Accueil Blog Page 23

Appel à candidatures pour le Salon de l’Écotourisme de Petite-Terre

Appel à candidatures pour le Salon de l’Écotourisme de Petite-Terre

L’Office de Tourisme de Petite-Terre lance un appel à candidatures pour le Salon de l’Écotourisme qui se tiendra les 18 et 19 juillet 2026 à l’aéroport de Pamandzi. Les artisans, commerçants, associations, producteurs locaux ou autres acteurs engagés dans le tourisme local sont invités à venir présenter leur activité et leur savoir-faire dans une ambiance chaleureuse au service de la valorisation du territoire. Pour candidater, envoyez une présentation de votre activité ainsi que vos coordonnées à l’adresse suivante : contact@tourisme-petiteterre.fr / info@tourisme-petiteterre.fr ou aux numéros 06 39 40 64 45 / 06 39 40 08 80. La date limite des candidatures est fixée au 25 juin 2026.

Assemblée de Mayotte : la guerre ouverte entre Ben Issa Ousséni et Omar Ali

Assemblée de Mayotte : la guerre ouverte entre Ben Issa Ousséni et Omar Ali

Ben Issa Ousséni se serait débarrassé d’Omar Ali, l’un de ses vice-présidents devenu, à ses yeux, trop indocile. Il l’aurait déchu de toutes ses délégations de mission et de signature et aurait placé sous son unique autorité l’ensemble des services jadis placés sous la responsabilité du conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir. Au centre de ces effluves de roussi qui se dégagent de l’Assemblée de Mayotte figure le port de Longoni, que BIO tente d’arracher, vaille que vaille, à la puissante et fortunée femme d’affaires mahoraise Ida Nel, dirigeante de la société Mayotte Channel Gateway.

L’Assemblée de Mayotte est à nouveau soumise à la houle de querelles de clocher qui n’honorent guère notre île. Des oppositions de personnes éclatent au grand jour depuis la fin de la semaine dernière, mettant aux prises le président Ben Issa Ousséni et l’un de ses vice-présidents, Omar Ali, chargé de l’administration générale et des transports.

Une opposition qui a fini par s’inviter sur la place publique vendredi matin, par l’intermédiaire de la chaîne publique « Mayotte La 1ère », dont le conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir était l’invité de l’émission matinale Za Kwéli. Omar Ali a profité de cette tribune pour faire part publiquement de son opposition au sort que son président réserve au port de Longoni.

Un outil stratégique qui n’en finit plus de faire couler de l’encre depuis plusieurs mois, en raison de la volonté affichée par le Département de mettre un terme à la délégation de service public confiée à la société Mayotte Channel Gateway (MCG), dirigée par Ida Nel. Tous les stratagèmes auraient été mis à profit pour retirer la concession portuaire à cette dernière, jusqu’à envisager une reprise prochaine de cet instrument ô combien capital pour l’Assemblée de Mayotte en matière de recettes financières.

Entre urgence et obsession d’évincer Ida Nel du port de Longoni

Une affaire qui tourne à l’obsession, au point qu’une juridiction administrative a été amenée à statuer sur le sujet à la suite d’une saisine déposée par un collectif de professionnels privés usagers du port de Longoni. Une saisine reposant essentiellement sur la grille tarifaire appliquée par la société Mayotte Channel Gateway.

Le verdict rendu a consacré la perte, par Ida Nel, de la DSP du port, annulée avant son terme officiel. N’étant pas du genre à se laisser intimider, l’intéressée a choisi de faire appel de cette décision devant une juridiction supérieure qui ne semble pas pressée de statuer définitivement sur ce conflit aux enjeux financiers considérables.

Très impatient d’en finir, le Département de Mayotte multiplie les scénarios de reprise en main du port, sans savoir concrètement quelle orientation adopter au final. Les projets de reprise après l’éviction d’Ida Nel sont nombreux et se succèdent régulièrement, alimentant toutes sortes de spéculations dans la presse locale.

Aux dernières nouvelles, l’idée de mettre sur pied un établissement public industriel et commercial (EPIC) chargé de gérer le port avant une hypothétique transformation en grand port d’État a été avancée. Les avis sur cette perspective sont nombreux et évoluent d’un mois à l’autre.

Au point que, lors de sa dernière prise de parole sur le sujet, le président de l’Assemblée de Mayotte s’est vu reprocher d’aller un peu vite en besogne en tentant de vendre la peau de l’ours avant même de l’avoir abattu.

BIO fait toujours très peu cas de l’avis des Mahorais sur les sujets d’intérêt général

Mais il est de notoriété publique que le chef de l’exécutif territorial supporte difficilement la contradiction. Son vice-président, qui a eu le malheur d’exprimer publiquement un avis divergent, vient de l’apprendre à ses dépens.

Ce dernier a confié à la rédaction de Flash Info avoir été informé par des sources internes au Département-Région qu’il allait être prochainement déchu de toutes les délégations de pouvoir dont il avait été investi et qu’il exerçait jusqu’à présent.

Ben Issa Ousséni aurait décidé, par simple fait du prince, de dépouiller purement et simplement son vice-président de l’ensemble de ses responsabilités. Une décision qui ne semblerait pas relever de la simple menace puisqu’il aurait convoqué, hier lundi 1er juin 2026, le directeur général adjoint chargé de la Résilience et des Transports afin de l’en informer et de lui interdire toute forme de collaboration professionnelle avec le conseiller départemental Omar Ali.

Pour les initiés du dossier, cette décision aurait eu l’effet d’un coup de massue, tant elle apparaît lourde de conséquences immédiates. Mais Ben Issa Ousséni, qui semble accorder peu d’importance aux conséquences négatives de certaines décisions sur la population mahoraise à court, moyen et long terme, n’aurait pas tenu compte des négociations actuellement conduites par Omar Ali dans plusieurs domaines stratégiques, notamment le STM et sa flotte de barges, les projets de mobilité interurbaine ou encore le plan pluriannuel de l’énergie impliquant notamment Albioma et EDM.

À un an seulement des prochaines élections régionales, le divorce semble définitivement consommé entre deux futurs prétendants à la présidence de la Région

Des sources bien informées au sein de l’Assemblée de Mayotte ont confié à la rédaction de Flash Info que cette décision soudaine et inattendue de BIO aurait été dictée par une prise de conscience de ce dernier : certaines déclarations faites par le conseiller départemental Omar Ali sur Mayotte La 1ère vendredi matin équivaudraient, aux yeux du président Ben Issa Ousséni, à une dénonciation auprès du parquet de Mayotte fondée sur les dispositions de l’article 40.

Autrement dit, à la dénonciation de faits potentiellement répréhensibles auprès de l’autorité judiciaire par une personne qui en aurait eu connaissance.

Pour résumer, BIO aurait très mal vécu le fait que son vice-président ait dénoncé la signature d’une « vraie-fausse délibération » destinée à lui permettre de s’auto-investir président du Conseil portuaire de Mayotte.

Par cet acte, il aurait relégué les autres représentants élus de l’assemblée départementale au rang de simples vice-présidents, aux côtés des représentants d’autres institutions locales, des usagers du port et du délégataire.

Le casus belli entre les deux hommes se serait largement nourri de cet épisode jusqu’à atteindre un point de non-retour hier, lundi 1er juin 2026.

Ce différend ne serait toutefois pas le seul sujet de discorde entre les deux responsables politiques. Le désormais « banni » de la majorité départementale s’est également autorisé à dénoncer publiquement d’autres dossiers d’importance sur lesquels il estime que Ben Issa Ousséni a fait fi des intérêts supérieurs de la population mahoraise.

Le moins que l’on puisse constater en ce début de semaine est que le torchon brûle fortement au sein de la majorité de l’Assemblée de Mayotte.

Faut-il y voir un avant-goût des campagnes électorales à venir, entre l’élection présidentielle de 2027 et le scrutin régional de 2028 ?

Il est toutefois intéressant de constater que ces joutes précoces entre les deux personnalités politiques territoriales sonnent probablement le glas d’un troisième tour des élections municipales de mars 2026, remporté haut la main par la famille politique de Ben Issa Ousséni face à celle d’Omar Ali, dans un contexte marqué par des trahisons et des ralliements de dernière minute.

Une pilule manifestement encore difficile à avaler pour le camp des vaincus.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Éducation nationale : ils réclament un statut professionnel clair

Éducation nationale : ils réclament un statut professionnel clair

Plusieurs jours déjà qu’ils manifestent à Mamoudzou pour tenter de se faire entendre par l’administration de l’Éducation nationale à Mayotte. Dans la rue depuis le milieu de la semaine dernière, les agents des Équipes mobiles de sécurité (EMS) ont remis cela hier matin, lundi 1er juin 2026. Ils sont déterminés à se faire entendre par leur employeur.

Tout de rouge vêtus, des dizaines d’agents de l’Éducation nationale ont battu le pavé hier matin dans les rues de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. Dans une ambiance plutôt bon enfant, ils ont investi le centre-ville en milieu de matinée, en provenance du quartier du Centre hospitalier de Mayotte (CHM).

Ils ont surpris les passants rencontrés sur leur chemin entre l’hôtel consulaire, la BFCOI et le rond-point Zéna M’Déré, dont ils ont fait le tour sous une fine pluie passagère, avant de se diriger vers la mairie puis la rue du Commerce.

Les couleurs de leurs syndicats respectifs fièrement déployées, ils continuent de réclamer, depuis le milieu de la semaine dernière, une amélioration de leurs conditions de travail, qu’ils jugent dangereuses, ainsi que d’autres droits qu’ils estiment légitimes. À travers leurs manifestations, ils entendent également sensibiliser l’opinion publique à leur situation.

Ces manifestants appartiennent aux Équipes mobiles de sécurité (EMS), un service de l’Éducation nationale dont le statut demeure, selon eux, particulièrement flou. Aux personnes qu’ils croisent sur leur route, ils expliquent que leur situation n’est guère enviable, car ils sont quotidiennement confrontés à des situations de violence et d’extrême insécurité aux abords des collèges et des lycées, où ils assurent la protection des élèves.

Une pénibilité qu’ils estiment insuffisamment rémunérée au regard des risques auxquels ils sont exposés. « Nous réclamons avant tout le bénéfice d’une prime de risque et la reconnaissance officielle de notre statut par l’Éducation nationale à Mayotte », explique l’un des grévistes au micro de Flash Info.

Selon lui, les agents ont le sentiment que leur employeur ne reconnaît pas pleinement le rôle essentiel qu’ils jouent dans la sécurisation des élèves à l’extérieur des établissements scolaires, alors que ceux-ci sont confrontés à une montée régulière des actes de délinquance.

« Pour que la population mahoraise comprenne bien le bien-fondé de notre mouvement de grève, elle doit savoir que notre employeur nous maintient sciemment dans un flou artistique concernant nos droits. Nous sommes censés être des AED dès lors que nous ne demandons pas certains avantages. Mais lorsque nous revendiquons ces droits, on nous répond que cela n’est pas possible parce que nous sommes des EMS », déplore-t-il.

Les grévistes se disent déterminés à poursuivre leur mouvement tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction sur l’ensemble de leurs revendications. Ils attendaient l’ouverture de négociations avec leurs autorités de tutelle en début d’après-midi.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Croisière : le Seven Seas Navigator referme une saison encourageante à Mayotte

Croisière : le Seven Seas Navigator referme une saison encourageante à Mayotte

Le Seven Seas Navigator a fait escale à Mayotte lundi 1er juin, clôturant la saison de croisière 2025-2026. Ce navire de luxe, qui avait déjà ouvert la saison en décembre, a embarqué Mayotte dans une dernière journée tournée vers l’accueil touristique, les excursions et la promotion du territoire.

La saison des croisières s’est achevée lundi 1er juin à Mayotte avec une dernière escale. Le Seven Seas Navigator, navire de la compagnie américaine Regent Seven Seas Cruises, était de retour dans le lagon mahorais pour refermer un cycle qu’il avait lui-même ouvert le 2 décembre dernier.

Positionné au mouillage dès le matin, le paquebot a permis le débarquement de ses premiers passagers vers 7h30 au ponton d’urgence de Mamoudzou. Au total, 371 croisiéristes étaient attendus à bord pour cette dernière escale de la saison. Une clientèle internationale, principalement venue des États-Unis, d’Australie, du Royaume-Uni et du Canada.

Sur le parvis de l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM), les équipes de l’agence et les partenaires du Club Croisière étaient mobilisés pour accompagner les visiteurs. Des étudiants en BTS Tourisme du LPO des métiers du goût et des saveurs de Kawéni ont renforcé le dispositif d’accueil. L’agence Baobab Tour encadrait les excursions, la coopérative Taxi Vanille assurait une partie du transport, tandis que des artisans locaux présentaient leurs créations aux passagers et membres d’équipage.

Comme lors des précédentes escales, une partie des passagers a rejoint les excursions organisées. Les circuits proposés mettaient en avant les atouts naturels et culturels de Mayotte : les plages du Sud, notamment Sakouli, Musicale Plage ou Ngouja, le Pôle d’Excellence Rurale de Coconi, le lagon, les îlots, Mamoudzou ou encore Petite-Terre.

« Côté lagon, on a le catamaran, on a aussi tout ce qui est sortie bateau, donc c’est souvent du PMT ou des visites des îlots. Côté terre, on est sur des visites comme le PER de Coconi ou le lac Karihani », détaille Nirina Tatiana Rasoaritsimba, responsable communication de l’AaDTM. Pour les croisiéristes dont les excursions s’achevaient plus tôt, des haltes plus courtes étaient possibles en centre-ville, au parc Mahabou ou auprès des commerces et restaurants de Mamoudzou.

Douze escales au lieu des onze prévues

Du côté de l’AaDTM, le bilan est jugé positif, même s’il reste encore provisoire. « On a accueilli au final douze croisières au lieu de onze comme prévu pour la saison », indique Nirina Tatiana Rasoaritsimba. En cause, un navire qui a dû changer de trajectoire en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Le pôle observatoire de l’AaDTM travaille actuellement sur les données de fréquentation et les retombées économiques. Mais les premiers signaux sont encourageants. Plusieurs compagnies auraient déjà manifesté leur volonté de revenir à Mayotte. Pour l’AaDTM, ces retours traduisent l’intérêt croissant des armateurs pour la destination, mais aussi la satisfaction des passagers après leur passage sur l’île.

Au-delà de l’activité générée le jour même, l’enjeu est aussi celui de l’attractivité. Les croisiéristes accueillis viennent souvent de loin et découvrent Mayotte pour la première fois. Beaucoup disposent de peu d’informations sur le territoire avant leur arrivée, parfois limitées aux événements récents comme le cyclone Chido.

« Ce sont des personnes qui viennent de très loin et qui n’ont pas d’a priori sur l’insécurité à Mayotte. Ça nous fait déjà une belle promotion », estime Nirina Tatiana Rasoaritsimba.

Pour les acteurs du tourisme, ces escales permettent donc de montrer une autre image de l’île. Le lagon, les plages, l’artisanat, les excursions et l’accueil local deviennent autant d’arguments susceptibles de nourrir le bouche-à-oreille auprès d’autres voyageurs, mais aussi entre compagnies de croisière.

L’impact est également économique. Les excursions, les transports, les achats auprès des artisans, les restaurants mais également les frais portuaires participent aux retombées locales.

La saison à peine terminée, l’AaDTM et le Club Croisière se projettent déjà vers la suivante. À ce stade, 11 escales sont annoncées pour la prochaine saison, dont cinq par une compagnie venue pour la première fois à Mayotte cette année. Un signal jugé encourageant par l’AaDTM, qui y voit la confirmation de l’intérêt croissant des armateurs pour la destination.

Avant la reprise, attendue à la fin du mois de novembre, le Club Croisière devrait se réunir à l’automne afin de dresser le bilan opérationnel et d’identifier les améliorations possibles. Parmi les sujets déjà évoqués figure celui des infrastructures d’accueil, notamment le ponton d’urgence de Mamoudzou.

Avec le départ du Seven Seas Navigator, Mayotte referme donc une saison marquée par une reprise dynamique et par des perspectives encourageantes pour la croisière. Reste désormais à transformer cet intérêt en rendez-vous durable pour la destination.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Le club de judo du Nord de Mayotte perd sa salle et s’inquiète pour l’avenir des jeunes

Le club de judo du Nord de Mayotte perd sa salle et s'inquiète pour l'avenir des jeunes
Le Judo Club Nord 976, qui avait réussi à lancer ses premiers cours pour les enfants du nord de Mayotte et s'entraînait jusqu'ici dans les locaux de l'Office de tourisme du Grand Nord, se retrouve aujourd'hui contraint de suspendre ses activités faute de dojo.

Le président du Judo Club Nord 976 déplore une succession de promesses sans solution concrète sur le terrain. Le Judo Club Nord 976 est privé de salle d’entraînement depuis plusieurs semaines à Mtsamboro et Bandraboua. Son président, Gaspard Touvé, alerte sur l’absence de solution malgré les nombreuses démarches entreprises, privant une quarantaine de jeunes licenciés d’une pratique régulière et sécurisée.

Dans le nord de Mayotte, à Mtsamboro et dans une partie de Bandraboua, le Judo Club Nord 976 traverse une crise majeure. Depuis près de deux mois, le club ne dispose plus d’une salle adaptée pour assurer ses entraînements, mettant en péril la continuité de ses activités auprès d’une quarantaine de licenciés, principalement des enfants et des adolescents.

Son président, Gaspard Touvé, décrit une situation brutale et subie : « Nous avons été contraints de quitter le lieu dans lequel nous nous entraînions, sans qu’une solution de remplacement opérationnelle ne nous soit proposée. » Il affirme avoir multiplié les démarches auprès des collectivités locales, sans résultat concret à ce jour : « Nous avons contacté les responsables, relancé les demandes, mais nous n’avons toujours aucune solution. »

Des solutions temporaires jugées inadaptées

Plusieurs pistes ont été explorées pour maintenir l’activité, notamment à Bandraboua ou en extérieur. Mais ces alternatives se sont rapidement révélées insuffisantes.

« Une solution avait été envisagée à Bandraboua, mais on nous a indiqué qu’aucun matériel ne pouvait rester sur place », explique le président, rappelant les contraintes spécifiques du judo : « On ne peut pas installer et désinstaller 400 kilos de tatamis à chaque séance. »

L’option d’entraînements en extérieur, sur un plateau sportif, a également été évoquée avant d’être écartée : « Ce n’est pas réaliste pour une pratique régulière et sécurisée, surtout pour les enfants. »

Le projet de gymnase à Hamjago suscite lui aussi des interrogations, notamment quant à son adéquation avec les besoins du terrain. « Ce que nous avons vu sur les plans ne correspond pas à la réalité des pratiques sportives », souligne Gaspard Touvé.

Une forte inquiétude pour la jeunesse du club

Au-delà des aspects matériels, le président insiste sur les conséquences humaines de cette situation. Le club, qui avait connu une dynamique encourageante dès sa première année d’existence, voit aujourd’hui ses activités fortement fragilisées.

« Nous avions réussi à construire quelque chose de solide avec les jeunes, et aujourd’hui tout est à l’arrêt », regrette-t-il.

Il évoque également la suspension des activités destinées aux plus petits : « Même le baby-judo a été supprimé, alors que cela fonctionnait très bien. »

Enfin, Gaspard Touvé exprime une profonde lassitude face à cette situation : « Je suis complètement dépité. C’est comme si on se moquait de la jeunesse. »

Le président appelle désormais à une réponse rapide et coordonnée des collectivités afin de permettre au club de reprendre ses activités dans des conditions adaptées.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

L’IEDOM confirme une reprise économique fragile à Mayotte

L’IEDOM confirme une reprise économique fragile à Mayotte

Un an après le cyclone Chido, l’économie mahoraise reprend progressivement son activité. Consommation, emploi et activité bancaire repartent à la hausse, portés par les besoins de reconstruction. Mais derrière ces signaux encourageants, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) souligne la fragilité d’une reprise encore largement dépendante des financements publics et du secteur du BTP.

L’IEDOM a publié sa synthèse économique de Mayotte pour l’année 2025. Après le choc provoqué par le cyclone Chido en décembre 2024, l’année 2025 marque un retour progressif de l’activité. Toutefois, la reprise observée repose principalement sur les besoins immédiats de reconstruction et sur les soutiens publics annoncés.

L’indice du climat des affaires est passé de 106,6 points au premier trimestre à 112,8 points en fin d’année. Cependant, la baisse enregistrée au deuxième trimestre, avec un indicateur tombé à 99,9 points, rappelle que l’environnement économique demeure instable. De nombreux entrepreneurs manquent encore de visibilité concernant les aides publiques, les marchés à venir ou les délais de reconstruction.

L’un des principaux moteurs de la reprise est la consommation des ménages, stimulée par les besoins engendrés par le cyclone. En 2025, les importations mahoraises ont progressé de 25,9 %, dépassant les 300 millions d’euros, un niveau record selon l’IEDOM. Cette dynamique s’est traduite par une hausse de 21,6 % des importations de produits courants et de 25,4 % de celles des biens d’équipement. Les immatriculations de véhicules neufs ont, quant à elles, bondi de 41,5 % sur un an. Par ailleurs, l’encours des crédits aux ménages a progressé de 11,6 % sur l’ensemble de l’année. Dans le même temps, l’inflation a nettement ralenti, s’établissant à 1,3 % contre 2,4 % en 2024, contribuant ainsi au maintien du pouvoir d’achat.

Le secteur du BTP continue de tirer l’économie vers le haut. Les entreprises du secteur bénéficient directement des opérations de reconstruction engagées après le passage du cyclone. L’encours des crédits immobiliers accordés aux entreprises a augmenté de 8,7 %, tandis que l’encours des crédits à l’habitat destinés aux ménages a progressé de 6 %. Toutefois, cette croissance demeure concentrée sur un secteur spécifique. Le risque est de voir l’activité ralentir à l’issue des grands chantiers si aucun relais économique n’est trouvé.

Le commerce et les services peinent davantage à retrouver leur niveau d’activité d’avant le cyclone. De nombreuses entreprises continuent de subir les conséquences des dégâts matériels, des difficultés logistiques ou encore de la baisse de fréquentation de leur clientèle. Malgré cela, l’IEDOM observe une amélioration progressive de la situation au cours du second semestre.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a reculé de 6 % sur l’année. Cette baisse atteint 3,8 % chez les moins de 25 ans et 5,7 % chez les plus de 50 ans. En revanche, le nombre de demandeurs d’emploi âgés de 25 à 49 ans a augmenté de 2,1 %. L’IEDOM évoque une possible corrélation avec les nombreux départs de salariés intervenus à la suite du cyclone. Avec un taux de chômage de 29 % selon l’INSEE, Mayotte demeure le département français le plus touché par le chômage.

Du côté bancaire, l’IEDOM indique que le montant total des actifs financiers détenus par les ménages et les entreprises atteint 1,467 milliard d’euros, soit une progression de 21,7 % de la collecte globale des dépôts sur un an. L’encours des crédits accordés aux ménages a progressé de 11,6 % sur l’année, tandis que les crédits à la consommation ont enregistré une hausse de 15,8 %. Ménages et entreprises ont largement mobilisé le crédit afin de réparer leurs biens, reconstruire leurs équipements ou relancer leur activité.

L’IEDOM demeure prudent quant aux perspectives pour 2026 et identifie plusieurs facteurs de risque : les retards dans le déblocage des crédits publics, les contraintes budgétaires de l’État, les incertitudes économiques internationales ainsi que les tensions persistantes sur la trésorerie des entreprises. L’institut souligne également que de nombreux projets structurants restent suspendus à la publication des décrets d’application de la loi de programmation pour Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Le festival Baobab s’est achevé ce samedi au lycée des Lumières

Le festival Baobab s’est achevé ce samedi au lycée des Lumières
L’équipe pédagogique chargée de l’organisation du festival Baobab

Le festival de théâtre lycéen Baobab s’est achevé ce samedi au lycée des Lumières à Kaweni. Commencé le 20 mai dernier, il a permis aux élèves des classes « option théâtre » de se produire devant leurs camarades, mais aussi de découvrir des pièces de compagnies de théâtre professionnelles invitées pour l’occasion.

« Les classes d’option théâtre ont pour objectif de former les élèves à cette discipline artistique et, pourquoi pas, de faire naître des vocations chez certains », explique Laytaza Hamza, professeur de français et de théâtre au lycée des Lumières de Kaweni et conseillère théâtre au sein de la DRAAC (Délégation de Région Académique à l’Education Artistique et à l’Action Culturelle), chargée de chapeauter l’organisation du festival Baobab.

Débuté le mercredi 20 mai dernier, celui-ci avait pour principal objectif de permettre aux élèves de se produire sur scène en restituant le fruit de leur travail annuel devant leurs camarades, mais aussi devant le grand public qui était également convié. Le festival ne se limitait pas aux élèves du lycée, mais accueillait également les élèves d’autres établissements de manière à rendre l’évènement « le plus académique possible », selon les termes employés par Laytaza Hamza. Ainsi, 11 représentations ont été données par les élèves des différents collèges de l’île, élégamment surnommés « les jeunes pousses » et 12 par les élèves des lycées dits « les baobabs en fleur ».

Ce festival est aussi chaque année l’occasion de faire venir des compagnies professionnelles de l’hexagone ou de La Réunion afin de montrer aux élèves ce que peut donner un travail théâtral réellement abouti. Ainsi, la compagnie Les Tréteaux de France a donné plusieurs représentations de sa pièce « Vénavi (ou pourquoi ma sœur ne va pas bien) », un conte initiatique destiné à parler de la mort aux enfants sans tabou, et la compagnie Les Veilleurs a joué « Un pays dans le ciel », explorant les thèmes de l’immigration et de la protection des réfugiés en parvenant à conférer à ces thématiques difficiles une touche d’humour en dévoilant notamment les absurdités du système.

Des ateliers sur toutes les formes d’art

Si le festival Baobab est avant tout un festival de théâtre, ses organisateurs ont toutefois eu à cœur d’y inviter d’autres formes artistiques afin que la formation de leurs élèves soit la plus complète possible. En parallèle des représentation théâtrales, des ateliers artistiques se sont déroulées tout au long des journées de festival touchant des domaines aussi divers que le graffiti, la danse contemporaine, la breakdance, les arts du cirque ou encore l’écriture créative. « L’objectif pédagogique est de montrer aux élèves qu’il existe de nombreux métiers artistiques autour du théâtre », précise Laytaza Hamza.

Cette immersion de 10 jours dans différents univers artistiques a certainement été « une parenthèse enchantée » pour certains élèves sensibles à ces pratiques et leur a permis d’élargir leurs connaissances ou de faire de belles découvertes. Ce lundi, ils doivent cependant retourner au quotidien « plus prosaïque » de leur emploi du temps ordinaire avec, en ligne de mire, l’objectif du Bac qui se rapproche pour les Terminales !

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Carburants : le sans-plomb franchit un cap historique et dépasse les 2 euros le litre

Carburants : le sans-plomb franchit un cap historique et dépasse les 2 euros le litre

Les automobilistes mahorais devront composer avec une nouvelle hausse des prix à la pompe dès le 1er juin 2026. Dans son arrêté publié ce samedi 30 mai, la préfecture de Mayotte a dévoilé les nouveaux tarifs maximums des carburants. Une évolution marquée par un seuil symbolique jamais atteint jusqu’ici sur l’île : le litre de sans-plomb passe au-dessus des 2 euros.

À compter de lundi, le sans-plomb sera vendu à 2,03 euros le litre, contre 1,98 euro en mai, soit une augmentation de 5 centimes. Cette hausse intervient dans un contexte international toujours instable. Selon la préfecture, les tensions géopolitiques qui secouent plusieurs régions du monde continuent de peser lourdement sur les marchés pétroliers. La progression des cours du pétrole brut, les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation des coûts du transport maritime expliquent en grande partie cette nouvelle flambée des prix.

Tous les carburants ne suivent toutefois pas la même trajectoire. Le gazole enregistre une légère baisse d’un centime et s’établit désormais à 2,14 euros le litre. Le recul le plus significatif concerne le pétrole lampant, dont le prix chute de 27 centimes pour atteindre 1,41 euro le litre. Le gazole marin bénéficie également d’une baisse, passant de 1,76 euro à 1,69 euro le litre.

À l’inverse, le mélange détaxé connaît une hausse notable de 12 centimes, son prix passant de 1,34 euro à 1,46 euro le litre. Quant au gaz domestique, il reste stable : la bouteille de 12 kg demeure fixée à 27 euros. Malgré quelques baisses ciblées, le franchissement du seuil des 2 euros pour le sans-plomb constitue un signal fort de la pression persistante exercée sur le pouvoir d’achat des ménages mahorais.

Aéroport de Bouyouni : la colère gronde en Petite-Terre

Aéroport de Bouyouni : la colère gronde en Petite-Terre

Plusieurs habitants de Petite-Terre se sont mobilisés ce dimanche 31 mai au Four à Chaux pour exprimer leur opposition au projet de nouvel aéroport à Bouyouni, dans le nord de Grande-Terre. À l’initiative d’un mouvement citoyen, les manifestants ont réaffirmé leur attachement à l’aéroport de Pamandzi, qu’ils souhaitent voir maintenu.

Les participants dénoncent un projet qu’ils jugent contraire aux intérêts de Mayotte, mettant en avant ses conséquences économiques et foncières. Ils appellent à poursuivre la mobilisation afin de faire entendre leur voix avant l’ouverture de l’enquête publique prévue le 8 juin.

Soutenu par l’État et défendu par Emmanuel Macron lors de sa visite à Mayotte en avril 2025, le projet de Bouyouni vise à doter l’île d’une infrastructure aéroportuaire plus adaptée aux besoins futurs et au développement de nouvelles liaisons aériennes.

Appel à manifestation d’intérêt : Commission Eau

Appel à manifestation d’intérêt : Commission Eau

Le Réseau EEDD 976, en partenariat avec l’ARS de Mayotte, lance un appel à manifestation d’intérêt afin de constituer sa Commission Eau. Cette instance vise à réunir les acteurs du territoire autour des enjeux liés à l’eau à Mayotte, dans un espace d’échanges, de concertation et de co-construction.

La commission aura pour missions de favoriser le partage d’expériences, développer des actions de sensibilisation et des outils pédagogiques, produire des recommandations et renforcer les partenariats autour de la préservation de l’eau.

Cet appel s’adresse aux associations, établissements scolaires, collectivités, services de l’État, professionnels, experts, citoyens engagés et à toute personne souhaitant contribuer à cette dynamique collective.

Les candidatures (nom, structure, coordonnées, présentation, attentes, motivations et contribution) sont à transmettre avant le vendredi 5 juin 2026 à l’adresse suivante : direction@reseaueedd976.yt

Parce que l’eau est un enjeu collectif majeur pour Mayotte, mobilisons-nous ensemble pour construire des solutions durables.

12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques

12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
12ᵉ Trophée de l’entreprise, organisé par la Société Mahoraise de Presse (Somapresse), qui a récompensé 10 entreprises dans 10 catégories différentes.

La 12ᵉ édition des Trophées de l’entreprise s’est déroulée au Mermoz ce vendredi 29 mai. Organisée par la Société Mahoraise de Presse (Somapresse), cette soirée a réuni les acteurs du monde économique, institutionnel et associatif de Mayotte afin de mettre à l’honneur les entreprises et les entrepreneurs qui contribuent au dynamisme du territoire. Tout au long de la cérémonie, plusieurs lauréats ont été récompensés pour leur innovation, leur engagement, leur esprit d’initiative et leur contribution au développement économique de l’île.

12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
La soirée était organisée au sein du Mermoz, où entreprises et institutionnels ont pu à nouveau se rencontrer le temps d’une soirée.
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
Maeva Toumbou Dani prétendante au titre de Miss Univers nouvellement choisie , a fait le déplacement pour assister à l’événement.
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
L’entreprise Sercop a été récompensée en tant qu’entreprise mahoraise la plus dynamique de l’année. Originaire du nord de Mayotte, son dirigeant voit ainsi récompensé un parcours d’entrepreneur qu’il rêvait d’accomplir depuis son plus jeune âge.
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
La pause musicale a été marquée par la prestation de l’artiste mahoraise.
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
L’association Profession Sport Loisirs , remporte le prix de la catégorie concernée. « C’est un honneur. Cette récompense vient saluer le travail d’une équipe engagée et donne envie de s’investir davantage pour le territoire. »
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
L’influenceuse adventuresofkerry était également présente lors de la soirée.
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
Nouvellement nommé, le préfet de Mayotte a tenu à participer à cette soirée mettant à l’honneur les entreprises mahoraises de l’année. Il a remis le Prix du Jury. « Une soirée importante qui vient consacrer le dynamisme du monde économique à Mayotte. Malgré les difficultés et les crises, il y a une véritable envie d’entreprendre et d’avancer. »
12èmes Trophées mahorais de l’entreprise : une soirée de reconnaissance pour les acteurs économiques
L’entreprise Pascal Gang remporte le Prix du Jury. « C’est une reconnaissance du travail accompli. »

Tayina Daou, élue meilleure élève Ingénieure de France sur plus de 80 candidats

Tayina Daou, élue meilleure élève Ingénieure de France sur plus de 80 candidats

Engagée, déterminée et tournée vers les autres. À seulement quelques années de l’obtention de son baccalauréat à Mayotte, Tayina Daou s’impose déjà comme l’une des figures inspirantes de la jeunesse mahoraise. Élève-ingénieure en quatrième année au CESI Paris-Nanterre, elle mène de front une carrière prometteuse dans l’industrie et un engagement constant en faveur de l’égalité des chances.

Originaire de Mamoudzou, la jeune femme suit aujourd’hui une formation d’ingénieure généraliste avec une spécialisation en performance industrielle, en alternance au sein du cabinet A2L Consultant. Mais au-delà de son parcours scientifique, c’est son investissement auprès des jeunes qui attire l’attention.

Depuis ses années lycée, Tayina Daou a fait de la représentation des élèves et de l’engagement citoyen un véritable fil conducteur. Déléguée de classe durant plusieurs années, membre de différentes instances de concertation, elle apprend très tôt à défendre les intérêts collectifs et à porter la voix de sa génération.

Cette volonté d’agir dépasse rapidement le cadre scolaire. En 2022, elle participe à une mission de solidarité internationale en Tanzanie avec l’association Mayotte Entraide Étudiantes. Après plusieurs mois de préparation, elle prend part à des actions au sein d’un orphelinat et à des échanges interculturels destinés à renforcer les liens entre les jeunes de différents horizons.

Son engagement prend une nouvelle dimension lors de son service civique au sein de la structure Émanciper Mayotte. Pendant huit mois, elle accompagne des jeunes en situation de décrochage scolaire vers la formation et l’insertion professionnelle. Une expérience marquante qui lui vaut d’être distinguée par le premier prix des Jeunes engagés de Mayotte, décerné par la DRAJES.

Aujourd’hui, Tayina Daou multiplie les initiatives pour rendre les études supérieures plus accessibles. Ambassadrice de l’association Elles Bougent, elle intervient régulièrement auprès de collégiennes et lycéennes afin de promouvoir les carrières scientifiques et techniques et de lutter contre les stéréotypes qui éloignent encore trop souvent les jeunes filles des métiers de l’ingénierie.

Son action se poursuit également à l’échelle nationale. Au sein du Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI), elle contribue à des projets d’orientation et pilote notamment des webinaires destinés à informer les lycéens et leurs familles sur les parcours d’ingénieurs. Mentor auprès de l’association Article 1, elle accompagne aussi des élèves dans leurs choix d’orientation et leur découverte de l’enseignement supérieur.

Mais c’est sans doute à Mayotte que son engagement trouve son expression la plus forte. Convaincue que la réussite doit être partagée, elle a créé le programme de mentorat « Rôles Modèles », destiné à accompagner les collégiennes, lycéennes et étudiantes dans leurs projets d’études. L’initiative mobilise étudiants, parents et partenaires locaux autour d’un objectif commun : permettre aux jeunes Mahoraises de croire en leur potentiel et d’oser s’orienter vers les filières scientifiques.

Cette démarche lui a valu d’être sélectionnée parmi les lauréats 2025 de la Fondation Georges Besse, qui soutient les étudiants méritants confrontés à des difficultés financières. Une reconnaissance qui vient saluer autant l’excellence de son parcours que la portée de son engagement.

À travers ses actions, Tayina Daou incarne une nouvelle génération de jeunes leaders qui considèrent la réussite non comme une finalité individuelle, mais comme un levier au service des autres. Entre ingénierie, mentorat et promotion de l’égalité des chances, elle construit pas à pas un modèle d’engagement dont l’influence dépasse largement les frontières de Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Coup de gueule de M’toro Chamou : « Les Mahorais sont oppressés par l’Etat »

Coup de gueule de M’toro Chamou : « Les Mahorais sont oppressés par l’Etat »

Le célèbre chanteur M’toro Chamou a tenu à nous faire part de son sentiment sur la politique actuelle menée par l’Etat sur le territoire. Pour lui, l’augmentation des effectifs de police et de gendarmerie et les nombreux contrôles menés actuellement dans le cadre de l’opération « Kingia » serviraient moins à régler le problème de la délinquance à Mayotte qu’à exercer une « pression insoutenable » sur la population mahoraise.

« Actuellement, les policiers et les gendarmes sont partout ! Si encore, cela servait à diminuer le problème de la délinquance sur l’île, je serais d’accord, mais force est de constater que ces forces de l’ordre s’acharnent principalement sur « les citoyens ordinaires », au travers des innombrables contrôles routiers, qu’aux véritables responsables de l’insécurité sur l’île », lance le chanteur M’toro Chamou. Car, cette fois-ci, l’artiste n’est pas venu nous parler de sa musique, mais bien de la situation de son île, qui le révolte profondément. « Les forces de l’ordre mettent la pression sur les gens qui travaillent et les gens qui sortent. Ils nous attendent à la sortie des bistros si bien que, maintenant, les gens ont aussi peur de la police que des dakous », analyse-t-il. « Cela créé une atmosphère vraiment pesante, l’Etat ne met pas seulement la pression sur les délinquants, il la met sur l’ensemble de la population mahoraise, c’est devenu intenable ! », vocifère-t-il encore avec colère.

Depuis la création par la Préfecture de Mayotte, il y a environ un an, du Comité Opérationnel Départemental Anti-Fraude (CODAF), les opérations de contrôles se sont en effet multipliées sur le territoire dans tous les domaines : travail clandestin, marchands de sommeil, agriculture clandestine, restaurants et supermarchés, taxis clandestins, etc. En parallèle, les contrôles routiers se sont également intensifiés et les automobilistes ne possédant pas de véhicule parfaitement en règle « n’ont qu’à bien se tenir ». Sans compter que l’opération Kingia qui s’est terminée le 29 mai a encore intensifié la fréquence de tous ces contrôles. Les Mahorais avaient certes demandé une augmentation des forces de l’ordre sur l’île, mais c’était principalement pour lutter contre la délinquance et retrouver un sentiment de sécurité au sein de leur territoire. Mais l’ancien préfet François-Xavier Bieuville a eu une interprétation toute personnelle de cette revendication et, actuellement, c’est toute la population mahoraise qui est sommée de « marcher au pas ». Alors, l’Etat justifiera sans doute cette méthode par la nécessité, évoquée depuis de nombreuses années, de « lutter contre l’écosystème de l’immigration clandestine », mais il n’en reste pas moins que la plupart des Mahorais ne s’attendaient sans doute pas à cela, à commencer par l’artiste M’toro Chamou, qui n’hésite pas à se demander si Mayotte « est un département français ou une colonie ? ».

Un « manque d’accompagnement » des travailleurs

Les Mahorais réclamaient aussi à corps et à cri une accélération de la départementalisation de l’île et le respect du code du travail en est une condition sine qua non. « Certes, mais il faudrait accompagner les travailleurs afin qu’ils apprennent à se mettre aux normes au lieu de fermer leur établissement en les mettant ainsi en difficulté financière », nuance le chanteur qui estime que l’Etat « s’acharne sur les travailleurs, les gens qui essaient de s’en sortir » au lieu de se concentrer sur son objectif premier : éradiquer la délinquance sur l’île. A ce propos, pour lui, ce problème subsiste d’ailleurs parce que les jeunes ne sont pas suffisamment encadrés. « Il y a beaucoup de jeunes artistes talentueux sur l’île, mais aucune structure pour les accueillir », déplore-t-il. Il s’interroge également sur l’absence du statut d’intermittent du spectacle à Mayotte, alors même que l’île est département français depuis maintenant 15 ans. « Quand des actes de délinquance et de vandalisme surviennent dans les banlieues de l’hexagone, l’Etat réussit à les faire cesser très rapidement et ils veulent nous faire croire qu’à Mayotte ils n’y arrivent pas ? C’est une plaisanterie ! », ironise d’ailleurs le chanteur.

Ce dernier dénonce aussi l’hypocrisie des forces de l’ordre et des agents de la douane qu’il aurait personnellement vu « fumer des Cœlacanthes » (N.B : cigarettes de contrebande comoriennes) alors même qu’ils sont censés interpeler les responsables de ce trafic. « On met tout sur le dos de l’immigration clandestine, mais pour moi c’est juste une stratégie de la France pour nous diviser », déclare encore le chanteur, évoquant la fameuse stratégie politique bien connue du « diviser pour mieux régner ». « Ce sont des problèmes fabriqués pour mieux contrôler Mayotte. Les Anjouanais servent de « boucs émissaires » », estime-t-il. Le chanteur va même jusqu’à parler de « mensonge d’Etat » en évoquant la « crise de l’eau » que Mayotte subit depuis plusieurs années. « Il y a de l’eau à Mayotte, on nous ment ! C’est scientifiquement impossible qu’il n’y ait pas d’eau à Mayotte, c’est une stratégie pour nous mettre à genoux », s’insurge-t-il. Et de conclure par : « J’ai passé 30 ans entre la métropole et La Réunion et par rapport à Mayotte, c’est le grand écart ! ». « Les choses n’avancent pas, on nous donne des devoirs sans nous donner accès aux droits qui vont normalement avec et les Mahorais commencent à se poser des questions : quelles sont réellement les intentions de la France avec Mayotte ? »

Reconquête de foncier public et privé : le préfet Frédéric Poisot souhaite poursuivre les opérations de décasement au-delà de Kingia

Reconquête de foncier public et privé : le préfet Frédéric Poisot souhaite poursuivre les opérations de décasement au-delà de Kingia

Depuis différents points du site, il était possible d’apprécier l’ampleur exacte des occupations illégales et le nombre d’habitations de fortune qui parsèment le foncier public dans les hauteurs de la Vigie.

Indépendamment des conséquences du cyclone Chido, ceux qui connaissent bien la zone concernée peuvent constater le recul significatif des espaces forestiers jadis caractéristiques du paysage environnant.

Le nouveau préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, s’est rendu sur les lieux en milieu de matinée afin de constater l’action en cours, après un briefing avec le commandement des forces de gendarmerie déployées sur le terrain pour sécuriser l’opération.

Au milieu des pelleteuses en action, il a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a réaffirmé la détermination de l’État à poursuivre ces opérations de récupération de foncier public et privé illégalement occupé.

« Je souhaite continuer à décaser au-delà de cette opération Kingia parce que ces opérations sont importantes. Elles participent également à la lutte contre l’immigration clandestine, à la protection du territoire, à l’amélioration de l’environnement et au bien-être des habitants vivant à proximité de ces habitats informels », a déclaré le préfet Frédéric Poisot.

De l’humanité, mais dans la rigueur, le respect du droit et de la loi

Des opérations qu’il envisage de poursuivre régulièrement en dehors du cadre de Kingia, tout en rappelant la nécessité de respecter le cadre réglementaire en vigueur ainsi que les règles humanitaires applicables aux occupants de ce type de lieux.

À ce sujet, Frédéric Poisot a tenu à rappeler sa ligne directrice : « Ma ligne de conduite est très claire. Je suis un préfet de la République et j’agis en conséquence. Cela signifie que je prends évidemment en compte la dimension humaine vis-à-vis des familles qui se trouvent dans ce genre de situation, mais sans aucune faiblesse et avec beaucoup de rigueur, parce que je me dois de faire respecter la loi et le droit. »

Pour ce qui est de la Vigie, le lieu jouissait d’une sinistre réputation de zone de non-droit, entre trafics en tous genres, base arrière de réseaux de passeurs clandestins et lieu de repli de nombreux jeunes délinquants.

Si cette opération de démolition d’habitats indignes est difficile à assumer politiquement pour les nouveaux élus locaux de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi, elle a en revanche été largement saluée par une majorité des habitants de Petite-Terre, qui désespéraient de voir un jour l’ordre et la quiétude reprendre leurs droits sur ces lieux.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Ministre un jour, fraudeur toujours !

Ministre un jour, fraudeur toujours !

Ils étaient poursuivis pour fraude à la CAF et à la CGSS. Jugé par contumace vendredi sur l’île de La Réunion, l’ancien ministre comorien des Affaires étrangères, Doihir Doulkamal, ainsi que son épouse, ont écopé de lourdes peines à l’issue de ce procès très médiatisé. Deux ans d’emprisonnement et un mandat d’arrêt ont été prononcés à son encontre.

L’affaire est pour le moins embarrassante pour les diplomaties comorienne et française qui, pour l’instant en tout cas, se sont gardées de tout commentaire. Il faut dire qu’il est plutôt rarissime – pour ne pas dire inédit dans l’histoire contemporaine – qu’un ministre des Affaires étrangères d’un pays allié fasse l’objet d’une condamnation judiciaire pour avoir escroqué une institution publique française. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé le vendredi 29 mai 2026 à Saint-Denis, chef-lieu du département de La Réunion.

Doihir Doulkamal et son épouse étaient jugés par contumace (c’est-à-dire en l’absence des prévenus) par le tribunal judiciaire pour avoir frauduleusement perçu des allocations familiales à hauteur de 250 000 euros. Le préjudice porterait sur le RSA, mais aussi sur les aides au logement et les allocations de rentrée scolaire.

La justice française reproche à l’ancien patron du Mirex (acronyme donné au ministère des Affaires étrangères dans l’Union des Comores) d’avoir continué à percevoir des prestations sociales sur le sol français alors qu’il exerçait de très hautes fonctions dans son pays. Ce fait mérite d’autant plus d’être souligné que Doihir Doulkamal a été élu député des Comores dans son île natale d’Anjouan et qu’il a longtemps siégé à l’Assemblée nationale, au Palais du peuple, en percevant des indemnités parlementaires, avant d’être nommé à ce prestigieux poste de ministre des Affaires étrangères.

De l’avis général aux Comores, cette nomination constituait une récompense consécutive à un rapport parlementaire aux conclusions plus que contestées, qui a conduit à la condamnation à la prison à vie de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi.

Une sulfureuse affaire qui revient régulièrement sous les feux de l’actualité politique dans l’archipel voisin, y compris en ce mois de mai 2026, compte tenu de l’état de santé supposé dégradé de cet encombrant prisonnier politique.

Il n’y a donc qu’aux Comores que de telles pratiques frauduleuses semblent relever de comportements ordinaires de la part d’un ministre des Affaires étrangères en plein exercice. Il est d’autant plus surprenant que le président Azali Assoumani n’ait consenti à remercier Doihir Doulkamal que récemment, sous la pression constante des médias et de l’opposition, une fois que ce scandale a éclaté à La Réunion.

Depuis son limogeage, l’ancien chef de la diplomatie comorienne avait disparu des radars médiatiques de la région, jusqu’à son jugement par contumace en fin de semaine dernière, l’Union des Comores n’ayant pas accepté de le livrer à la justice française durant l’enquête — ce qui aurait constitué un précédent singulier dans les annales de la diplomatie.

Doihir Doulkamal a été condamné à deux ans de prison et fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt. Son épouse, quant à elle, a été condamnée à un an de prison assorti d’une interdiction de séjour de cinq ans sur le territoire français.

L’ancien ministre comorien risque gros, d’autant qu’il possède également la nationalité française, même si la justice n’est jamais parvenue à le localiser depuis le début de l’affaire.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

À Chiconi, le festival Resaka ny Kalamu fait exister la parole des enfants

À Chiconi, le festival Resaka ny Kalamu fait exister la parole des enfants

La 7e édition du festival des arts poétiques Resaka ny Kalamu s’est déroulée à Chiconi sous le signe de l’affirmation de soi. Placé sous le thème « J’existe », l’événement a permis aux élèves de CM2 des écoles de Sohoa et de Moussimou de s’exprimer à travers l’écriture, la poésie, le conte et la prise de parole.

Sur la place Amboaro, dite Sicotram, à Chiconi, les tables sont installées en îlots. Autour d’elles, des élèves de CM2 écoutent, écrivent, questionnent, imaginent. Dans un atelier, le conteur mahorais Fardy entraîne un groupe dans la construction collective d’une histoire : celle d’un coq insatiable qui dévore tout sur son passage, animaux compris, au grand désarroi des villageois. Les enfants participent, proposent, rient, corrigent, ajoutent leur voix au récit.

C’est dans cette atmosphère de transmission et de création que s’est ouverte la 7e édition du festival des arts poétiques Resaka ny Kalamu, organisée par la Ville de Chiconi. Cette année, le festival porte un thème puissant : “J’existe”. « Plus qu’un simple thème, ces mots sont une affirmation », a déclaré Chebani Mohamadi, 5e adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine à Chiconi. Pour l’élu, “J’existe” rappelle aux enfants qu’ils ont « une voix, une place et quelque chose à porter au monde ». À travers cette édition, la municipalité souhaite placer les élèves au centre d’une aventure à la fois culturelle, scolaire et citoyenne.

Deux classes de CM2, issues des écoles de Sohoa et de Moussimou, ont participé aux ateliers. Avec Corinne Fleury, écrivaine et éditrice, ils ont travaillé la prose à partir d’images. Avec David Dielen, la poésie a permis de transformer l’identité en matière d’écriture. Jihen Souki les a accompagnés dans l’expression de leurs émotions à travers une lettre au futur soi. Fardy, de Nimbé Animation, a animé l’atelier conte, tandis que la lecture musicale a fait dialoguer les textes des enfants avec les instruments de Moh! Kouyaté et Ibrahima Kourou.

Chaque espace de travail a été pensé pour permettre aux enfants d’exprimer une part d’eux-mêmes. L’objectif n’est pas seulement d’apprendre à écrire ou à lire à voix haute, mais de gagner en confiance, d’oser dire ses émotions, de raconter son histoire et de croire en ses capacités. « Ici, à Chiconi, écrire, raconter, déclamer ou monter sur scène ne doit jamais être vu comme un simple exercice scolaire », a poursuivi Chebani Mohamadi. « C’est apprendre à prendre confiance en soi. C’est oser parler, exprimer ses émotions, raconter son histoire et croire en ses capacités. »

La démarche est aussi portée par une volonté de transmission culturelle. Pour l’élu, le festival permet de faire vivre la langue, la mémoire et les valeurs communes. « Un peuple qui transmet sa parole est un peuple qui continue d’exister et de construire son avenir », a-t-il rappelé.

Pour Zidini Saïdou Dimassi, directeur culture et patrimoine de Chiconi, cette édition centrée sur les enfants répond à une ambition claire : révéler les sensibilités et susciter des vocations. « C’est l’émancipation à travers l’écriture. Ils font une sorte de reconquête de soi à travers l’écriture. »

Selon lui, l’enjeu est de donner aux élèves le réflexe d’écrire et de raconter. Ce geste, répété, accompagné, valorisé, peut ouvrir des chemins. « C’est comme ça qu’on crée des élites », estime-t-il. La Ville a volontairement choisi de travailler avec deux écoles seulement, afin de privilégier un accompagnement approfondi plutôt qu’une participation plus large mais moins suivie. « On n’est pas dans la gestion, on est dans la création », insiste-t-il.

La restitution des ateliers, intitulée « La grande traversée des mots », a permis aux enfants de s’avancer au micro pour déclamer leurs créations. Un moment fort, prolongé par une rencontre littéraire, le spectacle « Hodi », mêlant musique et éloquence, une scène libre de lecture musicale et une pièce de théâtre présentée par les élèves du collège de Sada.

Le samedi, la conférence « L’insubordination par le verbe » a ouvert une réflexion sur les mots comme outil d’émancipation intellectuelle et de réappropriation de son histoire. L’après-midi, le concours d’éloquence en Kiboshy a mis à l’honneur la force expressive de la langue et l’art de convaincre un auditoire. Le festival s’est achevé en musique avec un concert de clôture de Moh! Kouyaté et Ibrahima Kourou.

À Chiconi, Resaka ny Kalamu a ainsi dépassé le cadre d’un simple festival poétique. Pendant deux jours, la parole des enfants, des artistes et des habitants a occupé le centre de la cité, rappelant que les mots peuvent transmettre, rassembler et donner à chacun les moyens d’affirmer : « J’existe ».

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mamoudzou a célébré la Journée internationale du vivre-ensemble

Mamoudzou a célébré la Journée internationale du vivre-ensemble

Ce samedi 30 mai, au cœur de la capitale, s’est tenue la 4ᵉ édition de la Journée du vivre-ensemble. Au programme : des tables rondes autour de divers sujets liés à la citoyenneté au quotidien, notamment la parentalité, l’histoire de Mayotte, la jeunesse et la cellule familiale. L’événement a dû changer de lieu en raison de la météo, mais s’est tout de même poursuivi à l’hôtel de ville.

Malgré des conditions météorologiques pluvieuses, la Journée du vivre-ensemble, initialement prévue au parc Mahabou, s’est tenue à l’hôtel de ville de Mamoudzou, dans la salle de délibération Abdallah Houmadi. Le programme a été bouleversé, mais les ambitions sont restées les mêmes. Trois tables rondes étaient au programme, abordant des thèmes tels que la protection de l’environnement, la tolérance des pratiques culturelles, ainsi que la citoyenneté et la transmission des valeurs familiales.

Plusieurs représentants de communautés étaient présents, notamment des Antillais, des Malgaches et des Africains. L’ambiance était au rendez-vous avec l’ouverture d’un chama de débat et un buffet gourmand mis à disposition. C’est Saïd Mohamed Djanfar, adjoint au maire, qui a présidé l’événement, accompagné de représentants de l’État, d’autorités religieuses, de psychologues et de sociologues. Parmi eux figurait notamment Mouhoutar Salim, écrivain et conférencier. Le maire, Ambdilwahédou Soumaïla, a rejoint l’assemblée plus tard dans la journée.

L’adjoint au maire s’est exprimé en ces termes : « Nous témoignons, nous agissons, nous proposons, car Mamoudzou est bien plus qu’une capitale : c’est un carrefour, un lieu de rencontre entre les cultures, les traditions et les générations. Ici, des communautés diverses vivent ensemble, dialoguent, partagent et construisent au quotidien un équilibre fragile mais profondément humain : celui du vivre-ensemble dans la diversité.

Parler de l’environnement, c’est transmettre aux plus jeunes le respect de notre terre. Parler de nos pratiques culturelles, c’est apprendre à mieux se connaître et à mieux se respecter. Parler de la famille, c’est se rappeler que les valeurs du vivre-ensemble et de la citoyenneté se construisent d’abord au sein du foyer. »

Il poursuit : « Dans un monde parfois marqué par la division, Mamoudzou souhaite être une voie d’équilibre, une terre de dialogue, un exemple de cohabitation pacifique entre cultures et croyances. Nous avons encore des défis à relever, mais nous disposons aussi d’une force précieuse : la capacité à créer du lien, à transmettre et à nous rassembler. »

Il affirme que le vivre-ensemble n’est pas seulement un idéal universel, mais également une pratique locale, concrète et vivante à Mamoudzou.

L’éducation, un moteur au cœur des débats

Hadidja Madi-Assani, psychologue spécialisée en ethnopsychiatrie, a placé la question de l’éducation au centre des échanges, insistant sur la coexistence d’une double culture, mahoraise et occidentale :

« Il est possible d’éduquer avec bienveillance, de poser des cadres, de dire non aux enfants, tout en leur permettant de grandir en leur parlant dans notre langue maternelle. Un enfant bien ancré dans sa culture et dans son identité est un enfant riche, qui ira loin. »

Dans ses entretiens avec ses patients, elle demande aux parents de se présenter dans leur langue maternelle et leur adresse ce conseil :

« Parlez-leur dans la langue qui les fait vivre, qui les fait vibrer, celle avec laquelle vous vous adressez à Dieu. »

Parmi les participants figurait également Berthin Nzelomona, professeur d’histoire et de géopolitique à l’Université de Mayotte et au lycée des Lumières. Il s’est dit fasciné par la diversité des points de vue exprimés lors de cette table ronde.

Certains intervenants insistent sur l’importance, pour un enfant, de bien connaître sa culture afin de s’épanouir dans ses études supérieures. D’autres estiment que l’éducation de base, dite communautaire, doit relever uniquement des parents. Une troisième opinion considère que l’éducation communautaire, à travers le chiôni et la madrassa, a été en quelque sorte « dépouillée » de ses institutions, alors même qu’elle remplissait une fonction fondamentale qu’ils souhaiteraient voir restaurée.

Il partage son analyse : « La question de l’éducation est vaste. Il n’existe aucune culture qui ne place au centre la bonne intégration et la transmission des valeurs. Cette mission est fondamentale, aussi bien sur le plan religieux, familial que social. Cependant, Mayotte est devenue un département français et, pour tous les Français, il doit exister un dénominateur commun. C’est là que se situe le débat. »

Il poursuit : « La majorité de mes étudiants considèrent la vertu religieuse comme la vertu suprême, et cela entre parfois en contradiction avec la laïcité ou encore avec la fin de la polygamie, par exemple. »

De son côté, Thierry Port-Lis, fondateur d’un club de basket à Tsoundzou, explique pourquoi il était essentiel pour lui d’être présent :

« Mon objectif aujourd’hui était de rencontrer les communautés antillaise et mahoraise, ainsi que les acteurs précurseurs dans le domaine de l’éducation. C’est important pour moi, car je fais partie du monde de l’éducation populaire et sportive. »

Lors de la table ronde, il a également interpellé les spécialistes en soulignant un manque d’action de l’État dans l’accompagnement des parents :

« Il n’y a pas que les parents qui sont responsables de l’avenir des enfants. J’ai voulu soulever le problème des infrastructures et du manque de scolarisation. Quand un enfant va à l’école une semaine par mois, on ne peut pas parler d’éducation. »

Aujourd’hui, il a transformé une association en entreprise afin de permettre aux jeunes d’accéder à l’emploi, tout en continuant à rêver d’un avenir meilleur pour eux.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Football féminin : Orange lance une compétition dédiée aux U17

Football féminin : Orange lance une compétition dédiée aux U17

Lancée ce dimanche 24 mai au stade de Cavani, la première partie du Challenge Orange au féminin réunit 280 joueuses U17 issues de 24 équipes mahoraise. À la clé, un voyage à Claire-Fontaine et une rencontre avec des joueuses de l’équipe de France

Orange a lancé le « Challenge Orange au Féminin » au stade de Cavani ce dimanche 24 mai en partenariat avec la Ligue Mahoraise de Football et Air Austral. Cette nouvelle compétition dédiée au football féminin U17 réunit 280 joueuses de 24 équipes venues de toute l’île.

Cette première journée marque le coup d’envoi d’une compétition en 3 phases qui s’étendra sur plusieurs semaines. La première phase de poule a eu lieu dimanche. Une phase intermédiaire se tiendra dans quelques semaines, et les phases finales sont prévues pour septembre 2026. L’équipe victorieuse remportera un voyage en métropole à Paris où les joueuses mahoraises visiteront Claire-Fontaine, le centre d’entraînement des équipes nationales, et rencontreront certaines joueuses de l’équipe de France. Le challenge intègre des épreuves techniques, comme un concours de jongles et de gestes techniques, et des temps collectifs pour encourager la confiance, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi. Au-delà du sportif, un questionnaire est mis en place pour noter les joueuses sur le plan de l’éthique et de la responsabilité, impactant les résultats de la compétition. Les joueuses sont également sensibilisées aux différentes formes de harcèlement. À travers ce type d’événement, Orange « apporte sa pierre à l’édifice » dans le développement des sections féminines à Mayotte.

Orange revendique agir au plus près des territoires, en soutenant les dynamiques locales et en contribuant à révéler les talents là où ils s’expriment. À Mayotte, cette compétition offre un nouveau cadre pour encourager le football féminin et renforcer la visibilité.

André Martin, directeur général d’Orange Réunion Mayotte déclare : « Le Challenge Orange au Féminin, c’est un signal fort envoyé à toutes les jeunes filles de Mayotte : leur talent a de la valeur, et nous sommes là pour le faire grandir. Orange s’engage ici avec conviction, aux côtés de la Ligue Mahoraise de Football et d’Air Austral, pour que ce territoire devienne un vivier de talents reconnu. Ce ne sont pas seulement 280 joueuses qui entrent sur un terrain, c’est une génération qu’on accompagne vers l’excellence ».

Hugues Marchessaux, Président du Directoire d’Air Austral explique : « Depuis 10 ans, Air Austral rapproche Mayotte de l’Hexagone et accompagne les projets de vie des Mahorais. En s’associant au Challenge Orange au Féminin, nous réaffirmons notre engagement en faveur de la jeunesse et de l’égalité des chances. Offrir à ces jeunes joueuses une immersion au cœur du football féminin en métropole, c’est concrètement notre mission : connecter les territoires et ouvrir le champ des possibles.« 

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Une dynamique collective autour de la ressource en eau à Mayotte

Une dynamique collective autour de la ressource en eau à Mayotte

Le Réseau EEDD976, en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Mayotte, lance un appel à manifestation d’intérêt pour intégrer la Commission Eau.

Cette instance a pour objectif de réunir les acteurs du territoire autour des enjeux liés à la gestion et à la préservation de l’eau, une ressource jugée essentielle à Mayotte. Elle se veut un espace d’échanges, de concertation et de co-construction.

Associations, établissements scolaires, collectivités, services de l’État, professionnels, experts et citoyens engagés sont invités à participer à cette démarche collective.

Les personnes intéressées peuvent envoyer leur candidature avant la date limite à l’adresse suivante : direction@reseaueedd976.yt.

Une initiative qui vise à mobiliser l’ensemble des acteurs autour de solutions durables pour la gestion de l’eau sur le territoire.

Hygiène, travail illégal : la préfecture serre la vis contre deux établissements

Hygiène, travail illégal : la préfecture serre la vis contre deux établissements

Les services de l’État ont engagé cette semaine deux procédures administratives visant des établissements implantés à Mayotte, illustrant un renforcement des contrôles en matière d’hygiène alimentaire et de droit du travail.

À Mamoudzou, l’hôtel Maharajah est désormais contraint de suspendre temporairement son activité de restauration. Dans un arrêté préfectoral signé le 22 mai et rendu public mardi, la préfecture évoque plusieurs infractions aux règles sanitaires relevées lors d’un contrôle effectué le 5 mai par les agents compétents.

Les autorités estiment que les anomalies constatées présentent un risque suffisamment important pour justifier une interruption immédiate de l’activité de restauration. L’établissement ne pourra reprendre son service qu’après vérification complète des mesures correctives exigées par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF).

La direction de l’hôtel a toutefois annoncé son intention de contester cette décision administrative.

Le même jour, un autre arrêté préfectoral a frappé un commerce de Sada. Le douka La Madjirani a été fermé administrativement pour une durée de 80 jours après un contrôle mené conjointement par l’inspection du travail et la gendarmerie.

Les enquêteurs ont mis au jour plusieurs infractions liées à l’emploi de personnel non déclaré. Une salariée française travaillait sans contrat ni fiche de paie, tandis que deux employés comoriens exerçaient sans autorisation de travail. Les autorités ont également relevé l’absence de déclaration fiscale et de déclaration d’activité professionnelle depuis l’ouverture du commerce.

Selon les éléments du dossier, les rémunérations étaient versées en espèces sans dispositif de traçabilité. Les services de l’État considèrent que le fonctionnement du commerce reposait de manière durable sur une main-d’œuvre dissimulée et en situation de vulnérabilité administrative.

Le représentant de l’établissement a indiqué avoir entrepris des démarches de régularisation, notamment en transmettant des déclarations préalables à l’embauche pour deux salariés. Des initiatives jugées tardives par l’administration, qui estime que les obligations légales pouvaient être respectées dès le lancement de l’activité.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes