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Petite-Terre et Saint-Paul : des jeunes réunis autour d’un échange interculturel

Petite-Terre et Saint-Paul : des jeunes réunis autour d’un échange interculturel

Du 19 au 23 octobre 2026, la Direction de la politique de la ville et de la cohésion sociale de la Communauté de communes de Petite-Terre accueille une vingtaine de jeunes, accompagnés de leurs encadrants, issus du Programme de réussite éducative (PRE) de Saint-Paul, de La Réunion. Organisé dans le cadre du PRE, ce séjour éducatif partagé réunira les jeunes de Saint-Paul et ceux de Petite-Terre autour d’un programme commun, favorisant les échanges, le partage d’expériences et la découverte mutuelle entre les deux territoires.

L’objectif de ce séjour est de permettre aux jeunes de Saint-Paul de découvrir la Petite-Terre et, plus largement, le territoire de Mayotte. Cette rencontre sera également l’occasion pour les jeunes de Petite-Terre de faire connaissance avec les jeunes de Saint-Paul (La Réunion), afin de favoriser les échanges autour de leurs modes de vie, de leurs traditions et de leurs cultures. Une première édition qui entend renforcer les liens entre les jeunes des deux territoires. Soffie Said Hassani nous en dira davantage sur ce projet inédit à Petite-Terre.

Flash Infos : Du 19 au 23 octobre 2026, Petite-Terre accueille des jeunes de Saint-Paul, de La Réunion, dans le cadre d’un projet de coopération éducative entre les deux territoires. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette initiative ? 

Soffie Said Hassani : Ce projet a été co-construit avec le Programme de réussite éducative (PRE) de la ville de Saint-Paul, de La Réunion. Ce dispositif a pour mission d’accompagner les jeunes rencontrant différentes difficultés, qu’elles soient d’ordre scolaire, familial, liées à leur environnement, à la santé ou encore à un accès limité aux loisirs et à la culture. Ce projet est né de la volonté des jeunes de pouvoir échanger avec d’autres jeunes de la région de l’océan Indien. L’idée a d’abord été travaillée par les animateurs et les responsables du PRE de Saint-Paul, avant qu’ils ne prennent contact avec nos services afin de construire ensemble cette initiative et de la concrétiser.

Il s’agit d’un séjour éducatif axé sur les échanges interculturels et régionaux, qui rassemble une quarantaine de participants, dont une vingtaine de jeunes de Saint-Paul et une quinzaine de jeunes accompagnés par la Communauté de communes de Petite-Terre. Le séjour se poursuit jusqu’au 23 octobre et propose plusieurs activités permettant aux jeunes de découvrir le territoire mahorais.

Au programme de cette journée : la découverte du lac Dziani, suivie, dans l’après-midi, d’une sortie à la plage de Moya pour observer la faune et la flore locales et sensibiliser les participants à la préservation de ce patrimoine naturel emblématique de Petite-Terre. D’autres activités sont également prévues, notamment autour du Bigfoot et de la pétanque, ainsi qu’un barbecue pour leur faire découvrir notre richesse culinaire.

Le programme se poursuivra demain avec une sortie en bateau réunissant l’ensemble des jeunes et leurs encadrants. L’objectif sera de leur faire découvrir les richesses du lagon de Mayotte, notamment sa biodiversité et sa faune marine. Cette excursion revêt une importance particulière, car une grande partie des jeunes participants, qu’ils viennent de Mayotte ou de La Réunion, n’a pas souvent l’occasion de prendre la mer. Cette sortie représente donc une véritable opportunité de vivre une nouvelle expérience, de découvrir leur environnement maritime et de mieux connaître les richesses naturelles de la région.

Jeudi, les jeunes se rendront à Mamoudzou pour découvrir le centre-ville, avant de poursuivre leur visite à la pointe Mahabou, un site emblématique de la capitale mahoraise. Ils termineront ensuite la journée au Faré, dans un cadre propice aux échanges et à la convivialité. Enfin, vendredi marquera la fin de ce séjour éducatif, avec un temps de bilan consacré aux activités réalisées et aux expériences partagées tout au long de cette semaine.

F.I : Si je comprends bien, l’objectif est avant tout de permettre aux jeunes de sortir de leur zone de confort, de découvrir une autre culture et de s’ouvrir à de nouvelles expériences, notamment en découvrant la culture mahoraise. Mais cette coopération a-t-elle vocation à se poursuivre dans les deux sens ? Les jeunes de Petite-Terre auront-ils, à leur tour, l’occasion de se rendre à Saint-Paul ?

S.S.H :  Oui, ça, c’est l’objectif de ce projet. L’objectif, c’est que, par la suite, on puisse avoir une collaboration sur le long terme entre nos deux collectivités, c’est-à-dire la communauté de communes et la ville de Saint-Paul, pour continuer sur des échanges interculturels avec les jeunes.

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À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois

À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois

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En pleine crise du coût de la vie dans l’Hexagone, l’Insee Mayotte publie une étude sur les salaires du secteur privé sur l’île. On y apprend qu’un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros nets par mois. Un niveau bien inférieur à celui observé à La Réunion et dans l’Hexagone.

Combien gagne réellement un salarié à Mayotte ? Pour le savoir, il faut regarder le salaire médian, et pas seulement le salaire moyen. En 2024, le salaire moyen dans le privé atteint 2 160 euros nets par mois à Mayotte, pour un temps plein. Mais le salaire médian est bien plus bas : 1 700 euros.

La médiane correspond au salaire qui partage les salariés en deux groupes égaux. La moitié gagne moins que ce montant, l’autre moitié gagne davantage. Contrairement à la moyenne, elle est moins influencée par les salaires très élevés de certains travailleurs, notamment les cadres. À Mayotte, cela signifie qu’un salarié du privé sur deux gagne au maximum 1 700 euros nets par mois, à temps plein. Le salaire moyen, lui, est supérieur de 460 euros. Cette différence montre que les rémunérations les plus élevées tirent la moyenne vers le haut, alors qu’une grande partie des salariés gagne moins.

À Mayotte, un salarié sur deux gagne moins de 1 700 euros par mois
À Mayotte, malgré des cadres mieux payés qu’en France de province, la moitié des salariés du privé gagne moins de 1 700 euros nets par mois, dans un contexte marqué par un Smic plus bas, des emplois moins qualifiés et davantage de petites entreprises.

Des salaires plus faibles qu’à La Réunion et dans l’Hexagone

La comparaison avec les territoires voisins montre l’ampleur de l’écart. À La Réunion, le salaire médian atteint 1 890 euros nets par mois. C’est 190 euros de plus qu’à Mayotte, soit 2 280 euros supplémentaires sur une année. Dans la France de province, c’est-à-dire dans l’Hexagone hors Île-de-France, le salaire médian atteint 2 120 euros nets par mois. L’écart avec Mayotte s’élève donc à 420 euros chaque mois, soit 5 040 euros sur un an. Autrement dit, la moitié des salariés du privé à Mayotte gagne moins de 1 700 euros nets par mois, contre 1 890 euros à La Réunion et 2 120 euros en France de province.

Moins de cadres et plus de petites entreprises

Le niveau du salaire minimum contribue à expliquer ces écarts. À Mayotte, le Smic reste inférieur à celui appliqué dans le reste de la France. En novembre 2024, 27 % des salariés mahorais en équivalent temps plein percevaient un salaire inférieur au Smic national, selon l’Insee et le périmètre retenu dans l’étude. Les salariés les moins bien payés sont particulièrement concernés. Les 10 % qui gagnent le moins touchent au maximum 1 210 euros nets par mois à Mayotte, contre 1 490 euros en France de province. Cela représente un écart de 19 %.

Les salaires plus faibles s’expliquent aussi par la situation de l’emploi sur l’île. Les postes qualifiés sont moins nombreux. En 2024, les cadres représentent 9 % des salariés du privé à Mayotte, contre 18 % en France de province. Pourtant, les cadres mahorais gagnent en moyenne davantage que ceux de province. Leur salaire atteint 4 670 euros nets par mois, contre 4 070 euros dans l’Hexagone hors Île-de-France. Ils sont toutefois trop peu nombreux pour faire remonter fortement le salaire moyen de l’ensemble des travailleurs. Les salariés mahorais sont aussi plus jeunes : 57 % ont moins de 40 ans, contre 48 % en France de province. Or, les salaires augmentent souvent avec l’expérience.

La taille des entreprises joue également un rôle. À Mayotte, 53 % des salariés du privé travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés, contre 43 % en France de province. Or, les grandes entreprises paient généralement mieux leurs salariés.

Un alignement des salaires prévu d’ici à 2031

Le Smic mahorais doit progressivement rejoindre le niveau national d’ici à décembre 2031. Cette évolution s’inscrit dans le calendrier de convergence sociale prévu pour le territoire. Le nombre d’emplois qualifiés, la situation des entreprises et les grilles de rémunération auront aussi leur importance. Le défi reste donc important : permettre aux salariés de mieux gagner leur vie et réduire l’écart avec les autres territoires français.

Un bras de fer qui s’annonce sur le site des Badamiers et ailleurs à Mayotte

Un bras de fer qui s’annonce sur le site des Badamiers et ailleurs à Mayotte
À l’instar de l’EPFAM, dont il a repris les missions, l’EPRDM présente à des investisseurs potentiels comme acquis un foncier situé aux Badamiers dont la maîtrise juridique serait loin d’être établie.

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L’incapacité de l’État à affecter véritablement à Mayotte les quatre milliards d’euros promis par la loi de refondation adoptée en juillet 2025, à la suite du cyclone Chido, pourrait se transformer en un véritable Trafalgar judiciaire pour la commune de Dzaoudzi-Labattoir, l’intercommunalité de Petite-Terre et l’Établissement public de refondation de Mayotte (EPRDM). Face à l’épée de Damoclès que représente la menace d’expropriation pesant sur les propriétaires de terrains convoités, notamment aux Badamiers par Électricité de Mayotte (EDM), les ayants droit des terres visées ont entrepris d’organiser la riposte devant les juridictions compétentes, avec le soutien d’un collectif de juristes locaux et nationaux et d’une nouvelle association à vocation territoriale, baptisée « Foncier 976 », actuellement en cours de constitution. Si l’expropriation s’avère inévitable, ils entendent vendre leurs terrains à leur juste valeur.

Pris dans l’engrenage de procédures expéditives engagées autrefois par l’EPFAM, puis, plus récemment, par l’EPRDM, de nombreux propriétaires fonciers mahorais ont décidé de réagir face à des mesures qu’ils jugent exceptionnelles et derrière lesquelles ils soupçonnent des desseins inavoués de la part de l’État, devenu, pour la circonstance, le faire-valoir des collectivités locales.

Le sujet est extrêmement sensible sur l’île depuis la tentative, plusieurs fois reportée, de Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, de faire adopter par tous les moyens son fameux article 19, devenu l’article 21 dans une version remaniée de la loi de juillet 2025 consacrée à la refondation et à la reconstruction de l’archipel meurtri par le cyclone Chido. Désavoué par le Parlement français sur cet artifice juridique et réglementaire, l’État persisterait, selon les propriétaires concernés, à ne pas s’avouer vaincu et ne manquerait aucune occasion de chercher un moyen de déposséder certains propriétaires fonciers locaux.

Outre la raréfaction des financements pourtant censés soutenir cette refondation de Mayotte, certains projets avancés par l’EPRDM pour justifier ses visées sur ces terres relèveraient parfois, osons le dire, de la pure « tartuferie ». Même un enfant de huit ans serait capable de comprendre qu’il ne s’agirait, en réalité, que d’une manœuvre spéculative au détriment des Mahoraises et des Mahorais.

Par définition, ces « fumeux projets » seraient censés avoir été commandés, à l’origine, par des collectivités locales, communes ou intercommunalités, particulièrement réticentes à l’idée d’assumer devant leurs électeurs la responsabilité de ces expropriations.

Il est vrai que certains maires ont vu leur pouvoir fondre comme neige au soleil lors des dernières élections municipales, au début de l’année, emportant avec eux leurs espoirs de longévité à la tête de ce qu’ils considéraient comme des baronnies éternelles.

Un bras de fer qui s’annonce sur le site des Badamiers et ailleurs à Mayotte
La question de la dépossession foncière des Mahorais prend une dimension hautement politique, au risque de faire les choux gras de la gauche populiste nationale.

« L’effet Chido est passé par là et a nettoyé les écuries d’Augias. En plus de manquer de courage et de capacité à négocier des compromis profitables avec les propriétaires légitimes de ces terrains, certains élus prétendent s’affranchir des lois. Or, jusqu’à preuve du contraire, Mayotte fait bien partie de la France, et nul ne peut faire ce qu’il veut. Heureusement qu’il existe des tribunaux permettant aux victimes de ces manœuvres de demander réparation ou de faire arrêter ces expropriations scandaleuses », déclare une militante associative ouvertement opposée à ces opérations, qu’elle considère comme des projets virtuels vendus clés en main et présentés à la population par certains élus locaux comme des solutions miraculeuses.

Ils promettent de s’opposer par tous les moyens aux manœuvres visant à les spolier gratuitement de leurs terres ancestrales

La militante en question confie à la rédaction de Flash Infos avoir adhéré au parti de gauche La France insoumise (LFI), qu’elle considère comme l’unique rempart contre ce qu’elle qualifie de féroce appétit foncier de l’État dans le 101e département français.

Elle reproche essentiellement aux élus de ces collectivités locales de manquer d’ambition réelle et de vision à long terme en matière de développement durable et d’aménagement du territoire.

« C’est principalement pour cette raison qu’ils sont incapables d’aller à la rencontre de leurs populations, de s’asseoir autour d’une table pour leur expliquer leurs projets et les défendre. Il est important que les pouvoirs publics comprennent une bonne fois pour toutes que les Mahorais n’ont pas coutume de s’opposer aux actions de développement et d’aménagement de leur île. En revanche, ils s’opposent et s’opposeront farouchement à toute manœuvre visant à les déposséder de leurs terres à vil prix, pour ensuite les voir revendues à des promoteurs immobiliers et à d’autres investisseurs venus d’ailleurs, parfois à vingt fois leur coût initial.»

« C’est notamment ce que l’EPRDM tenterait de faire aux Badamiers, à Labattoir, dans la zone intercommunale de la Vigie et ailleurs en Grande-Terre », s’insurge Fatima Abdallah, qui a choisi de ne plus mâcher ses mots.

Elle prévient les nouveaux élus de Petite-Terre que son groupe de « révoltés contre les abus de l’administration à Mayotte » n’entend plus se laisser faire face à l’EPRDM et à l’intercommunalité de Petite-Terre.

À ses yeux, ce qui s’annonce juteux et profitable à Jacques et François doit pouvoir l’être tout autant à Hamada et Mahamoud. En d’autres termes, si l’EPRDM et les communes peuvent faire des affaires avec des groupes financiers et des sociétés immobilières, les Mahoraises et les Mahorais doivent eux aussi pouvoir défendre leurs propres intérêts, tout en respectant le cadre général de l’aménagement du territoire ainsi que les usages commerciaux ou résidentiels définis dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) des communes.

Ces documents d’urbanisme suscitent également la colère de plusieurs propriétaires, qui dénoncent leur redéfinition au cours de la précédente mandature. Selon eux, certaines modifications auraient exclu de la zone d’aménagement des personnes considérées comme proches des équipes municipales au pouvoir, au détriment d’autres propriétaires.

« Les experts et les techniciens dépêchés à plusieurs reprises sur le site des Badamiers pour nous vendre la spoliation de nos terres sont les premiers à vouloir tirer profit de la situation. On nous prend nos terres à un prix quasiment symbolique, au motif qu’elles seraient officiellement encore agricoles. C’est totalement faux puisque la zone des Badamiers est truffée d’habitations et abrite même des installations industrielles et énergétiques, comme les stocks de carburant de la société Total, la centrale électrique d’EDM, les installations militaires de la Légion étrangère ou encore le futur lycée des métiers de la mer.»

« En vérité, on cherche à nous faire passer pour plus idiots que nous ne le sommes. À un moment donné, il faut savoir dire stop, y compris à l’État et aux communes, qui sont eux aussi tenus de respecter les lois et les règlements. »

Elle reproche à l’EPRDM d’avoir repris à son compte le discours de certains élus sortants de Dzaoudzi-Labattoir, en avançant des projets qu’elle juge largement hypothétiques et dont la concrétisation lui paraît très improbable.

La militante associative réitère sa conviction : avec la complicité de certains élus locaux, l’État placerait les Mahorais dans une situation les contraignant à brader leur héritage ancestral, avant de le livrer à des spéculateurs financiers.

Ils se disent prêts à vendre leurs terrains à EDM, à condition que le prix au mètre carré soit établi sur la base de la valeur actuelle du site occupé par le producteur d’énergie et des terrains voisins

Pour enrayer cette spirale qu’ils jugent désastreuse, les propriétaires concernés s’organisent autour d’une nouvelle association locale, baptisée « Foncier 976 », actuellement en cours de constitution.

Elle se donne notamment pour objectif de lutter contre ce qu’elle considère comme une spoliation des Mahorais de leurs terres, au moyen d’arguments qu’elle juge fallacieux. Elle entend également mobiliser des financeurs et des opérateurs disposés à acquérir les parcelles à leur juste valeur, en vue de les aménager puis de les céder à des porteurs de projets concrets, conformes aux orientations affichées par la commune et l’intercommunalité de Petite-Terre.

Autant dire que cette initiative pourrait constituer un sérieux pavé dans la mare affairiste de l’EPRDM, qui présenterait à des investisseurs potentiels, notamment taïwanais, comme acquis un foncier dont la maîtrise juridique serait, selon ses détracteurs, loin d’être établie.

Un collectif de juristes et d’avocats n’exclut pas d’entrer dans la danse, avec la perspective d’un éventuel appui métropolitain, afin d’aider les propriétaires fonciers mahorais à ne pas se faire léser par l’État et les collectivités locales.

En face, la résistance s’organise donc. Au cœur de cette agitation figure le projet d’extension de la centrale électrique d’EDM aux Badamiers, qui nécessiterait la mobilisation de terrains que le producteur d’énergie souhaiterait acquérir à un prix jugé dérisoire au mètre carré, avant d’en tirer, à terme, le maximum de bénéfices.

S’appuyant sur une jurisprudence qui serait appliquée depuis plusieurs années par les tribunaux de l’île, les propriétaires du foncier convoité par EDM entendent obtenir un prix équitable, calculé notamment à partir de la valeur au mètre carré des installations actuelles de la centrale.

Dans un courrier adressé au nouveau maire de Dzaoudzi-Labattoir, Freddy Novou, ils expriment clairement leur refus de se retrouver les dindons de la farce. Ils précisent toutefois qu’ils ne s’opposent nullement au principe du développement de leur commune.

Ils réclament une indemnisation équitable pour leurs terrains et, à défaut d’accord, n’excluent pas de multiplier les recours devant les juridictions compétentes afin de contester les procédures d’expropriation engagées ou envisagées par l’EPRDM.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
La première édition de « Mayotte Recrute » s’est déroulée en 2024

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La deuxième édition du salon Mayotte Recrute, axé cette fois-ci sur la reconstruction post-Chido, se tiendra les vendredi 23 et samedi 24 octobre au lycée des Lumières, à Kawéni. Alors que les entreprises mahoraises prévoient plus de 8 000 recrutements cette année, elles peinent à trouver certains profils qualifiés. En cause notamment : des formations parfois déconnectées des besoins du marché local et des difficultés à attirer les professionnels expérimentés.

À Mayotte, les entreprises recrutent, mais les candidats ne correspondent pas toujours aux postes proposés. Selon l’enquête 2026 de France Travail, 8 120 recrutements sont prévus cette année, dont 56,8 % jugés difficiles, contre 43,8 % au niveau national. « Il y a des pénuries dans tous les secteurs, mais sur des métiers bien particuliers », explique Namoure Zidini, président de l’association Mayotte Recrute, organisatrice du salon. Les besoins vont des personnes dotées d’un CAP jusqu’aux ingénieurs hautement qualifiés, avec une demande particulièrement forte pour les professionnels spécialisés et expérimentés.

Des filières saturées, d’autres en manque de candidats

Dans le secrétariat, l’assistanat de direction ou la communication, les candidats sont nombreux. En revanche, les entreprises peinent à trouver des responsables des ressources humaines, des contrôleurs de gestion ou des comptables expérimentés. Même constat dans le BTP, où manquent notamment géotechniciens et chefs de chantier, dans la santé, qui recherche des kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens, ou encore dans le secteur social, en quête d’éducateurs spécialisés expérimentés et d’auxiliaires de puériculture.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
Si en 2024 il y avait environ 100 offres d’emploi pour 30 exposants, cette édition 2026 proposera près de 200 offres pour 40 exposants

Pour Namoure Zidini, le problème vient en partie de l’offre de formation. Certains organismes continuent de former massivement aux mêmes métiers, déjà saturés, tandis que d’autres spécialités restent peu proposées. « Il faudrait mieux cibler les besoins », estime-t-il. L’organisateur regrette d’ailleurs que les centres de formation ne soient pas davantage représentés au salon : ils seront une dizaine parmi les 40 exposants attendus, alors qu’il aurait souhaité une répartition plus équilibrée entre recruteurs et organismes de formation. Le développement des masters à l’université de Mayotte pourrait néanmoins contribuer à mieux répondre aux besoins locaux, grâce à une spécialisation plus grande des étudiants.

Des employeurs qui peinent aussi à organiser leurs recrutements

Mais les difficultés ne viennent pas uniquement des candidats. Selon Namoure Zidini, les entreprises mahoraises disposent souvent de services de ressources humaines trop réduits pour traiter efficacement les candidatures. Certaines passent ainsi entre les mailles du filet. Les employeurs privilégient également les personnes ayant déjà des attaches à Mayotte, afin de limiter le temps d’adaptation à la vie sur le territoire.

À l’inverse, attirer les diplômés mahorais partis poursuivre leurs études reste compliqué. « Plus les qualifications sont élevées, plus les attentes en matière de qualité de vie augmentent », observe le président de l’association. Les problèmes d’eau, l’insécurité et les possibilités de télétravail depuis l’Hexagone ou La Réunion peuvent ainsi dissuader certains profils de revenir.

Un salon tourné vers la reconstruction et les métiers d’avenir

Placée sous le thème « Mayotte Recrute pour sa reconstruction », cette deuxième édition réunira une quarantaine d’exposants issus du BTP, de la santé, du commerce, des services publics et de la formation. L’objectif est de rapprocher directement employeurs et candidats, mais aussi de mieux orienter les jeunes vers les métiers qui recrutent réellement.

Le salon « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » se tiendra vendredi et samedi prochains
Ce salon est l’occasion de mettre en contact candidats et entreprises, mais aussi de mieux cibler les besoins en termes d’emplois sur le territoire

Au programme : dix conférences, des ateliers CV, des rencontres avec les recruteurs et deux formules originales de job dating. La première permet de se présenter sans CV ni diplôme ; la seconde inverse les rôles, les candidats présentant leurs compétences devant les entreprises. Une conférence consacrée aux emplois liés à la reconstruction se tiendra vendredi après-midi, tandis qu’une table ronde abordera samedi le retour des Mahorais diplômés installés hors du territoire.

Comme en 2024, le salon sera également accessible en ligne, dès le mercredi 21 octobre, afin de toucher notamment la diaspora. La première édition avait attiré plus de 900 participants, dont près de 400 à distance. Si les organisateurs n’ont pas pu mesurer précisément le nombre de recrutements effectivement réalisés, les retours des entreprises ont été encourageants, plusieurs ayant pu constituer un vivier de candidats.

Cette année, l’association espère accueillir entre 1 000 et 1 500 participants. L’entrée est gratuite, avec inscription sur salon.mayotterecrute.fr ou directement sur place. Rendez-vous les 23 et 24 octobre, de 8 h 30 à 16 h 30, dans les gymnases du lycée des Lumières à Kawéni.

La Poste : une grève illimitée annoncée à Mayotte à partir du 20 octobre

La Poste : une grève illimitée annoncée à Mayotte à partir du 20 octobre

Les bureaux de La Poste à Mayotte pourraient connaître des perturbations à partir de ce mardi 20 octobre. La CGT-MAY Poste prévoit une grève illimitée, le jour même de l’arrivée de la présidente-directrice générale du groupe. Le syndicat réclame une rencontre avec la direction et dénonce un manque de dialogue social.

Parmi les principaux points de tension figurent le manque de personnel et l’augmentation de la charge de travail depuis le cyclone Chido. Dans le secteur de Mamoudzou, les effectifs seraient ainsi passés d’une trentaine d’agents à une quinzaine, sans remplacement des départs. Les difficultés d’adressage, qui compliquent la distribution du courrier, font également partie des problèmes soulevés par les postiers.

Autre point de crispation : les codes REGATE utilisés pour identifier les entités postales. À Mayotte, ils commencent par 985, et non par 976, un code hérité de l’époque où l’île avait le statut de collectivité territoriale. Le syndicat réclame depuis plusieurs années une mise aux normes.

À Mayotte, plus d’un jeune sur deux rencontre des difficultés de lecture

À Mayotte, plus d’un jeune sur deux rencontre des difficultés de lecture

À Mayotte, 52 % des jeunes ayant participé à la Journée défense et citoyenneté (JDC) en 2025 présentent des difficultés de lecture, selon une étude du ministère de l’Éducation nationale publiée en octobre. C’est près de quatre fois la moyenne nationale (13,7 %). Parmi les cinq départements et régions d’outre-mer, seule la Guyane affiche un taux supérieur (53 %), devant Mayotte, la Martinique (36 %), la Guadeloupe (33 %) et La Réunion (32 %). Le taux mahorais est par ailleurs en recul par rapport à 2024, où il atteignait 58 %. À l’échelle nationale, 6 % des jeunes évalués peuvent être considérés en situation d’illettrisme et 10 % ont une maîtrise fragile de la lecture. Les garçons sont davantage concernés que les filles (16 % contre 12 %). L’étude repose sur les résultats de 785 600 jeunes Français.

Miss Universe 2026 : les votes sont ouverts pour soutenir Maeva Toumbou Dani

Miss Universe 2026 : les votes sont ouverts pour soutenir Maeva Toumbou Dani

Les votes pour la 75e édition de Miss Universe ont ouvert vendredi 16 octobre. Maeva Toumbou Dani, qui représentera Mayotte lors du concours organisé le 24 novembre à Porto Rico, compte sur le soutien des Mahorais et de la diaspora pour tenter d’intégrer le Top 30. La candidate qui recueillera le plus de voix obtiendra automatiquement sa place parmi les 30 demi-finalistes. Pour voter, il suffit de se rendre sur le site officiel ou sur l’application « MU Fan », puis de sélectionner Mayotte. Le premier vote est gratuit. Il s’agira de la deuxième participation de Mayotte à ce concours international, après celle de Nourya Aboutoihi en 2025.

Corsair lance une offre groupe entre Mayotte et La Réunion à partir de 271 €

Corsair lance une offre groupe entre Mayotte et La Réunion à partir de 271 €

Corsair propose jusqu’au 30 novembre 2026 une offre spéciale destinée aux petits groupes voyageant entre Dzaoudzi et La Réunion. Les groupes de 5 à 9 personnes peuvent bénéficier d’un tarif aller-retour à partir de 271 € TTC par personne.

L’offre s’adresse aux familles, groupes d’amis, associations ou toute personne voyageant en groupe. Elle comprend un bagage en soute par passager et concerne les voyageurs effectuant leur aller-retour ensemble, aux mêmes dates.

Valable pour des séjours de trois jours à six mois, cette promotion est disponible sur le site de Corsair et auprès des agences de voyages. La compagnie assure notamment des vols régionaux directs entre Mayotte et La Réunion.

M’Tsangamouji : « Ma commune m’anime » revient pour une deuxième édition

M’Tsangamouji : « Ma commune m’anime » revient pour une deuxième édition

La commune de M’Tsangamouji organise, mercredi 21 octobre 2026 de 12h à 18h, la deuxième édition de « Ma commune m’anime », un événement festif et culturel ouvert à tous, sur le terrain de football de Chémbényoumba.

Pilotée par la Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (DJSC), la manifestation entend mettre en valeur la diversité culturelle du territoire et favoriser le vivre-ensemble. Au programme : stands culturels et artisanaux, spectacles de talents locaux, jeux et concours, animations de danse et de chant, ainsi que des ateliers consacrés à la cuisine, au tressage, à la langue et à l’artisanat.

L’événement vise également à renforcer les liens entre générations et entre habitants des différents villages, autour d’activités communes et de la transmission des savoirs. Il repose sur la mobilisation d’associations locales, de partenaires institutionnels, d’acteurs culturels et de la population. L’entrée est libre et l’événement s’adresse à tout public. Renseignements auprès de la DJSC au 02 69 62 15 20 ou par courriel à animation@mairiedemtsangamouji.fr

À Mayotte, Claire Thoury veut faire entendre au niveau national “une autre réalité, celle des acteurs de terrain”

À Mayotte, Claire Thoury veut faire entendre au niveau national “une autre réalité, celle des acteurs de terrain”
Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE) depuis le 20 mai 2026. Cette assemblée consultative représente la société civile organisée et formule des avis et des recommandations pour éclairer les décisions des pouvoirs publics.

En déplacement officiel à Mayotte du 18 au 20 octobre, Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a rencontré ce lundi les membres du CESEM. Une réunion de travail marquée par les revendications sur la convergence sociale et les inégalités persistantes, mais aussi par la volonté de renforcer les liens entre les deux institutions pour mieux faire entendre les réalités mahoraises au niveau national.

Comment faire entendre les réalités de Mayotte jusqu’au niveau national ? C’est l’une des questions au cœur de la rencontre entre Claire Thoury et les membres du Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM), ce lundi 19 octobre.

Des écarts de prestations sociales aux faibles pensions de retraite, les membres du CESEM ont placé la convergence sociale au cœur des échanges avec Claire Thoury, en dénonçant les retards persistants de Mayotte dans l’accès aux droits.

En ouverture, le président du CESEM, Abdou Dahalani, a insisté sur la nécessité de dépasser la seule logique de reconstruction post-Chido. Pour lui, le cyclone a révélé une situation déjà hors normes, marquée notamment par la pauvreté, les difficultés d’accès aux services essentiels et les fragilités institutionnelles. “Mayotte est devenue un miroir des défis de cohésion nationale”, a-t-il souligné, considérant que les difficultés du territoire ne sont pas isolées, mais illustrent des enjeux sociaux et politiques qui concernent progressivement l’ensemble du pays.

La convergence sociale au cœur des revendications

Au fil des échanges, plusieurs intervenants ont alerté sur les inégalités persistantes entre Mayotte et les autres territoires français. Tous ont appelé à l’accélération de la convergence sociale. Un souhait répété depuis de nombreux mois lors des visites ministérielles mais qui n’a pas trouvé de relais au niveau national, où en tout cas, pas suffisamment.

Des participants ont dénoncé les conditions plus restrictives d’accès à certaines prestations sociales et les écarts de rémunération. Le niveau du SMIC à Mayotte a également été pointé, avec un appel à accélérer le rapprochement des droits sociaux. Les retraites ont suscité les mêmes inquiétudes. 

“N’ayez pas peur de Mayotte”, a lancé l’un des intervenants, appelant l’État à ne plus freiner l’alignement social au nom de son coût. Pour les participants, ces écarts ont des conséquences directes sur les conditions de vie des Mahorais et alimentent le sentiment d’une égalité républicaine encore inachevée.

D’autres difficultés concrètes ont été soulevées, notamment l’obligation pour certaines familles de se rendre à La Réunion pour accéder à des soins. Dans le secteur de la pêche, un participant a regretté que les licences accordées à des pays non européens ne contribuent pas suffisamment au développement de la filière locale, en déplorant que les consommateurs soient obligés de se tourner vers des poissons surgelés importés d’Asie.

Les témoignages ont également fait état d’un sentiment de manque d’écoute de la part des responsables publics. Plusieurs intervenants ont dénoncé le décalage entre les difficultés vécues au quotidien et la manière dont elles sont parfois présentées lors des visites officielles, qui édulcorent la réalité. Notamment lors de la dernière visite ministérielle au CHM, le 27 août dernier, lors de laquelle les couloirs de la maternité avaient été débarrassés des “tipis”, ces brancards ou lits sur lesquels les femmes se reposent après avoir accouché.

« C’est une chose de lire des articles, c’en est une autre de venir voir »

Face à ces remontées, Claire Thoury a expliqué que son déplacement devait justement lui permettre de mieux comprendre la situation mahoraise au contact direct des acteurs locaux.

“C’est une chose de lire des articles, d’entendre les autres en parler. C’en est une autre de venir voir vraiment ce qui se passe, comment ça s’opère, quels sont les défis, les contradictions, les aspérités, les enjeux”, a-t-elle expliqué.

La présidente du CESE, qui effectue à Mayotte son premier déplacement ultramarin, entend ainsi confronter les informations dont dispose son institution aux réalités vécues sur le terrain. Le CESE formule des avis et des recommandations à destination des pouvoirs publics, mais encore faut-il que ses travaux puissent peser dans les décisions.

Interrogée sur la capacité de l’institution à rapprocher les élus, l’État et les acteurs locaux, Claire Thoury a défendu un rôle de relais pour la société civile. “Au-delà des élus, au-delà du Parlement et du gouvernement, notre rôle, c’est d’essayer d’apaiser et de dire une autre réalité, celle des acteurs de terrain, des corps intermédiaires qui font, en fait, la vie quotidienne des gens”, a-t-elle déclaré.

Elle insiste sur l’importance de faire se rencontrer les expériences et les propositions, plutôt que de simplement relayer des témoignages isolés. “Les gens ont confiance dans leurs associations, dans leurs entreprises, qui font leur vie quotidienne, et c’est ça qu’il faut qu’on arrive à dire : apporter leurs paroles, mais pas leurs paroles isolées, leurs paroles qui se rencontrent et qui se croisent et qui essaient de trouver des solutions”.

Des avis communs pour peser davantage

Pour illustrer la capacité du CESE à influencer les politiques publiques, Claire Thoury a cité le travail mené autour de la proposition de loi visant à apporter une réponse intégrale aux violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le mardi 13 octobre, quelques jours avant sa visite à Mayotte.

Selon elle, la première version du texte ne prévoyait aucune mesure spécifique aux territoires ultramarins. Saisi par la présidente de l’Assemblée nationale, le CESE a rendu un avis et alerté sur cette absence en juillet dernier. Des dispositions propres aux outre-mer ont ensuite été intégrées dans la version retravaillée du texte.

Un exemple qui illustre, selon elle, l’importance d’intervenir au bon moment pour que les avis consultatifs puissent avoir un effet concret.

La présidente du CESE a toutefois reconnu les difficultés actuelles du dialogue entre les institutions politiques et les corps intermédiaires. Elle a évoqué une “déception immense des citoyens”, une réponse politique qui ne serait pas toujours à la hauteur et une déconnexion grandissante. Le rôle du CESE consiste, selon elle, à alerter les pouvoirs publics, mais aussi à les aider à trouver des réponses, dans l’intérêt général.

Au cours de la rencontre, elle a également évoqué la possibilité de construire un avis commun avec le CESEM, afin de faire converger les enjeux nationaux et les réalités territoriales, en évoquant un travail qui pourrait associer d’autres territoires, voire des instances européennes.

La transmission des entreprises, notamment agricoles, constitue une autre piste de travail citée par Claire Thoury. La délégation outre-mer du CESE pourrait proposer un rapport consacré à Mayotte sur cette question, qui concerne aussi les très petites et les petites et moyennes entreprises.

Pour le CESEM, l’enjeu est de faire remonter les besoins de Mayotte et de défendre une convergence sociale effective. Pour Claire Thoury, il s’agit de donner davantage de place à la parole des acteurs de terrain dans l’élaboration des politiques publiques. Deux ambitions qui pourraient se rejoindre dans de futurs travaux communs.

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Rencontres économiques à La Réunion : un opérateur mahorais dénonce l’absence des élus au Salon de l’emploi

Rencontres économiques à La Réunion : un opérateur mahorais dénonce l’absence des élus au Salon de l’emploi

De peur de subir les foudres des dirigeants mahorais qu’il accuse de brader les intérêts du territoire, un opérateur économique a choisi de conserver l’anonymat dans le « coup de gueule » qu’il a tenu à lancer à propos des Rencontres économiques de Mayotte, qui doivent se tenir à La Réunion les 28 et 29 octobre 2026. Il justifie sa colère par le fait que le Salon de l’emploi, qui constitue une préoccupation majeure de la jeunesse, se tiendra à Mayotte aux mêmes dates, soit près de deux ans après le cyclone Chido, qui a tout réduit à néant sur le territoire. Dans sa fronde, il dénonce la présence annoncée de l’ensemble des décideurs mahorais à ces rencontres économiques organisées hors du territoire.

« C’est tout simplement lamentable », s’exclame un opérateur économique de la place, en évoquant l’organisation, sur le sol réunionnais, les 28 et 29 octobre prochains, d’une rencontre censée mettre en lumière les atouts de Mayotte.

« Nos élus se sont vendus aux affairistes du département voisin et continuent à dépecer notre territoire au profit d’intérêts occultes, sans penser un seul instant à l’avenir de nos enfants. »

Cette colère fait suite à la confirmation, reçue la veille au matin, de la participation des décideurs mahorais à cet événement qu’il considère comme une initiative réunionnaise visant essentiellement à placer l’économie mahoraise sous la tutelle du département voisin.

« C’est une véritable néocolonisation à laquelle nous assistons, impuissants, parce que son prince est adoubé par les plus hautes instances à Paris.

Nul n’a oublié l’épisode de la conférence de presse de Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, venu constater les dégâts du cyclone Chido à Mayotte. Pourtant, il avait délibérément choisi de ne faire ses annonces que sur le sol réunionnais, au motif que rien d’important sur le plan économique ne se décidait à Mamoudzou, puisque la totalité des établissements bancaires opérant dans l’archipel sont dirigés depuis Saint-Denis. »

L’auteur de ce coup de gueule désespéré en appelle aux forces vives de l’île pour rejeter ce qu’il considère comme un funeste destin. Il les invite à sanctionner, scrutin après scrutin, l’ensemble de la classe politique dirigeante actuelle de Mayotte, à commencer par les élections législatives prévues en 2027, puis les élections régionales de 2028.

Il ne mâche pas ses mots et dénonce « une forme de corruption morale », dont le centre de gravité se serait déplacé des rivages du lagon mahorais vers le chef-lieu de l’île Bourbon.

Dans sa colère, qu’il exprime ouvertement, il évoque un phénomène particulièrement inquiétant qui, selon lui, ne cesse de s’amplifier depuis plusieurs années, au fil de trois mandatures électives successives.

« Que voulez-vous ? Nous n’arrêtons pas de porter au pouvoir des élus qui n’éprouvent aucun amour pour cette terre qui les a pourtant vus naître. À ce rythme-là, il n’est pas étonnant que les Mahorais évoluent aujourd’hui dans un désordre sans nom ! Ce climat favorise la mainmise de forces extérieures sur l’ensemble des rouages décisionnels à Mayotte », constate-t-il.

Il énumère pêle-mêle les nombreux domaines de compétence dans lesquels, selon lui, les Mahorais ont déjà perdu la maîtrise. Il cite notamment les marchés publics, en particulier dans les secteurs des transports terrestres et aériens, mais pas seulement. Il pointe également du doigt les domaines financés par l’argent public à Mayotte depuis plusieurs années : la formation, la grande distribution, la santé, l’éducation, la construction, la pêche et bien d’autres encore.

Ce qu’il ne parvient pas à comprendre, selon ses propres termes, c’est que cette grande braderie des intérêts mahorais ait reçu le blanc-seing de personnalités élues par les Mahorais, alors même que leur mandat devrait les conduire à défendre les intérêts de la population.

Avec gravité et une apparente sincérité dans la voix, il s’interroge sur ce qui arrive actuellement aux dirigeants du 101e département français.

Après une brève pause dans son expression de colère, il reconnaît que les natifs de Mayotte peuvent légitimement être déstabilisés par l’attitude de leurs responsables politiques face à ce qu’il considère comme une œuvre destructrice, qu’il n’hésite pas à qualifier de « massacre à la tronçonneuse ».

Il revient également sur l’interdiction faite aux pêcheurs mahorais, selon ses déclarations, d’exercer leur activité dans la zone économique exclusive de Mayotte, une décision qu’il attribue à l’ancien préfet François-Xavier Bieuville. Il affirme que cette mesure aurait été justifiée par la nécessité de préserver les hauts-fonds de cette zone en tant que réserves protégées au bénéfice des pêcheurs réunionnais.

« Nos élus se moquent-ils à ce point du devenir de la jeunesse mahoraise ? »

« Où va-t-on ainsi ? Faites un tour dans les autres territoires de l’Hexagone et des Outre-mer, y compris à La Réunion, et dites-moi si vous constatez, ne serait-ce qu’un instant, de telles aberrations ! Hélas, nous sommes forcés de reconnaître qu’il n’y a qu’ici, à Mayotte, que de telles pratiques se produisent et sont tolérées ! »

L’acteur économique révolté revient ainsi au véritable motif de sa colère du jour : l’organisation, la semaine prochaine, du Salon de l’emploi à Mayotte, pendant deux jours, les 28 et 29 octobre 2026. Un rendez-vous qu’il juge majeur et qui, à ses yeux, devrait mobiliser toute l’attention des décideurs locaux.

Or, il affirme avoir appris avec certitude que l’ensemble de ces décideurs avait confirmé sa présence à La Réunion aux mêmes dates pour participer à un autre événement, qu’il n’hésite pas à qualifier d’imposture : les Rencontres économiques de Mayotte à La Réunion.

À l’examen de l’invitation qu’il présente aux caméras de Flash Infos, il apparaît que l’événement est organisé par la Caisse régionale de Crédit Agricole Mutuel de La Réunion.

Il ajoute que, d’après les renseignements recueillis auprès de plusieurs institutions locales, les assemblées délibérantes concernées auraient toutes validé le déplacement de représentants du Conseil départemental, des communes, des intercommunalités ainsi que de l’Agence de développement et d’innovation de Mayotte (ADIM). Les réservations auraient même déjà été effectuées.

Il crie au scandale et dénonce une gabegie, estimant que l’urgence se situe à Mayotte, où tout reste à reconstruire près de deux ans après le passage du cyclone Chido, et non à Saint-Denis, où les décideurs sont appelés à se retrouver.

Une question lui trotte dans la tête : pourquoi ces institutions locales ne consacrent-elles pas plutôt cet argent, qu’il estime futilement gaspillé, à l’organisation de rencontres économiques similaires à Mayotte, au bénéfice des acteurs économiques et politiques du territoire ?

« Nos responsables se moquent-ils à ce point du devenir de ce territoire qu’ils mettent à sac par leur manque de probité ? »

Une question qui, selon toute vraisemblance, risque de demeurer sans réponse, tant l’actualité politique semble dominée par les calculs politiciens et les tractations électoralistes à l’approche des prochaines échéances électorales.

Autant d’enjeux qui, aux yeux de l’auteur de ce coup de gueule, préoccupent davantage les dirigeants de tous bords politiques que la formation et l’accès à l’emploi de la jeunesse locale.

Celle-ci apparaît ainsi, de facto, comme la grande oubliée de marchandages affairistes qui viseraient à assurer à certains leur élection ou leur réélection à des postes clés, au sein d’une gouvernance de Mayotte qu’il juge défaillante.

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Mayotte : le baromètre de l’inclusion financière de septembre 2026 est publié

Mayotte : le baromètre de l’inclusion financière de septembre 2026 est publié

Le baromètre mensuel de l’inclusion financière à Mayotte a fin septembre 2026, vient d’être publié. Il indique que Mayotte enregistre les niveaux les plus faibles de surendettement et de recours au droit au compte, comparativement à La Réunion, à la Guadeloupe et à la Martinique. Qu’on pense Daoulab ALI CHARIF, Responsable des services à l’économie et de la communication IEDOM MAYOTTE ? Élément de réponse.

Flash Infos : Selon le baromètre, Mayotte ne représente que 1 % des cas de surendettement, contre 48 % à La Réunion et 28 % en Guadeloupe. Comment peut-on expliquer un tel écart entre ces territoires ? Ces chiffres reflètent-ils réellement la situation du surendettement à Mayotte ?

Daoulab ALI CHARIF : Le chiffre qui est affiché là, en fait, nous, nous pensons qu’il ne reflète pas vraiment la réalité. Vous voyez là, par exemple, si on prend les dossiers déposés de janvier à septembre 2026, il y a seulement 53 dossiers qui ont été déposés. Sur 9 mois de l’année 2026. Il y a que 53 dossiers. Nous, nous pensons qu’il y a deux éléments qui font qu’il y a aussi peu de dossiers. Le premier, c’est que le dispositif n’est pas vraiment connu. Même si on prend beaucoup de temps à communiquer pour que ceux qui ont des problèmes viennent se déclarer, mais il reste encore un peu mieux connu.

Le deuxième élément, c’est que nous sommes conscients qu’il y a des blocages culturels, on va appeler ça comme ça. Je ne sais pas si le terme correspond vraiment à la réalité, mais il y a des blocages culturels qui font qu’on ne dévoile pas nos difficultés. On préfère régler nos problèmes entre nous. Il est quasiment sûr et certain qu’il n’y a pas que 50% qui ont des problèmes sur rendez-vous. Il y en a beaucoup plus que ça, mais ils ne se dévoilent pas.

F.I : Selon vous, le chiffre de 1 % de surendettement affiché pour Mayotte reflète-t-il réellement la situation du territoire, ou pourrait-il sous-estimer la réalité en raison du faible recours au dispositif ?

DAC : Statistiquement, le chiffre de 1 % est juste au regard des données enregistrées. Toutefois, nous pensons qu’il ne reflète pas la réalité du surendettement à Mayotte. Nous ne sommes pas en mesure de quantifier le nombre réel de personnes concernées qui ne sollicitent pas le dispositif, mais nous sommes convaincus que le phénomène est bien plus important que ne le laissent penser ces chiffres.

F.I : On constate également un écart important concernant le droit au compte bancaire : Mayotte affiche seulement 4 %, contre 36 % à La Réunion et 34 % en Guadeloupe. Comment expliquer une telle différence ? Cela traduit-il un recours réellement plus faible à ce dispositif ou, là encore, un manque d’information et des difficultés d’accès aux droits ?

DAC : Pour les droits au compte, c’est encore pire. C’est-à-dire qu’on a le territoire le moins bancarisé et on est celui qui sollicite le moins le droit au compte. Le droit au compte est destiné aux personnes qui essaient d’ouvrir un compte et qui n’y arrivent pas. C’est-à-dire que les banques leur refusent l’ouverture de comptes bancaires. Et à ce moment-là, la banque centrale intervient pour imposer à ce que la personne puisse avoir un compte bancaire, c’est un droit. C’est un droit et nous, nous sommes là pour que les personnes puissent avoir accès à ce droit-là. Sauf que nous, nous n’allons pas vers les gens. Il faut que les gens viennent vers nous

F.I : Le manque de campagnes de sensibilisation et les difficultés d’accès à Internet et aux outils numériques pour une partie de la population mahoraise pourraient-ils également expliquer le faible recours aux dispositifs bancaires et aux droits existants ?

DAC : Oui, c’est possible. Sur le droit au compte, c’est vrai qu’on ne communique pas beaucoup. On travaille surtout avec les travailleurs sociaux qui, eux, accompagnent le public fragile qui, justement, a du mal à ouvrir un compte bancaire. Mais c’est vrai que là, c’est un compte plus incompréhensible. Parce qu’à la limite, sur l’endettement, on a des explications au niveau de notre culture. Mais par contre, sur le droit au compte, vraiment, on n’a pas d’explication pour nous. À part le fait que le dispositif n’était pas connu.

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Deux infections sous surveillance, les autorités sanitaires alertent

Deux infections sous surveillance, les autorités sanitaires alertent
Selon le bulletin de Santé publique France du 19 octobre 2026, l’épidémie de gastro-entérite liée au rotavirus A se poursuit et les virus grippaux circulent activement, appelant à la vigilance, notamment pour les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées.

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Selon le bulletin de surveillance épidémiologique de Santé publique France publié le 19 octobre 2026, l’épidémie de gastro-entérite liée au rotavirus A se poursuit, tandis que les virus grippaux circulent activement. Malgré une baisse des indicateurs digestifs, la vigilance reste de mise, notamment pour les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées.

Après trois semaines consécutives de hausse, le taux de positivité du rotavirus A est passé de 32,6 % en semaine 40 à 24,8 % en semaine 41, du 5 au 11 octobre. Le nombre de prélèvements positifs a légèrement diminué, passant de 30 à 28. L’épidémie, amorcée en semaine 36, reste toutefois en cours.

D’autres bactéries responsables d’infections digestives circulent également. Les analyses ont détecté Escherichia coli entéroagrégatif dans 43 prélèvements, soit un taux de positivité de 38,1 %, et Escherichia coli entéropathogène dans 36 prélèvements, soit 31,9 %. Ces bactéries peuvent notamment se transmettre par des aliments contaminés.

Un nourrisson admis en réanimation

Au Centre hospitalier de Mayotte (CHM), 26 passages aux urgences pour gastro-entérite aiguë ont été enregistrés en semaine 41, contre 33 la semaine précédente, soit une baisse de 21 %. Les hospitalisations sont également passées de 13 à 9. Un nourrisson de huit mois a néanmoins dû être admis en réanimation.

Pour limiter les contaminations, les autorités sanitaires recommandent le lavage régulier des mains, le nettoyage des surfaces et une hydratation suffisante en cas de diarrhée ou de vomissements. Les signes de déshydratation chez les jeunes enfants nécessitent une attention particulière.

La grippe A(H1N1) progresse

Les virus grippaux constituent l’autre point de vigilance. Leur circulation a été détectée précocement, dès la semaine 30, alors que les épidémies surviennent habituellement entre décembre et mars.

En semaine 41, les virus grippaux sont devenus majoritaires parmi les virus respiratoires détectés au laboratoire du CHM, devant les rhinovirus. Le sous-type A(H1N1) prédomine, avec 17 prélèvements positifs et un taux de positivité de 26,9 %.

Toutefois, l’interprétation de ces données reste limitée par une interruption des analyses pendant deux semaines, en raison d’une rupture de réactifs. À la reprise, seuls 63 prélèvements ont été analysés, contre 123 en semaine 38. Santé publique France maintient donc le territoire en phase pré-épidémique, faute de données suffisantes pour confirmer une intensification durable de la circulation grippale.

Les gestes de prévention recommandés

Les infections respiratoires continuent de peser sur les structures de soins. La part des consultations pour pathologies respiratoires dépasse 10 % depuis la semaine 36 dans les centres médicaux de référence et les dispensaires. Deux enfants de moins d’un an ont également été admis en réanimation pour une bronchiolite non associée au virus respiratoire syncytial (VRS).

Le port du masque dès l’apparition de symptômes, le lavage des mains et l’aération des espaces clos sont recommandés. La vaccination contre la grippe est particulièrement conseillée aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux personnes souffrant de certaines maladies chroniques.

Mobilisation du 17 octobre : des voix s’élèvent aussi pour Mayotte

Mobilisation du 17 octobre : des voix s’élèvent aussi pour Mayotte

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La mobilisation nationale du samedi 17 octobre a aussi été l’occasion de faire entendre les revendications des Mahorais. Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes ont dénoncé les inégalités entre l’Hexagone et les territoires ultramarins.

« Mayotte est oubliée, mais nous n’avons pas disparu ! », « Français sur le papier, oubliés sur le terrain » : ces messages figuraient sur des pancartes brandies lors de la mobilisation du 17 octobre, dont les photos ont circulé sur les réseaux sociaux. Les manifestants ont dénoncé entre autres les difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’éducation à Mayotte.

Ces prises de parole s’inscrivent dans la tendance « Le 17, c’est aussi pour… », reprise sur les réseaux sociaux notamment pour attirer l’attention sur la situation des outre-mer. Né d’un appel à manifester contre la hausse des prix des carburants, le mouvement s’est progressivement élargi à d’autres sujets, comme les conditions d’études, le pouvoir d’achat et les inégalités sociales.

Des préoccupations qui trouvent un écho particulier à Mayotte. Selon la dernière étude comparative de l’Insee, réalisée en 2022, les produits alimentaires coûtaient en moyenne 30 % de plus sur l’île que dans l’Hexagone. La rentrée scolaire a également été marquée par des mouvements de protestation contre les conditions d’enseignement dans plusieurs établissements, notamment au lycée du Nord, à Mtsangadoua.

Plus de 2 000 participants aux randonnées d’Uzuri Wa Mwendro, toujours plus inclusives

Plus de 2 000 participants aux randonnées d’Uzuri Wa Mwendro, toujours plus inclusives
Zirari Souffou, guide animateur territorial à l’office de tourisme du Centre-Ouest.

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À l’occasion de sa huitième édition, Uzuri Wa Mwendro a rassemblé plus de 2 000 participants au fil de cinq randonnées organisées par l’office de tourisme du Centre-Ouest, avec une attention particulière portée à l’inclusion des personnes en situation de handicap et de leurs familles. Samedi 17 octobre, la dernière marche a conduit les participants à la découverte des paysages de M’tsangamouji.

Pour la dernière randonnée de Uzuri Wa Mwendro, samedi 17 octobre, l’office de tourisme du Centre-Ouest a invité les marcheurs à découvrir le village de M’tsangamouji et ses paysages. Huit kilomètres sur des terrains pentus, parfois glissants et difficiles, entre la lagune d’Ambato, la rivière qui serpente dans les hauteurs du village jusqu’à sa cascade, les padzas et les forêts.

La diversité des paysages de M’tsangamouji

Les premières marches à gravir à travers le village ont donné le rythme de la matinée. Entre les maisons, les randonneurs ont pu découvrir le quotidien des habitants, contraints d’emprunter ces escaliers raides chaque jour, notamment les élèves qui vivent dans le bas du village et doivent les gravir pour se rendre au collège.

Au sommet, une première vue sur le village et le lagon a offert une pause bien méritée avant de s’élancer à travers les zones cultivées et quelques résidences, puis de rejoindre la forêt qui longe la rivière, où les marcheurs ont pu trouver un peu de fraîcheur.

Près de deux ans après le cyclone Chido, la végétation reprend peu à peu ses droits. Par endroits, les forêts retrouvent leur densité et leur diversité. Le chemin qui longe le lit de la rivière, peuplée de milliers de guppys, a obligé les randonneurs à mettre les pieds dans l’eau. Certains n’ont d’ailleurs pas échappé aux glissades et à la boue. Mais l’arrivée sur les padzas a vite fait oublier les difficultés du parcours. D’un côté, le mont Combani se dresse au loin ; de l’autre, le lagon s’étend à perte de vue. Les marcheurs ont ensuite entamé la descente vers le village.

Cette année, trois itinéraires sur cinq ont été renouvelés pour permettre aux participants de découvrir de nouveaux chemins et paysages.

Au retour de la marche, le marché gourmand Le Tata Bé a prolongé la journée au bord de l’eau, avec des produits locaux, des gourmandises et des animations dans une ambiance chaleureuse. Plusieurs activités étaient également proposées, parmi lesquelles une initiation au vélo, du surf ski, des jeux gonflables, de l’accrobranche et des animations culturelles.

Un événement inclusif pour les enfants en situation de handicap et leurs familles

Comme l’année dernière, un partenariat avec le Club de Sport Adapté de Mayotte (CSAM), a permis à de nombreux jeunes en situation de handicap, de 13 services de Mlezi Maoré, de participer aux marches et aux diverses activités.

Le téléphone portable dans les mains pour prendre en photo les jeunes qu’elle accompagne, Zaïdati Ibrahim est heureuse de les voir s’épanouir. Technicienne de l’intervention sociale et familiale à l’Institut Médico-Éducatif Arc-en-ciel, de Doujani, géré par l’association Mlezi Maoré, elle a ramené huit jeunes, porteurs de handicap (déficiences intellectuelles, polyhandicap ou troubles du spectre autistique), pour participer à la randonnée.

“C’est une opportunité pour eux de faire autre chose et de découvrir d’autres paysages. Nous travaillons aussi beaucoup sur l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap, notamment en leur permettant de rencontrer d’autres publics, mais aussi d’autres jeunes en situation de handicap”, souligne Zaïdati Ibrahim, qui s’est démenée pour amener son groupe à la randonnée, à bord de son minibus.

Deux parcours de cinq et trois kilomètres étaient spécialement prévus pour les personnes en situation de handicap. L’APAJH a également accompagné un jeune en joëlette, afin qu’il puisse profiter de la randonnée.

“Avec les jeunes, nous avons suivi le deuxième parcours, qui était plus adapté à leurs capacités et avec une plus faible distance. Des véhicules étaient également prévus pour récupérer ceux qui rencontraient des difficultés”, ajoute-t-elle.

Les familles invitées à observer “les capacités de leurs enfants”

Pour aller plus loin, le CSAM et l’office de tourisme ont souhaité pouvoir permettre au plus grand nombre de parents d’enfants en situation de handicap de participer à la randonnée.

“Souvent, nous faisons des randonnées, mais les familles ne sont pas forcément présentes. Pour cette huitième édition, nous tenions particulièrement à les inviter. Cela leur permet de voir comment nous accompagnons les jeunes à l’extérieur, mais aussi de découvrir directement les capacités de leurs enfants”.

“Le CSAM a ramené plus de 150 jeunes en moyenne par week-end sur les randonnées. Le but, c’est de continuer à faire en sorte que le handicap ne soit plus un sujet tabou”, explique Zirari Souffou, guide animateur territorial à l’office de tourisme du Centre-Ouest.

“Au total on a dépassé les 2000 participants cette année, contre 1 600 l’année dernière”, se réjouit Zirari qui remercie les partenaires mobilisés, notamment les cinq communes de la communauté de communes du Centre-Ouest (3CO), les encadrants, la police intercommunale, la Fédération mahoraise des associations environnementales (FMAE) et le CSAM, avant de donner rendez-vous à l’année prochaine pour une nouvelle édition.

La présidente du CESE en visite à Mayotte jusqu’au 20 octobre

La présidente du CESE en visite à Mayotte jusqu’au 20 octobre

Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), est en visite officielle à Mayotte du dimanche 18 au mardi 20 octobre. Pendant trois jours, elle doit rencontrer des élus et des acteurs économiques, associatifs et institutionnels pour échanger sur les principaux enjeux du territoire.

Au programme figurent notamment la reconstruction après le cyclone Chido, l’érosion et la submersion marine, la crise de l’eau, la gestion des déchets, le logement et la lutte contre la pauvreté. La santé, la jeunesse, la formation, l’alimentation et la souveraineté alimentaire doivent également être abordées.

La présidente du CESE doit notamment échanger avec les élus de l’Assemblée de Mayotte et les maires, en présence de Ben Issa Ousseni, président de l’Assemblée, et être reçue par le préfet Frédéric Poisot. Des déplacements sont prévus à Dzaoudzi, Combani et Mamoudzou, ainsi que des rencontres avec le Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM) et la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS Mayotte).

Cette visite doit permettre au CESE de mieux prendre en compte les réalités vécues par les Mahorais dans ses travaux et de porter les enjeux ultramarins au niveau national.

Le CESE est une assemblée consultative qui conseille les pouvoirs publics en formulant des avis et des recommandations sur les grandes questions économiques, sociales et environnementales, à partir des réalités vécues par les citoyens et les acteurs de terrain.

La circulation alternée prolongée jusqu’au 11 décembre à Kawéni

La circulation alternée prolongée jusqu’au 11 décembre à Kawéni

La Ville de Mamoudzou a annoncé, vendredi 16 octobre, la prolongation de la circulation alternée à Kawéni jusqu’au 11 décembre inclus, afin de limiter les embouteillages liés aux travaux du Caribus sur la RN1. Le dispositif, en vigueur depuis le 16 septembre, reste inchangé. Du lundi au jeudi, entre 5h et 17h, les voitures particulières dont la plaque d’immatriculation est paire ne peuvent pas circuler les lundis et mercredis, tandis que celles dont la plaque est impaire sont interdites les mardis et jeudis. La mesure concerne une partie de la RN1, entre le quai Colas et le rond-point Carrefour, ainsi que la RD14, depuis la côte SOGEA jusqu’à ce même rond-point. Les riverains de Kawéni et des Hauts-Vallons, les véhicules professionnels, les services publics et de secours ainsi que les personnes à mobilité réduite bénéficient d’exemptions, sur présentation d’un justificatif. Les dérogations individuelles déjà accordées restent valables jusqu’au 11 décembre.

Orange mettra fin à son réseau 2G à Mayotte le 31 décembre

Orange mettra fin à son réseau 2G à Mayotte le 31 décembre

Orange annonce l’arrêt de son réseau mobile 2G à Mayotte le 31 décembre 2026, dans le cadre de la modernisation de ses infrastructures. Cette évolution ne devrait pas avoir d’incidence sur la majorité des abonnés, dont les téléphones utilisent déjà des technologies plus récentes. En revanche, certains équipements fonctionnant encore en 2G, comme les systèmes d’alarme, les dispositifs de téléassistance, les terminaux de paiement ou les objets connectés, pourraient être concernés. L’opérateur invite les particuliers et les professionnels à vérifier leur compatibilité auprès de leurs fournisseurs. Les fréquences libérées pourront être réutilisées pour améliorer les réseaux 4G et 5G.

Les jeunes du RSMA mobilisés pour réparer les fuites d’eau après compteur

Les jeunes du RSMA mobilisés pour réparer les fuites d’eau après compteur

Entre 9 000 et 10 000 m³ d’eau sont perdus chaque jour à Mayotte à cause des fuites après compteur. Pour réduire ces pertes, l’État fait appel aux jeunes du Régiment du service militaire adapté (RSMA). Une première intervention a eu lieu vendredi 16 octobre, à Miréréni, dans la commune de Tsingoni.

À l’école maternelle Combo Moussa de Miréréni, une dizaine de jeunes du RSMA étaient à pied d’œuvre vendredi matin. Leur mission : réparer une canalisation endommagée et installer des regards pour faciliter l’accès au réseau en cas de nouvelle fuite. « Je ne veux pas laisser 9 000 m³ se perdre par jour comme ça », a insisté le préfet de Mayotte, Frédéric Poiset, présent sur le chantier. Ces pertes représentent quasiment l’équivalent de la capacité de production prévue pour la future usine de dessalement d’Ironi Bé, soit 10 000 m³ par jour.

Lors de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu à Mayotte, fin août, la ministre Monique Barbut avait annoncé la mobilisation du RSMA sur deux volets : intervenir rapidement pour réparer les premières fuites, puis développer une formation spécifique. Le chantier de Miréréni marque le lancement de cette première phase.

Les interventions sont organisées avec Les Eaux de Mayotte (LEMA), la Société mahoraise des eaux (SMAE) et les services techniques des communes. Une fois les fuites identifiées, les militaires en formation se chargent des réparations. D’autres chantiers sont déjà programmés. Les opérations concerneront d’abord les bâtiments publics, avant d’être progressivement étendues aux structures privées et aux particuliers volontaires.

Les jeunes du RSMA mobilisés pour réparer les fuites d’eau après compteur

Une formation spécifique encore à construire

Les dix volontaires mobilisés suivent déjà une formation d’installateur sanitaire et plomberie, d’une durée de six à douze mois. Ces interventions leur permettent de mettre en pratique leurs compétences. « Ça sort du schéma aseptisé de la salle de cours. Ils sont confrontés au réel », a expliqué le lieutenant-colonel Johann Warthmann, commandant en second du RSMA de Mayotte.

Le second volet du dispositif reste à définir. Le préfet souhaite développer avec le régiment une formation complémentaire consacrée à la recherche de fuites, en lien avec les entreprises du secteur. Selon le lieutenant-colonel, une adaptation du cursus pourrait être envisagée lors du comité de pilotage annuel du RSMA. Le nombre de jeunes concernés et le calendrier ne sont pas encore arrêtés.

Les jeunes du RSMA mobilisés pour réparer les fuites d’eau après compteur

Cette campagne s’ajoute aux mesures déjà engagées pour sécuriser l’approvisionnement en eau. Selon le préfet, plus de 650 cuves ont été nettoyées dans plus de 90 écoles et plus d’une centaine de nouvelles cuves installées. Une autre étape est prévue à partir de janvier 2027 : la mise à disposition de cuves d’eau potable pour 13 000 foyers vulnérables. Annoncé lors de la visite gouvernementale d’août, ce programme de 8 millions d’euros doit être déployé prochainement avec la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM).

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À Bouéni, l’art pour libérer la parole sur la santé mentale

À Bouéni, l’art pour libérer la parole sur la santé mentale
À Bouéni, un atelier artistique devient un espace de dialogue où jeunes et adultes apprennent à mettre des mots sur leurs émotions, leurs besoins et leur santé mentale.

À l’occasion des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), Terra Psy et la Maison des adolescents sont allés à la rencontre des habitants de Bouéni, jeudi 15 octobre, devant l’ancien plateau. À travers des ateliers artistiques et des échanges, les professionnels ont souhaité sensibiliser petits et grands à la santé mentale, tout en contribuant à lever les tabous.

Parler de santé mentale autrement, en passant par l’art. C’est l’approche retenue cette année par Terra Psy et la Maison des adolescents à l’occasion des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), organisées à Mayotte du 5 au 18 octobre 2026. Jeudi 15 octobre, les deux structures ont posé leurs ateliers à Bouéni, devant l’ancien plateau, pour échanger avec les habitants de tous âges.

« On a décidé de mobiliser des professionnels, psychologues et médiateurs culturels, pour sensibiliser la population de tout âge à la santé mentale », explique Clarisse Duchon, psychologue référente chez Terra Psy. L’initiative s’inscrit dans une démarche de proximité : « Nous sommes intervenus dans six villages différents. Aujourd’hui, c’est Bouéni. »

L’art pour libérer la parole

Cette année, les ateliers s’appuient sur l’art comme moyen d’expression et de réflexion. L’objectif est d’aider chacun à identifier ses besoins, ses émotions et les ressources sur lesquelles il peut compter au quotidien.

« On utilise l’art comme média pour aussi chercher nos ressources, nos besoins. Nous avons donc plusieurs ateliers pour parler de santé mentale et de ressources », détaille Clarisse Duchon.

Au-delà des activités proposées, la démarche vise à déstigmatiser la santé mentale. En abordant le sujet à travers des supports accessibles, les professionnels cherchent à faciliter les discussions avec les jeunes comme avec les adultes. Qu’est-ce que la santé mentale ? Pourquoi consulter un psychologue ? Comment reconnaître ses besoins et comprendre ses émotions ? Autant de questions qui permettent d’engager le dialogue. Les équipes profitent de ces rencontres pour orienter les personnes vers les structures adaptées, notamment les centres médico-psychologiques (CMP), et faire connaître les dispositifs de droit commun. Une manière de rapprocher les services des habitants qui ne savent pas toujours vers qui se tourner.

Aller vers les jeunes et leurs familles

Pour la Maison des adolescents, ces interventions de terrain répondent à un enjeu important : rencontrer des jeunes qui rencontrent des difficultés pour accéder aux dispositifs d’accompagnement. « La santé mentale est quand même l’une des missions principales de la Maison des adolescents. Face aux difficultés à se déplacer, on trouvait que c’était la bonne occasion d’aller à la rencontre de personnes qu’on ne peut pas rencontrer », souligne Charline Furst, psychologue au sein de la structure.

La professionnelle rappelle que certains jeunes traversent des périodes de souffrance, marquées notamment par un manque de repères ou de perspectives d’avenir. Les difficultés du quotidien peuvent également peser sur leur équilibre : trouver un contrat, disposer d’un ordinateur ou accomplir des démarches dans les délais sont autant d’obstacles susceptibles de fragiliser leur situation.

Ces difficultés s’inscrivent parfois dans un contexte familial et intergénérationnel plus large, où les modes de vie évoluent rapidement. Les changements culturels et la place croissante des téléphones portables participent aussi à transformer les relations et les repères des jeunes.

Des besoins communs à tous

Pour Charline Furst, l’essentiel est de rendre la santé mentale plus compréhensible et moins intimidante, en partant de besoins universels. « Le but est de déstigmatiser, d’humaniser. Tout le monde a des besoins : manger, dormir et avoir de l’amour. »

En s’appuyant sur ces réalités simples, les professionnels souhaitent montrer que la santé mentale concerne chacun, et pas uniquement les personnes en difficulté ou celles qui consultent un spécialiste.

À Bouéni, les échanges et les ateliers artistiques ont ainsi permis d’aborder un sujet parfois difficile à évoquer, dans un cadre ouvert et accessible. Une démarche de proximité qui entend faire de la prévention, faciliter l’accès à l’accompagnement et rappeler que prendre soin de sa santé mentale commence aussi par la reconnaissance de ses propres besoins.

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