À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois

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En pleine crise du coût de la vie dans l’Hexagone, l’Insee Mayotte publie une étude sur les salaires du secteur privé sur l’île. On y apprend qu’un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros nets par mois. Un niveau bien inférieur à celui observé à La Réunion et dans l’Hexagone.

Combien gagne réellement un salarié à Mayotte ? Pour le savoir, il faut regarder le salaire médian, et pas seulement le salaire moyen. En 2024, le salaire moyen dans le privé atteint 2 160 euros nets par mois à Mayotte, pour un temps plein. Mais le salaire médian est bien plus bas : 1 700 euros.

La médiane correspond au salaire qui partage les salariés en deux groupes égaux. La moitié gagne moins que ce montant, l’autre moitié gagne davantage. Contrairement à la moyenne, elle est moins influencée par les salaires très élevés de certains travailleurs, notamment les cadres. À Mayotte, cela signifie qu’un salarié du privé sur deux gagne au maximum 1 700 euros nets par mois, à temps plein. Le salaire moyen, lui, est supérieur de 460 euros. Cette différence montre que les rémunérations les plus élevées tirent la moyenne vers le haut, alors qu’une grande partie des salariés gagne moins.

À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois
À Mayotte, malgré des cadres mieux payés qu’en France de province, la moitié des salariés du privé gagne moins de 1 700 euros nets par mois, dans un contexte marqué par un Smic plus bas, des emplois moins qualifiés et davantage de petites entreprises.

Des salaires plus faibles qu’à La Réunion et dans l’Hexagone

La comparaison avec les territoires voisins montre l’ampleur de l’écart. À La Réunion, le salaire médian atteint 1 890 euros nets par mois. C’est 190 euros de plus qu’à Mayotte, soit 2 280 euros supplémentaires sur une année. Dans la France de province, c’est-à-dire dans l’Hexagone hors Île-de-France, le salaire médian atteint 2 120 euros nets par mois. L’écart avec Mayotte s’élève donc à 420 euros chaque mois, soit 5 040 euros sur un an. Autrement dit, la moitié des salariés du privé à Mayotte gagne moins de 1 700 euros nets par mois, contre 1 890 euros à La Réunion et 2 120 euros en France de province.

Moins de cadres et plus de petites entreprises

Le niveau du salaire minimum contribue à expliquer ces écarts. À Mayotte, le Smic reste inférieur à celui appliqué dans le reste de la France. En novembre 2024, 27 % des salariés mahorais en équivalent temps plein percevaient un salaire inférieur au Smic national, selon l’Insee et le périmètre retenu dans l’étude. Les salariés les moins bien payés sont particulièrement concernés. Les 10 % qui gagnent le moins touchent au maximum 1 210 euros nets par mois à Mayotte, contre 1 490 euros en France de province. Cela représente un écart de 19 %.

Les salaires plus faibles s’expliquent aussi par la situation de l’emploi sur l’île. Les postes qualifiés sont moins nombreux. En 2024, les cadres représentent 9 % des salariés du privé à Mayotte, contre 18 % en France de province. Pourtant, les cadres mahorais gagnent en moyenne davantage que ceux de province. Leur salaire atteint 4 670 euros nets par mois, contre 4 070 euros dans l’Hexagone hors Île-de-France. Ils sont toutefois trop peu nombreux pour faire remonter fortement le salaire moyen de l’ensemble des travailleurs. Les salariés mahorais sont aussi plus jeunes : 57 % ont moins de 40 ans, contre 48 % en France de province. Or, les salaires augmentent souvent avec l’expérience.

La taille des entreprises joue également un rôle. À Mayotte, 53 % des salariés du privé travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés, contre 43 % en France de province. Or, les grandes entreprises paient généralement mieux leurs salariés.

Un alignement des salaires prévu d’ici à 2031

Le Smic mahorais doit progressivement rejoindre le niveau national d’ici à décembre 2031. Cette évolution s’inscrit dans le calendrier de convergence sociale prévu pour le territoire. Le nombre d’emplois qualifiés, la situation des entreprises et les grilles de rémunération auront aussi leur importance. Le défi reste donc important : permettre aux salariés de mieux gagner leur vie et réduire l’écart avec les autres territoires français.

Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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