Cancer du col de l’utérus : « Faites-vous tester »

Vaccination et dépistage : ces deux gestes permettent de prévenir la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus. C’est le message fort porté par le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de Mayotte, à l’occasion de la conférence qui a clôturé le mois de prévention « Juin Vert », ce mardi 30 juin.

« Juin Vert » touche à sa fin. Pour clôturer ce mois dédié à la prévention du cancer du col de l’utérus, le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de Mayotte a organisé, ce mardi 30 juin, une conférence d’information destinée au grand public.

Chaque année, en France, plus de 3 200 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués et environ 1 100 femmes en décèdent. Cette maladie est provoquée, dans la grande majorité des cas, par une infection persistante aux papillomavirus humains (HPV). Très répandus, ces virus se transmettent principalement lors des rapports sexuels, mais également par simple contact intime.

Le cancer du col de l’utérus est pourtant l’un des rares cancers que l’on peut prévenir efficacement. La vaccination contre les HPV est fortement recommandée dès l’âge de 11 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. Elle permet de réduire considérablement le risque d’infection et, par conséquent, celui de développer un cancer. L’évolution de la maladie est généralement lente, sur plusieurs années, et demeure souvent asymptomatique à ses débuts.

Un dépistage qui sauve des vies

Le dépistage régulier reste l’autre pilier de la prévention. Selon les professionnels de santé, près de 90 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités grâce à un suivi adapté. Détecter précocement des lésions précancéreuses permet d’intervenir avant l’apparition d’un cancer et augmente fortement les chances de guérison. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les traitements sont légers et permettent de préserver la fertilité.

À partir de 25 ans, le dépistage repose sur un frottis cervico-utérin, un examen rapide et généralement indolore consistant à prélever quelques cellules du col de l’utérus. Il permet de rechercher des anomalies cellulaires et, si nécessaire, la présence du HPV. Le CRCDC recommande un premier contrôle un an après le premier frottis, puis un second trois ans plus tard.

Entre 30 et 65 ans, le dépistage repose principalement sur un test HPV, réalisé tous les cinq ans si le résultat est négatif. Ces examens sont intégralement pris en charge par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans.

« Les femmes à Mayotte ne se font pas tester, sauf quand on va les chercher »

Malgré cette prise en charge, le taux de dépistage reste insuffisant à Mayotte.

« Les femmes à Mayotte ne se font pas tester, sauf quand on va les chercher », constate Claire Bertin, coordinatrice du CRCDC.

L’association souligne l’existence de nombreux freins sociaux, culturels et logistiques, auxquels s’ajoutent les difficultés d’accès au suivi gynécologique. C’est pourquoi elle privilégie une stratégie d’« aller-vers », afin d’aller directement à la rencontre des habitantes dans les villages et les quartiers. Sans cette démarche, une partie importante des femmes resterait éloignée des actions de prévention.

Tout au long du mois de juin, le CRCDC, en partenariat avec la CSSM, Santé Sud, Nariké Msada, EndoMayotte, l’ASCA, la commune d’Acoua, l’intercommunalité et les centres communaux d’action sociale (CCAS), a multiplié les actions de terrain, les ateliers d’information et les permanences de dépistage.

Ces interventions ont abordé plusieurs thématiques : santé sexuelle, contraception, vaccination contre les HPV, dépistage du cancer du col de l’utérus, dépistage du cancer du sein par palpation, ainsi que le dépistage du VIH et de l’hépatite B.

À l’image d’« Octobre Rose » pour le cancer du sein, « Juin Vert » vise à sensibiliser la population aux risques liés au cancer du col de l’utérus. Mais les actions du CRCDC se poursuivent tout au long de l’année.

Le centre coordonne les programmes de dépistage organisés des cancers du col de l’utérus, du sein et du cancer colorectal — ce dernier restant encore peu développé à Mayotte faute de moyens matériels. Il assure également le suivi des patientes, mène des actions de sensibilisation auprès de la population et accompagne les professionnels de santé.

Son objectif demeure inchangé : réduire les inégalités d’accès au dépistage et permettre aux publics les plus vulnérables de bénéficier d’une prise en charge précoce.

Le message est simple et sans ambiguïté : « Faites-vous tester. »

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