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Kani Fashion Week : quand la mode rencontre la musique classique et les arts vivants

Kani Fashion Week : quand la mode rencontre la musique classique et les arts vivants

Du 20 au 25 avril, le festival d’art contemporain revient avec une nouvelle édition placée sous le signe de la créativité et de la rencontre des disciplines artistiques. Cette année, le thème « La mode en mélodie classique » propose un dialogue inédit entre élégance visuelle et univers musical.

Au programme, plusieurs expressions artistiques seront mises à l’honneur : la mode artisanale, avec des créations entièrement réalisées à la main valorisant le savoir-faire et l’authenticité ; la musique, explorant un large éventail de styles allant de l’opéra au jazz en passant par le piano, le saxophone et le gospel ; la coiffure artistique, centrée sur la valorisation de l’art afro et de ses expressions contemporaines ; ainsi que la danse, mêlant performances classiques et modernes.

Du 20 au 24 avril, des groupes d’enfants issus des écoles de chaque village seront accueillis à travers des stands thématiques, afin de découvrir les différents univers artistiques et d’échanger avec des professionnels.

Point d’orgue du festival, le 25 avril, la KANI FASHION WEEK proposera un défilé mêlant mode, musique et danse dans une soirée spectaculaire et haute en couleurs.

Affaire SIEAM : des condamnations lourdes pour un système jugé “accablant”

Affaire SIEAM : des condamnations lourdes pour un système jugé “accablant”

« Pour le procès du siècle, la population mahoraise semble très intéressée », ironise maître Fatima Ousseni dans la salle d’audience B du tribunal judiciaire de Mamoudzou ce jeudi 16 avril. Pour cause, alors que le délibéré du procès du SIEAM rendu à Paris doit être retransmis en visioconférence à 11h, seuls une vingtaine de membres du tribunal, en tenue civile, sont venus assister au verdict.

« Des faits particulièrement accablants »

Pendant plus d’une heure et demie, le juge décrit un mécanisme structuré, durable et assumé. Il pointe « une défaillance persistante et organisée des dispositifs de contrôle et de gestion » et surtout « une concentration des pouvoirs au niveau de la présidence ». Au cœur du système, une pratique illégale mais généralisée : le fractionnement des marchés publics, ou “saucissonnage”, destiné à contourner les seuils réglementaires de la commande publique.

Le juge affirme s’être fondé en partie sur le témoignage de Fardi Bacar Chebane, ancien directeur des services techniques pour établir le fonctionnement du système. Ce dernier décrit une attribution des marchés décidée en amont : le directeur de cabinet pouvait lui indiquer le nom de l’entreprise à qui attribuer le marché, afin de « faire croire au respect d’une mise en concurrence avec la remise de trois devis ».

Dans les faits, l’entreprise retenue était contactée directement et devait produire elle-même les autres propositions. « Au nom du président on nous donnait le nom de l’entreprise et le collaborateur appelait les entreprises. », cette dernière « se chargeait elle-même de trouver les devis complémentaires. »

Des pratiques d’autant plus visibles que des montants identiques pouvaient apparaître sur des devis émanant de sociétés différentes n’ayant pas les mêmes moyens d’engager les mêmes consommables. Une situation qu’il explique ainsi : « Ce sont les entreprises amies du président du SIEAM, elles se côtoient, se parlent entre elles. Ça ne m’étonne pas. »

Marché après marché, le tribunal parle d’éléments « particulièrement accablants ». Dans le dossier des formations, 22 000 heures étaient prévues, mais à peine 2 000 ont été réalisées. « Les formations n’ont pas été faites et ne devaient pas l’être », tranche le juge. Dans d’autres marchés, comme le débroussaillage, 660 000 euros sont engagés sans appel d’offres. Les montants de certaines prestations sont « fixés arbitrairement », sans « aucune rationalité économique ».

L’affaire comporte également un volet de corruption. Un véhicule a été offert à une membre de la commission d’appel d’offres en échange de l’attribution de marchés publics. Le tribunal estime que « le pacte de corruption est parfaitement caractérisé », allant jusqu’à considérer que « la direction du SIEAM avait tordu le bras » à l’entrepreneur pour acheter le véhicule afin de continuer à avoir accès à ce marché public.

« Un système de favoritisme qui porte atteinte au contrat social local » : le tribunal justifie les peines

Sur les peines, le tribunal explique avoir pris en compte la dimension systémique du dispositif. Ces pratiques ayant entraîné « de graves distorsions de concurrence », mais aussi « des faits particulièrement graves de détournement de fonds publics » et de « corruption ». Le juge rappelle que « les prévenus ont participé à un système de favoritisme au sein du Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte, alors que ce dernier était en charge de la satisfaction des besoins essentiels pour la population de l’île, à savoir l’accès à l’eau potable et ce, dans le contexte de la crise de l’eau que connaît Mayotte depuis de nombreuses années. » ajoutant que « Ces faits ont donc porté atteinte au contrat social local et sont de nature à égratigner la confiance portée par les citoyens dans leurs représentants en charge de la gestion des deniers publics. »

La sanction la plus lourde vise Mohammadi Vita. Il est condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, avec mandat de dépôt, 10 000 euros d’amende, dix ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique. Une confiscation de 5 000 euros sur son assurance-vie a également été ordonnée. La juridiction a assorti la peine d’une exécution provisoire. Ainsi, il sera incarcéré dans les prochaines semaines même en cas d’appel.

L’ancien directeur de cabinet, Camille Abdullahi, a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis. Il devra effectuer une année de détention avec exécution provisoire et payer une amende de 20 000 euros. Il fait également l’objet d’une inéligibilité et d’une interdiction d’exercer dans la fonction publique de cinq ans avec sursis.

L’ex-directeur administratif et financier, Mouslim Abdourahaman, écope de six mois de prison avec sursis, de 5 000 euros d’amende et de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

L’ex-DAF adjoint et actuel maire de Bouéni, Mirhane Ousseni, a été relaxé pour une partie des faits mais reconnu coupable pour d’autres. Il est condamné à quatre mois de prison avec sursis et à trois ans d’inéligibilité. Il a dores et déjà annoncé faire appel de sa condamnation.

L’ex-directeur des services techniques, Fardi Bacar Chebane, est condamné à trois ans de prison, dont 30 mois avec sursis. Il devra effectuer six mois de détention à domicile, payer une amende de 30 000 euros et se voit interdire d’exercer une fonction publique pendant cinq ans. Le tribunal a tenu compte de son rôle dans la manifestation de la vérité.

Karima Nassur est condamnée pour recel de corruption à 18 mois de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu’à six mois de détention à domicile pour avoir bénéficié du véhicule. Elle devra payer 5 000 euros d’amende et est frappée de cinq ans d’inéligibilité ainsi que d’une interdiction d’exercer dans la fonction publique avec sursis.

Plusieurs entreprises sont également condamnées pour recel de favoritisme, avec des amendes importantes et des exclusions des marchés publics.

« Ça ne coûte pas trop cher de détourner des millions » : un verdict qui divise

À la sortie de l’audience, une spectatrice lâche : « Ça ne coûte pas trop cher de détourner des millions ». Une phrase qui résume le sentiment mitigé d’une partie du public.

« Je n’ai pas l’impression que le tribunal ait été particulièrement clément », estime quant-à-elle maître Fatima Ousseni, ajoutant que « pour trois bons de commande vous avez quand même un élu qui vient de perdre son mandat », sauf s’il fait appel.

Elle invite surtout à une réflexion de fond : « Il faut qu’on se pose la question de savoir pourquoi les cadres du pays, le tissu économique du pays peuvent être amenés à ce comportement qui ne sont pas ajustés à la loi ».

« Ça ne concerne pas simplement des gens qui ont eu l’intention directe de léser l’île de Mayotte mais ça peut émaner de personnes qui ne savaient pas comment dire non à un supérieur hiérarchique », insiste-t-elle.

Évoquant les réalités locales, elle poursuit : « On est dans l’exiguïté. On a souvent des cousins, des amis originaires du même village, on peut être tentés de travailler avec les mêmes personnes mais ce n’est pas possible parce que ça crée des déséquilibres économiques qui peuvent être néfastes. » Et de rappeler : « Les deniers publics ne sont pas des deniers personnels ». Avant de conclure : « Il faut que la population se saisisse de cette affaire ».

Depuis Paris, Benoît Jorion, avocat de l’actuel maire de Bouéni Mirhane Ousseni, annonce un appel. « Mon sentiment est que la sentence est légère », affirme-t-il, avant de détailler : « une peine extrêmement légère avec sursis », « pas de condamnation à une amende », et surtout une inéligibilité « sans exécution provisoire » ce qui permet à son client de rester en fonction : « il peut rester maire de Bouéni s’il fait appel donc on va faire appel ».

« C’est léger parce qu’on n’a pas grand chose à lui reprocher », ajoute-t-il, avant de détailler : « Au début on lui reprochait d’avoir signé 13 bons de commande et à la fin il en restait que 3. S’il y avait eu dès le début la conscience qu’il n’y avait que 3 bons de commandes, il n’y aurait certainement pas eu de poursuites contre lui. Il a été victime de l’erreur faite par le parquet national financier. »

Au-delà des condamnations, ce jugement met en lumière un système profondément ancré, où favoritisme, contournement des règles et absence de contrôle se sont installés au cœur d’un service public essentiel. Un dossier qui dépasse le cadre judiciaire et interroge durablement la gestion de l’argent public à Mayotte.

Anticor : « cette affaire ne saurait être réduite à des difficultés techniques »

Partie civile dans le procès, l’association Anticor se félicite d’un jugement qui reconnaît « un large système de favoritisme » au sein du SIEAM.

Dans ce dossier, l’association dit avoir voulu « représenter les intérêts des habitants et habitantes de l’île » et « porter la voix des citoyens et citoyennes de Mayotte ». Elle souligne que cette affaire « ne saurait être réduite à des difficultés techniques ou à des contraintes climatiques », mais qu’elle pose « la question fondamentale de la responsabilité publique dans la gestion d’un bien commun essentiel : l’eau ».

Anticor insiste aussi sur les conséquences concrètes : les pratiques de corruption et de favoritisme « contribuent à désorganiser la gestion des ressources, aggraver les pénuries, creuser les inégalités entre les citoyens, et porter atteinte à la santé publique ».

Pour Léo Jusiak, référent local de l’association, « au-delà du dossier judiciaire, cette affaire met en lumière les conséquences concrètes de la corruption sur la vie des Mahorais ». Il estime que « la condamnation de l’ex-président du SIEAM envoie un signal fort et réaffirme l’exigence d’exemplarité des responsables publics ».

L’association Anticor obtient 5 000 euros au titre du préjudice moral ainsi que 6 000 euros pour ses frais de justice.

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Urbanisme : Mayotte cherche son modèle avec la construction hors site

Urbanisme : Mayotte cherche son modèle avec la construction hors site
Rencontre de l’EPRDM à Dembeni sur la construction hors site, réunissant des acteurs du BTP pour discuter des innovations, des enjeux et de l’adaptation à Mayotte.

À Dembeni, le 16 avril 2026, l’EPRDM réunit les acteurs du BTP autour de la construction hors site à Mayotte. Présentée comme une solution rapide et qualitative, la méthode divise. Entre innovations, contraintes d’approvisionnement et adaptation locale, les débats restent ouverts.

« Notre démarche, c’est de dire que la reconstruction de Mayotte est une démarche collective », relate Benoît Gars, directeur général de l’Établissement public pour la refondation et le développement de Mayotte (EPRDM). Ce jeudi 16 avril, à la Technopole de Dembeni, s’est tenue la première rencontre de l’EPRDM, un temps d’échange entre les acteurs du secteur de la construction. Ce premier cycle, une conférence consacrée à la maîtrise d’ouvrage autour de la thématique de la construction hors site, a été organisé en partenariat avec le Département-Région de Mayotte et l’Association Filière Hors Site France. Une méthode de construction qui souffre encore d’une mauvaise image.

« Un procédé extrêmement qualitatif et fiable »

L’objectif de la construction hors site est de standardiser certains procédés afin de permettre aux porteurs de projets d’intégrer de nouvelles méthodes. Cela permet une meilleure gestion du temps de chantier et répond aux besoins des maîtres d’ouvrage, notamment à travers des modules en 3D adaptés à des programmations spécifiques. Cette approche permet, par exemple, de préfabriquer des salles de bain, limitant ainsi les reprises ultérieures. Elle offre également la possibilité de réaliser en atelier différents éléments comme les toitures, les planchers métalliques ou en bois, ainsi que des composants non structurels, tout en garantissant la performance des matériaux.

La Technopole de Dembeni intègre elle-même une structure en préfabrication. « Au-delà de ça, c’est aussi retrouver des compétences d’architectes et de maîtres d’ouvrage… C’est un procédé extrêmement qualitatif et fiable », souligne Céline Beaujoin, déléguée générale de l’Association Filière Hors Site France.

Cette organisation demande un travail préparatoire important, mais permet de réduire le temps de chantier de 30 à 50 %, tout en limitant les nuisances, les besoins de stockage sur site et les aléas d’exécution. En revanche, la construction hors site ne génère pas forcément d’économies directes : elle repose sur une standardisation partielle et sur des choix de procédés adaptés aux filières disponibles.

À Mayotte, Céline Beaujoin explique néanmoins rencontrer des réticences, comme ailleurs, notamment à Marseille, dans l’Hexagone. Elle souhaite miser sur davantage de pédagogie et de vulgarisation de cette méthode. Malgré ces qualités mises en avant, un agent municipal interrogé sur la question reste incrédule : « Personnellement, je ne serais pas pour construire des écoles préfabriquées dans ma commune. »

Un scepticisme compris par Dominique Tessier, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Mayotte (CAUE) : « Je comprends le scepticisme. Les Mahorais ont leur propre savoir-faire, qui n’aboutit pas toujours à une construction de qualité, mais présente tout de même trois qualités essentielles : des constructions sur de petites parcelles, une optimisation des surfaces, et une organisation autour des villages. L’unité urbaine, c’est le village. » Selon lui, des aménagements doivent être pensés en amont.

Entre urgences locales et défis d’approvisionnement

« Il y a plusieurs solutions valables, qui s’adaptent à différentes échelles : celle du particulier, du maître d’ouvrage en bâtiment public, ou encore celle des municipalités et des collectivités qui construisent des écoles, des salles de classe, etc. », met en lumière Melvyn Gorra, de l’association Art-Terre.

La construction hors site nécessite néanmoins l’approvisionnement en matériaux provenant parfois des quatre coins du monde, une contrainte importante. « Il faut fonctionner au plus près, avec des matériaux provenant de Madagascar, de l’île Maurice, d’Afrique du Sud ou de Tanzanie, tout en respectant les contraintes et les normes. Il faut un portage politique », poursuit-il.

Dans un contexte post-crise, un rappel important est formulé par un agent de la SIM : « Il y a tellement de besoins urgents à Mayotte qu’il faut aller vite. Un chantier qui dure longtemps, ce n’est bon pour personne. »

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Un nouveau Medef voit le jour à Mayotte avec une entrepreneuse mahoraise à sa tête

Un nouveau Medef voit le jour à Mayotte avec une entrepreneuse mahoraise à sa tête
Yasmine Nidhoire et Habib Ben Chadouli ont été nommé respectivement présidente et Secrétaire Général du nouveau Medef Mayotte

Après la radiation, officiellement pour « manquements graves », du Medef de Mayotte de la structure nationale, cette dernière a choisi de créer une toute nouvelle association pour représenter les intérêts des entreprises mahoraises. Pour ce faire, le Medef national a choisi de mettre à sa tête une jeune entrepreneuse mahoraise : Yasmine Nidhoire.

Exit l’ancienne image du Medef de Mayotte avec sa surreprésentation de dirigeants masculins d’un certain âge en costard cravate ! Pour créer un nouveau Medef à Mayotte, la structure nationale a choisi de « surfer sur la vague de la modernité » en jouant la carte de la féminisation et du local. Sa nouvelle présidente, en poste depuis moins d’une semaine, est donc Yasmine Nidhoire, une jeune entrepreneuse Mahoraise originaire de Koungou, à la tête de « La Générale des Services », une entreprise franchisée qu’elle a créé en 2020 « à partir de rien », comme elle le précise elle-même. « Je suis la première femme mahoraise à occuper ce poste », affirme-t-elle avec fierté. Pour l’assister dans sa tâche, le Medef national a choisi de nommer Habib Ben Chadouli comme Secrétaire Général, un entrepreneur aux multiples casquettes. A la tête du cabinet conseil P2i (Pierre Investissement Ingénierie), il est titulaire de plusieurs diplômes dans les domaines du développement urbains, du génie civil, de l’expertise financière et de la gestion de projets. Entre autres, car son parcours est extrêmement riche et diversifié. Nakib Ali-Halidi, du cabinet Nak Consulting, vient compléter ce « trio de tête » en tant que trésorier.

Une gouvernance 100% mahoraise donc, avec une femme au poste le plus important. Un choix très symbolique, mais aussi stratégique puisqu’il permet au Medef national de se positionner à contrepied des critiques dont il fait l’objet de la part du président de l’ancienne structure. Fahardine Mohamed l’avait en effet accusé de piloter trop étroitement la structure locale afin de conserver un « contrôle parisien » sur Mayotte. Ce n’était toutefois là que l’un des nombreux désaccords qui opposaient l’ancien président à la structure nationale, menant à la radiation de décembre 2025. L’affaire a toutefois été portée devant le tribunal administratif et, en attendant qu’elle soit jugée, Fahardine Mohamed a créé une autre structure : le Groupement Patronal de Mayotte. Avec la naissance de ce nouveau Medef Mayotte, deux organisations patronales se retrouvent donc en concurrence sur le territoire.

Un but phare : préparer les entreprises mahoraises à la future convergence sociale

Afin de présenter cette nouvelle association, Bruno Arcadipane, vice-président du Medef national, est intervenu en visio depuis Paris au cours de la conférence de presse organisée ce jeudi au restaurant l’Orient Express à Kaweni. Il a réaffirmé l’importance de ne pas « laisser Mayotte sans Medef » et a déclaré (comme beaucoup avant lui…) que « sa priorité sera le développement du territoire ». « Ce nouveau Medef revêt une importance fondamentale, d’abord pour l’île elle-même, mais également comme « valeur ajoutée » au sein du comité des Outre-mer dont il fait désormais partie », a-t-il précisé. S’il souhaite que la structure locale poursuive la simplification administrative initiée, il a aussi rappelé l’importance de « développer la compétitivité des entreprises mahoraises ». Pour lui, « les différentes crises doivent être amorties par l’équipe locale avec l’appui technique et financier du Medef national ».

Il a aussi insisté sur l’importance pour ce nouveau Medef de rassembler un maximum d’acteurs du territoire : des grandes entreprises aux travailleurs indépendants en passant par les PME et TPME, mais aussi les associations et les groupements d’employeurs. Un avis que partage la nouvelle présidente Yasmine Nidhoire, pour qui « les entreprises sont la force d’un territoire » et qui compte bien « être à l’écoute de tous ses adhérents ». « Le Medef doit accompagner les entreprises, les défendre et les incarner », a-t-elle déclaré en annonçant la création prochaine de « commissions de travail » ainsi que « d’une cellule dédiée à la convergence sociale, afin de préparer les chefs d’entreprises mahorais à cette transition ».

« La convergence sociale sera une excellente chose pour les Mahorais, mais elle ne doit pas être portée par les seules entreprises mahoraise », a-t-elle ajouté. C’est là qu’intervient justement un levier majeur : la loi pour le développement économique des outre-mer (Lodeom) dont l’entrée en vigueur à Mayotte est annoncée pour juillet prochain. Exonération de charges, soutien à l’emploi, capacité d’investissement accrue : le dispositif est présenté comme « un bouclier » pour les entreprises locales.

Un fonctionnement plus « démocratique » que l’ancien Medef Mayotte

Le nouveau Medef Mayotte souhaite aussi créer plusieurs « clubs » en son sein, comme celui des femmes entrepreneures ou encore celui des « jeunes entrepreneurs de moins de 45 ans ». Il a aussi d’ores et déjà créé 60 mandats afin de porter la voix du Medef dans les différentes instances locales. « Pour moi les différentes crises qu’a subi Mayotte ces 10 dernières années est le résultat d’un manque de dialogue social et ces mandats nous permettrons justement de pouvoir dialoguer avec les partenaires sociaux », explique Yasmine Nidhoire qui, en tant que patronne d’une entreprise d’aide à domicile et mère de 2 enfants, connaît plutôt bien le sujet.

La transparence, la proximité et le fonctionnement démocratiques sont les 3 autres axes de fonctionnement annoncés au cours de cette conférence de presse. « La proximité que nous prônons doit s’accompagner de l’utilité : chaque adhérent doit trouver un sens au sein de notre association », précise la nouvelle présidente, qui entend également travailler en étroite collaboration avec l’Etat et les collectivités territoriales.

Le Medef Mayotte a donc fait le choix de « repartir de zéro » avec un nouveau bureau et un nouveau fonctionnement. Du moins en apparence, car reste à savoir si Yasmine Nidhoire et sa nouvelle équipe sauront dépasser les « effets d’annonce » pour mettre concrètement en pratique ce nouveau fonctionnement sur le territoire.

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La commune de Dembéni accélère son investissement dans le sport

La commune de Dembéni accélère son investissement dans le sport
Le maire de Dembéni a visité le chantier du futur plateau sportif d’Iloni en présence de la présidente du CNOSF, rappelant à cette occasion que le Comité olympique s’était déjà engagé à accompagner les territoires ultramarins dans le développement des équipements sportifs de proximité.

Le maire de Dembéni a visité le chantier du futur plateau sportif d’Iloni pour suivre l’avancement des travaux. En présence de la présidente du CNOSF, cette rencontre souligne la volonté de développer les infrastructures sportives locales et de renforcer la cohésion sociale à Mayotte.

Mercredi matin, le maire de Hamada Soihibou a effectué une visite de chantier sur le site du futur plateau sportif d’Iloni, dans la commune de Dembéni. Cette démarche s’inscrit dans le suivi des opérations d’investissement communal et vise à évaluer l’état d’avancement de cet équipement structurant pour le territoire.

Récemment élu, l’édile entend inscrire l’action municipale dans une logique de terrain, fondée sur le suivi régulier des projets et l’accélération de leur mise en œuvre. Le futur plateau sportif d’Iloni fait partie des infrastructures destinées à renforcer l’offre de proximité et à répondre à une demande croissante d’équipements adaptés à la jeunesse et aux associations locales.

Le chantier s’inscrit dans un contexte plus large de développement des infrastructures sportives en France, notamment à travers les politiques publiques de soutien aux équipements de proximité, renforcées ces dernières années dans le cadre de l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024.

À cette occasion, la commune a accueilli la présidente du Comité national olympique et sportif français, Amélie Oudéa-Castéra, en présence des élus municipaux. Le Comité National Olympique et Sportif Français joue un rôle central dans la promotion du sport en France, la structuration du mouvement sportif et l’accompagnement des territoires dans leurs politiques sportives.

Cette visite a permis d’échanger sur la dynamique locale et sur les perspectives de développement du sport à Mayotte, où les enjeux d’équipements restent importants en raison de la croissance démographique et des besoins en infrastructures de proximité.

Pour la municipalité de Dembéni, ce projet vise à garantir une meilleure qualité d’exécution des investissements, mais aussi à renforcer la cohésion sociale à travers le sport, considéré comme un levier d’insertion, d’éducation et de lien entre les habitants.

Dans ce cadre, les collectivités locales s’inscrivent également dans les dispositifs nationaux visant à développer les équipements sportifs de proximité, soutenus par l’État et les acteurs du mouvement sportif, afin de favoriser l’accès au sport pour tous sur l’ensemble du territoire.

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Comores : fin d’un séminaire-bilan organisé pour préparer les élections de 2029

Comores : fin d’un séminaire-bilan organisé pour préparer les élections de 2029

Marquée par l’absence des grandes figures de l’opposition, notamment le Juwa de l’ancien président Sambi, cette rencontre a également suggéré la révision du mode de désignation des membres de la commission électorale.

Normalement, du moins selon l’article 52 de la Constitution en vigueur, la prochaine élection présidentielle doit se tenir en 2029, année où le tour échoit à l’île d’Anjouan. Toutefois, les critiques qui ont entaché les précédentes élections de ces dix dernières années restent vives. C’est dans ce cadre que des partenaires comme la Commission de l’océan Indien et l’Agence française de développement appuient le gouvernement dans la préparation des échéances à venir.

Depuis lundi, un séminaire planche sur le déroulement des cycles électoraux organisés entre 2023 et 2025. Après trois jours de travaux, une feuille de route a été officiellement remise au ministre de l’Intérieur en charge des élections, Mohamed Ahamada Assoumani. Ces recommandations sont nombreuses et attendent d’être concrétisées.

Interrogé à la fin de la cérémonie, le ministre a évoqué la modernisation de l’administration électorale, notamment en s’appuyant sur le nouveau prestataire chargé de produire les papiers biométriques ainsi que sur l’Agence nationale de développement du numérique (Anaden). « Nous avons les moyens de le faire dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré d’un air confiant. Le chef de la sécurité intérieure a reconnu que la confiance entre les institutions et les acteurs politiques s’est fortement étiolée.

« Mais il faut dépasser les idées partisanes en mettant en avant l’intérêt général. L’apparition de citoyens décédés sur les listes a toujours été source de problèmes. J’ai noté parmi les recommandations les plus importantes la révision du fichier électoral. Ces problèmes doivent être résolus », a poursuivi le ministre Mohamed Ahamada, qui a souligné que la loi exige une révision annuelle du fichier électoral et que, cette fois-ci, le vote de la diaspora doit être étudié.

Projet de loi avant 2028

Si les principaux partis d’opposition, à l’instar du Juwa de l’ancien raïs Sambi, ont brillé par leur absence lors de ce séminaire, les opposants présents ne se sont pas abstenus de formuler des propositions.

« Il reste à les traduire en projet de loi, ce qui demeure le seul moyen d’espérer des élections transparentes », a indiqué Latuf Abdou, représentant du collectif Anjouan 2029. Cet ancien membre de la commission électorale indépendante estime que la présence d’autres leaders de l’opposition aurait pesé face au pouvoir, bien représenté dans cet atelier de bilan sur les cycles électoraux des trois dernières années.

« Nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de changer le mode de désignation des membres des organes de gestion des élections, à savoir la commission électorale et la chambre électorale de la Cour suprême. Le consensus doit primer. Certains recommandent une répartition entre pouvoir, opposition et société civile. Nous, nous prônons une commission apolitique composée d’hommes de médias et d’enseignants », a détaillé Latuf Abdou.

Depuis la révision constitutionnelle de 2018, dont la tenue est toujours contestée par l’opposition, les juges de la haute juridiction sont nommés uniquement par le président de l’Union des Comores. La dernière modification constitutionnelle a fait disparaître les représentants qui siégeaient au nom des trois vice-présidents issus des îles, lesquels étaient élus en même temps que le président de l’Union.

Mais, selon Latuf, il n’est pas trop tard : « J’appelle les opposants qui n’ont pas pris part au séminaire à se tenir prêts à venir à l’Assemblée nationale pour défendre l’intégration des recommandations. Car si, d’ici la fin de 2027, le gouvernement ne le fait pas, il appartiendra alors à chaque candidat souhaitant se présenter aux prochaines élections d’en tirer les conséquences », conclut-il, défenseur régulier du tour d’Anjouan.

Vote électronique

Présent lui aussi au séminaire au nom du Front insulaire pour la défense de l’intérêt d’Anjouan, Mohamed Jaffar Abbas n’a pas caché sa méfiance :

« En réalité, ce séminaire n’est qu’une montagne qui a accouché d’une souris. Ce qui a été dit et proposé par le gouvernement n’est qu’une redondance de ce que le cadre de concertation n’a jamais cessé de défendre et qui, au final, a toujours été rejeté pour favoriser des hold-up électoraux successifs », a-t-il dénoncé.

L’ancien coordinateur des candidats de l’opposition lors des élections de 2024 a toutefois formulé une proposition : l’introduction du vote électronique.

« Ce serait une révolution dans l’organisation des élections : aucune possibilité de fraude, de bourrage ou de procès-verbaux falsifiés. En deux jours de discussion, on peut aussi retenir le plaidoyer pour la promulgation de la loi sur le statut de l’opposition et le vote de la diaspora », a-t-il ajouté.

Cofinancé par des partenaires étrangers comme l’AFD, le séminaire n’aura de sens qu’avec un suivi rigoureux.

« L’évaluation du cycle électoral que nous lançons aujourd’hui s’inscrit pleinement dans une logique d’amélioration continue et d’appropriation nationale : il s’agit avant tout d’un exercice porté par les autorités compétentes, en particulier par le ministère en charge des élections », a rappelé l’ambassadeur de France, Étienne Chapon, lundi lors de l’ouverture des travaux.

« Le gouvernement veillera à entreprendre les réformes législatives électorales par des politiques de renforcement de l’expertise électorale, pour plus d’adaptation et une démocratie plus apaisée », a promis hier le ministre de l’Intérieur.

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Saïd Omar Oili interpelle la ministre de la Transition écologique

Saïd Omar Oili interpelle la ministre de la Transition écologique

Lors d’une audition au Sénat, le sénateur mahorais Saïd Omar Oili a vivement interpellé la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, sur la situation environnementale et sanitaire alarmante à Mayotte. Au centre des préoccupations : la gestion des déchets, aggravée par le passage du cyclone Chido, et les difficultés persistantes d’accès à l’eau.

Le sénateur a dressé un constat préoccupant des conditions de vie sur l’île, rappelant que de nombreux habitants subissent encore des coupures d’eau pouvant durer plusieurs jours. Une situation qui, selon lui, entraîne des conséquences sanitaires majeures pour la population.

Mais c’est surtout la question des déchets qui a cristallisé les inquiétudes. Dans plusieurs zones, notamment à Mtsapéré et aux Badamiers en Petite-Terre, des dépôts sauvages se sont accumulés, transformant ces espaces en véritables foyers à risques. Ces amas de déchets favorisent la prolifération de moustiques et de rats, augmentant le danger d’épidémies tout en fragilisant la biodiversité locale. De retour d’une mission sur place avec une délégation sénatoriale, Saïd Omar Oili souligne l’ampleur des défis sanitaires et environnementaux auxquels l’île est confrontée.

L’élu a également dénoncé un manque de suivi des engagements pris par le gouvernement, notamment après une visite ministérielle en décembre dernier. Il regrette l’absence de résultats concrets et pointe le retard dans la transmission de documents essentiels, dont un rapport stratégique attendu depuis fin 2025 sur le rattrapage des infrastructures et la gestion des déchets liés au cyclone. Malgré plusieurs relances, ces éléments n’ont toujours pas été fournis, freinant selon lui, toute avancée significative.

Face à ces critiques, la ministre a tenu à rappeler son implication dans les dossiers ultramarins, tout en indiquant que ces problématiques nécessitaient un échange plus approfondi et spécifique avec le sénateur.

Cet échange met en lumière une situation critique à Mayotte, où les enjeux environnementaux et sanitaires s’entremêlent, dans un contexte marqué par des attentes fortes et une pression croissante sur les autorités pour apporter des réponses concrètes et rapides.

Un séminaire stratégique pour booster l’emploi et la formation

Un séminaire stratégique pour booster l’emploi et la formation

Le développement des compétences et l’accès à l’emploi s’imposent aujourd’hui comme des priorités majeures pour Mayotte. Dans ce contexte, le Contrat de Plan Régional de Développement de la Formation et de l’Orientation Professionnelles (CPRDFOP) s’affirme comme un outil structurant et essentiel de la politique publique en matière de formation et d’insertion professionnelle.

Afin de faire le point sur les actions déjà engagées et de dessiner les perspectives pour les années à venir, le Département-Région de Mayotte, en partenariat avec le CARIF-OREF, organise un séminaire dédié au suivi et au pilotage du CPRDFOP. Cet événement s’inscrit dans une dynamique de concertation et de co-construction entre les différents acteurs du territoire.

À cette occasion, le Président du Département-Région, Ben Issa Ousséni, convie l’ensemble des partenaires et des médias à participer à ces deux journées de travail qui se tiendront à la Technopole de Dembéni :

  • Mercredi 22 avril 2026, de 8h à 15h30
  • Jeudi 23 avril 2026, de 8h à 12h30

Ce séminaire rassemblera les acteurs institutionnels, économiques et de la formation autour de quatre priorités clés : mieux orienter et accompagner les publics, adapter les compétences aux besoins du territoire, sécuriser les parcours professionnels, et renforcer la coordination entre les acteurs de l’emploi et de la formation.

Véritable temps fort d’échanges et de réflexion, cet événement permettra de valoriser les avancées réalisées, d’identifier les défis à relever et de consolider les synergies indispensables au développement économique et à l’insertion professionnelle à Mayotte.

Bourahima Ali Ousseni élu président de la CSSM

Bourahima Ali Ousseni élu président de la CSSM

Bourahima Ali Ousseni a été élu, mercredi 15 avril, président de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) pour un mandat de quatre ans, succédant à Nourdine Dahalani.

Figure bien installée du tissu économique local, il dirige également la Confédération des petites et moyennes entreprises à Mayotte, où il s’est imposé comme un relais régulier entre les entreprises et les institutions.

Ces dernières années, il s’est notamment fait entendre sur les conséquences économiques des crises successives touchant l’île, qu’il s’agisse des tensions sociales, des perturbations logistiques ou des aléas climatiques, appelant à des mesures de soutien pour les acteurs économiques.

Délibéré du SIEAM ce jeudi 16 avril 2026

Délibéré du SIEAM ce jeudi 16 avril 2026

Le tribunal correctionnel de Paris rend ce jeudi 16 avril 2026 à 10h son délibéré dans le procès de l’ancienne direction du Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte (SIEAM).
Cette affaire, jugée en janvier 2026, implique 18 prévenus et plusieurs entreprises, poursuivis notamment pour détournement de fonds publics, favoritisme et corruption dans la gestion du service de l’eau sur l’île.

Combani : une nuit de tensions, un matin de démolition

Combani : une nuit de tensions, un matin de démolition

Le calme apparent de la matinée contraste avec les stigmates encore brûlants de la veille. Une odeur persistante de gaz lacrymogène flotte encore entre les tôles froissées et les cases éventrées. Au coin de la rue Mouboukini, quatre carcasses de voitures calcinées fument toujours, empilées les unes sur les autres, traces visibles des tensions de la nuit précédente.

L’opération de démolition du quartier renommé Kiyama, à Combani, a commencé dès 7 heures. Annoncée depuis plusieurs jours, elle s’inscrit dans le cadre de la résorption de l’habitat indigne, insalubre et illégal. Une opération dite “ELAN”, encadrée par l’État et menée en lien avec la commune de Tsingoni.

« Il y a eu quelques difficultés hier », glisse le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, en marge du dispositif, aux côtés du maire de Tsingoni. « Vous savez bien qu’il y avait une ou deux familles un peu pénibles la dedans donc ça devrait calmer un peu le quartier. »

La nuit précédente, à Combani, des violences ont éclaté. Barrages, incendies de véhicules, même si, précise-t-il, « aucun véhicule roulant n’a été brûlé », uniquement des carcasses. « C’est encore cette petite méthode d’intimidation qui ne marche pas devant les opérations de décasage », insiste-t-il.

Sur le terrain, ce matin, le calme est revenu, mais il reste fragile. Des forces de l’ordre quadrillent les accès, tandis que des ouvriers en gilets fluorescents s’activent autour des pelleteuses

« On doit rester vigilant », insiste le maire de Tsingoni Issilamou Hamada. L’opération doit durer encore une semaine. Au total, 43 habitations vont être démolies. Des constructions précaires, installées là depuis des décennies. « Depuis que j’étais jeune, plus de 40 ans », confirme-t-il.

Ces cases, souvent construites sans droit ni titre, étaient devenues le symbole d’une urbanisation informelle que l’État entend désormais résorber. « Ce que nous faisons ici, c’est restituer aux communes les terrains nécessaires à leurs projets », martèle le préfet. Il évoque aussi la lutte contre les marchands de sommeil : « qu’on a bien identifiés, que nous allons traduire en justice, et qui louent des terres à des personnes désœuvrées pour permettre cette économie informelle qui est l’un des grands maux de Mayotte. »

« Une majorité des habitants » aurait reçu des propositions de relogement, mais toutes n’ont pas abouti, certaines ayant été refusées, d’autres n’ayant pas été formulées faute de places. Dès le mois de mars, la DEETS indiquait qu’il ne restait que « 9 places d’hébergement mobilisables » pour les 14 ménages concernés par l’opération, soit une cinquantaine de personnes recensées lors des enquêtes sociales. Dans ces conditions, seuls six foyers avaient pu se voir proposer une solution d’hébergement. À ce stade, la préfecture n’est pas en mesure de préciser combien de familles ont effectivement été relogées.

Sur le ponton de la mosquée, une femme se tient à l’écart. Elle ne cache pas son soulagement : « C’est une bonne chose. Les enfants là-bas foutent le bordel. Je ne dors plus. »

Depuis l’annonce de l’opération, elle raconte des nuits sans sommeil, marquées par les tensions. Elle espère un quartier plus structuré : « On va pouvoir faire des maisons dans les règles, des aménagements pour la population. » Mais son optimisme se fissure aussitôt : « ça ne va rien changer. C’est fini pour Mayotte. »

Derrière la démolition, une politique urbaine se dessine. « Le projet date de 2014, de l’époque de l’ancien maire Mohamed Bacar. C’est un projet mûr et les travaux vont commencer. On attendait cette opération et après, on attaque le chantier de voirie », précise Florent Abodala, directeur général des services de la commune.

Objectif : transformer ce terrain communal en espace structuré. « On va créer une place publique, remettre les voiries, l’électricité (…) revenir construire légalement », détaille le maire qui dit avoir attendu d’être prêt pour lancer l’opération : « Si on démolit et qu’on n’a pas de subvention pour aménager, ça ne sert à rien. »

Pour le préfet, la présence du maire à ses côtés est un message clair : « C’est une opération conçue avec la commune. » Une réponse aussi aux critiques « à tous les fâcheux et les grincheux qui pensent que Kingia n’a pas été monté en concertation avec les élus. ».

Ici, certains vivaient depuis des générations. D’autres y voyaient un problème à résoudre. Entre nécessité d’aménagement, lutte contre l’habitat insalubre et tensions sociales, Kiyama apparaît comme un condensé des défis auxquels Mayotte reste confrontée.

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Le CHM : une structure en transformation

Le CHM : une structure en transformation
La nouvelle équipe dirigeante du CHM a organisé une conférence de presse ce mardi 15 avril pour faire part de ses projets

Gravement touché après Chido, le Centre Hospitalier de Mayotte a dû fonctionner « en mode dégradé » pendant plusieurs mois. Il a toutefois pu « renaitre de ses cendres » grâce au travail de ses équipes et Jean-Michel Beaumarchais, son nouveau directeur depuis le 1er janvier 2026, a annoncé de futurs grands travaux d’extension et de transformation dans les années à venir.

« Face à une population jeune et à des enjeux sanitaires spécifiques, les priorités du Centre Hospitalier de Mayotte sont clairement établies : assurer la continuité, la sécurité et la qualité du service public hospitalier, tout en menant les transformations nécessaires à l’adaptation et à la modernisation de l’outil hospitalier, afin de répondre de manière pérenne aux besoins du territoire », a déclaré Jean-Michel Beaumarchais, le Directeur Général du CHM depuis le 1er janvier 2026. Sollicité tout d’abord pour assurer l’intérim pour 2 mois, après le départ de l’ancien directeur Jean-Mathieu Defour le 1er juillet 2025, il a finalement choisi de rester afin d’assurer cette fonction d’une manière pérenne aux côtés de Mahafourou Saïdali, son adjoint. Certains membres de l’ancienne équipe dirigeante sont restés, en changeant parfois de poste, mais de nouveaux cadres sont aussi venus remplacer ceux qui ont choisi de quitter le territoire.

Après les déboires qu’a connu le CHM suite à Chido, avec un fonctionnement « en mode dégradé » qui s’est poursuivi sur plusieurs mois, après également le départ de l’ancien directeur et l’instabilité au sein de l’équipe dirigeante qui s’en est suivie, Jean-Michel Beaumarchais et son équipe, désormais stable et au complet, ont décidé de « se retrousser les manches » pour développer l’offre de soin sur le territoire. Au cours d’une conférence de presse organisée ce mardi, l’équipe dirigeante a fait part aux médias de ses projets et des stratégies mises en place afin de « redorer progressivement le blason » du CHM.

De grands projets d’extension et de développement

Le CHM poursuit sa rénovation après les dégâts occasionnés par Chido. Certains bâtiments, trop abîmés pour être réparés, ont dû être détruits et reconstruits ailleurs. C’est le cas notamment du CMP dont les nouveaux locaux seront livrés en juin 2026. « Mais cela restera du provisoire car nous avons le projet d’ouvrir une unité de soins psychiatriques pérenne en Petite-Terre d’ici 2028 pour un montant de 15,7 millions d’euros », déclare le directeur qui précise toutefois que « même si les psychiatres sont une « denrée rare », le CHM collabore activement avec les hôpitaux de La Réunion et de métropole pour essayer d’en faire venir ».  L’année 2026 verra, d’une manière plus générale, se terminer l’ensemble des travaux de remise en état et aux normes du site de Mamoudzou pour un montant de 27,8 millions d’euros. La construction de 4 salles d’enseignement est également prévue.

L’année 2027 verra quant à elle la livraison de l’extension du bloc d’accouchements, de 4 salles d’opération et d’un centre d’accueil et de crise. « Il nous faut construire pour mieux accueillir », explique Jean-Michel Beaumarchais, conscient des carences actuelles du CHM en termes d’accueil physique et téléphonique. « Une fois que le centre d’accueil sera terminé, nous embaucherons d’avantage d’agents d’accueil et un groupe de travail planche déjà sur la question de l’accueil téléphonique », développe-t-il. Outre la construction de l’unité psychiatrique en Petite-Terre, l’autre opération phare de l’année 2028 sera la restructuration des Urgences avec une place plus importante accordée à la piste de décollage et d’atterrissage de l’hélicoptère pour une meilleure prise en charge des patients. Le bâtiment des consultations centralisées et des dialyses sera quant à lui livré en 2029 en même temps que le bâtiment médicaux-technique et l’extension de l’IES. Plusieurs autres bâtiments seront également livrés en 2030.

Le projet du « site secondaire du CHM » à Combani, abusivement appelé « 2ème hôpital de Mayotte », est pour sa part toujours en phase d’études préliminaires et sa première pierre ne sera pas posée avant l’année 2030, au plus tôt. « Il faudrait déjà trouver le terrain », explique Jean-Michel Beaucmarchais qui affirme que des négociations pour le trouver sont actuellement en cours avec le conseil départemental et que des procédures d’expropriation sont d’ores et déjà réalisées par la Préfecture de Mayotte à cet effet.

Un travail permanent sur les mesures d’attractivité

Ces travaux sont certes une bonne chose, mais sans médecin et autre personnel soignant à mettre dedans, ces bâtiments menacent de devenir « des coquilles vides », c’est la raison pour laquelle le CHM continue de travailler activement sur des mesures d’attractivité pour, non seulement faire venir les soignants, mais aussi et surtout pour leur donner envie de rester à Mayotte. « Sur la question de la rémunération des médecins et des sage-femmes, nous avons atteint des records sur les 3 derniers décrets », déclare Jean-Michel Beaumarchais. Toutefois, La Directrice des Ressources Humaines du CHM, Laëtitia Lavallée, s’ingénie à trouver d’autres pistes pour faire venir les professionnels. Des primes d’engagement pour une durée d’un an minimum ont été mise en place et le recrutement d’un « chargé de fidélisation » est actuellement en cours. Sa mission sera de trouver des moyens d’améliorer les conditions de vie des soignants sur place afin de les inciter à venir à Mayotte et à y rester.

L’un de ses moyens est notamment de les aider à trouver un logement rapidement à leur arrivée. Pour ce faire, un projet de construction de 27 logements est d’ores et déjà en cours avec une livraison prévue en 2028. Concernant la formation des soignants sur place, il n’existe pour le moment sur l’île que des formations d’infirmiers et de personnels paramédicaux, mais les rencontres avec les étudiants mahorais en médecine, interrompues après Chido, devront normalement reprendre très prochainement. « Ces rencontres nous avaient permis de faire venir un certain nombre de jeunes par l’intermédiaire de la délégation de Mayotte à Paris », détaille Thierry Pelourdeau, le président de la Commission Médicale d’Etablissement (CME). « L’ARS de Mayotte participe également à de nombreux Salon des Métiers dans l’hexagone pour tenter d’attirer les jeunes médecins sur le territoire », ajoute Laêtitia Lavallée.

Le CHM se restructure donc et continue de faire son possible pour pallier au désert médical qu’est malheureusement l’île au lagon. Des efforts certains, mais qui ne se reflète pas toujours dans la réalité concrète des usagers ? Ces derniers ont toujours beaucoup de difficultés à accéder à des soins de qualité sur le territoire. Certes, entre les déclarations des équipes dirigeantes et la réalité du terrain, l’écart est souvent de taille, espérons toutefois que les projets prévus dans les prochaines années arrivent à  le combler quelque peu.

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La mosquée d’Antana-Bé retenue au loto du patrimoine 2026

La mosquée d’Antana-Bé retenue au loto du patrimoine 2026
© Eight Studio

Sur une étroite bande de terre entre lagon et mangrove, la mosquée d’Antana-Bé, vestige du village historique de Poroani, s’apprête à entamer une nouvelle étape de son histoire. Gravement endommagé par le cyclone Chido en décembre 2024, l’édifice vient d’être sélectionné parmi les sites emblématiques du Loto du patrimoine 2026, un programme national destiné à sauver des lieux en péril.

La mosquée de Chirongui figure parmi les deux projets majeurs retenus dans la région, aux côtés de l’ancienne usine de Beaufonds à La Réunion. Une reconnaissance importante pour ce bâtiment chargé d’histoire, dernier témoin de l’ancien village déplacé en 1987 face à la montée des eaux.

Maintes fois rénovée puis reconstruite dans sa forme actuelle en 1930 à partir de matériaux locaux : pierres, coraux et chaux, la mosquée présente une architecture simple mais emblématique, avec une salle unique orientée vers La Mecque. Aujourd’hui, elle souffre de lourds dégâts : la toiture et la charpente ont été arrachées par les vents violents, laissant la structure exposée aux intempéries pendant de longs mois.

Face à l’urgence, un vaste chantier de restauration doit débuter à l’été 2026. Les travaux porteront sur la sécurisation de l’édifice, la reconstruction de la toiture, la consolidation des murs et la restauration des éléments intérieurs, notamment le mihrab. Au-delà de la simple réhabilitation, le projet ambitionne de redonner vie au site en permettant la reprise du culte, mais aussi en développant des activités pédagogiques et culturelles.

En effet, Antana-Bé possède un fort potentiel éducatif, notamment grâce à sa situation exceptionnelle au cœur d’écosystèmes littoraux variés. Des actions de sensibilisation à l’environnement et au patrimoine pourraient y être organisées.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large portée par la Mission Patrimoine. Selon la ministre de la Culture, Catherine Pégard, « Le Loto du patrimoine est devenu, au fil des éditions, un rendez-vous précieux pour notre mémoire collective. En participant à la sauvegarde de notre patrimoine de pierre le plus en danger, il prolonge l’engagement des territoires, des femmes et des hommes qui ne se résolvent pas à voir disparaître ces témoignages de notre histoire. Aujourd’hui, 70 % des 1 080 sites aidés depuis 2018 sont d’ores et déjà sauvés ou sur le point de l’être. »

À Antana-Bé, les travaux de la mosquée devraient s’achever en janvier 2027.

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Du debaa au hip-hop : la chorégraphe Elena Bertuzzi revient à Mayotte avec « Elévation plurielle »

Du debaa au hip-hop : la chorégraphe Elena Bertuzzi revient à Mayotte avec « Elévation plurielle »
« Elévation plurielle » est une pièce chorégraphique réalisée avec les danseurs de hip hop de l’association Feedback Crew de Chiconi

Après avoir mené à bien le projet « Mapping debaa » en 2024, la chorégraphe et anthropologue Elena Bertuzzi revient à Mayotte pour travailler sur le nouveau spectacle « Elévation plurielle », mené avec les danseurs de l’association Feedback Crew de Chiconi.

Après avoir réalisé de nombreux projets autour du debaa, et lui avoir même consacré une thèse de Doctorat en 2021, la chorégraphe et anthropologue Elena Bertuzzi a décidé de s’attaquer cette fois-ci à une tout autre forme de danse : le hip-hop. Si ce dernier est importé des Etats-Unis, il trouve un écho particulièrement fort chez les jeunes Mahorais comme en témoigne notamment l’engouement autour de l’association Hip hop Evolution ces 10 dernières années. Mais c’est toutefois une autre association qu’Elena Bertuzzi a souhaité mettre à l’honneur cette année en travaillant son projet avec les danseurs de l’association Feedback Crew de Chiconi. Se saisissant du dispositif « Danse en amateur et répertoire » du Centre National de la Danse, elle a souhaité reconstruire plusieurs extraits de l’œuvre chorégraphique « Erection » de Pierre Rigal (Compagnie « Dernière Minute », « Toulouse »). Ce solo a été créé en novembre 2003 et mis en scène par Aurélien Bory.

Elena Bertuzzi en a rédigé toute la partition chorégraphique grâce au système de cinétographie Laban, qui permet d’écrire les mouvements de danse. Tout le « challenge » est donc de transformer ce solo en une chorégraphie à plusieurs puisque la chorégraphe travaille en ce moment avec 7 danseurs de l’association Feedback Crew. « Le projet « Danse et répertoire » nous permet de reconstruire une œuvre reconnue du répertoire français en travaillant avec des danseurs amateurs », explique la professeure de danse à Paris X. « Il m’a paru intéressant de travailler un extrait « d’Erection » avec des danseurs de hip hop car Pierre Rigal était un champion d’athlétisme avant de se consacrer à la danse, son écriture chorégraphique est donc très particulière, avec un accent mis sur la puissance et la technique du saut », développe-t-elle.

Comment passer du sol à la posture debout ?

« Dans cette reconstruction, je fais partir les danseurs du sol et je leur fais explorer tous les points d’appui possibles leur permettant de de mettre debout, de s’ériger », décrit la chorégraphe, qui estime que cette thématique porte également en elle une dimension existentielle. « Comment se met-on debout ? » est en effet une question philosophique qui dépasse la simple question de la danse, même si elle permet également de mener une réflexion autour du hip hop, danse qui met en jeu beaucoup de mouvements au sol. « Au début la pièce a paru très simple aux danseurs de l’association, mais ensuite ils ont éprouvé des difficultés auxquels ils n’avaient pas pensé », s’amuse la chorégraphe. Car, pour stimuler la créativité des danseurs, elle a en effet décidé de prendre l’accompagnement musical « à contrepied ». « D’ordinaire les mouvements suivent la musique, or dans cette pièce c’est la musique qui déclenche les sons », explique-t-elle. Une manière complètement inhabituelle de marier mouvements et musique, qui a obligé les danseurs à sortir de « leur zone de confort » pour explorer d’autres voies créatives. Cette création possède également une dimension audiovisuelle avec laquelle les danseurs doivent composer.

Le choix des danseurs amateurs de l’association Feedback Crew s’inscrit également dans l’ambition d’Elena Bertuzzi d’accompagner la professionnalisation et l’accès à l’autonomie des compagnies de danse de Mayotte moins « mises en avant » et connues qu’Hip hop Evolution. S’il s’inscrit dans le cadre d’un dispositif du Centre National de la Danse, ce projet est néanmoins porté par l’association parisienne « Les Piémontés » et collabore à Mayotte avec l’association culturelle Hippocampus. Nécessitant un dispositif technique complexe, il est financé par la Fondation de France et la DAC de Mayotte.

Grâce à un autre partenariat avec le Rectorat de Mayotte, les élèves de l’île auront également la chance de pouvoir assister à ce spectacle puisqu’une représentation à leur destination est donnée à l’issue de chaque répétition au sein des établissements scolaires. Le grand public pourra quant à lui assister à plusieurs représentations de ce spectacle à partir du 25 avril prochain (voir encadré).

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Les représentations « tout public » de « Elévation Plurielle »

  • Le 25 avril à la MJC de Kani-Kéli à 19 h
  • Le 3 mai au restaurant Le M’haju à Musicale plage (Bandrélé) à 20 h 30 (« érection » et d’autres chorégraphies)
  • Le 13 mai à l’auditorium de l’université de Dembeni à 14 h

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Un retard d’équipements sportifs qui interroge l’avenir du sport local

Un retard d’équipements sportifs qui interroge l’avenir du sport local

À l’heure où les politiques publiques affichent l’ambition de démocratiser la pratique sportive sur tout le territoire, la situation de Mayotte continue de mettre en lumière un défi structurel majeur : le manque d’infrastructures adaptées. En déplacement sur l’île, la présidente du Comité National Olympique et Sportif Français a dressé un constat sans détour, entre urgence de rattrapage et nécessité de repenser la qualité des équipements.

Ce mercredi 15 avril, Amélie Oudéa-Castéra a parcouru plusieurs sites sportifs du territoire, notamment dans les zones du Grand Mamoudzou et de Dembéni. L’objectif de cette visite était clair : évaluer l’état réel des infrastructures sportives et mesurer l’écart entre les besoins de la population et l’offre existante.

Sur le terrain, le constat s’impose rapidement. Entre équipements vieillissants, infrastructures insuffisantes et projets en attente de financement, les acteurs locaux du sport décrivent une situation tendue, où la pratique sportive dépend encore trop souvent de conditions précaires.

La présidente du Comité National Olympique et Sportif Français a notamment insisté sur l’impact des événements climatiques récents et sur la vétusté générale des installations, soulignant que la question des équipements n’est plus seulement quantitative, mais aussi qualitative.

Dembéni, symbole des attentes locales

L’un des temps forts de la visite s’est déroulé sur le chantier du futur gymnase de Dembéni, dans le village d’Iloni. Ce projet est perçu comme un élément structurant pour le développement du sport dans la région.

Aux côtés des représentants des communes, du rectorat et du mouvement sportif local, les échanges ont mis en évidence une attente forte : disposer d’infrastructures modernes, fonctionnelles et adaptées à tous les publics.

Les acteurs locaux insistent notamment sur un changement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de construire davantage, mais de construire mieux. Vestiaires, sanitaires, espaces annexes et sécurité deviennent des critères essentiels dans la conception des futurs équipements.

Selon les responsables du mouvement sportif mahorais, la priorité n’est plus uniquement d’augmenter le nombre de terrains disponibles, mais de garantir des installations complètes et durables. Cette évolution est jugée indispensable pour accompagner la montée en puissance de la pratique sportive chez les jeunes.

Dans cette dynamique, le président du comité régional olympique et sportif de Mayotte rappelle que les infrastructures doivent désormais répondre aux standards actuels, afin de permettre un véritable accès au sport pour tous, dans des conditions dignes et sécurisées.

Une visite qui s’inscrit dans une stratégie plus large

Au-delà du constat, cette mission s’inscrit dans une démarche plus globale liée aux dispositifs de reconstruction et de refondation du territoire. Les discussions ont notamment porté sur la possibilité d’intégrer davantage les projets sportifs dans les programmes de financement en cours.

L’enjeu est de taille : faire du sport un véritable levier de cohésion sociale et d’éducation, dans un territoire où la jeunesse représente une part importante de la population.

Une continuité de la visite sur le terrain

La visite de la présidente du CNOSF ne s’arrête pas là. Elle doit se poursuivre ce jeudi 16 avril avec de nouveaux déplacements, notamment au gymnase de Kawéni et au plateau de tennis de Majicavo Koropa.

Une rencontre avec le président de l’Assemblée de Mayotte est également prévue, confirmant que la question des infrastructures sportives s’inscrit désormais au cœur des discussions institutionnelles.

Au-delà des annonces et des visites officielles, cette séquence met en lumière une réalité plus profonde : celle des inégalités d’accès aux équipements sportifs sur le territoire français. À Mayotte, où la demande est forte et la jeunesse nombreuse, le sport apparaît plus que jamais comme un enjeu social, éducatif et territorial.

Entre urgence de rattrapage et ambition de modernisation, l’île se trouve à un tournant décisif pour l’avenir de sa politique sportive.

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Foundi Madi, faiseur de vanille médaillé d’or

Foundi Madi, faiseur de vanille médaillé d’or
Foundi Madi transforme chaque visite en véritable leçon de vie en prenant le temps d’expliquer chaque pied de vanille.

Médaillé d’or au Salon de l’agriculture pour son savoir-faire dans la culture de la vanille, Foundi Madi, originaire de Tsingoni, possède plus de 50 ans d’expérience. Passionné, il défend la transmission de son métier, convaincu que partager son savoir est essentiel pour préserver la filière mahoraise.

Kofia sur la tête, chombo à la main, c’est à l’ombre d’un arbre à pain que Foundi Madi nous accueille. Regard perçant, barbe taillée, l’homme semble incarner la sagesse. Sur ses terres de Tsingoni, qu’il partage avec son épouse, il cultive bien plus que de la vanille : une philosophie de vie fondée sur le partage.

Lors du Salon de l’agriculture en février dernier, Foundi Madi a été lauréat de la médaille d’or au concours agricole organisé par le ministère de l’Agriculture. Une distinction qui relève de l’évidence pour son association. « Pour nous, c’est logique », confie Julie, coordinatrice de Saveurs et Senteurs de Mayotte, une association dont Foundi est adhérent et qui l’accompagne dans la structuration de sa filière. Elle souligne son engagement sans faille : « Il transmet toujours avec la même énergie et la même passion. »

Une vie dédiée à la terre

Sur sa plantation, le temps semble suspendu, l’homme ne tient pas en place. Ici, tout est affaire de patience et d’attention. « La vanille, c’est une liane. Elle peut pousser à partir d’un pied, mais elle demande un entretien constant », explique-t-il. Depuis plus de cinquante ans, il cultive la terre avec passion, sans jamais se lasser. « Ce n’est pas non plus fait pour les jeunes : il faut être délicat pour la polliniser. »

Le malavouni, pour lui, est un véritable lieu de vie. Un endroit où il a rencontré son épouse, et où il vient encore se réfugier lorsque les soucis s’accumulent. Il évoque aussi une époque révolue, où il fallait prouver sa valeur en coupant du bois à la hache pour être digne de se marier. « À l’époque, tu étais un homme quand tu avais un champ et des vivres. » Une époque où l’agriculture était vivrière et non encore tournée vers la professionnalisation.

Transmettre pour préserver

Foundi Madi défend une conviction simple : « Il faut d’abord donner », insiste-t-il. Une valeur qui, selon lui, tend aujourd’hui à disparaître. « Si je donne, la personne est contente. C’est une logique simple, presque mathématique. » Une générosité débordante, que souligne Julie avec humour : « Il donne tellement que parfois, ça ne rentre même pas dans les caisses de l’association. »

Témoin du temps qui passe, l’agriculteur a connu des périodes difficiles. Après le passage du cyclone Chido, il a tout perdu. « Mais je suis un cultivateur : c’est normal pour moi de revenir ici. Chaque année m’encourage à continuer », affirme-t-il.

Aujourd’hui encore, il tente de transmettre aux plus jeunes. À ses petits-enfants, il montre concrètement ce que peut rapporter le travail de la terre. La veille, il accueillait d’ailleurs une classe de première du lycée de Sada, une commune dans laquelle il a été scolarisé.

Engagé dans le développement de la filière vanille mahoraise, Foundi Madi participe désormais aux réflexions sur son avenir : structuration, valorisation, exploitation. Un engagement qu’il vit comme une reconnaissance. « Grâce à leur soutien, c’est encourageant », confie-t-il. Lui qui souhaite se développer de manière collective.

Car au fond, son combat dépasse la simple agriculture. « Je fais quelque chose que tout le monde aime, quelque chose de primordial et indispensable à notre vie », conclut-il.

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Comores : retour des files d’attente dans les stations-service

Comores : retour des files d’attente dans les stations-service

Le pays a réceptionné, le 21 mars, une cargaison de carburant qui avait permis de résorber les files d’attente. Mais le branle-bas se fait à nouveau ressentir, faisant craindre une hausse des prix des transports en commun, selon certains chauffeurs.

La Société comorienne des hydrocarbures (SCH) est-elle rattrapée par la crise énergétique qui frappe le monde, en raison des tensions entre les États-Unis et l’Iran ? Depuis mardi, les stations-service de Moroni, la capitale de l’Union des Comores, sont prises d’assaut. Vers 17 h, certaines stations avaient déjà fermé, tandis que celles qui vendaient encore le précieux liquide étaient presque inaccessibles.

C’est le cas de la célèbre station Bonzami, située au sud de la ville, près du Palais du peuple. Ce mardi, toutes les artères y menant étaient presque obstruées par des embouteillages, alors qu’il n’était que 18 h, une heure où la circulation est habituellement fluide. Mais ce 14 avril, seuls les automobilistes connaissant les ruelles de la zone parvenaient à s’en sortir, en empruntant des chemins non bitumés pour échapper aux cortèges de véhicules.

Pourtant, du côté du fournisseur national de produits pétroliers, le discours se veut rassurant. Dans une courte vidéo publiée sur la page Facebook de la société publique, le conseiller chargé des relations publiques, Soudjay Kifia, rejoue la même scène que le mois dernier, lorsque le pays suffoquait. Il appelle une nouvelle fois la population à ne pas paniquer, affirmant que le carburant est disponible.

Pas de pénurie

« Depuis mardi, nous avons constaté de longues files d’attente devant les stations-service, ce qui laisse entendre que la Société des hydrocarbures ne dispose pas de carburant. À ce propos, votre entreprise insiste et vous rassure : il n’y a aucune pénurie. Il faut savoir que le gouvernement suit de près l’évolution de la conjoncture mondiale actuelle et veille à ce que la société soit ravitaillée. Nous vous invitons à ne pas faire de stock à domicile. N’oublions pas que nous avons réceptionné une cargaison il n’y a pas longtemps. Pourquoi ces files d’attente ? », s’interroge Kifia.

Mais cette déclaration ne rassure pas les automobilistes. Ce mercredi encore, les files d’attente étaient au rendez-vous. Les forces de l’ordre ont été déployées pour gérer la circulation dans les zones où les stations sont ravitaillées.

Toutefois, au nord de la capitale, même les axes routiers habituellement très fréquentés étaient déserts, hier à 12 h, une heure pourtant de forte affluence, coïncidant avec la pause administrative et la sortie des élèves.

Dans certaines communes, seuls deux véhicules assuraient le transport en commun ce mercredi. « Aujourd’hui, seuls Ramo et moi sommes en mesure de travailler. J’ai un ami dans une station qui m’aide à me ravitailler si je lui remets un bidon », confie Moussa, chauffeur d’une Opel Zafira sur la ligne Moroni-Hambou.

Himid, un autre chauffeur de taxi urbain, a pu constituer un stock : « Mon patron m’a remis de l’argent mardi soir. J’ai acheté 100 litres. Au moins, je suis tranquille pendant dix jours », se réjouit cet homme de 47 ans.

La prochaine cargaison est attendue d’ici le 26 avril. Toutefois, des rumeurs de hausse des prix à la pompe alimentent les discussions dans les transports en commun. Certains chauffeurs menacent de répercuter toute augmentation sur les passagers.

Sur l’île de Mohéli, les jours de ravitaillement riment également avec files d’attente, selon des témoignages recueillis. « Le fournisseur national ne livre pas l’essence ou le gazole le même jour dans toutes les stations. Les motos n’ont droit qu’à 4 litres, contre 20 pour les véhicules. Souvent, lorsqu’une station reçoit 2 000 litres, elle en réserve la moitié à sa clientèle, ce qui ne permet pas de résorber les pénuries », observe une source, qui précise que le pétrole lampant n’est pas disponible régulièrement, poussant certains revendeurs à augmenter les prix.

Revoir la loi de finances

À Anjouan, la gestion du ravitaillement en carburant est elle aussi loin d’être irréprochable, et pas seulement ces derniers jours. Selon certaines analyses, cette situation était prévisible.

Dans un document publié la semaine dernière, le parti Ushe avait alerté que, malgré la constitution d’un stock de deux mois (14 555 tonnes métriques de carburant), le pays ne serait pas épargné.

« Les prix de l’énergie sont déjà en hausse sur douze mois, notamment en haute saison. Chaque baril importé via le Golfe subit la même pression sur le fret que le riz. Nous demandons au gouvernement de revoir en urgence les prévisions de la loi de finances 2026, qui prévoient une hausse des taxes sur les produits de première nécessité », indique le communiqué du parti, qui appelle également l’État à réduire son train de vie.

Reste à savoir si ces recommandations seront entendues. Résignée, la population continue de subir les flambées des prix, comme toujours.

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Complémentaire santé solidaire : une campagne de terrain pour faire connaître un droit encore trop ignoré à Mayotte

Complémentaire santé solidaire : une campagne de terrain pour faire connaître un droit encore trop ignoré à Mayotte
© CSSM

La Caisse de sécurité sociale de Mayotte lance une opération de sensibilisation de trois jours afin de mieux faire connaître la Complémentaire santé solidaire (C2S), un dispositif encore largement méconnu par une partie de la population. Déployée depuis janvier 2024 sur le territoire, cette aide essentielle permet pourtant à de nombreux foyers d’accéder à une couverture santé élargie, parfois gratuitement ou pour moins d’un euro par jour et par personne.

La campagne débute ce mardi et se tient à Sada, Majicavo Lamir ainsi qu’à la mission sociale de Kavani, à Mamoudzou. L’objectif est clair : aller directement à la rencontre des assurés pour les informer, les accompagner et lever les freins administratifs qui empêchent encore beaucoup de potentiels bénéficiaires d’en profiter.

Car sur le terrain, le constat est sans appel. « Nous avons du mal à atteindre les potentiels bénéficiaires alors que nous en avons énormément », déplore Zelda Abdou, technicienne de prestation mobilisée pour l’occasion. En cause, un manque d’information persistant : « Ils ne savent toujours pas ce que c’est », insiste-t-elle, soulignant la nécessité de multiplier les actions de proximité.

La C2S remplace les anciens dispositifs CMU-C et ACS, avec une couverture plus complète. Elle inclut notamment le panier de soins “100 % santé”, permettant une prise en charge intégrale de certains soins en optique, dentaire et audiologie. Autre avantage majeur : elle couvre l’ensemble des membres du foyer et permet de se faire soigner partout en France sans avancer de frais, comme en métropole.

Accessible sous conditions de ressources et selon la composition du foyer, cette complémentaire représente un levier important pour améliorer l’accès aux soins à Mayotte. À travers cette campagne, la Caisse de sécurité sociale espère donc réduire les inégalités d’accès à la santé en informant directement les habitants sur leurs droits et les démarches à suivre.

Vidéo truquée à Mayotte : la préfecture alerte sur une dangereuse campagne de désinformation

Vidéo truquée à Mayotte : la préfecture alerte sur une dangereuse campagne de désinformation
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La préfecture de Mayotte tire la sonnette d’alarme après la diffusion, sur le réseau social Facebook, d’une vidéo fabriquée à l’aide de technologies d’intelligence artificielle. Ce contenu, jugé trompeur, met en scène des forces de l’ordre prétendument en train de tirer sur des habitations, une situation que les autorités démentent fermement.

Dans un communiqué publié ce mardi, la préfecture affirme avoir formellement identifié cette vidéo comme étant « entièrement fausse ». Elle dénonce une tentative délibérée de manipulation visant à discréditer l’action des forces de sécurité et à fragiliser la confiance de la population envers les institutions républicaines. Selon les autorités, cette diffusion s’inscrit dans une « manœuvre de désinformation » aux conséquences potentiellement graves.

Les services de l’État mettent en garde contre les effets d’un tel contenu, qui pourrait semer la peur, induire la population en erreur et attiser les tensions sur le territoire. Une situation jugée d’autant plus préoccupante qu’elle mettrait en danger à la fois les habitants et les agents mobilisés pour assurer la sécurité publique.

La préfecture rappelle également que la création et la diffusion de contenus falsifiés ou mensongers peuvent constituer des infractions pénales. À ce titre, les autorités compétentes ont été saisies afin d’identifier les auteurs de cette publication et de prendre les mesures nécessaires pour les sanctionner.

Face à la multiplication de contenus manipulés par intelligence artificielle, les autorités appellent à la vigilance et invitent la population à vérifier les sources avant de relayer toute information sensible.

Une conférence sur la construction hors site au cœur des enjeux de reconstruction

Une conférence sur la construction hors site au cœur des enjeux de reconstruction
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Dans le cadre de la dynamique engagée pour la reconstruction et le développement durable de Mayotte, l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRD Mayotte) organise une conférence dédiée à la maîtrise d’ouvrage et à la construction hors site. L’événement se tiendra le jeudi 16 avril 2026, de 8h30 à 13h30, à la Technopole de Mayotte.

Organisée en partenariat avec le Département-Région de Mayotte et l’Association Filière Hors Site France, cette rencontre réunira les principaux acteurs institutionnels et économiques impliqués dans les projets de reconstruction du territoire.

L’objectif est de partager les retours d’expérience et les pratiques liées aux nouveaux modes constructifs hors site, mais aussi d’identifier les opportunités qu’ils représentent pour Mayotte. Les échanges devront également permettre d’ouvrir une réflexion sur la place que pourrait occuper ce mode de construction dans les prochaines années, en lien avec les besoins et contraintes des acteurs locaux, dans la continuité des travaux menés au sein du comité de filière BTP.

La conférence s’inscrit ainsi comme un temps de travail et de concertation autour des solutions innovantes susceptibles d’accompagner les chantiers de reconstruction du territoire.

Les organisateurs invitent les participants à confirmer leur présence en amont de l’événement. En raison du nombre limité de places de stationnement sur le site de la Technopole, le covoiturage est recommandé.

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