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Manifestation du personnel de l’Éducation nationale : « Ils ne réclament pas grand-chose, juste la reconnaissance du rectorat ! »

Manifestation du personnel de l’Éducation nationale : « Ils ne réclament pas grand-chose, juste la reconnaissance du rectorat ! »

Le dialogue est devenu impossible entre la rectrice de Mayotte et une partie de son personnel, les Équipes mobiles de sécurité (EMS). Dans la rue depuis bientôt un mois, ces agents n’ont aucune perspective de voir aboutir leur demande de reconnaissance de la pénibilité de leur travail. Entre le marteau et l’enclume, ils demeurent en première ligne, avec l’obligation d’éteindre les incendies de violence provoqués par les voyous qui terrorisent les collégiens et lycéens mahorais à la sortie des établissements scolaires, avant même que les forces de l’ordre puissent se déployer pour prendre le relais.

Le public a pu croire que le mouvement s’était essoufflé. Que nenni ! Les manifestants sont toujours là, battant quotidiennement le pavé au cœur de Mamoudzou. Les Équipes mobiles de sécurité continuent de manifester chaque jour dans les rues du chef-lieu sans, pour l’instant, parvenir à se faire entendre de la nouvelle rectrice de Mayotte.

« C’est simple, elle reste sourde à chacune de nos demandes », clame aux journalistes l’une des grévistes qui déambule au milieu de ses collègues autour du rond-point Zéna M’Déré, en face de la gare maritime de Mamoudzou, sur fond de salegy, une danse malgache très appréciée des Mahorais.

D’un jour à l’autre, les rangs des manifestants peuvent sensiblement grossir jusqu’à approcher le millier de personnes.

« Vous voyez, notre nombre importe peu. La rectrice n’en a rien à faire. C’est du jamais-vu dans la mémoire du personnel de l’Éducation nationale à Mayotte. Dans le passé, nous pensions avoir tout vu, mais force est de constater que nous nous trompions : le pire nous attendait en 2026. »

La manifestante, un peu trop bavarde au goût de ses camarades, est rapidement rappelée à l’ordre : la communication relève exclusivement des représentants syndicaux dûment désignés.

De fil en aiguille, nous sommes finalement orientés vers Rivo Rakokotomalala, l’un des leaders du syndicat SNUipp-FSU. Très décontracté, le sourire aux lèvres, il se tient au milieu de ses troupes, rappelant à chacun la nécessité de respecter les règles encadrant le droit de manifester sur la voie publique.

Alors qu’il prépare le départ du cortège vers la rue du Commerce, il accepte de faire le point avec la presse locale après plusieurs semaines de mobilisation.

« Nous avons un mouvement fort, pour ne pas dire très fort ! Dans une académie qui fonctionne normalement, face à un mouvement de cette ampleur et aux perturbations qu’il engendre, on cherche à trouver une issue. Aujourd’hui, nous estimons ne pas être dans une académie normale. Il faut savoir que les personnes qui défilent sous nos yeux sont parmi les plus mal loties de l’académie de Mayotte. Certaines s’estiment déjà privilégiées lorsqu’elles perçoivent plus de 2 000 euros par mois, alors que les enseignants gagnent souvent plus de 1 000 euros supplémentaires. »

Un blocage de la rectrice que les parents d’élèves ne s’expliquent pas

Pour Rivo Rakokotomalala, les revendications sont pourtant modestes : « Ils ne réclament pas grand-chose, juste de la reconnaissance à travers un statut ou une indemnité. »

Le syndicaliste explique que, dans une situation normale, les agents contractuels voient leur situation évoluer après trois années d’exercice, notamment sur le plan salarial. « Même cela leur est refusé par la rectrice. »

Selon lui, cette revendication ne mettrait nullement en péril les finances du rectorat de Mayotte, d’autant plus que le mouvement a déjà eu des conséquences importantes : entre sept et huit établissements scolaires de l’île n’ont pas pu ouvrir leurs portes.

« On semble se désintéresser totalement de leur situation comme de celle des établissements qui ferment. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il suffit de multiplier ces sept ou huit établissements par 1 500 ou 2 000 élèves. Vous obtenez une estimation du nombre de jeunes directement concernés sur le terrain. »

Une contradiction majeure ressort de ce dossier. D’après les syndicats, le rectorat reconnaît l’utilité de ces personnels tout en leur refusant la moindre reconnaissance statutaire.

« Il faut savoir que le statut qu’ils réclament n’existe pas à l’échelle nationale. Pourtant, les EMS sont quotidiennement aux avant-postes dans les collèges et les lycées. Ce sont eux qui interviennent en premier lorsque surviennent des incidents. Il est donc logique qu’ils rappellent que leur mission comporte des risques et qu’elle mérite d’être compensée par des avantages adaptés, quelle qu’en soit la forme. La rectrice leur répond que ce n’est pas possible. Selon elle, ils ne sont pas censés être exposés puisque les forces de l’ordre interviennent en cas de débordement. »

Un argument que les syndicats rejettent catégoriquement. Selon eux, le temps nécessaire au déploiement des forces de l’ordre laisse les EMS seuls face aux situations de crise, les contraignant à intervenir en première ligne.

Face à cette situation aussi inattendue qu’inhabituelle, de nombreuses familles mahoraises s’interrogent sur les raisons qui poussent le rectorat de Mayotte à camper sur ses positions au point de rendre le dialogue social impossible avec ces agents.

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Au large de Mayotte, deux naufrages de kwassas en moins de 48 heures

Au large de Mayotte, deux naufrages de kwassas en moins de 48 heures

L’embarcation a tourné plusieurs fois sur elle-même avant de chavirer. Le chiffre de 14 naufragés est avancé. Une femme prise de convulsions et son bébé ont bénéficié de soins médicaux. Aucune information officielle n’a été donnée quant à ce qu’ils sont devenus. Il s’agit de la deuxième embarcation à chavirer en moins de 48 heures à proximité de la barrière de corail.

Une embarcation de type kwassa-kwassa aurait chaviré aux environs de 21 heures mercredi soir, au large de la barrière de corail, du côté des Badamiers à Labattoir. Les informations dont dispose la rédaction de Flash Info indiquent la présence de 14 personnes à bord de cette barque en provenance de l’île comorienne d’Anjouan.

C’est une patrouille aérienne qui l’aurait repérée en premier et signalée au poste de commandement de la Marine nationale situé sur le rocher de Dzaoudzi. La « Daruba », un intercepteur de la gendarmerie, aurait ensuite été envoyée sur zone afin de procéder à son arraisonnement.

Selon une source bien informée, le kwassa aurait été repéré visuellement à 5 000 mètres nautiques en dehors du lagon. À l’inverse du reste de Mayotte, la Petite-Terre forme un ensemble avec la barrière de corail et, à cette période de l’année, les passeurs affectionnent particulièrement cette zone pour débarquer en raison de courants marins favorables.

Selon notre source, une fois à proximité du kwassa, l’équipage aurait ordonné au conducteur de l’embarcation de couper son moteur. Mais, en guise de réponse, ils l’auraient vu tourner sur lui-même pendant quelques instants avant de chavirer. Tout laisserait penser qu’à cet instant précis, un individu autre que le passeur se trouvait aux commandes du kwassa, ce qui expliquerait son incapacité à maîtriser les mouvements de l’embarcation.

L’ensemble des occupants aurait été repêché par les gendarmes. Parmi eux se trouvaient une femme et un bébé, qui auraient fait l’objet d’une prise en charge médicale à leur arrivée sur la terre ferme. La femme aurait notamment été victime de convulsions.

Pour l’heure, les autorités n’ont fourni aucune information relative à l’état de santé de cette femme prise en charge médicalement ni à celui de son enfant.

Ce naufrage fait suite à un autre accident maritime du même type survenu moins de 48 heures auparavant, toujours hors du lagon, du côté de Koungou, non loin des Badamiers. Il concernait 11 personnes découvertes fortuitement par une patrouille de la Police aux frontières (PAF) à l’aube, vers 5 h 20.

Le pilote de la vedette aurait repéré un écho sur son radar et, en s’approchant de la zone, aurait entendu des appels au secours. Onze personnes auraient alors été secourues. Elles se seraient agrippées à leur embarcation après son chavirement hors du lagon. Portées par les courants, elles auraient réussi tant bien que mal à pénétrer à l’intérieur du lagon, ce qui aurait contribué à leur sauver la vie.

Leurs deux passeurs les auraient abandonnées à leur sort et auraient nagé vers le rivage sans laisser de traces.

À l’approche des vacances d’été, les drames de ce genre sont fréquents entre Anjouan et Mayotte, sans jamais parvenir à décourager les candidats à la migration clandestine, dans un contexte que certains qualifient de passivité complice des autorités de l’Union des Comores.

Rackets et trafics de toutes sortes prolifèrent à cette période de l’année, faisant le bonheur des bandes criminelles et des trafiquants d’êtres humains. Les mêmes n’hésitent pourtant pas à dénoncer les dangers de ce bras de mer meurtrier de 70 kilomètres séparant Anjouan de Mayotte.

Les réseaux sont si profondément imbriqués dans la société comorienne que différentes couches de la population tireraient profit de ce commerce macabre, au point que les plus hautes autorités de l’Union des Comores ne verraient aucun intérêt à y mettre un terme.

Dès qu’un réseau est démantelé, un autre prendrait aussitôt sa place, bénéficiant des protections nécessaires pour asseoir son activité criminelle. Lorsque ce n’est pas l’armée comorienne qui le protège, ce serait la police, avec des soutiens jusque dans les plus hautes sphères du ministère comorien de l’Intérieur, selon certaines publications de la presse indépendante de l’archipel.

D’ici à la fin de l’hiver austral, le pire est peut-être encore à venir.

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Forum des Jeunes Médecins : Mayotte accueille pour la première fois les futurs praticiens de l’océan Indien

Forum des Jeunes Médecins : Mayotte accueille pour la première fois les futurs praticiens de l’océan Indien

Quarante internes et jeunes médecins, venus principalement de La Réunion, ont passé trois jours à Mayotte, du 10 au 12 juin, à la découverte du système de santé mahorais. Cette première édition du Forum des Jeunes Médecins de l’Océan Indien à Mayotte est organisée dans un contexte de pénurie médicale : l’île demeure le plus grand désert médical de France.

La première édition mahoraise du Forum des Jeunes Médecins de l’Océan Indien s’est tenue du 10 au 12 juin, à l’initiative du Collège des Généralistes Enseignants de l’Océan Indien (CGEOI). L’événement existait déjà à La Réunion, mais c’est la première fois qu’il se déroule sur le sol mahorais.

Le calendrier n’est pas anodin. Les études de médecine générale viennent d’être allongées d’une quatrième année d’internat, faisant des généralistes des spécialistes à part entière. L’objectif du forum est d’orienter ces « docteurs juniors » vers Mayotte, de créer un lien concret avec le territoire et de susciter des installations durables. La subdivision universitaire étant commune à La Réunion et à Mayotte, ces internes gravitent déjà dans l’orbite mahoraise.

Cette deuxième journée s’est déroulée à l’université de Dembéni. Les participants ont été informés du fonctionnement de la Sécurité sociale à Mayotte, de la situation sanitaire de l’île, des différents acteurs du secteur, des budgets ainsi que des aides disponibles. Les intervenants ont insisté sur la nécessité, pour les patients, d’être à jour de leurs droits et de disposer d’une carte Vitale valide afin d’être correctement couverts.

Lors de la première journée, le 10 juin, les participants ont été invités à visiter les établissements de santé de l’île, d’abord sur Grande-Terre, avant de rejoindre Petite-Terre le 12 juin. Répartis en groupes, ils ont visité des cabinets médicaux, des dispensaires et des centres médicaux de référence (CMR).

Clémence Regazzoni, interne en dermatologie à La Réunion, raconte : « Mon groupe est allé au dispensaire de Jacaranda. Comparé à La Réunion, il y a énormément de patients. Mais l’organisation était au rendez-vous : il y avait un interprète dans chaque box. On voit bien que les établissements sont préparés à recevoir les patients non régularisés. En tant que médecin, je constate la nécessité médicale de Mayotte. »

Zélie Polard, interne en médecine d’urgence à La Réunion, explique :

« C’était intéressant de voir la différence entre ce que l’on imagine et la réalité du terrain. Le matériel est de qualité, il existe des aides à l’installation, ainsi que des secrétaires et des infirmiers mahorais qui assurent la traduction. C’est mieux que ce que j’imaginais et cela permet de se projeter dans une éventuelle installation à Mayotte. »

Ces impressions de terrain s’inscrivent dans un contexte médical particulièrement tendu. D’après l’ARS, Mayotte compte entre 39 et 55 médecins pour 100 000 habitants, contre 147 en moyenne nationale et 141 à La Réunion. Près de 32,3 % des professionnels de santé sont concentrés à Mamoudzou et l’ensemble du territoire est classé en zone prioritaire dans le cadre du pacte national de lutte contre les déserts médicaux de 2025.

Le système de santé s’organise autour du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM), avec un hôpital central, quatre centres médicaux de référence et un réseau de centres de consultation répartis sur l’ensemble de l’île. Un rapport de la Cour des comptes publié en 2020, portant sur les exercices 2015 à 2019, indiquait que la moitié des personnels médicaux étaient contractuels, dont 60 % pour une durée inférieure à trois mois.

En juillet 2025, six décrets du plan « Mayotte Debout » ont revalorisé les indemnités des praticiens hospitaliers et créé des primes destinées aux sages-femmes et aux professionnels paramédicaux exerçant dans des secteurs en tension. Des maisons de santé pluriprofessionnelles émergent progressivement, tandis que la loi de refondation de Mayotte, adoptée en commission en juin 2025, prévoit d’accélérer cette dynamique.

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Le football féminin à Mayotte : une discipline en pleine ascension malgré les défis

Le football féminin à Mayotte : une discipline en pleine ascension malgré les défis

De plus en plus de jeunes mahoraises choisissent le football comme passion et comme ambition. Entre progrès, obstacles et espoir, le football féminin s’impose progressivement dans le paysage sportif de l’île.

Pendant de nombreuses années, le football à Mayotte a été considéré comme une pratique essentiellement masculine. Aujourd’hui, cette image évolue. Dans plusieurs communes de l’île, de nombreuses jeunes filles rejoignent les clubs et participent régulièrement aux entraînements et aux compétitions. Cette progression témoigne d’une ouverture des mentalités et d’une volonté de donner aux femmes une place plus importante dans le sport.

Pour les familles et les éducateurs, le football est aussi un moyen de transmettre des valeurs telles que le respect, la solidarité, la discipline et le goût de l’effort. Il contribue à l’épanouissement personnel des joueuses tout en renforçant leur confiance en elles.

Des compétitions de plus en plus structurées

La pratique du football féminin s’organise progressivement grâce aux compétitions mises en place par la Ligue Mahoraise de Football. Championnats, coupes et tournois permettent aux équipes de se confronter dans un cadre officiel et d’acquérir de l’expérience.

Ces rencontres attirent un public de plus en plus nombreux et démontrent que le football féminin suscite un véritable intérêt. Les clubs investissent également dans la formation des jeunes afin de préparer la relève et de permettre aux meilleures joueuses d’accéder à un niveau supérieur.

Des moyens encore insuffisants

Malgré cette dynamique, les difficultés restent nombreuses. Les clubs disposent souvent de budgets limités et doivent partager les installations sportives avec les équipes masculines. Les créneaux d’entraînement sont parfois insuffisants et le matériel manque dans certaines structures.

Le manque de visibilité médiatique constitue également un frein. Les performances des équipes féminines sont moins relayées que celles des hommes, ce qui réduit les possibilités de trouver des partenaires financiers ou des sponsors. Les responsables sportifs estiment qu’un soutien plus important permettrait d’accélérer le développement de la discipline.

Un véritable enjeu social

Au-delà des résultats sportifs, le football féminin joue un rôle important dans la société mahoraise. Il favorise l’émancipation des jeunes filles, encourage leur autonomie et leur apprend à travailler en équipe. Pour beaucoup, le terrain de football devient un espace où elles peuvent s’exprimer, se dépasser et construire des projets d’avenir.

Les établissements scolaires, les associations et les collectivités multiplient les initiatives pour promouvoir la pratique féminine. Des journées de découverte et des tournois sont régulièrement organisés afin d’encourager les plus jeunes à pratiquer ce sport.

Des ambitions pour l’avenir

Les acteurs du football mahorais souhaitent désormais franchir une nouvelle étape. Ils appellent à davantage d’investissements dans les infrastructures, la formation des éducateurs et l’accompagnement des clubs. Une meilleure médiatisation permettrait également de valoriser les performances des joueuses et d’attirer de nouveaux partenaires.

À long terme, l’objectif est de permettre aux meilleures footballeuses de représenter Mayotte dans des compétitions régionales et nationales, tout en faisant du football féminin un sport reconnu et accessible à toutes.

Une passion qui ne cesse de grandir

Malgré les obstacles, le football féminin à Mayotte poursuit son développement grâce à la détermination des joueuses, des entraîneurs et des bénévoles. Plus qu’une simple activité sportive, il est devenu un symbole d’égalité des chances et d’engagement. Chaque match, chaque entraînement et chaque victoire contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport mahorais et à inspirer les générations futures.

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Comores : l’interdiction d’écrire imposée à un célèbre journaliste suscite la controverse

Comores : l’interdiction d’écrire imposée à un célèbre journaliste suscite la controverse

Le directeur de publication et le secrétaire de rédaction du quotidien La Gazette des Comores ne peuvent pas non plus quitter l’île de la Grande Comore sans autorisation préalable du magistrat instructeur. Autant de mesures jugées liberticides pour des journalistes dont le seul tort est d’avoir rédigé des articles non démentis sur la santé de Sambi.

Le directeur de publication et le secrétaire de rédaction du journal La Gazette des Comores ont été relâchés mercredi après deux jours d’audition à la gendarmerie et au parquet. El-had Saïd Omar et Toufé Maecha dorment certes chez eux, mais ils ont été mis en examen par un juge qui les a placés sous contrôle judiciaire.

Cette mesure s’accompagne de plusieurs restrictions, notamment l’interdiction faite au journaliste Toufé Maecha d’écrire des articles, quel qu’en soit le sujet, durant toute la période de l’instruction. Les deux reporters du quotidien indépendant sont également contraints d’obtenir une autorisation du juge avant de quitter l’île de la Grande Comore. Ils ne peuvent pas davantage commenter l’affaire en cours.

Depuis mercredi, leurs confrères observent ces restrictions, dont certaines sont déjà qualifiées de « liberticides ». En effet, interdire à un journaliste d’écrire revient à lui imposer une sorte de prison à ciel ouvert, dénoncent de nombreux observateurs.

Dans un communiqué, le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) a vivement dénoncé le placement sous contrôle judiciaire des journalistes de La Gazette des Comores.

« Toufé et El-had sont soumis à plusieurs restrictions. Le SNJC condamne vigoureusement l’interdiction faite au journaliste de publier ou de diffuser des articles de presse pendant toute la durée de l’instruction. Empêcher un journaliste d’écrire et de publier revient à l’empêcher d’exercer son métier », a déploré le syndicat, qui souligne qu’une telle mesure constitue une atteinte particulièrement grave à la liberté de la presse et crée un précédent préoccupant pour l’ensemble de la profession.

Publication de fausses nouvelles

Interrogé sur ces interdictions frappant les deux professionnels reconnus, le Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA), qui fait office de régulateur des médias, a indiqué suivre cette situation avec attention.

« Sans préjuger des faits, notre institution rappelle que toute mesure affectant l’exercice du journalisme doit être conforme aux dispositions légales en vigueur, dans le respect de la liberté de la presse et des garanties offertes aux professionnels des médias », a déclaré la conseillère Mariata Moussa, avant d’ajouter que le gendarme des médias reste attaché au dialogue, au droit et aux voies de recours prévues par la loi.

« Cela fait un moment que je m’interroge sur l’avenir du journalisme aux Comores, et l’arrestation de Toufé ne fait que renforcer ces inquiétudes. Je pensais que ses informations seraient démenties. Mais aujourd’hui, un journaliste d’investigation n’a plus le droit d’écrire. C’est dommage de voir le journalisme disparaître peu à peu dès lors qu’informer devient un risque », a regretté Soifia Hassani, ancienne journaliste de la télévision nationale, qui a également collaboré avec TV5 Monde.

Selon nos informations, les deux journalistes, qui doivent pointer chaque semaine, envisagent dès ce vendredi de contester l’ordonnance du juge les mettant en examen devant les juridictions compétentes.

Toufé Maecha, par ailleurs collaborateur de l’hebdomadaire Jeune Afrique, est poursuivi pour « publication et diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public, notamment le fonctionnement des institutions publiques ».

Le fondateur du quotidien La Gazette des Comores, référence de la presse indépendante de l’archipel, El-had Saïd Omar, est quant à lui mis en examen pour « complicité de publication et de diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public et le moral de la population ».

Cinq ans d’emprisonnement

Ces faits sont réprimés par l’article 497 du Code pénal révisé en 2020.

« Est puni d’un mois à cinq ans d’emprisonnement et de 1 à 2 millions de francs comoriens d’amende le fait, pour une personne, de produire, de mettre à la disposition d’autrui ou de diffuser des données de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système d’information », précise cette disposition.

Aux yeux de nombreux juristes, la décision de placer des journalistes sous contrôle judiciaire suscite également l’étonnement.

Dans une publication sur Facebook, l’avocat franco-comorien Maître Saïd Hassane Saïd Mohamed l’a expliqué :

« Le contrôle judiciaire ne peut être ordonné que s’il existe une nécessité avérée de mener une enquête. Sans réelle nécessité d’instruction, le contrôle judiciaire devient illégal, car il s’agit alors d’un détournement de procédure visant à restreindre la liberté d’une personne à laquelle on n’a peut-être pas grand-chose à reprocher », a expliqué cet avocat au barreau de Paris.

Depuis le mois de mai, Toufé Maecha livre aux lecteurs du quotidien La Gazette des Comores, grâce à ses investigations, des informations exclusives sur l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi.

Le dernier article publié le 8 juin révélait que l’ancien chef de l’État souffrait d’une ischémie cardiaque, une pathologie qui nécessiterait des examens complémentaires à l’étranger et, par conséquent, une évacuation sanitaire dont la mise en œuvre demeure incertaine.

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Mayotte la 1ère active le mode Coupe du monde

Mayotte la 1ère active le mode Coupe du monde

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. À cette occasion, Mayotte La Première diffusera une sélection de rencontres, dont huit matchs de la phase de groupes, cinq seizièmes de finale, un huitième de finale, trois quarts de finale, les deux demi-finales, le match pour la troisième place ainsi que la finale.

Le programme de diffusion de la phase de groupes débutera le dimanche 14 juin avec l’affiche Brésil – Maroc, l’occasion de revoir Neymar Jr. sur la scène mondiale. Deux jours plus tard, le mardi 16 juin, les Bleus de Didier Deschamps, finalistes de la dernière édition, feront leur entrée dans la compétition avec un choc prometteur face au Sénégal.

Le mercredi 17 juin, les téléspectateurs pourront suivre Portugal – RD Congo. La sélection portugaise s’appuiera notamment sur Vitinha, João Neves et Nuno Mendes, récemment sacrés champions d’Europe en club, ainsi que sur Cristiano Ronaldo, toujours en quête du seul trophée majeur manquant à son immense palmarès.

Le samedi 20 juin, la Mannschaft allemande donnera rendez-vous aux Éléphants de la Côte d’Ivoire. Deux jours plus tard, le 22 juin, la France affrontera l’Irak. Le mardi 23 juin, place à Angleterre – Ghana.

Le vendredi 26 juin, les regards seront tournés vers France – Norvège, avec un duel très attendu entre Kylian Mbappé et Erling Haaland. Enfin, le dimanche 28 juin, les téléspectateurs pourront suivre la rencontre entre la Colombie et le Portugal.

Mayotte La Première proposera également un débriefing après chaque rencontre, en direct sur Facebook. Une occasion pour les passionnés de football d’échanger, de réagir à l’actualité de la compétition et de partager leurs émotions, même à des milliers de kilomètres des stades.

Mayotte séduit les futurs médecins de l’océan Indien

Mayotte séduit les futurs médecins de l’océan Indien

Pour la première fois, Mayotte accueille le Forum des Jeunes Médecins de l’Océan Indien. Jusqu’au 12 juin, une quarantaine d’internes et de jeunes praticiens, majoritairement venus de La Réunion, découvrent les réalités de l’exercice médical sur le territoire à travers des visites de cabinets, de centres médicaux et de structures de soins.

L’objectif de cet événement est de faire connaître les spécificités du système de santé mahorais et d’encourager l’installation de futurs médecins sur l’île, confrontée à un déficit de praticiens. Cette immersion permet aux participants d’appréhender les besoins du territoire, les conditions d’exercice et les opportunités professionnelles offertes à Mayotte.

Le programme se poursuivra avec une journée d’échanges consacrée aux parcours d’installation et aux perspectives de carrière, avant une dernière visite de terrain à Petite-Terre le 12 juin.

Réunion publique sur le projet d’extension de la centrale de Longoni

Réunion publique sur le projet d’extension de la centrale de Longoni

Dans le cadre du projet d’extension de la centrale de production de Longoni, Électricité de Mayotte (EDM) organise une consultation publique du 8 juin au 9 septembre 2026 afin d’accompagner le renforcement de l’alimentation électrique du territoire et répondre à la hausse des besoins énergétiques.

Une réunion publique est prévue le vendredi 12 juin 2026 à 13h30 à l’IFPR (Institut de Formation Polyvalent Régional) à Longoni-Koungou. Elle permettra de présenter le projet, d’échanger avec les habitants et de recueillir leurs observations.

Cette rencontre, ouverte à tous, s’inscrit dans une démarche de concertation autour d’un projet jugé structurant pour l’avenir énergétique de Mayotte.

Deux diplômes universitaires ouverts à l’inscription et à la présentation

Deux diplômes universitaires ouverts à l’inscription et à la présentation

L’Université de Mayotte annonce l’ouverture des inscriptions pour la session 2026-2027 du Diplôme Universitaire « Valeurs de la République et Religions » (DU VRR), une formation de référence créée en 2015 et consacrée aux enjeux de laïcité, de religions et d’institutions républicaines. Elle s’adresse aux agents publics, personnels éducatifs, acteurs sociaux, responsables associatifs, étudiants et à toute personne intéressée.

En parallèle, une réunion d’information est organisée le samedi 13 juin 2026 de 9h à 10h à l’Université de Mayotte (salle 8) autour du Diplôme Universitaire « Société, Langues et Cultures de Mayotte ». Cette formation vise à mieux comprendre les réalités sociales, linguistiques, historiques et culturelles du territoire.

Ce second diplôme, accessible notamment aux enseignants, agents administratifs, étudiants et demandeurs d’emploi, propose un format majoritairement en ligne et flexible. La rencontre permettra de présenter son contenu pédagogique et d’échanger avec l’équipe de formation en présence de la responsable pédagogique.

Elles se veulent les redresseuses de torts de la France face aux Comores

Elles se veulent les redresseuses de torts de la France face aux Comores

Le foutoir absolu. Ainsi peut se résumer la situation politique qui prévaut actuellement dans l’archipel de Mayotte. L’État est accusé de manquer de volonté d’agir, le Département et les collectivités de se tromper de mission en ne répondant pas aux attentes de la population, et celle-ci de s’être fourvoyée dans ses choix électoraux. Chacun joue sa propre partition sans se concerter avec son voisin. Au temps des grandes navigations et découvertes, cela s’appelait  » la navigation à vue « .

Cent quatre-vingt-cinq ans après la prise de possession de Mayotte par la France en 1841, un sentiment prédomine : la géopolitique et la géostratégie donnent l’impression d’être plus figées que jamais. Le roi des Français, Louis-Philippe Ier d’Orléans, s’était engagé à apporter sa protection aux Mahorais contre les appétits des sultans comoriens. En 2026, on semble toujours au point mort. Pire, le flou artistique est devenu la pièce maîtresse d’un puzzle aux mille éléments dont la France elle-même ne semble plus vraiment connaître les contours.

L’ancien donneur d’ordres donne aujourd’hui l’image d’un laquais d’une dictature bananière, celle du colonel putschiste Azali Assoumani. Et la cinquième puissance militaire mondiale semble incapable de s’offusquer — à défaut d’être capable de s’imposer — face à une bande de pieds-nickelés qui sèment la terreur au sein de leur population, la maintiennent dans le sous-développement et une misère innommable depuis cinquante ans, en utilisant le choix légitime des Mahorais en faveur de l’autodétermination comme excuse à toutes leurs incuries économiques, éducatives, sanitaires, sociales et autres.

À Moroni, si Mayotte n’existait pas, les coups d’État se compteraient par mois et non par quinquennat. Qu’ils soient de Moroni, de Mitsamiouli ou de Mutsamudu, les hobereaux comoriens ont trouvé, à travers le 101e département français, le moyen de maintenir leur peuple sous un harnais criminel que les Nations unies et l’Union africaine ne se sont jamais hasardées à dénoncer.

Normal : dans cette sphère dite du  » droit international « , nous sommes en réalité dans  » Magouilles Land « , où tous les coups sont permis et toutes les compromissions également. D’où l’attitude atypique, catastrophique et désespérante de la diplomatie française, tiraillée entre le besoin de sauver son honneur et son orgueil mis à mal, et un  » à-plat-ventrisme  » — pour reprendre l’expression utilisée la semaine dernière par Estelle Youssouffa, députée de la première circonscription de Mayotte — inhabituel pour une prétendue superpuissance mondiale.

 » L’empire est à bout de souffle « , constate un jeune historien mahorais qui suit cette affaire de très près.  » Le temps de la décadence a pris le pas sur celui de la puissance militaire, politique, financière et diplomatique « , complète-t-il.

 » Ils ne sont pas meilleurs que nous ; parfois, ils pataugent complètement dans la gadoue « 

La société civile mahoraise est dans tous ses états depuis mardi, après le passage très remarqué aux Comores, la veille, de la ministre française déléguée à la Coopération et aux Partenariats internationaux, Éléonore Caroit.

Cette dernière est dans le collimateur des  » Femmes Leaders « , du  » Collectif Mayotte 2018  » et d’autres organisations locales du même type pour avoir, selon eux, fait honte à la France à Moroni, le lundi 8 juin 2026, en n’ayant pas trouvé les mots suffisants pour répondre aux propos du ministre comorien de service lors de la réunion de la COI.

On aurait pu s’y attendre : la realpolitik façon Quai d’Orsay n’est pas du goût de Mamoudzou. Les  » convenances de salon  » ne sont pas comprises par la rue, qui renvoie dos à dos Emmanuel Macron, le gouvernement, et l’ensemble de la classe politique locale — à commencer par Ben Issa Ousséni, président du Département — à l’égard desquels les amabilités de circonstance sont rares.

C’est le foutoir absolu qui s’installe dans l’opinion publique mahoraise, à une moindre échelle de ce qui se passe au niveau national.

 » Mayotte est bien française ! Et comment ! « , se satisfait de constater un cadre d’une collectivité territoriale.

 » Moqueurs comme savent l’être certains cadres des services de l’État sur le territoire, ils ne sont en réalité pas meilleurs que nous. Parfois, ils pataugent complètement dans la gadoue et sont encore plus à plaindre que leurs auxiliaires mahorais.  »

Sans doute telle est aussi l’opinion de Safina Soula, Faouzia Kordjee, Saandati Abdallah, Zakia Meresse et de tous ceux qui ont choisi de crier leur ras-le-bol hier, mercredi 10 juin 2026, en réoccupant sans préavis les abords des bureaux de la préfecture chargés des étrangers.

 » Comme à l’ancien préfet François-Xavier Bieuville, nous allons démontrer à Frédéric Poisot que Mayotte appartient d’abord aux Mahoraises et aux Mahorais avant d’être un bien commun de la Nation française « , affirme l’une des figures de ce mouvement.

 » Paris doit comprendre que nous en avons assez de ses manigances de salon. Ce n’est pas lui qui subit les conséquences de l’immigration illégale à Mayotte, en particulier celle venue des Comores. Il est inadmissible que celles et ceux qui humilient la France à Moroni, et les Mahorais par extension, s’autorisent à venir renouveler leurs documents d’identité ici, à Mamoudzou. Ils imposent une dictature féroce à leur population en lui vendant le rêve d’une Mayotte comorienne, mais détiennent tous la double nationalité franco-comorienne et perçoivent parfois des allocations sociales et familiales pendant qu’ils jouent aux dictateurs dans leur archipel « , complète-t-elle.

Elle affirme également que leurs demandes répétées de rencontrer le préfet Frédéric Poisot, transmises par l’intermédiaire de sa directrice de cabinet, seraient restées sans réponse.

 » Puisqu’il n’a pas d’amour-propre, Ben Issa Ousséni ira seul à Moroni avec ses complices, mais sans nos enfants « 

Elles dénoncent à la fois la passivité de Paris dans cette situation et  » la lâcheté générale d’une classe politique mahoraise qui se complaît dans le statu quo et n’ose pas réagir pour défendre les intérêts supérieurs de son territoire « .

Les qualificatifs sont lancés sans retenue. La principale cible demeure le président du Département, Ben Issa Ousséni, qu’elles ne semblent manifestement pas porter dans leur cœur.

Les déclarations tonitruantes du ministre comorien lors de la réunion de la COI, le lundi 8 juin 2026 à Moroni, constituent à leurs yeux un point de rupture ultime, un point de non-retour entre Mahorais et Comoriens.

 » Puisqu’il n’a pas d’amour-propre, Ben Issa Ousséni et ses complices ont décidé d’aller faire humilier Mayotte une fois de plus sur le sol comorien. L’année dernière, il nous a réunis pour nous dire qu’il nous communiquerait plus tard la position du Département concernant la participation des athlètes mahorais aux Jeux des îles de l’océan Indien à Moroni.

Nous ne sommes pas dupes. Nous avons compris qu’il n’a aucune considération à notre égard et qu’il a décidé d’y aller avec ses amis, en offrant à ceux qui nous insultent copieusement et insultent la France cinq millions d’euros dont Mayotte a pourtant tant besoin après le passage du cyclone Chido.

Nous lui disons qu’il ira seul là-bas se faire humilier, puisqu’il semble apprécier cela, mais sans nos enfants. Il est hors de question qu’ils subissent le traumatisme des Jeux des îles de l’océan Indien organisés aux Seychelles il y a un an.  »

À bon entendeur, salut !

Le mot est lâché et les tranchées sont désormais creusées. Depuis hier mercredi à la mi-journée, les accès aux services de l’immigration de la préfecture de Mamoudzou sont de nouveau occupés par un collectif regroupant trois associations de défense des intérêts de Mayotte.

Celui-ci se veut le porte-voix d’une France officielle qui aurait  » lamentablement échoué à se faire respecter par un État voyou et parasite  » — reprenant à son compte une expression utilisée la semaine dernière par la députée Estelle Youssouffa devant l’Assemblée nationale — et pour lequel il n’existerait aucune considération.

L’été s’annonce, pour le moins, compliqué à Mamoudzou.

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Les AED, AESH et EMS poursuivent la grève faute de calendrier

Les AED, AESH et EMS poursuivent la grève faute de calendrier

Réunis mardi 10 juin au rond-point de Kawéni, les personnels mobilisés de l’Éducation nationale ont décidé de poursuivre leur mouvement. Les AED, AESH et EMS sont en grève à Mayotte pour réclamer de meilleures conditions de travail, des revalorisations salariales et une véritable reconnaissance de leurs missions. Une audience s’est tenue mardi 9 juin avec la rectrice, Valérie Debuchy, mais les réponses apportées par le rectorat n’ont pas suffi à lever la mobilisation.

« On a eu une audience hier avec la rectrice. Elle nous a fait un compte rendu avec des propositions. Il y en a certaines qu’on a acceptées, mais il y en a d’autres qu’on a refusées », explique Hassani Halim Saïd, représentant syndical de Sud Éducation à Mayotte. Les syndicats ont adressé des contre-propositions au rectorat dans la foulée. « Jusqu’à maintenant, elle ne nous a pas fait de retour. On a décidé de poursuivre le mouvement parce que sur les propositions, il n’y a pas de calendrier », poursuit-il.

Pour les assistants d’éducation (AED), l’une des principales revendications porte sur le temps de travail. À Mayotte, beaucoup d’agents sont employés à mi-temps. Lorsqu’ils sont cédéisés, ce mi-temps est maintenu, ce qui les enferme durablement dans des salaires très bas. « Le salaire, c’est entre 900 et 1 100 euros à mi-temps. On a demandé que tous les AED, quand ils passent en CDI, passent à temps plein. Être à mi-temps tout le long de la carrière, ce n’est pas possible », insiste Hassani Halim Saïd.

Le rectorat propose d’examiner les possibilités d’augmentation du temps de travail, notamment par le cumul de deux contrats à 50 %. Mais pour les syndicats, cette réponse ne va pas assez loin. Ils réclament la fin des mi-temps imposés, la généralisation des temps complets, la révision régulière des salaires et le recrutement d’AED supplémentaires.

Pour les équipes mobiles de sécurité (EMS), la question est celle de la reconnaissance du risque et de la place de ces agents dans la communauté éducative. Les syndicats demandent qu’ils puissent bénéficier des primes REP et REP+, versées dans l’éducation prioritaire, ainsi qu’une prime spécifique liée aux conditions d’exercice à Mayotte. « Ce sont les premiers qui sont aux abords des établissements, qui subissent les débordements », rappelle le représentant de Sud Éducation. Selon lui, même s’ils sont rattachés administrativement au rectorat, leur travail se fait bien au contact des établissements et des élèves.

Le rectorat reconnaît que les EMS remplissent une « mission essentielle » autour de trois axes : prévention, médiation et dissuasion. Il annonce aussi un travail de clarification de leurs missions et une révision des fiches de poste à la rentrée. Mais là encore, les syndicats demandent des garanties plus précises. Ils souhaitent être associés au groupe de travail et réclament une procédure plus claire en cas d’évaluation défavorable ou de non-renouvellement de contrat.

Chez les AESH, accompagnants d’élèves en situation de handicap, les revendications dépassent Mayotte. Partout en France, ces personnels dénoncent la précarité de leur métier, le temps partiel subi et l’absence de véritable statut. Le 9 juin, la députée LFI Murielle Lepvraud a interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale, rappelant que les AESH accompagnent chaque jour les élèves en situation de handicap tout en gagnant souvent autour de 1 000 euros par mois. Elle a réclamé la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B, une formation qualifiante et une rémunération digne.

À Mayotte, les AESH demandent aussi une formation continue. Le rectorat annonce un plan renforcé pouvant atteindre 336 heures, avec des modules sur les différents handicaps et troubles du comportement. Une annonce jugée intéressante par les syndicats, à condition qu’elle soit réellement mise en œuvre et accompagnée d’un calendrier. « Ils ont une formation de quelques semaines en début de carrière et après il n’y a plus rien, alors qu’ils sont amenés à accompagner différents élèves tout au long de l’année », souligne Hassani Halim Saïd. Il cite notamment les élèves autistes, dont l’accompagnement nécessite des compétences spécifiques.

L’autre sujet d’inquiétude est le passage des PIAL aux PAS. Les PIAL, pôles inclusifs d’accompagnement localisés, organisent aujourd’hui l’affectation des AESH sur un secteur. Concrètement, un accompagnant rattaché à un collège peut être appelé à intervenir dans une école primaire pour remplacer un collègue absent. Pour les syndicats, ce système a déjà introduit beaucoup de mobilité et de mutualisation.

Les PAS, pôles d’appui à la scolarité, vont plus loin. Leur objectif est d’apporter une première réponse aux élèves à besoins éducatifs particuliers, parfois sans attendre une notification de la MDPH, la maison départementale des personnes handicapées. C’est précisément ce qui inquiète les AESH mahorais. « On risque d’accompagner des élèves qui ne sont pas notifiés, en attente de commission. On nous demande ça sans mettre les moyens financiers derrière », déplore Hassani Halim Saïd. Selon lui, Mayotte compte déjà « 400 et quelques » AESH pour un nombre important d’élèves accompagnés, auxquels s’ajoutent ceux en attente de notification.

Au niveau national, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a défendu devant les députés les efforts engagés depuis 2017 : hausse du nombre de postes d’AESH, possibilité de CDI au bout de trois ans, révision de la grille de rémunération. Sur les PAS, il a assuré qu’il était « hors de question de licencier qui que ce soit » au motif qu’un AESH refuserait le nouveau périmètre d’affectation. Il a toutefois reconnu qu’une modification du périmètre d’intervention constituait une clause substantielle du contrat, qui doit être validée par l’agent.

À Mayotte, Hassani Halim Saïd indique qu’aucun cas de licenciement lié à un refus d’avenant n’a pour l’instant été signalé. Mais le sujet inquiète. « Pour l’instant à Mayotte, on n’a pas eu ça. Le rectorat souhaite déjà garder ceux qui sont là. On verra dans l’avenir », observe-t-il.

La grève se poursuit donc sur un double front : des revendications nationales, notamment pour les AESH, et des demandes très locales, liées aux réalités de Mayotte. Les syndicats réclament désormais des engagements datés, des moyens humains supplémentaires et une reconnaissance salariale à la hauteur des missions exercées. Faute de calendrier, ils préviennent que la mobilisation pourrait reprendre ou se durcir dans les prochains jours.

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Jusqu’à 5.278 passagers recensés en un mois : pour la première fois, l’OIM documente les départs vers Mayotte depuis les Comores

Jusqu’à 5.278 passagers recensés en un mois : pour la première fois, l’OIM documente les départs vers Mayotte depuis les Comores

Les données publiées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirment le rôle central des Comores dans les traversées maritimes irrégulières vers Mayotte. Pour la première fois, l’OIM a mis en place aux Comores un outil destiné à suivre les départs maritimes irréguliers vers Mayotte. Ce dispositif, appelé DAMT pour Departure Areas Monitoring Tool, peut être traduit par « outil de suivi des zones de départ ». Il ne compte pas les arrivées à Mayotte, mais observe, en amont, les lieux d’où partent les embarcations depuis les Comores.

Ce premier cycle d’observation, mené entre juin et décembre 2025, a permis d’identifier les principaux points de passage, les profils des migrants et les risques auxquels ils sont exposés. Dans son rapport publié le 2 juin 2026, l’OIM confirme que la route de l’océan Indien occidental constitue un corridor de transit majeur. Les migrants partent notamment d’Afrique centrale, via la Tanzanie, ou directement de Madagascar, avant de transiter par la Grande Comore, Anjouan ou Mohéli. Leur objectif principal reste Mayotte, décrite comme la destination finale de ce parcours.

Sur la période étudiée, Kangani et Marahare apparaissent comme les principaux points de départ vers l’île française. Les déplacements inter-îles les plus souvent signalés concernent, eux, des trajets de Mohéli vers Anjouan. Au total, 15 incidents maritimes ont été recensés par les points focaux communautaires déployés sur le terrain.

Les chiffres doivent toutefois être lus avec prudence. L’OIM précise que les données sont indicatives, car les listes complètes de passagers ne sont pas toujours disponibles et la collecte repose en grande partie sur des informations remontées par les communautés locales. Mais elles donnent une photographie précieuse d’un phénomène difficile à documenter.

Le rapport fait apparaître un pic très net durant la saison sèche. Les mouvements enregistrés bondissent en juillet, avec 3.778 passagers, puis atteignent leur plus haut niveau en août, avec 5.278 personnes. Les chiffres diminuent ensuite en septembre, avec 2.696 passagers, avant de chuter en octobre, novembre et décembre. Cette baisse en fin d’année pourrait être liée au début de la saison des pluies, qui rend les traversées encore plus dangereuses.

Les profils recensés montrent une forte majorité d’hommes adultes, qui représentent environ 73 % des personnes enregistrées. Les femmes adultes comptent pour 17 %, tandis que les enfants représentent une part plus faible : 5 % de garçons et 4 % de filles. Côté nationalités, les données disponibles indiquent une part importante de Malgaches, 32 %, devant les ressortissants de République démocratique du Congo, 12 %, les Burundais, 7 %, et les Rwandais, 5 %. Une large part des personnes, 42 %, reste toutefois classée dans la catégorie « inconnue », faute d’identification suffisante.

Au-delà des chiffres, le rapport insiste sur les risques humains. Les traversées se font souvent à bord de petites embarcations mal entretenues et surchargées, les kwassa-kwassa, exposant les passagers aux naufrages et aux disparitions en mer. L’OIM souligne également les risques d’abus, d’extorsion, d’exploitation et de traite des êtres humains, en particulier pour les mineurs ainsi que pour les femmes et les filles malgaches.

Les zones de départ identifiées, notamment Marahare et Sadapouani à Anjouan ou Chindini-Ourouveni en Grande Comore, sont décrites comme difficiles à surveiller. Leur éloignement facilite l’activité des réseaux de passeurs et complique le suivi des départs.

Pour l’OIM, ce premier cycle a surtout permis de poser les bases d’un suivi plus structuré. Six points focaux communautaires ont été identifiés, formés et déployés sur les trois îles comoriennes. Les prochains cycles devraient permettre d’affiner les données et de mieux mesurer l’ampleur réelle des départs vers Mayotte.

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Vives réactions après les déclarations comoriennes : des collectifs bloquent la préfecture de Mayotte

Vives réactions après les déclarations comoriennes : des collectifs bloquent la préfecture de Mayotte
Des membres du Comité de Défense des Intérêts de Mayotte (CODIM), du Collectif des citoyens de Mayotte 2018 et des Femmes Leaders ont bloqué l'accès à la préfecture de Mamoudzou ce mercredi afin de protester contre les déclarations du ministre comorien Mohamed Mbae concernant le statut de Mayotte.

Une nouvelle tension a éclaté ce mercredi à Mamoudzou, où plusieurs collectifs ont décidé de bloquer l’accès à la préfecture. En cause : les déclarations du ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Mbae, sur le statut de Mayotte, jugées « inacceptables » par les manifestants. Ces derniers appellent également au boycott des Jeux des Îles de l’océan Indien de 2027.

Nouvelle mobilisation devant la préfecture de Mayotte. Ce mercredi matin, le Comité de Défense des Intérêts de Mayotte (CODIM), le Collectif des citoyens de Mayotte 2018 et les Femmes Leaders ont décidé de bloquer l’accès à la préfecture de Mamoudzou afin de protester contre les récentes déclarations du ministre des Affaires étrangères de l’Union des Comores, Mohamed Mbae.

Selon les organisateurs, cette action vise à exprimer leur colère après les propos tenus par le chef de la diplomatie comorienne, également président du Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien (COI).

Lors d’une intervention officielle à Moroni, Mohamed Mbae a une nouvelle fois réaffirmé la position de son pays sur Mayotte, estimant que l’île était comorienne. Il a notamment déclaré qu’« il ne saurait être question d’intégration de Mayotte à la Commission de l’océan Indien ». Une déclaration qui a immédiatement suscité l’indignation des mouvements locaux.

« Les propos sont inacceptables », dénonce Safina Soula, porte-parole du Collectif des citoyens de Mayotte 2018. Pour les responsables des collectifs, cette nouvelle prise de position du ministre comorien constitue une remise en cause du choix exprimé par les Mahorais de rester français.

Les collectifs exigent une réaction de la France

Président du Comité de Défense des Intérêts de Mayotte (CODIM), Souffiane Moutouin justifie la décision de bloquer la préfecture : « Nous sommes venus faire savoir ce que nous pensons de l’intervention qui a eu lieu à Moroni. Les déclarations de Mohamed Mbae ne nous ont pas plu. Mayotte n’est pas comorienne. La France nous a unis. Eux ont préféré prendre leur indépendance. »

Le responsable estime que les revendications comoriennes sur Mayotte doivent cesser.

« Qu’ils nous laissent en paix. Nos aïeux se sont battus pour que nous puissions être libres et rester Français. Pourquoi aujourd’hui continuent-ils à nous réclamer ? »

Cette mobilisation est portée par trois collectifs qui affirment vouloir faire entendre la voix de la population mahoraise.

« Nos élus ont leur vision, mais nous portons la parole du peuple. Nous allons faire en sorte qu’ils nous entendent sur ces questions », poursuit Souffiane Mouttouni.

Les manifestants souhaitent également interpeller les autorités françaises sur la place de Mayotte au sein des instances régionales, malgré les récentes prises de position de la députée Naïma Moutchou à l’Assemblée nationale.

« Cela ne suffit pas. Tant que Mayotte ne sera pas intégrée à la Commission de l’océan Indien, ce ne seront que des paroles en l’air. Est-ce qu’être Français, c’est être puni par l’Union des Comores ? », s’interroge le président du CODIM.

Un message adressé au nouveau préfet

Safina Soula a également profité de cette mobilisation pour interpeller le nouveau préfet de Mayotte.

« Cela fait plusieurs semaines que nous avons un nouveau préfet. Nous lui laissons le temps de prendre ses marques et de rencontrer les élus. Mais nous attendons désormais des réponses concrètes. »

La militante s’est par ailleurs dite « scandalisée » par les positions défendues par la diplomatie comorienne.

« Si Mayotte est comorienne, alors pourquoi viennent-ils ici chercher des papiers français ? Aujourd’hui, si Mayotte est comorienne, qu’on ne demande plus de documents français », lance-t-elle.

Appel au boycott des Jeux des Îles 2027

Dans la continuité de leur mobilisation, les différents collectifs se sont montrés unanimes sur une nouvelle revendication : le boycott de la douzième édition des Jeux des Îles de l’océan Indien, prévue en 2027 aux Comores.

Ils estiment que la participation des athlètes mahorais à cet événement régional n’est pas envisageable au regard des tensions diplomatiques actuelles et des déclarations répétées des autorités comoriennes sur le statut de Mayotte.

Pour les organisateurs de cette mobilisation, la reconnaissance de Mayotte dans les instances régionales et le respect du choix des Mahorais demeurent des conditions indispensables à toute participation à des événements organisés sous l’égide des Comores.

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Attractivité à Mamoudzou : le dispositif « Quartiers d’été 2026 » est de retour

Attractivité à Mamoudzou : le dispositif « Quartiers d'été 2026 » est de retour

La ville de Mamoudzou informe les associations, les structures locales et les porteurs de projets du lancement de l’appel à projets « Quartiers d’été 2026 ». Ce dispositif a pour objectif de proposer des activités éducatives, culturelles, sportives et citoyennes en faveur des habitants, en priorité des jeunes de moins de 25 ans. Cette initiative concerne l’ensemble des villages de Mamoudzou durant les vacances de juillet à août.

Faire vivre Mamoudzou et proposer des activités aux jeunes constituent des objectifs essentiels. Selon une étude d’un Point Accueil Écoute Jeunes (PAEJ), 54 % de la population mahoraise avait moins de 20 ans en 2020. Par ailleurs, selon l’Agence régionale de santé (ARS), les moins de 18 ans représentaient déja 51 % de la population de Mamoudzou en 2017 contre 47% pour les 18-64 ans. Les projets du dispositif “Quartier d’été 2026” devront contribuer au renforcement du lien social, à la participation citoyenne et à la promotion du vivre-ensemble.

Les actions pourront notamment concerner l’organisation d’activités intergénérationnelles et familiales visant à soutenir la parentalité, la mise en œuvre d’initiatives de prévention des tensions et des rixes, la promotion de la mixité sociale ainsi que de l’égalité entre les femmes et les hommes, ou encore le développement d’animations en soirée et le week-end, adaptées aux rythmes de vie des publics. Elles pourront également contribuer à la dynamisation des espaces publics, à la découverte du territoire et à la valorisation du patrimoine local. Enfin, des actions ou des séjours éducatifs consacrés à l’apprentissage de la natation et de la pratique du vélo pourront être proposés afin de favoriser l’obtention des certifications « Savoir nager en sécurité » et « Savoir rouler à vélo ».

L’appel à projets s’adresse aux associations, aux collectivités territoriales, aux établissements publics ainsi qu’aux structures de l’économie sociale et solidaire. La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire de Mayotte a d’ailleurs transmis l’information sur ses réseaux sociaux. En ce qui concerne les modalités, les demandes de subvention doivent être déposées sur la plateforme DAUPHIN. Une copie du dossier au format PDF devra également être transmise au service Politique de la ville de la commune de Mamoudzou.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au vendredi 26 juin 2026 à 12 h 00. Les activités devront être réalisées entre le 1er juillet et le 31 août 2026. Pour rappel, l’ensemble des villages de Mamoudzou relève de la géographie prioritaire de la politique de la ville et demeure éligible au dispositif « Quartiers d’été » jusqu’au 1er janvier 2030.

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Journée traditionnelle au lycée Younoussa Bamana : héritage et transmission avec Nassur Attoumani

Journée traditionnelle au lycée Younoussa Bamana : héritage et transmission avec Nassur Attoumani

Dans le cadre de la Journée traditionnelle du lycée Younoussa Bamana, les élèves des ateliers journalisme et théâtre ont eu l’opportunité de rencontrer l’écrivain Nassur Attoumani. Cette rencontre avait pour ambition de mettre la littérature à l’honneur et de sensibiliser les élèves à la richesse du patrimoine littéraire mahorais, le tout clôturé par une représentation théâtrale.

Le multiculturalisme était présent dans les couloirs du lycée Younoussa Bamana, mettant en lumière les régions de l’océan Indien. Tenues traditionnelles, panneaux et affiches coloraient l’établissement. Dans la salle audiovisuelle se préparait une rencontre culturelle entre Nassur Attoumani et les élèves des ateliers journalisme et théâtre. Au programme : un échange sous forme de questions-réponses, suivi d’une représentation de la pièce La Fille du polygame.

L’atelier journalistique est composé d’une vingtaine d’élèves, mais seuls dix ont été sélectionnés pour le projet final en récompense de leur dévouement. Cinq élèves étaient chargés de la prise de parole et cinq autres du cadrage vidéo.

La salle se remplit et l’événement débute par un exposé analytique ainsi qu’une réflexion impressionnante menée par les lycéennes sur plusieurs œuvres incontournables de l’auteur, telles que La Fille du polygame, Le Nerf de bœuf ou encore Le Calvaire des baobabs.

S’ensuit un échange ludique avec l’auteur, accompagné de son épouse, Sitina Bamana. Les questions portent sur ses aspirations, ses débuts dans l’écriture, son rapport à la notoriété, l’influence de ses œuvres à travers le monde ou encore l’évolution de la place des femmes dans la société. L’écrivain déclare d’ailleurs : « Quand tu écris dans ton salon et que tu vois qu’un de tes livres est traduit aux États-Unis, que La Fille du polygame a été jouée au Mozambique en portugais, en Roumanie ou en Norvège, eh bien, c’est Mayotte qui gagne. »

L’auteur, au style satirique et humoristique, a séduit son auditoire avec des anecdotes de vie aussi amusantes qu’émouvantes. Parmi elles, son accident de voiture au cours duquel un ami a perdu la vie, événement qui l’a poussé à écrire ; mais aussi la portée satirique de son casque colonial, ainsi que le cliché dont il fait lui-même l’objet : beaucoup le croient décédé alors qu’il est toujours vivant.

Cette confusion s’explique par l’association de son œuvre à une époque révolue, au point que certains supposent spontanément que son auteur appartient lui aussi au passé. Il rappelle ainsi l’image que l’on se fait de Flaubert ou de Molière, déjà morts lorsque l’on découvre leurs œuvres à l’école.

Hasnaou Ahamada, modératrice de la table ronde et élève de terminale, témoigne de l’ambiance de la rencontre : « Le talent de Nassur Attoumani est inné ; il est né des épreuves vécues dans sa vie. Et, à certains moments, on se serait cru au Marrakech du rire. Au début, on pensait que cela allait être purement littéraire, mais pas du tout. »

Antonia Feissonna Mowane, élève de terminale et présentatrice au sein de l’atelier, nous livre quant à elle son ressenti sur la préparation de l’événement et sa prestation personnelle :

« Pour les préparatifs, c’était énormément de stress, mais au fur et à mesure, cela allait mieux. Le lycée et les professeurs nous ont totalement encouragés. Le nombre de personnes présentes m’a poussée à mieux m’exprimer en donnant le meilleur de moi-même. Au-delà de tout ce qui se passe de négatif, il y a de la lumière à Mayotte. Nous pouvons tous nous améliorer. »

Mme Djambae, professeure de lettres, insiste sur le rayonnement international de l’île : « Il fallait vraiment intégrer le volet littéraire à la journée traditionnelle. C’est une écriture mahoraise ; il y a des expressions mahoraises qui se retrouvent dans des œuvres mondialement connues. »

Nassur Attoumani, un choix indéniable

Nassur Attoumani s’est indéniablement imposé sur la scène internationale en abordant des thèmes parfois controversés de la société insulaire.

Depuis environ sept ans, l’atelier théâtre du lycée Younoussa Bamana avait cessé ses activités avant de reprendre en novembre 2025. C’est M. Ndoku qui est à l’origine de ce renouveau et de la relance de la formation aux arts dramatiques. Présent dans l’établissement depuis 2021, il est professeur de littérature, chercheur et coordinateur de lettres.

C’est également lui qui a invité M. Attoumani, pour lequel il témoigne une grande admiration : « J’ai rencontré Nassur Attoumani il y a deux ans. Il était venu au collège de M’gombani pour une séance de dédicaces. J’avais besoin de quelqu’un qui connaît bien la société mahoraise, car je menais une étude sur le vieillissement à Mayotte. C’est quelqu’un qui, malgré sa célébrité et sa stature, reste disponible et très humain. À partir de ce moment-là, nous avons créé des liens assez particuliers. »

Il poursuit sur son envie de faire découvrir le romancier aux jeunes : « Les élèves ne connaissaient pas Nassur Attoumani. Pour moi, c’était anormal, d’où mon invitation. »

L’auteur a lui aussi réagi avec beaucoup de reconnaissance : « Monsieur Ndoku est un très grand poète. J’ai lu ce qu’il écrit, c’est d’un très haut niveau. J’aime avoir ce contact avec ceux qui lisent mes livres. Je suis ému par l’accueil et par la qualité de l’exposé des cinq lycéennes. La relève est prometteuse malgré toutes les crises. C’est formidable d’introduire la littérature mahoraise dans un établissement local. J’aimerais faire davantage de rencontres publiques avec les jeunes. C’est l’occasion pour moi d’échanger et d’inciter au chemin de l’écriture ; il vaut mieux lancer des mots que lancer des cailloux », conclut-il.

Selon M. Ndoku, cet événement est l’occasion de faire vivre la littérature et la culture. Un journal vidéo ainsi qu’un journal écrit retraçant la journée seront d’ailleurs réalisés.

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Archives de Mayotte : un patrimoine à protéger

Archives de Mayotte : un patrimoine à protéger

À l’occasion de la Semaine internationale des archives, le Département de Mayotte a dressé un état des lieux alarmant sur la conservation des documents publics sur l’île. Entre séquelles du cyclone Chido, négligence et défaillances, la mémoire administrative et patrimoniale mahoraise a besoin d’accompagnement.

La 5ᵉ édition de la Semaine internationale des archives se tient du 9 au 14 juin, autour du thème mondial « Les archives au service de la justice : droits, mémoire et avenirs ». Pour l’occasion, comme chaque année, le département de Mayotte a organisé ce mercredi 10 juin dans l’hémicycle Younoussa Bamana une matinée professionnelle animée par Maxence Habran, directeur des Archives Départementale et Toilianti Dimassi, cheffe du service des archives contemporaines, réunissant archivistes, référents archives et agents de l’État et des collectivités.

Ensemble, ils constatent que l’état des archives dans les administrations de l’île est préoccupant. Des documents sont souvent négligés, perdus, stockés à même le sol ou dans des cartons de déménagement, les exposants à des risques en cas de sinistres. On en retrouve aussi publiés sur Facebook, jetés dans des dépôts sauvages mélangé aux déchets. Le directeur des archives de Mayotte a rappelé le cadre légal des archives, l’ensemble des archives relève du domaine public, elles ne peuvent être ni vendues, ni cédées, ni détruites sans autorisation. Autrement, on s’expose à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Les services d’archives observent une défaillance structurelle, certaines infrastructures ont trouvé de la moisissure dans leurs salles d’archives. D’autres, où les étagères surchargées menaçaient la sécurité du personnel. Le cyclone Chido a aussi aggravé une situation déjà fragile, la salle de lecture des archives départementale est toujours fermée depuis.

De son côté, le ministère de la Culture soutient les collectivités avec le Service interministériel des Archives de France (SIAF). Il aide grâce à plusieurs dispositifs : l’appel à projets ANET (Archivage Numérique en Territoires), qui finance jusqu’à 30 % du montant subventionnable d’un projet d’archivage numérique. Et des subventions pour le traitement, la numérisation et la valorisation des archives (de 1 000 à 50 000 € par projet, jusqu’à 80 % du budget). Le Département prévoit la construction d’un nouveau bâtiment des Archives départementales à M’roalé, près de Combani. Il comprendra un auditorium de 97 places et des salles pour accueillir scolaires et groupes. Contrairement au bâtiment actuel de Hamaha, il pourra exposer des documents originaux sous vitrine dans des conditions optimales. Le Conseil départemental considère que c’est essentiel pour structurer l’archivage des documents administratifs, historiques et patrimoniaux.

Le représentant des archives de Koungou, présent à la matinée professionnelle explique le travail de réorganisation en cours : « Entre le cyclone et l’incendie de la mairie, certains bureaux ont été touchés et des documents sinistrés, mais nous avons réussi à les assainir et à les sauver. Sur ce travail, nous collaborons étroitement avec les Archives départementales de Mayotte, qui nous accompagnent pour l’assainissement et nous apportent leur expertise. Entre les séquelles du cyclone, l’incendie qu’a subi la mairie et le manque d’espace adapté pour conserver les documents dans de bonnes conditions nous avons surtout besoin de moyens humains et nous attendons d’ailleurs patiemment la réhabilitation de l’hôtel de ville, qui nous permettra d’installer une belle salle d’archives, à la hauteur de ce patrimoine. »

Pour la suite de la semaine des archives rendez-vous du 12 au 14 juin à l’hémicycle Younoussa Bamana pour une exposition publique consacrée au Mrengué (art martial traditionnel mahorais menacé d’oubli, présenté pour la première fois lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en avril 2026) ainsi qu’une sélection de documents patrimoniaux autour du thème « justice : droits, mémoire et avenirs ». Les scolaires et associations peuvent réserver leur visite.

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Inondations : la CADEMA appelle les habitants à partager leur expérience

Inondations : la CADEMA appelle les habitants à partager leur expérience

La Communauté d’Agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) lance un questionnaire destiné à recueillir les témoignages des habitants afin d’améliorer la connaissance des phénomènes d’inondation sur le territoire.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de son Programme d’Études Préalables (PEP), une étape essentielle à la préparation du futur Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Les informations recueillies permettront de mieux identifier les zones exposées aux risques d’inondation, de comprendre les impacts sur les populations et les activités, ainsi que de mieux appréhender les enjeux spécifiques à chaque secteur.

Les retours des habitants constituent une source précieuse d’informations pour compléter les données techniques déjà disponibles. Ils contribueront à définir les priorités d’intervention et à mettre en place des actions adaptées pour renforcer la prévention et la protection des personnes, des biens et des infrastructures face aux risques d’inondation.

La CADEMA invite donc l’ensemble des habitants du territoire à participer à cette enquête en partageant leur expérience et leurs observations

 

Le questionnaire est disponible à cette adresse : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe83aJFCsb99X5m3p-0iAbTPjkOPDjV9AUqASciiUUPtAZRPw/viewform

Revalorisation du SMIC à Mayotte : une nouvelle étape vers l’alignement avec le niveau national

Revalorisation du SMIC à Mayotte : une nouvelle étape vers l’alignement avec le niveau national

Depuis le 1er juin 2026, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) a été revalorisé à Mayotte, marquant une nouvelle avancée dans le processus de convergence avec le SMIC appliqué au niveau national.

Désormais, le SMIC brut est fixé à 9,56 € de l’heure, contre 9,33 € auparavant, soit une augmentation de 0,23 € par heure. Sur une base mensuelle, le montant du SMIC brut atteint 1 449,93 €, contre 1 415,05 € précédemment, ce qui représente une hausse de 34,88 € par mois.

Cette revalorisation s’inscrit dans la trajectoire de rapprochement progressif du SMIC mahorais avec celui en vigueur dans l’Hexagone. Ce dispositif vise à réduire progressivement les écarts de rémunération et à renforcer le pouvoir d’achat des salariés mahorais. L’objectif fixé par les pouvoirs publics est d’atteindre une convergence complète du SMIC net à l’horizon décembre 2031.

Cette augmentation constitue ainsi une étape importante dans le processus d’harmonisation sociale et économique de Mayotte avec le reste du territoire national.

Le Campus Connecté présente son offre de formation et d’accompagnement

Le Campus Connecté présente son offre de formation et d'accompagnement

Le Campus Connecté de Hajangoua organisera une matinée portes ouvertes le samedi 13 juin 2026, de 8h à 12h, dans les locaux de l’ancienne MJC. L’événement s’adresse aux lycéens, étudiants, personnes en reconversion professionnelle ou souhaitant reprendre leurs études.

Au cours de cette rencontre, les visiteurs pourront découvrir les formations accessibles à distance, s’informer sur les modalités d’inscription et échanger avec l’équipe du Campus Connecté sur les dispositifs d’accompagnement proposés.

Plusieurs partenaires, dont LADOM et le CROUS, seront également présents afin de renseigner le public sur les aides à la mobilité, les bourses et les différents dispositifs facilitant l’accès à l’enseignement supérieur.

Les organisateurs précisent que le site sera accessible via le réseau de transport Caribus. Cette initiative vise à accompagner les habitants dans la construction de leur projet d’études ou de réorientation.

Le CODIM organise une conférence territoriale sur l’insécurité et la crise de l’eau

Le CODIM organise une conférence territoriale sur l'insécurité et la crise de l'eau

Le Comité de Défense des Intérêts de Mayotte (CODIM) a annoncé l’organisation d’une conférence territoriale le 13 juin 2026 au Pôle Culturel de Chirongui. L’événement vise à réunir habitants, représentants villageois, élus locaux, parlementaires et responsables institutionnels autour des problématiques d’insécurité et de pénurie d’eau qui touchent le territoire.

Dans un communiqué, le CODIM décrit une dégradation de la situation sécuritaire à Mayotte, évoquant notamment la multiplication des barrages routiers, des caillassages, des vols et des cambriolages. L’organisation affirme également que les élèves, les agriculteurs et les acteurs économiques figurent parmi les populations les plus exposées à ces violences.

Le comité alerte par ailleurs sur les conséquences des coupures d’eau récurrentes. Selon lui, ces restrictions favorisent le stockage domestique de l’eau, avec des risques sanitaires accrus liés à la prolifération des moustiques et au développement de maladies infectieuses. Le CODIM estime également que cette situation engendre des coûts supplémentaires importants pour les ménages, contraints d’acheter de l’eau en bouteille, des équipements de stockage et davantage de gaz ou d’électricité pour rendre l’eau consommable.

Le président du CODIM appelle à une mobilisation de l’ensemble des forces vives du territoire. « Nous devons faire bloc », déclare-t-il, estimant que la conférence doit permettre de faire remonter les préoccupations de la population et de construire des réponses communes.

L’organisation demande notamment des mesures renforcées en matière de sécurité ainsi que des investissements structurels pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau, citant la rénovation des réseaux, le développement de forages et des projets de dessalement.

Les échanges doivent déboucher sur l’adoption d’une synthèse des propositions jugées prioritaires, avant une conférence de presse prévue en fin de matinée.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes