Depuis différents points du site, il était possible d’apprécier l’ampleur exacte des occupations illégales et le nombre d’habitations de fortune qui parsèment le foncier public dans les hauteurs de la Vigie.
Indépendamment des conséquences du cyclone Chido, ceux qui connaissent bien la zone concernée peuvent constater le recul significatif des espaces forestiers jadis caractéristiques du paysage environnant.
Le nouveau préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, s’est rendu sur les lieux en milieu de matinée afin de constater l’action en cours, après un briefing avec le commandement des forces de gendarmerie déployées sur le terrain pour sécuriser l’opération.
Au milieu des pelleteuses en action, il a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a réaffirmé la détermination de l’État à poursuivre ces opérations de récupération de foncier public et privé illégalement occupé.
« Je souhaite continuer à décaser au-delà de cette opération Kingia parce que ces opérations sont importantes. Elles participent également à la lutte contre l’immigration clandestine, à la protection du territoire, à l’amélioration de l’environnement et au bien-être des habitants vivant à proximité de ces habitats informels », a déclaré le préfet Frédéric Poisot.
De l’humanité, mais dans la rigueur, le respect du droit et de la loi
Des opérations qu’il envisage de poursuivre régulièrement en dehors du cadre de Kingia, tout en rappelant la nécessité de respecter le cadre réglementaire en vigueur ainsi que les règles humanitaires applicables aux occupants de ce type de lieux.
À ce sujet, Frédéric Poisot a tenu à rappeler sa ligne directrice : « Ma ligne de conduite est très claire. Je suis un préfet de la République et j’agis en conséquence. Cela signifie que je prends évidemment en compte la dimension humaine vis-à-vis des familles qui se trouvent dans ce genre de situation, mais sans aucune faiblesse et avec beaucoup de rigueur, parce que je me dois de faire respecter la loi et le droit. »
Pour ce qui est de la Vigie, le lieu jouissait d’une sinistre réputation de zone de non-droit, entre trafics en tous genres, base arrière de réseaux de passeurs clandestins et lieu de repli de nombreux jeunes délinquants.
Si cette opération de démolition d’habitats indignes est difficile à assumer politiquement pour les nouveaux élus locaux de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi, elle a en revanche été largement saluée par une majorité des habitants de Petite-Terre, qui désespéraient de voir un jour l’ordre et la quiétude reprendre leurs droits sur ces lieux.
Journaliste politique & économique


































