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Des policiers et sauveteurs distingués pour actes de bravoure

Des policiers et sauveteurs distingués pour actes de bravoure

Plusieurs fonctionnaires ont été récompensés pour leur courage, selon deux arrêtés préfectoraux publiés le 24 avril 2026.

Dans la nuit du 3 février, à Koungou, un policier est intervenu seul face à une intrusion violente dans un domicile par des individus armés de machettes. Alerté, il s’est rendu sur place sans attendre les renforts. L’arrêté souligne qu’il a « escaladé une habitation pour accéder au toit » où se trouvaient les assaillants, parvenant à en maîtriser un et à mettre en fuite les autres. « Son action déterminante a permis de protéger la vie d’autrui », est-il précisé.

Une opération de sauvetage en mer quelques semaines plus tard, le 28 mars, est également saluée. Au large de l’îlot Mtsamboro, des agents sont intervenus pour secourir des passagers d’une embarcation en détresse. Face à « l’urgence absolue pour les naufragés ne sachant pas nager », ils « se sont jetés immédiatement à la mer » pour porter secours aux victimes. L’un d’eux « a sauté à l’eau (…) pour tenter de ranimer une passagère ».

Les arrêtés mettent en avant « le sang-froid, le professionnalisme et le dévouement exceptionnel » des agents engagés, dont l’intervention a permis « de sauver ainsi des vies humaines dans des conditions (…) particulièrement périlleuses ».

1er mai : la CFDT appelle à une mobilisation forte pour défendre les droits des travailleurs

1er mai : la CFDT appelle à une mobilisation forte pour défendre les droits des travailleurs
* image d'illustration générée par ia

À l’occasion de la journée internationale des travailleurs, la CFDT invite l’ensemble de ses élus, militantes, militants et adhérents à se mobiliser le 1er mai. Symbole de solidarité et de conquêtes sociales, cette journée reste essentielle pour affirmer des valeurs fondamentales telles que la justice sociale, l’amélioration des conditions de travail et la défense des droits de toutes et tous.

Dans un contexte marqué par d’importants enjeux sociaux, économiques et professionnels, la présence collective est plus que jamais nécessaire. La CFDT appelle ainsi chacun à participer au rassemblement organisé afin de porter la voix des travailleurs et de réaffirmer l’importance du dialogue social.

Ensemble, faisons du 1er mai un moment fort d’unité et d’engagement.

Abolition de l’esclavage : une mémoire encore méconnue mise en lumière par le Fatma

Abolition de l’esclavage : une mémoire encore méconnue mise en lumière par le Fatma
le grand debaa de samedi après-midi

La 18ème édition du Festival des Arts Traditionnels de Mayotte (FATMA) s’est déroulée ce week-end à Mamoudzou en parallèle des festivités organisées dans plusieurs autres communes pour commémorer la date de l’abolition de l’esclavage sur l’île.

Organisé chaque année en amont de la commémoration de l’abolition de l’esclavage à Mayotte, le Festival des Arts Traditionnels de Mayotte (FATMA) a battu son plein ce week-end à Mamoudzou. Au programme : une conférence sur le thème encore largement méconnu de l’esclavage à Mayotte, une exposition à l’hôtel du Département sur le m’rengé et des danses traditionnelles sur la place de la République. « Cet évènement est l’occasion pour nous de valoriser notre identité mahoraise », affirme Zouhouria Mouayad Ben, la vice-présidente en charge notamment de la culture au sein du conseil départemental. Une culture très largement marquée par l’esclavage, mais avec une histoire très différente de celle des autres départements d’outre-mer comme La Réunion ou les Antilles.

L’esclavage à Mayotte a en effet d’abord été arabo-musulman, bien avant l’arrivée des Français en 1841. Ces derniers l’ont toutefois également pratiqué quelques années puisqu’ils souhaitaient à l’origine faire de Mayotte une « puissance sucrière » comme La Réunion, mais leur projet a été « stoppé net » par les lois sur l’abolition. Cette dernière a été mise en place progressivement, ce qui explique que la date anniversaire varie en fonction des territoires. Si la date officielle de l’abolition de l’esclavage à Mayotte est le 27 avril 1846, il se pourrait que cela change bientôt. « Les spécialistes de la question ont établi que la vraie date était le 9 décembre 1846, juste avant La Réunion le 20 décembre, ce qui fait de Mayotte le premier territoire français à avoir aboli cette pratique », affirme Zouhouria Mouayad Ben, qui compte déposer prochainement une motion officielle pour modifier cette date afin d’être plus en accord avec la véritable histoire de l’île.

« L’engagisme » : la forme d’esclavage la plus récente sur le territoire 

Après l’abolition, une forme « d’esclavage déguisé » a toutefois été mise en place à Mayotte : l’engagisme.  Les travailleurs s’engageaient à travailler dans les plantations en échange d’un petit salaire, d’un lopin de terre et de rations alimentaires. « C’est ce que prévoyait le contrat, mais peu de propriétaires terriens honoraient réellement leur parole, ce qui a engendré beaucoup de grèves des travailleurs », nous explique Siti Yahaya Boinaïdi, la cheffe du service des archives orales et audiovisuelles au sein des Archives Départementales de Mayotte.  « En outre, ces propriétaires étaient souvent des propriétaires terriens réunionnais, qui traitaient les travailleurs engagés comme les esclaves de leur plantation », ajoute-elle en précisant que, si l’engagisme n’était pas officiellement obligatoire, en réalité les esclaves n’étaient affranchis que sous réserve de s’engager. C’est d’ailleurs la forme d’esclavage qui subsiste le plus dans la mémoire collective des Mahorais, puisque cette pratique a subsisté jusqu’aux années 1950, bien que sous une forme moins « déshumanisante » que celle qui était pratiquée au 19ème siècle.

Arabo-musulman ou européen, l’esclavage a eu les mêmes conséquences : « l’importation » de populations d’Afrique de l’Est à Mayotte dont la culture bantoue a très largement influencé la culture mahoraise contemporaine. Le m’rengé, art martial mêlant danse et combat à l’instar de la capoeira brésilienne, est l’une des pratiques encore vivantes qui en témoigne, même si elle a aussi reçu des influences malgaches en s’implantant sur l’île.

Le m’rengué : un art martial mahorais arrivé avec l’esclavage

Le conseil départemental a décidé de mettre cette pratique à l’honneur en organisant une grande exposition au sein de l’hôtel du Département. « C’est un projet de longue date que nous avons enfin réussi à concrétiser cette année », nous confie Siti Yahaya Boinaïdi, qui a contribué à écrire les textes de l’exposition avec Inssa de N’Guizijou, le directeur des Archives Départemental de Mayotte. « Nous avons souhaité rappeler à la population ce qu’était vraiment le m’rengé à l’origine. Aujourd’hui, beaucoup de m’rengés dégénèrent en violence alors qu’à la base cette pratique servait au contraire à la canaliser », poursuit-elle. Si l’exposition était déjà visible tout le week-end, son vernissage officiel a lieu aujourd’hui à 10h.

Si le m’rengé fait partie intégrante de l’héritage de l’esclavage à Mayotte, ce dernier se reflète aussi par l’emploi de certains termes et expression au sein même de la langue mahoraise. « Parfois on emploie certains termes sans savoir que ça vient de là, il y a beaucoup d’éléments immatériels au sein de la culture mahoraise qui reflète cet héritage, mais les gens pour la plupart ont oublié leur signification », poursuit la cheffe de service des Archives. Car l’esclavage est un thème qui reste encore largement tabou dans la société locale et les familles préfèrent éviter d’aborder ce sujet. « Ce n’est pas dans notre culture de parler beaucoup du passé et, en outre, certaines pratiques de torture ont été si traumatisantes que les gens ont préféré oublier », explique Zouhouria Mouayad Ben, qui précise toutefois qu’il est important d’organiser des festivités autour de la date d’abolition de l’esclavage pour éviter justement que l’oubli ne soit total.

Celles-ci ont d’ailleurs commencé ce week-end avec un debaa et un chigoma géants organisés respectivement le samedi et le dimanche après-midi sur la place de la République. Elles se poursuivront aujourd’hui avec un carnaval sur le thème du mariage dont le départ aura lieu à 13h au lycée Bamana.

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Guerre en Iran : deux pétroliers interceptés dans l’océan Indien la semaine dernière

Guerre en Iran : deux pétroliers interceptés dans l’océan Indien la semaine dernière
* photo améliorée par ia

À plusieurs milliers de kilomètres de Mayotte, dans la partie orientale de l’océan Indien en direction de l’Asie, deux pétroliers ont été interceptés à quelques jours d’intervalle par les forces américaines.

Jeudi 23, le pétrolier Majestic X, battant pavillon guyanais, a été arraisonné alors qu’il naviguait entre le Sri Lanka et l’Indonésie. Selon Washington, le navire serait impliqué dans un réseau de contrebande de pétrole lié à l’Iran, en violation des sanctions internationales. Des images diffusées par le Pentagone montrent des militaires américains déployés sur son pont, confirmant une intervention en haute mer.

Deux jours plus tôt, un autre pétrolier, le Tifani, avait déjà été intercepté dans une zone proche, dans des circonstances similaires. Les données de suivi maritime indiquent que les deux navires empruntaient un corridor stratégique commun, éloigné du détroit d’Ormuz mais connecté aux grandes routes énergétiques internationales.

Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie américaine visant à freiner les exportations clandestines de pétrole iranien. Le blocus maritime avait été ordonné à la mi-avril par le président Donald Trump, dans le prolongement du conflit déclenché le 28 février 2026 par des frappes américaines et israéliennes sur des cibles iraniennes notamment nucléaires.

En réponse, l’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz le 4 mars, perturbant une voie par laquelle transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial. Cette décision a entraîné une forte hausse des prix, le baril de Brent passant de 67 à plus de 126 dollars.

Dans ce contexte, l’océan Indien apparaît comme une zone de surveillance accrue. L’armée américaine a indiqué qu’elle disposait désormais de trois porte-avions dans la région après l’arrivée de l’USS George H.W. Bush dans l’océan Indien.

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Océan Indien : accélérer l’intégration économique régionale

Océan Indien : accélérer l’intégration économique régionale

Réunis début mars à La Réunion et à Maurice, puis début avril à Madagascar, chercheurs, acteurs économiques et représentants institutionnels de l’océan Indien occidental ont engagé un travail commun pour renforcer les échanges entre les îles de la région.

Ces rencontres, organisées dans le sillage d’une étude conduite entre septembre 2025 et janvier 2026 par le cabinet EY avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), doivent déboucher sur un plan d’action régional.

Aujourd’hui, les échanges commerciaux entre La Réunion, Mayotte, Maurice et Madagascar représentent moins de 3 % du commerce total. Un niveau particulièrement faible, qui tend même à diminuer ces dernières années. Leur part est ainsi passée de 2,69 % en 2015 à 2,31 % en 2024, selon l’étude.

Conséquence directe : des territoires fortement dépendants des importations en provenance d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Une dépendance qui pèse sur les coûts logistiques et fragilise la sécurité alimentaire, notamment en cas de crise internationale ou de perturbations des chaînes d’approvisionnement.

« La recherche nous permet d’une part d’imaginer et de tester des solutions concrètes face aux problématiques rencontrées par les acteurs des filières. Dans un second temps, et de par la manière dont nous travaillons, nous créons et nous renforçons des réseaux de coopération entre différents acteurs, à différents niveaux des chaînes de valeur, incluant les acteurs publics et privés » a indiqué Jean-Marc Bouvet, directeur régional du Cirad à Madagascar.

Le développement des filières agricoles apparaît comme un levier central. La région dispose d’atouts considérables, en particulier Madagascar, souvent présenté comme le « grenier » potentiel de la zone. Mais ce potentiel reste contraint : accès au foncier difficile, érosion des sols, manque d’infrastructures d’irrigation, pression des ravageurs et effets du changement climatique.

Le cas du riz illustre ces défis. Culture essentielle dans la région, elle se heurte aujourd’hui à la saturation des zones traditionnelles de production. Les recherches en cours visent à développer des variétés adaptées à de nouveaux espaces, plus exigeants mais porteurs de croissance.

À Madagascar, les exploitations familiales assurent près de 75 % de la production alimentaire. Leur renforcement est donc crucial pour améliorer la productivité, stabiliser les revenus et favoriser l’intégration dans les marchés régionaux.

Au-delà de la production, l’enjeu porte sur toute la chaîne de valeur : transformation, logistique, distribution. Les secteurs du numérique, de l’intelligence artificielle ou encore de l’économie circulaire sont également identifiés comme des moteurs potentiels de coopération.

L’objectif est de créer des synergies régionales capables de réduire les coûts, d’améliorer la compétitivité et de sécuriser les approvisionnements.

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« Il faut préparer les jeunes dès la seconde » : un enjeu crucial pour l’intégration des étudiants mahorais en métropole

« Il faut préparer les jeunes dès la seconde » : un enjeu crucial pour l’intégration des étudiants mahorais en métropole
Sans accompagnement réel et face à un isolement persistant, la réussite des étudiants est fragilisée, comme en témoignent plusieurs drames avec le décès d’étudiants mahorais en hexagone.

Antoissi Mdallah-Mari, vice-président de l’Association des Mahorais de la métropole lilloise & des Hauts-de-France, accompagne depuis 8 ans les étudiants mahorais en métropole. Alors qu’ils sont environ 5 500 à poursuivre leurs études dans l’Hexagone, pour le Flash-Infos, il a accepté de revenir sur les enjeux d’une bonne intégration estudiantine.

Flash-Info : Quelle est la démarche la plus importante afin de réussir une année scolaire ?

Antoissi Mdallah-Mari : Le nerf de la guerre, c’est souvent la question financière. Les jeunes doivent pouvoir assurer leur installation sur place. Même lorsque des dispositifs existent, les associations manquent de moyens et certains étudiants n’ont pas de quoi se loger ou subvenir à leurs besoins lorsqu’ils partent se former. Il existe pourtant de nombreuses structures et initiatives, comme les réseaux associatifs ou des actions de prévention, à l’image de la caravane des villages à Mayotte. Mais selon moi, ces dispositifs interviennent trop tard. La préparation à la mobilité devrait commencer dès la classe de seconde, afin que les jeunes puissent se projeter plus tôt. Aujourd’hui, beaucoup se retrouvent à devoir s’organiser dans l’urgence, ce qui rend les choses plus difficiles.

F.I. : Quelle actions mettez-vous en place avec votre association ?

Le premier pas que nous avons mis en place est l’organisation de forums de mobilité. L’objectif est de rassurer les jeunes, mais aussi les parents, grâce à l’engagement de bénévoles qui donnent de leur temps. Il est essentiel d’accompagner les familles, souvent inquiètes, en leur apportant des informations concrètes et un soutien moral. Pour les jeunes qui ne connaissent pas la région d’accueil, il est aussi important de leur faire découvrir les modalités de transport, l’environnement quotidien, les commerces de proximité. C’est un véritable changement de vie, et il faut les aider à s’y préparer.

F.I. : Quel est le premier enjeu à relever afin de réussir son année ?

A.M.M. : Le premier enjeu est de lutter contre l’isolement. Beaucoup d’étudiants en sont victimes, en particulier lorsqu’ils arrivent dans un nouvel environnement. Il est donc essentiel de créer du lien et de s’appuyer sur les structures existantes. Le deuxième objectif est de préserver un équilibre moral. Se sentir bien, recréer un “chez-soi”, permet de maintenir un lien avec ses repères et de mieux vivre l’éloignement. Le troisième objectif est de devenir acteur et ambassadeur. Les étudiants peuvent représenter leur territoire et transmettre une image positive, tout en s’entraidant. Il est donc important de ne pas s’isoler, de s’ouvrir aux autres et à la vie sociale. Il faut être actif, rejoindre des associations, découvrir les us et coutumes du territoire d’accueil, et surtout ne pas avoir peur de demander de l’aide.

F.I. : Quel rôle peuvent jouer les parents dans la réussite de leur enfant ?

A.M.M. : Les parents ont un rôle essentiel. Ils doivent, autant que possible, alléger le poids des responsabilités qui pèsent sur leur enfant. Même sans moyens importants, le simple fait de s’intéresser à leur parcours, de prendre des nouvelles et de les soutenir moralement est fondamental. Ils peuvent aussi aider dans certaines démarches administratives ou accompagner à distance. Cette présence, même discrète, est précieuse et rassurante pour l’étudiant.

F.I. : Quels changements observez-vous dans l’accueil des jeunes ?

A.M.M. : Aujourd’hui, nous accueillons de plus en plus de jeunes. Nous sommes également plus engagés, même si les moyens restent limités. Il y a une réelle prise de conscience : la réussite de Mayotte passera en grande partie par ses étudiants, qui seront les acteurs de demain. Cependant, certaines difficultés persistent. Par exemple, les dispositifs comme la DPSU ne permettent pas toujours aux jeunes de percevoir leur bourse dès le mois de septembre. Chaque année, les mêmes problèmes se répètent, ce qui fragilise leur installation et leur parcours.

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Comores : l’artiste Moustoifa Idaroussi derrière les barreaux

Comores : l’artiste Moustoifa Idaroussi derrière les barreaux

L’emblématique reggaeman a été arrêté, puis envoyé à la prison de Moroni à cause d’un litige foncier ayant fait l’objet d’une décision de justice, qualifiée aujourd’hui de caduque faute d’exécution dans les temps prévus dans l’article 764 du code de procédure pénale, selon de nombreux hommes de droit de l’archipel. 

Il est connu sous le nom de scène Wanamah qui signifie  » fraternité ». Moustoifa Idaroussi qui a toujours chanté pour la paix et l’espoir, fait parler de lui ces derniers jours non pas pour son talent musical, mais en raison de son incarcération dans la triste prison de Moroni. L’artiste a été interpellé depuis le mercredi 22 avril par des gendarmes qui se sont présentés à son domicile, selon l’avocat qui le défend. Après quelques heures dans les locaux de la brigade des recherches, il sera placé en détention pour une histoire de terrain.

Le problème, plusieurs interrogations sont soulevées par Nadhur Radjabou, qui assure la défense du reggaeman. Selon cet avocat stagiaire travaillant au sein du cabinet « Itibar Avocats Associé », le litige remonte à plusieurs années, probablement, vers 2011. Mais lui n’a hérité le dossier qu’il y a trois mois. Wanamah, lui est incarcéré sur la base d’un jugement rendu en février 2018 à l’issue d’un procès qui l’opposait à un demi-frère à cause d’un terrain appartenant à leur père, décédé. L’arrêt, a condamné l’artiste à une peine de 3 ans d’emprisonnement dont un an avec sursis. Un mandat d’arrêt avait été émis à cette occasion. Installé de façon définitive aux Comores depuis 2003, Moustoifa Idaroussi n’a jamais été mis en prison malgré la sortie d’une décision de justice en sa défaveur  » Mais huit ans plus tard, on vient de le mettre en prison alors qu’il était là, n’a jamais fui le pays, ni ignoré une quelconque convocation liée à ce dossier. Ça n’a pas de sens« , fustigé, son conseiller, l’avocat stagiaire, Nadhur Radjabou.

Jugement caduc

Ce dernier, a démontré son argumentaire. Il a d’abord cité l’article 764 du code de procédure pénale qui rend caduc tout jugement non exécuté après 5 ans.   » Les peines portées par un arrêt ou jugement rendu en matière correctionnelle se prescrivent par cinq années révolues, à compter de la date où cet arrêt ou jugement est devenu définitif, sous réserve des dispositions de l’article 738, alinéa1« .  Or, depuis que l’arrêt ayant donné gain de cause au demi-frère de Wanamah a été rendu, huit années se sont écoulées.  » On ne peut en aucun cas placer en détention mon client pour cette affaire. La lecture de cet article 764 est sans équivoque« , souligne Me Nadhur Radjabou, contacté par Flash Infos, ce dimanche, vers 9h du matin. L’avocat stagiaire, rappellera que dès lors que l’arrêt est frappé d’une caducité, juridiquement le mandat d’arrêt n’est pas non plus légal et ne peut servir dans ce cas d’espèce.  » Le comble, mon client a été emprisonné sans un document. Rien.  Même à la maison d’arrêt où je m’y suis rendu le jour de l’incarcération de Moustoifa, personne n’a été en mesure de montrer le papier ordonnant son transfert à la prison« , a dénoncé, le conseil de l’artiste reggaeman, longtemps connu pour ses dreads. Dans le milieu judiciaire de l’archipel, cette arrestation de Wanamah pour un arrêt de 2018 est dénoncée sans équivoque. « Moustoifa Idaroussi est au pays depuis des années. On le croise dans les cérémonies coutumières. Rien ne prouve qu’il a un instant essayé de fuir le pays. Donc, la caducité ne peut être contestée. Ce qui reste au plaignant, c’est-à-dire la personne qui avait porté plainte contre l’artiste, est d’entamer une nouvelle procédure judiciaire« , a fait observer un ancien juge ayant requis l’anonymat.

Testament du père

L’avocat du chanteur, qui parle de détention « arbitraire » lui ne baisse pas les bras et multiplie les requêtes et courriers pour saisir les instances judiciaires. Selon des éléments à notre disposition, c’est une réquisition émanant d’un huissier qui a conduit l’interprète de « Habibibati « dans les geôles comoriennes.   » Une telle situation constitue une violation flagrante des règles fondamentales de procédure pénale régissant la privation de liberté, lesquelles exigent impérativement l’existence d’un titre judiciaire régulier pour toute détention« , a soulevé Me Nadhur Radjabou, qui a relevé qu’après février 2023, le jugement de février 2018 est prescrit. Notons que le terrain en question sis à Moroni, en face du ministère de l’intérieur appartiendrait à la mère de Moustoifa Idaroussi.  » Il y a un testament dans lequel le père écrit avoir octroyé ces parcelles à sa femme de Moroni. D’ailleurs les frères et sœurs de Moustoifa y ont bâti, chacun détenant sa part. Son demi-frère qui réclame le domaine dit détenir un acte de donation qui proviendrait de son oncle, acte qui bizarrement est apparu après la mort de son père« , s’étonne l’avocat de Moustoifa Idaroussi dont l’état de santé a été mis en avant dans les requêtes de Maitre Nadhur. Âgé de 64 ans, Wanamah est né à Moroni mais a quitté le pays en 1984. Il n’est rentré qu’au début des années 2000. Son premier concert mythique au stade de Moroni le 27 juillet 2002 fut mémorable. Dans l’océans indien, le reggaeman, est aussi très connu avec des tournées dans les îles de la région de Maurice, jusqu’à Mayotte.

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Comores : la compagnie Kenya Airways augmente ses tarifs dès ce 29 avril

Comores : la compagnie Kenya Airways augmente ses tarifs dès ce 29 avril

Le transporteur est pour l’heure le seul à avoir informé sa clientèle que les tarifs allaient flamber, évoquant la guerre au Moyen orient, qui a impacté le kérosène, dont le prix risque aussi d’être revu à la hausse par le gouvernement comorien dans les prochains jours.

C’était presque prévisible. Plus d’un mois après le déclenchement de la guerre par les États Unis et Israël, les voyageurs comoriens vont commencer à ressentir les impacts de ce conflit qui est déjà entré dans sa 9ème semaine. Dans un communiqué publié ce samedi, la compagnie Kenya Airways a officialisé l’augmentation prochaine de ses tarifs, y compris aux Comores.  » Suite à la hausse des prix du carburant en raison de la hausse continue des prix du carburant, liée notamment à la situation actuelle au Moyen-Orient, Kenya Airways procédera à une augmentation de ses tarifs sur l’ensemble de son réseau« , indique la compagnie ajoutant que  » les nouveaux tarifs seront applicables à toutes les ventes et à tous les voyages à compter du 29 avril 2026« , soit donc mercredi prochain.

L’agence de Moroni a précisé que la mesure entrait en vigueur partout où la mastodonte Kényane desservait. S’agissant des réservations, il est annoncé que celles existantes devront être émises au plus tard le 28 avril 2026 afin de conserver les tarifs actuels. « Passé ce délai, ces derniers ne seront plus valables » prévient Kenya Airways, qui précisé que tous les billets émis à partir du 29 avril 2026 inclus refléteront des nouveaux tarifs en vigueur. «  Pour la réémission des billets non utilisés, ils seront réémis avec les nouveaux tarifs applicables à compter du mercredi prochain« , conclut le communiqué diffusé dans les pays où Kenya Airways dessert. Aux Comores, seules Kenya et Ethiopian Airways assurent les vols régionaux et internationaux.

Ethiopian Airlines

Mais la compagnie éthiopienne n’a pour l’instant pas indiqué une augmentation de ses tarifs, selon une source interne travaillant dans l’une de ses agences de Moroni. En revanche, cette éventualité n’est pas à exclure dès lors que le gouvernement comorien a déjà laissé entendre qu’il pourrait revoir à la hausse les prix des produits pétroliers.  » Si les autorités le font nous allons analyser avant de prendre une décision. Nous n’aurons plus le choix. Mais cela revient au siège. Nous, on communique seulement les mesures« , a clarifié un revendeur de billets. Autrement dit, un effet domino est à craindre. Une sous agence qui vend en ligne des billets pour toutes les destinations affirme qu’en réalité les tarifs ont en réalité flambé depuis le déclenchement de la guerre.  » L’annonce de Kenya Airways est juste une formalité pour se justifier mais les prix ne cessent d’augmenter avant même le déclenchement de ce conflit « , fait remarquer notre source. A l’en croire un billet aller-retour entre Moroni et Dar es Salam qui était à 150 000 francs (300 euros) est actuellement à 275 000 francs, soit 550 euros. Idem pour un billet Le Caire -Moroni, le tarif a presque doublé, passant de 800 euros à 1500 euros, via Addis Abeba.  » Pour un seul aller à destination de Paris, il se vend à 800 euros pour un départ du 30 avril. Je pense qu’on essaie juste d’utiliser cette guerre pour se justifier auprès des consommateurs alors que nous avons constaté depuis plus d’un mois l’envolée des tarifs », souligne un chef d’agence qui assure une revente de billets régionaux et internationaux.

Hausse de 2022

Flash Infos a essayé d’avoir une réaction de la ministre des transports ou celui de l’énergie sans succès. En tout cas ce communiqué de la compagnie Kenya Airways ne semble pas surprendre l’opinion, dès lors que le gouvernement n’a pas cherché à démentir les rumeurs qui annoncent une prochaine augmentation des prix des hydrocarbures. A l’issue du conseil des ministres du mercredi dernier, les autorités ont d’abord voulu assurer de la disponibilité des produits pétroliers à un moment où depuis une semaine, des files d’attente sont observés dans les stations-service. Le gouvernement a également demandé au ministre de l’énergie d’engager une réflexion avec la société comorienne des hydrocarbures sur les fluctuations des produits pétroliers à l’international. On dit qu’il faut s’attendre à au moins une hausse de plus de 25%.  En 2022, le gouvernement citant la guerre Russo-ukrainienne et la covid 19 avait déjà augmenté de 44% le prix du gazole pour sauver l’entreprise nationale. Le bémol, ces prix n’ont jamais baissé même quand la conjoncture mondiale était favorable. C’est d’ailleurs ce que craignent les consommateurs comoriens déjà asphyxiés par la cherté de la vie si jamais on leur impose une hausse des prix du carburant.

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Des jeunes U15 deviennent ambassadeurs du numérique en Europe

Un nouveau projet d’inclusion numérique porté par Fuz’ellipse met à l’honneur de jeunes Mahorais de moins de 15 ans. Après leur titre de champions locaux en 2025, ces adolescents s’engagent désormais dans une initiative européenne baptisée « U15 Ambassadeurs de l’Inclusion Numérique ».

Prévu pour l’été 2026 en Belgique dans le cadre du programme Erasmus+, le projet vise à sensibiliser les jeunes aux enjeux du numérique, de ses opportunités à ses risques (désinformation, cyberharcèlement, inégalités d’accès). Ateliers, échanges et immersion européenne rythmeront cette expérience.

À leur retour, les participants auront pour mission de partager leurs apprentissages sur leur territoire, en menant des actions de sensibilisation. Objectif : faire des jeunes des acteurs engagés pour une citoyenneté numérique responsable et inclusive.

La danse contemporaine en quête de verticalité

La danse contemporaine en quête de verticalité

L’association Hippocampus propose une nouvelle création chorégraphique intitulée Élévation plurielle, signée par la chorégraphe Eléna Bertuzzi. Cette pièce revisite Érection, œuvre emblématique de Pierre Rigal, en collaboration avec les danseurs amateurs hip-hop de Feedback Crew.

Deux représentations sont programmées : le 25 avril à 19h à MJC de Kani-Keli, dans le cadre d’un festival d’art contemporain (entrée libre), puis le 3 mai au M’haju à Musical Plage pour une version intégrale (10 €).

Créée en 2003, Érection explore le combat universel d’un corps cherchant à se redresser. Entre chutes, hésitations et élans, la pièce met en scène une quête physique et symbolique vers la verticalité, portée par une gestuelle oscillant entre animalité et humanité.

Mamoudzou une réunion publique sur le système électrique de Mayotte le 29 avril au lycée des Lumières

Mamoudzou une réunion publique sur le système électrique de Mayotte le 29 avril au lycée des Lumières

Une réunion publique consacrée à l’avenir du système électrique de Mayotte se tiendra le 29 avril 2026 à 9h au lycée des Lumières à Mamoudzou, en présence de la députée Estelle Youssoufa. L’événement est organisé par les représentants du personnel d’Électricité de Mayotte et le Comité social et économique central d’EDF.

La rencontre prévoit la restitution d’une expertise de neuf mois menée par le cabinet Proneos sur le système électrique du territoire.

Le programme débute à 9h par un accueil, suivi de 9h15 à 10h de la présentation des conclusions de l’expertise. Une table ronde est ensuite prévue de 10h à 11h45 avec la participation de parlementaires, dont les députés Davy Rimane et Estelle Youssoufa, ainsi que des représentants des collectivités locales, de la Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte et d’acteurs institutionnels et économiques. La clôture est annoncée à 11h45.

Les échanges porteront sur l’organisation et l’évolution du système électrique du territoire.

Mamoudzou organise sa course de pneus ce dimanche à M’tsapéré

Mamoudzou organise sa course de pneus ce dimanche à M’tsapéré

La Ville de Mamoudzou organise ce dimanche 26 avril 2026, de 8h à 12h, sa course de pneus communale dans les rues de M’tsapéré. Plusieurs centaines de participants sont attendus, répartis en quatre catégories : jeunes de 8 à 12 ans, parents, séniors et personnes en situation de handicap.

Le départ sera donné avenue Abdallah Houmadi, devant le plateau de M’Balamanga, pour une arrivée derrière la halle de pêche. Les jeunes finalistes représenteront la commune lors de la finale intercommunale prévue le 28 juin.

À cette occasion, la circulation sera interdite sur l’ensemble du circuit entre 6h30 et 12h, avec des déviations mises en place dans plusieurs rues du secteur.

« L’école fonctionne mais s’adapter à une limite » dénonce un enseignant à Hamouro

« L’école fonctionne mais s’adapter à une limite » dénonce un enseignant à Hamouro
La mobilisation a réuni des enseignants et des parents, certains dénonçant une situation inchangée depuis plusieurs années.

À Bandrélé, des enseignants de l’école d’Hamouro dénoncent des conditions dégradées : manque d’eau, sanitaires insuffisants et bâtiments vétustes. Une vingtaine d’entre eux se sont mobilisés, oragnisé par la CGT Éduc’action.

« Maîtresse, j’ai peur d’aller aux toilettes ». Cette phrase est rapportée par une enseignante de Doujani. Depuis trois jours, un mouvement de grève des enseignants touche Mayotte, notamment dans le premier degré. Au premier jour du mouvement, près d’un tiers d’entre eux (33 %) étaient grévistes. Ce jeudi 23 avril, une vingtaine d’enseignants se sont mobilisés devant l’école maternelle et primaire d’Hamouro, à Bandrélé, un cas « emblématique » de la situation sur l’île selon le syndicat CGT Éduc’action, organisateur du mouvement.

À Hamouro, les infrastructures sont particulièrement mises en cause : bâtiments dégradés, seulement deux toilettes pour environ 200 élèves. « L’école fonctionne parce que les enseignants s’adaptent, mais s’adaptent à une limite », témoigne Manolo, enseignant au sein de cette école.

« Être sur le chemin de l’eau » parmi les principales revendications.

Faute d’accès suffisant à l’eau, des packs sont utilisés et une cuve supplémentaire a été installée. « L’eau stagnante est stockée, tous les professeurs ont attrapé le chikungunya dans cette école, à des moments différents », affirme Manolo. Une fosse septique pleine a également été signalée, notamment en saison des pluies.

L’enseignant explique que les enfants dépendent directement de l’accès à l’eau. « Dans cette école, nous ne sommes pas sur le chemin de l’eau », précise-t-il. Arrivé à Mayotte il y a deux ans et non syndiqué auparavant, il dit aujourd’hui vouloir obtenir de meilleures conditions pour l’ensemble de l’équipe éducative.

Aux abords de l’école, des barbelés sont visibles, parfois escaladés par des enfants pour accéder à un terrain de jeu. Une visite de l’établissement était prévue lors de cette mobilisation, mais elle n’a finalement pas eu lieu, sous la surveillance de la police municipale et de la gendarmerie présentes sur place.

La mobilisation s’est poursuivie devant l’établissement, rejointe par des parents et des élèves. Certains habitants dénoncent une situation inchangée depuis des années : « J’habite ici depuis 2014 et rien n’a changé », confie une riveraine. « On est en France pourtant ! », poursuit-elle.

Les enseignants espèrent désormais des réponses de la nouvelle équipe municipale de Bandrélé et appellent à une meilleure prise en compte de la situation lors des conseils d’école, organisés tous les trois mois. Sollicitée, la municipalité n’a pas donné suite aux questions.

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Une légende des free partys à Mayotte : Atomix invite Heretik

Une légende des free partys à Mayotte : Atomix invite Heretik

Sous la varangue de Léo, les discussions s’étirent à l’ombre, entre chaleur tropicale et récits de nuits électriques. Ici, l’histoire de la techno française se ravive au fil des conversations.

Le président d’Atomix Sound System reçoit ce jeudi 23 avril un collectif qui a marqué toute une génération de teufeurs. « Heretik, c’est un système légendaire, le plus gros sound system parisien », confie-t-il.

Quelques heures plus tôt, le collectif posait le pied à Mayotte pour la première étape de sa tournée des 30 ans dans l’océan Indien. Trois décennies après ses débuts, Heretik continue de faire vivre une culture née dans les marges.

« Certains d’entre nous sont DJ, d’autres organisent des soirées », explique Nout. « Mais surtout, on n’est pas des professionnels. Chacun a sa vie, son métier… et on continue à produire de la musique. » À ses côtés, Broke, mécanicien poids lourd mais surtout figure emblématique du groupe, complète : « On est un collectif d’artistes producteurs. »

Une définition brute, à l’image de leur trajectoire : celle d’un mouvement libre, forgé hors des circuits classiques, et qui, trente ans plus tard, n’a rien perdu de son énergie.

Une légende née dans l’underground

Heretik, c’est une quinzaine de membres aujourd’hui. Une dizaine d’artistes actifs, et une constellation de fidèles qui gravitent autour du crew depuis ses débuts. Leur ADN ? L’éclectisme radical : techno, hard techno, acid, hardcore, breakbeat, drum and bass… « On fait tout », lâche Nout.

Mais pour comprendre Heretik, il faut remonter aux années 90, à l’époque des raves. « Ce qui a fait Heretik, c’est les free parties des débuts », affirme Broke. Des rassemblements sauvages, massifs, où la musique électronique se vivait comme un acte de liberté.

Léo, Nout, Broke et Leila sous la varangue de Léo.

Dans cette histoire, un lieu reste mythique : la piscine Molitor, à Paris. « C’est ce qui a créé notre légende », confie-t-il. Cinq à six mille personnes réunies sans incident dans un site classé au cœur de la capitale, une nuit devenue culte. « Les gens montaient, montaient dans les étages… ils ne pouvaient même plus redescendre. C’était lunaire. Et pourtant, tout s’est bien passé. »

Au-delà des fêtes, Heretik a aussi marqué la production musicale. « On sortait beaucoup de vinyles, on avait une couleur propre », se souvient Nout. Le collectif revendique même l’invention d’un style : le hardfloor, un pont entre la tribe du Sud de la France et le hardcore du Nord et de la Belgique.

L’art du set, entre contrôle et lâcher-prise

Trente ans plus tard, la flamme est toujours là. « On participe à moins de soirées, mais on les prépare avec un grand engouement. Généralement on a bien préparé nos sets qu’on connaît par cœur et qui sont vraiment adaptés au public. », explique Nout. Une vision nuancée par Broke, défenseur d’une approche plus instinctive : « Moi c’est toujours de l’impro c’est jamais préparé et c’est comme ça que je continue à prendre du plaisir. Un set, ça ne se prépare pas. Tu viens avec une vibe, tu vois comment le public va réagir, et tu construis en direct. »

Une manière de mixer qui dépend avant tout des morceaux selon Nout qui alterne entre les deux. Les productions récentes, plus courtes et plus rythmées – le new school – sont enchainées par les DJ. À l’inverse, les titres plus anciens – le old school – plus longs et progressifs, permettent au DJ de piocher dans le morceau.

Mayotte, une première pleine de promesses

Pourquoi Mayotte ? « Une opportunité, une rencontre », raconte Nout. Après une date réussie à La Réunion, le collectif est invité par Atomix, association locale engagée dans la promotion des musiques électroniques. « Quand on leur a proposé, ils ont accepté direct. C’est une première ici. »

L’accueil a marqué les esprits. « Dépaysement total », sourit Nout. « Mais surtout une vraie bonne humeur. On a envie de rendre cette énergie. »

Pour le week-end, le programme s’annonce dense : montée progressive en intensité, des sets bass music à 130 bpm jusqu’à la hard techno à 170 bpm, avant un retour vers des sonorités tribe et acid. « Un florilège musical », promet-il.

Broke et Nout du collectif Heretik avec Léo et Leila du collectif Atomix

Derrière cette venue, l’association Atomix, active depuis 2008. « On veut promouvoir les musiques actuelles et faire découvrir cette culture à Mayotte », explique Léo, son président. Six événements par an, dont le festival Kariboom, point culminant de leur calendrier.

Leur signature ? Une scénographie immersive. « Il n’y a pas que le son, il y a aussi le visuel. On veut faire voyager les gens », souligne Leila, trésorière de l’association. Pour cette date à Combani, au domaine Badja, l’équipe a entièrement repensé la décoration. À la manœuvre, VJimTonic, membre du collectif, revenu spécialement pour l’événement.

Accueillir Heretik, à un mois du festival, relevait du défi. « Mais c’était un honneur. On ne pouvait pas refuser. »

Une culture sous pression

Derrière l’enthousiasme, une inquiétude persistante. Le 9 avril, l’Assemblée nationale a adopté un renforcement des sanctions contre les free parties. Le texte prévoit jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs, et 1 500 euros d’amende pour les participants. Il doit désormais être examiné par le Sénat.

« On est criminalisés à 200 %, je suis un terroriste sonore pour l’État avec ces lois », déplore Broke. Pourtant, les artistes défendent un modèle alternatif. « Le problème dans le légal, c’est qu’on peut très bien le faire en France, mais ça devient un festival : la SACEM, les horaires, la sécurité… Tu ne peux pas faire un événement à prix libre si tu respectes toutes les règles », explique Nout.

Broke a plaidé pour une entente avec l’Etat. « On vient d’un milieu où, si on veut, on peut faire ça illégalement. Mais si l’État veut qu’on rentre dans le cadre, on peut le faire. Il faut juste nous laisser un peu de souplesse, arrêter de nous imposer les normes des gros événements et surtout les horaires. »

« La free party, c’est un incubateur artistique majeur », insiste Nout. « Sans ça, il y aura moins de jeunes qui iront vers la musique électronique. »

À Mayotte comme ailleurs, la rave reste un espace de mélange social rare. « Tu peux être juge, policier, au RSA, en situation de handicap… la free party te permet de venir à moindre frais », rappelle Léo. Une parenthèse dans un quotidien parfois difficile.

Alors, trente ans après, pourquoi continuer ? La réponse tient en une phrase, presque simple : pour la musique, pour la liberté, pour le lien.

Ce  week-end, à Combani, cette histoire va s’écrire une fois de plus au rythme des basses – non pas dans une free party, mais dans un événement encadré qui en conserve l’esprit – sous un ciel peut-être couvert, mais avec une énergie intacte.

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Une déchèterie mobile ce samedi à Labattoir

Une déchèterie mobile ce samedi à Labattoir

Une déchèterie mobile sera installée ce samedi 25 avril à Labattoir, en Petite-Terre. Les habitants pourront se rendre rue du Marché, au niveau du parking de Labattoir 6, entre 8h et 12h, afin d’y déposer leurs déchets.

Comme lors des précédentes opérations, quatre bennes seront mises à disposition du public : une benne Éco-Maison pour les encombrants, notamment le bois et les plastiques, une benne Écosystème dédiée aux équipements électriques et électroménagers, ainsi que deux bennes du SIDEVAM destinées aux déchets de construction, comme la ferraille et le bois, et aux déchets verts.

D’autres dates sont d’ores et déjà prévues en Petite-Terre. À Pamandzi, les prochaines déchèteries mobiles auront lieu les samedis 9 mai et 13 juin, place de la Grande Mosquée du vendredi. À Labattoir, un nouveau rendez-vous est fixé au samedi 23 mai, toujours rue du Marché, sur le parking de Labattoir 6.

Le mouvement de Dominique de Villepin s’implante avec le Cercle Humaniste 976

Le mouvement de Dominique de Villepin s’implante avec le Cercle Humaniste 976
© Le Parisien

À un an de l’élection présidentielle, le mouvement « La France Humaniste », initié par Dominique de Villepin, amorce son implantation à Mayotte avec la création du Cercle Humaniste 976. « À un an des élections présidentielles, une autre voie claire et forte est possible », indiquent ses initiateurs, qui invitent « l’ensemble des Mahorais, dans leurs quartiers, leurs villages ou leurs villes » à les rejoindre.

Présenté comme « l’échelon de base » du mouvement, le Cercle se veut « ouvert à tout le monde, sans exception » et entend « animer notre pensée humaniste, porter le renouveau » ainsi que « construire progressivement une intelligence collective ».

À l’origine de cette initiative locale, Kira Bacar Adacolo explique avoir rejoint le mouvement « par rapport à son positionnement sur Gaza et son opposition à la Guerre en Irak de 2003. »

Les organisateurs appellent enfin « toutes les femmes et tous les hommes » à défendre « un nouveau projet républicain et humaniste », fondé sur « la justice sociale et l’ordre républicain », concluant : « Mayotte avec Villepin ! Ensemble, pour tout changer… ».

Fermeture de la brochetterie « Bazar Dzoumogné » pour manquements sanitaires

Fermeture de la brochetterie « Bazar Dzoumogné » pour manquements sanitaires
* photo d'illustration

À Bandraboua, la brochetterie « Bazar Dzoumogné » a été fermée par arrêté préfectoral en date du 17 avril 2026. Une inspection a révélé de graves non-conformités aux règles d’hygiène, présentant un risque immédiat pour la santé publique. La réouverture de l’établissement sera conditionnée à la mise en conformité complète des installations, sous contrôle des autorités compétentes.

Un préavis de grève déposé au sein de la Copharmay à Mamoudzou

Un préavis de grève déposé au sein de la Copharmay à Mamoudzou
* image d'illustration générée par ia

Un préavis de grève a été déposé concernant les salariés de la société Copharmay, selon un courrier adressé à la direction et daté du 21 avril 2026 à Mamoudzou. Le mouvement doit débuter le 28 avril.

À l’origine de cette mobilisation, plusieurs revendications portant sur les conditions de travail et la rémunération. Les salariés demandent notamment une revalorisation salariale de 15 %, le paiement et la reconnaissance des heures supplémentaires, ainsi que la mise en place d’une prime de risque.

Ils réclament également des améliorations matérielles, comme la mise à disposition d’équipements adaptés pour la manutention de charges lourdes, ainsi que la remise systématique de documents administratifs, notamment les attestations de salaire en cas de congé paternité ou d’arrêt maladie.

Dans ce courrier signé par Bounati Ahamadi, secrétaire générale de CFDT Mayotte, les salariés indiquent souhaiter l’ouverture d’un dialogue avec la direction afin de parvenir à un accord.

Le festival des arts traditionnels de retour fin avril à Mamoudzou

Le festival des arts traditionnels de retour fin avril à Mamoudzou

Le Département-Région de Mayotte, via l’Office Culturel Départemental, annonce la tenue de la 18e édition du Festival des Arts Traditionnels de Mayotte (FATMA), prévue du 25 au 27 avril 2026 à Mamoudzou.

Inscrit dans le calendrier culturel local, l’événement entend mettre en avant le patrimoine immatériel de l’île, notamment les danses et expressions artistiques traditionnelles. Cette édition s’inscrit également dans le cadre des commémorations de l’abolition de l’esclavage à Mayotte.

Le programme prévoit, sur trois jours, des animations culturelles, une conférence consacrée à l’histoire de l’esclavage et à la mémoire collective, ainsi qu’une exposition dédiée au mourengué, pratique culturelle locale.

Selon les organisateurs, le festival vise à soutenir la transmission intergénérationnelle, à renforcer l’attractivité culturelle du territoire et à rassembler différents publics autour des pratiques traditionnelles.

Le FATMA se déroulera principalement sur la place de la République et est annoncé comme ouvert à l’ensemble de la population.

Après presque 2 ans de « stand-by », le projet du Boulevard Urbain de Mamoudzou (BUM) est enfin relancé !

Après presque 2 ans de « stand-by », le projet du Boulevard Urbain de Mamoudzou (BUM) est enfin relancé !
Le tracé du BUM est prêt depuis plus d’un an

Interrompu en juin 2024 du fait de la dissolution de l’Assemblée nationale ayant engendré un vaste chaos au sein du Gouvernement, mais aussi du départ de Salim M’Déré, l’élu en charge des Aménagements, et enfin de Chido, le projet du Boulevard Urbain de Mamoudzou (BUM) peut enfin reprendre. Explications avec Jean-Michel Lehay, le Directeur des routes du département-région de Mayotte.

On n’avait plus entendu parler du projet du Boulevard Urbain de Mamoudzou (BUM) depuis juin 2024, date des premières consultations publiques à son sujet. Et pour cause, plusieurs bouleversements politiques majeurs sont venus interrompre son élaboration. Tout d’abord les déboires judiciaires suivis du départ de Salim M’Déré, l’ex premier vice-président du conseil départemental en charge des Aménagements, qui assurait le relais politique du projet auprès du Gouvernement. Ensuite, la dissolution de l’Assemblée nationale, ayant engendré un vaste chaos politique à Paris. Et enfin, last but not least, la catastrophe de Chido.

« Suite aux consultations publiques de juin 2024, le rapport rendu par la Commission Nationale des Débats Publics (CNDP), nous avait autorisé à continuer le projet sans obligation ni interdictions, ce qui est assez rare », assure pourtant Jean-Michel Lehay, l’Ingénieur Général en charge de la conception du BUM au sein du département-région de Mayotte. « Nous avions donc l’autorisation d’établir le tracé et de lancer le plan de financement », poursuit-il.

Ingénieur des routes, Jean-Michel Lehay a pris une disponibilité de la DEAL en 2020 spécialement pour s’occuper du projet du BUM au sein du conseil départemental

C’est à ce moment précis que « le bât a blessé » car ce plan de financement, établi bien en amont, devait devenir « un plan financé ». Pour rappel, le coût total du BUM s’élève à la coquette somme d’un milliard d’euros. 700 millions d’euros devaient être financés au titre des Investissements Spéciaux liés aux Fonds Européens (ISFE), 135 millions d’euros avaient été promis par l’Etat et 164 millions par le conseil départemental grâce au Fond de Compensation de la TVA. « Or, juste au moment où nous devions demander les fonds promis, l’élu réellement investi dans le projet, Salim M’Déré, a été condamné en justice et a dû se retirer. Comme c’est lui qui assurait le relais avec les financeurs, le projet est resté en stand-by », explique l’Ingénieur Général.

Par ailleurs, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, il n’y avait plus de Gouvernement en mesure de voter des budgets. Les135 millions promis n’ont donc pas pu être débloqués, entraînant par ricochet le blocage des Fonds Européens promis par Bruxelles.

Le projet « sauvé » par François Ravier, le nouveau DGS du conseil départemental

Après plus d’un an et demi de ce « stand-by forcé », l’ingénieur Jean-Michel Lehay s’apprêtait à renoncer et à quitter Mayotte pour réintégrer les services de l’Etat, afin de travailler sur un nouveau projet dans l’hexagone. Il avait même déjà payé son déménagement, quand il a tout à coup été « rattrapé au vol » par François Ravier, le nouveau DGS du conseil départemental. Après de longues discussions avec la Préfecture, le Ministère des Finances et l’EPRDM, il a obtenu que les 135 millions d’euros nécessaires au BUM soient « glissés » dans l’enveloppe prévue pour le développement économique de Mayotte post-Chido.

« François Ravier m’a donc dit de reprendre le projet et de le laisser s’occuper désormais des aspects financiers qui m’avaient bloqué jusqu’ici », se réjouit Jean-Michel Lehay à qui le projet du BUM, initié en 2020, tient particulièrement à cœur. François Ravier lui a également assuré qu’en tant que projet mené sur « l’’antépénultième région européenne en termes d’infrastructures et de capacités économiques », le BUM restait dans la liste européenne des éléments finançables au même taux.

Actuellement, il reste donc 3 marchés publics à lancer pour finaliser le travail préliminaire. L’un concerne les études géotechniques (études des sols sur le faisceau choisi), l’autre le marché de construction des ouvrages d’arts car certains ne peuvent être « standards » étant donné les spécificités de Mayotte, et le dernier est celui de la recherche d’un bureau d’étude pour consulter les entreprises susceptibles de réaliser les travaux. « En parallèle, nous allons déposer les 11 déclarations d’utilité publiques », ajoute l’ingénieur. Pour rappel, une déclaration d’utilité publique a été réalisée pour chaque tronçon de manière à pouvoir commencer les travaux « par n’importe quel bout » sans perdre de temps en cas de lenteurs administratives.

Jean-Michel Lehay s’est donc officiellement remis au travail sur le BUM ce lundi 20 avril 2026. Il estime qu’il reste encore 18 mois de « travail de l’ombre » avant de pouvoir commencer les travaux.

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