Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains

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La deuxième édition du salon Mayotte Recrute, axé cette fois-ci sur la reconstruction post-Chido, se tiendra les vendredi 23 et samedi 24 octobre au lycée des Lumières, à Kawéni. Alors que les entreprises mahoraises prévoient plus de 8 000 recrutements cette année, elles peinent à trouver certains profils qualifiés. En cause notamment : des formations parfois déconnectées des besoins du marché local et des difficultés à attirer les professionnels expérimentés.

À Mayotte, les entreprises recrutent, mais les candidats ne correspondent pas toujours aux postes proposés. Selon l’enquête 2026 de France Travail, 8 120 recrutements sont prévus cette année, dont 56,8 % jugés difficiles, contre 43,8 % au niveau national. « Il y a des pénuries dans tous les secteurs, mais sur des métiers bien particuliers », explique Namoure Zidini, président de l’association Mayotte Recrute, organisatrice du salon. Les besoins vont des personnes dotées d’un CAP jusqu’aux ingénieurs hautement qualifiés, avec une demande particulièrement forte pour les professionnels spécialisés et expérimentés.

Des filières saturées, d’autres en manque de candidats

Dans le secrétariat, l’assistanat de direction ou la communication, les candidats sont nombreux. En revanche, les entreprises peinent à trouver des responsables des ressources humaines, des contrôleurs de gestion ou des comptables expérimentés. Même constat dans le BTP, où manquent notamment géotechniciens et chefs de chantier, dans la santé, qui recherche des kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens, ou encore dans le secteur social, en quête d’éducateurs spécialisés expérimentés et d’auxiliaires de puériculture.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
Si en 2024 il y avait environ 100 offres d’emploi pour 30 exposants, cette édition 2026 proposera près de 200 offres pour 40 exposants

Pour Namoure Zidini, le problème vient en partie de l’offre de formation. Certains organismes continuent de former massivement aux mêmes métiers, déjà saturés, tandis que d’autres spécialités restent peu proposées. « Il faudrait mieux cibler les besoins », estime-t-il. L’organisateur regrette d’ailleurs que les centres de formation ne soient pas davantage représentés au salon : ils seront une dizaine parmi les 40 exposants attendus, alors qu’il aurait souhaité une répartition plus équilibrée entre recruteurs et organismes de formation. Le développement des masters à l’université de Mayotte pourrait néanmoins contribuer à mieux répondre aux besoins locaux, grâce à une spécialisation plus grande des étudiants.

Des employeurs qui peinent aussi à organiser leurs recrutements

Mais les difficultés ne viennent pas uniquement des candidats. Selon Namoure Zidini, les entreprises mahoraises disposent souvent de services de ressources humaines trop réduits pour traiter efficacement les candidatures. Certaines passent ainsi entre les mailles du filet. Les employeurs privilégient également les personnes ayant déjà des attaches à Mayotte, afin de limiter le temps d’adaptation à la vie sur le territoire.

À l’inverse, attirer les diplômés mahorais partis poursuivre leurs études reste compliqué. « Plus les qualifications sont élevées, plus les attentes en matière de qualité de vie augmentent », observe le président de l’association. Les problèmes d’eau, l’insécurité et les possibilités de télétravail depuis l’Hexagone ou La Réunion peuvent ainsi dissuader certains profils de revenir.

Un salon tourné vers la reconstruction et les métiers d’avenir

Placée sous le thème « Mayotte Recrute pour sa reconstruction », cette deuxième édition réunira une quarantaine d’exposants issus du BTP, de la santé, du commerce, des services publics et de la formation. L’objectif est de rapprocher directement employeurs et candidats, mais aussi de mieux orienter les jeunes vers les métiers qui recrutent réellement.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
Ce salon est l’occasion de mettre en contact candidats et entreprises, mais aussi de mieux cibler les besoins en termes d’emplois sur le territoire

Au programme : dix conférences, des ateliers CV, des rencontres avec les recruteurs et deux formules originales de job dating. La première permet de se présenter sans CV ni diplôme ; la seconde inverse les rôles, les candidats présentant leurs compétences devant les entreprises. Une conférence consacrée aux emplois liés à la reconstruction se tiendra vendredi après-midi, tandis qu’une table ronde abordera samedi le retour des Mahorais diplômés installés hors du territoire.

Comme en 2024, le salon sera également accessible en ligne, dès le mercredi 21 octobre, afin de toucher notamment la diaspora. La première édition avait attiré plus de 900 participants, dont près de 400 à distance. Si les organisateurs n’ont pas pu mesurer précisément le nombre de recrutements effectivement réalisés, les retours des entreprises ont été encourageants, plusieurs ayant pu constituer un vivier de candidats.

Cette année, l’association espère accueillir entre 1 000 et 1 500 participants. L’entrée est gratuite, avec inscription sur salon.mayotterecrute.fr ou directement sur place. Rendez-vous les 23 et 24 octobre, de 8 h 30 à 16 h 30, dans les gymnases du lycée des Lumières à Kawéni.

nora-godeau
Journaliste

Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.

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