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Le SDIS présente le projet de la future caserne de Chirongui

Le SDIS présente le projet de la future caserne de Chirongui
À Mramadoudou, le président du CASDIS, Abdoul Kamardine, veut accélérer la construction de la future caserne de Chirongui pour l’inaugurer en février 2028, quatre mois avant la date de livraison initialement prévue.

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Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Mayotte a présenté, jeudi 15 octobre 2026, le projet de la future caserne de sapeurs-pompiers de Chirongui, à Mramadoudou. La signature de l’acte d’engagement marque une nouvelle étape vers le lancement des travaux, avec un objectif désormais affiché par le président du conseil d’administration : une inauguration en février 2028.

Une nouvelle caserne pour améliorer les conditions de travail des sapeurs-pompiers du sud de Mayotte. Le SDIS a officiellement présenté, ce jeudi, le projet de reconstruction de son centre de secours de Chirongui, situé à Mramadoudou. La rencontre s’est déroulée en présence d’Abdoul Kamardine, président du conseil d’administration du SDIS (CASDIS), du colonel Patrick Clerc, directeur départemental et chef de corps, ainsi que des élus du territoire.

L’opération doit permettre aux agents de disposer de locaux mieux adaptés à leurs missions, alors qu’ils travaillent actuellement dans des installations modulaires jugées vétustes et peu fonctionnelles.

Des locaux devenus inadaptés

Lors de la présentation, les responsables du SDIS ont rappelé que les installations actuelles avaient initialement servi à la construction du lycée de Petite-Terre avant d’être réutilisées pour accueillir les sapeurs-pompiers à Mramadoudou.

Ces bâtiments temporaires offrent aujourd’hui des conditions de travail difficiles, avec des espaces restreints et des possibilités d’aménagement limitées. Pour les responsables du service de secours, la construction d’une nouvelle caserne doit permettre aux équipes d’exercer leurs missions dans des conditions plus adaptées.

« J’ai trouvé que vous étiez logés dans des conditions déplorables et inacceptables », a déclaré Abdoul Kamardine, en évoquant sa précédente visite auprès des agents. Le président du CASDIS a également rappelé l’engagement pris de revenir présenter le futur équipement.

Un projet préparé depuis 2025

La présentation de jeudi vient conclure près de deux années de préparation. Selon les explications apportées par les responsables techniques du SDIS, la programmation a débuté au printemps 2025 avec un travail de concertation associant les services concernés et les futurs utilisateurs de la caserne.

Cette phase a permis de recenser les besoins et de définir le programme de l’opération. La consultation des entreprises a ensuite été engagée, avant l’analyse des propositions techniques et financières reçues.

Le SDIS a retenu le principe d’un marché de conception-réalisation. Cette formule doit permettre à une même entreprise d’assurer les études puis la réalisation du chantier, avec l’objectif de réduire les délais de mise en œuvre.

La signature de l’acte d’engagement ouvre ainsi une nouvelle étape du projet. Le lancement effectif des travaux reste toutefois lié aux procédures à venir, notamment à l’obtention du permis de construire et à la réalisation des études environnementales.

Une livraison attendue en 2028

Au-delà des bâtiments, le SDIS entend poursuivre l’amélioration de ses équipements et de ses capacités opérationnelles. Abdoul Kamardine a notamment rappelé l’importance des investissements consacrés aux moyens matériels, en évoquant un véhicule d’intervention flambant-neuf dont le coût avoisine les 600 000 euros. Le président du CASDIS a souligné le rôle des communes et du conseil départemental dans le financement du service départemental d’incendie et de secours.

D’après le calendrier présenté par les équipes techniques, la durée prévisionnelle des travaux est estimée à environ un an et demi, pour une réception envisagée au plus tard en juin 2028.

Mais Abdoul Kamardine entend accélérer le calendrier. Le président du CASDIS a fixé un objectif plus ambitieux : inaugurer la nouvelle caserne en février 2028, avant la fin de son mandat, prévue en mars de la même année. « Le délai, ce n’est pas juin, le délai, c’est février 2028 », a-t-il insisté devant les élus et les agents présents. Il a également appelé les acteurs concernés à faciliter les démarches administratives, notamment l’obtention du permis de construire, afin d’éviter tout retard supplémentaire.

Comores : devant la cour d’assises, il avoue l’assassinat de Naicha

Comores : devant la cour d’assises, il avoue l’assassinat de Naicha

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Le corps de la jeune femme avait été retrouvé dans un champ, incinéré par Fahami Moustoifa, qui a écopé de la peine capitale, tandis que son acolyte avec lequel ils ont essayé de dissimuler le cadavre après l’acte, est condamné à 25 ans de réclusion criminelle.

C’est une salle d’audience pleine à craquer qui assistait, hier à la très médiatisée affaire Naicha Mmadi, tuée, le 19 mai dernier, au sud de la Grande Comore. Trois prévenus étaient présents dans le box des accusés ce mercredi. Malgré l’important dispositif sécuritaire déployé et l’épuisement, la foule était encore debout à minuit, quand le verdict est prononcé. Emmenés d’un seul coup, vers 9h45, Fahami Moustoifa, son complice Athoumani Abdouroihmane et Elamine Moumine, ont été hués quand ils traversaient le couloir du tribunal menant à la salle. Fahami, est un aide-soignant qui travaillait au centre hospitalier de Foumbouni, où est originaire, sa collègue et victime Naicha Mmadi Abdou, 24 ans. Cette dernière lui avait confié 95 000 francs (190 euros) pour lui acheter un ordinateur portable. Ayant utilisé l’argent, le principal accusé l’invite à venir récupérer le Pc qui en fait n’a jamais été acheté, et profite de cette occasion pour la tuer. D’où la peine de mort prononcée contre lui par la cour d’assises.

Cette décision a surtout été motivée par beaucoup de raisons, a justifié, la présidente de la cour, l’ancienne procureure, Moaulida Djoubeire. D’abord, la préméditation. Pendant l’interrogatoire des accusés, les membres de la cour, l’avocat de la partie civile et le ministère public ont à travers leurs questions permis de découvrir que l’arrivée de la victime à Dzahadjou, où elle allait être sauvagement assassinée, avait été planifiée en amont.  » La veille, je lavais mes fringues et j’entends Fahami, à l’issue d’un appel téléphonique me prévenir qu’il tuerait cette fille [Naicha]. Mais je ne l’ai pas pris au sérieux« , a relaté, son complice, Athoumani Abdouroihamane, qui a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, après avoir bénéficié de circonstance atténuante. Le lendemain, 19 mai, Fahami, s’est rendu à l’atelier de menuiserie de son oncle Elamine, récupérer une hache tout remettant à son ami, Athoumane, une lame de ciseau pour l’aiguiser. Une version que tous les deux corroborent. Un autre apprenti, appelé à la barre en tant que témoin, présent ce jour-là à l’atelier le confirmera aussi.

Étouffer

Fahami, 22 ans, a en effet reconnu sans sourciller qu’il avait porté un coup de couteau dans la côte, avant de l’étouffer avec son châle, quand la jeune femme a essayé de crier. Dès qu’il a répondu par l’affirmative confirmant son acte, une réaction de dégoût subite envahit la salle.  » Pouah« , lance l’assistance. L’accusé nie toutefois l’usage d’un autre objet contondant, encore moins la hache.  » Je l’ai poignardée, puis elle est tombée par terre. Je savais qu’elle ne survivrait pas« , a poursuivi le tueur dans son récit glaçant. Il a martelé surtout avoir porté un seul coup alors que les éléments présentés à la barre mentionnent deux coups.

Une fois le crime commis, Athoumane entre dans la danse.  » Il m’avait appelé pour se rendre à la cabane tenir compagnie à la fille le temps de porter un sac de sa mère au marché. Je ne suis pas resté jusqu’à son retour. J’y suis retourné après avoir reçu son appel. Il ne parlait pas. C’est en étant sur place que je découvre ce qui s’est passé, Naicha gisait dans le couloir« , complète, Athoumani, qui nie toute implication dans la mort de la victime alors que son ami affirme le contraire.   » Quand il m’a raconté ce qu’il a fait et m’a demandé de l’aider, je lui dis qu’il m’a mis dans un sal pétrin« , indique, cet apprenti, originaire de Mohéli. Mais au lieu de dénoncer tout de suite Fahami, Athoumani l’aide à cacher le corps dans une chambre de la cabane. Tout ce soutien a motivé le maintien de l’infraction de recel de cadavre retenue par la chambre de mise en accusation contre les deux amis. Le soir-même, la copine de Fahami s’est rendue dans cette maison mais ne remarque rien.

Alcool pour brûler corps

Autre fait suspect, un jeune de 15 ans qui avait l’habitude de venir prendre son bain dans la cour de cette cabane est prié de quitter les lieux.  » Fahami se tenait devant la porte. Athoumani n’a pas parlé mais m’a fixé bizarrement. J’ai fini par partir« , a déclaré à la cour, le petit. Le soir, commence alors l’opération de dissimulation du corps.  Les deux acolytes prennent un sac en plastique et un drap pour l’envelopper et le transportent dans un champ.  » Je tenais la partie inférieure. Une fois fatigué j’échangeais avec Fahami« , reconnait Athoumani qui avoue s’être picolé ce jour-là. Pour incendier le cadavre, ils reconnaissent le recours à l’alcool. Mais la partie civile conteste cela.  » En aucun moment l’alcool n’aurait suffi pour calciner un corps un autre produit inflammable comme l’essence ou autre chose », rétorque, Maitre Idrisse Mze Mogne qui pendant ses plaidoiries a qualifié Athoumani de chef d’orchestre.  » Fahami n’aurait pas pu seul tuer Naicha. Impossible« , martèle-t-il.

En dépit d’un réquisitoire très accablant du ministère public, Elamine Moumine, propriétaire de l’atelier s’en est sorti. La cour l’a acquitté. Cet oncle du principal auteur avait été poursuivi pour complicité passive car il n’a pas dénoncé Athoumani qui s’était pourtant confié à lui, dès le 20 mai. Ce n’est finalement que le troisième jour qu’Elamine a conduit à la gendarmerie, son apprenti. Quelques heures plus tard, le corps de Naicha est retrouvé dans un champ. Après le verdict, le parquet général a annoncé faire appel de la peine prononcée contre Athoumani et l’acquittement d’Elamine. Pour rappel ce n’est pas la première fois que la peine de mort est prononcée à l’issues d’audiences de la cour d’assises. Le problème repose sur les exécutions. Depuis plus de 20 ans, aucun condamné à mort n’a été exécuté aux Comores.

Prévention de la délinquance : 45 projets financés à hauteur de 340 000 euros

Prévention de la délinquance : 45 projets financés à hauteur de 340 000 euros

L’État a attribué 339 956 euros de subventions à 45 projets au titre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Ces financements soutiennent des actions de médiation, d’insertion, de citoyenneté et de lutte contre les violences, principalement destinées aux jeunes. Six collectivités se voient attribuer chacune 15 000 euros pour coordonner leurs dispositifs locaux de prévention. Parmi les autres bénéficiaires, l’association culturelle et éducative Kawéni-Bandrajou reçoit 16 866 euros pour son projet « L’union fait la force », tandis que l’ASPTT Mayotte obtient 13 000 euros pour promouvoir le vivre-ensemble dans quatre communes du Nord. Emmaüs Connect bénéficie également de 11 000 euros pour des actions de prévention du cyberharcèlement et d’accompagnement des parents.

Coupe de France féminine : le FC M’tsapéré contraint de jouer à La Réunion

Coupe de France féminine : le FC M’tsapéré contraint de jouer à La Réunion

Les joueuses du FC M’tsapéré affronteront la Saint-Pauloise FC, samedi 31 octobre, à La Réunion, lors de la finale interrégionale de la Coupe de France féminine. Initialement prévue à Mayotte, la rencontre a été délocalisée sur décision de la Fédération française de football (FFF), en raison de l’absence de stade homologué sur le territoire. Le stade de Sada, un temps envisagé, a été écarté après les violences survenues le 26 septembre en marge d’un match de football. Une décision regrettée par les dirigeants mahorais, qui devront une nouvelle fois se déplacer pour affronter les Réunionnaises. L’an dernier, le FC M’tsapéré s’était incliné 4-0 face à cette même équipe. Le vainqueur de la rencontre décrochera son billet pour le premier tour fédéral de la compétition.

Gastro-entérite, grippe, mpox et paludisme : plusieurs maladies sous surveillance à Mayotte

Gastro-entérite, grippe, mpox et paludisme : plusieurs maladies sous surveillance à Mayotte

L’épidémie de gastro-entérite à rotavirus A se poursuit à Mayotte, selon le dernier bulletin de Santé publique France, publié lundi 12 octobre. Entre le 28 septembre et le 4 octobre, 30 prélèvements positifs ont été enregistrés, soit un taux de positivité de 32,6 %. Chez les enfants de moins de cinq ans, les passages aux urgences sont en hausse depuis trois semaines, avec 32 consultations et neuf hospitalisations. La circulation de la grippe semble également s’intensifier, mais une rupture de réactifs empêche les analyses virologiques depuis le 20 septembre. Par ailleurs, trois nouveaux cas de mpox ont été identifiés entre le 21 et le 27 septembre, après quatre semaines sans nouvelle contamination enregistrée. À ces infections virales s’ajoute le paludisme, une maladie parasitaire transmise par les moustiques. Six nouveaux cas ont été déclarés début octobre, portant à 370 le nombre de cas recensés depuis le début de l’année, dont 79 acquis localement.

Next Level Camp : près de 40 jeunes basketteurs réunis à Cavani pour une semaine de progression

Next Level Camp : près de 40 jeunes basketteurs réunis à Cavani pour une semaine de progression

Le plateau de Cavani vit au rythme du basket depuis le lundi 12 octobre, à l’occasion du Next Level Camp 2026. Près de 40 jeunes basketteurs et basketteuses ont répondu présents pour cette nouvelle édition, organisée par le club de basket du Fuz’Ellipse de Cavani. Jusqu’au 18 octobre, les participants prennent part à une semaine consacrée au travail technique, à la progression sportive et au partage, avec l’objectif de développer leurs compétences sur le terrain.

Encadrés par les coachs Djamel et Samuel, les jeunes enchaînent les exercices de perfectionnement et les entraînements collectifs. Le stage vise à permettre à chacun de progresser à son rythme, de travailler ses gestes techniques et de renforcer son jeu en équipe. Au-delà de l’intensité des séances, l’accent est également mis sur le dépassement de soi et le plaisir de jouer.

Mais le Next Level Camp ne se limite pas à l’apprentissage du basket. Les organisateurs souhaitent aussi faire de cette semaine un moment de rencontre et de transmission. Respect, entraide, solidarité et esprit d’équipe font partie des valeurs mises en avant auprès des participants. Les sourires et les échanges entre jeunes viennent ainsi compléter le travail sportif, dans une ambiance tournée vers le partage.

L’édition 2026 bénéficie notamment du soutien d’Électricité de Mayotte (EDM), partenaire de l’événement. Le Next Level Camp se poursuit jusqu’à dimanche avec une ambition affichée : permettre à chaque jeune de franchir un cap, aussi bien dans sa pratique du basket que dans les valeurs qu’il développe au sein du collectif.

Qualité de l’air à Mayotte : un bilan rassurant mais des disparités inquiétantes

À Mayotte, la qualité de l'air est globalement bonne malgré des disparités selon les zones
Nils Paragot, ingénieur responsable d’études au sein de Hawa

À l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air, ce mercredi 14 octobre, Nils Paragot, ingénieur responsable d’études au sein de Hawa, l’association chargée de surveiller la qualité de l’air à Mayotte, fait le point sur la situation. Si l’air reste globalement de bonne qualité sur l’île, certaines zones, notamment les grands axes routiers, connaissent une pollution nettement plus importante.

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, Nils Paragot, ingénieur responsable d’études au sein de Hawa, l’association chargée de surveiller la qualité de l’air à Mayotte, nous a dressé un bilan de la situation sur le territoire. Il est globalement positif : la qualité de l’air est bonne sur l’île aux parfums, mais il existe néanmoins une grande disparité selon les zones. Les abords des grands axes routiers à Kaweni et, dans une moindre mesure, à Koungou, la qualité de l’air est très mauvaise.  Avec une moyenne de 20 000 véhicules par jour, la route nationale qui traverse cette zone concentre une importante pollution liée au trafic automobile. En revanche, il suffit parfois de s’éloigner des grands axes, notamment vers Kawéni village, pour retrouver un air de meilleure qualité.

Si Hawa a été créé en 2014 à Mayotte, dans le prolongement de la départementalisation, la question reste relativement méconnue sur l’île, comme dans beaucoup d’outre-mer. « La surveillance de la qualité de l’air découle du droit européen. Les textes affirment que les citoyens sont en droit de respirer un air de bonne qualité », développe Nils Paragot. Dans cette optique, l’association met en place régulièrement des actions de sensibilisation. Dès ce mois d’octobre, elle va se rendre dans les entreprises afin de sensibiliser les employés à cette question et elle se rendra dans les établissements scolaires dès le retour des vacances. Une campagne qui se poursuivra jusqu’à la fin de l’année pour rappeler qu’une qualité de l’air « globalement satisfaisante » ne dispense pas de prévenir les pollutions locales.

À Mayotte, la qualité de l'air est globalement bonne malgré des disparités selon les zones
Unités de mesure des pesticides à Combani

Les particules fines, principal problème à Mayotte

Pour surveiller la pollution atmosphérique, Hawa utilise l’indice Atmo, établi à partir de cinq polluants : les particules fines PM10 et PM2,5, le dioxyde d’azote, l’ozone et le dioxyde de soufre. À Mayotte, ce sont surtout les particules fines qui posent problème. Issues notamment des gaz d’échappement, de l’usure des pneus et des freins, elles proviennent aussi des poussières soulevées par les véhicules. L’état des routes joue ici un rôle important : après les pluies, la boue déposée sur les chaussées sèche, puis se retrouve en suspension dans l’air au passage des voitures. Le phénomène est accentué par l’érosion des sols et la présence de nombreux padzas, ces terrains dénudés dus à des monocultures de bananes ou de manioc qui dévégétalisent progressivement les sols.

À ces sources de pollution s’ajoute le brûlage des déchets, pourtant interdit mais encore largement pratiqué sur le territoire. « C’est la cerise sur le gâteau », ironise Nils Paragot, qui souligne la difficulté de quantifier ces émissions. Hawa commence également à s’intéresser à des polluants émergents, notamment les microplastiques présents dans l’air, étudiés avec des chercheurs d’Aix-Marseille. Leur impact sanitaire reste encore mal connu, faute de seuils de référence établis. Enfin la présence de pesticides dans l’air est également mesurée.

Des conséquences sanitaires parfois graves

Respirer un air pollué n’est pas sans conséquences. « Cela peut provoquer une irritation des voies respiratoires conduisant parfois à des bronchites chroniques, parfois des maladies cardiovasculaires et, à long terme, certains cancers figurent parmi les risques », explique l’ingénieur. C’est toutefois l’asthme qui constitue la conséquence la plus fréquente d’une dégradation de la qualité de l’air. « Lors de mes interventions dans les établissements scolaires, je constate régulièrement la présence d’enfants asthmatiques ou ayant un proche concerné », note Nils Paragot. Une situation qui semble s’être aggravée par rapport à autrefois, sans que nous ayons en possession les statistiques qui pourraient clairement le démontrer.

À Mayotte, la qualité de l'air est globalement bonne malgré des disparités selon les zones
La station de mesure de « Kawéni nord »

L’ingénieur recommande notamment d’éviter les activités sportives à proximité des routes très fréquentées. « Faire son jogging au milieu des gaz d’échappement peut considérablement réduire les bénéfices de l’exercice physique », prévient-il. Mieux vaut, lorsque cela est possible, privilégier des secteurs éloignés de la circulation même si ce choix se heurte malheureusement, à Mayotte, à la question de la sécurité et de l’éclairage public.

Urbanisme, transports et chantiers : plusieurs leviers d’action

Pour améliorer la situation, Hawa travaille avec les collectivités sur différentes pistes : entretien des routes, meilleure évacuation des eaux pluviales, réduction du trafic automobile et respect des normes environnementales sur les chantiers. Les entreprises devraient notamment bâcher leurs camions et nettoyer leurs roues afin d’éviter de disperser boue et poussières sur les chaussées. « C’est normalement obligatoire, mais beaucoup de le font pas systématiquement », déplore l’ingénieure qui révèle que « les contrôles à ce sujet reste encore peu fréquents sur l’île ».

Le développement des transports collectifs, avec l’arrivée de Caribus, pourrait également contribuer à limiter les émissions. Mais changer les habitudes ne sera pas simple sur un territoire où la voiture reste fortement associée à « la réussite sociale ». Quant au brûlage des déchets, notamment végétaux, son interdiction doit encore être mieux respectée.

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Les premières Rencontres de l’eau donnent la parole aux Mahorais

Les premières Rencontres de l’eau donnent la parole aux Mahorais
Le mercredi 14 octobre, l’Office de l’eau de Mayotte a organisé les premières Rencontres de l’eau à l’hôtel Hamaha, à Mamoudzou, en présence de plusieurs acteurs concernés par la gestion de la ressource, notamment l’ARS, les Eaux de Mayotte, la SMAE, les communes, le Département et l’État.

Face aux difficultés d’approvisionnement et aux interrogations sur la qualité de l’eau, l’Office de l’eau de Mayotte a organisé, mercredi, les premières Rencontres de l’eau à l’hôtel Hamaha, à Mamoudzou. Une journée consacrée aux habitants pour recueillir leurs préoccupations et leurs propositions, avant un second temps d’échange avec les acteurs institutionnels.

« L’eau se partage et la parole aussi. » C’est autour de ce slogan que se sont ouvertes, mercredi, les premières Rencontres de l’eau à Mayotte. Organisé par l’Office de l’eau, l’événement entend créer un espace de dialogue entre les habitants et les institutions, dans un territoire où l’accès à l’eau demeure une préoccupation quotidienne.

Créé en 2024, l’Office de l’eau souhaite, à travers cette initiative, mieux prendre en compte les expériences des Mahorais et leurs attentes en matière de gestion de la ressource. Le dispositif s’articule autour de deux journées : la première est consacrée aux habitants, invités à exprimer leurs constats et leurs priorités, tandis que la seconde doit permettre aux acteurs institutionnels de répondre aux remarques et aux propositions recueillies.

Un déficit de production face aux besoins

La matinée a notamment été consacrée à la présentation de la ressource en eau et de ses usages sur l’île. Selon les chiffres présentés lors de la rencontre, Mayotte produit environ 38 000 mètres cubes d’eau par jour, alors que les besoins s’élèvent à 47 000 mètres cubes. À cet écart s’ajoutent des pertes estimées à 8000 mètres cubes quotidiens.

Les besoins en eau restent donc supérieurs aux capacités de production actuelles. Une enquête consacrée aux usages de l’eau, dont les résultats doivent être présentés en décembre, doit permettre d’approfondir la connaissance des pratiques et des attentes de la population. À court terme, plusieurs projets sont évoqués pour renforcer les capacités d’approvisionnement. Parmi eux figurent le septième forage de l’île, le projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé, actuellement suspendu par le tribunal administratif, ainsi que la future retenue  collinaire d’Ourovéni.

Au-delà des infrastructures, la question des usages occupe également une place importante. Les Mahorais consommeraient en moyenne 80 litres d’eau par jour, contre environ 150 litres pour un habitant de l’Hexagone. Cet écart s’expliquerait notamment par des habitudes historiques : pendant longtemps, les habitants ont puisé leur eau dans les rivières et les puits, des pratiques qui ont façonné leur rapport à la ressource. Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) constitue, quant à lui, le premier secteur économique consommateur d’eau, devant l’agriculture.

Puits, eau de pluie : les habitants interrogent la qualité de l’eau

Au cours des échanges, plusieurs participants ont souhaité savoir s’il était possible d’utiliser l’eau des puits ou de récupérer l’eau de pluie pour certains usages domestiques. Derrière ces questions se dessine une préoccupation concrète : comment disposer d’eau au quotidien tout en garantissant sa qualité et en limitant la consommation d’eau potable ?

L’eau distribuée à Mayotte fait l’objet de contrôles sanitaires réalisés notamment par l’Agence régionale de santé (ARS), en lien avec les acteurs chargés de l’exploitation du service, dont la Société mahoraise des eaux (SMAE). Les intervenants ont rappelé l’importance de ces contrôles, tout en soulignant que la qualité de l’eau peut être fragilisée par l’état des installations.

Les Mahorais consommeraient en moyenne 80 litres d’eau par jour, contre 150 litres dans l’Hexagone, un écart lié notamment aux habitudes historiques d’utilisation des rivières et des puits.

Après une remise en eau, des contaminations bactériennes peuvent notamment survenir dans les portions de canalisations où l’eau a stagné. Dans certaines situations, il est alors recommandé de faire bouillir l’eau avant de la consommer, conformément aux consignes sanitaires diffusées aux usagers. Les habitants sont donc invités à rester attentifs aux recommandations officielles en cas de reprise de la distribution.

La récupération de l’eau de pluie fait également partie des pistes de réflexion. Son utilisation pourrait, par exemple, être envisagée pour alimenter les chasses d’eau, afin de réserver l’eau potable aux usages qui le nécessitent. Toutefois, les dispositifs de traitement et les filtres disponibles sur le marché demandent une attention particulière : leur efficacité dépend des équipements et des caractéristiques des installations.

« L’eau nous rassemble »

Au fil des discussions, les Rencontres de l’eau ont ainsi permis de faire remonter des interrogations sur la qualité de l’eau, les possibilités de récupération de la pluie et les moyens de réduire les pertes. L’objectif est de faire de ces témoignages un point de départ pour les échanges avec les institutions.

Nadjayedine Sidi, conseiller départemental de Mamoudzou 3, et président délégué de l’Office de l’eau de Mayotte a résumé l’esprit de la démarche par cette formule : « L’eau nous rassemble. » Parmi les pistes évoquées figure notamment le dispositif « Une maison, une cuve », qui vise à favoriser la récupération de l’eau de pluie et à réduire le recours à l’eau potable pour certains usages.

Pour l’Office de l’eau, l’enjeu est de donner une place aux habitants dans la réflexion sur la gestion de la ressource. L’organisme rappelle qu’il étudie l’eau, conseille, finance et informe, mais qu’il ne gère directement ni les canalisations, ni les compteurs, ni les coupures. Le service d’eau potable et d’assainissement relève des acteurs compétents, tandis que les communes, le Département et l’État interviennent selon leurs responsabilités respectives.

La seconde journée des Rencontres doit désormais permettre aux acteurs institutionnels de répondre aux préoccupations exprimées par les habitants. Reste à traduire ces échanges en propositions.

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Affaire d’eau à Mayotte : des parlementaires mahorais décidés à se faire entendre par l’Etat

Affaire d’eau à Mayotte : des parlementaires mahorais décidés à se faire entendre par l’Etat
Toujours aucune sortie en mer prévue pour la flottille de kwasa utilisée par les pêcheurs mahorais. Le pays manque de poissons depuis 2024, date à laquelle l’ancien préfet, François-Xavier Bieuville interdit aux pêcheurs de prendre la mer.

La députée Anchya Bamana poursuit son combat pour donner de l’eau aux Mahorais, malgré la douche froide qu’elle a prise à l’Assemblée nationale la semaine dernière. Elle demande des comptes à Emanuel Macron devant le silence de ses ministres des affaires étrangères et de l’Intérieur, après les déclarations à l’emporte-pièce du député communiste Jean-Pierre Lecoq contre le maintien de Mayotte au sein de la République.  De son côté, le sénateur Saïd Omar Oili s’inquiète des procédures de raccourcissement des règlements dans les projets de l’usine de dessalement d’eau de mer de Hironi Bé et le projet d’aéroport de Bouyouni. Il entend s’adresser directement au chef du gouvernement pour connaître l’usage qui a été fait des redevances de pêche versées par les thoniers seychellois à l’UE. Ils n’auraient toujours pas été reversé au développement de la pêche à Mayotte. 

Ambiance de fin de règne à Paris dans les plus hautes sphères de l’Etat, ou choix simple choix délibéré du gouvernement de rester sourd aux doléances légitimes des habitants de Mayotte relayés par certains de ses parlementaires ? Une chose est certaine, un dialogue de sourd s’est bel et bien installé entre ces deux camps, chacun essayant de légitimer du mieux qu’il peut, la posture qu’il a choisi d’adopter vis-à-vis des dossiers cruciaux du territoire. Aux membres du gouvernement Lecornu qui ont opté pour de « la com’ », Saïd Omar Oili (sénateur) et Anchya Bamana (députée) rétorquent inlassablement depuis l’été, qu’ils ne font qu’exercer leur mission de contrôleurs de l’action du gouvernement dans le respect de la Constitution.  Dans leur ligne de mire, les dossiers cruciaux de l’eau (qui fait tant défaut à l’archipel depuis de longues années et qui s’aggrave jour après jour au point de plonger l’économie local au ralentie et la population dans une souffrance et carence sans précédent), de la souveraineté alimentaire à travers la pêche bloquée sur décision préfectorale bien avant le cyclone Chido.

Les deux postures n’ont cessé de s’opposer radicalement au fur et à mesure que les citoyens français s’approchent du grand rendez-vous de l’élection présidentielle prévue à la fin du premier trimestre de 2027. Autrement dit, dans un maximum de 6 mois à peine. L’ambiance continue donc de s’électriser entre les parlementaires mahorais (hormis Thani Mohamed Soilihi, le deuxième sénateur de l’île membre inconditionnel de la macronie et du bloc centrale qui gouverne la France depuis deux décennies). Fidèle à la posture qu’il s’est choisi depuis l’année dernière, l’ancien maire de Dzaoudzi-Labattoir n’a de cesse de dénoncer ce qu’il considère comme des incohérences et des manquements dans les actions du gouvernement dans le Département-Région sinistré depuis le 14 décembre 2024. Un positionnement radicalement divergeant de celui qu’il a eu au cours de la première mandature d’Emanuel Macron (son grand ami d’alors) et qu’il justifie par un refus catégorique d’adouber une fausse « Refondation de Mayotte post-Chido », qu’il estime n’être qu’un leurre devant permettre à Emanuel Macron de gagner du temps, en ne rien faisant en faveur des Mahorais jusqu’au terme de son mandat en avril 2027.

Il est vrai que l’observation de la situation qui prévaut actuellement entre Paris et l’archipel mahorais, tout tend à faire croire qu’il y aurait dans l’air comme un règlement de compte électorale ou une punition collective entre l’occupant de l’Elysée et les électeurs de l’île qui lui ont très largement préféré Marine Lepen dans les urnes lors du dernier scrutin présidentiel. A tort ou à raison, le citoyen Français de Mayotte a cette idée très fortement ancrée dans son esprit et ce ne sont guère les récentes visites ministérielles de cet été à Mamoudzou qui y changeront grand-chose. Le « mal est fait » et les gouvernants actuels (ou leurs satellites en campagne pour succéder à Emanuel Macron à la tête de l’Etat français) vont devoir prendre leur mal en patience jusqu’à connaître le verdict des urnes dans les 6 prochains mois.

Un texte non adopté par les députés en raison de la couleur politique de la parlementaire mahoraise

Anchya Bamana, qui a choisi de porter au centre de son action politique et parmi les priorités de sa mandature la problématique de l’eau, n’en revient toujours pas du revers qu’elle vient d’essuyer à l’Assemblée nationale la semaine dernière. A une infime poignée de voix, elle a échoué à faire adopter son projet de loi sur l’eau dans les Outre-mer, face à une gauche et un bloc central de droite qui n’ont que faire de Mayotte et des Mahorais, « ces vilains petits canards de la République » qui ont osé confier un mandat législatif à l’une des leurs sous les couleurs du mouvement politique de Marine Lepen. Que Mayotte et son demi-million d’habitants continuent de se débattre dans le manque chronique d’eau, sècheresse après sécheresse, coupures après coupures, scandales financiers après scandales financiers à la LEMA, mauvaise gestion après gestion de la ressource et sa distribution par la SMAE (Mahoraise des Eaux), ils ne sont guère une priorité à sauver pour des élus de gauche, du centre, d’une droite classique  qui a su faire preuve d’un « mépris de la vie sur l’archipel, à la limite d’un racisme désinhibé et pleinement assumée », y compris par des parlementaires ultramarins pourtant subissant des affres d’un manque d’eau similaire au calvaire quotidien des Mahorais.

La règle est immuable : une punition collective pour leur faire passer l’envie d’avoir choisi de confier leurs suffrages à une élue estampillée Rassemblement National. Et tant pis s’il y a de la casse au passage ! Anchya Bamana en est réduite à s’adresser directement à Emanuel Macron dans une missive cette semaine pour s’offusquer du verbe nauséabond d’un éminent député communiste qui n’est pas à sa première prise de position contre les Français de Mayotte et leur choix de demeurer au sein de la République depuis 52 ans. Encore heureux que le communisme déclinant vive son agonie en France et qu’il ne connaît aucun relais sérieux dans l’archipel. Ce député pourra toujours compter sur les voix électorales de ses amis comoriens à Moroni pour lui assurer une réélection confortable à l’Assemblée nationale ou un strapontin de ministre délégué ou d’un secrétaire d’Etat « à la restitution forcée de Mayotte » dans l’escarcelle du dictateur en chef de l’Union des Comores Azali Assoumani.

Preuve en est, si besoin, que les Mahoraises et les Mahorais ne sont pas les seuls à naviguer à contre-courant de l’Histoire, les communistes français aussi ! Mais il n’est absolument sûr que le Président de la République, « frère » autoproclamé du dit dictateur Azali Assoumani daigne entendre les complaintes de la députée lepéniste de Mayotte et puisse ordonner un changement de cap à sa si frileuse diplomatie et ses autres ministères régaliens vis-à-vis des autorités de Moroni. Jusqu’à l’arrivée d’un nouvel hôte au palais de l’Elysée, le Mirex persistera et continuera à exceller dans la danse du ventre et de la diplomatie du chèque fournie par le Quai d’Orsay, en multipliant à souhait les actes d’humiliation à l’égard de Mayotte ou plutôt de la France qui la nourrie, bien avant les Chinois, les Russes et les monarchies du Golfe arabo-persique.

S2O prévoit de saisir Sébastien Lecornu pour savoir ce que sont advenues les redevances versées pour Mayotte par les thoniers seniors seychellois

Pour en revenir au sénateur Saïd Omar Oili et à « son devoir de vérité » à l’égard des habitants de l’archipel mahorais, il poursuit cette semaine ses actions d’alerte sur le manque de rigueur et la sécurisation juridique dans la mise en œuvre des projets structurants de Mayotte. Dans un communiqué de presse daté du 06 octobre 2026, il revient sur deux actes majeurs du projet de « Refondation de Mayotte » post-Chido : la construction de la deuxième usine de dessalement d’eau de mer d’Hironi Bé et le projet d’aéroport à piste longue de la « forêt primaire et classée » de Bouyouni. Le sénateur remet une couche sur le mode opératoire choisi par le gouvernement Lecornu de « raccourcir les procédures réglementaires par des procédures d’urgence civile ».

Une fois de plus, Saïd Omar Oili observe que cette façon de faire n’a pas permis de gagner un temps significatif dans le cas de l’usine d’Hironi Bé et qu’il amène à s’interroger sur le processus dit de concertation actuellement déployé pour le projet d’aéroport de Bouyouni. « En effet, aucun rapport sur la question de la compensation financière des professionnels n’a été rendu public, alors que le projet pose la question de l’expropriation des agriculteurs concernés », met-il en exergue dans son communiqué. Il est revenu à nouveau sur le fait que le préfet de Mayotte, délégué du gouvernement, ne disposerait pas, lui non plus, du rapport en question (courrier en date du 24 août 2026). S2O informe les Mahorais qu’il a saisi par écrit le 28 septembre 2026, le Président des Tribunaux Administratifs de La Réunion et Mayotte, Jean-Michel Laso en vue de savoir si l’absence d’un tel document ne condamnerait pas le projet de piste à un arrêt identique à celui de l’usine d’Hironi Bé. « Les agriculteurs de Mayotte et l’ensemble des Mahorais, doivent obtenir des réponses avant que le projet ne soit engagé plus avant », souligne le sénateur.

Il y a un autre sujet sur lequel l’ancien Président du Conseil départemental et ancien maire de Dzaoudzi-Labattoir demande des comptes au gouvernement de Sébastien Lecornu, les redevances perçues par l’Etat au titre des licences de pêches accordées par l’Union Européenne aux thoniers séniors seychellois qui écument les eaux poissonneuses de la zone maritime exclusive de l’archipel mahorais. Dans un communiqué de presse en date du 13 octobre, le parlementaire s’inquiète du devenir de ces enveloppes annuelles sensées être affectées au financement de la pêche sur l’île ne le sont toujours pas, aux grandes dames de la profession en crise depuis 2024, après qu’un « ukase » du préfet François-Xavier Bieuville ait clouer au sol toute la flottille de kwasa utilisée par les professionnels locaux du secteur.

Il explique qu’il a adressé un courrier le 04 octobre 2026 au gouvernement (deux ans après une première demande du genre) pour connaître le bilan détaillé de l’utilisation de ces fonds mais qu’il n’a toujours à ce jour obtenu aucune réponse. C’est dans ce cadre qu’il a fini par être reçu le 12 octobre 2026 par le ministre de la Mer et de la pêche avec lequel il évoqué différents dossiers liés au développement de cette activité dans l’île. Au cours de cet entretien, son interlocuteur lui aurait confié que 700 000 euros auraient été dépensés en 2025, sans qu’il n’ait été en mesure de lui fournir un détail des projets financés. « Je m’interroge sur cette opacité dans l’utilisation des fonds publics qui est contraire aux principes républicains d’une transparence dans les aides financières », s’insurge S2O. En pareilles circonstance, il indique prévoir de s’adresser directement au Premier ministre Sébastien Lecornu en vue d’obtenir les réponses qui lui sont refusées par différentes administrations. Il indique avoir profité de cet entretien avec le ministre de la Mer et de la Pêche pour apporter tout son soutien aux différentes initiatives locales conduites dans la relance de l’activité pêche dans l’archipel mahorais.

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En Roumanie, douze jeunes de Mangajou découvrent de nouveaux horizons grâce à Erasmus+

En Roumanie, douze jeunes de Mangajou découvrent de nouveaux horizons grâce à Erasmus+
Le projet « Buts d’Horizon » à pour objectif de favoriser l’ouverture au monde, l’autonomie et l’apprentissage des langues, bien au-delà du football.

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Douze jeunes de Mangajou, âgés de 14 à 16 ans, participent du 9 au 24 octobre à un échange interculturel à Craiova en Roumanie, dans le cadre du programme européen Erasmus+. Porté par l’Association sportive de Papillon d’Honneur de Mangajou, le projet “Buts d’Horizon” entend favoriser l’ouverture au monde, l’autonomie et l’apprentissage des langues, bien au-delà des terrains de football.

Depuis six jours, douze jeunes de Mangajou, accompagnés de leurs encadrants de l’Association sportive de Papillon d’Honneur de Mangajou, découvrent Craiova, une ville de plus de 230 000 habitants située dans le sud de la Roumanie. Accueillis par leurs homologues roumains et l’association Tinerii 3D, qui œuvre pour l’éducation, la culture et le sport, ils participent au projet “Buts d’Horizon”, un échange interculturel organisé par le club dans le cadre du programme Erasmus+ et financé par l’Union européenne.

“Ce projet vise à favoriser l’ouverture internationale, l’inclusion, l’autonomie et le développement des compétences, notamment linguistiques, de jeunes qui ont rarement accès à ce type d’opportunités”, explique Fayize-Dine Madi, secrétaire général de l’Association sportive de Papillon d’Honneur de Mangajou, joint par téléphone depuis Craiova.

Le premier week-end a été consacré à la rencontre et à la cohésion du groupe. Les jeunes mahorais et roumains ont appris à se connaître, partagé leurs attentes et défini ensemble les règles de vie collective. Ils ont également participé à un City Game dans les rues de Craiova, mêlant défis sportifs, culturels et citoyens. Une manière de découvrir la ville tout en abordant les questions de coopération, de fair-play et d’inclusion dans le sport.

“Nous avons été très bien accueillis. Après ce premier temps de rencontre, nous avons laissé les jeunes construire ensemble un programme commun et se répartir les ateliers prévus. L’idée était qu’ils puissent définir eux-mêmes les règles et les rôles de chacun”, raconte Fayize-Dine Madi.

« J’aimerais que Mayotte soit connue de tous »

Pour Waarik, 16 ans, cette mobilité est l’occasion de découvrir un nouvel environnement, mais aussi de se confronter à d’autres langues et habitudes de vie. “Ici, c’est formidable ! Craiova est une ville assez grande. On découvre les places publiques, les supermarchés, les palais, le théâtre de la ville”.

Le dépaysement passe aussi par le climat, premier choc à la sortie de l’avion. “Il fait 12 degrés ici, c’est très froid ! On met donc plein de vêtements, mais il fait très froid par rapport à Mayotte”, raconte Waarik dans un éclat de rire.

Chaque jour les jeunes roumains tentent d’apprendre quelques mots de shimaoré et de français, tandis que les jeunes de Mangajou s’initient au roumain. Mais c’est principalement l’anglais qui leur permet de communiquer au quotidien.

“On essaie d’apprendre quelques mots de roumain, mais ce n’est pas simple. On doit parler en anglais. J’apprends plein de choses pour progresser, c’est super”, témoigne-t-il. “Les Roumains, ce sont des jeunes comme nous”, observe Waarik.

L’échange est aussi l’occasion pour les jeunes de présenter leur île et leur culture. Lors d’une soirée consacrée à Mayotte, ils ont fait découvrir aux participants roumains l’histoire, les paysages et les traditions du territoire, à travers des présentations, des danses traditionnelles, notamment le chigoma, et des échanges autour de leur identité mahoraise. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à faire écouter aux jeunes roumains quelques chansons de Zily.

“C’est important pour nous de montrer ce qu’est Mayotte. J’aimerais que Mayotte soit connue de tous”, insiste Waarik.

Des échanges qui se poursuivront à Mayotte

Les activités ne se limitent pas à la découverte culturelle. Les jeunes ont également été amenés à confronter leurs réalités respectives autour de sujets comme l’éducation, l’emploi, les inégalités et l’accès aux opportunités. Des ateliers de théâtre consacrés à la discrimination leur permettent aussi d’échanger sur ces questions et de réfléchir ensemble aux difficultés rencontrées dans leurs pays respectifs.

Pour les encadrants, l’objectif est que les bénéfices de cette mobilité se prolongent bien après le retour à Mayotte. Des présentations du voyage sont ainsi prévues dans les établissements scolaires, en lien avec les professeurs d’anglais, afin que les participants puissent partager leur expérience avec leurs camarades et leur donner envie de participer à leur tour à des échanges internationaux.

Une séance de retour d’expérience sera également organisée avec les familles, pour permettre aux jeunes de raconter leur séjour, mais aussi les difficultés qu’ils ont pu rencontrer.

“J’ai hâte de faire découvrir cela à ma famille et à mes amis à Mayotte, pour leur montrer à quel point ce voyage nous a changés, les progrès qu’on a faits en anglais et le fait qu’on puisse être plus autonomes dans le monde, qu’on s’est améliorés”, confie Waarik.

Pour l’association, “Buts d’Horizon” constitue la deuxième mobilité menée grâce au programme Erasmus+. La première avait conduit des dirigeants du club en Pologne, où ils avaient pu découvrir le fonctionnement de clubs de football professionnels et semi-professionnels, avec l’objectif d’en tirer des enseignements adaptés aux réalités mahoraises.

Cette fois, ce sont les jeunes qui sont au cœur du projet. L’association a directement candidaté auprès de l’Union européenne et de son agence nationale Erasmus+ via la plateforme en ligne.

“J’incite chaque association à faire les démarches pour candidater à des échanges via Erasmus+. C’est encore méconnu des associations du territoire, qui ont tendance à vouloir d’abord faire des choses sur place. Mais l’idée, pour nous, est aussi de découvrir et d’apprendre d’autres méthodes de travail et de fonctionnement que nous pouvons appliquer au quotidien”, estime Fayize-Dine Madi, “pour les jeunes, ce sont des expériences inoubliables”.

Le Kashkazi, une nouvelle vedette pour renforcer le contrôle de la pêche

Le Kashkazi, une nouvelle vedette pour renforcer le contrôle de la pêche

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Ce mercredi 14 octobre avait lieu l’inauguration du Kashkazi, une nouvelle embarcation destinée à remplacer un ancien navire âgé de 25 ans. Sa mission principale sera d’assurer une présence permanente sur le terrain afin de renforcer le contrôle des activités de pêche. Voici, plus précisément, les détails cette nouvelle embarcation.

Baptisée Kashkazi, cette nouvelle vedette a été officiellement inaugurée ce mercredi 14 octobre, en présence du maire de Pamandzi, du préfet, ainsi que des commandants chargés de piloter l’embarcation. Ce nouveau navire vient remplacer une ancienne vedette, en service depuis 25 ans. Sa mission principale : assurer le contrôle des activités de pêche et renforcer la présence sur le terrain, surtout au niveau de la pêche.

Interrogé au micro lors de cette inauguration, le préfet a tenu à préciser que le Kashkazi ne serait pas destiné au contrôle des frontières maritimes. Toutefois, dans le cadre de leurs missions habituelles, les équipes pourront effectuer des observations et transmettre les informations recueillies aux services de l’État.

Le Kashkazi, une nouvelle vedette pour renforcer le contrôle de la pêche

Le préfet a également insisté sur la mission première du Kashkazi : renforcer le contrôle des activités de pêche. Selon lui, plusieurs difficultés persistent, notamment en matière de respect de la réglementation et des normes applicables aux navires utilisés pour la pêche. Autre enjeu évoqué : les dispositifs de concentration de poisson, dont certains ont été détruits et qui doivent être réinstallés. Une mesure importante alors que le lagon subit une pression particulièrement forte liée aux activités de pêche.

En définitive, le renouvellement de la flotte des Affaires maritimes devrait se poursuivre. D’ici l’année prochaine, une autre vedette viendra remplacer un ancien navire. Elle disposera du même gabarit que le Kashkazi.

Quatre talents locaux récompensés au 12e Sommet des cultures du Nord

Quatre talents locaux récompensés au 12e Sommet des cultures du Nord

La 12e édition du Sommet des cultures du Nord s’est tenue samedi 10 octobre, sur la plage de Mtsangadoua. Organisé par l’association Tarehi Tsika avec l’Office de tourisme du Grand Nord, ce rendez-vous met en valeur les savoir-faire et les traditions du territoire. Gratuit et ouvert à tous, il permet aux artisans et aux acteurs culturels de présenter leurs créations au public, dans une journée ponctuée d’animations et de rencontres.

À l’occasion de cette édition, quatre habitants ont été récompensés pour leur savoir-faire : Saandati Bahassani, autrice-compositrice de chakacha, Madi Issoufi, artisan, Assani Hamidouni, agriculteur, et Ali Soilihi Ali, forgeron. Les bénévoles qui contribuent à l’organisation de l’événement ont également été mis à l’honneur.

Des stands consacrés aux productions locales, des animations traditionnelles et des ateliers culinaires figuraient au programme. À travers ces rendez-vous réguliers, les organisateurs souhaitent donner davantage de visibilité aux artisans du Grand Nord et encourager leur participation aux événements du territoire.

La prochaine édition est annoncée le dimanche 8 novembre 2026, là encore sur la plage de Mtsangadoua.

La FMAE-CPIE Maoré à la rencontre des associations du Sud

La FMAE-CPIE Maoré à la rencontre des associations du Sud

La FMAE-CPIE Maoré organise une rencontre avec les associations du Sud de Mayotte, ce samedi 17 octobre, à partir de 8 h, à la mairie de Chirongui. L’objectif est de présenter les initiatives locales, d’échanger sur les besoins et les difficultés des structures et de favoriser de nouvelles collaborations.

Cette matinée s’adresse notamment aux associations engagées dans l’environnement, l’agriculture, le cadre de vie, la jeunesse ou le développement local. Elle doit permettre de faire émerger des projets communs et de mieux faire connaître les missions de la FMAE-CPIE Maoré, qui accompagne et met en réseau les associations engagées pour l’environnement sur le territoire.

Cette rencontre dans le Sud inaugure une série d’échanges que la fédération prévoit d’organiser dans chacune des intercommunalités de Mayotte. Les associations intéressées peuvent contacter la FMAE-CPIE Maoré pour signaler leur participation.

Mayotte en lice pour accueillir le Salon africain de l’éducation aux médias en 2030

Mayotte en lice pour accueillir le Salon africain de l’éducation aux médias en 2030

L’association mahoraise L’Effet Pelapelaka a participé à la première édition du Salon africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information (SALEMI), organisée du 8 au 10 octobre à Douala, au Cameroun. La rencontre s’est achevée par la signature de la Déclaration de Douala, qui appelle à faire de l’éducation aux médias un levier durable de citoyenneté numérique en Afrique.

Représentée par sa présidente, la journaliste Abby Said Adinani, l’association a partagé ses actions auprès des jeunes, notamment à travers des ateliers et des projets de création de contenus adaptés aux réalités locales. Cette participation a également fait émerger une nouvelle priorité : développer la parentalité numérique afin de sensibiliser davantage les familles aux enjeux de l’information en ligne.

« Nous avons tous besoin de développer notre esprit critique », souligne Abby Said Adinani. Forte des échanges et des perspectives de coopération noués à Douala, L’Effet Pelapelaka se projette désormais vers 2030, avec l’ambition d’accueillir le SALEMI à Mayotte. La prochaine édition du salon est prévue à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 2027.

« Le 26, on rend les tabliers » les agents du Département de Mayotte annoncent une grève

« Le 26, on rend les tabliers » les agents du Département de Mayotte annoncent une grève
Les agents du Département dénoncent leurs locaux dégradés et annoncent une grève le 26 octobre.

Réunis en assemblée générale sur le site de Younoussa-Bamana, plus de 200 agents des services du Département ont dénoncé, lundi, la dégradation de leurs conditions de travail. Réunis en intersyndicale, ils ont annoncé une grève pour le lundi 26 octobre, réclamant notamment des locaux adaptés et la concrétisation du projet de cité administrative.

Sur le site de Younoussa-Bamana, pendant que des employés du bâtiment et des travaux publics (BTP) s’activent à refaire la toiture, la mobilisation s’organise. Sous le préau, aux abords de l’hémicycle, plus de 200 agents se sont réunis en assemblée générale pour dénoncer l’état dégradé de leurs locaux professionnels et les conditions dans lesquelles ils exercent leurs missions.

Pour les représentants syndicaux, la situation n’est plus acceptable. « Les employés refusent les bâtiments en conteneurs », affirme Haoussi Boinahedja, secrétaire confédéral de la CGT Mayotte. Les agents les jugent inadaptés à leurs besoins.

La cité administrative, une promesse toujours attendue

Au cœur des revendications figure la construction d’une cité administrative, présentée comme une solution aux difficultés rencontrées par les agents. Ce projet, annoncé pour un démarrage à la fin de l’année 2023, devait représenter un investissement total de 87 millions d’euros et se déployer sur deux sites : les hauteurs de Mamoudzou et à Coconi. Les agents réclament désormais des avancées concrètes. « Sans bâtiment, on est rien. On est SDF », lance une agente présente dans l’assemblée.

Des difficultés qui dépassent le site de Younoussa-Bamana

La mobilisation ne concerne pas uniquement les agents travaillant sur le site de Younoussa-Bamana. Dans l’assistance, des employés de la protection maternelle et infantile (PMI) de Mtsamboro témoignent également de leurs difficultés. Pour ces agents, l’ouverture récente d’un bâtiment ne garantit pas, à elle seule, de bonnes conditions de travail. « On a inauguré il y a huit mois, mais cela ne veut pas dire qu’on a de bonnes conditions de travail », explique l’un d’eux.

« Le 26, on rend les tabliers » les agents du Département de Mayotte annoncent une grève
Bien avant le cyclone Chido survenu en 2024, un état des lieux de 2016, cité par la Cour des comptes, estimait déjà que 64% des bâtiments du Département étaient en mauvais ou médiocre état.

Le Département-Région de Mayotte dispose de 126 sites administratifs, selon les éléments évoqués lors de la mobilisation. Un parc immobilier important, dont la gestion locative et l’état soulèvent des interrogations parmi les personnels.

« Le 26, on rend les tabliers »

À l’issue de cette assemblée générale, les agents réunis en intersyndicale ont annoncé unanimement leur intention de faire grève le lundi 26 octobre. Avec ce mouvement, ils entendent faire pression sur leur employeur afin d’obtenir des réponses à leurs revendications. L’amélioration des conditions de travail, la mise à disposition de locaux adaptés et la concrétisation du projet de cité administrative figurent parmi les principales attentes. « Le 26, on rend les tabliers », préviennent les agents mobilisés. Reste désormais à savoir si cette annonce conduira à des discussions avec les autorités départementales.

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Préservation de l’environnement marin : Mayotte, encore en marge du train mondial

Préservation de l’environnement marin : Mayotte, encore en marge du train mondial

L’Afrique de l’Est devient le reflet d’un monde qui se développe à grande vitesse et s’incère dans le mouvement global des nations du monde en cours de développement. Engagé dans un processus mondial de préservation des Océans et de l’environnement marin, la Tanzanie a accueilli ces jours dernier la Cop 12. Un événement de portée international cautionné par les Nations Unies, qui a regroupé tous les pays riverains de la l’océan Indien. Chaque délégation ayant pu rendre public les actions qu’il mène dans cet objectif.  

« Protéger les océans et préserver les moyens de substances », c’est sous ce thème que la Cop 12 s’est ouverte en milieu de semaine dernière à Dar-Es-Salam (capitale de la Tanzanie) où elle s’est tenue 3 jours durant, du 6 au 9 octobre 2026, sous l’égide des Nations Unies, dans le prestigieux centre international de conférence Julius Gnéréré (nom du père de l’indépendance de ce pays). Les différentes délégations qui qui ont participé à cette rencontre ont souligné l’absolue nécessité pour les populations des pays riverains du Canal de Mozambique (et plus généralement de tout l’Océan Indien), de continuer à tirer profit des ressources marines dans le respect des priorités mondiales en matière de conservation des Océans. Chacun des pays participants a pu présenter les différentes actions conduites sur son territoire pour s’inscrire dans les objectifs recherchés par la Convection de Nairobi qui fêtait son 40 ème anniversaire à cette occasion.

Ils ont jugé nécessaires de concilier ces actions de préventions de l’environnement avec les activités économiques afin de ne pas compromettre la durabilité des populations vivants sur les littoraux. Parmi les exemples les initiatives les plus remarquées, l’ensemble des participants aura retenu celui de l’île de Zanzibar, portant sur une fermeture temporaire de certaines zones marines qui sont ensuite réouvertes au bout d’un temps défini (3 à 5 mois). Une mesure visant à limiter la dégradation de l’environnement marin en permettant la régénérescence des ressources. Une précieuse source d’inspiration pour le parc marin de Mayotte au centre d’éternelles polémiques entre le service des Affaires Maritimes et les pêcheurs locaux. Il n’en sera probablement rien, étant donné que Mayotte a brillé par son absence lors de ce rendez-vous important des pays de la zone. En matière d’affichage, les collectivités mahoraises – comme les services de l’Etat d’ailleurs – savent y faire actuellement autant que l’hexagone.

L’essentiel n’est pas au centre des préoccupation des dirigeants mahorais

S’il y a une rencontre à laquelle Mayotte aurait dû prendre toute sa place, c’est bien à cette Cop 12 de Nairobi de 2026, et non la Commission de l’Océan Indien. En dehors de tout parti pris, il convient d’admettre que rien de significatif ne s’y fait depuis une vingtaine d’année, mais la manipulation des masses populaires bat son plein et gare au journaliste qui osera braver l’ordre établi par toute la classe dirigeante (quel que soit le bord politique auquel elle est issue). S’il n’est ni pas irradié de méchanceté et de peste verbale, il est mis est placé au pilori pour y être pestiféré d’avoir osé porter une voix dissonante dans le faux tableau idyllique vendu aux masses populaires démunies et affamées par une désastreuse gestion du cyclone Chido, des différentes crises économiques et sociales qui ont frappé l’île avant le drame climatique du 14 décembre 2024.

Gouvernements nationaux successifs comme pouvoirs locaux divers et variés tout ce beau monde abonde dans une démagogie et une surenchère politicienne, à qui mieux-mieux, chacun plus tonitruant que l’autre, dans l’espoir d’embobiner le plus grand nombre parmi le demi-million d’habitants qui occupe l’archipel de Mayotte. Aucun n’a froid aux yeux, chacun y allant sans vergogne du plus invraisemblable des mensonges politiques au plus fort des mirages en pleine zone tropicale, bien du désert d’Arabie où ce type de phénomène se produit de coutume. Et pendant que cette joyeuse croisière s’amuse sur le rivage Ouest dans le Canal de Mozambique, l’essentiel se produit de l’autre côté sur le littoral Est de ce très large corridor marin, actuellement objet de toutes les attentions de la planète. Le basculement économique de la planète y prend forme depuis une vingtaine d’années, sans qu’il ne concerne Mayotte toute proche.

Quand le minimal devient la règle dans un territoire de l’Union Européenne

Des nouvelles silicones vallées aux enjeux techniques et technologiques futuristes, développement des infrastructures de tous ordres, de l’économie au sens large du terme à la protection de l’environnement et la biodiversité, du développement touristique à l’exploitation, la transformation sur place, le conditionnement et la vente des énergies faucilles, ou encore le développement de l’agricultures, rien de tout cela ne bénéficie au pompeux Département-Région de Mayotte. Bien qu’elle ait pignon sur rue dans l’ensemble de ce bassin régional, notre île s’est donnée pour vocation de rater tous les coches de l’avenir en mouvement, dans « une incapacité honteuse » à accompagner sa féconde jeunesse vers ces enjeux du futur, son propre futur ! La vision lilliputienne (qui empêche nos décideurs à se projeter au-delà de la barrière de coraille), qu’ils soient politiques, acteurs économiques, universitaires, enseignants et administratifs ou autres, ne présage rien de bon pour l’avenir.

Elle est carrément annonciatrice d’une sinistrose à venir. Le récent mouvement de colère des lycéens en dit long sur l’inquiétude légitime de notre jeunesse face aux incertitudes multiples qui se profilent pour elle à l’horizon. D’autant plus que sur l’essentiel de ces enjeux d’avenir, l’Université de Mayotte qui devrait en être le fer de lance, fonctionne plutôt à minima lorsqu’il n’est pas tout bonnement hors-jeu. De sorte que le « pompeux Département-Région » n’est pas en mesure de relever les défis qui se présente à lui, malgré le nombre incalculable de conventions partenariales qu’il passe avec nombre de ces pays bordant ce « juteux » Canal de Mozambique actuellement si convoité par les grandes puissances du globe.

Le train du monde ne passera pas par la gare de Mamoudzou

Un confrère journaliste de métropole (jadis en exercice à Mayotte des années durant), a eu l’opportunité de couvrir cette rencontre de Dar-Es-Salam qu’il n’hésite pas à qualifier « d’un événement exceptionnel, si riche en débats, rencontres et perspectives ». Mais, à ses yeux, en se plaçant dans un contexte franco-français qui est celui de Mayotte toute proche de la Tanzanie, il confie, « je dois t’avouer qu’il me laisse aussi un sentiment profond d’inquiétude pour le 101 ème département français. Pour avoir suivi l’ensemble des débats durant ces trois jours, m’être beaucoup intéressé aux initiatives et ambitions portées par les territoires et pays de cette zone du monde, j’ai eu parfois le sentiment que Mayotte a raté le train qui vient de se mettre en marche, un train d’un monde qui se dirige vers des horizons prometteurs qui ne fera hélas pas de halte à la gare de Mamoudzou ».

Se faisant plus explicite, notre confrère, qui a transité par l’archipel (pour écrire sur la non-Refondation post-Chido) avant de rejoindre la Tanzanie via les Comores, constate, « pendant que les autres pays du Canal de Mozambique s’organisent, coopèrent, innovent et construisent leur avenir, nos compatriotes Mahorais restent à l’écart des grandes dynamiques de développement en cours chez leurs grands voisins d’Afrique de l’Est, au risque de se retrouver très rapidement et durablement marginalisés ». En raison des stigmates laissés par le cyclone Chido, il y a presque deux ans, il estime que Mayotte doit sortir de sa léthargie actuelle pour se bouger et, non seulement rattraper ses retards, mais également apprendre à anticiper, à proposer et à participer à la construction de son propre avenir.

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Au large de La Réunion, un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe arraisonné

Au large de La Réunion, un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe arraisonné
* Photo améliorée par ia

La Marine nationale a intercepté, lundi 12 octobre, un pétrolier suspecté de naviguer sous un faux pavillon, à plus de 800 kilomètres au sud de La Réunion. Le navire, qui figure sur la liste des sanctions européennes contre la Russie, a été dérouté sous escorte militaire. Une enquête judiciaire a été ouverte ce mardi par le parquet de Saint-Denis.

Le pétrolier DF Peak a été arraisonné lundi matin par la Marine nationale, à plus de 450 milles nautiques, soit environ 830 kilomètres, au sud de La Réunion. Soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, utilisée pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations d’hydrocarbures, le navire naviguait sous pavillon béninois.

L’opération a été menée en haute mer, sur le fondement de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui autorise sous certaines conditions le contrôle de la nationalité d’un navire. Après être montée à bord, une équipe de la Marine nationale a examiné les documents du pétrolier. Ces vérifications ont confirmé les irrégularités concernant son pavillon.

Alertée, la procureure de la République de Saint-Denis a ordonné le déroutement du bâtiment vers La Réunion, sous escorte de la Marine nationale, afin de poursuivre les investigations. Les 21 membres d’équipage, de plusieurs nationalités, sont restés à bord sous la surveillance des militaires français.

Une enquête judiciaire ouverte

Dans un communiqué publié ce mardi 13 octobre, le parquet de Saint-Denis annonce l’ouverture d’une enquête pour non-justification de la nationalité du navire par son capitaine lors d’un contrôle en mer. Cette infraction est passible de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. La confiscation du pétrolier est également possible.

Les investigations, confiées à la gendarmerie maritime et à la gendarmerie départementale de La Réunion, devront notamment établir les conditions d’exploitation du bâtiment et identifier son propriétaire et son armateur, dont la responsabilité pénale pourrait être engagée.

Les 21 marins font par ailleurs l’objet de mesures de restriction et de privation de liberté pour une durée initiale de 48 heures. Ces mesures peuvent être prolongées par le juge des libertés et de la détention, par périodes renouvelables de 120 heures.

Un pétrolier déjà visé par les sanctions européennes

Long de 244 mètres, le DF Peak figure depuis le 25 juin 2024 sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne. À cette époque, il portait le nom de Kaliningrad et naviguait sous pavillon russe. Il est soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme, constituée de pétroliers utilisés pour poursuivre les exportations de pétrole russe malgré les restrictions occidentales.

Lundi soir, Emmanuel Macron a présenté cette interception comme une opération de lutte contre les trafics illicites de carburants. « La France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme, partout dans le monde », a déclaré le président de la République sur le réseau X, en diffusant des images de l’arraisonnement.

À ce stade, l’enquête judiciaire porte sur l’irrégularité du pavillon. Elle devra permettre de déterminer les responsabilités dans l’exploitation du pétrolier, tandis que son éventuelle implication dans des transports illicites d’hydrocarbures reste à établir.

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À Mayotte, l’Adie mise sur les jeunes pour faire émerger de nouveaux projets

À Mayotte, l’Adie mise sur les jeunes pour faire émerger de nouveaux projets

Du 12 au 16 octobre, l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) mène une campagne de mobilisation à Mayotte auprès des entrepreneurs de moins de 30 ans. Objectif : les sensibiliser à la gestion financière et leur donner les clés pour pérenniser leur activité. Les équipes sont allées à la rencontre des jeunes dans de nombreuses communes de l’île. En 2025, 133 jeunes Mahorais ont pu concrétiser leur projet grâce au soutien de l’ADIE, soit 13 % des porteurs de projet accompagnés localement.

Flash Info : Vous placez l’entrepreneuriat des jeunes au cœur de cette campagne organisée à Mayotte du 12 au 16 octobre 2026. Pouvez-vous nous expliquer plus précisément en quoi consiste cette initiative et quels sont ses objectifs ?

Tamara Guistinati : Trois fois par an, l’ADIE organise des semaines dédiées à l’entrepreneuriat. Après l’entrepreneuriat dans les quartiers, en février, et l’entrepreneuriat féminin, en juin, cette édition d’octobre met à l’honneur les jeunes entrepreneurs.

L’objectif est de promouvoir l’entrepreneuriat à travers des événements organisés partout en France, au plus près du public. Cette semaine, nous mettons donc l’accent sur l’entrepreneuriat des jeunes à Mayotte, avec des actions organisées chaque jour.

Demain, à Kawéni, nous organisons le marché des entrepreneurs, qui rassemble des personnes que nous accompagnons et finançons. L’événement se tiendra à la MJC de Kawéni.

Nous participons également au forum des métiers et de l’insertion organisé par la municipalité de Dembéni, où nous tiendrons un stand. Nous organisons aussi une réunion d’information à Combani, en partenariat avec la Mission locale. Nous avons également participé à l’organisation du village des entrepreneurs et de l’insertion à la MJC de Combani, avec la présence de nombreux centres de formation. Nous avons ainsi pu apporter des informations spécifiques aux jeunes.

Jeudi, nous organiserons une réunion d’information dans le nord de l’île, à Acoua, avec l’association Tarifitika. Enfin, vendredi matin, une information collective se tiendra à la Mission locale de Petite-Terre.

De nombreuses actions sont donc organisées tout au long de la semaine, sur l’ensemble du territoire, car l’ADIE souhaite privilégier un accompagnement de proximité.

L’ADIE Mayotte dispose actuellement de deux agences : notre agence principale à Kawéni, à Mamoudzou, et une autre à Bandrélé, où nous organisons l’événement d’aujourd’hui. Une troisième agence ouvrira à Tsingoni la semaine prochaine.

Pour aller à la rencontre des entrepreneurs sur l’ensemble du territoire, l’ADIE assure également des permanences dans plusieurs communes, notamment en Petite-Terre, à Hamjago, à Sada, à Ouangani et à Dembéni. Elle dispose aussi de la BIMobile, une camionnette aménagée en bureau mobile qui permet d’accueillir et de renseigner directement le public.

F.I. : Mayotte est un territoire particulièrement jeune. Constatez-vous un réel engouement des jeunes pour l’entrepreneuriat ? Sont-ils de plus en plus nombreux à se lancer dans la création d’entreprise ?

T.G. : Malgré une population très jeune, les jeunes Mahorais restent peu représentés parmi les personnes accompagnées par l’ADIE. Nous multiplions donc les actions auprès des centres de formation afin de mieux les informer sur les démarches administratives et les possibilités d’accompagnement.

Le principal frein reste l’accès au financement. Nous souhaitons rappeler que chacun peut entreprendre, quel que soit son niveau de diplôme, à condition de bénéficier d’un financement et d’un accompagnement adaptés.

F.I. : En 2025, 133 jeunes Mahorais ont pu concrétiser leur projet grâce à l’accompagnement de l’ADIE. Quels sont vos objectifs pour 2026 ? Combien de jeunes entrepreneurs souhaitez-vous accompagner cette année à Mayotte ?

T.G. : Nous n’avons pas fixé d’objectif chiffré précis, mais notre volonté est d’augmenter ce nombre. Pour vous donner une idée de la proportion que cela représente, nous avons financé 1 025 entrepreneurs à Mayotte l’année dernière. Les jeunes âgés de 18 à 30 ans représentent une part encore très faible de ce public.

C’est pourquoi nous multiplions les actions à leur destination et les initiatives d’information, aussi bien auprès des centres de formation que des missions locales et de l’ensemble des organismes en contact avec les jeunes.

L’ADIE souhaite rappeler que l’entrepreneuriat est accessible à tous et qu’elle propose des solutions de financement et d’accompagnement adaptées aux jeunes.

F.I. : Concrètement, quelles sont les solutions que vous proposez ?

T.G. : Nous adaptons surtout le montant des financements afin de ne pas mettre les jeunes en difficulté. L’objectif n’est pas de leur prêter 15 000 euros dès le départ, mais de procéder progressivement pour accompagner la création et le développement de leur entreprise.

La particularité de l’ADIE est que nous pouvons financer un entrepreneur plusieurs fois, en fonction de ses besoins. Par exemple, nous pouvons commencer par financer l’achat d’un stock. Une fois l’activité lancée et les premiers résultats obtenus, nous pouvons accorder un nouveau financement, d’un montant plus important, pour accompagner son développement.

Nous ajustons ainsi le financement aux besoins de chaque entrepreneur afin de ne pas le mettre en difficulté.

À Mayotte, l’Adie mise sur les jeunes pour faire émerger de nouveaux projets

F.I. : Concrètement, comment faites-vous pour identifier et toucher ces jeunes ? Travaillez-vous avec les centres communaux d’action sociale (CCAS), par exemple, afin que leurs agents puissent vous orienter vers les jeunes qui ont des projets entrepreneuriaux ?

T.G. : Une grande partie des permanences que je vous ai présentées tout à l’heure se tient dans les locaux des CCAS ou des maisons France Services. Nous travaillons en étroite collaboration avec ces structures. Il s’agit d’un véritable travail de proximité : leurs équipes nous connaissent et nous orientent spontanément les personnes qui souhaitent entreprendre.

Ce matin, avant le début de l’événement, j’ai notamment échangé avec le responsable de la Mission locale, qui nous a orienté, au cours des quinze derniers jours, deux jeunes porteurs de projets de création d’activité.

Nous travaillons également avec le Régiment du service militaire adapté (RSMA) pour toucher les jeunes. Cet organisme dispose lui aussi d’un dispositif d’accompagnement à la création d’entreprise. Notre objectif est donc de leur proposer des solutions de financement à leur sortie du RSMA.

Nous privilégions avant tout le travail de proximité et la démarche d’« aller-vers », afin de rencontrer directement les personnes susceptibles d’avoir besoin de nos services.

Pour aller à la rencontre des jeunes, l’ADIE dispose notamment d’une camionnette aménagée qui lui permet d’intervenir directement sur le terrain. Les équipes peuvent également se déplacer à pied, en parcourant les rues des villages pour rencontrer les commerçants, les habitants et, naturellement, les jeunes.

L’association travaille aussi en étroite collaboration avec les CCAS et les maisons France Services. Ces partenariats facilitent les échanges et l’orientation des personnes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat.

F.I. : Pour terminer, concernant le marché organisé demain à la MJC de Kawéni, qu’est-ce qui est prévu sur place ? Y aura-t-il des stands tenus par des entrepreneurs qui ont réussi et qui pourront partager leur expérience, conseiller les jeunes et leur expliquer les démarches qu’ils ont suivies pour se lancer ?

T.G. : L’ADIE organise plusieurs fois par an des marchés à Kawéni afin de mettre en avant les entrepreneurs qu’elle accompagne et finance. Prêt-à-porter, artisanat, maraîchage, produits de beauté ou encore coiffure : des professionnels de différents secteurs viennent présenter et vendre leurs produits et services sur des stands mis gratuitement à leur disposition par l’association.

L’objectif est de leur offrir une véritable vitrine, notamment à ceux qui ne disposent pas de leur propre local, afin de développer leur activité et de se faire connaître. L’ADIE contribue également à leur visibilité en relayant leurs produits et leurs activités sur ses réseaux sociaux.

Ce marché est aussi l’occasion de favoriser les échanges avec les jeunes. Nous avons contacté les structures associatives du quartier de Kawéni pour les inviter à venir à la rencontre de ces entrepreneurs.

L’idée est de permettre aux jeunes de découvrir des parcours concrets, de poser leurs questions et de recueillir les témoignages de personnes qui ont franchi le pas de la création d’entreprise.

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Le long de la rivière Majimbini, sensibiliser et prévenir les crues pour protéger les habitants

Le long de la rivière Majimbini, sensibiliser et prévenir les crues pour protéger les habitants
La rivière Majimbini le 13 octobre 2026, dans le quartier Mrowahandra à M’tsapéré.

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À l’approche de la saison des pluies, les crues de la rivière Majimbini font craindre des inondations aux habitants de M’tsapéré. Ce mardi 13 octobre, à l’occasion de la Journée nationale de la résilience, la Ville de Mamoudzou a organisé un village de la résilience pour sensibiliser la population aux risques naturels et présenter les dispositifs de prévention.

Dans le quartier Mrowahandra, à M’tsapéré, dans la commune de Mamoudzou, le niveau de la rivière Majimbini est au plus bas, ce mardi 13 octobre. Le filet d’eau qui s’écoule depuis les hauteurs est à peine perceptible entre les rochers, les plantes, les branches d’arbres et les déchets en tout genre. La rivière est tout de même parsemée de petites mares où prolifèrent les guppies, au milieu de la vase teintée de blanc par le savon ou la lessive utilisés par les femmes et les enfants qui lavent leur linge.

Difficile d’imaginer ce cours d’eau monter en quelques heures, voire en quelques minutes, sortir de son lit et inonder le quartier. En cette fin de saison sèche, le risque n’est pas visible, mais il est pourtant bien présent. Un imposant tronc d’arbre, déplacé par les courants, témoigne toutefois de la force de la rivière lors des fortes pluies. Chaque année, les précipitations entraînent des inondations à travers le territoire et provoquent malheureusement des drames.

Un jeune homme de 19 ans est mort noyé dans une rivière à Passamaïnty, le mardi 16 septembre 2015. Un autre jeune garçon a trouvé la mort en se noyant dans la rivière Kwalé, le mardi 10 février 2026 après-midi. Emporté par un courant intense provoqué par les fortes pluies au niveau du village de Vahibé, son corps a été retrouvé plus bas, rue Kwalé Légion, par la gendarmerie.

À Mrowahandra, les fortes crues rythment la saison des pluies et compliquent l’accès au quartier. L’eau submerge rapidement le pont qui permet d’y entrer et d’en sortir. Si la rivière est calme pour le moment, les habitants savent à quel point elle peut être dangereuse.

Le long de la Majimbini, les crues font peser des risques à chaque saison des pluies

“Il y a beaucoup de noyades”, remarque Saendati, 17 ans, habitante du quartier, son petit frère et sa petite sœur à ses côtés. “La plupart des habitants ne savent pas nager et le pont est dangereux, car il n’y a pas de barrières de sécurité. Plusieurs enfants ont déjà disparu à cause des noyades. Ça serait bien d’installer des barrières”.

“Un jeune a tenté de passer ce pont malgré l’eau. Il a été emporté par le courant et il est mort”, raconte Toioumidine Daroussi, 25 ans, habitant du quartier. “Quand ce pont se retrouve sous l’eau, les voitures ne circulent pas. Il est trop bas et la boue, les déchets et les branches empêchent l’eau de passer en dessous, donc il est submergé”.

“Il faudrait creuser et installer un tunnel pour que l’eau puisse passer, et aussi créer un système de filtrage des déchets pour éviter qu’ils bloquent l’écoulement”, propose le jeune homme, entrepreneur engagé dans la revalorisation des déchets.

“Les habitants jettent les déchets dans la rivière, ces derniers s’enfoncent dans le sol et font monter le niveau de l’eau, résultat la route est inondée”, ajoute Saendati.

Elle, comme Toioumidine Darroussi, se souvient très bien des grandes crues survenues après le cyclone Chido, la tempête tropicale Dikeledi ou encore les fortes pluies du mois de mars. Malgré les alertes à répétition et les accidents, tous deux restent inquiets quant à la gestion du risque. “L’une des plus grandes rivières de Mayotte ne peut pas être dans cet état-là”, souligne l’entrepreneur.

Plus bas, le long de la rivière, au niveau du pont de M’tsapéré, les principaux embâcles qui entravaient l’écoulement de l’eau ont été évacués et mis sur le côté. Des morceaux de tôle restent bien visibles dans la boue, entre les palétuviers.

Autant d’obstacles, certains récents, d’autres plus anciens, qui accentuent le risque d’inondation et alimentent l’inquiétude des habitants. Assise au bord de la rivière, une jeune femme confie ses craintes face aux déchets qui jonchent le lit. Dans quelques semaines, avec le retour des fortes pluies, la capacité de la rivière à évacuer l’eau jusqu’au lagon sera mise à l’épreuve.

Une sensibilisation sur WhatsApp et via les associations de quartier

Face au risque d’inondation, notamment sur le bassin versant de la Majimbini, la Ville de Mamoudzou a installé, ce mardi, à l’occasion de la Journée nationale de la résilience, un “village de la résilience” à côté de la halle des pêches de M’tsapéré. Plusieurs partenaires y ont présenté les dispositifs de prévention et de gestion des risques, dont le Plan communal de sauvegarde (PCS) de la Ville, le Programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) de la Majimbini, porté par la CADEMA, et le Plan de prévention des risques (PPR), présenté par la DEALM. La Croix-Rouge française était également présente pour faire connaître ses actions de préparation et de réponse aux catastrophes.

“La rivière Majimbini est la plus dangereuse ici. Lorsqu’il pleut sur les hauteurs, l’eau peut arriver d’un coup. On sensibilise les habitants pour leur dire de ne pas rester aux abords du cours d’eau”, explique Anli Bounou, directeur de l’urbanisme, du foncier, du logement et de l’habitat, et chef de projet de la rédaction du plan communal de sauvegarde (PCS) pour la Ville de Mamoudzou.

“Le problème, ce n’est pas seulement l’eau. Des arbres, du bois et des déchets descendent des hauteurs et peuvent gêner son écoulement. S’il n’y avait que de l’eau qui passait, il n’y aurait pas de problème. Il faut aussi éviter de déboiser les hauteurs, car cela augmente les risques. Le lit de la rivière est également grignoté par les constructions, avec des habitations qui se trouvent à proximité. La CADEMA mène des actions pour protéger le lit de la rivière et limiter les risques”, note-t-il.

“Cette journée est l’occasion de sensibiliser la population à ces dangers mais nous disposons aussi de plusieurs groupes WhatsApp pour informer les habitants des différents quartiers et les alerter. Nous passons aussi par les mosquées et les associations pour faire circuler les informations”.

Quid de la responsabilité ?

“Beaucoup de gens vont nous dire qu’on n’a jamais vu d’eau à tel ou tel endroit lorsqu’ils observent le plan de prévention des risques naturels (PPRN), pourtant le risque existe”, indiquent les agents de la DEALM présents sur les stands, en montrant le document et sa déclinaison cartographique, qui répertorie les zones à risque, notamment le long des rivières.

“La commune a le devoir de protéger ses habitants”

“En cas de fort risque d’inondation ou de mouvement de terrain, les constructions sont interdites. Pour les autres aléas, cela dépend : c’est la municipalité qui tranche”. La commune est notamment responsable de la délivrance des permis de construire et de la prise en compte des risques naturels dans ses décisions d’urbanisme. En cas de défaillance du maire, le préfet peut intervenir dans le cadre de ses pouvoirs de contrôle et, sous certaines conditions, se substituer à lui. “La commune a le devoir de protéger ses habitants”, rappellent-ils, en notant le rôle de la police de l’urbanisme

En cas d’inondation, les responsabilités en cas de dommages ou d’accident dépendent de plusieurs facteurs, notamment de la localisation des habitations et des circonstances du sinistre. À Mayotte, où les situations administratives, les conditions de logement, les questions foncières et l’accès à l’assurance peuvent être complexes, la connaissance des risques et des moyens de s’en protéger prend une importance particulière.

Si les pouvoirs publics ont un rôle à jouer dans la prévention, les habitants doivent aussi pouvoir identifier les dangers auxquels ils sont exposés et connaître les bons réflexes à adopter. La prévention repose ainsi sur la transmission des informations et implique plusieurs acteurs, des écoles aux communes, en passant par l’intercommunalité, l’État et les habitants eux-mêmes.

Selon les chiffres présentés par la DEALM, près de 90 % du territoire mahorais est exposé à au moins un aléa naturel et plus de 40 % est concerné par un aléa fort. Face à cette exposition, l’enjeu est à la fois de mieux se protéger dès aujourd’hui mais aussi de repenser l’aménagement du territoire, tout en faisant évoluer les comportements, notamment pour limiter les dépôts de déchets dans les cours d’eau et les espaces naturels, afin de ne pas aggraver les risques d’inondation et les autres aléas naturels.

70 000 foyers sensibilisés au geste de tri ces derniers mois sur toute l’île

70 000 foyers sensibilisés au geste de tri ces derniers mois sur toute l’île
Nicolas Moulin, responsable d’exploitation outre-mer de Citeo (à g.) et Patrice Roux, son représentant local

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Suite à l’entrée en vigueur de « la simplification du geste de tri » le 1er mai dernier, l’éco-organisme Citeo avait mis en place une grande campagne de sensibilisation de la population en collaboration avec l’association de réinsertion Nayma. L’opération s’était achevée la semaine dernière, les responsables de Citeo ont dressé un premier bilan positif : 70 000 foyers mahorais ont pu être touchés, soit les 2/3 des foyers que compte l’île.

Plus besoin de se demander si un emballage en plastique est recyclable avant de le déposer dans la borne jaune. Depuis le 1er mai 2026, tous les emballages plastiques et métalliques y sont acceptés, des bouteilles aux pots de yaourt en passant par les barquettes, films et sachets. Une simplification destinée à encourager les Mahorais à trier davantage, alors que l’installation de stockage des déchets du territoire (l’ISDND de Dzoumogné) approche de la saturation. « Il ne faut pas se compliquer la vie », résume en substance Nicolas Moulin, responsable d’exploitation Outre-mer de Citeo, venu présenter ce mardi un premier bilan de cette évolution au 5/5, à Mamoudzou, aux côtés de Patrice Roux, le représentant local de l’éco-organisme.

Inutile, par exemple, de laver les emballages avant de les jeter : il suffit de bien les vider et d’en retirer les principaux restes alimentaires. Les bouteilles peuvent être écrasées pour gagner de la place, mais les emballages ne doivent pas être imbriqués les uns dans les autres, au risque de perturber leur séparation au centre de tri. Les flacons de shampoing et autres emballages de la salle de bain sont également concernés par les nouvelles consignes.

70 000 foyers sensibilisés au geste de tri ces derniers mois sur toute l’île
Une des équipes de Nayma qui a sillonné les villages de Mayotte

Pour certains habitants, le geste de tri demeure « complètement inconnu »

Pour accompagner ce changement, Citeo s’est associé à Nayma, une structure d’insertion professionnelle spécialisée dans les métiers de l’environnement. De juin à début octobre, 54 salariés ont sillonné les 17 communes de Mayotte, allant à la rencontre des habitants dans les rues et en porte-à-porte, jusque dans les quartiers les plus reculés. Selon le bilan présenté, quelque 70 000 foyers ont ainsi été effectivement touchés par la campagne, soit environ les 2/3 des foyers mahorais. À Mamoudzou, où l’objectif initial était de 16 000 foyers, les équipes en ont rencontré plus de 22 000.

Le travail qui a parfois commencé par les bases. Dans certains quartiers précaires en effet, certains habitants ne savaient même pas de quoi il s’agissait. « Ils avaient bien aperçu les bornes pour certains, mais ne savaient pas à quoi servait cette installation », raconte Assima, l’une des salariées de Nayma à avoir parcouru les villages de Mayotte pour sensibiliser les habitants. Mari Yahya, coordinateur de la campagne, précise même que ses équipes ont parcouru des secteurs de Kawéni particulièrement isolés, dont certains « n’avaient même pas été recensés », selon ses dires.

Sur le terrain, l’accueil a été variable. Assima a constaté que les jeunes étaient généralement « plus réceptifs », notamment parce qu’ils avaient déjà été sensibilisés au tri à l’école. Chez certaines personnes âgées, en revanche, la démarche était totalement inconnue. Pas question pour autant d’insister auprès des « habitants réticents » : l’objectif était d’informer, non de contraindre. Mais une difficulté est revenue régulièrement dans les échanges : l’éloignement des points de collecte. Pour les habitants dépourvus de véhicule, transporter leurs déchets triés jusqu’aux bornes peut rapidement devenir décourageant.

70 000 foyers sensibilisés au geste de tri ces derniers mois sur toute l’île
Les « chefs d’équipe » ont insisté sur le fait que l’éloignement des bornes de tri constituait le principal obstacle au tri à Mayotte

238 points de collecte, une cinquantaine d’autres à installer

Mayotte compte actuellement 238 points de tri, répartis dans l’ensemble des communes. Un maillage encore insuffisant, reconnaît Citeo, qui prévoit l’installation d’une cinquantaine de bornes supplémentaires. Leur implantation se heurte toutefois à des difficultés d’accès, notamment dans les quartiers où la voirie ne permet pas facilement le passage des camions de collecte. Les équipements existants subissent également de nombreuses dégradations. Les autocollants rappelant les consignes sont parfois arrachés en quelques jours. Citeo envisage donc de recourir à des marquages au pochoir, plus résistants.

Autre problème : les déchets déposés dans les mauvaises colonnes ou les gros sacs fermés, qui compliquent, voire empêchent, leur traitement. Faut-il réduire les ouvertures des bornes pour éviter les erreurs, au risque de décourager les usagers contraints d’introduire leurs emballages un par un ? Ou les élargir pour faciliter le dépôt ? Pour Nicolas Moulin, tout l’enjeu consiste à trouver « le bon équilibre pour pallier les différents problèmes rencontrés ».

600 tonnes d’emballages collectées chaque année

Citeo prend actuellement en charge environ 600 tonnes de déchets triés par an à Mayotte : 300 tonnes de plastiques et métaux, 150 tonnes de verre et 150 tonnes de papiers-cartons. Une fois collectés, les matériaux transitent par le centre de tri de Longoni, exploité par STAR Mayotte, où ils sont séparés avant leur expédition vers des filières de recyclage extérieures au territoire. Les plastiques et métaux rejoignent l’Hexagone, tandis que les papiers-cartons sont orientés vers des filières asiatiques (Inde et Thaïlande principalement).

Cette dépendance aux transports maritimes allonge les délais et renchérit les opérations. Lorsque les navires doivent contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance plutôt qu’emprunter le canal de Suez, les trajets peuvent passer de 4 ou 5 semaines à 8 ou 9 semaines. « Mais c’est un problème qui touche tous les types de marchandises », tempère Nicolas Moulin. À Mayotte, les possibilités de recyclage locales demeurent malheureusement limitées, même si quelques initiatives existent, notamment autour des plastiques rigides (Habit’âme par exemple) et que certains porteurs de projets réfléchissent à un moyen de recycler localement les papiers/cartons. Nicolas Moulin estime d’ailleurs que cette dernière filière est la plus prometteuse pour le recyclage en local.

Une nouvelle campagne de communication fin novembre

La sensibilisation ne s’arrêtera pas avec cette première opération. Citeo prévoit une nouvelle campagne dans les médias à partir de fin novembre, tout en poursuivant son travail avec les communes pour densifier le réseau de collecte. L’éco-organisme réfléchit également aux moyens d’encourager les habitants à trier davantage. Des opérations de gratification, comme Douka Tri, qui récompensent les apports de déchets, constituent l’une des pistes possibles.

Car derrière la simplification des consignes, l’enjeu reste considérable : détourner un maximum de déchets de l’installation de stockage de Mayotte (ISDND), dont les capacités ne sont pas illimitées et qui a, en outre, été en partie détériorée par Chido. Encore faut-il que chaque habitant puisse accéder facilement à une borne de tri et Citeo poursuit son travail en ce sens !

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes