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Un baromètre pour mesurer l’impact des embouteillages à Mayotte

Un baromètre pour mesurer l’impact des embouteillages à Mayotte

Les habitants de Mayotte sont invités, à partir du 24 août, à répondre à un questionnaire sur les effets des embouteillages sur leur quotidien. Baptisé « Baromètre Mobilité Mayotte », le dispositif est lancé par Mohamed Hamissi, directeur des Mobilités à la Communauté de communes de Petite-Terre et spécialiste des transports urbains et régionaux de personnes.
L’enquête porte notamment sur les trajets domicile-travail et domicile-études, le temps de déplacement, la fatigue, le sommeil, la santé, le coût et la sécurité. Anonyme, elle nécessite environ deux minutes et est ouverte jusqu’au 2 octobre.
Cette initiative personnelle, présentée comme indépendante et apolitique, constitue la première édition des « Cahiers de Mohamed Hamissi ». Les résultats doivent fournir une première photographie de l’expérience des usagers face aux difficultés de circulation.

Derrière les écoles rénovées, une crise toujours bien présente

Derrière les écoles rénovées, une crise toujours bien présente
19 914 élèves sont attendus dans les écoles, collèges et lycées publics de Mayotte cette année scolaire.

L’école Magnélé A de Kawéni a retrouvé ses capacités d’accueil après plus d’un an et demi de travaux. Mais la rentrée est loin d’être homogène sur le territoire, où le retour à la normale dans certains établissements ne règle pas les difficultés de fond, entre surpopulation, manque de moyens et retards dans la reconstruction.

À l’ouverture de l’école élémentaire Magnélé A de Kawéni, ce lundi 24 août au matin, les parents scrutent attentivement les listes affichées sur les murs, à la recherche du nom de leurs enfants et de la classe où ils feront leur rentrée.

Devant les salles, les professeurs attendent quelques retardataires avant de débuter la journée, peu après 7 h 30, tandis que ceux déjà présents inscrivent la date du jour au tableau et dans leurs cahiers.

Un an et demi de travaux pour retrouver la capacité d’accueil initiale

Très endommagée par le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, l’école Magnélé A a fait l’objet de travaux de réparation pendant plus d’un an et demi pour lui permettre de retrouver sa capacité d’accueil initiale. Elle compte désormais accueillir chaque jour entre 850 et 900 élèves, une partie le matin, l’autre l’après-midi.

Au premier étage, dans les salles tout juste rénovées, le mobilier flambant neuf côtoie de nouveaux ventilateurs installés au plafond. De larges traces de plâtre rappellent que le chantier n’est pas tout à fait terminé. Les derniers travaux se poursuivront notamment les week-ends, sur l’éclairage et la ventilation, assure le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, venu visiter l’établissement, accompagné de la rectrice Valérie Debuchy et du préfet de Mayotte, Frédéric Poisot.

Les fournitures scolaires sont également présentes en nombre, disposées dans des cartons appartenant à chaque classe. Cette année, dans le cadre de la reconstruction et grâce à un fonds alloué par l’État, selon le directeur de l’établissement, Silahi Iboun, tous les élèves bénéficient de fournitures scolaires gratuites.

En plus de soulager les élèves de l’école et les familles, le retour à la pleine capacité de l’établissement permet de désengorger les écoles élémentaires voisines, Kawéni Village, T17 et Kakal, qui accueillaient jusqu’à présent une partie des élèves de Magnélé.

“Cela fait un an et demi qu’on était à 15 h de cours par élève par semaine contre 24 h désormais”, souligne Silahi Iboun.

La priorité des 24 h d’enseignement par semaine

Un objectif de 24 heures d’enseignement obligatoire, conformément au cadre fixé par l’Éducation nationale, dont se félicite Valérie Debuchy, qui prend l’école élémentaire Magnélé comme un “exemple emblématique” d’une école qui a su se reconstruire après Chido.

“La rentrée dernière, 91 % des élèves du territoire étaient scolarisés avec 24h de cours par semaine, désormais ce chiffre est de 96 %”, indique-t-elle, déplorant tout de même les 70 % des écoles en rotation.

Côté chiffres, l’académie a fait savoir jeudi dernier que 19 914 élèves sont attendus dans les écoles, collèges et lycées publics de Mayotte dès la rentrée, soit plus de 5 000 élèves par rapport à l’année précédente. Une augmentation que ne confirme pas Valérie Debuchy. “Dans le second degré, c’est plus de 700 élèves répartis entre les collèges et les lycées et, pour le premier degré, 1 800 élèves en maternelle, mais une baisse de 400 en élémentaire”, indique-t-elle.

La rectrice indique que le comptage des élèves inscrits en mairie et présents à l’école va se poursuivre ce mardi jusqu’à midi afin d’obtenir un chiffre plus précis. Les représentants des parents d’élèves ont été reçus la semaine dernière et un nouveau bilan doit être réalisé à la fin du mois de septembre.

Selon l’Observatoire de la non-scolarisation, près de 15 000 enfants étaient exclus du système éducatif formel à Mayotte à la rentrée 2025. Ce lundi, le préfet Frédéric Poisot a annoncé la mise en place d’un “travail important d’identification” afin d’établir précisément la situation de ces enfants et d’en réduire le nombre.

Les fonds pour la reconstruction des écoles “bloqués”

Autre sujet de taille qui s’est glissé jusque dans les discussions entre le maire de Mamoudzou et les écoliers : la situation financière difficile de la Ville. “Il faut prendre soin de ce mobilier tout neuf, les enfants”, lance l’élu. “On n’a pas beaucoup d’argent mais on a investi pour que vous soyez l’exemple à suivre, pour l’excellence éducative. Vous, qui allez bientôt au collège, vous êtes les grands et les grandes, il faut passer les messages aux petits frères et sœurs et aux parents pour réussir et préserver cette école, sa propreté”.

Un message d’éducation au civisme, repris également par le préfet de Mayotte, mais aussi et surtout un signe d’impuissance face à des fonds pour la reconstruction qui n’arrivent pas.

“Nous avons reçu 2 millions d’euros sur les 12 prévus pour la reconstruction des écoles après Chido”, rappelle le maire. “Mais le problème, c’est qu’en attendant, les entreprises qui réalisent les travaux doivent être payées. Nous attendons l’arrivée du Premier ministre ce mercredi pour voir comment nous pouvons décanter tout cela”.

À cela s’ajoutent des travaux retardés et des livraisons sans cesse repoussées en raison de “dégradations à répétition”, déplore Ambdilwahedou Soumaïla. Récemment, c’est l’école élémentaire Abdourahamane Soilihi, de Cavani Sud, qui a été vandalisée tout juste après sa rénovation.

Dans la foulée de son intervention auprès des élèves à Kawéni, le maire a reçu un appel lui indiquant que l’école de Vahibé 2 avait été fermée par les parents d’élèves. Les nouvelles salles de classe modulaires sont toujours attendues par les familles, mais leur installation est interrompue par les dégradations depuis plusieurs mois, avance la Ville.

Plusieurs établissements bloqués, une grève annoncée

Une situation tendue qui s’est également répétée à l’école primaire Moida Issa, à Mzouazia, dans la commune de Bouéni où l’établissement est resté fermé à l’initiative des parents d’élèves, qui alertent sur la surpopulation. De même à Majicavo-Lamir, où les parents protestent contre la lenteur des travaux engagés après le passage du cyclone Chido.

Du côté des syndicats, la CGT Éduc’Action Mayotte a lancé un appel à la grève et aux manifestations pour les 26 et 27 août prochains, jours de la visite du Premier ministre. Elle dénonce des conditions de travail et d’accueil dégradées, dans des établissements surchargés et insuffisamment dotés en moyens et infrastructures, ainsi que la précarité des personnels (AED, AESH, contractuels), les faibles rémunérations et les droits à la retraite, auxquels s’ajoutent la vie chère et la dégradation des services publics à Mayotte.

“La situation dans notre académie a atteint un point de rupture. Les personnels, les élèves et l’ensemble de la population mahoraise n’attendent plus des discours, mais des réponses concrètes et immédiates à des problématiques qui s’enracinent (…). Il est temps d’imposer un véritable plan d’urgence pour l’Éducation à Mayotte !”.

Questionné sur la nécessité de mettre en place un “Plan Marshall” pour répondre à ces difficultés, le préfet a indiqué : “Je me méfie des dispositions un peu plaquées comme ça où on trouve des solutions qui sont parfois des fausses bonnes idées. En revanche, travailler, se rassembler pour qu’on puisse essayer de sortir de cette situation, ça a été l’objectif de la stratégie quinquennale qui a été posée jusqu’en 2031 au niveau national. On doit la décliner au niveau local avec tous les acteurs, et il n’y a pas seulement les acteurs de l’école, c’est tout un ensemble.”

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À Vahibé, la rentrée n’a pas eu lieu : les parents maintiennent le blocage

À Vahibé, la rentrée n’a pas eu lieu : les parents maintiennent le blocage

Alors que près de 120.000 élèves retrouvaient le chemin de l’école ce lundi 24 août à Mayotte, ceux de Vahibé 2 sont restés à la porte. Des représentantes de parents d’élèves ont bloqué l’établissement pour dénoncer le retard des travaux, le manque de mobilier et surtout les conditions d’apprentissage imposées par les rotations. Dans cette école surchargée, les enfants ne bénéficient actuellement que de quatre heures de cours par jour. La mairie de Mamoudzou assure de son côté que les travaux suivent le calendrier annoncé et estime que l’établissement était en mesure d’ouvrir pour sa rentrée.

« Papa, c’est quand qu’on va revenir à l’école ? » Il est un peu moins de 14 heures lorsqu’un père arrive devant l’établissement avec ses trois enfants. Les sacs sont remplis de fournitures scolaires. La famille devait rejoindre la troisième rotation de la journée. Mais devant l’école, le père comprend rapidement que la rentrée n’aura pas lieu. Il repart, déçu, avec ses enfants.

Depuis le matin, plusieurs parents d’élèves occupent les lieux. Leur colère est alimentée par le spectacle qui se déroule dans la cour : des camions entrent et sortent, tandis que des ouvriers assemblent les structures de nouvelles salles modulaires. Quatre éléments sont arrivés dans la matinée, alors que leur livraison était initialement annoncée autour du 17 août. « C’est du foutage de gueule », lâche la présidente adjointe de l’association des parents d’élèves désabusée. Le chantier, expliquent les familles, était quasiment à l’arrêt depuis plusieurs semaines.

Trois rotations par jour

Derrière la question des modulaires se trouve un problème plus ancien : celui de la surcharge de l’établissement. Selon l’association des parents d’élèves, plus de 1.700 élèves issus de quatre écoles se partagent actuellement 17 salles, selon un système de trois rotations quotidiennes. Les créneaux s’étalent de 7 heures à 11h45, de 9h20 à 14h05 et de 12h55 à 17h40. Dans les faits, les familles estiment que leurs enfants ne bénéficient que de quatre heures d’enseignement quotidien. Une situation qui nourrit l’inquiétude de la trésorière de l’association. « Nos enfants vont aller au collège sans savoir lire », redoute-t-elle.

Les parents réclament depuis plusieurs mois l’installation de suffisamment de salles modulaires pour permettre de revenir à deux rotations, une le matin et une l’après-midi, et ainsi offrir environ cinq heures de cours par jour aux enfants. Lors d’une réunion organisée le matin même avec les directions des écoles, l’association des parents d’élèves et le rectorat, un système permettant d’ajouter du temps d’enseignement aurait été proposé, notamment en remplaçant les récréations à l’extérieur par de la méditation en classe. Une solution rejetée par l’association. « Nous, on n’est pas favorables à cela », explique sa présidente adjointe.

« On est obligées de bloquer si on veut que ça avance »

Les parents dénoncent également le retard de livraison du mobilier scolaire. Une commande aurait été réclamée dès 2025, après le cyclone Chido, afin de remplacer du matériel devenu vétuste et d’équiper les nouvelles salles modulaires. Sous le préau, quelques tables et chaises abîmées sont entassées, pas encore installées. Dans l’après-midi, un enseignant apporte lui-même du mobilier récupéré par une association du village.

Pour les mères mobilisées, voir les ouvriers souder et monter les structures le jour même de la rentrée confirme que l’école n’était pas prête. Mais elles y voient aussi la démonstration de l’utilité de leur action : la fermeture a permis au chantier d’avancer, là où la présence des élèves aurait limité les interventions aux fins de journée et aux week-ends. « Comment envisager un accueil dans ces conditions ? On est obligées de bloquer si on veut que ça avance », résume l’une d’elles.

Badrou Rajab, chargé à la Ville de la construction et de la rénovation des bâtiments publics, rappelle qu’une échéance allant jusqu’à la mi-septembre avait été annoncée pour les travaux. À ses yeux, leur poursuite n’empêchait pas l’ouverture de l’école. Les zones concernées devaient être balisées pour permettre la circulation des élèves et, explique-t-il, les entreprises ont simplement profité du blocage pour effectuer dans la journée des opérations qui n’étaient pas programmées ce jour.

Sur les retards, la Ville met en avant les délais de livraison et les contraintes d’acheminement jusqu’à Mayotte. « On ne gère pas les bateaux, on ne gère pas le port, on ne gère pas nos fournisseurs », fait valoir Badrou Rajab. Il confirme également l’existence d’une commande spécifique de mobilier pour Vahibé, tout en reconnaissant un retard de livraison.

Un dialogue bloqué

À 14 heures, les représentantes des parents d’élèves pensent encore participer à la réunion prévue sur place avec la mairie, les directions et le rectorat. Elles découvrent finalement qu’elles resteront à l’extérieur. Sous le préau, elles attendent, regardent les allées et venues derrière les grilles de la petite salle et interrogent les ouvriers pour tenter de comprendre où en est le chantier. « On dirait qu’on n’est pas acteurs, c’est un manque de respect total », souffle l’une d’elles.

À l’issue, la mairie s’en va sans un mot pour les parents. Badrou Rajab assume ce choix : « On n’a pas discuté avec les parents parce qu’avant de fermer l’école il aurait fallu venir nous voir et discuter ». Un argument qui passe mal sous le préau : les mères rappellent qu’elles avaient déjà rencontré la mairie avant la rentrée et prévenu que leur mobilisation dépendrait de l’avancée des travaux.

Après le départ des représentants de la Ville, les directeurs et l’inspectrice rejoignent finalement les mères pour leur faire un compte rendu. Aucune sortie de crise n’est trouvée. La mairie se dit prête à recevoir leurs représentantes dès le lendemain et à leur présenter les documents qu’elles réclament, notamment les preuves de commande de mobilier, à condition que le blocage soit levé. Les parents refusent. Certaines quittent les lieux les larmes aux yeux. Le mouvement doit donc se poursuivre.

La situation de Vahibé illustre plus largement les difficultés persistantes de la rentrée scolaire à Mayotte. Environ 70 % des écoles fonctionnent encore avec un système de rotations, déjà largement répandu avant Chido.

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Habitât : à Ouangani les Compagnons Bâtisseurs reconstruisent les logements avec les habitants

Habitât : à Ouangani les Compagnons Bâtisseurs reconstruisent les logements avec les habitants
À Mayotte, les Compagnons Bâtisseurs s’appuient sur la musada, tradition locale d’entraide, pour associer les habitants aux chantiers de réhabilitation de leur logement et renforcer la solidarité de proximité.

Après le passage du cyclone Chido, le Mouvement des Compagnons Bâtisseurs renforce sa présence à Mayotte. À Ouangani, plusieurs chantiers de réhabilitation sont déjà engagés, avec une méthode fondée sur musada.

À Ouangani, les marteaux résonnent sur les toitures. Depuis plusieurs semaines, les Compagnons Bâtisseurs interviennent auprès de ménages dont les logements nécessitent des travaux de réhabilitation. Charpentes, toitures, adaptation des habitations : les chantiers se multiplient avec un objectif affiché, permettre aux habitants de participer directement à l’amélioration de leur cadre de vie.

« Aujourd’hui, on travaille sur les charpentes », un chef des opération de l’association. Sur l’un des chantiers, les travaux concernent le toit, dans le prolongement d’une maison traditionnelle. « La plupart du temps, il y a la maison SIM traditionnelle, et petit à petit elle s’agrandit en fonction des moyens de l’habitant. », explique-t-il, décrivant des logements qui évoluent au fil des besoins et des possibilités des familles.

Les travaux sont généralement prévus sur une durée de trois à cinq semaines. D’autres chantiers mettent davantage l’accent sur les finitions. À terme, une vingtaine de chantiers consacrés notamment aux charpentes doivent être engagés.

Reconstruire avec les habitants

Pour les Compagnons Bâtisseurs, la réhabilitation ne se limite pas à intervenir directement sur un logement. L’association défend depuis plusieurs décennies le principe de l’auto-réhabilitation accompagnée et de l’auto-construction accompagnée : les habitants prennent part aux travaux, apprennent des techniques et deviennent acteurs de la transformation de leur habitat.

Cette démarche rejoint une pratique déjà présente à Mayotte : la musada, forme traditionnelle d’entraide entre habitants. Sur les chantiers, chacun peut apporter son aide, dans la mesure de ses possibilités. L’objectif est également de créer ou de renforcer des réseaux d’entraide dans les quartiers. Des ateliers et animations collectives deviennent ainsi des lieux d’échange, d’apprentissage et de convivialité.

Des logements adaptés aux besoins

Sur un autre chantier, les équipes travaillent à la restauration d’une case SIM. La toiture a été refaite et le logement doit désormais pouvoir être adapté à une personne en situation de handicap.

Avant chaque intervention, un travail de diagnostic et d’observation est réalisé. À Mayotte, l’identification des logements nécessitant des travaux s’est notamment appuyée sur le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), ainsi que sur les centres communaux d’action sociale (CCAS).

Une implantation à Mayotte

L’arrivée des Compagnons Bâtisseurs à Mayotte s’inscrit dans une histoire qui remonte à l’après-guerre. En 1953, le père fondateur du mouvement, Werenfried Van Straaten, mobilise des étudiants pour aider des réfugiés originaires des pays de l’Est à construire des logements en Allemagne et en Autriche. Le mouvement se développe ensuite et arrive en France en 1957, notamment autour des « chantiers castors », où des ouvriers construisent eux-mêmes leur maison.

Soixante ans plus tard, les mêmes principes continuent de guider l’action du mouvement : améliorer l’habitat, favoriser l’entraide et utiliser les chantiers comme support d’insertion.

L’association intervient aujourd’hui dans seize régions, en France hexagonale et dans les territoires ultramarins. À Mayotte, son implantation doit désormais se poursuivre avec la création d’un établissement secondaire. Celui-ci aura notamment pour mission de conduire des actions de reconstruction et d’amélioration de l’habitat auprès des ménages touchés par Chido.

À Ouangani, cette approche se traduit concrètement par la transmission de savoir-faire sur les chantiers. Les habitants ne sont plus seulement bénéficiaires des travaux : ils peuvent devenir participants, apprendre, transmettre à leur tour et contribuer à la rénovation de leur environnement.

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Nabiib Mze Boinaidi : filtrer l’eau, le geste simple qui change tout

Nabiib Mze Boinaidi : filtrer l’eau, le geste simple qui change tout

Face aux coupures d’eau à répétition, au coût élevé de l’eau en bouteille et aux enjeux environnementaux, la filtration domestique séduit de plus en plus de Mahorais. À l’origine de cette évolution, des entreprises locales comme MAJI MEWOU tentent d’apporter des solutions concrètes. Son fondateur, Nabiib MZE BOINAIDI, revient sur les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans cette aventure et sur les bénéfices de la filtration.

L’accès à l’eau reste une préoccupation quotidienne. Les coupures répétées et les difficultés d’approvisionnement en bouteilles ont poussé de nombreux habitants à chercher des alternatives. Parmi elles, la filtration de l’eau s’impose progressivement comme une solution pratique, économique et plus respectueuse de l’environnement.

Créée en 2023 par Nabiib MZE BOINAIDI, MAJI MEWOU s’est spécialisée dans les solutions de filtration de l’eau. Pour son fondateur, l’idée est née d’une expérience très personnelle.

Flash infos :  MAJI MEWOU existe depuis 2023. Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer votre entreprise ?

Nabiib MZE BOINAIDI : Au départ, c’était une galère que je vivais moi-même : devoir tout le temps aller chercher des packs d’eau au magasin. Et en période de crise, on n’en trouve même plus. J’avais un métier très prenant, donc c’était vraiment contraignant. Passer à la filtration, c’était d’abord une question de praticité. C’est la première chose qui m’a mis la puce à l’oreille.

La deuxième raison est venue lorsque j’ai installé des filtres chez moi. Je me suis aperçu que ma mère ne comprenait pas vraiment le principe de la filtration. J’ai alors réalisé qu’il y avait un véritable travail d’éducation à faire. L’objectif n’était donc pas simplement de vendre un produit, mais d’accompagner la population vers un nouveau mode de consommation. C’est ce qui m’a décidé à créer la société : il y avait un réel enjeu social.

Enfin, il y avait aussi une dimension environnementale. Pendant la saison des pluies, lorsqu’on descend sur les plages, on constate les quantités de bouteilles et de déchets plastiques qui se déversent dans la nature. La filtration permet également de redonner du pouvoir d’achat. Une famille de quatre personnes qui consomme un pack par jour peut dépenser largement plus de 1 000 euros par an en eau en bouteille.

F.I : Pourquoi la filtration est-elle devenue un enjeu majeur aujourd’hui ?

Nabiib MZE BOINAIDI : Parce qu’elle donne de l’autonomie. Dès qu’il y a une rupture de stock des packs, c’est la crise. À cela s’ajoutent les coupures d’eau. Avoir un filtre chez soi constitue donc un premier pas vers cette autonomie.

La filtration permet également de réduire l’exposition aux microplastiques. En janvier 2024, une étude de l’université Columbia publiée dans la revue PNAS a fait état d’un nombre très important de particules plastiques dans l’eau en bouteille, notamment des nanoplastiques. Et il faut avoir en tête que l’eau en bouteille vendue à Mayotte peut voyager plusieurs semaines en conteneur, parfois sous de fortes chaleurs, avant d’arriver dans les magasins.

Enfin, il y a l’aspect économique. À Mayotte, la vie est chère. Si l’on peut économiser sur l’eau, autant réinvestir cet argent dans quelque chose de plus utile pour la famille.

F.I : : Mais que permet réellement de retirer un filtre de l’eau ? 

Nabiib MZE BOINAIDI : Il existe plusieurs niveaux de filtration. Nous privilégions les filtres à 0,01 micron, qui retiennent les bactéries et une partie des micropolluants. On trouve également des filtres très bon marché qui se contentent principalement d’enlever le chlore. Tout dépend donc du niveau de filtration recherché.

Chez MAJI MEWOU, nous proposons également l’osmose inverse, qui permet de retirer une très grande partie des substances dissoutes. On obtient alors une eau très légère et faiblement minéralisée. Sur nos fontaines, une dernière cartouche permet ensuite de reminéraliser l’eau avec du magnésium et des minéraux essentiels. L’objectif n’est donc pas d’obtenir une eau totalement dépourvue de minéraux.

F.I. : Qu’est-ce qui explique l’augmentation des besoins ?

N.M .B : Nous avons beaucoup investi dans la communication, donc les gens se rendent compte que cela fonctionne. Mais surtout, il y a le bouche-à-oreille. Lorsqu’on constate que le voisin apprécie le goût de l’eau, qu’il n’achète plus de bouteilles et qu’il réalise des économies, cela crée de la confiance. Une véritable confiance s’installe sur l’île autour de cette thématique.

F.I : Quels sont les nouveaux polluants auxquels la filtration doit faire face ?

N.M .B : Cela dépend du polluant. Les PFAS, par exemple, peuvent être retenus par certaines technologies utilisant du charbon actif. Les nitrates sont beaucoup plus difficiles à filtrer et l’osmose inverse constitue une solution particulièrement efficace.

Sur ce point, Mayotte dispose d’indicateurs plutôt favorables. Selon le bilan 2025 de l’ARS cité par l’entreprise, le taux de conformité atteint 100 % pour les pesticides et 99,81 % pour les nitrates.

Pour le consommateur, le filtre domestique peut ainsi jouer un rôle complémentaire, notamment en améliorant le goût de l’eau, en réduisant le chlore de désinfection et en apportant une sécurité supplémentaire au dernier niveau de distribution.

Flash info : Comment la filtration contribue-t-elle à protéger l’environnement ?

N.M .B : Prenons une famille de quatre personnes qui consomme un pack de six bouteilles par jour. Cela représente plus de 2 000 bouteilles en plastique par an et plus de 20 000 sur dix ans. Avec un filtre, tout cela peut être remplacé par quelques cartouches filtrantes au cours de l’année.

Le principe est simple : un système est installé directement chez le client et la cartouche est remplacée périodiquement en fonction de la consommation. Une solution qui permet, selon l’entreprise, de limiter les achats de bouteilles tout en réduisant les déchets plastiques

F.I. : Quels sont les principaux retours de vos clients ?

N.M .B : Ce qui revient le plus souvent, c’est le goût de l’eau et le confort de ne plus avoir à porter des packs. Beaucoup nous disent également qu’ils se sentent plus sereins sur ce qu’ils boivent au quotidien.

Sur le plan technique, nous avons une exigence constante : nos filtres descendent au minimum à 0,01 micron. Nous proposons également des solutions à osmose inverse, avec des membranes permettant une filtration beaucoup plus fine.

Nous travaillons avec la population. Nous écoutons les besoins et nous essayons d’apporter des réponses adaptées à la réalité du terrain. Nous venons notamment de lancer l’installation de citernes à eau, avec des préfiltres destinés à éviter que les sédiments accumulés dans la citerne n’entrent dans la maison.

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Rocade de M’tsapéré : un nouveau drame endeuille la route

Rocade de M’tsapéré : un nouveau drame endeuille la route

La rocade de M’tsapéré a une nouvelle fois été le théâtre d’un accident mortel. Ce samedi soir, une collision frontale entre une moto et une voiture a coûté la vie à un homme âgé de 39 ans.

Selon les premiers éléments, les deux véhicules circulaient en sens opposé lorsqu’ils se sont violemment percutés. À l’arrivée des secours, le motard se trouvait dans un état critique. Malgré les tentatives de réanimation menées sur place par les secours, il n’a pas pu être sauvé.

La violence du choc témoigne de la gravité de l’accident. D’après plusieurs témoins, le motard aurait notamment eu le pied sectionné dans la collision. À bord de la voiture, la conductrice et ses passagères sont, elles, sorties indemnes physiquement de l’accident. Très choquées par la scène, elles ont été prises en charge par les sapeurs-pompiers.

Ce nouveau décès vient endeuiller une nouvelle fois la rocade de M’tsapéré, déjà marquée par plusieurs accidents graves. Les circonstances précises de cette collision, notamment les raisons pour lesquelles les deux véhicules se sont retrouvés face à face, devront désormais être établies.

Édouard Philippe sous le feu des critiques écologistes

Édouard Philippe sous le feu des critiques écologistes

La visite d’Édouard Philippe à Mayotte suscite de vives réactions au sein des Écologistes. Invitée ce samedi sur le plateau de Franceinfo, la députée écologiste Sandrine Rousseau n’a pas mâché ses mots au moment de commenter le déplacement de l’ancien Premier ministre sur le territoire mahorais.

Interrogée sur cette visite, l’élue a d’abord dénoncé ce qu’elle considère comme un « échec complet de la politique migratoire à Mayotte ». Selon elle, la situation actuelle sur l’archipel doit conduire à un profond changement de stratégie plutôt qu’à une nouvelle approche politique centrée sur les questions migratoires.

Sandrine Rousseau s’est également inquiétée de la démarche d’Édouard Philippe, estimant qu’il pourrait chercher à séduire une partie de l’électorat situé à l’extrême droite. « Ce que je crains, c’est qu’Édouard Philippe aille chercher un électorat d’extrême droite », a-t-elle déclaré sur Franceinfo.

La députée écologiste a par ailleurs mis en cause la connaissance du territoire par l’ancien chef du gouvernement. Elle estime que le maire du Havre connaît « moins le territoire », laissant entendre que la réalité mahoraise nécessite une compréhension approfondie des enjeux locaux, notamment sur les questions migratoires et sociales.

Cette prise de position illustre les tensions politiques que continue de susciter la question de Mayotte. Alors que l’archipel fait face à des défis importants, la venue d’Édouard Philippe ravive le débat sur la politique migratoire et sur la manière dont les responsables politiques nationaux abordent les réalités propres au territoire.

Keyliane Abdallah frappe fort pour sa première avec l’OM

Keyliane Abdallah frappe fort pour sa première avec l’OM

Le jeune Mahorais Keyliane Abdallah a marqué les esprits vendredi soir au stade Vélodrome. Entré en jeu en fin de rencontre, le jeune prodige marseillais a inscrit son premier but sous les couleurs de l’Olympique de Marseille, contribuant largement au large succès de son équipe face au Racing Club de Strasbourg (4-0).

Pour sa première apparition avec le nouvel entraîneur Bruno Genesio, Keyliane Abdallah n’a pas tardé à se distinguer. Alors que l’OM avait déjà pris une sérieuse option sur la victoire en menant 2-0, le technicien marseillais a décidé de procéder à trois changements à la 83e minute. Parmi les nouveaux entrants figurait le jeune Mahorais, qui a immédiatement saisi l’occasion de se mettre en évidence.

Six minutes seulement après son entrée sur la pelouse, Abdallah a trouvé le chemin des filets pour inscrire le troisième but marseillais et définitivement mettre son équipe à l’abri. Une réalisation particulièrement symbolique pour le jeune joueur, puisqu’elle intervient dès son premier match avec Bruno Genesio et lui permet de commencer cette nouvelle aventure de la meilleure des manières.

Dans un stade Vélodrome conquis par la prestation de son équipe, l’OM a finalement parachevé son succès avec un quatrième but, s’imposant largement face à Strasbourg. Cette victoire permet aux Marseillais de renouer avec le succès et offre surtout une belle dynamique pour lancer la saison.

Pour Keyliane Abdallah, cette première restera forcément gravée dans les mémoires. En seulement quelques minutes, le jeune Mahorais a transformé son entrée en jeu en véritable coup d’éclat. De quoi attirer les regards et nourrir les espoirs autour de l’un des jeunes talents appelés à écrire, peut-être, une nouvelle page de son histoire avec l’Olympique de Marseille.

Ce qu’Édouard Philippe n’a pas fait pour Mayotte à Matignon, le fera-t-il à l’Élysée ?

Ce qu’Édouard Philippe n’a pas fait pour Mayotte à Matignon, le fera-t-il à l’Élysée ?

Il se souvient enfin de la vie cauchemardesque subie quotidiennement par les habitants de Mayotte. En campagne sur le terrain, Édouard Philippe est venu servir aux Mahorais sa recette miracle pour éradiquer l’immigration clandestine, en rendant hermétique la frontière avec les Comores et en gelant, pendant cinq ans, les régularisations d’illégaux au titre du regroupement familial.

Il s’est bien gardé d’être précis sur la manière de sauver l’île du désastre économique et matériel dans lequel elle se trouve, avant comme après le cyclone Chido. Sur quasiment tous les autres sujets, il est resté imprécis, ne s’éloignant pas de la ligne adoptée par le gouvernement actuel de Sébastien Lecornu.

Son message a été reçu cinq sur cinq par ses challengers dans l’Hexagone. Mélenchon l’accuse de déloyauté pour avoir mis le sujet de l’immigration clandestine sur la table, tandis que le Rassemblement national crie au plagiat de son programme pour Mayotte.

Qu’à cela ne tienne ! Il est reparti de Mayotte pour le département voisin de La Réunion, exactement comme il est venu dans l’archipel, laissant derrière lui des populations locales sceptiques, méfiantes et quelque peu déçues par un discours creux, rempli d’approximations, de mécompréhensions, de certaines irréalités et d’une démagogie indigne de l’homme d’État qu’il cherche à devenir.

Mayotte, le 101e département français, serait-elle devenue la mauvaise conscience soudaine d’Édouard Philippe ou une simple aubaine pour exercer un opportunisme politique dénué de toute considération morale ?

L’ancien Premier ministre vient de séjourner 48 heures dans l’archipel, où il a feint de découvrir une réalité quotidienne dramatique, s’en est ému, provoquant au passage une polémique avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat de LFI et fédérateur des partis politiques de l’extrême gauche sur l’échiquier politique national. Un débat stérile qui n’apporte absolument rien aux Mahoraises et aux Mahorais, si ce n’est le sentiment que l’on veut faire d’eux, encore une fois, des cobayes de laboratoire politicien, des pions, dirons-nous, d’un jeu politique malsain et « répugnant de démagogie ».

Certes, il a réussi à braquer à nouveau les caméras de télévision pendant un instant sur notre île, à surfer sur la vague médiatique avec des propositions saugrenues pour résoudre la crise migratoire sans équivalent qui secoue notre territoire, dans l’indifférence « assassine » du pouvoir jupitérien incarné par Emmanuel Macron, aux commandes de la France depuis dix ans.

Celui qui est encore le maire du Havre a choisi de débuter ici, à 8 000 kilomètres de la métropole, son entrée concrète dans la campagne présidentielle de 2027, en agitant le chiffon de la lutte contre l’immigration clandestine que la France et l’Europe ont laissé trop prospérer sur leurs sols respectifs, pour des raisons parfois difficiles à cerner.

Mayotte, terreau fertile pour lancer un débat national sur la gestion de l’immigration clandestine

Édouard Philippe est venu faire croire aux habitants de Mayotte qu’il sera pour eux, l’année prochaine, un meilleur président de la République que le piètre chef de gouvernement qu’il fut pendant trois ans, à partir de 2017, ne daignant même pas leur faire l’honneur de venir fouler leur sol éloigné des yeux du pouvoir parisien, comme se sont exercés à le faire d’autres parmi ses prédécesseurs et successeurs.

C’est cet Édouard Philippe-là qui s’est présenté vendredi et samedi derniers, totalement amnésique quant au fait d’avoir voulu, lorsqu’il exerçait le pouvoir aux côtés d’Emmanuel Macron, négocier une « Pax Francia » avec l’Union des Comores, en sacrifiant allègrement les intérêts supérieurs et la sécurité des Mahorais.

Pas sûr que les intéressés aient oublié ce fait d’armes, malgré la qualité de l’accueil protocolaire qu’ils lui ont réservé ici et là, quoique quelque peu empreint d’une visible méfiance.

C’est qu’à Mayotte, nous sommes sur la terre des résignés face aux nombreux mensonges de l’État français, à la volonté affichée de ne rien faire pour la population, à la volonté de maints gouvernements de se mettre des œillères pour ne pas voir la détresse de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, victimes de leur dédain et de petits calculs d’apothicaires dans les officines gouvernementales parisiennes et les couloirs de l’Assemblée nationale comme du Sénat.

Pour Édouard Philippe, comme d’ailleurs pour Jean-Luc Mélenchon ou les autres marchands de rêves engagés dans cette quête du pouvoir absolu sous la Ve République — cette monarchie constitutionnelle qui ne porte pas son nom —, l’heure de rendre des comptes aux Françaises et aux Français, y compris ceux de Mayotte, a sonné.

Il va leur falloir expliquer le pourquoi et le comment du désastre économique et financier, de la banqueroute et du naufrage social du navire France en une décennie.

Le candidat Édouard Philippe est venu à Mayotte lancer sa campagne électorale en soufflant sur les braises d’une réalité extrêmement douloureuse pour ses hôtes de 48 heures : l’abandon total d’une terre française par les institutions de l’État, livrée à elle-même face à mille maux : insécurité, manque d’eau, effondrement du système sanitaire et social, absence complète de perspectives de relance d’une économie en lambeaux, une justice en situation de surchauffe faute de moyens financiers, matériels et humains nécessaires, une prison sujette à tant de maux qu’elle n’a rien à envier à celles de certains pays du tiers-monde, des écoles sans toitures et tant d’autres infrastructures rasées par le cyclone Chido il y a deux ans et qui ne seront pas reconstruites avant bien longtemps.

S’il est venu jusqu’à Mayotte pour tester sa copie en matière de propositions de lutte contre l’insécurité, Édouard Philippe a oublié que l’urgence des urgences, pour les 500 000 habitants du territoire, est d’abord la reconstruction de leurs habitations, la fourniture quotidienne d’eau potable, des soins de qualité sur place — et non de très coûteuses EVASAN vers La Réunion —, la lutte contre le plus grand désert médical de France et un enseignement digne pour les enfants, ainsi qu’une université de plein exercice pour préparer la jeunesse à affronter les défis de l’avenir.

Aux Mahorais, il promet tout ce qu’il a omis de faire pour eux lorsqu’il fut à Matignon

N’en déplaise à Édouard Philippe, comme au Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’est lui aussi subitement souvenu qu’il devait se rendre sur l’île, le Mahorais ne se laissera plus berner par un amas de bobards politiciens cousus de fils d’or et d’argent, car Chido, plus qu’un marqueur indélébile, est devenu pour lui une jurisprudence dans sa relation avec le pouvoir parisien.

Quant à l’immigration clandestine hors de contrôle, elle ne sera JAMAIS une priorité pour un gouvernement français en raison des liens hégémoniques que Paris entend continuer à entretenir avec Moroni et certains États africains.

« Tout le reste n’est qu’un décor pour jouer une pièce de théâtre aux couleurs macabres, dans laquelle les habitants de Mayotte, comme les infortunés migrants comoriens et africains, ne sont que de simples figurants », constate à juste titre un passager de la barge vendredi à midi, au moment où Édouard Philippe foulait de ses pieds le sol de la Grande-Terre.

« Ce qu’il a omis de faire pour nous lorsqu’il était chef du gouvernement, ce n’est pas demain qu’il le fera une fois assis confortablement sous les dorures de l’Élysée », renchérit juste à côté un chef d’entreprise qui confiait avoir été obligé de licencier, ce même vendredi, 17 de ses 22 employés, faute d’avoir reçu le règlement de plusieurs chantiers réalisés au profit de collectivités locales.

Mais de cela, comme de la refondation post-Chido, Édouard Philippe n’en parle pas, ou presque, dans sa litanie de promesses évasives qu’il a inlassablement égrenées durant ces deux jours sous les caméras de télévision.

Un hub pour les demandeurs d’asile, mais dans quel pays d’Afrique de l’Est ?

Il était venu faire le buzz au moyen de son ballon d’essai : la création d’un hub pour migrants illégaux refoulés hors de France vers un pays tiers en Afrique de l’Est, quand bien même il ignore encore lequel, entre la Tanzanie et le Kenya, et pourquoi pas Madagascar, où l’espace ne manque guère.

« La politique est un jeu de troupe-couillon », avait coutume de dire l’ancien ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, feu Charles Pasqua, « le couillon étant celui qui veut bien croire aux promesses qui lui sont faites ».

C’est à peu près cela que les électeurs mahorais vont se voir servir par le défilé d’hommes et de femmes politiques qui ne manqueront pas de venir à leur rencontre d’ici à la tenue du premier tour de l’élection présidentielle, en début d’année prochaine.

Chacun viendra dévoiler ses recettes pour lorsqu’il occupera l’Élysée, des recettes pour toute la nation et aucunement pour le seul archipel mahorais.

Port d’État, piste longue de l’aéroport, usines de dessalement de l’eau de mer, reboisement des forêts, ponts et autres stades ne seront au menu des discours que pour décorer le verbe.

Aux Mahorais de comprendre que Mayotte ne sera rien d’autre, à l’avenir, que ce qu’ils voudront bien en faire, à condition toutefois qu’ils se retroussent les manches pour se mettre sérieusement au travail.

« La manne n’est censée être tombée qu’une seule fois du ciel » dans l’histoire écrite de l’humanité. Il n’y a, par conséquent, aucune chance que cela se répète une seconde fois pour les beaux yeux des Mahoraises.

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Mayotte au cœur d’une passe d’armes entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon

Mayotte au cœur d’une passe d’armes entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon

La visite d’Édouard Philippe à Mayotte, vendredi et samedi, a ravivé le débat sur l’immigration avec Jean-Luc Mélenchon. Invité par l’ancien Premier ministre à venir constater lui-même la pression migratoire sur le territoire, le candidat insoumis a répliqué en remettant en circulation une ancienne intervention à l’Assemblée nationale. En 2018, il parlait alors d’« immigration massive » et de « point de rupture » à Mayotte. Un constat pas si éloigné de celui dressé aujourd’hui par Édouard Philippe, mais auquel les deux hommes opposent des réponses radicalement différentes.

« Aberrant, ridicule et provocateur. » Vendredi 21 août, depuis les Amfis de La France insoumise dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon s’en est pris aux propositions d’Édouard Philippe sur l’immigration à Mayotte. Le candidat Horizons venait notamment de défendre un moratoire de cinq ans sur plusieurs voies d’immigration dans le département, dont les nouvelles demandes d’asile, le droit du sol et l’immigration familiale, ainsi que la création d’un centre de retour en Afrique de l’Est. Pour Jean-Luc Mélenchon, promettre de « fermer les vannes » sans expliquer comment, relève de la surenchère : « S’il s’agit de rejeter à la mer les gens, ça n’a pas de sens », a-t-il lancé.

Samedi matin, depuis Mayotte, Édouard Philippe lui a répondu en l’invitant à venir sur le territoire. « J’aimerais qu’il vienne ici » constater que la crise migratoire a des conséquences très concrètes, a déclaré l’ancien Premier ministre, citant notamment l’eau, l’école et l’accès aux soins.

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau répliqué quelques heures plus tard, cette fois au 13 heures de TF1. S’il a répété sa question sur la manière dont Édouard Philippe entendait concrètement empêcher les arrivées, il a également reconnu qu’« il y a une limite à la capacité d’absorption » de Mayotte. Pour lui, deux priorités doivent cependant passer avant les mesures défendues par son adversaire : reconstruire l’île après Chido et reprendre les discussions avec les Comores, auxquelles il reproche de laisser partir des personnes au péril de leur vie.

Mélenchon ressort une archive qui renvoie Philippe à Matignon

Dans cette bataille à distance, Jean-Luc Mélenchon a ressorti sur X une ancienne intervention prononcée le 7 mars 2018 à l’Assemblée nationale. Les députés examinaient alors une convention d’entraide judiciaire en matière pénale entre la France et l’Union des Comores, tandis que Mayotte traversait une importante crise sociale sur fond d’insécurité, d’immigration et de saturation des services publics.

À la tribune, le député des Bouches-du-Rhône affirmait alors que « Mayotte est sous le choc d’une immigration » qu’elle « ne peut pas assumer seule ». Il évoquait une « immigration massive », les morts en kwassa-kwassa et concluait : « Nous avons atteint un point de rupture. »

Son désaccord avec la droite portait alors déjà sur les solutions. Jean-Luc Mélenchon s’opposait à Laurent Wauquiez, qui réclamait à l’époque une remise en cause du droit du sol à Mayotte. L’insoumis insistait au contraire sur la responsabilité de l’ensemble du pays : pour lui, la réponse ne pouvait pas reposer uniquement sur les Mahorais. Il proposait une mesure qui avait suscité le débat : transférer vers l’Hexagone les 4.000 à 5.000 “mineurs abandonnés” à Mayotte, afin de les répartir dans des familles d’accueil et des structures de protection de l’enfance. Il demandait parallèlement des mesures d’urgence pour construire des écoles et envoyer davantage d’enseignants sur le territoire.

Il reprenait également les demandes financières formulées par les élus du territoire, qui réclamaient alors 1,8 milliard d’euros sur dix ans pour l’habitat, l’eau, l’assainissement, les écoles ou encore les transports.

Surtout, son discours était sans ambiguïté sur le statut de l’île. « Ne touchez pas au statut de Mayotte », lançait-il avant d’affirmer que « Mayotte est française » et devait l’être pleinement.

Un positionnement qu’il a encore réaffirmé récemment. Le 17 juin dernier, Jean-Luc Mélenchon avait déjà longuement été interrogé sur le sujet dans l’émission Face aux Outre-mer. À propos de Mayotte, il avait écarté l’idée d’une remise en cause unilatérale de son appartenance à la France. « Mayotte restera française jusqu’à ce qu’elle demande autre chose ». Il ajoutait qu’il n’était pas question pour lui d’aller dire aux habitants qu’ils ne seraient pas français. Dans le même temps, il estimait déjà indispensable de « traiter avec l’ensemble de la région ».

En remettant cette archive en circulation, Jean-Luc Mélenchon ne cherche toutefois pas seulement à rappeler sa position. Le choix de 2018 n’est pas anodin : à cette époque, Édouard Philippe était Premier ministre. Sur X, le candidat insoumis l’accuse ainsi d’être venu à Mayotte pour « exploiter les tensions » et demande ce qu’est devenu le plan défendu par les forces vives du territoire il y a huit ans. Il lui retourne surtout son invitation en posant une question : pourquoi Édouard Philippe n’est-il pas venu à Mayotte lorsqu’il dirigeait le gouvernement ?

Reste justement l’invitation lancée samedi par l’ancien Premier ministre. À ce jour, aucune venue de Jean-Luc Mélenchon à Mayotte n’a été annoncée publiquement par le candidat ou son entourage. Mais le candidat est confronté à un choix délicat : Venir à Mayotte l’obligerait à confronter ses propositions à une population qui ne lui est pas acquise mais lui permettrait de défendre directement une position qu’il cherche manifestement à clarifier depuis plusieurs mois. Ne pas venir laisserait au contraire Édouard Philippe la possibilité d’entretenir l’opposition entre celui qui revendique l’expérience du « terrain » et celui qu’il renvoie aux « grandes questions de principes ».

À moins d’un an de la présidentielle de 2027, les deux hommes ne sont finalement pas si éloignés dans leur constat. Tous deux considèrent que Mayotte ne peut absorber indéfiniment les arrivées, mais divergent sur les réponses à apporter. Édouard Philippe défend un durcissement des règles migratoires, notamment avec la suspension du droit du sol et des nouvelles demandes d’asile. Jean-Luc Mélenchon mise davantage sur une prise en charge accrue par l’État et un dialogue renforcé avec les Comores. La vieille intervention de 2018, remise en circulation huit ans plus tard, rappelle surtout que ce débat est loin d’être nouveau.

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Le Maire de Sada, Houssamoudine Abdallah apporte son soutien à Édouard Philippe

Le Maire de Sada, Houssamoudine Abdallah apporte son soutien à Édouard Philippe
Édouard Philippe et Houssamoudine Abdallah déambulent dans le centre de Sada.

Au deuxième jour de son déplacement à Mayotte, samedi 22 août, Édouard Philippe a reçu le soutien du maire divers droite de Sada, Houssamoudine Abdallah. Après une première journée largement consacrée à l’immigration, le candidat à la présidentielle de 2027 a cette fois davantage parlé d’école, d’infrastructures et de développement du territoire, sans toutefois faire de nouvelle annonce majeure.

Sous une grande tente aux couleurs bleu-blanc-rouge, Houssamoudine Abdallah a officiellement apporté son soutien à Édouard Philippe dans la course à l’Élysée. Un ralliement confirmé au cours d’un accueil populaire organisé samedi dans la commune.

L’élu local en a profité pour dresser la liste des attentes du territoire. Il a insisté sur la nécessité de rattraper plusieurs décennies de retard en matière d’infrastructures. « On voudrait que la promesse, l’engagement de l’État soient exécutés dans la rapidité », a-t-il lancé. Il a également évoqué les dépenses engagées par les communes pour remettre les écoles en état après le cyclone Chido, dont certaines attendent encore le remboursement.

Édouard Philippe dont la visite à Mayotte, vendredi et samedi, a marqué la rentrée politique, lui a répondu en insistant sur la nécessité de mener les projets dans la durée. « Il faut promettre peu, mais il faut être inflexible dans l’exécution », a-t-il déclaré, affirmant avoir « bien entendu » le besoin pour l’État de tenir sa parole. Le candidat a notamment cité la construction d’un deuxième hôpital, la nouvelle piste de l’aéroport, le développement du port, l’eau ou encore l’école parmi les chantiers indispensables au développement de Mayotte. « Si on règle cette crise migratoire, et si on construit les infrastructures dont vous avez besoin, alors Mayotte va pouvoir s’épanouir », a-t-il affirmé.

Avant le déjeuner, l’ancien Premier ministre avait visité l’école de Mangajou, menacée par l’érosion du littoral. Selon le maire, « en cinq ans, la mer a gagné 20 mètres ». Puis il s’est rendu sur le chantier du nouvel hôtel de ville.

La visite s’est achevée sur une note plus légère au stade synthétique de Sada, où Édouard Philippe a assisté à la première mi-temps du quart de finale de Coupe de France entre l’AS Sada et Pamandzi, remporté 4-2 par les locaux.

Malgré une journée largement consacrée aux enjeux de reconstruction, de scolarité et de développement, Édouard Philippe n’a finalement fait aucune annonce majeure sur la refondation de Mayotte. Il a maintenu la ligne défendue depuis son arrivée sur l’île : selon lui, le développement du territoire passe d’abord par la maîtrise de l’immigration. La veille, il résumait sa position devant les élus : « Rien n’est possible sans régler la question de l’immigration. »

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Édouard Philippe durcit le ton sur l’immigration à Mayotte

Édouard Philippe durcit le ton sur l’immigration à Mayotte

Droit du sol, suspension des demandes d’asile, renforcement de la présence maritime et création d’un centre de retour en Afrique de l’Est : arrivé vendredi à Mayotte, Édouard Philippe a dévoilé plusieurs propositions visant à « reprendre le contrôle » de l’immigration sur l’île.

Arrivé vendredi à Mayotte, l’ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe, a choisi de placer l’immigration au cœur de son déplacement. Sa première étape l’a conduit au centre de rétention administrative de l’île, où il a présenté une série de mesures destinées, selon lui, à « reprendre le contrôle » de la situation migratoire dans le 101ᵉ département français.

Pour le maire du Havre, Mayotte concentre des difficultés particulières. « Mayotte est l’un des plus jeunes départements de France, l’un des départements qui est le plus confronté à des difficultés. Nos concitoyens français dans l’Hexagone connaissent souvent peu Mayotte », a-t-il déclaré.

Suspension des demandes d’asile

Parmi ses propositions les plus fortes figure « l’interruption, pendant la durée du prochain quinquennat, de l’ensemble des demandes d’asile qui pourraient être formulées sur le territoire », a annoncé Édouard Philippe. Il souhaite également inclure dans ce dispositif les demandes liées au regroupement familial. Le candidat estime que les forces de l’ordre et les services chargés de lutter contre l’immigration irrégulière disposent aujourd’hui de moyens supplémentaires et accomplissent un travail « remarquable ». Mais, selon lui, ces efforts restent insuffisants au regard de l’ampleur du phénomène.

Édouard Philippe entend également renforcer considérablement les moyens de surveillance maritime autour de Mayotte. « Nous devons, à Mayotte comme dans tous les Outre-mer français, développer la présence en mer de l’État, de la défense nationale et de la Marine nationale », a-t-il affirmé. Cette présence accrue viserait notamment à mieux contrôler les arrivées clandestines par voie maritime, alors que l’immigration irrégulière demeure l’un des principaux enjeux auxquels l’île est confrontée.

Un centre de retour en Afrique de l’Est

Sur la question des éloignements, l’ancien Premier ministre propose la création d’un centre de retour dans un État d’Afrique de l’Est. Il cible en priorité des pays qui constituent, selon lui, des « États de départ ». La Tanzanie fait notamment partie des pays envisagés. Édouard Philippe reconnaît toutefois qu’aucune discussion n’a encore été engagée avec les États concernés.

Le candidat entend ainsi faire de la politique migratoire l’un des axes majeurs de sa campagne présidentielle. À Mayotte, il considère l’immigration comme un problème « évident dont chacun parle » et qui « déstabilise ce territoire ».

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Dans les champs de Combani, les attentes agricoles face au candidat Édouard Philippe

Dans les champs de Combani, les attentes agricoles face au candidat Édouard Philippe
À Mayotte, les agriculteurs ont profité de la visite d’Édouard Philippe pour interpeller le candidat à la présidentielle sur leurs principales attentes : davantage de moyens, la sécurisation des exploitations et une véritable politique de structuration et de développement de la filière agricole.

En déplacement à Mayotte, Édouard Philippe a consacré une partie de sa visite au monde agricole. Sur l’exploitation de Fouad Ali, à Combani, les professionnels n’ont pas seulement présenté leurs cultures à l’ancien Premier ministre. Ils lui ont surtout exposé leurs difficultés et leurs attentes vis-à-vis d’un candidat à la présidentielle.

La route est étroite, sinueuse et en terre. Au bout du chemin, l’exploitation de Fouad Ali. C’est ici, à Combani, qu’Édouard Philippe a choisi de venir à la rencontre du monde agricole mahorais, samedi, au deuxième jour de sa visite sur l’île. Une étape officiellement consacrée à l’agriculture, mais qui prend une dimension particulière alors que l’ancien Premier ministre se prépare à la présidentielle.

Dans la serre, Fouad Ali présente son exploitation et raconte une agriculture qui tente de se relever. Le passage du cyclone Chido reste dans les esprits. « On a vraiment eu peur devant Chido », témoigne-t-il. Mais au-delà des dégâts provoqués par le cyclone, c’est toute une filière qui demande aujourd’hui des réponses à l’État.

Des agriculteurs qui veulent des actes

Face à Édouard Philippe, les acteurs agricoles ne se contentent pas de présenter leurs productions. Ils mettent sur la table leurs difficultés quotidiennes et, surtout, leurs attentes.

Pour Ibrahim Ishak, trésorier de la Coordination rurale maoré, le premier enjeu est celui de la structuration du secteur. « Pour développer l’agriculture à Mayotte, il suffirait simplement de respecter la réglementation », estime-t-il. Derrière cette formule, une demande politique : que les spécificités de Mayotte soient davantage prises en compte dans les politiques publiques nationales.

Selon lui, les acteurs locaux doivent pouvoir prendre davantage part au développement du secteur. « C’est au Mahorais de développer ce secteur au niveau des instances », affirme-t-il, tout en pointant le manque de moyens et de statut. Une situation qu’il résume avec une formule particulièrement sévère : « À Mayotte, nous sommes les champions du bricolage. » Pour les professionnels, le problème n’est donc pas seulement de produire davantage. Il faut créer les conditions permettant à une véritable économie agricole de se développer.

« Avec des moyens, nous sommes capables de réaliser de belles choses »

C’est précisément ce message que Loïc Breton, directeur général du groupe Agromea, entend faire passer au candidat. « L’important pour nous est de faire passer un message, qu’il puisse se rendre compte qu’à Mayotte aussi, avec des moyens, nous sommes capables de réaliser de belles choses », explique-t-il. Le mot « moyens » revient comme un fil conducteur dans les échanges. Moyens financiers, accompagnement technique, structuration des filières, sécurisation des exploitations : les professionnels demandent moins de discours et davantage de capacité d’action. À travers cette rencontre, ils cherchent aussi à convaincre le futur candidat que l’agriculture peut constituer un véritable levier de développement pour Mayotte.

Sécuriser les champs avant de parler de développement

Pour Ahmadi, commercial au sein de l’Ucoopam, la priorité est également à l’accompagnement. « Je souhaite un accompagnement pour bien structurer la filière. Il y a pas mal de défis à relever », explique-t-il. La sécurisation des exploitations figure en tête des préoccupations. Les vols dans les champs compliquent directement le travail des producteurs et fragilisent leur activité. « Dans les champs, on est soumis au vol ; ça complique la production », déplore-t-il. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès aux parcelles.

Au fil de cette visite, les professionnels ont ainsi dressé devant Édouard Philippe le portrait d’une agriculture mahoraise confrontée à de nombreux obstacles, mais qui entend également faire valoir son potentiel. De la sécurisation des exploitations à la structuration des filières, en passant par l’accès aux parcelles et le soutien aux producteurs, les attentes sont nombreuses.

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Visite d’Edouard Philippe : l’urgence de sécuriser durablement l’accès à l’eau

Visite d’Edouard Philippe : l’urgence de sécuriser durablement l’accès à l’eau
* image d'illustration générée par ia

À Mayotte, la question de l’eau ne peut plus être abordée uniquement comme une difficulté ponctuelle liée à la saison sèche. Le territoire fait face à un déséquilibre structurel entre une ressource dont la disponibilité varie fortement selon les saisons et une demande qui continue de progresser. Derrière les coupures et les tours d’eau, c’est désormais toute la capacité du territoire à sécuriser son approvisionnement qui est posée.

Les infrastructures actuelles disposent d’une capacité qui ne suffit pas toujours à répondre aux besoins. Les estimations évoquées font apparaître un déficit pouvant atteindre au moins 8 000 mètres cubes entre les capacités disponibles et les besoins. Une situation qui devient particulièrement préoccupante lorsque la saison des pluies est insuffisante ou que le remplissage des retenues reste inférieur aux prévisions.

La difficulté tient également au caractère imprévisible de la ressource. Le volume d’eau disponible peut être relativement constant à l’échelle globale, mais sa répartition dans le temps et dans l’espace reste aléatoire. Le remplissage des retenues dépend notamment de la pluviométrie. Les projections doivent donc intégrer différents scénarios météorologiques afin d’anticiper les situations défavorables.

Produire davantage, mais surtout perdre moins

Face à cette situation, l’augmentation de la production d’eau apparaît comme un levier indispensable, mais elle ne peut pas constituer l’unique réponse. La distribution et l’état du réseau représentent également un enjeu majeur.

Le territoire compte environ 52 000 abonnés. Une partie importante des pertes intervient après les compteurs, avec des fuites qui fragilisent progressivement les infrastructures. Le nombre de fuites aurait fortement augmenté ces dernières années, passant d’environ une fuite par kilomètre de réseau en 2021 à trois aujourd’hui.

Les tours d’eau ont également contribué à fragiliser le réseau. Les variations répétées de pression peuvent accentuer les ruptures et accélérer la dégradation des canalisations. Réduire les pertes devient donc aussi important que produire de nouveaux volumes.

L’objectif est simple : chaque mètre cube économisé grâce à la réparation du réseau est un volume qui n’a pas besoin d’être produit, capté ou dessalé.

Retenues et dessalement : plusieurs solutions sur la table

Pour sécuriser l’approvisionnement, plusieurs projets sont envisagés ou déjà engagés. Parmi eux figurent la réalisation d’une troisième retenue collinaire et le développement de capacités supplémentaires de dessalement.

La construction d’une nouvelle retenue constitue cependant un projet de long terme. L’objectif évoqué se situe autour de 2032, ce qui illustre le décalage entre l’urgence actuelle et le temps nécessaire à la réalisation des grandes infrastructures. Avant même les travaux, plusieurs années d’études, d’autorisations et de procédures sont nécessaires.

Le dessalement apparaît ainsi comme un autre levier pour diversifier les sources d’approvisionnement. Des études sont en cours afin d’identifier les conditions permettant de développer de nouvelles capacités.

Mais là encore, la production d’eau ne peut être dissociée des contraintes environnementales. Les projets doivent tenir compte de la fragilité du territoire, des milieux naturels et de la nécessité de disposer d’une sécurité juridique suffisante avant d’engager des investissements lourds.

Mieux connaître les ressources souterraines

La recherche de nouveaux sites de forage fait également partie des pistes étudiées. Le territoire dispose encore de zones dont le potentiel hydrologique reste insuffisamment connu.

Des campagnes de recherche sont menées afin d’identifier les secteurs susceptibles de fournir de nouvelles ressources. Cette étape est essentielle : avant de construire une nouvelle infrastructure, il faut connaître précisément la quantité d’eau disponible, sa qualité et la capacité de la ressource à être exploitée durablement.

Les études hydrologiques et environnementales prennent donc une place centrale dans la stratégie. Elles doivent permettre d’éviter de répondre à l’urgence par des décisions prises dans la précipitation.

Édouard Philippe à la retenue de Combani : l’eau au coeur des échanges

En déplacement à Mayotte, Édouard Philippe s’est rendu à la retenue collinaire de Combani, l’une des principales infrastructures de stockage d’eau de l’île. Cette visite lui a permis de mesurer l’ampleur des défis auxquels le territoire reste confronté pour garantir un approvisionnement durable à une population en constante augmentation.

Sur place, il a échangé avec les représentants du Syndicat Les Eaux de Mayotte (SLEM), qui lui ont présenté les difficultés rencontrées sur le terrain : capacités de stockage limitées, vieillissement des canalisations, multiplication des fuites, dépendance à la pluviométrie et nécessité d’accélérer les investissements sur l’ensemble du réseau.

Les responsables du syndicat ont insisté sur le fait que la sécurisation de l’eau ne pourra pas reposer sur une seule infrastructure. La modernisation du réseau, la réduction des pertes, le développement du dessalement, la création d’une troisième retenue collinaire et la

recherche de nouvelles ressources souterraines devront être menés de manière complémentaire.

À l’issue de ces échanges, Édouard Philippe a rappelé que la question de l’eau constitue l’un des enjeux les plus structurants pour l’avenir de Mayotte. Il a évoqué la poursuite des investissements destinés à renforcer les capacités de production et de stockage, à réhabiliter les réseaux vieillissants et à accélérer les projets déjà engagés afin de mieux prévenir les futures crises.

Une équation financière et environnementale

La sécurisation de l’eau à Mayotte représente également un défi financier. Les travaux nécessaires sur les réseaux, les retenues, les captages et les installations de production nécessitent des investissements importants et durables.

La pérennité financière du système apparaît donc comme une condition indispensable. Il ne suffit pas de construire de nouvelles infrastructures : encore faut-il pouvoir assurer leur entretien, leur fonctionnement et leur renouvellement sur plusieurs décennies.

Cette réflexion doit également intégrer les différents leviers disponibles, notamment la fiscalité, la réglementation et la politique d’aménagement du territoire.

Une crise qui dépasse la seule question de l’eau

À Mayotte, la pression exercée sur la ressource est aussi liée à l’évolution démographique du territoire. L’augmentation de la population entraîne mécaniquement une hausse des besoins en eau, mais aussi une pression supplémentaire sur l’ensemble des services publics : santé, logement, assainissement, éducation et infrastructures.

La question migratoire ne peut donc pas être isolée de la problématique de l’eau. Elle s’inscrit dans une équation beaucoup plus large concernant la capacité des infrastructures mahoraises à accompagner l’évolution des besoins de la population.

L’enjeu est désormais de sortir d’une gestion uniquement dictée par l’urgence. La réponse passe par plusieurs leviers complémentaires : augmenter les capacités de production, diversifier les ressources, développer le dessalement, construire de nouvelles retenues, rechercher de nouveaux forages et surtout réduire les pertes du réseau.

La crise actuelle rappelle une réalité simple : à Mayotte, sécuriser l’eau ne consiste pas seulement à trouver davantage d’eau. Il faut aussi être capable de la stocker, de la produire, de la distribuer efficacement et de préserver les ressources naturelles qui permettront au territoire de répondre à ses besoins dans les prochaines décennies.

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Visite d’Edouard Philippe à Mayotte ces 21 et 22 août 2026

Visite d’Edouard Philippe à Mayotte ces 21 et 22 août 2026

À l’occasion de sa première visite à Mayotte, Édouard Philippe affirme vouloir «fermer les vannes de l’immigration » et fait de la maîtrise migratoire le préalable à la reconstruction de notre territoire.

Les Mahorais prennent acte de cette prise de conscience.

Mais rappelons un fait simple aux Français : Édouard Philippe a été Premier ministre de 2017 à 2020.

En 2018, l’Ile de Mayotte était déjà paralysée par une crise sociale majeure. Les Mahorais dénonçaient déjà l’immigration clandestine et ses conséquences néfastes pour le territoire et ses habitants : insécurité, saturation des services publics (santé, école), manque d’eau… et demandaient déjà à l’État d’agir.

Le 19 avril 2018, Édouard Philippe reconnaissait lui-même, en tant que Premier ministre, que l’ampleur de l’immigration clandestine était, je cite « particulièrement déstabilisante pour Mayotte ». Edouard Philippe savait !

Huit ans plus tard, devenu candidat à l’élection présidentielle, il vient à Mayotte nous expliquer que l’immigration déstabilise l’école, l’accès aux soins, l’approvisionnement en eau et qu’il faut désormais fermer les voies d’immigration.

Sur le diagnostic, je lui donne raison. Mais une question demeure :

Pourquoi ce qui est devenu possible pour le candidat Édouard Philippe en 2026 ne l’était-il pas pour le Premier ministre Édouard Philippe en 2018 ?

Mayotte n’a pas besoin d’être prise en otage dans un duel présidentiel entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon.

À Monsieur Mélenchon, qui qualifie les propositions d’Edouard d’« aberrantes » et de « ridicules », je lui réponds également : venez à Mayotte. Venez mesurer la saturation de nos écoles, de notre système de santé, de nos infrastructures et les conséquences d’une pression migratoire que notre petit territoire ne peut plus supporter. Vos dogmes, Monsieur Mélenchon, sont hors-sol à Mayotte !

Entre le déni des uns et la conversion tardive des autres, il y a Mayotte qui coule, il y a une population mahoraise qui s’épuise et qui a le sentiment de devoir sans cesse démontrer à Paris la gravité de ce qu’elle vit.

Deux ans après, le cyclone CHIDO a laissé un territoire meurtri où :

  • Des communes sont à terre financiè
  • Des entreprises attendent toujours d’être réglées pour les travaux qu’elles ont réalisés juste après la crise.
  • Des écoles gardent encore les stigmates du cyclone.
  • Des familles qui continuent de vivre avec les coupures d’
  • Des montagnes de déchets qui rappellent chaque jour que l’urgence n’a jamais vraiment disparu.

Voilà la réalité de Mayotte !

Je le dis donc à tous ceux qui ambitionnent de gouverner la France en 2027 : Mayotte n’est ni un laboratoire idéologique, ni un décor de campagne présidentielle. Mayotte ne demande plus que l’on constate sa situation. Elle demande que l’on décide :

  • Les rapports existent.
  • Les alertes existent.
  • Les chiffres existent.
  • Les solutions sont connues.

Ce qui a manqué jusqu’à présent, c’est le courage politique de les mettre en œuvre.

Les Mahorais disent donc à Edouard Philippe  de ne pas effacer l’histoire ! En 2018, il savait. En 2026, il promet. Les Mahorais, eux, vivent les conséquences de son abandon !

La France doit maintenant protéger Mayotte, reconstruire Mayotte et garantir aux Mahorais qu’ils pourront continuer à vivre dignement et en sécurité sur leur île.

Mayotte n’a plus besoin de promesses. Elle a besoin d’actions concrètes de la République.

Rahachiri… Sibabu Ya Maoré[1] !

[1] Nous sommes vigilants…pour Mayotte !

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Comores : une carrière prévue au nord de la Grande Comore menace une aire protégée

Comores : une carrière prévue au nord de la Grande Comore menace une aire protégée

L’installation de ce chantier soutenue par un promoteur étranger propriétaire d’une   société de concassage pourrait causer des dommages environnementaux comme le risque de contamination des nappes phréatiques et cours d’eau liés aux activités d’extraction.

 Selon le rapport d’étude d’impact environnemental et sociétal, l’exploitation de la carrière « Hoasi », au nord-ouest de la Grande Comore, aurait reçu l’aval de la préfecture de la région ainsi que les trois communes où devrait s’implanter la carrière. Toutefois, des réserves se font exprimer, notamment à cause des conséquences que pourrait avoir ce projet sur la biodiversité de la zone. Ce chantier appuyé par la société de concassage SCC.SARL, détenue par un investisseur de nationalité étrangère est présenté comme un potentiel minérale grâce à ses roches volcaniques.

Le champs d’installation de la centrale de concassage couvre une superficie d’environ 10 hectares  et est localisé dans une zone côtière pourvue d’un relief légèrement ondulé qui  confère  au sol une forte teneur en basalte. « L’extraction du gisement rocheux sera mécanisée et réalisée sans recours à l’abattage par explosifs, afin de garantir une exploitation plus sûre et respectueuse de l’environnement. Cette méthode repose sur l’utilisation d’engins de chantier modernes à l’instar des chargeurs, concasseurs permettant de fragmenter et de transformer directement les roches volcaniques en produits de carrière dont les granulats« , détaille le rapport d’impacts d’une centaine de pages, consulté par Flash infos. « Ainsi, les granulats obtenus sont destinés à l’approvisionnement des chantiers de réhabilitation et de construction d’infrastructures en réponse à la demande croissante du marché local« , poursuit l’auteur du rapport  dont l’objectif est de fournir une évaluation approfondie des impacts environnementaux et sociaux liés à l’exploitation de la carrière, tout en proposant des mesures d’atténuation et de compensation « permettant de limiter ces impacts tout en garantissant le développement socio-économique des communautés locales« .

Contamination nappes souterraines

Le document cite parmi les avantages sociaux du projet, la création d’emplois directs et indirects pour les ouvriers et prestataires locaux contribuant à la réduction du chômage. Mais déjà, sur le plan de la biodiversité, les risques soulevés suscitent des crispations. D’après toujours l’évaluation commandée par l’entreprise derrière le projet, si l’exploitation de la carrière de Hoasi se poursuit jusqu’au bout, les ressources en eau pourraient être contaminées, notamment les nappes phréatiques et les cours d’eau.

La liste d’impacts mentionne par ailleurs les risques de pollution des eaux par les charges polluantes issues de déversements accidentels de carburant, ainsi que la dégradation de la qualité des sols cultivés après l’exploitation de la carrière, réduisant ainsi leur potentiel agricole. Les espèces locales ne seront pas non plus épargnées. Les nuisances sonores et poussières impacteront les villages voisins en raison des engins lourds et du transport des matériaux et l’activité informelle, pourtant source de revenus importants pour les ramasseurs artisanaux de sable connaitra également des perturbations.  » Les activités d’extraction risquent de générer des poussières et des particules fines pouvant affecter la qualité de l’air dans les zones proches en fonction de la direction du vent. Cet impact est particulièrement préoccupant pour les habitants des villages de Ouella, Ouemani et Bangoi-Kouni, exposés à des risques sanitaires« , ajoute le consultant qui a proposé pour les impacts dont l’atténuation ne peut être totalement contenue, «  des actions de compensation écologique et sociale » comme des programmes de reforestation et de construction d’infrastructures communautaires.

Le ministère du tourisme lui, assure qu’il n’a pas délivré d’autorisation. Selon l’article 16 de la loi cadre sur l’environnement, un comité technique national sur les études d’impacts environnementale doit analyser la conformité de tout dossier de cette envergure aux fins d’émettre un avis technique. « Or l’étude présentée n’a pas respecté cette loi car l’expert qui réalise l’étude d’impacts doit être mandaté par un bureau agrée par le ministère de l’environnement. Même les responsables du parc national de la zone n’ont pas été consultés alors qu’il devait y avoir des consultations des communautés locales en raison des impacts du projet« , souligne, le ministre de l’environnement, Abubakar Mahamoud, contacté par Flash infos.

5 hectares de mangroves

Certes le consultant chargé d’évaluer les impacts a proposé des mesures d’atténuation, mais la présence du site près d’une zone protégée renforce les craintes des environnementalistes. Dans un décret publié le 23 mai 2022, le chef de l’État comorien a officiemment institué au nord-ouest de l’île de la Grande Comore le parc national de Mitsamihuli-Nroude doté d’une superficie de 2314 ha et comprenant 9 localités, dont certaines seront directement concernées par ce projet de carrière.

Cette zone est connue aussi bien pour son île aux tortues que pour ses paysages spectaculaires et écosystèmes marins exceptionnels. C’est pour cette raison que l’article 4 dudit décret rappelle que les sites classés ne peuvent abriter toutes activités de prélèvement ou d’extraction.  » Le prélèvement de matériaux du rivage de la mer demeure interdit à l’intérieur et à la périphérie du Parc sauf autorisation de la direction du Parc. De manière générale, il est interdit de se livrer à des activités d’exploration et d’exploitation des carrières à l’intérieur du Parc« , dispose l’article 34 du décret.

Dans un document cadre dénommé  » stratégie et plan d’action d’actions nationaux de la biodiversité 2026_2030« , ce parc est classé aire protégée écologique importante pour la diversité de ses habitants naturels, dont des récifs coralliens. Les mangroves s’y trouvant sont dotées d’une superficie de 5.25 hectares et présentent une diversité floristique remarquable. Nous avons essayé d’avoir une réaction de l’un des maires des communes concernées par ce projet, sans succès.

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Pamandzi : la mairie ouvre le dialogue avec les habitants sur les grands projets de la commune

Pamandzi : la mairie ouvre le dialogue avec les habitants sur les grands projets de la commune
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Les habitants de Pamandzi étaient invités à prendre part aux réflexions sur l’avenir de leur commune, mardi 19 août 2026, à l’occasion d’une rencontre organisée dans la salle Marili-Soilihi de l’Hôtel de ville. Le maire, Issoufi Maandhui, accompagné de son équipe municipale, a échangé directement avec la population autour des principaux projets et enjeux qui concernent la localité.

Cette rencontre avait pour objectif de favoriser le dialogue entre la municipalité et les habitants, mais aussi de présenter les orientations envisagées pour les prochaines années. Plusieurs thématiques ont été abordées au cours des échanges, parmi lesquelles l’éducation, l’aménagement du territoire, l’emploi et le développement des activités sportives.

L’éducation figure parmi les sujets au cœur des préoccupations locales. Les discussions ont notamment permis de mettre en avant l’importance des infrastructures et des conditions d’accueil des élèves, alors que la commune doit accompagner les besoins d’une population en constante évolution.

Autre enjeu majeur : l’aménagement du territoire. La municipalité souhaite poursuivre sa réflexion sur le développement urbain de Pamandzi et sur les équipements nécessaires pour répondre aux attentes des habitants. La question de l’emploi a également occupé une place importante dans les échanges, dans un contexte où l’insertion professionnelle et les opportunités offertes aux jeunes constituent des préoccupations fortes.

Le sport n’a pas été oublié. Les activités sportives et leur développement ont également fait partie des sujets évoqués lors de cette rencontre. Pour la municipalité, ces activités représentent à la fois un outil de cohésion sociale, d’épanouissement et d’accompagnement de la jeunesse.

Édouard Philippe à Mayotte : le candidat Horizons promet de fermer la voie de l’asile pendant cinq ans

Édouard Philippe à Mayotte : le candidat Horizons promet de fermer la voie de l’asile pendant cinq ans
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Le candidat Horizons à l’élection présidentielle, Édouard Philippe, est attendu à Mayotte ce vendredi pour une visite placée sous le signe de l’immigration et de la situation particulière du 101ème département. À l’occasion de ce déplacement, l’ancien Premier ministre affiche une position particulièrement ferme sur la question de l’asile dans le territoire.

S’il est élu président de la République, Édouard Philippe promet de suspendre « l’enregistrement de toute nouvelle demande d’asile à Mayotte » pendant l’ensemble du prochain quinquennat. Le candidat entend ainsi agir sur un système qu’il considère comme saturé, alors que la pression migratoire constitue depuis plusieurs années l’un des principaux enjeux politiques et sociaux du territoire.

« Tant que le territoire restera saturé, cette voie d’immigration restera fermée », affirme-t-il. Une proposition qui vise directement les conditions d’accès à la procédure d’asile à Mayotte et qui pourrait constituer l’un des axes forts de sa campagne dans le département.

Cette annonce intervient alors que la question migratoire demeure particulièrement sensible à Mayotte, où les autorités font face à une forte pression sur les infrastructures, les services publics et les dispositifs d’accueil. La visite du candidat devrait ainsi être l’occasion d’échanger avec les acteurs locaux et de préciser ses propositions concernant l’avenir du territoire.

À travers cette mesure, Édouard Philippe entend faire de la maîtrise de l’immigration un volet central de son projet pour Mayotte. Son déplacement sera également scruté localement, alors que les élus et une partie de la population réclament régulièrement des réponses fortes de l’État face aux difficultés rencontrées sur le terrain.

La proposition du candidat Horizons devrait néanmoins susciter le débat, notamment sur ses conséquences juridiques, administratives et humanitaires. À Mayotte comme au niveau national, la question de l’asile reste en effet encadrée par des obligations auxquelles l’État français est soumis.

La visite d’Édouard Philippe intervient donc dans un contexte particulièrement sensible. Son déplacement à Mayotte doit permettre au candidat de défendre une ligne politique clairement assumée : faire de la saturation du territoire le critère justifiant une fermeture temporaire de l’accès à la demande d’asile.

L’Université de Mayotte accueille sa première promotion du master M2E

L’Université de Mayotte accueille sa première promotion du master M2E

L’Université de Mayotte accueille vendredi 21 août sa première promotion du master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (M2E), à l’occasion de la rentrée universitaire 2026-2027. La cérémonie se déroulera de 7h30 à 11h30 à la Technopole de Mayotte. Cette rentrée marque une nouvelle étape dans le développement de l’offre de formation de l’université et dans la préparation des futurs professionnels de l’éducation sur le territoire. La cérémonie réunira notamment Valérie Debuchy, rectrice de l’académie de Mayotte, le président de l’Université de Mayotte et la directrice de l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE). La matinée sera consacrée à la présentation des formations destinées aux futurs enseignants des premier et second degrés, ainsi qu’aux équipes pédagogiques et à l’organisation de l’année universitaire.

La Croix-Rouge se mobilise pour la Semaine mondiale de l’eau à Mayotte

La Croix-Rouge se mobilise pour la Semaine mondiale de l’eau à Mayotte

Dans un contexte de crise de l’eau à Mayotte, la Croix-Rouge française organise, du 24 au 27 août, plusieurs journées de sensibilisation dans le nord de l’île, à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau. À Bandraboua, Mtsamboro et Mtsangamouji, les équipes informeront les habitants sur l’accès à l’eau potable, son transport, son stockage et les bonnes pratiques d’hygiène. L’objectif est de prévenir les risques liés aux maladies hydriques, notamment auprès des personnes vulnérables. Les actions associeront bénévoles, associations locales, référents communautaires et partenaires institutionnels. Des démonstrations autour des bornes fontaines monétiques sont également prévues.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes