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« Mayotte est souvent perçue comme une porte d’entrée vers la France métropolitaine »

« Mayotte est souvent perçue comme une porte d’entrée vers la France métropolitaine »

Un nouveau rapport publié le 15 avril 2026 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) documente les « mouvements mixtes vers Mayotte le long de la route de l’océan Indien occidental ».

L’étude, réalisée par le Centre pour les migrations mixtes et fondée sur une cinquantaine d’entretiens menés entre août et novembre 2025, analyse les parcours de personnes réfugiées ou migrantes arrivées sur l’île.

Si le rapport confirme qu’en 2024, 2 463 primo-demandeurs d’asile ont été enregistrés à Mayotte dont 52% étaient originaires de la République démocratique du Congo, 25% des Comores et 15% de Somalie, il souligne également que pour beaucoup, Mayotte n’est pas un point final mais une étape vers d’autres destinations. « Mayotte est souvent perçue comme une porte d’entrée vers la France métropolitaine » nous dit-il. En effet, sur les cinquante personnes interrogées, trente déclarent viser la France.

Le rapport nous informe également des itinéraires empruntés : « La route de l’océan Indien occidental comprend des routes secondaires, en passant par l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs, les Comores et Madagascar. » Ainsi, la Tanzanie s’impose comme un carrefour central : trente-huit personnes originaires de la RDC, de la République centrafricaine et du Burundi y ont transité avant de poursuivre leur route. Certaines passent ensuite par les Comores, d’autres rejoignent directement Mayotte. Tandis que les ressortissants somaliens interrogés sont arrivés directement par la mer.

Les migrants expliquent avoir choisi d’emprunter cette voie  parce que « c’était la seule option » ou parce qu’elle apparaissait comme « la plus rapide ». Des résultats qui reflètent, selon le rapport, une réduction des voies d’accès légales et une influence accrue des passeurs dans les pays d’origine et/ou de transit pour emprunter la route de l’océan Indien occidental.

Trente sept migrants, soit plus de deux tiers des personnes interrogées déclarent d’ailleurs avoir eu recours à leurs services, notamment pour franchir les frontières ou organiser des traversées maritimes. Si certains migrants estiment que ces intermédiaires les ont aidés à atteindre leur objectif, onze indiquent avoir été intentionnellement induits en erreur au sujet du voyage.

Le document met également en exergue les violences auxquelles sont exposées ces personnes durant leur voyage. Ces derniers identifient la RDC et la traversée du canal du Mozambique comme les étapes les plus risquées. Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir subi des violences physiques, et près d’une femme sur deux déclarent avoir subi des violences sexuelles.

Les abus sont attribués à différents acteurs : groupes armés, bandes criminelles, mais aussi parfois aux passeurs eux-mêmes. Dans ce contexte, certains migrants choisissent de voyager en groupe pour se protéger, tandis que d’autres préfèrent rester discrets et voyager seuls.

Une fois à Mayotte, les difficultés persistent. Quarante-sept personnes interrogées disent avoir besoin d’aide immédiatement. L’assistance juridique arrive en tête, essentielle pour entamer ou suivre une demande d’asile. Les besoins en nourriture, en hébergement ou en soutien financier restent également très présents.

Ce nouveau rapport confirme que Mayotte occupe une place centrale dans les routes migratoires de l’océan Indien.

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Écoles saturées, recommandations peu appliquées : les chiffres du rapport d’activité de la Chambre régionale des comptes

Écoles saturées, recommandations peu appliquées : les chiffres du rapport d’activité de la Chambre régionale des comptes

Les chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte ont publié ce mercredi 22 avril leur rapport d’activité 2025. Le document met en évidence des services publics sous pression et des recommandations encore peu suivies à Mayotte.

En 2025, la juridiction a renforcé ses contrôles sur le territoire : 1 audit flash, 10 avis budgétaires et 7 contrôles de gestion. Mais le suivi reste limité. Deux collectivités sur cinq ont répondu à leurs obligations, et seules 45 % des recommandations ont été totalement ou partiellement appliquées, contre 87 % à La Réunion. Les montants en jeu sont pourtant importants avec 1,5 milliard d’euros de recettes de fonctionnement pour les organismes publics de Mayotte.

Le document revient aussi sur le premier rapport thématique de la CRC consacré à l’école primaire à Mayotte. Entre 2019 et 2024, les effectifs ont augmenté de 22 %, avec un manque estimé à près de 1 200 salles de classe. Aujourd’hui, 57 % des élèves sont scolarisés en rotation. Par ailleurs, les conditions d’accueil restent limitées : seuls 8 % des élèves ont accès à un repas chaud, et l’offre périscolaire est peu développée. Malgré plus de 200 millions d’euros mobilisés depuis 2016, une partie des crédits n’a pas été consommée.

Le document opère également un focus sur les signalements à la justice. Depuis dix ans, les chambres de La Réunion et de Mayotte se classent au troisième rang national pour le nombre de dossiers transmis aux procureurs. Ces signalements concernent le plus souvent des atteintes à la probité, comme des détournements de fonds publics, du favoritisme ou des prises illégales d’intérêt. Contrairement à la tendance nationale, où plus de la moitié des dossiers sont classés sans suite, ceux issus de l’océan Indien débouchent majoritairement sur des enquêtes et des condamnations, le taux de relaxe ne représentant que 3 % des affaires poursuivies.

Pour 2026, les chambres régionales des comptes se fixent trois priorités : cibler ses contrôles sur les enjeux financiers majeurs des collectivités, poursuivre la lutte contre les irrégularités et les atteintes à la probité, et répondre davantage aux attentes des habitants en s’intéressant à des sujets du quotidien.

« Ces travaux devront être conduits dans un contexte exigeant, marqué notamment par les conséquences des événements climatiques récents à Mayotte et par les élections municipales de 2026 », concluent-elles.

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Un policier condamné pour violences sur fond de conflit familial

Un policier condamné pour violences sur fond de conflit familial
Lors de l’audience, le tribunal a dû rappeler que même s’il avait le droit de porter son arme de service, un policier ne peut pas l’exhiber ou l’avoir visible « au vu de tous » dans un conflit privé, tandis que lui expliquait à la barre qu’il n’avait « pas réfléchi » dans un différend familial qui durait depuis des mois.

Ce mercredi 22 avril, dans la salle B du tribunal de Mamoudzou, un fonctionnaire de police a été condamné pour des faits de violences volontaires survenus en juin dernier, dans le cadre d’un conflit familial autour d’un terrain.

À la barre, le prévenu, vêtu d’un polo noir, pantalon bleu et chaussures noires, a reconnu avoir porté un coup de barre de fer à une femme. « Oui, je reconnais avoir donné un coup de barre à madame », a-t-il déclaré, évoquant un conflit ancien et une perte de contrôle : « Le conflit durait depuis un moment, je n’ai pas réfléchi. »

Le policier a tenté d’expliquer son geste par une situation tendue liée à une parcelle disputée entre membres d’une même famille. « J’ai supplié, en tant que beau-frère, d’arrêter», a-t-il assuré. Selon lui, la confrontation aurait dégénéré : « Je suis arrivé énervé… ils se sont acharnés sur moi. J’ai reculé, j’ai été touché. Je n’avais pas le choix. »

Il a également insisté sur un sentiment d’insécurité : « En tant que policier, on est H24 en danger. » Le jour des faits, il reconnaît être en possession de son arme de service.

Une tenue et une arme au cœur des débats

À l’audience, la présidente du tribunal a relevé que le prévenu portait, au moment des faits, un pantalon et un tee-shirt assimilables à une tenue de policier. Un point jugé problématique dans un contexte privé, pouvant entretenir une confusion auprès des témoins.

La question du port de l’arme a également été largement discutée. S’il avait le droit de la détenir, le tribunal a souligné que son port et son éventuelle exposition dans un conflit familial n’étaient pas appropriés, en particulier « au vu de tous ».

Autre élément évoqué : le policier était en arrêt maladie le jour des faits, pour burn-out, ce qui a interrogé sur sa présence sur les lieux et sur son état au moment de l’altercation.

Une version contestée par l’accusation

La diffusion d’une vidéo, examinée par le tribunal, montre une victime non armée au moment des faits. Pour le procureur, les images sont claires : « Je vois un homme déterminé, avec une barre, face à une dame qui n’est pas armée. Pour le commun des citoyens, c’est dangereux, ça peut tuer. » Le ministère public a insisté sur le manque de proportionnalité : « L’arme de service n’était pas proportionnée », rappelant également les obligations liées à la fonction : « Il a prêté serment. » Le procureur avait requis une interdiction de port d’arme de cinq ans.

Une défense axée sur le parcours et le contexte

Déjà placé sous contrôle judiciaire depuis novembre 2025, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes, le prévenu a présenté ses excuses à la cour et à la famille.

La défense a mis en avant ses 23 années de service sans incident : « Il n’a jamais eu de comportement immodéré de violence », plaidant un contexte de tensions et une perte de contrôle ponctuelle. Son avocat a également alerté sur les conséquences professionnelles d’une condamnation trop lourde. Le prévenu a conclu : « Je demande juste ma liberté de travailler. »

Une condamnation prononcée

Le tribunal a reconnu le policier coupable de violences volontaires. Il a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont une partie avec sursis, ainsi qu’à un stage de citoyenneté.

Une interdiction de port d’arme de deux ans a été prononcée, inférieure aux réquisitions du parquet.

Des dommages et intérêts ont été accordés aux victimes. Le tribunal a retenu un « faisceau d’indices important », estimant que « les faits sont caractérisés » et que le comportement du prévenu était « imprudent ». Le policier ne s’est pas présenté lors du délibéré pour entendre le verdict.

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Départ du préfet François-Xavier Bieuville : un changement de cap pour un préfet habitué aux crises

Départ du préfet François-Xavier Bieuville : un changement de cap pour un préfet habitué aux crises

Après un peu plus de deux années passées à Mayotte, François-Xavier Bieuville tourne une page importante de sa carrière administrative. Il a été officiellement nommé préfet de la Loire, où il succède à Muriel Nguyen, appelée à rejoindre le cabinet du président de la République à l’Élysée.

Ce changement de territoire marque un basculement entre deux réalités administratives très différentes : d’un côté, Mayotte, département confronté à des tensions sociales, migratoires et sécuritaires particulièrement fortes ; de l’autre, la Loire, territoire métropolitain aux enjeux plus classiques mais tout aussi stratégiques.

Arrivé en février 2024, François-Xavier Bieuville s’est rapidement retrouvé plongé dans une succession de crises qui ont rythmé son mandat. Son passage à Mayotte aura été marqué par une gestion continue de situations d’urgence, où la question sécuritaire et migratoire occupait une place centrale.

Dès ses premières semaines en fonction, il apparaît publiquement lors du démantèlement d’un camp de migrants au stade de Cavani, symbole d’une pression migratoire difficile à contenir sur l’île.

Barrages, tensions et contestations : une île sous haute tension sociale

Parmi les épisodes les plus marquants de son passage, la gestion des barrages routiers reste un moment clé. Installés en réaction à l’insécurité et à la pression migratoire, ces blocages ont paralysé une partie du territoire et nécessité de longues négociations avec les acteurs locaux.

L’État a dû composer avec une contestation sociale forte, obligeant la préfecture à jouer un rôle d’équilibriste entre maintien de l’ordre et dialogue avec la population.

Face à cette situation tendue, plusieurs opérations ont été mises en œuvre, dont le dispositif “Mayotte Place Nette”. Cette initiative visait à renforcer la présence de l’État sur le terrain, notamment dans les zones sensibles, et à tenter de rétablir un cadre de sécurité plus stable.

Ces actions ont été perçues comme une tentative de reprise en main d’un territoire où les défis sécuritaires et migratoires s’entremêlent fortement.

Le choc du cyclone Chido : gérer l’urgence et la reconstruction

Le mandat de François-Xavier Bieuville a également été marqué par un événement climatique majeur : le cyclone Chido. Ses conséquences ont été lourdes pour l’île, nécessitant une mobilisation immédiate des services de l’État.

La préfecture a dû organiser l’aide d’urgence, coordonner les distributions de denrées essentielles et accompagner financièrement les collectivités locales durement touchées. Une séquence qui a transformé le rôle du préfet en véritable gestionnaire de crise humanitaire.

Alors que son départ se profile, une dernière opération, baptisée “Kingia”, a été lancée il y a quelques semaines. Elle s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis son arrivée, illustrant une fin de mission toujours placée sous le signe de la gestion sécuritaire et administrative de terrain.

En prenant ses fonctions dans la Loire, François-Xavier Bieuville quitte un environnement ultramarin marqué par l’urgence permanente pour rejoindre un territoire métropolitain aux problématiques différentes : développement local, sécurité du quotidien, coordination des politiques publiques et relations avec les collectivités.

Cette nomination s’inscrit dans le mouvement régulier des hauts fonctionnaires de l’État, appelés à changer de territoire pour mettre leur expérience au service de contextes variés.

Le passage de François-Xavier Bieuville à Mayotte aura sans doute constitué une séquence particulièrement intense de son parcours. Entre tensions sociales, enjeux migratoires, catastrophes naturelles et opérations de sécurité, son mandat illustre la complexité du rôle de préfet dans les territoires les plus exposés.

Son arrivée dans la Loire ouvre désormais un nouveau chapitre, où les défis seront différents, mais où l’exigence de l’État restera tout aussi forte.

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Basket-ball : la rencontre Vautour Club de Labattoir et l’Etoile Bleu sera rejouée à huit clos

Basket-ball : la rencontre Vautour Club de Labattoir et l’Etoile Bleu sera rejouée à huit clos

La Ligue de basket de Mayotte a tranché. Après les incidents graves survenus lors de la finale masculine aller, la rencontre décisive entre le Vautour Club de Labattoir et l’Étoile Bleue de Kawéni sera rejouée à huis clos. Une décision exceptionnelle, prise dans l’urgence, afin de préserver la sécurité des joueurs, des officiels et du public.

Samedi dernier, le spectacle sportif a viré au chaos. Alors que le Vautour Club de Labattoir semblait avoir pris une sérieuse option sur le titre en menant largement (83-66) à huit minutes du terme, la rencontre a brutalement basculé.

Des tensions déjà palpables tout au long du match ont fini par exploser, provoquant un affrontement général sur le terrain. L’ambiance électrique a rapidement dépassé le cadre sportif, obligeant les organisateurs à interrompre la rencontre dans un climat de confusion et d’inquiétude.

Cet épisode a immédiatement alerté les autorités sportives et administratives, qui ont demandé une réponse rapide et ferme.

Une décision radicale : jouer à huis clos

Face au risque de nouveaux débordements, la Ligue de basket de Mayotte a décidé de rejouer la finale retour dans des conditions strictement encadrées. Le match se déroulera samedi 25 avril à 14h30 au gymnase de Pamandzi, mais sans public.

Seuls quelques officiels et accompagnateurs dûment sélectionnés seront autorisés à assister à la rencontre. Une mesure rare pour une finale régionale, mais jugée nécessaire après les incidents du week-end précédent.

La préfecture de Mayotte a également insisté sur cette option du huis clos, invoquant des impératifs de sécurité et de prévention des violences.

Une finale toujours indécise

Sportivement, rien n’est encore joué. Cette nouvelle confrontation pourrait sceller le sort du championnat.

  • En cas de victoire de l’Étoile Bleue de Kawéni, le club serait sacré champion de Mayotte.
  • En cas de succès du Vautour Club de Labattoir, un troisième match décisif devrait être organisé pour départager les deux équipes.

Autant dire que la pression est maximale, même en l’absence de public. Les deux formations devront composer avec un contexte inédit, où le silence du gymnase remplacera l’ambiance habituellement électrique des grandes finales.

Le basket féminin également concerné

Dans le même temps, la Ligue a confirmé que la finale retour féminine se tiendra également ce week-end. Elle est programmée dimanche 26 avril à 15h30 au gymnase du Baobab.

Contrairement à la rencontre masculine, aucune mesure de huis clos n’a été annoncée pour ce match, même si une vigilance particulière devrait être maintenue.

Cet épisode met en lumière les défis auxquels fait face le basket mahorais, entre passion intense, rivalités sportives et nécessité de préserver un cadre sécurisé.

Si le sport est censé rassembler, les événements récents rappellent combien l’équilibre peut être fragile lorsque la compétition dépasse les limites du terrain.

Samedi, à Pamandzi, il n’y aura ni chants de supporters ni tribunes en ébullition. Mais l’enjeu, lui, reste intact : décrocher un titre dans une finale devenue, malgré elle, l’un des épisodes les plus tendus de la saison.

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Drame en kwassa vendredi, deux passeurs écroués

Drame en kwassa vendredi, deux passeurs écroués
* image d'illustration générée par ia

Deux jeunes passeurs ont été placés en détention provisoire en attendant leur procès après un drame survenu vendredi 17 avril 2026 lors d’une traversée clandestine en kwassa-kwassa depuis Anjouan. Six migrants se trouvaient à bord, dont une femme enceinte. L’un d’eux est mort pendant le trajet.

À la barre, le juge a évoqué des « faits dramatiques de kwassa ». Le parquet a insisté sur le risque de fuite des deux hommes, s’opposant à leur remise en liberté. La défense a, au contraire, plaidé pour leur libération : « On nous explique à longueur de journée que des gens viennent, on nous explique que le problème à Mayotte, c’est les étrangers ; dans ce cas-là, laissez-les rentrer chez eux. »

Les deux prévenus resteront en détention dans l’attente de leur prochaine audience, fixée au 22 mai.

Faux papiers entre Mayotte et la métropole : un réseau démantelé près de dix ans après les faits

Faux papiers entre Mayotte et la métropole : un réseau démantelé près de dix ans après les faits

Près d’une décennie après les faits, la justice a rendu son verdict. Ce mardi 21 avril, le tribunal correctionnel de Mamoudzou a condamné plusieurs membres d’un réseau structuré de trafic de faux papiers opérant entre Mayotte et l’Hexagone. Derrière cette affaire, un système bien rodé, reposant sur des intermédiaires locaux et une organisation quasi commerciale, a été mis en lumière.

Tout remonte à juin 2016, lorsqu’un contrôle de routine à l’aéroport de Pamandzi révèle l’utilisation de faux passeports par plusieurs passagers. L’enquête bascule rapidement lorsqu’un suspect, originaire des Comores et résidant à Pamandzi, reconnaît son rôle de rabatteur. Il servait d’intermédiaire pour orienter des clients vers un réseau capable de fournir de faux passeports et de fausses cartes de séjour.

Les investigations permettent alors d’identifier deux figures locales du dispositif : Youssouf Dhoulhedji, installé à Sada, et Kamal Ali, basé à Labattoir. Leur rôle consistait à distribuer les documents frauduleux au sein de la communauté comorienne à Mayotte. Mais au sommet de la pyramide se trouvait un homme : Dhoimir Abdourahim, surnommé « Kalfane ». Depuis la métropole, il coordonnait l’ensemble des opérations, faisant le lien avec des faussaires installés en France.

Le fonctionnement du réseau reposait sur une stratégie proche du « marketing relationnel ». Les clients étaient encouragés à recruter de nouveaux acheteurs en échange de documents gratuits ou à prix réduit, habituellement vendus plusieurs centaines d’euros. Une méthode qui a permis au réseau de s’étendre rapidement.

À Paris, « Kalfane », vendeur de chaussures dans le 18e arrondissement et déjà condamné pour des faits similaires, s’appuyait sur deux complices. Ibrahim Mhadjou, surnommé « Poupidou », assurait le transport des faux documents jusqu’à Mayotte, tandis que Hassane Mahamoude, son colocataire à Corbeil-Essonnes, gérait les flux financiers via son compte bancaire.

Ce système bien huilé a finalement été démantelé, mettant fin à un trafic qui exploitait les vulnérabilités administratives et la précarité de certains candidats à l’exil. Le jugement rendu aujourd’hui vient clore un long processus judiciaire, tout en rappelant l’ampleur et la sophistication de ce type de réseaux clandestins.

Diffamation : la cour d’appel de Mamoudzou annule la condamnation de Mahamoud Azihary et met fin aux poursuites

Diffamation : la cour d’appel de Mamoudzou annule la condamnation de Mahamoud Azihary et met fin aux poursuites

La cour d’appel de Mamoudzou a tranché dans l’affaire opposant Mahamoud Azihary à la société Matis, en annulant purement et simplement la condamnation prononcée en première instance. Cette décision, rendue le 9 avril, marque un tournant décisif dans ce dossier de diffamation et met un terme définitif aux poursuites engagées contre le prévenu.

Initialement condamné en août 2025, Mahamoud Azihary avait écopé d’une amende avec sursis ainsi que de dommages et intérêts pour des propos tenus en avril 2024 lors d’une émission diffusée sur Kwezi TV. Lors de cette intervention, il avait évoqué de supposées irrégularités dans l’attribution d’un marché public à la société Matis, ce qui avait conduit cette dernière à engager une procédure judiciaire à son encontre.

Contestant cette décision, le prévenu avait fait appel. L’examen du dossier par la juridiction de second degré a toutefois mis en lumière un élément déterminant : une irrégularité affectant la citation initiale délivrée par la partie civile en juillet 2024. La cour a considéré que cet acte était entaché de nullité, ce qui a eu des conséquences majeures sur la suite de la procédure.

En effet, cette nullité a été jugée équivalente à une absence totale de citation, empêchant toute interruption du délai de prescription. Or, les faits reprochés remontant à avril 2024, la régularisation intervenue en septembre de la même année est intervenue trop tardivement. Le délai légal étant alors dépassé, les poursuites ne pouvaient plus être valablement engagées.

Sur cette base, la cour d’appel a annulé l’ensemble du jugement rendu en première instance. Elle a également constaté la prescription des faits, rendant impossible toute poursuite judiciaire dans cette affaire.

Cette décision met ainsi un point final au contentieux entre Mahamoud Azihary et la société Matis, en consacrant l’irrégularité de la procédure comme élément central de l’annulation.

Benoît Hamon plaide pour une économie sociale et solidaire moteur de souveraineté

Benoît Hamon plaide pour une économie sociale et solidaire moteur de souveraineté

En déplacement à Mayotte les 20 et 21 avril, Benoît Hamon, président de ESS France, a rencontré de nombreux acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire (ESS). Entre potentiel économique, urgence sociale et ambitions universitaires, il livre sa vision pour le territoire.

FI : Quel était l’objet de votre visite à Mayotte ?

Benoît Hamon : Il y a un très gros écosystème d’économie sociale et solidaire à Mayotte depuis très longtemps, avec 4 000 emplois liés à l’ESS. C’est à peu près un emploi privé sur six – je ne compte pas les emplois dans les collectivités ou pour l’État.

Et il apparaît que s’il y a 4 000 emplois aujourd’hui, il y aurait au moins la place pour doubler cela, sinon davantage, si on développe et structure certaines filières. On peut prendre le cas des déchets : la collecte, le tri, la transformation. Aujourd’hui, c’est une ressource qui encombre, mais demain cela peut être réutilisé dans la construction, le textile, l’isolation.

On peut aussi parler de l’énergie, de l’eau, ou encore de l’agriculture. Côté lait, 30 % de la production est assurée par un modèle coopératif, donc de l’ESS. Côté maraîchage, ce n’est que 1 %. On voit bien les immenses possibilités de développement.

Derrière cela, il y a aussi le basculement d’une économie informelle vers une économie formelle, avec du paiement de TVA, des cotisations sociales, des droits à la retraite. Donc l’intérêt pour moi, c’était de venir observer les atouts de l’île et de son économie.

FI : Quel message êtes-vous venu porter aux autorités locales ?

Benoît Hamon : Je suis venu rappeler que l’économie sociale et solidaire est une économie de souveraineté. Ce sont des emplois non délocalisables, des productions locales. Ce sont des entreprises qui restent territorialisées, qui ne changent pas de propriétaire au gré des rachats internationaux.

Ce ne sont pas des entreprises rachetées par des Chinois ou des Américains : elles restent ancrées localement. Et pour un territoire comme Mayotte, qui a besoin d’être moins dépendant de ressources extérieures coûteuses, c’est fondamental.

C’est le langage que je suis venu tenir au préfet, au président du département, à la région et aux acteurs de l’ESS. Pas pour dire ce qu’il faut faire, ce n’est pas mon rôle, mais pour dire que les atouts existent et que nous sommes disponibles pour accompagner si une dynamique se met en place.

FI : Après vos visites sur le terrain, que retenez-vous ?

Benoît Hamon : Je retiens à la fois ce qui choque le plus et ce qui bluffe le plus.

Ce qui choque, ce sont les 15 000 enfants non scolarisés. Ce n’est pas la responsabilité des Mahorais, c’est celle de l’État. C’est un devoir pour l’État de scolariser les enfants. Et ne pas le faire, c’est préparer les problèmes de demain, bien plus graves que ceux d’aujourd’hui.

Mais en même temps, ce qui m’a bluffé, c’est la réponse de la société mahoraise. C’est une société profondément solidaire. J’ai vu des associations comme Action Coup de pouce, Kaja Kaona, le travail du groupe SOS.

Quand on accompagne ces jeunes non scolarisés, on voit des innovations incroyables : recyclage de bouchons en plastique pour fabriquer des matériaux de construction, coopératives agricoles qui se développent… C’est bluffant.

On a vraiment l’impression d’être dans la métaphore de l’iceberg : on ne voit que la partie émergée du potentiel de ce territoire.

F.I. : Quels projets envisagez-vous pour la suite ?

Benoît Hamon : Il y a des projets concrets. J’ai parlé avec le président de l’université pour mettre en place une convention avec la chambre régionale de l’ESS et ESS France. L’idée, c’est de former les dirigeants et managers de l’ESS, avec des Masters I et II, des thèses, et peut-être même un laboratoire de recherche.

Mayotte a la capacité de devenir une université de référence en matière d’ESS. Il y en a très peu en France et dans le monde. Si ce choix est fait, le territoire peut devenir une pointe à l’échelle nationale, européenne et même mondiale.

J’ai aussi proposé que Mayotte devienne un département pilote dans la stratégie nationale de développement de l’ESS qui sera adoptée prochainement. Nous sommes prêts à nous engager.

Donc oui, je suis venu me nourrir de ce que j’ai vu ici, mais aussi annoncer des choses concrètes qui peuvent se faire dans les mois qui viennent.

Durant son déplacement, Benoît Hamon et sa délégation ont rencontré plusieurs acteurs locaux, notamment l’association Kaja Kaona, qui accompagne les jeunes vers l’insertion professionnelle, l’association Action Coup de pouce, engagée auprès des enfants en difficulté, ou encore Mariziki, une initiative de restauration solidaire portée par des femmes.

La délégation s’est également rendue chez Habit’âme, une entreprise qui transforme les déchets plastiques en mobilier et matériaux d’aménagement, ainsi qu’au sein de la coopérative agricole Ucoopam à Combani.

Cette première visite à Mayotte s’inscrit dans une tournée des territoires de l’océan Indien, avec un objectif clair : accompagner le développement d’une économie plus locale, solidaire et durable.

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Immigration clandestine : un procès au cœur du dispositif “Requin”

Immigration clandestine : un procès au cœur du dispositif “Requin”

Ce lundi 20 avril 2026, au tribunal judiciaire de Mamoudzou, un homme originaire de Zanzibar, en Tanzanie, comparaissait pour avoir participé à l’acheminement de migrants vers l’espace français. À travers ce procès, c’est toute la mécanique des opérations maritimes dites “Requin” qui s’est retrouvée exposée.

Les faits remontent au mois de février 2025, au moment du lancement de “Requin I”. Selon le président Emmanuel Macron, en déplacement sur l’île quelques mois plus tard, cette opération avait permis de « tester des dispositifs nouveaux » et de « consolider des mécanismes de renseignement et de prévention ». Une stratégie qu’il justifiait par une transformation des flux migratoires : une immigration longtemps « très comorienne » qui « s’est doublée […] par une immigration qui vient du continent africain et en particulier de la région des Grands Lacs », une évolution qui, selon lui, « accroît […] notre difficulté ».

Ce jour là, une opération en haute mer menée par la Marine nationale détecte un dispositif désormais classique dans la région : un boutre, navire traditionnel à voile, et deux kwassa-kwassa. Un avion de surveillance confirme rapidement les observations. Lorsque les forces françaises interviennent, les passagers ont déjà été transférés sur les embarcations légères.

À bord du boutre, les constatations sont accablantes. Les militaires découvrent des réserves d’eau, des couches pour nourrissons, mais surtout des documents d’identité appartenant à des ressortissants du Congo, du Rwanda et du Burundi, sans lien avec l’équipage. Aucun équipement de sécurité digne de ce nom n’est présent. Le matériel disponible est périmé depuis plusieurs mois. Il n’y a ni moyens de communication ni dispositifs de sauvetage. Tout indique une traversée organisée dans des conditions précaires, sinon dangereuses.

Le lendemain, les deux kwassa sont interceptés. Soixante-quatorze passagers s’y entassent, dont au moins quarante auraient été transférés depuis le boutre. L’enquête met au jour un système structuré : chaque migrant aurait payé environ 1 400 euros pour la traversée. Des carnets retrouvés à bord consignent des noms et des montants. Plus troublant encore, certains témoignages évoquent des actes sexuels imposés à des passagères en guise de paiement.

L’homme jugé reconnaît avoir été à bord du boutre en tant que chef mécanicien. Il explique avoir quitté Zanzibar, puis fait escale à Dar es Salaam, avec une douzaine de passagers, selon lui, sans savoir que le navire en transporterait davantage. À l’audience, il insiste sur son rôle technique et subalterne, et une décision imposée par le commandant. Il admet avoir perçu une rémunération de 300 000 shillings tanzaniens, soit près de 100 euros, avec la promesse d’un paiement identique au retour.

Mais au cœur des débats, la défense s’attaque à la question territoriale. « Le bateau ne se trouvait pas en France », affirme Maître Andjilani. Selon lui, rien ne permet d’établir avec certitude que le boutre évoluait dans les eaux territoriales françaises au moment de son interception. Il suggère au contraire que l’embarcation se trouvait en eaux internationales, voire sur une route dirigée vers les Comores.

Après avoir rappelé que son client « ne connaît ni Mayotte ni les Comores » et qu’il n’a aucune maîtrise des règles du droit français, l’avocat l’interroge : « Est-ce que vous savez où vous avez été arrêté ? ». « Non, je ne sais pas si on était dans les eaux de Mayotte ou dans les eaux des Comores », répond le prévenu.

« On lui applique des règles qui ne sont pas les siennes dans un pays qui n’était pas la France », poursuit l’avocat. « On est allé le chercher chez lui pour l’emmener à Mayotte et lui appliquer des lois qui ne sont pas les siennes. »

Avant même cette démonstration, le procureur de la République, Guillaume Dupont, rejette ces arguments. Il affirme que la présence dans les eaux territoriales françaises est établie et que les faits relèvent d’un dispositif structuré assimilable à de la traite d’êtres humains. Pour lui, le montant exigé aux passagers, combiné aux conditions de transport, caractérise une exploitation organisée.

Dans ses réquisitions, il rappelle que cette affaire s’inscrit dans le cadre de “Requin I”, prolongé par “Requin II” en novembre dernier. Il requiert une peine de trois ans d’emprisonnement, dont dix mois avec sursis.

Le tribunal suit en partie ces réquisitions. L’homme est reconnu coupable et condamné à vingt mois de prison, dont six avec sursis, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Ayant déjà effectué l’essentiel de sa peine en détention provisoire, il devrait être libéré prochainement. Une décision qui laisse planer une ambiguïté : sanction effective ou validation a posteriori de la détention déjà subie, comme le suggérait la défense.

Au-delà de ce dossier, l’affaire met en lumière les limites concrètes des opérations “Requin”.

« C’est un peu un flop », confie une source.

Plusieurs interventions récentes illustrent ces difficultés. Ce week-end encore, un boutre tanzanien aurait échappé à un arraisonnement en raison de la présence de passagers à bord, les règles d’engagement ne permettant pas d’intervention dans ces conditions. Le navire aurait ensuite débarqué une partie de ses passagers aux Comores avant de repartir vers la Tanzanie. Dans le même temps, deux kwassa auraient été interceptés au large de Mayotte avec à leur bord des migrants africains, sans lien direct établi avec ce boutre. Un second navire, également en provenance de Dar es Salaam, aurait atteint les Comores sans être inquiété, faute de transbordement.

Ces épisodes illustrent une réalité complexe : les réseaux migratoires s’adaptent en permanence aux dispositifs de contrôle. La stratégie d’interception en mer se heurte aux contraintes du droit international, à la difficulté de prouver les transbordements et à la fragmentation des itinéraires.

Dans ce contexte, la justice se retrouve face à des situations ambiguës. Subalternes d’équipage, souvent issus de milieux précaires, oscillent entre participation active et rôle subalterne. La question de l’intention devient centrale, mais difficile à établir. Le mécanicien jugé ce lundi incarne cette zone grise.

L’affaire est loin d’être isolée. Le procureur rappelle qu’il s’agit du sixième prévenu jugé dans ce dossier lié à “Requin I”. D’autres audiences sont attendues, avec l’espoir d’éclairer davantage les rouages de ces filières maritimes.

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À Tahiti Plage, des élèves de Coconi plongent au cœur du récif corallien

À Tahiti Plage, des élèves de Coconi plongent au cœur du récif corallien

Mardi 21 avril, sur le site de Tahiti Plage, des élèves du BTSA Gestion et Protection de la Nature (GPN) du CFA–CFPPA de Coconi ont quitté la salle de classe pour une immersion grandeur nature. Encadrés par le Parc naturel marin de Mayotte, ces futurs professionnels de l’environnement ont participé à une opération de suivi du récif corallien dans le cadre du programme international Reef Check.

Cette sortie s’inscrit dans un projet de sciences participatives visant à observer l’état de santé du lagon mahorais. « Reef Check, c’est une opération mondiale avec des protocoles définis pour que le suivi des récifs coralliens soit réalisé de la même manière partout dans le monde », explique Dominique Ruchon, du CFA–CFPPA de Coconi. À Mayotte, une quinzaine de stations fixes permettent ce suivi régulier. Sur place, les étudiants évoluent par équipes de trois le long d’un transect installé sous l’eau, un ruban de 100 mètres posé sur le fond marin, qu’ils suivent pour relever différents indicateurs.

Au fil de leur progression, ils observent la nature du substrat, la présence de poissons et d’invertébrés, notant leurs données directement sur des plaquettes étanches. Une démarche scientifique rigoureuse, déjà présentée en amont lors d’une séance en classe animée par le Parc naturel marin. La journée du 21 avril constitue ainsi la mise en pratique concrète d’un protocole qu’ils seront amenés à rencontrer dans leur future vie professionnelle.

Pour ces jeunes en apprentissage, cette expérience donne un sens particulier aux enseignements. « Nous apportons la théorie, mais là ils participent à une opération réelle, ce qui a un écho pédagogique très fort », souligne Dominique Ruchon, également enseignante en mathématiques. Les données collectées seront d’ailleurs exploitées en cours pour apprendre à analyser des résultats, notamment en probabilités, et à extrapoler à plus grande échelle.

Sur le terrain, tous les étudiants ne sont pas égaux face au milieu marin. Certains découvrent même pour la première fois le palme-masque-tuba. C’est le cas d’Asmahane, en première année, qui confie ne pas savoir nager mais avoir finalement osé se mettre à l’eau. « Je pensais ne pas y aller, mais avec les encouragements des collègues et des encadrants, j’ai essayé », raconte-t-elle. Une avancée importante pour ces jeunes, parfois peu familiers avec les fonds marins de leur propre territoire.

Dieuveut, lui, est déjà plus à l’aise. Alternant chez les Naturalistes de Mayotte, où il participe au suivi des tortues marines sur la plage de Saziley, il voit dans cette journée une opportunité d’apprentissage supplémentaire. « Je suis hyper excité de découvrir ce qu’ils vont nous montrer. Ça permet de mettre en pratique des cours comme l’expertise naturaliste », explique-t-il.

Pour le Parc naturel marin de Mayotte, l’enjeu dépasse la simple formation. « Reef Check repose sur de la science participative. Des citoyens contribuent à une base de données mondiale sur l’état de santé des récifs », précise Louise, encadrante. Si les étudiants ne sont pas encore formés pour réaliser seuls ces suivis, cette initiation leur permet de se familiariser avec les méthodes et, éventuellement, de s’engager davantage par la suite.

Après cette journée de terrain, un travail d’analyse des données est prévu en classe. Il permettra d’évaluer l’état du récif observé, en fonction de la densité des espèces et de la composition du fond marin. Autant d’indicateurs essentiels pour suivre l’évolution d’un écosystème fragile.

À travers cette expérience, les élèves du CFA–CFPPA de Coconi plongent concrètement dans les enjeux environnementaux de Mayotte. Une manière de former, au plus près du terrain, ceux qui auront demain la responsabilité de préserver la richesse du lagon.

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« Nous avons de moins en moins de moyens »

« Nous avons de moins en moins de moyens »
Une intersyndicale de l’éducation s’est mobilisée devant le rectorat de Mayotte le 21 avril pour dénoncer la politique éducative, dans le cadre d’une grève de trois jours.

Le mardi 21 avril, les syndicats de l’éducation manifestent devant le rectorat et dénoncent la carte scolaire. Ils critiquent des fermetures de classes et un manque de moyens. Ils alertent sur 15 000 enfants non scolarisés et des conditions de travail dégradées. Ils demandent un plan d’urgence et devaient rencontrer la rectrice ainsi que les élus pour défendre leurs revendications, mais la rencontre prévue à 14h n’a finalement pas eu lieu.

Une intersyndicale de l’éducation s’est réunie devant le rectorat de Mayotte ce mardi 21 avril. Ils seront en grève durant 3 jours. Les différentes organisations syndicales ont multiplié les échanges et les mobilisations pour dénoncer la politique éducative actuelle.

Sur place, les représentants syndicaux expriment un profond malaise. Ils alertent sur une dégradation continue des conditions d’enseignement et d’apprentissage, notamment dans le premier degré.

Sur place, des enseignants non syndiqués souhaitent aussi marquer le coup en participant à cette grève de trois jours. Nicolas, enseignant depuis trois ans à Mayotte, se montre dubitatif face aux réformes en cours. Il participe

Les organisations évoquent par ailleurs une situation scolaire jugée préoccupante, avec environ 15 000 enfants non scolarisés selon leurs estimations. Elles dénoncent également la fermeture de classes malgré des besoins importants sur le territoire.

« On ne comprend pas pourquoi on ferme des classes. On nous dit que l’obligation scolaire va de 6 à 18 ans désormais », déplore un syndicaliste.

Les représentants de l’intersyndicale critiquent une carte scolaire du premier degré qu’ils jugent inadaptée. Ils réclament une politique éducative tenant compte des réalités locales et des difficultés structurelles du territoire. « Nous avons voté contre la carte scolaire », rappellent-ils.

Le débat porte aussi sur les responsabilités institutionnelles. Certains syndicats estiment que les collectivités locales et l’État se renvoient la responsabilité des retards accumulés dans la construction scolaire.

Les syndicats pointent également un budget jugé insuffisant pour répondre aux besoins. Ils évoquent un effort financier annuel important mais encore insuffisant au regard des infrastructures à construire et des classes manquantes.

Au-delà des chiffres, les organisations syndicales alertent sur les conditions d’apprentissage. « Quand on dit que 70 % des enfants de CP ou CE1 ne savent pas lire et écrire, c’est énorme et très inquiétant », souligne Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départementale de la FSU Mayotte. Elle dénonce dans le même temps des fermetures de classes sans accompagnement supplémentaire.

Les syndicats réclament un plan d’urgence pour l’éducation, incluant davantage de moyens humains, des enseignants spécialisés et une meilleure formation des équipes. Ils dénoncent une dégradation globale du système éducatif.

Enfin, les représentants syndicaux alertent sur les infrastructures scolaires. Ils évoquent des classes manquantes, mais aussi des problèmes d’hygiène et de sécurité dans plusieurs établissements, notamment dans les sanitaires jugés dégradés.

Une conférence de presse est prévu en fin de semaine par le rectorat de Mayotte.

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Comores : un migrant somalien décède au large de Mohéli

Comores : un migrant somalien décède au large de Mohéli

L’homme serait tombé d’un rocher alors qu’il tentait de rejoindre le rivage pour demander de l’aide. Un drame qui rappelle la récente tragédie survenue sur les côtes de Mitsamihuli, où 18 corps de migrants continentaux abandonnés par leurs passeurs avaient été repêchés.

L’information a été révélée pour la première fois par la page Mohéli Matin. Depuis dimanche, les habitants d’une localité appelée Hamavuna, sur l’île de Mohéli, accueillent une quarantaine de migrants débarqués la veille par des passeurs. Jusqu’à lundi soir, ils étaient logés dans une école publique communautaire. Une source locale a indiqué que les autorités avaient recensé au total 40 rescapés.

« Ce contingent est composé d’un bébé de trois mois et de huit femmes, dont une enceinte. Le reste sont des hommes », a rapporté notre source.

Selon elle, le migrant décédé, identifié comme un ressortissant somalien, serait tombé d’un rocher. « L’homme ne présentait aucune blessure apparente. On pense qu’il a glissé et s’est noyé en tentant de rejoindre le rivage », a poursuivi un informateur qui s’est confié à Flash Infos, ajoutant que les autorités avaient été informées de la présence des migrants dimanche vers 16 heures.

D’après nos informations, le village a pu se mobiliser après que deux migrants ont réussi à rejoindre la terre ferme pour solliciter de l’aide. « Les deux hommes ont déclaré que l’un des leurs était tombé. Les pêcheurs sont donc partis à sa rescousse », a raconté un habitant de Hamavuna.

« Au départ, il y avait des réticences. Les habitants craignaient qu’ils ne soient porteurs de maladies. L’accueil a été quelque peu glacial avant que nous parvenions à calmer les esprits. Ils sont logés dans une école », a indiqué lundi notre source villageoise, selon qui la question de la prise en charge des migrants a été au cœur des préoccupations des autorités de l’île.

De la bouillie

« Les nourrir devient compliqué. Dimanche, les habitants donnaient ce qu’ils pouvaient, notamment de la bouillie de riz au lait. Pour les jours à venir, l’incertitude est totale », a alerté un responsable d’une ONG locale.

L’arrivée de ce groupe s’ajoute à la trentaine de migrants sauvés le 19 mars par les garde-côtes à Mitsamihuli, au nord de la Grande Comore. Partis des côtes est-africaines pour rejoindre Mayotte, ces migrants avaient été abandonnés par leurs passeurs. Vingt passagers ont péri par noyade, mais seuls 18 corps ont été repêchés, majoritairement des ressortissants de la République démocratique du Congo.

Depuis, ils étaient pris en charge par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).

Près d’un mois plus tard, tout porte à croire que les 40 migrants actuellement pris en charge à Mohéli ont subi le même sort. « Les passeurs leur ont demandé de sauter en leur faisant croire qu’ils étaient déjà à Mayotte, leur destination finale. Parfois, il s’agit d’une approche du rivage mal maîtrisée », explique une source sécuritaire.

Le parquet de Mohéli a ouvert une enquête afin de faire la lumière sur ces abandons périlleux en mer. « Les migrants ne disent toujours pas la vérité. Certains affirment qu’ils étaient une cinquantaine, d’autres soutiennent le contraire », a relevé une source ministérielle.

12 500 migrants accueillis en 2020

Dans un entretien accordé fin mars au journal La Gazette des Comores, le ministre comorien de l’Intérieur a annoncé des mesures visant à limiter les flux de migrants qui débarquent sur les côtes comoriennes depuis la Tanzanie, identifiée comme principal pays de départ.

C’est dans ce cadre qu’une mission a été déployée à Dar es Salaam le 25 mars afin de renforcer le partenariat en matière de partage de renseignements et de sauvegarde des vies humaines en mer.

« La délégation a été dépêchée pour défendre l’intégrité territoriale des Comores tout en respectant les droits humains », avait précisé la page Facebook du ministère de l’Intérieur de l’Union des Comores, réitérant que seule la coopération entre les deux pays pouvait prévenir de telles tragédies.

Le 2 avril, en partenariat avec l’OIM, les autorités comoriennes ont décerné des attestations à plus d’une dizaine d’acteurs formés durant une semaine aux fondamentaux de l’élaboration des politiques migratoires. L’objectif de cet atelier était de créer un cadre national cohérent, structuré et inclusif pour mieux gérer la mobilité humaine.

Selon l’OIM, le pays a accueilli en 2020 près de 12 500 migrants en flux de transit provenant de la région africaine des Grands Lacs. Tous cherchent à rejoindre Mayotte, leur destination finale. Cette présence se reflète notamment dans les demandes d’asile sur l’île.

Dans un article publié le 3 mars, le journal Le Monde révélait que, sur 2 463 dossiers déposés en 2024, plus de la moitié l’avaient été par des ressortissants congolais.

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Un nouvel appel à projets pour transformer le quotidien des habitants de Petite terre

Un nouvel appel à projets pour transformer le quotidien des habitants de Petite terre

La Communauté de Communes de Petite-Terre, en partenariat avec l’État et l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires, annonce le lancement de l’appel à projets 2026 du Contrat de Ville. Une initiative attendue qui s’inscrit dans une dynamique de transformation durable du territoire et qui vise à améliorer concrètement la vie des habitants de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi, désormais entièrement classés en quartiers prioritaires.

Ce nouvel appel à projets intervient dans le cadre du Contrat de Ville « Engagements Quartiers 2030 », entré en vigueur en avril 2026. Ce dispositif renouvelé repose sur une ambition claire : répondre aux besoins réels de la population locale, tels qu’ils ont été exprimés lors d’une vaste consultation menée entre août et octobre 2025. L’objectif est de bâtir des actions utiles, ciblées et ancrées dans le quotidien des habitants.

Les porteurs de projets sont invités à proposer des initiatives en lien avec plusieurs priorités majeures du territoire. Parmi elles figurent l’amélioration de l’accès à la santé, la prévention des violences, la lutte contre le décrochage scolaire ou encore le développement de solutions favorisant l’insertion sociale et professionnelle. Une attention particulière est également portée aux actions en faveur de la jeunesse ainsi qu’à la sensibilisation aux enjeux environnementaux.

À ces axes stratégiques s’ajoutent des enjeux transversaux incontournables, tels que l’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations et l’accompagnement des jeunes. L’ensemble des projets devra ainsi s’inscrire dans une approche globale, inclusive et durable.

Cet appel à projets s’adresse à un large éventail d’acteurs : associations, établissements publics, collectivités et conseils citoyens. Les initiatives proposées devront bénéficier directement aux habitants de Petite-Terre et, dans la mesure du possible, être construites en partenariat afin de renforcer leur impact.

Sur le plan financier, les projets retenus pourront être soutenus à hauteur de 80 % de leur coût total, avec un seuil minimal de subvention fixé à 2 000 euros. Les dossiers seront évalués selon plusieurs critères, notamment leur pertinence face aux enjeux locaux, leur caractère innovant, la solidité de leur mise en œuvre, leur dimension partenariale et leur capacité à produire des résultats mesurables.

Les candidatures doivent être déposées via la plateforme Dauphin puis envoyées par mail. Les porteurs de projets sont vivement encouragés à échanger en amont avec les équipes de la Direction Politique de la Ville afin d’optimiser leurs chances de succès. Un accompagnement est également proposé par la Maison France Services de Petite-Terre pour faciliter les démarches administratives.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au vendredi 15 mai 2026 à midi (heure de Mayotte). Un calendrier serré pour un enjeu de taille : faire émerger des projets concrets, innovants et utiles pour construire l’avenir de Petite-Terre.

Des chantiers participatifs pour restaurer les rivières

Des chantiers participatifs pour restaurer les rivières

Le projet RESTOCOR lance, dès le mois de mai, des chantiers participatifs dédiés à la restauration de trois rivières de Mayotte : la Gouloué à Passamainty, la Dembéni et l’Andrianabé à M’tsangamouji. Ouvertes aux bénévoles, ces opérations visent à améliorer la qualité des cours d’eau et à rétablir leur continuité écologique.

Au programme : ramassage des déchets et enlèvement des obstacles à l’écoulement. Les sessions se déroulent en matinée, de 8h à 13h, et chacun peut s’inscrire selon ses disponibilités.

Porté par le bureau d’études Océa Consult et coporté par Mayotte Nature Environnement, le projet bénéficie d’un financement de l’Union européenne dans le cadre du programme Best Life 2030, avec l’appui de plusieurs associations locales mobilisées sur le terrain.

Agression à coups de barre de fer à Mtsamboro le beau-frère policier jugé le 22 avril à Mamoudzou

Agression à coups de barre de fer à Mtsamboro le beau-frère policier jugé le 22 avril à Mamoudzou
Capture d’écran d’une vidéo tournée par la famille, montrant la scène de confrontation sur la parcelle disputée lors du conflit familial. * image améliorée par ia

Le 22 avril 2026, le tribunal correctionnel de Mamoudzou jugera une affaire d’agression survenue le 19 juin dernier à Mtsamboro. Ce jour-là, Moussi Mahamadou, alors âgé de 49 ans, avait été violemment frappé à coups de barre de fer par son beau-frère, un agent de police, sur fond de conflit familial lié à une parcelle placée sous contrôle judiciaire.

Une plaie ouverte de cinq centimètres, c’est l’image que Moussi Mahamadou nous montre sur son téléphone. Visage rond et henné sur les mains, elle raconte son agression subie par un homme vêtu d’un uniforme de la Police aux frontières (PAF) au moment des faits, le 19 juin dernier à Mtsamboro. Chez elle à Mzouazia, aux côtés de son mari, elle mime les coups portés sur sa cuisse et ses mains.

Un terrain au cœur du conflit familial

Moussi et son conjoint Dahalani Hamidou, originaire de Mtsamboro par son grand-père, ont l’habitude de cultiver sur une parcelle à la jonction de Hamjago, séparée d’un cours d’eau. Un terrain disputé par sa sœur par ailleurs : « J’ai longtemps vécu à La Réunion mais j’ai effectué toutes les démarches qu’il fallait pour le mettre à mon nom », explique Dahalani.

Alors que le couple s’y rendait régulièrement, des menaces ont été proférées avec une arme à feu et une machette le week-end du 7 juin, par le mari de la sœur de Dahalani, un agent exerçant au sein des services de police. Aucune plainte n’a alors été déposée ce jour-là.

C’est le week-end suivant, accompagné de leur fille, que les faits de violence se sont aggravés. Lors d’un début de chantier de terrassement mené sans l’accord de Dahalani, les ouvriers du chantier auraient stoppé leur action et appelé à nouveau son beau-frère policier pour vérifier leur autorisation de poursuivre le chantier : « Ce monsieur est marié à ma belle-sœur, qui a un lien direct avec ce champ, pas lui », précise Moussi. C’est à ce moment que le beau-frère apparaît pour en découdre.

La scène est filmée sur un smartphone par la famille et publiée sur les réseaux sociaux. Flash Info a pu visionner ces images où l’on distingue clairement un homme vêtu d’un tee-shirt bleu marine de la PAF. L’homme se dirige vers Moussi Mahamadou, puis lui assène une barre de fer à la cuisse. S’ensuit un deuxième bruit sourd qui indiquerait un deuxième coup porté à la victime. Paniqués, les témoins de la scène tentent de séparer. « Lorsqu’il a frappé mon épouse, je suis intervenu, mais j’ai aussi pris un coup », raconte son conjoint, Dahalani Hamidou.

Un équilibre bousculé

Le jour même, un dépôt de plainte est effectué. Moussi Mahamadou hérite de six jours d’Interruption de temps de travail (ITT). Le 6 septembre dernier, la plainte a été transmise à l’Inspection Générale de la Police (IGPN). Auscultée par son médecin, la victime décrit des troubles du sommeil. Le certificat médical mentionne des œdèmes et une plaie sur le corps de Moussi. Dans son domicile, elle peine à s’en remettre : « Aujourd’hui, mes enfants subissent encore des séquelles. Ils sont suivis par un psy. Mon enfant, bonne élève auparavant, a connu une chute drastique de ses notes. »

Son mari lui garde en tête un conflit amer, une relation rompue avec sa sœur qui a atteint selon lui un atteint le point de non-retour. « Nous ne voulions pas en arriver là. Nous privilégions toujours une solution à l’amiable et la discussion mais il faut à présent que cet homme soit jugé », explique l’époux Dahalani. Trois faits de violences sont reprochés à son beau-frère. Présumé innocent, l’agent de police a été déféré le 13 novembre 2025 au parquet, et placé sous contrôle judiciaire. Contactée, la Direction territoriale de la police (DTPN) indique que des procédures administratives sont en cours, en attendant une audience prévu ce 22 avril prochain au tribunal correctionnel de Mamoudzou.

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Alain Kamal Martial : “Nous avons cessé de donner du sens à notre histoire”

Alain Kamal Martial : “Nous avons cessé de donner du sens à notre histoire”

À une semaine de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, l’écrivain et dramaturge Alain Kamal Martial nous a accordé un entretien : un échange dense et sans détour dans lequel il revient sur son engagement artistique autour de la mémoire de l’esclavage à Mayotte. Auteur et metteur en scène de plusieurs œuvres marquantes – Libertés, Bakar Kusu et Macuas – il interroge, vingt-cinq ans après ses premiers écrits, le sens que la société mahoraise donne aujourd’hui à cette histoire. Entre confusion des mémoires, oubli collectif et nécessité de reconstruire un récit propre au territoire, il livre une réflexion profonde sur le rôle de la littérature, de la tragédie et du narratif dans la transmission, mais aussi sur les liens étroits entre histoire, identité et développement. 

Flash Infos : On se rappelle que dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, vous avez écrit et mis en scène, respectivement en 2004, «Libertés», « Bakar Kusu», en 2001, et en 2007 « Macuas ». Les trois œuvres traitaient du thème de l’esclavage dans l’histoire de Mayotte. Quel est le regard que vous portez sur ce sujet 25 ans après votre première œuvre ?

Alain Kamal Martial : A une époque où ma génération avait besoin de repères, il fallait donc un récit et une représentation scénique capables de porter un narratif. Il me semble que ces trois œuvres de jeunesse avaient eu le mérite de lever le voile sur ce sujet encore tabou à Mayotte à cette époque.

25 après, on parle un peu  plus d’esclavage. On continue encore à commémorer chaque année. Mais j’ai comme l’impression que l’on a cessé de donner du sens à l’histoire, notamment ici, à l’histoire de l’esclavage à Mayotte. Je crois que c’est parce que ce travail d’écriture et de représentation publique n’a pas été poursuivi par d’autres écrivains et d’autres troupes de théâtre. Ce silence a créé un creuset qui laisse une confusion encore très grande malheureusement au sein de la société.

F.I. : Vous parlez de confusion. De quelle confusion s’agit-il ? 

A.K.M. : Relativement à l’histoire de Mayotte, nous nous mettons à confondre encore l’esclavage lignager, l’engagisme et la traite négrière. En effet, contrairement aux Antilles et à La Réunion, voire les autres Outremers françaises, la société mahoraise ne nait pas du fait de la traite négrière. Mayotte est peuplée depuis au moins le VIème siècle.  Durant l’époque des fanis ou des cités-Etats, du VIème au XIVème siècle, et durant tout son sultanat, du XIVème au XIXème siècle, durant l’époque sombre des planteurs macuas (engagés ou esclaves) à la dernière moitié du  XIXème siècle, la nature de la servitude n’est pas la même.

Que commémorons-nous à Mayotte ? La fin de l’esclavage lignager ? La fin de l’engagisme ? La fin de la traite négrière ? Sommes-nous alignés aux Antilles et à La Réunion ? De quelle servitude parlons-nous ? Quelle fut la part de responsabilité des fanis et sultans de Mayotte ? Quelle fut celle des sociétés coloniales présentes dans l’île depuis 1843 ?

F.I. : Quel est le sens de la tragédie ? Et pourquoi pensez-vous que ce genre rend mieux compte des grandes questions de l’histoire notamment, ici, l’esclavage ou la traite négrière ?  

A.K.M. : Nous devons nous entendre sur cette vérité : Ce n’est pas le chaos de son histoire qui anéantit une société mais l’oubli de ses drames. Toute société est semblable à la métaphore du sphinx dans l’Œdipe de Sophocle ou de l’Ainsi parlait Zarathoustra de Neiesztche. «De nos cendres, nous renaissons.»

La tragédie quand elle est collective, les cendres issues du chaos et de la violence de l’histoire sont incorporées par l’artiste et son œuvre. Par le récit, elles sont restituées au peuple pour éloigner l’oubli. Les cendres sont la mémoire collective qui fonde les communautés humaines et leur conscience d’appartenance.

En tant que drame, la tragédie montre que les Etats ont occupé la grande part de leurs activités à s’armer pour protéger leurs espaces à l’intérieur ou pour conquérir d’autres à l’extérieur de leurs frontières. Ces investissements infatigables d’efforts belliqueux, encore une fois, ont pour raison la survie d’une culture et le refus de son oubli par la violence. Si à une époque, la violence de guerre, d’exploitation, et d’occupation était représentée dans les œuvres, notre époque les diffuse en direct devant nos écrans. Pourtant, cela ne change pas sa fonction telle qu’Hannah Arendt[1] et Frantz Fanon[2] nous la décrivent.

La traite négrière n’avait jamais été un mal dont la perversité morale des hommes fut la principale motivation. Reconnue comme crime contre l’humanité, la traite négrière fut un fait économique. La raison était uniquement la nécessité vitale d’un système capitaliste naissant avide d’absorber une main d’œuvre importante pour se maintenir. Les peuples noirs d’Afrique payèrent le prix fort au nom du développement de l’industrie des sociétés occidentales et de l’économie capitaliste naissante dans de nombreuses régions du monde parmi lesquelles nous devons intégrer notre île, Mayotte.

F.I. Mais d’où vient-il que l’histoire d’un pays tombe dans l’oubli, laissant, justement, son histoire couverte des cendres qui la rendent silencieuse et invisible ?  

A.K.M. : Lorsque surgit l’oubli, l’ignorance anéantit en premier lieu le génie créateur et le savant. Les génies d’une société sont censurés, ignorés, balayés lorsque la médiocrité politique et de la complaisance sont levés en étendard triomphant de la société. C’est le nivellement par le bas. Alors, apparait le vrai drame : l’oubli collectif.

J’affirme encore une fois que le plus dramatique des désastres collectifs, n’est pas la violence des agressions subies dans son histoire ni le chaos des drames de son quotidien mais la monstruosité qui émerge quand advient le temps de la fin des récits essentiels. L’anéantissement du génie et des œuvres qui rappellent les drames se solde par la perte de toute mémoire. L’artiste ne crée plus, l’ingénieur n’est plus capable de se renouveler. Le politique vit dans l’opposition des intérêts claniques. Le conflit et la contradiction sont permanents. La conscience collective meurt. La société se disloque et devient spectatrice impuissante de la ruine morale de ses trois piliers fondateurs.

La première victime est l’éducation. La société ne transmet plus ses propres valeurs à ses enfants. L’enfant n’a plus ni héros, ni génie. C’est sur les bancs de l’école et dans les foyers familiaux que le sentiment d’appartenance à la même communauté se dissout et il n’existe plus de cohésion.

La deuxième victime est la classe politique.

Il ne reste plus aucune référence, aucun modèle ne survit, rien ne concorde entre les aspirations du peuple et l’homme de pouvoir qui le représente. Les appareils politiques n’ont plus de penchant à l’élévation. Il ne leur reste plus aucune vision de grandeur comme modèle de réussite à atteindre. Tout tombe, tout s’effondre dans une ruine intellectuelle.

Les médias sont la troisième victime.

C’est cette médiocrité flagrante que les médias colportent lorsqu’à leur tour, ils deviennent les vassaux d’un pouvoir moribond et d’une société amnésique plongée dans sa médiocre condition. Le territoire entier est incapable de se tenir debout et de dresser un sens de son économie. Dans cet espace d’amnésie collective, c’est fatalement à l’Autre, les héros d’une autre histoire qui s’imposent.

Sur la question de son histoire, cela explique le fait que Mayotte est devenue une société qui fonctionne par assimilation et analogisme. Elle imite jusqu’à la mémoire des Antilles, de La Réunion, des Amériques et tragiquement, elle nie et annihile volontairement ses talents et son génie. 

F.I. : Votre vison du rôle de la littérature et des scènes n’est-elle pas exagérée en ce sens que les sociétés modernes connectées, dominées par les réseaux sociaux et les écrans ? Dans ce cas, la littérature peut-elle encore captiver l’attention de la masse et être influente auprès de la jeunesse ?    

A.K.M. : Sur un point vous avez raison. Nous ne devons pas oublier que nous sommes à l’âge des écrans, de l’IA et des réseaux sociaux. Mais une vérité demeure. Et nous l’affirmons consciemment : tout est récit même sur les écrans et seuls les récits sont capables d’empêcher le chaos et l’oubli. Ils sont nécessaires. Que ce soit par la voie des lettres (la poésie, le théâtre, le roman), de l’image (le cinéma, la vidéo etc…) ou par les arts visuels, la danse ou la musique,  tout est narration et tout  construit un narratif.  Quel que soit le genre choisi, la finalité de la narration est de reculer l’oubli.

C’est à ce niveau qu’il faut toujours défendre le talent et le génie créateurs. Les œuvres de narrations des créateurs les plus doués de Mayotte doivent exister et être diffusées que ce soit à la télévision dans les salles, dans les médias, dans les plateformes ou dans les réseaux sociaux de façon ininterrompue.

F.I. : Dans ce cas précis comment raconter l’histoire de Mayotte ? Comment narrer l’esclavage ou la traite négrière ?   

A.K.M. : Il n’existe pas une histoire unique mais des histoires et que cela est aussi vrai qu’il y a des histoires aussi variées qu’il y a des territoires, qu’il n’y a pas une seule histoire de l’esclavage ou une seule histoire de la traite négrière.

Qu’ainsi donc, à travers chaque histoire, chaque territoire révèle l’esprit de son peuple. Les peuples, dans leur grande variante, ont en commun le formidable déploiement d’une maline intelligence dont le seul et unique but est d’assurer leur survie. De nos jours, la domination intellectuelle ou « l’impérialisme » culturel se réalisent désormais sur les écrans. Qui ne crée pas,  qui n’interprète pas, qui ne s’approprie pas son territoire par le récit et qui ne diffuse pas ses œuvres sur la toile est vouée à la disparition.

Il faut aller plus loin d’ailleurs. Nous affirmons que si l’histoire est célébrée et manifestée par les arts, elle est également le premier pilier de l’économie d’un territoire. Diffuser, c’est créer la confiance et nourrir le génie économique.

F.I. : Vous affirmez que l’économie est une relation encore plus étroite avec l’histoire. Pouvez-vous être plus clair sur cette paire histoire-économie d’un territoire ?

A.K.M. : A une époque donnée, l’économie n’est que le dernier maillon de l’expression d’une culture voire d’une civilisation donc d’une histoire. Sans histoire, il n’y a pas d’économie car la mémoire collective influence l’économie.

En vérité, les communautés fécondent elles-mêmes leur économie à partir de leurs récits. Elles la produisent, ensuite, elles la gravent dans les récits lesquels sont bel et bien l’espace et l’essence de conservation et de transmission de modèles idéalisés par le biais de la poésie d’une langue qui conserve et qui opère.

Alors, l’économie devient une culture collective de l’essentiel et de l’instinct collectif de la survie. Cette culture, à son tour, idéalise, sublime et féconde l’homme. Elle le conçoit, le construit et le développe dans son environnement social moderne. Le narratif en fait un modèle à atteindre dans son territoire et dans ses frontières comme un ensemble de valeurs auxquelles tendent chaque homme et chaque femme. C’est la logique du mythe américain du « self-made-man » dans la société américaine.

L’économie d’un territoire apparait alors comme l’ensemble des valeurs nées des expériences transmises et à transmettre aux enfants de générations en générations de telle sorte qu’il n’y a ni peuple, ni pays, ni culture sans économie.

F.I. : Selon vous, cela explique-t-il, en partie, le sous-développement de Mayotte ?

A.K.M. : Je le pense fortement. Si la société mahoraise subit une domination intellectuelle, c’est en raison de sa rupture avec sa propre histoire. Il s’y opère un remplacement des chaines des valeurs, un oubli qui affecte toutes les classes sociales et toutes les sphères de son élite au point que s’annihilent toutes les facultés de création de valeurs et de références intérieures inspirées de son territoire propre.

En outre, si nous tirons les leçons de la traite négrière et de la colonisation, nous prenons conscience que la survie d’une culture s’accomplit au détriment d’une autre culture. La victoire d’une nation s’accomplit sur l’échec d’une autre nation. L’épanouissement d’une économie se fait aux dépens de la chute d’une autre économie. Tout territoire sans mémoire est dominé lorsque son histoire devient elle aussi spectres et ruines. Il est amené à périr et à disparaitre dans ses cendres et dans ses ruines restant à la merci de son exploitation par des firmes étrangères.

Le rapport à l’esclavage et à la colonisation explique parfaitement l’enlisement de nombreux pays dans la pauvreté et leur incapacité à en sortir. C’est pourquoi il faut développer un rapport rationnalisé, dépassionné moins émotionnel avec l’histoire de l’esclavage et de la traite pour sortir des inepties de la victimisation et engager un sursaut de conquête pour la production des modèles.

[1] Hannah Arendt, La crise de la Culture

[2] Frantz Fanon, Les damnés de la terre

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Un atelier cinéma intensif au collège de Doujani avec le réalisateur Nahid Abdourraquib

Un atelier cinéma intensif au collège de Doujani avec le réalisateur Nahid Abdourraquib
Certains élèves se sont passionnés pour les aspects techniques quand d’autres ont préféré jouer la comédie devant la caméra

Le réalisateur mahorais Nahid Abdourraquib a conduit un atelier cinéma intensif la semaine dernière avec une trentaine d’élèves du collège de Doujani. Une manière de leur faire découvrir les différents métiers du cinéma et de leur prouver que cet univers peut leur être accessible.

« Le monde du cinéma semble un rêve inaccessible pour la plupart des élèves mahorais, alors même qu’ils regorgent de talents », affirme le réalisateur Nahid Abdourraquib, qui a conduit la semaine dernière un atelier intensif de cinéma avec une trentaine d’élèves du collège de Doujani. Objectif : produire des spots de préventions sur des thèmes qui les touchent de près, comme le harcèlement scolaire ou encore la grossesse précoce.

« Je suis intimement convaincu que le cinéma peut être un outil d’éducation et de prévention », poursuit le réalisateur du film « Le grand bluff » qui a à cœur de « désacraliser » l’univers du cinéma dans l’esprit des élèves en leur montrant que la réalisation de film s’apprend à l’instar de tout autre domaine. « Les élèves mahorais ont beaucoup de choses à dire et les films peuvent être pour eux un bon média d’expression », ajoute-il encore.

Tout au long de la semaine, le réalisateur leur a fait découvrir les différents métiers du cinéma, de l’écriture de scénario à l’interprétation de rôles en passant par le cadrage, la captation du son, la mise en scène ou la réalisation. « Ils ont appris beaucoup de choses en s’amusant et ce travail leur a également donné l’occasion de réfléchir sur des sujets qu’ils rencontrent régulièrement dans leur quotidien », développe-t-il encore. Les élèves se sont quant à eux enthousiasmés pour ce projet et beaucoup de ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer ont demandé à rejoindre l’atelier. Le collège envisage donc de le reconduire l’année prochaine en l’ouvrant à d’avantage d’élèves.

Devant ou derrière la caméra, chaque élève a eu sa préférence

Chaque élève a été plus ou moins intéressé par un aspect particulier du travail. Pour Sitti, 13 ans, ce sont les thèmes abordés qui ont compté le plus dans son esprit. « J’ai trouvé ça intéressant de parler du harcèlement scolaire car cela arrive souvent au collège et je trouve qu’on n’en parle pas assez », développe-t-elle. Les élèves les plus extravertis et à l’aise avec l’expression orale ont bien entendu adoré jouer la comédie devant la caméra. « Plus tard je veux être mannequin donc j’ai trouvé intéressant d’apprendre aussi à jouer la comédie, c’est un bon complément », explique par exemple Exodèle, 13 ans également. « Moi j’ai adoré jouer la comédie même s’il a fallu apprendre à gérer son stress et à parler suffisamment fort », ajoute Youssra, 12 ans. « Personnellement j’ai préféré le travail de réalisation et de mise en scène car j’ai trouvé qu’on apprenait davantage de chose », ajoute encore Sitti. Extravertis et introvertis ont ainsi pu chacun trouver un métier correspondant le mieux à leur tempérament au sein du large panel que peuvent offrir les métiers du cinéma.

Après le tournage des 4 spots de prévention, les élèves ont également tourné de petites interviews pour expliquer leur travail. Une ouverture sur le monde du journalisme donc. Nahid Abdourraquib est d’ailleurs actuellement en pourparlers avec les télévisions locales Mayotte la Première et Kwezi TV pour qu’elles acceptent de diffuser les spots de prévention tournés par les élèves, ce qui constituerait pour eux une forme de « consécration » du travail intensif mené tout au long de la semaine dernière.

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Opération Kingia à Tsoundzou : un jeune de 24 ans laissé libre sous contrôle judiciaire

Opération Kingia à Tsoundzou : un jeune de 24 ans laissé libre sous contrôle judiciaire

La salle d’audience du tribunal judiciaire de Mamoudzou était pleine en ce début d’après-midi pour l’examen d’un dossier lié à l’opération Kingia, qui a conduit vendredi à l’interpellation de sept jeunes à Tsoundzou.

Ce lundi matin, le préfet de Mayotte indiquait sur Facebook qu’à l’issue de leur garde à vue, tous avaient été déférés devant le procureur de la République. Trois avaient été incarcérés, deux mineurs placés en centre éducatif fermé et deux autres placés sous contrôle judiciaire avec couvre-feu.

L’après-midi même, l’un d’entre eux comparaissait devant le tribunal. Âgé de 24 ans, il est poursuivi pour avoir dérobé 380 euros, une sacoche Adidas et un téléphone Samsung. Il lui est également reproché d’avoir volé un portefeuille et un téléphone Redmi A3, avec des violences ayant entraîné plus de huit jours d’incapacité pour la victime. Enfin, il est soupçonné d’avoir, en réunion, dérobé 1 000 euros. Sans casier judiciaire, il suivait une formation de plaquiste. À la barre, il reconnaît être connu sous le surnom de « Dalah ».

Compte tenu du nombre d’affaires inscrites à l’audience et de vérifications à mener sur sa formation, le tribunal décide de renvoyer le dossier au 26 mai 2026. Dans l’attente, il doit statuer sur les mesures à prendre.

Le procureur de la République, Guillaume Dupont, demande le maintien en détention. Il insiste sur le risque de pression ou de menaces envers un mineur, interpellé dans le même dossier, qui l’a désigné comme co-auteur. « Il y a un risque de menace ou pression à l’encontre du mineur déféré devant le juge des enfants, placé sous contrôle judiciaire et autorisé à revenir à Tsoundzou », souligne-t-il.

« À Mayotte, atteindre 24 ans sans passer devant cette juridiction, c’est louable », répond l’avocat de la défense.

Le prévenu prend alors la parole. Il évoque sa formation, qu’il dit essentielle pour la suite. «Si on ne fait pas le deuxième stage, c’est foutu pour mon diplôme. Laissez-moi finir », déclare-t-il.

Le tribunal confirme le renvoi de l’affaire au 26 mai 2026 à 13h30 afin de permettre la poursuite des investigations. Dans l’intervalle, le prévenu est placé sous contrôle judiciaire. Il devra pointer une fois par semaine au commissariat, ne pas entrer en contact avec les victimes ni les autres mis en cause, et respecter un couvre-feu de 20h à 6h mais il est autorisé à rentrer chez lui. À l’issue de l’audience, il remercie la présidente d’un « merci madame ».

Dans la salle, plusieurs victimes présentes craignent d’avoir été identifiées par le prévenu.

La colère des forces de l’ordre après la remise en liberté des interpellés

La remise en liberté de plusieurs jeunes interpellés après des troubles récents à Tsoundzou suscite une vive incompréhension au sein des forces de l’ordre. À l’issue de l’audience, l’ensemble des prévenus a été relâché en raison de vices de procédure, une décision qui provoque colère et exaspération chez les enquêteurs mobilisés tout au long du week-end.
« On a travaillé d’arrache-pied tout le week-end pour finalement apprendre que les mis en cause sont remis en liberté pour vice de procédure, c’est révoltant », confie une source proche du dossier. Ce sentiment d’inutilité du travail accompli alimente un malaise croissant parmi les policiers et gendarmes, qui dénoncent une forme d’inertie judiciaire face à des situations pourtant jugées urgentes sur le terrain.
Selon les informations recueillies, le seul majeur qui comparaissait dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate aurait, à la sortie de l’audience, proféré des menaces de représailles à l’encontre d’une victime. Un élément particulièrement préoccupant pour les habitants comme pour les autorités, qui redoutent une reprise des violences.
En effet, après un retour au calme apparent consécutif aux interpellations, de nouveaux incidents ont éclaté hier dans la soirée, marqués notamment par des caillassages. Cette recrudescence des tensions semble confirmer les craintes des forces de l’ordre, qui estiment que l’absence de réponse pénale rapide et ferme fragilise leurs interventions et compromet le rétablissement durable de la sécurité.
Dans ce contexte, la fracture entre action policière et décision judiciaire apparaît plus nette que jamais, nourrissant un sentiment d’impuissance sur le terrain et d’inquiétude au sein de la population.

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Haytham Saïd sacré champion de France de muay-thaï éducatif

Haytham Saïd sacré champion de France de muay-thaï éducatif

À Arena Teddy Riner, les championnats de France de muay-thaï éducatif et technique, chez les moins de 74 kilos, ont consacré Haytham Saïd. À 15 ans, le licencié du C2M, Centre Multisports de Mroalé, a remporté ses combats avec maîtrise, s’imposant en demi-finale puis en finale pour décrocher le titre national.

Il confirme ainsi sa régularité au plus haut niveau chez les jeunes. En octobre dernier, il s’était déjà illustré en Australie en remportant trois titres lors du championnat du monde amateur ISKA en kick-boxing et en muay-thaï. Cette nouvelle médaille d’or vient enrichir un palmarès déjà solide. Dans cette discipline réservée aux moins de 18 ans, les combats se disputent avec des touches contrôlées, sans recherche de KO, privilégiant la technique. Prochaine étape pour le jeune champion : le brevet des collèges, un défi d’un autre type.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes