Dans sa sixième lettre mensuelle d’information, adressée aux élus de Mayotte, le sénateur Saïd Omar Oili revient sur ses interventions au Sénat au cours du mois de juin 2026 et sur l’état d’avancement des dispositifs engagés après le cyclone Chido. Cette publication constitue pour le parlementaire un outil de suivi des actions menées en faveur du développement du territoire et de la mise en œuvre des lois de programmation adoptées après la catastrophe.
« Cette lettre mensuelle a pour objectif d’informer les élus de Mayotte sur les actions que je mène en faveur du développement du territoire de Mayotte, ainsi que sur l’état d’avancement des trois lois votées après Chido », rappelle le sénateur en introduction. Au cours du mois de juin, Saïd Omar Oili a participé à plusieurs auditions au Sénat consacrées aux enjeux ultramarins. Lors de l’audition de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, il a notamment abordé la question du traitement des déchets à Mayotte, en évoquant les conséquences de la crise de l’eau de 2024 et la gestion des bouteilles plastiques distribuées durant cette période.
Le sénateur a également interrogé le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, sur la convergence sociale à Mayotte, en appelant à une attention particulière sur la situation des caisses de retraite. La question agricole a aussi été au cœur de ses interventions, notamment lors de l’audition de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Il a demandé que les projets d’infrastructures prévus dans le cadre de la refondation prennent en compte les conséquences foncières pour les exploitants concernés.
Le manque de planification et le suivi des grands projets au cœur des préoccupations
Le 16 juin, lors d’une séance de questions orales au Sénat, Saïd Omar Oili a interpellé le gouvernement sur l’absence de Schéma d’aménagement régional (SAR) à Mayotte. Selon lui, cette situation pourrait compliquer la mise en œuvre de plusieurs projets structurants prévus par la loi du 11 août 2025, notamment dans les domaines aéroportuaire et portuaire.
Le sénateur estime que ce document de planification devra également intégrer un dispositif de compensation pour les agriculteurs dont les terres seront mobilisées par les futurs aménagements. Il rappelle dans sa lettre que « le SAR doit prévoir une mesure de compensation agricole pour les agriculteurs de Mayotte dont une partie des terres seront mobilisées par les projets d’infrastructures prévues par la loi du 11 août 2025 ».
Saïd Omar Oili s’est également entretenu avec le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, ainsi qu’avec les responsables de l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) concernant le projet de construction du second centre pénitentiaire prévu sur l’île.
Dans sa lettre mensuelle, le sénateur présente par ailleurs un premier bilan réalisé avec ses collaborateurs sur l’application des mesures de refondation. Un rapport de 80 pages recensant l’état d’avancement des 13 mesures prioritaires a été transmis au Premier ministre, aux membres du gouvernement concernés, aux parlementaires et au comité de suivi.
Il estime toutefois que les résultats observés sur le terrain restent éloignés des annonces initiales. « Les acteurs sur le terrain constatent que les mesures annoncées et les 4 milliards proclamés ne sont pas au rendez-vous », écrit-il.
La gouvernance de la refondation interrogée
Au-delà du calendrier de mise en œuvre des mesures, le sénateur consacre une partie importante de sa lettre à la question de la gouvernance du dispositif de reconstruction.
Il cite notamment l’exemple de la filière pêche, confrontée depuis plusieurs mois à des difficultés liées aux normes européennes applicables aux navires et au renouvellement de la flotte mahoraise. Face à ces blocages, il estime que la réponse institutionnelle ne permet pas toujours d’apporter des solutions opérationnelles.
À propos de la création d’un comité local des pêches, il écrit : « Face à une action concrète, on répond par la mise en place d’une structure. »
Cette situation amène le sénateur à questionner la répartition des responsabilités entre les différentes structures impliquées dans la reconstruction : services de l’État, mission Facon, établissement public de refondation ou encore comité de suivi prévu par la loi.
« Qui pilote véritablement la refondation de Mayotte ? », interroge-t-il dans cette lettre mensuelle.
À travers cette publication, Saïd Omar Oili poursuit ainsi son travail de suivi parlementaire sur les engagements pris après le cyclone Chido, en mettant en avant les enjeux de coordination, de planification et d’avancement des projets annoncés pour le territoire.
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