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Jusqu’à 60 % d’aide pour renouveler les bateaux de pêche

Jusqu’à 60 % d’aide pour renouveler les bateaux de pêche

Les marins-pêcheurs professionnels et les entreprises de pêche de Mayotte peuvent déposer leur candidature à l’appel à projets 2026 consacré au renouvellement de la flotte. Le dispositif concerne exclusivement l’achat de navires neufs de 10 à 12 mètres destinés à une exploitation professionnelle dans le département.

L’aide publique pourra couvrir jusqu’à 60 % des dépenses éligibles, financées à parts égales par l’État et le Département-Région. L’objectif est notamment d’améliorer la sécurité et les conditions de travail des pêcheurs, tout en encourageant la pêche au large, autour des dispositifs de concentration de poissons, afin de réduire la pression sur les ressources du lagon.

Les dossiers doivent être déposés en ligne avant le 14 septembre à 23h59 auprès du guichet unique de la Direction de l’agriculture, de la pêche et de la forêt.

Trois appels à projets Interreg ouverts jusqu’au 17 septembre

Trois appels à projets Interreg ouverts jusqu’au 17 septembre
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L’Assemblée de Mayotte a lancé trois appels à projets dans le cadre du programme Interreg VI Canal du Mozambique, destiné à renforcer la coopération entre Mayotte, La Réunion, Madagascar et le Mozambique. Ils concernent l’adaptation au changement climatique et la prévention des catastrophes, l’économie circulaire ainsi que la culture et le tourisme durable. Les acteurs de la coopération régionale ont jusqu’au jeudi 17 septembre, à 13 heures, pour déposer leur demande de subvention sur la plateforme E-Synergie CTE.

L’eau distribuée à Mamoudzou de nouveau conforme à la consommation

L’eau distribuée à Mamoudzou de nouveau conforme à la consommation
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La Société Mahoraise des Eaux (SMAE) annonce la levée des mesures de précaution concernant la qualité de l’eau distribuée dans plusieurs secteurs de Mamoudzou. Les derniers contrôles sanitaires réalisés se révèlent conformes aux normes en vigueur pour l’ensemble des paramètres analysés.

Les usagers de Mamoudzou Centre (hors Centre hospitalier de Mayotte), Cavani Mamoudzou, Convalescence, 100 Villas, Vétivers, Cavani Sud et de la zone industrielle de Kawéni peuvent désormais consommer l’eau du robinet sans la faire bouillir. La recommandation de précaution mise en place notamment après le communiqué du 17 juillet 2026 est donc levée.

Deux ateliers gratuits consacrés aux cheveux texturés à Mamoudzou

Deux ateliers gratuits consacrés aux cheveux texturés à Mamoudzou
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Deux ateliers capillaires gratuits seront organisés les jeudi 20 et vendredi 21 août à Mamoudzou, dans le cadre de la tournée estivale de la marque EvasHair. Ouvertes à tous et sans inscription, ces rencontres porteront sur l’entretien des cheveux crépus, frisés et bouclés.

Les participants pourront obtenir des conseils personnalisés sur la chute de cheveux, la casse, la sécheresse, la pousse ou encore les problèmes de cuir chevelu, et échanger avec Eva Biassou Andre et Reginald Andre, cofondateurs de la marque.

Le premier atelier aura lieu le 20 août à 11h30 à la pharmacie Vanille, au rond-point Méga Kaweni, en face de C’tam. Le second se tiendra le 21 août à 14h30 chez Afro Hair Vibe, dans le centre commercial de Haut-Vallon.

La Cadema lance une vaste campagne de recrutement

La Cadema lance une vaste campagne de recrutement
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La Communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (Cadema) mène une vaste campagne de recrutement. Au total, 39 offres sont actuellement publiées sur le site Emploi territorial, principalement pour des postes d’encadrement de catégories A et A+.

La collectivité recherche notamment un secrétaire général, ainsi que des directeurs chargés des finances, des ressources humaines, de l’eau et de l’assainissement, des déchets, de l’urbanisme, du logement, du numérique ou encore de la culture. Deux postes de chargés de mission sont également proposés pour le suivi des travaux du Caribus et l’animation du projet de territoire.

Entre bienfaisance et marchand de sommeil, la justice a tranché : un couple condamné pour avoir loué des logements indignes

Entre bienfaisance et marchand de sommeil, la justice a tranché : un couple condamné pour avoir loué des logements indignes

Deux époux ont été condamnés, ce lundi 20 juillet, par le tribunal judiciaire de Mamoudzou pour avoir loué plusieurs habitations précaires installées sur une parcelle familiale à Pamandzi. Ils écopent chacun de 18 mois d’emprisonnement avec sursis.

La propriétaire était poursuivie pour avoir soumis des personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes, aidé des étrangers en situation irrégulière à se maintenir sur le territoire, réalisé des constructions en infraction avec les règles d’urbanisme et dissimulé des revenus locatifs. Son mari était jugé pour sa participation à cette activité.

L’affaire avait été mise au jour après l’intervention de gendarmes à cette adresse, en décembre 2025. Venus interpeller un homme, les militaires avaient découvert plusieurs bangas disposés autour de la maison principale. Les occupants avaient expliqué payer un loyer et participer collectivement aux factures d’eau et d’électricité.

Saisie dans le cadre de l’enquête, l’Agence régionale de santé avait relevé des branchements électriques précaires, de l’humidité, des moisissures, des installations sanitaires sommaires ainsi que plusieurs bouteilles de gaz regroupées sur le site. Huit familles et 44 enfants avaient été recensés dans seize habitations, dont quatre constructions en dur.

A l’audience, une locataire a raconté avoir trouvé refuge sur la parcelle après le passage du cyclone Chido. Cette mère de quatre enfants, qui s’occupait également de deux nièces, vivait alors dans la rue et venait de subir une agression. « Je l’ai suppliée, j’ai pleuré », a-t-elle relaté à la barre.

Pour 150 euros par mois, elle avait obtenu deux pièces et une cuisine dépourvues de mobilier. « J’ai mis une natte », a-t-elle poursuivi. Quatre mois plus tard, l’alimentation en eau avait été coupée en raison d’une facture de 14.000 euros, dont 10.000 euros auraient finalement été réglés par la propriétaire.

Cette dernière a soutenu avoir voulu venir en aide à une mère en difficulté. « Ce n’est pas par rapport à l’argent, c’est par rapport aux sentiments », a-t-elle assuré. Elle a toutefois reconnu avoir accepté que des habitations soient construites sur son terrain et que des loyers soient perçus.

Ce récit de bienfaisance a placé la question morale au centre des débats. Le tribunal a cependant rappelé qu’un geste présenté comme généreux pouvait demeurer contraire à la loi. « On n’est pas là pour juger de la morale, on est là pour juger de la loi », a-t-il été souligné à l’audience.

« On use et on abuse de la misère du monde »

Pour le ministère public, le couple avait mis en place une véritable « petite entreprise familiale », générant environ 21.300 euros de loyers par an. « On use et on abuse de la misère du monde », a dénoncé la procureure, estimant que ce type d’infraction « gangrène le territoire mahorais ».

Le parquet avait requis trois ans de prison, dont deux avec sursis, contre la propriétaire, ainsi qu’une amende de 20.000 euros. La défense avait contesté la procédure et la solidité des constats, estimant notamment que l’arrêté préfectoral d’insalubrité n’avait pas été notifié. « On ne donne pas la chance aux gens parce que c’est Kingia, parce que c’est la comparution immédiate », avait plaidé l’avocat.

La défense dénonce un procès politique

L’avocat a reproché au parquet de vouloir faire de cette affaire un symbole de la lutte contre l’habitat indigne. « En punissant cette dame, vous voulez punir tous les autres. Vous faites de la politique », a-t-il lancé.

La défense a replacé l’affaire dans le contexte plus large de l’habitat précaire à Mayotte, en citant plusieurs quartiers où l’insalubrité ainsi que la violence demeurent massives sans que l’Etat n’intervienne. Selon elle, cette affaire visait avant tout à afficher la fermeté de l’État dans le cadre de l’opération Kingia.

L’avocat a contesté le rapport de l’ARS, qu’il a jugé « stéréotypé », et souligné que ce document ainsi que l’arrêté préfectoral d’insalubrité n’avait pas été notifié à sa cliente, qui n’aurait donc pas été mise en mesure de réaliser des travaux. « On ne donne pas la chance aux gens parce que c’est Kingia, parce que c’est la comparution immédiate », a-t-il plaidé.

Le tribunal a finalement condamné la propriétaire à 18 mois d’emprisonnement entièrement assortis du sursis et à 10.000 euros d’amende. Son mari a reçu la même peine de prison, avec une amende de 7.000 euros.

Les deux condamnés se voient également interdire pendant cinq ans toute activité portant sur des biens immobiliers à usage locatif. La confiscation des gains tirés des locations et la destruction des habitations ont également été ordonnées.

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Mansour Kamardine, avocat et ancien député : « Pour l’amour de la République, l’État doit se décoloniser à Mayotte »

Mansour Kamardine, avocat et ancien député : « Pour l'amour de la République, l'État doit se décoloniser à Mayotte »

Ancien maire de Sada, ancien conseiller général et député à plusieurs reprises, Mansour Kamardine reste une voix influente du débat public mahorais. Dans un entretien exclusif accordé à Flash Info, il livre son regard sur les relations entre l’État et les collectivités locales, la politique foncière, l’immigration et les priorités qu’il estime indispensables au développement de Mayotte. Sans détour, il appelle l’État à rompre avec ce qu’il considère comme des pratiques héritées d’une autre époque.

Flash Info : Les Mahorais ont le sentiment que les institutions locales traversent une période de fragilité et que les relations entre les élus et l’État se sont dégradées ces dernières années. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Mansour Kamardine : Merci de cette question. Depuis la plage de Bouanatsa, dans le sud de l’île, que m’a léguée ma grand-mère, j’observe avec attention ce qui se passe à Mayotte. Parmi les sujets qui m’interpellent le plus figure la relation entre l’État et les collectivités locales, qu’il s’agisse du Département-Région ou des communes.

À mes yeux, l’État continue d’agir à Mayotte avec des réflexes qui relèvent encore d’une logique coloniale. Pendant des décennies, il a décidé seul des priorités du territoire, sans véritablement tenir compte de la volonté des élus locaux. Pourtant, dans une démocratie, le gouvernement est choisi par le peuple, tout comme les élus avec lesquels il est appelé à travailler. On peut partager ou non leurs orientations politiques, mais ils tiennent leur légitimité du suffrage universel et doivent être respectés comme tels.

L’exemple de l’Établissement public foncier et d’aménagement est révélateur. En 2020, lors de l’examen du projet de loi porté par Sébastien Lecornu, alors ministre des Outre-mer, les 27 conseillers départementaux avaient rejeté à l’unanimité sa création. Malgré cette opposition unanime, le gouvernement est finalement revenu imposer cette structure.

Aujourd’hui, cet établissement pilote la reconstruction et l’aménagement de Mayotte. Pourtant, personne n’est véritablement en mesure d’expliquer ce qu’il a accompli jusqu’à présent ni quelles priorités ont été arrêtées avec les élus locaux. C’est précisément ce type de fonctionnement qui nourrit le malaise.

F.I. : Beaucoup de Mahorais estiment que l’État décide seul, sans réellement écouter les attentes du territoire. Partagez-vous ce constat ?

M.K. : Oui, je pense que c’est effectivement la posture adoptée par l’État.

Avant l’élaboration de la loi Lecornu, le préfet de l’époque, Jean-François Colombet, avait organisé dix-sept ateliers de concertation à travers tout le territoire. Les Mahorais avaient participé massivement à ces échanges et formulé plus de 600 propositions consignées dans des cahiers de doléances.

Malheureusement, ces contributions ont très peu pesé dans les décisions finales. Le gouvernement avait déjà arrêté ses propres priorités avant même d’entendre les propositions de la population.

Aujourd’hui encore, ces priorités restent essentiellement centrées sur la construction d’écoles. Bien entendu, personne ne conteste la nécessité de construire des établissements scolaires. Mais cela ne peut constituer la seule réponse aux difficultés de Mayotte.

Plus on construit d’écoles, plus les effectifs augmentent sous l’effet d’une immigration continue, plus les besoins en salles de classe deviennent importants et plus les conditions d’enseignement se dégradent. Les familles mahoraises qui en ont les moyens choisissent alors de quitter l’île afin d’offrir à leurs enfants une meilleure qualité d’éducation.

À terme, cette politique produit un effet paradoxal : elle contribue progressivement au départ des Mahorais de leur propre territoire.

Flash Info : Plusieurs élus ultramarins dénoncent un phénomène de remplacement progressif des populations locales. À Mayotte, la situation est différente puisqu’il s’agit principalement d’une immigration clandestine en provenance des Comores et d’Afrique. Quelle est votre analyse ?

M.K. : La comparaison avec les Antilles ou d’autres collectivités ultramarines me paraît limitée. Les réalités sont différentes.

À Mayotte, le problème n’est évidemment pas la présence de Français venus de métropole. Tout citoyen français est chez lui sur ce territoire, quelles que soient son origine ou sa couleur de peau.

La difficulté réside dans une immigration clandestine devenue massive. Selon moi, elle représente désormais une part considérable de la population. Face à cette situation, l’État répond principalement par la construction d’écoles et de logements sociaux.

Or, lorsque l’on observe les bénéficiaires de ces logements, on constate qu’ils sont, dans une très large proportion, attribués à des personnes ayant été régularisées. Cette politique ne correspond pas aux attentes exprimées par une grande partie des Mahorais, qui souhaitent avant tout que l’État maîtrise les flux migratoires avant d’engager de nouvelles politiques d’accueil.

C’est là que réside, selon moi, l’un des principaux désaccords entre l’État et la population mahoraise.

F.I. : Vous dénoncez également la politique du logement menée à Mayotte. Pourquoi ?

M.K. : Parce qu’elle produit aujourd’hui des effets qui sont, à mes yeux, extrêmement préoccupants.

L’État procède à des expropriations de terrains appartenant à des familles mahoraises pour construire des logements sociaux. Bien souvent, ces terrains sont situés dans des zones rurales et sont acquis à des prix qui ne reflètent pas leur véritable valeur. Une fois les propriétaires expropriés, les communes sont amenées à modifier le zonage, ce qui augmente considérablement la valeur foncière des parcelles avant le lancement des programmes immobiliers.

Les Mahorais ont alors le sentiment d’être dépossédés de leur patrimoine. Ils perdent leur foncier et voient ensuite ces logements attribués, dans une très large proportion, à des personnes issues de l’immigration ayant obtenu une régularisation.

C’est cette succession d’événements qui nourrit un profond sentiment d’injustice. Beaucoup ont le sentiment d’être progressivement écartés de leur propre territoire.

F.I. : Vous évoquez une véritable rupture entre l’État et les Mahorais…

M.K : Oui, parce que les priorités ne sont pas les mêmes.

Les politiques actuellement conduites sont peut-être cohérentes du point de vue de l’État, mais elles ne correspondent pas aux attentes exprimées par les Mahorais. Ceux-ci demandent d’abord que l’immigration clandestine soit maîtrisée, que leur patrimoine foncier soit protégé et que les services publics répondent enfin à leurs besoins.

À partir du moment où la population a le sentiment de ne plus être entendue, une défiance s’installe. Cette rupture est d’autant plus préoccupante que les Mahorais sont profondément attachés à la France et aux valeurs de la République. Lorsque cette confiance se fragilise, c’est le lien entre l’État et la population qui se détériore.

F.I. : Certains Mahorais estiment que l’État mène, à long terme, une politique qui conduirait progressivement à leur dépossession foncière. Que leur répondez-vous ?

M.K. : Je comprends cette inquiétude. Le foncier représente bien plus qu’un patrimoine économique à Mayotte. Il est au cœur de l’identité familiale, de la transmission entre générations et de l’enracinement des Mahorais sur leur terre.

Lorsque les habitants voient se multiplier les expropriations, les changements de destination des terrains et les programmes immobiliers réalisés sans qu’ils aient le sentiment d’en être les premiers bénéficiaires, ils s’interrogent légitimement sur l’orientation des politiques publiques.

C’est précisément pour cette raison que j’appelle depuis longtemps à une autre manière de gouverner Mayotte : une méthode fondée sur l’écoute, le dialogue et le respect des élus locaux.

F.I. : Vous employez souvent l’expression « décoloniser l’État ». Que signifie-t-elle concrètement ?

M.K : J’utilise volontairement cette expression. La République française a tourné la page de la colonisation. Pourtant, à Mayotte, j’ai parfois le sentiment que certains services de l’État continuent de fonctionner selon des réflexes hérités d’une autre époque.

Décoloniser l’État, cela ne signifie évidemment pas remettre en cause la République. Bien au contraire. Cela consiste à faire vivre pleinement les principes républicains.

Les représentants de l’État doivent considérer les élus mahorais comme de véritables partenaires et non comme de simples exécutants. Les décisions qui concernent l’avenir du territoire doivent être construites avec eux et non imposées depuis Paris. C’est cette évolution culturelle que j’appelle de mes vœux depuis plusieurs années.

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François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des Droits par Emmanuel Macron : une bonne nouvelle pour Mayotte ?

François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des Droits par Emmanuel Macron : une bonne nouvelle pour Mayotte ?
François-Noël Buffet s’est rendu à Mayotte en décembre 2024 après le cyclone Chido en tant que ministre des Outre-mer

L’ancien ministre des Outre-mer sous le gouvernement Barnier, François-Noël Buffet, a été proposé comme Défenseur des Droits par Emmanuel Macron. Si sa nomination est confirmée, il se pourrait que ses positions conviennent davantage aux élus et à la population mahoraise que celles de sa prédécesseure, Claire Hédon.

Proposé par Emmanuel Macron pour occuper la fonction de Défenseur des droits, François-Noël Buffet a été auditionné ce mercredi 15 juillet dernier par l’Assemblée nationale et le sera aujourd’hui, le 21 juillet, par le Sénat. Ce n’est qu’a la suite du dépouillement des votes des commissions des lois de ces 2 instances, votes qui seront additionnés, que sa nomination sera validée ou non.

Si cette proposition suscite déjà de vives réactions au niveau national, où plusieurs associations dénoncent un profil jugé trop « conservateur », à Mayotte en revanche cette perspective est observée sous un tout autre angle.

Elle suscite en effet l’espoir, au sein des élus et de la population mahoraise, que les droits des Mahorais, notamment au sujet des questions liées à la sécurité, seront davantage pris en compte que sous le mandat de sa prédécesseure, Claire Hédon.

Plusieurs des prises de position de cette dernière avaient en effet suscité un sentiment d’incompréhension au sein de la population mahoraise ainsi que de ses élus qui lui reprochaient de mettre davantage l’accent sur les droits des Etrangers que sur ceux des Mahorais, confrontés quotidiennement à l’insécurité, aux difficultés d’accès aux services publics et aux conséquences de la crise migratoire.

Pour beaucoup, elle ne prenait pas suffisamment en compte les problématiques spécifiques propres au territoire mahorais. A l’inverse, les associations de défense des droits humains estimaient qu’elle remplissait pleinement son rôle, celui du éfenseur des droits étant précisément de veiller au respect des droits fondamentaux de toute personne quelque soit sa situation.

L’un des auteurs du rapport sénatorial de 2021 consacré à l’insécurité

Quelque soit son titulaire, les compétences d’un Défenseur des Droits restent toutefois les mêmes. Il ne fixe pas la politique migratoire et ne peut pas modifier les lois. Il intervient dans les litiges avec les administrations, les discriminations, les droits de l’enfant, la déontologie des forces de sécurité et la protection des lanceurs d’alerte. En revanche, chaque Défenseur des droits apporte sa sensibilité.

Là où Claire Hédon, ancienne journaliste à RFI et ex-présidente d’AD Quart Monde, était issue du monde associatif et de la lutte contre la précarité, François-Noël Buffet vient du Droit (il est avocat de formation), du Sénat et des questions de sécurité. Il connait en outre assez bien Mayotte pour y avoir effectué plusieurs séjours.

L’ancien ministre s’est en effet rendu 3 fois sur l’île : en 2006, dans le cadre d’une commission d’enquête sénatoriale sur l’immigration irrégulière, en 2021 lors d’une mission d’information du Sénat sur l’insécurité à Mayotte, et en décembre 2024 après le cyclone Chido en tant que ministre des Outre-mer. La mission de 2021 a donné lieu à un rapport, dont il est l’un des co-auteurs, intitulé « Insécurité à Mayotte : conjurer le sentiment d’abandon des Mahorais ».

Ce document dressait un constat particulièrement sévère : explosion de la délinquance, pression migratoire exceptionnelle, services publics saturés et profond sentiment d’abandon de la population. Les sénateurs y plaidaient pour un renforcement durable des moyens de l’Etat, de la Justice et des forces de sécurité. Cette connaissance approfondie des réalités mahoraises nourrit aujourd’hui les attentes de nombreux élus et habitants de l’île.

Si rien ne permet toutefois aujourd’hui d’affirmer quelle sera son action s’il est confirmé dans ses fonctions, une chose est sûre : compte-tenue de sa connaissance de Mayotte et des critiques adressées à sa prédécesseure sur l’île, sa possible arrivée est suivie avec une attention toute particulière.

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Action humanitaire : l’association Omoiyari se mobilise pour les écoliers

Action humanitaire : l’association Omoiyari se mobilise pour les écoliers

Dans le cadre de sa collecte de fonds « Une rentrée pour tous », cet été, l’association de Cavani anticipe et se donne pour mission de recueillir des fournitures scolaires destinées aux élèves d’école primaire issus de familles modestes.

Omoiyari” évoque un concept japonais qui exprime l’art de se soucier véritablement des autres, d’aider son prochain avant même qu’il en ait besoin. Si l’association a vu le jour grâce à des collectes alimentaires organisées en fin d’année 2025, elle se lance aujourd’hui un nouveau défi : offrir une belle rentrée des classes aux enfants dans quelques semaines. Le but est de constituer des kits scolaires comprenant notamment un cartable, des cahiers, des classeurs, une trousse, des stylos, des crayons et des feutres, une règle, une gomme, un taille-crayon ainsi que d’autres fournitures essentielles, selon les besoins des élèves.

L’association espère ensuite remettre ces kits à une école. La collecte a déjà réuni de nombreux donateurs les 4 et 5 juillet derniers, au centre commercial Baobab. Imrane, président de l’association, réagit à cette première mobilisation : « Notre équipe était présente à l’entrée de l’Intermarché avec des flyers. Nous avons présenté notre association et expliqué le projet aux passants. Nous avions aussi préparé des listes de matériels pour les personnes qui ne savaient pas quoi acheter. Aux abords des caisses, d’autres membres ont pu recueillir une quinzaine de sacs remplis de fournitures en tout genre. »

Malgré quelques appréhensions au départ, il se dit satisfait : « Auparavant, les collectes effectuées s’inscrivaient dans un cadre religieux, pendant le mois de ramadan, un moment où les gens semblaient plus enclins à donner. J’étais donc moins certain que cette collecte scolaire rencontrerait le même succès et prendrait autant d’ampleur. Mais finalement, elle a très bien fonctionné », s’exclame-t-il.

D’autres actions sont également prévues les 1er et 2 août au Hyper Discount, de Kawéni. Il est aussi possible d’effectuer des dons d’argent sur place. Une cagnotte a également été ouverte sur la plateforme Leetchi. À ce jour, elle s’élève à 577 euros, mais pour Imrane, ce projet dépasse les chiffres, dans la mesure où l’essentiel est de donner le meilleur de soi-même sans trop se focaliser sur une somme finale : « On souhaite vraiment aider le plus grand nombre de familles possible. Si nous faisons de notre mieux pour venir en aide à ceux qui en ont besoin, à la fin, nous serons déjà très heureux. Nous pensons notamment aux parents et au soulagement que cela peut représenter pour les familles les plus modestes. Il peut être difficile de réunir tout le nécessaire demandé sur les listes données par les établissements. »

Il poursuit « À travers cette initiative, nous souhaitons également transmettre un message de solidarité et donner envie à d’autres personnes de s’engager, que ce soit par la générosité ou le bénévolat. De plus, peut-être que cette démarche inspirera certains, à leur tour, à créer une association ou une entreprise engagée, afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier, ponctuellement ou régulièrement, de ce type de soutien », conclut-il. La collecte se poursuit sur la quasi-totalité du mois d’août, l’association envisage de distribuer les dons la semaine de la rentrée.

Elle espère également pouvoir compter sur de nouveaux partenariats à long terme, qui contribueront notamment aux moyens de transport de l’équipe ou aux donations tout simplement. Aujourd’hui, l’entité compte une soixantaine de bénévoles, toujours prête à accueillir de nouveaux adhérents ou sympathisants. Elle reste active sur les réseaux sociaux, où chacun peut retrouver toutes les informations nécessaires pour découvrir ses actions et, s’il le souhaite, les soutenir ou y participer. Selon l’INSEE, à Mayotte une part croissante du budget des ménages les plus démunis va dans les fournitures scolaires pour donner un avenir meilleur aux enfants.

Pour cette rentrée 2026, l’allocation de rentrée scolaire pour les enfants d’écoles primaires s’élève à 429, 01 euros.  Les initiatives portées par les associations représentent également un levier majeur pour accompagner la reconstruction d’un écosystème éducatif fragilisé, particulièrement depuis le passage du cyclone Chido, et pour soutenir les familles face aux conséquences d’une hausse des prix devenue inéluctable. La finalité est claire : renforcer l’égalité des chances de réussite scolaire.

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Assadillah Abdourahamani élu à l’unanimité à la présidence du Centre de gestion de Mayotte

Assadillah Abdourahamani élu à l’unanimité à la présidence du Centre de gestion de Mayotte
À la MJC de M'Gombani, les élus ont voté d’une seule voix : Assadillah Abdourahamani prend la tête du Centre de gestion de Mayotte.

Le Centre de gestion de la fonction publique territoriale (CDG) de Mayotte a un nouveau président. Réunis ce samedi 17 juillet à la MJC de M’Gombani, une vingtaine d’élus locaux ont porté à l’unanimité Assadillah Abdourahamani, maire de Kani-Kéli, à la tête de l’établissement public. Il succède à Youssouf Ambdi, ancien maire de Ouangani.

Une nouvelle page s’ouvre pour le Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Mayotte. Réunis à la MJC de M’Gombani, une vingtaine d’élus locaux ont porté à l’unanimité le maire de Kani-Kéli, Assadillah Abdourahamani, à la présidence de l’établissement. Une élection marquée par un appel au rassemblement et à la défense de l’intérêt général.

Cette élection s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques, dont le sénateur Saïd Omar Oili, ancien président du Centre de gestion, et la députée Anchya Bamana, tous deux soutiens de la démarche engagée.

Pour le nouveau président, cette élection dépasse largement les clivages politiques. « Le Centre de gestion est la chambre commune à toutes les collectivités. Cela dépasse les approches partisanes. Un travail a été mené depuis les élections municipales avec un groupe qui s’est ouvert au-delà des formations politiques pour porter un message d’unité et de solidarité au service de l’intérêt général », a déclaré Assadillah Abdourahamani.

Le maire de Kani-Kéli a salué la capacité des élus mahorais à se rassembler autour d’un objectif commun. « Les élus de Mayotte ont montré que nous sommes capables de nous retrouver, de débattre et de nous accorder dans une optique commune, celle de l’intérêt général. La fonction publique, c’est le service public, ce sont les agents, les serviteurs du quotidien », a-t-il affirmé.

Il a également souligné la portée symbolique de la présence d’anciens parlementaires lors de cette élection. « Il y a ici un message d’unité. Les anciens parlementaires sont venus se joindre à cet élan pour montrer que la fonction publique n’appartient à aucun groupe politique et qu’elle constitue un bien commun. »

Un établissement au service des collectivités

Le Centre de gestion de la fonction publique territoriale joue un rôle central dans le fonctionnement des collectivités locales. Il accompagne les 17 communes de Mayotte, le Département-Région de Mayotte ainsi que les intercommunalités dans la gestion des ressources humaines.

Son directeur général des services, Chamssdine Kalihini, rappelle que le CDG est « une émanation de la décentralisation engagée en France dans les années 1980 ». À Mayotte, son développement s’inscrit dans la mise en place progressive des institutions territoriales et complète l’action du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), chargé de la formation des agents.

Le Centre de gestion assure notamment l’organisation des concours de la fonction publique territoriale, la gestion de carrière des quelque 6 000 agents territoriaux de Mayotte, les avancements de grade, l’accompagnement des projets professionnels ainsi que la gestion de la bourse de l’emploi, qui recense notamment les postes vacants de plus de six mois.

Une nouvelle équipe dirigeante

Pour l’accompagner dans ses fonctions, Assadillah Abdourahamani s’appuiera sur un bureau composé de quatre vice-présidents, représentant plusieurs collectivités du territoire. Hafoussoiti Daoud Vitta, conseillère municipale de Mtsamboro, a été élue première vice-présidente. Elle sera secondée par Echati Issa, élue du Département-Région de Mayotte pour le canton de Koungou, en qualité de deuxième vice-présidente. Ibrahima Ambdoulhanyou, élu municipal de Tsingoni, occupera les fonctions de troisième vice-président, tandis qu’Abdou Laithi, élu municipal de Bouéni, complète l’exécutif en tant que quatrième vice-président.

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Mayotte a fait ses adieux au grand musicien Langa, dimanche 19 juillet 2026

Mayotte a fait ses adieux au grand musicien Langa, dimanche 19 juillet 2026

Toumbou Soumaïla n’est plus. Mais Langa, lui, demeurera à jamais gravé dans la mémoire collective des Mahorais. L’immense chanteur continuera de traverser le temps à travers ses chansons et ses mélodies, de faire chanter, danser et rêver les générations futures, comme il l’a fait pour celles qui l’ont précédé. Son œuvre survivra à l’homme, portée par un patrimoine musical devenu indissociable de l’identité culturelle de Mayotte.

Depuis l’annonce de son décès, dimanche matin, les hommages affluent de toutes parts. Du monde de la musique, de la classe politique, de la société civile, de la diaspora, des anonymes comme des passionnés de musique traditionnelle, chacun salue la disparition de celui qui incarnait l’âme musicale de l’île.

Maître incontesté du gaboussi, cette guitare traditionnelle à trois cordes propre à l’Afrique orientale et à l’océan Indien, Langa a vu une foule considérable converger vers son village pour lui rendre un dernier hommage. Ses funérailles se sont déroulées dans une grande simplicité, à l’image de l’homme qu’il fut tout au long de son existence.

Avec sa disparition, Mayotte perd bien davantage qu’un musicien. Elle perd un monument de sa culture, un immense baobab de la chanson traditionnelle, un passeur de mémoire et un trait d’union entre les traditions sakalava du Boeny malgache et celles de Mayotte.

Après plus d’un demi-siècle consacré à son art, Toumbou Soumaïla s’est éteint dimanche, aux alentours de 6 heures du matin, à l’âge de 71 ans. Sa disparition replonge naturellement de nombreux Mahorais dans le souvenir de l’un de ses plus grands succès, « Moutso nguiya ngoma ». Composée au milieu des années 1980, cette chanson apparaît aujourd’hui presque prémonitoire. Le maestro y évoquait déjà, avec une étonnante lucidité, la tristesse que susciterait un jour son départ.

Langa laisse derrière lui un répertoire exceptionnel de chansons, mais également le souvenir de sa bonne humeur, de sa joie communicative, de son humour et de ses critiques parfois acerbes envers les travers de la société mahoraise. Un héritage précieux qu’il conviendra désormais de préserver afin qu’il ne sombre jamais dans l’oubli.

À la fois griot, poète, compositeur, musicien et interprète, il a consacré sa vie à défendre l’héritage culturel de ses ancêtres. Il maniait avec la même aisance le kibushi et le shimaoré, les deux principales langues vernaculaires de Mayotte, donnant ainsi une dimension universelle à ses compositions.

Aveugle dès son plus jeune âge, Toumbou Soumaïla découvre le gaboussi à seulement quinze ans. Très vite, il développe un style singulier où se mêlent poésie, chronique sociale et récit historique. À travers ses chansons, il raconte les grands événements qui ont marqué l’histoire politique de Mayotte, notamment le combat mené pour le maintien de l’île au sein de la République française. Son immense mémoire lui permet de transformer chaque épisode marquant en chanson, contribuant ainsi à transmettre l’histoire et à renforcer le sentiment d’appartenance des Mahorais.

« Langa est la source originelle de la musique mahoraise contemporaine. Quels que soient les styles développés par les générations successives de musiciens, tous ont puisé quelque chose dans son œuvre. Aujourd’hui encore, toutes les générations chantent et dansent sur les notes de son gaboussi-blues, qui constitue une véritable signature de l’identité mahoraise », souligne Mikidadi Abdoullah, dit Big Music, organisateur de festivals de musique à Mayotte, à Madagascar et en métropole. Pour un jeune musicien qui a souhaité garder l’anonymat, la disparition de Langa représente une perte immense.

« C’est une véritable bibliothèque musicale qui disparaît et nous laisse orphelins dans le combat permanent que nous menons pour préserver notre culture. Aujourd’hui, les responsables politiques multiplient les hommages, mais ils n’ont pratiquement rien fait pendant plus de trente ans pour soutenir cet artiste exceptionnel. Sans les médias, notamment la radio et la télévision, qui continuaient de diffuser ses œuvres, il serait peut-être déjà tombé dans l’oubli. »

Un artiste investi d’une véritable mission sociale

Au-delà de son immense talent musical, Langa jouait également un rôle social majeur.

« C’était un personnage hors du commun, se souvient l’un de ses contemporains. Il savait transformer en chanson tout ce qu’il observait autour de lui. Il animait aussi bien les fêtes villageoises que les cérémonies de roumbou, qui ont accompagné l’histoire du combat pour la départementalisation de Mayotte. À travers certaines de ses œuvres, il rendait hommage aux grandes figures historiques de cette lutte, notamment Marcel Henry et Younoussa Bamana, comme dans sa chanson Nahazonay Tany Nay. »

Pour Fouad, un autre passionné de musique traditionnelle, Langa emporte avec lui une partie de l’âme de Mayotte. « Il aurait été le compositeur idéal d’un hymne officiel pour notre département. Avec sa disparition, c’est une partie de notre patrimoine commun qui s’en va. Nous perdons une voix unique, un critique social qui savait parler à tous les Mahorais avec intelligence, humour et poésie. »

Langa excellait également dans l’art de transformer les anecdotes du quotidien en chansons devenues populaires. Son célèbre morceau « Songoro Matchatcha », inspiré du passage de Léopold Sédar Senghor à Dzaoudzi alors qu’il était ministre sous la IVe République, en est l’un des meilleurs exemples. À cette époque, beaucoup de Mahorais avaient du mal à imaginer qu’un Africain puisse exercer des fonctions ministérielles au sein du gouvernement français. Fidèle à son talent de chroniqueur populaire, Langa sut immortaliser cet étonnement collectif dans une chanson restée célèbre. Les messages de condoléances continuent de se multiplier sur les réseaux sociaux.

« Je suis profondément attristé par la disparition de cet artiste majeur, qui a inspiré plusieurs générations de musiciens. Il fut l’un des premiers artistes mahorais à représenter Mayotte dans de grands festivals internationaux, en Afrique du Sud, en Suisse, en métropole et dans d’autres pays. Les Mahorais continueront longtemps à écouter ses chansons. Son œuvre influencera encore les jeunes artistes qui souhaitent se lancer dans la musique. Langa est un maître incontesté à Mayotte comme aux Comores. Il a contribué à faire entrer dans le patrimoine collectif de nombreuses chansons traditionnelles qui appartiennent désormais à la mémoire de notre peuple. »

Avec le départ de Langa, c’est une page majeure de l’histoire culturelle de Mayotte qui se tourne. Mais tant que résonneront les accords de son gaboussi, sa voix continuera d’habiter les villages, les fêtes populaires et la mémoire de tout un peuple. Son héritage appartient désormais aux générations futures, auxquelles revient la responsabilité de le préserver et de le transmettre.

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Comores : le ministre de l’Intérieur interdit les mariages coutumiers avant 17 heures

Comores : le ministre de l'Intérieur interdit les mariages coutumiers avant 17 heures

En publiant cette circulaire, le ministre de l’Intérieur reconnaît à demi-mot l’incapacité de l’État à sanctionner les agents qui s’absentent de leur travail sans motif valable, malgré l’existence de textes réglementaires en vigueur. Mais est-ce une raison de pénaliser toute une population ?

Le ministère de l’Intérieur de l’Union des Comores a provoqué un tollé en publiant, samedi, une circulaire qui risque de bouleverser les festivités de la saison des grands mariages, déjà bien entamée. Datée du 18 juillet et adressée aux préfets ainsi qu’aux maires, cette note, signée par le ministre Mohamed Ahmed Assoumani, interdit désormais l’organisation de manifestations coutumières durant les après-midi des jours ouvrables.

Le motif avancé est l’absentéisme constaté dans l’administration publique pendant les heures de travail.

« Dans le souci d’assurer la continuité et l’efficacité du service public, ainsi que le respect des horaires de travail au sein des administrations publiques, il est rappelé qu’un arrêté du ministère de la Fonction publique a fixé les horaires de travail des fonctionnaires et autres agents de l’administration ainsi que les périodes durant lesquelles les agents de l’État et des collectivités territoriales sont tenus d’assurer normalement leurs fonctions », rappelle le ministre dans sa circulaire.

Le document souligne toutefois que, malgré ce cadre réglementaire, « l’organisation de manifestations coutumières durant les après-midi des jours ouvrables entraîne une absence importante des agents publics », perturbant ainsi le fonctionnement normal des services administratifs.

En conséquence, les cérémonies coutumières devront désormais être organisées en dehors des heures de service, les samedis, dimanches, jours fériés ou après la fermeture des administrations. Depuis septembre, les horaires de travail dans la fonction publique sont fixés de 8 heures à 17 heures, du lundi au vendredi.

« Il est désormais demandé aux autorités préfectorales et communales de veiller à ce qu’aucune autorisation ne soit accordée pour l’organisation de manifestations à caractère coutumier durant les après-midi des jours ouvrables », exige le ministre de l’Intérieur. Celui-ci invite également les préfets, les maires, les autorités coutumières et les chefs de village à sensibiliser la population afin d’assurer le respect de cette mesure.

Un aveu d’impuissance de l’État ?

Si cette décision vise, selon le ministre, à garantir la continuité du service public et un fonctionnement régulier des administrations, elle suscite déjà de nombreuses critiques.

Premier reproche : l’absence de concertation et de sensibilisation. Il est de notoriété publique qu’entre juillet et août, les Comoriens de la diaspora reviennent massivement au pays pour célébrer leur grand mariage ou celui de leurs proches. Ces cérémonies sont souvent programmées plus d’un an à l’avance. Cette période estivale étant très courte, il n’est pas rare que cinq grands mariages soient organisés la même semaine dans une seule ville. Or, un seul mariage coutumier s’étale généralement sur au moins six jours de festivités.

Pour une grande partie de l’opinion, une telle décision aurait dû être précédée d’une vaste campagne d’information et de dialogue avec les autorités coutumières.

Deuxième critique : la circulaire est perçue comme un aveu d’impuissance de l’État face à l’absentéisme de ses quelque 13 500 fonctionnaires. Beaucoup s’interrogent : pourquoi ne pas sanctionner directement les agents fautifs plutôt que d’imposer des contraintes à l’ensemble de la population ?

Pourtant, le 20 avril dernier, le ministre de la Fonction publique a publié un arrêté fixant les modalités de retenue sur salaire applicables aux fonctionnaires et agents de l’État en cas d’absence ou de retard injustifiés.

« Est considérée comme absence injustifiée toute absence au poste de travail qui n’a pas été préalablement autorisée et qui n’est pas couverte par un justificatif valable transmis dans un délai de soixante-douze (72) heures. Le retard injustifié est considéré comme tel lorsqu’un agent se présente à son poste après l’heure réglementaire sans motif valable ou sans autorisation préalable », précise le texte.

Son article 3 prévoit que les retenues sur salaire sont calculées proportionnellement au temps de travail non effectué. La constatation des absences relève des directions des ressources humaines ou de toute autre autorité administrative compétente.

L’arrêté précise également que « les absences et retards répétés peuvent donner lieu à des sanctions disciplinaires conformément aux textes en vigueur ». Il prévoit enfin la mise en place d’un système de pointage destiné à renforcer le contrôle de la présence des agents.

Pourquoi pénaliser toute la population ?

Avec un tel arsenal réglementaire déjà en place, de nombreuses voix s’interrogent sur la pertinence de cette nouvelle circulaire.

« Cette circulaire constitue avant tout l’aveu de l’impuissance de l’État. Garantir la continuité du service public est un objectif parfaitement légitime. Mais lorsqu’un fonctionnaire manque à ses obligations, il appartient à l’État d’exercer son pouvoir disciplinaire. C’est sa responsabilité première, en tant que détenteur de l’autorité publique, et non celle des familles ou de l’ensemble des citoyens », estime Ibrahim Mahafidh Eddine, militant de la diaspora, interrogé par Flash Infos.

Très actif sur les questions d’actualité concernant les Comores, ce membre du mouvement Naribarikishe Yi Komori accuse le gouvernement de déplacer le problème.

« Au lieu de sanctionner les agents défaillants, de renforcer les contrôles et de faire respecter la discipline administrative, il choisit d’imposer des contraintes à toute la population en limitant l’organisation des cérémonies coutumières. C’est une réponse disproportionnée qui fait peser sur les citoyens les conséquences des défaillances de l’administration », dénonce-t-il.

La circulaire soulève également un important débat juridique.

« Une circulaire n’est qu’une instruction interne destinée à expliquer aux agents comment appliquer une règle existante. Elle n’a aucune valeur normative à l’égard des citoyens. Elle ne crée aucun droit, n’édicte aucune obligation nouvelle et ne peut restreindre une liberté », rappelle l’avocate franco-comorienne Maliza Saïd Soilihi.

Cette dernière dénonce l’absence de fondement juridique de la décision.

« On prétend, par une simple note de service, interdire à tout un peuple des actes que seule une loi pourrait éventuellement encadrer, et encore dans les strictes limites de la nécessité et de la proportionnalité. On ne suspend pas la vie privée, la liberté de réunion et les rites d’une société par un papier signé un après-midi. Aucun texte ne l’autorise », tranche-t-elle.

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La CRESS de Mayotte propose deux ateliers pour les porteurs de projets en juillet

La CRESS de Mayotte propose deux ateliers pour les porteurs de projets en juillet

La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) de Mayotte organise deux ateliers thématiques au mois de juillet, ouverts à tous les porteurs de projets souhaitant renforcer leurs compétences sur des sujets précis.

Le premier rendez-vous, consacré à « l’anticipation des bilans et la mesure d’impact des actions », se tiendra le mercredi 22 juillet 2026 de 9h à 12h30 dans les locaux de Sud Mayotte Développement à Mzouazia, dans la commune de Bouéni.

Un second atelier sera proposé le mercredi 29 juillet 2026, également de 9h à 12h30, à la CRESS de Mroalé à Tsingoni. Il portera sur la mobilisation d’un réseau de partenaires afin d’élargir ses sources de financement.

Ces sessions ont pour objectif d’accompagner les entrepreneurs et acteurs associatifs dans le développement de leurs projets grâce à des outils pratiques et des échanges autour de problématiques concrètes.

Des perturbations d’eau annoncées ce vendredi en Petite-Terre

Des perturbations d’eau annoncées ce vendredi en Petite-Terre
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Les habitants de plusieurs secteurs de Petite-Terre devront faire face à des perturbations dans la distribution d’eau ce vendredi 17 juillet 2026. La SMAE (Mahoraise des Eaux) prévoit une intervention de nettoyage du réservoir de Pamandzi, nécessitant l’arrêt temporaire de la distribution depuis cet ouvrage entre 7h et 18h.

Les secteurs concernés sont Labattoir Centre, Pamandzi La Vigie, Labattoir La Vigie et Pamandzi Ouest. La distribution alternative sera maintenue, mais en mode dégradé, ce qui pourrait entraîner des coupures ou une baisse de pression selon la localisation des abonnés.

Afin de limiter l’impact de l’intervention, des aménagements sont prévus dans les secteurs de La Vigie. À Labattoir La Vigie, une ouverture exceptionnelle du réseau est programmée de 18h ce jeudi soir à 6h vendredi matin. À Pamandzi La Vigie, la remise en service est avancée à 6h au lieu de 10h initialement prévu.

Lors du retour de l’eau, la SMAE recommande aux usagers de laisser couler les robinets quelques minutes jusqu’à obtenir une eau claire. L’eau récupérée pourra être utilisée pour des usages non alimentaires. Pour la consommation et la préparation des repas, il est conseillé de faire bouillir l’eau durant la première demi-journée suivant la remise en eau.

Les événements traditionnels deviennent des opportunités de sensibilisation à la santé et aux droits des femmes

Les événements traditionnels deviennent des opportunités de sensibilisation à la santé et aux droits des femmes
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La Direction régionale aux droits des femmes intensifie, cet été, ses actions en faveur des femmes de plus de 40 ans. En ce mois de juillet, elle lance sa campagne « Aller vers ma santé et mes droits de femme ». Pour les équipes de la DRDFE, un défi innovant est à portée de main : informer les femmes sur leur santé durant les événements traditionnels, tels que les préparatifs de mariages, les maoulidas et bien d’autres. À l’origine de cette initiative, un chama de Chéngué. Les chikaos et chamas de sept villages seront mobilisés autour de nombreux objectifs : proposer des dépistages des IST ainsi que des cancers du sein et du col de l’utérus, avec le Centre régional de coordination du dépistage des cancers et le Centre hospitalier de Mayotte ; informer sur la planification familiale et la contraception avec le Réseau périnatal de Mayotte (REPEMA) ; sensibiliser à la prévention des violences faites aux femmes aux côtés de la Maison de Protection des Familles (MPF) ; échanger sur la charge mentale, les relations affectives et la prévention de la prostitution des mineurs avec Mlezi Maore, la Croix-Rouge et l’ACFAV. La démarche répond à un enjeu urgent de santé publique. Sur l’île, les cancers chez les femmes sont particulièrement fatales. Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, tandis que le cancer du col de l’utérus figure également parmi les principales causes de décès. La préfecture précise : « En s’appuyant sur les traditions et la culture mahoraises, cette démarche de proximité favorise le dialogue, la prévention et l’accès aux droits des femmes.»

Une distinction pour Ambdilwahedou Soumaila

Une distinction pour Ambdilwahedou Soumaila

Le maire de Mamoudzou, président de la CADEMA et de l’Association des maires de Mayotte, Ambdilwahedou Soumaila, figure parmi les lauréats du palmarès national « 100 Nouveaux Visages 2026 », une initiative du Cercle des Élus Locaux, en partenariat avec La Tribune du Dimanche, qui distingue 100 maires et présidents d’intercommunalité issus du renouvellement électoral de 2026. Sur ses réseaux sociaux, la Ville de Mamoudzou insiste sur « une reconnaissance qui salue la dynamique du territoire : après le passage du cyclone Chido, Mamoudzou et la CADEMA reconstruisent, innovent et avancent, portées par le projet de ville “ Mamoudzou 2030”, le développement du réseau de transport CARIBUS et un rayonnement territorial affirmé.”

Les inscriptions ouvertes pour les 24 Heures de Bandrani

Les inscriptions ouvertes pour les 24 Heures de Bandrani

Les amateurs de course d’endurance peuvent désormais s’inscrire aux 24 Heures de Bandrani, organisées le samedi 12 septembre dans le Grand Nord. Trois formats sont proposés : 6 heures, 12 heures ou 24 heures. Les participants évolueront sur une boucle de 8 kilomètres empruntant la piste reliant Bandrani à la retenue collinaire de Dzoumogné. Les inscriptions sont ouvertes en ligne sur la plateforme SportPro.

Port de Longoni : Ida Nel accuse l’État d’avoir orchestré son éviction

Port de Longoni : Ida Nel accuse l'État d'avoir orchestré son éviction

À moins d’un mois de la fin de la délégation de service public (DSP) du port de Longoni, Ida Nel refuse de s’avouer vaincue dans le bras de fer qui l’oppose au Département-Région, qu’elle estime agir sous l’impulsion de l’État. Sans détour, elle met en cause le général Facon, chargé de la stratégie de refondation de Mayotte après le cyclone Chido, ainsi que son ancienne collaboratrice, aujourd’hui secrétaire générale pour les affaires régionales (SGAR) à la préfecture de Mayotte. Déterminée, la dirigeante de Mayotte Channel Gateway (MCG) affirme qu’elle restera un acteur du port de Longoni, quelle que soit la forme que prendra son activité.

Flash Infos : Que va-t-il advenir de Mayotte Channel Gateway à compter du 1er septembre 2026 ? Dans quel état d’esprit abordez-vous cette échéance ?

Ida Nel : Mayotte Channel Gateway a effectivement été invitée à quitter le port de Longoni à compter du 1er septembre 2026. Je tiens toutefois à préciser que MCG existe et continuera d’exister, car c’est une entreprise capable de se développer dans d’autres activités.

Il en va de même pour Manuport, la société de mon fils. Nous attendons le résultat de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI). Cette entreprise a lourdement investi dans la manutention et bénéficie d’un contrat de dix ans avec CMA CGM. Je pense donc qu’Ida Nel continuera d’être présente au port de Longoni, même si cela déplaît à certaines personnes.

Comme je l’ai toujours fait, je continuerai à apporter ma contribution. Aujourd’hui encore, le quai n°1 ne dispose toujours pas d’électricité alors que six entreprises du bâtiment y travaillent. Je mets la main à la pâte, avec bonne volonté, sans attendre de retour particulier.

Pour être claire, le 1er septembre 2026, Manuport sera toujours présente avec son personnel actuel. Elle poursuivra ses livraisons, quitte à travailler sous une tente.

On parle beaucoup, dans la presse, de la création d’un EPIC. Pour être franche, à ce jour, je ne sais toujours pas précisément où en est ce projet. À ma connaissance, cet établissement n’est pas encore juridiquement créé. Les statuts sont-ils validés et enregistrés ? Je ne le pense pas. Selon toute vraisemblance, les élus départementaux devront encore travailler sur sa gouvernance dans les prochains jours.

Je ne sais donc pas ce que sera réellement cet EPIC. Ce que je comprends, c’est que l’objectif affiché est de créer une sorte de mini grand port maritime local, avec les manutentionnaires comme principaux opérateurs.

Flash Infos : Si vous vous prêtez à un exercice de prospective, qui voyez-vous occuper la place de MCG au port de Longoni à partir du 1er septembre 2026 ?

Ida Nel : Quatre candidats sont en lice. Vont-ils travailler ensemble ? Nous le saurons très prochainement.

L’un de ces opérateurs réalise déjà beaucoup d’activités avec CMAT, un autre travaille avec nous. Lorsque j’observe la réaction des syndicats, je ne peux m’empêcher de penser que d’importantes perturbations sont à prévoir.

Une question se pose alors : appartient-il à l’État d’organiser un tel désordre à Mayotte ?

Ma longue présence sur l’île m’a permis de vivre les événements de 1993, marqués par un immense incendie qui avait ravagé Mamoudzou et détruit de nombreux bâtiments administratifs. J’ai également connu les grandes grèves de 2011 et de 2018, qui ont profondément affecté le territoire.

Ma conviction est que la situation actuelle est extrêmement fragile et qu’il suffirait d’une étincelle pour provoquer de nouveaux troubles.

Je considère donc que l’État, s’il est effectivement à l’origine de cette situation, devrait mesurer les conséquences de ses décisions. À Mayotte, personne n’est dupe.

Il est évident que MCG est appelée, dans un premier temps, à devenir une coquille vide. En revanche, Manuport continuera de travailler et d’assurer les livraisons, quelles que soient les décisions prises concernant l’EPIC.

Par ailleurs, les procédures judiciaires ne sont pas terminées. Comme tous les habitants de cette île, nous attendons la décision du Conseil d’État sur notre demande de sursis à exécution.

En tant que Mahoraise, je reste attentive aux nombreux soutiens et prières exprimés par des milliers de personnes, dans l’espoir que la justice reconnaisse le bien-fondé de notre démarche, dans l’intérêt des consommateurs mahorais.

Beaucoup espèrent une décision favorable. Nous verrons ce qu’il en sera le moment venu.

Flash Infos : À qui attribuez-vous la volonté de vous évincer du port de Longoni ? Beaucoup de Mahorais s’interrogent sur la cohérence de cette décision, alors même qu’elle pourrait avoir des conséquences importantes sur le coût des produits importés.

Ida Nel : Les inquiétudes que vous évoquez sont bien réelles. Qui est derrière cette décision ? Sans pouvoir l’affirmer avec une certitude absolue, je pense que tout cela découle de la stratégie de reconstruction de Mayotte après le cyclone Chido, portée notamment par le général Facon et l’actuelle SGAR. En revanche, je ne mets pas en cause le nouveau préfet.

Je me fonde notamment sur les courriers que la SGAR m’a adressés, lorsque j’ai sollicité la mise en place d’une délégation de service public provisoire. L’objectif était de permettre à MCG de poursuivre temporairement son activité, le temps que les questions juridiques soient définitivement tranchées et que l’EPIC puisse être créé dans des conditions sereines.

Or, les Mahorais constatent aujourd’hui une véritable précipitation. Tout semble aller très vite, parfois au mépris des règles habituelles.

Nous voyons apparaître des arrêtés qui se contredisent. Cette accumulation donne le sentiment d’une fuite en avant et laisse penser que certains veulent absolument finaliser ce dossier avant un éventuel changement politique au niveau national.

Flash Infos : Vous pensez donc que tout est fait pour que ce dossier soit réglé avant un éventuel changement à la tête de l’État ?

Ida Nel : Oui, c’est mon sentiment. Je rappelle que quatre missionnaires sont venus à Mayotte afin d’établir un état des lieux de la situation du port. Pourtant, leur rapport demeure confidentiel. Les parlementaires mahorais eux-mêmes auraient demandé à en prendre connaissance sans succès. Je pense donc qu’il est légitime de s’interroger sur les raisons de cette absence de transparence.

Flash Infos : Le sénateur Saïd Omar Oili a lui-même dénoncé cette situation dans les médias. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Ida Nel : J’en déduis que ce rapport contient probablement des éléments qui ne sont pas favorables aux décisions actuellement prises par l’État. Pour ma part, je me déclare prête à travailler avec tous ceux qui souhaitent engager une discussion sérieuse avec l’État sur l’avenir des ports de Longoni, de Petite-Terre et de Mamoudzou, ainsi que sur la politique portuaire de Mayotte dans son ensemble. Il ne s’agit pas d’ouvrir un conflit, mais de construire un dialogue dans l’intérêt supérieur de Mayotte et de sa population.

Je dispose de nombreux documents qui, selon moi, démontrent que le port de Longoni appartient aux Mahorais et non à l’État, même si certains actes administratifs de l’époque n’auraient pas été formellement signés par Ahmed Attoumani Douchina lorsqu’il présidait le Département.

En définitive, je considère que Mayotte Channel Gateway doit faire preuve de patience, attendre un nouveau contexte politique national et poursuivre son action avec l’ensemble des acteurs locaux afin que le port de Longoni demeure un outil au service de Mayotte et des Mahorais.

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Le dispositif FASAAL accélère la rénovation de l’habitat

Le dispositif FASAAL accélère la rénovation de l'habitat

Une grand-mère a reçu, ce jeudi 16 juillet, les clés de son logement entièrement rénové à Doujani, dans la commune de Mamoudzou. Orienté par le Centre communal d’action sociale (CCAS), son dossier est le premier à aboutir dans le cadre du cofinancement associant le Département-Région, la Direction de l’environnement, de l’aménagement, du logement et de la mer (DEALM) et la Fondation de France. Plus de 300 autres projets sont désormais prêts à être lancés à travers Mayotte.

Le mouchoir porté au visage ne suffit pas à retenir les larmes. Entourée des élus et des différents acteurs ayant accompagné son projet, la bénéficiaire découvre, avec émotion, les pièces rénovées de sa maison. « Merci beaucoup », répète-t-elle, visiblement bouleversée. À ses côtés, Madi Moussa Velou, septième vice-président du Département-Région chargé des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé, partage cette satisfaction.

Le changement est spectaculaire. Le logement dispose désormais de sols carrelés, de pièces lumineuses et entièrement fermées, d’une cuisine aménagée ainsi que d’installations électriques remises aux normes. Les photographies prises avant les travaux témoignent pourtant d’une tout autre réalité : une toiture en tôle très dégradée, rafistolée avec des matériaux de fortune, des sols fortement détériorés, des ouvertures précaires et des pièces sombres, exposées aux infiltrations d’eau.

Un premier chantier cofinancé par la Fondation de France

Cette rénovation n’est pas la première réalisée par le Département-Région dans le cadre de sa politique d’amélioration de l’habitat. Elle marque toutefois le lancement concret du partenariat avec la Fondation de France.

D’un coût total de 70.300 euros, l’opération a bénéficié d’une subvention de 30.000 euros de la DEALM, complétée par une participation équivalente du Département-Région. La Fondation de France a apporté 5.150 euros, tandis que la bénéficiaire a contribué à hauteur de 150 euros.

Le dossier de cette habitante a été identifié et orienté par le Centre communal d’action sociale de Mamoudzou. Après son instruction et sa validation par le Département-Région, l’association Soliha, présente à Mayotte depuis 2015, a assuré le suivi technique du chantier ainsi que sa réalisation avec des artisans locaux. Spécialisée dans l’amélioration de l’habitat, l’association accompagne notamment les ménages en difficulté dans la réhabilitation et l’adaptation de leur logement.

Le chantier s’inscrit dans le cadre du Fonds d’aide à la solidarité pour l’adaptation et l’amélioration du logement (FASAAL). Ce dispositif s’adresse principalement aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap et aux familles vivant dans une grande précarité. Il permet de financer des travaux portant sur les toitures, les installations électriques, les portes, les fenêtres, les sanitaires ou encore les cuisines.

À la suite du passage du cyclone Chido, les moyens consacrés au FASAAL ont été renforcés. Son budget annuel est passé de 1,5 à 3 millions d’euros. En 2025, 156 familles ont ainsi bénéficié du dispositif, pour un montant global d’aides dépassant les 3,3 millions d’euros, selon le Département.

Plus de 300 dossiers en attente de lancement

L’aide maximale accordée aux bénéficiaires a également été revalorisée.

« Jusqu’à l’année dernière, nous étions à 20.000 euros. Nous sommes passés à 30.000 euros par famille », rappelle Madi Moussa Velou. Selon les situations, cette enveloppe peut être complétée par des partenaires comme la Fondation de France.

Aujourd’hui, plus de 300 dossiers seraient prêts à entrer en phase opérationnelle sur l’ensemble du territoire, du sud au nord de Mayotte. Les demandes progressent également en Petite-Terre et à Mamoudzou, où le nombre de projets était jusqu’ici plus limité.

Pour le vice-président, les capacités techniques existent pour accélérer le déploiement du dispositif. « Nous réalisons facilement plus de 300 dossiers par an. Nous ne sommes pas sur de grosses opérations, mais sur des travaux que les artisans locaux savent faire, et ils sont suffisamment nombreux sur le territoire pour accompagner les familles. »

Au-delà de l’amélioration des conditions de vie des habitants, cette montée en puissance du FASAAL constitue aussi un levier économique pour les entreprises locales du bâtiment. « C’est une manière de relancer l’économie et de donner du travail aux artisans du territoire. Je ne suis pas inquiet : nous atteindrons les objectifs fixés d’ici le mois de décembre afin d’accompagner le maximum de familles », poursuit l’élu.

Dans sa maison fraîchement rénovée, la bénéficiaire peut désormais envisager son quotidien avec davantage de sérénité. Avant de quitter les lieux, les visiteurs prennent déjà rendez-vous : ils reviendront lorsque le logement sera entièrement aménagé, cette fois pour partager un repas dans une maison redevenue pleinement habitable.

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Tarifs bancaires à Mayotte : un tableau contrasté face à la métropole

Tarifs bancaires à Mayotte : un tableau contrasté face à la métropole
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D’après le dernier Observatoire des tarifs bancaires de l’IEDOM, portant sur avril 2026, plusieurs frais bancaires restent nettement plus élevés à Mayotte qu’en métropole, avec un écart pouvant atteindre 26,6 % pour la carte à autorisation systématique. En revanche, l’écart se réduit, voire s’inverse, pour certains services, comme les virements SEPA.

L’IEDOM a publié son Observatoire semestriel des tarifs bancaires destiné aux particuliers. Cette édition porte sur les tarifs en vigueur au 1er avril 2026, comparés à ceux pratiqués dans l’Hexagone, relevés le 5 avril 2026 par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), sur un échantillon de 102 établissements bancaires. À Mayotte, seules cinq banques sont prises en compte.

Par rapport à la métropole, trois postes se distinguent par des écarts supérieurs à 20 %. La tenue de compte coûte en moyenne 27,69 euros par an à Mayotte, contre 22,39 euros dans l’Hexagone, soit une différence de 23,7 %.

La carte à autorisation systématique, souvent appelée « carte petit budget » et utilisée principalement par les clients les plus modestes, présente l’écart le plus important : 36,75 euros à Mayotte contre 29,02 euros en métropole, soit 26,6 % de plus.

Les commissions d’intervention, facturées en cas de dépassement ou d’incident de paiement, s’élèvent à 8 euros contre 6,45 euros dans l’Hexagone, soit un écart de 24 %.

Pour les cartes bancaires internationales à débit immédiat, la différence est en revanche beaucoup plus limitée : 46,58 euros à Mayotte contre 44,61 euros en métropole, soit un surcoût d’environ 2 euros (+4,5 %).

Sur plusieurs prestations, Mayotte affiche toutefois des tarifs plus avantageux. Le retrait dans un distributeur automatique d’une autre banque est facturé 1 euro, contre 1,01 euro en métropole.

Le virement SEPA occasionnel réalisé en agence coûte 4,65 euros, contre 5,30 euros dans l’Hexagone.

Enfin, la mise en place d’un mandat de prélèvement est gratuite à Mayotte, alors qu’elle est facturée en moyenne 0,13 euro en métropole.

Une position intermédiaire parmi les territoires ultramarins

Comparée aux sept autres géographies suivies par l’IEDOM, Mayotte occupe une position intermédiaire. Concernant les frais de tenue de compte, l’île se classe 5e sur 8, avec des tarifs supérieurs à la moyenne des DCOM de la zone euro.

Pour la carte à autorisation systématique, Mayotte se situe également 5e sur 8, légèrement au-dessus de la moyenne ultramarine.

En revanche, pour la carte bancaire internationale à débit immédiat, l’archipel figure parmi les territoires les moins chers de l’outre-mer, aux côtés de La Réunion.

Une évolution contrastée depuis 2009

Le rapport retrace également l’évolution des tarifs bancaires mahorais depuis 2009.

La tenue de compte est passée de 30,32 euros en 2009 à 27,69 euros en 2026, soit une baisse de 8,7 %, après un point bas observé autour de 2015-2016.

Avec la généralisation des services numériques, l’abonnement aux services de banque à distance a chuté de 69 %, passant de 2,24 euros à 0,69 euro par mois.

À l’inverse, la carte à autorisation systématique a augmenté de 21,7 %, ce qui en fait le tarif ayant le plus progressé sur la période.

La carte bancaire internationale à débit immédiat est passée de 38,35 euros à 46,58 euros, soit une hausse de 21,5 %, son prix se rapprochant progressivement de celui des cartes à débit différé.

La cotisation de l’assurance perte et vol des moyens de paiement est, quant à elle, passée de 22,74 euros à 28,10 euros.

Le virement SEPA en agence a augmenté de 32 %, passant de 3,52 euros à 4,65 euros, tout en demeurant moins cher qu’en métropole.

Enfin, la mise en place d’un mandat de prélèvement est passée d’un tarif de 1,70 euro à la gratuité totale.

Des données à interpréter avec prudence

L’IEDOM souligne toutefois une limite méthodologique concernant les données mahoraises. Le nombre de comptes de La Banque Postale utilisé pour la pondération des résultats (données de décembre 2025) correspond en réalité à celui de décembre 2023, faute de mise à jour.

Par ailleurs, pour la BFCOI et le CRCAMR, les données de décembre 2025 sont identiques à celles de décembre 2024, ces deux établissements n’ayant pas été en mesure de transmettre des informations actualisées.

L’IEDOM précise ainsi que les tarifs moyens pondérés présentés dans cette édition peuvent être légèrement biaisés.

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