En proposant ces solutions, la Banque centrale des Comores espère accélérer la pénétration de l’inclusion financière, actuellement portée par la monnaie électronique et les institutions financières décentralisées, dont le nombre d’agences établies sur le territoire s’élèvent à 140.
La Banque centrale des Comores en partenariat avec le gouvernement, la Banque Mondiale, et d’autres partenaires financiers a dévoilé, hier lundi quatre moyens de paiement dont le but est de favoriser les transactions financières dans le pays. Le lancement de ces nouvelles solutions, actuellement en phase test en attendant le déploiement sur le terrain a eu lieu en présence du chef de l’État comorien et de l’ensemble des acteurs économiques du pays.
La première solution est le Mali Ya wakazi qu’on pourrait traduire par » argent des habitants ». Ce service permet aux clients de déposer, de retirer, ouvrir un compte depuis sa localité dans la banque de son choix. Pour l’instant, seules deux institutions de microfinances n’ont pas signé les conventions, d’après nos informations. Dotés d’agents qui vont être installés dans les régions reculées, les agences de Mali Ya wakazi vont pouvoir effectuer toutes les opérations des banques traditionnelles implantées généralement dans les grandes villes.
» On peut ouvrir son compte bancaire, retirer son argent, peu importe la banque. Toute cela depuis nos villages pendant les heures ouvrables. Plus besoin de se déplacer jusqu’à Moroni« , a détaillé, un agent de la Banque centrale, que nous avons rencontré en amont de la cérémonie. Il a indiqué que les tests de ce moyen de paiement qui consistent à rapprocher la population du système bancaire ont déjà été lancés depuis juin 2025.
« Des agents locaux formés —commerçants ou acteurs déjà connus dans la localité permettent d’effectuer les opérations basiques telles que les retraits, les dépôts ou l’initiation d’ouvertures de comptes, sans avoir à se déplacer vers une agence bancaire. Ce dispositif vise à faciliter l’accès aux services financiers, à réduire les distances et à encourager l’utilisation des services bancaires par un plus grand nombre de personnes« , rapporte la Banque centrale dans un document de presse. Le projet est en cours de déploiement sur les différentes îles, avec des agents déjà identifiés et formés.
Fmi, Banque Mondiale
Le gouverneur de la banque centrale des Comores, le Docteur Younoussa Ben Imani a dans son discours mis en avant les chantiers, les transformations opérées depuis sa nomination en 2017. Parmi elles la modernisation des systèmes de paiement, soutenue par les partenaires comme le Fonds monétaire international ou encore la Banque mondiale, qui depuis 2021 accompagne la Bcc notamment dans la rénovation des infrastructures. La Représentante du Fonds monétaire international a d’ailleurs relevé la contribution qu’ils ont apporté aussi bien dans la formation de cadres mais aussi en aidant la Banque centrale dans la gouvernance et la supervision bancaire.
C’est le cas par exemple dans la réactualisation des statuts de la Banque dont les nouveaux textes ont été signés en janvier 2025. Désormais les sessions du conseil d’administration de la Bcc se tiendront à Moroni et non à Paris. « A propos du projet des marchés des titres, la FMI avait déployé huit missions aux Comores sur trois ans. Pour un début, la phase pilote s’étalera sur 6 mois avec un volume de 1 milliard de francs comoriens plus particulièrement dans les adjudications et les soumissions d’offres mais pas que« , a-telle énuméré. Le troisième mode de paiement dévoilé hier est le Komor Switch, dont le facteur le plus marquant est l’aboutissement d’un réseau national qui consacre l’interopérabilité des banques locales.
Réduction délai de traitement des transactions
Soutenu par la Banque mondiale, la plateforme Komor Switch rend possible les paiements par cartes dans les différents terminaux développés par les banques de la place. En d’autres termes, le client d’Exim Bank Comores peut à partir de juillet prochain retirer du cash dans le Gab de l’Afg Bank, son concurrent, sans passer par un intermédiaire international. En revanche, pour l’instant, seules les transactions, et paiements locaux seront opérationnels. Pour les achats en ligne, ça attendra un peu. » Komor Switch agit comme une plateforme centrale qui assure l’interconnexion et le traitement des transactions permet aux institutions financières de se connecter entre elles, les transactions sont traitées de manière rapide, sécurisée et fiable« , a-t-on lu dans une présentation vidéo projetée dans la salle de conférence de la Banque centrale.
Le dernier moyen de paiement lancé officiellement ce lundi est le Komor Pay, dénommé Ats, réservé exclusivement aux banques entre elles. « Opérationnel depuis le 23 avril 2026, ce système est une infrastructure nationale de paiement interbancaire il permet le traitement, la compensation et le règlement sécurisé des transactions en monnaie banque centrale« . Il raccourcit le délai de traitement des chèques, des virements qui passe de 3 jours à une journée ouvrable grâce à un réseau de fibre optique spécifique de 120 km. Selon le dernier rapport de la banque centrale de l’Union des Comores, de l’année 2024, l’inclusion financière est portée par les banques traditionnelles, les institutions décentralisées et les systèmes de paiement électroniques. L’encours de la monnaie électronique a atteint 2,7 milliards de francs tandis que le nombre de comptes ouverts s’élevait à 669 584 comptes, dont seulement 29,1% sont actifs. Avec 9 banques et institutions financières, un réseau de 175 agences et 26 Gab, le pays se trouve avec un taux de bancarisation national (2024) de 39%. Les projections tablent sur 70% en d’ici 2030.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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