Comores : le taux d’endettement recule à 29 % du PIB en 2025, selon le ministère des Finances

Dans son dernier rapport sur la viabilité de la dette publique, le ministère comorien des Finances indique que le taux d’endettement du pays s’établit à 29 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 30,3 % un an plus tôt. L’encours total de la dette atteint 230,35 milliards de francs comoriens, avec une forte prédominance de la dette extérieure, qui représente 77,4 % du portefeuille.

Ces dernières années, les autorités comoriennes ont multiplié les projets d’infrastructures, dont le plus emblématique est la construction du nouvel hôpital national El-Maarouf. Si ces investissements sont jugés essentiels au développement du pays, ils alimentent également les interrogations sur leur mode de financement, largement assuré par des emprunts contractés auprès de bailleurs internationaux.

Le dernier bulletin de la dette publique, publié par le ministère des Finances à travers la Direction de la dette publique et accompagné d’une analyse de viabilité de la dette, se veut toutefois rassurant. Selon ce document, la structure globale de l’endettement demeure stable, avec un coût de financement relativement faible et un taux d’intérêt moyen pondéré d’environ 1,03 %. À la fin du mois de décembre 2025, le taux d’endettement public s’établissait à 29 % du PIB en valeur nominale, contre 30,3 % en 2024. La dette publique regroupe l’ensemble des engagements financiers contractés ou garantis par l’État, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs.

 » Jusqu’à une période récente, l’absence d’une stratégie de dette à moyen terme et la mise en œuvre incomplète de l’analyse de la viabilité de la dette limitaient la capacité de l’État à communiquer régulièrement sur sa situation d’endettement. D’où la publication de ce bulletin, qui présente la situation du portefeuille de la dette de l’administration centrale, des dettes garanties, des engagements ainsi que des arriérés « , précise le rapport, consultable en ligne.

Une dette principalement détenue par des créanciers internationaux

À la fin de l’année 2025, l’encours total de la dette publique atteignait 230,35 milliards de francs comoriens, soit un peu plus de 467 millions d’euros. La dette extérieure représente 77,4 % de cet encours, soit 177,17 milliards de francs comoriens.  Elle est essentiellement détenue par des créanciers multilatéraux, qui concentrent 51 % de la dette extérieure. Parmi les principaux bailleurs figurent le Fonds monétaire international (FMI), l’Association internationale de développement (IDA), filiale du Groupe de la Banque mondiale, ainsi que le Fonds de l’OPEP pour le développement international.

Les créanciers bilatéraux représentent, quant à eux, 46 % de la dette extérieure. Les principaux prêteurs sont Exim Bank of China, Exim Bank India, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et le Fonds saoudien de développement.

Les créanciers commerciaux demeurent très minoritaires

 » Les créanciers commerciaux extérieurs représentent environ 3 % de l’encours, essentiellement constitué de prêts accordés par la Banque de commerce et de développement de l’Afrique orientale et australe. Cette structure traduit un recours majoritaire aux financements concessionnels multilatéraux et bilatéraux, dans un contexte de faible accès aux marchés financiers internationaux « , souligne le rapport.

L’analyse montre également qu’entre 2020 et 2025, la part de la dette extérieure n’est jamais descendue sous le seuil de 81,65 % de la dette publique totale.
Pour les auteurs du rapport, cette situation s’explique par le recours privilégié à des financements concessionnels, généralement assortis de taux d’intérêt faibles et de longues maturités, ce qui permet de limiter le coût du service de la dette par rapport à la dette intérieure, plus onéreuse.
Ils soulignent par ailleurs que la quasi-totalité des emprunts est contractée à taux fixe, limitant ainsi l’exposition aux variations des taux d’intérêt.

 » La dette de l’administration centrale représente 27,5 % du PIB en 2025 et demeure largement dominée par la dette extérieure, qui équivaut à 23 % du PIB, soit 81 % de l’encours total. Cette structure reflète le recours continu aux financements concessionnels des institutions multilatérales et des bailleurs bilatéraux, dans un contexte de marché domestique encore peu développé « , indiquent les analystes.

Une dette intérieure plus coûteuse

Les projections du ministère montrent que le service de la dette extérieure devrait augmenter entre 2025 et 2030, avec des niveaux particulièrement élevés entre 2025 et 2027, avant un reflux attendu à partir de 2028.

La dette intérieure, estimée à 52,07 milliards de francs comoriens, demeure quant à elle plus coûteuse, avec un taux d’intérêt moyen proche de 2 %. L’analyse des risques de refinancement fait apparaître une maturité moyenne résiduelle de 9,5 ans pour l’ensemble du portefeuille de la dette. En revanche, 12,4 % de l’encours arrive à échéance dans l’année, principalement en raison des emprunts intérieurs, dont les maturités sont plus courtes.

Le rapport évoque également les dettes garanties par l’État. La dette garantie extérieure atteint 1,11 milliard de francs comoriens, principalement liée à des financements contractés par la Meck Moroni auprès de la Banque islamique de développement.
 » Son poids relatif augmente progressivement depuis le début de la période jusqu’en 2025, ce qui accroît l’exposition de l’État aux risques liés aux créanciers extérieurs « , souligne le document.
La dette garantie intérieure représente désormais l’essentiel des engagements conditionnels de l’État, avec un encours de 11,502 milliards de francs comoriens à la fin de l’année 2025.

Enfin, le rapport attire l’attention sur les arriérés de paiement. Ceux relatifs à la dette extérieure atteignent 2,105 milliards de francs comoriens, dont 82,23 % sont dus à Exim Bank India. Ce prêt, contracté en 2015 pour financer un projet de centrale électrique au fioul lourd, reste à ce jour bloqué. Les arriérés de la dette intérieure s’élèvent, pour leur part, à 14,5 milliards de francs comoriens.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une