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Comores : la pénurie de carburant entraîne des coupures d’eau et de courant

Comores : la pénurie de carburant entraîne des coupures d’eau et de courant

Le programme dévoilé par la Société nationale de l’électricité des Comores va impacter aussi bien Moroni que le reste de la Grande Comore, déjà touchés par un rationnement du carburant en vigueur depuis plus d’un mois, selon un responsable d’une station-service de la capitale.

Alors que la situation au Moyen-Orient se calme avec la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, l’Union des Comores s’enlise dans une crise énergétique au moment où la réouverture complète du détroit d’Ormuz se précise.

En effet, depuis dimanche, le ravitaillement en carburant dans les stations-service de la Grande Comore relève du parcours du combattant. Mais c’est surtout l’annonce d’un programme de délestage qui inquiète. Dans un communiqué publié mardi sur sa page Facebook, la Société nationale de l’électricité (Sonelec) a précisé que des coupures journalières et nocturnes seraient appliquées à l’échelle de la Grande Comore.

« La Société nationale de l’électricité des Comores informe son aimable clientèle que les difficultés actuelles d’approvisionnement en carburant liées à la situation internationale ont entraîné une réduction temporaire des quantités disponibles pour assurer la production électrique », indique l’entreprise publique. Elle explique que cette mesure vise à préserver les réserves, éviter une interruption totale du service et maintenir l’alimentation électrique aussi longtemps que possible.

D’après le même communiqué, Moroni et ses environs seront délestés de 13 heures à 18 heures, tandis que sur l’ensemble de la Grande Comore, le courant sera coupé de 1 heure à 7 heures du matin. Soit cinq longues heures de coupure qui risquent d’impacter fortement l’économie, principalement concentrée à Moroni. Que vont faire les secteurs de production et de transformation, notamment ceux qui ne disposent d’aucune alternative énergétique ?

L’eau aussi

Le bémol est qu’avant même l’annonce de ce calendrier, certaines zones limitrophes de la capitale vivaient déjà à un rythme inhabituel.

« Il faudrait revoir vos informations, car de 6 heures à 18 heures, à Mdé Sahani, il n’y a pas eu d’électricité. Visiblement, cela recommence alors que la situation s’était améliorée, même si tous les jours la zone est délestée entre 6 heures et 14 heures », a réagi mardi Fahmy Thabit, entrepreneur et ancien président de la Chambre de commerce.

Au nord de la Grande Comore, la situation s’est également dégradée ces derniers jours alors que la région était jusque-là alimentée régulièrement.

« Nous ne sommes pas confrontés à un quelconque problème technique. Le rationnement du carburant s’est accentué et nous n’avons pas d’autre choix que de suivre le rythme », a confié un employé de la Sonelec, qui parvenait jusqu’ici à maintenir un niveau d’approvisionnement satisfaisant grâce aux centrales solaires implantées sur l’île.

Flash Infos a tenté d’obtenir une réaction de la Société comorienne des hydrocarbures, en vain.

Pourtant, cette pénurie ne touchera pas seulement l’électricité. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a également annoncé que ses activités seraient affectées.

« La Sonede informe ses usagers que les coupures de la Sonelec, couplées aux difficultés d’approvisionnement en carburant que nous subissons, impacteront directement nos capacités de production et de distribution de l’eau. Nos systèmes de production et de traitement dépendent entièrement d’une alimentation électrique stable pour fonctionner convenablement », a prévenu la société, dirigée depuis plus d’un mois par l’ancienne commissaire générale au Plan, Najda Said Abdallah.

Pour une capitale déjà sous-alimentée en eau — les habitants s’approvisionnant largement auprès de revendeurs ambulants —, la baisse de la disponibilité du carburant ne va rien arranger.

Huit milliards de manque à gagner

« Déjà, dans notre principal centre de pompage situé à Vouvouni, il est rare que la zone soit alimentée pendant la journée par la Sonelec. Nous utilisons nos groupes électrogènes pour assurer le pompage. Mais là encore, la fourniture de carburant a diminué. Sur une commande de 12 000 litres passée auprès de la Société comorienne des hydrocarbures, seulement 3 000 litres nous ont été livrés en deux jours », a indiqué le service de communication de la société de distribution d’eau.

Celui-ci précise qu’en temps normal, trois zones de l’île sont régulièrement alimentées après pompage : le Hambou, le Bambao et le sud de Moroni.

« Or, pour remplir les réservoirs, il faut douze heures consécutives d’alimentation afin de pomper l’eau, sans compter le ravitaillement des revendeurs utilisant bus et camions-citernes. Cette nouvelle pénurie de carburant accentue donc les difficultés de fourniture d’eau », regrette notre source.

Dans les stations-service de la capitale, cela fait plus d’un mois que le quota habituel a été revu à la baisse et ne dépasse plus 3 000 litres, selon le responsable d’une station. Résultat : les files d’attente sont de retour à Moroni et dans ses environs.

Une situation qui suscite l’inquiétude à l’approche des festivités estivales. Certaines indiscrétions laissent entendre que le prochain pétrolier pourrait accoster avant le début du mois de juillet.

Notons que la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) absorbe à elle seule plus de 50 % des volumes de gazole importés, qu’elle revend ensuite à la Sonelec à un tarif préférentiel. Cette subvention de l’État représente un manque à gagner de 8 milliards de francs comoriens (près de 16 millions d’euros) pour la société, selon la section des comptes, qui indiquait que la dette de la Sonelec envers la SCH s’élevait en 2022 à 429,712 millions de francs comoriens.

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Une pétition à La Réunion contre les transferts de détenus mahorais

Une pétition à La Réunion contre les transferts de détenus mahorais

Une pétition opposée aux transferts de détenus et de mineurs mahorais vers La Réunion a recueilli plus de 5.700 signatures, selon Clicanoo. Portée par le collectif « Stop délinquance transférée à La Réunion », elle demande aux autorités de mettre fin à ces arrivées.

Depuis plusieurs mois, des élus et syndicats pénitentiaires réunionnais dénoncent l’accueil de détenus en provenance de Mayotte, alors que le centre pénitentiaire de Majicavo reste confronté à une forte surpopulation. En janvier, la préfecture de La Réunion avait indiqué que 41 personnes avaient été transférées depuis Mayotte vers des établissements pénitentiaires réunionnais en 2024, et 45 vers l’Hexagone.

École de Mangajou : des travaux de protection attendus face à l’érosion

École de Mangajou : des travaux de protection attendus face à l'érosion

Menacée depuis plusieurs années par l’érosion du littoral, l’école maternelle de Mangajou pourrait bientôt bénéficier de travaux de sécurisation. Après l’effondrement à plusieurs reprises du mur de protection, un projet de soutènement est à l’étude, sous réserve de financements. La mairie attend notamment les indemnisations liées au cyclone Chido ainsi qu’une participation de la préfecture, pour un montant total estimé à 7 millions d’euros. En attendant le lancement du chantier, les quelque 190 élèves continuent d’être accueillis dans un établissement dont la fragilité suscite toujours l’inquiétude des familles.

Pontons : 18 mois après Chido, les usagers de la mer réclament enfin des actes

Pontons : 18 mois après Chido, les usagers de la mer réclament enfin des actes

Plus d’un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, les pontons de Grande-Terre et de Petite-Terre restent, pour la plupart, détruits ou fortement endommagés. Une situation qui continue de pénaliser quotidiennement les professionnels de la mer, les acteurs du tourisme, les pêcheurs et l’ensemble des usagers, malgré les nombreuses annonces et réunions organisées depuis la catastrophe.

Face à ce qu’il considère comme une urgence, le Cluster Tourisme Mayotte a officiellement saisi le Conseil départemental le 22 juin 2026 afin d’obtenir un calendrier précis, assorti d’engagements clairs et chiffrés concernant la reconstruction des infrastructures portuaires.

Dans cette dynamique, l’organisation convie l’ensemble des usagers de la mer à une rencontre de concertation ouverte, prévue le vendredi 26 juin 2026 à 11 heures, dans la salle de réunion de l’Office de Tourisme Intercommunal Dembéni-Mamoudzou (KARIDEM), place Zakia Madi, rue de la Pompe à Mamoudzou.

Cette réunion permettra de dresser un état des lieux de la situation des pontons, de présenter les démarches engagées auprès des institutions, de recueillir les difficultés rencontrées par les différents acteurs du secteur, mais aussi d’échanger sur les attentes et les propositions de chacun. L’objectif est également de définir collectivement les actions à mener afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes.

À travers cette initiative, le Cluster Tourisme Mayotte souhaite instaurer un dialogue constructif entre les acteurs concernés et les pouvoirs publics, dans l’espoir de relancer rapidement des infrastructures essentielles au développement des activités maritimes et touristiques de l’île.

Contrôle renforcé sur les tomates, brèdes et cucurbitacées pendant cinq mois

Contrôle renforcé sur les tomates, brèdes et cucurbitacées pendant cinq mois

Face aux enjeux de sécurité sanitaire et de traçabilité des produits agricoles, la préfecture de Mayotte a décidé de renforcer la surveillance de la distribution et de la vente de tomates, de brèdes et de cucurbitacées. Cette mesure exceptionnelle, entrée en vigueur le 19 juin 2026, s’appliquera pour une durée de 150 jours sur l’ensemble du département.

Désormais, tous les acteurs de la chaîne de commercialisation – commerçants, détaillants, grossistes, revendeurs ou distributeurs à titre gratuit – devront être en mesure de justifier immédiatement l’origine et la provenance des produits proposés. Cette obligation pourra être remplie grâce à des documents de traçabilité tels qu’une facture d’achat, un bon de livraison ou un contrat d’achat permettant d’identifier précisément le lot concerné et son établissement de production. À défaut, un certificat d’analyse attestant de la conformité des produits à la réglementation sur les résidus de pesticides pourra être présenté.

Les autorités préviennent que tout lot dont la traçabilité ou la conformité ne pourra être démontrée lors d’un contrôle fera l’objet d’un retrait immédiat du marché, suivi de sa destruction. Cette disposition vise à garantir la protection des consommateurs et à lutter contre la circulation de produits dont l’origine ou la qualité sanitaire ne peuvent être vérifiées.

La mise en œuvre de cet arrêté sera assurée par le secrétaire général de la préfecture ainsi que par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte, chargés de veiller au respect de ces nouvelles exigences sur le territoire.

Affaire Lyhanna : les magistrats de Mayotte dénoncent « un dysfonctionnement d’État »

Affaire Lyhanna : les magistrats de Mayotte dénoncent « un dysfonctionnement d’État »

À Mamoudzou comme sur l’ensemble du territoire national, des magistrats se sont rassemblés ce mardi 23 juin devant le palais de justice, à l’appel du Syndicat de la magistrature. En cause : les annonces du garde des Sceaux après le pré-rapport d’inspection sur l’affaire Lyhanna, et notamment la procédure disciplinaire visant une substitute du parquet d’Auch.

En robe noire, devant le palais de justice de Mamoudzou, plusieurs magistrats ont voulu afficher leur colère. Ce mardi 23 juin, à 12h30, ils ont répondu à l’appel national du Syndicat de la magistrature, au lendemain des déclarations du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, sur l’affaire Lyhanna. Pour le syndicat, le drame ne peut pas être réduit à la responsabilité d’une magistrate. Il révèle, au contraire, « un dysfonctionnement d’État ».

L’affaire a bouleversé la France. Lyhanna, 11 ans, a disparu le 29 mai à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers. Le principal mis en cause, déjà visé par plusieurs procédures pour des infractions à caractère sexuel, a été mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans. Le corps de l’enfant a été retrouvé le 4 juin. Dès le lendemain, les inspections générales de la justice, de la gendarmerie et de l’Éducation nationale ont été saisies pour examiner le traitement des procédures antérieures.

Le pré-rapport publié le 22 juin pointe notamment le traitement d’une plainte déposée en août 2025 pour des viols sur mineure. Après un premier traitement par le parquet de Toulouse, le dossier avait été transmis au parquet d’Auch, territorialement compétent. Les inspections relèvent ensuite plusieurs défaillances : un enregistrement tardif, une erreur d’orientation, l’absence de mention du caractère urgent du dossier et un suivi insuffisant de l’enquête.

Mais pour le Syndicat de la magistrature, ce pré-rapport ne peut pas servir de base à une mise en cause individuelle immédiate. « Une inspection de fonctionnement, à la différence d’une enquête administrative, n’a pas vocation à établir des fautes professionnelles », rappelle l’organisation dans un communiqué diffusé mardi. Elle reproche au ministre d’avoir « désigné une responsable » et annoncé des sanctions « sans attendre les conclusions de l’enquête administrative » ni l’avis du Conseil supérieur de la magistrature.

Le syndicat conteste aussi le retrait de l’habilitation « mineurs » confiée jusqu’ici à la substitute d’Auch. Selon lui, cette décision ressemble à « une mesure para-disciplinaire » prise dans l’urgence, pour répondre politiquement à l’émotion suscitée par le drame. Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant ce magistrat et évoqué des sanctions avant la fin de l’été.

Pour les magistrats mobilisés, le cœur du sujet est ailleurs : délais d’enquête, manque de personnels, absence d’outils de suivi fiables, difficulté à hiérarchiser les dossiers les plus sensibles. Le pré-rapport lui-même relève que le parquet d’Auch comptait, au 1er mai 2026, trois magistrats au parquet pour un effectif localisé de 2,90 équivalents temps plein, alors que le service des mineurs était confié à un substitut également chargé d’autres contentieux lourds, dont les violences, les infractions sexuelles et les homicides.

« Ces dysfonctionnements sont le quotidien des procureur·es en charge des mineur·es », insiste le Syndicat de la magistrature, qui évoque un manque d’enquêteurs, d’éducateurs, de soignants, de psychologues, d’experts et de lieux adaptés pour recueillir la parole des enfants. À ses yeux, l’affaire Lyhanna ne doit pas conduire à chercher un « fusible », mais à poser la question de la capacité réelle de la justice à protéger les enfants.

Le pré-rapport formule d’ailleurs plusieurs pistes structurelles : développer une approche par les risques, généraliser la transmission dématérialisée des procédures, mieux suivre les enquêtes sensibles et adapter certains dispositifs déjà utilisés pour les violences intrafamiliales aux dossiers de viols sur mineurs.

À Mamoudzou, cette mobilisation trouve un écho particulier. Le tribunal judiciaire alerte régulièrement sur ses propres difficultés de moyens humains et matériels. Début février, la juridiction comptait 16 magistrats en poste, dont 12 titulaires, au lieu des 18 prévus, dans un contexte encore marqué par les dégâts du cyclone Chido et le manque de salles d’audience. Pour le Syndicat de la magistrature, l’enjeu dépasse le seul parquet d’Auch : « exiger une réponse politique à la hauteur de l’incapacité de la justice à protéger les enfants ».

Devant les palais de justice, le message est clair : les magistrats demandent une réponse politique et structurelle. Non pas seulement pour dire qui a failli, mais pour éviter que la chaîne de protection des enfants ne cède à nouveau.

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Élections à Mtsamboro : le tribunal confirme la victoire de la liste de M. Nourdine malgré des irrégularités

Élections à Mtsamboro : le tribunal confirme la victoire de la liste de M. Nourdine malgré des irrégularités
Le tribunal a rejeté la demande visant à proclamer victorieuse la liste de M. Ben Saïd ainsi que sa demande d'annulation des opérations électorales. * image d'illustration générée par ia

La contestation électorale engagée après les élections municipales de mars 2026 à Mtsamboro n’aura finalement pas changé l’issue du scrutin. Malgré plusieurs irrégularités constatées dans les opérations de vote, le tribunal a rejeté la requête de la liste « Union Pour l’Avenir 2026 » et confirmé l’élection de la majorité conduite par M. Nourdine.

L’affaire faisait suite à une protestation déposée le 26 mars 2026 par M. Laïthidine Ben Saïd, tête de liste d’« Union Pour l’Avenir 2026 ». Arrivée en deuxième position avec 1 732 voix, soit seulement 19 suffrages derrière la liste « Face aux Défis – Bâtissons dans l’Unité » de M. Nourdine, sa formation demandait au tribunal d’être déclarée victorieuse ou, à défaut, d’annuler les élections municipales et communautaires organisées les 15 et 22 mars.

Pour appuyer sa requête, M. Ben Saïd dénonçait plusieurs anomalies relevées lors du scrutin. Il faisait notamment état de six enveloppes supplémentaires découvertes dans l’urne du bureau de vote n°78, ainsi que de vingt-quatre bulletins qu’il estimait irréguliers en raison de signatures litigieuses sur les listes d’émargement. Selon ses calculs, ces irrégularités auraient dû conduire à retirer trente voix à la liste arrivée en tête et à inverser le résultat final.

Après examen du dossier, le tribunal a effectivement relevé plusieurs irrégularités. Les juges ont constaté que six suffrages supplémentaires avaient bien été introduits dans l’urne du bureau n°78 sans correspondance avec le nombre d’émargements. Ils ont également identifié huit différences significatives entre les signatures apposées sur les listes d’émargement des deux tours de scrutin, sans justification suffisante permettant d’en garantir l’authenticité.

Au total, quatorze suffrages ont ainsi été considérés comme irrégulièrement exprimés. Toutefois, le tribunal a estimé que ces irrégularités n’étaient pas de nature à modifier l’issue du scrutin. En retranchant hypothétiquement ces quatorze voix de la liste victorieuse, celle-ci conservait encore 1 737 suffrages, soit cinq voix de plus que la liste conduite par M. Ben Saïd.

Les magistrats ont ensuite recalculé la répartition des sièges selon les règles du code électoral. Là encore, aucune modification n’est apparue : la liste de M. Nourdine conserve ses vingt sièges au conseil municipal et ses quatre sièges au conseil communautaire. La liste « Union Pour l’Avenir 2026 » garde quant à elle cinq sièges municipaux et un siège communautaire, tandis que la liste « Mtsamboro Yatru » conserve ses quatre élus.

Le tribunal a ainsi rejeté la demande visant à proclamer victorieuse la liste de M. Ben Saïd ainsi que sa demande d’annulation des opérations électorales. Les autres conclusions présentées par la commune de Mtsamboro, qui souhaitait notamment faire constater une irrégularité dans le remplacement de M. Ben Saïd au conseil communautaire après sa démission, ont également été rejetées, les juges estimant qu’elles relevaient d’un litige distinct.

Cette décision met ainsi un terme au contentieux électoral né des municipales de 2026 à Mtsamboro. Si la justice a reconnu plusieurs irrégularités dans le déroulement du scrutin, elle considère qu’elles n’ont pas eu d’incidence suffisante sur la sincérité des résultats pour remettre en cause la victoire de la liste conduite par M. Nourdine.

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L’ARS alerte sur les rejets d’eaux usées à Mayotte

L'ARS alerte sur les rejets d'eaux usées à Mayotte
* image d'illustration

L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte a publié son bilan 2025 de la qualité des eaux de baignade. Si 85 % des sites contrôlés répondent aux exigences sanitaires, cinq plages restent classées « insuffisantes ». L’agence pointe principalement le manque d’assainissement et les rejets d’eaux usées, aggravés par les épisodes de fortes pluies.

Afin de garantir la sécurité sanitaire des baigneurs, l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte assure chaque année, en partenariat avec les communes et conformément à la réglementation européenne, le contrôle de la qualité des eaux de baignade du territoire. Ces analyses permettent d’évaluer les risques sanitaires pour les usagers grâce à un classement en quatre catégories : excellente, bonne, suffisante et insuffisante.

En 2025, 27 des 32 sites contrôlés présentent une qualité d’eau conforme aux exigences européennes, avec un classement au moins « suffisant ». En revanche, cinq sites demeurent classés « insuffisants » : Trévani Hôtel, Koungou Collège, Sohoa Bé, Mtsanga Beach et Bouéni Village.

Cette classification repose sur les résultats des contrôles réalisés entre octobre 2024 et septembre 2025. Malgré une interruption temporaire des prélèvements entre décembre 2024 et mars 2025 à la suite du cyclone Chido, l’ARS a effectué 402 analyses bactériologiques sur l’ensemble des 32 sites.

Au cours de la saison 2025, plusieurs plages ont fait l’objet de recommandations de fermeture temporaire, notamment à M’Gouédajou (Bandraboua), M’Bouini (Kani-Kéli), Sohoa Bé (Chiconi) et Mliha (Mtsangamouji). La plupart de ces épisodes de pollution sont intervenus après de fortes pluies. Les précipitations entraînent vers le lagon les pollutions présentes dans les ravines, les réseaux d’eaux pluviales et les rejets d’eaux usées. L’ARS recommande ainsi d’éviter toute baignade pendant les 72 heures suivant un épisode pluvieux.

Des eaux usées insuffisamment traitées

La qualité des eaux est évaluée à partir de la présence de bactéries indicatrices de contamination fécale.

Dans son communiqué, l’ARS explique que « la dégradation de l’eau est essentiellement liée à la présence d’eaux usées non ou insuffisamment traitées, voire d’eaux pluviales contaminées ou à une surfréquentation des sites ». L’agence précise que ces pollutions peuvent être accidentelles, comme lors d’un dysfonctionnement d’une station d’épuration, ou structurelles, lorsqu’elles résultent d’un traitement insuffisant des eaux usées ou des eaux pluviales. Les conditions météorologiques peuvent également accentuer ces phénomènes.

Pour satisfaire aux exigences européennes, toutes les eaux de baignade devront atteindre au minimum la qualité « suffisante » d’ici au 31 décembre 2031. Avec cinq sites encore classés « insuffisants », Mayotte devra poursuivre ses efforts pour respecter cet objectif.

Un déficit chronique d’assainissement

La stratégie quinquennale de l’État identifie le manque d’assainissement comme l’une des principales causes de la dégradation des eaux.

Selon le rapport d’activité 2024 du Plan Eau DOM du ministère de la Transition écologique, seuls 19 % des Mahorais sont raccordés au réseau collectif d’assainissement, contre environ 80 % en métropole. Pourtant, plus de 70 % des zones urbanisées sont théoriquement classées en assainissement collectif.

Le Comité de l’eau et de la biodiversité de Mayotte (CEB) recense 33 stations d’épuration, principalement de petite capacité, auxquelles s’ajoutent quatre unités plus importantes situées à Baobab, Dembéni, Dzoumogné et M’ronabéja. Le comité souligne toutefois que « le raccordement de l’abonné est souvent le point critique de l’efficacité des projets ».

La majorité des foyers mahorais dépend encore de systèmes d’assainissement individuels. Or, selon le Plan Eau DOM, les dispositifs utilisés en métropole sont souvent inadaptés aux réalités du territoire, en raison de leur coût d’installation, d’exploitation et d’entretien.

À cette difficulté s’ajoute la situation de nombreux quartiers d’habitat informel. La DEALM distingue ainsi trois catégories : l’assainissement individuel classique, l’assainissement individuel transitoire dans les secteurs appelés à être raccordés au réseau collectif, et l’assainissement individuel informel dans les quartiers spontanés, où l’absence d’accès à l’eau et aux réseaux favorise l’insalubrité.

En théorie, ces installations doivent être contrôlées par un Service public d’assainissement non collectif (SPANC). En pratique, seule la Communauté de communes de Petite-Terre dispose aujourd’hui d’un service pleinement opérationnel. Les autres collectivités restent confrontées à un cadre juridique encore incertain depuis la réforme d’avril 2025.

Des besoins d’investissement considérables

Dans son rapport publié en mars 2025, la Cour des comptes constate que « de nombreuses stations d’épuration et installations d’assainissement non collectif sont non conformes, et les rejets directs d’eaux usées détériorent les milieux aquatiques, en particulier les eaux côtières ».

Elle estime les besoins d’investissement à 743 millions d’euros, dont 554 millions pour l’eau potable et 190 millions pour l’assainissement et la gestion des eaux pluviales.

Enfin, ce constat intervient dans un contexte encore marqué par les conséquences du cyclone Chido, qui a endommagé de nombreuses infrastructures fin 2024, ainsi que par l’épidémie de choléra qui a touché Mayotte entre mars et juillet 2024, rappelant les conséquences sanitaires d’un accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement.

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Le Conseil départemental et le CHM au service de la lutte contre l’endométriose

Le Conseil départemental et le CHM au service de la lutte contre l'endométriose

Ce mardi 23 juin, le Conseil départemental et le CHM ont organisé une journée de sensibilisation à l’endométriose à l’hémicycle Younoussa Bamana. L’objectif était de sensibiliser le grand public aux dispositifs d’accompagnement et de prise en charge médicale.

« L’endométriose est parfois méconnue, incomprise ou mal diagnostiquée », rappelle le Département-Région. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique qui touche les femmes et affecte principalement la région pelvienne, entraînant parfois des problèmes de fertilité. Les traitements sont le plus souvent médicamenteux et, dans certains cas, chirurgicaux. Selon le Service d’information du Gouvernement, entre 10 et 20 % des femmes en France sont touchées par cette maladie.

Depuis 2022, le CHM a mis en place une unité spécialisée pour prendre en charge les patientes. À l’hémicycle, plusieurs élus étaient présents, dont Zouhouria Mouayade Ben et Hélène Pollozec. En visioconférence, des professionnels de santé ont également participé aux échanges, parmi lesquels Fayum Ambdi, psychologue, et le docteur Mathilde Castel. Des associations telles qu’ASCA et Endo Mayotte étaient également au rendez-vous.

Aux côtés du grand public, les participants ont assisté à un programme articulé autour d’échanges, de témoignages bouleversants de femmes atteintes d’endométriose et de la présentation de solutions concrètes.

Fayum Ambdi, psychologue, a expliqué les répercussions de la maladie dans l’environnement professionnel : « La douleur existe, elle est connue, elle est anticipée, elle est gérée, mais elle ne trouve pas d’espace linguistique dans le collectif de travail. Elle reste alors portée seule, et cette solitude n’est pas anodine, car une souffrance qui ne peut pas circuler devient progressivement une souffrance isolée, sans prise en charge. Il y a aussi une autre douleur dans la dynamique clinique : le corps humain tend progressivement à disparaître de la scène du travail. »

Il insiste sur le fait que, lors de ses entretiens, les femmes cherchent souvent à invisibiliser leur maladie, ce qui l’a amené au constat suivant : « Dans les esprits, toute visibilité du corps malade risque de fragiliser le sentiment d’appartenance au collectif. »

Il se montre néanmoins optimiste. Évoquant la notion de responsabilité collective, il estime qu’il faut faire du lieu de travail un espace où chacun peut se construire et s’épanouir sans souffrance.

De nombreuses questions ont émergé, tant sur le volet psychologique, avec la quête de sérénité dans une lutte permanente contre la maladie, que sur le volet technique, notamment concernant la prise en charge proposée par le CHM. Les réponses ont encouragé les femmes à travailler sur leur développement personnel, à se rapprocher des structures de santé et à faire preuve de patience face à un service encore en développement au CHM.

Le thème de la médecine traditionnelle a également été abordé au cours de ce colloque. Mariame Saïd Khalame, conseillère départementale, était présente à l’événement. Elle s’est confiée à nous en évoquant des traitements qui doivent, selon elle, davantage s’adapter à la société mahoraise : « Toutes les mesures que nous souhaitons mettre en place doivent prendre en compte l’environnement sociologique de Mayotte. Je vois mal une jeune fille de 16 ans entamer une démarche médicale pour un accompagnement pouvant aboutir à l’évocation d’une possible stérilité, ou encore adhérer facilement aux dispositifs proposés, tels que la pilule ou la chirurgie. Les remèdes maison ont toujours fait partie de nos mœurs. »

Elle insiste toutefois sur la situation des patientes qui ont longtemps ignoré leur maladie : « Je suis inquiète pour celles qui ont vécu avec l’endométriose sans accompagnement. Il faut vraiment se demander quelles sont les conséquences réelles sur leur santé et s’il existe un risque accru de développer un cancer du col de l’utérus à la suite d’une endométriose sévère. Ces patientes devraient peut-être être prioritaires en matière de diagnostic. Il faut déployer de vrais moyens », conclut-elle.

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De Mayotte au FC Metz : le rêve de Tarik Faduila devient réalité

De Mayotte au FC Metz : le rêve de Tarik Faduila devient réalité
Détecté dès les U11 à Mzouazia, le jeune attaquant mahorais Tarik Faduila a su saisir chaque opportunité sur son parcours, jusqu’à convaincre le FC Metz de l’accueillir dans son centre de formation pour les trois prochaines années. Credit ligue Mahoraise Football

Le football mahorais tient une nouvelle pépite. À seulement 14 ans, Tarik Faduila, attaquant formé au Tchanga SC de Mtsangamouji et pensionnaire de la section Sport Études Football de Mayotte, s’apprête à rejoindre le centre de formation du FC Metz pour les trois prochaines années. Une étape majeure dans le parcours de ce jeune talent qui fait aujourd’hui la fierté de tout un territoire.

Détecté dès la catégorie U11 lors d’un rassemblement à Mzouazia, Tarik a rapidement attiré l’attention des recruteurs grâce à ses qualités athlétiques et son sens du but. Son parcours l’a ensuite conduit à plusieurs stages et regroupements, notamment à Metz et à Cavani, où il a intégré la section Sport Études Football. Parmi une cinquantaine de jeunes observés, puis une quinzaine retenus, il a su faire la différence.

Évoluant principalement comme ailier ou attaquant de pointe, Tarik s’est illustré dans toutes les catégories de jeunes, des U11 aux U15. « C’est un jeune qui sait jouer au football », résume Ahmed Ahamada, entraîneur des seniors du Tchanga FC et ancien éducateur des catégories U11 et U13. « Quand on lui donne sa chance, il sait la saisir. Il a toujours montré un excellent état d’esprit et une grande capacité à progresser. »

Au-delà de ses qualités techniques et de sa vitesse, unanimement reconnues, Tarik a développé au fil des années un sens du collectif et de l’altruisme qui font aujourd’hui sa force. Son passage à la section sportive de Cavani lui a permis de franchir un nouveau cap, tant dans sa compréhension du jeu que dans son efficacité devant le but.

Le club grenat n’est d’ailleurs pas étranger aux talents mahorais. Ces dernières années, plusieurs figures de l’île ont rejoint le club lorrain, à l’image de Toifilou Maoulida, Auryane Abdourahim ou encore Soumtah Saïdina. Tarik Faduila vient ainsi renforcer cette présence mahoraise au sein d’une institution historique du football français.

Le 20 juillet prochain, le jeune attaquant quittera Mayotte pour entamer cette nouvelle aventure. Une récompense méritée pour un joueur travailleur, talentueux et ambitieux, qui possède, selon ses éducateurs, toutes les qualités pour réussir au plus haut niveau.

Son parcours illustre une nouvelle fois les progrès du football mahorais et la capacité de ses jeunes talents à s’imposer sur la scène nationale. Pour Tarik Faduila, l’histoire ne fait que commencer.

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Vacances à Mayotte : entre détente, découvertes et vigilance pour les étudiants de retour sur l’île

Vacances à Mayotte : entre détente, découvertes et vigilance pour les étudiants de retour sur l’île

Chaque année, entre juin et septembre, de nombreux étudiants mahorais reviennent à Mayotte pour profiter des vacances scolaires et universitaires. Cette période est synonyme de retrouvailles familiales, de sorties entre amis et d’activités de loisirs. Mais elle s’accompagne également de plusieurs risques et problématiques qui mobilisent les autorités et les familles. Tour d’horizon des enjeux de la saison estivale à Mayotte.

Après plusieurs mois passés en métropole, à La Réunion ou à l’étranger pour leurs études, de nombreux jeunes Mahorais retrouvent leur île durant les vacances d’hiver austral. Ces retrouvailles constituent souvent un moment attendu par les familles.

Les étudiants profitent de cette période pour renouer avec leurs proches, participer à des événements familiaux, découvrir les évolutions de leur territoire ou encore préparer leur avenir professionnel à travers des stages et des rencontres.

L’arrivée de ces jeunes contribue également à dynamiser l’économie locale, notamment dans les secteurs du transport, de la restauration et des loisirs.

Les plages, lieu privilégié de détente

Le lagon de Mayotte attire chaque année des milliers de vacanciers. Les plages de N’Gouja, Sakouli, Moya ou encore Saziley figurent parmi les destinations les plus fréquentées durant cette période.

Les étudiants et les familles s’y retrouvent pour nager, pique-niquer, pratiquer le snorkeling ou simplement profiter du cadre naturel exceptionnel qu’offre l’île.

Cependant, cette fréquentation accrue nécessite une vigilance particulière. Les autorités rappellent régulièrement l’importance de respecter les consignes de sécurité, notamment concernant la baignade et la protection de l’environnement.

Le risque de noyade reste une préoccupation

Chaque année, des accidents sont signalés sur le littoral mahorais. Les noyades concernent souvent des personnes qui surestiment leurs capacités de nage ou qui s’aventurent dans des zones peu surveillées. Les sorties en mer, les baignades après consommation d’alcool ou encore le manque de surveillance des enfants figurent parmi les principales causes d’accidents.

Les services de secours recommandent de ne jamais se baigner seul, de surveiller constamment les mineurs et de se renseigner sur les conditions météorologiques avant toute activité nautique.

Les barbecues et pique-niques : une tradition à encadrer

Les barbecues en famille ou entre amis font partie des activités incontournables des vacances à Mayotte. Ils permettent de partager des moments conviviaux sur les plages ou dans les villages.

Mais ces rassemblements peuvent également engendrer certains problèmes. Les départs de feu liés à des braises mal éteintes constituent un risque réel, particulièrement durant les périodes sèches.

À cela s’ajoute la question des déchets abandonnés sur les sites naturels. Bouteilles, emballages plastiques et restes alimentaires contribuent à la dégradation de l’environnement et peuvent menacer la biodiversité locale.

Une hausse des accidents de la route pendant les vacances

L’augmentation des déplacements pendant les vacances entraîne souvent une hausse du trafic routier. Les jeunes conducteurs, parfois peu habitués aux conditions de circulation sur l’île après plusieurs mois d’absence, sont particulièrement concernés par les risques d’accidents.

Excès de vitesse, usage du téléphone au volant, conduite sous l’emprise de l’alcool ou fatigue figurent parmi les principales causes des accidents recensés durant cette période.

Les forces de l’ordre renforcent généralement les contrôles afin de sensibiliser les usagers et prévenir les comportements dangereux.

Les soirées festives sous surveillance

Les vacances sont également marquées par de nombreuses fêtes, concerts et rassemblements privés. Si ces événements participent à l’animation de la vie locale, ils peuvent parfois être à l’origine de troubles à l’ordre public, de nuisances sonores ou d’incidents liés à une consommation excessive d’alcool.

Les associations de prévention rappellent régulièrement l’importance d’adopter des comportements responsables afin de garantir la sécurité de tous.

Préserver le patrimoine naturel de Mayotte

Mayotte possède l’un des plus beaux lagons du monde, riche d’une biodiversité exceptionnelle. Tortues marines, dauphins, baleines à bosse et récifs coralliens attirent de nombreux visiteurs.

Durant les vacances, la pression exercée sur ces espaces naturels augmente considérablement. Le piétinement des coraux, les déchets abandonnés ou encore certaines pratiques de pêche illégales représentent autant de menaces pour cet écosystème fragile.

Les associations environnementales multiplient les actions de sensibilisation auprès des jeunes et des vacanciers afin de promouvoir un tourisme responsable.

Une période favorable à l’emploi saisonnier

Pour certains étudiants, les vacances représentent également une opportunité de travailler. Les secteurs du commerce, de la restauration, du tourisme ou de l’animation recrutent régulièrement du personnel saisonnier.

Ces expériences professionnelles permettent aux jeunes d’acquérir des compétences, de financer une partie de leurs études et de mieux préparer leur insertion sur le marché du travail.

Entre plaisir et responsabilité

Les vacances de juin à septembre constituent un moment privilégié pour les étudiants de retour à Mayotte. Entre retrouvailles familiales, découvertes, activités nautiques et événements festifs, cette période contribue à renforcer les liens sociaux et culturels.

Toutefois, les risques liés aux accidents de baignade, à la circulation routière, aux incendies ou encore à la dégradation de l’environnement rappellent l’importance d’adopter des comportements responsables. Pour que les vacances restent un moment de plaisir partagé, chacun est appelé à faire preuve de vigilance et de respect envers les autres comme envers le patrimoine naturel exceptionnel de l’île.

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L’Association des Maires se dote d’une nouvelle gouvernance et affiche ses ambitions

L’Association des Maires se dote d’une nouvelle gouvernance et affiche ses ambitions

L’Association des Maires de Mayotte (AMM) a achevé la mise en place de sa nouvelle gouvernance lors d’une Assemblée générale extraordinaire tenue le 21 juin à la mairie annexe de Mtsapéré. Après l’élection de son président, Ambdilwahedou Soumaila, le 6 juin, les élus ont validé la composition du Bureau exécutif et installé plusieurs instances de travail. Trois commissions stratégiques ont notamment été créées, consacrées à l’école, à la sécurité et à la fiscalité foncière. Avec cette nouvelle organisation, l’AMM entend renforcer la représentation des collectivités mahoraises, fédérer les maires et présidents d’intercommunalités, et porter une vision commune du développement de Mayotte, tant au niveau local que national et auprès des partenaires internationaux.

Le préfet de Mayotte en visite à la Communauté de Communes de Petite-Terre

Le préfet de Mayotte en visite à la Communauté de Communes de Petite-Terre

Dans le cadre de ses rencontres avec les collectivités locales, le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, s’est rendu le 19 juin à la Communauté de Communes de Petite-Terre. Accompagné de son président, Charaffoudine Ramadani Toto, et de plusieurs élus, il a échangé sur les enjeux du territoire, les projets structurants en cours et les priorités de développement pour les habitants. Cette visite illustre la volonté de l’État de renforcer le dialogue avec les collectivités afin d’accompagner le développement de Mayotte et de répondre au plus près des besoins de la population.

La CADEMA renforce la propreté à Tsoundzou 2 avec une distribution gratuite de bacs à ordures

La CADEMA renforce la propreté à Tsoundzou 2 avec une distribution gratuite de bacs à ordures

La Communauté d’Agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) poursuit son engagement en faveur d’un territoire plus propre. Depuis ce lundi 22 juin et jusqu’au jeudi 25 juin, elle organise une opération gratuite de distribution de bacs à ordures sur la place publique de Tsoundzou 2.

Cette initiative s’inscrit dans les missions de service public de la CADEMA, qui œuvre quotidiennement pour améliorer la gestion des déchets et renforcer l’efficacité de leur collecte. En mettant gratuitement des bacs à disposition des habitants, la collectivité entend favoriser de meilleures pratiques de tri et de stockage des déchets, tout en contribuant à un cadre de vie plus sain.

Les habitants de Tsoundzou 2 sont ainsi invités à se rendre sur le site de distribution durant cette période afin de récupérer leur bac et de participer activement à l’amélioration de la propreté de leur quartier.

M’tsapéré : la rocade fermée chaque nuit pendant six semaines

M'tsapéré : la rocade fermée chaque nuit pendant six semaines

Les automobilistes devront modifier leurs habitudes de circulation dans les semaines à venir. À partir du lundi 22 juin 2026, la rocade de M’tsapéré (RN2) sera fermée à la circulation chaque nuit, de 20 h à 4 h 30, entre le carrefour de Doujani et celui de la MJC de M’tsapéré. Cette mesure, qui doit durer six semaines, est rendue nécessaire par la réalisation de travaux sur le pont de Majimbini.

Pendant toute la durée du chantier, une déviation sera mise en place à travers le village de M’tsapéré, en empruntant les avenues Abdallah Houmadi et Abdourraquib Ousseine (ancienne RN).

Les autorités invitent les usagers à anticiper leurs déplacements ou, lorsque cela est possible, à éviter ce secteur durant les horaires de fermeture. Elles rappellent également l’importance de respecter la signalisation temporaire ainsi que les consignes des agents présents sur le chantier. Une vigilance accrue est enfin recommandée aux abords de la zone de travaux afin de garantir la sécurité de tous.

L’Université de Mayotte lance son premier BUT et ouvre la voie à son futur IUT

L'Université de Mayotte lance son premier BUT et ouvre la voie à son futur IUT
Crédit photo : Université Paris 8 – Service création audiovisuelle – Photographe Beatriz Ciliberto / ADIUT

L’enseignement supérieur mahorais franchit une nouvelle étape. Grâce à un partenariat avec l’Université Paris 8 et l’Association des Directeurs d’IUT, l’Université de Mayotte ouvrira prochainement un Bachelor Universitaire de Technologie (BUT) Gestion Administrative et Commerciale des Organisations (GACO). Une première qui préfigure la création de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Mayotte d’ici 2029.

L’Université de Mayotte poursuit sa montée en puissance. L’établissement a officialisé la signature de conventions de partenariat avec l’Université Paris 8, via l’IUT de Montreuil, ainsi qu’avec l’Association des Directeurs d’IUT (ADIUT), ouvrant la voie à l’arrivée d’une première formation universitaire technologique sur le territoire.

Dès la prochaine rentrée, les étudiants pourront intégrer le Bachelor Universitaire de Technologie (BUT) Gestion Administrative et Commerciale des Organisations (GACO), un diplôme national de niveau licence reconnu partout en France. Une avancée majeure qui permettra aux jeunes Mahoraises et Mahorais d’accéder à une formation professionnalisante de haut niveau sans être contraints de poursuivre leurs études dans l’Hexagone ou à La Réunion.

Le dispositif accueillera dès son lancement 50 étudiants, répartis entre 25 étudiants de première année et 25 étudiants de troisième année. Cette organisation vise à répondre rapidement aux besoins en compétences du territoire dans les domaines de la gestion, de l’administration, du management et du développement des organisations.

Pour garantir la qualité de la formation, le cursus reposera sur un modèle pédagogique hybride combinant enseignement à distance assuré par les équipes de l’IUT de Montreuil, accompagnement de proximité par l’Université de Mayotte et périodes d’apprentissage en entreprise. Une formule pensée pour favoriser la réussite des étudiants tout en renforçant les liens entre l’université et le monde économique local.

Au-delà de cette première formation, ce partenariat constitue une étape déterminante dans le projet de création d’un Institut Universitaire de Technologie à Mayotte, dont l’ouverture est envisagée à l’horizon 2029. L’objectif est de développer progressivement une offre de formations technologiques adaptée aux besoins du territoire et de renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur mahorais.

L’aboutissement de ce projet est le fruit de plus de deux ans et demi de travail entre les équipes de l’Université de Mayotte, de l’Université Paris 8 et de l’IUT de Montreuil. Ensemble, les partenaires ont élaboré un modèle de coopération destiné à offrir aux étudiants mahorais les mêmes perspectives de réussite académique et d’insertion professionnelle que celles proposées dans les autres IUT de France.

Avec l’ouverture du BUT GACO, l’Université de Mayotte confirme sa volonté de diversifier son offre de formation et de contribuer au développement des compétences locales. Une ambition qui s’inscrit dans une stratégie plus large en faveur de l’égalité des chances, du développement économique et de l’avenir du territoire.

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Djoumoi Ramia (OECM) : « Il siffle la fin de la récréation pour les groupements patronaux locaux »

Djoumoi Ramia (OECM) : « Il siffle la fin de la récréation pour les groupements patronaux locaux »
Djoumoi Ramia appelle à la fin de la guéguerre qui divise les groupements patronaux de Mayotte.

Président de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte, Djoumoi Ramia se félicite de la réunion organisée sur la convergence sociale à Mayotte, jeudi dernier, dans les locaux de la CSSM. Toutefois, il estime que tout ne va pas pour le mieux, en raison d’un décret pris à l’encontre des intérêts de l’entrepreneuriat mahorais. « Si, personnellement, j’étais comptable et responsable d’une perte annuelle supérieure à 100 millions d’euros sur le territoire, je démissionnerais et je ferais autre chose. Maintenant, chacun est libre de fonctionner comme il en a envie. Je n’ai de calendrier à donner à qui que ce soit : il faut aller de l’avant. »

Flash Info : Quel est votre sentiment à l’issue de cette réunion sur la convergence sociale à Mayotte ?

Djoumoi Ramia : Pour moi, cette réunion était très importante. Elle permettait à toute Mayotte de prendre connaissance des différents dispositifs qui viennent d’être adoptés. Elle a aussi permis de mettre en lumière certaines faiblesses et, surtout, de rappeler les responsabilités des Mahorais.

Je dis cela parce qu’un décret est paru le 11 février 2026 concernant le monde de l’entreprise et l’économie de l’île. Cependant, ce texte n’est absolument pas adapté à Mayotte. Il faut savoir qu’un décret peut être attaqué dans un délai de deux mois après sa publication. Or, dans le cas présent, les personnes qui auraient dû le faire s’en sont abstenues. Résultat : nous nous retrouvons aujourd’hui avec un décret et des dispositifs qui vont nous être appliqués alors qu’ils sont loin d’être favorables aux entreprises mahoraises. Ils risquent même d’accentuer les difficultés dans les mois à venir.

F.I. : À côté de quoi Mayotte est-elle passée dans ce dossier ? Qu’est-ce que les Mahorais doivent retenir de cette affaire ?

D.R. : Il est ici question des allégements de charges patronales prévus par un dispositif appelé « LODEOM sociale renforcée », qui s’applique notamment en Guyane et permet aux chefs d’entreprise de payer moins de cotisations patronales.

Prenons l’exemple d’un salarié rémunéré 2 500 euros par mois. À Mayotte, son employeur paiera environ 700 euros de charges patronales, alors que son homologue guyanais n’en paiera qu’environ 150. Cette différence provient directement de l’application de la LODEOM sociale renforcée.

Ce dispositif permet aux chefs d’entreprise de dégager davantage de marges de manœuvre pour augmenter les salaires, améliorer le pouvoir d’achat et soutenir la consommation. C’est donc toute l’économie locale qui en bénéficie.

Cette mesure est appliquée dans tous les territoires ultramarins, à l’exception de Mayotte. Depuis l’année dernière, nos députés et sénateurs se sont battus pour sortir Mayotte de son régime dérogatoire afin d’intégrer ce dispositif de droit commun.

Au total, ce mécanisme représente 1,7 milliard d’euros par an pour les Outre-mer, dont 650 millions d’euros pour La Réunion. À l’échelle de Mayotte, cela représente environ 120 millions d’euros qui échappent chaque année à notre territoire depuis 2019.

F.I. : Que faut-il faire concrètement pour que la situation revienne à la normale ?

D.R. : Il est temps que notre monde économique se rassemble. La guéguerre qui oppose les différents syndicats patronaux doit cesser. La récréation est terminée, pour le dire plus simplement. Il faut désormais que tout le monde se mette en ordre de marche, car le temps nous est compté.

Pour les entreprises locales, l’urgence, c’est maintenant, pas dans six mois. C’est aujourd’hui qu’il faut discuter, agir auprès des pouvoirs publics et surtout de nos parlementaires, qui devront reprendre un travail qui, selon moi, a été saboté l’année dernière.

Il faut les encourager à rencontrer le chef du Gouvernement et le ministre de l’Économie afin que ce dispositif soit inscrit, au plus tard, dans le budget 2027, via le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

J’espère qu’au 1er janvier 2027, Mayotte bénéficiera du même dispositif que la Guyane. Dans le cas contraire, les entreprises mahoraises s’exposent à de très graves difficultés dans les mois et les années à venir. Une telle situation ne favorisera évidemment pas les investissements sur le territoire.

F.I. : Devons-nous comprendre que le Gouvernement n’a pas pris en considération les conséquences de cette situation pour Mayotte ?

D.R. : J’ai l’impression qu’à Mayotte, on mélange beaucoup trop de choses. Le Gouvernement fait son travail. Il défend le budget de l’État, qui doit faire face à un déficit abyssal. Lui demander de régler les problèmes propres à Mayotte, c’est aller un peu trop loin.

Je rappelle que chacun doit jouer son rôle. Les parlementaires ont fait leur travail en obtenant un décret applicable au territoire. S’il ne convient pas, c’est aux institutions locales de s’en préoccuper et de le contester devant la juridiction compétente.

Force est de constater que cela n’a pas été fait. J’ignore si cela relève d’un manque de volonté ou d’une incompétence, mais le résultat est le même.

Il appartient désormais aux responsables de ce dossier de prendre leurs responsabilités. On ne peut pas laisser les parlementaires faire tout le travail, puis ne plus rien faire ensuite.

Le développement de Mayotte se fera par les Mahorais et pour les Mahorais. Ce n’est pas la métropole qui développera notre archipel. C’est à nous de le faire, avec notre propre travail et notre propre engagement.

L’État défend son budget ; Mayotte doit défendre le sien, ses entreprises et son économie. Il existe une ligne budgétaire consacrée aux Outre-mer. À nous de nous battre pour obtenir notre part, tant pour le fonctionnement que pour les aides aux entreprises et à la population.

La convergence sociale constitue un enjeu majeur. Plus vite nous l’atteindrons, plus l’économie mahoraise gagnera en dynamisme. Tant que nous n’y parviendrons pas, nous continuerons à rencontrer de grandes difficultés.

F.I. : Quelles sont les priorités dans l’immédiat ?

D.R. : Le travail législatif a été réalisé. Il est désormais trop tard pour revenir sur ce décret. Désormais, chacun doit assumer ses responsabilités.

Je n’ai de conseils à donner à personne. Ceux qui ont souhaité être élus le sont aujourd’hui : qu’ils assument leurs responsabilités.

Si, personnellement, j’étais comptable et responsable d’une perte annuelle de plus de 100 millions d’euros pour un territoire, je démissionnerais et je ferais autre chose.

Maintenant, chacun est libre d’agir comme il l’entend. Je n’ai pas de calendrier à imposer à qui que ce soit. Il faut simplement aller de l’avant.

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Air Austral renoue avec les bénéfices… pendant que les Mahorais paient jusqu’à 720 euros pour 40 minutes de vol

Air Austral renoue avec les bénéfices… pendant que les Mahorais paient jusqu'à 720 euros pour 40 minutes de vol

Le retour à la rentabilité d’Air Austral contraste avec une réalité difficilement supportable pour les Mahorais. Alors que la compagnie annonce un bénéfice de 1,5 million d’euros et affiche une santé retrouvée, les voyageurs du 101ᵉ département continuent de faire face à des tarifs aériens parmi les plus élevés au monde, notamment sur les liaisons régionales.

Après plusieurs années de turbulences financières provoquées par la crise sanitaire, Air Austral est de nouveau dans le vert. La compagnie réunionnaise a annoncé un bénéfice net de 1,5 million d’euros pour l’exercice 2025-2026, clos fin mars, marquant son retour à la rentabilité après avoir frôlé la faillite.

Sauvée grâce aux aides de l’État en 2021 et 2022, l’entreprise affirme avoir retrouvé l’équilibre grâce à son plan de « croissance rentable », reposant sur l’optimisation de son réseau, une maîtrise des coûts et une amélioration de ses recettes. Son chiffre d’affaires progresse de 5 %, atteignant 464 millions d’euros, tandis que son taux de remplissage grimpe à 92 %.

Mais derrière ces résultats encourageants se cache une réalité bien différente pour les mahorais.

Des billets hors de prix pour le 101ᵉ département

Dans le 101ᵉ département, voyager reste un luxe. Les usagers dénoncent régulièrement le coût exorbitant des billets d’avion, notamment sur la liaison Mayotte-Madagascar, pourtant distante d’à peine 40 minutes de vol. Il n’est pas rare de devoir débourser plus de 720 euros pour un aller-retour, un tarif jugé incompréhensible par de nombreux Mahorais.

Cette situation alimente depuis plusieurs années un profond sentiment d’injustice. Pour beaucoup, ces déplacements ne relèvent pas du tourisme mais de nécessités : soins médicaux, études, démarches administratives ou retrouvailles familiales.

Plus de vols… mais des prix toujours sous surveillance

Air Austral entend pourtant renforcer sa présence sur Mayotte. La compagnie prévoit d’augmenter ses rotations entre Paris et Mayotte, passant de cinq à neuf vols hebdomadaires, afin d’accompagner une demande soutenue.

Pour autant, cette hausse de l’offre ne garantit pas une baisse des prix. Bien au contraire. La compagnie annonce déjà que l’exercice 2026-2027 sera marqué par une augmentation des coûts liée à la flambée du prix du kérosène. Parmi les mesures envisagées figurent une surcharge carburant sur les billets, une stratégie de couverture des achats de carburant ainsi que la vente anticipée de certains Airbus A220-300.

Une rentabilité retrouvée, mais à quel prix pour les passagers ?

Si le redressement financier d’Air Austral constitue une bonne nouvelle pour la pérennité de la compagnie, il relance également le débat sur l’accessibilité du transport aérien dans l’océan Indien. Pour les Mahorais, qui dépendent largement de l’avion en raison de l’insularité, le retour aux bénéfices ne doit pas se traduire par une charge financière toujours plus lourde.

Dans un territoire où les inégalités sociales demeurent fortes, la question du coût des transports reste plus que jamais un enjeu de continuité territoriale et d’égalité entre les citoyens français.

Procès du meurtre de Poroani : jusqu’à quinze ans de réclusion requis

Procès du meurtre de Poroani : jusqu’à quinze ans de réclusion requis
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Au terme d’un réquisitoire dense, ce lundi 22 juin, la procureure a demandé des peines allant de l’acquittement à quinze ans de réclusion criminelle contre les onze accusés jugés depuis le 15 juin devant la cour d’assises. Ils comparaissent pour le meurtre d’un jeune homme et les tentatives de meurtre sur deux autres victimes, après un lynchage survenu le 15 mars 2022 à Poroani, dans la commune de Chirongui.

« La nuit est noire, la marée monte. Il agonise. » C’est par ces mots que la procureure a replongé la cour dans la scène de violence qui a coûté la vie à un jeune homme, mort à La Réunion, deux jours après les faits. Pour ce dernier, le médecin légiste avait conclu à des lésions « incompatibles avec la survie » écartant tout lien avec son transfert à La Réunion.

Dans son réquisitoire, le ministère public a décrit un lynchage collectif, commencé dans une ruelle du village, poursuivis dans la mangrove et achevé sur la plage, où le plus agé avait été descendu, avant l’arrivée des gendarmes. La procureure a insisté sur l’extrême brutalité des coups. « Il va falloir s’y coller à cette violence pour en sentir l’odeur âcre du sang qui a coulé », a-t-elle lancé avant de rappeler les corps frappés, les coups portés à la tête, les parpaings, les bâtons, le pilon de manioc et les victimes ligotées avec une corde à bétail.

« Ce n’était pas une balade au clair de lune »

Pour l’accusation, l’intention de tuer ne fait aucun doute : les coups sont portés sur des zones vitales : « la tête est visée en premier lieu, puis le haut du corps ». La procureure a aussi écarté l’explication du « bruit » avancée pour justifier le déplacement vers la mer. « C’est inopérant », a-t-elle estimé, puisque la victime descendue sur la plage était déjà inconsciente. Pour elle, le geste avait un autre sens : « On les descend à la mer pour que la mer en fasse son affaire. Ce n’était pas une balade au clair de lune. L’enveloppe de la nuit devait leur servir de linceul, la mer qui reprenait ses droits, de cercueil. »

La procureure a enfin relevé qu’à l’arrivée des gendarmes, l’une des victimes, encore consciente, reçoit un coup de bâton. « Les auteurs ont manqué de temps. Ce sont les lumières des gendarmes qui ont interrompu leur action », a-t-elle conclu.

Dans ce dossier collectif, le ministère public a demandé à la cour de ne pas morceler la scène en une addition de gestes isolés. Selon la procureure, il s’agit d’« une scène unique de violence ». « Lorsqu’un groupe participe à un lynchage collectif, chacun répond de ses actes qu’il a personnellement commis mais également de son concours à l’action commune », a-t-elle rappelé avant d’ajouter : « On ne peut se retrancher derrière la foule et l’effet de foule pour se dédouaner de sa responsabilité. »

Dans cette lecture du dossier, l’identification des trois victimes par l’un des accusés, mineur au moment des faits, aurait constitué l’élément déclencheur du déchaînement de violence. La procureure a toutefois distingué son rôle de celui des autres. Elle a relevé l’absence de casier judiciaire et l’état de sidération dans lequel il se serait trouvé. « Il est certain que, par son jeune âge et par sa sensibilité, il n’était pas en capacité de s’opposer ouvertement au groupe », a-t-elle soutenu. À son encontre, elle a requis l’acquittement.

« la chasse à l’homme a débuté bien en amont de la journée »

Le réquisitoire s’est ensuite attardé sur le rôle de deux accusés, poursuivis pour complicité. Selon l’accusation, leur déplacement a fait le lien entre Miréréni et Poroani, en conduisant sur place le jeune homme capable d’identifier les trois victimes. Les deux ont contesté tout plan concerté, affirmant qu’il faisait du stop. Une version balayée par la procureure : « Il n’y a aucun hasard. »

Pour elle, les deux hommes ne pouvaient ignorer le contexte. « Tout Poroani, tout Miréréni est en ébullition », a-t-elle rappelé, estimant que « la chasse à l’homme a débuté bien en amont de la journée ». Leur trajet n’est donc pas un simple détour : « Il ne fait aucun doute que les deux voulaient participer à ce qui était en train de se jouer dans leur village. » L’un devait pourtant se lever tôt pour prendre son service à la police nationale. Interrogé sur ce qu’il aimait dans ce métier, il avait répondu : « intervenir ». « Être policier, c’est avant tout donner l’alerte que des victimes ont été appréhendées par la population », a cinglé la procureure.

Selon le ministère public, les deux accusés ont ainsi « extériorisé un acte positif » : « ils veulent régler le problème mais attention, sans se salir les mains ». Contre eux, sept ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, ont été requis, avec mandat de dépôt.

Des peines plus lourdes ont été demandées contre ceux que le parquet estime davantage impliqués dans les violences physiques. Treize ans de réclusion criminelle ont été requis contre quatre accusés. Pour trois autres, déjà condamnés par le passé, la procureure a demandé quinze ans de réclusion criminelle. Pour un autre accusé, mineur au moment des faits, six ans d’emprisonnement délictuel ont été requis, avec maintien en détention.

Les plaidoiries de la défense ont commencé dans la foulée du réquisitoire. Le verdict est attendu au terme des débats ce mardi 22 juin.

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À l’école Hassani Ali, les élèves valorisent leurs apprentissages grâce au matériel pédagogique reçu

À l'école Hassani Ali, les élèves valorisent leurs apprentissages grâce au matériel pédagogique reçu

Dans le cadre du Pacte des solidarités, porté par la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, des dotations en fournitures scolaires sont distribuées par l’État depuis plusieurs mois dans l’ensemble des écoles du premier degré de l’île.

Ce lundi 22 juin, à Passamaïnty, une classe de CP de l’école élémentaire Hassani Ali a participé à une séance pédagogique afin de démontrer la bonne appropriation du matériel reçu, en présence de Frédéric Poisot, préfet de Mayotte, et de Valéry Debuchy, rectrice de l’académie de Mayotte.

Lire, compter, comprendre : autant de fondamentaux qui s’acquièrent dès le premier degré. Dans l’enceinte colorée de l’établissement, une salle de classe située au rez-de-chaussée accueille élèves et enseignants réunis pour mettre en pratique les fournitures reçues. On y trouve des cubes colorés à emboîter pour apprendre à compter, les manuels Néo et Piano, destinés à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, ainsi que des cahiers d’exercices.

Au programme de cette séance : les mathématiques. Deux classes de CP sont réparties en plusieurs ateliers : l’un consacré au comptage et au décomptage à l’aide de cubes colorés, l’autre à la résolution d’opérations sur de petites ardoises.

Le matériel a été livré dès le mois de janvier. Valéry Debuchy, rectrice de l’académie de Mayotte, précise les modalités de cette dotation : « Nous avons bénéficié d’une subvention extrêmement importante de 700 000 euros. Ce programme a permis de livrer du matériel de la maternelle jusqu’au CE2, mais il y aura également de nouveaux arrivages pour le cycle 3, c’est-à-dire les classes de CM1 et de CM2. »

Elle évoque également la priorité accordée aux classes maternelles, notamment aux grandes sections, afin que les élèves acquièrent les prérequis nécessaires avant leur entrée au CP : « Il y a une autre enveloppe de 400 000 euros destinée aux circonscriptions maternelles. Des albums ainsi que des espaces à scénarios ont été livrés ce matin. »

Les enseignantes encouragent les élèves, curieux et attentifs. Echati Djassiri, professeure des écoles, se réjouit de cette initiative : « Nous sommes contents de voir que l’État a déployé des moyens pédagogiques. Cela aide autant les élèves que les enseignants. Nous aimerions que ce dispositif soit reconduit dans les années à venir et que les dotations soient encore renforcées. »

Sa collègue, Zabida Ali Ousseni, constate déjà les progrès des élèves, malgré des rythmes d’apprentissage différents : « Ils travaillent avec davantage de facilité et la résolution des problèmes de mathématiques est beaucoup plus simple. »

La séance s’est achevée par une photo de groupe réunissant l’ensemble des acteurs présents aux côtés des enfants, souriants et enthousiastes. Le préfet s’est ensuite adressé aux élèves : « Je suis très heureux de vous avoir vus aujourd’hui. Vous avez été très sages et vous avez bien travaillé. Tout ce que vous apprenez ici est essentiel pour comprendre le monde auquel vous serez confrontés. La plus belle chose dans la vie, c’est d’apprendre. Aujourd’hui est une journée où l’on félicite le travail accompli à l’école », a-t-il conclu.

L’école Hassani Ali accueille actuellement 359 élèves répartis dans 21 divisions. Malgré des dégâts limités lors du passage du cyclone Chido, l’établissement accueille, en rotation, des élèves provenant d’écoles davantage touchées. Les équipes pédagogiques, comme les élèves, se disent très satisfaites du matériel reçu, qui contribue à améliorer les conditions d’accueil et d’apprentissage.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes