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Face aux visites ministérielles, la colère monte contre des élus jugés inaudibles

Face aux visites ministérielles, la colère monte contre des élus jugés inaudibles

En prévision de la venue prochaine d’Édouard Philippe, puis de Sébastien Lecornu à Mayotte, Flash Infos s’est offert un micro-trottoir dans les rues de Mamoudzou pour recueillir les attentes de la population et les principaux sujets qu’elle souhaite voir défendus par ses élus à cette occasion. Résultat édifiant : l’expression est sans détour.

Les visites annoncées d’Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, comme celle de l’actuel chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, donnent lieu à de nombreuses interrogations au sein de la société civile mahoraise. Dans les rues, sur la barge, dans les places publiques, les mosquées, sur les réseaux sociaux, au bord de mer ou dans les restaurants-bistrots, les commentaires vont bon train depuis 48 heures.

Contre toute attente, ce n’est pas tant le choix de ces deux personnalités de se rendre à Mayotte qui est au centre des interrogations, mais plutôt l’incapacité, subie ou désirée, des responsables politiques du territoire à parler au nom de leurs concitoyens, à transmettre les véritables doléances de la population, ainsi que les attentes multiples et variées face aux difficultés propres à l’île, aux décideurs présents ou futurs de la Nation.

La refondation post-Chido est naturellement sur toutes les lèvres et concentre à elle seule les préoccupations de la plupart des commentateurs de ces deux visites annoncées. Nos légitimes élus, issus du choix librement exprimé par nos populations dans les urnes, n’ont pas bonne presse par les temps qui courent. Pas davantage dans le monde économique, et encore moins auprès de la multitude de syndicats, collectifs de citoyens et autres corporations qui souffrent cruellement de leur manque d’intérêt pour leur sort.

Il invite les élus d’hier et d’aujourd’hui à interroger leur conscience profonde et leur moi

« On dirait qu’une malédiction plane sur l’île depuis les accords de l’an 2000, censés changer le cap et améliorer notre vie quotidienne. Au lieu de cela, nous ne récoltons que des clous, pour ne pas dire des malheurs collectifs. J’invite les élus d’hier et ceux d’aujourd’hui à interroger leur conscience profonde, à sonder le fond de leur moi et à dire ensuite aux Mahorais qu’ils ont tous failli à leur devoir moral par manque de sincérité vis-à-vis de nos populations. »

Chakri Mohamed Badrouddine Soumaïla est sans concession à l’égard des élus locaux, qu’il rend seuls responsables de la situation chaotique dans laquelle évolue Mayotte depuis douze ans. Opposition comme majorité, d’hier et d’aujourd’hui, il place tout le monde dans le même casier.

« En vérité, nous nous apercevons que c’est un véritable panier à crabes où chacun ne vaut pas mieux que l’autre. Le mensonge et les intérêts personnels priment sur le désarroi et les tribulations des Mahoraises et des Mahorais. Et dans ce tableau, nous n’avons pas de branche d’arbre solide à laquelle nous agripper. La tromperie est devenue la règle admise chez nos élus, comme du côté des gouvernants parisiens. Il n’y a pas de mot adapté pour décrire la situation que nous vivons sur cette île. L’espoir ne nous fait plus vivre, car les jeunes générations qui aspirent aux hautes fonctions électives n’ont pas d’autres rêves que de faire perdurer la chasse aux intérêts personnels et partisans. »

L’expression du bonheur simple du maire de Koungou fait des adeptes dans les rues de Mamoudzou

Ce constat est également partagé par une femme. Il nous est livré lors d’un micro-trottoir dans les rues de Mamoudzou, sur la place de la République, par Daourina Ali Hamada, qui se dit citoyenne de la commune de Bandraboua.

À l’emplacement de l’ancien marché de la ville chef-lieu, juste en contrebas de l’hôtel du Département-Région, Halidina Fahad Moussa profite de l’ombre protectrice des grands arbres qui bordent l’espace aménagé en jardin d’enfants. C’est aussi le lieu préféré d’autres composantes de la société, parmi lesquelles des citoyens démunis ou laissés pour compte par ceux qui exercent le pouvoir à seulement un mètre à vol d’oiseau.

Avec d’autres compères, il profite de la vie, « le bonheur simple, comme dirait Raos, le maire de Koungou », renchérit-il avec humour.

« De ces élus, j’en connais qui auront droit à de grandes surprises aux élections de 2028. Nous allons tout nettoyer et ils verront comment, à son tour, le Mahorais d’en bas va se moquer d’eux. Bye-bye la vie de château dans les hôtels de luxe et les places en club dans les avions d’Air Austral. Nous allons donner un coup de balai et ce sera retour à la case départ. »

Lui, au moins, a le privilège de ne pas prendre de gants dans ses déclarations.

« Qu’ils pensent ce qu’ils veulent de moi, je m’en fous, autant qu’ils se foutent de nous lorsqu’ils s’obstinent à prendre des décisions opposées à nos attentes, nous qui les avons élus et leur avons permis d’occuper ces places. »

À propos de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu dans l’île à la fin du mois, comme de la pléthore de représentants des candidats à la succession d’Emmanuel Macron — ou de leur propre personne —, son appréciation est sans détour :

« Qu’ils nous laissent en paix. Nous vivrons mieux sans eux, à la belle étoile s’il le faut, comme après Chido, sans eau, électricité ni télécommunications fiables, comme nous le faisons tous les jours depuis plusieurs années. Qu’ils se gardent leurs promesses électorales bidon. Le Mahorais a compris la leçon, il n’est pas plus con que les autres Français. »

Limpide est la franchise. Elle n’appelle aucun commentaire supplémentaire.

Point n’est besoin d’avoir fait de hautes études pour avoir la capacité de se faire entendre d’une haute personnalité de l’État

Il revient, courroucé, sur l’épisode du passage à Mayotte de François Bayrou dans les jours qui ont suivi le passage de Chido, en décembre 2024. Il estime que le président de l’Assemblée de Mayotte a eu tort d’avoir voulu conserver la couverture médiatique à sa seule personne.

Il confie avoir du mal à comprendre que la personnalité la plus importante du territoire puisse craindre que la société civile lui vole son leadership en pareille circonstance.

« La principale raison qui a conduit nos parents et nos grands-parents à choisir de rester Français, c’est la libre expression de tous, sans craindre de quelconques représailles.

Alors que ces élus nous expliquent pourquoi, eux, craignent de porter nos doléances auprès des ministres et du chef de l’État. Pourquoi se plaignent-ils sans cesse d’être inaudibles à Paris ? S’ils sont incapables de faire le job pour lequel nous leur avons donné mandat, alors qu’ils cèdent la place à d’autres, plus audacieux. Les Mahorais veulent des résultats positifs, pas des enfantillages ! »

Traduit dans un langage accessible à tous, il explique que les Mahorais ont besoin de moyens financiers importants pour retrouver le niveau de vie, l’aisance matérielle et les conditions sanitaires qu’ils connaissaient avant le 14 décembre 2024. Et, selon lui, il n’est pas nécessaire d’avoir fait de grandes écoles pour porter ce message au Premier ministre Sébastien Lecornu ou à tout autre prétendant à l’occupation du palais de l’Élysée.

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Ce que change la nouvelle loi de programmation militaire pour Mayotte

Ce que change la nouvelle loi de programmation militaire pour Mayotte

Promulguée le 16 août et publiée ce mardi 18 août au Journal officiel, l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 accélère fortement l’effort de défense français. Pour Mayotte, le texte ouvre surtout la voie à l’étude d’une nouvelle base, renforce les ambitions en matière de surveillance maritime et conforte les infrastructures de la Marine après le cyclone Chido.

La loi, promulguée dimanche 16 août, prévoit désormais que l’État « étudiera l’opportunité de créer une nouvelle base à Mayotte », avec pour objectif de renforcer la capacité d’action des forces armées dans le sud-ouest de l’océan Indien et la souveraineté française dans cette zone.

La formulation reste toutefois prudente. Le texte ne décide pas encore la construction de cette base et n’en précise ni l’emplacement, ni le calendrier, ni le coût. Il inscrit en revanche officiellement cette hypothèse dans la programmation militaire, ce qui constitue l’une des principales évolutions pour le territoire.

Des engagements qui s’ajoutent à ceux de 2023

La précédente loi de programmation militaire prévoyait déjà un renforcement conséquent de la présence française à Mayotte. Adoptée en 2023, elle annonçait 100 militaires supplémentaires, soit une augmentation de 25 %, un nouveau moyen de transport amphibie ainsi qu’une présence comprise entre 150 et 200 jours par an d’un bâtiment hauturier dans la zone d’ici 2027. Elle prévoyait également un effort sur les infrastructures portuaires et, à l’horizon 2030, la possibilité de renforcer les moyens par voie aérienne grâce à la présence d’A400M dans l’océan Indien.

L’actualisation de 2026 ne remet pas en cause ces objectifs mais les complète après Chido. Le nouveau texte indique que l’effort consacré aux infrastructures portuaires et aux capacités d’intervention de la Marine nationale à Mayotte est « conforté ». Lors des débats au Sénat, le Gouvernement a précisé que le ponton de la Marine en Petite-Terre devait notamment être reconstruit en 2027 et que le renouvellement des vedettes de gendarmerie maritime et du moyen de transport amphibie restait prévu. Il a également indiqué que la capacité d’accueil de renforts par voie aérienne serait consolidée et que le port de Longoni pourrait être utilisé ponctuellement pour recevoir des bâtiments de plus grande taille.

Drones ou ballons pour surveiller les approches

La surveillance maritime constitue l’autre évolution directement consacrée à Mayotte. La loi prévoit le lancement, dans un délai d’un an, d’études sur le recours à des drones ou à des ballons pour surveiller les approches de l’archipel. Le texte s’appuie sur les dégâts causés par Chido et les « enjeux migratoires » auxquels le territoire est exposé.

Cette disposition trouve son origine dans un amendement de la députée Estelle Youssouffa, qui demandait initialement le renouvellement progressif des moyens de surveillance et le renforcement des radars. Le Gouvernement avait modifié la rédaction pour privilégier des études sur les drones ou les ballons. Dans son argumentaire, il reconnaissait que Chido avait dégradé le réseau de radars côtiers, tout en rappelant que les moyens navals prévus comprennent notamment les patrouilleurs outre-mer basés à La Réunion, les vedettes de gendarmerie maritime présentes à Mayotte et des avions de surveillance maritime déployés en renfort.

En revanche, la loi ne prévoit pas l’affectation permanente d’un patrouilleur outre-mer exclusivement à Mayotte. Une proposition en ce sens avait été déposée au Sénat mais n’a pas été retenue.

36 milliards d’euros supplémentaires pour les armées

Au niveau national, l’évolution est avant tout budgétaire. L’État ajoute 36 milliards d’euros à la trajectoire prévue entre 2026 et 2030. Les crédits de paiement de la mission « Défense », initialement programmés à environ 400 milliards d’euros sur la période 2024-2030, atteignent désormais 435,7 milliards. Pour la seule année 2027, l’enveloppe passe par exemple de 56,9 à 63,3 milliards d’euros.

Ces moyens supplémentaires doivent accélérer les investissements dans les munitions, les drones, la défense sol-air et la lutte anti-drones, la guerre électronique, l’espace, les frappes à longue distance, l’aviation de combat et de transport ou encore le combat naval. Les effectifs doivent également progresser pour atteindre 275.000 équivalents temps plein au ministère de la Défense en 2030.

Les outre-mer sont plus largement désignés comme une priorité. La loi prévoit d’y renforcer les moyens humains, matériels et technologiques permanents afin de mieux surveiller les espaces terrestres, aériens et maritimes, les zones économiques exclusives ainsi que les infrastructures et communications stratégiques.

Autre changement majeur : la loi crée un nouveau service national militaire fondé sur le volontariat. Les jeunes Français pourront signer entre 18 et 26 ans un contrat de dix mois, non renouvelable, avec le statut de militaire. La montée en puissance prévue est progressive, de 3.000 appelés en 2026 à 10.000 en 2030.

La loi crée enfin un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale », qui pourra être déclenché par décret en conseil des ministres face à une menace grave et actuelle. Ce régime permettra notamment d’accélérer temporairement certaines procédures concernant les marchés publics, les infrastructures militaires, l’urbanisme, l’environnement, les transports ou les communications. Sa prolongation au-delà de deux mois devra être autorisée par le Parlement.

Pour Mayotte, l’actualisation de la programmation militaire marque donc une évolution de la place accordée au territoire dans la stratégie française dans l’océan Indien. Les moyens annoncés en 2023 restent programmés, mais s’y ajoutent désormais la reconstruction post-Chido, de nouveaux outils de surveillance maritime et surtout l’étude d’une nouvelle base. Plusieurs de ces avancées restent cependant à concrétiser : la loi fixe des orientations et des études, sans encore arrêter le format, le financement ou le calendrier d’une éventuelle nouvelle implantation militaire.

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Rentrée 2026 à Mayotte : la course aux places en crèche reste un défi pour les familles

Rentrée 2026 à Mayotte : la course aux places en crèche reste un défi pour les familles

À quelques jours de la rentrée, la question de la garde des tout-petits revient au centre des préoccupations de nombreuses familles mahoraises. Alors que les écoles se préparent à accueillir les élèves, une autre rentrée se joue dans les crèches et les structures de petite enfance. Pour les parents d’enfants âgés de quelques mois à trois ans, trouver une place reste souvent un véritable parcours du combattant.

À Mayotte, les besoins sont particulièrement importants. Le territoire connaît une population jeune et une forte demande de services liés à la petite enfance. Pourtant, l’offre d’accueil demeure encore largement insuffisante. Selon les chiffres présentés en 2025, Mayotte comptait 22 crèches pour 17 collectivités, représentant environ 370 places. La moitié des structures étaient alors des micro-crèches de moins de douze places et seulement une minorité relevait directement des communes.

Une rentrée qui inquiète les parents

Pour beaucoup de familles, la rentrée ne signifie pas seulement acheter les fournitures scolaires ou préparer les cartables des plus grands. Elle signifie aussi trouver une solution pour les bébés et les jeunes enfants.

Une place en crèche peut permettre à un parent de reprendre son emploi, de suivre une formation ou de rechercher un travail. Lorsqu’aucune place n’est disponible, toute l’organisation familiale peut être remise en question.

À Mayotte, cette situation est d’autant plus importante que les solutions alternatives restent limitées. La garde par la famille occupe encore une place importante dans le quotidien de nombreuses familles, tandis que l’accueil individuel par des assistantes maternelles reste encore peu développé.

Un article consacré au projet de crèche familiale Wasafiri indique ainsi que le taux de couverture de l’accueil du jeune enfant à Mayotte ne dépasse pas 3 %, contre environ 60 % dans l’Hexagone. Le développement des assistantes maternelles constitue donc l’une des pistes envisagées pour répondre au manque de places.

Mamoudzou veut renforcer son offre

À Mamoudzou, la situation illustre bien les difficultés rencontrées par le territoire. En août 2025, la commune a posé la première pierre de sa toute première crèche municipale, dans le quartier de M’Gombani.

La future structure doit pouvoir accueillir 24 enfants âgés de 0 à 3 ans et son ouverture est prévue pour la rentrée 2026. Le bâtiment, d’environ 350 m², doit comprendre plusieurs unités adaptées aux différentes tranches d’âge, des espaces de jeux communs ainsi qu’un jardin pédagogique.

Le projet représente un investissement de 2,25 millions d’euros. Il prévoit également des équipements permettant de mieux faire face aux contraintes du territoire, notamment un système de stockage d’eau potable et de récupération des eaux de pluie.

Cette ouverture constitue une avancée pour les familles de Mamoudzou, mais elle ne permettra évidemment pas de répondre à elle seule à l’ensemble des besoins.

La commune comptait encore récemment plusieurs structures associatives, tandis qu’une crèche située dans le secteur des 100 Villas avait été endommagée par le cyclone Chido et n’avait pas encore rouvert au moment des informations publiées en 2025. D’autres projets municipaux étaient également annoncés, notamment une structure de 40 berceaux à Kawéni.

« On ne sait jamais si on aura une place »

Pour comprendre les difficultés vécues par les familles, il suffit d’écouter les parents qui cherchent une solution de garde.

« Pour nous, la rentrée commence bien avant le mois de septembre. Dès que nous avons su que notre enfant allait avoir l’âge d’entrée en crèche, nous avons commencé à nous renseigner. On appelle, on dépose des dossiers, on attend. Mais on ne sait jamais si une place va se libérer. »

« Le problème, c’est que lorsqu’on travaille, on ne peut pas simplement attendre. Il faut organiser les horaires, trouver quelqu’un pour garder le bébé et parfois demander de l’aide à la famille. Quand on n’a personne autour de soi, c’est encore plus compliqué. »

« Nous voulons surtout une solution stable. Ce n’est pas seulement une question de garde. On veut savoir que notre enfant est dans un endroit sécurisé, avec des professionnels, pendant que nous sommes au travail. »

Les professionnels au coeur du dispositif

Derrière la question des bâtiments et du nombre de berceaux se trouve également celle des professionnels de la petite enfance.

Une crèche ne peut fonctionner sans auxiliaires, éducateurs de jeunes enfants, personnels chargés de l’accueil et de l’accompagnement quotidien. Le développement de l’offre doit donc aller de pair avec la formation et le recrutement de professionnels.

À Mayotte, l’Institut régional du travail social prévoit d’ailleurs une nouvelle rentrée en septembre 2026 pour la formation d’éducateur de jeunes enfants. Cette formation doit permettre de renforcer progressivement les compétences disponibles sur le territoire.

Le développement des métiers de la petite enfance peut également représenter une opportunité d’insertion professionnelle, notamment pour les femmes qui souhaitent revenir vers l’emploi.

C’est justement l’un des objectifs du projet porté par Wasafiri. L’association souhaite mettre en place un modèle de crèche familiale permettant à des assistantes maternelles agréées d’exercer dans un cadre accompagné, avec des temps d’activités, de formation et d’échange.

Les assistantes maternelles, une piste pour augmenter les places

Le développement de l’accueil individuel pourrait constituer une réponse complémentaire aux crèches collectives.

À Mayotte, le métier d’assistante maternelle a été officiellement reconnu récemment. Plus d’une centaine de personnes auraient suivi une formation, mais moins d’une vingtaine exerçaient réellement le métier, selon les responsables du projet Wasafiri cités par Les Pros de la Petite Enfance. Parmi les difficultés évoquées figurent notamment les conditions de logement, les démarches administratives et la méconnaissance du métier par certaines familles.

Le principe de la crèche familiale permettrait justement de sécuriser davantage cette activité. Les professionnelles pourraient bénéficier d’un accompagnement et de lieux dédiés pour organiser des activités avec les enfants.

Cette solution ne remplacerait pas les crèches classiques, mais elle pourrait permettre d’élargir progressivement l’offre d’accueil.

Un enjeu pour l’emploi des parents

La question des crèches dépasse donc largement le domaine de la petite enfance.

Pour une mère ou un père qui souhaite travailler, l’absence de solution de garde peut devenir un véritable frein à l’emploi. Une place en crèche peut permettre d’accepter un poste, de respecter des horaires professionnels ou de suivre une formation.

À l’inverse, lorsqu’une famille doit s’organiser seule pour garder un bébé, l’un des parents peut être contraint de réduire son activité professionnelle ou de renoncer temporairement à travailler.

Le développement des structures d’accueil peut donc avoir des conséquences directes sur l’emploi et sur l’autonomie économique des familles.

Des efforts qui doivent se poursuivre

L’ouverture annoncée de nouvelles structures montre que la question commence à être davantage prise en compte. Mais avec seulement quelques centaines de places disponibles pour l’ensemble du territoire, le chemin reste important.

La première crèche municipale de Mamoudzou représente un symbole fort. Elle montre que les collectivités peuvent investir directement dans la petite enfance et proposer des solutions adaptées aux réalités locales.

Mais les familles attendent désormais que d’autres projets suivent.

Dans les quartiers de Mamoudzou comme dans les autres communes de l’île, la demande ne concerne pas uniquement les places disponibles aujourd’hui. Elle concerne aussi les années à venir.

Une rentrée sous le signe de l’attente

Pour les parents, la rentrée 2026 sera donc à la fois une période d’espoir et d’incertitude. Espoir pour ceux qui obtiendront une place, incertitude pour ceux qui devront encore chercher une solution.

Le développement des crèches à Mayotte représente un enjeu essentiel pour les enfants, mais aussi pour leurs parents et pour l’ensemble du territoire.

Les jeunes enfants ont besoin d’un accueil sécurisé, adapté à leur âge et encadré par des professionnels. Les parents, eux, ont besoin de pouvoir travailler, se former et construire leur avenir sans que la garde de leur enfant devienne un obstacle insurmontable.

La rentrée 2026 pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans le développement de la petite enfance à Mayotte. L’ouverture de la crèche municipale de M’Gombani, les projets annoncés dans d’autres quartiers et les initiatives autour des assistantes maternelles constituent des signes encourageants.

Mais pour répondre réellement aux besoins des familles, il faudra poursuivre les investissements, former davantage de professionnels et multiplier les solutions d’accueil.

À Mayotte, la question des crèches n’est donc pas seulement celle de quelques dizaines de berceaux supplémentaires. C’est une question de politique familiale, d’emploi, d’égalité des chances et d’avenir pour les enfants du territoire.

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Rentrée scolaire 2026-2027 à Mayotte : entre espoir et inquiétudes, les parents veulent des garanties

Rentrée scolaire 2026-2027 à Mayotte : entre espoir et inquiétudes, les parents veulent des garanties
* image d'illustration générée par ia

La rentrée scolaire 2026 à Mayotte est fixée au lundi 24 août. Entre 115 000 et 117 000 élèves sont attendus dans les établissements scolaires du territoire. Après une année 2025 marquée par des tensions et des difficultés de sécurité, les parents abordent cette nouvelle rentrée avec autant d’attentes que d’appréhensions.

Dans les magasins, le dernier rush avant la rentrée

À quelques jours de la rentrée, la course aux fournitures scolaires bat son plein. À la Maison des livres, les parents se pressent dans les rayons, panier à la main, à la recherche des derniers articles manquants.

Pour Weena Lapierre, mère de famille, les achats touchent à leur fin : « Je suis sur la fin, donc je prends surtout ce qui me manque, ce que je n’ai pas pu avoir durant les vacances. »

Mais derrière les fournitures scolaires et les préparatifs de rentrée, les préoccupations sont nombreuses.

La sécurité, première source d’inquiétude

L’année scolaire 2025 a été marquée par plusieurs épisodes de violences et d’insécurité, notamment des caillassages de bus et des attaques aux abords de certains établissements. Une situation qui reste dans les esprits des familles.

Cette année, le fils de Weena Lapierre fera son entrée au collège de Tsoundzou 2. Pour sa mère, la sécurité demeure la principale source d’inquiétude : « J’ai beaucoup de craintes par rapport à mon fils parce qu’il va au collège de Tsoundzou 2. C’est surtout au niveau de la sécurité. C’est le thème qui revient chaque année et qui est constant tout au long de l’année. »

Elle espère ainsi voir davantage de mesures de sécurité afin que les élèves puissent étudier dans de meilleures conditions : « On s’attend à ce qu’il y ait plus de sécurité et que leur année se passe dans de meilleures conditions. »

Pour accompagner son fils au mieux, la mère de famille entend rester mobilisée, suivre l’actualité de l’établissement et rester à l’écoute.

Des parents qui réclament davantage de suivi

La sécurité n’est toutefois pas la seule préoccupation des familles. Pour cette grande sœur de deux petits frères, qui souhaite rester anonyme, l’enjeu est également pédagogique et culturel.

Elle souhaite notamment davantage de suivi des élèves, plus de devoirs à la maison ainsi que davantage d’événements scolaires et culturels. « Je souhaite plus de suivi, car je constate que le niveau est très bas. Le manque de suivi est dû au manque d’infrastructures et d’investissement des parents », estime-t-elle.

Derrière ces attentes se dessine une même volonté : offrir aux enfants un accompagnement plus régulier et un cadre scolaire plus stimulant.

Un territoire scolaire confronté à la hausse des effectifs

Selon les données du rectorat de Mayotte, le premier degré compte 186 écoles maternelles, élémentaires et primaires, réparties dans 11 circonscriptions. Chacune accueille entre 4 500 et 6 000 élèves. Les effectifs des établissements maternels ont légèrement progressé.

Dans le second degré, le territoire compte 22 collèges et 11 lycées polyvalents. Les effectifs y sont également en constante augmentation, notamment dans les lycées. Face à cette progression, le rectorat poursuit notamment ses actions de lutte contre le décrochage scolaire.

Pour répondre aux besoins d’une population scolaire toujours plus nombreuse, plusieurs chantiers de construction, de rénovation et d’agrandissement d’établissements sont en cours sur le territoire.

Le rectorat précise toutefois que ces chiffres correspondent aux données de 2025 et qu’ils ont depuis évolué. Les effectifs actualisés seront connus au moment de la rentrée.

Une rentrée sous surveillance

À quelques jours du retour en classe, les parents de Mayotte ne demandent donc pas seulement des fournitures et des salles de classe. Ils attendent surtout des garanties sur la sécurité, le suivi pédagogique et les conditions d’apprentissage de leurs enfants.

Le lundi 24 août, les quelque 115 000 à 117 000 élèves attendus retrouveront le chemin de l’école. Pour leurs familles, cette nouvelle année scolaire devra surtout être synonyme de stabilité, de sécurité et de réussite.

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Vie étudiante : les Mahorais en première ligne face à la hausse des dépenses

Vie étudiante : les Mahorais en première ligne face à la hausse des dépenses

Éloignement familial, billets d’avion, loyers et alimentation : pour les étudiants mahorais qui poursuivent leurs études dans l’Hexagone ou ailleurs, la hausse générale du coût de la vie s’ajoute aux dépenses propres à la mobilité ultramarine. L’Unef dénonce leur oubli dans les politiques publiques.

Quitter Mayotte pour étudier représente souvent une nécessité, faute de formations disponibles sur le territoire. Mais ce départ a un prix. Alors que le coût de la vie étudiante augmente encore en 2026, les jeunes Mahorais doivent composer avec des dépenses supplémentaires liées à l’éloignement, au transport aérien et à l’installation loin de leur famille.

Dans son enquête annuelle publiée lundi 17 août, l’Unef estime que les étudiants ultramarins sont les « grands oubliés des politiques publiques ». Selon le syndicat, ils dépensent entre 314 et 408 euros de plus par an que les étudiants de l’Hexagone. Un surcoût qui ne traduit toutefois qu’une partie des difficultés rencontrées par les jeunes originaires de Mayotte.

Un budget mensuel de plus en plus difficile à tenir

En 2026, le coût de la vie étudiante a progressé de 1,66% en un an et de plus de 35% depuis 2017, d’après l’Unef. Après déduction des aides éventuelles, le reste à charge atteint désormais 1 300 euros par mois en moyenne, soit 74 euros de plus qu’en 2025.

Cette hausse est principalement alimentée par le logement. Dans le parc privé, le loyer moyen s’élève à 627,11 euros par mois, en progression de 2,87%. En résidence Crous, il atteint 426,36 euros, soit une augmentation de 1,04%. Les transports et l’alimentation continuent également de peser davantage sur les budgets.

Pour les étudiants mahorais, ces dépenses ordinaires s’accompagnent de frais particuliers : transport des bagages, installation dans un nouveau logement ou encore déplacements pour rentrer à Mayotte. Le coût et la distance peuvent limiter les retours auprès de la famille, notamment pendant les vacances universitaires.

Partir étudier, une contrainte plus qu’un choix

La situation des étudiants mahorais est directement liée à l’offre de formation disponible à Mayotte. Si le territoire dispose d’établissements d’enseignement supérieur, de nombreux cursus restent accessibles uniquement à La Réunion ou dans l’Hexagone.

Les jeunes concernés doivent ainsi apprendre à vivre seuls, parfois à plusieurs milliers de kilomètres de leur entourage, tout en accomplissant des démarches administratives complexes. La recherche d’un logement, l’accès aux aides, l’ouverture de droits ou la constitution d’un dossier de bourse peuvent devenir autant d’obstacles supplémentaires.

À ces difficultés matérielles peuvent s’ajouter l’isolement, l’éloignement culturel et le manque de réseaux sur le lieu d’arrivée. Une hausse de quelques dizaines d’euros peut alors fragiliser un budget déjà serré et contraindre certains étudiants à travailler parallèlement à leurs études.

« Ces chiffres catastrophiques cachent des vies d’étudiants qui doivent travailler en parallèle ou abandonner leurs études parce qu’ils n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins », alerte Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef.

Des aides jugées insuffisantes face aux réalités ultramarines

Le syndicat critique plus largement le recul de l’intervention publique dans l’enseignement supérieur. Il cite le sous-financement des universités, les restrictions budgétaires touchant les Crous, l’abandon de la réforme des bourses et le manque persistant de logements étudiants.

Les frais d’inscription ont eux aussi augmenté. Selon l’Unef, ils ont progressé de 37% depuis 2017, notamment en raison de la contribution de vie étudiante et de campus. Créée en 2018 à 90 euros, la CVEC doit atteindre 105 euros à la prochaine rentrée.

Pour les étudiants mahorais, la question dépasse donc la seule inflation. Elle touche à l’égalité d’accès aux études supérieures. Sans dispositifs prenant réellement en compte l’éloignement géographique, le prix des déplacements et les frais d’installation, poursuivre une formation hors de Mayotte risque de rester un parcours réservé aux familles capables d’en supporter le coût.

Derrière les moyennes nationales se dessine ainsi une réalité particulière : celle de jeunes qui doivent quitter leur territoire pour accéder à certaines formations, mais auxquels les politiques étudiantes n’offrent pas toujours les moyens financiers de cette mobilité.

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Jusqu’à 5 000 euros d’aides pour accompagner l’excellence sportive

Jusqu’à 5 000 euros d’aides pour accompagner l’excellence sportive

Le Département-Région de Mayotte renforce son dispositif en faveur des sportifs de haut niveau et des Jeunes Talents Mahorais. Adoptée à l’unanimité le 30 juin 2026, la nouvelle délibération prévoit un accompagnement financier destiné à faciliter la réussite sportive, scolaire et professionnelle des jeunes athlètes du territoire.

Le sport mahorais franchit une nouvelle étape. Réunie en Assemblée plénière le 30 juin 2026, l’Assemblée de Mayotte a adopté à l’unanimité une délibération visant à modifier et remplacer le dispositif d’intervention en faveur du développement de l’excellence sportive.

À travers cette évolution, le Département-Région entend mieux accompagner les sportifs mahorais engagés dans une trajectoire vers le haut niveau, tout en leur permettant de préserver leur parcours scolaire, leur formation et leur future insertion professionnelle.

Les Jeunes Talents Mahorais au cœur du dispositif

Le programme des Jeunes Talents Mahorais (JTM) occupe une place centrale dans cette nouvelle politique sportive. Il s’adresse notamment aux jeunes athlètes engagés dans un parcours d’accès au haut niveau au sein de structures reconnues : Pôles France, Pôles Espoirs, CREPS, INSEP, centres de formation de clubs professionnels, ou encore sportifs inscrits sur les listes ministérielles de haut niveau.

Pour bénéficier du dispositif, les athlètes doivent notamment suivre un cursus au sein d’une structure identifiée dans un parcours fédéral d’excellence ou de performance. Lorsqu’elle s’applique, l’inscription sur une liste ministérielle dans la discipline concernée est également requise. Le jeune doit par ailleurs justifier d’un cursus scolaire ou d’une formation diplômante en cours de validité.

L’accompagnement peut s’étendre sur une durée maximale de six ans, afin de donner aux jeunes sportifs le temps nécessaire pour construire leur progression vers le haut niveau.

Des aides pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros

Au-delà de l’accompagnement sportif, le nouveau dispositif cherche à lever les freins financiers auxquels sont confrontés les jeunes athlètes éloignés de leur territoire ou engagés dans des compétitions et stages réguliers.

Parmi les principales mesures figurent notamment :

  • 4 000 euros pour les athlètes inscrits sur la liste Élite ;
  • 2 000 euros pour les sportifs inscrits dans la catégorie Espoir ;
  • jusqu’à 4 400 euros pour les frais liés aux référents familiaux ;
  • jusqu’à 5 000 euros par an pour certains frais pédagogiques, notamment l’hébergement et la restauration dans des structures fédérales labellisées ;
  • jusqu’à 5 000 euros pour les déplacements liés aux stages et compétitions des athlètes Élite ;
  • jusqu’à 3 000 euros pour les déplacements des sportifs inscrits en Pôle Espoir.

Des aides spécifiques sont également prévues pour les déplacements nécessaires aux tests d’entrée dans les centres de formation des clubs professionnels, offrant ainsi aux jeunes Mahorais davantage de possibilités de se faire repérer et d’intégrer les filières de haut niveau.

Faire du sport un tremplin vers la réussite

Avec cette réforme, le Département-Région affiche une ambition qui dépasse la seule performance sportive. Il s’agit de permettre aux jeunes Mahorais de viser l’excellence tout en sécurisant leur avenir.

Sport, études et insertion professionnelle constituent ainsi les trois piliers d’un accompagnement destiné à éviter que les contraintes financières ne compromettent la carrière ou la formation des athlètes.

Cette politique vise également à renforcer la visibilité du territoire et à contribuer au rayonnement de Mayotte à travers les performances de ses sportifs.

Les demandes à déposer en ligne

Les sportifs souhaitant bénéficier de ces aides doivent déposer leur demande en ligne sur le portail du Département-Région de Mayotte, « Le Département soutient mon projet », durant les périodes d’ouverture des campagnes.

Pour les aides individuelles liées au dispositif d’excellence sportive, les dossiers doivent être déposés avant le 31 mars 2027.

Concernant les primes aux podiums, la demande doit être effectuée dans un délai maximal de deux mois suivant la fin de la compétition.

Les dossiers sont ensuite instruits par la Direction de la Jeunesse et des Sports avant d’être examinés par la commission compétente.

Avec ce nouveau dispositif, Mayotte entend donc donner davantage de moyens à celles et ceux qui portent ses couleurs sur les terrains, dans les salles et sur les podiums, tout en préparant leur réussite bien au-delà de leur carrière sportive.

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SGTM dénonce les accusations et réagit sur l’affaire des dockers

SGTM dénonce les accusations et réagit sur l’affaire des dockers

Nous faisons suite à l’article publié dans Flash Infos n°6179 du lundi 17 août 2026, intitulé «Des dockers réclament des rémunérations impayées depuis 2023 », dont plusieurs passages mettent directement en cause la SGTM ainsi que son président, Monsieur Michel LABOURDERE. Compte tenu de la gravité des accusations ainsi relayées, qui sont de nature à porter atteinte à l’image, à la réputation et à l’honorabilité de la société comme de son président, et afin de rétablir auprès de vos lecteurs la réalité des faits, nous vous demandons de bien vouloir publier, dans les meilleurs délais et dans des conditions de visibilité équivalentes à celles de l’article précité, le présent droit de réponse.

SGTM conteste avec la plus grande fermeté les allégations relayées dans l’article intitulé « Des dockers réclament des rémunérations impayées depuis 2023 » publié dans l’édition Flash Infos du 17 août 2026.

Contrairement à ce que la présentation de cette affaire peut laisser entendre, SGTM n’est pas implantée aux Comores, n’y dispose d’aucune filiale ni succursale et n’y emploie aucun personnel.

Les opérations commerciales de la compagnie aux Comores sont assurées par l’Agence JAFFAR, société locale juridiquement distincte intervenant en qualité d’agent et mandataire billetterie de SGTM.

À notre connaissance, les agents manutentionnaires mobilisés au sein du port de Mutsamudu sont employés par la Société Comorienne des Ports (SCP). SGTM n’est l’employeur d’aucune des personnes à l’origine des réclamations relatées dans votre article et n’est débitrice d’aucune rémunération à leur égard.

SGTM conteste également formellement l’affirmation selon laquelle Monsieur Mohamed JAFFAR agirait, dans ce cadre, « sous l’autorité » de Monsieur Michel LABOURDERE.

Plus grave encore, votre article relaie l’affirmation selon laquelle Monsieur Michel LABOURDERE verserait régulièrement à Monsieur Mohamed JAFFAR des sommes destinées à rémunérer ces travailleurs et que celles-ci ne leur parviendraient pas. Cette allégation est catégoriquement démentie. Votre rédaction reconnaît d’ailleurs elle-même, qu’«aucun élément communiqué à ce stade ne permet toutefois de corroborer ces affirmations».

SGTM considère qu’il est particulièrement grave que de telles accusations visant directement son président soient ainsi portées à la connaissance du public alors même que votre rédaction indique ne disposer d’aucun élément permettant de les corroborer.

Enfin, Monsieur Michel LABOURDERE conteste avoir reçu la prétendue mise en demeure du 31 juillet 2026 mentionnée dans l’article ; Il n’a par ailleurs jamais été personnellement saisi d’une réclamation de cette nature.

SGTM ne peut accepter que son nom, celui de son président et sa réputation soient associés à des accusations de cette gravité sur la seule base de déclarations anonymes et non étayées.

La compagnie demande en conséquence que le présent droit de réponse soit publié dans les meilleurs délais et bénéficie d’une visibilité proportionnée à celle accordée aux accusations auxquelles il répond.

La SGTM et son président se réservent le droit d’engager toute poursuite qu’ils jugeraient nécessaire afin de préserver leurs droits, leur image et leur réputation.

Salim Kevin, le dessin comme moteur

Salim Kevin, le dessin comme moteur

À 19 ans, Salim Kevin dessine pour s’exprimer, se concentrer et surtout se dépasser. Depuis ses premiers gribouillages au collège de M’tsamboro, le jeune habitant de Barakani n’a cessé de perfectionner son trait. Au sein du GEM de Combani, il nourrit aujourd’hui le rêve de faire de son talent un métier.

« L’essentiel pour un artiste, c’est de reconnaître ses torts et de s’améliorer. » À 19 ans, Salim Kevin a déjà fait de cette phrase une véritable ligne de conduite. Originaire de Barakani, à Ouangani, le jeune homme se rend régulièrement à Combani, dans les locaux de Mlezi Maoré, où il participe aux activités du Groupe d’entraide mutuelle (GEM). C’est ici qu’il trouve un espace pour pratiquer son art, mais aussi pour s’ouvrir aux autres et s’évader.

Le dessin occupe une place particulière dans sa vie. Tout a commencé au collège de M’tsamboro, lorsqu’il était en cinquième. À l’époque, Salim Kevin avait du mal à se concentrer en classe. Alors, il gribouillait sur ses cahiers. « Au fur et à mesure, c’est devenu ma passion », raconte-t-il. Ses camarades ont fini par le surnommer « le dessinateur ». Il passe alors de plus en plus de temps à dessiner, notamment des personnages de Dragon Ball, qu’il reproduit en s’inspirant de vidéos de Son Goku.

C’est à ce moment-là qu’il comprend qu’il pourrait aller plus loin. « Quand j’ai commencé à dessiner, je dessinais magnégné, mais je me suis toujours dit que je pouvais encore faire mieux, que je pouvais faire autrement. » Plus il pratique, plus son envie de progresser grandit. Son parcours connaît toutefois une interruption en classe de troisième. Après cette pause, il reprend le dessin et poursuit son apprentissage avec la même volonté de se dépasser.

Aujourd’hui, il alterne les portraits et les paysages et travaille avec différents matériaux, notamment le stylo et la peinture. Son dessin préféré est un portrait à l’atmosphère sinistre, travaillé et affiné au stylo. Mais le jeune artiste sait qu’il doit encore progresser. « Je suis limité concernant les matériaux. Je me vois faire mieux, mais je fais avec ce que j’ai. » Pour lui, ces contraintes ne sont pas un frein définitif : elles l’obligent à chercher d’autres manières de créer.

Sur sa main droite, une brûlure laisse une marque visible. Elle date du cyclone Chido. Certains la trouvent « moche », mais Salim Kevin, lui, porte un autre regard sur cette cicatrice. « Moi, je trouve ça stylé. » Il souhaite transformer cette trace en force, à l’image de sa manière d’aborder le dessin : partir de ce qui existe et en faire quelque chose de personnel.

Du gribouillage à la passion

Pour lui, dessiner est avant tout une manière de se sentir libre. « C’est une manière pour moi de me sentir libre et d’exprimer ce que je ressens », explique-t-il. Le dessin lui permet également de se concentrer. Au sein du GEM, il trouve ainsi un cadre dans lequel il peut pratiquer régulièrement et continuer à étoffer sa technique. Il s’y rend plusieurs fois par semaine, avec l’envie de progresser encore.

Son ambition dépasse toutefois la simple pratique artistique. Salim Kevin aimerait faire de son talent un véritable métier. Il rêve de devenir dessinateur, mais aussi de pouvoir aider sa famille et « sortir du besoin ». Une réussite qui, pour lui, passerait nécessairement par le travail et la persévérance.

Il garde également en tête un autre rêve : exposer ses œuvres. Une première occasion se présente le 5 octobre prochain, lors d’une rencontre réunissant les différents GEM de Mayotte. Une étape importante pour celui qui considère le dessin comme « son seul moyen de s’ouvrir et de s’évader ».

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Travaux sur la canalisation Chiconi-Sada : des coupures d’eau ce mardi

Travaux sur la canalisation Chiconi-Sada : des coupures d’eau ce mardi

Des perturbations de la distribution d’eau sont prévues ce mardi 18 août dans plusieurs communes du sud de Mayotte, en raison de travaux de raccordement de la future canalisation Chiconi-Sada. La SMAE indique que la canalisation alimentant le réservoir de Chirongui depuis celui de Chiconi doit être coupée.

À Bambo-Ouest, Hagnoudrou, Mramadoudou, Mbouénatsa, Poroani et Kani-Kéli, la remise en eau, initialement prévue à 10h, est ainsi repoussée à 16h. À Chiconi, la coupure intervient dès 6h, au lieu de 16h. L’eau doit être rétablie à la fin des travaux avant une nouvelle interruption mercredi à 6h.

Des coupures anticipées sont également possibles à Miréréni, Chirongui, Mzouazia, Bouéni Haut, Moinatrindri Bas et Kani-Bé si le niveau des réservoirs baisse fortement. Lors de la remise en eau, la SMAE recommande de laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit claire et de la faire bouillir pour les usages alimentaires durant la première demi-journée.

À Bouéni, le projet de réaménagement de la traversée du village soumis au public

À Bouéni, le projet de réaménagement de la traversée du village soumis au public

Le projet d’aménagement de la traversée d’agglomération de Bouéni va être soumis à la consultation du public. Le Département-Région de Mayotte prévoit de réorganiser cet axe afin notamment de sécuriser les déplacements des modes doux, aujourd’hui souvent en conflit avec la circulation automobile. Le dossier d’autorisation environnementale va désormais être soumis à la consultation du public.

Le dossier sera consultable du lundi 24 août au mardi 22 septembre 2026 inclus, à la mairie de Bouéni, pendant ses horaires d’ouverture. Un registre papier permettra aux habitants de prendre connaissance du projet et d’y consigner leurs observations. À l’issue des trente jours de consultation, le registre sera clos par le maire puis transmis au préfet de Mayotte.

Composteurs gratuits : les habitants de Petite-Terre ont jusqu’au 20 août pour en profiter

Composteurs gratuits : les habitants de Petite-Terre ont jusqu’au 20 août pour en profiter

Derniers jours pour les habitants de Petite-Terre souhaitant s’équiper gratuitement d’un composteur individuel. La Communauté de Communes de Petite-Terre (CCPT) poursuit, jusqu’au jeudi 20 août 2026, une opération destinée à encourager le compostage domestique et à réduire la quantité de déchets ménagers produits. L’offre est toutefois limitée aux stocks disponibles.

Les habitants intéressés doivent transmettre leur demande par courriel à contact-dechets@ccpt.yt, en joignant obligatoirement une copie de leur pièce d’identité ainsi qu’un justificatif de domicile. Après réception et étude des dossiers, le service Environnement de la CCPT contactera les bénéficiaires afin de fixer une date de remise du composteur.

La distribution se fera au Service technique de la CCPT, sur rendez-vous et sur présentation d’une pièce d’identité. L’opération est exclusivement réservée aux habitants de Petite-Terre, avec un composteur attribué par foyer.

La CCPT précise que les équipements proposés proviennent d’un ancien stock. Certains composteurs peuvent ainsi présenter des défauts esthétiques ou de légères déformations. Ces imperfections ne compromettent toutefois pas leur utilisation pour le compostage domestique.

À travers cette initiative, la collectivité entend accompagner les habitants dans l’adoption de gestes simples et accessibles en faveur de la réduction des déchets. Le compostage permet en effet de valoriser directement une partie des déchets organiques produits au quotidien, tout en limitant leur quantité dans les poubelles ménagères.

Les personnes intéressées sont donc invitées à ne pas attendre : les demandes doivent être envoyées au plus tard le 20 août, dans la limite des stocks disponibles.

À retenir :

  • Opération du 5 au 20 août 2026 ;
  • demande par courriel à contact-dechets@ccpt.yt ;
  • pièce d’identité et justificatif de domicile obligatoires ;
  • un composteur par foyer ;
  • remise au Service technique de la CCPT, sur rendez-vous ;
  • composteurs disponibles dans la limite des stocks.

À Dzoumogné, plus de 100 habitations du quartier Maevantana-Majimbini promises à la démolition

À Dzoumogné, plus de 100 habitations du quartier Maevantana-Majimbini promises à la démolition

128 constructions du quartier Maevantana-Majimbini, à Dzoumogné, sont déclarées insalubres. Selon un arrêté préfectoral du 24 juillet, 104 d’entre elles, soit 81 % doivent être démolies en raison de leur état jugé irrémédiable.

La procédure avait été engagée il y a deux ans par l’ancienne municipalité de Bandraboua. Le quartier Maevantana-Majimbini, situé à proximité du centre médical de référence (CMR) de Dzoumogné, avait alors été signalé aux autorités afin d’être déclaré insalubre.

L’arrêté préfectoral pris le 24 juillet, et publié le 13 août, vient désormais officialiser ce périmètre insalubre et détaille le sort de 128 constructions. Le diagnostic de l’Agence régionale de santé, établi en octobre 2024, fait état de logements exposant leurs occupants à de nombreux risques : insuffisance ou absence des réseaux d’eau potable, d’assainissement et d’électricité, difficultés de voirie ou encore exposition aux risques naturels.

À l’intérieur des logements, les autorités relèvent également des défauts d’aération et d’éclairage, des constructions sommaires en bois et en tôle, l’absence de fenêtres ou encore le défaut de raccordement aux principaux réseaux. Parmi les conséquences possibles figurent des maladies infectieuses, hydriques ou respiratoires, mais aussi des risques de chute, d’électrocution et d’incendie.

Le Coderst, consulté le 2 juillet, a estimé qu’il était possible de remédier à l’insalubrité de seulement 19 % des constructions. Pour les 81 % restantes, la démolition ou l’interdiction d’habiter a été retenue.

104 démolitions et 24 logements à réhabiliter

Dans le détail, 104 constructions doivent être démolies. Une est une habitation régulière, 92 ont été édifiées sans droit ni titre et onze autres, également sans droit ni titre, sont données à bail.

Pour ces constructions irrémédiablement insalubres, la démolition doit intervenir dans un délai de six mois et l’interdiction définitive d’habiter dans un délai de trois mois. Lorsque des locataires sont concernés, leur bailleur doit leur proposer une solution de relogement adaptée à leurs ressources et à leurs besoins. En cas de défaillance, le relogement devra être assuré par la personne publique à l’initiative de l’opération, ou par son concessionnaire.

À l’inverse, 24 constructions pourront être conservées à condition de faire l’objet de travaux. Vingt sont occupées par les personnes à l’origine de leur construction et quatre sont données à bail. Les prescriptions portent notamment sur l’aération, l’étanchéité, les installations sanitaires et électriques ou encore l’évacuation des eaux usées et pluviales.

Ces travaux devront eux aussi être réalisés dans un délai de six mois. À défaut, une mise en demeure pourra être adressée aux occupants ou aux bailleurs. Si elle reste sans effet, l’administration pourra aller jusqu’à interdire définitivement l’habitation et ordonner la démolition du bâtiment.

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1 mort dans le naufrage d’un « kwasa » entre Anjouan et Mayotte

1 mort dans le naufrage d’un « kwasa » entre Anjouan et Mayotte
En poursuivant un kwassa jusqu’à Mayotte, à proximité immédiate de l'îlot de Mtsamboro, la garde-côtes comorienne a violé l’espace maritime français et la souveraineté de la France. (Photo d’illustration).

Partie avec 11 migrants clandestins à son bord, une embarcation de fortune aurait chaviré en mer entre Anjouan et Mayotte, dimanche 16 août 2026, faisant un mort parmi les passagers. Les rescapés auraient accusé une patrouille des garde-côtes comoriens d’avoir délibérément provoqué le drame en tentant de stopper l’embarcation contre la volonté de son conducteur.

Drame en mer, ce dimanche, dans le bras de mer d’environ 70 km qui sert de frontière entre Mayotte et l’île d’Anjouan (Union des Comores). L’information, qui comporte encore de nombreuses zones d’ombre, fait la Une de plusieurs médias de l’Hexagone (AFP, Le Monde, Le Figaro, 20 Minutes, Ouest-France, Sud-Ouest, Memento).

Un migrant aurait perdu la vie dans le chavirement d’une embarcation de type « kwasa », après que celle-ci aurait été prise en chasse par une patrouille des garde-côtes comoriens. Selon les informations fournies par les rescapés de ce drame en mer, 11 ressortissants comoriens avaient cherché à entrer illégalement sur le territoire de Mayotte au moyen de cette embarcation.

En cours de route, ils seraient tombés sur une patrouille des garde-côtes de leur propre pays, qui aurait tenté de les arraisonner. Le conducteur du kwasa ayant volontairement ignoré les injonctions des militaires comoriens de s’arrêter, une course-poursuite se serait alors engagée. Dans des circonstances qui restent encore floues, une personne aurait perdu la vie au cours de cette manœuvre. Les survivants auraient ensuite réussi à atteindre Mayotte, en accostant sur l’îlot de Mtsamboro, à la pointe nord du 101e département français.

C’est à cet endroit précis qu’ils auraient été récupérés et secourus par les autorités compétentes en matière de lutte contre l’entrée illégale sur le territoire national.

Que s’est-il exactement passé dans cette affaire ? « Mystère et boule de gomme » ! Ce qui semble en revanche confirmé, c’est que, pour une fois, aucun élément ne permet à ce stade de mettre en cause les services français, traditionnellement accusés, à tort ou à raison, de provoquer les naufrages de ce genre d’embarcations tentant d’atteindre les côtes mahoraises.

Côté comorien, des accusations similaires sont régulièrement portées à l’encontre des garde-côtes, dont « certains responsables monnaieraient le droit de passage auprès des organisateurs des filières de migration clandestine depuis l’île d’Anjouan ». Une accusation récurrente au sein des communautés comoriennes installées à Mayotte, bien qu’aucun élément n’ait, à ce jour, permis de l’étayer depuis plusieurs années.

Bien qu’elle soit particulièrement meurtrière, cette voie migratoire demeure la plus prisée des candidats à l’émigration vers Mayotte en provenance ou en transit des Comores, qu’ils soient comoriens, ressortissants d’Afrique continentale, arabes ou malgaches.

C’est d’ailleurs dans ce contexte particulier que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) tente, depuis une semaine, de sensibiliser les communautés malgaches du Boeny (province de Majunga) – qui entretiennent de fortes affinités culturelles et historiques avec les Mahorais – aux risques des traversées vers Mayotte, rapporte le média en ligne 2424.mg.

Dans un article publié il y a cinq jours, ce média explique qu’une campagne de sensibilisation a été lancée lundi dernier, en partenariat avec la police et les douanes malgaches, « dans le but de prévenir les départs irréguliers et mieux protéger les populations exposées aux risques de la migration maritime ».

Programmée pour durer cinq jours, cette campagne de sensibilisation aurait visé les communautés locales sur cinq sites, en ciblant notamment les femmes et les jeunes. Selon nos confrères de 2424.mg, cette action de sensibilisation aurait porté sur « les dangers des traversées maritimes vers Mayotte, les comportements à adopter en cas d’incident en mer et les moyens de signaler une situation à risques ».

Les autorités comoriennes, qui s’emmurent dans un déni de leur responsabilité première dans le départ de leurs ressortissants vers Mayotte, seraient bien inspirées d’imiter ce type de campagne de sensibilisation.

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La députée de Mayotte Anchya Bamana exige le respect des plans initiaux de développement du CHM

La députée de Mayotte Anchya Bamana exige le respect des plans initiaux de développement du CHM

Anchya Bamana se donne le temps d’aller à la rencontre de ses concitoyens pour entendre leurs doléances, mais aussi leurs critiques sur la situation désastreuse qu’ils subissent depuis le cyclone Chido, voire bien avant. Dans le respect de la loi et des prérogatives que lui confère sa charge de parlementaire, elle ne cesse de multiplier les déplacements sur le terrain pour s’imprégner des réalités et vérifier les faits qui lui sont rapportés. Elle interpelle des responsables de services et s’informe de l’avancement de certains projets, à défaut d’en connaître les causes de blocage ou de ralentissement.

Flash Infos : Si vous le permettez, parlons de la refondation de Mayotte, sur laquelle vous exprimez des inquiétudes. Vous vous inquiétez de la tournure que prend ce fameux projet de refondation de Mayotte, n’est-ce pas ?

Anchya Bamana : Il aurait fallu commencer par entendre les intéressés, les Mahorais. Mais il n’y a rien de tout cela. On n’écoute pas les Mahorais. On a conçu pour Mayotte une logique de développement. Le général Facon nous l’a vendue cousue de fil blanc. C’est comme ça. Rien ne se fait.

Je fais partie du comité de suivi de la refondation de Mayotte. C’est même pour cela que je vous pose cette question. J’ai écrit récemment à tous les journalistes. Je l’ai dit en pleine réunion, le 31 mars 2026, si mes souvenirs sont bons. C’était la deuxième réunion du comité de suivi à Paris, et je l’ai dit clairement : « La méthode qui a été mise en place par le président du comité n’était pas du tout fonctionnelle. Nous sommes des parlementaires. La Constitution nous donne une prérogative nous permettant de contrôler l’action du gouvernement, l’action de l’État, de demander des comptes à l’État. »

Je ne comprends donc pas pourquoi les services de l’État, thématique par thématique, ne viennent pas à la commission pour nous dire : voilà, en matière de système de santé, voilà ce qui a été prévu, voilà ce qui a été fait à ce jour, le calendrier, qui fait quoi, comment, quelles sont les difficultés, pour que nous puissions, nous, au comité, prendre connaissance des blocages des dossiers et avancer. C’est ça, moi, ma vision du comité.

Ce n’est pas de faire lire au président du comité des notes techniques transmises par les services de l’État au président, sans chiffres ni rien, sans aucune transparence ni visibilité, et de voir le président lire des notes qui n’apportent aucune information.

C’est la raison pour laquelle j’ai écrit, le 31 mars, au soir même de la deuxième réunion du comité, un courrier au président pour lui dire que je contestais complètement la méthodologie qui avait été mise en place pour faire fonctionner ce comité. Ce comité est inutile en l’état actuel des choses. Et, dans mon courrier, que je vous transmettrai, je lui dis clairement ce qu’il faut faire dans l’état actuel des choses.

C’est un comité inutile qui ne donne aucune information mesurable, chiffrée, thématique par thématique, pour nous permettre, à nous, parlementaires, d’exercer notre mission de contrôle sur l’action de l’État. Il ne se passe rien. Il n’y a même pas de compte rendu de réunion provenant de ce comité.

F.I. : Parlez-vous sérieusement, Madame la députée ? C’est très grave, ce que vous affirmez-là. En avez-vous conscience ?

A.B. : À ce jour, il y a eu une première réunion d’installation en décembre 2025 par Mme Naïma Moutchou. La ministre a installé le comité en décembre 2025, à l’occasion du premier anniversaire du cyclone Chido.

Par la suite, il y a eu deux réunions. Aucun compte rendu de ces trois réunions, alors que j’en demande depuis la dernière réunion. Comment peut-on avancer dans les discussions quand on n’a même pas les comptes rendus des réunions ? « Circulez, il n’y a rien à voir. »

Donc, rien ne marche. On a voté les lois, on nous a promis 4 milliards d’euros, et on divise ces 4 milliards sur six ans. Nous avons droit à 700, un peu plus de 700 millions d’euros par an.

On va juste les débloquer pour réaliser les projets de ce territoire. À ce jour, rien ne s’y passe ! Rien de rien ! Pour moi, je suis là pour dire ce qui se passe, pour demander des comptes. C’est pour ça que j’écris tous les jours aux ministres pour demander ces comptes, parce que rien ne se fait à Mayotte. En parlant de comptes à demander, les Mahorais demandent des comptes s’agissant de leur santé, de leur vie en général et de leurs contraintes en matière de soins médicaux.

Avec une logique indiscutable, ils voudraient pouvoir se soigner chez eux. Les langues se délient. Ils disent même qu’on a investi des sommes assez importantes dans des dispositifs pour les empêcher volontairement de fonctionner par la suite, mais aussi pour justifier des dépenses injustifiables.

F.I. : Justement, quelle est votre opinion sur ce système de santé qui ne fonctionne pas ?

A.B. : C’est une situation inacceptable. Je ne le dis pas seulement : je l’ai écrit, j’ai interpellé les ministres depuis le cyclone du 14 décembre 2024. J’ai écrit aux ministres. J’interpelle régulièrement le gouvernement sur la défaillance du système de santé à Mayotte.

Le projet pluriannuel d’investissement pour les travaux du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) a été mis en place depuis 2018, à la suite d’un important mouvement social. Ce sont les mêmes projets de 2018 qui ont été intégrés au plan de la refondation.

Tout est chiffré, tout est dedans. Maintenant, à l’État de réaliser les projets, puisque c’est une mission de l’État : un décret simple pour dire que l’ARS (Agence régionale de santé) est sous les mains du préfet, mais l’ARS a toujours été sous la responsabilité de l’État.

Pour moi, c’est un non-événement. Maintenant, l’ARS, qui exerce la tutelle sur le système de santé, doit permettre à l’hôpital de mobiliser des fonds pour que cet hôpital réalise les infrastructures devant permettre à la population de se faire soigner ici, à Mayotte.

Les investissements, la construction du bâtiment, tout ça, ça sert à quoi ? Je viens de visiter l’hôpital aux côtés de son directeur. C’est pour savoir où est-ce qu’on en est.

Et l’autre volet, c’est la formation des enfants de ce territoire pour lutter contre le désert médical, parce que, dans notre système de santé, il manque des ressources humaines. Voilà les deux volets qui me préoccupent sur cette question, notamment celle de la formation.

J’ai vu Mme Rist à sa prise de fonctions. Elle m’avait promis une mission d’inspection pour travailler sur le volet de la formation. La mission d’inspection est bienvenue ici, à Mayotte. J’ai été auditionnée sur le sujet.

F.I. : Vous êtes allée sur le terrain, au CHM, mardi dernier. Quelle a été la teneur de vos discussions avec les responsables de cet établissement ? Quelle est leur vision des attentes des patients mahorais ?

A.B. : Les inspecteurs ont auditionné l’ensemble de leurs interlocuteurs à Mayotte. Aujourd’hui, ils doivent enfin nous dire le résultat de ces audits, de cette inspection, pour savoir où est-ce qu’on va.

Personnellement, je demande la mise en place de la première année de médecine à Mayotte, avec les nouvelles technologies qu’il y a maintenant et les formations à distance.

On a un médecin hypercompétent, qui est à l’origine du projet de la Maison de santé Moinaécha Ali Combo : le docteur Elhad Mohamadi, pour ne pas le citer, est un exemple de la mise en place d’une formation à distance expérimentée en Guyane.

Mais il faut commencer par mettre en place la première année de médecine à Mayotte. Le Premier ministre François Bayrou est venu nous dire qu’on allait développer le partenariat entre Mayotte et les hôpitaux de l’Hexagone, en plus de celui de La Réunion, pour permettre effectivement que ce champ de formation soit développé.

En attendant les constructions ici, à Mayotte, des gens vont se faire soigner en métropole. C’est écrit noir sur blanc dans les documents officiels.

J’ai discuté de tout cela ce matin avec le directeur du Centre hospitalier de Mayotte. Je vais voir sur le terrain ce qui se passe. Ça fait partie de ma mission de contrôle de l’action de l’État. C’est ce que je fais justement pour dire au gouvernement de mobiliser les fonds afin que les travaux se fassent réellement.

F.I. : En parlant de ces travaux, vous aviez demandé le respect de la parole donnée en 2018 sur les projets de construction au CHM de Mamoudzou, avec notamment l’ajout de logements pour le personnel de cet établissement, ce qui permettrait d’éviter beaucoup de problèmes de sécurité et de réaliser également des économies d’échelle sur le budget logement de l’hôpital, qui est assez conséquent. Vous a-t-on signifié une fin de non-recevoir ?

A.B. : Ce n’est pas une fin de non-recevoir. Heureusement que je suis allée discuter avec le directeur et demander que ces constructions soient réalisées, notamment sur le fameux site derrière le bâtiment de Jacaranda. C’est un lieu bien dégagé depuis un moment.

Nous n’avons pas de problème de foncier. Et là, j’apprends par le directeur que l’ARS a décidé, in fine, de ne pas construire ces logements. Nous avions envisagé un bâtiment en hauteur.

C’est complètement légitime que ce projet soit formalisé dans ce sens, pour répondre à ce besoin de logement des fonctionnaires du CHM, des professionnels de santé, en tout cas, du CHM. Ce qui n’est absolument pas acceptable.

Et de ce pas même, ce soir, j’écris aux interlocuteurs concernés : la ministre de la Santé et le préfet de Mayotte, qui a nouvellement compétence sur l’ARS, pour réaliser le projet tel qu’il a été défini dès le début. Il n’est pas question de modifier ce projet et de continuer à mettre en difficulté les professionnels de santé de cet établissement.

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CocoBeach Hamjago et CoCoBoat Mayotte tirent la sonnette d’alarme

CocoBeach Hamjago et CoCoBoat Mayotte tirent la sonnette d’alarme

Depuis le 10 août, CocoBeach Hamjago et CoCoBoat Mayotte ont suspendu provisoirement leurs activités à Mtsamboro. Leur fondateur et gérant, Maxime Tichadou, dénonce un climat de tensions entre professionnels, marqué selon lui par des agressions, des menaces, des intimidations et des propos racistes. Une décision prise pour protéger ses salariés, ses clients et son matériel. La reprise est annoncée pour le vendredi 21 août.

L’activité de CocoBeach Hamjago et de CoCoBoat Mayotte est actuellement à l’arrêt. Depuis le lundi 10 août, les deux structures ont cessé provisoirement de recevoir leurs clients. Une suspension décidée par leur fondateur, Maxime Tichadou, après plusieurs épisodes de violences et de tensions survenus dans le cadre de son activité professionnelle.

Créées en 2022, les deux entreprises développent leurs activités dans le nord de Mayotte. CocoBeach Hamjago propose à la fois un service de restauration et des chambres d’hôtes. De son côté, CoCoBoat Mayotte est spécialisée dans les prestations nautiques. L’entreprise dispose notamment de bateaux exploités par des marins professionnels, diplômés et titulaires du brevet de Capitaine 200.

Pour Maxime Tichadou, le choix de s’implanter dans le nord de l’île répondait à une volonté de proposer une offre touristique structurée et professionnelle, tout en accordant une place centrale à la sécurité. Mais depuis plusieurs semaines, le climat se serait considérablement dégradé.

Une suspension totale de l’activité

Restaurant fermé, chambres d’hôtes inoccupées et sorties en mer interrompues : l’entreprise a choisi de mettre l’ensemble de ses activités à l’arrêt. Une décision lourde de conséquences pour le gérant, qui assure avoir suspendu les activités qui constituent l’essentiel de son chiffre d’affaires.

« J’ai été obligé de suspendre mes activités, à la fois la partie restauration et l’accueil. Je ne reçois plus de clients en chambre d’hôtes. J’ai stoppé aussi à 100 % les activités sur l’eau. »

Les bateaux ont également été sécurisés afin de limiter les risques pour le matériel. Une mesure provisoire qui doit, selon le gérant, se poursuivre jusqu’au vendredi 21 août, date envisagée pour une reprise.

Cette interruption n’est pas motivée par des difficultés liées à l’activité touristique elle-même, mais par ce que Maxime Tichadou décrit comme un climat de tensions croissantes entre professionnels du secteur.

Une agression dénoncée le 23 juillet

Le fondateur des deux entreprises affirme avoir été victime, le 23 juillet dernier, d’une agression sur une plage, dans le cadre de son activité professionnelle. Il évoque des coups, des intimidations, des menaces ainsi que des propos à caractère raciste, tenus, selon son témoignage, devant une trentaine de personnes.

« Un climat de tension qui devient de pire en pire », déplore-t-il. Selon lui, les violences ne seraient pas le fait de personnes extérieures au secteur, mais de professionnels exerçant dans la même activité, qu’ils soient déclarés ou non.

Une situation qu’il juge particulièrement préoccupante et qui l’a conduit à prendre la décision de fermer temporairement ses établissements et de suspendre les sorties en mer.

« Ce n’est pas l’image que je souhaite montrer »

Malgré cette situation, Maxime Tichadou tient à nuancer son constat. Il assure ne pas considérer le lagon de Mayotte comme un espace dangereux de manière permanente et souligne les bonnes relations qui existent habituellement entre les différents acteurs du nautisme.

« On est largement en bonne entente et tout ça sur l’eau ou sur les îlots. Ce que je dénonce, ce sont les violences que j’ai subies ce jour-là, qui sont dans un contexte professionnel qui est très malsain. »

Son message porte donc davantage sur les relations entre professionnels que sur l’activité nautique ou touristique à Mayotte dans son ensemble. Il souhaite notamment alerter sur les conséquences que peuvent avoir ces tensions sur les entreprises qui tentent de développer une activité touristique dans un cadre réglementé.

Une reprise annoncée le 21 août

Après plusieurs jours de fermeture, la reprise des activités est prévue pour le vendredi 21 août. D’ici là, le gérant dit vouloir avant tout protéger ses équipes, ses clients et ses équipements.

« Je choisis de mettre à la fois ma personne et les équipes qui travaillent pour moi en avant, de faire tout mon possible pour protéger le matériel que j’exploite et qui me permet de bosser », explique-t-il.

Pour Maxime Tichadou, cette suspension temporaire constitue donc un signal d’alarme. Il entend continuer à exercer son activité, mais souhaite pouvoir accueillir ses clients et faire travailler ses salariés dans des conditions qu’il estime sereines et sécurisées.

La situation met ainsi en lumière les difficultés auxquelles peuvent être confrontés certains acteurs du tourisme et du nautisme à Mayotte, alors même que le territoire cherche à développer son attractivité. Pour CocoBeach Hamjago et CoCoBoat Mayotte, le retour à l’activité dépend désormais de la capacité à retrouver un climat professionnel plus apaisé.

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LADOM Mayotte : des étudiants pris au piège d’une attente interminable avant la rentrée

LADOM Mayotte : des étudiants pris au piège d'une attente interminable avant la rentrée
* image d'illustration générée par ia

À quelques jours de la rentrée universitaire, l’inquiétude grandit chez de nombreux étudiants mahorais. Alors que leurs inscriptions sont validées et que leurs logements sont parfois déjà réservés en métropole, certains attendent toujours leur billet d’avion délivré par LADOM. D’autres racontent l’avoir reçu la veille du départ. Une situation qui relance les critiques sur les délais de traitement des dossiers et l’accompagnement des jeunes au moment où ils s’apprêtent à quitter l’île.

Les valises sont prêtes. Les familles ont organisé les derniers préparatifs. Pourtant, pour plusieurs étudiants mahorais, une étape essentielle manque encore : le billet d’avion.

À l’approche de la rentrée universitaire, de nombreux bénéficiaires du Passeport Mobilité Études de LADOM se retrouvent dans une situation d’incertitude. Malgré des dossiers déposés plusieurs semaines auparavant, certains n’ont toujours pas reçu leur titre de transport pour rejoindre la métropole ou La Réunion, où les cours débuteront dans les prochains jours.

« Je suis inscrite à l’université, j’ai déjà mon logement, mais je ne sais toujours pas quand je vais partir », raconte une future étudiante en licence. « Chaque jour, je regarde mes mails en espérant recevoir une réponse. »

Une attente qui met les étudiants sous pression

À Mayotte, partir étudier ailleurs n’est pas un luxe. Faute d’une offre de formations suffisamment diversifiée sur le territoire, des centaines de jeunes doivent quitter l’île chaque année pour poursuivre leurs études supérieures.

Le dispositif de LADOM, qui finance notamment le transport des étudiants éligibles à travers le Passeport Mobilité Études, constitue donc une aide indispensable. Mais sur le terrain, plusieurs étudiants estiment que les délais de traitement ne sont pas à la hauteur de cet enjeu.

« On nous demande d’attendre, mais personne ne nous dit combien de temps », explique un étudiant admis en BTS. « Les cours approchent et on ne peut rien organiser. »

L’attente devient d’autant plus angoissante que beaucoup quittent Mayotte pour la première fois. Entre la séparation avec la famille, l’installation dans une nouvelle ville et les démarches administratives à effectuer à l’arrivée, le départ représente déjà une étape importante. L’absence de visibilité sur la date du vol ajoute une pression supplémentaire.

Des billets envoyés à la dernière minute

Ce qui revient le plus souvent dans les témoignages, c’est l’envoi très tardif des billets d’avion.

« L’année dernière, mon frère a reçu son billet la veille de son départ », raconte une habitante de Mamoudzou. « Toute la famille a dû tout préparer en quelques heures. »

Cette situation ne semble pas isolée. Plusieurs étudiants redoutent de vivre le même scénario cette année.

Recevoir un billet au dernier moment complique pourtant toute l’organisation du voyage. Il faut préparer les bagages, prévenir la résidence universitaire de son heure d’arrivée, réserver un train ou un bus pour rejoindre sa ville d’études, sans oublier les derniers moments passés avec la famille.

« On part à plus de 8 000 kilomètres de chez nous », souligne une future étudiante à Lille. « Ce n’est pas normal de devoir tout faire dans l’urgence. »

Des conséquences bien au-delà du voyage

L’impact de ces retards dépasse largement la question du transport.

Certaines résidences universitaires exigent une date d’arrivée précise. Les établissements d’enseignement demandent parfois une présence dès les premiers jours pour les réunions d’accueil ou les démarches administratives. D’autres étudiants doivent organiser une correspondance entre Paris et leur ville de destination.

Lorsque le billet arrive tardivement, toute cette organisation devient plus fragile.

Pour les familles les plus modestes, impossible d’acheter elles-mêmes un billet en attendant une régularisation. Elles restent entièrement dépendantes du traitement de leur dossier par LADOM.

Le traitement des dossiers pointé du doigt

LADOM rappelle que les demandes sont instruites selon des critères d’éligibilité et que les dossiers doivent être complets avant leur validation. L’agence met également à disposition des outils permettant aux étudiants de suivre leurs démarches.

Mais les étudiants interrogés ne remettent pas en cause l’existence du dispositif. Ils dénoncent plutôt un manque d’anticipation dans le traitement des demandes pendant une période où l’afflux de dossiers est pourtant prévisible.

« Chaque année, on connaît la date de la rentrée universitaire », observe un étudiant. « Alors pourquoi les billets arrivent-ils parfois au dernier moment ? »

Cette répétition des retards alimente un sentiment de lassitude chez ceux qui affirment avoir transmis toutes les pièces demandées dans les délais.

Une mobilité essentielle qui ne devrait pas devenir un parcours du combattant

Pour de nombreux jeunes Mahorais, la mobilité représente une véritable opportunité. Sans LADOM, beaucoup ne pourraient tout simplement pas accéder aux formations qu’ils souhaitent suivre.

Mais cette aide perd une partie de son efficacité lorsque les étudiants passent les dernières semaines avant leur départ à vivre dans l’incertitude.

Au-delà du financement du billet, ils réclament surtout un traitement plus rapide des dossiers, une meilleure communication sur leur état d’avancement et une délivrance des billets suffisamment en amont pour préparer leur départ dans des conditions dignes.

À quelques jours de la rentrée, une question demeure : combien d’étudiants mahorais monteront dans l’avion sereinement, et combien continueront à attendre jusqu’à la dernière minute un billet qui conditionne pourtant le début de leur avenir universitaire ?

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Saïrati Assimakou dénonce les intimidations après son témoignage

Saïrati Assimakou dénonce les intimidations après son témoignage
Le 3 août dernier, Sairati reçoit sur Instagram un message à caractère menaçant et décide, cette fois, de le rendre public, marquant ainsi son refus de garder le silence face aux violences et aux intimidations en ligne.

Depuis 2020, Saïrati Assimakou milite contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales après avoir témoigné publiquement de l’inceste qu’elle a subi. Régulièrement ciblée par des messages hostiles sur les réseaux sociaux, elle dénonce le poids du silence et l’inaction des autorités. Après un nouveau message, elle annonce son intention de porter plainte.

C’est un message dégradant qu’a reçu Saïrati Assimakou le 3 août dernier, à 8 h 37, par message privé sur son profil Instagram. A 33 ans, est la fondatrice et la chargée de projet chez Souboutou Ouhédzé Jilaho « Ose libérer ta parole ». Des messages de ce genre, elle en reçoit régulièrement depuis qu’elle a décidé de prendre la parole et de s’engager sur les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales.

« D’habitude, j’ai le droit à des messages de faux comptes. Cette fois-ci, j’ai décidé de ne pas laisser passer. » L’échange est affiché via un post sur son compte. Sur la même publication, elle répond sèchement : « Je viens de t’afficher comme l’animal que tu es. »

Son internaute du jour invoque alors une faute de frappe : « C’est une erreur de frappe, pardon. » Une phrase qu’elle ne souhaite pas excusée. «Il faut mettre la réalité en face des gens. Le problème de ce message, c’est que ça va au-delà.  Il pense posséder le corps des femmes comme ils veulent. » raconte-elle.

Sairati garde en mémoire cette date du 24 janvier 2020, jour où elle décide de prendre la parole pour la première fois et de dénoncer, au travers des réseaux sociaux, un cas d’inceste exercé par son géniteur. La vidéo provoque une onde de choc.

À la veille de la mort de ce dernier, la trentenaire se souvient des scènes. Elles provoquent des nuits blanches, jusqu’à avoir des idées noires. Ingénieure sociale de formation, c’est au travers d’un accompagnement thérapeutique qu’elle finit par mettre des mots sur les abus qu’elle a vécus.

Un enjeu collectif

Depuis la diffusion sur les réseaux sociaux de son témoignage sur l’inceste, elle estime observer des évolutions. « On ne peut pas dire qu’il y a plus de tabou. La difficulté, nous ne sommes pas en capacité de répondre à ses plaintes. Une victime de viol ou d’inceste en parle au moins une fois dans ca vie… Le probleme ce sont les personnes autour la famille, l’entourage, les aidants. Mais oui, il y a une évolution. » C’est pourquoi, selon elle, il est important de libérer cette parole.

Elle questionne néanmoins la posture des élus et des autorités. « C’est-à-dire que, quand une personne prend la décision [de parler], il y a une inertie. Je me bats toute seule, malgré les structures. Elles sont où ? Pourquoi il y a un écart ?”

Publiquement, via son réseau Linkdin le directeur de Nariké M’sada, Moncef Mohoudire, a affiché son soutien. Arnaud Gallais, participant à la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), a également apporté publiquement son soutien à Saïrati. La fondatrice de Souboutou Ouhédzé Jilaho annonce l’intention de porter plainte contre son internaute.

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Un feu ravage un champ à Caroni, le propriétaire accuse des voleurs

Un feu ravage un champ à Caroni, le propriétaire accuse des voleurs

Un incendie de végétation s’est déclaré ce dimanche 16 août dans l’après-midi, dans le hameau de Caroni, entre les communes de Chirongui et de Bouéni. Les flammes ont ravagé une parcelle située en bordure de la route départementale 4, nécessitant l’intervention des sapeurs-pompiers et des gendarmes.

Selon le propriétaire du terrain, l’incendie aurait été provoqué volontairement. Il affirme avoir surpris plusieurs individus en train de voler des régimes de bananes dans son champ. Alors qu’il tentait de les poursuivre, des complices auraient mis le feu à la parcelle afin de faciliter leur fuite.

Le sinistre a mobilisé les secours sur la RD4, un axe particulièrement fréquenté qui relie les deux communes. Les gendarmes sont également intervenus afin de sécuriser les lieux et de réguler la circulation pendant l’intervention des pompiers.

À ce stade, les circonstances exactes du départ de feu restent à établir. Les accusations formulées par le propriétaire à l’encontre des voleurs devront notamment être confirmées par les investigations des forces de l’ordre.

Citoyenneté et sécurité : un nouveau prix pour les initiatives locales

Citoyenneté et sécurité : un nouveau prix pour les initiatives locales

À l’occasion des deuxièmes Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte, organisées du 21 au 24 septembre à Mamoudzou, les organisateurs lancent le prix MAY’ACT. Ce nouveau concours vise à mettre en lumière les initiatives locales en faveur de la citoyenneté, de la prévention, du vivre-ensemble et de la sécurité.

Associations, collectifs citoyens, habitants, jeunes, établissements scolaires, collectivités, services de l’État, établissements publics ou encore forces de sécurité peuvent candidater. Trois catégories sont prévues : « Initiative citoyenne », « Jeunesse engagée » et « Partenaire institutionnel ». Un prix spécial du jury pourra également être décerné.
Les candidatures, gratuites, sont ouvertes jusqu’au 9 septembre 2026 et doivent être envoyées à s.sitti-raouzat@mamoudzou.yt. Les projets doivent être réalisés ou en cours de réalisation à Mayotte et présenter un intérêt collectif. La remise des prix est programmée le 24 septembre.

May’mmifères : une chasse aux trésors sur les traces des mammifères marins

May’mmifères : une chasse aux trésors sur les traces des mammifères marins

L’association Ceta’Maore lance May’mmifères, une chasse aux trésors culturelle consacrée au patrimoine lié aux mammifères marins de Mayotte. Ouvert à toute la population à partir de 12 ans, le concours invite les participants à se photographier devant une œuvre représentant un mammifère marin dans l’espace public et à la géolocaliser, ou à proposer une création originale : conte, poème, pièce de théâtre, dessin ou illustration. L’opération, organisée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine 2026 avec le soutien de la Direction des affaires culturelles de Mayotte, se déroule jusqu’au 10 septembre.

Une restitution est prévue les 18 et 19 septembre, avec une exposition gratuite et ouverte à tous. Dix lauréats seront sélectionnés par un jury. Ils participeront notamment à une sortie en mer, avec une initiation au suivi scientifique des mammifères marins. Les participations peuvent être envoyées jusqu’au 10 septembre via le site internet de Ceta’Maore.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes