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Une championne olympique à M’Tsangamouji

Une championne olympique à M’Tsangamouji
La championne olympique a reçu un salouva en guise de cadeau de bienvenue de la part de la municipalité.

Championne olympique, championne du monde et ancienne meilleure joueuse de la planète handball, Allison Pineau est en visite à M’Tsangamouji du 18 au 20 juin. Invitée par la municipalité dans le cadre de son programme de développement du sport pour l’égalité, l’ancienne internationale française est venue partager son expérience avec les jeunes et porter un message d’espoir et de réussite par le sport.

L’événement est suffisamment rare pour être souligné. Ce jeudi, le plateau sportif couvert de Chembenyoumba a accueilli l’une des plus grandes figures du handball français et international. À son arrivée, Allison Pineau a été reçue par la première adjointe au maire, Boueni Boura Malidi, avant d’être honorée de chant et d’acclamation, vêtue d’un salouva vert et jaune.

« C’est incroyable. Nous avons l’occasion de recevoir une star olympique de cette envergure. C’est l’occasion d’en profiter et de la voir de si près », confie Roumane Fundi, éducateur sportif. Tout au long de l’après-midi, habitants, associations sportives et élus se sont succédé pour saluer celle qui a marqué l’histoire du handball féminin français au sein du plateau sportif de Chembenyoumba.

Un palmarès hors normes

La municipalité de M’Tsangamouji n’a pas choisi n’importe quelle sportive. Originaire de Guadeloupe et ayant grandi en Seine-Saint-Denis, Allison Pineau possède l’un des plus impressionnants palmarès du sport français.

Championne olympique à Tokyo en 2021, championne du monde en 2017 et championne d’Europe en 2018, elle fait partie du cercle très fermé des joueuses ayant remporté les trois plus grands trophées internationaux du handball féminin. À cela s’ajoutent plusieurs titres nationaux, notamment avec Metz Handball, ainsi qu’une distinction individuelle prestigieuse : celle de meilleure joueuse du monde décernée par la Fédération internationale de handball en 2009, alors qu’elle n’avait que 20 ans.

Retraitée des terrains depuis un an, l’ancienne demi-centre poursuit aujourd’hui son engagement en faveur de la jeunesse, de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Une rencontre née d’une histoire commune

Si la venue d’Allison Pineau à Mayotte a pu surprendre, elle est en réalité le fruit d’une relation nouée depuis plusieurs années entre la sportive et la commune. « Il y a un historique entre nous », explique Valdo Ahamada Combo, adjoint au sport. « En juillet 2024, nous avons lancé un projet sportif propre à la commune. Puis il y a eu la Nuit du handball, qui a remporté le prix du meilleur projet sport et culture lors du Congrès des maires. C’est Allison Pineau qui nous a remis cette récompense. Nous partageons les mêmes valeurs autour de l’égalité et de la lutte contre les injustices. C’est donc tout naturellement que nous avons souhaité l’inviter. » Pour l’élu, cette visite est aussi une reconnaissance du travail mené localement en faveur du sport comme outil d’émancipation sociale.

« Ce ne sont pas les médailles qui nous animent »

Face aux jeunes sportifs venus la rencontrer, Allison Pineau a tenu à dépasser le simple récit de ses succès sportifs. « Après avoir été championne du monde, championne d’Europe et championne olympique, l’appétit vient en mangeant. Mais ce ne sont pas les médailles qui nous animent. Ce sont les parcours, les trajectoires et les personnes que l’on peut inspirer », explique-t-elle. L’ancienne internationale a insisté sur le rôle du sport comme levier de réussite et d’intégration.

« Il faut savoir rêver et se donner les moyens d’y parvenir. Le sport peut être un moteur social extraordinaire. À travers nos parcours, nous pouvons transmettre un message d’espoir aux jeunes générations. » Un discours qui résonne particulièrement à Mayotte, où de nombreuses associations et collectivités misent sur le sport pour accompagner la jeunesse. Visiblement touchée par l’accueil reçu, Allison Pineau n’a pas caché son émotion. « Je suis très surprise et très touchée. Voir cette mobilisation, cette bâche à mon effigie, cet accueil chaleureux, c’est énorme. Je ne viens pas souvent dans cette partie de l’outre-mer. Je remercie les habitants pour leur gentillesse et leurs sourires. » L’ancienne joueuse dit également retrouver à Mayotte des valeurs qui lui sont chères. « J’ai toujours travaillé auprès de la jeunesse. Je viens moi-même du 93. Je sais ce que représente le fait de croire en ses rêves malgré les difficultés. »

Un modèle pour la jeunesse mahoraise

Dans le public, de nombreuses familles avaient fait le déplacement. Parmi elles, Zouhourya Mouayad Ben, voit dans cette rencontre une occasion unique. « Allison Pineau est un exemple pour les jeunes filles. Elle montre qu’une femme peut réussir au plus haut niveau tout en restant proche des gens. Nous avons besoin de modèles comme elle. »

Au-delà de l’événement sportif, les organisateurs espèrent que cette visite laissera une trace durable dans l’esprit des jeunes Mahorais. « Pour promouvoir les valeurs du sport, nous avons besoin d’icônes capables d’inspirer », résume un responsable communal. « Sa présence peut créer un déclic chez certains jeunes et leur donner confiance en leurs capacités. »

Jusqu’au 20 juin, Allison Pineau poursuivra son séjour à M’Tsangamouji avec plusieurs rencontres dans les établissements scolaires et auprès des jeunes licenciés des clubs de handball de la commune.

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Jeux des Îles de l’océan Indien 2027 : athlètes français, oui… mais uniquement !

Jeux des Îles de l'océan Indien 2027 : athlètes français, oui… mais uniquement !
Président du Comité Maoré, Mohamed Monjoin déclare avoir obtenu l'assurance des organisateurs des JIOI que Mayotte ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur.

Le Comité Maoré, une organisation citoyenne très politisée basée à Moroni et militant pour le rattachement de Mayotte à l’Union des Comores, s’oppose à toute participation des athlètes mahorais sous une bannière distincte de celle de la France. Dans un podcast publié mercredi soir sur Facebook, son président affirme avoir été reçu par le comité d’organisation des Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) et dit avoir exposé la position de son organisation.

Quoi qu’en pensent l’Assemblée de Mayotte et les dirigeants du Comité régional olympique et sportif (CROS), la perspective des Jeux des Îles de l’océan Indien, prévus en 2027 aux Comores, ne s’annonce pas, à ce stade, sous les meilleurs auspices pour les jeunes sportifs mahorais que le Département entend envoyer à Moroni.

Le débat porte principalement sur les conditions de leur participation. Selon plusieurs prises de position exprimées ces dernières semaines aux Comores, les athlètes mahorais ne devraient pas être autorisés à concourir sous des symboles français distincts. À défaut, certains intervenants évoquent même leur exclusion de la compétition.

Depuis le Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien (COI), réuni le 8 juin dernier, au cours duquel la France a annoncé son intention d’inscrire la question de l’intégration de Mayotte à l’ordre du jour de sa présidence de l’organisation régionale, les réactions se sont multipliées au sein de la classe politique et de plusieurs organisations de la société civile comorienne.

Sur les réseaux sociaux, les déclarations hostiles à une participation des sportifs mahorais sous une bannière française se succèdent, parfois émanant de personnalités publiques. Plusieurs intervenants estiment que les athlètes mahorais devraient soit intégrer une délégation française unique, soit participer sous une bannière comorienne, rejetant toute représentation spécifique de Mayotte.

La dernière prise de position en date est celle du docteur Mohamed Monjoin, qui se présente comme président du Comité Maoré. Dans un podcast diffusé sur Facebook à l’issue d’une rencontre avec le comité d’organisation des JIOI, il s’est félicité de la qualité des échanges avec ses interlocuteurs.

Selon lui, son organisation souhaitait s’assurer que « la question de la participation de Mayotte à ces Jeux avait été bien réfléchie et que des dispositions avaient été prises ».

Il a ensuite exposé la position de son comité :

« En aucun cas, la délégation mahoraise ne doit venir ici avec un drapeau français. S’ils sont Français, ils seront dans l’équipe de France. Nous ne pouvons pas accepter qu’ils disposent d’un drapeau particulier. »

Ces déclarations illustrent les tensions qui entourent déjà l’organisation des Jeux de 2027, alors même que les modalités de participation des délégations ne sont pas encore définitivement arrêtées.

Reste à savoir quelle position adopteront les organisateurs des Jeux, le Conseil international des Jeux des Îles ainsi que les autorités françaises et mahoraises dans les mois à venir.

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Les ambulanciers du CHM brandissent la menace d’une grève illimitée à partir du 24 juin

Les ambulanciers du CHM brandissent la menace d'une grève illimitée à partir du 24 juin

Le syndicat SUD Santé Sociaux Mayotte a déposé un préavis de grève illimitée qui prendra effet le 24 juin au Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Ce mouvement, porté par les ambulanciers du service de transport sanitaire, intervient dans un contexte de fortes tensions entre les représentants du personnel et la direction de l’établissement.

Dans un communiqué diffusé le 16 juin, l’organisation syndicale dénonce le non-respect des engagements pris lors des précédentes concertations ainsi qu’une dégradation continue des conditions de travail. Les ambulanciers, particulièrement mobilisés, estiment que plusieurs accords conclus avec la direction n’ont jamais été appliqués, alimentant un climat de défiance qui perdure depuis plusieurs mois.

Les conditions de recrutement figurent également au cœur des revendications. Le syndicat critique un manque de transparence dans les procédures d’embauche, dénonçant notamment le recours à des personnels auxiliaires au détriment de professionnels titulaires du diplôme d’État d’ambulancier. SUD Santé Sociaux Mayotte évoque également des soupçons de favoritisme et pointe des inégalités dans l’accès aux formations professionnelles, estimant que ces pratiques fragilisent le fonctionnement du service et pénalisent les agents qualifiés.

Parmi les principales revendications figurent la mise en œuvre effective des accords déjà signés, la réalisation d’un audit indépendant sur les procédures de recrutement et d’attribution des formations, la prise en compte des heures supplémentaires ainsi qu’une clarification des procédures opérationnelles encadrant les interventions des ambulanciers. Les représentants du personnel réclament également une évolution des pratiques managériales afin d’améliorer le dialogue social et les conditions d’exercice des équipes.

Au-delà des revendications internes, le syndicat affirme vouloir défendre la qualité du service public hospitalier. Selon lui, les difficultés rencontrées par le service de transport sanitaire risquent, à terme, d’avoir des répercussions sur l’organisation des transferts de patients et sur la prise en charge au sein de l’établissement.

À moins d’une semaine de l’échéance, SUD Santé espère que ce préavis favorisera l’ouverture de nouvelles négociations avec la direction et permettra d’obtenir des avancées concrètes avant le déclenchement du mouvement. Faute d’accord, la grève débutera dans la nuit du 23 au 24 juin.

Ce nouveau préavis s’inscrit dans un contexte social déjà tendu au Centre hospitalier. Ces derniers mois, plusieurs mouvements de protestation ont affecté l’établissement, les organisations syndicales dénonçant régulièrement des difficultés liées à la gestion des ressources humaines, au manque d’effectifs, aux conditions de travail et aux moyens alloués au principal établissement hospitalier du département.

À ce stade, la direction du CHM n’a pas encore communiqué publiquement sur ce nouveau préavis de grève. Les prochains jours seront donc déterminants pour tenter de rapprocher les positions et éviter un nouveau conflit social susceptible de perturber le fonctionnement du service de transport sanitaire.

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Municipales à M’tsangamouji : le tribunal valide l’élection et rejette toutes les accusations de fraude

Municipales à M'tsangamouji : le tribunal valide l'élection et rejette toutes les accusations de fraude

Le tribunal administratif a confirmé, ce jeudi 18 juin, les résultats du premier tour des élections municipales de M’tsangamouji, mettant un terme au recours déposé par les candidats Ousmane Ahamada Siaka et Allaoui Zoubert. Les deux requérants demandaient l’annulation du scrutin du 15 mars 2026, dénonçant de nombreuses irrégularités qu’ils estimaient de nature à fausser le résultat des urnes.

Dans leur requête, les deux candidats mettaient en cause la régularité des listes électorales, affirmant que des centaines d’électeurs auraient été inscrits sans résider réellement dans la commune, parfois avec des contreparties financières. Ils dénonçaient également des radiations arbitraires, un traitement inégal des demandes d’inscription, un recours jugé excessif aux procurations, ainsi que des irrégularités durant la campagne électorale et le jour du vote.

Après examen des pièces produites, le tribunal a toutefois considéré que ces accusations n’étaient pas suffisamment étayées. Les magistrats rappellent notamment qu’une simple liste établie par les requérants ou des soupçons non accompagnés de preuves ne permettent pas de démontrer l’existence de manœuvres frauduleuses ayant pu altérer la sincérité du scrutin.

Les procurations au cœur des débats

L’un des principaux arguments portait sur le nombre élevé de votes par procuration, qui a atteint 1 245 sur près de 4 800 électeurs inscrits. Si les juges reconnaissent l’importance de ce chiffre, ils soulignent qu’aucun élément ne permet d’établir que ces procurations étaient irrégulières ou qu’elles auraient bénéficié exclusivement à la liste victorieuse.

Le tribunal rappelle qu’un nombre important de procurations, à lui seul, ne constitue pas une preuve de fraude électorale.

Les requérants dénonçaient également l’attribution de marchés publics à une entreprise présentée comme proche du directeur de campagne du maire sortant, estimant qu’il pouvait s’agir d’un financement déguisé de la campagne.

Là encore, le tribunal juge que les documents produits ne démontrent pas l’existence d’un financement prohibé ni d’un détournement de fonds publics susceptible d’avoir influencé le scrutin.

Les candidats battus s’appuyaient aussi sur la forte progression du nombre de votants par rapport aux municipales de 2020. Le tribunal relève cependant que cette hausse s’explique notamment par une participation plus élevée et par la présence d’une liste de moins qu’en 2020. Ces seuls éléments ne permettent donc pas de présumer une fraude.

Le recours définitivement rejeté

Au terme de son analyse, le tribunal estime qu’aucune des irrégularités invoquées n’est suffisamment démontrée ni de nature à remettre en cause la sincérité du scrutin. Il rejette en conséquence la demande d’annulation des élections municipales de M’tsangamouji.

Les juges refusent également d’accorder au maire réélu les 2 000 euros qu’il réclamait au titre des frais de justice.

Cette décision confirme donc définitivement, à ce stade de la procédure, la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima dès le premier tour des élections municipales du 15 mars 2026.

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Comment la pression démographique bouleverse Mayotte

Comment la pression démographique bouleverse Mayotte

À Mayotte, la question migratoire structure le débat public depuis plus de vingt ans. Entre les arrivées en provenance principalement des Comores, la forte natalité locale et la croissance rapide de la population, les infrastructures publiques peinent à suivre. Si les responsables politiques s’opposent sur l’ampleur réelle du phénomène migratoire, les effets sur l’école, l’hôpital, le logement et l’emploi sont visibles au quotidien.

Une population qui continue de croître rapidement

Au 1er janvier 2026, la population de Mayotte est estimée à 338 208 habitants, contre 329 282 habitants un an plus tôt et 250 143 habitants lors du dernier recensement exhaustif de 2017. En moins de dix ans, l’île a ainsi gagné près de 88 000 habitants, confirmant sa place de territoire à la croissance démographique la plus rapide de France.

Cette hausse reste portée avant tout par un excédent naturel exceptionnel. En 2025, 9 070 enfants sont nés de mères domiciliées à Mayotte, soit une légère augmentation de 1,8 % par rapport à 2024. La fécondité demeure la plus élevée de France avec 3,5 enfants par femme, malgré une baisse sensible observée depuis plusieurs années. À titre de comparaison, l’indicateur de fécondité s’établit autour de 1,6 enfant par femme dans l’Hexagone.

La population mahoraise reste également l’une des plus jeunes d’Europe. L’âge médian est estimé à 23 ans, soit près de vingt ans de moins que celui observé en métropole. Les moins de 15 ans représentent environ 46 % de la population, contre seulement 18 % au niveau national.

La question migratoire demeure néanmoins au coeur du débat public. Selon l’Insee, les trois quarts des mères ayant accouché en 2025 étaient de nationalité étrangère, principalement comorienne. Les estimations officielles de population sont régulièrement contestées par certains élus locaux, qui considèrent que le nombre réel d’habitants serait supérieur aux 338 000 personnes recensées. L’Insee défend toutefois ses méthodes et rappelle que les chiffres avancés de 400 000 à 500 000 habitants ne reposent à ce jour sur aucune base statistique démontrée.

Des écoles saturées

L’éducation constitue l’un des principaux défis du département.

Chaque année, plusieurs milliers d’élèves supplémentaires doivent être accueillis. Les infrastructures ne suivent pas le rythme de la croissance démographique. De nombreux établissements fonctionnent encore en rotation : certains enfants suivent les cours le matin, d’autres l’après-midi.

Selon les projections des services de l’État citées dans plusieurs rapports publics, environ 1 200 salles de classe supplémentaires seraient nécessaires d’ici à 2031 pour absorber l’augmentation des effectifs scolaires.

La pression s’exerce particulièrement dans les communes les plus peuplées de l’île. Les enseignants dénoncent régulièrement des classes surchargées, tandis que les collectivités peinent à construire suffisamment vite de nouveaux établissements.

Pour les partisans d’un durcissement de la politique migratoire, cette saturation résulte directement des arrivées de population. D’autres observateurs rappellent que le retard historique des investissements éducatifs explique également une partie des difficultés actuelles.

Un hôpital sous tension permanente

Le système de santé mahorais subit lui aussi une forte pression.

Le Centre hospitalier de Mayotte demeure l’unique établissement hospitalier de référence pour l’ensemble du territoire. Malgré des extensions successives, les capacités d’accueil restent limitées face à l’augmentation constante de la population.

La maternité de Mamoudzou figure régulièrement parmi les plus actives de France. La forte natalité locale et les besoins de santé d’une population jeune contribuent à une activité particulièrement soutenue.

Le territoire souffre également d’un déficit chronique de professionnels de santé. Les autorités sanitaires soulignent régulièrement les difficultés de recrutement de médecins spécialistes, d’infirmiers et de personnels hospitaliers.

Cette situation se traduit par des délais d’attente importants et par de nombreuses évacuations sanitaires vers La Réunion ou la métropole pour les cas les plus complexes.

Le logement, symbole des tensions sociales

La crise du logement constitue probablement la manifestation la plus visible de la croissance démographique.

Selon les données de l’Insee et de l’Agence régionale de santé, une part importante des habitants vit encore dans des logements précaires construits en tôle, en bois ou avec des matériaux légers.

Dans plusieurs communes, l’urbanisation progresse plus rapidement que les capacités d’aménagement des collectivités. Des quartiers informels se développent à la périphérie des centres urbains, souvent sans accès complet à l’eau, à l’assainissement ou aux équipements publics.

Les conséquences sont multiples : surpeuplement, tensions foncières, difficultés d’accès au logement social et dégradation des conditions de vie dans certains secteurs.

Le passage du cyclone Chido en décembre 2024 a encore aggravé la situation en détruisant de nombreux habitats précaires.

Un marché du travail sous pression

L’emploi représente l’autre grande préoccupation des Mahorais.

Selon l’Insee, seule une personne sur trois âgée de 15 à 64 ans occupait un emploi en 2024. Le chômage demeure largement supérieur à la moyenne nationale et touche particulièrement les jeunes.

Dans le même temps, une partie de l’économie repose sur le travail informel. Certains secteurs, notamment le bâtiment, l’agriculture ou les services à la personne, emploient une main-d’oeuvre peu qualifiée, parfois non déclarée.

Cette réalité nourrit un sentiment de concurrence pour les emplois les plus précaires. De nombreux habitants estiment que l’immigration accentue les difficultés d’accès au travail. D’autres soulignent que le principal problème reste l’insuffisance du tissu économique local et le manque de créations d’emplois formels.

Un débat qui oppose deux lectures

Au fond, le débat mahorais oppose deux analyses. La première considère que l’immigration est la cause principale de la saturation des services publics et de l’insécurité sociale. La seconde estime que les difficultés actuelles résultent avant tout d’un sous-investissement historique de l’État et d’infrastructures longtemps sous-dimensionnées.

Les données disponibles montrent que les deux phénomènes se combinent. La croissance démographique, qu’elle soit liée aux naissances ou aux migrations, accroît mécaniquement les besoins. Mais les équipements publics n’ont pas toujours été développés au même rythme.

C’est précisément cette articulation entre pression migratoire, explosion démographique et retard d’équipement qui explique pourquoi le débat reste aujourd’hui l’un des plus sensibles de Mayotte.

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Le concours « Questions pour une école championne » franchit un cap historique

Le concours « Questions pour une école championne » franchit un cap historique

Plus qu’une simple compétition, la quatrième édition de « Questions pour une école championne » s’est imposée comme une véritable vitrine de l’excellence scientifique des collégiens mahorais. Pendant six mois, des centaines d’élèves issus de l’ensemble du territoire ont participé à une aventure pédagogique d’envergure, dont la finale, organisée ce mercredi 17 juin au Lycée des Lumières, est venue consacrer une génération de jeunes passionnés de sciences.

Dans un amphithéâtre comble, enseignants, familles, partenaires et représentants du monde éducatif ont assisté à une confrontation d’un niveau remarquable entre le Collège Ouvoimoja de Passamainty et le Collège privé Les Flamboyants. Les deux équipes ont offert un spectacle où rapidité de réflexion, esprit d’équipe et solides connaissances scientifiques ont fait la différence.

En seulement quatre éditions, « Questions pour une école championne » est devenu un rendez-vous incontournable de la vie scolaire mahoraise. Cette année, le concours a franchi une nouvelle étape en réunissant 21 collèges répartis sur l’ensemble de l’île, confirmant son statut d’événement éducatif majeur.

Durant six mois, les établissements du Nord, du Sud, du Centre et de Petite-Terre ont accueilli des phases qualificatives et des demi-finales qui ont permis aux élèves de se rencontrer bien au-delà des frontières de leur établissement. Cette itinérance a favorisé les échanges, la coopération et une saine émulation entre les participants, tout en mettant les sciences au cœur de la réussite scolaire.

Au fil des rencontres, les candidats ont démontré que la curiosité scientifique, la culture générale et le travail collectif peuvent devenir de puissants leviers de motivation pour les jeunes.

Une finale disputée jusqu’à la dernière question

L’affiche de cette finale réunissait deux équipes qui avaient dominé les différentes étapes de la compétition : le Collège Ouvoimoja de Passamainty et le Collège privé Les Flamboyants.

Le suspense est resté entier jusqu’aux toutes dernières questions. Les deux formations se sont répondu avec une précision impressionnante, alternant prises de risques, démonstrations de logique et maîtrise des connaissances scientifiques.

Au terme d’un duel particulièrement serré, le Collège Ouvoimoja de Passamainty a finalement décroché le titre avec 214 points, contre 211 pour Les Flamboyants.

Trois petits points seulement auront séparé les deux finalistes, preuve du niveau exceptionnel atteint cette année. Les vainqueurs remportent un titre amplement mérité, tandis que leurs adversaires quittent la compétition avec les honneurs après un parcours remarquable qui force le respect.

Une réussite collective

Au-delà du résultat final, cette édition illustre la capacité de la communauté éducative mahoraise à se mobiliser autour d’un projet commun.

Chefs d’établissement, enseignants, personnels éducatifs, parents d’élèves et bénévoles ont accompagné les collégiens tout au long de cette aventure, faisant de ce concours un véritable projet de territoire.

La réussite de l’événement repose également sur l’engagement de nombreux partenaires institutionnels et économiques qui ont apporté leur soutien à cette initiative en faveur de la jeunesse. Parmi eux figuraient notamment TotalEnergies Mayotte, Carla Mayotte Transport Baltus, la Cité Éducative de Kawéni, SIDEVAM 976, l’INSA Lyon, votre journal Mayotte Hebdo, le Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs de Kawéni, Groupama, Papeterie Alizé, Eco-leau Mayotte ainsi que Festiland. Leur présence témoigne d’une volonté commune d’investir dans la réussite scolaire et l’ouverture scientifique des jeunes Mahorais.

Des lycéens acteurs de l’événement

Autre particularité de cette édition : l’implication directe des lycéens dans l’organisation de la finale. Des élèves du Lycée des Lumières, du Lycée du Nord d’Acoua et du Lycée de Bamana ont assuré avec professionnalisme les missions de présentation, d’arbitrage et de jury. Une responsabilité qui leur a permis de développer des compétences en communication, en organisation et en évaluation, tout en participant activement à la réussite de l’événement.

Cette collaboration entre collégiens et lycéens illustre parfaitement l’esprit de transmission qui anime le concours.

Un hommage chargé d’émotion

La cérémonie s’est achevée sur une séquence particulièrement émouvante avec la mise à l’honneur du parrain de cette quatrième édition, M. Derrien, principal du Collège de Kawéni 2.

Salué pour son engagement constant auprès des équipes pédagogiques et son soutien indéfectible au projet depuis plusieurs années, il a reçu un cadeau symbolique remis par les organisateurs en témoignage de leur reconnaissance.

Les applaudissements nourris du public ont rappelé combien l’investissement des personnels de l’Éducation nationale demeure essentiel dans la réussite de telles initiatives.

Au-delà du trophée remporté par le Collège Ouvoimoja de Passamainty, cette quatrième édition confirme que « Questions pour une école championne » est désormais bien plus qu’un concours.

En valorisant les sciences, l’esprit critique, la culture générale et le travail d’équipe, cette initiative contribue à renforcer l’attractivité des disciplines scientifiques auprès des jeunes et participe à faire émerger les talents de demain.

Le succès grandissant de cette manifestation démontre qu’à Mayotte, l’excellence scolaire peut fédérer l’ensemble d’un territoire autour d’une même ambition : offrir à sa jeunesse les moyens de croire en son avenir et de construire les réussites de demain.

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Comores : la grogne contre les prix de l’internet prend de l’ampleur

Comores : la grogne contre les prix de l'internet prend de l'ampleur

Une récente enquête de l’Institut national des statistiques et des études économiques et démographiques (Inseed) révèle que les dépenses des ménages consacrées aux recharges téléphoniques, notamment utilisées pour accéder à Internet, sont passées de 17,2 à 29,8 milliards de francs comoriens entre 2020 et 2024, soit une hausse de 57,6 %.

Il ne se passe désormais pas un seul jour sans qu’un internaute dénonce, captures d’écran à l’appui, la disparition rapide de ses données mobiles. Depuis près de deux semaines, la contestation enfle sur les réseaux sociaux. De plus en plus d’usagers réclament des explications et, surtout, des forfaits plus avantageux auprès des deux opérateurs qui se partagent le marché comorien : Yas Comores et Comores Telecom.

Face à l’ampleur du mouvement, l’Association comorienne des technologies de l’information et de la communication (Actic) a décidé de rejoindre la mobilisation, lancée notamment par plusieurs influenceurs très suivis, dont le journaliste Oubeidillah Mchangama.

« L’Actic salue avec enthousiasme le réveil général des consciences face à la dégradation des services de télécommunications et à la cherté de l’internet mobile. Voir des journalistes, des acteurs de la société civile et des citoyens élever la voix de concert confirme la justesse du combat historique que nous menons depuis dix ans. Ce combat n’est plus celui d’une seule organisation, mais une cause nationale », s’est félicitée l’association dans un communiqué.

L’Actic met directement en cause l’autorité de régulation des télécommunications, qu’elle estime responsable de la situation actuelle. Les chiffres publiés début juin par l’Inseed confortent d’ailleurs ce constat. Entre 2020 et 2024, les dépenses des ménages en recharges téléphoniques, portées par la généralisation du téléphone mobile et l’usage croissant d’internet, ont progressé de 57,6 %, passant de 17,2 à 29,8 milliards de francs comoriens.

Une journée sans recharge le 1er juillet

Pour manifester leur mécontentement face à l’épuisement jugé anormalement rapide de leurs forfaits internet, des abonnés, soutenus par l’Actic, appellent à une journée sans recharge de données mobiles le 1er juillet prochain.

Sur Facebook, les témoignages se multiplient.

« Non, c’est bon, j’arrête tout. C’est carrément abusé. En seulement 16 jours, j’ai déjà consommé 19 000 francs. Vous êtes sérieux ? Je ne regarde même pas le football en streaming. On réclame une connexion illimitée ou alors une baisse des tarifs », écrivait il y a quelques jours Athoumani Ali Ivessi, enseignant de mathématiques suivi par plusieurs milliers d’abonnés.

Même indignation du côté d’Abdillah Said Omar :

« 22 Go partis en 15 heures sans vidéos. Hier, j’ai rechargé 5 000 francs via Mvola. Avec le bonus, j’ai obtenu 22 Go valables jusqu’au 11 juillet. Ce matin, un SMS m’annonce que j’ai déjà consommé 80 % de mon bonus Hidaya. Comment est-ce possible ? À ce rythme, mon forfait de 5 000 francs ne durera que deux jours. Nous voulons des explications. »

Comme beaucoup d’autres internautes, il accompagne sa publication de captures d’écran illustrant sa consommation.

Des témoignages similaires se comptent désormais par centaines sur les réseaux sociaux. Pourtant, ni l’opérateur historique Comores Telecom ni son concurrent Yas Comores n’ont réagi publiquement à ces plaintes devenues quasi quotidiennes. Même silence du côté de l’Autorité nationale de régulation des technologies de l’information et de la communication (Anrtic), régulièrement accusée par les consommateurs de ne pas défendre leurs intérêts.

La principale revendication des usagers est le retour d’une ancienne offre de données mobiles, jugée plus avantageuse, qui a disparu du marché.

Le gouvernement met la pression sur les opérateurs

Le ministre des Postes et des Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani, est toutefois intervenu dans ce dossier. Dans un courrier daté du 7 mai 2026, consulté par Flash Infos, il a mis en demeure Comores Telecom et Yas Comores de proposer une offre de données mobiles illimitée dans leurs catalogues commerciaux.

Le délai initialement fixé au 15 juin a finalement été prolongé jusqu’à la fin du mois afin de permettre aux deux opérateurs de formuler leurs propositions.

Le souvenir d’une offre plus avantageuse

Jusqu’en 2021, les consommateurs bénéficiaient d’une formule mensuelle coûtant entre 10 000 et 15 000 francs comoriens (environ 20 à 30 euros). Cette offre comprenait un volume de 20 Go et, une fois celui-ci épuisé, l’abonné pouvait continuer à naviguer sur internet avec un débit réduit jusqu’à la fin du mois.

Cette formule rencontrait un franc succès auprès de la population, notamment après l’arrivée, en 2016, d’un deuxième opérateur sur le marché, dans le cadre d’un projet soutenu par la Banque mondiale.

Mais dès décembre 2020, soit quatre ans après l’ouverture du marché à la concurrence, le régulateur a suspendu les offres promotionnelles, estimant qu’elles fragilisaient l’équilibre économique du secteur. En août 2021, il a ensuite adopté une nouvelle réglementation encadrant les tarifs des données mobiles afin de restructurer un marché jugé dégradé.

Pour de nombreux consommateurs, ces décisions ont surtout entraîné une hausse durable du coût d’accès à internet, devenu pourtant un service essentiel au quotidien.

Cinq ans après l’arrivée de Telco SA (Yas), filiale du groupe Telma Madagascar, les espoirs d’une baisse des prix semblent s’être envolés. Les abonnés dénoncent aujourd’hui non seulement le coût élevé des forfaits, mais aussi la qualité des services proposés.

Selon nos informations, une réunion s’est récemment tenue entre les deux opérateurs, le ministère chargé des TIC et le régulateur afin d’étudier la mise en place d’offres plus accessibles, notamment pour les ménages aux revenus modestes. À ce jour, Comores Telecom et Yas Comores n’ont toutefois pas encore soumis de nouvelles propositions tarifaires à l’autorité de régulation, régulièrement accusée par les consommateurs de privilégier les intérêts de l’État et des opérateurs au détriment des usagers.

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L’État démantèle un captage illégal à Massulaha

L’État démantèle un captage illégal à Massulaha

Lundi 15 juin, Frédéric Poissot, préfet de Mayotte et délégué du Gouvernement, a supervisé une opération de démantèlement d’un ouvrage illégal de captage d’eau situé au niveau du bassin de Massulaha, qui alimente la retenue collinaire de Dzoumogné.

Cette intervention avait pour objectif de mettre un terme à des installations irrégulières susceptibles de compromettre l’alimentation de cette infrastructure stratégique et de préserver une ressource vitale pour l’ensemble du territoire.

Dans un contexte où les enjeux liés à l’approvisionnement en eau demeurent majeurs à Mayotte, l’État réaffirme sa mobilisation totale pour protéger les infrastructures hydrauliques essentielles et garantir la préservation durable de la ressource en eau.

Le port de Longoni bientôt rebaptisé « Port de Koungou-Longoni » ?

Le port de Longoni bientôt rebaptisé « Port de Koungou-Longoni » ?

Le maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos, souhaite voir évoluer la dénomination du port de Longoni. Par la délibération n°051-CK-2026, la commune demande officiellement que l’infrastructure soit renommée « Port de Koungou-Longoni » à compter du 1er janvier 2027. Cette proposition vise à associer le nom de la commune à celui du principal port de Mayotte. La demande devra désormais suivre les procédures administratives nécessaires avant une éventuelle entrée en vigueur.

La CCPT, les maires de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir et l’EPRDM coordonnent les projets de Petite-Terre

La CCPT, les maires de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir et l’EPRDM coordonnent les projets de Petite-Terre

Le président de la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT), les maires de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir, accompagnés de leurs directions générales et cabinets, ont participé à une nouvelle réunion de travail avec les équipes de l’Établissement Public de Reconstruction et de Développement de Mayotte (EPRDM), dirigées par son directeur général Benoît Gars.

Cette rencontre a permis de faire le point sur plusieurs projets structurants de Petite-Terre et sur l’évolution des missions de l’établissement, désormais chargé non seulement du foncier, de l’aménagement et du développement agricole, mais aussi de la reconstruction, de la réalisation d’équipements publics et de l’appui aux collectivités locales.

Les échanges ont également contribué à identifier les besoins des communes afin d’alimenter les réflexions de l’EPRDM dans le cadre de l’élaboration de son futur projet stratégique 2027-2031, destiné à accompagner le développement du territoire.

La CAGNM renforce la prévention avec le Village MILDECA

La CAGNM renforce la prévention avec le Village MILDECA

La Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM) organise le Village MILDECA le 22 juin 2026, de 8h à 14h, à son siège. Ouvert à tous, l’événement proposera des stands d’information, des ateliers de sensibilisation et une table ronde sur les addictions.

Cette matinée réunira partenaires institutionnels et associatifs afin d’informer le public sur les risques liés aux conduites addictives, de valoriser les actions menées sur le territoire et de renforcer la mobilisation en faveur de la prévention.

Les visiteurs pourront échanger avec les acteurs engagés dans ce domaine et découvrir les dispositifs d’accompagnement existants.

« Ce n’est pas ma faute, je fais face à une décision de justice » : le Département-Région acte la reprise du port de Longoni

« Ce n'est pas ma faute, je fais face à une décision de justice » : le Département-Région acte la reprise du port de Longoni
Les élus du Département-Région ont validé la création d'un EPIC qui assurera la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026.

Réunis ce mardi 17 juin dans l’hémicycle Younoussa Bamana, les élus du Département-Région de Mayotte ont approuvé, à une large majorité, la création d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui assurera la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026. Cette structure transitoire prendra le relais de l’actuel délégataire, dans l’attente de la création du futur Grand Port maritime de Mayotte.

Une décision attendue, mais qui intervient dans un contexte particulièrement tendu. Dans la salle, de nombreux dockers avaient fait le déplacement pour assister aux débats, témoignant à la fois des inquiétudes et des espoirs suscités par ce changement de gouvernance.

Le 2 juin dernier, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé le jugement rendu en juin 2025 par le tribunal administratif de Mamoudzou, ordonnant la résiliation du contrat de Mayotte Channel Gateway (MCG), société appartenant à Ida Nel. L’entreprise exploitait le port depuis 2013 dans le cadre d’une délégation de service public qui devait initialement courir jusqu’en octobre 2028.

La justice reproche à la société d’avoir facturé aux usagers des tarifs « dépourvus de toute base légale », en s’appuyant sur un arrêté tarifaire jugé « dépourvu de toute authenticité ». Cette décision contraint désormais le Département à reprendre la gestion de cette infrastructure stratégique.

Face aux critiques formulées durant la séance, le président du Conseil départemental, Ben Issa Ousseni, a tenu à rappeler le contexte judiciaire de cette transition.

« Ce n’est pas ma faute, je fais face à une décision de justice », a-t-il déclaré devant les élus.

L’opposition dénonce un manque d’anticipation

Les débats se sont ouverts sur les observations des élus de l’opposition. Hélène Polozec a dénoncé un manque d’anticipation de l’exécutif départemental et s’est inquiétée du coût financier de cette reprise en gestion directe. Selon elle, la création de l’EPIC pourrait représenter une dépense comprise entre 4 et 8 millions d’euros pour la collectivité.

Des critiques rejetées par Ben Issa Ousseni, qui a rappelé que les interrogations sur le manque de transparence dans la gestion du port avaient déjà été soulevées par son prédécesseur, Soibahadine Ibrahim Ramadani.

Le président du Département a également insisté sur la bonne santé financière de l’infrastructure, rappelant que le port de Longoni demeure excédentaire. Sa priorité, a-t-il assuré, est désormais de garantir la continuité du service et de préserver les emplois.

« Ma préoccupation aujourd’hui, ce sont les 58 salariés et que l’approvisionnement de Mayotte puisse être stabilisé », a-t-il déclaré.

Des marchandises bloquées au port

Alors que les élus débattaient dans l’hémicycle, la situation se tendait également sur le terrain. Selon une information révélée par nos confrères du Journal de Mayotte, les entrées et sorties de marchandises étaient bloquées au port de Longoni depuis la matinée.

Ce mouvement est intervenu en marge de l’assemblée plénière consacrée à l’avenir de la gestion portuaire. Malgré ces tensions, les salariés présents ont favorablement accueilli la création de l’EPIC.

Le secrétaire du CSE et représentant des salariés a dénoncé plusieurs dysfonctionnements observés ces dernières années.

« Nous avons constaté des manquements dans la gestion du port. Le délégataire investit le strict minimum, laissant à son successeur une situation difficile », a-t-il déclaré.

Pour les salariés, cette nouvelle gouvernance représente l’occasion d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire du port de Longoni.

À moins de trois mois de la reprise effective de l’exploitation, les défis restent nombreux : assurer la continuité des activités, sécuriser les emplois, garantir l’approvisionnement de l’île et préparer la transformation vers le futur Grand Port maritime de Mayotte. Dans les rangs des dockers comme parmi plusieurs élus, beaucoup veulent croire à la réussite de cette transition.

« Nous, les jeunes Mahorais, sommes prêts à relever le défi », résume un salarié du port.

RE-MAA apporte son soutien aux salariés

Dans un communiqué diffusé en urgence, le collectif Résistance Réunion Mayotte en Action (RE-MAA) a réaffirmé son soutien aux salariés du port de Longoni et à leurs organisations syndicales. Il appelle l’État et le Département-Région de Mayotte à respecter leurs engagements en faveur de la création d’un EPIC, étape préalable à la mise en place du futur Grand Port maritime.
Le collectif estime que cette évolution est indispensable pour sécuriser les emplois et accompagner le développement économique de Mayotte. RE-MAA se dit également « incompris » face à certaines prises de position récentes et rappelle que la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé, le 2 juin 2026, la résiliation anticipée de la délégation de service public confiée à l’actuel gestionnaire du port.

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À Bouéni, 191 procurations pourraient faire annuler les municipales

À Bouéni, 191 procurations pourraient faire annuler les municipales

Saisi par le maire sortant Assani Saindou, battu de 43 voix au second tour, le tribunal administratif de Mayotte examinait ce mercredi une protestation électorale visant les municipales de Bouéni. Le rapporteur public a conclu à l’annulation des opérations électorales, en raison de nombreuses procurations jugées irrégulières, mais pas à l’inéligibilité du maire élu Ousseni Mirhane.

À Bouéni, les municipales pourraient se rejouer. Trois mois après un second tour remporté sur le fil par Ousseni Mirhane, le tribunal administratif de Mayotte s’est penché, ce mercredi 17 juin, sur le recours déposé par Assani Saindou, maire sortant et tête de liste de l’Union pour le développement de la commune de Bouéni. En face, la liste Bouéni de demain l’avait emporté avec seulement 43 voix d’avance. Un faible écart, dans une commune où la participation a été particulièrement élevée. Et un écart qui rend décisive la question des procurations.

Le dossier intervient dans un contexte politique particulier dans la commune. L’ancien maire avait été condamné en décembre 2024 par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, une décision confirmée en appel en mai 2025, avec une peine d’inéligibilité. Assani Saindou lui avait alors succédé avant de repartir en campagne pour les municipales de 2026.

Ce mercredi, le débat s’est concentré sur 242 procurations contestées par les requérants. Le rapporteur public n’en a pas retenu la totalité. Mais il a tout de même estimé que 191 d’entre elles étaient susceptibles d’avoir altéré la sincérité du scrutin.

Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler qu’une procuration peut être préparée en ligne, mais qu’elle doit ensuite être validée. L’électeur doit se présenter physiquement devant une autorité habilitée par le tribunal judiciaire. Or, c’est précisément cette habilitation qui pose ici problème.

Selon le rapporteur public, les défendeurs n’ont pas produit les décisions de désignation par un juge du tribunal judiciaire permettant d’établir que les agents ayant validé les procurations étaient bien autorisés à le faire.

Le premier cas examiné a été celui d’un fonctionnaire de police de Mamoudzou, colistier d’Ousseni Mirhane. Faute de production de son habilitation par le juge du tribunal judiciaire, les procurations qu’il a validées peuvent, selon le rapporteur public, être regardées comme irrégulières. Mais d’autres éléments viennent renforcer le trouble. Une grande partie des procurations enregistrées à la direction territoriale de la police nationale pour des électeurs de Bouéni aurait été validée par lui en seulement trois jours. Sur cette période, il n’aurait en revanche validé aucune procuration pour une autre commune. Plusieurs électeurs concernés résidaient en outre hors de Mayotte, en métropole, à La Réunion ou à l’étranger, ce qui interroge sur leur présentation physique devant l’agent. Au total, le rapporteur public propose de retenir 116 procurations irrégulières pour ce seul fonctionnaire.

Ces faits avaient déjà alerté les services de l’État. Par un courrier du 13 mars, le préfet de Mayotte avait signalé au procureur de la République des faits susceptibles de constituer des infractions pénales. À l’audience, il a été rappelé que quatre personnes, dont le policier concerné, doivent comparaître le 30 juin devant le tribunal correctionnel pour des faits présumés de faux et usage de faux.

Des procurations validées en Haute-Marne

Un deuxième bloc de procurations a lui aussi retenu l’attention : celles validées à Landres, en Haute-Marne, par un gendarme. Là encore, le rapporteur public s’appuie d’abord sur l’absence de justification de l’habilitation par un juge du tribunal judiciaire. Mais le contexte ajoute au doute. Les électeurs concernés résident pour la plupart en métropole, à La Réunion, aux Antilles et à Maurice.

« la circonstance que, malgré leur lieu de résidence, les électeurs se sont prétendument présentés dans une toute petite commune de Haute-Marne, qui n’est pas particulièrement connue pour y abriter une forte communauté d’origine mahoraise, introduit un doute suffisant » selon le rapporteur public. Après avoir écarté les procurations non utilisées au second tour ou remplacées entre les deux tours, il propose d’en retenir 56 comme irrégulières.

Un troisième ensemble concerne 19 procurations validées par un autre fonctionnaire de police à Mamoudzou. Là encore, l’absence d’habilitation produite fonde l’irrégularité. L’absence d’adresses clairement renseignées vient renforcer les interrogations.

Au total, le rapporteur public arrive donc à 191 procurations irrégulières. Dans un scrutin joué à 43 voix, le calcul est implacable. Selon lui, ces votes doivent être retranchés du résultat de la liste arrivée en tête, ce qui prive la liste d’Ousseni Mirhane de sa majorité et justifie l’annulation des opérations électorales.

Les requérants soulevaient aussi des irrégularités sur les listes d’émargement, ces documents que les électeurs ou leurs mandataires signent au moment du vote. Ils dénonçaient 34 signatures suspectes. Le rapporteur public n’en a retenu que cinq : une croix apposée à la place d’une signature, ainsi que plusieurs différences de signatures entre les deux tours. Ces cinq voix ne changent pas l’équilibre du dossier, mais elles s’ajoutent aux procurations contestées.

« Pas de manœuvres frauduleuses à grande échelle »

Le rapporteur public n’a toutefois pas suivi les requérants sur la demande d’inéligibilité visant Ousseni Mirhane et l’un de ses colistiers. « Malgré le nombre conséquent des irrégularités que nous avons mentionnées, il ne résulte pas de l’instruction que celles-ci procéderaient de l’organisation de manœuvres frauduleuses à grande échelle », a-t-il estimé. Il a donc conclu à l’annulation des élections municipales et communautaires de Bouéni, mais au rejet de la demande d’inéligibilité.

À la barre, Assani Saindou a dénoncé un « événement sans précédent » dans la commune. « Si je me suis présenté auprès des autorités, ce n’est pas par intérêt personnel, mais pour la démocratie », a-t-il déclaré, estimant que Mayotte ne pouvait plus fonctionner « comme si on était dans une république bananière ». Selon lui, les procurations contestées relèvent d’une « machine » organisée pour produire des votes irréguliers. Il a demandé l’annulation du scrutin et l’inéligibilité d’Ousseni Mirhane, qu’il estime responsable en tant que tête de liste.

Du côté de la défense, il a été répondu que les procurations visées par les suspicions du préfet n’auraient pas été utilisées au second tour. Les représentants de la liste élue ont annoncé vouloir produire rapidement une note en délibéré pour répondre aux conclusions du rapporteur public. Le président du tribunal a rappelé que la décision devait intervenir dans des délais très courts. Le jugement devrait être notifié dès la fin de la semaine prochaine.

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Élection présidentielle de 2027 : la bataille pour l’Élysée démarre en trombe

Élection présidentielle de 2027 : la bataille pour l'Élysée démarre en trombe

Du beau monde se met en ordre de bataille pour tenter de reconquérir les terres politiques mahoraises, acquises lors des deux dernières élections présidentielles par Marine Le Pen.

« Ce n’est pas moi qui vais aller leur dire : « Vous n’êtes pas Français. » Certainement pas », affirme Jean-Luc Mélenchon, interrogé hier par un média d’Outre-mer à Paris sur ses intentions à l’égard de Mayotte et des Mahorais s’il venait à s’installer à l’Élysée.

Les grandes manœuvres ont commencé, et de manière sérieuse, en vue de l’élection présidentielle française de l’année prochaine. Sans doute en raison du demi-million d’habitants annoncé pour l’archipel de Mayotte par François Bayrou, alors Premier ministre d’Emmanuel Macron, les différents candidats ont commencé à courtiser les élus mahorais afin d’obtenir leurs parrainages.

La collecte de ce précieux sésame, sans lequel aucune candidature n’est possible, a d’ailleurs déjà débuté : timidement pour certains, à un rythme soutenu pour d’autres.

Pour Bruno Retailleau, candidat déclaré des Républicains, qui s’est offert un court séjour sur l’île lors des élections municipales de mars dernier, la tâche ne devrait pas être particulièrement difficile, compte tenu de la razzia réalisée par son camp lors de ce scrutin.

Pour Marine Le Pen — davantage que pour Jordan Bardella —, surnommée « Tata Mariame » par ses fidèles locaux, l’exercice ne devrait pas non plus être très laborieux. Elle dispose déjà d’une assise électorale non négligeable, qui s’est vérifiée par le passé et qui pourrait encore se renforcer avec l’appartenance de la députée Anchya Bamana au Rassemblement national.

Les candidats issus de la droite hors LR ne devraient pas pouvoir en dire autant, leur représentativité sur le territoire étant quasi inexistante. Les sympathies individuelles ne peuvent en effet être systématiquement répercutées au niveau des élus susceptibles de leur accorder un parrainage.

Un courant en progression, incarné par le maire de Chiconi et président de la 3CO, se réclame néanmoins d’Édouard Philippe, autre ancien occupant de Matignon durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Il ne serait donc pas surprenant qu’il parvienne à transformer cette proximité politique en un petit contingent de signatures.

La question se pose également pour Renaissance, le camp macroniste, qui n’a guère brillé par sa bienveillance à l’égard de Mayotte et de ses habitants. Le fiasco de l’après-Chido jouera-t-il contre lui ? La réponse viendra assez rapidement.

Les communistes et les écologistes ne devraient pas, sauf surprise, bénéficier de la bienveillance des formations politiques locales, compte tenu de leurs positions, perçues comme radicalement opposées au maintien de Mayotte au sein de la République française.

« C’est probablement pour cette raison que l’on voit se multiplier, ces derniers temps, sur les réseaux sociaux, des vidéos de parlementaires de gauche qui déversent allègrement leur rejet de Mayotte et leur attachement à l’Union des Comores. Seulement, cela s’arrête là ! Ils ne franchissent pas le pas en se faisant naturaliser comoriens ni en quittant la France pour s’installer dans cet État voyou et parasite, comme dirait la députée Estelle Youssouffa », remarque une ancienne élue centriste, très récemment reconvertie au « mélenchonisme » dans le 101ᵉ département français.

Nécessité de distinguer le positionnement de Mélenchon sur Mayotte de celui de ses alliés d’extrême gauche

Elle est plus que convaincue que la prochaine élection présidentielle se jouera entre les deux extrêmes, avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen comme principaux protagonistes.

« Les autres ne compteront pas. Il va falloir se résoudre à choisir l’un de ces deux camps si l’on veut que la voix de Mayotte soit entendue par les prochains gouvernants à Paris », martèle-t-elle.

Selon elle, un important travail de terrain est actuellement mené à Mayotte afin d’opérer un basculement politique en faveur de La France insoumise, à travers la personnalité de son leader et l’appareil politique qu’il incarne.

« Nous avons compris que les idées défendues par Jean-Luc Mélenchon sont aujourd’hui très proches des attentes des Mahorais, même si beaucoup continuent de se méfier de La France insoumise en tant que parti. D’autres personnalités de l’extrême gauche affichent clairement leur hostilité à l’égard de Mayotte, ce qui entretient un amalgame avec Jean-Luc Mélenchon, qui, au contraire, défend notre île », précise-t-elle.

C’est dans ce contexte que s’explique la récente sortie médiatique du leader de La France insoumise sur un média ultramarin, au cours de laquelle il a multiplié les déclarations en direction de l’île aux parfums et de ses habitants.

Interrogé sur ce qu’il ferait de Mayotte en cas de victoire à l’élection présidentielle, il s’est gardé de reprendre le discours traditionnel d’une partie de la gauche française, souvent accusée d’agiter le spectre d’un rattachement de Mayotte aux Comores.

« Il y a eu un vote et une histoire. Mayotte restera française jusqu’à ce qu’elle demande autre chose. Si les Comores étaient si avenantes envers Mayotte, elles se soucieraient d’abord d’en être aimées, peut-être même d’être désirées. Ce n’est pas le cas. Que voulez-vous que je dise ? C’est la même chose pour la Corse. Vous m’imaginez arriver et dire aux gens : « Allez zou, partez aux Comores », simplement parce que la situation est inconfortable pour la France à l’ONU ? Ce ne serait pas sérieux. »

Puis il ajoute : « Ce n’est pas moi qui vais aller leur dire : « Vous n’êtes pas Français. » Certainement pas. »

Si une telle prise de position ne devait pas produire d’effet électoral à Mayotte, c’est que ses soutiens et ses communicants auraient véritablement manqué une occasion politique majeure.

Fin stratège, Jean-Luc Mélenchon s’est empressé de nuancer son propos :

« Évidemment, il faudra traiter avec l’ensemble de la région. Vous savez, les Mahorais, hommes comme femmes, doivent être pris au sérieux. L’indépendance a été refusée en 1975 grâce à une mobilisation féminine exceptionnelle, celle des célèbres Chatouilleuses, dont la méthode de lutte est unique au monde. »

Force est de reconnaître qu’il a bien appris son histoire, ce qui demeure relativement rare chez les responsables politiques nationaux lorsqu’ils évoquent Mayotte.

Aux dernières nouvelles, le camp de Dominique de Villepin n’est pas non plus en reste. Depuis Paris, une ancienne ministre de l’Outre-mer, chiraquienne de la première heure, aurait décidé de sortir de sa retraite politique afin de participer à la campagne de l’ancien Premier ministre. Elle aurait déjà contacté plusieurs maires et conseillers départementaux afin de les convaincre d’accorder leur parrainage à l’ancien secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac.

Une chose est sûre : la France est bel et bien entrée en campagne pour la succession d’Emmanuel Macron. Mayotte aussi.

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« Nastaliq du souffle » : un duo surprenant entre le tissu aérien de Shaheen et la voix de Nawal

« Nastaliq du souffle » : un duo surprenant entre le tissu aérien de Shaheen et la voix de Nawal

L’association Hippocampus a programmé ce vendredi 19 juin un spectacle peu commun : un duo entre la chanteuse comorienne Nawal et l’artiste mauricienne circassienne Shaheen Saliahmohamed. Les 2 artistes illustreront, chacune avec leur art respectif, le « nastaliq », une calligraphie persane très ancienne aux longues courbes aériennes et suspendues.

Le spectacle « Nastaliq du souffle » est le fruit de la rencontre, il y a 4 ans, entre la chanteuse comorienne Nawal et l’artiste circassienne pluridisciplinaire mauricienne Shaheen Saliahmohamed, au cours du Festival des arts contemporains des Comores (FAC) à Moroni.

« Shaheen a écouté mon spectacle autour des lettres abrahamiques et cela l’a intéressée car elle avait elle-même le projet de monter un travail autour du nastaliq, une calligraphie persane très ancienne », raconte Nawal au cours de la conférence de presse sur le spectacle qui s’est déroulée mercredi au bar-restaurant le 5/5. Shaheen Saliahmohamed n’y était malheureusement pas présente, car pas encore arrivée à Mayotte, mais Nawal nous a confié qu’en tant que mauricienne d’origine indienne, elle s’intéressait beaucoup à la musique soufie qui est l’une des inspirations majeures de la chanteuse Nawal, elle-même descendante d’un maître spirituel soufi.

Cette rencontre a donc inspiré à l’artiste mauricienne un spectacle de tissu aérien auquel Nawal a accepté de collaborer en tant que chanteuse et instrumentiste. « Nous avons choisi quelques-uns des « 99 noms d’Allah » présents dans le coran et Shaheen dessine les lettres avec son corps de manière à incarner la calligraphie nastaliq », explique la chanteuse. Que le spectateur se rassure cependant : ce spectacle n’a rien de « religieux » en soi, les 2 artistes ont simplement puisé dans la spiritualité issue de leurs racines afin de créer un spectacle à vocation essentiellement artistique. Avec ses longues courbes aérienne et suspendue, où les lettres semblent flotter et se relier comme un souffle, le nastaliq se prête particulièrement bien à une interprétation corporelle dansée dans les airs via le tissu aérien, que la voix et les instruments de Nawal viennent prolonger par le souffle.

Une première partie assurée par Omnisport

La première partie du spectacle sera assurée par l’association Omnisport, grâce à l’aide de laquelle ce spectacle a pu se faire à Mayotte. Parmi les nombreuses activités sportives que propose l’association tous les soirs au gymnase du collège K1 de Kaweni, figurent en effet les arts du cirque et en particulier le tissu aérien. Mais ce sont d’autres arts circassiens, cerceaux et acrobaties, que mes membres de l’association proposeront au public ce vendredi soir afin de « varier les plaisirs » du public au cours de cette soirée qui durera environ 1h au total.

A noter que, si le spectacle coûte 10 euros pour les adultes, il est gratuit pour les moins de 18 ans afin de l’ouvrir aux jeunes de Kaweni qui n’ont pas forcément les moyens de s’offrir l’entrée d’un spectacle. La chanteuse Nawal, qui séjourne actuellement quelques temps à Mayotte, donnera également un concert solo le samedi soir au bar-restaurant Le Kalys à Pamandzi.

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Apprentis d’Auteuil : une grève reconductible pour sauver une quarantaine d’emplois

Apprentis d'Auteuil : une grève reconductible pour sauver une quarantaine d'emplois

À Kawéni, les salariés des Apprentis d’Auteuil se sont rassemblés ce mercredi 17 juin pour dénoncer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui menace une quarantaine de postes. Les grévistes dénoncent un dialogue rompu avec la direction et interpellent l’État ainsi que le Conseil départemental.

Les salariés des Apprentis d’Auteuil Mayotte ont entamé, ce mercredi 17 juin, une grève reconductible à l’appel de Force Ouvrière. Après une première mobilisation début mai, ils se sont de nouveau réunis, pancartes à la main, à Kawéni. En cause : la suppression de deux dispositifs d’insertion et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) susceptible d’entraîner la suppression d’une quarantaine de postes.

Au cœur du conflit figure la fermeture de deux dispositifs de l’association : les formations linguistiques et civiques, financées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), ainsi que le programme Oumeya, dédié à l’insertion professionnelle des jeunes.

« Il y a des licenciements dus à une mauvaise gestion. Sinon, il n’y aurait pas de problème de trésorerie », affirme Abdoul-Wassion Arkadine, secrétaire départemental de l’Union départementale Force Ouvrière.

Dhinouraini Imkane, référent de parcours et conseiller en insertion professionnelle aux Apprentis d’Auteuil, explique : « On pensait qu’ils trouveraient une solution. Ils nous ont proposé un plan de départ volontaire, que nous avons refusé. Aujourd’hui, ils prévoient un plan de sauvegarde de l’emploi, qui se traduit par nos licenciements. »

Le salarié dit ne pas comprendre les justifications avancées par la direction. « Je suis en colère. Ils parlent de licenciement économique, mais lorsqu’on leur demande des preuves de leur déficit budgétaire, ils ne nous les fournissent pas. Dans le même temps, ils annoncent un nouveau dispositif, sans donner davantage d’informations. » Il réclame des explications et un dialogue plus transparent avec la direction.

De son côté, la direction des Apprentis d’Auteuil Mayotte affirme subir la situation. « Cette décision est liée à la baisse des financements publics », explique le directeur, Franck Saint-Martin. Selon lui, plusieurs appels à projets ont été déposés et sont actuellement en attente de validation par les services de l’État et les élus du Conseil départemental. L’objectif est d’obtenir de nouveaux financements afin de recréer des postes, reclasser les salariés concernés et, à terme, relancer l’activité du centre de formation continue.

Pour Force Ouvrière, les responsabilités dépassent toutefois le seul cadre de l’association. Le syndicat interpelle la préfecture, en raison des financements de l’État et de l’Union européenne, et appelle également le Conseil départemental à intervenir afin de préserver l’activité et les emplois.

Abdoul-Wassion Arkadine insiste sur les conséquences sociales que pourraient entraîner ces licenciements à Mayotte et rappelle la mission des équipes auprès des jeunes. « Si les Apprentis d’Auteuil ne peuvent plus faire leur travail, les jeunes continueront d’être livrés à eux-mêmes. »

La grève étant reconductible, Force Ouvrière prévient que d’autres actions, pour l’heure tenues secrètes, pourraient être menées dans les prochains jours. « Pour le moment, nous sommes mobilisés de manière pacifique, conclut le responsable syndical. Mais il va falloir que l’État et le Conseil départemental prennent leurs responsabilités. »

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« Bac en poche, avenir bloqué » : le cri d’une lycéenne malgache et de plus de 200 jeunes à Mayotte

À seulement 19 ans, cette lycéenne devrait être en train de préparer sereinement sa rentrée dans l’enseignement supérieur. Comme des centaines de lycéens de Mayotte, elle a travaillé avec détermination pour décrocher son baccalauréat au lycée de Chirongui. Pourtant, aujourd’hui, son avenir est suspendu à une formalité administrative devenue un véritable obstacle : l’obtention de ses papiers.

Derrière son sourire discret se cache une profonde inquiétude. La jeune femme dénonce une situation qu’elle juge injuste et inhumaine.

« Nous avons fait tous les efforts demandés. Nous avons étudié, passé nos examens, obtenu notre bac. Mais aujourd’hui, on nous ferme les portes de l’université parce que nous n’avons pas les documents administratifs nécessaires », confie-t-elle avec émotion.

Depuis plusieurs semaines, la fermeture des services préfectoraux et les difficultés d’accès aux démarches administratives plongent de nombreux jeunes dans l’incertitude. Selon plusieurs témoignages recueillis, plus de 200 bacheliers étrangers seraient actuellement confrontés à cette situation à Mayotte. Admis dans des formations supérieures ou en attente d’inscription, ils se retrouvent bloqués, faute de pouvoir régulariser leur dossier dans les délais.

Pour Elinah, cette situation est d’autant plus difficile à accepter qu’elle remet en cause des années de sacrifices.

« À l’école, on nous dit de travailler, d’avoir de bonnes notes et d’obtenir notre bac pour construire notre avenir. Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon diplôme ne sert à rien. C’est comme si j’avais obtenu un bac dans le vide. »

La jeune bachelière ne cache pas son incompréhension face au manque de considération dont elle estime être victime. Elle déplore également le manque d’humanité dans le traitement réservé à ces étudiants.

« Nous ne demandons pas des privilèges. Nous voulons simplement pouvoir poursuivre nos études comme les autres jeunes de notre âge. Nous avons les mêmes rêves et les mêmes ambitions. »

À travers son témoignage, c’est toute une génération qui exprime son désarroi. Certains rêvaient de devenir infirmiers, enseignants, ingénieurs ou travailleurs sociaux. D’autres avaient déjà reçu une réponse favorable sur Parcoursup ou obtenu une place dans une formation. Aujourd’hui, beaucoup craignent de voir ces opportunités leur échapper.

Les conséquences vont bien au-delà de la seule rentrée universitaire. Sans documents administratifs, ces jeunes risquent de ne pas pouvoir s’inscrire dans un établissement, bénéficier d’une aide financière, accéder à un logement étudiant ou même voyager pour rejoindre leur lieu de formation.

« Sans papiers, il n’y a plus de rêves », résume Elinah

Une phrase simple, mais lourde de sens, qui traduit le sentiment d’abandon partagé par de nombreux étudiants. Derrière chaque dossier bloqué se cache un parcours, une famille, des années d’efforts et l’espoir d’une vie meilleure.

Face à cette situation, les jeunes concernés appellent les autorités à agir rapidement. Ils demandent la mise en place de mesures exceptionnelles leur permettant de poursuivre leurs études en attendant la régularisation de leur situation administrative.

À quelques mois de la rentrée universitaire, l’inquiétude ne cesse de grandir. Pour Elinah Vaviniriko et plus de 200 autres jeunes de Mayotte, l’enjeu dépasse largement la question des papiers. Il s’agit de leur avenir, de leur droit à l’éducation et de leur possibilité de construire un véritable projet de vie.

Alors que la République fait de l’égalité des chances un principe fondamental, ces bacheliers espèrent que leur appel sera entendu. Car derrière chaque diplôme obtenu se trouve un rêve qui ne demande qu’à devenir réalité.

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Port de Longoni : la bataille de l’après-DSP est lancée

Port de Longoni : la bataille de l’après-DSP est lancée
* image d'illustration générée par ia

La fin de la délégation de service public du port de Longoni en septembre 2026 a été définitivement confirmée par la Cour d’appel de Bordeaux. Alors que l’avenir de la gestion de cette infrastructure stratégique pour Mayotte suscite de nombreuses interrogations, une demande de transparence a été adressée au ministre des Transports. Dans un courrier daté du 10 juin, le sénateur Saïd Omar Oili réclame la communication du rapport de la mission inter-inspections chargée d’étudier les perspectives de développement et les modalités futures de gestion du port. Les conclusions de ce document sont attendues par les élus, les acteurs économiques et la société civile afin d’éclairer les choix à venir pour l’avenir de la principale porte d’entrée maritime du territoire.

Un légionnaire décoré pour avoir sauvé des migrantes en mer

Un légionnaire décoré pour avoir sauvé des migrantes en mer
* image d'illustration générée par ia

Le caporal Elliot Rezk, du 5e régiment étranger, a reçu la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement après une intervention de sauvetage en mer dans la nuit du 22 au 23 avril. Engagé aux côtés des forces de l’ordre lors de l’approche d’un kwassa transportant des migrants vers Mayotte, le militaire s’est jeté à l’eau pour secourir une femme tombée à la mer et trop éloignée pour être atteinte depuis l’embarcation de secours. Il a ensuite contribué au sauvetage de trois autres naufragées. Les victimes ont été prises en charge et évacuées vers le Centre hospitalier de Mayotte. Cette distinction récompense un acte au cours duquel le caporal a effectivement mis sa vie en danger.

Séminaire de direction du SDIS de Mayotte définir les orientations stratégiques de l’établissement

Séminaire de direction du SDIS de Mayotte définir les orientations stratégiques de l’établissement

Ce lundi 15 juin 2026, la direction du SDIS de Mayotte s’est réunie au Jardin Maoré, à N’Gouja, dans le cadre de son séminaire annuel de direction. Ce rendez-vous stratégique était placé sous la présidence du colonel Patrick CLERC, directeur départemental et chef de corps, en présence de l’ensemble des chefs de groupement et des cadres de l’établissement.

Cette journée de travail a permis de présenter les rapports d’activité 2025, de partager les perspectives pour 2026 et les années à venir, ainsi que d’échanger sur les principaux enjeux administratifs et opérationnels auxquels le SDIS de Mayotte est confronté.

Plusieurs thématiques prioritaires ont été abordées afin de renforcer la coordination entre les services, améliorer le pilotage des activités et anticiper les évolutions nécessaires pour répondre aux besoins de la population mahoraise.

À l’issue des échanges, le colonel Patrick CLERC a salué la qualité des travaux menés collectivement. Ce séminaire a permis de dégager les axes prioritaires qui guideront l’action du SDIS de Mayotte dans les mois à venir.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes