La Ville de Mamoudzou organise ce dimanche 26 avril 2026, de 8h à 12h, sa course de pneus communale dans les rues de M’tsapéré. Plusieurs centaines de participants sont attendus, répartis en quatre catégories : jeunes de 8 à 12 ans, parents, séniors et personnes en situation de handicap.
Le départ sera donné avenue Abdallah Houmadi, devant le plateau de M’Balamanga, pour une arrivée derrière la halle de pêche. Les jeunes finalistes représenteront la commune lors de la finale intercommunale prévue le 28 juin.
À cette occasion, la circulation sera interdite sur l’ensemble du circuit entre 6h30 et 12h, avec des déviations mises en place dans plusieurs rues du secteur.
La mobilisation a réuni des enseignants et des parents, certains dénonçant une situation inchangée depuis plusieurs années.
À Bandrélé, des enseignants de l’école d’Hamouro dénoncent des conditions dégradées : manque d’eau, sanitaires insuffisants et bâtiments vétustes. Une vingtaine d’entre eux se sont mobilisés, oragnisé par la CGT Éduc’action.
« Maîtresse, j’ai peur d’aller aux toilettes ». Cette phrase est rapportée par une enseignante de Doujani. Depuis trois jours, un mouvement de grève des enseignants touche Mayotte, notamment dans le premier degré. Au premier jour du mouvement, près d’un tiers d’entre eux (33 %) étaient grévistes. Ce jeudi 23 avril, une vingtaine d’enseignants se sont mobilisés devant l’école maternelle et primaire d’Hamouro, à Bandrélé, un cas « emblématique » de la situation sur l’île selon le syndicat CGT Éduc’action, organisateur du mouvement.
À Hamouro, les infrastructures sont particulièrement mises en cause : bâtiments dégradés, seulement deux toilettes pour environ 200 élèves. « L’école fonctionne parce que les enseignants s’adaptent, mais s’adaptent à une limite », témoigne Manolo, enseignant au sein de cette école.
« Être sur le chemin de l’eau » parmi les principales revendications.
Faute d’accès suffisant à l’eau, des packs sont utilisés et une cuve supplémentaire a été installée. « L’eau stagnante est stockée, tous les professeurs ont attrapé le chikungunya dans cette école, à des moments différents », affirme Manolo. Une fosse septique pleine a également été signalée, notamment en saison des pluies.
L’enseignant explique que les enfants dépendent directement de l’accès à l’eau. « Dans cette école, nous ne sommes pas sur le chemin de l’eau », précise-t-il. Arrivé à Mayotte il y a deux ans et non syndiqué auparavant, il dit aujourd’hui vouloir obtenir de meilleures conditions pour l’ensemble de l’équipe éducative.
Aux abords de l’école, des barbelés sont visibles, parfois escaladés par des enfants pour accéder à un terrain de jeu. Une visite de l’établissement était prévue lors de cette mobilisation, mais elle n’a finalement pas eu lieu, sous la surveillance de la police municipale et de la gendarmerie présentes sur place.
La mobilisation s’est poursuivie devant l’établissement, rejointe par des parents et des élèves. Certains habitants dénoncent une situation inchangée depuis des années : « J’habite ici depuis 2014 et rien n’a changé », confie une riveraine. « On est en France pourtant ! », poursuit-elle.
Les enseignants espèrent désormais des réponses de la nouvelle équipe municipale de Bandrélé et appellent à une meilleure prise en compte de la situation lors des conseils d’école, organisés tous les trois mois. Sollicitée, la municipalité n’a pas donné suite aux questions.
À Hamouro, les infrastructures sont particulièrement mises en cause : bâtiments dégradés, seulement deux toilettes pour environ 200 élèves. « L’école fonctionne parce que les enseignants s’adaptent, mais s’adaptent à une limite », témoigne Manolo, enseignant au sein de cette école.
« Être sur le chemin de l’eau » parmi les principales revendications.
Faute d’accès suffisant à l’eau, des packs sont utilisés et une cuve supplémentaire a été installée. « L’eau stagnante est stockée, tous les professeurs ont attrapé le chikungunya dans cette école, à des moments différents », affirme Manolo. Une fosse septique pleine a également été signalée, notamment en saison des pluies.
L’enseignant explique que les enfants dépendent directement de l’accès à l’eau. « Dans cette école, nous ne sommes pas sur le chemin de l’eau », précise-t-il. Arrivé à Mayotte il y a deux ans et non syndiqué auparavant, il dit aujourd’hui vouloir obtenir de meilleures conditions pour l’ensemble de l’équipe éducative.
Aux abords de l’école, des barbelés sont visibles, parfois escaladés par des enfants pour accéder à un terrain de jeu. Une visite de l’établissement était prévue lors de cette mobilisation, mais elle n’a finalement pas eu lieu, sous la surveillance de la police municipale et de la gendarmerie présentes sur place.
La mobilisation s’est poursuivie devant l’établissement, rejointe par des parents et des élèves. Certains habitants dénoncent une situation inchangée depuis des années : « J’habite ici depuis 2014 et rien n’a changé », confie une riveraine. « On est en France pourtant ! », poursuit-elle.
Les enseignants espèrent désormais des réponses de la nouvelle équipe municipale de Bandrélé et appellent à une meilleure prise en compte de la situation lors des conseils d’école, organisés tous les trois mois. Sollicitée, la municipalité n’a pas donné suite aux questions.
Sous la varangue de Léo, les discussions s’étirent à l’ombre, entre chaleur tropicale et récits de nuits électriques. Ici, l’histoire de la techno française se ravive au fil des conversations.
Le président d’Atomix Sound System reçoit ce jeudi 23 avril un collectif qui a marqué toute une génération de teufeurs. « Heretik, c’est un système légendaire, le plus gros sound system parisien », confie-t-il.
Quelques heures plus tôt, le collectif posait le pied à Mayotte pour la première étape de sa tournée des 30 ans dans l’océan Indien. Trois décennies après ses débuts, Heretik continue de faire vivre une culture née dans les marges.
« Certains d’entre nous sont DJ, d’autres organisent des soirées », explique Nout. « Mais surtout, on n’est pas des professionnels. Chacun a sa vie, son métier… et on continue à produire de la musique. » À ses côtés, Broke, mécanicien poids lourd mais surtout figure emblématique du groupe, complète : « On est un collectif d’artistes producteurs. »
Une définition brute, à l’image de leur trajectoire : celle d’un mouvement libre, forgé hors des circuits classiques, et qui, trente ans plus tard, n’a rien perdu de son énergie.
Une légende née dans l’underground
Heretik, c’est une quinzaine de membres aujourd’hui. Une dizaine d’artistes actifs, et une constellation de fidèles qui gravitent autour du crew depuis ses débuts. Leur ADN ? L’éclectisme radical : techno, hard techno, acid, hardcore, breakbeat, drum and bass… « On fait tout », lâche Nout.
Mais pour comprendre Heretik, il faut remonter aux années 90, à l’époque des raves. « Ce qui a fait Heretik, c’est les free parties des débuts », affirme Broke. Des rassemblements sauvages, massifs, où la musique électronique se vivait comme un acte de liberté.
Léo, Nout, Broke et Leila sous la varangue de Léo.
Dans cette histoire, un lieu reste mythique : la piscine Molitor, à Paris. « C’est ce qui a créé notre légende », confie-t-il. Cinq à six mille personnes réunies sans incident dans un site classé au cœur de la capitale, une nuit devenue culte. « Les gens montaient, montaient dans les étages… ils ne pouvaient même plus redescendre. C’était lunaire. Et pourtant, tout s’est bien passé. »
Au-delà des fêtes, Heretik a aussi marqué la production musicale. « On sortait beaucoup de vinyles, on avait une couleur propre », se souvient Nout. Le collectif revendique même l’invention d’un style : le hardfloor, un pont entre la tribe du Sud de la France et le hardcore du Nord et de la Belgique.
L’art du set, entre contrôle et lâcher-prise
Trente ans plus tard, la flamme est toujours là. « On participe à moins de soirées, mais on les prépare avec un grand engouement. Généralement on a bien préparé nos sets qu’on connaît par cœur et qui sont vraiment adaptés au public. », explique Nout. Une vision nuancée par Broke, défenseur d’une approche plus instinctive : « Moi c’est toujours de l’impro c’est jamais préparé et c’est comme ça que je continue à prendre du plaisir. Un set, ça ne se prépare pas. Tu viens avec une vibe, tu vois comment le public va réagir, et tu construis en direct. »
Une manière de mixer qui dépend avant tout des morceaux selon Nout qui alterne entre les deux. Les productions récentes, plus courtes et plus rythmées – le new school – sont enchainées par les DJ. À l’inverse, les titres plus anciens – le old school – plus longs et progressifs, permettent au DJ de piocher dans le morceau.
Mayotte, une première pleine de promesses
Pourquoi Mayotte ? « Une opportunité, une rencontre », raconte Nout. Après une date réussie à La Réunion, le collectif est invité par Atomix, association locale engagée dans la promotion des musiques électroniques. « Quand on leur a proposé, ils ont accepté direct. C’est une première ici. »
L’accueil a marqué les esprits. « Dépaysement total », sourit Nout. « Mais surtout une vraie bonne humeur. On a envie de rendre cette énergie. »
Pour le week-end, le programme s’annonce dense : montée progressive en intensité, des sets bass music à 130 bpm jusqu’à la hard techno à 170 bpm, avant un retour vers des sonorités tribe et acid. « Un florilège musical », promet-il.
Broke et Nout du collectif Heretik avec Léo et Leila du collectif Atomix
Derrière cette venue, l’association Atomix, active depuis 2008. « On veut promouvoir les musiques actuelles et faire découvrir cette culture à Mayotte », explique Léo, son président. Six événements par an, dont le festival Kariboom, point culminant de leur calendrier.
Leur signature ? Une scénographie immersive. « Il n’y a pas que le son, il y a aussi le visuel. On veut faire voyager les gens », souligne Leila, trésorière de l’association. Pour cette date à Combani, au domaine Badja, l’équipe a entièrement repensé la décoration. À la manœuvre, VJimTonic, membre du collectif, revenu spécialement pour l’événement.
Accueillir Heretik, à un mois du festival, relevait du défi. « Mais c’était un honneur. On ne pouvait pas refuser. »
Une culture sous pression
Derrière l’enthousiasme, une inquiétude persistante. Le 9 avril, l’Assemblée nationale a adopté un renforcement des sanctions contre les free parties. Le texte prévoit jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs, et 1 500 euros d’amende pour les participants. Il doit désormais être examiné par le Sénat.
« On est criminalisés à 200 %, je suis un terroriste sonore pour l’État avec ces lois », déplore Broke. Pourtant, les artistes défendent un modèle alternatif. « Le problème dans le légal, c’est qu’on peut très bien le faire en France, mais ça devient un festival : la SACEM, les horaires, la sécurité… Tu ne peux pas faire un événement à prix libre si tu respectes toutes les règles », explique Nout.
Broke a plaidé pour une entente avec l’Etat. « On vient d’un milieu où, si on veut, on peut faire ça illégalement. Mais si l’État veut qu’on rentre dans le cadre, on peut le faire. Il faut juste nous laisser un peu de souplesse, arrêter de nous imposer les normes des gros événements et surtout les horaires. »
« La free party, c’est un incubateur artistique majeur », insiste Nout. « Sans ça, il y aura moins de jeunes qui iront vers la musique électronique. »
À Mayotte comme ailleurs, la rave reste un espace de mélange social rare. « Tu peux être juge, policier, au RSA, en situation de handicap… la free party te permet de venir à moindre frais », rappelle Léo. Une parenthèse dans un quotidien parfois difficile.
Alors, trente ans après, pourquoi continuer ? La réponse tient en une phrase, presque simple : pour la musique, pour la liberté, pour le lien.
Ce week-end, à Combani, cette histoire va s’écrire une fois de plus au rythme des basses – non pas dans une free party, mais dans un événement encadré qui en conserve l’esprit – sous un ciel peut-être couvert, mais avec une énergie intacte.
Une définition brute, à l’image de leur trajectoire : celle d’un mouvement libre, forgé hors des circuits classiques, et qui, trente ans plus tard, n’a rien perdu de son énergie.
Une légende née dans l’underground
Heretik, c’est une quinzaine de membres aujourd’hui. Une dizaine d’artistes actifs, et une constellation de fidèles qui gravitent autour du crew depuis ses débuts. Leur ADN ? L’éclectisme radical : techno, hard techno, acid, hardcore, breakbeat, drum and bass… « On fait tout », lâche Nout.
Mais pour comprendre Heretik, il faut remonter aux années 90, à l’époque des raves. « Ce qui a fait Heretik, c’est les free parties des débuts », affirme Broke. Des rassemblements sauvages, massifs, où la musique électronique se vivait comme un acte de liberté.
Léo, Nout, Broke et Leila sous la varangue de Léo.
Dans cette histoire, un lieu reste mythique : la piscine Molitor, à Paris. « C’est ce qui a créé notre légende », confie-t-il. Cinq à six mille personnes réunies sans incident dans un site classé au cœur de la capitale, une nuit devenue culte. « Les gens montaient, montaient dans les étages… ils ne pouvaient même plus redescendre. C’était lunaire. Et pourtant, tout s’est bien passé. »
Au-delà des fêtes, Heretik a aussi marqué la production musicale. « On sortait beaucoup de vinyles, on avait une couleur propre », se souvient Nout. Le collectif revendique même l’invention d’un style : le hardfloor, un pont entre la tribe du Sud de la France et le hardcore du Nord et de la Belgique.
L’art du set, entre contrôle et lâcher-prise
Trente ans plus tard, la flamme est toujours là. « On participe à moins de soirées, mais on les prépare avec un grand engouement. Généralement on a bien préparé nos sets qu’on connaît par cœur et qui sont vraiment adaptés au public. », explique Nout. Une vision nuancée par Broke, défenseur d’une approche plus instinctive : « Moi c’est toujours de l’impro c’est jamais préparé et c’est comme ça que je continue à prendre du plaisir. Un set, ça ne se prépare pas. Tu viens avec une vibe, tu vois comment le public va réagir, et tu construis en direct. »
Une manière de mixer qui dépend avant tout des morceaux selon Nout qui alterne entre les deux. Les productions récentes, plus courtes et plus rythmées – le new school – sont enchainées par les DJ. À l’inverse, les titres plus anciens – le old school – plus longs et progressifs, permettent au DJ de piocher dans le morceau.
Mayotte, une première pleine de promesses
Pourquoi Mayotte ? « Une opportunité, une rencontre », raconte Nout. Après une date réussie à La Réunion, le collectif est invité par Atomix, association locale engagée dans la promotion des musiques électroniques. « Quand on leur a proposé, ils ont accepté direct. C’est une première ici. »
L’accueil a marqué les esprits. « Dépaysement total », sourit Nout. « Mais surtout une vraie bonne humeur. On a envie de rendre cette énergie. »
Pour le week-end, le programme s’annonce dense : montée progressive en intensité, des sets bass music à 130 bpm jusqu’à la hard techno à 170 bpm, avant un retour vers des sonorités tribe et acid. « Un florilège musical », promet-il.
Broke et Nout du collectif Heretik avec Léo et Leila du collectif Atomix
Derrière cette venue, l’association Atomix, active depuis 2008. « On veut promouvoir les musiques actuelles et faire découvrir cette culture à Mayotte », explique Léo, son président. Six événements par an, dont le festival Kariboom, point culminant de leur calendrier.
Leur signature ? Une scénographie immersive. « Il n’y a pas que le son, il y a aussi le visuel. On veut faire voyager les gens », souligne Leila, trésorière de l’association. Pour cette date à Combani, au domaine Badja, l’équipe a entièrement repensé la décoration. À la manœuvre, VJimTonic, membre du collectif, revenu spécialement pour l’événement.
Accueillir Heretik, à un mois du festival, relevait du défi. « Mais c’était un honneur. On ne pouvait pas refuser. »
Une culture sous pression
Derrière l’enthousiasme, une inquiétude persistante. Le 9 avril, l’Assemblée nationale a adopté un renforcement des sanctions contre les free parties. Le texte prévoit jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs, et 1 500 euros d’amende pour les participants. Il doit désormais être examiné par le Sénat.
« On est criminalisés à 200 %, je suis un terroriste sonore pour l’État avec ces lois », déplore Broke. Pourtant, les artistes défendent un modèle alternatif. « Le problème dans le légal, c’est qu’on peut très bien le faire en France, mais ça devient un festival : la SACEM, les horaires, la sécurité… Tu ne peux pas faire un événement à prix libre si tu respectes toutes les règles », explique Nout.
Broke a plaidé pour une entente avec l’Etat. « On vient d’un milieu où, si on veut, on peut faire ça illégalement. Mais si l’État veut qu’on rentre dans le cadre, on peut le faire. Il faut juste nous laisser un peu de souplesse, arrêter de nous imposer les normes des gros événements et surtout les horaires. »
« La free party, c’est un incubateur artistique majeur », insiste Nout. « Sans ça, il y aura moins de jeunes qui iront vers la musique électronique. »
À Mayotte comme ailleurs, la rave reste un espace de mélange social rare. « Tu peux être juge, policier, au RSA, en situation de handicap… la free party te permet de venir à moindre frais », rappelle Léo. Une parenthèse dans un quotidien parfois difficile.
Alors, trente ans après, pourquoi continuer ? La réponse tient en une phrase, presque simple : pour la musique, pour la liberté, pour le lien.
Ce week-end, à Combani, cette histoire va s’écrire une fois de plus au rythme des basses – non pas dans une free party, mais dans un événement encadré qui en conserve l’esprit – sous un ciel peut-être couvert, mais avec une énergie intacte.
Une déchèterie mobile sera installée ce samedi 25 avril à Labattoir, en Petite-Terre. Les habitants pourront se rendre rue du Marché, au niveau du parking de Labattoir 6, entre 8h et 12h, afin d’y déposer leurs déchets.
Comme lors des précédentes opérations, quatre bennes seront mises à disposition du public : une benne Éco-Maison pour les encombrants, notamment le bois et les plastiques, une benne Écosystème dédiée aux équipements électriques et électroménagers, ainsi que deux bennes du SIDEVAM destinées aux déchets de construction, comme la ferraille et le bois, et aux déchets verts.
D’autres dates sont d’ores et déjà prévues en Petite-Terre. À Pamandzi, les prochaines déchèteries mobiles auront lieu les samedis 9 mai et 13 juin, place de la Grande Mosquée du vendredi. À Labattoir, un nouveau rendez-vous est fixé au samedi 23 mai, toujours rue du Marché, sur le parking de Labattoir 6.
À un an de l’élection présidentielle, le mouvement « La France Humaniste », initié par Dominique de Villepin, amorce son implantation à Mayotte avec la création du Cercle Humaniste 976. « À un an des élections présidentielles, une autre voie claire et forte est possible », indiquent ses initiateurs, qui invitent « l’ensemble des Mahorais, dans leurs quartiers, leurs villages ou leurs villes » à les rejoindre.
Présenté comme « l’échelon de base » du mouvement, le Cercle se veut « ouvert à tout le monde, sans exception » et entend « animer notre pensée humaniste, porter le renouveau » ainsi que « construire progressivement une intelligence collective ».
À l’origine de cette initiative locale, Kira Bacar Adacolo explique avoir rejoint le mouvement « par rapport à son positionnement sur Gaza et son opposition à la Guerre en Irak de 2003. »
Les organisateurs appellent enfin « toutes les femmes et tous les hommes » à défendre « un nouveau projet républicain et humaniste », fondé sur « la justice sociale et l’ordre républicain », concluant : « Mayotte avec Villepin ! Ensemble, pour tout changer… ».
À Bandraboua, la brochetterie « Bazar Dzoumogné » a été fermée par arrêté préfectoral en date du 17 avril 2026. Une inspection a révélé de graves non-conformités aux règles d’hygiène, présentant un risque immédiat pour la santé publique. La réouverture de l’établissement sera conditionnée à la mise en conformité complète des installations, sous contrôle des autorités compétentes.
Un préavis de grève a été déposé concernant les salariés de la société Copharmay, selon un courrier adressé à la direction et daté du 21 avril 2026 à Mamoudzou. Le mouvement doit débuter le 28 avril.
À l’origine de cette mobilisation, plusieurs revendications portant sur les conditions de travail et la rémunération. Les salariés demandent notamment une revalorisation salariale de 15 %, le paiement et la reconnaissance des heures supplémentaires, ainsi que la mise en place d’une prime de risque.
Ils réclament également des améliorations matérielles, comme la mise à disposition d’équipements adaptés pour la manutention de charges lourdes, ainsi que la remise systématique de documents administratifs, notamment les attestations de salaire en cas de congé paternité ou d’arrêt maladie.
Dans ce courrier signé par Bounati Ahamadi, secrétaire générale de CFDT Mayotte, les salariés indiquent souhaiter l’ouverture d’un dialogue avec la direction afin de parvenir à un accord.
Le Département-Région de Mayotte, via l’Office Culturel Départemental, annonce la tenue de la 18e édition du Festival des Arts Traditionnels de Mayotte (FATMA), prévue du 25 au 27 avril 2026 à Mamoudzou.
Inscrit dans le calendrier culturel local, l’événement entend mettre en avant le patrimoine immatériel de l’île, notamment les danses et expressions artistiques traditionnelles. Cette édition s’inscrit également dans le cadre des commémorations de l’abolition de l’esclavage à Mayotte.
Le programme prévoit, sur trois jours, des animations culturelles, une conférence consacrée à l’histoire de l’esclavage et à la mémoire collective, ainsi qu’une exposition dédiée au mourengué, pratique culturelle locale.
Selon les organisateurs, le festival vise à soutenir la transmission intergénérationnelle, à renforcer l’attractivité culturelle du territoire et à rassembler différents publics autour des pratiques traditionnelles.
Le FATMA se déroulera principalement sur la place de la République et est annoncé comme ouvert à l’ensemble de la population.
Interrompu en juin 2024 du fait de la dissolution de l’Assemblée nationale ayant engendré un vaste chaos au sein du Gouvernement, mais aussi du départ de Salim M’Déré, l’élu en charge des Aménagements, et enfin de Chido, le projet du Boulevard Urbain de Mamoudzou (BUM) peut enfin reprendre. Explications avec Jean-Michel Lehay, le Directeur des routes du département-région de Mayotte.
On n’avait plus entendu parler du projet du Boulevard Urbain de Mamoudzou (BUM) depuis juin 2024, date des premières consultations publiques à son sujet. Et pour cause, plusieurs bouleversements politiques majeurs sont venus interrompre son élaboration. Tout d’abord les déboires judiciaires suivis du départ de Salim M’Déré, l’ex premier vice-président du conseil départemental en charge des Aménagements, qui assurait le relais politique du projet auprès du Gouvernement. Ensuite, la dissolution de l’Assemblée nationale, ayant engendré un vaste chaos politique à Paris. Et enfin, last but not least, la catastrophe de Chido.
« Suite aux consultations publiques de juin 2024, le rapport rendu par la Commission Nationale des Débats Publics (CNDP), nous avait autorisé à continuer le projet sans obligation ni interdictions, ce qui est assez rare », assure pourtant Jean-Michel Lehay, l’Ingénieur Général en charge de la conception du BUM au sein du département-région de Mayotte. « Nous avions donc l’autorisation d’établir le tracé et de lancer le plan de financement », poursuit-il.
Ingénieur des routes, Jean-Michel Lehay a pris une disponibilité de la DEAL en 2020 spécialement pour s’occuper du projet du BUM au sein du conseil départemental
C’est à ce moment précis que « le bât a blessé » car ce plan de financement, établi bien en amont, devait devenir « un plan financé ». Pour rappel, le coût total du BUM s’élève à la coquette somme d’un milliard d’euros. 700 millions d’euros devaient être financés au titre des Investissements Spéciaux liés aux Fonds Européens (ISFE), 135 millions d’euros avaient été promis par l’Etat et 164 millions par le conseil départemental grâce au Fond de Compensation de la TVA. « Or, juste au moment où nous devions demander les fonds promis, l’élu réellement investi dans le projet, Salim M’Déré, a été condamné en justice et a dû se retirer. Comme c’est lui qui assurait le relais avec les financeurs, le projet est resté en stand-by », explique l’Ingénieur Général.
Par ailleurs, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, il n’y avait plus de Gouvernement en mesure de voter des budgets. Les135 millions promis n’ont donc pas pu être débloqués, entraînant par ricochet le blocage des Fonds Européens promis par Bruxelles.
Le projet « sauvé » par François Ravier, le nouveau DGS du conseil départemental
Après plus d’un an et demi de ce « stand-by forcé », l’ingénieur Jean-Michel Lehay s’apprêtait à renoncer et à quitter Mayotte pour réintégrer les services de l’Etat, afin de travailler sur un nouveau projet dans l’hexagone. Il avait même déjà payé son déménagement, quand il a tout à coup été « rattrapé au vol » par François Ravier, le nouveau DGS du conseil départemental. Après de longues discussions avec la Préfecture, le Ministère des Finances et l’EPRDM, il a obtenu que les 135 millions d’euros nécessaires au BUM soient « glissés » dans l’enveloppe prévue pour le développement économique de Mayotte post-Chido.
« François Ravier m’a donc dit de reprendre le projet et de le laisser s’occuper désormais des aspects financiers qui m’avaient bloqué jusqu’ici », se réjouit Jean-Michel Lehay à qui le projet du BUM, initié en 2020, tient particulièrement à cœur. François Ravier lui a également assuré qu’en tant que projet mené sur « l’’antépénultième région européenne en termes d’infrastructures et de capacités économiques », le BUM restait dans la liste européenne des éléments finançables au même taux.
Actuellement, il reste donc 3 marchés publics à lancer pour finaliser le travail préliminaire. L’un concerne les études géotechniques (études des sols sur le faisceau choisi), l’autre le marché de construction des ouvrages d’arts car certains ne peuvent être « standards » étant donné les spécificités de Mayotte, et le dernier est celui de la recherche d’un bureau d’étude pour consulter les entreprises susceptibles de réaliser les travaux. « En parallèle, nous allons déposer les 11 déclarations d’utilité publiques », ajoute l’ingénieur. Pour rappel, une déclaration d’utilité publique a été réalisée pour chaque tronçon de manière à pouvoir commencer les travaux « par n’importe quel bout » sans perdre de temps en cas de lenteurs administratives.
Jean-Michel Lehay s’est donc officiellement remis au travail sur le BUM ce lundi 20 avril 2026. Il estime qu’il reste encore 18 mois de « travail de l’ombre » avant de pouvoir commencer les travaux.
« Suite aux consultations publiques de juin 2024, le rapport rendu par la Commission Nationale des Débats Publics (CNDP), nous avait autorisé à continuer le projet sans obligation ni interdictions, ce qui est assez rare », assure pourtant Jean-Michel Lehay, l’Ingénieur Général en charge de la conception du BUM au sein du département-région de Mayotte. « Nous avions donc l’autorisation d’établir le tracé et de lancer le plan de financement », poursuit-il.
Ingénieur des routes, Jean-Michel Lehay a pris une disponibilité de la DEAL en 2020 spécialement pour s’occuper du projet du BUM au sein du conseil départemental
C’est à ce moment précis que « le bât a blessé » car ce plan de financement, établi bien en amont, devait devenir « un plan financé ». Pour rappel, le coût total du BUM s’élève à la coquette somme d’un milliard d’euros. 700 millions d’euros devaient être financés au titre des Investissements Spéciaux liés aux Fonds Européens (ISFE), 135 millions d’euros avaient été promis par l’Etat et 164 millions par le conseil départemental grâce au Fond de Compensation de la TVA. « Or, juste au moment où nous devions demander les fonds promis, l’élu réellement investi dans le projet, Salim M’Déré, a été condamné en justice et a dû se retirer. Comme c’est lui qui assurait le relais avec les financeurs, le projet est resté en stand-by », explique l’Ingénieur Général.
Par ailleurs, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, il n’y avait plus de Gouvernement en mesure de voter des budgets. Les135 millions promis n’ont donc pas pu être débloqués, entraînant par ricochet le blocage des Fonds Européens promis par Bruxelles.
Le projet « sauvé » par François Ravier, le nouveau DGS du conseil départemental
Après plus d’un an et demi de ce « stand-by forcé », l’ingénieur Jean-Michel Lehay s’apprêtait à renoncer et à quitter Mayotte pour réintégrer les services de l’Etat, afin de travailler sur un nouveau projet dans l’hexagone. Il avait même déjà payé son déménagement, quand il a tout à coup été « rattrapé au vol » par François Ravier, le nouveau DGS du conseil départemental. Après de longues discussions avec la Préfecture, le Ministère des Finances et l’EPRDM, il a obtenu que les 135 millions d’euros nécessaires au BUM soient « glissés » dans l’enveloppe prévue pour le développement économique de Mayotte post-Chido.
« François Ravier m’a donc dit de reprendre le projet et de le laisser s’occuper désormais des aspects financiers qui m’avaient bloqué jusqu’ici », se réjouit Jean-Michel Lehay à qui le projet du BUM, initié en 2020, tient particulièrement à cœur. François Ravier lui a également assuré qu’en tant que projet mené sur « l’’antépénultième région européenne en termes d’infrastructures et de capacités économiques », le BUM restait dans la liste européenne des éléments finançables au même taux.
Actuellement, il reste donc 3 marchés publics à lancer pour finaliser le travail préliminaire. L’un concerne les études géotechniques (études des sols sur le faisceau choisi), l’autre le marché de construction des ouvrages d’arts car certains ne peuvent être « standards » étant donné les spécificités de Mayotte, et le dernier est celui de la recherche d’un bureau d’étude pour consulter les entreprises susceptibles de réaliser les travaux. « En parallèle, nous allons déposer les 11 déclarations d’utilité publiques », ajoute l’ingénieur. Pour rappel, une déclaration d’utilité publique a été réalisée pour chaque tronçon de manière à pouvoir commencer les travaux « par n’importe quel bout » sans perdre de temps en cas de lenteurs administratives.
Jean-Michel Lehay s’est donc officiellement remis au travail sur le BUM ce lundi 20 avril 2026. Il estime qu’il reste encore 18 mois de « travail de l’ombre » avant de pouvoir commencer les travaux.
Un nouveau rapport publié le 15 avril 2026 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) documente les « mouvements mixtes vers Mayotte le long de la route de l’océan Indien occidental ».
L’étude, réalisée par le Centre pour les migrations mixtes et fondée sur une cinquantaine d’entretiens menés entre août et novembre 2025, analyse les parcours de personnes réfugiées ou migrantes arrivées sur l’île.
Si le rapport confirme qu’en 2024, 2 463 primo-demandeurs d’asile ont été enregistrés à Mayotte dont 52% étaient originaires de la République démocratique du Congo, 25% des Comores et 15% de Somalie, il souligne également que pour beaucoup, Mayotte n’est pas un point final mais une étape vers d’autres destinations. « Mayotte est souvent perçue comme une porte d’entrée vers la France métropolitaine » nous dit-il. En effet, sur les cinquante personnes interrogées, trente déclarent viser la France.
Le rapport nous informe également des itinéraires empruntés : « La route de l’océan Indien occidental comprend des routes secondaires, en passant par l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs, les Comores et Madagascar. » Ainsi, la Tanzanie s’impose comme un carrefour central : trente-huit personnes originaires de la RDC, de la République centrafricaine et du Burundi y ont transité avant de poursuivre leur route. Certaines passent ensuite par les Comores, d’autres rejoignent directement Mayotte. Tandis que les ressortissants somaliens interrogés sont arrivés directement par la mer.
Les migrants expliquent avoir choisi d’emprunter cette voie parce que « c’était la seule option » ou parce qu’elle apparaissait comme « la plus rapide ». Des résultats qui reflètent, selon le rapport, une réduction des voies d’accès légales et une influence accrue des passeurs dans les pays d’origine et/ou de transit pour emprunter la route de l’océan Indien occidental.
Trente sept migrants, soit plus de deux tiers des personnes interrogées déclarent d’ailleurs avoir eu recours à leurs services, notamment pour franchir les frontières ou organiser des traversées maritimes. Si certains migrants estiment que ces intermédiaires les ont aidés à atteindre leur objectif, onze indiquent avoir été intentionnellement induits en erreur au sujet du voyage.
Le document met également en exergue les violences auxquelles sont exposées ces personnes durant leur voyage. Ces derniers identifient la RDC et la traversée du canal du Mozambique comme les étapes les plus risquées. Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir subi des violences physiques, et près d’une femme sur deux déclarent avoir subi des violences sexuelles.
Les abus sont attribués à différents acteurs : groupes armés, bandes criminelles, mais aussi parfois aux passeurs eux-mêmes. Dans ce contexte, certains migrants choisissent de voyager en groupe pour se protéger, tandis que d’autres préfèrent rester discrets et voyager seuls.
Une fois à Mayotte, les difficultés persistent. Quarante-sept personnes interrogées disent avoir besoin d’aide immédiatement. L’assistance juridique arrive en tête, essentielle pour entamer ou suivre une demande d’asile. Les besoins en nourriture, en hébergement ou en soutien financier restent également très présents.
Ce nouveau rapport confirme que Mayotte occupe une place centrale dans les routes migratoires de l’océan Indien.
Le rapport nous informe également des itinéraires empruntés : « La route de l’océan Indien occidental comprend des routes secondaires, en passant par l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs, les Comores et Madagascar. » Ainsi, la Tanzanie s’impose comme un carrefour central : trente-huit personnes originaires de la RDC, de la République centrafricaine et du Burundi y ont transité avant de poursuivre leur route. Certaines passent ensuite par les Comores, d’autres rejoignent directement Mayotte. Tandis que les ressortissants somaliens interrogés sont arrivés directement par la mer.
Les migrants expliquent avoir choisi d’emprunter cette voie parce que « c’était la seule option » ou parce qu’elle apparaissait comme « la plus rapide ». Des résultats qui reflètent, selon le rapport, une réduction des voies d’accès légales et une influence accrue des passeurs dans les pays d’origine et/ou de transit pour emprunter la route de l’océan Indien occidental.
Trente sept migrants, soit plus de deux tiers des personnes interrogées déclarent d’ailleurs avoir eu recours à leurs services, notamment pour franchir les frontières ou organiser des traversées maritimes. Si certains migrants estiment que ces intermédiaires les ont aidés à atteindre leur objectif, onze indiquent avoir été intentionnellement induits en erreur au sujet du voyage.
Le document met également en exergue les violences auxquelles sont exposées ces personnes durant leur voyage. Ces derniers identifient la RDC et la traversée du canal du Mozambique comme les étapes les plus risquées. Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir subi des violences physiques, et près d’une femme sur deux déclarent avoir subi des violences sexuelles.
Les abus sont attribués à différents acteurs : groupes armés, bandes criminelles, mais aussi parfois aux passeurs eux-mêmes. Dans ce contexte, certains migrants choisissent de voyager en groupe pour se protéger, tandis que d’autres préfèrent rester discrets et voyager seuls.
Une fois à Mayotte, les difficultés persistent. Quarante-sept personnes interrogées disent avoir besoin d’aide immédiatement. L’assistance juridique arrive en tête, essentielle pour entamer ou suivre une demande d’asile. Les besoins en nourriture, en hébergement ou en soutien financier restent également très présents.
Ce nouveau rapport confirme que Mayotte occupe une place centrale dans les routes migratoires de l’océan Indien.
Les chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte ont publié ce mercredi 22 avril leur rapport d’activité 2025. Le document met en évidence des services publics sous pression et des recommandations encore peu suivies à Mayotte.
En 2025, la juridiction a renforcé ses contrôles sur le territoire : 1 audit flash, 10 avis budgétaires et 7 contrôles de gestion. Mais le suivi reste limité. Deux collectivités sur cinq ont répondu à leurs obligations, et seules 45 % des recommandations ont été totalement ou partiellement appliquées, contre 87 % à La Réunion. Les montants en jeu sont pourtant importants avec 1,5 milliard d’euros de recettes de fonctionnement pour les organismes publics de Mayotte.
Le document revient aussi sur le premier rapport thématique de la CRC consacré à l’école primaire à Mayotte. Entre 2019 et 2024, les effectifs ont augmenté de 22 %, avec un manque estimé à près de 1 200 salles de classe. Aujourd’hui, 57 % des élèves sont scolarisés en rotation. Par ailleurs, les conditions d’accueil restent limitées : seuls 8 % des élèves ont accès à un repas chaud, et l’offre périscolaire est peu développée. Malgré plus de 200 millions d’euros mobilisés depuis 2016, une partie des crédits n’a pas été consommée.
Le document opère également un focus sur les signalements à la justice. Depuis dix ans, les chambres de La Réunion et de Mayotte se classent au troisième rang national pour le nombre de dossiers transmis aux procureurs. Ces signalements concernent le plus souvent des atteintes à la probité, comme des détournements de fonds publics, du favoritisme ou des prises illégales d’intérêt. Contrairement à la tendance nationale, où plus de la moitié des dossiers sont classés sans suite, ceux issus de l’océan Indien débouchent majoritairement sur des enquêtes et des condamnations, le taux de relaxe ne représentant que 3 % des affaires poursuivies.
Pour 2026, les chambres régionales des comptes se fixent trois priorités : cibler ses contrôles sur les enjeux financiers majeurs des collectivités, poursuivre la lutte contre les irrégularités et les atteintes à la probité, et répondre davantage aux attentes des habitants en s’intéressant à des sujets du quotidien.
« Ces travaux devront être conduits dans un contexte exigeant, marqué notamment par les conséquences des événements climatiques récents à Mayotte et par les élections municipales de 2026 », concluent-elles.
Le document revient aussi sur le premier rapport thématique de la CRC consacré à l’école primaire à Mayotte. Entre 2019 et 2024, les effectifs ont augmenté de 22 %, avec un manque estimé à près de 1 200 salles de classe. Aujourd’hui, 57 % des élèves sont scolarisés en rotation. Par ailleurs, les conditions d’accueil restent limitées : seuls 8 % des élèves ont accès à un repas chaud, et l’offre périscolaire est peu développée. Malgré plus de 200 millions d’euros mobilisés depuis 2016, une partie des crédits n’a pas été consommée.
Le document opère également un focus sur les signalements à la justice. Depuis dix ans, les chambres de La Réunion et de Mayotte se classent au troisième rang national pour le nombre de dossiers transmis aux procureurs. Ces signalements concernent le plus souvent des atteintes à la probité, comme des détournements de fonds publics, du favoritisme ou des prises illégales d’intérêt. Contrairement à la tendance nationale, où plus de la moitié des dossiers sont classés sans suite, ceux issus de l’océan Indien débouchent majoritairement sur des enquêtes et des condamnations, le taux de relaxe ne représentant que 3 % des affaires poursuivies.
Pour 2026, les chambres régionales des comptes se fixent trois priorités : cibler ses contrôles sur les enjeux financiers majeurs des collectivités, poursuivre la lutte contre les irrégularités et les atteintes à la probité, et répondre davantage aux attentes des habitants en s’intéressant à des sujets du quotidien.
« Ces travaux devront être conduits dans un contexte exigeant, marqué notamment par les conséquences des événements climatiques récents à Mayotte et par les élections municipales de 2026 », concluent-elles.
Lors de l’audience, le tribunal a dû rappeler que même s’il avait le droit de porter son arme de service, un policier ne peut pas l’exhiber ou l’avoir visible « au vu de tous » dans un conflit privé, tandis que lui expliquait à la barre qu’il n’avait « pas réfléchi » dans un différend familial qui durait depuis des mois.
Ce mercredi 22 avril, dans la salle B du tribunal de Mamoudzou, un fonctionnaire de police a été condamné pour des faits de violences volontaires survenus en juin dernier, dans le cadre d’un conflit familial autour d’un terrain.
À la barre, le prévenu, vêtu d’un polo noir, pantalon bleu et chaussures noires, a reconnu avoir porté un coup de barre de fer à une femme. « Oui, je reconnais avoir donné un coup de barre à madame », a-t-il déclaré, évoquant un conflit ancien et une perte de contrôle : « Le conflit durait depuis un moment, je n’ai pas réfléchi. »
Le policier a tenté d’expliquer son geste par une situation tendue liée à une parcelle disputée entre membres d’une même famille. « J’ai supplié, en tant que beau-frère, d’arrêter», a-t-il assuré. Selon lui, la confrontation aurait dégénéré : « Je suis arrivé énervé… ils se sont acharnés sur moi. J’ai reculé, j’ai été touché. Je n’avais pas le choix. »
Il a également insisté sur un sentiment d’insécurité : « En tant que policier, on est H24 en danger. » Le jour des faits, il reconnaît être en possession de son arme de service.
Une tenue et une arme au cœur des débats
À l’audience, la présidente du tribunal a relevé que le prévenu portait, au moment des faits, un pantalon et un tee-shirt assimilables à une tenue de policier. Un point jugé problématique dans un contexte privé, pouvant entretenir une confusion auprès des témoins.
La question du port de l’arme a également été largement discutée. S’il avait le droit de la détenir, le tribunal a souligné que son port et son éventuelle exposition dans un conflit familial n’étaient pas appropriés, en particulier « au vu de tous ».
Autre élément évoqué : le policier était en arrêt maladie le jour des faits, pour burn-out, ce qui a interrogé sur sa présence sur les lieux et sur son état au moment de l’altercation.
Une version contestée par l’accusation
La diffusion d’une vidéo, examinée par le tribunal, montre une victime non armée au moment des faits. Pour le procureur, les images sont claires : « Je vois un homme déterminé, avec une barre, face à une dame qui n’est pas armée. Pour le commun des citoyens, c’est dangereux, ça peut tuer. » Le ministère public a insisté sur le manque de proportionnalité : « L’arme de service n’était pas proportionnée », rappelant également les obligations liées à la fonction : « Il a prêté serment. » Le procureur avait requis une interdiction de port d’arme de cinq ans.
Une défense axée sur le parcours et le contexte
Déjà placé sous contrôle judiciaire depuis novembre 2025, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes, le prévenu a présenté ses excuses à la cour et à la famille.
La défense a mis en avant ses 23 années de service sans incident : « Il n’a jamais eu de comportement immodéré de violence », plaidant un contexte de tensions et une perte de contrôle ponctuelle. Son avocat a également alerté sur les conséquences professionnelles d’une condamnation trop lourde. Le prévenu a conclu : « Je demande juste ma liberté de travailler. »
Une condamnation prononcée
Le tribunal a reconnu le policier coupable de violences volontaires. Il a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont une partie avec sursis, ainsi qu’à un stage de citoyenneté.
Une interdiction de port d’arme de deux ans a été prononcée, inférieure aux réquisitions du parquet.
Des dommages et intérêts ont été accordés aux victimes. Le tribunal a retenu un « faisceau d’indices important », estimant que « les faits sont caractérisés » et que le comportement du prévenu était « imprudent ». Le policier ne s’est pas présenté lors du délibéré pour entendre le verdict.
Le policier a tenté d’expliquer son geste par une situation tendue liée à une parcelle disputée entre membres d’une même famille. « J’ai supplié, en tant que beau-frère, d’arrêter», a-t-il assuré. Selon lui, la confrontation aurait dégénéré : « Je suis arrivé énervé… ils se sont acharnés sur moi. J’ai reculé, j’ai été touché. Je n’avais pas le choix. »
Il a également insisté sur un sentiment d’insécurité : « En tant que policier, on est H24 en danger. » Le jour des faits, il reconnaît être en possession de son arme de service.
Une tenue et une arme au cœur des débats
À l’audience, la présidente du tribunal a relevé que le prévenu portait, au moment des faits, un pantalon et un tee-shirt assimilables à une tenue de policier. Un point jugé problématique dans un contexte privé, pouvant entretenir une confusion auprès des témoins.
La question du port de l’arme a également été largement discutée. S’il avait le droit de la détenir, le tribunal a souligné que son port et son éventuelle exposition dans un conflit familial n’étaient pas appropriés, en particulier « au vu de tous ».
Autre élément évoqué : le policier était en arrêt maladie le jour des faits, pour burn-out, ce qui a interrogé sur sa présence sur les lieux et sur son état au moment de l’altercation.
Une version contestée par l’accusation
La diffusion d’une vidéo, examinée par le tribunal, montre une victime non armée au moment des faits. Pour le procureur, les images sont claires : « Je vois un homme déterminé, avec une barre, face à une dame qui n’est pas armée. Pour le commun des citoyens, c’est dangereux, ça peut tuer. » Le ministère public a insisté sur le manque de proportionnalité : « L’arme de service n’était pas proportionnée », rappelant également les obligations liées à la fonction : « Il a prêté serment. » Le procureur avait requis une interdiction de port d’arme de cinq ans.
Une défense axée sur le parcours et le contexte
Déjà placé sous contrôle judiciaire depuis novembre 2025, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes, le prévenu a présenté ses excuses à la cour et à la famille.
La défense a mis en avant ses 23 années de service sans incident : « Il n’a jamais eu de comportement immodéré de violence », plaidant un contexte de tensions et une perte de contrôle ponctuelle. Son avocat a également alerté sur les conséquences professionnelles d’une condamnation trop lourde. Le prévenu a conclu : « Je demande juste ma liberté de travailler. »
Une condamnation prononcée
Le tribunal a reconnu le policier coupable de violences volontaires. Il a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont une partie avec sursis, ainsi qu’à un stage de citoyenneté.
Une interdiction de port d’arme de deux ans a été prononcée, inférieure aux réquisitions du parquet.
Des dommages et intérêts ont été accordés aux victimes. Le tribunal a retenu un « faisceau d’indices important », estimant que « les faits sont caractérisés » et que le comportement du prévenu était « imprudent ». Le policier ne s’est pas présenté lors du délibéré pour entendre le verdict.
Après un peu plus de deux années passées à Mayotte, François-Xavier Bieuville tourne une page importante de sa carrière administrative. Il a été officiellement nommé préfet de la Loire, où il succède à Muriel Nguyen, appelée à rejoindre le cabinet du président de la République à l’Élysée.
Ce changement de territoire marque un basculement entre deux réalités administratives très différentes : d’un côté, Mayotte, département confronté à des tensions sociales, migratoires et sécuritaires particulièrement fortes ; de l’autre, la Loire, territoire métropolitain aux enjeux plus classiques mais tout aussi stratégiques.
Arrivé en février 2024, François-Xavier Bieuville s’est rapidement retrouvé plongé dans une succession de crises qui ont rythmé son mandat. Son passage à Mayotte aura été marqué par une gestion continue de situations d’urgence, où la question sécuritaire et migratoire occupait une place centrale.
Dès ses premières semaines en fonction, il apparaît publiquement lors du démantèlement d’un camp de migrants au stade de Cavani, symbole d’une pression migratoire difficile à contenir sur l’île.
Barrages, tensions et contestations : une île sous haute tension sociale
Parmi les épisodes les plus marquants de son passage, la gestion des barrages routiers reste un moment clé. Installés en réaction à l’insécurité et à la pression migratoire, ces blocages ont paralysé une partie du territoire et nécessité de longues négociations avec les acteurs locaux.
L’État a dû composer avec une contestation sociale forte, obligeant la préfecture à jouer un rôle d’équilibriste entre maintien de l’ordre et dialogue avec la population.
Face à cette situation tendue, plusieurs opérations ont été mises en œuvre, dont le dispositif “Mayotte Place Nette”. Cette initiative visait à renforcer la présence de l’État sur le terrain, notamment dans les zones sensibles, et à tenter de rétablir un cadre de sécurité plus stable.
Ces actions ont été perçues comme une tentative de reprise en main d’un territoire où les défis sécuritaires et migratoires s’entremêlent fortement.
Le choc du cyclone Chido : gérer l’urgence et la reconstruction
Le mandat de François-Xavier Bieuville a également été marqué par un événement climatique majeur : le cyclone Chido. Ses conséquences ont été lourdes pour l’île, nécessitant une mobilisation immédiate des services de l’État.
La préfecture a dû organiser l’aide d’urgence, coordonner les distributions de denrées essentielles et accompagner financièrement les collectivités locales durement touchées. Une séquence qui a transformé le rôle du préfet en véritable gestionnaire de crise humanitaire.
Alors que son départ se profile, une dernière opération, baptisée “Kingia”, a été lancée il y a quelques semaines. Elle s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis son arrivée, illustrant une fin de mission toujours placée sous le signe de la gestion sécuritaire et administrative de terrain.
En prenant ses fonctions dans la Loire, François-Xavier Bieuville quitte un environnement ultramarin marqué par l’urgence permanente pour rejoindre un territoire métropolitain aux problématiques différentes : développement local, sécurité du quotidien, coordination des politiques publiques et relations avec les collectivités.
Cette nomination s’inscrit dans le mouvement régulier des hauts fonctionnaires de l’État, appelés à changer de territoire pour mettre leur expérience au service de contextes variés.
Le passage de François-Xavier Bieuville à Mayotte aura sans doute constitué une séquence particulièrement intense de son parcours. Entre tensions sociales, enjeux migratoires, catastrophes naturelles et opérations de sécurité, son mandat illustre la complexité du rôle de préfet dans les territoires les plus exposés.
Son arrivée dans la Loire ouvre désormais un nouveau chapitre, où les défis seront différents, mais où l’exigence de l’État restera tout aussi forte.
Dès ses premières semaines en fonction, il apparaît publiquement lors du démantèlement d’un camp de migrants au stade de Cavani, symbole d’une pression migratoire difficile à contenir sur l’île.
Barrages, tensions et contestations : une île sous haute tension sociale
Parmi les épisodes les plus marquants de son passage, la gestion des barrages routiers reste un moment clé. Installés en réaction à l’insécurité et à la pression migratoire, ces blocages ont paralysé une partie du territoire et nécessité de longues négociations avec les acteurs locaux.
L’État a dû composer avec une contestation sociale forte, obligeant la préfecture à jouer un rôle d’équilibriste entre maintien de l’ordre et dialogue avec la population.
Face à cette situation tendue, plusieurs opérations ont été mises en œuvre, dont le dispositif “Mayotte Place Nette”. Cette initiative visait à renforcer la présence de l’État sur le terrain, notamment dans les zones sensibles, et à tenter de rétablir un cadre de sécurité plus stable.
Ces actions ont été perçues comme une tentative de reprise en main d’un territoire où les défis sécuritaires et migratoires s’entremêlent fortement.
Le choc du cyclone Chido : gérer l’urgence et la reconstruction
Le mandat de François-Xavier Bieuville a également été marqué par un événement climatique majeur : le cyclone Chido. Ses conséquences ont été lourdes pour l’île, nécessitant une mobilisation immédiate des services de l’État.
La préfecture a dû organiser l’aide d’urgence, coordonner les distributions de denrées essentielles et accompagner financièrement les collectivités locales durement touchées. Une séquence qui a transformé le rôle du préfet en véritable gestionnaire de crise humanitaire.
Alors que son départ se profile, une dernière opération, baptisée “Kingia”, a été lancée il y a quelques semaines. Elle s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis son arrivée, illustrant une fin de mission toujours placée sous le signe de la gestion sécuritaire et administrative de terrain.
En prenant ses fonctions dans la Loire, François-Xavier Bieuville quitte un environnement ultramarin marqué par l’urgence permanente pour rejoindre un territoire métropolitain aux problématiques différentes : développement local, sécurité du quotidien, coordination des politiques publiques et relations avec les collectivités.
Cette nomination s’inscrit dans le mouvement régulier des hauts fonctionnaires de l’État, appelés à changer de territoire pour mettre leur expérience au service de contextes variés.
Le passage de François-Xavier Bieuville à Mayotte aura sans doute constitué une séquence particulièrement intense de son parcours. Entre tensions sociales, enjeux migratoires, catastrophes naturelles et opérations de sécurité, son mandat illustre la complexité du rôle de préfet dans les territoires les plus exposés.
Son arrivée dans la Loire ouvre désormais un nouveau chapitre, où les défis seront différents, mais où l’exigence de l’État restera tout aussi forte.
La Ligue de basket de Mayotte a tranché. Après les incidents graves survenus lors de la finale masculine aller, la rencontre décisive entre le Vautour Club de Labattoir et l’Étoile Bleue de Kawéni sera rejouée à huis clos. Une décision exceptionnelle, prise dans l’urgence, afin de préserver la sécurité des joueurs, des officiels et du public.
Samedi dernier, le spectacle sportif a viré au chaos. Alors que le Vautour Club de Labattoir semblait avoir pris une sérieuse option sur le titre en menant largement (83-66) à huit minutes du terme, la rencontre a brutalement basculé.
Des tensions déjà palpables tout au long du match ont fini par exploser, provoquant un affrontement général sur le terrain. L’ambiance électrique a rapidement dépassé le cadre sportif, obligeant les organisateurs à interrompre la rencontre dans un climat de confusion et d’inquiétude.
Cet épisode a immédiatement alerté les autorités sportives et administratives, qui ont demandé une réponse rapide et ferme.
Une décision radicale : jouer à huis clos
Face au risque de nouveaux débordements, la Ligue de basket de Mayotte a décidé de rejouer la finale retour dans des conditions strictement encadrées. Le match se déroulera samedi 25 avril à 14h30 au gymnase de Pamandzi, mais sans public.
Seuls quelques officiels et accompagnateurs dûment sélectionnés seront autorisés à assister à la rencontre. Une mesure rare pour une finale régionale, mais jugée nécessaire après les incidents du week-end précédent.
La préfecture de Mayotte a également insisté sur cette option du huis clos, invoquant des impératifs de sécurité et de prévention des violences.
Une finale toujours indécise
Sportivement, rien n’est encore joué. Cette nouvelle confrontation pourrait sceller le sort du championnat.
En cas de victoire de l’Étoile Bleue de Kawéni, le club serait sacré champion de Mayotte.
En cas de succès du Vautour Club de Labattoir, un troisième match décisif devrait être organisé pour départager les deux équipes.
Autant dire que la pression est maximale, même en l’absence de public. Les deux formations devront composer avec un contexte inédit, où le silence du gymnase remplacera l’ambiance habituellement électrique des grandes finales.
Le basket féminin également concerné
Dans le même temps, la Ligue a confirmé que la finale retour féminine se tiendra également ce week-end. Elle est programmée dimanche 26 avril à 15h30 au gymnase du Baobab.
Contrairement à la rencontre masculine, aucune mesure de huis clos n’a été annoncée pour ce match, même si une vigilance particulière devrait être maintenue.
Cet épisode met en lumière les défis auxquels fait face le basket mahorais, entre passion intense, rivalités sportives et nécessité de préserver un cadre sécurisé.
Si le sport est censé rassembler, les événements récents rappellent combien l’équilibre peut être fragile lorsque la compétition dépasse les limites du terrain.
Samedi, à Pamandzi, il n’y aura ni chants de supporters ni tribunes en ébullition. Mais l’enjeu, lui, reste intact : décrocher un titre dans une finale devenue, malgré elle, l’un des épisodes les plus tendus de la saison.
Cet épisode a immédiatement alerté les autorités sportives et administratives, qui ont demandé une réponse rapide et ferme.
Une décision radicale : jouer à huis clos
Face au risque de nouveaux débordements, la Ligue de basket de Mayotte a décidé de rejouer la finale retour dans des conditions strictement encadrées. Le match se déroulera samedi 25 avril à 14h30 au gymnase de Pamandzi, mais sans public.
Seuls quelques officiels et accompagnateurs dûment sélectionnés seront autorisés à assister à la rencontre. Une mesure rare pour une finale régionale, mais jugée nécessaire après les incidents du week-end précédent.
La préfecture de Mayotte a également insisté sur cette option du huis clos, invoquant des impératifs de sécurité et de prévention des violences.
Une finale toujours indécise
Sportivement, rien n’est encore joué. Cette nouvelle confrontation pourrait sceller le sort du championnat.
En cas de victoire de l’Étoile Bleue de Kawéni, le club serait sacré champion de Mayotte.
En cas de succès du Vautour Club de Labattoir, un troisième match décisif devrait être organisé pour départager les deux équipes.
Autant dire que la pression est maximale, même en l’absence de public. Les deux formations devront composer avec un contexte inédit, où le silence du gymnase remplacera l’ambiance habituellement électrique des grandes finales.
Le basket féminin également concerné
Dans le même temps, la Ligue a confirmé que la finale retour féminine se tiendra également ce week-end. Elle est programmée dimanche 26 avril à 15h30 au gymnase du Baobab.
Contrairement à la rencontre masculine, aucune mesure de huis clos n’a été annoncée pour ce match, même si une vigilance particulière devrait être maintenue.
Cet épisode met en lumière les défis auxquels fait face le basket mahorais, entre passion intense, rivalités sportives et nécessité de préserver un cadre sécurisé.
Si le sport est censé rassembler, les événements récents rappellent combien l’équilibre peut être fragile lorsque la compétition dépasse les limites du terrain.
Samedi, à Pamandzi, il n’y aura ni chants de supporters ni tribunes en ébullition. Mais l’enjeu, lui, reste intact : décrocher un titre dans une finale devenue, malgré elle, l’un des épisodes les plus tendus de la saison.
Deux jeunes passeurs ont été placés en détention provisoire en attendant leur procès après un drame survenu vendredi 17 avril 2026 lors d’une traversée clandestine en kwassa-kwassa depuis Anjouan. Six migrants se trouvaient à bord, dont une femme enceinte. L’un d’eux est mort pendant le trajet.
À la barre, le juge a évoqué des « faits dramatiques de kwassa ». Le parquet a insisté sur le risque de fuite des deux hommes, s’opposant à leur remise en liberté. La défense a, au contraire, plaidé pour leur libération : « On nous explique à longueur de journée que des gens viennent, on nous explique que le problème à Mayotte, c’est les étrangers ; dans ce cas-là, laissez-les rentrer chez eux. »
Les deux prévenus resteront en détention dans l’attente de leur prochaine audience, fixée au 22 mai.
Près d’une décennie après les faits, la justice a rendu son verdict. Ce mardi 21 avril, le tribunal correctionnel de Mamoudzou a condamné plusieurs membres d’un réseau structuré de trafic de faux papiers opérant entre Mayotte et l’Hexagone. Derrière cette affaire, un système bien rodé, reposant sur des intermédiaires locaux et une organisation quasi commerciale, a été mis en lumière.
Tout remonte à juin 2016, lorsqu’un contrôle de routine à l’aéroport de Pamandzi révèle l’utilisation de faux passeports par plusieurs passagers. L’enquête bascule rapidement lorsqu’un suspect, originaire des Comores et résidant à Pamandzi, reconnaît son rôle de rabatteur. Il servait d’intermédiaire pour orienter des clients vers un réseau capable de fournir de faux passeports et de fausses cartes de séjour.
Les investigations permettent alors d’identifier deux figures locales du dispositif : Youssouf Dhoulhedji, installé à Sada, et Kamal Ali, basé à Labattoir. Leur rôle consistait à distribuer les documents frauduleux au sein de la communauté comorienne à Mayotte. Mais au sommet de la pyramide se trouvait un homme : Dhoimir Abdourahim, surnommé « Kalfane ». Depuis la métropole, il coordonnait l’ensemble des opérations, faisant le lien avec des faussaires installés en France.
Le fonctionnement du réseau reposait sur une stratégie proche du « marketing relationnel ». Les clients étaient encouragés à recruter de nouveaux acheteurs en échange de documents gratuits ou à prix réduit, habituellement vendus plusieurs centaines d’euros. Une méthode qui a permis au réseau de s’étendre rapidement.
À Paris, « Kalfane », vendeur de chaussures dans le 18e arrondissement et déjà condamné pour des faits similaires, s’appuyait sur deux complices. Ibrahim Mhadjou, surnommé « Poupidou », assurait le transport des faux documents jusqu’à Mayotte, tandis que Hassane Mahamoude, son colocataire à Corbeil-Essonnes, gérait les flux financiers via son compte bancaire.
Ce système bien huilé a finalement été démantelé, mettant fin à un trafic qui exploitait les vulnérabilités administratives et la précarité de certains candidats à l’exil. Le jugement rendu aujourd’hui vient clore un long processus judiciaire, tout en rappelant l’ampleur et la sophistication de ce type de réseaux clandestins.
La cour d’appel de Mamoudzou a tranché dans l’affaire opposant Mahamoud Azihary à la société Matis, en annulant purement et simplement la condamnation prononcée en première instance. Cette décision, rendue le 9 avril, marque un tournant décisif dans ce dossier de diffamation et met un terme définitif aux poursuites engagées contre le prévenu.
Initialement condamné en août 2025, Mahamoud Azihary avait écopé d’une amende avec sursis ainsi que de dommages et intérêts pour des propos tenus en avril 2024 lors d’une émission diffusée sur Kwezi TV. Lors de cette intervention, il avait évoqué de supposées irrégularités dans l’attribution d’un marché public à la société Matis, ce qui avait conduit cette dernière à engager une procédure judiciaire à son encontre.
Contestant cette décision, le prévenu avait fait appel. L’examen du dossier par la juridiction de second degré a toutefois mis en lumière un élément déterminant : une irrégularité affectant la citation initiale délivrée par la partie civile en juillet 2024. La cour a considéré que cet acte était entaché de nullité, ce qui a eu des conséquences majeures sur la suite de la procédure.
En effet, cette nullité a été jugée équivalente à une absence totale de citation, empêchant toute interruption du délai de prescription. Or, les faits reprochés remontant à avril 2024, la régularisation intervenue en septembre de la même année est intervenue trop tardivement. Le délai légal étant alors dépassé, les poursuites ne pouvaient plus être valablement engagées.
Sur cette base, la cour d’appel a annulé l’ensemble du jugement rendu en première instance. Elle a également constaté la prescription des faits, rendant impossible toute poursuite judiciaire dans cette affaire.
Cette décision met ainsi un point final au contentieux entre Mahamoud Azihary et la société Matis, en consacrant l’irrégularité de la procédure comme élément central de l’annulation.
En déplacement à Mayotte les 20 et 21 avril, Benoît Hamon, président de ESS France, a rencontré de nombreux acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire (ESS). Entre potentiel économique, urgence sociale et ambitions universitaires, il livre sa vision pour le territoire.
FI : Quel était l’objet de votre visite à Mayotte ?
Benoît Hamon : Il y a un très gros écosystème d’économie sociale et solidaire à Mayotte depuis très longtemps, avec 4 000 emplois liés à l’ESS. C’est à peu près un emploi privé sur six – je ne compte pas les emplois dans les collectivités ou pour l’État.
Et il apparaît que s’il y a 4 000 emplois aujourd’hui, il y aurait au moins la place pour doubler cela, sinon davantage, si on développe et structure certaines filières. On peut prendre le cas des déchets : la collecte, le tri, la transformation. Aujourd’hui, c’est une ressource qui encombre, mais demain cela peut être réutilisé dans la construction, le textile, l’isolation.
On peut aussi parler de l’énergie, de l’eau, ou encore de l’agriculture. Côté lait, 30 % de la production est assurée par un modèle coopératif, donc de l’ESS. Côté maraîchage, ce n’est que 1 %. On voit bien les immenses possibilités de développement.
Derrière cela, il y a aussi le basculement d’une économie informelle vers une économie formelle, avec du paiement de TVA, des cotisations sociales, des droits à la retraite. Donc l’intérêt pour moi, c’était de venir observer les atouts de l’île et de son économie.
FI : Quel message êtes-vous venu porter aux autorités locales ?
Benoît Hamon : Je suis venu rappeler que l’économie sociale et solidaire est une économie de souveraineté. Ce sont des emplois non délocalisables, des productions locales. Ce sont des entreprises qui restent territorialisées, qui ne changent pas de propriétaire au gré des rachats internationaux.
Ce ne sont pas des entreprises rachetées par des Chinois ou des Américains : elles restent ancrées localement. Et pour un territoire comme Mayotte, qui a besoin d’être moins dépendant de ressources extérieures coûteuses, c’est fondamental.
C’est le langage que je suis venu tenir au préfet, au président du département, à la région et aux acteurs de l’ESS. Pas pour dire ce qu’il faut faire, ce n’est pas mon rôle, mais pour dire que les atouts existent et que nous sommes disponibles pour accompagner si une dynamique se met en place.
FI : Après vos visites sur le terrain, que retenez-vous ?
Benoît Hamon : Je retiens à la fois ce qui choque le plus et ce qui bluffe le plus.
Ce qui choque, ce sont les 15 000 enfants non scolarisés. Ce n’est pas la responsabilité des Mahorais, c’est celle de l’État. C’est un devoir pour l’État de scolariser les enfants. Et ne pas le faire, c’est préparer les problèmes de demain, bien plus graves que ceux d’aujourd’hui.
Mais en même temps, ce qui m’a bluffé, c’est la réponse de la société mahoraise. C’est une société profondément solidaire. J’ai vu des associations comme Action Coup de pouce, Kaja Kaona, le travail du groupe SOS.
Quand on accompagne ces jeunes non scolarisés, on voit des innovations incroyables : recyclage de bouchons en plastique pour fabriquer des matériaux de construction, coopératives agricoles qui se développent… C’est bluffant.
On a vraiment l’impression d’être dans la métaphore de l’iceberg : on ne voit que la partie émergée du potentiel de ce territoire.
F.I. : Quels projets envisagez-vous pour la suite ?
Benoît Hamon : Il y a des projets concrets. J’ai parlé avec le président de l’université pour mettre en place une convention avec la chambre régionale de l’ESS et ESS France. L’idée, c’est de former les dirigeants et managers de l’ESS, avec des Masters I et II, des thèses, et peut-être même un laboratoire de recherche.
Mayotte a la capacité de devenir une université de référence en matière d’ESS. Il y en a très peu en France et dans le monde. Si ce choix est fait, le territoire peut devenir une pointe à l’échelle nationale, européenne et même mondiale.
J’ai aussi proposé que Mayotte devienne un département pilote dans la stratégie nationale de développement de l’ESS qui sera adoptée prochainement. Nous sommes prêts à nous engager.
Donc oui, je suis venu me nourrir de ce que j’ai vu ici, mais aussi annoncer des choses concrètes qui peuvent se faire dans les mois qui viennent.
Durant son déplacement, Benoît Hamon et sa délégation ont rencontré plusieurs acteurs locaux, notamment l’association Kaja Kaona, qui accompagne les jeunes vers l’insertion professionnelle, l’association Action Coup de pouce, engagée auprès des enfants en difficulté, ou encore Mariziki, une initiative de restauration solidaire portée par des femmes.
La délégation s’est également rendue chez Habit’âme, une entreprise qui transforme les déchets plastiques en mobilier et matériaux d’aménagement, ainsi qu’au sein de la coopérative agricole Ucoopam à Combani.
Cette première visite à Mayotte s’inscrit dans une tournée des territoires de l’océan Indien, avec un objectif clair : accompagner le développement d’une économie plus locale, solidaire et durable.
On peut aussi parler de l’énergie, de l’eau, ou encore de l’agriculture. Côté lait, 30 % de la production est assurée par un modèle coopératif, donc de l’ESS. Côté maraîchage, ce n’est que 1 %. On voit bien les immenses possibilités de développement.
Derrière cela, il y a aussi le basculement d’une économie informelle vers une économie formelle, avec du paiement de TVA, des cotisations sociales, des droits à la retraite. Donc l’intérêt pour moi, c’était de venir observer les atouts de l’île et de son économie.
FI : Quel message êtes-vous venu porter aux autorités locales ?
Benoît Hamon : Je suis venu rappeler que l’économie sociale et solidaire est une économie de souveraineté. Ce sont des emplois non délocalisables, des productions locales. Ce sont des entreprises qui restent territorialisées, qui ne changent pas de propriétaire au gré des rachats internationaux.
Ce ne sont pas des entreprises rachetées par des Chinois ou des Américains : elles restent ancrées localement. Et pour un territoire comme Mayotte, qui a besoin d’être moins dépendant de ressources extérieures coûteuses, c’est fondamental.
C’est le langage que je suis venu tenir au préfet, au président du département, à la région et aux acteurs de l’ESS. Pas pour dire ce qu’il faut faire, ce n’est pas mon rôle, mais pour dire que les atouts existent et que nous sommes disponibles pour accompagner si une dynamique se met en place.
FI : Après vos visites sur le terrain, que retenez-vous ?
Benoît Hamon : Je retiens à la fois ce qui choque le plus et ce qui bluffe le plus.
Ce qui choque, ce sont les 15 000 enfants non scolarisés. Ce n’est pas la responsabilité des Mahorais, c’est celle de l’État. C’est un devoir pour l’État de scolariser les enfants. Et ne pas le faire, c’est préparer les problèmes de demain, bien plus graves que ceux d’aujourd’hui.
Mais en même temps, ce qui m’a bluffé, c’est la réponse de la société mahoraise. C’est une société profondément solidaire. J’ai vu des associations comme Action Coup de pouce, Kaja Kaona, le travail du groupe SOS.
Quand on accompagne ces jeunes non scolarisés, on voit des innovations incroyables : recyclage de bouchons en plastique pour fabriquer des matériaux de construction, coopératives agricoles qui se développent… C’est bluffant.
On a vraiment l’impression d’être dans la métaphore de l’iceberg : on ne voit que la partie émergée du potentiel de ce territoire.
F.I. : Quels projets envisagez-vous pour la suite ?
Benoît Hamon : Il y a des projets concrets. J’ai parlé avec le président de l’université pour mettre en place une convention avec la chambre régionale de l’ESS et ESS France. L’idée, c’est de former les dirigeants et managers de l’ESS, avec des Masters I et II, des thèses, et peut-être même un laboratoire de recherche.
Mayotte a la capacité de devenir une université de référence en matière d’ESS. Il y en a très peu en France et dans le monde. Si ce choix est fait, le territoire peut devenir une pointe à l’échelle nationale, européenne et même mondiale.
J’ai aussi proposé que Mayotte devienne un département pilote dans la stratégie nationale de développement de l’ESS qui sera adoptée prochainement. Nous sommes prêts à nous engager.
Donc oui, je suis venu me nourrir de ce que j’ai vu ici, mais aussi annoncer des choses concrètes qui peuvent se faire dans les mois qui viennent.
Durant son déplacement, Benoît Hamon et sa délégation ont rencontré plusieurs acteurs locaux, notamment l’association Kaja Kaona, qui accompagne les jeunes vers l’insertion professionnelle, l’association Action Coup de pouce, engagée auprès des enfants en difficulté, ou encore Mariziki, une initiative de restauration solidaire portée par des femmes.
La délégation s’est également rendue chez Habit’âme, une entreprise qui transforme les déchets plastiques en mobilier et matériaux d’aménagement, ainsi qu’au sein de la coopérative agricole Ucoopam à Combani.
Cette première visite à Mayotte s’inscrit dans une tournée des territoires de l’océan Indien, avec un objectif clair : accompagner le développement d’une économie plus locale, solidaire et durable.
Ce lundi 20 avril 2026, au tribunal judiciaire de Mamoudzou, un homme originaire de Zanzibar, en Tanzanie, comparaissait pour avoir participé à l’acheminement de migrants vers l’espace français. À travers ce procès, c’est toute la mécanique des opérations maritimes dites “Requin” qui s’est retrouvée exposée.
Les faits remontent au mois de février 2025, au moment du lancement de “Requin I”. Selon le président Emmanuel Macron, en déplacement sur l’île quelques mois plus tard, cette opération avait permis de « tester des dispositifs nouveaux » et de « consolider des mécanismes de renseignement et de prévention ». Une stratégie qu’il justifiait par une transformation des flux migratoires : une immigration longtemps « très comorienne » qui « s’est doublée […] par une immigration qui vient du continent africain et en particulier de la région des Grands Lacs », une évolution qui, selon lui, « accroît […] notre difficulté ».
Ce jour là, une opération en haute mer menée par la Marine nationale détecte un dispositif désormais classique dans la région : un boutre, navire traditionnel à voile, et deux kwassa-kwassa. Un avion de surveillance confirme rapidement les observations. Lorsque les forces françaises interviennent, les passagers ont déjà été transférés sur les embarcations légères.
À bord du boutre, les constatations sont accablantes. Les militaires découvrent des réserves d’eau, des couches pour nourrissons, mais surtout des documents d’identité appartenant à des ressortissants du Congo, du Rwanda et du Burundi, sans lien avec l’équipage. Aucun équipement de sécurité digne de ce nom n’est présent. Le matériel disponible est périmé depuis plusieurs mois. Il n’y a ni moyens de communication ni dispositifs de sauvetage. Tout indique une traversée organisée dans des conditions précaires, sinon dangereuses.
Le lendemain, les deux kwassa sont interceptés. Soixante-quatorze passagers s’y entassent, dont au moins quarante auraient été transférés depuis le boutre. L’enquête met au jour un système structuré : chaque migrant aurait payé environ 1 400 euros pour la traversée. Des carnets retrouvés à bord consignent des noms et des montants. Plus troublant encore, certains témoignages évoquent des actes sexuels imposés à des passagères en guise de paiement.
L’homme jugé reconnaît avoir été à bord du boutre en tant que chef mécanicien. Il explique avoir quitté Zanzibar, puis fait escale à Dar es Salaam, avec une douzaine de passagers, selon lui, sans savoir que le navire en transporterait davantage. À l’audience, il insiste sur son rôle technique et subalterne, et une décision imposée par le commandant. Il admet avoir perçu une rémunération de 300 000 shillings tanzaniens, soit près de 100 euros, avec la promesse d’un paiement identique au retour.
Mais au cœur des débats, la défense s’attaque à la question territoriale. « Le bateau ne se trouvait pas en France », affirme Maître Andjilani. Selon lui, rien ne permet d’établir avec certitude que le boutre évoluait dans les eaux territoriales françaises au moment de son interception. Il suggère au contraire que l’embarcation se trouvait en eaux internationales, voire sur une route dirigée vers les Comores.
Après avoir rappelé que son client « ne connaît ni Mayotte ni les Comores » et qu’il n’a aucune maîtrise des règles du droit français, l’avocat l’interroge : « Est-ce que vous savez où vous avez été arrêté ? ». « Non, je ne sais pas si on était dans les eaux de Mayotte ou dans les eaux des Comores », répond le prévenu.
« On lui applique des règles qui ne sont pas les siennes dans un pays qui n’était pas la France », poursuit l’avocat. « On est allé le chercher chez lui pour l’emmener à Mayotte et lui appliquer des lois qui ne sont pas les siennes. »
Avant même cette démonstration, le procureur de la République, Guillaume Dupont, rejette ces arguments. Il affirme que la présence dans les eaux territoriales françaises est établie et que les faits relèvent d’un dispositif structuré assimilable à de la traite d’êtres humains. Pour lui, le montant exigé aux passagers, combiné aux conditions de transport, caractérise une exploitation organisée.
Dans ses réquisitions, il rappelle que cette affaire s’inscrit dans le cadre de “Requin I”, prolongé par “Requin II” en novembre dernier. Il requiert une peine de trois ans d’emprisonnement, dont dix mois avec sursis.
Le tribunal suit en partie ces réquisitions. L’homme est reconnu coupable et condamné à vingt mois de prison, dont six avec sursis, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Ayant déjà effectué l’essentiel de sa peine en détention provisoire, il devrait être libéré prochainement. Une décision qui laisse planer une ambiguïté : sanction effective ou validation a posteriori de la détention déjà subie, comme le suggérait la défense.
Au-delà de ce dossier, l’affaire met en lumière les limites concrètes des opérations “Requin”.
« C’est un peu un flop », confie une source.
Plusieurs interventions récentes illustrent ces difficultés. Ce week-end encore, un boutre tanzanien aurait échappé à un arraisonnement en raison de la présence de passagers à bord, les règles d’engagement ne permettant pas d’intervention dans ces conditions. Le navire aurait ensuite débarqué une partie de ses passagers aux Comores avant de repartir vers la Tanzanie. Dans le même temps, deux kwassa auraient été interceptés au large de Mayotte avec à leur bord des migrants africains, sans lien direct établi avec ce boutre. Un second navire, également en provenance de Dar es Salaam, aurait atteint les Comores sans être inquiété, faute de transbordement.
Ces épisodes illustrent une réalité complexe : les réseaux migratoires s’adaptent en permanence aux dispositifs de contrôle. La stratégie d’interception en mer se heurte aux contraintes du droit international, à la difficulté de prouver les transbordements et à la fragmentation des itinéraires.
Dans ce contexte, la justice se retrouve face à des situations ambiguës. Subalternes d’équipage, souvent issus de milieux précaires, oscillent entre participation active et rôle subalterne. La question de l’intention devient centrale, mais difficile à établir. Le mécanicien jugé ce lundi incarne cette zone grise.
L’affaire est loin d’être isolée. Le procureur rappelle qu’il s’agit du sixième prévenu jugé dans ce dossier lié à “Requin I”. D’autres audiences sont attendues, avec l’espoir d’éclairer davantage les rouages de ces filières maritimes.
À bord du boutre, les constatations sont accablantes. Les militaires découvrent des réserves d’eau, des couches pour nourrissons, mais surtout des documents d’identité appartenant à des ressortissants du Congo, du Rwanda et du Burundi, sans lien avec l’équipage. Aucun équipement de sécurité digne de ce nom n’est présent. Le matériel disponible est périmé depuis plusieurs mois. Il n’y a ni moyens de communication ni dispositifs de sauvetage. Tout indique une traversée organisée dans des conditions précaires, sinon dangereuses.
Le lendemain, les deux kwassa sont interceptés. Soixante-quatorze passagers s’y entassent, dont au moins quarante auraient été transférés depuis le boutre. L’enquête met au jour un système structuré : chaque migrant aurait payé environ 1 400 euros pour la traversée. Des carnets retrouvés à bord consignent des noms et des montants. Plus troublant encore, certains témoignages évoquent des actes sexuels imposés à des passagères en guise de paiement.
L’homme jugé reconnaît avoir été à bord du boutre en tant que chef mécanicien. Il explique avoir quitté Zanzibar, puis fait escale à Dar es Salaam, avec une douzaine de passagers, selon lui, sans savoir que le navire en transporterait davantage. À l’audience, il insiste sur son rôle technique et subalterne, et une décision imposée par le commandant. Il admet avoir perçu une rémunération de 300 000 shillings tanzaniens, soit près de 100 euros, avec la promesse d’un paiement identique au retour.
Mais au cœur des débats, la défense s’attaque à la question territoriale. « Le bateau ne se trouvait pas en France », affirme Maître Andjilani. Selon lui, rien ne permet d’établir avec certitude que le boutre évoluait dans les eaux territoriales françaises au moment de son interception. Il suggère au contraire que l’embarcation se trouvait en eaux internationales, voire sur une route dirigée vers les Comores.
Après avoir rappelé que son client « ne connaît ni Mayotte ni les Comores » et qu’il n’a aucune maîtrise des règles du droit français, l’avocat l’interroge : « Est-ce que vous savez où vous avez été arrêté ? ». « Non, je ne sais pas si on était dans les eaux de Mayotte ou dans les eaux des Comores », répond le prévenu.
« On lui applique des règles qui ne sont pas les siennes dans un pays qui n’était pas la France », poursuit l’avocat. « On est allé le chercher chez lui pour l’emmener à Mayotte et lui appliquer des lois qui ne sont pas les siennes. »
Avant même cette démonstration, le procureur de la République, Guillaume Dupont, rejette ces arguments. Il affirme que la présence dans les eaux territoriales françaises est établie et que les faits relèvent d’un dispositif structuré assimilable à de la traite d’êtres humains. Pour lui, le montant exigé aux passagers, combiné aux conditions de transport, caractérise une exploitation organisée.
Dans ses réquisitions, il rappelle que cette affaire s’inscrit dans le cadre de “Requin I”, prolongé par “Requin II” en novembre dernier. Il requiert une peine de trois ans d’emprisonnement, dont dix mois avec sursis.
Le tribunal suit en partie ces réquisitions. L’homme est reconnu coupable et condamné à vingt mois de prison, dont six avec sursis, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Ayant déjà effectué l’essentiel de sa peine en détention provisoire, il devrait être libéré prochainement. Une décision qui laisse planer une ambiguïté : sanction effective ou validation a posteriori de la détention déjà subie, comme le suggérait la défense.
Au-delà de ce dossier, l’affaire met en lumière les limites concrètes des opérations “Requin”.
« C’est un peu un flop », confie une source.
Plusieurs interventions récentes illustrent ces difficultés. Ce week-end encore, un boutre tanzanien aurait échappé à un arraisonnement en raison de la présence de passagers à bord, les règles d’engagement ne permettant pas d’intervention dans ces conditions. Le navire aurait ensuite débarqué une partie de ses passagers aux Comores avant de repartir vers la Tanzanie. Dans le même temps, deux kwassa auraient été interceptés au large de Mayotte avec à leur bord des migrants africains, sans lien direct établi avec ce boutre. Un second navire, également en provenance de Dar es Salaam, aurait atteint les Comores sans être inquiété, faute de transbordement.
Ces épisodes illustrent une réalité complexe : les réseaux migratoires s’adaptent en permanence aux dispositifs de contrôle. La stratégie d’interception en mer se heurte aux contraintes du droit international, à la difficulté de prouver les transbordements et à la fragmentation des itinéraires.
Dans ce contexte, la justice se retrouve face à des situations ambiguës. Subalternes d’équipage, souvent issus de milieux précaires, oscillent entre participation active et rôle subalterne. La question de l’intention devient centrale, mais difficile à établir. Le mécanicien jugé ce lundi incarne cette zone grise.
L’affaire est loin d’être isolée. Le procureur rappelle qu’il s’agit du sixième prévenu jugé dans ce dossier lié à “Requin I”. D’autres audiences sont attendues, avec l’espoir d’éclairer davantage les rouages de ces filières maritimes.
Mardi 21 avril, sur le site de Tahiti Plage, des élèves du BTSA Gestion et Protection de la Nature (GPN) du CFA–CFPPA de Coconi ont quitté la salle de classe pour une immersion grandeur nature. Encadrés par le Parc naturel marin de Mayotte, ces futurs professionnels de l’environnement ont participé à une opération de suivi du récif corallien dans le cadre du programme international Reef Check.
Cette sortie s’inscrit dans un projet de sciences participatives visant à observer l’état de santé du lagon mahorais. « Reef Check, c’est une opération mondiale avec des protocoles définis pour que le suivi des récifs coralliens soit réalisé de la même manière partout dans le monde », explique Dominique Ruchon, du CFA–CFPPA de Coconi. À Mayotte, une quinzaine de stations fixes permettent ce suivi régulier. Sur place, les étudiants évoluent par équipes de trois le long d’un transect installé sous l’eau, un ruban de 100 mètres posé sur le fond marin, qu’ils suivent pour relever différents indicateurs.
Au fil de leur progression, ils observent la nature du substrat, la présence de poissons et d’invertébrés, notant leurs données directement sur des plaquettes étanches. Une démarche scientifique rigoureuse, déjà présentée en amont lors d’une séance en classe animée par le Parc naturel marin. La journée du 21 avril constitue ainsi la mise en pratique concrète d’un protocole qu’ils seront amenés à rencontrer dans leur future vie professionnelle.
Pour ces jeunes en apprentissage, cette expérience donne un sens particulier aux enseignements. « Nous apportons la théorie, mais là ils participent à une opération réelle, ce qui a un écho pédagogique très fort », souligne Dominique Ruchon, également enseignante en mathématiques. Les données collectées seront d’ailleurs exploitées en cours pour apprendre à analyser des résultats, notamment en probabilités, et à extrapoler à plus grande échelle.
Sur le terrain, tous les étudiants ne sont pas égaux face au milieu marin. Certains découvrent même pour la première fois le palme-masque-tuba. C’est le cas d’Asmahane, en première année, qui confie ne pas savoir nager mais avoir finalement osé se mettre à l’eau. « Je pensais ne pas y aller, mais avec les encouragements des collègues et des encadrants, j’ai essayé », raconte-t-elle. Une avancée importante pour ces jeunes, parfois peu familiers avec les fonds marins de leur propre territoire.
Dieuveut, lui, est déjà plus à l’aise. Alternant chez les Naturalistes de Mayotte, où il participe au suivi des tortues marines sur la plage de Saziley, il voit dans cette journée une opportunité d’apprentissage supplémentaire. « Je suis hyper excité de découvrir ce qu’ils vont nous montrer. Ça permet de mettre en pratique des cours comme l’expertise naturaliste », explique-t-il.
Pour le Parc naturel marin de Mayotte, l’enjeu dépasse la simple formation. « Reef Check repose sur de la science participative. Des citoyens contribuent à une base de données mondiale sur l’état de santé des récifs », précise Louise, encadrante. Si les étudiants ne sont pas encore formés pour réaliser seuls ces suivis, cette initiation leur permet de se familiariser avec les méthodes et, éventuellement, de s’engager davantage par la suite.
Après cette journée de terrain, un travail d’analyse des données est prévu en classe. Il permettra d’évaluer l’état du récif observé, en fonction de la densité des espèces et de la composition du fond marin. Autant d’indicateurs essentiels pour suivre l’évolution d’un écosystème fragile.
À travers cette expérience, les élèves du CFA–CFPPA de Coconi plongent concrètement dans les enjeux environnementaux de Mayotte. Une manière de former, au plus près du terrain, ceux qui auront demain la responsabilité de préserver la richesse du lagon.
Au fil de leur progression, ils observent la nature du substrat, la présence de poissons et d’invertébrés, notant leurs données directement sur des plaquettes étanches. Une démarche scientifique rigoureuse, déjà présentée en amont lors d’une séance en classe animée par le Parc naturel marin. La journée du 21 avril constitue ainsi la mise en pratique concrète d’un protocole qu’ils seront amenés à rencontrer dans leur future vie professionnelle.
Pour ces jeunes en apprentissage, cette expérience donne un sens particulier aux enseignements. « Nous apportons la théorie, mais là ils participent à une opération réelle, ce qui a un écho pédagogique très fort », souligne Dominique Ruchon, également enseignante en mathématiques. Les données collectées seront d’ailleurs exploitées en cours pour apprendre à analyser des résultats, notamment en probabilités, et à extrapoler à plus grande échelle.
Sur le terrain, tous les étudiants ne sont pas égaux face au milieu marin. Certains découvrent même pour la première fois le palme-masque-tuba. C’est le cas d’Asmahane, en première année, qui confie ne pas savoir nager mais avoir finalement osé se mettre à l’eau. « Je pensais ne pas y aller, mais avec les encouragements des collègues et des encadrants, j’ai essayé », raconte-t-elle. Une avancée importante pour ces jeunes, parfois peu familiers avec les fonds marins de leur propre territoire.
Dieuveut, lui, est déjà plus à l’aise. Alternant chez les Naturalistes de Mayotte, où il participe au suivi des tortues marines sur la plage de Saziley, il voit dans cette journée une opportunité d’apprentissage supplémentaire. « Je suis hyper excité de découvrir ce qu’ils vont nous montrer. Ça permet de mettre en pratique des cours comme l’expertise naturaliste », explique-t-il.
Pour le Parc naturel marin de Mayotte, l’enjeu dépasse la simple formation. « Reef Check repose sur de la science participative. Des citoyens contribuent à une base de données mondiale sur l’état de santé des récifs », précise Louise, encadrante. Si les étudiants ne sont pas encore formés pour réaliser seuls ces suivis, cette initiation leur permet de se familiariser avec les méthodes et, éventuellement, de s’engager davantage par la suite.
Après cette journée de terrain, un travail d’analyse des données est prévu en classe. Il permettra d’évaluer l’état du récif observé, en fonction de la densité des espèces et de la composition du fond marin. Autant d’indicateurs essentiels pour suivre l’évolution d’un écosystème fragile.
À travers cette expérience, les élèves du CFA–CFPPA de Coconi plongent concrètement dans les enjeux environnementaux de Mayotte. Une manière de former, au plus près du terrain, ceux qui auront demain la responsabilité de préserver la richesse du lagon.