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Lecornu à mayotte : la visite qui sent déjà la Présidentielle

Lecornu à mayotte : la visite qui sent déjà la Présidentielle

Première visite officielle de Sébastien Lecornu à Mayotte à la fin de ce mois. Les services de l’Hôtel de Matignon auraient annoncé à plusieurs médias nationaux, dont Le Figaro, l’AFP, Le Monde et Ouest-France, que le chef du gouvernement se déplacera sur le territoire du 26 au 27 août 2026. Au menu de son programme : la reconstruction post-cyclone Chido, la lutte contre l’immigration clandestine, la rentrée des classes 2026-2027, l’accès aux soins, ainsi que les projets d’infrastructure et de transport.

Un déplacement dans l’archipel qui interroge en raison de sa soudaineté et de sa proximité avec la visite du candidat de centre droit, Édouard Philippe, qui achèvera la veille sa première visite dans l’archipel. Faut-il y voir une relation de cause à effet ?

Sébastien Lecornu en déplacement à Mayotte, c’est la dernière information palpitante du moment, reprise en chœur par tous les médias nationaux et régionaux en fin de semaine dernière. Du Figaro — qui a été le premier à l’annoncer — en passant par Le Monde, Ouest-France, les agences de presse spécialisées dans l’actualité ultramarine, les médias en ligne et j’en passe, tout le monde titre sur ce déplacement annoncé comme très politique.

Un qualificatif qui lui est attribué parce qu’il interviendrait à la fin de ce mois d’août 2026, juste au lendemain du passage sur l’île d’Édouard Philippe, premier candidat de droite déclaré à l’élection présidentielle de 2027 à avoir choisi de démarrer sa quête de voix dans les Outre-mer, à La Réunion et à Mayotte, du 24 au 25 août inclus.

Comme par effet de magie ou de contagion — style virus Ebola — voilà que le Premier ministre de France se souvient enfin qu’il existe un département nommé Mayotte, un département en souffrance absolue depuis le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024.

Cette annonce pourrait être classée dans la catégorie « blague de la semaine » si la vie quotidienne des Mahorais ne s’apparentait pas à une gymnastique quotidienne pour la survie, au milieu d’une multitude de crises et de sous-crises chroniques : l’eau très souvent absente du robinet, une économie moribonde avec des entreprises aux trois quarts menacées de dépôt de bilan, un système de santé en proie à un effondrement sans précédent qui ne dit pas son nom.

Très longue est la liste des privations auxquelles se trouve soumis l’archipel, 101e département français, qui est passé d’une terre de résilience en 2025 à un pays de résignés l’année d’après. À force d’imiter « sœur Anne », scrutant l’horizon sans jamais rien voir arriver, les populations locales ont fini par déchanter et se résigner à l’idée qu’elles étaient les oubliées de la République, les non-ayants droit au chapitre de la solidarité nationale.

S’il y en a pour l’Ukraine et les anciennes colonies françaises d’Afrique, ce n’est assurément pas le cas pour les Mahoraises et les Mahorais, auxquels les gouvernements macroniens successifs ont imposé une disette absolue en leur appliquant la méthode Coué pour les convaincre d’accepter le triste sort que Paris leur réserve.

Des Mahorais très sceptiques quant aux retombées de cette visite du Premier ministre sur le territoire

« Tout est en train de s’effondrer, mais Emmanuel Macron nous demande de nous estimer heureux d’être des citoyens français, sous-entendu que notre sort pourrait être pire s’il en était différemment », note avec une dose d’humour noir Ibrahim Madi Halifa au cours d’une traversée en amphidrome, hier matin, dimanche, entre Mamoudzou et le rocher de Dzaoudzi.

« À 67 ans, je pensais avoir tout vu s’agissant de l’indécence des hommes politiques, mais, ce coup-ci, c’est un grand chapeau qu’il faut leur attribuer, à tous d’ailleurs, quelle que soit la tendance politique qu’ils représentent. Ils pensent que le Mahorais est dupe dans cette désorganisation organisée de son territoire, mais ils se trompent. Ils font seulement preuve d’une grande dignité d’âme qui, visiblement, est inconnue de ces politiciens. »

Wawouuu, quelle douche froide !

Poursuivant sa tirade, il énumère une liste longue comme le boulevard des Crabes qu’il va emprunter pour retourner à son logis dès qu’il aura débarqué de la barge : cherté de la vie, alors que le Département de Mayotte verse plusieurs millions d’euros chaque année aux grandes surfaces pour atténuer les prix de certaines denrées alimentaires de première nécessité.

« Malgré cela, le sac de 10 kilos de viande bovine importée du Mercosur est inaccessible aux familles les plus modestes, son prix avoisine aujourd’hui les 100 euros ; le kilo de poisson est devenu un produit de grand luxe, rare sur les étals parce que l’État interdit aux pêcheurs de se rendre en mer ; des guerres lointaines chamboulent le marché des importations, devenant un prétexte à une flambée des prix de vente pour quasiment tous les produits. »

Ces déclarations, faites de manière tonitruante, presque un peu provocatrice, n’ont pas manqué d’attirer l’attention des autres passagers de la barge assis à proximité du sexagénaire. Il y a ceux qui s’en gaussent, ceux qui demeurent imperturbables, avec pour seule hâte de voir l’amphidrome toucher terre, et ceux qui saisissent la balle au bond, ajoutant leur zeste de commentaires aux observations du sieur Ibrahim Madi Halifa.

« De toute façon, nous avons tous compris que des temps très durs attendent les Mahorais dans les années à venir. Les pauvres sont appelés à devenir encore plus pauvres et les riches encore plus aisés. C’est la dure loi de la nature : le plus fort piétine le plus pauvre et, malheureusement, nous ne disposons pas d’élus en situation de plaider notre cause commune. Ceux que nous avons élus sont les premiers à se coucher au sol dès qu’un ministre arrive et, au final, tout va encore plus mal une fois qu’il reprend l’avion pour Paris », entonne Alansar Dahalani, de Miréréni-Combani, qui n’a pas perdu une miette des propos de son voisin de banquette.

Une visite aux allures très politiques à quelques mois seulement de l’élection présidentielle

Il resitue l’échange sur la visite désormais annoncée du Premier ministre Sébastien Lecornu à Mayotte et s’interroge sur le sens véritable d’un tel déplacement sur le territoire par les temps qui courent.

« J’ai vu dans le journal qu’il vient les 26 et 27 août pour faire le point sur l’avenir du territoire, autant dire le médecin après la mort de son patient. À l’AFP, il est dit qu’il vient faire un point complet sur la situation de Mayotte après le lancement d’un plan quinquennal à la suite du cyclone Chido. Franchement, c’est du n’importe quoi gouvernemental. Qu’est-ce qui a été fait ici en deux ans, en dehors de spolier les gens de leurs terrains ? Y a-t-il de l’eau ? Y a-t-il de meilleures routes ? Des aides pour les plus démunis ? Où en est le prêt à taux zéro pour la reconstruction de nos maisons ? C’est toujours la même chose lorsqu’ils veulent venir faire du tourisme aux frais des Français », a-t-il tenu à préciser à son auditoire.

« On nous annonce une cascade de mesures qui n’est jamais suivie de faits une fois qu’ils ne sont plus là. On nous envoie des préfets qui appliquent des consignes contraires aux annonces des ministres et le quotidien du Mahorais ne change guère. Je plains ceux qui vont se déplacer pour l’écouter leur dire que les fonds ont été consommés avant même d’arriver à Mayotte par les gendarmes, les pompiers et les supermarchands de rêves. Il a aussi été ministre des Outre-mer et n’a accompli aucun miracle pour les ultramarins ! Aujourd’hui qu’il est à Matignon, il s’en est encore davantage éloigné et, dans quelques mois, il ne sera plus en poste. Alors, pourquoi croirons-nous à ses annonces ?

Le mal est fait. Il nous faut espérer un nouveau pansement de la part du futur chef de l’État, rien de plus. Macron, c’est zéro pointé pour Mayotte. »

D’après les différents médias nationaux qui ont fait état de cette visite de Sébastien Lecornu à Mayotte, il vient aborder les sujets de la reconstruction post-cyclone Chido, de la lutte contre l’immigration clandestine — une arlésienne —, de la rentrée des classes 2026-2027 — alors que les écoles ne sont toujours pas reconstruites —, de l’accès aux soins — dans le plus grand désert médical de France —, ainsi que des projets d’infrastructure et de transport.

Que des sujets qui laissent le Mahorais sceptique quant à la volonté réelle du gouvernement actuel de faire bouger les lignes dans l’archipel. Un désamour profondément prononcé entre les citoyens français du territoire et le chef du gouvernement, qui risque de se traduire en « Trafalgar » électoral pour les troupes du camp présidentiel lors des prochains rendez-vous électoraux de 2027 et 2028.

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Mila Zema : après Chido, l’art pour libérer la parole à Mayotte

Mila Zema : après Chido, l’art pour libérer la parole à Mayotte
Les enfants étaient particulièrement enthousiastes de pouvoir avoir accès à des activités pendant les vacances

Écriture, chant, percussions, arts plastiques ou encore musique assistée par ordinateur : durant le mois d’août, le musicien El-Had et son équipe organisent à Mayotte une série d’ateliers artistiques autour du vécu du cyclone Chido. Baptisé « Mila Zema », le projet doit se poursuivre en octobre avec un important volet consacré au bien-être et à la santé.

« La culture au service du bien-être » : c’est le sens de “Mila Zema”, en shimaoré comme en kibushi, et toute la philosophie du projet porté par le musicien El-Had et son groupe. À l’origine de l’initiative, il y a l’Utende, l’art oratoire mahorais, remis au goût du jour par le musicien El-Had il y a plusieurs années et repris ensuite par plusieurs autres musiciens de l’île. “L’Utende place d’Humain au centre de toute chose et véhicule des valeurs de partage et de respect de l’autre”, explique-t-il.

Si “l’existentialisme est un humanisme” selon Sartre, l’Utende en est donc un autre selon El-Had. “C’est la raison pour laquelle mon groupe El-Had Dalane ainsi que plusieurs autres musiciens avons voulu à l’origine monter un projet pour apporter une réponse culturelle à la population après le passage dévastateur du cyclone Chido”, développe-t-il.

Le projet initial était simple : se rendre dans les différentes intercommunalités de Mayotte et offrir un espace où les habitants pourraient raconter ce qu’ils ont vécu pendant le cyclone, leurs témoignages étant entrecoupés de moments musicaux. Mais, au fil des échanges avec les différents partenaires, Mila Zema a pris de l’ampleur. Sollicitée par les organisateurs, l’Agence régionale de santé (ARS) a notamment proposé d’ajouter à l’événement une dimension consacrée au bien-être. Le projet s’est ainsi progressivement construit autour de deux axes complémentaires : la culture pour permettre l’expression du vécu de Chido, qui s’est également élargie à d’autres arts que la simple musique, et des acteurs de la santé et du bien-être pour accompagner les habitants.

Créer en août, restituer en octobre

Initialement envisagée dès juillet, l’opération a finalement démarré en août. “Il nous a fallu plus de temps que prévu pour démarrer le projet et certaines intercommunalités n’ont malheureusement pas souhaité nous soutenir en invoquant un manque de moyens”, explique El-Had. “C’est alors que la DAC, qui nous a indiqué “ne pas aimer financer les évènements “one shot”, nous a proposé de faire une première partie en août avec uniquement les ateliers artistiques et de faire une deuxième partie en octobre avec une restitution des œuvres et un volet bien-être”, détaille-t-il. “Aussitôt dit, aussitôt fait” et les artistes du projet ont d’ores et déjà mené à bien 2 étapes les 2 premières semaines d’août, dans les villages de Bandraboua et de Chiconi. Les prochaines éditions sont prévues les mardi 18 et mercredi 19 août à Pamandzi et les vendredi 21 et samedi 22 août à Passamaïnty.

Cinq grandes familles d’activités sont proposées : écriture, chant, percussions, musique assistée par ordinateur, relaxation et arts plastiques. L’objectif ne consiste pas simplement à occuper petits et grands pendant les vacances. Chaque participant est invité à traduire artistiquement son expérience de Chido, à mettre en mots, en sons, en voix ou en images ce qu’il a vécu. Les productions réalisées cet été serviront ensuite de matière à la seconde partie de Mila Zema, prévue en octobre. Les journées devraient alors s’organiser en deux temps : bien-être et santé le matin, avec la participation d’associations et de professionnels, parmi lesquels des psychologues, mais également des intervenants autour du massage, des plantes médicinales ou d’autres pratiques liées au bien-être. L’ARS, qui ne finance pas directement Mila Zema, assure la mise en relation avec ces structures, qu’elle accompagne par ailleurs. L’après-midi permettra aux participants de restituer les créations réalisées lors des ateliers d’août, toujours autour du vécu du cyclone, et entrecoupées de séquences musicales. La présence de psychologues doit également permettre d’accompagner ceux chez qui l’évocation de Chido ferait ressurgir des traumatismes.

Une “bouffée d’air frais” pour les gens qui n’ont pas quitté le territoire

Les deux premières étapes, organisées à Bandraboua puis à Chiconi, ont déjà permis de mesurer l’intérêt suscité par l’initiative. Environ une cinquantaine de personnes ont participé à chacune des sessions de deux jours. Enfants et adultes étaient au rendez-vous, avec un même regret : devoir s’arrêter si vite. Une frustration qui met aussi en évidence le manque d’activités proposées pendant les grandes vacances à Mayotte. Les participants auraient volontiers poursuivi les ateliers, tout comme les artistes chargés de les encadrer. Mila Zema est ouvert à tous, sans limite d’âge. Les personnes âgées, encore peu présentes lors des premières dates, sont, elles aussi, invitées à rejoindre les ateliers.

10 000 euros accordés, mais toujours attendus

Derrière les ateliers se pose aussi l’épineuse question du financement. La Direction des affaires culturelles (DAC) de Mayotte a accordé une enveloppe de 10 000 euros au projet. Mais alors que deux étapes ont déjà eu lieu, son versement est toujours “en cours”. Pour les organisateurs, ce décalage entre le calendrier des actions et celui des subventions constitue une difficulté très concrète. Les artistes et intervenants doivent engager des dépenses pour mener les ateliers alors même que l’argent accordé n’est pas encore disponible. El-Had et son équipe ont donc fait le choix d’avancer avec les moyens dont ils disposent, en limitant les dépenses afin de ne pas s’endetter, quitte à se rembourser une fois la subvention effectivement versée.

Une situation qui dépasse le seul cas de Mila Zema et illustre les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les porteurs de projets associatifs et culturels : les actions doivent avoir lieu à une date précise, tandis que les financements arrivent parfois bien plus tard. La Fondation de France a également été sollicitée. Le projet ayant évolué depuis sa conception initiale, le montant de son éventuelle participation reste encore à déterminer.

Malgré ces contraintes, Mila Zema poursuit sa route. Avec, derrière les ateliers artistiques proposés cet été, une ambition qui dépasse la simple pratique culturelle : permettre aux Mahorais de raconter Chido autrement, ensemble, avant de prolonger en octobre ce travail de création par un accompagnement tourné vers le bien-être.

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Une quarantaine de personnes ont participé au “comptage synchronisé des baleines à bosses depuis la côté” ce samedi

Une quarantaine de personnes ont participé au “comptage synchronisé des baleines à bosses depuis la côté” ce samedi
Le groupe du mont Chiconi, moins chanceux, n’a pas eu l’occasion de voir des baleines, mais a néanmoins pu profiter de la magnifique vue depuis cet endroit

L’association Ceta’Maore a coordonné ce samedi 15 août à Mayotte la journée de “comptage synchronisé des baleines à bosses depuis la côte”, qui a parallèlement eu lieu dans plusieurs autres pays ou régions du sud-ouest de l’océan Indien. A Mayotte, une quarantaine de personnes ont participé à cette journée gratuite et ouverte à tous.

Ce samedi 15 août, c’était la 4ème année que Mayotte participait à la journée de “comptage synchronisé des baleines à bosse depuis la côte” et la 18ème édition à l’international. Elle s’est déroulée en même temps dans 8 pays ou régions du sud-ouest de l’océan Indien et est coordonnée régionalement par le consortium IndoCet (Indian Ocean Cetacean Consortium ou “consortium des Cétacés de l’Océan Indien” en français).

Appelée Synchronised Whale Watching Day (SWWD), cette action vise à recenser, depuis la côte, les baleines à bosse présentes dans la région et permet de suivre les variations de présence des baleines d’un territoire à l’autre et d’une année sur l’autre. Un protocole commun est utilisé par tous les sites participants, permettant de comparer les données recueillies.

Le SWWD a été lancé en 2009 par Matt Richmond, un biologiste marin basé en Tanzanie. Le comptage a commencé au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique, avant de s’élargir aux 8 territoires d’aujourd’hui. En moyenne, 284 baleines sont comptées le même jour. Une fois les données rassemblées, IndoCet les remonte à la Commission Baleinière Internationale (CBI). À Mayotte, le suivi est coordonné par Ceta’Maore et, cette année, une quarantaine de personnes sont venues tenter d’apercevoir des baleines à bosse depuis les 2 points d’observation choisis par l’association : le lac Dziani en Petite-Terre et le mont Chiconi en Grande-Terre.

Seulement 2 baleines observées, mais une belle journée pour les participants

La journée s’est déroulée de 9h à 18h sur les 2 points d’observation, les membres de Ceta’Maore se relayant pour accompagner les bénévoles et les simples curieux. C’est le groupe mené par le conseiller scientifique de l’association, David Lorieux, qui a eu le plus de chance : ils ont pu observer un groupe de 2 baleines à bosse depuis le lac Dziani à 11h. “Les opérateurs maritimes, avec lesquels je suis en contact régulier, m’ont assuré qu’ils n’avaient pas encore observé ces baleines-là pendant la saison”, affirme-t-il. Mais comment est-il sûr qu’il s’agit bien de baleines différentes ? Grâce au système de photo-identification de la nageoire caudale des baleines (leur queue). Différente pour chaque individu, elle constitue littéralement la “carte d’identité” des baleines à bosse. “Nous avons pu les observer pendant 45 min. Elles nageaient hors lagon, au bord du tombant, juste en face du lac Dziani”, précise David Lorieux avec enthousiasme.

Ses collègues du mont Chiconi ont été moins chanceux puisqu’aucune observation n’a pu être faite depuis cet endroit. Les observations depuis la côte permettent parfois de voir des individus qu’on ne verrait pas en mer, notamment grâce aux longues-vues prêtées par le Gepomay (association ornithologique de Mayotte), qui agrandissent la vue x50. “En outre, cela donne l’occasion aux gens qui n’ont pas beaucoup de moyens de venir observer gratuitement les baleines et les horaires sont plus libres que pour une sortie bateau. Les gens sont en général venus observer par tranches de 3h”, précise David Lorieux. “Un jeune Petit-terrien de 16 ans, qui n’était jamais venu au lac Dziani, nous a rejoint et, même si nous n’avons pas vu de baleine dans sa tranche horaire, il a néanmoins pu assister à une belle chasse de thons”, ajoute-il, satisfait de constater que cet évènement donne l’occasion à certains jeunes de découvrir leur île autrement.

Une 2ème session de comptage des baleines sera organisée le 20 septembre prochain, mêmes heures et mêmes endroits.

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À Anjouan, des dockers réclament des rémunérations impayées depuis 2023

À Anjouan, des dockers réclament des rémunérations impayées depuis 2023

Près d’une cinquantaine de dockers intervenant sur le port de Mutsamudu affirment ne pas être rémunérés depuis 2023. Une mise en demeure a été adressée le 31 juillet à Michel Labourdère, président de la SGTM. La compagnie maritime conteste toute responsabilité et assure ne pas employer de dockers aux Comores. Un travailleur interrogé anonymement livre une autre version.

Cent euros par mois. C’est la rémunération que des dockers de Mutsamudu disent avoir accepté, verbalement, pour charger et décharger des bagages et des marchandises, assurer des opérations de manutention ou encore nettoyer des navires. Selon eux, cette somme ne leur est plus versée depuis 2023.

Dans une mise en demeure datée du 31 juillet et adressée à Michel Labourdère, président de la Société de gestion et de transport maritime (SGTM), les travailleurs estiment qu’une cinquantaine de personnes sont concernées. Ils réclament le paiement des sommes dues, la formalisation de leurs relations de travail et une amélioration de leurs conditions d’exercice.

Le courrier a été envoyé sous couvert d’anonymat. Les dockers expliquent craindre des représailles professionnelles s’ils rendent leur identité publique. Ils affirment également avoir déjà alerté l’Inspection du travail d’Anjouan au premier semestre 2024, sans obtenir de régularisation.

La SGTM conteste toute responsabilité

Contacté, Michel Labourdère rejette cependant les accusations visant sa société. « SGTM n’est pas implantée aux Comores », répond-il. Il assure également que la compagnie « ne fait pas appel au service de dockers » et que les opérations de manutention sont assurées par la Société comorienne des ports (SCP), une entreprise publique. « Notre agent, l’Agence Jaffar, n’est pas en charge de la manutention », insiste-t-il.

Un docker, interrogé anonymement, confirme une partie de cette version. Il reconnaît que la SGTM n’est pas juridiquement implantée à Anjouan et que des dockers de la Société comorienne des ports interviennent bien lors des opérations portuaires.

Mais il assure qu’ils ne sont pas les seuls. Selon lui, une seconde équipe travaille pour l’Agence Jaffar et participe, aux côtés des agents de la SCP, au chargement et au déchargement des navires assurant les liaisons entre Anjouan et Mayotte. Lui-même dit notamment charger et décharger les colis transportés par les bateaux de la compagnie.

Un accord verbal avec Mohamed Jaffar

Son récit laisse toutefois entière une question centrale : qui est juridiquement l’employeur de ces travailleurs et à qui revient le paiement des rémunérations qu’ils réclament ? À Anjouan, la SGTM est représentée par l’Agence Jaffar, une société dirigée par Mohamed Jaffar, dit « Kerinoss ». C’est avec ce dernier que le docker interrogé affirme avoir convenu verbalement d’une rémunération de 100 euros par mois.

Le travailleur décrit ainsi deux catégories de dockers intervenant lors de certaines escales : ceux de la Société comorienne des ports, rémunérés dans le cadre de cette entreprise publique, et ceux qui, selon lui, travaillent directement pour l’Agence Jaffar. Il affirme que les dockers de l’Agence Jaffar se distinguent notamment par leurs dossards et qu’ils prennent en charge les bagages et marchandises à l’arrivée comme au départ des navires.

Toutefois, les dockers ont choisi d’adresser leur courrier au dirigeant de la SGTM. Ils affirment que “Kerinoss” agirait sous l’autorité de Michel Labourdère. Ils soutiennent également que celui-ci avait déjà été informé de leur situation en 2024 à la suite d’une démarche auprès de l’Inspection du travail d’Anjouan.

Le docker interrogé soutient également que Michel Labourdère verserait régulièrement à Mohamed Jaffar des sommes destinées, selon lui, à rémunérer les travailleurs intervenant pour l’agence sans que celles-ci ne leurs parviennent. Aucun élément communiqué à ce stade ne permet toutefois de corroborer ces affirmations.

Le président de la SGTM qualifie ces accusations de « pure diffamation ». Il rappelle que la compagnie maritime « n’a ni filiale ni succursale » aux Comores et « n’emploie personne en dehors de Mayotte ». Selon lui, les opérations réalisées dans les ports étrangers relèvent d’agents maritimes locaux. Il compare cette organisation à celle d’une compagnie aérienne qui confie ses opérations d’escale à un prestataire local. « Quoi qu’il en soit, nos responsabilités s’arrêtent au bord du navire à quai », affirme-t-il.

Michel Labourdère indique par ailleurs s’être rendu à Anjouan la semaine précédente et avoir passé trois jours sur le port. « Personne ne m’a signalé quoi que ce soit émanant de l’Agence Jaffar », assure-t-il.

Quinze jours avant de saisir les autorités

Le juriste qui accompagne les dockers affirme que les dernières tentatives de règlement amiable n’ont rien donné.

Dans leur mise en demeure, les dockers accordent un délai de quinze jours à compter de la réception du courrier pour obtenir le règlement des rémunérations réclamées depuis 2023. Ils demandent également l’ouverture d’une enquête interne et la formalisation de leurs relations de travail.

À défaut, ils annoncent vouloir saisir les autorités comoriennes mais également françaises, notamment la préfecture de Mayotte, la Deets et, si nécessaire, les ministères concernés.

Ces démarches pourraient permettre de clarifier les liens entre les différents acteurs du dossier et, surtout, de déterminer qui emploie juridiquement les dockers et à qui incombe le paiement des rémunérations qu’ils réclament.

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Finales de la Coupe de Mayotte : le FCM s’impose avec autorité, Unicornis sacré chez les U14

Finales de la Coupe de Mayotte : le FCM s'impose avec autorité, Unicornis sacré chez les U14

M’Tsahara a accueilli, ce samedi 15 août, les finales de la Coupe de Mayotte 2026. Entre une finale U14 remportée sur forfait par Unicornis et une démonstration du Football Club de M’Tsapéré (FCM) chez les seniors face au même club (3-0), la journée a consacré les derniers champions de la saison.

Le stade de M’Tsahara a vibré samedi au rythme des finales de la Coupe de Mayotte. Malgré une matinée écourtée par l’absence d’une équipe, la finale seniors a tenu toutes ses promesses devant un public venu nombreux assister à ce rendez-vous majeur du football mahorais.

Une finale U14 qui n’aura pas eu lieu

La journée devait débuter à 11 heures avec la finale des moins de 14 ans opposant Unicornis à Daka. Mais quelques minutes avant le coup d’envoi, le scénario attendu a basculé : l’équipe de Daka ne s’est pas présentée sur la pelouse.

Après les vérifications d’usage, les officiels ont appliqué le règlement. Unicornis a été déclaré vainqueur de la rencontre par forfait et a officiellement remporté la Coupe de Mayotte U14.

Pour les jeunes joueuses d’Unicornis, la satisfaction du titre s’est mêlée à une certaine frustration. Beaucoup espéraient conclure leur parcours par une véritable finale disputée sur le terrain, devant leurs familles et leurs éducateurs venus les encourager.

La remise du trophée s’est néanmoins déroulée dans une ambiance chaleureuse, récompensant une saison aboutie pour le club.

FCM fait la différence en finale seniors

L’après-midi, tous les regards étaient tournés vers l’affiche opposant le Football Club de M’Tsapéré (FCM) à Unicornis en finale seniors.

Dès les premières minutes, les deux formations affichent leurs intentions. Unicornis a tenté d’imposer son rythme, tandis que le FCM s’est montré discipliné et dangereux dans ses transitions offensives.

La rencontre est longtemps restée équilibrée avant que le FCM ne trouve la faille en première période. Ce premier but, inscrit avant la pause, a permis aux joueurs de M’Tsapéré de rentrer aux vestiaires avec un avantage précieux.

Au retour des vestiaires, Unicornis a cherché à revenir au score en multipliant les offensives. Mais la défense du FCM est restée solide et n’a laissé que peu d’espaces.

Profitant des occasions créées, le FCM a inscrit deux nouveaux buts en seconde période, portant le score à 3 buts à 0. Ce succès sans appel est venu récompenser la maîtrise collective de l’équipe tout au long de la rencontre.

Une victoire construite avec patience

Au-delà du résultat, cette finale a illustré la capacité du FCM à gérer les temps forts et les temps faibles d’un match à enjeu. Après avoir pris l’avantage avant la mi-temps, les joueurs ont su conserver leur organisation avant de faire le break puis de définitivement assurer leur victoire.

Le coup de sifflet final libère les joueuses, rapidement rejointes par leurs supporters pour célébrer ce nouveau trophée.

Une journée qui clôt la saison

Ces finales disputées à M’Tsahara referment officiellement la Coupe de Mayotte 2026. Si la finale U14 restera marquée par un forfait regrettable, la finale seniors a offert une conclusion sportive plus aboutie, avec une prestation convaincante du FCM.

Au terme de cette journée, deux clubs repartent avec un trophée : Unicornis, champion chez les U14, et le Football Club de M’Tsapéré, vainqueur de la Coupe de Mayotte seniors après son succès 3-0.

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A Anjouan, un audit accable la direction sortante de la société d’électricité

A Anjouan, un audit accable la direction sortante de la société d’électricité

Moins d’un mois après la sortie de ce rapport, le ministre de l’énergie qui en avait reçu une copie a nommé un nouveau directeur par intérim régional de la société nationale de l’électricité de l’île, dont la fourniture du courant était menacée par les pratiques de l’ancienne équipe dirigeante.

Début avril, le directeur général de la société nationale de l’électricité des Comores (Sonelec), Moumini Soilahoudine, a reconnu devant des journalistes de la télévision nationale que la gestion de la direction régionale au niveau d’Anjouan était entachée d’irrégularités. Il s’est appuyé sur un audit mené par ses équipes, dont la publication des conclusions a coïncidé avec le départ du directeur régional la Sonelec Anjouan, Ben Zadeck Ahmed Daoud qui a rendu sa démission, selon un arrêté ministériel.

Le ministre de l’énergie, Aboubacar Said Anli l’a remplacé le 5 mai, par un intérimaire en la personne de Mohamed Said Ali M’dama. Les autorités ont-elles poussé l’ex-directeur à la sortie après avoir consulté le dernier rapport, dont une copie a été transmise au secrétariat général du gouvernement et au ministère des finances ? Intitulé  » alerte sur la situation critique de la direction régionale d’Anjouan et demande d’appui – institutionnel par sécurisation urgente des flux financiers, commerciaux et opérationnel« , cet audit daté du 30 avril, a été rédigé après différentes missions de contrôle réalisées sur place.

Il faut dire que le constat dressé est alarmant tant sur le plan financier qu’administratif.  » Les différents rapports convergent vers le constat selon lequel la direction régionale d’Anjouan ne souffre pas seulement de dysfonctionnements administratifs ordinaires, elle présent des failles systémiques de gouvernance« , commence d’emblée le l’enquête, consultée par Flash Infos.

Écart de 160 607 euros

Au niveau de la trésorerie, les investigations révèlent des écarts financiers importants, dont 79 millions de francs (160 607 euros) au 31 décembre 2025. Cette situation fait courir un risque de perte des recettes, une incapacité à financer le carburant et la maintenance (niveau critique). Le plus grave, poursuit l’audit, des précédents alertes existaient. Une note mentionnait un écart de 63 654 226 de francs pour le mois de mai 2025 et un solde provisoire de 100 407 016 au 30 septembre 2025.  » Cela montre que les anomalies détectées ne sont pas récentes. Cela signifie qu’une partie des recettes payées par les clients n’a pas pu être rapprochée de manière fiable avec les dépôts bancaires et les écritures comptables« , souligne l’enquête qui a répertorié d’autres manquements non négligeables.

Parmi eux, des encaissements consolidés manuellement, des remises entre caissier et caisse principale ne faisant pas l’objet d’un contrôle systématique, une absence de rapprochement quotidien des dépôts bancaires.  » La comptabilité reçoit parfois les pièces avec retard ou de manière incomplète, ce qui fait peser un risque de détournement, une disparition non détectée des recettes, et impossibilité de connaitre la trésorerie réelle disponible. Même le paiement des charges vitales comme le carburant est menacé« , préviennent les auditeurs. La capacité de la société a été passée au crible et les constats inquiètent.

723 faux compteurs

Sous la période du 15 Janvier au 30 mars 2026, 723 compteurs ont été créés au bureau d’ordre, alors qu’il s’est avéré que pendant cette même période, aucune pose de compteurs n’a eu lieu. Ce chiffre montre qu’un compteur peut exister administrativement dans le système sans correspondre à une installation réelle. Le contrôle a permis aussi de déceler la création de clients non maitrisés, de compteurs posés mais administrativement inexistant, des pratiques commerciales exposant la société à des pertes massives. A cela s’ajoute le cas des clients facturés sur Excel, des dossiers de résiliation non traités convenablement par la cellule d’inspection.

Le service des ressources humaines est lui aussi épinglé, car caractérisé par une faiblesse interne.  Pendant leurs investigations, les enquêteurs de la direction générale de la Sonelec ont découvert, 15 faux stagiaires rémunérés en espèces, 41 agents contractuels mis en attente alors qu’ils devaient être régularisés depuis un moment tandis que 20 dossiers de licenciement, dont 3 cas d’abandon de poste se trouvaient en souffrance. L’audit rapporte que durant la période du contrôle, une réunion du conseil disciplinaire a abouti au licenciement du caissier principal, de l’ancien chef du bureau d’ordre et enfin de l’agent comptable. Sur le plan bancaire, 13 comptes sont identifiés mais l’accès du directeur général était encore partiel.  » Sans sécurisation des recettes, l’État devra subventionner les pertes. Sans réaction rapide et structurée, les anomalies constatées pourraient compromettre la capacité de la Sonelec« , prévient le rapport, qui visiblement a fini par entrainer la chute de l’ancien directeur de la société, en place depuis décembre 2024.

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Un camion à l’origine de fortes perturbations sur la liaison maritime

Un camion à l’origine de fortes perturbations sur la liaison maritime
* image améliorée par ia

Un incident impliquant un poids lourd avait fortement perturbé la liaison entre Petite-Terre et Grande-Terre hier après-midi. Le camion s’était retrouvé bloqué lors d’une manœuvre d’embarquement ou de débarquement, empêchant la barge concernée de poursuivre normalement ses rotations.

La situation avait rapidement entraîné des files d’attente importantes dans les gares maritimes. À bord comme sur les quais, les passagers avaient dû patienter tandis que les véhicules s’accumulaient.

Des équipes étaient intervenues pour tenter de dégager le poids lourd et sécuriser la zone. Le poids et le gabarit du camion, combinés à l’espace limité disponible pour la manœuvre, avaient compliqué l’opération.

Cet incident avait une nouvelle fois montré la forte dépendance des usagers à la liaison maritime entre les deux îles. Le moindre dysfonctionnement sur une barge pouvait rapidement provoquer d’importantes perturbations pour les milliers de personnes qui l’empruntent quotidiennement.

Une matinée en famille au LAEP de Petite-Terre

Une matinée en famille au LAEP de Petite-Terre

La Communauté de communes de Petite-Terre organise, avec la PMI du Département-Région, une matinée gratuite à destination des familles, mercredi 19 août, de 8h30 à 13h, au Lieu d’accueil enfants-parents (LAEP), situé 8 rue Jeanne-d’Arc à Pamandzi. L’événement est ouvert aux enfants jusqu’à 16 ans accompagnés de leurs parents, sans inscription.

Peinture, jeux de société, dominos et recyclage créatif seront proposés au cours de la matinée. Une sage-femme de la PMI sera également présente pour échanger avec les familles, tandis qu’une séance de fitness en famille, animée par Profession Sport & Loisirs Mayotte, clôturera les activités. Cette journée doit aussi permettre au public de découvrir le LAEP et le Programme de réussite éducative (PRE) de Petite-Terre ainsi que les accompagnements proposés aux familles.

Le Salon du tourisme et des loisirs de retour à Mamoudzou du 7 au 16 septembre

Le Salon du tourisme et des loisirs de retour à Mamoudzou du 7 au 16 septembre

La 12e édition du Salon du tourisme et des loisirs de Mayotte se tiendra du 7 au 16 septembre 2026, sur la place de la République à Mamoudzou. La Ville a autorisé l’Agence d’attractivité et de développement touristique de Mayotte à occuper le site de 7h à 17h durant cette période.

Le parking situé à côté du marché couvert pourra également être occupé pour l’installation de chapiteaux d’exposition, à partir du 7 septembre à 6h et jusqu’au 16 septembre à 18h. La circulation et le stationnement seront interdits dans la zone délimitée par des barrières de sécurité, à l’exception des véhicules des organisateurs. L’arrêté municipal prévoit enfin un rangement et un nettoyage du site au plus tard le 16 septembre à 18h.

Radar météo de Mayotte : le tribunal valide le choix d’une entreprise tchèque face à une française

Radar météo de Mayotte : le tribunal valide le choix d’une entreprise tchèque face à une française

Le projet de premier radar météorologique de Mayotte vient de franchir un obstacle judiciaire. Dans une ordonnance rendue lundi 10 août, le tribunal administratif de Melun a rejeté le recours d’une entreprise française qui contestait l’attribution du marché par Météo-France à la société tchèque Meteopress. Cet équipement, annoncé après le cyclone Chido, doit permettre de suivre beaucoup plus précisément les pluies qui approchent de l’archipel.

La société Midi Pyrénées Antennes avait saisi la justice après le rejet de son offre par Météo-France. Elle demandait l’annulation de la procédure concernant l’achat de nouveaux radars destinés à Mayotte et à la Polynésie française, estimant notamment que les règles fixées pour comparer les prix des candidats manquaient de clarté.

Au cœur du désaccord : la prise en compte des taxes et des frais de douane. L’entreprise française soutenait que les documents du marché contenaient des indications contradictoires sur les sommes que les candidats devaient intégrer à leur offre. Le tribunal a écarté cet argument, considérant que Météo-France avait suffisamment précisé que les propositions devaient être présentées hors taxes et hors frais de dédouanement. L’ordonnance rappelle également que le radar destiné à Mayotte bénéficie d’une franchise douanière.

Une offre corrigée trop tardivement

Midi Pyrénées Antennes avait initialement inclus certaines taxes dans son offre, avant d’adresser quelques jours plus tard une version corrigée. Mais cette nouvelle proposition avait été transmise après la date limite et sans demande de régularisation de la part de Météo-France.

Le tribunal relève par ailleurs que les changements apportés ne concernaient pas seulement les taxes, mais également d’autres éléments du prix. Il estime donc que Météo-France était en droit d’écarter l’offre de l’entreprise française comme irrégulière.

Cette dernière contestait aussi la proposition de Meteopress, notamment parce que certains documents avaient été rédigés en anglais. Là encore, les juges n’ont pas retenu d’irrégularité susceptible de remettre en cause le marché, les pièces concernées comportant essentiellement des informations administratives ou chiffrées.

Le rejet du recours permet ainsi à la procédure engagée par Météo-France de se poursuivre avec l’entreprise tchèque retenue. La décision peut toutefois encore faire l’objet d’un pourvoi devant le Conseil d’État.

Un radar attendu en 2027

Au-delà du contentieux entre les deux entreprises, l’enjeu est important pour Mayotte. Le radar avait été annoncé en avril 2025 par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, quelques mois après le passage du cyclone Chido puis de la tempête Dikeledi. Mayotte était alors le seul département français à ne disposer d’aucune couverture radar météorologique.

Aujourd’hui, les prévisionnistes s’appuient principalement sur les observations satellites et les pluviomètres installés au sol. Le futur radar doit permettre de détecter les précipitations jusqu’à 250 kilomètres autour de Mayotte et de mieux suivre leur intensité, leur localisation et leur déplacement.

Un outil particulièrement attendu lors des épisodes de fortes pluies ou des phénomènes cycloniques, puisqu’il doit permettre d’identifier plus rapidement les secteurs exposés. Ses données pourront aussi contribuer au suivi de la ressource en eau.

Le passage de Chido, le 14 décembre 2024, avait rappelé les limites du dispositif actuel. Plusieurs équipements de mesure avaient été perturbés pendant le cyclone, notamment à Coconi, où la transmission des données avait cessé à l’approche du mur de l’œil.

Lors de l’annonce du projet, l’État tablait sur une mise en service du radar à l’été 2027. En rejetant le recours de Midi Pyrénées Antennes, le tribunal administratif de Melun écarte pour l’heure l’un des obstacles qui pesaient sur la réalisation de cet équipement attendu.

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À la rentrée, ils resteront sans école : le parcours des jeunes mahorais sans solution

À la rentrée, ils resteront sans école : le parcours des jeunes mahorais sans solution

À quelques jours de la rentrée scolaire, tous les enfants et adolescents de Mayotte ne retrouveront pas le chemin de l’école. Derrière les chiffres de la non-scolarisation se cachent des parcours différents : attente d’une affectation, manque de places, décrochage ou difficultés administratives. Alors que les établissements rouvriront leurs portes le 24 août, une question demeure : que deviendront ceux qui resteront sans solution ?

Le 24 août, la rentrée sonnera pour des dizaines de milliers d’élèves à Mayotte. Mais pour certains jeunes, cette date ne changera rien. Pas de cartable préparé, pas de classe attribuée, pas d’emploi du temps à consulter. Ils resteront en dehors du système scolaire, parfois pour quelques semaines, parfois pendant plusieurs années.

La situation n’est pas nouvelle. Selon l’Observatoire de la non-scolarisation à Mayotte, 15 192 enfants âgés de 3 à 15 ans n’étaient pas scolarisés lors de la rentrée 2025, soit 12,7 % des enfants de cette tranche d’âge. Le chiffre était estimé à 13 689 en 2024 et 12 604 en 2023.

Mais à l’approche de la rentrée 2026, la question n’est plus seulement de savoir combien d’enfants sont concernés. Elle est aussi de savoir combien commenceront l’année sans aucune solution et ce qui leur sera proposé.

Une rentrée qui ne concerne pas tout le monde

À Mayotte, plusieurs situations peuvent conduire un enfant ou un adolescent à rester en dehors de l’école. Certains n’ont jamais été scolarisés. D’autres ont quitté le système scolaire après plusieurs années. Certains attendent une affectation ou une place dans un établissement.

Le manque de capacités d’accueil constitue depuis plusieurs années l’un des obstacles majeurs. En mai 2025, l’association Mlezi Maore expliquait ainsi accueillir des enfants non scolarisés dans plusieurs centres afin de les préparer à rejoindre progressivement l’école. Certains jeunes pouvaient alors attendre un à deux ans avant d’intégrer un établissement, avec des situations allant jusqu’à quatre années d’attente.

Pour ces enfants, l’absence d’école ne signifie pourtant pas l’absence de besoin éducatif. Au contraire. Plus l’attente se prolonge, plus le retour vers une scolarité classique peut devenir difficile.

Des conséquences qui dépassent les bancs de l’école

Rester plusieurs mois ou plusieurs années sans scolarisation peut avoir des conséquences importantes sur le parcours d’un jeune. Perte de niveau scolaire, difficultés à reprendre le rythme d’une classe, isolement ou absence de projet professionnel : les risques sont multiples.

Pour les adolescents, l’enjeu est encore plus important. Lorsqu’un jeune quitte le système scolaire sans diplôme ni formation, son entrée dans le monde professionnel devient plus compliquée.

La Mission de lutte contre le décrochage scolaire de l’académie de Mayotte a justement pour objectif d’accompagner les jeunes qui se trouvent sans solution de formation. Des dispositifs peuvent notamment proposer une remise à niveau, un travail sur le projet professionnel et des périodes de découverte en entreprise.

Mais encore faut-il que les jeunes concernés soient identifiés et accompagnés.

Après l’école, quelle solution ?

Pour les familles, l’attente peut devenir un véritable parcours du combattant. Lorsqu’un enfant n’a pas de place, il reste à la maison, tandis que ses parents doivent continuer à travailler ou à chercher une solution alternative.

Certaines associations tentent de prendre le relais. Mlezi Maore accompagne par exemple des enfants non scolarisés dans l’objectif de leur permettre de rejoindre progressivement le système scolaire classique. D’autres structures accueillent également des jeunes qui ne trouvent pas leur place dans le système traditionnel.

Mais ces dispositifs associatifs ne peuvent pas remplacer durablement l’école.

En août 2024, Mayotte Hebdo avait déjà rencontré des jeunes accueillis par l’Association culturelle d’éducation de Kawéni Bandrajou, une structure qui accompagnait alors des jeunes de 3 à 25 ans non scolarisés. Certains étaient confrontés à plusieurs années sans véritable perspective scolaire.

Deux ans plus tard, la question reste donc entière : les dispositifs existants permettent-ils réellement d’absorber tous les jeunes qui resteront sans affectation à la rentrée ?

Un chiffre 2026 encore attendu

Le chiffre de 15 192 enfants constitue une estimation importante, mais il ne doit pas être présenté comme le nombre de jeunes qui seront sans école à la rentrée 2026. Il correspond à la situation estimée pour la rentrée 2025 et concerne les enfants âgés de 3 à 15 ans.

C’est précisément cette différence qui doit être éclaircie avant la rentrée.

Combien d’enfants sont actuellement en attente d’une affectation ? Combien de places sont encore disponibles dans les écoles, collèges et lycées ? Combien de jeunes sont suivis par les dispositifs de lutte contre le décrochage ? Et combien risquent de passer une nouvelle année sans formation ?

Ces réponses devront notamment être apportées par le rectorat, les communes et les structures chargées de l’accompagnement des jeunes.

« Une rentrée sans école »

Pour les familles concernées, le calendrier scolaire ne signifie donc pas nécessairement le retour en classe. Le 24 août, certains enfants regarderont leurs frères, soeurs ou amis partir à l’école tandis qu’eux resteront à la maison.

Derrière chaque chiffre se trouve un parcours différent. Un enfant qui attend une place, un adolescent qui a décroché, un jeune qui cherche une formation ou encore un élève dont le parcours administratif bloque la scolarisation ne rencontrent pas les mêmes difficultés.

Mais tous ont un point commun : ils commencent l’année scolaire sans solution clairement définie.

À Mayotte, où la population est particulièrement jeune et où la pression démographique continue de peser sur le système éducatif, la question de la non-scolarisation ne peut donc pas être limitée à celle du nombre de places disponibles. Elle pose aussi celle de l’avenir de milliers de jeunes.

À quelques jours de la rentrée, l’enjeu est désormais de savoir combien d’entre eux franchiront les portes d’une école le 24 août et combien resteront encore une année de plus à l’extérieur du système scolaire.

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EPIC, une formule qui ne l’a pas convaincue la députée Anchya Bamana

EPIC, une formule qui ne l’a pas convaincue la députée Anchya Bamana
Anchiya Bamana arpente les rues de Mayotte depuis 1 mois pour dénoncer les dysfonctionnements du système.

Si elle a fait de la santé et du bien-être social des Mahoraises et des Mahorais sa priorité, la situation économique peu réjouissante du territoire ne la préoccupe pas moins. Le sort réservé au port de Longoni par le Département-Région de Mayotte inquiète au plus haut point la députée Anchya Bamana. Elle ne fait nullement mystère des raisons de la posture qu’elle adopte sur ce sujet.

Flash Infos : Comment suivez-vous toutes ces tribulations au sujet de l’annulation de la délégation de service public (DSP) qui avait été consentie à Mayotte Channel Gateway (MCG) pour la gestion du port de Longoni ?

Anchya Bamana : Je dois avouer qu’il y a certaines choses que j’apprends lors des travaux en pleine commission à l’Assemblée nationale. Par exemple, c’est en pleine commission que j’ai appris l’existence d’un amendement destiné à transformer le port de Mayotte en port d’État.

Le débat a eu lieu. Moi, j’ai pris la parole. J’ai posé des questions. Il suffit d’aller visualiser les vidéos de l’Assemblée nationale. J’ai dit que j’avais connaissance du fait que le président du Département avait demandé un audit sur le fonctionnement du port.

Il a fait venir à Mayotte des experts qui gèrent des ports d’État dans les autres départements d’outre-mer. Il est allé lui-même visiter des ports gérés par l’État dans d’autres territoires. Moi, personnellement, j’attends l’avis du Département, à savoir celui de l’exécutif. M. Ben Issa Ousseni devra nous dire son avis, puisque c’est lui qui gère actuellement ce port. C’est après ce qu’il dira qu’il faudra prendre position.

Avant d’aller dans l’hémicycle, c’est en commission que nous donnons notre avis. À la fin de la discussion, l’amendement a été mis aux voix. Il a été acté en commission que le port devrait revenir à l’État.

Le soir même, le président Ben Issa Ousseni m’appelle pour me demander s’il y avait eu des discussions sur le port. Oui, le président lui-même m’appelle. Je lui dis : justement, le sujet a été débattu, l’amendement a été porté par Philippe Vigier, l’ancien ministre des Outre-mer. M. Ben Issa Ousseni promet alors de m’écrire pour me communiquer sa position à la suite de l’audit concernant le devenir du port.

F.I. : Est-ce que vous disposiez, à ce moment-là, de l’audit en question ?

Anchya Bamana : Pas du tout, pas du tout, pas du tout. C’est pour cela que, le soir même, j’écris à M. Ben Issa Ousseni pour lui demander de me faire connaître sa position sur cette question.

C’est dans l’hémicycle que nous votons définitivement. J’avais dit à Ben Issa Ousseni que j’attendais sa décision écrite, dans la perspective du débat à l’Assemblée. La semaine qui a suivi, j’apprends par les médias qu’il y a eu une réunion à l’hémicycle, mais que le sujet du port n’a pas été discuté. Le sujet a été retiré de l’ordre du jour. À ce jour, mercredi 12 août 2026, je n’ai jamais reçu de réponse écrite à mon mail concernant la décision de l’exécutif de Mayotte. Pendant ce temps, le texte est passé.

La semaine suivante, le texte est passé à l’hémicycle et cela a été voté hors des textes. C’est ce qui figure dans le texte du 11 août 2026. Le port de Mayotte passe au statut de port d’État.

Donc, pour moi, les choses sont claires. Entre-temps, j’ai été auditionnée par une mission d’inspection, comme on dit, par la ministre des Outre-mer, Mme Naïma Moutchou. Ces inspecteurs sont passés dans mon bureau à l’Assemblée et j’ai répondu en disant : « Je ne comprends pas pourquoi ils nous demandent comment on va faire fonctionner le port alors que le texte a déjà été voté. »

C’est un port d’État. Donc, pour moi, l’État prend effet. Si l’État a réellement la volonté de le faire, eh bien, il va simplement au bout de ses décisions.

C’est la réponse que j’avais donnée à l’époque. À ce jour, j’ai écrit à Mme Naïma Moutchou. Je vous transmettrai le courrier que je lui ai adressé pour lui demander de me remettre le rapport de l’inspection. À ce jour, je ne l’ai pas vu.

D’autres parlementaires ne l’ont pas non plus vu. Il y a trois semaines, nous avons eu la troisième réunion du comité de pilotage, du comité de suivi de la reconstruction à Paris. J’ai reposé la question, car je souhaiterais avoir le rapport de visite concernant le port de Longoni.

C’est le silence complet. À ce jour, il n’y a pas eu de retour. Donc, pour moi, les choses sont claires : la loi a été votée. Il n’a jamais été écrit dans la loi du 11 août 2025 qu’on allait créer un EPIC.

L’EPIC a été mis en place. Le président a eu la décence de ne pas insister pour être président de cet EPIC. Une de ses collègues y a été nommée.

Une équipe est en place. Sauf que nous sommes le 12 août 2026. Dans combien de temps ? Dans 18 jours, nous sommes censés basculer entre les mains de cet EPIC.

F.I. : Avant même que cela se passe, la presse a fait état d’une grille tarifaire « explosée », qui ferait passer du simple au double le coût des prestations. N’aurait-on pas dû laisser Mme Nel poursuivre la gestion du port ? L’explication première qui avait été donnée à la population pour justifier le « dégagement » de Mme Nel, c’était qu’elle faisait pratiquer des tarifs portuaires qui n’avaient pas été validés et qui étaient trop élevés. Est-ce qu’une situation comme celle-là vous inspire ?

Anchya Bamana : Au sein de la population, les gens s’inquiètent, et beaucoup. Ils ont compris que le contenu de leur assiette, demain, leur coûtera très cher. La population a parfaitement raison d’être inquiète.

Si j’avais été présidente du Département-Région de Mayotte, j’aurais demandé, comme cela a été écrit dans la loi du 11 août 2015, à l’État de prendre ses responsabilités vis-à-vis de ce qui a été voté dans cette loi. C’est M. Philippe Vigier, ancien ministre des Outre-mer, qui portait l’amendement visant à transformer le port de Longoni en port d’État.

F.I. : Sur ce sujet du port de Longoni, un système provisoire est créé. Ne nous dirigeons-nous pas, une fois de plus, vers le syndrome du provisoire qui dure ?

Anchya Bamana : Nous en connaissons un rayon là-dessus, dans la mémoire collective des Mahorais et des Mahoraises. Aujourd’hui, il y a un paradoxe.

F.I. : Un courrier de Mme Élisabeth Borne sur le même sujet, en réponse à une saisine de la Chambre régionale des comptes, met en garde contre le démantèlement de la DSP, parce que les conséquences économiques sur l’ensemble du territoire seraient incontrôlables.

Anchya Bamana : Ça date de quand, ce courrier ?

F.I. : Je vous l’enverrai. J’ai le courrier. C’est le Département qui l’a diffusé à droite et à gauche, même s’il s’est fait amnésique.

Anchya Bamana : Personnellement, je n’ai pas eu connaissance de ce courrier de Mme Borne. C’est écrit noir sur blanc ?

F.I. : C’est écrit noir sur blanc. Le mot « EPIC » n’a jamais été écrit dans ce courrier. Comment financer un département dont l’essentiel des fonds venait de ce port que l’on remet à l’État, sans qu’on nous dise si des compensations sont prévues par l’État dans le budget de fonctionnement du Département ?

Anchya Bamana : Pour moi, les choses sont claires : je n’aurais pas créé un EPIC. Quant à votre question, il faudrait la poser au président du Département, qui a pris la décision de créer l’EPIC. Moi, je m’en tiens à ce que dit la loi. Je l’ai votée.

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Les 24H de Bandrani préparent leur première édition

Les 24H de Bandrani préparent leur première édition

À un mois de la première édition des 24H de Bandrani, prévue les 12 et 13 septembre dans le Grand Nord, les organisateurs ont reconnu ce jeudi 13 août le parcours qui accueillera les coureurs. Une dizaine de personnes, parmi lesquelles plusieurs partenaires de l’événement, ont parcouru la boucle de huit kilomètres afin d’identifier les futurs points de ravitaillement, de repos et les besoins en matière de sécurité.

Trois heures, « tranquillement », auront été nécessaires au petit groupe pour effectuer la reconnaissance complète. Le tracé emprunte exclusivement des chemins agricoles, entre Bandrani et la retenue collinaire de Dzoumogné, avec environ 160 mètres de dénivelé positif cumulé par boucle. Un parcours que Chadhouli Youssouf, président de Challenge Mayotte Tour, présente comme particulièrement accessible. Même une participante peu habituée à la pratique sportive a pu parcourir les huit kilomètres ce jeudi matin.

Six, douze ou vingt-quatre heures pour accumuler les kilomètres

Les participants devront effectuer le plus grand nombre de kilomètres pendant une durée déterminée. Trois formats seront proposés : 6 heures, 12 heures et 24 heures. Chaque passage sur la boucle de huit kilomètres viendra ainsi s’ajouter au compteur.

Pour cette première édition, les organisateurs veulent également ouvrir l’événement au-delà des seuls habitués du trail. Un format marche doit compléter le programme, avec le choix entre une boucle de huit kilomètres et une autre de quatre kilomètres. Les marcheurs pourront alterner les deux distances au cours de la journée.

L’idée est notamment de permettre aux proches des coureurs de participer eux aussi, plutôt que de rester plusieurs heures à attendre au départ. « C’est vraiment une course accessible à toute la famille », insiste Chadhouli Youssouf. Les marcheurs et les coureurs emprunteront une partie du même itinéraire, avec des règles de circulation prévues pour éviter qu’ils ne se gênent.

La reconnaissance organisée ce jeudi devait surtout permettre d’affiner la logistique. Des chapiteaux doivent être installés à différents endroits afin que les participants puissent faire une pause à l’ombre avant de repartir. Plusieurs points de ravitaillement sont également prévus, avec notamment de l’eau, des fruits et des boissons énergétiques.

Les concurrents engagés sur les formats les plus longs devraient également bénéficier d’un repas chaud avant d’entamer la nuit. Les organisateurs recommandent toutefois à chacun de prévoir son propre ravitaillement, en particulier pour les épreuves longues.

Entre 30 et 50 bénévoles seront mobilisés pour assurer les ravitaillements et l’encadrement. Pendant les 24 heures de l’épreuve, la circulation automobile sera par ailleurs interdite sur le chemin emprunté par les participants. Seuls les véhicules de l’organisation et de sécurité seraient autorisés à y circuler.

Jusqu’à 400 participants espérés

Challenge Mayotte Tour espère réunir environ 400 personnes pour cette première édition, toutes formules confondues. Les inscriptions aux formats de course sont déjà ouvertes, tandis que celles concernant la marche doivent encore être ajustées afin de permettre notamment aux familles de signaler la présence d’enfants.

Au-delà du défi sportif, l’association veut faire des 24H de Bandrani une vitrine du Grand Nord. Le parcours passe notamment à au travers de l’exploitation de Combo Coco, dont le miel « Le Bandrani » a décroché une médaille d’argent au Concours général agricole de Paris en 2024 et une médaille d’argent au Salon de l’agriculture en février 2026. L’ambition est aussi de profiter de cette journée pour mieux faire connaître les clubs, associations et activités proposés dans le secteur.

« J’ai envie de vendre mon territoire », résume Chadhouli Youssouf, qui souhaiterait à terme associer davantage d’acteurs touristiques, économiques et associatifs à l’événement. Pour cette première édition, l’objectif sera déjà de réussir le pari inédit d’une course capable de se poursuivre pendant vingt-quatre heures, du samedi au dimanche, au cœur des paysages du Grand Nord.

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Mahajanga–Mayotte : un nouveau pont universitaire sur les traces d’Andriantsoly

Mahajanga–Mayotte : un nouveau pont universitaire sur les traces d’Andriantsoly

L’Université de Mahajanga et l’Université de Mayotte scellent une coopération stratégique tournée vers la jeunesse, la recherche et l’économie bleue.

Un nouveau chapitre s’ouvre dans les relations entre Mahajanga et Mayotte. Le 11 août 2026, le Professeur Blanchard RANDRIANAMBININA, Président de l’Université de Mahajanga (UMG), et Monsieur Abal-Kassim CHEIK AHAMED, Président de l’Université de Mayotte (UMAY), ont officiellement signé une Convention-cadre de coopération scientifique, pédagogique, culturelle et de mobilité internationale entre les deux établissements.

Au-delà de sa portée universitaire, cette signature revêt une forte dimension historique. Elle fait écho aux liens anciens entre Mahajanga, le Boeny et Mayotte, notamment à travers la figure d’Andriantsoly, ancien roi sakalava du Boeny. Après avoir quitté Madagascar à la suite de la perte de son royaume, celui-ci gagna l’archipel des Comores et arriva à Mayotte en 1832, où il accéda au sultanat de l’île au cours de la période 1832-1836.

Près de deux siècles plus tard, les deux universités entendent donner une nouvelle expression à cet héritage commun. Leur coopération ambitionne de bâtir un pont durable entre les deux territoires, cette fois par le savoir, la formation, la mobilité et la recherche scientifique.

L’économie bleue au cœur des priorités

Situées dans l’espace stratégique du Canal du Mozambique et de l’océan Indien occidental, l’UMG et l’UMAY disposent de nombreuses complémentarités. Leur partenariat portera notamment sur l’économie bleue et les sciences marines, la biodiversité, la protection des écosystèmes marins et côtiers, l’environnement et le changement climatique, mais également sur la santé, la sécurité alimentaire, le droit, la gouvernance ainsi que la formation universitaire et professionnelle.

La Convention prévoit également le développement des échanges entre étudiants, enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs. Missions d’enseignement, stages, formations, mobilité internationale et projets scientifiques communs figurent parmi les principaux leviers de cette coopération.

Erasmus+ en ligne de mire

La signature du 11 août marque surtout le passage à une phase opérationnelle. Les deux établissements doivent désormais désigner leurs représentants au sein d’un Comité Mixte de Pilotage, qui aura pour mission d’élaborer un plan d’action et de définir les projets prioritaires.

Première ambition concrète : préparer un projet commun à soumettre au programme Erasmus+. L’objectif est notamment de mobiliser des financements pour favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants, renforcer les capacités des deux institutions et soutenir des recherches conjointes, particulièrement dans le domaine de l’économie bleue.

À travers cette alliance, Mahajanga et Mayotte souhaitent ainsi mutualiser leurs compétences, renforcer leurs formations et développer des projets répondant aux défis communs du Canal du Mozambique. Mais l’enjeu dépasse les murs des universités : en rapprochant les étudiants, les enseignants et les chercheurs, cette coopération pourrait également contribuer au rapprochement des populations du Boeny, de Mahajanga et de Mayotte.

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Des bénévoles appelés à observer les baleines depuis la côte

Des bénévoles appelés à observer les baleines depuis la côte

Ceta’Maore organise, samedi 15 août, la première session de l’année du comptage synchronisé des baleines à bosse à Mayotte. L’opération, baptisée Synchronised Whale Watching Day (SWWD), se déroule simultanément dans plusieurs territoires du Sud-Ouest de l’océan Indien afin de suivre et comparer la présence des cétacés d’une année sur l’autre.

Deux points d’observation seront installés à Mayotte : au lac Dziani Dzaha, en Petite-Terre, pour surveiller l’Est, et au mont Chiconi, en Grande-Terre, pour l’Ouest. Les observations auront lieu du lever au coucher du soleil, avec des relais de bénévoles. Les participants peuvent s’inscrire en ligne auprès de Ceta’Maore pour des créneaux d’au moins trois heures.

Lancé en 2009 au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique, le dispositif réunit aujourd’hui plus de huit territoires. Selon Ceta’Maore, 284 baleines sont comptabilisées en moyenne lors d’une même journée de suivi à l’échelle régionale.

Les factures impayées des Collectivités menacent la survie des entreprises mahoraises

Les factures impayées des Collectivités menacent la survie des entreprises mahoraises

Après Chido, de nombreux chantiers de reconstruction de l’île ont été entrepris par les Collectivités mahoraises. Problème : ces dernières tardent à rémunérer les entreprises embauchées, ce qui génère une situation catastrophique sur le plan économique que Fahardine Mohamed, président du Groupement Patronal de Mayotte (GPM), souhaite dénoncer fermement.

“Depuis Chido, la situation économique de Mayotte est dans un état catastrophique !”, s’alarme Fahardine Mohamed, le président du Groupement Patronal de Mayotte (GPM), un syndicat de patrons issu de l’ancien MEDEF Mayotte après sa rupture avec l’organisation nationale. “Certes vous allez me dire, et à raison, que c’était déjà catastrophique avant, mais Chido a encore empiré les choses et ces problèmes de factures impayées des Collectivités, auxquels se heurtent en ce moment les entreprises mahoraises, en rajoute encore une couche !”, développe-t-il.

Ces factures impayées sont celles des chantiers de reconstruction de Mayotte commencés après le cyclone et dont beaucoup sont encore en cours actuellement. Ceux-ci ont été commandés par les Collectivités, c’est donc à elles de “payer la note”, mais elles n’ont entrepris ces chantiers qu’après avoir eu l’assurance d’être subventionné par l’État. Or il semblerait que ces subventions tardent à leur parvenir.

“J’ai écrit un mail au préfet dès son arrivée avec la Secrétaire Générale aux Affaires Économiques (SGAR) en copie. J’ai également alerté la Direction Régionale des Finances Publiques (DRFIP). J’attend encore de pouvoir échanger avec eux”, affirme le président du GPM qui s’agace de constater que “l’État et les Collectivités se renvoient la balle sur la question du règlement des factures aux entreprises mahoraises”.

Il nous confie également que si l’État tarde en effet à verser l’argent aux Collectivités dans certains cas, ce n’est pas la seule explication de ces factures impayées. “Dans certaines communes, le nouveau maire se refuse à poursuivre les chantiers commencés par son prédécesseur et donc à rémunérer les entreprises pour leur travail ou il souhaite organiser un audit avant de payer, ce qui est très long”, dénonce-t-il, sans citer personne dans un souci de prudence.

Des chantiers abandonnés et des chefs d’entreprise agressés par leurs salariés

Ces retards de paiement ont de très graves conséquences : certains sous-traitants ont décidé d’arrêter des chantiers, qui sont donc abandonnés “en plein milieu” et plusieurs entreprises refusent désormais de travailler pour des Collectivités mahoraise. Mais ces retards ont également des conséquences sur le plan personnel car, d’après Fahardine Mohamed, certains chefs d’entreprises auraient été agressés par leurs salariés qu’ils n’arrivaient pas à payer.

“Certains salariés des entreprises sont actuellement encore au chômage partiel et je viens d’apprendre que des licenciements allaient bientôt “pointer le bout de leur nez” à cause de cette situation dramatique”, déclare aussi Fahardine Mohamed. “Les conséquences ne sont donc pas seulement financières et économiques, elles sont également psychologiques car c’est extrêmement stressant pour les chefs d’entreprise de ne pas pouvoir payer leurs salariés”, ajoute-il.

Le président du GPM déclare que ses adhérents ont du mal à se mobiliser sur ce problème pour des raisons de pudeur, mais il les incite à le faire car cela bloque toute la reconstruction de Mayotte. “C’est une chaîne : quand il y a un impayé, ça bloque tout le reste !”, explique-t-il. “En outre, à Mayotte, moins de 5000 entreprises sont à jour fiscalement à cause de ces retards, ce sont donc les entreprises qui arrivent qui raflent tous les marchés. Vous imaginez la frustration pour les entreprises qui travaillent depuis longtemps ?”, tempête-il. Pour exemple, il cite le chantier du Caribus dont une première tranche a été terminée en avril 2026 et affirme que les entreprises attendent encore à ce jour leur paiement. “Sont-elles vraiment assez solides pour continuer à avancer sans être payées ?”, s’interroge-t-il.

Créer davantage de connexion entre les décideurs et le monde économique

Pour Fahadine Mohamed, il serait urgent de “créer davantage de connexion entre les décideurs politiques et le monde économique à Mayotte”. “Depuis que certains élus se sont emparés du sujet, on en parle davantage, mais le problème est que ces élus se servent pour la plupart de cette problématique pour “se tirer dans les pattes”. Il faudrait que les élus de tout bords politique s’unissent sur cette problématique car la reconstruction de Mayotte est l’affaire de tous !”, déclare le président du GPM.

“Beaucoup d’associations sportives du territoire nous sollicitent pour les sponsoriser, mais comment pourrait-on le faire si on n’arrive même pas à payer nos employés ?”, continue-t-il. Ces retards n’impactent donc pas uniquement la sphère économique, c’est tout le tissu social de Mayotte qui pâti de cette situation. Fahardine Mohamed a le sentiment que “Mayotte est à jamais “un monde suspendu”, en attente de quelque-chose qui ne vient jamais”. Il sollicite un signal fort de la part du monde politique pour rassurer le monde économique mahorais qui, pour lui, se trouve actuellement “dans un marasme”.

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Basket : Imany Bacar quitte Mayotte pour intégrer le Pôle Espoir de La Réunion

Basket : Imany Bacar quitte Mayotte pour intégrer le Pôle Espoir de La Réunion

À peine deux saisons de basket derrière elle et déjà un départ pour le Pôle Espoir. Imany Bacar, jeune joueuse de Fuz’Ellipse, a quitté Mayotte dimanche pour rejoindre La Réunion, où elle poursuivra sa progression durant la saison 2026-2027. Une étape importante pour celle qui, à ses débuts, avait pourtant songé à abandonner après quelques entraînements.

Arrivée à La Réunion avec son père et son petit frère, qui doivent rester à ses côtés le temps de son installation, la jeune Mahoraise découvre pour l’heure son nouvel environnement. Les entraînements doivent débuter prochainement. Au Pôle Espoir, elle bénéficiera d’un volume d’entraînement renforcé tout en poursuivant sa scolarité, dans le cadre d’un parcours sport-études.

Le changement est important. Jusqu’ici joueuse U13 à Fuz’Ellipse, Imany va également devoir apprendre à évoluer loin de sa famille, de ses amis et de son club.

Elle avait failli arrêter dès ses débuts

Son parcours est d’autant plus rapide qu’Imany n’a commencé le basket qu’à la fin de la saison 2023-2024. Lorsqu’elle pousse pour la première fois la porte d’un entraînement de Fuz’Ellipse, sa grande taille lui donne quelques atouts, mais elle découvre surtout l’écart qui la sépare de joueuses déjà habituées aux terrains.

« Je me comparais toujours aux autres. J’étais encore débutante et je voulais être comme elles. J’ai commencé à me rabaisser et j’ai voulu arrêter », raconte-t-elle. Timide, elle dit aussi avoir eu peur de « déranger » ses coéquipières ou de ne pas comprendre suffisamment vite les exercices.

Son entraîneur, Soilihi Hamissi, se souvient de cette première période. « Elle pensait pouvoir avoir le niveau de tout le monde dès son arrivée. Je lui ai dit : “Tu me donnes un mois et après je te laisse faire ton choix.” » Il n’aura finalement pas besoin d’attendre aussi longtemps. « Elle a fait une semaine et elle a dit : “C’est bon, je continue.” Elle a vu l’ambiance, le groupe, la discipline, elle a aimé. »

La suite lui donne raison. Assidue, à l’écoute et déterminée, Imany progresse rapidement. « Elle ne rate pas d’entraînement, elle garde toujours la tête haute quand ça ne marche pas et elle écoute les consignes », décrit son coach. Au fil des mois, celui-ci commence à voir en elle un potentiel particulier. « Je disais à tout le monde : elle, elle va être forte, elle va dépasser tout le monde. »

Imany participe ensuite à une saison que son entraîneur qualifie de « remarquable », conclue notamment par une finale remportée avec son équipe. Dans les tribunes, sa mère et sa tante découvrent alors les progrès accomplis depuis ses premiers pas.

Repérée pour poursuivre sa formation

Son potentiel finit par attirer l’attention. Le club est alors invité à la préparer davantage en vue d’une possible intégration au Pôle Espoir.

Un premier départ avait déjà été envisagé la saison dernière, mais l’échéance était trop précoce. « J’étais trop jeune, j’allais avoir trop de choses à porter sur le dos », explique-t-elle.

Cette année, Fuz’Ellipse a donc renforcé sa préparation. Soilihi Hamissi a notamment souhaité qu’elle travaille avec d’autres entraîneurs. « Il fallait qu’elle se détache de moi, qu’elle voie autre chose et puisse progresser encore plus. » Imany, qui mesure déjà environ 1,70 m et n’a pas terminé sa croissance selon son coach, doit désormais entrer dans sa première année U15.

Pour Soilihi Hamissi, c’est une fierté. « En tant que coach, c’est la première fois que j’ai une jeune qui intègre le Pôle Espoir. » Il assure avoir accueilli la nouvelle avec beaucoup de bonheur. « Ce genre d’opportunité, il ne faut pas la lâcher. Quand j’ai appris, j’étais tellement content. On s’est dit : on ne lâche pas, on continue. »

Le départ laisse néanmoins un vide dans l’équipe. « On perd une bonne joueuse, mais on gagne quelque chose en plus », résume l’entraîneur. « C’est triste pour le club parce que son absence va nous affecter. Elle créait une bonne ambiance dans le groupe. Personne ne peut la remplacer en tant qu’Imany : Imany restera Imany. »

Pour la jeune basketteuse, La Réunion ne constitue déjà qu’une étape. « J’aimerais viser la France métropolitaine, être prise dans un centre de formation, être détectée là-bas pour avoir l’opportunité d’y aller. »

Un objectif qui paraît bien éloigné de ses premières semaines sur un terrain, lorsqu’elle envisageait de ranger le ballon. Une expérience dont elle tire aujourd’hui un conseil pour les autres jeunes : « Il ne faut jamais abandonner, jamais baisser les bras. S’ils veulent aller plus loin, ils auront toujours une chance dans leur vie. »

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L’ARS lève la vigilance après les signalements de brûlures à N’Gouja

L’ARS lève la vigilance après les signalements de brûlures à N’Gouja

La baignade et la fréquentation de la plage de N’Gouja ne sont plus déconseillées. Deux semaines après plusieurs signalements de brûlures et d’irritations chez des personnes ayant fréquenté le site, l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte annonce, ce mercredi 12 août, la levée de la vigilance instaurée fin juillet. Les investigations menées sur place n’ont pas mis en évidence de risque sanitaire persistant.

L’alerte avait été donnée le 29 juillet. Plusieurs personnes ayant fréquenté la plage de N’Gouja, dans la commune de Kani-Kéli, au cours des jours précédents, et notamment le dimanche 26 juillet, avaient signalé des symptômes inhabituels. Ils faisaient état de rougeurs, de cloques et de démangeaisons, principalement sur les parties du corps couvertes par le maillot de bain, ainsi que d’irritations des voies respiratoires.

Par précaution, l’agence sanitaire avait alors recommandé de ne plus se baigner sur le site et d’éviter temporairement la plage et ses abords, le temps de mener des investigations.

Aucun problème détecté dans l’eau de baignade

Les équipes de l’ARS ont depuis procédé à des contrôles de la qualité des eaux. Selon l’agence, les analyses « ne mettent pas en évidence d’élément de nature à présenter un risque sanitaire pour les baigneurs ». La qualité de l’eau n’apparaît pas dégradée.

Les investigations se sont également intéressées aux dépôts d’algues échouées sur la plage. Aucun élément susceptible d’entretenir le phénomène observé à la fin du mois de juillet n’a été relevé et aucun nouvel échouage d’algues en quantité importante n’a depuis été constaté.

Les signalements se sont par ailleurs nettement raréfiés. Le dernier reçu par l’ARS remonte au 1er août. Pour l’agence, cette diminution, combinée aux résultats des contrôles environnementaux, confirme le caractère « transitoire » de l’épisode.

L’ARS considère donc que « la situation environnementale du site est revenue à la normale » et lève sa recommandation d’éviter la baignade et la fréquentation de N’Gouja.

La surveillance ne s’arrête pas pour autant. L’agence indique poursuivre, avec les communes, le contrôle sanitaire régulier des eaux de baignade. Elle invite également toute personne présentant des symptômes après avoir fréquenté une plage à consulter un médecin et à lui transmettre un signalement.

Des élus mahorais complices des décisions du CA du CHM

Des élus mahorais complices des décisions du CA du CHM

Chaque jour apporte son lot de révélations sur le dysfonctionnement organisé de l’appareil sanitaire à Mayotte. Tout est fait pour dégrader progressivement la qualité du dispositif, avec, à la clé, des coûts vertigineux ne concourant pas à un retour rapide à la bonne santé de l’hôpital à Mayotte. Des élus locaux siégeant au sein du conseil d’administration du CHM ne trouvent rien à redire, tandis que les syndicats, tout aussi silencieux, sont également pointés du doigt par des représentants de la société civile.

Ce qu’il convient de retenir lorsqu’on est Mahorais et résident dans l’archipel de Mayotte, c’est que le système de santé est tout aussi perverti que le reste des services sous le contrôle direct de l’État. Tout serait mis en œuvre pour dégrader la qualité du service fourni afin de justifier une dépendance absolue, devant mener, à terme, à une gestion — qui ne dit pas son nom — indirecte de l’île voisine de La Réunion, permettant ainsi d’y affecter les crédits initialement fléchés pour Mayotte.

C’est, selon notre analyse, la décision du régime d’Emmanuel Macron, méthodiquement appliquée depuis sa première mandature présidentielle et poursuivie par les différents gouvernements récents, conduits par François Bayrou d’abord, puis par Sébastien Lecornu. Mais il ne faut pas s’y tromper : pour des raisons aujourd’hui obscures, mais que les intéressés seront un jour prochain en situation de devoir expliquer au peuple — et, par ricochet, aux électeurs dont ils sollicitent potentiellement les suffrages —, cette posture gouvernementale s’enracinerait sur des complicités locales, au travers d’élus mahorais, et en premier lieu du Département-Région.

Sa facilité à s’effacer médiocrement devant ses responsabilités premières à l’égard des patients locaux est innommable ! À la limite d’une procédure devant la justice pour mise en danger volontaire de la vie d’autrui.

« Mais qu’attendre de plus que la démission totale de cette institution, pourtant élue par les citoyens de l’île, mais réduite au rôle minimaliste de chambre d’enregistrement des décisions unilatérales de l’État contre le territoire ? Tout ce que fait le Département depuis quatre ans est de valider des choix désastreux pour la population qui a porté ses élus majoritaires au pouvoir. Plus qu’un désastre, c’est une véritable tragédie qui se joue sous le regard impuissant d’une population abasourdie par une attitude d’une lâcheté qui ne porte pas son nom », clame notre syndicaliste maison, qui requiert l’anonymat.

Et il n’est, hélas, pas le seul à le faire. Dans une longue interview accordée par le docteur Martial Henry, premier médecin de Mayotte et ancien président du conseil d’administration des hôpitaux de Mayotte, celui-ci impute la dégradation de la situation aux élus mahorais nommés dans ce CA, qui ne font pas entendre la voix de leurs concitoyens.

Un représentant du personnel confie, off the record, que ces élus s’offusquent devant toute remarque en faveur des patients : « On se croirait à la cour impériale des Habsbourg sous François-Ferdinand ; il ne faut absolument rien dire de peur d’incommoder les défenseurs du système officiellement établi. »

Il indexe même les représentants syndicaux qui se sont, à la longue, conformés à cette règle établie, au point de valider des mesures extrêmement coûteuses, impactant le budget de fonctionnement du CHM dans son ensemble.

De coûteuses EVASAN par jet privé qui auraient de beaux jours devant elles au détriment du système sanitaire mahorais

Dans sa ligne de mire : le dispositif des évacuations sanitaires, tel qu’il a été repensé et appliqué sous l’ère Dominique Voynet, mais qui perdure encore en 2026.

« Au lieu de se battre pour que le système change en faveur d’une amélioration des soins prodigués sur place et d’une limitation des EVASAN, ils font le jeu du tout à La Réunion. Comme si les dépenses qui en résultent pour le système de santé mahorais ne suffisaient pas, ces syndicats ont adoubé l’ouverture, là-bas, d’établissements d’accueil pour les malades convalescents et leurs accompagnateurs, au motif qu’il faut leur fournir une alimentation spécifiquement mahoraise. Cette perversion appelle des interrogations sérieuses. Va-t-il en être de même pour les patients qui pourraient prochainement être évacués dans les hôpitaux de l’Hexagone ? », demande-t-il.

La liste des dépenses insensées qui ont cours au CHM à travers ce système d’EVASAN serait si longue, selon notre source interne, qu’elle préfigurerait une mort lente mais certaine de l’hôpital à Mayotte, au sens large du terme, malgré les déclarations de bonnes intentions émanant régulièrement des services compétents.

Ces coûteuses évacuations sanitaires vers La Réunion, que d’aucuns ont eu la faiblesse de croire temporaires, particulièrement après le cyclone Chido en décembre 2024, sembleraient être appelées à avoir un long avenir devant elles. Le CHM, sous sa direction actuelle, n’envisagerait nullement de revoir leur cadence à la baisse. Bien au contraire, tout serait fait pour accentuer leur nombre, de manière à y diluer le nombre exponentiel de malades illégaux ou non mahorais qui passent par ce même procédé pour aller gonfler les chiffres des patients soignés dans les hôpitaux réunionnais.

De nombreux responsables mahorais, parmi lesquels d’anciens élus départementaux, cherchent à savoir pourquoi les évacuations sanitaires ne sont plus opérées sur les lignes régulières d’Air Austral, moins coûteuses que l’avion privé surnommé, par le bon peuple, « Air Voynet ».

Hors des murs du CHM, une autre catégorie de responsables mahorais et des associations de défense des droits des citoyens reprochent aux syndicats du personnel hospitalier local de ne pas dénoncer cette situation dramatique et d’en être complices par leur silence assourdissant.

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Mayotte : les bouchons peuvent-ils encore s’aggraver avec la croissance démographique ?

Mayotte : les bouchons peuvent-ils encore s’aggraver avec la croissance démographique ?
* image d'illustration générée par ia

Avec 323 153 habitants recensés au 1er janvier 2026, Mayotte franchit un nouveau cap démographique. Dans le même temps, les principaux axes routiers de l’île restent régulièrement saturés, particulièrement autour de Mamoudzou. Alors que le réseau de transport interurbain M’Safara monte progressivement en puissance, la question de la mobilité devient plus urgente : comment absorber les déplacements d’une population toujours plus nombreuse ?

À Mayotte, se déplacer peut rapidement devenir une épreuve de patience. Aux heures de pointe, les principaux axes menant vers Mamoudzou concentrent une grande partie du trafic. L’axe Kawéni-Mamoudzou, la liaison vers Cavani ou encore les routes venant du nord et du sud sont particulièrement sollicitées. Une étude d’impact récente décrit d’ailleurs les axes Kawéni-Mamoudzou, Mamoudzou-Cavani et la RD14 comme des secteurs régulièrement saturés aux heures de pointe.

Une population qui augmente, des routes qui restent les mêmes

Le problème prend une nouvelle dimension avec les derniers chiffres de population. Mayotte compte désormais plus de 323 000 habitants. Cette croissance signifie mécaniquement davantage de déplacements quotidiens : pour aller travailler, étudier, se rendre à l’hôpital, faire ses courses ou rejoindre les services administratifs.

Or, une grande partie de ces déplacements converge vers le centre de l’île, notamment vers Mamoudzou et Kawéni. La concentration des emplois et des services accentue la pression sur les routes.

Pour les automobilistes, les conséquences sont concrètes. Un trajet qui pourrait prendre quelques dizaines de minutes en circulation fluide peut devenir beaucoup plus long lorsque les axes principaux sont saturés. Le temps passé dans les embouteillages pèse également sur les salariés, les entreprises et les familles.

Cette situation pose donc une question simple : si la population continue d’augmenter, les infrastructures actuelles pourront-elles suivre ?

M’Safara, une première réponse

Depuis mai, Mayotte dispose d’un véritable réseau interurbain départemental avec M’Safara. Le dispositif a démarré avec quatre lignes : deux en Grande-Terre et deux en Petite-Terre. Le réseau doit progressivement être renforcé pour atteindre huit lignes.

L’objectif est clair : proposer une alternative à la voiture individuelle et faciliter les déplacements entre les différentes communes.

Le lancement de M’Safara est particulièrement attendu dans un territoire où les déplacements quotidiens sont fortement pénalisés par les embouteillages. Le réseau doit notamment relier Mamoudzou au sud jusqu’à Chirongui et au nord jusqu’à Dzoumogné.

Mais une interrogation demeure : combien d’automobilistes accepteront réellement de laisser leur voiture pour prendre le bus ?

Le succès du réseau dépendra en partie de sa régularité, de ses horaires, de la fréquence des passages mais aussi de sa capacité à proposer des temps de trajet suffisamment compétitifs face à la voiture.

Les travaux peuvent aussi compliquer la circulation

À cette difficulté structurelle s’ajoutent les différents chantiers qui modifient temporairement la circulation. À Mamoudzou, des travaux de voirie ont déjà entraîné des restrictions ponctuelles, notamment dans le secteur de Mtsapéré-Bonovo. La municipalité avait ainsi demandé aux automobilistes d’anticiper leurs déplacements lors de travaux réalisés au mois de mai.

À Kawéni, les travaux liés au développement des infrastructures de transport modifient également les conditions de circulation. Ces opérations sont nécessaires pour améliorer les déplacements à long terme, mais elles peuvent provoquer des ralentissements supplémentaires pendant leur réalisation.

Le paradoxe est donc important : pour réduire les bouchons de demain, certains travaux contribuent temporairement à les aggraver aujourd’hui.

La voiture reste difficile à remplacer

Pour de nombreux habitants, abandonner la voiture n’est cependant pas si simple. Les horaires professionnels ne correspondent pas toujours à ceux des transports collectifs. Certains salariés travaillent tôt le matin ou terminent tard le soir. D’autres doivent effectuer plusieurs déplacements dans la même journée.

La question ne concerne donc pas uniquement le nombre de bus disponibles. Elle touche à l’organisation générale du territoire.

Plus les emplois, les établissements scolaires, les commerces et les services sont concentrés autour de Mamoudzou, plus les habitants des autres communes doivent parcourir de longues distances.

À terme, développer les transports collectifs ne suffira donc peut-être pas. Il faudra également réfléchir à une meilleure répartition des activités et des services sur le territoire.

Et si la solution passait aussi par la mer ?

Le transport maritime constitue une autre piste étudiée depuis plusieurs années. La DEALM a notamment travaillé sur la création de lignes de navettes maritimes reliant Mamoudzou à d’autres secteurs de l’île. Le projet envisage notamment une liaison entre le nord de Grande-Terre et Mamoudzou ainsi qu’une liaison entre Dembéni et Mamoudzou.

Cette solution permettrait de contourner une partie du réseau routier et d’offrir une alternative aux automobilistes.

Mais là encore, la question sera celle de la fréquence, du prix, des horaires et de la connexion avec les autres moyens de transport.

Une équation de plus en plus difficile

Mayotte se retrouve ainsi face à une équation complexe. D’un côté, la population augmente et les besoins de déplacement avec elle. De l’autre, le réseau routier reste concentré autour de quelques grands axes qui supportent déjà une circulation importante.

Le développement de M’Safara constitue une première réponse. Les futurs projets de transport, notamment maritimes, pourraient compléter le dispositif. Mais leur efficacité dépendra de leur capacité à proposer une véritable alternative à la voiture.

Car derrière la question des bouchons se trouve un enjeu plus large : quel modèle de mobilité pour une île qui compte désormais plus de 323 000 habitants ?

Si Mayotte continue de gagner des habitants sans développer suffisamment ses solutions de déplacement, les embouteillages risquent de devenir davantage qu’une perte de temps quotidienne : ils pourraient constituer un véritable frein à l’activité économique et à la qualité de vie.

Pour les habitants, l’enjeu est donc désormais de savoir si les nouveaux réseaux de transport arriveront à prendre de vitesse la croissance démographique.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes