple médiation entre agents avec un véritable dialogue social entre salariés et employeur », affirme un représentant syndical.

La grève, qui a débuté de manière relativement discrète samedi matin après le départ des principaux vols de la journée, semble désormais s’installer dans la durée malgré les mesures prises pour en limiter les effets.

Il faut dire qu’EDEIS, sur laquelle l’État compte pour mobiliser les 50 millions d’euros nécessaires à la réhabilitation de la piste de Pamandzi avant le 31 décembre 2027, occupe aujourd’hui une position stratégique dans le département. Une situation qui, selon certains grévistes, se traduirait par un manque de considération à l’égard du personnel et par une remise en cause du droit de grève.

Le personnel en grève met en garde contre une sécurité « en trompe-l’œil »

Quel que soit le stratagème utilisé pour tenter de mettre un terme à ce mouvement, sa durée, même limitée, pourrait finir par avoir un impact sur le trafic aérien au départ et à destination de Mayotte.

Pour l’heure, les conséquences restent contenues.

« Les réquisitions opérées actuellement auprès de certains agents et de certains services ne servent à rien puisque le droit de grève nous oblige déjà à assurer un service minimum », explique Abdou Bacar Nassaya, l’une des porte-parole de l’intersyndicale.

Selon elle, la direction d’EDEIS cherche avant tout à donner l’image d’un retour à la normale à travers sa communication, alors que la réalité serait tout autre. Elle estime notamment que certaines réquisitions ont été décidées sans réflexion suffisante et qu’elles ne garantiraient pas toujours un fonctionnement optimal et sécurisé de la plateforme aéroportuaire.

L’intersyndicale attire particulièrement l’attention sur le cas des sapeurs-pompiers aéroportuaires, un service hautement spécialisé pour lequel aucune improvisation ne serait acceptable.

« Cela fait partie des éléments majeurs que notre employeur refuse de prendre en compte », ajoute Abdou Bacar Nassaya.

Il est vrai que ce mouvement social intervient au plus mauvais moment, à l’approche de la haute saison touristique, période durant laquelle le nombre de vols quotidiens augmente sensiblement.

Déléguée syndicale CFDT et chargée de mission sûreté, Abdou Bacar Nassaya n’hésite pas à qualifier l’aéroport de Mayotte de « pire aéroport de France » au regard des conditions de travail des agents.

« Le nombre de vols augmente continuellement alors que les effectifs diminuent progressivement », déplore-t-elle.

Concernant le personnel extérieur recruté par EDEIS pour pallier les effets de la grève, elle juge cette solution « limite », estimant que ces agents ne maîtrisent ni les spécificités ni les réalités locales.

Elle regrette également que les moyens financiers mobilisés pour faire venir ces renforts n’aient pas été consacrés à l’ouverture de discussions avec les salariés afin de répondre, au moins partiellement, à leurs revendications.

Or, selon les syndicats, la direction ne prévoit pas d’engager de négociations avant le 17 juin 2026, date correspondant à son agenda social annuel.

Dimanche, les grévistes qui n’avaient pas été réquisitionnés manifestaient pacifiquement aux abords de l’aérogare dans une ambiance sereine et bon enfant.

Les prochains jours devraient permettre de mesurer l’ampleur réelle de ce mouvement social et ses éventuelles conséquences sur l’activité aéroportuaire de Mayotte.

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Bac 2027 : la rectrice Valérie Debuchy en visite au lycée Younoussa Bamana pour la première épreuve anticipée de mathématiques

Bac 2027 : la rectrice Valérie Debuchy en visite au lycée Younoussa Bamana pour la première épreuve anticipée de mathématiques
Cette première session de l'épreuve anticipée de mathématiques a concerné près de 4 000 élèves dans les dix lycées de Mayotte.

À l’occasion de la toute première épreuve anticipée de mathématiques du baccalauréat, la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy, s’est rendue ce vendredi au lycée Bamana afin d’échanger avec les équipes éducatives et les élèves concernés par cette nouvelle étape du parcours scolaire.

« C’est une première », a souligné la rectrice lors de sa visite. Cette nouvelle épreuve anticipée de mathématiques s’inscrit dans la volonté nationale de renforcer l’enseignement de cette discipline au lycée. Elle concerne les élèves de première générale et technologique et comptera pour l’obtention du baccalauréat 2027.

Renforcer la place des mathématiques au lycée

Depuis la rentrée 2023, l’enseignement des mathématiques a été réintroduit dans le tronc commun des classes de première générale à raison d’une heure trente par semaine. Cet enseignement remplace l’ancien enseignement scientifique qui comportait déjà une part de mathématiques. L’objectif est désormais de renforcer les compétences des élèves grâce à un programme spécifique poursuivi jusqu’à la fin de la classe de première.

« Les mathématiques sont importantes pour tous les élèves, quel que soit leur parcours », a rappelé Valérie Debuchy. Cette réforme vise à offrir à chacun les bases nécessaires pour construire son projet d’orientation et préparer ses choix d’études après le baccalauréat.

L’épreuve, d’une durée de deux heures et organisée sans calculatrice, se décline en trois sujets distincts : un pour les élèves ayant choisi la spécialité mathématiques en voie générale, un pour les élèves de première générale n’ayant pas choisi cette spécialité et un troisième pour les élèves de la voie technologique.

4 000 élèves concernés à Mayotte

Cette mesure a été instaurée à la suite du « choc des savoirs » lancé par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal, dans un contexte marqué par la baisse du niveau des élèves français en mathématiques révélée par les enquêtes internationales. La note obtenue sera intégrée au dossier Parcoursup, permettant aux établissements d’enseignement supérieur d’apprécier plus précisément le niveau des candidats dans cette discipline.

À Mayotte, près de 4 000 élèves répartis dans dix lycées étaient concernés par cette première session. Au lycée Bamana, environ 700 élèves ont passé l’épreuve.

La rectrice a également insisté sur l’importance de l’accompagnement des élèves dans leur orientation. « Il faut être attentif aux résultats des élèves afin de leur faire des propositions adaptées à leur parcours et à leurs ambitions après le bac », a-t-elle déclaré.

Avec cette nouvelle épreuve, les mathématiques retrouvent ainsi une place centrale dans le cursus des lycéens, avec l’ambition de mieux préparer les jeunes aux exigences de l’enseignement supérieur et du monde professionnel.

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Décès du journaliste Emmanuel Tusévo Diasanvu : « So long, Manu ! »

Décès du journaliste Emmanuel Tusévo Diasanvu : « So long, Manu ! »

Une voix s’est définitivement éteinte jeudi soir, laissant derrière elle le souvenir d’un journaliste exceptionnel. Emanuel Tusévo Diasanvu s’en est allé vers cet autre monde, vers ces verts pâturages dont l’on ne revient pas. Depuis l’annonce de sa disparition, une pluie d’hommages et une multitude de souvenirs affluent de toutes parts. Beaucoup les ont déjà ressassés et continueront de le faire pendant des heures, des années, voire des décennies, pour se souvenir du grand journaliste que fut « Manu ».

La presse mahoraise est en deuil ce week-end après l’annonce, jeudi 11 juin 2026, du décès du journaliste Emanuel Tusévo, « Manu » pour les amis, survenu hors de l’île. L’information a été communiquée par son fils, Franck Tusévo.

Notre confrère était malade depuis plusieurs années. Il avait quitté cette terre mahoraise qu’il avait adoptée et qu’il chérissait tant pour s’installer en Europe, où il pouvait suivre plus facilement ses soins médicaux.

Pour celles et ceux qui ont eu la chance de le connaître et de le côtoyer, « Manu » incarnait la joie de vivre. Il dégageait une bonne humeur presque permanente qu’il savait transmettre à son entourage. Il riait de presque tout sans jamais perdre le sérieux nécessaire à l’analyse et à la réflexion.

Au cours de sa longue carrière journalistique, entamée sur le continent africain, il avait accumulé une somme impressionnante de connaissances, faisant de lui une véritable bibliothèque vivante. Il suffisait d’évoquer un événement pour que sa mémoire se mette instantanément en marche, restituant faits, images et anecdotes avec une précision remarquable. Tantôt parce qu’il avait vécu ces moments, tantôt parce qu’il les avait étudiés ou suivis de près.

De Mobutu Sese Seko, l’ancien dirigeant du Zaïre, son pays natal, à Denis Sassou-Nguesso, en passant par Nelson Mandela, Samora Machel et bien d’autres figures majeures de l’histoire africaine, aucun n’échappait à l’impressionnante mémoire qui le caractérisait.

Il était tout aussi intarissable lorsqu’il évoquait Younoussa Bamana, ancien président du Conseil général de Mayotte, qu’il appelait affectueusement « mon ami Younoussa ».

Ces connaissances, il les partageait généreusement avec tous ceux qu’il croisait sur son chemin : les jeunes encore en formation, les journalistes débutants, ses confrères ou encore tous ceux qui rejoignaient sa bande de « joyeux drilles », avec laquelle il aimait refaire le monde à l’infini.

Emanuel Tusévo était également un journaliste d’une grande rigueur. Méticuleux, soucieux du moindre détail, il avait poussé très loin l’exigence professionnelle, notamment lorsqu’il exerçait les fonctions de correspondant permanent de l’Agence France-Presse (AFP) à Mayotte. Une mission qu’il accomplissait avec passion, sérieux et professionnalisme.

À « Manu », Mayotte souhaite bon vent et bonne mer sur le chemin de l’au-delà

Il y aurait tant de choses à raconter lorsqu’il est question de « Manu ». Et toujours en bien.

Nombreux sont les journalistes qui se souviennent encore des conseils avisés et des encouragements qu’il prodiguait aux plus jeunes générations. Il avait ce talent rare de transmettre son expérience avec simplicité et bienveillance.

« Retour sur l’actualité », émission emblématique de Mayotte La 1ère, a largement contribué à le faire connaître sur l’île et dans toute la région, même si son charisme naturel lui suffisait déjà pour être apprécié de tous.

Ali Chamsudine, dit « Cham’ », Saïd Issouf, Kamal-Eddine Saïndou, Mohamed Toumbou Dani, El-Mounir Soidik, ainsi que feu Ali Boina, surnommé « le Commandant », ont partagé avec lui d’innombrables moments de débats passionnés et d’éclats de rire dont il avait le secret.

Impossible également d’oublier Joseph, propriétaire du restaurant « Le Rocher » à Dzaoudzi, qui n’a jamais eu le cœur de mettre cette joyeuse bande à la porte lorsque l’heure de fermeture arrivait et que les discussions se poursuivaient sans que personne ne voie le temps passer.

Vous l’aurez compris, Emanuel Tusévo mérite pleinement la cascade d’éloges qui lui est aujourd’hui adressée par ses anciens collègues, ses confrères, ses amis et les nombreux anonymes qui ont participé à l’émission spéciale d’hommage organisée par Mayotte La 1ère Radio, le vendredi 12 juin 2026.

Tous sont venus saluer la mémoire de ce journaliste hors pair qui a définitivement rangé son stylo et son enregistreur.

Parmi ses derniers travaux marquants figurent la rédaction des mémoires du docteur Martial Henry, fruit de longs entretiens menés avec ce dernier. Dans le même esprit, il avait également réalisé un travail similaire avec Mansour Kamardine, avocat et ancien député de Mayotte.

Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter « bon vent et bonne mer » sur ce voyage sans retour qu’il entreprend désormais vers l’autre rive.

Tu nous manqueras beaucoup, Manu. Sans aucun doute.

« So long, vieux frère. Garde pour toujours cette joie de vivre et ce rire contagieux qui te caractérisaient tant », te disent à l’unisson tes anciens compagnons de Mayotte et d’ailleurs.

Grève à l’aéroport de Mayotte : un week-end de fortes perturbations en perspective

Plus que 24 heures avant le début de la grève

L’intersyndicale des agents de l’aéroport Marcel Henry de Pamandzi reste ferme sur sa décision de mettre à exécution son préavis de grève avec prise d’effet demain samedi 13 juin 2026. Des sources autorisées indiquent que le mouvement ne se soldera pas pour le moment par un arrêt complet de l’activité sur la plateforme aéroportuaire de Mayotte, en revanche, un « bordel pas possible » pourrait se généraliser dès ce week-end pour compliquer le bon déroulement des opérations d’enregistrement. Le but recherché étant de compliquer très fortement l’activité en vue de générer un maximum de retards dans le traitement des bagages et des passagers des différentes compagnies aériennes desservant l’archipel aux parfums. L’intersyndicale espère que par ce biais, elle réussira à fléchir l’intransigeance des dirigeants de la société EDEIS qui gère l’aéroport de Mayotte. En terme, une source a confié à Flash Info que des discussions pourraient s’ouvrir entre la direction d’EDEIS et les syndicats, avant que le capharnaüm ne s’installe.

Incident de cybersécurité à la Ville de Mamoudzou : la messagerie temporairement affectée

Incident de cybersécurité à la Ville de Mamoudzou : la messagerie temporairement affectée

La Ville de Mamoudzou a été confrontée à un incident de sécurité informatique ayant affecté sa messagerie électronique, entraînant l’envoi de courriels non sollicités à des destinataires extérieurs.

Dès la détection de l’incident, les équipes informatiques municipales, accompagnées de prestataires spécialisés en cybersécurité, ont pris en charge la situation et mis en œuvre des mesures conservatoires. Des actions correctives immédiates ainsi que des dispositifs de sécurité renforcés ont été déployés afin de sécuriser le système d’information.

La Ville indique qu’aucune fuite de données n’a été constatée. Elle rappelle son engagement à respecter le RGPD et la loi Informatique et Libertés, et précise qu’une déclaration a été effectuée auprès de la CNIL.

Les personnes ayant reçu un courriel suspect provenant d’une adresse @mamoudzou.yt sont invitées à ne pas cliquer sur les liens ni ouvrir les pièces jointes, à supprimer le message et, en cas d’interaction, à contacter leur service informatique ou à consulter les recommandations de cybermalveillance.gouv.fr.

La championne Allison Pineau en visite à M’tsangamouji pour promouvoir l’égalité dans le sport

La championne Allison Pineau en visite à M’tsangamouji pour promouvoir l’égalité dans le sport

La commune de M’tsangamouji accueillera la championne olympique de handball Allison Pineau du 18 au 20 juin 2026, dans le cadre de son programme de développement du sport pour l’égalité. Médaillée d’or aux Jeux de Tokyo en 2021 et élue meilleure handballeuse du monde en 2009, l’ancienne internationale française viendra à la rencontre des habitants, des écoliers et des collégiens, et partagera également des temps sportifs avec les jeunes des clubs locaux.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique portée par la commune depuis 2024, visant à favoriser l’accès des jeunes filles et des femmes à la pratique sportive. À travers des rencontres, des ateliers et un tournoi intergénérationnel, la présence d’Allison Pineau doit contribuer à valoriser les talents locaux et à encourager l’engagement des filles dans le sport.

Au programme : accueil officiel le 18 juin, tournoi de handball, interventions en milieu scolaire le 19 juin, ainsi que des séances dédiées à l’école de handball. Retraitée des terrains depuis 2025, la championne consacre désormais son engagement à la promotion de l’égalité dans le sport.

Avec cette initiative, M’tsangamouji entend faire de cette rencontre un levier durable pour renforcer la place des femmes dans la pratique sportive sur le territoire.

« Questions pour une école championne » : Ouvoumoja et Les Flamboyants en finale le 17 juin

« Questions pour une école championne » : Ouvoumoja et Les Flamboyants en finale le 17 juin
* image d'illustration générée par ia

Après les quarts de finale organisés le 3 juin au collège Halidi Selemani de Mgombani, les demi-finales de « Questions pour une école championne » se sont tenues mardi 10 juin au collège Kawéni 2. À l’issue de ces rencontres, deux établissements ont décroché leur place pour la grande finale : le collège Ouvoumoja de Passamaïnty et le collège privé Les Flamboyants.

Les deux équipes finalistes se retrouveront mercredi 17 juin, à 13h, dans l’amphithéâtre du lycée des Lumières. Cette finale viendra clôturer une édition marquée par l’engagement des élèves, mais aussi celui des enseignants référents, mobilisés autour de ce projet éducatif.

Les collèges de Labattoir, Passamaïnty, Kawéni 2, Les Flamboyants, ainsi que les équipes éliminées lors des phases précédentes, ont été salués pour leur participation. L’événement se veut un moment de valorisation du travail mené par les élèves, notamment autour des sciences et de la culture générale.

À M’tsangamouji, le recours électoral bute sur le manque de preuves

À M’tsangamouji, le recours électoral bute sur le manque de preuves

Le scrutin municipal de M’tsangamouji a-t-il été faussé ? C’est la question qui était posée, ce jeudi 11 juin, au tribunal administratif de Mamoudzou. Trois mois après la victoire dès le premier tour de la liste conduite par le maire sortant Saïd Maanrifa Ibrahima, ses deux adversaires demandent l’annulation de l’élection. Mais, à l’audience, ils se sont heurtés à une difficulté centrale : les preuves.

Dans cette affaire examinée par la deuxième chambre du tribunal administratif, les requérants contestent les résultats des élections municipales du 15 mars 2026 à M’tsangamouji. Ils demandent l’annulation du scrutin, mais aussi la vérification des listes électorales et le contrôle des procurations en vue des prochaines élections régionales. À l’issue des débats, le rapporteur public a conclu au rejet de la protestation. Le jugement sera rendu dans une semaine.

Le rapporteur public a commencé par rappeler les résultats du scrutin. La liste « Ensemble plus loin encore », menée par Saïd Maanrifa Ibrahima, avait recueilli 2.067 voix, soit 58,47 % des suffrages exprimés. Ousmane Ahamada Siaka était arrivé deuxième avec 851 voix, devant Allaoui Zoubert et sa liste Alliance solidaire, créditée de 617 voix. Un écart conséquent, que les requérants estiment entaché par plusieurs irrégularités.

Premier terrain d’attaque : les listes électorales. Les opposants affirmaient que des électeurs auraient été inscrits sans résidence réelle dans la commune, certains vivant selon eux en métropole. Une liste de 220 nouveaux inscrits a été produite, dont 78 adresses étaient mises en avant. Mais pour le rapporteur public, ce document, rédigé par les requérants eux-mêmes, ne suffit pas à établir l’existence de manœuvres. Il a rappelé que le juge administratif ne rejuge pas, en tant que tel, la régularité de chaque inscription sur les listes électorales. Il doit seulement déterminer si des manœuvres ont pu altérer la sincérité du scrutin.

Les requérants dénonçaient, en parallèle, des refus d’inscription sur les listes électorales visant certains de leurs électeurs. Mais pour le rapporteur public, l’agent municipal mis en cause ne faisait que rappeler les justificatifs exigés par une note du préfet de Mayotte.

Les requérants évoquaient par ailleurs 48 électeurs radiés de façon arbitraire. À l’audience, il a été indiqué que quatre d’entre eux étaient en réalité toujours inscrits, tandis que les autres radiations s’expliquaient notamment par une inscription dans une autre commune ou par un décès. Là encore, le rapporteur public n’a pas retenu de manœuvre suffisamment caractérisée.

Le dossier s’est ensuite déplacé vers les procurations. Les requérants dénonçaient un volume très important, près d’un millier selon eux, susceptible d’avoir pesé sur le résultat. Le procès-verbal de recensement faisait état de 1.245 votes par procuration sur 4.793 électeurs. Un chiffre élevé, mais pas suffisant, selon le rapporteur public, pour démontrer une fraude ou prouver que ces procurations auraient bénéficié à une seule liste.

La présence d’un carnet ou document de travail, aperçu le jour du scrutin dans un bureau de vote, a également été discutée. Pour les requérants, cet élément pouvait traduire une organisation suspecte autour des procurations. Pour le rapporteur public, la seule présence de ce document ne permet pas d’établir une pression sur les électeurs ni une influence sur le résultat du vote.

Les requérants mettaient aussi en cause le financement de la campagne. Ils estimaient que l’attribution de plusieurs marchés publics à une entreprise liée au directeur de campagne du maire sortant, pouvait révéler un financement irrégulier. Mais le rapporteur public a écarté ce grief. Selon lui, la seule note produite recensant des marchés attribués en 2025, ne permet pas d’établir que l’entreprise concernée aurait participé au financement de la campagne du maire sortant.

Enfin, les requérants voyaient dans les résultats eux-mêmes la trace d’une anomalie, en pointant la hausse du nombre de votants entre 2020 et 2026 et les scores élevés du maire sortant dans certains bureaux, notamment à Chembenyoumba. Mais pour le rapporteur public, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une fraude. La progression de Saïd Maanrifa Ibrahima, passé de 1.492 voix en 2020 à 2.067 en 2026, peut s’expliquer par un taux d’abstention en baisse, la présence de seulement trois listes en 2026 contre quatre en 2020, ainsi que par l’arrivée de nouveaux électeurs devenus majeurs entre les deux scrutins.

À la sortie de l’audience, Saïd Valdo Ahamada Combo, deuxième adjoint chargé du sport et de la culture à la mairie de M’tsangamouji, a exprimé sa sérénité. « Ce n’est pas une surprise pour nous. On est dans un pays de droit, donc si nos adversaires ont saisi la justice pour demander de la transparence, c’est tout à fait légitime », a-t-il déclaré. Sur le carnet évoqué à l’audience, l’élu assume un outil de travail politique : « C’est un carnet avec une liste de procurations. Certains utilisent Excel, d’autres utilisent d’autres outils. Nous, on a notre méthode de travail. »

Pour lui, le résultat du 15 mars s’explique d’abord par le bilan de la majorité sortante et l’écart dans les urnes. « On n’a pas été élus parce qu’on avait un document de travail. On a été élus parce qu’on a présenté un projet. » Il insiste aussi sur les 1.216 voix d’avance sur la liste arrivée deuxième : « La commune et les électeurs savent que l’avenir de la commune repose sur cette liste. »

En face, Ousmane Ahamada Siaka reste prudent. « Pour l’instant, on laisse la justice faire son travail. Je ne préfère pas commenter avant la décision finale », indique-t-il. Mais le candidat battu ne renonce pas à son analyse : « On maintient notre position, il n’y a pas eu de sincérité sur cette élection. »

Le tribunal administratif tranchera dans une semaine. Les conclusions du rapporteur public ne lient pas les juges, mais elles dessinent déjà une tendance : les soupçons soulevés par les requérants n’ont pas, à ce stade, été considérés comme suffisamment étayés pour remettre en cause la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima.

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10 ans de liaison directe Mayotte-Paris : les prix d’Air Austral toujours critiqués

10 ans de liaison directe Mayotte-Paris : les prix d’Air Austral toujours critiqués

Déjà dix ans qu’Air Austral assure la liaison directe entre Mayotte et Paris. L’occasion pour la compagnie de célébrer cet anniversaire et d’annoncer un concours photo permettant aux voyageurs de gagner des billets d’avion. Cependant, l’éternel débat sur le coût élevé des billets reste présent dans l’esprit des internautes.

Air Austral a transporté près de 950 000 passagers et plus de 17 000 tonnes de fret en dix ans. En 2027, elle fêtera également ses 50 ans de présence à Mayotte. Pourtant, la compagnie fait régulièrement l’objet de critiques concernant le prix très élevé des billets à destination de l’Hexagone, sans oublier les annulations et les retards.

À l’occasion des dix ans de cette liaison directe, Air Austral lance une campagne de communication positive. Si certains s’en réjouissent, d’autres restent sceptiques.

Ali Djaroudi, président de l’Autam, réagit : « Air Austral réalise son plus gros chiffre d’affaires grâce aux liaisons depuis Mayotte. En dix ans, il n’y a pas eu de changement positif. Les billets qu’ils vont offrir sont insignifiants ; c’est une fausse aide. D’un côté, ils offrent quelques billets, mais de l’autre, ils contraignent fortement les Mahorais et vont même jusqu’à les discriminer, contrairement à La Réunion, où les billets pour la métropole restent beaucoup moins chers. Les Antillais se plaignent également des coûts du transport aérien, mais à Mayotte, c’est le summum de la cherté. Il faut absolument des concurrents à Air Austral et une piste longue pour accueillir d’autres appareils, ce qui n’est pas à leur goût. Mayotte manque d’un véritable schéma de desserte aérienne ; il faut des compagnies locales et régionales. Nous avons tout fait pour que la situation change, mais elle ne change pas. »

Du côté des usagers, les points de vue sont divers

Mathieu, avocat d’une cinquantaine d’années récemment arrivé sur l’île, se dit impressionné par la beauté du territoire et par la gentillesse de ses habitants, lui qui était habitué aux stéréotypes négatifs véhiculés en métropole. Il souligne que cette liaison directe est une excellente initiative avant d’évoquer le prix des billets : « Je me mets à la place des Mahorais. Pour ma part, je suis Corse et les prix des billets d’avion ainsi que des traversées maritimes sont extrêmement élevés, alors que nous faisons partie de la République française. Bien évidemment, nous devrions bénéficier de tarifs préférentiels afin de permettre aux Métropolitains de venir à Mayotte et aux Mahorais de se rendre plus facilement en métropole. Je pense qu’il y aurait alors une meilleure compréhension mutuelle et une meilleure entente. »

Thierry, Réunionnais, chef d’entreprise et engagé en politique, livre également son ressenti : « J’aborde ce problème de manière plus globale. Aujourd’hui, les territoires ultramarins sont traités de façon inégalitaire par rapport à la Corse et à la métropole. Nous sommes considérés comme la nation pauvre. Par exemple, un vol Réunion-Mayotte coûte parfois plus cher qu’un vol Réunion-Paris. La continuité territoriale est une nécessité. Il faut ouvrir le ciel mahorais à la concurrence, comme cela a été fait pour le ciel réunionnais. Cela favoriserait également davantage d’initiatives économiques et entrepreneuriales. »

Il réagit ensuite à la campagne de communication d’Air Austral : « Cette campagne vise à entretenir une image positive et à redorer le blason d’Air Austral. Les Mahorais doivent demander davantage de transparence sur la constitution du prix des billets. Il ne faut pas faire payer aux territoires insulaires la compensation d’éventuelles pertes enregistrées ailleurs. »

Une autre usagère se montre à la fois enthousiaste et lucide : « Ce concours est une excellente idée et certaines personnes en profiteront. Mais il faut aussi faire baisser les prix. Il est tout à fait légitime de s’en plaindre. »

En dépit des célébrations entourant les dix ans de la liaison directe entre Mayotte et Paris, la question du coût des billets d’avion demeure donc au cœur des préoccupations des usagers.

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Alison Morano, anthropologue : « Le rapport à l’altérité à Mayotte n’est pas aussi évident »

Alison Morano, anthropologue : « Le rapport à l’altérité à Mayotte n’est pas aussi évident »
Dans son ouvrage Des jeunesses précaires à Mayotte. Exclusions et rapports d’altérité post-frontières, l’anthropologue Alison Morano analyse les formes d’exclusion qui touchent les jeunes à Mayotte et interroge les inégalités d’accès aux droits, notamment à travers la question de l’égalité des chances. Crédit : Alison Morano

Paru aux éditions Karthala, Des jeunesses précaires à Mayotte. Exclusions et rapports d’altérité post-frontières est un ouvrage scientifique de l’anthropologue Alison Morano. Chercheuse et résidente de l’île depuis plus de dix ans, l’auteure y analyse les différentes figures des jeunesses précaires à Mayotte, confrontées à des mécanismes d’exclusion et à des rapports d’altérité complexes, dans un contexte marqué par l’instauration de frontières politiques et administratives.

Flash-Infos : Quelle méthodologie avez-vous adoptée pour mener vos recherches et depuis combien de temps travaillez-vous sur la question des jeunesses précaires à Mayotte ?

Alison Morano : Cet ouvrage est issu de ma thèse. J’en ai conservé le cœur, un travail que j’ai commencé en 2018 et soutenu en 2023. Pendant toute la durée de ma thèse, j’ai également enseigné en tant que contractuelle dans le second degré.

J’avais toutefois commencé à travailler sur ces questions dès mon master. Je vis à Mayotte depuis 2015 et je m’intéresse aux catégories de l’enfance en danger et des jeunesses précaires. J’ai été en stage à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ce qui m’a permis d’acquérir de nombreux éléments de compréhension concernant les dispositifs de prise en charge ainsi que les difficultés rencontrées par les professionnels.

J’ai également beaucoup investi les milieux associatifs, en y occupant différentes positions : volontaire, stagiaire ou bénévole. Cela m’a donné l’opportunité de me constituer un réseau et d’intégrer des équipes sur le long terme. J’ai notamment animé, chaque semaine et pendant plusieurs années, des ateliers auprès d’enfants non scolarisés.

Le fait de rester durablement sur le territoire m’a permis de suivre les parcours des enfants et des jeunes rencontrés dans différents espaces d’enquête. J’ai réalisé de nombreux entretiens et travaillé principalement à partir d’une méthodologie d’observation participante. J’ai parfois interrogé les mêmes personnes à plusieurs reprises sur plusieurs années : certains avaient 15 ans lors de nos premiers échanges et en ont aujourd’hui 25.

J’ai aussi eu la chance d’être très bien accueillie par la population mahoraise et d’être intégrée au sein de ma famille mahoraise. Cela m’a permis d’échanger avec des Mahorais ayant connu la période précédant l’instauration des frontières et de confronter les discours médiatiques aux expériences et aux ressentis exprimés aussi bien du côté mahorais que du côté comorien.

Faire le choix de vivre sur le territoire était essentiel pour moi. Je ne souhaitais pas mener cette recherche à distance. Cette présence quotidienne m’a donné accès à un matériau empirique extrêmement riche et a favorisé l’établissement de relations de confiance avec les habitants, qui savaient que je resterais présente sur le long terme. Cela m’a également permis de développer une connaissance fine du territoire.

F.I. : Pourquoi avoir choisi la date de 1975 comme point de départ de votre réflexion ?

A.M. : J’ai une approche historique dans mon ouvrage. Je reviens sur l’indépendance des Comores, qui a conduit à une scission politique et diplomatique entre Mayotte et le reste de l’archipel. La première frontière est établie en 1975, avec la constitution de l’Union des Comores et le maintien de Mayotte dans la République française. Cette frontière devient ensuite matérielle et administrative à partir de 1995.

Dans mon livre, je considère que la frontière commence dès 1975. Je parle également de « générations post-frontières », qui constitue un concept central de mon travail. Il était important pour moi de contextualiser le point de départ de ma réflexion. C’est pourquoi je consacre toute une première partie de l’ouvrage à la période précédant 1975 afin d’expliquer comment on en est arrivé à cette situation et de comprendre les transformations qui ont conduit à l’émergence de cette frontière.

Les enfants concernés sont ceux qui sont nés après l’apparition de ces deux frontières, c’est-à-dire après 1995. La majorité des jeunes avec lesquels j’ai échangé et mené des entretiens sont nés après cette date. Les générations nées après les années 2000 ont grandi après ces scissions et ces bouleversements administratifs et politiques. Elles en subissent les effets au quotidien, notamment à travers leur statut, leurs conditions de vie et leurs trajectoires.

Ce sont ces générations post-frontières qui constituent le principal public de mon enquête et auprès desquelles j’ai réalisé la majorité de mes entretiens.

F.I. : Vous évoquez une figure de l’altérité propre au territoire, construite depuis les années 1980. Quelles en sont les évolutions ?

A.M. : Dans mes travaux, il est vrai que je m’interroge beaucoup sur les rapports d’altérité au sein de la population de l’île, mais aussi dans l’ensemble de l’archipel. Ce n’est pas aussi évident qu’on pourrait le penser.

Ces rapports d’altérité sont complexes et s’inscrivent dans une histoire longue entre les îles des Comores. Ils ne reposent pas uniquement sur le rejet du « Comorien » : les relations sont en réalité beaucoup plus imbriquées. Ces dynamiques prennent racine dans les années 1950, voire avant.

Il existait déjà des rapports de domination entre la Grande Comore et Mayotte qui, aujourd’hui, peuvent parfois s’inverser. S’ajoute à cela la réactivation de souvenirs liés à la situation passée de Mayotte, ravivés par le contexte actuel. Il existe aussi une forme d’inquiétude liée au sentiment de concurrence dans l’accès aux biens et aux services.

Par ailleurs, il faut distinguer plusieurs situations. Une partie de la population comorienne est installée depuis plusieurs générations, tandis que d’autres arrivées sont plus récentes. Il existe donc une différence entre les personnes intégrées à la population locale, les enfants nés sur place de couples mixtes et une population déjà largement insérée dans les dynamiques sociales locales.

Les Mahorais cohabitent globalement bien avec une partie de la population comorienne. En revanche, les situations les plus problématiques en matière d’altérité concernent les nouveaux arrivants : de jeunes Comoriens arrivant seuls ou confiés par leurs parents, qui se retrouvent souvent dans des situations d’exclusion et parfois de violence.

Ce sont ces reconfigurations de l’altérité qui sont aujourd’hui les plus difficiles à absorber dans les zones urbaines. Les flux migratoires sont importants et la population a parfois le sentiment que les frontières ne sont pas maîtrisées, ce qui nourrit des interrogations sur l’évolution de cette situation et ses limites.

F.I. : Quelles sont les formes d’exclusion que vous avez pu observer chez cette jeunesse ?

A.M. : J’ai commencé par étudier l’exclusion du système scolaire : des enfants exclus du système, des mineurs isolés ou non accompagnés, comme on les appelle aujourd’hui, des enfants en errance qui n’ont pas poursuivi leurs études après la troisième et qui se retrouvent hors du système parce que l’école ne parvient plus à les intégrer.

Il existe également une exclusion administrative pour ceux qui ne réussissent pas à régulariser leur situation. Toutes ces chaînes d’exclusion sont liées et interconnectées. Elles s’enchaînent et se renforcent mutuellement.

Ces situations relèvent aussi de formes de violence subies au quotidien : être relégué à la marge du système scolaire, vivre dans des quartiers relégués, ne pas pouvoir accéder à la formation souhaitée ou encore ne pas pouvoir circuler librement dans l’espace public sont autant de formes de violence.

Au quotidien, ces jeunes subissent donc des exclusions en chaîne qui s’additionnent et structurent fortement leurs trajectoires.

F.I. : Au sein de cet ouvrage, vous replacez l’égalité des chances comme un enjeu central. Pourquoi est-elle encore importante aujourd’hui ?

A.M. : La question de la scolarisation est centrale puisque la loi française prévoit que l’école est obligatoire entre trois et seize ans. Le devoir de l’État est donc de faire appliquer cette loi, en particulier dans ces territoires.

À Mayotte, le constat est que cette obligation n’est pas pleinement respectée. Le manque de places est structurel, réel et palpable : il n’existe pas suffisamment de places disponibles. Cependant, le fait de ne pas inscrire un enfant ou de ne pas le placer sur liste d’attente constitue une pratique illégale.

Un enfant qui se présente avec sa famille pour s’inscrire et à qui l’on refuse cette possibilité n’a pas les mêmes chances que les autres. Il existe un retard d’investissement très important sur le territoire mahorais. Le premier collège n’a été construit qu’en 1973 à Dzaoudzi. Pendant longtemps, une partie de la population de l’île a dû partir pour poursuivre sa scolarité, ce qui a entraîné un retard structurel qu’il est impossible de rattraper en quelques années.

Aujourd’hui, la forte croissance démographique, combinée au nombre insuffisant de places disponibles, accentue ces inégalités. Les jeunes ne bénéficient donc pas des mêmes chances d’accès à la scolarisation que ceux du reste du territoire national.

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Djasma Djoundiy représentera le « Silver Form » au salon VivaTech à Paris du 17 au 20 juin prochain

Djasma Djoundiy représentera le « Silver Form » au salon VivaTech à Paris du 17 au 20 juin prochain
Djasma Djoundiy, gérante de l’entreprise Usaïdiya, a signé un contrat de représentation du Silver Form dans l’océan Indien

Djasma Djoundiy, gérante de l’entreprise de service d’autonomie à domicile Usaïdiya, représentera le « Silver Form », un parcours d’activité physique adaptée basé sur une technologie isocinétique intelligente, au prochain salon de l’innovation VivaTech, qui se tiendra à Paris du 17 au 20 juin prochain.

Pour Djasma Djoundiy, tout a commencé avec la perte d’autonomie brutale de son père en 2019.  « Il ne pouvait même plus descendre de son lit, on lui a donc prescrit des séances de kinésithérapie qui se sont faite dans les couloirs du CHM, il n’y avait même pas de salle spécialement dédiée à cela », se souvient la jeune femme. « J’ai donc commencé à chercher sur internet si je pouvais trouver des machines adaptées à installer à son domicile et c’est ainsi que je suis tombée sur le Silver Form », raconte-t-elle.

Inventé par Maria et Gilles Laporte, le Silver Form est un parcours d’activité physique adaptée basé sur une technologie isocinétique intelligente. En clair, ce sont des machines permettant de faire du sport, mais qui s’adaptent automatiquement aux capacités physiques réelles de chaque utilisateur. L’objectif est que les personnes âgées, en situation de handicap ou fragilisées puisse retrouver leur capacité de mouvement et donc leur autonomie de la manière la plus adaptée possible à leur problématique personnelle.

« Le Silver Form s’inscrit dans une nouvelle approche du « bien vieillir » centrée sur la prévention, l’inclusion et le respect de la dignité humaine », explique Djasma Djoundiy. « Il ne s’agit pas seulement de vivre le plus longtemps possible, mais de vivre le plus longtemps possible en bonne santé », précise-t-elle. Le premier contact avec les inventeurs du Silver Form s’étant révélé très positif, elle a rapidement signé avec eux un contrat de représentation ans l’océan Indien, en commençant évidemment par son île d’origine, Mayotte.

Afin de pouvoir développer le mieux possible ce projet, elle a créé son entreprise de service d’autonomie à domicile, Usaïdiya, qui a commencé ses activités en 2024. Si elle a dû faire une formation de responsable d’établissement médicaux-sociaux, Djasma Djoundiy n’était pas totalement « une novice » dans le secteur social puisqu’elle était auparavant éducatrice spécialisée et cheffe du service de protection de l’enfance au sein de l’association Maescha na Ounono. « Avec Usaïdiya, j’ai souhaité découvrir l’autre extrémité de la vie humaine », déclare-t-elle.

Une nouvelle technologie conçue pour aider l’humain

Si le Silver Form utilise une « technologie intelligente », son objectif est d’aider l’humain à développer son potentiel et non « de le remplacer ». En tant qu’« innovation », le Silver Form a donc semblé à Djasma avoir parfaitement sa place au Salon Européen de l’innovation VivaTech. Ses organisateurs semblent être également de cet avis puisque la présence de la jeune femme a été validée et qu’elle représentera donc cette « technologie intelligente » à la prochaine édition qui se tiendra du 17 au 20 juin 2026. « Cela me semblait important pour chercher des financeurs, car j’ai tout financé sur fonds propres pour le moment, ainsi que pour connecter mon entreprise au monde l’innovation », explique Djasma Djoundiy, qui estime que « les innovations les plus utiles sont celles qui permettent aux humains de vivre dans la dignité ».

L’inauguration du parcours à Mayotte aura lieu quant à lui dans les locaux de Usaïdiye, situés à Cavani-Mamoudzou dès le mois de septembre 2026 (si les 10 machine, qui seront envoyées en juillet, arrivent à temps). « L’accès au parcours se fera sur abonnement, comme dans les salles de sport « classiques », sauf que les machines seront adaptées aux capacités physiques réelles des personnes », indique Djasma, qui précise qu’un bilan devra être effectué en amont par un kinésithérapeute. « Nous n’avons pas vocation à remplacer le kiné, ce n’est pas de la rééducation, mais les kinés pourront faire appel à nous et nous pourrons nous coordonner pour le plus d’efficacité possible pour les personnes », conclut-elle.

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Manifestation du personnel de l’Éducation nationale : « Ils ne réclament pas grand-chose, juste la reconnaissance du rectorat ! »

Manifestation du personnel de l’Éducation nationale : « Ils ne réclament pas grand-chose, juste la reconnaissance du rectorat ! »

Le dialogue est devenu impossible entre la rectrice de Mayotte et une partie de son personnel, les Équipes mobiles de sécurité (EMS). Dans la rue depuis bientôt un mois, ces agents n’ont aucune perspective de voir aboutir leur demande de reconnaissance de la pénibilité de leur travail. Entre le marteau et l’enclume, ils demeurent en première ligne, avec l’obligation d’éteindre les incendies de violence provoqués par les voyous qui terrorisent les collégiens et lycéens mahorais à la sortie des établissements scolaires, avant même que les forces de l’ordre puissent se déployer pour prendre le relais.

Le public a pu croire que le mouvement s’était essoufflé. Que nenni ! Les manifestants sont toujours là, battant quotidiennement le pavé au cœur de Mamoudzou. Les Équipes mobiles de sécurité continuent de manifester chaque jour dans les rues du chef-lieu sans, pour l’instant, parvenir à se faire entendre de la nouvelle rectrice de Mayotte.

« C’est simple, elle reste sourde à chacune de nos demandes », clame aux journalistes l’une des grévistes qui déambule au milieu de ses collègues autour du rond-point Zéna M’Déré, en face de la gare maritime de Mamoudzou, sur fond de salegy, une danse malgache très appréciée des Mahorais.

D’un jour à l’autre, les rangs des manifestants peuvent sensiblement grossir jusqu’à approcher le millier de personnes.

« Vous voyez, notre nombre importe peu. La rectrice n’en a rien à faire. C’est du jamais-vu dans la mémoire du personnel de l’Éducation nationale à Mayotte. Dans le passé, nous pensions avoir tout vu, mais force est de constater que nous nous trompions : le pire nous attendait en 2026. »

La manifestante, un peu trop bavarde au goût de ses camarades, est rapidement rappelée à l’ordre : la communication relève exclusivement des représentants syndicaux dûment désignés.

De fil en aiguille, nous sommes finalement orientés vers Rivo Rakokotomalala, l’un des leaders du syndicat SNUipp-FSU. Très décontracté, le sourire aux lèvres, il se tient au milieu de ses troupes, rappelant à chacun la nécessité de respecter les règles encadrant le droit de manifester sur la voie publique.

Alors qu’il prépare le départ du cortège vers la rue du Commerce, il accepte de faire le point avec la presse locale après plusieurs semaines de mobilisation.

« Nous avons un mouvement fort, pour ne pas dire très fort ! Dans une académie qui fonctionne normalement, face à un mouvement de cette ampleur et aux perturbations qu’il engendre, on cherche à trouver une issue. Aujourd’hui, nous estimons ne pas être dans une académie normale. Il faut savoir que les personnes qui défilent sous nos yeux sont parmi les plus mal loties de l’académie de Mayotte. Certaines s’estiment déjà privilégiées lorsqu’elles perçoivent plus de 2 000 euros par mois, alors que les enseignants gagnent souvent plus de 1 000 euros supplémentaires. »

Un blocage de la rectrice que les parents d’élèves ne s’expliquent pas

Pour Rivo Rakokotomalala, les revendications sont pourtant modestes : « Ils ne réclament pas grand-chose, juste de la reconnaissance à travers un statut ou une indemnité. »

Le syndicaliste explique que, dans une situation normale, les agents contractuels voient leur situation évoluer après trois années d’exercice, notamment sur le plan salarial. « Même cela leur est refusé par la rectrice. »

Selon lui, cette revendication ne mettrait nullement en péril les finances du rectorat de Mayotte, d’autant plus que le mouvement a déjà eu des conséquences importantes : entre sept et huit établissements scolaires de l’île n’ont pas pu ouvrir leurs portes.

« On semble se désintéresser totalement de leur situation comme de celle des établissements qui ferment. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il suffit de multiplier ces sept ou huit établissements par 1 500 ou 2 000 élèves. Vous obtenez une estimation du nombre de jeunes directement concernés sur le terrain. »

Une contradiction majeure ressort de ce dossier. D’après les syndicats, le rectorat reconnaît l’utilité de ces personnels tout en leur refusant la moindre reconnaissance statutaire.

« Il faut savoir que le statut qu’ils réclament n’existe pas à l’échelle nationale. Pourtant, les EMS sont quotidiennement aux avant-postes dans les collèges et les lycées. Ce sont eux qui interviennent en premier lorsque surviennent des incidents. Il est donc logique qu’ils rappellent que leur mission comporte des risques et qu’elle mérite d’être compensée par des avantages adaptés, quelle qu’en soit la forme. La rectrice leur répond que ce n’est pas possible. Selon elle, ils ne sont pas censés être exposés puisque les forces de l’ordre interviennent en cas de débordement. »

Un argument que les syndicats rejettent catégoriquement. Selon eux, le temps nécessaire au déploiement des forces de l’ordre laisse les EMS seuls face aux situations de crise, les contraignant à intervenir en première ligne.

Face à cette situation aussi inattendue qu’inhabituelle, de nombreuses familles mahoraises s’interrogent sur les raisons qui poussent le rectorat de Mayotte à camper sur ses positions au point de rendre le dialogue social impossible avec ces agents.

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Au large de Mayotte, deux naufrages de kwassas en moins de 48 heures

Au large de Mayotte, deux naufrages de kwassas en moins de 48 heures

L’embarcation a tourné plusieurs fois sur elle-même avant de chavirer. Le chiffre de 14 naufragés est avancé. Une femme prise de convulsions et son bébé ont bénéficié de soins médicaux. Aucune information officielle n’a été donnée quant à ce qu’ils sont devenus. Il s’agit de la deuxième embarcation à chavirer en moins de 48 heures à proximité de la barrière de corail.

Une embarcation de type kwassa-kwassa aurait chaviré aux environs de 21 heures mercredi soir, au large de la barrière de corail, du côté des Badamiers à Labattoir. Les informations dont dispose la rédaction de Flash Info indiquent la présence de 14 personnes à bord de cette barque en provenance de l’île comorienne d’Anjouan.

C’est une patrouille aérienne qui l’aurait repérée en premier et signalée au poste de commandement de la Marine nationale situé sur le rocher de Dzaoudzi. La « Daruba », un intercepteur de la gendarmerie, aurait ensuite été envoyée sur zone afin de procéder à son arraisonnement.

Selon une source bien informée, le kwassa aurait été repéré visuellement à 5 000 mètres nautiques en dehors du lagon. À l’inverse du reste de Mayotte, la Petite-Terre forme un ensemble avec la barrière de corail et, à cette période de l’année, les passeurs affectionnent particulièrement cette zone pour débarquer en raison de courants marins favorables.

Selon notre source, une fois à proximité du kwassa, l’équipage aurait ordonné au conducteur de l’embarcation de couper son moteur. Mais, en guise de réponse, ils l’auraient vu tourner sur lui-même pendant quelques instants avant de chavirer. Tout laisserait penser qu’à cet instant précis, un individu autre que le passeur se trouvait aux commandes du kwassa, ce qui expliquerait son incapacité à maîtriser les mouvements de l’embarcation.

L’ensemble des occupants aurait été repêché par les gendarmes. Parmi eux se trouvaient une femme et un bébé, qui auraient fait l’objet d’une prise en charge médicale à leur arrivée sur la terre ferme. La femme aurait notamment été victime de convulsions.

Pour l’heure, les autorités n’ont fourni aucune information relative à l’état de santé de cette femme prise en charge médicalement ni à celui de son enfant.

Ce naufrage fait suite à un autre accident maritime du même type survenu moins de 48 heures auparavant, toujours hors du lagon, du côté de Koungou, non loin des Badamiers. Il concernait 11 personnes découvertes fortuitement par une patrouille de la Police aux frontières (PAF) à l’aube, vers 5 h 20.

Le pilote de la vedette aurait repéré un écho sur son radar et, en s’approchant de la zone, aurait entendu des appels au secours. Onze personnes auraient alors été secourues. Elles se seraient agrippées à leur embarcation après son chavirement hors du lagon. Portées par les courants, elles auraient réussi tant bien que mal à pénétrer à l’intérieur du lagon, ce qui aurait contribué à leur sauver la vie.

Leurs deux passeurs les auraient abandonnées à leur sort et auraient nagé vers le rivage sans laisser de traces.

À l’approche des vacances d’été, les drames de ce genre sont fréquents entre Anjouan et Mayotte, sans jamais parvenir à décourager les candidats à la migration clandestine, dans un contexte que certains qualifient de passivité complice des autorités de l’Union des Comores.

Rackets et trafics de toutes sortes prolifèrent à cette période de l’année, faisant le bonheur des bandes criminelles et des trafiquants d’êtres humains. Les mêmes n’hésitent pourtant pas à dénoncer les dangers de ce bras de mer meurtrier de 70 kilomètres séparant Anjouan de Mayotte.

Les réseaux sont si profondément imbriqués dans la société comorienne que différentes couches de la population tireraient profit de ce commerce macabre, au point que les plus hautes autorités de l’Union des Comores ne verraient aucun intérêt à y mettre un terme.

Dès qu’un réseau est démantelé, un autre prendrait aussitôt sa place, bénéficiant des protections nécessaires pour asseoir son activité criminelle. Lorsque ce n’est pas l’armée comorienne qui le protège, ce serait la police, avec des soutiens jusque dans les plus hautes sphères du ministère comorien de l’Intérieur, selon certaines publications de la presse indépendante de l’archipel.

D’ici à la fin de l’hiver austral, le pire est peut-être encore à venir.

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Forum des Jeunes Médecins : Mayotte accueille pour la première fois les futurs praticiens de l’océan Indien

Forum des Jeunes Médecins : Mayotte accueille pour la première fois les futurs praticiens de l’océan Indien

Quarante internes et jeunes médecins, venus principalement de La Réunion, ont passé trois jours à Mayotte, du 10 au 12 juin, à la découverte du système de santé mahorais. Cette première édition du Forum des Jeunes Médecins de l’Océan Indien à Mayotte est organisée dans un contexte de pénurie médicale : l’île demeure le plus grand désert médical de France.

La première édition mahoraise du Forum des Jeunes Médecins de l’Océan Indien s’est tenue du 10 au 12 juin, à l’initiative du Collège des Généralistes Enseignants de l’Océan Indien (CGEOI). L’événement existait déjà à La Réunion, mais c’est la première fois qu’il se déroule sur le sol mahorais.

Le calendrier n’est pas anodin. Les études de médecine générale viennent d’être allongées d’une quatrième année d’internat, faisant des généralistes des spécialistes à part entière. L’objectif du forum est d’orienter ces « docteurs juniors » vers Mayotte, de créer un lien concret avec le territoire et de susciter des installations durables. La subdivision universitaire étant commune à La Réunion et à Mayotte, ces internes gravitent déjà dans l’orbite mahoraise.

Cette deuxième journée s’est déroulée à l’université de Dembéni. Les participants ont été informés du fonctionnement de la Sécurité sociale à Mayotte, de la situation sanitaire de l’île, des différents acteurs du secteur, des budgets ainsi que des aides disponibles. Les intervenants ont insisté sur la nécessité, pour les patients, d’être à jour de leurs droits et de disposer d’une carte Vitale valide afin d’être correctement couverts.

Lors de la première journée, le 10 juin, les participants ont été invités à visiter les établissements de santé de l’île, d’abord sur Grande-Terre, avant de rejoindre Petite-Terre le 12 juin. Répartis en groupes, ils ont visité des cabinets médicaux, des dispensaires et des centres médicaux de référence (CMR).

Clémence Regazzoni, interne en dermatologie à La Réunion, raconte : « Mon groupe est allé au dispensaire de Jacaranda. Comparé à La Réunion, il y a énormément de patients. Mais l’organisation était au rendez-vous : il y avait un interprète dans chaque box. On voit bien que les établissements sont préparés à recevoir les patients non régularisés. En tant que médecin, je constate la nécessité médicale de Mayotte. »

Zélie Polard, interne en médecine d’urgence à La Réunion, explique :

« C’était intéressant de voir la différence entre ce que l’on imagine et la réalité du terrain. Le matériel est de qualité, il existe des aides à l’installation, ainsi que des secrétaires et des infirmiers mahorais qui assurent la traduction. C’est mieux que ce que j’imaginais et cela permet de se projeter dans une éventuelle installation à Mayotte. »

Ces impressions de terrain s’inscrivent dans un contexte médical particulièrement tendu. D’après l’ARS, Mayotte compte entre 39 et 55 médecins pour 100 000 habitants, contre 147 en moyenne nationale et 141 à La Réunion. Près de 32,3 % des professionnels de santé sont concentrés à Mamoudzou et l’ensemble du territoire est classé en zone prioritaire dans le cadre du pacte national de lutte contre les déserts médicaux de 2025.

Le système de santé s’organise autour du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM), avec un hôpital central, quatre centres médicaux de référence et un réseau de centres de consultation répartis sur l’ensemble de l’île. Un rapport de la Cour des comptes publié en 2020, portant sur les exercices 2015 à 2019, indiquait que la moitié des personnels médicaux étaient contractuels, dont 60 % pour une durée inférieure à trois mois.

En juillet 2025, six décrets du plan « Mayotte Debout » ont revalorisé les indemnités des praticiens hospitaliers et créé des primes destinées aux sages-femmes et aux professionnels paramédicaux exerçant dans des secteurs en tension. Des maisons de santé pluriprofessionnelles émergent progressivement, tandis que la loi de refondation de Mayotte, adoptée en commission en juin 2025, prévoit d’accélérer cette dynamique.

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Le football féminin à Mayotte : une discipline en pleine ascension malgré les défis

Le football féminin à Mayotte : une discipline en pleine ascension malgré les défis

De plus en plus de jeunes mahoraises choisissent le football comme passion et comme ambition. Entre progrès, obstacles et espoir, le football féminin s’impose progressivement dans le paysage sportif de l’île.

Pendant de nombreuses années, le football à Mayotte a été considéré comme une pratique essentiellement masculine. Aujourd’hui, cette image évolue. Dans plusieurs communes de l’île, de nombreuses jeunes filles rejoignent les clubs et participent régulièrement aux entraînements et aux compétitions. Cette progression témoigne d’une ouverture des mentalités et d’une volonté de donner aux femmes une place plus importante dans le sport.

Pour les familles et les éducateurs, le football est aussi un moyen de transmettre des valeurs telles que le respect, la solidarité, la discipline et le goût de l’effort. Il contribue à l’épanouissement personnel des joueuses tout en renforçant leur confiance en elles.

Des compétitions de plus en plus structurées

La pratique du football féminin s’organise progressivement grâce aux compétitions mises en place par la Ligue Mahoraise de Football. Championnats, coupes et tournois permettent aux équipes de se confronter dans un cadre officiel et d’acquérir de l’expérience.

Ces rencontres attirent un public de plus en plus nombreux et démontrent que le football féminin suscite un véritable intérêt. Les clubs investissent également dans la formation des jeunes afin de préparer la relève et de permettre aux meilleures joueuses d’accéder à un niveau supérieur.

Des moyens encore insuffisants

Malgré cette dynamique, les difficultés restent nombreuses. Les clubs disposent souvent de budgets limités et doivent partager les installations sportives avec les équipes masculines. Les créneaux d’entraînement sont parfois insuffisants et le matériel manque dans certaines structures.

Le manque de visibilité médiatique constitue également un frein. Les performances des équipes féminines sont moins relayées que celles des hommes, ce qui réduit les possibilités de trouver des partenaires financiers ou des sponsors. Les responsables sportifs estiment qu’un soutien plus important permettrait d’accélérer le développement de la discipline.

Un véritable enjeu social

Au-delà des résultats sportifs, le football féminin joue un rôle important dans la société mahoraise. Il favorise l’émancipation des jeunes filles, encourage leur autonomie et leur apprend à travailler en équipe. Pour beaucoup, le terrain de football devient un espace où elles peuvent s’exprimer, se dépasser et construire des projets d’avenir.

Les établissements scolaires, les associations et les collectivités multiplient les initiatives pour promouvoir la pratique féminine. Des journées de découverte et des tournois sont régulièrement organisés afin d’encourager les plus jeunes à pratiquer ce sport.

Des ambitions pour l’avenir

Les acteurs du football mahorais souhaitent désormais franchir une nouvelle étape. Ils appellent à davantage d’investissements dans les infrastructures, la formation des éducateurs et l’accompagnement des clubs. Une meilleure médiatisation permettrait également de valoriser les performances des joueuses et d’attirer de nouveaux partenaires.

À long terme, l’objectif est de permettre aux meilleures footballeuses de représenter Mayotte dans des compétitions régionales et nationales, tout en faisant du football féminin un sport reconnu et accessible à toutes.

Une passion qui ne cesse de grandir

Malgré les obstacles, le football féminin à Mayotte poursuit son développement grâce à la détermination des joueuses, des entraîneurs et des bénévoles. Plus qu’une simple activité sportive, il est devenu un symbole d’égalité des chances et d’engagement. Chaque match, chaque entraînement et chaque victoire contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport mahorais et à inspirer les générations futures.

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Comores : l’interdiction d’écrire imposée à un célèbre journaliste suscite la controverse

Comores : l’interdiction d’écrire imposée à un célèbre journaliste suscite la controverse

Le directeur de publication et le secrétaire de rédaction du quotidien La Gazette des Comores ne peuvent pas non plus quitter l’île de la Grande Comore sans autorisation préalable du magistrat instructeur. Autant de mesures jugées liberticides pour des journalistes dont le seul tort est d’avoir rédigé des articles non démentis sur la santé de Sambi.

Le directeur de publication et le secrétaire de rédaction du journal La Gazette des Comores ont été relâchés mercredi après deux jours d’audition à la gendarmerie et au parquet. El-had Saïd Omar et Toufé Maecha dorment certes chez eux, mais ils ont été mis en examen par un juge qui les a placés sous contrôle judiciaire.

Cette mesure s’accompagne de plusieurs restrictions, notamment l’interdiction faite au journaliste Toufé Maecha d’écrire des articles, quel qu’en soit le sujet, durant toute la période de l’instruction. Les deux reporters du quotidien indépendant sont également contraints d’obtenir une autorisation du juge avant de quitter l’île de la Grande Comore. Ils ne peuvent pas davantage commenter l’affaire en cours.

Depuis mercredi, leurs confrères observent ces restrictions, dont certaines sont déjà qualifiées de « liberticides ». En effet, interdire à un journaliste d’écrire revient à lui imposer une sorte de prison à ciel ouvert, dénoncent de nombreux observateurs.

Dans un communiqué, le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) a vivement dénoncé le placement sous contrôle judiciaire des journalistes de La Gazette des Comores.

« Toufé et El-had sont soumis à plusieurs restrictions. Le SNJC condamne vigoureusement l’interdiction faite au journaliste de publier ou de diffuser des articles de presse pendant toute la durée de l’instruction. Empêcher un journaliste d’écrire et de publier revient à l’empêcher d’exercer son métier », a déploré le syndicat, qui souligne qu’une telle mesure constitue une atteinte particulièrement grave à la liberté de la presse et crée un précédent préoccupant pour l’ensemble de la profession.

Publication de fausses nouvelles

Interrogé sur ces interdictions frappant les deux professionnels reconnus, le Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA), qui fait office de régulateur des médias, a indiqué suivre cette situation avec attention.

« Sans préjuger des faits, notre institution rappelle que toute mesure affectant l’exercice du journalisme doit être conforme aux dispositions légales en vigueur, dans le respect de la liberté de la presse et des garanties offertes aux professionnels des médias », a déclaré la conseillère Mariata Moussa, avant d’ajouter que le gendarme des médias reste attaché au dialogue, au droit et aux voies de recours prévues par la loi.

« Cela fait un moment que je m’interroge sur l’avenir du journalisme aux Comores, et l’arrestation de Toufé ne fait que renforcer ces inquiétudes. Je pensais que ses informations seraient démenties. Mais aujourd’hui, un journaliste d’investigation n’a plus le droit d’écrire. C’est dommage de voir le journalisme disparaître peu à peu dès lors qu’informer devient un risque », a regretté Soifia Hassani, ancienne journaliste de la télévision nationale, qui a également collaboré avec TV5 Monde.

Selon nos informations, les deux journalistes, qui doivent pointer chaque semaine, envisagent dès ce vendredi de contester l’ordonnance du juge les mettant en examen devant les juridictions compétentes.

Toufé Maecha, par ailleurs collaborateur de l’hebdomadaire Jeune Afrique, est poursuivi pour « publication et diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public, notamment le fonctionnement des institutions publiques ».

Le fondateur du quotidien La Gazette des Comores, référence de la presse indépendante de l’archipel, El-had Saïd Omar, est quant à lui mis en examen pour « complicité de publication et de diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public et le moral de la population ».

Cinq ans d’emprisonnement

Ces faits sont réprimés par l’article 497 du Code pénal révisé en 2020.

« Est puni d’un mois à cinq ans d’emprisonnement et de 1 à 2 millions de francs comoriens d’amende le fait, pour une personne, de produire, de mettre à la disposition d’autrui ou de diffuser des données de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système d’information », précise cette disposition.

Aux yeux de nombreux juristes, la décision de placer des journalistes sous contrôle judiciaire suscite également l’étonnement.

Dans une publication sur Facebook, l’avocat franco-comorien Maître Saïd Hassane Saïd Mohamed l’a expliqué :

« Le contrôle judiciaire ne peut être ordonné que s’il existe une nécessité avérée de mener une enquête. Sans réelle nécessité d’instruction, le contrôle judiciaire devient illégal, car il s’agit alors d’un détournement de procédure visant à restreindre la liberté d’une personne à laquelle on n’a peut-être pas grand-chose à reprocher », a expliqué cet avocat au barreau de Paris.

Depuis le mois de mai, Toufé Maecha livre aux lecteurs du quotidien La Gazette des Comores, grâce à ses investigations, des informations exclusives sur l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi.

Le dernier article publié le 8 juin révélait que l’ancien chef de l’État souffrait d’une ischémie cardiaque, une pathologie qui nécessiterait des examens complémentaires à l’étranger et, par conséquent, une évacuation sanitaire dont la mise en œuvre demeure incertaine.

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Mayotte la 1ère active le mode Coupe du monde

Mayotte la 1ère active le mode Coupe du monde

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. À cette occasion, Mayotte La Première diffusera une sélection de rencontres, dont huit matchs de la phase de groupes, cinq seizièmes de finale, un huitième de finale, trois quarts de finale, les deux demi-finales, le match pour la troisième place ainsi que la finale.

Le programme de diffusion de la phase de groupes débutera le dimanche 14 juin avec l’affiche Brésil – Maroc, l’occasion de revoir Neymar Jr. sur la scène mondiale. Deux jours plus tard, le mardi 16 juin, les Bleus de Didier Deschamps, finalistes de la dernière édition, feront leur entrée dans la compétition avec un choc prometteur face au Sénégal.

Le mercredi 17 juin, les téléspectateurs pourront suivre Portugal – RD Congo. La sélection portugaise s’appuiera notamment sur Vitinha, João Neves et Nuno Mendes, récemment sacrés champions d’Europe en club, ainsi que sur Cristiano Ronaldo, toujours en quête du seul trophée majeur manquant à son immense palmarès.

Le samedi 20 juin, la Mannschaft allemande donnera rendez-vous aux Éléphants de la Côte d’Ivoire. Deux jours plus tard, le 22 juin, la France affrontera l’Irak. Le mardi 23 juin, place à Angleterre – Ghana.

Le vendredi 26 juin, les regards seront tournés vers France – Norvège, avec un duel très attendu entre Kylian Mbappé et Erling Haaland. Enfin, le dimanche 28 juin, les téléspectateurs pourront suivre la rencontre entre la Colombie et le Portugal.

Mayotte La Première proposera également un débriefing après chaque rencontre, en direct sur Facebook. Une occasion pour les passionnés de football d’échanger, de réagir à l’actualité de la compétition et de partager leurs émotions, même à des milliers de kilomètres des stades.

Mayotte séduit les futurs médecins de l’océan Indien

Mayotte séduit les futurs médecins de l’océan Indien

Pour la première fois, Mayotte accueille le Forum des Jeunes Médecins de l’Océan Indien. Jusqu’au 12 juin, une quarantaine d’internes et de jeunes praticiens, majoritairement venus de La Réunion, découvrent les réalités de l’exercice médical sur le territoire à travers des visites de cabinets, de centres médicaux et de structures de soins.

L’objectif de cet événement est de faire connaître les spécificités du système de santé mahorais et d’encourager l’installation de futurs médecins sur l’île, confrontée à un déficit de praticiens. Cette immersion permet aux participants d’appréhender les besoins du territoire, les conditions d’exercice et les opportunités professionnelles offertes à Mayotte.

Le programme se poursuivra avec une journée d’échanges consacrée aux parcours d’installation et aux perspectives de carrière, avant une dernière visite de terrain à Petite-Terre le 12 juin.

Réunion publique sur le projet d’extension de la centrale de Longoni

Réunion publique sur le projet d’extension de la centrale de Longoni

Dans le cadre du projet d’extension de la centrale de production de Longoni, Électricité de Mayotte (EDM) organise une consultation publique du 8 juin au 9 septembre 2026 afin d’accompagner le renforcement de l’alimentation électrique du territoire et répondre à la hausse des besoins énergétiques.

Une réunion publique est prévue le vendredi 12 juin 2026 à 13h30 à l’IFPR (Institut de Formation Polyvalent Régional) à Longoni-Koungou. Elle permettra de présenter le projet, d’échanger avec les habitants et de recueillir leurs observations.

Cette rencontre, ouverte à tous, s’inscrit dans une démarche de concertation autour d’un projet jugé structurant pour l’avenir énergétique de Mayotte.

Deux diplômes universitaires ouverts à l’inscription et à la présentation

Deux diplômes universitaires ouverts à l’inscription et à la présentation

L’Université de Mayotte annonce l’ouverture des inscriptions pour la session 2026-2027 du Diplôme Universitaire « Valeurs de la République et Religions » (DU VRR), une formation de référence créée en 2015 et consacrée aux enjeux de laïcité, de religions et d’institutions républicaines. Elle s’adresse aux agents publics, personnels éducatifs, acteurs sociaux, responsables associatifs, étudiants et à toute personne intéressée.

En parallèle, une réunion d’information est organisée le samedi 13 juin 2026 de 9h à 10h à l’Université de Mayotte (salle 8) autour du Diplôme Universitaire « Société, Langues et Cultures de Mayotte ». Cette formation vise à mieux comprendre les réalités sociales, linguistiques, historiques et culturelles du territoire.

Ce second diplôme, accessible notamment aux enseignants, agents administratifs, étudiants et demandeurs d’emploi, propose un format majoritairement en ligne et flexible. La rencontre permettra de présenter son contenu pédagogique et d’échanger avec l’équipe de formation en présence de la responsable pédagogique.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes