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Ambdilwahedou Soumaïla poursuit son projet « Mamoudzou 2030 »

Ambdilwahedou Soumaïla poursuit son projet « Mamoudzou 2030 »
Le maire de Mamoudzou souhaite poursuivre son projet de territoire « Mamoudzou 2030 » lors de son deuxième mandat

Elu pour un deuxième mandat de maire dans la commune de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, qui vient également d’être élu président de la Cadema (Communauté d’agglomérations Mamoudzou Dembeni), a donc le champ libre pour réaliser son projet de territoire appelé « Mamoudzou 2030 ». Il nous en parle au sein de cette interview.

Flash Info : Vous avez été réélu maire de Mamoudzou dès le premier tour des dernières élections municipales. Comment expliquez-vous un tel succès ?

Ambdilwahedou Soumaïla : C’est multifactoriel, mais c’est vrai qu’il est rare à Mayotte d’enchaîner 2 mandats de maire et surtout d’être réélu dès le premier tour. C’est une véritable marque de confiance de la part des Mamoudzois(e)s dans notre vision « Mamoudzou 2030 », qui s’est transformée depuis en projet de territoire. Il s’agit donc d’une vision à long terme sur 10 ans, puisque nous l’avons initié dès le début de notre premier mandat en 2020. Malgré toutes les crises que nous avons enchaînées : crise covid, crises sociales et sécuritaires, crise de l’eau et Chido, nous avons « tenu bon ».

L’une des explications possibles de ce succès du 15 mars dernier est que nous avons tenu à faire partager notre vision avec les entreprises du territoire ainsi qu’à l’ensemble des associations et, naturellement, avec nos concitoyens. Car Mamoudzou est notre bien commun et nous avons engagé 600 millions d’euros sur ce projet, écoles mises à part car elles bénéficient quant à elle d’un budget séparé de 500 millions d’euros.

F.I : Vous avez également pris soin de poursuivre les projets initiés par votre prédécesseur…

A.S : Lors de ma prise de fonction en 2020, j’ai tenu à prendre connaissance en profondeur de tous les dossiers en cours.  J’ai notamment pris connaissance d’une note concernant l’enfouissement des réseaux et l’éclairage public de la RN1 qui s’étend de Majicavo-Lamir jusqu’à Tsoundzou 2. Il s’agissait d’un projet de mon prédécesseur, arrêté depuis 6 mois avant ma prise de fonction. La Sogea avait stoppé le chantier faute de paiement et la DEALM avait demandé que la Ville prenne en charge tout l’enrobé de la chaussée pour chaque tronçon d’enfouissement. Cela représentait environ 30 voire 40 millions d’euros au lieu de 10 millions prévu initialement. J’ai fait part de ce problème au préfet de l’époque, Jean-François Colombet, qui s’est engagé à s’en occuper puisque ce problème était un enjeu de sécurité publique. Il a donc pu lever le blocage de la DEALM. Par ailleurs, j’ai rencontré l’ensemble des élus du conseil départemental et son président de l’époque, Soibahadine Ramadani, a délibéré pour nous octroyer les 10 millions d’euros qui restaient à notre charge. Nous avons ainsi pu poursuivre et terminer ce projet que nous n’avions pas initié. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais tout cela pour dire que nous avons eu à cœur de poursuivre la quasi-totalité des projets de la mandature précédente, car Mayotte n’a pas de temps à perdre. Si à chaque changement de mandature, on abandonne les projets en cours pour en lancer de nouveaux, l’île ne peut pas avancer. Idem pour les plateaux couverts. Je me suis organisé pour trouver les financements pour terminer les plateaux couverts de M’Tsapéré, de Kaweni et de Vahibé et nous avons pu les inaugurer et en faire profiter les jeunes de la commune.

F.I : Pouvez-vous nous rappeler les « grandes lignes » de votre projet de territoire « Mamoudzou 2030 » ?

A.S : « Mamoudzou 2030 » est un projet visant à faire de Mamoudzou une « ville d’excellence. L’excellence sportive, tout d’abord, en accompagnant nos jeunes directement sur notre territoire. Nous avons mis en place la « bourse d’excellence sportive » de 6000 euros pour tous les jeunes de Mamoudzou qui souhaitent continuer leur formation sportive après l’obtention de leur Bac et éventuellement en faire leur métier. Nous avons créé une école d’excellence sportive municipale au Baobab pour que des éducateurs sportifs performants puissent prendre en charge les jeunes le plus tôt possible. Nous avons signé une convention de partenariat avec un centre de formation à Marseille pour pouvoir y envoyer 12 éducateurs sportifs. Ceci concerne le volet football, mais nous avons initié le même type de démarche pour le basket. Au cours de notre nouvelle mandature, nous comptons ajouter également un sport de combat (qui reste à déterminer) ainsi que le tennis, car le club de tennis nous a vivement sollicité pour pouvoir bénéficier d’un accompagnement de la commune. Cela passera notamment par le fait de réinstaller des terrains de tennis à Cavani comme il en existait autrefois.

F.I : Cette excellence concerne-t-elle également l’éducation ?

A.S : Bien évidemment et nous souhaitons atteindre cette excellence éducative essentiellement au travers de 3 sujets.  Tout d’abord le numérique à l’école. Il faut que nous préparions nos jeunes à être performant dans ce domaine très tôt, dès la maternelle afin de leur donner toutes les chances de réussir. Dans la même lignée, nous souhaitons mettre l’accent sur 2 autres domaines : l’anglais et le développement durable. Comme pour le sport, nous avons mis en place des bourses d’excellence pour les bacheliers. Une de 5000 euros pour ceux qui auront obtenu les félicitations du jury et une autre de 1000 euros pour ceux qui auront obtenu la mention « très bien ». Cela dans le but de les aider à réussir leur première année d’étude supérieure hors territoire. Toutes ces dispositions sont contenues dans le « schéma directeur des écoles », que nous avons mis en place à notre arrivée en 2020, car auparavant il n’y en avait pas. Ce schéma nous a permis de réaliser un diagnostique des écoles pour déterminer le nombre d’enfants déscolarisés, le nombre de salle de classe encore à construire pour réussir à scolariser l’ensemble des enfants de la commune, mais également le nombre d’écoles à rénover. Nous avons également travaillé sur la question de la restauration scolaire que nous avons d’ores et déjà mise en place au sein de l’école Sidi de Doujani. Tous les enfants de cette école peuvent désormais bénéficier d’un vrai repas chaque jour. A la rentrée de septembre 2027, une grande cantine sera inaugurée pour 10 000 élèves des écoles primaires et secondaires. Le schéma directeur des écoles se concentre également sur la question des crèches car il est important de socialiser les enfants le plus tôt possible. La première crèche municipale sera inaugurée à la rentrée 2027 à M’Gombani. La prochaine, de 40 « berceaux », sera inauguré à Kaweni d’ici 2028 ou 2029. Nous offrons également 15 000 euros à toute association porteuse de projets de crèches associatives.

Retrouvez la deuxième partie de cette interview dans notre prochaine édition du mercredi 6 mai 2026

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La DEETS retrouve ses locaux à Mahabou

La DEETS retrouve ses locaux à Mahabou

Plus d’un an après le passage dévastateur du cyclone Chido, la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) a réinvesti ses locaux de Mahabou ce lundi 4 mai. Une Inauguration présentée par le préfet, François-Xavier Bieuville, la directrice de la DEETS, Nafissata Binti Mouhoudhoire, et Sitti Zoubert, animatrice territoriale.

L’inauguration des nouveaux locaux de la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) a eu lieu ce lundi 4 mai à Mahabou. Le préfet, François-Xavier Bieuville, la directrice de la DEETS, Nafissata Binti Mouhoudhoire, et Siti Zoubert, animatrice territoriale, ont rappelé toute l’importance du bâtiment pour Mayotte et les mahorais.

Le bâtiment reprend les anciens locaux fermés depuis Chido. Le préfet rappelle que la réhabilitation de l’immeuble représente la force des services de l’état. Il partage la fierté d’avoir Nafissata comme première femme directrice d’un service déconcentré de l’état, qu’il qualifie de « compétente ». Il termine son discours avec le souhait que Mayotte se normalise, soit pleinement française et respecte le droit et la loi, avec comme « chantier important » la convergence des services de l’État.

La nouvelle directrice, en fonction depuis le 1er mars, rappelle l’histoire du bâtiment pour les politiques publiques. Elle soutient l’importance de la restauration : « l’Etat se relève et maintient le service public ». Garder la main et réoccuper les lieux est un moment important pour l’évolution des services publics, « la DEETS est nécessaire à l’évolution de Mayotte » ; le perdre reviendrait à une perte d’identité.

Sitti Zoubert, animatrice territoriale, raconte l’impact qu’a eu le cyclone : « Nous avons vu nos habitudes bouleversées, nos repères effacés, mais nous avons aussi vu la force de nos équipes, et leur capacité à assurer la continuité du service public ».

D’après Bernard Martin, responsable adjoint du pôle travail, à la suite de Chido, les fonctionnaires de la DEETS, comme beaucoup sur l’île, n’ont plus eu de nouvelle pendant 2 à 3 semaines. Ils ont dû ensuite prendre leurs fonctions à la préfecture pendant 3 à 4 mois. Un second site a ensuite été ouvert à Malamani pour mieux desservir les habitants du sud de l’île.

Comme le rappelait Sitti Zoubert lors de son discours, la DEETS a été créer le 7 juillet 1987, sous le nom de Direction Territoriale de l’Emploi à Dzaoudzi. Les missions portaient principalement l’inscription des demandeurs d’emploi. En 2006, elle s’installe à Mahabou. En 2010, avec les réformes de l’état et la départementalisation, la DTE devient la DIECCTE, intégrant l’emploi, le travail, les entreprises, la concurrence et la consommation. En 2021, elle devient finalement la DEETS et voit s’ajouter à ses missions la cohésion sociale et la solidarité.

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Camerone à Mayotte : la Légion étrangère ouvre ses portes et célèbre ses valeurs

Camerone à Mayotte : la Légion étrangère ouvre ses portes et célèbre ses valeurs

Entre tradition militaire, devoir de mémoire et ouverture vers la population, le 5ᵉ régiment étranger (5ᵉ RE) a célébré la semaine dernière la bataille de Camerone, moment fondateur de la Légion étrangère. Point d’orgue des festivités : des journées portes ouvertes qui ont attiré de nombreux Mahorais au cœur du régiment.

« Camerone, c’est le culte de la mission, le sens du sacrifice et l’engagement jusqu’au bout pour tenir la parole donnée », rappelle le colonel Renaud Voyer, chef de corps du régiment basé à Mayotte.

Cette bataille, survenue le 30 avril 1863 au Mexique, met en scène une soixantaine de légionnaires commandés par le capitaine Danjou, opposés à près de 2 000 soldats mexicains. Leur mission : fixer l’ennemi pour protéger un convoi stratégique. Retranchés dans une hacienda du village de Camerone, ils résistent une journée entière avant d’être presque entièrement décimés. Leur sacrifice permet au convoi de passer.

Depuis, cet épisode est devenu le socle moral de la Légion étrangère. « Dans tous les régiments, où qu’ils soient dans le monde, on fête Camerone », souligne le colonel.

À Mayotte, cette célébration revêt une dimension particulière : la Légion y marque 60 années de présence, depuis son installation en 1966.

La semaine de Camerone a été rythmée par de nombreuses activités internes destinées à renforcer la cohésion du régiment : des challenges sportifs opposant les différentes compagnies, mêlant endurance, force et épreuves aquatiques, ainsi qu’un cross régimentaire organisé autour de la vigie, en présence du chef de corps. Un repas de corps est également venu ponctuer ces moments de partage, avant la cérémonie officielle organisée devant la mairie de Labattoir.

Présidée par le général de division Jean de Monico, commandant supérieur des forces armées dans la zone sud de l’océan Indien, cette cérémonie a donné lieu à la lecture du récit de Camerone, aux honneurs rendus au drapeau et à la remise de décorations à plusieurs sous-officiers. Elle a aussi été marquée par un moment particulièrement émouvant : la remise de cinq décrets de naturalisation à des légionnaires d’origines italienne, vénézuélienne, népalaise, kényane et ivoirienne. Une illustration concrète de ce que le colonel Voyer décrit comme « le modèle d’intégration à la française ».

Car la Légion se distingue par sa composition unique. Troupe d’étrangers sous commandement français, elle rassemble des soldats de nationalités diverses, unis autour d’un socle commun : la langue française. « La particularité de la Légion, c’est de fédérer des soldats de nationalités différentes autour de la langue française, premier vecteur d’intégration, car tous nos ordres sont donnés en français », résume le colonel Voyer. « On agglomère des étrangers qui font le choix de servir la France et les Français sous l’uniforme. »

Dans la continuité de la cérémonie, le régiment a ouvert ses portes au public. Pendant deux jours, une kermesse a permis aux visiteurs de découvrir les missions et les savoir-faire des légionnaires. Démonstrations de techniques de combat, présentations du groupe cynotechnique, exercices de protection de foule avec les maîtres-chiens ont rythmé ces journées. En soirée, l’ambiance s’est voulue plus festive, avec animation musicale, élection de Miss Képi blanc et bal légionnaire.

Ces journées ont également été l’occasion de montrer l’étendu du régiment, qui compte 360 militaires dont 200 permanents et 9 personnels civils. Des réservistes locaux viennent renforcer les effectifs après une formation initiale. Tous partagent les mêmes attachements : « Les valeurs que nous portons sont des valeurs combattantes. C’est le sens de l’engagement, la défense des valeurs de la République française, ainsi que le respect de la parole donnée : à partir du moment où la mission est confiée, on l’exécute jusqu’au bout, s’il le faut, au péril de sa vie. » insiste le colonel Voyer.

Pour les autorités militaires, les journées portes ouvertes sont essentielles. « On n’est pas hors sol. On est là pour protéger la population et le territoire », explique le chef de corps du régiment. Dans un contexte régional marqué par des enjeux de sécurité dans le canal du Mozambique, cette présence visible des forces armées contribue à rassurer et à renforcer le lien armée-nation.

Au-delà des démonstrations et des festivités, la célébration de Camerone reste avant tout un moment de transmission. « C’est le ciment de nos traditions », rappelle l’aspirant Adrien Laurent, officier de communication. Elle permet de donner du sens à l’engagement de ces hommes et de ces femmes venus parfois de très loin pour servir sous le drapeau français.

Cette semaine aura ainsi illustré toute la singularité de la Légion étrangère : une troupe diverse, exigeante, profondément attachée à ses valeurs, et résolument tournée vers la population qu’elle protège. « Si demain il y avait un coup dur, nous défendrions les Français jusqu’au péril de notre vie », conclut le colonel Voyer.

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Hommage à Gérard Roudolff : une mémoire vivante portée par toute une île

Hommage à Gérard Roudolff : une mémoire vivante portée par toute une île

Ce lundi 4 mai à Mamoudzou, bien plus qu’une simple cérémonie religieuse, c’est un élan collectif de reconnaissance qui s’est exprimé à l’occasion de la messe en mémoire de Gérard Roudolff, disparu le 25 avril dernier. Dans l’église Notre-Dame de Fatima, familles, amis, collègues et anonymes se sont réunis pour saluer l’empreinte laissée par celui qui a marqué durablement Mayotte.

À mesure que les fidèles prenaient place, une atmosphère mêlant recueillement et partage s’installait. Tous étaient venus pour une raison commune : témoigner de l’importance d’un homme dont l’engagement dépassait largement le cadre professionnel. À travers les regards et les échanges discrets, se dessinait le portrait d’un bâtisseur profondément attaché à son territoire.

La cérémonie, célébrée par Monseigneur Bienvenu, a mis en lumière les multiples facettes de Gérard Roudolff. Chef d’entreprise, figure emblématique, mais aussi père de famille et homme de convictions, il est apparu dans les témoignages comme un acteur clé du développement local. Les mots employés pour le décrire – « talentueux », « acharné », « profondément humain » – traduisent une reconnaissance unanime.

Au-delà de l’émotion, c’est surtout son engagement envers la population mahoraise qui a été salué. « Aimer Mayotte et sa population », rappelait le prêtre, résumant ainsi la philosophie qui guidait ses actions. Une vision partagée par ceux qui ont travaillé à ses côtés, à l’image de Serge Dolinski, pour qui l’héritage laissé dépasse l’homme : il s’inscrit dans la continuité d’une œuvre collective appelée à perdurer.

En se tenant simultanément aux funérailles organisées en métropole, cette messe a symbolisé le lien fort entre les différents lieux de vie de Gérard Roudolff, mais aussi l’unité autour de sa mémoire. À travers les prières et les chants, c’est une île entière qui a rendu hommage à celui qui a contribué à son développement.

Si son absence laisse un vide certain, son influence, elle, demeure bien vivante. Dans les structures qu’il a aidé à construire, dans les parcours qu’il a inspirés, et dans cette mémoire partagée, Gérard Roudolff continue d’accompagner Mayotte vers l’avenir.

Officialisation de la Roqya à Mayotte, une alternative spirituelle au soin classique

Officialisation de la Roqya à Mayotte, une alternative spirituelle au soin classique

Une nouvelle étape vient d’être franchie à Mayotte avec l’ouverture officielle d’un centre de soins dédié à la roqya, une pratique spirituelle visant à traiter des affections dites occultes. Cette initiative fait suite à la signature d’une convention entre le Conseil Cadial de Mayotte et l’Union des raqis thérapeutes, marquant ainsi une reconnaissance institutionnelle de cette approche de guérison.

Installé à Acoua, au nord de l’île, le centre baptisé Nour Wa Chiffa est dirigé par l’imam Abdel Karim Abdou Salman, originaire d’Algérie. Bien que ses activités aient débuté dès 2019, cette convention vient officialiser et encadrer son action au sein du territoire. Le centre propose des prises en charge pour des troubles attribués à des causes spirituelles telles que la sorcellerie, la présence de djinns ou encore le mauvais œil.

La roqya, parfois appelée « médecine du prophète », repose sur la récitation de versets coraniques et d’invocations spécifiques. Cette pratique, profondément ancrée dans certaines traditions islamiques, est perçue par ses adeptes comme un moyen de purification et de guérison spirituelle.

À travers ce partenariat, le Conseil Cadial et l’Union des raqis thérapeutes entendent offrir à la population mahoraise une alternative complémentaire aux approches médicales classiques. L’objectif affiché est de promouvoir le bien-être en s’appuyant sur la foi, les traditions et les valeurs culturelles locales.

Cette initiative, qui mêle spiritualité et santé, ne manquera pas de susciter débats et interrogations, notamment sur la place de ces pratiques dans le paysage sanitaire de Mayotte.

Un entraîneur poignardé sur un terrain de sport à Mamoudzou

Un entraîneur poignardé sur un terrain de sport à Mamoudzou

Jeudi 9 en fin d’après-midi, un grave incident est venu bouleverser la tranquillité d’un terrain de sport à Mamoudzou. Aux alentours de 17 heures, un entraîneur du club de football de Majikavo a été victime d’une violente agression à l’arme blanche, suscitant une vive inquiétude au sein de la communauté sportive locale.

Selon les premiers éléments, les faits se sont produits alors que deux jeunes individus, âgés d’environ 18 à 19 ans, se trouvaient sur le site. Ces derniers auraient commencé à consommer des bouteilles d’eau sans y être autorisés. Lorsque l’entraîneur est intervenu pour leur faire une remarque, la situation a rapidement dégénéré. Les jeunes se sont montrés agressifs, avant que l’un d’eux ne sorte un couteau et ne passe à l’attaque.

La victime a été grièvement blessée au bras droit. Les coups portés ont sectionné deux veines, entraînant une importante perte de sang et nécessitant une prise en charge en urgence. Transporté au Centre Hospitalier de Mayotte, l’entraîneur a subi une intervention chirurgicale. Il est depuis sorti du bloc opératoire.

Si son pronostic vital n’est pas engagé à ce stade, les médecins restent prudents quant à l’évolution de son état. Des incertitudes persistent notamment concernant d’éventuelles séquelles, en particulier au niveau de la mobilité de son bras.

Cet acte de violence soulève de nombreuses interrogations sur la sécurité dans les espaces sportifs et relance le débat sur les comportements à risque chez certains jeunes. Une enquête devrait permettre de faire toute la lumière sur les circonstances précises.

7,14 hectares ouverts aux porteurs de projets

7,14 hectares ouverts aux porteurs de projets

L’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (ERPD) lance un appel à projets pour une attribution agricole de 7,14 hectares à Dembeni.  Du jeudi 30 avril au jeudi 28 mai, les candidats sont invités à proposer des projets agricoles (végétaux et/ou animaux) ou en lien avec la production agricole. Cette action s’intègre dans un plan de développement agricole, avec pour finalité de fluidifier l’installation de nouveaux exploitants, de soutenir la restructuration et l’agrandissement des exploitations existantes, tout en préservant les paysages, l’environnement et les ressources naturelles de Mayotte. La structure s’engage à mettre en lumière les espaces à fort potentiel agricole, à les disposer et à les préserver, afin de fortifier la production locale et l’autonomie alimentaire de Mayotte.

Le dossier de candidature est disponible sur le site internet de l’ERPD ou en version papier dans les locaux situés Boulevard Marcel Henry- Cavani, Mamoudzou. La candidature complétée, et toutes les pièces justificatives doivent être envoyées par mail à projet.agricole@eprdm.fr avant le mercredi 28 mai 2026 à minuit, ou déposées au siège de l’EPRD, avant 12 h. Pour permettre aux porteurs de projet d’analyser le potentiel de la parcelle et sa concordance au projet, une visite de la parcelle est prévue le mardi 5 mai à 9h00, devant le collège d’Iloni.

À Mamoudzou, une mobilisation pour changer les habitudes de déplacement

À Mamoudzou une mobilisation pour changer les habitudes de déplacement
L’idée de l’application GariCo est née d’une longue attente pour un taxi en bord de route, vécue comme une situation partagée par beaucoup à Mayotte.

Le 30 avril à Mamoudzou, la CADEMA et Mlézi Maoré ont sensibilisé aux mobilités douces. Sur plusieurs axes, des équipes ont promu le covoiturage via GariCo pour répondre aux difficultés de transport, notamment des publics précaires, et encourager des alternatives durables.

Le jeudi 30 avril, sur l’ancien rond-point de Doujani à Mamoudzou, la Communauté d’Agglomération Dembéni–Mamoudzou (CADEMA) et l’association Mlézi Maoré ont mené une action de sensibilisation en faveur des mobilités douces. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à répondre aux enjeux de déplacement sur le territoire mahorais, marqué par des difficultés économiques, des embouteillages et un accès parfois limité aux transports.

Dès 7h du matin, une trentaine de participants entre Doujani et le centre commercial Baobab. L’opération, qui s’est déroulée jusqu’à 11h, consistait à distribuer des flyers et à échanger directement avec les automobilistes sur les alternatives de transport et promouvoir le veno le long de la voie de bus du Caribus.

Une mobilisation de terrain au cœur des axes routiers

Sur place, les équipes ont multiplié les échanges avec les conducteurs, dans un contexte de circulation dense. Objectif : interpeller directement les usagers sur leurs habitudes de déplacement et leur ներկայաց proposer des solutions concrètes. L’action s’inscrit dans une volonté plus large de sensibiliser la population de Mamoudzou et, au-delà, l’ensemble des habitants de Mayotte aux enjeux de mobilité.

« Montrer que le covoiturage est une solution, notamment auprès de l’application GariCo », explique un participant engagé dans l’action. À travers ces échanges, les organisateurs ont souhaité mettre en avant des alternatives accessibles et adaptées aux réalités du territoire.

Le covoiturage, une réponse concrète aux difficultés de déplacement

En effet, pour de nombreux habitants de Mayotte, les difficultés économiques constituent un frein majeur à l’accès à l’emploi. « Les difficultés pour venir au travail sont réelles. Le covoiturage permet d’améliorer ses chances », souligne un acteur de terrain. Cette démarche vise particulièrement les publics accompagnés par Mlézi Maoré, souvent en situation de précarité. « C’est pour sensibiliser nos bénéficiaires, des personnes en situation difficile. Pour nous, il est important qu’ils participent aux mobilités douces », insiste l’association.

L’action s’est également distinguée par son caractère intermodal. Les participants ont eux-mêmes utilisé différents moyens de transport : vélo, bus et voiture, pour se déplacer entre les points de sensibilisation, illustrant ainsi la diversité des solutions possibles sur le territoire.

À Mamoudzou une mobilisation pour changer les habitudes de déplacement
Le matin de l’action, plusieurs automobilistes ont accepté un flyer après un court échange au feu, parfois surpris par le concept du covoiturage.

Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie globale portée par la CADEMA et ses partenaires. Le lancement du programme « Vélo-Égaux » en est un exemple concret. Destiné aux publics en situation de précarité, ce dispositif ambitionne de rendre le vélo accessible à tous, en proposant un accompagnement complet allant de l’apprentissage à la réparation. L’objectif est clair : faire du vélo un outil d’autonomie, d’insertion et de dignité.

Le covoiturage, quant à lui, s’appuie notamment sur des initiatives locales comme l’application GariCo. Son créateur raconte : « Tout est parti d’un moment où j’étais en plein soleil à patienter pour un taxi. Est-ce qu’il passera, est-ce qu’il ne passera pas ? Je me suis dit que d’autres étaient dans la même situation. » De cette expérience est née une application pensée pour faciliter les déplacements à Mayotte, intégrant plusieurs modes de transport. « Mon but est que les personnes puissent se déplacer facilement, en voiture, en taxi, ou même en combinant plusieurs moyens. » À travers cette action du 30 avril, les acteurs locaux réaffirment leur volonté de répondre aux enjeux de mobilité à Mayotte.

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Disparition Gérard Roudolff : un hommage solennel sera rendu ce lundi 4 mai 2026 à 11h30 à l’église Notre-Dame de Fatima

Disparition Gérard Roudolff : un hommage solennel sera rendu ce lundi 4 mai 2026 à 11h30 à l’église Notre-Dame de Fatima

La nouvelle a profondément bouleversé le monde économique mahorais. Gérard Roudolff, actionnaire et cofondateur du groupe Sodifram dans les années 1990, s’est éteint le samedi 25 avril, laissant derrière lui une empreinte considérable et un héritage qui dépasse largement le cadre entrepreneurial.

C’est avec une émotion vive et une grande tristesse que ses proches, ses collaborateurs et l’ensemble des acteurs économiques de Mayotte ont appris sa disparition. Visionnaire audacieux, profondément attaché à l’île, Gérard Roudolff aura consacré une grande partie de sa vie à participer activement à son développement. À une époque où tout restait à construire, il a su croire en ce territoire, investir, structurer et accompagner la croissance d’un groupe aujourd’hui solidement implanté.

Au fil des décennies, le groupe Sodifram s’est imposé comme un acteur incontournable de l’économie locale, rassemblant plus d’une trentaine d’entreprises et plus de 1 200 collaborateurs. Une réussite qui porte la marque de son fondateur : engagement sans faille, sens de l’humain, capacité à anticiper et à innover dans un environnement souvent complexe. Gérard Roudolff n’était pas seulement un entrepreneur ; il était un bâtisseur, un homme de convictions, animé par la volonté de contribuer durablement à l’essor de Mayotte.

Son parcours inspire le respect. Parti d’une vision, il a su fédérer des équipes, créer de la valeur et générer une dynamique économique dont les effets se font encore sentir aujourd’hui. Pour beaucoup, il incarne un modèle de réussite, une trajectoire à suivre, notamment pour les jeunes générations appelées à prendre le relais.

Sa disparition représente une perte immense pour le territoire. Au-delà de l’homme d’affaires, c’est une figure emblématique du monde économique mahorais qui s’éteint. Les réactions se multiplient pour saluer sa mémoire et rappeler l’importance de son engagement. Le Groupement Patronal de Mayotte, dont le groupe Sodifram est membre du Conseil d’administration, a tenu à lui rendre un hommage appuyé.

Dans un message empreint de gravité, son président, Fahardine Mohamed, a exprimé, au nom de l’ensemble des adhérents, une profonde reconnaissance pour l’œuvre accomplie et un soutien sincère à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble des collaborateurs du groupe. « Dans cette épreuve, nous voulons leur dire qu’ils ne sont pas seuls », a-t-il souligné, appelant à la solidarité dans ce moment douloureux.

Un hommage solennel sera rendu le lundi 4 mai 2026 à 11h30 à l’église Notre-Dame de Fatima à Mamoudzou. Cette messe sera célébrée simultanément à la cérémonie des obsèques organisée à Paris, permettant ainsi à toutes celles et ceux qui ont connu Gérard Roudolff de se recueillir et de lui dire un dernier adieu. La famille, la direction et les équipes du groupe Sodifram invitent largement la population à s’associer à ce moment de mémoire.

Dans cette même démarche, un registre de condoléances sera mis à disposition au siège du Groupement Patronal de Mayotte, afin que chacun puisse exprimer son soutien et témoigner de son attachement. Un geste symbolique, mais essentiel, pour honorer la mémoire d’un homme dont l’impact restera durable.

Aujourd’hui, Mayotte perd l’un de ses pionniers. Mais son héritage, lui, demeure bien vivant. À travers les entreprises qu’il a contribué à bâtir, les emplois qu’il a permis de créer et les valeurs qu’il a défendues, Gérard Roudolff continuera d’inspirer celles et ceux qui œuvrent pour le développement de l’île.

Son départ marque la fin d’un chapitre, mais certainement pas celle de son influence.

« Le Point Commun », un réseau professionnel en pleine structuration à Mayotte

« Le Point Commun », un réseau professionnel en pleine structuration à Mayotte
« Le Point Commun » fédère des pros autour d’entraide, échanges et opportunités.

À Mayotte, le réseau « Le Point Commun », né d’un besoin de contacts professionnels, rassemble aujourd’hui 168 membres. Basé sur l’entraide, il favorise échanges, formations et opportunités. Inspiré de BNI, il valorise une approche locale et collective du réseau.

Né d’un besoin concret de mise en relation, le réseau « Le Point Commun » s’impose progressivement comme un espace d’échanges entre professionnels à Mayotte. À l’origine, une difficulté à trouver un contact dans un cadre professionnel, malgré de nombreuses sollicitations. De cette situation est née, « de fil en aiguille », la création d’un groupe WhatsApp devenu aujourd’hui un réseau actif.

Ce vendredi 1er mai, le réseau s’est retrouvé sur la plage de M’zouzia pour un rassemblement de ses membres, réunissant plus d’une quarantaine de participants. Au programme : débats, animations sur la plage et échanges informels, tous présents pour partager leurs expériences et renforcer les liens.

Le collectif revendique désormais 168 membres et poursuit son développement. « La collaboration entre professionnels a su faire ses preuves. Cette dynamique a réussi à fédérer une centaine de professionnels. Nous sommes ravis d’accueillir parmi nous une certaine audience », explique Cédia fondatrice du réseau.

Un engagement basé sur le partage

Le fonctionnement du réseau repose sur le partage d’informations, d’opportunités professionnelles et de formations, réunissant des profils variés, y compris des cadres et des acteurs institutionnels. Des ateliers, animés par les membres eux-mêmes, viennent structurer cette dynamique, chacun étant invité à « prendre le relais » pour contribuer à l’organisation et à la réussite des rencontres.

Plusieurs membres soulignent l’importance du collectif dans leur engagement. « J’aime beaucoup le côté social. Je dis toujours que c’est à plusieurs que nous pouvons faire beaucoup de choses », confie l’un d’eux, également réserviste dans la gendarmerie et impliqué dans la formation de dirigeants. « Quand on arrive sur le territoire, il faut avoir un réseau. C’est pour ça que j’ai rejoint le groupe. »

Si l’initiative rappelle des modèles plus structurés comme BNI, elle s’en distingue par une approche plus informelle et ancrée dans les réalités locales. « Le point commun, c’est cette envie de s’entraider et de se soutenir », résume un membre comme le prolongement de l’identité mahoraise

À travers cette dynamique, « Le Point Commun » entend consolider un réseau d’acteurs professionnels fondé sur la solidarité, dans un territoire où l’entraide demeure une valeur essentielle.

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Comores : la presse manifeste pour réclamer des meilleures conditions de travail

Comores La presse manifeste pour réclamer des meilleures conditions de travail

Le pays a certes gagné trois places lors du dernier classement de l’Ong reporters sans frontières, mais les journalistes, notamment ceux travaillant dans les médias traditionnels sont de plus en plus muselés, ce qui les oblige à s’autocensurer eux-mêmes.

A l’instar de leurs confrères du monde entier, les journalistes comoriens ont célébré ce dimanche 3 mai, la journée mondiale de la liberté de la presse, dont le thème choisi cette année est  » façonner un avenir en paix. Banderoles et pancartes et gilets de profession, pour certains, les professionnels des médias ainsi que des amis de la presse ont marché de la place Karthala jusqu’à la place de l’indépendance. Notons que dans son dernier classement de l’année 2026, Reporters sans frontières a attribué aux Comores la 72ème place. Soit donc trois points gagnés par rapport à 2025, où l’archipel avait chuté à la 75ème place. Ce rebond relatif ne signifie pas pour autant que les journalistes exercent sans crainte. L’année dernière été marquée par l’arrestation suivi du placement en cellule du journaliste Abdou Moustoifa dans les locaux de la gendarmerie.

Le correspondant de Flash infos et de Mayotte hebdo sera aussi arrêté le 17 novembre. Plus d’une dizaine de policiers avaient débarqué dans les locaux du journal Al-watwan pour embarquer le reporter, qui s’est finalement rendu de lui-même. Pendant trois heures, il sera interrogé par la police judiciaire à cause d’un post relatant l’abandon de migrants continentaux au commissariat central de Police. Ils voulaient surtout connaîatre le nom de sa source avant de finalement le relâcher. Certes depuis le début de l’année, aucun journaliste n’a été interpellé mais les défis auxquels fait face la presse comorienne sont nombreux.

Le nouveau président du syndicat national des journalistes comoriens (Snjc), en a énuméré quelques-uns.  » Garantir une information fiable exige également des moyens. On ne peut exiger une presse de qualité si celle-ci lutte quotidiennement pour sa survie économique. C’est pourquoi le SNJC réitère aujourd’hui sa demande pressante concernant la mise en place effective et pérenne de l’aide de l’État aux médias privés, prévue par l’article 165 du code de l’information« , a déclaré, Chamsoudine Said Mhadji, rappelant que le président Azali Assoumani avait annoncé lors de la présentation des vœux 2026 à la presse qu’il va donner des instructions a son gouvernement pour débloquer cette subvention de la presse.

Licenciements

 » C’est à vous madame la ministre et au Conseil national de la presse et de l’audio-visuel de concrétiser cela techniquement. Cette aide n’est pas une aumône, mais un investissement dans la solidité de notre démocratie. Elle doit permettre aux rédactions de se professionnaliser, de former leurs journalistes et de garantir des conditions de travail dignes, conformément à la loi« , a poursuivi, celui qui va diriger le syndicat des journalistes pour les deux prochaines années. Ce reporter du quotidien Al-watwan a aussi salué la légère progression du pays dans le classement de Rsf. Mais, a nuancé, Chamsoudine, faisant remarquer au passage que la situation des journalistes est marquée par de nombreuses difficultés. Il a cité entre autres les licenciements, ponctions et baisses de salaires, suspensions, censures et autocensures.

Une autocensure plus prégnante dans les médias d’État.  » « La liberté de la presse s’exerce dans la peur car moi par exemple qui travaille dans une radio de l’État, même si ma hiérarchie ne m’intimide pas, mais j’ai toujours peur de ce que je relaie. Je me demande si tel propos ne va pas froisser mon chef. Si je parle du chef de l’État je fais très attention, je mesure mes mots bien que je ne sois jamais arrêté depuis que j’exerce ce métier voilà maintenant seize ans« , a illustré, Andhumedine Fouad, journaliste au sein de l’office de radio et télévision de Ngazidja. Malgré ce climat partagé par le reporter, la situation globale de la liberté de la presse n’est pas aussi alarmante, pense, l’ancien préfet de Moroni.  » Tous les ans je prends part à la marche, je pense effectivement qu’une presse est le miroir d’un pays démocratique, un pays qui ne respecte pas l’autonomie de la presse est une dictature. Toutefois, on ne peut pas réellement classer le pays dans la catégorie de ceux qui ne respectent pas les libertés de la presse« , commente, Mohamed Djalim Ali.

Présente hier à la marche, la ministre de l’information, Fatima Ahamada, a d’abord salué la récente promulgation du nouveau code de l’information, qui après bataille a finalement préservé la protection des sources journalistes.  » Certes l’État a la responsabilité d’améliorer les conditions de travail des journalistes et garantir un accès facilité à l’information officielle avec la transparence, mais les journalistes doivent aussi s’engager dans la vérité et l’intégrité, car défendre la presse, c’est défendre la nation« , a souligné la ministre, qui fut une ancienne présentatrice de la télévision nationale.

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Le Crous propose des repas à un euro

Le Crous propose des repas à un euro
* image d'illustration générée par ia

À partir de ce lundi 4 mai, une mesure très attendue entre en vigueur dans les restaurants universitaires de Mayotte et de La Réunion : le repas complet pour un euro. Une décision inscrite dans le cadre d’une politique nationale de soutien au pouvoir d’achat étudiant, qui vise à alléger une pression financière devenue critique pour une grande partie des jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur.

Concrètement, les étudiants concernés pourront accéder aux restaurants et cafétérias universitaires du réseau Crous avec une formule complète comprenant un plat principal et deux accompagnements au choix parmi entrée, fromage, fruit ou dessert. Des suppléments resteront toutefois possibles, mais seront facturés en plus. Le dispositif s’adresse à un large public étudiant : boursiers ou non, apprentis, alternants, doctorants ainsi que les volontaires en service civique. L’accès est conditionné à la présentation d’un compte Izly actif, utilisé comme justificatif de statut.

Cette mesure s’inscrit dans une enveloppe nationale de 50 millions d’euros prévue pour l’année 2026, avec l’ambition de renforcer l’accès à une alimentation équilibrée à moindre coût pour les étudiants. Au-delà du prix symbolique, l’accent est également mis sur la qualité des repas proposés. Les cuisines universitaires privilégient désormais des produits labellisés, issus de circuits plus responsables et, lorsque cela est possible, d’origine locale. Les repas sont préparés sur place par les équipes de restauration du Crous, dans une logique de cuisine dite « maison ».

Dans un contexte où le coût de la vie étudiante reste une préoccupation majeure, cette initiative vient répondre à une demande récurrente : garantir à chacun un accès quotidien à un repas complet sans arbitrer entre alimentation et autres dépenses essentielles. Les chiffres récents confirment d’ailleurs le rôle central de ces structures : en 2025, plus de 331 000 repas ont été servis dans les deux territoires, dont une large majorité à destination d’étudiants boursiers ou en situation de précarité.

Avec cette tarification symbolique, les restaurants universitaires deviennent plus que jamais un filet de sécurité sociale et alimentaire, au cœur de la vie étudiante à Mayotte et à La Réunion.

Mayotte rend hommage à Gérard Roudolff : une messe organisée à Mamoudzou

Mayotte rend hommage à Gérard Roudolff : une messe organisée à Mamoudzou

Un dernier hommage sera rendu à Gérard Roudolff à Mayotte ce lundi 4 mai, à l’occasion d’une messe célébrée à 11h30 en l’église Notre-Dame de Fatima, à Mamoudzou. Cette cérémonie se déroulera en simultané avec les obsèques organisées à Paris, permettant ainsi à tous ceux qui l’ont connu, apprécié ou accompagné au fil des années de s’unir dans un même moment de recueillement, malgré la distance.

À travers cette initiative, la famille, la Direction et l’ensemble des collaborateurs souhaitent offrir un espace de mémoire et de partage à Mayotte, territoire où Gérard Roudolff a laissé une empreinte marquante. Ce temps de prière et de souvenir se veut ouvert à toutes celles et ceux qui désirent lui rendre un dernier hommage et saluer son parcours.

Dans un esprit de communion et de respect, chacun est invité à se joindre à cette célébration, afin d’honorer sa mémoire et témoigner de l’attachement qu’il a su susciter auprès de celles et ceux qui ont croisé sa route.

Deux paquebots et plus de 1 200 visiteurs en escale

Deux paquebots et plus de 1 200 visiteurs en escale

L’agence d’attractivité de développement touristique de Mayotte et son Club Croisière annoncent l’arrivée de deux nouveaux paquebots au port de Mamoudzou. Le Seven Seas Mariner a accosté le mercredi 29 avril avec à son bord 609 touristes, on y recense 64 % d’Américains, 12 % d’Australiens, 7,3 % de Canadiens et 7,1 % de Britanniques, pour une escale de 7h00 à 16h00.  Le second paquebot, quant à lui, L’Azamara Onward, accostera le vendredi 1er mai avec 632 touristes. On y recense  34 % d’Américains, 24 % d’Australiens, 17 % de Britanniques et 12 % de Canadiens, pour une escale de 8h00 à 17h00. Il s’agit de sa première visite à Mayotte.

L’équipe de l’AADTM sera présente sur le parvis de l’agence pour accueillir les passagers et les membres des équipages. Les étudiants en BTS Tourisme du LPO leur prêteront aussi main forte. L’objectif de ces escales étant de propulser l’île touristiquement avec un programme riche : Excursions encadrées par l’agence Baobab tour, présence de la coopérative Taxi Vanille, découverte de l’artisanat local par les acteurs. Les croisiéristes en visite libre auront pour recommandations des localisations incontournables telles que les plages du Sud (Sakouli, Musicale Plage, Ngouja) ou encore le pôle d’Excellence Rurale (PER) de Coconi, Mamoudzou et Petite-Terre.

L’opération Kingia affiche des résultats au-delà des objectifs après un mois d’action

L’opération Kingia affiche des résultats au-delà des objectifs après un mois d’action

Trois semaines après son lancement, l’opération de lutte contre la délinquance Kingia dresse un premier bilan jugé « très positif » par les autorités. Lancée début avril, cette mobilisation coordonnée de l’État, des forces de l’ordre et de la justice semble déjà dépasser les objectifs fixés, tant sur le plan sécuritaire que judiciaire.

Selon le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, la dynamique engagée repose avant tout sur une coopération étroite entre les services administratifs et judiciaires. « On contrôle, on caractérise l’infraction, puis on présente les personnes à la justice », résume-t-il, insistant sur la continuité de l’action publique.

Ce dernier avance les interpellations de « cibles prioritaires ». En un mois, 53 personnes ont été arrêtées, alors que l’objectif initial fixé par le ministère de l’Intérieur était de 70 sur deux mois. « Au bout des deux mois, je pense que l’on va largement dépasser cet objectif », anticipe le préfet, évoquant même la possibilité d’atteindre la centaine, comme lors d’opérations précédentes.

Parallèlement, les opérations de terrain se multiplient. Une cinquantaine d’interventions CODAF (Comité opérationnel départemental anti-fraude) ont été menées, visant notamment les marchands de sommeil, les commerces informels ou encore les transports illégaux

Depuis le début de l’opération, plus de 1 700 reconduites à la frontière ont été effectuées. Trois opérations de « dégazage » (ELAN) ont également été menées, avec d’autres prévues à la demande des maires, notamment à Ouangani.

Du côté judiciaire, le procureur de la République, Guillaume Dupont, met en avant une réponse pénale « au rendez-vous ». Depuis le lancement de l’opération le 7 avril, 248 gardes à vue ont été enregistrées, donnant lieu à 237 réponses pénales. Parmi elles, 87 défèrements ont été prononcés, dont 60 % en comparution immédiate.

« Cela signifie qu’une majorité des personnes déférées a été jugée en urgence », précise le magistrat. À titre d’exemple, une journée a vu jusqu’à seize défèrements, contre une moyenne habituelle de cinq à sept.

Au-delà des chiffres, les autorités espèrent un effet durable sur la délinquance. Les précédentes opérations menées en 2023 et 2024, comme Wuambushu ou Place nette, avaient montré une baisse prolongée des actes délictueux plusieurs mois après leur mise en œuvre.

« Les personnes incarcérées ne commettent plus d’infractions, ce qui contribue à une amélioration globale de la sécurité », rappelle Guillaume Dupont, évoquant un « effet induit » bénéfique pour la population.

Alors que Kingia n’est qu’à mi-parcours, l’État affiche sa détermination à maintenir la pression. « Quels que soient les commentaires ou les hésitations, l’État travaille et obtient des résultats », martèle le préfet, saluant l’engagement des forces de police et de gendarmerie.

Ce premier bilan, présenté lors d’un point presse organisé sur le terrain d’une opération de lutte contre les taxis Mabawa, confirme en tout cas une montée en puissance rapide de l’opération, qui entend s’inscrire dans la durée pour « pacifier » le territoire et restaurer l’ordre public à Mayotte.

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Coup de filet contre les taxis mabawas au carrefour du Baobab

Coup de filet contre les taxis mabawas au carrefour du Baobab

Ce mercredi 29 avril, une vaste opération de police a été menée au carrefour du centre commercial Baobab, à Mamoudzou, dans le cadre de l’opération Kingia. Une quinzaine d’équipages, dont dix mobiles, ont été déployés entre Cavani et Mtsapéré pour cibler les “taxis mabawa”, ces scooters utilisés comme taxis clandestins.

Sur plusieurs points de contrôle, notamment au carrefour, les forces de l’ordre ont procédé à des vérifications systématiques. Conducteurs et passagers ont été interrogés séparément afin d’établir l’existence d’une course payante et caractériser l’infraction d’exercice illégal de la profession de taxi. Les contrevenants s’exposent à une amende de 500 euros, à la mise en fourrière du scooter et au paiement de frais de garde. Les personnes en situation irrégulière ont été conduites au centre de rétention administrative.

Sur place, la fermeté du dispositif se heurte à des situations humaines tendues. Un demandeur d’asile assiste, dépité, à l’enlèvement du scooter qu’il dit avoir emprunté à un ami. Un peu plus loin, un homme et une femme sont séparés par les policiers alors qu’ils tentaient d’échanger, chacun étant interrogé individuellement.

Le bilan de la journée est significatif : 150 véhicules et 280 personnes contrôlés, 18 procédures pour exercice illégal de taxi, 13 scooters saisis, neuf étrangers en situation irrégulière interpellés, plus de 35 contraventions et 11 amendes délictuelles. Une interpellation pour recel de vol et une procédure pour faux document complètent ces résultats.

Présents sur place, le préfet François-Xavier Bieuville et le procureur Guillaume Dupont ont salué une action coordonnée entre forces de l’ordre et justice. L’objectif, selon le préfet, est clair : mettre fin à une économie informelle qui est insupportable pour tous ceux qui respectent la réglementation.

Un mois après son lancement, l’opération Kingia affiche des résultats jugés “très positifs”, avec 53 cibles prioritaires interpellées, dépassant déjà les objectifs fixés. Le parquet, qui a traité 248 gardes à vue et 87 défèrements, assure suivre le rythme. Dans la lignée d’opérations comme Opération Wuambushu, les autorités misent sur un effet durable sur la délinquance.

Malgré les perturbations de circulation, l’État assume cette démonstration de force, destinée à réaffirmer le respect de la loi et à restaurer l’ordre public sur le territoire.

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Prévention de la délinquance : un partenariat inédit pour bâtir la sécurité de demain

Prévention de la délinquance Un partenariat inédit pour bâtir la sécurité de demain

Petite-Terre franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de prévention de la délinquance. Hier matin, en ouverture de la séance plénière du Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CISPD), une convention de partenariat d’envergure a été officiellement signée entre plusieurs acteurs institutionnels du territoire. Au cœur de cette initiative : un objectif clair et ambitieux, prévenir les comportements violents dès le plus jeune âge en intervenant directement auprès des élèves des écoles élémentaires.

Cette signature symbolise un tournant dans l’approche locale de la sécurité. Plutôt que de se limiter à des dispositifs répressifs, les acteurs publics misent désormais sur une démarche éducative, anticipative et durable. L’idée est simple : agir tôt pour éviter que les situations de violence ne se développent plus tard.

Le partenariat réunit des institutions clés du territoire : le Rectorat de Mayotte, la Communauté de Communes de Petite-Terre (CCPT), à l’initiative du projet, les communes de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir à travers leurs polices municipales, la Gendarmerie nationale, ainsi que le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), en charge de la formation des agents intervenants.

Concrètement, cette convention permettra la mise en place de séances de sensibilisation directement en milieu scolaire. Ces interventions aborderont des thématiques essentielles telles que la gestion des conflits, le respect d’autrui, la responsabilité individuelle et collective, ou encore les différentes formes de violence, qu’elles soient verbales, physiques ou psychologiques.

Les séances seront animées par des policiers municipaux spécialement formés par le CNFPT. Elles se dérouleront en étroite collaboration avec les enseignants et sous validation pédagogique du Rectorat, garantissant ainsi un cadre adapté aux jeunes publics et conforme aux exigences éducatives.

À travers ce dispositif, les signataires entendent poser les bases du vivre-ensemble dès l’enfance. « Chaque enfant sensibilisé aujourd’hui, c’est potentiellement une situation de violence évitée demain », a souligné le président de la CCPT Charafoudine Ramadani Toto. Une déclaration qui résume l’esprit de cette initiative : construire la sécurité de demain en investissant dans l’éducation d’aujourd’hui.

Les premières séances devraient être déployées prochainement dans les écoles élémentaires de Petite-Terre, de manière simultanée, avec une priorité donnée à certaines classes ciblées. Les interventions, d’une durée d’environ une heure, seront organisées selon un calendrier coordonné entre les communes et les directions d’établissement. Les supports pédagogiques, quant à eux, seront validés en amont par le Rectorat afin d’assurer leur pertinence et leur cohérence.

Les thématiques abordées couvriront un large spectre : compréhension de la loi et des infractions, rôle de la responsabilité parentale, comportements à adopter face à des situations de violence dans différents contextes (école, rue, transports), ou encore importance de la responsabilité collective dans le maintien de la paix sociale.

Un premier bilan est d’ores et déjà prévu à la fin du premier trimestre de l’année scolaire afin d’évaluer l’efficacité du dispositif et, si nécessaire, ajuster les actions engagées.

Cette convention s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par le CISPD, instance de coordination intercommunale chargée de piloter la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance. La séance plénière de ce jour a d’ailleurs permis de dresser un état des lieux précis de la situation locale.

Les données présentées font apparaître des évolutions encourageantes. Sur les cinq premiers mois des années 2024 et 2025, les communes de Petite-Terre enregistrent une baisse notable des atteintes volontaires à l’intégrité physique, des atteintes aux biens, ainsi que des cambriolages.

Autre indicateur positif : l’augmentation significative du taux d’élucidation des faits en 2024. La montée en puissance des dispositifs de vidéoprotection semble jouer un rôle déterminant dans cette amélioration, facilitant le travail des forces de sécurité et contribuant à une meilleure identification des auteurs d’infractions.

Ces résultats viennent conforter la stratégie territoriale adoptée par les acteurs locaux. Une stratégie fondée sur trois piliers : la coopération entre institutions, la prévention en amont et l’utilisation d’outils modernes au service de la sécurité.

Avec ce nouveau partenariat, Petite-Terre confirme sa volonté de s’inscrire dans une approche globale et durable de la sécurité. Une approche qui ne se limite pas à traiter les conséquences de la violence, mais qui s’attache à en prévenir les causes profondes.

Car au-delà des chiffres et des dispositifs, c’est bien un projet de société qui se dessine : celui d’un territoire où la sécurité se construit collectivement, dès le plus jeune âge, et où chaque citoyen, futur adulte, est sensibilisé aux valeurs de respect, de responsabilité et de vivre-ensemble.

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Mayotte mise sur le label RUP pour valoriser son agriculture et transformer les cantines scolaires

Mayotte mise sur le label RUP pour valoriser son agriculture et transformer les cantines scolaires
Lors de la conférence de presse au lycée des métiers du goût et des saveurs, le lancement du label RUP a surtout marqué un tournant concret pour la restauration collective en permettant de structurer et garantir des produits 100 % locaux, tracés et de qualité, directement intégrés dans les menus scolaires grâce à des cahiers des charges adaptés au territoire.

Mardi 28 avril, au sein du Lycée des métiers du goût et des saveurs, une conférence de presse a marqué une étape décisive dans la valorisation de la production locale avec le lancement du label RUP, pour Régions ultrapériphériques. Ce dispositif, désormais officiel, incarne une ambition forte portée par les acteurs du territoire. Celle de mieux nourrir les élèves, tout en structurant durablement les filières agricoles et agroalimentaires locales.

Dans les assiettes comme derrière les fourneaux, le changement est déjà à l’œuvre. Au sein des cuisines du lycée des metiers du gout et des saveurs de Kaweni, des élèves de bac professionnel ont récemment pris les commandes du service lors d’un événement consacré au label RUP. Sourires aux lèvres et gestes appliqués, ils ont sublimé les produits du territoire avec fierté. « Nous sommes très heureux de cuisiner des produits locaux », confie le proviseur adjoint « Cela donne plus de sens à notre formation et nous permet de découvrir les richesses du territoire. »

Présent à leurs côtés, le secrétaire général du vice-rectorat de Mayotte a tenu à souligner la portée éducative de cette démarche. « Le plaisir que j’ai à être ici est immense. L’Éducation nationale est très attachée aux repas des enfants et à la formation des professionnels de la restauration », explique-t-il. Originaire d’Aquitaine, il fait le lien avec son expérience personnelle. « C’est une région qui prônait déjà le 100 % local. Je retrouve ici cette même ambition. »

Le responsable évoque également les perspectives concrètes. « Nous avançons sur ces beaux projets de labellisation », affirme-t-il, avant d’annoncer « la finalisation prochaine d’une cuisine centrale qui permettra de servir les élèves du premier et du second degré ».

AIM, moteur de la structuration agricole

Derrière cette dynamique, l’Association interprofessionnelle de l’agroalimentaire de Mayotte, AIM, joue un rôle structurant. Créée en 2023 par les principaux acteurs du secteur, elle s’est donné pour mission d’organiser les filières agricoles et de transformation. « L’agriculture mahoraise de demain passe par la structuration des filières agroalimentaires », explique Sophie Dupille, secrétaire générale de l’AIM.

Tous les acteurs ont à cœur de fournir au marché mahorais des produits locaux, sains, de qualité supérieure et garantis par une traçabilité”

Elle détaille le rôle de l’association. « Nous accompagnons les agriculteurs, les coopératives et les entreprises dans leur développement. Nous sommes aussi un interlocuteur pour les partenaires publics et privés afin de promouvoir la production locale. » L’accompagnement humain est au cœur de cette démarche. « Nous avons à cœur de proposer un métier attractif et de meilleurs revenus aux producteurs », insiste-t-elle.

L’objectif est aussi de répondre aux attentes du territoire. « Tous les acteurs ont à cœur de fournir au marché mahorais des produits locaux, sains, de qualité supérieure et garantis par une traçabilité », souligne Sophie Dupille.

Le label RUP, réponse aux enjeux réglementaires et locaux

« C’est un label européen qui garantit la provenance, la traçabilité et la qualité des produits. » La secrétaire générale rappelle le contexte réglementaire. « La loi Égalim, issue des États généraux de l’alimentation de 2018, impose d’améliorer la qualité des repas et de soutenir les producteurs. Une des mesures phares prévoit 50 % de produits durables et de qualité dans la restauration collective. » Elle précise l’adaptation locale. « À Mayotte, depuis le 1er janvier 2026, nous devons atteindre 15 %, dont 5 % de bio, avec une convergence prévue d’ici 2035. » Dans un territoire marqué par une forte dépendance aux importations, le label RUP apparaît comme une réponse adaptée. « Nous n’avions pas de signes officiels de qualité suffisants localement. Le label RUP permet de combler ce manque », indique Sophie Dupille.

Le projet repose sur un partenariat étroit avec les institutions. « Nous avons travaillé avec la DAAF, le service SALIM, l’ARS, la DEETS et la préfecture », précise-t-elle. « Les arrêtés préfectoraux ont validé les cahiers des charges et agréé les opérateurs. Cela rend aujourd’hui le dispositif pleinement opérationnel. »

« Lorsqu’un emploi est créé dans la production alimentaire, trois emplois supplémentaires peuvent être générés. »

Au-delà de l’alimentation, les retombées économiques sont importantes. « La restauration collective représente plus de 100 000 repas par jour à Mayotte », rappelle Sophie Dupille. « C’est un levier considérable pour développer les filières locales. » Elle cite également les résultats d’une étude menée par l’AIM. « Lorsqu’un emploi est créé dans la production alimentaire, trois emplois supplémentaires peuvent être générés. » explique-t-elle. « C’est aussi un enjeu de santé publique et de souveraineté alimentaire. »

Enfin, elle insiste sur la dimension collective du projet. « Le label RUP, c’est le début d’un travail qui nous concerne tous, acteurs publics comme privés. Il faut continuer à structurer les filières et à accompagner les producteurs. »

Des établissements pilotes seront prochainement accompagnés pour atteindre les objectifs fixés par la loi et rendre compte de leurs résultats. « Nous voulons montrer que c’est possible », conclut Sophie Dupille. « Produire local, nourrir local et créer de la richesse sur le territoire, c’est tout l’enjeu du label RUP. »

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Forte hausse des prix alimentaires en mars 2026

Forte hausse des prix alimentaires en mars 2026

En mars 2023, Mayotte est intégrée dans l’indice des prix à la consommation nationale. Le suivi des prix repose sur une démarche conforme à l’ensemble de la France, ultramarine y compris.

En mars 2025, après le passage du cyclone Chido à Mayotte, l’Insee n’était pas en capacité de donner les indices de prix de l’alimentation, et les indices d’ensemble.

En mars 2026, l’indice des prix à la consommation s’accroît de 0,8 % à Mayotte, après une hausse de 0,2 % au mois précédent.

Les produits alimentaires et le tabac valent plus cher. Le prix de l’énergie commence à augmenter mais l’île échappe encore à la flambée des prix du pétrole en raison de prix administrés sur les hydrocarbures.

Les prix des produits manufacturés régressent, tandis que ceux des services restent stables.

Les produits alimentaires continuent d’augmenter en mars (+3,1 %), après +0,2 % en février. Cette hausse est due à celle des produits alimentaires hors produits frais (+3,8 % après une stabilité en février). Les prix des produits frais baissent quant à eux de 0,4 % après avoir augmenté de 0,9 % en février.

Hausse du prix des billets entre Anjouan et Mayotte

Hausse du prix des billets entre Anjouan et Mayotte

Il faudra à présent 433 euros pour un aller-retour Anjouan–Mayotte, contre 350 euros il y a six mois.

Dimanche 26 avril, 300 personnes étaient réunies sur la plage d’Hamaha, au nord de Mamoudzou, pour protester contre cette hausse.

À la suite de cette mobilisation, la Société de Transport Maritime (SGTM) a réagi, via un communiqué publié sur sa page Facebook, en invoquant plusieurs raisons afin de garantir la continuité de son activité. La compagnie évoque notamment une surcharge de carburant, dont le prix est soumis aux fluctuations internationales, ainsi que des taxes passagers fixées par les autorités et intégralement répercutées sur le prix du billet.

Elle souligne également des frais de services liés aux surcoûts d’exploitation et à la maintenance des navires dans un contexte international perturbé : hausse des coûts d’approvisionnement, allongement des délais techniques et logistiques, et augmentation des coûts du transport maritime.

La SGTM précise que ces frais ont vocation à être réajustés à la baisse, voire supprimés, dès que les conditions d’approvisionnement permettront un retour à la normale. La compagnie indique transporter chaque année environ 30 000 passagers.

Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Mardi 12 mai 2026
Mardi 12 mai 2026

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes