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Forum de la Mobilité 2026 ensemble vers l’avenir

Forum de la Mobilité 2026 ensemble vers l’avenir

C’est parti pour le Forum de la Mobilité 2026 organisé par l’association Émanciper Mayotte ! Sous le slogan « Seul on va vite, ensemble on va loin », cet événement met en avant la coopération et l’accompagnement vers la réussite.

Du 3 au 31 juillet, de 08h à 12h, l’association et ses partenaires institutionnels et associatifs seront présents près de chez vous pour informer, orienter et accompagner les publics dans leurs démarches d’insertion et de mobilité.

Rejoignez-nous pour cet événement incontournable et construisons ensemble votre avenir !
Inscription : https://forms.gle/TRGEYE6AffAtrFVE

Municipales à M’tsamboro : le rapporteur public demande l’annulation du scrutin

Municipales à M’tsamboro : le rapporteur public demande l’annulation du scrutin
Maître Asskani Moussa, avocat du maire actuel de M'tsamboro, Chafion Nourdine

Battu de douze voix en mars, l’ancien maire Laïthidine Ben Saïd conteste les opérations électorales. À l’audience, ce mardi 16 juin, le rapporteur public a estimé que plusieurs irrégularités avaient altéré la sincérité du scrutin. Le tribunal rendra sa décision dans une semaine.

Les électeurs de M’tsamboro devront-ils retourner aux urnes ? C’est en tout cas ce qu’a demandé, ce mardi 16 juin, le rapporteur public devant le tribunal administratif de Mayotte, saisi d’un recours contre les élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026.

À l’issue du second tour, la liste « Face aux défis : bâtissons dans l’unité », conduite par Chafion Nourdine, avait été proclamée gagnante avec 1.751 voix, soit 36,45 % des suffrages exprimés. La liste « Union pour l’avenir 2026 », menée par le maire sortant Laïthidine Ben Saïd, était arrivée juste derrière, avec 1.739 voix, soit 36,20 %. Douze voix seulement séparaient donc les deux listes.

Le candidat arrivé second avait saisi le tribunal le 26 mars pour lui demander de déclarer sa liste victorieuse ou, à défaut, d’annuler les opérations électorales.

Ce mardi le débat s’est d’abord noué autour de la recevabilité du recours. La défense faisait valoir que Laïthidine Ben Saïd ne pouvait plus contester l’élection, puisqu’il avait démissionné de son mandat de conseiller municipal après le scrutin. Une argumentation qui, selon le rapporteur public, « ne manque pas de surprendre ». Il a rappelé que cette démission ne changeait rien puisque tout électeur et tout éligible peut contester des élections.

Le cœur du dossier porte surtout sur deux séries d’irrégularités. La première concerne le bureau de vote n°78, à Hamjago plage. Le procès-verbal dressé le soir du dépouillement, mentionne six enveloppes de plus dans l’urne que de signatures sur la liste d’émargement. Autrement dit, six votes ne correspondent à aucune signature d’électeur. Pour le rapporteur public, ces enveloppes surnuméraires doivent être assimilées à un « bourrage d’urnes » et doivent être retranchées du résultat de la liste arrivée en tête.

La défense a tenté d’expliquer cet écart par des oublis de signature. « Il faut bien connaître Mayotte et ses particularités », a plaidé Me Asskani Moussa, avocat de Chafion Nourdine. Selon lui, dans des bureaux de vote très fréquentés, certains électeurs peuvent voter puis repartir sans signer. Il soutient également que les six enveloppes litigieuses auraient déjà été écartées lors du dépouillement.

Le rapporteur public n’a pas suivi cette analyse. Selon lui, les neuf bulletins retranchés dans ce bureau correspondent à cinq bulletins blancs et quatre bulletins nuls, et non aux six enveloppes surnuméraires. Il a donc proposé de les retirer du score de la liste de Chafion Nourdine, comme le fait habituellement le juge administratif.

La seconde série d’irrégularités concerne les signatures d’électeurs. Le requérant pointait 24 cas où les signatures lui semblaient différentes entre les deux tours. Après examen, le rapporteur public en a retenu huit comme présentant une dissemblance manifeste. Là encore, ces suffrages doivent, selon lui, être regardés comme irréguliers.

La défense a contesté cette appréciation, en invoquant notamment l’âge avancé de certains électeurs, la première expérience de vote pour de jeunes inscrits ou encore la pratique de l’écriture arabe chez une partie de la population. Autant d’éléments qui, selon Me Asskani Moussa, peuvent expliquer des signatures différentes d’un tour à l’autre sans qu’il y ait fraude.

Au total, le rapporteur public a toutefois retenu quatorze suffrages irréguliers : six enveloppes surnuméraires et huit signatures manifestement différentes. Un nombre supérieur à l’écart officiel de douze voix entre les deux listes. Dans ces conditions, il a estimé que la sincérité du scrutin avait été altérée.

Il n’a toutefois pas proposé de proclamer la liste de Laïthidine Ben Saïd victorieuse. Puisqu’il est impossible de savoir à quelle liste étaient destinés les suffrages litigieux, le rapporteur public a conclu à l’annulation totale des élections municipales et communautaires de la commune. « Les électeurs de M’tsamboro devront donc passer de nouveau aux urnes selon notre analyse », a-t-il indiqué à l’audience.

La défense a, elle, contesté jusqu’à l’écart de voix retenu. Selon Me Asskani Moussa, le procès-verbal central ferait apparaître 1.732 voix pour Laïthidine Ben Saïd, et non 1.739 comme l’a publié le ministère de l’Intérieur. Cela porterait l’écart réel à 19 voix. Un point qui, selon lui, permettrait à la liste arrivée en tête de conserver sa victoire, même en cas de retranchement de plusieurs suffrages.

La décision du tribunal administratif est désormais attendue dans une semaine. Les conclusions du rapporteur public ne lient pas les juges, mais elles donnent une indication importante sur l’analyse juridique du dossier. Si elles étaient suivies, les électeurs de M’tsamboro seraient appelés à revoter.

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Avenir du port de Longoni : un feuilleton qui n’en est pas à son dernier épisode

Avenir du port de Longoni : un feuilleton qui n'en est pas à son dernier épisode

Dans quel désordre Mayotte s’est-elle fourrée en cherchant à modifier le statut du port de Longoni ? Une fois encore, la cohérence ne semble guère être le maître mot de cette affaire, au regard de la réactivité de certains acteurs de cette série à l’eau de rose version Département-Région de Mayotte. Jamais, semble-t-il, les intérêts particuliers n’auront autant pris le pas sur les intérêts collectifs et supérieurs des habitants du territoire.

Il était encore question du port de Mayotte, ce mardi 16 juin 2026. Cette fois-ci, le débat s’est déplacé hors du territoire, à Paris, où le sénateur Saïd Omar Oili a réagi par voie de communiqué de presse au sujet de l’avenir de cette infrastructure stratégique. Il souligne que le port fait actuellement l’objet d’un vif débat dans l’île à la suite de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bordeaux, qui a confirmé l’interruption de la délégation de service public (DSP).

Le parlementaire a indiqué avoir saisi le ministre des Transports, Philippe Tabarot, le 10 juin dernier, afin de lui faire part de son inquiétude quant à la situation actuelle du port de Longoni, dans la perspective de la fin annoncée de la DSP précédemment attribuée à Mayotte Channel Gateway, dirigée par Ida Nel.

Une inquiétude que le sénateur mahorais justifie par les conséquences potentiellement désastreuses pour les consommateurs locaux qui pourraient résulter d’un dysfonctionnement du port de Longoni.

« Vous connaissez très bien le caractère stratégique des infrastructures portuaires pour un territoire, a fortiori insulaire. Mayotte ne peut pas se permettre, après la catastrophe provoquée par Chido, de subir une crise d’approvisionnement dans les prochains mois si la question de la gestion du port de Longoni n’est pas anticipée. »

Dans un entretien téléphonique accordé à la rédaction de Flash Info, le sénateur juge improbable, dans les conditions actuelles, une reprise sereine de cet outil vital pour l’économie de l’île par le Département-Région. Il estime nécessaire et raisonnable de prolonger temporairement la DSP de Mayotte Channel Gateway, le temps de disposer du rapport inter-inspections réalisé fin 2025 et censé éclairer les décideurs locaux sur les perspectives d’avenir du port.

« J’ai moi-même été auditionné par cette mission le 25 novembre 2025 et je suis toujours dans l’attente du rapport qu’elle a produit », précise-t-il.

Selon les déclarations de Saïd Omar Oili, ce rapport aurait pourtant été transmis au ministre Philippe Tabarot. Le sénateur s’appuie pour cela sur une réponse écrite reçue de Mme Anne Beneteau, responsable de ladite mission inter-inspections.

Par ailleurs, certaines sources bien informées affirment que ce document serait déjà à la disposition du préfet ainsi que du président du Département-Région de Mayotte, sans que ceux-ci n’en aient publiquement fait état jusqu’à présent.

Une chose est sûre : le dossier du port de Longoni n’a pas fini d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique. D’autant plus qu’un syndicat présenté comme proche de la présidence du Département-Région agite la menace d’une grève de 24 heures reconductible à compter du 17 juin 2026.

Ce n’est pas tout. Une rédaction de presse locale rapportait également, hier, qu’un membre du conseil portuaire évoquerait une possible irrégularité dans la tenue de la réunion de lundi. Selon lui, celle-ci pourrait être considérée comme ayant revêtu un caractère public en raison de l’intrusion momentanée, dans l’hémicycle Younoussa-Bamana, d’une délégation de femmes leaders opposées à la transformation de Longoni en grand port maritime d’État.

Dans un tel contexte, nul doute que le dossier du port de Longoni continue d’illustrer le climat de confusion politique qui règne actuellement à Mayotte.

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EDM prépare l’extension de la centrale de Longoni pour répondre à la hausse de la demande

EDM prépare l’extension de la centrale de Longoni pour répondre à la hausse de la demande

Face à une croissance continue de la consommation d’électricité à Mayotte, estimée entre 3 et 5 % par an, EDM porte un projet d’extension de la centrale de production de Longoni. L’objectif affiché est de renforcer la capacité de production afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique du territoire dans les années à venir.

Cette évolution de la demande s’explique par la dynamique démographique de l’île, l’urbanisation ainsi que le développement de nouveaux projets économiques et industriels. Pour anticiper ces besoins, EDM indique s’appuyer sur des analyses prospectives intégrant notamment les tendances démographiques, l’évolution du PIB et les perspectives de développement du territoire.

Un projet pour sécuriser l’alimentation électrique de Mayotte

Le projet soumis à consultation prévoit l’installation d’un à trois nouveaux moteurs de production, pour une puissance thermique cumulée d’environ 126 MWth, soit près de 54 MW électriques. Ces équipements fonctionneraient principalement au bioliquide, avec une possibilité de démarrage au diesel.

L’opération comprend également l’installation de trois transformateurs, l’extension des capacités de stockage de combustible enterré, la création de nouveaux locaux techniques et d’un bâtiment administratif, ainsi que l’agrandissement du magasin de pièces de rechange.

Selon EDM, cette extension doit permettre de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité sur un territoire en forte croissance, tout en limitant les risques de tension sur le réseau.

L’opérateur met également en avant le rôle de ce projet dans l’accompagnement de la transition énergétique à Mayotte. Les nouveaux équipements devraient offrir une plus grande flexibilité pour mieux intégrer les énergies renouvelables intermittentes, notamment le photovoltaïque, dont le développement se poursuit sur l’île.

Le projet s’inscrit dans le cadre d’une consultation publique ouverte depuis le 8 juin 2026 et jusqu’au 9 septembre 2026, conformément à la réglementation environnementale. Durant cette période, le public peut consulter le dossier, formuler des observations et contribuer au débat via un registre en ligne ou lors des permanences prévues.

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Parcoursup : un passage obligé pour les étudiants de Mayotte

Parcoursup : un passage obligé pour les étudiants de Mayotte

À Mayotte, des milliers de lycéens et d’étudiants en réorientation utilisent chaque année Parcoursup pour accéder à l’enseignement supérieur. Entre contraintes géographiques, mobilité vers la métropole et manque d’informations, la plateforme représente à la fois une opportunité et un défi pour les jeunes du département.

Comme partout en France, les élèves de terminale de Mayotte doivent passer par Parcoursup pour candidater aux formations de l’enseignement supérieur. Cette plateforme nationale, mise en place en 2018, centralise les demandes d’admission dans les universités, les BTS, les BUT, les classes préparatoires et de nombreuses écoles spécialisées.

Pour les jeunes Mahorais, l’enjeu est particulièrement important. Le territoire dispose d’une offre de formation limitée par rapport à la métropole. Chaque année, de nombreux bacheliers sont ainsi amenés à poursuivre leurs études hors du département, principalement à La Réunion ou en France hexagonale.

Une étape décisive pour l’avenir

La procédure Parcoursup débute généralement en janvier avec l’ouverture des inscriptions. Les candidats peuvent formuler plusieurs voeux et constituer leur dossier en ligne. Notes scolaires, appréciations des enseignants, projets de formation motivés et activités extrascolaires sont examinés par les établissements.

À Mayotte, cette période est souvent source de stress pour les familles. « Le choix de l’orientation est une décision importante, d’autant plus lorsque l’étudiant doit quitter son île pour poursuivre ses études », explique un conseiller d’orientation du territoire.

Les candidats doivent également prendre en compte les coûts liés à la mobilité : transport aérien, logement, alimentation et frais de vie quotidienne. Ces éléments influencent parfois les choix formulés sur la plateforme.

Le défi de la mobilité étudiante

L’un des principaux enjeux pour les étudiants mahorais reste l’éloignement géographique. Si le Centre Universitaire de Formation et de Recherche (CUFR) de Mayotte propose plusieurs cursus, l’offre demeure insuffisante pour répondre à l’ensemble des projets d’études.

Médecine, ingénierie, grandes écoles ou certaines formations techniques nécessitent souvent un départ vers d’autres académies. Cette mobilité représente une opportunité d’accès à des formations diversifiées mais implique également une adaptation culturelle, sociale et financière.

Pour accompagner les étudiants, plusieurs dispositifs d’aide existent. Les collectivités, les services de l’État et certaines associations proposent des informations sur les bourses, les logements étudiants et les démarches administratives nécessaires à une installation hors du territoire.

Un besoin d’accompagnement renforcé

Malgré les efforts des établissements scolaires, de nombreux élèves rencontrent encore des difficultés dans la compréhension du fonctionnement de Parcoursup. Les délais, les réponses des formations et les listes d’attente peuvent paraître complexes pour les candidats et leurs familles.

Les lycées de Mayotte organisent régulièrement des réunions d’information afin d’aider les élèves à construire leur projet d’orientation. Les professeurs principaux et les psychologues de l’Éducation nationale jouent également un rôle essentiel dans l’accompagnement des candidats.

Selon plusieurs acteurs de l’éducation, l’accès à une information claire et précoce permettrait de réduire les inégalités et d’améliorer les chances de réussite des jeunes Mahorais dans l’enseignement supérieur.

Des perspectives pour la jeunesse mahoraise

Au-delà des contraintes, Parcoursup constitue une porte d’entrée vers de nombreuses opportunités académiques et professionnelles. Chaque année, des centaines d’étudiants de Mayotte intègrent des universités, des écoles ou des formations spécialisées partout en France.

Pour les responsables éducatifs, l’objectif est désormais de renforcer l’accompagnement à l’orientation tout en développant l’offre de formation sur le territoire. Une évolution qui pourrait permettre à davantage de jeunes de poursuivre leurs études sans nécessairement quitter leur département.

Dans un contexte de forte croissance démographique et de besoins croissants en qualification, l’accès à l’enseignement supérieur apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur pour l’avenir de la jeunesse mahoraise. Parcoursup demeure ainsi une étape incontournable dans la construction de leurs parcours professionnels et personnels.

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Des actions pour faire avancer l’économie de Mayotte

Des actions pour faire avancer l’économie de Mayotte

Des clubs pour animer, interagir, débattre et dialoguer autour de sujets et de secteurs d’activité divers et variés. Le Groupement Patronal de Mayotte poursuit sa structuration et son implantation dans le tissu économique du territoire.

Le Groupement Patronal de Mayotte (GPM) poursuit sa structuration. Hier matin, mardi 16 juin 2026, il avait convié ses adhérents à une réunion stratégique destinée à repenser, renforcer et dynamiser les différents clubs développés en son sein, dans l’optique d’une organisation plus efficace, collaborative et impactante.

Ces clubs, qui constituent le cœur du nouveau dispositif opérationnel du groupement à l’échelle de tout le territoire, se veulent désormais plus actifs, plus visibles et plus influents, au service de l’ensemble des adhérents du GPM et, plus globalement, de Mayotte.

Animée par Fahardine Mohamed, président du GPM, cette réunion a regroupé, dans les locaux de la structure patronale, une quinzaine d’entrepreneurs adhérents, dont certains sont intervenus à distance par visioconférence. Au programme figuraient plusieurs thématiques : l’identification de référents clairs et engagés, la construction de plans d’action concrets et leur suivi, l’organisation de réunions d’échanges régulières, la mise en place d’événements fédérateurs et impactants, le travail collectif sur des dossiers clés ainsi que les moyens de renforcer l’action du GPM afin d’obtenir davantage d’influence et de résultats.

Fahardine Mohamed s’est félicité de la mise en place de ces clubs constitués autour de différentes thématiques et secteurs d’activité.

« Ce qui est bien, c’est que leurs membres partagent ensemble des connaissances dans les domaines qui les animent et au sein desquels ils sont des acteurs très impliqués. Ils vivent au quotidien les difficultés évoquées et partagent des visions communes sur la manière de les résoudre », a-t-il déclaré aux journalistes ayant assisté à ces échanges.

Les débats ont notamment porté sur des secteurs d’activité variés tels que le port de Longoni, le bâtiment, le commerce ou encore la coopération économique dans le canal du Mozambique. Ces échanges ont été enrichis par de fortes contributions individuelles et des expériences concrètes. Ils ont également permis à certains adhérents du GPM d’adopter, pour la première fois, des positions clairement exprimées sur certains sujets grâce à une interaction plus vivante et à l’identification de projets coconstruits autour des valeurs portées par le groupement.

« La rencontre de ce matin est de loin l’une des plus enrichissantes que nous ayons vécues, notamment si l’on se réfère au vaste thème de la coopération régionale, qui a été abordé par trois participants à l’AfricAward de Nairobi », a souligné l’une des participantes.

« Le président du GPM ne peut, à lui seul, répondre à toutes les attentes des adhérents ou du public. Il est donc important que d’autres experts puissent intervenir et animer des réunions ainsi que des échanges avec l’ensemble des acteurs qui travaillent déjà, ou sont appelés à travailler, avec l’étranger. À charge pour ces adhérents de faire remonter les résultats de leurs travaux auprès des référents officiels ou du conseil d’administration, en particulier sur des thématiques qui méritent d’être vulgarisées auprès des médias », fait remarquer une cheffe d’entreprise très engagée dans le secteur du tourisme dans le nord de Mayotte.

De l’avis de ses propres adhérents, le GPM gagne progressivement du terrain dans le paysage économique du territoire et s’impose comme un interlocuteur fiable auprès de certaines institutions qui se montraient, au départ, plutôt réservées quant à sa redynamisation.

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Dès le 1er juillet, les parents mahorais bénéficieront d’un nouveau congé de naissance supplémentaire

Dès le 1er juillet, les parents mahorais bénéficieront d’un nouveau congé de naissance supplémentaire

Initié par la loi de financement de la sécurité sociale, ce congé supplémentaire d’un ou deux mois s’ajoute aux congés de naissance déjà mis en place. Celui-ci permettra de renforcer l’accompagnement parental durant les premiers mois de l’enfant tout en étant indemnisé, et également de préparer la reprise d’un emploi dans de meilleures conditions. Le dispositif est ouvert à tous les parents, quel que soit le statut familial.

L’aide concerne les parents d’enfants nés à partir du 1er janvier 2026, ceux dont la naissance reste encore à venir, ainsi que les parents adoptifs dès l’arrivée de l’enfant au foyer. Les enfants nés fin 2025, dont la naissance était initialement prévue en 2026, sont également pris en compte dans le dispositif. La mesure s’applique aux salariés, à certains travailleurs indépendants et aux demandeurs d’emploi.

Concernant les conditions, le congé doit être pris dans les neuf mois suivant la naissance ou l’adoption, en une ou deux périodes. Entre les deux parents, il peut être pris de manière simultanée ou alternée, avec également la possibilité de le partager. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, la procédure pourra être effectuée jusqu’au 31 mars 2027. Pour bénéficier de cette démarche, les salariés devront prévenir leur employeur au moins un mois à l’avance, voire quinze jours en fonction des spécificités de chaque cas.

L’employeur transmettra ensuite les informations requises à la Caisse de sécurité sociale de Mayotte. Dès lors que les conditions sont remplies, le congé « ne peut ni être refusé ni reporté ». Les travailleurs indépendants et certains autres publics devront effectuer une demande en ligne via un téléservice, avec des pièces justificatives à transmettre.

Les personnes en recherche d’emploi seront tenues d’en informer France Travail, leurs allocations étant temporairement interrompues pendant cette période. Cette nouvelle mesure constitue un soutien concret pour les familles, notamment à Mayotte, qui se distingue comme la plus grande maternité de France avec 9 000 naissances recensées en 2025.

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« Image en mutation » : l’exposition Zangoma explore le rapport des artistes avec l’Intelligence Artificielle

« Image en mutation » : l’exposition Zangoma explore le rapport des artistes avec l’Intelligence Artificielle
« Je publie donc je suis » : une sculpture originale de Denis Balthazar réalisée à partir d’un mannequin de vitrine

Le vernissage de l’exposition de l’association Zangoma, qui met à l’honneur annuellement les artistes plasticiens et photographes de Mayotte, s’est déroulée ce mardi après-midi à 15h30. Cette année, le président de l’association et artiste plasticien Denis Balthazar invitait les artistes mahorais à s’interroger sur les mutations de l’image dans notre monde contemporain.

« Chaque jour, des milliards d’images sont produites, partagées, transformées et oubliées. Elles traversent les écrans, franchissent les frontières, modifient notre perception du monde et modifient notre rapport au réel », affirme Denis Balthazar, artiste plasticien et président de l’association Zangoma. C’est à partir de ce constat qu’il a eu l’idée de demander cette année aux artistes mahorais de travailler sur le thème « image en mutation » pour l’exposition de l’association.

« La démocratisation de l’intelligence artificielle oblige les artistes à réfléchir à leur rapport aux images : l’IA suscite enthousiasme ou résistance chez les artistes, mais ce qui est sûr, c’est qu’il va falloir trouver un moyen de travailler avec, sans dénaturer son propre travail. Personnellement, je ne pense pas que l’IA puisse venir complètement remplacer le travail humain, mais elle peut devenir un outil intéressant », a-t-il déclaré lors de son discours d’introduction au vernissage de ce mardi après-midi.

Une douzaine d’artistes mahorais ont donc produit des œuvres autour de cette thématique. Certains ont joué le jeu de l’IA quand d’autres ont illustré les mutations possibles de l’image à travers des techniques plus traditionnelles comme le collage, l’utilisation de techniques mixtes ou encore la vidéo. Certains encore ont mixé les images humaines aux images IA afin de créer des œuvres hybrides. Au début du vernissage, le public a été invité à écouter un extrait d’une conférence de l’artiste sadois Sola dans laquelle il livrait ses propres réflexions sur ces questions.

Une exposition visible jusqu’au 27 juin place de l’ancien marché à Mamoudzou

La MJC de Kaweni, lieu traditionnel de l’exposition annuelle de Zangoma, étant encore en travaux suite à Chido, l’association a investi les locaux de la Direction Culturelle de la marie de Mamoudzou, située place de l’ancien marché, juste à côté d’Air Austral. Le public est invité à venir y regarder les œuvres jusqu’au 27 juin. Dans une volonté de partage intergénérationnel et de motivation de la jeunesse mahoraise, Denis Balthazar a également exposé des œuvres de collégiens et même celles d’une petite fille aux côtés des œuvres des artistes de l’association.

Les arts visuels se développent donc d’année en année sur l’île au lagon et de plus en plus d’artistes s’exposent grâce au soutien de l’association Zangoma. Cette dernière est également la créatrice et organisatrice du « Festival des arts contemporains des Comores » (FAC) qui se déroule tous les 2 ans à Moroni. Le FAC 2026 demande aux artistes de s’inspirer des travaux de l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop afin de réaliser leurs œuvres.

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Mahorais Jazz : l’avant-première au collège de Kwalé avant l’édition 2026

Mahorais Jazz : l’avant-première au collège de Kwalé avant l'édition 2026

Vingt ans après sa création, le Festival Mahorais Jazz poursuit son pari : marier le jazz aux sensibilités de l’île. L’association a dévoilé ce mardi 16 juin son documentaire 2025 aux élèves de Kwalé dans l’attente de l’édition 2026 placée sous le signe de la jeunesse.

L’association Austral organisation à l’origine du Festival Mahorais Jazz a présenté en avant-première le documentaire de l’édition 2025 aux élèves du collège de Kwalé ce mardi 16 juin. La chargée de communication du festival réagit à la sortie de l’amphithéâtre : « Très belle surprise, on avait de l’appréhension mais les élèves ont été très réceptifs. Quelques élèves présents dans la salle étaient bénévoles au festival, on est comme à la maison ».

« Cette production est comme un saut vers l’inconnu, nous ne savions pas ce que ça donnerait. Nous sommes encore plus fiers si ça permet de faire découvrir des artistes ». Régulièrement, ces films sont offerts en remerciement aux participants et aux partenaires. Ils contribuent aussi à enrichir la mémoire et les archives. Chaque année, l’association apporte une création artistique supplémentaire au festival. Derrière cette démarche, l’association veut promouvoir les rencontres culturelles : d’artistes, de localités et de sensibilités différentes. Le documentaire suit l’édition 2025, avec notamment le retour de Boul des îles, grand nom de la musique comorienne, qui a fait son retour après quarante ans d’absence. D’après la communication du festival, toutes les communautés s’étaient réunies pour le redécouvrir.

« Avec ce festival, on fabrique de la joie avec le plus grand nombre, ce sont des instants magiques dont Mayotte a besoin. C’est notre façon de montrer que la culture offre les meilleures opportunités pour réunir les gens ».

En 2005 démarre le Festival Mahoré Jazz : pour l’association, c’est le style musical manquant à Mayotte. « On n’a pas voulu apporter le jazz dans la rue, mais plutôt participer à diversifier le paysage culturel, initier et proposer au public de découvrir le jazz. » Mais très vite, l’association a fait le choix de le marier avec d’autres sensibilités plus familières : « L’idée, c’était le jazz, avec une part d’autre chose. Avec les racines du jazz, on va explorer des mélanges pour découvrir un jazz qui sera le nôtre ».

Le festival s’organise autour d’artistes de l’île ou de la région, en fonction des disponibilités et des moyens. Il faut pouvoir accueillir les artistes, tenir la durée des répétitions et des travaux de production et de composition. L’association compose avec ses partenaires historiques, mais le budget reste limité. « Par principe de réalisme, on est principalement dictés par nos moyens matériels et financiers ».

L’association fonctionne grâce à son réseau de partenaires, source de son financement, mais surtout grâce à son réseau d’amis. La chargée de communication déclare : « Quand on regarde en arrière, on voit que la compagnie grossit, on a plein de partenaires et d’amis. C’est une fierté d’avoir fait ces rencontres. On fait de notre mieux pour mettre tout le monde à l’aise, et les artistes qui viennent à Mayotte savent qui nous sommes. Ils entrent dans la logique de notre concept : concevoir, partager. Ils nous acceptent comme nous sommes et on va vers eux comme on est ».

Mahoré Jazz souhaite aussi intégrer et impliquer la jeunesse, mélanger les générations et cultiver les rencontres pour laisser place à l’expression de la diversité. C’est pour cela que, tous les ans, la jeunesse clôture le festival. L’association travaille avec les établissements scolaires de l’île et leurs élèves. Ils participent au contenu artistique du festival, supervisés par leurs professeurs, souvent avec des danses ou des chants traditionnels. « C’est toujours sympa et vivant, on accueille des jeunes de Tzoundzou, c’est une vraie vie de famille, de la conception jusqu’au jour J ».

L’édition 2026 du Festival Mahorais Jazz aura lieu début octobre, avec pour thème : « In Collège ». Cette fois, la création principale du festival viendra des jeunes.

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Comores : les chances d’évacuation de Sambi volent en éclats

Comores : les chances d’évacuation de Sambi volent en éclats

La contre-expertise médicale engagée par le parquet général exclut, pour l’instant, toute évacuation vers un pays tiers et suggère que de nouveaux examens soient réalisés par des médecins étrangers afin de lever toute méfiance.

La nouvelle est tombée ce mardi. Dans une déclaration très attendue, le procureur général près la Cour d’appel de Moroni a fait le point sur l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, au cœur de l’actualité depuis un mois.

On peut dire que son annonce n’a pas plu aux proches et sympathisants de l’ex-chef de l’État puisque ce dernier ne va pas pouvoir partir à l’étranger pour se soigner, malgré un état de santé jugé « inquiétant ». Depuis le mois de mai, la santé chancelante de l’ancien dirigeant de 68 ans alimente les débats. Face à la multiplication des informations alarmantes, le parquet général et le ministère de la Justice avaient rendu visite à Sambi.

Puis s’en est suivie la constitution d’une équipe médicale, au sein de laquelle figurait le médecin personnel de l’ex-président comorien, qui a entamé, il y a deux semaines, sa neuvième année de détention. Les conclusions rendues par cette équipe ont ensuite fait l’objet d’une contre-expertise engagée par les autorités judiciaires avant toute décision sur la suite à donner.

Ce travail a été réalisé par l’actuel chef du service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital El-Maarouf, le docteur Saïd Moussa. Assis aux côtés du procureur général, le médecin a assuré qu’en aucun cas le rapport n’indiquait que le patient se trouvait dans un état d’urgence nécessitant une prise en charge à l’extérieur du pays.

D’après nos informations, le groupe de cinq médecins, composé de cardiologues, de médecins légistes et de généralistes, avait émis un certain nombre de recommandations.

« Si un avis suggérait que l’ancien chef de l’État, Sambi, nécessitait une évacuation, le parquet aurait donné son avis favorable. D’ailleurs, depuis que je suis là, aucune demande de consultation médicale n’a été déposée dans mon bureau. La seule fois où il voulait voir son dentiste, je l’ai autorisé », a déclaré le chef du parquet, Ahamada Hamidou.

Risque cardiovasculaire

Notons que les résultats des derniers examens médicaux de l’ancien dirigeant comorien ont révélé un risque cardiovasculaire élevé. Celui-ci présente une dyspnée d’effort ainsi qu’une asthénie intense.

« Nous recommandons, après examen clinique, des examens complémentaires, dont un ajustement de son traitement, ainsi que la réalisation d’une coronarographie diagnostique et thérapeutique non disponible aux Comores », peut-on lire dans le rapport qui circule sur les réseaux sociaux.

Mais là encore, l’avis du médecin chargé de la contre-expertise n’a pas été bien accueilli par les auteurs dudit rapport, rendu le 6 juin dernier. Le point de friction porte sur la réalisation de la coronarographie.

À en croire le Dr Saïd Moussa, rien ne justifie pour l’heure cet examen, dont le but est de vérifier si les artères coronaires sont obstruées ou non.

« Il permet surtout de procéder à une thérapie. Mais il existe une alternative. Nous allons y recourir puisque l’état de santé de Sambi n’est pas critique et que les équipements nécessaires sont disponibles. Pour la suite, on verra. Je ne vois pas l’intérêt de s’opposer au traitement d’un patient lorsque les circonstances l’exigeront », rassure le médecin anesthésiste, qui assure s’être appuyé sur le dossier médical de l’ex-président avant de livrer son expertise, laquelle ne fait visiblement pas l’unanimité.

Les proches de Sambi persistent à affirmer que son état est grave et qu’une évacuation s’impose. Face à cette méfiance, il est prévu de dépêcher au moins un médecin étranger afin de réaliser les mêmes investigations aux Comores avec les équipements disponibles sur place.

En revanche, aucun détail sur cette mission médicale n’a été donné par le parquet général hier.

Des privilèges

Ce dernier s’est contenté d’énumérer les privilèges dont bénéficierait Sambi, principal opposant au président Azali Assoumani.

L’homme au turban vit dans sa résidence de Vwadju, transformée en prison annexe par les autorités depuis mai 2018. Le procureur général assure que le prisonnier le plus célèbre des Comores jouit de plusieurs avantages, notamment d’un cuisinier personnel.

« Il dispose d’une salle de sport et d’espaces verts. Sa voiture personnelle est là et son médecin personnel est constamment avec lui. Mais que l’on sache que ces largesses ne sont en aucun cas un signe de faiblesse », a prévenu le magistrat, qui a déploré la fuite des conclusions du rapport médical.

La publication d’une partie de ce document a valu au directeur de publication du quotidien La Gazette des Comores des poursuites judiciaires. El-Had Saïd Omar et son secrétaire de rédaction, Toufé Maecha, sont placés sous contrôle judiciaire pour la publication d’articles liés à l’état de santé de M. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

La fille aînée de ce dernier a lancé un cri du cœur ce lundi. Dans un communiqué daté du 15 juin, le parti Comred a appelé les autorités à appliquer l’article 20 de la Constitution, qui protège l’intégrité physique et morale des personnes contre toute forme de traitement dégradant.

Dans une publication Facebook faite hier après la conférence, le fils de Sambi a écrit : « A hifa na wagnou moufou », ce qui signifie : « S’il meurt, vous aussi le serez. »

Une menace voilée adressée au régime ?

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M’zouazia : la colère des parents face à la surpopulation scolaire

M'zouazia : la colère des parents face à la surpopulation scolaire
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Les parents d’élèves de l’école primaire de M’zouazia se sont mobilisés ce lundi 15 juin devant l’inspection académique pour dénoncer les conditions d’accueil des enfants. En cause : l’intégration d’une classe de grande section de maternelle dans un établissement déjà confronté à la surpopulation. Les manifestants réclament davantage d’animateurs ainsi qu’un renforcement de la sécurité aux abords de l’école. Ils estiment que les jeunes élèves, transférés faute de place à la maternelle, évoluent dans un environnement inadapté. Un projet d’extension de l’école maternelle aurait été proposé, mais aucune réponse n’a encore été apportée par les autorités compétentes.

Frédéric Leglastin nommé à la tête des chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte

Frédéric Leglastin nommé à la tête des chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte

Par décret du 11 juin 2026 signé par le Président de la République et le Premier ministre, sur proposition de la première présidente de la Cour des comptes, Mme Amélie de Montchalin, Frédéric Leglastin a été nommé président des chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte, à compter du 6 juillet 2026.

Diplômé de Sciences Po Rennes et de l’École nationale de la santé publique, aujourd’hui EHESP, en filière directeur d’hôpital, Frédéric Leglastin a débuté sa carrière dans le secteur hospitalier. Il a notamment exercé comme directeur adjoint des finances et du système d’information au centre hospitalier de Laon, puis au centre hospitalier Le Corbusier de Firminy.

Il rejoint les juridictions financières en 2011 en qualité de premier conseiller, d’abord à la chambre régionale des comptes de Bretagne, avant de poursuivre son parcours à celle des Hauts-de-France à partir de 2017. Depuis janvier 2021, il occupait les fonctions de président de section à la chambre régionale des comptes de Corse.

À ce nouveau poste, Frédéric Leglastin succède à Nicolas Péhau, appelé à d’autres fonctions au sein de la chambre régionale des comptes Grand Est.

Forum de la cybersécurité de l’océan Indien les 17 et 18 juin à La Réunion

Forum de la cybersécurité de l’océan Indien les 17 et 18 juin à La Réunion

L’Observatoire de la Cybersécurité de l’Océan Indien (OCOI) organise le Forum de la Cybersécurité de l’Océan Indien (FCOI 2026) les 17 et 18 juin 2026 à EPITECH La Réunion, à Saint-André. L’événement réunit une trentaine d’intervenants issus de La Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte, des Seychelles et des Comores.

Le forum propose des conférences et ateliers professionnels, des actions de sensibilisation pour le grand public, des activités pour enfants (CyberMarmay), une CyberZone Escape Game, un job dating ainsi que la finale de la CyberCup OI. Les conférences seront diffusées en direct sur LinkedIn et YouTube.

L’entrée est gratuite sur inscription obligatoire via www.fcoi.re. Selon l’OCOI, cet événement vise à sensibiliser aux enjeux de cybersécurité et à réunir les acteurs du numérique de l’océan Indien autour d’un programme commun.

Le CHM présente son service de médecine délocalisé de Dzoumogné

Le CHM présente son service de médecine délocalisé de Dzoumogné

Dans une note de presse datée du 15 juin 2026, le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) met en avant son service de médecine délocalisé de Dzoumogné, dans le nord de Mayotte. Lancé au quatrième trimestre 2025, ce service de 20 lits d’hospitalisation de médecine adulte a ouvert ses portes à la mi-mars.

Le projet s’inscrit dans le cadre du Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) 2025-2030 conclu entre le CHM et l’Agence Régionale de Santé. Selon l’établissement, il vise à renforcer l’équité d’accès aux soins, à améliorer la prise en charge des patients en fluidifiant les parcours de soins et à contribuer au développement d’une offre de consultations spécialisées de proximité.

Le CHM souligne également que cette réalisation est le fruit d’une coopération entre l’État, l’Agence Régionale de Santé de Mayotte, les élus du territoire, les professionnels de santé ainsi que les équipes médicales, soignantes, techniques et administratives de l’hôpital.

L’ouverture du service de Dzoumogné est présentée comme une première étape dans le développement d’une offre de santé territoriale à Mayotte, avec la perspective d’un renforcement progressif de l’expertise médicale de proximité et des consultations spécialisées avancées sur le site.

Conseil portuaire de Mayotte : un vote qui laisse le public pantois

Conseil portuaire de Mayotte : un vote qui laisse le public pantois

Issue inattendue à l’occasion du conseil portuaire de Mayotte, qui s’est tenu hier lundi dans l’hémicycle de l’Assemblée de Mayotte. Une nette majorité de voix, soit 12 sur 18, s’est prononcée contre le projet de création d’un EPIC chargé de gérer le port de Longoni à partir du mois de septembre 2026. Quelle lecture faut-il faire de ce vote ? La balle revient désormais dans le camp des élus départementaux.

À l’origine d’une grande brouille entre Ben Issa Ousséni, président de l’Assemblée de Mayotte, et son deuxième vice-président chargé des transports, Ali Omar, le port de Longoni n’a pas fini de faire couler de l’encre dans l’île. Le débat oppose les partisans du statu quo à ceux qui souhaitent son transfert entre les mains de l’État, lequel a émis le vœu de le transformer en « grand port maritime ».

Le jugement rendu récemment en appel par la cour administrative d’appel de Bordeaux, au détriment de la société Mayotte Channel Gateway d’Ida Nel, délégataire sortante d’une DSP du Département de Mayotte, n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le feu dans un débat qui ne cesse de diviser l’opinion publique sur le territoire. Entre responsables politiques et acteurs économiques, chacun tente de faire valoir son point de vue dans ce dossier, parfois même à rebours des véritables enjeux poursuivis par les différents protagonistes de ce feuilleton juridico-économique.

Force est de constater que certains opposants déclarés d’Ida Nel s’emportent dans leurs déclarations sans avoir véritablement saisi les implications de ce qu’ils appellent un « grand port maritime d’État ». De là à penser qu’ils pourraient connaître un douloureux réveil lorsque la réalité les rattrapera, il n’y a qu’un pas.

Quoi qu’il en soit, les communiqués de presse se succèdent, alimentant un débat public parfois stérile et souvent éloigné des intérêts réels du consommateur mahorais. Certains, dans les couloirs de l’Hôtel du Département-Région, se veulent plus consensuels. Ils expliquent que l’EPIC, ce « fameux machin » devenu très à la mode dans l’archipel depuis le passage du cyclone Chido en 2024, ne devrait pas être une source de confrontation entre élus, puisqu’il ne constituerait qu’un outil transitoire destiné à éviter le chaos en septembre prochain, lorsque Ida Nel devra remettre les clés du port de Longoni à Ben Issa Ousséni, lequel devra à son tour les transmettre au nouveau préfet de Mayotte.

C’est dans ce contexte agité que s’est tenu, hier lundi 15 juin 2026 à Mamoudzou, dans l’hémicycle Younoussa Bamana, le fameux conseil portuaire au centre du différend opposant Ali Omar et Ben Issa Ousséni.

« Trois points étaient inscrits à l’ordre du jour, dont le premier portait sur la création de l’EPIC chargé de la gestion du port de Longoni », a indiqué à ses collègues conseillers départementaux le vice-président du Département en charge des transports.

Il précise dans sa communication qu’à l’issue des débats, le vote du conseil portuaire s’est soldé par 12 voix contre — dont celles des représentants de l’Union maritime de Mayotte, à l’origine de la fin de la DSP —, 4 voix pour et 2 abstentions.

Selon cette même communication d’Ali Omar, « les échanges ont fait émerger de nombreuses interrogations. Plusieurs questions sont restées sans réponses claires, y compris de la part des conseils juridiques présents. Par ailleurs, les membres du conseil portuaire n’ont pas reçu les versions finales des documents intégrant les amendements issus des séances de travail des élus, ce qui a suscité de nombreuses réserves ».

L’affaire devrait désormais revenir devant l’Assemblée de Mayotte dans les prochains jours, selon des sources proches du dossier. Toujours est-il que le conseil portuaire du lundi 15 juin 2026 ne s’est finalement penché que sur ce premier point de l’ordre du jour, les deux autres ayant été renvoyés à une réunion ultérieure.

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Meurtre à Poroani en 2022 : onze hommes jugés aux assises des mineurs

Meurtre à Poroani en 2022 : onze hommes jugés aux assises des mineurs
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Initialement prévu au mois d’avril, le procès avait été renvoyé en raison de la grève des avocats. Il s’est finalement ouvert ce lundi 15 juin devant la cour d’assises des mineurs de Mayotte. Jusqu’au mardi 23 juin, onze hommes comparaissent pour meurtre et tentative de meurtre, après la mort d’un jeune homme et les graves blessures infligées à deux autres, le 15 mars 2022, à Poroani, dans la commune de Chirongui. Deux des accusés étaient mineurs au moment des faits. Quatre sont détenus, les sept autres comparaissent sous contrôle judiciaire.

Dès la matinée, la cour a écarté le huis clos. Le procès se tiendra donc publiquement. « On va passer six jours à étudier ce qu’il s’est passé, qui a fait quoi », a rappelé la présidente, après l’exposé des faits.

En visioconférence, le directeur d’enquête a retracé le fil de cette soirée de mars 2022. Selon ses explications, plusieurs jeunes venus de Doujani seraient montés à Miréréni « pour en découdre » avec des jeunes de la commune. Tandis qu’ils prennent la fuite en direction du bord de mer, trois d’entre eux auraient demandé de l’aide à un automobiliste. Le conducteur les auraient finalement emmenés à Poroani, où ils auraient été « accueillis » par des habitants.

C’est là, selon l’enquête, que la soirée bascule. Les trois jeunes auraient été arrêtés, ligotés, puis conduits sur un chemin non loin de la mangrove. Le gendarme décrit des violences particulièrement graves : coups de barre de fer, de poing, de pied, usage d’un parpaing. Les victimes auraient aussi été sommées de faire une dernière prière, la chahada.

Le plus âgé aurait ensuite été détaché, tiré jusqu’au bord de la mangrove, puis de nouveau frappé. Les enquêteurs évoquent une intention de le noyer. Les deux autres auraient, selon cette même version, également dû subir le même sort, avant que l’arrivée des gendarmes ne mette fin aux violences. Sur place, les militaires découvrent deux jeunes « groggy ». Un troisième est retrouvé plus loin, inconscient et grièvement blessé. Évacué le lendemain vers La Réunion, il décédera à son arrivée.

L’affaire a donné lieu à plusieurs vagues d’interpellations. Lors des premières gardes à vue, les mis en cause auraient globalement minimisé leur implication. Un seul aurait livré un récit plus détaillé. Le directeur d’enquête a aussi évoqué le rôle d’un Qashqai blanc. Il aurait été utilisé pour faire identifier les trois jeunes, afin de s’assurer qu’il s’agissait bien de ceux qui étaient recherchés. Le conducteur du véhicule, ancien policier adjoint, n’est cependant pas présenté comme ayant pris part aux coups.

L’alerte avait été donnée par un habitant, qui avait appelé la gendarmerie en indiquant que des personnes étaient « en train de se faire tuer » à Poroani. Selon l’enquêteur, cet homme aurait ensuite rencontré des difficultés avec une partie de la population et aurait dû quitter la commune.

Au cœur des débats apparaît ainsi la question d’une forme de justice parallèle. Interrogé sur les réactions collectives à Poroani, le gendarme a expliqué que, lors de certains événements, des habitants avaient la réputation d’organiser leur propre surveillance et de rendre « leur propre jugement » contre ceux qui venaient semer le trouble.

Les propos attribués au maire de Chirongui, sorti de la mairie ce soir-là, ont également été rapportés. Selon la traduction citée à l’audience, il aurait déclaré en kibushi que les « frères de Poroani » avaient bien agi en intervenant rapidement et en administrant « le médicament », autrement dit la punition, aux auteurs des faits. L’élu conteste avoir tenu ces propos et met en cause une mauvaise traduction.

“Comment, pour une histoire idiote de 20 euros, on en arrive à un mort et deux blessés ?”

Dans l’après-midi, la cour a entendu une femme présentée comme étant au cœur du différend initial. Robe rouge, voile rose, elle s’est avancée à la barre avant de se retourner vers les accusés. À la demande de la présidente, elle a désigné plusieurs hommes qu’elle dit connaître parmi ceux assis derrière elle.

Son témoignage ramène l’audience à ce qui aurait précédé l’engrenage. Elle raconte d’abord une agression sexuelle dont elle dit avoir été victime quelques jours avant les faits. « Quand il est arrivé devant moi, il a touché mon sexe. Il m’a tirée, j’ai dit tu m’as fait mal. Il m’a menacée, il m’a dit : qu’est-ce que tu vas faire ? J’ai crié. Des gens sont venus », a-t-elle relaté. Elle dit ensuite être allée raconter les faits à la mère du jeune homme concerné, avant de se rendre à l’hôpital puis à la gendarmerie. La mère serait venue présenter ses excuses.

Mais une autre histoire, plus dérisoire en apparence, est aussi revenue dans les débats : celle d’un téléphone prêté, dans la coque duquel se trouvaient 20 euros. L’argent aurait disparu. Une dispute aurait éclaté. Là encore, selon la témoin, la mère du jeune homme aurait fini par rembourser les 20 euros et présenter des excuses.

Trois jours plus tard, le 15 mars, la situation dégénère. Siti Rachadi raconte avoir entendu du bruit près de chez elle après l’agression à Miréréni. Des personnes l’auraient accusée d’avoir « envoyé les délinquants ».

La présidente a résumé l’un des enjeux du procès en une phrase : « Je veux comprendre comment, pour une histoire idiote de 20 euros, on en arrive à un mort et deux blessés. »

Les débats doivent désormais permettre de déterminer le rôle précis de chacun des onze accusés dans cette nuit de violences, entre accusations de vengeance collective, responsabilités individuelles et climat de tensions entre villages.

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Développement économique des Outre-mer : quand Anchya Bamana tance l’écologie de Nicolas Hulot

Développement économique des Outre-mer : quand Anchya Bamana tance l’écologie de Nicolas Hulot

La loi Hulot, imposant à la France un moratoire sur la recherche et l’exploitation des énergies fossiles, est plus que jamais décriée par les responsables politiques ultramarins de tous bords. Vécue comme une injustice empêchant les peuples autochtones d’assurer un jour, par eux-mêmes, le financement de leur développement économique grâce à l’exploitation des ressources de leur sous-sol, cette loi a fait l’objet d’une attaque en règle de la part de la députée mahoraise Anchya Bamana.

Les parlementaires d’Outre-mer ne décolèrent toujours pas après le large rejet, par leurs collègues de l’Hexagone, du projet de loi consacré à la reprise des recherches et de l’exploitation des énergies fossiles, dont la Guyane et Mayotte sont présumées receler d’importants gisements. Le rejet de ce texte ravive d’anciennes blessures dans les régions ultramarines de la Caraïbe et provoque le réveil de « vieux démons » de l’émancipation vis-à-vis de la Nation. Ces sentiments demeurent fortement ancrés dans une partie de la population antillo-guyanaise, au point que certains parlementaires n’hésitent plus à appeler leurs concitoyens à la désobéissance civile.

Du côté austral de l’océan Indien, c’est un silence presque sidéral qui frappe la classe politique mahoraise, hormis quelques sorties médiatiques d’opposants à la majorité en place au sein de l’Assemblée de Mayotte. À croire que la perspective de ne plus avoir à quémander éternellement des subsides à Paris — qui préfère les dilapider dans des programmes de codéveloppement régional aux résultats incertains plutôt que de les affecter au bien-être des Français de ces territoires — ne les intéresse guère.

En effet, tout au long de ces débats qui ont enflammé les hémicycles du Sénat et de l’Assemblée nationale, les parlementaires mahorais n’ont pas donné le sentiment d’être animés d’une énergie aussi intense que celle de leurs collègues des Antilles-Guyane.

Après l’expression indignée de Saïd Omar Oili lors du passage du texte au Sénat, il faut retenir celle, plus récente mais tout aussi remarquée, d’Anchya Bamana, députée (RN) de la deuxième circonscription de Mayotte. Très ironique à l’égard du gouvernement Lecornu II lorsque celui-ci défend son projet de loi sur le développement économique des territoires ultramarins, elle n’hésite pas à établir un parallèle avec Mayotte, observant que, sur le territoire, « la population manque d’eau potable pour vivre », sous-entendant que ce problème est encore plus préoccupant que les écarts de développement avec l’Hexagone, « sans que cela ne pose aucun problème moral au gouvernement ».

Pour la parlementaire mahoraise, « la loi Hulot fait des citoyens ultramarins des Français de seconde zone, condamnés à dépendre des importations énergétiques. Dans un monde de compétition féroce, où tous nos voisins multiplient les études en tous sens — je pense notamment au canal du Mozambique —, il est inacceptable que nous ne puissions pas compter sur nos ressources naturelles afin de construire notre propre développement. »

Dans une posture pleinement assumée, Anchya Bamana estime que « la France ne peut continuer à ignorer ce qu’elle possède, à laisser d’autres en publier l’inventaire et à débattre de l’exploitation d’un sous-sol qu’elle n’a même pas elle-même évalué. Nous devons pouvoir cartographier ces ressources naturelles et nous devons pouvoir, un jour, les exploiter. »

Elle se montre catégorique face à ce qu’elle considère comme la volonté « d’écologistes dogmatiques de nous imposer leur vision décroissante de notre propre développement », faisant bien entendu référence à Nicolas Hulot, qui a réussi à imposer à la France un moratoire de plusieurs décennies sur la recherche et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, notamment dans les territoires ultramarins.

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Le nouveau DTPN William Lliso s’attaque avec enthousiasme aux défis du territoire mahorais

Le nouveau DTPN William Lliso s’attaque avec enthousiasme aux défis du territoire mahorais

Le nouveau directeur territorial de la Police nationale, William Lliso, a pris ses fonctions le 22 avril 2026. Après avoir passé deux ans en Martinique en tant que directeur adjoint de la Police nationale, il a choisi le territoire de Mayotte pour se confronter aux défis particuliers du 101e département français. Il a accepté de nous parler de ses projets lors d’une interview.

Flash Info : Vous avez été muté à Mayotte en avril dernier. Était-ce un choix de votre part de venir travailler sur ce territoire réputé « difficile » ?

William Lliso : Absolument, c’est moi qui ai demandé Mayotte. Nous étions six sur la « short list » et j’ai eu la chance d’être choisi, certainement en partie parce que j’avais déjà une expérience en Martinique en tant que directeur adjoint. J’ai également une certaine expérience dans le domaine de l’ordre public. Depuis que mes enfants sont grands, j’ai voulu travailler outre-mer afin de me confronter à d’autres types de territoires. Je suis conscient que Mayotte est un territoire réputé « difficile », mais cela constitue aussi un défi auquel j’ai eu envie de me confronter.

F.I. : Comment comptez-vous lutter contre la délinquance et l’insécurité qui font rage à Mayotte ?

W.L. : Je sais que le territoire doit faire face à une violence urbaine régulière et que les jeunes ont pris la mauvaise habitude de s’attaquer fréquemment aux forces de l’ordre et aux habitants. Dire que je vais « éradiquer l’insécurité sur le territoire » serait évidemment utopique, mais j’espère pouvoir mieux l’appréhender. Ayant beaucoup voyagé, aussi bien en Afrique qu’en Amérique du Sud ou encore dans les pays du Golfe, j’ai une certaine facilité à comprendre des réalités culturelles très variées.

Pour moi, l’insécurité doit être combattue de manière globale en impliquant les différents acteurs du territoire. Les élus, bien sûr, mais aussi les citoyens ordinaires, qui ont un rôle important à jouer, même si beaucoup n’en sont pas conscients. Il est anormal que des personnes assistent à des scènes de délinquance tout en continuant à vaquer à leurs occupations comme si de rien n’était. La lutte contre l’insécurité doit être l’affaire de tous.

Je soutiens le procureur qui souhaite renforcer les poursuites contre les parents de mineurs délinquants avec, comme sanction, une dégradation, voire une annulation, de leur titre de séjour. Je souhaite aussi que la police collabore avec les grandes figures sociétales du territoire, comme les cadis, par exemple.

Dans mon département d’origine, les Landes, il existait aussi des conflits inter-villages, mais je suis choqué de constater qu’ici certains jeunes ont une véritable volonté de tuer. Nous ne parviendrons à apaiser cette violence qu’en mettant en place une collaboration active entre les forces de l’ordre et les grandes figures mahoraises de la régulation sociale. Trouver davantage d’occupations pour les jeunes serait également salutaire.

F.I. : Lors de l’opération Kingia, beaucoup de citoyens ont eu l’impression que la police se préoccupait davantage d’effectuer des contrôles routiers que de lutter contre la délinquance. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

W.L. : Kingia est une opération « coup de poing » consistant à venir « remettre de la normalité » dans tous les domaines à Mayotte. Il s’agit d’une prise en charge globale. Ce n’est pas parce que nous contrôlons les usagers de la route que nous ne luttons pas également activement contre la délinquance. À l’inverse, d’autres citoyens m’ont fait part de leur satisfaction de voir enfin contrôlés et sanctionnés les automobilistes circulant dans des véhicules dangereux et sans assurance.

F.I. : Où en est la lutte contre les bandes qui a commencé il y a quelques années sur le territoire ?

W.L. : Ce travail se poursuit, mais c’est un travail de longue haleine car, chaque fois qu’un chef de bande est arrêté, un autre prend sa place. Tant qu’il n’y aura pas davantage de modèles positifs pour la jeunesse, cela continuera. Je crois beaucoup en l’exemplarité. En mettant en avant des jeunes qui réussissent, nous parviendrons peu à peu à changer les mentalités.

Personnellement, je privilégie l’action judiciaire envers les mineurs délinquants plutôt que l’interpellation en flagrant délit. C’est évidemment plus long, mais ces opérations marquent davantage les esprits, notamment grâce aux interventions du RAID. Je souhaite également développer l’usage des caméras-piétons, qui incitent les policiers à se comporter de manière exemplaire lors des interpellations, car je n’encourage pas les attitudes de « cow-boy » chez les policiers.

F.I. : Estimez-vous que les effectifs actuels de la Police nationale soient suffisants à Mayotte ?

W.L. : L’État a fait beaucoup d’efforts en matière de ressources humaines à Mayotte et, en l’état actuel des choses, nous n’avons pas à nous plaindre. Les fonctionnaires de police sont au nombre de 800 et, cette année, 70 postes étaient ouverts à la mutation ainsi que 20 postes de policiers spécialisés dans le domaine nautique. Nous avons reçu 260 candidatures, ce qui nous a permis de réaliser un recrutement de qualité.

À compétences égales, nous essayons de faire venir le plus possible de policiers mahorais sur le territoire, mais il ne faut pas qu’ils soient trop jeunes car ils ont besoin d’acquérir de l’expérience dans l’Hexagone avant de revenir sur leur territoire d’origine.

Beaucoup d’officiers de police sont venus après Chido et sont restés parce qu’ils ont apprécié le territoire. Ce sont des personnes courageuses et résilientes. Il y a également eu un engagement très fort des policiers mahorais après le cyclone.

F.I. : Allez-vous poursuivre l’opération « Tranquillité Vacances » cette année ?

W.L. : Tout à fait. Lorsque les gens quittent leur domicile pour une longue période durant les grandes vacances, ils peuvent le signaler au commissariat. Nous effectuons alors des rondes régulières autour de ces maisons afin de prévenir les cambriolages.

F.I. : Comment expliquez-vous qu’autant de kwassas continuent à réussir à accoster à Mayotte malgré l’action de la Police aux frontières ?

W.L. : La PAF dispose actuellement de cinq intercepteurs et nous en attendons deux supplémentaires d’ici à la fin de l’année. Mais, à mon sens, il faudrait élargir les opérations en haute mer pour davantage d’efficacité. Une collaboration avec la Marine nationale a d’ailleurs commencé dans le cadre des « opérations Requin ».

Si l’on coule les boutres depuis lesquels les kwassas embarquent leurs passagers, cela aura davantage d’impact, car le prix d’un boutre n’est pas celui d’un kwassa. Nous souhaitons aussi nous concentrer davantage sur ceux qui organisent ce trafic.

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Bac de philosophie à Mayotte : les conditions sont-elles réellement réunies pour les candidats ?

Bac de philosophie à Mayotte : les conditions sont-elles réellement réunies pour les candidats ?

À Mayotte, les élèves passent l’épreuve de philosophie dans un contexte particulier. Entre les difficultés de transport, l’insécurité, les infrastructures parfois insuffisantes et les conditions matérielles d’apprentissage, une question se pose : tous les candidats disposent-ils des mêmes chances pour réussir cette première épreuve du baccalauréat ?

Une épreuve symbolique dans un contexte difficile

Comme partout en France, le baccalauréat de philosophie marque le début des examens pour les lycéens de Mayotte. Pendant quatre heures, les candidats doivent faire preuve de réflexion, d’analyse et de maîtrise de l’écriture. Pourtant, avant même de s’installer devant leur copie, beaucoup d’entre eux doivent déjà surmonter de nombreux obstacles du quotidien.

À Mayotte, les difficultés sociales et les problèmes d’organisation peuvent avoir un impact direct sur la préparation des élèves. Si les enseignants s’efforcent de les accompagner jusqu’au dernier moment, certains estiment que les conditions ne sont pas toujours réunies pour aborder sereinement cette épreuve décisive.

La question de la violence et de l’insécurité

Ces dernières années, les épisodes de violences urbaines et les tensions dans certains quartiers ont perturbé la vie scolaire. Des établissements ont parfois dû adapter leur fonctionnement, voire suspendre les cours lors de certaines périodes.

Pour les élèves, cette situation génère du stress supplémentaire. « Il est difficile de se concentrer sur les révisions quand on ne sait pas si les transports fonctionneront ou si l’on pourra rejoindre son lycée sans difficulté », confie un candidat au baccalauréat.

Les équipes éducatives rappellent néanmoins que des dispositifs sont mis en place pour assurer le bon déroulement des examens et garantir la sécurité des centres d’épreuve.

Des moyens de transport qui compliquent le parcours

Le transport reste l’une des principales préoccupations des lycéens mahorais. Beaucoup parcourent de longues distances chaque jour et dépendent des bus scolaires ou des transports collectifs, dont les retards ou les perturbations peuvent provoquer de l’anxiété.

Le jour du baccalauréat, arriver en retard représente une crainte importante. Certains élèves préfèrent partir très tôt de chez eux afin d’éviter tout imprévu, quitte à patienter plusieurs heures avant le début de l’examen.

Cette réalité soulève une question d’égalité : tous les candidats bénéficient-ils des mêmes conditions d’accès à leur centre d’examen ?

Des aménagements encore attendus

Les infrastructures scolaires se sont développées ces dernières années, mais les besoins restent importants face à la croissance démographique de Mayotte. Salles de classe, équipements pédagogiques, accès au numérique ou encore espaces de travail constituent autant de défis pour les établissements.

Les enseignants soulignent que la réussite scolaire ne dépend pas uniquement des efforts des élèves, mais également des moyens mis à leur disposition tout au long de l’année. Des conditions d’apprentissage stables et adaptées favorisent une meilleure préparation aux examens.

Comment les élèves appréhendent-ils cette épreuve ?

Malgré ces difficultés, de nombreux candidats abordent le bac de philosophie avec détermination. Certains reconnaissent que la matière leur fait peur en raison de son caractère abstrait et des exigences de la dissertation ou de l’explication de texte.

D’autres y voient au contraire une occasion de défendre leurs idées et de démontrer leurs capacités de réflexion. Les dernières révisions, les conseils des professeurs et les entraînements réalisés durant l’année permettent à beaucoup de gagner en confiance.

« On sait que ce sera difficile, mais on veut montrer que les élèves de Mayotte sont capables de réussir malgré les obstacles », explique une lycéenne.

Une question d’égalité des chances

Au-delà de l’épreuve de philosophie, la situation interroge sur les conditions de réussite des jeunes à Mayotte. La violence, les difficultés de transport et les besoins en infrastructures peuvent constituer des freins à une préparation sereine du baccalauréat.

Si les élèves font preuve de résilience et de motivation, beaucoup estiment que des améliorations restent nécessaires afin que chacun puisse composer dans des conditions comparables à celles des autres académies. Car réussir le baccalauréat ne dépend pas seulement des connaissances acquises, mais aussi de l’environnement dans lequel les candidats étudient et passent leurs examens.

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Inclusion financière : Mayotte au plus bas des classements

Inclusion financière : Mayotte au plus bas des classements

Le dernier baromètre de l’IEDOM, arrêté à fin mai 2026, place une nouvelle fois Mayotte tout en bas des classements ultramarins pour le surendettement, les incidents bancaires et le droit au compte. Des chiffres flatteurs en apparence, qui traduisent surtout la faible bancarisation de l’île.

L’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) vient de publier son baromètre mensuel de l’inclusion financière, arrêté à fin mai 2026. Le document suit trois indicateurs de la fragilité financière des ménages : les dépôts de dossiers de surendettement, les inscriptions au Fichier central des chèques (FCC) et les désignations au titre du droit au compte bancaire. Sur les trois indicateurs suivis, Mayotte affiche les niveaux les plus faibles de l’outre-mer.

En mai 2026, un seul dossier de surendettement a été déposé sur l’ensemble du territoire, soit 0,05 dépôt de dossier pour 10 000 habitants. Dans les départements et collectivités d’outre-mer (DCOM), le ratio s’établit à 1,97, contre 2,07 en métropole. Rapporté à l’ensemble de l’outre-mer, le département ne représente pratiquement aucun des dossiers déposés, là où La Réunion en concentre 53 %.

Le Fichier central des chèques (FCC), qui recense les incidents de paiement, les chèques sans provision et les retraits de carte bancaire, a enregistré 62 nouvelles inscriptions en mai, soit 3,35 pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’en métropole (6,72 pour 10 000 habitants) et près de cinq fois moins que la moyenne ultramarine (16,12 pour 10 000 habitants).

Le droit au compte, qui permet à la Banque de France de désigner d’office un établissement tenu d’ouvrir un compte à une personne qui s’en est vu refuser l’accès, n’a donné lieu qu’à deux désignations, soit 0,11 pour 10 000 habitants.

Sur douze mois glissants, les inscriptions au FCC reculent de 31,2 % et les désignations au titre du droit au compte de 21,8 %. Les retraits de carte bancaire diminuent de 5,8 %, signe d’un possible basculement des usages du chèque vers la carte.

Si le cyclone Chido a désorganisé l’île, la part de cette baisse qui lui est imputable reste à établir.

Pour l’IEDOM, ce repli général traduit une amélioration progressive de la situation financière des ménages mahorais. Pourtant, Mayotte demeure le département le plus pauvre de France : selon l’INSEE, 77 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté national, soit cinq fois plus qu’en métropole.

Les trois dispositifs mesurés par le baromètre supposent toutefois d’être déjà intégré au système bancaire. Or, Mayotte affiche le plus faible taux de bancarisation de tout l’outre-mer, autour de 68 %, contre 240 % à La Réunion et 370 % dans l’Hexagone, selon l’IEDOM. Moins de sept habitants sur dix possèdent un compte bancaire.

Ces chiffres faibles ne signifient donc pas l’absence de difficultés financières, mais plutôt qu’une partie de la population reste hors du champ que ces indicateurs sont censés mesurer. Cette sous-bancarisation tient à plusieurs facteurs. La jeunesse de la population, d’abord : la moitié des habitants a moins de 18 ans et ne dispose donc pas de compte bancaire. Une part importante de la population est également en situation irrégulière et n’a pas accès aux services bancaires. Enfin, selon l’INSEE, l’économie demeure « encore très informelle ».

Interrogé lors d’un précédent baromètre, l’IEDOM reconnaissait que la situation mahoraise s’explique par « une moindre importance accordée à la bancarisation, ce qui relativise en partie ces critères ». Concrètement, les trois indicateurs — surendettement, incidents de paiement et droit au compte — ne mesurent pas la fragilité financière des Mahorais dans l’absolu, mais seulement celle des Mahorais déjà intégrés au système bancaire.

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