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L’alimentation tire encore les prix vers le haut un an après Chido

L’alimentation tire encore les prix vers le haut un an après Chido
* image d'illustration générée par ia

En décembre 2025, les prix à la consommation étaient 1,4 % plus élevés qu’un an auparavant à Mayotte. Si l’inflation continue de ralentir, les produits alimentaires restent à l’origine de l’essentiel de la hausse. Le passage du cyclone Chido, en décembre 2024, a notamment laissé des traces durables sur les prix des produits frais, selon une étude publiée ce jeudi 3 septembre par l’Insee.

L’inflation ralentit, mais moins vite à Mayotte que dans l’Hexagone et les autres territoires intégrés à l’indice national. Entre décembre 2024 et décembre 2025, les prix des biens et services ont progressé de 1,4 % dans le département, contre 0,8 % en France. Une hausse bien éloignée du pic enregistré en 2022, lorsque les prix avaient bondi de 7,1 % en un an à Mayotte, mais qui reste supérieure à la moyenne nationale.

Dans cette inflation, un poste pèse particulièrement lourd : l’alimentation. Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 5,1 % en un an à Mayotte, trois fois plus qu’au niveau national, où la hausse atteint 1,7 %. Ils contribuent à eux seuls pour 1,2 point à l’inflation mahoraise.

L’impact est d’autant plus fort que l’alimentation occupe une place importante dans le portefeuille des habitants. Elle représente 24 % des dépenses des ménages à Mayotte, contre 15 % à l’échelle nationale. Autrement dit, les prix alimentaires augmentent davantage sur l’île tout en pesant davantage dans le budget quotidien.

L’alimentation tire encore les prix vers le haut un an après Chido

Les produits frais toujours marqués par Chido

La hausse est encore plus nette pour les fruits, légumes et poissons frais. Leurs prix ont progressé de 7,1 % entre décembre 2024 et décembre 2025, alors qu’ils ont diminué de 0,4 % au niveau national.

L’Insee y voit notamment les conséquences prolongées du cyclone Chido. Les cultures et la pêche locales ont été durement touchées, entraînant la disparition de certains produits des étals pendant plusieurs mois. Lorsque l’Institut a pu recommencer à mesurer complètement les prix alimentaires, en mai, ceux des produits frais se situaient encore nettement au-dessus de leur niveau de l’année précédente. Ils le sont restés jusqu’à la fin de 2025.

Les autres produits alimentaires n’ont pas été épargnés : leurs prix ont progressé de 4,7 %, contre 2 % au niveau national. Les pénuries du début d’année, notamment d’eau en bouteille, ont participé aux tensions sur les prix. Des arrêtés préfectoraux ont alors été pris pour encadrer le prix de l’eau et faciliter l’approvisionnement des commerces, notamment à travers l’élargissement des horaires du port de Longoni et l’assouplissement de certaines règles d’importation.

L’alimentation tire encore les prix vers le haut un an après Chido

Les services augmentent aussi, l’énergie amortit la hausse

Deuxième moteur de l’inflation, les services ont augmenté de 2,7 % en un an, contre 2,1 % au niveau national. Ils contribuent pour un point à la hausse générale des prix. Les services de santé affichent notamment une progression de 4,6 %, tandis que les transports augmentent de 1,5 %, portés par le transport aérien. Les communications font à l’inverse baisser la facture, avec des prix en recul de 3,5 %.

Les produits manufacturés retrouvent, eux, en décembre leur niveau d’avant Chido et sont globalement stables sur un an. Mais c’est surtout la baisse de l’énergie qui permet de contenir l’inflation. Ses prix reculent de 9,4 %, contribuant à faire baisser l’indice général de 0,9 point. L’électricité chute ainsi de 18,4 % sur un an et les produits pétroliers de 1,9 %.

Ces chiffres doivent toutefois être lus avec précaution méthodologique. Après Chido, l’Insee avait suspendu ses relevés de prix en janvier et février 2025, avant une reprise partielle en mars et avril. L’Institut ne peut donc pas calculer une évolution moyenne sur l’ensemble de l’année. Les chiffres publiés correspondent à un glissement annuel, c’est-à-dire à la comparaison entre décembre 2024 et décembre 2025. Ils ne retracent pas toutes les flambées ponctuelles de prix qui ont pu suivre immédiatement le cyclone.

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Poids lourds à Koungou : la justice suspend, le maire persiste

Poids lourds à Koungou : la justice suspend, le maire persiste

« Il faut savoir agir », défend la commune. « Une partie de cache-cache », réplique l’avocat de la FMBTP. Ce jeudi 3 septembre, le bras de fer autour de la circulation des poids lourds à Koungou se poursuivait devant le tribunal administratif. Pour la deuxième fois en trois jours, la justice a suspendu un arrêté du maire restreignant le passage des véhicules de plus de 19 tonnes sur la RN1. Une nouvelle défaite judiciaire qui porte, à ce stade, à 7 000 euros les sommes mises à la charge de la commune au titre des deux procédures.

La décision doit permettre aux poids lourds de circuler de nouveau sur l’axe à compter de ce vendredi 4 septembre. Mais jeudi soir, Mohamed Ahamadi dit “Raos” indiquait ne pas avoir encore été officiellement destinataire de l’ordonnance, tombée en fin d’après-midi alors qu’il n’était plus à la mairie. « Demain matin, les camions ne passeront pas. C’est tout », prévenait-il. « À 5h, le jugement ne sera pas notifié. Les policiers municipaux seront là pour arrêter les camions du Medef », ajoutait-il. Selon lui, la décision devra d’abord arriver en mairie et être enregistrée avant de lui être présentée.

Cette deuxième suspension alourdit également la facture. Après les 3 000 euros mis à la charge de Koungou lors du premier référé, la commune devra verser 4 000 euros supplémentaires à la FMBTP. Les deux décisions représentent donc 7 000 euros à ce stade, sous réserve d’un éventuel appel. Sur ce point, Raos assume : « La commune payera. Ce n’est pas moi qui suis fautif en tant qu’individu, c’est l’institution qui est attaquée. » Il défend son « rôle d’élu » consistant à protéger la population.

Et le bras de fer ne devrait pas s’arrêter là. Après avoir auparavant annoncé son intention de faire appel, le maire indiquait jeudi soir ne finalement pas vouloir contester cette deuxième ordonnance : « Si je fais appel de cette décision, je leur donne encore raison », explique-t-il. Il préfère repartir sur un nouveau texte et annonce déjà un nouvel arrêté pour lundi, cette fois concernant les carrières.

Le tribunal lui en laisse juridiquement la possibilité. Dans sa décision, il a refusé la demande de la FMBTP visant à interdire au maire de prendre tout nouvel arrêté réglementant la circulation des poids lourds. Le prochain devra toutefois tenir compte des motifs qui ont conduit à la suspension des deux précédents.

Un compromis impossible pour les entreprises

La mairie avait pourtant tenté de sécuriser son dispositif. Après les observations de la préfecture sur les portions de RN1 où le maire n’était pas compétent, elle avait resserré son interdiction à certains tronçons dans un deuxième arrêté signé le 27 août. Cette fois, seules les routes situées en agglomération à Majicavo-Lamir, Majicavo-Koropa, Koungou, Trévani et Kangani étaient concernées, du lundi au vendredi entre 5 heures et 14h30. Les secteurs hors agglomération, dont le port de Longoni, avaient été retirés du périmètre.

Pour la commune, cette nouvelle version devait permettre de concilier sécurité et activité économique. Les entreprises pouvaient reprendre leurs rotations après 14h30. « Il ne s’agit pas d’une mesure avec une interdiction absolue », a fait valoir à l’audience le directeur général des services de Koungou, Ahamada Haribou.

Pour la FMBTP, le dispositif se heurte à la réalité des chantiers. Une grande partie des approvisionnements se fait le matin et certains matériaux, comme le béton prêt à l’emploi ou les enrobés, ne peuvent attendre plusieurs heures avant leur utilisation. Leur acheminement nécessite en outre des véhicules adaptés de plus de 19 tonnes.

L’avocat de la fédération a pris l’exemple d’un chantier qui devait recevoir 25 m³ de béton le 1er septembre. Le matériau, en provenance de Koungou, n’ayant pas pu être livré dans la matinée, l’opération a dû être reportée. Pour ETPC et IBS, qui exploitent des carrières dans le secteur, environ 95 % des tonnages concernés seraient transportés par des véhicules dépassant le seuil fixé par la commune. Les remplacer rapidement serait impossible, a plaidé la fédération : un nouveau camion coûterait plus de 200 000 euros et nécessiterait jusqu’à un an de délai de livraison.

L’avocat doute également des bénéfices de la mesure, dont il juge les objectifs « assez virtuels ». Les entreprises, assure-t-il, compenseraient avec davantage de petits camions en journée et reporteraient les poids lourds la nuit : « La poussière, je pense qu’il y en aura plus », estime-t-il.

Quant à contourner Koungou, la fédération écarte cette possibilité. « C’est le seul itinéraire praticable. Il n’y a pas d’itinéraire de substitution », a martelé son avocat. Selon lui contourner par l’ouest via les départementales doublerait au minimum les trajets et ce trajet n’est pas adapté au croisement de gros véhicules. Un constat également retenu par le tribunal, qui souligne qu’aucun itinéraire alternatif réaliste ne permet de rejoindre l’est et le sud de l’île.

Koungou invoque la sécurité, le tribunal n’est pas convaincu

Pour la commune, la route n’a pas suivi l’essor de l’activité portuaire. « Moi, je pose le problème d’aménagement du territoire. La route n’est pas bonne, elle est nulle », affirme le maire. « Il y a des vies qui ont été perdues à cause de l’augmentation du trafic des camions dans la commune », a de son côté déclaré son DGS, Ahamada Haribou, à l’audience.

Dans son arrêté, la commune s’appuyait notamment sur deux accidents. Le premier remonte à novembre 2023 : un scootériste de 20 ans avait perdu la vie après une collision avec un poids lourd à Majicavo. Le second, survenu en avril dernier, impliquait deux poids lourds. Questionné par le président du tribunal, le DGS a reconnu que seul le premier avait fait une victime.

L’avocat de la FMBTP a rappelé que ce drame s’était produit de nuit et que le conducteur du scooter était alcoolisé. « On ne voit pas bien en quoi cet accident qui a eu lieu il y a trois ans justifie en extrême urgence l’adoption de cet arrêté extrêmement lourd », a-t-il lancé. Pour la mairie, il s’agit précisément de ne pas attendre un nouveau drame : « Nous signalons la situation justement pour ne pas qu’on ait à déplorer d’autres accidents », a répondu Ahamada Haribou.

Sur ce point, le tribunal a finalement jugé les éléments avancés trop faibles. Dans son ordonnance, il estime que les risques, nuisances et dégradations avancés par la commune reposent essentiellement sur des « considérations générales ». Ajoutée à l’absence d’itinéraire de substitution, cette insuffisance conduit le juge à considérer l’interdiction comme ni nécessaire, ni adaptée, ni proportionnée. Elle porte ainsi une atteinte « grave et manifestement illégale » à la liberté de circulation et à la liberté du commerce et de l’industrie.

« Une décision autoritaire, voire autoritariste »

La méthode a également pesé dans la décision. La mairie défendait l’idée d’un compromis : signaler une situation, tout en laissant aux entreprises un autre créneau pour travailler. Une présentation que l’avocat de la FMBTP a vivement contestée. « Il n’a rien proposé du tout, il y a eu zéro concertation », a-t-il lancé, dénonçant une « décision autoritaire, voire autoritariste ».

Il avait auparavant décrit « une partie de cache-cache qui se met en place entre le maire de Koungou et la Fédération mahoraise du BTP pour publier coûte que coûte cet arrêté ». Selon lui, les entreprises n’avaient eu le temps ni de réorganiser leur activité ni de saisir la justice avant l’application du texte. « Je faisais plein de vidéos. Je vous disais que j’allais faire cet arrêté prochainement, au mois de septembre », rétorque Mohamed Ahamadi Raos. Pour lui, « tout le monde était au courant, à commencer par le préfet ».

Reste que le tribunal ne s’intéresse pas à cette communication en ligne, mais à la publication officielle de l’arrêté. Or, le juge relève qu’il n’est pas établi que celle-ci soit intervenue avant son entrée en vigueur le 1er septembre. Ce défaut de publicité a, selon lui, porté atteinte au droit d’exercer un recours effectif. Les prochains arrêtés devront donc être publiés suffisamment en amont pour laisser aux intéressés la possibilité de saisir utilement le juge.

Les organisations patronales dénoncent une économie « à bout »

Cette nouvelle décision intervient alors que le Medef, Les Entrepreneurs, l’U2P et l’UMIH ont publié ce jeudi un communiqué commun particulièrement alarmiste. Les organisations assurent que le cumul de la situation au port de Longoni, de la réglementation de la circulation à Koungou et des travaux Caribus à Kawéni empêche les entreprises de fonctionner normalement et oblige salariés et chefs d’entreprise à passer plusieurs heures dans les embouteillages.

Elles réclament notamment que les travaux Caribus soient réalisés de nuit, que la circulation soit rétablie à Koungou et que le port de Longoni retrouve « immédiatement un fonctionnement normal ». Une réunion urgente avec l’ensemble des acteurs est également demandée. Le collectif rappelle que de nombreuses entreprises sont déjà fragilisées par les délais de paiement de la commande publique et prévient qu’une prolongation des blocages pourrait entraîner des « fermetures en cascade » et la perte de centaines d’emplois.

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Soulaïmana Moussa, au chevet de l’hygiène alimentaire

Soulaïmana Moussa, au chevet de l’hygiène alimentaire
A Hamjago, Soulaïmana Moussa conseille les professionnels et tente de faire changer les habitudes.

Après plusieurs années passées en métropole à se former dans l’industrie, Soulaïmana Moussa a choisi de rentrer à Mayotte. À Hamjago (M’tsamboro), il souhaite transformer son expérience en un combat quotidien : faire de la sécurité alimentaire et de l’hygiène une priorité sur l’île.

Lunettes carrées sur le nez, Soulaïmana Moussa accueille ses visiteurs dans sa boutique, à Hamjago. l’entrepreneur parle volontiers de son activité, mais sa véritable passion est ailleurs : conseiller les entreprises et les accompagner sur les questions de sécurité alimentaire. Une vocation née après plusieurs années de formation et de travail en métropole.

Son parcours commence au lycée agricole de Mayotte, après un CAP agricole. Puis vient le départ pour la métropole et un bac professionnel Production en industries pharmaceutiques, alimentaires et cosmétiques. Une orientation qu’il n’avait pas vraiment choisie. « Je n’avais pas forcément choisi. Ma sœur faisait ses études dans ce domaine, elle m’a orienté. Elle pensait que c’était le mieux pour moi. »

De Mayotte à la métropole, apprendre à ne pas abandonner

Le changement est brutal. « J’ai subi le décalage. La bio-industrie est très physique. » Soulaïmana Moussa connaît des difficultés, mais s’accroche et obtient son diplôme. À Nantes, un BTS Sciences et technologies des aliments à Angoulême. Une licence en équivalence complète sa formation.

Il travaille ensuite dans plusieurs entreprises de métropole, notamment dans l’industrie cosmétique et la production. Ces années lui permettent d’acquérir une expérience qu’il entend un jour mettre au service de son territoire. Car malgré les difficultés, il garde un objectif en tête : rentrer à Mayotte. « Peu importe l’année que ça me prendra, je reviendrai à Mayotte avec un bagage que je pourrai faire valoir », s’était-il promis.

Lorsqu’il revient, son regard sur l’île a changé. Dès ses premiers jours, un détail le frappe. « Le premier jour où je suis arrivé à Mayotte, j’ai mangé dans un endroit. Ce qui m’a interpellé, c’est l’hygiène. »

Il commence alors à s’interroger sur les pratiques dans les commerces et les restaurants. « Je me suis dit que ce milieu-là n’était pas pris en considération. Il faut que je mène un combat là-dessus : développer l’hygiène dans les locaux et la restauration. »

Faire de l’hygiène un combat personnel

Depuis 2024, Soulaïmana Moussa développe son activité autour de la formation, du conseil et de l’accompagnement des professionnels. Lavage des mains, nettoyage des locaux, respect de la chaîne du froid, prévention des contaminations : il cherche à transmettre des règles parfois simples, mais essentielles.

Pour lui, sensibiliser n’est pas une simple affaire de normes. Derrière une mauvaise conservation ou une rupture de la chaîne du froid, il peut y avoir des conséquences graves. Il cite notamment les contaminations à la bactérie Escherichia coli, qui peuvent provoquer de sévères intoxications et, dans certains cas, des complications rénales ou neurologiques. « Les gens ne se rendent pas compte des conséquences que cela peut avoir. Une mauvaise pratique peut entraîner une maladie, un handicap, voire mettre une vie en danger. »

« Beaucoup de mes clients sont surpris pendant les formations. Il y a des choses qu’ils ignorent. Quand je leur donne des exemples sur les maladies, c’est là qu’ils en prennent conscience », raconte-t-il. Son objectif est de faire comprendre que la sécurité alimentaire commence par des gestes simples, mais essentiels. « Il faut que les gens aient conscience qu’il y a des maladies dangereuses. Il faut qu’on mette ça dans les têtes. » conclut-il.

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Chiconi : la terre et le savoir-faire traditionnel prennent le chemin de l’innovation

Chiconi : la terre et le savoir-faire traditionnel prennent le chemin de l’innovation

Un équipement inédit sera inauguré demain, samedi, à 16 heures, dans la ville de Chiconi. Il s’agit d’un « abribus-stop » particulièrement original, réalisé par l’association Art-Terre pour le compte de la municipalité, avec la participation d’un senior, Babali, et de plusieurs jeunes de la commune.

L’originalité de cet équipement réside dans le mariage entre des matériaux de construction traditionnels et des éléments modernes, afin de lui garantir davantage de solidité tout en conservant sa mobilité. Le résultat est pour le moins étonnant, mais surtout prometteur : une construction à la fois esthétique, fonctionnelle, durable et peu coûteuse.

Cette expérience, conduite par Art-Terre, association qui œuvre notamment à la préservation des techniques traditionnelles de construction à Mayotte et au développement de la brique de terre stabilisée, a débouché sur la création d’un objet répondant au cahier des charges de la mairie de Chiconi : un abribus pouvant également servir de lieu d’attente pour les autostoppeurs.

Le principe retenu est celui de la construction en torchis, avec une toiture en tôle. Dans les faits, la structure repose sur une belle charpente dont les espaces ont été remplis de boue rouge et de paille, puis recouverts d’un enduit. L’ensemble sèche naturellement à l’air libre, selon une technique qui rappelle fortement celle utilisée autrefois pour construire les cases traditionnelles mahoraises.

Au-delà de son aspect original, le projet présente un autre avantage majeur : son coût de réalisation particulièrement faible. L’équipement peut en effet être déplacé et installé à différents endroits, à condition de disposer d’une dalle de béton pour l’accueillir. Une solution qui permet d’imaginer, à terme, d’autres utilisations ou d’autres implantations de ce type de construction.

Mais l’intérêt du projet ne se limite pas à l’ouvrage lui-même. Il réside également dans sa dimension intergénérationnelle. Un ancien détenteur de ce savoir-faire, Babali, a ainsi pu transmettre ses connaissances à des enfants, qui constituaient la cible première de l’opération, mais également à des personnes de la génération intermédiaire. Une manière concrète de faire vivre un patrimoine immatériel en permettant aux jeunes générations de découvrir des techniques de construction qui risquent progressivement de disparaître.

La réalisation de cet équipement d’un genre nouveau n’aura coûté que 6 800 euros, dont seulement 2 500 euros de matériaux et autres dépenses, hors coût de la main-d’œuvre, selon les éléments communiqués dans le cadre du projet. Un bilan qui démontre qu’innovation et construction traditionnelle peuvent aussi rimer avec maîtrise des coûts.

Cette opération a été conduite par Vincent Laloge, architecte chez Art-Terre, avec la complicité de Faya, qui chapeaute les services techniques de la ville de Chiconi. Elle répondait à un appel à projets de la Direction des affaires culturelles (DAC) de la préfecture de Mayotte, dans le cadre du dispositif « C’est mon patrimoine ! ».

La DAC a contribué au financement du projet à hauteur de 4 700 euros.

Avec cet abribus, Chiconi ne se contente donc pas d’inaugurer un nouvel équipement public. La commune met en lumière une autre façon de construire, en faisant dialoguer mémoire, transmission, jeunesse et innovation. Une petite construction par sa taille, mais un projet qui pourrait bien ouvrir la voie à de nouvelles expériences autour des matériaux locaux et des savoir-faire traditionnels de Mayotte.

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Mamoudzou à l’heure de la vidéoprotection hi-tech

Mamoudzou à l’heure de la vidéoprotection hi-tec
Le maire de Mamoudzou annonce la remise en état et l’extension du réseau de vidéoprotection de sa ville. Les travaux vont durer une année et devraient être réceptionnés en aout 2027.

Un programme de 170 caméras de vidéoprotection pour renforcer la prévention, améliorer la réactivité de la police municipale en coordination avec les services de sécurité de l’Etat. Un chantier qui va durer un an dans la ville de Mamoudzou pour un coût de 4,7 millions d’euros auquel viendra s’ajouter 1 083 431, 20 euros représentant 80 % d’une enveloppe de 1,35 millions d’euros que l’Etat va apporter au titre d’une première opération.

Dans sa conférence de presse de lundi matin, le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, a abordé devant la presse, la question de la sécurité dans la ville chef-lieu de Mayotte. Outre l’évocation des deuxièmes assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte que la commune va organiser du 21 au 24 septembre courant, en partenariat avec l’Etat, le Département-Région, l’Association des Maires de Mayotte et la Communauté d’Agglomération des Communes de Dembéni-Mamoudzou (CADEMA), il a insisté sur la mise en place prochaine d’un ambitieux programme de vidéoprotection destiné à assurer une meilleure protection aux habitants. Non seulement la ville entend remettre en état rapidement les caméras de rue détruites par le cyclone Chido, mais elle compte poursuivre la modernisation et l’extension de son dispositif de vidéoprotection.

Pour Ambdilwahedou Soumaïla, ce programme a pour objectif de « renforcer la prévention, d’améliorer la réactivité de la police municipale et de faciliter la coordination avec les services de sécurité de l’Etat ». Il est ici question de reconstruire et d’équiper le centre de supervision urbain, de sécurisation des liaisons en fibre optique, ainsi que du déploiement de nouvelles caméras sur les secteurs définis comme prioritaires. Au total, cet effort portera sur un parc de 88 caméras répertoriées précédemment par la municipalité avant le cyclone Chido, 80 nouvelles caméras programmées (dont 40 orientables à fort zoom et 40 panoramiques à 360 degrés.

« Leur déploiement s’effectuera entre 2026 et 2027 avec une finalisation prévue en août prochain », a assuré le maire de Mamoudzou. Il a également expliqué que « la ville se donne ainsi les moyens de disposer d’un réseau moderne, résilient et évolutif au service de la sécurité des habitants et des espaces publics ».  Pour financer ce programme, une enveloppe financière de 377 831 euros sera consacrée aux équipements du nouveau centre de supervision urbain tandis que 4,7 millions d’euros vont être mobilisés pour la vidéoprotection et les réseaux à travers les marchés de fibre optique.

Un soutien de l’Etat viendra compléter le montage financier à hauteur de 1 083 431, 20 euros, constituant ainsi 80 % d’une première opération de 1,35 millions d’euros. Le maire de Mamoudzou a indiqué qu’il sera très prochainement possible à sa police municipale de relever certaines infractions commises sur la voie publique et de les verbaliser à partir de ces nouveaux équipements de vidéosurveillance sans avoir à se rendre sur le terrain.

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Tout ça pour ça ! Une visioconférence aurait suffi…

Tout ça pour ça ! Une visioconférence aurait suffi…

Sept membres du Gouvernement à Mayotte, une première dans notre histoire, et au bout du compte une défiance plus grande encore…

Le Premier ministre Sébastien Lecornu et six de ses ministres à Mayotte les 26 et 27 août 2026 : jamais notre île n’avait connu pareil déploiement ministériel. Une visite hors norme, présentée à grand renfort de communication, avec son lot d’annonces à la chaîne. Une première dans notre histoire politique. Restait à savoir pour quoi. J’aurais aimé y voir un tournant. Je n’y ai vu qu’un gaspillage d’argent public. Pour ce que cette délégation est venue faire, une visioconférence aurait suffi.

Je suis profondément déçue par ce qui restera d’abord comme une opération de communication. Par elle, le Premier ministre a cherché à atténuer la colère née de son inaction et à donner l’image d’une reprise en main, là où règnent le sentiment d’abandon et le désespoir. Les Mahorais ne sont pas dupes : tout cela n’est que de la poudre aux yeux.

Sur le fond, il a écarté le débat et refusé d’entendre la voix des élus. Ce qui s’est produit à l’hôtel du département, dans l’hémicycle qui porte le nom de mon père Younoussa Bamana, premier président du conseil général de Mayotte, restera comme un scandale qui laissera des traces.

Ce rendez-vous manqué nous laisse un goût amer. Du peu qui a été mis sur la table, rien ne répond à nos priorités. Monsieur Lecornu est en complet décalage avec la réalité. Mayotte n’a que faire d’une visite de ministres à qui l’on prend soin de cacher la misère partout où ils passent. Après des années d’annonces sans lendemain, les Mahorais veulent enfin des résultats.

Sur l’eau d’abord. La ministre Monique Barbut nous propose 90 cuves dans les écoles et des capacités de stockage pour 13 000 personnes vulnérables. Face à plus de 320 000 habitants privés d’une eau potable au robinet, cette réponse n’est pas à la hauteur de la crise. À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle : je réclame le déclenchement d’un Plan ORSEC Eau potable, pour sortir tous les Mahorais de la misère hydrique maintenant, pas dans trois ans. Et je demande la suspension de la facturation d’une eau que l’on paie au prix fort alors qu’elle manque au robinet.

Sur la sécurité et l’immigration clandestine ensuite. J’exige le démantèlement immédiat du camp de Tsoundzou. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, nous a resservi la coopération internationale habituelle, sans la moindre échéance. Aucune décision d’affecter un patrouilleur de la Marine nationale, ni une frégate de surveillance en haute mer pour barrer la route aux arrivées clandestines. C’est pourtant là qu’est le changement de doctrine que nous appelons de nos vœux : empêcher les départs en mer plutôt que courir après des reconduites qui reviennent le lendemain. Les radars et les drones, annoncés depuis 2016, n’ont de sens que dans cette stratégie. Surveiller nos eaux, c’est adresser un signal de souveraineté clair aux Comores, à Madagascar et à l’Afrique des Grands Lacs : Mayotte est française, et elle doit le rester.

Sur la santé, notre unique hôpital, le CHM, s’effondre sous le poids de l’immigration illégale, pour laquelle il n’a jamais été dimensionné, et sous la recrudescence des maladies infectieuses : paludisme, Mpox, hépatite A, fièvre typhoïde… Tout cela quand l’épidémie d’Ebola progresse à 500 kilomètres de nos côtes. La ministre Stéphanie Rist n’a pas répondu à l’urgence, à commencer par sommer l’ARS de se mettre enfin au travail. Pire : elle envisage d’amputer l’extension du CHM sur le site de la justice en supprimant les logements de soignants qui y étaient prévus. Je le lui ai dit en face : nous contestons cette décision.

Sur l’école, beaucoup de mots du ministre Édouard Geffray, et un système qui continue de s’écrouler, là encore sous le poids de l’immigration illégale. Dans le premier degré, on scolarise toujours par rotation, faute de salles de classe : une spécificité de la République. Pas de restauration scolaire digne d’une école de la République. Et plus de 10 000 enfants non scolarisés à cette rentrée, ceux que l’on abandonne aujourd’hui et que l’on retrouvera dans la délinquance de demain.

Au-delà de ces quatre urgences, la délégation est restée muette sur les dossiers que je lui avais pourtant transmis avant son arrivée et sur lesquels j’alerte depuis des mois. La régularisation foncière, préalable à toute reconstruction, qui attend encore son guichet unique et le renforcement des moyens de la Commission de l’urgence foncière.

La prévention des risques naturels, presque deux ans après le cyclone Chido. Les déchets, quand les débris du cyclone pourrissent toujours sur le terre-plein de Mtsapéré, à Mamoudzou, notre capitale, et que l’usine de valorisation que je réclame n’existe toujours pas.

L’agriculture, enfin : nos agriculteurs travaillent à perte, pillés par une production volée puis revendue à la sauvette, et leur cri d’alarme n’a trouvé aucun écho auprès des ministres.

Voilà la vérité. On nous a annoncé quatre milliards d’euros pour reconstruire Mayotte, et dix-huit mois après Chido, à peine une fraction de l’aveu du Gouvernement lui-même, a été réellement décaissée (54 M€ sur 674 M€ inscrits au budget de 2026). Il aura fallu déplacer le Premier ministre et six de ses ministres pour venir constater, sur place, ce qui n’avance pas. Notre île est minuscule, une poussière à l’échelle du pays. Si l’État n’arrive pas à gouverner 375 km², quelle leçon en tirer pour le reste de la République ?

Cette visite aura eu au moins une vertu : elle a achevé de convaincre les Mahorais. Quand l’État se déplace en nombre pour ne rien décider, il donne raison à celles et ceux qui réclament une autre politique. Mayotte est un département français, les Mahorais sont des citoyens français, et il est plus que temps que les principes de notre République, liberté, égalité, fraternité, s’appliquent ici pleinement, dans les faits et non plus seulement sur le papier. Les Mahorais ne réclament aucun privilège : ils demandent l’égalité, et des actes. Faute de les obtenir, ils en tireront les conséquences dans les urnes en 2027. 

Rahachiri… Sibabu Ya Maoré !

Nous sommes vigilants…pour Mayotte !

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Le Salon de la randonnée et du Trail revient pour une 2ème édition

Le Salon de la randonnée et du Trail revient pour une 2ème édition

Après une première édition couronnée de succès, le Salon de la randonnée et du Trail de Mayotte revient du 4 au 6 septembre au Pôle d’Excellence Rurale.

Pendant trois jours, l’événement mettra à l’honneur les sports de nature et entend promouvoir leurs bénéfices en matière de santé, de cohésion sociale et de développement du territoire. Cette deuxième édition sera également l’occasion de faire le point sur les enjeux et les perspectives de la filière à Mayotte. Professionnels, associations, institutions et passionnés de randonnée sont invités à participer à des conférences et tables rondes consacrées au développement des activités de pleine nature.

Le public pourra également profiter d’un programme plus sportif et immersif, avec des sorties en pleine nature, des découvertes en famille, des aventures et des défis sportifs. Une nouvelle édition qui entend faire de la randonnée et du trail des leviers pour découvrir autrement les paysages de Mayotte et renforcer la dynamique autour des sports de nature.

Sécurité et citoyenneté à Mayotte : les inscriptions aux ateliers des 2èmes Assises sont ouvertes

Sécurité et citoyenneté à Mayotte : les inscriptions aux ateliers des 2èmes Assises sont ouvertes

Les 2ᵉ Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte se préparent à accueillir les habitants du territoire autour de quatre ateliers thématiques. Les inscriptions sont désormais ouvertes et gratuites, avec une participation accessible à tous.

Habitants, associations, entreprises, salariés, parents, professionnels ou encore représentants des institutions sont invités à prendre part aux échanges. L’objectif : confronter les expériences, faire émerger des propositions et réfléchir collectivement aux réponses à apporter aux principaux enjeux du territoire.

Ces quatre ateliers doivent ainsi servir de lieux de débat et de réflexion, afin de faire émerger des idées et surtout des solutions concrètes en matière de sécurité et de citoyenneté à Mayotte. Les inscriptions se font en ligne via un lien dédié : urls.fr/r6U9KT

Les ateliers se dérouleront jusqu’au 24 septembre.

Les Témoins de Jéhovah lancent une campagne autour des conseils bibliques

Les Témoins de Jéhovah lancent une campagne autour des conseils bibliques
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Les Témoins de Jéhovah organisent, tout au long du mois de septembre, une campagne destinée à mettre en avant le caractère pratique des conseils tirés de la Bible. À cette occasion, des cours bibliques gratuits seront proposés au public et des brochures, dont « Vivez pour toujours », seront distribuées. Cette publication présente les trois premières leçons d’un cours biblique interactif.

Alexandre RAMBOU assurera le rôle de porte-parole des Témoins de Jéhovah. La campagne se terminera à la fin du mois par un discours spécial intitulé « Comment la Bible peut-elle vous aider ? », qui sera présenté dans les différents lieux de culte de l’organisation.

6 500 litres de végétaux retirés pour restaurer la mangrove de Dzoumogné

6 500 litres de végétaux retirés pour restaurer la mangrove de Dzoumogné

La mangrove de Dzoumogné a fait l’objet d’une nouvelle opération de restauration écologique, samedi 29 août, à l’initiative de la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE-CPIE Maoré) et avec le soutien de la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM). Quarante personnes ont participé à cette matinée d’arrachage, destinée à retirer les végétaux indésirables et invasifs présents sur la zone. Ces opérations permettent de favoriser le retour de la végétation adaptée au milieu et de contribuer progressivement à la restauration de la mangrove. Malgré la boue et les conditions parfois difficiles, les participants ont permis de retirer plus de 6.500 litres de végétaux de la mangrove, se réjouit la FMAE. Le camion-benne a été rempli à deux reprises. “De la boue, quelques chutes, des rires… mais surtout une matinée d’échanges et de prise de conscience autour des enjeux environnementaux qui touchent cette zone”, rapporte la FMAE-CPIE Maoré. Des salariés de CMA CGM, notamment de CEVA Logistics et de CMA Terminals, ont pris part à l’opération aux côtés des associations ADEAR, Oukattouwa de Dzoumogné et ADSEK de Koungou, ainsi que des équipes de la CAGNM. Le transport et l’évacuation des végétaux ont été assurés avec l’appui du SIDEVAM 976. Cette opération doit se poursuivre dans les prochaines semaines avec de nouvelles plantations destinées à accompagner progressivement la restauration du milieu.  Pour la FMAE-CPIE Maoré, cette mobilisation illustre “l’importance de réunir entreprises, associations, collectivités et citoyens autour de la préservation de nos espaces naturels”.

Le cinéma de Chirongui dévoile sa programmation de rentrée

Le cinéma de Chirongui dévoile sa programmation de rentrée

Le Pôle culturel de Chirongui reprend ses séances de cinéma cette semaine avec plusieurs nouveautés à l’affiche. Du mercredi 2 au dimanche 6 septembre, le public pourra notamment découvrir Fjord, Insidious : L’Invasion du Lointain, Kayara, princesse Inca et La Fin d’Oak Street. Les amateurs de cinéma pourront également retrouver Spider-Man : Brand New Day et L’Odyssée. Plusieurs séances sont proposées au cours de la semaine, dont certaines en version originale sous-titrée pour Fjord.  Les projections feront ensuite une pause pour laisser place à la préparation de l’ouverture de saison du Pôle culturel, organisée samedi 12 septembre avec plusieurs animations gratuites. Les séances de cinéma reprendront à partir du 16 septembre. Les places peuvent être achetées directement au Pôle culturel de Chirongui ou sur sa billetterie en ligne.

Le cinéma de Chirongui dévoile sa programmation de rentrée

Le cinéma de Chirongui dévoile sa programmation de rentrée

L’Université de Mayotte ouvre les candidatures pour son DU sur la laïcité et les religions

L’Université de Mayotte ouvre les candidatures pour son DU sur la laïcité et les religions
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L’Université de Mayotte ouvre les candidatures pour l’année 2026-2027 de son diplôme universitaire « Valeurs de la République et Religions ». Créée en 2015, cette formation fait partie des 31 diplômes de formation civile et civique reconnus par l’État. Elle vise notamment à mieux comprendre les relations entre religions, société et institutions républicaines, avec une attention particulière portée aux réalités mahoraises.

Ouvert à tous, sans condition de diplôme et dans la limite des places disponibles, le cursus aborde la laïcité, les institutions de la République, l’histoire et la sociologie des religions, les libertés fondamentales, le droit appliqué au fait religieux, mais aussi les dérives sectaires et les phénomènes de radicalisation.

La formation comprend 152 heures d’enseignement, principalement organisées le samedi matin à Dembéni, avec la possibilité de suivre une partie des cours à distance. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 septembre 2026, dans la limite de 30 places. Un CV et une lettre de motivation sont demandés. La formation est gratuite pour les étudiants et les personnels de l’Université de Mayotte et peut faire l’objet d’une prise en charge institutionnelle pour les professionnels.

Le tribunal retrouve des effectifs mais reste sous pression

Le tribunal retrouve des effectifs mais reste sous pression
La présidente du tribunal judiciaire, Sophie de Borggraef, entourée des magistrats du siège, dont les sept nouveaux arrivants : Camel Bouaouiche, Mickaël Touche, Eric Duval, Paul Lepinay, Cheryl Kwanya-Nzogho, Emma Pastierik et Camille Aime.

Neuf nouveaux magistrats ont officiellement été installés, ce mercredi 2 septembre, lors d’une audience solennelle au tribunal judiciaire de Mamoudzou. Avec ces arrivées, les effectifs de magistrats sont désormais au complet, après dix-huit mois particulièrement tendus. Cette cérémonie a aussi été l’occasion pour le procureur de la République de lancer une alerte appuyée sur les violences sexuelles faites aux mineurs et les défaillances persistantes de la protection de l’enfance à Mayotte.

Sept magistrats du siège et deux substituts du procureur ont officiellement rejoint le tribunal judiciaire de Mamoudzou. Parmi eux, deux juges d’application des peines, un juge des libertés et de la détention ou encore un juge des contentieux de la protection.

Ces arrivées offrent un peu d’air à une juridiction qui fonctionnait depuis dix-huit mois avec seulement 16 juges au siège. Ils sont maintenant 19. « Nous pourrons mieux travailler », s’est félicitée Sophie de Borggraef, présidente du tribunal judiciaire de Mamoudzou, tout en rappelant que cette amélioration restait fragile.

Au complet, mais pour combien de temps ?

Trois des nouveaux arrivants sont en effet affectés sous le statut de « brigade », pour une durée de six mois. « Ils ne sont pas là en renfort, ils pourvoient des postes vacants », a rappelé la présidente du tribunal. Or des incertitudes pèsent déjà sur leur remplacement à compter de mars 2027. La situation pourrait se tendre encore davantage dès janvier, avec la mutation probable de plusieurs magistrats, là encore sans garantie qu’ils soient immédiatement remplacés.

Sophie de Borggraef a ainsi une nouvelle fois pointé le très fort « turn-over » des magistrats à Mayotte, qui complique durablement le fonctionnement de la juridiction. Car connaître le territoire compte aussi dans la manière de juger. « On juge bien, on juge mieux lorsque l’on connaît le territoire dans lequel on s’insère », a-t-elle insisté, évoquant la nécessité de comprendre sa population, sa culture, son histoire ou encore sa géographie. Une connaissance rendue difficile par des passages parfois très courts dans l’île.

Les difficultés de la vie quotidienne continuent, selon elle, de décourager certains magistrats : transports et circulation, problèmes d’eau, coût du logement, insécurité, accès aux soins, difficultés scolaires et périscolaires ou encore offre limitée de loisirs. « Ce turn-over très important et unique entre toutes les juridictions rend constamment nécessaire la réorganisation de ce tribunal », a-t-elle regretté.

Et si les effectifs de magistrats ont progressé, ceux du greffe n’ont pas suivi. La présidente souligne que sept postes de cadres greffiers sur dix ne sont pas pourvus et que cinq greffiers sur 21 sont absents. Une situation qui entraîne des difficultés dans plusieurs services, alors même que le tribunal poursuit sa transformation numérique qui nécessite des compétences techniques. Elle appelle donc le ministère de la Justice à maintenir ses efforts sur les magistrats en 2027, mais également à les étendre aux fonctionnaires de greffe.

« Plus de 452 procédures » de violences sexuelles sur mineurs

L’autre sujet majeur de cette audience a été la protection de l’enfance. Le procureur de la République, Guillaume Dupont, a longuement évoqué le drame de Lyhanna, cette enfant de 11 ans retrouvée morte au printemps dernier, qui a remis au premier plan la question du traitement des violences sexuelles commises sur les mineurs. Une affaire qui avait conduit le garde des Sceaux à demander aux parquets de passer en revue les procédures en cours afin de mieux repérer d’éventuels rapprochements entre plaintes, signalements et mis en cause.

À Mayotte, « le recensement engagé auprès des services de police et de gendarmerie a permis d’identifier plus de 452 procédures relatives aux violences sexuelles sur des mineurs », a indiqué Guillaume Dupont. « Ce chiffre ne constitue pas qu’une donnée statistique. Derrière chacune de ces procédures se trouve un enfant, une parole parfois difficilement exprimée, une famille et l’attente d’une réponse judiciaire. » Ces dossiers, parfois anciens de plusieurs années, avaient été passés en revue en seize jours par les sept magistrats du parquet de Mamoudzou. Plus de 69.000 procédures avaient alors été examinées à l’échelle du pays.

Le parquet veut désormais éviter qu’une procédure ne reste sans suivi. Les affaires les plus anciennes doivent être réexaminées, celles concernant un même mis en cause rapprochées et les antécédents comme les précédents signalements systématiquement vérifiés. Depuis mardi 1er septembre, un bureau d’ordre dématérialisé a également été mis en place avec la gendarmerie pour centraliser et faciliter le suivi des dossiers.

« Une institution responsable ne formule pas de promesses qu’elle ne peut tenir, nous pouvons en revanche prendre un engagement clair, celui de ne banaliser aucun signal, de ne perdre aucune information et de ne laisser aucune procédure sans regard judiciaire. Nous ne pouvons pas garantir qu’aucun drame ne surviendra, mais nous devons garantir qu’aucun signal ne sera ignoré. »

Le procureur insiste aussi sur la nécessité d’accélérer le traitement des dossiers lorsqu’un enfant peut encore être en danger. « Le temps judiciaire est nécessaire à la manifestation de la vérité, mais il ne doit jamais devenir un temps d’abandon », a-t-il prévenu. L’évaluation du danger et les mesures de protection, estime-t-il, ne peuvent attendre la fin de toutes les investigations.

Le procureur a ainsi élargi son propos au-delà du seul traitement judiciaire. « Je souhaite que la protection de l’enfance devienne effectivement une priorité pour les institutions qui en ont la charge à Mayotte », a-t-il déclaré. Une responsabilité qui relève notamment de l’Assemblée de Mayotte au titre de l’Aide sociale à l’enfance. Guillaume Dupont a pointé des « dysfonctionnements persistants », en particulier dans l’exécution de certaines mesures de placement, malgré les alertes répétées du parquet et des magistrats du siège.

« Cette situation ne peut plus durer. Nous ne devons pas attendre qu’un nouveau drame survienne pour prendre collectivement la mesure de l’urgence », a-t-il prévenu. « L’alerte est aujourd’hui publiquement et solennellement donnée. »

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À Mamoudzou, la distribution des collations scolaires reportée sur fond d’impayés

À Mamoudzou, la distribution des collations scolaires reportée sur fond d’impayés
Les parents d’élèves inquiets découvrent l’annonce de la Caisse des écoles de Mamoudzou de reporter les distributions des collations scolaires.

À Mamoudzou, la distribution des collations scolaires est reportée jusqu’à nouvel ordre. La Caisse des écoles évoque des raisons indépendantes de sa volonté, tandis qu’un prestataire fait état de plusieurs mois d’impayés qui auraient conduit à l’arrêt des livraisons. Une situation qui suscite l’inquiétude des parents et des enfants.

Une semaine après la rentrée scolaire, alors que certains établissements ne sont toujours pas ouverts ou rencontrent encore des difficultés de reconstruction et d’accueil des élèves, notamment à Vahibé, Kawéni et Acoua, c’est au tour des collations scolaires d’être perturbées. À Mamoudzou, leur distribution est reportée jusqu’à nouvel ordre.

Dans un courrier adressé ce mercredi 2 septembre aux écoles de la commune, la Caisse des écoles de Mamoudzou indique que “pour des raisons indépendantes de sa volonté, et afin de garantir un service dans des conditions satisfaisantes, la distribution des collations scolaires est reportée à une date ultérieure”.

“Cette date de reprise du service sera communiquée prochainement, ainsi que les modalités de compensation des jours durant lesquels le service n’aura pas pu être assuré”, ajoute le communiqué, sans apporter davantage de précisions sur les raisons de ce report.

Plusieurs mois de factures impayées

Selon un prestataire chargé de la livraison des collations scolaires, qui a souhaité conserver l’anonymat, cette interruption s’expliquerait par plusieurs mois de factures impayées de la part des collectivités, notamment de la Caisse des écoles de Mamoudzou, remontant à la rentrée scolaire de janvier 2026. Des impayés qui auraient conduit les entreprises concernées à suspendre leurs livraisons.

Pour ce prestataire, les conséquences sont lourdes. Il estime le manque à gagner à plusieurs dizaines de milliers d’euros et affirme être contraint de procéder à des licenciements économiques. Les salariés concernés sont employés à l’année, les entreprises assurant également la livraison des collations dans le cadre des activités périscolaires.

“C’est difficile depuis le cyclone Chido mais maintenant nous sommes dans le flou complet”, regrette-t-il, expliquant n’avoir reçu aucune indication sur une éventuelle reprise des paiements.

Pour l’heure, seuls les établissements de Mamoudzou sont concernés par cette interruption. Les entreprises chargées de la livraison des collations intervenant sur l’ensemble du territoire, elles n’excluent toutefois pas que d’autres communes puissent être affectées si la situation perdure.

Des fonds dédiés de la Caf non versés aux prestataires ?

Le 20 juin dernier déjà, le maire de Koungou Saïd Ahamadi Raos avait annoncé la suppression du financement des collations scolaires distribuées par la Caisse des écoles dans les écoles maternelles et élémentaires.

La municipalité justifiait cette décision par la nécessité de restructurer la Caisse des écoles. Le maire évoquait de “l’argent volé” sans donner plus d’information à ce sujet, et souhaitait pouvoir proposer des “goûters de meilleure qualité et non plus des produits souvent périmés”.

Il avait également indiqué que la Caisse d’allocations familiales (Caf) et la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM), qui financent habituellement ces collations via les collectivités, devaient désormais verser directement les allocations aux familles concernées.

Des déclarations qui prennent aujourd’hui une résonance particulière et qui viennent étayer la théorie selon laquelle l’argent est bien alloué aux collectivités par la Caf, mais qu’il est ensuite intégré à leur budget général sans être spécifiquement destiné au paiement des entreprises chargées de la livraison des collations.

Une hypothèse avancée par le prestataire interrogé ce mercredi, mais également évoquée par des chefs d’établissement du côté de Koungou, qui regrettent de voir le fonds social de la commune ne pas être mobilisé pour les collations. Le prestataire ajoute que cette situation influe également sur la qualité des repas distribués.

Contactée à plusieurs reprises par la rédaction de Flash Infos, la Caisse des écoles de Mamoudzou n’a pas répondu aux demandes de précisions.

Des parents d’élèves plongés dans la confusion

À 12 h 14, à l’école maternelle Jardin Fleuri de Cavani, les parents d’élèves découvrent, surpris, inquiets et surtout dans l’incompréhension, le communiqué de la Caisse des écoles de Mamoudzou annonçant le report de la distribution des collations. Le document, imprimé, est affiché sur le portail de l’établissement ainsi que dans la cour de récréation.

Au-delà de déplorer l’arrêt de la distribution de la collation, essentielle pour de nombreux enfants, tant pour leur équilibre alimentaire que pour leurs conditions d’apprentissage, se pose la question du devenir des cotisations déjà versées. À Mamoudzou, la campagne de paiement des collations scolaires pour l’année 2026-2027 est ouverte depuis la fin du mois de juin et se poursuivra jusqu’au 31 décembre.

Le montant de la participation est fixé à 65,60 euros par enfant. Un coût non négligeable pour les familles nombreuses, mais toujours plus avantageux que de s’approvisionner dans les grandes surfaces.

Les parents qui ont déjà réglé leur cotisation s’interrogent désormais sur un éventuel remboursement. Ceux qui prévoyaient encore de la payer préfèrent attendre d’en savoir plus.

Devant le portail de l’école, une jeune femme venue déposer son petit frère explique qu’elle comptait justement s’acquitter de la cotisation. “Je voulais payer cette année, mais là je ne sais pas ce que je vais faire. En attendant, je vais être obligée d’aller dans les boutiques pour acheter les goûters”.

“C’est inquiétant, en plus j’ai déjà payé la cotisation”, note une mère, ses deux enfants assis à l’ombre avant d’entrée en classe, “je ne sais pas comment on va s’organiser, et lorsque les enfants n’ont pas leur goûté c’est compliqué, ils me demandent pourquoi”.

Une autre parent assure qu’elle n’aura d’autre choix que de s’adapter. “J’ai déjà payé, mais maintenant je vais faire avec. Je préparerai des pâtes, des frites et je donnerai du jus à ma fille à la maison”. 

Plus largement, plusieurs parents redoutent les conséquences de cette suspension sur leur organisation quotidienne. “Le matin, je fais à manger pour que mes enfants aillent en cours le ventre plein et qu’ils tiennent jusqu’à la collation de l’après-midi. Mais maintenant, qu’est-ce qu’on va faire ? Il y a des parents qui travaillent et qui ne peuvent pas gérer cela seuls”, déplore un papa.

L’établissement indique lui-même ne pas connaître les raisons de l’arrêt des livraisons, et à ce stade, aucune information supplémentaire n’a été communiquée aux familles.

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Hausse de la taxe d’habitation à Mamoudzou : la pilule est dure à avaler pour ses administrés

Hausse de la taxe d’habitation à Mamoudzou : la pilule est dure à avaler pour ses administrés
Conscient de l’impopularité certaine de l’importante hausse de la taxe foncière annoncée cette semaine à ses administrés, le maire de Mamoudzou, Ambdilwahidou Soumaïla, leur promet une baisse potentielle dès que la situation le permettra.

Mamoudzou annonce une hausse très significative du niveau de la taxe foncière sur son territoire (+95 %). Le maire, Ambdilwahidou Soumaïla, justifie cette mesure par l’absolue nécessité de trouver des recettes complémentaires pour reconstruire la ville, chef-lieu de Mayotte. Il assure que cette décision a été votée en toute transparence par son conseil municipal au cours du mois d’avril 2026.

Une mesure impopulaire, annoncée au public par le maire de Mamoudzou lors de sa conférence de presse du lundi 31 août 2026, fait réagir une partie de ses administrés cette semaine. Conscient de l’effet que celle-ci allait produire, Ambdilwahidou Soumaïla a plutôt joué franc jeu, sans aucune malice politicienne dans sa démarche. La taxe d’habitation a été revue à la hausse sur le territoire communal, sur décision du conseil municipal, qui a eu à se prononcer par vote sur le sujet en avril dernier. Le premier magistrat de la ville, chef-lieu de Mayotte, a insisté sur le fait que le vote des élus municipaux s’était déroulé dans « une totale transparence » et qu’il entendait le faire savoir à la population.

Le niveau de cette hausse (+95 %) ne pouvait que donner lieu à une expression de mécontentement de la part d’une frange importante des administrés de Mamoudzou. Ali Ahamada (nom d’emprunt, l’intéressé ayant fait valoir son droit à l’anonymat), rencontré aux abords du stade de Cavani hier matin, mercredi 2 septembre 2026, explique qu’il se retrouve à devoir payer plus de 3 000 euros de taxe foncière annuelle, alors que ses maigres revenus lui imposent un quotidien très difficile face aux obligations familiales auxquelles il doit faire face.

« Pour moi, réussir à joindre les deux bouts relève chaque jour de la haute voltige. Cette nouvelle hausse a été pour moi un véritable coup de massue. Pour le moment, je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre, mais advienne que pourra », fait-il part, le regard résigné.

« À cette allure-là, les petites gens comme moi et les miens ont très gros à perdre, entre les différentes hausses de prix qui tombent en avalanche à Mayotte », ajoute-t-il.

Si cela peut consoler ce citoyen désabusé, il n’est pas le seul à râler contre cette hausse vertigineuse de la taxe d’habitation. Mohamed Abdou, un opérateur économique installé de longue date dans la capitale mahoraise, n’a eu de cesse de contacter la rédaction de Flash Infos par téléphone au cours des deux derniers jours pour dénoncer la mesure annoncée par Ambdilwahidou Soumaïla par voie de presse.

« Nos élus ont-ils réellement conscience de ce qu’ils viennent de nous imposer là ? Je ne le pense pas ! Autrement, ils auraient pris en considération toutes les difficultés que nous traversons depuis deux ans, après le cyclone Chido et même avant cet événement dramatique. »

Il n’exclut pas de revoir la mesure à la baisse si les conditions le permettent à l’avenir

Le commerçant estime que le niveau de cette hausse est démesuré et que son impact sur la vie des ménages sera désastreux.

« Je me serais attendu à tout, sauf à une telle annonce, qui nous donne le sentiment d’une punition collective en palliatif aux sous-investissements de l’État dans les communes mahoraises. »

Une chose est certaine : pour lui aussi, la pilule ne passe pas. Il s’interroge sur ce qui a véritablement motivé cette décision du conseil municipal, passant en revue quantité de scénarios.

Pour le maire de Mamoudzou, cette hausse serait dictée par le besoin de trouver de nouvelles recettes pour construire la ville. Il avance également que cette taxe avait été maintenue à son niveau durant son précédent mandat.

« En 2025, le taux de la taxe d’habitation était de 15,71 %, tandis que celui de la taxe foncière sur les propriétés bâties était de 9,71 %, contre 4,23 % pour le foncier non bâti », fait-il remarquer, précisant au passage que « les trois sont respectivement passés à 30,71 %, 1,93 % et 8,27 % ».

Développer la ville, chef-lieu de Mayotte, et répondre aux aspirations de sa population à la modernité coûtent cher, fait valoir l’homme politique aux trois casquettes — maire de Mamoudzou, président de l’Association des maires de Mayotte et président de la CADEMA.

« On doit trouver des recettes complémentaires pour reconstruire. Les parents d’élèves, qui ne veulent pas savoir si la ville a les moyens ou pas, ont envie de pouvoir mettre leurs enfants à l’école. On doit reconstruire le système de sécurité », a plaidé Ambdilwahidou Soumaïla lors d’une intervention télévisée chez nos confrères de France Télévisions, défendant ainsi sa position et celle des autres élus de sa majorité municipale.

Il sollicite donc la compréhension des contribuables de sa commune, demandant à chacun de consentir à des efforts, allant même jusqu’à promettre une baisse de 10 % du train de vie de la municipalité et une possible révision à la baisse de cette taxe d’habitation lorsque les conditions le permettront.

Pas sûr que tous les habitants de Mamoudzou adoptent la même grille de lecture.

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Facturation numérique : plus de peur que de mal pour les entreprises mahoraises

Facturation numérique : plus de peur que de mal pour les entreprises mahoraises
Les organisations entrepreneuriales et les experts-comptables de Mayotte sont formels : aucune entreprise locale n’est, à ce jour, assujettie à l’obligation d’émettre des factures numériques.

Les entreprises locales emboîtent le pas à celles de métropole et d’Outre-mer : elles entrent, depuis cette semaine, dans l’ère de la facturation numérique. La mesure constitue un bouleversement majeur dans les habitudes locales, mais uniquement en matière de réception des factures. La TVA n’étant pas encore applicable dans le Département-Région, les acteurs économiques de l’île échappent pour le moment à cette contrainte réglementaire. Ils pourront donc continuer à émettre des factures au format classique (PDF, papier ou courriel).

Issue d’une réforme mise en place par l’État l’année dernière, la facturation numérique s’applique désormais sur le territoire depuis le mardi 1er septembre 2026. Concrètement, cette mesure concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA, autant dire aucune dans l’île pour le moment. Ailleurs sur le territoire national (à l’exception de la Guyane et de Mayotte), la facturation numérique s’étend à toutes les catégories professionnelles, de la micro-entreprise aux petites, moyennes et grandes entreprises, ainsi qu’à toutes les professions libérales, y compris les médecins, les infirmières libérales, les avocats, les experts-comptables, etc.

Pour le moment, cette nouvelle réglementation en matière de facturation numérique se limite, à Mayotte, au seul aspect de la réception des factures émises par une entreprise située hors de Guyane française. Rien de compliqué, pourraient penser les plus férus de technologie parmi nous. Eh bien, ce n’est pas aussi simple !

En effet, l’application de cette nouvelle mesure impose à chaque acteur économique de s’affilier à une plateforme agréée, faute de quoi il ne pourra pas réceptionner ses factures au format numérique.

« Pour faire simple, prenons le cas d’un artisan quelconque qui pourrait recevoir une facture en provenance d’une grosse entreprise, par exemple Orange ou EDM. Il ne pourra la recevoir qu’à partir d’une plateforme agréée à laquelle il devra s’affilier. Il en existe plusieurs à l’échelle nationale, mais également localement, même si leur nombre reste assez limité », explique un professionnel du secteur installé dans la zone industrielle de Kawéni.

Pour une meilleure compréhension du public, il convient de préciser qu’une facture numérique n’est pas un simple document de type PDF. Elle se présente plutôt sous un format spécifique dit « Facturis ». En réalité, c’est dès sa conception que la facture prend sa forme numérique, jusqu’à son archivage, sous un double aspect : un PDF visible à l’œil humain et un fichier XML lisible automatiquement par les outils informatiques.

Elle est transmise depuis la plateforme agréée du fournisseur vers celle de son client. À rappeler que, si cette mesure s’applique sur l’ensemble du territoire national, pays ultramarins compris, une adaptation particulière a été prévue pour les deux départements de Guyane et de Mayotte.

En un mot, toutes les entreprises mahoraises ne sont pas soumises à l’obligation d’émettre leurs factures sous ce format dit « Facturis ». La réglementation leur permet encore de le faire sous forme papier, en PDF ou par courriel.

En revanche, l’obligation qui leur incombe porte sur la réception des factures provenant de leurs fournisseurs, notamment pour le téléphone ou la mutuelle. Elles doivent, à leur tour, recourir aux services d’une plateforme agréée, gratuite ou payante.

Les choses pourraient toutefois changer lorsque la TVA sera appliquée sur le territoire. Le but recherché par l’État à travers ce concept de facturation électronique n’est autre que de lutter contre la fraude. Les plateformes agréées sont en effet chargées d’extraire les données des particuliers et des entreprises afin de les transmettre à l’administration fiscale.

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Grève à l’ARS, les agents réclament le départ du secrétaire général

Grève à l’ARS, les agents réclament le départ du secrétaire général
Des agents de l’ARS de Mayotte, mobilisés depuis le jeudi 27 août, réclament le départ du secrétaire général et dénoncent leurs conditions de travail.

Depuis le jeudi 27 août, des agents de l’ARS de Mayotte sont en grève. Ils dénoncent une gestion centralisée, du favoritisme et des conditions de travail dégradées, et réclament le départ du secrétaire général, qui aurait accepté de se mettre en retrait.

Le drapeau de la CFDT flotte devant les locaux de l’Agence régionale de santé de Mayotte situé à Kawéni. La porte entrouverte, l’accueil est désert et une forte musique s’échappe de la salle de pause. Depuis une semaine, les employés sont en grève. Leur revendication est affichée sans ambiguïté : ils demandent le départ du secrétaire général. Tout au long de la journée les négociations se sont poursuivis dans les bureaux.

Sur place, sur la terrasse de la salle de pause les agents dénoncent un fonctionnement qu’ils jugent trop centralisé et marqué par le favoritisme. « Tout doit passer par lui et il y a du favoritisme », résument plusieurs salariés mobilisés devant les locaux de l’ARS.

Selon les grévistes, la situation se serait aggravée depuis l’arrivée du secrétaire général en 2024. Ils évoquent un organigramme organisé autour de lui et une délégation de signature concentrée entre ses mains. Les salariés pointent également un management qu’ils qualifient de méprisant, malveillant et insuffisamment attentif aux conditions de travail.

La mobilisation intervient dans un contexte particulièrement sensible. « L’essentiel des agents travaille sur les épidémies, la santé environnementale et la salubrité des maisons. Il y a des cas de paludisme que l’on suit quand même de près », explique un autre représentant syndical. Pour le syndicat, la poursuite du conflit doit permettre une meilleur considération de la “santé des mahorais”.

Des accusations de mauvaise gestion

Les agents mobilisés dénoncent aussi une gestion budgétaire qu’ils estiment préoccupante. « On a une gestion budgétaire hasardeuse qui a mis l’agence en déficit de trois millions. Aujourd’hui, on demande de faire des économies sur les postes », affirme Archidine Abdourahamane.

Les grévistes alertent sur les conséquences concrètes de ces restrictions. Ils évoquent des suppressions ou des réductions de postes, mais aussi des agents contraints d’assumer une charge de travail accrue sans moyens supplémentaires. « On retrouve un agent à qui on ajoute une surcharge de travail, sans moyens derrière », déplorent-ils.

En milieu de journée, les syndicats ont indiqué que le responsable visé aurait accepté de se mettre en retrait. Une information qui pourrait constituer une première étape vers une sortie de crise, même si les agents attendent désormais des garanties sur l’organisation de l’ARS et sur leurs conditions de travail.

Le CHM solidaire des grévistes

La mobilisation a également reçu le soutien de représentants syndicaux d’Acteur CFE-CGC, venus prêter main-forte aux agents de l’ARS. Parmi eux, Abdou Mohamed, agent hospitalier et représentant syndical, souligne les liens étroits entre l’ARS et le Centre hospitalier de Mayotte.

« Si l’ARS va mal, il y aura des répercussions au niveau du CHM. », explique-t-il. « On n’est pas étonnés, on vit un peu la même situation au CHM », ajoute Abdou Mohamed. Pour les syndicats, l’enjeu dépasse donc le seul conflit interne à l’ARS : il concerne plus largement l’organisation du système de santé à Mayotte. Contacté l’ARS Mayotte n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Le bras de fer se termine par le départ du secrétaire général

À l’heure où nous bouclions cette édition, nous apprenions qu’un accord a été trouvé entre la direction et les grévistes de l’Agence Régionale de Santé. Après près d’une semaine de mobilisation, les agents ont obtenu satisfaction sur leur principale revendication : le départ du secrétaire général de l’ARS.

Mais le protocole de sortie de crise ne se limite pas à cette décision. Les discussions ont également permis d’obtenir plusieurs engagements concernant les carrières et les conditions de rémunération des agents.

Parmi les points avancés par les salariés figurait la question de l’égalité de traitement entre agents d’une même ARS, ainsi que celle du taux d’indexation. Sur ces revendications, la direction s’est engagée à faire remonter les demandes auprès du ministère de la Santé.4

En parallèle, elle accepte de réexaminer le déroulement des carrières des agents depuis 2018 jusqu’à aujourd’hui. Une mesure qui doit permettre de regarder de plus près les situations individuelles et les éventuelles disparités dénoncées par les personnels.

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Course de Pirogues : une 5e édition ouverte aux jeunes, aux femmes et aux entreprises

Course de Pirogues : une 5e édition ouverte aux jeunes, aux femmes et aux entreprises

La mairie de Mamoudzou a organisé une conférence de presse afin de présenter la 5ème édition de la Course de Pirogues, qui se déroulera le 4 octobre 2026 sur le front de mer, côté quai Colas. Cette nouvelle édition s’annonce riche en nouveautés. Voici les principaux éléments à retenir.

Cette nouvelle édition met, une fois encore, à l’honneur le patrimoine maritime de l’île à travers la pirogue traditionnelle. Cette année, l’événement se déroulera sous le thème de la Coupe du monde de football 2026. À l’issue d’un tirage au sort, chaque équipe participante aura pour mission de représenter l’un des pays qualifiés pour la compétition. Une occasion de revivre l’esprit de la Coupe du monde à travers une ambiance festive et chaleureuse.

Une course ouverte à tous les profils

Pour permettre au plus grand nombre de participer et de faire de cette compétition un véritable moment de partage, la course sera organisée autour de quatre catégories. Les jeunes âgés de 14 à 17 ans disposeront de leur propre catégorie, tout comme les femmes de 18 ans et plus. Les entreprises pourront également constituer leurs équipes. Et pour terminer, une catégorie mixte permettra de réunir hommes et femmes au sein d’une même équipe.

Le départ des courses s’effectuera en mer. Au total, 30 équipes vont s’affronter et chaque équipe sera constituée de quatre rameurs au maximum : trois titulaires et un remplaçant. Le quatrième membre doit permettre de garantir la participation de son équipe en cas de problème.

Le parcours des jeunes sera de 600 mètres. Pour les femmes, ce sera 2 kilomètres.  Enfin, pour les catégories mixtes et entreprises, la distance sera de 3 kilomètres.

Les jeunes sont invités à faire vivre la tradition de la pirogue

“ la jeunesse, c’est notre avenir, c’est notre terreau ”, déclare la directrice générale des services, Jacqueline Augustin.

La jeune génération est particulièrement appelée à participer en nombre à cette compétition, puisqu’elle représente l’avenir et joue un rôle essentiel dans la transmission de cette tradition, toujours exercée à Mamoudzou. Pour encourager sa participation, l’inscription des jeunes est “ gratuite ” cette année, contrairement aux autres catégories.

La catégorie des femmes devra s’acquitter de “ 15 euros ”, la catégorie mixte de “ 60 euros ” tandis que la catégorie entreprise devra débourser “ 120 euros. ”

Un dispositif de sécurité renforcé pour les participants

Pour assurer la sécurité des participants, le directeur de l’Excellence sportive et de la Vie associative de la Ville de Mamoudzou, Mohamed Tostao, assure dans un premier temps que les débris des bateaux laissés par le cyclone Chido ont été retirés. Les opérations de nettoyage se poursuivront jusqu’au 4 octobre, date de la compétition : “On essaie de nettoyer toujours avant la course. Nous avons effectivement des équipes dédiées à cela”, précise-t-il.

À travers cette course, la mairie de Mamoudzou souhaite également sensibiliser les participants et le public à la protection de l’environnement. Des associations, parmi lesquelles :  Les Naturalistes de Mayotte et Mayotte Nature Environnement, seront présentes pour sensibiliser les participants à la préservation du lagon, à la propreté des espaces naturels et, plus largement, à la protection de l’environnement.

 Au-delà des opérations de nettoyage, les forces de l’ordre seront également mobilisées afin de veiller au bon déroulement de la course et d’assurer la sécurité des participants, aussi bien en mer que sur terre.

En mer, plusieurs embarcations ainsi que des jet-skis seront déployés pour encadrer le parcours, surveiller les participants et intervenir en cas de problème imminent.

Plusieurs acteurs seront mobilisés pour assurer la sécurité tout au long de l’événement. La police nationale, la SNSM, la Croix-Rouge ainsi que des clubs de canoë-kayak participeront au dispositif de sécurité.

Les inscriptions sont désormais ouvertes. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire directement auprès de la mairie de Mamoudzou ou effectuer leur inscription en ligne afin de prendre part à cette 5ème édition de la course de pirogues.

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