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Municipales à Mtsangamouji : procurations, listes électorales, « dossier orange »… l’opposition conteste la sincérité du scrutin devant le tribunal administratif

Municipales à Mtsangamouji : procurations, listes électorales, « dossier orange »… l’opposition conteste la sincérité du scrutin devant le tribunal administratif

Le recours contre les résultats des élections municipales à M’tsangamouji sera examiné jeudi 11 juin par le tribunal administratif. Les requérants demandent l’annulation du scrutin du 15 mars, la vérification des listes électorales, le contrôle des procurations et l’organisation d’un nouveau vote.

La victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima à Mtsangamouji semblait nette. Le 15 mars 2026, le maire sortant a été réélu dès le premier tour avec la liste « Ensemble plus loin encore », créditée de 2 067 voix, soit 58,47 % des suffrages exprimés. Ses adversaires, eux, n’ont pas tourné la page. Les listes d’opposition Alliance solidaire et MDM-Tifaki ont saisi le juge administratif pour demander l’annulation du scrutin.

D’après le ministère de l’Intérieur, 4 793 électeurs étaient inscrits dans la commune, 3 657 ont voté, soit une participation de 76,30 %. La liste de Saïd Maanrifa Ibrahima a obtenu 24 sièges sur 29, devant MDM-Tifaki, menée par Ousmane Ahamada Siaka, avec 851 voix et trois sièges, puis Alliance solidaire, conduite par Allaoui Zoubert, avec 617 voix et deux sièges.

Pour les requérants, c’est justement la sincérité du scrutin qui est en cause. Allaoui Zoubert, tête de liste d’Alliance solidaire, affirme que son équipe a observé « trop de procurations », notamment dans les deux bureaux de Chembenyoumba. Selon lui, le nombre de procurations y aurait atteint un niveau inhabituel, suffisamment élevé pour « attirer l’attention ». Il évoque également des inscriptions d’électeurs qui, selon lui, « n’avaient rien à voir avec la commune », parfois concentrées à certaines adresses.

Plus troublant encore : la présence, le jour du vote, d’un document ou carnet de couleur orange dans les bureaux. Selon Allaoui Zoubert, il ne s’agissait pas d’un document officiel de vote, mais d’un carnet appartenant au camp adverse, comportant des listes de procurations. Ousmane Ahamada Siaka, tête de liste MDM-Tifaki, évoque lui aussi un « carnet orange » que seuls les assesseurs LR auraient pu manipuler. Ces derniers auraient confirmé qu’il s’agissait bien de listes de procurations en faveur du groupe. Les deux opposants y voient un élément de préparation et de suivi des procurations, susceptible d’avoir perturbé le déroulement normal des opérations électorales.

Ousmane Ahamada Siaka affirme également que de nombreux électeurs inscrits sur les listes électorales seraient nés ou vivraient en métropole, alors que ses propres soutiens présents à Mayotte auraient rencontré des difficultés pour s’inscrire. « On nous imposait tellement de choses qu’on avait du mal à inscrire nos électeurs qui sont sur place », déclare-t-il. « On se demande comment des jeunes nés en métropole, qui y vivent depuis toujours et qui viennent d’atteindre leur majorité, ont pu être inscrits ici, alors qu’ils ne vivent pas à Mtsangamouji. »

Au-delà du scrutin municipal, les opposants disent vouloir obtenir un contrôle des listes électorales pour les prochaines échéances, notamment régionales. Ils estiment que, si les inscriptions contestées restent en l’état, elles pourraient peser sur les scrutins à venir. « Les élections sont passées mais il y en a d’autres qui arrivent », avance Ousmane Ahamada Siaka, qui dit craindre que les prochains votes soient déjà biaisés si les listes ne sont pas revues.

Les requérants disent avoir alerté avant le scrutin. Ousmane Ahamada Siaka affirme qu’un courrier a été envoyé le 10 mars pour signaler les anomalies constatées, avant que celles-ci ne se confirment, selon lui, le jour du vote. Allaoui Zoubert met également en cause la campagne du maire sortant, qu’il estime commencée avant et terminée après la période officielle. Ces griefs devront toutefois être démontrés devant le juge, pièces à l’appui.

La bataille judiciaire s’annonce difficile. En droit électoral, une irrégularité ne suffit pas toujours à faire annuler une élection. Le juge vérifie si les faits invoqués sont établis, s’ils constituent une manœuvre ou une atteinte aux règles du scrutin, et surtout s’ils ont pu altérer la sincérité du vote.

L’écart de voix pourrait donc être un point central. Même réunies, les deux listes d’opposition n’atteignent pas le score de la liste arrivée en tête. Les requérants le reconnaissent, mais estiment que cette avance doit justement être interrogée. Selon eux, le nombre de voix obtenu par le camp du maire sortant aurait fortement progressé par rapport aux précédents scrutins municipaux : 1 402 voix en 2014, 1 492 en 2020 et 2 067 dès le premier tour en 2026. Ils y voient un élément supplémentaire justifiant un examen des procurations et des inscriptions électorales contestées. « Si on analyse bien les choses, il y a quand même à dire qu’il y a eu des magouilles sur ces élections », affirme Ousmane Ahamada Siaka. Ces accusations devront toutefois être appréciées par le juge administratif. « Si on ne dénonce pas certaines pratiques, ça veut dire qu’on cautionne », estime Allaoui Zoubert.

À ce stade, aucune fraude n’a été judiciairement établie. Le scrutin est contesté, mais il n’est pas annulé. Le tribunal devra dire si les éléments avancés par l’opposition sont suffisants pour remettre en cause la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima, proclamé élu dès le premier tour.

L’audience du 11 juin à M’tsangamouji ouvrira également une séquence judiciaire plus large autour des municipales à Mayotte. Deux autres recours en annulation doivent suivre : celui visant les élections de Mtsamboro, le 16 juin, puis celui concernant Bouéni, le 17 juin. Plusieurs communes pourraient encore voir leurs résultats remis en cause.

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Les médias scolaires mahorais célèbrent leurs lauréats

Les médias scolaires mahorais célèbrent leurs lauréats
Douze lauréats du concours Médiatiks ont été récompensés à Mayotte, avec l’anecdote marquante de l’école de Dembéni, sacrée au niveau national en WebTV mais empêchée de se déplacer faute de budget.

Dans le cadre du concours Médiatiks, la remise des prix académiques s’est tenue ce mercredi 3 juin au Centre de Formation Académique d’Iloni, près du collège Zakia Madi. Cette cérémonie a permis de mettre à l’honneur les productions médiatiques réalisées par les élèves de l’académie de Mayotte.

Pour l’occasion, Pierre Bertel, coordinateur du CLEMI à Mayotte, a rappelé l’importance de cet événement : « On doit récompenser 12 lauréats du concours Médiatiks ». Il a également précisé que « il y a 4 catégories : journal imprimé ou en ligne, podcast, WebTV et photoreportage », permettant ainsi de valoriser la diversité des projets menés dans les établissements scolaires.

« Au niveau académique », plusieurs écoles, collèges et lycées ont été distingués pour la qualité de leurs productions. Dans la catégorie Journal imprimé ou en ligne, les prix ont été attribués à L’Écho de Barakani (école Barakani 2), Le Cri du Baobab (collège de Bouéni) et Le Petit Terrien (LPO de Petite-Terre).

Douze lauréats récompensés dans quatre catégories

En Podcast, les récompenses sont revenues à Jilawanatsa du collège Marcel Henry de Tsimkoura et à Radio 101, la radio des lycéens de Dembéni. Pour la catégorie WebTV, Nidem TV de l’école de Dembéni, Techno Média Koungou du collège Frédéric d’Achery et Les Vidéos Makers du LPO de Petite-Terre ont été distingués. Enfin, dans la catégorie Photoreportage, les prix ont été décernés à La mangrove post-Chido du collège Frédéric d’Achery et à Découverte de la richesse naturelle et culturelle de Mayotte du LPO de Petite-Terre.

L’école de Dembéni distinguée au niveau national

Pierre Bertel a également souligné une performance remarquable obtenue cette année : « L’école élémentaire de Dembéni a remporté le prix national dans la catégorie WebTV ». Une reconnaissance qui témoigne de la qualité du travail réalisé par les élèves et leurs encadrants. Toutefois, le coordinateur du CLEMI à Mayotte regrette que les jeunes lauréats ne puissent pas participer à la cérémonie nationale : « Malheureusement, ils ne pourront pas s’y rendre pour des raisons budgétaires. »

À travers ce concours, l’académie de Mayotte met en lumière l’engagement des élèves dans l’éducation aux médias et à l’information, tout en valorisant la créativité et le travail des équipes pédagogiques qui les accompagnent tout au long de l’année.

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Entretien avec Mirhane Ousséni (maire de Bouéni) : un trop plein d’anomalies dans la gestion précédente

Entretien avec Mirhane Ousséni (maire de Bouéni) : un trop plein d'anomalies dans la gestion précédente
Mirhane Ousséni invite à la population de Bouéni dimanche 07 juin à la mairie pour une présentation de l'état des finances de la commune.

Cinq millions d’euros de marché attribués à des entreprises sans autorisation du conseil municipal, cinq millions d’euros des subventions octroyés par le département qui n’ont jamais été utilisés, et bien d’autres bizarreries comptables encore. Mirhane Ousséni, le nouveau maire de Bouéni se confit à Flash Info.

Il prévoit une réunion dimanche prochain avec ses administrés pour les informer de la situation chaotique dont il hérite et qui impactera indéniablement le rythme de la feuille de route qu’il s’est fixée pour sa mandature. A quelques jours du passage du préfet Frédéric Poisot dans sa localité, il tire la sonnette d’alarme car trop d’anomalies sont constatées dans la gestion communale. Un audit serait même en préparation.

Flash Info : Deux mois depuis votre installation, comment imaginez-vous l’avenir des habitants de votre commune ?

Mirhane Ousséni : Depuis notre prise de fonctions, mon équipe et moi, essayons de dresser un état des lieux pour voir ce que nous ont laissé nos prédécesseurs. A ce jour, nous avons une situation budgétaire équilibrée en apparence, je dis bien en apparence puisqu’il nous a fallu voter ce budget en urgence avant la date du 30 avril 2026. Nous avons donc voté en faveur d’un budget excédentaire d’un million d’euros. Sauf que dans la réalité, nous nous retrouvons avec plus de 5 millions d’euros de subventions caduques et 5 millions d’euros de marché attribués à des entreprises alors qu’il n’y avait aucun financement programmé. Par conséquent, nous allons démarrer cette  mandature avec 10 millions d’euros manquants.

F.I : Ce ci étant donc dit, comment envisagez réussir à mettre en œuvre le programme soumis à votre électorat ?

M.O : Après concertation avec mon équipe, nous avons décidé de mettre entre parenthèse la vision que nous ambitionnons de porter pour la commune de Bouéni.  C’est toute une année, 2026, qui va souffrir de la situation que nous a laissé l’équipe municipale sortante. En effet, nous faisons face à énormément d’urgence, notamment les écoles, on nous demande d’en fermer quelques unes, parce que rien a été fait en matière de sécurisation après le passage du cyclone Chido. L’éclairage public est une autre urgence dont il faut nous occuper, pareil pour la dégradation des routes. Tout cela était pas opérationnel lorsque nous sommes arrivés aux affaires à Bouéni. Je précise que Chido n’est pas le seul élément justificatif de cette situation, il y avait du laisser-aller antérieur au cyclone. Donc, en termes d’urgence, il nous faut rendre opérationnel toutes les écoles, rendre les routes praticables, l’éclairage étant déjà résolu dans l’ensemble de la commune. Nous allons aussi nous consacrer à la remise en état des équipements sportifs qui ont été délaissés pendant 6 ans. Qui passe à Bouéni en ce moment constatera un grand ouvrage laissé à l’abandon depuis plus d’un an, dégradé à l’intérieur par un manque d’entretien et à l’extérieur par les effets du cyclone Chido. Un rapport récent de la Chambre Régionale des Comptes explique que dans son état actuel, cet ouvrage a déjà coûté le double de sa valeur initialement arrêté. L’essentiel des opérations en question relève de l’exercice de l’ancien maire Mouslim Abdourahamane. Des terrains de football sont laissés dans un état désastreux depuis une douzaine d’années, alors que notre jeunesse a besoin de s’épanouir dans la pratique de discipline sportive.

F.I : Comment pensez-vous pouvoir avancer malgré ce gros handicap financier qui se présente ? Quelles sont vos réelles perspectives de gestion pour les années à venir ?

M.O : Déjà, je suis allé au devant du département pour négocier les subventions caduques qu’il avait octroyé précédemment. J’ai également rencontré les services de l’État, je recevrai le préfet Frédéric Poisot le 12 mai 2026 à Bouéni et je compte le sensibiliser fortement sur toutes ces urgences que j’ai mis en exergue. J’ai bonne espoir de récupérer les subventions jadis accordées par le département pour relancer les écoles. Sachez que si elles sont devenues caduques c’est uniquement parce que la commune n’a rien fait dans ce domaine durant 5 ans. Elles sont versées lorsque les opérations sont partiellement avancées et soldées une fois les travaux achevés. Ces subventions n’ayant pas été utilisées, les écoles sont pour la plupart inutilisables et même pour celles qui pourraient encore prétendre à ce type de financement elles ne peuvent pas été réalisé parce que les  subventions s’avèrent insuffisantes. Je prends un exemple concret, le réfectoire de Hagnoundrou. J’ai retrouvé 700.000 euros inscrits sur cette opération au moment où le marché a été lancé, mais à l’ouverture des enveloppes, nous nous sommes retrouvés avec une moyenne de 2 millions d’euros. Donc, pour lancer les opérations je dispose à peine d’un tiers du montant nécessaire. Vous comprendrez que face à cette situation, nous sommes contraints de revoir toutes nos prévisions et nous rapprocher de nos financeurs. A supposer que les subventions caduques du département soient prolongées, il va falloir négocier un réajustement sans quoi les opérations ne pourront jamais être menées à leur terme. Pour vous donner une illustration de ce que je dis là, je vous parlerai d’une école à Bambo-Ouest dont l’usage repose entièrement sur des étais qui soutiennent actuellement la charpente. Autrement, la toiture pourrait tomber sur la tête de nos enfants. La commission de sécurité exige qu’elle soit fermée, sauf que la commune n’a nul part pour accueillir ces écoliers et leur dispenser des cours. Mes prédécesseurs ne se sont même pas donné la peine de solliciter les aides de l’État alors que cette école a été détruite par le cyclone Chido. Au moment où je vous parle, l’école doit être entièrement réaménagée alors qu’il y a zéro euros dans nos caisses. C’est une course contre la montre qui s’engage en direction du préfet parce que non seulement je dois négocier ce financement mais également faire en sorte que les travaux puissent être réalisés durant les vacances de cet été afin que l’établissement puisse rouvrir à la rentrée de septembre prochain. Il en est de même à Bouéni dans notre principale école primaire.

F.I : C’est un tableau apocalyptique que vous nous présentez là Monsieur le Maire ?

M.O : Comment réagirez-vous alors si je vous disais que la situation est identique sur l’ensemble des quelques opérations qui ont été conduites à Bouéni au cours des 5 dernières années, Dieu sait que leur nombre n’est absolument pas élévé ? Vous enlevez le plateau couvert, il n’y a plus rien ! La commune a vécu dans une totale léthargie durant 12 ans. Là, mon équipe va devoir tout refaire, les clôtures, les éclairages, absolument tout. Je ferai remarquer au passage que c’est moi qui m’était battu pour faire financer la plupart de ces équipements lorsque j’étais conseiller départemental du canton de Bouéni de 2008 à 2015. Je les retrouve aujourd’hui dans le même état où ils étaient avant mon élection. Vous pouvez le voir, il y a trop d’urgence qui nous oblige à mettre de côté les ambitions que nous avions pour 2026/2027. Nous devons nous soucier d’offrir un minimum vital à la population avant de penser à nos projets.

F.I : Avez-vous envisagé d’informer les habitants de votre commune sur cette situation en dehors d’une communication par voie de presse ?

M.O : Oui en effet, je prévois de réunir la population le dimanche 07 juin 2026 à 16h dans les locaux de la mairie pour lui présenter cette situation. C’est une invitation qui s’adresse à chaque citoyen désireux de se tenir informé de l’état des finances communales et de l’impact qu’il va avoir sur la nouvelle mandature qui démarre. Je leur expliquerai également comment je pense opérer pour redresser la pente puisqu’il faut trouver une solution quoi qu’il en soit. Par exemple, s’agissant des 5 millions d’euros de marché attribués à des entreprises sans qu’il y ait des financements, j’ai saisi un cabinet d’avocats qui va regarder comment faire, autrement je serai obligé de les bloquer, tout en sachant que des pénalités sont susceptibles de nous être infligées. Je précise ici que ces 5 millions concernent bien des travaux lancés sans l’existence d’un moindre financement. L’équipe sortante a autorisé que des travaux soient engagés sans qu’il y ait une inscription sur les comptes communales. Et, c’est tout le fond du problème car il y a défaut de fond juridique, le maire n’ayant pas dans ses prérogatives  le pouvoir d’engager ces sommes de cette manière, sans inscription budgétaire ni délibération l’autorisant.

F.I: La tradition mahoraise rejette la délation, ne craignez-vous pas une réaction négative de vos administrés en choisissant d’opérer comme vous venez de le faire ?

M.O : Non pas du tout. Je vais ici être très clair, il ne s’agit nullement de dénoncer qui que ce soit mais de présenter la situation des finances dont nous héritons mon équipe et moi. Imaginez une seule fois que je laisse ces entreprises poursuivre les travaux engagés à hauteur de 5 millions d’euros. Comment vais-je les payer au moment de leur réception ? Je me retrouverai dans l’obligation de placer la commune dans énormément de difficultés. Pour votre information, nos prédécesseurs arrivaient à peine à dépenser 2 à 3 millions d’euros en investissement par an au cours des 3 dernières années de leur mandature. Actuellement, aucun chantier n’est en cours dans la commune, tout doit être repris à zéro. Je ne peux donc pas sciemment fermer les yeux sur ces marchés là sous peine de mettre ma commune en difficulté et par ricochet tuer les entreprises concernées. Nous attendons un avis juridique pour savoir si l’ancien maire avait le pouvoir d’engager ces travaux en l’espèce. Ce constat que je dresse relève d’une saisine de ma part de nos services financiers, nous attendons l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD), pour réaliser un audit sur les finances, la gestion générale de la commune, RH, administratif et autres car j’estime qu’il y a beaucoup trop de domaines à remettre à niveau.

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Développement du territoire : à chaque projet structurant, la même bataille

Développement du territoire : à chaque projet structurant, la même bataille
Entre 15 et 20 millions d’euros seraient consacrés aux mesures de protection de l’environnement sur un chantier évalué à près de 90 millions d’euros.

Le scénario semble désormais bien rodé. Chaque fois qu’un projet d’infrastructure majeur est présenté comme indispensable au développement du territoire ou à la réponse à une crise, des associations environnementales montent au créneau pour en dénoncer les impacts potentiels. Après les contestations autour de l’allongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi, c’est désormais l’usine de dessalement d’Ironi Bé qui cristallise les tensions.

Pour l’État et Les Eaux de Mayotte (LEMA), le projet représente pourtant une réponse concrète à une crise de l’eau qui dure depuis plus d’une décennie. Pour plusieurs associations environnementales, il constitue au contraire une menace pour le lagon, la mangrove et les zones humides de l’île.

Le mardi 2 juin, la troisième chambre du tribunal administratif de Mayotte examinait le recours déposé par Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et le GEPOMAY contre l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 autorisant les travaux. Sea Shepherd France s’est également associée à la procédure.

L’usine doit permettre la production quotidienne de 10 000 m³ d’eau potable grâce à la technologie de l’osmose inverse. Un équipement présenté comme stratégique alors que les Mahorais subissent des coupures d’eau récurrentes depuis près de dix ans. Mais le rejet dans le lagon d’eaux fortement concentrées en sel alimente les inquiétudes des associations, qui redoutent des conséquences sur les coraux, les herbiers marins et la biodiversité.

Les opposants assurent ne pas être hostiles au dessalement en tant que tel. Ils contestent avant tout l’emplacement retenu. Selon eux, les études environnementales restent insuffisantes pour mesurer les effets à long terme du projet sur les écosystèmes. Ils réclament l’annulation de l’autorisation préfectorale, la démolition des ouvrages déjà réalisés et la remise en état du site.

Une position qui suscite l’incompréhension des porteurs du projet. Pour Les Eaux de Mayotte, suspendre ou annuler le chantier reviendrait à retarder encore davantage une solution attendue par une population confrontée à des restrictions d’eau devenues chroniques.

L’avocat du syndicat rappelle que la mise en service de l’usine est prévue pour 2027 et qu’elle constitue l’un des principaux leviers pour renforcer la production d’eau potable sur le territoire. Il souligne également que le rapporteur public n’a pas demandé l’annulation du projet mais a plutôt évoqué une possible régularisation du dossier.

Les responsables de LEMA mettent également en avant les efforts consentis pour limiter les impacts environnementaux. Entre 15 et 20 millions d’euros seraient consacrés aux mesures de protection de l’environnement sur un chantier évalué à près de 90 millions d’euros. Une passerelle aurait notamment été construite au-dessus de la mangrove afin d’éviter toute destruction de palétuviers.

Au-delà du débat juridique, l’affaire illustre une nouvelle fois la difficulté de faire émerger des projets structurants à Mayotte. L’allongement de la piste de l’aéroport Marcel-Henry, présenté comme essentiel au désenclavement du territoire et à son développement économique, fait lui aussi l’objet d’une forte opposition environnementale. Comme pour l’usine de dessalement, les associations invoquent la protection des écosystèmes et contestent les études d’impact.

Les défenseurs du projet d’Ironi Bé dénoncent ainsi une forme de blocage systématique. Selon eux, alors que Mayotte fait face à des défis majeurs en matière d’eau, de transport ou d’aménagement, chaque infrastructure d’envergure se heurte désormais à des recours susceptibles de ralentir ou de compromettre sa réalisation.

Les associations réfutent cette accusation. Elles estiment au contraire défendre l’intérêt général en exigeant des garanties environnementales solides. Selon elles, la protection du lagon n’est pas incompatible avec le développement mais constitue une condition de la survie économique et alimentaire du territoire.

Elles soulignent également que l’usine de dessalement ne résoudra pas à elle seule la crise de l’eau. Elles pointent notamment les pertes du réseau, estimées à près de 38 %, et appellent à agir prioritairement sur ces fuites.

Le tribunal administratif devra désormais trancher. Derrière le dossier d’Ironi Bé se dessine une question plus large : comment répondre aux urgences auxquelles est confrontée Mayotte tout en préservant un patrimoine naturel exceptionnel ? Une équation qui, à chaque nouveau projet structurant, semble opposer deux visions irréconciliables de l’avenir de l’île.

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La France Humaniste structure sa coordination départementale

La France Humaniste structure sa coordination départementale

La France Humaniste Mayotte annonce l’intégration de Kira Bacar ADACOLO au sein de sa coordination départementale depuis le jeudi 28 mai 2026. Il assumera les fonctions de correspondant départemental pour Mayotte et sera l’interlocuteur privilégié du mouvement dans le territoire. Cette nomination s’inscrit dans la dynamique de structuration locale portée par le mouvement de Dominique de Villepin.

Mzuri Sana récompense quatre clientes pour la Fête des mères 2026

Mzuri Sana récompense quatre clientes pour la Fête des mères 2026

À Mamoudzou, Mzuri Sana a clôturé samedi 30 mai son opération « Expérience Mzuri Sana – Fête des Mères 2026 » par une cérémonie de remise de lots organisée devant sa boutique du Centre Commercial Carrefour. Quatre gagnantes, tirées au sort le 11 mai, ont été récompensées dans une ambiance festive. Le lot principal, un séjour dans un hôtel 5 étoiles à l’île Maurice, a été remporté par A. Assidjadi. L’enseigne, présente à Mayotte depuis 2019, a salué la fidélité de sa clientèle après quatre semaines d’animations en boutique.

Mayotte la santé sexuelle reste un enjeu majeur selon l’ARS

Mayotte la santé sexuelle reste un enjeu majeur selon l’ARS

Selon une publication de l’Agence régionale de santé de Mayotte, l’étude EpiMay 2025, présentée à l’occasion de la Semaine de la santé sexuelle (1er au 6 juin 2026), met en évidence plusieurs défis en matière de prévention, de dépistage et d’accès à l’information.

L’ARS indique notamment une progression du VIH sur le territoire, avec une prévalence estimée à 5 personnes séropositives pour 1 000 adultes, contre 1 pour 1 000 en 2019. L’étude souligne également une méconnaissance du statut sérologique au sein d’une partie de la population, faisant du a un levier central de santé publique.

Face à ces constats, l’agence détaille le renforcement de ses dispositifs : développement des structures de dépistage, actions mobiles via les associations, accès facilité aux tests, ainsi que dispositifs d’information et de prévention. La mise en place du CoReSS en 2025 est également présentée comme un outil de coordination des acteurs de la santé sexuelle.

L’ARS rappelle enfin l’importance d’un dépistage précoce pour limiter les transmissions et améliorer la prise en charge.

Petite enfance à Mayotte l’écoute et la bienveillance renforcées dans les PMI

Petite enfance à Mayotte l’écoute et la bienveillance renforcées dans les PMI

Des agents de la Protection maternelle et infantile (PMI) et des éducateurs de santé de Mayotte ont récemment suivi une formation de 21 heures consacrée à la posture d’accueillant en Lieu d’Accueil Enfants-Parents (LAEP). Cette initiative, portée par le Département-Région de Mayotte en partenariat avec l’État, la préfecture, l’Agence régionale de santé (ARS) et la Sécurité sociale, vise à améliorer l’accompagnement des familles et la qualité de l’accueil proposé au sein des structures de proximité.

Les professionnels exerçant dans les PMI de Bandrélé, Koungou, M’tsamboro et Kani-Kéli ont ainsi renforcé leurs compétences en matière d’écoute, d’accueil et de neutralité bienveillante. Conçue avec l’IFME de Nîmes, en lien avec l’Université de Nîmes, et animée par la formatrice Julie Pozza, cette session avait pour objectif de mieux répondre aux besoins des parents et des jeunes enfants.

Cette démarche s’inscrit dans la perspective du déploiement des futures structures dédiées aux « 1 000 premiers jours de l’enfant », appelées à regrouper

Usine de dessalement d’Ironi Bé : l’urgence de l’eau face au risque environnemental

Usine de dessalement d’Ironi Bé : l’urgence de l’eau face au risque environnemental

Le projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé, présenté par l’État comme l’une des réponses les plus concrètes aux coupures d’eau qui frappent l’île, est désormais au cœur d’un bras de fer entre Les Eaux de Mayotte (LEMA), qui défendent un chantier stratégique, et plusieurs associations environnementales, qui dénoncent un risque majeur pour le lagon, la mangrove et les zones humides.

Le 2 juin, la 3ᵉ chambre du tribunal administratif de Mayotte examinait le recours de Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et du GEPOMAY contre l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 autorisant les travaux de l’usine à Dembéni. Sea Shepherd France est également intervenue dans la procédure.

L’usine doit produire 10 000 m³ d’eau potable par jour grâce à l’osmose inverse. Mais cette production s’accompagnerait de rejets d’eaux sursalées dans le lagon, avec une concentration en sel portée à 65 g/l, contre environ 35 g/l à l’état naturel. Un écart qui nourrit les inquiétudes quant aux effets possibles de la saumure sur les coraux, les herbiers et la vie marine.

Pour les associations, le problème n’est pas le dessalement en lui-même, mais le site choisi. « On n’est pas contre une usine de dessalement, on est contre l’usine de dessalement à cet endroit précis », insiste Émilien Dautrey, directeur du GEPOMAY. Selon lui, d’autres implantations auraient dû être envisagées afin de limiter l’impact sur le lagon.

Au cœur de leur recours, les associations contestent la solidité du dossier environnemental. Elles estiment que les études réalisées ne permettent pas d’évaluer correctement les conséquences d’un tel projet. « Nous, on veut avoir des études concrètes, indépendantes, qui montrent qu’il n’y aura aucun impact sur le lagon à long terme, aucun impact sur la mangrove, sur la biodiversité et sur les humains », résume Émilien Dautrey.

Léna Lessard, juriste de Mayotte Nature Environnement, rappelle que les associations avaient déjà dénoncé la procédure d’urgence civile déclenchée en 2023, permettant d’alléger les études à mener par le porteur du projet : « Depuis le début, on leur a dit : “Pas ici”. Donc maintenant, il faut qu’ils prennent leurs responsabilités. »

Les associations demandent l’annulation de l’arrêté préfectoral, mais aussi la démolition des travaux déjà réalisés et la remise en état du site dans un délai de deux mois, sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Elles réclament également 3 000 euros chacune au titre des frais de procédure.

En face, Les Eaux de Mayotte défendent un projet qu’elles jugent vital. Yann Lando, avocat-conseil du syndicat, insiste sur les conséquences qu’aurait une suspension du chantier : « Ça va impacter la vie de tous les Mahorais, notamment au niveau des coupures d’eau. » Il rappelle que le maître d’ouvrage comptait sur une livraison du chantier en 2027 pour répondre à l’urgence hydrique.

Selon l’avocat, le fait que le rapporteur public envisage une régularisation plutôt qu’une annulation immédiate prouve que le projet n’est pas condamné. « Le projet est viable. Il y a des points à consolider », défend Yann Lando, qui met en garde contre les effets d’un arrêt prolongé du chantier. Selon lui, laisser les ouvrages sans intervention pourrait conduire à leur dégradation et obliger, plus tard, à revenir travailler dans la mangrove, « le lieu le plus sensible ».

Les Eaux de Mayotte mettent aussi en avant les moyens consacrés à l’environnement. Yann Lando évoque 15 à 20 millions d’euros dédiés aux mesures environnementales sur un projet estimé à 90 millions d’euros. Il assure qu’une passerelle a été érigée au-dessus de la mangrove « pour ne pas toucher aux palétuviers » et affirme qu’« aucun palétuvier n’est détruit dans le cadre de l’opération ».

La vice-présidente de LEMA défend, elle aussi, l’urgence sociale du chantier. Elle estime que les associations « défendent surtout les espèces marines », mais « oublient qu’il y a l’humain ». Selon elle, l’usine est « très importante » pour une population qui « crève de soif ». Elle rappelle également les enjeux financiers du chantier, avec 54 millions d’euros injectés et environ 50 millions déjà engagés, tandis que des entreprises attendent encore d’être payées.

« Dire qu’on ne pense pas aux hommes, c’est faux », rétorque Ariane Bergeon, de Mayotte Nature Environnement. « Les espèces s’inscrivent dans une chaîne alimentaire et, à la fin, c’est l’homme qui en dépend. Si on maltraite l’écosystème marin, il n’y aura plus de poissons ; s’il n’y a plus de poissons, on ne pourra plus se nourrir. »

Émilien Dautrey renchérit : « Mayotte sans lagon et sans son écosystème, c’est aller droit dans le mur. »

Les associations contestent également l’idée que l’usine suffira à sortir Mayotte de la crise. « 10 000 mètres cubes, ça ne réglera pas la crise de l’eau », affirme Ariane Bergeon. Selon elle, cette capacité ne suffira pas à couvrir la consommation actuelle de l’île.

Les opposants évoquent d’autres leviers, notamment la lutte contre les fuites du réseau, évaluées à 38 %. « On perd de l’eau dans ces fuites que l’on va compenser par l’usine », s’indigne Émilien Dautrey.

À ce stade, le rapporteur public n’a pas proposé d’annuler immédiatement l’autorisation. Il a ouvert la voie à un sursis à statuer de six mois afin de permettre au préfet de Mayotte de régulariser la situation.

Le tribunal devra désormais trancher. D’un côté, une usine présentée comme indispensable pour réduire les coupures d’eau. De l’autre, des associations qui redoutent un chantier mal localisé, insuffisamment étudié et potentiellement dangereux pour le lagon.

À Ironi Bé, l’urgence de produire de l’eau potable se heurte à une autre urgence : préserver les écosystèmes qui font vivre Mayotte.

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Flambée des prix du carburant : l’État débloque une aide exceptionnelle pour sauver les transporteurs

Flambée des prix du carburant : l’État débloque une aide exceptionnelle pour sauver les transporteurs

Les entreprises de transport routier, durement touchées par la hausse des prix des carburants provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, bénéficient désormais d’un soutien financier exceptionnel de l’État. Un dispositif d’urgence destiné à préserver l’activité d’un secteur stratégique pour l’économie française.

Face à l’envolée des prix des produits pétroliers observée depuis plusieurs mois, le Gouvernement a décidé de renforcer son soutien aux professionnels du transport. Cette mesure exceptionnelle, officialisée par le décret du 17 avril 2026, vise à accompagner les entreprises dont les coûts d’exploitation ont fortement augmenté sous l’effet de la crise énergétique internationale.

Le conflit qui secoue actuellement le Moyen-Orient continue d’alimenter les tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie. Les conséquences se font particulièrement ressentir dans le secteur du transport, où le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses. Pour de nombreuses entreprises, notamment les plus petites structures, cette hausse brutale menace directement leur équilibre financier et leur capacité à maintenir leur activité.

Un dispositif ciblé pour les professionnels du transport

L’aide mise en place par l’État s’adresse à plusieurs catégories d’acteurs du transport. Sont concernés les entreprises de transport public routier de marchandises, les entreprises de transport collectif de voyageurs ainsi que les sociétés de transport sanitaire, à l’exception des taxis.

Pour être éligibles, les entreprises doivent être établies en France et employer moins de 1 000 salariés. Elles doivent également exercer une activité principale relevant des secteurs spécifiquement identifiés par les pouvoirs publics comme étant particulièrement exposés aux conséquences de la hausse des prix de l’énergie.

Le montant de l’aide varie selon les caractéristiques de chaque entreprise. Il est calculé en fonction du nombre de véhicules exploités ainsi que de leur catégorie. Le dispositif prévoit toutefois un plafond fixé à 60 000 euros par entreprise afin de garantir une répartition équilibrée des fonds publics.

Des conditions d’accès encadrées

Comme pour tout soutien public, l’accès à cette aide est soumis à plusieurs conditions. Les entreprises candidates doivent notamment être à jour de leurs obligations fiscales et sociales. Celles qui rencontrent des difficultés peuvent néanmoins être admises au dispositif à condition de disposer d’un plan de règlement validé et en cours d’exécution.

Pour les demandes dépassant 5 000 euros, des critères financiers supplémentaires sont appliqués. Les entreprises devront démontrer que leur situation économique a été significativement affectée par l’augmentation des coûts énergétiques. Cette exigence vise à concentrer les aides sur les structures les plus fragilisées par la conjoncture actuelle.

Les professionnels concernés ont jusqu’au 15 juin 2026 pour déposer leur dossier auprès de l’Agence de services et de paiement (ASP), chargée de l’instruction et du versement des aides.

Préserver un secteur essentiel à l’économie

À travers ce dispositif, les autorités entendent éviter une dégradation plus importante de la situation économique du secteur du transport. Véritable colonne vertébrale de l’économie française, le transport routier assure quotidiennement l’approvisionnement des entreprises, des commerces, des établissements de santé et des collectivités.

Une hausse durable des coûts du carburant pourrait entraîner des difficultés de trésorerie, des réductions d’activité, voire des suppressions d’emplois dans certaines entreprises. Les conséquences se répercuteraient alors sur l’ensemble de la chaîne logistique et sur les prix supportés par les consommateurs.

Le Gouvernement affirme ainsi vouloir limiter les effets de la crise énergétique actuelle tout en préservant la compétitivité des entreprises françaises. Cette aide exceptionnelle s’inscrit dans une série de mesures destinées à soutenir les secteurs les plus exposés aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.

Alors que les incertitudes géopolitiques demeurent fortes et que l’évolution des prix du pétrole reste difficile à anticiper, les acteurs du transport espèrent que ce soutien financier leur permettra de traverser cette période délicate et de maintenir leurs activités dans des conditions économiquement viables.

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Port de Longoni : la justice confirme l’éviction de Mayotte Channel Gateway

Port de Longoni : la justice confirme l’éviction de Mayotte Channel Gateway

La bataille judiciaire autour de la gestion du port de Longoni connaît un nouveau rebondissement. Par un arrêt rendu le 2 juin 2026, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé la résiliation anticipée de la convention de délégation de service public qui liait le département de Mayotte à la société Mayotte Channel Gateway (MCG), gestionnaire du principal port de l’île.

Cette décision vient conforter le jugement prononcé précédemment par le tribunal administratif de Mayotte, qui avait déjà estimé que la poursuite du contrat n’était plus compatible avec l’intérêt général. La résiliation prendra effet à compter du 1er septembre 2026.

Dans son arrêt, la juridiction bordelaise considère que les manquements reprochés à Mayotte Channel Gateway sont à la fois « graves » et « persistants ». Selon les juges, ces dysfonctionnements sont d’une ampleur telle que le maintien de la société à la tête de l’infrastructure portuaire apparaît désormais « manifestement contraire à l’intérêt général ».

Cette formulation particulièrement ferme souligne la sévérité de l’appréciation portée par la cour administrative d’appel. Elle marque également un revers majeur pour l’exploitant du port, qui contestait la décision prise en première instance.

Le port de Longoni occupe pourtant une place stratégique dans l’économie mahoraise. Véritable porte d’entrée de l’île, il assure l’essentiel des échanges commerciaux et de l’approvisionnement du territoire. Chaque année, des milliers de conteneurs transitent par ses quais, transportant des produits alimentaires, des matériaux de construction, des équipements et de nombreuses marchandises indispensables à la vie quotidienne des habitants.

Des années de tensions

Cette décision judiciaire intervient après plusieurs années de tensions entre le délégataire et les autorités publiques. Depuis longtemps, la gestion du port fait l’objet de critiques récurrentes concernant son fonctionnement, ses performances et sa capacité à répondre aux besoins croissants du territoire.

Les difficultés rencontrées sur le site ont régulièrement alimenté les débats économiques et politiques à Mayotte. Retards logistiques, congestion des infrastructures, insuffisance des investissements ou encore difficultés d’exploitation figuraient parmi les préoccupations exprimées par différents acteurs institutionnels et économiques.

C’est dans ce contexte que le département de Mayotte avait engagé une procédure visant à mettre un terme de manière anticipée à la délégation de service public confiée à Mayotte Channel Gateway.

L’intérêt général au cœur du jugement

L’arrêt rendu par la cour administrative d’appel met particulièrement en avant la notion d’intérêt général. Pour les magistrats, les manquements constatés ne permettent plus de garantir une gestion satisfaisante d’un équipement aussi essentiel pour le développement économique et social de Mayotte.

La décision confirme ainsi que la continuité du service public portuaire et les impératifs liés à l’approvisionnement du territoire doivent primer sur les intérêts contractuels du délégataire lorsque les conditions d’exécution du contrat ne sont plus réunies.

Cette analyse rejoint celle du tribunal administratif de Mayotte, qui avait déjà considéré que les dysfonctionnements relevés justifiaient une rupture anticipée du contrat avant son échéance normale.

La confirmation de cette résiliation ouvre désormais une période de transition importante pour l’avenir du port de Longoni. Les autorités devront organiser la reprise de la gestion de l’infrastructure à compter du 1er septembre 2026 afin de garantir la continuité des activités portuaires.

L’enjeu est de taille. Toute interruption ou perturbation du fonctionnement du port pourrait avoir des conséquences immédiates sur l’approvisionnement de l’île et sur l’activité économique locale.

Les prochains mois seront donc déterminants pour préparer l’après-MCG et définir le futur mode de gestion du principal équipement portuaire mahorais. Plusieurs scénarios pourraient être envisagés, allant d’une gestion publique transitoire à la recherche d’un nouveau délégataire dans le cadre d’une procédure de mise en concurrence.

Au-delà de ses conséquences immédiates, cette affaire illustre les difficultés auxquelles Mayotte est confrontée dans la gestion de ses infrastructures stratégiques. Dans un territoire marqué par une forte croissance démographique et des besoins croissants en équipements publics, la question de la performance des services essentiels demeure au cœur des préoccupations.

Avec la confirmation de la résiliation de la délégation de service public de Longoni, la justice administrative vient de tourner une page importante de l’histoire récente du port. Reste désormais à écrire la suivante, avec pour défi principal de garantir un fonctionnement efficace et durable de cette infrastructure indispensable au développement de Mayotte.

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Centre pénitencier de Majicavo : malgré un futur établissement annoncé, la surpopulation carcérale reste hors de contrôle

Centre pénitencier de Majicavo : malgré un futur établissement annoncé, la surpopulation carcérale reste hors de contrôle

La promesse d’une nouvelle prison ne suffit plus à masquer l’ampleur de la crise carcérale. Les derniers chiffres du ministère de la Justice confirment que la maison d’arrêt de Majicavo demeure l’un des établissements pénitentiaires les plus saturés de France, avec 664 détenus pour seulement 278 places au 1er mai 2026.

Après une légère accalmie en début d’année, la population carcérale est repartie à la hausse. Le nombre de personnes incarcérées est passé de 625 en février à 668 début avril, avant de reculer marginalement à 664 début mai.

Une évolution qui témoigne de la persistance d’une pression constante sur un établissement déjà largement au-delà de ses capacités.

Cette situation intervient alors même que l’opération de sécurité Kingia, menée durant les dernières semaines d’avril, n’a pas provoqué d’augmentation notable des effectifs carcéraux. Au contraire, le nombre de détenus a légèrement diminué durant cette période, soulignant le caractère structurel de la surpopulation plutôt qu’un effet ponctuel lié aux opérations de maintien de l’ordre.

La situation est particulièrement critique dans les quartiers de centre de détention. Conçus pour accueillir 114 personnes condamnées à de longues peines, ils hébergeaient 351 détenus en avril, soit un taux d’occupation record de 307 %.

Les cellules surchargées et les matelas installés au sol illustrent une réalité dénoncée depuis des années par les organisations syndicales et les personnels pénitentiaires.

Face à cette saturation chronique, les pouvoirs publics misent sur la création d’un second établissement pénitentiaire. Initialement annoncée en 2022 comme une prison de 400 places, l’infrastructure a finalement été revue à la baisse. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, évoque désormais un établissement modulaire de 250 à 300 places, dont l’emplacement reste à déterminer.

Mais même dans l’hypothèse la plus favorable, cette nouvelle prison ne permettrait pas de résorber totalement le problème. Les projections montrent que le taux d’occupation de Majicavo resterait compris entre 130 % et 148 %, soit un niveau proche de la moyenne nationale de surpopulation carcérale, qui atteint déjà 140 %. Une situation qui placerait encore Mayotte parmi les territoires les plus touchés d’Europe.

Quatre ans après les premières annonces gouvernementales, la question foncière continue de ralentir le projet. En attendant sa concrétisation, la prison de Majicavo poursuit son fonctionnement sous tension, symbole d’une crise carcérale devenue durable dans le 101e département français.

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À Chirongui, l’Adie met à l’honneur les agriculteurs et l’entrepreneuriat féminin

À Chirongui, l’Adie met à l’honneur les agriculteurs et l’entrepreneuriat féminin
À Chirongui, le 2 juin, l’Adie a présenté ses dispositifs dédiés au secteur agricole. « Nous mettons en valeur les agriculteurs et leur savoir-faire », souligne son directeur adjoint.

Dans le cadre de sa campagne nationale dédiée à l’entrepreneuriat féminin, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a fait étape, ce mardi 2 juin, à Chirongui. L’occasion pour l’association de mettre en lumière un secteur souvent peu visible : l’agriculture, tout en rappelant son engagement en faveur des femmes entrepreneures à Mayotte.

Du 1er au 5 juin, l’Adie organise, sur l’ensemble du territoire mahorais, plusieurs actions destinées à promouvoir l’entrepreneuriat féminin. Réunions d’information, rencontres avec des porteurs de projets, accompagnement individuel et événements de proximité rythment cette semaine de sensibilisation.

À Chirongui, le choix s’est porté sur le monde agricole. Une orientation qui n’est pas le fruit du hasard, comme l’explique Dayrani Madi Oili, directeur adjoint de l’Adie Mayotte.

« Aujourd’hui, nous avons choisi de mettre en valeur une activité souvent reléguée au second plan : l’agriculture. Nous voulons mettre en avant les agricultrices et les agriculteurs, leur savoir-faire ainsi que leurs productions », souligne-t-il.

Pour l’Adie, cette initiative vise à mieux faire connaître les opportunités offertes aux professionnels du secteur, mais aussi à valoriser leur contribution à l’économie locale.

Donner sa chance à chacun

Depuis plusieurs années, l’association intervient auprès des personnes exclues du financement bancaire classique. Son ambition est de permettre à tous les porteurs de projet de concrétiser leur activité, indépendamment de leur parcours.

« Nous sommes une association pour le droit à l’initiative économique qui milite pour que chaque personne, quelle que soit sa situation ou son niveau de diplôme, puisse créer et développer son activité grâce à un microcrédit accompagné. Nous accompagnons et nous finançons. C’est l’objectif de l’Adie à Mayotte », rappelle Dayrani Madi Oili.

L’accompagnement proposé va au-delà du simple financement. Les conseillers de l’association suivent les entrepreneurs dans la structuration de leur projet et le développement de leur activité.

« Nous finançons les personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire, celles que les banques ne peuvent pas accompagner en raison d’un manque de revenus ou d’apport personnel. Nous les aidons à développer leur activité afin de sortir de la précarité », explique le directeur adjoint.

Les femmes majoritaires parmi les bénéficiaires

Si cette campagne met particulièrement l’accent sur l’entrepreneuriat féminin, c’est parce que les femmes continuent de rencontrer davantage de difficultés pour accéder aux financements et développer leur activité.

À Mayotte, toutefois, la tendance est encourageante. Les femmes représentent la majorité des porteurs de projets accompagnés par l’Adie.

« L’année dernière, nous avons accompagné près de 1 000 projets ayant bénéficié d’un microcrédit. Parmi eux, environ 65 % étaient portés par des femmes. Elles représentent aujourd’hui la majorité des projets financés », indique Dayrani Madi Oili.

Un constat qui fait de Mayotte une exception à l’échelle nationale, où les femmes restent encore sous-représentées parmi les créateurs d’entreprise.

Des aides pour développer son activité

Pour soutenir les entrepreneurs, l’Adie propose plusieurs solutions de financement.

« Nous pouvons financer jusqu’à 15 000 euros dans le cadre du microcrédit et jusqu’à 30 000 euros grâce à d’autres dispositifs », précise le responsable.

Le secteur agricole bénéficie également d’un accompagnement spécifique.

« Les agriculteurs peuvent aussi bénéficier d’une prime de 2 500 euros non remboursable », ajoute-t-il.

À travers cette semaine de mobilisation, l’Adie souhaite non seulement encourager les femmes à entreprendre, mais également rappeler que des solutions existent pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent créer leur activité, y compris dans des secteurs parfois moins visibles comme l’agriculture.

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Ateliers de régularisation financière : la CCI Mayotte s’allie à la Direction Générale des Finances Publiques

Ateliers de régularisation financière : la CCI Mayotte s’allie à la Direction Générale des Finances Publiques

Ce mercredi 3 juin, la cellule RéAC, dispositif post-Chido de la Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte, lance ses ateliers du mois de juin en partenariat avec la DGFIP. Ces ateliers, dédiés à la régularisation fiscale et financière des entreprises, se tiendront chaque mercredi du mois à la Maison de l’Entreprise de Mamoudzou.

Ils visent à mieux faire comprendre les obligations fiscales, à faire le point sur les situations financières, à progresser concrètement dans les démarches de mise en conformité et à apporter des réponses précises à de nombreuses questions.

Si le territoire traverse des crises économiques, la CCI continue d’apporter son aide aux entreprises avec de nombreux partenaires tels que l’Ordre des experts-comptables de Mayotte, la Caisse de sécurité sociale ou la Direction générale des finances publiques. Pour rappel, le dispositif « Cellule RéAC » est né en octobre 2025 à la suite du constat établi après le cyclone Chido. À la suite de cet événement, les services de l’État, le Département, la Préfecture et la CCI ont créé une cellule d’urgence dans laquelle les entreprises sinistrées ont été recensées.

Notons également l’impact de la Covid et de la crise hydrique auparavant. Selon la CCI, une analyse avait démontré que des dispositifs d’aide existent, mais qu’il était difficile pour les entreprises d’y accéder en raison de manquements sur le plans fiscal et social. Ce dispositif sera financé par l’État pendant trois ans, et la CCI a effectué un envoi de mails à toutes les entreprises inscrites auprès de la Chambre de commerce. Les entreprises sont invitées à s’inscrire en ligne.

Si le mois de mai était dédié à la régularisation sociale avec la CCSM, place maintenant à la régularisation fiscale et financière avec la DGFIP. Frida Saïd, responsable de la cellule RéAC de la CCI, explique le déroulé des ateliers du mois de juin : « Pour des raisons de discrétion, la DGFIP a choisi un mode d’entretiens individuels d’une durée de trente minutes. Ils opteront probablement pour des démarches d’accès au compte de la personne et proposeront des solutions adaptées et personnalisées. Chaque partenaire choisit son mode d’atelier : la CSSM avait opté pour un format collectif, mais s’adapte également à chaque situation. »

Pour ce mercredi 3 juin, environ 14 entreprises sont inscrites. Elle poursuit sur les résultats de ces ateliers : « Nous avons de bons retours des entreprises. Elles sont de plus en plus nombreuses à venir, à se renseigner, et beaucoup souhaitent intégrer les ateliers. Toute entreprise en difficulté ou qui en ressent le besoin peut venir, car la crise impacte tout le monde. » Pour la CCI, ces temps d’échange ont été pensés pour accompagner de manière « simple, concrète et accessible ».

« Se régulariser aujourd’hui, c’est sécuriser son activité, renforcer sa gestion et préparer plus sereinement son développement de demain », insiste l’institution.

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« Main dans la main » : une grande mobilisation citoyenne pour nettoyer le Sud de Mayotte

« Main dans la main » : une grande mobilisation citoyenne pour nettoyer le Sud de Mayotte

Le Sud de Mayotte se mobilise pour l’environnement. L’association 976 Influence lance ce samedi 6 juin 2026 la première édition de l’opération « Main dans la main pour un Sud de Mayotte plus propre ! », une initiative citoyenne menée en partenariat avec la Commune de Bouéni, le SIDEVAM 976 et la CRESS Mayotte.

À partir de 7h00, les habitants sont invités à participer à des actions de nettoyage dans plusieurs villages de la commune de Bouéni. L’objectif est double : contribuer à l’amélioration du cadre de vie en débarrassant les plages et les espaces publics des déchets, tout en sensibilisant la population, notamment les plus jeunes, aux enjeux de la protection de l’environnement et de la citoyenneté.

Au-delà de l’aspect écologique, cette opération entend également lutter contre le désœuvrement des jeunes en les impliquant dans une démarche collective et constructive au service de leur territoire. Les organisateurs souhaitent ainsi encourager l’engagement citoyen et renforcer les liens entre les habitants autour d’une cause commune.

Cette première édition marque le début d’un rendez-vous appelé à s’inscrire dans la durée. L’action devrait être reconduite chaque premier samedi du mois avant d’être progressivement étendue aux communes voisines de Kani-Kéli et Chirongui. À travers cette dynamique, les partenaires espèrent créer un véritable mouvement de mobilisation en faveur d’un environnement plus propre et d’un territoire plus solidaire.

Les organisateurs invitent l’ensemble de la population à rejoindre cette initiative et à participer activement à la préservation du patrimoine naturel du Sud de Mayotte.

Le casting Miss Salouva 2026 organisé ce samedi à Petite-Terre

Le casting Miss Salouva 2026 organisé ce samedi à Petite-Terre

Les futures ambassadrices de la culture mahoraise ont rendez-vous ce samedi 6 juin à l’Office de Tourisme de Petite-Terre. De 10h00 à 13h00, le comité Miss Salouva y organise le casting de l’édition 2026 de son concours emblématique, qui met à l’honneur l’élégance, la tradition et l’identité culturelle de Mayotte.
À travers cet événement, les organisateurs souhaitent offrir aux candidates « une expérience unique placée sous le signe de la culture, de la tradition et du rayonnement de l’île ». L’occasion pour les jeunes femmes intéressées de découvrir l’univers de Miss Salouva, de rencontrer les membres du comité et de tenter leur chance pour intégrer l’aventure 2026.
Accueilli dans les locaux de l’Office de Tourisme de Petite-Terre, ce casting s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine culturel mahorais et de promotion des traditions locales auprès du grand public. Les personnes souhaitant obtenir davantage d’informations sur les conditions de participation ou sur le déroulement du concours sont invitées à consulter les réseaux sociaux du comité Miss Salouva.

Appel à candidatures pour le Salon de l’Écotourisme de Petite-Terre

Appel à candidatures pour le Salon de l’Écotourisme de Petite-Terre

L’Office de Tourisme de Petite-Terre lance un appel à candidatures pour le Salon de l’Écotourisme qui se tiendra les 18 et 19 juillet 2026 à l’aéroport de Pamandzi. Les artisans, commerçants, associations, producteurs locaux ou autres acteurs engagés dans le tourisme local sont invités à venir présenter leur activité et leur savoir-faire dans une ambiance chaleureuse au service de la valorisation du territoire. Pour candidater, envoyez une présentation de votre activité ainsi que vos coordonnées à l’adresse suivante : contact@tourisme-petiteterre.fr / info@tourisme-petiteterre.fr ou aux numéros 06 39 40 64 45 / 06 39 40 08 80. La date limite des candidatures est fixée au 25 juin 2026.

Assemblée de Mayotte : la guerre ouverte entre Ben Issa Ousséni et Omar Ali

Assemblée de Mayotte : la guerre ouverte entre Ben Issa Ousséni et Omar Ali

Ben Issa Ousséni se serait débarrassé d’Omar Ali, l’un de ses vice-présidents devenu, à ses yeux, trop indocile. Il l’aurait déchu de toutes ses délégations de mission et de signature et aurait placé sous son unique autorité l’ensemble des services jadis placés sous la responsabilité du conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir. Au centre de ces effluves de roussi qui se dégagent de l’Assemblée de Mayotte figure le port de Longoni, que BIO tente d’arracher, vaille que vaille, à la puissante et fortunée femme d’affaires mahoraise Ida Nel, dirigeante de la société Mayotte Channel Gateway.

L’Assemblée de Mayotte est à nouveau soumise à la houle de querelles de clocher qui n’honorent guère notre île. Des oppositions de personnes éclatent au grand jour depuis la fin de la semaine dernière, mettant aux prises le président Ben Issa Ousséni et l’un de ses vice-présidents, Omar Ali, chargé de l’administration générale et des transports.

Une opposition qui a fini par s’inviter sur la place publique vendredi matin, par l’intermédiaire de la chaîne publique « Mayotte La 1ère », dont le conseiller départemental de Dzaoudzi-Labattoir était l’invité de l’émission matinale Za Kwéli. Omar Ali a profité de cette tribune pour faire part publiquement de son opposition au sort que son président réserve au port de Longoni.

Un outil stratégique qui n’en finit plus de faire couler de l’encre depuis plusieurs mois, en raison de la volonté affichée par le Département de mettre un terme à la délégation de service public confiée à la société Mayotte Channel Gateway (MCG), dirigée par Ida Nel. Tous les stratagèmes auraient été mis à profit pour retirer la concession portuaire à cette dernière, jusqu’à envisager une reprise prochaine de cet instrument ô combien capital pour l’Assemblée de Mayotte en matière de recettes financières.

Entre urgence et obsession d’évincer Ida Nel du port de Longoni

Une affaire qui tourne à l’obsession, au point qu’une juridiction administrative a été amenée à statuer sur le sujet à la suite d’une saisine déposée par un collectif de professionnels privés usagers du port de Longoni. Une saisine reposant essentiellement sur la grille tarifaire appliquée par la société Mayotte Channel Gateway.

Le verdict rendu a consacré la perte, par Ida Nel, de la DSP du port, annulée avant son terme officiel. N’étant pas du genre à se laisser intimider, l’intéressée a choisi de faire appel de cette décision devant une juridiction supérieure qui ne semble pas pressée de statuer définitivement sur ce conflit aux enjeux financiers considérables.

Très impatient d’en finir, le Département de Mayotte multiplie les scénarios de reprise en main du port, sans savoir concrètement quelle orientation adopter au final. Les projets de reprise après l’éviction d’Ida Nel sont nombreux et se succèdent régulièrement, alimentant toutes sortes de spéculations dans la presse locale.

Aux dernières nouvelles, l’idée de mettre sur pied un établissement public industriel et commercial (EPIC) chargé de gérer le port avant une hypothétique transformation en grand port d’État a été avancée. Les avis sur cette perspective sont nombreux et évoluent d’un mois à l’autre.

Au point que, lors de sa dernière prise de parole sur le sujet, le président de l’Assemblée de Mayotte s’est vu reprocher d’aller un peu vite en besogne en tentant de vendre la peau de l’ours avant même de l’avoir abattu.

BIO fait toujours très peu cas de l’avis des Mahorais sur les sujets d’intérêt général

Mais il est de notoriété publique que le chef de l’exécutif territorial supporte difficilement la contradiction. Son vice-président, qui a eu le malheur d’exprimer publiquement un avis divergent, vient de l’apprendre à ses dépens.

Ce dernier a confié à la rédaction de Flash Info avoir été informé par des sources internes au Département-Région qu’il allait être prochainement déchu de toutes les délégations de pouvoir dont il avait été investi et qu’il exerçait jusqu’à présent.

Ben Issa Ousséni aurait décidé, par simple fait du prince, de dépouiller purement et simplement son vice-président de l’ensemble de ses responsabilités. Une décision qui ne semblerait pas relever de la simple menace puisqu’il aurait convoqué, hier lundi 1er juin 2026, le directeur général adjoint chargé de la Résilience et des Transports afin de l’en informer et de lui interdire toute forme de collaboration professionnelle avec le conseiller départemental Omar Ali.

Pour les initiés du dossier, cette décision aurait eu l’effet d’un coup de massue, tant elle apparaît lourde de conséquences immédiates. Mais Ben Issa Ousséni, qui semble accorder peu d’importance aux conséquences négatives de certaines décisions sur la population mahoraise à court, moyen et long terme, n’aurait pas tenu compte des négociations actuellement conduites par Omar Ali dans plusieurs domaines stratégiques, notamment le STM et sa flotte de barges, les projets de mobilité interurbaine ou encore le plan pluriannuel de l’énergie impliquant notamment Albioma et EDM.

À un an seulement des prochaines élections régionales, le divorce semble définitivement consommé entre deux futurs prétendants à la présidence de la Région

Des sources bien informées au sein de l’Assemblée de Mayotte ont confié à la rédaction de Flash Info que cette décision soudaine et inattendue de BIO aurait été dictée par une prise de conscience de ce dernier : certaines déclarations faites par le conseiller départemental Omar Ali sur Mayotte La 1ère vendredi matin équivaudraient, aux yeux du président Ben Issa Ousséni, à une dénonciation auprès du parquet de Mayotte fondée sur les dispositions de l’article 40.

Autrement dit, à la dénonciation de faits potentiellement répréhensibles auprès de l’autorité judiciaire par une personne qui en aurait eu connaissance.

Pour résumer, BIO aurait très mal vécu le fait que son vice-président ait dénoncé la signature d’une « vraie-fausse délibération » destinée à lui permettre de s’auto-investir président du Conseil portuaire de Mayotte.

Par cet acte, il aurait relégué les autres représentants élus de l’assemblée départementale au rang de simples vice-présidents, aux côtés des représentants d’autres institutions locales, des usagers du port et du délégataire.

Le casus belli entre les deux hommes se serait largement nourri de cet épisode jusqu’à atteindre un point de non-retour hier, lundi 1er juin 2026.

Ce différend ne serait toutefois pas le seul sujet de discorde entre les deux responsables politiques. Le désormais « banni » de la majorité départementale s’est également autorisé à dénoncer publiquement d’autres dossiers d’importance sur lesquels il estime que Ben Issa Ousséni a fait fi des intérêts supérieurs de la population mahoraise.

Le moins que l’on puisse constater en ce début de semaine est que le torchon brûle fortement au sein de la majorité de l’Assemblée de Mayotte.

Faut-il y voir un avant-goût des campagnes électorales à venir, entre l’élection présidentielle de 2027 et le scrutin régional de 2028 ?

Il est toutefois intéressant de constater que ces joutes précoces entre les deux personnalités politiques territoriales sonnent probablement le glas d’un troisième tour des élections municipales de mars 2026, remporté haut la main par la famille politique de Ben Issa Ousséni face à celle d’Omar Ali, dans un contexte marqué par des trahisons et des ralliements de dernière minute.

Une pilule manifestement encore difficile à avaler pour le camp des vaincus.

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Éducation nationale : ils réclament un statut professionnel clair

Éducation nationale : ils réclament un statut professionnel clair

Plusieurs jours déjà qu’ils manifestent à Mamoudzou pour tenter de se faire entendre par l’administration de l’Éducation nationale à Mayotte. Dans la rue depuis le milieu de la semaine dernière, les agents des Équipes mobiles de sécurité (EMS) ont remis cela hier matin, lundi 1er juin 2026. Ils sont déterminés à se faire entendre par leur employeur.

Tout de rouge vêtus, des dizaines d’agents de l’Éducation nationale ont battu le pavé hier matin dans les rues de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. Dans une ambiance plutôt bon enfant, ils ont investi le centre-ville en milieu de matinée, en provenance du quartier du Centre hospitalier de Mayotte (CHM).

Ils ont surpris les passants rencontrés sur leur chemin entre l’hôtel consulaire, la BFCOI et le rond-point Zéna M’Déré, dont ils ont fait le tour sous une fine pluie passagère, avant de se diriger vers la mairie puis la rue du Commerce.

Les couleurs de leurs syndicats respectifs fièrement déployées, ils continuent de réclamer, depuis le milieu de la semaine dernière, une amélioration de leurs conditions de travail, qu’ils jugent dangereuses, ainsi que d’autres droits qu’ils estiment légitimes. À travers leurs manifestations, ils entendent également sensibiliser l’opinion publique à leur situation.

Ces manifestants appartiennent aux Équipes mobiles de sécurité (EMS), un service de l’Éducation nationale dont le statut demeure, selon eux, particulièrement flou. Aux personnes qu’ils croisent sur leur route, ils expliquent que leur situation n’est guère enviable, car ils sont quotidiennement confrontés à des situations de violence et d’extrême insécurité aux abords des collèges et des lycées, où ils assurent la protection des élèves.

Une pénibilité qu’ils estiment insuffisamment rémunérée au regard des risques auxquels ils sont exposés. « Nous réclamons avant tout le bénéfice d’une prime de risque et la reconnaissance officielle de notre statut par l’Éducation nationale à Mayotte », explique l’un des grévistes au micro de Flash Info.

Selon lui, les agents ont le sentiment que leur employeur ne reconnaît pas pleinement le rôle essentiel qu’ils jouent dans la sécurisation des élèves à l’extérieur des établissements scolaires, alors que ceux-ci sont confrontés à une montée régulière des actes de délinquance.

« Pour que la population mahoraise comprenne bien le bien-fondé de notre mouvement de grève, elle doit savoir que notre employeur nous maintient sciemment dans un flou artistique concernant nos droits. Nous sommes censés être des AED dès lors que nous ne demandons pas certains avantages. Mais lorsque nous revendiquons ces droits, on nous répond que cela n’est pas possible parce que nous sommes des EMS », déplore-t-il.

Les grévistes se disent déterminés à poursuivre leur mouvement tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction sur l’ensemble de leurs revendications. Ils attendaient l’ouverture de négociations avec leurs autorités de tutelle en début d’après-midi.

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Croisière : le Seven Seas Navigator referme une saison encourageante à Mayotte

Croisière : le Seven Seas Navigator referme une saison encourageante à Mayotte

Le Seven Seas Navigator a fait escale à Mayotte lundi 1er juin, clôturant la saison de croisière 2025-2026. Ce navire de luxe, qui avait déjà ouvert la saison en décembre, a embarqué Mayotte dans une dernière journée tournée vers l’accueil touristique, les excursions et la promotion du territoire.

La saison des croisières s’est achevée lundi 1er juin à Mayotte avec une dernière escale. Le Seven Seas Navigator, navire de la compagnie américaine Regent Seven Seas Cruises, était de retour dans le lagon mahorais pour refermer un cycle qu’il avait lui-même ouvert le 2 décembre dernier.

Positionné au mouillage dès le matin, le paquebot a permis le débarquement de ses premiers passagers vers 7h30 au ponton d’urgence de Mamoudzou. Au total, 371 croisiéristes étaient attendus à bord pour cette dernière escale de la saison. Une clientèle internationale, principalement venue des États-Unis, d’Australie, du Royaume-Uni et du Canada.

Sur le parvis de l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM), les équipes de l’agence et les partenaires du Club Croisière étaient mobilisés pour accompagner les visiteurs. Des étudiants en BTS Tourisme du LPO des métiers du goût et des saveurs de Kawéni ont renforcé le dispositif d’accueil. L’agence Baobab Tour encadrait les excursions, la coopérative Taxi Vanille assurait une partie du transport, tandis que des artisans locaux présentaient leurs créations aux passagers et membres d’équipage.

Comme lors des précédentes escales, une partie des passagers a rejoint les excursions organisées. Les circuits proposés mettaient en avant les atouts naturels et culturels de Mayotte : les plages du Sud, notamment Sakouli, Musicale Plage ou Ngouja, le Pôle d’Excellence Rurale de Coconi, le lagon, les îlots, Mamoudzou ou encore Petite-Terre.

« Côté lagon, on a le catamaran, on a aussi tout ce qui est sortie bateau, donc c’est souvent du PMT ou des visites des îlots. Côté terre, on est sur des visites comme le PER de Coconi ou le lac Karihani », détaille Nirina Tatiana Rasoaritsimba, responsable communication de l’AaDTM. Pour les croisiéristes dont les excursions s’achevaient plus tôt, des haltes plus courtes étaient possibles en centre-ville, au parc Mahabou ou auprès des commerces et restaurants de Mamoudzou.

Douze escales au lieu des onze prévues

Du côté de l’AaDTM, le bilan est jugé positif, même s’il reste encore provisoire. « On a accueilli au final douze croisières au lieu de onze comme prévu pour la saison », indique Nirina Tatiana Rasoaritsimba. En cause, un navire qui a dû changer de trajectoire en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Le pôle observatoire de l’AaDTM travaille actuellement sur les données de fréquentation et les retombées économiques. Mais les premiers signaux sont encourageants. Plusieurs compagnies auraient déjà manifesté leur volonté de revenir à Mayotte. Pour l’AaDTM, ces retours traduisent l’intérêt croissant des armateurs pour la destination, mais aussi la satisfaction des passagers après leur passage sur l’île.

Au-delà de l’activité générée le jour même, l’enjeu est aussi celui de l’attractivité. Les croisiéristes accueillis viennent souvent de loin et découvrent Mayotte pour la première fois. Beaucoup disposent de peu d’informations sur le territoire avant leur arrivée, parfois limitées aux événements récents comme le cyclone Chido.

« Ce sont des personnes qui viennent de très loin et qui n’ont pas d’a priori sur l’insécurité à Mayotte. Ça nous fait déjà une belle promotion », estime Nirina Tatiana Rasoaritsimba.

Pour les acteurs du tourisme, ces escales permettent donc de montrer une autre image de l’île. Le lagon, les plages, l’artisanat, les excursions et l’accueil local deviennent autant d’arguments susceptibles de nourrir le bouche-à-oreille auprès d’autres voyageurs, mais aussi entre compagnies de croisière.

L’impact est également économique. Les excursions, les transports, les achats auprès des artisans, les restaurants mais également les frais portuaires participent aux retombées locales.

La saison à peine terminée, l’AaDTM et le Club Croisière se projettent déjà vers la suivante. À ce stade, 11 escales sont annoncées pour la prochaine saison, dont cinq par une compagnie venue pour la première fois à Mayotte cette année. Un signal jugé encourageant par l’AaDTM, qui y voit la confirmation de l’intérêt croissant des armateurs pour la destination.

Avant la reprise, attendue à la fin du mois de novembre, le Club Croisière devrait se réunir à l’automne afin de dresser le bilan opérationnel et d’identifier les améliorations possibles. Parmi les sujets déjà évoqués figure celui des infrastructures d’accueil, notamment le ponton d’urgence de Mamoudzou.

Avec le départ du Seven Seas Navigator, Mayotte referme donc une saison marquée par une reprise dynamique et par des perspectives encourageantes pour la croisière. Reste désormais à transformer cet intérêt en rendez-vous durable pour la destination.

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