Eau, insécurité et salubrité : le Codim place les urgences du Sud au coeur du débat

Réunis à l’initiative du CODIM, les élus du Sud ont dressé un constat alarmant des difficultés rencontrées par la population. Pénurie d’eau, insécurité, gestion des déchets et propagation du paludisme figurent parmi les priorités évoquées. Au-delà des constats, les responsables locaux appellent désormais à des actions concrètes et à une mobilisation collective.

L’accès à l’eau, la sécurité des habitants et la salubrité publique. Voilà les trois grands défis qui ont dominé les échanges organisés par le CODIM, réunissant les élus des communes du Sud. Au fil des interventions, un même sentiment s’est imposé : celui d’une population qui ne veut plus entendre de promesses mais attend des résultats rapides face à des difficultés qui affectent son quotidien.

L’eau, une urgence devenue structurelle

Pour les participants, la question de l’eau reste le dossier le plus préoccupant. La croissance démographique, l’augmentation du nombre de logements et les besoins des activités économiques exercent une pression toujours plus forte sur les infrastructures existantes.

Plusieurs élus ont souligné que, malgré les nombreuses annonces faites ces dernières années, les habitants continuent de subir des coupures et des difficultés d’approvisionnement. Une situation qui freine également le développement du territoire.

Afin d’apporter des réponses, plusieurs pistes ont été avancées. La maire de Bandrélé a notamment évoqué les forages comme une solution parmi d’autres, tout en plaidant pour une multiplication des forages dans le Sud. Les élus souhaitent aussi obtenir du syndicat des eaux une amélioration des conditions de gestion et de distribution.

La problématique concerne également les entreprises réalisant des travaux ainsi que les services de secours, certains intervenants rappelant que le manque d’eau peut compliquer les interventions des camions de pompiers.

Une insécurité qui alimente le sentiment d’abandon

Autre sujet majeur des discussions : l’insécurité. Les élus ont relayé le mécontentement d’une partie de la population qui estime que les réponses apportées par les autorités restent insuffisantes.

Face à cette situation, plusieurs propositions ont émergé. Elles portent sur le renforcement de la police municipale, le développement de la vidéoprotection et la création de dispositifs de proximité permettant de mieux connaître les quartiers et leurs problématiques.

Les participants ont également insisté sur la nécessité pour les élus de travailler davantage avec les habitants afin d’identifier les zones sensibles et les points de rassemblement de la délinquance. Pour eux, les collectivités locales doivent prendre des initiatives lorsque les réponses institutionnelles tardent à venir.

Déchets et paludisme : un enjeu de santé publique

La question de la propreté a occupé une place importante dans les débats. L’accumulation des déchets est dénoncée par plusieurs élus, qui estiment que le SIDEVAM ne peut pas, à lui seul, assurer efficacement cette mission. Ils demandent un engagement plus fort de l’intercommunalité afin de mettre en oeuvre un véritable plan d’action.

Mais au-delà de l’aspect environnemental, le problème est aujourd’hui sanitaire. À Hamouro, la forte propagation du paludisme inquiète particulièrement les responsables locaux. Le manque d’hygiène et la présence de nombreux déchets favorisent la prolifération des moustiques, aggravant les risques pour la population.

C’est dans ce contexte qu’une mobilisation est prévue le 17 juin. Cette opération de nettoyage vise à lutter contre les conditions favorisant la propagation du paludisme tout en sensibilisant les habitants à l’importance de la salubrité publique. Pour les organisateurs, améliorer la propreté du territoire constitue aussi une mesure de prévention sanitaire.

Les élus réclament des résultats

Les discussions ont enfin abordé la question de la jeunesse et de l’emploi. Les participants souhaitent développer davantage de partenariats avec les entreprises et les associations afin de créer des opportunités professionnelles. Des propositions concernant les internats et la sécurisation des transports scolaires ont également été évoquées.

Au terme de cette rencontre organisée par le CODIM, un message commun se dégage : les défis du Sud sont connus depuis longtemps, mais les élus estiment que le temps des diagnostics est désormais révolu. Ils appellent l’État, l’intercommunalité et les communes à agir de manière coordonnée pour apporter des réponses concrètes aux attentes de la population. Eau, sécurité, salubrité et développement local apparaissent ainsi comme les piliers d’une stratégie jugée indispensable pour l’avenir du territoire.

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