En avril 2026, les prix à la consommation augmentent de 0,3 % à Mayotte, après une hausse déjà soutenue de 0,8 % en mars, selon les données publiées par l’Insee. Cette progression, plus modérée qu’au niveau national (+1,0 % sur un mois), masque toutefois des évolutions très contrastées selon les postes de dépenses. L’inflation est avant tout tirée par l’énergie, dans un contexte international marqué par la hausse des cours pétroliers.
Les prix de l’énergie enregistrent en effet une forte augmentation de 12,2 % sur un mois. Cette hausse est directement liée à l’envolée des produits pétroliers (+19,8 %), qui pèsent lourdement sur le budget des ménages. Le litre de gazole augmente de 46 centimes, celui du supercarburant de 29 centimes et la bouteille de gaz de 50 centimes. Les tarifs de l’électricité, eux, restent stables. Cette dynamique s’explique en partie par un effet de rattrapage : en mars, Mayotte avait été relativement protégée des hausses grâce aux tarifs administrés appliqués sur l’île, alors que la France hexagonale avait déjà connu une forte progression des prix pétroliers.
Dans le même temps, les autres composantes de l’indice des prix évoluent de manière contrastée. Les services augmentent légèrement de 0,2 %, après plusieurs mois de stabilité. Cette hausse est principalement portée par les services de transport (+5,5 %), qui repartent à la hausse après trois mois de recul. En revanche, les loyers, les services de santé, les communications ainsi que les autres services restent globalement stables sur le mois. À titre de comparaison, les prix des services progressent davantage au niveau national (+1,2 %), notamment en raison d’une hausse plus marquée des transports et des communications.
Les produits alimentaires, eux, connaissent une évolution inverse. Ils reculent de 2,2 % en avril à Mayotte, après une hausse de 3,1 % en mars et une légère progression en février. Ce retournement est particulièrement visible sur les produits frais (-2 %) ainsi que sur les autres produits alimentaires (-2,2 %). Cette baisse contribue à amortir l’impact de la hausse de l’énergie sur l’indice global des prix. En France, la tendance est différente puisque les prix alimentaires augmentent légèrement (+0,2 % sur un mois), ce qui illustre des dynamiques de consommation et d’approvisionnement distinctes entre le territoire ultramarin et l’Hexagone.
Les produits manufacturés poursuivent également leur repli en avril (-0,4 %), confirmant une tendance déjà observée le mois précédent. L’habillement et les chaussures enregistrent la baisse la plus marquée (-1,3 %), traduisant une demande plus faible ou des ajustements de prix dans le commerce de détail. À l’inverse, les produits de santé progressent légèrement (+0,3 %), tout comme les autres produits manufacturés (+0,2 %). Le tabac enregistre quant à lui une hausse modérée de 0,5 %, dans un contexte de progression régulière des prix administrés.
Une inflation annuelle toujours dominée par l’énergie et contrastée selon les secteurs
Sur un an, entre avril 2025 et avril 2026, l’évolution des prix à Mayotte met en évidence une inflation structurellement portée par l’énergie. Celle-ci progresse de 8,6 %, un rythme inférieur à celui observé au niveau national (+14,3 %), mais qui reste significatif pour un territoire où l’énergie représente environ 8 % du budget des ménages. Cette hausse est principalement due aux produits pétroliers (+16,4 %), tandis que les tarifs de l’électricité reculent légèrement (-3,7 %). À l’échelle nationale, les prix des produits pétroliers connaissent une envolée encore plus forte (+31,4 %), confirmant le caractère global du choc énergétique.
Les services affichent une hausse annuelle de 1,0 % à Mayotte, soit un niveau inférieur à celui observé en France (+1,8 %). Ce différentiel s’explique notamment par la baisse des prix des services de transport (-2,9 %) et des communications (-0,9 %) sur l’île, alors qu’ils augmentent dans l’Hexagone. Les loyers, l’eau et l’enlèvement des ordures ménagères progressent toutefois plus rapidement à Mayotte (+2,4 %) qu’en France (+1,6 %), traduisant des tensions locales sur le coût du logement et des charges associées.
Les produits manufacturés reculent de 0,5 % sur un an à Mayotte, une baisse proche de celle observée au niveau national (-0,6 %). Cette diminution est notamment portée par le recul de l’habillement et des chaussures (-2,3 %), tandis que les produits de santé augmentent légèrement (+1,7 %). Enfin, les prix du tabac progressent de 2,7 % sur un an, un niveau légèrement inférieur à celui observé en France (+3,2 %).
L’Insee souligne toutefois une limite importante dans l’analyse de ces évolutions annuelles. En avril 2025, le passage du cyclone Chido avait perturbé la collecte statistique, empêchant la publication complète des indices de prix de l’alimentation. Cette situation rend certaines comparaisons annuelles partielles, notamment pour l’indice global. Malgré ces contraintes, les données disponibles confirment une réalité économique persistante : la forte sensibilité de Mayotte aux variations des prix de l’énergie, qui demeure le principal moteur de l’inflation sur le territoire.
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