Accueil Blog Page 2

Décret sur les pouvoirs du préfet à Mayotte : Saïd Omar Oili s’interroge sur son efficacité

Décret sur les pouvoirs du préfet à Mayotte : Saïd Omar Oili s'interroge sur son efficacité

Le décret précisant les pouvoirs exceptionnels du préfet de Mayotte jusqu’en 2030 a été publié ce jeudi au Journal officiel. Ce texte met en application l’article 4 de la loi du 11 août 2025 relative à la reconstruction du territoire après le cyclone Chido.

Réagissant à cette publication, S2O engagé dans le suivi de la reconstruction de Mayotte estime que ce décret intervient avec un an de retard alors qu’il ne comporte que des dispositions limitées. Il s’interroge également sur la capacité des services de la préfecture à assumer ces nouvelles responsabilités, alors que des difficultés persistent déjà dans le pilotage de certains dossiers, notamment ceux liés aux fonds européens. Le décret prévoit en effet que le préfet supervise une vingtaine de structures supplémentaires.

L’élu relève enfin une incohérence dans le dispositif prévu par la loi. Il rappelle que l’établissement public chargé de coordonner les travaux de reconstruction est expressément exclu du champ des pouvoirs renforcés du préfet. Selon lui, cette exception interroge, alors même que cet établissement est présenté comme le principal outil opérationnel de la reconstruction et qu’il confère, dans son fonctionnement, un rôle prépondérant au représentant de l’État.

Le CAUE de Mayotte lance un appel à candidatures pour quatre résidences d’architectes

Le CAUE de Mayotte lance un appel à candidatures pour quatre résidences d'architectes
* image d'illustration générée par ia

Le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Mayotte lance un appel à candidatures pour quatre résidences d’architectes, organisées en partenariat avec plusieurs collectivités locales et institutions. Les résidences, d’une durée de six semaines, accueilleront un architecte, accompagné d’un professionnel d’une autre discipline, en immersion sur un territoire afin d’échanger avec les habitants, les élus et les acteurs locaux.

Les sites retenus sont le village de Kawéni à Mamoudzou, deux secteurs du Rocher de Dzaoudzi en Petite-Terre et le carrefour Ngwezi à Chirongui. L’objectif est d’identifier les enjeux et les potentiels de ces territoires afin de faire émerger des pistes de réflexion sur leur évolution, sans viser la conception immédiate d’un projet.

L’appel est ouvert aux architectes et diplômés d’État en architecture, en binôme avec un professionnel d’une autre discipline. Les candidatures sont à déposer avant le 25 septembre 2026 à 23 h 59 (heure de Mayotte). Les modalités de participation sont disponibles sur le site du CAUE de Mayotte.

Mahajanga accueillera la première édition du Festival Miara-Miabo

Mahajanga accueillera la première édition du Festival Miara-Miabo

La première édition du Festival Miara-Miabo se tient à Mahajanga du 7 au 9 août 2026, de 9 h à minuit. Organisé par Vision Madagascar NGO et le World Trade Center Antananarivo, l’événement réunira des animations musicales, sportives et culturelles.

La programmation musicale prévoit notamment les prestations de Samoëla, Tarika Zay, Basta Lion, Ceasar, Oladad, Tempo Gaigy, Elidiot et Maman Tsôlôlô, ainsi que des animations assurées par des DJ.

Le programme comprend également un carnaval, des compétitions de basketball 3×3, de football de rue, de beach-volley, de pétanque, de moraingy, de savika ainsi qu’une course de bajaj. Une tombola dotée d’un premier prix de 10 millions d’ariary est également annoncée.

Les billets sont proposés à 5 000 ariary au Village touristique et à 3 000 ariary au Bord. Selon les organisateurs, le festival bénéficie du soutien de plusieurs partenaires, dont Accès Banque, Majungasaurus Mall, l’Alliance française de Mahajanga et la Commune urbaine de Mahajanga

EPIC du port de Longoni : la grille tarifaire qui met le feu aux poudres

EPIC du port de Longoni : la grille tarifaire qui met le feu aux poudres

À peine rendue publique, la nouvelle grille tarifaire de l’Établissement public industriel et commercial (EPIC) du port de Longoni déchaîne déjà les passions, aussi bien parmi les usagers de la plateforme portuaire que chez les consommateurs. Pour les premiers, il y aurait tromperie sur les promesses qui avaient accompagné le remplacement de Mayotte Channel Gateway (MCG) par l’EPIC, notamment celle d’une baisse des tarifs. Pour les seconds, cette hausse annoncée risque d’alourdir encore davantage une inflation déjà difficilement supportable sur le territoire. Une chose est sûre : le dossier est loin d’avoir livré tous ses rebondissements.

À moins d’un mois de la fin officielle de la délégation de service public (DSP) confiée à Mayotte Channel Gateway (MCG), le port de Longoni revient sur le devant de la scène. En cause, la publication par le Conseil départemental de Mayotte d’une nouvelle grille tarifaire qui semble contredire les arguments avancés jusqu’ici par les élus pour justifier la reprise en régie de cet outil économique stratégique.

Cette nouvelle tarification a immédiatement suscité un tollé chez de nombreux usagers, qui dénoncent le doublement pur et simple de certaines prestations.

« Ce ne sont pas des élus que nous avons à la tête de cette assemblée, mais des ennemis du peuple. Nous sommes fatigués de payer, avec notre argent, les conséquences de leur incompétence. C’est tout simplement de la manipulation de masse à visée malveillante. »

Ces propos particulièrement virulents ont été tenus lundi après-midi par une commerçante de Bouéni, visiblement très remontée, devant le siège des chambres consulaires à Mamoudzou. Au passage, elle n’a pas épargné la presse locale, qu’elle accuse d’être « trop complaisante » envers les responsables politiques.

Plus posée, Halima, une autre usagère du port qui l’accompagnait, explique que certaines prestations actuellement facturées 34 euros pourraient atteindre près de 60 euros avec la mise en place de la nouvelle gestion portée par le président du Conseil départemental, Ben Issa Ousséni.

« Ils nous ont bien eus avec leurs arguments sur les tarifs prétendument excessifs imposés par MCG. Pourtant, le port fonctionnait correctement et les Mahorais le savent. L’EPIC n’est même pas encore officiellement aux commandes qu’on nous montre déjà ce qui nous attend dans un mois. »

Les témoignages recueillis ce jour-là sont nombreux et, pour la plupart, bien plus virulents encore.

Une vague d’indignation

« Le dogmatisme n’a jamais été une solution à un quelconque problème », observe un retraité qui venait d’entendre les échanges entre les deux commerçantes.

Avant d’ajouter :

« Autrefois, à Mayotte, on politisait tous les problèmes. Aujourd’hui, c’est encore pire : on les personnalise. À mon sens, c’est une posture très dangereuse. »

Selon lui, les décideurs locaux auraient manqué de réflexion dans la conduite de ce dossier.

« Ils se sont précipités pour récupérer la poule aux œufs d’or sans réellement savoir comment ils allaient ensuite la gérer. S’ils n’y prennent pas garde, ils pourraient provoquer un mouvement populaire comparable à celui de février 2018 sans même le voir venir. Dans le contexte actuel de Mayotte, c’était probablement l’erreur à ne pas commettre. »

Quelques minutes plus tard, dans un taxi en direction de Cavani, le sujet revient naturellement dans les discussions.

Une passagère dénonce une logique qu’elle juge purement financière.

« Nos élus feraient mieux de travailler plutôt que d’envier ou de vouloir nuire à cette dame sous prétexte qu’elle s’est enrichie à Mayotte. Elle a travaillé pendant plus de quarante ans. Il est donc normal qu’elle ait réussi. »

« Nous avons été manipulés »

À Mtsapéré, terminus de la course, Safina Soula, figure du Collectif Mayotte 2018, livre à son tour son analyse.

« Je suis attristée par la manière dont Mme Nel, la dirigeante de MCG, a été traitée. Le véritable problème dans cette affaire, c’est que les Mahorais ont été manipulés, je ne sais pas par qui. J’ai parfois l’impression que les intérêts défendus depuis la métropole ne sont pas toujours ceux de Mayotte, alors même que nous sommes un département français. »

Elle poursuit : « Si certaines personnes influentes souhaitent qu’elle s’efface progressivement parce qu’elle dérange, elles devraient le faire avec davantage d’humanité. Même si je ne partage pas forcément l’idée qu’elle quitte le port, rien ne justifie de salir son image en la faisant passer pour une voleuse. Elle a servi cette île, participé à l’ouverture du port sur le monde et créé des emplois. On ne peut pas en dire autant de tous les opérateurs qui arrivent aujourd’hui à Mayotte. »

Au cours de son intervention, Safina Soula rappelle longuement les investissements réalisés par MCG pour moderniser le port de Longoni.

« Où étaient l’État et le Département pendant toutes ces années ? Où étaient nos élus ? Dormaient-ils ? »

Une chose apparaît désormais certaine : la publication de cette nouvelle grille tarifaire semble avoir produit l’effet exactement inverse de celui qui était recherché. Le débat autour de la reprise en main du port de Longoni est loin d’être clos, et les prochaines semaines devraient être riches en nouvelles controverses.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Gestion du Centre de gestion de Mayotte : la Chambre régionale des comptes salue des progrès mais pointe de sérieuses failles

Gestion du Centre de gestion de Mayotte : la Chambre régionale des comptes salue des progrès mais pointe de sérieuses failles

Malgré une nette amélioration dans l’exercice de ses missions auprès des collectivités mahoraises, le Centre de gestion de la fonction publique territoriale (CDG) de Mayotte reste confronté à d’importantes difficultés de gestion. Dans son rapport d’observations définitives portant sur les exercices 2021 et suivants, la Chambre régionale des comptes (CRC) dresse un bilan contrasté : des avancées réelles dans le fonctionnement de l’établissement, mais également des insuffisances persistantes en matière de ressources humaines, de finances et de gouvernance. Huit recommandations ont été formulées afin de remettre durablement l’établissement sur de meilleurs rails.

La Chambre régionale des comptes a rendu public son rapport d’observations définitives consacré au Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Mayotte (CDG), organisme chargé d’accompagner les collectivités territoriales dans la gestion de leurs agents. Ce contrôle, portant sur les exercices 2021 et suivants, met en lumière une institution qui a progressivement renforcé ses missions tout en devant encore relever de nombreux défis organisationnels et financiers.

Des missions mieux assurées au bénéfice des collectivités

Premier enseignement du rapport : le CDG de Mayotte a sensiblement amélioré la qualité de plusieurs de ses missions obligatoires. La Chambre relève notamment que l’organisation des concours et des examens professionnels est désormais mieux sécurisée, réduisant les risques juridiques et renforçant la transparence des procédures de recrutement de la fonction publique territoriale.

L’information relative à l’emploi public territorial s’est également améliorée. Les collectivités disposent aujourd’hui d’un meilleur accompagnement pour leurs recrutements, tandis que certaines missions obligatoires sont exercées dans des conditions jugées plus satisfaisantes qu’auparavant.

Ces progrès traduisent une montée en compétence de l’établissement, longtemps confronté à un manque de structuration et à des moyens limités.

Des missions encore incomplètement remplies

Pour autant, la Chambre estime que tous les objectifs ne sont pas encore atteints. Plusieurs missions obligatoires demeurent insuffisamment développées ou nécessitent d’être renforcées.

C’est notamment le cas de la médecine préventive, dont l’organisation reste perfectible alors qu’elle constitue un enjeu majeur pour la santé et la sécurité des agents territoriaux. Certaines missions d’assistance et d’accompagnement des collectivités locales méritent également d’être davantage structurées afin de répondre pleinement aux besoins des communes et établissements publics mahorais.

Une forte augmentation des effectifs sous surveillance

Au-delà des missions exercées, le rapport s’attarde longuement sur la gestion interne du Centre de gestion. La Chambre régionale des comptes constate une augmentation importante des effectifs au cours de la période contrôlée.

Si cette progression peut s’expliquer par le développement des activités du CDG, elle souligne néanmoins que plusieurs recrutements et modalités de rémunération présentent des irrégularités ou demeurent insuffisamment encadrés. La juridiction financière appelle ainsi l’établissement à renforcer la sécurisation juridique de ses procédures de recrutement et à mieux formaliser ses pratiques en matière de rémunération.

Le rapport pointe également des insuffisances dans le contrôle du temps de travail des agents. Les dispositifs de suivi apparaissent encore trop faibles pour garantir une application rigoureuse de la réglementation.

La Chambre estime par ailleurs que l’organisation des ressources humaines nécessite une restructuration plus approfondie. Les procédures internes restent parfois insuffisamment formalisées et les outils de gestion doivent être modernisés afin d’améliorer le pilotage des effectifs et des compétences.

Selon la CRC, une organisation plus structurée permettrait non seulement de sécuriser la gestion administrative des personnels mais aussi d’accompagner plus efficacement le développement futur de l’établissement.

Une situation financière toujours fragile

Le rapport met également en évidence la fragilité financière du Centre de gestion. Sans remettre en cause la continuité de son fonctionnement, la Chambre relève plusieurs faiblesses importantes dans la gestion budgétaire et comptable.

Elle déplore notamment des lacunes dans la qualité et la fiabilité des comptes, susceptibles de limiter la lisibilité de la situation financière réelle de l’établissement. Le pilotage budgétaire apparaît également perfectible, tout comme la gestion globale des ressources.

Pour la juridiction financière, une amélioration de la qualité comptable constitue une condition indispensable pour assurer une gestion durable et transparente.

Huit recommandations pour redresser la gestion

Afin d’accompagner le Centre de gestion dans sa démarche de modernisation, la Chambre régionale des comptes formule huit recommandations.

Celles-ci portent principalement sur :

  • la sécurisation de la gestion des ressources humaines ;
  • le renforcement du contrôle du temps de travail ;
  • la régularisation des procédures de recrutement et de rémunération ;
  • l’amélioration de la qualité comptable ;
  • le renforcement du pilotage budgétaire ;
  • une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement ;
  • la structuration de l’organisation interne ;
  • le développement de certaines missions obligatoires, notamment la médecine préventive.

Ces recommandations visent à consolider les progrès déjà accomplis tout en corrigeant les dysfonctionnements identifiés.

Le CDG s’engage à appliquer les recommandations

Dans sa réponse à la Chambre régionale des comptes, le Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Mayotte indique avoir pris acte des observations formulées et s’engage à mettre en œuvre l’ensemble des recommandations.

Cette feuille de route devrait permettre à l’établissement de poursuivre sa modernisation, de renforcer la qualité des services rendus aux collectivités territoriales et d’améliorer la transparence de sa gestion.

Le rapport dresse ainsi un constat nuancé : si le Centre de gestion de Mayotte a incontestablement progressé dans l’exercice de ses missions depuis 2021, il lui reste encore un important travail à accomplir pour sécuriser sa gestion administrative, financière et humaine. Les prochaines années seront déterminantes pour transformer ces recommandations en réformes concrètes et conforter durablement le rôle du CDG au service des collectivités mahoraises.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Le naufrage d’un bateau de plaisance a fait 2 morts ce mardi

Le naufrage d’un bateau de plaisance a fait 2 morts ce mardi
De nombreuses embarcations effectuent régulièrement les traversées vers l’îlot Mtsamboro dans des conditions de sécurité pas toujours respectées

Ce mardi 4 août, un bateau de plaisance transportant 17 personnes à son bord a fait naufrage alors qu’il transportait les membres d’une même famille sur l’îlot Mtsamboro. 2 femmes sont mortes noyées et plusieurs autres personnes sont encore à l’hôpital actuellement.  

Une simple sortie familiale sur l’îlot Mtsamboro a tourné au drame ce mardi 4 août au matin. Le bateau qui transportait les 17 membres d’une même famille a chaviré, provoquant le décès de 2 femmes. Selon nos informations, une fillette de 6 ans serait également à l’hôpital dans un état très grave, aux côtés d’autres victimes du naufrage, plus légèrement blessées.

Le CHM a indiqué dans un communiqué de presse que “les équipes médicales, soignantes, médico-techniques et logistiques sont pleinement mobilisées afin d’assurer la prise en charge des personnes accueillies” et “qu’une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) a également été activée afin d’assurer un accompagnement psychologique des victimes, de leurs familles et de leurs proches”.

Secret médical oblige, le CHM n’a pas communiqué sur l’état de santé des personnes prises en charge. Les circonstances du chavirage sont également inconnues.  Plusieurs personnes présentes à Mtsamboro ce jour-là affirment que “les conditions météorologiques n’étaient pas particulièrement dégradées”. Le propriétaire du bateau de plaisance serait, selon nos sources, un gendarme de Mtsamboro qui effectuait des traversées vers l’îlot afin “d’arrondir ses fins de mois”. Informations qui doivent cependant être confirmées. Il ne s’agirait donc pas d’un professionnel de la mer et on peut légitimement se demander si cette personne était réellement habilitée à transporter 17 personnes à bord de son bateau et si les conditions de sécurité étaient réellement réunies.

La sécurité en mer fait encore largement défaut à Mayotte

Ce drame nous rappelle que les traversées en mer, même sur une aussi courte distance, peuvent se révéler dangereuses. Traditionnellement, beaucoup de pêcheurs mahorais amenaient des plaisanciers sur les divers îlots entourant Mayotte, dans des conditions de sécurité extrêmement rudimentaires. Si le passage au statut de département a peu à peu obligé les pêcheurs et autres skippers à investir pour la sécurité de leurs passagers, avec notamment la présence de gilets de sauvetage à bord et l’obligation pour les passagers de les porter, force est de constater que beaucoup ne suivent toujours pas ces règles. Lors des sorties sur l’îlot Mtsamboro, il est rare en effet de voir les passagers des bateaux effectuant la traversée jusqu’à l’îlot porter leurs gilets de sauvetage.

Était-ce le cas pour ce chavirage ? Nous l’ignorons car le parquet n’a pas souhaité communiquer sur ce fait divers. En effet, le procureur de Mayotte Guillaume Dupont étant absent en ce moment, c’est l’avocate générale Me Françoise Toillon qui assure l’intérim et cette dernière préfère ne pas communiquer. L’officier de communication de la gendarmerie a affirmé quant à lui “ne pas avoir les informations demandées puisque une enquête a été ouverte par le Parquet” et la préfecture n’a envoyé qu’un communiqué détaillant les moyens déployés pour secourir les naufragés, sans donner aucune information sur les circonstances du drame. Nous n’en saurons donc pas davantage pour le moment !

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Consommation de stupéfiants : Mayotte est loin d’en avoir fini avec la « chimique »

Consommation de stupéfiants : Mayotte est loin d'en avoir fini avec la « chimique »
La « chimique » se présente d'abord sous la forme d'une poudre blanche, ensuite mélangée à de l'alcool dans lequel les trafiquants imprègnent du tabac à rouler. C'est ce tabac qui est ensuite fumé par les consommateurs. * image d'illustration générée par ia

L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte dévoile un nouveau volet de l’étude EpiMay 2025, consacré cette fois aux drogues de synthèse, plus connues localement sous le nom de « chimique ». Les résultats mettent en évidence une progression de cette consommation depuis 2019, avec une hausse particulièrement marquée chez les femmes.

Introduits à Mayotte aux alentours de 2013, les cannabinoïdes de synthèse, communément appelés « chimique », poursuivent leur progression sur le territoire, comme le révèle le cinquième volet de l’étude EpiMay 2025 publiée cette semaine par l’ARS. Réalisée auprès de 1 000 ménages tirés au sort sur l’ensemble du territoire, cette enquête vise à mieux connaître l’état de santé de la population afin d’adapter les politiques de prévention et de prise en charge.

Selon les résultats de cette nouvelle publication, près d’un adulte sur vingt déclare avoir déjà expérimenté cette drogue de synthèse. Si cette consommation demeure minoritaire, elle confirme néanmoins l’ancrage du produit à Mayotte. Plus préoccupant encore, l’étude estime qu’environ 870 personnes en consommeraient quotidiennement.

Une hausse inquiétante de la consommation chez les femmes

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne l’évolution de la consommation chez les femmes. En six ans, la proportion de celles ayant déjà expérimenté la « chimique » est passée de moins de 1 % à 3 %. Une progression jugée préoccupante par l’ARS, qui précise toutefois que les données actuellement disponibles ne permettent pas d’en expliquer précisément les causes.

L’enquête met également en évidence des profils de consommateurs différents selon l’intensité de l’usage. Les expérimentations concernent davantage des personnes socialement insérées et disposant de revenus plus élevés. À l’inverse, les consommations régulières touchent plus souvent des personnes en situation de précarité, disposant de faibles revenus et d’un niveau de diplôme moins élevé.

Autre enseignement : près d’un adulte sur cinq n’a jamais entendu parler de la « chimique », signe qu’une partie de la population reste insuffisamment informée sur les risques liés à cette substance, réputée pour ses effets imprévisibles et son fort potentiel addictif.

L’ARS renforce son offre en addictologie

Pour faire face à cette situation, l’ARS poursuit le développement de son offre en addictologie à travers la Plateforme Oppelia de Prévention et de Soins des Addictions à Mayotte (POPAM), qui regroupe les structures de soins, les dispositifs de réduction des risques ainsi que les consultations destinées aux jeunes consommateurs.

Des équipes mobiles interviennent également au plus près des habitants, tandis que le Centre hospitalier de Mayotte dispose d’un service spécialisé dans la prise en charge des addictions.

L’agence met enfin l’accent sur la prévention, notamment auprès des jeunes, en finançant des projets de développement des compétences psychosociales et en formant les professionnels engagés dans la lutte contre les conduites addictives. L’objectif affiché est de limiter l’installation durable de cette drogue sur le territoire.

Une drogue toujours difficile à repérer

Si plusieurs opérations de police de grande ampleur avaient permis, il y a quelques années, de démanteler plusieurs réseaux de trafiquants de « chimique », la consommation de cette drogue de synthèse ne semble pas avoir reculé. Au contraire, elle aurait progressé.

Pourtant, selon plusieurs consommateurs interrogés par le passé, les effets de cette substance seraient loin d’être récréatifs. Ils décrivent davantage un état de profonde léthargie et une forme de « déconnexion totale » du monde extérieur. Cela pourrait expliquer pourquoi les consommateurs les plus réguliers sont souvent des personnes en situation de grande précarité ou d’exclusion sociale. On peut supposer que cette consommation leur permet, temporairement, d’échapper à leur détresse quotidienne.

Autre constat : lors de la présentation du bilan 2025 de la douane de Mayotte, les services douaniers avaient indiqué avoir saisi du cannabis sous forme d’herbe ou de résine, ainsi que de la cocaïne, mais aucune quantité significative de « chimique ». Le directeur régional des douanes avait alors avancé l’hypothèse d’un durcissement de la réglementation en Chine, principal pays d’origine des substances entrant dans la fabrication de cette drogue.

Les résultats de l’étude de l’ARS montrent toutefois que les drogues de synthèse continuent d’alimenter le marché mahorais.

À l’origine, la « chimique » se présente sous la forme d’une poudre blanche dont la composition évolue régulièrement afin d’échapper aux réglementations. Inodore, elle est difficilement détectable par les chiens spécialisés et peut être dissimulée dans des colis postaux ou dans les bagages de voyageurs.

Une fois arrivée à Mayotte, cette poudre est généralement mélangée à de l’alcool à brûler ou à un alcool fort. Les trafiquants y trempent ensuite du tabac à rouler, qui est séché avant d’être revendu. C’est ce tabac imprégné qui est fumé sous forme de « joints de chimique » et qui provoque les effets particulièrement destructeurs observés chez les consommateurs.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

La CCPT mise sur le compostage pour réduire les déchets

La CCPT mise sur le compostage pour réduire les déchets

La Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT) lance, du 5 au 20 août 2026, une opération exceptionnelle de distribution gratuite de composteurs individuels. Réservée aux habitants du territoire, cette initiative vise à encourager le compostage domestique afin de diminuer la quantité de déchets ménagers et de promouvoir des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Réduire les déchets à la source plutôt que de les traiter une fois collectés. C’est l’objectif poursuivi par la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT), qui propose gratuitement des composteurs individuels aux habitants de Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi. L’opération, ouverte jusqu’au 20 août, s’inscrit dans une politique plus large de réduction des déchets et de valorisation des biodéchets.

Le principe est simple : les restes de cuisine, les épluchures de fruits et légumes ou encore certains déchets de jardin sont déposés dans un composteur où ils se décomposent naturellement. Après plusieurs mois, ils se transforment en compost, un amendement naturel pouvant être utilisé pour enrichir les sols des jardins et des plantations. Cette pratique permet non seulement de limiter le volume des ordures ménagères, mais aussi de donner une seconde vie aux déchets organiques.

Une distribution réservée aux habitants de Petite-Terre

Pour bénéficier d’un composteur, les habitants doivent transmettre leur demande par courriel à contact-dechets@ccpt.yt, accompagnée d’une copie de leur pièce d’identité et d’un justificatif de domicile. Les dossiers seront examinés par le service Environnement, qui contactera ensuite les bénéficiaires afin de fixer un rendez-vous pour la remise du matériel au service technique de la CCPT.

La collectivité précise que cette opération est limitée à un composteur par foyer et que les stocks sont restreints. Les équipements distribués proviennent d’un ancien stock. Ils peuvent présenter quelques défauts esthétiques ou de légères déformations, mais restent parfaitement adaptés à un usage domestique.

Changer les habitudes

Avec cette campagne, la CCPT souhaite encourager des gestes simples qui peuvent avoir un impact concret sur la production de déchets. Une part importante du contenu des poubelles est constituée de matières organiques, facilement valorisables grâce au compostage. En les détournant de la collecte classique, les collectivités espèrent réduire les volumes à transporter et à traiter, tout en sensibilisant les habitants à une gestion plus responsable de leurs déchets.

Le compostage présente également un intérêt pour les particuliers. Le compost obtenu peut être utilisé comme fertilisant naturel pour les jardins, les potagers ou les plantes en pot, limitant ainsi le recours aux engrais chimiques. Cette pratique s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où les déchets deviennent une ressource.

Une opération à saisir rapidement

La CCPT invite les habitants intéressés à effectuer leur demande sans tarder, les quantités disponibles étant limitées. Cette distribution constitue une opportunité pour les foyers souhaitant s’engager dans une démarche plus écologique sans avoir à investir dans un équipement de compostage.

À travers cette opération, la collectivité entend faire du compostage un geste du quotidien à Petite-Terre. En encourageant les habitants à valoriser leurs biodéchets directement chez eux, elle espère contribuer à une diminution durable des déchets ménagers tout en développant une culture de la prévention et du recyclage à l’échelle du territoire.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

L’allocation scolaire suffit-elle encore aux familles mahoraises ?

L'allocation scolaire suffit-elle encore aux familles mahoraises ?
* image d'illustration générée par ia

À quelques semaines de la rentrée scolaire à Mayotte, l’allocation de rentrée scolaire est versée aux familles éligibles depuis le 4 août. Si cette aide constitue un soutien indispensable pour des milliers de foyers, nombreux sont ceux qui estiment qu’elle ne couvre plus le coût réel de la préparation de la rentrée. Entre inflation, hausse du prix des fournitures et dépenses annexes, le budget des ménages reste sous forte pression.

Chaque année, l’allocation de rentrée scolaire est attendue avec impatience par les familles mahoraises. Destinée à aider les parents d’enfants scolarisés âgés de 6 à 18 ans, cette prestation versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) permet de financer une partie des dépenses liées à la rentrée.

À Mayotte, où une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté, cette aide représente souvent la principale ressource mobilisable pour acheter les fournitures scolaires, les cartables, les vêtements ou encore les chaussures. Son versement anticipé, effectué dès le 4 août cette année, doit permettre aux familles d’effectuer leurs achats avant la reprise des cours prévue le 24 août.

Des dépenses toujours plus importantes

Malgré cette aide, de nombreux parents constatent que le coût de la rentrée continue d’augmenter. Les fournitures scolaires, les cahiers, les stylos, les calculatrices, mais aussi les uniformes exigés dans certains établissements représentent une dépense importante. À cela s’ajoutent les frais de transport, de cantine ou encore les activités périscolaires.

À Mayotte, l’insularité continue de peser sur les prix. Une grande partie des marchandises est importée, ce qui renchérit leur coût. Les familles doivent donc composer avec des tarifs souvent supérieurs à ceux pratiqués en métropole.

Pour les foyers comptant plusieurs enfants, le budget peut rapidement atteindre plusieurs centaines d’euros, bien au-delà du montant de l’allocation perçue.

Une aide indispensable mais insuffisante

Pour les associations de lutte contre la précarité, l’allocation de rentrée scolaire reste essentielle. Sans elle, de nombreuses familles auraient des difficultés à équiper leurs enfants.

Cependant, elles rappellent que cette prestation ne couvre qu’une partie des dépenses. Certaines familles privilégient les achats de première nécessité et repoussent l’acquisition de certains équipements jusqu’au cours de l’année scolaire. D’autres se tournent vers les promotions, les ventes d’occasion ou les dons organisés par des associations.

Les professionnels du commerce observent également que la période précédant la rentrée demeure l’une des plus importantes de l’année. Les grandes surfaces comme les papeteries enregistrent une forte hausse de fréquentation, même si les consommateurs restent attentifs aux prix.

Des inégalités persistantes

Au-delà de la question financière, la rentrée scolaire met en lumière les inégalités auxquelles sont confrontées certaines familles mahoraises. Les ménages les plus modestes doivent parfois arbitrer entre les dépenses scolaires et d’autres besoins essentiels comme l’alimentation ou le logement.

Cette situation est particulièrement marquée dans un département où la croissance démographique demeure forte et où les difficultés sociales restent nombreuses. Malgré les dispositifs d’aide existants, l’accès à une rentrée sereine n’est pas garanti pour tous.

Les collectivités locales, les associations et plusieurs établissements scolaires organisent régulièrement des distributions de fournitures afin d’accompagner les familles les plus fragiles. Ces initiatives permettent de limiter les inégalités mais ne remplacent pas une réponse plus globale à la hausse du coût de la vie.

Une rentrée sous le signe de la vigilance

À moins de trois semaines de la reprise des cours, les familles poursuivent leurs achats tout en surveillant leur budget. Si l’allocation de rentrée scolaire demeure un soutien précieux, elle apparaît de plus en plus comme un simple coup de pouce face à l’augmentation générale des dépenses.

Dans un territoire où l’école représente un levier majeur de réussite pour une population particulièrement jeune, la question de l’accès à une rentrée dans de bonnes conditions reste plus que jamais un enjeu social. Garantir à chaque élève les moyens d’apprendre dans de bonnes conditions constitue un défi qui dépasse le seul versement de l’allocation scolaire.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mansour Kamardine : « Il y a urgence à décoloniser l’État à Mayotte »

« Il y a urgence à décoloniser l'État à Mayotte »

Mansour Kamardine appelle l’État à modifier son approche vis-à-vis des élus mahorais, à les considérer davantage comme les partenaires qu’ils sont plutôt que comme les ennemis qu’ils ne sont pas. Dans ce troisième et dernier volet de la longue interview qu’il a accordée à Flash Info sur le fonctionnement actuel du territoire, l’ancien député plaide pour un meilleur accompagnement des collectivités locales par les services de l’État. Selon lui, c’est en forgeant que l’on devient forgeron, et non en le décrétant. À ses yeux, les dysfonctionnements se constatent des deux côtés.

Flash Infos : Nombreux sont les Mahorais qui s’interrogent sur la destination des fonds européens sur le territoire. Comment expliquez-vous un tel constat ?

Mansour Kamardine : Lorsqu’on a l’expérience de ces situations provisoires qui finissent par durer et que l’État vient vous demander de prendre la main sur la gestion des fonds européens, on répond non ! Malheureusement, nous avons dit oui, et c’est finalement l’État qui en a pris la gestion.

Aujourd’hui, comment sortir de cette impasse ? Il faut se battre comme des chiens ! Au départ, l’État était le seul gestionnaire, avec pour résultat une sous-utilisation des fonds. Bien souvent, on a préféré financer des ruches d’amis plutôt que de véritables infrastructures pour le territoire.

Par la suite, on nous a expliqué qu’une cogestion allait être mise en place avec la création d’un GIP. Mais, là encore, l’État a forcé la main au président du Conseil départemental de Mayotte en imposant ses propres services et ses fonctionnaires pour gérer ces fonds.

Une nouvelle fois, il a été question de soupçons d’atteinte à la probité. Mais lorsqu’il s’est agi d’agents de l’État, on leur a fait prendre des « vols bleus » afin qu’ils ne soient ni vus ni connus. En revanche, lorsqu’il s’agit de Mahorais, on agite les drapeaux !

Aujourd’hui, force est de constater que, depuis 2014, personne n’est véritablement capable de citer des infrastructures visibles et concrètes financées par les fonds européens. Cette situation ne peut plus durer.

Je le redis : l’État doit faire confiance aux compétences locales, même si celles-ci ne s’acquièrent pas naturellement. Elles se construisent. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

F.I. : L’État reste sourd aux demandes du territoire de reprendre la main sur la gestion de ces fonds européens qui repartent à Bruxelles faute d’avoir été consommés. N’y voyez-vous pas un immense paradoxe ?

M.K. : Imaginez un instant qu’il ait fallu attendre que les Mahorais disposent de toutes les compétences avant de créer les communes ou le Conseil général à Mayotte. Ces institutions n’auraient jamais vu le jour !

Encore une fois, c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Et lorsqu’il y a des fautes, il faut les sanctionner. Les erreurs permettent d’apprendre, de progresser et d’éviter de les reproduire.

Il ne faut donc pas craindre de transférer des compétences lorsque cela est nécessaire, surtout lorsque les élus le demandent. Ensuite, il appartient à l’autorité de contrôle d’exercer pleinement son rôle et, si besoin, de sanctionner les dérives. C’est ce que j’attends aujourd’hui.

Toutes les infrastructures que j’ai évoquées — l’université, les logements étudiants, l’hôpital, l’aéroport — auraient largement pu bénéficier de financements européens. Au lieu de créer un véritable CROUS à Mayotte, on a préféré rattacher ces compétences à La Réunion.

Nous aurions pu mobiliser ces fonds pour financer des équipements structurants, visibles et porteurs d’un développement durable. Mais ce n’est pas le choix qui a été fait. Une fois encore, on a préféré financer la ruche d’un copain ou d’un coquin plutôt que de développer, par exemple, le FEOGA afin de moderniser notre agriculture ou notre pêche.

F.I. : Partagez-vous l’amertume des professionnels de l’agriculture et de la pêche qui s’estiment victimes d’un système injuste ?

M.K. : Ce qui s’est passé, c’est que l’on s’est appuyé sur la réglementation européenne pour écarter progressivement les Mahorais du lagon et de la pêche en général afin de laisser la place à des thoniers venus d’ailleurs.

Ce n’est certainement pas de cette manière que nous construirons ce territoire. On ne peut pas développer Mayotte en privant les Mahorais de leurs ressources naturelles, qu’elles soient agricoles ou halieutiques.

Il existe un mot pour résumer tout ce que je viens de décrire : la décolonisation de l’État à Mayotte. Cela signifie faire confiance aux Mahorais, construire un véritable partenariat avec eux et les associer pleinement aux grandes décisions qui concernent leur territoire. Aujourd’hui, comment procède l’État ? On consulte les élus en leur demandant ce qu’ils souhaitent. Puis, une fois leurs propositions formulées, on fait exactement le contraire. Je trouve cette méthode choquante, irritante, méprisante, voire insultante à l’égard des Mahorais.

F.I. : Depuis quelque temps, l’État engage Mayotte dans des accords de partenariats régionaux censés contribuer au développement du territoire et de son économie. Pourtant, les trois chambres consulaires semblent n’avoir jamais été aussi affaiblies. Comment interprétez-vous cette situation qui laisse penser que les Mahorais seraient incapables ?

M.K : Ce discours existe, et il contient peut-être une petite part de vérité. Toutefois, je rappelle que Mayotte est française depuis 1841. Dans dix-sept ans, cela fera exactement deux siècles de présence continue au sein de la République, une appartenance dont les Mahorais sont profondément fiers.

L’île accuse encore de nombreux retards. Pourtant, lorsque les responsabilités de l’État sont engagées, celui-ci trouve toujours le moyen de pointer du doigt les élus locaux en dénonçant leur prétendue incompétence, alors même que lui-même rencontre de nombreuses difficultés à mener ses propres projets à bien.

Pour ma part, je ne pense pas que ce soit la bonne méthode. Il aurait fallu imaginer un véritable accompagnement, un véritable soutien permettant d’élever progressivement le niveau de compétences des acteurs locaux.

S’agissant des chambres consulaires, que je connais bien et auxquelles je suis particulièrement attaché, presque comme à des enfants puisque j’ai contribué à leur création en 2001 puis en 2004, je reconnais qu’elles n’ont pas été suffisamment accompagnées. Mais il y a également eu des erreurs de leur côté.

Il est donc nécessaire qu’il y ait un véritable ressaisissement général, aussi bien chez les Mahorais que du côté de l’État. Nous constatons également de nombreuses dérives. Les citoyens viennent régulièrement m’en parler et, tôt ou tard, il faudra y mettre un terme si nous voulons progresser.

J’appelle donc à une montée en compétences de l’ensemble des acteurs, mais aussi à une amélioration des relations entre les différentes institutions, notamment entre l’État et les institutions locales.

F.I. : Un autre sujet majeur concerne la formation des jeunes, qui ne débouche plus toujours sur des perspectives concrètes malgré des années d’investissements humains et financiers. Selon vous, qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? 

M.K. : Je n’ai pas simplement le sentiment que quelque chose ne fonctionne pas, j’en ai la certitude. La réalité, c’est que notre système éducatif ne va pas bien.

Lorsqu’un système scolaire est incapable de former lui-même les enseignants dont il a besoin, c’est la preuve qu’il n’est pas viable.

Aujourd’hui, nos écoles primaires sont confrontées à des classes surchargées, à des enseignants qui n’ont pas toujours bénéficié de la formation initiale nécessaire et à un recours massif à des contractuels recrutés parfois dans l’urgence, avec des diplômes qui ne sont pas toujours suffisamment vérifiés. Dans le même temps, de nombreux jeunes Mahorais peinent à être recrutés.

Cette situation démontre que le système dysfonctionne dès l’école primaire.

Le constat est tout aussi préoccupant dans les collèges et les lycées. Plus de 60 % des enseignants du second degré sont aujourd’hui des contractuels venus d’horizons très divers. Là encore, les qualifications sont parfois difficiles à vérifier et le niveau de maîtrise des disciplines peut s’avérer très inégal. Le système ne fonctionne donc pas davantage dans le secondaire.

Enfin, il y a la question du baccalauréat. Depuis une quinzaine d’années, Mayotte forme chaque année entre 3 500 et 4 000 bacheliers, alors même que le territoire souffre d’un manque chronique d’enseignants et de cadres de haut niveau. Cette situation interroge.

La vérité, c’est que nos jeunes ne sont pas incompétents par nature. Ils ont simplement besoin qu’on leur donne les moyens d’apprendre. Lorsqu’ils bénéficient de bonnes conditions de formation, ils réussissent.

Nous enregistrons d’ailleurs de nombreuses réussites individuelles. Mais, parallèlement, l’État a fait le choix de ne pas développer un véritable enseignement supérieur à Mayotte.

C’est un choix délibéré. Ce n’est pourtant pas faute pour les élus d’avoir alerté sur la gravité de la situation et réclamé la création d’une université de plein exercice. Une fois encore, l’État refuse d’accéder à cette demande et préfère avancer par petites touches.

F.I. : Justement, la situation de l’Université de Mayotte fait actuellement beaucoup parler. Quel regard portez-vous sur cette question ?

M.K. : Je n’ai pas en tête les effectifs exacts de l’Université de Mayotte, mais ils restent très largement insuffisants.

Imaginez simplement que cette université ait été créée il y a quinze ans. Au lieu d’accueillir environ 3 000 étudiants aujourd’hui, elle en compterait probablement près de 15 000. Nous disposerions alors d’un véritable établissement universitaire, capable de développer des formations, de mener des recherches et de créer des synergies avec d’autres universités.

Chaque fois que nous envoyons un jeune poursuivre ses études dans l’Hexagone, qu’il réussisse ou non, nous prenons le risque de le voir quitter durablement son territoire.

Après plusieurs années passées en métropole, beaucoup ne reviennent plus vivre à Mayotte. Ils reviennent parfois pour les vacances ou pour rendre visite à leur famille, mais ils construisent leur avenir ailleurs.

Pendant ce temps, Mayotte continue pourtant d’investir massivement dans leur formation. Les bourses versées par le Conseil départemental représentent plus de 20 millions d’euros par an.

Bien entendu, il faut se réjouir de leur réussite. Mais l’objectif n’était pas de renforcer des territoires déjà largement dotés. Il était de permettre à ces jeunes de revenir mettre leurs compétences au service de leur île. C’est pourquoi il est indispensable de développer un véritable enseignement supérieur à Mayotte, afin que les étudiants puissent se former ici, rester ici, construire leur avenir ici et contribuer directement au développement durable du territoire.

Comme je le disais tout à l’heure, l’État doit accepter d’écouter les Mahorais. Les élus de cette île ne sont pas les ennemis de l’État ; ils en sont les partenaires. Or, entre partenaires, le respect est indispensable. Lorsqu’il existe, le dialogue devient serein, sincère et transparent, loin des non-dits et des critiques formulées en coulisses contre les Mahorais.

J’ai un appel à lancer à tous les fonctionnaires qui choisissent de venir exercer à Mayotte : aimez ce territoire, parce que lui vous accueille et vous offre souvent l’occasion de faire progresser votre carrière. Mayotte contribue à construire votre parcours professionnel ; elle est donc en droit d’attendre, en retour, votre engagement pour construire son propre développement.

F.I. : L’actualité impose d’aborder un autre sujet : le port de Longoni. La justice administrative a définitivement annulé la délégation de service public (DSP), relançant le débat sur le futur mode de gestion. Quel regard portez-vous sur le choix de l’EPIC retenu par le Conseil départemental de Mayotte ?

M.K : Il faut peut-être revenir quelques années en arrière. Nous avons perdu énormément de temps dans la gestion de cette délégation de service public.

Les premiers signaux d’alerte sont apparus dès 2015-2016. Nous savions déjà que cette DSP ne pourrait pas aller à son terme au regard des graves dysfonctionnements constatés, lesquels ont ensuite été confirmés par l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux.

Dès 2018, puis à nouveau autour de 2020, la Chambre régionale des comptes avait également mis en évidence ces dysfonctionnements. Pourtant, au Conseil départemental, nous n’avons pas eu le courage politique de prendre nos responsabilités et de dire : « Cette expérience doit s’arrêter. » Nous aurions alors eu le temps de préparer sereinement une nouvelle délégation de service public.

À cette époque, les quatre parlementaires de Mayotte, le président du Conseil départemental, M. Soibahaddine Ibrahim, ainsi que le président de l’Association des maires de Mayotte, M. Madi Madi Souf, avaient écrit au Gouvernement pour demander la transformation de Longoni en Grand Port maritime de l’État. Je rappelle que cette revendication ne date pas d’hier. Elle remonte déjà à l’époque de Younoussa Bamana et de Marcel Henry. C’est une revendication historique, car nous considérons que ce port représente un enjeu stratégique majeur, à la fois pour Mayotte et pour la France.

Il constitue un outil essentiel pour renforcer la présence française dans cette partie de l’océan Indien, conforter l’ancrage de Mayotte dans la République et développer son rayonnement régional.

Malheureusement, le Gouvernement a d’abord refusé cette évolution pour des raisons qui lui appartiennent et que je préfère ne pas développer afin d’éviter toute polémique.

Par la suite, lorsque j’ai eu l’honneur de présider durant quelques mois le conseil portuaire, nous avons découvert un arrêté qui ressemblait davantage à un faux qu’à un véritable acte administratif.

Le parquet a expliqué qu’il ne lui avait pas été possible d’engager des poursuites pour faux, faute d’avoir pu démontrer que les utilisateurs de cet acte avaient connaissance de son caractère frauduleux. En matière pénale, les règles sont strictes et le parquet n’a donc pas pu aller au-delà.

F.I. : Que retenez-vous aujourd’hui des décisions rendues par la justice ?

M.K. : D’ailleurs, la Cour administrative d’appel de Bordeaux parle elle-même d’un acte inexistant. Sur ce point, les choses sont claires.

L’expertise graphologique demandée par le président Ben Issa Ousséni a démontré que son prédécesseur ne pouvait matériellement pas avoir signé cet acte.

Dès 2023, tous les éléments étaient réunis pour dénoncer cette délégation de service public.

Je renvoie chacun à la lecture de l’arrêt de la Cour. Celle-ci indique clairement que la société MCG réclamait aux usagers du port des redevances de remorquage fondées sur des tarifs qui n’avaient jamais été explicitement approuvés par le Conseil départemental.

Elle souligne également que la société percevait systématiquement des redevances de sûreté portuaire qu’elle avait instaurées unilatéralement, malgré les réserves exprimées par le Département. Autrement dit, le délégataire s’est progressivement comporté comme si le port était devenu sa propriété privée. Ce n’était évidemment pas l’objectif de la délégation de service public.

J’en appelle donc à la raison de ceux qui, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, continuent de défendre le maintien de cette DSP. Son fonctionnement était contraire aux intérêts des usagers, mais aussi à ceux du Département. Il était donc temps d’y mettre un terme, et je me réjouis que la Cour administrative d’appel de Bordeaux ait confirmé le jugement rendu en première instance.

F.I. : Quelle solution préconisez-vous désormais ?

M.K. : À mes yeux, il n’appartient pas au Conseil départemental de gérer durablement un port de cette importance.

Ce serait une situation quasiment inédite parmi les départements français, y compris en outre-mer. Depuis toujours, notre revendication est simple : Mayotte doit bénéficier des mêmes outils que les autres territoires français. La Réunion dispose d’un Grand Port maritime de l’État. Mayotte doit bénéficier du même statut. D’ailleurs, les orientations prévues dans la loi de refondation vont dans cette direction. Dans cette perspective, l’Établissement public industriel et commercial (EPIC) constitue une solution transitoire.

J’espère simplement que cette transition sera la plus courte possible, soit le temps de préparer une nouvelle organisation ou, mieux encore, d’aboutir en 2028 au transfert définitif de la gestion du port à l’État. C’est, selon moi, la solution la plus cohérente pour assurer l’avenir du port de Longoni et accompagner durablement le développement économique de Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Une nouvelle opération pour encourager le tri des déchets à Petite-Terre

Une nouvelle opération pour encourager le tri des déchets à Petite-Terre

La Communauté de communes de Petite-Terre relance son dispositif de déchèteries mobiles au mois d’août afin de permettre aux habitants de se débarrasser gratuitement de leurs déchets encombrants et de certains matériaux. Deux rendez-vous sont programmés à Pamandzi et Labattoir, avec un service de collecte à domicile pour les personnes ne disposant pas de véhicule.

Face aux difficultés d’accès aux déchèteries fixes pour une partie de la population, la Communauté de communes de Petite-Terre poursuit son opération de déchèteries mobiles. L’objectif est double : lutter contre les dépôts sauvages qui dégradent le cadre de vie et offrir une solution de proximité aux habitants souhaitant évacuer leurs déchets dans des conditions adaptées.

Deux dates sont inscrites au calendrier. La première est prévue le samedi 8 août, de 8 h à 12 h, à proximité de la Grande Mosquée du Vendredi à Pamandzi. La seconde se déroulera le samedi 22 août, aux mêmes horaires, rue du Marché à Labattoir. Les usagers sont invités à déposer leurs déchets dans les bacs spécialement installés pour l’occasion.

Plusieurs catégories de déchets acceptées

Cette déchèterie mobile permettra de déposer différents types de déchets souvent difficiles à éliminer par les circuits classiques. Les habitants pourront notamment apporter des déchets verts (feuilles, branches, tailles de végétaux), des appareils électriques et électroniques, des meubles et objets encombrants, mais également certains déchets issus de petits travaux, comme du bois ou des métaux.

En proposant cette diversité de filières, les organisateurs souhaitent favoriser le recyclage et limiter les abandons de déchets dans la nature, un phénomène qui continue d’affecter plusieurs secteurs de Mayotte.

Une collecte gratuite à domicile

L’un des freins au dépôt des encombrants reste l’absence de moyen de transport. Pour répondre à cette difficulté, les organisateurs rappellent l’existence du service « Allô Urahafu », qui propose une collecte gratuite à domicile pour les personnes ne possédant pas de véhicule. Les habitants peuvent prendre rendez-vous en appelant le 06 39 27 44 44.

Cette solution permet d’élargir l’accès au dispositif et d’éviter que des meubles, électroménagers ou déchets de chantier ne soient abandonnés sur la voie publique.

Sensibiliser aux bons gestes

Au-delà de la collecte, cette opération s’inscrit dans une démarche plus large de sensibilisation à la gestion des déchets. En facilitant le tri et le recyclage, la Communauté de communes de Petite-Terre espère renforcer les bonnes pratiques des habitants et améliorer durablement la propreté des communes.

Cette initiative est menée avec plusieurs partenaires, parmi lesquels Ecosystem, Ecomaison, Sidevam 976, ainsi que les communes de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir.

À l’heure où la gestion des déchets demeure un enjeu majeur à Mayotte, ces déchèteries mobiles constituent une réponse concrète de proximité. Leur succès dépendra toutefois de la mobilisation des habitants, invités à privilégier ces points de collecte plutôt que les dépôts sauvages, encore trop nombreux sur le territoire.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Octobre Rose : AMALCA vise 5 000 marcheurs pour « Mwendro Wa Tama »

Octobre Rose : AMALCA vise 5 000 marcheurs pour "Mwendro Wa Tama"

À l’occasion d’Octobre Rose 2026, l’Association Mahoraise pour la Lutte contre le Cancer (AMALCA) relance sa grande marche de l’Espoir « Mwendro Wa Tama », prévue le 1er novembre. Après avoir réuni près de 4 000 participants l’an dernier, l’association espère franchir cette année le cap des 5 000 marcheurs afin de renforcer la mobilisation autour de la prévention et du dépistage du cancer du sein.

La campagne débutera officiellement le 2 octobre à Chirongui avec une conférence consacrée à la place de l’homme dans le couple face à la maladie, avant un mois d’actions de sensibilisation menées dans les écoles, les entreprises et auprès du grand public. Point d’orgue de cette mobilisation, la marche partira de Passamaïnty à 7 heures pour rejoindre le parking de Mamoudzou, avec des milliers de participants attendus vêtus de rose.

À Mayotte, où le nombre de personnes prises en charge pour un cancer a fortement progressé ces dernières années, cette manifestation entend rappeler l’importance du dépistage précoce, notamment pour le cancer du sein, dont une cinquantaine de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année sur le territoire.

Dembéni : la grande foire de la rentrée s’installe pendant tout le mois d’août

Dembéni : la grande foire de la rentrée s’installe pendant tout le mois d’août

À quelques semaines de la rentrée scolaire, la commune de Dembéni accueille une nouvelle édition de la grande Foire commerciale de la rentrée. Ouverte depuis le 1er août au Parc Ounafassi, cette manifestation, organisée avec le soutien de la municipalité et de l’Association des commerçants de Dembéni et Tsararano, se poursuivra jusqu’au 30 août.

Répartie sur deux sites, à proximité du terrain de football de Dembéni et sur le parking de Tsararano, la foire rassemble de nombreux commerçants, artisans et producteurs locaux. Les familles y trouvent un large choix d’articles destinés à préparer la reprise des classes, notamment des fournitures scolaires, des vêtements, des chaussures, des sacs et divers accessoires.

Au-delà des achats de rentrée, l’événement met également en avant le savoir-faire local et régional avec des stands d’artisanat mahorais et malgache. Des espaces de jeux, des manèges et des balades à poney sont proposés pour les enfants, faisant de cette foire un rendez-vous familial autant que commercial.

Les visiteurs peuvent également profiter d’un espace de restauration mettant à l’honneur des spécialités locales. Ouverte tous les jours de 5 heures à 21 heures, la foire ambitionne d’animer la commune tout au long du mois d’août tout en offrant aux familles un lieu unique pour préparer sereinement la rentrée scolaire.

Rentrée scolaire : un coup de pouce financier attendu dès ce 4 août pour les familles mahoraises

Rentrée scolaire : un coup de pouce financier attendu dès ce 4 août pour les familles mahoraises

À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, les familles mahoraises éligibles à l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) bénéficieront d’un soutien financier dès le 4 août, soit deux semaines avant la majorité des bénéficiaires de l’Hexagone. Ce versement anticipé doit permettre aux parents d’anticiper les dépenses de rentrée, souvent importantes entre l’achat des fournitures scolaires, des vêtements et du matériel nécessaire.

Cette année, l’ARS fait également l’objet d’une légère revalorisation. À Mayotte, les familles percevront 429,01 euros pour un élève du primaire, 452,67 euros pour un collégien et 468,36 euros pour un lycéen, des montants en hausse par rapport à 2025. Cette adaptation tient compte des spécificités du territoire.

L’allocation est attribuée sous conditions de ressources aux familles ayant à charge des enfants âgés de 6 à 18 ans, scolarisés ou apprentis. Les revenus pris en compte correspondent à ceux de l’année 2024. Les bénéficiaires sont invités à vérifier que leur dossier est à jour afin d’éviter tout retard de paiement.

Alors que le coût de la vie reste élevé à Mayotte et que la rentrée représente un effort financier conséquent pour de nombreux foyers, ce versement anticipé constitue une aide bienvenue. Il permettra à des milliers de familles de mieux préparer le retour des élèves sur les bancs de l’école, dans un contexte où les dépenses liées à la scolarité continuent de peser lourdement sur le budget des ménages.

Grève à la CSSM : Les agents élargissent leurs revendications

Grève à la CSSM : Les agents élargissent leurs revendications
Le piquet de grève se tient depuis le lundi 27 juillet dernier devant le centre Kinga

Une partie des agents de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM) tiennent un piquet de grève devant le centre Kinga depuis lundi dernier. S’ils ont déjà obtenu la semaine dernière la réintégration de leur collègue “licencié abusivement”, ils ne comptent pas s’arrêter là et espère obtenir une amélioration significative de leurs conditions de travail auprès de la direction.

Si l’arrivée de la nouvelle directrice de la CSSM, Myriam Harley, en décembre dernier, avait déjà sonné le début de la “grogne” des agents, jugeant ses méthodes managerielles par trop “musclées”, c’est le licenciement de l’un d’entre eux qui a “mis le feu aux poudres”. “Ça bouillonnait depuis un moment, mais ce licenciement abusif a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase”, explique Souniati, responsable de la CAF.

C’était un licenciement abusif, on l’a accusé d’avoir une double activité, de gérer une entreprise en plus de son travail à la CSSM, mais ce n’était pas justifié ! On l’a accusé d’être “gérant de fait” c’est à dire un gérant qui n’apparait pas dans les statuts de l’entreprise, mais ça n’a jamais été démontré !”, surenchérit-elle.  Grâce à leur mobilisation, ce licenciement a été annulé et l’agent sera prochainement réintégré à son poste. Les grévistes ont donc eu gain de cause sur ce point.

Mais, comme dans beaucoup de mouvements sociaux, de ce “déclencheur initial” a découlé beaucoup d’autres revendications latentes depuis des années dans la structure. Les agents grévistes de la CSSM affirment vouloir “une amélioration de leurs conditions de travail” via notamment une augmentation des effectifs, une revalorisation de leurs salaires à la hauteur de ceux de leurs confrères de La Réunion, avec une indexation à 53%, ainsi qu’une “reprise du dialogue social rompu depuis l’arrivée de la nouvelle directrice Myriam Harley”. Engagée explicitement pour “redresser la situation au sein de la CSSM”, ses méthodes n’ont pas l’heur de plaire au personnel, comme souvent dans ce genre de situation.

On n’arrive pas à se comprendre ni même tout simplement à “se poser” pour aborder les sujets”, explique Souniati. La question des retraites pour les salariés qui ont travaillé en dehors de Mayotte, problème loin d’être nouveau pour les agents du secteur public sur l’île, a également été “remise sur le tapis”, tout comme l’externalisation de certains services de la CSSM. “Ils externalisent les services au lieu d’embaucher du personnel à Mayotte et de nous donner davantage de moyens pour que nous puissions faire notre travail dans de bonne conditions”, déplorent les grévistes.

Des négociations complexes qui se poursuivront ce mardi

Malgré une première victoire la semaine dernière avec l’annulation du licenciement de leur collègue, les grévistes “ne lâchent rien” et ne comptent pas arrêter leur grève tant que l’ensemble de leurs revendications n’auront pas obtenu gain de cause. Les négociations avec la direction ont repris ce lundi et n’ont toujours pas eu de conclusion en fin d’après-midi. Elles se poursuivront donc ce mardi, en même temps que le piquet de grève que les agents mettent un point d’honneur à poursuivre tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction. Les Femmes Leaders ainsi que l’association des anciens élus de Mayotte sont venues leur apporter leur soutien.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte franchit le cap des 323 000 habitants : une croissance démographique qui interroge l’avenir du territoire

Mayotte franchit le cap des 323 000 habitants : une croissance démographique qui interroge l'avenir du territoire

La population mahoraise poursuit sa progression à un rythme inédit. Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, Mayotte compte désormais 323 153 habitants au 1er janvier 2026, soit une hausse de 26 % en moins de neuf ans. Une dynamique démographique qui s’accompagne d’enjeux économiques, sociaux et d’aménagement toujours plus importants, alors que l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) dresse également un état des lieux de la conjoncture économique de l’île.

Avec 323 153 habitants recensés au 1er janvier 2026, Mayotte confirme son statut de département français à la plus forte croissance démographique. Les résultats du recensement exhaustif, publiés par l’Insee en juillet, font état de 66 600 habitants supplémentaires par rapport au précédent recensement réalisé en septembre 2017, soit une augmentation de 26 %.

Ce recensement prend en compte l’ensemble des habitants présents sur le territoire, quelle que soit leur nationalité ou leur situation administrative. Cette progression traduit le dynamisme démographique de l’île, mais accentue également les défis auxquels les collectivités et les services publics doivent faire face.

Une économie qui reste dynamique malgré quelques signaux contrastés

Dans son tableau de bord du premier trimestre 2026, l’IEDOM met en évidence une activité économique globalement stable.

L’indicateur du climat des affaires recule très légèrement (–0,1 point sur un an), témoignant d’une certaine prudence des acteurs économiques. Dans le même temps, les importations progressent de 5,5 %, signe d’une consommation toujours soutenue, tandis que les immatriculations de véhicules neufs augmentent de 1,5 %.

Ces indicateurs traduisent une économie qui continue de progresser, mais qui demeure fortement dépendante des importations et confrontée aux contraintes structurelles propres au territoire.

Des ménages toujours confrontés aux questions bancaires

L’IEDOM publie également plusieurs études consacrées à l’inclusion financière et aux tarifs bancaires dans les départements et collectivités d’outre-mer.

Le dernier baromètre de l’inclusion financière suit notamment les dossiers de surendettement, l’exercice du droit au compte bancaire ainsi que les incidents liés aux moyens de paiement.

Parallèlement, les rapports sur les tarifs bancaires montrent que, si les hausses sont moins nombreuses qu’en 2025, des écarts persistent entre les prix pratiqués dans l’Hexagone et ceux observés dans les territoires ultramarins, notamment à Mayotte.

Moderniser la pêche pour renforcer l’autonomie alimentaire

Parmi les annonces économiques du mois de juillet figure également le lancement, par le Département de Mayotte, d’un appel à projets destiné au renouvellement de la flotte de pêche.

Cette opération vise à moderniser les équipements des professionnels du secteur afin d’améliorer leur compétitivité. Au-delà du soutien économique, cette initiative s’inscrit dans une réflexion plus large sur le développement de la production locale et le renforcement de l’autonomie alimentaire de l’île.

Des animations estivales dans les quartiers

Pendant toute la période estivale, la Ville de Mamoudzou poursuit son opération « Quartiers d’été ». Jusqu’au 31 août, des animations sportives, culturelles, éducatives et citoyennes sont proposées dans plusieurs quartiers de la commune afin d’occuper les jeunes durant les vacances scolaires et de favoriser la cohésion sociale.

Une croissance qui pose toujours les mêmes défis

L’augmentation continue de la population mahoraise constitue un indicateur majeur pour les années à venir. Si elle témoigne du dynamisme du territoire, elle accentue également les besoins en logements, en infrastructures scolaires, en établissements de santé, en transports, en réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi qu’en emplois.

Dans ce contexte, les indicateurs économiques publiés par l’IEDOM montrent que Mayotte poursuit son développement. Toutefois, celui-ci devra s’accompagner d’investissements massifs pour répondre à une pression démographique qui demeure sans équivalent en France.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Breizh, seize ans d’engagement au service des Mahorais en Bretagne

Mayotte Breizh, seize ans d'engagement au service des Mahorais en Bretagne

Depuis 2010, l’association Mayotte Breizh accompagne les Mahorais qui quittent l’île pour poursuivre leurs études ou s’installer en métropole. De la préparation du départ à l’installation en Bretagne, elle est devenue un véritable relais de solidarité pour des centaines d’étudiants et de familles.

Chaque année, des centaines de jeunes Mahorais prennent l’avion pour rejoindre la métropole afin d’y poursuivre leurs études. Si cette nouvelle étape représente une opportunité, elle est aussi synonyme de nombreuses interrogations. Comment préparer son départ ? Quelles démarches effectuer dès son arrivée ? Comment trouver ses repères dans une région inconnue ? Depuis plus de seize ans, l’association Mayotte Breizh répond à ces questions en accompagnant les nouveaux arrivants.

Créée en 2010 sous l’impulsion de M. Bacar-Bamcolo et de plusieurs bénévoles, l’association s’est donnée pour mission d’accueillir les Mahorais dès leur arrivée en Bretagne et de les accompagner dans leurs premières démarches. Son ambition est aujourd’hui de développer des antennes dans les différentes villes afin que chaque étudiant ou famille puisse bénéficier d’un accompagnement de proximité.

Préparer le départ avant même de quitter Mayotte

Pour Mayotte Breizh, l’accompagnement commence bien avant l’embarquement. L’association conseille les futurs étudiants sur la préparation de leur voyage, les encourage à voyager léger et les informe sur les formalités indispensables avant le départ.

Les bénévoles vérifient notamment que les dossiers de bourses ont bien été déposés et orientent les jeunes vers les organismes compétents lorsque certaines démarches restent incomplètes. L’objectif est d’éviter les difficultés administratives une fois arrivés en métropole.

Les premières démarches en métropole

À leur arrivée en Bretagne, les nouveaux étudiants sont accueillis par les membres de l’association. Ceux-ci les accompagnent dans les démarches prioritaires : ouverture des droits à la Caisse d’allocations familiales (CAF), affiliation à l’assurance maladie, accès aux soins, recherche de logement ou encore découverte des transports.

« Beaucoup arrivent loin de leur famille et ne savent pas par quoi commencer. Nous sommes là pour les guider et leur permettre de démarrer leur nouvelle vie dans les meilleures conditions », explique M. Bacar-Bamcolo.

Un réseau de partenaires au service des étudiants

Au fil des années, Mayotte Breizh a construit un important réseau de partenaires. L’association travaille notamment avec le réseau Lahiki, la Direction de l’Éducation et de la Scolarité (D.E.S.), des médiateurs ainsi que plusieurs associations engagées auprès de la jeunesse mahoraise, dont Émanciper Mayotte.

Cette coopération se traduit par l’organisation régulière de forums d’information à Mayotte avant les départs en métropole. Dernièrement, Mayotte Breizh était présente au Forum des bacheliers de Chirongui, aux côtés de ses partenaires, des représentants de parents d’élèves et des acteurs de l’éducation. L’association a également participé à un forum organisé avec Émanciper Mayotte, afin de répondre aux questions des futurs étudiants sur leur départ et leur installation.

Ces rencontres permettent d’informer les familles sur les réalités de la vie étudiante en métropole et de rassurer les jeunes avant leur départ.

Préserver la culture mahoraise

Au-delà de l’accompagnement administratif, Mayotte Breizh veille à maintenir le lien entre les Mahorais installés en Bretagne et leur île d’origine. L’association organise des rencontres, des événements culturels et des moments de convivialité destinés à valoriser les traditions mahoraises et à renforcer la solidarité entre les membres de la communauté.

Pour son président, cette dimension culturelle est essentielle : elle permet aux jeunes de conserver leurs repères tout en s’intégrant pleinement dans leur nouvel environnement.

Un message de reconnaissance

À travers cet engagement, M. Bacar-Bamcolo tient à saluer toutes les personnes qui contribuent à la réussite des étudiants mahorais.

« Je remercie tous les acteurs, nos partenaires ainsi que les journalistes qui contribuent à accompagner les étudiants afin qu’ils puissent aller loin dans leurs études. Merci également aux professionnels et aux associations qui travaillent à leurs côtés jusqu’à leur réussite et leur insertion professionnelle. Je remercie enfin l’ensemble des membres de Mayotte Breizh. Sans eux, je ne pourrais pas accomplir tout ce que nous réalisons aujourd’hui pour notre communauté et pour la promotion de la culture mahoraise en Bretagne. »

Seize ans après sa création, Mayotte Breizh poursuit son développement avec la même ambition : offrir un accueil chaleureux, accompagner chaque nouvel arrivant dans ses démarches et faire de la solidarité un véritable pont entre Mayotte et la Bretagne.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Élections présidentielles 2027 : Édouard Philippe attendu à Mayotte et à La Réunion à la fin du mois

Élections présidentielles 2027 : Édouard Philippe attendu à Mayotte et à La Réunion à la fin du mois

Plus que jamais déterminé à devenir le prochain chef de l’État français, le maire du Havre, Édouard Philippe, chef de file du parti Horizons, pourrait ouvrir le bal des prétendants à l’Élysée en venant séduire les électeurs mahorais. Son premier déplacement dans l’archipel est annoncé pour la fin du mois d’août, entre le 24 et le 26, à l’occasion d’une première tournée électorale dans les Outre-mer. Une fois n’est pas coutume, l’un des candidats les plus en vue de la scène politique nationale a choisi de donner la primeur aux deux départements français de l’océan Indien.

Après des semaines de tergiversations, d’alignements et de réalignements opportunistes autour des différentes personnalités nationales ayant affiché leur volonté de succéder à Emmanuel Macron à l’Élysée en 2027, Mayotte entre progressivement dans la dynamique de l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Ainsi, on a appris dans la nuit de dimanche à lundi que le maire du Havre, Édouard Philippe, candidat du centre droit, sera le premier à partir à la conquête des suffrages des Français de l’océan Indien à la fin de ce mois d’août. Selon nos confrères réunionnais, ce déplacement devrait se dérouler du 24 au 26 août dans les deux départements de La Réunion et de Mayotte.

« Il s’agira de son deuxième déplacement à La Réunion et du premier à Mayotte », peut-on lire dans les colonnes de la presse régionale.

Les principaux soutiens locaux du candidat déclaré ne se sont, pour l’heure, pas exprimés sur cette annonce, qui a toutefois été confirmée il y a vingt-quatre heures par le média en ligne Outre-mer la 1ʳᵉ/Outremers360. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron aura donc choisi de lancer sa campagne ultramarine par l’océan Indien, où l’électorat de droite occupe traditionnellement une place plus importante que dans les départements des Antilles et de la Guyane.

En conséquence, il faut s’attendre à d’autres déplacements de ce type à Mayotte, territoire devenu particulièrement convoité par les principales formations politiques nationales depuis la percée du Rassemblement national lors des dernières échéances électorales. L’un des scrutins les plus marquants reste les élections législatives anticipées de 2024, qui ont conduit à l’élection de la députée Anchya Bamana.

Les supputations vont bon train depuis plusieurs semaines. Les analystes les plus alarmistes des plateaux de télévision parisiens s’inquiètent déjà d’un possible raz-de-marée du Rassemblement national dans le 101ᵉ département français dès le premier tour de la prochaine présidentielle.

« Comment un territoire qui souffre d’un tel sous-investissement public, qui enregistre des besoins aussi criants en matière de politiques sociales, peut-il en arriver à une telle extrémité ? », s’interrogent certains journalistes spécialisés dans les Outre-mer au sein de médias nationaux.

Ils peinent à comprendre que les enjeux sociétaux ultramarins diffèrent souvent profondément de ceux de l’Hexagone et qu’une même appartenance nationale ne signifie pas nécessairement des priorités identiques, au-delà des grands principes fondateurs de la République : liberté, égalité et fraternité.

« Qu’ils soient de droite ou de gauche, qu’est-ce que cela changera pour nous ? »

À Mayotte, la situation est d’autant plus particulière que de nombreux habitants restent profondément marqués par la gestion jugée décevante des conséquences du cyclone Chido, qui a durement frappé l’île en décembre 2024.

« Bien sûr que cet événement est un marqueur important dans la vie des Mahorais, mais il ne s’agit pas seulement de leur île. C’est de la Nation tout entière qu’il est question. Vous imaginez ce qu’il adviendra de votre combat pour l’égalité sociale et le rattrapage économique avec l’Hexagone ? Ce serait inédit dans l’histoire des Outre-mer », insiste un interlocuteur au téléphone.

Force est de constater que, pour l’heure, l’électeur mahorais ne sait toujours pas à quel saint se vouer en vue de la prochaine présidentielle. La déception est immense face au sentiment d’être le « grand oublié » des décideurs nationaux.

« À Paris, le pouvoir ne se soucie ni de nos envies, ni de nos besoins vitaux, ni de nos espoirs d’une vie meilleure. Alors, entre un président de droite ou de gauche, qu’est-ce que cela changera pour les Mahorais ? Ils viendront tous à Mamoudzou nous promettre monts et merveilles, nous prendre une fois de plus pour des naïfs, puis ils repartiront en faisant comme bon leur semble, sans tenir leurs engagements », déclare Mariama Madjidi, confectionneuse de colliers de fleurs à Majicavo.

Chez elle, les commandes affluent déjà en prévision des nombreuses visites politiques attendues dans les prochains mois. Elle ne cache pas son amertume, qu’elle affirme partager avec de nombreux Mahorais, à l’égard de la manière dont l’État a traité Mayotte sous les mandats d’Emmanuel Macron. Elle assure n’avoir encore aucune idée du candidat auquel elle accordera sa voix, estimant que tous finissent par rejoindre « la même corbeille des promesses sans lendemain ».

Pour l’instant, les partisans de Marine Le Pen — surnommée « Tata Mariame » par certains de ses sympathisants depuis la dernière présidentielle — se montrent relativement discrets sur les réseaux sociaux et les forums locaux. Il n’en va pas de même des soutiens de Jean-Luc Mélenchon, qui affichent leur confiance à l’approche des prochaines échéances électorales.

Ils espèrent une visite du leader de La France insoumise à Mamoudzou ou, à défaut, celle de plusieurs de ses principaux lieutenants, parmi lesquels Manuel Bompard et Mathilde Panot. Aucune date n’a toutefois été avancée à ce stade.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Évasan vers La Réunion : deux poids, deux mesures !

Évasan vers La Réunion : deux poids, deux mesures !

Un enfant de 5 ans gravement malade nécessitant une évacuation sanitaire vers les établissements hospitaliers de La Réunion (mieux dotés que le CHM), un père français qui refuse de l’accompagner et une mère comorienne en situation irrégulière sur le sol mahorais : voilà un cocktail délirant dont seule la France semble avoir le secret dans ses tripatouillages politiques avec la dictature « azalienne » de l’Union des Comores.

Ce n’est pas une fiction, loin de là. Il s’agit d’un cas, malheureusement non isolé, dans lequel notre administration d’État est la seule à réussir à se dépatouiller en pratiquant allègrement une géométrie variable dans le traitement des dossiers et, bien sûr, selon la tête du client.

Que des suppôts des régimes successifs des trois îles comoriennes voisines viennent se faire soigner incognito dans les hôpitaux mahorais, « à l’Ouest, rien de nouveau », pourrait-on dire (en référence au célèbre film), tant cette situation n’a plus rien de surprenant. Le consulat de France à Moroni sait manifestement comment procéder pour rendre cela possible.

Malheureusement, il n’en est pas de même pour les citoyens comoriens ordinaires résidant à Mayotte en situation irrégulière. L’affaire dont Flash Info a eu connaissance cette semaine concerne une mère comorienne désireuse d’accompagner son enfant gravement malade dans un hôpital réunionnais.

En raison du très jeune âge de l’enfant, les médecins du CHM estiment que la présence de sa mère à ses côtés serait indispensable durant le traitement qui l’attend. Seulement voilà : un obstacle majeur se dresse. La préfecture de Mayotte refuse catégoriquement de lui délivrer un laissez-passer temporaire afin qu’elle puisse effectuer le voyage avec son enfant de seulement 5 ans.

Il faut mesurer à sa juste valeur l’ampleur du drame humain qui se joue dans l’ombre des arcanes des services de santé et de l’administration de l’État à Mayotte.

Dans une missive datée du 13 juillet 2026, émanant d’un service de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM), un fonctionnaire alerte sa hiérarchie sur le risque que la presse locale prenne connaissance de ce dossier.

Pour faire court, écrit-il : « La CMES a donné son accord pour une évasan avec accompagnement familial, comme cela a été demandé. Cependant, la maman se propose d’accompagner l’enfant, mais la préfecture refuse de lui délivrer un laissez-passer, car elle est en situation irrégulière. Il s’agit d’un enfant qui a bénéficié de plusieurs évacuations sanitaires depuis 2024, notamment vers la métropole. »

Et patatras ! L’État providence français aurait-il soudainement été saisi de remords et décidé de ne plus être sensible au malheur du monde, dès lors qu’il ne s’agit plus de protéger des persécuteurs de leurs peuples ou des puissants du moment ?

Que vive le régime Azali et ses suppôts, et tant pis pour la veuve et l’orphelin ! « Circulez, il n’y a rien à voir », surtout pas ces situations dramatiques que l’on ne voudrait plus voir dans nos hospices, où les bons samaritains ne semblent avoir droit de cité que pour les dictateurs et les tortionnaires comoriens.

Ouf ! C’est sorti, comme un œuf du ventre d’une poule pondeuse, et, franchement, cela fait beaucoup de bien !

Cette mascarade dure malheureusement depuis 2015, depuis le scandale du pétrole lampant, qui a vu plusieurs personnes mourir des suites de leurs blessures sur le territoire français. Faute d’autorisations consulaires adéquates, ne sont désormais évacués vers les hôpitaux de La Réunion ou de l’Hexagone que les malades étrangers remplissant certaines conditions…

Et quelles conditions ?

Ailleurs, les associations de défense des droits de l’homme, de la veuve et de l’orphelin qualifieraient cela de « délit de faciès ». Ici, à Mayotte, cela ne semble émouvoir personne. Après tout, ne sommes-nous pas à plus de 10 000 kilomètres de l’Élysée ?

« Ce qui est bon pour Pierre ne l’est absolument pas pour Paul, et encore moins pour Pilate. Circulez donc, il n’y a rien à voir ni à dire ! »

Le fonctionnaire de la CSSM qui alerte ses supérieurs sur cette situation pour le moins inhabituelle précise également dans son courrier : « Le père, qui est français, aurait refusé d’accompagner l’enfant. Or, le guichet unique n’a pas le droit d’organiser l’évasan d’un mineur sans accompagnement. »

Un élément qui, selon nos informations, a été fermement rappelé au CHM par les autorités compétentes.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Emploi à Mayotte : une baisse du chômage qui reste à confirmer

Emploi à Mayotte : une baisse du chômage qui reste à confirmer

Les chiffres publiés par la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) montrent une nouvelle baisse du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2026. Une évolution encourageante qui confirme la tendance observée depuis plusieurs mois, mais qui ne suffit pas à masquer les fragilités structurelles du marché du travail mahorais.

Les chiffres envoyés par la DEETS dans un communiqué de presse sont encourageants. En effet, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail à Mayotte a reculé ce deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent. La baisse concerne principalement les personnes sans aucune activité (catégorie A), tandis que l’ensemble des demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi (catégories A, B et C) enregistre également une légère diminution. Cette évolution s’inscrit dans la continuité des précédentes publications de la DEETS et traduit une amélioration progressive de la situation sur le territoire. Pour autant, les chiffres demeurent à des niveaux particulièrement élevés et invitent à la prudence.

Un contexte toujours fragile

Contrairement à d’autres territoires où les variations trimestrielles peuvent être liées à la conjoncture économique, le marché de l’emploi mahorais est confronté à des défis structurels. La croissance démographique, la jeunesse de la population et un tissu économique encore limité rendent particulièrement difficile l’absorption des nouveaux entrants sur le marché du travail. Chaque année, plusieurs milliers de jeunes arrivent en âge de travailler alors que les créations d’emplois restent insuffisantes. Résultat : même lorsque les statistiques s’améliorent, la pression sur le marché du travail demeure très forte. La légère baisse enregistrée au deuxième trimestre constitue donc un signal positif, mais elle ne traduit pas encore un changement durable de tendance.

Les jeunes et les chômeurs de longue durée toujours en première ligne

Le rapport confirme également que les moins de 25 ans restent fortement représentés parmi les demandeurs d’emploi. Malgré quelques signes d’amélioration, leur insertion professionnelle demeure difficile, notamment pour les jeunes peu qualifiés. Autre point de vigilance : le chômage de longue durée. Une part importante des personnes inscrites à France Travail recherche un emploi depuis plus d’un an. Cette situation traduit des difficultés persistantes d’accès au marché du travail et rappelle que de nombreux demandeurs d’emploi cumulent plusieurs freins : faible niveau de qualification, problèmes de mobilité, difficultés sociales ou encore maîtrise insuffisante du français.

France Travail face à des besoins qui dépassent la seule recherche d’emploi

Depuis la réforme ayant remplacé Pôle emploi par France Travail, l’accompagnement des demandeurs d’emploi a évolué. Les nouvelles catégories F et G permettent notamment d’identifier les personnes qui nécessitent avant tout un accompagnement social ou qui sont en attente d’une orientation au sein du Réseau pour l’emploi. Leur importance à Mayotte illustre une réalité bien connue des acteurs locaux : pour une partie des inscrits, les difficultés ne relèvent pas uniquement de l’absence d’emploi. Les problématiques de logement, de santé, de formation, de mobilité ou encore d’accès aux droits constituent souvent des obstacles tout aussi déterminants.

Transformer l’embellie en emplois durables

Si les derniers chiffres sont encourageants, ils ne doivent donc pas conduire à un excès d’optimisme. La véritable question n’est pas seulement celle de la baisse du nombre d’inscrits à France Travail, mais de la capacité de l’économie mahoraise à créer des emplois pérennes et qualifiés. Le développement des infrastructures, le soutien aux entreprises locales, la montée en compétences de la population active et l’insertion des jeunes apparaissent comme des leviers essentiels pour consolider cette amélioration.

Les prochaines publications trimestrielles permettront de mesurer si la baisse observée depuis plusieurs mois marque le début d’une véritable dynamique ou si elle ne constitue qu’une évolution conjoncturelle. Dans un territoire où le chômage demeure l’un des principaux défis économiques et sociaux, la prudence reste de mise, malgré des indicateurs qui semblent progressivement s’orienter dans la bonne direction.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes