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Opération Tranquillité Vacances : un rempart contre les cambriolages à Mayotte ?

Opération Tranquillité Vacances : un rempart contre les cambriolages à Mayotte ?

À l’heure des départs en vacances, les forces de l’ordre renforcent leur dispositif de prévention contre les cambriolages. À Mayotte, l’Opération Tranquillité Vacances (OTV) monte en puissance afin de rassurer les habitants qui s’absentent plusieurs jours ou plusieurs semaines. Gratuit, ce service permet aux particuliers de faire surveiller leur domicile par les policiers ou les gendarmes durant leur absence. Un dispositif qui, face à la hausse des cambriolages sur le territoire, entend jouer un rôle dissuasif.

Concrètement, après inscription, les forces de l’ordre effectuent des rondes régulières aux abords des habitations signalées. Ces passages, réalisés de jour comme de nuit, visent à détecter toute tentative d’effraction ou comportement suspect. En cas d’anomalie, les occupants ou leurs contacts sont immédiatement informés.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les cambriolages de logements ont progressé de 26 % à Mayotte en 2025 par rapport à l’année précédente. Le département enregistre ainsi 7,6 cambriolages pour 1 000 habitants, contre 5,6 pour 1 000 habitants en moyenne sur l’ensemble du territoire national. Des chiffres qui illustrent les enjeux de la sécurisation des habitations, particulièrement durant les périodes de vacances.

À Mayotte, près de 800 policiers sont mobilisés, aux côtés des militaires de la gendarmerie, pour assurer ce dispositif. Tous les effectifs de terrain sont susceptibles d’intervenir dans le cadre de l’OTV. À Mamoudzou, où les secteurs d’intervention couvrent un vaste périmètre, les patrouilles sont adaptées en fonction des besoins et des signalements.

La Direction territoriale de la Police nationale rappelle toutefois que ce service ne se substitue pas à une entreprise de gardiennage. « C’est un service qui ne remplace pas les agences de sécurité. Nous assurons des passages réguliers et renforçons les patrouilles afin de vérifier qu’aucune atteinte aux biens n’a été commise. Nous effectuons également des contrôles aux abords des habitations afin de cibler les secteurs où de nombreuses personnes sont en vacances. Ces opérations ont lieu plusieurs fois par jour, de jour comme de nuit. Aucun jour ne ressemble au suivant », explique-t-elle.

Le dispositif s’est également modernisé avec un suivi numérique. Grâce à l’application OTV, les bénéficiaires peuvent être informés en temps réel des passages effectués à leur domicile. Ils peuvent ainsi consulter les horaires des contrôles et le nombre de rondes réalisées pendant leur absence.

En ce début de vacances scolaires, les demandes d’inscription sont déjà nombreuses. Pour bénéficier de ce service gratuit, les particuliers doivent simplement effectuer une démarche en ligne via les plateformes Ma Sécurité ou Service-Public.fr, ou directement auprès d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie.

Créée en 1974 en France hexagonale, l’Opération Tranquillité Vacances est aujourd’hui déployée sur l’ensemble du territoire français. À Mayotte, où les atteintes aux biens demeurent une préoccupation majeure, les autorités espèrent que ce dispositif contribuera à renforcer la prévention, à dissuader les actes de délinquance et à offrir davantage de sérénité aux habitants pendant leurs absences estivales.

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MaoreNafassi veut faire vibrer le sud de Mayotte avec un été placé sous le signe de la jeunesse

MaoreNafassi veut faire vibrer le sud de Mayotte avec un été placé sous le signe de la jeunesse

Pour la sixième année consécutive, l’association MaoreNafassi revient avec une programmation estivale destinée à rassembler la jeunesse du sud et de tout Mayotte. Fondée par Madi Ousseni Abdillah et Cheik Ahamed Moullaydine, l’association entend promouvoir le sport, la culture et le vivre-ensemble à travers une série d’événements organisés de juillet à août. L’association a notamment pour vocation de lutter contre l’oisiveté des jeunes pendant les vacances scolaires en proposant des activités sportives, culturelles et citoyennes.

Créer des moments de convivialité, promouvoir le vivre-ensemble et offrir des alternatives aux jeunes pendant les vacances. C’est l’ambition affichée par MaoreNafassi, une nouvelle association née dans le sud de Mayotte sous l’impulsion de Madi Ousseni Abdillah et Cheik Ahamed Moullaydine.

À travers une programmation riche qui s’étalera de juillet à août, les fondateurs souhaitent répondre à un constat simple : dans le sud de l’île, les occasions doivent rassembler les jeunes autour d’activités sportives et culturelles restent encore limitées, particulièrement durant les vacances scolaires.

« Nous voulons créer une dynamique positive, permettre aux jeunes de se retrouver autour d’événements fédérateurs et montrer que l’on peut aussi animer le territoire avec des projets construits par des Mahorais pour les Mahorais », expliquent les initiateurs de l’association.

Un programme rythmé tout au long de l’été

Pour son sixième été d’existence, MaoreNafassi ne manque pas d’ambition. Dès le 11 juillet, l’association a ouvert les festivités avec des Jeux olympiques, une journée dédiée aux disciplines sportives et aux défis collectifs, destinée à favoriser l’esprit d’équipe et la convivialité.

Quelques jours plus tard, le 14 juillet, place au Handball Inter League, une compétition réunissant plusieurs équipes locales. L’objectif est de mettre en valeur les talents sportifs du territoire tout en favorisant les échanges entre les communes du sud.

Le 19 juillet, les amateurs de football en salle auront rendez-vous pour une Futsal Cup, qui devrait attirer de nombreux jeunes passionnés de ballon rond.

La programmation se poursuivra le 26 juillet avec une Jersey Party, un événement festif où les participants seront invités à porter les couleurs de leur équipe ou de leur club favori dans une ambiance musicale.

Le mois d’août ne sera pas en reste. MaoreNafassi prévoit l’organisation d’un barbecue géant, pensé comme un moment de rencontre entre les habitants, avant de clôturer la saison estivale avec une White Party, prévue le 8 août, où le blanc sera à l’honneur.

Une jeunesse au cœur du projet

Au-delà de la dimension festive, les fondateurs insistent sur la vocation sociale de leur association. Pour eux, ces événements doivent permettre de renforcer les liens entre les jeunes, de favoriser le respect, la solidarité et le vivre-ensemble.

Dans un contexte où les vacances scolaires peuvent parfois laisser certains adolescents sans activité, MaoreNafassi souhaite proposer des rendez-vous accessibles au plus grand nombre.

L’association entend également valoriser les initiatives locales en associant bénévoles, sportifs, artistes et partenaires du territoire à l’organisation des différents événements.

Faire vivre le sud de Mayotte

Avec cette programmation de la sixième édition de MaoreNafassi espère inscrire durablement son action dans le paysage associatif mahorais. Les fondateurs souhaitent faire de ces rendez-vous estivaux un événement attendu chaque année et développer progressivement de nouvelles activités tout au long de l’année.

Au-delà des animations, l’association affiche une volonté plus large : contribuer au dynamisme du sud de Mayotte, renforcer l’engagement citoyen et offrir à la jeunesse des espaces où se retrouver dans un cadre positif.

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Les chauffeurs de taxis inquiets face à la montée en puissance des bus publics

Les chauffeurs de taxis inquiets face à la montée en puissance des bus publics

L’essor des nouveaux réseaux de transports en commun à Mayotte fragilise fortement l’activité des chauffeurs de taxi. Avec le déploiement des réseaux M’safara, Caribus et des bus de la Communauté de communes du Centre-Ouest, de nombreux usagers privilégient désormais ces solutions, souvent gratuites ou moins coûteuses, au détriment des taxis collectifs.

Conséquence, les professionnels constatent une chute spectaculaire de leurs revenus. Là où une journée pouvait autrefois rapporter jusqu’à 180 euros, certains peinent désormais à dépasser les 50 euros, tout en devant assumer les frais de carburant et d’exploitation. Les chauffeurs évoquent également des trajets effectués avec un seul passager, rendant leur activité de moins en moins rentable.

Face à cette nouvelle concurrence, la profession s’interroge sur son avenir. Les représentants des taxis estiment qu’une adaptation de leur modèle économique devient indispensable, notamment en développant davantage le transport individuel, afin de préserver une activité menacée par la transformation de la mobilité sur le territoire.

Petite-Terre : Deux nouvelles permanence administratives

Petite-Terre : Deux nouvelles permanence administratives

À partir du 20 juillet 2026, la Maison France Services de Petite-Terre ouvre deux nouvelles permanences administratives de proximité. La première se tiendra tous les mercredis à Dagoni Oupi (15 route des Badamiers, Dzaoudzi-Labattoir), la seconde tous les jeudis au Programme de Réussite Éducative et Lieu d’Accueil Enfants-Parents (PRE-LAEP), 8 rue Jeanne d’Arc à Pamandzi. Ouvertes de 8h à 12h et de 13h30 à 16h, l’accès y est gratuit et sans rendez-vous.

Cette solution de proximité répond à un constat de difficultés d’accès aux services administratifs pour les habitants des secteurs les plus éloignés de Labattoir. Assurées par Nasbati, adulte relais et conseillère numérique, ces permanences accompagnent gratuitement les usagers dans leurs démarches administratives et numériques, dans les mêmes conditions qu’à la Maison France Services.

Aidants familiaux : à Bandrélé, une journée pour faire connaître leurs droits

Aidants familiaux : à Bandrélé, une journée pour faire connaître leurs droits

Une cinquantaine d’aidants familiaux ont participé ce mercredi à la « Journée des aidants » organisée à la MJC de Nyambadao par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Bandrélé, en partenariat avec la commune, la CSSM et le Département-Région de Mayotte. L’événement visait à mieux informer les personnes qui accompagnent au quotidien un proche âgé, malade ou en situation de handicap sur les dispositifs d’aide et les droits auxquels elles peuvent prétendre.

Plusieurs structures spécialisées, dont l’APAJH, la MDPH, l’UTAS, Autisme Mayotte et des associations d’aide à domicile, étaient présentes pour orienter les participants et répondre à leurs questions. Cette action s’inscrit dans le cadre du programme « Mon parcours aidant », développé par le CCAS de Bandrélé afin de faciliter les démarches administratives, renforcer l’accompagnement des aidants et leur permettre d’identifier les interlocuteurs compétents selon leurs besoins.

La journée s’est achevée par un temps consacré au bien-être et au répit des aidants, une manière de reconnaître leur engagement quotidien et de mettre en lumière un rôle souvent méconnu, mais indispensable dans l’accompagnement des personnes les plus fragiles.

Grand Nord : Journée bien être et patrimoine local

Grand Nord : Journée bien être et patrimoine local

L’Office de Tourisme du Grand Nord de Mayotte organise, samedi 25 juillet 2026, de 8h30 à 16h00, une journée dédiée au bien-être et au patrimoine local. Rendez-vous au parking du lycée du Nord, à Mtsangadoua, pour un événement gratuit et ouvert à tous. Au programme : des stands de produits naturels (huiles, plantes médicinales, cosmétiques et objets artisanaux), la découverte de pratiques traditionnelles comme le M’sindzano, le henné et les jasmins, ainsi que des animations culturelles avec le Mbiwi et le Debaa. Une marche et une visite guidée permettront également de retracer l’histoire de Fassi Fani (Mtsanga Fanou). Petite restauration et rafraîchissements locaux seront proposés sur place. À travers cette journée, l’Office de Tourisme entend favoriser le bien-être physique et mental des participants, dynamiser le territoire et mettre en lumière les savoir-faire ancestraux du Grand Nord.

Électricité de Mayotte : enfin un bénéfice financier significatif pour le Département-Région !

Électricité de Mayotte : enfin un bénéfice financier significatif pour le Département-Région !

Réuni en Assemblée générale ordinaire le 25 juin 2026, le conseil d’administration d’Électricité de Mayotte (EDM) a adopté la résolution n° 2 portant sur l’affectation du résultat de l’exercice clos au 31 décembre 2025. Celle-ci prévoit le versement d’un dividende de 8 millions d’euros ainsi que l’affectation du solde, soit 106 122 643 euros, en report à nouveau. Une annonce qui a suscité la satisfaction de nombreux usagers.

C’est une première dans l’histoire de l’entreprise. Électricité de Mayotte s’apprête à verser un dividende de 8 millions d’euros au Département-Région de Mayotte. Une décision exceptionnelle pour cette société, qui détient le monopole de la production et de la distribution d’électricité sur le territoire depuis 1977.

Bien que le Département soit l’actionnaire majoritaire de l’entreprise, il a longtemps été considéré comme un simple spectateur, les décisions stratégiques étant largement influencées par l’État, à travers Électricité de France (EDF) et plusieurs de ses filiales, pourtant actionnaires minoritaires. Cette situation a été dénoncée à de nombreuses reprises par les syndicats de l’entreprise, qui réclament depuis plusieurs années la nationalisation d’EDM.

Parmi les griefs régulièrement avancés figure l’utilisation des importantes subventions européennes. Selon les représentants du personnel, une partie de ces financements aurait été redistribuée sous forme de dividendes plutôt que d’être investie dans le développement du réseau électrique, notamment pour l’enfouissement des lignes à haute tension dans les 17 communes de Mayotte.

Dans un contexte où la loi prévoit à terme l’intégration d’EDM au sein d’EDF, l’annonce du versement de ces 8 millions d’euros au Département est plutôt bien accueillie.

C’est notamment le cas d’Abdoulatif Chadouli, artisan dans le secteur du BTP, qui estime que cette distribution de dividendes permettra au Département de ne pas avoir le sentiment d’avoir cédé un actif stratégique sans contrepartie suffisante. Selon lui, cette décision revêt une importance symbolique pour les Mahorais et il espère que cette somme sera utilisée au profit du développement de Mayotte.

Cette décision historique a été prise le 25 juin 2026, à la suite d’un résultat net de 10 352 208 euros enregistré par la société. Les élus départementaux ayant participé au vote ont remercié le président Ben Issa Ousséni pour la confiance qu’il leur a accordée, soulignant que celle-ci a permis l’adoption unanime de cette résolution par le conseil d’administration d’Électricité de Mayotte.

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La culture sur brûlis toujours pointée du doigt après plusieurs incendies

La culture sur brûlis toujours pointée du doigt après plusieurs incendies
À Mayotte, près de neuf départs de feu sur dix recensés en 2025 seraient liés à la culture sur brûlis, une pratique agricole ancienne qui continue d’alimenter les incendies.

Les sapeurs-pompiers sont engagés sur plusieurs feux de végétation à Hajangoua, Tsimkoura et Mronabéja. À Mayotte, la culture sur brûlis est à l’origine de la majorité des incendies, malgré les campagnes de prévention. Les secours doivent également faire face à un relief difficile d’accès et à un réseau de points d’eau insuffisant pour lutter efficacement contre les flammes.

Alors que plusieurs régions de l’Hexagone sont confrontées à une saison des feux particulièrement intense, avec des milliers d’hectares déjà partis en fumée, Mayotte fait face à une réalité différente. Les surfaces touchées y sont bien plus limitées, mais la fréquence des départs de feu, souvent d’origine humaine, constitue un défi récurrent pour les services de secours et menace un patrimoine naturel particulièrement fragile.

À Hajangoua, un incendie est en cours depuis lundi. Environ cinq hectares de végétation ont déjà été détruits par les flammes, qui progressent désormais en direction de la réserve forestière, faisant craindre une extension du sinistre à une zone naturelle sensible.

La situation est également préoccupante à Tsimkoura, où deux foyers distincts sont actifs. Le premier remonte vers la crête, tandis que le second se propage en direction des habitations. Les équipes de secours sont déployées sur place afin de contenir les flammes et protéger les riverains.

Un autre départ de feu a été signalé à Mronabéja. Selon les premiers éléments, il serait lié à une pratique de culture sur brûlis, régulièrement mise en cause dans les incendies de végétation à Mayotte. Malgré les campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les acteurs du monde agricole, cette méthode de défrichement par le feu continue de provoquer de nombreux sinistres.

Une pratique toujours à l’origine de la majorité des incendies

Si les incendies observés à Mayotte restent sans commune mesure avec ceux qui frappent actuellement l’Hexagone, où plus de 2 000 hectares ont récemment été ravagés dans la forêt de Fontainebleau, la situation locale demeure préoccupante. La culture sur brûlis serait à l’origine de près de 90 % des départs de feu recensés sur l’île en 2025. L’an dernier, près de 300 hectares de végétation avaient ainsi été détruits.

Malgré les mises en garde répétées des autorités, cette pratique ancestrale de défrichement reste largement utilisée pour préparer les parcelles agricoles. En période sèche, le moindre manque de maîtrise peut rapidement transformer un feu de nettoyage en incendie de végétation.

Des interventions compliquées par le relief et le manque d’eau

Les interventions des pompiers mahorais sont rendues particulièrement complexes par les spécificités du territoire. L’absence de moyens aériens limite les possibilités d’attaque des feux situés sur les reliefs les plus escarpés, où les équipes doivent intervenir à pied.

À cette difficulté s’ajoute un accès à l’eau souvent insuffisant. Dans plusieurs villages, les bouches d’incendie sont trop rares ou trop éloignées des zones d’intervention, obligeant les secours à effectuer de longs ravitaillements. Des contraintes qui allongent les délais d’intervention et compliquent la maîtrise rapide des incendies, notamment lorsque plusieurs foyers sont actifs simultanément.

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Climat : le Sénat veut faire des outre-mer des acteurs des négociations internationales

Climat : le Sénat veut faire des outre-mer des acteurs des négociations internationales

Encore trop peu associés à la diplomatie climatique française, les territoires ultramarins devraient siéger pleinement dans les délégations nationales lors des COP et devenir des points d’appui de la France dans leur environnement régional, estime une mission d’information du Sénat.

Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en décembre 2024, illustre la forte vulnérabilité des territoires ultramarins face au dérèglement climatique. Dans un rapport consacré à « la diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension », le Sénat appelle à mieux intégrer cette réalité dans la stratégie climatique de la France.

Enregistré le 7 juillet, le document est le résultat de cinq mois de travaux conduits par une mission d’information présidée par le sénateur Rachid Temal et dont Teva Rohfritsch était le rapporteur. Trente-deux auditions ont été menées, notamment celles de l’ancien président François Hollande, de l’ancien président de la COP21 Laurent Fabius et de plusieurs scientifiques. Au total, les sénateurs formulent 34 recommandations.

Dans ce rapport de plus de 200 pages, Mayotte est mentionnée parmi les territoires qui se trouvent « en première ligne ». La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, rappelle que Chido, comme le cyclone Garance à La Réunion en février 2025, a montré « avec brutalité » l’exposition des îles françaises. « Ce ne sont pas des événements exceptionnels […] mais bien des signaux de ce qui nous attend si nous n’agissons pas différemment », avait-elle déclaré devant la mission.

Une saison sèche encore moins arrosée à Mayotte

Les sénateurs insistent notamment sur la vulnérabilité des outre-mer face aux sécheresses. Sur des territoires insulaires, les ressources en eau et les capacités de stockage sont limitées, tandis que l’isolement rend les conséquences des catastrophes plus difficiles à absorber.

Pour Mayotte, les projections reprises dans le rapport annoncent une diminution moyenne d’environ 30 % des pluies pendant la saison sèche d’ici à 2100, par rapport à la période 1991-2020. Une évolution qui risque de rendre encore plus critique l’accès à l’eau.

À ces tensions s’ajoutent les risques cycloniques, l’érosion du littoral, le réchauffement de l’océan et la fragilisation des récifs coralliens. Les sénateurs soulignent également que les vulnérabilités sociales et économiques déjà présentes dans les outre-mer amplifient les conséquences des phénomènes climatiques.

Ils reprennent à ce titre l’expression d’« injustice climatique profonde » employée par Naïma Moutchou : les territoires ultramarins contribuent très peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais figurent parmi ceux qui en subissent les conséquences les plus lourdes.

Une diplomatie jugée « trop hexagonale »

Pour la mission d’information, les outre-mer ne doivent toutefois pas être présentés uniquement comme des victimes du dérèglement climatique. Leur expérience des cyclones, des submersions, de la raréfaction de l’eau et de la protection des espaces marins doit aussi servir à construire la position française dans les négociations internationales.

Le rapport constate pourtant que leur participation demeure insuffisante. Lorsqu’ils sont présents dans les délégations françaises aux grandes conférences climatiques, leur place est encore souvent ponctuelle ou limitée à celle d’observateurs. Les sénateurs appellent donc à sortir d’une approche jugée « trop hexagonale ».

Ils proposent d’organiser, avant chaque COP, une concertation structurée avec les territoires ultramarins. Leurs collectivités devraient également être pleinement intégrées à la délégation française et pouvoir participer aux négociations portant sur leurs compétences ou leur environnement régional.

Pour Mayotte, une telle évolution permettrait notamment de faire entendre les enjeux propres au canal du Mozambique : adaptation du bâti aux cyclones, sécurisation de l’approvisionnement en eau, protection du lagon, biodiversité marine ou encore coopération avec les pays voisins de l’océan Indien.

Des moyens permanents pour monter les projets

La participation aux conférences internationales ne suffira pas, prévient cependant la mission. Elle recommande aussi de créer dans chaque territoire des capacités permanentes d’ingénierie environnementale et climatique.

Ces équipes auraient pour rôle d’aider les collectivités à préparer leurs projets, à coordonner les politiques d’adaptation et à mobiliser les financements nationaux, européens ou internationaux. Un enjeu particulièrement important pour les petites collectivités, qui disposent rarement des personnels nécessaires pour répondre à des appels à projets complexes.

Le mandat d’Expertise France pourrait également être étendu aux territoires ultramarins afin de soutenir cette ingénierie publique. Les sénateurs souhaitent plus largement que les financements internationaux accordent davantage de place à l’adaptation des États insulaires et des pays africains, en associant lorsque cela est possible les territoires français voisins.

Mayotte comme point d’appui dans l’océan Indien

Le Sénat propose enfin de faire des outre-mer des « laboratoires de référence » de l’adaptation climatique. Les solutions développées localement pourraient être reprises ailleurs en France, mais également partagées avec les pays exposés aux mêmes risques.

Dans cette logique, Mayotte pourrait devenir un point d’appui de la diplomatie climatique française dans l’océan Indien et auprès des États africains et insulaires de la région. La stratégie nationale proposée par les sénateurs devrait d’ailleurs intégrer une véritable dimension indo-pacifique, centrée sur la résilience des îles, la sécurité maritime, la biodiversité et l’économie bleue.

Le rapport invite ainsi l’État à ne plus seulement parler des outre-mer lors des sommets climatiques, mais à parler avec eux. Après Chido et face à une ressource en eau appelée à se raréfier, la question est désormais de savoir si cette reconnaissance se traduira par une place réelle dans les négociations et par des moyens supplémentaires sur le terrain.

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Nettoyage citoyen : à Mayotte, la mobilisation écologique prend de l’ampleur

Nettoyage citoyen : à Mayotte, la mobilisation écologique prend de l'ampleur

Des plages aux villages, les opérations de ramassage des déchets se multiplient à travers l’île. Associations, habitants et collectivités se mobilisent pour rendre leur territoire plus propre. Derrière cet élan citoyen, une question demeure : ces initiatives traduisent-elles une véritable prise de conscience ou viennent-elles combler les insuffisances des politiques publiques ?

Sacs-poubelles à la main, gants enfilés et bottes aux pieds, des dizaines de bénévoles parcourent régulièrement les plages, les bords de route et les quartiers de Mayotte pour ramasser les déchets abandonnés. Ces derniers mois, les opérations de nettoyage se sont multipliées dans plusieurs communes, portées par des associations, des collectifs citoyens et des collectivités locales.

À Bouéni, une nouvelle campagne de nettoyage est organisée cet été avec le soutien de plusieurs partenaires institutionnels. L’objectif est double : améliorer le cadre de vie des habitants tout en sensibilisant la population à la protection de l’environnement. D’autres communes s’engagent également dans cette dynamique, convaincues que la préservation des espaces publics passe aussi par l’implication des citoyens.

Un engagement qui dépasse le simple ramassage

Pour les bénévoles, ces journées ne consistent pas uniquement à collecter des bouteilles en plastique, des canettes ou des encombrants. Elles représentent aussi un moyen de faire évoluer les comportements.

Les organisateurs espèrent que les participants, notamment les plus jeunes, adopteront durablement des gestes plus respectueux de l’environnement. Des ateliers de sensibilisation sont souvent proposés en complément des opérations de nettoyage afin d’expliquer les conséquences de la pollution sur les écosystèmes marins et terrestres.

Dans une île où le lagon constitue un patrimoine exceptionnel, la question des déchets est devenue un enjeu majeur. Plastiques, pneus, électroménagers ou déchets verts finissent parfois dans les ravines avant de rejoindre la mer, avec des conséquences directes sur la biodiversité.

Une responsabilité partagée

Si la mobilisation citoyenne est largement saluée, elle met également en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les collectivités en matière de gestion des déchets.

Dans certains secteurs, les habitants dénoncent encore des dépôts sauvages récurrents, des points de collecte insuffisants ou des retards dans le ramassage des ordures ménagères. Les campagnes de nettoyage permettent d’améliorer temporairement la situation, mais elles ne règlent pas les causes du problème.

Pour plusieurs acteurs associatifs, ces initiatives doivent être considérées comme un complément de l’action publique, et non comme un substitut. Ils appellent à renforcer les moyens consacrés à la collecte, à développer les équipements de tri et à poursuivre les actions de sensibilisation tout au long de l’année.

Les jeunes au cœur de la mobilisation

La période des vacances scolaires constitue un moment privilégié pour associer les enfants et les adolescents à ces actions. Plusieurs communes profitent de cette période pour organiser des journées citoyennes en partenariat avec les centres de loisirs et les associations locales.

Au-delà du nettoyage, ces rendez-vous permettent aux jeunes de découvrir les enjeux environnementaux auxquels Mayotte est confrontée et de participer concrètement à la préservation de leur territoire.

Pour les éducateurs, cette implication est essentielle. Les habitudes acquises dès le plus jeune âge peuvent contribuer, à long terme, à réduire les comportements inciviques et les dépôts sauvages.

Transformer l’essai

Malgré l’enthousiasme des participants, de nombreux bénévoles reconnaissent que certains sites se retrouvent rapidement à nouveau envahis par les déchets quelques semaines après leur passage.

Cette réalité rappelle que la lutte contre la pollution ne peut reposer uniquement sur des opérations ponctuelles. Elle nécessite une politique publique durable, des infrastructures adaptées, un meilleur respect des règles par les usagers et une mobilisation continue de l’ensemble des acteurs.

À Mayotte, les campagnes de nettoyage témoignent d’une volonté croissante de protéger l’environnement. Reste désormais à transformer cet engagement collectif en changements durables, afin que les efforts des bénévoles ne soient plus à recommencer sans cesse.

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La reprise mahoraise financée à crédit

La reprise mahoraise financée à crédit

Dans son rapport annuel, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) dresse le bilan économique de Mayotte pour 2025. L’année de reprise est portée par les chantiers de reconstruction post-Chido et par l’endettement des ménages et des entreprises, plutôt que par une véritable amélioration structurelle.

L’IEDOM présente son rapport annuel économique de Mayotte 2025. L’année de reprise, après le cyclone Chido, est portée par l’argent de la reconstruction et par l’endettement des ménages et des TPE, pas par une amélioration structurelle. La reprise est fragile, l’indice du climat des affaires clôture l’année à 112,8 points, tombé à 99,9 au 2nd trimestre, son niveau le plus bas depuis la crise de l’eau en 2023.

Le BTP était censé porter l’économie. Le secteur affiche des carnets de commandes élevés, mais des réalisations inférieures aux attentes des chefs d’entreprise, et une baisse d’effectifs malgré le volume d’activité. La demande est présente mais la main d’œuvre, la trésorerie ou les matériaux manquent encore. En cause, les chantiers de reconstruction tardent à démarrer, ce qui explique l’écart entre carnets de commandes et réalisations.

La consommation des ménages est en hausse sur l’année, portée par le contexte post Chido (remplacement de biens sinistrés, reconstruction des logements, etc). Mais cette hausse repose largement sur l’endettement plutôt que sur une hausse réelle des revenus. Les encours de crédit à la consommation atteignent +15,8 % (contre +6,1 % en 2024).

Cette ruée de consommation, alliée aux besoins de reconstruction, fait exploser les importations : +21,6 % pour les produits courants, +25,4 % pour les biens d’équipement. La facture globale des importations en 2025 atteint le montant record de plus de 300 millions d’euros. D’après l’IEDOM, ce bond des importations s’explique par un effet de rattrapage après une année 2024 où la population n’avait pas pu/voulu consommer. Les exportations, bien qu’en progression (+28,1%), demeurent quasiment inexistante : le taux de couverture des échanges extérieurs ne dépasse pas 1,4 %. Le déficit commercial franchit 1,1 milliard d’euros sur l’année, soit plus d’un tiers du PIB mahorais en 2025.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits recule de 6,1 % en 2025 (15 090 contre 16 070 en 2024), dans toutes les tranches d’âge. Une amélioration dont le rapport lui-même évoque un possible lien avec les départs de salariés après le cyclone, plutôt qu’une vraie reprise de l’embauche. Le signal est d’ailleurs contredit par une autre mesure du même document : le taux de chômage au sens du BIT resté à 29 %, demeure un record national, et 61 000 personnes (soit 36 % de la population en âge de travailler) restent sans emploi ou dans le halo du chômage.

Sur le secteur bancaire, les dépôts progressent de 21,7 % pour la deuxième année d’affilée, les crédits aux entreprises atteignent 867,1 millions d’euros (+7 %), et les crédits à la consommation des ménages bondissent de 15,8 %. Seul le taux de créances douteuses remonte légèrement à 6,6 %, signe que la dette qui alimente cette croissance bancaire commence à peser sur certains emprunteurs.

La loi de refondation promet 4 milliards d’euros d’ici 2031, dont doivent sortir la construction d’écoles et le nouvel aéroport de Bouyouni (chiffré à 1,2 milliard d’euros). Mais sa mise en œuvre bute déjà sur la lenteur des décrets d’application et un contexte budgétaire national orienté vers la baisse des dépenses publiques. L’année 2026 dépendra de la capacité de l’État a effectivement décaisser l’argent déjà promis.

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Comores : la justice autorise les journalistes El-had et Toufé à reprendre leur activité

Comores : la justice autorise les journalistes El-had et Toufé à reprendre leur activité

Inculpés pour diffusion et publication de fausses informations, le directeur de publication du quotidien indépendant La Gazette des Comores et son secrétaire de rédaction avaient été interdits, par le juge d’instruction, de rédiger des articles. Une mesure qui vient d’être levée.

Un répit pour les deux journalistes de La Gazette des Comores. El-had Said Omar et Toufé Maecha ont obtenu une première victoire avec la levée totale des mesures qui leur avaient été imposées, début juin, par un juge d’instruction du tribunal de Moroni.

Poursuivis respectivement pour publication et diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public, ainsi que pour complicité, les deux journalistes avaient été placés sous contrôle judiciaire le 10 juin. El-had, directeur de publication du journal, et son collaborateur Toufé devaient se présenter deux fois par semaine au cabinet du juge. Ils avaient également l’interdiction de rédiger des articles et de quitter la Grande Comore sans autorisation.

Estimant ces mesures disproportionnées, les deux journalistes ont fait appel devant la cour d’appel de Moroni. Celle-ci a statué en leur faveur en prononçant une mainlevée des restrictions, leur permettant ainsi de reprendre pleinement leur activité professionnelle.

Cette décision a été saluée hier par leur avocat, qui y voit une avancée significative pour la protection de la liberté de la presse et des droits de la défense.

« Je suis partiellement satisfait de cette décision, tout en respectant naturellement l’ordonnance rendue par la chambre d’accusation. La juridiction a infirmé et réformé l’ordonnance du juge d’instruction », a expliqué Me Fahmi Said Ibrahim.

Contacté par Flash Infos, l’avocat a détaillé les arguments développés devant la chambre d’accusation.

« Devant la Cour, nous avions développé deux moyens principaux. Le premier consistait à soutenir que les faits reprochés à mes clients ne réunissaient pas les éléments constitutifs des infractions sur le fondement desquelles ils sont poursuivis. Sur ce point, la Cour n’a malheureusement pas suivi notre argumentation », a-t-il expliqué.

L’avocat contestait également le bien-fondé du contrôle judiciaire imposé à ses clients.

Charte africaine des droits de l’homme

« Nous soutenions dans nos mémoires et nos plaidoiries qu’aucune nécessité légale ne justifiait le maintien de telles restrictions, lesquelles n’étaient ni proportionnées à la nature de l’affaire ni compatibles avec leur qualité de journalistes exerçant leur profession », a-t-il indiqué.

Me Fahmi Said Ibrahim rappelle que l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples garantit le droit à l’information, la liberté d’expression et la liberté de diffuser ses opinions. Selon lui, la jurisprudence de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples impose que toute restriction à l’activité journalistique soit strictement nécessaire, proportionnée et justifiée par un objectif légitime.

« C’est précisément sur ce point que la Cour d’appel nous a donné raison en levant les restrictions qui empêchaient mes clients d’exercer normalement leur activité professionnelle. Pour autant, je continue de penser qu’une annulation pure et simple de la procédure aurait été juridiquement fondée, dès lors que les faits poursuivis ne me paraissent pas caractériser les infractions reprochées à mes clients », a poursuivi Me Fahmi Said Ibrahim.

Le 8 juin, La Gazette des Comores avait publié un article révélant les conclusions des examens médicaux réalisés sur l’ancien président comorien Ahmed Abdallah Sambi, dont l’état de santé alimentait alors l’actualité. Cette publication n’avait pas été appréciée par les autorités judiciaires, qui avaient ordonné l’arrestation du directeur de publication et du journaliste auteur de l’article.

El-had Said Omar avait passé une nuit en garde à vue, tandis que Toufé Maecha avait été maintenu durant les 48 heures de garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Moroni.

Droit d’informer

Cette affaire avait suscité une forte mobilisation des médias régionaux et internationaux.

Dans un communiqué publié le 10 juin, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait demandé l’abandon des poursuites contre les deux journalistes.

« En enquêtant et en publiant des articles d’intérêt général sur l’état de santé d’un ancien président, les journalistes Toufé Maecha et El-had Said Omar n’ont fait que leur travail d’information. La détention du premier est donc arbitraire et la nouvelle convocation du second est très inquiétante. Le travail d’information ne saurait constituer un délit ou un trouble à l’ordre public », avait dénoncé Sadibou Marengue, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.

Cette levée du contrôle judiciaire conduira-t-elle à l’abandon des poursuites ? Quoi qu’il en soit, la décision de la cour d’appel constitue un véritable soulagement pour Toufé Maecha, également collaborateur du site d’information Africa Intelligence.

« Cette mainlevée est un immense soulagement. Le droit d’informer l’emporte, et je retrouve enfin ma liberté d’écrire », s’est réjoui le journaliste.

Présent aux côtés des deux reporters depuis leur arrestation, le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) a également salué cette décision dans un communiqué publié dans la soirée du 14 juillet.

« Cette décision salutaire constitue une victoire importante pour la liberté de la presse et l’État de droit aux Comores. Le Syndicat rappelle que la liberté d’informer est un droit fondamental garanti par la Constitution de l’Union des Comores. Il demeure plus que jamais vigilant et mobilisé afin que les journalistes comoriens puissent exercer leur mission d’information en toute indépendance, sans entrave, sans intimidation et dans le strict respect des principes démocratiques », souligne le SNJC.

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Le Collectif Mayotte 2018 lève le blocus devant la préfecture de Mamoudzou

Le Collectif Mayotte 2018 lève le blocus devant la préfecture de Mamoudzou

À la veille de la fête nationale du 14 Juillet, le Collectif Mayotte 2018, présidé par Safina Soula, a décidé de lever le blocus qu’il imposait depuis plusieurs semaines aux bureaux du service des étrangers de la préfecture de Mamoudzou. Ce geste est présenté comme un signe de bonne volonté à l’issue d’une rencontre avec le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot.

Le collectif affirme avoir obtenu du représentant de l’État l’assurance qu’aucun camp officiel destiné à accueillir des migrants en situation irrégulière ne serait créé à Mayotte. Selon Safina Soula, le préfet a pris acte du refus catégorique exprimé par les élus mahorais ainsi que par plusieurs organisations de la société civile concernant l’installation d’une telle structure sur le territoire.

Les deux parties se sont félicitées de l’ouverture d’un dialogue qu’elles qualifient de constructif et ont convenu de poursuivre leurs échanges afin de trouver des solutions à plusieurs difficultés récurrentes auxquelles est confronté le département.

Plus de deux heures de discussions ont été nécessaires, jeudi après-midi, pour rapprocher les positions de la délégation du Collectif Mayotte 2018 et du préfet Frédéric Poisot. L’un des principaux points de désaccord concernait le démantèlement du campement de migrants en situation irrégulière installé dans la mangrove de Tsoundzou, dont la présence avait motivé le blocage des accès au service des étrangers de la préfecture.

« Le préfet nous a apporté beaucoup d’explications sur ce dossier des migrants illégaux depuis 2024, notamment le cas particulier du stade de Cavani à Mamoudzou, qui avait suscité une forte mobilisation de la population pour obtenir son évacuation. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer qu’il nous a garanti qu’aucun camp pour migrants illégaux ne sera ouvert à Mayotte, compte tenu du refus absolu exprimé par les élus locaux et les associations représentatives de la société civile », a déclaré Safina Soula au micro de Flash Info.

Le Collectif Mayotte 2018 avait présenté cette question comme un point non négociable. Ses membres estiment que, par le passé, une forme de tolérance aurait existé entre les autorités de l’État, les migrants en situation irrégulière et certaines associations chargées de leur prise en charge.

« Nous avons également fait part au préfet de notre point de vue concernant les associations Mlézi Maoré et Solidarité Mayotte, qui bénéficient selon nous de financements publics à travers des réseaux dont nous ignorons l’origine », a ajouté Safina Soula.

Au cours de la réunion, les représentants de l’État auraient expliqué que le retard pris dans l’évacuation du camp de Tsoundzou était lié aux difficultés rencontrées par le ministère des Affaires étrangères pour obtenir les autorisations nécessaires au retour des migrants auprès des autorités de leurs pays d’origine.

« Ce n’est pas notre problème si la diplomatie française n’est pas en mesure de faire avancer ce dossier. Ce qui nous importe, c’est que ce camp soit démantelé dans les meilleurs délais afin de mettre fin à l’effet d’appel qu’il représente pour les pays voisins. Nous aspirons à un retour à une vie normale sur cette île, à davantage de sécurité et à de meilleures conditions de vie, comme tous les citoyens de la République française. Notre collectif continuera à défendre cette cause aussi longtemps que nécessaire. Nous constatons que de nombreuses associations ont baissé les bras et que les responsables politiques pratiquent désormais la politique de la chaise vide, alors qu’il leur revient d’être en première ligne sur ce combat », a poursuivi la présidente du collectif.

Selon elle, le préfet s’est montré disposé à poursuivre le dialogue. « Il s’est dit prêt à travailler avec nous sur plusieurs sujets et a notamment évoqué le rôle que les cadis peuvent jouer dans le retour de la paix sociale à Mayotte », a-t-elle précisé.

Les échanges ont également porté sur la demande de manifestation déposée par des ressortissants comoriens sur la place de la République à Mamoudzou, à l’occasion du 51ᵉ anniversaire de l’indépendance de l’Union des Comores.

« Quelle que soit la justification avancée pour cette manifestation, elle aurait constitué un précédent en autorisant un rassemblement de Comoriens sur un lieu aussi symbolique pour les Mahorais. Cela n’est pas acceptable à leurs yeux », a estimé Safina Soula.

Elle a enfin dénoncé ce qu’elle considère comme une contradiction de la part de certains ressortissants comoriens, y compris parmi ceux qui résident régulièrement à Mayotte ou qui ont acquis la nationalité française, estimant qu’ils contestent le statut français de Mayotte tout en sollicitant les avantages liés à ce statut.

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Le Forum de la mobilité prépare les futurs étudiants mahorais au départ

Le Forum de la mobilité prépare les futurs étudiants mahorais au départ

Sur le parvis de la MJC de M’gombani, plusieurs centaines de jeunes, de parents et de partenaires de la mobilité se sont réunis ce lundi 13 juillet à l’occasion de la 10ᵉ édition du Forum de la mobilité. Organisé par la Ville de Mamoudzou, le CCAS, LADOM, le CRIJ et Émanciper Mayotte, l’événement avait pour objectif d’informer les nouveaux bacheliers avant leur départ vers La Réunion ou l’Hexagone. Plus de 3 000 futurs étudiants mahorais sont concernés chaque année par cette mobilité.

« Chaque année, une dizaine d’étudiants meurent à cause de leurs conditions de vie étudiantes », explique Houssaini Assani Tafara, fondateur et directeur d’Émanciper Mayotte. Pour l’association, ces drames sont souvent la conséquence d’un manque de préparation. « Les élèves idéalisent leur mobilité mais ne savent pas comment bien préparer leur départ. Les parents attendent souvent les résultats du baccalauréat avant d’entamer les démarches, alors qu’il faut rechercher un logement et préparer son dossier social étudiant plusieurs mois à l’avance. »

Des départs encore insuffisamment préparés

« Nos jeunes ne sont pas assez préparés », résume Houssaini Assani Tafara. « Les garçons font face à un échec scolaire parfois couvert par leurs parents et certaines jeunes filles cherchent à fuir le poids du mariage en poursuivant des études supérieures à leur majorité. »

Selon les chiffres du Conseil départemental de Mayotte, devenu Département-Région, 85 % des étudiants poursuivant leurs études en métropole échouent en première année, contre 56 % au niveau national. À ces difficultés s’ajoute désormais celle du logement. « Les bailleurs de La Réunion et de l’Hexagone refusent de plus en plus les garants domiciliés à Mayotte. Les familles doivent trouver un garant sur place, ce qui complique fortement les départs », souligne le directeur d’Émanciper Mayotte. L’association rappelle qu’elle peut proposer des solutions d’hébergement d’urgence, tout en insistant sur la nécessité d’anticiper les démarches.

Des associations pour accompagner les étudiants

Sur le parvis de la MJC, de nombreuses associations étaient présentes afin de préparer les étudiants avant leur départ mais aussi de les accompagner une fois installés grâce à des dispositifs de mentorat.

Le Centre d’information et d’orientation (CIO) était également présent pour accompagner les jeunes dans la construction de leur projet d’avenir. « Notre rôle est de préparer les élèves à leur orientation », explique un conseiller. Les textes ministériels prévoient désormais un travail sur l’orientation dès la classe de cinquième, à travers la découverte des métiers et des différents domaines d’activité. Un accompagnement qui permet aux élèves de construire progressivement leur projet d’études avant même le lycée.

85 % des étudiants mahorais poursuivant leurs études en métropole échouent en première année

« Ce n’est pas forcément parce qu’ils ne travaillent pas, mais parce que leur méthode de travail n’est pas adaptée à l’enseignement supérieur », explique Imane Abdou Ali, intervenante au sein de l’association M’Soma. La structure intervient autour de trois axes : l’accompagnement scolaire, les conseils méthodologiques ainsi que le soutien moral et psychologique.

L’Association nationale des apprentis de France (ANAF) proposait également son dispositif de mentorat. « Nous mettons en relation des professionnels avec les jeunes, chargés de les suivre tout au long de leur cursus, dans leur recherche d’entreprise mais aussi lorsqu’ils rencontrent des difficultés pendant leur alternance », explique Salima Mchindra, chargée de mentorat à l’ANAF Mayotte. Une manière, pour Émanciper Mayotte, de rappeler qu’une mobilité réussie repose avant tout sur l’anticipation et l’accompagnement.

Bac 2026 à Mayotte, un taux de réussite en légère hausse

Sur les 5.958 candidats inscrits au baccalauréat 2026 à Mayotte, 4.452 ont décroché leur diplôme, soit un taux de réussite de 74,7 %. Un résultat en légère progression par rapport à 2024 (73,9 %), année de référence après les modalités exceptionnelles mises en place en 2025 à la suite du cyclone Chido.

Dans le détail, la filière générale affiche le meilleur taux de réussite avec 81,9 % d’admis (+3,6 points par rapport à 2024), suivie de la filière technologique (78,3 %, +1,9 point). En revanche, la filière professionnelle enregistre un recul de 5,5 points, avec 62,3 % de réussite.

Ces résultats restent toutefois en deçà de la moyenne nationale, établie à 91,4 %. Le rectorat souligne également une baisse des résultats au brevet, avec un taux de réussite global de 60,6 %. Selon l’institution, ce recul s’explique notamment par le renforcement du poids des épreuves terminales, qui représentent désormais 60 % de l’évaluation contre 40 % pour le contrôle continu.

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Mayotte s’apprête à durcir les tours d’eau

Mayotte s’apprête à durcir les tours d’eau

À partir du 15 juillet, les tours d’eau se durcissent à Mayotte : six heures de distribution en moins tous les trois jours, jusqu’au retour des pluies. Une mesure jugée incontournable par Les Eaux de Mayotte, mais qui pose problème à de nombreux mahorais.

Lors du Comité de Suivi de la Ressource en Eau (CSRE) ce 10 juillet dernier, les élus, les services de l’état et les acteurs de l’eau ont validé le renforcement des tours d’eau, à partir du 15 juillet, passant de 36h de distribution et de coupures, à 30h de distribution pour 42h de coupure soit 6h d’eau en moins tous les 3 jours. Les bascules ouverture/fermeture interviennent, selon les secteurs, entre 10h et 12h le matin et entre 16h et 18h le soir

Ce système sera la nouvelle norme jusqu’à la prochaine saison des pluies. Selon le comité, ce renforcement est indispensable pour garantir l’alimentation en eau potable. La saison des pluies 2025-2026 a affiché un déficit global d’eau de 10 %. Les besoins quotidiens atteignent 47.500 mètres cubes quand la capacité de production plafonne à 37.000 m³, selon la stratégie quinquennale pour la reconstruction et le développement de Mayotte 2026-2031. Les infrastructures de Mayotte accusent le coup. Environ un tiers de l’eau traitée se perd toujours dans les fuites du réseau, selon Oxfam. Pourtant depuis 2023, plus de 1000 fuites ont déjà été réparées dans le cadre du Plan Eau. Sans changement, les réserves pourraient être à sec avant la prochaine saison des pluies.

« Est-ce qu’on a d’autres solutions pour pallier ce durcissement ? Non ». D’après Saïd Maanrifa Ibrahima, président du LEMA, au micro de Mayotte la 1ère, c’est la seule solution pour préserver les ressources en eaux et assurer un approvisionnement minimal des foyers en attendant la prochaine saison des pluies.

Mais beaucoup de mahorais s’en plaignent. Des habitants réclament un allègement des factures pendant les coupures, s’interrogeant sur la cohérence de continuer à payer plein tarif une eau qui ne coule qu’un jour sur trois. Le collectif PADO et l’association Mayotte a soif avaient déjà obtenu du tribunal une réduction de 70 % sur les factures des abonnés lors des premiers tours d’eau en 2023.

La qualité de l’eau à la remise en service pose aussi question : la SMAE recommande elle-même de la faire bouillir durant la première demi-journée.

Une habitante de Kwalé, elle, s’interroge sur la pertinence des heures d’ouverture et de fermeture qui ne lui permettront pas d’utiliser l’eau : « On ne sera pas présents lors des ouvertures ou fermeture, à 10h le matin je suis au travail, et à 18h je rentre à peine ».

Rafza Youssouf Ali, présidente de l’Union Départementale de la Confédération Syndicale des Familles de Mayotte, expliquait le risque de maladie et d’insalubrité amené par une crise en eau. « La peur des familles, c’est les maladies » affirmait-elle « Beaucoup de maladies requièrent à ce que la population soit fourni en eau, régulièrement ».

Enfin, l’usine de dessalement d’Ironi Bé soulève un enjeu de crédibilité. Aujourd’hui annoncé pour octobre 2027, elle devait déjà être en service en 2025. Même situation pour la troisième retenue collinaire, initialement prévue pour 2020, repoussée à 2032. Ces retards ne font que développer le doute au sein des mahorais. « Jusqu’ici, tout ce qu’on nous a vendu à Mayotte, ça a toujours été du vent » confiait la représentante du collectif PADO à l’AFP en avril dernier.

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Mayotte célèbre le 14 juillet avec un important défilé à Mamoudzou

Mayotte célèbre le 14 juillet avec un important défilé à Mamoudzou
Frédéric Poisot, préfet de Mayotte, et le colonel Renaud Voyer, chef de corps du 5ᵉ Régiment étranger et commandant militaire de Mayotte, passent les troupes en revue à bord d’un véhicule militaire.

L’avenue Andriantsouli s’est paré de bleu, de blanc et de rouge, ce mardi matin, pour le traditionnel défilé du 14 juillet. Dès 8 heures, militaires, forces de sécurité et services de secours ont pris place devant un public nombreux, venu assister à la cérémonie organisée à l’occasion de la Fête nationale.

À Mamoudzou, le traditionnel défilé du 14 juillet a réuni près de 540 femmes et hommes issus des principales forces de sécurité, de défense et de secours présentes à Mayotte. Gendarmerie nationale, 5ᵉ Régiment étranger, RSMA, Marine nationale, Police nationale, polices municipales, sapeurs-pompiers, administration pénitentiaire et douanes ont notamment défilé à pied devant un public nombreux.

La cérémonie s’est poursuivie avec le passage des véhicules de la gendarmerie, de la police, du 5ᵉ Régiment étranger et du SDIS.

Sur les deux côtés de la chaussée, familles et enfants ont accompagné le passage des uniformes avec des drapeaux et des accessoires tricolores. Une matinée à la fois solennelle et populaire, marquée par les saluts militaires et les applaudissements du public.

Comores : face à la crise du carburant, la société des hydrocarbures se défend

Comores : face à la crise du carburant, la société des hydrocarbures se défend

Accusé de ne pas livrer les quantités demandées par les stations-service, le fournisseur national des produits pétroliers dit agir ainsi pour limiter toute pénurie avant l’arrivée de la prochaine cargaison, attendue d’ici le 10 août prochain.

C’est un été pas comme les autres pour la diaspora comorienne qui rentre au pays en cette période des vacances. Depuis plus de trois semaines, l’approvisionnement en carburant devient compliqué. Les files d’attente devant les stations-service, notamment celles de la Grande Comores ne faiblissent pas. Tous les jours, le rythme reste le même, mais surtout le gazole. Pourtant, le 1er juillet, la société comorienne des hydrocarbures (Sch), a réceptionné un pétrolier qui a passé plus de 3 jours au quai. Mais, la vie socio-économique tourne toujours au ralenti. Dans toutes les gares de Moroni, les passagers patientent des heures durant avant de voir un bus ou un taxi se garer.  » A partir de midi, trouver un véhicule de transport pour se rendre au village est un calvaire « , a confié, Ismael, natif de la région de Mbude, au nord de la Grande Comore.

Ce mardi, le fournisseur national des produits pétroliers, a tenté de rassurer, démentant toute pénurie de carburant. « La Direction Générale de la Société Comorienne des Hydrocarbures (SCH) tient à informer l’opinion publique que l’approvisionnement de l’ensemble du territoire national en produits pétroliers est assuré de manière régulière et continue. À l’issue des analyses de marché comparatives, les volumes de carburants distribués au cours de la période actuelle s’avèrent supérieurs à ceux de l’exercice précédent pour la même période, permettant de couvrir largement les besoins réels du marché national« , a déclaré la société dans un communiqué distribué pendant la rencontre avec la presse de ce 14 juillet.

Quantités en baisse

Le bémol, cela fait plus d’un mois que les propriétaires des stations-service privées se plaignent d’une baisse des quantités commandées.  » La situation n’a pas évolué. On ne nous livre pas les litres demandés. Pire, la société des hydrocarbures limite quotidiennement son rationnement et décide du jour au jour. Même les week-ends, seule leur station est ouverte. De plus, ils essaient de nous interdire la vente aux sociétés afin de garder le monopole sur les entreprises« , a déploré, hier, sous le sceau de l’anonymat, un responsable d’une station sise à Moroni. Sans nier les faits, le directeur régional de la société des hydrocarbures, Abdou Said Mdahoma, a seulement avancé les raisons pour lesquelles, ils n’honorent pas les commandes des stations privées ces temps-ci.

A l’entendre, les stations commandent bizarrement plus que leurs quantités habituelles.  » Or, se basant sur notre historique, nous connaissons les quantités de chaque station en cette période d’été. On ne comprend pas pourquoi d’un seul coup, certaines veulent plus. Si nous n’accédons pas à ces requêtes, c’est surtout pour éviter de causer une pénurie puisque selon nos prévisions, le carburant réceptionné le 1er juillet nous suffira jusqu’à la prochaine cargaison« , a expliqué, Abdou Said Mdahoma qui fut également, directeur de la société nationale de l’électricité des Comores (Sonelec).  Selon le directeur de distribution de la société comorienne des hydrocarbures, l’entreprise a reçu, il y a deux semaines, 13 100 miles tonnes de carburant.

Précision

 » Avant de lancer une commande, nous tenons compte des besoins de la période. A partir de juillet, la diaspora se trouve au pays pour les différentes activités. Certains sortent leurs voitures des garages. Tous ces paramètres n’ont pas été ignorés et contrairement à ce qui se dit, une station qui prend 3000 litres par jour, en cette période estivale, nous lui livrons jusqu’à 5000 « , a-t-il assuré. Mais ces explications rassurent difficilement la population. La raison ? Les consommateurs relèvent que dans toutes les pénuries récentes que le pays a connues, dès que le pétrolier jette l’ancre, les files d’attente devant les stations-services se réduisent comme peau de chagrin. Pourquoi, deux semaines après le déchargement de plus de 13 millions de litres, les souffrances continuent.  Le fournisseur national des produits pétroliers, accuse d’une part la population de contribuer à ces queues en voulant se ravitailler en quantités élevées, pour faire des stocks à domicile.

Des stations sont également soupçonnées de baisser les rideaux avant d’avoir épuisé leurs stocks journaliers pour revendre à leurs clients particuliers le soir, notamment des entreprises. « Ajouté aux informations relayées par des influenceurs sur les réseaux sociaux laissant entendre, que le pétrolier qui a accosté le 1er juillet n’a pas déchargé les quantités habituelles, la panique ne retombe pas« , regrette le directeur régional de la Sch. Dans son communiqué, la société des hydrocarbures interdit tout ravitaillement dans des bidons.  » Les opérateurs de stations-service sont tenus au respect strict de ces directives. Tout manquement constaté exposera les contrevenants aux sanctions administratives et pénales prévues par la réglementation en vigueur« , prévient la SCH.

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Mayotte : des infrastructures publiques toujours à l’abandon plusieurs mois après Chido

Mayotte : des infrastructures publiques toujours à l'abandon plusieurs mois après Chido

Écoles, plateaux sportifs, bâtiments administratifs ou encore équipements de proximité. Plusieurs mois après le passage du cyclone Chido, de nombreuses infrastructures publiques restent dégradées ou inutilisables dans plusieurs communes de Mayotte. Du nord au sud de l’île, habitants, associations et élus s’interrogent sur la lenteur des travaux et les conséquences sur le quotidien de la population.

Le passage du cyclone Chido a profondément marqué Mayotte. Si l’urgence des premiers jours a permis de sécuriser les zones les plus touchées, les stigmates de la catastrophe demeurent visibles dans de nombreuses communes. À Mamoudzou,, Bandrélé, Bouéni, Chirongui, Kani-Kéli, Mtsamboro ou encore Koungou, plusieurs infrastructures publiques attendent toujours d’être réparées ou entièrement réhabilitées.

Des bâtiments aux toitures arrachées, des équipements sportifs fermés, des abribus détruits ou encore des espaces publics dégradés rappellent que la reconstruction est loin d’être achevée.

Des équipements sportifs privés de leurs usagers

Dans les communes du sud, plusieurs plateaux sportifs et terrains de proximité sont encore difficilement accessibles. Filets absents, clôtures endommagées, éclairage hors service ou revêtements dégradés empêchent parfois les associations sportives de reprendre leurs activités dans des conditions normales.

Pour de nombreux jeunes, ces installations représentaient bien plus que de simples lieux de pratique sportive.

« Les entraînements sont régulièrement déplacés ou annulés. Les enfants ont besoin de ces espaces pour pratiquer une activité et sortir du quotidien », explique un éducateur sportif de Chirongui.

Les associations regrettent que les travaux tardent à démarrer alors que ces infrastructures jouent également un rôle dans la prévention de la délinquance et l’encadrement de la jeunesse.

Les collectivités face à un chantier colossal

Les communes reconnaissent l’ampleur des dégâts. Entre les procédures administratives, les expertises techniques, les appels d’offres et la recherche de financements, la reconstruction demande du temps.

Plusieurs mairies rappellent que les coûts des réparations dépassent largement leurs capacités financières. Elles attendent le versement de certaines aides de l’État, des assurances ou des collectivités partenaires avant de lancer certains chantiers.

À cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement en matériaux de construction et la forte sollicitation des entreprises locales du BTP, déjà mobilisées sur de nombreux projets de reconstruction.

Une reconstruction à plusieurs vitesses

Si certains équipements ont pu être remis en état rapidement, d’autres semblent toujours figés dans le temps.

À Mamoudzou, plusieurs installations publiques ont retrouvé leur fonctionnement normal. En revanche, dans d’autres communes plus éloignées, certains habitants ont le sentiment que les travaux avancent beaucoup plus lentement.

Cette disparité alimente un sentiment d’inégalité entre les territoires.

« On comprend que tout ne puisse pas être réparé en quelques semaines, mais plusieurs mois après, on aimerait au moins connaître un calendrier » déplore une jeune de tsimkoura qui revendique leur plateau à l’abandon depuis 3 ans maintenant.

Des enjeux qui dépassent la simple reconstruction

Au-delà de la remise en état des infrastructures, c’est la qualité du service public qui est aujourd’hui en question.

Les équipements publics constituent des lieux essentiels pour la vie sociale, l’éducation, la pratique sportive ou encore la mobilité des habitants. Leur indisponibilité fragilise davantage des territoires déjà confrontés à une forte croissance démographique et à d’importants besoins en infrastructures.

Les élus locaux plaident désormais pour une reconstruction plus durable, capable de mieux résister aux prochains phénomènes climatiques. Plusieurs projets évoquent des bâtiments renforcés, des équipements sportifs modernisés et des aménagements mieux adaptés aux risques naturels auxquels Mayotte est régulièrement exposée.

L’attente d’un véritable calendrier

Pour les habitants, la priorité reste toutefois la reprise rapide des travaux.

Beaucoup réclament davantage de transparence sur l’avancement des dossiers, les financements mobilisés et les délais de livraison. Faute de visibilité, les interrogations se

multiplient sur la capacité des différents acteurs à mener simultanément les nombreux chantiers encore en attente.

Alors que Mayotte poursuit sa reconstruction, ces infrastructures publiques constituent aujourd’hui l’un des principaux symboles des défis auxquels le territoire doit faire face. Plusieurs mois après Chido, les traces du cyclone demeurent visibles dans de nombreuses communes, rappelant que la reconstruction ne se mesure pas seulement au nombre de bâtiments réparés, mais aussi à la capacité des habitants à retrouver un cadre de vie fonctionnel, sécurisé et digne.

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Le CHM célèbre ses nouveaux infirmiers

Le CHM célèbre ses nouveaux infirmiers

Ce vendredi 10 juillet, l’Institut des études de santé du CHM a mis à l’honneur les diplômés infirmiers d’État et infirmiers de bloc opératoire. Une cérémonie joyeuse et euphorique, partagée par la promotion Vanille et leurs proches. Plus encore, ce moment vient saluer des parcours exigeants, couronnés par une réussite à la fois prolifique et collective.

Ce jour-là, le parvis de la MJC de M’Gombani s’est transformé en théâtre de fête, arborant de grands chapiteaux. La décoration est bleue et blanche, aux couleurs du CHM, et la musique retentit déjà. Un traiteur est présent pour assurer la restauration. À midi, la foule commence à arriver et s’assoit dans le lieu de réception pendant que les derniers ajustements s’effectuent. Étudiants, familles et amis s’apprêtent à célébrer la réussite des nouveaux soignants. Sur les 34 élèves IDE, 32 sont diplômés.

La filière IBODE enregistre, quant à elle, un taux de réussite de 100 %, avec les neuf élèves promus : une consécration formidable pour la toute première promotion d’infirmiers de bloc opératoire formés à Mayotte. Un espace privé accueille les diplômés. Les camarades s’y retrouvent pour échanger et se détendre. Les IDE sont vêtus de bleu et de blanc, tandis que les IBODE portent du noir. Les convives discutent, rigolent, plus que ravis d’être présents. L’affluence du public atteint son pic peu avant le début de la cérémonie, à 13 heures. Le présentateur introduit les deux promotions, placées à l’entrée principale du chapiteau.

Musique à plein volume, chaque groupe arrive en file indienne, empruntant l’allée qui mène à la scène. Les regards du public sont captivés, tandis qu’applaudissements et cris retentissent à leur arrivée. Vient ensuite le temps des allocutions. L’Institut des études de santé est en partenariat avec le CHM, l’Agence régionale de santé et l’Assemblée de Mayotte, principal financeur de l’Institut.

Les représentants de ces institutions sont présents. Le discours d’ouverture de la directrice de l’Institut des études de santé, Samianti Kalame Soilihe, débute par un éloge à tous ceux qui ont contribué à cette réussite : étudiants, parents, formateurs, tuteurs de stage, partenaires. Elle déclare : « Je suis fière de voir les jeunes Mahorais diplômés. Cette cérémonie est un moment particulier pour notre institut. Elle marque l’aboutissement d’années de sacrifices, de doutes parfois, de nuits blanches, mais surtout de persévérance et de détermination pour tous. » Elle s’adresse ensuite aux diplômés : « Je tiens à adresser mes sincères félicitations à chacun d’entre vous. Vous pouvez être fiers du chemin parcouru. Vous avez choisi un métier exigeant, un métier de responsabilité, mais avant tout un métier profondément humain. »

Sous les applaudissements, chaque représentant prend ensuite la parole. Parmi eux, Jean-Michel Beaumarchais, directeur du CHM, évoque avec enthousiasme l’entrée dans la vie active :« Le métier que vous avez choisi est l’un des plus beaux métiers qui soient. Être infirmier, ce n’est pas seulement appliquer des soins et des protocoles, c’est accompagner une personne dans un moment souvent fragile de sa vie, rassurer, écouter, soulager et parfois sauver. C’est travailler en équipe, prendre des décisions, faire preuve de discernement, de rigueur et d’humilité. Vous serez au cœur des parcours de soins. Vous serez présents dans les établissements de santé, dans les blocs opératoires, les centres de santé, au domicile des patients, auprès des familles. Vous serez des acteurs essentiels de la qualité, de la sécurité et de l’humanité des soins. Les patients vous accorderons ce qu’ils ont de plus précieux : leur confiance. Cette confiance ne se décrète pas, elle se construit chaque jour. »

Il conclut son intervention par quelques mots en shimaoré : « CHM ya Maoré inatama na wagnou. » Les applaudissements retentissent de nouveau. Les représentants des différentes institutions se succèdent ensuite sur la scène. Ce qu’il faut retenir des différentes interventions, c’est une fierté indéfectible, une volonté affirmée d’améliorer la situation sanitaire de l’île afin de répondre aux besoins croissants de la population, de former localement des soignants compétents et profondément humains, mais aussi de poursuivre le développement des formations proposées par l’Institut. Arrive enfin la remise des diplômes. Une ambiance festive envahit les lieux. Au rythme du morceau gospel « Pilé », les diplômés se présentent tour à tour, d’un pas dansant, heureux de recevoir leur attestation de réussite ainsi que des goodies offerts par le CHM et la BFC.

Ils rejoignent ensuite leurs proches. S’ensuivent accolades, embrassades, colliers de fleurs de jasmin, bouquets de fleurs tropicales, roses rouges, séances photo et dégustation du buffet. Dans cette ferveur, Clémence Lacassin, 20 ans, diplômée IDE, réagit : « Je suis vraiment très contente. C’étaient trois longues années compliquées, que ce soit avec les apports théoriques ou les stages que nous avons effectués. C’est vraiment un soulagement d’être là aujourd’hui avec toute la promo. Cette formation nous a permis d’avoir une autre vision de la vie, de grandir et de gagner en maturité. » Elle confie également quelle a été son année favorite de la formation : « La troisième année a été ma préférée. J’ai effectué des stages où l’on me donnait davantage de responsabilités. J’étais plus à l’aise dans les partiels et nous étions beaucoup plus soudés au sein de la promotion. » Dhoifir Latuf, 25 ans, est quant à lui diplômé IBODE.

Il se trouvait en France hexagonale il y a quelques jours. Grâce au partenariat entre le CHM et le CHU de Nantes, il a participé à une première cérémonie de diplomation organisée par ce dernier. Mais ici, l’ambiance est bien différente :« Je suis très heureux d’être là. La célébration est plus libre ici. Je suis entouré de ma famille, de mon entourage. C’est vraiment un moment de partage et de convivialité. » Il partage également sa vision du futur : « L’avenir, ce sera le bloc opératoire afin d’essayer d’améliorer au maximum les conditions de travail et l’ensemble des protocoles mis en place. » Pour ce jeune diplômé, ce parcours étudiant se résume en trois mots : adaptabilité, résilience et rigueur. Aujourd’hui, l’Institut des études de santé de Mayotte accueille 115 étudiants. D’ici trois ans, sa capacité sera portée à 250 étudiants.  Selon l’Assemblée de Mayotte un financement de 1,7 million d’euros sera également assuré par le Département afin de consolider et d’améliorer les conditions de travail de l’institut. De plus, les étudiants dont les formations ont été financées par le Département-Région ont l’obligation d’exercer 9 ans sur le territoire. Mayotte compte sur ses nouveaux talents infirmiers pour renforcer un système de santé encore trop fragilisé.

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À Ongojou, la promesse d’un nouveau quartier se heurte aux inquiétudes sur le relogement

À Ongojou, la promesse d’un nouveau quartier se heurte aux inquiétudes sur le relogement

Plus d’une centaine d’habitants ont participé, jeudi soir à Ongojou, à une réunion consacrée à la résorption de l’habitat insalubre de Kardjavendza. Après la déclaration d’utilité publique du projet la semaine dernière, les élus ont assuré qu’aucun décasage n’était imminent et annoncé une nouvelle enquête sociale. Dans le public, les questions se sont surtout concentrées sur le devenir des familles, notamment celles sans revenus stables ou en situation irrégulière.

Assis sur des chaises installées au milieu du quartier ou debout sur la route, les habitants de Kardjavendza ont suivi pendant plus d’une heure les explications projetées sur un écran, vendredi soir à Ongojou. La réunion devait présenter les prochaines étapes du projet de résorption de l’habitat insalubre, mais surtout tenter de calmer une inquiétude née quelques jours plus tôt sur les réseaux sociaux.

Le 26 juin, un arrêté préfectoral a déclaré d’utilité publique l’opération portée par la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (Cadema). Cette décision autorise l’acquisition, à l’amiable ou par voie d’expropriation, des terrains nécessaires au réaménagement du secteur. L’arrêté prévoit que ces acquisitions devront être réalisées dans un délai de cinq ans.

Pour plusieurs habitants, la publication du document a été comprise comme l’annonce d’un décasage imminent. « Les gens étaient traumatisés quand ils ont vu la publication sur Internet. J’ai vu une mamie qui ne mangeait plus », raconte un participant. Malgré la réunion, a-t-il ajouté, certains restent « encore stressés parce que maintenant, ils savent que c’est vrai ». La rencontre aura en effet permis de confirmer que l’opération aura bien lieu même si elle n’est pas prévue avant 2028.

Un projet engagé depuis 2019

Face au public, la municipalité de Dembéni et la Cadema ont rappelé que le projet n’était pas nouveau. Les premières enquêtes et études préopérationnelles ont débuté entre 2019 et 2020 et se sont poursuivies jusqu’en 2023. Les années 2024 et 2025 devaient permettre de sécuriser le financement et le foncier, avant une période ralentie notamment par le cyclone Chido et le changement d’équipe municipale.

Le secteur étudié s’étend sur environ 3,7 hectares. Selon les données présentées lors de la réunion, le quartier compte 237 habitations et 1.149 habitants. Le programme prévoit la restructuration du quartier, la création de voies de circulation, l’installation des réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité ainsi que la construction d’environ 130 logements.

La déclaration d’utilité publique a été prise dans le cadre de la loi Vivien, utilisée pour intervenir sur des secteurs présentant un habitat insalubre. Cette procédure  est plus rapide qu’une expropriation classique : le préfet peut déclarer, dans un même arrêté, l’opération d’utilité publique et les biens concernés cessibles.

Pour les nouveaux élus, l’avancement du dossier a toutefois constitué une surprise. « On vient de prendre les rênes. Ce sont des projets dont, personnellement, je n’avais pas connaissance », reconnaît Assani Rahim, vice-président de la Cadema chargé des RHI, du logement, de l’urbanisme et de la stratégie foncière. « Il a fallu aller voir dans les casiers pour s’imprégner du dossier. »

La première adjointe au maire de Dembéni, Toiyfati Saïd, assure que la réunion avait pour objectif de mettre fin aux « mauvaises informations » faisant état de démolitions prochaines. « Le projet vient de franchir une nouvelle étape », explique-t-elle. « On veut travailler en concertation avec les habitants, parce que nous aménageons pour eux. »

Des travaux annoncés à partir de 2028

Aucune démolition ne devrait commencer dans l’immédiat. La Cadema prévoit de consacrer l’année 2027 à la phase opérationnelle et à la finalisation du programme. Le démarrage des travaux est envisagé en 2028, pour une durée estimée entre trois et quatre ans.

Avant cela, une nouvelle enquête sociale doit débuter rapidement. Elle complétera les données recueillies il y a plusieurs années, le quartier ayant continué à évoluer et de nouvelles constructions étant apparues depuis. Chaque ménage devra être recensé afin d’étudier sa composition, ses ressources, sa situation administrative et ses possibilités de relogement.

Les élus ont également demandé qu’aucune nouvelle habitation ne soit construite dans le périmètre, au risque de fausser le recensement et de compliquer davantage l’opération.

Le chantier devrait ensuite progresser par étapes. Des « logements tiroirs » doivent être installés sur des parties encore libres du terrain afin d’accueillir temporairement les familles déplacées. Les premières démolitions concerneront les emprises nécessaires à la création des routes et des réseaux. D’autres solutions pourraient être mobilisées à Iloni ou à Tsararano, même si les élus reconnaissent que leur nombre reste limité.

« Combien de temps va-t-on rester dans le provisoire ? »

C’est sur ce relogement temporaire que les interrogations ont été les plus nombreuses. « Combien de temps vont-ils laisser les gens dans les logements temporaires ? », a demandé un habitant, provoquant les applaudissements du public. Une autre participante a rappelé que certaines solutions d’hébergement ne durent que quelques mois : « Quand le contrat finit, on nous dit d’aller voir ailleurs, mais nous n’avons pas les moyens. »

Toiyfati Saïd avance une durée théorique comprise entre six mois et un an, tout en assurant que les familles ne seront pas remises à la rue si le chantier prend du retard. « Au bout de six mois, si les travaux n’ont pas avancé, on ne va pas les mettre dehors. Au bout d’un an, si ce n’est toujours pas fini, elles resteront encore là. »

Ces logements temporaires seraient accessibles à toutes les personnes déplacées, qu’elles soient ou non en situation régulière, assure l’élue. En revanche, l’accès à un logement définitif sera étudié au cas par cas, selon les règles d’attribution du logement social et la situation de chaque ménage. Pendant cette période, un accompagnement social doit être assuré par le centre communal d’action sociale.

Des logements construits pour qui ?

Les habitants ont également interrogé les élus sur le coût des futurs logements sociaux. « La plupart des gens du quartier ne travaillent pas. Comment vont-ils payer le loyer ? », a demandé l’un d’eux. D’autres se sont inquiétés des démarches administratives et de la situation des personnes ne déclarant pas de revenus.

Sur ce point, les élus ont promis un accompagnement par les travailleurs sociaux, sans être encore en mesure d’apporter des réponses précises sur les loyers, les aides mobilisables ou les critères définitifs d’attribution.

Ils ont cependant répété que les habitants actuels seraient prioritaires. « On ne va pas construire pour des personnes qui vont sortir de nulle part », insiste Toiyfati Saïd. « On construit déjà pour eux, parce qu’on ne peut pas les laisser là. » Pour les familles qui ne pourraient pas accéder directement à un logement sur place, une autre solution devrait être recherchée en fonction de leur situation.

La première adjointe défend un projet rendu plus nécessaire encore par le passage de Chido. Selon elle, les habitants des quartiers précaires ont été parmi les plus exposés pendant le cyclone. « On ne peut pas laisser ces personnes vivre dans des quartiers comme ça. En tant que représentants, on se doit d’améliorer leurs conditions de vie. »

Pour la Cadema, la déclaration d’utilité publique ne constitue donc que le début d’un long processus. Mais à Kardjavendza, les habitants attendent désormais autre chose qu’un calendrier : des garanties concrètes sur l’endroit où ils vivront pendant les travaux, le prix des logements futurs et la place qui sera réellement réservée à chacun.

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