Comores : un migrant somalien décède au large de Mohéli

L’homme serait tombé d’un rocher alors qu’il tentait de rejoindre le rivage pour demander de l’aide. Un drame qui rappelle la récente tragédie survenue sur les côtes de Mitsamihuli, où 18 corps de migrants continentaux abandonnés par leurs passeurs avaient été repêchés.

L’information a été révélée pour la première fois par la page Mohéli Matin. Depuis dimanche, les habitants d’une localité appelée Hamavuna, sur l’île de Mohéli, accueillent une quarantaine de migrants débarqués la veille par des passeurs. Jusqu’à lundi soir, ils étaient logés dans une école publique communautaire. Une source locale a indiqué que les autorités avaient recensé au total 40 rescapés.

« Ce contingent est composé d’un bébé de trois mois et de huit femmes, dont une enceinte. Le reste sont des hommes », a rapporté notre source.

Selon elle, le migrant décédé, identifié comme un ressortissant somalien, serait tombé d’un rocher. « L’homme ne présentait aucune blessure apparente. On pense qu’il a glissé et s’est noyé en tentant de rejoindre le rivage », a poursuivi un informateur qui s’est confié à Flash Infos, ajoutant que les autorités avaient été informées de la présence des migrants dimanche vers 16 heures.

D’après nos informations, le village a pu se mobiliser après que deux migrants ont réussi à rejoindre la terre ferme pour solliciter de l’aide. « Les deux hommes ont déclaré que l’un des leurs était tombé. Les pêcheurs sont donc partis à sa rescousse », a raconté un habitant de Hamavuna.

« Au départ, il y avait des réticences. Les habitants craignaient qu’ils ne soient porteurs de maladies. L’accueil a été quelque peu glacial avant que nous parvenions à calmer les esprits. Ils sont logés dans une école », a indiqué lundi notre source villageoise, selon qui la question de la prise en charge des migrants a été au cœur des préoccupations des autorités de l’île.

De la bouillie

« Les nourrir devient compliqué. Dimanche, les habitants donnaient ce qu’ils pouvaient, notamment de la bouillie de riz au lait. Pour les jours à venir, l’incertitude est totale », a alerté un responsable d’une ONG locale.

L’arrivée de ce groupe s’ajoute à la trentaine de migrants sauvés le 19 mars par les garde-côtes à Mitsamihuli, au nord de la Grande Comore. Partis des côtes est-africaines pour rejoindre Mayotte, ces migrants avaient été abandonnés par leurs passeurs. Vingt passagers ont péri par noyade, mais seuls 18 corps ont été repêchés, majoritairement des ressortissants de la République démocratique du Congo.

Depuis, ils étaient pris en charge par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).

Près d’un mois plus tard, tout porte à croire que les 40 migrants actuellement pris en charge à Mohéli ont subi le même sort. « Les passeurs leur ont demandé de sauter en leur faisant croire qu’ils étaient déjà à Mayotte, leur destination finale. Parfois, il s’agit d’une approche du rivage mal maîtrisée », explique une source sécuritaire.

Le parquet de Mohéli a ouvert une enquête afin de faire la lumière sur ces abandons périlleux en mer. « Les migrants ne disent toujours pas la vérité. Certains affirment qu’ils étaient une cinquantaine, d’autres soutiennent le contraire », a relevé une source ministérielle.

12 500 migrants accueillis en 2020

Dans un entretien accordé fin mars au journal La Gazette des Comores, le ministre comorien de l’Intérieur a annoncé des mesures visant à limiter les flux de migrants qui débarquent sur les côtes comoriennes depuis la Tanzanie, identifiée comme principal pays de départ.

C’est dans ce cadre qu’une mission a été déployée à Dar es Salaam le 25 mars afin de renforcer le partenariat en matière de partage de renseignements et de sauvegarde des vies humaines en mer.

« La délégation a été dépêchée pour défendre l’intégrité territoriale des Comores tout en respectant les droits humains », avait précisé la page Facebook du ministère de l’Intérieur de l’Union des Comores, réitérant que seule la coopération entre les deux pays pouvait prévenir de telles tragédies.

Le 2 avril, en partenariat avec l’OIM, les autorités comoriennes ont décerné des attestations à plus d’une dizaine d’acteurs formés durant une semaine aux fondamentaux de l’élaboration des politiques migratoires. L’objectif de cet atelier était de créer un cadre national cohérent, structuré et inclusif pour mieux gérer la mobilité humaine.

Selon l’OIM, le pays a accueilli en 2020 près de 12 500 migrants en flux de transit provenant de la région africaine des Grands Lacs. Tous cherchent à rejoindre Mayotte, leur destination finale. Cette présence se reflète notamment dans les demandes d’asile sur l’île.

Dans un article publié le 3 mars, le journal Le Monde révélait que, sur 2 463 dossiers déposés en 2024, plus de la moitié l’avaient été par des ressortissants congolais.

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