Les services de l’État ont engagé cette semaine deux procédures administratives visant des établissements implantés à Mayotte, illustrant un renforcement des contrôles en matière d’hygiène alimentaire et de droit du travail.
À Mamoudzou, l’hôtel Maharajah est désormais contraint de suspendre temporairement son activité de restauration. Dans un arrêté préfectoral signé le 22 mai et rendu public mardi, la préfecture évoque plusieurs infractions aux règles sanitaires relevées lors d’un contrôle effectué le 5 mai par les agents compétents.
Les autorités estiment que les anomalies constatées présentent un risque suffisamment important pour justifier une interruption immédiate de l’activité de restauration. L’établissement ne pourra reprendre son service qu’après vérification complète des mesures correctives exigées par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF).
La direction de l’hôtel a toutefois annoncé son intention de contester cette décision administrative.
Le même jour, un autre arrêté préfectoral a frappé un commerce de Sada. Le douka La Madjirani a été fermé administrativement pour une durée de 80 jours après un contrôle mené conjointement par l’inspection du travail et la gendarmerie.
Les enquêteurs ont mis au jour plusieurs infractions liées à l’emploi de personnel non déclaré. Une salariée française travaillait sans contrat ni fiche de paie, tandis que deux employés comoriens exerçaient sans autorisation de travail. Les autorités ont également relevé l’absence de déclaration fiscale et de déclaration d’activité professionnelle depuis l’ouverture du commerce.
Selon les éléments du dossier, les rémunérations étaient versées en espèces sans dispositif de traçabilité. Les services de l’État considèrent que le fonctionnement du commerce reposait de manière durable sur une main-d’œuvre dissimulée et en situation de vulnérabilité administrative.
Le représentant de l’établissement a indiqué avoir entrepris des démarches de régularisation, notamment en transmettant des déclarations préalables à l’embauche pour deux salariés. Des initiatives jugées tardives par l’administration, qui estime que les obligations légales pouvaient être respectées dès le lancement de l’activité.
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