Accueil Blog Page 6

Kawéni : plusieurs chantiers interrompus après les “violences urbaines”

Kawéni : plusieurs chantiers interrompus après les “violences urbaines”
* image d'illustration générée par ia

Les “violences urbaines” survenues ce mardi 6 octobre 2026 à Kawéni ont entraîné l’arrêt temporaire de plusieurs chantiers du secteur, pour des raisons de sécurité, indique la Ville de Mamoudzou dans un communiqué. Les affrontements, survenus entre la MJC de Kawéni et le lycée des Lumières, ont conduit les entreprises intervenantes à suspendre leurs travaux et à retirer leurs équipes des sites concernés.

Parmi les opérations interrompues figurent notamment le chantier du stade de Kawéni, mais aussi ceux de la Plateforme de services urbains, de l’École de la deuxième chance et de la Maison des sports de Bazama Bandrajou. La Ville explique que les conditions de sécurité ne permettent pas, à ce stade, de poursuivre les travaux sans exposer les personnels et le matériel.

Ces interruptions pourraient également avoir des conséquences sur les calendriers de réalisation. La répétition des arrêts de chantier fait craindre des retards cumulés et un décalage de la mise en service d’équipements attendus par les habitants du quartier.

La Ville de Mamoudzou condamne ces violences et appelle à une responsabilité collective, notamment de la part des parents dans l’accompagnement et l’encadrement des mineurs. Elle rappelle que les habitants de Kawéni sont les premiers bénéficiaires de ces équipements et souligne que la préservation des chantiers et des aménagements réalisés relève de la responsabilité de chacun.

À M’tsapéré, une journée pour sensibiliser les habitants aux risques d’inondation

À M’tsapéré, une journée pour sensibiliser les habitants aux risques d’inondation

À l’occasion de la Journée nationale de la résilience, mardi 13 octobre, la Ville de Mamoudzou organise une après-midi de sensibilisation aux risques d’inondation à M’tsapéré. Un village de la résilience sera installé à la halle des pêches, de 14h à 17h, avec plusieurs stands animés notamment par la Croix-Rouge, la Cadema, la Deal et la municipalité. Les visiteurs pourront s’informer sur les risques naturels, les dispositifs de prévention et les comportements à adopter en cas de catastrophe. Une randonnée de sensibilisation est également prévue de 15h à 17h30, le long de la rivière Majimbini, dont le bassin versant est particulièrement exposé aux crues lors des fortes pluies. En parallèle, plusieurs associations proposeront des actions de sensibilisation dans les locaux du Réseau inter-associatif de Mayotte (RIAM), à Doujani. L’objectif est de mieux préparer les habitants aux catastrophes naturelles et de développer la culture du risque sur le territoire.

Quand Estelle Youssouffa tient tête au premier flic de France

Quand Estelle Youssouffa tient tête au premier flic de France
Le courant ne passe toujours passe toujours pas entre le premier flic de France, Laurent Nuñez et la députée mahoraise Estelle Youssoufa. Celle-ci l’accuse d’avoir menti à propos de son annonce de renforts d’effectifs policier pour lutter contre l’immigration clandestine.

L’explosion de violence sur le territoire ces jours-ci au centre d’une passe d’armes entre la députée LIOT de Mayotte, Estelle Youssouffa et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, mercredi après-midi à l’Assemblée nationale. Des échanges houleux au cours desquelles la parlementaire a reproché au premier flic de France d’avoir menti au sujet des promesses faites en août 2026 de renforcement des effectifs de la PAF, de démantèlement du camp illégal de migrants de Tsoundzou et de reconduite aux frontières de ses occupants africains originaires des pays des grands lacs. La députée a dressé une litanie de manquements à l’encontre du ministre, affirmant qu’il avait échoué dans sa mission et qu’il devait démissionner devant son bilan catastrophique.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé mercredi soir que les renforts de policiers qu’il a promis à la PAF de Mayotte seront bien au rendez-vous. Le sujet a donné lieu à une passe d’armes entre le premier flic de France et Estelle Youssouffa, la députée LIOT du 101 ème département français, d’abord dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, puis en Commission. Deux moments au cours desquels, le ministre n’a pas réussi à cacher son agacement face aux remarques insistantes de la parlementaire sur la violence qui explose à nouveau sur l’archipel. La première pique fut une allusion « à une petite bombe » qu’aurait lâchée le préfet François Poisot lors des assises sur la sécurité organisée par l’Association des maires il y a quelques jours.

A l’attention du ministre de l’Intérieur, Estelle Youssouffa a repris des données que le Délégué du gouvernement aurait fourni lors de cet événement, faisant état d’une augmentation des violences sur les personnes à Mayotte en 2026 de 20 %, et de 75 % sur les violences sexuelles sur les femmes et les mineurs par rapport à l’année dernière. Sarcastique vis-à-vis de Laurent Nuñez, la députée lui assène : « votre préfet s’est avoué impuissant, sinon à court d’idées, face à cette explosion de violence ». Droit dans les bottes de la réputation de « poutou m’gowa » (piment oiseau) qu’elle s’est faite auprès de ses partisans électoraux, Estelle Youssouffa s’est faite plus virulente dans ses propos, « vous vous êtes bien gardé lors de votre visite touristique cet été de dévoiler ces chiffres et de rencontrer les parlementaires mahorais. Pire, Monsieur le ministre vous avez menti en promettant dans votre tweet du 28 août des recrutements et des déploiements humains pour la police nationale à Mayotte. Vous venez de leur refuser ces renforts policiers ».

Cette attaque en règle contre le ministre de l’Intérieure ne lui paraissant visiblement pas, la députée assène une nouvelle invective à Laurent Nuñez, « Monsieur le ministre vous mettez en danger les femmes et les hommes chargés de nous protéger en les laissant en sous-effectifs à Mayotte, vous leur interdisez l’utilisation de flash Ball lorsqu’ils sont en première ligne face à une violence inouïe ». Toujours à coup de Monsieur le ministre, elle se lance alors dans une longue litanie de manquements qu’elle met sur le compte du floc de France auquel elle reproche d’avoir laissé ses compatriotes Mahorais sans défense face aux barbares qui caillassent les bus scolaires, les enseignants, les forces de l’ordre, qui attaquent les enfants dans les lycées, qui envoient des cocktails Molotov, des parpaings, des tiges d’aciers ou harpons pour transpercer les véhicules.

« Comment justifiez-vous votre salaire si vous ne faites pas le travail ?  Quand allez-vous nous remettre votre démission » ?

Se montrant encore plus offensive, Estelle Youssouffa a rappelé au ministre de l’Intérieure qu’il avait pris un certain nombre d’engagements lors de sa visite du camp illégal de migrants africains à Tsoundzou, qu’il n’a aucunement respecté, pas même engagé le démantèlement de ce camp illégal, ni procédé à la moindre reconduite à la frontière de ses habitants. « Votre bilan est catastrophique, vous avez capitulé ! Plus 20 % de hausse sur les violences sur les personnes, 75 % de hausse sur les violences contre les femmes et les mineurs, ma question est la suivante Monsieur le Ministre, comment justifiez-vous votre salaire si vous ne faites pas le travail ? Quand remettez-nous votre démission » ? Resté jusque-là impassible (en apparence en tous les cas), Laurent Nuñez n’a pas tardé à lui donner la réplique en expliquant que son déplacement sur le territoire (26 et 27 août 2026) n’était pas une visite touristique mais de travail.

Dans un ton mesuré, le ministre de l’Intérieur a précisé qu’il a rencontré les maires de l’île, les policiers, les gendarmes auxquels il a rendu hommage pour la qualité du travail qu’ils accomplissent. « Je ne sais dans quel monde je me suis opposé à des recrutements à Mayotte puisqu’avec le Premier ministre, j’ai annoncé un renfort des GAO de plusieurs dizaines de personnes Madame la députée. Vous l’avez entendu, je tiendrai parole ! Nous nous sommes engagés à renforcer les moyens nautiques pour empêcher les kwasa-kwasa de rentrer sur l’île ».

Quand Estelle Youssouffa tient tête au premier flic de France
Le ministre de l’Intérieur assure qu’il tiendra parole au sujet du renforcement des policiers du GAO et que cette décision relève de son unique compétence.

Au tour du premier flic de France de hausser le ton face à la députée de Mayotte pour lui signifier son agacement face aux affirmations qu’elle venait d’avancer auparavant : « vous l’avez entendu nous allons le faire, avec les forces armées nous allons travailler pour renforcer les radars. Tout cela sera mis en place. En plus, je ne sais pas dans quel monde on interdit les armements intermédiaires à Mayotte puisque justement sur ce territoire, il y a des règles dérogatoires, notamment au profit de la gendarmerie nationale et je les ai validés personnellement ». C’est un Laurent Nuñez hors de lui qui invite la parlementaire mahoraise à travailler ses dossiers avant des poser des questions qui sont « à la limite insultantes ».

Un ministre de l’Intérieure très agacé qui assure pouvoir tenir ses promesses

Impassible, Estelle Youssouffa, retrouve la parole à nouveau pour lui rappeler que c’est un de ses collègues du même ministère qui a expliqué de passage à Mayotte qu’il n’y a de renforts de GAO et qu’il n’y a pas d’effectifs supplémentaires. « Je vous pose la question précisément parce que ce n’est pas le cas et les mouvements Place Beauvau ont été annoncés, il n’y a pas de renforts d’effectifs à Mayotte malgré vos annonces », complétant son propos par le fait qu’il y aurait des demandes pour que ce soient des recrutements en internes. La passe d’armes s’est poursuivie de plus bel, Laurent Nuñez ayant repris la parole pour rappeler que son passage dans l’archipel remonte seulement à fin août et que les recrutements des GAO ne se fait pas « comme ça », que ces recrutements étaient en cours dans le cadre du PNLF et qu’ils arriveraient très vite.

« Je n’au qu’une parole, ils seront sur place » !  Le ministre a une fois de plus loué les compétences de l’actuel préfet de Mayotte et la qualité des échanges qu’il a eu avec les maires mahorais d’une autre nature que celles en cours avec la députée Estelle Youssouffa. Un peu plus tard dans la soirée, les deux personnages ont à nouveau eu l’opportunité de croiser le verbe au cours d’une commission spécialisée, toujours sur la même thématique. Et une fois de plus, le ministre de l’Intérieure a fait montre d’agacement devants les affirmations (contraires aux siennes) de la parlementaire.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

La gouvernance de l’eau et les responsabilités de chacun au cœur des débats à l’Assemblée nationale

La gouvernance de l’eau et les responsabilités de chacun au cœur des débats à l’Assemblée nationale

À l’Assemblée nationale, ce jeudi 8 octobre, une proposition de résolution défendue notamment par la députée Anchya Bamana portait sur la garantie d’un accès continu à l’eau potable dans les territoires ultramarins, dont Mayotte. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a rappelé les moyens engagés par l’État tout en reconnaissant des difficultés de gouvernance et de gestion au niveau local.

Ce jeudi 8 octobre, l’Assemblée nationale examinait plusieurs textes dans le cadre de la journée réservée au groupe Rassemblement national (RN), dite “niche parlementaire”. Parmi eux, deux propositions concernaient directement Mayotte : l’une sur la garantie d’un accès continu à l’eau potable, l’autre sur la panthéonisation de Zéna M’Déré.

Déposée le 8 septembre dernier par la députée Anchya Bamana et plusieurs députés de son groupe, la proposition de résolution vise à mobiliser les moyens de l’État pour garantir un accès continu à l’eau potable dans les territoires ultramarins. À la tribune, la députée a défendu une nouvelle fois la mise en place d’un plan Orsec “eau potable” à Mayotte et appelé l’État à utiliser l’ensemble des outils dont il dispose face à l’urgence. Pour elle, les financements engagés ne suffisent pas s’ils ne se traduisent pas concrètement sur le terrain.

Anchya Bamana a également insisté sur la nécessité de trouver un équilibre fonctionnel entre les compétences des collectivités et l’intervention de l’État : selon elle, le fait que l’eau relève des collectivités ne doit pas empêcher l’État d’intervenir lorsque la population est confrontée à une crise qu’elles ne sont pas en mesure de résoudre seules. Une question d’effectivité, selon la députée, dans des territoires où les contraintes sont particulièrement fortes et où l’urgence impose de mobiliser rapidement les moyens disponibles.

La proposition n’a toutefois pas vocation à modifier directement les règles de gestion de l’eau : il s’agit d’une résolution appelant le Gouvernement à agir.

“Augmenter la production, sécuriser les ressources, développer le stockage et améliorer les réseaux”

Face aux députés, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou n’a pas contesté l’urgence. “Je connais les tours d’eau à Mayotte. Je connais les coupures en Guadeloupe. Je connais l’état de certains réseaux, les pertes considérables, les difficultés de production et de distribution”.

Elle refuse toutefois de présenter la situation comme celle d’un État absent. “Je ne suis pas venue vous dire que tout va bien”, affirme-t-elle, avant de défendre les moyens déjà mobilisés par le Gouvernement.

Pour Mayotte, elle rappelle notamment les 730 millions d’euros programmés pour l’eau entre 2025 et 2031 dans la loi de refondation de Mayotte. Parmi les principaux projets cités figurent l’usine de dessalement d’Ironi Bé et la troisième retenue collinaire d’Ourovéni.

Mais la ministre insiste davantage sur la réalisation de ces projets que sur l’annonce de nouveaux crédits. “À Mayotte, nous n’avons plus besoin d’ajouter des annonces aux annonces. Nous avons besoin de faire aboutir les projets engagés”, affirme-t-elle.

“Les tours d’eau ne peuvent pas être une réponse durable. Il faut augmenter la production, sécuriser les ressources, développer le stockage et améliorer les réseaux”, poursuit-elle.

Naïma Moutchou assure par ailleurs qu’”aucun crédit nécessaire n’a manqué” en 2026 et que le Gouvernement veillera à ce qu’il en soit de même en 2027. Elle veut désormais suivre les calendriers, l’avancement des travaux et les obstacles susceptibles de ralentir leur réalisation.

La question n’est donc plus seulement celle de l’argent disponible, mais aussi de la capacité à transformer ces financements en infrastructures et en service effectif.

C’est dans ce contexte que la ministre évoque également “des difficultés de gouvernance et de gestion” qui peuvent ralentir les décisions et les investissements dans les territoires ultramarins.

La gouvernance de l’eau et les responsabilités de chacun au cœur des débats à l’Assemblée nationale

À Mayotte, la question renvoie directement au fonctionnement du service public de l’eau. Les 17 communes ont transféré leurs compétences en matière d’eau potable et d’assainissement collectif au syndicat mixte Les Eaux de Mayotte (LEMA). Celui-ci porte notamment la maîtrise d’ouvrage des principaux travaux et organise le service, dont l’exploitation est confiée à la Société mahoraise des eaux (SMAE).

“Notre objectif ne peut pas être de déplacer les responsabilités. Il doit être de rendre le service public de l’eau durablement capable de fonctionner”, Naïma Moutchou.

La ministre défend donc une intervention forte de l’État, mais sans faire de la substitution aux collectivités une réponse permanente. “Notre objectif ne peut pas être de déplacer les responsabilités. Il doit être de rendre le service public de l’eau durablement capable de fonctionner”, explique-t-elle.

Quelques semaines plus tôt, Sébastien Lecornu avait lui aussi placé la question des responsabilités au centre de son déplacement à Mayotte. Le Premier ministre avait posé la question de la maîtrise d’ouvrage : “Qui prend quoi ? Qui prend la responsabilité de quoi ?”.

Il s’était surtout dit prêt, si les élus le demandaient, à une reprise temporaire de la compétence eau par l’État pendant “4, 5, 6 ans”, le temps de porter les investissements, avant de “redonner ensuite la compétence aux collectivités locales”.

Mais plutôt qu’un déplacement temporaire de la compétence, Naïma Moutchou insiste sur le renforcement durable des structures locales chargées du service.

Le LEMA face à ses propres échéances

Cette question de gouvernance intervient alors que le LEMA se trouve lui-même à un moment charnière. La délégation du service public de l’eau potable confiée à la SMAE arrive à échéance le 31 décembre 2026. Le syndicat doit donc trouver le prochain opérateur chargé de l’exploitation du service. Les procédures engagées n’ont pas encore permis de sécuriser cette succession.

Dans le même temps, le LEMA cherche à examiner son propre fonctionnement. Le syndicat a lancé une consultation pour un audit organisationnel, de gouvernance et de gestion. Celui-ci doit notamment établir un diagnostic de son fonctionnement, identifier les risques et proposer un plan d’action.

Le rapprochement avec les propos de la ministre est notable : alors que le Gouvernement met en avant les difficultés de gouvernance et de gestion susceptibles de freiner les investissements, le principal organisme local chargé de l’eau cherche lui-même à faire établir un diagnostic de son organisation.

La capacité du système local en question

La question ne porte donc pas uniquement sur les moyens financiers. Elle touche aussi à la capacité du système local à piloter les investissements, à organiser le service et à en assurer la continuité.

Pour sortir durablement des tours d’eau, les nouvelles infrastructures et les réparations des fuites restent indispensables. Ironi Bé doit apporter une capacité supplémentaire de production, tandis que la troisième retenue collinaire d’Ourovéni doit renforcer les capacités de stockage.

Mais le débat parlementaire de ce matin montre surtout que les financements ne suffisent pas à eux seuls à garantir la réalisation des projets ni le bon fonctionnement du service.

“Plus les difficultés sont anciennes, plus nous devons être exigeants sur l’exécution”, résume Naïma Moutchou.

À Mayotte, derrière les 730 millions d’euros programmés, reste donc la question centrale de savoir qui pilote, qui exécute et qui assume la responsabilité lorsque les projets prennent du retard ?

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

L’EPRD et CERQUAL s’allient pour la qualité de l’habitat à Mayotte

L’EPRD et CERQUAL s’allient pour la qualité de l’habitat à Mayotte
Réunis ce jeudi 8 octobre à Dembéni, les acteurs du bâtiment ont échangé sur la construction de logements plus nombreux et durables à Mayotte, avant la signature d’une convention entre l’EPRD et CERQUAL pour accompagner cette démarche.

La deuxième édition des Rencontres de l’EPRD s’est tenue ce jeudi 8 octobre à la technopole de Dembéni. Au cœur des échanges : la construction de logements adaptés aux réalités mahoraises et le développement d’un cadre de vie durable. La matinée s’est achevée par la signature d’une convention de partenariat avec CERQUAL, l’organisme qui délivre la certification NF Habitat.

Construire davantage, plus vite, mais aussi mieux. Cette ambition a traversé la deuxième édition des Rencontres de l’EPRD, organisée ce jeudi à Dembéni. Après une première édition consacrée à la construction hors site, cette nouvelle rencontre a réuni des acteurs de l’aménagement, du logement et du bâtiment autour de deux tables rondes. La première portait sur « Le logement à Mayotte, le défi de la construction et de la qualité », la seconde sur les écoles, les quartiers et les espaces publics.

Dans un territoire encore marqué par le passage du cyclone Chido, en décembre 2024, les échanges ont posé la question de la durabilité des constructions. Comment répondre aux besoins de logements tout en tenant compte du climat, des risques naturels, des contraintes insulaires et des ressources locales ?

L’enjeu dépasse la seule reconstruction. Selon une étude de l’Insee publiée en juin 2026, l’habitat fragile représentait 36% du parc de logements mahorais début 2024, avant Chido. Les constructions en tôle en constituaient l’essentiel. À cette même période, Mayotte comptait seulement 1 400 logements sociaux, soit moins de 2% des résidences principales.

S’appuyer sur les savoir-faire locaux

Les échanges ont notamment remis en lumière les choix constructifs de certains logements réalisés par la Société immobilière de Mayotte dans les années 1980. Le recours à la brique de terre compressée et à une double toiture favorisant la ventilation a été cité comme un exemple de conception adaptée au territoire. La question des coûts de construction, présentés comme moins élevés à l’époque, a également été soulevée.

Cette réflexion rejoint l’objectif défendu pendant la matinée : développer une filière du bâtiment durable à partir des atouts et des savoir-faire mahorais, plutôt que reproduire des modèles sans les adapter aux conditions locales.

L’EPRD a ainsi rappelé sa volonté d’apporter un appui technique et de créer un espace de dialogue entre les acteurs. L’enjeu consiste à intégrer les exigences de qualité suffisamment tôt, dès la conception, et à les envisager à plusieurs échelles : celle du logement, du programme immobilier, mais aussi du quartier et de ses équipements.

CERQUAL, un certificateur plutôt qu’un label

La rencontre a également permis de présenter NF Habitat Mayotte. Souvent appelé à tort « label CERQUAL », ce dispositif doit être distingué de l’organisme qui le délivre. CERQUAL Qualitel Certification, qui appartient au groupe QUALITEL, est le certificateur, tandis que NF Habitat et NF Habitat HQE sont les certifications attribuées aux opérations qui respectent leurs exigences.

Le référentiel mahorais a été élaboré à partir de celui de La Réunion, puis adapté aux particularités du territoire avec des professionnels locaux, notamment la SIM, AL’MA, des architectes, des bureaux d’études et l’ADEME. Il prend en compte le confort thermique, l’humidité, la qualité de l’air, l’acoustique, la performance énergétique et la durabilité des matériaux.

“L’objectif est de concevoir des logements confortables sans recourir systématiquement à la climatisation.”

Concrètement, il valorise la ventilation naturelle, les logements traversants et la protection des façades et des toitures contre la chaleur. Il encourage également l’utilisation de la brique de terre crue et intègre des exigences relatives aux économies d’eau. L’objectif est de concevoir des logements confortables sans recourir systématiquement à la climatisation. Cette certification ne remplace toutefois ni les règles d’urbanisme ni les autorisations de construire.

Du logement à l’aménagement des quartiers

L’opération « Domaine de Khristal », portée par la SIM à Dzaoudzi, figurait parmi les retours d’expérience présentés au cours de la matinée. Elle a servi de support à l’adaptation du référentiel et a été la première opération mahoraise certifiée NF Habitat HQE en phase de conception.

La seconde table ronde a élargi la réflexion aux équipements et aux espaces publics, avec notamment les opérations du collège de Bouéni et de l’extension du siège du rectorat. Les interventions ont souligné la nécessité de penser ensemble logements, écoles et aménagement des quartiers.

La signature d’une convention entre l’EPRD et CERQUAL a conclu cette deuxième édition. Elle inscrit leur partenariat dans la démarche discutée tout au long de la matinée : accompagner la construction de logements plus nombreux, tout en faisant de la qualité une exigence dès l’origine des projets.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Anchya Bamana veut protéger les victimes des dettes conjugales

Plus de dettes nouvelles après une séparation officielle
Anchya Bamana (ici en compagnie de Younoussa Ben Ali compagnon de lutte de feu Younoussa Bamana) annonce qu’elle votera la loi actuellement débattue à l’Assemblée nationale en faveur de l’autonomie financière des victimes de violences conjugales. Une décision qui tient compte du cas particulier de Mayotte selon elle.

🎁 Article offert

Anchya Bamana souhaite faire de protéger les femmes (et enfants) mahoraises victimes de violences dans le cadre conjugal. Elle a annoncé hier matin que le groupe RN à l’Assemblée nationale votera en faveur d’un texte allant dans le sens de sa posture. Et plus précisant, un article visant à assurer l’autonomie financière des victimes afin qu’elles puissent se reconstruire, sans avoir à supporter des dettes nouvelles contractées par le conjoint ou mari dont ils sont séparés au regard de la justice.

Plus précisément, Anchya Bamana fait part de sa volonté à éviter à ces victimes d’avoir à partager le fardeau de dettes auparavant contractées par leurs conjoints, dès lors qu’elles sont placées sous la protection de la justice. La députée RN de Mayotte est intervenue hier matin dans l’hémicycle du Palais Bourbon pour évoquer le cas particulier des personnes se trouvant dans une telle situation sur le territoire mahorais. « L’article 8 bis répond à une difficulté très concrète, la situation d’une victime de violences conjugales qui, après sa mise à l’abri ou sa séparation peut continuer à être engagée par des nouvelles dettes ménagères contractées par son conjoint violent ».

Dans son intervention remarquée, la parlementaire observe que le dispositif proposé est très encadré et qu’il ne remet pas en cause les dettes déjà contractées, soulignant au passage « qu’il prévoit uniquement que pour l’avenir, la solidarité cesse à l’égard du créancier informé lorsque la victime produit une ordonnance de protection ou une condamnation pénale récente de son conjoint ou partenaire pour des violences commises à son encontre sur un enfant vivant avec elle ».

Un élément qui revêt selon elle une importance particulière sur l’île de Mayotte où il n’est pas toujours aisé d’assurer l’éloignement d’un conjoint violent, faciliter l’accès à un logement sécurisé ou encore la reconstruction d’une autonomie économique. Ces différents aspects peuvent se heurter selon Anchya Bamana a des difficultés physiques spécifiques. Elle conclue donc que la protection d’une victime ne peut seulement être physique ou judiciaire, mais qu’elle doit aussi intégrer « une dimension patrimoniale et financière ».

S’appuyant sur le même article qu’elle a précédemment cité en référence (lequel chercherait précisément à éviter que les conséquences économiques des violences ne se poursuivent après la séparation), la députée de la seconde circonscription législative de Mayotte estime qu’une victime ayant obtenu la protection de la justice « ne doit pas voir sa situation financière aggravée par de nouvelles dettes qu’elle n’a pas contractée ». Elle note que le texte qui est en cours de débat prévoit des garanties pour les créanciers lesquels ont droit à une nécessaire information, de même que le dispositif ne prévoit aucun effet rétroactif.

Pour Anchya Bamana l’enjeu est claire, il vise à permettre une protection judiciaire produisant des effets concrets sur l’autonomie financières des victimes. Elle assure que la formation politique à laquelle elle appartient votera pour cet article.

Comores : à Moheli, 5 passeurs de migrants aux arrêts

Comores : à Moheli, 5 passeurs de migrants aux arrêts

🎁 Article offert

L’île semble débordée ces derniers temps par les flux de continentaux fuyant les conflits armés pour certains et qui souhaitent rejoindre Mayotte à travers des réseaux bien huilés opérant entre les Comores et la Tanzanie.  

Depuis plus d’un mois, Moheli fait face à des vagues de migrants abandonnés sur l’île. Pas plus tard que la semaine dernière, deux contingents de plus de 70 personnes ont été retrouvés dans des localités côtières. Le 14 septembre, les autorités avaient d’ailleurs reconduit vers les eaux internationales plus d’une centaine de continentaux en les faisant embarquer dans leur propre bateau. Beaucoup pensent que la multiplication des flux plus particulièrement à Moheli ces temps-ci est appuyée par des réseaux de passeurs. Une enquête a même permis d’arrêter 5 personnes accusées de jouer un rôle dans le trafic de migrants.

Selon une source judiciaire, ces prévenus se trouvent déjà en détention provisoire à la maison d’arrêt de Badjo.  » Ce sont tous des comoriens, il n’y a pas un ressortissant de nationalité étrangère pour l’instant. La plupart d’entre eux sont d’origine mohelienne. Ils sont inculpés pour trafic illicite de migrants« , a indiqué, notre source, ajoutant que parmi eux, on distingue des passeurs et des facilitateurs. D’après nos informations, le parquet a retenu l’article 122-12 contre les prévenus en attente d’un jugement.

Cette disposition définit le trafic de migrants comme le fait d’assurer, afin d’en trier, directement ou indirectement, un avantage financier ou autres avantages matériels, l’entrée illégale dans un État d’une personne qui n’est ni un ressortissant ni un résident permanent de cet État. «  Le trafic illicite de migrants est aggravé et puni de sept ans à dix ans et d’une amende de 30 000 000 de francs comoriens lorsqu’il est commis de façon à mettre en danger ou à risquer de mettre la vie ou la sécurité des migrants concernés, ou lorsqu’il est commis un traitement inhumain ou dégradant de ces migrants, y compris pour l’exploitation « , poursuit le même article du code pénal promulgué en 2021.

Plus de 200 migrants depuis septembre

 Pour durcir la répression, l’État a fait voter trois ans plus tard, une loi criminalisant le trafic avec de lourdes peines pour toute personne qui sera reconnue coupable.  » Le trafic illicite de migrants, lorsqu’il a été commis intentionnellement, ou la tentative, est puni de quatre ans à dix ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 20 millions à quatre-vingt millions de francs Comoriens« , clarifie l’article 3 du texte promulgué le 19 juillet 2024. Notons que sur les 5 suspects arrêtés à Moheli, seule l’identité de l’un d’entre eux, un enseignant très connu sur l’île a été divulguée sur les réseaux sociaux. Son nom est apparu à nouveau le 17 septembre quand un commissaire d’une brigade mixte luttant contre le trafic de migrants a tenté de le transférer à la Grande Comore, avant de se heurter au refus du parquet de Moheli.

La gendarmerie a dû intervenir pour empêcher l’embarquement du suspect. Au mois de septembre, les autorités de Moheli ont arrêté au moins 200 migrants. Pas plus tard que la semaine dernière, 73 continentaux dont 15 enfants, âgés de 5 mois à 12 ans, ont été débarqués par des passeurs sur des plages. Aucune embarcation n’a été retrouvée.  62 ont déclaré être originaires du Nord-Kivu, région de la RDC en proie à un conflit armé depuis des années. Selon une source locale, le premier contingent composé de 8 migrants, dont une femme est arrivé le 2 octobre, à Mbwamadji, une plage située à quelques kilomètres entre Djwaezi et Hagnamoida.  » Ce sont des habitants qui les ont repérés en premier avant d’informer la police nationale« , nous apprend-elle.

Moyens insuffisants

Le lendemain, à l’Ouest de l’île, un autre groupe de 65 personnes a été localisé à proximité d’une plage à Ouallah.   » Face au manque de moyens de prise en charge, les autorités les ont transférés à Moroni où ils sont pris en charge en attendant leur rapatriement« , a ajouté une source sécuritaire. Dans un article publié par Al-watwan, jeudi, le procureur de la République de Moheli, Elamine Mohamed a reconnu que les autorités de l’île rencontraient des difficultés dans l’hébergement de ces migrants, d’où leur transfert vers la Grande Comore.  » Samedi ils les étaient logés dans une école primaire publique du centre Fomboni. Un des migrants était malade et souffrait du paludisme. Mais on lui a donné des calmants et a pu se rétablir pour embarquer », a soufflé un habitant de Fomboni.

Flash Infos a essayé d’en savoir un peu plus sur les conditions de leur prise en charge auprès du ministère de l’intérieur, sans succès. Le même ministère qui le 28 septembre, a sorti un communiqué pour démentir les informations relayées sur Facebook, accusant son secrétaire général d’être impliqué dans des affaires de trafic présumé de migrants. Selon les certains médias sociaux, le secrétaire aurait essuyé un refus de visa à cause de cette histoire de migrants.

Le Pôle culturel de Chirongui ouvre sa nouvelle saison samedi

Le Pôle culturel de Chirongui ouvre sa nouvelle saison samedi

Le Pôle culturel de Chirongui lancera, ce samedi 10 octobre à partir de 15h45, sa nouvelle saison culturelle, qui se poursuivra jusqu’en décembre. Cette journée d’ouverture, gratuite et ouverte à tous, mêlera jeux traditionnels, chants, danses, théâtre et musique.

L’association Chiromani de Chirongui ouvrira les festivités avec du m’biwi, avant des jeux proposés par Nimbe Animation et une nouvelle séquence de chants et danses traditionnels. À 17h30, Yasmina Aouny présentera le spectacle « Genèses de crabes », consacré à des récits de traversées du cancer du sein, en salle et sur réservation. La journée se terminera avec Chaldi en live, à partir de 18h45. La saison octobre-décembre proposera ensuite du théâtre, de la danse, de la musique, du cinéma, des créations artistiques et des rencontres.

Le Carnaval de l’identité et de la culture de Mamoudzou défilera samedi sur le front de mer

Le Carnaval de l’identité et de la culture de Mamoudzou défilera samedi sur le front de mer

La 4ᵉ édition du Carnaval de l’identité et de la culture de Mamoudzou se tiendra ce samedi 10 octobre 2026. Organisé par la Ville, l’événement réunira les différents villages de Mamoudzou autour du thème “Temps de guerre, temps de paix”, choisi en écho à la multiplication des conflits dans le monde. Une grande parade traversera le front de mer avant de laisser place aux animations sur la place Zakia Madi.

Les participants sont attendus dès 13 h à la MJC de M’tsapéré, avant un départ prévu à 14 h depuis le rond-point Manguier. Le cortège empruntera ensuite le boulevard Mawana-Madi en direction de la place Zakia Madi. Les différents groupes présenteront des costumes et chorégraphies inspirés de plusieurs thématiques, de la Gendarmerie nationale aux Tirailleurs africains, en passant par les différentes armées, les forces de déstabilisation, les forces de souveraineté et les Casques bleus.

L’arrivée est annoncée vers 16 h sur la place Zakia Madi, où se poursuivra le carnaval jusqu’à 18h30. Au programme : prestations des carnavaliers, présentation des différents groupes et animations musicales et culturelles. 

La manifestation entraînera également des restrictions de circulation et de stationnement. Le stationnement sera interdit sur les parkings du front de mer, du ponton de plaisance jusqu’à la place Zakia Madi, à partir du jeudi 8 octobre à 17 h et jusqu’au samedi 10 octobre à 17 h 30. Le samedi, l’interdiction s’étendra dès 11 h à toute la longueur de la rocade, entre les ronds-points Zéna M’déré et Mahabou.

À partir de 12 h 30, plusieurs axes du parcours seront également fermés à la circulation. La Ville appelle donc les usagers à anticiper leurs déplacements et à respecter la signalisation mise en place.

À Bouéni, le plateau sportif inachevé, les clubs en sursis

À Bouéni, le plateau sportif inachevé, les clubs en sursis
Le plateau sportif de Bouéni, le 6 octobre 2026.

Entre les dégâts causés par le cyclone Chido, des années de manque d’entretien, de fortes difficultés financières pour la commune et des échéances politiques marquées par des affaires de corruption et l’annulation de l’élection municipale, le plateau sportif municipal de Bouéni est toujours inutilisable, cinq ans après son inauguration. Une situation qui fragilise directement les clubs locaux, contraints de se déplacer dans les communes voisines pour poursuivre leur activité.

Le temps des sourires et des célébrations autour du plateau sportif municipal flambant neuf, avec ses paniers de basket, ses buts de handball et ses gradins aux sièges tout juste installés, n’est désormais plus qu’un lointain souvenir pour les habitants du village de Bouéni.

Cinq ans après l’inauguration en grande pompe, en mai 2021, de la première phase de rénovation et de modernisation du plateau sportif municipal, pour un coût de 1,3 million d’euros, financé majoritairement par le Conseil départemental et le Centre national pour le développement du sport (CNDS), le site n’est plus qu’une coquille vide, au sol complètement arraché et qui semble aujourd’hui laissé à l’abandon.

À l’époque, l’équipement devait marquer une nouvelle étape pour la pratique sportive dans la commune. Volley, handball, football, tennis et basket pouvaient désormais y être pratiqués dans de meilleures conditions, avec l’ambition d’accueillir à terme des événements d’envergure. La deuxième phase du projet devait parachever cette transformation avec la couverture du plateau, pour un montant de 1,5 million d’euros. L’objectif était notamment de pouvoir prétendre à l’organisation des Jeux des îles de l’océan Indien. Le plateau de Bouéni devait faire partie de la vitrine sportive du territoire mais à l’image d’autres sites sportifs de Mayotte qui ne se concrétisent pas, comme le stade de Cavani ou celui de Tsoundzou, il n’en est rien aujourd’hui.

L’état actuel du plateau sportif s’explique par un enchaînement de circonstances qui dépasse les clubs et les utilisateurs, premières victimes de la situation.

Le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, est l’événement le plus visible qui explique en partie la dégradation des lieux. Les vents violents sont venus endommager et arracher les toiles blanches qui couvrent le plateau, alors même que celles-ci venaient d’être installées. Dans les mois qui ont suivi, l’eau s’est infiltrée et le terrain, non entretenu, s’est rapidement dégradé.

Un plateau pris en étau au milieu d’imbroglio politique et de dégradations

Mais l’état du plateau ne s’explique pas uniquement par les conséquences du cyclone, qu’elles soient matérielles ou financières, dans un contexte de réajustement des priorités liées à la reconstruction.

Dans une interview accordée à Mayotte Hebdo, en juin dernier, le maire de Bouéni, Mirhane Ousséni, fraîchement élu en mars 2026, estimait que les équipements sportifs de la commune ont été “délaissés pendant six ans”. Il évoquait un “laisser-aller antérieur au cyclone” et décrit un plateau couvert “laissé à l’abandon depuis plus d’un an”, dégradé à l’intérieur par “un manque d’entretien” et à l’extérieur par les effets de Chido. “Un rapport récent de la Chambre régionale des comptes explique que, dans son état actuel, cet ouvrage a déjà coûté le double de sa valeur initialement arrêtée”.

À son arrivée aux affaires, Mirhane Ousséni affirmait avoir découvert une situation budgétaire plus fragile qu’elle n’y paraissait, expliquant en partie l’abandon du plateau sportif, avec notamment plus de cinq millions d’euros de subventions devenues caduques et cinq millions d’euros de marchés engagés sans financement prévu.

L’élu assurait tout de même vouloir s’atteler à la remise en état des équipements sportifs de la commune, en avouant tout de même que les difficultés vont ralentir la mise en œuvre de son programme et obliger la nouvelle équipe municipale à se concentrer en priorité sur les urgences.

Des révélations à l’image de la condamnation le 10 décembre 2024, soit quatre jours avant Chido, du maire sortant, Mouslim Abdourahaman, qui avait inauguré le plateau sportif en 2021, à trois ans de prison, dont un avec sursis, 50 000 euros d’amende, ainsi qu’à dix ans d’inéligibilité et une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique, en raison de 19 délits de favoritisme dans l’attribution de marchés publics entre 2018 et 2022 et de six prises illégales d’intérêts.

Mais alors que la nouvelle municipalité, qui envoyait jusqu’à présent des signaux en faveur de la transparence sur l’état des finances de la commune, s’installe, l’élection municipale à Bouéni est annulée par le tribunal administratif de Mayotte, le 24 juin 2026 en raison d’irrégularités significatives relevées dans le scrutin, concernant les procurations et les signatures des électeurs.

Une annulation qui doit désormais être confirmée ou infirmée par le Conseil d’État, saisi en appel par Mirhane Ousséni, avant de savoir si une nouvelle élection devra être organisée.

Un nouveau camouflet pour le plateau sportif de Bouéni qui dépérit, pris en étau au milieu d’imbroglio politique et de dégradations liées à l’absence d’entretien.

Les clubs de handball et de basketball au bord du gouffre

Au-delà de l’infrastructure, ce sont les clubs et les associations qui se meurent. Chaque saison sportive passée sans plateau représente un coup dur pour les finances des associations, mais aussi l’inscription à la pratique sportive des jeunes du village, ainsi que la cohésion et la transmission de la tradition sportive de Bouéni. Avant les travaux de couverture, les clubs avaient pourtant pu profiter des nouvelles installations et avaient cru à un changement de statut pour le village. Ils étaient loin d’imaginer que cinq ans plus tard, ils allaient peut-être devoir mettre la clé sous la porte.

“Ça ne vas pas bien du tout, depuis que le plateau est en chantier on souffre”, confie Andhuime Attoumani, secrétaire du club de handball, mais aussi joueur et arbitre. “Depuis plusieurs années, nous sommes obligés de nous déplacer hors de Bouéni pour nos entraînements, pour nos matchs à domicile. Cela pèse sur le budget, et petit à petit on n’arrive plus à financer les déplacements de nos équipes de jeunes. La municipalité ne nous aide pas sur ce point là non plus”.

“On essaie de reformer l’équipe de handball du mieux qu’on peut mais tout s’écroule, même le local où notre matériel était stocké a été volé, le club va mourir si ça continue”.

Résultat, le club n’a pas pu inscrire d’équipes des moins de 16 ans, des moins de 14 ans et d’école de handball pour les plus petits pour la saison à venir. Un drame pour le club et le village. Une perte qui, en plus, entraîne directement la relégation forcée de l’équipe masculine, qui évoluait jusque-là en pré-national, la première division à Mayotte, en deuxième division. En l’absence de catégories jeunes, le club s’est vu infliger des points de pénalité. “Plusieurs de nos joueurs ont déjà quitté l’effectif pour rester en première division”, ajoute Andhuime Attoumani. “On essaie de reformer l’équipe de handball du mieux qu’on peut mais tout s’écroule, même le local où notre matériel était stocké a été volé, le club va mourir si ça continue”.

“Nos équipes se sont entraînées dans un premier temps à Mbouanatsa, jusqu’au jour où, lors d’un match de notre équipe féminine, une bande nous a attaqués. Il y a eu des blessés”, raconte Hamidouni Dhoul, ancien entraîneur du club. Désormais, les équipes, deux masculines, soit 30 joueurs, et une féminine, pour 20 joueuses, s’entraînent à Moinatrindri, où elles partagent le plateau le mardi et le jeudi soir, de 18 h à 22 h. “Parfois on nous coupe l’électricité, parfois il y a des caillassages, c’est de plus en plus compliqué”, poursuit Andhuime Attoumani.

“Tout est tombé à l’eau et nous n’avons pas d’autres propositions”

Autre solution, le plateau du collège de Bouéni. Mais là encore, une partie de l’infrastructure n’est pas éclairée depuis Chido. Une convention entre les clubs de handball, de basketball et le collège de Bouéni doit être signée prochainement afin d’officialiser ce partenariat, de quoi soulager les clubs avant de retrouver leur plateau.

Car si le handball connaît des difficultés, c’est aussi le cas du basketball. “Depuis le début des travaux, nous sommes mal en point et nous n’avons plus du tout de catégories jeunes au sein de notre club, faute de plateau. Tout est tombé à l’eau et nous n’avons pas d’autres propositions, c’est cela qui est déplorable”, insiste-t-on du côté de l’Union de Basketball de Bouéni.

“On a encore une équipe masculine seniors et on se débrouille, on résiste pour survivre. On a presque arrêté l’année dernière, car on se retrouvait entre cinq et sept joueurs pour faire les matchs et nous n’avions aucun jeune engagé. On se rend dans les villages voisins pour jouer, à Mbouanatsa ou encore à Chirongui, sur un terrain qui n’est pas aux normes de sécurité, mais on n’a pas le choix”.

Le délai de réparation du plateau dépendant de la pose de la toile

Contacté, ce mercredi 7 octobre, le maire de Bouéni indique qu’une subvention de l’Etat dans le cadre de la reconstruction du territoire a été attribuée à la réparation du plateau et qu’il ne s’agit aujourd’hui plus d’une problématique économique.

“Mon objectif était de réparer le plateau d’ici la fin de l’année, le préfet s’est engagé à nous accompagner, une consultation avec les entreprises est prévue fin octobre, les études sont terminées, mais ce qui m’inquiète c’est le délai de livraison de la nouvelle toile pour remplacer celles détruites”, remarque Mirhane Ousséni, qui fait savoir que celles-ci proviennent de l’Hexagone.

“Pour les réparations à l’intérieur tout est prêt, un marché est passé, les équipements peuvent être installés dès demain, mais tant qu’on a pas les toiles, on ne peut pas les mettre en place. Le délai d’ouverture du plateau va dépendre de la pose de la toile, j’espère en début d’année prochaine”.

Concernant les clubs, le maire assure vouloir “rapidement faire un point avec les associations dès que je disposerai d’une bonne visibilité sur la date de livraison”.

“Depuis 2024 c’est le même refrain”, regrette-t-on du côté du club de basketball. “Des promesses on en a déjà eu”, déplore Andhuime Attoumani, “mais tant qu’on a pas de réponses concrètes on y croit pas”.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

« Là où la parole se brise, l’art intervient »

« Là où la parole se brise, l’art intervient »

Dans le cadre de la 37e édition des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), organisées du 5 au 18 octobre autour du thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts », le Centre hospitalier de Mayotte (CHM) et l’ARS Mayotte ont réuni à la MJC de M’gombani soignants, éducateurs, psychologues et acteurs culturels autour d’un colloque consacré à « l’art comme médiateur thérapeutique ». Photographie, poterie, conte ou chant : plusieurs pratiques déjà utilisées auprès des patients ont été présentées pour montrer comment elles peuvent favoriser l’expression et compléter la prise en charge.

« Là où la parole se brise, là où les traumatismes ou les maux ne trouvent plus de mots pour s’exprimer, l’art intervient comme un traducteur universel », a résumé Jean-Michel Beaumarchais, directeur du CHM. Pour lui, l’art ne doit pas être considéré comme « un simple supplément d’âme ou un loisir occupationnel ». Il peut offrir aux patients « un espace sécurisé de projection, de reconstruction et de reconnaissance de soi ».

Pour la docteure Virginie Briard-Girard, cheffe du service de pédopsychiatrie, les SISM sont aussi l’occasion de sensibiliser aux questions de santé mentale et de mieux faire connaître les lieux de prise en charge. La santé mentale, a-t-elle rappelé, ne se limite pas à l’absence de maladie : elle correspond aussi à un état de bien-être permettant de s’épanouir sur les plans personnel, professionnel et communautaire. Le pôle santé mentale du CHM s’est par ailleurs étoffé en 2025 et 2026 avec l’ouverture d’un CMP pour adultes à Mtsamboro et de deux CMPEA à Bandraboua et Pamandzi.

Le colloque est aussi revenu sur l’évolution de la place de l’art dans le soin psychiatrique. Longtemps considéré comme un moyen d’observer ou d’interpréter la maladie, il est progressivement devenu un support d’expression, puis une médiation pouvant s’intégrer au soin. « On est passés de “que nous dit cette œuvre sur la maladie ?” à “que peut permettre cette création à celui ou celle qui la réalise ?” », a résumé la pédopsychiatre.

Le conte mahorais pour mettre les difficultés en récit

Parmi les dispositifs présentés, celui mené au CMPEA de M’tsapéré illustre la volonté d’adapter les médiations au contexte mahorais. Avec le conteur Madi Fardy, de Nimbé Animation, une équipe de soignants a constitué un groupe autour du conte avec des adolescents de 13 à 18 ans, dont les parcours sont souvent marqués par des séparations, des ruptures familiales ou des migrations. Profondément ancré dans la tradition orale mahoraise, le conte devient ici un support pour faire émerger, de manière détournée, ce qui peut être difficile à exprimer directement.

« Là où la parole se brise, l’art intervient »

Au début des séances, les adolescents écoutent des récits mahorais avant de construire leurs propres histoires. Une consigne essentielle leur est imposée : le récit doit bien se terminer. À partir de cartes, de personnages ou d’éléments du territoire (mosquées, djinns, animaux ou objets culturels), ils imaginent collectivement une intrigue que le conteur met ensuite en voix.

Les histoires créées font parfois émerger des thèmes liés aux parcours des jeunes. Dans l’un des contes, des makis chassés de leur territoire doivent se transformer pour parvenir à vivre avec les autres habitants. Dans d’autres apparaissent la précarité, la perte d’un parent lors d’un parcours migratoire ou encore des étrangers auxquels l’accès à un village est refusé. Pour les thérapeutes, le détour par la fiction permet de mettre en forme des conflits et des angoisses qui peuvent être difficiles à exprimer par la parole.

La médiation laisse également une place aux différentes langues des adolescents, encouragés à s’exprimer dans celle de leur choix. La médiatrice culturelle peut alors faire le lien entre les différents registres linguistiques, notamment lorsqu’un jeune peine à traduire en français ce qu’il souhaite exprimer.

Inscrire ces pratiques dans la durée

D’autres interventions ont montré que l’art peut aussi servir à travailler l’estime de soi, la relation aux autres ou encore la formation des soignants. Une étude présentée par la médecin généraliste Kenza Bobst-Lalanne, menée auprès d’étudiants en médecine à Lyon, s’est intéressée par exemple à l’apport de pratiques artistiques pour mieux appréhender la fin de vie. Les étudiants interrogés rapportaient notamment davantage de confiance, une évolution de leur représentation de la mort et une approche du soin accordant davantage de place à la relation avec le patient.

Pour le CHM, l’enjeu est désormais de donner davantage de continuité à ces initiatives. « Je souhaite que ces initiatives inspirantes quittent le statut d’expérimentations isolées pour s’inscrire durablement, structurellement, dans les projets de notre établissement », a annoncé Jean-Michel Beaumarchais. L’objectif affiché est de développer à Mayotte une offre en santé mentale « diversifiée, inclusive et profondément connectée à sa culture ».

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Des réponses du rectorat jugées insuffisantes par les lycéens du lycée Younoussa Bamana

Des réponses du rectorat jugées insuffisantes par les lycéens du lycée Younoussa Bamana
Les lycéens du lycée Younoussa Bamana devant l’établissement, mercredi 7 octobre.

Après une première rencontre jugée décevante avec le rectorat mardi, les lycéens du lycée Younoussa-Bamana se sont de nouveau mobilisés ce mercredi matin devant l’académie. Une nouvelle rencontre a été organisée avec leurs représentants.

Le rectorat de Mayotte avait annoncé, en amont de la mobilisation lycéenne du mardi 6 octobre, vouloir échanger avec les représentants des élèves lors d’un Conseil académique exceptionnel de la vie lycéenne et collégienne, organisé en visioconférence.

Après une matinée mouvementée dans plusieurs établissements du territoire, notamment à Kaweni, à Chirongui et au lycée Younoussa-Bamana de Mamoudzou, les représentants des élèves ont participé à ces échanges avec la rectrice Valérie Debuchy.

Classes surchargées, manque de personnels et de matériel, état des sanitaires et des bâtiments, transports scolaires, restauration, sécurité ou encore conséquences du cyclone Chido : les motifs de mécontentement sont nombreux. Des tensions et des affrontements avec les forces de l’ordre ont également éclaté aux abords de certains établissements, alors que les lycéens espéraient obtenir des réponses concrètes à leurs demandes.

Pour cette réunion, le rectorat avait réuni plusieurs interlocuteurs afin de permettre aux représentants des élèves d’exposer directement leurs difficultés et de présenter leurs propositions. Aux côtés de la rectrice et des représentants du rectorat, participaient à cette visioconférence des représentants des parents d’élèves, de la FCPE et de l’UDCSFM, mais également des représentants du Conseil départemental compétents en matière de transports ainsi que le directeur de Transdev.

La présence de ces différents acteurs devait notamment permettre d’aborder les problématiques qui dépassent les seules compétences de l’Éducation nationale, en particulier celles liées aux transports scolaires.

À l’issue de la rencontre, le rectorat indique que plusieurs préoccupations communes aux collégiens et aux lycéens se sont dégagées des échanges. Elles concernent les rythmes scolaires, les conditions de transport, l’état et l’équipement des établissements, l’hygiène et la restauration, la sécurité, mais aussi le bien-être et la santé mentale des élèves.

« Une première étape »

Dans son communiqué de presse publié mardi soir, il précise que la rectrice considère cette rencontre comme “une première étape”.

Les difficultés soulevées doivent désormais faire l’objet d’un “travail approfondi” avec les établissements et les partenaires concernés. L’objectif affiché est d’identifier les réponses pouvant être apportées “à court terme” et celles qui nécessitent un accompagnement dans la durée.

Le communiqué ne détaille toutefois pas de mesures précises ni de calendrier de mise en œuvre. Le rectorat annonce avant tout une phase de travail destinée à examiner les préoccupations exprimées par les élèves et à déterminer les suites qui pourront leur être données.

Reste donc à savoir quelles réponses concrètes seront apportées aux demandes formulées lors de cette rencontre, alors que les lycéens mobilisés attendent désormais des engagements précis.

Une consultation nationale ouverte jusqu’au 23 octobre

En complément des échanges organisés à Mayotte, les représentants des élèves ont été informés de la consultation nationale des lycéens lancée par le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du mouvement actuel.

Accessible sur la plateforme Agora jusqu’au vendredi 23 octobre 2026, cette consultation repose sur deux questions : quelles sont les principales difficultés rencontrées dans leur lycée et quels changements les élèves estiment nécessaires pour mieux apprendre et mieux vivre leur scolarité ?

Les contributions sont anonymes et peuvent être formulées individuellement ou collectivement. Elles doivent permettre de mieux cerner les attentes des lycéens et d’alimenter la réflexion aux niveaux territorial et national.

Pour le rectorat, cette démarche vient compléter le dialogue engagé avec les représentants des élèves et prolonger les échanges au sein des établissements.

Une “déception totale”

“La réunion a eu lieu et, sans surprise, c’est une déception totale”, a fustigé la représentante des élèves du lycée Younoussa-Bamana à la sortie de l’échange, mardi.

Face à des réponses jugées insuffisantes, les élèves ont de nouveau manifesté ce mercredi matin, se rendant jusque devant le rectorat. Une mobilisation qui leur a permis d’obtenir une nouvelle rencontre, cette fois entre une trentaine de lycéens sélectionnés et deux représentants de l’académie de Mayotte.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune information n’a encore filtré sur le contenu de cette nouvelle réunion. Une chose est toutefois certaine : les lycéens de Younoussa Bamana entendent poursuivre leur mobilisation pour obtenir des réponses concrètes à leurs revendications.

Des établissements encore perturbés ce mercredi

Du côté des autres établissements, le lycée des Lumières, à Kaweni, est resté fermé préventivement ce mercredi, après les violences survenues la veille. À Sada, le lycée a été évacué vers 7 heures en raison de nouvelles violences, décrites comme des “rixes entre bandes rivales”, selon les informations de Mayotte La 1ère. Les élèves ont dû se confiner dans l’établissement le temps de l’intervention de la gendarmerie.

À Chirongui, après les violences de mardi, les parents d’élèves se sont réunis et ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants au lycée ce mercredi. Selon nos confrères de Mayotte La 1ère, les cours devraient reprendre jeudi avec un temps d’échange consacré à l’impact psychologique des violences sur les élèves.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Christian Grolier à Mayotte : FO veut faire entendre les revendications des Mahorais dans l’Hexagone

Christian Grolier à Mayotte : FO veut faire entendre les revendications des Mahorais dans l’Hexagone

🎁 Article offert

Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique, était en visite à Mayotte depuis le lundi 5 octobre. Cette étape s’inscrit dans la tournée de la délégation syndicale FO en France et dans les Outre-Mer. L’objectif est de préparer les élections professionnelles dans la fonction publique, prévues du 3 au 10 décembre 2026, et d’échanger avec les agents et les représentants syndicaux sur leurs revendications.

La présence de Christian Grolier à Mayotte avait également pour objectif de recueillir les doléances et les revendications de la population mahoraise, afin de les porter au niveau national et de faire entendre la voix des Mahorais dans l’Hexagone.  

Flash Infos : Pourquoi êtes-vous à Mayotte ? 7

Christian Grolier : Nous sommes venus à Mayotte pour deux raisons. D’abord, pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique, qui auront lieu du 3 au 10 décembre 2026 et qui servent à calculer la représentativité de toute la fonction publique, c’est-à-dire de l’État, des collectivités, des mairies et de l’hôpital public. Ça fait 5,8 millions d’électeurs, plus de 20 % de l’emploi salarié de notre pays. Donc c’est une élection qui est très importante, évidemment, pour savoir qui est représentatif. FO est la première organisation syndicale de la fonction publique de l’État. Donc pour nous, c’est important de le rester, puisqu’on est premiers depuis que les élections existent, en 2010. Et venir aussi à Mayotte, parce qu’on est dans un contexte budgétaire très compliqué, tant au niveau de l’Hexagone qu’au niveau de Mayotte, puisqu’on a le projet de loi de finances 2027 qui est en discussion au Parlement. Et puis on voulait revenir parce que j’étais venu avant Chido et je voulais revenir pour voir où on en était, comment se passait la reconstruction.

F.I : Qu’avez-vous pu constater depuis votre arrivée à Mayotte lundi, et qu’est-ce que vous retenez de vos différentes rencontres sur le terrain ?  

C.G : Ce que nous constatons depuis notre arrivée, c’est que la reconstruction est malheureusement très lente. Il y a des sujets qui sont communs à tous les Mahorais, mais pas forcément aux fonctionnaires, sur lesquels le syndicat n’a pas forcément une grande prise. Ce sont les problèmes d’insécurité, qui sont toujours très prégnants. À part l’insécurité, il y a les problèmes de l’eau aussi, avec la difficulté d’en avoir. Et puis les problèmes d’hébergement, de logement, qui impactent aussi tous les Mahorais. Alors nous, bien-sûr, sommes compétents sur le champ de la fonction publique. Donc notre objectif, c’était de voir comment on pouvait, à travers l’aide sociale, à travers des investissements de l’État, améliorer la restauration, améliorer le logement, et si possible, organiser le travail le mieux possible, dans une période où beaucoup de bâtiments publics sont en construction. Nous, on dit qu’il faut faciliter à fond, pour les missions qui le permettent, le télétravail sur trois jours. Donc ça nous a permis de voir la situation et la motivation de nos fonctionnaires, qui travaillent dans des conditions déplorables, en sous-effectif, avec beaucoup de contrats précaires. À la préfecture, par exemple, vous avez 45% de personnel sous contrat, des contrats actuels, alors que la moyenne nationale, c’est 21 %. C’est-à-dire qu’on a le double de contrats actuels, alors que ce sont des postes pérennes, sur lesquels il faudrait mettre des fonctionnaires.

F.I : Comment vont justement se dérouler les élections en décembre ?

C.G : Les élections se dérouleront du 3 au 10 décembre. Elles seront généralisées par vote électronique. Donc, c’est quelque chose qui nous inquiète un peu, parce que la participation est toujours plus faible quand on vote par voie électronique. Donc, on fait en sorte de bien mobiliser nos troupes, de leur expliquer les enjeux. Puisque, dans la fonction publique, aujourd’hui, on travaille un peu comme dans le privé, sur le principe des accords, il faut des accords majoritaires.

Pour qu’un accord soit valide après une négociation, il faut que les organisations syndicales qui signent représentent 50 % du personnel. C’est pour ça que plus on sera forts, plus on aura du poids dans les négociations. Aujourd’hui, on est premiers, avec presque 20 % de représentativité. On espère progresser pour gagner la première place.

F.I : En quoi Mayotte est-elle importante dans votre dispositif ?

C.G : Mayotte est très importante dans le dispositif ; après on va enchaîner avec l’île de La Réunion. Pour plusieurs raisons : d’abord parce que c’est un département de la République qui est quand même loin d’avoir les mêmes droits que les autres. C’est un département qu’on a l’impression de voir oublier. Il y a beaucoup de promesses. C’est le département où il y a le plus de passages de ministres et de Premiers ministres. Avec beaucoup de promesses, mais toujours des engagements sur une durée extraordinaire.

Quand on entend que le prochain aéroport serait pour 2036, dans dix ans quel est le Premier ministre qui peut annoncer ça aujourd’hui, sachant qu’il sera peut-être même plus aux affaires dans six mois, après les présidentielles et les législatives. Donc pour Mayotte, c’est important, parce qu’ils garantissent malgré toute la cohésion du territoire, les valeurs républicaines d’égalité et de liberté. Donc, pour nous, c’est important de venir ici et de dire que Mayotte doit être un département qui a les mêmes droits que les autres, qui ne peut pas être un sous-département. Et pour l’instant, on en est loin.

F.I : Avez-vous prévu de futures formations à destination des sections locales qui en ont tant besoin ?

C.G : On a prévu de porter des revendications très précises pour Mayotte. Par exemple, j’ai insisté sur les deux points. La première, c’est qu’aujourd’hui, pour les fonctionnaires, quand on arrive à Mayotte, il y a une aide pour financer le logement locatif. Sauf que cette aide, on n’est pas capable de la recevoir si on est un fonctionnaire Mahorais. C’est donc c’est un grand paradoxe. Je viens à Mayotte, je fais valoir le fait que j’ai un intérêt matériel et moral, c’est-à-dire que je suis né ici, que j’ai de la famille, et on me dit que puisque c’est le cas, tu as ta mutation, mais pour autant, à cause de cela, tu n’as d’aide l’aide au loyer.

Alors qu’un fonctionnaire de l’Hexagone qui vient être muté ici, qui en plus ne restera pas, qui ne fera qu’un passage, lui, on l’aide à hauteur de 30% pour payer son loyer. On dit que le fonctionnaire, qu’il soit Mahorais, il doit être traité pareil. Donc, on demande de l’aide au logement pour tout le monde. Et que 30% de loyer soit payé par l’État pour tous ces fonctionnaires, Mahorais ou pas.

F.I : À votre arrivée à Mayotte, vous avez été confronté aux revendications des lycéens, notamment sur leurs conditions de vie et d’études. Comptez-vous également porter leurs messages dans l’Hexagone ?

C.G : La Force ouvrière a soutenu la mobilisation des lycéens. Ensuite, vous savez, leurs revendications, finalement, sont un peu les mêmes que celles de leurs professeurs. On veut des bâtiments en meilleur état, on veut moins de gamins par classe ou d’élèves par classe. Tout ça, on le porte aussi du côté enseignant. Donc, oui, on va faire remonter toutes ces revendications. On a fait les Finances publiques, on a fait la préfecture. On a les faits. Donc, on va regrouper les problématiques communes. Il y en a une sur laquelle on travaille beaucoup, c’est que, près de la préfecture, il y ait la construction d’un restaurant inter administratif qui permettrait à tous les fonctionnaires, le midi, d’avoir un repas de qualité, équilibré, à un prix faible. Il y aura une participation. On essaie aussi de faire beaucoup de choses pour que le premier fonctionnaire qui arrive ici, pour sa première affectation, son premier poste ou une mutation, et qu’il ait un logement au moins provisoire.

À Dembéni, la Semaine bleue rassemble une centaine de personnes âgées

À Dembéni, la Semaine bleue rassemble une centaine de personnes âgées

🎁 Article offert

Une centaine de personnes âgées se sont réunies ce mercredi 7 octobre sur le parking Mangrove, à côté de la Poste de Dembéni, dans le cadre de la Semaine bleue. Mobilisées avec l’appui des associations, elles ont participé à une journée consacrée aux rencontres entre générations, à la prévention et à l’accès aux droits.

Organisée par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Dembéni et la FMAPAR, cette journée s’inscrit dans la semaine nationale dédiée aux retraités et aux personnes âgées. Placée sous le thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! », elle vise notamment à lutter contre l’isolement et à favoriser le maintien de l’autonomie.

Des besoins d’accompagnement à Mayotte

Dans un département caractérisé par la jeunesse de sa population, les aînés restent peu nombreux. Le recensement de l’Insee de 2017 a dénombré environ 11 000 habitants de 60 ans ou plus à Mayotte, soit 4% de la population, une proportion six fois plus faible qu’en France métropolitaine. Leur accompagnement représente néanmoins un enjeu pour le territoire.

Une étude de l’Insee publiée en décembre 2023 a estimé à environ 1 000 le nombre de personnes de 60 ans ou plus en perte d’autonomie à Mayotte en 2021, soit 7% des seniors. L’étude indique que toutes ces personnes vivent à domicile au moment de l’enquête. Ces données soulignent l’importance de la prévention et de l’accompagnement dans la vie quotidienne.

Intégrer les aînés à la commune

Pour Asna Abasse, adjointe au maire chargée de l’égalité, de la solidarité et de la santé, et vice-présidente du CCAS, la Semaine bleue constitue un cadre pour intégrer pleinement les personnes âgées à la vie de la commune. Elle rappelle le rôle des parents et des grands-parents dans la construction des générations suivantes et insiste sur la nécessité de leur présenter les services proposés en leur faveur, avec les partenaires, le Département et la Sécurité sociale. « Nous sommes là pour les accompagner », souligne-t-elle. L’élue relève également une demande d’activités de la part des personnes âgées elles-mêmes. Certaines sollicitent des randonnées ou des séances de fitness, témoignant, selon elle, de leur volonté de prendre soin de leur santé. Pour Moinaecha, de l’Union départementale UDSSFM. « C’est pour permettre aux jeunes de découvrir leurs aînés, car ils ne les connaissent pas, et pour qu’on n’oublie pas nos ancêtres et ce qu’on a pu faire auparavant »

À Combani, un Village de l’insertion professionnelle le 15 octobre

À Combani, un Village de l’insertion professionnelle le 15 octobre

Le Village de l’insertion professionnelle se tiendra jeudi 15 octobre, de 8h à 12h, à la MJC de Combani. Ouvert à tous, ce rendez-vous réunira des acteurs de l’emploi, de la formation, de l’insertion et de l’entrepreneuriat afin de permettre au public de découvrir les dispositifs d’accompagnement disponibles à Mayotte.

Les participants pourront échanger directement avec les professionnels sur la recherche d’emploi, l’orientation, la formation ou encore la création d’entreprise. Partenaire de l’événement, l’Adie présentera notamment ses solutions d’accompagnement et de financement destinées aux porteurs de projet, en particulier à ceux qui rencontrent des difficultés pour accéder au crédit bancaire classique. L’entrée est libre.

Les Naturalistes de Mayotte dressent le bilan d’une année 2025 marquée par Chido

Les Naturalistes de Mayotte dressent le bilan d’une année 2025 marquée par Chido
* image d'illustration générée par ia

Les Naturalistes de Mayotte ont présenté leur rapport d’activité 2025, une année durant laquelle l’association a poursuivi ses actions de sensibilisation et de protection de la biodiversité malgré les conséquences du cyclone Chido. Elle comptait 1 177 adhérents, 29 salariés ou contrats et quelque 150 bénévoles mobilisés pour le suivi des tortues marines.

Au total, 94 sorties naturalistes ont réuni près de 1 400 participants, tandis que le Village Nature Nomade a sensibilisé 7 438 élèves. Sur le volet environnemental, 2 579 montées de tortues ont été recensées au cours de 95 nuits de suivi. Les équipes ont également poursuivi les programmes consacrés aux mangroves, au dugong et à la lutte contre l’érosion.

Le cyclone Chido a notamment endommagé les infrastructures de la réserve naturelle nationale de l’îlot Mbouzi, où les suivis scientifiques et les opérations de remise en état ont néanmoins été maintenus. L’association estime par ailleurs que la population de lémuriens bruns suivie sur le site a diminué d’environ 50 % après le cyclone.

L’IEDOM et l’IEOM lancent une nouvelle campagne de prévention contre les arnaques

L’IEDOM et l’IEOM lancent une nouvelle campagne de prévention contre les arnaques

Après une première campagne « STOP Arnaques » lancée en juin 2025, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) et l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) poursuivent leur action de prévention contre les fraudes bancaires. Une nouvelle campagne de sensibilisation est lancée ce lundi 5 octobre auprès des citoyens ultramarins.

L’objectif est de rappeler les réflexes à adopter alors que les escrocs utilisent de nombreux canaux pour récupérer de l’argent ou des données personnelles : appels téléphoniques, SMS, courriels ou réseaux sociaux. Les deux instituts recommandent notamment de vérifier régulièrement ses comptes bancaires afin de repérer rapidement une opération inhabituelle, et de ne pas cliquer sur les liens reçus par SMS ou courriel, en privilégiant une connexion directe au site officiel de sa banque.

L’IEDOM et l’IEOM rappellent également de ne jamais communiquer ses données bancaires, même à une personne se présentant comme un conseiller bancaire, et invitent à se méfier des placements promettant des rendements particulièrement élevés. “Si vous avez le moindre doute face à une situation inhabituelle, contactez votre banque”, recommandent les deux instituts.

“Une colère qui s’accumule depuis des années” : au lycée Younoussa-Bamana, les élèves attendent des réponses concrètes du rectorat

“Une colère qui s’accumule depuis des années” : au lycée Younoussa-Bamana, les élèves attendent des réponses concrètes du rectorat
Plusieurs lycéens ont pris la parole. Leur mobilisation rejoint celle des élèves de l’Hexagone mais leurs revendications émanent de problèmes plus anciens, insistent-ils.

Une semaine jour pour jour après leur première mobilisation place de la République, les lycéens du lycée Younoussa-Bamana ne relâchent pas la pression pour faire entendre leur voix face aux nombreuses difficultés qui s’accumulent depuis plusieurs années dans leur établissement. Ce mardi 6 octobre au matin, ils réclament des réponses concrètes de la part du rectorat.

De part et d’autre de la route qui longe le lycée Younoussa-Bamana, ce mardi 6 octobre au matin, les policiers surveillent attentivement les lycéens réunis en nombre pour manifester leur colère face à leurs conditions d’enseignement et, plus largement, à leurs conditions de vie au sein de l’établissement.

À côté des pancartes et des groupes d’élèves, des morceaux de cartouches de gaz lacrymogène utilisées pour disperser la foule sont encore visibles sur le sol, signe de la tension qui règne sur place.

Plus tôt dans la matinée, selon les lycéens présents, plusieurs d’entre eux ont tenté de bloquer l’accès au lycée à l’aide d’un cadenas fixé au portail d’entrée. Celui-ci a rapidement été coupé. Les lycéens ont alors tenté de barrer l’entrée avec des poubelles, aussitôt retirées par les forces de l’ordre.

Des violences condamnées par les lycéens mobilisés

L’affrontement finit par éclater et se prolonge en course poursuite jusqu’au rond-point du Manguier, tandis que les gaz lacrymogènes touchent également une partie de la population présente sur les trottoirs. 

“Des gens qui ne sont pas dans le lycée sont venus pour caillasser et ça nous décrédibilise !”, lance Zamila, représentante des élèves, sur le parvis de l’établissement, peu après les échauffourées.

Un sentiment partagé par de nombreux lycéens ce matin, qui dénoncent ces violences. “On a peur qu’on nous dise que nous les élèves on veut tout casser alors qu’on veut juste manifester. Cela nous met mal à l’aise. On a réellement envie de mettre une barrière entre leurs actions et nos revendications”, insiste une lycéenne en classe de terminal, qui souhaite rester anonyme.

Une volonté d’autant plus pressante que les représentants des lycéens, dont Zamila, doivent être reçus par la rectrice Valérie Debuchy dans la journée. Pour eux, cette rencontre ne doit pas être centrée sur les violences, mais bien sur les problèmes de fond qui les ont poussés à se mobiliser. 

Micro dans la main, la représentante rappelle à ses camarades l’importance de connaître et de faire valoir leurs droits, mais aussi de se mobiliser et de faire entendre leur voix. Un discours accueilli sous les applaudissements des élèves encore présents en nombre et qui n’ont pas souhaité se rendre en cours, pourtant maintenus ce mardi. Seuls quelques professeurs se sont joints au mouvement.

“On trouvait ça insensé que eux se révoltent et pas nous !”

Parmi les principales revendications exprimées par les lycéens figurent les classes surchargées, le manque de personnels et de matériel, les toilettes en mauvais état, la chaleur dans certaines salles, les difficultés de transport et les problèmes de sécurité sur les trajets et aux abords de l’établissement. Ils pointent également les conditions de restauration scolaire difficiles et les risques liés aux travaux de reconstruction du lycée après Chido, autant de difficultés qui, selon eux, dégradent leurs conditions d’étude au quotidien.

“On a globalement les mêmes soucis que les lycéens dans l’Hexagone mais nous on a des problèmes qui se cumulent à Mayotte, dedans et en dehors du lycée !”

Des revendications qui s’inscrivent dans les mouvements lycéens lancés dans l’Hexagone, plus précisément en Île-de-France, depuis la fin septembre, ainsi que dans l’appel à la mobilisation nationale de ce mardi 6 octobre, mais qui, à Bamana, prennent racine dans des difficultés dénoncées par les élèves depuis bien plus longtemps, notamment depuis le passage du cyclone Chido, en décembre 2024.

“On a globalement les mêmes soucis que les lycéens dans l’Hexagone mais nous on a des problèmes qui se cumulent à Mayotte, dedans et en dehors du lycée ! On trouvait ça insensé que eux se révoltent et pas nous ! Cela nous a nourris”, observe une lycéenne en classe de première.

“On est des élèves comme tous les autres élèves de France, on souhaite travailler dans de bonnes conditions”, souligne une autre. “Le souci c’est qu’après, malgré ces difficultés on cherche de nous d’être dans la perfection. Une colère qui s’accumule depuis des années ne se calme pas comme ça !”.

Une absence de prise au sérieux qui ajoute à la colère

Depuis la route, les bâtiments réparés après Chido, flambant neufs pour certains, sont bien visibles. Mais derrière eux, plusieurs salles de classe restent détruites ou laissées à l’abandon. Les élèves passent devant ces bâtiments jour après jour.

Le 29 septembre dernier, lors de la première grande journée de mobilisation nationale, à laquelle l’Union syndicale lycéenne appelait les élèves à se mobiliser dans “tous les lycées”, plusieurs élèves du lycée Younoussa-Bamana avaient rejoint le cortège des manifestants place de la République, avant qu’une réunion ne soit organisée entre les représentants des élèves et la direction de l’établissement, assurent les élèves rencontrés ce matin.

“Depuis rien n’a évolué”, déplore une lycéenne. “Le proviseur nous a même dit en rigolant qu’on pouvait faire la grève pendant 3 mois cela n’allait rien changer”. Une absence de prise au sérieux qui ajoute à la colère. “Dorénavant on ne veut plus parler à la direction tant que le rectorat ne fait rien”.

“Ils nous laissent nous fatiguer dehors, ils attendent que les vacances arrivent pour ne rien faire”, ajoute-t-elle, avant de suivre ses amies à l’intérieur du lycée. Contacté, le rectorat n’a, pour le moment, apporté aucune information supplémentaire sur la situation et les réponses à mettre en place.

Peu après 11 h, la grande majorité des élèves ont finalement rejoint leurs salles de classe pour participer aux cours. Un retour au calme qui marque la fin de la mobilisation pour la journée, mais qui ne suffit pas à éteindre la colère des lycéens, en attente désormais de réponses concrètes.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Les 2 visages de la manifestation lycéenne à Kaweni

Les 2 visages de la manifestation lycéenne à Kaweni
Les policiers étaient présents pour surveiller les lycéens mais aussi empêcher le blocage, selon les élèves.

La mobilisation des lycéens s’est poursuivie ce mardi dans plusieurs établissements de Mayotte. À Kaweni, alors que les élèves du lycée des Lumières ont pu exprimer leurs revendications à l’intérieur de l’établissement, la situation a été beaucoup plus tendue aux abords du lycée polyvalent, où des affrontements ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre. Des incidents ont également été signalés à Chirongui, tandis que le lycée de Sada est resté fermé.

Deux ambiances très différentes régnaient ce mardi dans les lycées de Kaweni. Aux Lumières, la mobilisation avait été préparée en amont avec la direction de l’établissement. Les revendications des élèves avaient notamment été recensées lors d’un conseil de la vie lycéenne et le proviseur avait donné son accord à leur expression, à une condition : que la manifestation reste à l’intérieur de l’enceinte scolaire.

L’objectif était précisément d’éviter que des jeunes extérieurs au lycée ne se greffent au mouvement et que la mobilisation ne dégénère. Les élèves ont donc manifesté au sein de l’établissement, encadrés notamment par des représentants syndicaux de la CGT et de la FSU.

Par précaution, la direction a néanmoins demandé à tous de quitter l’établissement à partir de 10 heures. Ce mercredi sera une journée banalisée, avec notamment une assemblée générale et des réunions entre enseignants et représentants syndicaux afin de réfléchir aux suites du mouvement.

Des journées qui commencent à 5 heures et se terminent à 20 heures

Derrière la mobilisation se trouvent des revendications très concrètes sur les conditions de scolarité. Aux Lumières, les élèves et enseignants dénoncent notamment l’état des sanitaires et de certains bâtiments, dont les conséquences du cyclone Chido sont encore visibles, mais également le manque de salles et d’enseignants, notamment en histoire-géographie.

L’établissement doit par ailleurs composer avec des effectifs trop importants. Une organisation a été mise en place afin que tous les élèves ne soient pas présents simultanément, mais elle reste insuffisante selon une enseignante et représentante syndicale interrogée ce mardi.

La question des transports scolaires cristallise également le mécontentement. Certains élèves sont récupérés par leur bus dès 5 heures ou 5 h 30 et, après une fin des cours à 17 heures, ne regagnent parfois leur domicile que vers 20 heures. Une amplitude qui complique sérieusement le travail personnel à la maison. Parmi les pistes évoquées figure notamment une meilleure répartition des rotations de bus au cours de la journée.

Affrontements autour du lycée polyvalent

À quelques encablures de là, la situation a été beaucoup plus tendue autour du lycée polyvalent de Kaweni. De violentes altercations ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre, qui ont notamment fait usage de grenades lacrymogènes.

Selon les informations que nous avons pu recueillir, une partie des fauteurs de troubles seraient des jeunes non scolarisés du quartier venus se greffer à la mobilisation lycéenne. Une intrusion aurait également eu lieu dans l’établissement vers 14 heures, conduisant à son évacuation.

En l’absence de réponse de la police et du rectorat ce mardi soir, aucun bilan officiel de ces incidents n’avait toutefois pu nous être communiqué à l’heure où nous écrivions ces lignes.

À Chirongui, des parents interviennent

Des tensions ont également éclaté à Chirongui entre des jeunes et les forces de l’ordre. Des parents se sont mobilisés pour tenter de ramener le calme et ont même interpellé l’un des jeunes impliqués avant de le remettre à la gendarmerie.

S’ils disent soutenir les revendications de leurs enfants sur leurs conditions de scolarité, ils refusent en revanche les violences et déplorent que des jeunes sans lien avec les revendications lycéennes profitent du mouvement pour commettre des exactions.

À Sada, la prudence a conduit à une décision plus radicale : l’établissement est resté totalement fermé après la circulation de messages particulièrement violents comprenant notamment des menaces de mort visant certains élèves. Leur origine et leur contexte restaient inconnus ce mardi soir.

Enfin, en Petite-Terre, la mobilisation s’est poursuivie sans violences signalées selon les informations dont nous disposions.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Limitation de viande rouge, davantage une gêne momentanée qu’une véritable pénurie

Limitation de viande rouge, davantage une gêne momentanée qu’une véritable pénurie
Un retour à la normale constaté hier, mardi. La viande de bœuf a fait son grand retour dans les congélateurs des supermarchés de Mamoudzou.

Plus de peur que de mal : Mayotte ne connaît pas de pénurie de viande bovine actuellement. La raréfaction de cette précieuse denrée alimentaire constatée ces derniers jours aurait résulté d’un dysfonctionnement de quelques jours au port de Longoni, consécutif au bras de fer opposant le Département de Mayotte aux deux manutentionnaires, Manu-Port et Mayotte Channel Gateway (MCG). Les travaux du Caribus dans la zone industrielle de Kawéni auraient également contribué à cette raréfaction de la viande rouge dans les congélateurs des supermarchés.

Il n’y a pas que le poisson du lagon et du grand large qui vient à manquer dans les commerces à Mayotte : la viande rouge aussi s’est considérablement raréfiée depuis un bon moment déjà. Et lorsqu’elle réapparaît dans les congélateurs des supermarchés locaux, c’est pour une durée extrêmement brève.

Le personnel des grandes surfaces n’est pas en mesure d’apporter une explication cohérente à cette raréfaction, sans pour autant la qualifier simplement de pénurie. « Nul ne sait ce qui se passe vraiment. Nous constatons simplement une disparition progressive de la viande rouge dans les grandes surfaces », fait remarquer une vendeuse de brochettes de Kawéni rencontrée dans l’un des centres commerciaux de la zone industrielle.

« C’est très embêtant pour nous autres, car notre clientèle est déjà habituée à se voir proposer un choix varié de viandes : rouge, blanche et produits de la mer. Le poisson étant le premier à manquer, voilà maintenant que la viande de bœuf importée d’Europe et d’Amérique du Sud suit le même mouvement. Ça devient très compliqué pour notre business. Tout le monde n’est pas forcément fan de wabawa ou mavaja », explique-t-elle, en précisant qu’il s’agit, en shimaoré, des ailes et des cuisses de poulet.

En effet, un rapide coup d’œil dans les rayons froids permet de constater l’absence du produit en question dans les congélateurs. Un agent de rayon d’une enseigne du groupe Sodifram explique que ses employeurs sont les seuls à commercialiser de la viande de bœuf en découpe, mais avec une certaine parcimonie.

Sur ses suggestions, nous nous déplaçons de l’autre côté de Mamoudzou, au centre commercial du Baobab. Alléluia ! Il y en a de nouveau dans deux congélateurs, mais à peine sur un quart de leur surface.

« Monsieur, n’hésitez pas, ne réfléchissez pas trop, parce que tout ça va disparaître en un clin d’œil », souligne Moina Maoulida Abdou, une quinquagénaire de Mtsapéré-Mtsangani.

« C’est devenu un produit de luxe depuis trois mois maintenant, presque du caviar ! Qui veut en manger doit oublier son prix au kilogramme », souligne-t-elle avec un petit sourire malicieux, « à moins que vous ne vouliez manger de la viande de cheval comme certains : le kilo ne coûte que 5 euros ! »

À peine remplis, les congélateurs se vidaient aussitôt dans les supermarchés

À y regarder de plus près, la dame de Mtsapéré n’a nullement tort : le prix de la viande de bœuf atteint des records ! Vendue dans des sachets plastiques transparents, la portion de deux kilos et quelques tourne autour de 22 à 30 euros, le poids étant variable d’un sachet à l’autre.

Lorsqu’un usager interroge une employée du magasin pour connaître les raisons de ce changement d’emballage, celle-ci explique que c’est la seule façon que sa hiérarchie a trouvée pour assurer une distribution au plus grand nombre de consommateurs.

La viande se présente en deux catégories : une première très graisseuse et une seconde contenant un peu moins de graisse.

« C’est celle-ci que préfère particulièrement la clientèle locale, et ça se voit, car les congélateurs se vident très vite. À peine remplis, ils se vident quasi automatiquement », confie un agent du rayon froid, vêtu d’un tee-shirt rouge frappé au centre d’un coq bleu, les couleurs du groupe Sodifram.

En effet, au bout de 30 minutes, il ne restait plus grand-chose.

L’achat de viande de bœuf a même été soumis à condition il y a quelques jours. Le traditionnel sac de 10 kg en amidon de maïs était non seulement vendu à quasiment 100 euros, mais un écriteau placé dans le congélateur indiquait qu’un foyer ne pouvait en acquérir qu’une seule unité.

« Il ne s’agit pas d’une restriction arbitraire de notre groupe. La viande de bœuf est très peu disponible sur le territoire depuis quelque temps. Notre devoir est de nous assurer qu’un maximum de personnes puisse s’en procurer. »

Heureusement, il en est autrement pour l’agneau, qui se décline sous différentes formes et catégories dans les congélateurs voisins. Bien que celle-ci soit plus chère que la viande bovine, elle ne semble pas, a priori, sujette à une pénurie. La volaille, quant à elle, trône en majesté dans tous les supermarchés de l’île.

Les tensions au port de Longoni à l’origine du rationnement momentané de viande de bœuf importée à Mayotte

Il a fallu attendre hier matin, mardi 6 octobre 2026, pour obtenir une explication cohérente à cette raréfaction momentanée de la viande de bœuf à Mayotte ces derniers jours.

Elle serait directement liée au bras de fer qui a opposé le Département de Mayotte aux manutentionnaires MCG et Manu-Port à Longoni. Les tensions résultant de ce bras de fer n’auraient pas permis aux grandes enseignes de la place de réceptionner à temps leurs conteneurs, d’où cette rareté que le consommateur a considérée comme une pénurie.

À ce premier facteur se serait adjoint un second : les travaux du Caribus à Kawéni, qui limitaient très sensiblement la circulation des poids lourds à l’entrée nord de Mamoudzou.

Un retour à la normale a effectivement été constaté dans le courant de la matinée d’hier, mardi. Les congélateurs étaient à nouveau largement approvisionnés — et de façon continue — en viande rouge, au grand bonheur des consommateurs.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes