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Coupure d’électricité au CHM : le directeur demande un audit

Coupure d’électricité au CHM : le directeur demande un audit
Le CHM a été victime d’une coupure d’électricité générale de 2h30 dans l’après-midi du mercredi 19 août

Une coupure d’électricité de 2h30 a eu lieu hier au CHM dans l’après-midi, désorganisant l’ensemble des services. Si aucune conséquence sanitaire n’a été constatée sur les patients, le directeur reconnaît l’insuffisance du système d’alimentation électrique de l’établissement et demande un audit.

Ce mercredi 19 août, le CHM a subi une coupure électrique d’environ 2h30, désorganisant l’ensemble des services. Les rumeurs sont allées bon train sur le territoire selon le traditionnel “répété, déformé, amplifié”, propre à la circulation orale des informations. Si le CHM n’a pas souhaité communiquer le jour même, il a envoyé ce jeudi un communiqué de presse indiquant que “l’incident est survenu dans le cadre de travaux d’aménagement réalisés dans le patio de l’établissement”. Il précise qu’un câble du réseau EDM a été accidentellement sectionné, entraînant l’interruption totale de l’alimentation électrique du site.

Un tel accident peut certes arriver, ce qui est davantage problématique est que les groupes électrogènes de secours n’ont pas pu prendre le relai “en raison d’un incident technique”. Contacté par téléphone, Jean-Michel Beaumarchais, le directeur de l’hôpital, a tenté de nous donner davantage de détails : “Je ne suis pas technicien, mais d’après ce que j’ai compris, quand un câble EDM est sectionné, la centrale EDM envoie d’autres impulsions électriques et ce sont celles-ci qui ont bloqué le démarrage des groupes électrogènes”.

La tentative de “rééquilibrage” électrique d’EDM aurait donc aggravé le problème au lieu de le résoudre, mais cette information est à prendre avec des pincettes car nous ne sommes pas davantage techniciens que monsieur Beaumarchais.

Un accident qui révèle des problèmes au sein du réseaux de câbles électriques du CHM

Selon le directeur, cet incident a “grandement désorganisé les services” mais “n’a heureusement eu aucune conséquence sur la santé des patients”. Cela a toutefois fait perdre “un temps considérable” au planning déjà si serré de l’établissement, d’où le mécontentement de certains patients.

Jean-Michel Beaumarchais reconnait toutefois que cet incident n’aurait pas dû arriver et se pose des questions sur la qualité du réseau de câbles électriques situé sous l’établissement. “Ces câbles auraient dû être bien identifiés afin d’éviter ce genre de problème. Je vais d’ailleurs demander un audit sur l’ensemble du circuit électrique du CHM afin que cela ne se reproduise plus”, a-t-il également ajouté.

Toute est revenu à la normale ce jeudi matin et aucune conséquence n’est non plus à déplorer sur le matériel du CHM. “Nous avons tout redémarrer et tout fonctionne”, a indiqué le directeur, soulagé, mais décidé à faire toute la lumière, si nous pouvons nous exprimer ainsi, sur l’installation électrique de l’établissement afin qu’un tel accident ne puisse plus se reproduire.

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MEDEF Mayotte : qui en sera le ou la prochain(e) président(e) ?

MEDEF Mayotte : qui en sera le ou la prochain(e) président(e) ?

Le MEDEF Mayotte à nouveau dans des eaux tumultueuses. Yasmine Nidhoir, sa présidente depuis sept mois, a été démise de ses fonctions dans la journée du mercredi 19 août 2026. Les Mahorais ont de sérieux soucis à se faire pour leur avenir économique immédiat ! Entre un Département-Région livré à lui-même dans une navigation à vue, des chambres consulaires non fonctionnelles et des syndicats patronaux en déliquescence totale, la reconstruction post-Chido a vraiment du plomb dans l’aile. Yasmine Nidhoir aurait péché à peine un mois après son intronisation en demandant à Paris la tête de tous les membres ayant contribué à son installation dans la succession de Fahardine Mohamed et Carla Baltus.

Qui a osé dire que l’économie peut se passer de la politique ? Celui qui l’aura pensé aura tout faux, preuve en est ce qui se passe au sein du « Phoenix » — renaissant de ses cendres — qu’est le MEDEF Mayotte.

En effet, parachutée à la tête du principal syndicat patronal de l’île il y a à peine sept mois, voilà déjà Yasmine Nidhoir débarquée, hier, mercredi 19 août 2026, de son fauteuil de présidente du MEDEF Mayotte.

Un départ inattendu qui ouvre la porte à une incertitude supplémentaire sur la gouvernance de l’économie mahoraise, déjà en berne avant le passage du cyclone Chido et quasiment à terre depuis, tentant très difficilement de sortir la tête hors des eaux azurées du lagon.

L’information a circulé dans Mamoudzou tout l’après-midi de mercredi, amenant les rédactions de la presse locale à creuser tous azimuts dans les coulisses afin d’essayer de comprendre en profondeur les tenants et les aboutissants de cette rocambolesque affaire.

Il est vrai qu’en dehors du cercle restreint de l’entrepreneuriat dans l’île, le « commun des mortels » n’a pas vu arriver ce débarquement. Par conséquent, la stupeur du public est naturellement de mise.

L’excuse officielle avancée pour justifier la fin du mandat confié à Yasmine Nidhoir par les adhérents du MEDEF Mayotte serait la suivante : « Elle n’aurait pas été en mesure de remplir la mission qui lui avait été confiée, à savoir multiplier les adhésions, après la grande défection d’un grand nombre d’entreprises à la suite du départ forcé et très médiatisé de Fahardine Mohamed, ancien président du MEDEF Mayotte, et de son bureau. »

Ceux qui ont suivi ce feuilleton — qui continue d’ailleurs à courir dans les dossiers du tribunal administratif de Mayotte — se rappellent que le malaise était beaucoup plus profond que ne l’avaient estimé les instances nationales du patronat et qu’un téléguidage parisien ne suffisait pas à reprendre la main.

Le schisme perdure depuis et s’est soldé par la résurrection du Groupement patronal de Mayotte (GPM), qui n’a cessé, lui, d’engranger de nouveaux adhérents. Il est vrai que de ce côté, sans doute en raison de la force de la claque reçue en janvier 2026, cette renaissance donne lieu à une toute autre vitalité.

Les mélanges de genres ne font pas toujours bon ménage

Renseignements pris auprès de différents milieux liés au MEDEF, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux, la situation — tout en prêtant parfois à sourire — n’est guère simple.

« Un mois après son installation, plus personne n’a eu de ses nouvelles. Elle a travaillé en vase clos, juste avec son secrétaire général et son trésorier. Rien n’a depuis filtré de ses actions. De ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, elle essaie de trouver une parade pour se victimiser, alors qu’elle n’a fait que donner elle-même le bâton pour se faire battre », confie à Flash Infos un éminent chef d’entreprise mahorais, membre actif et traditionnel de ce syndicat patronal.

Le péché majeur qui aurait valu à Yasmine Nidhoir sa destitution actuelle serait un courriel datant de février 2026, soit à peine un mois après sa prise de fonctions, par lequel elle aurait demandé au secrétaire national du MEDEF, à Paris, l’exclusion de la quasi-totalité du socle du MEDEF Mayotte.

Une liste relativement longue de personnes et d’organismes qui a fini par fuiter il y a quelques jours, provoquant une vive colère chez les personnes concernées.

Ce courriel aurait été considéré comme un « casus belli » — une raison de faire la guerre — par l’ensemble des acteurs et organismes y figurant.

« Elle n’avait qu’une mission simple : booster le nombre de nos adhérents et préparer les élections de renouvellement du bureau avant que l’année en cours ne s’écoule », martèle notre source, qui considère que Yasmine Nidhoir a échoué.

Le malaise né de cette situation est si délicat que personne ne souhaite donner son avis à visage découvert.

Pour faire simple, « ce n’est pas complètement le chaos, mais c’est presque cela, tant les égos sont multiples et prédominants. Chacun s’estimant trahi par l’autre sur la base de sordides intérêts personnels, avoués ou supposables », indique une éminence du MEDEF national que Flash Infos a réussi à joindre par téléphone.

« C’est difficile pour nous de nous prononcer dans cette affaire », ajoute-t-elle.

Derrière la présidente débarquée, trois personnages auraient orchestré la chute de l’ancien bureau du MEDEF Mayotte, que conduisaient Fahardine Mohamed et Carla Baltus.

L’un se targuerait encore d’avoir l’écoute des instances nationales, l’autre se verrait bien placé à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte (CCIM), tandis que le troisième voudrait coûte que coûte siéger au tribunal de commerce de Mayotte, « dans l’objectif de repérer les entreprises en faillite afin qu’il puisse les racheter à très faible coût ».

Évidemment, faute d’éléments de preuve suffisamment consistants, la rédaction de Flash Infos ne peut certifier cette affirmation.

En perspective, le renouvellement de l’Assemblée de Mayotte en 2028

D’autres sources avancent également d’autres éléments. Il y aurait notamment le mécontentement de certains acteurs locaux à qui l’on avait promis des postes importants dans la composition du futur bureau du MEDEF Mayotte. Des promesses qui ne seraient plus à l’ordre du jour alors que la tenue des prochaines élections se rapproche à grands pas.

Beaucoup plus terre à terre, il y aurait également des ambitions politiques chez certains. Notamment chez l’un d’entre eux qui aurait découvert récemment que Yasmine Nidhoir était très proche de certains courants qui lui sont opposés.

Une découverte tellement intolérable à ses yeux qu’il aurait fini par contribuer au naufrage de celle dont il avait pourtant adoubé la désignation en début d’année.

« Oufff, mes aïeux ! Quel capharnaüm ! Même le Christ aurait du mal à se retrouver dans ce méli-mélo. Quand je pense que l’on comptait sur cet aéropage pour défendre notre survie auprès du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui arrive à Mayotte mercredi prochain… Je crois que c’est raté », a commenté un petit entrepreneur attablé au restaurant Le 5/5, hier à 12 heures.

Une chose est certaine : les Mahorais ont de sérieux soucis à se faire pour leur avenir économique immédiat. Entre un Département-Région livré à lui-même dans une navigation à vue, des chambres consulaires non fonctionnelles et des syndicats patronaux en déliquescence, la reconstruction post-Chido a vraiment du plomb dans l’aile.

La liste des têtes à faire tomber présentée par Yasmine Nidhoir est réelle : Flash Infos a réussi à se la procurer.

La présence de certains noms et organismes pose question. À moins d’être dans la sphère politique, leur pertinence est assez difficile à démontrer.

Il est donc difficile de dissocier cette affaire de la conjoncture politique du moment, qui se profile à l’horizon avec, comme point d’orgue, le renouvellement des élus de l’Assemblée de Mayotte.

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Caribus : trois ans de travaux et une circulation profondément bouleversée à Mamoudzou

Caribus : trois ans de travaux et une circulation profondément bouleversée à Mamoudzou
Le président de la CADEMA, Ambdilwahedou SOUMAILA, et un agent de la Cadema constatent l’avancement des travaux de la phase 2 Nord du projet CARIBUS.

La deuxième phase du projet CARIBUS entre dans une nouvelle étape. Ce jeudi 20 août, la CADEMA a organisé une conférence de presse à l’arrêt de la barge afin de présenter l’avancement du chantier de la phase 2 Nord et surtout d’alerter les usagers sur les changements à venir en matière de circulation.

Le président de la CADEMA, Ambdilwahedou SOUMAILA, accompagné de plusieurs élues et membres de son équipe, s’est rendu sur le terrain pour constater l’évolution des travaux. Cette phase du projet s’étend du rond-point Méga au rond-point SFR. Elle prévoit notamment la création de voies réservées aux bus le long de la route nationale.

Le chantier va profondément modifier les habitudes des automobilistes et des deux-roues. Pendant la durée des travaux, estimée à trois ans, la circulation sera réorganisée afin de permettre aux entreprises d’intervenir sur la route nationale.

« Aujourd’hui, la route nationale est mise à sens unique, c’est-à-dire venant de Majicavo vers Mamoudzou, pour faciliter la réalisation des travaux », explique Mouhamadou MOUSSA, chargée d’exploitation et de projet de mobilité à la CADEMA.

Face au risque d’une aggravation des embouteillages dans le chef-lieu, les autorités encouragent les usagers à revoir leurs modes de déplacement. Le président de la CADEMA appelle notamment à privilégier la marche, le covoiturage et les transports collectifs, mais aussi les taxis, les taxis-motos et le vélo.

Plusieurs solutions de transport sont déjà proposées, notamment les navettes gratuites. Le Département a également mis en place le bus MSAFARA. L’objectif est de réduire autant que possible le nombre de véhicules sur les axes les plus fréquentés.

La circulation alternée pourrait refaire son apparition

Pour accompagner les évolutions du trafic, des réunions sont organisées chaque semaine, généralement le lundi, avec la préfecture, la DEAL, les mandataires, la CADEMA et la Ville de Mamoudzou. Ces échanges doivent permettre d’adapter régulièrement le plan de circulation autour du périmètre du chantier.

Parmi les mesures susceptibles d’être réactivées figure la circulation alternée, déjà expérimentée à Mamoudzou pour tenter de limiter les embouteillages.

« La circulation alternée, s’il faut l’actionner, on l’actionnera », prévient Ambdilwahedou SOUMAILA. Le dispositif pourrait limiter la circulation de certains véhicules en fonction du numéro pair ou impair de leur plaque d’immatriculation. Pour le président de la CADEMA, aucune décision n’est toutefois arrêtée à ce stade : « On va regarder comment les choses vont évoluer. »

Une transformation de la route à l’horizon 2029

Au-delà des contraintes liées au chantier, la phase 2 Nord doit aboutir à une transformation importante des mobilités dans le secteur. Le projet prévoit notamment une voie réservée aux bus ainsi que cinq kilomètres de pistes cyclables.

Les travaux doivent également permettre d’intervenir sur différents réseaux. « Tous les réseaux de Kawéni et de Mamoudzou, comme l’assainissement, l’eau potable et l’éclairage public, vont être déplacés, enfouis et enterrés », détaille le président de la CADEMA. Une opération destinée notamment à renforcer la résilience des infrastructures face aux événements climatiques et à éviter les coupures de réseaux en cas de catastrophe.

Le vélo encouragé avec une aide de 300 euros

Pour accompagner le développement des mobilités douces, la CADEMA prévoit également de distribuer des primes vélo. Les habitants de l’intercommunalité pourront bénéficier d’un bon d’achat d’environ 300 euros pour acquérir un vélo.

La collectivité annonce par ailleurs l’arrivée prochaine de 500 vélos, actuellement acheminés par conteneur. Pendant les trois prochaines années, les usagers devront donc composer avec une circulation fortement perturbée. Pour la CADEMA, l’enjeu est désormais de maintenir les déplacements tout en préparant la transformation du réseau de transport de Mamoudzou et de Kawéni.

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L’ESS veut consolider son rôle dans l’économie mahoraise

L’ESS veut consolider son rôle dans l’économie mahoraise
: Le Mois de l’économie sociale et solidaire se déroulera en novembre, avec plusieurs rendez-vous prévus à la Technopole de Mayotte pour mettre en lumière les initiatives et les acteurs du secteur sur le territoire.

À Mayotte, l’économie sociale et solidaire (ESS) cherche à renforcer son rôle dans le développement du territoire. La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) accompagne les associations et les porteurs de projets, mais alerte aussi sur les difficultés de financement et les retards de paiement qui fragilisent les structures. « À un an après, on fait une étude, on constate encore beaucoup de retard sur les paiements », souligne Florence Massoullier, co-directrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire de Mayotte.

Avec 14 % des salariés qui dépendent de l’économie sociale et solidaire, le secteur représente un poids important dans l’économie locale. La CRESS veut ainsi renforcer les liens avec les collectivités territoriales et les services de l’État.

Des dispositifs pour accompagner les porteurs de projets

L’accompagnement constitue l’une des principales missions de la Chambre. « Notre mission est d’orienter des porteurs de projet », explique Florence Massoullier. La CRESS s’appuie notamment sur un annuaire de l’accompagnement de l’économie sociale et solidaire pour orienter les porteurs vers des solutions techniques et financières.

Le réseau Guid’Asso, mis en place par la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), permet également d’accompagner les associations dans leur fonctionnement et la formation des bénévoles et des dirigeants associatifs. « On accompagne les associations dans le bénévolat, mais aussi en tant que dirigeant associatif », précise Florence Massoullier.

D’autres dispositifs interviennent à différents moments de la vie d’un projet. Faniya Lab accompagne les porteurs « depuis l’idée jusqu’à la création, le développement ». L’atelier Made in économie sociale et solidaire (ESS), financé notamment par l’Agence régionale de santé (ARS) et le service de la politique de la ville, intervient sur la mise en œuvre des projets, sur orientation.

Le dispositif Cap Essentiel a, lui, été créé dans les conséquences du cyclone Chido, avec le soutien de la Fondation de France. « Le dispositif Cap Essentiel est né des conséquences de Chido », explique Florence Massoullier. Il propose un accompagnement individuel sur six mois, renouvelable, ainsi que des temps collectifs organisés chaque mois.

Financement, formation et coopération au cœur des enjeux

La question du financement reste centrale. So’Défi, dispositif de financement solidaire de la CRESS, intervient notamment dans l’instruction des dossiers et constitue une porte d’entrée vers le microcrédit. La CRESS travaille également sur l’accompagnement des structures vers les financements européens et sur l’ingénierie de projet.

Pour Florence Massoullier, l’enjeu est aussi de « créer un maillage, accompagner et orienter ». Cela passe par la structuration des projets, mais aussi par l’orientation vers les dispositifs adaptés, notamment pour la création d’une association ou le développement d’une activité.

La formation des jeunes constitue un autre axe de travail. L’Institut CRESS Mayotte, basé à Combani, accompagne des étudiants dans des formations allant du bachelor aux masters. « On est vraiment sur des enjeux de délai de paiement », mais aussi sur la nécessité de « pouvoir offrir des perspectives sur le territoire et renforcer, accompagner dans le développement », résume Florence Massoullier.

La CRESS souhaite également développer les liens avec les territoires voisins, notamment Madagascar et le Kenya. « Construire des ponts avec le Kenya, avec Madagascar », fait partie des perspectives évoquées pour permettre aux jeunes de se former tout en ouvrant de nouvelles possibilités professionnelles dans la région.

La commande publique est enfin identifiée comme un levier de développement. La CRESS souhaite que les clauses d’insertion soient davantage utilisées dans les marchés et que les achats responsables soient développés « faire en sorte que les clauses d’insertion soient utilisées dans l’ensemble des marchés », souligne Florence Massoullier.

À travers le Mois de l’économie sociale et solidaire, organisé chaque année, la CRESS entend poursuivre son travail de sensibilisation. La Chambre prépare également une conférence régionale de l’économie sociale et solidaire, organisée tous les deux ans par l’État et la Région, afin de dresser un état des lieux et de définir les axes de travail pour les prochaines années. « On est entouré d’économie sociale et solidaire », estime Florence Massoullier, qui souhaite « braquer un coup de projecteur » sur les structures du secteur et leur contribution au territoire.

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Diplômés malgré tout : 92 jeunes de l’ASE mis à l’honneur

Diplômés malgré tout : 92 jeunes de l’ASE mis à l’honneur
Douze des 92 jeunes diplômés de l’ASE ont obtenu une mention cette année.

Brevet, CAP, baccalauréat et même BTS : 92 jeunes accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance ont été félicités, ce jeudi 20 août à Combani, pour leur réussite scolaire. Derrière les trophées et les témoignages parfois très émouvants, la cérémonie a aussi rappelé les difficultés auxquelles reste confrontée la protection de l’enfance à Mayotte, avec des services de plus en plus sollicités.

« Ça, c’est encore rien, je vais vous ramener mon bac + 5. » À 16 ans, trophée à la main, la jeune fille affiche déjà la suite de son programme. Elle vient d’obtenir son brevet après une année particulièrement compliquée. Tombée enceinte, elle n’avait pas pu être scolarisée l’année précédente. Aujourd’hui jeune maman et placée en foyer, elle veut poursuivre jusqu’à l’université, avec l’ambition de devenir professeure de SVT. « Même si on a eu des épreuves, on doit continuer et avoir la motivation de réussir », explique-t-elle.

Au total, 92 jeunes accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ont été mis à l’honneur sur le site de Badja, à Combani. La cérémonie, organisée par la Direction de la protection de l’enfance du Département-Région, réunissait les diplômés de l’année scolaire 2025-2026, leurs familles d’accueil, éducateurs et professionnels de la protection de l’enfance. Douze ont obtenu une mention. Plus de 60 % ont décroché le baccalauréat, 27 % le brevet et 11 % un CAP. Deux jeunes ont également obtenu un BTS.

Un bac mention très bien malgré des obstacles administratifs

Parmi les parcours salués, celui de Guih Vehi Ferdinand Abdallah a particulièrement ému l’assemblée. Originaire de Côte d’Ivoire, il arrive à Mayotte fin 2022, alors qu’il a déjà plus de 16 ans. Sans place au lycée, sa famille d’accueil, à qui il dédie son trophée, parvient à l’inscrire au collège de Tsingoni. Il y obtient son brevet avec mention très bien, avant de poursuivre en bac professionnel assistance à la gestion des organisations et de leurs activités. Nouveau succès, là encore avec une mention très bien.

Il est désormais inscrit au lycée en BTS Gestion des transports et logistique associée. Son objectif : travailler dans le secteur avant, un jour, de créer sa propre entreprise. Mais son parcours scolaire s’est doublé de difficultés administratives. Son passeport, explique-t-il, avait été retenu par la Police aux frontières (PAF) à son arrivée. À la veille des résultats du bac, alors qu’il s’y rendait pour tenter de le récupérer, il est contrôlé par des agents de la PAF puis conduit dans leurs locaux, avant d’être libéré dans l’après-midi. Il dispose désormais d’un titre de séjour étudiant qui doit lui permettre de poursuivre sa formation. La suite de son projet dépendra encore de sa situation administrative : « Si tout se passe bien et si j’ai un titre après mon BTS, j’aimerais travailler et aller au bout de mes rêves. »

Nombreux sont ceux qui ont insisté sur le rôle joué par leurs éducateurs et leurs familles d’accueil. Nasla, qui a elle aussi connu le placement, vient d’obtenir son baccalauréat. « Ne laissez jamais votre histoire décider de votre avenir », a-t-elle lancé aux autres jeunes, rappelant les moments où elle-même avait songé à abandonner.

Plus de 2.600 alertes en 2025

Ces réussites interviennent alors que les services de l’ASE font face à une pression croissante. En 2025, plus de 1.200 enfants ont été placés en famille d’accueil ou en structure à Mayotte. Le Département comptabilisait par ailleurs 470 mesures judiciaires d’action éducative en milieu ouvert et 253 mesures administratives d’aide éducative à domicile. La Cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip), qui recueille les alertes concernant les enfants en danger ou susceptibles de l’être, a reçu plus de 2.600 informations en 2025. Elle en avait reçu 2.347 en 2022.

La situation des mineurs non accompagnés pèse également de plus en plus sur les services. Le Département indique en avoir accompagné 486 en 2025 et en recensait déjà 409 entre les mois de janvier et mai 2026. Les professionnels constatent parallèlement davantage de situations liées aux violences sexuelles, aux difficultés familiales ou encore aux grossesses précoces.

La scolarisation, un défi majeur

Pour Madi Moussa Velou, vice-président du Département-Région chargé de l’action sociale, de la santé et de la solidarité, les diplômes obtenus cette année montrent les progrès réalisés, mais ne doivent pas masquer les difficultés. L’élu estime que près de la moitié des jeunes suivis par l’ASE ne seraient actuellement pas scolarisés, sans qu’un chiffre précis puisse toutefois être établi par la Direction de la protection de l’enfance.

« Il faut accompagner les jeunes qui ont envie de réussir », insiste Madi Moussa Velou. Pour lui, « un gros travail reste à faire du côté du rectorat pour scolariser », mais aussi de la préfecture « pour permettre aux jeunes d’obtenir un titre valable ». « Le préfet doit faire des efforts. La rectrice également », tranche-t-il, appelant les services de l’État à travailler davantage avec le Département.

Face aux discours qui tendent, selon lui, à mettre à l’écart certains jeunes pris en charge par l’ASE, l’élu a également tenu à leur rappeler leur place sur le territoire. « Vous êtes des jeunes mahorais, je le dis sans complexe », a-t-il lancé. « Nous vous accompagnons pour que vous puissiez un jour reprendre les rênes, pour que Mayotte de demain soit encore meilleure qu’aujourd’hui. »

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Comores : les dépenses du loyer en hausse de 49.8%, entre 2020 et 2024

Comores : les dépenses du loyer en hausse de 49.8%, entre 2020 et 2024

Dans cette dernière enquête sur les conditions de vie des ménages comoriens, s’étalant sur une période de 4 ans, l’institut national de la statistique et des études économiques et démographiques, a noté que le logement s’accapare de 50% des dépenses des ménages, traduisant une tension structurelle majeure sur le marché locatif.

Le 8 juin, l’institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (Inseed) a publié sa dernière enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages en Union des Comores. Celle-ci, a été conduite entre mai et novembre 2024  auprès de 5487 ménages. Elle porte sur les ménages ordinaires résidant sur le territoire national et documente leurs conditions de vie à travers plusieurs dimensions comme  la consommation alimentaire et non alimentaire, éducation, santé, emploi, transferts de fonds et accès aux services de base, logement.

L’enquête qui reste le principal instrument de mesure de la pauvreté monétaire et des inégalités de consommation aux Comores exclut en revanche  les ménages collectifs (internats, casernes, établissements de santé). Sur le logement, l’analyse des données révèle une tension structurelle du logement, voire une crise d’accessibilité réelle. « La hausse réelle de +49,8 % du loyer sur quatre ans, dans un secteur où l’IPC sectoriel a lui même progressé de +31,8 %, appelle à des politiques d’urgence dont une régularisation du marché locatif, incitation à la construction et un accès au crédit immobilier« , alerte l’institut national des statistiques qui ajoute que le loyer maison reste le premier poste de dépenses en volume, avec 151,9 milliards FC nominaux en 2024.

Après application du déflateur logement (1,318), les dépenses réelles s’établissent à environ 115,3 milliards de francs, soit près de 233 millions d’euros. Une hausse qui démontre que les ménages consacrent en 2024 environ 50 % de plus de ressources réelles au logement qu’en 2020, ce qui traduit une tension structurelle majeure sur le marché locatif comorien. Les causes identifiées sont entre autres la croissance démographique et l’urbanisation qui conduisent au dépassement de l’offre.

Consommation en hausse de riz

La facture d’électricité, enregistre toutefois une baisse réelle de -7,5 %. Les dépenses nominales (sans les effets de l’inflation) n’ont progressé que de +21,9 %, bien en dessous de l’inflation du secteur (+31,8 %).  » Le bois de chauffe ramassé dont les dépenses s’élèvent à 7,5 milliards de francs en termes réels témoigne de la persistance des énergies traditionnelles« , poursuivent les enquêteurs qui ont constaté un remplacement partiel du pétrole lampant probablement par l’électricité. Quant à alimentation, les produits présentent des évolutions contrastées.

Les produits de pêche et le riz progressent en volume, tandis que plusieurs aliments de base reculent. Selon les mêmes données disponibles, le riz ordinaire a connu une augmentation nominale de 68%, qui s’explique par une hausse de la consommation accrue de ce produit de première nécessité, en dépit des perturbations mondiales. Ce tableau est complété par la volaille, les ails de poulet et le poisson bonite (Pwere) dont la tendance de la consommation va crescendo pour ce poisson très présent dans les eaux comoriennes. La banane fraîche, pourtant aliment de base dans l’alimentation comorienne a connu une baisse de 16% en volume.

La tendance s’est poursuivie avec la viande du bœuf fraiche et le manioc.  » La viande bovine fraîche recule en volume, ce qui peut refléter des contraintes sur l’élevage local ou un arbitrage des ménages vers des protéines moins chères. La direction contraire de ces évolutions peut s’expliquer soit par des substitutions au sein du panier alimentaire, soit par des contraintes d’approvisionnement spécifiques à chaque produit. Ces signaux appellent à une analyse nutritionnelle complémentaire« , recommande l’enquête qui a noté dans le même temps une stabilité dans l’habillement.

Les données collectées montrent que les habits acquis lors des fêtes affichent une hausse nominale de +34,9 %, mais l’inflation sectorielle élevée de l’habillement et des chaussures absorbe presque entièrement cette progression. La hausse réelle n’est que de +1,2 %, indiquant une quasi-stabilité des volumes d’habits festifs achetés alors que le secteur de l’habillement a subi une forte inflation (parmi les plus élevées après les meubles), ce qui peut peser sur l’accès aux vêtements pour les ménages modestes.

Recul de la pauvreté

L’étude de l’Inseed, a suggéré des propositions après ses constats sur les conditions de vie des ménages. « Les baisses réelles de la banane, du poisson thon rouge, de la viande bœuf et du manioc doivent alerter les autorités. Des programmes de soutien à la pêche artisanale, à l’agriculture vivrière et à l’élevage local permettraient de stabiliser l’offre et de contenir l’inflation alimentaire« , suggère l’Inseed.

L’enquête a aussi permis de mesurer la place des télécommunications dans la vie des ménages comoriens. « La recharge des téléphones mobiles constitue le résultat le plus surprenant de cette analyse. La faible inflation du secteur de la communication, près de 9,7 % sur quatre ans, révèle une hausse réelle de +57,6 %« , note le rapport déduisant une consommation significative de services de téléphonie mobile en volume, indépendamment de l’effet prix. « Ce phénomène reflète une transition numérique profonde et une démocratisation de l’accès aux services mobiles dont internet, transfert d’argent, applications« , lit-on dans la synthèse du rapport qui révèle une baisse de 5.2 points du taux de la pauvreté entre 2020 et 2024.

Cette régression, préconise l’Inseed, doit être contextualisée car une partie est imputable à un effet de base, puisqu’en 2020, le taux était gonflé par la contraction économique liée au covid. Au niveau des îles, le rapport relève des fortes disparités, avec un taux de pauvreté qui a bondi de 41.8% à 57% en l’espace de 4 ans pour Moheli, devenant ainsi l’île la plus pauvre de l’archipel. « Cette dégradation rapide et inexpliquée appelle à  un diagnostic approfondi comme les chocs climatiques, l’exode rural et la faiblesse du tissu économique local« , explique l’institut des statistiques qui a constaté dans ses investigations une baisse de l’impact  des transferts de fonds de la diaspora sur le taux de pauvreté.  Cette évolution peut refléter une diversification des sources de revenus internes ou une baisse relative des montants reçus, conclut l’enquête.

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Les pompiers mahorais reviennent avec une expérience hors norme

Les pompiers mahorais reviennent avec une expérience hors norme
* image d'illustration générée par ia

Après plusieurs semaines passées au cœur de la lutte contre les incendies dans l’Hexagone, les dix sapeurs-pompiers du SDIS 976 ont regagné Mayotte ce mercredi 19 août. Envoyés en renfort dans le Var au début du mois, ils ont participé à une opération particulièrement éprouvante, marquée par des feux d’une ampleur exceptionnelle et par une forte mobilisation des secours.

Au total, les incendies qui ont touché le Var ont ravagé quelque 6 300 hectares et contraint près de 6 000 personnes à évacuer. Dans ce contexte, les pompiers mahorais ont intégré un détachement de l’océan Indien composé de 37 soldats du feu, aux côtés de 27 collègues réunionnais. Leur mission ne s’est toutefois pas limitée à intervenir directement sur les flammes.

Durant leur engagement, environ 80 % de leur activité a consisté à surveiller les secteurs sinistrés, intervenir sur les reprises de feu et sécuriser les zones déjà brûlées. Un travail essentiel dans la prévention d’une nouvelle propagation, alors que les équipes locales étaient fortement sollicitées après plusieurs jours de lutte intense.

La rentrée sous haute surveillance sur les routes

La rentrée sous haute surveillance sur les routes

Depuis ce mercredi 19 août, la circulation est réorganisée dans le secteur de Kawéni afin de tenter de limiter les embouteillages provoqués par le chantier Caribus, tout en maintenant autant que possible l’accès des bus scolaires aux établissements. Un dispositif qui sera particulièrement scruté dans les prochains jours, alors que plus de 6 000 élèves doivent rejoindre les collèges et lycées du secteur.

Le principal changement concerne la RN1, désormais organisée en sens unique sur le tronçon compris entre le rond-point MEGA et SFR. La CADEMA mise sur cette nouvelle configuration pour rendre les déplacements plus fluides dans une zone où la circulation est déjà très dense en temps normal. Des aménagements spécifiques doivent également permettre aux cars scolaires de déposer les élèves au plus près de certains établissements.

Mais derrière cette nouvelle organisation se cache une difficulté majeure : tous les élèves ne pourront pas bénéficier d’une desserte identique. Pour ceux qui arrivent du sud et fréquentent notamment Kawéni 2 ou le lycée des Lumières, les bus ne pourront pas toujours aller jusqu’aux établissements comme auparavant. Une partie du trajet devra donc être effectuée à pied.

C’est précisément cette situation qui pourrait mettre le nouveau dispositif à l’épreuve dès les premiers jours de classe. Aux heures de pointe, la circulation devra composer simultanément avec les automobilistes, les bus scolaires, les flux de milliers d’élèves et les contraintes liées au chantier Caribus. Le moindre ralentissement pourrait rapidement avoir des répercussions sur l’ensemble du secteur.

La rentrée aura ainsi valeur de test grandeur nature. La CADEMA prévoit de réunir à nouveau les différents acteurs afin de faire remonter les difficultés constatées sur le terrain et, si nécessaire, de modifier le plan de circulation ou la desserte des établissements.

L’objectif est donc moins de trouver une solution définitive que de gagner en fluidité pendant une période particulièrement sensible. Reste à savoir si ce nouvel équilibre suffira à absorber le choc de la rentrée sans transformer les abords des établissements en nouveau point noir de la circulation.

Une pétition contre les cyberviolences sexistes et sexuelles à Mayotte

Une pétition contre les cyberviolences sexistes et sexuelles à Mayotte

L’association Souboutou Ouhédzé Jilaho lance une pétition pour réclamer une réponse publique face aux cyberviolences sexistes et sexuelles à Mayotte. Le texte apporte notamment son soutien à sa fondatrice, Saïrati Assimakou, qui, selon l’association, fait l’objet depuis plusieurs années de cyberviolences et a récemment reçu des menaces de mort en ligne.

La pétition demande une évaluation du danger et des mesures de protection adaptées, mais aussi un meilleur traitement des plaintes et signalements, ainsi qu’un accompagnement juridique, psychologique, social et numérique des victimes. Elle propose également la création d’une convention départementale de partenariat consacrée à la prévention et à la prise en charge de ces violences.

Le Maoulide célébré le 26 août à Mayotte

Le Maoulide célébré le 26 août à Mayotte

Le Maoulide sera célébré à Mayotte le mercredi 26 août 2026, annonce le Grand Cadi dans une note datée du 17 août. Cette fête marque la commémoration de la naissance du prophète Mouhammad.

Selon le Conseil cadial, l’observation de la nouvelle lune a fixé le 1er Rabi Al Awwal 1448, troisième mois du calendrier musulman, au samedi 15 août. Le Grand Cadi de Mayotte adresse à cette occasion ses vœux à l’ensemble de la communauté musulmane du territoire.

À Dembéni, les nouveaux étudiants font leurs premiers pas à l’université

À Dembéni, les nouveaux étudiants font leurs premiers pas à l’université

Les 640 nouveaux étudiants de l’Université de Mayotte ont été accueillis ce mercredi 19 août sur le campus de Dembéni. Entre découverte des lieux, nouvelles responsabilités et contraintes de transport, cette rentrée marque un changement de rythme pour les jeunes. L’établissement ouvre aussi une nouvelle formation et prépare plusieurs évolutions majeures.

Il y avait du monde dès le début de matinée devant l’Université de Mayotte, à Dembéni. Sacs sur le dos, parfois encore accompagnés de leurs amis du lycée, les nouveaux étudiants ont découvert mercredi 19 août leur nouvel établissement. Petit-déjeuner, mot du président, présentation des formations et inscriptions étaient au programme de cette première journée d’accueil, qui se poursuit jeudi.

Pour Mélina, 17 ans, qui débute une licence pour devenir professeure des écoles, cette première journée avait commencé bien avant son arrivée sur le campus. « J’étais stressée jusqu’à 1h du matin, je me suis endormie à 1h et je me suis réveillée à 4h », raconte la jeune femme, venue de la commune de Tsingoni. Le discours d’accueil lui a malgré tout permis de mieux comprendre ce qui l’attend : « Ça met un peu de pression […] mais j’ai pu comprendre comment ça va se passer, où me diriger quand j’aurai des questions. »

Apprendre à travailler sans « quelqu’un derrière nous »

Ce changement de cadre est aussi ce qui préoccupe Faiza, inscrite en droit, et Ben Alidou, qui rejoint une licence de sciences de la vie. « On était habitués à ce que les profs nous accompagnent, qu’on nous donne un délai pour faire nos devoirs, mais là maintenant il va falloir se débrouiller tout seul », résume Faiza. Pour Ben Alidou, l’autonomie constitue même « la plus grosse épreuve de l’université ».

Un sujet largement abordé quelques minutes plus tôt par le président de l’Université de Mayotte, Abal-Kassim Cheik Ahamed. Devant les nouveaux arrivants, il a insisté sur la liberté nouvelle offerte par les études supérieures, mais aussi sur la responsabilité qui l’accompagne. Personne, a-t-il rappelé, ne vérifiera quotidiennement que les cours ont été appris ou que le travail a été commencé à temps. La réussite, a-t-il insisté, dépendra autant « de la régularité, de la méthode, de la curiosité et de la persévérance » que des capacités de chacun.

Le président a également consacré une partie de son intervention à l’intelligence artificielle. Un outil qui peut, selon lui, aider les étudiants « à chercher, à comprendre, à reformuler, à explorer des idées », mais qui ne doit pas travailler à leur place. « À l’université, ce n’est pas l’intelligence artificielle que nous évaluons. C’est vous », a-t-il rappelé.

Pour certains étudiants, la difficulté ne se joue pas uniquement dans les amphithéâtres. Ben Alidou, qui habite dans le nord de Mayotte, s’inquiète déjà des journées à rallonge. « Il y a la distance qu’il y a de chez nous à ici, ça va être un peu plus dur qu’au lycée », explique-t-il. Entre les devoirs, les révisions et des départs en bus qui peuvent intervenir dès 4 heures du matin, le jeune homme craint de manquer de sommeil. « Ça se peut qu’on dorme à la même heure qu’on doit se réveiller pour prendre le bus. »

Une contrainte connue de la direction. Dans son discours, Abal-Kassim Cheik Ahamed a évoqué les difficultés de logement, de transport et, plus largement, les contraintes personnelles et familiales qui peuvent peser sur les études à Mayotte. L’université, a-t-il assuré, doit faire « tout ce qui est en [son] pouvoir » pour offrir de meilleures conditions aux étudiants.

Une nouvelle formation et un premier laboratoire de recherche

Cette rentrée doit aussi marquer une nouvelle étape dans le développement de l’établissement. L’Université de Mayotte ouvre cette année un Bachelor universitaire de technologie (BUT) Gestion administrative et commerciale des organisations (GACO). Le président annonce 25 places en première année et 25 en troisième année, avec une partie de la formation en apprentissage et donc en lien direct avec les entreprises.

L’Université de Mayotte veut également gagner en autonomie dans la construction de son offre de formation. Depuis sa transformation en Université de Mayotte, l’établissement peut désormais déposer en son nom ses propres dossiers d’accréditation. Un chantier qui doit justement occuper une place importante cette année. Jusqu’à présent, l’université s’est appuyée sur cinq établissements partenaires pour porter ses diplômes. L’objectif est désormais d’obtenir progressivement les accréditations nécessaires pour délivrer elle-même des diplômes nationaux et développer des formations répondant directement aux besoins du territoire.

Autre évolution annoncée : L’Université prévoit de créer sa première unité de recherche propre. Elle entend également renforcer les mobilités dans l’océan Indien et à l’international, notamment vers Madagascar, Maurice, les Seychelles ou encore plusieurs pays d’Afrique australe et orientale.

La formation des enseignants figure également parmi les chantiers à venir. Abal-Kassim Cheik Ahamed indique travailler avec le ministère à la création d’un Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé) à Mayotte pour la rentrée 2027. « On est la seule académie de France qui n’a pas d’Inspé », souligne-t-il.

Ces développements doivent aussi permettre à l’université de retenir davantage de jeunes sur le territoire. Selon son président, un peu plus de 10.000 étudiants mahorais poursuivent actuellement des études supérieures, tandis que l’Université de Mayotte en accueille « un peu moins de 2.000 », auxquels s’ajoutent ceux inscrits notamment en BTS. Son objectif est de « renverser la courbe des départs » en élargissant progressivement l’offre de formation locale.

En quatorze ans, l’établissement affirme avoir formé plus de 20.000 étudiants et délivré 3.627 diplômes, dont 602 en 2025. Face aux nouveaux arrivants, son président leur a surtout demandé de prendre leur place dans cette histoire. Une ambition que Mélina, du haut de ses 17 ans, comprend parfaitement : « Il manque beaucoup de médecins, de profs. Peut-être que Mayotte va se développer un jour grâce à nous. »

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Le Département est prêt à faire fonctionner le port au 1er septembre 2026

Le Département est prêt à faire fonctionner le port au 1er septembre 2026
Zamimou Ahamadi et Mariame Saïd Kalam, deux femmes à la tête du port de commerce de Mayotte. Elles ont été respectivement élues présidente et vice-présidente du conseil d’administration de l’EPPCM, hier matin à Mamoudzou.

La gouvernance de l’Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM), nouvelle appellation de l’EPIC, veut rassurer les Mahorais sur sa capacité à faire fonctionner correctement le port de Longoni dans deux semaines. À l’issue de la troisième réunion de son conseil d’administration, hier, mercredi 19 août 2026, à Mamoudzou, les deux élues départementales qui officient à la tête de cet organisme ont tenu une conférence de presse pour faire le point sur les décisions qui ont été validées, au premier rang desquelles figure la grille tarifaire publiée le 4 août 2026.

Le Département de Mayotte annonce être fin prêt à prendre en main la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026, date officiellement arrêtée par la justice administrative pour mettre un terme à la délégation de service public (DSP) jadis attribuée à la société Mayotte Channel Gateway (MCG), de la femme d’affaires Ida Nel.

Une conférence de presse s’est tenue hier, mercredi 19 août 2026, dans la salle dite « DRH » de l’hôtel du Département-Région, deux semaines avant cette reprise en main, pour tenter de rassurer une population inquiète face à cette perspective.

Depuis une quinzaine d’années, la principale collectivité publique de Mayotte a perdu une partie de sa crédibilité aux yeux de ses administrés quant à sa capacité à être efficiente. Une opinion largement ancrée dans l’esprit d’une partie des habitants de Mayotte, qui lui ont affublé le sobriquet de « conseil gère mal ».

Peu importe cette opinion, librement exprimée par la vox populi : les dirigeants du nouvel Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM) affichent un optimisme certain quant à leur ambition et leur capacité à rassurer les usagers du port de Longoni — et, par extension, l’ensemble de la population de l’île — sur une transition en douceur avec la MCG.

Cette conférence de presse faisait suite à une réunion du conseil d’administration de l’EPPCM, la troisième depuis sa création, et visait « à rendre publiques les principales décisions adoptées par ce CA et les dernières étapes de la mise en œuvre opérationnelle du nouvel établissement public », pouvait-on lire dans l’invitation officielle adressée à la presse locale.

Il était également précisé dans ce carton d’invitation qu’il allait être question de la « présentation des ambitions portées par le Département-Région de Mayotte et l’EPPCM pour assurer la continuité du service portuaire, renforcer la permanence pour en faire un véritable levier de désenclavement, de développement économique et de maîtrise des coûts pour Mayotte ».

Co-présidée par sa présidente et sa vice-présidente, Mmes Zamimou Ahamadi et Mariame Saïd Kalam — respectivement vice-présidente du Département chargée des finances et des affaires européennes et conseillère de Sada-Chirongui —, cette conférence de presse a été l’occasion pour les deux élues « d’affirmer leur soutien total à l’établissement nouvellement créé pour succéder à la MCG et leur choix de respecter la décision de justice actant la fin prématurée de la DSP, qui aurait dû se terminer fin 2027 ».

Pour Mariame Saïd Kalam, qui s’est adressée aux médias en ouverture de cette conférence de presse, l’Assemblée de Mayotte a fait le choix de délibérer et de prendre la décision de créer l’EPIC en premier lieu, une action qui lui permet, à elle et à sa présidente, de saisir l’opportunité offerte d’être au service des Mahorais. Une manière pour l’élue départementale de cadrer les échanges à venir avec les journalistes des trois médias présents lors de cette rencontre.

Un budget remboursable de 4 millions d’euros va permettre à l’EPPCM d’entrer en fonction et d’assurer ses missions jusqu’à la fin de l’année

Étaient présents aux côtés des deux dirigeantes Henri Dupuis, qui officie désormais aux commandes de l’EPPCM, la comptable en chef, ainsi que Hakim Madi, directeur des ports de Mayotte au Département-Région, qui a accompagné la création du nouvel organisme.

Zamimou Ahamadi a précisé que la réunion du CA de ce mercredi 19 août 2026 avait porté sur la validation des tarifs des services qui seront dispensés au port de Longoni et sur le vote du budget de fonctionnement pour terminer l’année en cours.

Des tarifs validés à l’unanimité des membres du CA, selon Zamimou Ahamadi, qui a décrit le processus administratif et juridique contraignant encadrant cette procédure. On se rappelle que le non-respect de ladite procédure était l’un des motifs avancés récemment par l’Assemblée de Mayotte et le tribunal administratif, décision confirmée par la cour d’appel de Bordeaux et le Conseil d’État, pour mettre fin à la DSP accordée à la MCG.

« Nous avons tenu compte des différentes observations émises par la commission financière du 29 juillet dernier et de celles émises par le Conseil portuaire relatives aux différentes charges de fonctionnement du port. C’est sur la base de toutes ces discussions que nous avons révisé les prix, globalement à la baisse, et obtenu leur validation à l’unanimité des membres du CA ce matin », a précisé la présidente de l’EPPCM.

Il s’agit de la grille tarifaire publiée le 4 août, dans le respect de la procédure qui impose un délai de quinze jours avant toute réaction. Sans cette grille, le port aurait été dans l’impossibilité de facturer ses services.

Un budget remboursable de 4 millions d’euros, avancé par le Département-Région, va permettre à l’EPPCM d’assurer ses différentes missions jusqu’à la fin de l’année 2026.

Des discussions se poursuivraient avec Mayotte Channel Gateway pour la récupération de gros engins indispensables à la poursuite des activités portuaires. Une différence d’interprétation des textes serait actuellement à l’origine de la non-rétrocession de ces engins au Département-Région.

Au risque de se répéter, celui-ci assure à nouveau être en mesure de prendre le relais de la MCG dès le 1er septembre prochain.

« Cette différence de lecture nous oblige à considérer chaque détail pour nous assurer du bon fonctionnement du port et à réfléchir à plusieurs scénarios pour dégager des solutions pérennes », a poursuivi Zamimou Ahamadi.

De son côté, Mariame Saïd Kalam a insisté sur le fait que la MCG restait un partenaire de travail pour les services du Département et que le dialogue se poursuivait avec elle afin d’assurer le fonctionnement du port de Longoni.

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De retour de Grèce, les jeunes Mahorais racontent leur expérience européenne

De retour de Grèce, les jeunes Mahorais racontent leur expérience européenne
Quinze jeunes Mahorais reviennent de deux semaines en Grèce avec une expérience européenne riche en découvertes.

Au siège du CRIJ, à Cavani, quinze jeunes Mahorais ont raconté leur séjour de deux semaines en Grèce. Organisé dans le cadre d’un projet de mobilité européenne, le voyage leur a permis de découvrir le patrimoine grec, de rencontrer d’autres jeunes, de pratiquer l’anglais et de mieux comprendre les enjeux liés à la citoyenneté et à l’environnement.

De retour de Grèce après deux semaines de voyage, quinze jeunes Mahorais ont partagé leur expérience lors d’une restitution organisée au siège du Centre régional information jeunesse (CRIJ), à Cavani. Entre découverte du patrimoine, échanges interculturels, pratique de l’anglais et sensibilisation à l’environnement, ce séjour leur a permis de sortir de leur zone de confort et de mieux comprendre la citoyenneté européenne.

Abdillah Said Ali, responsable de la mobilité au Centre régional information jeunesse, explique que le CRIJ répond à différents appels à projets européens afin de permettre aux jeunes de Mayotte d’accéder à des dispositifs de mobilité, notamment les échanges de jeunes, le Service volontaire européen et le Corps européen de solidarité.

Pour cette deuxième participation, quinze jeunes âgés de 18 à 21 ans ont pris part à l’aventure. « Le but est de découvrir l’Europe et de développer des compétences linguistiques », explique le responsable de la mobilité.

Le projet avait également pour objectif de promouvoir la citoyenneté européenne et de sensibiliser les participants à l’histoire, à la culture et aux enjeux environnementaux du continent. Le voyage en train, privilégié au cours du séjour, s’inscrivait notamment dans cette volonté de sensibiliser les jeunes à des modes de déplacement plus écologiques.

Une immersion au cœur de la culture grecque

La Grèce a constitué le terrain de cette découverte. Au cours de leur séjour, les participants ont notamment visité l’Acropole, le Jardin national et le Parlement grec. Des lieux qui leur ont permis de mieux comprendre l’histoire et la culture du pays.

La question environnementale a également été abordée durant le séjour, avec une sensibilisation à la nécessité de respecter et de préserver l’environnement. Les jeunes ont par ailleurs été amenés à aller à la rencontre de la population locale et à échanger avec d’autres jeunes.

Pour Abdillah Said Ali, l’enjeu était aussi de rendre les participants plus autonomes et de renforcer leur confiance en eux. Les différentes activités ont ainsi été pensées pour leur permettre de sortir de leur cadre habituel et de prendre davantage d’initiatives.

Syana Maliki Maliki, 18 ans, garde un souvenir positif de cette expérience. Elle estime que le voyage lui a permis de rencontrer de nouvelles personnes, d’échanger avec d’autres jeunes et de faire de nouvelles découvertes. Elle recommande cette expérience aux jeunes qui souhaiteraient, à leur tour, tenter l’aventure européenne.

Pour Kamardine Yanis, participant au projet « Discover You », ces deux semaines ont été particulièrement instructives. Il décrit une expérience « éducative » et mouvementée, qui l’a poussé à aller au-delà de sa zone de confort. La langue représentait au départ une inquiétude. Mais le jeune homme a finalement pu utiliser l’anglais pour communiquer avec les personnes rencontrées et améliorer sa pratique.

Parmi les moments les plus marquants, la découverte de l’Acropole occupe une place particulière. Le jeune participant raconte avoir été impressionné de pouvoir se retrouver face à des monuments qu’il avait jusqu’alors vus dans les livres d’histoire. « Voir les monuments que je voyais dans les livres d’histoire, ça m’a fait quelque chose », témoigne-t-il. Il retient également sa surprise face à l’alphabet grec, une découverte parmi les nombreuses particularités culturelles rencontrées durant le séjour.

Organisée au retour du voyage, la restitution au siège du CRIJ, à Cavani, a donc été l’occasion pour les quinze jeunes de revenir sur cette expérience et de partager ce qu’ils en ont appris. Pour les participants, ces deux semaines en Grèce auront été l’occasion de découvrir un nouveau pays, de pratiquer une langue étrangère, de faire des rencontres et de gagner en confiance.

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Maria des îles : le Kibushi, une langue au cœur de son identité

Maria des îles : le Kibushi, une langue au cœur de son identité
Maria Chantal Saïd Halidi, alias « Maria des îles », à la mairie de Chiconi.

« Le kibushi fait partie de mon identité », affirme Maria Chantal Saïd Halidi, plus connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Maria des îles. À 23 ans, cette jeune étudiante originaire de Chiconi s’est donnée une mission : faire vivre le kibushi et sensibiliser les nouvelles générations à l’importance de sa transmission.

Souriante et joviale, Maria Chantal Saïd Halidi est aussi créatrice de contenu. Sur les réseaux sociaux, elle partage son quotidien, mais surtout son attachement à la culture mahoraise et à cette langue qui l’accompagne depuis l’enfance.

C’est auprès de ses parents et de ses grands-parents que Maria a appris le kibushi. « À la maison, on m’a toujours parlé en kibushi », raconte-t-elle. Pour la jeune femme, cette langue est bien plus qu’un simple moyen de communication : elle est une composante essentielle de son identité.

Elle encourage ainsi les parents à parler davantage kibushi avec leurs enfants, afin que la langue puisse continuer à se transmettre de génération en génération.

Maria réfute également l’idée selon laquelle parler une langue locale pourrait freiner l’apprentissage du français. « Nos langues locales, comme le kibushi et le shimaoré, n’empêchent absolument pas d’apprendre le français », souligne-t-elle.

Parmi les expressions qui lui sont particulièrement chères figure « Kara kakazu vakina », que l’on peut traduire littéralement par « comme un bois coupé » et qui signifie « comme deux gouttes d’eau ». Une expression transmise par ses grands-mères lorsqu’elles lui racontaient les halé-halélé, ces histoires traditionnelles qui ont marqué son enfance.

Une langue, deux variantes, une même identité

Ce qui fascine Maria dans le kibushi, c’est avant tout sa singularité. À Mayotte, plusieurs dizaines de milliers de personnes pratiquent cette langue, qui constitue une composante importante du patrimoine linguistique de l’île.

On distingue notamment deux formes de kibushi : le kibushi kisakalava et le kibushi kiantalautsi. Malgré leurs différences, ces variantes ne constituent pas un obstacle à la compréhension.

« Il y a des différences. À Madagascar, il y a plusieurs ethnies et chaque ethnie a un dialecte différent. Nous, on a deux dialectes qui viennent de Madagascar », explique-t-elle.

Pour Maria, cette diversité est aussi une richesse. Lorsqu’elle rencontre, à Mayotte, des personnes venues d’autres villages et qui parlent kibushi, elle ressent immédiatement une forme de proximité. « Quand j’entends quelqu’un parler la langue, j’ai l’impression qu’il y a un lien qui nous unit », confie-t-elle.

Pour Maria, parler kibushi revient à affirmer une part de ce qu’elle est. « C’est comme ma couleur de peau, mon origine, les habits traditionnels, ça fait partie de moi tout simplement. C’est ma première langue», affirme-t-elle.

Cette dimension identitaire prend d’autant plus de sens alors que la pratique du kibushi tend à reculer chez les jeunes générations, au profit notamment du français et du shimaoré.

Préserver la langue, c’est donc aussi préserver un lien avec ceux qui l’ont précédée. « Avoir la maîtrise de cette langue permet de garder un lien avec les générations précédentes », estime l’étudiante.

Ses grands-parents ont pour la plupart disparu. Il ne lui reste aujourd’hui qu’une grand-mère. Alors, lorsqu’elle échange avec les personnes âgées de Chiconi, Maria privilégie le kibushi. « Pour vraiment garder le lien avec nos ancêtres », explique-t-elle.

Des réseaux sociaux au service de la transmission

Ce combat pour la préservation du kibushi, Maria le mène également sur les réseaux sociaux. À travers des micro-trottoirs et des questions-réponses, elle invite les jeunes à tester leurs connaissances et surtout à s’exprimer dans la langue.

Une manière ludique de sensibiliser une génération qui pourrait, selon elle, être déterminante pour l’avenir du kibushi. L’idée de voir cette langue disparaître la préoccupe. « Ça me rendrait triste de m’imaginer que, d’ici vingt ou trente ans, il n’y ait plus personne qui puisse la parler », confie-t-elle. Son engagement est en tout cas remarqué à Chiconi. Les habitants de la commune l’encouragent et saluent son travail. « J’adore ce que Maria fait sur les réseaux sociaux. Elle met bien en avant notre village », témoigne un habitant d’une trentaine d’années.

Dans sa famille aussi, Maria est devenue une figure inspirante. Sa petite sœur de 14 ans la considère comme un modèle. « Elle fait beaucoup de choses que j’admire énormément », confie la jeune adolescente.

Pour Maria, la transmission ne doit toutefois pas s’arrêter aux réseaux sociaux. Elle souhaite, à l’avenir, aller plus loin en publiant un livre entièrement écrit en kibushi.

Un projet qui résume à lui seul son engagement : faire du kibushi non seulement la langue de ses souvenirs et de ses ancêtres, mais aussi celle de l’avenir.

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Kangani : trois ans de bras de fer pour récupérer une maison

Kangani : trois ans de bras de fer pour récupérer une maison

Une famille se bat depuis trois ans pour récupérer sa maison à Kangani, dans la commune de Koungou. Entre loyers impayés, désaccords sur le bail et échanges tendus avec leur locataire, les propriétaires ont finalement décidé de réinvestir leur propre logement. Une situation devenue particulièrement conflictuelle, alors que chacun campe désormais sur ses positions.

« Nous, on ne partira pas d’ici. On ne partira pas de là », martèle Zizina Saindou, propriétaire de la maison, d’une voix déterminée. Pour cette mère de famille, il est désormais hors de question de renoncer à son bien. Tout commence le 1er janvier 2017. À l’époque, la famille décide de louer sa maison pour un loyer mensuel de 650 euros. Le locataire est loin d’être un inconnu : il est considéré comme un proche, puisqu’il s’agit d’un ami du beau-frère de la propriétaire. La confiance s’installe et, pendant plusieurs années, la location se déroule sans difficulté majeure.

La situation change en 2023. La famille informe alors le locataire de son souhait de récupérer la maison afin d’y loger leur fille, qui doit prochainement se marier.

« Quelques jours après les fiançailles, mon conjoint a appelé le locataire pour lui dire que, finalement, son contrat de bail prendrait fin le 31 décembre 2025. Il n’y aurait plus de contrat et il devait chercher un autre logement », raconte Zizina Saindou.

Dans cette perspective, la famille commence à préparer le retour dans la maison. Elle se rend notamment à l’étranger pour acheter du matériel destiné à sa rénovation. Selon la propriétaire, le logement avait besoin d’importants travaux. « Il avait sali la maison, donc il fallait tout refaire », affirme-t-elle. Carrelage, doubles vitrages et autres matériaux sont achetés pour remettre le logement en état. « On a acheté les carreaux, les doubles vitrages, tout ce qu’il fallait pour rénover la maison du sol au plafond », poursuit-elle.

Le locataire refuse de quitter les lieux

Un préavis est adressé au locataire huit mois avant l’échéance du bail. Mais, selon la propriétaire, le courrier est resté quatre mois à la poste sans être récupéré. Le locataire aurait, de son côté, décidé de ne pas quitter les lieux. Les difficultés financières viennent ensuite alimenter le conflit. De mai à décembre 2024, le locataire ne verse plus que 500 euros par mois au lieu des 650 euros prévus au contrat. Il justifie cette diminution par une prétendue perte de valeur du logement. Puis, à partir du 1er janvier 2025, les paiements cessent complètement.

« Il nous exigeait des quittances de loyer à 650 euros alors qu’il ne payait que 500 euros. Quand il a réduit le loyer à 500 euros, nous lui avons dit que nous ne pouvions pas lui délivrer une quittance de 650 euros s’il ne payait pas l’intégralité du loyer », explique Zizina Saindou.

Au fil des mois, les impayés s’accumulent. La dette atteint finalement 6 050 euros, correspondant à neuf mois de loyers, selon la propriétaire. Une somme qui sera finalement réglée après que la famille a décidé de se rendre directement dans le logement. Le locataire reprend alors ses paiements et, pendant un temps, la situation semble revenir à la normale.

Un nouveau bras de fer en 2026

Mais l’accalmie est de courte durée. À partir de janvier 2026, les loyers cessent une nouvelle fois d’être réglés. Cette fois, le locataire conteste le droit de propriété de la famille sur le terrain.

« Il nous a envoyé un mail en disant que nous n’étions pas propriétaires du terrain. Il nous disait que le terrain appartenait à la commune de Koungou et que, par conséquent, il ne nous devait rien », rapporte la propriétaire. Malgré cette nouvelle période de tension, certains retards sont finalement régularisés. La famille affirme avoir reçu deux virements, de 1 350 euros et de 650 euros. Mais depuis plusieurs mois, les paiements ont de nouveau cessé. « Depuis avril, mai, juin, juillet et août 2026, il ne paie plus rien », témoigne Zizina Saindou. Selon elle, la dette s’élève désormais à 3 250 euros.

« Il nous a suggéré de louer un appartement pour notre fille »

Face à cette situation qui s’éternise, la famille décide de passer à l’action. Accompagnée de son mari et de ses cinq enfants, Zizina Saindou s’installe dans la maison alors que le locataire se trouve à Madagascar. La famille considère désormais le logement comme son propre bien et entend y rester. Dans un échange par courrier électronique, le locataire aurait même suggéré aux propriétaires de trouver un autre logement pour leur fille. « Il nous a envoyé un mail, nous suggérant d’aller louer un appartement pour notre fille », raconte la propriétaire, qui refuse catégoriquement cette option. Après trois années de conflit, la situation est désormais au point de rupture. Les propriétaires disent vouloir récupérer définitivement leur maison, tandis que le locataire, selon eux, refuse toujours de quitter les lieux.

Ce mercredi 19 août, le locataire est finalement revenu à Mayotte, après son séjour à Madagascar. Nous avons tenté de le joindre afin de recueillir sa version des faits, mais il n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Le conflit, lui, reste entier. Et derrière cette bataille autour d’une maison, c’est désormais une relation de confiance, autrefois établie entre les deux parties, qui semble avoir définitivement volé en éclats.

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Comores : les autorités s’attaquent aux cliniques traditionnelles illégales

Comores : les autorités s’attaquent aux cliniques traditionnelles illégales

L’Inspection générale de la santé, après autorisation du ministère de la Santé et aval du Conseil des ministres, a lancé une opération visant à fermer les cabinets de médecine traditionnelle exerçant illégalement. Certains médicaments utilisés dans ces structures entraîneraient des problèmes rénaux, selon des données communiquées par l’hôpital national.

Dans leurs publicités, ces cabinets de médecine traditionnelle affirment être capables de guérir plusieurs maladies, dont l’infertilité, la sinusite ou encore les règles douloureuses. Certains s’offrent même des spots sur des radios, une pratique pourtant interdite dans le domaine médical.

Mais depuis mardi, le ministère de la Santé a lancé une opération de fermeture visant ces cliniques, dont la majorité fonctionnerait dans l’illégalité. Ce mercredi, les équipes mandatées par l’Inspection générale de la santé poursuivaient leur travail dans le sud de la Grande Comore, après avoir fermé, la veille, trois centres traditionnels, dont l’un était tenu par un ressortissant béninois.

Celui-ci exerçait dans une clinique située au nord de Moroni, non loin du Centre hospitalier national El-Maarouf.

« Après une mission de contrôle réalisée sur le terrain, nous avons constaté que des personnes prétendent être des médecins et donnent des médicaments traditionnels à des patients vulnérables, les exposant à des dangers. À la suite de notre enquête, le ministre a émis une note autorisant la fermeture de ces cabinets. Mardi, en compagnie de la gendarmerie, nous en avons fermé quelques-uns, dont un à Mitsamihuli, au nord de l’île. Les propriétaires sont entre les mains de la gendarmerie », a rapporté l’un des agents de l’Inspection générale de la santé, qui ajoute que la plupart de ces praticiens sont de nationalité étrangère.

Produits saisis

À en croire ce dernier, les médicaments à base de plantes prescrits par ces cabinets causeraient davantage de problèmes qu’ils n’en résoudraient.

« La santé publique est exposée. De notre côté, nous avons saisi leurs produits en attendant la fin des investigations judiciaires », a poursuivi notre source, rappelant que cette nouvelle opération, lancée mardi, a permis de fermer neuf centres traditionnels en deux jours.

« Je pense que les autorités sont derrière nous cette fois-ci. L’opération commando menée depuis mardi en est la preuve », estime-t-il.

Selon l’inspecteur général de la santé, le docteur Ridhoine Mohamed, ce travail ne fait que commencer. À Anjouan, une structure a déjà été fermée depuis fin juillet. Après les structures traditionnelles, ce sera au tour des pharmacies et des cabinets médicaux, promet-il, soulignant au passage que toute ouverture d’une clinique ou d’une pharmacie doit obéir à des textes réglementaires.

Selon l’article 182 du Code de la santé, promulgué en 2020, pour exercer la profession de médecin ou de chirurgien-dentiste, il faut être titulaire d’un diplôme d’État de médecine ou d’un diplôme de médecin reconnu et jugé équivalent par l’État comorien.

« Le médecin qui répond aux conditions citées ci-dessus a l’obligation d’effectuer un stage de probation d’un an, ainsi qu’une évaluation finale pour l’octroi de l’autorisation d’exercice de la médecine. Pour les étrangers, il doit y avoir un accord de réciprocité entre leur pays et les Comores », ajoute le même article, indiquant que les actes de soins seront définis et précisés par le maître de stage.

Danger

« Le Code de la santé est clair sur ce point. Pour les pharmacies, le demandeur doit se rapprocher de l’Ordre des pharmaciens, qui va examiner le dossier. Si celui-ci satisfait à leurs critères, ils nous le transmettent. L’Inspection étudie à son tour le dossier selon les conditions fixées par la loi, avant de le soumettre au cabinet du ministre, qui publie enfin un arrêté d’autorisation. La plupart de ces structures traditionnelles ciblées n’ont pas suivi la procédure et exercent dans l’illégalité, faisant courir un grand danger à la population », alerte l’inspecteur Ridhoine.

Parmi les dangers auxquels sont exposés les patients qui consultent ces praticiens traditionnels figure l’utilisation de plantes dont la composition reste inconnue.

« Même le service de dialyse nous a interpellés, il y a quelques semaines, sur le fait que les patients qu’il reçoit présentent des problèmes rénaux. La plupart d’entre eux affirment avoir pris des médicaments recommandés par ces cliniques », révèle le docteur Ridhoine, en poste depuis décembre 2022.

Cet anesthésiste-réanimateur souligne surtout que la dangerosité de ces médicaments traditionnels repose notamment sur l’absence de données concernant leurs effets indésirables.

« Avant qu’un traitement ne soit mis sur le marché, il faut que les données sur sa composition, sa posologie et sa capacité à lutter contre la pathologie pour laquelle il a été produit soient connues. Or, avec ces plantes, personne n’est en mesure de fournir ces informations. C’est la raison pour laquelle, dans certains pays avancés, l’Organisation mondiale de la santé, avec l’appui de ses partenaires, essaie d’encadrer la médecine traditionnelle », rapporte l’inspecteur Ridhoine, qui appelle la population à faire preuve de vigilance.

Le médecin assure enfin que les praticiens arrêtés sont appelés à signer des engagements selon lesquels ils n’ouvriront pas de centres sans passer par le cadre légal.

« Ils doivent aussi prouver leurs diplômes. Car on ne peut pas être gynécologue et prétendre guérir des maladies cardiaques. C’est la santé de nous tous qui est en jeu. Nous devons aller jusqu’au bout », insiste-t-il.

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La FCPE Mayotte demande au Gouvernement de consacrer au moins 600 millions d’euros à un plan de rattrapage et de reconstruction des écoles entre 2027 et 2031. Dans une lettre adressée au Premier ministre le 16 août, la fédération de parents d’élèves estime que les 400 millions d’euros déjà programmés pour la période 2025-2029 ne suffiront pas à répondre au déficit historique d’infrastructures, aggravé par Chido et Dikeledi.

La FCPE évalue à jusqu’à 1 700 le nombre de salles de classe à construire, reconstruire ou rendre disponibles, contre un besoin estimé à environ 1 200 avant Chido. Elle souhaite que le PLF 2027 permette d’accélérer les chantiers, avec un calendrier détaillé commune par commune et un objectif de disparition progressive des rotations scolaires. La fédération demande également que les nouvelles écoles disposent systématiquement d’eau potable, de sanitaires, de cantines et d’équipements adaptés aux risques climatiques.

Dans sa contribution au projet de loi de finances, la FCPE propose une enveloppe pluriannuelle de 600 millions d’euros, dont 180 millions dès 2027. Elle sollicite enfin une audience avec le cabinet du Premier ministre à l’occasion de son prochain déplacement à Mayotte, de préférence en Grande-Terre.

Trois soirées de cinéma en plein air à M’tsangamouji

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La commune de M’tsangamouji propose trois soirées de cinéma en plein air, du 17 au 19 août 2026, à partir de 19 heures. Gratuit et ouvert à tous, le rendez-vous entend offrir aux familles et aux habitants un moment de détente autour de trois films projetés dans différents quartiers de la commune.

La première séance, lundi 17 août, proposera « Benjamin Button » au Dallage CHB. Mardi 18 août, « Blue & Compagnie » sera projeté à l’école Mliha, avant « Dragons », mercredi 19 août, à Ladigue Mji.

Sur trois soirs et trois lieux différents, la municipalité mise ainsi sur le cinéma en plein air pour créer des moments de convivialité. Les spectateurs sont invités à venir avec couvertures, coussins et en-cas, pour profiter des projections sous les étoiles.

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Du 4 au 6 septembre 2026, Coconi deviendra le point de rendez-vous des amoureux de nature et de sport. Pour sa deuxième édition, le Salon de la randonnée et du Trail de Mayotte invite le public à partir à la découverte des sentiers et du patrimoine naturel de l’île, à travers trois jours d’activités et d’animations.

Randonnées gratuites accessibles à différents niveaux, initiations au VTT et balades à vélo rythmeront le week-end. Les amateurs de course pourront également participer au Trail du Sakua, avec deux parcours de 10 et 25 kilomètres.

Le programme prévoit aussi des animations, des ateliers immersifs, des conférences et une table ronde autour des pratiques de plein air et du patrimoine naturel mahorais. Un village des exposants réunira associations et professionnels, tandis qu’un marché agricole et plusieurs stands gourmands compléteront l’événement.

Les randonnées sont gratuites, tandis que la participation au trail est payante. Un rendez-vous placé sous le signe de la découverte, du sport et de la valorisation du territoire mahorais.

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Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Mamoudzou ouvrira, du 14 septembre au 13 octobre 2026, sa campagne d’inscription à l’aide alimentaire pour le Ramadan 2027. Le dispositif prévoit l’attribution de bons alimentaires de 100 euros par foyer, dans la limite de 1 000 bénéficiaires.

L’aide s’adresse aux personnes âgées de 60 ans et plus ou reconnues en situation de handicap, résidant de manière stable à Mamoudzou, en situation administrative régulière et disposant de faibles ressources. Le quotient familial devra être inférieur ou égal à 600 euros.

Les dossiers complets pourront être déposés le matin, de 8h à 12h, dans les mairies annexes de M’tsapéré et Kawéni. Les demandes seront traitées par ordre de réception et les bons alimentaires doivent être distribués en février 2027, au début du Ramadan.

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