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Journées européennes de l’archéologie : le public remonte le temps à Dzaoudzi

Journées européennes de l’archéologie : le public remonte le temps à Dzaoudzi

À l’occasion des Journées européennes de l’archéologie, célébrées il y a quelques jours, le musée de Mayotte a invité le public à vivre une série d’expériences immersives et de découvertes. Ces activités, destinées aussi bien aux scolaires qu’au grand public, ont permis de sensibiliser les participants aux méthodes et aux enjeux de l’archéologie à Mayotte.

Entre histoire, découverte et partage, les Journées européennes de l’archéologie ont offert au public une occasion privilégiée d’explorer les trésors enfouis du patrimoine local. Une première partie du programme s’est notamment déroulée du 10 au 12 juin au collège Bouéni M’titi de Labattoir, avec des ateliers et des animations.

En quête de savoir, les élèves se sont transformés en aventuriers fascinés par les découvertes scientifiques. Ils ont visité le musée en compagnie d’une archéologue afin de mieux appréhender les méthodes et les problématiques fondamentales de cette discipline. Ils ont également eu l’occasion d’animer eux-mêmes des ateliers pour leurs camarades.

Yatoucha Soulaïmana, chargée d’enquête et de collecte au musée de Mayotte (MuMa), a rappelé qu’il était essentiel que les élèves puissent transmettre les connaissances acquises sur l’histoire du peuplement de l’île et devenir de véritables acteurs de la valorisation et de la préservation du patrimoine matériel et immatériel.

Un week-end d’activités s’est ensuite ouvert au grand public, notamment le dimanche 14 juin, dans le parc de la résidence des Gouverneurs à Dzaoudzi. Au programme : découverte d’artefacts archéologiques, puzzle des civilisations de Mayotte, initiation aux fouilles funéraires et présentation des rites anciens.

Un rendez-vous bien ancré dans le calendrier culturel national

Créées en 2010 par le ministère de la Culture et pilotées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), les Journées européennes de l’archéologie invitent le public à découvrir et à explorer le passé, des périodes les plus anciennes aux époques les plus contemporaines. Pour l’occasion, plus d’un millier de manifestations sont organisées sur l’ensemble du territoire national.

Des chantiers de fouilles aux musées, en passant par les laboratoires de recherche, les acteurs de l’archéologie se mobilisent afin de partager leurs connaissances, leur expertise, leurs métiers et leurs découvertes avec tous les publics.

En 2026, les Journées européennes de l’archéologie ont bénéficié du soutien de l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité. À plusieurs milliers de kilomètres de l’Hexagone, Mayotte, riche d’un patrimoine historique et culturel exceptionnel, entend elle aussi susciter la curiosité et l’émerveillement. À travers ses vestiges, ses traditions et les recherches menées sur son territoire, l’île espère continuer à fasciner petits et grands en mettant en lumière une histoire à la fois singulière, incontournable et parfois méconnue.

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Des parents d’élèves mobilisés devant le collège de M’Tsangamouji pour réclamer plus de transparence

Des parents d’élèves mobilisés devant le collège de M’Tsangamouji pour réclamer plus de transparence
Confronté à un déficit de plus de 57 000 euros, le collège de M’Tsangamouji a dû adapter certaines dépenses. Une situation qui alimente les interrogations des parents d’élèves mobilisés devant l’établissement.

Depuis plusieurs jours, un collectif de parents d’élèves se mobilise devant le collège de M’Tsangamouji. Réunis devant l’établissement, les manifestants ont déployé plusieurs banderoles afin d’interpeller les autorités sur la situation financière du collège.

Parmi les slogans affichés sur les pancartes, on peut lire : « Manque de transparence = rupture de confiance ». Les parents assurent mener une action pacifique. « Nous sommes ici de manière pacifique », déclare Oitini Mambadi, membre du collectif des parents d’élèves de M’Tsangamouji. « Il n’y a aucun dialogue entre nous et le rectorat », regrette-t-il.

À l’origine de cette mobilisation, la découverte d’un déficit de plus de 57 000 euros à l’issue de l’exercice budgétaire 2025. Selon les informations communiquées par le rectorat, cette situation financière est connue depuis plusieurs mois. Une partie des difficultés serait liée à une facture d’eau particulièrement élevée, conséquence de fuites non répertoriées au sein de l’établissement.

« Nous avons reçu un point de situation faisant état d’un déficit d’environ 50 000 euros. C’est ce qui nous a mobilisés », explique un parent d’élève. « Nous avons envoyé plusieurs courriels, mais nous ne nous sentons ni écoutés ni entendus. Cette manifestation vise simplement à réclamer davantage de transparence. »

Les parents dénoncent également l’absence de réponses claires à leurs sollicitations. « Silence radio », résume l’un d’eux. Une rencontre a bien eu lieu avec les services concernés, mais les échanges n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes.

Des conséquences déjà visibles pour les élèves

Cette situation financière commence déjà à avoir des répercussions sur la vie de l’établissement. Certaines activités sportives et sorties scolaires ont été restreintes. Des difficultés ponctuelles concernant le transport ou encore la restauration scolaire ont également été évoquées par les familles, même si la direction assure que tout est mis en œuvre pour maintenir les services essentiels.

Du côté du rectorat, il est rappelé que les établissements publics locaux d’enseignement disposent d’une autonomie de gestion et sont dotés d’un agent comptable. Chaque année, ils reçoivent une dotation de l’État et doivent gérer leur budget en conséquence.

Face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises. Une enveloppe de 100 000 euros a notamment été débloquée afin d’aider l’établissement à faire face à ses difficultés. Une partie des dépenses a également été absorbée par le fonds de roulement du collège. Au total, près de 250 000 euros de factures seraient concernées, dont une partie est couverte par des subventions existantes.

Le rectorat souligne que le collège doit désormais renforcer le suivi de ses consommations, notamment en relevant régulièrement son compteur d’eau afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise. En attendant, les familles réclament davantage de communication sur la gestion financière du collège et sur les conséquences concrètes de ce déficit pour les élèves. « Ce sont nos enfants qui vivent cette situation au quotidien », rappelle le collectif.

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« Images en mutation » : les artistes s’exposent à Mamoudzou

« Images en mutation » : les artistes s’exposent à Mamoudzou

La Direction de l’excellence culturelle de la Ville de Mamoudzou accueille, jusqu’au 27 juin, la nouvelle édition de l’exposition « Les Artistes s’exposent », organisée en partenariat avec l’association Zangoma. Cette année, le rendez-vous culturel explore le thème « Images en mutation », autour de la création, de l’identité et de la transformation à l’ère du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Peintures, photographies, installations numériques, street art et expressions hybrides sont proposés par une quinzaine d’artistes de Mayotte et de l’océan Indien. Le collège de Passamainty participe également avec des œuvres en peinture, poésie et fils tendus. L’exposition est accessible gratuitement de 8h à 17h, à la Direction de l’excellence culturelle, 7 place Zakia Madi. Un vernissage est prévu mardi 16 juin, de 15h à 17h.

Un Job Dating pour favoriser l’emploi à Dembéni

Un Job Dating pour favoriser l’emploi à Dembéni

La Ville de Dembéni, en partenariat avec l’agence d’intérim Placidom, organise un Job Dating le 18 juin 2026 à la Maison France Services de Tsararano. Ouvert à tous les profils et secteurs d’activité, cet événement permettra aux demandeurs d’emploi de rencontrer les équipes de Placidom lors d’entretiens individuels et de découvrir les opportunités de missions et d’emploi disponibles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat entre la commune et Placidom pour accompagner les habitants dans leur insertion professionnelle et faciliter leur accès à l’emploi. Les participants sont invités à se munir de leur CV.

Une première étape de concertation pour l’extension de la centrale de Longoni

Une première étape de concertation pour l’extension de la centrale de Longoni

La réunion publique d’ouverture du projet d’extension de la centrale électrique de Longoni s’est tenue le 12 juin à l’IFPR de Longoni. Organisée en présence d’EDM, de la commission d’enquête et de plusieurs acteurs du territoire, cette rencontre a permis de présenter les enjeux du projet et les mesures prévues pour limiter ses impacts environnementaux.

Face à la hausse continue des besoins en électricité à Mayotte, cette extension vise à renforcer la sécurité de l’alimentation électrique et à accompagner le développement du territoire. Les participants ont pu échanger sur les besoins énergétiques futurs, la continuité du service et les perspectives de transition énergétique.

La concertation se poursuit dans le cadre de la consultation publique et des permanences organisées à la mairie annexe de Koungou, où chacun pourra consulter le dossier et formuler ses observations.

Championnat d’athlétisme : Soultoini Ali, champion de France Masters du javelot

Championnat d’athlétisme : Soultoini Ali, champion de France Masters du javelot
Il fait la fierté de notre île malgré le dédain d'un Département-Region, qui se vente d'avoir dégagé 800 millions d'euros d'excédents budgétaire en 2025 pour n'avoir strictement rien fait.

Une fois de plus, il fait la fierté des siens et de Mayotte tout entière ! Soultoini Ali, l’athlète originaire du sud de l’île, dans la commune de Kani-Kéli, a remporté son pari samedi à Épinal, en métropole. Il est devenu champion de France Masters du javelot, décrochant ainsi le 11e titre de sa carrière sportive, commencée tardivement à l’âge de 15 ans.

Désormais, il tourne son regard vers l’Open de France, avant de participer aux Championnats du monde en août prochain, sous les cieux sud-coréens, dans la ville de Daegu. Un grand respect pour le « maestro ».

Sacré champion de France Masters 2026 samedi à Épinal, dans les Vosges, Soultoini Ali, surnommé « Blackgold Kenny », s’est offert un magnifique cadeau d’anniversaire ce week-end en réalisant une nouvelle performance dans sa longue carrière d’athlète. Il a en effet remporté le concours du javelot avec un lancer à 45 mètres lors des championnats de France de sa catégorie.

Pour l’un des doyens des sportifs mahorais évoluant actuellement hors du territoire, ce 11e titre représente une consécration majeure. L’enfant de Passi-Kéli, dans la commune de Kani-Kéli, considère même cette victoire comme la plus grande de sa carrière sportive, entamée en catégorie Junior à l’âge de 19 ans.

Au fil des années, il a gravi tous les échelons, passant successivement des catégories Espoir, Senior puis aujourd’hui Masters.

« Dans la Fédération française d’athlétisme, comme dans beaucoup d’autres fédérations, toutes les catégories d’âge sont prises en compte. De Minime à Cadet, puis Junior, chacune dispose de son championnat de France. J’ai eu la chance d’y participer à partir de la catégorie Junior, ayant commencé l’athlétisme relativement tard à Mayotte, à l’âge de 15 ans, alors qu’ailleurs beaucoup débutent dès 5, 6 ou 7 ans. Malgré cela, j’ai décroché mon premier titre de champion de France à 19 ans », souligne Soultoini Ali.

L’athlète ne cache pas sa fierté d’avoir remporté des titres dans toutes les catégories par lesquelles il est passé. Une fierté également pour Mayotte, son île natale, qui continue pourtant de souffrir du manque d’infrastructures adaptées à la préparation de ses champions et de ses futurs talents.

« J’ai voulu montrer que malgré ce handicap important, il était possible de faire quelque chose pour contribuer au rayonnement national et international de cette île. Cette victoire constitue pour moi à la fois un accomplissement et une continuité. L’histoire du sport mahorais ne s’écrira que grâce aux sportifs mahorais. Dans mon domaine, l’athlétisme, et plus particulièrement le javelot, j’aimerais que nos jeunes et les générations futures sachent qu’une histoire s’est construite au fil du temps, et que Soultoini Ali, comme d’autres, fait partie des archives vivantes de cette discipline sur le territoire.

Malgré toutes les difficultés rencontrées, l’absence criante d’infrastructures et les obstacles du quotidien, des athlètes continuent de représenter dignement et fièrement Mayotte lors des compétitions nationales et internationales. »

Mais comment Soultoini Ali a-t-il réussi à réaliser cet exploit alors que les conditions, notamment financières, étaient loin d’être réunies ? Dans quel état d’esprit a-t-il abordé la préparation de cette compétition ?

« Quand on vise l’excellence, on ne représente plus seulement Mayotte, mais la France tout entière »

Le champion explique disposer du calendrier sportif local, régional, national et international dès le 1er septembre de chaque année. C’est sur cette base qu’il fixe ses objectifs, organise sa préparation et s’entraîne depuis Mayotte.

Cette organisation le conduit régulièrement à effectuer des déplacements à Madagascar, à La Réunion et parfois dans l’Hexagone afin de compléter sa préparation.

« Lorsqu’on vise l’excellence, par exemple un championnat de France, on est conscient que l’on ne représente pas uniquement son territoire, mais la nation tout entière. Même si je viens de Mayotte, j’ai l’obligation morale de me préparer dans des conditions aussi proches que possible de celles de mes concurrents. Un championnat exige une préparation rigoureuse ; on ne s’y présente pas comme un simple touriste.

Je m’oblige donc à être au meilleur de ma forme et de mes capacités. Cela implique des heures et des heures d’entraînement, des moments difficiles, parfois marqués par le doute, les ajustements et de nombreux sacrifices. Il n’est pas toujours facile de concilier tout cela avec la vie professionnelle et familiale », explique Soultoini Ali.

À ces contraintes s’ajoutent parfois des difficultés purement techniques. Prenant l’exemple d’un terrain de football ou de rugby, il rappelle que les pratiquants de ces disciplines sont naturellement prioritaires dans l’utilisation de ces infrastructures. Spécialiste du javelot, il doit donc constamment s’adapter, profitant de la moindre disponibilité pour s’entraîner.

Malgré ces obstacles, il s’efforce de respecter les objectifs qu’il s’est fixés.

Cette victoire était-elle prévisible ? « En tant que sportif, lorsqu’on participe à un championnat, on a forcément l’ambition de le gagner. Cependant, rien n’est jamais acquis. C’est pourquoi il faut rester concentré sur l’objectif que l’on s’est fixé et tout mettre en œuvre pour l’atteindre », répond le nouveau champion de France Masters du javelot.

Selon lui, une compétition ne se gagne jamais sur le papier, même lorsqu’on figure parmi les favoris.

« Le jour J, tout est remis à zéro. Une blessure pendant l’échauffement, des conditions météorologiques défavorables, le retour d’anciennes douleurs, la pression ou le stress peuvent tout remettre en question. Rien n’est gagné d’avance tant que l’épreuve n’est pas terminée. Tout se joue le jour de la compétition. »

Il convient toutefois de rappeler que Soultoini Ali arrivait à Épinal avec un titre à défendre. Même considéré comme le favori, il n’a jamais sous-estimé ses adversaires, conscients que chacun nourrit l’ambition de s’emparer du titre.

Aujourd’hui, le cœur léger et l’esprit serein, le champion de France Masters du javelot peut désormais se consacrer pleinement à la préparation de ses prochaines échéances : l’Open de France, puis les Championnats du monde qui se dérouleront en août prochain dans la ville sud-coréenne de Daegu.

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Mayotte s’installe au coeur de la vitrine mondiale de l’innovation

Mayotte s’installe au coeur de la vitrine mondiale de l’innovation

Du 17 au 20 juin 2026, pour la première fois de son histoire, Mayotte disposera d’un stand officiel au salon VivaTech à Paris. Portée par l’ADIM, cette délégation de trois startups mahoraises incarne un nouveau regard sur le territoire, non plus un département en crise, mais un territoire qui innove.

Mayotte disposera d’un stand officiel au salon Vivatech du 17 au 20 juin 2026 à Paris. Portée par l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM) : « cette présence marque la reconnaissance internationale d’un territoire longtemps perçu sous le seul prisme de la crise, et l’émergence d’une scène entrepreneuriale locale résolument tournée vers l’avenir », selon l’agence.

Dans les allées de Paris Expo Porte de Versailles, des deals à plusieurs milliards d’euros sont conclus. Le salon est classé dans le top 5 mondial des salons de tech. Chaque année depuis 2016, Vivatech accueille plus de 165 000 visiteurs sur quatre jours, des investisseurs, des dirigeants de grands groupes, des représentants gouvernementaux et des journalistes spécialisés viennent de plusieurs dizaines de pays. 2 500 startups exposantes espèrent décrocher un contrat, une levée de fonds ou des partenariats stratégiques.

C’est une première absolue pour Mayotte dans un contexte médiatique où le territoire est connu pour ses crises sanitaires, sécuritaires ou migratoires. C’est une image dont l’île a du mal à se défaire. Et l’ADIM, en amenant Mayotte à VivaTech, veut montrer que malgré les difficultés du territoire, l’île cultive une innovation frugale, pragmatique et ancrée dans le réel. Pour donner vie à cette ambition, l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte a lancé un appel à candidatures auprès des entreprises du territoire. Trois dossiers ont été retenus selon les critères de maturité du produit, de potentiel auprès des investisseurs, d’ancrage territorial et de capacité à se présenter dans un contexte international.

El-Farouk Adinani lance SIREL976 en 2020. Six ans plus tard, l’offre repose sur trois applications actives : GariCo, Eh’Co Mayotte et Mayotte GO, le produit qu’il démontre à VivaTech. Ce guide touristique immersif combine cartographie interactive, immersion 3D/360° et parcours GPS. Derrière ces applications, l’entreprise fonctionne grâce à son infrastructure d’agents IA propriétaire, conçue pour être réplicable et exportable. SIREL976 a déjà des opérations en Côte d’Ivoire et au Canada.

Farrah Hafidou fonde IDEPHI. Sa plateforme « Mayotte Résiliente 2030 » déploie des agents IA spécialisés dans la prédiction climatique, l’analyse de documents techniques, l’optimisation logistique et la supervision IoT des équipements de chantier. Leur objectif affiché : réduire de -50 % les retards et de-35 % les surcoûts sur les projets BTP en zones contraintes. En décembre 2025, IDEPHI obtient un COPIL France 2030 qui leur ouvre la voie vers 40 clients sur Mayotte dès 2026.

Mouhamadi Abdullatif crée MAOREDEV en août 2021. Son produit phare, LivaBox, orchestre les équipements de commerce connecté en mode offline-first, opérationnel 24h/24, 7j/7. L’entreprise garantit la robustesse même sans connexion stable. L’écosystème s’élargit avec LivaSoft (gestion des commerçants), LivaPay (paiement intégré) et une distribution de terminaux Android.

Les trois startups sélectionnées visent toutes l’Afrique et l’Océan Indien. SIREL976 opère déjà en Côte d’Ivoire et au Canada. MAOREDEV cible l’Afrique francophone comme débouché prioritaire. IDEPHI, de son côté, cible les zones tropicales insulaires. Mayotte occupe la position géographique de porte d’entrée entre la France et l’Afrique subsaharienne francophone, l’une des zones de croissance les plus dynamiques du monde mais freinée par des déficits structurels. Mayotte a comme force, de produire des solutions pensées pour des contextes où l’infrastructure n’est pas prise pour acquise. C’est précisément ce que cherchent les investisseurs présents à VivaTech. Les fonds spécialisés sur les marchés africains et émergents valorisent les produits testés en conditions réelles.

La délégation de l’ADIM sera à Paris du 16 au 20 juin, avec un programme construit autour de rendez-vous stratégiques. Dès le mardi 16, avant l’ouverture officielle du salon, un déjeuner de délégation est prévu à Station F, l’incubateur d’entreprise parisien, suivi d’un « DemoDay » à Orange Gardens, le campus d’innovation du groupe Orange à Châtillon.

Le mercredi 17 juin marque l’ouverture officielle de VivaTech. La délégation mahoraise sera sur son stand, Hall 2H.50, pour une journée orientée vers les équipes d’Orange : Orange Fab (l’accélérateur du groupe), Orange Ventures (son bras d’investissement) et Orange 5G Lab.

Le jeudi 18 juin, la délégation a rendez-vous avec la Bpifrance, la banque publique d’investissement qui cofinance une large part de l’innovation française et mahoraise.

L’événement French Tech Connect Outre-mer & Océan Indien rassemblera les acteurs de l’innovation dans les territoires ultramarins et la région. Ces deux rendez-vous touchent directement aux possibilités de financement et de structuration pour les startups mahoraises.

Le vendredi 19 juin est dédié aux investisseurs et partenaires, avant de clore le salon le samedi 20 juin avec un programme d’animations et de conférences pour le grand public.

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Eau, insécurité et salubrité : le Codim place les urgences du Sud au coeur du débat

Eau, insécurité et salubrité : le Codim place les urgences du Sud au coeur du débat

Réunis à l’initiative du CODIM, les élus du Sud ont dressé un constat alarmant des difficultés rencontrées par la population. Pénurie d’eau, insécurité, gestion des déchets et propagation du paludisme figurent parmi les priorités évoquées. Au-delà des constats, les responsables locaux appellent désormais à des actions concrètes et à une mobilisation collective.

L’accès à l’eau, la sécurité des habitants et la salubrité publique. Voilà les trois grands défis qui ont dominé les échanges organisés par le CODIM, réunissant les élus des communes du Sud. Au fil des interventions, un même sentiment s’est imposé : celui d’une population qui ne veut plus entendre de promesses mais attend des résultats rapides face à des difficultés qui affectent son quotidien.

L’eau, une urgence devenue structurelle

Pour les participants, la question de l’eau reste le dossier le plus préoccupant. La croissance démographique, l’augmentation du nombre de logements et les besoins des activités économiques exercent une pression toujours plus forte sur les infrastructures existantes.

Plusieurs élus ont souligné que, malgré les nombreuses annonces faites ces dernières années, les habitants continuent de subir des coupures et des difficultés d’approvisionnement. Une situation qui freine également le développement du territoire.

Afin d’apporter des réponses, plusieurs pistes ont été avancées. La maire de Bandrélé a notamment évoqué les forages comme une solution parmi d’autres, tout en plaidant pour une multiplication des forages dans le Sud. Les élus souhaitent aussi obtenir du syndicat des eaux une amélioration des conditions de gestion et de distribution.

La problématique concerne également les entreprises réalisant des travaux ainsi que les services de secours, certains intervenants rappelant que le manque d’eau peut compliquer les interventions des camions de pompiers.

Une insécurité qui alimente le sentiment d’abandon

Autre sujet majeur des discussions : l’insécurité. Les élus ont relayé le mécontentement d’une partie de la population qui estime que les réponses apportées par les autorités restent insuffisantes.

Face à cette situation, plusieurs propositions ont émergé. Elles portent sur le renforcement de la police municipale, le développement de la vidéoprotection et la création de dispositifs de proximité permettant de mieux connaître les quartiers et leurs problématiques.

Les participants ont également insisté sur la nécessité pour les élus de travailler davantage avec les habitants afin d’identifier les zones sensibles et les points de rassemblement de la délinquance. Pour eux, les collectivités locales doivent prendre des initiatives lorsque les réponses institutionnelles tardent à venir.

Déchets et paludisme : un enjeu de santé publique

La question de la propreté a occupé une place importante dans les débats. L’accumulation des déchets est dénoncée par plusieurs élus, qui estiment que le SIDEVAM ne peut pas, à lui seul, assurer efficacement cette mission. Ils demandent un engagement plus fort de l’intercommunalité afin de mettre en oeuvre un véritable plan d’action.

Mais au-delà de l’aspect environnemental, le problème est aujourd’hui sanitaire. À Hamouro, la forte propagation du paludisme inquiète particulièrement les responsables locaux. Le manque d’hygiène et la présence de nombreux déchets favorisent la prolifération des moustiques, aggravant les risques pour la population.

C’est dans ce contexte qu’une mobilisation est prévue le 17 juin. Cette opération de nettoyage vise à lutter contre les conditions favorisant la propagation du paludisme tout en sensibilisant les habitants à l’importance de la salubrité publique. Pour les organisateurs, améliorer la propreté du territoire constitue aussi une mesure de prévention sanitaire.

Les élus réclament des résultats

Les discussions ont enfin abordé la question de la jeunesse et de l’emploi. Les participants souhaitent développer davantage de partenariats avec les entreprises et les associations afin de créer des opportunités professionnelles. Des propositions concernant les internats et la sécurisation des transports scolaires ont également été évoquées.

Au terme de cette rencontre organisée par le CODIM, un message commun se dégage : les défis du Sud sont connus depuis longtemps, mais les élus estiment que le temps des diagnostics est désormais révolu. Ils appellent l’État, l’intercommunalité et les communes à agir de manière coordonnée pour apporter des réponses concrètes aux attentes de la population. Eau, sécurité, salubrité et développement local apparaissent ainsi comme les piliers d’une stratégie jugée indispensable pour l’avenir du territoire.

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“Images en mutation“ : l’association Zangoma revient avec une nouvelle exposition

“Images en mutation“ : l’association Zangoma revient avec une nouvelle exposition

Dans le cadre de son événement “Les artistes s’exposent”, l’Association Zangoma, en partenariat avec la Ville de Mamoudzou, prépare une présentation d’œuvres ingénieuses intitulée “Images en mutation.” Cette année, le thème est consacré à la réflexion sur l’intelligence artificielle dans les arts et les pratiques audiovisuelles. L’inauguration officielle est prévue pour le 16 juin au hall d’exposition de la direction de l’excellence culturelle de la ville de Mamoudzou, de 15h à 17h. L’exposition sera disponible jusqu’au 27 juin, entre 8h et 17h.

Chaque jour, des milliards d’images sont produites, partagées, transformées et oubliées. Elles traversent les écrans, franchissent les frontières, modifient notre perception du monde et redessinent notre rapport au réel. L’image n’est plus seulement un témoignage ou une représentation : elle est devenue un territoire mouvant où se croisent mémoire, information, fiction, algorithmes et intelligence artificielle.” Voici comment la ville de Mamoudzou et l’association Zangoma présentent un projet artistique, contemporain et high-tech.

Depuis 2010, les artistes exposent avec l’association Zangoma et, depuis quelques années, elle est en partenariat avec la Ville de Mamoudzou. Si l’exposition devait être complète le 10 juin, elle a été retardée par des contraintes d’agencement. Le public peut quand même s’y rendre avant le 16 juin en découvrant les premières œuvres exposées.

Cette édition 2026 réunit divers artistes venus transmettre leurs idées. Pour la peinture : Baba Mbaye, Boaz, Béatrice Edouard, Juliette Botolava, Yasmine Youssouf Thany, dite Yazz, et Elyane Houdjatte. En ce qui concerne les photographes, on retrouve des œuvres de David Lemor, Isma Kidza, Kamardine Mohamed Rabion, dit Sonomoha, Jean-Louis Saiz et Boina, dit Mystikafro. Balthazar et Nora Godeau, dite Chankaleor, s’occupent de l’installation et de l’expression numérique. Sans oublier Papa Jan pour la peinture et le street art, et Saïd Sola pour la présentation. Le collège de Passamainty sera également de la fête avec des œuvres en peinture, poésie et atelier de fils tendus, témoignant de la créativité indispensable de la jeunesse.

Images en mutation, quand l’IA s’impose dans les arts graphiques

Denis Balthazar, président de l’association Zangoma et artiste, nous rappelle les objectifs de cette initiative : “Images en mutation va permettre aux gens de se rendre compte des mutations énormes qui ont été faites depuis la photographie et même avant. Sur la pratique artistique aujourd’hui, l’IA vient bouleverser tout ça, comme Internet l’a fait à son époque. Aujourd’hui, on souhaite questionner les artistes sur leur position et leurs avis, eux qui puisent leur inspiration dans l’actualité du monde.

Il évoque également l’alliance de différents arts visuels et insiste sur l’impact de l’IA : “À l’époque, quand la photographie est arrivée, elle n’avait pas enlevé la notoriété du portrait peint, elle s’est juste invitée à côté. Chacun vivait en cohabitation. Alors que l’IA, elle est tellement permissive qu’on a du mal à la positionner comme telle. La photo et la peinture ont gardé leur autonomie, alors que l’IA tend à lier tout ça, elle est capable de tout faire.

Il rappelle aussi l’inéluctable surconsommation de la technologie à Mayotte : l’île n’échappe pas à cette évidence universelle : “Que ce soit dans les demeures aristocratiques ou sur le flanc de Kawéni, les gens sont connectés.” L’exposition mettra aussi en avant une conférence vidéo faite par un des artistes. Elle démontrera comment l’image voyage à travers les esprits et y reste. Il ajoute d’ailleurs : “On a toujours eu cette envie de protéger les choses, c’est pour cela qu’on fait des photos de famille ou des selfies.

L’art, à la croisée de la jeunesse, du vivre-ensemble et de l’évasion

En attendant le vernissage, la ville de Mamoudzou accueille déjà des classes d’élèves venues découvrir l’exposition. À partir de la grande section, ils sont aptes à être sensibilisés. Toutes les écoles de l’île sont invitées, mais tout dépend de leur capacité de transport. Des ateliers sont aussi prévus. Monsieur Balthazar rappelle le rôle important qu’ils jouent dans la société artistique : “On travaille beaucoup avec la jeunesse. Les classes d’élèves sont les regardeurs de demain, les futurs acheteurs. C’est une manière de leur montrer la réalité des œuvres, ailleurs que sur des livres. Ils vont pouvoir ressentir leurs textures, voir leurs manières d’être posées et passer du temps avec des artistes”.

À ses yeux, il est important de les éduquer très tôt sur la manière de regarder les images, car à l’ère des réseaux sociaux, beaucoup de gens ne regardent plus réellement les images, mais les font défiler rapidement. Charfati Hanafi, animatrice en chef de l’exposition, rappelle aussi que la perception d’une œuvre d’art est subjective et différente en fonction des individus, ce qui en fait une richesse. Elle constate des analyses aussi innocentes que pertinentes de la part des enfants. Ouvert à tous, le projet espère également créer des liens intergénérationnels, offrir aux visiteurs une pause dans leur quotidien, émouvoir la population mahoraise et permettre aux artistes de se faire connaître. Dans un monde ultra-connecté, cette exposition mahoraise “permet d’aborder l’art au même titre qu’à Paris ou à Tokyo”.

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Grève à l’aéroport de Pamandzi : aucune perturbation significative pour le moment

Grève à l’aéroport de Pamandzi : aucune perturbation significative pour le moment

Une partie du personnel gréviste de l’aéroport de Mayotte a été réquisitionnée dans la journée de dimanche afin d’éviter tout dysfonctionnement de la plateforme aéroportuaire, tandis que d’autres agents manifestaient dans une ambiance bon enfant devant les bâtiments de l’aérogare. Le mouvement social, qui n’en est qu’à ses débuts, n’impacte pas encore le trafic aérien régional et national. De son côté, EDEIS ne semble pas disposée à céder sur les revendications portées par l’intersyndicale.

Des gendarmes sillonnant la Petite-Terre pour remettre des ordres de réquisition à une partie du personnel gréviste de l’aéroport de Pamandzi, du personnel affecté à la sûreté aéroportuaire que la société EDEIS a fait venir du département voisin de La Réunion à un coût supérieur au montant global des revendications formulées par son personnel local : c’est tout un dispositif qui a été mis en place pour tenter de contenir un mouvement de grève jugé légitime par les syndicats.

Du jamais-vu jusque-là. Certains observateurs n’hésitent pas à dénoncer des méthodes qu’ils estiment incompatibles avec l’esprit du dialogue social. Pendant ce temps, une question demeure : lequel de l’intersyndicale ou d’EDEIS cédera le premier ?

Le conflit social à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi, annoncé publiquement dès le 8 juin dernier, est effectivement entré dans sa phase active depuis le samedi 13 juin 2026 à 10 heures. À l’exception des agents de la société Issoufali SARL et de ses différentes filiales, l’ensemble des autres personnels participant à l’exploitation de la plateforme aéroportuaire, notamment ceux d’EDEIS et de Mayotte Airport Sécurité, suivent le mouvement de grève initié par Force ouvrière (FO), la CFDT, le SNEP-CFTC-PAT, le SNEPS et la CFTC Prévention Sécurité.

Selon une source syndicale, le bras de fer ne fait que commencer. La direction est notamment accusée de « botter en touche » et de ne pas respecter l’esprit du dialogue social.

« Elle refuse d’engager de véritables négociations. De toute façon, notre entreprise est coutumière de ce genre d’attitude. Cela l’arrange de confondre une simple médiation entre agents avec un véritable dialogue social entre salariés et employeur », affirme un représentant syndical.

La grève, qui a débuté de manière relativement discrète samedi matin après le départ des principaux vols de la journée, semble désormais s’installer dans la durée malgré les mesures prises pour en limiter les effets.

Il faut dire qu’EDEIS, sur laquelle l’État compte pour mobiliser les 50 millions d’euros nécessaires à la réhabilitation de la piste de Pamandzi avant le 31 décembre 2027, occupe aujourd’hui une position stratégique dans le département. Une situation qui, selon certains grévistes, se traduirait par un manque de considération à l’égard du personnel et par une remise en cause du droit de grève.

Le personnel en grève met en garde contre une sécurité « en trompe-l’œil »

Quel que soit le stratagème utilisé pour tenter de mettre un terme à ce mouvement, sa durée, même limitée, pourrait finir par avoir un impact sur le trafic aérien au départ et à destination de Mayotte.

Pour l’heure, les conséquences restent contenues.

« Les réquisitions opérées actuellement auprès de certains agents et de certains services ne servent à rien puisque le droit de grève nous oblige déjà à assurer un service minimum », explique Abdou Bacar Nassaya, l’une des porte-parole de l’intersyndicale.

Selon elle, la direction d’EDEIS cherche avant tout à donner l’image d’un retour à la normale à travers sa communication, alors que la réalité serait tout autre. Elle estime notamment que certaines réquisitions ont été décidées sans réflexion suffisante et qu’elles ne garantiraient pas toujours un fonctionnement optimal et sécurisé de la plateforme aéroportuaire.

L’intersyndicale attire particulièrement l’attention sur le cas des sapeurs-pompiers aéroportuaires, un service hautement spécialisé pour lequel aucune improvisation ne serait acceptable.

« Cela fait partie des éléments majeurs que notre employeur refuse de prendre en compte », ajoute Abdou Bacar Nassaya.

Il est vrai que ce mouvement social intervient au plus mauvais moment, à l’approche de la haute saison touristique, période durant laquelle le nombre de vols quotidiens augmente sensiblement.

Déléguée syndicale CFDT et chargée de mission sûreté, Abdou Bacar Nassaya n’hésite pas à qualifier l’aéroport de Mayotte de « pire aéroport de France » au regard des conditions de travail des agents.

« Le nombre de vols augmente continuellement alors que les effectifs diminuent progressivement », déplore-t-elle.

Concernant le personnel extérieur recruté par EDEIS pour pallier les effets de la grève, elle juge cette solution « limite », estimant que ces agents ne maîtrisent ni les spécificités ni les réalités locales.

Elle regrette également que les moyens financiers mobilisés pour faire venir ces renforts n’aient pas été consacrés à l’ouverture de discussions avec les salariés afin de répondre, au moins partiellement, à leurs revendications.

Or, selon les syndicats, la direction ne prévoit pas d’engager de négociations avant le 17 juin 2026, date correspondant à son agenda social annuel.

Dimanche, les grévistes qui n’avaient pas été réquisitionnés manifestaient pacifiquement aux abords de l’aérogare dans une ambiance sereine et bon enfant.

Les prochains jours devraient permettre de mesurer l’ampleur réelle de ce mouvement social et ses éventuelles conséquences sur l’activité aéroportuaire de Mayotte.

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Bac 2027 : la rectrice Valérie Debuchy en visite au lycée Younoussa Bamana pour la première épreuve anticipée de mathématiques

Bac 2027 : la rectrice Valérie Debuchy en visite au lycée Younoussa Bamana pour la première épreuve anticipée de mathématiques
Cette première session de l'épreuve anticipée de mathématiques a concerné près de 4 000 élèves dans les dix lycées de Mayotte.

À l’occasion de la toute première épreuve anticipée de mathématiques du baccalauréat, la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy, s’est rendue ce vendredi au lycée Bamana afin d’échanger avec les équipes éducatives et les élèves concernés par cette nouvelle étape du parcours scolaire.

« C’est une première », a souligné la rectrice lors de sa visite. Cette nouvelle épreuve anticipée de mathématiques s’inscrit dans la volonté nationale de renforcer l’enseignement de cette discipline au lycée. Elle concerne les élèves de première générale et technologique et comptera pour l’obtention du baccalauréat 2027.

Renforcer la place des mathématiques au lycée

Depuis la rentrée 2023, l’enseignement des mathématiques a été réintroduit dans le tronc commun des classes de première générale à raison d’une heure trente par semaine. Cet enseignement remplace l’ancien enseignement scientifique qui comportait déjà une part de mathématiques. L’objectif est désormais de renforcer les compétences des élèves grâce à un programme spécifique poursuivi jusqu’à la fin de la classe de première.

« Les mathématiques sont importantes pour tous les élèves, quel que soit leur parcours », a rappelé Valérie Debuchy. Cette réforme vise à offrir à chacun les bases nécessaires pour construire son projet d’orientation et préparer ses choix d’études après le baccalauréat.

L’épreuve, d’une durée de deux heures et organisée sans calculatrice, se décline en trois sujets distincts : un pour les élèves ayant choisi la spécialité mathématiques en voie générale, un pour les élèves de première générale n’ayant pas choisi cette spécialité et un troisième pour les élèves de la voie technologique.

4 000 élèves concernés à Mayotte

Cette mesure a été instaurée à la suite du « choc des savoirs » lancé par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal, dans un contexte marqué par la baisse du niveau des élèves français en mathématiques révélée par les enquêtes internationales. La note obtenue sera intégrée au dossier Parcoursup, permettant aux établissements d’enseignement supérieur d’apprécier plus précisément le niveau des candidats dans cette discipline.

À Mayotte, près de 4 000 élèves répartis dans dix lycées étaient concernés par cette première session. Au lycée Bamana, environ 700 élèves ont passé l’épreuve.

La rectrice a également insisté sur l’importance de l’accompagnement des élèves dans leur orientation. « Il faut être attentif aux résultats des élèves afin de leur faire des propositions adaptées à leur parcours et à leurs ambitions après le bac », a-t-elle déclaré.

Avec cette nouvelle épreuve, les mathématiques retrouvent ainsi une place centrale dans le cursus des lycéens, avec l’ambition de mieux préparer les jeunes aux exigences de l’enseignement supérieur et du monde professionnel.

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Décès du journaliste Emmanuel Tusévo Diasanvu : « So long, Manu ! »

Décès du journaliste Emmanuel Tusévo Diasanvu : « So long, Manu ! »

Une voix s’est définitivement éteinte jeudi soir, laissant derrière elle le souvenir d’un journaliste exceptionnel. Emanuel Tusévo Diasanvu s’en est allé vers cet autre monde, vers ces verts pâturages dont l’on ne revient pas. Depuis l’annonce de sa disparition, une pluie d’hommages et une multitude de souvenirs affluent de toutes parts. Beaucoup les ont déjà ressassés et continueront de le faire pendant des heures, des années, voire des décennies, pour se souvenir du grand journaliste que fut « Manu ».

La presse mahoraise est en deuil ce week-end après l’annonce, jeudi 11 juin 2026, du décès du journaliste Emanuel Tusévo, « Manu » pour les amis, survenu hors de l’île. L’information a été communiquée par son fils, Franck Tusévo.

Notre confrère était malade depuis plusieurs années. Il avait quitté cette terre mahoraise qu’il avait adoptée et qu’il chérissait tant pour s’installer en Europe, où il pouvait suivre plus facilement ses soins médicaux.

Pour celles et ceux qui ont eu la chance de le connaître et de le côtoyer, « Manu » incarnait la joie de vivre. Il dégageait une bonne humeur presque permanente qu’il savait transmettre à son entourage. Il riait de presque tout sans jamais perdre le sérieux nécessaire à l’analyse et à la réflexion.

Au cours de sa longue carrière journalistique, entamée sur le continent africain, il avait accumulé une somme impressionnante de connaissances, faisant de lui une véritable bibliothèque vivante. Il suffisait d’évoquer un événement pour que sa mémoire se mette instantanément en marche, restituant faits, images et anecdotes avec une précision remarquable. Tantôt parce qu’il avait vécu ces moments, tantôt parce qu’il les avait étudiés ou suivis de près.

De Mobutu Sese Seko, l’ancien dirigeant du Zaïre, son pays natal, à Denis Sassou-Nguesso, en passant par Nelson Mandela, Samora Machel et bien d’autres figures majeures de l’histoire africaine, aucun n’échappait à l’impressionnante mémoire qui le caractérisait.

Il était tout aussi intarissable lorsqu’il évoquait Younoussa Bamana, ancien président du Conseil général de Mayotte, qu’il appelait affectueusement « mon ami Younoussa ».

Ces connaissances, il les partageait généreusement avec tous ceux qu’il croisait sur son chemin : les jeunes encore en formation, les journalistes débutants, ses confrères ou encore tous ceux qui rejoignaient sa bande de « joyeux drilles », avec laquelle il aimait refaire le monde à l’infini.

Emanuel Tusévo était également un journaliste d’une grande rigueur. Méticuleux, soucieux du moindre détail, il avait poussé très loin l’exigence professionnelle, notamment lorsqu’il exerçait les fonctions de correspondant permanent de l’Agence France-Presse (AFP) à Mayotte. Une mission qu’il accomplissait avec passion, sérieux et professionnalisme.

À « Manu », Mayotte souhaite bon vent et bonne mer sur le chemin de l’au-delà

Il y aurait tant de choses à raconter lorsqu’il est question de « Manu ». Et toujours en bien.

Nombreux sont les journalistes qui se souviennent encore des conseils avisés et des encouragements qu’il prodiguait aux plus jeunes générations. Il avait ce talent rare de transmettre son expérience avec simplicité et bienveillance.

« Retour sur l’actualité », émission emblématique de Mayotte La 1ère, a largement contribué à le faire connaître sur l’île et dans toute la région, même si son charisme naturel lui suffisait déjà pour être apprécié de tous.

Ali Chamsudine, dit « Cham’ », Saïd Issouf, Kamal-Eddine Saïndou, Mohamed Toumbou Dani, El-Mounir Soidik, ainsi que feu Ali Boina, surnommé « le Commandant », ont partagé avec lui d’innombrables moments de débats passionnés et d’éclats de rire dont il avait le secret.

Impossible également d’oublier Joseph, propriétaire du restaurant « Le Rocher » à Dzaoudzi, qui n’a jamais eu le cœur de mettre cette joyeuse bande à la porte lorsque l’heure de fermeture arrivait et que les discussions se poursuivaient sans que personne ne voie le temps passer.

Vous l’aurez compris, Emanuel Tusévo mérite pleinement la cascade d’éloges qui lui est aujourd’hui adressée par ses anciens collègues, ses confrères, ses amis et les nombreux anonymes qui ont participé à l’émission spéciale d’hommage organisée par Mayotte La 1ère Radio, le vendredi 12 juin 2026.

Tous sont venus saluer la mémoire de ce journaliste hors pair qui a définitivement rangé son stylo et son enregistreur.

Parmi ses derniers travaux marquants figurent la rédaction des mémoires du docteur Martial Henry, fruit de longs entretiens menés avec ce dernier. Dans le même esprit, il avait également réalisé un travail similaire avec Mansour Kamardine, avocat et ancien député de Mayotte.

Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter « bon vent et bonne mer » sur ce voyage sans retour qu’il entreprend désormais vers l’autre rive.

Tu nous manqueras beaucoup, Manu. Sans aucun doute.

« So long, vieux frère. Garde pour toujours cette joie de vivre et ce rire contagieux qui te caractérisaient tant », te disent à l’unisson tes anciens compagnons de Mayotte et d’ailleurs.

Grève à l’aéroport de Mayotte : un week-end de fortes perturbations en perspective

Plus que 24 heures avant le début de la grève

L’intersyndicale des agents de l’aéroport Marcel Henry de Pamandzi reste ferme sur sa décision de mettre à exécution son préavis de grève avec prise d’effet demain samedi 13 juin 2026. Des sources autorisées indiquent que le mouvement ne se soldera pas pour le moment par un arrêt complet de l’activité sur la plateforme aéroportuaire de Mayotte, en revanche, un « bordel pas possible » pourrait se généraliser dès ce week-end pour compliquer le bon déroulement des opérations d’enregistrement. Le but recherché étant de compliquer très fortement l’activité en vue de générer un maximum de retards dans le traitement des bagages et des passagers des différentes compagnies aériennes desservant l’archipel aux parfums. L’intersyndicale espère que par ce biais, elle réussira à fléchir l’intransigeance des dirigeants de la société EDEIS qui gère l’aéroport de Mayotte. En terme, une source a confié à Flash Info que des discussions pourraient s’ouvrir entre la direction d’EDEIS et les syndicats, avant que le capharnaüm ne s’installe.

Incident de cybersécurité à la Ville de Mamoudzou : la messagerie temporairement affectée

Incident de cybersécurité à la Ville de Mamoudzou : la messagerie temporairement affectée

La Ville de Mamoudzou a été confrontée à un incident de sécurité informatique ayant affecté sa messagerie électronique, entraînant l’envoi de courriels non sollicités à des destinataires extérieurs.

Dès la détection de l’incident, les équipes informatiques municipales, accompagnées de prestataires spécialisés en cybersécurité, ont pris en charge la situation et mis en œuvre des mesures conservatoires. Des actions correctives immédiates ainsi que des dispositifs de sécurité renforcés ont été déployés afin de sécuriser le système d’information.

La Ville indique qu’aucune fuite de données n’a été constatée. Elle rappelle son engagement à respecter le RGPD et la loi Informatique et Libertés, et précise qu’une déclaration a été effectuée auprès de la CNIL.

Les personnes ayant reçu un courriel suspect provenant d’une adresse @mamoudzou.yt sont invitées à ne pas cliquer sur les liens ni ouvrir les pièces jointes, à supprimer le message et, en cas d’interaction, à contacter leur service informatique ou à consulter les recommandations de cybermalveillance.gouv.fr.

La championne Allison Pineau en visite à M’tsangamouji pour promouvoir l’égalité dans le sport

La championne Allison Pineau en visite à M’tsangamouji pour promouvoir l’égalité dans le sport

La commune de M’tsangamouji accueillera la championne olympique de handball Allison Pineau du 18 au 20 juin 2026, dans le cadre de son programme de développement du sport pour l’égalité. Médaillée d’or aux Jeux de Tokyo en 2021 et élue meilleure handballeuse du monde en 2009, l’ancienne internationale française viendra à la rencontre des habitants, des écoliers et des collégiens, et partagera également des temps sportifs avec les jeunes des clubs locaux.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique portée par la commune depuis 2024, visant à favoriser l’accès des jeunes filles et des femmes à la pratique sportive. À travers des rencontres, des ateliers et un tournoi intergénérationnel, la présence d’Allison Pineau doit contribuer à valoriser les talents locaux et à encourager l’engagement des filles dans le sport.

Au programme : accueil officiel le 18 juin, tournoi de handball, interventions en milieu scolaire le 19 juin, ainsi que des séances dédiées à l’école de handball. Retraitée des terrains depuis 2025, la championne consacre désormais son engagement à la promotion de l’égalité dans le sport.

Avec cette initiative, M’tsangamouji entend faire de cette rencontre un levier durable pour renforcer la place des femmes dans la pratique sportive sur le territoire.

« Questions pour une école championne » : Ouvoumoja et Les Flamboyants en finale le 17 juin

« Questions pour une école championne » : Ouvoumoja et Les Flamboyants en finale le 17 juin
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Après les quarts de finale organisés le 3 juin au collège Halidi Selemani de Mgombani, les demi-finales de « Questions pour une école championne » se sont tenues mardi 10 juin au collège Kawéni 2. À l’issue de ces rencontres, deux établissements ont décroché leur place pour la grande finale : le collège Ouvoumoja de Passamaïnty et le collège privé Les Flamboyants.

Les deux équipes finalistes se retrouveront mercredi 17 juin, à 13h, dans l’amphithéâtre du lycée des Lumières. Cette finale viendra clôturer une édition marquée par l’engagement des élèves, mais aussi celui des enseignants référents, mobilisés autour de ce projet éducatif.

Les collèges de Labattoir, Passamaïnty, Kawéni 2, Les Flamboyants, ainsi que les équipes éliminées lors des phases précédentes, ont été salués pour leur participation. L’événement se veut un moment de valorisation du travail mené par les élèves, notamment autour des sciences et de la culture générale.

À M’tsangamouji, le recours électoral bute sur le manque de preuves

À M’tsangamouji, le recours électoral bute sur le manque de preuves

Le scrutin municipal de M’tsangamouji a-t-il été faussé ? C’est la question qui était posée, ce jeudi 11 juin, au tribunal administratif de Mamoudzou. Trois mois après la victoire dès le premier tour de la liste conduite par le maire sortant Saïd Maanrifa Ibrahima, ses deux adversaires demandent l’annulation de l’élection. Mais, à l’audience, ils se sont heurtés à une difficulté centrale : les preuves.

Dans cette affaire examinée par la deuxième chambre du tribunal administratif, les requérants contestent les résultats des élections municipales du 15 mars 2026 à M’tsangamouji. Ils demandent l’annulation du scrutin, mais aussi la vérification des listes électorales et le contrôle des procurations en vue des prochaines élections régionales. À l’issue des débats, le rapporteur public a conclu au rejet de la protestation. Le jugement sera rendu dans une semaine.

Le rapporteur public a commencé par rappeler les résultats du scrutin. La liste « Ensemble plus loin encore », menée par Saïd Maanrifa Ibrahima, avait recueilli 2.067 voix, soit 58,47 % des suffrages exprimés. Ousmane Ahamada Siaka était arrivé deuxième avec 851 voix, devant Allaoui Zoubert et sa liste Alliance solidaire, créditée de 617 voix. Un écart conséquent, que les requérants estiment entaché par plusieurs irrégularités.

Premier terrain d’attaque : les listes électorales. Les opposants affirmaient que des électeurs auraient été inscrits sans résidence réelle dans la commune, certains vivant selon eux en métropole. Une liste de 220 nouveaux inscrits a été produite, dont 78 adresses étaient mises en avant. Mais pour le rapporteur public, ce document, rédigé par les requérants eux-mêmes, ne suffit pas à établir l’existence de manœuvres. Il a rappelé que le juge administratif ne rejuge pas, en tant que tel, la régularité de chaque inscription sur les listes électorales. Il doit seulement déterminer si des manœuvres ont pu altérer la sincérité du scrutin.

Les requérants dénonçaient, en parallèle, des refus d’inscription sur les listes électorales visant certains de leurs électeurs. Mais pour le rapporteur public, l’agent municipal mis en cause ne faisait que rappeler les justificatifs exigés par une note du préfet de Mayotte.

Les requérants évoquaient par ailleurs 48 électeurs radiés de façon arbitraire. À l’audience, il a été indiqué que quatre d’entre eux étaient en réalité toujours inscrits, tandis que les autres radiations s’expliquaient notamment par une inscription dans une autre commune ou par un décès. Là encore, le rapporteur public n’a pas retenu de manœuvre suffisamment caractérisée.

Le dossier s’est ensuite déplacé vers les procurations. Les requérants dénonçaient un volume très important, près d’un millier selon eux, susceptible d’avoir pesé sur le résultat. Le procès-verbal de recensement faisait état de 1.245 votes par procuration sur 4.793 électeurs. Un chiffre élevé, mais pas suffisant, selon le rapporteur public, pour démontrer une fraude ou prouver que ces procurations auraient bénéficié à une seule liste.

La présence d’un carnet ou document de travail, aperçu le jour du scrutin dans un bureau de vote, a également été discutée. Pour les requérants, cet élément pouvait traduire une organisation suspecte autour des procurations. Pour le rapporteur public, la seule présence de ce document ne permet pas d’établir une pression sur les électeurs ni une influence sur le résultat du vote.

Les requérants mettaient aussi en cause le financement de la campagne. Ils estimaient que l’attribution de plusieurs marchés publics à une entreprise liée au directeur de campagne du maire sortant, pouvait révéler un financement irrégulier. Mais le rapporteur public a écarté ce grief. Selon lui, la seule note produite recensant des marchés attribués en 2025, ne permet pas d’établir que l’entreprise concernée aurait participé au financement de la campagne du maire sortant.

Enfin, les requérants voyaient dans les résultats eux-mêmes la trace d’une anomalie, en pointant la hausse du nombre de votants entre 2020 et 2026 et les scores élevés du maire sortant dans certains bureaux, notamment à Chembenyoumba. Mais pour le rapporteur public, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une fraude. La progression de Saïd Maanrifa Ibrahima, passé de 1.492 voix en 2020 à 2.067 en 2026, peut s’expliquer par un taux d’abstention en baisse, la présence de seulement trois listes en 2026 contre quatre en 2020, ainsi que par l’arrivée de nouveaux électeurs devenus majeurs entre les deux scrutins.

À la sortie de l’audience, Saïd Valdo Ahamada Combo, deuxième adjoint chargé du sport et de la culture à la mairie de M’tsangamouji, a exprimé sa sérénité. « Ce n’est pas une surprise pour nous. On est dans un pays de droit, donc si nos adversaires ont saisi la justice pour demander de la transparence, c’est tout à fait légitime », a-t-il déclaré. Sur le carnet évoqué à l’audience, l’élu assume un outil de travail politique : « C’est un carnet avec une liste de procurations. Certains utilisent Excel, d’autres utilisent d’autres outils. Nous, on a notre méthode de travail. »

Pour lui, le résultat du 15 mars s’explique d’abord par le bilan de la majorité sortante et l’écart dans les urnes. « On n’a pas été élus parce qu’on avait un document de travail. On a été élus parce qu’on a présenté un projet. » Il insiste aussi sur les 1.216 voix d’avance sur la liste arrivée deuxième : « La commune et les électeurs savent que l’avenir de la commune repose sur cette liste. »

En face, Ousmane Ahamada Siaka reste prudent. « Pour l’instant, on laisse la justice faire son travail. Je ne préfère pas commenter avant la décision finale », indique-t-il. Mais le candidat battu ne renonce pas à son analyse : « On maintient notre position, il n’y a pas eu de sincérité sur cette élection. »

Le tribunal administratif tranchera dans une semaine. Les conclusions du rapporteur public ne lient pas les juges, mais elles dessinent déjà une tendance : les soupçons soulevés par les requérants n’ont pas, à ce stade, été considérés comme suffisamment étayés pour remettre en cause la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima.

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10 ans de liaison directe Mayotte-Paris : les prix d’Air Austral toujours critiqués

10 ans de liaison directe Mayotte-Paris : les prix d’Air Austral toujours critiqués

Déjà dix ans qu’Air Austral assure la liaison directe entre Mayotte et Paris. L’occasion pour la compagnie de célébrer cet anniversaire et d’annoncer un concours photo permettant aux voyageurs de gagner des billets d’avion. Cependant, l’éternel débat sur le coût élevé des billets reste présent dans l’esprit des internautes.

Air Austral a transporté près de 950 000 passagers et plus de 17 000 tonnes de fret en dix ans. En 2027, elle fêtera également ses 50 ans de présence à Mayotte. Pourtant, la compagnie fait régulièrement l’objet de critiques concernant le prix très élevé des billets à destination de l’Hexagone, sans oublier les annulations et les retards.

À l’occasion des dix ans de cette liaison directe, Air Austral lance une campagne de communication positive. Si certains s’en réjouissent, d’autres restent sceptiques.

Ali Djaroudi, président de l’Autam, réagit : « Air Austral réalise son plus gros chiffre d’affaires grâce aux liaisons depuis Mayotte. En dix ans, il n’y a pas eu de changement positif. Les billets qu’ils vont offrir sont insignifiants ; c’est une fausse aide. D’un côté, ils offrent quelques billets, mais de l’autre, ils contraignent fortement les Mahorais et vont même jusqu’à les discriminer, contrairement à La Réunion, où les billets pour la métropole restent beaucoup moins chers. Les Antillais se plaignent également des coûts du transport aérien, mais à Mayotte, c’est le summum de la cherté. Il faut absolument des concurrents à Air Austral et une piste longue pour accueillir d’autres appareils, ce qui n’est pas à leur goût. Mayotte manque d’un véritable schéma de desserte aérienne ; il faut des compagnies locales et régionales. Nous avons tout fait pour que la situation change, mais elle ne change pas. »

Du côté des usagers, les points de vue sont divers

Mathieu, avocat d’une cinquantaine d’années récemment arrivé sur l’île, se dit impressionné par la beauté du territoire et par la gentillesse de ses habitants, lui qui était habitué aux stéréotypes négatifs véhiculés en métropole. Il souligne que cette liaison directe est une excellente initiative avant d’évoquer le prix des billets : « Je me mets à la place des Mahorais. Pour ma part, je suis Corse et les prix des billets d’avion ainsi que des traversées maritimes sont extrêmement élevés, alors que nous faisons partie de la République française. Bien évidemment, nous devrions bénéficier de tarifs préférentiels afin de permettre aux Métropolitains de venir à Mayotte et aux Mahorais de se rendre plus facilement en métropole. Je pense qu’il y aurait alors une meilleure compréhension mutuelle et une meilleure entente. »

Thierry, Réunionnais, chef d’entreprise et engagé en politique, livre également son ressenti : « J’aborde ce problème de manière plus globale. Aujourd’hui, les territoires ultramarins sont traités de façon inégalitaire par rapport à la Corse et à la métropole. Nous sommes considérés comme la nation pauvre. Par exemple, un vol Réunion-Mayotte coûte parfois plus cher qu’un vol Réunion-Paris. La continuité territoriale est une nécessité. Il faut ouvrir le ciel mahorais à la concurrence, comme cela a été fait pour le ciel réunionnais. Cela favoriserait également davantage d’initiatives économiques et entrepreneuriales. »

Il réagit ensuite à la campagne de communication d’Air Austral : « Cette campagne vise à entretenir une image positive et à redorer le blason d’Air Austral. Les Mahorais doivent demander davantage de transparence sur la constitution du prix des billets. Il ne faut pas faire payer aux territoires insulaires la compensation d’éventuelles pertes enregistrées ailleurs. »

Une autre usagère se montre à la fois enthousiaste et lucide : « Ce concours est une excellente idée et certaines personnes en profiteront. Mais il faut aussi faire baisser les prix. Il est tout à fait légitime de s’en plaindre. »

En dépit des célébrations entourant les dix ans de la liaison directe entre Mayotte et Paris, la question du coût des billets d’avion demeure donc au cœur des préoccupations des usagers.

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Alison Morano, anthropologue : « Le rapport à l’altérité à Mayotte n’est pas aussi évident »

Alison Morano, anthropologue : « Le rapport à l’altérité à Mayotte n’est pas aussi évident »
Dans son ouvrage Des jeunesses précaires à Mayotte. Exclusions et rapports d’altérité post-frontières, l’anthropologue Alison Morano analyse les formes d’exclusion qui touchent les jeunes à Mayotte et interroge les inégalités d’accès aux droits, notamment à travers la question de l’égalité des chances. Crédit : Alison Morano

Paru aux éditions Karthala, Des jeunesses précaires à Mayotte. Exclusions et rapports d’altérité post-frontières est un ouvrage scientifique de l’anthropologue Alison Morano. Chercheuse et résidente de l’île depuis plus de dix ans, l’auteure y analyse les différentes figures des jeunesses précaires à Mayotte, confrontées à des mécanismes d’exclusion et à des rapports d’altérité complexes, dans un contexte marqué par l’instauration de frontières politiques et administratives.

Flash-Infos : Quelle méthodologie avez-vous adoptée pour mener vos recherches et depuis combien de temps travaillez-vous sur la question des jeunesses précaires à Mayotte ?

Alison Morano : Cet ouvrage est issu de ma thèse. J’en ai conservé le cœur, un travail que j’ai commencé en 2018 et soutenu en 2023. Pendant toute la durée de ma thèse, j’ai également enseigné en tant que contractuelle dans le second degré.

J’avais toutefois commencé à travailler sur ces questions dès mon master. Je vis à Mayotte depuis 2015 et je m’intéresse aux catégories de l’enfance en danger et des jeunesses précaires. J’ai été en stage à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ce qui m’a permis d’acquérir de nombreux éléments de compréhension concernant les dispositifs de prise en charge ainsi que les difficultés rencontrées par les professionnels.

J’ai également beaucoup investi les milieux associatifs, en y occupant différentes positions : volontaire, stagiaire ou bénévole. Cela m’a donné l’opportunité de me constituer un réseau et d’intégrer des équipes sur le long terme. J’ai notamment animé, chaque semaine et pendant plusieurs années, des ateliers auprès d’enfants non scolarisés.

Le fait de rester durablement sur le territoire m’a permis de suivre les parcours des enfants et des jeunes rencontrés dans différents espaces d’enquête. J’ai réalisé de nombreux entretiens et travaillé principalement à partir d’une méthodologie d’observation participante. J’ai parfois interrogé les mêmes personnes à plusieurs reprises sur plusieurs années : certains avaient 15 ans lors de nos premiers échanges et en ont aujourd’hui 25.

J’ai aussi eu la chance d’être très bien accueillie par la population mahoraise et d’être intégrée au sein de ma famille mahoraise. Cela m’a permis d’échanger avec des Mahorais ayant connu la période précédant l’instauration des frontières et de confronter les discours médiatiques aux expériences et aux ressentis exprimés aussi bien du côté mahorais que du côté comorien.

Faire le choix de vivre sur le territoire était essentiel pour moi. Je ne souhaitais pas mener cette recherche à distance. Cette présence quotidienne m’a donné accès à un matériau empirique extrêmement riche et a favorisé l’établissement de relations de confiance avec les habitants, qui savaient que je resterais présente sur le long terme. Cela m’a également permis de développer une connaissance fine du territoire.

F.I. : Pourquoi avoir choisi la date de 1975 comme point de départ de votre réflexion ?

A.M. : J’ai une approche historique dans mon ouvrage. Je reviens sur l’indépendance des Comores, qui a conduit à une scission politique et diplomatique entre Mayotte et le reste de l’archipel. La première frontière est établie en 1975, avec la constitution de l’Union des Comores et le maintien de Mayotte dans la République française. Cette frontière devient ensuite matérielle et administrative à partir de 1995.

Dans mon livre, je considère que la frontière commence dès 1975. Je parle également de « générations post-frontières », qui constitue un concept central de mon travail. Il était important pour moi de contextualiser le point de départ de ma réflexion. C’est pourquoi je consacre toute une première partie de l’ouvrage à la période précédant 1975 afin d’expliquer comment on en est arrivé à cette situation et de comprendre les transformations qui ont conduit à l’émergence de cette frontière.

Les enfants concernés sont ceux qui sont nés après l’apparition de ces deux frontières, c’est-à-dire après 1995. La majorité des jeunes avec lesquels j’ai échangé et mené des entretiens sont nés après cette date. Les générations nées après les années 2000 ont grandi après ces scissions et ces bouleversements administratifs et politiques. Elles en subissent les effets au quotidien, notamment à travers leur statut, leurs conditions de vie et leurs trajectoires.

Ce sont ces générations post-frontières qui constituent le principal public de mon enquête et auprès desquelles j’ai réalisé la majorité de mes entretiens.

F.I. : Vous évoquez une figure de l’altérité propre au territoire, construite depuis les années 1980. Quelles en sont les évolutions ?

A.M. : Dans mes travaux, il est vrai que je m’interroge beaucoup sur les rapports d’altérité au sein de la population de l’île, mais aussi dans l’ensemble de l’archipel. Ce n’est pas aussi évident qu’on pourrait le penser.

Ces rapports d’altérité sont complexes et s’inscrivent dans une histoire longue entre les îles des Comores. Ils ne reposent pas uniquement sur le rejet du « Comorien » : les relations sont en réalité beaucoup plus imbriquées. Ces dynamiques prennent racine dans les années 1950, voire avant.

Il existait déjà des rapports de domination entre la Grande Comore et Mayotte qui, aujourd’hui, peuvent parfois s’inverser. S’ajoute à cela la réactivation de souvenirs liés à la situation passée de Mayotte, ravivés par le contexte actuel. Il existe aussi une forme d’inquiétude liée au sentiment de concurrence dans l’accès aux biens et aux services.

Par ailleurs, il faut distinguer plusieurs situations. Une partie de la population comorienne est installée depuis plusieurs générations, tandis que d’autres arrivées sont plus récentes. Il existe donc une différence entre les personnes intégrées à la population locale, les enfants nés sur place de couples mixtes et une population déjà largement insérée dans les dynamiques sociales locales.

Les Mahorais cohabitent globalement bien avec une partie de la population comorienne. En revanche, les situations les plus problématiques en matière d’altérité concernent les nouveaux arrivants : de jeunes Comoriens arrivant seuls ou confiés par leurs parents, qui se retrouvent souvent dans des situations d’exclusion et parfois de violence.

Ce sont ces reconfigurations de l’altérité qui sont aujourd’hui les plus difficiles à absorber dans les zones urbaines. Les flux migratoires sont importants et la population a parfois le sentiment que les frontières ne sont pas maîtrisées, ce qui nourrit des interrogations sur l’évolution de cette situation et ses limites.

F.I. : Quelles sont les formes d’exclusion que vous avez pu observer chez cette jeunesse ?

A.M. : J’ai commencé par étudier l’exclusion du système scolaire : des enfants exclus du système, des mineurs isolés ou non accompagnés, comme on les appelle aujourd’hui, des enfants en errance qui n’ont pas poursuivi leurs études après la troisième et qui se retrouvent hors du système parce que l’école ne parvient plus à les intégrer.

Il existe également une exclusion administrative pour ceux qui ne réussissent pas à régulariser leur situation. Toutes ces chaînes d’exclusion sont liées et interconnectées. Elles s’enchaînent et se renforcent mutuellement.

Ces situations relèvent aussi de formes de violence subies au quotidien : être relégué à la marge du système scolaire, vivre dans des quartiers relégués, ne pas pouvoir accéder à la formation souhaitée ou encore ne pas pouvoir circuler librement dans l’espace public sont autant de formes de violence.

Au quotidien, ces jeunes subissent donc des exclusions en chaîne qui s’additionnent et structurent fortement leurs trajectoires.

F.I. : Au sein de cet ouvrage, vous replacez l’égalité des chances comme un enjeu central. Pourquoi est-elle encore importante aujourd’hui ?

A.M. : La question de la scolarisation est centrale puisque la loi française prévoit que l’école est obligatoire entre trois et seize ans. Le devoir de l’État est donc de faire appliquer cette loi, en particulier dans ces territoires.

À Mayotte, le constat est que cette obligation n’est pas pleinement respectée. Le manque de places est structurel, réel et palpable : il n’existe pas suffisamment de places disponibles. Cependant, le fait de ne pas inscrire un enfant ou de ne pas le placer sur liste d’attente constitue une pratique illégale.

Un enfant qui se présente avec sa famille pour s’inscrire et à qui l’on refuse cette possibilité n’a pas les mêmes chances que les autres. Il existe un retard d’investissement très important sur le territoire mahorais. Le premier collège n’a été construit qu’en 1973 à Dzaoudzi. Pendant longtemps, une partie de la population de l’île a dû partir pour poursuivre sa scolarité, ce qui a entraîné un retard structurel qu’il est impossible de rattraper en quelques années.

Aujourd’hui, la forte croissance démographique, combinée au nombre insuffisant de places disponibles, accentue ces inégalités. Les jeunes ne bénéficient donc pas des mêmes chances d’accès à la scolarisation que ceux du reste du territoire national.

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Djasma Djoundiy représentera le « Silver Form » au salon VivaTech à Paris du 17 au 20 juin prochain

Djasma Djoundiy représentera le « Silver Form » au salon VivaTech à Paris du 17 au 20 juin prochain
Djasma Djoundiy, gérante de l’entreprise Usaïdiya, a signé un contrat de représentation du Silver Form dans l’océan Indien

Djasma Djoundiy, gérante de l’entreprise de service d’autonomie à domicile Usaïdiya, représentera le « Silver Form », un parcours d’activité physique adaptée basé sur une technologie isocinétique intelligente, au prochain salon de l’innovation VivaTech, qui se tiendra à Paris du 17 au 20 juin prochain.

Pour Djasma Djoundiy, tout a commencé avec la perte d’autonomie brutale de son père en 2019.  « Il ne pouvait même plus descendre de son lit, on lui a donc prescrit des séances de kinésithérapie qui se sont faite dans les couloirs du CHM, il n’y avait même pas de salle spécialement dédiée à cela », se souvient la jeune femme. « J’ai donc commencé à chercher sur internet si je pouvais trouver des machines adaptées à installer à son domicile et c’est ainsi que je suis tombée sur le Silver Form », raconte-t-elle.

Inventé par Maria et Gilles Laporte, le Silver Form est un parcours d’activité physique adaptée basé sur une technologie isocinétique intelligente. En clair, ce sont des machines permettant de faire du sport, mais qui s’adaptent automatiquement aux capacités physiques réelles de chaque utilisateur. L’objectif est que les personnes âgées, en situation de handicap ou fragilisées puisse retrouver leur capacité de mouvement et donc leur autonomie de la manière la plus adaptée possible à leur problématique personnelle.

« Le Silver Form s’inscrit dans une nouvelle approche du « bien vieillir » centrée sur la prévention, l’inclusion et le respect de la dignité humaine », explique Djasma Djoundiy. « Il ne s’agit pas seulement de vivre le plus longtemps possible, mais de vivre le plus longtemps possible en bonne santé », précise-t-elle. Le premier contact avec les inventeurs du Silver Form s’étant révélé très positif, elle a rapidement signé avec eux un contrat de représentation ans l’océan Indien, en commençant évidemment par son île d’origine, Mayotte.

Afin de pouvoir développer le mieux possible ce projet, elle a créé son entreprise de service d’autonomie à domicile, Usaïdiya, qui a commencé ses activités en 2024. Si elle a dû faire une formation de responsable d’établissement médicaux-sociaux, Djasma Djoundiy n’était pas totalement « une novice » dans le secteur social puisqu’elle était auparavant éducatrice spécialisée et cheffe du service de protection de l’enfance au sein de l’association Maescha na Ounono. « Avec Usaïdiya, j’ai souhaité découvrir l’autre extrémité de la vie humaine », déclare-t-elle.

Une nouvelle technologie conçue pour aider l’humain

Si le Silver Form utilise une « technologie intelligente », son objectif est d’aider l’humain à développer son potentiel et non « de le remplacer ». En tant qu’« innovation », le Silver Form a donc semblé à Djasma avoir parfaitement sa place au Salon Européen de l’innovation VivaTech. Ses organisateurs semblent être également de cet avis puisque la présence de la jeune femme a été validée et qu’elle représentera donc cette « technologie intelligente » à la prochaine édition qui se tiendra du 17 au 20 juin 2026. « Cela me semblait important pour chercher des financeurs, car j’ai tout financé sur fonds propres pour le moment, ainsi que pour connecter mon entreprise au monde l’innovation », explique Djasma Djoundiy, qui estime que « les innovations les plus utiles sont celles qui permettent aux humains de vivre dans la dignité ».

L’inauguration du parcours à Mayotte aura lieu quant à lui dans les locaux de Usaïdiye, situés à Cavani-Mamoudzou dès le mois de septembre 2026 (si les 10 machine, qui seront envoyées en juillet, arrivent à temps). « L’accès au parcours se fera sur abonnement, comme dans les salles de sport « classiques », sauf que les machines seront adaptées aux capacités physiques réelles des personnes », indique Djasma, qui précise qu’un bilan devra être effectué en amont par un kinésithérapeute. « Nous n’avons pas vocation à remplacer le kiné, ce n’est pas de la rééducation, mais les kinés pourront faire appel à nous et nous pourrons nous coordonner pour le plus d’efficacité possible pour les personnes », conclut-elle.

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