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Alil Wafion Leytah élue maire du Conseil municipal des jeunes

Alil Wafion Leytah élue maire du Conseil municipal des jeunes

Ce samedi 17 octobre 2026, s’est tenue à la MJC de Mamoudzou la cérémonie d’installation du Conseil Municipal des Jeunes pour le mandat 2026-2028. Cet événement a notamment été marqué par l’élection du nouveau maire des jeunes de la ville chef-lieu. Cette nouvelle équipe aura pour mission de contribuer au développement et à la mise en œuvre de projets destinés à la jeunesse, tout en encourageant la participation des jeunes à la vie citoyenne locale.

Pour cette nouvelle mandature 2026-2028, c’est une jeune femme qui a été élue maire du Conseil Municipal des Jeunes (CMJ) de Mamoudzou. Son nom : Alil Wafion Leytah. Elle a su se démarquer de ses deux concurrents masculins en recueillant 21 voix, contre 12 et 16 voix pour les deux autres candidats.

Visiblement émue et fière de cette nouvelle responsabilité, la jeune maire n’a pas caché son enthousiasme : « Je suis très honorée de représenter tous les membres du Conseil Municipal des Jeunes de Mamoudzou. J’ai confiance en mes camarades et je sais qu’ensemble, nous pourrons améliorer la vie de notre commune », a-t-elle déclaré, le sourire aux lèvres et les yeux brillants d’émotion.

Avec son élection, Alil Wafion Leytah prend désormais la tête d’une équipe de jeunes engagés, prêts à participer activement à la vie citoyenne et à contribuer à la réalisation de projets en faveur de la jeunesse de Mamoudzou.

Une famille comblée de fierté

À l’annonce de la victoire d’Alil Wafion Leytah, sa famille et les 49 membres de son équipe ont laissé éclater leur joie. Cris de bonheur, sourires et émotion étaient au rendez-vous. Pour ses proches, cette élection vient récompenser le travail acharné de leur petite sœur, mais aussi témoigner de l’importance du soutien familial qui l’a accompagnée tout au long de cette aventure : «  Franchement, on est très contents. Il faut savoir qu’il y a beaucoup de soutien derrière elle. On a cru en elle. Pour ma part, en tout cas, nous, sa famille, on ne stressait pas, parce qu’on croyait en elle. On savait qu’elle allait réussir, qu’elle allait gagner. On est très fiers d’elle. J’espère qu’elle va relever ses défis haut la main », témoigne la grande sœur de la nouvelle maire du Conseil municipal des jeunes de Mamoudzou.

Porteurs d’idées et désireux de les concrétiser sur leur territoire, les jeunes élus seront accompagnés tout au long de leur mandat afin de les aider à mener à bien leurs projets. Pour Zaitouni Abdallah, adjointe au maire de Mamoudzou chargée des Conseils municipaux des jeunes et de la petite enfance, il est essentiel de placer la jeunesse au cœur des initiatives locales et de lui donner les moyens de participer activement au développement de Mayotte : « La jeunesse, dans toutes les communes de Mayotte, est primordiale. Nous devons travailler avec elle, car c’est ensemble que nous pourrons construire et réaliser des actions pérennes. Les jeunes d’aujourd’hui sont, d’une certaine manière, plus intelligents que nous. C’est à eux de nous apporter de nouvelles idées pour que nous puissions construire ensemble, mais aussi développer les dimensions économique, sociale et environnementale de notre territoire », souligne-t-elle.

L’élue salue également les propositions présentées par les trois candidats lors de cette élection. À travers leurs professions de foi, ils ont démontré leur volonté de s’investir et de contribuer à la vie de la communauté. « Nous avons vu et senti que ce sont des jeunes qui peuvent nous apporter quelque chose », conclut-elle.

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Anniversaire du décès de Zéna Mdéré : une touche particulière aux célébrations de 2026

Anniversaire du décès de Zéna Mdéré : une touche particulière aux célébrations de 2026

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Le député communiste Jean-Paul Lecoq ne tirera aucun orgueil de sa posture hostile à l’idée d’une Mayotte française et de son attitude dédaigneuse à l’égard de Zéna Mdéré, la cheffe de file des Chatouilleuses. Figure emblématique pour plusieurs générations de Mahoraises et de Mahorais, la leader charismatique verra sa mémoire honorée avec un faste particulier en octobre 2026, à l’occasion de l’anniversaire de son décès. La municipalité de Pamandzi, où elle a longtemps résidé, entend redoubler d’efforts pour se démarquer de ce débat politicien et miser sur la transmission et le devoir de mémoire au profit des jeunes générations.

En milieu de semaine prochaine, la commune de Pamandzi accueillera des Mahoraises et des Mahorais venus de tout l’archipel pour la traditionnelle commémoration du décès de Zéna Mdéré. Une fois de plus, la cheffe de file du commando des Chatouilleuses, qui a contribué à faire échec aux ambitions des leaders indépendantistes comoriens avant 1975, sera célébrée en grande pompe. Elle recevra les hommages posthumes de plusieurs générations de Mahoraises et de Mahorais, en reconnaissance de son combat en faveur du maintien de Mayotte au sein de la République française.

Si ces festivités ont toujours constitué une tribune d’expression pour les responsables politiques, les associations et diverses personnalités engagées dans le développement économique, culturel et social de l’archipel, elles revêtiront cette année une dimension particulière. Ainsi en a décidé la municipalité de Pamandzi il y a deux jours.

La commune entend donner un éclat particulier à cette manifestation, en complément du traditionnel Maoulida ya Shenge, en mettant l’accent sur le devoir de mémoire et la transmission aux nouvelles générations mahoraises du sens et de la portée du combat des Chatouilleuses, mené notamment sous la conduite de Zéna Mdéré.

Si le programme définitif n’est pas encore arrêté, des sources bien informées ont indiqué à la rédaction de Flash Infos que « la ville de Pamandzi réfléchit à un événement qui marquera les esprits à travers plusieurs actions susceptibles de s’étaler sur deux jours, les 27 et 28 octobre 2026. Différents lieux et quartiers de la commune pourraient accueillir des activités à caractère éducatif et culturel, afin d’instruire les plus jeunes sur la signification et la portée réelle du combat politique de Zéna Mdéré ».

Ces activités pourraient être retransmises en direct sur les ondes des médias locaux et diffusées dans le monde entier grâce aux réseaux sociaux. La municipalité travaille actuellement à la mise en place de ce dispositif de communication, avec pour objectif d’ancrer durablement dans les mémoires l’histoire et le combat des célèbres Chatouilleuses. Celles-ci avaient d’ailleurs été citées en exemple, il y a quelques mois, sur le plateau d’une chaîne de télévision nationale par Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, qui s’était montré admiratif de leur méthode de lutte non violente.

Une mauvaise graine implantée dans l’esprit des jeunes Français depuis les bancs des universités et des grandes écoles

Si la commémoration de l’anniversaire du décès de Zéna Mdéré est désormais inscrite dans l’agenda culturel et politique annuel du territoire, notamment chez les partisans de Mayotte département français, l’importance particulière que Pamandzi entend donner à cet événement cette année peut être interprétée comme un pied de nez aux personnalités politiques nationales de l’extrême gauche, de la gauche caviar et du bloc central de droite.

Ces dernières se sont opposées, il y a quelques jours à peine, à l’Assemblée nationale, à Paris, au projet de loi déposé par la députée mahoraise Anchya Bamana (RN), visant à faire entrer Zéna Mdéré au Panthéon.

Aussi discutable qu’ait pu être cette proposition, les habitants de Pamandzi, comme ceux du reste de Mayotte, ont très mal accueilli les arguments avancés par les élus de gauche hostiles à cette initiative, qui visait à honorer la figure emblématique du combat pour le maintien de Mayotte dans le giron français.

Du haut de ses 70 ans, Mme Hadidja, qui habite dans le quartier des Décasés, comme y résidait autrefois Zéna Mdéré, s’insurge contre les propos tenus par le député communiste Jean-Pierre Lecoq lors des récents débats sur ce projet de panthéonisation à l’Assemblée nationale.

« On a bien remarqué que cet homme ne connaissait rien de Mayotte et que ses arguments étaient irréalistes. Ils étaient teintés de racisme antinoir, comme si, par sa seule couleur de peau et ses origines mahoraises, Zéna Mdéré ne méritait pas d’entrer au Panthéon. Ce qui me chiffonne, c’est que je ne vois guère ce que ce député communiste a fait dans sa vie qui soit plus glorieux et plus favorable aux intérêts français que le combat de Zéna Mdéré. Dans ses attaques prétendument anticolonialistes, on voyait le reflet des échecs successifs de ces idéologies, aujourd’hui obsolètes, nulles et non avenues. »

Ces propos relancent le débat dans l’opinion publique mahoraise, qui n’a toujours pas digéré les positions exprimées par certaines personnalités politiques nationales lors de cette discussion, il y a à peine deux semaines.

C’est précisément cette perception que les habitantes et les habitants de Pamandzi entendent combattre démocratiquement, en mettant en valeur leur histoire et en transmettant cet héritage aux jeunes générations.

« Mayotte et ses personnalités historiques n’ont en rien démérité à la suite de ce vote négatif de l’Assemblée nationale. Il faut y voir une certaine forme de négation de l’apport mahorais et ultramarin à la construction de la République. Un apport significatif que certains compatriotes de l’Hexagone, dont les actions sont en réalité insignifiantes, dénient, par esprit chagrin, à d’illustres acteurs de l’histoire de France, dont le seul démérite est d’être nés dans les Outre-mer. »

« C’est l’une des réalités de notre nation. Il faut faire avec, tout en combattant une telle vision réductrice de la France. C’est une très mauvaise façon de voir les choses et, malheureusement, cette mauvaise graine est implantée dans l’esprit des jeunes Français depuis les bancs des universités et des grandes écoles. La réalité du monde est aux antipodes de cela, nous le savons tous, et la France le paie très cher dans ses relations avec d’autres parties du monde en ce moment », explique un ancien conseiller général de Pamandzi, qui a souhaité garder l’anonymat.

Une « gifle républicaine et démocratique » contre l’extrême gauche hostile à Mayotte à l’Assemblée nationale

Une chose est certaine : pas une miette des différentes positions exprimées lors de ce débat à l’Assemblée nationale n’a échappé aux habitants de la ville où résidait Zéna Mdéré.

La mobilisation autour des festivités à venir ne relève pas uniquement des autorités municipales et des instances politiques. Pour différentes composantes de la Petite-Terre, elle se veut une réponse appropriée, voire « une gifle républicaine et démocratique », adressée aux parlementaires dont les propos ont été jugés dédaigneux à l’égard de Mayotte lors de ces débats.

Joint par la rédaction de Flash Infos vendredi soir, Youssouffou Maandhui, le maire de Pamandzi, a confirmé qu’il travaillait actuellement avec son conseil municipal à l’organisation d’une commémoration inédite de l’anniversaire du décès de Zéna Mdéré.

Pour la plupart des habitants de Pamandzi, il ne fait aucun doute que la cheffe des Chatouilleuses doit être plus que jamais célébrée dans l’ensemble de l’archipel mahorais, au même titre que ses compagnons de route et de combat, quels qu’aient été leurs apports individuels ou collectifs à la lutte qui a conduit le peuple mahorais à exprimer son droit légitime et inaliénable à l’autodétermination.

Le festival Alimenterre de retour à Mayotte pour débattre des enjeux agricoles et alimentaires

Le festival Alimenterre de retour à Mayotte pour débattre des enjeux agricoles et alimentaires
Jusqu'au 30 novembre prochain, associations, établissements scolaires, institutions ou professionnels intéressés peuvent contacter Shama afin d'organiser une projection-débat dans le cadre du festival.

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Jusqu’au 30 novembre, le festival Alimenterre propose des projections suivies de débats pour mettre en perspective les défis agricoles et alimentaires auxquels la planète et Mayotte sont confrontées. Pour cette deuxième édition sur le territoire, l’association Shama souhaite mobiliser davantage d’acteurs et faire émerger des pistes de réflexion à partir d’expériences menées à travers le monde.

Comment développer la production locale, rendre une alimentation de qualité accessible ou encore préserver les ressources naturelles ? Autant de questions au cœur de la deuxième édition mahoraise du festival Alimenterre, lancée jeudi 15 octobre à Doujani. Organisé à l’échelle nationale depuis 2007 à l’initiative du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), le festival propose des projections suivies de débats pour faire découvrir des initiatives menées dans différents territoires et réfléchir à ce qu’elles peuvent apporter face aux enjeux agricoles et alimentaires de Mayotte.

À Mayotte, l’événement est organisé par l’association Shama, engagée dans la coopération régionale et internationale et l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

Après quatre séances lors de la première édition, elle souhaite mobiliser davantage de structures cette année, en invitant associations, établissements scolaires, institutions, professionnels de l’agriculture et habitants à prendre part aux projections et aux débats.

“Le festival parle de souveraineté alimentaire, de comment mieux manger, comment mieux vivre avec l’agriculture à notre époque”, explique Salim Ali Halidi, chargé de mission animation territoriale en éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale auprès de Shama.

Le festival Alimenterre de retour à Mayotte pour débattre des enjeux agricoles et alimentaires
Les échanges ont permis de confronter les réalités agricoles du Togo, de la République démocratique du Congo et de Mayotte, notamment autour de la transmission des terres et de la place de l’agriculture vivrière.

Le principe est de partir de documentaires pour ouvrir la discussion sur des problématiques concrètes, mais aussi de faire connaître des initiatives dont Mayotte pourrait s’inspirer. Les films sélectionnés abordent ainsi des sujets variés, de la place de l’eau et des forêts aux pratiques agricoles, en passant par les conditions de production et les enjeux d’une alimentation plus durable.

Du documentaire aux réalités mahoraises

Pour lancer cette édition, Shama a choisi de diffuser “Femmes des Terres”, un documentaire qui donne la parole à des agricultrices de France, du Togo et de Bolivie. Malgré des contextes différents, le film montre comment ces femmes se regroupent pour défendre leur activité, gagner en autonomie et faire évoluer leur place dans le monde agricole. L’accès au foncier, l’organisation collective et l’émancipation face aux rapports patriarcaux figurent parmi les enjeux abordés.

À Doujani, la projection a permis de confronter ces expériences à la situation mahoraise. Les discussions ont notamment porté sur la transmission des terres et la place de l’agriculture vivrière.

Une participante a rappelé que les terres étaient souvent transmises dans le cadre familial, permettant aux femmes de disposer d’un logement et d’une parcelle à cultiver. Mais cette agriculture vivrière, destinée avant tout à subvenir aux besoins du foyer, ne répond pas nécessairement aux enjeux d’une production plus structurée, capable d’approvisionner le territoire.

Le festival Alimenterre de retour à Mayotte pour débattre des enjeux agricoles et alimentaires
Le documentaire Femmes des Terres suit des agricultrices de France, du Togo et de Bolivie confrontées à des difficultés d’accès au foncier et à des inégalités de genre, et qui s’organisent collectivement pour défendre leur activité et gagner en autonomie.

Au-delà de l’accès au foncier, la question de l’installation des jeunes, et notamment des femmes, se pose dans un secteur encore majoritairement masculin et où les agriculteurs sont vieillissants. Comment attirer de nouvelles générations vers un métier souvent perçu comme difficile et peu valorisé ? Au cours des échanges, une participante originaire du Togo a évoqué le poids des représentations familiales. Dans son entourage, l’agriculture était dévalorisée et considérée comme une activité que les parents exerçaient en attendant que leurs enfants accèdent à une situation sociale plus favorable, plutôt que comme un métier à transmettre. Une perception qui peut également se retrouver à Mayotte.

Le développement de l’agriculture passe aussi par une meilleure valorisation du métier et des produits locaux, ainsi que par une réflexion sur les modes de production, afin que les agriculteurs puissent vivre de leur activité.

Multiplier les lieux de discussion

Pour Shama, l’intérêt du festival réside aussi dans sa capacité à mobiliser des publics différents. À Doujani, une association togolaise et béninoise a été conviée pour partager ses expériences agricoles et échanger avec les participants mahorais. La rencontre s’est prolongée autour d’un repas composé de spécialités togolaises, dans une volonté de faire dialoguer les pratiques et les cultures.

Jusqu’au 30 novembre, d’autres structures pourront à leur tour organiser une séance. Les associations, établissements scolaires, institutions ou professionnels intéressés peuvent contacter Shama pour choisir un film parmi la sélection et préparer une projection-débat adaptée à leur public. Les documentaires permettent ainsi d’aborder des sujets différents selon les préoccupations des participants, qu’il s’agisse de l’eau, de la forêt, des plantations ou des systèmes alimentaires.

Comores : un maire évincé après un meeting d’un opposant dans sa commune

Comores : un maire évincé après un meeting d’un opposant dans sa commune

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Les conseillers signataires de la motion, déjà transmise au ministère de l’Intérieur et à la Haute Cour, invoquent officiellement des problèmes internes, notamment un manque de transparence dans la gestion des finances. Mais le calendrier de cette démarche soulève de sérieux doutes quant à ses véritables motivations.

Aux Comores, l’organisation de rassemblements politiques dans des espaces publics en dehors des périodes électorales n’est pas autorisée. Toutefois, ce sont surtout les partis d’opposition qui subissent régulièrement cette mesure. Or, l’organisation d’une réunion, samedi dernier, par un ancien cacique du parti au pouvoir dans la commune de Bambao ya Mboini s’est retournée contre le maire, Ali Nahouza, aujourd’hui dans la tourmente.

Cet édile, originaire d’Iconi, l’une des trois grandes villes de la Grande Comore, est en effet visé par une motion de défiance. Sur les 17 conseillers que compte la commune, 15 ont désavoué, le 13 octobre, le maire, qui, rappelons-le, est issu du parti au pouvoir, la Convention pour le renouveau des Comores (CRC).

Dans leur déclaration, les conseillers signataires évoquent des problèmes internes, notamment des dysfonctionnements préoccupants dans la gestion de la commune. Selon la lettre de convocation à la réunion d’urgence ayant abouti à cette motion de défiance, l’ordre du jour comportait sept points. Parmi ceux-ci figuraient l’absence de sessions annuelles, l’absence de budget pour l’année 2026, le non-respect du règlement intérieur ainsi que l’examen d’irrégularités administratives et comptables présumées.

« La réunion a eu lieu le 13 octobre. La commune est initialement composée de 19 conseillers, mais deux ne siègent plus. Il en reste 17, dont neuf issus de la Convention pour le renouveau des Comores. Mais seulement 15 ont signé. Le maire, lui, s’est abstenu, tout comme un autre conseiller indépendant. Pour le moment, nous attendons la décision de la Cour suprême », a indiqué le premier adjoint, Maoulida Mouhadjiri.

Confiance retirée

La commune, qui comptait 12 108 habitants en 2017, est composée de cinq localités : Iconi, Mbachile, Serehini, Ndruani et Moindzaza Mboini.

« C’est nous qui lui avons accordé notre confiance. Nous venons de la lui retirer en suivant la voie démocratique », a déclaré le conseiller Mohamed Mouigni lors d’une conférence de presse.

« Nous estimons que ces questions auraient d’abord dû être abordées directement avec M. Ali Nahouza. Les conseillers concernés auraient pu saisir officiellement le maire et demander la tenue d’une réunion extraordinaire afin d’obtenir des explications et de vérifier les faits avant d’engager une telle démarche », regrette un employé de la commune.

Ce dernier rappelle que le maire a mis en place des directions et accordé des délégations de signature afin de faciliter le fonctionnement des services municipaux. « Ces éléments doivent également être pris en compte dans l’examen des accusations relatives à la concentration des pouvoirs », estime-t-il.

Si les griefs formulés à l’encontre du maire, qui refuse pour l’instant de quitter ses fonctions, peuvent paraître légitimes, le calendrier de cette fronde interne suscite, en revanche, des interrogations.

Beaucoup établissent un lien entre cette motion de défiance et la récente réunion organisée par le mouvement de l’ancien ministre des Finances, Said Ali Chayhane. Le 10 octobre, son parti, Agir, avait rassemblé ses soutiens à Iconi, dans un foyer, créant la surprise alors que des voix s’élevaient pour interdire sa venue.

Ministre des Finances et du Budget de 2016 à 2021, Said Ali Chayhane est tombé en disgrâce en 2023, lorsqu’il a voulu se porter candidat au poste de gouverneur, défiant ainsi les directives du parti présidentiel. Il sera d’ailleurs exclu, avec d’autres ténors, pour avoir refusé de respecter les choix de la CRC lors des dernières élections de 2024.

Une réunion organisée par un opposant

Depuis, Chayhane, pourtant réputé proche du président Azali lui-même, est perçu comme un opposant au régime. C’est pourquoi les soutiens du parti au pouvoir originaires d’Iconi n’ont pas apprécié la tenue de son rassemblement, au point d’en tenir le maire pour responsable.

Pourtant, ce dernier assure n’avoir jamais délivré d’autorisation. « Dans le courrier qui m’a été communiqué le vendredi 9 octobre, le mouvement Agir nous a informés qu’il organiserait une réunion dans un cadre strictement privé et sans sonorisation extérieure. Je leur ai répondu que je prenais acte de leur demande, en reprenant mot pour mot le contenu de leur courrier dans ma réponse et en rappelant leurs engagements. Malheureusement, ils ne les ont pas respectés », s’est défendu, le 12 octobre, le maire Ali Nahouza, qui ne reconnaît pas la motion de défiance votée contre lui.

L’édile, qui a pris ses fonctions en juin 2025, dénonce le non-respect de la procédure par ses détracteurs, ainsi que les pressions qui auraient été exercées sur les conseillers qui le soutenaient. Un juriste interrogé par Flash Infos rappelle que l’article 327 du Code électoral de 2023 dispose expressément qu’une majorité des deux tiers du conseil communal peut révoquer le maire et ses adjoints, individuellement ou collectivement. Les conseillers communaux peuvent donc décider de mettre fin à son mandat, à condition de réunir cette majorité qualifiée des deux tiers.

« Toutefois, il ne suffit pas de réunir cette majorité. Encore faut-il respecter les règles de convocation du conseil, de quorum, de délibération et de vote prévues par la législation », insiste-t-il. Notre source précise que l’article 13 de la loi sur la décentralisation exige que chaque conseiller reçoive une convocation écrite comportant l’ordre du jour au moins huit jours francs avant la réunion, ou cinq jours francs en cas d’urgence.

« La régularité de la procédure est donc essentielle, indépendamment de la majorité obtenue. Si ces conditions ne sont pas respectées, la décision pourrait être contestée devant la juridiction administrative compétente », souligne le juriste.

Le maire Ali Nahouza, également conseiller du président chargé du sport, va-t-il saisir la Haute Cour ? Tout dépendra de la suite que le ministère de l’Intérieur donnera à la motion qui lui a été remise.

Le festival Milatsika ouvre sa 20e édition ce vendredi à Chiconi

Le festival Milatsika ouvre sa 20e édition ce vendredi à Chiconi

Ce vendredi 16 octobre, le festival Milatsika lance sa 20e édition sur le plateau polyvalent de Chiconi. Prévu sur deux soirées, jusqu’au samedi 17 octobre, ce rendez-vous musical met à l’honneur les artistes de Mayotte et d’ailleurs, avec une programmation qui mêle traditions locales et influences venues de Madagascar, de l’Hexagone et d’autres horizons. Les concerts débuteront à 19 h 30.

Pour cette première soirée, le public retrouvera les groupes mahorais Chok Chok Nambawani, autour du mbiwi, et Faya Red, dont la musique associe reggae et sonorités traditionnelles. Le groupe malgache Vilon’Androy, porteur des traditions musicales du sud de la Grande Île, sera également à l’affiche, aux côtés de Moh! Kouyaté, artiste franco-guinéen, et du musicien mahorais Lathéral.

Cette édition anniversaire marque vingt ans d’existence pour Milatsika, dont l’histoire remonte à 2007. Au fil des années, le festival s’est construit autour de la découverte musicale et du dialogue entre les cultures, avec la volonté de faire se rencontrer les traditions et les créations contemporaines. La deuxième soirée, samedi, accueillera notamment Karimouche, Albaluna, Lico Kininike, Ninga et Del Zid.

 

Le festival se tient sur le plateau polyvalent de Chiconi. Les informations pratiques et le programme détaillé sont disponibles sur le site officiel de Milatsika.

Coupe régionale de France : Bandrélé FC et les Diables noirs de Combani en finale samedi

Coupe régionale de France : Bandrélé FC et les Diables noirs de Combani en finale samedi
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La finale de la Coupe régionale de France opposera le Bandrélé FC aux Diables noirs de Combani, samedi 17 octobre, à 14h30. Tenants du titre, les joueurs de Bandrélé ont décroché leur qualification en battant l’AS Sada (3-2), samedi 10 octobre à Labattoir, lors d’une demi-finale rejouée à huis clos après les violences du 26 septembre. L’AS Sada avait déposé une réserve technique contestant le troisième but de Bandrélé, mais celle-ci a été rejetée par la Ligue mahoraise de football. Le club de Sada avait également saisi le tribunal administratif pour contester la décision de faire rejouer la rencontre. Le juge ne s’est pas encore prononcé. De leur côté, les Diables noirs ont éliminé l’US Ouangani (2-1) et tenteront de reconquérir un trophée remporté en 2024. Le vainqueur représentera Mayotte au septième tour de la Coupe de France, dans l’Hexagone.

Des médicaments contrefaits contre le diabète et l’obésité interceptés par les douanes

Des médicaments contrefaits contre le diabète et l’obésité interceptés par les douanes
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Les douanes de Mayotte ont intercepté plusieurs colis postaux contenant de faux stylos injectables utilisés contre le diabète et l’obésité, a annoncé ce jeudi 15 octobre l’Agence régionale de santé (ARS). Ces produits peuvent contenir des substances inconnues, des dosages incorrects ou être dépourvus du principe actif annoncé. L’ARS appelle à ne pas acheter de médicaments injectables sur les réseaux sociaux ou auprès de vendeurs non autorisés. En cas de doute, elle recommande de ne pas utiliser le produit et de consulter un pharmacien. Les personnes ayant déjà utilisé un stylo suspect doivent contacter un médecin, ou appeler le 15 en cas de symptômes graves.

Mamoudzou installe son Conseil municipal des jeunes

Mamoudzou installe son Conseil municipal des jeunes
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Le Conseil municipal des jeunes (CMJ) de Mamoudzou sera installé pour la mandature 2026-2028 ce samedi 17 octobre. La cérémonie se déroulera de 9 heures à 12 heures sur le parvis de la MJC de Mamoudzou, en présence du maire Ambdilwahedou Soumaïla et des élus municipaux. Cette installation marque une nouvelle étape dans l’engagement citoyen des jeunes de la commune.

À Kawéni, une matinée pour imaginer le quartier de demain

À Kawéni, une matinée pour imaginer le quartier de demain

La Ville de Mamoudzou organise, samedi 17 octobre, de 8 heures à 12 heures, une matinée dédiée à l’architecture et à l’avenir du quartier de Kawéni, sur la place SPPM, dans le cadre des Journées nationales de l’architecture. Intitulée « Du Faré au Quartier – Réhabiliter et bâtir l’avenir à Kawéni », cette rencontre s’inscrit dans le périmètre du Nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU).

Au programme : ateliers participatifs, animations, découverte des savoir-faire en construction, prévention des risques et présentation des projets d’aménagement. L’objectif est d’associer les habitants à la transformation de leur quartier et de leur permettre de s’exprimer sur son avenir, notamment à travers une enquête en ligne intitulée « Participez à la vie du faré ! ».

Cette initiative est organisée avec le soutien du ministère de la Culture et en partenariat avec plusieurs acteurs locaux, dont les Compagnons bâtisseurs, le RSMA de Mayotte, Actes & Cités et le Comité des jeunes de Kawéni. La matinée est ouverte à tous.

Réhabiliter ou démolir ? Le CAUE de Mayotte organise un nouveau ciné-débat à Chirongui ce samedi

Réhabiliter ou démolir ? Le CAUE de Mayotte organise un nouveau ciné-débat à Chirongui ce samedi

À l’occasion des Journées nationales de l’architecture, du 15 au 18 octobre, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Mayotte organise la troisième édition de son ciné-débat, ce samedi 17 octobre 2026, à partir de 13 heures, au Pôle culturel de Chirongui. Intitulée “Bâtir l’avenir : réhabiliter ou démolir ?”, cette rencontre gratuite et ouverte à tous invite le public à réfléchir au devenir des bâtiments existants et à leur adaptation aux modes de vie actuels.

À Mayotte, certaines maisons sont dégradées, tandis que d’autres, plus anciennes, ne correspondent plus aux besoins de leurs occupants. Faut-il alors démolir pour reconstruire ou privilégier la rénovation ? Dans un contexte marqué par la rareté du foncier et le coût élevé des matériaux de construction, la question de la réhabilitation se pose avec d’autant plus d’acuité. Le CAUE souhaite ainsi ouvrir la discussion sur les possibilités de moderniser les logements existants, notamment les maisons familiales, sans nécessairement repartir de zéro.

La rencontre débutera à 13 heures par la projection du film Gagarine, réalisé par Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, d’une durée d’une heure et quarante minutes. Le long-métrage suit Youri, un jeune habitant dont l’immeuble est menacé de démolition. Avec l’aide de Diana, Houssam et des autres habitants, il tente de sauver la cité dans laquelle il a grandi, qu’il imagine comme un vaisseau spatial.

La projection sera suivie, à 14 h 45, d’un débat autour des différentes manières de transformer les lieux habités. Des exemples de réhabilitation et d’adaptation de bâtiments seront présentés afin d’alimenter les échanges avec le public sur les solutions possibles pour faire évoluer l’existant.

À 15 h 15, les participants pourront également découvrir l’exposition consacrée aux deux concours photographiques “Photographier les ornements des maisons mahoraises” et “Photographier les mosquées de Mayotte”. Un buffet clôturera ce temps de rencontre. L’exposition restera accessible du 16 au 21 octobre, sous le préau du Pôle culturel de Chirongui.

Octobre Rose : une course d’obstacles et un village santé à Pamandzi samedi

Octobre Rose : une course d’obstacles et un village santé à Pamandzi samedi

Dans le cadre d’Octobre Rose, la Ville de Pamandzi se mobilise contre le cancer du sein avec une journée de sensibilisation prévue le samedi 17 octobre 2026, de 8 heures à 15 heures. Organisé par le Centre de coordination – Dépistage des cancers de Mayotte, avec le soutien de l’Agence régionale de santé (ARS), de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) et de la préfecture, l’événement associera sport, prévention et animations familiales.

La matinée débutera par une course d’obstacles de 2 kilomètres, gratuite et ouverte à tous. Le départ sera donné à 8 heures au stade de Labattoir, avec une arrivée prévue au stade de Pamandzi, où des jeux et des animations seront proposés aux enfants. Les participants sont invités à venir vêtus de rose, couleur emblématique de cette campagne de sensibilisation.

Tout au long de la journée, un village santé accueillera le public pour des actions d’information, de sensibilisation et de dépistage. Une petite restauration sera également proposée sur place. Plusieurs animations rythmeront l’événement : des discours officiels à 11 heures, une démonstration de mini-judo à 11 h 30, du chigoma à 13 heures, puis une séance de fitness à 14 heures pour clôturer la journée.

À travers cette mobilisation, les organisateurs souhaitent encourager le public à s’informer sur le cancer du sein et l’importance du dépistage, tout en réunissant les habitants autour d’un rendez-vous sportif et convivial. Les familles, les groupes d’amis et l’ensemble de la population sont invités à participer à cette journée placée sous le signe de la solidarité.

Port de Longoni : le groupe Nel sanctionné de 2,16 millions d’euros pour abus de position dominante

Port de Longoni : le groupe Nel sanctionné de 2,16 millions d’euros pour abus de position dominante

L’Autorité de la concurrence a infligé, jeudi 15 octobre, une amende de 2,16 millions d’euros à plusieurs sociétés du groupe mahorais Nel, dont Mayotte Channel Gateway (MCG), ancien gestionnaire du port de Longoni. Deux pratiques sont sanctionnées : l’éviction d’un concurrent historique au profit d’une filiale du groupe et la facturation de prestations injustifiées aux importateurs mahorais.

L’Autorité de la concurrence a annoncé, jeudi 15 octobre, une sanction de 2 162 599 euros à l’encontre de plusieurs sociétés du groupe Nel, auquel appartient Mayotte Channel Gateway (MCG), qui a géré le port de Longoni de 2013 à septembre 2026. Au terme de son enquête, engagée à la suite d’un signalement de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), elle retient deux abus de position dominante dans le secteur de la manutention portuaire.

Le premier concerne la stratégie mise en place par le groupe Nel pour étendre son contrôle sur les activités du port, au-delà des missions prévues dans sa délégation de service public. Attribuée en 2013 par le Département de Mayotte, celle-ci portait sur la gestion et l’exploitation des infrastructures portuaires, mais n’incluait pas les activités de manutention.

Une stratégie pour évincer la concurrence

Selon l’Autorité, dès 2014, MCG a empêché la Société mahoraise d’acconage, de représentation et de transit (SMART), manutentionnaire historique du port, d’accéder aux espaces nécessaires au stockage et à la livraison des conteneurs. Le groupe Nel s’est parallèlement réservé une grande partie de ces activités, tout en cherchant à contrôler les opérations de chargement et de déchargement des navires assurées par la SMART.

En décembre 2015, un contrat de partenariat a notamment permis au groupe d’exercer un contrôle étroit sur l’activité de son concurrent. L’obtention d’une autorisation d’occupation du domaine public, indispensable à la SMART, était conditionnée à l’acceptation de ces dispositions. Des conditions d’utilisation des grues de quai lui ont également été imposées, limitant son autonomie.

Dans le même temps, le groupe Nel favorisait sa propre filiale de manutention, Manu-Port. Ces pratiques ont notamment conduit la SMART à perdre son principal client, l’armateur CMA-CGM, au profit de Manu-Port, précipitant son placement en redressement judiciaire. Après la liquidation de la SMART et la reprise de ses actifs et de son personnel par CMA-TM, filiale de CMA-CGM, le groupe Nel a poursuivi sa stratégie à l’encontre de ce nouvel opérateur.

Des prestations facturées mais parfois non réalisées

Le second abus concerne les importateurs mahorais. L’Autorité de la concurrence a établi que MCG leur imposait des facturations sans rapport avec les services réellement rendus. Étaient notamment concernées des prestations de livraison de conteneurs pleins et de nettoyage de conteneurs vides.

Certaines de ces prestations n’ont même pas été réalisées, relève l’Autorité. Ces conditions, imposées unilatéralement à des importateurs dépendants de MCG, ont entraîné une augmentation de leurs coûts.

Pour déterminer le montant des sanctions, l’Autorité a retenu comme circonstance aggravante la qualité de délégataire de service public de MCG, estimant qu’une entreprise chargée d’une telle mission porte une responsabilité particulière en matière de concurrence. Sur les 2,16 millions d’euros d’amendes prononcées, un peu plus de 2 millions concernent directement MCG.

Une nouvelle sanction après la fin de la délégation de service public

Cette décision s’ajoute aux précédents revers judiciaires de MCG. En décembre 2021, la société et sa maison mère avaient déjà été sanctionnées à hauteur de 100 000 euros pour avoir fait obstruction à l’enquête de l’Autorité de la concurrence, en ne répondant pas à ses demandes d’informations.

En juin 2025, le tribunal administratif de Mayotte avait également prononcé la résiliation anticipée de la délégation de service public de MCG, notamment en raison de tarifs illégaux et de prestations facturées sans avoir été demandées ou réalisées. Une décision confirmée le 2 juin 2026 par la cour administrative d’appel de Bordeaux, qui avait jugé la poursuite du contrat contraire à l’intérêt général.

Depuis le 1er septembre, la gestion du port de Longoni est assurée par l’Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM), créé par le Département-Région pour prendre le relais de MCG.

Enfin, l’Autorité de la concurrence impose à MCG de publier un résumé de sa décision sur le site internet et dans l’édition papier de Mayotte Hebdo. Le texte intégral de cette décision du 15 octobre doit encore être rendu public.

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À Vahibé, la colère monte face aux chantiers à l’arrêt de l’école élémentaire et de la PMI

À Vahibé, la colère monte face aux chantiers à l’arrêt de l’école élémentaire et de la PMI
Le coût prévisionnel initial de la PMI s’élevait à 2,32 millions d’euros. Au vu des dégradations du bâtiment, la facture pourrait s’alourdir si le projet était mené à son terme.

Les habitants s’impatientent devant l’absence d’avancées sur deux chantiers attendus dans le village : la reconstruction de l’école élémentaire Vahibé 1 et la construction du centre de protection maternelle et infantile (PMI). Alors que les élèves restent scolarisés dans des conditions dégradées, le manque d’informations des pouvoirs publics nourrit la colère et les appels à la mobilisation.

De part et d’autre de la rue Haronophe, en plein centre de Vahibé, deux chantiers exaspèrent les habitants du village. Celui de l’école élémentaire Vahibé 1, porté par la Ville de Mamoudzou, semble au point mort depuis la pose de la première pierre, en décembre 2025. Celui du centre de protection maternelle et infantile (PMI), lancé par le Département-Région, est à l’arrêt depuis plusieurs années. Le bâtiment partiellement construit se dégrade progressivement. Son sous-sol serait même devenu un lieu de squat, selon les habitants, malgré la présence d’un gardien.

Deux projets qui piétinent

Les enjeux ne sont pas les mêmes. Avant le passage du cyclone Chido, l’école élémentaire Vahibé 1 devait faire l’objet d’une rénovation afin d’augmenter sa capacité d’accueil. Mais, complètement détruite par la force de la tempête, elle doit désormais être presque entièrement reconstruite. En attendant, les élèves sont tous scolarisés à l’école Vahibé 2 en contrebas du village, ce qui surcharge l’établissement et contraint la Ville de Mamoudzou à aménager des classes modulaires et à construire un nouvel établissement, pour accroître les capacités d’accueil. Les élèves subissent ainsi de fortes rotations, une situation dénoncée à plusieurs reprises par les parents d’élèves ces derniers mois.

Pour eux, voir la reconstruction de Vahibé 1 piétiner, c’est aussi voir leurs enfants continuer à apprendre dans des conditions dégradées, sans savoir combien de temps cette situation va encore durer.

Du côté de la PMI, le projet doit permettre d’améliorer l’accueil des familles et l’accès aux soins, notamment grâce à des services de télésanté et de télémédecine. D’un coût prévisionnel de 2,32 millions d’euros, il bénéficie d’un cofinancement du Département-Région et de l’Union européenne. En décembre 2025, le Département a relancé plusieurs lots du marché de travaux, dont ceux consacrés à la charpente, à l’électricité, à la plomberie et à l’étanchéité. La date limite de remise des offres était fixée au 23 janvier 2026. Depuis, aucune information publique retrouvée ne permet de confirmer la reprise effective du chantier ni d’établir un calendrier de livraison.

Pour Ibrahim Traoré, habitant “engagé” du village, au-delà des deux projets à l’arrêt, c’est surtout l’absence de réponses et d’informations de la part des pouvoirs publics qui attise la colère.

“Que ce soit pour l’école élémentaire ou la PMI, c’est silence radio”, déplore-t-il. “On nous a promis la livraison de l’école en mars 2028. Pour le moment, on ne voit aucune machine, aucune activité. Ça nous inquiète et, jusqu’à maintenant, nous n’avons aucune communication, rien”. 

“On est prêts à aller manifester dans les bâtiments municipaux s’il le faut !”.

“Petit à petit, je comprends qu’il ne faut rien attendre des pouvoirs publics. C’est une déception. Sans actes concrets, sans preuves matérielles, on ne peut pas faire confiance”, ajoute-t-il. L’habitant compte rassembler les documents dont il dispose pour engager une action en justice.

Avec ses voisins et d’autres habitants du village, il entend se faire entendre dans les prochains jours, avant même la rentrée scolaire. “On est prêts à aller manifester dans les bâtiments municipaux s’il le faut !”.

“Le problème, c’est qu’on entend parler de Vahibé, mais aussi de Tsoundzou, de façon négative, à cause des violences. Mais il ne faut pas s’étonner s’il n’y a pas d’école ! Bientôt, on va devoir construire des maisons éducatives juvéniles, des prisons. Tout ce qu’on souhaite, c’est que nos petites sœurs et nos petits frères puissent disposer des mêmes chances d’apprendre que les autres élèves de France”.

“C’est un problème qui concerne tout le monde, pas juste Vahibé, car tout le monde va passer sur la route nationale”

Pour lui, la situation dépasse les frontières du village. “C’est un problème qui concerne tout le monde, pas juste Vahibé, car tout le monde va passer sur la route nationale de Vahibé, tout le monde va utiliser la route nationale de Tsoundzou. On est tous concernés ! On ne peut pas continuer dans ce sens-là. Si on ne fait pas ce qu’il faut, on va droit dans le mur”.

Concernant l’école élémentaire Vahibé 1, la Ville de Mamoudzou assure attendre la notification de l’arrêté de subvention de l’État, qui doit financer une grande partie des travaux. Cette notification correspond à la confirmation officielle de l’attribution de l’aide publique et de ses conditions. Elle permet à la collectivité de disposer du cadre administratif nécessaire pour mobiliser ce financement. Selon la Ville, le dossier pourrait ensuite être débloqué. En décembre 2025 le maire de Mamoudzou Ambdilwahedou Soumaïla soulignait que la durée des travaux était estimée à 27 mois, pour un coût total de 12,5 millions d’euros.

Pour la PMI, le Département-Région indique simplement que “c’est en cours”, sans apporter davantage de précisions sur le calendrier ni sur l’état actuel du chantier.

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Budget 2027 : Estelle Youssouffa hausse le ton et menace de voter la censure

Budget 2027 : Estelle Youssouffa hausse le ton et menace de voter la censure

Alors que l’Assemblée nationale a entamé l’examen du projet de loi de finances pour 2027, la députée Estelle Youssouffa annonce qu’elle votera toute motion de censure déposée contre le gouvernement. Au cœur de sa colère : des crédits jugés insuffisants pour reconstruire le département, des financements annoncés mais encore non consommés et le sentiment d’un territoire laissé pour compte par l’État. Au-delà des chiffres, l’élue fait de ce budget un test de crédibilité pour l’exécutif.

Le débat budgétaire s’est ouvert à Paris, mais la bataille politique se joue aussi à des milliers de kilomètres de l’Assemblée nationale, dans un territoire qui attend toujours des réponses concrètes à ses difficultés. Sur l’île au lagon, le projet de loi de finances pour 2027 ne suscite pas seulement des interrogations sur les montants inscrits dans les documents officiels. Il ravive une question plus profonde : l’État est-il réellement à la hauteur des engagements pris envers les Mahorais ?

Pour Estelle Youssouffa, la réponse est loin d’être satisfaisante. Invitée ce jeudi dans l’émission Zakwéli de Mayotte La 1ère, l’élue a affiché une opposition sans ambiguïté aux orientations budgétaires du gouvernement de Sébastien Lecornu. Son message est clair : si une motion de censure est déposée, elle votera en faveur de celle-ci.

« Je voterai la censure », affirme-t-elle, faisant du dossier mahorais l’un des principaux motifs de sa rupture avec l’exécutif. Une déclaration qui intervient alors que les députés examinent depuis le mardi 13 octobre la première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2027.

Derrière cette prise de position, il y a une dénonciation politique, mais aussi une contestation très concrète de la manière dont les crédits destinés à Mayotte sont programmés et utilisés. Car, pour la parlementaire, le problème ne se limite pas à l’insuffisance des sommes annoncées. Il tient également à l’écart entre les promesses budgétaires, les crédits effectivement mobilisés et les besoins d’un territoire confronté à des difficultés persistantes.

Des milliards annoncés, mais une reconstruction qui reste au cœur des inquiétudes

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une augmentation de 10 % du budget du ministère des Outre-mer. Sur le papier, cette progression pourrait être présentée comme un signe de soutien accru aux territoires ultramarins. Mais Estelle Youssouffa refuse de s’arrêter à cette lecture globale.

Pour Mayotte, l’exécutif prévoit notamment de reconduire l’aide de 100 millions d’euros destinée au Département-Région. Le budget fait également apparaître 307 millions d’euros d’autorisations d’engagement et 261 millions d’euros de crédits de paiement pour 2027.

Des montants importants en apparence, mais dont la portée dépend de leur destination, de leur calendrier de mobilisation et de leur transformation en réalisations concrètes. C’est précisément sur ce terrain que la députée concentre ses critiques.

Selon elle, l’effort financier consacré à la refondation de Mayotte ne progresse pas suffisamment au regard des attentes et des engagements antérieurs. L’élue met notamment en avant une enveloppe affichée de 668 millions d’euros pour 2027, contre 674 millions d’euros prévus l’année précédente. « Le compte n’y est toujours pas », résume-t-elle en substance.

Pour la parlementaire, cette comparaison illustre une contradiction : alors que Mayotte demeure dans l’attente d’une reconstruction à la hauteur de ses besoins, les crédits annoncés diminueraient d’un exercice à l’autre. Une évolution qu’elle juge difficilement acceptable, d’autant plus qu’elle estime que les moyens précédemment programmés n’ont pas été mobilisés à la hauteur des annonces.

La question n’est donc plus seulement celle du montant inscrit dans le budget. Elle concerne également la capacité de l’État à transformer les crédits votés en chantiers, en infrastructures et en réponses visibles pour la population.

Le précédent de 2026, principal argument de la députée

Pour étayer son réquisitoire, Estelle Youssouffa s’appuie sur les chiffres de l’exercice précédent. Elle rappelle que 674 millions d’euros avaient été prévus pour la refondation de Mayotte, mais que seuls 54 millions d’euros auraient été dépensés, selon les données qu’elle avance.

Si ces chiffres sont au cœur de son argumentation, ils mettent surtout en lumière une distinction essentielle dans les finances publiques : annoncer une enveloppe ne signifie pas nécessairement que les fonds seront effectivement décaissés, encore moins que les projets attendus seront réalisés dans les délais.

Une autorisation budgétaire peut permettre d’engager des dépenses, tandis que les crédits de paiement servent à régler les dépenses au fur et à mesure de leur exécution. Entre l’inscription d’une somme dans un budget et sa traduction sur le terrain, plusieurs étapes administratives et opérationnelles peuvent intervenir.

Mais pour les habitants d’un territoire qui attend des réponses urgentes, cette distinction ne suffit pas à dissiper les frustrations. Ce qui compte, ce sont les résultats obtenus et les changements réellement perceptibles dans la vie quotidienne.

C’est sur cet écart entre les annonces et leur concrétisation que la députée entend faire porter la pression politique. À ses yeux, le gouvernement ne peut pas invoquer les montants inscrits dans le projet de loi de finances comme preuve d’un engagement suffisant si les crédits précédemment prévus n’ont pas été consommés à la hauteur des attentes.

Elle accuse ainsi le gouvernement Lecornu de réduire l’enveloppe prévue pour 2027 après une année 2026 marquée, selon elle, par des économies et une mobilisation insuffisante des moyens disponibles.

Le raisonnement de l’élue est simple : si les fonds annoncés précédemment n’ont pas permis d’accélérer la reconstruction, la priorité devrait être de corriger les blocages et d’obtenir des résultats, plutôt que de réduire les montants programmés.

Cette lecture constitue désormais l’un des fondements de son opposition au budget.

Les 100 millions d’euros attendus par les collectivités au centre du conflit

Autre point de crispation : les 100 millions d’euros de crédits de paiement destinés aux collectivités locales, dont Estelle Youssouffa estime qu’ils auraient dû être versés dès cette année.

« L’État prévoit par ailleurs 100 millions d’euros de crédits de paiement pour les collectivités locales, mais on aurait dû les recevoir cette année », déplore-t-elle.

Cette déclaration traduit une inquiétude qui dépasse le seul débat parlementaire. Les collectivités sont des acteurs essentiels de la reconstruction et du fonctionnement du territoire. Elles doivent pouvoir disposer des moyens nécessaires pour financer leurs opérations, soutenir les services publics et participer à la remise en état des infrastructures.

Lorsque des financements attendus tardent à arriver, la capacité des collectivités à planifier leurs investissements peut être fragilisée. Des projets peuvent être retardés, des priorités doivent être réévaluées et les élus locaux se retrouvent contraints de composer avec des ressources incertaines.

Pour Mayotte, où les besoins de reconstruction sont considérables, la question du calendrier de versement des fonds prend donc une importance particulière.

L’enjeu ne se résume pas à savoir combien l’État promet de verser sur plusieurs années. Il s’agit aussi de déterminer quand les ressources seront effectivement disponibles et si elles permettront de répondre aux besoins au moment où ceux-ci se présentent.

En mettant en avant ces 100 millions d’euros, Estelle Youssouffa cherche ainsi à déplacer le débat du terrain des annonces vers celui de l’exécution budgétaire. Une manière de rappeler que la crédibilité de l’action publique se mesure aussi à sa capacité à tenir les échéances annoncées.

La censure comme moyen de pression sur l’exécutif

La contestation budgétaire prend désormais une dimension politique plus large. Alors que le Parti socialiste agite de nouveau la menace d’une motion de censure, Estelle Youssouffa annonce qu’elle soutiendra une telle initiative si elle est déposée.

La députée entend ainsi inscrire son opposition au budget dans un rapport de force susceptible de fragiliser le gouvernement.

Son positionnement n’est pas nouveau. Elle rappelle avoir déjà voté une motion de censure en janvier dernier. Mais sa déclaration actuelle montre qu’elle ne considère pas les griefs formulés à l’époque comme résolus.

Pour elle, la question mahoraise ne peut plus être traitée comme un dossier secondaire dans les arbitrages nationaux. Elle estime que les réponses apportées par l’exécutif ne sont pas à la hauteur de la situation et que la poursuite de cette politique ne peut se faire sans conséquence politique.

« Je ne censure pas gratuitement. Je censure le manque d’actions du gouvernement à Mayotte », explique-t-elle.

Cette formulation est importante. L’élue présente son éventuel vote non comme une opposition systématique au gouvernement, mais comme une sanction politique motivée par ce qu’elle considère être un défaut d’action sur le terrain.

En liant explicitement son vote à la situation de Mayotte, elle cherche à imposer une exigence de résultats à l’exécutif. Le budget devient ainsi davantage qu’un document comptable : il constitue, à ses yeux, un indicateur de la volonté réelle du gouvernement de répondre aux besoins du territoire.

Reste que le vote d’une motion de censure obéit à une logique parlementaire plus large. La décision d’Estelle Youssouffa, si elle confirme sa position au moment du scrutin, ne suffira pas à elle seule à déterminer l’issue d’une éventuelle procédure. Son importance réside aussi dans le signal politique qu’elle adresse à l’exécutif.

Au-delà de la reconstruction, la violence et le sentiment d’abandon

Le discours de la députée ne se limite pas aux crédits de la reconstruction. Dans son intervention sur Mayotte La 1ère, elle élargit le débat à deux autres sujets : la violence et ce qu’elle décrit comme un abandon du territoire.

« Le sujet n’est pas uniquement sur la reconstruction qui n’a pas lieu, mais aussi sur la violence, et un abandon du territoire », dénonce-t-elle.

Cette déclaration montre que son opposition au budget s’inscrit dans une critique plus générale de l’action gouvernementale à Mayotte. Pour l’élue, les difficultés du territoire ne peuvent pas être traitées séparément, comme si la reconstruction relevait uniquement de l’investissement public et les questions de sécurité d’une politique distincte.

Elle considère, au contraire, que l’ensemble de ces problématiques participe d’une même interrogation sur la présence et l’efficacité de l’État.

La reconstruction des infrastructures, le fonctionnement des collectivités, la sécurité des habitants et la capacité des services publics à répondre aux besoins de la population sont autant de sujets qui nourrissent le débat sur l’avenir de l’archipel.

En les réunissant dans un même réquisitoire, Estelle Youssouffa entend faire de Mayotte un enjeu politique global. Elle ne réclame pas uniquement davantage de crédits, mais une action qu’elle juge plus rapide, plus cohérente et plus visible.

Cette stratégie place le gouvernement face à une difficulté : répondre à la contestation par la seule présentation de chiffres budgétaires risque de ne pas suffire si les élus et les habitants attendent avant tout des résultats concrets.

Un budget qui met à l’épreuve la parole de l’État

Le débat sur le PLF 2027 intervient dans un contexte où la confiance entre les responsables politiques et une partie des représentants mahorais apparaît particulièrement fragile.

Les chiffres avancés par Estelle Youssouffa alimentent une interrogation centrale : comment évaluer l’effort de l’État lorsque les enveloppes annoncées ne se traduisent pas nécessairement par des dépenses réalisées dans les mêmes proportions ?

L’augmentation de 10 % du budget du ministère des Outre-mer constitue un indicateur global. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer si les moyens affectés à Mayotte sont suffisants ou si les crédits prévus seront exécutés dans les délais.

De la même manière, la comparaison entre les enveloppes de 2026 et de 2027 doit être distinguée du montant effectivement dépensé. Les 674 millions d’euros prévus pour l’année précédente, les 54 millions d’euros de dépenses évoqués par la députée et les 668 millions d’euros affichés pour 2027 correspondent à des données qui doivent être examinées selon leur périmètre et leur nature budgétaire.

Cette distinction est essentielle pour apprécier précisément l’évolution des financements. Mais elle ne fait pas disparaître la question politique posée par la parlementaire : si les sommes annoncées ne sont pas pleinement mobilisées, quelles mesures le gouvernement compte-t-il prendre pour accélérer leur utilisation et garantir que les besoins du territoire soient couverts ?

C’est sur ce terrain que l’exécutif est attendu. Au-delà des montants inscrits dans les documents budgétaires, il lui revient de préciser les objectifs poursuivis, les délais de réalisation et les moyens mis en œuvre pour surmonter les obstacles à l’exécution des dépenses.

Pour les élus de Mayotte, ces réponses sont déterminantes. Elles permettront de savoir si le budget 2027 marque une nouvelle étape dans la reconstruction ou s’il prolonge, au contraire, les difficultés déjà dénoncées.

Estelle Youssouffa choisit l’épreuve de force

En annonçant qu’elle votera la censure si une motion est déposée, Estelle Youssouffa choisit de durcir son opposition au gouvernement. Son intervention intervient à un moment stratégique, alors que les discussions budgétaires s’ouvrent à l’Assemblée nationale et que les crédits destinés aux territoires ultramarins font partie des enjeux du texte.

La députée entend profiter de cette séquence pour replacer Mayotte au centre du débat national. Son message à l’exécutif est sans détour : les engagements financiers ne peuvent plus être considérés comme une réponse suffisante si leur mise en œuvre ne suit pas.

Cette posture comporte également un enjeu politique pour l’élue. En faisant de la reconstruction, de la sécurité et du sentiment d’abandon les critères de son jugement sur le gouvernement, elle affirme sa volonté de défendre les intérêts de son territoire jusque dans les votes susceptibles de peser sur la stabilité de l’exécutif.

Son choix pose néanmoins une question plus large : dans quelle mesure une motion de censure peut-elle contribuer à obtenir des réponses concrètes sur un dossier territorial ? Le vote constitue un levier de pression parlementaire, mais il ne garantit pas, à lui seul, le déblocage des crédits ni l’accélération des chantiers.

L’efficacité de cette stratégie dépendra donc aussi de la capacité des parlementaires à faire émerger des engagements précis, vérifiables et assortis d’un calendrier.

Le véritable test : passer des promesses aux réalisations

Au fond, le bras de fer engagé par Estelle Youssouffa autour du budget 2027 dépasse la question de savoir si les crédits consacrés à Mayotte augmentent ou diminuent. Il porte sur la confiance accordée à la parole de l’État et sur la capacité des pouvoirs publics à répondre aux attentes d’un territoire confronté à des besoins importants.

La députée conteste la cohérence des arbitrages budgétaires et dénonce un décalage entre les sommes affichées et les résultats obtenus. Le gouvernement, de son côté, devra pouvoir expliquer la répartition des crédits, leur calendrier de mise à disposition et les raisons pour lesquelles une partie des moyens annoncés précédemment n’aurait pas été dépensée, selon les chiffres avancés par l’élue.

Le débat parlementaire permettra de confronter ces différentes lectures et d’examiner les choix financiers proposés pour 2027. Mais, pour Mayotte, l’enjeu ne s’arrêtera pas au vote du budget.

La question décisive sera celle de son exécution : les financements seront-ils mobilisés à temps ? Les collectivités disposeront-elles des ressources attendues ? Les projets de reconstruction avanceront-ils de manière suffisamment visible ? Et les réponses apportées aux problèmes de sécurité seront-elles à la hauteur des préoccupations exprimées par les élus ?

Autant d’interrogations qui nourrissent aujourd’hui la colère de la députée.

En affirmant qu’elle votera la censure, Estelle Youssouffa transforme le débat budgétaire en un avertissement politique adressé au gouvernement Lecornu. Elle place l’exécutif devant une exigence : démontrer que les annonces financières se traduiront effectivement par des actions.

À Paris, les députés discutent des lignes budgétaires et des équilibres des finances publiques. À Mayotte, l’attente se mesure à l’aune des projets qui doivent avancer, des collectivités qui réclament les moyens nécessaires et des habitants qui attendent des réponses concrètes.

C’est dans cet écart entre les chiffres votés et les résultats sur le terrain que se joue désormais une partie de la bataille politique. Pour Estelle Youssouffa, le budget 2027 ne peut pas être jugé sur les promesses qu’il contient, mais sur ce qu’il permettra réellement de réaliser. Et si le gouvernement ne répond pas à cette exigence, la députée entend bien le lui faire payer dans l’hémicycle.

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“Je me sens à ma place” : les métiers du social racontés par ceux qui les font vivre

“Je me sens à ma place” : les métiers du social racontés par ceux qui les font vivre

À l’occasion de la diffusion de la série « Mon métier, ma passion, mon engagement », proposée par Mayotte la 1ère et Mlézi Maoré, Naïla Dimassi et Ben Andjibou Saindou Said, travailleurs sociaux au sein de l’association, racontent leur quotidien auprès de publics vulnérables, entre difficultés rencontrées et satisfaction de voir les personnes accompagnées progresser.

Mettre en lumière les femmes et les hommes qui accompagnent les personnes les plus vulnérables, soutiennent leur autonomie et les aident à retrouver leur place dans la société, parfois sans compter leurs heures, c’est l’ambition de la série “Mon métier, ma passion, mon engagement”, proposée par Mayotte la 1ère en partenariat avec l’association Mlézi Maoré. Diffusés du 12 au 16 octobre, cinq portraits donnent à voir la diversité des métiers du social et l’engagement de ces professionnels au quotidien.

Éducatrice spécialisée auprès de jeunes présentant des troubles du comportement, travailleur social auprès de personnes en situation de précarité, chargée d’insertion professionnelle, médiateur sanitaire ou mandataire judiciaire à la protection des majeurs : chacun intervient auprès de publics confrontés à des difficultés différentes. Accès aux droits, accompagnement vers l’emploi, prévention en santé, protection des personnes vulnérables ou encore recherche d’autonomie, leurs missions répondent à des besoins concrets et reposent sur un travail de terrain souvent méconnu. Le dernier épisode de cette série sera diffusé ce vendredi 16 octobre, vers 18h35.

Ce mercredi, Naïla Dimassi, éducatrice spécialisée au sein du Dispositif Institut Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique (DITEP) de Combani, et Ben Andjibou Saindou Said, travailleur social au Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) de Hajangoua, racontent leur quotidien. Entre passion pour leur métier, difficultés rencontrées et rencontres marquantes, ils se sont confiés sur les réalités de leur engagement auprès des publics qu’ils accompagnent.

Naïla Dimassi, accompagner les jeunes vers l’autonomie

Au DITEP de Combani, Naïla Dimassi accompagne des jeunes présentant des troubles du comportement et des apprentissages. Dès 6 h, les journées commencent par les gestes du quotidien : toilette, petit-déjeuner, rangement des chambres. Des apprentissages essentiels pour aider les jeunes à gagner en autonomie, avant de poursuivre avec les enseignements et les activités éducatives ou sportives. L’établissement accompagne actuellement 32 jeunes, répartis entre l’internat, l’accueil de jour et le CESAD.

Ce qui motive l’éducatrice, c’est de constater les progrès de ceux qu’elle suit parfois pendant plusieurs années. “Leurs attitudes changent, les familles nous font de bons retours. Ils deviennent un peu plus autonomes et apprennent à vivre avec les autres”, observe-t-elle. Certains commencent à faire leur lit seuls ou proposent spontanément leur aide à leurs parents. “C’est gratifiant de voir cette évolution”, confie-t-elle. Elle se réjouit aussi de voir des familles retrouver un quotidien plus serein grâce à l’accompagnement proposé.

Parmi les parcours qui l’ont marquée, celui de Maoudjoudi, entré au DITEP à 13 ans et aujourd’hui âgé de 20 ans. Après plusieurs années d’accompagnement, il travaille désormais dans le transport de personnes en situation de handicap. Une évolution qui illustre, pour Naïla Dimassi, l’importance d’un accompagnement adapté. Tous les parcours ne connaissent pas la même issue, mais les difficultés ne la découragent pas pour autant

“Ce que j’aime, c’est aider, à mon échelle, à faire changer les choses dans la vie de ces jeunes et aider les familles à sortir de situations difficiles. Je suis fière quand je vois qu’une famille va mieux”.

L’éducatrice aimerait toutefois pouvoir accueillir davantage de jeunes. “On aimerait avoir plus de places pour accueillir encore plus de jeunes”, souligne-t-elle, alors que les demandes sont nombreuses et que les établissements scolaires partenaires sollicitent régulièrement le dispositif.

Ben Andjibou Saindou Said, aider à reprendre son avenir en main

Au CHRS de Hajangoua, Ben Andjibou Saindou Said accompagne des adultes en situation de précarité dans leurs démarches vers un logement, un emploi et une insertion sociale durable. Le quotidien alterne entre accompagnement dans les tâches collectives et activités consacrées à la recherche d’emploi : rédaction de CV, lettres de motivation ou orientation vers des employeurs qui recrutent. Mais avant toute démarche, le travailleur social insiste sur l’importance de la relation humaine. “Il faut qu’un lien de confiance s’établisse petit à petit, des deux côtés”, explique-t-il.

Cette relation est aussi ce qui lui donne le sentiment d’être utile. Il lui arrive de croiser dans la rue des personnes qu’il a accompagnées, venues le remercier, parfois même lui proposer leur aide en retour. “Ce métier m’a confirmé que chacun peut comprendre les erreurs du passé et reprendre son avenir en main”, estime-t-il.

Tous les parcours ne sont cependant pas linéaires. Cette année, deux situations l’ont particulièrement marqué : une personne réincarcérée après trois mois passés au CHRS et une autre qui a pu rentrer chez elle au bout de sept mois, avant d’entamer une formation professionnelle. Malgré les difficultés, il estime que la majorité des personnes accompagnées parvient à sortir du dispositif avec une perspective d’insertion positive.

Le CHRS dispose actuellement de 16 places, une capacité que le travailleur social juge insuffisante au regard des besoins du territoire. Il estime qu’il en faudrait entre 49 et 56 pour mieux répondre à la demande à Mayotte.

Au-delà des moyens, il appelle également à une meilleure reconnaissance du travail social. “Ici, à Mayotte, la population fait du social depuis longtemps, mais ce n’est que récemment qu’on est vraiment accompagnés, qu’on reçoit de l’intérêt pour nos activités”, observe-t-il. Son engagement reste intact : “Si moi, je ne me bats pas pour mon territoire, qui le fera à ma place ?”.

Tous deux encouragent les personnes intéressées, notamment les jeunes, à s’orienter vers les métiers du social. Face aux besoins d’accompagnement à Mayotte, ces professions offrent des possibilités d’engagement professionnel tout en contribuant directement au mieux-être de la population. Pour Naïla Dimassi comme pour Ben Andjibou Saindou Said, s’investir dans ce secteur, c’est participer à l’avenir du territoire.

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Medef Mayotte, c’est reparti pour un nouveau tour

Medef Mayotte, c’est reparti pour un nouveau tour !

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Ce qui reste des adhérents du MEDEF Mayotte est convié à une assemblée générale le 10 novembre 2026. À cette occasion, il sera procédé à l’élection d’un nouveau bureau de cette organisation représentative du patronat local. En filigrane se profile le risque d’un nouveau « bordel indescriptible », à l’image de ce qu’est devenue l’organisation depuis le 15 décembre 2025.

Naufragé depuis décembre 2025, le MEDEF Mayotte se prépare à renaître de ses cendres le mois prochain. Du moins va-t-il tenter d’y parvenir. Une assemblée générale est programmée le 10 novembre 2026, à 14 heures, au restaurant L’Orient Express, à Kawéni.

Nul n’a oublié les péripéties qui ont jalonné le naufrage de cette organisation patronale, représentative de l’économie locale dans diverses instances du territoire, voire à l’échelle nationale. Dans l’archipel, le MEDEF n’échappe pas à la désorganisation ambiante qui gangrène aussi bien la sphère politique que les milieux économiques et sociaux.

L’organisation est victime de luttes intestines interminables, dictées par la défense d’intérêts strictement personnels, ce qui lui vaut une très mauvaise presse au sein de la population mahoraise. Sans doute à juste titre, elle est perçue comme un club très fermé, ne concourant nullement à la défense des intérêts supérieurs de l’économie mahoraise, mais servant plutôt de vecteur à des intérêts particuliers. Ces derniers s’appuieraient sur les faiblesses structurelles du territoire pour favoriser la mainmise occulte d’intérêts partisans, essentiellement situés hors du lagon.

Une sorte de mano negra opérant dans l’ombre et utilisant des faire-valoir, parfois dans des conditions particulièrement « bizarroïdes ».

Cette situation dramatique aurait conduit le territoire à manquer, à plusieurs reprises, des occasions pourtant salutaires pour l’archipel, telles que la « LODEOM sociale » et d’autres dispositifs censés venir en aide au tissu économique local.

En privé, dans le secret des alcôves, d’anciens acteurs de premier plan du MEDEF Mayotte évoquent volontiers ce qu’aurait été, pendant deux décennies, la règle du jeu au sein de cette institution. En un mot : confisquer l’avenir économique du territoire au profit exclusif d’un cercle d’initiés, quitte à se salir les mains lorsque cela s’avérait nécessaire. Selon ces témoignages, certaines entreprises locales auraient ainsi été précipitées vers une mort prématurée, avant d’être rachetées à très bas prix par des acteurs qui attendaient que le tribunal de commerce prononce leur dissolution.

Pire encore, le MEDEF Mayotte serait devenu l’antichambre d’intérêts économiques solidement implantés dans d’autres territoires ultramarins et dans l’Hexagone. Ces acteurs y auraient trouvé une arrière-cour leur permettant d’exercer leur hégémonie et, par la même occasion, d’entraver l’essor et l’émancipation du tissu économique mahorais.

Les années ont passé et, finalement, la situation est allée de Charybde en Scylla. Les relais locaux auraient fini par se rebeller et refuser de céder au diktat de certains décideurs installés hors du territoire.

Cette rupture a provoqué une douche froide. À la mi-décembre 2025, les réfractaires se seraient retrouvés au pilori, tandis que l’édifice se fissurait au grand jour. Le monde opaque des affaires n’opérait plus uniquement dans la pénombre des alcôves : les arrangements de salon avaient désormais été exposés sur la place publique.

Du jamais-vu dans une telle sphère d’influence et de pouvoir. Le résultat, selon cette lecture des événements, d’un affrontement entre titans financiers, pour lesquels le gâteau économique mahorais serait trop juteux pour être partagé avec le plus grand nombre !

Il en a résulté un schisme inattendu et la mise à l’écart des anciens représentants de l’économie du territoire, accusés de refuser de passer la main. Le citoyen mahorais ordinaire venait alors de découvrir des « desseins funestes » qu’il n’avait jusque-là jamais soupçonnés.

Ceux qui ont suivi l’actualité à cette période se souviennent du grand déballage qui a suivi dans la presse locale et régionale, ainsi que des développements devant les juridictions compétentes. Une procédure qui, à ce jour, n’a toujours pas connu son épilogue.

Une affaire à suivre de très près, compte tenu des enjeux considérables qu’elle soulève.

Un nouveau départ sous haute tension

Qu’à cela ne tienne, l’entreprise de sape se serait poursuivie, trouvant un terreau fertile dans le mouvement de refondation de Mayotte après le passage du cyclone Chido. Mais peine perdue : l’adhésion du tissu économique local n’aurait pas suivi. Le parachutage d’un « sésame providentiel » n’aurait pas produit les effets escomptés.

L’opinion publique mahoraise garde encore en mémoire l’irruption, il y a quelques semaines à peine, de l’affaire concernant l’entrepreneure Yassine Nidhoire, écartée de son poste de présidente transitoire du conseil d’administration du MEDEF Mayotte. Cette éviction aurait été motivée par un prétendu « non-respect du règlement intérieur » de l’organisation.

Elle avait pourtant été adoubée comme la personne la mieux placée pour servir de relais aux intérêts parisiens dans l’économie locale, alors que le gouvernement actuel avait fait miroiter aux entrepreneurs nationaux et régionaux les plus téméraires une enveloppe de quatre milliards d’euros dans le cadre de la refondation de Mayotte après Chido.

Le rêve s’est rapidement transformé en cauchemar. Il aurait notamment été reproché à l’intéressée de ne plus jouer le jeu de Paris et de ceux qui exerceraient une forte emprise sur l’économie du territoire.

Le grand déballage s’est donc poursuivi, livrant pêle-mêle son lot de petits secrets.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la recherche d’un nouveau départ pour le MEDEF à Mayotte. Comprendre : la recherche d’un nouveau relais local qui rentrerait dans le moule et se conformerait aux directives venues de Paris.

La course est désormais ouverte. Dans un courriel adressé à ses adhérents le mercredi 14 octobre 2026, l’organisation patronale a annoncé la tenue des prochaines élections, destinées à désigner une nouvelle équipe dirigeante du patronat local, du moins officiellement. Elle y précise également les conditions ainsi que les modalités techniques et matérielles de l’opération.

La missive, qui ne manque pas de susciter des interrogations, rappelle que « les statuts prévoient deux à six représentants de branches professionnelles représentatives ». Elle fait également mention des listes de candidats et de leurs professions de foi, sous réserve du respect des délais impartis.

Mais le gâteau étant trop juteux aux yeux de certains, un bras de fer juridique et procédural n’est pas à exclure dans les prochains jours.

Un nouveau capharnaüm en perspective, qui ne manquera pas, le cas échéant, de faire les choux gras de la presse locale, régionale et nationale.

À moins que…

Affaire à suivre de très près !

Le SDIS présente le projet de la future caserne de Chirongui

Le SDIS présente le projet de la future caserne de Chirongui
À Mramadoudou, le président du CASDIS, Abdoul Kamardine, veut accélérer la construction de la future caserne de Chirongui pour l’inaugurer en février 2028, quatre mois avant la date de livraison initialement prévue.

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Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Mayotte a présenté, jeudi 15 octobre 2026, le projet de la future caserne de sapeurs-pompiers de Chirongui, à Mramadoudou. La signature de l’acte d’engagement marque une nouvelle étape vers le lancement des travaux, avec un objectif désormais affiché par le président du conseil d’administration : une inauguration en février 2028.

Une nouvelle caserne pour améliorer les conditions de travail des sapeurs-pompiers du sud de Mayotte. Le SDIS a officiellement présenté, ce jeudi, le projet de reconstruction de son centre de secours de Chirongui, situé à Mramadoudou. La rencontre s’est déroulée en présence d’Abdoul Kamardine, président du conseil d’administration du SDIS (CASDIS), du colonel Patrick Clerc, directeur départemental et chef de corps, ainsi que des élus du territoire.

L’opération doit permettre aux agents de disposer de locaux mieux adaptés à leurs missions, alors qu’ils travaillent actuellement dans des installations modulaires jugées vétustes et peu fonctionnelles.

Des locaux devenus inadaptés

Lors de la présentation, les responsables du SDIS ont rappelé que les installations actuelles avaient initialement servi à la construction du lycée de Petite-Terre avant d’être réutilisées pour accueillir les sapeurs-pompiers à Mramadoudou.

Ces bâtiments temporaires offrent aujourd’hui des conditions de travail difficiles, avec des espaces restreints et des possibilités d’aménagement limitées. Pour les responsables du service de secours, la construction d’une nouvelle caserne doit permettre aux équipes d’exercer leurs missions dans des conditions plus adaptées.

« J’ai trouvé que vous étiez logés dans des conditions déplorables et inacceptables », a déclaré Abdoul Kamardine, en évoquant sa précédente visite auprès des agents. Le président du CASDIS a également rappelé l’engagement pris de revenir présenter le futur équipement.

Un projet préparé depuis 2025

La présentation de jeudi vient conclure près de deux années de préparation. Selon les explications apportées par les responsables techniques du SDIS, la programmation a débuté au printemps 2025 avec un travail de concertation associant les services concernés et les futurs utilisateurs de la caserne.

Cette phase a permis de recenser les besoins et de définir le programme de l’opération. La consultation des entreprises a ensuite été engagée, avant l’analyse des propositions techniques et financières reçues.

Le SDIS a retenu le principe d’un marché de conception-réalisation. Cette formule doit permettre à une même entreprise d’assurer les études puis la réalisation du chantier, avec l’objectif de réduire les délais de mise en œuvre.

La signature de l’acte d’engagement ouvre ainsi une nouvelle étape du projet. Le lancement effectif des travaux reste toutefois lié aux procédures à venir, notamment à l’obtention du permis de construire et à la réalisation des études environnementales.

Une livraison attendue en 2028

Au-delà des bâtiments, le SDIS entend poursuivre l’amélioration de ses équipements et de ses capacités opérationnelles. Abdoul Kamardine a notamment rappelé l’importance des investissements consacrés aux moyens matériels, en évoquant un véhicule d’intervention flambant-neuf dont le coût avoisine les 600 000 euros. Le président du CASDIS a souligné le rôle des communes et du conseil départemental dans le financement du service départemental d’incendie et de secours.

D’après le calendrier présenté par les équipes techniques, la durée prévisionnelle des travaux est estimée à environ un an et demi, pour une réception envisagée au plus tard en juin 2028.

Mais Abdoul Kamardine entend accélérer le calendrier. Le président du CASDIS a fixé un objectif plus ambitieux : inaugurer la nouvelle caserne en février 2028, avant la fin de son mandat, prévue en mars de la même année. « Le délai, ce n’est pas juin, le délai, c’est février 2028 », a-t-il insisté devant les élus et les agents présents. Il a également appelé les acteurs concernés à faciliter les démarches administratives, notamment l’obtention du permis de construire, afin d’éviter tout retard supplémentaire.

Comores : devant la cour d’assises, il avoue l’assassinat de Naicha

Comores : devant la cour d’assises, il avoue l’assassinat de Naicha

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Le corps de la jeune femme avait été retrouvé dans un champ, incinéré par Fahami Moustoifa, qui a écopé de la peine capitale, tandis que son acolyte avec lequel ils ont essayé de dissimuler le cadavre après l’acte, est condamné à 25 ans de réclusion criminelle.

C’est une salle d’audience pleine à craquer qui assistait, hier à la très médiatisée affaire Naicha Mmadi, tuée, le 19 mai dernier, au sud de la Grande Comore. Trois prévenus étaient présents dans le box des accusés ce mercredi. Malgré l’important dispositif sécuritaire déployé et l’épuisement, la foule était encore debout à minuit, quand le verdict est prononcé. Emmenés d’un seul coup, vers 9h45, Fahami Moustoifa, son complice Athoumani Abdouroihmane et Elamine Moumine, ont été hués quand ils traversaient le couloir du tribunal menant à la salle. Fahami, est un aide-soignant qui travaillait au centre hospitalier de Foumbouni, où est originaire, sa collègue et victime Naicha Mmadi Abdou, 24 ans. Cette dernière lui avait confié 95 000 francs (190 euros) pour lui acheter un ordinateur portable. Ayant utilisé l’argent, le principal accusé l’invite à venir récupérer le Pc qui en fait n’a jamais été acheté, et profite de cette occasion pour la tuer. D’où la peine de mort prononcée contre lui par la cour d’assises.

Cette décision a surtout été motivée par beaucoup de raisons, a justifié, la présidente de la cour, l’ancienne procureure, Moaulida Djoubeire. D’abord, la préméditation. Pendant l’interrogatoire des accusés, les membres de la cour, l’avocat de la partie civile et le ministère public ont à travers leurs questions permis de découvrir que l’arrivée de la victime à Dzahadjou, où elle allait être sauvagement assassinée, avait été planifiée en amont.  » La veille, je lavais mes fringues et j’entends Fahami, à l’issue d’un appel téléphonique me prévenir qu’il tuerait cette fille [Naicha]. Mais je ne l’ai pas pris au sérieux« , a relaté, son complice, Athoumani Abdouroihamane, qui a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, après avoir bénéficié de circonstance atténuante. Le lendemain, 19 mai, Fahami, s’est rendu à l’atelier de menuiserie de son oncle Elamine, récupérer une hache tout remettant à son ami, Athoumane, une lame de ciseau pour l’aiguiser. Une version que tous les deux corroborent. Un autre apprenti, appelé à la barre en tant que témoin, présent ce jour-là à l’atelier le confirmera aussi.

Étouffer

Fahami, 22 ans, a en effet reconnu sans sourciller qu’il avait porté un coup de couteau dans la côte, avant de l’étouffer avec son châle, quand la jeune femme a essayé de crier. Dès qu’il a répondu par l’affirmative confirmant son acte, une réaction de dégoût subite envahit la salle.  » Pouah« , lance l’assistance. L’accusé nie toutefois l’usage d’un autre objet contondant, encore moins la hache.  » Je l’ai poignardée, puis elle est tombée par terre. Je savais qu’elle ne survivrait pas« , a poursuivi le tueur dans son récit glaçant. Il a martelé surtout avoir porté un seul coup alors que les éléments présentés à la barre mentionnent deux coups.

Une fois le crime commis, Athoumane entre dans la danse.  » Il m’avait appelé pour se rendre à la cabane tenir compagnie à la fille le temps de porter un sac de sa mère au marché. Je ne suis pas resté jusqu’à son retour. J’y suis retourné après avoir reçu son appel. Il ne parlait pas. C’est en étant sur place que je découvre ce qui s’est passé, Naicha gisait dans le couloir« , complète, Athoumani, qui nie toute implication dans la mort de la victime alors que son ami affirme le contraire.   » Quand il m’a raconté ce qu’il a fait et m’a demandé de l’aider, je lui dis qu’il m’a mis dans un sal pétrin« , indique, cet apprenti, originaire de Mohéli. Mais au lieu de dénoncer tout de suite Fahami, Athoumani l’aide à cacher le corps dans une chambre de la cabane. Tout ce soutien a motivé le maintien de l’infraction de recel de cadavre retenue par la chambre de mise en accusation contre les deux amis. Le soir-même, la copine de Fahami s’est rendue dans cette maison mais ne remarque rien.

Alcool pour brûler corps

Autre fait suspect, un jeune de 15 ans qui avait l’habitude de venir prendre son bain dans la cour de cette cabane est prié de quitter les lieux.  » Fahami se tenait devant la porte. Athoumani n’a pas parlé mais m’a fixé bizarrement. J’ai fini par partir« , a déclaré à la cour, le petit. Le soir, commence alors l’opération de dissimulation du corps.  Les deux acolytes prennent un sac en plastique et un drap pour l’envelopper et le transportent dans un champ.  » Je tenais la partie inférieure. Une fois fatigué j’échangeais avec Fahami« , reconnait Athoumani qui avoue s’être picolé ce jour-là. Pour incendier le cadavre, ils reconnaissent le recours à l’alcool. Mais la partie civile conteste cela.  » En aucun moment l’alcool n’aurait suffi pour calciner un corps un autre produit inflammable comme l’essence ou autre chose », rétorque, Maitre Idrisse Mze Mogne qui pendant ses plaidoiries a qualifié Athoumani de chef d’orchestre.  » Fahami n’aurait pas pu seul tuer Naicha. Impossible« , martèle-t-il.

En dépit d’un réquisitoire très accablant du ministère public, Elamine Moumine, propriétaire de l’atelier s’en est sorti. La cour l’a acquitté. Cet oncle du principal auteur avait été poursuivi pour complicité passive car il n’a pas dénoncé Athoumani qui s’était pourtant confié à lui, dès le 20 mai. Ce n’est finalement que le troisième jour qu’Elamine a conduit à la gendarmerie, son apprenti. Quelques heures plus tard, le corps de Naicha est retrouvé dans un champ. Après le verdict, le parquet général a annoncé faire appel de la peine prononcée contre Athoumani et l’acquittement d’Elamine. Pour rappel ce n’est pas la première fois que la peine de mort est prononcée à l’issues d’audiences de la cour d’assises. Le problème repose sur les exécutions. Depuis plus de 20 ans, aucun condamné à mort n’a été exécuté aux Comores.

Prévention de la délinquance : 45 projets financés à hauteur de 340 000 euros

Prévention de la délinquance : 45 projets financés à hauteur de 340 000 euros

L’État a attribué 339 956 euros de subventions à 45 projets au titre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Ces financements soutiennent des actions de médiation, d’insertion, de citoyenneté et de lutte contre les violences, principalement destinées aux jeunes. Six collectivités se voient attribuer chacune 15 000 euros pour coordonner leurs dispositifs locaux de prévention. Parmi les autres bénéficiaires, l’association culturelle et éducative Kawéni-Bandrajou reçoit 16 866 euros pour son projet « L’union fait la force », tandis que l’ASPTT Mayotte obtient 13 000 euros pour promouvoir le vivre-ensemble dans quatre communes du Nord. Emmaüs Connect bénéficie également de 11 000 euros pour des actions de prévention du cyberharcèlement et d’accompagnement des parents.

Coupe de France féminine : le FC M’tsapéré contraint de jouer à La Réunion

Coupe de France féminine : le FC M’tsapéré contraint de jouer à La Réunion

Les joueuses du FC M’tsapéré affronteront la Saint-Pauloise FC, samedi 31 octobre, à La Réunion, lors de la finale interrégionale de la Coupe de France féminine. Initialement prévue à Mayotte, la rencontre a été délocalisée sur décision de la Fédération française de football (FFF), en raison de l’absence de stade homologué sur le territoire. Le stade de Sada, un temps envisagé, a été écarté après les violences survenues le 26 septembre en marge d’un match de football. Une décision regrettée par les dirigeants mahorais, qui devront une nouvelle fois se déplacer pour affronter les Réunionnaises. L’an dernier, le FC M’tsapéré s’était incliné 4-0 face à cette même équipe. Le vainqueur de la rencontre décrochera son billet pour le premier tour fédéral de la compétition.

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes