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L’État ordonne l’évacuation et la destruction de constructions illégales sur la descente de Moya

L’État ordonne l’évacuation et la destruction de constructions illégales sur la descente de Moya

Le préfet de Mayotte a signé, le 5 mai 2026, un arrêté ordonnant l’évacuation puis la destruction de constructions bâties illicitement sur la descente de Moya, dans le secteur de la Vigie, pour des raisons de sécurité et de salubrité publiques. Selon les forces de l’ordre, « la délinquance dans ce secteur est prégnante ». Le quartier est par ailleurs répertorié comme « quartier de reconquête républicaine ».

Le rapport d’insalubrité établi par l’Agence régionale de santé fait état de 76 locaux concernés, présentant tous des risques pour leurs occupants : absence d’assainissement, accès limité à l’eau potable, branchements électriques dangereux, constructions fragiles, humidité, accumulation de déchets ou encore présence possible de nuisibles.

L’arrêté prévoit une évacuation dans un délai maximal de 23 jours. Les occupants devront être informés de la date exacte de l’opération une semaine à l’avance.

Sept familles ont accepté des propositions de relogement. La préfecture s’appuie une nouvelle fois sur la loi du 11 août pour la refondation de Mayotte afin de justifier l’absence de proposition pour l’ensemble des ménages concernés.

Selon les attestations de la DEETS, ce décasage concerne au moins 193 personnes présentes sur le site au moment de l’enquête sociale. Au 5 mai, seules 19 places d’hébergement étaient mobilisables.

Groupement patronal de Mayotte (GPM) : une volonté de continuité plus que de rupture

Groupement patronal de Mayotte (GPM) : une volonté de continuité plus que de rupture

« Représentation et influence, formation et décryptage, réseau et opportunités », mais aussi « accompagnement de terrain » : tels étaient les thèmes des échanges qui ont réuni, mardi matin, une quarantaine de représentants d’entreprises locales au siège du nouveau Groupement patronal de Mayotte (GPM), situé au centre Maharajah à Kawéni.

Une cinquantaine d’entreprises mahoraises avaient répondu présentes à l’invitation lancée par Fahardine Mohamed, actuel président du nouveau Groupement patronal de Mayotte. Plus que jamais déterminé à œuvrer pour l’avenir de l’entrepreneuriat local malgré la perte récente du label MEDEF, il poursuit le travail engagé depuis janvier 2026 auprès des entrepreneurs mahorais, toutes catégories confondues.

Son objectif est de fédérer l’entrepreneuriat local autour d’un véritable projet de refondation de l’économie mahoraise, ouvert à tous les acteurs économiques installés sur l’île. Si ce nouvel organisme, né sur les cendres de l’ancien MEDEF Mayotte, souffre encore d’un manque de représentativité auprès de certaines instances paritaires en raison de la perte du label dont il bénéficiait jusqu’au 15 janvier dernier, ses rangs continuent néanmoins de grossir au fil des semaines. De nouveaux adhérents rejoignent régulièrement le groupement, convaincus de l’utilité de son action sur le territoire.

« La coexistence de notre groupement avec d’autres organisations patronales sur un même territoire n’a rien d’antinomique. Dans l’Hexagone, on compte trois groupements patronaux. D’autant plus que le GPM concentre ici, à Mayotte, le plus grand nombre de secteurs professionnels. Nous ne reviendrons pas sur les péripéties ayant conduit à notre éviction du MEDEF. Le plus important, à nos yeux, est de continuer à œuvrer et à rassembler autour des enjeux économiques de ce territoire, qui ne pourront se concrétiser sans la contribution de ceux qui y vivent et y travaillent pour améliorer les choses », a déclaré Fahardine Mohamed devant ses pairs.

Si la barre symbolique des 100 entreprises adhérentes n’a pas encore été franchie, elle apparaît néanmoins atteignable à court terme. Plus de 80 entreprises ont déjà choisi de rejoindre volontairement le GPM, pour des raisons qui leur sont propres. Toutes partagent la volonté de construire une dynamique représentative d’une économie mahoraise à visage humain, davantage en phase avec les réalités du territoire, ainsi que le désir de faire évoluer le cadre économique dans le sens de l’intérêt collectif.

Dans cette optique, petites, moyennes et grandes entreprises de l’île se retrouvent désormais une fois par mois lors de matinales d’écoute, d’échanges et de partage d’expériences organisées dans les locaux du GPM à Kawéni. Ces rencontres abordent différentes thématiques liées à leurs activités professionnelles.

« Ce groupement s’inscrit dans une perspective de continuité et non de rupture. Il a été fondé il y a quarante ans par des acteurs économiques impliqués comme Ida Nel, Gamil Kakal ou encore Gérard Rudolf, premier employeur de l’île, à qui nous rendons hommage ce matin après son décès il y a deux jours. Le GPM se veut un acteur structurant et durable de l’économie de ce territoire », a rappelé le président du groupement à son auditoire.

Afin d’être plus accessible à ses adhérents actuels et futurs, le groupement a décidé de multiplier ses commissions de travail thématiques, en prévision des mandats qu’ils seront amenés à exercer et des sièges qu’ils pourraient occuper à moyen terme au sein de différentes instances. Une manière également de favoriser les mises en relation entre adhérents, notamment avec les nouveaux arrivants, et de créer une véritable chaîne d’entraide et de partenariats potentiels.

Après les interventions officielles, la rencontre s’est poursuivie autour d’un café, permettant aux adhérents présents d’échanger leurs expériences et leurs points de vue sur les difficultés auxquelles ils sont actuellement confrontés dans la reprise des activités après le passage du cyclone Chido.

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Futur aéroport : à Bandraboua une charte agricole signée autour du projet d’aéroport

Futur aéroport : à Bandraboua une charte agricole signée autour du projet d’aéroport
Le futur aéroport, estimé à 1 milliard d’euros avec des études attendues d’ici la fin de l’année, pourrait mobiliser 300 à 400 hectares de terres agricoles.

Autour du projet de futur aéroport, une charte agricole a été signée à Bandraboua. Les agriculteurs, associés aux échanges, expriment toutefois de fortes inquiétudes sur le foncier, les 300 à 400 hectares envisagés et les compensations encore floues.

La signature de la charte d’engagement du comité agricole s’est tenue sur l’exploitation de M. Fouad Ali, à Bandraboua, en présence des représentants du monde agricole, des services de l’État et des acteurs liés au projet de futur aéroport. Cette séquence intervient dans un calendrier particulier, à quelques jours du départ du préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, qui sera remplacé par Frédéric Poisot le 18 mai.

Sur place, au cœur d’une exploitation représentative du tissu agricole local, cette signature s’inscrit dans un contexte à la fois de reprise et d’incertitude. Le secteur agricole sort progressivement d’une période difficile après le passage du cyclone Chido, qui avait fortement perturbé les cultures et les élevages. Depuis plusieurs mois, les exploitants ont relancé la production, avec un retour progressif des produits locaux sur les marchés. En parallèle, le projet de futur aéroport avance. Il est piloté par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’administration française en charge de la régulation et du développement du transport aérien. Les études d’impact et de faisabilité sont toujours en cours, avec une finalisation annoncée pour la fin de l’année.

Une signature dans un contexte de vigilance

François-Xavier Bieuville, a rappelé le rôle du secteur dans cette phase de reconstruction : « Je pense que le monde agricole est une des forces de Mayotte. J’en veux pour preuve la capacité de Mayotte d’avoir retroussé les manches et de s’être mis au travail, ainsi qu’avoir produit ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire nourrir la population. » Il a également souligné les efforts engagés après la crise : « Après Chido, nous avons eu une reprise de la production après 6 à 8 mois. Évidemment, nous avons accompagné avec la DAAF cette reprise. Nous avons aidé plus de 8 000 agriculteurs et éleveurs et on a versé au titre d’aide 22 millions d’euros. Aujourd’hui, cette agriculture se retrouve sur les marchés, les étals. » Concernant la charte, il a précisé : « Cette charte, c’est une charte que nous signons avec la DGAC, chef de ce grand projet. On ne fera pas cet aéroport sans l’agriculture. Pour faire cette plateforme, il faut des compensations. » Il a évoqué « l’accompagnement du jardin mahorais », « des investissements d’avenir dans le domaine de l’eau » et « permettre la production sous serre ».

Du côté des agriculteurs, la prudence domine. Saïd Anthoumani, représentant du monde agricole mahorais, a insisté : « D’avoir associé le monde agricole sur cette réflexion foncière, agricole, c’est notre outil principal. Nous ne sommes pas contre le projet d’aéroport. Nous sommes maintenant associés. Il faut qu’on soit vigilant. Aujourd’hui, on va avoir un aéroport à 300 hectares. Il ne faut pas un hectare de plus. » Il a ajouté : « vous avez compris nos revendications et nos craintes sont inscrites au sein de cette charte. » Le président de l’Association interprofessionnelle de Mayotte a, lui aussi, mis en avant les enjeux : « Il ne faut quand même pas oublier qu’on a besoin de manger avant de voyager. Il faut être conscient que l’impact sera important pour l’agriculture, 400 hectares. C’est important de le réduire. » Il précise : « Nous sommes probablement à 10 % de production que l’on perd. On sera vigilants. »

Des points concrets encore attendus

Ahmad Abdou Madi, représentant du Groupement de défense sanitaire animal de Mayotte, a exprimé des interrogations précises : « Le chiffre de 1 milliard, sur quelle base les chiffres ont été conçus ? Les études d’impact ne sont pas encore prêtes. (…) On ne veut pas qu’on ne pourra pas tenir ses engagements. » Du côté des professionnels, l’attention se porte désormais sur des éléments concrets : la surface réellement mobilisée, annoncée entre 300 et 400 hectares, les modalités de compensation pour chaque parcelle concernée et les résultats attendus des études en cours d’ici la fin de l’année. Plusieurs représentants indiquent attendre des données détaillées et vérifiables avant de se prononcer davantage, estimant que ces éléments conditionneront la suite de leur positionnement.

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Mayotte connectée : le pari du numérique pour tous

Mayotte connectée : le pari du numérique pour tous

À la médiathèque de Passamainty, la Cité des métiers a organisé, mercredi, un atelier numérique ouvert à tous. Entre initiations à l’IA, cybersécurité et programmation, l’événement a mis en lumière les efforts menés sur l’île pour réduire la fracture numérique.

L’atelier numérique organisé par la Cité des métiers s’est tenu ce mercredi 6 mai à la médiathèque de Passamainty. Le mot d’ordre de la journée : le numérique pour tous. Lors de leurs discours, le secrétaire général adjoint de la préfecture, Christophe Le Droumaguet-Paris, Nadjayedine Sidi, conseiller départemental, l’élue chargée du numérique, Fardat Durand, et Simon Chiarisoli, directeur du programme Orange Mayotte, ont mis l’accent sur les enjeux du numérique.

Le secrétaire général adjoint a entamé son discours en rappelant qu’une partie de la population mahoraise n’a accès ni à Internet ni au monde digital. Il a poursuivi en soulignant l’importance des Orange Digital Centers (ODC) mis en place à travers l’île. L’objectif est de donner de l’autonomie à une population déconnectée.

Un avis partagé par Nadjayedine Sidi, qui souligne l’importance d’un tel espace pour le partage et l’apprentissage des savoirs numériques : « Tous les habitants de Mayotte doivent avoir accès au numérique, peu importe leur situation. »

Fardat Durand va plus loin : « Le numérique ouvre des portes et permet à tout le monde de trouver sa place », avant de préciser l’importance de l’apprentissage de l’IA : « Il faut démystifier l’IA. On ne doit pas la subir ; elle doit être comprise et maîtrisée. »

Simon Chiarisoli a, quant à lui, dressé un bilan de la situation du numérique à Mayotte : depuis plus de six mois, 2 000 jeunes ont été formés à l’utilisation des outils numériques grâce aux ODC. Il a également annoncé la création de « vacances numériques », un stage destiné aux jeunes pendant les vacances scolaires. Ils pourront y apprendre à utiliser les outils numériques grâce aux ateliers proposés, dont un nouveau module consacré à l’utilisation de l’IA générative.

Une journée d’apprentissage

Pour cette occasion, la médiathèque de Passamainty a présenté les différents modules des ODC. Deux spécialistes d’Orange sont venus présenter l’IA et transmettre les bases de son utilisation, notamment la rédaction de prompts et les possibilités offertes par les différentes intelligences artificielles. Ils ont également évoqué les risques qu’elles engendrent, comme les fake news, les fausses images indétectables ou encore le vol de données personnelles.

Un atelier était dédié à la sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux et d’Internet en général. À l’aide de mises en situation que les participants devaient classer dans différentes catégories de risques, les animateurs ont abordé le harcèlement en ligne et le fonctionnement des algorithmes des plateformes.

Dans une autre salle du bâtiment, une imprimante 3D était mise à disposition des enfants. À l’aide d’un logiciel, ils concevaient un objet simple (porte-clés, jeton) avant de lancer l’impression.

Un atelier, sous la forme de « Questions pour un champion », mettait les participants face à des situations du quotidien numérique. Parmi quatre propositions, chacun devait choisir l’attitude la plus adaptée. Les jeunes ont ainsi pu analyser des situations courantes liées au numérique et apprendre à y réagir. Les questions portaient principalement sur la cybersécurité et le bien-être en ligne.

À l’extérieur, un atelier initiait les participants à la programmation : à l’aide d’une souris robot et d’un morceau de fromage disposés sur un parcours modulable, chacun devait analyser le terrain afin de prévoir la trajectoire de la souris et lui indiquer le chemin à suivre.

Un second atelier présentait enfin les possibilités offertes par la robotique, avec des robots contrôlables à distance via une tablette.

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Forum de l’emploi : à Miréréni, le numérique pour l’avenir des jeunes

Forum de l’emploi : à Miréréni, le numérique pour l’avenir des jeunes

Dans la cour de l’école primaire de Miréréni, les stands se sont installés comme autant de portes d’entrée vers l’emploi. Ce mercredi 6 mai, le CRIJ Mayotte, en partenariat avec la politique de la ville de Tsingoni, a organisé le Forum de la formation professionnelle, de l’insertion et des métiers du numérique. Pour le CRIJ, l’enjeu est de rapprocher les jeunes, les demandeurs d’emploi, les organismes de formation et les entreprises locales, dans un territoire où l’accès à l’information reste un enjeu majeur.

« L’objet de cette journée, c’est de permettre l’accès à l’information aux jeunes de Tsingoni », explique Zayeb Maliki, directeur adjoint du CRIJ Mayotte. Il s’agit d’« aller vers » les publics qui ne se déplacent pas toujours jusqu’à Mamoudzou. « On facilite l’information en allant vers eux, sur leur territoire », poursuit-il.

Déjà venu à Tsingoni il y a trois ans, le CRIJ renouvelle l’expérience à la demande du Conseil départemental et de la commune. Pour cause, Mayotte fait face à un déficit de profils qualifiés, avec un taux de chômage chez les jeunes estimé à 37 %. « Ils ne savent pas forcément quoi faire. Le but de ce genre de forum, c’est de leur donner de l’inspiration. » explique Zayeb Maliki.

Pour cette édition, la thématique retenue est celle du numérique. Un secteur porteur, stratégique et encore sous-exploité à Mayotte, à l’heure où la digitalisation progresse et où les entreprises locales peinent à recruter faute de candidats formés. « Le numérique aujourd’hui, c’est omniprésent, avec l’intelligence artificielle, la fibre qui arrive… Ce sera un levier », souligne Zayeb Maliki.

Au fil de la matinée, les participants ont pu circuler entre les stands, rencontrer des professionnels et découvrir des formations. Environ vingt partenaires dont des organismes de formation, des entreprises du numérique et des structures d’insertion étaient annoncés pour cette journée.

Trois ateliers ont rythmé le forum : cybersécurité, impression 3D et journalisme numérique. Le premier visait à sensibiliser les jeunes aux bons réflexes sur Internet : protéger ses données, choisir un mot de passe solide, éviter de divulguer des informations personnelles. Le deuxième proposait une découverte concrète de l’impression 3D, de la coque de téléphone aux figurines. Le troisième, animé par le média Kweli, ouvrait une fenêtre sur les métiers de la création de contenus : journalisme, vidéo, influence, production numérique.

« Il n’y a pas que les métiers qu’on voit dehors », insiste Zayeb Maliki. À ses yeux, le numérique peut ouvrir des perspectives très concrètes à Mayotte : développeur web, gestionnaire de parc informatique, technicien fibre, maintenance de sites internet. « Il y a de quoi faire, il y a du boulot », résume-t-il.

Pour faciliter la venue des jeunes, des bus et navettes ont été mis en place, notamment depuis Cavani et Vahibé. Des accompagnateurs étaient également présents pour guider les participants. « Les jeunes n’ont pas forcément envie d’aller vers l’inconnu. Les accompagnateurs sont là pour les initier et les amener à découvrir », explique le directeur adjoint du CRIJ. Une centaine de jeunes ont finalement répondu présent.

Le CRIJ prévoit déjà un autre rendez-vous en octobre, consacré cette fois aux métiers maritimes avec une même logique : élargir l’horizon professionnel des jeunes Mahorais, montrer que des filières d’avenir existent sur l’île et que l’insertion peut aussi se construire au plus près des territoires.

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Pot de départ du préfet : un au revoir plutôt qu’un adieu

Pot de départ du préfet : un au revoir plutôt qu’un adieu

Il n’a cessé de défendre le « bilan positif » des actions conduites par les services de l’État à Mayotte sous sa direction, continuant d’occuper l’espace médiatique local à quelques jours de son départ du territoire. François-Xavier Bieuville, qui sera remplacé dans les prochains jours par Frédéric Poisot au poste de préfet de Mayotte, avait réuni plusieurs convives autour d’un pot de départ, mardi soir, à Dzaoudzi.

François-Xavier Bieuville s’apprête à quitter Mayotte dans les prochains jours pour rejoindre de nouvelles fonctions en métropole. Celui qui est encore, pour quelques heures, le représentant du gouvernement à Mayotte avait convié collaborateurs, partenaires issus du monde politique et représentants de la société civile à un pot de départ organisé mardi soir à la Case Rocher, à Dzaoudzi.

L’occasion pour lui de remercier en premier lieu les forces de défense présentes sur le département, mais également les sapeurs-pompiers et les services des douanes pour leurs actions menées sur le territoire.

Le préfet a dressé un bilan détaillé de son action au cours des deux dernières années, évoquant notamment l’opération « Kinguiya », toujours en cours, qui aurait déjà permis d’obtenir des résultats jugés significatifs et susceptibles de conduire à des poursuites judiciaires contre plusieurs contrevenants.

« À Mayotte, les gens préfèrent voir l’arbre qui tombe plutôt que la forêt qui pousse », a lancé avec humour François-Xavier Bieuville, une manière de répondre aux critiques formulées contre les différentes opérations menées par les forces de l’ordre dans le cadre de « Kinguiya ».

Il a également rappelé que les résultats obtenus, notamment les 24 000 reconduites à la frontière enregistrées l’an dernier – un chiffre en progression constante depuis 2023 – étaient, selon lui, de nature à faire pâlir certains préfets d’autres départements hexagonaux.

Le préfet a aussi salué le rôle joué par les forces armées, mobilisées sur le terrain avant et après le passage du cyclone Chido. Il a tenu à remercier plusieurs services de l’État, au premier rang desquels la DEALM, qui a contribué à rouvrir rapidement les routes de Mayotte après la catastrophe climatique du 14 décembre 2024.

François-Xavier Bieuville a également mis en avant sa décision de nommer deux natifs de l’île à des postes stratégiques au sein de l’administration de l’État à Mayotte : Nafissata Binti Mouhoudhoir à la direction de la DIETE et Mokhtar Soilihi au poste d’adjoint au SGAR.

Enfin, il a salué l’ensemble des acteurs ayant œuvré à ses côtés pour faire avancer le territoire au cours de ces dernières années, notamment plusieurs élus locaux.

Ce moment de convivialité, François-Xavier Bieuville a souhaité le présenter davantage comme un au revoir à Mayotte et à ses habitants que comme un adieu, estimant que « nul ne peut présager de l’avenir ».

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Foire de Paris 2026 : Mayotte fait rayonner son savoir-faire

Foire de Paris 2026 : Mayotte fait rayonner son savoir-faire

Depuis le 30 avril, les artisans de Mayotte exposent leur savoir-faire à la Foire de Paris, porte de Versailles. L’île aux parfums y participe pour la deuxième année consécutive, après dix ans d’absence.

Même à 8 000 kilomètres de leur territoire insulaire, les artisans mahorais continuent de faire rayonner leur culture et leurs produits. Huit exposants sont accompagnés par la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA). Divers profils sont représentés : agriculteurs, couturiers ou encore praticiens du bien-être, venus faire découvrir les huiles d’ylang-ylang et la vanille mahoraise.

Ahmed Wirdane, cadre à la Chambre des métiers et de l’artisanat, accompagne la délégation d’artisans locaux. Il témoigne d’une organisation efficace et d’une ambiance conviviale : « La foire se passe très bien. Nous sommes sur place du matin au soir et les artisans préparent chacun leur stand. »

Pour sélectionner les participants, la CMA s’est appuyée sur plusieurs critères, notamment l’authenticité des produits locaux et la mise en valeur d’une identité forte. Selon Soidridine Bacar, chargée du développement économique au sein de l’institution, la CMA aurait souhaité intégrer davantage d’artisans, mais n’a pas pu dépasser le quota imposé.

Pour certains exposants mahorais, cette foire représente une vitrine internationale unique ; pour d’autres, c’est un rêve devenu réalité.7

Un enjeu touristique et politique pour les Outre-mer

Cet événement revêt une importance particulière après dix années d’absence de Mayotte à la Foire de Paris. Il symbolise également un retour résilient quelques mois seulement après le passage du cyclone Chido.

Selon Outre-mer Tourisme, plateforme dédiée à l’attractivité et à la promotion touristique des territoires ultramarins, la Foire de Paris 2026 constitue une véritable opportunité d’alliance stratégique entre les territoires d’Outre-mer.

À cette occasion, Abdoul Kamardine, conseiller départemental de Mayotte, et Omar Djoundy, président de la CMA de Mayotte, ont rencontré plusieurs élus guyanais, dont Jean-Luk Le West, président du comité de tourisme de la Guyane. Cette rencontre institutionnelle place la coopération au cœur du développement économique des territoires ultramarins.

Les élus considèrent Outre-mer Tourisme comme un levier essentiel pour valoriser les richesses locales et améliorer l’image de leurs territoires à l’échelle nationale et internationale.

La Foire de Paris 2026 se poursuit jusqu’au 11 mai.

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Hip hop Evolution fête ses 20 ans au travers d’un festival itinérant aux 4 coins de Mayotte

Hip hop Evolution fête ses 20 ans au travers d’un festival itinérant aux 4 coins de Mayotte
Le crew « Vani break », originaire de Cavani, et la danseuse réunionnaise Fleur

La 12ème édition du festival Hip hop Evolution bat son plein aux 4 coins de l’île depuis le 28 avril dernier et se terminera ce vendredi 8 mai. Cette année 2026 était également l’occasion de fêter l’anniversaire des 20 ans du festival.  

Ce mercredi 5 mai, c’était au tour des habitants de Cavani-Mamoudzou de profiter des ateliers de danse et des spectacles organisés par l’association Hip-hop Evolution à l’occasion de la 12ème édition de son festival annuel. Cette année était aussi l’occasion de fêter l’anniversaire des 20 ans du festival, qui n’a pas pu se tenir l’année dernière comme prévu à cause des conséquences du cyclone Chido.

En 10 jours de festival, du 28 avril au 8 mai, les 72 danseurs de l’association se sont rendus ou se rendront dans 10 villages différents afin de toucher un public le plus large possible. « L’idée est de faire un pont entre l’histoire du hip-hop à Mayotte, en se rendant dans les villages d’origine des crews les plus emblématiques de l’île, et l’actualité, en se rendant dans les villages des crews de la nouvelle génération », explique Sophie Huvet, la porte-parole de l’association.

3 spectacles de danse gratuits au gymnase de Cavani

Si les « Battles of the year Mayotte », ancien « évènement phare » de l’association, ne sont plus organisées depuis 2022, l’association les a remplacées par un nouveau concept : « Battle en scène ». « Cet évènement ne se concentre pas uniquement sur la breakdance, il est également ouvert à d’autres formes de danse », détaille la porte-parole de l’association. Cette battle a été remportée cette année par le crew « Vani break », originaire de Cavani, au début du festival. Ses membres les plus accomplis ont d’ailleurs fait une démonstration de leur talent ce mercredi après-midi au travers d’un spectacle intitulé « Nore histoire ». L’enjeu pour eux était de raconter, au travers d’une chorégraphie, ce qui les a amenés à se consacrer à la danse.

En prélude à ce spectacle, la danseuse réunionnaise Fleur a réalisé un solo de 30 minutes intitulé « Souvenance », dans lequel elle a mélangé plusieurs styles de danse sur une base inspirée par la danse emblématique de son île, le maloya. Enfin, dans la soirée, le « clou du spectacle » a été planté par le duo de danseurs professionnels Maza (Mayotte) et Faouz (Anjouan), avec leur spectacle « Huka » (« Etre soi-même » en shimaore).

Un « carnet de bord » réalisé par le dessinateur Mouniri

Afin de « garder une trace artistique » de ce festival, l’association a demandé au dessinateur Mouniri de l’illustrer au travers d’un « carnet de bord ». « Mouniri est un peu le « fil conducteur » des 20 ans du festival », explique Sophie Huvet. « Chaque jour, il a réalisé des planches d’illustration et nous lui donnons carte blanche pour en faire une œuvre finale », ajoute-elle. Mouniri et le grapheur Papajan, qui est également venu apporter sa contribution au festival, ont également immortalisé les danseurs sur les murs du gymnase de Cavani.

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Un forum pour rapprocher les jeunes des métiers du numérique

Un forum pour rapprocher les jeunes des métiers du numérique

Le CRIJ Mayotte, en partenariat avec la politique de la ville de Tsingoni, organise le Forum de la formation professionnelle et des métiers du numérique, le mercredi 6 mai 2026, de 8h30 à 14h, à l’école primaire de Mirereni. Ouvert aux jeunes, demandeurs d’emploi, étudiants, salariés en reconversion et porteurs de projets, ce rendez-vous vise à faire découvrir les formations, les dispositifs d’insertion et les opportunités du secteur numérique. Environ 20 partenaires, organismes de formation et entreprises, seront mobilisés autour de stands, d’échanges professionnels et d’ateliers consacrés notamment à la cybersécurité, à la 3D et à l’impression 3D.

La réinvention de Madagascar Airlines prend de la hauteur

La réinvention de Madagascar Airlines prend de la hauteur

Ce 28 avril 2026, la compagnie aérienne Madagascar Airlines a annoncé l’ouverture de son tout nouveau business lounge ainsi que sa nouvelle agence au sein du terminal national de l’aéroport d’Antananarivo Ivato. Ce lounge de 122 m² de propose quatre espaces différents incluant restauration, détente, espace famille et espace de travail pensés pour que le voyage commence bien avant l’embarquement.

L’accès à ce lounge est réservé aux passagers en Classe Affaires et aux membres Gold et Platinum du programme de fidélisation Valisoa Club. Les passagers en Classe Économique peuvent également en profiter, en formule payante en agence ou via le call center ou encore à l’enregistrement et même quand les passagers sont déjà dans la salle d’embarquement.

La nouvelle agence quant à elle, a été pensée pour faciliter l’accueil des clients dans un cadre agréable, moderne et optimal pour les réservations, achats de billet, modifications ou encore les renseignements sur les vols. L’ensemble de ce projet inauguratif, vise à concilier identité malgache, innovation et confort international.

Battle sur la piste de danse de l’Association Uwezo

Battle sur la piste de danse de l’Association Uwezo

L’association Uwezo, structure artistique et culturelle, organise “ le Battle Uwezo en live” ce dimanche 17 mai 2026 de 13h à 17h au parc de Amina Oili à Tsoundzou 1.

Cet événement mettra en avant les meilleurs talents de danse de l’île avec au programme des battles tels que :  Le 1 vs 1 Break, Le 1 vs 1 All Style, et Le 3 vs 3 Expérimental. Depuis 7 ans, l’association lutte pour favoriser l’accès à la culture et fortifier les liens entre les artistes au biais d’événements conviviaux et d’ateliers. Le Battle Uwezo en live s’inscrit dans la même continuité.

Droit du sol à Mayotte : la réforme de 2025 devient effective

Droit du sol à Mayotte : la réforme de 2025 devient effective

Le durcissement du droit du sol à Mayotte entre en vigueur ce mercredi 6 mai. Un an après la publication de la loi du 12 mai 2025 renforçant les conditions d’acquisition de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte de parents étrangers, le dispositif est désormais applicable, après la publication mardi au Journal officiel d’un décret et d’un arrêté qui en précisent les modalités.

Concrètement, un enfant né à Mayotte de parents étrangers ne pourra plus accéder à la nationalité française, au titre de sa naissance et de sa résidence en France, que si ses deux parents résidaient régulièrement en France depuis plus d’un an au moment de sa naissance.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans un régime déjà dérogatoire. Depuis 2018, Mayotte connaît un régime spécifique d’accès à la nationalité pour les enfants nés de parents étrangers. Jusqu’ici, la condition portait sur au moins un parent, avec une durée de résidence régulière de trois mois.

Le Conseil constitutionnel avait validé ce durcissement en mai 2025, considérant que les « caractéristiques et contraintes particulières » de Mayotte pouvaient justifier une adaptation des règles applicables sur le reste du territoire national. Les Sages avaient notamment relevé que « la population de Mayotte comporte, par rapport à l’ensemble de la population résidant en France, une forte proportion de personnes de nationalité étrangère, dont beaucoup en situation irrégulière, ainsi qu’un nombre élevé d’enfants nés de parents étrangers ».

Selon l’Insee, 9 070 enfants sont nés en 2025 de mères domiciliées à Mayotte, en légère hausse après deux années de baisse ; en 2024, trois quarts des bébés nés dans le département avaient une mère étrangère.

Pour le gouvernement, ce décret vise à réduire l’attractivité supposée du droit du sol à Mayotte et à répondre à une demande récurrente d’une partie des élus locaux. Pour ses opposants, il marque au contraire une nouvelle rupture d’égalité entre les enfants nés à Mayotte et ceux nés dans le reste de la République.

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Les Outre-mer désormais couverts par la Charte sociale européenne

Les Outre-mer désormais couverts par la Charte sociale européenne

Depuis le 1er mai 2026, la Charte sociale européenne s’applique aux territoires ultramarins français. Ce texte du Conseil de l’Europe garantit plusieurs droits sociaux essentiels tels que le droit à l’emploi, à la sécurité au travail, à la santé, à la protection sociale, au logement et à l’éducation, en accordant une attention particulière à la protection des groupes vulnérables tels que les personnes âgées, les enfants, les personnes handicapées et les migrants.

Jusqu’ici, les Outre-mer restaient exclus de cette protection, faute de déclaration officielle de l’État français auprès du Conseil de l’Europe. Cette différence de traitement était dénoncée depuis plusieurs années par les défenseurs des droits, notamment par la commission nationale consultative des droits de l’homme, qui y voyait une forme de discrimination entre l’Hexagone et les territoires ultramarins.

En 2024, la commission avait demandé à la France d’étendre la Charte aux Outre-mer, qualifiant le mécanisme d’exclusion de « clause coloniale ».

La pression institutionnelle s’était encore renforcée début 2026. En février, une proposition de résolution déposée au Sénat appelait le gouvernement à étendre « sans réserve » la Charte sociale européenne révisée à l’ensemble des territoires ultramarins français.

La différence de traitement était d’autant plus notable à Mayotte que selon l’Insee, 77,3 % des habitants du territoire vivent sous le seuil de pauvreté national. Le chômage y demeure également le plus élevé des départements d’Outre-mer, touchant 29 % de la population active en 2024.

Avec cette extension, les ONG habilitées pourront désormais saisir le Comité européen des droits sociaux lorsqu’elles estiment que les politiques publiques menées dans les Outre-mer sont contraires aux engagements européens de la France.

La portée de cette extension doit toutefois être nuancée. La Charte sociale européenne ne prévoit pas de sanction directe en cas de non-respect par un État. Le Comité européen des droits sociaux peut constater des manquements, formuler des conclusions et exercer une pression politique ou diplomatique, mais il ne peut pas contraindre juridiquement un gouvernement à modifier sa politique.

Son influence repose donc surtout sur l’exposition publique des États et sur leur volonté de préserver leur crédibilité internationale. Or, la France a déjà montré qu’elle pouvait passer outre certaines condamnations.

Cette extension marque tout de même une reconnaissance importante : au niveau européen, les habitants des Outre-mer peuvent désormais revendiquer les mêmes droits sociaux que ceux de l’Hexagone.

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Ambdilwahedou Soumaïla : ses grands projets structurants pour « changer le visage de Mamoudzou »

Ambdilwahedou Soumaïla : ses grands projets structurants pour « changer le visage de Mamoudzou »

Dans cette deuxième partie de notre entretien, le maire de Mamoudzou évoque notamment les grands projets structurants en cours, contenus dans le projet de territoire « Mamoudzou 2030 ». Ils ont pour objectif d’arriver à « un aménagement équilibré du territoire ».

Flash Info : On a beaucoup parlé, au cours de votre précédente mandature, de vos « grands projets d’aménagement du territoire ». Pouvez-vous nous les détailler ?

Ambdilwahedou Soumaïla : Il s’agit de la partie la plus connue du projet « Mamoudzou 2030 ». Nous avons en effet plusieurs « grands projets structurants », qui ont pour objectif d’arriver à un aménagement équilibré du territoire en changeant complètement le visage de Mamoudzou. Nous souhaitons d’abord réaménager le front de mer. Nous espérons commencer la première phase de ce chantier d’ici la fin de l’année. Ce projet impliquera une réorganisation totale du centre-ville de Mamoudzou. Nous souhaitons également poursuivre le chantier de la ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) de Doujani. Ce quartier a été complètement « bidonvillisé » ces dernières années et notre enjeu sera d’en faire « le premier quartier connecté de Mamoudzou ».

Nous projetons aussi de commencer le chantier de la ZAC de Tsoundzou et le réaménagement du front de mer de M’Tsapéré. Nous souhaitons construire un « palais des congrès » là où se trouvent aujourd’hui la décharge des déchets engendrés par Chido, en plus du collège d’excellence que le rectorat nous a demandé de prévoir dans ce même quartier. Nous avons également l’ambition de créer une deuxième zone économique, en plus de celle de Kaweni, à Tsoundzou, toujours dans un souci d’équilibrage du territoire. Dans le domaine sportif, nous souhaitons construire le complexe de Passamaïnty, celui de Baobab/M’Tsapéré et rénover le stade de Vahibé. Nous avons réalisé toutes les études préliminaires à la réalisation de ces projets au cours de notre première mandature pour un montant de 30 millions d’euros investis sur 6 ans. L’enjeu de ce deuxième mandat sera donc de « se rendre au guichet » pour mobiliser les partenaires afin d’obtenir les fonds pour faire de ces projets une réalité concrète.

F.I : Ces études sont payées, mais sont-elles terminées ?

A.S : Beaucoup sont terminées, d’autres sont encore en cours. Par exemple, les études pour la deuxième médiathèque de Mamoudzou, qui sera à Tsoundzou 1, sont terminées. Nous sommes « allés au guichet » et avons réussi à mobiliser des partenaires pour nous accompagner. Nous sommes donc actuellement en mesure de commencer les travaux. Lors de notre premier mandat, nous avons terminé les projets de notre prédécesseur et réalisé les études préliminaires pour nos propres projets.

F.I : Certains chantiers ont-ils néanmoins déjà commencé sous votre première mandature ?

A.S : Absolument. Le stade de Bamana sera livré au mois d’août prochain et celui de Tsoundzou, qui est un peu plus grand, sera livré fin décembre. Nous avons également lancé le chantier du stade de Kaweni, deuxième grand stade de la commune après celui de Tsoundzou. Dans le domaine de la sécurité publique, nous avons ouvert l’annexe de la police municipale aux Hauts-Vallons. Nous avions également ouvert celle de Passamaïnty, mais comme Chido est passé par là, il va falloir la refaire. Cette année 2026 sera donc surtout consacrée à la reconstruction post-Chido. Comme vous le voyez autour de vous, l’hôtel de ville de Mamoudzou est actuellement en chantier pour réparer les dégâts du cyclone, tout comme les 3 plateaux sportifs de la commune ainsi que le siège social de la police municipale.

F.I : Et où en sont les travaux de réparation des écoles maternelles et primaires ?

A.S : On a quasiment tout terminé, il ne nous reste que 4 écoles : deux à Cavani Sud et deux à Kaweni. Le 18 mai, on va livrer 7 salles à Kaweni dans les 2 groupes scolaires et un bloc à Cavani sud où les travaux sont plus avancés. J’ai d’ailleurs prévu une visite dans les écoles de Cavani sud le 7 mai prochain. Toutes les écoles abîmées par Chido seront donc entièrement restaurées d’ici la rentrée de septembre 2026.

F.I : La population se plaint régulièrement du fait que les MJC seraient « des coquilles vides », insuffisamment investies par les jeunes pour laquelle elles ont été d’abord conçues. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

A.S : Il y a en tout cas 2 MJC pour lesquelles cette question-là ne se pose pas : celle de M’Gombani et celle de Kaweni, où nous sommes même parfois obligés de refuser des programmations. Dès notre arrivée à la tête de la municipalité, nous avons fait le choix d’installer des « coins lecture » dans toutes les MJC pour pallier le manque de médiathèques au sein de la commune. A la médiathèque de Passamaïnty et dans les MJC de M’Gombani et de Kaweni, nous avons également installé des espaces médias en lien avec le Carif-Oref. Ce dernier a financé des ordinateurs afin que les demandeurs d’emplois puissent venir faire leurs recherches dans ces espaces. De jeunes agents ont été mis à disposition par le Département pour accompagner ces personnes sur l’utilisation des outils numériques. Ces ordinateurs peuvent aussi être utilisés par les jeunes qui n’ont pas internet chez eux. Nous avons toutefois été confrontés à un vrai problème concernant les jeunes déscolarisés, qui sont actuellement au nombre de 600 sur la commune. Avec l’ancien recteur Gilles Halbout, nous avions mis en place dans les MJC de M’Tsapéré, Vahibé et tsoundzou 2, des « classes itinérantes ». Un professeur prenait en charge des petits groupes de 12 élèves et on effectuait des rotations. Les jeunes pouvaient ainsi bénéficier de 2h ou 2h30 de cours par jour. Malheureusement ce projet s’est arrêté depuis Chido à cause de la destruction des bâtiments. La reconstruction de la MJC de Vahibé est actuellement terminée, mais celle de M’Tsapéré et de Tsoundzou 2 sont encore en cours. Avant Chido, les MJC étaient donc en grande partie occupées par ces classes itinérantes. Elles ont aussi pour vocation d’être investies par les associations de quartier. Ce sont elles qui sont censées proposer des activités à la jeunesse de la commune. A M’Gombani et à Kaweni, ce système fonctionne bien. A Tsoundzou 2, nous avons une convention avec une association qui fait de la musique traditionnelle. Des répétitions avec les jeunes du quartier ont lieu tous les après-midis.

F.I : Et est-ce que ces MJC peuvent accueillir des spectacles culturels ou des concerts pour palier le manque de salle de spectacle dans la commune de Mamoudzou ?

A.S : Il y a là un vrai sujet. Dans notre projet d’excellence, il y a aussi l’excellence culturelle. Nous avons le projet de mettre en place une troupe de théâtre communale en structurant toutes les associations de chants et danse traditionnelles de la commune. Car il faut occuper les jeunes des quartiers défavorisés et leur donner un espace d’expression. Toutefois, nous nous sommes fait « taper sur les doigts » par la Chambre Régionale des Comptes. Elle nous a dit qu’il n’était pas normal que les associations viennent profiter du matériel installé dans les MJC pour faire leurs spectacles sans payer. Nous demandons donc dorénavant une contribution financière aux associations, ce qui leur pose problème car avant c’était gratuit. Mais on a changé d’époque et ce sont les nouvelles directives de la Chambre. Pour certaines associations, c’est un frein.

F.I : Je me permets de rebondir sur la Chambre Régionale des Comptes. Où en sont les comptes de la mairie de Mamoudzou à ce jour ?

A.S : Toutes les communes de Mayotte sont en difficulté, notamment sur la partie trésorerie. Quand la Chambre Régionale des Comptes fait des contrôles, elle le fait toujours à cheval sur 2 mandatures, justement pour éviter de stigmatiser un seul maire. Le dernier contrôle concernait la période 2018-2023, autrement dit 2 ans de la mandature de mon prédécesseur Majani et 3 ans me concernant. La Chambre a pointé du doigt 14 recommandations concernant le contrôle précédent qui n’avaient pas été suivies et nous a fait 7 nouvelles recommandations. Nous les avons quasiment toutes mises en œuvre. Par ailleurs, le préfet a saisi la chambre après le dépôt de notre exécution budgétaire de 2024, car nous avions déposé un budget en déficit de 11 millions d’euros en investissements et de 1,2 millions d’euros en fonctionnement. Les collectivités ont en effet le droit de clôturer leur budget avec un déficit maximal de 5%, mais là ça faisait 9%, ce qui donnait le droit au préfet de demander à la Chambre de prendre la main sur notre budget. La Chambre nous a demandé de nous expliquer, ce que nous avons fait. Son président nous a ensuite écrit pour nous signifier qu’elle estimait que les mesures que nous proposions en 2025 étaient suffisantes pour résorber le déficit de 2024. Elle a donc décidé de nous laisser la main sur le budget, le sujet était donc clos. Le 23 avril 2026, nous avons validé le budget 2026 (le CFU) à plus de 4 millions d’euros d’excédent en fonctionnement. Il reste un déficit de 2 millions d’euros en investissement. Il faut juste que nous arrivions à récupérer l’argent qu’on nous doit pour résorber ce déficit. A Mayotte, nous avons peu de marge de manœuvre car seulement 20% des contribuables payent pour tout le monde et, par ailleurs, les dotations des communes ne sont pas calibrées sur la taille réelle de la population. Comme notre recensement n’est pas fiable, nous sommes sous-dotés et cela fait partie des sujets que nous allons porter très prochainement devant le gouvernement.

F.I : Est-ce à dire que vous n’avez pas confiance dans le récemment de l’INSEE ?  

A.S : Ce n’est pas tant une question de confiance. C’est surtout que le dernier récemment date de 2017 et, entre temps, la population a largement augmenté. De 2017 à 2026, nous avons donc été sous-dotés. Depuis 2020, le recensement se fait annuellement. Le problème est que Chido est venu casser tout le travail de recensement effectué depuis 2020 avec une redistribution complète de la population. Il a donc fallu tout recommencer et la référence reste encore à ce jour le chiffre de 2017. Depuis 9 ans nous sommes donc sous-doté, ce qui nous pénalise. Quand le nouveau recensement sera effectif en 2027, ce sera la nouvelle référence, mais nous auront perdu 10 ans de dotations. Nous allons donc demander un rattrapage sur la période 2017-2027. Je ne sais pas si nous auront gain de cause, mais nous allons essayer, car cette situation n’est pas normale.

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La signature électronique marque une nouvelle étape pour EDM

La signature électronique marque une nouvelle étape pour EDM
À Kaweni, Electricité de Mayotte lance la signature électronique, deux clics pour signer.

Le 4 mai 2026 à Kaweni, Electricité de Mayotte accélère sa transition numérique : signature électronique, services à distance et suivi en ligne pour simplifier les démarches, tout en maintenant une relation de proximité avec les usagers.

À Kaweni, ce lundi 4 mai 2026, Electricité de Mayotte (EDM) a franchi une nouvelle étape dans sa transformation digitale. À l’occasion d’une conférence de presse organisée à son siège, l’entreprise a présenté le lancement de la signature électronique, un service qui s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la relation client.

Pour Raphaël Ruat, directeur d’EDM, la digitalisation « s’inscrit dans une démarche de long terme », jalonnée par des évolutions progressives des services. « Digitaliser ne signifie pas oublier nos clients », insiste-t-il. Au contraire, l’entreprise affirme vouloir conjuguer innovation technologique et maintien d’une forte proximité avec les usagers.

Une transition pensée pour tous les publics

Sur un territoire où une partie de la population reste éloignée du numérique, EDM développe des solutions hybrides. Des conventions ont notamment été signées avec les Maisons France Services afin d’accompagner les usagers ne pouvant se déplacer ou peu à l’aise avec les outils digitaux.

« Il y a une complémentarité entre les canaux », souligne un responsable clientèle. L’objectif est clair : fluidifier les démarches tout en conservant un accompagnement humain.

Cette transformation intervient dans un contexte de forte hausse de la consommation électrique à Mayotte. EDM, seul gestionnaire d’électricité sur l’île, compte aujourd’hui environ 54 000 foyers clients. La consommation progresse de 4,5 % chaque année, portée notamment par l’équipement croissant des ménages, en particulier en climatiseurs.

Des services numériques pour simplifier le quotidien

La digitalisation de la relation client est déjà bien avancée. Trois clients sur quatre disposent désormais d’un espace client en ligne, devenu le troisième canal de contact avec l’entreprise.

Depuis 2023, un portail de raccordement est accessible en ligne, simplifiant les démarches administratives. Les contrats peuvent être envoyés par mail, accompagnés de documents dématérialisés tels que les mandats SEPA ou les échéanciers de paiement.

Le lancement de la signature électronique marque une nouvelle avancée : deux clics suffisent désormais pour signer un document, avec une valeur légale équivalente à une signature manuscrite. Un gain de temps significatif, tant pour les clients que pour les agents.

La crise sanitaire avait accéléré certains usages, notamment avec la fermeture des agences physiques pendant le Covid-19. EDM avait alors installé sa première borne de paiement à Kaweni. Aujourd’hui, plus de sept bornes sont réparties sur l’île, et une nouvelle installation est prévue à Tsararano.

Parallèlement, plus de 10 000 clients sont déjà équipés de compteurs numériques. Prochaine étape : le portail « Ma Conso », qui permettra de suivre sa consommation en temps réel et de bénéficier de conseils personnalisés pour mieux maîtriser sa facture.

En automatisant certaines procédures, EDM souhaite recentrer ses équipes sur des missions à plus forte valeur ajoutée : conseil personnalisé, accompagnement tarifaire et optimisation des consommations, tout en maintenant un lien de proximité avec ses usagers.

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La BGE Mayotte prépare la 7ème édition du salon de l’entrepreneuriat féminin

La BGE Mayotte prépare la 7ème édition du salon de l’entrepreneuriat féminin

Le 15 mai prochain, la BGE Mayotte organise la 7ème édition du salon de l’entrepreneuriat pour les femmes. L’événement se déroulera en semi-présentiel : à la fois à la technopole de Dembeni avec un maximum de 35 personnes de 8h à 12h30, mais aussi en direct sur des réseaux sociaux de la BGE et sur le média digital Yatru TV. Les internautes pourront poser toutes leurs questions, notamment en matière de subvention entrepreneuriale.

À Mayotte, 52% des entreprises individuelles sont créées par des femmes, plaçant le territoire en tête des départements français. Le salon de l’entrepreneuriat féminin est l’occasion idéale de célébrer des femmes aux multiples parcours, de les rassurer dans l’accompagnement à la création et à la pérennité, dans un secteur qui requiert audace et dévouement intense.  En raison d’une forte affluence d’événements, cette année, la BGE décide d’utiliser davantage les canaux digitaux.

Ce salon reste un évènement incontournable à assurer.  Les thématiques centrales abordées seront la résilience économique et l’innovation face aux risques. Au programme : une table ronde, une masterclass et des entretiens d’experts.  Sur le volet digital, divers portraits d’entrepreneuses seront diffusés en ligne. La particularité de ce salon 2026 met en lumière les entrepreneuses malgré les phases dramatiques que traverse l’île. Asande Amani, responsable pédagogique au sein de la BGE, porte une vision optimiste de cette 7ème édition, pour elle c’est un symbole de constance malgré les difficultés.

Elle se confie :  “Pendant très longtemps, l’entrepreneuriat était considéré comme un milieu d’hommes, mais les femmes continuent aussi à se battre malgré les crises vécues sur le territoire ces quatre dernières années. À titre de comparaison avec l’Hexagone, ce stéréotype de genre s’est beaucoup atténué ici à Mayotte, mais il y a encore beaucoup de réticence à se lancer chez les femmes, il faut qu’elles osent.“ Cet événement qui incarne la résilience économique est soutenu par la Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité, par le Conseil Départemental et la préfecture de Mayotte.

Dans un territoire fragilisé par la stagnation économique, notamment à cause du cyclone Chido, la BGE Mayotte met un point d’honneur à soutenir des femmes visionnaires aux projets tenaces et endurants afin de servir la population mahoraise le plus longtemps possible.

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Talents des Cités 2026 : les entrepreneur.es des quartiers prioritaires peuvent candidater jusqu’au 30 juin

Talents des Cités 2026 : les entrepreneur.es des quartiers prioritaires peuvent candidater jusqu’au 30 juin

Le concours Talents des Cités fête ses 25 ans et lance sa nouvelle édition. Il offre visibilité, dotation et accompagnement aux entrepreneurs installés dans les Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 juin.

Les inscriptions de la 25e édition du concours Talents des Cités 2026 sont lancées ! Le concours récompense chaque année les entrepreneur.es installé.es dans les Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville (QPV). Son objectif est de mettre en lumière les parcours inspirants, les initiatives innovantes et les projets à fort impact local. Le concours est composé de deux étapes, une première régionale, où à la suite d’une sélection sur dossier, deux finalistes se présenteront face au jury régional pour défendre leur projet. Un lauréat est nommé par catégorie et par région, soit 28 lauréats régionaux au total. Ensuite, pour la phase finale, les dossiers des 28 sélectionnés sont analysés par les partenaires du concours qui sélectionnent les 14 finalistes nationaux.

Ils devront présenter leur projet pendant 10 minutes devant le jury national puis répondre à 10 minutes de questions. Quatre aspects sont évalués : le profil de l’entrepreneur, son parcours et ses motivations ainsi que la viabilité économique et financière du projet. Le jury examine également la relation au territoire, l’impact économique, social et environnemental et l’engagement pour le quartier, notamment l’exemplarité, l’implication associative et la volonté de soutenir d’autres projets.

Pour candidater, trois critères doivent être remplis : avoir au moins 18 ans, résider dans un QPV ou y avoir implanté son entreprise (la zone des 300 mètres autour est acceptée) et avoir été ou être accompagné par un organisme reconnu d’appui à la création d’entreprise. Il y a deux catégories, Jeune Pousse, pour les entreprises créées entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, et Création pour les entreprises créées avant le 30 juin 2025. Pour participer, il faut le statut d’association immatriculée, de travailleur indépendant (freelance) ou d’entrepreneur sous contrat CAPE au sein d’une CAE. Les entrepreneurs ayant le statut de réfugié ou demandeur d’asile sont éligibles. La candidature est gratuite et se fait exclusivement en ligne sur https://talents-des-cites.wiin.io/fr/. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 juin. De juillet à septembre se tiennent les concours régionaux avec la remise des prix en octobre. En novembre se déroule la sélection nationale avec la remise des prix en décembre à Paris. Des webinaires de présentation sont prévus le mardi 12 mai, le mercredi 3 juin et le mercredi 17 juin, tous de 17h à 18h.

Les lauréats régionaux reçoivent une dotation de 1000€ pour la catégorie Jeune Pousse et de 2000€ pour la catégorie Création. Au niveau national, 8 prix sont décernés, 4 d’une hauteur de 7000€, 2 de 3000€ et 2 qui récompensent par une visibilité médiatique. Les 14 finalistes nationaux recevront également un coaching en prise de parole par le Club XXIe siècle.

Pour les 25 ans du concours, tous les candidats en recherche de financement peuvent accéder au dispositif Fast Track to Cash. Des experts en ingénierie financière proposent une analyse des projets et, selon l’avancement de ces derniers, des conseils ou des contacts avec des financeurs adaptés. Ce service est indépendant du concours et n’a aucune incidence sur l’évaluation des dossiers.

Créé en 2002, à l’initiative du ministère de la Ville et du Logement et de la Caisse des Dépôts, le concours est aujourd’hui piloté par Bpifrance dans le cadre du programme gouvernemental Entrepreneuriat Quartiers 2030. L’objectif est d’accompagner 100 000 nouveaux entrepreneurs en QPV d’ici 2027. Cette édition est soutenue par le BGE, le ministère de la Ville et du Logement, l’Agence nationale de la cohésion des territoires, la Banque des Territoires, France Travail, France Télévision, Radio France, le Club XXIe siècle et le collectif Cap Créa.

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Comores : lancement de nouveaux systèmes de paiement

Comores : lancement de nouveaux systèmes de paiement

En proposant ces solutions, la Banque centrale des Comores espère accélérer la pénétration de l’inclusion financière, actuellement portée par la monnaie électronique et les institutions financières décentralisées, dont le nombre d’agences établies sur le territoire s’élèvent à 140. 

La Banque centrale des Comores en partenariat avec le gouvernement, la Banque Mondiale, et d’autres partenaires financiers a dévoilé, hier lundi quatre moyens de paiement dont le but est de favoriser les transactions financières dans le pays. Le lancement de ces nouvelles solutions, actuellement en phase test en attendant le déploiement sur le terrain a eu lieu en présence du chef de l’État comorien et de l’ensemble des acteurs économiques du pays.

La première solution est le Mali Ya wakazi qu’on pourrait traduire par  » argent des habitants ». Ce service permet aux clients de déposer, de retirer, ouvrir un compte depuis sa localité dans la banque de son choix. Pour l’instant, seules deux institutions de microfinances n’ont pas signé les conventions, d’après nos informations. Dotés d’agents qui vont être installés dans les régions reculées, les agences de Mali Ya wakazi vont pouvoir effectuer toutes les opérations des banques traditionnelles implantées généralement dans les grandes villes.

 » On peut ouvrir son compte bancaire, retirer son argent, peu importe la banque. Toute cela depuis nos villages pendant les heures ouvrables. Plus besoin de se déplacer jusqu’à Moroni« , a détaillé, un agent de la Banque centrale, que nous avons rencontré en amont de la cérémonie. Il a indiqué que les tests de ce moyen de paiement qui consistent à rapprocher la population du système bancaire ont déjà été lancés depuis juin 2025.

« Des agents locaux formés —commerçants ou acteurs déjà connus dans la localité permettent d’effectuer les opérations basiques telles que les retraits, les dépôts ou l’initiation d’ouvertures de comptes, sans avoir à se déplacer vers une agence bancaire. Ce dispositif vise à faciliter l’accès aux services financiers, à réduire les distances et à encourager l’utilisation des services bancaires par un plus grand nombre de personnes« , rapporte la Banque centrale dans un document de presse. Le projet est en cours de déploiement sur les différentes îles, avec des agents déjà identifiés et formés.

Fmi, Banque Mondiale

Le gouverneur de la banque centrale des Comores, le Docteur Younoussa Ben Imani a dans son discours mis en avant les chantiers, les transformations opérées depuis sa nomination en 2017. Parmi elles la modernisation des systèmes de paiement, soutenue par les partenaires comme le Fonds monétaire international ou encore la Banque mondiale, qui depuis 2021 accompagne la Bcc notamment dans la rénovation des infrastructures. La Représentante du Fonds monétaire international a d’ailleurs relevé la contribution qu’ils ont apporté aussi bien dans la formation de cadres mais aussi en aidant la Banque centrale dans la gouvernance et la supervision bancaire.

C’est le cas par exemple dans la réactualisation des statuts de la Banque dont les nouveaux textes ont été signés en janvier 2025. Désormais les sessions du conseil d’administration de la Bcc se tiendront à Moroni et non à Paris. « A propos du projet des marchés des titres, la FMI avait déployé huit missions aux Comores sur trois ans. Pour un début, la phase pilote s’étalera sur 6 mois avec un volume de 1 milliard de francs comoriens plus particulièrement dans les adjudications et les soumissions d’offres mais pas que« , a-telle énuméré. Le troisième mode de paiement dévoilé hier est le Komor Switch, dont le facteur le plus marquant est l’aboutissement d’un réseau national qui consacre l’interopérabilité des banques locales.

Réduction délai de traitement des transactions

Soutenu par la Banque mondiale, la plateforme Komor Switch rend possible les paiements par cartes dans les différents terminaux développés par les banques de la place. En d’autres termes, le client d’Exim Bank Comores peut à partir de juillet prochain retirer du cash dans le Gab de l’Afg Bank, son concurrent, sans passer par un intermédiaire international. En revanche, pour l’instant, seules les transactions, et paiements locaux seront opérationnels. Pour les achats en ligne, ça attendra un peu.  » Komor Switch agit comme une plateforme centrale qui assure l’interconnexion et le traitement des transactions permet aux institutions financières de se connecter entre elles, les transactions sont traitées de manière rapide, sécurisée et fiable« , a-t-on lu dans une présentation vidéo projetée dans la salle de conférence de la Banque centrale.

Le dernier moyen de paiement lancé officiellement ce lundi est le Komor Pay, dénommé Ats, réservé exclusivement aux banques entre elles. « Opérationnel depuis le 23 avril 2026, ce système est une infrastructure nationale de paiement interbancaire il permet le traitement, la compensation et le règlement sécurisé des transactions en monnaie banque centrale« . Il raccourcit le délai de traitement des chèques, des virements qui passe de 3 jours à une journée ouvrable grâce à un réseau de fibre optique spécifique de 120 km. Selon le dernier rapport de la banque centrale de l’Union des Comores, de l’année 2024, l’inclusion financière est portée par les banques traditionnelles, les institutions décentralisées et les systèmes de paiement électroniques. L’encours de la monnaie électronique a atteint 2,7 milliards de francs tandis que le nombre de comptes ouverts s’élevait à 669 584 comptes, dont seulement 29,1% sont actifs. Avec 9 banques et institutions financières, un réseau de 175 agences et 26 Gab, le pays se trouve avec un taux de bancarisation national (2024) de 39%. Les projections tablent sur 70% en d’ici 2030.

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Madjidi Abdoul désigné pour arbitrer une rencontre du championnat malgache

Madjidi Abdoul désigné pour arbitrer une rencontre du championnat malgache

Un arbitre originaire de Mayotte officiera, pour la première fois, lors d’un match de haut niveau du championnat de Madagascar.

La rencontre opposant le STM à l’UASC, comptant pour le championnat XXL TOP 12 (équivalent de la Fédérale 1), se tiendra le 10 mai 2026 au Stade des Makis. Elle sera arbitrée par Madjidi Abdoul.

Arbitre au sein du comité de rugby de Mayotte et Directeur de l’arbitrage de la ligue locale, il est ainsi appelé à diriger une rencontre à enjeu dans une compétition régionale de premier plan. Cette désignation intervient dans un contexte de structuration progressive de l’arbitrage mahorais.

Elle constitue, par ailleurs, un indicateur de la reconnaissance des officiels de Mayotte au niveau régional.

Le Kariboom revient pour sa dixième édition le 23 et 24 mai

Le Kariboom revient pour sa dixième édition le 23 et 24 mai

Le Kariboom s’apprête à faire son grand retour. Les 23 et 24 mai 2026, le festival célébrera ses dix ans sur la plage de M’tsangabeach, à Sada. Une décennie de musique, de rencontres et de construction collective qui ont progressivement transformé ce rendez-vous en véritable pilier de la vie artistique locale.

Né en 2014 autour d’un simple après-midi spectacles prolongé par une soirée musicale, le Kariboom a grandi au rythme de son public. Aujourd’hui, il s’étend sur deux jours et deux nuits, déploie plusieurs scènes et attire des artistes venus d’horizons multiples. Malgré cette montée en puissance, le festival n’a jamais perdu ce qui fait sa force : un ancrage profond dans le territoire et une identité fidèle à l’esprit de ses débuts.

Pour cette édition anniversaire, la proposition artistique se veut particulièrement dense. « Cette année, on a une programmation super riche avec un Mahorais All-Stars », explique avec enthousiasme Léo, président de l’association organisatrice Atomix Sound System. Les talents locaux occuperont en effet une place centrale. Les festivaliers pourront ainsi retrouver Zily, B Junior ou encore Mounawar qui incarnent cette nouvelle génération d’artistes mahorais, capables de mêler héritage culturel et influences contemporaines.

À leurs côtés, plusieurs artistes internationaux viendront enrichir l’affiche. Le producteur italien Nesh Mayday, figure reconnue de la scène techno indépendante, partagera la scène avec Jahnaton, dont les sonorités naviguent entre reggae, dub et dancehall. Le duo Elements of Baraka proposera quant à lui une immersion dans un univers où les traditions gnawa rencontrent les textures électroniques.

Le Kariboom revient pour sa dixième édition le 23 et 24 mai

Au Kariboom, la culture se vit aussi en journée

Pour la première fois, le dimanche s’ouvrira en journée. La compagnie réunionnaise Cirquons Flex y proposera des performances, dans un esprit toujours plus familial et accessible.

Le samedi après-midi, ouvert gratuitement à tous, permettra aux enfants de découvrir des disciplines artistiques, et aux associations locales d’investir l’espace avec des propositions variées : du cirque à la capoeira, en passant par des baptêmes de voile et de l’escalade. Des navettes seront également mises en place depuis Mamoudzou afin de faciliter l’accès au site et permettre au plus grand nombre de participer.

Le Kariboom revient pour sa dixième édition le 23 et 24 mai

En amont du festival, des ateliers de fabrication à partir de bambou et une formation technique de montage de la scénographie permettront à des jeunes du territoire de participer concrètement à la construction du site. Encadrés par des professionnels des associations Hadra et Kaja Kaona ils deviendront acteurs d’un projet collectif qui dépasse largement le cadre de l’événement.

Kariboom sous le signe du phoénix

Derrière cet engagement, l’association Atomix Sound System œuvre depuis 2007 à promouvoir les musiques actuelles et les arts du spectacle à Mayotte. Le festival en est aujourd’hui sa vitrine la plus visible, mais aussi le prolongement d’une volonté constante de défendre une culture vivante, ouverte et inclusive. Dans un contexte local parfois marqué par des tensions sociales, ces espaces de rassemblement prennent une dimension particulière. Ils deviennent des lieux où l’on se retrouve, où l’on partage, où l’on respire autrement.

Pour marquer cette dixième édition, les organisateurs ont choisi le symbole du phoénix. Une image qui résonne avec l’histoire du festival, capable de se réinventer au fil des années, de surmonter les difficultés et de revenir avec une énergie renouvelée.

À l’approche de l’événement, une chose semble déjà certaine. Le Kariboom sera, une fois encore, un miroir de Mayotte, de sa jeunesse, de ses talents et de son désir de créer du commun.

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Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Mardi 12 mai 2026
Mardi 12 mai 2026

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes