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Dix passeurs arrêtés passeront six à quinze mois en prison

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Les dix passeurs ont été appréhendés en l’espace de quelques heures, jeudi 7 et vendredi 8 septembre.

L’unité nautique de la police aux frontières a récemment réalisé un intense coup de filet dans le nord de Mayotte. Du jeudi soir au vendredi matin, six kwassas avaient été interpelés. Au cours du week-end, dix passeurs entre 18 et la trentaine d’années ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Mamoudzou.

Un arrivage massif de kwassas en provenance des Comores, la semaine dernière, a été détecté au nord de Mayotte. « Au cours des dix-huit heures de surveillance, ce sont huit kwassas transportant 154 passagers et 350 cartouches de cigarettes qui étaient interceptés par le service territorial de la police aux frontières (STPAF) », a indiqué d’ailleurs la police. La première embarcation a été appréhendée, le jeudi 7 septembre, vers 18h30, par la brigade nautique de la PAF. « Les policiers suspectaient la présence d’autres embarcations, et leur persévérance leur permettait d’arraisonner deux autres kwassas entre 3h et 4h20 », poursuit la PAF. Un autre intercepteur, lui aussi dans le secteur, est arrivé au même résultat. « Cette activité soutenue de la brigade de nuit venait compléter les deux arraisonnements réalisés en simultané par la brigade de jour », complètent les policiers.

Six primo-délinquants

« Dix individus identifiés comme passeurs étaient placés en garde à vue pour aide à l’entrée et au séjour irrégulier aggravé ainsi qu’importation de tabac en contrebande », a indiqué la police. Le Parquet a confirmé qu’ils ont tous été jugés, ce week-end, sous le régime de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Six d’entre eux, de 18 ou 19 ans, n’ont jamais eu affaire à la justice française dans ce genre de dossier. Ils ont donc été condamnés à la peine habituelle dans ce genre de cas, six mois d’emprisonnement ferme. Pour les quatre autres, il s’agit davantage de trentenaires en état de récidive, alors qu’ils sont normalement interdits de territoire français. Leur peine est portée à quinze mois de prison et leur interdiction de territoire français sera définitive (IDTF).

La police fait remarquer que d’autres interpellations les jours suivant portant le nombre de personnes en situation irrégulière appréhendées à 229. 227 ont déjà été reconduites à la frontière.

« Vous pouvez me juger, je ne dirai rien aujourd’hui »

Le prévenu âgé de 20 ans qui devait être jugé en comparution immédiate, ce lundi, avait annoncé la couleur. « Vous pouvez me juger, je ne dirai rien aujourd’hui », prévient le jeune homme relié à deux vols à l’arraché datant du jeudi 7 septembre à Dzoumogné. Dans les deux cas, le sac avait été pris de force des mains des victimes. L’une d’elles, enceinte de huit mois, était même tombée de tout son long alors qu’elle avait un de ses enfants accrochée derrière elle. La gendarmerie de M’tsamboro a mis rapidement la main sur le prévenu. Celui-ci cumule déjà des faits de ce genre et avait même l’interdiction de se rendre à Dzoumogné depuis sa dernière condamnation. Le lendemain des faits, il devait d’ailleurs se rendre à une convocation devant le juge pour enfants pour une ancienne affaire. Peu coopératif, le prévenu refuse d’être représenté par l’avocat de permanence et demande maître Zainaliambidina Nizari. Le tribunal correctionnel reporte donc le procès au 6 octobre, le temps qu’il contacte son conseil. En attendant, et pour éviter une réitération des faits, il restera en détention à Majicavo.

Un défilé des créateurs réussi autour d’Anika Exkiz

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C’est un événement inédit qui s’est tenu à Bandraboua, ce dimanche 10 septembre. Six créateurs mahorais ont pu présenter leurs nouvelles collections dans un défilé de mode (crédit photos : NBM Photographie). L’évènement a été mis sur pied en seulement une semaine grâce à un groupe d’amis qui soutient la styliste Anika Exkiz, après des déboires récents lors d’un événement

De nombreux chanteurs locaux ont également pris part aux festivités. Le défilé des créateurs a rassemblé près de 300 personnes dans le public. Et tous ceux qui y ont contribué l’ont fait bénévolement. Le succès est tel que beaucoup demandent une deuxième édition.

Le Rectorat lance un appel à projet pour la fête de la Science

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La fête de la Science (en photo, intervention de Jamy Gourmand au lycée de Pamandzi en 2022) est organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et porté par le GIP FCIP du rectorat de Mayotte. La 33ème édition de la fête de la Science se déroulera du 10 au 27 novembre à Mayotte avec pour thématique : « Science et sport » en résonance avec l’actualité sportive 2023-2024. Cette année, une athlète mahoraise de haut niveau, une championne de France multimédaillée, un modèle inspirant pour les jeunes de l’île, Nasrane Bacar est nommée ambassadrice.

Les manifestations à destination du grand public ou des scolaires peuvent prendre des formes très variées : atelier, exposition, jeu, conférence, rencontre, débat, spectacle, visite de site, autre… et se dérouler dans divers lieux : un établissement scolaire, un lieu d’accueil, au sein de vos locaux. La thématique « science et sport » permet de nombreuses pistes de réflexion et peut être appréhendée à travers divers angles et disciplines : la nutrition, les matériaux, les phénomènes physiques, la médecine, la biomécanique, l’économie etc. Deux thèmes phares sont mis en avant : science sport et nutrition et science sport et locomotion. Ils seront déployés sur tout le territoire avec le soutien des associations et des institutions. Vous êtes un acteur de la culture scientifique à Mayotte, vous avez un projet et souhaitez participer à cette manifestation ? Rien de plus simple, il vous suffit d’entrer en contact avec le pôle recherche innovation du rectorat de Mayotte, vous serez accompagnés tout au long de la démarche. La date limite de dépôt de projet est fixée au 5 octobre.

L’ensemble des projets sont soumis au comité de pilotage pour validation et obtention du label « fête de la Science ». L’obtention du label fête de la science s’appuie sur les critères suivants : caractère scientifique, technique ou industriel du projet ; présence d’un référent scientifique, spécialiste de la discipline qui valide le contenu scientifique du projet ; qualité de la médiation, qui doit être compréhensible et à la portée du grand public ; neutralité du projet, surtout en cas de thème faisant l’objet de débats d’actualité ; gratuité de la manifestation pour tous les publics ; respect de la période officielle.

« Le jardin mahorais », thème du prochain café Naturaliste

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Dans le cadre des journées européennes du patrimoine 2023, l’association Les Naturalistes de Mayotte consacrera son café naturaliste au jardin mahorais. La conférence, animée par Clara Husson, agronome au Cirad, portera sur le jardin typique mahorais, ses diverses formes et fonctions. Il aura lieu au restaurant La Croisette à Mamoudzou, le vendredi 15 septembre à 18h. L’agroforesterie, communément appelée à Mayotte « jardin mahorais » est largement pratiquée puisqu’elle représente 90 % de la surface agricole utile de l’île. Il existe toutefois sous différentes formes et fonctions. La conférencière abordera les différentes formes de jardin mahorais, ainsi que leurs intérêts économiques, environnementaux et sociaux, la manière dont ils évoluent et la nécessité que l’arbre garde une place centrale dans l’agriculture pour que les jardins mahorais poursuivent leurs cercles vertueux : productivité, maintien de la fertilité des sols, régulation naturelle des ravageurs, ombrage, lutte contre l’érosion, protection des aquifères, protection de la biodiversité, etc. tout en permettant aux agriculteurs de subvenir à leurs besoins.

Top départ de la réhabilitation des quais de Petite-Terre le 18 septembre

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Le conseil départemental informe que des travaux de réhabilitation des infrastructures maritimes auront lieu à Dzaoudzi, au niveau des quais Ballou et Issoufali. Ils débuteront le 18 septembre et dureront jusqu’en septembre 2024. Les travaux commenceront par la démolition des aménagements existant sur le terre-plein, qui dureront deux mois, puis par les travaux du quai Ballou qui dureront les six premiers mois. Les six derniers mois, seront consacrés à l’aménagement du quai Issoufali. Le parking côté Issoufali sera fermé dès vendredi 15 septembre, durant les travaux sur le terre-plein. Le département finance la totalité de ces projets, pour un coût total de 8.957.956 € (4.870.110 € pour la réhabilitation des rampes et 4.087.846 € pour les aménagements terrestres).

Un système de navettes gratuites, sera mis en place pour les habitants de Pamandzi et de Labattoir afin de diminuer les flux de véhicules au niveau de Dzaoudzi : navette de Pamandzi-Labattoir vers Dzaoudzi entre 5h30 et 8h30 (aller) ; navette de Dzaoudzi vers Labattoir et Pamandzi entre 15h30 et 17h30 (retour). Les usagers de la barge auront toujours la possibilité de prendre les taxis.

Coupe de France régionale : le FC M’tsapéré passe à la trappe

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Le champion de Mayotte 2022, le FC M’tsapéré (photo d’archives), ne verra pas le stade des quarts de finale de la Coupe de France régionale. Il a été éliminé, ce samedi, par l’ACSJ M’liha (1-0). Le club de la commune de M’tsangamouji, qui évolue pourtant en Régionale 3, continue son très bon parcours dans cette édition 2023. Aux tours précédents, il avait réussi à sortir Malamani et Chiconi, deux formations qui jouent au niveau au-dessus.

Du côté des autres résultats, c’est la déception pour les derniers vainqueurs de la Coupe, les Diables noirs de Combani. Ils s’inclinent aux tirs aux buts contre les Étincelles d’Hamjago (R3) (il y avait 1-1 à la fin du temps réglementaire). L’AS Rosador de Passamaïnty, le finaliste 2022 et actuel leader de R1, s’est imposé à Choungui (0-2). A noter que le FC de Sohoa (R3) s’est encore débarrassé d’un club de Kawéni, l’AS (1-0), après avoir fait subir le même sort à l’ASC Kawéni (R1) aux tirs aux buts lors du tour précédent.

Sénatoriales 2023 : ils sont dix candidats à Mayotte

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Comme pour la dernière édition de Miss Mayotte, il y a dix postulants aux élections sénatoriales du dimanche 24 septembre. La principale différence tient au fait qu’il y aura deux postes en jeu, celui d’Abdallah Hassani (MDM), qui ne se représente pas, et un autre détenu par Thani Mohamed-Soilihi (Renaissance, ex-La République en marche), qui, lui, souhaite le garder. La préfecture de Mayotte a communiqué, vendredi soir, ceux qui ont fait une déclaration de candidature au cours de cette semaine.

Les candidats sont donc : Mouslim Abdourahaman (remplaçante Achiaty Attoumani), Nadjim Ahamada (remplaçante Tayza Abdallah), Anchya Bamana (remplaçant Soumaïla Daoudou), Abdoul Doukaïni (remplaçante Anrifia Saïdina), Aminat Hariti (remplaçant Oussouldine Abdou), Siaka Mahamoudou (remplaçante Charifia Mgazi), Thani Mohamed-Soilihi (remplaçante Salama Ramia), Salim Nahouda (remplaçante Zaina Assani), Saïd Omar-Oili (remplaçante Sitirati Mroudjae) et Zaïdou Tavanday (remplaçante Marise Ali).

Chaque semaine, retrouvez les interviews croisés des candidats dans Flash Infos.

Crise de l’eau : Un premier « cortège de l’eau » dans les rues de Mamoudzou

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Parti de la zone Nel, à Kawéni, le premier « cortège de l’eau » a rejoint le centre-ville de Mamoudzou, samedi matin, aux cris de « On a soif » ou « Maji kavu ! ».

Même sans eau, ils ont donné de la voix. Près de 200 personnes ont formé, samedi matin, le premier cortège de manifestants en lien avec la pénurie que connaît le territoire de Mayotte. Entre les critiques adressées à la Société mahoraise des eaux (SMAE), le syndicat des Eaux de Mayotte, la préfecture de Mayotte et l’Agence régionale de santé (ARS), des mesures concrètes sont demandées pour garantir un accès pour tous à de l’eau de qualité. Reportage.

C’était un peu l’inconnu, ce samedi matin, devant le siège de la Société mahoraise des eaux (SMAE). Combien de personnes allaient répondre à l’appel d’une poignée sur les réseaux sociaux ? Car depuis l’annonce du passage aux coupures de 48 heures, la colère monte dans le département mahorais, victime d’une sécheresse inédite. A Kawéni, une centaine de manifestants ont donc voulu se réunir devant le délégataire du syndicat des Eaux de Mayotte en portant t-shirts et banderoles « Mayotte a soif », malgré la chaleur. « On espère que ça prendra de l’ampleur. Mais aujourd’hui, c’est aussi l’occasion de se connaître », admet Andrea, qui est déjà satisfait de voir que plus d’une centaine de manifestants est venue former les rangs cette première mobilisation de l’eau.

Bien entouré par la police, le groupe n’est pas resté longtemps devant les locaux SMAE, fermés ce samedi. Aux cris de « On a soif » ou « Maji Kavu ! », il est parti en direction de la Nationale 1 qu’il a rejoint au rond-point Mega. Patients, les automobilistes y vont de leurs coups de klaxon au passage « du cortège de l’eau » en signe d’encouragement. L’ambiance est bon enfant, le groupe de tête profite que la voie soit dégagée d’un côté pour faire quelques pas de danse.

« Où est passé l’argent des investissements ? »

Au rond-point SFR, la mobilisation s’arrête. Quelques-uns prennent le micro pour raconter leur quotidien ou laisser éclater leur colère. « Cette eau, je ne la ferais pas boire à mon chat », s’insurge une manifestante, tenant une bouteille avec un liquide marronnasse à la main. Des traductions sont faites en shimaoré et en kibushi pour que tout le monde comprenne. Le rond-point passé, la troupe prend la direction du centre-ville, via la route nationale. Andrea, le kiné qui fait partie des organisateurs, en dit un peu plus sur les revendications. « Ce qu’on demande, c’est de la transparence. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des promesses qui sont faites », rappelle-t-il, en pointant la fameuse troisième retenue collinaire à Ourouvéni qui n’a jamais vu le jour, l’usine de dessalement de Pamandzi qui ne fonctionne toujours pas à son rendement attendu et la deuxième installation de ce type qui n’est toujours pas sur pied (promise pour « fin 2024 » à Ironi Bé).

« Où est passé l’argent des investissements ? », scandent d’ailleurs les manifestants en arrivant dans le centre-ville, tandis qu’un camion-citerne rempli d’eau passe de l’autre côté de la voie. A plus court terme, les manifestants demandent une baisse des prix des bouteilles d’eau, tandis que beaucoup appellent à l’arrêt des paiements de leurs abonnements SMAE. « En Petite-Terre, un magasin a affiché « prix solidaire » en chiffrant 4,14 euros les six bouteilles de 1,5 litre. La semaine d’après, c’était le même prix, mais avec des bouteilles d’un litre », raconte l’un d’eux.

« Notre caviar, c’est de l’eau »

En bas de la place Mariage, avec d’autres arrivées entretemps, ce sont 200 personnes qui remontent ensemble (le maximum ce jour-là) en chantant ou en tapant des bouteilles vides les unes contre les autres. Arrivées devant la préfecture de Mayotte, côté bureau des étrangers, elles marquent un nouvel arrêt. Cette fois, Balahachi Ousseni, le secrétaire de la CFDT-Mayotte, prend la parole et se montre virulent à l’encontre de l’Agence régionale de santé et son directeur, Olivier Brahic. « Qu’il démissionne et qu’il aille travailler pour la SMAE », lâche-t-il, en référence aux communiqués de l’ARS assurant que l’eau est potable, avant qu’une non-conformité soit détectée à Acoua et Sohoa (l’alerte a été levée dimanche). L’homme est l’un des rares syndicalistes à s’être joint au mouvement. « On ne peut pas ne pas être là. On est tous concernés, peu importe qui organise la manifestation », fait-il remarquer. Accompagnée de son fils, Faoulati prend le micro. « Notre caviar à Mayotte, c’est de l’eau. On va faire un label AOC (N.D.L.R. appellation d’origine contrôlée) et on va vendre le pack dix euros », ironise-t-elle.

Le groupe retient l’idée et repart en direction de l’hôpital de Mamoudzou, où les soignants alertent ces derniers temps sur le cas de bébés qui arrivent en état de déshydratation. Pas d’arrêt ce coup-ci, le cortège ne fera plus que deux arrêts symboliques, devant le conseil départemental et la mairie de Mamoudzou, avant de redescendre place de l’Ancien marché. Des numéros de téléphone sont échangés en vue d’une action prochaine, peut-être en semaine cette fois-ci.

Alors que tout le monde se retrouve un peu assommé par la chaleur pendant ces trois heures de marche, quelques cannettes d’eau pétillante sont distribuées par les organisateurs, qui reçoivent en retour une participation aux frais. « On a trouvé que ça », reconnaissent-ils.

 

Un envoi ou un renvoi ?

A quelques heures du début de la manifestation, Gérald Darmanin s’est fendu d’un message sur les réseaux sociaux au sujet de la crise de l’eau, samedi matin. Le ministre de l’Intérieur et des Outremer dit « avoir décidé, avec Philippe Vigier (N.D.L.R. son ministre délégué aux Outremer), d’envoyer sur place une unité militaire de sapeurs-sauveteurs de la sécurité civile, ainsi que du matériel de potabilisation de l’eau ». Mais est-ce un envoi ou un renvoi ? Pour rappel, une unité de ce genre était déjà à Mayotte cette année, dans le cadre de l’opération Wuambushu. Et à peine les policiers et gendarmes repartis, fin juillet, le gouvernement n’a pas jugé bon de garder sur place les osmoseurs alors que le département fait face à une grave pénurie d’eau. Espérons qu’ils ne viennent pas que pour les forces de l’ordre cette fois.

Jeux des Iles : Le Département de Mayotte récompense les athlètes médaillés

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Les sportifs et membres de la délégation ont été accueilli en musique, ce samedi matin, au conseil départemental de Mayotte.

En conclusion de la onzième édition des Jeux des Iles de l’océan Indien, la délégation de Mayotte a été reçue par le conseil départemental. C’est ce samedi matin, dans le jardin du Département, que chaque équipe et athlète ayant remporté une médaille a ainsi reçu une prime au podium.

Trophées du Tourisme : « Le meilleur encouragement » pour les acteurs du tourisme mahorais

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De la danse et des chants ont ponctué ses premiers trophées du Tourisme mahorais.

Inviter les Mahorais à profiter des offres et produits touristiques locaux, c’est le mot d’ordre récurrent chez les responsables locaux qui ont pris part aux premiers trophées du Tourisme à Mayotte. L’événement était organisé, samedi soir, sur la place de la République, conjointement par le Département, l’agence d’attractivité et de développement touristique de Mayotte (AaDTM), la Cadema et la Somapresse. 

En marge de la clôture du salon du Tourisme de Mayotte qui faisait son grand retour, la soirée des premiers trophées du Tourisme à Mayotte a remporté un franc succès samedi soir, sur la place de la République à Mamoudzou. Sur le plan technique, le choix des lauréats de premiers trophées du Tourisme à Mayotte s’est fait en deux étapes, le vote d’un jury trié sur le volet depuis trois mois (70 %) et le choix public appelé à voter sur les réseaux sociaux (30%). Les officiels du territoire avaient répondu présents en très grand nombre, ce qui a permis de rehausser le niveau de cet événement de grande envergure. Toutes les conditions étaient donc réunies pour en faire un rendez-vous grandiose, avec colliers de fleurs odorantes, tapis rouge, et interventions d’élus divers et variés pour encourager un redécollage de l’économie touristique post-Covid-19, par une consommation locale des produits et services proposés. Se référant aux chiffres obtenus par le département voisin de La Réunion (plus de 13 %) de la consommation de l’offre touristique par un public local pour pallier les effets dévastateurs de la crise sanitaire, l’Agence d’activité et de développement touristique de Mayotte (AaDTM) multiplie les initiatives pour redynamiser un secteur diminué. À travers ces premiers trophées du Tourisme à Mayotte, elle entend ainsi soutenir, à sa manière, l’ensemble des opérateurs de la filière, du plus petit au plus grand. Cinq activités du secteur ont été ainsi distingués par des prix (restauration, hébergement, lagon, activités et attractivité).

Des efforts pour un secteur qui en a besoin

Cette soirée exceptionnelle, animé par le talentueux Anli Bedja (ancien animateur de télévision sur Mayotte La 1ère) a vu se regrouper tout le Mayotte officiel, des dirigeants politiques et opérateurs économiques toutes branches confondues durant trois heures. De la présidente de l’AaDTM, Zaounaki Saindou, à la vice-présidente du conseil départemental de Mayotte, Bibi Chanfi, en passant par le maire de Mamoudzou (représenté par l’un de ses adjoints, Hamidani Magoma) et le président de la Cadema (Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou), Rachadi Saindou. Tous les orateurs ont insisté sur le besoin pour notre île de consommer l’offre touristique local afin de combler le manque de touristes extérieurs, moins nombreux que d’habitude, en raison notamment des événements qui ont émaillé l’actualité des premiers mois de l’année 2023 au travers d’une recrudescence de l’insécurité à Mayotte. Tous ont insisté sur les efforts considérables consentis par les pouvoirs publics sur l’île pour redorer le blason d’un pan indispensable de notre économie, dénonçant au passage le manque criant d’eau potable qui handicape l’activité touristique, mais aussi d’autres secteurs de l’économie mahoraise. On retiendra de cette soirée que le conseil départemental de Mayotte redouble d’effort dans son soutien des activités de l’AaDTM avec l’octroi d’un budget pluriannuel sur trois ans de sept millions d’euros pour lui permettre de fonctionner correctement. Dans le même temps, l’agence est invitée à rechercher d’autres partenaires financiers, privés, pour la poursuite de ses activités futures. Une transition prise à bras le corps par les responsables concernés à en croire Zaounaki Saindou, la présidente de cette instance dirigeante du tourisme à Mayotte.

De l’émotion au rendez-vous

L’événement unique en son genre a fait la part belle à des jeunes Mahorais dans les différents prix qui ont été décernés. On a vu les larmes du fondateur de Randopalma, un jeune du nord de Mayotte, premier à se voir décerné le disque solaire du trophée du Tourisme. « Le meilleur encouragement » selon lui à poursuivre ses efforts dans son domaine d’activité. Aussi remarquées, la gérante et la principale fille de salle du restaurant Hippocampe sise à Kawéni. Le lieu est désormais un incontournable de la gastronomie mahoraise et s’efforce à offrir au quotidien un service de qualité avec des produits frais directement importés de Rungis. Maoré Tour est aussi une des révélations de ces premiers trophées du tourisme à Mayotte. La plateforme de réservation innovante créée par un jeune de M’tsapéré est une vitrine exceptionnelle de notre département à l’international. « C’est beaucoup de fierté pour nous. Ce prix couronne cinq années de travail acharné démarrées au moment du Covid-19. Nous avons réussi à remonter la pente et cette distinction symbolise notre réussite et ça me fait très plaisir. » Au-delà des émotions des différents lauréats, une attention particulière du jury a été pour Paul Issoufali, le fondateur de l’agence du même nom grâce à laquelle la desserte aérienne de Mayotte est devenue réalité bien avant l’indépendance des Comores. Cet acteur économique émérite a été de tous les combats pour désenclaver Mayotte par les airs et infatigable administrateur du Comité de tourisme de Mayotte. Il a amplement mérité le prix spécial du jury que son fils et successeur dans la direction de l’agence Issoufali, Moïse, est venu recevoir à sa place.

Que d’émotions en une seule soirée. L’événement, fort d’un premier succès, est déjà appelé à se renouveler.

La liste des lauréats

Prix du restaurant de l’année : Hippocampe à Kawéni ; Prix de l’Hébergement de l’année : Le Jardin Maoré ; Prix du Lagon de l’année : Rand O Palma ; Prix des Activités de l’année : Maoré Tour ; Prix de l’Attractivité de l’année : Mzuri sana ; Prix spécial du jury : Paul Issoufali.

 

Pour voir le replay de la cérémonie des Trophées du Tourisme

 

La Cadema définit son territoire de demain

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Le président de la Cadema, Rachadi Saindou (au centre) a présenté le plan local d’urbanisme intercommunal ce jeudi, aux côtés de Moudjibou Saidi, maire de Dembéni et Ambdilwahedou Soumaila, maire de Mamoudzou.

Le plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté d’agglomération Dembéni – Mamoudzou (Cadema) a été officiellement présenté, ce jeudi. Ce document d’urbanisme qui vise à orienter et à encadrer le développement du territoire intercommunal de manière cohérente et durable, permet de dessiner l’aménagement futur de la Cadema.

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Le plan local d’urbanisme intercommunal s’étend sur tout le territoire de la communauté d’agglomération Dembéni- Mamoudzou.

L’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de la communauté d’agglomération Dembéni – Mamoudzou a débuté en 2019. Par la suite, des réunions publiques de concertation organisées avec la population ont eu lieu. En début d’année, une enquête publique avait été mise en place afin de recueillir l’avis des habitants et ainsi, intégrer leurs attentes et suggestions.

1.000 logements chaque année

Le PLUI a pour vocation « de remplacer le plan local d’urbanisme de la commune de Dembéni et de Mamoudzou, afin d’harmoniser le bâti sur l’ensemble du territoire de l’intercommunalité », précise Rachadi Saindou, président de la Cadema. Remplaçant les deux anciens PLU élaborés par les villes de Mamoudzou et Dembéni, ce PLUI est un document d’urbanisme et de planification qui va fixer les règles d’utilisation du sol. Il répond aux questions que toute personne peut se poser lorsqu’il envisage d’ériger une construction : où construire et comment construire ?

« Le PLU actuel ne pouvait plus répondre aux enjeux du territoire de Mamoudzou », concède Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou. Afin de respecter le plan paysager, il sera essentiel de faire en sorte qu’il y est une « verticalité sur tous les bâtis », note le président. L’objectif de ce PLUI est la construction de 1.000 logements chaque année, pendant dix ans. « Pour relever ce défi, il a été décidé d’ouvrir un ensemble de quartiers à l’urbanisation », explique-t-il.

Autorisation jusqu’à seize mètres de hauteur

L’élaboration de ce plan se traduira au travers de changements majeurs. Des analyses approfondies de certaines zones, initialement désignées comme non-ouverte à l’urbanisation, ont conduit à une réévaluation des classifications, « afin de répondre aux besoins criants en termes de logement sur notre territoire », lance Rachadi Saindou. Des quartiers ont ainsi été ouverts à l’urbanisation, notamment dans le village d’Oungoujou, dans les quartiers nord de Tsararano, de Dembéni ou encore d’Iloni, mais aussi à Kwalé, Tsoundzou 1 et 2, dans le nord de Passamaïnty et à Vahibé.

Concrètement, une dérogation a été octroyée en termes d’élévation du bâti sur l’ensemble du territoire. Il sera possible de construire jusqu’à seize mètres en zone urbaine dense, avec des dérogations pouvant aller jusqu’à dix-neuf mètres. Les anciens PLU permettaient de construire jusqu’à treize mètres à Mamoudzou et neuf à Dembéni. Pour Rachadi Saindou, la problématique d’accès au foncier est omniprésente à Mayotte. « Cette dérogation va permettre aux particuliers, aux professionnels, mais aussi aux administrations de pouvoir sécuriser leurs droits à la construction. » Concernant les bâtiments publics, aucune hauteur maximale ne sera fixée. Le président de la Cadema, l’explique en justifiant qu’à Mayotte, « on est dans un territoire où il n’y a pas de terrain, donc il faut, à un moment donné, quand on construit, dans un même bâtiment mettre autant de services publics que l’on peut mettre, c’est ça l’idée ».

Actuellement, le PLUI de la Cadema prévoit 196 hectares de zones à urbanisée mixtes et 35 hectares de zones en fort aléas. La prochaine étape sera la validation par le conseil communautaire, afin que le PLUI soit officiellement adopté.

2.000 logements à Dembéni et près de 200 à Tsoundzou

Parmi les plus gros projets, se trouve celui de la ZAE de Dembéni – Tsararano. Il est prévu la construction de 2.000 logements – 80 sur le foncier de Tsararano et 1.920 de Dembéni. « Ce projet représente près de treize millions d’euros en termes de foncier et sera réalisé en deux phases », précise Moudjibou Saidi, maire de Dembéni. La première portera sur la construction des logements et la deuxième sur la réalisation d’un collège de 900 places. Dans la commune de Mamoudzou, c’est à Tsoundzou que des constructions d’habitations auront lieu, avec pratiquement 200 logements, qu’il n’était pas possible de réaliser sous l’ancien PLU. « Le PLUI va permettre à un certain nombre de projets structurants et importants, notamment le grand bâtiment témoin que nous voulons faire ici en centre-ville », précise le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla.

Elyassir Manroufou déchu de la vice-présidence

Devenu vice-président de la Cadema à la faveur d’un arrangement avec Rachadi Saindou en 2020, Elyassir Manroufou a été évincé du bureau politique, jeudi soir, au cours du conseil communautaire. Les deux hommes ne cachaient pas des relations exécrables, ces derniers temps. Le vote de ce jeudi (douze pour, neuf contre) entérine donc cet état de fait. Le conseiller départemental et membre de l’opposition au conseil municipal de Mamoudzou devrait perdre également la vice-présidence du syndicat des Eaux de Mayotte. Il estime cependant qu’il pourrait faire appel à la voie judiciaire, évoquant un quorum qui n’était plus atteint au moment du vote (Elyassir Manroufou et d’autres conseillers avaient quitté la salle).

Un camion Nariké M’sada bientôt sur les routes mahoraises

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L’unité mobile de Nariké M’sada est prête à sillonner le territoire mahorais pour réaliser des dépistages pour le VIH/Sida, ainsi que les hépatites B et C. Les villages de Mamoudzou sont également concernés par le dispositif, tous les habitants ne pouvant se rendre au centre Jacaranda dans le centre de Mamoudzou ou à l’association Nariké M’sada à Cavani.

Afin d’augmenter les dépistages au VIH (virus de l’immunodéficience humaine) ou pour les hépatites, l’association Nariké M’sada a fait l’acquisition d’un camion prêt à sillonner le territoire et surtout à aller à la rencontre de ceux qui ne peuvent pas se faire dépister au Cegidd, à Mamoudzou. Vincent Bertrand, directeur adjoint de l’association, explique le principe en marge de l’inauguration, vendredi matin, à Cavani.

Flash Infos : Quel est le but de cette unité mobile ?

Vincent Bertrand : C’est de pouvoir permettre un dépistage massif et régulier à travers l’ensemble du département. Cette unité s’inscrit dans le dispositif « Mayotte sans Sida et hépatites » qui a pour but de mettre en place la politique du 3×95 (95% de la population dépistée au VIH, 95% des gens dépistés positifs sont sous traitement et 95% des personnes sous traitement ont une charge indétectable) pour éradiquer l’épidémie du VIH/Sida d’ici 2030 à travers le monde. Avec ce camion, on va pouvoir faire de « l’aller vers ». Actuellement, les dépistages se font au Cegidd à Mamoudzou (centre Jacaranda), un seul laboratoire d’analyse sanguine à Mamoudzou et notre association qui fait des dépistages rapides à Cavani. Mais on sait qu’à Mayotte, il n’y a pas de transport en commun, une très grande précarité et le réflexe du dépistage qui n’est pas encore acquis. L’unité mobile de dépistages sera donc déployée, toute l’année, du lundi au vendredi. Elle pourrait ensuite permettre de faire une caravane de santé avec d’autres associations (Répéma, Rédiab,..). Il y aurait ainsi une offre globale le même jour dans le même village.

F.I. : Comment avez-vous pu réaliser l’achat du camion ?

V.B. : Nos partenaires sont le Lions club Mayotte, le laboratoire Gilead et la préfecture de Mayotte. Il y a aussi des partenaires opérationnels, le conseil départemental de Mayotte, l’Agence régionale de Santé et les associations qui œuvrent dans la santé sexuelle.

F.I. : Au quotidien, comment va fonctionner l’unité ?

V.B. : Elle sera déployée vers 8h ou 9h le matin dans un village à travers Mayotte jusqu’à 14h, 15h, l’après-midi. Le calendrier n’est pas encore fait. Il y aura une grande communication, à travers les réseaux sociaux, l’affichage, pour que la population puisse s’approprier le calendrier de passage.

F.I. : Est-ce que ce nouveau dispositif va augmenter considérablement le nombre de dépistage ?

V.B. : En moyenne, on en fait plusieurs centaines par an. Depuis le début de l’année, on est à 500. On espère dépister 200 personnes a minima par semaine. Évidemment, il y a un partenariat avec le centre hospitalier de Mayotte. Car, dès qu’un test rapide est positif, il faut que ça soit confirmé par un diagnostic biologique. L’unité mobile peut donc être la porte d’entrée d’un parcours de santé.

F.I. : A quel âge peut-on se faire dépister et combien de temps dure un test ?

V.B. : C’est à partir de 18 ans. C’est sur le libre choix, chaque personne est libre ou pas de se faire dépister. Le test rapide nécessite une petite piqûre au bout du doigt et on prélève que quelques gouttes de sang. Le résultat est là en moins de cinq minutes.

F.I. : Est-ce qu’une partie de l’équipe parle les langues locales ?

V.B. : Exactement. Au niveau du personnel habilité et formé à réaliser les tests rapides, il y aura l’ensemble des personnes qui peuvent parler aussi bien shimaoré ou kibushi.

Fin de la non-conformité de l’eau à Acoua et Sohoa

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Le mercredi 6 septembre, « deux cas de non-conformité bactériologiques avaient été relevés à Sohoa et Acoua ». Des bactéries coliformes avaient été notamment détectées. Les habitants des villages d’Acoua, Sohoa, Chiconi, Coconi, Ongojou, Sada, Ouangani, Poroani et Miréréni (commune de Chirongui devaient depuis, et quand ils en ont, faire « systématiquement bouillir l’eau pour les usages nécessitant de l’eau potable (boire, faire la cuisine et se brosser les dents) ». L’Agence Régionale de Santé a procédé à de nouveaux contrôles de la qualité de l’eau sur le réseau et « ceux-ci se sont avérés conformes sur l’ensemble des points de contrôle ». La vigilance a été ainsi levée, ce dimanche 10 septembre.

« Il est néanmoins recommandé de suivre les mesures de précautions applicables sur l’ensemble du département depuis plusieurs mois », assure l’ARS. Pour rappel, il est conseillé de faire bouillir l’eau dans les six heures suivant la remise en eau après une coupure nocturne ou dans les douze heures suivant la remise en eau après une coupure de vingt-quatre heures ou plus.

« Mayotte à fleur de pinceau » ou aquarelles mahoraises

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Récemment l’ouvrage d’« Aquarelles mahoraises » d’Attila Cheyssial est paru. Son appareil photo dans une main, son carnet à dessin dans l’autre, Attila Cheyssial parcourt Mayotte chaque jour depuis plusieurs années. Inspiré par les paysages insolites d’une île qu’il a choisi, il peint ici une plage, là-bas les couleurs d’un marché, figeant les instants avec délicatesse et précision. Ces aquarelles mahoraises regroupent une collection de 41 aquarelles originales, qui mettent à l’honneur Mayotte, une terre aussi lumineuse que mystérieuse. Attila Cheyssial est né à Paris en 1947. Installé à Mayotte de 1978 à 1998 puis de nouveau depuis 2017, il vit à Tsingoni où il exerce la profession d’architecte.

Appel à la participation citoyenne des juridictions financières

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Jusqu’au vendredi 6 octobre 2023, il est possible de suggérer des thèmes de contrôle aux chambres régionales des comptes de La Réunion ou de Mayotte. Après le succès de l’édition 2022, la campagne de participation citoyenne de la Cour des comptes s’élargit au réseau des chambres régionales et territoriales des comptes (CRTC), dont est célébré les 40 ans cette année, pour faire émerger des sujets au cœur des préoccupations des citoyens, usagers et contribuables. Les mineurs de plus de 15 ans pourront également s’inscrire sur la plateforme. Les CRC de La Réunion et de Mayotte veillent au bon emploi de l’argent public et participent à l’information des citoyens. A ce titre, elles examinent la gestion de plus de 200 collectivités territoriales et organismes soumis à la comptabilité publique, représentant un poids financier annuel de plus de 6 milliards d’euros. Elles sont également compétentes pour d’autres organismes comme les associations, les cliniques privées, etc.

Cette année, vous pouvez l’aider à enrichir son programme de travail, en proposant des sujets de contrôle sur la plateforme dédiée des juridictions financières : https://participationcitoyenne.ccomptes.fr/ L’élargissement aux CRTC de la campagne de participation citoyenne de la Cour des comptes, permettra à l’institution de se rapprocher encore davantage des préoccupations des habitants tant de La Réunion que de Mayotte. Pour favoriser l’implication citoyenne des plus jeunes, il a été décidé que la plateforme sera accessible aux mineurs de plus de 15 ans sur le fondement de la loi du 7 juillet 2023 visant à instaurer une majorité numérique. Pour participer, il suffit de s’inscrire en quelques clics sur la plateforme.

Le Medef Mayotte à la « Rencontre des entrepreneurs de France 2023 »

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Carla Baltus, présidente du Medef de Mayotte et une délégation composée de huit membres se sont déplacées à la REF (Rencontre des entrepreneurs de France 2023, qui a eu lieu les 28 et 29 août derniers. La présence à la REF Medef qui avait pour slogan cette année « Demain ne meurt jamais », a permis à la présidente et sa délégation de porter les voix des entreprises mahoraises haut et fort auprès de plusieurs membres du gouvernement et des acteurs économiques venant de tout bord du territoire national.

En effet, plusieurs temps forts sont à relever dont le discours du nouveau président national du Medef, Patrick Martin qui, pour la première fois dans le discours officiel d’ouverture a tenu à rendre hommage aux territoires ultramarins en soulignant leur importance pour la France et de l’Union Européenne, aussi bien pour leurs richesses qu’en terme d’expérimentation des nouveaux modèles économiques centrés sur la stratégie de développement de modèles écologiques et sociaux-responsables. Un autre temps fort, celui de l’intervention du Président de la République, Emmanuel Macron, qui a souligné « l’importance des entreprises pour faire sortir le pays du danger de la récession et de la crise de l’emploi, « nous avons besoin de vous » a-t-il lancé », rapporte le Medef. Carlas Baltus a pu échanger avec Bruno Le Maire et ainsi, elle a pu l’alerter sur le besoin d’accompagner les entreprises financièrement en raison des crises multiples que subissent les acteurs économiques de Mayotte et leurs impacts sur leur survie et la création de la richesse mahoraise tant nécessaire au territoire pour sortir de cette crise sociale et sociétale. Un autre temps fort de ces deux journées dédiées aux entrepreneurs, le débat organisé par Action Logement et présidée par Bruno Arcadipane. Les enjeux sociétaux des projets de constructions actuelles et futurs ont été mis en avant et discutés sans oublier les logements vacants.

Quatrième édition de « Mayotte acteur de son développement » en septembre

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L’Agence de développement et d’innovation de Mayotte (Adim), soutenue par le conseil départemental et en partenariat avec la communauté d’agglomération de Dembéni – Mamoudzou et la ville de Mamoudzou, est heureuse d’annoncer la tenue de la 4e édition de l’événement phare « Mayotte acteur de son développement ». Cet événement de deux jours vise à stimuler le développement économique local en réunissant les acteurs économiques, les entrepreneurs et les experts pour des sessions d’échanges. Ce projet constitue une initiative clé de l’Adim visant à renforcer le développement et l’innovation à Mayotte. L’événement se tiendra le 21 septembre de 8h à 16h30, place de la république, puis le 22 septembre de 8h à 12h, dans la grande salle au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte, à Mamoudzou.

Au cœur de ces deux journées, des sessions d’échanges stratégiques sont prévues pour faciliter les interactions entre les acteurs économiques et les entrepreneurs. Les discussions seront axées sur des thématiques cruciales pour le développement économique du territoire, notamment : comment développer les entreprises au niveau locale et international ? Comment accompagner les entrepreneurs mahorais dans leur montée en compétences ? Où trouver du financement pour accélérer son développement au niveau local et à l’international ? L’Adim invite toutes les entreprises, entrepreneurs, institutions locale et parties prenants à participer à cet événement. Cette édition représente une opportunité unique pour explorer les moyens de soutenir la croissance économique locale et internationale.

La mairie de Mamoudzou sur tous les fronts

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Plutôt qu’un bilan de mi-mandat, Ambdilwahedou Soumaïla a fait un « bilan-étape », ce jeudi matin, des actions de la commune de Mamoudzou et évoquer la suite du projet « Mamoudzou 2030 ».

Crise de l’eau : Les contrôles sanitaires sont renforcés sur l’île

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Ce jeudi après-midi, un prélèvement sanitaire d’eau du robinet a été effectué à Kangani. Une fois cette étape effectuée, cet échantillon sera analysé à Mayotte et son résultat connu sous 48h.

Depuis plusieurs mois, la crise de l’eau est omniprésente sur le territoire de Mayotte et ce stress hydrique continue de s’accentuer. Ce mercredi, à la suite du renforcement des contrôles de la potabilité de l’eau, des inconformités avaient été détectées dans les villages d’Acoua et Sohoa. Dans le cadre de l’augmentation de ces contrôles, une équipe s’est rendue dans une habitation à Kangani afin de réaliser un prélèvement.

En début d’après-midi, ce mercredi, des équipes de l’Agence régionale de santé (ARS) se sont rendues dans une maison d’habitation individuelle au cœur de Kangani, afin d’y réaliser un prélèvement d’eau du robinet. Le but ? Réaliser un contrôle via une analyse de la potabilité de cette eau. Une fois le robinet désinfecté, le prélèvement a pu avoir lieu et les deux préleveurs effectuent le remplissage de deux flacons. Chacun est utilisé pour des études différentes et avec des gestes distincts. Une fois cette étape effectuée, les échantillons sont transmis dans un laboratoire à Mayotte, avec un retour dans les quarante-huit heures, pour les recherches bactériologiques et à La Réunion – ou en métropole – pour les études physico-chimiques. Dans le cadre de ce prélèvement et par suite des récentes analyses de non-conformité, une conférence de presse s’est tenue où le directeur général de l’ARS, Olivier Brahic, a rappelé que face à la crise, le « risque principal et la vigilance portent sur le risque bactériologique ».

700 points surveillés

A Mayotte, la surveillance de la qualité de l’eau est effectuée via de l’autosurveillance menée par le distributeur et un contrôle sanitaire réalisé par l’Agence régionale de santé (ARS). « On a un programme de contrôle annuel, que ce soit sur les captages, sur la distribution, mais aussi au niveau des usines de production », explique Anil Akbaraly, chef de service santé et environnement à l’ARS. C’est un programme fixé par arrêté ministériel, décliné par arrêté préfectoral. Sur l’île, ce sont environ 700 points de contrôle sanitaire qui sont répertoriés pour l’ARS. Face à la crise de l’eau, les prélèvements pour ces contrôles sont doublés. « Une vingtaine de points étaient faits avant par semaine, là on est à peu près à une quarantaine », complète-t-il. L’un des objectifs est de contrôler les dix-huit unités de distribution d’eau potable (UDI). L’UDI est formé par un réseau de distribution uniforme dans sa conception et dans sa qualité de l’eau, où peut se trouver des sites de production, des forages, des rivières, des captages et le tout arrive dans un même réservoir. « On est extrêmement vigilant au sujet de la qualité de l’eau, c’est pour cela qu’on a renforcé encore plus la surveillance », tient à rappeler Olivier Brahic.

Un contrôle sanitaire renforcé est mené tant par l’Agence, que par le distributeur – la Société mahoraise des eaux (SMAE). Ce mercredi soir, le constat est fait, « on a eu les deux premières analyses de non-conformité de l’eau dans le cadre de la crise de l’eau. Jusqu’à présent, on n’en avait eu aucune », admet le directeur général. réalisés à Acoua et à Sohoa lundi. Face à ces résultats, il a été acté un élargissement de la recommandation de faire bouillir l’eau sur l’ensemble de la plage horaire de distribution de l’eau dans le réseau, « parce qu’on est sûr que le fait de faire bouillir l’eau, élimine 100 % des germes », justifie le directeur. Au regard de la distribution dans le réseau, il stipule qu’il a été « acté pour que cette mesure soit faite, à la fois à Acoua et sur l’UDI de l’ouest, qui part de Chiconi jusqu’à Poroani ».

Deux bactéries identifiées

Des contrôles au niveau du réservoir, des différents captages sont effectués. Comme l’explique le chef de service, « en fonction du temps de circulation dans le réseau de distribution, il peut y avoir des choses qui peuvent se produire, comme des casses, des intrusions d’eau ou encore des travaux ». Dans le cas précis des analyses non-conformes de Sohoa et Acoua, elles font ressortir la présence d’entérocoques et de bactéries coliformes. « Les bactéries coliformes sont représentatives d’une contamination environnementale », admet Maxime Ransay-Colle, médecin à l’ARS. Elles peuvent avoir plusieurs origines et ne représentent pas forcément de risque sanitaire, mais sont un indicateur de la qualité de l’eau. Les entérocoques sont des bactéries digestives, qui sont aussi représentatives de la qualité de l’eau, « mais qui peuvent potentiellement être pathogènes, donc rendre malade et provoquer des gastro-entérites aiguës », alerte-t-il.

Il n’est pas possible de confirmer si ces souches sont pathogènes, mais par précaution, l’ARS demande d’appliquer de manière plus stricte les recommandations d’usage, dont l’ébullition de l’eau pendant cinq minutes.

La crise de l’eau n’amplifie pas les cas de gastro-entérite

L’Agence régionale de santé rappelle qu’il est important de faire la distinction entre l’épidémie de gastro-entérite aiguë saisonnière, qui est « causée principalement par un germe, le rotavirus », stipule le médecin de l’ARS. Cette épidémie est présente lors de chaque période d’hiver austral. Là, ce sont d’autres germes qui peuvent être responsables des mêmes symptômes, « mais c’est en dehors de l’épidémie classique, donc ce sont des cas complètement à part », précise-t-il. Pour l’instant, aucun cas n’a été identifié en lien avec la non-conformité relevé, ce mercredi.

Et les factures d’eau ?

Face au manque d’eau et aux tours d’eau imposés dans le département, nombreux sont ceux qui s’interroge quant aux montants des factures d’eau et à la réduction des tarifs. Interrogé sur cette question, le préfet de Mayotte, Thierry Suquet a tempéré en expliquant que « sur ce sujet-là, il faut encore laisser à tout le monde le temps d’avancer ». Pour lui, l’État a fait « le job », en payant les bouteilles distribuées dès le 25 septembre et leur acheminement. Le délégué du gouvernement a affirmé que « nous, on assume nos responsabilités, maintenant, il faut que tout le monde assume les siennes (…). Moi, je ne fais pas de proposition à la place des acteurs locaux, que chacun prenne ses responsabilités ». Nous avons interrogé le syndicat des Eaux de Mayotte et la SMAE sur ce sujet, nous n’avons pas eu de réponses.

Abdoul Doukaini et Nadjim Ahamada, au nom des partis

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Ils appartiennent tous les deux à la jeune génération de responsables politiques mahorais, ils connaissent bien les problématiques spécifiques des collectivités locales et ambitionnent de relever les nombreux défis qui se posent à Mayotte aujourd’hui. Entretien croisé des candidats Abdoul Doukaini (LR) et Nadjim Ahamada (MDM) pour les sénatoriales du dimanche 24 septembre. La crise de l’eau et les autres problèmes qu’elle engendre en aval, l’insécurité, les dotations pour le développement des communes, autant de sujets qu’ils abordent avec sérénité et conviction.

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Flash Infos : Qu’est-ce qui vous a poussé à être candidat ?

Abdoul Doukaini : Je suis dans la politique depuis une vingtaine d’années déjà, je me suis engagé dans une formation à l’époque, l’UMP, devenue aujourd’hui Les Républicains. J’ai fait un constat sur la vie, la société, le fonctionnement des choses et je vois que rien ou une bonne partie des choses n’avance pas. Qu’est-ce que je peux faire, comment puis-je être utile à la société et à ce territoire ? Il y a plusieurs façons de s’engager, j’ai choisi la politique parce que c’est là que se prenne les décisions. Pour moi, il s’agit vraiment d’essayer de changer le cours des choses. Lorsqu’on s’engage en politique, je considère le rôle de l’acteur public, ce n’est pas de subir les événements mais plutôt de les anticiper. Je considère aujourd’hui qu’il y a tellement de crises, dans la santé, l’éducation, le logement, le social avec des taux de chômage record, l’eau, le manque de confiance envers les élus qui est à mes yeux quelque chose de très grave, la démographie qui est la cause de toutes les autres crises, les infrastructures… Pourquoi n’a-t-on pas anticipé ? Il y a vingt ans, lorsque j’étais encore au collège au début des années 90, on faisait des projections sur la démographie de Mayotte. On savait qu’à l’an 2000, la population serait de 150.000 habitants et 350.000 en 2020. On peut ne pas être d’accord avec ces chiffres de recensement officiel, mais à mon sens, le problème ne se situe pas là, c’est un autre débat. Les autorités savaient ce qui allait arriver dans dix ans, dans vingt ans. Qu’est-ce qui a été fait ? C’est pour cela que je dis qu’on ne doit pas subir les événements, mais qu’on doit les anticiper. Donc, je me suis engagé dans ces élections afin de faire en sorte que nous ne puissions pas commettre les mêmes erreurs. Je vais probablement vous surprendre, mais je vous dis que la vraie crise n’a pas encore commencé. Pour le moment, il ne s’agit que des prémices d’une catastrophe annoncée. Faut-il attendre vingt ans encore pour agir ? Je dis que non ! J’ai le courage, la détermination, la volonté, de faire en sorte que demain on puisse voir l’avenir comme étant une opportunité et non pas comme une menace. Hier et avant-hier, nos parents voyaient notre avenir à nous comme étant une opportunité. Le rôle d’un politique n’est pas d’interpréter le monde ou les choses, c’est de les changer, changer la vie quotidienne des gens et c’est là, mon ambition.

Nadjim Ahamada : Je suis effectivement candidat aux élections sénatoriales avec comme suppléante, Tayza Abdallah, qui est conseillère municipale à la mairie de Koungou et conseillère communautaire à l’intercommunalité du Grand Nord. J’exerce le métier d’avocat depuis quinze ans, période durant laquelle je défends les Mahorais, en particulier les collectivités locales puisque je suis l’avocat d’un certain nombre de communes et j’ai été celui du Département pendant un moment. J’ai défendu de grandes causes sur ce territoire notamment l’affaire de la tête de cochon qui avait été jetée dans une mosquée à Labattoir, un combat que j’ai mené jusqu’à Paris et Bruxelles où j’ai rencontré des députés européens et Manuel Valls qui était le ministre de l’Intérieur et des cultes de l’époque. J’étais accompagné du Grand Cadi de Mayotte. J’ai pris part au combat contre la vie chère où j’ai accompagné un certain nombre de compatriotes, notamment la famille du jeune homme décédé sur la place de l’Ancien marché, et j’ai participé à tous les autres combats de ces dix dernières années sur le territoire. J’ai été conseiller municipal à la mairie de Mamoudzou de 2014 à 2020 et je suis membre d’un parti politique qui s’est toujours battu pour l’ancrage de Mayotte dans la France et l’Europe. Fort de ces combats, et de mon investissement social, j’ai été investi candidat unique par mon parti, le MDM, pour aller défendre les couleurs et les intérêts de Mayotte au Sénat. Je suis candidat pour aller poursuivre le combat du MDM, de nos aïeux qui se sont battus pour être libres, notre liberté, première devise de la République, à côté de l’égalité et de la fraternité. Le combat que devons porter, nous, la nouvelle génération, c’est celui de l’égalité qui sera la colonne vertébrale du prochain mandat du sénateur, l’égalité sociale, l’égalité dans la sécurité, dans l’accès à l’eau, l’égalité dans le développement, l’égalité dans tout parce que c’est la continuité de notre combat au sein du MDM. Et pour finir sur ce point là, je dirai que nous avons une dette morale à l’égard de ces personnes qui méritent une retraite digne et des droits sociaux pour leurs propres enfants devenus aujourd’hui Français grâce à leur combat.

F.I. : En quoi vous serez un bon sénateur ?

A.D. : J’ai coutume de dire que vous pouvez être le meilleur médecin du monde, mais si vous ne connaissez pas le dossier de votre patient, sa maladie, sa pathologie, soyez-en certain qu’il aura moins de chance de guérir. Si on lui présente un malade à soigner dans de pareilles conditions, il va se demander le soigner sur la base de quoi ? De même que si vous êtes le meilleur avocat du monde, mais que vous ignorez tout du dossier de votre client, vous n’arriverez pas à le défendre devant un tribunal et vous courrez droit à l’échec. Justement, je disais que je suis cadre A au sein d’une collectivité territoriale (N.D.L.R. à la mairie de Tsingoni), je suis attaché, je connais les difficultés des communes, des groupements de communes, les difficultés du département de Mayotte. Anrifiya Saïdina (N.D.L.R. sa suppléante), elle aussi connaît ces difficultés, nous maîtrisons ces dossiers, nous savons là où il y a des insuffisances, des problèmes. Il est donc normal que je trouve notre duo le mieux placé pour défendre les dossiers de ce territoire et de ses collectivités locales au Sénat.

N.A. : Je pense que tous les candidats qui sont en lice dans cette campagne aiment profondément cette île et veulent s’investir pour ce territoire. Je n’ai donc pas la prétention de dire que je serai le meilleur d’entre eux, mais je considère qu’il faut amener une nouvelle mode de travail et c’est ce qui me différencie de mes autres challengers. Je m’explique, on a tendance à dire qu’une fois élus les sénateurs, mais aussi les parlementaires en général, tournent le dos aux personnes qu’ils représentent. Moi, je préconise de cultiver une autre manière de travailler basée sur quatre points :

– la permanence du parlementaire sur le territoire doit être effectivement occupée et comme son nom l’indique, être un lieu ouvert pour que les personnes qu’on représente puissent avoir un interlocuteur quand nous nous sommes à Paris et exposer leurs difficultés, présenter leurs doléances et avoir un rendez-vous avec le sénateur.

– je considère également qu’il faut créer une grande conférence des élus réunissant les quatre parlementaires et les présidents du conseil départemental et de l’association des maires pour faire ce que les Mahorais désirent ardemment le « cogno moja », c’est-à-dire travailler ensemble. Et c’est au travers de cette organisation qu’il sera possible de rencontrer l’ensemble des hauts responsables de ce territoire dans l’hémicycle Younoussa Bamana pour que les élus locaux qu’on représente soient également présents pour accéder directement à leurs parlementaires pour, à la fois, exposer leurs problématiques et parler des grands sujets de Mayotte, piste longue, développement, économie et insécurité. Cette messe devrait se tenir tous les ans.

– le premier rôle d’un sénateur étant de représenter les collectivités, dans ce cadre, il doit être au plus près des personnes qu’il représente à travers des tournées dans tous les conseils municipaux une fois tous les six mois. Il faut que les élus municipaux et les maires puissent avoir la possibilité d’interpeler directement le sénateur sur les projets communaux et ceux de Mayotte en règle générale. C’est comme ça que moi je voie les choses. Et dernier point sur comment je peux faire mieux que les autres candidats, je considère que les quatre parlementaires doivent se mettre d’accord pour se partager les grands sujets de Mayotte. Actuellement, il y a l’eau, l’insécurité, le chômage de masse, le développement, les dotations, et il faudrait que les quatre se disent que chacun ne peut se battre tout seul de son côté sur ces chantiers. Il est nécessaire de se partager les tâches, chacun prenant un domaine de prédilection et le mener à bien pendant la durée de son mandat, demander le concours des autres en cas de difficulté.

F.I : Quels sujets aimerez-vous défendre au Sénat ?

A.D. : Vous savez, les choses sont définies, chacun ses compétences, l’article 24 de la constitution nous dit que le Sénat assure la représentation nationale des collectivités territoriales de la République. Cela veut dire que mon rôle, ma mission première, sera de faire en sorte que nous puissions rapidement doter les collectivités mahoraises de ressources nécessaires pour pouvoir agir, être efficaces, répondre aux attentes et aux aspirations de nos populations. Figurez-vous que nous avons actuellement des institutions que je considère comme étant fragiles. Il suffit juste d’une petite crise ailleurs pour que nous soyons impactés et fragilisés. Regardez comment la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie a des répercussions jusqu’ici. Autre exemple, la crise sanitaire qu’on a connu en 2020 et qu’on connait encore aujourd’hui a énormément fragilisé nos collectivités territoriales. Mayotte n’est rien d’autre qu’un ensemble de collectivités locales, de communes, si nous arrivons à mieux les protéger ces institutions vont pouvoir directement agir en faveur des citoyens. Je reste donc persuadé que nous aurons des acteurs publics qui pourront agir efficacement. Je suis attaché territorial cadre A au sein d’une collectivité territoriale depuis quinze ans, ma suppléante est une élue, conseillère municipale dans la commune de M’tsamboro, vice-présidente dans la communauté d’agglomération du Grand Nord, également déléguée au Sidevam. Voyez-vous, lorsque l’article 24 de la constitution dit que le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales, il parle d’agents et d’élus. Si vous enlevez l’un de ces deux composants vous n’avez pas de collectivités. Notre duo a les deux pieds bien posés sur la terre de sorte à ce que nous puissions inverser les choses. L’agent est celui qui prépare les dossiers tandis que l’élu est celui qui décide. Nous avons ces deux pieds et pensons être suffisamment armés sur les dossiers de Mayotte, les difficultés, les insuffisances afin de pouvoir changer les choses.

N.A. : La problématique de l’eau est un sujet auquel on ne peut pas y échapper car elle est la première préoccupation des Mahorais actuellement. Tout le monde en souffre. Derrière, il y a en réalité trois problèmes concrets, une crise sanitaire qui s’annonce étant donné que l’eau qui sort du robinet est impropre à la consommation. Souvent, elle sort avec une couleur marron et celle qui sort claire on nous dit qu’il faut la bouillir avant de la consommer. Le centre hospitalier de Mayotte (CHM) nous dira qu’un certain nombre de personnes qu’il accueille souffrent de diarrhée, de problèmes dus à la consommation de cette eau. Il y a aussi une crise économique puisqu’on entend ici et là que le secteur du bâtiment va arrêter de fonctionner puisqu’il consomme de l’eau. Les écoles commencent à fermer ainsi que certaines administrations. La restauration ne peut pas non plus stocker l’eau pour la réutiliser dans le nettoyage des aliments. Donc, on va vraiment vers de grandes difficultés et il faut se battre. Je pense que dès le 24 septembre, une fois élu, la mandature démarre exactement le 2 octobre 2023, il faut demander au gouvernement de mettre en place un fonds de solidarité pour venir au chevet des Mahorais pour que tout le monde puisse avoir accès à l’eau. Pour y parvenir, il faut distribuer de l’eau aux populations, ce qui est en cours via des citernes et des bouteilles d’eau, mettre en place des unités mobiles de dessalement pour que chaque village puisse disposer de sa propre machine pour capter l’eau de mer et la distribuer aux administrés. Il y a un autre problème plus profond et grave également, c’est l’insécurité. Il faut s’attaquer à ce fléau pour ramener la paix sur ce territoire. On ne pourra le faire qu’en s’y mettant tous, on ne peut pas dire que c’est seulement le travail du gouvernement et de l’État, il faut prendre à bras le corps le problème de l’insécurité parce qu’on ne peut plus vivre sur ce territoire dans cet état d’anxiété, à se demander si on va rentrer chez soi saint et sauf après le travail ? Est-ce que les enfants vont rentrer saints et saufs de l’école ? Est-ce que je ne vais pas me faire agresser sur mon lieu de travail ?

F.I. : A quel groupe politique souhaiterez-vous vous rattacher ?

A.D. : Je suis investi par un mouvement politique, Les Républicains, j’ai donc une étiquette politique et je ne sais me dérober, je ne me cache jamais derrière mon petit doigt, j’assume mes convictions et mes idées. Figurez-vous aussi que je ne fais jamais de concession sur mes convictions dès lors que je suis certain que ce sont les bonnes. Maintenant, il y a d’un côté les étiquettes et de l’autre les intérêts. Il est donc naturel que je siège dans le groupe Les Républicains. Mais il y a une nuance, cela ne veut pas forcément dire que je dois accepter tout ce qui se dire au sein ou autour de ce groupe, même si cela allait à l’encontre des intérêts de mon territoire et de ses collectivités locales qui m’ont accordé leur confiance. Défendre quelqu’un, c’est être son porteparole, son portevoix, c’est faire entendre ses doléances. Je m’inscrirai donc toujours dans cette voie de la défense des intérêts de Mayotte et de ses collectivités pour qu’enfin, je l’espère de tout cœur, que les gens puissent espérer de nouveau sur cette île, puissent y croire car cela est important. Lorsqu’une personne ne croit plus en rien, n’espère plus rien, c’est la porte ouverte à beaucoup de choses. En revanche, si vous avez de l’espoir devant vous, vous y croyez et cela vous donne une force, une énergie, une motivation que vous allez puiser au fond de vous-même et qui vous guide. Donc, nous devons créer ici un modèle social qui doit être basé sur la réussite, donner la possibilité de réussir à chaque Mahorais résidant sur ce territoire, d’où qu’il vienne, à condition que cette réussite ne soit pas un cadeau qu’on ira chercher en faisant la queue devant un guichet. Cette réussite doit être une récompense de la sueur de son front pour avoir travaillé dur, parce qu’on lui aura donné la possibilité de se former, d’aller à l’école et les infrastructures nécessaires, raison pour laquelle je parle d’espoir.

N.A. : Il faut faire attention aux groupes parce que qui dit groupe dit généralement un mélange de personnes aux horizons politiques différents. Souvent, les groupes sont formés par des partis politiques. Nous, au MDM ,nous avons la chance d’appartenir à une formation politique locale alors que lorsqu’on est apparenté à un groupe, on a des comptes à rendre aux formations politiques nationales et on est assujetti à une discipline et à des consignes de parti qui font qu’on peut prendre des décisions contraires aux aspirations et aux intérêts des Mahorais. Cela s’est déjà vérifié, un député mahorais dont je ne citerai pas le nom est passé devant l’Assemblée nationale pour dire que le gouvernement s’oppose aux titres de séjour non territorialisés. Il existe un groupe centriste au Sénat qui permet à différentes tendances de s’exprimer et d’apporter un soutien en cas de besoin, ce qui permet de ne rendre des comptes qu’aux seuls électeurs mahorais.

F.I. : La crise de l’eau demeure d’actualité à Mayotte, comment sortir de ce bourbier ?

A.D. : Vous posez une question simple, mais qui demande une réponse difficile, parce que je veux bien qu’on impute la responsabilité de cette crise à ceux qui sont aux affaires aujourd’hui, peut-être même ceux d’hier, mais je disais tout à l’heure, il y a dix ans, vingt ans, tout le monde savait ce qui allait nous arriver aujourd’hui. Qu’avons-nous fait pour anticiper cela ? Rien ! Nous nous retrouvons à devoir gérer une multitude de crises car cette crise de l’eau n’est que l’arbre qui cache la forêt, c’est la partie visible de l’iceberg. Comment allons-nous faire ? Tous les scientifiques s’accordent à dire que plus nous allons avancer dans le temps, moins nous allons avoir des pluies. Je ne crois pas qu’il faille s’entêter à dire que nous devons construire une troisième retenue collinaire, pour moi, ce serait jeter de l’argent dans la nature car comment allons-nous la remplir s’il y a une baisse importante de pluviométrie ? Nous avons la chance d’être entourés d’eau puisque nous sommes sur une île. Il faut rapidement une usine de dessalement. J’ai vu que dans le comité interministériel des outre-mer (Ciom), il est mentionné un chiffre, 35 millions d’euros me semble-t-il, pour la construction d’une usine de dessalement. Il faut aller vite, veiller à ce que cet outil là soit construit rapidement. Je dis également qu’il faut des chèques eau, comme il y a eu des chèques carburant et des chèques énergie, qui puissent bénéficier à l’ensemble des ménages mahorais sans exception aucune. Sur cette île, nous sommes doublement, voir triplement pénalisés parce que nous avons à payer des factures d’eau alors même qu’elle ne coule pas du robinet, ces factures sont très chères, assorties de taxes et des surtaxes pour des services qui ne sont pas au rendez-vous. Et derrière, au lieu que les institutions publiques pallient leurs insuffisances et manques d’anticipation, c’est aux ménages d’en payer les frais par des achats massifs de packs d’eau dans les magasins. C’est en cela que je dis que cest triplement pénalisant pour les Mahorais. Le citoyen n’a pas à aller acheter des bouteilles d’eau par contrainte uniquement parce que le service public d’à côté ne remplit pas ses obligations. Ce chèque eau au profit des Mahorais ne coûtera rien au gouvernement en comparaison des chèques énergie et carburant qui ont concerné l’ensemble des Français. En tous les cas, son coût ne pourrait aucunement être quelque chose d’handicapant pour le fonctionnement de lÉtat. Sa mise en place est indispensable pour soulager le portemonnaie des ménages. D’autres outils existent naturellement comme l’Office de l’eau qui doit absolument être mis en place, des recommandations en ce sens ont été formulées suite à une mission effectuée sur place en 2022, mais on ne voit toujours rien jusqu’à présent.

N.A. : Je pense avoir déjà répondu aisément à cette question de la crise de l’eau à Mayotte, précédemment. Je rajouterai simplement que la troisième retenue collinaire (N.D.L.R. à Ourouvéni) reste à construire, et en attendant qu’elle se réalise, il faudra multiplier les forages et les unités de dessalement d’eau de mer pour pallier les urgences.

Le dimanche 24 septembre, les 540 grands électeurs de Mayotte (les 26 conseillers départementaux, les 4 parlementaires et 510 délégués des conseils municipaux) sont amenés à choisir les deux futurs sénateurs de Mayotte pour la mandature 2023-2029. Si les deux ou l’un des deux candidats en tête n’ont pas recueilli 51% des voix ou plus, un deuxième tour aura lieu le même jour.

Le parcours des deux candidats

Abdoul Doukaini

Né à Ouangani, ce cadre de la mairie de Tsingoni de 43 ans a grandi en partie à Sada d’où est originaire son père. Il a étudié les langues et le droit administratif, les sciences politiques très rapidement. Attaché territorial cadre A au sein d’une collectivité territoriale depuis une quinzaine d’années, il fait partie du bureau du parti Les Républicains à Mayotte. Il est le père de quatre enfants.

Nadjim Ahamada

A 42 ans, il est avocat depuis 2008 et pratique à Mayotte où il défend les particuliers et les collectivités locales. Il a été bâtonnier de l’ordre des avocats de Mayotte en 2015 à 2016, avant de démissionner en raison de sa première campagne pour les sénatoriales en 2017. Il est vice-président de la chambre régionale de discipline des avocats de Mayotte et La Réunion. Il est le seul candidat MDM investi depuis quAbdallah Hassani, le sénateur sortant, a annoncé quil ne se représenterait pas.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes