Accueil Blog Page 3

La justice accorde six mois pour régulariser l’autorisation de l’usine de dessalement d’Ironi Bé

La justice accorde six mois pour régulariser l’autorisation de l’usine de dessalement d’Ironi Bé
Lors de la consultation du public organisée du 18 mars au 17 avril 2025, le dossier du projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé a suscité une forte mobilisation, un élément que le tribunal administratif a pris en compte pour considérer la participation du public comme suffisante malgré l’absence d’enquête publique.

Le tribunal administratif a décidé de suspendre l’autorisation environnementale de l’usine de dessalement d’Ironi Bé et laisse six mois aux porteurs du projet pour corriger les irrégularités relevées. Une décision qui ne remet pas définitivement en cause la construction de l’infrastructure, mais qui impose au Syndicat mixte Les Eaux de Mayotte et au préfet de Mayotte de revoir plusieurs aspects du dossier avant un nouvel examen par la justice.

Saisi par les associations Mayotte Nature Environnement (MNE), France Nature Environnement (FNE) et le Groupe d’études et de protection des oiseaux à Mayotte (GEPOMAY), le tribunal administratif a rendu son jugement le 31 juillet 2026 concernant l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 autorisant la construction de l’usine à Dembéni. Les juges ont identifié trois illégalités et accordé un délai de six mois pour permettre leur régularisation.

Trois corrections exigées avant la décision définitive

Le tribunal a d’abord relevé plusieurs manquements liés aux obligations environnementales du projet. Les juges ont notamment constaté que le Parc naturel marin de Mayotte n’avait pas été informé des rejets chimiques prévus dans le lagon. Ils ont également estimé que les mesures de compensation prévues pour la destruction de zones humides n’étaient pas suffisantes.

La justice demande aussi la mise en place de mesures destinées à mieux protéger les écosystèmes marins pendant les travaux. Aucun écran anti-matières en suspension (MES) n’avait été prévu pour limiter la dispersion des particules susceptibles d’avoir un impact sur les fonds marins.

Enfin, le tribunal a pointé l’absence de mesures spécifiques pour protéger le palétuvier gros poumon (Bruguiera gymnorhiza), une espèce végétale protégée présente dans les milieux littoraux concernés par le projet.

Une procédure publique validée malgré une irrégularité

Si le tribunal a relevé plusieurs défauts dans l’autorisation environnementale, il a toutefois considéré que la participation du public avait été suffisante. Les juges ont estimé que, malgré l’absence d’enquête publique alors qu’elle aurait dû être organisée, la mise à disposition du dossier du projet du 18 mars au 17 avril 2025 avait permis une participation importante des habitants et des acteurs concernés.

Dans un autre jugement rendu le 22 juillet 2026, le tribunal administratif avait également déclaré irrecevable la requête déposée par l’association Sea Shepherd France.

Les autorités disposent désormais de six mois pour apporter les modifications demandées. À l’issue de ce délai, le tribunal se prononcera définitivement sur le recours engagé par Mayotte Nature Environnement (MNE), France Nature Environnement (FNE) et le Groupe d’études et de protection des oiseaux à Mayotte (GEPOMAY). L’avenir de l’autorisation environnementale de l’usine dépendra donc de la capacité des porteurs du projet à répondre aux exigences fixées par la justice.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

La Chambre régionale des comptes exige une nouvelle délibération vis-à-vis du budget du CCAS d’Acoua

La Chambre régionale des comptes exige une nouvelle délibération vis-à-vis du budget du CCAS d’Acoua

Le budget primitif 2026 du Centre communal d’action sociale (CCAS) d’Acoua devra être revu. Dans un avis rendu le 9 juillet 2026, la Chambre régionale des comptes (CRC) de Mayotte estime que le document budgétaire n’a pas été adopté en équilibre réel, comme l’exige le Code général des collectivités territoriales. Saisie par le préfet de Mayotte, la juridiction financière demande au conseil d’administration de corriger son budget dans un délai d’un mois.

À l’origine de cette procédure, un doute exprimé par les services de l’État sur la sincérité d’une importante recette inscrite au budget. Le préfet estimait que la participation de la commune d’Acoua au financement du CCAS, évaluée à plus de 637 000 euros, reposait sur une recette incertaine, susceptible de remettre en cause l’équilibre financier de l’établissement.

L’instruction menée par la Chambre régionale des comptes aboutit toutefois à une conclusion différente sur ce point. Les magistrats relèvent que cette somme correspond en réalité au versement cumulé d’une subvention de 2025, payée avec retard, et de la subvention votée pour 2026. Les recettes inscrites au chapitre des dotations et participations présentent donc, selon la CRC, un caractère suffisamment certain et ne justifient pas, à elles seules, une remise en cause du budget.

Un déficit hérité des exercices précédents

Si les recettes contestées sont finalement validées, la Chambre identifie en revanche plusieurs anomalies comptables qui fragilisent l’équilibre budgétaire. Le budget 2026 ne reprend notamment aucun des résultats de l’exercice précédent, alors que les comptes provisoires font apparaître un déficit important.

Selon les calculs de la CRC, l’exercice 2025 s’est achevé sur un déficit de fonctionnement supérieur à 318 000 euros, partiellement compensé par un excédent d’investissement d’un peu plus de 76 000 euros. Au total, le résultat de clôture demeure déficitaire de près de 242 000 euros. Ce report, absent du budget voté, modifie profondément la situation financière réelle du CCAS.

La Chambre relève également l’absence d’inscription des restes à réaliser de l’exercice précédent ainsi que plusieurs dépenses de fonctionnement insuffisamment justifiées. Certaines prévisions concernant les charges générales et les autres charges de gestion sont ainsi revues à la baisse afin de tenir compte des dépenses réellement constatées.

Des recettes à régulariser pour rétablir l’équilibre

Au terme de son analyse, la Chambre conclut que le budget primitif 2026 présente un déficit prévisionnel de près de 200 000 euros. Pour rétablir l’équilibre, elle propose plusieurs mesures correctrices.

L’une des principales recommandations concerne la régularisation de recettes déjà encaissées mais jamais titrées comptablement. Plus de 419 000 euros figurent toujours sur un compte transitoire destiné aux « recettes à classer », parfois depuis plusieurs années. Faute de justificatifs précis, la CRC estime que plus de 416 000 euros peuvent être intégrés au chapitre des dotations et participations, sous réserve que le CCAS procède rapidement aux opérations comptables nécessaires.

Avec ces ajustements, la juridiction financière considère que le budget pourrait retrouver un équilibre et même dégager un excédent prévisionnel supérieur à 216 000 euros.

Le conseil d’administration du CCAS d’Acoua est désormais tenu d’adopter une nouvelle délibération conforme aux propositions formulées par la Chambre régionale des comptes. À défaut, le préfet pourrait être amené à régler lui-même le budget de l’établissement, conformément aux dispositions prévues par le Code général des collectivités territoriales.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Comores : une loi interdit le petit commerce aux étrangers

Comores : une loi interdit le petit commerce aux étrangers

Ce projet de loi du ministère de l’Économie, qui n’a pas échappé aux critiques et qui a été promulgué le 27 juillet, a pour objectif de répondre à une nécessité stratégique visant à ordonner, encadrer et valoriser les activités commerciales locales au regard de l’Acte uniforme de l’OHADA.

Le texte est presque passé inaperçu, si l’on peut dire. Adoptée par le Parlement le 15 juin, la loi relative au commerce intérieur est vivement critiquée depuis quelques jours, notamment sur les réseaux sociaux. En cause : trois articles interdisent officiellement certaines activités commerciales aux étrangers.

L’article 26 dispose en effet que « par dérogation aux dispositions de l’article 25 ci-dessus, sont réservées aux seuls ressortissants comoriens d’origine, pour des motifs d’ordre public, de sécurité alimentaire ou de souveraineté économique, certaines activités commerciales ou industrielles relevant du petit commerce ».

La loi définit le petit commerce comme toute activité commerciale exercée avec un faible capital et à petite échelle. Celui-ci est notamment caractérisé par un chiffre d’affaires annuel inférieur à un seuil fixé par décret, l’absence d’investissements lourds en infrastructures ou en technologies, ou encore la vente de biens ou de services destinés principalement à la consommation courante des ménages, sans transformation industrielle complexe.

« Cette définition recouvre, entre autres, les activités de détail de quartier, la vente ambulante, les services personnels de base, la réparation artisanale d’objets ou d’équipements, ainsi que les prestations nécessitant peu de capital ou de technicité », complète l’article 28.

Des exemples jugés peu convaincants ailleurs

La loi, pour lever toute ambiguïté, précise que « sont considérés comme ressortissants comoriens d’origine, au sens de la loi relative à la nationalité comorienne, les seuls citoyens ayant la nationalité comorienne par filiation ».

En conséquence, sont exclus du bénéfice de cette exclusivité nationale en matière de petit commerce les citoyens ayant acquis la nationalité par décision de l’autorité publique.

Mais ces précisions sont loin d’apaiser les débats autour de ce texte proposé par le ministre de l’Économie, Moustoifa Hassani Mohamed.

« La loi portant interdiction du commerce aux étrangers est un copié-collé des échecs constatés en Afrique du Sud et en Tanzanie. Chasser les commerçants étrangers ne transformera pas par magie nos acteurs locaux en entrepreneurs compétitifs. En pratique, cela crée des ruptures de stock, fait grimper les prix et détruit des emplois locaux, puisque ces commerçants embauchent nos nationaux », relève l’ancien président de la Chambre de commerce, Fahmy Thabit, qui fait observer que, dans d’autres pays, des lois similaires n’ont pas apporté les résultats escomptés.

Dans une vidéo publiée samedi sur les réseaux sociaux, Idriss Mohamed, ancien président du Comité Maoré, a qualifié cette loi d’« anti-immigrés ».

« Les immigrés ne sont pas les ennemis du pays. Aujourd’hui, le pauvre immigré est interdit d’exercer certains petits métiers, notamment le petit commerce, au nom d’une prétendue protection de l’emploi national. Les Comores ne sont pas un pays d’immigration ; elles sont l’un des pays d’émigration », dénonçait le leader du parti Ukumbozi.

Une réforme présentée comme une nécessité économique

Hier, l’avocat Abdoulbastoi Moudjahidi a enfoncé le clou. « Précariser les métiers de subsistance ne crée pas de richesse ; cela alimente l’inflation, provoque des pénuries et entache la réputation de notre nation. L’accès au travail et à la justice constitutionnelle n’est pas négociable. Les articles 26, 27 et 28 bannissent les résidents étrangers de la quasi-totalité des métiers du quotidien, de l’épicerie à la restauration rapide », déplore Me Abdoulbastoi Moudjahidi, qui pointe également l’exclusion des Comoriens naturalisés.

Dans son exposé des motifs du 26 avril, le ministère de l’Économie a expliqué aux députés que son projet de loi répond à une nécessité stratégique visant à ordonner, encadrer et valoriser les activités commerciales locales au regard de l’Acte uniforme de l’OHADA.

« Dans un souci de maintenir un environnement des affaires équilibré, transparent et digne de confiance, ce projet de loi prévoit également des dispositions spécifiques concernant certains secteurs jugés essentiels pour la stabilité sociale et la sécurité alimentaire, notamment le mode de commercialisation des principaux produits de première nécessité », a d’abord justifié le ministre de l’Économie, avant d’ajouter que cette réforme du cadre légal du commerce intérieur s’inscrit dans une démarche plus large visant à mieux définir les règles applicables à l’exercice des activités commerciales en Union des Comores.

« Il ne s’agit pas de xénophobie »

Promulguée le 27 juillet, la loi a été favorablement accueillie par l’avocat Me Fahmi Saïd Ibrahim. « Je suis naturellement satisfait. Le rôle d’un opposant ne doit pas se limiter à critiquer, et encore moins à insulter. Si la critique est nécessaire et indispensable, l’opposant doit également être une force de proposition. J’ai formulé plusieurs propositions, notamment celle visant à réglementer la profession de taximan ainsi que l’activité des taxis, mais elles n’ont malheureusement pas abouti. En ce qui concerne le commerce, en revanche, je ne peux que remercier et féliciter le gouvernement. Tous les pays du monde protègent leurs intérêts, et nous avions l’obligation de le faire », se réjouit l’ancien ministre de la Justice, qui plaide pour cette mesure depuis un an. L’avocat répond également à ceux qui qualifient cette loi d’anti-étrangers.

« Je leur donne toutefois raison sur un point : nous n’avons pas besoin d’immigrés pour faire du commerce de détail. Nos sœurs, nos grands-mères, nos frères et nos jeunes savent parfaitement exercer ces activités. Nous n’avons pas besoin de faire venir des étrangers pour vendre ce que les Comoriens sont eux-mêmes capables de vendre. En revanche, nous avons besoin de personnes hautement qualifiées : des chirurgiens, des ingénieurs, des chercheurs et d’autres experts capables d’apporter des compétences que nous ne maîtrisons pas encore suffisamment », affirme-t-il.

Hamidou Mhoma, entrepreneur et dirigeant de l’imprimerie Graphica, soutient lui aussi cette loi. « Il faut cesser les amalgames : protéger le marché local n’est ni de la xénophobie ni de la discrimination, c’est de la souveraineté économique. Faire un procès d’intention à cette loi, c’est ignorer les réalités économiques internationales. De la première puissance mondiale, les États-Unis, aux Émirats arabes unis, en passant par l’Union européenne, le Gabon ou encore la Tanzanie, tous les États souverains régulent leur commerce intérieur et protègent leurs nationaux dans les secteurs de subsistance », rappelle le vice-président de la nouvelle OPACO, contacté par Flash Infos.

Cet ancien élu de l’Union des chambres de commerce estime que cette loi permettra de valoriser les acteurs économiques locaux en leur garantissant un espace pour entreprendre et créer de la valeur dans leur propre pays.

« Il s’agit d’assurer la stabilité sociale et la sécurité alimentaire de notre pays. La justice constitutionnelle n’a jamais interdit à un État de protéger son peuple », conclut-il.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Maore Summer League : Cavani vibre au rythme du basket et sacre ses champions

Maore Summer League : Cavani vibre au rythme du basket et sacre ses champions

Le plateau de Cavani a une nouvelle fois été le théâtre d’un grand rendez-vous du basket mahorais. Organisée par l’association Maore Summer League, en partenariat avec la Ville de Mamoudzou, la 4ᵉ édition du tournoi s’est déroulée du 15 au 25 juillet, rassemblant de nombreuses équipes venues de Mayotte et de l’extérieur. Après six jours de compétition intense, Nova Squad s’est imposée dans la catégorie masculine, tandis que Celtic’s Stars a décroché le titre chez les féminines.

Au-delà des performances sportives, l’événement a confirmé son rayonnement grandissant en accueillant des joueurs et joueuses originaires de La Réunion, de l’Hexagone, de Suisse, de Madagascar, du Sénégal et de la République démocratique du Congo. Une diversité qui a fait de cette édition un véritable moment de partage et de convivialité.

La Ville de Mamoudzou a salué la réussite de cette quatrième édition, félicitant les organisateurs pour leur engagement et réaffirmant son soutien aux associations et aux initiatives locales qui participent au développement du sport, au renforcement de la cohésion sociale et à l’attractivité du territoire.

CARIBUS : de nouveaux travaux vont impacter la circulation sur la RN1

CARIBUS : de nouveaux travaux vont impacter la circulation sur la RN1

Le chantier du futur réseau de transport en commun CARIBUS franchit une nouvelle étape. Après la mise en service progressive des premières lignes, la Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) engage les travaux de la phase 2 Nord sur la RN1, entre les carrefours MEGA et NEL.

Cette nouvelle phase marque la poursuite de l’aménagement des infrastructures destinées à accueillir le futur réseau de bus à haut niveau de service. Les automobilistes devront toutefois s’attendre à des perturbations de la circulation dans ce secteur stratégique durant toute la durée du chantier, avec d’éventuelles restrictions de voies et des ralentissements.

La CADEMA invite les usagers à faire preuve de vigilance, à anticiper leurs déplacements et à respecter la signalisation mise en place.

L’ARS Mayotte fait le point sur le développement de la Clinique UHAJU

L'ARS Mayotte fait le point sur le développement de la Clinique UHAJU

L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte a indiqué avoir rencontré, ce jeudi, les responsables de la Clinique UHAJU et du groupe RUNéSENS dans le cadre d’un échange consacré au développement de l’établissement. Selon l’ARS, cette réunion a permis d’aborder les perspectives d’évolution de la clinique, notamment le projet d’ouverture d’une activité d’hospitalisation complète. Ouverte en novembre 2024, la Clinique UHAJU, spécialisée en soins médicaux et de réadaptation, accueille des patients en hospitalisation de jour et dispose d’une capacité de 70 places. L’ARS affirme poursuivre son accompagnement des établissements de santé afin de renforcer l’offre de soins à Mayotte.

Mamoudzou : une journée pour découvrir les métiers de l’élevage et de la santé animale

mamoudzou-une-journee-pour-decouvrir-les-metiers-de-lelevage-et-de-la-sante-animale

Dans le cadre du dispositif Coup Pouce Vacances, la Caisse des Écoles de Mamoudzou organise, le vendredi 7 août 2026, une journée pédagogique à Coconi en partenariat avec le GDS976. Cette initiative, financée par la Cité éducative de Kawéni et menée avec l’association Coup de Pouce, réunira 24 jeunes et 24 parents de Kawéni.

Au programme : découverte des métiers de l’élevage et de la santé animale, ateliers scientifiques, jeux pédagogiques, observation au microscope, visite de l’élevage du lycée agricole de Valarano et immersion à la coopérative laitière Uzuri Wa Dzia à Combani pour suivre les étapes de transformation du lait. Cette journée vise à sensibiliser les participants aux enjeux de l’agriculture et de l’élevage à Mayotte tout en valorisant les filières locales.

Les médias sont invités à couvrir cet événement et à recueillir les témoignages des jeunes ainsi que des partenaires mobilisés en faveur de la réussite éducative.

Un besoin de faire connaître Mayotte aux citoyens taïwanais

Un besoin de faire connaître Mayotte aux citoyens taïwanais

Une visite de trois jours au pas de course dans notre archipel pour une délégation taïwanaise de très haut niveau, conduite par François Wu Chihchung, vice-ministre des Affaires étrangères. Département-Région française et région ultrapériphérique de l’Union européenne dans le canal du Mozambique, Mayotte a choisi d’entamer cette année une diplomatie régionale tous azimuts, en multipliant ses partenariats internationaux. Longtemps cantonnée à une démarche d’insertion régionale dans son environnement géographique immédiat, l’île mise désormais sur une coopération gagnant-gagnant à l’international. Après l’Afrique continentale, le curseur s’est déplacé très loin, en Asie, du côté de la République de Taïwan.

Mayotte tisse une nouvelle coopération régionale avec Taïwan. Les deux parties doivent apprendre à mieux se connaître, selon François Wu Chihchung, qui a confié à notre journal, mercredi matin en Petite-Terre, avoir effectué cette semaine à Mayotte la visite la plus marquante de ses déplacements officiels dans le cadre de ses fonctions de diplomate. Ancien ambassadeur de Taïwan à Paris, il occupe actuellement, à Taipei, les fonctions de vice-ministre des Affaires étrangères.

Son premier déplacement dans l’archipel de Mayotte augure de l’établissement d’un partenariat multisectoriel solide entre Mamoudzou et Taipei, n’excluant aucun domaine, dans la limite des prérogatives que la loi française offre aux autorités mahoraises en matière de coopération régionale décentralisée.

« Ce déplacement de nos amis taïwanais fait suite à une invitation que j’ai adressée au vice-ministre des Affaires étrangères de Taïwan, un ami que je connais depuis qu’il occupait les fonctions d’ambassadeur de son pays à Paris. J’ai eu l’occasion d’effectuer un premier déplacement à Taïwan en 2019, suivi d’un deuxième en avril 2026. À chaque fois, je lui parlais de Mayotte, de son potentiel en matière d’agriculture, de l’identité mahoraise qui méritait d’être découverte et de la possibilité de nouer des partenariats dans tous les domaines, notamment dans la francophonie, la culture et, évidemment, tout ce qui touche à la technologie, compte tenu du fait que Taïwan excelle dans ce domaine », a expliqué Thani Mohamed Soilihi, sénateur de Mayotte et récemment reconduit comme ministre de la Francophonie et des Partenariats internationaux par le président Emmanuel Macron.

Des Taïwanais satisfaits des opportunités de coopération constatées à Mayotte

Le sénateur mahorais n’a pas caché sa fierté d’avoir réussi à convaincre François Wu Chihchung et sa délégation de se rendre à Mayotte dans le cadre de relations partenariales qu’il a appris à mener lorsqu’il était membre du gouvernement français.

« Ces relations sont de différentes sortes. Pour notre île, aujourd’hui, il s’agit d’une diplomatie décentralisée : une collectivité qui accueille directement une délégation étrangère. C’est une démarche encouragée par Paris et qui a même fait l’objet d’une loi en 2016, la loi Letchimy, qui consacre une meilleure assise des collectivités d’outre-mer dans leur environnement géographique et leur permet de nouer des partenariats avec des territoires de leur choix. »

Le premier Mahorais à avoir été membre d’un gouvernement national n’a pas caché sa joie à l’issue de cette visite d’officiels taïwanais, soulignant particulièrement la satisfaction de ses invités devant les opportunités qu’ils ont constatées sur place.

« J’espère que la suite sera une délégation mahoraise que je vais former et guider pour aller à la découverte de Taïwan et former des partenariats mutuellement bénéfiques. »

Thani Mohamed Soilihi n’a pas manqué de mettre l’accent sur le fait que Mayotte a toujours cherché à se développer et à s’épanouir, à défendre haut et fort son identité et que ce nouveau pont qu’elle entend construire avec Taïwan est celui d’une collectivité française, région ultrapériphérique de l’Union européenne. Une relation nouvelle qui s’inscrit dans un parfait respect des relations diplomatiques de la France avec le monde entier.

Du côté de la délégation ministérielle taïwanaise, on rappelle une politique constante d’aide et de soutien aux pays durement frappés par des événements climatiques majeurs, tels que le tsunami au Japon en 2011.

« Taïwan est le pays qui a apporté le plus d’aide aux Japonais. Ce facteur a très largement amélioré les relations économiques et multisectorielles entre nos deux pays. Depuis, elles se sont développées de manière exponentielle », a observé le ministre François Wu Chihchung dans ses échanges avec Flash Infos.

Taïwan se dit prêt à accorder des bourses d’études à des étudiants mahorais et à les accueillir dans ses universités

Selon ses dires, il en a été de même avec la Chine populaire en 2008, lors du tremblement de terre qui a frappé la région du Sichuan, quand bien même les résultats furent différents et se sont soldés par une multiplication des menaces militaires à l’égard de Taïwan.

En dehors de ce cas particulier, la contribution de Taipei à travers le monde, à l’occasion de ce type d’événements, a toujours marqué le début d’une relation remarquable avec les pays bénéficiaires de ses aides.

L’invité de marque du sénateur Thani Mohamed Soilihi a expliqué que son pays avait apporté un soutien à Mayotte lors du cyclone Chido, en décembre 2024.

« Ma mission consiste à venir ici pour voir s’il existe des possibilités de développer des relations entre Taïwan et Mayotte, exactement comme nous l’avons fait avec le Japon. Naturellement, notre contribution il y a deux ans n’a rien de comparable avec ce que nous avons apporté aux Japonais, le problème étant que les Taïwanais ne connaissaient pas du tout Mayotte. »

François Wu Chihchung a précisé que sa venue dans l’archipel devait lui permettre de faire le point sur les aides que Taipei avait apportées à la France et à la Croix-Rouge lors du cyclone Chido, il y a bientôt deux ans, et, en parallèle, de faire connaître Mayotte aux Taïwanais afin de favoriser davantage d’échanges entre les deux peuples, avec l’espoir qu’ils seront optimaux et profitables aux deux parties.

Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères a tenu à préciser que ce partenariat naissant entre Taipei et Mamoudzou s’inscrit dans le cadre d’une excellente entente entre la France et Taïwan, lesquelles souhaitent améliorer encore leurs relations bilatérales par de futurs investissements sur l’île de Mayotte.

S’agissant des domaines possibles de la coopération taïwano-mahoraise, François Wu Chihchung a confié à Flash Info qu’il allait falloir approfondir la réflexion, en raison de la brièveté de la mission qu’il venait de conduire sur le territoire mahorais. Il estime toutefois que, si les deux parties sont réellement décidées à travailler ensemble, il est primordial qu’une délégation mahoraise se rende dès que possible à Taipei.

« Taïwan n’impose absolument rien. Il faudra un accord des deux côtés et, pour ce faire, les Mahorais devront venir examiner ce qui sera bien pour eux. Ce que je peux d’ores et déjà affirmer, c’est notre disposition à accueillir des étudiants mahorais sur notre sol, si les autorités mahoraises l’agréent, et à leur offrir des bourses d’études. Je suis convaincu que cela favorisera beaucoup la compréhension entre les deux territoires », a conclu le chef de cette délégation taïwanaise de haut niveau.

Il a émis le vœu de voir Mayotte mieux se faire connaître à l’international afin de favoriser son développement, tout comme son pays a su le faire à une époque.

Les invités de marque du sénateur Thani Mohamed Soilihi ont consacré le dernier jour de leur visite marathon à Mayotte à la découverte de la Petite-Terre. Ils ont été accueillis par les élus, toutes qualités confondues, de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi, au rang desquels figurait le nouveau président de la communauté de communes, M. Charaffoudine Ramadani Toto.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

La Petite-Terre aux petits soins pour accueillir les Taïwanais

La Petite-Terre aux petits soins pour accueillir les Taïwanais

Leur visite éclair à Mayotte a débuté en Petite-Terre lundi, à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi, et s’est achevée mercredi en début de soirée au même endroit. Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, François Wu Chihchung, avait réservé aux élus de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi la dernière séquence de son bref mais très dense séjour dans l’île Hippocampe. Entre discours officiels, colliers de fleurs et déplacements sur des sites à fort potentiel de mise en valeur, la délégation ministérielle taïwanaise n’a nullement chômé.

La délégation de haut niveau, conduite par le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, François Wu Chihchung, est repartie de Mayotte mercredi soir, avec des images hautes en couleur dans les yeux. Elle a exprimé une réelle volonté de se mettre immédiatement au travail afin de concrétiser une relation partenariale qui s’annonce prometteuse de part et d’autre, entre l’Asie et le canal du Mozambique.

La dernière séquence de cette visite, consacrée au territoire de l’Intercommunalité de Petite-Terre, a démarré très tôt dans la matinée sur le site des Badamiers, face à la plage, à proximité des installations de stockage d’hydrocarbures gérées par la société Total et de l’usine de production d’électricité d’EDM (Électricité de Mayotte).

Le président de l’Intercommunalité de Petite-Terre (ICPT), Charafouddine Ramadini Toto, a officié en qualité de maître de cérémonie, entouré du maire de Pamandzi, Youssoufi Maandhui, et du premier adjoint au maire de Dzaoudzi-Labattoir, Omar Simba.

Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, François Wu Chihchung, et sa suite — Philippe Yen, directeur des Affaires africaines, Jyr-Geng Wu, directeur adjoint des Affaires africaines, et Antoine Cheng, premier secrétaire de la représentation de Taïwan en France — étaient accompagnés du sénateur Thani Mohamed Soilihi, ancien ministre français chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux, des conseillères départementales Hellène Pollozec et Soihirat Elhadad, ainsi que de Salama Ramia, en sa qualité de conseillère municipale d’opposition de Pamandzi.

La ZAC des Badamiers au cœur des échanges

Au premier rang des enjeux de cette matinée figurait la présentation du projet de ZAC des Badamiers, en présence de techniciens de l’établissement public chargé de la refondation de Mayotte après le cyclone Chido et de l’ICPT.

La délégation taïwanaise a posé de nombreuses questions sur les mécanismes de financement de certaines opérations dans le cadre du droit français, notamment en ce qui concerne les outils de production énergétique.

Après une collation et un rapide parcours de la longue plage des Badamiers, les visiteurs et leurs hôtes mahorais se sont déplacés vers le site du Grand Moya, où ils ont pu constater de visu le potentiel de ces lieux en matière de développement d’infrastructures touristiques.

Guidés par Attoumani Harouna, patron de l’agence réceptive Baobab Tours, ils ont découvert les sites de ponte des tortues marines et apprécié le dispositif de surveillance des lieux, parfois assuré par des patrouilles de gendarmerie. Des exercices étaient également menés depuis un hélicoptère qui a longuement survolé la zone.

Dans le même esprit, la délégation a poursuivi son périple sur le front de mer reliant Labattoir à Pamandzi, avant de rejoindre l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Elle a ainsi pu mesurer l’ampleur des dégâts causés par le cyclone Chido sur les installations de la Croix-Rouge, qui avait notamment bénéficié d’une partie des aides fournies par l’État souverain de Taïwan à Mayotte en décembre 2024.

Des échanges autour de l’avenir de Mayotte

Les visiteurs taïwanais ont ensuite offert un déjeuner de travail à leurs hôtes mahorais à l’hôtel Ibis, situé en face de l’aéroport Marcel-Henry.

En milieu d’après-midi, ils ont été reçus par les responsables du pôle aéronautique du lycée de Petite-Terre, l’un des rares établissements de l’île à avoir résisté aux assauts du cyclone Chido, le matin du 14 décembre 2024.

François Wu Chihchung a pris le temps de s’enquérir des difficultés rencontrées par les élèves de cet établissement scolaire flambant neuf, porteur d’avenir pour les jeunes Mahorais désireux d’apprendre les différents métiers du secteur aéronautique, un domaine porteur de grands espoirs pour le développement de Mayotte.

Accompagnée du sénateur Thani Mohamed Soilihi et de sa suite, la délégation ministérielle taïwanaise de haut niveau s’est ensuite dirigée vers l’aérogare voisine pour prendre l’avion en direction de Taïwan, via Paris.

Une visite express, donc, mais particulièrement dense, au cours de laquelle les représentants taïwanais auront pu mesurer à la fois les fragilités de Mayotte et l’immense potentiel de développement du territoire. Des premiers contacts qui pourraient rapidement déboucher sur des projets concrets de coopération entre l’île française de l’océan Indien et Taïwan.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

37 sapeurs-pompiers de La Réunion et de Mayotte envoyés en renfort sur le front des incendies en Gironde

37 sapeurs-pompiers de La Réunion et de Mayotte envoyés en renfort sur le front des incendies en Gironde

La solidarité entre les territoires de l’océan Indien et la métropole se concrétise une nouvelle fois sur le terrain. Vingt-sept sapeurs-pompiers du SDIS de La Réunion et dix de Mayotte doivent rejoindre, dès ce vendredi 31 juillet, les milliers de soldats du feu mobilisés pour lutter contre les incendies qui ravagent actuellement la Gironde. Un détachement de 37 hommes appelé à renforcer un dispositif exceptionnel face à un « mégafeu » qui a déjà détruit plusieurs dizaines de milliers d’hectares.

Ils étaient préparés à partir. Leur départ est désormais acté. Ce vendredi 31 juillet, 27 sapeurs-pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de La Réunion et 10 sapeurs-pompiers de Mayotte prendront la direction de la métropole afin de venir en appui des équipes engagées en Gironde.

Ce détachement de 37 soldats du feu constitue une contribution importante des deux départements de l’océan Indien au dispositif national de lutte contre les incendies. Habitués à intervenir dans des contextes opérationnels variés et confrontés eux aussi régulièrement aux risques naturels, notamment aux feux de végétation, les pompiers réunionnais et mahorais vont ainsi mettre leur expérience au service de leurs collègues mobilisés depuis plusieurs jours sur le front girondin.

Un dispositif de secours hors norme

La situation en Gironde nécessite en effet des moyens considérables. Selon les autorités, quelque 3 300 sapeurs-pompiers sont actuellement mobilisés pour tenter de contenir les différents foyers. À leurs côtés, 24 moyens aériens participent aux opérations, tandis que 1 500 militaires et 1 400 membres des forces de sécurité intérieure sont également engagés.

Cette mobilisation exceptionnelle illustre l’ampleur du phénomène auquel sont confrontées les autorités. Le feu, qualifié de « mégafeu », a déjà ravagé environ 42 000 hectares dans le département. Malgré cette situation particulièrement préoccupante, les autorités indiquent que le sinistre demeure, pour l’heure, « stabilisé ».

La nuit de mercredi à jeudi a ainsi été qualifiée de « plutôt calme » par la préfecture de Gironde. Une évolution qui laisse espérer une amélioration des conditions d’intervention pour les équipes au sol et dans les airs.

Des conditions météorologiques plus favorables

Les conditions météorologiques pourraient également contribuer à faciliter le travail des secours. La vigilance orange « canicule » a été levée jeudi matin et des averses sont attendues dans plusieurs secteurs.

Pour les pompiers, ces changements constituent un élément favorable dans la lutte contre les flammes. La baisse des températures et l’arrivée éventuelle de précipitations peuvent contribuer à ralentir la propagation des incendies et permettre aux équipes de mieux sécuriser les secteurs déjà touchés.

Mais la prudence reste de mise. La préfecture de Gironde fait état de six feux encore actifs, notamment dans le secteur des dunes du Grand Crohot, sur la commune de Lège-Cap-Ferret, ainsi qu’au sud de Lacanau.

La présence de plusieurs foyers actifs nécessite donc le maintien d’un dispositif important afin d’éviter toute reprise ou propagation du feu dans des zones particulièrement vulnérables.

Mayotte et La Réunion au rendez-vous de la solidarité nationale

Le départ des dix sapeurs-pompiers de Mayotte revêt une dimension particulière pour le territoire. Malgré les difficultés auxquelles le département est lui-même confronté en matière de sécurité civile et de gestion des risques, ses soldats du feu répondent présents lorsqu’une mobilisation nationale est nécessaire.

Cette participation rappelle également que les territoires ultramarins sont pleinement intégrés au dispositif français de sécurité civile. À plusieurs milliers de kilomètres de la métropole, les sapeurs-pompiers de Mayotte et de La Réunion peuvent être appelés à intervenir en renfort lors de crises majeures.

Leur déplacement vers la Gironde constitue ainsi un geste de solidarité envers leurs collègues métropolitains, mais aussi une illustration concrète de la capacité des services de secours à mutualiser leurs moyens lorsque la situation l’exige.

Une mission qui pourrait durer plusieurs jours

Une fois arrivés en métropole, les 37 sapeurs-pompiers de l’océan Indien seront intégrés au dispositif opérationnel mis en place en Gironde. Ils devront travailler aux côtés des équipes déjà engagées afin de contribuer à la surveillance des zones sinistrées, à la lutte contre les reprises de feu et à la sécurisation des secteurs menacés.

Leur engagement intervient alors que les autorités restent particulièrement vigilantes face à l’évolution de la situation. Même si le « mégafeu » est actuellement considéré comme stabilisé, les milliers d’hectares de végétation détruits et les nombreux foyers encore actifs imposent de rester mobilisés.

Dans ce contexte, chaque renfort compte. L’arrivée des 27 pompiers réunionnais et des 10 pompiers mahorais permettra donc de renforcer les effectifs au sol et de contribuer à maintenir la pression sur les incendies.

Pour les deux départements de l’océan Indien, ce départ est aussi un symbole : celui d’une solidarité nationale qui dépasse les distances géographiques. Vendredi, 37 sapeurs-pompiers quitteront ainsi La Réunion et Mayotte pour rejoindre leurs collègues en Gironde, avec une mission claire : participer à la lutte contre l’un des incendies les plus importants actuellement observés en France.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

VIH à Mayotte : une épidémie qui progresse dans l’ombre

VIH à Mayotte : une épidémie qui progresse dans l'ombre

Le nombre de personnes vivant avec le VIH suivies au Centre hospitalier de Mayotte a plus que doublé en cinq ans. Si l’amélioration du dépistage explique une partie de cette hausse, les professionnels de santé alertent sur une circulation toujours active du virus dans un territoire où la précarité, les difficultés d’accès aux soins et les tabous freinent encore la prévention.

À Mayotte, le VIH continue de gagner du terrain, loin des projecteurs. Alors que les grandes crises sanitaires occupent régulièrement le devant de la scène, l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine poursuit une progression silencieuse. Les derniers chiffres communiqués par les professionnels de santé montrent que plus de 560 patients sont aujourd’hui suivis au Centre hospitalier de Mayotte, contre environ 275 en 2019. Une augmentation qui interpelle dans un département de près de 330 000 habitants.

Pour les infectiologues, cette évolution ne traduit pas uniquement une amélioration du dépistage. Elle révèle aussi une circulation persistante du virus, favorisée par les difficultés sociales auxquelles est confrontée une partie de la population.

Un des taux les plus élevés de France

Avec près d’une centaine de nouvelles découvertes de séropositivité chaque année, Mayotte figure parmi les territoires français les plus touchés par le VIH. Rapporté à la population, le taux de nouvelles infections dépasse largement la moyenne nationale.

Les médecins rappellent que les personnes les plus concernées sont principalement des adultes âgés de 25 à 49 ans. La transmission est majoritairement hétérosexuelle, contrairement à certaines idées reçues encore largement répandues.

Cette situation s’explique en partie par les caractéristiques du territoire : une population jeune, une forte mobilité entre les îles voisines de l’océan Indien, une grande précarité économique et des difficultés d’accès aux structures de soins pour une partie des habitants.

Des diagnostics encore trop tardifs

Le principal défi reste le dépistage. À Mayotte, de nombreuses personnes découvrent leur séropositivité plusieurs années après avoir été contaminées. Certaines ne consultent qu’à l’apparition de complications graves, lorsque leur système immunitaire est déjà fortement affaibli.

Or, plus le diagnostic est précoce, plus les traitements sont efficaces. Les thérapies antirétrovirales permettent aujourd’hui aux personnes vivant avec le VIH de mener une vie

quasiment normale. Elles réduisent également la charge virale jusqu’à la rendre indétectable, empêchant ainsi la transmission du virus à leurs partenaires.

Pour les professionnels de santé, l’enjeu est donc double : protéger les personnes infectées et casser les chaînes de transmission grâce à un dépistage plus précoce.

Les tabous demeurent

Au-delà de l’aspect médical, le VIH reste entouré de nombreux préjugés. Dans une société où les questions liées à la sexualité sont souvent peu abordées, beaucoup hésitent encore à se faire dépister par peur du regard des autres ou d’une éventuelle stigmatisation.

Les associations engagées dans la lutte contre le VIH constatent également que certaines personnes renoncent aux soins en raison de difficultés administratives, linguistiques ou financières. À cela s’ajoutent parfois des idées fausses sur les modes de transmission, qui compliquent les actions de prévention.

Pourtant, le dépistage est gratuit et confidentiel. Les campagnes menées régulièrement par les équipes hospitalières et les associations cherchent justement à banaliser ce geste de prévention, encore insuffisamment adopté.

Une mobilisation à renforcer

Face à cette progression, les acteurs de santé plaident pour une stratégie plus offensive. Ils souhaitent multiplier les campagnes de sensibilisation, développer les opérations de dépistage dans les communes, renforcer l’éducation à la santé sexuelle auprès des jeunes et améliorer l’accès aux traitements.

Ces mesures apparaissent d’autant plus importantes que Mayotte fait face à d’autres défis sanitaires majeurs, mobilisant déjà fortement les moyens du système de santé.

Si le VIH est aujourd’hui une maladie chronique grâce aux progrès de la médecine, il demeure un enjeu de santé publique majeur. À Mayotte, où les inégalités sociales restent importantes, la prévention, le dépistage et l’information constituent les principaux leviers pour freiner la progression du virus.

L’enjeu dépasse les seuls chiffres. Derrière chaque diagnostic se cache une personne qui aurait souvent pu être prise en charge plus tôt. Pour les professionnels de santé, le véritable défi est désormais de faire tomber les tabous afin que le dépistage devienne un réflexe, et non un dernier recours.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

« Ne pas préparer sa mobilité, c’est mettre sa famille en difficulté »

« Ne pas préparer sa mobilité, c’est mettre sa famille en difficulté »
Le 30 juillet, le salon de la mobilité d’Émanciper Mayotte a réuni des conseils destinés aux néo-bacheliers mahorais avant leur départ. L’association alerte notamment sur les difficultés liées à l’absence de logement et aux démarches insuffisamment anticipées.

À l’heure des grands départs, les néo-bacheliers mahorais préparent leur mobilité vers l’Hexagone pour poursuivre leurs études. Le 30 juillet, un salon de la mobilité, organisé par l’association Émanciper Mayotte, s’est tenu à la Maison pour tous de Ouangani. L’association œuvre dans les domaines de l’insertion, de la mobilité et de l’accompagnement des jeunes Mahorais. L’occasion pour Flash Infos d’interroger son fondateur, Houssaini Hassani Tafara, sur les enjeux d’une mobilité estudiantine réussie et les difficultés rencontrées par les étudiants lors de leur arrivée en métropole.

Flash Infos : Plus d’un millier de jeunes bacheliers mahorais s’apprêtent à rejoindre l’Hexagone pour leurs études. Que leur conseillez-vous pour appréhender au mieux leur vie estudiantine ?

Houssaini Hassani Tafara : Déjà, la première étape, c’est de savoir se déplacer. Beaucoup de jeunes attendent d’être en métropole pour découvrir comment on s’y déplace. Je leur pose souvent la question : une fois à l’aéroport, comment allez-vous faire pour vous déplacer ? On me répond : « Je ne sais pas, je verrai quand je serai là-bas. » L’idée, c’est de leur faire comprendre que, dès maintenant, ils doivent connaître la logistique des déplacements : où se trouve une gare, ce qu’est un train, apprendre à repérer le numéro d’un wagon et son siège, se renseigner sur les cartes de réduction destinées aux jeunes, etc. Tout cela, ce sont des choses qu’ils n’appréhendent pas. Ils sont persuadés que des personnes vont le faire à leur place. On doit leur faire comprendre que, lors d’une mobilité, la première des choses est de savoir se déplacer.

La deuxième étape, c’est l’interculturalité, c’est-à-dire la différence culturelle entre Mayotte et la métropole. On a tous vécu cette différence culturelle. Par exemple, lorsqu’on nous dit : « Je t’offre un café », et qu’en réalité, on nous demande ensuite de payer. Il faut comprendre qu’ils sont d’abord Africains sur un territoire européen et qu’il va y avoir un décalage culturel.

Troisième étape : partir avec une solution d’hébergement. Beaucoup de jeunes n’ont aucune solution et ne savent pas où ils vont dormir. Cela ne les préoccupe pas plus que ça. Il n’y a pas de véritable solution. Une des problématiques est que les agences immobilières ne souhaitent plus avoir de garants mahorais. Nous travaillons donc sur une solution permettant de contractualiser les parents avec des agences immobilières partenaires.

Il y a aussi un problème de niveau scolaire, de maîtrise du français et d’orientation. Il faut qu’ils sachent, en cas de difficulté scolaire, ce qu’ils doivent faire. Pour améliorer leur français, il faut les inciter à suivre l’actualité. Ils doivent également savoir que, dès le mois d’octobre, ils ont la possibilité de changer de filière.

Flash Infos : Quels sont les risques d’une mobilité estudiantine mal anticipée ?

H.H.T. : En général, quand ils n’ont pas de logement en métropole, ils stressent et inquiètent leurs parents restés à Mayotte. Derrière, c’est un échec direct. On est à 80 % d’échec en première année parce qu’ils n’ont pas préparé leur mobilité. Ils se retrouvent en difficulté.

Et c’est surtout le nombre de décès qui inquiète. Il y a quelques mois, une jeune fille de M’tsangadoua, à Acoua, et un jeune Mahorais étudiant à Besançon ont été retrouvés décédés. Cela interpelle de plus en plus et cela se voit.

Flash Infos : Comment peut-on expliquer certaines embûches que rencontrent les jeunes Mahorais en métropole ?

H.H.T. : Les jeunes sont parfois conseillés par des personnes qui n’ont jamais été à l’école. C’est-à-dire que l’orientation est faite par des parents qui ne connaissent pas les réalités et les problématiques, ou par quelqu’un de la famille qui peut être mal intentionné. Cela peut aussi être un ami qui y serait allé, mais qui ne s’y connaît pas. Comme on dit en créole, par des « ladi lafé ».

On ne se pose pas la question de savoir qui a la légitimité pour les accompagner dans leur orientation. Tout le monde, aujourd’hui, se prétend expert dans tous les domaines. C’est comme cela qu’on explique cette impréparation. Comme il n’existe pas suffisamment d’endroits où ils peuvent discuter de leur orientation, où on leur explique l’importance des réalités auxquelles ils vont devoir faire face, ils avancent parfois sans préparation.

Est-ce que tu sais que, pour avoir une retraite, il faut travailler 42 ans ? C’est la question que je leur pose. Comme personne ne le fait, les jeunes font des choix par défaut.

Flash Infos : Votre association se préoccupe également des jeunes sans solution administrative. Quelles solutions proposez-vous à ceux qui sont restés sur le carreau ?

H.H.T. : On leur explique qu’ils ont encore la possibilité d’étudier au Kenya, au Rwanda, à Madagascar ou à l’île Maurice. L’objectif, c’est de leur montrer qu’il existe des possibilités ailleurs.

La première étape est de détenir un passeport comorien ou malgache, selon la situation. Ensuite, on sait qu’il existe des métiers de téléprospecteur qui permettent de générer des revenus pour financer ses études. Nous avons des emplois pouvant aller jusqu’à 4 500 euros. Cela permet de les orienter et de les former en amont, puis de les mettre en relation avec ces partenaires afin qu’ils puissent exercer un métier qui ne prend pas beaucoup de temps, en télétravail, et générer un revenu pour financer leurs études tout en se déplaçant sur un autre territoire.

Flash Infos : Nous sommes le 29 juillet (Date de l’interview). Quel conseil donnez-vous à un élève qui n’a effectué aucune démarche ?

H.H.T. : On va lui dire de rester. Nous avons eu le cas d’une jeune fille de Chiconi dont l’admission est validée. Elle n’a pas fait de demande de bourse. Elle va à Montpellier et n’a pas de logement. Heureusement, elle est venue avec ses parents et nous avons pu travailler sur ce projet.

À ceux qui n’ont pas effectué les démarches auprès de LADOM ou qui n’ont pas obtenu d’affectation, je leur dis de ne pas aller en métropole. Vous allez mettre vos familles en difficulté. Et surtout, l’objectif, c’est d’éviter que d’autres jeunes viennent grossir le nombre d’étudiants mahorais qui décèdent chaque année en métropole.

Flash Infos : Combien de temps préconisez-vous pour préparer un bon départ ?

H.H.T. : Au moins deux mois, mais le mieux est de six mois. Dès le mois de janvier de l’année de leur mobilité, il faut identifier et se renseigner sur la question du logement, mais aussi sur la ville où l’on souhaite aller. Pourquoi aller à Rennes plutôt qu’au Mans ? Il faut se renseigner sur la ville étudiante.

Je recommande les villes à taille humaine, comme Le Mans ou Tours. Il y a aussi les communautés estudiantines mahoraises qui accompagnent réellement les nouveaux arrivants.

L’idée, c’est de se renseigner au maximum. Il faut compter six mois de préparation. Il faut également regarder quelles sont les villes qui se trouvent autour. Être étudiant, ce n’est pas seulement suivre des cours. Il faut aussi regarder les activités disponibles, intégrer un club sportif, connaître des gens et se constituer un réseau. C’est comme cela qu’on réussit ses études.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Koutoub Rachadi Miradji, une vie entre héritages et improvisations

Koutoub Rachadi Miradji, une vie entre héritages et improvisations

À Hamjago, tout le monde l’appelle Koutoub. De son nom d’auteur, Rachadi Miradji, ce comédien et auteur mahorais est originaire de la commune de Mtsamboro. Engagé depuis près de vingt ans dans le théâtre et le monde associatif, il est trésorier de la Compagnie théâtrale du Nord. À l’occasion de sa prochaine représentation au Lointain, à Hamjago, le 9 août, il présentera Manz’arnak, une pièce coécrite avec sa troupe autour de l’amour, du mariage et des réalités mahoraises.

Diction irréprochable, lunettes rectangulaires vissées sur le nez et polo gris : Rachadi Miradji, 43 ans, parle de théâtre avec une passion communicative. Le 9 août prochain, il montera sur la scène du Lointain, à Hamjago, pour présenter Manz’arnak, une œuvre écrite collectivement avec les membres de la Compagnie théâtrale du Nord, dont il est le trésorier.

« Je ne vais pas m’attribuer tous les honneurs. Nous avons posé les bases de cette pièce collectivement, à partir d’improvisations. Moi, je me suis simplement chargé de la mettre par écrit », raconte-t-il avec humilité.

Né à Mtsamboro, il grandit entre son village natal et Hamjago, où sa famille finit par s’installer. C’est sa grand-mère qui lui donne le prénom de Koutoub, bien après l’établissement de ses papiers d’état civil. « Elle m’a soulevé et a dit : « Lui, c’est Koutoub. » »

Après des études de lettres à Dembéni, il poursuit un master en sciences du langage à Rouen. C’est aussi à cette période qu’une autre aventure prend véritablement forme : celle du théâtre.

Le théâtre comme révélation

En 2006, il découvre les planches avec l’association Dja Dja La Vénouwa. À l’époque, plusieurs jeunes d’Hamjago décident de créer une troupe reposant sur l’improvisation. Déjà très investi dans le milieu associatif depuis le lycée, il trouve dans le théâtre un nouvel espace d’expression.

« Je me suis intéressé très tôt au monde associatif. J’ai intégré plusieurs associations au lycée avant d’en devenir président », se souvient-il. Très vite, le théâtre devient pour lui bien plus qu’un simple divertissement. Il y voit un véritable outil de transmission et d’épanouissement personnel.

« Le théâtre, c’est une thérapie. Il permet de se découvrir ou de se redécouvrir à travers le jeu », confie-t-il. En 2007, il répond à un appel à projets pour une résidence artistique. Son association ne compte alors aucun comédien. De cette contrainte naît une nouvelle aventure : la Compagnie théâtrale du Nord.

Trésorier de la structure, il ne se limite pas aux tâches administratives. Il écrit, joue, recherche des partenaires et monte les dossiers de financement. Parmi les créations de la compagnie figurent notamment La Fille du polygame et Manz’arnak.

Près de vingt ans plus tard, la troupe continue d’accueillir de nouveaux jeunes. Il évoque avec émotion le parcours de l’une de ses comédiennes.

« Son père nous demande de la garder autant que nous le souhaitons depuis qu’il voit à quel point cette passion l’a transformée », raconte-t-il. Lui-même mesure le chemin parcouru.

« J’étais quelqu’un qui manquait de confiance en lui. Le théâtre m’a donné confiance et je n’ai plus peur de réussir. »

De Molière aux auteurs mahorais

Autour d’une crêpe au Nutella et d’un jus de fruit de la passion, il revient sur les œuvres qui l’ont marqué. Il cite d’abord Dom Juan, de Molière. Au-delà du personnage séducteur, il retient surtout une réflexion sur l’hypocrisie sociale, illustrée par cette célèbre réplique de Dom Juan à Sganarelle, dans la scène 2 de l’acte V :

« Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. » Il découvre ensuite Racine, dont il admire la profondeur de l’écriture. Mais il reste profondément attaché aux auteurs mahorais, notamment Abdou Salam Baco, dont les œuvres le replongent dans une mémoire familiale.

« Ce sont des œuvres qui me font voyager dans mon enfance. Une enfance que je n’ai pas vécue moi-même, mais que j’ai vue à travers mes grands frères et mes oncles. » Il cite également La Rupture de chair, d’Alain-Kamal Martial.

« C’est du Corneille et du Racine mélangés à la mahoraise », résume-t-il.

Manz’arnak, une histoire d’amour à Mayotte

Avec Manz’arnak, Rachadi Miradji raconte une histoire d’amour profondément ancrée dans la société mahoraise. La pièce met en scène une relation à distance : une jeune femme restée à Mayotte attend depuis plus de dix ans que son compagnon officialise leur union. Entre attentes, frustrations et espoirs, l’œuvre explore les réalités du couple, du mariage et des liens familiaux dans l’archipel.

Un thème qui rejoint les préoccupations de l’auteur, passionné par les relations humaines, les conflits, les attentes et tout ce qui façonne la vie collective.

L’ouvrage paraîtra prochainement aux éditions Ylang. Une présentation publique est prévue dans les semaines à venir, avant les dernières répétitions précédant la représentation du 9 août.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Les scooters électriques inondent les routes mahoraises

Les scooters électriques inondent les routes mahoraises
L’entreprise “Ze Moove”, ouverte peu avant Chido, a su “tirer son épingle du jeu” tendis que d’autres entreprises ont au contraire constaté une chute de leur chiffres d’affaires

Depuis quelques mois, les scooters électriques sont partout à Mayotte. Cet engouement a été en partie initié par une campagne de distribution quasi gratuite (0,10 euros) de ces véhicules, relayée par l’entreprise Mayana Project, spécialisée dans les produits s’inscrivant dans une perspective de développement durable et d’économie d’énergie.

Ils sont désormais partout à Mayotte, même dans les villages les plus reculés de l’île. Les scooters électriques sont devenus, en l’espace de quelques mois, le moyen de se déplacer le plus “tendance” de l’île aux parfums ! Si les politiques publiques insistent depuis plusieurs années sur la nécessité d’adopter une “mobilité propre”, cette explosion brutale nous a toutefois interrogée de par son caractère soudain.

Si quelques scooters électriques circulaient déjà sur l’île depuis des années, cela ne fait en effet que quelques mois qu’ils apparaissent quasiment “à chaque coin de rue”. Après enquête, nous avons appris qu’une campagne de distribution de scooters électriques, qui avait échappé à nos radars journalistiques, avait été entreprise sur les réseaux sociaux en 2025, à peine un mois avant Chido. Pour en bénéficier, il fallait envoyer un dossier avec quelques renseignements administratifs, ainsi que son permis de conduire, à l’entreprise Mayana Project, relais de cette campagne à Mayotte et à La Réunion.

Ce n’est qu’il y environ 2 mois que les personnes ayant envoyé les papiers nécessaires ont reçu l’engin promis, d’où leur prolifération rapide ces derniers temps dans les rues de Mayotte. “Nous avons distribué environ 500 scooters électriques ainsi que des vélos à assistance électrique”, affirme Amjad Fahardi, le responsable Mayotte de l’entreprise Mayana Project.

Cette dernière est aussi présente à La Réunion où sa gestion est assurée par Isayak Boinali. “Nous sommes une agence commerciale spécialisé dans la prospection des services et produits s’inscrivant dans une logique de développement durable et d’économie d’énergie”, explique Amjad Fahardi, qui indique que son entreprise a également servi de relais territorial dans la distribution à prix modique de laine de verre, d’ampoules, de brasseur d’air et de peinture thermo réfléchissante. “Nous servons de relais entre les particuliers et les clients”, précise-t-il.

Une campagne effectuée uniquement sur les réseaux sociaux

Mayana Project nous a indiqué que les financeurs de ce projet étaient l’État, EDF et Total Energie. Mais, étrangement, aucun des services de communication de ces institutions ou entreprises ne semble être au courant et n’a donc pu nous donner des renseignements sur cette campagne initiée peu avant Chido. Cette dernière s’est d’ailleurs déroulée dans la plus grande discrétion, uniquement sur les réseaux sociaux via une page Facebook nommée “Mayotte culture”. “Effectivement nous préférons communiquer sur les réseaux sociaux, par le bouche-à-oreille ainsi que via le porte-à-porte”, nous confirme Amjad Fahardi qui précise que “cette stratégie fonctionne très bien”.

Si cette distribution quasi gratuite a causé la chute du chiffre d’affaires de certaines entreprises de vente de scooters électriques, d’autres ont su au contraire “tirer leur épingle du jeu”. C’est notamment le cas de l’entreprise “Ze Moove” dont les scooters électriques sont même les plus visibles dans les rues de l’île au lagon. “Les ventes ont très bien marché dès notre ouverture fin 2024”, affirme Maoulidina Bacar, le responsable commercial de l’entreprise dont la direction se trouve à La Réunion.

La coïncidence de son ouverture avec le passage du cyclone Chido explique sans doute cet engouement. En effet, l’électricité a été plus vite rétablie que la distribution d’essence et beaucoup d’habitants de Mayotte ont sans doute vu là un moyen rapidement accessible de se déplacer, d’autant plus que beaucoup de véhicules thermiques ont été endommagés pendant le cyclone.

L’électrique, c’est économique !

Même s’il faut 6h de charge, cela ne revient qu’à 1 euros la charge, ce qui est bien plus économique que l’essence”, explique le commercial de Ze Moove. Fayal, un utilisateur de scooters électrique interrogé dans la rue confirme : “J’ai choisi l’électrique à cause du prix de l’essence qui ne cesse d’augmenter et, en plus, l’assurance est moins chère que pour un scooter thermique”. Par ailleurs, un scooter électrique neuf ne coûte que 1500 euros, alors que les prix des scooters thermiques 50cm3 ont explosé à Mayotte ces dernières années et qu’on n’en trouve plus à moins de 2000 euros grand minimum sur l’île. Pour résumer : l’électrique, c’est économique !

A défaut d’être réellement moins polluant, car, si ces véhicules ne rejettent en effet pas de polluants dans l’atmosphère, l’électricité dont ils ont besoin pour fonctionner vient de la centrale EDM qui, elle, fonctionne à 95% à base d’énergies fossiles (moteurs diesels alimentés au fioul/gazole). Or une centrale alimentée ainsi est fortement émettrice de polluants et de gaz à effet de serre. EDM projette toutefois de bientôt remplacer les énergies fossiles par des biocarburants (principalement de l’huile de colza). Des documents d’appel d’offre ont été publiés en ce sens en 2026. Pour le moment, le gain existe donc surtout sur la pollution locale et sur la réduction des émissions globale.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Une semaine pour sensibiliser à l’allaitement maternel et accompagner les jeunes parents

Une semaine pour sensibiliser à l’allaitement maternel et accompagner les jeunes parents

À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, le Département-Région de Mayotte organise plusieurs journées d’information et de sensibilisation autour de la relation parent-enfant. Le lancement de l’événement aura lieu samedi 1er août 2026 à partir de 7h30 à l’école maternelle T6 de M’tsamboro.

Cette semaine dédiée aux futurs et jeunes parents mettra en avant les bienfaits de l’allaitement maternel à travers des ateliers, des échanges avec des professionnels de santé et des conseils pour accompagner les familles dès les premiers jours de vie de l’enfant.

Portée par la Direction de la PMI et de la Prévention Santé du Département, cette initiative est organisée en partenariat avec la CSSM, l’ARS Mayotte, les communes, les CCAS, les professionnels de santé et les associations locales. Elle vise à renforcer l’accompagnement des familles et à promouvoir la santé maternelle et infantile sur l’ensemble du territoire.

L’Espace Thé Mora, nouveau rendez-vous culturel et convivial à Mtsangamouji

L’Espace Thé Mora, nouveau rendez-vous culturel et convivial à Mtsangamouji

Un nouveau lieu culturel voit le jour à Mtsangamouji avec l’ouverture officielle de l’Espace Thé Mora, inauguré dimanche 26 juillet 2026 au 55 chemin Manga Drodro. Pensé comme un espace de convivialité, de création et de partage intergénérationnel, ce salon de thé artistique entend proposer un nouveau point de rencontre autour de la culture et de l’expression artistique à Mayotte.

Porté par sa fondatrice Safinati Madi-Islame, le projet repose sur l’idée de créer un lieu chaleureux où habitants, artistes et familles peuvent se retrouver autour d’ateliers créatifs, d’échanges culturels et de gourmandises artisanales. « Offrir un espace où toutes les générations se croisent, s’inspirent et créent ensemble autour d’une tasse de thé », résume-t-elle.

Pour son inauguration, l’Espace Thé Mora a proposé un programme mêlant découverte du lieu et animations culturelles, avec notamment au travers d’un maoulida réalisée en partenariat avec l’association Riziki. La journée s’est poursuivie par un temps d’échange réunissant habitants, artistes et acteurs culturels mahorais.

Avec son aménagement mêlant matériaux traditionnels et touches contemporaines, l’Espace Thé Mora ambitionne de devenir un nouveau lieu de vie culturel à Mtsangamouji, favorisant les rencontres et la valorisation des talents locaux.

Nuit du handball à M’tsangamouji

Nuit du handball à M'tsangamouji

Attendue comme l’un des temps forts sportifs du nord de l’île, “La Nuit du handball” est de retour avec une troisième édition. Le 21 août, la mairie de M’tsangamouji convie le grand public au gymnase de Chembenyoumba pour 24h de handball, de passion et de cohésion.

Mamoudzou s’engage pour une inclusivité renforcée

Mamoudzou s’engage pour une inclusivité renforcée

Dimanche dernier, la marche inclusive contre les discriminations a rythmé les rues de Mamoudzou depuis la place Zakia Madi. Une action organisée par Profession Sport & Loisir Mayotte en partenariat avec la ville de Mamoudzou.

Activités sportives, fitness géant et divers stands ont permis de favoriser la cohésion et le bien-être. Plusieurs associations et professionnels étaient présents pour informer et sensibiliser sur les violences faites aux femmes, les discriminations, la réinsertion ainsi que des dépistages gratuits et des conseils santé.

Le Bar Fly tire sa révérence : une page de la nuit mahoraise se tourne

Le Bar Fly tire sa révérence : une page de la nuit mahoraise se tourne
Le Bar Fly était une boîte de nuit emblématique de Mamoudzou

La boîte de nuit “Le Pasha”, encore largement connue par les fêtards sous son ancien nom “Le bar Fly”, a définitivement fermé ses portes il y a quelques semaines. Plus encore, le bâtiment a été complètement détruit la semaine dernière, y compris les lettres géantes sur sa façade qui étaient visibles depuis la barge.

A la place de la boîte de nuit emblématique des soirées mahoraises depuis la fin des années 90 se trouve à présent un terrain nu, qui ne le sera sans doute pas bien longtemps puisqu’un projet de complexe hôtelier est prévu pour remplacer la boîte de nuit.

Joint par téléphone, Rachid, le gérant du Pasha explique : “Edgar Valero, le propriétaire du terrain, qui est aussi celui du Jardin Maoré dans le sud de l’île, a souhaité récupérer son terrain pour y construire un hôtel. Mon patron, John, ne faisait que louer le terrain et le fond de commerce qui appartenait à Guéni Anderson. Edgar a racheté le fond de commerce, nous ne pouvions donc que plier bagage”. Le jeune homme précise toutefois que sa boîte d’évènementiel “Le Pasha”, dont il avait donné le nom à la boîte de nuit en 2024 afin de “tenter de modifier la réputation du lieu”, continue quant à elle de fonctionner. Il lui faudra simplement trouver un autre lieu pour faire vivre ses évènements.

Plus aucune boîte de nuit à Mamoudzou

Si “Le bar Fly” avait en effet fini par acquérir une mauvaise réputation en raison des nombreux actes de violences qui y éclataient régulièrement avant 2024, la boîte de nuit avait toutefois eu ses “moments de gloire” de 2000 à 2015 environ et les fêtards s’en souviennent comme d’un haut lieu des soirées mahoraises. En devenant “Le Pasha”, la boîte de nuit avait retrouvé une certaine sérénité avec un renforcement de la sécurité et plusieurs changements dans la sonorisation et la programmation, qui avaient fait venir une nouvelle clientèle plus “fréquentable”.

Quoiqu’il en soit, sa disparition signe “l’arrêt de mort” de la vie nocturne mamoudzoise. “Le Pasha” était en effet la dernière boîte de nuit de la capitale. Le Mahaba a fermé pour “des raisons familiales” (mais pourrait réouvrir selon nos informations) et le Loft a définitivement fermé ses portes suite à une expulsion et une liquidation judiciaire prononcée en juin 2026. Les noctambules de Mamoudzou devront désormais se rabattre sur les bars-dancing, qui ferment à 2h du matin (trop tôt pour certains) ou se rendre jusqu’à Hamaha à Majicavo où l’établissement “Le QG chez Hamidou” est désormais autorisé à faire boîte de nuit.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Usine de dessalement d’Ironi Bé : le recours de Sea Shepherd rejeté sans être examiné sur le fond

Le recours de Sea Shepherd rejeté sans être examiné sur le fond
: Le tribunal administratif de Mayotte a rejeté le recours de Sea Shepherd contre l’usine de dessalement d’Ironi Bé pour une erreur de procédure, sans examiner les critiques environnementales de l’association.

Le tribunal administratif de Mayotte rejette le recours de Sea Shepherd France contre le projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé, à Dembéni. Dans sa décision, rendue le 22 juillet, la justice ne se prononce pourtant pas sur les critiques environnementales formulées par l’association. Le recours est rejeté pour une simple question de procédure.

Le litige concerne l’arrêté signé par le préfet le 3 juillet 2025, qui a autorisé le syndicat Les Eaux de Mayotte (LEMA) à construire cette usine de dessalement. L’installation doit produire jusqu’à 10 000 m³ d’eau potable par jour pour répondre aux difficultés d’approvisionnement que connaît régulièrement Mayotte. Le projet prévoit également des canalisations en mer pour le pompage et le rejet de l’eau, ainsi qu’une passerelle traversant une partie de la mangrove.

Sea Shepherd dénonce des risques pour l’environnement

Dans son recours, Sea Shepherd France estime que le projet n’a pas été autorisé dans de bonnes conditions. L’association reproche notamment à l’État de ne pas avoir recueilli tous les avis nécessaires avant de délivrer l’autorisation. Elle estime aussi que certains documents importants n’ont pas été rendus publics pendant l’enquête, empêchant, selon elle, une information complète de la population.

Sur le fond, Sea Shepherd s’inquiète des conséquences de l’usine sur le milieu marin. L’association juge que les effets sur les espèces protégées et la biodiversité ont été sous-estimés. Elle invoque plusieurs textes de protection de l’environnement, dont le principe de précaution, et demande l’annulation de l’autorisation. Elle souhaite également que l’État étudie une autre solution pour produire de l’eau potable.

Une erreur de procédure change l’issue du dossier

Mais le tribunal n’examine aucun de ces arguments. Les juges constatent que Sea Shepherd n’a pas respecté une formalité obligatoire. La loi impose en effet à toute personne qui conteste une autorisation environnementale de notifier son recours, dans les quinze jours, au préfet ainsi qu’au bénéficiaire de l’autorisation. Dans cette affaire, il s’agit du syndicat Les Eaux de Mayotte. Comme l’association n’a pas apporté la preuve qu’elle a bien effectué cette démarche, son recours est déclaré irrecevable. Les magistrats ne se prononcent donc pas sur les questions environnementales soulevées dans le dossier.

Les autres demandes de Sea Shepherd, notamment celle visant à obliger l’État à rechercher une autre solution pour répondre aux besoins en eau, sont également rejetées. Le tribunal refuse enfin d’accorder les frais de justice réclamés par les différentes parties.

Une décision qui ne tranche pas le débat

Cette décision ne signifie pas que le tribunal considère le projet sans impact pour l’environnement. Elle montre simplement que le recours n’a pas pu être examiné parce qu’une règle de procédure n’a pas été respectée. Les critiques formulées par Sea Shepherd sur les effets de l’usine de dessalement sur la biodiversité marine, les espèces protégées ou la mangrove restent donc sans réponse dans cette décision.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes