Santé publique France signale une recrudescence du paludisme à Mayotte du 11 au 17 mai, avec 14 nouveaux cas enregistrés, dont 8 à Chirongui, tous suspectés d’avoir été acquis localement. Depuis le début de l’année, 171 cas ont été confirmés, dont 62 probablement autochtones. Le chikungunya marque en revanche un recul, avec 26 cas signalés sur la même période, soit une baisse d’environ 44,7 % depuis la mi-avril. L’île compte toutefois déjà 1 291 cas depuis janvier, plus que sur toute l’année 2025. Enfin, quatre nouveaux cas de mpox ont été détectés, portant le total à 23 cas depuis le début de l’année. Les autorités sanitaires appellent à maintenir les mesures de prévention et la vigilance.
À Mayotte, reconstruire autrement ou décider encore sans le territoire ?
En duplex entre les studios de Daman Studio à Chiconi et l’auditorium de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, la 14ᵉ table ronde du CAUE de Mayotte a rapidement dépassé le cadre architectural. Sous l’intitulé « Reconstruire autrement face aux aléas, quelle condition d’habitabilité pour Mayotte ? », c’est une question politique majeure qui s’est imposée : qui décide de la reconstruction de Mayotte, et avec qui ?
Organisée jeudi 21 mai, 523 jours après le passage du cyclone Chido, la rencontre a réuni architectes, juristes, élus et acteurs du territoire. Mais derrière les échanges sur le logement, les normes, le foncier, les matériaux ou les risques, un constat s’est dégagé : la reconstruction semble encore trop souvent pensée à distance du territoire.
Mansour Kamardine, avocat, ancien maire de Sada et ancien député de Mayotte, a dénoncé une défiance de l’État envers les élus et les acteurs mahorais. À ses yeux, la création d’un établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM) traduit moins une volonté d’efficacité qu’une méfiance envers les collectivités locales. Or selon lui, « Tout ce qui se fait pour nous et sans nous est fait contre nous. »
Cette défiance se retrouve dans le vocabulaire même de l’action publique. Depuis Chido, les pouvoirs publics parlent de « refondation ». Pour Nicola Delon, architecte et cofondateur d’Encore Heureux, le terme est loin d’être neutre : « Refonder, ce mot-là est extrêmement violent. Quand vous refondez un bâtiment, c’est la table rase et vous le refaites. En fait, il ne faut pas refonder. Il faut réparer, accompagner, améliorer. » Derrière le mot, deux visions s’opposent : effacer pour créer, ou réparer à partir de l’existant avec les habitants, les villages, les fundis, les solidarités familiales, les savoir-faire et les ressources locales.
Kamardine a souligné l’inadaptation de certains outils annoncés, comme les prêts à taux zéro proposés aux particuliers. Sur le papier, le dispositif peut sembler protecteur. Dans les faits, il se heurte aux critères bancaires : personnes âgées, ménages déjà endettés, familles sans assurance ou sans capacité d’emprunt restent à l’écart. À Mayotte, où l’assurance habitation demeure très faible, la reconstruction privée repose encore largement sur les proches. « La vraie reconstruction ici, c’est le système D, chacun agissant selon ses moyens et avec comme sécurité sociale la famille », a-t-il résumé.
Le constat rejoint celui de Sinina Ali, juriste en droit de l’urbanisme et de la construction et directrice adjointe du CAUE de Mayotte. Elle a rappelé que moins de 10 % des constructions seraient assurées et que plus de 80 % n’auraient pas de permis de construire.
La régularisation foncière et administrative permettrait pourtant de sécuriser les habitants, de mieux connaître le bâti existant et, comme l’a rappelé Mansour Kamardine, de faire entrer la taxe foncière dans les budgets communaux. Mais cette régularisation ne peut pas être seulement une injonction à rentrer dans la norme, elle suppose un accompagnement.
C’est précisément ce rôle qu’avait longtemps joué la Société immobilière de Mayotte or, à la fin du dispositif beaucoup d’habitants se sont retrouvés seuls face à la nécessité de bâtir. En effet, entre la fin des années 1970 et les années 2000, la SIM a accompagné les familles dans la construction de 18.000 logements, en prenant en charge une partie du financement, les démarches administratives et les permis de construire. Ce modèle, associé à la « case SIM », ne se limitait pas à produire du bâti : il accompagnait l’autoconstruction. Il aidait les familles à financer, formaliser et sécuriser leur maison, tout en adaptant le logement aux usages locaux.
C’est cet esprit que le concours TOTEM, lancé par l’État en 2022 sous l’intitulé « Un toit pour tous en outre-mer », devait en partie réactualiser, en ouvrant une voie entre norme, usage local et logement abordable. Mais la dynamique n’a pas débouché comme espéré. La SIM, autrefois acteur historique du logement social mahorais, est désormais décrite par certains intervenants comme davantage tournée vers les classes moyennes et supérieures que vers les plus précaires. Le même reproche est adressé à Action Logement Mayotte. « Il n’y a pas d’acteur social qui s’engage là-dessus », a résumé Cyrille Hanappe. La question reste entière : qui construit encore pour ceux qui n’ont pas les moyens de reconstruire seuls ?
Cette interrogation est renforcée par la répartition des moyens annoncés. Sur les 3,6 milliards d’euros évoqués dans la loi de reconstruction, 1,2 milliard sont destinés à l’aéroport et 292 millions à une nouvelle prison. Pour le logement lui-même, la loi annonce environ 200 millions d’euros et inclut les opérations de résorption de l’habitat insalubre (RHI). Or, selon les calculs avancés lors de la table ronde, un logement très simple, en terre et bois, mis aux normes, coûterait au minimum 150 000 euros. À ce rythme, ces 200 millions permettraient de financer environ 1 500 logements, quand les besoins seraient estimés à plus de 30 000 habitations. Le contraste est brutal : les grandes infrastructures absorbent l’essentiel des moyens, tandis que l’habitat quotidien reste massivement sous-doté.
Dans ce vide, une autre logique s’impose : celle de l’humanitaire et de l’associatif. La Fondation de France est revenue à plusieurs reprises dans les échanges comme l’un des rares leviers ayant permis à des projets concrets d’avancer. Dominique Tessier a rappelé que 44,4 millions d’euros avaient été récoltés par la Fondation, issus principalement de dons privés, avec seulement 1,5 million d’euros d’argent public. Le CAUE de Mayotte a lui-même été soutenu pour coordonner des associations travaillant sur l’habitabilité.
Cette intervention est précieuse, mais elle interroge la place de l’État. Cyrille Hanappe y voit le signe d’un changement de paradigme : Mayotte serait passée d’un modèle où l’on attendait un État fort à une reconstruction portée par des circuits de dons et d’urgence. Autrement dit, un département français se retrouve traité comme un territoire humanitaire. La question politique est lourde : la solidarité privée peut-elle devenir le moteur durable de la reconstruction ?
Le cas de la scierie mobile, porté par Nicola Delon avec l’aide de la Fondation de France, illustre ce paradoxe. Après Chido, des bâtiments étaient au sol, les besoins de charpente étaient immenses et des centaines de milliers de mètres cubes de bois pourrissaient sur place. Pourtant, il aura fallu près de dix mois pour installer une scierie mobile, financée à hauteur de 250 000 euros par la Fondation de France. « Ce n’est pas sérieux », a regretté Delon, estimant qu’il aurait fallu plusieurs scieries sur l’île, des formations, et une stratégie immédiate de valorisation des ressources locales.
Sa critique vise plus largement l’écart entre les annonces et les outils. « On ne construit pas avec des chiffres, on ne construit pas avec des milliards, on construit avec des matériaux, des savoir-faire et des protocoles de construction », a-t-il lancé. Pour lui, le problème n’est pas seulement financier : il est méthodologique. « Après 523 jours, on n’a pas appris de ça », a-t-il regretté, alors même qu’un nouveau cyclone pourrait survenir. « On est dans ce mensonge collectif qui produit de la frustration, et qui démobilise les professionnels », a-t-il ajouté.
Cette distance entre institutions et terrain a éclaté dans l’échange tendu entre Nicola Delon et Mariam Locat, architecte à La Réunion et Mayotte et conseillère à l’Ordre national des architectes. Alors que cette dernière défendait la mobilisation de l’Ordre dans la phase d’urgence, Delon a contesté le bilan, jugeant l’institution trop éloignée des réalités locales. La représentante réunionnaise a semblé, par moments, en décalage avec la colère exprimée depuis Mayotte, comme si la reconnaissance institutionnelle ne suffisait pas à répondre à l’urgence vécue sur place.
C’est dans ce contexte que la création d’un ordre régional des architectes à Mayotte prend une dimension politique. Il ne s’agit pas seulement d’une réforme professionnelle, mais d’un enjeu de souveraineté locale : sortir d’une forme de tutelle réunionnaise et permettre aux architectes mahorais de porter eux-mêmes les problématiques du territoire. Là encore, la question dépasse l’architecture : qui parle pour Mayotte, et depuis où ?
Au fond, cette table ronde a posé une question simple et explosive : Mayotte est-elle seulement un territoire à refonder, ou un territoire à réparer avec ceux qui l’habitent ? Derrière les toitures encore bâchées, les écoles endommagées, les quartiers précaires, les réseaux fragiles et les promesses financières difficiles à suivre, c’est bien la place de Mayotte dans la République qui est interrogée.
Car Chido n’a pas révélé Mayotte aux Mahorais. Il a surtout rendu visible, pour le reste de la France, une situation que les habitants connaissaient déjà : le manque d’eau, les écoles saturées, les réseaux insuffisants, l’habitat précaire et les quartiers informels. Dominique Tessier, directeur du CAUE de Mayotte, l’a résumé ainsi : « C’est comme si on avait levé le voile et qu’on avait découvert quelque chose qu’on ne voulait pas voir. » Mais ce voile, sur place, n’avait jamais vraiment existé.
Reconstruire autrement, ce n’est donc pas seulement bâtir plus solide face aux cyclones. C’est accepter de changer de méthode. C’est cesser de penser Mayotte comme une page blanche depuis Paris ou depuis La Réunion. C’est reconnaître que l’habitabilité ne se décrète pas à distance. Elle se construit sur place, avec les habitants, les élus, les architectes, les fundis, les associations et les familles.
À Mayotte, la reconstruction ne sera pas seulement une affaire de bâtiments. Elle sera une épreuve de confiance.
À Mayotte, les langues racontent une histoire millénaire

À l’occasion de la Fête des langues organisée à l’Université de Mayotte, chercheurs, enseignants, artistes et associations ont proposé une réflexion sur le plurilinguisme mahorais. Un constat simple, concret et discret : les langues régionales de Mayotte témoignent d’une histoire profondément ouverte sur l’océan Indien.
Les langues mahoraises sont le reflet d’une histoire ancienne faite de voyages, de commerce, de transmission et de rencontres entre plusieurs mondes. Shimaore, kibushi, arabe, swahili, malgache ou encore français : l’île se situe depuis des siècles au croisement de routes maritimes et culturelles qui ont laissé leurs traces jusque dans les mots du quotidien.
Les mots comme mémoire des échanges
Directeur du Musée de Mayotte, Abdoul-Karime Ben Saïd a ouvert la journée avec une conférence intitulée « Une traversée linguistique en boutre, de l’île au continent ». À travers le vocabulaire du commerce, de la navigation ou de la vie quotidienne, il a montré comment les langues mahoraises portent encore les traces des circulations anciennes entre la côte swahilie, Madagascar et le monde arabo-persan.
« Mayotte a une histoire avec son environnement immédiat, avec la côte africaine et Madagascar. Selon certains historiens, les connexions avec le monde arabo-persan remontent au VIIIe siècle », explique-t-il. Transactions commerciales, échanges maritimes, circulation des techniques et des savoir-faire ont façonné durablement le lexique local.
Certains mots en témoignent encore aujourd’hui. Le terme mdila, utilisé pour désigner une théière du quotidien, ou encore bacouli, qui signifie « assiette », rappellent ces influences venues du persan, du turc ou de l’arabe avant d’être intégrées au shimaore. « Les mots ne voyagent jamais seuls », souligne le passionné de langue arabe. « Ils circulent avec les gestes, les pratiques et les savoirs. »
“Aujourd’hui, il faut pouvoir dire “fibre optique”, “ordinateur”, “digital”. Nous avons besoin de nommer les innovations”
Pour lui, il ne s’agit ni d’une revendication identitaire ni d’un débat idéologique, mais d’un travail linguistique et historique. Sa formation d’arabisant l’amène à observer les parentés lexicales entre le shimaore et l’arabe, notamment dans des domaines liés au commerce, à la gestion ou à l’administration.
Parmi les axes de recherche évoqués figurent la numération, la navigation, les contrats, la justice ou encore les formes anciennes de pouvoir administratif. Le mot hisab, lié au calcul et à la comptabilité, illustre par exemple ces échanges anciens autour des pratiques commerciales.
Une langue vivante confrontée aux enjeux modernes
Pour les spécialistes des langues régionales, l’enjeu aujourd’hui est aussi contemporain. Comment nommer les réalités modernes dans des langues longtemps marginalisées dans l’espace institutionnel ? « Aujourd’hui, il faut pouvoir dire “fibre optique”, “ordinateur”, “digital”. Nous avons besoin de nommer les innovations », rappelle Abdoul-Karime Ben Saïd. « Le défi est de répondre aux enjeux modernes de Mayotte. »
Au musée, cette question se pose quotidiennement. Comment expliquer des notions scientifiques en shimaore ? Comment traduire le vocabulaire de la taxonomie marine ou celui des mammifères ? Derrière ces interrogations se dessine une volonté de faire des langues régionales des langues capables de transmettre des savoirs contemporains.
Le français, langue de l’école mais pas langue première
À Mayotte, le français occupe une place centrale dans l’institution scolaire, mais il n’est pas la langue première d’une grande partie de la population. Shimaore et kibushi restent très présents dans les familles et dans la vie quotidienne. Lors de la deuxième conférence, le linguiste Ahamada Kassime et la chercheuse Miki Mori ont présenté une réflexion sur l’éducation plurilingue à Mayotte. Leur travail s’appuie sur une adaptation du Petit Prince traduite en kibushi pour des élèves de cycle 3. L’objectif : proposer des outils pédagogiques capables de mieux prendre en compte la réalité linguistique mahoraise.
Les intervenants rappellent que les langues régionales de Mayotte sont reconnues comme langues régionales de France, notamment dans le cadre de la loi Molac, qui vise à promouvoir les langues territoriales dans l’enseignement et la vie publique.
Mais sur le terrain, les outils restent encore insuffisants. « Il manque des supports pour enseigner ces langues », observent plusieurs acteurs éducatifs. Les difficultés liées à la diglossie, à l’illettrisme ou au passage entre langues familiales et langue scolaire demeurent importantes.
Une fête pour valoriser le plurilinguisme
Tout au long de la journée, ateliers et rencontres ont permis au public de découvrir la diversité linguistique de l’île : concours d’éloquence en shimaore, calligraphie arabe, théâtre bilingue, initiation au kibushi, créole réunionnais ou langue des signes. Associations culturelles, artistes et enseignants ont participé à cette célébration du plurilinguisme, parmi lesquels l’association Shime, Lansad ou encore Marovonio. Pour Ahamada Kassime, cette dynamique est essentielle : « Les langues se transmettent… ou ne se transmettent pas. L’enseignement est ce qui manque aujourd’hui pour rendre concrète l’idée d’une école plurilingue. »
Les journées portes ouvertes du RSMA : un rendez-vous qui tient ses promesses
Comme chaque année, les JPO du RSMA ont résonné du côté de Combani pendant un week-end. L’occasion de découvrir ou redécouvrir les formations professionnelles diverses, tout en s’immergeant dans le dynamisme économique de l’île, dans une ambiance chaleureuse. L’affluence était accrue ce week-end dernier, dont 11 000 visiteurs le samedi.
Si le centre de l’île est considéré comme une zone attractive. Elle est aussi rythmée par les sections du Régiment du Service Militaire Adapté. Ces 23 mai et 24 mai l’établissement à ouvert ses portes de 8h30 à 16h30. Ce samedi, la foule arrive sans tarder, portée à la fois par l’enthousiasme, la curiosité, et surtout par une habitude bien ancrée. Les différents stands sont recouverts de leurs chapiteaux blancs et bordent les allées. Accueil amical et tenues militaires impeccables : les différentes compagnies de formation sont déjà en position. Tous saluent le public, prêts à transmettre les valeurs du régiment et à attirer de nouveaux élèves aspirants.
Il y a différents ateliers disposés dès l’entrée au centre de formation : filières du bâtiment, métiers du service ou encore du commerce. Notons que des jeunes volontaires du RSMA furent engagés dans des actions de reconstruction post-chido. Sur place, il y a également la présence d’une cellule de recrutement pour renseigner les jeunes mahorais sur les différents cursus offerts. Le sergent chef Guillaume, est chef de section au sein de la 3ème compagnie, il nous explique son fonctionnement : “ Dans cette compagnie, il y a trois filières différentes : la remobilisation et l’accompagnement vers l’emploi qui dure six mois dont une formation militaire. Les jeunes vont pouvoir y passer leur permis de conduire, s’essayer au module numérique et à la fin on essaye de leur trouver un emploi avec des partenaires. Il y a aussi la filière gestion administrative incluant aussi la possibilité de passer le permis de conduire, et enfin le module externalisé: il s’agit d’un professeur qui vient du civil et donne toutes ses formations et compétences au RSMA notamment dans le module développeur web. “. Nourdine Combo est d’ailleurs le gérant de l’entreprise Ndovoo Mayotte, spécialisée en recherche et développement en informatique. Ils ont un organisme qui forme les jeunes au métier du numérique.
Il travaille avec le RSMA en tant que prestataire externe pour déployer la formation développeur web et mobile. Il s’exprime : “ Il y a une partie théorique de dix mois et une partie pratique de deux semaines de stage en entreprise. En ce moment nous avons 13 volontaires. À l’issue de la formation ils vont valider un titre professionnel de niveau 5, bac+2, développeur web et mobile, délivré par le ministère du travail. Ils ont ensuite le choix de continuer en licence ou de travailler directement. Selon les besoins de l’entreprise, ils travailleront soit sur le développement web soit sur la sécurité du web, voire les deux. Ils peuvent aussi devenir chef de projets numérique “. Il note également l’affluence de passage au stand depuis le début de la journée, avec beaucoup d’enfants et de parents qui viennent se renseigner et laissent leurs coordonnées.
Les acteurs de l’État au coeur des JPO
Les JPO du RSMA c’est aussi des services de l’État présents : EDM, ARS et bien d’autres. Un peu plus loin se trouve le stand GIP “ L’Europe s’engage à Mayotte “. Il s’occupe de la gestion des fonds européens de Mayotte. Avec d’une part le FEDER qui assure le développement économique et la créations d’infrastructures et d’autre part le fond social européen (FSE) qui s’occupe du capital développement humain, autour des formations, de l’éducation, l’insertion professionnelle ou encore la lutte contre la pauvreté.
Étant un Partenaire majeure du RSMA, François Duhesme, responsable de communication au GIP Mayotte nous explique pourquoi c’est important pour eux d’être ici aujourd’hui : “ Le RSMA reçoit beaucoup de subventions européennes. Par exemple, tout le pôle formation en bâtiment a été financé par le FEDER. Un bâtiment est d’ailleurs en construction, ce sera un nouveau lieu de vie du RSMA. Et le FSE finance quant à lui une grande partie des formations professionnelles proposées. “ Le temps passe, et vers 10h30, à lieu l’inauguration officielle des JPO avec le préfet Frédéric Poisot et le chef de corps, le colonel Benjamin Soubra. Le tout rythmé par la danse traditionnelle d’un chama.
Une fête entrepreneuriale et conviviale
Si s’informer ouvre l’appétit, des espaces de restauration répondent toujours présents avec les stands de grillades, de boissons fraîches et de gâteaux. On retrouve aussi des commerçants dans la vente de vêtements et de bijoux. Ils sont passés par des démarches administratives d’inscription pour sécuriser leur place. Pour certains cet événement, “c’est une première et ça se passe très bien “. Le groupe hôtelier Amanta quant à lui, en profite pour faire ses affaires. Basé à la Rochelle, et présent à Mayotte, Madagascar et la Réunion, c’est un habitué du RSMA. Michael Ramarivelo est chargé marché Madagascar et Mayotte, il nous en dit plus : “ Nous sommes partenaires de la RSMA, on collabore ensemble depuis plusieurs années, on accompagne également les portes ouvertes de la RSMA et on donne des avantages spécifiques aux visiteurs. Là aujourd’hui on met en place des codes promo, allant jusqu’à 20% dans notre établissement “.
Les visiteurs profitent également de nombreux jeux : chamboule tout, jeux d’aventure et divertissement. Les JPO ont continué dans cette ferveur le dimanche également. Si le RSMA est devenu un acteur majeur de l’île, il s’adapte à la croissance démographique des jeunes. En effet, en 2030, le Régiment espère s’agrandir avec une nouvelle antenne à Chirongui incluant des formations dédiées aux énergies renouvelables et au recyclage de déchets. Une vision qui ambitionne de pérenniser l’art de former professionnellement dans un cadre militaire.
Madora met à l’honneur Miss Koko et Mister Bakoko 2025
Ce samedi 23 mai, la parfumerie Madora a accueilli un événement annuel dédié aux aînés mahorais, en partenariat avec la Fédération mahoraise des associations des personnes âgées et des retraités. Une rencontre ouverte à tous, dont le but est de célébrer l’élégance et la sagesse des lauréats du concours de beauté, tout en favorisant les liens intergénérationnels, sans oublier la remise de cadeaux qui sonne aussi comme un gage de reconnaissance pour les aînés.
Au cœur des galeries marchandes du centre commercial Carrefour, Madora se réjouit d’organiser cette rencontre entre les gagnants du concours et le public. Depuis cinq ans, l’enseigne met en place cet événement dans le cadre de son engagement auprès des acteurs sociaux et culturels de Mayotte.
L’ambiance s’annonce glamour et conviviale. L’après-midi commence en douceur avec une séance photo de groupe devant le magasin. Miss Koko et Mister Bacoco sont accompagnés de leurs dauphins et dauphines, et se font une joie de prendre la pose devant l’objectif.
La foule est ensuite dirigée dans l’enceinte du magasin, où les seniors s’installent pour recevoir leurs précieuses récompenses : des coffrets de parfums Madora ainsi que des tableaux mahorais de la collection Marcel Séjour. Abdallah Ali Baco, originaire de Dzaoudzi et Mister Bacoco 2025 exprime son bonheur :« Comme toutes remises de cadeaux, ça fait plaisir. C’est le fruit de tout ce que nous avons fait pendant la période des répétitions et des élections. Les liens intergénérationnels sont très importants : il faut montrer aux jeunes que nous sommes là et se soutenir entre seniors. Ce sont des moments conviviaux. Dans ce genre d’expérience, on fait des connaissances et des rencontres, et c’est génial. » Antsourangui Ousseni, originaire de Chiconi et Miss Koko 2025 réagit quant à elle : « Je suis contente de mes cadeaux et heureuse d’avoir vu des jeunes. ».
À travers cette rencontre conviviale et festive, Madora souhaite valoriser les personnes âgées, leur place essentielle dans la société mahoraise, ainsi que leur contribution à la transmission des traditions, des valeurs familiales et du patrimoine culturel local. Il s’agit également d’une démarche qui rappelle les liens solides entre acteurs économiques et structures associatives. Pour Marcel Rinaldy, président du groupe 3M & de Madora, il s’agit d’un événement indispensable : « Nous recevons tous les ans les Miss Koko et les Mister Bacoco.
C’est un rendez-vous pour la marque, car nous avons à cœur de soutenir les aînés. Nous les accompagnons à travers de nombreux événements tout au long de l’année. Cette rencontre est un peu le point d’orgue de nos actions annuelles. » S’ensuivent d’autres photos avec les cadeaux, puis la dégustation du buffet et la danse traditionnelle du m’godro en cercle pour clôturer la fête.
Comores : Naicha Mmadi, 22 ans, tuée et brûlée, le pays en émoi
Après quatre jours de disparition, le corps brûlé de la jeune fille a été retrouvé, vendredi par la gendarmerie, qui a interpellé le présumé auteur dont le sort réclamé par sa localité et une grande partie de l’opinion est la peine capitale, en vigueur mais jamais appliquée depuis plus de plus de 25 ans.
L’émotion était encore vive ce samedi après l’acte odieux commis sur la personne de Naicha Mmadi. L’adolescente de 22 ans, portée disparue depuis le 19 mai, a été retrouvée morte, vendredi, vers 16h. La piste criminelle est la plus privilégiée pour l’instant. Introuvable pendant 4 jours, sa photo circulait partout.
On savait seulement qu’elle devait se rendre à Dzahadjou, localité de la région de Mbadjini, dont le chef-lieu est Foumbouni, la ville natale de la jeune victime. » Suite aux investigations approfondies menées dans le cadre de la recherche de mademoiselle Naicha Mmadi Abdou, le parquet porte à la connaissance du public que son corps sans vie a été retrouvé à Dzahadjou-Mbadjini aux environs de 16 heures. Face à cette tragédie, le parquet présente ses sincères condoléances, à la famille de la défunte ainsi qu’à la nation tout entière« , a déclaré, la Procureure de la République de Moroni, dans un communiqué, publié vendredi soir.
Le parquet, qui a appelé la population à la retenue, au calme et au respect de la procédure judiciaire en cours, a assuré que ce crime ne restera pas impuni et que tous les auteurs répondront de leurs actes devant la justice. La gendarmerie a fait savoir samedi, que plusieurs personnes suspectées d’être impliquées étaient entendues par les enquêteurs ajoutant que le parquet était déjà saisi.
Le nombre des suspects arrêtés n’est pas connu. Toutefois, des sources rapportent qu’en tout 5 personnes seraient interpellées dont l’auteur présumé, qui aurait été expulsé de Mayotte où il vivait avec sa mère biologique. Selon un habitant de Dzahadjou, le principal accusé la vingtaine résidait avec sa tante depuis deux ans.
Chercher son argent
La victime a selon plusieurs versions quitté sa ville natale pour récupérer de l’argent chez le présumé auteur, qui par ailleurs était un collègue. Les deux travaillaient au centre hospitalier de Foumbouni, où Naicha exerçait en tant que secrétaire dans le service d’ophtalmologie. » On dit qu’elle lui avait confié un ordinateur pour le lui vendre. Le mardi elle a pris un taxi pour s’y rendre à Dzahadjou afin de récupérer le reste de l’argent. Selon le chauffeur, ils s’étaient mis d’accord qu’elle l’attende au même endroit où il l’a déposée pour rentrer ensemble. Mais elle n’était pas là à son retour. Au village, certains habitants confirment que la fille est partie avec le jeune accusé aujourd’hui d’être son meurtrier« , a rapporté une source locale. Au courant de ce déplacement, la famille de Naicha a donné l’alerte dès le mardi, constatant que leur fille n’est pas de retour.
Les investigations ont donc commencé. Le lendemain, le jeune suspect est interpellé mais il n’aurait pas avoué son crime bien qu’il ait reconnu avoir vu la victime mardi. Des battues seront organisées par la communauté. Vendredi son corps sera finalement retrouvé près d’un château d’eau de la localité de Dzahadjou, dont la jeunesse s’est empressée de condamner l’acte. » L’état du corps été brûlé à 95%. Après trois jours dans une grotte, il était en décomposition avancée. On pense qu’elle aurait été violée avant de se faire assassiner mais c’est à l’enquête de tout élucider« , a confié une source haut placée.
Peine de mort
Le meurtre de Naicha, benjamine des trois filles de la famille, a suscité une vague d’indignation à travers le pays. Cet acte ignoble en rappelle d’autres barbaries commises au cours de ces deux dernières années avec toujours des victimes féminines. » Face à ce drame insoutenable, je tiens à adresser mes sincères et attristées condoléances à sa famille, à ses proches, à la population de Foumbouni ainsi qu’à l’ensemble du peuple comorien profondément bouleversé par cette tragédie. Aucune famille ne devrait avoir à subir une telle douleur. Aucun être humain ne devrait être victime d’une violence aussi ignoble« , a réagi, le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali qui appelle à la plus grande fermeté de la justice. « De tels crimes ne doivent ni rester impunis ni être minimisés. Les actes d’une telle barbarie méritent des sanctions exemplaires, y compris l’application de la peine de mort, afin que justice soit rendue et que de tels drames ne se reproduisent plus« , a-t-il soutenu, relançant le débat sur l’application de la peine de mort.
Depuis vendredi, une grande partie de l’opinion réclame la peine capitale contre le meurtrier de Naicha et ses complices présumés s’ils sont reconnus coupables. Les habitants de Dzahadjou, où est originaire le présumé auteur de 23 ans, des politiciens, des avocats ont multiplié ces derniers jours leurs vœux de voir enfin la peine capitale revenir. Dans le code pénal, l’article 4, alinéa 1, précise que la mort fait partie des peines criminelles et que toute condamnation à celle-ci entrainera, de plein droit, la dégradation civique et l’interdiction légale. L’article ajoute enfin que le condamné à mort sera fusillé. La dernière exécution aux Comores remonte à 1998. Depuis, les tribunaux prononcent les peines souvent pour des crimes de sang mais ça s’arrête là. Pas plus tard qu’au mois d’octobre 2025, un détenu a pris la peine capitale pour le meurtre d’une femme de 35 ans dans un champ. Cet assassinat de Naicha est tout sauf un cas isolé.
En janvier 2025, Hikima, agent d’une agence de transfert d’argent avait été tuée au nord de la Grande Comore, par son chauffeur, denomé Mikiro[ lire flash infos du 22 juillet 2025]. » Nous sommes un pays musulman, une République, nous devons appliquer la peine capitale cela va faire régresser pendant des années les actes criminel« , a plaidé, l’ancien ministre de la justice, Me Fahmi Said Ibrahim. Mais d’autres avocats, comme Maitre Abdoulbastoi Moudjahidi pensent que ces meurtres crapuleux sont plutôt le signe d’un manque de sécurité, réservée selon lui aux autorités et non à la population. » Notre justice n’est certes pas parfaite mais les auteurs de crimes ont toujours jugés et condamnés. La réponse à ces meurtres ne peut donc pas être uniquement judiciaire. Ce n’est pas la peine de mort la solution. Le mal est bien profond, il est sociétal« , analyse l’avocat.
Abdoul Kamardine seul en lice pour conserver la présidence des Républicains
À un an des grandes manœuvres politiques qui mèneront à la présidentielle de 2027, la fédération des Républicains à Mayotte prépare le renouvellement de ses instances dirigeantes. Mais sauf surprise de dernière minute, le scrutin interne qui se déroulera du 8 au 11 juin devrait surtout confirmer la continuité à la tête du parti : Abdoul Kamardine est l’unique candidat déclaré à la présidence.
Fort de ses récents succès électoraux, le parti de droite aborde cette échéance dans un climat de confiance. Lors des élections municipales de mars, Les Républicains ont consolidé leur implantation locale en remportant sept mairies, dont deux acquises dès le premier tour à Mamoudzou et M’tsangamouji. Une performance qui renforce leur poids dans le paysage politique mahorais.
Dans ce contexte favorable, la reconduction d’Abdoul Kamardine apparaît comme une formalité. Président de la fédération depuis 2023, à la suite du décès de l’ancien maire de Tsingoni, Mohamed Bacar, l’élu du canton de M’tsamboro semble bénéficier d’un large consensus au sein du mouvement. L’absence de concurrence traduit autant une volonté de stabilité qu’un alignement stratégique à l’approche des prochaines échéances nationales et locales.
Au-delà de la présidence, ces élections internes permettront également de désigner les délégués de section et les membres des comités de section. Un renouvellement partiel destiné à préparer la machine politique des Républicains pour les batailles à venir, notamment la présidentielle de 2027 et les élections de 2028 pour la future Assemblée de Mayotte, nouvelle appellation du conseil départemental.
Kavani fête le vélo ce week-end
Dans le cadre de l’opération nationale « Mai à vélo », l’association Fuz’Ellipse organise les 23 et 24 mai 2026 l’événement « Kavani fête son Savoir Rouler à Vélo » sur le plateau de Cavani, à Mamoudzou.
Gratuit et destiné aux enfants de 6 à 11 ans, ce rendez-vous proposera des ateliers autour de l’équilibre, de la maîtrise du vélo, du respect du code de la route et de la circulation en sécurité. L’objectif est de sensibiliser les plus jeunes à une pratique du vélo autonome, sûre et durable, dans une ambiance ludique et conviviale.
Examens maintenus le jour de l’Aïd : les candidats appelés à se présenter
Les épreuves prévues jeudi 28 mai 2026 sont maintenues malgré la célébration de l’Aïd Al-Adha, fixée ce même jour par le Grand Cadi. L’académie rappelle que ces examens relèvent d’un calendrier national et demeurent obligatoires pour tous les candidats concernés.
Sont concernés les candidats aux baccalauréats professionnel, général et technologique, au BTS ainsi qu’au CAP. Ils devront se présenter dans leur centre d’examen aux horaires indiqués sur leur convocation.
Les transports scolaires seront assurés normalement afin de permettre le ramassage et le retour des élèves.
Mamoudzou engage une réflexion stratégique sur son patrimoine immobilier
La Ville de Mamoudzou a tenu ce matin un comité de pilotage consacré au Schéma Directeur Immobilier communal, une étape présentée comme structurante dans la définition d’une stratégie pluriannuelle de gestion de son patrimoine bâti.
La réunion, présidée par le premier adjoint au maire Hamidani Magoma, s’est déroulée en présence des partenaires financiers, notamment la Caisse des Dépôts et Consignations et l’Agence Française de Développement.
À cette occasion, le cabinet mandaté a présenté les résultats de plusieurs mois de travail, incluant un audit technique réalisé sur 54 des 69 sites concernés, ainsi que des entretiens avec plus de 25 interlocuteurs internes. L’étude s’appuie également sur une analyse croisée du patrimoine selon cinq axes : technique, financier, occupationnel, fonctionnel et énergétique.
Dans le contexte post-cyclone Chido, ce diagnostic doit permettre de distinguer les dégradations liées aux événements climatiques de la vétusté existante, afin d’orienter plus efficacement les futurs investissements.
La prochaine étape consistera à définir un parc immobilier cible, en identifiant les bâtiments à conserver, rénover ou libérer, avant l’élaboration d’un plan d’investissement priorisé, mobilisant les dispositifs de cofinancement disponibles. Une démarche que la municipalité inscrit dans une logique de gestion durable de son patrimoine communal.
Startup Weekend Mayotte 54 heures pour transformer une idée en projet d’avenir
Le coup d’envoi du Startup Weekend Mayotte a été donné ce week-end pour une cinquième édition placée sous le signe de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Organisé par La French Tech Mayotte et MAYOTTE IN TECH, récemment labellisée pour la troisième fois, l’événement réunit pendant 54 heures de jeunes porteurs de projets déterminés à imaginer les solutions de demain pour le territoire.
Cette année, sept participants défendent sept projets aux thématiques variées, avec pour objectif de transformer une idée en véritable projet d’avenir. L’ouverture de l’événement s’est déroulée en présence de Nicaise Saandi, adjoint au maire de Pamandzi chargé de la communication et des sports, de Haouthani Massoundi, directrice de Mayotte in Tech, ainsi que de plusieurs mentors et partenaires mobilisés pour accompagner les candidats.
Au terme de ce marathon entrepreneurial, trois projets seront retenus pour bénéficier d’une incubation à l’international à Tananarive. Un prix « coup de cœur » viendra également récompenser l’une des initiatives présentées.
À travers cette nouvelle édition, les organisateurs souhaitent confirmer la place grandissante de l’innovation et du numérique dans le développement économique de Mayotte.
Chirongui fait vibrer la scène culturelle avec une semaine artistique riche en émotions
Le Pôle Culturel de Chirongui met la création artistique à l’honneur tout au long de la semaine avec l’accueil de la compagnie des Cadrées. Le public est invité à découvrir, ce vendredi 22 mai à 17h30, la pièce de théâtre « La Manifestation, les voix intérieures dans ta tête », une œuvre originale qui promet d’interroger et d’émouvoir.
En amont du spectacle, des ateliers de médiation culturelle et de danse seront proposés dès 16h30 par l’association partenaire Uwezo. Ouverts à tous, ces moments d’échange et de pratique offriront une immersion conviviale dans l’univers artistique de la compagnie.
La programmation se poursuivra le lundi 25 mai à 20h avec « Élévation plurielle », un projet mêlant chorégraphie et création audiovisuelle, imaginé en collaboration avec les associations Hippocampus et Les Piémontés.
Pour tout renseignement complémentaire, le public peut contacter le 06 39 68 51 00.
Zily : “L’amour à la mahoraise peut être chanté pendant encore longtemps”

Zily est aujourd’hui l’artiste mahoraise la plus suivie de l’océan Indien. Avec plus de 20 000 000 de vues cumulées sur les Youtube, elle rayonne bien au-delà. Le 22 mai prochain, elle franchira une étape majeure en se produisant pour la première fois dans la capitale, sur la scène du Casino de Paris. En préparation de ce concert, pour le Flash Infos, elle a accepté de répondre à nos questions.
Flash-Infos : Après avoir conquis le public localement, comment avez-vous réussi à exporter le shimaoré et le kibushi à l’international ? Selon vous, qu’ont ces langues de particulier ?
Zily : Nos langues sont belles. C’est avec elles que je sais exprimer l’amour. La force du shimaoré et du shibushi résident dans la fierté de nos enfants qui les parlent, les chantent et les écoutent. Comme le wolof a pu être exporté, ou le lingala. C’est une langue que les gens ne connaissent pas vraiment, qui suscite la curiosité. Parfois, on me raconte qu’on entendrait une Capverdienne chanter ou parler. Rien à voir. Je leur dis que c’est un créole swahili, mélangé à du malgache. Et c’est ma force, Je pense que nos langues méritent d’être connues et reconnues au niveau international.
F.I. : Vous avez composé plus d’une centaine de chansons de mariage. Quelles sont, au quotidien, vos sources d’inspiration et comment définiriez-vous l’amour à la mahoraise ?
Zily : Je n’en ai pas encore chanté le quart. L’amour à la mahoraise, est riche, intense, vaste, elle a beaucoup d’énergie. Elle se joue aussi dans les détails qui comptent énormément. C’est le voisin qui habite loin qui, à la sortie du travail, est chez toi en train de t’aider dans la réalisation de préparatif de mariage. Ou encore toutes les femmes qui unissent leurs forces pour que tout se passe bien. Toutes les énergies pendant les préparatifs, chaque copine, chaque copain… Je m’inspire de chaque mot, chaque “Marhaba”, des fleurs, du jasmin, du salouva, des vieux qui bénissent, qui effectuent des Du’an aux enfants, à toute une famille, et tout un village parfois. Pour moi, c’est beaucoup d’amour. C’est magnifique et c’est ce que dégage l’énergie mahoraise. On ne prend pas souvent la peine de regarder ces détails. Je m’en inspire à chaque composition. L’amour à la mahoraise peut être chanté pendant longtemps encore.
F.I. : Vous êtes une artiste prépondérante de la sphère mahoraise ? Quels conseils donneriez-vous à la nouvelle génération d’artistes mahorais ?
Zily : Je leur conseillerais de rester soi-même, d’avoir en foi en soi, d’avoir foi en notre culture, nos origines, à nos langues, et d’observer minutieusement ce qui se passe autour de nous sans stress. Comme on veut. S’aimer et aimer les siens et travailler, car c’est beaucoup de boulot. Travailler sans relâche, en ayant des bases solides, comme la culture. C’est très important de garder ça en soi, comme un “hirizi” (chapelet) qu’on amène à chaque fois où on va, c’est important pour l’avenir, pour nos enfants et petits-enfants.
F.I. : A Mayotte, le statut d’intermittent du spectacle n’existe pas. Comment vous y prenez-vous pour financer votre musique ?
Zily : Je m’auto-produis. De la gestion administrative jusqu’à la réalisation. Ce n’est pas facile. La stratégie fiable que j’ai eue, sont les chansons de mariage, ce sont des prestations qui me permettent aujourd’hui de financer ma carrière musicale, autre que les chansons de mariage. Ce qui n’est pas facile puisque, par période, elles n’interviennent pas tout le temps. Et c’est pendant la période creuse que je dois me décarcasser pour trouver les finances des visuels, des photos, des costumes. Et c’est avec mon équipe. J’ai beaucoup de personnes qui travaillent bénévolement, c’est ce qui fait qu’on est là. On y va à fond. Moi, toute seule, je n’aurais pas réussi.
F.I. : Vous vous apprêtez à effectuer votre premier concert au Casino de Paris. Au vu de votre parcours, quel est le sentiment qui vous anime aujourd’hui ?
Zily : J’ai tellement hâte de cette date. Je prépare un show, où je vais essayer de raconter notre histoire et faire résonner Mayotte à Paris. Faire ressentir Mayotte musicalement. J’ai engagé un scénographe afin de travailler la scène du début à la fin. Je vais donner le meilleur de moi-même. Mon but est que le public puisse en ressortir en se disant “Ah c’est ça Mayotte” !
Concours « Océano pour tous » : le collège de M’tsamboro obtient le premier prix dans la catégorie Outre-mer, deux autres collèges mahorais récompensés
Les collèges de M’tsamboro, de Ouangani et Nelson Mandela de Mamoudzou ont été récompensés lors du concours « Océano pour tous ». Organisé par l’Institut océanographique de Monaco, ce concours a pour objectif de mettre en lumière les actions pédagogiques visant à sensibiliser les jeunes aux enjeux de la préservation des océans, une thématique essentielle sur une île qui possède l’un des plus beaux lagons du monde, entouré d’une double barrière de corail rarissime.
Mayotte rayonne bien au-delà des océans. À l’occasion de ce concours, trois de ses établissements se sont illustrés de la plus belle des manières. Le collège de M’tsamboro a remporté le premier prix de la catégorie Outre-mer pour son projet « 311 », comprenant des rencontres avec des experts, l’étude des écosystèmes coralliens, des sorties en mer ainsi que l’installation d’un aquarium à coraux dans une salle de classe. Les élèves ont également étudié les comportements environnementaux, sensibilisé leur entourage, participé à des ramassages de déchets et présenté leurs actions lors de la Fête de la science.
L’établissement a reçu une récompense de 3 000 euros destinée à financer une action de sensibilisation. Nicolas Claverie, professeur d’EPS et porteur de la classe à projet « Corail et environnement », réagit : « On est très contents d’avoir gagné ce prix. C’est la deuxième fois de suite et cela demande beaucoup de travail. »
Selon lui, les actions menées ont été plus concrètes cette année. Il ajoute : « Chaque établissement devait avoir une “action phare”. La nôtre s’est faite avec l’aide de la mairie : nous sommes allés voir une cinquantaine de commerçants de la commune de M’tsamboro et nous leur avons proposé d’échanger leurs sacs plastiques contre des sacs en kraft, qui polluent beaucoup moins. Nous leur avons expliqué que la loi interdit les sacs plastiques et qu’en métropole, cela est puni d’une amende. »
Par ailleurs, les élèves ont fabriqué de la lessive à partir de produits plus écologiques, comme le bicarbonate de soude, et prêté à toutes les familles de la classe une fontaine avec filtre à gravité afin de réduire l’utilisation de bouteilles en plastique. « L’idée, cette année, était vraiment d’aller plus loin que le simple ramassage de déchets », conclut M. Claverie.
Prix d’honneur et reconnaissance : deux autres collèges sur le podium
Lauréat du prix de l’originalité, le collège Musakua de Ouangani remporte 1 000 euros grâce au projet « Les voix du vivant ». Porté par un message clair sur l’importance de la préservation de la biodiversité, ce projet a permis à des élèves de 6e de réaliser une comédie musicale plurilingue racontant l’histoire de créatures sous-marines ainsi que celle de la mangrove.
De son côté, le collège Nelson Mandela de Mamoudzou a décroché 1 000 euros grâce au prix « coup de cœur » de l’Association des Amis du Musée océanographique. Des élèves de la 5e à la 3e ont participé à des ateliers consacrés à la création de jeux vidéo et à la préparation du brevet d’initiation à la mer. L’objectif était de sensibiliser aux dangers qui menacent l’océan. Ils ont également effectué des excursions en mer. Grâce à ces activités, ils ont pu réaliser un jeu vidéo pédagogique consacré à la préservation des écosystèmes marins.
À Kahani, 151 habitations détruites dans une nouvelle opération de décasage
Après une nuit de tensions, une nouvelle opération de résorption de l’habitat insalubre (RHI) a débuté ce jeudi 21 mai au matin dans le quartier Kardjavendza, à Kahani, sur la commune de Ouangani. Au total, 151 habitations sont en cours de destruction. La préfecture met en avant des risques sanitaires, sécuritaires et environnementaux tandis que des habitants dénoncent un manque de solutions de relogement adaptées.
Sur place, le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a défendu une intervention qui « participe à l’amélioration du cadre de vie » de la commune, mais aussi « apporte de la sécurité sur ce territoire ». « C’est la quatrième opération Kingia », a-t-il rappelé, précisant que les trois premières – à Combani, Ironi Be et Sada – avaient permis la destruction de 147 cases. Cette fois, « en une seule opération, on vient amener à la destruction de 151 cases », a-t-il déclaré.
La préfecture s’appuie notamment sur un rapport d’enquête d’insalubrité de l’Agence régionale de santé. Le document décrit un secteur dense constitué d’habitations précaires où se cumulent les risques : difficultés d’accès à l’eau potable, assainissement insuffisant, installations électriques dangereuses, proximité d’une ravine et accès difficile pour les secours.
La dimension sécuritaire est également mise en avant par le préfet. « Cette sécurité, elle est importante. Et je voudrais rappeler que cette nuit, certains ont tenté d’intimider le dispositif que nous allions mettre en place, par des barrages, par de la violence assez forte. » Selon Frédéric Poisot, un gendarme a été « assez gravement blessé » après avoir reçu « un fer à béton dans le bras ». « Je voudrais dire à tous ceux qui pensent nous intimider pour qu’on ne conduise pas ces opérations, ça ne fonctionnera pas », a-t-il ajouté, assurant que l’État « continuera à mener ce type d’opération ».
Derrière l’urgence sanitaire mise en avant par les autorités demeure la question des alternatives offertes aux familles concernées. Le préfet affirme qu’une permanence sociale a été ouverte avec la mairie à partir de mardi. Près de 200 personnes s’y seraient présentées, alors que le site pouvait accueillir entre 400 et 450 personnes au plus fort de son occupation. Une solution aurait été trouvée pour 40 d’entre elles. Pour les autres, l’État promet de poursuivre l’accompagnement. Les habitants concernés sont invités à se présenter au CCAS de Barakani.
Les autorités veulent aussi éviter que le quartier ne se reconstitue ailleurs : des sites susceptibles d’accueillir de nouvelles installations informelles ont été identifiés par les forces de l’ordre et font désormais l’objet d’une « surveillance particulière », afin d’empêcher toute « réinstallation sauvage ».
Le maire de Ouangani, Issoufi Madi, rappelle de son côté que le dossier remonte à 2023, avant son arrivée à la tête de la commune. Selon lui, des enquêtes sociales ont été menées en mars pour proposer des solutions d’hébergement aux familles. « Certaines d’entre elles ont refusé les propositions car elles étaient trop éloignées de Kahani où sont scolarisés leurs enfants », explique un habitant.
L’élu souhaite désormais transformer le site. Il annonce vouloir y aménager un plateau sportif pour la jeunesse de Kahani, afin que le quartier retrouve, selon ses mots, une « énergie positive » après le décasage.
En attendant, un voisin présent lors de l’opération redoute de nouvelles tensions : « On tente de calmer les petits jeunes, mais il y aura sûrement des affrontements encore ce soir. Ils n’ont nulle part où aller, donc ils seront sur la route. »
Risque d’épidémie d’Ebola à Mayotte : un dialogue de sourds qui inquiète les habitants de l’archipel
Elles ont eu le sentiment de s’être fait balader par le gouvernement Lecornu face à ce qu’elles perçoivent comme un risque, plus que réel, d’une probable propagation du virus Ebola sur Mayotte, dans les semaines à venir. Un dialogue de sourds semble s’être installé entre Anchiya Bamana, Estelle Youssouffa, les deux députées de Mayotte et les membres du gouvernement français, plus précisément, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. Pendant qu’elles réclament une fermeture hérmétique des frontières maritimes de l’île, il leur a opposé un mutisme total, préférant laisser s’exprimer à sa place la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
La peur (au demeurant compréhensible) d’une propagation du virus d’Ebola sur le territoire du Département de Mayotte serait-il en passe de virer au règlement de compte entre les deux députées mahoraises, Anchiya Bamana, Estelle Youssouffa et le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez ? Ce qui est certain c’est que les deux parlementaires ne manquent pas « d’amabilités » à l’égard du nouveau premier flic de France et elles le lui ont fait pleinement savoir hier, sur les bancs de l’Assemblée nationale et sur une chaine de télévision en particulier.
Au centre de cette tension, les risques d’une propagation du mortel virus Ebola (dont il n’existe pour l’heure aucun vaccin ni autre traitement connu pour la dernière variante en question), sur fond d’une immigration illégale incontrôlée contre laquelle, selon toute vraisemblance, le gouvernement français n’a nullement l’envie de lutter contre. Et de l’avis général à Mayotte, les faits parlent aisément en lieu et place de l’inactivité du gouvernement de Sébastien Leconrnu qui a choisi de faire le gros dos sur ce sujet. Qui conque a suivi les débats de l’Assemblée nationale ces dernières semaines et les travaux de la Commission de défense, comprendra qu’au sommet de l’Etat, décision a été prise de ne rien faire pour endiguer le flot de migrants comoriens et africains continentaux qui se déverse inlassablement sur les 374 km² de l’archipel mahorais.
Absolument tous les amendements présentés par Estelle Youssouffa (députée de la 1 ère circonscription de Mayotte) ont été balayés d’un revers de la main et sa collègue du Rassemblement National, Anchya Bamana, ne semble guère avoir plus de chance (pas même dans le cadre des interventions de sa formation politique) durant l’examen en cours de la loi de programmation militaire débattu dans l’hémicycle du Palais Bourbon à Paris. Les détenteurs actuels du pouvoir en France ont bel et bien choisi de passer la sécurité du demi-million d’habitants de l’archipel mahorais pour « pertes et profits », dans le sérail de la diplomatie française en perte de vitesse sur le continent africain.
Ebola met au sol les différentes postures gouvernementales sur l’immigration clandestine à destination de Mayotte
Pendant que les deux parlementaires hurlent à la France et la Navarre sur l’urgence absolu de mettre un réel coup d’arrêt aux mouvements migratoires congolais et des autres pays des grands lacs qui viennent grossir les rangs des clandestins comoriens regroupés sur l’île d’Anjouan (distante seulement de 70 kms des côtes nord de Mayotte), le gouvernement lui répond aux abonnés absents sur toutes les mesures qu’elles demandent pour fléchir le rythme des arrivées massifs par kwassa sur le littoral mahorais. « Pas de patrouilleurs de la marine nationale, pas de drones de surveillance de surveillance, que des moyens rudimentaires pour faire semblant de traiter, un tant soit peu, le sujet, façon de faire le minimum syndiqué », constate un influenceur mahorais sur les réseaux sociaux domicilié dans le lyonnais. « Notre gouvernement nous avait servi en holocauste sur ses intérêts financiers et politiques aux Comores et en Afrique sans avoir une seule fois imaginé que dame nature pourrait venir contrecarrer ses projets en cours de route. C’est comme Chido qui a fait tomber son faux rideau de chaba entre Anjouan et Mayotte, Ebola vient mettre à terre les mensonges sur l’incapacité à démanteler les filières criminelles de migrants clandestins qui ont pris notre département pour cible. Maintenant, il n’est plus possible de jouer au médecin après la mort, la terre entière a les yeux rivés sur Mayotte, la porte par laquelle l’épidémie létale peut entrer dans l’Union Européenne », relève-t-il.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez est depuis 48 heures la cible directe de la colère des deux députées de Mayotte qui voit en lui le refus catégorique du gouvernement français de préserver la vie des centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes vivant sur l’île, en ordonnant un embargo par mer autour du lagon, en matière d’immigration illégale. Anchya Bamana et Estelle Youssouffa ne font part mystère de leur étonnement sur le silence du gouvernement Lecornu sur le cas de Mayotte. Et faute de réussir à se faire entendre des officiels, elles ont déplacé leur combat sur le terrain médiatique sur les plateaux de radios et télévisions nationales à grande audience. Elles ne comprennent pas que Sébastien Lecornu et ses ministres donnent le sentiment de minimiser les risques de propagation de l’épidémie d’Ebola sur l’espace austral de l’Union Européenne alors que la plupart des scientifiques et spécialistes du virus Ebola ne cessent de sensibiliser sur la rapidité de propagation de la maladie dans sa forme actuelle, dite variant « Bundibugyo ».
Mayotte oubliée du chef de l’Etat et de ses gouvernements successifs
Même l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a décidé de sonner le tocsin en milieu de semaine. De l’aveu propre des derniers migrants africains qui touchent le sol mahorais, Ebola constituerait une menace sérieuse pour Mayotte avec les toutes les conséquences qu’il pourrait drainer sur son sillage. « Les présidences d’Emanuel Macron et le gouvernement Lecornu ont oublié Mayotte », déclare Anchya Bamana hier matin (jeudi 21 mai 2026) sur le plateau de «C News » en s’appuyant sur les images réalisées sur le camp de migrants de Tsoundzou – qu’elle a visité il y a deux semaines – pour exiger de ministre de l’Intérieur son démentiellement immédiat en prenant toute la France à témoin sur les conditions réelles de vie dans cet espace aménagé par les migrants illégaux africains sur la mangrove, espace naturel sensé être fragile et protégé dans la réglementation française.
Un souhait si violemment exprimé par l’une et l’autre que Laurent Munez a paru quelque surpris par la focalisation sur sa personne des interventions de deux parlementaires mahoraises, en particulier celle d’Estelle Youssouffa, qui en a dit long sur les sentiments qu’elle éprouvait en l’endroit du ministre de l’Intérieur. Au point qu’elle a semblée faire très peu cas des indications fournies par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, quant au dispositif envisagé par Paris pour conjuguer le potentiel risque de propagation d’Ebola à Mayotte. L’évocation de l’ARS Mayotte comme outil efficace en la matière a semblée produire l’effet d’une gifle sur le visage d’Estelle Youssouffa. Depuis son perchoir, la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui n’a pas raté une seule miette de cette scène a préféré sonner aussitôt la fin de la manche, en passant la parole à un autre intervenant.
Cyberattaque à l’université de Mayotte : des incohérences interrogent
La cyberattaque subie par l’Université de Mayotte en décembre 2023 aurait été bien moins catastrophique que ne le prétend sa direction, qui utilise pourtant cette « excuse » pour refuser de fournir des documents administratifs importants, aussi bien auprès de ses agents que des institutions publiques comme le Rectorat et même la Cour des Comptes.
L’Université de Mayotte a bien subi une cyberattaque en décembre 2023. Depuis cette période, sa direction prétend ne pas être en mesure de fournir un certain nombre de documents administratifs importants relatifs à sa gestion. La justification avancée par l’établissement est que la cyberattaque aurait corrompu ces documents.
Selon plusieurs sources concordantes, cette explication aurait été relayée auprès de différentes autorités de contrôle, notamment dans le cadre de travaux menés par l’Inspection Générale de l’Education, du Sport et de la Recherche (IGÉSR) et par la Cour des Comptes, ainsi que dans des échanges avec les services du rectorat. Le rapport public de la Cour des Comptes (disponible en ligne) mentionne d’ailleurs ce problème à de nombreuses reprises : « La qualité des procédures de marché n’a pas pu être appréciée, faute de retour des documents demandés sur un échantillon de marchés en raison de la cyberattaque qu’a connu l’établissement » (p. 51), ou encore : « Les pièces relatives à ce marché n’ont pas été communiquées à la Cour, une cyberattaque ayant chiffré une majorité des documents » (p. 68).
Flash Info a pu consulter le rapport technique de l’entreprise Lexfo, mandatée à l’époque pour évaluer et réparer les conséquences de la cyberattaque. Ce document décrit un incident circonscrit à un périmètre technique limité, principalement localisé dans l’interface entre la Direction Administrative des Services (DAS) et les services informatiques (DSI), et ayant affecté 111 fichiers sur près de 19 500 présents sur le serveur de l’Université. Une interrogation demeure dès lors : comment concilier les conclusions du rapport Lexfo, qui décrivent un impact techniquement limité, avec les difficultés persistantes invoquées depuis plus de deux ans pour produire certains documents administratifs demandés par des autorités de contrôle ?
Plusieurs procédures juridiques en cours
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions récurrentes autour du fonctionnement institutionnel de l’établissement. Plusieurs procédures contentieuses ont été engagées ces dernières années devant le Tribunal Administratif de Mayotte, portant notamment sur des questions de fonctionnement institutionnel, de ressources humaines et de régularité administrative. Selon plusieurs sources concordantes, ces préoccupations auraient également été signalées à différentes autorités de contrôle ou de tutelle. Par ailleurs, des démarches judiciaires auraient été engagées auprès des autorités compétentes à Mamoudzou. À la connaissance de notre rédaction, aucune décision définitive n’est toutefois intervenue à ce stade.
Sollicitée à plusieurs reprises afin de pouvoir présenter sa version des faits, la présidence de l’Université de Mayotte n’a pas donné suite à nos demandes au moment de la publication de cet article.
La Commission d’Urgence Foncière de Mayotte modernise son site internet
La Commission d’Urgence Foncière de Mayotte annonce la mise en ligne de la nouvelle version de son site internet, accessible sur www.gip-cuf.fr.
Cette plateforme rénovée vise à mieux informer les usagers, les partenaires institutionnels et l’ensemble de la population mahoraise sur les missions de la CUF et l’actualité foncière du territoire. Les internautes pourront notamment consulter les actes de notoriété publiés par l’administration, s’informer sur les procédures de titrement, accéder aux textes réglementaires en vigueur ainsi qu’aux actualités liées à la régularisation foncière.
À travers cet outil numérique, la CUF entend renforcer l’accès à une information claire, accessible et de proximité au service de la sécurisation foncière à Mayotte.
Les élèves du BFI du Lycée des Lumières vivent l’aventure européenne avec Erasmus+
Les élèves de 2nde 221 BFI du Lycée des Lumières ont entamé leur mobilité Erasmus+ en Espagne par une journée d’accueil marquée par de nombreux échanges au sein de l’établissement partenaire IES Rey Carlos III. Ce séjour pédagogique s’inscrit dans la volonté du lycée d’offrir à ses élèves une ouverture internationale à travers la découverte des langues, des cultures et des valeurs européennes. Cette expérience permet également aux jeunes de renforcer leurs compétences interculturelles et leur citoyenneté européenne. À travers cette mobilité, l’Académie de Mayotte confirme son engagement dans les coopérations éducatives européennes et rappelle l’importance des échanges internationaux dans la construction des parcours d’avenir des élèves. Le Lycée des Lumières remercie l’ensemble de ses partenaires pour leur collaboration et souhaite aux élèves une expérience humaine, culturelle et pédagogique riche en découvertes.
EDM réceptionne un transformateur de secours à Longoni
Électricité de Mayotte a réceptionné, mercredi 20 mai 2026, un nouveau transformateur 90/20 kV au port de Longoni. Acheté en Hexagone auprès d’Enedis, l’équipement de 40 tonnes doit servir de réserve stratégique en cas d’avarie sur le matériel actuellement en service. Son acquisition, estimée à 390 000 euros, auxquels s’ajoutent 200 000 euros de transport, vise à renforcer la sécurité d’alimentation électrique sur le territoire.




















































