🎁 Article offert
Le sexagénaire qui n’a pas nié les faits s’avère par ailleurs être un proche du père de la fillette, au point de se faire appeler papa par celle-ci âgée de 4 ans, représentée seulement au procès par son avocat.
La première session annuelle de la cour d’assises se poursuit au tribunal de Moroni. Si des dossiers de crime de sang sont programmés, la majorité des affaires jugées ou en attente concernent des agressions sexuelles commises sur des mineurs. Hier, la cour avait appelé à la barre un sexagénaire au nom de Said Ahamada. Connu sous le sobriquet de « connait tout », ce père de famille a reconnu avoir agressé sexuellement une fillette de 4 ans. A l’issue de l’audience, la cour l’a déclaré coupable et condamné à 17 ans de réclusion criminelle.
A la partie civile, elle s’est vu accorder des dommages et intérêts de 2 000 000 de francs, près de 4000 euros, soit la moitié de la somme sollicitée par l’avocat de la famille de la fille, absente au procès. Habillé en combinaison orange, floquée prisonnier par derrière, Said, n’était pas capable de rester debout. C’est d’ailleurs pour ses problèmes de santé que son avocat a demandé qu’ils passent en premier. S’il est malade, le prévenu se servant du micro n’avait en revanche aucune difficulté à s’exprimer au point de faire comprendre à la cour qu’il a compris l’acte d’accusation lue en français par la greffière en chef. Toutefois, au moment où de raconter en détails les faits pour lesquels il se trouve en détention, M « Connait tout », a déclaré ne se souvenir de rien car il était ivre au moment de l’acte.
Oublie
» Je ne me rappelle pas de quelque chose. Je n’étais pas conscient. Je suis sorti de la mosquée et j’étais pris à partie. Quand la raison est revenue, on m’a dit ce que j’ai commis« , assure-t-il. Né un 11 octobre 1965, Said avait pourtant tout déballé pendant son audition à la gendarmerie. La présidente de la cour a pris le soin de lire attentivement ses déclarations ce qui ne l’empêchera pas de poursuivre sa ligne de défense basée sur la disparition de tout souvenir. Les faits eux remontent au mois de février 2026. Selon le procès-verbal d’audition établi le jour de l’agression, le prévenu a abusé de la fillette dans son atelier. Cet électricien, père de 5 enfants l’avait trouvée dehors en train de jouer avec des amies. La petite lui a demandé du pain alors que Said partait acheter du crédit. Il lui a dit d’attendre son retour. Une fois avec elle, il lui a remis 200 francs comoriens après l’agression.
En plus d’avoir joué l’amnésique, bien qu’il ait reconnu le viol, le sexagénaire a mis en avant son ivresse au moment de la commission de l’infraction. » J’avais bu 4 bouteilles de vodka« , déclare-t-il au tribunal. » J’ai pris mon café le matin, et à partir de 8h j’ai commencé à me picoler« , a poursuivi, l’agresseur ajoutant qu’il savait pertinemment que l’ivresse pouvait conduire à des actes graves. Le comble, non seulement la petite l’appelait papa, en raison de son amitié avec son père biologique, mais le prévenu est l’oncle du géniteur de la fille dont la culotte avait été retrouvée imbibée de sang. » Pour ce lien, on peut affirmer qu’il exerçait une autorité sur la petite« , a fait observer Maitre Abdillahi, qui défend la victime.
Proche de la victime
L’ordonnance de renvoi avait déjà retenu l’infraction d’agression sexuelle avec contrainte, menace et contrainte. Pendant sa plaidoirie, la partie civile a tenu à écarter toute circonstance atténuante, liée à l’état d’ébriété du sexagénaire. Même si la défense a essayé de mettre en avant le caractère irréprochable de son client, jamais arrêté avant cet acte, le parquet général a appelé la cour à tenir compte du traumatisme psychologique que cet enfant va devoir affronter durant toute sa vie. » On voit beaucoup de victimes raconter ce qu’elles ont vécu sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas volontaire« , a illustré le parquetier. « Lorsque l’agression est commise sur une mineure de moins de 18 ans, par un ascendant ayant autorité ou sous l’emprise de produits stupéfiants, la peine va de 15ans à 20 ans de réclusion criminelle. Je ne vous demande pas les peines les plus sévères mais de rendre justice « , avait conclu le parquet général qui s’était déclaré favorable à ce que M Said puisse recevoir des soins vu son état. Pour appuyer sa requête qui a fini par être entendue, le conseil du sexagénaire a relevé que son client devait retourner à Madagascar en juin dernier dans un rendez-vous médical. » Depuis 4 mois il est à l’hôpital El-maarouf. Donc quand vous rendrez votre décision, n’oubliez pas que la santé est un droit universel« , a rappelé l’avocat du prévenu, certificat médical à la main.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??



































