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À Mayotte, le suivi des recommandations de la Chambre régionale des comptes reste insuffisant

À Mayotte, le suivi des recommandations de la Chambre régionale des comptes reste insuffisant
Dans certaines collectivités, une simple recommandation de la Chambre régionale des comptes sur le suivi des dépenses a déjà permis de révéler des paiements en double passés inaperçus pendant des années.

La Chambre régionale des comptes (CRC) de Mayotte constate une nouvelle fois les difficultés des collectivités à donner suite à ses recommandations. Dans sa synthèse annuelle consacrée au suivi des observations formulées lors de ses contrôles, l’institution relève qu’une part importante des mesures préconisées n’a pas été mise en œuvre et que plusieurs communes n’ont pas respecté leurs obligations de suivi.

Sur les cinq collectivités concernées par la campagne 2025, seules les communes de Mamoudzou et de M’Tsangamouji ont transmis le rapport présentant les actions engagées après le contrôle de la juridiction financière. Les communes de Tsingoni, Kani-Kéli et Chirongui n’ont adressé aucun document malgré plusieurs courriers de relance.

Pour la Chambre, cette situation limite sa capacité à évaluer l’efficacité réelle de ses recommandations. Plus des deux tiers des observations formulées dans les rapports publiés en 2024 échappent ainsi à tout suivi formel.

Plus d’un tiers des recommandations sans effet

La CRC a examiné 39 recommandations issues des contrôles réalisés auprès des collectivités mahoraises. Près de 70 % concernent des questions de régularité administrative et financière, notamment en matière de comptabilité, de commande publique, d’organisation interne ou de relations avec les usagers.

Selon l’analyse de la juridiction, 36 % des recommandations n’ont fait l’objet d’aucune mise en œuvre. Si ce taux est inférieur à celui constaté lors de la précédente campagne, où la moitié des recommandations étaient restées sans suite, il demeure élevé.

Les difficultés apparaissent particulièrement marquées dans les domaines de la gouvernance et de l’organisation interne. Dans les secteurs des achats publics et de la gestion financière, aucune recommandation n’était totalement appliquée au moment de l’évaluation.

La Chambre souligne toutefois que certaines mesures nécessitent des délais plus longs ou l’intervention de partenaires extérieurs, ce qui peut retarder leur concrétisation.

Des avancées ponctuelles et des contrôles renforcés

Parmi les collectivités ayant transmis un rapport, plusieurs évolutions sont relevées. La commune de M’Tsangamouji a notamment adopté un règlement intérieur encadrant l’organisation des services municipaux et actualisé son plan pluriannuel d’investissement.

À Mamoudzou, la municipalité a mis en place un outil de suivi de la trésorerie et engagé plusieurs actions destinées à améliorer la gestion des marchés publics. La ville a également revu les modalités de contrôle des subventions accordées à certaines associations.

Face au faible niveau de réponse observé depuis plusieurs années, la Chambre régionale des comptes a décidé d’intensifier ses vérifications. En 2025, elle a ainsi conduit un audit ciblé à Pamandzi après l’absence de rapport de suivi. Ce contrôle a montré que seules deux recommandations avaient été pleinement appliquées, tandis que deux autres n’avaient connu aucun début d’exécution.

À l’issue de cet audit, sept nouvelles recommandations ont été formulées. La juridiction indique qu’elle pourrait recourir de nouveau à ce type de contrôle auprès des collectivités qui ne respectent pas leurs obligations.

Dans sa conclusion, la Chambre rappelle que le suivi des recommandations constitue une obligation légale mais aussi un outil destiné à améliorer la gestion publique locale. Elle estime que les progrès observés dans certaines communes demeurent insuffisants au regard du nombre de recommandations restant sans effet et du faible taux de transmission des rapports attendus.

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À Mayotte, le dépistage du cancer du col de l’utérus reste un défi de santé publique

À Mayotte, le dépistage du cancer du col de l’utérus reste un défi de santé publique

Malgré la gratuité du dépistage et les campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années, de nombreuses femmes à Mayotte échappent encore à la prévention du cancer du col de l’utérus. Les professionnels de santé alertent sur la nécessité de renforcer l’information et l’accès aux soins afin de réduire les risques liés à cette maladie pourtant largement évitable.

Chaque année, le cancer du col de l’utérus touche plusieurs milliers de femmes en France. Détecté à temps, il peut pourtant être évité grâce à un suivi régulier et à des examens de dépistage permettant d’identifier les lésions précancéreuses avant qu’elles ne se développent. À Mayotte, cependant, la participation des femmes aux programmes de dépistage demeure insuffisante.

Pour les acteurs de santé du territoire, cette situation constitue un véritable enjeu de santé publique. Alors que les autorités sanitaires multiplient les campagnes d’information, de nombreuses Mahoraises continuent de ne pas effectuer les examens recommandés.

Une prévention encore méconnue

Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose principalement sur la réalisation d’un prélèvement permettant de détecter d’éventuelles anomalies. Cet examen, simple et rapide, est proposé gratuitement aux femmes concernées.

Pourtant, sur le terrain, les professionnels constatent qu’une partie importante de la population féminine reste éloignée de cette démarche préventive.

« Beaucoup de patientes ne viennent consulter que lorsqu’elles ressentent une douleur ou lorsqu’un problème de santé apparaît », explique une sage-femme exerçant à Mayotte. « La notion de prévention n’est pas toujours intégrée dans les habitudes médicales. »

Selon plusieurs soignants, le manque d’information demeure l’un des principaux obstacles. Certaines femmes ignorent l’existence du dépistage ou ne connaissent pas les risques liés au papillomavirus humain (HPV), responsable de la majorité des cancers du col de l’utérus.

Des difficultés d’accès aux soins

Au-delà du manque d’information, les conditions d’accès aux soins constituent également un frein.

Dans certaines communes, les structures médicales sont éloignées des lieux d’habitation. Les difficultés de transport, les délais d’obtention de rendez-vous ou encore les contraintes familiales compliquent parfois les démarches.

Pour de nombreuses femmes, les priorités du quotidien prennent le dessus sur les consultations préventives. Entre les obligations professionnelles, la garde des enfants et les déplacements parfois coûteux, le dépistage apparaît souvent comme une démarche secondaire.

« Certaines patientes doivent parcourir plusieurs kilomètres pour consulter. Quand les moyens de transport sont limités, la prévention passe malheureusement après le reste », observe un professionnel de santé.

Les associations engagées dans la promotion de la santé estiment également que la proximité joue un rôle essentiel. Elles plaident pour des actions davantage ancrées dans les villages afin d’aller directement à la rencontre des habitantes.

Le poids des représentations culturelles

À ces difficultés matérielles s’ajoutent des facteurs culturels qui influencent le recours au dépistage.

La santé gynécologique reste un sujet sensible pour certaines femmes. La gêne liée aux examens intimes, la peur du diagnostic ou encore certaines croyances peuvent constituer des freins supplémentaires.

Les professionnels soulignent également l’importance du dialogue au sein des familles. Dans plusieurs situations, les questions liées à la santé féminine demeurent peu abordées, ce qui limite la circulation des informations sur la prévention.

Pour les acteurs associatifs, la sensibilisation doit être menée avec des relais de confiance, capables d’expliquer les enjeux du dépistage dans les langues parlées localement et en tenant compte des réalités socioculturelles du territoire.

« Les messages sont mieux compris lorsqu’ils sont portés par des personnes connues et reconnues dans les villages », estime une responsable associative impliquée dans des actions de prévention.

Renforcer la mobilisation

Face à ces constats, les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour améliorer la couverture du dépistage à Mayotte. Des campagnes d’information sont régulièrement organisées auprès du grand public, tandis que les professionnels de santé sont mobilisés pour sensibiliser leurs patientes lors des consultations.

La vaccination contre le papillomavirus humain constitue également un levier important de prévention. Déployée auprès des adolescents, elle permet de réduire considérablement les risques de développer un cancer du col de l’utérus à l’âge adulte.

Toutefois, les spécialistes rappellent que la vaccination ne remplace pas le dépistage régulier. Les deux approches demeurent complémentaires pour lutter efficacement contre la maladie.

Un enjeu pour les années à venir

Dans un territoire confronté à de nombreux défis sanitaires, l’amélioration du dépistage du cancer du col de l’utérus apparaît comme une priorité. Pour les professionnels de santé, la prévention reste l’outil le plus efficace pour réduire la mortalité liée à cette maladie.

L’objectif est désormais de toucher davantage de femmes, notamment celles qui restent éloignées du système de soins. Car derrière les statistiques, chaque dépistage réalisé peut permettre de détecter une anomalie à temps et d’éviter qu’elle ne se transforme en cancer.

À Mayotte, le défi est donc autant médical que social : faire de la prévention un réflexe partagé par toutes les femmes, quel que soit leur lieu de vie ou leur situation.

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Emploi : GBH et France Travail s’allient face au chômage ultramarin

GBH et France Travail ont signé une convention de partenariat de deux ans afin de renforcer l’accès à l’emploi dans six territoires ultramarins, dont Mayotte. Recrutement, valorisation des métiers, insertion des publics éloignés de l’emploi : un plan articulé autour de quatre axes pour répondre à un chômage qui reste jusqu’à cinq fois supérieur à celui de l’Hexagone.

GBH et France Travail annoncent la signature d’une convention de partenariat de deux ans visant à renforcer l’accès à l’emploi, à développer les actions déjà engagées et à soutenir les dynamiques de recrutement à Mayotte, en Martinique, en Guadeloupe, dans les Îles du Nord, en Guyane et à La Réunion. L’objectif est de faire face aux défis persistants de l’emploi dans les territoires ultramarins, où le taux de chômage demeure entre 2,5 et 5 fois supérieur à celui observé dans l’Hexagone, selon l’Insee.

Cette convention s’articule autour de quatre priorités. La première consiste à répondre aux besoins de recrutement du groupe sur l’ensemble des territoires d’outre-mer. Il s’agit notamment de favoriser, grâce à France Travail, l’immersion professionnelle des candidats, de recourir à la Méthode de recrutement par simulation (MRS), d’élargir les profils des candidats et de mieux cartographier les besoins du groupe.

GBH et France Travail s’engagent également à généraliser les salons locaux de l’emploi sur le modèle du salon « Martinique pour l’emploi ». Après cinq ans d’existence, celui-ci a permis plus de 850 recrutements. L’édition 2025 a enregistré plus de 6 200 candidatures et accueilli près de 11 600 visiteurs. Une réussite que les partenaires souhaitent décliner dans les autres territoires.

La deuxième priorité consiste à valoriser les métiers et à susciter des vocations dans les secteurs d’activité couverts par GBH. Dans cette perspective, France Travail et GBH s’engagent à promouvoir les métiers à l’occasion des semaines thématiques et d’événements coconstruits en fonction des besoins, à travers différents dispositifs : interventions de professionnels auprès des demandeurs d’emploi en agence, immersions en entreprise et diffusion de vidéos de présentation des métiers.

Troisièmement, la convention entend contribuer à l’insertion professionnelle des publics formés et/ou éloignés de l’emploi (jeunes sans qualification, seniors, personnes en situation de handicap…). Pour cela, France Travail et GBH se mobilisent afin de faciliter le recrutement, la formation et l’insertion de ces publics. Les partenaires s’engagent à mettre en place, en fonction des postes à pourvoir et des réalités de chaque territoire, des actions de recrutement spécifiquement dédiées aux personnes en difficulté, à l’image du dispositif GBH « Tremplin pour l’emploi », un programme de formation destiné à accompagner les jeunes ultramarins éloignés du marché du travail.

Enfin, la convention vise à poursuivre et à développer les relations opérationnelles entre GBH et France Travail, en facilitant les échanges à l’échelle régionale grâce à une feuille de route commune, déclinée par territoire, assortie d’objectifs définis et de la désignation d’un référent chargé de suivre les engagements pris.

Ce partenariat représente une opportunité pour GBH d’accroître son impact sociétal tout en répondant efficacement à ses besoins de recrutement. Pour France Travail, il s’agit de renforcer les liens avec un acteur majeur de l’économie des territoires et régions d’outre-mer.

GBH et France Travail collaborent depuis plusieurs années afin de favoriser l’emploi en outre-mer à travers différentes initiatives, telles que le dispositif d’alternance « Tremplin pour l’emploi », déployé à La Réunion, en Guyane et aux Antilles, ou encore la création du salon « Martinique pour l’emploi », bientôt rejoint par « Guadeloupe pour l’emploi ». En 2025, GBH a ainsi reçu près de 8 000 candidatures transmises par France Travail dans les départements et régions d’outre-mer. Le groupe fait état d’une hausse de 11 % des candidatures en un an sur ces territoires.

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Air Austral renoue avec les bénéfices et franchit le cap des 464 M€ de chiffre d’affaires

Air Austral renoue avec les bénéfices et franchit le cap des 464 M€ de chiffre d’affaires

Air Austral confirme son redressement financier. Au terme de l’exercice 2025-2026, la compagnie réunionnaise affiche un chiffre d’affaires de 464 millions d’euros, en hausse de 5 %, et retrouve la rentabilité avec un bénéfice net de 1,5 million d’euros.

L’activité commerciale progresse également avec 1 226 593 passagers transportés (+5 %) et un taux d’occupation global de 92 %, en hausse de deux points sur un an. Le fret poursuit sa croissance avec 16 729 tonnes acheminées, soit une progression de 15 %.

Dans un contexte marqué par la hausse des coûts du carburant et les tensions géopolitiques, Air Austral entend préserver cette dynamique en déployant plusieurs mesures de protection de sa trésorerie, notamment la vente anticipée de ses Airbus A220-300 et la mise en place d’une stratégie de couverture carburant.

Sport et écocitoyenneté réunis à Moya

Sport et écocitoyenneté réunis à Moya

Le 14 juin 2025, l’association PETITE-T’ESPOIR a organisé une nouvelle édition de RANDO’Net à la plage de Moya, à Petite-Terre. Cette action a rassemblé une cinquantaine de participants, principalement des familles, autour d’un double objectif : promouvoir l’activité physique et préserver l’environnement.

Au cours de cette randonnée, les participants ont parcouru les sentiers tout en ramassant les déchets rencontrés sur leur trajet. Cette initiative a permis de sensibiliser petits et grands aux bienfaits d’un mode de vie actif ainsi qu’à l’importance de protéger leur cadre de vie.

Dans une ambiance conviviale et solidaire, parents, enfants et bénévoles ont démontré qu’il est possible d’allier santé, citoyenneté et engagement écologique. Une belle mobilisation saluée par l’association, qui remercie l’ensemble des participants pour leur implication en faveur de quartiers plus propres et plus sains.

La préfecture annonce l’ouverture du dispositif de subventions « Conditions de vie en outre-mer »

La préfecture annonce l’ouverture du dispositif de subventions « Conditions de vie en outre-mer »

Les associations de Mayotte peuvent désormais déposer leurs demandes de subvention pour des projets dans les domaines de la culture, de la cohésion sociale, de la santé, de l’éducation, de la jeunesse, du sport, de l’égalité entre les femmes et les hommes, du grand âge et du handicap. Les projets doivent être audacieux, structurants et innovants. Ils doivent avoir un fort impact sur le territoire. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 20 juillet 2026. L’ensemble des modalités est disponible sur le lien : https://tinyurl.com/5t3kunpb

Une journée pour informer, sensibiliser et agir face à l’endométriose

Une journée pour informer, sensibiliser et agir face à l’endométriose

Le Conseil départemental et le CHM organisent une journée de sensibilisation sur l’endométriose le mardi 23 juin, de 7 h 30 à 16 h 30, à l’hémicycle Younoussa Bamana. L’objectif est de sensibiliser le grand public aux dispositifs d’accompagnement et de prise en charge médicale, tout en informant les professionnels de santé sur les ressources disponibles au sein de la collectivité. L’endométriose est une maladie encore parfois méconnue, incomprise ou mal diagnostiquée. Cette journée proposera des interventions d’experts, des témoignages poignants ainsi que des outils concrets, qu’il s’agisse de la prise en charge médicale, de l’accompagnement professionnel ou de l’accès aux dispositifs d’aide et de soutien.

Convergence sociale à Mayotte : une réforme déjà contestée

Convergence sociale à Mayotte : une réforme déjà contestée
L 'Assemblée de Mayotte va se saisir de cette question de la convergence sociale d'ici peu pour un avis à donner au gouvernement. Un nouveau chèque en blanc qui ne fera nullement les affaires des Mahorais

L’organisation par le gouvernement, en catimini jeudi dernier, d’une réunion sur la convergence sociale à Mayotte dans les locaux de la CSSM soulève, après coup, de grandes interrogations dans l’opinion publique locale. Pourquoi le gouvernement a-t-il procédé de la sorte dans un désordre innommable des partenaires sociaux ? L’enjeu est tellement important pour l’avenir du territoire qu’il y avait nécessité de procéder autrement. A moins que cela n’ait été voulu expressément ? Mais à quelles fins ? 

Voilà un an que l’on avait plus entendu parler de la convergence sociale à Mayotte, depuis la conférence dédiée à cette thématique le 22 mai 2025 organisé par le préfet François-Xavier Bieuville à la technopole de Dembéni préalable au vote de la loi (fourretout) de juillet sur la refondation de Mayotte.

Malgré l’engagement pris par certaines entités locale de poursuivre la démarche sur le territoire pour faire avancer le débat, rien n’a été fait. Argument principalement agité ici et là pour justifier cette inertie, le manque de lisibilité quand aux objectifs réels de l’Etat et à la trajectoire à suivre au sujet du développement à venir de l’archipel et des moyens financiers à mobiliser pour atteindre cet objectif. « Cela freine tout le monde quelque soit la sphère dans laquelle vous vous trouvez et force est de constater aujourd’hui encore que ces incertitudes sont loin d’être levées. Le territoire continue de naviguer sans boussole au milieu de l’océan Indien », relève l’un des parlementaires mahorais dans une conversation privée. « Une fois de plus, à Paris, certains continue à penser qu’ils peuvent reconstruire et faire évoluer Mayotte sans y faire participer les Mahorais et surtout leurs parlementaires et élus locaux », confie-t-il.

Pour finir, une année et demie après le passage du cyclone Chido, rien n’a commencé, le temps de la palabre et des gesticulations se prolonge indéfiniment sans qu’aucune réelle perspective ne dessine à l’horizon. La classe politique locale continue à être infantilisée et à perdre chaque jour un peu plus, tout crédit auprès des populations. Une désorganisation qui profite allégrement au pouvoir en place à l’Elysée lequel ne sera plus comptable de rien dans une année, une fois qu’il aura rendu les clés du palais au son prochain locataire. « La politique est un jeu de trompe-couillon, et tant pis pour celui qui a voulu y croire », dixit feu Charles Pasqua qui na manquait guère de métaphores. La méthode a une fois encore été appliquée jeudi dernier, Paris est venue imposer, à la va-vite comme de coutume, sa convergence sociale sur la base de sa propre feuille de route en dehors de toute prise en compte des réalités locales.

Qu’ils soient d’employés ou de patrons, les syndicats mahorais sont restés fidèles à leur modus operandi : manque de préparation pour cause de divisions interminables, absence de concertation sur les objectifs à atteindre, discrédit total finalement face aux décisionnaires étatiques. « Ce n’est pas grave, parce que le peuple continuera à trinquer en bout de course, comme il le fait déjà depuis 20 ans et on appellera cela encore la résilience des Mahorais. C’est ainsi que l’on fabrique sciemment des bombes à retardement sociales dans les outre-mer depuis 1956 et Mayotte n’en sera pas exemptée, le pire arrive » annonce un syndicaliste clairvoyant (Dieu seul sait que cela est une denrée rare sur l’île par les temps qui courent) de la CGT-Mayotte. Seulement voilà, le constat est tardif car le train a déjà sifflé 3 fois et il faudra attendre de très longues années avant qu’il ne revienne de nouveau à la même gare. Il est vrai – pour le paraphraser- que l’avenir immédiat ne s’annonce guère radieux compte tenu de l’incohérence abyssale dans laquelle les tenants des commandes au Département-Région continuent à se fourvoir.

L’augmentation du SMIC net sera assurément enclenchée l’année prochaine comme le promet le gouvernement

« J’ai vu sur les réseau sociaux vendredi soir que le président BIO annonce un débat démocratique sur cette convergence sociale au sein de l’Assemblée de Mayotte, mais nous savons déjà comment il va opérer au profit de l’Etat central en émettant, une fois de plus, un avis réservé, ce qui équivaut à lui accorder un chèque un blanc », constate une cheffe d’entreprise mahoraise emploie à elle-seule plus de vingt salariés. Elle ne fait guère mystère de son inquiétude au sujet de l’avenir du territoire et se demande quel mal chronique a atteint la classe politique mahoraise.

« On voit très bien que le peuple est le dernier de leur souci, seuls leurs intérêts personnels et individuels priment avant tout. Que Dieu nous en préserve aujourd’hui et pour des temps indéfinis », conclut-elle dans le bref échange qu’elle a accordé à la rédaction de Flash Info samedi soir. Cette affaire de convergence sociale est tellement mal engagée sur le plan local que les uns et les autres n’arrivent pas à s’accorder sur une seule lecture des textes législatifs. Ils ne s’accordent que sur un point unique : « pour une fois, nos parlementaires ont bien fait leur travail » … Là s’arrête le consensus ! Au-delà de la loi, il y a les décrets et ordonnances que doit prendre le gouvernement, et ça change tout le reste dans l’applicabilité sur le terrain.

D’un côté, il y a ceux qui ont compris que le SMIC va augmenter de + 80 % à partir de 2027 jusqu’à atteindre le niveau national en 2036, et qu’en soi c’est l’avancée du siècle pour les Mahoraises et les Mahorais, de l’autre ceux qui pensent qu’il n’en sera rien durant cette période. A Paris, on rigole dans les officines gouvernementales où l’on estime avoir pondu le bon décret d’application de la loi de juillet 2025, la bonne ordonnance dans les termes demandées par les syndicats de l’île : « l’augmentation du salaire net ». Mais visiblement, pour tout un tas de raisons, il y a une autre frange des personnes actives qui considèrent que le compte ne sera toujours pas bon pour Mayotte et que l’on s’est fait avoir par le gouvernement en bout de chaîne.

Des avis éclairés au sein du Parlement indiquent qu’il sera bien question d’une augmentation de + 80 % dans les temps imparties amis que des mesures d’accompagnement seront toutefois nécessaires si l’on veut que l’efficacité de cette mesure soit au rendez-vous de la paix sociale sur l’île. Ces voix appellent cependant à la vigilance, dans un an, l’actuel gouvernement sera remplacé par un autre, le Parlement pourrait même être dissout par le futur Président de la République qui sortira des urnes en 2027. Il n’est nullement tenu de faire sienne la partition post-Chido validée par Emanuel Macron. La balle repose en très grande partie sur les pieds de la Région, à elle de savoir dribler en conséquence pour réussir à la garder sur la même trajectoire qu’actuellement avec le prochain gouvernement. Ce qui est très loin d’être gagné !  Sans aucun doute l’avenir nous dira …

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Mayotte : une génération d’innovateurs prête à bâtir l’avenir du territoire

Mayotte : une génération d'innovateurs prête à bâtir l'avenir du territoire

Longtemps associée aux difficultés sociales et économiques, Mayotte révèle aujourd’hui un autre visage : celui d’une jeunesse hautement qualifiée qui transforme les défis de l’île en opportunités d’innovation. De Paris à Mamoudzou, cette nouvelle génération entend jouer un rôle central dans le développement du territoire.

Alors que les débats sur Mayotte portent souvent sur la pression démographique, les difficultés d’accès aux soins, au logement, à l’emploi ou encore sur les défis liés aux infrastructures, une dynamique plus discrète mais prometteuse est en train de s’affirmer.

Formés dans les universités, les écoles d’ingénieurs, les écoles de commerce et les grandes écoles françaises et européennes, de nombreux jeunes Mahoraises et Mahorais investissent aujourd’hui les secteurs du numérique, de la santé, de l’intelligence artificielle, de la transition écologique ou encore de l’entrepreneuriat social.

Leur présence remarquée au salon VivaTech 2026, à Paris, illustre cette montée en puissance. À travers leurs startups, leurs innovations et leurs projets, ils développent des solutions répondant directement aux besoins du territoire : amélioration de l’accès aux services, accompagnement du vieillissement de la population, transformation numérique, développement économique, mobilité ou renforcement de la cohésion sociale.

Cette évolution marque un véritable changement de paradigme. La jeunesse mahoraise ne se contente plus d’être bénéficiaire des politiques publiques ; elle devient progressivement l’un des principaux moteurs de la transformation de Mayotte.

Des investissements qui portent leurs fruits

Cette réussite est le résultat d’un travail engagé depuis plusieurs années. Les efforts conjoints des familles, de l’Assemblée départementale de Mayotte, de l’État et de nombreux partenaires institutionnels ont permis à des centaines de jeunes d’accéder à des parcours d’excellence.

Les dispositifs de mobilité, les bourses d’études, l’accompagnement de LADOM ainsi que les aides à la formation et à l’insertion professionnelle ont favorisé l’émergence d’une génération particulièrement qualifiée.

Les résultats sont désormais visibles. De plus en plus de Mahoraises et de Mahorais occupent des postes à responsabilité, créent leurs entreprises, développent des innovations ou participent à des programmes de recherche et développement à forte valeur ajoutée.

Un écosystème de l’innovation en pleine structuration

Dans le même temps, l’écosystème local de l’innovation se consolide. L’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM) accompagne les porteurs de projets, favorise les collaborations entre acteurs économiques et contribue à faire émerger une culture de l’innovation adaptée aux réalités locales.

Cette convergence entre excellence académique, investissement public et entrepreneuriat ouvre de nouvelles perspectives pour le territoire.

Les compétences développées par cette nouvelle génération — ingénierie, intelligence artificielle, santé, numérique, transition environnementale, gestion des données ou innovation sociale — correspondent précisément aux besoins auxquels Mayotte devra répondre dans les prochaines décennies.

Le défi du retour des talents

L’enjeu est désormais de créer les conditions permettant à ces compétences de contribuer pleinement au développement du territoire.

Comment attirer ou faire revenir ces jeunes diplômés ? Comment renforcer les passerelles entre les entreprises, les institutions et les talents mahorais ? Comment transformer ce capital humain en moteur durable de développement économique ?

Autant de questions qui s’imposent aujourd’hui au cœur des politiques publiques.

À la Délégation de Mayotte à Paris, cette montée en puissance est observée au quotidien. Son action consiste notamment à favoriser les connexions entre les talents, les entreprises et les institutions, à valoriser les parcours de réussite et à contribuer à la constitution d’un réseau de compétences au service du territoire.

Si l’avenir de Mayotte dépendra des investissements dans les infrastructures et les équipements publics, il reposera également sur sa capacité à mobiliser sa première richesse : sa jeunesse.

Bien plus qu’un motif de fierté, cette génération constitue désormais l’un des atouts stratégiques majeurs de Mayotte pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux du XXIᵉ siècle.

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Trail des Makis : la course nature s’impose dans le paysage sportif mahorais

Trail des Makis : la course nature s'impose dans le paysage sportif mahorais
* image d'illustration générée par ia

Organisé ce dimanche 21 juin, le Trail des Makis a une nouvelle fois rassemblé des dizaines de passionnés de course à pied et de sports de nature. Au-delà de la performance sportive, l’événement illustre l’essor d’une discipline qui séduit un nombre croissant de Mahorais. Entre recherche de bien-être, goût du défi et découverte des paysages de l’île, le trail s’impose progressivement comme l’un des sports les plus dynamiques du territoire.

Dès les premières heures de la matinée, les sentiers du sud de Mayotte ont retrouvé l’effervescence des grands rendez-vous sportifs. Chaussures de trail aux pieds, sacs d’hydratation sur le dos et regard tourné vers les reliefs de l’île, les participants du Trail des Makis se sont élancés sur différents parcours adaptés à tous les niveaux.

Année après année, cette compétition est devenue un rendez-vous incontournable pour les amateurs de course nature. Si les premiers participants étaient essentiellement des sportifs aguerris, le profil des coureurs a considérablement évolué. Aujourd’hui, employés, étudiants, fonctionnaires, militaires ou simples amateurs de randonnée se retrouvent sur la ligne de départ.

Une évolution qui témoigne d’un intérêt grandissant pour une discipline encore peu connue à Mayotte il y a quelques années.

Une pratique en plein essor

Longtemps dominé par le football, le basket ou les sports de combat, le paysage sportif mahorais voit désormais émerger de nouvelles pratiques. Le trail en fait partie.

L’engouement s’explique notamment par l’accessibilité de cette activité. Contrairement à d’autres disciplines qui nécessitent des infrastructures spécifiques, la course nature profite du terrain de jeu exceptionnel qu’offre Mayotte. Entre les collines du sud, les sentiers forestiers, les crêtes volcaniques et les panoramas sur le lagon, les possibilités sont nombreuses.

Pour de nombreux pratiquants, le trail représente également une manière de sortir du cadre urbain et de renouer avec les espaces naturels de l’île.

« On découvre des endroits où l’on ne va jamais habituellement », explique un participant régulier. « Même quand on habite à proximité, on ne connaît pas forcément tous les sentiers. »

Cette proximité avec la nature constitue l’un des principaux arguments avancés par les adeptes de la discipline.

Le goût du défi

Mais si les paysages attirent les participants, la dimension sportive reste essentielle.

Le Trail des Makis propose des parcours exigeants, mêlant montées, descentes techniques et passages parfois accidentés. Une difficulté qui séduit les sportifs en quête de nouveaux défis.

Depuis plusieurs années, des groupes d’entraînement se sont développés sur l’île. Les réseaux sociaux jouent également un rôle important dans la popularisation de la discipline. Les photos de sorties collectives, les récits de courses et les conseils d’entraînement contribuent à attirer de nouveaux pratiquants.

Pour certains, le trail devient même un objectif personnel. Terminer une première course, améliorer son temps ou s’attaquer à une distance plus longue sont autant de motivations qui poussent les coureurs à s’entraîner régulièrement.

Les organisateurs constatent ainsi une progression du niveau général des participants, mais aussi une augmentation du nombre de débutants.

Un levier pour la santé publique

L’essor du trail intervient également dans un contexte où les questions de santé et d’activité physique occupent une place croissante dans le débat public.

Les professionnels de santé rappellent régulièrement les bénéfices d’une pratique sportive régulière : réduction des risques cardiovasculaires, lutte contre la sédentarité, amélioration du bien-être psychologique ou encore prévention de certaines maladies chroniques.

Dans un territoire confronté à d’importants enjeux sanitaires, la multiplication des événements sportifs apparaît comme un signal positif.

Au-delà de la compétition, le Trail des Makis participe ainsi à la promotion d’un mode de vie plus actif. Les courses attirent non seulement les participants mais aussi leurs proches, créant autour de l’événement une dynamique collective favorable à la pratique sportive.

Un potentiel touristique à développer

L’intérêt du trail dépasse par ailleurs le seul cadre sportif. Dans plusieurs territoires insulaires de l’océan Indien, les courses nature sont devenues de véritables vecteurs de promotion touristique. La Réunion en constitue l’exemple le plus connu avec le Grand Raid, qui attire chaque année des milliers de participants venus du monde entier.

À Mayotte, certains acteurs du secteur estiment que les épreuves de trail pourraient contribuer à renforcer l’attractivité de l’île. Les parcours traversent en effet des paysages remarquables encore largement méconnus du grand public.

L’organisation régulière de compétitions permettrait ainsi de mettre en valeur le patrimoine naturel mahorais tout en générant des retombées économiques pour les hébergements, la restauration ou les services touristiques.

Même si le développement de cette filière reste encore limité, plusieurs observateurs considèrent que le potentiel existe.

Une passion appelée à durer

Le succès rencontré par le Trail des Makis confirme en tout cas une tendance observée depuis plusieurs années : les Mahorais sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les activités de pleine nature.

Porté par une communauté active, un environnement exceptionnel et une offre d’événements en constante progression, le trail semble avoir trouvé sa place dans le paysage sportif local.

À l’heure où les derniers coureurs franchissaient la ligne d’arrivée ce dimanche, une certitude s’imposait déjà : bien plus qu’une simple mode, la course nature est en train de devenir un rendez-vous durable pour de nombreux sportifs mahorais.

Et au vu de l’enthousiasme affiché sur les sentiers, le Trail des Makis devrait encore longtemps faire courir les passionnés de toute l’île.

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Sport et jeunesse : le Département et les communes ouvrent le dialogue

Sport et jeunesse : le Département et les communes ouvrent le dialogue

Samedi 20 juin, la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) du Département a réuni, pour la première fois, les conseillers municipaux chargés de la jeunesse et des sports. Au menu : les enjeux du développement sportif et de l’accompagnement de la jeunesse, sur fond de difficultés financières et d’un manque criant d’infrastructures, dix-huit mois après Chido.

« C’est une première. J’espère que nous ferons ce point deux fois par an », espère la vice-présidente du conseil départemental en charge des sports. Cette réunion d’échange avait pour objectif de permettre aux communes d’exposer leurs difficultés et d’obtenir des réponses du Département.

Pour la vice-présidente du conseil départemental en charge des sports, le sport est avant tout « un outil d’éducation ». La DJS se veut présente sur le terrain, au plus près des habitants, pour promouvoir les valeurs de l’olympisme et développer des partenariats locaux autour d’actions éducatives diversifiées. Le dispositif qui traduit cette ambition est celui des Olympiades, conçues pour faire découvrir un maximum d’activités aux jeunes. Plusieurs communes ont déjà accueilli le dispositif, avec l’appui de comités sportifs, d’associations et de financements assurés par de multiples partenaires locaux. Le Département affiche désormais une ambition claire : être présent sur l’ensemble de l’île en 2026.

À Acoua, le souvenir de la catastrophe reste vif : « Tout était cassé, la jeunesse était perdue, on n’avait plus d’équipement, on ne savait pas quoi faire pour eux tout de suite. » C’est de la rencontre entre la DJS et les communes qu’ont émergé les Olympiades et l’école omnisports. Mais, financièrement, aucune commune ne peut affirmer qu’elle a les moyens, y compris humains, d’encadrer la jeunesse.

D’après le Département, depuis 2018, 177 millions d’euros ont été engagés pour accompagner les communes dans leurs projets d’aménagement, dont 101 millions sont actuellement mobilisés sur le territoire. Un effort tel que la collectivité dit avoir été contrainte de freiner ses investissements, par prudence financière. Le message adressé aux communes est clair : il faut solliciter le Département pour le suivi des conventions et anticiper d’éventuelles prolongations de délais. Faute de quoi, une convention devenue caduque peut ralentir les projets financés par la collectivité. Selon le Département, 16 millions d’euros auraient ainsi été perdus. La priorité de la collectivité est désormais d’achever les chantiers en cours afin de libérer des fonds et d’investir dans de nouveaux projets.

C’est précisément ce gel qui inquiète Dembéni, qui a accueilli les Olympiades et prévoit déjà une deuxième édition, mais déplore l’absence d’infrastructures et craint un arrêt des financements. La commune réclame notamment un plateau sportif et le développement d’autres disciplines.

Le complexe sportif de Pamandzi a fait l’objet de questionnements, avec un stade abîmé, des éclairages hors service et un gymnase régulièrement inondé par la pluie. Cédées par la commune au Département, les infrastructures font l’objet de réflexions, comme l’installation d’un terrain synthétique ou la création d’un stade départemental à l’occasion des Jeux des Îles. Une certitude, côté Département : pas question de fermer le complexe, « car s’il n’y est plus, il n’y a plus rien pour les jeunes ».

À Bouéni, on regrette de ne pas figurer parmi les communes concernées par les actions du Département. Pour la collectivité, l’objectif est bien d’intervenir dans toutes les communes, mais « l’opportunité ne s’est pas encore présentée », le nord ayant été la priorité au lendemain de Chido. Mamoudzou a également formulé une demande, partagée par l’ensemble des communes : faciliter le dialogue et renforcer la collaboration entre les collectivités. Dzaoudzi-Labattoir réclame, de son côté, la gestion de son gymnase, après le succès de ses Olympiades, qui ont rassemblé 1 500 jeunes inscrits, et face à une demande générale de reconduction.

Interrogé sur le sport de haut niveau, le Département rappelle que le dispositif dédié bénéficie à 70 jeunes, dont certains ont intégré des centres de formation, notamment en football. Le Centre d’excellence sportive de Cavani fonctionne lui aussi, avec quatre jeunes partis en centre de formation. L’ensemble représente un budget d’environ 800 000 euros par an, auquel s’ajoute le financement par l’État des équipes qui partent en compétition à l’extérieur.

Du côté du badminton, la ligue a indiqué avoir organisé trois tournois cette année, dont deux destinés aux jeunes, des objectifs atteints malgré des infrastructures difficiles d’accès. Elle se dit prête à cofinancer une partie des équipements en échange de créneaux d’accès aux installations, avec l’ambition d’amener Mayotte aux compétitions internationales, à commencer par La Réunion.

Depuis deux ans, les communes peinent à financer leurs associations. Le Département, qui accompagne déjà les comités dans le dépôt de leurs dossiers, entend désormais demander aux communes de soutenir, à leur tour, le tissu associatif.

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Les Olympiades de Mlezi Maore rassemblent plus de 300 participants à Bandrélé

Les Olympiades de Mlezi Maore rassemblent plus de 300 participants à Bandrélé

Le vendredi 19 juin 2026, Mlezi Maore a organisé la troisième édition de ses Olympiades à Musicale Plage, à Bandrélé. Dès 7h00, près de 300 personnes accompagnées et professionnels issus de plusieurs établissements et services de l’association se sont réunis pour une journée placée sous le signe du partage, de l’inclusion et du vivre-ensemble.

Organisé avec le soutien de la mairie de Bandrélé, de l’Office municipal de la jeunesse et des sports (OMJS), du groupe GTL, de 976 Influence, de Souffle de Soin et de l’Association pour le développement sanitaire et social (ADSS) cet événement a permis de mettre à l’honneur le sport, la culture, la cohésion sociale et la participation des publics accompagnés.

Pour Daoud Abdhallah, directeur d’établissement, cette journée a avant tout pour objectif de favoriser les rencontres entre les différents publics accueillis par Mlezi Maore.

« Cette journée réunit plusieurs publics : des adultes, des enfants et des personnes en situation de handicap. Le but est de favoriser le partage et l’inclusion, mais aussi de casser les clichés. Aujourd’hui, il n’y a pas de différence : nous sommes tous ensemble dans la joie et la bonne humeur, sans distinction ni catégorisation », explique-t-il.

Tout au long de la journée, les participants ont pu prendre part à de nombreuses activités sportives et culturelles : concours de tressage de feuilles de coco, dégustations, beach-volley, beach-soccer, séances de fitness ou encore remise de trophées.

« Cette journée est avant tout une fête où tout le monde repart gagnant. Des récompenses sont remises aux vainqueurs des différentes activités, mais l’essentiel reste la participation et le plaisir partagé », ajoute Daoud Abdhallah.

Pour Brian Bique, moniteur au Centre éducatif fermé de Bandrélé, ces Olympiades constituent également une occasion de valoriser l’action de l’association.

« Cela nous permet de réunir tout le monde autour de défis sportifs et éducatifs. C’est aussi l’occasion de montrer une autre vision de Mlezi Maore et de faire découvrir nos actions au grand public », souligne-t-il.

Présent lors de l’événement, Wirdane Djae, président de la Communauté de communes du Sud de Mayotte (CCSud), a rappelé l’importance de soutenir les initiatives favorisant la cohésion sociale sur le territoire.

« La CCSud porte également les valeurs du vivre-ensemble et de la cohésion. Nous représentons quatre communes du sud de Mayotte et il était naturel pour nous de répondre présents aujourd’hui pour soutenir cette belle initiative », déclare-t-il.

À travers cette troisième édition des Olympiades, Mlezi Maore confirme sa volonté de créer des espaces de rencontre, d’échange et de convivialité entre les différents publics qu’elle accompagne, tout en sensibilisant la population aux valeurs de solidarité, d’inclusion et de respect de la différence.

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À Mayotte, 44 % des mineurs vivent dans des logements en tôle

À Mayotte, 44 % des mineurs vivent dans des logements en tôle

Avant le passage du cyclone Chido, les conditions de logement à Mayotte restaient marquées par une précarité massive, selon la nouvelle enquête Logement de l’Insee, présentée ce jeudi 18 juin. Réalisée entre septembre 2023 et juillet 2024, cette étude, la deuxième menée dans le département après celle de 2013, dresse un constat de stabilité inquiétante : près de trente ans après 1997, la part de logements en dur n’a quasiment pas progressé.

« C’est une enquête très structurante », rappelle Atubou Antoy, chef du service régional de l’Insee à Mayotte. Menée avant le cyclone Chido, elle ne mesure donc pas les destructions ou dégradations provoquées par l’événement de décembre 2024. Mais pour l’Insee, les résultats restent indispensables pour comprendre la situation de départ. « On va attendre le recensement, mais on n’a pas la sensation que ces chiffres soient complètement caduques », avance Jamel Mekkaoui.

Le premier enseignement est lourd : la fragilité du bâti demeure. En 1997, 65 % des logements étaient en dur. Début 2024, cette part atteint 64 %. À l’inverse, l’habitat fragile représente encore 36 % du parc, composé presque entièrement de maisons en tôle. « Mayotte se singularise par des difficultés liées aux logements plus importantes qu’ailleurs », souligne Jamel Mekkaoui.

Cette précarité touche d’abord les ménages les plus pauvres. Dans les logements en tôle, seuls 11 % des adultes se déclarent en emploi. Les trois quarts des habitants n’ont aucun diplôme. Et si 57 % des résidents de ces logements sont nés en France, cela s’explique surtout par la présence d’enfants nés à Mayotte. Chez les adultes vivant dans l’habitat précaire, 76 % sont nés à l’étranger, tandis que 83 % des mineurs sont nés à Mayotte.

Les enfants apparaissent ainsi comme les premières victimes de cette précarité. À Mayotte, où les mineurs représentent la moitié de la population, leurs conditions de logement sont plus défavorables que celles des adultes. Selon l’Insee, 44 % des mineurs vivent dans des maisons en tôle, contre 35 % des majeurs. Dans ces constructions, 29 % vivent au quotidien sur de la terre battue. Ils sont aussi plus souvent privés d’équipements essentiels : 32 % n’ont pas l’eau courante dans leur logement et 23 % n’ont pas accès à l’électricité à domicile, contre respectivement 25 % et 19 % des adultes.

L’accès à l’eau reste l’un des marqueurs les plus forts des difficultés de logement. Début 2024, un ménage sur quatre ne dispose pas d’eau courante à l’intérieur de son logement. La situation varie fortement selon le type de bâti : 61 % des ménages vivant dans des maisons en tôle n’ont pas l’eau à l’intérieur, contre 6 % dans les logements en dur. « Un ménage sur quatre n’a pas accès à l’eau à l’intérieur du logement », résume Jamel Mekkaoui.

Pour ces ménages, les bornes-fontaines monétiques sont devenues le principal point d’approvisionnement. Elles sont utilisées par 51 % des ménages sans eau courante, alors qu’en 2013, beaucoup s’approvisionnaient encore chez un tiers ou un parent. L’Insee relève aussi le recul du recours aux ruisseaux, passé de 10 % à 5 %.

Mais même les logements raccordés n’ont pas été épargnés par la crise de l’eau. Début 2024, 96 % des ménages disposant de l’eau à l’intérieur déclaraient avoir subi des coupures au cours des douze mois précédents. Parmi eux, 63 % faisaient état de coupures quotidiennes et 36 % d’interruptions au moins hebdomadaires.

Sur l’électricité, la situation s’est nettement dégradée depuis 2013. Début 2024, 19 % des logements n’y avaient pas accès, contre 6 % onze ans plus tôt. Dans les maisons en tôle, la part des logements sans électricité est passée de 15 % à 47 %. L’Insee relie cette aggravation aux campagnes de lutte contre les raccordements sans autorisation, susceptibles de présenter des risques d’électrocution et de surcharge du réseau.

Eau, douche, toilettes : un logement sur deux encore privé du confort de base

Les conditions sanitaires restent elles aussi très éloignées des standards nationaux. Un logement est considéré comme disposant du confort sanitaire de base lorsqu’il a, à l’intérieur, l’eau courante, des toilettes et une douche ou une baignoire. À Mayotte, 54 % des logements n’en disposent toujours pas. La situation s’améliore toutefois par rapport à 2013, où cette part atteignait 62 %. L’amélioration concerne surtout les logements en dur : 31 % n’ont pas le confort sanitaire de base en 2024, contre 41 % en 2013. Dans les logements en tôle, en revanche, la précarité demeure quasi généralisée : 96 % n’ont pas ce confort de base.

Autre indicateur marquant : 44 % des logements ne sont pas équipés de toilettes à l’intérieur. Dans 19 % des cas, les habitants n’en disposent ni à l’intérieur ni à l’extérieur du logement, signe d’une insalubrité persistante pour une partie de la population.

L’étude met aussi en évidence une forte fracture au sein du parc de logements. Une partie des ménages, principalement dans les logements en dur, voit ses conditions de vie s’améliorer. Les logements avec carrelage, confort sanitaire de base, cuisine et électricité représentent désormais 39 % du parc, contre 28 % en 2013. Dans ces habitations, la climatisation progresse rapidement : 71 % en sont équipées, davantage que l’eau chaude sanitaire. « La dichotomie entre les populations est plus accentuée », relève Jamel Mekkaoui.

À l’autre bout du spectre, Mayotte reste confrontée à un parc social très limité et à un habitat collectif peu développé, malgré une densité de population parmi les plus fortes de France. Début 2024, l’île ne compte que 1 400 logements sociaux, soit moins de 2 % du parc de résidences principales. L’habitat collectif représente seulement 8 % des logements.

Enfin, l’Insee consacre une partie de son enquête à une réalité mahoraise souvent complexe : la propriété du logement et l’occupation du terrain. Seuls 28 % des ménages se déclarent propriétaires à la fois de leur logement et du terrain sur lequel il est construit, contre 35 % en 2013. Beaucoup de ménages se disent propriétaires de leur maison sans posséder le terrain, ou logés gratuitement. Parmi les occupants, 17 % ne savent pas à qui appartient le terrain. Et parmi les locataires, deux tiers ne disposent pas de bail écrit. « On voit que le bail n’est pas la norme à Mayotte », commente Jamel Mekkaoui.

Ces résultats dépassent le seul champ statistique. Ils éclairent des questions au cœur du débat public mahorais : l’habitat indigne, l’accès à l’eau, l’occupation du foncier, la régularisation des terrains, mais aussi les inégalités entre habitants. Surtout, ils montrent que la crise du logement était déjà profondément installée avant le passage de Chido.

« L’état des lieux qu’on fait actuellement ne nous a pas l’air complètement bouleversé par le cyclone. Je suis prudent, parce qu’il faut avoir des données », souligne Jamel Mekkaoui. Pour le statisticien, cette enquête permet aussi de rappeler que les difficultés liées au logement à Mayotte ne commencent pas avec Chido. « Aujourd’hui, dans le débat public, surtout national, on a l’impression que le cyclone est l’alpha et l’oméga de tous les problèmes. Mais le constat qui est fait avant Chido montre que les difficultés liées au logement à Mayotte sont indépendantes du cyclone », insiste-t-il.

Reste désormais à mesurer précisément l’impact de l’événement sur le parc de logements. « Est-ce que le cyclone a amélioré les choses ? C’est peu probable. De quelle manière il a impacté la situation, on pourra y répondre d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. » conclut Jamel Mekkaoui.

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« L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua » : Bob Kira réhabilite la figure de son père à travers un livre

« L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua » : Bob Kira réhabilite la figure de son père à travers un livre
Le livre narre la biographie de Saïd Toumbou, étroitement liée à l’histoire de Mayotte * image d'illustration générée par ia

Le chanteur et musicien Bob Kira, fils d’une figure historique mahoraise souvent mal comprise, Saïd Toumbou, tente de réhabiliter la figure de son père à travers un livre. Dans « L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua », il revient sur les évènements majeurs de sa vie, étroitement mêlés à l’histoire de Mayotte, et clarifie sa position.

Figure tombée dans un oubli relatif, Saïd Toumbou a pourtant activement fait partie de la vie politique mahoraise de la fin de la période coloniale. Député de Mayotte, au même titre que Younoussa Bamana, dans les années 60, leur vision pour leur île ainsi que leur appartenance politique se sont fortement confrontées. Exclu de la sphère politique dominante de l’époque suite à de multiples incompréhensions, Saïd Toumbou s’est rapproché, par réaction, du mouvement « serré-la-main » qui prônait un rapprochement avec les Comores.

De là à croire que ce personnage souhaitait intégrer politiquement Mayotte aux Comores lors de l’indépendance, il n’y a qu’un pas que la plupart des gens « franchissent un peu trop vite » selon son fils Bob Kira, devenu un chanteur phare de la sphère musicale mahoraise dans les années 90-2000. C’est la raison pour laquelle il a souhaité écrire le livre « L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua » pour tenter d’expliciter les véritables idées de son père, pour lui bien trop caricaturées par la postérité.

Une volonté d’autonomie et de liberté tout en restant Français

« Saïd Toumbou ne souhaitait pas l’indépendance ni l’intégration de Mayotte au gouvernement des Comores. En revanche, il souhaitait un statut plus « autonome » pour notre île, contrairement à Marcel Henry et Younoussa Bamana, qui ont prôné la départementalisation de Mayotte depuis le début via le Mouvement Populaire Mahorais (le MPM) », explique Bob Kira. Dans son livre, ce dernier revient sur plusieurs évènements majeurs de l’histoire de Mayotte, notamment l’emprisonnement « injuste » de son père lors de la manifestation des chatouilleuses devant les locaux de l’ORTF en 1967, qui pour lui, serait due à « une manigance de Marcel Henry afin d’éliminer tout adversaire politique ». Le chanteur explique dans son livre que : « C’est à sa sortie de prison qu’il se tourne vers le mouvement « serré -la-main », en réaction à l’exclusion politique dont il est victime ». Mais Toumbou n’est pas un indépendantiste pour autant, puisque le livre précise qu’il considérait cette dernière comme « dangereuse pour Mayotte », tout en « ne croyant pas à la départementalisation ».

Sa position était donc de trouver une position intermédiaire pour Mayotte : continuer à faire partie de la France tout en conservant une certaine liberté lui permettant de conserver ses coutumes et son ordre social. Mais cette position, comme souvent les positions intermédiaires, n’a pas été comprise et la postérité au fait de Toumbou un « indépendantiste », favorable à l’intégration de Mayotte dans le giron comorien, d’où la haine qui subsiste encore actuellement envers cette figure politique au sein de la société mahoraise.

Les conséquences de la départementalisation sur la Mayotte d’aujourd’hui

C’est en constatant la déliquescence sociale de Mayotte aujourd’hui, notamment avec la délinquance galopante, que Bob Kira a estimé important de réhabiliter les idées de son père au travers d’un livre. Pour lui, il est indispensable de « revitaliser l’arbre de la liberté », car il estime que le problème de Mayotte actuellement est « qu’elle attend tout de la France au lieu de prendre en main son propre destin ». « Aujourd’hui les Mahorais sont devenus paresseux. Or il n’a jamais été dans l’idée de la France de véritablement développer Mayotte. Si nous ne lui proposons pas notre propre concept de développement, les choses n’évolueront pas. Les Mahorais doivent montrer autre chose à la France », estime le chanteur pour lequel les problèmes de délinquance sont également le fruit d’une perte de repère chez les jeunes due à la destruction progressive des instances qui structuraient autrefois en profondeur la société mahoraise.

En narrant la biographie de son père, son accession au rang d’adjudant de l’armée française et de figure politique majeure de l’île ensuite, il souhaite également rappeler aux gens que « Mayotte n’est pas réellement pauvre », mais qu’il faut savoir utiliser les ressources dont elle dispose grâce au travail et à la discipline. « Je refuse de marcher alors que j’ai un cheval », résume-t-il en ajoutant que « les hommes qui souhaitent conduire Mayotte aujourd’hui devraient prendre exemple sur son père au lieu de tout attendre de la France ». Il appelle également à faire cesser la lutte fratricide au sein des familles mahoraise entre « soroda » et « serré la main », qui perdure encore en 2026 et à cause de laquelle, selon Bob Kira, « on ne peut rien construire ». « Il faut se réconcilier et se réunir autour des enjeux essentiels de l’île pour inventer ensemble le nouveau concept de Mayotte de demain », conclut-il.

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Journée mondiale de la drépanocytose : la réalité d’une lutte sanitaire à Mayotte

Journée mondiale de la drépanocytose : la réalité d'une lutte sanitaire à Mayotte

Ce vendredi 19 juin a eu lieu la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Le Centre de référence des maladies rares du CHM a organisé une conférence à Kawéni, mettant à l’honneur le thème de la douleur et réunissant le grand public. D’autres actions de sensibilisation ont également été mises en place au cours de la semaine.

La drépanocytose est une maladie héréditaire du sang due à la production d’une protéine anormale (HbS). Elle entraîne une déformation des globules rouges. En raison de cette anomalie, ces derniers ne transportent plus correctement l’oxygène dans l’organisme.

À Mayotte, deux enfants naissent chaque jour porteurs du gène de la maladie et, chaque mois, deux enfants naissent atteints de la drépanocytose. La première partie de la campagne de sensibilisation s’est concentrée sur les porteurs sains. Ceux-ci possèdent le gène, mais ne développent pas la maladie. En revanche, lorsque les deux parents sont porteurs du gène, il existe un risque de transmettre la maladie à leur enfant. Le CHM a ainsi développé des actions de dépistage et d’accompagnement afin de les soutenir dans leur projet de parentalité. Certains jeunes parents découvrent d’ailleurs qu’ils sont porteurs du gène au moment du diagnostic posé chez leur enfant.

Lors de cette conférence, le Centre de référence des maladies rares a souhaité mettre l’accent sur le thème de la douleur, tout en démontrant son impact considérable sur le quotidien des patients, dans un système de santé déjà fragilisé. Cette douleur liée à la drépanocytose est décrite comme physiquement insoutenable, comme l’explique Abdourahim Chamouine, pédiatre et coordinateur du Centre de référence de la drépanocytose à Mayotte :

« Les douleurs peuvent toucher tout le corps, notamment les os. Les patients ont l’impression d’être écrasés par une voiture, frappés par un marteau ou encore de ressentir des sensations de brûlure. Les crises peuvent durer quelques secondes comme plusieurs jours. »

Au-delà de l’aspect physique et chronique de la maladie, le médecin insiste sur la souffrance psychique, qui entraîne d’importantes répercussions sur la vie sociale et relationnelle des patients.

« Lorsque l’entourage montre peu de compassion, cela entraîne des retentissements psychologiques supplémentaires qui viennent s’ajouter à la maladie. La crise atteint alors son paroxysme. »

Cette conférence a également permis à l’équipe soignante du CHM de recueillir la parole des patients et de leurs familles, qui ont exprimé leur détresse face au suivi médical, aux délais d’attente et à une prise en charge qu’ils jugent trop longue. Ils ont également fait part de leur frustration face au manque de compréhension de leur maladie, qui s’ajoute aux difficultés liées à l’insuffisance des moyens matériels.

Le docteur Chamouine évoque également les stéréotypes auxquels les patients sont confrontés :

« Ils sont très sensibles à la stigmatisation. Ils entendent des remarques telles que : « Il vient chercher sa dose de morphine » ou encore : « C’est quelqu’un qui est addict aux antalgiques, mais il n’est pas malade.«  »

Le personnel soignant apporte un accompagnement adapté, propose des traitements médicamenteux, recommande le repos, une bonne réhydratation et conseille d’éviter les situations de stress.

En 2024, l’ARS Mayotte estimait à 4 % la proportion de porteurs sains sur le territoire. Or, selon le docteur Chamouine, les soignants ont identifié un taux de 10 % lors d’une opération de dépistage menée sur la place de la République, à Mamoudzou. Des chiffres qui témoignent de l’existence d’une urgence sanitaire silencieuse, mais bien réelle, sur l’île, dans un système de santé qui peine à répondre à des besoins croissants, notamment en raison du manque de personnel.

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Solidarité : une grande distribution gratuite de vêtements à Cavani dimanche

Solidarité : une grande distribution gratuite de vêtements à Cavani dimanche

L’association Omoiyari organise une nouvelle distribution gratuite de vêtements ce dimanche 21 juin à partir de 8 h 30 à Cavani. Destinée aux personnes et familles en situation de précarité, cette action solidaire vise à répondre aux besoins les plus urgents tout en renforçant les élans d’entraide sur le territoire.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des opérations menées par l’association grâce à l’engagement de ses bénévoles, de ses partenaires et de ses donateurs. Omoiyari annonce d’ores et déjà que d’autres distributions seront organisées tout au long de l’année, avec une prochaine action prévue dès la semaine suivante en partenariat avec le Centre hospitalier de Mayotte (CHM).

À travers ces rendez-vous solidaires, l’association entend rappeler que chaque geste compte pour soutenir les personnes les plus vulnérables.

Sport et jeunesse : le Département réunit acteurs sportifs pour préparer l’avenir

Sport et jeunesse : le Département réunit acteurs sportifs pour préparer l'avenir

Le Département de Mayotte organise, ce samedi 20 juin, une réunion d’échanges consacrée au développement du sport et aux politiques en faveur de la jeunesse. Initiée par la 4ᵉ vice-présidente en charge des Sports, de la Culture et de la Jeunesse, Zouhourya Mouayad Ben, cette rencontre intervient dans le contexte du renouvellement des équipes municipales après les élections de mars 2026. Prévue de 10 h à 12 h à l’hémicycle Younoussa Bamana, à Mamoudzou, elle réunira les acteurs institutionnels afin de partager leurs ambitions pour le territoire et de jeter les bases de futures collaborations. Le Département y présentera également les grandes orientations de sa politique sportive ainsi que les dispositifs d’accompagnement destinés à soutenir la jeunesse mahoraise.

Mamoudzou ouvre les inscriptions pour son 2ème vide-greniers

Mamoudzou ouvre les inscriptions pour son 2ème vide-greniers

Le public est invité à réserver sa place pour la deuxième édition du vide-greniers organisée par la Ville de Mamoudzou. L’événement se tiendra le dimanche 5 juillet 2026 sur le remblai de M’tsapéré, face à la mosquée du vendredi. Réservé exclusivement aux particuliers, ce rendez-vous convivial permettra aux familles de vendre des objets dont elles n’ont plus l’usage, mais aussi de faire de bonnes affaires dans une ambiance chaleureuse. Vêtements, livres, jouets, articles de décoration ou encore petits équipements du quotidien pourront ainsi trouver une seconde vie.

Les personnes souhaitant exposer peuvent télécharger leur dossier d’inscription sur le site de la mairie ou le retirer auprès de la Direction attractivité et études statistiques, située à la mairie annexe de M’tsapéré. Les dossiers complétés devront être déposés au plus tard le 30 juin 2026. Le tarif est fixé à 15 euros par emplacement de 6 m². La Ville précise que les inscriptions seront closes dès que le nombre maximal d’exposants sera atteint. Toutes les informations pratiques, la fiche d’inscription ainsi que le règlement intérieur sont disponibles sur le site de la Ville de Mamoudzou.

Aéroport de Mayotte : le trafic aérien reprend dès ce vendredi matin

Aéroport de Mayotte : le trafic aérien reprend dès ce vendredi matin

Levée de grève, hier soir, à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Instants de joie et d’allégresse sur le trajet qui mène de l’ancienne aérogare aux nouveaux bâtiments : les membres de l’intersyndicale n’ont pas caché leur satisfaction d’avoir réussi à faire plier la direction d’EDEIS Aéroport de Mayotte et son pendant sécuritaire, GISM Mayotte Airport Security. La plateforme aéroportuaire est de nouveau opérationnelle à compter de ce vendredi matin 19 juin 2026.

Tous les représentants des syndicats du personnel de l’aéroport de Mayotte ont apposé leur signature au protocole de fin de crise, mettant ainsi un terme à plusieurs jours de grève qui ont fortement perturbé le trafic aérien dans le ciel mahorais.

« J’ignore si je pourrai rejoindre mon lieu de travail demain à Saint-Denis. Il y a de quoi être inquiète lorsqu’on a été contrainte de rebrousser chemin à La Réunion en milieu de semaine parce que l’aéronef qui nous transportait n’a pas pu se poser à Pamandzi en raison de la grève », raconte Nathalie M., venue participer à un conseil d’administration à Mamoudzou.

Dans la même réunion, Marianne F. n’a cessé de scruter sa montre, se demandant à quel moment elle devrait écourter sa présence afin de rejoindre Pamandzi dans les temps et tenter d’embarquer sur un vol à destination de Gillot. « C’est vraiment compliqué et préjudiciable pour les personnes qui ont un pied dans chacun des deux départements voisins. Mais que faire d’autre que de croiser les doigts en espérant que ce mouvement se résolve très rapidement ? »

Ces deux personnes peuvent désormais être rassurées : leurs vœux ont été exaucés. « Tout est rentré dans l’ordre ce soir. Nous reprenons tous le chemin du travail demain matin. Nos revendications ont été satisfaites. La grève est maintenant terminée », exulte Naïm au milieu d’un concert improvisé sur un air célèbre du chanteur Bob Kira, diffusé à plein volume par des haut-parleurs portatifs posés sur le dos de certains manifestants. « Douéééé, aïa doué… ! »

« C’est bon, tout est vraiment bon pour nous tous. Il fallait résister et nous avons réussi à tenir le coup en restant solidaires jusqu’au bout », déclare l’une de ses collègues dans une euphorie totale, sous le regard des quelques passants, des chauffeurs de taxi encore présents aux arrêts dédiés ainsi que des policiers chargés de bloquer les accès aux terminaux d’enregistrement des bagages.

EDEIS et GISM accordent une augmentation de salaire de 5 % et une prime variable

Les haut-parleurs continuent de diffuser des refrains repris en chœur par les grévistes, qui esquissent quelques pas de danse improvisés. Dans leurs bras, les bannières de leurs syndicats respectifs flottent au vent sous une brise nocturne chargée d’une fraîcheur venue du large.

Toumbou Irchad (CGT-Ma) est le premier représentant syndical à s’adresser à Flash Info, seul média présent sur les lieux hier soir.

« Ça n’a pas été facile pour nous d’arracher des concessions à notre employeur. Nous étions en négociation depuis 9 heures ce matin et, comme vous le voyez, c’est seulement maintenant, à presque 19 heures, que nous avons réussi à nous entendre, avec du positif à la clé. Les deux entités, EDEIS et GISM, nous accordent chacune 5 % d’augmentation de salaire sur les 10 % que nous réclamions. Cela nous satisfait et nous levons donc la grève. Le trafic redeviendra normal sur l’aéroport dès demain », a conclu Toumbou Irchad.

Selon lui, la principale difficulté des négociations a porté sur l’attribution d’une prime exceptionnelle. EDEIS et GISM étant deux entités juridiques distinctes, elles appliquent des conventions collectives différentes, dont l’une intègre déjà un dispositif d’intéressement. Cette situation a sensiblement compliqué le travail des négociateurs.

Les agents de GISM Mayotte Airport Security ont finalement obtenu une prime de 1 700 euros, contre les 4 000 euros initialement réclamés.

Pour sa part, Nissia, qui s’est exprimée au nom du personnel d’EDEIS Aéroport de Mayotte, a indiqué que « ces trois jours de discussions ont été très laborieux, mais au final nous sommes satisfaits du résultat obtenu. Notre objectif était de réduire l’écart entre les salaires les plus bas et les plus élevés. Dans cette logique, nous avons privilégié les plus faibles rémunérations grâce à cette augmentation de 5 %. Une prime d’intéressement sera réévaluée afin que nous obtenions au minimum 3 300 euros par agent sur l’ensemble du personnel d’EDEIS. Une petite compensation a également été accordée aux agents en contrat à durée déterminée (CDD), même si leur situation ne leur permettait pas de participer pleinement au mouvement de grève ».

La jeune déléguée syndicale a également apporté des précisions concernant les agents qu’EDEIS avait fait venir à grands frais de La Réunion et du Canada il y a quelques jours afin de contourner le mouvement de grève et d’assurer le fonctionnement de l’aéroport. Elle affirme que la société ne les a finalement pas déployés sur le terrain, en raison du signalement effectué par les grévistes auprès des autorités locales compétentes en matière d’emploi, mais aussi de leur méconnaissance des spécificités de la plateforme aéroportuaire de Mayotte.

Elle le répète avec conviction : « La grève est terminée. Les avions voleront sans aucune contrainte dès ce vendredi. »

Une page se tourne donc à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi.

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Convergence sociale : Mayotte s’alignera sur le droit national d’ici 2036

Convergence sociale : Mayotte s'alignera sur le droit national d'ici 2036

Présenté ce 18 juin à la CSSM par l’État, un projet d’ordonnance détaille la trajectoire de « convergence sociale » de Mayotte. L’objectif est d’aligner d’ici 2036 la protection sociale de l’archipel sur celle du reste du pays, avec davantage de prestations mais aussi des cotisations en hausse.

Le préfet de Mayotte, accompagné de la direction de la Sécurité sociale, de la direction générale de la cohésion sociale et de la direction générale des outre-mer se sont déplacés à Mayotte. Ils ont présenté un projet d’ordonnance qui fixe la trajectoire de la « convergence sociale ».

L’objectif est d’aligner complètement les règles de protection sociale applicables à Mayotte sur celles du reste du territoire national et des autres départements d’outre-mer. Cette dynamique est engagée depuis 2011, mais la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte a décidé de l’accélérer et de la compléter.

Dès 2026, les exonérations de cotisations sociales, les exonérations générales et celles prévues pour l’outre-mer s’appliquent à Mayotte. La prime d’activité sera revalorisée. En 2028, les assurés mahorais seront affiliés au régime général de la Sécurité sociale. La Caisse de Sécurité sociale de Mayotte (CSSM) deviendra un organisme de base de ce régime général et rejoindra le réseau des caisses locales. D’ici 2031. Le SMIC net de Mayotte sera aligné sur le niveau national, avec une hausse de 2,5 points chaque année, en plus des revalorisations nationales. Le SMIC mahorais représente aujourd’hui 87,5 % du SMIC national. La quasi-totalité des prestations, notamment celles des branches famille et maladie, la prime d’activité et les minima sociaux seront également alignés à cette échéance. D’ici 2036, les cotisations auront atteint leur niveau cible, l’ensemble des prestations de droit commun seront applicables. En contrepartie les dispositifs de solidarité spécifiques à Mayotte seront supprimés.

Par exemple, pour une famille, les allocations familiales passeront de 153 euros par mois en 2026 à 229,52 euros en 2027, puis à 347,32 euros en 2031. À cela s’ajoutent des prestations qui n’existaient pas jusqu’ici à Mayotte : l’allocation de base de la PAJE sera créée en 2027 et la prime à la naissance en 2029.

L’autre face de la réforme, c’est la hausse progressive des cotisations sociales. Le projet d’ordonnance prévoit une montée par paliers jusqu’à atteindre les taux cibles en 2036. Cette trajectoire apportera plus de droits, mais aussi davantage de cotisations versées par les employeurs et les actifs. C’est pour cette raison que la réforme se veut graduelle. Une démarche « nécessaire pour préserver l’équilibre économique de l’archipel », explique la préfecture.

La trajectoire fera l’objet d’un suivi, au niveau national, les administrations compétentes en assureront le pilotage, avec l’appui technique des caisses nationales de Sécurité sociale. Au niveau local, le préfet réunira les parties prenantes au sein d’une instance dédiée, chargée de veiller à la mise en œuvre des mesures sur le territoire. La CSSM, elle, accompagnera les assurés et les cotisants tout au long du processus.

Le projet d’ordonnance présenté cette semaine doit être publié d’ici août. Viendront ensuite les décrets d’application qui préciseront, mesure par mesure, le détail de ce projet d’une dizaine d’années. Un chantier de longue haleine, dont les premiers effets se feront sentir dès cette année.

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